Reflets_55_printemps.. - Fondation Arc en Ciel
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Reflets n°55 Printemps 2008 la lettre d’information de la fondation arc en ciel sommaire Édito • Actualités • Flash Info • Éclairage sur... Être attentif pour bien traiter • Engagement • Culture • Les Échos de la Fondation • Point de vue • Agenda • Mots à mots Édito... Ce nouveau numéro de Reflets aborde, dans son dossier central, le sujet de la maltraitance et de la bientraitance. Au-delà des faits parfois atroces qui font de proche en proche la une des journaux et qu’il faut combattre absolument, se pose à nos équipes et à nous tous la question plus difficile à résoudre : « comment bien traiter sans mal traiter ? » En effet, la projection que l’on peut faire sur ce que souhaite la personne que l’on accompagne ou que l’on soigne, et parfois le souci de bien faire, peuvent amener à l’inverse du but désiré. Les aidants familiaux ou les soignants sont alors placés devant des injonctions paradoxales : sécuriser en laissant un maximum d’autonomie, soigner sans acharnement, penser à la fin et préparer l’avenir. Le projet de la Fondation propose deux repères majeurs : concevoir la personne dans sa globalité, mais aussi, quel que soit son état, la respecter comme le principal acteur de sa vie. Bien au-delà du trop facile « ton insupportable fait d’un mélange de commisération et de fausse bonhomie » décrié par Giulia Salvatori (voir page 7), le message de Pâques nous donne la force de lutter pour une approche plus solidaire et plus respectueuse de la personne fragilisée. Bonne lecture. Samuel Guinard, directeur général Actualités Un printemps bien rempli sous l’Arc-en-Ciel… Différentes manifestations se succéderont au cours des quatre prochains mois, témoignant d’une vie institutionnelle très animée et d’une actualité très forte. La première de ces manifestations, l’inauguration de l’accueil de jour de la Maison Blanche, aura lieu le 25 avril prochain et sera jumelée avec la fin de l’opération Entreprises Solidarité (voir page 6). Ce sera l’occasion de marquer une première étape sur le chemin du grand projet de rénovation/extension de l’établissement et de remercier les entreprises qui ont accepté de parrainer la Fondation dans cette action. Le 15 mai, une autre manifestation en deux parties sera organisée : l’inauguration, le matin, des nouveaux bâtiments du CRCPFC à « La Grange-surle-Mont » à Pont d’Héry laissera place, dans l’après-midi, à celle des nouveaux Le CRF Bretegnier (à gauche) et le CRCPFC « La Grange-sur-le-Mont » : bientôt inaugurés locaux du CRF Bretegnier à Héricourt. Ces cérémonies seront placées sous la présidence de Patrice Blémont, directeur de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation de Franche-Comté et marqueront la fin de deux chantiers qui auront duré en tout quatre ans. Enfin, la traditionnelle Fête Annuelle de la Fondation aura lieu le samedi 14 juin au CRF Bretegnier à Héricourt, donnant à tous, salariés, bénévoles, partenaires et usagers, l’occasion de découvrir les nouveaux espaces dont dispose désormais cet établissement. Le thème de la journée sera le sport. En raison de ce calendrier chargé, l’Assemblée Annuelle des Amis et Partenaires, programmée initialement le 25 avril à Montbéliard, n’aura pas lieu. Rendez-vous est donné à chacun sur place au moment de l’une ou l’autre de ces manifestations pour découvrir sur le terrain l’action de notre institution. C. Jamet 2 Reflets n°55 Actualités La suite des aventures de Don-Diabeto Nous avions déjà évoqué le sujet dans Reflets : au CRCPFC de « La Grange-sur-le-Mont », Evelyne Bioland, scénariste (aide soignante aujourd’hui à la retraite) et Virginie Piotelat, dessinatrice (animatrice) ont créé une bande dessinée racontant le quotidien de la vie d’un diabétique, intitulé « les aventures de Don-Diabeto ». Le premier volet de la vie de DonDiabeto, « le pied diabétique », retrace une journée de la vie de ce personnage haut en couleur. Le deuxième, « un épisode diététique », relate un dimanche dans la vie de Don-Diabeto et le troisième, « l’activité physique », évoque une semaine de sa vie. Très ludique et humoristique, la BD contribue à dédramatiser la maladie et le personnage de Don-Diabeto sert de trame au parcours d’éducation thérapeutique. La réalisation de cet ouvrage s’inscrit dans le cadre d’une politique régionale soutenant les projets de ce type. Il vient d’être imprimé à 2000 exemplaires grâce notamment à une subvention du Groupement Régional de Santé Publique. Cette BD sera remise en fin de séjour aux patients ayant suivi tous les modules sur le diabète. Cette initiative a été saluée par les experts visiteurs de la Haute Autorité Flash - info de Santé à l’occasion de la visite de certification en juin dernier pour souligner la dynamique de l’établissement en matière d’éducation thérapeutique. A. Chatton Yvette Mouillet : sur le départ... Au service du Centre Bretegnier depuis 1971, d’abord en tant qu’infirmière, puis cadre de santé, Yvette Mouillet a connu « l’Hôpital », puis le Centre de Réadaptation Fonctionnelle, avec tous ses changements et évolutions. Sa mission ? La satisfaction tant des patients et de leurs familles, que des équipes de travail, en employant une qualité essentielle : sa capacité d’écoute et son efficacité à régler les conflits. Elle aura fait preuve d’un dévouement sans compter dans l’exercice de sa fonction. À l’heure de la retraite (le 1er avril 2008), elle a le sentiment du devoir accompli et « la satisfaction de passer à autre chose », notamment de faire profiter ses proches de sa future disponibilité. Une chose est sûre : cette figure emblématique du Centre Bretegnier va laisser une place vide et restera une référence pour tous ceux qui l’ont croisée. Une page se tourne, une étape à franchir pour Yvette à qui nous souhaitons, du fond du cœur, tout le meilleur ! F. Barbey Les « Ceulat » à Mulhouse Le 12 février dernier, les « Ceulat » (les jeunes de l’atelier théâtre de l’Institut Perdrizet) ont joué leur dernier spectacle, « Et alors… », à Mulhouse devant 130 personnes. Un succès, car ils ont conquis le public par le sérieux et l’humour de leur jeu. Ce fut une longue journée qui a fini pour certains autour de minuit (entre le voyage, la mise en place des accessoires, et les différentes préparations) et qui restera une belle aventure avec, certes, des moments de stress. Mais l’expérience de la scène, gratifiante, valorisante, vaut tous les efforts donnés et la récompense des applaudissements fait oublier une certaine « déficience » et gomme presque la « différence »… Les « Ceulat » sont attendus pour leur nouveau spectacle (« C’est rien ! ») à Mulhouse, mais c’est avant tout chez eux, à Giromagny, qu’ils joueront le 2 juillet prochain en soirée. Un nouveau dépliant pour expliquer les dons et legs Son statut de « fondation reconnue d’utilité publique » confère à la Fondation Arc-en-Ciel un certain nombre de droits et devoirs. Parmi eux, celui de pouvoir recevoir des dons et des legs ouvrant droit à des réductions fiscales pour les donateurs et permettant à la Fondation de développer son action. La législation concernant ce point ne cesse d’évoluer. Afin de la clarifier, la Fondation vient de créer un dépliant explicatif « Dons et legs » qui sera notamment mis à disposition dans des cabinets de notaires de la région. Il peut également vous être adressé sur simple demande. 3 Actualités La MAS : un chantier en bonne voie Un nouveau cadre de vie agréable pour les futurs résidents Lure, le 22 janvier dernier. L’adjoint au maire de la commune, Raoul Juif, accueillait à la mairie des représentants locaux et des responsables de la Fondation Arc-en-Ciel pour faire le point sur l’avancement des travaux sur le chantier de la future Maison d’Accueil Spécialisée (MAS). Avec la construction de cette nouvelle MAS sur la commune de Lure, la Fondation, soutenue par la municipalité et par la DDASS 70, souhaite améliorer encore la réponse à un besoin de prise en charge repéré : celui des patients en réadaptation qui sortent du coma mais pour lesquels la récupération n’est que très limitée, voire absente. Dans le jargon des professionnels, on parle de personnes « cérébrolésées ». Pour l’instant, 16 patients sont accueillis dans l’unité « La Mosaïque » créée à Montbéliard en 2002. Quelle place pour les médias en maison de retraite ? Afin de savoir si, quand on a 80 ans passés, les actualités régionales et nationales diffusées par les médias présentent encore de l’intérêt, Nicole Voitot a mené son enquête auprès de quelques personnes âgées vivant à la Résidence Surleau. Pour les personnes interrogées, les journaux télévisés ont une certaine attractivité notamment « les régionales » qui permettent de connaître l’évolution de son quartier, de sa ville. Pour certains, les JT donnent une occasion de « sortir de l’ennui », « de rester dans la vie ». Parmi les sujets qui passionnent plus particulièrement : les découvertes archéologiques, techniques et spatiales ou bien le sport et surtout le football. La nouvelle MAS accueillera 40 personnes d’âge compris entre 18 et 60 ans présentant un handicap physique lourd nécessitant une assistance permanente pour les actes de la vie quotidienne. Ces personnes seront suivies par une équipe pluri-professionnelle équivalente à 62 temps plein. Le projet architectural, dont le détail a été présenté par l’architecte Pascale Richter, offre une richesse spatiale Certains résidents auraient d’ailleurs des conseils à donner à l’entraîneur du FC Sochaux ! D’autres sujets inquiètent : par exemple, l’indépendance du Kosovo rappelle, pour certains anciens, l’indépendance de la Pologne et le déclenchement de la deuxième guerre mondiale. Toujours soucieux de l’avenir de leurs petits-enfants, la fermeture des usines en série préoccupe également les résidents. Quant à la politique, certains s’y intéressent « un peu » mais cela ne va guère plus loin. Ceux qui écoutent la radio sont peu nombreux : il s’agit de personnes qui ont des problèmes de vue. Quant à la lecture du journal, proposée tous les matins par l’animatrice Véronique, de nombreux résidents y participent. L’animatrice lit en premier la « une » et les résidents choisissent l’article qu’ils veulent favorisant les rencontres entre résidents, personnel et visiteurs. Les travaux ont bien démarré et se déroulent depuis mai 2007. Alain Szyika-Gravier, président de la Fondation, a donné rendez-vous fin 2008 à tous ceux présents pour l’ouverture de cette nouvelle structure à vocation régionale. C. Jamet écouter et dont ils veulent débattre. Ils s’intéressent également aux avis de décès, qui concernent souvent des personnes qu’ils ont connues. Chaque résident aborde les actualités de manière différente mais une chose est sûre : les médias restent un lien essentiel pour garder le contact avec le monde extérieur. N. Voitot La lecture du journal : un instant apprécié par les résidents 4 Reflets n°55 Éclairage sur ... « Être attentif pour Introduction au thème par Pascal Hubscher, administrateur « Je fais le mal que je ne voudrais pas faire et le bien que je veux faire je ne le fais pas » (d’après l’expression de Paul aux Romains, ch.VII v.19). Cet exemple vécu dans un de nos établissements a le mérite de bien poser la difficulté rencontrée pour définir où commence « la maltraitance », sujet d’actualité relayé par les médias et caractériser alors la notion de « bientraitance ». Bien sûr, certains comportements ou certaines conditions constituent des « Bien traiter les personnes qui nous violences patentes infligées sont confiées, c’est l’objectif aux personnes accueillies. Ils de tous les acteurs de la « Bien traiter doivent être dénoncés et Fondation Arc-en-Ciel ». les personnes qui proscrits. Voilà seulement un « slonous sont confiées, c’est l’objectif de tous les gan publicitaire » si cette acteurs de la Fondation préoccupation centrale ne Mais la vigilance sur ce Arc-en-Ciel » conduisait pas les équipes thème ne saurait s’arrêter à s’interroger inlassablement là. Nos pratiques habituelles, sur leurs pratiques et leurs foncsouvent inscrites dans une volonté tionnements. de bien faire, peuvent être considérées comme de la maltraitance. Un exemple : Prenons un exemple : Monsieur K, en soins la volonté de tirer de son isolement de suite, est « passé » à la douche quoti- une personne âgée en exigeant qu’elle diennement. Il n’aime pas ce moment. Il participe à une animation peut devenir crie et se rebiffe malgré ses 91 ans. Après une violence insoutenable pour cette un temps d’incompréhension de l’équipe personne, avide de solitude ce jour-là. face à son attitude, le dialogue permet de Pourtant l’action est entreprise avec la découvrir que ce monsieur n’a jamais eu meilleure volonté du monde : le désir de de douche. Il s’est toujours correctement servir le résident en le socialisant ! nettoyé à l’eau froide au lavabo. Faut-il exiger la douche normative ou accéder à Identifier certaines maltraitances est ce que fut sa vie depuis toujours ? donc plus délicat qu’il n’y paraît. Deux comportements permettent pourtant de les traquer : Bien traité, bien soigné : quelques - remettre en cause régulièrement nos remarques de nos usagers habitudes, nous interroger sur nos pratiExtraits de l’enquête de satisfaction du ques et en évaluer la portée sur les perCRF Bretegnier, Héricourt sonnes que nous accueillons et dans les « Très bien soigné et très bien écouté. » relations que nous tissons avec elles ; « Ne rien changer, ici on oublie le mal - au coeur des réglements, progresser qui nous envahit, grâce à la très bonne vers une plus grande personnalisation équipe qui prend soin de nous. » de la prise en charge en ayant constam« Le personnel est très accueillant, à ment à l’esprit que ce qui est bon pour l’écoute, souriant et consciencieux, l’un ne l’est pas nécessairement pour merci à tous. » l’autre. « Il est dommage que le séjour soit si court .» « Continuez dans le même état d’esprit et aussi avec la même gentillesse, merci pour tout. » « À mon avis, le maximum est fait, un grand merci à tous. » Au prix d’une mise en œuvre persévérante de ces deux actions, nous souhaitons améliorer encore la « bientraitance » des personnes qui vivent un temps dans nos établissements. La maltraitance : définitions... Nous vous proposons une première approche à la notion complexe de la maltraitance à travers les différents textes et lois et qui existent sur le sujet avec Audrey Viney, assistante sociale au CRF Bretegnier (Héricourt). Qu’entend-t-on par maltraitance ? « Selon le Conseil de l’Europe, la maltraitance se définit comme une situation pathologique dans laquelle une personne, ou un groupe de personnes, inflige de mauvais traitements à une autre personne. Elle peut conduire à son décès ou être à l’origine de préjudices physiques ou moraux. Si nous sommes plus sensibles à la notion de maltraitance active (frapper, insulter..), nous sommes quelque fois moins vigilants face à toutes les situations de maltraitance par omission (infantilisation, défaut d’information…). » Et la maltraitance en droit ? « Si le terme de maltraitance n’est pas juridiquement défini, les comportements et les actes considérés comme maltraitants sont en revanche sévèrement punis par le code pénal. » Que faire quand nous sommes témoins, ou informés, d’une situation de maltraitance ? « Il faut en parler afin de protéger la personne. Selon le code pénal, une dérogation légale au respect du secret professionnel est autorisée pour signaler une situation de maltraitance aux autorités. Le cadre de santé est alors un maillon clé dans la lutte contre la maltraitance. » 5 bien traiter » Un protocole pour prévenir la maltraitance Depuis quelques années, à la Maison Blanche (Beaucourt), comme dans la plupart des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), un souci de lutte contre la maltraitance a abouti à la rédaction de protocoles destinés aux équipes soignantes. À ce souci, deux raisons. La première est d’ordre historique : les EHPAD sont les héritiers des hospices. Disparus dans les années 1980, ces derniers ont laissé, dans la mémoire collective, le souvenir de mouroirs indignes. Animation : à trop vouloir bien faire… Le public de l’animateur en établissement de soins est varié et complexe. Si l’animation n’est pas le but du séjour, elle l’agrémente et l’embellit. Mais comment toucher un public parfois renfermé sur lui-même, sans être intrusif, sans imposer malgré de bonnes intentions ? La deuxième raison est d’ordre éthique. Elle renvoie à l’injonction hippocratique, « primum non nocere » (« ne pas nuire, par mon action, à mon patient »), notion fondamentale qui s’inscrit dans la relation soignante et concerne tout intervenant auprès de la personne âgée. Les personnes qui peuplent nos EHPAD se trouvent dans une situation de grande fragilité. La relation personnel/résident va donc au delà d’une simple relation « hôtelière » pour être une relation soignant/soigné. Elle suppose une stricte égalité des participants dans le respect de l’éthique hippocratique évoquée. Car il y a ceux qui aimeraient bien mais qui n’osent pas… Ceux qui veulent et demandent… Ceux qui ne veulent pas du tout et qui le disent… Ceux qui ne veulent pas… mais le font quand même pour faire plaisir ! Comment respecter la volonté d’autrui, sans le connaître vraiment ? Comment solliciter la personne, sans la forcer, sans tomber dans le vouloir faire faire à tout prix, pour le bien être de la personne, alors que l’inactivité est aussi un besoin qui se respecte ? Il s’agit d’être à l’écoute, de rester disponible et suffisamment attentif à la personne. Pour cela la notion de plaisir est essentielle : plaisir de se retrouver, de s’exprimer, d’écouter, de flâner… Plaisir et droit à ne rien faire aussi ! Il faut savoir motiver, éveiller la curiosité des personnes, faire preuve de créativité et d’adaptabilité face aux différentes personnalités ; et ne pas prendre pour un échec le refus d’un patient… voilà tout l’art d’un bon intervenant ! Le cyclo-danse : une animation « sportive » proposée au CRF Bretegnier V. Piotelat Mais un protocole maltraitance n’a d’intérêt que s’il s’accompagne d’une pédagogie éthique permettant de faire la nécessaire distinction entre refus de la maltraitance et « bientraitance ». En effet, la volonté de bien traiter est susceptible, contrairement à ce que l’on peut imaginer, d’entraver la liberté de choix du patient [si le soignant suppose qu’il « sait » ce qui est bon pour la personne]. Dr M. Pétiard Poème de Mme J. Jacquot, patiente de la Clinique Brugnon Agache, Beaujeu Emploi du temps En m’offrant ce joli papier Ma fille a sans doute pensé, Que j’allais tout vous raconter. Aussitôt dit, aussitôt fait. Depuis le mois de février, Je suis venue me reposer, Dans la grande propriété Où par les soins du jardinier Fleurissent crocus et pensées. Dès le matin, à pas feutrés, On voit les filles s’affairer Pour tous les soins à distribuer. Huit heures : le petit déjeuner Confitures, tartines beurrées Que c’est bon de se restaurer! Midi dans la salle à manger, Nous aimons tous nous retrouver Après avoir bu le café, La sieste pour nous reposer, Hélène vient nous proposer Musique, jeux parfois ciné Jusqu’à la fin de la journée. Un grand merci, bien mérité, Aux gardiens de notre santé. 6 Reflets n°55 Éclairage sur ... L’humanitude contre la maltraitance La maltraitance subie par des personnes âgées institutionnalisées a été portée à l’attention du grand public ces dernières années par des articles parus dans la presse et par des émissions de télévision*. Face à cette réalité, deux soignants français (Yves Gineste et Rosette Marescotti) ont mis au point « l’humanitude », une méthode d’approche du patient âgé qui redéfinit la relation « soignant/soigné ». Les soignants de la Maison Blanche, avec à leur tête Dominique Montagnon, surveillante-chef, ont souhaité connaître cette nouvelle « philosophie de soin », qui a fait ses preuves en France et à l’étranger. En 2007, une douzaine de soignants ont suivi une formation autour de (suite et fin) l’humanitude et plus particulièrement sur la question de « la toilette autrement ». « Nous avions pour objectif d’améliorer les soins notamment des résidents avec qui le moment de la toilette se passait mal » explique Dominique. « L’équipe a appris une technique de toucher/relationnel qui consiste à transformer cet instant en "soin confort". Les soignants travaillent en binôme, l’un restant toujours en contact avec la personne âgée pendant que l’autre accomplit les gestes techniques. » Il s’agissait aussi pour l’équipe de la Maison Blanche de limiter le nombre de toilettes faites au lit. L’humanitude nous enseigne qu’un homme digne est un homme debout ; les stagiaires ont donc travaillé sur la verticalisation et sur comment amener une personne au lavabo pour faire sa toilette, une façon de lui rendre un peu d’autonomie, ce qui est la première des bientraitances. « Depuis que nous avons introduit ce concept dans l’établissement, quelque chose dans la façon de faire des soignants a changé » conclut Dominique. « Même si cette technique demande du temps et de l’énergie, nous allons continuer dans cette voie et proposer des formations aux autres membres du personnel. » C. Jamet * Telle que celle diffusée par M6 en novembre dernier dans le cadre de « Zone interdite » et qui a beaucoup fait parler d’elle. Une nouvelle méthode d’approche du patient âgé Engagement Entreprises Solidarité : dernière ligne droite En démarrant le 27 septembre dernier une nouvelle édition d’Entreprises Solidarité, la Fondation Arc-en-Ciel a souhaité donner aux entreprises locales la possibilité de soutenir le projet de rénovation/extension qu’elle met en œuvre pour son établissement La Maison Blanche. Ce projet vise notamment la création de 28 places pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et l’ouverture d’un service d’accueil de jour de 12 places, le tout sur la commune de Beaucourt (90). À un mois de la fin de l’opération, nous faisons le point. Entreprises Solidarité prend la forme d’un parrainage, proposé aux entreprises au prix de 1000 € la place avec l’objectif de faire parrainer la totalité des 40 nouvelles places « Alzheimer » avant le 25 avril 2008, date d’inauguration de la première tranche des travaux, à savoir le service d’accueil de jour. À ce jour, beaucoup d’entreprises, mais également des clubs service et même des particuliers, ont répondu favorablement à l’appel lancé et il ne reste que quelques places à parrainer. Un exemple parmi d’autres : le 28 février dernier, le Club Rotary du Pays de Montbéliard, représenté par son vice-président Claude Monath, a donné un petit coup de pouce à l’opération en remettant à Alain Szyika-Gravier, président de la Fondation Arc-en-Ciel, un chèque pour le parrainage de plusieurs places d’accueil (voir photo). L’inauguration du 25 avril sera l’occasion pour la Fondation de remercier ses « parrains » et de leur remettre une copie numérotée et signée d’une image réalisée par le photographe américain Don Henderson symbolisant la solidarité exprimée à travers cette opération. C. Jamet 7 Culture Les échos de la fondation La mémoire de ma mère de Giulia Salvatori Lors de sa séance du 9 février dernier à la Maison Blanche, le Conseil : Éditeur : Michel Lafon (sept. 2007) •s’est penché sur le développement stratégique de la Fondation en confirmant les attributions dévolues à chaque instance (bureau, commissions, conseil de Fondation). Le principe d’une journée de réflexion sur ce thème réunissant administrateurs, directeurs d’établissements et personnalités extérieures a été adopté ; Le geste est ample, la diction limpide avec ce fond de gouaille caractéristique : Annie Girardot est « Madame Marguerite » et nous, les spectateurs, ses élèves. Enthousiasmés par sa prestation, nous souhaitons la rejoindre au foyer des artistes. Après un moment d’attente, stupéfiés, nous la voyons arriver traînant les pieds, aidée dans sa marche par son accompagnateur. Ce dernier lui écrira soigneusement les dédicaces sur une feuille blanche qu’elle recopiera consciencieusement sur nos programmes. C’était en 2004. Longtemps après, les médias dévoileront le terrible secret : Annie Girardot est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Sa fille, pour combattre l’idée communément répandue que le comportement de sa mère est lié à son alcoolisme, s’est décidée à écrire un livre retraçant la vie de l’actrice et l’emprise inexorable de la maladie. Malgré le sujet abordé, ce livre est d’une lecture facile, je dirais même plaisante, mêlant anecdotes sur la grande époque du cinéma italien, les vies souvent tumultueuses des étoiles de l’époque (Gabin, Delon, Ventura…) et réflexions graves sur « la » maladie : « “Tu sais bien que je ne garde que les bons souvenirs” [dit un jour Annie Girardot à sa fille]. À peine eus-je le temps de subir l’ironie cruelle de cette fin de phrase, elle était repartie au pays où l’on ne se souvient pas… ». •a validé le recrutement, prévu au budget, de Mme le Dr Mildenberger, médecin gériatre à la Clinique Brugnon Agache ; •a décidé de l’adhésion de la Fondation au Groupement de Coopération Sociale et Médicosociale 90, afin de répondre, avec d’autres associations du département, aux besoins des personnes âgées dans le domaine de la garde de nuit itinérante ; •a décidé de créer une commission concernant le développement de la Clinique Brugnon Agache, dépendant du Pôle Santé ; •a fait le point sur l’antenne ambulatoire du CRCPFC qui s’installera en début d’automne à Besançon. Les travaux ont commencé, pour un budget proche d’1M €. Comme cela avait été envisagé, une partie du terrain d’assise du nouvel immeuble est cédée à une entreprise voisine ; •s’est penché sur le projet d’extension/restructuration de la Maison Blanche. Un nouveau projet architectural est en cours de réalisation par le Cabinet Brandon. Courant mars, des éléments concrets seront soumis à l’avis des administrateurs et des autorités de contrôle ; Clinique Brugnon-Agache : création d’une commission •a reçu l’équipe de la Maison Blanche pour faire un point sur l’activité de l’établissement et aborder plus particulièrement les questions de développement des services à domicile et de l’accueil temporaire. À l’issue de cette séance, les administrateurs, et le directeur général ont reçu une délégation allemande du Diakonisches Werk (église protestante) de Württemberg qui souhaitait faire connaissance avec la Fondation et son champ d’action. S. Guinard Les nouveaux locaux de l’antenne ambulatoire du CRCPFC à Besançon Point de vue La proposition du Président de la République de confier la mémoire d’un enfant victime de la Shoah à un élève de CM2 a déclenché une vive polémique, aussi bien dans le monde politique que dans le monde enseignant. Simone Weil s’est empressée de critiquer cette idée qu’elle a qualifiée « d’inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout injuste. » Nous sommes en accord avec ces propos et ceux des membres du comité d’experts qui ont reconnu cependant le besoin d’améliorer la transmission de la mémoire de la Shoah dans les écoles, ce qui se fait depuis longtemps à l’École de l’Institut Perdrizet. En effet, tout en suivant les temps forts de la vie de la nation (commémoration Agenda du 11 novembre, du 8 mai, de l’anniversaire de la Libération...), ainsi que les programmes de l’Éducation Nationale en histoire et en instruction civique, les enseignants de l’École de l’Institut Perdrizet ont toujours veillé à maintenir dans le cœur de leurs élèves, le souvenir de tous ces gens sacrifiés à la liberté de leur pays. Par la lecture d’ouvrages, traitant de l’un ou l’autre conflit mondial, l’étude de photos d’époque, de films, de lettres et témoignages... Par des visites de musées et hauts lieux de résistance... Par l’échange, au moment de l’anniversaire de l’ouverture des camps de la mort, avec d’anciens résistants qui ont appelé nos jeunes à la tolérance, à la réconciliation... Par des débats entre élèves et un jeune allemand volontaire venu travailler dans l’établissement, les élèves ont été sensibilisés aux souffrances endurées par leurs aînés à cause de leur race, leurs croyances, leur patriotisme ou leur désir de faire leur devoir de citoyen. Ils sont toujours respectueux de ce qui s’est vécu dans ces moments terribles, ont toujours participé intensément et ont émis le souhait de faire disparaître toute forme de haine entre les hommes. Ce travail de mémoire sera poursuivi car nos jeunes doivent apprendre à pardonner, sans jamais oublier de témoigner. Marie-Frédérique Cavy, directrice de l’École de l’Institut Perdrizet Pierrette Feuillet, ancienne directrice avril - juin 2008 L’Assemblée Annuelle des Amis et Partenaires prévue à la Résidence Surleau le vendredi 25 avril à 17h30 n’aura pas lieu. En revanche, nous vous invitons à découvrir nos activités à travers une (ou plusieurs) des manifestations suivantes : Vendredi 25 avril à 17h30 : inauguration du service d’accueil de jour de la Maison Blanche à Beaucourt et clôture de l’opération « Entreprises Solidarité » en présence des parrains. Jeudi 15 mai : inauguration des nouveaux locaux du CRCPFC « La Grangesur-le-Mont » à Pont d’Héry (le matin) et du CRF Bretegnier à Héricourt (l’après-midi). Samedi 14 juin : fête annuelle de la Fondation, au CRF Bretegnier. Mots à mots CRCPFC Centre de réadaptation cardiologique et pneumologique de FrancheComté, établissement de la Fondation Arc-en-Ciel situé à Pont d’Héry (39) CRF Centre de réadaptation fonction- DDASS Direction départementale des affaires sanitaires et sociales EHPAD Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes nelle (par exemple le CRF Bretegnier) HAS Haute autorité de la santé MAS Maison d’accueil spécialisée pour personnes lourdement handicapés (par exemple La Mosaïque, à Montbéliard) Prochain numéro (rapport annuel 2007) Notre dossier : « Aider un proche malade ou handicapé : jusqu’où ? » • Direction générale - 25200 Montbéliard • La Maison Blanche - 90500 Beaucourt • Institut Perdrizet - 90200 Giromagny • Centre Bretegnier - 70400 Héricourt • Résidence Surleau - 25200 Montbéliard • CRCPFC - 39110 Pont d’Héry • Clinique Médicale Brugnon Agache 70100 Beaujeu (mandat de gestion) • Maison Belot et Arc-en-Ciel services 90500 Beaucourt (mandat de gestion) Directeur de la publication : S. Guinard - Comité de rédaction pour ce numéro : S. Barsus, S. Guinard, P. Feuillet, P. Hubscher, P. Kaiser, S. Longet, V. Piotelat, A. Lautissier, C. Jamet - Mise en page : C. Jamet - Conception : Créaphic - Impression : Média Strat, Bart - ISSN : 1297-7756 - Éditeur : Fondation Arc-en-Ciel, 46 av. Wilson 25200 Montbéliard Tél. 03 81 31 23 30 - Fax 03 81 95 45 38 - Dépôt légal : mars 2008