Etude nationale Sur la pauvreté de l`enfant et les Disparités
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Etude nationale Sur la pauvreté de l`enfant et les Disparités
Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi JUIN 2009 nissons-nous unissons-nous ur les enfants pour les enfants Préface En ratifiant la Convention sur les Droits de l’Enfant en 1990, le Gouvernement de la République du Burundi en collaboration avec ses partenaires au développement, s’est engagé à promouvoir et protéger les droits de l’enfant. Mais des années de conflit ont freiné le processus de développement et de protection de ces droits. Aujourd’hui, le Burundi peut à nouveau envisager l’avenir avec espoir et optimisme. Une stratégie de consolidation de la paix a été formulée dont les objectifs et les actions à entreprendre ont été consignés dans la Vision 2025, le Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté adopté en 2006 et enfin l’UNDAF adopté en 2009 pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Au nombre des instruments de planification mentionnés ci-dessus, l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables que sont les enfants et les femmes, le renforcement des partenariats en faveur de la réduction de la pauvreté font partie des stratégies majeures qui sont mises en œuvre pour atteindre les résultats visés. Toutefois, de nombreux défis subsistent résultant de seize années de conflits armés. En effet, au Burundi, les enfants et les jeunes de moins de 18 ans représentent 51 pour cent de la population totale et nombreux sont ceux qui vivent dans un état de pauvreté et dans des conditions sanitaires déplorables. La malnutrition touche 46 pour cent des enfants de moins de cinq ans selon l’enquête nutritionnelle de 2007. Les taux de mortalité infantile (108 décès pour mille naissances vivantes en 2007) et infanto-juvénile (180 pour mille en 2007) restent encore trop élevés comparés aux taux de mortalité infanto juvénile de l’Afrique au Sud du Sahara (147 pour mille en 2007) et de la sous région Afrique de l’Est et du Sud (123 décès pour mille naissances vivantes en 2007). Le Burundi occupe la 174ème position sur les 182 pays du monde classés selon l’index de développement humain de 2009 du PNUD et 67 pour cent de la population totale vit en dessous du seuil de pauvreté. La présente étude s’inscrit dans le prolongement des actions de suivi-évaluation initiées par le Gouvernement et l’UNICEF. L’Etude a été menée dans 40 pays dont le Burundi, répartis dans sept régions du monde, avec le soutien de l’UNICEF. Les résultats d’analyse montrent que des progrès ont été accomplis au Burundi durant ces dernières années. Le bien-être des enfants est une préoccupation majeure du Gouvernement. Plusieurs mesures politiques ont été prises pour soulager les conditions de vie des enfants et des femmes. Des décisions importantes en faveur du développement social ont été prises. Au nombre desdites décisions, on peut citer la gratuité des frais de scolarité, la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et pour les femmes enceintes. Les conclusions de ce rapport montrent bien que ces mesures ont agit positivement sur la situation des personnes vulnérables. Cette étude contribue aussi à dégager des orientations politiques et stratégiques qui visent spécifiquement la réduction de la pauvreté de l’enfant dans les domaines variés en insistant sur son caractère multidimensionnel. Le Gouvernement du Burundi saisit cette occasion pour saluer la bonne collaboration et l’esprit de partenariat de l’UNICEF pour la réalisation de cette étude. Il tient aussi à féliciter l’équipe des chercheurs et tous ceux qui ont contribué à sa réalisation. Monsieur Tabu Abdallah MANIRAKIZA Ministre du Plan et de la Reconstruction Burundi Dr Gloria Kodzwa Représentante de l’UNICEF Burundi nt plus te en és pr re i d un ur B u d s nt Les enfa de la moitié de la population totale et pourtant nombreux sont ceux qui vivent dans un état de pauvreté et dans des conditions sanitaires déplorables. du Burundi Les enfants Avant-propos Les enfants du Burundi représentent plus de la moitié de la population totale et pourtant nombreux sont ceux qui vivent dans un état de pauvreté et dans des conditions sanitaires déplorables. La malnutrition touche 46% des enfants de moins de cinq ans et les taux de mortalité sont encore trop élevés pour un pays qui reste encore fragilisé par des années de conflit et d’une stabilité politique qui a peiné avant de se mettre en place. Le Burundi s’est engagé malgré tout dans la lutte contre la pauvreté et a mis en place les réformes nécessaires afin de répondre à la fois aux Objectifs du Millénaire pour le Développement, mais aussi aux besoins prioritaires identifiés dans la Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté, adopté en 2006. Des progrès notables ont pu être atteints à la suite de deux reformes majeures qui sont la gratuite de l’école primaire et l’abolition des frais de santé pour tous les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Ces deux réformes ont eu un réel impact montrant que le Burundi, en dépit de conditions parfois désastreuses, a les moyens d’une politique forte de croissance, basée sur le développement communautaire et le renforcement des moyens humains et techniques, générant ainsi beaucoup d’espoir pour tous les ménages, et en particulier les ménages les plus démunis dont les enfants sont, de fait, les plus vulnérables. Le Burundi est l’un des pays les plus pauvres de la planète avec 68% de la population totale qui vit en dessous du seuil de pauvreté. Ainsi, l’Etude sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi, qui fait partie d’une étude globale sur l’impact de la pauvreté et des disparités sur l’enfant, menée dans plus de 40 pays et pilotée par l’UNICEF, permet de faire un état des lieux nécessaire à l’observation et à une meilleure compréhension des caractéristiques de la pauvreté au Burundi et la façon dont cette dernière influe sur le bien-être des enfants. L’étude est organisée en trois parties : tout d’abord, l’analyse de la situation économique et sociale actuelle du Burundi et les stratégies nationales mises en œuvre par le gouvernement avec le soutien des partenaires au développement ; ensuite, la description du niveau de pauvreté des enfants ainsi que les vulnérabilités auxquels ils doivent faire face ; et enfin, les décisions politiques qui s’avèrent nécessaires au niveau sectoriel pour parvenir à la réalisation des OMD et l’amélioration du bien–être des enfants du Burundi. Les objectifs de cette étude sont les suivants : • mettre en lumière les réalités économiques et sociales des enfants ; • identifier les contraintes et les opportunités concernant les droits des enfants ; • quantifier les disparités autant que possible en mettant en exergue les manques existants dans le domaine de l’accès et du traitement des données statistiques; • travailler de manière concertée et coordonnée sur les politiques et stratégies à mettre en œuvre en faveur des droits et de la survie des enfants. Les enfants sont une richesse pour le Burundi et cette étude a pour but de montrer comment valoriser et protéger ces enfants dans le sens d’un développement harmonieux et participatif dans lequel les enfants évoluent en pleine santé et dotés des meilleurs atouts pour un avenir optimiste. Table des matières Sigles et Abréviations Liste des graphiques Liste des tableaux Résumé exécutif Introduction générale 1 2 3 5 7 Chapitre I. Les enfants et le développement 10 Section I. Les enfants, la pauvreté et les disparités I.1. Cadre conceptuel : une approche en trois parties I.2. Les grandes constatations sur la pauvreté des enfants I.3. Les enfants et les OMD : Progrès et disparités 11 11 12 13 Section II. Contexte politique, économique et institutionnel II.1. La toile de fond géographique, politique et institutionnelle II.2. Population et croissance économique II. 3. Développement humain et d’équité 19 19 19 24 Section III. Stratégies macroéconomiques et répartition des ressources III.1. Croissance pro-pauvres et impact sur les enfants III.2. Les budgets publics et les partenariats comme preuves d’engagement à la réduction de la pauvreté 27 27 Chapitre II. La pauvreté et les enfants 34 Section I. La pauvreté monétaire et les privations qui affectent les enfants I.1. Constatations suivant l’approche revenu-consommation I.2. Constatations suivant l’approche par les privations 35 35 36 Section II : La survie de l’enfant et l’équité II.1. Tendances de la mortalité infanto-juvénile en 2000 et 2005 II.2. Taux de mortalité et facteurs de stratification sociale II.3. Liens entre la mortalité des enfants et la pauvreté 38 38 38 39 Section III. Analyse des facteurs expliquant les niveaux et les tendances de la pauvreté III.1. La pauvreté macroéconomique III.2. Les dotations factorielles III.3. Les caractéristiques intrinsèques des ménages 40 40 43 44 Chapitre III. Les piliers du bien-être des enfants 48 Section I. La situation des enfants en matière de nutrition I.1. Lois, politiques et programmes nationaux les plus importants dans le domaine de la nutrition I.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalité des sexes I.3. Analyse de causalité et corrélation dans le domaine de la nutrition des enfants I.4. Fondement et partenariat pour une stratégie 50 30 50 51 53 54 Section II. La situation des enfants en matière de Santé II.1. Lois, politiques et programmes nationaux les plus importants dans le domaine de la santé II.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalités des sexes II.3. Etat des lieux des maladies chez les enfants II.4. Analyse des causes de la santé précaire des enfants II.5. Fondements et partenaires pour une stratégie 55 Section III. Situation des enfants en matière de protection III.1. Lois, politiques et programmes dans le domaine de la protection de l’enfance et la protection sociale III.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalités des sexes. III.3. Facteurs causaux et corrélations III.4. Stratégies 67 Section IV. Situation des enfants en matière d’éducation IV.1. Lois, Politiques et programmes dans le domaine de l’éducation IV.2. Résultats pour les enfants dans le domaine de l’éducation IV.3. Analyse des déterminants de l’éducation des enfants IV.4. Fondements et partenaires pour une stratégie 74 74 76 82 84 55 58 61 64 65 67 69 71 72 Chapitre IV. Stratégie pour le bien-être et l’équité chez les enfants 86 Section I. Regard critique sur les politiques et programmes existants Section II. Matrice des stratégies pour le bien-être et l’équité chez les enfants 87 88 Conclusion générale 94 Références bibliographiques 96 Annexes Annexe 1 : données statistiques Annexe 2 : Equipe operationelle de l’étude Comité de pilotage Equipe de recherche (IDEC) Orientation technique et coordination, UNICEF 98 121 121 121 121 Sigles et abréviations ARV BAD BCG BINUB CDE CEA CNLS CSLP CURDES DTC ENCV ENECEF FAD FAO FNL IDA IRA IST ISTEEBU MDPRN MFP MICS OMD OMS ONG ONU PEV PIB PLMTC PNDS PNS PNUD PNSR PPTE QUIBB RN SNEB SNU SRO SSN UNICEF USD VIH/SIDA Antirétroviraux Banque Africaine de Développement Bacille de Calmette et Guérin Bureau Intégré des Nations Unies au Burundi Convention relative aux droits de l’enfant Communauté Est-Africaine Conseil National de Lutte contre le Sida Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté Centre Universitaire de la Recherche pour le Développement Economique et Social Diphtérie-Tétanos et Coqueluche Enquête Nationale sur la Couverture Vaccinale Enquête Nationale d’Evaluation des Conditions de vie de l’Enfant et de la Femme au Burundi Fonds Agricole de Développement Fonds des Nations Unies pour l’Agriculture (Food and Agriculture Organization) Front National de Libération Association Internationale de Développement (International Development Association) Infections Respiratoires Aiguës Infections Sexuellement Transmissibles Institut de Statistique et d’Etudes Economiques du Burundi Ministère de la Planification du Développement et la Reconstruction Nationale Mutuelle de la Fonction Publique Enquête à indicateurs multiples (Multisectorial Indicators Cluster Survey) Objectifs du Millénaire pour le Développement Organisation Mondiale de la Santé Organisation Non Gouvernementale Organisation des Nations Unies Programme Elargi de Vaccination Produit Intérieur Brut Programme de Lutte contre les Maladies Transmissibles et Carentielles Plan National de Développement Sanitaire Politique Nationale de Santé du Burundi Programme des Nations Unies pour le Développement Programme National de Santé de la Reproduction Pays Pauvres Très Endettés Questionnaire Unifié pour les Indicateurs de Base du Bien être Route Nationale Service National de l’Enseignement du Burundi Système des Nations Unies Sels de Réhydratation Orale Système de Surveillance Nutritionnelle Fonds des Nations Unies pour l’Enfance Dollar des Etats-Unis (United States Dollar) Virus de l’Immunodéficience Humaine/ Syndrome d’Immunodéficience Acquise Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 1 Liste des graphiques 2 Graphique 1 Graphique 2 Graphique 3 Graphique 4 Graphique 5 Graphique 6 Graphique 7 Graphique 8 Graphique 9 Graphique 10 Graphique 11 Graphique 11bis Graphique 12 Graphique 13 Graphique 14 Graphique 15 Graphique 16 Graphique 17 Graphique 18 Graphique 19 Graphique 20 Graphique 21 Graphique 21bis Graphique 22 Evolution de la part de la population rurale (en pourcentage de la population totale) au Burundi Evolution de la densité démographique du Burundi Pyramide des âges de la population urbaine Pyramide des âges de la population rurale Croissance comparée de la population et de la production intérieure Contribution des secteurs au PIB Evolution de la structure des dépenses en millions de BIF Nutrition des enfants Allaitement maternel Mortalité des enfants Vaccination des enfants Evolution de la couverture vaccinale Pourcentage d’enfants âgés de 12–23 mois ayant reçu tous les vaccins recommandés avant 12 mois, Burundi, 2005 Répartition des décès survenus dans les structures sanitaires par cause chez les enfants de moins de 5 ans en 2003 au Burundi, selon le rapport d’EPISTAT Prévalence de diarrhée (en %) Traitement de la diarrhée avec les Sels de Réhydratation Orale (SRO) Travail des enfants et leur bien-être Mariage précoce des femmes Evolution des dépenses de l’éducation Evolution du taux net de scolarisation Répartition des nouveaux inscrits après la gratuité Disparités du taux net de scolarisation au primaire Taux net de scolarisation au primaire par quintile de bien-être Taux net de scolarisation au secondaire Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Liste des tableaux Tableau 1 Tableau 2 Tableau 3 Tableau 4 Tableau 5 Tableau 6 Tableau 7 Tableau 8 Tableau 9 Tableau 10 Ampleur de la pauvreté au Burundi Indicateur de l’enseignement au Burundi Dépenses de santé au Burundi Indicateurs de santé des enfants Dépenses pro-pauvres et dépenses non pauvres Degré de satisfaction tirée de la disponibilité et de l’utilisation des services de base Tendances de la mortalité infanto-juvénile en 2000 et 2005 Evolution de la structure de certaines dépenses du budget de l’Etat (%) Part des ménages pauvres et riches selon les caractéristiques des ménages Scolarisation au secondaire et pauvreté des ménages ANNEXE 1 Tableau 1 Tableau 2 Tableau 3 Tableau 4 Tableau 5 Tableau 6 Tableau 7 Tableau 8 Tableau 9 Tableau 10 Tableau 11 Tableau 12 Tableau 13 Répartition en % de la population par grands groupes d’âge selon le milieu de résidence et le sexe Dépenses non pauvres Répartition (%) des ménages par milieu et province de résidence, et par caractéristiques socio démographiques et économiques des chefs de ménages La situation nutritionnelle des enfants au Burundi Scolarisation au secondaire et pauvreté des ménages Répartition en pourcentage des ménages selon certaines caractéristiques Répartition en pourcentage des femmes de 15–49 ans selon leurs caractéristiques individuelles Répartition en pourcentage des enfants de moins de 5 ans selon leurs caractéristiques individuelles Taux de mortalité infantile et infanto-juvénile selon les caractéristiques sociodémographiques (Basé sur le Modèle Ouest) Pourcentage d’enfants de 12–23 mois vaccinés contre les maladies de l’enfance à un moment quelconque avant l’enquête et avant le premier anniversaire Pourcentage d’enfants de 0–59 mois ayant dormi dans une moustiquaire traitée la nuit précédente Répartition en pourcent des enfants âgés de 0–2 ans selon le lieu ou leurs excréments sont évacués; et pourcentage des enfants âgés de 0–2 ans dont les excréments sont évacués de façon saine Pourcentage d’enfants âgés de 36–59 mois qui fréquentent une forme quelconque d’établissement d’enseignement préscolaire, et pourcentage des enfants admis en première année d’enseignement primaire ayant suivi un enseignement préscolaire Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 3 Tableau 14 Tableau 15 Tableau 16 Tableau 17 Tableau 18 Tableau 19 Tableau 20 Tableau 21 Tableau 22 Tableau 23 Tableau 24 4 Pourcentage d’enfants en âge d’entrée à l’école primaire effectivement admis en première année Pourcentage d’enfants ayant l’âge de l’école primaire qui fréquentent effectivement une école primaire ou une école secondaire Pourcentage d’enfants ayant l’âge d’aller à l’école secondaire qui fréquentent un établissement de niveau secondaire ou plus Ratio des taux de scolarisation des filles et des garçons aux niveaux primaire et secondaire, Burundi, 2005 Répartition en pourcentage des enfants de 0-59 mois en fonction de l’enregistrement de leur naissance et des raisons de leur non- enregistrement Pourcentage d’enfants âgés de 5–14 ans qui étudient et travaillent et pourcentage des enfants âgés de 5–14 ans qui travaillent et étudient Pourcentage d’enfants de 0–17 ans orphelins ou vulnérables pour plusieurs raisons dont le SIDA Répartition (%) des ménages par milieu et province de résidence, sexe, Statut dans l’emploi et quintile de bien être économique selon le nombre d’enfants de moins de 18 ans ne vivant pas dans le logement parental Survie de la mère, répartition (%) de la population de moins de 25 ans par milieu et province de résidence, âge et sexe selon la survie de la mère Survie des parents, Répartition (%) de la population de moins de 25 ans par milieu et province de résidence, sexe selon la survie des parents Proportion (%) des dépenses d’éducation l’année en cours par poste des enfants en scolarité la dernière année scolaire et qui sont inscrits au moment de l’enquête selon le milieu et la province de résidence, le sexe du CM, l’âge du CM et le quintile de bien être économique. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Résumé exécutif Le bien-être des enfants est une préoccupation majeure de tous les acteurs œuvrant pour le développement, si bien que les 18 cibles des Objectifs du Millénaire pour le Développement sont directement ou indirectement en rapport avec le bien-être des enfants. Et dans tous les pays, des politiques et programmes existent qui visent la lutte contre la pauvreté et les inégalités chez les enfants. Pour le cas du Burundi, ces politiques et programmes se précisent à travers les lois budgétaires et le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté qui y est rattaché, ainsi que les engagements manifestes des institutions internationales telles que l’UNICEF. En dépit des efforts fournis compte tenu de ces politiques et programmes nationaux, et suite notamment à la crise socio-économique et politique qui a secoué le pays depuis plus d’une décennie, les enfants restent dans un état de misère économique et sociale. Le nombre des enfants en difficulté qui était estimé à 650.000 à la fin 2004, s’élevait à 835.996 en 2005, soit environ 11 pour cent de la population burundaise. Parmi ceux là, 250.000 sont infectés ou affectés par le VIH/SIDA et 30.346 sont orphelins et chefs de ménage. Selon les données de l’UNICEF, 65.400 enfants sont travailleurs précoces et 5.000 enfants vivent dans la rue. Les défis auxquels est confrontée la population burundaise et plus particulièrement les enfants sont relatifs au respect des droits humains, au relèvement socio-économique et à la sécurité alimentaire. Dans le domaine des droits de l’homme, des violations récurrentes et, en particulier, des violences basées sur le genre continuent à sévir. En ce qui concerne les défis de relèvement socio-économique, la guerre a mis à genoux l’économie burundaise et a contribué à aggraver les problèmes structurels qui sont : une pauvreté extrême, la pression démographique, une croissance économique faible, une économie fondée en grande partie sur l’agriculture de subsistance, la dépendance du pays sur le café comme principal produit d’exportation et sur l’aide extérieure, une faible valorisation du potentiel humain, et une faible valorisation des potentialités qui existent au niveau du pays et ainsi que celles offertes par l’intégration régionale au sein de la Communauté Est-Africaine (CEA) ou des autres groupements régionaux auxquels le Burundi appartient. Cette situation de conflit a freiné la dynamique de développement au Burundi. Quant à la sécurité alimentaire, elle s’est détériorée suite aux conflits armés, aux perturbations climatiques et à la persistance des maladies comme le VIH/SIDA qui décime la population active. Il en découle que des cas sociaux sont de plus en plus nombreux en rapport avec les enfants vulnérables dont notamment les orphelins, les enfants de la rue, les enfants confiés et les enfants handicapés. L’accroissement de ces cas sociaux et la situation de pauvreté des enfants vivant avec leurs parents interpellent plusieurs acteurs afin qu’ils conjuguent leurs efforts sous forme de partenariat pour le bien-être des enfants. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 5 Ce partenariat requiert une nouvelle définition de stratégies de plus en plus spécifiques aux problèmes des enfants. Pour stabiliser les acquis dans le domaine du bien-être de l’enfant, des dispositions et des mécanismes de suivi doivent accompagner des mesures qui sont déjà en application pour les rendre plus efficaces. Nous ciblons ici la mesure de gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans et la gratuité des soins pour les femmes qui accouchent. Tous les facteurs inhibant l’impact positif de ces mesures doivent être examinés et évités dans la mesure du possible. Quant aux nouvelles stratégies à définir, la présente étude propose les pistes d’interventions les plus importantes en matière de (1) croissance pro-pauvres, (2) lutte contre l’exode rural, (3) politiques démographiques, (4) nutrition des enfants, (5) éducation primaire pour tous, (6) santé des enfants, (7) politiques de sécurité sociale, et (8) politiques spécifiques aux enfants les plus en difficulté. 6 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Introduction générale A l’heure de la crise alimentaire mondiale (FAO, 2008), la pauvreté augmente davantage dans les pays en guerre ou en sortie de guerre, et les politiques économiques soutenables sont maintenant tournées vers la lutte contre la pauvreté et la promotion de l’équité sociale et de l’égalité des chances. Au Burundi, l’engagement politique se manifeste au travers des lois budgétaires, de la déclaration d’engagement par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le Développement, du Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté, et de la ratification des conventions internationales sur les droits des groupes défavorisés, y compris les enfants. Mais le nombre et l’intensité des actions concrètes restent limités dû à un nombre élevé de contraintes liées à la qualité de la gouvernance, à l’insécurité sociale, à l’instabilité du cadre macroéconomique de croissance, au faible développement du capital humain et aux perturbations de l’économie mondiale. En dépit des efforts remarquables constatés de la part du gouvernement et des partenaires au développement, un grand nombre de ménages en général et d’enfants en particulier, restent vulnérables, touchés par les famines, la malnutrition chronique, les maladies comme le VIH/ SIDA. La plupart de ces fléaux ont été aggravés par la guerre et les mauvaises conditions de vie qui en résultent. Pourtant, les mesures de gratuité de l’enseignement primaire et des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans et pour les accouchements ont conduit à une amélioration des conditions de vie de la femme et de l’enfant dans les domaines concernés. Toutefois, il s’agit d’une situation de pauvreté extrême contre laquelle le gouvernement a mis en place des stratégies reposant sur les principes d’une participation des populations au processus économique, du renforcement de l’assise communautaire et d’un engagement fort en faveur du développement des secteurs sociaux. Cette étude s’inscrit dans un cadre plus large incluant 40 pays. C’est dans ce cadre qu’un guide méthodologique commun a été adopté. Ce guide préconise deux modèles à savoir le modèle de collecte de données et le modèle d’analyse des politiques. Les experts devaient se référer aux modèles en place pour faire l’analyse de la pauvreté à trois niveaux (pays, famille et enfant) et dégager les disparités dans les progrès vers les OMD. Ils devraient ensuite identifier les corrélations et les facteurs déterminants des disparités entre les enfants (entre les filles et les garçons) et les différents groupes d’enfants. Au niveau du Burundi, nous avons, premièrement exploité les concepts relatifs à la pauvreté et aux droits des enfants. Deuxièmement, nous avons étudié les textes existants au Burundi portant sur les réformes en matière de lutte contre la pauvreté et les droits des enfants. Il s’agit principalement de conventions internationales en matière des droits de l’enfant, des textes de lois du Burundi contenant les dispositions relatives aux enfants et des politiques et programmes sectoriels des Ministères impliqués dans la protection des enfants. Et enfin, nous avons analysé les bases de données sur les enquêtes réalisées au Burundi Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 7 dans le but d’obtenir des indicateurs fiables pouvant servir dans l’évaluation de l’impact des programmes sur la situation de l’enfant. Ces données aideront à identifier les déterminants de la pauvreté des enfants pour les différents piliers du processus de développement. Dès lors, la présente étude a pour objectifs spécifiques d’examiner l’impact du développement économique sur le bien être des enfants (Chapitre I), de dégager les formes de manifestation de la pauvreté chez les enfants (Chapitre II), de présenter les piliers du bien-être des enfants en termes de lois, de politiques et de programmes nationaux en faveur des enfants (Chapitre III), et enfin, de proposer les politiques et les stratégies appropriées pour combattre la pauvreté et les disparités chez les enfants au Burundi (Chapitre IV). e vie conditions d s e d n io t a r o Une améli 8 Soins d e santé de moi pour les en f ns de 5 ans ants Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi des femmes Le bien être Le bien être d es enfa nts Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 9 1 10 Les enfants et le développement Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Les enfan ts et le d éveloppem e nt Les indicateurs de développement économique du Burundi mettent en exergue les contraintes budgétaires au niveau national et au niveau des ménages qui empêchent de répondre aux différents besoins fondamentaux des enfants. En outre, la pauvreté des enfants au Burundi s’est progressivement renforcée avec la crise sociale, politique et économique qui a secoué le pays pendant plus de 15 ans. Alors que les ressources tant publiques que privées sont rares, il existe également des disparités trop élevées entre les groupes de ménages et d’enfants. Ces disparités concernent essentiellement le genre et les différentes régions, ce qui renvoie à la redistribution équitable du revenu national. Dans ce contexte, le présent chapitre entend expliquer le lien entre le développement économique et la qualité de la vie des enfants au travers du cadre conceptuel de la pauvreté des enfants et la situation actuelle des enfants vue à travers la réalisation des OMD (Section I), du contexte politique, économique et institutionnel (Section II), ainsi que des stratégies macroéconomiques et la répartition équitable des ressources en faveur du bien-être des enfants (Section III). Cette section s’organise autour de trois sections : l’analyse de trois approches conceptuelles quant à la définition de la pauvreté des enfants (I.1), la situation en matière de bien-être des enfants au Burundi (I.2), et le niveau de vie des enfants vu à travers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (I.3). Section I. Les enfants, la pauvreté et les disparités I.1. Cadre conceptuel : une approche en trois parties Qu’elle soit monétaire ou non monétaire, la pauvreté des enfants au Burundi se situe à trois niveaux à savoir (1) le niveau macroéconomique, (2) le niveau familial et (3) le niveau des enfants eux-mêmes. Le premier niveau est le niveau macroéconomique ayant un impact sur la pauvreté des enfants. Dans ce modèle, l’impossibilité de satisfaire les besoins fondamentaux des enfants découle de la pauvreté du pays. Celui-ci n’est pas capable de soutenir suffisamment l’activité économique et de subvenir aux Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 11 besoins de sa population en matière de services publics et ce, au travers d’une politique de dépenses publiques adéquate. Cette situation se retrouve au Burundi qui est classé parmi les pays les plus pauvres, avec un produit intérieur brut (PIB) par tête moyen proche de 100 USD par an (Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007). Le deuxième niveau correspond au niveau familial dans lequel les enfants évoluent. Dans ce modèle, l’insuffisance des moyens de subsistance des enfants découle de la pauvreté des familles qui sont sensées s’occuper des dépenses alimentaires, de scolarité, de santé, etc. pour les enfants. Au Burundi, 68 % des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté1 et dès lors, ne peuvent élever leurs enfants dans des conditions nécessaires à la survie et au bien-être des enfants. Enfin, le dernier niveau est le niveau des enfants eux-mêmes. Cette pauvreté est définie à partir de la qualité de vie des enfants comme conséquence des politiques et des budgets sociaux en faveur de cette catégorie de population. Ce modèle concerne essentiellement les enfants qui ne vivent pas dans les familles ou dans les foyers, tels que les orphelins et les enfants de la rue, qui ne cessent de se multiplier à cause des maladies pandémiques mais aussi de la guerre civile qui a secoué le Burundi depuis plus d’une décennie. I.2. Les grandes constatations sur la pauvreté des enfants a. Enfants vivant en famille A la lumière des modèles mentionnés ci-dessus sur la pauvreté des enfants, il est clair que la pauvreté des enfants vivant en famille est causée à la fois par la situation macroéconomique du pays et la faiblesse des revenus des ménages. L’ampleur de cette pauvreté est décrite dans le tableau 1 ci-après. Tableau 1. Ampleur de la pauvreté au Burundi Indicateur Incidence de la pauvreté: population en dessous du seuil de pauvreté Milieu rural Milieu urbain Ensemble 69 % 34 % 68 % Source : Enquête QUIBB 2006 68% des ménages au Burundi vit en dessous du seuil de pauvreté. Ce résultat explique la pauvreté des enfants qui provient de l’insuffisance des budgets publics et de celle des revenus familiaux ayant pour conséquence directe de compromettre le bien-être des enfants. 1 12 Niveau de dépenses (revenu) en-deçà duquel un ménage est considéré comme pauvre Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi b. Enfants vivant en dehors des familles : les orphelins et les enfants de la rue Les orphelins étaient estimés à 650.000 enfants en 2005, soit près de 17% de tous les enfants de 0 à 16 ans et dont 37% sont dus à la pandémie du SIDA. Le pays compte près de 30 orphelinats officiels hébergeant 3.000 orphelins dont 49 % sont des filles (Ndayisaba, 2005). Pour ce qui est des enfants de la rue, leur effectif est estimé à 5.000 enfants, dont 60% vivent en Mairie de Bujumbura. 75% de ces enfants de la rue sont originaires de quatre provinces à savoir la Mairie de Bujumbura, la province Gitega, la province Ngozi et la province Kayanza (Ndayisaba, 2005). Les facteurs les plus généralement cités au phénomène des enfants de la rue sont l’extrême pauvreté des parents comme expliqué ci-dessus, la dislocation des familles, les conflits armés et les décès dus au VIH SIDA. I.3. Les enfants et les OMD : Progrès et disparités Pour ce qui est des enfants de la rue, leur effectif est estimé à 5.000 enfants, dont 60% vivent en Mairie de Bujumbura. Les objectifs du Millénaire pour le Développement visent à réduire la pauvreté en général et celle des groupes défavorisés en particulier, y compris les enfants. Ils sont au nombre de huit : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. Eliminer l’extrême pauvreté et la faim. Assurer une éducation primaire pour tous. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans. Améliorer la santé maternelle. Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies. Assurer un environnement durable. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Dans ce paragraphe, nous proposons de présenter l’évaluation des cibles et indicateurs en rapport avec les enfants par objectif et les principaux résultats qui en ressortent. 1. Eliminer l’extrême pauvreté et la faim Les deux cibles pour cet objectif sont de réduire de moitié entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour et de réduire de moitié la proportion des personnes qui souffrent de la faim pendant la même période. Par rapport à ces cibles les indicateurs font état des chiffres suivants : en 2006, les estimations de l’incidence de la pauvreté indiquent que plus de 68% de la population burundaise vit avec moins de 1 dollar par jour alors qu’ils étaient moins de 35% en 1990, trois ans avant la crise déclenchée en 1993. La proportion d’enfants de moins de 5 ans souffrant de sous-alimentation Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 13 et de malnutrition aigüe est évaluée au cours de la même année à plus de 35%, soit plus d’un enfant sur trois (QUIBB 2006). La proportion d’enfants de moins de 5 ans souffrant de sousalimentation et de malnutrition aigüe est évaluée à plus de 35% En 2007, selon les résultats de l’enquête de base de l’UNICEF en vue de la mise en place du système de surveillance nutritionnelle (SSN), la situation nutritionnelle est telle que le taux d’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de 5 ans est de 35,2%; le taux du retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans au Burundi est de 46%; enfin le taux de l’émaciation ou malnutrition aiguë au Burundi est de 5,6%. Afin d’atteindre les OMD à l’échéance fixée de 2015, il faudrait que la proportion de population vivant en dessous du seuil de pauvreté soit ramenée à un taux de 33,7%. Cela nécessiterait que ce seuil diminue chaque année de 2,5%. Toutefois, si les échéances sont repoussées jusqu’en 2025, le seuil de pauvreté devrait diminuer de l’ordre de 1,47% chaque année pour obtenir les mêmes résultats. En ce qui concerne l’insuffisance pondérale des enfants de moins de 5 ans, une diminution du pourcentage d’enfants de moins de 5 ans de l’ordre de 1,52% chaque année permettrait de réduire cette insuffisance pondérale pour l’établir à 22,5% en 2015. Si cette diminution se faisait plus progressivement à hauteur de 0,91% chaque année, le même seuil de 2015 serait atteint dix ans plus tard, c’est-à-dire en 2025. 2. Assurer une éducation primaire pour tous La cible qu’il faut atteindre pour cet objectif est de donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires, d’ici 2015. D’après le PNUD, il y a de fortes chances que cet OMD soit atteint en 2015, eu égard la volonté et les engagements politiques pris au cours des trois dernières années dans ce domaine par le gouvernement, notamment la mesure de gratuité des frais de scolarité dans le cycle primaire. Le taux net de scolarisation dans le primaire est passé entre 1996 et 2006 de 30% à 77,9%. Quant au taux d’alphabétisation des 15 à 24 ans, il est estimé à 45% en 2006. Enfin, le nombre d’élèves qui terminent un cycle primaire complet est de 28% en 2006/2007. Ce chiffre s’obtient en faisant le rapport du taux d’accès en 6e année au taux d’accès en 1ère année, appelé « indicateur de survie à la sixième année ». 3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes La cible à atteindre est d’éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire en 2005, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard. 14 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Dans l’enseignement primaire, le rapport filles/garçons se situe en 2006 à près de 92%, et à plus de 70% au niveau secondaire tandis qu’au niveau supérieur, il se situe aux environs de 36%. En ce qui concerne les cadres de direction, les femmes représentaient en 2006 près de 19% du total dans la fonction publique, 27% dans le secteur parapublic et 28% dans le secteur privé. Au niveau du pouvoir législatif, la représentativité des femmes est plus élevée. Sur la base de ces données, on peut dire que les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire sont faibles. Si on augmente ce ratio filles/garçons de l’ordre de 1,5% chaque année, l’équilibre entre les deux sexes dans l’enseignement primaire sera atteint en 2015. 4. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans La cible de cet objectif est de réduire de deux tiers entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans. Selon une évaluation faite par le PNUD, le taux de mortalité des moins de 5 ans se situait en 2006 aux environs de 176‰, alors qu’il était en 1990 à 203‰. Il y a eu une diminution ces dernières années car ce taux avait atteint 223‰ en 2002 du fait de la guerre. Néanmoins l’objectif d’atteindre 67‰ en 2015 (diminution de plus de deux tiers entre 1990 et 2015) sera difficilement atteint si on tient compte du chemin à parcourir d’ici là. Quant au taux de probabilité de décès entre la naissance et le premier anniversaire calculé sur 1000 naissances vivantes, il a augmenté pendant les années de la guerre civile passant de 113,8‰ en 1992 à 129,1‰ des naissances vivantes en 2000 pour retomber au niveau de l’avant-guerre en 2006 (113,8‰). Par rapport à l’indicateur de vaccination contre la rougeole, la couverture en 2008 est estimée à 88,9%. 5. Améliorer la santé maternelle La cible à atteindre est la réduction des trois quarts, entre 1990 et 2015, du taux de mortalité maternelle. Le taux de mortalité maternelle exprime le nombre de femmes décédées pour une période donnée pour 100.000 naissances vivantes (OMS, statistiques sanitaires mondiales, 2005). La cible à atteindre est la réduction des trois quarts, entre 1990 et 2015, du taux de mortalité maternelle. En 1990, la mortalité maternelle était de 800 décès pour 100.000 naissances vivantes . Elle est restée à ce niveau jusqu’en 2004 puis est retombée jusqu’à 620 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2006. Ces performances remarquées ces dernières années s’expliquent en grande partie par la mesure de gratuité des soins de maternité, prise en 2005 par le gouvernement, qui a amené les femmes enceintes à consulter et se faire assister plus que par le passé. Il est fort probable que l’objectif d’atteindre le taux de mortalité maternelle de 200 décès pour 100.000, c’est-à-dire la réduction de trois quarts entre 1990 et 2015, sera atteint, si la volonté politique affichée par le gouvernement et le soutien que ce dernier reçoit de la part de ses partenaires dans ce domaine restent constants. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 15 6. Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies Le taux de séroprévalence du VIH reste élevé au Burundi: il est de 3,46% en 2006 et sera de 3,57% en 2011 selon les projections. Ce taux est de 4,82% chez les femmes enceintes âgées de 15–24 ans, en 2006. En termes d’évolution chez les femmes enceintes tous âges confondus, la séroprévalence est passée respectivement de 12,6% en 2004 à 18% en 2005, et à 19,3% en 2006. Pour lutter efficacement contre ce fléau, le gouvernement du Burundi a fait de la lutte contre le VIH/SIDA une des grandes priorités nationales et un des quatre axes de son Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté. Le Gouvernement a axé sa politique et ses priorités (Plan Stratégique 2007/2011) sur l’accès universel à la prévention, aux traitements, aux soins et au soutien pour toute la population. Le taux de séroprévalence du VIH reste élevé au Burundi: il est de 3,46% en 2006 et sera de 3,57% en 2011 selon les projections. Quant au paludisme qui constitue la première cause de mortalité au Burundi, et ce surtout pour les enfants de moins de cinq ans, il constitue une des grandes priorités de la Politique Nationale de Santé Publique. La tuberculose fait également partie des grands défis en matière de santé publique au Burundi. 7. Assurer un environnement durable Au Burundi, les ressources naturelles sont en régression due à la forte pression démographique. Les mouvements de la population et de bétail, suite aux conflits que le pays a connu depuis 1993, ont provoqué des pressions considérables sur l’environnement en matière de déforestation et d’empiètement sur les parcs protégés. La superficie des zones forestières par rapport à la superficie du territoire national était de 8,3% en 1990, de 5,8% entre 1993 et 1997. En 2006, ce taux est légèrement remonté jusqu’à 6,2% grâce aux efforts menés par les pouvoirs publics en matière de reboisement. Bien que les ressources du sous–sol soient peu entamées, leur exploitation est parfois peu rationnelle et a des effets négatifs sur l’environnement. Le sol comme espace géographique n’est pas utilisé de façon planifiée : l’habitat est dispersé et les villes s’étendent de façon anarchique. En outre les routes, pistes et toitures modernes mal conçues, créent des risques de ravinements causant des glissements de terrain, la destruction des maisons mais également d‘infrastructures publiques. Plus de 90% de la population de la ville de Bujumbura et presque 100% dans les centres urbains secondaires utilisent le bois comme source d’énergie pour la cuisson. Le bois est un produit multifonctionnel qui mérite une attention particulière pour sa gestion durable. Un cadre de coordination interministérielle a été établi en 2006, permettant de rationaliser l’exploitation et d’appliquer le principe de “pollueur/payeur”. 16 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Il a réalisé pendant la même année des recettes substantielles de 63,3 millions de BIF. Ces mesures ne résolvent pas tous les problèmes dans la mesure où l’administration territoriale continue, de son côté, d’accorder des autorisations d’exploitation et de transport des matériaux, sans aucun effort de réhabilitation. En ce qui concerne l’eau potable, le taux d’accès était de 65% en moyenne nationale (97% en milieu urbain dans les quartiers formels) en 2006 alors qu’il était de 52% en 1990. Avec le retour de la paix et de la sécurité et compte tenu de la tendance actuelle des indicateurs, il est probable que le Burundi atteigne l’objectif d’assurer l’accès de chaque ménage et de façon durable à un point d’eau potable à une distance ne dépassant pas 500 mètres à l’horizon 2015. Avec un taux d’urbanisation de 11%, le Burundi se classe parmi les pays les moins urbanisés du monde. L’habitat est dispersé en milieu rural. Les enquêtes menées en 2006 indiquent que la très grande majorité de la population vit dans des unités d’habitation comportant 2 à 3 pièces et ne répondant pas aux normes minimales requises en matière d’assainissement. Environ 6,3% des logements sur le territoire national possèdent des murs construits en brique cuite, béton ou pierre, alors que 91,7% sont faits de murs en briques adobe (51,4%) ou en bois (40,3%) ; 31% des maisons sont couvertes de tôles et 22% seulement de la population totale a accès aux latrines améliorées. 8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement L’atteinte des OMD nécessite une conjugaison d’efforts aussi bien au niveau national qu’international pour mobiliser des financements au profit des secteurs sociaux. Le Burundi a fait beaucoup de progrès au cours des trois dernières années. La réallocation des ressources publiques vers les secteurs sociaux a permis d’augmenter la part des dépenses pro-pauvres, la part de ces dernières passant de 59,2% à 62,3% puis à 65,5% du budget total respectivement pour les années 2006, 2007 et 2008. Concernant la dette publique, des progrès notables ont été enregistrés et le Burundi a atteint le point d’achèvement pour l’initiative PPTE le 31 janvier 2009. Cette étape de l’initiative a été le résultat d’un certain nombre d’engagements du Burundi pour créer un environnement favorable à la croissance économique. Il s’agit entre autres de maintenir un cadre macroéconomique stable, de renforcer la gestion des dépenses publiques ainsi que d’augmenter les ressources budgétaires des secteurs sociaux. En conclusion, on observe des efforts dans la réalisation des OMD, mais le chemin à parcourir est encore très long. La pauvreté des enfants persiste encore et ce, presque dans tous les secteurs. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 17 Conclusion de la section La pauvreté des enfants s’explique d’une part en fonction de leur environnement social et économique, et d’autre part par les moyens de subsistance de leurs parents et familles. 18 Comme annoncé lors de la définition de la terminologie utilisée, nous empruntons de façon imbriquée les deux approches de la pauvreté à savoir la pauvreté matérielle (ou monétaire) qui se définit par rapport au revenu et à la consommation, tandis que la pauvreté non matérielle ou non monétaire fait référence aux besoins de base comme la santé, l’éducation ou analphabétisme, alimentation, habitat, ou l’eau potable. Dans cette section, un état des lieux sur la pauvreté des enfants et l’appréciation du niveau de mise en œuvre des OMD au Burundi, permet d’avoir une idée de la situation des enfants. Le principal constat qui se dégage est que la pauvreté des enfants s’explique d’une part en fonction de leur environnement social et économique, et d’autre part par les moyens de subsistance de leurs parents et familles. Pour le Burundi, l’idée retenue dans cette étude est que l’état de la pauvreté des ménages affecte directement celui de leurs enfants. Par ailleurs, il a été noté que la guerre civile et les autres fléaux ont augmenté le nombre d’enfants orphelins et ceux vivant dans la rue. La pauvreté se mesure aussi par les résultats obtenus dans la réalisation des OMD par le Burundi. On observe que la plupart des objectifs définis dans les OMD, concernent directement ou indirectement la pauvreté des enfants et qu’un retard est manifeste dans la réalisation de ces objectifs. En effet, bien que des mesures salutaires pour rehausser le niveau du bien-être des enfants aient été prises au Burundi telles que la gratuité des soins de santé pour les moins de cinq ans et les accouchements (OMD 4 et 5) ainsi que l’abolition des frais scolaires à l’école primaire (OMD2), les autres objectifs des OMD accumulent un retard dans leur réalisation. Ces retards s’expliquent par les multiples contraintes qui constituent l’environnement socio-démographique et économique dans lequel vivent les enfants au Burundi. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi II.1. La toile de fond géographique, politique et institutionnelle Le Burundi couvre une superficie de 27.834 km² dont 25.200 km² potentiellement cultivables, pour une population de 8,04 millions d’habitants (Recensement Général de la Population et de l’Habitation, 2008). La densité moyenne est de 300 habitants au km². Section II. Contexte politique, économique et institutionnel Le réseau fluvial est riche en rivières et autres cours d’eau secondaires, en plus du lac Tanganyika. Toutefois, les irrégularités climatique et pluviométrique perturbent la production agricole, surtout en milieu rural. Ainsi, le début de l’année 2009 a vu la sécheresse augmenter du fait de l’absence de pluies dans les provinces du Nord et de l’Est. Ceci a eu pour conséquence d’augmenter la famine, et ce malgré les appuis divers donnés par l’Etat burundais et la communauté internationale. Au niveau politique, la société burundaise vient de vivre durant plus d’une décennie une guerre civile qui, depuis 1993, a entraîné beaucoup de pertes en vies humaines, déstabilisant la population sur l’ensemble du territoire. Néanmoins, la situation s’est depuis normalisée et ce grâce aux accords de paix d’Arusha, signés en 2000 qui ont conduit à l’actuel gouvernement démocratiquement élu. Ce même gouvernement a signé des accords de paix avec le dernier groupe armé, les Forces Nationales de Libération (FNL), fin 2008. Avec l’abandon de la lutte armée par le FNL le 21 avril 2009, la sécurité s’est améliorée, bien que dans certaines localités, les cas de vols à main armée, les règlements de comptes mortels, les viols et autres fléaux sociaux restent encore préoccupants. En perspective, il est permis d’espérer qu’avec plus d’efforts de la part du gouvernement, de la société civile et de la communauté internationale, le pays revienne à une plus grande stabilité politique à moyen terme. Du point de vue institutionnel, les organes politiques démocratiques fonctionnent normalement, et beaucoup d’institutions d’arbitrage et de surveillance de la démocratie et de la gouvernance sont déjà en activité. Il reste malgré tout des réformes à mettre en place, principalement liées au processus d’intégration régionale dans lequel s’est engagé le Burundi. De plus, des efforts restent à faire dans le domaine de la gouvernance et de la transparence. Toutefois, de façon générale, on peut observer une amélioration du tissu institutionnel depuis 2005, par rapport à la période de crise déclenchée en 1993. II.2. Population et croissance économique La structure ainsi que la densité de la population sont des indicateurs fiables de la dynamique productive d’une économie donnée. Pour le cas du Burundi, le pays se caractérise par une population jeune et essentiellement rurale. (graphique 1) Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 19 Graphique 1. Evolution de la part de la population rurale (en pourcentage de la population totale) au Burundi 95 Population rurale en % de la population totale 94 93 92 91 90 89 88 19 91 19 92 19 93 19 94 19 95 19 96 19 97 19 98 19 99 20 00 20 01 20 02 20 03 20 04 20 05 20 06 90 19 années Source : Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007 Une telle structure implique qu’une partie importante de la population active se trouve dans le secteur de l’agriculture. Ce constat ne peut pas être une source de problème dans le cas d’un pays relativement moins peuplé où il existe suffisamment de terres cultivables, ou dans le cas d’un pays fortement urbanisé où la majorité de la population vit en ville, et où l’agriculture représente une faible part dans la production intérieure. Mais, dans un pays aussi peuplé et rural que le Burundi, et où la densité moyenne est de plus de 300 habitants au km2,cette structure présente des implications négatives sur le développement de ces populations et de leur bien-être.(graphique 2). Graphique 2. Evolution de la densité démographique du Burundi 350 300 densités 250 200 150 100 50 90 19 19 91 19 92 19 93 19 94 19 95 19 96 19 97 19 98 19 99 20 00 20 01 20 02 20 03 20 04 20 05 20 06 0 années Source : Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007 20 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Cette situation semble dangereuse à long terme, à partir du moment où la pyramide des âges est plus large à la base, ce qui signifie que la population est essentiellement jeune : 51% de la population a moins de 18 ans. Il n’existe pas de grandes disparités en termes de genre, car à tous les niveaux, la répartition équitable se conserve L’analyse de la pyramide pourra être poursuivie notamment par le calcul des rapports de masculinité par tranche d’âge. La répartition de la population burundaise selon le milieu et la province de résidence est à l’image de celle observée au niveau des ménages: la grande majorité de la population vit en milieu rural (87%). La population burundaise est jeune, les moins de 15 ans représentent 46% de la population totale. En milieu rural, cette proportion est de 46,8% contre 40,8% en milieu urbain. Les personnes âgées de plus de 65 ans ou plus, ne constituent qu’une minorité inférieure à 3% de la population (2,4% en milieu urbain contre 2,6% en milieu rural). La population économiquement active, c’est-à-dire en âge de travailler (personnes dont l’âge varie entre 15–64 ans), représente 51,4% de la population totale (56,8% en milieu urbain et 50,6 % en milieu rural). En milieu rural, cette tranche d’âge a une population masculine moins importante (49,1% contre 52,1% de femmes). En milieu urbain, il n’y a pas de différence significative. Graphique 4. Pyramide des âges de la population rurale Graphique 3. Pyramide des âges de la population urbaine 85 ou + 80–84 75–79 70–74 65–69 60–64 55–59 50–54 45–49 40–44 HOMMES FEMMES groupes d’âge groupes d’âge 85 ou + 80–84 35–39 30–34 25–29 75–79 70–74 65–69 60–64 55–59 50–54 45–49 40–44 20–24 15–19 10–14 10–14 5–9 0–4 5–9 0–4 5 0 5 Proportions (%) 10 FEMMES 35–39 30–34 25–29 20–24 15–19 10 HOMMES 10 5 0 5 10 Proportions (%) Source : Enquête QUIBB, 2006 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 21 Les résultats de l’enquête montrent une prédominance de la population féminine (51,4 %) soit moins de 95 hommes pour 100 femmes au niveau national. En milieu urbain, cette prédominance est moins prononcée (49,2 hommes pour 50,8 femmes). D’une manière générale, la pyramide des âges, tant en milieu urbain qu’en milieu rural, présente une base élargie qui se rétrécit graduellement au fur et à mesure que l’on avance en âge, forme caractéristique des populations jeunes, à forte fécondité et à mortalité élevée mais en baisse. Toutefois, on observe un rétrécissement de la population âgée de 0–4 ans - « classe creuse »- par rapport au groupe d’âge 5–9 ans quels que soient le sexe et le milieu de résidence. Cette diminution est plus importante en milieu urbain. Les enfants des ménages ruraux sont en général plus pauvres que ceux des ménages urbains. Les grandes disparités se manifestent entre les villes et les campagnes, au niveau de la division nationale du travail et de l’accès aux biens et services en vue de la satisfaction des besoins fondamentaux. En effet, l’exiguïté des terres couplée aux techniques agricoles encore rudimentaires explique la pauvreté des ménages ruraux et de leurs enfants, tandis que dans les milieux urbains, les activités génératrices de revenus sont plus diversifiées. Ainsi les enfants des ménages ruraux sont en général plus pauvres que ceux des ménages urbains. Le paragraphe suivant met en lumière les perspectives économiques qui seraient engendrées par une croissance non maîtrisée de la population. Il existe deux approches essentielles de la relation entre la croissance de la population et la croissance économique. Dans la première, la croissance de la population est source de l’augmentation de la production nationale, de la croissance économique et du bien-être de la population, notamment lorsque les autres facteurs (terre et capital) ne sont pas pleinement utilisés ou lorsque la technologie se modernise de façon à augmenter la productivité du travail. Dans la seconde, la croissance de la population est génératrice de pauvreté, et tel est le cas lorsque les autres facteurs de production dont dispose la population sont pleinement employés, ou quand il n y a pas d’acquisition de nouvelles technologies qui pourraient permettre l’augmentation de la productivité du travail. Pour le cas du Burundi, les statistiques montrent que la population continue à accroître au taux d’environ 2.9%, alors que les facteurs de production et la production elle- même ne cessent de diminuer. Par exemple, les graphiques 5 et 6 montrent que le taux de croissance de la production intérieure dépasse rarement celui de la population (seulement entre 1990 et 1992 et entre 1997 et 1999). 22 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Graphique 5. Croissance comparée de la population et de la production intérieure 6 2 0 -2 90 19 19 91 19 92 19 93 19 94 19 95 19 96 19 97 19 98 19 99 20 00 20 01 20 02 20 03 20 04 20 05 20 06 20 07 taux de croissance 4 -4 -6 -8 -10 années GDP growth (annual %) Population growth (annual %) Source : Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007 La structure de cette production intérieure est indiquée dans le graphique 6. Il précise la part respective des secteurs primaire, secondaire et tertiaire dans le PIB. Part des secteurs dans le PiB Graphique 6. Contribution des secteurs au PIB 60 50 40 30 20 10 0 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 années Part du secteur primaire dans le PIB Part du secteur secondaire dans le PIB Part du secteur tertiaire dans le PIB Source : Indicateurs de développement en Afrique, CDROM, Banque Mondiale 2007 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 23 L’économie burundaise est dominée par le secteur primaire avec plus de 50% de sa contribution au PIB. Le secteur des services, lui, contribue au PIB à hauteur de 30%. Ces chiffres montrent une évolution stable du secteur primaire, qui implique que les technologies productives n’évoluent pas, cellesci ayant pour conséquence de réduire la part du secteur primaire au profit des autres secteurs. II. 3. Développement humain et équité Le développement humain renvoie essentiellement à la formation ou au maintien du capital humain grâce aux secteurs de l’enseignement et de la santé. 1. L’enseignement Les indicateurs de scolarisation primaire montrent une évolution positive, et surtout en faveur des filles (tableau 2). Pour l’enseignement secondaire et supérieur, les taux de scolarisation restent à des niveaux très bas, et la proportion de filles devient inférieure à celles des garçons. Tableau 2. Indicateur de l’enseignement au Burundi 2003 2004 2005 2006 2007 Taux brut de scolarisation primaire 74 80 85 Taux brut de scolarisation primaire masculin 60 60 63 Taux brut de scolarisation primaire féminin 66 73 Taux brut de scolarisation secondaire 11 Taux brut de scolarisation secondaire masculin 118 123 78 113 119 12 13 18 20 12 14 15 22 24 Taux brut de scolarisation secondaire féminin 9 10 11 15 17 Taux brut de scolarisation supérieur 2 2 2 Taux brut de scolarisation supérieur masculin 3 3 3 Taux brut de scolarisation supérieur féminin 1 1 1 Source : Indicateurs de développement en Afrique (2007), Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire (Février, 2009) 24 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Ces statistiques montrent en fait que le taux brut de scolarisation des filles est supérieur au taux brut de scolarisation des garçons au niveau primaire. Par contre, au niveau secondaire la situation s’inverse. En d’autres termes, la discrimination des filles commence avec le niveau secondaire, car c’est très souvent à cet âge que les ménages commencent à avoir besoin du travail des filles au sein de la famille. Parfois, c’est à cet âge que les parents encore ancrés dans les traditions estiment que leurs filles doivent se marier. 2. Secteur de la santé Comme nous l’avons annoncé plus haut, le secteur de la santé est le deuxième volet du développement humain. En analysant les statistiques de la santé, il est tout d’abord important de souligner le manque de moyens de la population burundaise en matière de santé , dépensant en moyenne 3 USD par an pour leur santé. (tableau 3). Tableau 3. Dépenses de santé au Burundi 2003 2004 Dépenses de santé par tête en USD 3 3 Dépenses de santé privées par les privés en % du PIB 2 2 Dépenses de santé publiques en % du PIB 1 1 Total des dépenses de santé en % du PIB 3 3 Source : CSLP, premier rapport de mise en œuvre Ce tableau montre que les ménages consacrent 2 % de leurs dépenses privées pour se soigner, alors que les dépenses publiques de santé, notamment orientées vers les personnes vulnérables ou en pauvreté absolue, représentent 1 % du PIB. Le tableau 4 ci-après montre la situation de la santé au Burundi. Tableau 4. Indicateurs de santé des enfants Espérance de vie à la naissance en 2005 44,6 ans Espérance de vie à la naissance en 2005 pour les hommes 43,7 ans Espérance de vie à la naissance en 2005 pour les femmes 45,7 ans Taux de mortalité 2000–2005 ( ‰) 190 Taux de mortalité 2000–2005 pour les hommes ( ‰) 196 Taux de mortalité 2000–2005 pour les femmes (‰) 184 Taux de mortalité infantile 2000–2005 (‰) 120 (MICS 2005) Taux de mortalité infanto-juvénile 2000–2005 (‰) 176 (MICS 2005) Source : Economie Burundaise, 2006 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 25 Cette situation met en exergue une espérance de vie à la naissance relativement courte (44 ans), un taux de mortalité brut élevé (190‰), un taux de mortalité infantile aussi alarmant (114‰), et un taux de prévalence du SIDA élevé pour la population jeune âgée de 14 à 49 ans (143‰). Cela montre que le gouvernement devrait, dans la mesure du possible, s’engager davantage à protéger la santé de la population par l’augmentation de la part de la santé dans les budgets publics. Conclusion de la section La lutte pour la réduction de la pauvreté des enfants au Burundi s’organise dans un environnement qui se caractérise par le retour progressif de la paix. La lutte pour la réduction de la pauvreté des enfants au Burundi s’organise dans un environnement qui se caractérise par le retour progressif de la paix et des efforts réalisés dans le cadre du développement humains et de l’équité qui présentent des opportunités pour un gain substantiel de bien être des enfants au Burundi. Toutefois, la structure de la population (par âge et par sexe) suggère une situation préoccupante dont il faut tenir compte dans les politiques démographiques, notamment un problème majeur de surpopulation et particulièrement jeune. En effet, la jeunesse de la population signifie un potentiel productif remarquable lorsque l’adéquation population-emplois est respectée. Ceci implique alors la promotion d’activités à haute intensité de main d’œuvre capable d’absorber toute cette offre de travail, surtout en milieu rural. Cependant, cette surpopulation risque à terme d’être facteur de troubles sociaux et économiques, d’autant que la croissance économique actuelle ne permet pas de garantir l’adéquation soutenable entre les emplois et la croissance au Burundi. La stagnation du progrès technique dans un pays comme le Burundi, où la croissance de la population se poursuit à un rythme accéléré, diminue les possibilités d’ajustement entre la population et les ressources nationales au moyen de l’augmentation de la productivité du travail et de la diversification des productions. Et cela n’est possible que si les dépenses d’enseignement et de santé de la population sont revues en conséquence, puisque ce sont là les facteurs de la production nationale et par conséquent du développement socio-économique. 26 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Comme nous l’avons précisé à plusieurs reprises, la pauvreté des enfants est en même temps due à l’insuffisance des ressources disponibles au sein des ménages et à la contrainte budgétaire de l’Etat. De ce fait, les stratégies de lutte contre la pauvreté des enfants impliquent un engagement politique fort dans la mise en place des processus productifs et de répartition en faveur des pauvres. Ainsi cette section est articulée sur deux sous-sections : (1) la croissance pro-pauvres et les résultats pour les enfants, (2) les budgets publics et les partenariats comme preuve d’engagement. Section Iii. Stratégies macroéconomiques et répartition des ressources III.1. Croissance pro-pauvres et impact sur les enfants Le débat qui s’intéresse au rôle de la croissance économique dans la réduction de la pauvreté reste aussi bien théoriquement qu’empiriquement source de discussions. D’une part, la croissance permet de générer des biens et services dont les ménages ont besoin dans la vie de tous les jours [(Dollar et Kraay, 2000), Bhalla (2002), Sala-i-Martin (2002), Bourguignon (2004), Griffoni (2005)]. D’autre part, la croissance économique est une condition nécessaire, mais non suffisante pour la réduction de la pauvreté [Sowa (2006)]. En effet, il est observé que la croissance est importante dans la lutte contre la pauvreté, mais que les inégalités sociales qui en résultent affectent souvent négativement les effets de cette croissance sur la réduction de la pauvreté [Lustig, Arias et Rigolini (2002)]. Il est nécessaire alors d’accompagner les politiques de croissance par des mesures de protection des populations pauvres et vulnérables, et de telles politiques mixtes auraient l’objectif de croissance pro-pauvres, dont les principes convergent tous vers la priorité donnée aux pauvres. A partir de ces constats, il y a moyen de dégager les grands principes de la croissance économique pro-pauvres suivants : 1. Les politiques de réformes pro-pauvres ciblent les activités dans lesquelles les plus pauvres sont impliqués. Pour le cas du Burundi l’agriculture est le secteur dominant tant du point de vue de sa contribution au PIB que de son nombre d’emplois ; 2. Les politiques de croissance pro-pauvres soutiennent les activités basées sur le travail moins ou non qualifié, et sur les activités à grande intensité de main d’œuvre. Il s’agit ici des activités agricoles et des activités non agricoles destinées aux populations rurales comme l’artisanat, la maçonnerie, la couture, ou bien encore la menuiserie ; 3. Les réformes pro-pauvres réduisent la segmentation des marchés et au contraire renforcent la cohésion et l’interdépendance entre eux, et ce en amont et en aval afin d’intégrer les pauvres dans l’économie ; Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 27 4. La stratégie de croissance pro-pauvres augmente les dépenses publiques dans le sens du renforcement des capacités productives des pauvres. Il s’agit ici des dépenses de santé, d’éducation, de formation professionnelle, etc., qui permettraient aux pauvres de maîtriser davantage la technologie et d’améliorer leur productivité ; 5. Les politiques de croissance pro-pauvres mettent en place des mécanismes pour permettre l’accès des pauvres à tous les marchés existants: le marché des biens et services, le marché bancaire et financier, le marché de la terre, etc. ; 6. Les réformes pro-pauvres incluent une politique de sécurité alimentaire impliquant des mécanismes de renforcement de la production, de la redistribution, de traitement, de conditionnement et de stockage des biens agricoles ; 7. Une stratégie de croissance pro-pauvres comporte des mécanismes de prévention et de gestion des risques et chocs extérieurs tels que les maladies, les intempéries climatiques et autres crises pour protéger les populations vulnérables ; 8. Les réformes pro-pauvres s’accompagnent de mesures qui soutiennent l’accumulation des actifs par les pauvres, leur permettant ainsi d’augmenter leur capacité de production des biens et services ; 9. La stratégie de croissance pro-pauvres inclut les réformes institutionnelles qui renforcent les droits civiques des pauvres et leur place en tant que citoyens d’un Etat. Plus concrètement, la poursuite des principes de la croissance pro-pauvres devrait conduire à une augmentation des dépenses publiques en faveur des pauvres et en réponse à leurs besoins. Le tableau 5 donne de plus amples informations sur les différentes catégories de dépenses publiques. 28 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Tableau 5. Dépenses pro-pauvres et dépenses non pauvres Type de dépense Part de la Montant de Part de la Montant des dépense non la dépense dépense prodépenses Pro-pauvre en pauvres en % non pauvre en pauvre en % des dépenses milliards de du total des milliards de totales non BIF dépenses proBIF pauvres pauvres Services généraux des administrations publiques 44,4 10,3 118,7 27,4 Défense 11,5 2,7 52,2 12,1 Ordre et sécurité publics 8,7 2,0 32,2 7,4 54,7 12,7 1,1 0,3 Agriculture 2,7 0,6 0,0 0,0 Sylviculture 0,4 0,1 0,0 0,0 Pêche et chasse 0,0 0,0 0,0 0,0 Elevage 0,1 0,0 0,0 0,0 Protection de l’environnement 0,4 0,1 0,0 0,0 Logements et équipements collectifs 6,8 1,6 0,0 0,0 Santé 23,8 5,5 0,0 0,0 Enseignement primaire 39,8 9,2 0,0 0,0 Enseignement secondaire 17,2 4,0 0,0 0,0 Enseignement Secondaire Général 14,6 3,4 0,0 0,0 Enseignement Secondaire Technique 2,6 0,6 0,0 0,0 Protection sociale 1,9 0,5 0,9 0,2 Famille et enfants 0,5 0,1 0,0 0,0 Chômage 0,0 0,0 0,0 0,0 Logement 0,0 0,0 0,0 0,0 227,0 52,5 205,7 47,5 432,7 100 Affaires économiques Total Total dépenses du CSLP Source : REFES, premier rapport de mise en œuvre du CSLP, 2008 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 29 Ce tableau montre toutes les dépenses considérées comme pro-pauvres qui sont effectuées dans les secteurs de l’agriculture et l’élevage, de la protection de l’environnement, des logements et équipements collectifs, de la santé, de l’enseignement primaire et secondaire, de la protection sociale des familles et des enfants. Les ménages bénéficiaires de ces dépenses publiques sont en moyenne pauvres, c’est-à-dire vivant sous le seuil de pauvreté, même si quelques disparités entre ces ménages peuvent exister. Il faut noter que la plupart des dépenses des services généraux des administrations sont les salaires donnés aux travailleurs à revenus inférieurs au seuil de pauvreté. A partir de là, les services généraux des administrations publiques, la rubrique « affaires économiques » et la rubrique « enseignement primaire » sont les postes qui emploient le plus de travailleurs à bas niveaux de salaires. Si on analyse la part de chaque secteur dans le total des dépenses propauvres, on constate que les services généraux, les services économiques et l’enseignement primaire sont les plus importants, avec des parts respectives de 10,3, 12,7 et 9,2 %. L’agriculture est négligée avec moins de 1%, alors qu’elle occupe et fait vivre plus de 90% de la population. III.2. Les budgets publics et les partenariats comme preuve d’engagement à la réduction de la pauvreté L’engagement des responsables de politiques économiques peut être apprécié par (a) la structure du budget national, (b) et la répartition des ressources en termes de dépenses pro- pauvres et de dépenses non pauvres. Ainsi, la référence est faite aux diverses lois budgétaires et aux dépenses effectuées dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). 1. Structure des budgets nationaux La structure des dépenses publiques en termes de services généraux (G), de services sociaux (S), de services économiques directement productifs (E) traduit l’engagement politique aux objectifs de lutte contre la pauvreté (graphique 7). 30 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Graphique 7. Evolution de la structure des dépenses en millions de BIF 450000 400000 350000 dépenses 300000 250000 200000 150000 100000 50000 08 20 06 07 20 04 05 20 20 20 03 20 02 01 20 20 00 20 99 19 98 19 97 19 96 19 95 19 19 94 0 années G S E Total Source : Rapports annuels de la BRB La principale leçon à tirer de ce graphique est que la part des services généraux (G) dans les dépenses totales (T) est la plus grande par rapport aux services sociaux (S) et économiques (E) destinés à l’amélioration du bien-être, directement ou indirectement. Par exemple, les services généraux occupent plus de 200 milliards de Francs Bu, là où les services sociaux occupent près de la moitié (environ 100 milliards) et que les services économiques reçoivent moins de 50 milliards. La composition des dépenses publiques montre que l’attention des autorités est beaucoup plus focalisée sur l’administration centrale et moins sur le relèvement du niveau de vie des pauvres. Cela se confirme d’ailleurs par la répartition des ressources au titre des dépenses pro-pauvres ou de dépenses non pauvres comme vu précédemment dans le tableau 5. L’exécution des budgets publics requiert un effort de l’Etat qui doit collecter le maximum de recettes fiscales et non fiscales en vue de faire face aux dépenses votées dans les lois budgétaires. L’exécution des budgets dépend également, dans le cas du Burundi, de l’aide financière extérieure des bailleurs qui a atteint jusqu’à 60% du budget national en 2008. A ce titre, les sources de financements extérieurs les plus importantes du Burundi proviennent des bailleurs bilatéraux et multilatéraux . Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 31 Les interventions des partenaires au développement faites sous forme de dons et de projets de développement ont pour objectif l’amélioration des revenus et du bien-être des ménages profitant également indirectement aux enfants. Conclusion de la section On constate que des efforts en matière de stratégies macroéconomiques de réduction de la pauvreté sont en cours même si la restructuration des dépenses publiques doit encore respecter les principes de la croissance propauvres. A titre indicatif, la scolarisation primaire, les soins de santé gratuits à tous les enfants de moins de cinq ans, les soins de santé gratuits pour toutes les femmes lors des accouchements sont des preuves d’une restructuration des dépenses publiques en faveur des pauvres. Toutefois, il reste encore une question importante sur le ciblage des pauvres qui devraient être les premiers bénéficiaires des décisions politiques pour une stratégie pro-pauvres. De ce fait, il faudrait mener des études et déterminer le quotient de pauvreté pour chaque ménage, afin que les efforts de lutte contre la pauvreté profitent aux gens qui en ont le plus besoin. e onomiques d c é ro c a m s ie Des stratég pauvreté sont en cours la réduction de 32 la scola risation primair e Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Conclusion du chapitre A la lumière des points développés dans ce chapitre, l’Etat burundais et la communauté internationale s’investissent vigoureusement dans la défense des droits de l’enfant, et des progrès remarquables ont été accomplis en matière de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Pourtant, la situation des enfants reste précaire au Burundi et ceci s’explique par la longue période de guerre civile, la faible performance macroéconomique et le faible dynamisme des fonctions de production au sein des ménages. Néanmoins, la restructuration des dépenses publiques et l’amélioration de l’environnement politique présentent des atouts importants pour l’ensemble des actions de relèvement de la situation des enfants. auté e la commun d t n e m e g a g L’en les soin les enf s de santé g rat ants de moins d uits à tous e cinq ans Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 33 2 34 La pauvreté et les enfants Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi La pauvreté et les enfan ts Comme nous l’avons précisé plus haut, la pauvreté se mesure selon deux approches essentielles qui reposent sur la pauvreté monétaire ou matérielle axée sur l’acquisition des biens et services en général, et sur la pauvreté non monétaire ou non matérielle axée sur la satisfaction des besoins de base en matière d’éducation, de santé, de nutrition, d’accès aux services sociaux, etc. Cette deuxième approche de la pauvreté se mesure à partir d’un indice composite, appelé profil du bien-être économique, qui prend en compte toutes les variables non matérielles de la pauvreté. Après avoir étudié les facteurs de la pauvreté monétaire et les privations qui affectent les enfants (Section I), nous aborderons les déterminants de la survie des enfants et des problèmes d’équité (Section II), ainsi que les causes des niveaux et tendances de la pauvreté (Section III). Cette approche étudie les indicateurs de bien-être axés sur le revenu et le niveau de consommation au sein des ménages (I.1) et la pauvreté non monétaire traduite par des privations diverses qui frappent non seulement les chefs de ménages mais aussi les enfants (I.2). I.1. Constatations suivant l’approche revenu-consommation Section I. La pauvreté monétaire et les privations qui affectent les enfants L’approche de la pauvreté par le revenu ou la consommation consiste à évaluer le niveau de vie des ménages et des enfants, à partir du panier de la ménagère, c’est-à-dire à partir de la capacité à dépenser en biens alimentaires, en biens d’habillement, en soins de santé, en frais de scolarité des enfants, en loisirs, etc. A partir de là, il est possible de construire un indice composite de la pauvreté ou du bien-être en faisant une combinaison de toutes ces variables de dépenses, tout en tenant compte de leurs pondérations respectives. Après calculs, l’enquête QUIBB 2006 a classé les ménages en cinq catégories socio-économiques (niveau de vie très faible, niveau de vie faible, niveau moyen, niveau élevé et niveau très élevé) correspondant aux quintiles contenant chacun 20 % des ménages. Les résultats sont résumés dans le tableau 5 en annexe. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 35 La proportion des ménages avec un niveau de vie faible englobe les ménages du premier et du deuxième quintile. Il apparaît clairement des disparités de niveau de vie entre les ménages ruraux et les ménages urbains, et des disparités entre les provinces. Pour le premier type de disparités, les ménages pauvres représentent 48,5% dans les milieux ruraux, et seulement 6,2% dans les milieux urbains. La population rurale est donc plus pauvre que la population urbaine au Burundi. Au niveau provincial, dans neuf provinces sur 17, y compris Bujumbura Rural, la proportion des ménages classés dans les deux premiers quintiles de niveaux les plus faibles est supérieure à la moyenne nationale qui est de 43,7 %. Il s’agit par ordre d’importance de : Kirundo (68,2%), Cankuzo (65%), Bubanza (64%), Ruyigi (59,6%), Muyinga (58,1%), Cibitoke (56,6%), Karuzi (56,3%), Rutana (54,6%), Ngozi (46%) et Bujumbura Rural (44,2%). En termes de priorités, les provinces qui requièrent plus d’urgence et de moyens sont Kirundo, Cankuzo, Bubanza et Ruyigi. Les enfants sont aussi plus pauvres dans ces provinces que les enfants vivant en milieu urbain où les parents ont relativement plus de moyens pour faire face aux dépenses de première nécessité comme c’est le cas en Mairie de Bujumbura. I.2. Constatations suivant l’approche par les privations Dans ce paragraphe, la pauvreté des ménages est définie comme due aux problèmes d’accès, d’utilisation et de satisfaction des services de base les plus courants : les sources d’eau potable, les marchés de produits alimentaires, le transport public, les routes fonctionnelles, l’accès aux écoles et aux hôpitaux. Le degré de satisfaction, tel que publié dans l’enquête QUIBB 2006, peut être analysé comme suit dans le tableau 6. Tableau 6. Degré de satisfaction tirée de la disponibilité et de l’utilisation des services de base Service de base Sources d’eau potable 62 Accès aux marchés des produits alimentaires 55,4 Qualité et régularité du transport public 65,1 Accès aux écoles primaires 31,7 Accès aux hôpitaux 48,7 Accès aux centres de santé 60,1 Source : Synthèse élaborée à partir des résultats de l’enquête QUIBB, 2006 36 Identique (2006 par rapport à 2005), en % Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Ce tableau montre que les ménages burundais souffrent de l’insuffisance de services de base qui frappe même les catégories de personnes à revenu élevé. L’offre de services publics en matière d’infrastructures (aménagement des sources d’eau, des marchés, la construction des écoles, des dispensaires, des routes, etc.) est extrêmement limitée au Burundi et affecte toutes les catégories de la population. Le résultat de cette situation de privation pour les enfants est évident. En effet, les enfants souffrent de cette insuffisance de biens et services de base avec leurs parents car ils doivent parcourir de longues distances pour accéder aux écoles, aux dispensaires, aux marchés, pour puiser de l’eau, etc. En outre, ces privations sont exacerbées pour les enfants qui doivent faire face à de nombreux risques, renforçant leur vulnérabilité. En effet, les enfants sont plus vulnérables que les adultes, et le type de vulnérabilité dépend de l’âge de l’enfant. Par exemple, les enfants de 0 à 5 ans sont plus menacés par la malnutrition, la mortalité infantile et le retard du développement cognitif ; les enfants de 5 à 18 ans sont susceptibles de subir des abus de plusieurs sortes (sexuels, emploi précoce, enrôlement dans les conflits armés.) ; ceux de 10 à 18 ans sont plus concernés par l’analphabétisme. Conclusion de la section La section concerne la pauvreté monétaire et les privations qui affectent les enfants. Elle met en évidence les indicateurs de bien-être axés sur le revenu et le niveau de consommation au sein des ménages, ainsi que la pauvreté non monétaire traduite par des privations diverses qui frappent les ménages et donc aussi les enfants. les enfants souffrent de cette insuffisance de biens et services de base avec leurs parents car ils doivent parcourir de longues distances pour accéder aux écoles, aux dispensaires, aux marchés, pour puiser de l’eau. En tenant compte des deux approches, on constate que les enfants souffrent de la pauvreté à deux niveaux qui sont : l’insuffisance des revenus et les privations des éléments de base pour leur bien être. Toutefois, certains progrès sont faits en matière de transport public, d’accès aux écoles primaires et aux sources d’eau potable aidant à l’amélioration du bienêtre des enfants. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 37 Section iI. La survie de l’enfant et l’équité Le Gouvernement s’est donné pour objectif de réduire le taux de mortalité infantile de 114‰ atteint en 2000 à 90‰ en 2010 et 65‰ en 2015; de réduire le taux de mortalité maternelle de 800 décès pour 100.000 naissances vivantes à 560 en 2010 et 392 en 2015 ; d’améliorer la proportion des accouchements assistés par le personnel de santé de 17% en 2002 à 35% en 2010 et 60% en 2015 ; d’étendre la couverture vaccinale jusqu’à 85% en 2010 et 90% en 2015 ; de réduire le pourcentage des enfants souffrant d’insuffisance pondérale de 30% à moins de 10% en 2010 ; de réduire le pourcentage des enfants souffrant de retard de croissance de 52,5% à 35% (CSLP, 2006). Le point qui suit évalue le parcours déjà effectué pour réduire la mortalité infantile en tenant compte des facteurs socio-économiques et du contexte de pauvreté existant dans le pays. II. 1. Tendances de la mortalité infanto-juvénile en 2000 et 2005 Tableau 7. Tendances de la mortalité infanto-juvénile en 2000 et 2005 Mortalité infantile Indicateur Définition de l’indicateur Valeur en 2000 Valeur en 2005 Taux de mortalité infanto-juvénile Probabilité de décéder entre la naissance et le 1er anniversaire, pour 1000 naissances vivantes 231‰ 176‰ Taux de mortalité infantile Probabilité de décéder entre la naissance et le 5ème anniversaire, pour 1000 naissances vivantes 156‰ 120‰ Source : MICS 2005 Ce tableau montre que le taux de mortalité infanto-juvénile est de176‰ et le taux de mortalité infantile de 120 ‰ en 2005. Ils étaient respectivement de 231‰ de 156‰ en 2000, soit une réduction de 55 ‰ pour le taux infantojuvénile et 36‰ pour le taux de mortalité infantile. II.2. Taux de mortalité et facteurs de stratification sociale Le tableau 9 en annexe montre des disparités dans les taux de mortalité chez l’enfant. Concernant particulièrement la stratification sociale qui est ici appréhendée par l’indice du bien-être, il existe des différences significatives entre les différentes catégories. Le taux de mortalité infantile est de 128‰ chez les très pauvres alors qu’il est de 90‰ chez les plus riches. Le taux de mortalité infanto-juvénile est de 190‰ chez les très pauvres, alors qu’il est de 128‰ chez les plus riches. 38 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi II.3. Liens entre la mortalité des enfants et la pauvreté Les résultats de l’enquête MICS 2005 montrent des disparités dans les taux de mortalité qui sont inhérentes à plusieurs facteurs, eux-mêmes liés au cadre de vie des enfants. La survie de l'enfant semble donc essentiellement déterminée par les ressources sociales et économiques de la famille. Les enfants des familles pauvres courent un risque de mourir plus élevé que les enfants des familles aisées. Le niveau d’éducation de la mère compte pour beaucoup dans la survie de l’enfant. Les enfants dont la mère n’a fréquenté aucune forme d’éducation (formelle ou informelle) ont une plus grande probabilité de décéder que les enfants dont les mères ont fréquenté l’école. La scolarisation permet aux mères d'acquérir les réflexes favorables à la santé, de disposer des moyens nécessaires pour accéder aux services de soins et de mieux communiquer avec le personnel de santé en cas de maladie. C’est ainsi que la probabilité de décéder des enfants baisse au fur et à mesure que le niveau d’études des mères augmente. La mortalité infantile passe de 132‰ chez les enfants dont les mères n’ont pas étudié à 43‰ chez ceux dont les mères ont atteint le niveau d’études supérieures. Pour la mortalité infantojuvénile et dans les deux groupes respectifs, les chiffres sont de 195‰ et 55‰. Le niveau de vie des ménages est corrélé avec le niveau d’éducation de la mère. Ainsi, c’est dans les ménages où le niveau d’instruction des mères est très bas que la pauvreté pèse le plus lourdement. De même, dans ces ménages, les enfants ont plus de probabilité de décéder avant leur 5ème anniversaire et même avant leur premier anniversaire. Derrière ces variables se cachent des différences d’accès aux services de soins dues à la situation des parents. Conclusion de la section La survie de l’enfant étant un droit fondamental, des efforts sont faits afin de garantir à tous les enfants burundais ce droit inaliénable. Conformément aux OMD, le gouvernement s’est donné pour objectif de réduire la mortalité infantile et use de tous les moyens pour atteindre cet objectif. Cet effort est récompensé car une réduction du taux de mortalité infantile a pu être constatée ces dernières années. Cependant, il faut consentir encore plus d’efforts pour agir sur les déterminants de la mortalité infantile. Ces déterminants restent liés à la pauvreté en général et concernent entre autres le niveau d’éducation de la mère et le niveau socio-économique des ménages. Aussi, des disparités sont visibles par rapport aux régions et au sexe. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 39 Section iiI. Analyse des facteurs expliquant les niveaux et les tendances de la pauvreté Les facteurs qui expliquent les niveaux et tendances de la pauvreté sont essentiellement de trois catégories : (1) la pauvreté macroéconomique du pays qui diminue les facilités de la relance économique par l’augmentation des dépenses publiques, (2) les dotations factorielles des ménages qui constituent les variables de la production, ainsi que (3) les caractéristiques intrinsèques de ces ménages qui conditionnent en même temps la productivité et l’épargne. III.1. La pauvreté macroéconomique Comme le définit l’Organisation des Nations Unies (ONU), la pauvreté humaine n'est pas uniquement due à un manque ou à une insuffisance de ressources. C'est une négation pure et simple de la possibilité - économique, politique, sociale et physique - de mener une vie longue, saine et créative et de jouir d'un niveau de vie décent, de la liberté, de la dignité, de l'estime de soi et du respect des autres. La pauvreté est une cause principale d'insécurité alimentaire et l'amélioration de l'accès à une nourriture suffisamment nutritive et sûre pour tous passe par sa réduction. Cette vision des Nations Unies sur la pauvreté met donc en évidence le rôle incontestable de l’Etat dans la réduction de la pauvreté. Le rôle de l’Etat En effet, l’Etat reste le garant du maintien de la sécurité et de la sauvegarde d’une bonne situation dans le pays. Il reste par ailleurs l’acteur primordial dans la planification et la mise en œuvre des politiques et stratégies nationales de lutte contre la pauvreté. Cette mise en œuvre passe obligatoirement dans sa politique budgétaire qui favorise les dépenses pro pauvres. Ainsi, l’Etat doit favoriser dans ses budgets annuels les secteurs les moins attrayants pour les opérateurs privés et encourager, par des stratégies budgétaires et/ou fiscales, les opérateurs économiques privés, à intervenir dans des secteurs traditionnellement non ou difficilement rentables au point de vue financier. L’impératif de viabilité budgétaire constitue le point d’ancrage de l’assainissement des finances publiques à moyen terme. Le Gouvernement s’est donc donné comme objectif le maintien d’une orientation budgétaire prudente en recourant surtout à des dons et à des prêts hautement concessionnels pour éviter l’enclenchement d’une dynamique de surendettement tant extérieur qu’intérieur. Dans le même temps, le gouvernement continuera sa politique de mobilisation des ressources intérieures, avec pour objectif d’augmenter graduellement les recettes de l’Etat à environ 19,2% du PIB au plus tard en 2011, grâce à une réforme de l’administration des recettes et de la politique fiscale. La politique budgétaire actuelle du Burundi La politique budgétaire sera appuyée par la mise en place rigoureuse d’un plan de trésorerie mensuel. Dans ce cadre, toutes les dépenses budgétaires devront 40 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi être soumises à l’autorisation préalable du Ministre en charge des Finances et exécutées en tenant compte strictement des recettes disponibles. Une instruction ferme devra être donnée aux banques commerciales de reverser les recettes de l’État au compte du trésor à la banque centrale dans un délai court, sous peine de pénalités. L’objectif central de la politique budgétaire est d’améliorer la composition des dépenses en faveur des secteurs sociaux et de la croissance économique (éducation, santé, agriculture). Vu l’importance de ces secteurs pour la lutte contre la pauvreté, il ne serait pas souhaitable de réduire encore les dépenses publiques composées essentiellement des salaires des travailleurs qui y sont employés. Ainsi, le gouvernement cherchera à trouver avec les partenaires sociaux un accord de retour progressif à des niveaux des salaires appropriés qui soient viables dans le cadre budgétaire et en mesure de réduire la pauvreté des salariés. La réduction des dépenses militaires et sécuritaires (consécutive au retour de la paix) permettra de créer un peu plus d’espace budgétaire nécessaire pour accroître les dépenses de lutte contre la pauvreté sans remettre en cause la viabilité budgétaire. Ceci permettra l’amélioration de la gestion de la politique du Gouvernement de la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans et pour les femmes enceintes et des frais de scolarité dans le primaire. Réallocation des ressources La réallocation des ressources s’analyse en termes de structure des composantes du budget. En effet, l’analyse des dépenses montre bien que toutes les dépenses effectuées dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, de la protection de l’environnement, des logements et équipements collectifs, de la santé, de l’éducation, de la protection sociale et de la famille augmentent dans le temps et sont susceptibles d’affecter positivement le niveau de pauvreté. Tableau 8. Evolution de la structure de certaines dépenses du budget de l’Etat (%) Secteurs 2007 2008 Education 34,8 41,2 Santé 5,5 7,4 Protection sociale 0,5 1,12 Famille et enfants 0,1 0,11 Logement et équipement collectif 1,6 1,98 Protection de l'environnement 0,1 0,09 13,4 9,1 44 39,3 100 100 Agriculture et autres secteurs productifs Autres secteurs Total Source: Réalisé sur base des lois budgétaires 2007/2008 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 41 Ainsi, la part de ces dépenses a relativement augmenté en 2008 par rapport à l’année précédente suite notamment à l’accroissement significatif des dépenses d’éducation et de santé, qui par ailleurs consomment plus de budget pro-pauvres. Impact de la réduction des dettes sur les dépenses publiques2 L’amélioration des taux d’absorption constitue donc un défi majeur à lever à très court terme. Les allégements de la dette obtenus lors de l’accès du Burundi au point de décision ont permis de renforcer les ressources à allouer en faveur des populations démunies. Ces allègements offrent par conséquent des possibilités de dépenses additionnelles qui s’ajoutent à celles financées sur les ressources traditionnelles pour la réduction de la pauvreté. Ainsi il ressort des données relatives à l’exercice 2006 que plus de la moitié des dépenses PPTE est orientée dans l’enseignement avec 51,4% du total des engagements pour l’année 2006. Le secteur de la santé est doté de 15,6% des dépenses PPTE avec comme volets prioritaires les services d’hospitalisation, les services ambulatoires et de la santé publique. Les dépenses PPTE participent également à hauteur de 10,7% à la protection sociale (famille et enfants). Il subsiste, toutefois, un certain décalage entre les prévisions et les réalisations effectives. Cette situation traduit une nécessité urgente de renforcer les capacités des différents services intervenant dans l’utilisation des ressources PPTE. Il s’agit notamment des capacités permettant la maîtrise des procédures, la conception et l’exécution des projets prioritaires à réaliser. L’amélioration des taux d’absorption constitue donc un défi majeur à lever à très court terme. Pour l’année 2007, la répartition des dépenses PPTE a changé d’allure. L’enseignement continue certes à occuper la première place, mais la proportion des dépenses PPTE allouées s’est réduite à 38,1% et semble se confiner un peu plus dans l’enseignement primaire (37,0%). La santé vient en deuxième position avec 33,3% des dépenses qui sont consacrées en grande partie aux services hospitaliers. Il y a lieu de noter également qu’une partie (9,1%) est orientée vers la recherche agricole. Les transports connaissent une diminution pour ne représenter que 3,9% des dépenses PPTE. De façon générale, les dépenses PPTE ont été effectuées au titre des investissements. Sur un budget total disponible de 14,4 milliards pour 2006, seulement 4 milliards sont considérés comme de dépenses de fonctionnement, ce qui ne représente que 28%. Les dépenses d’investissement sont de 10,4 milliards, soit une proportion de 72%. En 2007, la part de l’investissement dans les dépenses PPTE a connu une légère baisse, passant de 72% en 2006 à 68% actuellement. Sur un budget de 22,5 milliards alloués aux dépenses PPTE, près de 17,4 milliards ont été consacrés à l’investissement. Sur ce montant global, il faut signaler que les immobilisations représentant à elles seules 15,6 milliards. Les données utilisées pour rédiger le contenu de ce titre ont été tirées des budgets de l’Etat pour les années 2006 et 2007 en exploitant la partie dépenses sur Initiative PPTE 2 42 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi III.2. Les dotations factorielles Les dotations factorielles concernent le niveau de facteurs de production dont disposent les ménages pour produire les biens et services dont ils ont besoin pour préserver ou augmenter leur bien-être. Il s’agit principalement (a) de la dotation en facteur terre, (b) de la dotation en biens de consommation durables et intermédiaires, et (c) de la dotation en moyens de déplacement. Dotations en terre D’après l’enquête QUIBB 2006, plus de 80 % de la population possède des terres. Cependant, le problème repose sur la disponibilité de ces terres pour la plupart des ménages. Il est, à ce titre, important de rappeler que la densité démographique s’élève à près de 300 habitants au km2.Ceci est un indicateur de la rareté des terres cultivables, alors que l’agriculture occupe et fait vivre plus de 90 % de la population. Il est difficile pour les ménages de produire les biens agricoles nécessaires à l’alimentation équilibrée des enfants. On peut donc conclure que le manque de terres est une source importante de la malnutrition des enfants. Dotations en biens de consommation durables et intermédiaires Les biens de consommation durables et intermédiaires constituent la deuxième catégorie de facteurs de production. Pour le milieu rural qui est prédominant, il s’agirait des houes, des serpettes, du matériel de vaisselle ou de puisage de l’eau, mais aussi des engrais tant organiques que chimiques et des semences. En principe, l’équipement des ménages en biens durables ou en biens de consommation intermédiaires dépend du niveau de l’épargne que peuvent réaliser les ménages. Or, le taux d’investissement se situe entre 1 et 2% de la production qui est en moyenne de 100USD par an. Cette insuffisance de biens de consommation durables et intermédiaires peut être sans faute considérée comme une contrainte supplémentaire à la production, et donc un facteur de pauvreté. Il est difficile pour les ménages de produire les biens agricoles nécessaires à l’alimentation équilibrée des enfants. Dotations en moyens de déplacement D’après l’enquête QUIBB 2006, les taux de possession des ménages en moyens de déplacement sont trop faibles. Le plus élevé enregistré est le taux de possession d'une bicyclette (10,7%). Il est plus faible en milieu rural (10,3%) qu’en milieu urbain (14,1%). Au niveau provincial, le taux de possession de bicyclettes le plus élevé est enregistré dans la province de Makamba. Les moyens de transport motorisés sont trop rares et principalement détenus par les ménages vivant en milieu urbain (2,7% de motocyclettes et 7,2% de voitures ou camions) et ceux dont le chef de ménage est soit patron (3,3% de motocyclettes et 18% de voitures ou camions), soit salarié protégé (4% de motocycletteset 4,9% de voitures ou camions), soit travailleur indépendant (3,3 % de motocyclettes et 3,6 % de voitures ou camions). Ces proportions sont Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 43 respectivement de 4% et 5,1% dans les ménages ayant un niveau de bien être économique très élevé. Ces informations indiquent qu'en milieu urbain et à plus forte raison en milieu rural, les moyens de déplacement manquent cruellement aux ménages, ce qui affecte les enfants. Cela veut dire qu’en plus de la faible production, les frais de déplacement sont élevés, et en cas d’absence de ressources, les ménages renoncent tout simplement à ce service productif, ce qui renforce les contraintes précédemment expliquées qui handicapent la production, et qui déterminent les tendances de la pauvreté. III.3. Les caractéristiques intrinsèques des ménages Les caractéristiques des ménages qui peuvent influer sur la production, la consommation et le bien-être sont essentiellement la taille du ménage, le sexe du chef de ménage mais aussi son niveau d’instruction, son état matrimonial ainsi que sa situation professionnelle. .Pour ces variables, le tableau 9 donne des classifications en quintiles 1 et 2 qui sont les classes des ménages les plus pauvres et en quintiles 4 et 5 qui sont les classes de ménages les plus riches. Tableau 9. Part des ménages pauvres et riches selon les caractéristiques des ménages Quintiles de bien être économique Ensemble Quint. 1 Quint. 2 Quint. 3 Quint. 4 Quint. 5 En % Effectif Taille du ménage 1–2 32,8 25,2 18,7 11,3 12,1 100,0 862 3–4 25,5 22,4 19,8 17,3 15,1 100,0 2.212 5–6 20,7 21,6 19,6 20,7 17,4 100,0 2.082 7 et plus 16,2 17,5 20,8 21,8 23,6 100,0 1.935 Sexe du Chef de Ménage Hommes 20,5 20,6 20,2 20,1 18,6 100,0 5.651 Femmes 30,0 23,5 18,6 13,6 14,4 100,0 1.439 Niveau d'instruction du Chef de Ménage Jamais école Maternelle Primaire 28,4 25,0 21,4 16,9 8,3 100,0 4.141 0,0 25,0 50,0 25,0 0,0 100,0 4 16,5 18,0 20,1 23,4 21,9 100,0 2.437 Secondaire 1,0 5,4 6,0 14,0 73,6 100,0 386 Supérieur 0,0 2,2 2,2 0,0 95,5 100,0 89 18,2 0,0 22,7 13,6 45,5 100,0 22 2,8 200 Non déclaré Etat matrimonial du Chef de Ménage Jamais marié 44 27,0 19,5 18,0 10,5 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 25,0 Marié monogame 19,7 20,4 20,5 20,9 18,5 73,3 5.188 Marié polygame 21,2 21,7 19,2 17,2 20,7 2,9 203 Divorcé/ Séparé 37,8 25,9 10,9 11,9 13,4 2,8 201 Veuf 30,6 23,6 19,1 12,9 13,9 18,2 1.285 Statut dans l'emploi du Chef de Ménage Patron 8,2 13,1 9,8 16,4 52,5 100,0 61 Salarié protégé 4,7 6,6 8,5 14,9 65,4 100,0 471 26,6 23,7 22,4 18,1 9,2 100,0 1.959 Salarié non protégé Indépendant 10,6 11,3 16,2 23,2 38,7 100,0 302 AF/APP/ STAG/AFM 21,5 25,9 18,5 15,6 18,5 100,0 135 Autre 23,6 22,3 20,5 19,4 14,3 100,0 4.163 Source : Rapport de l’enquête, QUIBB 2006 La taille du ménage : plus le nombre de têtes à nourrir augmente, plus la consommation par tête diminue. Ainsi, la présence d’un enfant supplémentaire dans le ménage se traduit par une réduction moyenne de la consommation par tête de 25%, aussi bien en zone rurale qu’urbaine. Par contre, la présence d’un adulte supplémentaire dans le ménage a également pour conséquence une baisse de la consommation, mais dans des proportions plus faibles (de l’ordre de 10%) [QUIBB, 2006]. Le sexe du chef de famille : les ménages dont les chefs sont des hommes sont moins pauvres. Cela s’explique par le fait que la mobilité des hommes est plus grande que celle des femmes, étant donné que ces dernières s’occupent, en plus des tâches productives, des autres travaux ménagers. En milieu rural ces travaux concernent notamment les soins des enfants, la recherche du bois de chauffage et la préparation de la nourriture. Le niveau d’instruction du chef de ménage : l’enseignement permet au chef de famille d’acquérir plus de savoir faire, plus d’informations sur les techniques de production et sur les meilleurs marchés d’approvisionnement et d’écoulement, plus d’habileté pour la diversification des produits, etc. En conséquence, plus les chefs de familles sont instruits, plus le bien-être des membres est élevé. Situation professionnelle du chef de ménage : la catégorie socioprofessionnelle du chef de ménage a une incidence sur le niveau de bien-être économique. En milieu rural, les ménages dont le chef est apprenti ou aide familial, indépendant agricole ou inactif/chômeur représentent respectivement, 56,6%, 48,5% et Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 45 46,5% des ménages à faible niveau de vie. En milieu urbain, les ménages dirigés par un indépendant agricole (43,2 %), un inactif/chômeur (29,7 %), ou par un indépendant du secteur non agricole (25,1 %) ont un niveau de bien-être plus faible. (QUIBB, 2006). Conclusion de la section Les facteurs qui expliquent les niveaux et tendances de la pauvreté sont essentiellement de trois catégories : (1) la pauvreté macroéconomique du pays qui diminue les facilités de la relance économique par l’augmentation des dépenses publiques, (2) les dotations factorielles des ménages qui constituent les variables de la production, ainsi que (3) les caractéristiques intrinsèques de ces ménages qui conditionnent en même temps la productivité et l’épargne. La pauvreté macroéconomique se manifeste avant tout par le rôle de l’état et la structure des masses du budget. Dans cette section, il a été constaté que l’Etat est incontournable pour orienter la pauvreté dans un sens ou dans un autre. La structure du budget au Burundi montre aussi les réallocations effectuées ces dernières années permettent d’augmenter les ressources de certains services de l’Etat dont l’impact sur le niveau de pauvreté est directe. Cette situation a été rendue possible par la réduction de la dette dont l’affectation a permis d’augmenter les dotations de certains services à haut impact sur la situation de la pauvreté . Par contre les capacités individuelles des ménages pour générer des biens et services de consommation restent faibles sans oublier les caractéristiques propres aux ménages qui les empêchent de s’affranchir de la pauvreté. Conclusion du chapitre Le chapitre II étudie la pauvreté des enfants sous l’angle du modèle B et du modèle C, au niveau des ménages et des enfants eux-mêmes. Les résultats montrent que : 1. Le PIB par habitant est en moyenne inférieur au seuil de pauvreté depuis les années 1990, et se dégrade progressivement durant cette période. Cela veut dire que la pauvreté des enfants au Burundi trouve son origine dans la pauvreté des ménages qui ont la responsabilité d’éduquer, de nourrir et de soigner les membres de leurs familles. 46 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 2. Concernant les sources de la pauvreté, les populations sont loin d’être satisfaites de la qualité et de la quantité des biens et services fondamentaux mis à leur disposition par l’administration publique et ce en matière d’enseignement primaire et secondaire, en matière de santé, en matière d’infrastructures publiques, en matière de moyens de transport, etc. Les contraintes restent trop lourdes pour la majorité des ménages et des enfants. 3. De même, les niveaux et tendances de la pauvreté se déterminent par les dotations factorielles et les caractéristiques des ménages. Les familles avec plus de capital, moins nombreuses, et où les chefs de famille ont une position sociale plus élevée sont moins pauvres. l’enfant est La survie de damental un droit fon La pauv ret é des ménage s Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 47 3 48 Les piliers du bien-être des enfants Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi « Les enfants vivant dans la pauvreté sont privés de nutrition, d’eau et d’installations sanitaires, d’accès aux services de santé de base, au logement, à l’éducation, à la participation et à la protection, et bien qu’un manque sévère de biens et de services nuisent à tout être humain, c’est pour les enfants que cela représente la pire menace, et le mal le plus grand, en les rendant incapables de jouir de leurs droits, d’atteindre leur plein potentiel et de participer à la société comme membres à part entière » (ONU, 2007). On peut comprendre cette déclaration comme une interpellation des Etats membres pour la mise en place effective de politiques de lutte contre la pauvreté des enfants afin d’augmenter leur bien-être. Le Burundi a pris un certain nombre d’engagements à travers la signature et la ratification d’instruments juridiques internationaux et régionaux protégeant les droits des enfants, et principalement la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE), que le Burundi a ratifiée en octobre 1990. Dès lors, au même titre que d’autres pays, le Burundi est tenu de mettre en œuvre toutes les dispositions contenues dans ces documents et d’adapter sa législation nationale par rapport aux engagements contenus dans les textes ratifiés. Il en est de même des différents programmes de coopération avec les organisations internationales qui travaillent sur les questions relatives aux enfants. Les engagements qui ont été pris lors de la ratification des conventions internationales doivent se traduire par la mise en œuvre de politiques publiques et de projets visant à alléger les conditions de vie des enfants et ainsi augmenter leur bien-être. Ce bien-être est appréhendé dans ce chapitre à travers les 5 domaines qui en constituent les piliers, à savoir : la nutrition (Section I), la santé (Section II), la protection de l’enfance et la protection sociale (Section III), l’éducation (Section IV). Les politiques-clés en vigueur, leurs résultats vis-à-vis des enfants et les principales barrières à leur réalisation sont discutés chaque fois avant de proposer une stratégie dans le sens d’une amélioration potentielle. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 49 Section i. La situation des enfants en matière de nutrition La nutrition a été définie comme un droit dans des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme adoptés depuis 1924. Dans la Déclaration des droits de l’enfant, il est spécifié que l’enfant doit être mis en mesure de se développer d’une façon normale matériellement et spirituellement, et que «l’enfant qui a faim doit être nourri». En effet, La nutrition des enfants, depuis le nourrisson jusqu’à l’adolescent en passant par la jeune enfance constitue un gage pour son développement. Les pays se sont engagés à travers différentes conventions à garantir le droit à la nutrition pour tous les enfants. Dans cette section, est présenté un état des lieux de la nutrition au Burundi afin de dégager des suggestions pour aller de l’avant et améliorer les efforts qui n’ont pas produit des résultats. I.1. Lois, politiques et programmes nationaux les plus importants dans le domaine de la nutrition Les articles 24 et 27 de la CDE adoptée par les pays membres des Nations Unies, y compris le Burundi, reconnaissent certains droits aux enfants en matière de nutrition. Comme l’enfant doit jouir du meilleur état de santé possible, les Etats doivent prendre des mesures appropriées pour : • lutter contre la maladie et la malnutrition y compris dans le cadre des soins de santé primaires, grâce notamment à l’utilisation de techniques aisément disponibles et à la fourniture d’aliments nutritifs et d’eau potable, compte tenu des dangers et des risques de pollution du milieu naturel (art 24, 2, C) ; • faire en sorte que tous les groupes de la société, en particulier les parents et les enfants, reçoivent une information sur la santé et la nutrition de l’enfant, les avantages de l’allaitement au sein, l’hygiène et la salubrité de l’environnement et la prévention des accidents, et bénéficient d’une aide leur permettant de mettre à profit cette information (art 24, 2, e) ; • offrir, en cas de besoin, une assistance matérielle et des programmes d’appui, notamment en ce qui concerne l’alimentation, le vêtement et le logement (Art 27 al 3) ; • assurer le recouvrement de la pension alimentaire de l’enfant auprès de ses parents ou des autres personnes ayant une responsabilité financière à son égard, que ce soit sur leur territoire ou à l’étranger. (Art 27, 4). Le Burundi ayant ratifié la CDE et les autres textes relatifs aux droits de l’enfant, il est tenu d’adapter sa législation pour qu’elle corresponde à ces articles énoncés. Au niveau de la loi burundaise, l’article 19 de la constitution précise que toutes les conventions et pactes internationaux auxquels le Burundi a souscrit font partie intégrante de la constitution. A travers cette disposition, le Burundi reconnaît implicitement le droit des enfants à la nutrition, tel que mentionné dans la CDE. 50 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Au niveau des politiques et programmes, le premier constat est que plusieurs ministères s’occupent transversalement de la nutrition. Les principaux sont : le Ministère de la santé et de lutte contre le SIDA, le Ministère de la solidarité nationale, du rapatriement, de la reconstruction nationale, des droits de la personne humaine et du genre, le Ministère de l’agriculture et de l’élevage. Audelà de ce constat, le Ministère ayant la santé publique dans ses attributions, doit être au centre de la coordination des questions de nutrition des enfants. La politique sectorielle du Ministère de l’agriculture et de l’élevage n’a pas envisagé la nutrition des enfants de façon spécifique mais ses axes stratégiques visent la sécurité alimentaire de la population dans son ensemble à travers la recherche de l’autosuffisance alimentaire. Après la présentation du rapport initial sur les droits de l’enfant et suite à ses recommandations, le Ministère de la santé s’est doté, en 2003, d’un plan national d’action pour l’alimentation et la nutrition. Ce plan comprend trois volets à savoir : (1) la sécurité alimentaire, (2) la situation nutritionnelle et (3) l’éducation nutritionnelle. En 2005, le même ministère a conçu une Politique Nationale de Développement de la Santé (PNDS) assortie à son plan d’action et qui donne une bonne place à la nutrition des enfants. En effet, dans le PNDS, il est clairement stipulé que le Burundi doit réduire d’un tiers les taux de malnutrition des enfants de moins de cinq ans et du jeune enfant et réduire d’un tiers les taux d’insuffisance pondérale à la naissance, d’ici 2015. La politique sectorielle du Ministère de l’agriculture et de l’élevage n’a pas envisagé la nutrition des enfants de façon spécifique Par ailleurs, il existe depuis 15 ans au sein du Ministère de la santé, un Programme National de Lutte contre les Maladies Transmissibles et Carentielles (PLMTC). Ce programme est conçu comme une réponse aux problèmes de santé liés aux insuffisances nutritionnelles. Actuellement, il existe un programme national intégré pour l’Alimentation et la nutrition (PRONIANUT). Au niveau des agences du système des Nations Unies, la nouvelle démarche de planification du BINUB (2007/2008), a donné une large place aux questions nutritionnelles avec pour objectif d’améliorer la situation des enfants. Pour les programmes nutritionnels, l’UNICEF est un partenaire direct (BINUB, PS 2007/2008). Il a entrepris l’aménagement des sources d’eau potable, la multiplication des centres de nutrition thérapeutique et autres initiatives pour protéger les enfants contre la malnutrition. I.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalité des sexes Les problèmes de nutrition concernent la population dans son ensemble. L’enquête nationale de nutrition de la population, réalisée en 2005, permet d’avoir des résultats ciblés sur les enfants et facilite de ce fait l’obtention des éléments d’évaluation de l’état nutritionnel des enfants au Burundi. En effet, parmi les groupes cibles figuraient les enfants de moins de cinq ans, les enfants de 7 à 12 ans et les femmes de 15 à 49 ans. Ces études montrent une certaine dynamique, bien que les indicateurs de la nutrition des enfants restent faibles. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 51 En 2005, le taux d’enfants souffrant d’une insuffisance pondérale se situait à 45,1%. En comparant avec le MICS 2000, on constate une légère augmentation avec environ 6 points de pourcentage en plus (graphique 8). Cette amélioration s’est poursuivie en 2007 avec un gain d’environ 14 points. Ces avancées s’observent même au niveau des retards de croissance et de la malnutrition aiguë (graphique 8). Mais ces avancées cachent de grandes disparités géographiques. A titre d’exemple, l’insuffisance pondérale en 2005 était de 40,8% en milieu rural contre 21,8% dans les centres urbains. Cette disparité est moins prononcée pour l’émaciation (5,9% contre 7,5%). Graphique 8. Nutrition des enfants 60 54,9 50 40 52,5 46 45,1 39,2 Burundi 2000 Burundi 2005 30 Burundi 2007 25,2 20 10 8,1 7,4 5,6 0 insuffisance ponderale poid pour age retard de croissance emanciation taille pour age poids pour taille Source: MICS 2000, Enquête nutrition, Mars 2005 et 2007 La malnutrition de l’enfant est aussi liée à la conduite de l’allaitement maternel. A titre d’exemple, l’enquête nutritionnelle de 2005 montre que les mères burundaises ne respectent par les normes en matière d’allaitement. En effet, toutes les mères devraient allaiter exclusivement jusqu’aux six mois de l’enfant, mais le graphique ci-après montre que dans toutes les provinces, la proportion des mères qui respectent cette règle atteint à peine 60%. Ceci se traduit négativement sur la santé de l’enfant et sur son état nutritionnel. 52 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Graphique 9. Allaitement maternel uz o to ke G ite ga Ka ru K a zi ya nz Ki a ru M ndo ak am M ba ur am v M ya uy ing a M w ar o N go zi Ru ta na Ru yi M g ai rie i de ... Ci bi ru ri nk Ca Bu nz a ja ba Bu Bu ru ra l 120 100 80 60 40 20 0 à une heure qui suit l’ accouchement exclusif (< 6 mois) aliment complementaire Source : Enquête nutrition, 2005 I.3. Analyse de causalité et corrélation dans le domaine de la nutrition des enfants En réalité, la malnutrition des enfants est l’aboutissement d’un panier d’insuffisances sur lesquelles devraient reposer les politiques et stratégies de lutte contre la malnutrition. En effet, la menace est la malnutrition qui peut prendre différentes formes, souvent identifiées comme « marasme » et « kwashiorkor », ainsi que des déséquilibres alimentaires, dont les carences en micronutriments à savoir l’avitaminose A, l’anémie et des troubles dus à la carence en iode. D’après les résultats de l’enquête pour la mise en place du système de surveillance nutritionnelle au Burundi effectuée en 2007, les principaux déterminants de la malnutrition sont: • La taille du ménage : plus la taille du ménage est grande, plus le risque de malnutrition des enfants est élevé. Cette corrélation est à nuancer car cet impact sera plus faible dans le cas où le revenu du ménage est élevé ; • Revenu consacré à l’alimentation : la nutrition des enfants est aussi influencée par le niveau du revenu consacré à l’alimentation. Cette corrélation démontre que la pauvreté du ménage a des implications sur la nutrition de l’enfant ; Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 53 • Niveau d’éducation de la mère : l’analphabétisme de la mère est une cause directe de la nutrition des enfants car elle est liée à une connaissance insuffisante de la valeur nutritionnelle des aliments. Les données des diverses enquêtes sur la nutrition, effectuées au Burundi ces dernières années montrent que les activités de nutrition sont mieux suivies dans les ménages dont la mère a été scolarisée. I.4. Fondement et partenariat pour une stratégie L’analyse des lois, politiques et programmes montrent que les initiatives en matière de nutrition des enfants sont différentes tant en termes de budget qu’en termes d’intervenants. Un premier axe stratégique serait la mise en place d’une structure de coordination et de suivi et d’évaluation des actions initiées. Par rapport à cette stratégie, les partenariats doivent être organisés autour du ministère ayant la santé dans ses attributions. Au-delà de cette stratégie, la poursuite des activités en cours devrait être encouragée. Il s’agit notamment de la stratégie liée à prévention de la malnutrition en cours (UNICEF, 2008), dont les programmes sont : • la promotion d’une bonne alimentation de l’enfant et de la mère en insistant sur la pratique de l’allaitement maternel; le l’absence d’allaitement étant liée à la mauvaise planification des naissances ; • la lutte contre les carences en micronutriments, surtout en fer, en iode et La nutrition des enfants a connu des avancées significatives depuis le retour de la sécurité au Burundi. en vitamine A : des semaines de santé « mère et enfant » sont organisées, intégrant un ensemble d’activités préventives à haut impact dans la réduction de la mortalité (vaccination, supplémentation en vitamine A et en fer, déparasitage). Conclusion de la section La nutrition des enfants a connu des avancées significatives depuis le retour de la sécurité au Burundi. La guerre a longtemps miné les activités de production, principalement l’agriculture. Cela a précarisé les ménages et les enfants en ont souffert le plus. L’appui de l’UNICEF et des autres agences des Nations Unies, la mise en place des programmes d’urgence a permis de diminuer les risques de malnutrition des enfants. Dans l’optique d’une consolidation des acquis en matière de nutrition des enfants, nous avons identifié des facteurs sur lesquels les stratégies peuvent se baser pour atteindre des résultats encore plus satisfaisants. Il s’agit de la taille du ménage, le revenu du ménage consacré à l’alimentation, et le niveau d’éducation de la mère. 54 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Le droit à la santé est présent dans la Déclaration universelle des droits de l’homme à l’article 25, qui indique que toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien-être. En s’appuyant sur cet article, bon nombre de conventions et de documents internationaux, comme la Convention relative aux droits de l’enfant, indiquent que la santé est un droit de la personne fondamental que chacun peut faire valoir, peu importe sa nationalité, sa religion, son sexe ou ses autres caractéristiques. La santé constitue le fondement du bien-être individuel; elle permet à chacun d’entre nous d’avoir un niveau de vie acceptable, de s’instruire et de réaliser ses objectifs. À l’échelle mondiale, la bonne santé pour tous n’est pas encore une réalité. Le paludisme, le VIH/SIDA, la tuberculose et d’autres maladies sont des problèmes importants partout dans le monde et entraînent des répercussions importantes sur la capacité des pays et des gens à se développer. Section iI. La situation des enfants en matière de Santé Les Nations Unies reconnaissent l’importance de la santé en tant que droit de la personne avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement, et elles ont mis en avant des priorités-clés pour améliorer le bien-être de millions de personnes partout dans le monde avant 2015. Voici quelques objectifs sur le plan de la santé : • • • • • Réduire de deux tiers la mortalité infantile ; Réduire de ¾ la mortalité maternelle ; Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies ; Réduire de moitié la proportion de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable ; Veiller à la fourniture de médicaments d’importance vitale à des prix abordables dans les pays en développement. Au Burundi, la Politique Nationale de Santé (PNS 2005–2015) a pour but d’améliorer l’état de santé de la population, non seulement parce que c’est un droit humain, mais aussi pour permettre la relance de l’économie et la diminution de la pauvreté en maintenant le capital humain en bonne santé. Dans le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) qui constitue un cadre de réalisation de la Politique Nationale de Santé, plusieurs axes concernant la santé des enfants ont été privilégiés. Ces axes sont présentés dans la partie ci-dessous ainsi que les différentes actions mises en place et leur résultats en termes de renforcement de la santé publique des enfants. II.1. Lois, politiques et programmes nationaux les plus importants dans le domaine de la santé La Politique Nationale de la Santé (2005–2015) repose sur les trois objectifs suivants, concernant directement les enfants tels que : • Réduire de moitié le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans par le maintien du niveau actuel de couverture vaccinale pour les maladies évitables par la vaccination, la promotion de l’allaitement maternel exclusif et Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 55 enfin, l’extension de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant. Le moyen et le long termes concerneront le développement intégré du jeune enfant par la promotion des garderies communautaires (développement physique, social, affectif, spirituel et intellectuel) ; • Réduire d’un tiers les taux de malnutrition des enfants de moins de cinq ans et du jeune enfant au moyen de la mise en place d’un système de surveillance de la croissance et de dépistage communautaire de la malnutrition, la mise en place des programmes de nutrition à assise communautaire, et la mise en place d’un repas à l’école ; • Réduire d’un tiers les taux d’insuffisance pondérale à la naissance en passant par l’éducation et la supplémentation nutritionnelle des femmes enceintes, et la prévention du paludisme chez les femmes enceintes notamment par la promotion de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide. Dans la même PNS 2005–2015, d’autres objectifs sont envisagés ayant une incidence certaine sur la santé des enfants. Il s’agit de : (1) réduire de moitié les taux de morbi-mortalité liés aux maladies transmissibles et non transmissibles, (2) réduire de moitié le taux de mortalité maternelle, (3) renforcer les capacités de production, de mobilisation et de gestion des ressources humaines pour une couverture effective et équitable du personnel de santé et la stabilisation du personnel de santé, (4) renforcer des mécanismes de réhabilitation, de production, de mobilisation et de gestion des ressources physiques pour une couverture effective et équitable en médicaments, en infrastructures et équipements. Ces objectifs sont accompagnés d’objectifs complémentaires concernant les enfants de façon indirecte. La PNS trouve un cadre de réalisation dans le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS 2006/2010). Concernant l’assurance médicale, il y a lieu de parler en particulier de l’assurance maladie obligatoire dans le secteur public. Il s’agit d’une initiative de financement des soins appelée « Mutuelle de la Fonction Publique (MFP) » dont la mise en place a eu lieu en 1980 par l’Etat. La MFP couvre environ 10% de la population et assure la prise en charge des soins de santé des agents publics et assimilés, à hauteur de 80% des actes médicaux, des hospitalisations et produits pharmaceutiques (mais 70% pour les produits de marque). Sa source principale de financement provient des cotisations reparties entre l’employeur (l’Etat, en l’occurrence) à raison de 6% et l’affilié à hauteur de 4%. En août 2005, en vue de renforcer la Politique Nationale de Santé et les différents programmes spécialisés, une mesure du Président de la République a consacré la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les accouchements. Cette mesure a été très bien accueillie, mais elle n’a pas été soutenue par les dispositions concernant les mécanismes de financement ou la qualité des soins de santé. En effet, bien que les soins de santé aient été officiellement reconnus gratuits pour les enfants de moins de 5 ans et les accouchements, on peut noter un manque flagrant en matériel et en personnel 56 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi de santé, alors que la demande a de fait été exacerbée avec la gratuité des soins. En outre, il a été remarqué un problème d’accès effectif à ces soins gratuits. En conséquence, les enfants qui n’ont pas été enregistrés dans les services d’état civil ne peuvent pas bénéficier de la gratuité des soins sans une attestation de naissance. La même situation est observée pour les mères qui accouchent et n’ont pas de carte nationale d’identité. Au-delà de la Politique Nationale de Santé, le Ministère de la santé publique a créé les programmes spécialisés suivants : le programme national de santé de la reproduction, le programme élargi de vaccination et le programme national de lutte contre les maladies transmissibles et carentielles. Concernant les enfants, ces programmes s’occupent respectivement de la sexualité des adolescents et de la vaccination et traitements des maladies transmissibles et carentielles Il existe aussi un programme national de lutte contre le SIDA et d’appui aux orphelins. Ce programme a mis en place deux politiques nationales à savoir la Politique Nationale en faveur des Orphelins et autres enfants vulnérables et le plan stratégique de lutte contre le SIDA (2007/2011). Concernant le Plan relatif au VIH/SIDA, il est prévu le renforcement du programme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant. L’Unité Sectorielle de lutte contre le SIDA et le PNSR du Ministère de la Santé Publique renforcera les structures de dépistage volontaire du VIH chez la femme enceinte en consultation prénatale (CPN) et chez le partenaire sexuel. Cette unité sectorielle mettra en œuvre des opérations de promotion du dépistage systématique et de prise en charge correcte des infections sexuellement transmissibles (IST) chez les femmes enceintes en consultations prénatales, le traitement par les antirétroviraux (ARV), la promotion des pratiques obstétricales saines lors de l’accouchement ainsi que l’élaboration d’une politique d’alimentation et de nutrition du nourrisson et du jeune enfant dans le contexte du VIH/SIDA. Les centres de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant seront renforcés et multipliés, ceci avec le soutien du Conseil National de Lutte contre le SIDA (CNLS) La santé des enfants est aussi une préoccupation des partenaires du Burundi, en plus des activités de l’UNICEF. Le plan stratégique du BINUB (2007/2008) s’attache à deux domaines prioritaires en matière de santé des enfants : (1) la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose et (2) l’accès aux services sociaux de base. En réalité, la programmation des agences du SNU fait référence aux priorités du gouvernement reflétées dans ses politiques sectorielles et le CSLP mais également dans les conventions internationales auxquelles le gouvernement burundais a souscrit. Le Ministère de la santé publique a créé les programmes spécialisés suivants : le programme national de santé de la reproduction, le programme élargi de vaccination et le programme national de lutte contre les maladies transmissibles et carentielles. En effet, parmi les instruments de référence internationaux qui ont été ratifiés par le Burundi se trouve la Convention Internationale des Droits des Enfants (CDE). Et dans cette convention, les Etats parties se sont engagés à assurer : • la survie et le développement de l’enfant dans la mesure du possible ; • les soins spéciaux aux enfants handicapés notamment une aide gratuite aux soins de santé; • l’accès à des services médicaux et de rééducation. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 57 Au Burundi, ces articles de la CDE trouvent leur adaptation dans la Politique Nationale de Santé 2005/2015. A la lumière de ces informations, la santé des enfants apparaît clairement comme un objectif important de la Politique Nationale du Ministère de la Santé et le plan national de développement sanitaire. Dans la section suivante, nous discutons des résultats de ces politiques sur la santé des enfants au Burundi. II.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalités des sexes Les résultats pour les enfants dans le domaine de la santé sont évalués par rapport à la mortalité infantile, la couverture vaccinale, et le taux de prévalence des maladies des enfants. Mortalité pour les enfants de moins de cinq ans La mortalité des enfants de moins de cinq ans est véritablement un instrument d’appréciation du bien-être de l’enfant et de sa santé. Elle est plus communément appelée le TMM5. Il constitue aussi un moyen pour apprécier les résultats des efforts fournis par une communauté, un pays, et une organisation pour réduire le niveau de mortalité des enfants. Le taux de mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans permet également d’obtenir des informations sur des éléments tels que l’état nutritionnel, le savoir médical des mères ou encore la vaccination, comme le montre le graphique 10 ci-dessous. Graphique 10. Mortalité des enfants 200 150 100 50 sexe region Taux de mortalité (0–11 mois)* milieu Secondaire + Primaire Sans Plus riches Riches Moyen Bien-être Niveau de la mère Taux de mortalité infanto-juvenile (0–59 mois)** Source: MICS 2005 58 Pauvres Tres pauvre Rural Urbain Centre Ouest Est Sud Nord Feminin Masculin 0 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Les résultats de l’enquête MICS réalisée au Burundi en 2005 montrent que le taux de mortalité infantile (probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire pour 1.000 naissances vivantes) est de 120 et le taux de mortalité infanto-juvénile (probabilité de décéder entre la naissance et le premier anniversaire pour 1000 naissances vivantes) est approximativement de 176. On enregistre des différences entre le taux de mortalité infantile des garçons (132) et celui des filles (108). Des différences masculin/féminin existent aussi dans les taux de mortalité infanto-juvénile (188 pour les garçons et 163 pour les filles). Quant aux disparités régionales, les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont les plus bas dans la région sud (respectivement 100 et 144), alors que les chiffres pour la région nord sont les plus élevés (respectivement 133 et 197). Quant au niveau d’instruction de la mère, il a une corrélation négative avec le taux de mortalité. En effet, plus la mère a un niveau d’éducation élevé, plus le taux de mortalité est faible. La même tendance s’observe lorsqu’on considère le niveau de vie des ménages (indices de bien être/quintiles de richesse). Enfin, les différentiels de la mortalité dans l’enfance selon les caractéristiques du milieu montrent une situation plus satisfaisante dans le milieu urbain que dans le milieu rural. Comparativement à la situation de 2000, période à laquelle la même étude avait été conduite, on constate un progrès appréciable soit un différentiel positif de 36‰ pour le taux de mortalité infantile et 57‰ pour le taux infanto-juvénile. La vaccination des enfants est un instrument-clé pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) relatif à la réduction de la mortalité infantile d’ici 2015. Couverture vaccinale La vaccination des enfants est un instrument-clé pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) relatif à la réduction de la mortalité infantile d’ici 2015. A l’instar d’autres pays, le Burundi a mis en place le Programme Elargi de Vaccination en 1980. Selon les directives de l’UNICEF et de l’OMS, un enfant devrait recevoir la vaccination du BCG pour le protéger contre la tuberculose, trois doses de DTC pour le protéger contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, quatre doses de vaccin contre la poliomyélite et une vaccination contre la rougeole à l’âge de 9 mois. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 59 75,6 78 39,4 35 57 67 65 60 59 60 68 83 74,4 82 87 79,2 88 83 68,8 69 80 75,2 98 87 100 68 95,6 Graphique 11. Vaccination des enfants 40 20 s le us RO U s G va EO cc in LE 3 O LI PO O LI PO 2002 to 2000 2 1 LI PO D O 2 TC TC D BC G 1 0 2005 Source : MICS 2005 La série d’enquête MICS (2000 et 2005) a évalué l’état d’avancement du programme de vaccination. Par ailleurs, le PEV-Burundi, appuyé par l’UNICEF a réalisé une enquête en 2002 pour évaluer la couverture vaccinale au Burundi (ENCV). En termes de respect du calendrier vaccinal, on constate que les évolutions ne sont pas satisfaisantes. On constate que moins de 50% en moyenne des enfants sont vaccinés contre toutes les maladies listées cidessus avant d’atteindre leur premier anniversaire. Ce constat doit inciter des politiques d’appui au programme de vaccination et à toutes les structures de santé d’augmenter ces résultats en matière de couverture de vaccination des enfants et surtout des nourrissons. Graphique 11 bis. Evolution de la couverture vaccinale 120 100 80 BCG 60 DTC1 40 DTC3 20 Polio3 0 2000 60 2002 2005 2006 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 2007 2008 L’utilisation d’autres sources de données d’origine administrative, montre que les résultats du programme de vaccination a une allure croissane depuis 2005 mais confirme l’absence du respect du calendrier vaccinal et la tendance générale à la baisse. Cette situation doit inciter les responsables sectoriels à intensifier les messages d’éducation à la vaccination en dehors des campagnes officielles. Graphique 12. Pourcentage d’enfants âgés de 12–23 mois ayant reçu tous les vaccins recommandés avant 12 mois, Burundi, 2005 100 90 89 80 88 82 76 69 70 59 60 64 68 67 50 40 35 30 20 10 0 BCG DPT1 DPT2 DPT3 Polio0 Polio1 Polio2 Polio3 Rougeole Tous II. 3. Etat des lieux des maladies chez les enfants Les cinq principales causes de morbidité enregistrées dans les centres de santé sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës, les maladies diarrhéiques, les traumatismes et brûlures et la malnutrition tandis que les cinq premières causes de mortalité sont le paludisme, les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires aiguës (IRA), la malnutrition et le SIDA. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 61 Graphique 13. Répartition des décès survenus dans les structures sanitaires par cause chez les enfants de moins de 5 ans en 2003 au Burundi, selon le rapport d’EPISTAT 14% 5% 48% 15% 10% Paludisme Anémie IRA Malnutrition M. Diarrhèiques Autres 8% Source : PNDS, 2005 Pour le paludisme, les actions de lutte sont: la distribution de moustiquaires imprégnées et d’antipaludéens systématiques chaque fois que les enfants présentent des symptômes de fièvre très élevée ou des convulsions. Mais on constate que les actions préventives contre le paludisme sont encore à un niveau faible. Les résultats de l’enquête MICS 2005 indiquent que seulement 13,3% des enfants âgés de moins de cinq ans ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête et que 8,3% seulement ont dormi sous une moustiquaire imprégnée. Il n’y a pas de disparité significative entre les filles et les garçons pour l’utilisation de moustiquaires imprégnées chez les enfants de moins de cinq ans. 62 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Graphique 14. Prévalence de diarrhée (en %) 30 25 23,20 24,00 21,70 19,50 20 20,70 21,20 19,30 18,80 22,30 20,50 19,50 22,40 19,10 17,70 16,70 15 10 7,40 5 sexe région Niveau de la mère Plus riches Riches Moyen Pauvres Trés pauvre Informel Secondaire + Primaire Sans Centre Ouest Est Sud Nord Feminin Masculin 0 Bien-être Les infections respiratoires aiguës (IRA) sont des causes majeures de morbidité et de mortalité, spécialement chez les enfants de moins de 5 ans. Quant aux maladies diarrhéiques, elles sont surtout causées par les conditions de logement insalubres, l’évacuation des excréments non hygiénique, la consommation d’eau non potable et des mauvaises pratiques hygiéniques. Les données disponibles permettent d’apprécier le niveau de prise en charge et les disparités relatives qui existent. Les données qui ont permis de générer ce graphique se limitent aux deux dernières semaines qui ont précédé la collecte des données. Il apparaît que la prévalence de la diarrhée au Burundi est élevée avec en moyenne plus de 20% d’enfants atteints de diarrhée. Le croisement avec d’autres variables dégage des disparités. On constate que le niveau d’instruction de la mère de l’enfant influence largement la prévalence. Ainsi, 21,2% des enfants atteints de diarrhée avait une mère sans instruction alors que seulement 7,4% des enfants dont la mère avait un niveau secondaire étaient atteints de diarrhée. Au niveau régional, la région nord se démarque des autres avec des taux de prévalence très élevés, alors que l’ouest présente une situation plus satisfaisante. Les régions les plus frappées de diarrhée sont celles qui sont très peuplées (MICS 2005). Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 63 Graphique 15. Traitement de la diarrhée avec les Sels de Réhydratation Orale (SRO) 44,90 41,10 Niveau de la mère Plus riches Informel Secondaire + Primaire Sans Centre Ouest Sud Nord Feminin Masculin Est région 26,20 Riches 23,70 20,90 sexe 29,90 28,60 22,90 Moyen 30,80 24,80 Pauvres 29,90 Trés pauvre 30,90 38,20 37,30 31,20 33,20 Bien-être Source : MICS 2005 L’utilisation de sels de réhydratation orale (SRO) est en moyenne de 30% sur l’ensemble du territoire. L’analyse qui tient compte du niveau de pauvreté montre un écart entre les deux extrémités de l’échelle sociale (très riches et très pauvres). En effet, les catégories très riches utilisent ce traitement à 37,3% contre 23,7% pour les très pauvres. En ce qui concerne les disparités régionales, l’ouest utilise les SRO à hauteur de 44,9% contre 24,8% à l’Est. Il est donc évident que les causes de la santé précaire des enfants sont multiples comme nous le voyons dans la suite. II.4. Analyse des causes de la santé précaire des enfants Les causes des problèmes de santé des enfants au Burundi sont complexes. En effet, la santé de l’enfant commence dès sa conception. A partir de ce moment, elle est intimement liée à celle de sa mère notamment à son alimentation et à son bien-être en général, à l’espacement des naissances et à la consultation prénatale. Après la naissance, la santé de l’enfant dépend fortement de l’allaitement, de l’immunisation (vaccination), des conditions d’hygiènes et d’assainissement, de l’alimentation de l’enfant, et des soins primaires de base entre autres. 64 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Au Burundi, l’organisation et la gestion du système national de santé présente de nombreuses faiblesses, ayant un fort impact sur les enfants. Les faiblesses les plus aggravantes concernent principalement : • La faiblesse des mécanismes de mise en autonomie de gestion des services et structures de santé ; • La qualité et l’accès à des équipements et matériels médicaux en bon état et performants ; • La faible intégration des programmes nationaux de santé dans l’exécution des interventions de santé à tous les niveaux du système ; • Le faible degré de décentralisation au niveau des communes et des collines • • • • • • des services de santé et dans la participation à la résolution de leurs propres problèmes de santé ; La coordination insuffisante entre les acteurs du domaine public et privé, des ONG et autres partenaires socio-sanitaires ; Le faible appui à l’initiative privée à but non lucratif; L’absence de dispositions contractuelles entre partenaires; L’absence d’un cadre juridique et le faible encouragement de la médecine traditionnelle ; L’insuffisance de la réglementation et de la régulation du secteur privé lucratif ; L’absence de coordination de la maintenance des équipements et des infrastructures sanitaires. Des dysfonctionnements naissent de cette situation à savoir: les infrastructures de mauvaise qualité (vétustes pour la plupart), l’insuffisance en personnel qui de surcroît est mal réparti, la concentration du personnel de santé dans la capitale Bujumbura avec très peu de relais à l’intérieur du pays, la faiblesse dans la gestion des structures de santé (par une insuffisance de personnel compétent en la matière, et par la faible motivation de ce personnel), et la faiblesse du système d’approvisionnement en médicaments essentiels et consommables médicaux. Cette situation a pour conséquence de faibles performances du secteur en matière de fonctionnement et de prestation des services en milieu rural. Il est donc urgent de définir une stratégie plus efficace pour améliorer ces performances. II.5. Fondements et partenaires pour une stratégie La prise en charge de la diarrhée, soit par les sels de séhydratation orale (SRO), soit par les fluides recommandés préparés à domicile, permet d’éviter bon nombre de décès. Prévenir la déshydratation et la malnutrition par l’augmentation de l’absorption de fluides et la poursuite de l’alimentation de l’enfant constitue également une stratégie importante pour prendre en charge la diarrhée. Après analyse des résultats dans le secteur de la santé des enfants, les stratégies définies dans la Politique Nationale de Santé (2005–2015) restent d’actualité. La recommandation fondamentale qu’on peut formuler est que ce plan doit être une Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 65 référence pour tous les intervenants en matière d’appui technique, financier et logistique. Une lecture minutieuse des autres instruments de planification appartenant à d’autres intervenants dans le secteur de la santé, montre que le schéma n’est pas nécessairement le même et cela nuit à la coordination et au suivi. Le Groupe sectoriel Santé mis en place dans le cadre du groupe de coordination des partenaires (GCP) doit aider à répondre à ces besoins en termes de planification et de concertation. En effet, un cadre de dépenses à moyen et à court terme, revu et réactualisé chaque année, est en cours de formulation par les autorités nationales en coordination avec les partenaires au développement œuvrant dans le secteur de la santé. Ce plan d’action s’appuie sur les stratégies relatives aux enfants qui sont définies dans le cadre du PNDS (2005/2010). Ces stratégies sont les suivantes: • Amélioration de l’accessibilité aux services des soins obstétricaux ; • Amélioration de la disponibilité des services obstétricaux de qualité au niveau • • • • • • • des centres de santé et des hôpitaux ; Amélioration de la qualité des consultations prénatales et post natales ; Extension des activités de planification familiale à base communautaire ; Prévention du paludisme chez les femmes enceintes et les enfants ; Réduction des grossesses chez les adolescentes ; Amélioration de la logistique du PEV et de la qualité des services de PEV ; Intensification des activités de vaccination dans les secteurs de santé à faible couverture ; Multiplication des centres PTME. Afin de renforcer l’impact déjà positif des mesures de gratuité des soins pour les femmes qui accouchent et les enfants de moins de 5 ans, des mesures d’accompagnement sont nécessaires dans le domaine du financement pour répondre à la demande qui a nettement augmenté. Le système de santé gagnerait à mettre en place une meilleure coordination et une meilleure gestion des services de santé afin de cheminer vers la réalisation des OMD en ce qui concerne la santé des enfants. Conclusion de la section Au vu de l’analyse des politiques, programmes et projets principaux en matière de promotion de la santé, on remarque que malgré une amélioration du fait de la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5 et pour les femmes qui accouchent, des progrès majeurs sont encore à accomplir dans certains secteurs concernant principalement la couverture vaccinale, la qualité des services de santé et le processus de décentralisation dans l’accès des soins au niveau communautaire. Etant donné que la santé va de pair avec la sécurité sociale et la protection de l’enfant, nous examinerons dans les sections suivantes la situation des enfants en matière de protection. 66 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi La violation du droit de l’enfant à la protection est une violation de ses droits humains et un obstacle sérieux à sa survie et à son développement physique et mental. Le Burundi a ratifié plusieurs textes internationaux relatifs aux droits des enfants. La Constitution, le Code des Personnes et de la Famille, le Code pénal et son Code du travail notamment, contiennent des clauses destinées à protéger les enfants. Les lois, politiques et programmes qui visent la protection de l’enfant en matière civile, politique, économique, sociale et psychologique mais aussi la protection sociale en général sont analysés dans la présente section. Section iiI. Situation des enfants en matière de protection III.1. Lois, politiques et programmes dans le domaine de la protection de l’enfance et la protection sociale La Convention Internationale des Droits des Enfants prévoit que les Etats Membres prennent des mesures pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalité physique ou mentale, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitement ou d’exploitation (art 19, art 34). Les enfants doivent être protégés contre l’exploitation économique, contre tout travail comportant des risques ou susceptible de compromettre leur éducation et leur développement physique, mental, spirituel, moral ou social (art 32.1). Ils doivent être protégés contre l’usage illicite des stupéfiants ainsi que leur production et leur commercialisation (art 33). Nul enfant ne doit être soumis à la torture, ni à des peines cruelles. Il ne doit pas non plus être privé de liberté de façon illégale ou arbitraire. Toute privation de liberté se fait dans le respect des règles de la dignité de la personne humaine et requiert l’accès rapide à une assistance juridique ou toute autre forme d’assistance appropriée (art 37). L’enfant est enregistré à sa naissance et a, dès celle-ci, le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et être élevé par eux (art 7). Au vu de ces articles de la CDE, une analyse de la situation des enfants en matière de protection au Burundi peut être faite. Depuis bien des années, un certain nombre de mécanismes ont été mis en place pour protéger les enfants, que ce soit au niveau juridique, social, administratif et psychologique. Les mineurs peuvent être préservés, protégés et défendus contre la plupart des abus dont ils pourraient être victimes, à condition que tout un chacun s’implique dans le respect et la valorisation de leurs droits. Toutefois, le recours à ces mécanismes dépend largement des conditions d’accès a l’information des enfants quant à la protection de leurs droits et des recours existants contre toute atteinte à leur encontre. Voici l’état des lieux de ce qui est prévu et effectivement mis en place pour les enfants en matière de protection au Burundi : Les textes de lois Comme déjà mentionné, des lois régissant la protection de l’enfance au Burundi sont disséminées dans différents textes juridiques à savoir (1) le code pénal en ce qui concerne les infractions commises par l’enfant et sur l’enfant ainsi que Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 67 leur répression, (2) le code des personnes et de la famille en ce qui concerne par exemple le mariage, la filiation, l’autorité parentale, la tutelle des mineurs, la majorité et la minorité, l’émancipation, l’adoption ; (3) le code du travail définissant les règles en ce qui concerne le travail de l’enfant, les conditions de vie (salubrité, moralité, etc.), le salaire, l’âge d’admission au travail ; (4) le code civil en ce qui concerne les délits. Certains articles ont été ajoutés par modification des textes existants, dans le but d’adapter les instruments nationaux aux instruments internationaux à l’exemple de la CDE. Néanmoins, il est à noter que les articles contenant ces réglementations protégeant les enfants se retrouvent également dans d’autres textes de lois faisant qu’aucune juridiction spécialisée ne porte sur la situation des enfants. Les différents engagements du gouvernement Les accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, signés en Août 2000 montrent l’engagement du gouvernement burundais en ce qui concerne la protection des enfants et la protection sociale. Les accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, signés en Août 2000 montrent l’engagement du gouvernement burundais en ce qui concerne la protection des enfants et la protection sociale. Dans ces accords, il est prévu, entre autres, la démobilisation des enfants (protocole III), l’assistance alimentaire et sanitaire aux ménages qui entrent dans le cadre de leur réinstallation et réinsertion (protocole IV, chapitre I, art 4), une assistance spéciale, la protection, la réhabilitation et la promotion des groupes vulnérables à savoir les enfants chefs de ménages, les orphelins, les enfants de la rue, les enfants non accompagnés, les enfants traumatisés et les jeunes délinquants (protocole IV, chap. I, art 4). La politique nationale sur les Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV) Il s’agit d’une politique nationale en faveur des orphelins et autres enfants vulnérables qui a été mise en place depuis 2005 conjointement par le Ministère de l’action sociale et de la promotion féminine et le Conseil National de Lutte contre le SIDA. Les groupes cibles sont les orphelins, les enfants de la rue, les enfants handicapés, les enfants traumatisés, les enfants soldats, les enfants réfugiés et déplacés et les enfants en prison. Les principaux objectifs de cette politique sont de (1) mettre à la disposition de tous les intervenants du secteur un document de référence pour une meilleure coordination de leurs actions ; (2) susciter dans tout le pays une prise de conscience sur la nécessité et l’obligation de protéger et de prendre en charge les OEV ; (3) contribuer à une meilleure connaissance des causes qui engendrent les OEV, notamment la pauvreté, la pandémie du VIH/ SIDA et l’impunité des actes à l’encontre des droits fondamentaux des enfants et renforcer leur surveillance; et enfin (4) réduire les effectifs des OEV par la mise en place de structures appropriées de surveillance et de prise en charge des enfants en difficultés. Autres initiatives en faveur des droits de l’enfant D’autres initiatives sont mises en place par le BINUB dans le cadre de la stratégie intégrée d’appui des Nations Unies à la consolidation de la paix au Burundi (2007/2008). Elles visent entre autres à mettre en place des chambres spéciales pour les mineurs en conflit avec la loi, à réduire la population mineure en prison 68 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi au moyen d’une réinsertion sociale, l’accélération des jugements et l’utilisation des peines alternatives. Toutes ces politiques et ces initiatives aboutissent à des résultats que nous voyons ci-après. III.2. Résultats pour les enfants, disparités et égalités des sexes. En général, la situation des enfants continue à se détériorer malgré les efforts des différents acteurs dont fait partie le gouvernement. Trois phénomènes comme le VIH/SIDA, la guerre et la pauvreté sont les plus générateurs d’orphelins et d’enfants vulnérables. Le nombre de ces derniers qui était estimé à 650.000 à la fin 2004, s’élevait à 835.996 en 2005, soit environ 11% de la population burundaise. Parmi ceux là, 250.000 sont infectés ou affectés par le VIH/SIDA et 30.346 sont orphelins et chefs de ménage. Selon les données de l’UNICEF, 65.400 enfants sont travailleurs précoces et 5.000 enfants vivent dans la rue. D’un autre côté, la protection de l’enfance est mesurée à travers un certain nombre d’indicateurs reconnus comme des éléments d’évaluation de la pauvreté non matérielle. Il s’agit entre autres du travail des enfants, des mariages précoces, et de l’enregistrement à l’état civil. L’enregistrement des naissances Selon les données de l’UNICEF, 65.400 enfants sont travailleurs précoces et 5.000 enfants vivent dans la rue. Cet indicateur évalue l’ampleur de l’enregistrement des enfants. Sans preuve de naissance, les enfants manquent de la protection essentielle qui provient de cette forme légale d’identité. La preuve de la lignée est critique pour les enfants dans le cas de l’héritage de la propriété des parents décédés. Sans preuve de naissance, les enfants sont particulièrement vulnérables à l’exploitation et à l’abus des droits de tout citoyen qui peuvent leur être refusés. Au Burundi, 60,2% des enfants de moins de cinq ans ont été enregistrés à l’état civil en 2005. L’absence d’enregistrement est justifiée en grande partie par le coût, les amendes de retard et l’ignorance (MICS, 2005). Depuis 2008, les amendes ont été supprimées pour les retardataires (enregistrement après 15 jours à partir de la naissance) mais la procédure est devenue tellement lourde et lente que certains préféreraient payer ces amendes plutôt que de faire les démarches réglementaires requises. Le travail des enfants Le travail des enfants est une conséquence directe d’un déficit de protection et surtout d’un vide en matière de politique appropriée pour les enfants. Le graphique ci-après tiré des données de 2005 montre bien la relation existant entre le niveau de pauvreté des enfants et le fait qu’ils travaillent. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 69 Graphique 16. Travail des enfants et leur bien-être 25 20 23,1 19,3 17,7 20,2 18,7 20,7 20 18,9 16,9 15,8 17,9 16,5 15 14,1 11,7 10 5 0 Masculin Féminin Très pauvre Pauvres Moyen Riches Plus riches Pourcentage d’enfants travailleurs Pourcentage d’élèves impliques dans le travail des enfants Source : MICS 2005 Ces données montrent une frange non négligeable d’enfants (5–14 ans) qui travaillent en même temps qu’ils fréquentent l’école. Aussi, les enfants travailleurs se trouvent plus chez les pauvres que chez les riches. Mariage précoce Le mariage précoce, c’est-à-dire avant l’âge de 18 ans, est une violation des droits des enfants. Ce phénomène touche beaucoup plus les filles et ce, avec beaucoup plus de conséquences. En effet, les filles se mariant avant l’âge de 18 ans sont plus vulnérables et du fait de leur mariage mettent en danger leur santé par les risques de naissances à un âge précoce. Le mariage se présente même comme un risque vital dans certaines conditions. Les décès liés à la grossesse sont une cause principale de mortalité chez les filles mariées et célibataires âgées de 15 et 19 ans. En outre, elles arrêtent leur scolarité, les isolant socialement et renforçant la nature inégalitaire de la pauvreté. Le graphique 16 qui suit montre l’ampleur du phénomène au Burundi. 70 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Graphique 17. Mariage précoce des femmes 24,8 21,6 12,7 indice du bien-être 10,5 7,5 7,5 Très pauvres 3,1 2,8 Plus riches 2,9 2,1 2 Riches 3,9 Informel 0,5 Primaire Sans 2,5 5,6 2,3 2,8 Secondaire+ 4 12,1 10,5 9,4 18 Moyen 9,5 22,1 19,4 Pauvres 20,3 18,6 Niveau d’éducation de la mère Pourcentage de femmes mariées avant l’âge de 15 ans* Pourcentage de femmes mariées avant l’âge de 18 ans* Source : MICS 2005 Le taux de filles qui sont mariées avant 15 ans est estimé à 2,9% en 2005 et le taux de celles qui l’ont été avant l’âge de 18 ans est estimé à 20,4%. 9,6% des femmes d’un âge compris entre 15 et 19 ans sont mariées ou en union. Parmi ces filles mariées ou en union précoce, 12,7% n’ont pas été à l’école contre 2,3 % qui ont terminé le niveau secondaire. Par rapport au niveau de bien-être, les plus riches représentent 7,5% et les très pauvres 10,5%. Toutes ces variables montrent combien la protection sociale de l’enfance présente des failles dont nous analysons les causes et les irrégularités dans la partie qui suit. III. 3. Facteurs causaux et corrélations En général, les facteurs qui empêchent la réalisation des droits des enfants, particulièrement en matière de protection, sont multiples. Comme montré précédemment, le Burundi est signataire de plusieurs instruments internationaux concernant les droits de l’enfant. Toutefois, il n’existe ni structure institutionnelle, ni mécanisme efficace permettant de les défendre effectivement, ni aucune politique de vulgarisation permettant d’en faire la promotion auprès de la population. D’autre part, la guerre civile qu’a connue le Burundi à partir de 1993 a porté à leur paroxysme les violations des droits de l’enfant dans le pays. Le nombre de viols sur mineurs a atteint des proportions inquiétantes. Les cas de noninscription des enfants à l’état civil se sont multipliés entraînant le non-respect Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 71 d’un certain nombre de leurs droits y afférents (droit à la santé, à l’éducation, etc.). Les motifs du non-enregistrement des naissances ont trait au coût élevé des démarches, à l’éloignement du lieu d’enregistrement, à l’ignorance de cette obligation et à l’ignorance du lieu d’enregistrement. La non-inscription dans les registres de naissance favorise aussi les mariages précoces car les preuves de l’âge des enfants ne peuvent pas être produites dans ce cas. Dans le contexte de guerre, des enfants soldats ont été utilisés dans le conflit par les différents belligérants, le phénomène des enfants de la rue, corollaire de la pauvreté croissante des familles et de l’augmentation du nombre d’orphelins s’est accentué. Aussi, avec la guerre et la paupérisation des ménages, les enfants burundais sont devenus de plus en plus contraints de travailler pour compléter le revenu des parents ou pour subvenir à leurs propres besoins. L’impact du VIH/SIDA est à mentionner car un nombre croissant d’enfants deviennent chefs de ménages suite à la propagation de ce fléau chez leurs parents. Si la situation des enfants en matière de protection n’est pas satisfaisante comme nous venons de le voir, il y a lieu de s’interroger sur les stratégies à prendre dans les domaines de la protection de l’enfance et de la protection sociale. III.4. Stratégies Différentes stratégies pourraient améliorer la situation des enfants en matière de protection. Au niveau des pouvoirs publics, plusieurs actions sont indispensables afin de promouvoir les droits des enfants. Il s’agit de procéder à la ratification de tous les instruments juridiques internationaux ayant trait aux droits de l’enfant et de les appliquer dans toute leur rigueur. Par ailleurs, la mise en œuvre effective de la CEDEF (Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discriminations à l’égard des Femmes) qui a été signée par le Burundi en janvier 1992 pourrait indirectement produire des bénéfices pour les enfants. L’élaboration du code sur les droits de l’enfant est quasi indispensable étant donné que tout ce qui concerne l’enfant au Burundi est dispersé dans d’autres textes de lois. Mettre ensemble toutes ces clauses éparpillées pour en faire une juridiction spécialisée pour les enfants en augmenterait la visibilité. Aussi la mise en place d’une justice spécifique aux mineurs, la répression dans le respect de la loi, toutes les violations des droits de l’enfant, la mise en place d’un parlement des enfants, sont des stratégies à mettre en œuvre dans le court terme. Quant à la vulgarisation des droits de l’enfant et la sensibilisation de la population au respect des droits de l’enfant, ce sont des programmes qui passeraient respectivement dans des programmes d’enseignement formel et informel. 72 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi De plus, les pouvoirs publics doivent assurer une protection spéciale pour les Orphelins et Enfants Vulnérables et autres enfants susceptibles d’être discriminés comme les enfants Batwa, les enfants handicapés et ceux atteints par le VIH/ SIDA. Il y a un réel besoin de renforcer le rôle du juge dans la gestion des biens des enfants placés sous tutelle, d’octroyer d’office au mineur délinquant les services d’un avocat, et de traiter avec célérité et en priorité les dossiers des mineurs détenus. En outre il faudrait sensibiliser la communauté en vue de faire cesser le travail des enfants, mettre en place une structure efficace de surveillance du travail des enfants dans le secteur informel et dans les ménages, cesser d’employer la méthode policière dans la résolution des problèmes causés par les enfants en situation de rue. Au niveau de la société civile, il faudrait mener des activités de plaidoyer et de lobbying auprès des pouvoirs publics en vue de la promotion, de la défense et du respect des droits de l’enfant, assurer une prise en charge psychosociale et juridique des enfants dont les droits ont été violés, participer à la vulgarisation des droits de l’enfant, et enfin dénoncer les violations des droits de l’enfant. Quant aux parents, ils devraient s’acquitter convenablement des obligations liées à l’autorité parentale en essayant surtout de mettre les enfants à l’abri de tout danger pouvantt nuire à leur intégrité tant physique que morale. Aussi, ils devraient servir de modèle dans le respect des droits de l’enfant et informer les enfants sur les facteurs qui concourent à la violation de leurs droits. Les règlements à l’amiable avec les auteurs des violations des droits de l’enfant (surtout pour les cas de violences sexuelles) sont à bannir. Dans ce cas, la voie judiciaire est à privilégier. La sensibilisation des communautés est nécessaire. Enfin, les enfants devraient apprendre à dénoncer sans complaisance les auteurs d’abus dont ils sont victimes et s’organiser en associations pour revendiquer leurs droits. Conclusion de la section La situation en matière de protection sociale et de l’enfance au Burundi s’améliore au fur et à mesure de l’adoption de textes de lois et règlements renforçant les droits des enfants. Pour autant un manque d’application de ces textes conduit à une impunité des crimes et violences faites sur les enfants. Certaines situations liées au travail des enfants ou au mariage précoce sont encore très courantes à l’heure actuelle au Burundi. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 73 Section iV. Situation des enfants en matière d’éducation L’accès à l’éducation est un droit fondamental de la personne humaine (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, article 26). La communauté internationale, en adoptant en 1989 la Convention relative aux droits de l’enfant, a déclaré que l’éducation primaire et secondaire était un droit fondamental pour les enfants. De plus, la communauté internationale s’est engagée pour les droits de la personne et de l’éducation par l’entremise des objectifs du Millénaire pour le développement, de la Déclaration du Millénaire et de l’initiative Éducation pour tous de l’UNESCO. L’éducation, de façon générale, constitue un pilier stratégique pour la lutte contre la pauvreté. En effet, l’enfant est un capital précieux qui permet de contribuer au développement d’un pays. Cette approche est celle qui est mise en exergue par les pays et les partenaires au développement. Une deuxième approche est centrée sur l’enfant lui-même. Elle considère que c’est un être humain ayant des droits que l’Etat et les parents doivent garantir et protéger dans le temps et dans l’espace. C’est effectivement, dans ce cadre que l’éducation devient pour les enfants un droit et pour la communauté, une obligation. Dans les lignes qui suivent, nous abordons le diagnostic des textes de lois, les résultats des programmes d’éducation et l’analyse de certaines causes qui affectent l’éducation des enfants au Burundi. Cette étude nous permettra de proposer des stratégies en matière d’éducation. IV.1. Lois, Politiques et programmes dans le domaine de l’éducation La Convention Internationale des Droits de l’Enfance (CDE)prévoit que les Etats membres reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation (art 28), au repos et aux loisirs, au jeu et à des activités récréatives, à la vie culturelle et artistique (Art 31). Par ailleurs, selon les mêmes instruments, les Etats doivent prendre des mesures appropriées pour réduire le taux d’abandon et en particulier, rendre l’enseignement primaire gratuit. Ces dispositions de la CDE, ont été corroborées par la Charte Africaine des Droits et du Bien-Etre des Enfants en son article 11. Selon cet article, les Etats doivent fournir un enseignement de base gratuit et obligatoire. La charte africaine précise aussi à l’alinéa 2 de l’article 11 que les Etats doivent donner leur chance aux enfants de sexe féminin. Dans le même sens, d’autres programmes internationaux ont été mis en place pour encourager la scolarisation des filles. On peut citer notamment l’initiative « the African girls education ». Le Burundi ayant ratifié les conventions relatives au droit de l’enfant et le Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels, et la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant, il se doit de transposer ces textes internationaux dans la législation nationale. 74 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Toutefois, trois ans après la ratification de la CDE, la prise en compte des engagements internationaux dans le domaine de l’éducation des enfants s’est effectuée à un rythme moins soutenu. Selon le rapport initial du Burundi sur la CDE, les conditions de guerre n’ont pas permis une mise en œuvre effective de ces dispositions dans le domaine de l’éducation. Néanmoins, après l’arrêt des hostilités, qui a été consacré par les accords de paix d’Arusha signés en 2000, des dispositions ont été prises pour promouvoir l’éducation des enfants et mettre en pratique les textes auxquels le Burundi a souscrit, en plus des clauses relatives a l’éducation incluses dans ces mêmes accords d’Arusha. En effet, ces accords comprennent des résolutions concernant l’encouragement de manière volontariste à l’enseignement primaire obligatoire et le rétablissement dans leurs droits des filles et des garçons dont la scolarité a été interrompue du fait du conflit burundais et de l’exclusion, notamment par une réinsertion adéquate dans le système scolaire et, plus tard, dans la vie professionnelle. (Protocole I, chap II, art 7) Les accords prévoient également une commission nationale pour la réinstallation des sinistrés dont la mission était d’accorder, à toute famille qui rentre, y compris les familles dont le chef de famille est une femme ou un enfant, une assistance dans le domaine de l’éducation. Cette commission doit aussi aider les rapatriés dans l’éducation des enfants. (Protocole IV, chap I, art 4). Cette volonté d’encourager l’éducation au Burundi a été aussi consignée dans la constitution adoptée par référendum en mars 2005. Selon l’article 53, « tout citoyen a droit à l’égal accès à l’instruction, à l’éducation et à la culture. » et « l’Etat a le devoir d’organiser l’enseignement public et d’en favoriser l’accès (…) ». Dans le cadre de la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement et la transformation des lois nationales en programmes opérationnels, plusieurs initiatives ont été prises pour améliorer l’éducation des enfants. En effet, une décision du Président de la République intervenue à la veille de la rentrée scolaire 2005/2006 a officialisé la gratuité de l’éducation dans toutes les écoles primaires publiques du Burundi. Ainsi, bien que non encore obligatoire, l’éducation primaire au Burundi est devenue plus accessible à un grand nombre d’enfants. Cette mesure doit aider à atteindre les objectifs du Forum Mondial sur l’Education tenue à Dakar en 2000 mais aussi les OMD, et permettre ainsi la scolarisation universelle. Dans le cadre de sa politique générale de lutte contre la pauvreté, le gouvernement du Burundi a adopté en 2006, la version finale du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté. Ce document décrit la politique sectorielle en matière d’éducation et incite le Gouvernement à s’engager dans « une réforme profonde pour assurer un développement durable de l’éducation et mettre en place des conditions nécessaires pour sa relance. » (CSLP, 2006). Cette réforme est actuellement en cours et devrait être mise en place d’ici 2010. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 75 Aussi, avec l’appui de l’UNICEF, le gouvernement a lancé en 2004 une campagne dénommée « Back to school » qui vise spécifiquement à renvoyer à l’école les enfants de 7 à 12 ans qui ont connu des problèmes de scolarisation pendant la crise déclenchée en 1993. L’objectif principal de cette campagne est d’augmenter le nombre d’inscriptions à l’école après tant d’années de guerre. Cette campagne s’est accompagnée d’une série de mesures dont la distribution en matériel scolaire, la réhabilitation des infrastructures scolaires, et l’introduction/extension des cantines scolaires. Un programme de cantines scolaires et des mesures d’incitation des jeunes filles à fréquenter l’école ont été également mises en place par le Gouvernement avec l’appui conjoint de l’UNICEF, du PAM et des ONG. Dans la même ligne de renforcement de la scolarisation des enfants, le Burundi est en train de mettre en œuvre un projet d’appui à la reconstruction du système éducatif avec le financement de la Banque Mondiale. Ce projet a pour but d’assurer l’éducation d’un nombre toujours croissant d’élèves du primaire en améliorant les capacités et les infrastructures de son système scolaire. Il vient en l’appui au programme d’infrastructure scolaire mis en œuvre dans cette optique par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Culture. Ce projet a pour objectif de réduire les disparités géographiques et celles basées sur le genre. IV.2. Résultats pour les enfants dans le domaine de l’éducation Les politiques initiées par le gouvernement dans le secteur de l’éducation ont eu des impacts plus ou moins satisfaisants. Bien qu’il soit assez difficile de quantifier les résultats pour chaque programme, il est possible d’avoir quelques références en matière d’impact sur l’éducation au Burundi. En effet, selon le rapport de la Banque Mondiale (2006), la mesure de gratuité de l’enseignement primaire s’est accompagnée d’une augmentation des budgets alloués au secteur de l’éducation. Le niveau relatif du budget affecté à l’éducation est passé de 17,6% en 2005 à 22.6% en 2006 (graphique 18). En raison de la priorité accordée à l’enseignement primaire, la part du budget d’éducation allouée à ce sous-secteur est passée de 40% en 2002 à 48% en 2008. 76 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Graphique 18. Evolution des dépenses de l’éducation pourcentage (relative) 25 22,6 20 17,6 15 16 15 14,2 14 10 5 2,7 0 2,3 2,4 2001 2002 2,2 2003 2,1 2004 Education 2005 3,4 2006 Santé Source : Statistiques du Ministère des Finances Le graphique ci-dessus met en évidence un indicateur de moyens mais le véritable impact ne peut être apprécié qu’à travers l’analyse des indicateurs de mesures propres au secteur de l’éducation, c’est-à-dire, par la combinaison de plusieurs indicateurs spécifiques à l’éducation. (différents taux). La mesure de gratuité a permis l’accroissement des effectifs mais aussi la réduction de l’écart entre les taux d’inscription des garçons et des filles. En effet, pour la scolarisation à l’école primaire, les disparités entre les garçons et les filles se sont progressivement réduites et tendent à disparaître depuis l’année scolaire 2005/2006, comme décrit dans le graphique 19. Graphique 19. Evolution du taux net de scolarisation 80,00 70,00 60,00 50,00 40,00 30,00 TNS: G 20,00 TNS: F 10,00 00 6 –2 20 05 20 05 20 04 – 04 20 20 03 – 20 03 02 – 20 1– 20 02 20 0 00 – 20 19 99 –2 00 0 20 01 0,00 Source: Ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 77 Les données issues de l’enquête QUIBB 2006 montrent que la politique de gratuité a eu des effets immédiats. Une évaluation faite par Sommeiller & Wodon en 2006 montre que l’année qui a suivi la mise en place de la gratuité, 31,8% des enfants de 6 à 11 ans ont été scolarisés. Cette dynamique au cours d’une seule année scolaire montre bien que la gratuité a eu des effets immédiats et positifs. En termes d’impact sur l’atténuation de la pauvreté, la mesure a permis aux ménages pauvres d’envoyer leurs enfants à l’école. Cet impact montre implicitement que cette décision permet à une partie des enfants de sortir du cercle de la pauvreté. Graphique 20. Répartition des nouveaux inscrits après la gratuité Plus riches (Q5) 11% Plus pauvres (Q1) 27% Quatrième quintile (Q4) 17% Troisième quintile (Q3) 20% Seconde quintile (Q2) 25% Source : QUIBB 2006 L’éducation des enfants, à travers tous les pactes et conventions est considérée comme un droit universel. Cette reconnaissance est d’autant plus importante que l’éducation de l’enfant constitue la voie la plus sure pour l’épargner de tous les risques de pauvreté, que ce soit au niveau de l’éducation préscolaire, de l’alphabétisation, de l’école primaire et secondaire. Education pré-scolaire Selon le rapport initial du Burundi sur la mise en œuvre de la CDE (2000), l’enseignement préscolaire accueille les jeunes enfants pour les préparer à l’enseignement primaire. Le niveau pré-scolaire prépare les enfants à aborder l’école avec un niveau de base suffisant pour éviter des déperditions souvent observées en première année. Mais on remarque que cette éducation préscolaire n’est pas répandue et peut expliquer en partie le taux élevé de déperditions pendant la première année scolaire. Le pourcentage d’enfants fréquentant le pré-scolaire était estimé à 1,6% en 2006. 78 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi L’enquête MICS en 2005 a montré qu’il y a très peu d’enfants qui fréquentent les écoles de formation préscolaire. Ce type d’enseignement est surtout pratiqué dans les centres urbains et par des établissements privés. On l’observe moins en zone rurale. Dans tous les cas, cette étape n’est ni indispensable, ni obligatoire pour l’enfant mais elle est fortement recommandée afin de préparer les enfants à aborder efficacement le niveau primaire. Fréquentation de l’école primaire et secondaire La période de crise déclenchée au Burundi en 1993 a ébranlé le système éducatif et les résultats d’apprentissage. Dans son rapport initial sur la mise en œuvre de la CDE, le Burundi avait estimé qu’il pouvait atteindre la scolarisation universelle en 2000.Cela n’a pas pu être réalisé malgré des efforts de sortie de crise qui ont eu des effets positifs sur l’éducation. Mais ces dernières années et ce, grâce à la décision de rendre gratuite l’école primaire en 2005, on observe un taux de scolarisation en constante progression. Toutefois, c’est en fin de primaire et au niveau secondaire que des problèmes existent, avec un taux d’abandon encore trop élevé. Une réflexion concernant le maintien des frais de scolarité au niveau secondaire doit être maintenant débattue. a. Scolarisation au primaire Au moment où le Burundi faisait son rapport initial sur la CDE, le taux net de scolarisation (TNS) à l’école primaire s’élevait à 29,73 % pendant l’année scolaire 1996/1997, c’est-à-dire, en pleine période de conflit. En 2005/2006, le taux de scolarisation était de 72,4%, en toute logique plus élevé que le taux de 1996/97. Toutefois, ces chiffres recoupent des disparités au niveau provincial. En effet, à titre indicatif, les TNS est de 89,4% à Bururi contre 63% à Karusi. Les ratios « nombre d’élèves/enseignant » (55 élèves) et « nombre d’élèves/ enseignant qualifié » (62 élèves) sont très élevés par rapport aux normes internationales3. L’enseignant ne peut donc pas suivre individuellement chaque écolier. Ce ratio excessivement élevé joue en défaveur de la qualité des apprentissages. En réalité, le ratio « nombre d’élèves/enseignant » ne donne pas toute la dimension du groupe que l’enseignant anime. Il s’agit, en effet, du ratio nombre d’élèves par classe qui donne la véritable image de la classe. La classe moyenne au Burundi est de 89 élèves avec des disparités provinciales et communales très importantes. Certaines classes comptent plus de 150 élèves. Concernant la répartition par genre, la scolarisation au primaire est de 74,1 % pour les garçons et 73,1 % pour les filles en 2006 contre 58,2 % et 49,4 %, en 2002. On constate une nette progression en proportion et en matière d’équité sur les quatre dernières années. D’autres contrastes s’observent selon l’échelle de pauvreté des familles des enfants. La figure 21 ci-après est assez explicite. 3 Un maître pour 49 écoliers dans le primaire et à la maternelle Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 79 Graphique 21. Disparités du taux net de scolarisation au primaire Feminin 73,1 Masculin 74,1 Sexe Ruyigi 73,5 65.1 Rutana Ngozi 62,2 86.8 Mwaro Muyinga Muramvya 62,2 80,6 80,0 Makamba Kirondo 56,8 63,9 Karuzi Kayanza Gitega Cibitoke 75,6 77,6 68,2 75,7 Cankuzo 84,2 80,9 Bururi Bujumbura Rural 90,5 Bujumbura Mairie Bubanza 66,6 71,5 Rural Urbain Milieu 89,4 73,6 Ensemble Source : Rapport de l’enquête, QUIBB 2006 Graphique 21 bis. Taux net de scolarisation au primaire par quintile de bien-être 100,0 80,0 60,0 59,9 76,4 78,4 Quintile 3 Quintile 4 86,8 67,2 40,0 20,0 0,0 Quintile 1 Quintile 2 Source : Rapport de l’enquête, QUIBB 2006 80 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Quintile 5 Sur tous les enfants qui entrent en première année, la majorité (86,5%) vont atteindre la cinquième année (QUIBB 2006). Il faut noter que ce nombre comprend les enfants qui redoublent de classe et qui finissent par passer en cinquième année. Ce niveau élevé du taux d’achèvement masque toutefois des taux nets d’achèvement du cycle primaire ainsi que celui du passage au secondaire qui sont très faibles. En effet, au moment de l’enquête, seuls 7,2% des enfants en âge d’achever le cycle primaire (11 ans) étaient en dernière année du cycle primaire. Cette valeur doit être distinguée du taux d’achèvement brut du cycle primaire qui comprend les enfants de tous âges en dernière année du primaire. De plus, seulement 13,6% des enfants qui ont achevé avec succès la dernière année de l’école primaire se trouvaient en première année du secondaire au moment de l’enquête. b. Scolarisation au secondaire La scolarisation au secondaire concerne essentiellement les tranches d’âge de 13 à 19 ans. On constate selon les données du QUIBB 2006, que le taux augmente au fur et à mesure que la tranche d’âge augmente (Graphique 22). Graphique 22. Taux net de scolarisation au secondaire 30,0 25,0 20,0 15,0 10,0 5,0 0,0 13 Source : QUIBB 2006 14 15 Masculin 16 17 18 19 Féminin Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 81 Les nivaux de pauvreté influencent beaucoup la scolarisation au secondaire. Le taux de scolarisation à l’école secondaire varie de 4,2% pour les enfants issus des ménages les plus pauvres à 31,2% pour les ménages les plus riches (Tableau 10). Ce différentiel témoigne des inégalités qui existent dans le secteur de l’éducation et qui sont discutées dans la section suivante. Tableau 10. Scolarisation au secondaire et pauvreté des ménages Quintile de pauvreté Taux net de scolarisation au secondaire Quintile 1 4,2 Quintile 2 8,8 Quintile 3 7,6 Quintile 4 10,4 Quintile 5 31,2 Source : Rapport de l’enquête, QUIBB 2006 L’Alphabétisation et l’illettrisme Dans le souci de faire accéder tous les enfants à une formation de base, le Burundi prévoit d’autres formes d’enseignement à côté de l’éducation formelle mais ce type de formation est organisé en dehors du système public. Les centres de formation de cette nature étaient pilotés par l’église catholique et la Communauté des Eglises de Pentecôte au Burundi. Au moment où le Burundi présentait son rapport périodique, ces centres de formation permettaient d’alphabétiser environ 300.000 jeunes. D’autres centres tels que les centres communaux d’enseignement des métiers qui permettent aux enfants désœuvrés (déscolarisés et non scolarisés) d’apprendre un métier ont un rôle de prévention contre les risques de délinquance. IV.3. Analyse des déterminants de l’éducation des enfants Les déterminants de la scolarisation des enfants s’analysent de manière quantitative et qualitative, chaque niveau d’analyse ayant ses propres causes. Aussi, les déterminants à l’école primaire ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux conduisant à la scolarisation au niveau secondaire. Il en est de même au niveau universitaire. Au niveau du primaire, le déterminant principal réside dans la décision des parents d’inscrire leurs enfants à l’école. L’attitude des parents vis-à-vis de l’école, la taille et la technologie de production du ménage influencent largement l’éducation des enfants (Pam Zahonogo, 2000). En effet, les ménages avec une taille élevée et ceux ayant une technologie agricole rudimentaire ont tendance 82 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi à inscrire moins leurs enfants et préfèrent certaines pratiques telles que de mettre les garçons à l’école et de garder les filles à la maison pour contribuer à accroître le revenu du ménage. Ces pratiques qui disparaissent progressivement ont longtemps influencé négativement l’équilibre entre les garçons et les filles en termes de scolarisation. La gratuité de l’enseignement primaire, adoptée en 2005, montre qu’il existe d’autres facteurs qui influencent l’éducation de l’enfant. Ainsi par exemple, la gratuité n’a pas permis à tous les enfants en âge scolaire d’aller à l’école. Les études réalisées sur la question montrent en effet que le niveau de revenus des ménages intervient également dans le processus de décision.4 Les ménages pauvres préfèrent envoyer leurs enfants travailler pour contribuer au revenu de la famille au lieu d’aller à l’école. Et bien que de nombreux enfants travaillent en parallèle de leur scolarité, comme nous l’avons vu précédemment, ces conditions ne favorisent ni une scolarité normale, ni un équilibre physique correct pour l’enfant. La prédominance de la malnutrition et même de la famine dans certaines provinces crée aussi des handicaps qui ne permettent pas aux enfants de suivre une scolarité normale, ou même conduit à une absence totale de scolarisation. Enfin, les longues distances entre l’école et la maison peuvent également expliquer la faiblesse du taux de scolarisation au niveau primaire dans certaines provinces. La disponibilité des manuels scolaires et des matériels pédagogiques ainsi que des infrastructures constitue également un autre défi, et ce, en plus du problème de ressources humaines en quantité et en qualité. Relever ce défi suppose la formation des formateurs et les programmes de renforcement des capacités en général ainsi qu’une amélioration des infrastructures en place et la construction de nouvelles écoles. En effet, l’enthousiasme des parents à envoyer leurs enfants à l’école après la gratuité de 2005 s’est heurté à l’insuffisance des infrastructures scolaires, montrant leur rôle majeur comme déterminant à la scolarisation des enfants. L’UNICEF intervient sur l’ensemble du territoire pour construire des écoles et renforcer la couverture nationale, et ainsi éliminer ce dernier obstacle. Enfin, on peut également mentionner le rôle du système d’évaluation, c’est-àdire, les tests et les concours, dans le passage au niveau supérieur. En effet, ce système paraît jouer un rôle négatif dans le parcours scolaire des enfants et décourage certains de ces enfants à continuer ensuite leur scolarité. Ces déterminants à la scolarisation au niveau primaire sont donc très nombreux d’autant qu’ils dépendent souvent de paramètres éloignés de la décision même d’envoyer les enfants à l’école. Ils trouvent leur causes principalement dans le niveau de vie des parents et le niveau de développement des structures mises en place par l’Etat en matière d’éducation. 4 Enquête QUIBB, 2006 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 83 IV.4. Fondements et partenaires pour une stratégie Après le rapport initial sur les droits de l’enfant présenté aux Nations Unies, le Burundi a fait des progrès appréciables dans le domaine de la scolarisation des enfants. Cela a été consigné dans le rapport périodique de 2006. Aussi, il importe de proposer des stratégies et des partenariats qui puissent consolider les acquis de ces dernières années, reposant sur le principe universel de la contribution de l’éducation dans la réduction de la pauvreté du pays, en général, et de celle des enfants, en particulier. Pour compléter et garantir la pérennité de la gratuité de l’éducation au niveau primaire, une stratégie basée sur l’augmentation des infrastructures scolaires et du matériel scolaire s’avère urgente. Ensuite, pour financer ces besoins et garantir l’efficacité du système scolaire, l’Etat doit restructurer son budget et consacrer une augmentation substantielle en faveur de l’éducation. Une stratégie de motivation et d’encouragement doit être également entreprise auprès du corps enseignant afin de renforcer la qualité de l’enseignement fourni aux enfants du Burundi. L’amélioration des conditions de vie des ménages constitue aussi une stratégie gagnante pour l’éducation et la pauvreté des enfants. Grâce à cette stratégie, les ménages auront les capacités à faire face aux coûts additionnels mais aussi à assurer un bien-être à leurs enfants qui peuvent difficilement aller à l’école si les besoins au niveau alimentaire et sanitaire ne sont pas assurés en tout premier lieu. Conclusion de la section L’éducation, comme pilier du bien-être de l’enfant, occupe une place de choix dans le développement de l’enfant. Au niveau de la législation, le constat est que le Burundi s’est doté d’instruments juridiques de nature à garantir une bonne éducation pour les enfants. Les résultats des programmes ont atteint aussi un niveau appréciable bien que certaines décisions requièrent encore des mesures d’accompagnement. Ainsi, la gratuité de l’éducation à l’école primaire nécessite que le gouvernement réponde aux besoins en matière de construction et réhabilitation d’écoles, de matériel scolaire et de renforcement des capacités du corps enseignant, et ce, de manière équitable sur le territoire national. En effet, alors que l’adoption de la gratuité a vu le taux de scolarisation au niveau primaire augmenter fortement, elle s’est accompagnée également d’une augmentation du nombre d’enfants par classe, induisant un effet négatif sur la qualité de l’enseignement. En outre, il faut encore corriger au niveau primaire les différences importantes entre les taux de scolarisation des enfants pauvres et des enfants riches et entre les garçons et les filles. 84 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Il est vrai que des progrès remarquables ont été atteints en termes de taux de scolarité au Burundi suite à la décision prise par les autorités de rendre l’école primaire gratuite en septembre 2005. Cependant, les taux de scolarisation au niveau secondaire demeurent très bas. Il faut donc maintenant renforcer les actions sur le secondaire afin de consolider les acquis du primaire et développer les générations futures du Burundi pour qu’elles soient éduquées et qu’elles aient les capacités de contribuer au développement de leur pays. Conclusion du chapitre Ce chapitre a décrit la situation des enfants en matière de santé et de nutrition, de protection sociale et d’éducation. Le constat est que malgré des progrès majeurs, la situation des enfants reste précaire qui s’explique par de nombreux facteurs liés à la pauvreté des familles et aux contraintes macroéconomiques. Dans un pays comme le Burundi, il est difficile d’étudier la pauvreté des enfants sans un regard sur celle des ménages et de l’ensemble du pays. Toutefois, il est important de saluer les efforts du gouvernement quant à la lutte contre la pauvreté des enfants en matière d’éducation et de santé grâce à l’adoption de trois politiques mises en œuvre depuis 2005, à savoir la gratuité des soins de santé pour tous les enfants de moins de cinq ans et de l’accouchement des mères, et l’abolition des frais de scolarité pour tous les enfants au niveau de l’école primaire. Cela a permis de sauver la vie de nombre d’enfants et de femmes et de scolariser un grand nombre d’enfants qui, sans cette mesure de gratuité, n’auraient pas pu payer les frais d’inscription et seraient par conséquent restés exclus du système scolaire. Néanmoins, pour combler certaines failles de ces initiatives, des mesures d’accompagnement s’imposent afin que cette gratuité soit effective et bénéfique pour tous les ayants droits. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 85 4 86 Stratégie pour le bien-être et l’équité chez les enfants Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Au vu des informations et des résultats d’analyse qui ont été présentés dans les chapitres précédents, il s’avère nécessaire d’affiner certaines politiques nationales qui ont été conçues en faveur des enfants. D’autres politiques nécessitent des mesures d’accompagnement pour pouvoir générer des résultats positifs en faveur du bien-être des enfants. Enfin, il est certain que des politiques nouvelles devraient être définies pour éliminer la pauvreté et les disparités chez les enfants au Burundi, filles et garçons. Les raisons motivant les efforts supplémentaires à consentir sont reprises dans ce quatrième chapitre. Et dans la matrice des stratégies qui clôture ce même chapitre, il est présenté ce qui doit être accompli pour arriver à des résultats positifs. Ainsi, le présent chapitre est articulé en deux sections. La première donne un point de vue critique sur les politiques et programmes existants. La deuxième est consacrée aux stratégies gagnantes présentées sous forme de matrice. Les politiques et programmes en faveur des enfants, tels que présentés au chapitre III, font preuve d’une volonté politique nationale et d’un engagement de la part des bailleurs, à améliorer le niveau de vie des enfants. Mais, que ce soit en matière de nutrition, d’éducation, de santé et de protection sociale, la pauvreté des enfants reste alarmante. Le taux de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement le confirme. Et quelles en sont les causes ? Section i. Regard critique sur les politiques et programmes existants Au cours des chapitres I et II, nous avons montré que les causes de la pauvreté sont en premier lieu de nature macroéconomique et renvoient aux contraintes budgétaires de l’Etat, qui empêchent de fournir assez de biens et services publics dont bénéficieraient aussi les enfants. Avec la baisse tendancielle de la production nationale, source de recettes fiscales et donc de moyens d’intervention de l’Etat, et la croissance de la population qui est essentiellement Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 87 jeune, le déficit de l’offre par rapport à la demande ne cesse de s’aggraver dans tous les secteurs (nutrition, éducation, santé, protection sociale et protection de l’enfance). En deuxième lieu, la pauvreté des enfants est expliquée par la pauvreté des ménages qui ont la première responsabilité de faire vivre décemment les membres du ménage. Nous avons montré que le niveau de revenu journalier par tête est en moyenne inférieur à 0,3 USD, ce qui signifie que les chefs de ménages n’ont pas suffisamment de pouvoir d’achat pour bien nourrir leurs enfants, assurer les dépenses de scolarisation et de santé, et fournir un cadre familial qui sécurise les enfants contre les fléaux sociaux mentionnés au chapitre III. En troisième lieu, il y a des enfants qui ne vivent pas en famille, et qui ont besoin d’une intervention en dehors des familles, à savoir les enfants orphelins et les enfants de la rue. Les enfants confiés vivent dans des familles mais sous certaines conditions qui exigent des aides spéciales à donner aux tuteurs. De ce fait, les politiques de bien-être des enfants répondraient en même temps aux modèles A, B et C de la pauvreté des enfants. La lutte contre la pauvreté des enfants est impossible en l’absence d’une croissance économique (première condition), et de la redistribution du produit de cette croissance en faveur des ménages pauvres (deuxième condition). Les deux conditions peuvent être englobées dans le concept de croissance économique pro-pauvres. De même, il existe beaucoup d’enfants particulièrement pauvres notamment les orphelins et autres enfants vulnérables. Il faut alors cibler ces enfants et leur venir en aide de façon spécifique (troisième condition). La matrice des politiques ciaprès vise ce triple objectif. Section ii. Matrice des stratégies pour le bienêtre et l’équité chez les enfants 88 A côté des politiques de stabilisation macroéconomique, les politiques en faveur de l’amélioration du bien-être pour les enfants au Burundi peuvent se présenter en deux rubriques à savoir les politiques qui visent la réduction de la pauvreté des ménages et donc indirectement les enfants (Politiques I, II et III), et les politiques qui visent directement les enfants (Politiques IV, V, VI, VII et VIII). Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Axes stratégiques Actions à mener Résultats attendus I. Croissance pro pauvres 1. Investir dans les activités où sont impliqués les individus les plus pauvres : l’agriculture et l’artisanat. 1. Le bien-être des enfants et des ménages est amélioré. I.1. En matière institutionnelle I.2. En matière budgétaire I.3. En matière économique 2. Promouvoir les investissements et les innovations technologiques dans le secteur agricole. 3. Soutenir les activités basées sur le travail moins ou non qualifié, et sur les activités à grande intensité de main d’œuvre. 2. L’accès des produits agricoles aux différents marchés économiques est facilité et la part du secteur productif agricole dans le PIB est augmentée. 3. La sécurité alimentaire est renforcée. 4. Développer les activités génératrices de revenus en milieu rural. 5. Augmenter les dépenses publiques dans le sens du renforcement des capacités productives des pauvres. Il s’agit ici des dépenses de santé, d’éducation, de formation professionnelle. 6. Renforcer la sécurité alimentaire, qui implique des mécanismes de renforcement de la production, de la redistribution, du traitement, du conditionnement et du stockage des biens agricoles. 7. Mettre en place des réformes institutionnelles qui donnent un certain niveau de pouvoir aux pauvres, à travers un processus démocratique, de façon que les lois, à plus forte raison les lois budgétaires, puissent tenir compte de leurs besoins. II. Politiques et stratégies démographiques 1. Adopter et mettre en œuvre une politique nationale de population y compris les stratégies de son application Le taux de croissance démographique est inférieur ou égal au taux de croissance du PIB. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 89 Axes stratégiques Actions à mener Résultats attendus III. Nutrition des enfants 1. Renforcer la promotion de l’allaitement maternel exclusif pendant 6 mois. 1. Le contenu calorifique des aliments est renforcé et le régime alimentaire des enfants est plus équilibré et complet. 2. Développer un plaidoyer efficace et une mobilisation sociale en faveur de bonnes pratiques alimentaires. 3. Prendre des mesures, législatives ou autres, pour le respect des droits des individus à l’alimentation et à la nutrition. 2. La croissance des enfants suit un rythme considéré comme normal correspondant aux normes internationales. 4. Promouvoir la fabrication d’aliments de complément au lait maternel (au delà de 6 mois) par la petite agro-industrie de transformation de produits locaux. IV. Education 1. Planification des besoins matériels (y compris 1. Le système éducatif est les infrastructures), financiers et humains du renforcé en moyens humains système éducatif. et financiers pour fonctionner de manière performante. 2. Adapter le système éducatif au contexte actuel d’intégration sous régionale. 2. Le nombre d’enfants par classe diminue. 3. En amont, renforcer l’enseignement secondaire et universitaire en vue de multiplier 3. Le taux de scolarisation les enseignants des écoles primaires. des enfants progresse au niveau primaire et se poursuit 4. Mobiliser l’aide étrangère pour financer la au niveau secondaire. politique nationale de l’éducation. 4. Le taux de réussite en fin 5. Sensibiliser la population pour qu’elle puisse de secondaire augmente contribuer aux efforts de scolarisation pour tous. 6. Renforcer les centres d’enseignement des métiers pour donner un certain niveau de qualification aux enfants qui ne continuent pas l’enseignement secondaire. 7. Augmenter la proportion des écoles techniques par rapport au nombre total d’établissements secondaires. 8. Renforcer l’inspection scolaire, notamment en augmentant le patrimoine logistique 9. Rendre accessibles à tous les enfants les repas de midi sauf pour ceux qui habitent tout près de l’école et dont les parents sont capables de les prendre en charge. Ceci nécessite l’instauration des cantines scolaires 90 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Axes stratégiques Actions à mener Résultats attendus 10. Combattre la discrimination de quelque nature que ce soit pour favoriser l’accès des catégories vulnérables à l’éducation 11. Modifier la répartition des dépenses d’éducation et rendre effective la politique de décentralisation de l’Education. 12. Renforcer la formation professionnelle et technique V. Santé 1. Augmenter et équiper les centres de santé de façon à les rendre plus accessibles et plus opérationnels. 2. Augmenter les dotations des centres de santé en médicaments et en ressources humaines qualifiées. 1. Le taux de prévalence des maladies épidémiques et endémiques auprès des enfants diminue. 2. L’état de santé général des enfants s’améliore 3. Augmenter et améliorer les routes ou pistes de connexion entre les centres de santé en vue de faciliter les interventions éventuelles ou les échanges de médicaments ou de personnels. 4. Former et encadrer les populations en matière de lutte préventive contre certaines maladies des enfants. 5. Mobiliser l’aide extérieure pour compléter les budgets nationaux. 6. Amener les populations à participer aux projets de santé publique et de santé des enfants. 7. Multiplier les personnels médicaux, notamment les infirmiers ou les sages femmes formées, en vue de faciliter l’accès rapide aux soins de santé 8. Subventionner, autant que faire se peut, les soins de santé pour les pauvres en vue de leur permettre d’accéder au service médical, ne fûtce que les soins génériques. 9. Payer à temps les créances des structures de santé pour leur permettre de continuer à fonctionner. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 91 Axes stratégiques Actions à mener Résultats attendus 10. Renforcer l’adéquation entre la demande et l’offre de soins de santé. 11. Augmenter les équipements et permettre les formations de perfectionnement des personnels médicaux en vue d’accroître la satisfaction des bénéficiaires des soins de santé. 12. Etendre la PTME ( Prévention de la Transmission Mère-Enfant) à toute les structures de soins. 13. Permettre à tous les habitants d’accéder à l’eau potable, en vue de la lutte préventive contre les maladies liées à la saleté. 14. Promouvoir l’utilisation des moustiquaires imprégnées à toute famille dans le cadre de campagne nationale et au sein des structures de santé 15. Appuyer l’initiative des mutuelles de santé qui est naissante en milieu rural VI. Protection sociale et protection de l’enfance 1. Combattre l’exploitation des enfants sous toutes ses formes (travail précoce, pires formes de travail, exploitation sexuelle, le recrutement des enfants dans les conflits armés…). 1. Les enfants sont plus protégés face aux risques d’emplois abusifs ou travail forcé. 2. Accélérer le processus d’adoption des projets de lois en faveur des enfants. 2. Les enfants sont mieux protégés face aux violences et abus physiques et moraux. 3. Multiplier les infrastructures culturelles et sportives en vue d’un meilleur encadrement physique et moral. 4. Lutter contre la prostitution et la drogue chez les enfants. 5. Investir dans les garderies et les centres d’enseignement pré-scolaire en milieu rural. 6. Mettre en œuvre les diverses politiques déjà existantes en rapport avec la protection sociale et celle de l’enfance et la lutte contre la discrimination basée sur le sexe. 7. Accélération de la promulgation de la loi sur l’égalité des genres en matière de succession et d’héritage, tout en combattant toute forme de discrimination contre les femmes. 92 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Axes stratégiques Actions à mener Résultats attendus 8. Multiplier les initiatives pour protéger les populations vulnérables contre les maladies, les intempéries et autres catastrophes naturelles. 9. Constituer un fonds de solidarité en vue de faire face aux événements imprévisibles. VII. Politiques spécifiques aux enfants en difficulté 1. Multiplier les orphelinats en vue de secourir tous les orphelins qui manquent de familles d’accueil. 2. Protéger les biens des orphelins. 3. Multiplier les centres de handicapés en vue de soigner tous les enfants qui ont des insuffisances mentales ou physiques. 4. Aider les familles qui hébergent des orphelins ou des enfants confiés. 1. Les orphelins ont une meilleure prise en charge dans le cadre de structures appropriées ou bien sont réintégrés auprès des membres de leur famille si possible. 2. Les orphelins et enfants vulnérables ont un niveau de bien-être en progression 5. Eradiquer le phénomène « Enfants de la rue » 6. Décourager l’exploitation des enfants par les adultes à travers la mendicité. 7. Mobiliser un fonds pour la réinsertion des enfants en difficultés surtout les enfants de la rue. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 93 Conclusion générale Les éléments développés dans ce rapport sur l’étude de la pauvreté et des disparités des enfants au Burundi démontrent bien que l’Etat et la communauté internationale s’investissent vigoureusement dans la reconstruction du pays après la guerre de 1993, qui a duré plus d’une décennie. Le retour à la paix, le relèvement socio-économique, la sécurité alimentaire et le respect des droits humains sont autant de domaine qui constituent la priorité des priorités en vue d’assurer le bien-être de la population burundaise en général et le bien-être des enfants en particulier. Les enfants souffrent avec plus d’acuité que les adultes du contexte de pauvreté dans lequel se trouve le Burundi. Au niveau des ménages et des enfants euxmêmes, les résultats montrent que : • Le PIB par habitant est en moyenne inférieur au seuil de pauvreté depuis les années 1990, et se dégrade progressivement durant cette période. Cela veut dire alors que la pauvreté des enfants au Burundi trouve son origine dans la pauvreté des ménages qui ont la responsabilité d’éduquer, de nourrir, de soigner les membres de leur famille. • Concernant les sources de la pauvreté, les populations sont loin d’être satisfaites de la qualité et de la quantité des biens et services fondamentaux mis à leur disposition par l’administration publique et ce en matière d’enseignement primaire et secondaire, en matière de santé, en matière d’infrastructures publiques, en matière de moyens de transport, etc. Les contraintes restent trop lourdes pour la majorité des ménages et des enfants. • Les niveaux et tendances de la pauvreté se déterminent par les dotations factorielles et les caractéristiques des ménages. Les familles avec plus de capital, moins nombreuses, et où les chefs de famille ont une position sociale plus élevée sont moins pauvres. La situation des enfants en matière de nutrition, de santé, de protection et d’éducation reste précaire. Cela est en grande partie la conséquence d’une longue période de guerre et d’une faible performance macroéconomique, mais aussi du faible dynamisme des fonctions de production au sein des ménages. Malgré ce tableau peu reluisant de la situation des enfants, des progrès sont observables comme on peut le voir au travers de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Les efforts du gouvernement et de ses partenaires ont abouti à une amélioration des conditions de vie des populations qui pour la majorité sont vulnérables. Plusieurs stratégies ont été développées notamment la réallocation des ressources budgétaires en privilégiant les secteurs pro-pauvres, la mise en place des programmes et projets visant à répondre aux besoins spécifiques des enfants en matière de nutrition, santé, éducation et protection, l’amélioration de l’environnement politique. 94 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi En vue de relever les différents défis et d’améliorer davantage la situation des enfants, des opportunités s’offrent au Burundi. La fin des hostilités par le FNL contribue déjà à instaurer un climat de sécurité favorisant le bon fonctionnement de tout le reste. Ce retour de la paix, combiné avec les échéances électorales pourraient être une occasion de renforcer le dialogue entre les acteurs politiques et sociaux. Par ailleurs, ce climat de paix favorisera le retour massif des réfugiés qui constituera à son tour une occasion d’introduire de nouveaux savoirs et d’élargir les opportunités économiques. Une autre opportunité concerne l’engagement de la société civile, notamment les médias et les associations de défense des droits de l’homme qui sont à l’œuvre pour l’implantation d’une culture de bonne gouvernance. Ainsi, la participation au processus démocratique et à la reconstruction du pays sera réalisée, surtout avec le processus de décentralisation en cours. L’intégration du Burundi dans les ensembles sous-régionaux notamment l’EAC peut générer un certain profit social et économique tiré des ouvertures et des opportunités offertes par les autres pays. Enfin, dans le domaine de l’éducation, plusieurs opportunités s’offrent au Burundi. Il s’agit de la mesure d’abolition des frais de scolarité annoncée en 2005, de la disponibilité des partenaires au développement à soutenir les efforts du gouvernement, de la place occupée par l’éducation dans l’agenda politique, de la forte mobilisation des communautés à la base et l’implication de plusieurs partenaires dans la construction des infrastructures. Avec ces champs largement ouverts, des perspectives d’avenir plus optimistes peuvent s’ouvrir en vue de réaliser le bien-être des enfants au Burundi. Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 95 Références bibliographiques Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi (2000). Arias, Lustig et Rigolini (2002): Poverty Reduction and Economic Growth: A Two Ways Causality, Technical Paper Series, Inter American Development Bank, Washington D.C. Bhalla, S. 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Kimenyi, Mbaku & Ngure (2003): Restarting and Sustaining Economic Growth and Development in Africa: The Case of Kenya, U.K Ashgate Publisher, Aldershot. 96 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Lautier & Marquez (2004) : Régime de croissance, vulnérabilité financière et protection sociale en Amérique Latine : les conditions « macro » de l’efficacité de la lutte contre la pauvreté, CEPAL, n°138, Santiago de Chili. Osberg & Sharpe (2003) : Evaluer l’indice du bien-être dans les pays de l’OCDE, Travail et Emploi, n°93, Janvier. PLMTC : Programme national de lutte contre les maladies transmissibles et carentielles, Ministère de la santé, 2007. Pam Zahonogo (2000), Déterminants de la demande d’éducation des ménages ruraux du Burkina, Université de Ouagadougou. QUIBB (2006) : Questionnaire unifié des indicateurs de base du bien-être. Sala-i-Martin (2002): The World Distribution of Income (Estimated from Individual Country Distributions), Working Paper 8933, NBER. UNICEF, Burundi, Document de Programme Pays, 2009. UNICEF, Rapport Annuel, 2009 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 97 Annexe 1 : données statistiques Tableau 1. Répartition en % de la population par grands groupes d’âge selon le milieu de résidence et le sexe Urbain Groupes d’âge Rural Ensemble Mas. Fém. Ens. Mas. Fém. Ens. Mas. Fém. Ens. 0–14 ans 40,9 40,8 40,8 48,2 45,5 46,8 47,2 44,9 46,0 15–64 ans 57,1 56,4 56,7 49,1 52,1 50,6 50,1 52,6 51,4 65 ans et + 2,0 2,8 2,4 2,7 2,5 2,6 2,7 2,5 2,6 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Total Source : CURDES-MPDRN, QUIBB 2006 Tableau 2. PIB et consommation par tête Année PIB/ tête et par année (en US$ courants) Consommation privée / tête et par jour (en US$ courants) 1995 162 0,424 1996 140 0,344 1997 155 0,374 1998 142 0,366 1999 127 0,313 2000 109 0,283 2001 100 0,257 2002 92 0,244 2003 85 0,223 2004 91 0,245 2005 106 0,311 2006 103 - 2007 108 - Source : Rapports annuels de la BRB+nos calculs pour les trois dernières colonnes 98 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Tableau 3. Répartition (%) des ménages par milieu et province de résidence, et par caractéristiques socio démographiques et économiques des chefs de ménages Quintiles de bien être économique Ensemble Quintile1 Quintile 2 Quintile 3 Quintile 4 Quintile 5 Ensemble 22,5 21,2 2,1 4,1 25,1 23,4 19,9 % Effectif 18,7 17,7 100 7.132 7,4 12,5 74,0 100 814 21,5 19,5 10,4 100 6.318 Milieu Urbain Rural Provinces Bubanza 37,3 26,7 17,6 14,2 4,2 100 330 Bujumbura Mairie 1,3 3,5 5,8 9,9 79,5 100 624 Bujumbura Rural 20,1 24,1 24,6 21,1 10,2 100 403 Bururi 23,8 17,2 19,9 14,2 24,9 100 437 Cankuzo 38,5 26,5 17,5 13,9 3,6 100 309 Cibitoke 30,0 26,6 16,0 17,9 9,4 100 413 Gitega 13,7 18,8 24,5 24,8 18,2 100 628 3,6 14,2 33,7 31,4 17,2 100 472 Karuzi 27,7 28,6 22,7 16,2 4,7 100 339 Kirundo 41,9 26,3 15,1 10,6 6,0 100 482 Kayanza Makamba 19,4 18,0 17,0 27,6 18,0 100 283 Muramvya 11,3 18,1 30,3 29,4 11,0 100 337 Muyinga 31,8 26,3 16,9 14,7 10,3 100 468 Mwaro 19,5 18,8 21,3 23,7 16,7 100 329 Ngozi 21,7 24,3 20,1 21,0 12,9 100 543 Rutana 28,7 25,9 18,8 16,0 10,5 100 324 Ruyigi 31,1 28,5 20,7 15,6 4,1 100 411 Taille du ménage 1–2 32,8 25,2 18,7 11,3 12,1 100 862 3–4 25,5 22,4 19,8 17,3 15,1 100 2.212 5–6 20,7 21,6 19,6 20,7 17,4 100 2.082 7 et plus 16,2 17,5 20,8 21,8 23,6 100 1.935 Hommes 20,5 20,6 20,2 20,1 18,6 100 5.651 Femmes 30,0 23,5 18,6 13,6 14,4 100 1.439 8,3 100 4.141 Sexe du Chef de Ménage Niveau d’instruction du Chef de Ménage Jamais école 28,4 25,0 21,4 16,9 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 99 Maternelle ,0 25,0 50,0 25,0 0,0 100 4 16,5 18,0 20,1 23,4 21,9 100 2.437 Secondaire 1,0 5,4 6,0 14,0 73,6 100 386 Supérieur 0,0 2,2 2,2 0,0 95,5 100 89 Non déclaré 18,2 0,0 22,7 13,6 45,5 100 22 Jamais marié 27,0 19,5 18,0 10,5 25,0 2,8 200 Marié monogame 19,7 20,4 20,5 20,9 18,5 73,3 5.188 Marié polygame 21,2 21,7 19,2 17,2 20,7 2,9 203 Divorcé/Séparé 37,8 25,9 10,9 11,9 13,4 2,8 201 Veuf 30,6 23,6 19,1 12,9 13,9 18,2 1.285 Primaire Etat matrimonial du Chef de Ménage Statut dans l’emploi du Chef de Ménage Patron 8,2 13,1 9,8 16,4 52,5 100 61 Salarié protégé 4,7 6,6 8,5 14,9 65,4 100 471 Salarié non protégé 26,6 23,7 22,4 18,1 9,2 100 1959 Indépendant 10,6 11,3 16,2 23,2 38,7 100 302 AF/APP/STAG/AFM 21,5 25,9 18,5 15,6 18,5 100 135 Autre 23,6 22,3 20,5 19,4 14,3 100 4.163 Source : CURDES-MDPRN, QUIBB 2006 Tableau 4. La situation nutritionnelle des enfants au Burundi Nutrition Burundi 2000 Burundi 2005 Poids pour âge Insuffisance pondérale 45,1 39,2 Taille pour âge Retard de croissance 54,9 52,5 8,1 7,4 Emaciation Source : MICS 2000, Enquête nutrition, Mars 2005 Tableau 5. Scolarisation au secondaire et pauvreté des ménages Quintile de pauvreté Taux Quintile 1 4,2 Quintile 2 8,8 Quintile 3 7,6 Quintile 4 10,4 Quintile 5 31,2 Source : CURDES-MPDRN, QUIBB 2006 Tableau 6. Répartition en pourcentage des ménages selon certaines caractéristiques 100 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Pourcentage pondéré Nombre de ménages pondéré Ménages avec au moins un enfant âgé de moins de 18 ans 87,3 8.200 Ménages avec au moins un enfant âgé de moins de 5 ans 57,1 8.200 Ménages avec au moins une femme âgée de 15–49 ans 85,9 8.200 Source : MICS III, 2005 Tableau 7. Répartition en pourcentage des femmes de 15–49 ans selon leurs caractéristiques individuelles Pourcentage pondéré Région Milieu Age Nord 32,4 3.011 Sud 15,9 1.479 Est 6,7 625 Ouest 21,8 2.029 Centre 23,2 2.161 Urbain 5,8 537 Rural 94,2 8.768 15–19 25,3 2.357 20–24 18,8 1.753 25–29 15,8 1.472 30–34 12,7 1.181 35–39 10,4 966 40–44 9,0 838 45–49 Situation matrimoniale 7,9 738 57,2 5.325 9,9 925 Jamais mariée 32,8 3.053 A déjà donné naissance 63,7 5.925 N’a jamais donné naissance 36,3 3.380 Actuellement mariée Autrefois mariée Statut de la mère Effectif de femmes pondéré Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 101 Niveau d’éducation de la mère Sans 29,8 2.772 Primaire 34,8 3.239 6,3 584 29,1 2.708 0,0 2 Secondaire+ Informel NSP Indice du bien-être Total Très pauvre 19,8 1.847 Pauvres 20,1 1.870 Moyen 19,8 1.845 Riches 19,8 1.838 Plus riches 20,5 1.905 100,0 9.305 Source : MICS, 2005 102 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Tableau 8. Répartition en pourcentage des enfants de moins de 5 ans selon leurs caractéristiques individuelles Sexe Région Milieu Pourcentage pondéré Effectif des enfants de 0–59 mois pondéré Masculin 48,9 3.370 Féminin 51,1 3.525 Nord 34,5 2.379 Sud 15,2 1.046 Est 7,5 517 Ouest 21,8 1.500 Centre 21,1 1.454 Urbain 4,6 319 95,4 6.577 9,8 673 6–11 mois 11,0 760 12–23 mois 21,1 1.451 24–35 mois 18,0 1.237 36–47 mois 22,8 1.572 48–59 mois 17,3 1.194 Sans 25,7 1.771 Primaire 33,5 2.310 3,2 223 Informel 37,6 2.590 Très pauvre 19,8 1.364 Pauvres 21,2 1.464 Moyen 20,1 1.385 Riches 19,8 1.365 Plus riches 19,1 1.317 100,0 6.896 Rural Age < 6 mois Niveau de l’éducation de la mère Secondaire Indice du bien-être Total Source : MICS, 2005 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 103 Tableau 9. Taux de mortalité infantile et infanto-juvénile selon les caractéristiques sociodémographiques (Basé sur le Modèle Ouest) Taux de mortalité infantile (0–11 mois)* Sexe Région Milieu Masculin 132 188 Féminin 108 163 Nord 133 197 Sud 100 144 Est 112 163 Ouest 117 171 Centre 116 169 Urbain Indice du bien-être 96 137 Rural 121 178 Très pauvre 128 190 Pauvres 134 199 Moyen 131 195 Riches 109 158 90 128 Sans 132 195 Primaire 110 160 43 55 120 176 Plus riches Niveau d’éducation de la mère Taux de mortalité infantojuvénile (0–59 mois) ** Secondaire et+ Total Source : MICS, 2005 Tableau 10. Pourcentage d’enfants de 12–23 mois vaccinés contre les maladies de l’enfance à un moment quelconque avant l’enquête et avant le premier anniversaire Vacciné avant l’âge de 12 mois 88,9 72,5 68,7 58,5 63,8 87,5 82,3 66,9 67,9 34,6 8,2 1.451 Source : MICS, 2005 104 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Aucun 1.451 Tous 8,2 Rougeole 89,3 73,5 69,8 61,1 64,1 88,6 84,2 70,2 76,5 45,3 Polio3 Les deux (1+2) Polio2 1.451 Polio1 1.451 8,0 Polio0 ,2 27,8 26,9 23,9 18,1 18,8 27,1 24,7 16,4 26,7 12,8 DPT3 61,6 46,5 45,8 42,9 45,3 61,5 59,5 53,8 49,8 32,5 Déclaration de la mère (2) DPT2 Carnet de Vaccination (1) DPT1 BCG Pourcentage d’enfants ayant reçu: Vaccinés à un moment quelconque avant l’enquête selon: Nombre d’enfants de 12–23 mois Tableau 11. Pourcentage d’enfants de 0–59 mois ayant dormi dans une moustiquaire traitée la nuit précédente Sexe Région Milieu Age Indice du bien-être 1 2 3 4 5 6 Masculin 13,0 8,2 1,0 3,7 0,5 86,5 3.370 Féminin 13,7 8,5 1,2 4,1 0,4 85,9 3.525 Nord 9,4 5,3 0,5 3,7 0,4 90,1 2.379 Sud 13,9 7,8 1,9 4,3 1,6 84,4 1.046 Est 18,0 12,0 0,0 6,1 0,1 81,8 517 Ouest 17,5 12,7 1,8 3,0 0,1 82,4 1.500 Centre 13,3 8,0 1,1 4,2 0,1 86,6 1.454 Urbain 51,0 39,6 3,7 7,7 0,4 48,7 319 Rural 11,5 6,8 1,0 3,7 0,5 88,0 6.577 0–11 mois 16,8 10,9 1,1 4,7 0,2 83,1 1.433 12–23 mois 14,4 8,6 1,0 4,8 0,4 85,2 1.451 24–35 mois 14,3 8,9 1,1 4,3 0,2 85,5 1.237 36–47 mois 10,5 6,4 1,5 2,6 0,6 88,9 1.572 48–59 mois 10,7 6,8 0,6 3,3 0,9 88,3 1.194 Très pauvre 7,7 4,6 0,4 2,7 0,8 91,4 1.364 Pauvres 9,1 5,3 0,7 3,1 0,4 90,5 1.464 Moyen 10,9 5,8 0,7 4,3 0,1 89,0 1.385 Riches 13,0 7,6 1,1 4,3 0,3 86,7 1.365 Plus riches 26,8 19,1 2,6 5,1 0,6 72,6 1.317 13,3 8,3 1,1 3,9 0,4 86,2 6.896 Total 7 Source : MICS, 2005 1. Ont dormi sous une moustiquaire 2. Ont dormi sous une moustiquaire traitée 3. Ont dormi sous une moustiquaire non traitée 4. Ont dormi sous une moustiquaire mais on ne sait pas si elle est traitée 5. Ne sait pas s’ils ont dormi sous une moustiquaire 6. N’ont pas dormi sous une moustiquaire 7. Nombre d’enfants de 0–59 mois Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 105 Tableau 12. Répartition en pourcent des enfants âgés de 0–2 ans selon le lieu ou leurs excréments sont évacués; et pourcentage des enfants âgés de 0–2 ans dont les excréments sont évacués de façon saine Qu’avez-vous fait pour vous débarrasser des excréments Région Milieu Niveau de l’éducation de la mère Indice du bien-être Total 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Total (%) Nord 0,7 70,1 4,6 2,8 8,0 3,1 8,4 0,6 1,8 100 70,7 1.476 Sud 1,2 63,9 8,5 3,5 4,5 3,1 12,3 0,7 2,4 100 65,0 630 Est 1,2 45,8 23,0 15,5 3,2 2,3 5,8 0,0 3,3 100 47,0 295 Ouest 0,7 68,3 6,5 2,4 7,6 4,5 7,6 0,5 1,9 100 69,0 878 Centre 0,3 71,8 1,3 0,2 14,1 9,4 2,6 0,1 0,2 100 72,1 898 Urbain 0,6 74,4 4,2 2,4 3,4 3,6 8,9 0,4 2,2 100 75,0 199 Rural 0,7 67,1 6,3 3,2 8,6 4,8 7,3 0,4 1,7 100 67,8 3.977 Sans 0,5 63,4 7,2 3,8 9,7 4,8 8,0 0,4 2,2 100 63,8 1.050 Primaire 0,5 67,6 5,4 3,3 7,2 5,9 7,2 0,6 2,1 100 68,2 1.439 Secondaire 1,6 76,3 4,1 2,5 3,8 2,6 5,3 0,4 3,3 100 77,9 Informel 0,9 69,1 6,4 2,6 8,9 3,7 7,3 0,3 0,8 100 70,1 1.547 Très pauvre 0,2 64,5 6,1 4,8 7,6 6,3 9,2 0,1 1,2 100 64,7 833 Pauvres 0,8 67,4 7,3 3,7 8,3 3,8 7,0 0,4 1,2 100 68,2 892 Moyen 0,7 64,8 6,8 2,4 12,1 4,9 5,7 0,3 2,4 100 65,5 844 Riches 0,7 70,0 6,0 2,2 8,5 4,6 6,5 0,6 0,8 100 70,8 817 Plus riches 1,1 70,6 4,5 2,5 5,1 3,9 8,6 0,8 2,9 100 71,7 791 0,7 67,4 6,2 3,1 8,3 4,7 7,4 ,4 1,7 100 68,1 4.176 Source : MICS, 2005 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 106 L’enfant a utilisé les toilettes/latrines L’enfant a jeté les excréments dans les toilettes/latrines L’enfant a jeté les excréments dans les égouts ou le fossé L’enfant a jeté les excréments avec les ordures ménagères L’enfant a enterré les excréments L’enfant a laissé les excréments à l’air libre Autre NSP Manquant Proportion d’enfants dont les excréments sont évacués sainement Nombre d’enfants âgés de 0–2 ans Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 10 11 141 Tableau 13. Pourcentage d’enfants âgés de 36–59 mois qui fréquentent une forme quelconque d’établissement d’enseignement préscolaire, et pourcentage des enfants admis en première année d’enseignement primaire ayant suivi un enseignement préscolaire % de 36–59 mois qui fréquentent un établissement d’enseignement préscolaire Nombre d’enfants âgés de 36–59 mois Pourcentage d’enfants admis en première année au niveau primaire ayant suivi un enseignement préscolaire Nombre d’enfants admis en 1ere année au niveau primaire Sexe Masculin 4,6 1.358 2,3 290 Féminin 4,8 1.409 1,0 261 Région Nord 8,6 920 2,2 164 Sud 4,1 424 2,2 84 Est 0,9 224 0,0 28 Ouest 4,2 626 2,5 133 Centre 1,1 572 0,4 142 Milieu Urbain Rural 24,1 121 10,1 24 3,8 2.646 1,3 527 Age de l’enfant 36–47 mois 3,8 1.572 0,0 0 48–59 mois 5,9 1.194 0,0 0 7 ans 0,0 0 1,7 551 Niveau d’éducation de la mère Sans 3,3 728 2,4 162 Primaire 5,2 894 1,8 166 24,3 87 8,7 10 3,7 1.057 0,7 213 Secondaire+ Informel Indice du bien-être Très pauvre 3,9 541 0,0 79 Pauvres 3,5 577 1,4 110 Moyen 2,8 551 0,0 119 Riches 4,0 560 1,3 125 Plus riches 9,7 537 5,2 118 Total 4,7 2.766 8,3 1,7 Source : MICS , 2005 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 107 Tableau 14. Pourcentage d’enfants en âge d’entrée à l’école primaire effectivement admis en première année Pourcentage d’enfants en âge d’entrée à l’école primaire effectivement inscrit en première année Nombre total d’enfants en âge d’entrée à l’école primaire Masculin 52,8 662 Féminin 48,5 640 Nord 41,4 459 Sud 49,9 218 Est 35,5 104 Ouest 63,5 258 Centre 61,0 262 Urbain 67,3 59 Rural 49,9 1.242 Age 7 50,7 1.302 Niveau d’éducation de la mère Sans 44,5 421 Primaire 61,6 324 Secondaire+ 71,2 33 Informel 47,6 524 Très pauvre 37,2 237 Pauvres 46,5 272 Moyen 47,3 286 Riches 55,5 260 Plus riches 67,1 246 50,7 1.302 Sexe Région Milieu Indice du bien-être Total Source : MICS, 2005 108 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Tableau 15. Pourcentage d’enfants ayant l’âge de l’école primaire qui fréquentent effectivement une école primaire ou une école secondaire Garçons Scolarisation nette Région Milieu Age Niveau d’éducation de la mère Indice du bien-être Filles Nombre d’enfants Scolarisation nette Ensemble Nombre d’enfants Scolarisation nette Nombre d’enfants Nord 65,0 1.289 58,9 1.228 62,0 2.517 Sud 76,0 637 73,7 627 74,9 1.264 Est 66,2 271 62,1 243 64,3 514 Ouest 77,8 785 76,3 764 77,1 1.549 Centre 76,5 811 77,9 822 77,2 1.634 Urbain 90,2 147 91,5 169 90,9 317 Rural 71,3 3.646 68,4 3.515 69,9 7.160 7 57,0 662 53,7 640 55,4 1.302 8 70,8 635 70,9 599 70,9 1.234 9 75,1 564 74,5 560 74,8 1.124 10 76,2 710 76,1 684 76,1 1.395 11 82,6 444 74,2 421 78,5 865 12 73,9 778 69,5 779 71,7 1.557 Sans 66,5 1.218 62,6 1.156 64,6 2.375 Primaire 78,6 853 80,0 853 79,3 1.706 Secondaire 89,2 90 88,1 102 88,6 192 Informel 71,8 1.631 67,7 1.572 69,8 3.204 Très pauvre 63,7 785 54,5 744 59,2 1529 Pauvres 68,0 772 66,3 731 67,2 1.503 Moyen 69,9 744 68,4 774 69,1 1.518 Riches 76,2 795 76,7 746 76,4 1.541 Plus riches 83,5 697 82,6 689 83,0 1.385 72,0 3.793 69,5 3.684 70,8 7.477 Total Source : MICS III, 2005 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 109 Tableau 16. Pourcentage d’enfants ayant l’âge d’aller à l’école secondaire qui fréquentent un établissement de niveau secondaire ou plus Masculin Région Milieu Taux net de scolarisation Nombre d’enfants Taux net de scolarisation Nombre d’enfants 5,2 1.036 4,0 1.214 4,5 2.250 Est 11,1 566 9,0 619 10,0 1.185 Sud 4,6 208 2,3 242 3,3 450 Ouest 12,7 713 10,8 825 11,7 1.538 Centre 6,6 736 4,8 921 5,6 1.658 Urbain 30,8 176 32,4 223 31,7 399 6,8 3.083 4,7 3.599 5,7 6.682 Nord Niveau d’éducation de la mère Indice du bien-être 13 0,8 499 0,6 608 0,7 1.107 14 1,9 614 3,3 726 2,7 1.340 15 5,5 594 4,3 590 4,9 1.184 16 7,1 434 8,7 516 7,9 950 17 15,3 423 9,7 478 12,4 902 18 14,7 460 10,7 560 12,5 1.020 19 22,8 235 11,1 344 15,9 578 Sans 1,0 359 1,5 424 1,2 782 Primaire 1,5 222 2,2 293 1,9 516 26,6 22 28,3 46 27,8 68 Informel 0,6 511 0,4 570 0,5 1.081 Très pauvre 3,7 623 1,2 743 2,3 1.366 Pauvres 5,0 583 2,2 728 3,4 1.311 Secondaire Moyen 5,6 658 4,0 729 4,8 1.387 Riches 8,5 664 6,0 810 7,1 1.474 16,4 732 17,3 812 16,9 1.544 8,1 3.259 6,4 3.822 7,2 7.081 Plus riches Total Taux net de scolarisation Total Nombre d’enfants Rural Age Féminin Source : MICS, 2005 110 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Tableau 17. Ratio des taux de scolarisation des filles et des garçons aux niveaux primaire et secondaire, Burundi, 2005 Région Milieu Niveau éducation de la mère Indice du bien être TNS filles niveau primaire TNS garçons niveau primaire IPS pour le TNS primaire TNS filles au niveau secondaire TNS garçons au niveau secondaire IPS pour le TNS secondaire Nord 57,9 64,0 0,90 3,6 4,8 0,76 Est 71,9 76,1 0,95 10,6 9,0 1,19 Sud 63,8 66,6 0,96 2,0 3,5 0,57 Ouest 75,2 78,4 0,96 9,4 10,3 0,92 Centre 76,6 76,1 1,01 4,5 5,4 0,83 Urbain 89,5 90,2 0,99 29,6 29,1 1,02 Rural 67,5 71,0 0,95 4,7 5,6 0,84 Sans 61,6 65,4 0,94 2,6 1,2 2,13 Primaire 78,8 78,9 1,00 3,8 2,6 1,48 Secondaire+ 85,9 88,8 0,97 31,8 25,0 1,27 Informel 67,0 71,9 0,93 0,7 1,1 0,68 Très pauvre 54,5 62,6 0,87 0,9 2,1 0,40 Pauvres 65,4 67,6 0,97 2,0 3,2 0,63 Moyen 66,5 70,2 0,95 4,1 5,0 0,81 Riches 76,4 75,8 1,01 5,8 7,3 0,80 Plus riches 80,9 83,6 ,97 16,8 14,7 1,14 68,5 71,8 0,95 6,1 6,8 0,90 Total Source : MICS, 2005 TNS : Taux Net de Scolarisation IPS : Indice de Parité entre les Sexes Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 111 Raison du non enregistrement 1 Sexe Région Milieu Age Niveau l’éducation de la mère Indice du bien-être Total 2 3 4 5 6 7 8 112 10 11 12 Masculin 59,9 5,4 3.370 13,4 7,5 10,1 13,2 2,6 37,9 13,6 1,7 100 1.168 Féminin 60,5 4,9 3.525 15,0 5,9 10,4 12,3 2,7 38,3 13,3 2,0 100 1.222 Nord 64,3 5,9 2.379 13,5 5,4 1,5 42,9 19,5 2,9 100 708 Sud 58,1 6,7 1.046 13,2 10,2 19,6 7,9 6,7 30,5 11,0 ,9 100 368 Est 62,9 6,3 5,1 15,7 ,0 40,8 12,9 1,0 100 159 Ouest 43,9 5,8 1.500 15,7 7,0 11,7 15,0 1,7 32,9 13,9 2,2 100 754 Centre 70,9 1,6 1.454 11,7 5,8 11,9 15,9 3,8 45,5 4,5 ,8 100 400 Urbain 62,2 4,9 319 20,0 ,0 11,8 19,5 4,5 32,2 11,1 1,0 100 105 Rural 60,1 5,1 6.577 14,0 7,0 10,2 12,4 2,6 38,4 13,6 1,9 100 2.285 517 19,2 5,3 4,1 10,3 0–11 mois 48,3 4,4 1.433 15,3 7,2 7,8 7,8 2,2 43,9 14,1 1,7 100 678 12–23 m 58,2 4,8 1.451 14,3 8,3 9,4 15,5 2,6 34,4 14,1 1,4 100 537 24–35 m 64,1 5,0 1.237 11,9 6,6 12,4 14,0 3,8 37,0 12,8 1,5 100 381 36–47 m 66,2 4,9 1.572 13,9 5,8 12,9 14,4 2,2 34,8 13,9 2,2 100 454 48–59 m 65,1 6,5 1.194 15,1 4,5 10,3 14,6 3,0 38,2 11,2 3,1 100 340 Sans 53,7 7,2 1.771 15,5 7,1 12,8 12,1 3,3 29,6 17,8 1,8 100 693 Primaire 62,1 4,4 2.310 14,7 5,0 2,9 38,2 12,7 1,8 100 775 Secondaire 85,9 1,9 5,7 15,8 1,1 56,2 5,6 2,2 100 27 Informel 60,8 4,7 2.590 13,1 7,8 8,5 11,4 2,0 44,1 11,1 2,0 100 895 Très pauvre 57,6 4,9 1.364 12,3 5,6 9,2 12,6 2,0 38,3 17,6 2,5 100 511 Pauvres 59,1 6,0 1.464 16,4 5,5 8,6 14,0 3,7 38,1 11,7 1,9 100 512 Moyen 58,5 5,7 1.385 14,4 7,9 8,8 13,8 2,7 37,9 12,7 1,8 100 496 Riches 62,3 4,0 1.365 14,3 8,9 10,7 11,2 ,6 41,4 11,0 1,9 100 460 Plus riches 63,7 5,1 1.317 13,7 5,4 14,8 11,7 4,6 34,5 14,2 1,1 100 411 60,2 5,1 6.896 6,7 2,7 38,1 13,5 1,9 100 2.390 223 4,9 14,2 9,8 15,0 8,5 10,2 12,7 Source : MICS, 2005 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 9 Total Tableau 18. Répartition en pourcentage des enfants de 0-59 mois en fonction de l’enregistrement de leur naissance et des raisons de leur non-enregistrement Pourcentage de naissances enregistrées Ne sait pas si la naissance a été enregistrée Nombre d’enfants de 0–59 mois Coût élevé Eloignement du lieu d’enregistrement Ignorance de cette obligation Enregistrement tardif, parent évitant de payer une amende Ignorance du lieu d’enregistrement de l’enfant Autre Ne sait pas Indéterminé Nombre d’enfants âgés de 0–59 mois sans être enregistrés Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Total Nombre d’élèves de 5–14 ans Indice du bien-être % élèves impliqués dans le travail des enfants Niveau d’éducation de la mère Nombre d’enfants travailleurs de 5–14 ans Age % enfants à la fois travailleurs et élèves Milieu Nombre d’enfants de 5–14 ans Région % enfants scolarisés Sexe % enfants travailleurs Tableau 19. Pourcentage d’enfants âgés de 5–14 ans qui étudient et travaillent et pourcentage des enfants âgés de 5–14 ans qui travaillent et étudient Masculin 19,3 63,6 6.258 58,3 1208 17,7 3.980 Féminin 18,7 59,8 6.445 50,7 1205 15,8 3.856 Nord 23,7 56,5 4.225 45,6 1003 19,2 2.385 Sud 14,8 64,9 2.136 59,7 315 13,6 1.387 Est 22,7 58,4 890 61,0 202 23,7 520 Ouest 14,8 65,6 2.709 62,1 400 14,0 1.778 Centre 17,9 64,4 2.743 60,3 491 16,8 1.766 Urbain 9,3 82,4 576 68,0 53 7,6 475 Rural 19,5 60,7 12.127 54,2 2359 17,4 7.361 5–11 ans 16,0 58,6 8.698 58,3 1390 15,9 5.093 12–14ans 25,5 68,5 4.005 49,2 1023 18,4 2.743 Sans 20,8 56,1 3.968 48,7 824 18,0 2.226 Primaire 16,6 66,0 2.997 58,4 498 14,7 1.977 9,8 81,2 349 33,4 34 4,0 283 Informel 19,6 62,1 5.389 57,8 1057 18,2 3.349 Très pauvre 23,1 50,4 2.609 44,0 603 20,2 1.315 Pauvres 20,7 59,0 2.498 57,1 517 20,0 1.474 Moyen 18,9 59,9 2.549 53,6 482 16,9 1.526 Riches 17,9 65,9 2.619 60,7 469 16,5 1.725 Plus riches 14,1 74,0 2.428 61,7 342 11,7 1.797 19,0 61,7 12.703 54,5 2413 16,8 7.836 Secondaire Source : MICS, 2005 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 113 Tableau 20. Pourcentage d’enfants de 0–17 ans orphelins ou vulnérables pour plusieurs raisons dont le SIDA Un ou tous les parents sont décédés Sexe Région Milieu Age Indice du bien-être Total Effectif d’enfants âges de 0–17 ans Masculin 19,0 11.081 Féminin 19,6 11.547 Nord 20,6 7.616 Sud 17,5 3.681 Est 14,4 1.577 Ouest 20,2 4.864 Centre 19,3 4.890 Urbain 21,9 1.058 Rural 19,2 21.570 0–4 ans 6,2 6.889 5–9 ans 16,8 6.439 10–14 ans 28,9 6.264 15–17 ans 34,4 3.036 Très pauvre 23,1 4.566 Pauvres 20,8 4.502 Moyen 18,9 4.545 Riches 16,2 4.606 Plus riches 17,4 4.410 19,3 22.628 Source : MICS, 2005 114 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Tableau 21. Répartition (%) des ménages par milieu et province de résidence, sexe, Statut dans l’emploi et quintile de bien être économique selon le nombre d’enfants de moins de 18 ans ne vivant pas dans le logement parental Nombre d’enfants ne vivant pas dans le logement parental 00 Ensemble 88,2 01 02 3,0 1,4 03 et + Total Effectif 7,3 100,0 22.619 Province Bubanza 88,8 2,7 1,0 7,5 100,0 1.002 Bujumbura Mairie 91,6 2,5 2,2 3,7 100,0 2.203 Bujumbura Rural 89,2 2,1 1,3 7,4 100,0 1.450 Bururi 80,9 3,0 1,3 14,8 100,0 1.722 Cankuzo 82,6 3,5 1,3 12,6 100,0 978 Cibitoke 87,8 3,4 1,9 6,9 100,0 1.217 Gitega 91,2 2,3 0,8 5,7 100,0 2.159 Kayanza 91,6 3,7 1,5 3,2 100,0 1.411 Karuzi 92,6 1,9 0,9 4,5 100,0 952 Kirundo 74,6 3,3 1,8 20,3 100,0 1.317 Makamba 95,6 2,4 1,1 0,9 100,0 913 Muramvya 91,6 2,8 0,9 4,7 100,0 1.106 Muyinga 90,0 2,3 2,1 5,5 100,0 1.371 Mwaro 94,6 2,6 0,7 2,1 100,0 1.024 Ngozi 88,7 6,0 1,8 3,6 100,0 1.589 Rutana 83,1 2,5 1,4 13,0 100,0 996 Ruyigi 85,6 3,4 1,8 9,2 100,0 1.209 Milieu de résidence Urbain 91,4 2,5 2,0 4,1 100,0 3.179 Rural 87,7 3,1 1,4 7,9 100,0 19.440 Sexe du chef de ménage Hommes 87,5 3,2 1,8 7,5 100,0 10.763 Femmes 88,9 2,8 1,1 7,2 100,0 11.856 Statut dans l’emploi du chef de ménage Patron 99,6 0,4 0,0 0,0 100,0 86 Salarié protégé 97,1 2,2 0,6 0,0 100,0 767 Salarié non protégé 93,0 6,1 0,9 0,0 100,0 4.393 Indépendant 83,0 9,8 6,3 0,9 100,0 572 AF/APP/STAG/BEN 80,7 15,3 3,1 0,9 100,0 306 Autre 90,6 6,9 2,5 1,0 100,0 16.495 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 115 Niveau instruction du chef de ménage Jamais été à l’école 87,4 3,5 1,6 7,5 100,0 11.024 Maternelle 92,3 0,0 7,7 0,0 100,0 13 Primaire 88,8 2,5 1,3 7,4 100,0 9.420 Secondaire 90,1 2,0 1,6 6,2 100,0 1.906 Supérieur 92,8 0,5 1,5 5,2 100,0 194 Non déclaré 82,3 8,1 0,0 9,7 100,0 62 Quintile de bien-être économique Quintile 1 86,6 3,3 1,5 8,6 100,0 4.031 Quintile 2 87,1 3,2 1,4 8,3 100,0 4.057 Quintile 3 89,3 3,0 1,2 6,6 100,0 4.123 Quintile 4 89,6 2,8 1,2 6,4 100,0 4.113 Quintile 5 90,0 2,6 2,0 5,5 100,0 4.437 Source: QUIBB 2006 116 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Tableau 22. Survie de la mère, répartition (%) de la population de moins de 25 ans par milieu et province de résidence, âge et sexe selon la survie de la mère Mère vivante Ensemble Ensemble dans le ménage dans un autre ménage Mère décédée Ne sait pas 82,1 8,4 8,3 1,3 100,0 25.617 % effectif Milieu Urbain 76,9 13,7 8,3 1,1 100,0 3.259 Rural 82,8 7,6 8,3 1,3 100,0 22.358 11,7 ,9 100,0 1.163 Province Bubanza 80,6 6,8 Bujumbura Mairie 73,6 16,5 8,4 1,5 100,0 2.131 Bujumbura Rural 83,3 6,8 8,7 1,1 100,0 1.665 Bururi 85,9 5,8 7,4 ,8 100,0 2.016 Cankuzo 82,0 10,5 6,6 ,9 100,0 1.065 Cibitoke 82,4 8,9 6,8 2,0 100,0 1.479 Gitega 84,8 5,8 8,7 ,7 100,0 2.269 Kayanza 83,2 7,8 7,5 1,5 100,0 1.645 Karuzi 82,4 8,0 8,5 1,2 100,0 1.179 Kirundo 79,2 10,1 9,1 1,6 100,0 1.557 Makamba 86,0 5,6 7,3 1,1 100,0 1.074 Muramvya 82,5 4,5 12,3 ,7 100,0 1.191 Muyinga 79,9 10,6 8,2 1,2 100,0 1.705 Mwaro 83,5 6,8 8,9 ,8 100,0 1.066 Ngozi 78,9 10,3 9,6 1,2 100,0 1.850 Rutana 86,1 5,6 6,4 2,0 100,0 1.164 Ruyigi 85,0 8,2 4,9 2,0 100,0 1.398 Sexe Hommes 83,3 7,2 8,5 1,0 100,0 12.505 Femmes 80,9 9,5 8,1 1,5 100,0 13.112 Source: QUIBB 2006 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 117 Tableau 23. Survie des parents, Répartition (%) de la population de moins de 25 ans par milieu et province de résidence, sexe selon la survie des parents Survie des parents Ensemble 2 parents vivants un vivant et sans nouvelles de l’autre 76,1 1,3 un seul vivant 2 parents décédés 1 décédé et sans nouvelles de l’autre Aucune nouvelle des 2 parents 17,9 3,5 0,3 Total Effectif 0,8 100,0 25.617 Milieu Urbain 73,5 1,3 19,5 4,4 0,9 0,4 100,0 3.259 Rural 76,5 1,3 17,7 3,4 0,2 0,9 100,0 22.358 Province Bubanza 72,4 0,6 20,4 5,7 0,2 0,8 100,0 1.163 Bujumbura Mairie 73,2 0,9 20,1 4,2 1,2 0,5 100,0 2.131 Bujumbura Rural 73,4 1,3 20,7 3,8 0,1 0,7 100,0 1.665 Bururi 79,3 1,6 14,0 4,2 0,3 0,6 100,0 2.016 Cankuzo 80,4 1,7 15,9 1,1 0,5 0,5 100,0 1.065 Cibitoke 76,7 0,1 17,6 3,7 0,1 1,9 100,0 1.479 Gitega 74,3 0,7 19,8 4,4 0,4 0,4 100,0 2.269 Kayanza 77,1 2,1 16,8 3,2 0,1 0,7 100,0 1.645 Karuzi 78,1 3,6 14,7 2,5 0,2 0,8 100,0 1.179 Kirundo 75,2 2,0 17,6 3,8 0,4 1,0 100,0 1.557 Makamba 78,5 0,8 16,7 2,9 0,2 0,9 100,0 1.074 Muramvya 73,3 0,4 21,7 3,9 0,1 0,6 100,0 1.191 Muyinga 78,6 2,5 15,0 3,0 0,2 0,6 100,0 1.705 Mwaro 75,5 0,8 20,0 3,0 0,2 0,6 100,0 1.066 Ngozi 71,1 1,1 22,2 4,4 0,2 0,9 100,0 1.850 Rutana 80,8 1,0 13,0 3,3 0,3 1,6 100,0 1.164 Ruyigi 80,0 0,9 16,1 1,0 0,6 1,4 100,0 1.398 Hommes 76,1 1,3 18,0 3,6 0,4 0,7 100,0 12.505 Femmes 76,1 1,3 17,9 3,4 0,3 1,0 100,0 13.112 Sexe Source: QUIBB 2006 118 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Uniformes Transport Construction Autres Total Effectifs 40,3 33,1 13,3 8,8 1,2 3,3 100,0 10.366 Dépense moyennes livres Ensemble Frais Tableau 24. Proportion (%) des dépenses d’éducation l’année en cours par poste des enfants en scolarité la dernière année scolaire et qui sont inscrits au moment de l’enquête selon le milieu et la province de résidence, le sexe du CM, l’âge du CM et le quintile de bien être économique 7.190 Province Bubanza 20,0 53,5 20,8 0,4 1,3 4,1 100,0 396 3.109 Bujumbura Mairie 51,3 19,4 10,5 16,1 1,3 1,4 100,0 1.206 29.820 Bujumbura Rural 23,6 46,7 23,6 1,1 1,1 4,0 100,0 755 4.607 Bururi 38,1 39,4 15,6 3,6 1,6 1,7 100,0 1.037 7.896 Cankuzo 36,3 50,1 7,0 0,8 0,5 5,2 100,0 364 2.013 Cibitoke 24,0 48,7 20,1 1,8 0,7 4,7 100,0 511 4.041 Gitega 39,5 35,2 13,0 2,7 0,7 8,9 100,0 1.012 7.676 Kayanza 26,5 46,5 18,1 1,0 2,4 5,5 100,0 644 3.499 Karuzi 15,2 69,2 9,2 0,0 1,6 4,7 100,0 409 1.297 Kirundo 20,5 58,1 11,4 0,4 1,2 8,3 100,0 504 1.873 Makamba 31,5 44,4 15,4 1,5 3,4 3,7 100,0 442 3.182 Muramvya 27,0 57,1 11,1 0,5 1,4 2,9 100,0 512 3.174 Muyinga 18,1 54,4 20,3 2,2 0,6 4,5 100,0 596 2.441 Mwaro 20,9 65,2 11,7 0,6 0,0 1,5 100,0 497 5.012 Ngozi 22,4 46,4 25,2 2,7 0,4 2,8 100,0 593 3.122 Rutana 21,1 47,0 17,4 0,1 0,5 13,9 100,0 412 3.996 Ruyigi 31,8 54,5 4,4 1,1 0,2 8,0 100,0 476 1.902 Milieu Urbain 50,1 21,1 11,3 13,7 1,2 2,5 100,0 1.831 24.079 Rural 26,1 50,5 16,2 1,6 1,2 4,4 100,0 8.535 3.567 Groupe d’âge 00 – 04 ans 42,4 11,6 17,4 24,5 0,7 3,4 100,0 70 16.422 05 – 09 ans 34,4 33,7 17,7 6,6 1,3 6,2 100,0 3.047 4.088 10 – 14 ans 23,2 49,3 16,1 5,4 1,4 4,7 100,0 4.549 3.805 15 – 19 ans 45,6 29,9 13,2 7,6 1,2 2,5 100,0 2.188 12.435 20 – 24 ans 54,0 22,2 7,1 14,8 1,0 0,9 100,0 512 32.053 Hommes 40,1 33,0 13,7 8,6 1,3 3,2 100,0 5.360 7.041 Femmes 40,5 33,2 13,0 8,9 1,1 3,3 100,0 5.006 7.350 Sexe Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 119 Taille ménage 1–2 31,4 33,7 23,3 9,7 0,1 1,7 100,0 110 7.697 3–4 36,4 34,5 16,2 5,4 1,0 6,4 100,0 1.176 5.317 5–6 40,8 35,5 14,5 5,8 1,0 2,5 100,0 3.149 6.107 7 et plus 40,8 31,9 12,3 10,4 1,3 3,2 100,0 5.931 8.127 Patron 64,8 22,2 5,7 1,2 0,0 6,0 100,0 101 36.420 Salarié protégé 46,0 23,2 11,3 16,7 0,5 2,2 100,0 1.029 21.335 Salarié non protégé 24,2 44,9 16,2 6,7 1,3 6,6 100,0 2.319 3.401 Indépendant 46,2 29,9 13,4 8,2 0,4 1,8 100,0 594 10.123 AF/APP/STAG/AFM 39,1 32,5 13,1 2,5 1,4 11,5 100,0 234 7.630 Autre 36,8 38,4 14,8 5,3 1,9 2,7 100,0 6.062 5.448 Groupe socio économique du CM Quintile de bien-être économique Quintile 1 23,4 53,2 15,8 0,3 1,3 6,1 100,0 1.481 2.174 Quintile 2 24,2 56,8 12,7 0,6 1,5 4,2 100,0 1.647 2.776 Quintile 3 22,5 49,9 19,6 0,4 1,2 6,6 100,0 1.914 3.060 Quintile 4 26,7 52,3 14,9 1,0 0,9 4,1 100,0 1.979 3.666 Quintile 5 47,3 24,0 12,0 13,0 1,2 2,6 100,0 2.537 19.268 Source: QUIBB 2006 120 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi Annexe 2 : EQUIPE OPERATIONNELLE DE L’ETUDE COMITE DE PILOTAGE President: Emile SINZUMUNSI, Directeur Général de la planification et de la prospective au MPDRN Membres: Faustin HABIMANA, Directeur de la Planification au MPDRN, NDAYISHIMIYE Nicolas, Directeur Général de l’ISTEEBU Cyriaque MIBURO, Cadre CNCA Dr Audace NTIJIMANA, Ministère de la Santé/Planification Balthazar FENGURE, MPDRN Séraphine RUCAKUMUGUFI, Ministère de la Solidarité Arcade BIGIRIMANA, Directeur de la réinsertion économique des jeune au MJSC EQUIPE DE RECHERCHE (IDEC) Gervais NDUWIMANA, Ingénieur Statisticien, Chercheur professionnel IDEC Dr Ferdinand BARARUZUNZA, Macroéconomiste, Chercheur professionnel IDEC Rénovate IRAMBONA, Enseignant UB, Doctorante en Psychologie, Consultant IDEC ORIENTATION TECHNIQUE ET COORDINATION Equipe technique de l’UNICEF sous la supervision de la Représentante de l’UNICEF Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi 121 Cette étude a pour bu réalisation et à la pr t d’aider à la ot tion des droits de l’enfant dans la ec perspective… ...de afin q sa survie e t u’il so it dot de son dé é des v meille eloppement , urs at outs … es aux pris e v i t c a tion t. articipa i le concernen p e n u ...pour décisions qu de 122 Etude Nationale sur la Pauvreté de l’Enfant et les Disparités au Burundi UNICEF BURUNDI Boulevard de l’Uprona B.P. 1650, Bujumbura Burundi Tél: +257 22 20 20 00 Fax: +257 22 22 51 90 Email: [email protected]