Swing verboten
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Swing verboten
PARTENAIRES Voix étouffées Concerts 2016 i w S r e v g n ! n e t o b Dimanche 20 novembre 2016 Strasbourg, Église Saint-Guillaume, 17h Sara Lazarus, chant Franck Amsallem, Piano Les artistes FRANCK AMSALLEM, pianiste, compositeur et chanteur, a enregistré 8 CD sous son nom, passé vingt ans aux Etats-Unis et accompagné Gerry Mulligan, Charles Lloyd, Joshua Redman, Maria Schneider et Harry Belafonte. Le jazz noir américain (ou yazz comme le prononcent ses détracteurs) arrive dans l’espace germanique avec les troupes alliées au lendemain de la défaite de 1918. L’occupation de la Ruhr et ses tirailleurs sénégalais, l’influence américaine croissante, la présence de jazz-bands dans les clubs allemands dès la fin de la 1ère Guerre mondiale sont comprises par ceux qui ne renoncent pas à l’avènement d’un Reich allemand unifié comme autant d’agressions contre la culture allemande et de symptômes de pourrissement (Pfitzner). Pour les jeunes compositeurs, le jazz représente en revanche une formidable opportunité de renouvellement du langage musical. Il est associé à la plupart des mouvements d’avant-garde de l’époque, tel le Groupe Novembre auquel participent Stefan Wolpe et Erwin Schulhoff, et trouve sa consécration dans l’ouverture de la première classe de jazz au Conservatoire Hoch de Francfort, confiée à Matyas Seiber. Son incarnation en 1926 dans l’opéra d’Ernst Krenek Jony spielt auf suscite des réactions racistes particulièrement violentes de la part des conservateurs et des nationaux-socialistes, qui manifestent contre l’ouvrage à Berlin et à Vienne. En 1930, le jazz est interdit en Thuringe par le ministre nazi de la culture du Land, Wilhelm Frick, et subira le même sort dans l’Allemagne entière à partir de 1933, où les établissements publics devront inscire sur leurs murs la mention « Swing verboten ». Redécouvrons avec l’Ensemble Voix Etouffées la fraicheur apportée par ce nouveau langage dans la musique européenne de l’entre-deux guerres. Amaury du Closel, directeur du Forum Voix étouffées En 1992 il remporte le 2ème prix au Jacksonville Great American Jazz Piano Competition et publie son premier CD, Out a Day, avec Gary Peacock et Bill Stewart. Il s’est depuis produit sous son nom dans les plus grands festivals européens, en Amérique du Sud, Afrique et Asie. Parallèlement, il mène une carriere de compositeur pour big band, notamment avec le WDR, pour orchestre à cordes et orchestre de chambre. En 2002, Franck se réinstalle en France et enregistre Summer Times, puis A week in Paris. Jazzman et Jazz Magazine saluent une nouvelle fois très chaudement ces opus. En parallèle, Franck joue régulièrement et enregistre avec des musiciens aussi prestigieux que Tim Ries, Rick Margitza et Jerry Bergonzi, ainsi que les chanteuses Sara Lazarus, Elisabeth Kontomanou et Melanie Dahan. Ces dernières années, le Pérou, le festival Jazzavienne, des concerts en Israël, Hollande, Lituanie, Algérie et dans toute l’Amérique du Sud étaient au programme. Avec Amsallem Sings, Franck met en valeur ses talents de pianistechanteur sur douze chansons tirées du Great American Songbook. Un 2eme album Franck Amsallem Sings Vol. II, enregistré en trio, est sorti en 2014. Les artistes SARA LAZARUS est native de Wilmington dans le Delaware comme Clifford Brown. Elle étudie dès 8 ans le piano puis le saxophone ténor et joue dans une comédie musicale en tournée européenne jusqu’à Montreux. Elle apprend les standards de jazz et son talent de chanteuse est remarqué par Illinois Jacquet lors de ses études de littérature anglaise à l’université d’Harvard. Elle intègre alors sa formation et le magazine DownBeat lui décerne le prix de meilleure soliste de jazz vocal, niveau universitaire. Diplôme en poche, elle s’installe à Paris et participe aux grands festivals tels Jazz in Marciac, Crest Jazz Vocal ou JVC Paris Festival, et rencontre notamment Manuel Rocheman, Jacky Terrasson ou Riccardo Del Fra. L’obtention du 1er Prix au Concours international Thelonious Monk à Washington en 1994 est l’occasion d’une improvisation avec Herbie Hancock, Ron Carter et d’autres jazzmen. Elle participe à l’enregistrement d’Anything Goes en 2000, projet dirigé par Patrice Caratini autour de Cole Porter. Programme du concert Des shtetls à Broadway Irving Berlin (1888 - 1989) : Let’s Face the Music and Dance Change Partners Blue Skies Cheek to Cheek Jacob Jacobs (1890 - 1977), Sholom Secunda (1894 - 1974) : Bei Mir Bistu Shein Harold Arlen (1905 - 1986) : I’ve Got the World on a String George Gershwin (1898 - 1937) : Porgy And Bess Medley Isn’t it a Pity How Long Has This Been Going On? Nice Work If You Can Get It Someone to Watch Over Me But Not For Me Les compositeurs IRVING BERLIN reçoit ses premiers cours de piano à l’âge de sept ans par Antonin Dvorák. Sur la recommandation de ce dernier, il est accepté au Conservatoire de Prague à l’âg de dix ans. Il continue ses études de piano et de composition à Vienne, Leipzig et Cologne où, en 1913, il reporte le prix Wüllner. Après son service militaire dans l’armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale, il vit en Allemagne jusqu’en 1923. Dans ces années, il est fasciné par les courants radicaux de l’avant-garde, du dadaïsme au jazz, mais trouve aussi de l’inspiration dans l’impressionnisme, l’expressionnisme et le néoclassicisme de l’époque. Le compositeur fut un ardent défenseur du système tonal d’Alois Hába et de ses élèves. À cause de ses convictions politiques (membre du parti communiste allemand, il mit en musique le manifeste communiste en 1932), Schulhoff devint une cible des nazis. Après l’interdiction en 1933 de la première à Berlin de son premier opéra Flammen, le compositeur retourne en Tchécoslovaquie où il vit très modestement comme pianiste de jazz. En juin 1941, alors que Schulhoff avait obtenu un visa pour l’URSS, il fut arrêté par des troupes allemandes et envoyé dans le camp de concentration de Wülzburg, en Bavière, ou il mourut en août 1942. JACOB JACOBS est né Yakov Yakubovitsh, en 1890 à Risk, en Hongrie. En 1904, sa famille émigre aux États-unis. Il travaille dans une fabrique de soda, puis dans une usine de métallurgie, avant de faire un apprentissage de tailleur. Parallèlement, il commence à chanter, puis à jouer dans un théâtre de vaudeville. En 1911, il joue dans Yankel Boyla de Leon Kobrin au Théâtre Odeon. En 1912, il devient directeur du Théâtre Lyrique de Bronsville et associé de Nathan Goldberg au Théâtre Lennox de Harlem. De 1926 à 1930, il est directeur associé du National Theater et du Prospect Theater dans le Bronx. Il aussi écrit les musiques de ses propres chansons. Il épouse Rebecca Treitler (Betty), fille du directeur du Théâtre Yiddish. en 1932, il collabore avec le compositeur Sholom Secunda sur une comédie musicale yiddish, I Would If I Could, dans laquelle figure la chanson devenue célèbre, Bay mir bistu sheyn, qui fit le grand succès des Andews Sisters en 1937. Une de ses chansons les plus connues est Mayn shtetele Belz. Il dirige,écrit et compose pour le Broadway show, «The President’s Daughter» en 1970. Il meurt en 1977. SHOLOM SECUNDA est né le 14 août 1894 en Russie, à Aleksandriya en Ukraine. Le jeune Secunda devient soliste alto dans les principaux chœurs de synagogue et gagne très vite une solide réputation. À la suite du pogrom de Nikolayev, où sa famille s’était installée, il émigre en Amérique en 1907 et, jusqu’à ce que sa voix mue, il est connu à New York comme le « prince du nouvel Hazzanim ».En 1913, il est engagé comme choriste dans les productions du Théâtre Yiddish pour lesquelles il écrit aussi des chansons. Un an plus tard, il entame des études au Institute for Musical Art (aujourd’hui la Juilliard School) et rapidement, avec Solomon Shmulevitz (1868–1943), unn compositeur reconnu dans le domaine du théâtre yiddisch et du vaudeville, il écrit sa première pièce, Yoysher (Justice). Dans le même temps, la légendaire prima donna Regina Prager intègre dans son programme une de ses chansons Heym, zise heym (Home Sweet Home) qui devient son grand succès. Après ses études à l’Institut, il découvre la musique d’Ernst Bloch, et il est frappé par le haut niveau artistique que peut atteindre la musique juive. Il prend alors des leçons avec ce compositeur. Après avoir travaillé pendant 3 ans dans les théâtres yiddisch de Philadelphie, Secunda voit en 1926 sa première opérette Moshka produite à Brooklyn. Entre 1935 et 1937, il écrit pour 7 productions. Dans les années Trente, il entame une fructueuse association avec le ténor Richard Tucker, star internationale qui régne sur le Metropolitan Opera. Secunda a écrit plus de 80 opérettes, des mélodrames , ainsi que de très nombreuses chansons. Il décéde le 13 janvier 1974 à New York (États-Unis). HAROLD ARLEN De son vrai nom Hyman Arluck, Harold Arlen naît le 15 février 1905 à Buffalo. La musique sera toujours au centre de sa vie. À sept ans, il chante dans la chorale de la synagogue où son père est cantor. Sa famille lui fait donner des leçons de piano dans l’espoir qu’il devienne professeur de musique. Au moment même où il obtient son diplôme à l’école secondaire Hutchinson de Buffalo, il se passionne pour le ragtime. À l’âge de 12ans, Arlen explique que son intérêt est dans l’instrumentation de jazz de son époque. À 15 ans, il joue du piano professionnellement à Buffalo. Il y obtient un certain succès. À la fin de son adolescence, il crée le « Snappy Trio », qui deviendra plus tard le « Southbound Shufflers » qui se produit à New York. A 20 ans, Il s’installe à New York, où travaille alors comme accompagnateur dans Vaudeville. il change alors son nom en Harold Arlen. Entre 1926 et 1934, il rejoint les « Buffalodians ». Il se fait connaître dans les restaurants chics et clubs de Manhattan comme pianiste et vocaliste du groupe. En 1928, il est choisi pour interpréter une chanson pour une revue populaire de l’époque, Scandals, de George Whites. L’ambition de Arlen est de devenir chanteur, mais on lui refuse une place dans le spectacle musical Great Day ! . Lors d’une fête, le compositeur Harry Warren entend Arlen improviser au piano et le présente au parolier Ted Koehler. En 1929, Arlen compose sa première chanson à succès : Get Happy. Tout au long du début et du milieu des années 1930, Arlen et Koehler écrivent des spectacles pour le célèbre club de Harlem, le Cotton Club, des comédies musicales de Broadway et des musiques de films d’Hollywood. Le partenariat d’Arlen et Koehler aboutit à un certain nombre de chansons à succès comme Let’s fall in Love et Stormy Weather. Ses compositions sont devenues des standards de jazz grâce à sa facilité à intégrer des éléments de blues dans le répertoire du Great American Songbook. On prétend que Arlen est allé encore plus loin que George Gershwin pour développer un style de musique populaire américaine combinant les modes européennes avec des influences noires (rythmes de jazz, blues et soul). Parallèlement, Arlen enregistre avec l’orchestre de danse de Leo Reisman. GEORGE GERSHWIN, fils d’immigrants russes - de son vrai nom Jacob Gershvin – manifeste un intérêt particulièrement développé pour la musique. Il prend des leçons sommaires de piano et d’harmonie à New York avec un compositeur de musique légère, Charles Hambitzer, duquel Gershwin dira « Il m’a rendu conscient harmoniquement ». Fervent admirateur d’Irving Berlin et de Jerome Kern, Gershwin devient accompagnateur de vaudeville puis pianiste répétiteur pour la revue Miss 1917. Ses premières chansons attirent sur lui l’attention de l’éditeur Max Dreyfus qui l’engage dans son équipe régulière de compositeurs. En 1918, George commence une collaboration qui s’avèrera fructueuse avec son frère parolier Ira. Doué d’une activité compositrice extrêmement prolifique, George Gershwin produit, parallèlement à ses chansons, bon nombre de comédies musicales dans lesquelles il utilise de façon originale et ingénieuse des formules de jazz à la mode. Toujours à la frontière entre langages classique et jazz, il compose en 1924 l’un des jalons de sa carrière, Rhapsody in Blue, pour piano et orchestre de jazz. Son entreprise musicale la plus ambitieuse et sans doute la plus décriée sera Porgy and Bess, un opéra américain pour chanteurs noirs, créé à Boston en 1935 et dont la presse ne fera pas bon écho malgré la grande popularité que connaîtront par la suite ses airs, en particulier Summertime. La mort soudaine du compositeur à l’âge de trente-huit ans a motivé la création d’une série de concerts donnés en son honneur chaque année au Lewisohn Stadium de New York.