Trois nouvelles naturalistes
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Trois nouvelles naturalistes
867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 1 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 Trois nouvelles naturalistes Anthologie Présentation par Stéphane Gougelmann Étonnants Classiques, n° 198 2,75 € I. P O U R Q U O I É T U D I E R TROIS NOUVELLES NATURALISTES ? es raisons qui justifient l’édition de trois nouvelles L naturalistes – Jacques Damour de Émile Zola (1880), La Retraite de Monsieur Bougran de Joris-Karl Huysmans (1888) et Hautot père et fils de Guy de Maupassant (1889) – ne manquent pas. La première tient à leur valeur littéraire évidente. Faut-il rappeler que Guy de Maupassant est un maître du genre ? Émile Zola et Joris-Karl Huysmans sont en revanche connus davantage pour leurs talents de romanciers. Pourtant l’auteur des Rougon-Macquart écrivit également nombre de récits brefs et celui d’À rebours, certes bien moins prolixe, produisit dans la même veine quelques petits textes d’un grand intérêt. On évoquera d’autre part les nécessités de la pédagogie. Le format de la nouvelle présente l’avantage de ne pas trop rebuter les lecteurs qui manquent d’appétit et se lassent rapidement. La diversité thématique des trois textes retenus permettra en outre d’éviter l’impression d’un déjà-lu. Le récit zolien paraît tout particulièrement conseillé pour capter l’attention des esprits inattentifs grâce à ses effets d’attente et de surprise. La Retraite de Monsieur Bougran et Hautot père et fils sont sans doute moins riches en rebondissements mais l’incongruité de leur histoire pique la curiosité. Signalons enfin que les nouvelles naturalistes s’adaptent en Trois nouvelles naturalistes 1 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 2 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 2 tout point aux orientations du programme de seconde puisqu’elles répondent à deux objets d’étude : « le récit, le roman ou la nouvelle », « un mouvement littéraire et culturel du XIXe ou du XXe siècle (français ou francophone) ». Nous avons donc conçu l’édition en pensant avant tout aux élèves. La présentation (• p. 5-18) rappelle les critères de reconnaissance d’une nouvelle, donne un bref aperçu de la vie des trois auteurs et brosse à grands traits les caractéristiques du naturalisme. Une chronologie (• p. 19-35) vient préciser les repères biographiques, historiques et culturels. Les textes sont abondamment annotés afin d’élucider tous les problèmes de compréhension littérale. Enfin, un dossier composé à la fois de documents complémentaires, de questions et d’exercices permet l’accompagnement et la prolongation de la lecture des trois nouvelles (• p. 131-153). II. T R O I S FACETTES DU NATURALISME Les trois récits qui composent le recueil procèdent d’un choix qui, comme souvent, s’est fait dans l’embarras. L’offre était variée et abondante parmi les œuvres des écrivains qu’on range, à tort ou à raison, sous la bannière naturaliste. Nous avons donc fait de cette diversité le critère même de notre sélection. Les nouvelles retenues appartiennent à la même esthétique et pourtant sont très différentes. Jacques Damour retrace la vie d’un brave ouvrier parisien emporté peu à peu dans le maelström de la Commune. Déporté à Nouméa, il s’évade et revient bien des années plus tard pour retrouver sa famille. Mais sa femme s’est remariée et sa fille semble avoir disparu. Dans La Retraite de Monsieur Bougran, Huysmans met en scène Bougran, un fonctionnaire contraint de prendre sa retraite alors qu’il ne trouvait sens à son existence que dans son travail de bureau, au ministère. Ce changement ravage le vieil homme et le précipite dans la folie et dans la mort. La nouvelle de Maupassant nous transporte en Normandie et raconte un de ces secrets au parfum de scandale qui traînent dans les vieilles familles bourgeoises. Hautot père charge, sur son lit d’agonie, son fils, César, de prendre soin de Caroline, avec laquelle il entretenait une liaison. Hautot fils rencontre la maîtresse de son père, découvre son demi-frère, mais surtout tombe amoureux de 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 3 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 cette femme. Il prend alors peu à peu la place de son père dans le foyer de Caroline. Les trois récits offrent donc une variété manifeste, du point de vue de la diégèse, des types de personnages, des lieux, des époques, des classes sociales, etc. Pourtant chacun d’eux procède à sa manière d’une visée naturaliste. Rappelons que les trois auteurs se sont rencontrés entre 1875 et 1876 et qu’ils ont participé aux Soirées de Médan (1880), recueil qui fait figure de manifeste naturaliste 1. En outre, les trois nouvelles ont été composées à la même période, dans les années 1880 : Jacques Damour fut publié la première fois dans le Messager de l’Europe en août 1880 2, La Retraite de Monsieur Bougran, prévue pour être insérée dans la revue britannique The Universal Review, mais qui fut refusée par son directeur 3, a été écrite vraisemblablement avant 1888, et Hautot père et fils parut dans L’Écho de Paris du 5 janvier 1889 4. On objectera que Maupassant, s’il admire les romans de Zola, ne reprend pas à son compte tous les présupposés idéologiques du maître de Médan 5. La nouvelle a été en outre écrite la même année que Fort comme la mort, roman qui relève davantage d’une psychologie à la Paul Bourget que du déterminisme de Zola 6. Il faut noter à ce propos qu’Hautot 1. Les Soirées de Médan rassemblent des nouvelles prenant pour thème la guerre de 1870. Outre Zola, Huysmans et Maupassant, Paul Alexis (1847-1901), Léon Hennique (1850-1935) et Henri Céard (1851-1924) ont participé au recueil. 2. La nouvelle reparut dans Le Figaro des 27, 28, 29, 30 avril et 1er et 2 mai 1883 avant que Zola ne l’adjoignît au recueil Naïs Micoulin (1884). 3. Harry Quilter. 4. Hautot père et fils fut à nouveau publié dans La Vie populaire le 24 avril 1889, avant d’être repris dans le recueil La Main gauche (1889). 5. Voir ce qu’écrit Maupassant à Flaubert le 24 avril 1879 : « Que ditesvous de Zola ? Moi, je le trouve absolument fou. Avez-vous lu son article sur Hugo ? Son article sur les poètes contemporains et sa brochure La République et la littérature ? “La République sera naturaliste ou elle ne sera pas” – “Je ne suis qu’un savant.” (Rien que cela. Quelle modestie) – “L’enquête sociale”. – Le document humain. La série des formules. On verra maintenant sur le dos des livres : “Grand roman selon la formule naturaliste ; Je ne suis qu’un savant !”… Cela est pyramidal… Et on ne rit pas… » (cité par Colette Becker dans son introduction aux Soirées de Médan, Paris, Le Livre à venir, 1981, p. 25). 6. Zola, à la même époque, est contesté par une nouvelle génération d’écrivains naturalistes. Voir le Manifeste des Cinq, brûlot lancé contre La Terre par P. Bonnetain, L. Descaves, J.-H. Rosny, P. Margueritte et G. Guiches. Trois nouvelles naturalistes 3 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 4 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 4 père et fils et Fort comme la mort 1 développent un motif analogue : la confusion des sentiments entre parents et enfants, le mélange incestueux des désirs. Nous reproduisons un extrait de Fort comme la mort dans la partie « Dossier » de notre édition (• p. 149-151), ce qui permettra de rapprocher les deux œuvres. Cependant, Hautot père et fils ne fournit aucune des analyses psychologiques auxquelles Maupassant s’adonne dans son roman. La nouvelle en reste à une description purement comportementaliste, conformément à la manière, non pas de Paul Bourget, mais des naturalistes de la première génération. On pourra également s’interroger sur l’orthodoxie naturaliste de La Retraite de Monsieur Bougran. La nouvelle est en effet postérieure au roman À rebours (1884) dans lequel Huysmans s’éloignait ostensiblement de Zola, en cherchant moins à représenter le monde moderne qu’à jouer avec le langage et les plaisirs de la rhétorique. On connaît par ailleurs les raisonnements anticonformistes de des Esseintes et le fameux « la nature a fait son temps » qui célèbre l’artifice et permet d’échapper aux contraintes du réel. On retrouvera dans La Retraite de Monsieur Bougran quelques marques d’exubérances verbales notamment dans l’imitation jubilatoire de ce style propre à l’administration française. Le jardin du Luxembourg, décrit au chapitre II, apparaît également comme un symptôme de cette dénaturation qui affecte, selon Huysmans, la société civilisée. Il n’empêche. L’écriture de La Retraite de Monsieur Bougran se rapproche du style d’En ménage (1881) ou d’À vau-l’eau (1882) plus que de celui d’À rebours et exprime une vision mécanique de l’humanité que n’aurait sans doute pas reniée Zola. Si Huysmans et Maupassant, chacun à leur façon, marquent leur distance avec les principes du Roman expérimental (1880) de Zola, ils ne rompent donc pas les ponts. Et les trois nouvelles témoignent de préoccupations communes. Jacques Damour fournit un exemple en réduction de la méthode d’écriture zolienne. Le destin du héros résulte en effet des déterminations conjuguées du tempérament individuel, du milieu social et de l’époque. Le rapport entre les êtres rappelle en outre les lois du comportement de certaines espèces animales : les « mâles » luttent entre eux pour obtenir 1. Dans Fort comme la mort, Olivier Bertin tombe amoureux de la fille de sa vieille maîtresse. 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 5 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 les faveurs de Félicie. Berru convoite ainsi la jeune femme, sitôt Damour déporté en Nouvelle-Calédonie. Damour, de retour à Paris, essaie de reprendre sa femme et se sent prêt à affronter le boucher. Mais le gros Sagnard n’a pas grand peine à évincer le maigre prétendant, qui s’incline presque de lui-même, se sentant rapidement « diminué » devant le boucher 1. De plus, Zola, quelques années avant La Débâcle, livre à travers la nouvelle son point de vue sur la Commune, et, plus globalement sa conception cyclique de l’Histoire. La Commune apparaît comme un moment de dépérissement national, une folie collective née des rigueurs du siège de 1870, de la nullité du gouvernement, et des mots d’ordre révolutionnaires proférés par quelques habiles agitateurs communistes. Loin de libérer les pauvres gens, la Commune broie les destins individuels. Damour en est la victime archétypale : un ouvrier moyen, père de famille, mû par une indignation légitime mais emporté par les mouvements de foule. Son retour à Paris, narré à partir du deuxième chapitre, montre qu’il a tout perdu : non seulement sa famille s’est dissoute, mais la société tout entière n’a jamais été aussi avide de « chair » et d’« or », ces deux vices si caractéristiques du siècle, comme en témoigne La Curée. Le monde est donc comme avant, et peut-être pire encore. Sa femme repousse l’ouvrier, trop heureuse désormais d’avoir les mains plongées dans le tiroir-caisse de sa boucherie, royaume sanguinolent du matérialisme triomphant. Louise, sa fille, est devenue une cocotte, à l’instar de Nana, logée dans un « hôtel luxueux » du nouveau quartier de l’Europe, celui des nouveaux riches. Elle déteste les communards mais, parce qu’elle est « bonne fille », veut bien engager son père comme veilleur d’une « propriété, qu’un monsieur venait de lui acheter, près de Mantes » (• p. 82). Celui qui a naïvement rêvé d’une société sans classe devient le domestique de sa fille ! Damour n’en remercie pas moins la Providence : « Il engraisse, il refleurit, bourgeoisement vêtu, ayant la mine bon enfant d’un ancien militaire » (• p. 82). L’ancien ouvrier échafaude bien quelques projets révolutionnaires avec Berru, mais c’est pour entretenir l’illusion de n’avoir pas tout renié. Ce ne sont en effet que paroles vaines : en régime naturaliste, le destin 1. On pourra faire un rapprochement avec la lutte des « Maigres » et des « Gras » dans Le Ventre de Paris. Trois nouvelles naturalistes 5 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 6 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 6 s’accomplit selon les lois des déterminismes, non celles des velléités personnelles, encore moins des déclarations d’intention. La fin de la nouvelle en atteste avec une ironie certaine. Et c’est ce même ricanement que l’on entend dans les nouvelles de Huysmans et de Maupassant. Dans Hautot père et fils, on voit César marcher sur les pas de son père et s’installer peu à peu dans l’appartement et dans le cœur de Caroline. Lois de l’hérédité ? Mimétisme des habitudes ? Pulsion incestueuse ? Maupassant ne nous le dit pas. Toujours est-il que se joue cet inquiétant retour au même qui scelle la décadence bourgeoise : un univers qui se renouvelle dans la réitération, qui se féconde lui-même dans un rapport endogame et consanguin. Répétition encore dans La Retraite de Monsieur Bougran, montrée non pas dans le décalque d’une génération sur l’autre, mais dans la reproduction mécanique des faits et gestes de la vie de bureau. Monsieur Bougran ne sait faire que ce qu’il accomplit depuis plus de vingt ans au ministère : recopier des formules administratives, remplir des imprimés, user d’un langage impersonnel et stéréotypé. À la retraite, le voici comme une vieille machine mise au rebut. Plutôt que de changer de vie, il recrée artificiellement les conditions qui lui permettront de retrouver tous ses automatismes. La mythomanie sert alors de paravent indispensable pour cacher le vide abyssal d’une existence stérile (Monsieur Bougran fait partie de ces héros célibataires, incapables de procréer, qui peuplent les romans fin de siècle). Le vieux fonctionnaire s’éteint ainsi dans l’illusion de mourir glorieusement à la tâche. Il y a quelque chose de prékafkaïen dans cette évocation très drôle 1 d’un destin réduit à une pure et simple mécanique professionnelle. Dans les trois nouvelles, donc, nous retrouvons cette idée très naturaliste d’un destin qui échappe à la volonté et ne fait qu’accomplir ce qu’exigent les lois du comportement humain. 1. Rappelons qu’André Breton insère Huysmans dans son Anthologie de l’humour noir. 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 7 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 7 III. P R O P O S I T I O N DE SÉQUENCE Objectifs : découvrir le contexte ; s’assurer de la bonne connaissance du contenu des trois nouvelles ; définir le genre de la nouvelle. Support : tableau à compléter. • Travail préparatoire Au vu de la chronologie et de la présentation, déterminer les points communs entre les trois auteurs ; lire les trois nouvelles et remplir le tableau « Structure des nouvelles » situé dans le Dossier (• p. 133). • Correction du tableau (voir page suivante) Pour les indications d’époque et de lieu, on aura soin de faire relever aux élèves les expressions précises dans les textes qui permettent de situer l’action dans un cadre spatiotemporel. Le commentaire du tableau permet de faire apparaître quelques caractéristiques de la nouvelle : nombre limité de lieux et de personnages, période de temps assez courte ou bien rendue sous forme elliptique. On insistera sur le traitement du temps. Les trois nouvelles se déploient selon un déroulement, une chronologie. On montrera l’originalité de Jacques Damour qui ressemble à un petit roman. Pour une définition de la nouvelle, on peut demander de lire la première partie de la « Présentation » (• p. 5-6) et de la résumer. LE SENS DES RÉCITS Objectifs : faire émerger le sens qui émane de l’enchaînement des actions du récit ; étudier le schéma narratif. • Travail préparatoire Étudier les grands mouvements de chacune des nouvelles. Partir du récit le plus linéaire (Hautot père et fils), puis étudier les deux autres récits plus complexes (tout au moins dans Trois nouvelles naturalistes INTRODUCTION À LA SÉQUENCE Personnage Jacques Damour Berru Félicie Eugène Louise Nouvelle Jacques Damour Idem Idem Idem Idem Couturière, Bouchère Ciseleur sur métaux, Garde national, Communard, blessé mortellement « aux Moulineaux » Demi-mondaine Communard, Peintre en bâtiment Dans l’ordre chronologique : Ciseleur sur métaux, Garde national, Communard, déporté, évadé en Amérique, mineur dans une mine à charbon belge, sans-emploi à Paris, gardien de chantier, sans emploi, gardien du Bel-Air, la propriété de sa fille Fonctions du personnage Structure des nouvelles Tableau complété Idem Idem Idem Paris Dans l’ordre chronologique : Paris, Nouméa, Amérique, Belgique, Paris, Région de Mantes Lieux où évolue le personnage De la fin du Second Empire à la IIIe République La guerre de 1870, le siège de Paris, la Commune Idem Idem Dans l’ordre chronologique : la guerre de 1870, le siège de Paris, la Commune, la III e République Époques traversées par le personnage 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 8 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 8 Sagnard Monsieur Bougran Monsieur Devin Eulalie Huriot Hautot père Hautot fils (César) Caroline Donet Émile Idem La Retraite de Monsieur Bougran Idem Idem Idem Hautot père et fils Idem Idem Idem Idem Rouen Ainville, Rouen Ainville Idem Idem Idem Paris Idem Idem Idem Idem Non mentionné. Sans doute la III e République Idem Idem Idem La IIIe République, puisqu’on fait mention du « temps des abominations démocratiques » dans le chapitre I La III e République Trois nouvelles naturalistes Fils adultérin d’Hautot père Maîtresse d’Hautot père et future maîtresse d’Hautot fils Idem Riche propiétaire terrien Garçon de bureau à la retraite, puis garçon de bureau chez Monsieur Bougran Bonne de Monsieur Bougran Chef de bureau Retraité de l’administration Boucher, rue Nollet 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 9 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 9 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 10 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 10 leur début). Demander aux élèves de déterminer les grandes étapes de chaque récit. Corriger en donnant le schéma narratif de chaque nouvelle. Demander de comparer les situations initiales et les situations finales pour faire apparaître ce qui s’est transformé et surtout ce qui revient à un retour au même. On montrera donc que l’histoire, dans les trois nouvelles, progresse en ressassant. ÉTUDE DE JACQUES DAMOUR • Des personnages caractérisés Objectif : la notion de déterminisme. Support : tableau à compléter. Préparation : remplir le tableau « Les personnages de Jacques Damour » dans le Dossier (• p. 136). Citer le texte pour justifier les réponses. Vous trouverez dans le tableau corrigé page suivante un aperçu rapide des réponses que l’on peut attendre. Il faut montrer que la forte caractérisation des personnages détermine leur destin. On pourra à ce propos souligner que le physique des personnages est connoté. Par exemple, le dessèchement de Damour et son vieillissement prématuré révèlent sa dégénérescence physique. L’embonpoint de Félicie, la conservation de sa jeunesse (Damour la prend pour Louise la première fois qu’il la revoit) montrent au contraire la force de son tempérament. On fera lire ensuite l’extrait du Roman expérimental, en demandant aux élèves de répondre aux questions qui portent sur le texte (Dossier, • p. 140-142). • Explication de texte → Extrait du chapitre I, « Vers le milieu de décembre […]. C’était la Commune » (• p. 46-47) Objectif : montrer le rapport entre roman et Histoire. Support : questionnaire de la microlecture n° 1 (Dossier, • p. 137). Préparation : répondre aux questions de la microlecture n° 1, en citant le texte pour justifier les réponses. Destin « gaillard » solide, « très vert » Bourgeois (commerçant) pour ses soixante ans (chap. IV) « grand diable de peintre » Ouvrier (chap. I), « grand gaillard en blouse blanche » (chap. II) Sagnard Berru Parasite S’adapte en fonction des circonstances Doté de sang-froid, coura- Propriétaire d’une boucherie prospère geux Naïf, fougueux, comme son « Oisif » pendant la Commune, père (hérédité) échauffé par les discours révolutionnaires. Trois nouvelles naturalistes Ouvrier Non décrit Eugène Ascension Ascension Déchéance Abandonnée par sa mère. Use de ses Ascension charmes auprès de messieurs argentés Demi-mondaine Beauté (chap. V) Louise Frivole Ouvrière puis bourgeoise Pragmatique, anxieuse, pru- Pendant la Commune, mariée à Jacques Ascension (commerçante) dente Damour ; elle désapprouve son engagement révolutionnaire. Rencontre avec Sagnard après la Commune « Oisif » pendant la Commune (perte de Déchéance travail) ; de plus en plus miséreux ; échauffé par les discours révolutionnaires ; révolté par la mort de son fils. Après la Commune : une énergie qui s’amenuise ; la découverte de l’alcool Circonstances de la vie Embonpoint, beauté, jeunesse (chap. III) naïf, fougueux Caractéristiques psychologiques Félicie Ouvrier Catégorie sociale Maigreur (chap. I) Description physique Damour Personnages Les Personnages de Jacques Damour Tableau complété 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 11 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 11 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 12 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 12 Le rapport entre l’Histoire et les personnages 1. Relevez les différents faits historiques mentionnés dans l’extrait. Relier les faits mentionnés à la chronologie. Éventuellement, placer les événements sur un axe des temps. 2. Quels sont les termes qui relient logiquement le contexte historique et la vie privée des personnages ? On introduira la notion de connecteurs logiques (« mais », « alors »). La réaction des personnages 1. Relevez les termes exprimant la réaction de Jacques Damour et d’Eugène par rapport à la situation historique. Que remarquez-vous ? Insister sur le champ lexical de la folie. La fièvre révolutionnaire s’apparente à une maladie mentale, un dérèglement psychique dû à des causes exogènes. On rappellera les présupposés déterministes et scientistes de Zola. 2. Même question appliquée au personnage de Félicie. Souligner que, par tempérament, elle n’a pas la même réaction que son mari et son fils. 3. Même question appliquée au personnage de Berru. On fera apparaître son hypocrisie et son absence de fiabilité. 4. Relevez les passages au discours indirect libre. Quel est l’effet produit ? C’est un effet réaliste qui permet de faire entendre les personnages. On prend ainsi mieux la mesure de leurs réactions. La place du narrateur 1. Le point de vue du narrateur est-il interne, externe, ou omniscient ? Omniscient. On s’en rend compte ne serait-ce qu’avec la dernière phrase. L’explication est ainsi l’occasion de réviser la notion de point de vue. 2. Quelles sont les causes que semble privilégier Zola pour expliquer l’emballement révolutionnaire ? La misère, l’oisiveté (les « bras mous », • p. 46), l’échauffement mutuel (Damour et son fils, Berru), « l’estomac vide » (• p. 46), les rumeurs (l’extermination du peuple par le gouvernement), la menace royaliste, la provocation prussienne (le défilé), « l’affaire des canons de Montmartre » (• p. 47). Zola semble énumérer toutes les conditions sociales, économiques et politiques qui favorisent l’insurrection. 3. D’après cette page, diriez-vous que Zola éprouve de la sympathie pour le mouvement communard, ou bien manifeste-t-il une certaine distance ? Justifiez votre réponse. On 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 13 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 13 • Travaux complémentaires sur Jacques Damour 1. Autres explications de textes : s’appuyer sur les questions des microlectures n° 2 et 3 (la description de la boucherie, l’excipit de la nouvelle, • p. 137-138). 2. Exposé : la vision de l’Histoire dans Jacques Damour. 3. Lectures complémentaires : Zola, La Débâcle, Le Ventre de Paris, Nana. Voir également les extraits de La Débâcle et du Ventre de Paris dans la partie « Dossier » (• p. 144-149). ÉTUDE DE LA RETRAITE DE MONSIEUR BOUGRAN • La satire de la fonction publique Objectif : la notion de satire, un monde à rebours de la nature. Support : essentiellement le chapitre I. Préparation : relire le chapitre I. Relever les expressions de l’habitude. Interroger sur la place prépondérante des références juridiques. Déterminer la tonalité (ou registre) du texte. Pour plus de commodité, on peut limiter l’étude de la satire au chapitre I. On peut orienter l’étude selon trois axes : – montrer, par l’étude du champ lexical notamment, que l’administration est le règne de l’habitude, de la répétition. Voir, par exemple : « […] cette habitude d’un bureau vous enfermant dans une pièce toujours la même, pendant d’identiques heures, avec cette coutume d’une conversation inchangée, chaque matin, entre collègues » (• p. 93) ; – mettre en lumière l’importance du langage. On fera relever les formules administratives et on en demandera le sens aux élèves pour qu’ils prennent la mesure de leur vide sémantique ; – montrer que la vie de bureau est frappée d’artifice. Rien n’est improvisé, tout est prévu par les codes et les lois. Il y a même un effet de prolifération qui confère à l’administration un aspect monstrueux : « Partout s’épandaient les protocoles ; les salutations de fin de lettres variaient à l’infini » (• p. 92). Les fonctionnaires adoptent en outre une attitude fausse, hypocrite (voir par exemple la fin du chapitre I). C’est cette artificialité Trois nouvelles naturalistes relèvera les termes dévalorisants et ceux connotés négativement. Zola comprend le mouvement révolutionnaire mais n’y adhère pas. 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 14 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 14 qui permet à Bougran de recréer chez lui l’illusion d’être au ministère. Le monde de l’administration est donc celui de l’antinature, vain et stérile. À chaque fois, on insistera sur l’humour de Huysmans, notamment à travers les figures d’exagération (hyperboles, énumérations, etc.). • La folie de Monsieur Bougran Objectif : montrer que la conduite de Bougran révèle une psychopathologie. Rappelons d’abord qu’émerge au XIXe siècle la psychiatrie moderne. Or les aliénistes, hygiénistes ou psychologues (Esquirol, Janet, Charcot, Ribot, etc.) se penchent sur la question de l’automatisme. Ils y voient une figure de l’aliénation : celui qui agit comme un automate ne pense plus par luimême. Les naturalistes, nourris de lectures scientifiques, se montrent fascinés par ces êtres qui fonctionnent comme des mécaniques déréglées. Dans La Bête humaine par exemple, les mains de Lantier commettent d’elles-mêmes le crime. Dans La Retraite de Monsieur Bougran, la folie du vieux fonctionnaire prend la forme d’une domination des habitudes sur la volonté. Bougran, à force de travail, a assimilé sa vie à sa fonction, calqué son langage sur celui de l’administration : « comment se distraire d’un métier qui vous prenait aux moelles, vous possédait, tout entier, à fond ? » (• p. 93). Évincé de son poste au ministère, Bougran se montre incapable de s’adapter à sa nouvelle vie. Cette incapacité ne peut le mener qu’à sa disparition, conformément aux théories de Darwin sur l’évolution des espèces. On peut étudier la folie de Monsieur Bougran en fonction de trois axes : – on fera relever aux élèves les symptômes de sa maladie mentale, chapitre par chapitre, en soulignant l’évolution de son mal. L’altération de la parole (Bougran, en ressassant le langage du ministère, semble atteint d’une glossolalie inquiétante) est un des signes les plus patents de son dérèglement ; – on étudiera ensuite les causes de cette maladie qui semblent exogènes : c’est la vie de bureau qui a rendu fou Monsieur Bougran (n’est-ce pas même la cause de son renvoi ?). Nous avons affaire à ce qu’on nomme ordinairement une psychopathologie de la vie quotidienne. Mais au-delà, ne peut-on 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 15 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 pas voir dans la folie de Monsieur Bougran un signe de la maladie du corps social ? – dans une dernière partie, on pourra donc aborder la vision pessimiste de Huysmans : la vie moderne aliène l’homme et finit par le détruire. Monsieur Bougran meurt célibataire, sans laisser d’enfant. On pourra donc conclure sur le décadentisme de Huysmans. • Explication de texte → Extrait du chapitre II, « Mais ces pelouses soigneusement peignées […] à ceux que l’on pouvait prévoir » (• p. 9698) Support : questionnaire de la microlecture n° 4 (Dossier, • p. 139). Objectif : l’analyse d’une description ; la portée symbolique de l’extrait. Préparation : répondre aux questions de la microlecture n° 4, en citant le texte pour justifier les réponses. Un corps torturé 1. Relevez les termes appartenant au champ lexical du corps. Quelle figure de style Huysmans utilise-t-il par ce biais ? Les élèves doivent connaître la figure de la personnification pour répondre à la question. 2. Relevez les expressions qui dénotent la torture et celles qui la connotent. Faire un tableau à deux colonnes (dénotation, connotation). Montrer que la métaphore de la « cave de tortures végétales » résume le paysage. Un paysage artificiel 1. Quelle est la valeur du pronom indéfini « on » ? Comment interprétez-vous l’emploi de ce pronom ? Montrer que le pronom indéfini « on » se substitue aux hommes. La nature est réorganisée par la main humaine, force anonyme et vaguement menaçante. Voir, par exemple, le rapport sujet/objet dans la phrase commençant par « On les écartelait […] » (• p. 96). 2. Relevez les expressions révélant l’intervention de l’homme dans le paysage. Il s’agit de relever le champ lexical de l’artifice. Parmi les métaphores et comparaisons employées, on soulignera celles qui relèvent du champ lexical de la médecine. Trois nouvelles naturalistes 15 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 16 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 16 3. Relevez les négations. Que remarquez-vous ? Les négations et les oppositions portent sur la nature. Le jardin du Luxembourg apparaît comme le parfait exemple d’un lieu de l’antinature, un véritable paysage à rebours. Cette extrême artificialité signifierait-elle que les lois de la nature ne s’exercent plus dans le monde civilisé et que le naturalisme s’épuise à vouloir les retrouver ? L’homme apparaît comme maître et possesseur de la nature et peut agir sur le réel comme bon lui semble. La portée symbolique de la description 1. Relevez les figures d’analogie et commentez-les. La question doit amener les élèves à comprendre que les comparaisons et les métaphores permettent d’associer le jardin du Luxembourg non pas à sa réalité référentielle mais à d’autres réalités : la chirurgie, la salle de torture, le ministère. 2. Expliquez pourquoi le jardin du Luxembourg est le « parfait symbole avec l’administration ». On insistera sur les deux points de comparaison importants : « l’embrouillamini » des textes comparable à l’entrelacement des plantes, l’absurdité administrative similaire à la dénaturation. 3. En quoi le paysage peut-il être révélateur de l’état d’esprit de Monsieur Bougran ? On pourra préalablement poser les deux questions fondamentales : « qui voit ? qui parle ? ». La focalisation interne nous montre que le paysage est vu par Monsieur Bougran. Mais la voix narrative est autant celle intérieure du personnage que celle du narrateur. Ce dernier nous fait même entendre ce dont Monsieur Bougran semble ne pas avoir conscience : « sans même s’être aperçu que cette chirurgie potagère […] » (• p. 97). Le paysage peut donc se lire comme une représentation de l’inconscient du personnage à la fois structuré comme un texte administratif embrouillé et porteur d’une souffrance (voir le champ lexical de la mélancolie) équivalente à une véritable torture corporelle. • Lectures complémentaires – Huysmans, À vau-l’eau, En ménage, À rebours. – Balzac, Les Employés. – Courteline, Messieurs les ronds-de-cuir. 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 17 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 17 ÉTUDE DE HAUTOT PÈRE ET FILS Objectif : montrer comment est rendue l’illusion du réel. Support : le chapitre I (• p. 115-121). Préparation : relire le chapitre I. Pourquoi le récit vous paraîtil vraisemblable ? Suggestion : on pourra présenter cette partie sous forme de tableau en plaçant en ordonnée les grands procédés (indications de lieu, d’espace, détails réalistes, logique du récit, utilisation du dialogue, niveaux de langue, etc.). • Explication de texte → Du début du chapitre III à « la croûte du pain n’était pas ôtée » (• p. 127-128) Objectif : analyser un récit, percevoir le mouvement de la répétition. Préparation : répondre aux questions de la microlecture n° 5 (• p. 139), en citant le texte pour justifier les réponses. Les procédés narratifs 1. Relevez les indications de temps et les temps verbaux. Commentez votre relevé. Quelle différence temporelle existe-til entre le dernier paragraphe de l’extrait et les paragraphes précédents ? L’étude de la temporalité permet de dégager la dimension à la fois itérative et elliptique du récit. 2. Déterminez les points de vue utilisés. La focalisation est tour à tour omnisciente et interne. 3. Repérez le passage au discours indirect libre. Quel est l’effet produit sur le lecteur ? Le passage commence à « Elle lui avait plu » (• p. 128). Le discours indirect libre permet de rendre le discours intérieur du personnage. Les sentiments de César 1. Dans quel état d’esprit se trouve César dans les deux premiers paragraphes ? On exposera toutes les manifestations de la douleur du deuil. 2. Quels sont les sentiments que César commence à éprouver pour Mlle Donet ? La réponse semble évidente : « Elle lui avait plu. » Trois nouvelles naturalistes • Les procédés réalistes dans la nouvelle 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 18 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 18 3. Commentez la phrase : « C’était une espèce de famille qu’il avait là dans ce mioche clandestin qui ne s’appellerait jamais Hautot, une famille qu’il pouvait prendre ou laisser à sa guise, mais qui lui rappelait le père. » On insistera sur l’ambivalence du discours de César. César retrouve une famille qui lui rappelle son père. Mais la différence de patronyme l’autorise à prendre la place de son père. Se joue un désir incestueux qui ne dit pas, dans tous les sens du terme, son nom. Rupture et continuité 1. Relevez les expressions qui montrent la proximité entre Hautot père et Hautot fils. On insistera sur la similarité entre le père et le fils, qui résulte à la fois du mimétisme et de l’hérédité. 2. Quel changement majeur intervient dans la vie de César ? César est seul désormais. 3. Que suggèrent les deux derniers paragraphes à propos de la vie de César ? Les deux derniers paragraphes indiquent un certain retour à l’ordre. Hautot fils se substitue à Hautot père. La différence entre les deux est minime, superficielle comme la croûte qui demeure sur le pain. • Lecture complémentaires – Romans de Maupassant : Une vie, Fort comme la mort. – Nouvelles de Maupassant : Monsieur Jocaste, Adieu, Fini, Le Champ d’oliviers, La Main gauche. SYNTHÈSE : LES CARACTÉRISTIQUES NATURALISTES DES TROIS NOUVELLES Objectif : comprendre quelques principes de l’esthétique naturaliste. Support : Présentation (• p. 5-18), extrait du Roman expérimental et Préface de Pierre et Jean (Dossier, • p. 140-143). Préparation : lire et résumer la Présentation ; répondre aux questions portant sur les extraits du Roman expérimental et sur la Préface de Pierre et Jean. Le plan du cours pourrait être le suivant : I. Les procédés réalistes : on pourra présenter cette partie sous forme de tableau en plaçant en ordonnée les grands pro- 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 19 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 cédés (indications de lieu, d’espace, détails réalistes, logique du récit, etc.) et en abscisse les nouvelles. II. Les présupposés scientifiques : on insistera sur la question de l’évolution de l’espèce humaine (présente dans les trois nouvelles), sur le déterminisme (Zola), l’automatisme (Huysmans), le mimétisme et l’hérédité (Maupassant). III. La position du narrateur : la voix narrative est à la fois neutre (pas de « je »), par souci d’objectivité, et omniprésente. Les textes révèlent le « tempérament » de l’écrivain. Les trois auteurs adoptent un point de vue ironique et pessimiste sur l’évolution humaine. TRAVAUX COMPLÉMENTAIRES • Exposés – Comment naît un mouvement littéraire ? L’exemple du naturalisme. – Darwin et la théorie sur l’évolution des espèces. – La recherche médicale au XIXe siècle. • Commentaires composés – Jacques Damour : chapitre II, de « Un soir, dans un cabaret » à « Qu’allait-il faire là ? » (• p. 55-56). – La Retraite de Monsieur Bougran : chapitre III, de « Il vécut, pendant un mois, de la sorte » à « Monsieur Bougran secouait doucement la tête, et sortait » (• p. 103-105). – Hautot père et fils : chapitre II, de « Il entra dans Rouen » à « avec des yeux stupéfaits » (• p. 122-123). • Dissertation Dans Le Roman expérimental, Zola définit le but de l’écrivain naturaliste : « Notre grande étude est là, dans le travail réciproque de la société sur l’individu et de l’individu sur la société. […] Ainsi donc, nous nous appuyons sur la physiologie, nous prenons l’homme isolé des mains du physiologiste, pour continuer la solution du problème et résoudre scientifiquement la question de savoir comment se comportent les hommes, dès qu’ils sont en société. » Vous apprécierez ce jugement en vous appuyant sur Jacques Damour, La Retraite de Monsieur Bougran, Hautot père et fils ainsi que tous les textes naturalistes que vous connaissez. Trois nouvelles naturalistes 19 867-4542-59158-nouvel na#3A9FEE Page 20 Jeudi, 26. août 2010 1:54 13 20 • Sujet d’invention Eulalie et Huriot échangent leur point de vue sur Monsieur Bougran. Inventez leur dialogue. Vous tiendrez compte des caractères opposés des deux personnages. Chacun d’eux analysera à sa façon la conduite du vieux fonctionnaire, en expliquant à l’autre son jugement pour le rendre plus convaincant. • Travail en module On peut travailler en module sur les questions « qui voit ? qui parle ? » et réviser ainsi les notions de point de vue et de discours rapporté. Pour ce faire, on peut s’appuyer sur des exemples dans Jacques Damour. Ainsi, dans le chapitre III, à partir de « Tout en causant et en rendant la monnaie » (• p. 63). IV . O R I E N T A T I O N S BIBLIOGRAPHIQUES Sur le naturalisme BAGULEY David, Le Naturalisme et ses genres, Paris, Nathan, 1995. BECKER Colette, Lire le réalisme et le naturalisme, Paris, Dunod, 1992. CABANÈS Jean-Louis, Le Corps et la Maladie dans les récits réalistes (1856-1893), Paris, Klincksieck, 1991. PAGÈS Alain, Le Naturalisme, Paris, PUF, « Que sais-je ? », n° 604, 1989. Sur Zola MITTERAND Henri, Zola et le naturalisme, PUF, « Que sais-je ? », n° 2314, 1986. Sur Huysmans BONNET Gilles, L’Écriture comique de J.-K. Huysmans, Paris, Honoré Champion, 2003. Sur Maupassant Maupassant, miroir de la nouvelle, colloque de Cerisy, 1986, Vincennes, Presses universitaires de Vincennes, « L’imaginaire du texte », 1988. Stéphane GOUGELMANN.
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