Reflets_55_printemps.. - Fondation Arc en Ciel

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Reflets_55_printemps.. - Fondation Arc en Ciel
Reflets
n°55
Printemps 2008
la lettre d’information de la fondation arc en ciel
sommaire
Édito • Actualités • Flash Info • Éclairage sur... Être attentif pour bien traiter •
Engagement • Culture • Les Échos de la Fondation • Point de vue • Agenda • Mots à mots
Édito...
Ce nouveau numéro de Reflets aborde,
dans son dossier central, le sujet de la
maltraitance et de la bientraitance.
Au-delà des faits parfois atroces qui
font de proche en proche la une des
journaux et qu’il faut combattre absolument, se pose à nos équipes et à
nous tous la question plus difficile à
résoudre : « comment bien traiter sans
mal traiter ? »
En effet, la projection que l’on peut faire
sur ce que souhaite la personne que l’on
accompagne ou que l’on soigne, et parfois le souci de bien faire, peuvent amener à l’inverse du but désiré. Les aidants
familiaux ou les soignants sont alors
placés devant des injonctions paradoxales : sécuriser en laissant un maximum
d’autonomie, soigner sans acharnement,
penser à la fin et préparer l’avenir.
Le projet de la Fondation propose deux
repères majeurs : concevoir la personne dans sa globalité, mais aussi, quel
que soit son état, la respecter comme
le principal acteur de sa vie.
Bien au-delà du trop facile « ton insupportable fait d’un mélange de commisération et de fausse bonhomie »
décrié par Giulia Salvatori (voir page 7),
le message de Pâques nous donne la
force de lutter pour une approche plus
solidaire et plus respectueuse de la
personne fragilisée.
Bonne lecture.
Samuel Guinard, directeur général
Actualités
Un printemps
bien rempli sous
l’Arc-en-Ciel…
Différentes
manifestations
se
succéderont au cours des quatre
prochains mois, témoignant d’une
vie institutionnelle très animée et
d’une actualité très forte.
La première de ces manifestations,
l’inauguration de l’accueil de jour de
la Maison Blanche, aura lieu le 25 avril
prochain et sera jumelée avec la fin de
l’opération Entreprises Solidarité (voir
page 6). Ce sera l’occasion de marquer
une première étape sur le chemin du
grand projet de rénovation/extension
de l’établissement et de remercier les
entreprises qui ont accepté de parrainer
la Fondation dans cette action.
Le 15 mai, une autre manifestation
en deux parties sera organisée :
l’inauguration, le matin, des nouveaux
bâtiments du CRCPFC à « La Grange-surle-Mont » à Pont d’Héry laissera place,
dans l’après-midi, à celle des nouveaux
Le CRF Bretegnier (à gauche) et le CRCPFC
« La Grange-sur-le-Mont » : bientôt inaugurés
locaux du CRF Bretegnier à Héricourt.
Ces cérémonies seront placées sous
la présidence de Patrice Blémont,
directeur de l’Agence Régionale de
l’Hospitalisation de Franche-Comté et
marqueront la fin de deux chantiers qui
auront duré en tout quatre ans.
Enfin, la traditionnelle Fête Annuelle de
la Fondation aura lieu le samedi 14 juin
au CRF Bretegnier à Héricourt, donnant
à tous, salariés, bénévoles, partenaires
et usagers, l’occasion de découvrir les
nouveaux espaces dont dispose désormais cet établissement. Le thème de la
journée sera le sport.
En raison de ce calendrier chargé,
l’Assemblée Annuelle des Amis et
Partenaires, programmée initialement
le 25 avril à Montbéliard, n’aura pas lieu.
Rendez-vous est donné à chacun sur
place au moment de l’une ou l’autre de
ces manifestations pour découvrir sur le
terrain l’action de notre institution.
C. Jamet
2
Reflets n°55
Actualités
La suite des aventures
de Don-Diabeto
Nous avions déjà évoqué le sujet
dans Reflets : au CRCPFC de « La
Grange-sur-le-Mont »,
Evelyne
Bioland, scénariste (aide soignante
aujourd’hui à la retraite) et Virginie
Piotelat, dessinatrice (animatrice)
ont créé une bande dessinée
racontant le quotidien de la vie d’un
diabétique, intitulé « les aventures
de Don-Diabeto ».
Le premier volet de la vie de DonDiabeto, « le pied diabétique », retrace
une journée de la vie de ce personnage
haut en couleur. Le deuxième, « un
épisode diététique », relate un
dimanche dans la vie de Don-Diabeto
et le troisième, « l’activité physique »,
évoque une semaine de sa vie.
Très ludique et humoristique, la BD
contribue à dédramatiser la maladie
et le personnage de Don-Diabeto sert
de trame au parcours d’éducation
thérapeutique. La réalisation de cet
ouvrage s’inscrit dans le cadre d’une
politique régionale soutenant les projets
de ce type.
Il vient d’être imprimé à 2000
exemplaires grâce notamment à une
subvention du Groupement Régional de
Santé Publique. Cette BD sera remise
en fin de séjour aux patients ayant suivi
tous les modules sur le diabète.
Cette initiative a été saluée par les
experts visiteurs de la Haute Autorité
Flash - info
de Santé à l’occasion de la visite de certification en juin dernier pour souligner
la dynamique de l’établissement en
matière d’éducation thérapeutique.
A. Chatton
Yvette Mouillet :
sur le départ...
Au service du Centre Bretegnier
depuis 1971, d’abord en tant
qu’infirmière, puis cadre de santé,
Yvette Mouillet a connu « l’Hôpital », puis le Centre de Réadaptation
Fonctionnelle, avec tous ses changements et évolutions.
Sa mission ?
La
satisfaction tant des
patients et de
leurs familles,
que des équipes de travail,
en employant
une
qualité
essentielle : sa
capacité d’écoute et son efficacité à
régler les conflits. Elle aura fait preuve
d’un dévouement sans compter dans
l’exercice de sa fonction.
À l’heure de la retraite (le 1er avril 2008),
elle a le sentiment du devoir accompli
et « la satisfaction de passer à autre
chose », notamment de faire profiter
ses proches de sa future disponibilité.
Une chose est sûre : cette figure emblématique du Centre
Bretegnier va laisser
une place vide et restera une référence pour
tous ceux qui l’ont croisée. Une page se tourne, une étape à franchir
pour Yvette à qui nous
souhaitons, du fond du
cœur, tout le meilleur !
F. Barbey
Les « Ceulat » à Mulhouse
Le 12 février dernier, les « Ceulat » (les
jeunes de l’atelier théâtre de l’Institut
Perdrizet) ont joué leur dernier spectacle, « Et alors… », à Mulhouse devant
130 personnes. Un succès, car ils ont
conquis le public par le sérieux et l’humour de leur jeu.
Ce fut une longue journée qui a fini
pour certains autour de minuit (entre
le voyage, la mise en place des accessoires, et les différentes préparations)
et qui restera une belle aventure avec,
certes, des moments de stress. Mais
l’expérience de la scène, gratifiante,
valorisante, vaut tous les efforts donnés
et la récompense des applaudissements
fait oublier une certaine « déficience » et
gomme presque la « différence »…
Les « Ceulat » sont attendus pour leur
nouveau spectacle (« C’est rien ! ») à
Mulhouse, mais c’est avant tout chez
eux, à Giromagny, qu’ils joueront le 2
juillet prochain en soirée.
Un nouveau dépliant pour
expliquer les dons et legs
Son statut de « fondation reconnue
d’utilité publique » confère à la Fondation
Arc-en-Ciel un certain nombre de droits
et devoirs. Parmi eux, celui de pouvoir
recevoir des dons et des legs ouvrant
droit à des réductions fiscales pour les
donateurs et permettant à la Fondation
de développer son action.
La législation concernant ce point ne cesse
d’évoluer. Afin de la clarifier, la Fondation
vient de créer un dépliant explicatif
« Dons et legs » qui sera notamment mis à
disposition dans des cabinets de notaires
de la région. Il peut également vous être
adressé sur simple demande.
3
Actualités
La MAS : un chantier
en bonne voie
Un nouveau cadre de vie agréable pour
les futurs résidents
Lure, le 22 janvier dernier. L’adjoint
au maire de la commune, Raoul Juif,
accueillait à la mairie des représentants locaux et des responsables de
la Fondation Arc-en-Ciel pour faire le
point sur l’avancement des travaux
sur le chantier de la future Maison
d’Accueil Spécialisée (MAS).
Avec la construction de cette nouvelle
MAS sur la commune de Lure, la
Fondation, soutenue par la municipalité
et par la DDASS 70, souhaite améliorer
encore la réponse à un besoin de prise
en charge repéré : celui des patients en
réadaptation qui sortent du coma mais
pour lesquels la récupération n’est
que très limitée, voire absente. Dans
le jargon des professionnels, on parle
de personnes « cérébrolésées ». Pour
l’instant, 16 patients sont accueillis
dans l’unité « La Mosaïque » créée à
Montbéliard en 2002.
Quelle place pour les
médias en maison de
retraite ?
Afin de savoir si, quand on a 80 ans
passés, les actualités régionales et
nationales diffusées par les médias
présentent encore de l’intérêt, Nicole
Voitot a mené son enquête auprès
de quelques personnes âgées vivant
à la Résidence Surleau.
Pour les personnes interrogées, les journaux télévisés ont une certaine attractivité notamment « les régionales » qui
permettent de connaître l’évolution de
son quartier, de sa ville. Pour certains,
les JT donnent une occasion de « sortir
de l’ennui », « de rester dans la vie ».
Parmi les sujets qui passionnent plus
particulièrement : les découvertes
archéologiques, techniques et spatiales
ou bien le sport et surtout le football.
La nouvelle MAS accueillera 40 personnes d’âge compris entre 18 et 60
ans présentant un handicap physique
lourd nécessitant une assistance permanente pour les actes de la vie quotidienne. Ces personnes seront suivies
par une équipe pluri-professionnelle
équivalente à 62 temps plein.
Le projet architectural, dont le détail a
été présenté par l’architecte Pascale
Richter, offre une richesse spatiale
Certains résidents auraient d’ailleurs
des conseils à donner à l’entraîneur du
FC Sochaux ! D’autres sujets inquiètent : par exemple, l’indépendance du
Kosovo rappelle, pour certains anciens,
l’indépendance de la Pologne et le
déclenchement de la deuxième guerre
mondiale. Toujours soucieux de l’avenir
de leurs petits-enfants, la fermeture
des usines en série préoccupe également les résidents. Quant à la politique,
certains s’y intéressent « un peu » mais
cela ne va guère plus loin.
Ceux qui écoutent la radio
sont peu nombreux : il s’agit
de personnes qui ont des
problèmes de vue. Quant à la
lecture du journal, proposée
tous les matins par l’animatrice Véronique, de nombreux résidents y participent.
L’animatrice lit en premier la
« une » et les résidents choisissent l’article qu’ils veulent
favorisant les rencontres entre résidents, personnel et visiteurs.
Les travaux ont bien démarré
et se déroulent depuis mai 2007.
Alain Szyika-Gravier, président de
la Fondation, a donné rendez-vous
fin 2008 à tous ceux présents pour
l’ouverture de cette nouvelle structure à vocation régionale.
C. Jamet
écouter et dont ils veulent débattre.
Ils s’intéressent également aux avis
de décès, qui concernent souvent des
personnes qu’ils ont connues.
Chaque résident aborde les actualités
de manière différente mais une chose
est sûre : les médias restent un lien
essentiel pour garder le contact avec le
monde extérieur.
N. Voitot
La lecture du journal : un instant
apprécié par les résidents
4
Reflets n°55
Éclairage sur ...
« Être attentif pour
Introduction au thème
par Pascal Hubscher, administrateur
« Je fais le mal que je ne voudrais pas
faire et le bien que je veux faire je ne le
fais pas » (d’après l’expression de Paul
aux Romains, ch.VII v.19).
Cet exemple vécu dans un de nos établissements a le mérite de bien poser la
difficulté rencontrée pour définir où commence « la maltraitance », sujet d’actualité relayé par les médias et caractériser
alors la notion de « bientraitance ».
Bien sûr, certains comportements ou
certaines conditions constituent des
« Bien traiter les personnes qui nous
violences patentes infligées
sont confiées, c’est l’objectif
aux personnes accueillies. Ils
de tous les acteurs de la
« Bien traiter
doivent être dénoncés et
Fondation Arc-en-Ciel ».
les personnes qui
proscrits.
Voilà seulement un « slonous sont confiées,
c’est
l’objectif
de
tous
les
gan publicitaire » si cette
acteurs de la Fondation
préoccupation centrale ne
Mais la vigilance sur ce
Arc-en-Ciel »
conduisait pas les équipes
thème ne saurait s’arrêter
à s’interroger inlassablement
là. Nos pratiques habituelles,
sur leurs pratiques et leurs foncsouvent inscrites dans une volonté
tionnements.
de bien faire, peuvent être considérées
comme de la maltraitance. Un exemple :
Prenons un exemple : Monsieur K, en soins la volonté de tirer de son isolement
de suite, est « passé » à la douche quoti- une personne âgée en exigeant qu’elle
diennement. Il n’aime pas ce moment. Il participe à une animation peut devenir
crie et se rebiffe malgré ses 91 ans. Après une violence insoutenable pour cette
un temps d’incompréhension de l’équipe personne, avide de solitude ce jour-là.
face à son attitude, le dialogue permet de Pourtant l’action est entreprise avec la
découvrir que ce monsieur n’a jamais eu meilleure volonté du monde : le désir de
de douche. Il s’est toujours correctement servir le résident en le socialisant !
nettoyé à l’eau froide au lavabo. Faut-il
exiger la douche normative ou accéder à Identifier certaines maltraitances est
ce que fut sa vie depuis toujours ?
donc plus délicat qu’il n’y paraît. Deux
comportements permettent pourtant de
les traquer :
Bien traité, bien soigné : quelques
- remettre en cause régulièrement nos
remarques de nos usagers
habitudes, nous interroger sur nos pratiExtraits de l’enquête de satisfaction du
ques et en évaluer la portée sur les perCRF Bretegnier, Héricourt
sonnes que nous accueillons et dans les
« Très bien soigné et très bien écouté. »
relations que nous tissons avec elles ;
« Ne rien changer, ici on oublie le mal
- au coeur des réglements, progresser
qui nous envahit, grâce à la très bonne
vers une plus grande personnalisation
équipe qui prend soin de nous. »
de la prise en charge en ayant constam« Le personnel est très accueillant, à
ment à l’esprit que ce qui est bon pour
l’écoute, souriant et consciencieux,
l’un ne l’est pas nécessairement pour
merci à tous. » 
l’autre.
« Il est dommage que le séjour soit si
court .»
« Continuez dans le même état d’esprit
et aussi avec la même gentillesse, merci
pour tout. »
« À mon avis, le maximum est fait, un
grand merci à tous. »
Au prix d’une mise en œuvre persévérante de ces deux actions, nous souhaitons
améliorer encore la « bientraitance » des
personnes qui vivent un temps dans nos
établissements.
La maltraitance :
définitions...
Nous vous proposons une première
approche à la notion complexe de
la maltraitance
à travers les
différents textes et lois et
qui
existent
sur le sujet
avec Audrey
Viney, assistante sociale au
CRF Bretegnier
(Héricourt).
Qu’entend-t-on par maltraitance ?
« Selon le Conseil de l’Europe, la maltraitance se définit comme une situation
pathologique dans laquelle une personne, ou un groupe de personnes, inflige
de mauvais traitements à une autre personne. Elle peut conduire à son décès ou
être à l’origine de préjudices physiques
ou moraux. Si nous sommes plus sensibles à la notion de maltraitance active
(frapper, insulter..), nous sommes quelque fois moins vigilants face à toutes les
situations de maltraitance par omission
(infantilisation, défaut d’information…). »
Et la maltraitance en droit ?
« Si le terme de maltraitance n’est
pas juridiquement défini, les comportements et les actes considérés comme
maltraitants sont en revanche sévèrement punis par le code pénal. »
Que faire quand nous sommes
témoins, ou informés, d’une situation de maltraitance ?
« Il faut en parler afin de protéger la
personne. Selon le code pénal, une
dérogation légale au respect du secret
professionnel est autorisée pour signaler une situation de maltraitance aux
autorités. Le cadre de santé est alors
un maillon clé dans la lutte contre la
maltraitance. »
5
bien traiter »
Un protocole pour
prévenir la maltraitance
Depuis quelques années, à la Maison
Blanche (Beaucourt), comme dans
la plupart des établissements
d’hébergement pour personnes
âgées dépendantes (EHPAD), un
souci de lutte contre la maltraitance
a abouti à la rédaction de protocoles
destinés aux équipes soignantes.
À ce souci, deux raisons. La première
est d’ordre historique : les EHPAD sont
les héritiers des hospices. Disparus dans
les années 1980, ces derniers ont laissé,
dans la mémoire collective, le souvenir
de mouroirs indignes.
Animation : à trop
vouloir bien faire…
Le public de l’animateur en
établissement de soins est varié et
complexe. Si l’animation n’est pas
le but du séjour, elle l’agrémente et
l’embellit. Mais comment toucher un
public parfois renfermé sur lui-même,
sans être intrusif, sans imposer
malgré de bonnes intentions ?
La deuxième raison est
d’ordre éthique. Elle renvoie
à l’injonction hippocratique,
« primum non nocere » (« ne
pas nuire, par mon action, à
mon patient »), notion fondamentale qui s’inscrit dans la relation
soignante et concerne tout intervenant
auprès de la personne âgée.
Les personnes qui peuplent nos EHPAD
se trouvent dans une situation de grande
fragilité. La relation personnel/résident
va donc au delà d’une simple relation
« hôtelière » pour être une relation
soignant/soigné. Elle suppose une stricte
égalité des participants dans le respect
de l’éthique hippocratique évoquée.
Car il y a ceux qui aimeraient bien mais
qui n’osent pas… Ceux qui veulent et
demandent… Ceux qui ne veulent pas
du tout et qui le disent… Ceux qui ne
veulent pas… mais le font quand même
pour faire plaisir !
Comment respecter la volonté d’autrui,
sans le connaître vraiment ? Comment
solliciter la personne, sans la forcer,
sans tomber dans le vouloir faire faire
à tout prix, pour le bien être de la
personne, alors que l’inactivité est aussi
un besoin qui se respecte ?
Il s’agit d’être à l’écoute, de rester disponible et suffisamment attentif à la
personne. Pour cela la notion de plaisir
est essentielle : plaisir de se retrouver,
de s’exprimer, d’écouter, de flâner…
Plaisir et droit à ne rien faire aussi !
Il faut savoir motiver, éveiller la curiosité
des personnes, faire preuve de créativité et d’adaptabilité face aux différentes
personnalités ; et ne pas prendre pour
un échec le refus d’un patient… voilà
tout l’art d’un bon intervenant !
Le cyclo-danse : une animation
« sportive » proposée au CRF Bretegnier
V. Piotelat
Mais un protocole maltraitance n’a d’intérêt que s’il s’accompagne d’une pédagogie éthique permettant de faire la
nécessaire distinction entre refus de la
maltraitance et « bientraitance ». En effet,
la volonté de bien traiter est susceptible, contrairement à ce que l’on peut
imaginer, d’entraver la liberté de choix
du patient [si le soignant suppose qu’il
« sait » ce qui est bon pour la personne].
Dr M. Pétiard
Poème
de Mme J. Jacquot, patiente de la
Clinique Brugnon Agache, Beaujeu
Emploi du temps
En m’offrant ce joli papier
Ma fille a sans doute pensé,
Que j’allais tout vous raconter.
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Depuis le mois de février,
Je suis venue me reposer,
Dans la grande propriété
Où par les soins du jardinier
Fleurissent crocus et pensées.
Dès le matin, à pas feutrés,
On voit les filles s’affairer
Pour tous les soins à distribuer.
Huit heures : le petit déjeuner
Confitures, tartines beurrées
Que c’est bon de se restaurer!
Midi dans la salle à manger,
Nous aimons tous nous retrouver
Après avoir bu le café,
La sieste pour nous reposer,
Hélène vient nous proposer
Musique, jeux parfois ciné
Jusqu’à la fin de la journée.
Un grand merci, bien mérité,
Aux gardiens de notre santé.
6
Reflets n°55
Éclairage sur ...
L’humanitude contre
la maltraitance
La maltraitance subie par des personnes âgées institutionnalisées a
été portée à l’attention du grand
public ces dernières années par des
articles parus dans la presse et par
des émissions de télévision*. Face
à cette réalité, deux soignants français (Yves Gineste et Rosette Marescotti) ont mis au point « l’humanitude », une méthode d’approche du
patient âgé qui redéfinit la relation
« soignant/soigné ».
Les soignants de la Maison Blanche,
avec à leur tête Dominique Montagnon,
surveillante-chef, ont souhaité connaître
cette nouvelle « philosophie de soin »,
qui a fait ses preuves en France et à
l’étranger.
En 2007, une douzaine de soignants
ont suivi une formation autour de
(suite et fin)
l’humanitude et plus particulièrement
sur la question de « la toilette autrement ». « Nous avions pour objectif d’améliorer les soins notamment
des résidents avec qui le moment de
la toilette se passait mal » explique
Dominique. « L’équipe a appris une
technique de toucher/relationnel qui
consiste à transformer cet instant en
"soin confort". Les soignants travaillent
en binôme, l’un restant toujours en
contact avec la personne âgée pendant que l’autre accomplit les gestes
techniques. »
Il s’agissait aussi pour l’équipe de la
Maison Blanche de limiter le nombre
de toilettes faites au lit. L’humanitude
nous enseigne qu’un homme digne est
un homme debout ; les stagiaires ont
donc travaillé sur la verticalisation et
sur comment amener une personne au
lavabo pour faire sa toilette, une façon
de lui rendre un peu d’autonomie, ce
qui est la première des bientraitances.
« Depuis que nous avons introduit ce
concept dans l’établissement, quelque
chose dans la façon de faire des soignants
a changé » conclut Dominique. « Même
si cette technique demande du temps et
de l’énergie, nous allons continuer dans
cette voie et proposer des formations
aux autres
membres du
personnel. »
C. Jamet
* Telle que
celle diffusée
par M6 en
novembre
dernier dans
le cadre
de « Zone
interdite »
et qui a
beaucoup fait
parler d’elle.
Une nouvelle méthode
d’approche du patient âgé
Engagement
Entreprises Solidarité :
dernière ligne droite
En démarrant le 27 septembre dernier
une nouvelle édition d’Entreprises
Solidarité, la Fondation Arc-en-Ciel
a souhaité donner aux entreprises
locales la possibilité de soutenir
le projet de rénovation/extension
qu’elle met en œuvre pour son
établissement La Maison Blanche. Ce
projet vise notamment la création de
28 places pour personnes atteintes de
la maladie d’Alzheimer et l’ouverture
d’un service d’accueil de jour de 12
places, le tout sur la commune de
Beaucourt (90). À un mois de la fin de
l’opération, nous faisons le point.
Entreprises Solidarité prend la forme
d’un parrainage, proposé aux entreprises au prix de 1000 € la place avec l’objectif de faire parrainer la totalité des
40 nouvelles places « Alzheimer » avant
le 25 avril 2008, date d’inauguration
de la première tranche des travaux, à
savoir le service d’accueil de jour.
À ce jour, beaucoup d’entreprises, mais
également des clubs service et même
des particuliers, ont répondu favorablement à l’appel lancé et il ne reste que
quelques places à parrainer.
Un exemple parmi d’autres :
le 28 février dernier, le Club
Rotary du Pays de Montbéliard,
représenté par son vice-président Claude Monath, a donné
un petit coup de pouce à l’opération en remettant à Alain
Szyika-Gravier, président de
la Fondation Arc-en-Ciel, un
chèque pour le parrainage de
plusieurs places d’accueil (voir
photo).
L’inauguration du 25 avril sera l’occasion
pour la Fondation de remercier ses
« parrains » et de leur remettre une
copie numérotée et signée d’une image
réalisée par le photographe américain
Don Henderson symbolisant la solidarité
exprimée à travers cette opération.
C. Jamet
7
Culture
Les échos de la fondation
La mémoire
de ma mère
de Giulia Salvatori
Lors de sa séance du 9 février
dernier à la Maison Blanche, le
Conseil :
Éditeur : Michel Lafon (sept. 2007)
•s’est penché sur le développement stratégique de la Fondation en
confirmant les attributions dévolues
à chaque instance (bureau, commissions, conseil de Fondation). Le
principe d’une journée de réflexion
sur ce thème réunissant administrateurs, directeurs d’établissements
et personnalités extérieures a été
adopté ;
Le geste est ample, la diction
limpide avec ce fond de gouaille
caractéristique : Annie Girardot est
« Madame Marguerite » et nous, les
spectateurs, ses élèves.
Enthousiasmés par sa prestation,
nous souhaitons la rejoindre
au foyer des artistes. Après un
moment
d’attente,
stupéfiés,
nous la voyons arriver traînant les
pieds, aidée dans sa marche par
son accompagnateur. Ce dernier lui
écrira soigneusement les dédicaces
sur une feuille blanche qu’elle
recopiera consciencieusement sur
nos programmes. C’était en 2004.
Longtemps après, les médias
dévoileront le terrible secret : Annie
Girardot est atteinte de la maladie
d’Alzheimer. Sa fille, pour combattre
l’idée communément répandue que
le comportement de sa mère est
lié à son alcoolisme, s’est décidée
à écrire un livre retraçant la vie de
l’actrice et l’emprise inexorable de
la maladie.
Malgré le sujet abordé, ce livre est
d’une lecture facile, je dirais même
plaisante, mêlant anecdotes sur la
grande époque du cinéma italien,
les vies souvent tumultueuses des
étoiles de l’époque (Gabin, Delon,
Ventura…) et réflexions graves sur
« la » maladie  : « “Tu sais bien que
je ne garde que les bons souvenirs”
[dit un jour Annie Girardot à sa fille].
À peine eus-je le temps de subir
l’ironie cruelle de cette fin de phrase,
elle était repartie au pays où l’on ne
se souvient pas… ».
•a validé le recrutement, prévu au
budget, de Mme le Dr Mildenberger,
médecin gériatre à la Clinique Brugnon Agache ;
•a décidé de l’adhésion de
la Fondation au Groupement de
Coopération Sociale et Médicosociale 90, afin de répondre,
avec d’autres associations du
département, aux besoins des
personnes âgées dans le domaine de
la garde de nuit itinérante ;
•a décidé de créer une
commission concernant le développement de la Clinique
Brugnon Agache, dépendant
du Pôle Santé ;
•a fait le point sur
l’antenne
ambulatoire
du
CRCPFC qui s’installera en
début d’automne à Besançon.
Les travaux ont commencé,
pour un budget proche d’1M €.
Comme cela avait été envisagé,
une partie du terrain d’assise
du nouvel immeuble est cédée
à une entreprise voisine ;
•s’est penché sur le projet
d’extension/restructuration
de
la
Maison Blanche. Un nouveau projet
architectural est en cours de
réalisation par le Cabinet Brandon.
Courant
mars,
des
éléments
concrets seront soumis à l’avis des
administrateurs et des autorités de
contrôle ;
Clinique Brugnon-Agache :
création d’une commission
•a reçu l’équipe de la Maison
Blanche pour faire un point sur
l’activité de l’établissement et
aborder plus particulièrement les
questions de développement des
services à domicile et de l’accueil
temporaire.
À l’issue de cette séance, les administrateurs, et le directeur général
ont reçu une délégation allemande
du Diakonisches Werk (église
protestante) de Württemberg
qui souhaitait faire connaissance avec la Fondation et
son champ d’action.
S. Guinard
Les nouveaux locaux de l’antenne
ambulatoire du CRCPFC à Besançon
Point de vue
La proposition du Président de la
République de confier la mémoire
d’un enfant victime de la Shoah à
un élève de CM2 a déclenché une
vive polémique, aussi bien dans le
monde politique que dans le monde
enseignant.
Simone Weil s’est empressée de
critiquer cette idée qu’elle a qualifiée
« d’inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout injuste. » Nous sommes
en accord avec ces propos et ceux
des membres du comité d’experts
qui ont reconnu cependant le besoin
d’améliorer la transmission de la
mémoire de la Shoah dans les écoles,
ce qui se fait depuis longtemps à l’École
de l’Institut Perdrizet.
En effet, tout en suivant les temps forts
de la vie de la nation (commémoration
Agenda
du 11 novembre, du 8 mai, de
l’anniversaire de la Libération...), ainsi
que les programmes de l’Éducation
Nationale en histoire et en instruction
civique, les enseignants de l’École de
l’Institut Perdrizet ont toujours veillé à
maintenir dans le cœur de leurs élèves,
le souvenir de tous ces gens sacrifiés à
la liberté de leur pays.
Par la lecture d’ouvrages, traitant
de l’un ou l’autre conflit mondial,
l’étude de photos d’époque, de films,
de lettres et témoignages... Par des
visites de musées et hauts lieux de
résistance... Par l’échange, au moment
de l’anniversaire de l’ouverture des
camps de la mort, avec d’anciens
résistants qui ont appelé nos jeunes
à la tolérance, à la réconciliation... Par
des débats entre élèves et un jeune
allemand volontaire venu travailler
dans l’établissement, les élèves ont
été sensibilisés aux souffrances
endurées par leurs aînés à cause
de leur race, leurs croyances, leur
patriotisme ou leur désir de faire leur
devoir de citoyen. Ils sont toujours
respectueux de ce qui s’est vécu dans
ces moments terribles, ont toujours
participé intensément et ont émis le
souhait de faire disparaître toute forme
de haine entre les hommes.
Ce travail de mémoire sera poursuivi car nos jeunes doivent apprendre
à pardonner, sans jamais oublier de
témoigner.
Marie-Frédérique Cavy,
directrice de l’École de
l’Institut Perdrizet
Pierrette Feuillet,
ancienne directrice
avril - juin 2008
L’Assemblée Annuelle des Amis et Partenaires prévue à la Résidence Surleau le
vendredi 25 avril à 17h30 n’aura pas lieu.
En revanche, nous vous invitons à découvrir nos activités à travers une (ou plusieurs) des manifestations suivantes :
Vendredi 25 avril à 17h30 :
inauguration du service d’accueil de
jour de la Maison Blanche à Beaucourt
et clôture de l’opération « Entreprises
Solidarité » en présence des parrains.
Jeudi 15 mai : inauguration des nouveaux locaux du CRCPFC « La Grangesur-le-Mont » à Pont d’Héry (le matin) et du CRF Bretegnier à Héricourt
(l’après-midi).
Samedi 14 juin : fête annuelle de la
Fondation, au CRF Bretegnier.
Mots à mots
CRCPFC Centre de réadaptation cardiologique et pneumologique de FrancheComté, établissement de la Fondation
Arc-en-Ciel situé à Pont d’Héry (39)
CRF Centre de réadaptation fonction-
DDASS Direction départementale
des affaires sanitaires et sociales
EHPAD
Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes
nelle (par exemple le CRF Bretegnier)
HAS Haute autorité de la santé
MAS
Maison d’accueil spécialisée
pour personnes lourdement handicapés (par exemple La Mosaïque, à
Montbéliard)
Prochain numéro (rapport annuel 2007)
Notre dossier : « Aider un proche malade ou handicapé : jusqu’où ? »
• Direction générale - 25200 Montbéliard
• La Maison Blanche - 90500 Beaucourt
• Institut Perdrizet - 90200 Giromagny
• Centre Bretegnier - 70400 Héricourt
• Résidence Surleau - 25200 Montbéliard
• CRCPFC - 39110 Pont d’Héry
• Clinique Médicale Brugnon Agache 70100 Beaujeu (mandat de gestion)
• Maison Belot et Arc-en-Ciel services 90500 Beaucourt (mandat de gestion)
Directeur de la publication : S. Guinard - Comité de rédaction pour ce numéro :
S. Barsus, S. Guinard, P. Feuillet, P. Hubscher, P. Kaiser, S. Longet, V. Piotelat, A. Lautissier,
C. Jamet - Mise en page : C. Jamet - Conception : Créaphic - Impression : Média Strat,
Bart - ISSN : 1297-7756 - Éditeur : Fondation Arc-en-Ciel, 46 av. Wilson 25200 Montbéliard
Tél. 03 81 31 23 30 - Fax 03 81 95 45 38 - Dépôt légal : mars 2008