Etude nationale Sur la pauvreté de l`enfant et les Disparités

Transcription

Etude nationale Sur la pauvreté de l`enfant et les Disparités
Etude Nationale
sur la Pauvreté
de l’Enfant et les
Disparités au
Burundi
JUIN 2009
nissons-nous
unissons-nous
ur les enfants
pour les enfants
Préface
En ratifiant la Convention sur les Droits de l’Enfant en 1990, le Gouvernement de la
République du Burundi en collaboration avec ses partenaires au développement, s’est
engagé à promouvoir et protéger les droits de l’enfant. Mais des années de conflit ont freiné
le processus de développement et de protection de ces droits. Aujourd’hui, le Burundi peut
à nouveau envisager l’avenir avec espoir et optimisme. Une stratégie de consolidation de la
paix a été formulée dont les objectifs et les actions à entreprendre ont été consignés dans
la Vision 2025, le Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté adopté
en 2006 et enfin l’UNDAF adopté en 2009 pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour
le Développement. Au nombre des instruments de planification mentionnés ci-dessus,
l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables que sont les enfants et les
femmes, le renforcement des partenariats en faveur de la réduction de la pauvreté font partie
des stratégies majeures qui sont mises en œuvre pour atteindre les résultats visés.
Toutefois, de nombreux défis subsistent résultant de seize années de conflits armés. En
effet, au Burundi, les enfants et les jeunes de moins de 18 ans représentent 51 pour cent de
la population totale et nombreux sont ceux qui vivent dans un état de pauvreté et dans des
conditions sanitaires déplorables. La malnutrition touche 46 pour cent des enfants de moins
de cinq ans selon l’enquête nutritionnelle de 2007. Les taux de mortalité infantile (108 décès
pour mille naissances vivantes en 2007) et infanto-juvénile (180 pour mille en 2007) restent
encore trop élevés comparés aux taux de mortalité infanto juvénile de l’Afrique au Sud du
Sahara (147 pour mille en 2007) et de la sous région Afrique de l’Est et du Sud (123 décès
pour mille naissances vivantes en 2007). Le Burundi occupe la 174ème position sur les 182
pays du monde classés selon l’index de développement humain de 2009 du PNUD et 67 pour
cent de la population totale vit en dessous du seuil de pauvreté.
La présente étude s’inscrit dans le prolongement des actions de suivi-évaluation initiées par
le Gouvernement et l’UNICEF. L’Etude a été menée dans 40 pays dont le Burundi, répartis
dans sept régions du monde, avec le soutien de l’UNICEF. Les résultats d’analyse montrent
que des progrès ont été accomplis au Burundi durant ces dernières années. Le bien-être des
enfants est une préoccupation majeure du Gouvernement. Plusieurs mesures politiques ont
été prises pour soulager les conditions de vie des enfants et des femmes. Des décisions
importantes en faveur du développement social ont été prises. Au nombre desdites décisions,
on peut citer la gratuité des frais de scolarité, la gratuité des soins pour les enfants de moins
de cinq ans et pour les femmes enceintes.
Les conclusions de ce rapport montrent bien que ces mesures ont agit positivement sur la
situation des personnes vulnérables. Cette étude contribue aussi à dégager des orientations
politiques et stratégiques qui visent spécifiquement la réduction de la pauvreté de l’enfant
dans les domaines variés en insistant sur son caractère multidimensionnel.
Le Gouvernement du Burundi saisit cette occasion pour saluer la bonne collaboration et l’esprit
de partenariat de l’UNICEF pour la réalisation de cette étude. Il tient aussi à féliciter l’équipe
des chercheurs et tous ceux qui ont contribué à sa réalisation.
Monsieur Tabu Abdallah MANIRAKIZA
Ministre du Plan et de la Reconstruction
Burundi
Dr Gloria Kodzwa
Représentante de l’UNICEF
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de la moitié de la population totale et
pourtant nombreux sont ceux qui vivent
dans un état de pauvreté et dans des
conditions sanitaires déplorables.
du Burundi
Les enfants
Avant-propos
Les enfants du Burundi représentent plus de la moitié de la population totale et pourtant
nombreux sont ceux qui vivent dans un état de pauvreté et dans des conditions sanitaires
déplorables. La malnutrition touche 46% des enfants de moins de cinq ans et les taux de
mortalité sont encore trop élevés pour un pays qui reste encore fragilisé par des années de
conflit et d’une stabilité politique qui a peiné avant de se mettre en place.
Le Burundi s’est engagé malgré tout dans la lutte contre la pauvreté et a mis en place
les réformes nécessaires afin de répondre à la fois aux Objectifs du Millénaire pour le
Développement, mais aussi aux besoins prioritaires identifiés dans la Cadre Stratégique de
Croissance et de Lutte contre la Pauvreté, adopté en 2006. Des progrès notables ont pu
être atteints à la suite de deux reformes majeures qui sont la gratuite de l’école primaire
et l’abolition des frais de santé pour tous les enfants de moins de cinq ans et les femmes
enceintes. Ces deux réformes ont eu un réel impact montrant que le Burundi, en dépit de
conditions parfois désastreuses, a les moyens d’une politique forte de croissance, basée sur
le développement communautaire et le renforcement des moyens humains et techniques,
générant ainsi beaucoup d’espoir pour tous les ménages, et en particulier les ménages les
plus démunis dont les enfants sont, de fait, les plus vulnérables. Le Burundi est l’un des pays
les plus pauvres de la planète avec 68% de la population totale qui vit en dessous du seuil de
pauvreté.
Ainsi, l’Etude sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi, qui fait partie d’une
étude globale sur l’impact de la pauvreté et des disparités sur l’enfant, menée dans plus de
40 pays et pilotée par l’UNICEF, permet de faire un état des lieux nécessaire à l’observation
et à une meilleure compréhension des caractéristiques de la pauvreté au Burundi et la façon
dont cette dernière influe sur le bien-être des enfants.
L’étude est organisée en trois parties : tout d’abord, l’analyse de la situation économique et
sociale actuelle du Burundi et les stratégies nationales mises en œuvre par le gouvernement
avec le soutien des partenaires au développement ; ensuite, la description du niveau de
pauvreté des enfants ainsi que les vulnérabilités auxquels ils doivent faire face ; et enfin, les
décisions politiques qui s’avèrent nécessaires au niveau sectoriel pour parvenir à la réalisation
des OMD et l’amélioration du bien–être des enfants du Burundi.
Les objectifs de cette étude sont les suivants :
• mettre en lumière les réalités économiques et sociales des enfants ;
• identifier les contraintes et les opportunités concernant les droits des enfants ;
• quantifier les disparités autant que possible en mettant en exergue les manques existants
dans le domaine de l’accès et du traitement des données statistiques;
• travailler de manière concertée et coordonnée sur les politiques et stratégies à mettre en
œuvre en faveur des droits et de la survie des enfants.
Les enfants sont une richesse pour le Burundi et cette étude a pour but de montrer comment
valoriser et protéger ces enfants dans le sens d’un développement harmonieux et participatif
dans lequel les enfants évoluent en pleine santé et dotés des meilleurs atouts pour un avenir
optimiste.
Table des matières
Sigles et Abréviations
Liste des graphiques
Liste des tableaux
Résumé exécutif
Introduction générale
1
2
3
5
7
Chapitre I. Les enfants et le développement
10
Section I. Les enfants, la pauvreté et les disparités
I.1. Cadre conceptuel : une approche en trois parties
I.2. Les grandes constatations sur la pauvreté des enfants
I.3. Les enfants et les OMD : Progrès et disparités
11
11
12
13
Section II. Contexte politique, économique et institutionnel
II.1. La toile de fond géographique, politique et institutionnelle
II.2. Population et croissance économique
II. 3. Développement humain et d’équité
19
19
19
24
Section III. Stratégies macroéconomiques et répartition des ressources
III.1. Croissance pro-pauvres et impact sur les enfants
III.2. Les budgets publics et les partenariats comme preuves d’engagement
à la réduction de la pauvreté
27
27
Chapitre II. La pauvreté et les enfants
34
Section I. La pauvreté monétaire et les privations qui affectent les enfants
I.1. Constatations suivant l’approche revenu-consommation
I.2. Constatations suivant l’approche par les privations
35
35
36
Section II : La survie de l’enfant et l’équité
II.1. Tendances de la mortalité infanto-juvénile en 2000 et 2005
II.2. Taux de mortalité et facteurs de stratification sociale
II.3. Liens entre la mortalité des enfants et la pauvreté
38
38
38
39
Section III. Analyse des facteurs expliquant les niveaux et les tendances
de la pauvreté
III.1. La pauvreté macroéconomique
III.2. Les dotations factorielles
III.3. Les caractéristiques intrinsèques des ménages
40
40
43
44
Chapitre III. Les piliers du bien-être des enfants
48
Section I. La situation des enfants en matière de nutrition
I.1. Lois, politiques et programmes nationaux les plus importants dans
le domaine de la nutrition
I.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalité des sexes
I.3. Analyse de causalité et corrélation dans le domaine de la nutrition des enfants
I.4. Fondement et partenariat pour une stratégie
50
30
50
51
53
54
Section II. La situation des enfants en matière de Santé
II.1. Lois, politiques et programmes nationaux les plus importants dans
le domaine de la santé
II.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalités des sexes
II.3. Etat des lieux des maladies chez les enfants
II.4. Analyse des causes de la santé précaire des enfants
II.5. Fondements et partenaires pour une stratégie
55
Section III. Situation des enfants en matière de protection
III.1. Lois, politiques et programmes dans le domaine de la protection
de l’enfance et la protection sociale
III.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalités des sexes.
III.3. Facteurs causaux et corrélations
III.4. Stratégies
67
Section IV. Situation des enfants en matière d’éducation
IV.1. Lois, Politiques et programmes dans le domaine de l’éducation
IV.2. Résultats pour les enfants dans le domaine de l’éducation
IV.3. Analyse des déterminants de l’éducation des enfants
IV.4. Fondements et partenaires pour une stratégie
74
74
76
82
84
55
58
61
64
65
67
69
71
72
Chapitre IV. Stratégie pour le bien-être et l’équité chez les enfants 86
Section I. Regard critique sur les politiques et programmes existants
Section II. Matrice des stratégies pour le bien-être et l’équité chez les enfants
87
88
Conclusion générale
94
Références bibliographiques
96
Annexes
Annexe 1 : données statistiques
Annexe 2 : Equipe operationelle de l’étude Comité de pilotage
Equipe de recherche (IDEC)
Orientation technique et coordination, UNICEF
98
121
121
121
121
Sigles et abréviations
ARV
BAD
BCG
BINUB
CDE
CEA
CNLS
CSLP
CURDES
DTC
ENCV
ENECEF
FAD
FAO
FNL
IDA
IRA
IST
ISTEEBU
MDPRN
MFP
MICS
OMD
OMS
ONG
ONU
PEV
PIB
PLMTC
PNDS
PNS
PNUD
PNSR
PPTE
QUIBB
RN
SNEB
SNU
SRO
SSN
UNICEF
USD
VIH/SIDA Antirétroviraux
Banque Africaine de Développement
Bacille de Calmette et Guérin
Bureau Intégré des Nations Unies au Burundi
Convention relative aux droits de l’enfant
Communauté Est-Africaine
Conseil National de Lutte contre le Sida
Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté
Centre Universitaire de la Recherche pour le Développement Economique
et Social
Diphtérie-Tétanos et Coqueluche
Enquête Nationale sur la Couverture Vaccinale
Enquête Nationale d’Evaluation des Conditions de vie de l’Enfant et de la
Femme au Burundi
Fonds Agricole de Développement
Fonds des Nations Unies pour l’Agriculture (Food and Agriculture Organization)
Front National de Libération
Association Internationale de Développement (International
Development Association)
Infections Respiratoires Aiguës
Infections Sexuellement Transmissibles
Institut de Statistique et d’Etudes Economiques du Burundi
Ministère de la Planification du Développement et la Reconstruction Nationale
Mutuelle de la Fonction Publique
Enquête à indicateurs multiples (Multisectorial Indicators Cluster Survey)
Objectifs du Millénaire pour le Développement
Organisation Mondiale de la Santé
Organisation Non Gouvernementale
Organisation des Nations Unies
Programme Elargi de Vaccination
Produit Intérieur Brut
Programme de Lutte contre les Maladies Transmissibles et Carentielles
Plan National de Développement Sanitaire
Politique Nationale de Santé du Burundi
Programme des Nations Unies pour le Développement
Programme National de Santé de la Reproduction
Pays Pauvres Très Endettés
Questionnaire Unifié pour les Indicateurs de Base du Bien être
Route Nationale
Service National de l’Enseignement du Burundi
Système des Nations Unies
Sels de Réhydratation Orale
Système de Surveillance Nutritionnelle
Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
Dollar des Etats-Unis (United States Dollar)
Virus de l’Immunodéficience Humaine/ Syndrome d’Immunodéficience Acquise
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
1
Liste des graphiques
2
Graphique 1
Graphique 2
Graphique 3
Graphique 4
Graphique 5
Graphique 6
Graphique 7
Graphique 8
Graphique 9
Graphique 10
Graphique 11
Graphique 11bis
Graphique 12
Graphique 13
Graphique 14
Graphique 15
Graphique 16
Graphique 17
Graphique 18
Graphique 19
Graphique 20
Graphique 21
Graphique 21bis
Graphique 22
Evolution de la part de la population rurale (en pourcentage de la population totale) au Burundi
Evolution de la densité démographique du Burundi
Pyramide des âges de la population urbaine
Pyramide des âges de la population rurale
Croissance comparée de la population et de la production intérieure
Contribution des secteurs au PIB
Evolution de la structure des dépenses en millions de BIF
Nutrition des enfants
Allaitement maternel
Mortalité des enfants
Vaccination des enfants
Evolution de la couverture vaccinale
Pourcentage d’enfants âgés de 12–23 mois ayant reçu tous les vaccins
recommandés avant 12 mois, Burundi, 2005
Répartition des décès survenus dans les structures sanitaires par cause
chez les enfants de moins de 5 ans en 2003 au Burundi, selon le rapport d’EPISTAT
Prévalence de diarrhée (en %)
Traitement de la diarrhée avec les Sels de Réhydratation Orale (SRO)
Travail des enfants et leur bien-être
Mariage précoce des femmes
Evolution des dépenses de l’éducation
Evolution du taux net de scolarisation
Répartition des nouveaux inscrits après la gratuité
Disparités du taux net de scolarisation au primaire
Taux net de scolarisation au primaire par quintile de bien-être
Taux net de scolarisation au secondaire
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Liste des tableaux
Tableau 1
Tableau 2
Tableau 3
Tableau 4
Tableau 5
Tableau 6
Tableau 7
Tableau 8
Tableau 9
Tableau 10
Ampleur de la pauvreté au Burundi
Indicateur de l’enseignement au Burundi
Dépenses de santé au Burundi
Indicateurs de santé des enfants
Dépenses pro-pauvres et dépenses non pauvres
Degré de satisfaction tirée de la disponibilité et de l’utilisation des
services de base
Tendances de la mortalité infanto-juvénile en 2000 et 2005
Evolution de la structure de certaines dépenses du budget de l’Etat (%)
Part des ménages pauvres et riches selon les caractéristiques
des ménages
Scolarisation au secondaire et pauvreté des ménages
ANNEXE 1
Tableau 1
Tableau 2
Tableau 3
Tableau 4
Tableau 5
Tableau 6 Tableau 7
Tableau 8
Tableau 9
Tableau 10
Tableau 11
Tableau 12
Tableau 13
Répartition en % de la population par grands groupes d’âge selon le milieu de résidence et le sexe
Dépenses non pauvres
Répartition (%) des ménages par milieu et province de résidence, et
par caractéristiques socio démographiques et économiques des chefs
de ménages
La situation nutritionnelle des enfants au Burundi
Scolarisation au secondaire et pauvreté des ménages
Répartition en pourcentage des ménages selon certaines caractéristiques
Répartition en pourcentage des femmes de 15–49 ans selon leurs caractéristiques individuelles
Répartition en pourcentage des enfants de moins de 5 ans selon leurs caractéristiques individuelles
Taux de mortalité infantile et infanto-juvénile selon les caractéristiques sociodémographiques (Basé sur le Modèle Ouest)
Pourcentage d’enfants de 12–23 mois vaccinés contre les maladies de l’enfance à un moment quelconque avant l’enquête et avant le premier anniversaire
Pourcentage d’enfants de 0–59 mois ayant dormi dans une moustiquaire traitée la nuit précédente
Répartition en pourcent des enfants âgés de 0–2 ans selon le lieu ou leurs excréments sont évacués; et pourcentage des enfants âgés de 0–2 ans dont les excréments sont évacués de façon saine
Pourcentage d’enfants âgés de 36–59 mois qui fréquentent une forme quelconque d’établissement d’enseignement préscolaire, et pourcentage des enfants admis en première année d’enseignement primaire ayant suivi un enseignement préscolaire
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
3
Tableau 14
Tableau 15
Tableau 16
Tableau 17
Tableau 18
Tableau 19
Tableau 20
Tableau 21
Tableau 22
Tableau 23
Tableau 24
4
Pourcentage d’enfants en âge d’entrée à l’école primaire effectivement admis en première année
Pourcentage d’enfants ayant l’âge de l’école primaire qui fréquentent effectivement une école primaire ou une école secondaire
Pourcentage d’enfants ayant l’âge d’aller à l’école secondaire qui fréquentent un établissement de niveau secondaire ou plus
Ratio des taux de scolarisation des filles et des garçons aux niveaux primaire et secondaire, Burundi, 2005
Répartition en pourcentage des enfants de 0-59 mois en fonction de l’enregistrement de leur naissance et des raisons de leur non-
enregistrement
Pourcentage d’enfants âgés de 5–14 ans qui étudient et travaillent et pourcentage des enfants âgés de 5–14 ans qui travaillent et étudient
Pourcentage d’enfants de 0–17 ans orphelins ou vulnérables pour plusieurs raisons dont le SIDA
Répartition (%) des ménages par milieu et province de résidence, sexe, Statut dans l’emploi et quintile de bien être économique selon le nombre d’enfants de moins de 18 ans ne vivant pas dans le logement parental
Survie de la mère, répartition (%) de la population de moins de 25 ans par milieu et province de résidence, âge et sexe selon la survie de la mère
Survie des parents, Répartition (%) de la population de moins de 25 ans par milieu et province de résidence, sexe selon la survie des parents
Proportion (%) des dépenses d’éducation l’année en cours par poste des enfants en scolarité la dernière année scolaire et qui sont inscrits au moment de l’enquête selon le milieu et la province de résidence, le sexe du CM, l’âge du CM et le quintile de bien être économique.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Résumé exécutif
Le bien-être des enfants est une préoccupation majeure de tous les acteurs œuvrant pour le
développement, si bien que les 18 cibles des Objectifs du Millénaire pour le Développement
sont directement ou indirectement en rapport avec le bien-être des enfants. Et dans tous
les pays, des politiques et programmes existent qui visent la lutte contre la pauvreté et les
inégalités chez les enfants.
Pour le cas du Burundi, ces politiques et programmes se précisent à travers les lois
budgétaires et le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté qui y est rattaché, ainsi que
les engagements manifestes des institutions internationales telles que l’UNICEF.
En dépit des efforts fournis compte tenu de ces politiques et programmes nationaux, et suite
notamment à la crise socio-économique et politique qui a secoué le pays depuis plus d’une
décennie, les enfants restent dans un état de misère économique et sociale. Le nombre des
enfants en difficulté qui était estimé à 650.000 à la fin 2004, s’élevait à 835.996 en 2005, soit
environ 11 pour cent de la population burundaise. Parmi ceux là, 250.000 sont infectés ou
affectés par le VIH/SIDA et 30.346 sont orphelins et chefs de ménage. Selon les données de
l’UNICEF, 65.400 enfants sont travailleurs précoces et 5.000 enfants vivent dans la rue.
Les défis auxquels est confrontée la population burundaise et plus particulièrement les enfants
sont relatifs au respect des droits humains, au relèvement socio-économique et à la sécurité
alimentaire.
Dans le domaine des droits de l’homme, des violations récurrentes et, en particulier, des
violences basées sur le genre continuent à sévir. En ce qui concerne les défis de relèvement
socio-économique, la guerre a mis à genoux l’économie burundaise et a contribué à aggraver
les problèmes structurels qui sont : une pauvreté extrême, la pression démographique, une
croissance économique faible, une économie fondée en grande partie sur l’agriculture de
subsistance, la dépendance du pays sur le café comme principal produit d’exportation et
sur l’aide extérieure, une faible valorisation du potentiel humain, et une faible valorisation
des potentialités qui existent au niveau du pays et ainsi que celles offertes par l’intégration
régionale au sein de la Communauté Est-Africaine (CEA) ou des autres groupements régionaux
auxquels le Burundi appartient.
Cette situation de conflit a freiné la dynamique de développement au Burundi. Quant à la
sécurité alimentaire, elle s’est détériorée suite aux conflits armés, aux perturbations climatiques
et à la persistance des maladies comme le VIH/SIDA qui décime la population active.
Il en découle que des cas sociaux sont de plus en plus nombreux en rapport avec les enfants
vulnérables dont notamment les orphelins, les enfants de la rue, les enfants confiés et les
enfants handicapés. L’accroissement de ces cas sociaux et la situation de pauvreté des
enfants vivant avec leurs parents interpellent plusieurs acteurs afin qu’ils conjuguent leurs
efforts sous forme de partenariat pour le bien-être des enfants.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
5
Ce partenariat requiert une nouvelle définition de stratégies de plus en plus spécifiques aux
problèmes des enfants. Pour stabiliser les acquis dans le domaine du bien-être de l’enfant,
des dispositions et des mécanismes de suivi doivent accompagner des mesures qui sont
déjà en application pour les rendre plus efficaces. Nous ciblons ici la mesure de gratuité
de l’enseignement primaire, la gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans et
la gratuité des soins pour les femmes qui accouchent. Tous les facteurs inhibant l’impact
positif de ces mesures doivent être examinés et évités dans la mesure du possible.
Quant aux nouvelles stratégies à définir, la présente étude propose les pistes d’interventions
les plus importantes en matière de (1) croissance pro-pauvres, (2) lutte contre l’exode rural,
(3) politiques démographiques, (4) nutrition des enfants, (5) éducation primaire pour tous, (6)
santé des enfants, (7) politiques de sécurité sociale, et (8) politiques spécifiques aux enfants
les plus en difficulté.
6
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Introduction générale
A l’heure de la crise alimentaire mondiale (FAO, 2008), la pauvreté augmente davantage dans
les pays en guerre ou en sortie de guerre, et les politiques économiques soutenables sont
maintenant tournées vers la lutte contre la pauvreté et la promotion de l’équité sociale et de
l’égalité des chances.
Au Burundi, l’engagement politique se manifeste au travers des lois budgétaires, de la
déclaration d’engagement par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le Développement,
du Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté, et de la ratification des
conventions internationales sur les droits des groupes défavorisés, y compris les enfants.
Mais le nombre et l’intensité des actions concrètes restent limités dû à un nombre élevé
de contraintes liées à la qualité de la gouvernance, à l’insécurité sociale, à l’instabilité du
cadre macroéconomique de croissance, au faible développement du capital humain et aux
perturbations de l’économie mondiale.
En dépit des efforts remarquables constatés de la part du gouvernement et des partenaires au
développement, un grand nombre de ménages en général et d’enfants en particulier, restent
vulnérables, touchés par les famines, la malnutrition chronique, les maladies comme le VIH/
SIDA. La plupart de ces fléaux ont été aggravés par la guerre et les mauvaises conditions de
vie qui en résultent. Pourtant, les mesures de gratuité de l’enseignement primaire et des soins
de santé pour les enfants de moins de 5 ans et pour les accouchements ont conduit à une
amélioration des conditions de vie de la femme et de l’enfant dans les domaines concernés.
Toutefois, il s’agit d’une situation de pauvreté extrême contre laquelle le gouvernement a
mis en place des stratégies reposant sur les principes d’une participation des populations au
processus économique, du renforcement de l’assise communautaire et d’un engagement fort
en faveur du développement des secteurs sociaux.
Cette étude s’inscrit dans un cadre plus large incluant 40 pays. C’est dans ce cadre qu’un
guide méthodologique commun a été adopté. Ce guide préconise deux modèles à savoir le
modèle de collecte de données et le modèle d’analyse des politiques. Les experts devaient se
référer aux modèles en place pour faire l’analyse de la pauvreté à trois niveaux (pays, famille
et enfant) et dégager les disparités dans les progrès vers les OMD. Ils devraient ensuite
identifier les corrélations et les facteurs déterminants des disparités entre les enfants (entre
les filles et les garçons) et les différents groupes d’enfants.
Au niveau du Burundi, nous avons, premièrement exploité les concepts relatifs à la pauvreté
et aux droits des enfants. Deuxièmement, nous avons étudié les textes existants au Burundi
portant sur les réformes en matière de lutte contre la pauvreté et les droits des enfants. Il
s’agit principalement de conventions internationales en matière des droits de l’enfant, des
textes de lois du Burundi contenant les dispositions relatives aux enfants et des politiques et
programmes sectoriels des Ministères impliqués dans la protection des enfants.
Et enfin, nous avons analysé les bases de données sur les enquêtes réalisées au Burundi
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
7
dans le but d’obtenir des indicateurs fiables pouvant servir dans l’évaluation de l’impact des
programmes sur la situation de l’enfant. Ces données aideront à identifier les déterminants
de la pauvreté des enfants pour les différents piliers du processus de développement.
Dès lors, la présente étude a pour objectifs spécifiques d’examiner l’impact du développement
économique sur le bien être des enfants (Chapitre I), de dégager les formes de manifestation
de la pauvreté chez les enfants (Chapitre II), de présenter les piliers du bien-être des enfants
en termes de lois, de politiques et de programmes nationaux en faveur des enfants (Chapitre
III), et enfin, de proposer les politiques et les stratégies appropriées pour combattre la
pauvreté et les disparités chez les enfants au Burundi (Chapitre IV).
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s
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Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
des femmes
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Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
9
1
10
Les enfants et le
développement
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Les enfan
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éveloppem
e
nt
Les indicateurs de développement économique du
Burundi mettent en exergue les contraintes budgétaires au
niveau national et au niveau des ménages qui empêchent
de répondre aux différents besoins fondamentaux des
enfants. En outre, la pauvreté des enfants au Burundi s’est
progressivement renforcée avec la crise sociale, politique et
économique qui a secoué le pays pendant plus de 15 ans.
Alors que les ressources tant publiques que privées sont rares, il existe également
des disparités trop élevées entre les groupes de ménages et d’enfants. Ces
disparités concernent essentiellement le genre et les différentes régions, ce qui
renvoie à la redistribution équitable du revenu national.
Dans ce contexte, le présent chapitre entend expliquer le lien entre le
développement économique et la qualité de la vie des enfants au travers
du cadre conceptuel de la pauvreté des enfants et la situation actuelle des
enfants vue à travers la réalisation des OMD (Section I), du contexte politique,
économique et institutionnel (Section II), ainsi que des stratégies macroéconomiques et la répartition équitable des ressources en faveur du bien-être
des enfants (Section III).
Cette section s’organise autour de trois sections : l’analyse de trois approches
conceptuelles quant à la définition de la pauvreté des enfants (I.1), la situation en
matière de bien-être des enfants au Burundi (I.2), et le niveau de vie des enfants vu
à travers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (I.3).
Section I.
Les enfants, la
pauvreté et les
disparités
I.1. Cadre conceptuel : une approche en trois parties
Qu’elle soit monétaire ou non monétaire, la pauvreté des enfants au Burundi
se situe à trois niveaux à savoir (1) le niveau macroéconomique, (2) le niveau
familial et (3) le niveau des enfants eux-mêmes.
Le premier niveau est le niveau macroéconomique ayant un impact sur la
pauvreté des enfants. Dans ce modèle, l’impossibilité de satisfaire les besoins
fondamentaux des enfants découle de la pauvreté du pays. Celui-ci n’est pas
capable de soutenir suffisamment l’activité économique et de subvenir aux
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
11
besoins de sa population en matière de services publics et ce, au travers
d’une politique de dépenses publiques adéquate. Cette situation se retrouve
au Burundi qui est classé parmi les pays les plus pauvres, avec un produit
intérieur brut (PIB) par tête moyen proche de 100 USD par an (Indicateurs de
développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007).
Le deuxième niveau correspond au niveau familial dans lequel les enfants
évoluent. Dans ce modèle, l’insuffisance des moyens de subsistance des
enfants découle de la pauvreté des familles qui sont sensées s’occuper des
dépenses alimentaires, de scolarité, de santé, etc. pour les enfants. Au Burundi,
68 % des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté1 et dès lors, ne
peuvent élever leurs enfants dans des conditions nécessaires à la survie et au
bien-être des enfants.
Enfin, le dernier niveau est le niveau des enfants eux-mêmes. Cette pauvreté
est définie à partir de la qualité de vie des enfants comme conséquence des
politiques et des budgets sociaux en faveur de cette catégorie de population.
Ce modèle concerne essentiellement les enfants qui ne vivent pas dans les
familles ou dans les foyers, tels que les orphelins et les enfants de la rue, qui
ne cessent de se multiplier à cause des maladies pandémiques mais aussi de
la guerre civile qui a secoué le Burundi depuis plus d’une décennie.
I.2. Les grandes constatations sur la pauvreté des enfants
a. Enfants vivant en famille
A la lumière des modèles mentionnés ci-dessus sur la pauvreté des enfants, il
est clair que la pauvreté des enfants vivant en famille est causée à la fois par la
situation macroéconomique du pays et la faiblesse des revenus des ménages.
L’ampleur de cette pauvreté est décrite dans le tableau 1 ci-après.
Tableau 1.
Ampleur de la pauvreté au Burundi
Indicateur
Incidence de la pauvreté:
population en dessous du seuil
de pauvreté
Milieu rural
Milieu urbain
Ensemble
69 %
34 %
68 %
Source : Enquête QUIBB 2006
68% des ménages au Burundi vit en dessous du seuil de pauvreté. Ce résultat
explique la pauvreté des enfants qui provient de l’insuffisance des budgets
publics et de celle des revenus familiaux ayant pour conséquence directe de
compromettre le bien-être des enfants.
1
12
Niveau de dépenses (revenu) en-deçà duquel un ménage est considéré comme pauvre
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
b. Enfants vivant en dehors des familles : les orphelins et les enfants
de la rue
Les orphelins étaient estimés à 650.000 enfants en 2005, soit près de 17% de
tous les enfants de 0 à 16 ans et dont 37% sont dus à la pandémie du SIDA. Le
pays compte près de 30 orphelinats officiels hébergeant 3.000 orphelins dont 49
% sont des filles (Ndayisaba, 2005).
Pour ce qui est des enfants de la rue, leur effectif est estimé à 5.000 enfants,
dont 60% vivent en Mairie de Bujumbura. 75% de ces enfants de la rue sont
originaires de quatre provinces à savoir la Mairie de Bujumbura, la province
Gitega, la province Ngozi et la province Kayanza (Ndayisaba, 2005).
Les facteurs les plus généralement cités au phénomène des enfants de la rue
sont l’extrême pauvreté des parents comme expliqué ci-dessus, la dislocation
des familles, les conflits armés et les décès dus au VIH SIDA.
I.3. Les enfants et les OMD : Progrès et disparités
Pour ce qui est
des enfants de la
rue, leur effectif
est estimé à 5.000
enfants, dont 60%
vivent en Mairie de
Bujumbura.
Les objectifs du Millénaire pour le Développement visent à réduire la pauvreté
en général et celle des groupes défavorisés en particulier, y compris les enfants.
Ils sont au nombre de huit :
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
Eliminer l’extrême pauvreté et la faim.
Assurer une éducation primaire pour tous.
Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.
Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans.
Améliorer la santé maternelle.
Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies.
Assurer un environnement durable.
Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
Dans ce paragraphe, nous proposons de présenter l’évaluation des cibles et
indicateurs en rapport avec les enfants par objectif et les principaux résultats
qui en ressortent.
1. Eliminer l’extrême pauvreté et la faim
Les deux cibles pour cet objectif sont de réduire de moitié entre 1990 et 2015,
la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour et de
réduire de moitié la proportion des personnes qui souffrent de la faim pendant
la même période. Par rapport à ces cibles les indicateurs font état des chiffres
suivants : en 2006, les estimations de l’incidence de la pauvreté indiquent que
plus de 68% de la population burundaise vit avec moins de 1 dollar par jour alors
qu’ils étaient moins de 35% en 1990, trois ans avant la crise déclenchée en
1993. La proportion d’enfants de moins de 5 ans souffrant de sous-alimentation
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
13
et de malnutrition aigüe est évaluée au cours de la même année à plus de 35%,
soit plus d’un enfant sur trois (QUIBB 2006).
La proportion
d’enfants de
moins de 5 ans
souffrant de sousalimentation et de
malnutrition aigüe
est évaluée à plus
de 35%
En 2007, selon les résultats de l’enquête de base de l’UNICEF en vue de la
mise en place du système de surveillance nutritionnelle (SSN), la situation
nutritionnelle est telle que le taux d’insuffisance pondérale chez les enfants de
moins de 5 ans est de 35,2%; le taux du retard de croissance chez les enfants
de moins de 5 ans au Burundi est de 46%; enfin le taux de l’émaciation ou
malnutrition aiguë au Burundi est de 5,6%.
Afin d’atteindre les OMD à l’échéance fixée de 2015, il faudrait que la proportion
de population vivant en dessous du seuil de pauvreté soit ramenée à un taux
de 33,7%. Cela nécessiterait que ce seuil diminue chaque année de 2,5%.
Toutefois, si les échéances sont repoussées jusqu’en 2025, le seuil de pauvreté
devrait diminuer de l’ordre de 1,47% chaque année pour obtenir les mêmes
résultats.
En ce qui concerne l’insuffisance pondérale des enfants de moins de 5 ans, une
diminution du pourcentage d’enfants de moins de 5 ans de l’ordre de 1,52%
chaque année permettrait de réduire cette insuffisance pondérale pour l’établir
à 22,5% en 2015. Si cette diminution se faisait plus progressivement à hauteur
de 0,91% chaque année, le même seuil de 2015 serait atteint dix ans plus tard,
c’est-à-dire en 2025.
2. Assurer une éducation primaire pour tous
La cible qu’il faut atteindre pour cet objectif est de donner à tous les enfants,
garçons et filles, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires,
d’ici 2015. D’après le PNUD, il y a de fortes chances que cet OMD soit atteint
en 2015, eu égard la volonté et les engagements politiques pris au cours des
trois dernières années dans ce domaine par le gouvernement, notamment la
mesure de gratuité des frais de scolarité dans le cycle primaire.
Le taux net de scolarisation dans le primaire est passé entre 1996 et 2006 de
30% à 77,9%. Quant au taux d’alphabétisation des 15 à 24 ans, il est estimé
à 45% en 2006. Enfin, le nombre d’élèves qui terminent un cycle primaire
complet est de 28% en 2006/2007. Ce chiffre s’obtient en faisant le rapport du
taux d’accès en 6e année au taux d’accès en 1ère année, appelé « indicateur
de survie à la sixième année ».
3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
La cible à atteindre est d’éliminer les disparités entre les sexes dans les
enseignements primaire et secondaire en 2005, et à tous les niveaux de
l’enseignement en 2015 au plus tard.
14
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Dans l’enseignement primaire, le rapport filles/garçons se situe en 2006 à près
de 92%, et à plus de 70% au niveau secondaire tandis qu’au niveau supérieur,
il se situe aux environs de 36%. En ce qui concerne les cadres de direction, les
femmes représentaient en 2006 près de 19% du total dans la fonction publique,
27% dans le secteur parapublic et 28% dans le secteur privé. Au niveau du
pouvoir législatif, la représentativité des femmes est plus élevée.
Sur la base de ces données, on peut dire que les disparités entre les sexes dans
l’enseignement primaire et secondaire sont faibles. Si on augmente ce ratio
filles/garçons de l’ordre de 1,5% chaque année, l’équilibre entre les deux sexes
dans l’enseignement primaire sera atteint en 2015.
4. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans
La cible de cet objectif est de réduire de deux tiers entre 1990 et 2015, le taux
de mortalité des enfants de moins de cinq ans. Selon une évaluation faite par le
PNUD, le taux de mortalité des moins de 5 ans se situait en 2006 aux environs
de 176‰, alors qu’il était en 1990 à 203‰. Il y a eu une diminution ces dernières
années car ce taux avait atteint 223‰ en 2002 du fait de la guerre. Néanmoins
l’objectif d’atteindre 67‰ en 2015 (diminution de plus de deux tiers entre 1990 et
2015) sera difficilement atteint si on tient compte du chemin à parcourir d’ici là.
Quant au taux de probabilité de décès entre la naissance et le premier anniversaire
calculé sur 1000 naissances vivantes, il a augmenté pendant les années de la
guerre civile passant de 113,8‰ en 1992 à 129,1‰ des naissances vivantes en
2000 pour retomber au niveau de l’avant-guerre en 2006 (113,8‰). Par rapport à
l’indicateur de vaccination contre la rougeole, la couverture en 2008 est estimée
à 88,9%.
5. Améliorer la santé maternelle
La cible à atteindre est la réduction des trois quarts, entre 1990 et 2015, du taux
de mortalité maternelle. Le taux de mortalité maternelle exprime le nombre de
femmes décédées pour une période donnée pour 100.000 naissances vivantes
(OMS, statistiques sanitaires mondiales, 2005).
La cible à atteindre
est la réduction des
trois quarts, entre
1990 et 2015, du
taux de mortalité
maternelle.
En 1990, la mortalité maternelle était de 800 décès pour 100.000 naissances
vivantes . Elle est restée à ce niveau jusqu’en 2004 puis est retombée jusqu’à
620 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2006. Ces performances
remarquées ces dernières années s’expliquent en grande partie par la mesure
de gratuité des soins de maternité, prise en 2005 par le gouvernement, qui a
amené les femmes enceintes à consulter et se faire assister plus que par le
passé. Il est fort probable que l’objectif d’atteindre le taux de mortalité maternelle
de 200 décès pour 100.000, c’est-à-dire la réduction de trois quarts entre 1990
et 2015, sera atteint, si la volonté politique affichée par le gouvernement et le
soutien que ce dernier reçoit de la part de ses partenaires dans ce domaine
restent constants.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
15
6. Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies
Le taux de séroprévalence du VIH reste élevé au Burundi: il est de 3,46% en
2006 et sera de 3,57% en 2011 selon les projections. Ce taux est de 4,82%
chez les femmes enceintes âgées de 15–24 ans, en 2006. En termes d’évolution
chez les femmes enceintes tous âges confondus, la séroprévalence est passée
respectivement de 12,6% en 2004 à 18% en 2005, et à 19,3% en 2006.
Pour lutter efficacement contre ce fléau, le gouvernement du Burundi a fait de
la lutte contre le VIH/SIDA une des grandes priorités nationales et un des quatre
axes de son Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté. Le Gouvernement
a axé sa politique et ses priorités (Plan Stratégique 2007/2011) sur l’accès
universel à la prévention, aux traitements, aux soins et au soutien pour toute
la population.
Le taux de
séroprévalence
du VIH reste élevé
au Burundi: il est
de 3,46% en 2006
et sera de 3,57%
en 2011 selon les
projections.
Quant au paludisme qui constitue la première cause de mortalité au Burundi, et
ce surtout pour les enfants de moins de cinq ans, il constitue une des grandes
priorités de la Politique Nationale de Santé Publique. La tuberculose fait
également partie des grands défis en matière de santé publique au Burundi.
7. Assurer un environnement durable
Au Burundi, les ressources naturelles sont en régression due à la forte pression
démographique. Les mouvements de la population et de bétail, suite aux conflits
que le pays a connu depuis 1993, ont provoqué des pressions considérables
sur l’environnement en matière de déforestation et d’empiètement sur les
parcs protégés. La superficie des zones forestières par rapport à la superficie
du territoire national était de 8,3% en 1990, de 5,8% entre 1993 et 1997. En
2006, ce taux est légèrement remonté jusqu’à 6,2% grâce aux efforts menés
par les pouvoirs publics en matière de reboisement.
Bien que les ressources du sous–sol soient peu entamées, leur exploitation est
parfois peu rationnelle et a des effets négatifs sur l’environnement.
Le sol comme espace géographique n’est pas utilisé de façon planifiée :
l’habitat est dispersé et les villes s’étendent de façon anarchique. En outre
les routes, pistes et toitures modernes mal conçues, créent des risques de
ravinements causant des glissements de terrain, la destruction des maisons
mais également d‘infrastructures publiques.
Plus de 90% de la population de la ville de Bujumbura et presque 100% dans
les centres urbains secondaires utilisent le bois comme source d’énergie pour
la cuisson. Le bois est un produit multifonctionnel qui mérite une attention
particulière pour sa gestion durable.
Un cadre de coordination interministérielle a été établi en 2006, permettant
de rationaliser l’exploitation et d’appliquer le principe de “pollueur/payeur”.
16
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Il a réalisé pendant la même année des recettes substantielles de 63,3
millions de BIF. Ces mesures ne résolvent pas tous les problèmes dans la
mesure où l’administration territoriale continue, de son côté, d’accorder des
autorisations d’exploitation et de transport des matériaux, sans aucun effort de
réhabilitation.
En ce qui concerne l’eau potable, le taux d’accès était de 65% en moyenne
nationale (97% en milieu urbain dans les quartiers formels) en 2006 alors qu’il
était de 52% en 1990.
Avec le retour de la paix et de la sécurité et compte tenu de la tendance actuelle
des indicateurs, il est probable que le Burundi atteigne l’objectif d’assurer l’accès
de chaque ménage et de façon durable à un point d’eau potable à une distance
ne dépassant pas 500 mètres à l’horizon 2015.
Avec un taux d’urbanisation de 11%, le Burundi se classe parmi les pays les
moins urbanisés du monde. L’habitat est dispersé en milieu rural. Les enquêtes
menées en 2006 indiquent que la très grande majorité de la population vit dans
des unités d’habitation comportant 2 à 3 pièces et ne répondant pas aux normes
minimales requises en matière d’assainissement. Environ 6,3% des logements
sur le territoire national possèdent des murs construits en brique cuite, béton ou
pierre, alors que 91,7% sont faits de murs en briques adobe (51,4%) ou en bois
(40,3%) ; 31% des maisons sont couvertes de tôles et 22% seulement de la
population totale a accès aux latrines améliorées.
8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
L’atteinte des OMD nécessite une conjugaison d’efforts aussi bien au niveau
national qu’international pour mobiliser des financements au profit des secteurs
sociaux. Le Burundi a fait beaucoup de progrès au cours des trois dernières
années. La réallocation des ressources publiques vers les secteurs sociaux a
permis d’augmenter la part des dépenses pro-pauvres, la part de ces dernières
passant de 59,2% à 62,3% puis à 65,5% du budget total respectivement pour
les années 2006, 2007 et 2008.
Concernant la dette publique, des progrès notables ont été enregistrés et le
Burundi a atteint le point d’achèvement pour l’initiative PPTE le 31 janvier 2009.
Cette étape de l’initiative a été le résultat d’un certain nombre d’engagements
du Burundi pour créer un environnement favorable à la croissance économique. Il
s’agit entre autres de maintenir un cadre macroéconomique stable, de renforcer
la gestion des dépenses publiques ainsi que d’augmenter les ressources
budgétaires des secteurs sociaux.
En conclusion, on observe des efforts dans la réalisation des OMD, mais le
chemin à parcourir est encore très long. La pauvreté des enfants persiste encore
et ce, presque dans tous les secteurs.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
17
Conclusion de la section
La pauvreté des
enfants s’explique
d’une part en
fonction de leur
environnement
social et
économique, et
d’autre part par
les moyens de
subsistance de
leurs parents et
familles.
18
Comme annoncé lors de la définition de la terminologie utilisée, nous
empruntons de façon imbriquée les deux approches de la pauvreté à savoir
la pauvreté matérielle (ou monétaire) qui se définit par rapport au revenu et à
la consommation, tandis que la pauvreté non matérielle ou non monétaire fait
référence aux besoins de base comme la santé, l’éducation ou analphabétisme,
alimentation, habitat, ou l’eau potable.
Dans cette section, un état des lieux sur la pauvreté des enfants et l’appréciation
du niveau de mise en œuvre des OMD au Burundi, permet d’avoir une idée de
la situation des enfants. Le principal constat qui se dégage est que la pauvreté
des enfants s’explique d’une part en fonction de leur environnement social et
économique, et d’autre part par les moyens de subsistance de leurs parents
et familles. Pour le Burundi, l’idée retenue dans cette étude est que l’état de la
pauvreté des ménages affecte directement celui de leurs enfants. Par ailleurs,
il a été noté que la guerre civile et les autres fléaux ont augmenté le nombre
d’enfants orphelins et ceux vivant dans la rue.
La pauvreté se mesure aussi par les résultats obtenus dans la réalisation des
OMD par le Burundi. On observe que la plupart des objectifs définis dans les
OMD, concernent directement ou indirectement la pauvreté des enfants et
qu’un retard est manifeste dans la réalisation de ces objectifs. En effet, bien
que des mesures salutaires pour rehausser le niveau du bien-être des enfants
aient été prises au Burundi telles que la gratuité des soins de santé pour les
moins de cinq ans et les accouchements (OMD 4 et 5) ainsi que l’abolition
des frais scolaires à l’école primaire (OMD2), les autres objectifs des OMD
accumulent un retard dans leur réalisation. Ces retards s’expliquent par les
multiples contraintes qui constituent l’environnement socio-démographique et
économique dans lequel vivent les enfants au Burundi.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
II.1. La toile de fond géographique, politique et
institutionnelle
Le Burundi couvre une superficie de 27.834 km² dont 25.200 km² potentiellement
cultivables, pour une population de 8,04 millions d’habitants (Recensement
Général de la Population et de l’Habitation, 2008). La densité moyenne est de
300 habitants au km².
Section II.
Contexte
politique,
économique et
institutionnel
Le réseau fluvial est riche en rivières et autres cours d’eau secondaires, en
plus du lac Tanganyika. Toutefois, les irrégularités climatique et pluviométrique
perturbent la production agricole, surtout en milieu rural. Ainsi, le début de
l’année 2009 a vu la sécheresse augmenter du fait de l’absence de pluies dans
les provinces du Nord et de l’Est. Ceci a eu pour conséquence d’augmenter
la famine, et ce malgré les appuis divers donnés par l’Etat burundais et la
communauté internationale.
Au niveau politique, la société burundaise vient de vivre durant plus d’une
décennie une guerre civile qui, depuis 1993, a entraîné beaucoup de pertes en vies
humaines, déstabilisant la population sur l’ensemble du territoire. Néanmoins,
la situation s’est depuis normalisée et ce grâce aux accords de paix d’Arusha,
signés en 2000 qui ont conduit à l’actuel gouvernement démocratiquement élu.
Ce même gouvernement a signé des accords de paix avec le dernier groupe
armé, les Forces Nationales de Libération (FNL), fin 2008. Avec l’abandon de
la lutte armée par le FNL le 21 avril 2009, la sécurité s’est améliorée, bien
que dans certaines localités, les cas de vols à main armée, les règlements de
comptes mortels, les viols et autres fléaux sociaux restent encore préoccupants.
En perspective, il est permis d’espérer qu’avec plus d’efforts de la part du
gouvernement, de la société civile et de la communauté internationale, le pays
revienne à une plus grande stabilité politique à moyen terme.
Du point de vue institutionnel, les organes politiques démocratiques fonctionnent
normalement, et beaucoup d’institutions d’arbitrage et de surveillance de la
démocratie et de la gouvernance sont déjà en activité. Il reste malgré tout des
réformes à mettre en place, principalement liées au processus d’intégration
régionale dans lequel s’est engagé le Burundi. De plus, des efforts restent à
faire dans le domaine de la gouvernance et de la transparence. Toutefois, de
façon générale, on peut observer une amélioration du tissu institutionnel depuis
2005, par rapport à la période de crise déclenchée en 1993.
II.2. Population et croissance économique
La structure ainsi que la densité de la population sont des indicateurs fiables de la
dynamique productive d’une économie donnée. Pour le cas du Burundi, le pays
se caractérise par une population jeune et essentiellement rurale. (graphique 1)
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
19
Graphique 1.
Evolution de la part de la population rurale (en pourcentage
de la population totale) au Burundi
95
Population rurale en % de la
population totale
94
93
92
91
90
89
88
19
91
19
92
19
93
19
94
19
95
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
90
19
années
Source : Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007
Une telle structure implique qu’une partie importante de la population active
se trouve dans le secteur de l’agriculture. Ce constat ne peut pas être une
source de problème dans le cas d’un pays relativement moins peuplé où il
existe suffisamment de terres cultivables, ou dans le cas d’un pays fortement
urbanisé où la majorité de la population vit en ville, et où l’agriculture représente
une faible part dans la production intérieure. Mais, dans un pays aussi peuplé et
rural que le Burundi, et où la densité moyenne est de plus de 300 habitants au
km2,cette structure présente des implications négatives sur le développement
de ces populations et de leur bien-être.(graphique 2).
Graphique 2.
Evolution de la densité démographique du Burundi
350
300
densités
250
200
150
100
50
90
19
19
91
19
92
19
93
19
94
19
95
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
0
années
Source : Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007
20
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Cette situation semble dangereuse à long terme, à partir du moment où la
pyramide des âges est plus large à la base, ce qui signifie que la population est
essentiellement jeune : 51% de la population a moins de 18 ans. Il n’existe pas
de grandes disparités en termes de genre, car à tous les niveaux, la répartition
équitable se conserve L’analyse de la pyramide pourra être poursuivie notamment
par le calcul des rapports de masculinité par tranche d’âge.
La répartition de la population burundaise selon le milieu et la province de
résidence est à l’image de celle observée au niveau des ménages: la grande
majorité de la population vit en milieu rural (87%).
La population burundaise est jeune, les moins de 15 ans représentent 46% de
la population totale. En milieu rural, cette proportion est de 46,8% contre 40,8%
en milieu urbain. Les personnes âgées de plus de 65 ans ou plus, ne constituent
qu’une minorité inférieure à 3% de la population (2,4% en milieu urbain contre
2,6% en milieu rural).
La population économiquement active, c’est-à-dire en âge de travailler (personnes
dont l’âge varie entre 15–64 ans), représente 51,4% de la population totale
(56,8% en milieu urbain et 50,6 % en milieu rural). En milieu rural, cette tranche
d’âge a une population masculine moins importante (49,1% contre 52,1% de
femmes). En milieu urbain, il n’y a pas de différence significative.
Graphique 4.
Pyramide des âges de la population rurale
Graphique 3.
Pyramide des âges de la population urbaine
85 ou +
80–84
75–79
70–74
65–69
60–64
55–59
50–54
45–49
40–44
HOMMES
FEMMES
groupes d’âge
groupes d’âge
85 ou +
80–84
35–39
30–34
25–29
75–79
70–74
65–69
60–64
55–59
50–54
45–49
40–44
20–24
15–19
10–14
10–14
5–9
0–4
5–9
0–4
5
0
5
Proportions (%)
10
FEMMES
35–39
30–34
25–29
20–24
15–19
10
HOMMES
10
5
0
5
10
Proportions (%)
Source : Enquête QUIBB, 2006
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
21
Les résultats de l’enquête montrent une prédominance de la population féminine
(51,4 %) soit moins de 95 hommes pour 100 femmes au niveau national. En
milieu urbain, cette prédominance est moins prononcée (49,2 hommes pour
50,8 femmes).
D’une manière générale, la pyramide des âges, tant en milieu urbain qu’en
milieu rural, présente une base élargie qui se rétrécit graduellement au fur et à
mesure que l’on avance en âge, forme caractéristique des populations jeunes,
à forte fécondité et à mortalité élevée mais en baisse. Toutefois, on observe un
rétrécissement de la population âgée de 0–4 ans - « classe creuse »- par rapport
au groupe d’âge 5–9 ans quels que soient le sexe et le milieu de résidence.
Cette diminution est plus importante en milieu urbain.
Les enfants des
ménages ruraux
sont en général
plus pauvres que
ceux des ménages
urbains.
Les grandes disparités se manifestent entre les villes et les campagnes, au
niveau de la division nationale du travail et de l’accès aux biens et services en
vue de la satisfaction des besoins fondamentaux. En effet, l’exiguïté des terres
couplée aux techniques agricoles encore rudimentaires explique la pauvreté
des ménages ruraux et de leurs enfants, tandis que dans les milieux urbains,
les activités génératrices de revenus sont plus diversifiées. Ainsi les enfants
des ménages ruraux sont en général plus pauvres que ceux des ménages
urbains. Le paragraphe suivant met en lumière les perspectives économiques
qui seraient engendrées par une croissance non maîtrisée de la population.
Il existe deux approches essentielles de la relation entre la croissance de la
population et la croissance économique. Dans la première, la croissance de
la population est source de l’augmentation de la production nationale, de la
croissance économique et du bien-être de la population, notamment lorsque
les autres facteurs (terre et capital) ne sont pas pleinement utilisés ou lorsque la
technologie se modernise de façon à augmenter la productivité du travail. Dans
la seconde, la croissance de la population est génératrice de pauvreté, et tel
est le cas lorsque les autres facteurs de production dont dispose la population
sont pleinement employés, ou quand il n y a pas d’acquisition de nouvelles
technologies qui pourraient permettre l’augmentation de la productivité du
travail.
Pour le cas du Burundi, les statistiques montrent que la population continue
à accroître au taux d’environ 2.9%, alors que les facteurs de production et la
production elle- même ne cessent de diminuer. Par exemple, les graphiques
5 et 6 montrent que le taux de croissance de la production intérieure dépasse
rarement celui de la population (seulement entre 1990 et 1992 et entre 1997
et 1999).
22
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Graphique 5.
Croissance comparée de la population et de la production intérieure
6
2
0
-2
90
19
19
91
19
92
19
93
19
94
19
95
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
20
07
taux de croissance
4
-4
-6
-8
-10
années
GDP growth (annual %)
Population growth (annual %)
Source : Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007
La structure de cette production intérieure est indiquée dans le graphique 6. Il
précise la part respective des secteurs primaire, secondaire et tertiaire dans le
PIB.
Part des secteurs dans le PiB
Graphique 6.
Contribution des secteurs au PIB
60
50
40
30
20
10
0
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
années
Part du secteur primaire dans le PIB
Part du secteur secondaire dans le PIB
Part du secteur tertiaire dans le PIB
Source : Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
23
L’économie burundaise est dominée par le secteur primaire avec plus de
50% de sa contribution au PIB. Le secteur des services, lui, contribue au PIB
à hauteur de 30%. Ces chiffres montrent une évolution stable du secteur
primaire, qui implique que les technologies productives n’évoluent pas, cellesci ayant pour conséquence de réduire la part du secteur primaire au profit des
autres secteurs.
II. 3. Développement humain et équité
Le développement humain renvoie essentiellement à la formation ou au maintien
du capital humain grâce aux secteurs de l’enseignement et de la santé.
1. L’enseignement
Les indicateurs de scolarisation primaire montrent une évolution positive,
et surtout en faveur des filles (tableau 2). Pour l’enseignement secondaire
et supérieur, les taux de scolarisation restent à des niveaux très bas, et la
proportion de filles devient inférieure à celles des garçons.
Tableau 2.
Indicateur de l’enseignement au Burundi
2003 2004 2005 2006 2007
Taux brut de scolarisation primaire
74
80
85
Taux brut de scolarisation primaire
masculin
60
60
63
Taux brut de scolarisation primaire
féminin
66
73
Taux brut de scolarisation secondaire
11
Taux brut de scolarisation secondaire
masculin
118
123
78
113
119
12
13
18
20
12
14
15
22
24
Taux brut de scolarisation secondaire
féminin
9
10
11
15
17
Taux brut de scolarisation supérieur
2
2
2
Taux brut de scolarisation supérieur
masculin
3
3
3
Taux brut de scolarisation supérieur
féminin
1
1
1
Source : Indicateurs de développement en Afrique (2007), Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire
(Février, 2009)
24
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Ces statistiques montrent en fait que le taux brut de scolarisation des filles
est supérieur au taux brut de scolarisation des garçons au niveau primaire.
Par contre, au niveau secondaire la situation s’inverse. En d’autres termes, la
discrimination des filles commence avec le niveau secondaire, car c’est très
souvent à cet âge que les ménages commencent à avoir besoin du travail des
filles au sein de la famille. Parfois, c’est à cet âge que les parents encore ancrés
dans les traditions estiment que leurs filles doivent se marier.
2. Secteur de la santé
Comme nous l’avons annoncé plus haut, le secteur de la santé est le deuxième
volet du développement humain. En analysant les statistiques de la santé, il
est tout d’abord important de souligner le manque de moyens de la population
burundaise en matière de santé , dépensant en moyenne 3 USD par an pour leur
santé. (tableau 3).
Tableau 3.
Dépenses de santé au Burundi
2003
2004
Dépenses de santé par tête en USD
3
3
Dépenses de santé privées par les privés en % du PIB
2
2
Dépenses de santé publiques en % du PIB
1
1
Total des dépenses de santé en % du PIB
3
3
Source : CSLP, premier rapport de mise en œuvre
Ce tableau montre que les ménages consacrent 2 % de leurs dépenses privées
pour se soigner, alors que les dépenses publiques de santé, notamment
orientées vers les personnes vulnérables ou en pauvreté absolue, représentent
1 % du PIB. Le tableau 4 ci-après montre la situation de la santé au Burundi.
Tableau 4.
Indicateurs de santé des enfants
Espérance de vie à la naissance en 2005
44,6 ans
Espérance de vie à la naissance en 2005 pour les hommes
43,7 ans
Espérance de vie à la naissance en 2005 pour les femmes
45,7 ans
Taux de mortalité 2000–2005 ( ‰)
190
Taux de mortalité 2000–2005 pour les hommes ( ‰)
196
Taux de mortalité 2000–2005 pour les femmes (‰)
184
Taux de mortalité infantile 2000–2005 (‰)
120 (MICS 2005)
Taux de mortalité infanto-juvénile 2000–2005 (‰)
176 (MICS 2005)
Source : Economie Burundaise, 2006
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
25
Cette situation met en exergue une espérance de vie à la naissance relativement
courte (44 ans), un taux de mortalité brut élevé (190‰), un taux de mortalité
infantile aussi alarmant (114‰), et un taux de prévalence du SIDA élevé pour la
population jeune âgée de 14 à 49 ans (143‰).
Cela montre que le gouvernement devrait, dans la mesure du possible,
s’engager davantage à protéger la santé de la population par l’augmentation de
la part de la santé dans les budgets publics.
Conclusion de la section
La lutte pour
la réduction
de la pauvreté
des enfants
au Burundi
s’organise dans
un environnement
qui se caractérise
par le retour
progressif de la
paix.
La lutte pour la réduction de la pauvreté des enfants au Burundi s’organise
dans un environnement qui se caractérise par le retour progressif de la paix et
des efforts réalisés dans le cadre du développement humains et de l’équité qui
présentent des opportunités pour un gain substantiel de bien être des enfants
au Burundi.
Toutefois, la structure de la population (par âge et par sexe) suggère une situation
préoccupante dont il faut tenir compte dans les politiques démographiques,
notamment un problème majeur de surpopulation et particulièrement jeune. En
effet, la jeunesse de la population signifie un potentiel productif remarquable
lorsque l’adéquation population-emplois est respectée. Ceci implique alors la
promotion d’activités à haute intensité de main d’œuvre capable d’absorber toute
cette offre de travail, surtout en milieu rural. Cependant, cette surpopulation
risque à terme d’être facteur de troubles sociaux et économiques, d’autant
que la croissance économique actuelle ne permet pas de garantir l’adéquation
soutenable entre les emplois et la croissance au Burundi.
La stagnation du progrès technique dans un pays comme le Burundi, où la
croissance de la population se poursuit à un rythme accéléré, diminue les
possibilités d’ajustement entre la population et les ressources nationales au
moyen de l’augmentation de la productivité du travail et de la diversification
des productions.
Et cela n’est possible que si les dépenses d’enseignement et de santé de la
population sont revues en conséquence, puisque ce sont là les facteurs de la
production nationale et par conséquent du développement socio-économique.
26
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Comme nous l’avons précisé à plusieurs reprises, la pauvreté des enfants est
en même temps due à l’insuffisance des ressources disponibles au sein des
ménages et à la contrainte budgétaire de l’Etat. De ce fait, les stratégies de
lutte contre la pauvreté des enfants impliquent un engagement politique fort
dans la mise en place des processus productifs et de répartition en faveur
des pauvres. Ainsi cette section est articulée sur deux sous-sections : (1) la
croissance pro-pauvres et les résultats pour les enfants, (2) les budgets publics
et les partenariats comme preuve d’engagement.
Section Iii.
Stratégies
macroéconomiques
et répartition
des ressources
III.1. Croissance pro-pauvres et impact sur les enfants
Le débat qui s’intéresse au rôle de la croissance économique dans la réduction
de la pauvreté reste aussi bien théoriquement qu’empiriquement source de
discussions. D’une part, la croissance permet de générer des biens et services
dont les ménages ont besoin dans la vie de tous les jours [(Dollar et Kraay,
2000), Bhalla (2002), Sala-i-Martin (2002), Bourguignon (2004), Griffoni (2005)].
D’autre part, la croissance économique est une condition nécessaire, mais non
suffisante pour la réduction de la pauvreté [Sowa (2006)]. En effet, il est observé
que la croissance est importante dans la lutte contre la pauvreté, mais que les
inégalités sociales qui en résultent affectent souvent négativement les effets
de cette croissance sur la réduction de la pauvreté [Lustig, Arias et Rigolini
(2002)].
Il est nécessaire alors d’accompagner les politiques de croissance par des
mesures de protection des populations pauvres et vulnérables, et de telles
politiques mixtes auraient l’objectif de croissance pro-pauvres, dont les principes
convergent tous vers la priorité donnée aux pauvres.
A partir de ces constats, il y a moyen de dégager les grands principes de la
croissance économique pro-pauvres suivants :
1. Les politiques de réformes pro-pauvres ciblent les activités dans lesquelles
les plus pauvres sont impliqués. Pour le cas du Burundi l’agriculture est le
secteur dominant tant du point de vue de sa contribution au PIB que de son
nombre d’emplois ;
2. Les politiques de croissance pro-pauvres soutiennent les activités basées
sur le travail moins ou non qualifié, et sur les activités à grande intensité de
main d’œuvre. Il s’agit ici des activités agricoles et des activités non agricoles
destinées aux populations rurales comme l’artisanat, la maçonnerie, la
couture, ou bien encore la menuiserie ;
3. Les réformes pro-pauvres réduisent la segmentation des marchés et au
contraire renforcent la cohésion et l’interdépendance entre eux, et ce en
amont et en aval afin d’intégrer les pauvres dans l’économie ;
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
27
4. La stratégie de croissance pro-pauvres augmente les dépenses publiques
dans le sens du renforcement des capacités productives des pauvres. Il
s’agit ici des dépenses de santé, d’éducation, de formation professionnelle,
etc., qui permettraient aux pauvres de maîtriser davantage la technologie
et d’améliorer leur productivité ;
5. Les politiques de croissance pro-pauvres mettent en place des mécanismes
pour permettre l’accès des pauvres à tous les marchés existants: le marché
des biens et services, le marché bancaire et financier, le marché de la terre,
etc. ;
6. Les réformes pro-pauvres incluent une politique de sécurité alimentaire
impliquant des mécanismes de renforcement de la production, de la
redistribution, de traitement, de conditionnement et de stockage des biens
agricoles ;
7. Une stratégie de croissance pro-pauvres comporte des mécanismes de
prévention et de gestion des risques et chocs extérieurs tels que les
maladies, les intempéries climatiques et autres crises pour protéger les
populations vulnérables ;
8. Les réformes pro-pauvres s’accompagnent de mesures qui soutiennent
l’accumulation des actifs par les pauvres, leur permettant ainsi d’augmenter
leur capacité de production des biens et services ;
9. La stratégie de croissance pro-pauvres inclut les réformes institutionnelles
qui renforcent les droits civiques des pauvres et leur place en tant que
citoyens d’un Etat.
Plus concrètement, la poursuite des principes de la croissance pro-pauvres
devrait conduire à une augmentation des dépenses publiques en faveur des
pauvres et en réponse à leurs besoins. Le tableau 5 donne de plus amples
informations sur les différentes catégories de dépenses publiques.
28
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Tableau 5.
Dépenses pro-pauvres et dépenses non pauvres
Type de dépense
Part de la
Montant de
Part de la
Montant des
dépense non
la dépense
dépense prodépenses
Pro-pauvre en pauvres en % non pauvre en pauvre en %
des dépenses
milliards de
du total des
milliards de
totales non
BIF
dépenses proBIF
pauvres
pauvres
Services généraux
des administrations
publiques
44,4
10,3
118,7
27,4
Défense
11,5
2,7
52,2
12,1
Ordre et sécurité publics
8,7
2,0
32,2
7,4
54,7
12,7
1,1
0,3
Agriculture
2,7
0,6
0,0
0,0
Sylviculture
0,4
0,1
0,0
0,0
Pêche et chasse
0,0
0,0
0,0
0,0
Elevage
0,1
0,0
0,0
0,0
Protection de
l’environnement
0,4
0,1
0,0
0,0
Logements et équipements
collectifs
6,8
1,6
0,0
0,0
Santé
23,8
5,5
0,0
0,0
Enseignement primaire
39,8
9,2
0,0
0,0
Enseignement secondaire
17,2
4,0
0,0
0,0
Enseignement Secondaire
Général
14,6
3,4
0,0
0,0
Enseignement Secondaire
Technique
2,6
0,6
0,0
0,0
Protection sociale
1,9
0,5
0,9
0,2
Famille et enfants
0,5
0,1
0,0
0,0
Chômage
0,0
0,0
0,0
0,0
Logement
0,0
0,0
0,0
0,0
227,0
52,5
205,7
47,5
432,7
100
Affaires économiques
Total
Total dépenses du CSLP
Source : REFES, premier rapport de mise en œuvre du CSLP, 2008
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
29
Ce tableau montre toutes les dépenses considérées comme pro-pauvres qui
sont effectuées dans les secteurs de l’agriculture et l’élevage, de la protection
de l’environnement, des logements et équipements collectifs, de la santé, de
l’enseignement primaire et secondaire, de la protection sociale des familles
et des enfants. Les ménages bénéficiaires de ces dépenses publiques sont
en moyenne pauvres, c’est-à-dire vivant sous le seuil de pauvreté, même si
quelques disparités entre ces ménages peuvent exister.
Il faut noter que la plupart des dépenses des services généraux des
administrations sont les salaires donnés aux travailleurs à revenus inférieurs
au seuil de pauvreté. A partir de là, les services généraux des administrations
publiques, la rubrique « affaires économiques » et la rubrique « enseignement
primaire » sont les postes qui emploient le plus de travailleurs à bas niveaux
de salaires.
Si on analyse la part de chaque secteur dans le total des dépenses propauvres, on constate que les services généraux, les services économiques et
l’enseignement primaire sont les plus importants, avec des parts respectives
de 10,3, 12,7 et 9,2 %. L’agriculture est négligée avec moins de 1%, alors
qu’elle occupe et fait vivre plus de 90% de la population.
III.2. Les budgets publics et les partenariats comme preuve
d’engagement à la réduction de la pauvreté
L’engagement des responsables de politiques économiques peut être apprécié
par (a) la structure du budget national, (b) et la répartition des ressources
en termes de dépenses pro- pauvres et de dépenses non pauvres. Ainsi, la
référence est faite aux diverses lois budgétaires et aux dépenses effectuées
dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP).
1. Structure des budgets nationaux
La structure des dépenses publiques en termes de services généraux (G), de
services sociaux (S), de services économiques directement productifs (E) traduit
l’engagement politique aux objectifs de lutte contre la pauvreté (graphique 7).
30
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Graphique 7.
Evolution de la structure des dépenses en millions de BIF
450000
400000
350000
dépenses
300000
250000
200000
150000
100000
50000
08
20
06
07
20
04
05
20
20
20
03
20
02
01
20
20
00
20
99
19
98
19
97
19
96
19
95
19
19
94
0
années
G
S
E
Total
Source : Rapports annuels de la BRB
La principale leçon à tirer de ce graphique est que la part des services généraux
(G) dans les dépenses totales (T) est la plus grande par rapport aux services
sociaux (S) et économiques (E) destinés à l’amélioration du bien-être, directement
ou indirectement. Par exemple, les services généraux occupent plus de 200
milliards de Francs Bu, là où les services sociaux occupent près de la moitié
(environ 100 milliards) et que les services économiques reçoivent moins de 50
milliards. La composition des dépenses publiques montre que l’attention des
autorités est beaucoup plus focalisée sur l’administration centrale et moins sur
le relèvement du niveau de vie des pauvres. Cela se confirme d’ailleurs par la
répartition des ressources au titre des dépenses pro-pauvres ou de dépenses
non pauvres comme vu précédemment dans le tableau 5.
L’exécution des budgets publics requiert un effort de l’Etat qui doit collecter le
maximum de recettes fiscales et non fiscales en vue de faire face aux dépenses
votées dans les lois budgétaires. L’exécution des budgets dépend également,
dans le cas du Burundi, de l’aide financière extérieure des bailleurs qui a atteint
jusqu’à 60% du budget national en 2008. A ce titre, les sources de financements
extérieurs les plus importantes du Burundi proviennent des bailleurs bilatéraux
et multilatéraux .
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
31
Les interventions des partenaires au développement faites sous forme de dons
et de projets de développement ont pour objectif l’amélioration des revenus et
du bien-être des ménages profitant également indirectement aux enfants.
Conclusion de la section
On constate que des efforts en matière de stratégies macroéconomiques
de réduction de la pauvreté sont en cours même si la restructuration des
dépenses publiques doit encore respecter les principes de la croissance propauvres. A titre indicatif, la scolarisation primaire, les soins de santé gratuits à
tous les enfants de moins de cinq ans, les soins de santé gratuits pour toutes
les femmes lors des accouchements sont des preuves d’une restructuration
des dépenses publiques en faveur des pauvres. Toutefois, il reste encore une
question importante sur le ciblage des pauvres qui devraient être les premiers
bénéficiaires des décisions politiques pour une stratégie pro-pauvres.
De ce fait, il faudrait mener des études et déterminer le quotient de pauvreté
pour chaque ménage, afin que les efforts de lutte contre la pauvreté profitent
aux gens qui en ont le plus besoin.
e
onomiques d
c
é
ro
c
a
m
s
ie
Des stratég pauvreté sont en cours
la
réduction de
32
la scola
risation
primair
e
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Conclusion du chapitre
A la lumière des points développés dans ce chapitre, l’Etat burundais et la
communauté internationale s’investissent vigoureusement dans la défense des
droits de l’enfant, et des progrès remarquables ont été accomplis en matière de
réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Pourtant, la situation des enfants reste précaire au Burundi et ceci s’explique par
la longue période de guerre civile, la faible performance macroéconomique et le
faible dynamisme des fonctions de production au sein des ménages.
Néanmoins, la restructuration des dépenses publiques et l’amélioration de
l’environnement politique présentent des atouts importants pour l’ensemble
des actions de relèvement de la situation des enfants.
auté
e la commun
d
t
n
e
m
e
g
a
g
L’en
les soin
les enf s de santé g
rat
ants de
moins d uits à tous
e cinq
ans
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
33
2
34
La pauvreté
et les enfants
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
La pauvreté
et les enfan
ts
Comme nous l’avons précisé plus haut, la pauvreté
se mesure selon deux approches essentielles qui
reposent sur la pauvreté monétaire ou matérielle axée
sur l’acquisition des biens et services en général, et sur
la pauvreté non monétaire ou non matérielle axée sur la
satisfaction des besoins de base en matière d’éducation, de
santé, de nutrition, d’accès aux services sociaux, etc. Cette
deuxième approche de la pauvreté se mesure à partir d’un
indice composite, appelé profil du bien-être économique,
qui prend en compte toutes les variables non matérielles de
la pauvreté. Après avoir étudié les facteurs de la pauvreté
monétaire et les privations qui affectent les enfants (Section I),
nous aborderons les déterminants de la survie des enfants et
des problèmes d’équité (Section II), ainsi que les causes des
niveaux et tendances de la pauvreté (Section III).
Cette approche étudie les indicateurs de bien-être axés sur le revenu et le niveau
de consommation au sein des ménages (I.1) et la pauvreté non monétaire traduite
par des privations diverses qui frappent non seulement les chefs de ménages
mais aussi les enfants (I.2).
I.1. Constatations suivant l’approche revenu-consommation
Section I.
La pauvreté
monétaire et
les privations
qui affectent
les enfants
L’approche de la pauvreté par le revenu ou la consommation consiste à évaluer
le niveau de vie des ménages et des enfants, à partir du panier de la ménagère,
c’est-à-dire à partir de la capacité à dépenser en biens alimentaires, en biens
d’habillement, en soins de santé, en frais de scolarité des enfants, en loisirs, etc.
A partir de là, il est possible de construire un indice composite de la pauvreté ou
du bien-être en faisant une combinaison de toutes ces variables de dépenses,
tout en tenant compte de leurs pondérations respectives.
Après calculs, l’enquête QUIBB 2006 a classé les ménages en cinq catégories
socio-économiques (niveau de vie très faible, niveau de vie faible, niveau moyen,
niveau élevé et niveau très élevé) correspondant aux quintiles contenant chacun
20 % des ménages. Les résultats sont résumés dans le tableau 5 en annexe.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
35
La proportion des ménages avec un niveau de vie faible englobe les ménages du
premier et du deuxième quintile. Il apparaît clairement des disparités de niveau
de vie entre les ménages ruraux et les ménages urbains, et des disparités entre
les provinces.
Pour le premier type de disparités, les ménages pauvres représentent 48,5%
dans les milieux ruraux, et seulement 6,2% dans les milieux urbains. La
population rurale est donc plus pauvre que la population urbaine au Burundi.
Au niveau provincial, dans neuf provinces sur 17, y compris Bujumbura Rural,
la proportion des ménages classés dans les deux premiers quintiles de niveaux
les plus faibles est supérieure à la moyenne nationale qui est de 43,7 %. Il
s’agit par ordre d’importance de : Kirundo (68,2%), Cankuzo (65%), Bubanza
(64%), Ruyigi (59,6%), Muyinga (58,1%), Cibitoke (56,6%), Karuzi (56,3%),
Rutana (54,6%), Ngozi (46%) et Bujumbura Rural (44,2%).
En termes de priorités, les provinces qui requièrent plus d’urgence et de
moyens sont Kirundo, Cankuzo, Bubanza et Ruyigi. Les enfants sont aussi
plus pauvres dans ces provinces que les enfants vivant en milieu urbain où
les parents ont relativement plus de moyens pour faire face aux dépenses de
première nécessité comme c’est le cas en Mairie de Bujumbura.
I.2. Constatations suivant l’approche par les privations
Dans ce paragraphe, la pauvreté des ménages est définie comme due aux
problèmes d’accès, d’utilisation et de satisfaction des services de base les plus
courants : les sources d’eau potable, les marchés de produits alimentaires, le
transport public, les routes fonctionnelles, l’accès aux écoles et aux hôpitaux.
Le degré de satisfaction, tel que publié dans l’enquête QUIBB 2006, peut être
analysé comme suit dans le tableau 6.
Tableau 6.
Degré de satisfaction tirée de la disponibilité et de l’utilisation des services
de base
Service de base
Sources d’eau potable
62
Accès aux marchés des produits alimentaires
55,4
Qualité et régularité du transport public
65,1
Accès aux écoles primaires
31,7
Accès aux hôpitaux
48,7
Accès aux centres de santé
60,1
Source : Synthèse élaborée à partir des résultats de l’enquête QUIBB, 2006
36
Identique (2006 par
rapport à 2005), en %
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Ce tableau montre que les ménages burundais souffrent de l’insuffisance de
services de base qui frappe même les catégories de personnes à revenu élevé.
L’offre de services publics en matière d’infrastructures (aménagement des
sources d’eau, des marchés, la construction des écoles, des dispensaires, des
routes, etc.) est extrêmement limitée au Burundi et affecte toutes les catégories
de la population.
Le résultat de cette situation de privation pour les enfants est évident. En effet,
les enfants souffrent de cette insuffisance de biens et services de base avec
leurs parents car ils doivent parcourir de longues distances pour accéder aux
écoles, aux dispensaires, aux marchés, pour puiser de l’eau, etc. En outre, ces
privations sont exacerbées pour les enfants qui doivent faire face à de nombreux
risques, renforçant leur vulnérabilité. En effet, les enfants sont plus vulnérables
que les adultes, et le type de vulnérabilité dépend de l’âge de l’enfant. Par
exemple, les enfants de 0 à 5 ans sont plus menacés par la malnutrition, la
mortalité infantile et le retard du développement cognitif ; les enfants de 5 à 18
ans sont susceptibles de subir des abus de plusieurs sortes (sexuels, emploi
précoce, enrôlement dans les conflits armés.) ; ceux de 10 à 18 ans sont plus
concernés par l’analphabétisme.
Conclusion de la section
La section concerne la pauvreté monétaire et les privations qui affectent les
enfants. Elle met en évidence les indicateurs de bien-être axés sur le revenu
et le niveau de consommation au sein des ménages, ainsi que la pauvreté non
monétaire traduite par des privations diverses qui frappent les ménages et donc
aussi les enfants.
les enfants souffrent
de cette insuffisance
de biens et services
de base avec leurs
parents car ils
doivent parcourir
de longues
distances pour
accéder aux écoles,
aux dispensaires,
aux marchés, pour
puiser de l’eau.
En tenant compte des deux approches, on constate que les enfants souffrent de
la pauvreté à deux niveaux qui sont : l’insuffisance des revenus et les privations
des éléments de base pour leur bien être.
Toutefois, certains progrès sont faits en matière de transport public, d’accès aux
écoles primaires et aux sources d’eau potable aidant à l’amélioration du bienêtre des enfants.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
37
Section iI.
La survie de
l’enfant et
l’équité
Le Gouvernement s’est donné pour objectif de réduire le taux de mortalité
infantile de 114‰ atteint en 2000 à 90‰ en 2010 et 65‰ en 2015; de réduire
le taux de mortalité maternelle de 800 décès pour 100.000 naissances vivantes
à 560 en 2010 et 392 en 2015 ; d’améliorer la proportion des accouchements
assistés par le personnel de santé de 17% en 2002 à 35% en 2010 et 60% en
2015 ; d’étendre la couverture vaccinale jusqu’à 85% en 2010 et 90% en 2015
; de réduire le pourcentage des enfants souffrant d’insuffisance pondérale de
30% à moins de 10% en 2010 ; de réduire le pourcentage des enfants souffrant
de retard de croissance de 52,5% à 35% (CSLP, 2006).
Le point qui suit évalue le parcours déjà effectué pour réduire la mortalité
infantile en tenant compte des facteurs socio-économiques et du contexte de
pauvreté existant dans le pays.
II. 1. Tendances de la mortalité infanto-juvénile en 2000
et 2005
Tableau 7.
Tendances de la mortalité infanto-juvénile en 2000 et 2005
Mortalité
infantile
Indicateur
Définition de l’indicateur
Valeur
en 2000
Valeur
en 2005
Taux de
mortalité
infanto-juvénile
Probabilité de décéder
entre la naissance et le 1er
anniversaire, pour 1000
naissances vivantes
231‰
176‰
Taux de
mortalité
infantile
Probabilité de décéder
entre la naissance et le 5ème
anniversaire, pour 1000
naissances vivantes
156‰
120‰
Source : MICS 2005
Ce tableau montre que le taux de mortalité infanto-juvénile est de176‰ et
le taux de mortalité infantile de 120 ‰ en 2005. Ils étaient respectivement
de 231‰ de 156‰ en 2000, soit une réduction de 55 ‰ pour le taux infantojuvénile et 36‰ pour le taux de mortalité infantile.
II.2. Taux de mortalité et facteurs de stratification sociale
Le tableau 9 en annexe montre des disparités dans les taux de mortalité
chez l’enfant. Concernant particulièrement la stratification sociale qui est ici
appréhendée par l’indice du bien-être, il existe des différences significatives
entre les différentes catégories. Le taux de mortalité infantile est de 128‰
chez les très pauvres alors qu’il est de 90‰ chez les plus riches. Le taux de
mortalité infanto-juvénile est de 190‰ chez les très pauvres, alors qu’il est de
128‰ chez les plus riches.
38
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
II.3. Liens entre la mortalité des enfants et la pauvreté
Les résultats de l’enquête MICS 2005 montrent des disparités dans les taux de
mortalité qui sont inhérentes à plusieurs facteurs, eux-mêmes liés au cadre de
vie des enfants. La survie de l'enfant semble donc essentiellement déterminée
par les ressources sociales et économiques de la famille. Les enfants des
familles pauvres courent un risque de mourir plus élevé que les enfants des
familles aisées.
Le niveau d’éducation de la mère compte pour beaucoup dans la survie de l’enfant.
Les enfants dont la mère n’a fréquenté aucune forme d’éducation (formelle ou
informelle) ont une plus grande probabilité de décéder que les enfants dont
les mères ont fréquenté l’école. La scolarisation permet aux mères d'acquérir
les réflexes favorables à la santé, de disposer des moyens nécessaires pour
accéder aux services de soins et de mieux communiquer avec le personnel de
santé en cas de maladie.
C’est ainsi que la probabilité de décéder des enfants baisse au fur et à mesure
que le niveau d’études des mères augmente. La mortalité infantile passe de
132‰ chez les enfants dont les mères n’ont pas étudié à 43‰ chez ceux dont
les mères ont atteint le niveau d’études supérieures. Pour la mortalité infantojuvénile et dans les deux groupes respectifs, les chiffres sont de 195‰ et
55‰.
Le niveau de vie des ménages est corrélé avec le niveau d’éducation de la mère.
Ainsi, c’est dans les ménages où le niveau d’instruction des mères est très
bas que la pauvreté pèse le plus lourdement. De même, dans ces ménages,
les enfants ont plus de probabilité de décéder avant leur 5ème anniversaire et
même avant leur premier anniversaire. Derrière ces variables se cachent des
différences d’accès aux services de soins dues à la situation des parents.
Conclusion de la section
La survie de l’enfant étant un droit fondamental, des efforts sont faits afin
de garantir à tous les enfants burundais ce droit inaliénable. Conformément
aux OMD, le gouvernement s’est donné pour objectif de réduire la mortalité
infantile et use de tous les moyens pour atteindre cet objectif. Cet effort est
récompensé car une réduction du taux de mortalité infantile a pu être constatée
ces dernières années. Cependant, il faut consentir encore plus d’efforts pour
agir sur les déterminants de la mortalité infantile. Ces déterminants restent liés
à la pauvreté en général et concernent entre autres le niveau d’éducation de la
mère et le niveau socio-économique des ménages. Aussi, des disparités sont
visibles par rapport aux régions et au sexe.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
39
Section iiI.
Analyse des
facteurs
expliquant les
niveaux et les
tendances de
la pauvreté
Les facteurs qui expliquent les niveaux et tendances de la pauvreté sont
essentiellement de trois catégories : (1) la pauvreté macroéconomique du
pays qui diminue les facilités de la relance économique par l’augmentation des
dépenses publiques, (2) les dotations factorielles des ménages qui constituent
les variables de la production, ainsi que (3) les caractéristiques intrinsèques de
ces ménages qui conditionnent en même temps la productivité et l’épargne.
III.1. La pauvreté macroéconomique
Comme le définit l’Organisation des Nations Unies (ONU), la pauvreté humaine
n'est pas uniquement due à un manque ou à une insuffisance de ressources.
C'est une négation pure et simple de la possibilité - économique, politique,
sociale et physique - de mener une vie longue, saine et créative et de jouir d'un
niveau de vie décent, de la liberté, de la dignité, de l'estime de soi et du respect
des autres. La pauvreté est une cause principale d'insécurité alimentaire et
l'amélioration de l'accès à une nourriture suffisamment nutritive et sûre pour
tous passe par sa réduction. Cette vision des Nations Unies sur la pauvreté
met donc en évidence le rôle incontestable de l’Etat dans la réduction de la
pauvreté.
Le rôle de l’Etat
En effet, l’Etat reste le garant du maintien de la sécurité et de la sauvegarde
d’une bonne situation dans le pays. Il reste par ailleurs l’acteur primordial dans
la planification et la mise en œuvre des politiques et stratégies nationales de
lutte contre la pauvreté. Cette mise en œuvre passe obligatoirement dans sa
politique budgétaire qui favorise les dépenses pro pauvres. Ainsi, l’Etat doit
favoriser dans ses budgets annuels les secteurs les moins attrayants pour
les opérateurs privés et encourager, par des stratégies budgétaires et/ou
fiscales, les opérateurs économiques privés, à intervenir dans des secteurs
traditionnellement non ou difficilement rentables au point de vue financier.
L’impératif de viabilité budgétaire constitue le point d’ancrage de l’assainissement
des finances publiques à moyen terme. Le Gouvernement s’est donc
donné comme objectif le maintien d’une orientation budgétaire prudente en
recourant surtout à des dons et à des prêts hautement concessionnels pour
éviter l’enclenchement d’une dynamique de surendettement tant extérieur
qu’intérieur. Dans le même temps, le gouvernement continuera sa politique
de mobilisation des ressources intérieures, avec pour objectif d’augmenter
graduellement les recettes de l’Etat à environ 19,2% du PIB au plus tard en
2011, grâce à une réforme de l’administration des recettes et de la politique
fiscale.
La politique budgétaire actuelle du Burundi
La politique budgétaire sera appuyée par la mise en place rigoureuse d’un plan
de trésorerie mensuel. Dans ce cadre, toutes les dépenses budgétaires devront
40
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
être soumises à l’autorisation préalable du Ministre en charge des Finances
et exécutées en tenant compte strictement des recettes disponibles. Une
instruction ferme devra être donnée aux banques commerciales de reverser les
recettes de l’État au compte du trésor à la banque centrale dans un délai court,
sous peine de pénalités.
L’objectif central de la politique budgétaire est d’améliorer la composition des
dépenses en faveur des secteurs sociaux et de la croissance économique
(éducation, santé, agriculture).
Vu l’importance de ces secteurs pour la lutte contre la pauvreté, il ne serait
pas souhaitable de réduire encore les dépenses publiques composées
essentiellement des salaires des travailleurs qui y sont employés. Ainsi, le
gouvernement cherchera à trouver avec les partenaires sociaux un accord de
retour progressif à des niveaux des salaires appropriés qui soient viables dans le
cadre budgétaire et en mesure de réduire la pauvreté des salariés.
La réduction des dépenses militaires et sécuritaires (consécutive au retour de
la paix) permettra de créer un peu plus d’espace budgétaire nécessaire pour
accroître les dépenses de lutte contre la pauvreté sans remettre en cause la
viabilité budgétaire. Ceci permettra l’amélioration de la gestion de la politique du
Gouvernement de la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5
ans et pour les femmes enceintes et des frais de scolarité dans le primaire.
Réallocation des ressources
La réallocation des ressources s’analyse en termes de structure des composantes
du budget. En effet, l’analyse des dépenses montre bien que toutes les dépenses
effectuées dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, de la protection
de l’environnement, des logements et équipements collectifs, de la santé, de
l’éducation, de la protection sociale et de la famille augmentent dans le temps
et sont susceptibles d’affecter positivement le niveau de pauvreté.
Tableau 8.
Evolution de la structure de certaines dépenses du budget de l’Etat (%)
Secteurs
2007
2008
Education
34,8
41,2
Santé
5,5
7,4
Protection sociale
0,5
1,12
Famille et enfants
0,1
0,11
Logement et équipement collectif
1,6
1,98
Protection de l'environnement
0,1
0,09
13,4
9,1
44
39,3
100
100
Agriculture et autres secteurs productifs
Autres secteurs
Total
Source: Réalisé sur base des lois budgétaires 2007/2008
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
41
Ainsi, la part de ces dépenses a relativement augmenté en 2008 par rapport
à l’année précédente suite notamment à l’accroissement significatif des
dépenses d’éducation et de santé, qui par ailleurs consomment plus de budget
pro-pauvres.
Impact de la réduction des dettes sur les dépenses publiques2
L’amélioration des
taux d’absorption
constitue donc un
défi majeur à lever
à très court terme.
Les allégements de la dette obtenus lors de l’accès du Burundi au point
de décision ont permis de renforcer les ressources à allouer en faveur des
populations démunies. Ces allègements offrent par conséquent des possibilités
de dépenses additionnelles qui s’ajoutent à celles financées sur les ressources
traditionnelles pour la réduction de la pauvreté. Ainsi il ressort des données
relatives à l’exercice 2006 que plus de la moitié des dépenses PPTE est orientée
dans l’enseignement avec 51,4% du total des engagements pour l’année 2006.
Le secteur de la santé est doté de 15,6% des dépenses PPTE avec comme
volets prioritaires les services d’hospitalisation, les services ambulatoires et
de la santé publique. Les dépenses PPTE participent également à hauteur de
10,7% à la protection sociale (famille et enfants).
Il subsiste, toutefois, un certain décalage entre les prévisions et les réalisations
effectives. Cette situation traduit une nécessité urgente de renforcer les
capacités des différents services intervenant dans l’utilisation des ressources
PPTE. Il s’agit notamment des capacités permettant la maîtrise des procédures,
la conception et l’exécution des projets prioritaires à réaliser. L’amélioration des
taux d’absorption constitue donc un défi majeur à lever à très court terme.
Pour l’année 2007, la répartition des dépenses PPTE a changé d’allure.
L’enseignement continue certes à occuper la première place, mais la proportion
des dépenses PPTE allouées s’est réduite à 38,1% et semble se confiner un
peu plus dans l’enseignement primaire (37,0%). La santé vient en deuxième
position avec 33,3% des dépenses qui sont consacrées en grande partie aux
services hospitaliers. Il y a lieu de noter également qu’une partie (9,1%) est
orientée vers la recherche agricole. Les transports connaissent une diminution
pour ne représenter que 3,9% des dépenses PPTE.
De façon générale, les dépenses PPTE ont été effectuées au titre des
investissements. Sur un budget total disponible de 14,4 milliards pour 2006,
seulement 4 milliards sont considérés comme de dépenses de fonctionnement,
ce qui ne représente que 28%. Les dépenses d’investissement sont de 10,4
milliards, soit une proportion de 72%. En 2007, la part de l’investissement dans
les dépenses PPTE a connu une légère baisse, passant de 72% en 2006 à 68%
actuellement. Sur un budget de 22,5 milliards alloués aux dépenses PPTE,
près de 17,4 milliards ont été consacrés à l’investissement. Sur ce montant
global, il faut signaler que les immobilisations représentant à elles seules 15,6
milliards.
Les données utilisées pour rédiger le contenu de ce titre ont été tirées des budgets de l’Etat pour les années
2006 et 2007 en exploitant la partie dépenses sur Initiative PPTE
2
42
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
III.2. Les dotations factorielles
Les dotations factorielles concernent le niveau de facteurs de production dont
disposent les ménages pour produire les biens et services dont ils ont besoin
pour préserver ou augmenter leur bien-être. Il s’agit principalement (a) de la
dotation en facteur terre, (b) de la dotation en biens de consommation durables
et intermédiaires, et (c) de la dotation en moyens de déplacement.
Dotations en terre
D’après l’enquête QUIBB 2006, plus de 80 % de la population possède des
terres. Cependant, le problème repose sur la disponibilité de ces terres pour
la plupart des ménages. Il est, à ce titre, important de rappeler que la densité
démographique s’élève à près de 300 habitants au km2.Ceci est un indicateur
de la rareté des terres cultivables, alors que l’agriculture occupe et fait vivre plus
de 90 % de la population. Il est difficile pour les ménages de produire les biens
agricoles nécessaires à l’alimentation équilibrée des enfants. On peut donc
conclure que le manque de terres est une source importante de la malnutrition
des enfants.
Dotations en biens de consommation durables et intermédiaires
Les biens de consommation durables et intermédiaires constituent la deuxième
catégorie de facteurs de production. Pour le milieu rural qui est prédominant,
il s’agirait des houes, des serpettes, du matériel de vaisselle ou de puisage de
l’eau, mais aussi des engrais tant organiques que chimiques et des semences.
En principe, l’équipement des ménages en biens durables ou en biens de
consommation intermédiaires dépend du niveau de l’épargne que peuvent
réaliser les ménages. Or, le taux d’investissement se situe entre 1 et 2% de la
production qui est en moyenne de 100USD par an. Cette insuffisance de biens
de consommation durables et intermédiaires peut être sans faute considérée
comme une contrainte supplémentaire à la production, et donc un facteur de
pauvreté.
Il est difficile pour
les ménages de
produire les biens
agricoles nécessaires
à l’alimentation
équilibrée des
enfants.
Dotations en moyens de déplacement
D’après l’enquête QUIBB 2006, les taux de possession des ménages en
moyens de déplacement sont trop faibles. Le plus élevé enregistré est le
taux de possession d'une bicyclette (10,7%). Il est plus faible en milieu rural
(10,3%) qu’en milieu urbain (14,1%). Au niveau provincial, le taux de possession
de bicyclettes le plus élevé est enregistré dans la province de Makamba. Les
moyens de transport motorisés sont trop rares et principalement détenus
par les ménages vivant en milieu urbain (2,7% de motocyclettes et 7,2% de
voitures ou camions) et ceux dont le chef de ménage est soit patron (3,3%
de motocyclettes et 18% de voitures ou camions), soit salarié protégé (4% de
motocycletteset 4,9% de voitures ou camions), soit travailleur indépendant (3,3
% de motocyclettes et 3,6 % de voitures ou camions). Ces proportions sont
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
43
respectivement de 4% et 5,1% dans les ménages ayant un niveau de bien être
économique très élevé.
Ces informations indiquent qu'en milieu urbain et à plus forte raison en milieu
rural, les moyens de déplacement manquent cruellement aux ménages, ce
qui affecte les enfants. Cela veut dire qu’en plus de la faible production, les
frais de déplacement sont élevés, et en cas d’absence de ressources, les
ménages renoncent tout simplement à ce service productif, ce qui renforce
les contraintes précédemment expliquées qui handicapent la production, et qui
déterminent les tendances de la pauvreté.
III.3. Les caractéristiques intrinsèques des ménages
Les caractéristiques des ménages qui peuvent influer sur la production, la
consommation et le bien-être sont essentiellement la taille du ménage, le sexe
du chef de ménage mais aussi son niveau d’instruction, son état matrimonial
ainsi que sa situation professionnelle. .Pour ces variables, le tableau 9 donne
des classifications en quintiles 1 et 2 qui sont les classes des ménages les plus
pauvres et en quintiles 4 et 5 qui sont les classes de ménages les plus riches.
Tableau 9.
Part des ménages pauvres et riches selon les caractéristiques des
ménages
Quintiles de bien être économique
Ensemble
Quint. 1 Quint. 2 Quint. 3 Quint. 4 Quint. 5 En %
Effectif
Taille du ménage
1–2
32,8
25,2
18,7
11,3
12,1
100,0
862
3–4
25,5
22,4
19,8
17,3
15,1
100,0
2.212
5–6
20,7
21,6
19,6
20,7
17,4
100,0
2.082
7 et plus
16,2
17,5
20,8
21,8
23,6
100,0
1.935
Sexe du Chef de Ménage
Hommes
20,5
20,6
20,2
20,1
18,6
100,0
5.651
Femmes
30,0
23,5
18,6
13,6
14,4
100,0
1.439
Niveau d'instruction du Chef de Ménage
Jamais école
Maternelle
Primaire
28,4
25,0
21,4
16,9
8,3
100,0
4.141
0,0
25,0
50,0
25,0
0,0
100,0
4
16,5
18,0
20,1
23,4
21,9
100,0
2.437
Secondaire
1,0
5,4
6,0
14,0
73,6
100,0
386
Supérieur
0,0
2,2
2,2
0,0
95,5
100,0
89
18,2
0,0
22,7
13,6
45,5
100,0
22
2,8
200
Non déclaré
Etat matrimonial du Chef de Ménage
Jamais marié
44
27,0
19,5
18,0
10,5
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
25,0
Marié
monogame
19,7
20,4
20,5
20,9
18,5
73,3
5.188
Marié
polygame
21,2
21,7
19,2
17,2
20,7
2,9
203
Divorcé/
Séparé
37,8
25,9
10,9
11,9
13,4
2,8
201
Veuf
30,6
23,6
19,1
12,9
13,9
18,2
1.285
Statut dans l'emploi du Chef de Ménage
Patron
8,2
13,1
9,8
16,4
52,5
100,0
61
Salarié
protégé
4,7
6,6
8,5
14,9
65,4
100,0
471
26,6
23,7
22,4
18,1
9,2
100,0
1.959
Salarié non
protégé
Indépendant
10,6
11,3
16,2
23,2
38,7
100,0
302
AF/APP/
STAG/AFM
21,5
25,9
18,5
15,6
18,5
100,0
135
Autre
23,6
22,3
20,5
19,4
14,3
100,0
4.163
Source : Rapport de l’enquête, QUIBB 2006
La taille du ménage : plus le nombre de têtes à nourrir augmente, plus la
consommation par tête diminue. Ainsi, la présence d’un enfant supplémentaire
dans le ménage se traduit par une réduction moyenne de la consommation par
tête de 25%, aussi bien en zone rurale qu’urbaine. Par contre, la présence d’un
adulte supplémentaire dans le ménage a également pour conséquence une
baisse de la consommation, mais dans des proportions plus faibles (de l’ordre
de 10%) [QUIBB, 2006].
Le sexe du chef de famille : les ménages dont les chefs sont des hommes sont
moins pauvres. Cela s’explique par le fait que la mobilité des hommes est plus
grande que celle des femmes, étant donné que ces dernières s’occupent, en
plus des tâches productives, des autres travaux ménagers. En milieu rural ces
travaux concernent notamment les soins des enfants, la recherche du bois de
chauffage et la préparation de la nourriture.
Le niveau d’instruction du chef de ménage : l’enseignement permet au chef de
famille d’acquérir plus de savoir faire, plus d’informations sur les techniques de
production et sur les meilleurs marchés d’approvisionnement et d’écoulement,
plus d’habileté pour la diversification des produits, etc. En conséquence, plus les
chefs de familles sont instruits, plus le bien-être des membres est élevé.
Situation professionnelle du chef de ménage : la catégorie socioprofessionnelle
du chef de ménage a une incidence sur le niveau de bien-être économique. En
milieu rural, les ménages dont le chef est apprenti ou aide familial, indépendant
agricole ou inactif/chômeur représentent respectivement, 56,6%, 48,5% et
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
45
46,5% des ménages à faible niveau de vie. En milieu urbain, les ménages
dirigés par un indépendant agricole (43,2 %), un inactif/chômeur (29,7 %), ou
par un indépendant du secteur non agricole (25,1 %) ont un niveau de bien-être
plus faible. (QUIBB, 2006).
Conclusion de la section
Les facteurs qui expliquent les niveaux et tendances de la pauvreté sont
essentiellement de trois catégories : (1) la pauvreté macroéconomique du
pays qui diminue les facilités de la relance économique par l’augmentation des
dépenses publiques, (2) les dotations factorielles des ménages qui constituent
les variables de la production, ainsi que (3) les caractéristiques intrinsèques de
ces ménages qui conditionnent en même temps la productivité et l’épargne.
La pauvreté macroéconomique se manifeste avant tout par le rôle de l’état et la
structure des masses du budget. Dans cette section, il a été constaté que l’Etat
est incontournable pour orienter la pauvreté dans un sens ou dans un autre. La
structure du budget au Burundi montre aussi les réallocations effectuées ces
dernières années permettent d’augmenter les ressources de certains services
de l’Etat dont l’impact sur le niveau de pauvreté est directe.
Cette situation a été rendue possible par la réduction de la dette dont l’affectation
a permis d’augmenter les dotations de certains services à haut impact sur la
situation de la pauvreté .
Par contre les capacités individuelles des ménages pour générer des biens
et services de consommation restent faibles sans oublier les caractéristiques
propres aux ménages qui les empêchent de s’affranchir de la pauvreté.
Conclusion du chapitre
Le chapitre II étudie la pauvreté des enfants sous l’angle du modèle B et du
modèle C, au niveau des ménages et des enfants eux-mêmes. Les résultats
montrent que :
1. Le PIB par habitant est en moyenne inférieur au seuil de pauvreté depuis les
années 1990, et se dégrade progressivement durant cette période. Cela veut
dire que la pauvreté des enfants au Burundi trouve son origine dans la pauvreté
des ménages qui ont la responsabilité d’éduquer, de nourrir et de soigner les
membres de leurs familles.
46
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
2. Concernant les sources de la pauvreté, les populations sont loin d’être
satisfaites de la qualité et de la quantité des biens et services fondamentaux mis
à leur disposition par l’administration publique et ce en matière d’enseignement
primaire et secondaire, en matière de santé, en matière d’infrastructures
publiques, en matière de moyens de transport, etc. Les contraintes restent trop
lourdes pour la majorité des ménages et des enfants.
3. De même, les niveaux et tendances de la pauvreté se déterminent par les
dotations factorielles et les caractéristiques des ménages. Les familles avec
plus de capital, moins nombreuses, et où les chefs de famille ont une position
sociale plus élevée sont moins pauvres.
l’enfant est
La survie de damental
un droit fon
La pauv
ret
é des
ménage
s
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
47
3
48
Les piliers du
bien-être des
enfants
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
« Les enfants vivant dans la pauvreté sont privés de nutrition,
d’eau et d’installations sanitaires, d’accès aux services de
santé de base, au logement, à l’éducation, à la participation
et à la protection, et bien qu’un manque sévère de biens et de
services nuisent à tout être humain, c’est pour les enfants que
cela représente la pire menace, et le mal le plus grand, en les
rendant incapables de jouir de leurs droits, d’atteindre leur
plein potentiel et de participer à la société comme membres à
part entière » (ONU, 2007).
On peut comprendre cette déclaration comme une interpellation des Etats
membres pour la mise en place effective de politiques de lutte contre la pauvreté
des enfants afin d’augmenter leur bien-être.
Le Burundi a pris un certain nombre d’engagements à travers la signature et la
ratification d’instruments juridiques internationaux et régionaux protégeant les
droits des enfants, et principalement la Convention relative aux Droits de l’Enfant
(CDE), que le Burundi a ratifiée en octobre 1990. Dès lors, au même titre que
d’autres pays, le Burundi est tenu de mettre en œuvre toutes les dispositions
contenues dans ces documents et d’adapter sa législation nationale par rapport
aux engagements contenus dans les textes ratifiés. Il en est de même des
différents programmes de coopération avec les organisations internationales qui
travaillent sur les questions relatives aux enfants.
Les engagements qui ont été pris lors de la ratification des conventions
internationales doivent se traduire par la mise en œuvre de politiques publiques
et de projets visant à alléger les conditions de vie des enfants et ainsi augmenter
leur bien-être. Ce bien-être est appréhendé dans ce chapitre à travers les
5 domaines qui en constituent les piliers, à savoir : la nutrition (Section I), la
santé (Section II), la protection de l’enfance et la protection sociale (Section III),
l’éducation (Section IV). Les politiques-clés en vigueur, leurs résultats vis-à-vis
des enfants et les principales barrières à leur réalisation sont discutés chaque fois
avant de proposer une stratégie dans le sens d’une amélioration potentielle.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
49
Section i.
La situation
des enfants
en matière de
nutrition
La nutrition a été définie comme un droit dans des instruments internationaux
relatifs aux droits de l’homme adoptés depuis 1924. Dans la Déclaration des
droits de l’enfant, il est spécifié que l’enfant doit être mis en mesure de se
développer d’une façon normale matériellement et spirituellement, et que
«l’enfant qui a faim doit être nourri». En effet, La nutrition des enfants, depuis
le nourrisson jusqu’à l’adolescent en passant par la jeune enfance constitue un
gage pour son développement. Les pays se sont engagés à travers différentes
conventions à garantir le droit à la nutrition pour tous les enfants.
Dans cette section, est présenté un état des lieux de la nutrition au Burundi
afin de dégager des suggestions pour aller de l’avant et améliorer les efforts qui
n’ont pas produit des résultats.
I.1. Lois, politiques et programmes nationaux les plus
importants dans le domaine de la nutrition
Les articles 24 et 27 de la CDE adoptée par les pays membres des Nations Unies,
y compris le Burundi, reconnaissent certains droits aux enfants en matière de
nutrition. Comme l’enfant doit jouir du meilleur état de santé possible, les Etats
doivent prendre des mesures appropriées pour :
• lutter contre la maladie et la malnutrition y compris dans le cadre des soins
de santé primaires, grâce notamment à l’utilisation de techniques aisément
disponibles et à la fourniture d’aliments nutritifs et d’eau potable, compte
tenu des dangers et des risques de pollution du milieu naturel (art 24, 2, C) ;
• faire en sorte que tous les groupes de la société, en particulier les parents
et les enfants, reçoivent une information sur la santé et la nutrition de
l’enfant, les avantages de l’allaitement au sein, l’hygiène et la salubrité de
l’environnement et la prévention des accidents, et bénéficient d’une aide
leur permettant de mettre à profit cette information (art 24, 2, e) ;
• offrir, en cas de besoin, une assistance matérielle et des programmes
d’appui, notamment en ce qui concerne l’alimentation, le vêtement et le
logement (Art 27 al 3) ;
• assurer le recouvrement de la pension alimentaire de l’enfant auprès de
ses parents ou des autres personnes ayant une responsabilité financière à
son égard, que ce soit sur leur territoire ou à l’étranger. (Art 27, 4).
Le Burundi ayant ratifié la CDE et les autres textes relatifs aux droits de l’enfant,
il est tenu d’adapter sa législation pour qu’elle corresponde à ces articles
énoncés. Au niveau de la loi burundaise, l’article 19 de la constitution précise
que toutes les conventions et pactes internationaux auxquels le Burundi a
souscrit font partie intégrante de la constitution. A travers cette disposition,
le Burundi reconnaît implicitement le droit des enfants à la nutrition, tel que
mentionné dans la CDE.
50
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Au niveau des politiques et programmes, le premier constat est que plusieurs
ministères s’occupent transversalement de la nutrition. Les principaux sont :
le Ministère de la santé et de lutte contre le SIDA, le Ministère de la solidarité
nationale, du rapatriement, de la reconstruction nationale, des droits de la
personne humaine et du genre, le Ministère de l’agriculture et de l’élevage. Audelà de ce constat, le Ministère ayant la santé publique dans ses attributions,
doit être au centre de la coordination des questions de nutrition des enfants.
La politique sectorielle du Ministère de l’agriculture et de l’élevage n’a pas
envisagé la nutrition des enfants de façon spécifique mais ses axes stratégiques
visent la sécurité alimentaire de la population dans son ensemble à travers la
recherche de l’autosuffisance alimentaire.
Après la présentation du rapport initial sur les droits de l’enfant et suite à ses
recommandations, le Ministère de la santé s’est doté, en 2003, d’un plan
national d’action pour l’alimentation et la nutrition. Ce plan comprend trois volets
à savoir : (1) la sécurité alimentaire, (2) la situation nutritionnelle et (3) l’éducation
nutritionnelle. En 2005, le même ministère a conçu une Politique Nationale de
Développement de la Santé (PNDS) assortie à son plan d’action et qui donne
une bonne place à la nutrition des enfants. En effet, dans le PNDS, il est
clairement stipulé que le Burundi doit réduire d’un tiers les taux de malnutrition
des enfants de moins de cinq ans et du jeune enfant et réduire d’un tiers les
taux d’insuffisance pondérale à la naissance, d’ici 2015.
La politique
sectorielle du
Ministère de
l’agriculture et de
l’élevage n’a pas
envisagé la nutrition
des enfants de façon
spécifique
Par ailleurs, il existe depuis 15 ans au sein du Ministère de la santé, un Programme
National de Lutte contre les Maladies Transmissibles et Carentielles (PLMTC).
Ce programme est conçu comme une réponse aux problèmes de santé liés
aux insuffisances nutritionnelles. Actuellement, il existe un programme national
intégré pour l’Alimentation et la nutrition (PRONIANUT).
Au niveau des agences du système des Nations Unies, la nouvelle démarche
de planification du BINUB (2007/2008), a donné une large place aux questions
nutritionnelles avec pour objectif d’améliorer la situation des enfants. Pour
les programmes nutritionnels, l’UNICEF est un partenaire direct (BINUB,
PS 2007/2008). Il a entrepris l’aménagement des sources d’eau potable, la
multiplication des centres de nutrition thérapeutique et autres initiatives pour
protéger les enfants contre la malnutrition.
I.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalité des sexes
Les problèmes de nutrition concernent la population dans son ensemble.
L’enquête nationale de nutrition de la population, réalisée en 2005, permet
d’avoir des résultats ciblés sur les enfants et facilite de ce fait l’obtention des
éléments d’évaluation de l’état nutritionnel des enfants au Burundi. En effet,
parmi les groupes cibles figuraient les enfants de moins de cinq ans, les enfants
de 7 à 12 ans et les femmes de 15 à 49 ans. Ces études montrent une certaine
dynamique, bien que les indicateurs de la nutrition des enfants restent faibles.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
51
En 2005, le taux d’enfants souffrant d’une insuffisance pondérale se situait à
45,1%. En comparant avec le MICS 2000, on constate une légère augmentation
avec environ 6 points de pourcentage en plus (graphique 8). Cette amélioration
s’est poursuivie en 2007 avec un gain d’environ 14 points. Ces avancées
s’observent même au niveau des retards de croissance et de la malnutrition
aiguë (graphique 8). Mais ces avancées cachent de grandes disparités
géographiques. A titre d’exemple, l’insuffisance pondérale en 2005 était de
40,8% en milieu rural contre 21,8% dans les centres urbains. Cette disparité
est moins prononcée pour l’émaciation (5,9% contre 7,5%).
Graphique 8.
Nutrition des enfants
60
54,9
50
40
52,5
46
45,1
39,2
Burundi 2000
Burundi 2005
30
Burundi 2007
25,2
20
10
8,1
7,4
5,6
0
insuffisance
ponderale
poid pour age
retard de
croissance
emanciation
taille pour age
poids pour taille
Source: MICS 2000, Enquête nutrition, Mars 2005 et 2007
La malnutrition de l’enfant est aussi liée à la conduite de l’allaitement maternel.
A titre d’exemple, l’enquête nutritionnelle de 2005 montre que les mères
burundaises ne respectent par les normes en matière d’allaitement. En effet,
toutes les mères devraient allaiter exclusivement jusqu’aux six mois de
l’enfant, mais le graphique ci-après montre que dans toutes les provinces, la
proportion des mères qui respectent cette règle atteint à peine 60%. Ceci se
traduit négativement sur la santé de l’enfant et sur son état nutritionnel.
52
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Graphique 9.
Allaitement maternel
uz
o
to
ke
G
ite
ga
Ka
ru
K a zi
ya
nz
Ki a
ru
M ndo
ak
am
M
ba
ur
am
v
M ya
uy
ing
a
M
w
ar
o
N
go
zi
Ru
ta
na
Ru
yi
M
g
ai
rie i
de
...
Ci
bi
ru
ri
nk
Ca
Bu
nz
a
ja
ba
Bu
Bu
ru
ra
l
120
100
80
60
40
20
0
à une heure qui suit l’ accouchement
exclusif (< 6 mois)
aliment complementaire
Source : Enquête nutrition, 2005
I.3. Analyse de causalité et corrélation dans le domaine
de la nutrition des enfants
En réalité, la malnutrition des enfants est l’aboutissement d’un panier
d’insuffisances sur lesquelles devraient reposer les politiques et stratégies
de lutte contre la malnutrition. En effet, la menace est la malnutrition qui
peut prendre différentes formes, souvent identifiées comme « marasme » et
« kwashiorkor », ainsi que des déséquilibres alimentaires, dont les carences
en micronutriments à savoir l’avitaminose A, l’anémie et des troubles dus à la
carence en iode.
D’après les résultats de l’enquête pour la mise en place du système de surveillance
nutritionnelle au Burundi effectuée en 2007, les principaux déterminants de la
malnutrition sont:
• La taille du ménage : plus la taille du ménage est grande, plus le risque de
malnutrition des enfants est élevé. Cette corrélation est à nuancer car cet
impact sera plus faible dans le cas où le revenu du ménage est élevé ;
• Revenu consacré à l’alimentation : la nutrition des enfants est aussi influencée
par le niveau du revenu consacré à l’alimentation. Cette corrélation démontre
que la pauvreté du ménage a des implications sur la nutrition de l’enfant ;
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
53
• Niveau d’éducation de la mère : l’analphabétisme de la mère est une cause
directe de la nutrition des enfants car elle est liée à une connaissance
insuffisante de la valeur nutritionnelle des aliments. Les données des
diverses enquêtes sur la nutrition, effectuées au Burundi ces dernières
années montrent que les activités de nutrition sont mieux suivies dans les
ménages dont la mère a été scolarisée.
I.4. Fondement et partenariat pour une stratégie
L’analyse des lois, politiques et programmes montrent que les initiatives en
matière de nutrition des enfants sont différentes tant en termes de budget
qu’en termes d’intervenants. Un premier axe stratégique serait la mise en place
d’une structure de coordination et de suivi et d’évaluation des actions initiées.
Par rapport à cette stratégie, les partenariats doivent être organisés autour du
ministère ayant la santé dans ses attributions.
Au-delà de cette stratégie, la poursuite des activités en cours devrait être
encouragée. Il s’agit notamment de la stratégie liée à prévention de la
malnutrition en cours (UNICEF, 2008), dont les programmes sont :
• la promotion d’une bonne alimentation de l’enfant et de la mère en insistant
sur la pratique de l’allaitement maternel; le l’absence d’allaitement étant
liée à la mauvaise planification des naissances ;
• la lutte contre les carences en micronutriments, surtout en fer, en iode et
La nutrition des
enfants a connu
des avancées
significatives
depuis le retour
de la sécurité au
Burundi.
en vitamine A : des semaines de santé « mère et enfant » sont organisées,
intégrant un ensemble d’activités préventives à haut impact dans la
réduction de la mortalité (vaccination, supplémentation en vitamine A et
en fer, déparasitage).
Conclusion de la section
La nutrition des enfants a connu des avancées significatives depuis le retour de
la sécurité au Burundi. La guerre a longtemps miné les activités de production,
principalement l’agriculture. Cela a précarisé les ménages et les enfants en ont
souffert le plus. L’appui de l’UNICEF et des autres agences des Nations Unies,
la mise en place des programmes d’urgence a permis de diminuer les risques
de malnutrition des enfants.
Dans l’optique d’une consolidation des acquis en matière de nutrition des
enfants, nous avons identifié des facteurs sur lesquels les stratégies peuvent
se baser pour atteindre des résultats encore plus satisfaisants. Il s’agit de la
taille du ménage, le revenu du ménage consacré à l’alimentation, et le niveau
d’éducation de la mère.
54
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Le droit à la santé est présent dans la Déclaration universelle des droits de
l’homme à l’article 25, qui indique que toute personne a droit à un niveau de vie
suffisant pour assurer sa santé et son bien-être. En s’appuyant sur cet article, bon
nombre de conventions et de documents internationaux, comme la Convention
relative aux droits de l’enfant, indiquent que la santé est un droit de la personne
fondamental que chacun peut faire valoir, peu importe sa nationalité, sa religion,
son sexe ou ses autres caractéristiques. La santé constitue le fondement du
bien-être individuel; elle permet à chacun d’entre nous d’avoir un niveau de vie
acceptable, de s’instruire et de réaliser ses objectifs. À l’échelle mondiale, la
bonne santé pour tous n’est pas encore une réalité. Le paludisme, le VIH/SIDA,
la tuberculose et d’autres maladies sont des problèmes importants partout dans
le monde et entraînent des répercussions importantes sur la capacité des pays
et des gens à se développer.
Section iI.
La situation
des enfants
en matière de
Santé
Les Nations Unies reconnaissent l’importance de la santé en tant que droit de
la personne avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement, et elles
ont mis en avant des priorités-clés pour améliorer le bien-être de millions de
personnes partout dans le monde avant 2015. Voici quelques objectifs sur le
plan de la santé :
•
•
•
•
•
Réduire de deux tiers la mortalité infantile ;
Réduire de ¾ la mortalité maternelle ;
Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies ;
Réduire de moitié la proportion de personnes qui n’ont pas accès à l’eau
potable ;
Veiller à la fourniture de médicaments d’importance vitale à des prix
abordables dans les pays en développement.
Au Burundi, la Politique Nationale de Santé (PNS 2005–2015) a pour but
d’améliorer l’état de santé de la population, non seulement parce que c’est
un droit humain, mais aussi pour permettre la relance de l’économie et la
diminution de la pauvreté en maintenant le capital humain en bonne santé. Dans
le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) qui constitue un cadre
de réalisation de la Politique Nationale de Santé, plusieurs axes concernant la
santé des enfants ont été privilégiés. Ces axes sont présentés dans la partie
ci-dessous ainsi que les différentes actions mises en place et leur résultats en
termes de renforcement de la santé publique des enfants.
II.1. Lois, politiques et programmes nationaux les plus
importants dans le domaine de la santé
La Politique Nationale de la Santé (2005–2015) repose sur les trois objectifs
suivants, concernant directement les enfants tels que :
• Réduire de moitié le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans
par le maintien du niveau actuel de couverture vaccinale pour les maladies
évitables par la vaccination, la promotion de l’allaitement maternel exclusif et
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
55
enfin, l’extension de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant. Le
moyen et le long termes concerneront le développement intégré du jeune
enfant par la promotion des garderies communautaires (développement
physique, social, affectif, spirituel et intellectuel) ;
• Réduire d’un tiers les taux de malnutrition des enfants de moins de
cinq ans et du jeune enfant au moyen de la mise en place d’un système
de surveillance de la croissance et de dépistage communautaire de la
malnutrition, la mise en place des programmes de nutrition à assise
communautaire, et la mise en place d’un repas à l’école ;
• Réduire d’un tiers les taux d’insuffisance pondérale à la naissance en
passant par l’éducation et la supplémentation nutritionnelle des femmes
enceintes, et la prévention du paludisme chez les femmes enceintes
notamment par la promotion de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée
d’insecticide.
Dans la même PNS 2005–2015, d’autres objectifs sont envisagés ayant une
incidence certaine sur la santé des enfants. Il s’agit de : (1) réduire de moitié les
taux de morbi-mortalité liés aux maladies transmissibles et non transmissibles,
(2) réduire de moitié le taux de mortalité maternelle, (3) renforcer les capacités
de production, de mobilisation et de gestion des ressources humaines pour
une couverture effective et équitable du personnel de santé et la stabilisation
du personnel de santé, (4) renforcer des mécanismes de réhabilitation, de
production, de mobilisation et de gestion des ressources physiques pour
une couverture effective et équitable en médicaments, en infrastructures et
équipements. Ces objectifs sont accompagnés d’objectifs complémentaires
concernant les enfants de façon indirecte. La PNS trouve un cadre de réalisation
dans le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS 2006/2010).
Concernant l’assurance médicale, il y a lieu de parler en particulier de
l’assurance maladie obligatoire dans le secteur public. Il s’agit d’une initiative
de financement des soins appelée « Mutuelle de la Fonction Publique (MFP) »
dont la mise en place a eu lieu en 1980 par l’Etat. La MFP couvre environ 10% de
la population et assure la prise en charge des soins de santé des agents publics
et assimilés, à hauteur de 80% des actes médicaux, des hospitalisations et
produits pharmaceutiques (mais 70% pour les produits de marque). Sa source
principale de financement provient des cotisations reparties entre l’employeur
(l’Etat, en l’occurrence) à raison de 6% et l’affilié à hauteur de 4%.
En août 2005, en vue de renforcer la Politique Nationale de Santé et les
différents programmes spécialisés, une mesure du Président de la République
a consacré la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les
accouchements. Cette mesure a été très bien accueillie, mais elle n’a pas été
soutenue par les dispositions concernant les mécanismes de financement
ou la qualité des soins de santé. En effet, bien que les soins de santé aient
été officiellement reconnus gratuits pour les enfants de moins de 5 ans et les
accouchements, on peut noter un manque flagrant en matériel et en personnel
56
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
de santé, alors que la demande a de fait été exacerbée avec la gratuité des soins.
En outre, il a été remarqué un problème d’accès effectif à ces soins gratuits. En
conséquence, les enfants qui n’ont pas été enregistrés dans les services d’état
civil ne peuvent pas bénéficier de la gratuité des soins sans une attestation de
naissance. La même situation est observée pour les mères qui accouchent et
n’ont pas de carte nationale d’identité.
Au-delà de la Politique Nationale de Santé, le Ministère de la santé publique a
créé les programmes spécialisés suivants : le programme national de santé de
la reproduction, le programme élargi de vaccination et le programme national de
lutte contre les maladies transmissibles et carentielles. Concernant les enfants,
ces programmes s’occupent respectivement de la sexualité des adolescents et
de la vaccination et traitements des maladies transmissibles et carentielles
Il existe aussi un programme national de lutte contre le SIDA et d’appui aux
orphelins. Ce programme a mis en place deux politiques nationales à savoir la
Politique Nationale en faveur des Orphelins et autres enfants vulnérables et le
plan stratégique de lutte contre le SIDA (2007/2011). Concernant le Plan relatif
au VIH/SIDA, il est prévu le renforcement du programme de prévention de la
transmission du VIH de la mère à l’enfant. L’Unité Sectorielle de lutte contre le
SIDA et le PNSR du Ministère de la Santé Publique renforcera les structures de
dépistage volontaire du VIH chez la femme enceinte en consultation prénatale
(CPN) et chez le partenaire sexuel. Cette unité sectorielle mettra en œuvre
des opérations de promotion du dépistage systématique et de prise en charge
correcte des infections sexuellement transmissibles (IST) chez les femmes
enceintes en consultations prénatales, le traitement par les antirétroviraux (ARV),
la promotion des pratiques obstétricales saines lors de l’accouchement ainsi
que l’élaboration d’une politique d’alimentation et de nutrition du nourrisson et
du jeune enfant dans le contexte du VIH/SIDA. Les centres de prévention de la
transmission du VIH de la mère à l’enfant seront renforcés et multipliés, ceci
avec le soutien du Conseil National de Lutte contre le SIDA (CNLS)
La santé des enfants est aussi une préoccupation des partenaires du Burundi,
en plus des activités de l’UNICEF. Le plan stratégique du BINUB (2007/2008)
s’attache à deux domaines prioritaires en matière de santé des enfants : (1)
la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose et (2) l’accès aux
services sociaux de base. En réalité, la programmation des agences du SNU
fait référence aux priorités du gouvernement reflétées dans ses politiques
sectorielles et le CSLP mais également dans les conventions internationales
auxquelles le gouvernement burundais a souscrit.
Le Ministère de la
santé publique a
créé les programmes
spécialisés suivants
: le programme
national de santé de
la reproduction, le
programme élargi
de vaccination
et le programme
national de lutte
contre les maladies
transmissibles et
carentielles.
En effet, parmi les instruments de référence internationaux qui ont été ratifiés
par le Burundi se trouve la Convention Internationale des Droits des Enfants
(CDE). Et dans cette convention, les Etats parties se sont engagés à assurer :
• la survie et le développement de l’enfant dans la mesure du possible ;
• les soins spéciaux aux enfants handicapés notamment une aide gratuite aux
soins de santé;
• l’accès à des services médicaux et de rééducation.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
57
Au Burundi, ces articles de la CDE trouvent leur adaptation dans la Politique
Nationale de Santé 2005/2015.
A la lumière de ces informations, la santé des enfants apparaît clairement
comme un objectif important de la Politique Nationale du Ministère de la Santé
et le plan national de développement sanitaire. Dans la section suivante, nous
discutons des résultats de ces politiques sur la santé des enfants au Burundi.
II.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalités
des sexes
Les résultats pour les enfants dans le domaine de la santé sont évalués par
rapport à la mortalité infantile, la couverture vaccinale, et le taux de prévalence
des maladies des enfants.
Mortalité pour les enfants de moins de cinq ans
La mortalité des enfants de moins de cinq ans est véritablement un instrument
d’appréciation du bien-être de l’enfant et de sa santé. Elle est plus communément
appelée le TMM5. Il constitue aussi un moyen pour apprécier les résultats des
efforts fournis par une communauté, un pays, et une organisation pour réduire
le niveau de mortalité des enfants.
Le taux de mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans permet également
d’obtenir des informations sur des éléments tels que l’état nutritionnel, le savoir
médical des mères ou encore la vaccination, comme le montre le graphique 10
ci-dessous.
Graphique 10.
Mortalité des enfants
200
150
100
50
sexe
region
Taux de mortalité (0–11 mois)*
milieu
Secondaire +
Primaire
Sans
Plus riches
Riches
Moyen
Bien-être
Niveau de la mère
Taux de mortalité infanto-juvenile (0–59 mois)**
Source: MICS 2005
58
Pauvres
Tres pauvre
Rural
Urbain
Centre
Ouest
Est
Sud
Nord
Feminin
Masculin
0
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Les résultats de l’enquête MICS réalisée au Burundi en 2005 montrent que le taux
de mortalité infantile (probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième
anniversaire pour 1.000 naissances vivantes) est de 120 et le taux de mortalité
infanto-juvénile (probabilité de décéder entre la naissance et le premier anniversaire
pour 1000 naissances vivantes) est approximativement de 176. On enregistre des
différences entre le taux de mortalité infantile des garçons (132) et celui des filles
(108). Des différences masculin/féminin existent aussi dans les taux de mortalité
infanto-juvénile (188 pour les garçons et 163 pour les filles). Quant aux disparités
régionales, les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont les plus bas dans
la région sud (respectivement 100 et 144), alors que les chiffres pour la région nord
sont les plus élevés (respectivement 133 et 197). Quant au niveau d’instruction
de la mère, il a une corrélation négative avec le taux de mortalité. En effet, plus
la mère a un niveau d’éducation élevé, plus le taux de mortalité est faible. La
même tendance s’observe lorsqu’on considère le niveau de vie des ménages
(indices de bien être/quintiles de richesse). Enfin, les différentiels de la mortalité
dans l’enfance selon les caractéristiques du milieu montrent une situation plus
satisfaisante dans le milieu urbain que dans le milieu rural.
Comparativement à la situation de 2000, période à laquelle la même étude avait
été conduite, on constate un progrès appréciable soit un différentiel positif de
36‰ pour le taux de mortalité infantile et 57‰ pour le taux infanto-juvénile.
La vaccination
des enfants est un
instrument-clé pour
atteindre l’Objectif
du Millénaire pour
le Développement
(OMD) relatif à la
réduction de la
mortalité infantile
d’ici 2015.
Couverture vaccinale
La vaccination des enfants est un instrument-clé pour atteindre l’Objectif du
Millénaire pour le Développement (OMD) relatif à la réduction de la mortalité
infantile d’ici 2015. A l’instar d’autres pays, le Burundi a mis en place le
Programme Elargi de Vaccination en 1980. Selon les directives de l’UNICEF et
de l’OMS, un enfant devrait recevoir la vaccination du BCG pour le protéger
contre la tuberculose, trois doses de DTC pour le protéger contre la diphtérie, le
tétanos et la coqueluche, quatre doses de vaccin contre la poliomyélite et une
vaccination contre la rougeole à l’âge de 9 mois.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
59
75,6
78
39,4
35
57
67
65
60
59
60
68
83
74,4
82
87
79,2
88
83
68,8
69
80
75,2
98
87
100
68
95,6
Graphique 11.
Vaccination des enfants
40
20
s
le
us
RO
U
s
G
va
EO
cc
in
LE
3
O
LI
PO
O
LI
PO
2002
to
2000
2
1
LI
PO
D
O
2
TC
TC
D
BC
G
1
0
2005
Source : MICS 2005
La série d’enquête MICS (2000 et 2005) a évalué l’état d’avancement du
programme de vaccination. Par ailleurs, le PEV-Burundi, appuyé par l’UNICEF
a réalisé une enquête en 2002 pour évaluer la couverture vaccinale au Burundi
(ENCV). En termes de respect du calendrier vaccinal, on constate que les
évolutions ne sont pas satisfaisantes. On constate que moins de 50% en
moyenne des enfants sont vaccinés contre toutes les maladies listées cidessus avant d’atteindre leur premier anniversaire. Ce constat doit inciter des
politiques d’appui au programme de vaccination et à toutes les structures de
santé d’augmenter ces résultats en matière de couverture de vaccination des
enfants et surtout des nourrissons.
Graphique 11 bis.
Evolution de la couverture vaccinale
120
100
80
BCG
60
DTC1
40
DTC3
20
Polio3
0
2000
60
2002
2005
2006
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
2007
2008
L’utilisation d’autres sources de données d’origine administrative, montre que les
résultats du programme de vaccination a une allure croissane depuis 2005 mais
confirme l’absence du respect du calendrier vaccinal et la tendance générale à
la baisse. Cette situation doit inciter les responsables sectoriels à intensifier les
messages d’éducation à la vaccination en dehors des campagnes officielles.
Graphique 12.
Pourcentage d’enfants âgés de 12–23 mois ayant reçu tous les vaccins
recommandés avant 12 mois, Burundi, 2005
100
90
89
80
88
82
76
69
70
59
60
64
68
67
50
40
35
30
20
10
0
BCG
DPT1 DPT2 DPT3
Polio0 Polio1 Polio2 Polio3
Rougeole
Tous
II. 3. Etat des lieux des maladies chez les enfants
Les cinq principales causes de morbidité enregistrées dans les centres de santé
sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës, les maladies diarrhéiques,
les traumatismes et brûlures et la malnutrition tandis que les cinq premières
causes de mortalité sont le paludisme, les maladies diarrhéiques, les infections
respiratoires aiguës (IRA), la malnutrition et le SIDA.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
61
Graphique 13.
Répartition des décès survenus dans les structures sanitaires par cause
chez les enfants de moins de 5 ans en 2003 au Burundi, selon le rapport
d’EPISTAT
14%
5%
48%
15%
10%
Paludisme
Anémie
IRA
Malnutrition
M. Diarrhèiques
Autres
8%
Source : PNDS, 2005
Pour le paludisme, les actions de lutte sont: la distribution de moustiquaires
imprégnées et d’antipaludéens systématiques chaque fois que les enfants
présentent des symptômes de fièvre très élevée ou des convulsions. Mais on
constate que les actions préventives contre le paludisme sont encore à un niveau
faible. Les résultats de l’enquête MICS 2005 indiquent que seulement 13,3%
des enfants âgés de moins de cinq ans ont dormi sous une moustiquaire la nuit
précédant l’enquête et que 8,3% seulement ont dormi sous une moustiquaire
imprégnée. Il n’y a pas de disparité significative entre les filles et les garçons
pour l’utilisation de moustiquaires imprégnées chez les enfants de moins de
cinq ans.
62
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Graphique 14.
Prévalence de diarrhée (en %)
30
25
23,20
24,00
21,70
19,50
20
20,70 21,20
19,30 18,80
22,30
20,50
19,50
22,40
19,10 17,70
16,70
15
10
7,40
5
sexe
région
Niveau de la mère
Plus riches
Riches
Moyen
Pauvres
Trés pauvre
Informel
Secondaire +
Primaire
Sans
Centre
Ouest
Est
Sud
Nord
Feminin
Masculin
0
Bien-être
Les infections respiratoires aiguës (IRA) sont des causes majeures de morbidité
et de mortalité, spécialement chez les enfants de moins de 5 ans. Quant aux
maladies diarrhéiques, elles sont surtout causées par les conditions de logement
insalubres, l’évacuation des excréments non hygiénique, la consommation d’eau
non potable et des mauvaises pratiques hygiéniques.
Les données disponibles permettent d’apprécier le niveau de prise en charge et
les disparités relatives qui existent.
Les données qui ont permis de générer ce graphique se limitent aux deux
dernières semaines qui ont précédé la collecte des données. Il apparaît que la
prévalence de la diarrhée au Burundi est élevée avec en moyenne plus de 20%
d’enfants atteints de diarrhée.
Le croisement avec d’autres variables dégage des disparités. On constate que
le niveau d’instruction de la mère de l’enfant influence largement la prévalence.
Ainsi, 21,2% des enfants atteints de diarrhée avait une mère sans instruction
alors que seulement 7,4% des enfants dont la mère avait un niveau secondaire
étaient atteints de diarrhée. Au niveau régional, la région nord se démarque des
autres avec des taux de prévalence très élevés, alors que l’ouest présente une
situation plus satisfaisante. Les régions les plus frappées de diarrhée sont celles
qui sont très peuplées (MICS 2005).
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
63
Graphique 15.
Traitement de la diarrhée avec les Sels de Réhydratation Orale (SRO)
44,90
41,10
Niveau de la mère
Plus riches
Informel
Secondaire +
Primaire
Sans
Centre
Ouest
Sud
Nord
Feminin
Masculin
Est
région
26,20
Riches
23,70
20,90
sexe
29,90
28,60
22,90
Moyen
30,80
24,80
Pauvres
29,90
Trés pauvre
30,90
38,20 37,30
31,20 33,20
Bien-être
Source : MICS 2005
L’utilisation de sels de réhydratation orale (SRO) est en moyenne de 30% sur
l’ensemble du territoire. L’analyse qui tient compte du niveau de pauvreté
montre un écart entre les deux extrémités de l’échelle sociale (très riches
et très pauvres). En effet, les catégories très riches utilisent ce traitement à
37,3% contre 23,7% pour les très pauvres.
En ce qui concerne les disparités régionales, l’ouest utilise les SRO à hauteur
de 44,9% contre 24,8% à l’Est. Il est donc évident que les causes de la santé
précaire des enfants sont multiples comme nous le voyons dans la suite.
II.4. Analyse des causes de la santé précaire des enfants
Les causes des problèmes de santé des enfants au Burundi sont complexes.
En effet, la santé de l’enfant commence dès sa conception. A partir de
ce moment, elle est intimement liée à celle de sa mère notamment à son
alimentation et à son bien-être en général, à l’espacement des naissances et
à la consultation prénatale. Après la naissance, la santé de l’enfant dépend
fortement de l’allaitement, de l’immunisation (vaccination), des conditions
d’hygiènes et d’assainissement, de l’alimentation de l’enfant, et des soins
primaires de base entre autres.
64
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Au Burundi, l’organisation et la gestion du système national de santé présente de
nombreuses faiblesses, ayant un fort impact sur les enfants. Les faiblesses les
plus aggravantes concernent principalement :
• La faiblesse des mécanismes de mise en autonomie de gestion des services
et structures de santé ;
• La qualité et l’accès à des équipements et matériels médicaux en bon état et
performants ;
• La faible intégration des programmes nationaux de santé dans l’exécution des
interventions de santé à tous les niveaux du système ;
• Le faible degré de décentralisation au niveau des communes et des collines
•
•
•
•
•
•
des services de santé et dans la participation à la résolution de leurs propres
problèmes de santé ;
La coordination insuffisante entre les acteurs du domaine public et privé, des
ONG et autres partenaires socio-sanitaires ;
Le faible appui à l’initiative privée à but non lucratif;
L’absence de dispositions contractuelles entre partenaires;
L’absence d’un cadre juridique et le faible encouragement de la médecine
traditionnelle ;
L’insuffisance de la réglementation et de la régulation du secteur privé lucratif ;
L’absence de coordination de la maintenance des équipements et des
infrastructures sanitaires.
Des dysfonctionnements naissent de cette situation à savoir: les infrastructures
de mauvaise qualité (vétustes pour la plupart), l’insuffisance en personnel qui de
surcroît est mal réparti, la concentration du personnel de santé dans la capitale
Bujumbura avec très peu de relais à l’intérieur du pays, la faiblesse dans la gestion
des structures de santé (par une insuffisance de personnel compétent en la
matière, et par la faible motivation de ce personnel), et la faiblesse du système
d’approvisionnement en médicaments essentiels et consommables médicaux.
Cette situation a pour conséquence de faibles performances du secteur en matière
de fonctionnement et de prestation des services en milieu rural. Il est donc urgent
de définir une stratégie plus efficace pour améliorer ces performances.
II.5. Fondements et partenaires pour une stratégie
La prise en charge de la diarrhée, soit par les sels de séhydratation orale (SRO),
soit par les fluides recommandés préparés à domicile, permet d’éviter bon
nombre de décès. Prévenir la déshydratation et la malnutrition par l’augmentation
de l’absorption de fluides et la poursuite de l’alimentation de l’enfant constitue
également une stratégie importante pour prendre en charge la diarrhée.
Après analyse des résultats dans le secteur de la santé des enfants, les stratégies
définies dans la Politique Nationale de Santé (2005–2015) restent d’actualité. La
recommandation fondamentale qu’on peut formuler est que ce plan doit être une
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
65
référence pour tous les intervenants en matière d’appui technique, financier
et logistique. Une lecture minutieuse des autres instruments de planification
appartenant à d’autres intervenants dans le secteur de la santé, montre que le
schéma n’est pas nécessairement le même et cela nuit à la coordination et au
suivi.
Le Groupe sectoriel Santé mis en place dans le cadre du groupe de coordination
des partenaires (GCP) doit aider à répondre à ces besoins en termes de planification
et de concertation. En effet, un cadre de dépenses à moyen et à court terme,
revu et réactualisé chaque année, est en cours de formulation par les autorités
nationales en coordination avec les partenaires au développement œuvrant dans
le secteur de la santé.
Ce plan d’action s’appuie sur les stratégies relatives aux enfants qui sont définies
dans le cadre du PNDS (2005/2010). Ces stratégies sont les suivantes:
• Amélioration de l’accessibilité aux services des soins obstétricaux ;
• Amélioration de la disponibilité des services obstétricaux de qualité au niveau
•
•
•
•
•
•
•
des centres de santé et des hôpitaux ;
Amélioration de la qualité des consultations prénatales et post natales ;
Extension des activités de planification familiale à base communautaire ;
Prévention du paludisme chez les femmes enceintes et les enfants ;
Réduction des grossesses chez les adolescentes ;
Amélioration de la logistique du PEV et de la qualité des services de PEV ;
Intensification des activités de vaccination dans les secteurs de santé à faible
couverture ;
Multiplication des centres PTME.
Afin de renforcer l’impact déjà positif des mesures de gratuité des soins pour
les femmes qui accouchent et les enfants de moins de 5 ans, des mesures
d’accompagnement sont nécessaires dans le domaine du financement pour
répondre à la demande qui a nettement augmenté. Le système de santé gagnerait
à mettre en place une meilleure coordination et une meilleure gestion des services
de santé afin de cheminer vers la réalisation des OMD en ce qui concerne la santé
des enfants.
Conclusion de la section
Au vu de l’analyse des politiques, programmes et projets principaux en matière
de promotion de la santé, on remarque que malgré une amélioration du fait
de la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5 et pour les
femmes qui accouchent, des progrès majeurs sont encore à accomplir dans
certains secteurs concernant principalement la couverture vaccinale, la qualité
des services de santé et le processus de décentralisation dans l’accès des
soins au niveau communautaire. Etant donné que la santé va de pair avec la
sécurité sociale et la protection de l’enfant, nous examinerons dans les sections
suivantes la situation des enfants en matière de protection.
66
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
La violation du droit de l’enfant à la protection est une violation de ses droits
humains et un obstacle sérieux à sa survie et à son développement physique
et mental. Le Burundi a ratifié plusieurs textes internationaux relatifs aux droits
des enfants. La Constitution, le Code des Personnes et de la Famille, le Code
pénal et son Code du travail notamment, contiennent des clauses destinées à
protéger les enfants. Les lois, politiques et programmes qui visent la protection
de l’enfant en matière civile, politique, économique, sociale et psychologique
mais aussi la protection sociale en général sont analysés dans la présente
section.
Section iiI.
Situation des
enfants en
matière de
protection
III.1. Lois, politiques et programmes dans le domaine de la
protection de l’enfance et la protection sociale
La Convention Internationale des Droits des Enfants prévoit que les Etats
Membres prennent des mesures pour protéger l’enfant contre toute forme
de violence, d’atteinte ou de brutalité physique ou mentale, d’abandon ou de
négligence, de mauvais traitement ou d’exploitation (art 19, art 34). Les enfants
doivent être protégés contre l’exploitation économique, contre tout travail
comportant des risques ou susceptible de compromettre leur éducation et leur
développement physique, mental, spirituel, moral ou social (art 32.1). Ils doivent
être protégés contre l’usage illicite des stupéfiants ainsi que leur production
et leur commercialisation (art 33). Nul enfant ne doit être soumis à la torture,
ni à des peines cruelles. Il ne doit pas non plus être privé de liberté de façon
illégale ou arbitraire. Toute privation de liberté se fait dans le respect des règles
de la dignité de la personne humaine et requiert l’accès rapide à une assistance
juridique ou toute autre forme d’assistance appropriée (art 37). L’enfant est
enregistré à sa naissance et a, dès celle-ci, le droit à un nom, le droit d’acquérir
une nationalité et dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents
et être élevé par eux (art 7).
Au vu de ces articles de la CDE, une analyse de la situation des enfants en matière
de protection au Burundi peut être faite. Depuis bien des années, un certain
nombre de mécanismes ont été mis en place pour protéger les enfants, que
ce soit au niveau juridique, social, administratif et psychologique. Les mineurs
peuvent être préservés, protégés et défendus contre la plupart des abus dont
ils pourraient être victimes, à condition que tout un chacun s’implique dans le
respect et la valorisation de leurs droits. Toutefois, le recours à ces mécanismes
dépend largement des conditions d’accès a l’information des enfants quant à la
protection de leurs droits et des recours existants contre toute atteinte à leur
encontre. Voici l’état des lieux de ce qui est prévu et effectivement mis en place
pour les enfants en matière de protection au Burundi :
Les textes de lois
Comme déjà mentionné, des lois régissant la protection de l’enfance au Burundi
sont disséminées dans différents textes juridiques à savoir (1) le code pénal en
ce qui concerne les infractions commises par l’enfant et sur l’enfant ainsi que
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
67
leur répression, (2) le code des personnes et de la famille en ce qui concerne
par exemple le mariage, la filiation, l’autorité parentale, la tutelle des mineurs, la
majorité et la minorité, l’émancipation, l’adoption ; (3) le code du travail définissant
les règles en ce qui concerne le travail de l’enfant, les conditions de vie (salubrité,
moralité, etc.), le salaire, l’âge d’admission au travail ; (4) le code civil en ce qui
concerne les délits. Certains articles ont été ajoutés par modification des textes
existants, dans le but d’adapter les instruments nationaux aux instruments
internationaux à l’exemple de la CDE. Néanmoins, il est à noter que les articles
contenant ces réglementations protégeant les enfants se retrouvent également
dans d’autres textes de lois faisant qu’aucune juridiction spécialisée ne porte sur
la situation des enfants.
Les différents engagements du gouvernement
Les accords
d’Arusha pour
la paix et la
réconciliation au
Burundi, signés en
Août 2000 montrent
l’engagement du
gouvernement
burundais en ce
qui concerne la
protection des
enfants et la
protection sociale.
Les accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, signés en Août
2000 montrent l’engagement du gouvernement burundais en ce qui concerne
la protection des enfants et la protection sociale. Dans ces accords, il est prévu,
entre autres, la démobilisation des enfants (protocole III), l’assistance alimentaire
et sanitaire aux ménages qui entrent dans le cadre de leur réinstallation et
réinsertion (protocole IV, chapitre I, art 4), une assistance spéciale, la protection,
la réhabilitation et la promotion des groupes vulnérables à savoir les enfants chefs
de ménages, les orphelins, les enfants de la rue, les enfants non accompagnés,
les enfants traumatisés et les jeunes délinquants (protocole IV, chap. I, art 4).
La politique nationale sur les Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV)
Il s’agit d’une politique nationale en faveur des orphelins et autres enfants
vulnérables qui a été mise en place depuis 2005 conjointement par le Ministère de
l’action sociale et de la promotion féminine et le Conseil National de Lutte contre
le SIDA. Les groupes cibles sont les orphelins, les enfants de la rue, les enfants
handicapés, les enfants traumatisés, les enfants soldats, les enfants réfugiés et
déplacés et les enfants en prison. Les principaux objectifs de cette politique sont
de (1) mettre à la disposition de tous les intervenants du secteur un document
de référence pour une meilleure coordination de leurs actions ; (2) susciter dans
tout le pays une prise de conscience sur la nécessité et l’obligation de protéger
et de prendre en charge les OEV ; (3) contribuer à une meilleure connaissance
des causes qui engendrent les OEV, notamment la pauvreté, la pandémie du VIH/
SIDA et l’impunité des actes à l’encontre des droits fondamentaux des enfants et
renforcer leur surveillance; et enfin (4) réduire les effectifs des OEV par la mise en
place de structures appropriées de surveillance et de prise en charge des enfants
en difficultés.
Autres initiatives en faveur des droits de l’enfant
D’autres initiatives sont mises en place par le BINUB dans le cadre de la stratégie
intégrée d’appui des Nations Unies à la consolidation de la paix au Burundi
(2007/2008). Elles visent entre autres à mettre en place des chambres spéciales
pour les mineurs en conflit avec la loi, à réduire la population mineure en prison
68
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
au moyen d’une réinsertion sociale, l’accélération des jugements et l’utilisation des
peines alternatives.
Toutes ces politiques et ces initiatives aboutissent à des résultats que nous voyons
ci-après.
III.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalités
des sexes.
En général, la situation des enfants continue à se détériorer malgré les efforts des
différents acteurs dont fait partie le gouvernement. Trois phénomènes comme
le VIH/SIDA, la guerre et la pauvreté sont les plus générateurs d’orphelins et
d’enfants vulnérables. Le nombre de ces derniers qui était estimé à 650.000
à la fin 2004, s’élevait à 835.996 en 2005, soit environ 11% de la population
burundaise. Parmi ceux là, 250.000 sont infectés ou affectés par le VIH/SIDA
et 30.346 sont orphelins et chefs de ménage. Selon les données de l’UNICEF,
65.400 enfants sont travailleurs précoces et 5.000 enfants vivent dans la rue.
D’un autre côté, la protection de l’enfance est mesurée à travers un certain
nombre d’indicateurs reconnus comme des éléments d’évaluation de la pauvreté
non matérielle. Il s’agit entre autres du travail des enfants, des mariages
précoces, et de l’enregistrement à l’état civil.
L’enregistrement des naissances
Selon les données
de l’UNICEF,
65.400 enfants
sont travailleurs
précoces et 5.000
enfants vivent dans
la rue.
Cet indicateur évalue l’ampleur de l’enregistrement des enfants. Sans preuve
de naissance, les enfants manquent de la protection essentielle qui provient de
cette forme légale d’identité. La preuve de la lignée est critique pour les enfants
dans le cas de l’héritage de la propriété des parents décédés. Sans preuve de
naissance, les enfants sont particulièrement vulnérables à l’exploitation et à
l’abus des droits de tout citoyen qui peuvent leur être refusés.
Au Burundi, 60,2% des enfants de moins de cinq ans ont été enregistrés à
l’état civil en 2005. L’absence d’enregistrement est justifiée en grande partie
par le coût, les amendes de retard et l’ignorance (MICS, 2005). Depuis 2008, les
amendes ont été supprimées pour les retardataires (enregistrement après 15
jours à partir de la naissance) mais la procédure est devenue tellement lourde
et lente que certains préféreraient payer ces amendes plutôt que de faire les
démarches réglementaires requises.
Le travail des enfants
Le travail des enfants est une conséquence directe d’un déficit de protection
et surtout d’un vide en matière de politique appropriée pour les enfants. Le
graphique ci-après tiré des données de 2005 montre bien la relation existant
entre le niveau de pauvreté des enfants et le fait qu’ils travaillent.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
69
Graphique 16.
Travail des enfants et leur bien-être
25
20
23,1
19,3
17,7
20,2
18,7
20,7 20
18,9
16,9
15,8
17,9
16,5
15
14,1
11,7
10
5
0
Masculin
Féminin
Très pauvre
Pauvres
Moyen
Riches
Plus riches
Pourcentage d’enfants travailleurs
Pourcentage d’élèves impliques dans le travail des enfants
Source : MICS 2005
Ces données montrent une frange non négligeable d’enfants (5–14 ans)
qui travaillent en même temps qu’ils fréquentent l’école. Aussi, les enfants
travailleurs se trouvent plus chez les pauvres que chez les riches.
Mariage précoce
Le mariage précoce, c’est-à-dire avant l’âge de 18 ans, est une violation des
droits des enfants. Ce phénomène touche beaucoup plus les filles et ce, avec
beaucoup plus de conséquences. En effet, les filles se mariant avant l’âge de
18 ans sont plus vulnérables et du fait de leur mariage mettent en danger leur
santé par les risques de naissances à un âge précoce. Le mariage se présente
même comme un risque vital dans certaines conditions. Les décès liés à la
grossesse sont une cause principale de mortalité chez les filles mariées et
célibataires âgées de 15 et 19 ans. En outre, elles arrêtent leur scolarité,
les isolant socialement et renforçant la nature inégalitaire de la pauvreté. Le
graphique 16 qui suit montre l’ampleur du phénomène au Burundi.
70
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Graphique 17.
Mariage précoce des femmes
24,8
21,6
12,7
indice du bien-être
10,5
7,5
7,5
Très pauvres
3,1
2,8
Plus riches
2,9 2,1
2
Riches
3,9
Informel
0,5
Primaire
Sans
2,5
5,6
2,3 2,8
Secondaire+
4
12,1
10,5
9,4
18
Moyen
9,5
22,1
19,4
Pauvres
20,3
18,6
Niveau d’éducation de la mère
Pourcentage de femmes mariées avant l’âge de 15 ans*
Pourcentage de femmes mariées avant l’âge de 18 ans*
Source : MICS 2005
Le taux de filles qui sont mariées avant 15 ans est estimé à 2,9% en 2005 et le
taux de celles qui l’ont été avant l’âge de 18 ans est estimé à 20,4%. 9,6% des
femmes d’un âge compris entre 15 et 19 ans sont mariées ou en union. Parmi
ces filles mariées ou en union précoce, 12,7% n’ont pas été à l’école contre 2,3
% qui ont terminé le niveau secondaire. Par rapport au niveau de bien-être, les
plus riches représentent 7,5% et les très pauvres 10,5%. Toutes ces variables
montrent combien la protection sociale de l’enfance présente des failles dont
nous analysons les causes et les irrégularités dans la partie qui suit.
III. 3. Facteurs causaux et corrélations
En général, les facteurs qui empêchent la réalisation des droits des enfants,
particulièrement en matière de protection, sont multiples. Comme montré
précédemment, le Burundi est signataire de plusieurs instruments internationaux
concernant les droits de l’enfant. Toutefois, il n’existe ni structure institutionnelle,
ni mécanisme efficace permettant de les défendre effectivement, ni aucune
politique de vulgarisation permettant d’en faire la promotion auprès de la
population.
D’autre part, la guerre civile qu’a connue le Burundi à partir de 1993 a porté à
leur paroxysme les violations des droits de l’enfant dans le pays. Le nombre
de viols sur mineurs a atteint des proportions inquiétantes. Les cas de noninscription des enfants à l’état civil se sont multipliés entraînant le non-respect
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
71
d’un certain nombre de leurs droits y afférents (droit à la santé, à l’éducation,
etc.). Les motifs du non-enregistrement des naissances ont trait au coût élevé
des démarches, à l’éloignement du lieu d’enregistrement, à l’ignorance de
cette obligation et à l’ignorance du lieu d’enregistrement. La non-inscription
dans les registres de naissance favorise aussi les mariages précoces car les
preuves de l’âge des enfants ne peuvent pas être produites dans ce cas.
Dans le contexte de guerre, des enfants soldats ont été utilisés dans le conflit
par les différents belligérants, le phénomène des enfants de la rue, corollaire de
la pauvreté croissante des familles et de l’augmentation du nombre d’orphelins
s’est accentué. Aussi, avec la guerre et la paupérisation des ménages, les
enfants burundais sont devenus de plus en plus contraints de travailler pour
compléter le revenu des parents ou pour subvenir à leurs propres besoins.
L’impact du VIH/SIDA est à mentionner car un nombre croissant d’enfants
deviennent chefs de ménages suite à la propagation de ce fléau chez leurs
parents.
Si la situation des enfants en matière de protection n’est pas satisfaisante
comme nous venons de le voir, il y a lieu de s’interroger sur les stratégies à
prendre dans les domaines de la protection de l’enfance et de la protection
sociale.
III.4. Stratégies
Différentes stratégies pourraient améliorer la situation des enfants en
matière de protection. Au niveau des pouvoirs publics, plusieurs actions sont
indispensables afin de promouvoir les droits des enfants. Il s’agit de procéder
à la ratification de tous les instruments juridiques internationaux ayant trait aux
droits de l’enfant et de les appliquer dans toute leur rigueur. Par ailleurs, la
mise en œuvre effective de la CEDEF (Convention sur l’Elimination de toutes
les formes de Discriminations à l’égard des Femmes) qui a été signée par le
Burundi en janvier 1992 pourrait indirectement produire des bénéfices pour les
enfants.
L’élaboration du code sur les droits de l’enfant est quasi indispensable étant
donné que tout ce qui concerne l’enfant au Burundi est dispersé dans d’autres
textes de lois. Mettre ensemble toutes ces clauses éparpillées pour en faire
une juridiction spécialisée pour les enfants en augmenterait la visibilité. Aussi
la mise en place d’une justice spécifique aux mineurs, la répression dans le
respect de la loi, toutes les violations des droits de l’enfant, la mise en place
d’un parlement des enfants, sont des stratégies à mettre en œuvre dans le
court terme. Quant à la vulgarisation des droits de l’enfant et la sensibilisation
de la population au respect des droits de l’enfant, ce sont des programmes qui
passeraient respectivement dans des programmes d’enseignement formel et
informel.
72
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
De plus, les pouvoirs publics doivent assurer une protection spéciale pour les
Orphelins et Enfants Vulnérables et autres enfants susceptibles d’être discriminés
comme les enfants Batwa, les enfants handicapés et ceux atteints par le VIH/
SIDA. Il y a un réel besoin de renforcer le rôle du juge dans la gestion des
biens des enfants placés sous tutelle, d’octroyer d’office au mineur délinquant
les services d’un avocat, et de traiter avec célérité et en priorité les dossiers
des mineurs détenus. En outre il faudrait sensibiliser la communauté en vue
de faire cesser le travail des enfants, mettre en place une structure efficace de
surveillance du travail des enfants dans le secteur informel et dans les ménages,
cesser d’employer la méthode policière dans la résolution des problèmes causés
par les enfants en situation de rue.
Au niveau de la société civile, il faudrait mener des activités de plaidoyer et de
lobbying auprès des pouvoirs publics en vue de la promotion, de la défense et
du respect des droits de l’enfant, assurer une prise en charge psychosociale et
juridique des enfants dont les droits ont été violés, participer à la vulgarisation
des droits de l’enfant, et enfin dénoncer les violations des droits de l’enfant.
Quant aux parents, ils devraient s’acquitter convenablement des obligations
liées à l’autorité parentale en essayant surtout de mettre les enfants à l’abri de
tout danger pouvantt nuire à leur intégrité tant physique que morale. Aussi, ils
devraient servir de modèle dans le respect des droits de l’enfant et informer
les enfants sur les facteurs qui concourent à la violation de leurs droits. Les
règlements à l’amiable avec les auteurs des violations des droits de l’enfant
(surtout pour les cas de violences sexuelles) sont à bannir. Dans ce cas, la voie
judiciaire est à privilégier. La sensibilisation des communautés est nécessaire.
Enfin, les enfants devraient apprendre à dénoncer sans complaisance les auteurs
d’abus dont ils sont victimes et s’organiser en associations pour revendiquer
leurs droits.
Conclusion de la section
La situation en matière de protection sociale et de l’enfance au Burundi s’améliore
au fur et à mesure de l’adoption de textes de lois et règlements renforçant les
droits des enfants. Pour autant un manque d’application de ces textes conduit à
une impunité des crimes et violences faites sur les enfants. Certaines situations
liées au travail des enfants ou au mariage précoce sont encore très courantes à
l’heure actuelle au Burundi.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
73
Section iV.
Situation
des enfants
en matière
d’éducation
L’accès à l’éducation est un droit fondamental de la personne humaine
(Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, article 26). La communauté
internationale, en adoptant en 1989 la Convention relative aux droits de l’enfant,
a déclaré que l’éducation primaire et secondaire était un droit fondamental pour
les enfants. De plus, la communauté internationale s’est engagée pour les droits
de la personne et de l’éducation par l’entremise des objectifs du Millénaire pour
le développement, de la Déclaration du Millénaire et de l’initiative Éducation
pour tous de l’UNESCO.
L’éducation, de façon générale, constitue un pilier stratégique pour la lutte
contre la pauvreté. En effet, l’enfant est un capital précieux qui permet de
contribuer au développement d’un pays. Cette approche est celle qui est mise
en exergue par les pays et les partenaires au développement.
Une deuxième approche est centrée sur l’enfant lui-même. Elle considère que
c’est un être humain ayant des droits que l’Etat et les parents doivent garantir
et protéger dans le temps et dans l’espace. C’est effectivement, dans ce cadre
que l’éducation devient pour les enfants un droit et pour la communauté, une
obligation.
Dans les lignes qui suivent, nous abordons le diagnostic des textes de lois,
les résultats des programmes d’éducation et l’analyse de certaines causes qui
affectent l’éducation des enfants au Burundi. Cette étude nous permettra de
proposer des stratégies en matière d’éducation.
IV.1. Lois, Politiques et programmes dans le domaine
de l’éducation
La Convention Internationale des Droits de l’Enfance (CDE)prévoit que les Etats
membres reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation (art 28), au repos et
aux loisirs, au jeu et à des activités récréatives, à la vie culturelle et artistique
(Art 31). Par ailleurs, selon les mêmes instruments, les Etats doivent prendre
des mesures appropriées pour réduire le taux d’abandon et en particulier,
rendre l’enseignement primaire gratuit.
Ces dispositions de la CDE, ont été corroborées par la Charte Africaine des
Droits et du Bien-Etre des Enfants en son article 11. Selon cet article, les
Etats doivent fournir un enseignement de base gratuit et obligatoire. La charte
africaine précise aussi à l’alinéa 2 de l’article 11 que les Etats doivent donner leur
chance aux enfants de sexe féminin. Dans le même sens, d’autres programmes
internationaux ont été mis en place pour encourager la scolarisation des filles.
On peut citer notamment l’initiative « the African girls education ».
Le Burundi ayant ratifié les conventions relatives au droit de l’enfant et le Pacte
International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels, et la Charte
Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant, il se doit de transposer ces
textes internationaux dans la législation nationale.
74
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Toutefois, trois ans après la ratification de la CDE, la prise en compte des
engagements internationaux dans le domaine de l’éducation des enfants s’est
effectuée à un rythme moins soutenu. Selon le rapport initial du Burundi sur la
CDE, les conditions de guerre n’ont pas permis une mise en œuvre effective de
ces dispositions dans le domaine de l’éducation.
Néanmoins, après l’arrêt des hostilités, qui a été consacré par les accords de
paix d’Arusha signés en 2000, des dispositions ont été prises pour promouvoir
l’éducation des enfants et mettre en pratique les textes auxquels le Burundi a
souscrit, en plus des clauses relatives a l’éducation incluses dans ces mêmes
accords d’Arusha. En effet, ces accords comprennent des résolutions concernant
l’encouragement de manière volontariste à l’enseignement primaire obligatoire
et le rétablissement dans leurs droits des filles et des garçons dont la scolarité
a été interrompue du fait du conflit burundais et de l’exclusion, notamment
par une réinsertion adéquate dans le système scolaire et, plus tard, dans la vie
professionnelle. (Protocole I, chap II, art 7) Les accords prévoient également
une commission nationale pour la réinstallation des sinistrés dont la mission
était d’accorder, à toute famille qui rentre, y compris les familles dont le chef
de famille est une femme ou un enfant, une assistance dans le domaine de
l’éducation. Cette commission doit aussi aider les rapatriés dans l’éducation des
enfants. (Protocole IV, chap I, art 4).
Cette volonté d’encourager l’éducation au Burundi a été aussi consignée dans
la constitution adoptée par référendum en mars 2005. Selon l’article 53, « tout
citoyen a droit à l’égal accès à l’instruction, à l’éducation et à la culture. » et « l’Etat
a le devoir d’organiser l’enseignement public et d’en favoriser l’accès (…) ».
Dans le cadre de la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement
et la transformation des lois nationales en programmes opérationnels, plusieurs
initiatives ont été prises pour améliorer l’éducation des enfants. En effet, une
décision du Président de la République intervenue à la veille de la rentrée scolaire
2005/2006 a officialisé la gratuité de l’éducation dans toutes les écoles primaires
publiques du Burundi. Ainsi, bien que non encore obligatoire, l’éducation primaire
au Burundi est devenue plus accessible à un grand nombre d’enfants. Cette
mesure doit aider à atteindre les objectifs du Forum Mondial sur l’Education
tenue à Dakar en 2000 mais aussi les OMD, et permettre ainsi la scolarisation
universelle.
Dans le cadre de sa politique générale de lutte contre la pauvreté, le gouvernement
du Burundi a adopté en 2006, la version finale du Cadre Stratégique de Lutte
contre la Pauvreté. Ce document décrit la politique sectorielle en matière
d’éducation et incite le Gouvernement à s’engager dans « une réforme profonde
pour assurer un développement durable de l’éducation et mettre en place des
conditions nécessaires pour sa relance. » (CSLP, 2006). Cette réforme est
actuellement en cours et devrait être mise en place d’ici 2010.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
75
Aussi, avec l’appui de l’UNICEF, le gouvernement a lancé en 2004 une
campagne dénommée « Back to school » qui vise spécifiquement à renvoyer à
l’école les enfants de 7 à 12 ans qui ont connu des problèmes de scolarisation
pendant la crise déclenchée en 1993. L’objectif principal de cette campagne
est d’augmenter le nombre d’inscriptions à l’école après tant d’années de
guerre. Cette campagne s’est accompagnée d’une série de mesures dont la
distribution en matériel scolaire, la réhabilitation des infrastructures scolaires,
et l’introduction/extension des cantines scolaires. Un programme de cantines
scolaires et des mesures d’incitation des jeunes filles à fréquenter l’école ont
été également mises en place par le Gouvernement avec l’appui conjoint de
l’UNICEF, du PAM et des ONG.
Dans la même ligne de renforcement de la scolarisation des enfants, le Burundi
est en train de mettre en œuvre un projet d’appui à la reconstruction du système
éducatif avec le financement de la Banque Mondiale. Ce projet a pour but
d’assurer l’éducation d’un nombre toujours croissant d’élèves du primaire en
améliorant les capacités et les infrastructures de son système scolaire. Il vient
en l’appui au programme d’infrastructure scolaire mis en œuvre dans cette
optique par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Culture. Ce projet a
pour objectif de réduire les disparités géographiques et celles basées sur le
genre.
IV.2. Résultats pour les enfants dans le domaine de
l’éducation
Les politiques initiées par le gouvernement dans le secteur de l’éducation ont
eu des impacts plus ou moins satisfaisants. Bien qu’il soit assez difficile de
quantifier les résultats pour chaque programme, il est possible d’avoir quelques
références en matière d’impact sur l’éducation au Burundi.
En effet, selon le rapport de la Banque Mondiale (2006), la mesure de gratuité
de l’enseignement primaire s’est accompagnée d’une augmentation des
budgets alloués au secteur de l’éducation. Le niveau relatif du budget affecté
à l’éducation est passé de 17,6% en 2005 à 22.6% en 2006 (graphique 18).
En raison de la priorité accordée à l’enseignement primaire, la part du budget
d’éducation allouée à ce sous-secteur est passée de 40% en 2002 à 48% en
2008.
76
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Graphique 18.
Evolution des dépenses de l’éducation
pourcentage (relative)
25
22,6
20
17,6
15
16
15
14,2
14
10
5
2,7
0
2,3
2,4
2001
2002
2,2
2003
2,1
2004
Education
2005
3,4
2006
Santé
Source : Statistiques du Ministère des Finances
Le graphique ci-dessus met en évidence un indicateur de moyens mais le véritable
impact ne peut être apprécié qu’à travers l’analyse des indicateurs de mesures
propres au secteur de l’éducation, c’est-à-dire, par la combinaison de plusieurs
indicateurs spécifiques à l’éducation. (différents taux). La mesure de gratuité a
permis l’accroissement des effectifs mais aussi la réduction de l’écart entre les
taux d’inscription des garçons et des filles. En effet, pour la scolarisation à l’école
primaire, les disparités entre les garçons et les filles se sont progressivement
réduites et tendent à disparaître depuis l’année scolaire 2005/2006, comme
décrit dans le graphique 19.
Graphique 19.
Evolution du taux net de scolarisation
80,00
70,00
60,00
50,00
40,00
30,00
TNS: G
20,00
TNS: F
10,00
00
6
–2
20
05
20
05
20
04
–
04
20
20
03
–
20
03
02
–
20
1–
20
02
20
0
00
–
20
19
99
–2
00
0
20
01
0,00
Source: Ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
77
Les données issues de l’enquête QUIBB 2006 montrent que la politique de
gratuité a eu des effets immédiats. Une évaluation faite par Sommeiller &
Wodon en 2006 montre que l’année qui a suivi la mise en place de la gratuité,
31,8% des enfants de 6 à 11 ans ont été scolarisés. Cette dynamique au
cours d’une seule année scolaire montre bien que la gratuité a eu des effets
immédiats et positifs.
En termes d’impact sur l’atténuation de la pauvreté, la mesure a permis
aux ménages pauvres d’envoyer leurs enfants à l’école. Cet impact montre
implicitement que cette décision permet à une partie des enfants de sortir du
cercle de la pauvreté.
Graphique 20.
Répartition des nouveaux inscrits après la gratuité
Plus riches (Q5)
11%
Plus pauvres
(Q1) 27%
Quatrième
quintile (Q4)
17%
Troisième
quintile (Q3)
20%
Seconde
quintile (Q2)
25%
Source : QUIBB 2006
L’éducation des enfants, à travers tous les pactes et conventions est considérée
comme un droit universel. Cette reconnaissance est d’autant plus importante
que l’éducation de l’enfant constitue la voie la plus sure pour l’épargner de tous
les risques de pauvreté, que ce soit au niveau de l’éducation préscolaire, de
l’alphabétisation, de l’école primaire et secondaire.
Education pré-scolaire
Selon le rapport initial du Burundi sur la mise en œuvre de la CDE (2000),
l’enseignement préscolaire accueille les jeunes enfants pour les préparer à
l’enseignement primaire. Le niveau pré-scolaire prépare les enfants à aborder
l’école avec un niveau de base suffisant pour éviter des déperditions souvent
observées en première année. Mais on remarque que cette éducation préscolaire n’est pas répandue et peut expliquer en partie le taux élevé de
déperditions pendant la première année scolaire. Le pourcentage d’enfants
fréquentant le pré-scolaire était estimé à 1,6% en 2006.
78
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
L’enquête MICS en 2005 a montré qu’il y a très peu d’enfants qui fréquentent les
écoles de formation préscolaire. Ce type d’enseignement est surtout pratiqué
dans les centres urbains et par des établissements privés. On l’observe moins en
zone rurale. Dans tous les cas, cette étape n’est ni indispensable, ni obligatoire
pour l’enfant mais elle est fortement recommandée afin de préparer les enfants
à aborder efficacement le niveau primaire.
Fréquentation de l’école primaire et secondaire
La période de crise déclenchée au Burundi en 1993 a ébranlé le système éducatif
et les résultats d’apprentissage. Dans son rapport initial sur la mise en œuvre de
la CDE, le Burundi avait estimé qu’il pouvait atteindre la scolarisation universelle
en 2000.Cela n’a pas pu être réalisé malgré des efforts de sortie de crise qui ont
eu des effets positifs sur l’éducation. Mais ces dernières années et ce, grâce à
la décision de rendre gratuite l’école primaire en 2005, on observe un taux de
scolarisation en constante progression. Toutefois, c’est en fin de primaire et au
niveau secondaire que des problèmes existent, avec un taux d’abandon encore
trop élevé. Une réflexion concernant le maintien des frais de scolarité au niveau
secondaire doit être maintenant débattue.
a. Scolarisation au primaire
Au moment où le Burundi faisait son rapport initial sur la CDE, le taux net de
scolarisation (TNS) à l’école primaire s’élevait à 29,73 % pendant l’année scolaire
1996/1997, c’est-à-dire, en pleine période de conflit. En 2005/2006, le taux de
scolarisation était de 72,4%, en toute logique plus élevé que le taux de 1996/97.
Toutefois, ces chiffres recoupent des disparités au niveau provincial. En effet, à
titre indicatif, les TNS est de 89,4% à Bururi contre 63% à Karusi.
Les ratios « nombre d’élèves/enseignant » (55 élèves) et « nombre d’élèves/
enseignant qualifié » (62 élèves) sont très élevés par rapport aux normes
internationales3. L’enseignant ne peut donc pas suivre individuellement chaque
écolier. Ce ratio excessivement élevé joue en défaveur de la qualité des
apprentissages.
En réalité, le ratio « nombre d’élèves/enseignant » ne donne pas toute la
dimension du groupe que l’enseignant anime. Il s’agit, en effet, du ratio nombre
d’élèves par classe qui donne la véritable image de la classe. La classe moyenne
au Burundi est de 89 élèves avec des disparités provinciales et communales
très importantes. Certaines classes comptent plus de 150 élèves.
Concernant la répartition par genre, la scolarisation au primaire est de 74,1 %
pour les garçons et 73,1 % pour les filles en 2006 contre 58,2 % et 49,4 %, en
2002. On constate une nette progression en proportion et en matière d’équité
sur les quatre dernières années. D’autres contrastes s’observent selon l’échelle
de pauvreté des familles des enfants. La figure 21 ci-après est assez explicite.
3
Un maître pour 49 écoliers dans le primaire et à la maternelle
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
79
Graphique 21.
Disparités du taux net de scolarisation au primaire
Feminin
73,1
Masculin
74,1
Sexe
Ruyigi
73,5
65.1
Rutana
Ngozi
62,2
86.8
Mwaro
Muyinga
Muramvya
62,2
80,6
80,0
Makamba
Kirondo
56,8
63,9
Karuzi
Kayanza
Gitega
Cibitoke
75,6
77,6
68,2
75,7
Cankuzo
84,2
80,9
Bururi
Bujumbura Rural
90,5
Bujumbura Mairie
Bubanza
66,6
71,5
Rural
Urbain
Milieu
89,4
73,6
Ensemble
Source : Rapport de l’enquête, QUIBB 2006
Graphique 21 bis.
Taux net de scolarisation au primaire par quintile de bien-être
100,0
80,0
60,0
59,9
76,4
78,4
Quintile 3
Quintile 4
86,8
67,2
40,0
20,0
0,0
Quintile 1
Quintile 2
Source : Rapport de l’enquête, QUIBB 2006
80
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Quintile 5
Sur tous les enfants qui entrent en première année, la majorité (86,5%) vont
atteindre la cinquième année (QUIBB 2006). Il faut noter que ce nombre
comprend les enfants qui redoublent de classe et qui finissent par passer en
cinquième année. Ce niveau élevé du taux d’achèvement masque toutefois
des taux nets d’achèvement du cycle primaire ainsi que celui du passage au
secondaire qui sont très faibles.
En effet, au moment de l’enquête, seuls 7,2% des enfants en âge d’achever
le cycle primaire (11 ans) étaient en dernière année du cycle primaire. Cette
valeur doit être distinguée du taux d’achèvement brut du cycle primaire qui
comprend les enfants de tous âges en dernière année du primaire. De plus,
seulement 13,6% des enfants qui ont achevé avec succès la dernière année de
l’école primaire se trouvaient en première année du secondaire au moment de
l’enquête.
b. Scolarisation au secondaire
La scolarisation au secondaire concerne essentiellement les tranches d’âge
de 13 à 19 ans. On constate selon les données du QUIBB 2006, que le taux
augmente au fur et à mesure que la tranche d’âge augmente (Graphique 22).
Graphique 22.
Taux net de scolarisation au secondaire
30,0
25,0
20,0
15,0
10,0
5,0
0,0
13
Source : QUIBB 2006
14
15
Masculin
16
17
18
19
Féminin
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
81
Les nivaux de pauvreté influencent beaucoup la scolarisation au secondaire.
Le taux de scolarisation à l’école secondaire varie de 4,2% pour les enfants
issus des ménages les plus pauvres à 31,2% pour les ménages les plus riches
(Tableau 10). Ce différentiel témoigne des inégalités qui existent dans le secteur
de l’éducation et qui sont discutées dans la section suivante.
Tableau 10.
Scolarisation au secondaire et pauvreté des ménages
Quintile de pauvreté
Taux net de scolarisation au
secondaire
Quintile 1
4,2
Quintile 2
8,8
Quintile 3
7,6
Quintile 4
10,4
Quintile 5
31,2
Source : Rapport de l’enquête, QUIBB 2006
L’Alphabétisation et l’illettrisme
Dans le souci de faire accéder tous les enfants à une formation de base, le
Burundi prévoit d’autres formes d’enseignement à côté de l’éducation formelle
mais ce type de formation est organisé en dehors du système public. Les
centres de formation de cette nature étaient pilotés par l’église catholique et la
Communauté des Eglises de Pentecôte au Burundi. Au moment où le Burundi
présentait son rapport périodique, ces centres de formation permettaient
d’alphabétiser environ 300.000 jeunes. D’autres centres tels que les centres
communaux d’enseignement des métiers qui permettent aux enfants
désœuvrés (déscolarisés et non scolarisés) d’apprendre un métier ont un rôle
de prévention contre les risques de délinquance.
IV.3. Analyse des déterminants de l’éducation des enfants
Les déterminants de la scolarisation des enfants s’analysent de manière
quantitative et qualitative, chaque niveau d’analyse ayant ses propres causes.
Aussi, les déterminants à l’école primaire ne sont pas nécessairement les
mêmes que ceux conduisant à la scolarisation au niveau secondaire. Il en est
de même au niveau universitaire.
Au niveau du primaire, le déterminant principal réside dans la décision des
parents d’inscrire leurs enfants à l’école. L’attitude des parents vis-à-vis de
l’école, la taille et la technologie de production du ménage influencent largement
l’éducation des enfants (Pam Zahonogo, 2000). En effet, les ménages avec une
taille élevée et ceux ayant une technologie agricole rudimentaire ont tendance
82
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
à inscrire moins leurs enfants et préfèrent certaines pratiques telles que de
mettre les garçons à l’école et de garder les filles à la maison pour contribuer à
accroître le revenu du ménage. Ces pratiques qui disparaissent progressivement
ont longtemps influencé négativement l’équilibre entre les garçons et les filles
en termes de scolarisation.
La gratuité de l’enseignement primaire, adoptée en 2005, montre qu’il existe
d’autres facteurs qui influencent l’éducation de l’enfant. Ainsi par exemple, la
gratuité n’a pas permis à tous les enfants en âge scolaire d’aller à l’école. Les
études réalisées sur la question montrent en effet que le niveau de revenus des
ménages intervient également dans le processus de décision.4 Les ménages
pauvres préfèrent envoyer leurs enfants travailler pour contribuer au revenu de
la famille au lieu d’aller à l’école. Et bien que de nombreux enfants travaillent
en parallèle de leur scolarité, comme nous l’avons vu précédemment, ces
conditions ne favorisent ni une scolarité normale, ni un équilibre physique
correct pour l’enfant. La prédominance de la malnutrition et même de la famine
dans certaines provinces crée aussi des handicaps qui ne permettent pas aux
enfants de suivre une scolarité normale, ou même conduit à une absence totale
de scolarisation. Enfin, les longues distances entre l’école et la maison peuvent
également expliquer la faiblesse du taux de scolarisation au niveau primaire dans
certaines provinces.
La disponibilité des manuels scolaires et des matériels pédagogiques ainsi
que des infrastructures constitue également un autre défi, et ce, en plus du
problème de ressources humaines en quantité et en qualité. Relever ce défi
suppose la formation des formateurs et les programmes de renforcement des
capacités en général ainsi qu’une amélioration des infrastructures en place et la
construction de nouvelles écoles. En effet, l’enthousiasme des parents à envoyer
leurs enfants à l’école après la gratuité de 2005 s’est heurté à l’insuffisance
des infrastructures scolaires, montrant leur rôle majeur comme déterminant à la
scolarisation des enfants. L’UNICEF intervient sur l’ensemble du territoire pour
construire des écoles et renforcer la couverture nationale, et ainsi éliminer ce
dernier obstacle.
Enfin, on peut également mentionner le rôle du système d’évaluation, c’est-àdire, les tests et les concours, dans le passage au niveau supérieur. En effet,
ce système paraît jouer un rôle négatif dans le parcours scolaire des enfants et
décourage certains de ces enfants à continuer ensuite leur scolarité.
Ces déterminants à la scolarisation au niveau primaire sont donc très nombreux
d’autant qu’ils dépendent souvent de paramètres éloignés de la décision même
d’envoyer les enfants à l’école. Ils trouvent leur causes principalement dans le
niveau de vie des parents et le niveau de développement des structures mises
en place par l’Etat en matière d’éducation.
4
Enquête QUIBB, 2006
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
83
IV.4. Fondements et partenaires pour une stratégie
Après le rapport initial sur les droits de l’enfant présenté aux Nations Unies,
le Burundi a fait des progrès appréciables dans le domaine de la scolarisation
des enfants. Cela a été consigné dans le rapport périodique de 2006. Aussi, il
importe de proposer des stratégies et des partenariats qui puissent consolider
les acquis de ces dernières années, reposant sur le principe universel de la
contribution de l’éducation dans la réduction de la pauvreté du pays, en général,
et de celle des enfants, en particulier.
Pour compléter et garantir la pérennité de la gratuité de l’éducation au niveau
primaire, une stratégie basée sur l’augmentation des infrastructures scolaires
et du matériel scolaire s’avère urgente. Ensuite, pour financer ces besoins et
garantir l’efficacité du système scolaire, l’Etat doit restructurer son budget et
consacrer une augmentation substantielle en faveur de l’éducation.
Une stratégie de motivation et d’encouragement doit être également entreprise
auprès du corps enseignant afin de renforcer la qualité de l’enseignement fourni
aux enfants du Burundi.
L’amélioration des conditions de vie des ménages constitue aussi une stratégie
gagnante pour l’éducation et la pauvreté des enfants. Grâce à cette stratégie,
les ménages auront les capacités à faire face aux coûts additionnels mais aussi
à assurer un bien-être à leurs enfants qui peuvent difficilement aller à l’école
si les besoins au niveau alimentaire et sanitaire ne sont pas assurés en tout
premier lieu.
Conclusion de la section
L’éducation, comme pilier du bien-être de l’enfant, occupe une place de choix
dans le développement de l’enfant.
Au niveau de la législation, le constat est que le Burundi s’est doté d’instruments
juridiques de nature à garantir une bonne éducation pour les enfants. Les
résultats des programmes ont atteint aussi un niveau appréciable bien que
certaines décisions requièrent encore des mesures d’accompagnement. Ainsi,
la gratuité de l’éducation à l’école primaire nécessite que le gouvernement
réponde aux besoins en matière de construction et réhabilitation d’écoles, de
matériel scolaire et de renforcement des capacités du corps enseignant, et ce,
de manière équitable sur le territoire national. En effet, alors que l’adoption de
la gratuité a vu le taux de scolarisation au niveau primaire augmenter fortement,
elle s’est accompagnée également d’une augmentation du nombre d’enfants
par classe, induisant un effet négatif sur la qualité de l’enseignement. En outre,
il faut encore corriger au niveau primaire les différences importantes entre les
taux de scolarisation des enfants pauvres et des enfants riches et entre les
garçons et les filles.
84
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Il est vrai que des progrès remarquables ont été atteints en termes de taux de
scolarité au Burundi suite à la décision prise par les autorités de rendre l’école
primaire gratuite en septembre 2005. Cependant, les taux de scolarisation au
niveau secondaire demeurent très bas. Il faut donc maintenant renforcer les
actions sur le secondaire afin de consolider les acquis du primaire et développer
les générations futures du Burundi pour qu’elles soient éduquées et qu’elles
aient les capacités de contribuer au développement de leur pays.
Conclusion du chapitre
Ce chapitre a décrit la situation des enfants en matière de santé et de nutrition,
de protection sociale et d’éducation. Le constat est que malgré des progrès
majeurs, la situation des enfants reste précaire qui s’explique par de nombreux
facteurs liés à la pauvreté des familles et aux contraintes macroéconomiques.
Dans un pays comme le Burundi, il est difficile d’étudier la pauvreté des enfants
sans un regard sur celle des ménages et de l’ensemble du pays.
Toutefois, il est important de saluer les efforts du gouvernement quant à la
lutte contre la pauvreté des enfants en matière d’éducation et de santé grâce à
l’adoption de trois politiques mises en œuvre depuis 2005, à savoir la gratuité des
soins de santé pour tous les enfants de moins de cinq ans et de l’accouchement
des mères, et l’abolition des frais de scolarité pour tous les enfants au niveau
de l’école primaire. Cela a permis de sauver la vie de nombre d’enfants et de
femmes et de scolariser un grand nombre d’enfants qui, sans cette mesure de
gratuité, n’auraient pas pu payer les frais d’inscription et seraient par conséquent
restés exclus du système scolaire. Néanmoins, pour combler certaines failles
de ces initiatives, des mesures d’accompagnement s’imposent afin que cette
gratuité soit effective et bénéfique pour tous les ayants droits.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
85
4
86
Stratégie pour
le bien-être et
l’équité chez les
enfants
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Au vu des informations et des résultats d’analyse qui ont été
présentés dans les chapitres précédents, il s’avère nécessaire
d’affiner certaines politiques nationales qui ont été conçues
en faveur des enfants. D’autres politiques nécessitent des
mesures d’accompagnement pour pouvoir générer des
résultats positifs en faveur du bien-être des enfants. Enfin,
il est certain que des politiques nouvelles devraient être
définies pour éliminer la pauvreté et les disparités chez les
enfants au Burundi, filles et garçons. Les raisons motivant
les efforts supplémentaires à consentir sont reprises dans
ce quatrième chapitre. Et dans la matrice des stratégies qui
clôture ce même chapitre, il est présenté ce qui doit être
accompli pour arriver à des résultats positifs. Ainsi, le présent
chapitre est articulé en deux sections. La première donne
un point de vue critique sur les politiques et programmes
existants. La deuxième est consacrée aux stratégies
gagnantes présentées sous forme de matrice.
Les politiques et programmes en faveur des enfants, tels que présentés au
chapitre III, font preuve d’une volonté politique nationale et d’un engagement
de la part des bailleurs, à améliorer le niveau de vie des enfants. Mais, que ce
soit en matière de nutrition, d’éducation, de santé et de protection sociale, la
pauvreté des enfants reste alarmante. Le taux de réalisation des Objectifs du
Millénaire pour le Développement le confirme.
Et quelles en sont les causes ?
Section i.
Regard critique
sur les
politiques et
programmes
existants
Au cours des chapitres I et II, nous avons montré que les causes de la pauvreté
sont en premier lieu de nature macroéconomique et renvoient aux contraintes
budgétaires de l’Etat, qui empêchent de fournir assez de biens et services
publics dont bénéficieraient aussi les enfants. Avec la baisse tendancielle
de la production nationale, source de recettes fiscales et donc de moyens
d’intervention de l’Etat, et la croissance de la population qui est essentiellement
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
87
jeune, le déficit de l’offre par rapport à la demande ne cesse de s’aggraver dans
tous les secteurs (nutrition, éducation, santé, protection sociale et protection
de l’enfance).
En deuxième lieu, la pauvreté des enfants est expliquée par la pauvreté des
ménages qui ont la première responsabilité de faire vivre décemment les
membres du ménage. Nous avons montré que le niveau de revenu journalier
par tête est en moyenne inférieur à 0,3 USD, ce qui signifie que les chefs
de ménages n’ont pas suffisamment de pouvoir d’achat pour bien nourrir
leurs enfants, assurer les dépenses de scolarisation et de santé, et fournir un
cadre familial qui sécurise les enfants contre les fléaux sociaux mentionnés au
chapitre III.
En troisième lieu, il y a des enfants qui ne vivent pas en famille, et qui ont
besoin d’une intervention en dehors des familles, à savoir les enfants orphelins
et les enfants de la rue. Les enfants confiés vivent dans des familles mais sous
certaines conditions qui exigent des aides spéciales à donner aux tuteurs.
De ce fait, les politiques de bien-être des enfants répondraient en même temps
aux modèles A, B et C de la pauvreté des enfants. La lutte contre la pauvreté des
enfants est impossible en l’absence d’une croissance économique (première
condition), et de la redistribution du produit de cette croissance en faveur des
ménages pauvres (deuxième condition). Les deux conditions peuvent être
englobées dans le concept de croissance économique pro-pauvres. De même,
il existe beaucoup d’enfants particulièrement pauvres notamment les orphelins
et autres enfants vulnérables. Il faut alors cibler ces enfants et leur venir en
aide de façon spécifique (troisième condition). La matrice des politiques ciaprès vise ce triple objectif.
Section ii.
Matrice des
stratégies
pour le bienêtre et l’équité
chez les
enfants
88
A côté des politiques de stabilisation macroéconomique, les politiques en
faveur de l’amélioration du bien-être pour les enfants au Burundi peuvent se
présenter en deux rubriques à savoir les politiques qui visent la réduction de
la pauvreté des ménages et donc indirectement les enfants (Politiques I, II et
III), et les politiques qui visent directement les enfants (Politiques IV, V, VI, VII
et VIII).
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Axes stratégiques
Actions à mener
Résultats attendus
I. Croissance pro pauvres
1. Investir dans les activités où sont impliqués
les individus les plus pauvres : l’agriculture et
l’artisanat.
1. Le bien-être des enfants
et des ménages est amélioré.
I.1. En matière institutionnelle
I.2. En matière budgétaire
I.3. En matière économique
2. Promouvoir les investissements et les
innovations technologiques dans le secteur
agricole.
3. Soutenir les activités basées sur le travail
moins ou non qualifié, et sur les activités à
grande intensité de main d’œuvre.
2. L’accès des produits
agricoles aux différents
marchés économiques est
facilité et la part du secteur
productif agricole dans le PIB
est augmentée.
3. La sécurité alimentaire est
renforcée.
4. Développer les activités génératrices de
revenus en milieu rural.
5. Augmenter les dépenses publiques dans
le sens du renforcement des capacités
productives des pauvres. Il s’agit ici des
dépenses de santé, d’éducation, de formation
professionnelle.
6. Renforcer la sécurité alimentaire, qui
implique des mécanismes de renforcement de
la production, de la redistribution, du traitement,
du conditionnement et du stockage des biens
agricoles.
7. Mettre en place des réformes
institutionnelles qui donnent un certain niveau
de pouvoir aux pauvres, à travers un processus
démocratique, de façon que les lois, à plus
forte raison les lois budgétaires, puissent tenir
compte de leurs besoins.
II. Politiques et stratégies
démographiques
1. Adopter et mettre en œuvre une politique
nationale de population y compris les stratégies
de son application
Le taux de croissance
démographique est inférieur
ou égal au taux de croissance
du PIB.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
89
Axes stratégiques
Actions à mener
Résultats attendus
III. Nutrition des enfants
1. Renforcer la promotion de l’allaitement
maternel exclusif pendant 6 mois.
1. Le contenu calorifique
des aliments est renforcé
et le régime alimentaire des
enfants est plus équilibré et
complet.
2. Développer un plaidoyer efficace et une
mobilisation sociale en faveur de bonnes
pratiques alimentaires.
3. Prendre des mesures, législatives ou autres,
pour le respect des droits des individus à
l’alimentation et à la nutrition.
2. La croissance des
enfants suit un rythme
considéré comme normal
correspondant aux normes
internationales.
4. Promouvoir la fabrication d’aliments
de complément au lait maternel (au delà
de 6 mois) par la petite agro-industrie de
transformation de produits locaux.
IV. Education
1. Planification des besoins matériels (y compris 1. Le système éducatif est
les infrastructures), financiers et humains du
renforcé en moyens humains
système éducatif.
et financiers pour fonctionner
de manière performante.
2. Adapter le système éducatif au contexte
actuel d’intégration sous régionale.
2. Le nombre d’enfants par
classe diminue.
3. En amont, renforcer l’enseignement
secondaire et universitaire en vue de multiplier 3. Le taux de scolarisation
les enseignants des écoles primaires.
des enfants progresse au
niveau primaire et se poursuit
4. Mobiliser l’aide étrangère pour financer la
au niveau secondaire.
politique nationale de l’éducation.
4. Le taux de réussite en fin
5. Sensibiliser la population pour qu’elle puisse de secondaire augmente
contribuer aux efforts de scolarisation pour
tous.
6. Renforcer les centres d’enseignement des
métiers pour donner un certain niveau de
qualification aux enfants qui ne continuent pas
l’enseignement secondaire.
7. Augmenter la proportion des écoles
techniques par rapport au nombre total
d’établissements secondaires.
8. Renforcer l’inspection scolaire, notamment
en augmentant le patrimoine logistique
9. Rendre accessibles à tous les enfants les
repas de midi sauf pour ceux qui habitent
tout près de l’école et dont les parents sont
capables de les prendre en charge. Ceci
nécessite l’instauration des cantines scolaires
90
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Axes stratégiques
Actions à mener
Résultats attendus
10. Combattre la discrimination de quelque
nature que ce soit pour favoriser l’accès des
catégories vulnérables à l’éducation
11. Modifier la répartition des dépenses
d’éducation et rendre effective la politique de
décentralisation de l’Education.
12. Renforcer la formation professionnelle et
technique
V. Santé
1. Augmenter et équiper les centres de santé
de façon à les rendre plus accessibles et plus
opérationnels.
2. Augmenter les dotations des centres de
santé en médicaments et en ressources
humaines qualifiées.
1. Le taux de prévalence
des maladies épidémiques
et endémiques auprès des
enfants diminue.
2. L’état de santé général des
enfants s’améliore
3. Augmenter et améliorer les routes ou pistes
de connexion entre les centres de santé en vue
de faciliter les interventions éventuelles ou les
échanges de médicaments ou de personnels.
4. Former et encadrer les populations en
matière de lutte préventive contre certaines
maladies des enfants.
5. Mobiliser l’aide extérieure pour compléter les
budgets nationaux.
6. Amener les populations à participer aux
projets de santé publique et de santé des
enfants.
7. Multiplier les personnels médicaux,
notamment les infirmiers ou les sages femmes
formées, en vue de faciliter l’accès rapide aux
soins de santé
8. Subventionner, autant que faire se peut, les
soins de santé pour les pauvres en vue de leur
permettre d’accéder au service médical, ne fûtce que les soins génériques.
9. Payer à temps les créances des structures
de santé pour leur permettre de continuer à
fonctionner.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
91
Axes stratégiques
Actions à mener
Résultats attendus
10. Renforcer l’adéquation entre la demande et
l’offre de soins de santé.
11. Augmenter les équipements et permettre
les formations de perfectionnement des
personnels médicaux en vue d’accroître la
satisfaction des bénéficiaires des soins de
santé.
12. Etendre la PTME ( Prévention de la
Transmission Mère-Enfant) à toute les
structures de soins.
13. Permettre à tous les habitants d’accéder
à l’eau potable, en vue de la lutte préventive
contre les maladies liées à la saleté.
14. Promouvoir l’utilisation des moustiquaires
imprégnées à toute famille dans le cadre de
campagne nationale et au sein des structures
de santé
15. Appuyer l’initiative des mutuelles de santé
qui est naissante en milieu rural
VI. Protection sociale et
protection de l’enfance
1. Combattre l’exploitation des enfants sous
toutes ses formes (travail précoce, pires formes
de travail, exploitation sexuelle, le recrutement
des enfants dans les conflits armés…).
1. Les enfants sont plus
protégés face aux risques
d’emplois abusifs ou travail
forcé.
2. Accélérer le processus d’adoption des
projets de lois en faveur des enfants.
2. Les enfants sont mieux
protégés face aux violences
et abus physiques et moraux.
3. Multiplier les infrastructures culturelles et
sportives en vue d’un meilleur encadrement
physique et moral.
4. Lutter contre la prostitution et la drogue chez
les enfants.
5. Investir dans les garderies et les centres
d’enseignement pré-scolaire en milieu rural.
6. Mettre en œuvre les diverses politiques
déjà existantes en rapport avec la protection
sociale et celle de l’enfance et la lutte contre la
discrimination basée sur le sexe.
7. Accélération de la promulgation de la loi sur
l’égalité des genres en matière de succession
et d’héritage, tout en combattant toute forme
de discrimination contre les femmes.
92
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Axes stratégiques
Actions à mener
Résultats attendus
8. Multiplier les initiatives pour protéger les
populations vulnérables contre les maladies, les
intempéries et autres catastrophes naturelles.
9. Constituer un fonds de solidarité en vue de
faire face aux événements imprévisibles.
VII. Politiques spécifiques
aux enfants en difficulté
1. Multiplier les orphelinats en vue de secourir
tous les orphelins qui manquent de familles
d’accueil.
2. Protéger les biens des orphelins.
3. Multiplier les centres de handicapés en
vue de soigner tous les enfants qui ont des
insuffisances mentales ou physiques.
4. Aider les familles qui hébergent des
orphelins ou des enfants confiés.
1. Les orphelins ont une
meilleure prise en charge
dans le cadre de structures
appropriées ou bien sont
réintégrés auprès des
membres de leur famille si
possible.
2. Les orphelins et enfants
vulnérables ont un niveau de
bien-être en progression
5. Eradiquer le phénomène « Enfants de la rue »
6. Décourager l’exploitation des enfants par les
adultes à travers la mendicité.
7. Mobiliser un fonds pour la réinsertion des
enfants en difficultés surtout les enfants de la
rue.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
93
Conclusion générale
Les éléments développés dans ce rapport sur l’étude de la pauvreté et des
disparités des enfants au Burundi démontrent bien que l’Etat et la communauté
internationale s’investissent vigoureusement dans la reconstruction du pays
après la guerre de 1993, qui a duré plus d’une décennie. Le retour à la paix, le
relèvement socio-économique, la sécurité alimentaire et le respect des droits
humains sont autant de domaine qui constituent la priorité des priorités en vue
d’assurer le bien-être de la population burundaise en général et le bien-être des
enfants en particulier.
Les enfants souffrent avec plus d’acuité que les adultes du contexte de pauvreté
dans lequel se trouve le Burundi. Au niveau des ménages et des enfants euxmêmes, les résultats montrent que :
• Le PIB par habitant est en moyenne inférieur au seuil de pauvreté depuis
les années 1990, et se dégrade progressivement durant cette période.
Cela veut dire alors que la pauvreté des enfants au Burundi trouve son
origine dans la pauvreté des ménages qui ont la responsabilité d’éduquer,
de nourrir, de soigner les membres de leur famille.
• Concernant les sources de la pauvreté, les populations sont loin d’être
satisfaites de la qualité et de la quantité des biens et services fondamentaux
mis à leur disposition par l’administration publique et ce en matière
d’enseignement primaire et secondaire, en matière de santé, en matière
d’infrastructures publiques, en matière de moyens de transport, etc. Les
contraintes restent trop lourdes pour la majorité des ménages et des
enfants.
• Les niveaux et tendances de la pauvreté se déterminent par les dotations
factorielles et les caractéristiques des ménages. Les familles avec plus
de capital, moins nombreuses, et où les chefs de famille ont une position
sociale plus élevée sont moins pauvres.
La situation des enfants en matière de nutrition, de santé, de protection et
d’éducation reste précaire. Cela est en grande partie la conséquence d’une
longue période de guerre et d’une faible performance macroéconomique, mais
aussi du faible dynamisme des fonctions de production au sein des ménages.
Malgré ce tableau peu reluisant de la situation des enfants, des progrès sont
observables comme on peut le voir au travers de la réalisation des Objectifs
du Millénaire pour le Développement. Les efforts du gouvernement et de ses
partenaires ont abouti à une amélioration des conditions de vie des populations
qui pour la majorité sont vulnérables. Plusieurs stratégies ont été développées
notamment la réallocation des ressources budgétaires en privilégiant les
secteurs pro-pauvres, la mise en place des programmes et projets visant à
répondre aux besoins spécifiques des enfants en matière de nutrition, santé,
éducation et protection, l’amélioration de l’environnement politique.
94
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
En vue de relever les différents défis et d’améliorer davantage la situation des
enfants, des opportunités s’offrent au Burundi. La fin des hostilités par le FNL
contribue déjà à instaurer un climat de sécurité favorisant le bon fonctionnement
de tout le reste. Ce retour de la paix, combiné avec les échéances électorales
pourraient être une occasion de renforcer le dialogue entre les acteurs politiques
et sociaux. Par ailleurs, ce climat de paix favorisera le retour massif des réfugiés
qui constituera à son tour une occasion d’introduire de nouveaux savoirs et
d’élargir les opportunités économiques.
Une autre opportunité concerne l’engagement de la société civile, notamment les
médias et les associations de défense des droits de l’homme qui sont à l’œuvre
pour l’implantation d’une culture de bonne gouvernance. Ainsi, la participation
au processus démocratique et à la reconstruction du pays sera réalisée, surtout
avec le processus de décentralisation en cours.
L’intégration du Burundi dans les ensembles sous-régionaux notamment l’EAC
peut générer un certain profit social et économique tiré des ouvertures et des
opportunités offertes par les autres pays.
Enfin, dans le domaine de l’éducation, plusieurs opportunités s’offrent au
Burundi. Il s’agit de la mesure d’abolition des frais de scolarité annoncée en
2005, de la disponibilité des partenaires au développement à soutenir les efforts
du gouvernement, de la place occupée par l’éducation dans l’agenda politique,
de la forte mobilisation des communautés à la base et l’implication de plusieurs
partenaires dans la construction des infrastructures.
Avec ces champs largement ouverts, des perspectives d’avenir plus optimistes
peuvent s’ouvrir en vue de réaliser le bien-être des enfants au Burundi.
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
95
Références bibliographiques
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UNICEF, Rapport Annuel, 2009
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
97
Annexe 1 : données statistiques
Tableau 1.
Répartition en % de la population par grands groupes d’âge selon le milieu de résidence et le sexe
Urbain
Groupes d’âge
Rural
Ensemble
Mas.
Fém.
Ens.
Mas.
Fém.
Ens.
Mas.
Fém.
Ens.
0–14 ans
40,9
40,8
40,8
48,2
45,5
46,8
47,2
44,9
46,0
15–64 ans
57,1
56,4
56,7
49,1
52,1
50,6
50,1
52,6
51,4
65 ans et +
2,0
2,8
2,4
2,7
2,5
2,6
2,7
2,5
2,6
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
Total
Source : CURDES-MPDRN, QUIBB 2006
Tableau 2.
PIB et consommation par tête
Année
PIB/ tête et par année
(en US$ courants)
Consommation privée / tête et par jour
(en US$ courants)
1995
162
0,424
1996
140
0,344
1997
155
0,374
1998
142
0,366
1999
127
0,313
2000
109
0,283
2001
100
0,257
2002
92
0,244
2003
85
0,223
2004
91
0,245
2005
106
0,311
2006
103
-
2007
108
-
Source : Rapports annuels de la BRB+nos calculs pour les trois dernières colonnes
98
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Tableau 3.
Répartition (%) des ménages par milieu et province de résidence, et par caractéristiques
socio démographiques et économiques des chefs de ménages
Quintiles de bien être économique
Ensemble
Quintile1 Quintile 2 Quintile 3 Quintile 4 Quintile 5
Ensemble
22,5
21,2
2,1
4,1
25,1
23,4
19,9
%
Effectif
18,7
17,7
100
7.132
7,4
12,5
74,0
100
814
21,5
19,5
10,4
100
6.318
Milieu
Urbain
Rural
Provinces
Bubanza
37,3
26,7
17,6
14,2
4,2
100
330
Bujumbura Mairie
1,3
3,5
5,8
9,9
79,5
100
624
Bujumbura Rural
20,1
24,1
24,6
21,1
10,2
100
403
Bururi
23,8
17,2
19,9
14,2
24,9
100
437
Cankuzo
38,5
26,5
17,5
13,9
3,6
100
309
Cibitoke
30,0
26,6
16,0
17,9
9,4
100
413
Gitega
13,7
18,8
24,5
24,8
18,2
100
628
3,6
14,2
33,7
31,4
17,2
100
472
Karuzi
27,7
28,6
22,7
16,2
4,7
100
339
Kirundo
41,9
26,3
15,1
10,6
6,0
100
482
Kayanza
Makamba
19,4
18,0
17,0
27,6
18,0
100
283
Muramvya
11,3
18,1
30,3
29,4
11,0
100
337
Muyinga
31,8
26,3
16,9
14,7
10,3
100
468
Mwaro
19,5
18,8
21,3
23,7
16,7
100
329
Ngozi
21,7
24,3
20,1
21,0
12,9
100
543
Rutana
28,7
25,9
18,8
16,0
10,5
100
324
Ruyigi
31,1
28,5
20,7
15,6
4,1
100
411
Taille du ménage
1–2
32,8
25,2
18,7
11,3
12,1
100
862
3–4
25,5
22,4
19,8
17,3
15,1
100
2.212
5–6
20,7
21,6
19,6
20,7
17,4
100
2.082
7 et plus
16,2
17,5
20,8
21,8
23,6
100
1.935
Hommes
20,5
20,6
20,2
20,1
18,6
100
5.651
Femmes
30,0
23,5
18,6
13,6
14,4
100
1.439
8,3
100
4.141
Sexe du Chef de Ménage
Niveau d’instruction du Chef de Ménage
Jamais école
28,4
25,0
21,4
16,9
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
99
Maternelle
,0
25,0
50,0
25,0
0,0
100
4
16,5
18,0
20,1
23,4
21,9
100
2.437
Secondaire
1,0
5,4
6,0
14,0
73,6
100
386
Supérieur
0,0
2,2
2,2
0,0
95,5
100
89
Non déclaré
18,2
0,0
22,7
13,6
45,5
100
22
Jamais marié
27,0
19,5
18,0
10,5
25,0
2,8
200
Marié monogame
19,7
20,4
20,5
20,9
18,5
73,3
5.188
Marié polygame
21,2
21,7
19,2
17,2
20,7
2,9
203
Divorcé/Séparé
37,8
25,9
10,9
11,9
13,4
2,8
201
Veuf
30,6
23,6
19,1
12,9
13,9
18,2
1.285
Primaire
Etat matrimonial du Chef de Ménage
Statut dans l’emploi du Chef de Ménage
Patron
8,2
13,1
9,8
16,4
52,5
100
61
Salarié protégé
4,7
6,6
8,5
14,9
65,4
100
471
Salarié non protégé
26,6
23,7
22,4
18,1
9,2
100
1959
Indépendant
10,6
11,3
16,2
23,2
38,7
100
302
AF/APP/STAG/AFM
21,5
25,9
18,5
15,6
18,5
100
135
Autre
23,6
22,3
20,5
19,4
14,3
100
4.163
Source : CURDES-MDPRN, QUIBB 2006
Tableau 4.
La situation nutritionnelle des enfants au Burundi
Nutrition
Burundi 2000
Burundi 2005
Poids pour âge
Insuffisance pondérale
45,1
39,2
Taille pour âge
Retard de croissance
54,9
52,5
8,1
7,4
Emaciation
Source : MICS 2000, Enquête nutrition, Mars 2005
Tableau 5.
Scolarisation au secondaire et pauvreté des ménages
Quintile de pauvreté
Taux
Quintile 1
4,2
Quintile 2
8,8
Quintile 3
7,6
Quintile 4
10,4
Quintile 5
31,2
Source : CURDES-MPDRN, QUIBB 2006
Tableau 6.
Répartition en pourcentage des ménages selon certaines caractéristiques
100
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Pourcentage
pondéré
Nombre de ménages
pondéré
Ménages avec au moins un enfant âgé de moins de 18 ans
87,3
8.200
Ménages avec au moins un enfant âgé de moins de 5 ans
57,1
8.200
Ménages avec au moins une femme âgée de 15–49 ans
85,9
8.200
Source : MICS III, 2005
Tableau 7.
Répartition en pourcentage des femmes de 15–49 ans selon leurs caractéristiques individuelles
Pourcentage pondéré
Région
Milieu
Age
Nord
32,4
3.011
Sud
15,9
1.479
Est
6,7
625
Ouest
21,8
2.029
Centre
23,2
2.161
Urbain
5,8
537
Rural
94,2
8.768
15–19
25,3
2.357
20–24
18,8
1.753
25–29
15,8
1.472
30–34
12,7
1.181
35–39
10,4
966
40–44
9,0
838
45–49
Situation matrimoniale
7,9
738
57,2
5.325
9,9
925
Jamais mariée
32,8
3.053
A déjà donné naissance
63,7
5.925
N’a jamais donné
naissance
36,3
3.380
Actuellement mariée
Autrefois mariée
Statut de la mère
Effectif de femmes
pondéré
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
101
Niveau d’éducation de
la mère
Sans
29,8
2.772
Primaire
34,8
3.239
6,3
584
29,1
2.708
0,0
2
Secondaire+
Informel
NSP
Indice du bien-être
Total
Très pauvre
19,8
1.847
Pauvres
20,1
1.870
Moyen
19,8
1.845
Riches
19,8
1.838
Plus riches
20,5
1.905
100,0
9.305
Source : MICS, 2005
102
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Tableau 8.
Répartition en pourcentage des enfants de moins de 5 ans selon leurs caractéristiques individuelles
Sexe
Région
Milieu
Pourcentage
pondéré
Effectif des enfants de
0–59 mois pondéré
Masculin
48,9
3.370
Féminin
51,1
3.525
Nord
34,5
2.379
Sud
15,2
1.046
Est
7,5
517
Ouest
21,8
1.500
Centre
21,1
1.454
Urbain
4,6
319
95,4
6.577
9,8
673
6–11 mois
11,0
760
12–23 mois
21,1
1.451
24–35 mois
18,0
1.237
36–47 mois
22,8
1.572
48–59 mois
17,3
1.194
Sans
25,7
1.771
Primaire
33,5
2.310
3,2
223
Informel
37,6
2.590
Très pauvre
19,8
1.364
Pauvres
21,2
1.464
Moyen
20,1
1.385
Riches
19,8
1.365
Plus riches
19,1
1.317
100,0
6.896
Rural
Age
< 6 mois
Niveau de l’éducation de la mère
Secondaire
Indice du bien-être
Total
Source : MICS, 2005
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
103
Tableau 9.
Taux de mortalité infantile et infanto-juvénile selon les caractéristiques sociodémographiques
(Basé sur le Modèle Ouest)
Taux de mortalité
infantile (0–11 mois)*
Sexe
Région
Milieu
Masculin
132
188
Féminin
108
163
Nord
133
197
Sud
100
144
Est
112
163
Ouest
117
171
Centre
116
169
Urbain
Indice du bien-être
96
137
Rural
121
178
Très pauvre
128
190
Pauvres
134
199
Moyen
131
195
Riches
109
158
90
128
Sans
132
195
Primaire
110
160
43
55
120
176
Plus riches
Niveau d’éducation de la mère
Taux de mortalité infantojuvénile (0–59 mois) **
Secondaire et+
Total
Source : MICS, 2005
Tableau 10.
Pourcentage d’enfants de 12–23 mois vaccinés contre les maladies de l’enfance à un moment quelconque
avant l’enquête et avant le premier anniversaire
Vacciné avant l’âge de
12 mois
88,9 72,5 68,7 58,5 63,8 87,5 82,3 66,9 67,9 34,6
8,2
1.451
Source : MICS, 2005
104
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Aucun
1.451
Tous
8,2
Rougeole
89,3 73,5 69,8 61,1 64,1 88,6 84,2 70,2 76,5 45,3
Polio3
Les deux (1+2)
Polio2
1.451
Polio1
1.451
8,0
Polio0
,2
27,8 26,9 23,9 18,1 18,8 27,1 24,7 16,4 26,7 12,8
DPT3
61,6 46,5 45,8 42,9 45,3 61,5 59,5 53,8 49,8 32,5
Déclaration de la mère (2)
DPT2
Carnet de Vaccination (1)
DPT1
BCG
Pourcentage d’enfants ayant reçu:
Vaccinés à un
moment
quelconque avant
l’enquête selon:
Nombre
d’enfants
de 12–23
mois
Tableau 11.
Pourcentage d’enfants de 0–59 mois ayant dormi dans une moustiquaire traitée la nuit précédente
Sexe
Région
Milieu
Age
Indice du
bien-être
1
2
3
4
5
6
Masculin
13,0
8,2
1,0
3,7
0,5
86,5
3.370
Féminin
13,7
8,5
1,2
4,1
0,4
85,9
3.525
Nord
9,4
5,3
0,5
3,7
0,4
90,1
2.379
Sud
13,9
7,8
1,9
4,3
1,6
84,4
1.046
Est
18,0
12,0
0,0
6,1
0,1
81,8
517
Ouest
17,5
12,7
1,8
3,0
0,1
82,4
1.500
Centre
13,3
8,0
1,1
4,2
0,1
86,6
1.454
Urbain
51,0
39,6
3,7
7,7
0,4
48,7
319
Rural
11,5
6,8
1,0
3,7
0,5
88,0
6.577
0–11 mois
16,8
10,9
1,1
4,7
0,2
83,1
1.433
12–23 mois
14,4
8,6
1,0
4,8
0,4
85,2
1.451
24–35 mois
14,3
8,9
1,1
4,3
0,2
85,5
1.237
36–47 mois
10,5
6,4
1,5
2,6
0,6
88,9
1.572
48–59 mois
10,7
6,8
0,6
3,3
0,9
88,3
1.194
Très pauvre
7,7
4,6
0,4
2,7
0,8
91,4
1.364
Pauvres
9,1
5,3
0,7
3,1
0,4
90,5
1.464
Moyen
10,9
5,8
0,7
4,3
0,1
89,0
1.385
Riches
13,0
7,6
1,1
4,3
0,3
86,7
1.365
Plus riches
26,8
19,1
2,6
5,1
0,6
72,6
1.317
13,3
8,3
1,1
3,9
0,4
86,2
6.896
Total
7
Source : MICS, 2005
1. Ont dormi sous une moustiquaire
2. Ont dormi sous une moustiquaire traitée
3. Ont dormi sous une moustiquaire non traitée
4. Ont dormi sous une moustiquaire mais on ne sait pas si elle est traitée
5. Ne sait pas s’ils ont dormi sous une moustiquaire
6. N’ont pas dormi sous une moustiquaire
7. Nombre d’enfants de 0–59 mois
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
105
Tableau 12.
Répartition en pourcent des enfants âgés de 0–2 ans selon le lieu ou leurs excréments sont évacués; et
pourcentage des enfants âgés de 0–2 ans dont les excréments sont évacués de façon saine
Qu’avez-vous fait pour vous débarrasser des excréments
Région
Milieu
Niveau de
l’éducation
de la mère
Indice du
bien-être
Total
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Total
(%)
Nord
0,7
70,1
4,6
2,8
8,0
3,1
8,4
0,6
1,8
100
70,7 1.476
Sud
1,2
63,9
8,5
3,5
4,5
3,1 12,3
0,7
2,4
100
65,0
630
Est
1,2
45,8 23,0
15,5
3,2
2,3
5,8
0,0
3,3
100
47,0
295
Ouest
0,7
68,3
6,5
2,4
7,6
4,5
7,6
0,5
1,9
100
69,0
878
Centre
0,3
71,8
1,3
0,2
14,1
9,4
2,6
0,1
0,2
100
72,1
898
Urbain
0,6
74,4
4,2
2,4
3,4
3,6
8,9
0,4
2,2
100
75,0
199
Rural
0,7
67,1
6,3
3,2
8,6
4,8
7,3
0,4
1,7
100
67,8 3.977
Sans
0,5
63,4
7,2
3,8
9,7
4,8
8,0
0,4
2,2
100
63,8 1.050
Primaire
0,5
67,6
5,4
3,3
7,2
5,9
7,2
0,6
2,1
100
68,2 1.439
Secondaire
1,6
76,3
4,1
2,5
3,8
2,6
5,3
0,4
3,3
100
77,9
Informel
0,9
69,1
6,4
2,6
8,9
3,7
7,3
0,3
0,8
100
70,1 1.547
Très pauvre
0,2
64,5
6,1
4,8
7,6
6,3
9,2
0,1
1,2
100
64,7
833
Pauvres
0,8
67,4
7,3
3,7
8,3
3,8
7,0
0,4
1,2
100
68,2
892
Moyen
0,7
64,8
6,8
2,4
12,1
4,9
5,7
0,3
2,4
100
65,5
844
Riches
0,7
70,0
6,0
2,2
8,5
4,6
6,5
0,6
0,8
100
70,8
817
Plus riches
1,1
70,6
4,5
2,5
5,1
3,9
8,6
0,8
2,9
100
71,7
791
0,7
67,4
6,2
3,1
8,3
4,7
7,4
,4
1,7
100
68,1 4.176
Source : MICS, 2005
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
106
L’enfant a utilisé les toilettes/latrines
L’enfant a jeté les excréments dans les toilettes/latrines
L’enfant a jeté les excréments dans les égouts ou le fossé
L’enfant a jeté les excréments avec les ordures ménagères
L’enfant a enterré les excréments
L’enfant a laissé les excréments à l’air libre
Autre
NSP
Manquant
Proportion d’enfants dont les excréments sont évacués sainement
Nombre d’enfants âgés de 0–2 ans
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
10
11
141
Tableau 13.
Pourcentage d’enfants âgés de 36–59 mois qui fréquentent une forme quelconque d’établissement
d’enseignement préscolaire, et pourcentage des enfants admis en première année d’enseignement
primaire ayant suivi un enseignement préscolaire
% de 36–59 mois
qui fréquentent
un établissement
d’enseignement
préscolaire
Nombre d’enfants
âgés de 36–59 mois
Pourcentage
d’enfants admis
en première année
au niveau primaire
ayant suivi un
enseignement
préscolaire
Nombre d’enfants
admis en 1ere année
au niveau primaire
Sexe
Masculin
4,6
1.358
2,3
290
Féminin
4,8
1.409
1,0
261
Région
Nord
8,6
920
2,2
164
Sud
4,1
424
2,2
84
Est
0,9
224
0,0
28
Ouest
4,2
626
2,5
133
Centre
1,1
572
0,4
142
Milieu
Urbain
Rural
24,1
121
10,1
24
3,8
2.646
1,3
527
Age de l’enfant
36–47 mois
3,8
1.572
0,0
0
48–59 mois
5,9
1.194
0,0
0
7 ans
0,0
0
1,7
551
Niveau d’éducation de la mère
Sans
3,3
728
2,4
162
Primaire
5,2
894
1,8
166
24,3
87
8,7
10
3,7
1.057
0,7
213
Secondaire+
Informel
Indice du bien-être
Très pauvre
3,9
541
0,0
79
Pauvres
3,5
577
1,4
110
Moyen
2,8
551
0,0
119
Riches
4,0
560
1,3
125
Plus riches
9,7
537
5,2
118
Total
4,7
2.766
8,3
1,7
Source : MICS , 2005
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
107
Tableau 14.
Pourcentage d’enfants en âge d’entrée à l’école primaire effectivement admis en première année
Pourcentage d’enfants en âge
d’entrée à l’école primaire
effectivement inscrit en
première année
Nombre total d’enfants
en âge d’entrée à l’école
primaire
Masculin
52,8
662
Féminin
48,5
640
Nord
41,4
459
Sud
49,9
218
Est
35,5
104
Ouest
63,5
258
Centre
61,0
262
Urbain
67,3
59
Rural
49,9
1.242
Age
7
50,7
1.302
Niveau d’éducation
de la mère
Sans
44,5
421
Primaire
61,6
324
Secondaire+
71,2
33
Informel
47,6
524
Très pauvre
37,2
237
Pauvres
46,5
272
Moyen
47,3
286
Riches
55,5
260
Plus riches
67,1
246
50,7
1.302
Sexe
Région
Milieu
Indice du bien-être
Total
Source : MICS, 2005
108
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Tableau 15.
Pourcentage d’enfants ayant l’âge de l’école primaire qui fréquentent effectivement
une école primaire ou une école secondaire
Garçons
Scolarisation
nette
Région
Milieu
Age
Niveau
d’éducation
de la mère
Indice du
bien-être
Filles
Nombre
d’enfants
Scolarisation
nette
Ensemble
Nombre
d’enfants
Scolarisation
nette
Nombre
d’enfants
Nord
65,0
1.289
58,9
1.228
62,0
2.517
Sud
76,0
637
73,7
627
74,9
1.264
Est
66,2
271
62,1
243
64,3
514
Ouest
77,8
785
76,3
764
77,1
1.549
Centre
76,5
811
77,9
822
77,2
1.634
Urbain
90,2
147
91,5
169
90,9
317
Rural
71,3
3.646
68,4
3.515
69,9
7.160
7
57,0
662
53,7
640
55,4
1.302
8
70,8
635
70,9
599
70,9
1.234
9
75,1
564
74,5
560
74,8
1.124
10
76,2
710
76,1
684
76,1
1.395
11
82,6
444
74,2
421
78,5
865
12
73,9
778
69,5
779
71,7
1.557
Sans
66,5
1.218
62,6
1.156
64,6
2.375
Primaire
78,6
853
80,0
853
79,3
1.706
Secondaire
89,2
90
88,1
102
88,6
192
Informel
71,8
1.631
67,7
1.572
69,8
3.204
Très
pauvre
63,7
785
54,5
744
59,2
1529
Pauvres
68,0
772
66,3
731
67,2
1.503
Moyen
69,9
744
68,4
774
69,1
1.518
Riches
76,2
795
76,7
746
76,4
1.541
Plus riches
83,5
697
82,6
689
83,0
1.385
72,0
3.793
69,5
3.684
70,8
7.477
Total
Source : MICS III, 2005
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
109
Tableau 16.
Pourcentage d’enfants ayant l’âge d’aller à l’école secondaire qui fréquentent un établissement
de niveau secondaire ou plus
Masculin
Région
Milieu
Taux net de
scolarisation
Nombre
d’enfants
Taux net de
scolarisation
Nombre
d’enfants
5,2
1.036
4,0
1.214
4,5
2.250
Est
11,1
566
9,0
619
10,0
1.185
Sud
4,6
208
2,3
242
3,3
450
Ouest
12,7
713
10,8
825
11,7
1.538
Centre
6,6
736
4,8
921
5,6
1.658
Urbain
30,8
176
32,4
223
31,7
399
6,8
3.083
4,7
3.599
5,7
6.682
Nord
Niveau
d’éducation
de la mère
Indice du
bien-être
13
0,8
499
0,6
608
0,7
1.107
14
1,9
614
3,3
726
2,7
1.340
15
5,5
594
4,3
590
4,9
1.184
16
7,1
434
8,7
516
7,9
950
17
15,3
423
9,7
478
12,4
902
18
14,7
460
10,7
560
12,5
1.020
19
22,8
235
11,1
344
15,9
578
Sans
1,0
359
1,5
424
1,2
782
Primaire
1,5
222
2,2
293
1,9
516
26,6
22
28,3
46
27,8
68
Informel
0,6
511
0,4
570
0,5
1.081
Très pauvre
3,7
623
1,2
743
2,3
1.366
Pauvres
5,0
583
2,2
728
3,4
1.311
Secondaire
Moyen
5,6
658
4,0
729
4,8
1.387
Riches
8,5
664
6,0
810
7,1
1.474
16,4
732
17,3
812
16,9
1.544
8,1
3.259
6,4
3.822
7,2
7.081
Plus riches
Total
Taux net de
scolarisation
Total
Nombre
d’enfants
Rural
Age
Féminin
Source : MICS, 2005
110
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Tableau 17.
Ratio des taux de scolarisation des filles et des garçons aux niveaux primaire et secondaire,
Burundi, 2005
Région
Milieu
Niveau
éducation
de la mère
Indice du
bien
être
TNS filles
niveau
primaire
TNS
garçons
niveau
primaire
IPS pour
le TNS
primaire
TNS filles
au niveau
secondaire
TNS
garçons
au niveau
secondaire
IPS pour
le TNS
secondaire
Nord
57,9
64,0
0,90
3,6
4,8
0,76
Est
71,9
76,1
0,95
10,6
9,0
1,19
Sud
63,8
66,6
0,96
2,0
3,5
0,57
Ouest
75,2
78,4
0,96
9,4
10,3
0,92
Centre
76,6
76,1
1,01
4,5
5,4
0,83
Urbain
89,5
90,2
0,99
29,6
29,1
1,02
Rural
67,5
71,0
0,95
4,7
5,6
0,84
Sans
61,6
65,4
0,94
2,6
1,2
2,13
Primaire
78,8
78,9
1,00
3,8
2,6
1,48
Secondaire+
85,9
88,8
0,97
31,8
25,0
1,27
Informel
67,0
71,9
0,93
0,7
1,1
0,68
Très pauvre
54,5
62,6
0,87
0,9
2,1
0,40
Pauvres
65,4
67,6
0,97
2,0
3,2
0,63
Moyen
66,5
70,2
0,95
4,1
5,0
0,81
Riches
76,4
75,8
1,01
5,8
7,3
0,80
Plus riches
80,9
83,6
,97
16,8
14,7
1,14
68,5
71,8
0,95
6,1
6,8
0,90
Total
Source : MICS, 2005
TNS : Taux Net de Scolarisation
IPS : Indice de Parité entre les Sexes
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
111
Raison du non enregistrement
1
Sexe
Région
Milieu
Age
Niveau
l’éducation
de la mère
Indice du
bien-être
Total
2
3
4
5
6
7
8
112
10
11
12
Masculin
59,9
5,4 3.370 13,4
7,5 10,1 13,2
2,6 37,9 13,6
1,7 100 1.168
Féminin
60,5
4,9 3.525 15,0
5,9 10,4 12,3
2,7 38,3 13,3
2,0 100 1.222
Nord
64,3
5,9 2.379 13,5
5,4
1,5 42,9 19,5
2,9 100
708
Sud
58,1
6,7 1.046 13,2 10,2 19,6
7,9
6,7 30,5 11,0
,9 100
368
Est
62,9
6,3
5,1 15,7
,0 40,8 12,9
1,0 100
159
Ouest
43,9
5,8 1.500 15,7
7,0 11,7 15,0
1,7 32,9 13,9
2,2 100
754
Centre
70,9
1,6 1.454 11,7
5,8 11,9 15,9
3,8 45,5
4,5
,8 100
400
Urbain
62,2
4,9
319 20,0
,0 11,8 19,5
4,5 32,2 11,1
1,0 100
105
Rural
60,1
5,1 6.577 14,0
7,0 10,2 12,4
2,6 38,4 13,6
1,9 100 2.285
517 19,2
5,3
4,1 10,3
0–11 mois
48,3
4,4 1.433 15,3
7,2
7,8
7,8
2,2 43,9 14,1
1,7 100
678
12–23 m
58,2
4,8 1.451 14,3
8,3
9,4 15,5
2,6 34,4 14,1
1,4 100
537
24–35 m
64,1
5,0 1.237 11,9
6,6 12,4 14,0
3,8 37,0 12,8
1,5 100
381
36–47 m
66,2
4,9 1.572 13,9
5,8 12,9 14,4
2,2 34,8 13,9
2,2 100
454
48–59 m
65,1
6,5 1.194 15,1
4,5 10,3 14,6
3,0 38,2 11,2
3,1 100
340
Sans
53,7
7,2 1.771 15,5
7,1 12,8 12,1
3,3 29,6 17,8
1,8 100
693
Primaire
62,1
4,4 2.310 14,7
5,0
2,9 38,2 12,7
1,8 100
775
Secondaire
85,9
1,9
5,7 15,8
1,1 56,2
5,6
2,2 100
27
Informel
60,8
4,7 2.590 13,1
7,8
8,5 11,4
2,0 44,1 11,1
2,0 100
895
Très pauvre 57,6
4,9 1.364 12,3
5,6
9,2 12,6
2,0 38,3 17,6
2,5 100
511
Pauvres
59,1
6,0 1.464 16,4
5,5
8,6 14,0
3,7 38,1 11,7
1,9 100
512
Moyen
58,5
5,7 1.385 14,4
7,9
8,8 13,8
2,7 37,9 12,7
1,8 100
496
Riches
62,3
4,0 1.365 14,3
8,9 10,7 11,2
,6 41,4 11,0
1,9 100
460
Plus riches
63,7
5,1 1.317 13,7
5,4 14,8 11,7
4,6 34,5 14,2
1,1 100
411
60,2
5,1 6.896
6,7
2,7 38,1 13,5
1,9 100 2.390
223
4,9
14,2
9,8 15,0
8,5
10,2 12,7
Source : MICS, 2005
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
9
Total
Tableau 18.
Répartition en pourcentage des enfants de 0-59 mois en fonction de l’enregistrement
de leur naissance et des raisons de leur non-enregistrement
Pourcentage de naissances enregistrées
Ne sait pas si la naissance a été enregistrée
Nombre d’enfants de 0–59 mois
Coût élevé
Eloignement du lieu d’enregistrement
Ignorance de cette obligation
Enregistrement tardif, parent évitant de payer une amende
Ignorance du lieu d’enregistrement de l’enfant
Autre
Ne sait pas
Indéterminé
Nombre d’enfants âgés de 0–59 mois sans être enregistrés
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Total
Nombre
d’élèves de
5–14 ans
Indice du
bien-être
% élèves
impliqués
dans le travail
des enfants
Niveau
d’éducation
de la mère
Nombre
d’enfants
travailleurs de
5–14 ans
Age
% enfants
à la fois
travailleurs et
élèves
Milieu
Nombre
d’enfants de
5–14 ans
Région
% enfants
scolarisés
Sexe
% enfants
travailleurs
Tableau 19.
Pourcentage d’enfants âgés de 5–14 ans qui étudient et travaillent et pourcentage des enfants
âgés de 5–14 ans qui travaillent et étudient
Masculin
19,3
63,6
6.258
58,3
1208
17,7
3.980
Féminin
18,7
59,8
6.445
50,7
1205
15,8
3.856
Nord
23,7
56,5
4.225
45,6
1003
19,2
2.385
Sud
14,8
64,9
2.136
59,7
315
13,6
1.387
Est
22,7
58,4
890
61,0
202
23,7
520
Ouest
14,8
65,6
2.709
62,1
400
14,0
1.778
Centre
17,9
64,4
2.743
60,3
491
16,8
1.766
Urbain
9,3
82,4
576
68,0
53
7,6
475
Rural
19,5
60,7
12.127
54,2
2359
17,4
7.361
5–11 ans
16,0
58,6
8.698
58,3
1390
15,9
5.093
12–14ans
25,5
68,5
4.005
49,2
1023
18,4
2.743
Sans
20,8
56,1
3.968
48,7
824
18,0
2.226
Primaire
16,6
66,0
2.997
58,4
498
14,7
1.977
9,8
81,2
349
33,4
34
4,0
283
Informel
19,6
62,1
5.389
57,8
1057
18,2
3.349
Très pauvre
23,1
50,4
2.609
44,0
603
20,2
1.315
Pauvres
20,7
59,0
2.498
57,1
517
20,0
1.474
Moyen
18,9
59,9
2.549
53,6
482
16,9
1.526
Riches
17,9
65,9
2.619
60,7
469
16,5
1.725
Plus riches
14,1
74,0
2.428
61,7
342
11,7
1.797
19,0
61,7
12.703
54,5
2413
16,8
7.836
Secondaire
Source : MICS, 2005
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
113
Tableau 20.
Pourcentage d’enfants de 0–17 ans orphelins ou vulnérables pour plusieurs raisons dont le SIDA
Un ou tous les parents
sont décédés
Sexe
Région
Milieu
Age
Indice du bien-être
Total
Effectif d’enfants âges
de 0–17 ans
Masculin
19,0
11.081
Féminin
19,6
11.547
Nord
20,6
7.616
Sud
17,5
3.681
Est
14,4
1.577
Ouest
20,2
4.864
Centre
19,3
4.890
Urbain
21,9
1.058
Rural
19,2
21.570
0–4 ans
6,2
6.889
5–9 ans
16,8
6.439
10–14 ans
28,9
6.264
15–17 ans
34,4
3.036
Très pauvre
23,1
4.566
Pauvres
20,8
4.502
Moyen
18,9
4.545
Riches
16,2
4.606
Plus riches
17,4
4.410
19,3
22.628
Source : MICS, 2005
114
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Tableau 21.
Répartition (%) des ménages par milieu et province de résidence, sexe, Statut dans l’emploi
et quintile de bien être économique selon le nombre d’enfants de moins de 18 ans ne vivant
pas dans le logement parental
Nombre d’enfants ne vivant pas dans le logement
parental
00
Ensemble
88,2
01
02
3,0
1,4
03 et +
Total
Effectif
7,3
100,0
22.619
Province
Bubanza
88,8
2,7
1,0
7,5
100,0
1.002
Bujumbura Mairie
91,6
2,5
2,2
3,7
100,0
2.203
Bujumbura Rural
89,2
2,1
1,3
7,4
100,0
1.450
Bururi
80,9
3,0
1,3
14,8
100,0
1.722
Cankuzo
82,6
3,5
1,3
12,6
100,0
978
Cibitoke
87,8
3,4
1,9
6,9
100,0
1.217
Gitega
91,2
2,3
0,8
5,7
100,0
2.159
Kayanza
91,6
3,7
1,5
3,2
100,0
1.411
Karuzi
92,6
1,9
0,9
4,5
100,0
952
Kirundo
74,6
3,3
1,8
20,3
100,0
1.317
Makamba
95,6
2,4
1,1
0,9
100,0
913
Muramvya
91,6
2,8
0,9
4,7
100,0
1.106
Muyinga
90,0
2,3
2,1
5,5
100,0
1.371
Mwaro
94,6
2,6
0,7
2,1
100,0
1.024
Ngozi
88,7
6,0
1,8
3,6
100,0
1.589
Rutana
83,1
2,5
1,4
13,0
100,0
996
Ruyigi
85,6
3,4
1,8
9,2
100,0
1.209
Milieu de résidence
Urbain
91,4
2,5
2,0
4,1
100,0
3.179
Rural
87,7
3,1
1,4
7,9
100,0
19.440
Sexe du chef de ménage
Hommes
87,5
3,2
1,8
7,5
100,0
10.763
Femmes
88,9
2,8
1,1
7,2
100,0
11.856
Statut dans l’emploi du chef de ménage
Patron
99,6
0,4
0,0
0,0
100,0
86
Salarié protégé
97,1
2,2
0,6
0,0
100,0
767
Salarié non protégé
93,0
6,1
0,9
0,0
100,0
4.393
Indépendant
83,0
9,8
6,3
0,9
100,0
572
AF/APP/STAG/BEN
80,7
15,3
3,1
0,9
100,0
306
Autre
90,6
6,9
2,5
1,0
100,0
16.495
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
115
Niveau instruction du chef de ménage
Jamais été à l’école
87,4
3,5
1,6
7,5
100,0
11.024
Maternelle
92,3
0,0
7,7
0,0
100,0
13
Primaire
88,8
2,5
1,3
7,4
100,0
9.420
Secondaire
90,1
2,0
1,6
6,2
100,0
1.906
Supérieur
92,8
0,5
1,5
5,2
100,0
194
Non déclaré
82,3
8,1
0,0
9,7
100,0
62
Quintile de bien-être économique
Quintile 1
86,6
3,3
1,5
8,6
100,0
4.031
Quintile 2
87,1
3,2
1,4
8,3
100,0
4.057
Quintile 3
89,3
3,0
1,2
6,6
100,0
4.123
Quintile 4
89,6
2,8
1,2
6,4
100,0
4.113
Quintile 5
90,0
2,6
2,0
5,5
100,0
4.437
Source: QUIBB 2006
116
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Tableau 22.
Survie de la mère, répartition (%) de la population de moins de 25 ans par milieu et
province de résidence, âge et sexe selon la survie de la mère
Mère vivante
Ensemble
Ensemble
dans le
ménage
dans un
autre
ménage
Mère
décédée
Ne sait pas
82,1
8,4
8,3
1,3
100,0
25.617
%
effectif
Milieu
Urbain
76,9
13,7
8,3
1,1
100,0
3.259
Rural
82,8
7,6
8,3
1,3
100,0
22.358
11,7
,9
100,0
1.163
Province
Bubanza
80,6
6,8
Bujumbura Mairie
73,6
16,5
8,4
1,5
100,0
2.131
Bujumbura Rural
83,3
6,8
8,7
1,1
100,0
1.665
Bururi
85,9
5,8
7,4
,8
100,0
2.016
Cankuzo
82,0
10,5
6,6
,9
100,0
1.065
Cibitoke
82,4
8,9
6,8
2,0
100,0
1.479
Gitega
84,8
5,8
8,7
,7
100,0
2.269
Kayanza
83,2
7,8
7,5
1,5
100,0
1.645
Karuzi
82,4
8,0
8,5
1,2
100,0
1.179
Kirundo
79,2
10,1
9,1
1,6
100,0
1.557
Makamba
86,0
5,6
7,3
1,1
100,0
1.074
Muramvya
82,5
4,5
12,3
,7
100,0
1.191
Muyinga
79,9
10,6
8,2
1,2
100,0
1.705
Mwaro
83,5
6,8
8,9
,8
100,0
1.066
Ngozi
78,9
10,3
9,6
1,2
100,0
1.850
Rutana
86,1
5,6
6,4
2,0
100,0
1.164
Ruyigi
85,0
8,2
4,9
2,0
100,0
1.398
Sexe
Hommes
83,3
7,2
8,5
1,0
100,0
12.505
Femmes
80,9
9,5
8,1
1,5
100,0
13.112
Source: QUIBB 2006
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
117
Tableau 23.
Survie des parents, Répartition (%) de la population de moins de 25 ans par milieu et
province de résidence, sexe selon la survie des parents
Survie des parents
Ensemble
2
parents
vivants
un vivant
et sans
nouvelles
de l’autre
76,1
1,3
un seul
vivant
2
parents
décédés
1 décédé
et sans
nouvelles
de l’autre
Aucune
nouvelle
des 2
parents
17,9
3,5
0,3
Total
Effectif
0,8
100,0
25.617
Milieu
Urbain
73,5
1,3
19,5
4,4
0,9
0,4
100,0
3.259
Rural
76,5
1,3
17,7
3,4
0,2
0,9
100,0
22.358
Province
Bubanza
72,4
0,6
20,4
5,7
0,2
0,8
100,0
1.163
Bujumbura Mairie
73,2
0,9
20,1
4,2
1,2
0,5
100,0
2.131
Bujumbura Rural
73,4
1,3
20,7
3,8
0,1
0,7
100,0
1.665
Bururi
79,3
1,6
14,0
4,2
0,3
0,6
100,0
2.016
Cankuzo
80,4
1,7
15,9
1,1
0,5
0,5
100,0
1.065
Cibitoke
76,7
0,1
17,6
3,7
0,1
1,9
100,0
1.479
Gitega
74,3
0,7
19,8
4,4
0,4
0,4
100,0
2.269
Kayanza
77,1
2,1
16,8
3,2
0,1
0,7
100,0
1.645
Karuzi
78,1
3,6
14,7
2,5
0,2
0,8
100,0
1.179
Kirundo
75,2
2,0
17,6
3,8
0,4
1,0
100,0
1.557
Makamba
78,5
0,8
16,7
2,9
0,2
0,9
100,0
1.074
Muramvya
73,3
0,4
21,7
3,9
0,1
0,6
100,0
1.191
Muyinga
78,6
2,5
15,0
3,0
0,2
0,6
100,0
1.705
Mwaro
75,5
0,8
20,0
3,0
0,2
0,6
100,0
1.066
Ngozi
71,1
1,1
22,2
4,4
0,2
0,9
100,0
1.850
Rutana
80,8
1,0
13,0
3,3
0,3
1,6
100,0
1.164
Ruyigi
80,0
0,9
16,1
1,0
0,6
1,4
100,0
1.398
Hommes
76,1
1,3
18,0
3,6
0,4
0,7
100,0
12.505
Femmes
76,1
1,3
17,9
3,4
0,3
1,0
100,0
13.112
Sexe
Source: QUIBB 2006
118
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Uniformes
Transport
Construction
Autres
Total
Effectifs
40,3
33,1
13,3
8,8
1,2
3,3
100,0
10.366
Dépense
moyennes
livres
Ensemble
Frais
Tableau 24.
Proportion (%) des dépenses d’éducation l’année en cours par poste des enfants en scolarité la
dernière année scolaire et qui sont inscrits au moment de l’enquête selon le milieu et la province
de résidence, le sexe du CM, l’âge du CM et le quintile de bien être économique
7.190
Province
Bubanza
20,0
53,5
20,8
0,4
1,3
4,1
100,0
396
3.109
Bujumbura Mairie
51,3
19,4
10,5
16,1
1,3
1,4
100,0
1.206
29.820
Bujumbura Rural
23,6
46,7
23,6
1,1
1,1
4,0
100,0
755
4.607
Bururi
38,1
39,4
15,6
3,6
1,6
1,7
100,0
1.037
7.896
Cankuzo
36,3
50,1
7,0
0,8
0,5
5,2
100,0
364
2.013
Cibitoke
24,0
48,7
20,1
1,8
0,7
4,7
100,0
511
4.041
Gitega
39,5
35,2
13,0
2,7
0,7
8,9
100,0
1.012
7.676
Kayanza
26,5
46,5
18,1
1,0
2,4
5,5
100,0
644
3.499
Karuzi
15,2
69,2
9,2
0,0
1,6
4,7
100,0
409
1.297
Kirundo
20,5
58,1
11,4
0,4
1,2
8,3
100,0
504
1.873
Makamba
31,5
44,4
15,4
1,5
3,4
3,7
100,0
442
3.182
Muramvya
27,0
57,1
11,1
0,5
1,4
2,9
100,0
512
3.174
Muyinga
18,1
54,4
20,3
2,2
0,6
4,5
100,0
596
2.441
Mwaro
20,9
65,2
11,7
0,6
0,0
1,5
100,0
497
5.012
Ngozi
22,4
46,4
25,2
2,7
0,4
2,8
100,0
593
3.122
Rutana
21,1
47,0
17,4
0,1
0,5
13,9
100,0
412
3.996
Ruyigi
31,8
54,5
4,4
1,1
0,2
8,0
100,0
476
1.902
Milieu
Urbain
50,1
21,1
11,3
13,7
1,2
2,5
100,0
1.831
24.079
Rural
26,1
50,5
16,2
1,6
1,2
4,4
100,0
8.535
3.567
Groupe d’âge
00 – 04 ans
42,4
11,6
17,4
24,5
0,7
3,4
100,0
70
16.422
05 – 09 ans
34,4
33,7
17,7
6,6
1,3
6,2
100,0
3.047
4.088
10 – 14 ans
23,2
49,3
16,1
5,4
1,4
4,7
100,0
4.549
3.805
15 – 19 ans
45,6
29,9
13,2
7,6
1,2
2,5
100,0
2.188
12.435
20 – 24 ans
54,0
22,2
7,1
14,8
1,0
0,9
100,0
512
32.053
Hommes
40,1
33,0
13,7
8,6
1,3
3,2
100,0
5.360
7.041
Femmes
40,5
33,2
13,0
8,9
1,1
3,3
100,0
5.006
7.350
Sexe
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
119
Taille ménage
1–2
31,4
33,7
23,3
9,7
0,1
1,7
100,0
110
7.697
3–4
36,4
34,5
16,2
5,4
1,0
6,4
100,0
1.176
5.317
5–6
40,8
35,5
14,5
5,8
1,0
2,5
100,0
3.149
6.107
7 et plus
40,8
31,9
12,3
10,4
1,3
3,2
100,0
5.931
8.127
Patron
64,8
22,2
5,7
1,2
0,0
6,0
100,0
101
36.420
Salarié protégé
46,0
23,2
11,3
16,7
0,5
2,2
100,0
1.029
21.335
Salarié non protégé
24,2
44,9
16,2
6,7
1,3
6,6
100,0
2.319
3.401
Indépendant
46,2
29,9
13,4
8,2
0,4
1,8
100,0
594
10.123
AF/APP/STAG/AFM
39,1
32,5
13,1
2,5
1,4
11,5
100,0
234
7.630
Autre
36,8
38,4
14,8
5,3
1,9
2,7
100,0
6.062
5.448
Groupe socio économique du CM
Quintile de bien-être économique
Quintile 1
23,4
53,2
15,8
0,3
1,3
6,1
100,0
1.481
2.174
Quintile 2
24,2
56,8
12,7
0,6
1,5
4,2
100,0
1.647
2.776
Quintile 3
22,5
49,9
19,6
0,4
1,2
6,6
100,0
1.914
3.060
Quintile 4
26,7
52,3
14,9
1,0
0,9
4,1
100,0
1.979
3.666
Quintile 5
47,3
24,0
12,0
13,0
1,2
2,6
100,0
2.537
19.268
Source: QUIBB 2006
120
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
Annexe 2 : EQUIPE OPERATIONNELLE DE L’ETUDE
COMITE DE PILOTAGE
President: Emile SINZUMUNSI, Directeur Général de la planification et de la prospective au MPDRN
Membres:
Faustin HABIMANA, Directeur de la Planification au MPDRN,
NDAYISHIMIYE Nicolas, Directeur Général de l’ISTEEBU
Cyriaque MIBURO, Cadre CNCA
Dr Audace NTIJIMANA, Ministère de la Santé/Planification
Balthazar FENGURE, MPDRN
Séraphine RUCAKUMUGUFI, Ministère de la Solidarité
Arcade BIGIRIMANA, Directeur de la réinsertion économique des jeune au MJSC
EQUIPE DE RECHERCHE (IDEC)
Gervais NDUWIMANA, Ingénieur Statisticien, Chercheur professionnel IDEC
Dr Ferdinand BARARUZUNZA, Macroéconomiste, Chercheur professionnel IDEC
Rénovate IRAMBONA, Enseignant UB, Doctorante en Psychologie, Consultant IDEC
ORIENTATION TECHNIQUE ET COORDINATION
Equipe technique de l’UNICEF sous la supervision de la Représentante de l’UNICEF
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
121
Cette étude a pour bu
réalisation et à la pr t d’aider à la
ot tion des droits
de l’enfant dans la ec
perspective…
...de
afin q sa survie e
t
u’il so
it dot de son dé
é des
v
meille eloppement
,
urs at
outs …
es
aux pris
e
v
i
t
c
a
tion
t.
articipa i le concernen
p
e
n
u
...pour décisions qu
de
122
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi
UNICEF BURUNDI
Boulevard de l’Uprona
B.P. 1650, Bujumbura
Burundi
Tél: +257 22 20 20 00
Fax: +257 22 22 51 90
Email: [email protected]