Document complet - Coordination Bretonne des soins palliatifs
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OBSERVATOIRE NATIONAL DE LA FIN DE VIE Dossier de synthèse « Euthanasie et suicide assisté : état des connaissances et enjeux pour la recherche » Séminaire de recherche 23 novembre 2010 Avant-propos Un observatoire à la hauteur des enjeux de la fin de vie Pour répondre aux enjeux du vieillissement et de la prévalence croissante des maladies chroniques invalidantes, et face à la complexification grandissante des situations de fin de vie, il est indispensable de construire les bases d’un questionnement social et éthique Le constat de l’insuffisante connaissance par les professionnels de santé des dispositions relatives aux décisions de limitation et d’arrêt des traitements d’une part, et du manque des données disponibles pour éclairer les choix publics autour des problématiques liées à la fin de vie, ont conduit la mission d’évaluation de la loi du 22 avril 2005 à préconiser la création d’un « Observatoire national de la fin de vie ». Mis en place en février 20101 et composé de 7 personnes aux compétences variées, cet Observatoire a donc pour missions : d’établir un état des connaissances sur les conditions de la fin de vie et les pratiques de soins qui y sont liées d’apporter au débat public des données objectives fiables quant à la réalité des situations de fin de vie en France d’éclairer les choix réalisés en matière de politiques sanitaires et sociales de promouvoir les projets de recherche consacrés à la fin de vie, notamment en sciences humaines et sociales, et de structurer les échanges scientifiques dans ce domaine grâce à l’organisation de séminaires de travail avec les différentes équipes de recherche françaises et étrangères Au-delà de sa mission d’observation et d’objectivation des pratiques liées à la fin de vie, l’Observatoire est donc au service des acteurs de santé, pour accompagner les politiques publiques face aux défis sanitaires et éthiques auxquels notre société aura, demain encore plus qu’aujourd’hui, à faire face. L’organisation de ce séminaire témoigne de la volonté de l’Observatoire de se positionner de façon neutre vis-à-vis du débat sur l’euthanasie et le suicide assisté, en abordant ces questions délicates sous l’angle de la recherche, c’est-à-dire de la production de connaissances objectives et rigoureuses. Pr Régis Aubry 1 Décret n° 2010-158 du 19 février 2010 portant création de l’Observatoire national de la fin de vie 2 Objectifs et enjeux du séminaire Explorer scientifiquement les questions liées aux demandes d’euthanasie mobilise une grande variété d’outils méthodologiques, de sources et de données. En partant des expériences menées par nos voisins européens et des initiatives françaises, l’objectif de ce séminaire organisé par l’observatoire national de la fin de vie était de faire le point sur les données disponibles dans le contexte français et de préfigurer à la mise en place d’études rigoureuses pouvant permettre d’éclairer le débat public. Se saisissant sans parti pris des enjeux dont les récents travaux parlementaires sur l’euthanasie et le suicide assisté ont souligné l’importance, l’Observatoire souhaitait éclairer deux interrogations au cœur de ce débat de société: quelle est la réalité des demandes d'aide active à mourir en France, des conditions de leur émergence et des suites qui leurs sont données ? Comment peut-on recueillir des données fiables et objectives pour ensuite construire une réflexion collective sur ce sujet ? Trois grands axes de réflexion avaient été retenus : Axe 1 – Quels sont les enjeux et les limites méthodologiques des recherches visant à identifier les décisions médicales de fin de vie sur la base des certificats de décès ? Axe 2 – Quelles méthodes de recherche peuvent être déployées pour analyser aussi finement et rigoureusement que possible les perceptions des soignants vis-à-vis de l’euthanasie ? Axe 3 – Comment mettre en évidence les facteurs associés aux demandes d’euthanasie ou d’assistance au suicide ? Ce séminaire, qui visait à élargir le champ de la recherche en direction notamment de la santé publique et des sciences humaines et sociales, devait donc permettre: - de faire un état des lieux des méthodologies déjà déployées en vue d’apprécier la réalité de ces situations complexes dans les différents pays, - d’en évaluer les limites et d’en pointer les éventuelles insuffisances, - d’en questionner la pertinence dans le contexte français et de proposer d’éventuelles alternatives méthodologiques à ces études - de faire état des opportunités et des difficultés rencontrées dans la mise en place d’études consacrées à la perception de l’euthanasie. 3 Programme scientifique 09h30 Accueil des participants 10h00 Introduction : Faire l’état des connaissances et tracer des perspectives pour la recherche, un enjeu majeur pour la construction du débat social Axe I – Identifier les différentes décisions médicales de fin de vie grâce aux certificats de décès : enjeux méthodologiques 10h30 Les choix méthodologiques dans les études européennes sur les décisions médicales de fin vie Régis Aubry Modérateur : Véronique Blanchet Joachim Cohen (End-of-life care research group, Brussel) Echanges - Obstacles, intérêts et limites méthodologiques des études basées sur les certificats de décès : retour d’expérience 11h15 L’enquête française « Fin de vie » Sophie Pennec Alain Monnier (INED) Echanges – Peut-on transposer les méthodologies élaborées à l’étranger dans le contexte français ? 12h30 Déjeuner Axe II – Analyser les perceptions de l’euthanasie : quelles méthodes pour la recherche ? 14h00 Panorama des méthodes retenues dans les études de perception Modérateur : Jean-Christophe Mino Marc-Karime Bendiane (ORSPACA/INSERM UMR912, SE4S) Echanges : Quel poids accorder aux études de perception et aux enquêtes d’opinion ? Axe III – Comment identifier et comprendre les demandes d’euthanasie ? 15h15 Les méthodologies permettant de mettre en évidence les facteurs associés aux demandes d’euthanasie Modératrice : Elsa Gisquet Luc Deliens (End-of-life care research group, Brussel) Echanges : Quelles méthodes d’investigation pour comprendre les demandes d’euthanasie ? 16h30 Synthèse puis clôture du séminaire 17h00 Temps d’échange avec des parlementaires (hors présence médias) 17h45 Conférence de presse Régis Aubry 4 Axe 1 – Identifier les différentes décisions médicales de fin de vie grâce aux certificats de décès : enjeux méthodologiques Abstracts Les choix méthodologiques dans les études européennes sur les décisions médicales de fin de vie Dr Joachim Cohen, End-of-life care research group, Brussel Introduction : L’incidence des décisions de fin de vie (c’est-à-dire les décisions de nontraitement, l’apaisement des symptômes susceptibles d’abréger la vie, l’euthanasie) et la qualité du processus précédant ces décisions constituent un sujet de santé publique de la plus haute importance. Cependant, de nombreuses difficultés surgissent quand on veut étudier ce sujet sensible : comment garantir l’anonymat des médecins et des patients ? Comment obtenir un taux de réponse satisfaisant ? Quelle est la robustesse des estimations obtenues ? Cette présentation décrit en détails la méthode employée trois fois avec succès en Belgique et aussi dans d’autres pays européens. Cette présentation est fondée sur les enquêtes faites en Belgique en 1998 et 2007 et sur l’enquête faite en 2001 en Belgique et 5 autres pays (Danemark, Italie, Pays-Bas, Suède, Suisse). Méthode : La méthode utilisée, dite « méthode des certificats de décès » a consisté à identifier, à partir d’un échantillon de certificats médicaux de la cause du décès (CMCD), le médecin certificateur et à lui adresser un questionnaire concernant le patient décédé, identifié par quelques éléments (sexe, âge, date et lieu du décès). Une batterie de questions consacrées à d’éventuelles décisions médicales de fin de vie permet d’apprécier leur incidence. Seront présentées les procédures associées à cette méthode : autorisation des Comités d’éthique, échantillonnage, envoi des questionnaires, anonymisation et couplage des données de l’enquête avec celles du CMCD et du bulletin statistique de décès. Résultats : Pour l’étude internationale de 2001 l’accord des différents comités d’éthique nationaux a été obtenu dans les six pays concernés par l’enquête, mais les procédures pour obtenir ces accords présentent de sensibles différences. Un échantillon représentatif de décès a été tiré, selon une stratification par cause du décès. Un questionnaire concernant la décision médicale précédant le décès a été envoyé à chaque médecin qui avait signé le certificat de décès. Les questionnaires n’étaient pas retournés directement à l’équipe de chercheurs mais à un avocat (ou dans d’autres pays à un juriste, un notaire ou une association médicale). Cet intermédiaire garantissait un anonymat complet à la fois pour le patient et le médecin et fournissait aussi la clé pour associer les données du questionnaire aux données du certificat de décès (par exemple, cause et lieu du décès). 5 Toutes les enquêtes ont obtenu des taux de réponse relativement satisfaisants : 75% aux Pays-Bas, 67% en Suisse, 62% au Danemark, 59% en Belgique et 44% en Italie. Les échantillons obtenus étaient relativement représentatifs du point de vue de l’âge, du sexe, de la cause et du lieu du décès, et la méthodologie s’est avérée fiable car des résultats similaires avaient été obtenus dans de précédentes enquêtes utilisant la même méthode aux Pays-Bas et en Belgique. La méthodologie pour l’enquête de 2007 en Belgique était similaire à celle de 2001, sauf que l’échantillon de décès était plus large. Un taux de réponse de 58% à été obtenu. Les résultats principaux de l’enquête ont été publiés dans le New England Journal of Medicine. Conclusion : la méthode des certificats de décès est une méthode fiable pour estimer les décisions médicales de fin de vie et elle a été employée avec succès dans six pays européens. En raison des règles spécifiques de protection des données et de l’anonymat, ou des modalités de traitement des certificats de décès, la méthodologie varie légèrement selon les pays. Il faut maintenant apprécier comment cette méthode peut être employée dans d’autres pays, où l’on manque de données sur les décisions médicales de fin de vie. L’exemple des six pays européens peut servir de point de départ. Références bibliographiques Medical end-of-life practices under the euthanasia law in Belgium. BILSEN, J., COHEN, J., CHAMBAERE,K., POUSSET,G., ONWUTEAKA-PHILIPSEN, B.D., MORTIER, F., DELIENS, L. The new England journal of medicine, 2009, 361, 11, p. 1119-1121 La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales. BILSEN, J., COHEN, J., DELIENS, L. Populations et sociétés, 01/2007, 430, 4 p. A post-mortem survey on end-of-life decisions using a representative sample of death certificates in Flanders, Belgium : research protocol. CHAMBAERE, K., BILSEN, J., COHEN, J., POUSSET, G., ONWUTEAKA-PHILIPSEN, BD., MORTIER, F., DELIENS, L. BMC Public health, 08/2008, 299, 10 p. End-of-life decision making in Europe and Australia : a physician survey. ONWUTEAKA-PHILIPSEN, BD., FISCHER, S., CARTWRIGHT, C., DELIENS, L., MICCINESI, G., NORUP, M., NILSTUN, T., VAN DER HEIDE, A., VAN DER WAL, G., EURELD consortium. Archives of internal medicine, 04/2006, 166, p. 921-929 6 L’enquête Fin de vie en France Sophie Pennec*, Alain Monnier*, Amandine Stéphan*, Equipe de l’enquête fin de vie en France (Régis Aubry#, Chantal Cases*, Silvia Pontone**) et Avec le soutien du service des enquêtes et sondages de l’Ined * : Institut national d’études démographiques (Ined) # : CHU de Besançon et observatoire national de la fin de vie ** : CH Robert Debré, AP-HP et Ined Contexte et objectifs Deux changements importants concernant la mort sont intervenus au cours des dernières décennies. En premier lieu, la mort frappe massivement des personnes âgées et très âgées en raison de la baisse continue de la mortalité et du vieillissement inéluctable de la population. En second lieu, la mort intervient désormais majoritairement à l’hôpital ou en institution alors qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, 72% des décès avaient encore lieu à domicile. Par ailleurs, le cadre législatif de la fin de vie en France a été modifié par la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades. Une enquête nationale est réalisée actuellement par l’Institut national d’études démographiques (INED) dont l’objectif est de dresser un panorama des modalités de la fin de vie en France. Méthodologie L’enquête sur la fin de vie en France est réalisée auprès de médecins ayant rempli les certificats de décès d’un échantillon national représentatif de 14000 personnes décédées en décembre 2009. Il s’agit d’une enquête rétrospective qui s’inspire des enquêtes menées sur ce thème dans plusieurs pays d’Europe mais qui tient compte du contexte législatif et médical français. Elle s’intéresse à la totalité des décès, quelque soit le lieu du décès, qu’il s’agisse de décès prévisibles ou non, et quelle qu’en soit la cause. Cette enquête s’intéresse principalement aux décisions médicales en fin de vie (arrêt, limitation de soins, traitement de la douleur…) et au contexte dans lequel elles sont prises (pathologie, lieu du décès, rôle des différents intervenants et de l’entourage, modalités des prises de décision …). Une étude pilote a été réalisée dans 4 régions afin de permettre l’adaptation du questionnaire et de la méthode de recueil des données. La collecte des données est effectuée à l’aide d’un questionnaire auto-administré par Internet ou par voie postale. Les médecins sont interrogés sur un (ou plusieurs) patient(s) dont ils ont certifié le décès, qu’ils peuvent identifier à l’aide de caractéristiques relevées sur le bulletin de décès (dates de naissance et de décès, sexe, lieu de décès). Une attention particulière a été accordée au respect de l’anonymat des réponses des médecins (circuits de réponse sécurisé avec tiers de confiance et procédure informatique sécurisée). Une enquête auprès des non-répondants permettra d’apprécier la représentativité des réponses obtenues notamment du point de vue du profil des médecins (classe d’âge, cadre d’exercice). Résultats L’enquête étant actuellement sur le terrain, il n’est pas possible de donner de résultats même préliminaires. 7 Présentation synthétique des principaux points de la discussion de l’axe 1 (Cette synthèse souligne les principaux points soulevés lors de la discussion, elle n'est pas une présentation exhaustive des éléments échangés) Les échanges relatifs à la pertinence des méthodologies de recherche par questionnaire à partir d’échantillons de certificats de décès se sont accompagnés de discussions portant sur l’intérêt même de mener des enquêtes quantitatives sur ces questions. UN TRIPLE ENJEU METHODOLOGIQUE Questionnaire La méthode par échantillonnage à partir de l'utilisation des « certificats de décès » mise au point par le End-of-life care research group de l’université libre de Bruxelles a été utilisée en France par l’INED avec la coopération de l’Observatoire national de la fin de vie. Sophie Pennec, coordinatrice de cette enquête à l’INED, souligne néanmoins que le questionnaire a été largement adapté : de nombreuses questions sont en effet apparues peu compréhensibles pour les médecins français lors de l’étude pilote, du fait même des différences de contexte social, professionnel, juridique entre les Pays-Bas et la France. Le taux de réponse à l’enquête « fin de vie » menée par l’INED n’est pas encore véritablement connu, mais il se situera probablement dans la fourchette basse de l’ensemble des pays européens investigués, ceci probablement en raison, en partie, de la longueur du questionnaire utilisé en France. Toutefois, une enquête complémentaire auprès des "non répondants" permettra d’identifier plus précisément les facteurs liés à la relative faiblesse du taux de réponse, et de contourner partiellement la limite méthodologique que cela entraîne. Sémantique Autre point mis en exergue, le terme « euthanasie » reste profondément ambigu, et donne lieu à des interprétations différentes selon les interlocuteurs. Déjà largement soulignée par les travaux antérieurs, la clarification sémantique apparaît une nouvelle fois comme un préalable indispensable à toute exploration scientifique de ces questions. Pour contextualiser les décisions médicales et éviter les biais méthodologiques liés à la multitude de situations que les professionnels regroupent sous le vocable « euthanasie », Joachim Cohen (End-of-life care research group) indique que les différentes enquêtes conduites par son équipe de recherche ont en définitive obligé à décrire le plus finement possible les pratiques médicales dans le contexte de la fin de vie, en cernant notamment l’intention du médecin, l’acte médical ou encore l’obtention éventuelle du consentement du patient ou de ses proches. Il est en effet, selon lui, nécessaire de ne pas se focaliser seulement sur l’euthanasie, mais sur l’ensemble des décisions médicales; la question de l’ « euthanasie » devant être intégrée dans les différents items du questionnaire sans être nécessairement identifiée par ce terme, encore une fois largement polysémique. Contexte Les données descriptives recueillies à l’occasion de ces enquêtes sont produites à l’intérieur d’un contexte sociétal susceptible de les influencer. A la nécessité d’objectiver les pratiques s’ajoute donc la nécessité de prendre en compte le champ « subjectif » dont elles sont extraites, et qu’il faut intégrer dans l’interprétation des résultats. 8 QUEL EST L’INTERET DE MENER DES ENQUETES SUR LES PRATIQUES MEDICALES ? Produire des données objectives Suite aux échanges relatifs aux enjeux « méthodologiques » des enquêtes descriptives réalisées à partir des certificats de décès, un second ordre de questionnement a émergé, relatif cette fois à l’intérêt de produire de telles données. Ces données, même parcellaires doivent permettre de sortir du registre de l’opinion ou de l’émotion pour engager un débat social et parlementaire fondé sur des informations factuelles et objectives, issues d’études rigoureuses. La réalisation de grandes enquêtes sur les pratiques médicales de fin de vie permet en outre de sensibiliser les professionnels de santé, les chercheurs et le grand publique au thème de la fin de vie sous un angle concret. Il est impossible de se prémunir d’une interprétation qui pourrait être faite des résultats d’enquête en fonction des intérêts et convictions défendues par chacun. Cependant, la publication des résultats dans des revues scientifiques permet de limiter ces interprétations individuelles, d’apporter une validité scientifique aux résultats produits et d’en expliciter les enseignements qui peuvent s’en dégager ainsi que leurs limites. Lien avec la législation Des experts s’inquiètent de ce que la mise en évidence de certaines pratiques puisse s'accompagner d'une évolution législative de nature à faire entrer ces pratiques dans le champ de ce qui est permis. En réalité, il n’existe pas de lien direct et automatique entre la mise en évidence de pratiques médicales et la nécessité d’une évolution de la législation. De même, l’identification de normes de pratiques ne suffit pas à déterminer ce que devraient être les « bonnes pratiques ». Cependant les données sur les pratiques peuvent permettre de suivre l’application d'une loi (comme la loi du 22 avril 2005, dite loi Léonetti) : - son degré de diffusion auprès des professionnels, des malades et de leurs proches et du grand public ; son appropriation par les acteurs du système de santé, professionnels et usagers ; une meilleure compréhension des effets produits par l’entrée en vigueur de cette loi. Perspectives Le développement de la formation sur l’accompagnement et la prise en charge palliative à la fin de la vie peut constituer un bon vecteur pour engager un débat éthique sur ce thème. Il est nécessaire de réfléchir aux méthodes de recueil de données. A ce titre le certificat de décès constitue une source précieuse d’informations ; la manière dont il est rempli et dont il est transmis permettra de consolider les données sur la fin de vie. Il est important que les études à venir puissent impliquer des praticiens qui pourront pointer un certain nombre de dysfonctionnements et de limites par rapport au cadre législatif existant. 9 Axe 2 – Analyser les perceptions de l’euthanasie : quelles méthodes pour la recherche ? Abstracts Evaluer l’opinion des soignants sur la légalisation de l’euthanasie : les résultats et leurs limites. Marc-Karim Bendiane & Patrick Peretti-Watel ORS PACA-INSERM UMR912 Ces vingt dernières années, la littérature médicale internationale rapporte les résultats de toute une série d’enquêtes visant à évaluer le niveau d’adhésion des professionnels de santé à une éventuelle légalisation de l’euthanasie, essentiellement les médecins et le personnel infirmier. Dans certains pays, ces travaux ont précédé et accompagné la mise en place d’un dispositif législatif en ce domaine. Un premier examen des publications référencées, nous montre que la volonté d’explorer cette question a presqu’exclusivement concerné les pays développés, et son intérêt n’a cessé de croître. A partir de la seconde moitié des années 1990, le débat sur l’euthanasie a été alimenté par les mesures provisoires ou définitives de dépénalisation ou de légalisation de l’euthanasie mises en place aux Pays-Bas, en Belgique, en Australie et dans l’Etat de l’Oregon (Ganzini et al, 2001....) Depuis 1997, la presse médicale internationale (en particulier le Lancet) s’est aussi fait l’écho des débats en cours, notamment en Irlande, en Allemagne, en Autriche, en France, en Italie, en Israël ou encore au Japon. Néanmoins la littérature médicale internationale nous apprend aussi combien il est difficile et complexe de mesurer une opinion, et particulièrement lorsqu’elle est sensible car influencée par toute une série de facteurs individuels ou collectifs qu’il est souvent impossible de prendre en considération dans le cadre d’une seule investigation. Etant donné l’ambiguïté du terme « euthanasie » (Mason & Mulligan, 1996), il est fréquent que les questionnaires posés aux médecins évitent soigneusement ce terme, en lui préférant une périphrase, par exemple « administration délibérée d’un médicament « surdosé » à un patient à sa requête, avec comme première intention de provoquer sa mort ». Pour pallier ces difficultés, les enquête menées auprès des médecins pour explorer leurs attitudes et leurs pratiques face aux patients en fin de vie privilégient souvent l’usage de scénarios plutôt que des questions simples et directes : différents cas cliniques sont décrits aux enquêtés avec plus ou moins de précision (caractéristiques sociales et démographiques du patient, antécédents médicaux, nature et avancement de la pathologie, signes objectifs de douleur…), afin que ceux-ci indiquent s’ils opteraient ou non pour tel ou tel acte médical (Emanuel, 1996). 10 En France, c’est dans le cadre d’un programme de recherches en sciences sociales sur les attitudes et pratiques des soignants face aux patients en fin de vie que cette question de la légalisation de l’euthanasie a été abordée. Entre 2001 et 2006, une enquête qualitative auprès de professionnels exerçant dans des équipes spécialisées a précédé la réalisation de quatre enquêtes nationales auprès de soignants : 1000 médecins généralistes et spécialistes, 602 infirmiers libéraux et 1504 infirmiers hospitaliers ». Cette communication a pour objectif de faire l’état des lieux original de ce programme en deux points : 1. La synthèse des principaux résultats des différentes enquêtes conduites dans le cadre de ce programme de recherches. Cette synthèse s’appuiera sur l’ensemble des résultats déjà publiés dans la littérature médicale internationale mais aussi sur ceux issus des dernières exploitations en cours et non encore valorisés. Pour ce qui est des médecins, les résultats de l’enquête réalisée en 2002 ont montré que le niveau de proximité professionnelle avec les patients en fin de vie était déterminant de leur position à l’égard de la légalisation de l’euthanasie : les médecins qui dans le cadre de leur exercice professionnel étaient souvent confrontés à des patients en phase terminale se déclaraient significativement moins favorables à une légalisation de l’euthanasie (Bendiane, 2005 ; Peretti-Wattel, 2003). Dans un tout autre domaine, ces résultats montraient aussi que les médecins qui témoignaient d’une conception large de l’euthanasie, en y incluant par exemple la prescription d’une sédation de fin de vie, étaient significativement plus en faveur d’une légalisation. Pour ce qui est du personnel infirmier enquêté en 2005, d’autres facteurs ont été mis en évidence : le niveau de communication avec les patients, l’âge… 2. Le premier bilan critique de ce programme de recherche. L’analyse des difficultés rencontrées lors de la réalisation des différentes enquêtes et celle des limites de la portée de leurs résultats conduisent à problématiser l’ensemble des choix épistémologiques et méthodologiques qui ont présidé à la mise en œuvre de ce programme de recherche. Au niveau épistémologique, il est alors question des différentes raisons qui ont privilégié le recours à des enquêtes de type « quantitatif », des contraintes qui y sont associées et des carences ou des distorsions que ce type d’investigations suscite. Pour ce qui est des choix méthodologiques, une attention particulière sera accordée aux outils utilisés et aux stratégies d’échantillonnage déployées. 11 Références bibliographiques (Axe 2) Euthanasia and physician-assisted suicide : attitudes and experiences of oncology patients, oncologists, and the public. EMANUEL, E, FAIRCLOUGH, D.L., DANIELS, E., CLARRIDGE,B. The Lancet, 1996, 347, p. 1805-1810 Oregon physicians' attitudes about and experiences with end-of-life care since passage of the Oregon death with dignity act. GANZINI, L., NELSON, H., LEE, M. Journal of the american medical association, 09/05/2001, 285, 18, p. 2263-2269 Euthanasia by stages. MASON, J., MULLIGAN, D.. The Lancet, 1996, 347, p. 810-811 Attitudes toward palliative care, conceptions of euthanasia and opinions about its legalization among french physicians. PERETTI-WATTEL, P., BENDIANE, M.K., MOATTI, J-P. Social science and medicine, 04/2005, 60, 8, p. 1781-1793 12 Présentation synthétique des principaux points de la discussion de l’axe 2 Cette synthèse souligne les deux enjeux principaux discutés autour de la méthodologie et de l’intérêt des enquêtes portant sur les représentations. Elle n'est pas une présentation exhaustive des éléments échangés. INTERET Les enquêtes dites « KAPB 2» permettent d’identifier les croyances, caractéristiques individuelles, perceptions et représentations qui façonnent les attitudes des soignants face à l’euthanasie. Ces enquêtes, qualitatives, visent donc à identifier la place des différents facteurs dans les mécanismes de construction d’attitudes chez un individu (pourquoi certains sont pour ou contre l’euthanasie), sans pour autant décrire les liens statistiques entre ces facteurs et les attitudes. Elles permettent de proposer des leviers d’action pour une modification des attitudes et pratiques. Après avoir identifié les éléments structurants dans la formation des attitudes, il est alors possible d’agir en partie sur ces différents éléments afin de faire évoluer, dans une certaine mesure, les attitudes. Il a ainsi été démontré que le fait de suivre des formations spécialisées en soins palliatifs rendait moins favorable à la pratique d’une injection létale. LA METHODOLOGIE Population interrogée Certains participants se demandent si seulement les soignants confrontés le plus souvent à la fin de vie ne devraient-ils pas être interrogés pour ce type d’enquête ? En réalité, la fin de vie est un problème transversal et la légalisation de l’euthanasie concernerait tous les soignants. A souligner que la participation du corps infirmier aux enquêtes de perception est souvent très bonne, par contraste avec celle du corps médical. Des différences significatives peuvent apparaitre entre les infirmières libérales et hospitalières. Enfin, un contexte de débat sur une législation autour de l’euthanasie influence nécessairement la participation des soignants à un questionnaire sur ce thème. 2 Enquêtes KAPB (knowledges, attitudes , beliefs and practices) ou en français CAP ( Connaissances, Attitudes et Pratiques ). 13 La construction de catégories Les participants mettent en garde sur l’importance de bien faire attention à ce à quoi renvoie le type de questions utilisées. Si la littérature confirme la méfiance des médecins vis-à-vis d’une régulation par la loi, cela ne préjuge pas de leur perception quant à la pratique de l’euthanasie. Il faut donc interroger conjointement sur deux dimensions. De même, il existe une confusion fréquente entre les termes « sédation » et « euthanasie » que le questionnaire doit nécessairement prendre en compte. Différence de contexte entre les pays Les catégories ne sont pas forcément transposables d’un pays à l’autre. Si des différences entre la France, la Belgique ou la Hollande ont pu être mises en évidence quant à l’influence de la formation sur l’attitude des professionnels face à la légalisation de l’euthanasie, MarcKarim Bendiane souligne qu'il ne faut pas en tirer de conclusions trop hâtives. Il est nécessaire au préalable de déconstruire les catégories utilisées pour l’enquête : quelle est la formation reçue par les médecins de soins palliatifs ? Est-ce que le terme "favorable" renvoie à la même définition de l’euthanasie entre les deux pays ? Pistes Les experts insistent sur l’intérêt qu’il y aurait à refaire une étude de ce type cinq ans après la loi Léonetti. Cela permettrait d’évaluer si la loi, les perceptions et croyances qu’elle véhicule, ont conduit à modifier les attitudes face à la légalisation de l’euthanasie. La nouvelle enquête pourrait porter sur le même échantillonnage de personnes que pour l’enquête déjà réalisée. Il serait également intéressant d’étendre ces enquêtes à l’ensemble des professionnels qui interviennent dans la prise en charge à la fin de la vie : kinésithérapeutes, psychologues… 14 Axe 3 – Comment identifier et comprendre les demandes d’euthanasie ? Abstracts Les méthodologies permettant de mettre en évidence les facteurs associés aux demandes d’euthanasie Prof Luc Deliens, PhD, Department of Public and Occupational Health, EMGO Institute for Health and Care Research, Palliative Care Center of Expertise, VU University Medical Center, Amsterdam, Pays-Bas; Head of End-of-Life Care Research Group, Ghent University & Vrije Universiteit Brussel, Brussels, Belgique Autour de la problématique de l'euthanasie, la dimension relative aux malades et à leurs proches est l'une des plus difficiles à saisir d’un point de vue méthodologique. La législation En Belgique, pour enregistrer légalement une demande d’euthanasie, le patient doit être adulte, conscient, dans une situation médicale sans issue et faire état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable. Suite à l’acte d’euthanasie, le médecin doit rapporter le cas auprès de la « Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’application de la loi relative à l’euthanasie ». En cas d’irrégularité, le comité peut demander des informations supplémentaires au médecin et renvoyer le cas aux autorités judiciaires. Les caractéristiques des demandeurs A partir des cas d’euthanasie rapportés auprès de la « Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’application de la loi relative à l’euthanasie », il est possible de connaître les caractéristiques des demandeurs (Smets, 2010 Feb). En comparaison avec la mortalité en population générale, les patients décédés suite à une procédure d’euthanasie sont plus souvent des jeunes (82.1% des patients qui reçoivent une euthanasie avaient moins de 80 ans alors que 49.8% des décès se produisent avant 80 ans, P _ 0.001), des hommes (52.7% vs. 49.5%, P _ 0.005), des patients atteints de cancers (82.5% vs. 23.5%, P _ 0.001) et décèdent plus à domicile (42.2% vs. 22.4%, P _ 0.001). 15 Les cas non enregistrés des demandes d’euthanasie Les demandes d’euthanasie ne sont pas systématiquement enregistrées auprès de la « Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’application de la loi relative à l’euthanasie » (Smets, 2010 Oct). En partant d’un échantillon de certificats de décès un questionnaire a été envoyé au médecin certificateur. Le terme d’euthanasie n’avait pas été employé car jugé trop ambigu et complexe. L’acte était qualifié d’euthanasie si le médecin avait répondu avoir administré, fourni ou prescrit des substances avec l’explicite intention de hâter la mort. L’enquête a mis en évidence que seulement un cas d’euthanasie sur deux est reporté auprès de la « Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’application de la loi relative à l’euthanasie ». La plupart des médecins qui ne recouraient pas à la procédure d’euthanasie ne percevaient pas leur acte comme une euthanasie. Les cas de sousdéclaration étaient également associés à l’absence de directive anticipée, une plus faible consultation des spécialistes des soins palliatifs, à l’utilisation d’opioïdes ou sédatifs (vs barbituriques ou relaxant neuromusculaire) et le plus souvent administrés par des infirmières. La notion de souffrance insupportable : enquête qualitative Par ailleurs, les médecins n’accèdent pas toujours à la demande d’euthanasie formulée par leurs patients (Pasman, 2009). Parmi les différentes conditions de mise en place d’une procédure d’euthanasie, l’une d’elles est la souffrance insupportable, sans possibilité de la faire cesser. Une enquête qualitative a ainsi été menée autour de cette notion de souffrance insupportable. Les malades interrogés ont été recrutés à partir d’une cohorte de personnes ayant formulé des directives anticipées et auxquels il a été envoyé un questionnaire permettant de déterminer leur état de santé, pathologie et niveau de confort. Des entretiens ont ainsi été réalisés auprès 1) de patients qui avaient explicitement fait une demande d’euthanasie et auprès de leurs médecins et 2) auprès des médecins des patients appartenant à la cohorte et qui sont décédés sans que cette demande n’ai pu aboutir en raison du décès du patient, de la rétractation de celui-ci ou du refus du médecin. Il a ainsi été montré que la notion de souffrance insupportable ne faisait pas consensus entre les deux parties : les patients insistaient plus sur la souffrance psychologique liée à la dépendance et à la détérioration alors que les médecins se référaient plus aux souffrances physiques. Dans certains cas, les médecins estimaient que la souffrance du patient n’était pas insupportable car elle ne correspondait pas au comportement attendu dans une telle situation : continuer à lire des livres par exemple. 16 Références bibliographiques (Axe 3) Legal euthanasia in Belgium: characteristics of all reported euthanasia cases. SMETS, T, BILSEN, J, COHEN, Joachim, R, RURUP, ML, DELIENS, L. Medical Care, 12/2009, 47, 12, p. 187-192 Euthanasia in patients dying at home in Belgium: interview study on adherence to legal safeguards. SMETS, T, BILSEN, J, VAN DEN BLOCK, L, COHEN, J, VAN CASTEREN, V., DELIENS, L. British journal of medical practice, 04/2010, 573, 60, p. 163-170 Reporting of euthanasia in medical practice in Flanders, Belgium : cross sectional analysis of reported and unreported cases. SMETS, T, BILSEN, Johan, COHEN, Joachim, RURUP, ML., MORTIER, F., DELIENS, L. British medical journal, 2010, 341, 8 p. Concept of unbearable suffering in context of ungranted requests for euthanasia: qualitative interviews with patients and physicians. PASMAN, H.,ROELINE, W., RURUP, ML., WILLEMS, D.L., ONWUTEAKA-PHILIPSEN, B.D. British medical journal, 2009, 339, 7732, p. 1235-1237 17 Présentation synthétique des principaux points de la discussion de l’axe 3 Cette synthèse souligne les principaux points soulevés à propos des spécificités du contexte belge et des éléments de méthodologie. Elle n'est pas une présentation exhaustive des éléments échangés. PRECISIONS SUR LE CONTEXTE BELGE Luc Deliens est interrogé sur la façon dont les demandes de suicide-assisté sont prises en compte par les professionnels de santé en Belgique. Il précise que le suicide médicalement assisté est très rare. Il n'est pas spécifiquement autorisé et lorsqu'un tel cas se présente, il est assimilé à une demande d'euthanasie. Les demandes de personnes atteintes de maladie d'Alzheimer ne sont recevables que lorsque le patient est jugé compétent. Il indique également que les directives anticipées rédigées par des personnes en état végétatif ne sont valables que si le coma est jugé irréversible. Luc Deliens souligne que c'est avant tout la régulation des pratiques médicales en fin de vie qui est visée par la législation belge. Dans ce cadre juridique permettant au médecin d’être protégé légalement, et sans qu’il s’agisse d’un droit des patients à la mort, l'euthanasie est présentée comme pouvant faire partie intégrante de la prise en charge. Les motifs de refus des demandes A propos des demandes rejetées, il précise qu'elles émanent le plus souvent de patients présentant des problèmes psychiatriques. L'existence d'une dépression ou une demande faite au nom d'une lassitude de vivre sont un motif de refus. L'opinion initiale du médecin traitant semble avoir une légère influence sur l'acceptation de la demande du malade. La prise en compte du second avis médical occupe une place importante. Le prélèvement d’organes après une euthanasie Depuis la publication récente de cas de patients atteints de locked in syndrom décédés suite à une euthanasie et chez lesquels un prélèvement d'organe a été pratiqué, Luc Deliens fait le constat que ces cas sont exceptionnels. Ils ne reflètent pas la réalité des pratiques observées, qui concernent essentiellement la fin de vie et les derniers jours. Pour lui, les pratiques décrites dans les études représentent la réalité. METHODOLOGIE A la demande du modérateur, une équipe du CHU de Caen, qui a engagé une recherche qualitative par entretiens sur l'expérience des professionnels face aux « demandes d'euthanasie », souligne – à ce stade de l'étude – la grande difficulté à définir précisément ces "demandes" : les situations qu’elles recouvrent, les formes à travers lesquelles elles s’expriment, leurs sources, etc. Plusieurs participants s'interrogent sur l'opportunité de construire puis mener une enquête observationnelle comparative avec groupe témoin sur les demandes d'euthanasie. 18 Luc Deliens fait part du peu d'études menées dans ce sens, essentiellement pour des raisons liées à l'inclusion des individus dans ce type d'enquête, des questions d'intimité de la relation et de la singularité de la situation. En France, l’enquête DemandE (Evaluation des Demandes de Mort Anticipées Exprimées auprès des Equipes de Soins Palliatifs) pilotée par le Dr Edouard Ferrand va tenter de préciser le contexte et les réponses apportées à ce type de situations. Alors que l'exposé des résultats recouvre des pratiques dites "déclarées" et "estimées", l'emploi des termes "pratiques réelles" et "réalité" est discuté par les participants. Qu'en est-il de la "réalité" ? Et d'ailleurs, est-il possible de parler de "réalité" lorsqu'il s'agit d'un tel geste dont les déterminants sont complexes et les modalités difficiles à évaluer. D'autre part, les travaux présentés n'abordent pas la dimension organisationnelle des soins, la charge de travail des professionnels, alors que l'organisation du travail peut engendrer des demandes d’euthanasie. Joachim Cohen précise que les chiffres estimés sont calculés à partir de l'enquête sur les certificats de décès présentée dans la matinée et qu'ils diffèrent des cas déclarés. En effet, tous les cas ne sont pas rapportés par les médecins en raison d’une part des démarches administratives jugées trop lourdes et d’autre part parce que certains cas ne sont pas considérés comme une euthanasie. Il conclue sur la nécessité de travailler sur le plan sémantique avant d’envisager d’autres recherches. 19 Conclusion Ce séminaire organisé par l’Observatoire National de la Fin de Vie portait sur l’état des connaissances et sur les enjeux scientifiques relatifs aux demandes d’euthanasie d’assistance au suicide. Il a permis de mettre en évidence l’insuffisant développement des travaux scientifiques (quantitatifs mais aussi qualitatifs) autour de cette question qui suscite pourtant de nombreux débats. Les participant au séminaire ont ainsi souligné le paradoxe dans lequel le débat social et parlementaire s’est développé : les demandes d'euthanasie sont un phénomène dont on parle beaucoup mais dont on sait finalement très peu de choses: combien de personnes sont concernées chaque année ? Pourquoi ces personnes déclarent-elles vouloir en arriver à une telle extrémité ? Quelles suites sont données par les équipes de soins aux demandes formulées par les patients ? Ce séminaire a notamment fait ressortir les difficultés méthodologiques communes à tous les pays européens : le terme euthanasie reste un terme particulièrement ambigu, qui recouvre des réalités différentes, y compris à l’intérieur d’un même pays, et qui est interprété de façon très hétérogène par les professionnels et par le grand public. En ce sens, les sondages d’opinion constituent un instrument particulièrement inadéquat pour rendre lisible la complexité de cette question. Autre constat largement partagé par les spécialistes participant au séminaire, il est apparu qu’en matière de recherche scientifique, plus que la question de l’euthanasie et du suicide assisté en tant que telle, c’est bien la question des décisions en fin de vie qui doit être abordée avec une démarche rigoureuse. Les travaux menés à l’avenir devront donc permettre d’identifier les fondements de la décision, et de comprendre comment, dans quelles conditions et selon quelle procédure une décision qui se situe nécessairement aux limites des savoirs médicaux et aux limites de la vie peut être prise pour garantir un degré de subjectivité minimal de ceux qui y concourent. Face à ce constat de carence dans le domaine de la recherche, pour partie lié à la difficulté d’aborder avec rigueur et objectivité un tel sujet, l’Observatoire doit relever un véritable défi : il doit se positionner non comme opérateur de recherche, mais bien comme « facilitateur » de la production de connaissances dans le champ de la fin de vie. Identifiée depuis longtemps comme une priorité et largement soulignée à l’occasion du séminaire, la clarification sémantique fera l’objet d’une attention particulière. L’Observatoire entend par ailleurs impulser la recherche en facilitant la formation de chercheurs aux méthodes non seulement quantitatives mais aussi qualitatives, et en assurant l’accompagnement des travaux et la publication d’appels à projets de recherche. Il veillera à ce que des approches variées et complémentaires soient développées, tant dans le domaine (bio-)médical que dans le domaine des sciences humaines et sociales, ceci afin de mieux cerner les mécanismes internes aux décisions médicales de fin de vie. 20 Enfin à partir des données actuellement disponibles et des résultats de ces futures recherches, l’Observatoire établira un état des lieux de la situation française visant à éclairer les choix en matière de politique sanitaire et sociale. Si elles sont mises en évidence, la méconnaissance des dispositions de la loi Leonetti et l’existence de pratiques qui s’en écartent, devront être prises en compte par les politiques publiques de santé, tout particulièrement dans le champ de la formation et de l’évaluation des pratiques professionnelles. En effet l’articulation de la formation et de la recherche est un levier fondamental pour améliorer les connaissances et adapter les pratiques dans le sens du respect des personnes rendues vulnérables par la maladie grave ou la grande dépendance. Pr Régis Aubry 21 Bibliographie Les documents sont classés par axe puis par nom de famille du premier auteur, et enfin par type (article ou thèse). Les axes sont ceux du séminaire. Cette bibliographie est issue de la base de données AFXBdoc du Centre De Ressources National soins palliatifs FrançoisXavier Bagnoud (CDRN FXB). Seules les références issues de données d’enquêtes empiriques ont été retenues pour cette bibliographie. Axe 1 – Identifier les différentes décisions médicales de fin de vie grâce aux certificats de décès : enjeux méthodologiques Articles Transitions between care settings at the end of life in the Netherlands: results from a nationwide study / ABARSHI,Ebun ; ECHTELD, Michael A. ; VAN DEN BLOCK, Lieve ; DONKER,G ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. Palliative Medicine, 2010, 24, 2, p. 166174 Medical end-of-life practices under the euthanasia law in Belgium / BILSEN, Johan ; COHEN, Joachim ; CHAMBAERE,K ; POUSSET,G ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; MORTIER, Freddy ; DELIENS, Luc. The new England journal of medicine, 2009, 361, 11, p. 1119-1121 La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales. BILSEN, Johan, COHEN, Joachim, DELIENS, Luc. Populations et sociétés, 01/2007, 430, 4 p. Changes in medical end-of-life practices during the legalization process of euthanasia in Belgium / BILSEN, Johan ; VANDER STICHELE, Robert ; BROECKAERT, Bert ; MORTIER, Freddy ; DELIENS, Luc. Social science and medicine, 2007, 65, 4, p. 803-808 Reporting of euthanasia and physician-assisted suicide in the Netherlands: descriptive study / BUITING, Hilde M. ; VAN DELDEN, Johannes J. M. ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; RIETJENS, Judith A.C. ; RURUP, Mette L. ; VAN TOL, Donald ; GEVERS, Joseph. BMC Medical Ethics, 10/2009, 27, 10 p. Physician-assisted deaths under the euthanasia law in Belgium: population- based survey / CHAMBAERE, K ; BILSEN, Johan ; COHEN, Joachim ; ONWUTEAKA- PHILIPSEN, Bregje D. ; MORTIER, Freddy ; DELIENS, Luc. Canadian medical association journal, 15/06/2010, 182, 9, p. 895-901 A post-mortem survey on end-of-life decisions using a representative sample of death certificates in Flanders, Belgium : research protocol / CHAMBAERE, K. ; BILSEN, Johan ; COHEN, Joachim ; POUSSET, G. ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; MORTIER, Freddy ; DELIENS, Luc. BMC Public health, 08/2008, 299, 8, 10 p. Trends in acceptance of euthanasia among the general public in 12 european countries (1981-1999) / COHEN, Joachim ; MARCOUX, Isabelle ; BILSEN, Johan ; DEBOOSERE, Patrick ; VAN DER WAL, Gerrit ; DELIENS, Luc. European Journal of Public health, 12/2006, 16, 6, p. 663-669 22 Using death certificate data to study place of death in 9 european countries : opportunities and weaknesses / COHEN, Joachim ; BILSEN, Johan ; MICCINESI, Guido ; LOFMARK, Rurik ; ADDINGTON-HALL, Julia ; KAASA, Stein ; NORUP, Michael ; VAN DER WAL, Gerrit ; DELIENS, Luc. BMC Public health, 2007, 286, 9 p. The demand for euthanasia in palliative care units : a prospective study in seven units of the "Rhone-Alpes" region / COMBY, MC. ; FILBET, Marylène. PALLIATIVE MEDICINE, 2005, 19, 8, p. 587-593 Euthanasia, physician-assisted suicide, and other medical practices involving the end of life in the Netherlands / KESTER, J.G. ; ONWUTEAKA- PHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; VAN DER MAAS, Paul J. ; VAN DER WAL, Gerrit ; HAVERKATE, I. ; DE GRAEFF, A. ; BOSMA, J.M. ; WILLEMS, D.L.. The new England journal of medicine, 1996, 335, 22, p. 1699-1705 Demandes persistantes d'euthanasie et pratiques euthanasiques masquées : est-ce si fréquent ? / LAVAL, Guillemette ; VILLARD, Marie-Laure ; LIATARD, Karine ; PICAULT, Clémence ; ROISIN, Danielle. MEDECINE PALLIATIVE, 04/2007, 6, 2, p.88-98 A national survey of physician-assisted suicide and euthanasia in the United States / MEIER, Diane E. ; EMMONS, C.A. ; WALLENSTEIN, S. ; QUILL, Timothy ; MORRISON, R.S. ; CASSEL, C.K.. The new England journal of medicine, 1998, 338, 17, p. 1193-1201 Medical end-of-life decisions in children in Flanders, Belgium. A population-based postmortem survey / POUSSET, G ; BILSEN, Johan ; COHEN, Joachim ; CHAMBAERE, K ; DELIENS, Luc ; MORTIER, Freddy. Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, 2010, 164, 6, p. 547-553 The reporting rate of euthanasia and physician-assisted suicide: a study of the trends / RURUP, Mette L. ; BUITING, Hilde M. ; PASMAN, H. Roeline W. ; VAN DER MAAS, Paul J. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D.. Medical Care, 12/2008, 46, 12, p. 1198-1202 Hastening death in end-of-life care: A survey of doctors / SEALE, Clive. Social science and medicine, 2009, 69, 11, p. 1659-1666 National survey of end-of-life decisions made by UK medical practitioners / SEALE, Clive. PALLIATIVE MEDICINE, 01/2006, 20, 1, p. 3-10 End-of-life decisions in the UK involving medical practitioners / SEALE, Clive. PALLIATIVE MEDICINE, 04/2009, 23, 3, p. 198-204 End of life decisions. Counting end of life decisions / SEALE, Clive. British medical journal, 339, 1 p. Transitions between care settings at the end of life in Belgium / VAN DEN BLOCK, Lieve ; DESCHEPPER, Reginald ; BILSEN, Johan ; VAN CASTEREN, Viviane ; DELIENS, Luc. Journal of the american medical association, 2007, 298, 14, p. 1638-1639 Euthanasia and other end-of-life decisions: a mortality follow-back study in Belgium / VAN DEN BLOCK, Lieve ; DESCHEPPER, Reginald ; BILSEN, Johan ; BOSSUYT, Nathalie ; VAN CASTEREN, Viviane ; DELIENS, Luc. BMC Public health, 2009, 79, 10 p. 23 Axe 2 – Analyser les perceptions de l’euthanasie : quelles la recherche ? méthodes pour Articles Palliative care physicians' religious / world view and attitude towards euthanasia: a quantitative study among flemish palliative care physicians / BROECKAERT, Bert ; GIELEN, Joris ; VAN IERSEL,Trudie ; VAN DEN BRANDEL,S. Indian Journal of Palliative Care, 2009, 15, 1, p. 41-50 Perception of palliative care and euthanasia among recently graduated and experienced nurses / BRZOSTEK, Thomas ; DEKKERS, Wim ; ZBIGNIEW, Zalewski ; JANUSZEWSKA, Anna ; GORKIEWICZ, Maciej. Nursing Ethics, 2008, 15, 6, p. 761-776 Physicians' labelling of end-of-life practices : a hypothetical case study / BUITING, Hilde M. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; RURUP, Mette L. ; RIETJENS, Judith A.C. ; BORSBOOM,Gérard ; VAN DER MAAS, Paul J. ; VAN DELDEN, Johannes J. M.. Journal of medical ethics, 2010, 36, 1, p. 24-29 Attitudes of physiotherapists and physiotherapy students toward euthanasia : a comparative study / CAVLAK, Ugur ; BAS ASLAN, Ummuhan ; GURSO, Suleyman ; YAGCI, Nesrin ; YELDAN, Ipek. Advances in therapy, 2007, 24, 1, p. 135-145 Palliativmedizinische lehre. Gibt es einen einfluss auf die haltung zukünftiger ärzte zur aktiven sterbehilfe ? / CLEMENS, Katri Elina ; JASPERS, Birgit ; KLEIN, E ; KLASCHIK, Eberhard. Der Schmerz, 2008, 22, 4, p. 458-464 Israeli critical care nurses' attitudes toward physician-assisted dying / DEKEYSER GANZ, Freda ; MUSGRAVE, Catherine F.. Heart & Lung : the Journal of Critical Care, 2006, 35, 6, p. 412-422 Euthanasia and physician-assisted suicide : attitudes and experiences of oncology patients, oncologists, and the public / EMANUEL, Ezekiel ; FAIRCLOUGH, Diane L. ; DANIELS, Elisabeth ; CLARRIDGE, Brian. The Lancet, 29/06/1996, 347, p. 1805-1810 Attitudes toward assisted death amongst Portuguese oncologists / GONCALVES, Ferraz. Support Care Cancer, 03/2010, 18, 3, p. 359-366 Oregon physicians' perceptions of patients who request assisted suicide and their families / GANZINI, L. ; DOBSCHA, S.K. ; HEINTZ, R.T. ; PRESS, N. JOURNAL OF PALLIATIVE MEDICINE, 2003, 6, 3, p. 381-190 Changed patterns in Dutch palliative sedation practices after the introduction of a national guideline / HASSELAAR, Jeroen ; VERHAGEN, Constans ; WOLFF, André ; ENGELS, Yvonne ; CRUL, Ben JP. ; VISSERS, Kris C.P.. Archives of internal medicine, 03/2009, 169, 5, p. 430-437 Le débat sur l’euthanasie et les pratiques en fin de vie en France et en Allemagne : une étude comparative / HORN, Ruth. 368 p. Medical end-of-life decisions: experiences and attitudes of Belgian pediatric intensive care nurses / INGHELBRECHT, Els ; BILSEN, Johan ; RAMET, Heidi ; DELIENS, Luc. American journal of critical care, 03/2009, 18, 2, p. 160-168 24 Turkish health professional's attitude toward euthanasia / KARADENIZ,Gulten YANIKKEREM,Emre ; PIRINCCI,Edibe ; ERDEM,Ramazan ; ESEN,Aynur KITAPCIOGLU,Gul. OMEGA : Journal Of Death and Dying, 2008, 57, 1, p. 93-112 ; ; Intensive care unit nurses' opinions about euthanasia / KUMAS, Gülsah ; OZTUNC, Gürsel ; ALPARSLAN, Nazan. Nursing Ethics, 09/2007, 14, 5, p. 637-650 Ethics policies on euthanasia in nursing homes: a survey in Flanders, Belgium / LEMIENGRE, Joke ; DIERCKX DE CASTERLE, Bernadette ; VERBEKE, Geert ; VAN CRAEN, Katleen ; SCHOTSMANS, Paul ; GASTMANS, Chris. Social science and medicine, 01/2008, 66, 2, p. 376-386 When enough is enough; terminating life-sustaining treatment at the patient's request: a survey of attitudes among Swedish physicians and the general public / LINDBLAD, A ; JUTH, N ; FURST, Carl Johan ; LYNOE, N. Journal of medical ethics, 05/2010, 36, 5, p. 284-289 Do German general practitioners support euthanasia? Results of a nation- wide questionnaire survey / MAITRA, R ; HARFST, A ; BJERRE, LM ; KOCHEN,MM ; BECKER, A. European Journal of General Practice, 2005, 11, 40271, p. 94-100 Euthanasia by stages / MASON, J. ; MULLIGAN, Deirdre. The Lancet, 23/03/1996, 347, 9004, p. 810-811 End-of-life decision-making in respiratory intermediate care units : a European survey / NAVA, Stefano ; STURANI, C. ; HARTL, S. ; MAGNI, G. ; CIONTU, M. ; CORRADO, A. ; SIMONDS, A. ; European respiratory society task force. European respiratory journal, 2007, 30, 1, p.156-164 End-of-life decisions in medical practice: a survey of doctors in Victoria (Australia) / NEIL, DA ; COADY, CA ; THOMPSON, J ; KUHSE, Helga. Journal of medical ethics, 12/2007, 33, 12, p. 721-725 Oregon physicians' attitudes about and experiences with end-of-life care since passage of the Oregon death with dignity act / GANZINI, Linda ; NELSON, Heidi ; LEE, Melinda. Journal of the american medical association, 09/05/2001, 285, 18, p. 2263-2269 End-of-life decision making in Europe and Australia : a physician survey / ONWUTEAKAPHILIPSEN, Bregje D. ; FISCHER, Susanne ; CARTWRIGHT, Colleen ; DELIENS, Luc ; MICCINESI, Guido ; NORUP, Michael ; NILSTUN, T. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; VAN DER WAL, Gerrit ; EURELD consortium. Archives of internal medicine, 04/2006, 166, p. 921-929 Active voluntary euthanasia or physician-assisted suicide? ONWUTEAKA PHILIPSEN, Bregje D, MULLER, MT., VAN DER WAL G, VAN EIJK JT, RIBBE MW. Journal of the American Geriatrics Society, 10/1997, 45, 10, p. 1208-13. The attitudes of Greek physicians and lay people on euthanasia and physician-assisted suicide in terminally ill cancer patients / PARPA, Efi ; MYSTAKIDOU, Kyriaki ; TSILIKA, Eleni ; SAKKAS, Pavlos ; PATIRAKI, Elisabeth ; PISTEVOU-GOMBAKI, Kyriaki ; GALANOS, Antonis ; VLAHOS, Labros. American Journal of Hospice & Palliative Care, 09/2006, 23, 4, p.297-303 Attitudes toward palliative care, conceptions of euthanasia and opinions about its legalization among french physicians / PERETTI-WATTEL, Patrick ; BENDIANE, Marc Karim ; MOATTI, Jean-Paul. Social science and medicine, 04/2005, 60, 8, p. 1781-1793 French physicians’ attitudes toward legalisation of euthanasia and the ambiguous relationship between euthanasia and palliative care / PERETTI- WATTEL, Patrick ; BENDIANE, Marc Karim ; GALINIER, Anne ; FAVRE, Roger ; LAPIANA, Jean-Marc ; 25 PEGLIASCO, H. ; MOATTI, Jean-Paul. JOURNAL OF PALLIATIVE CARE, 2003, 19, 4, p.271-277 Attitudes of flemish secondary school students towards euthanasia and other end-of-life decisions in minors. / POUSSET,G ; BILSEN, Johan ; DE WILDE, J ; DELIENS, Luc ; MORTIER, Freddy. Child: care, health and development, 05/2009, 35, 3, p. 349-356 Attitudes and practices of physicians regarding physician-assisted dying in minors / POUSSET, G ; MORTIER, Freddy ; BILSEN, Johan ; COHEN, Joachim ; DELIENS, Luc. Archives of Disease in Childhood, 2010, 6 p. Inappropriateness of using opioids for end-stage palliative sedation: a dutch study / REUZEL, RP ; HASSELAAR, Jeroen ; VISSERS, Kris C.P. ; CRUL, Ben JP. ; VAN DER WILT, GJ ; GROENEWOUD, JM. Palliative Medicine, 07/2008, 22, 5, p. 641-646 Preferences of the dutch general public for a good death and associations with attitudes towards end-of-life decision-making / RIETJENS, Judith A.C. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DER MAAS, Paul J. ; VAN DER WAL, Gerrit. Palliative Medicine, 10/2006, 20, 7, p. 685-692 Characteristics of end-of-life decisions: survey of UK medical practitioners / SEALE, Clive. Palliative Medicine, 10/2006, 20, 7, p. 653- 659 Legalisation of euthanasia or physician-assisted suicide: survey of doctors' attitudes / SEALE, Clive. Palliative Medicine, 04/2009, 23, 3, p. 205-212 How the mass media report social statistics : a case study concerning research on end of life decisions / SEALE, Clive. Social science and medicine, 2010, 71, p. 861-868 Thèse Que font les médecins face à des demandes de mort de malades en situation de fin de vie ? / CLEMENT, Renaud. 157 p. Axe 3 – Comment identifier et comprendre les demandes actives d’aide à mourir ? Articles Patient requests to hasten death : evaluation and management in terminal care / BLOCK, Susan D. ; BILLINGS, Andrew J.. Archives of internal medicine, 1994, 154, p.2039-2047 Advance directives for euthanasia in dementia : do law-based opportunities lead to more euthanasia ? / BOER, Marike de ; DROES, Rose Marie ; JONKER, Cess ; EEFSTING, Jan ; HERTOGH, Cees. Health policy, 2010, 26, 7 p. Communication about euthanasia in general practice : opinions and experiences of patients and their general practitioners / BORGSTEEDE, Sander D. ; DELIENS, Luc ; GRAAFLANDRIEDSTRA, Corrie ; FRANCKE, Anneke L. ; VAN DER WAL, Gerrit ; WILLEMS, D.L.. Patient education and counseling, 2007, 66, 2, p. 156-161 26 A comparison of physician's end-of-life decision making for non-western migrants and dutch natives in the Netherlands / BUITING, Hilde M. ; RIETJENS, Judith A.C. ; ONWUTEAKAPHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DER MAAS, Paul J. ; VAN DELDEN, Johannes J. M. ; VAN DER HEIDE, Agnes. European Journal of Public health, 2008, 18, 6, p. 681-687 No increase in demand for euthanasia following implementation of the euthanasia act in the Netherlands; pain as a reason for euthanasia request was increasing before implementation but declined subsequently / BUITING, Hilde M. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; ONWUTEAKAPHILIPSEN, Bregje D.. Evidence-Based Medicine, 15, 2010, p. 159-160 What people close to death say about euthanasia and assisted suicide : a qualitative study / CHAPPLE, A. ; ZIEBLAND, S. ; McPHERSON, A. ; HERXHEIMER, A.. Journal of medical ethics, 2006, 32, 12, p. 706-710 Attitudes and desires related to euthanasia and physician-assisted suicide among terminally ill patients ant their caregivers / EMANUEL, Ezekiel ; FAIRCLOUGH, Diane L. ; EMANUEL, Linda. Journal of the American medical association, 2000, 284, 19, p. 240-2468 The emotional impact on physicians of hastening the death of a patient / HAVERKATE, I. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DER MAAS, Paul J. ; VAN DER WAL, Gerrit. The medical journal of Australia, 2001, 175, 10, p. 519-522 Refused and granted requests for euthanasia and assisted suicide in the Netherlands: interview study with structured questionnaire / HAVERKATE, Llinka ; ONWUTEAKAPHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; KOSTENSE, Piet ; VAN DER WAL, Gerrit ; VAN DER MAAS, Paul J.. British medical journal, 07/10/2000, 321, p. 865-866 Requests for euthanasia: origin of suffering in ALS, heart failure, and cancer patients / MAESSEN, M ; VELDINK, JH ; VAN DER WAL, Gerrit ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D.. The new England journal of medicine, 07/2010, 257, 7, p. 1192-1198 Characteristics of patients requesting and receiving physician-assisted death / MEIER, Diane E. ; EMMONS, C.A. ; LITKE, Ann ; WALLENSTEIN, S. ; MORRISON, R. Sean. Archives of internal medicine, 2003, 163, 13, p. 1537-1542 Influence of pain and quality of life on desire for hastened death in patients with advanced cancer / MYSTAKIDOU, Kyriaki ; PARPA, Efi ; KATSOUDA, Emmuela ; GALANOS, Antonis ; VLAHOS, Labros. International Journal of Palliative Nursing, 2004, 10, 10, p. 476-483 Euthanasia of patients with the chronic renal failure / NOVAKOVIC, Milan ; BABIC, Dragan ; DEDIC, Gordana ; LEPOSAVIC, Ljubica ; MILOVANOVIC, Aleksanadar ; NOVAKOVIC, Mitar. Collegium Antropologicum, 03/2009, 33, 1, p. 179-185 Desire for hastened death, cancer pain and depression : report of a longitudinal observational study / O'MAHONY, S. ; GOULET, J. ; KORNBLITH, A. ; ABBATIELLO, G. ; CLARKE, B. ; KLESS-SIEGEL, S. ; BREITBART, William S. ; PAYNE, Richard. Journal Of Pain and Symptom Management, 2005, 29, 5, p. 446-457 Euthanasia requests and cancer types in the Netherlands : is there a relationship ? / ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DER WAL, Gerrit ; ABARSHI, Ebun. Health policy, 02/2009, 89, p. 168-173 Granted, undecided, withdrawn, and refused requests for euthanasia and physician-assisted suicide / ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DER WAL, Gerrit ; JANSEN VAN DER WEIDE, Marijke. Archives of internal medicine, 165, 15, p. 1698-1704 27 The last phase of life: who requests and who receives euthanasia or physician-assisted suicide? / ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; RURUP, Mette L. ; PASMAN, H. Roeline W. ; VAN DER HEIDE, Agnes. Medical Care, 07/2010, 48, 7, p. 596-603 Concept of unbearable suffering in context of ungranted requests for euthanasia: qualitative interviews with patients and physicians / PASMAN, H. Roeline W. ; RURUP, Mette L. ; WILLEMS, D.L. ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D.. British medical journal, 11/2009, 339, 7732, p. 1235-1237 Frequency and determinants of advance directives concerning end-of-life care in The Netherlands / RURUP, Mette L. ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DER HEIDE, Agnes ; VAN DER WAL, Gerrit ; DEGG, DJ.. Social science and medicine, 03/2006, 62, 6, p. 1552-1563 Attitudes toward advance directives and advance directive completion rates / SALMOND, SW ; DAVID, E. Orthopaedic nursing, 2005, 24, 2, p. 117- 127 Legal euthanasia in Belgium: characteristics of all reported euthanasia cases / SMETS, T ; BILSEN, Johan ; COHEN, Joachim ; RURUP, Mette L. ; DELIENS, Luc. Medical Care, 12/2009, 47, 12, p. 187-192 Euthanasia in patients dying at home in Belgium: interview study on adherence to legal safeguards / SMETS, T ; BILSEN, Johan ; VAN DEN BLOCK, Lieve ; COHEN, Joachim ; VAN CASTEREN, Viviane ; DELIENS, Luc. British journal of medical practice, 04/2010, 573, 60, p. 163-170 Reporting of euthanasia in medical practice in Flanders, Belgium : cross sectional analysis of reported and unreported cases / SMETS, T ; BILSEN, Johan ; COHEN, Joachim ; RURUP, Mette L. ; MORTIER, Freddy ; DELIENS, Luc. British medical journal, 2010, 341, 8 p. Attitudes of terminally ill cancer patients about euthanasia and assisted suicide : predominance of psychosocial determinants and beliefs over symptom distress and subsequent survival / SUAREZ-ALMAZOR, Maria E. ; NEWMAN, Christine ; HANSON, John ; BRUERA, Eduardo. Journal of clinical oncology, 2002, 20, 8, p. 2134-2141 Attitudes to euthanasia in ICUs and other hospital departments / TEPEHANS, S ; OZKARA, E ; YAVUZ, MF. Nursing Ethics, 05/2009, 16, 3, p. 319-327 Legal physician-assisted dying in Oregon and the Netherlands: evidence concerning the impact on patients in “vulnerable” groups / VAN DER HEIDE, Agnes ; GANZINI, Linda ; VAN DER WAL, Gerrit ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D. ; BATTIN, Margaret. Journal of medical ethics, 2007, 33, p. 591- 597 Euthanasia and depression : a prospective cohort study among terminally ill cancer patients / VAN DER LEE , M.L. ; VAN DER BOM, J.G ; SWARTE, N.B. ; HEINTZ, A.P. ; DE GRAEFF, A. ; VAN DEN BOUT, Jan. Journal of clinical oncology, 2005, 23, 27, p. 6607-6612 Cases of euthanasia and assisted suicide reported to the public prosecutor in North Holland over 10 years / VAN DER WAL, Gerrit ; ONWUTEAKA-PHILIPSEN, Bregje D.. British medical journal, 09/03/1996, 312, p. 612-613 Lecture complémentaire Two decades of research on euthanasia from the Netherlands. what have we learnt and what questions remain? / RIETJENS, Judith A.C. ; VAN DER MAAS, Paul J. ; ONWUTEAKAPHILIPSEN, Bregje D. ; VAN DELDEN, Johannes J. M. ; VAN DER HEIDE, Agnes. Journal of bioethical inquiry, 2009, 6, 3, p. 271-283 28 Présentation de l’équipe permanente de l’Observatoire national de la fin de vie L’équipe permanente de l’Observatoire est chargée de mettre en œuvre le programme de travail défini par le Comité de pilotage. Cette équipe interdisciplinaire est constituée de professionnels aux compétences reconnues autour des problématiques de fin de vie. > Elsa GISQUET est sociologue. Docteur de l’Institut d’Etude Politique de Paris, sa thèse a porté sur « l’influence des organisations hospitalières dans la structuration des processus décisionnels d’arrêt ou de limitation de traitement en réanimation néonatale ». Elle a été chargée de mission au sein de l’observatoire de l’Institut National du Cancer, puis chargée de projet à l’Institut de Veille Sanitaire. Parallèlement, elle a poursuivi ses recherches sur la mort à l’hôpital en tant que chercheure associée au Centre de Sociologie des Organisations FNSP-CNRS. Elle est l’auteure de nombreuses publications scientifiques et chargée d’enseignement à l’Université Paris Ouest. Elsa Gisquet travaille à temps plein et est chargée, outre son travail de sociologue et compte tenu de son expérience, de l’organisation de l’observatoire. > Jean-Christophe MINO est médecin chercheur en Santé Publique et travaille sur les enjeux pratiques, éthiques et organisationnels des soins palliatifs. L’un de ses récents ouvrages, « Les mots des derniers soins. La démarche palliative dans la médecine contemporaine » a obtenu le prix d’Ethique Médicale de l’Institut Maurice Rapin. Il a été chercheur au sein du Groupe IMAGE (Ecole Nationale de la Santé Publique) puis au DIES, filiale de la Fondation de l’Avenir pour la Recherche Médicale Appliquée. > Martine NECTOUX est infirmière clinicienne. Impliquée depuis de nombreuses années à la SFAP, elle a participé à plusieurs débats parlementaires et ministériels concernant la fin de vie. Elle connait particulièrement bien le domaine des soins palliatifs. Après avoir exercé en HAD, elle a travaillé dans plusieurs équipes mobiles de soins palliatifs, a coordonné un SSIAD, et exerce actuellement en équipe mobile douleur soins palliatifs dans un réseau gérontologique à Paris. Elle intervient en formation initiale et continue sur la fin de vie et est co-auteur d’un ouvrage de référence : « L’infirmière et les soins palliatifs ». Elle travaille à temps partiel pour l’observatoire. > Tanguy CHATEL est juriste et sociologue. Sa thèse de doctorat de sciences sociales (École Pratique des Hautes Études) sur « les nouvelles cultures de l’accompagnement : les soins palliatifs, une voie "spirituelle" dans une société de la performance » a reçu le Prix 2009 « Le Monde » de la recherche universitaire. Qualifié maître de conférences, il est également membre du comité scientifique de la 29 SFAP, ainsi que du comité national d’éthique du funéraire. Il est formateur en soins palliatifs auprès des bénévoles d’associations et des professionnels de santé (DUSP, IFSI, Masters d’éthique…). Il a publié de nombreux articles et participé à plusieurs ouvrages sur les soins palliatifs et sur l’accompagnement. Il est également accompagnant bénévole pour l’ASP Fondatrice (à domicile puis en unité de soins palliatifs) depuis 2001. > Marion FALCONNET est documentaliste. Historienne de formation, diplômée de l’Institut national des sciences et techniques de la documentation (INTD-CNAM) elle est chef de projet en ingénierie documentaire. En tant que documentaliste de l’Observatoire employée à temps plein, elle assure la recherche et la veille documentaire, la préparation de dossiers et de synthèses documentaires ainsi que les mises à jour régulières des synthèses permettant de suivre dans le temps les données d’observation. > Lucas MORIN est responsable de la stratégie et des relations publiques. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes et de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP), il s’est spécialisé dans le pilotage des politiques sanitaires et sociales. Sa mission consiste à valoriser auprès du grand public, des institutions, des parlementaires et de la presse les travaux menés par l’Observatoire, afin d’assurer un lien étroit entre les connaissances produites et les évolutions des conditions d’accompagnement de la fin de vie. Egalement doctorant en santé publique, ses travaux portent essentiel sur l’impact des dispositifs de gestion de la qualité des soins sur le déploiement de la démarche palliative dans les services non-spécialisés en soins palliatifs. 30 Contact Observatoire national de la fin de vie 6 avenue du Pr André Lemierre 75020 Paris Cedex 20 Tél: 01 49 93 40 40 [email protected] 31