distant proximity - Centrale For Contemporary Art
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distant proximity - Centrale For Contemporary Art
13-03 > 08-06 2014 mar - dim 10:30>18:00 ACM / Peter BUGGENHOUT / Jeroen HOLLANDER / Michel MAZZONI / Lauren MOFFATT / Nicolas MOULIN / Françoise SCHEIN / Valérie SONNIER / WILMES & MASCAUX / DISTANT PROXIMITY Courtesy Lauren MOFFATT ©Le Fresnoy Dossier de presse CONTACTS PRESSE BE CULTURE (SPCC) T. +32 (0)2 644 61 91 E. [email protected] - Web www.beculture.be GENERAL MANAGER Séverine PROVOST LOGIN PRESSE proximity PROJECT COORDINATORS Pauline BERTHOLET – [email protected] +32 (0)473 40 05 41 Sanne DE TROYER – [email protected] +32 (0)493 16 01 86 Sommaire Introduction de l'Échevine de la Culture de la Ville de Bruxelles 4 D'une exposition à l'autre5 Distant Proximity 7 Le parcours de l'exposition8 Communiqué de presse14 Les artistes15 Liste des œuvres16 @ C-Box18 >> Markus KLEINFELD- A rose is not a rose18 >> Willem BOEL - De nieuwe molens19 What's next20 CENTRALE for contemporary art24 Votre visite à la CENTRALE for contemporary art25 Infos pratiques26 Notes27 2 DISTANT PROXIMITY Une initiative de l'Échevinat de la Culture de la Ville de Bruxelles Our heritage is priceless. Preserving it is an art. 3 Espace de découverte, d’ouverture, de proximité et d’échange, la CENTRALE for contemporary art soutient la création contemporaine multiforme et audacieuse. Créer la rencontre, susciter le dialogue entre les artistes, leurs univers et le public, est son ambition. Avec DISTANT PROXIMITY, la CENTRALE réunit le travail d’artistes belges et français de générations différentes qui, tous à leur manière, portent un regard critique, engagé, décalé mais surtout poétique sur le monde. Réunies exceptionnellement et exposées à la CENTRALE, leurs œuvres sont offertes aux regards curieux, intrigués et admiratifs des visiteurs. Ce jeu de regards est précisément le fil rouge de cette exposition thématique. Expérience scénarisée à la fois visuelle et sensorielle, DISTANT PROXIMITY guide, implique le visiteur et l’invite au questionnement, le regard libre ! Cette mise en perspective, entre distance et proximité, ce temps de réflexion, est au coeur de la démarche des artistes présentés. Je suis très heureuse que DISTANT PROXIMITY fasse l’objet du premier cahier de la CENTRALE et qu’il restera désormais de cet ambitieux projet temporaire, une trace permanente. L’Échevine de la Culture de la Ville de Bruxelles 4 D’une exposition à l’autre Une exposition est le fruit de rencontres, de découvertes et d’une recherche qui se complètent – comme par enchantement – intuitivement. Généralement elle me révèle son sens et ses significations bien après sa conception, l’intuition se transforme en concept et acquière dès lors une signification plus théorique. Au fil du temps, les projets issus d’une idée, d’un moment de créativité, forment une continuité et donnent sens à ma recherche sur le processus de création et de perception, sur l’impact de l’œuvre sur le créateur et le spectateur (dont je suis). Chaque exposition est une nouvelle proposition qui s’ajoute à mes explorations et constitue une nouvelle étape de ma prospection tant dans le champ de l’art contemporain « officiel » que dans ses marges, à la découverte de créateurs catégorisés « outsider ». Cette fascination pour des œuvres d’une grande expressivité (terme souvent galvaudé) et pour leurs auteurs parfois singuliers, répond à une volonté de décloisonnement des circuits in- et outsider et à une réflexion sur les limites des champs culturels. Mais elle répond surtout à une curiosité des individualités créatives motivée par un profond humanisme, par une curiosité de l’humain en toute humilité et en respect de l’autre quel qu’il soit. Une pratique de curateur s’inscrit dans la mouvance de l’art qui permet à la fois une réflexion et une critique de la société – de l’individuel au collectif, de l’artistique au culturel. Il s’agit d’un processus en constante mutation où le curateur doit constamment « se remettre en question ». Cette remise en question doit aussi lui permettre une prise de position envers certaines barrières réminiscences de la scène artistique en matière de mode principalement. Comme je l’écris dans ma note d’intention en mai 2012 : « Je conçois mon rôle de directrice artistique de la CENTRALE dans la continuité de mes fonctions précédentes et dans une réflexion sur le rôle d’un centre d’art contemporain, financé et géré par la municipalité. Je suis consciente que le challenge d’un tel rôle ne se situe pas dans la crédibilisation et la légitimation, mais plutôt dans une recherche d’équilibre entre qualité, exigence artistique et proximité avec les publics. Loin d’une politique populiste, il s’agira de dépasser les ghettos sociaux et culturels par la programmation et par des activités de sensibilisation des publics dans un lieu à l’identité forte et complémentaire à d’autres institutions culturelles bruxelloises. Je garde la farouche conviction que l’art peut changer la société, le regard que l’on porte sur les individus et les éléments et qu’il permet de transcender les clivages sociaux, raciaux et culturels. Un centre d’art contemporain doit être une plateforme d’échanges entre la société et la création. » 5 L’exposition impose un agencement d’œuvres qui révèle tour à tour le processus de création, les limites de l’œuvre (entre conscience et inconscience, intentionnalité et spontanéité), le positionnement de l’artiste (critique face à la société, en retrait). Mais chaque exposition contient aussi ses limites du fait de la mainmise des décideurs (dont je suis) qui orientent et influencent notre perception des œuvres. À ce titre, ma pratique de commissaire se nourrit d’un questionnent plutôt que d’une affirmation. Tous mes projets sont des propositions inspirées par les motivations des créateurs qui reflètent une « intensité », une tension entre l’intériorité et sa visualisation. Les expositions MINDSCAPES : RENDRE VISIBLE L’INVISIBLE (2012), L’ORIGINE DES CHOSES (2013), JOHAN MUYLE : INDIAN STUDIO (2013) constituaient les premières étapes de cette politique. DISTANT PROXIMITY en est un nouvel épisode. Carine FOL, Commissaire Directrice artistique de la CENTRALE for contemporary art 6 DISTANT PROXIMITY Ce projet propose un plongeon dans le temps, ou plutôt dans « les temps » de l’œuvre et du regard, ou plutôt « des regards ». Il rassemble des évocations de la réalité, de l’urbanité, des réminiscences du passé, du devenir du monde qui nous entoure,… comme autant de manières d’« être au monde ». Comme autant de révélations de la charge affective du réel. Les artistes mis en présence, de différentes origines et générations, questionnent singulièrement la proximité et la distance au monde extérieur par le biais d’œuvres d’une grande intériorité. L’intitulé paradoxal (la distance proche) engage autant le créateur face à sa création, que le spectateur qui découvre l'œuvre. Elle paraphrase les préceptes de « la phénoménologique de la perception » de Maurice MERLEAU-PONTY et de l’« aura » de Walter BENJAMIN. MERLEAUPONTY, qui s’accorde avec la Gestalttheorie (la psychologie de la forme) pour définir le phénomène perceptif comme « une figure sur un fond », souligne que la perception s’ancre dans une subjectivité. Dès lors aucune donnée sensible n’est isolée, elle se donne toujours dans un champ (il n’y a pas de « pure impression »). Il réfute le « préjugé du monde objectif » : il n’y a pas de « réalité objective ». En d’autres mots ce n’est pas le visible qui est décisif dans une image mais plutôt la forme des rapprochements que le spectateur opère. Cette approche considère toute perception comme une communication ou une communion, comme la reprise ou l’achèvement par le spectateur d’une intention étrangère ou comme un accouplement de notre corps avec les choses. C’est cette expérience « du voir comme un ressentir » qui est proposée au visiteur de DISTANT PROXIMITY. Mais ce projet s’attarde aussi – au-delà du lien intersubjectif entre le regardeur et l’œuvre – au pouvoir du regardé sur le regardant. Dans son ouvrage au titre révélateur « ce que nous voyons, ce qui nous regarde », le philosophe Georges DIDI-HUBERMAN synthétise l’alternative entre un regard qui ne voit qu’en fonction d’une intériorité (œuvre iconique), et un regard « tautologique » (œuvre minimaliste) qui ne voit que ce qui se présente à l’oeil. Par cette réflexion dialectique sur l’expérience du regard, il revisite ce que Walter BENJAMIN dénommait l’aura : une trame singulière d’espace et de temps » : « comme un espacement oeuvré et originaire du regardant et du regardé, du regardant par le regardé, un pouvoir de distance, unique apparition d’un lointain si proche qu’elle puisse être. Proche et distant à la fois, mais distant dans sa proximité même ». Un paradigme visuel, comme le souligne DIDI-HUBERMAN, qui signifie également le pouvoir du regard prêté au regardé lui-même par le regardant : « cela me regarde ». C’est ce paradoxe ou plutôt ce mystère des « formes avec présence » qui amène à la dialectique intersubjective qui est celle de DISTANT PROXIMITY. 7 Le parcours de l’exposition À l’instar de Mindscapes, le dispositif de DISTANT PROXIMITY se déploie comme un scénario : les œuvres s’imbriquent au sein d’une structure qui guide le spectateur à travers un processus visuel et sensoriel, cérébral et corporel. Tout en respectant la spécificité et l’impact de chaque démarche des artistes présents, les œuvres forment des pièces d’un puzzle dont l’assemblage est l’unité du projet. Le spectateur transite obligatoirement par la projection d’une vidéo stéréoscopique en noir et blanc de Lauren MOFFATT (AU). Chaussé de lunettes à trois dimensions, il est transporté dans le regard d’une femme munie d’un masque qui l’isole de toute agression visuelle ambiante (caméras de surveillance,…). Ce masque est lui-même équipé d’une caméra qui fournit au spectateur l’image 3 D projetée Mask camera, 2013 à l’écran, ainsi que les commentaires de la Courtesy Lauren MOFFATT ©Le Fresnoy protagoniste. Le masque-caméra est logé dans une alcôve de l’espace d’installation. De la sorte, il contemple et filme la scène de ceux qui se laissent aller à la découverte de cette paranoïa de l’inquisition. Lauren MOFFATT s’est inspirée du métro lillois pour ce projet : « comme il n’y a pas de conducteur, les passagers peuvent se mettre à sa place en tête du train. Le passager est à la fois impuissant puisqu’il ne contrôle pas la machine mais en même temps, il a une position privilégiée ; il peut voir ce qui arrive et les autres passagers dans le reflet de la vitre ». Elle crée le portrait d’un personnage dont l’intégrité est agressée et fragmentée par tous les regards, un personnage dont le monde intérieur ressemble à une telle image composite. L’impact de l’installation est fort car elle invite le visiteur à voir, à habiter un autre regard, ce qui induit une interrogation sur la position qu’il occupe : à la fois proche et distant. La grande table, 2000-2009 ACM / Collection Antoine de Galbert, Paris Les assemblages d’ACM (FR)(contraction des noms d’Alfred et Corinne MARIE) convient le spectateur à une nouvelle expérience visuelle. En métamorphosant de petites pièces métalliques, électroniques et plastiques extraites de machines à écrire, de transistors, de réveils, d’horloges en objets poétiques – des bateaux, des cathédrales fantômes, ACM invite à une errance où l’infiniment petit prend des allures monumentales et obligent le spectateur à un va et vient constant entre le détail et l’ensemble. L’idée de ces œuvres 8 remonte aux années 70. ACM récupère une maison délabrée, ancienne usine de tissage, héritage de son père. Après la reconstruction de la maison, il reprend son travail artistique très différent de la peinture qu’il pratiquait auparavant. Une production qui continue d’être pour lui une quête d’identité, le prolongement de sa maison, de son jardin. Le processus de création répond à un rituel bien précis : dans un premier temps, il recherche et choisit des pièces ; ensuite il les nettoie, les ponce, les peint puis il les dégrade à l’acide, la rouille et les enduit. Finalement, il accroche ses petits objets transformés à des constructions squelettiques, pour les métamorphoser en objets poétiques. Sa femme Corinne appelle ACM « un manipulateur d’incidences, créant l’effritement, la désagrégation pour en engendrer poétiquement un passé, une histoire, des racines ». Ses architectures imaginaires, ses constructions d’histoire(s), rejoignent les carto-graphies de Jeroen HOLLANDER (BE). Entre réel et imaginaire, à partir d’enchevêtrements de lignes colorées, l’artiste figure des réseaux de transport de grandes villes, des réseaux qui ont, d’après lui, pour principal intérêt de connecter les gens… Cependant il s’agit d’un urbanisme fictif qui semble tout à fait crédible et cohérent. Dans son monde, une ville n’est pas un ensemble de rues et des blocs, Imaginair openbaar vervoer network , 2013 mais plutôt une structure complexe organique de ©Jeroen HOLLANDER dizaines, parfois de centaines de réseaux de tram, bus, train et métro. Entre réel et imaginaire, ses œuvres proposent une sorte de mise en abîme de la réalité qui oblige le spectateur à une remise en question continuelle, une sorte de mystère à élucider. L’architecte et plasticienne Françoise SCHEIN (BE) « met en boîte » sa vision du monde en superposant en couches tous les réseaux. L’œuvre « Belgium Memories » (1988) se compose de cartographies et de circulations diverses (autoroutes belges), d’un entrelacs de multiples points lumineux dont la vision matérialise l’expérience propre à chacun du temps et de l’espace, de la mémoire et du quotidien. La notion de réseau s’apparente pour elle avec celle de rhizome et de labyrinthe. « Belgium Memories » reproduit les réseaux urbains et autoroutes, un territoire privilégié avec sa multiplicité de diagrammes symboliques, mais également le Belgium Memories, 1986 Courtesy Françoise SCHEIN 9 Grussaus 001, 2013 Nicolas MOULIN / Courtesy of the artist and courtesy Galerie chez Valentin, Paris réseau mental qui relie les connais-sances et les éléments du réel dans une nouvelle syntaxe. Sa lecture à la fois objective et poétique des organisations structurelles visibles ou invisibles pousse à une révision de la notion de culture. Lumière électriques, constellations, cours d’eau, réseaux de métros, topologies et idéologies sont autant de monades qui tendent à leur propre achèvement au sein d’un continuum. Une perception de l’unique et du multiple qui fait écho à la problématique du proche et du distant comme de l’individuel et de l’universel. Nicolas MOULIN (FR) revisite les mythes urbains et technologiques qui conditionnent nos sociétés depuis l’âge de la révolution industrielle. Le processus d’élaboration de ses travaux photographiques procède d’une pratique active et d’une observation critique du paysage urbain et de ses symptômes. À partir de ses pérégrinations urbaines et péri-urbaines, il élabore ce que l’on pourrait définir comme des mixages visuels de référents historiques de paysages urbains avec des éléments que l’on désigne génériquement comme relevant de la science-fiction. Entre réalité et fiction, il photographie des territoires propices à générer des anachronismes fascinants et des spirales historiques étranges. C’est de cela qu’il s’agirait dans l’omniprésence de ces édifices inquiétants qui peuplent l’œuvre de Nicolas MOULIN. Non pas l’architecture que nous habitons, mais celle qui nous habite. Ses œuvres désertées de toute présence humaine sont fascinantes de par le mystère qu’elles suscitent entre réel et imaginaire, entre vérité et illusion. Les dessins et films de Valérie SONNIER (FR) évoquent également « la maison qui l’habite ». Il s’agit de la maison de son enfance et son jardin sauvage, un lieu « promis à la démolition par les promoteurs, qui scelle obstinément ses secrets, celui de sa nature et de sa ressouvenance ». À ce titre, les dessins virtuoses de Valérie SONNIER deviennent des visualisations de l’écoulement du temps, de sa vie qui contient les non-dits, soubassements de toute Sans titre Collection de l’artiste et Galerie Nadja VILENNE, Liège existence, mais donc aussi la mort. C’est le cours / ©Valérie SONNIER ininterrompu d’un vécu, qui contient le substrat d’une autre vie. Une vie passée qu’elle tente de capter par la vidéo, tel un fantôme qui erre dans cette maison abandonnée. Comme hantée par la mémoire, toute son œuvre s’impose au spectateur dans son « inquiétante étrangeté » (Unheimliche de Sigmund FREUD). Elle incarne une forme auratique « qui se situe entre un devant et un dedans ». Le spectateur est dans une position inconfortable mais intense « qui définit toute notre expérience, quand s’ouvre jusqu’en nous ce qui nous regarde dans ce que nous voyons ». 10 Au centre de la nef le spectateur est confronté à la puissante installation de Peter BUGGENHOUT (BE) de la série « The blind leading the blind ». À partir de matériaux communs, de rebuts et de déchets de la vie quotidienne qu’il inonde de poussière, l’artiste créé une œuvre à la fois fragile et puissante, attirante et rebutante qui s’impose dans toute sa singularité formelle. La poussière est récoltée dans des sacs d’aspirateurs et projetée sur la structure. The Blind Leading the Blind (DISTANT PROXIMITY piece), 2013-14 Elle devient matière qui symbolise le Courtesy of the artist, Konrad FISCHER Galerie, Düsseldorf-Berlin and Galerie Laurent GODIN, Paris temps et le souvenir (de la destruction des Twin towers le 11 septembre 2001 entre autres), comme ces objets rassemblés qui ont appartenu à des personnes ont joué un rôle dans la vie de celles-ci, la poussière incarne le temps. À l’instar d’ACM qui plonge les minuscules éléments dans l’acide, Peter BUGGENHOUT modifie non seulement la texture des objets, il leur offre surtout une mémoire et crée de la « matière-mémoire » (Henri BERGSON). Le philosophe y décrit la perception « qui n’est jamais un simple contact de l’esprit avec l’objet présent mais qui est imprégnée des souvenirs-images qui la complètent en l’interprétant. » De la sorte, la matière, comme le définissait Jean DUBUFFET à propos de ses peintures matiéristes, vise à « restituer le monde immatériel qui habite l’esprit de l’homme : tumultueux désordre d’images, d’évanouissement d’images, qui se chevauchent et s’entremêlent, débris de souvenirs de nos spectacles mélangés à des faits purement cérébraux et internes – viscéraux mêmes. » Tant face aux peintures de Jean DUBUFFET qu’aux installations de Peter BUGGENHOUT, il s’opère une forme de dislocation de l’apparence. Dans les deux cas, l’énigme de la matière, révèle quelque chose d’étincelant, de bouillonnant face à quoi le langage semble impuissant. Cette énigme de la matière comme surplus des formes est responsable de leur intensité et de leur pouvoir de réalité. Max LOREAU définit la matière chez DUBUFFET comme puissance de forme. « Il faut envisager cette matière de front, comme si elle était une idée. Comme par ailleurs elle n’en est pas tout à fait une, on fera d’elle une idée en instance : pas encore forme, mais allant l’être. Elle devient désir de forme. Autrement dit la forme est souveraine et la matière lui est assujettie. Cette idée de matière se trouve finalement rangée dans la catégorie des formes : puissance de forme. » L’œuvre de BUGGENHOUT serait plutôt puissance de matière (poussière, sang, viscères,…) qui révèle la forme. Pour l’artiste, cette révélation s’inscrit dans un flux : la destruction et les déchets qui en résultent mènent à la reconstruction. Il s’agit d’un processus continuel, d’une dynamique quasiment organique et d’une tension continuelle entre la matière et la forme tant pour l’artiste que pour le regardeur. 11 La photographie de Michel MAZZONI (FR) rejoint le propos de DISTANT PROXIMITY par ce paradoxe : « soustrait au regard mais soumis à l’intensité du visible » (Michel POIVERT). « Tout est régi par l’inconscient optique, ce que l’on voit en périphérie de l’intention du regard et qui impressionne plus encore que l’objectif visé ». Le photographe nous oblige à une lecture de l’image qui oscille de l’extérieur vers l’intérieur. Il semble visualiser la conciliation entre les « images choses » (Jean-Paul SARTRE) et l’image comme fait de conscience. Ses photos semblent procéder d’une fusion des deux degrés de Indices I, 2013 Collection de l’artiste et collection privée / réalité de l’image en produisant une « matière visible ». Courtesy Michel MAZZONI À partir d’un « point de vue » plus cinématographique que photographique, MAZZONI capte la réalité dans une lumière subtile et propose un voyage initiatique autant qu’une fuite dans la mémoire. La trace de l’homme par les résidus, l’architecture abandonnée ou d’autres indices de son passage se fixent sur l’objectif comme autant de temps figés. À l’instar de Peter BUGGENHOUT à travers la poussière, MAZZONI immobilise la densité des choses et induit une temporalité. Les lieux désertés, abandonnés qu’il photographie ont autrefois été fréquentés par l’humain, le souvenir persiste à travers ce vide de présence humaine. WILMES & MASCAUX (BE) recherchent des lieux désertiques qui incarnent pour eux la question de la « survivance ». Leurs vidéos, Fuego, 2012 photographies, sons et textes sont autant © WILMES&MASCAUX d’interrogations sur la place et le devenir de l’homme. Ce duo qui s’est rencontré à Mexico DF où ils vivaient dans les années 80, se consacrent dès leur retour à Bruxelles, au milieu des années 90, à « scanner » la mémoire de paysages chaotiques au Mexique, en Europe, au Québec, aux USA et en Australie. Voyageurs investis d’une mission, la distance géographique permet leurs regard critique sur le monde qui nous entoure. Leurs recherches les mènent vers des lieux qui ont en commun d’exister en marge du monde, de former des entités repliées sur elles-mêmes, abandonnées, oubliées, perdues loin de tout et en rupture avec le temps. La vie y est immobile, le temps y est arrêté ou momentanément suspendu. Leur démarche qui implique une lecture du territoire, tant dans le temps que dans l’espace, ne se borne pas à l’unique constatation des symptômes d’une société qui porte les stigmates de sa surconsommation. Leur œuvre n’est pas déprimante mais elle souligne le pouvoir de l’homme tant dans la destruction que dans la reconstruction des éléments et du monde. 12 Ce message sous-jacent offre une dimension universelle à leurs œuvres qui « possèdent l’étrange capacité de réussir à visualiser des paradoxes aussi improbables que de rendre le silence assourdissant et le bruit inaudible » mais aussi le désert (dans les deux acceptions du terme) qui est plein de ressources. À l’issue de cette déambulation qui évolue d’une vision claustrophobique (MOFFATT) à une survivance (WILMES & MASCAUX), d’images en noir et blanc à la couleur, le spectateur aura rencontré « des regards » oscillant entre réel et imaginaire, présent et passé, proche et lointain,… comme autant d’errances de l’esprit dans la DISTANT PROXIMITY. Carine FOL, Commissaire / Directrice artistique de la CENTRALE for contemporary art 13 COMMUNIQUÉ DE PRESSE DISTANT PROXIMITY EXPOSITION 13-03 > 08-06 2014 VISITE DE PRESSE 12-03 2014 // 11:30 VERNISSAGE 12-03 2014 // 18:00 COMMISSAIRE Carine FOL, directrice artistique CENTRALE for contemporary art ACM / Peter BUGGENHOUT / Jeroen HOLLANDER / Michel MAZZONI / Lauren MOFFATT / Nicolas MOULIN / Françoise SCHEIN / Valérie SONNIER / WILMES & MASCAUX Certains esprits qui aiment le mystère veulent croire que les objets conservent quelque chose des yeux qui les regardèrent (…) que les monuments et tableaux ne nous apparaissent que sous le voile sensible que leur ont tissé l’amour et la contemplation de tant d’adorateurs pendant des siècles. Marcel Proust Ce projet au titre paradoxal (la distance proche) propose un plongeon dans le temps, ou plutôt dans « les temps » de l’œuvre et du regard, ou plutôt « des regards ». Il rassemble des évocations de la réalité, de l’urbanité, des réminiscences du passé, du devenir du monde qui nous entoure,… comme autant de manières d’ « être au monde » (Martin HEIDEGGER). Comme autant de révélations de « la charge affective du réel » (Gaston BACHELARD). Les artistes mis en présence, de différentes origines et générations, questionnent singulièrement la proximité et la distance au monde extérieur par le biais d’œuvres d’une grande intériorité. Le dispositif de DISTANT PROXIMITY se déploie comme un scénario : les œuvres s’imbriquent au sein d’une structure qui guide le spectateur à travers un processus visuel et sensoriel, cérébral et corporel. Tout en respectant la spécificité et l’impact de chaque démarche des artistes présents, les œuvres forment des pièces d’un puzzle dont l’assemblage est l’unité du projet. A l’issue de cette déambulation qui évolue d’une vision claustrophobique à une survivance d’images en noir et blanc à la couleur, le spectateur aura rencontré « des regards » oscillant entre réel et imaginaire, présent et passé, proche et lointain, … comme autant d’errances de l’esprit dans la DISTANT PROXIMITY. CONTACTS PRESSE BE CULTURE (SPCC) Une initiative de l’Échevine de la Culture de la Ville de Bruxelles. GENERAL MANAGER Séverine PROVOST PROJECT COORDINATORS Pauline BERTHOLET - [email protected] +32 (0)473 40 05 41 Sanne DE TROYER - [email protected] +32 (0)493 16 01 86 T. +32 (0)2 644 61 91 - E. [email protected] Web www.beculture.be CENTRALE for contemporary art place Sainte-Catherine 44 - 1000 Bruxelles INFO T. +32 2 279 64 44/52 - [email protected] www.centrale-art.be OUVERT mar > dim 10:30 > 18:00 Fermé les jours fériés 14 Les artistes ACM (Alfred & Corinne Marie) Alfred Marie: 1951° - Hargicourt, FR Vit et travaille à Hargicourt, FR www.abcd-artbrut.net Peter BUGGENHOUT 1963° - Dendermonde, BE Vit et travaille à Gand, BE www.bamart.be Jeroen HOLLANDER 1976° - Anvers, BE Vit et travaille à Bruxelles, BE www.jeroenhollander.eu Michel MAZZONI 1966° - Villerupt, FR Vit et travaille à Bruxelles, BE www.michelmazzoni.com Lauren MOFFATT 1982° - Armidale, AU Vit et travaille entre Berlin (GER) et Paris (FR) www.deptique.net Nicolas MOULIN 1970° - Paris, FR Vit et travaille à Berlin, GER. www.galeriechezvalentin.com Françoise SCHEIN 1953° - Bruxelles, BE Vit et travaille à Paris, FR www.francoiseschein.com Valérie SONNIER 1967° - Paris, FR Vit et travaille à Paris, FR www.valeriesonnier.com WILMES & MASCAUX Christine WILMES 1952° – Neufchateau, BE Patrick MASCAUX 1958° – Charleroi, BE Vivent et travaillent à Bruxelles, BE www.wilmesmascaux.com 15 Liste des œuvres En ordre d'apparence dans l'exposition : Lauren MOFFATT Not Eye, 2013 HDV / Installation, techniques mixtes, durée 9m47s (en boucle) Imaginair openbaar vervoer network, 2013 Feutre sur papier, 30x40cm Imaginair openbaar vervoer network, 2013 Feutre sur papier, 30x40cm Mask Camera, 2013 Masque de soudage modifié avec caméra Courtesy of the artist Courtesy of the artist ©Le Fresnoy Françoise SCHEIN ACM La grande table, 2000-2009 Techniques mixtes, 142x161x126cm Belgium Memories, 1986 Sculpture, métal, bois, verre (pare-brise), câbles électriques 63x82x25cm Collection privée / Courtesy of the artist Courtesy of the artist / Collection Antoine de Galbert, La maison rouge, Paris Valérie SONNIER Nicolas MOULIN 17 septembre - 21h10 -, 2014 Dessin, pierre noire et cire sur papier, 122x208cm Grussaus 001, 2013 Tirage lambda marouflé sur aluminium, châssis aluminium affleurant, 190x120x2,5cm Grussaus 004, 2013 Tirage lambda marouflé sur aluminium, châssis aluminium affleurant, 190x120x2,5cm Grussaus 005, 2013 Tirage lambda marouflé sur aluminium, châssis aluminium affleurant, 190x120x2,5cm Courtesy of the artist and Galerie chez Valentin, Paris Jeroen HOLLANDER 24 juin - 22h20 -, 2012 Dessin, pierre noire et cire sur papier, 123x210cm Sans titre, 2007 Dessin, crayon et cire sur papier, 27x20cm Sans titre, 2010 Dessin, crayon et cire sur papier, 27x20cm Sans titre, 2010 Dessin, crayon et cire sur papier, 26,5x20cm Sans titre, 2006 Dessin, crayon et cire sur papier, 26x27cm Sans titre, 2006 Dessin, crayon et cire sur papier, 26x27cm Imaginair openbaar vervoer network, 2013 Feutre sur papier, 30x40cm Sans titre, 2006 Dessin, crayon et cire sur papier, 27x20cm Imaginair openbaar vervoer network, 2013 Feutre sur papier, 30x40cm Sans titre, 2010 Dessin, crayon et cire sur papier, 27x20cm Imaginair openbaar vervoer network, 2013 Feutre sur papier, 30x40cm Courtesy of the artist and Galerie Nadja Vilenne, Liège 16 Peter BUGGENHOUT The Blind Leading the Blind (DISTANT PROXIMITY piece), 2013-14 Débris mixtes couvert de poussière ménagère, 4x11x8m Courtesy of the artist and Konrad Fischer Galerie, Düsseldorf - Berlin and Galerie Laurent Godin, Paris Michel MAZZONI Gravity I, 2012 Photographie, 13x17cm Gravity III, 2012 Photographie, 13x17cm Gravity V, 2012 Photographie, 13x17cm Gravity VI, 2012 Photographie, 13x17cm Gravity VII, 2012 Photographie, 13x17cm Gravity VIII, 2012 Photographie, 13x17cm Gravity IX, 2012 Photographie, 13x17cm Frwy_405, 2011 Video, projection Eclipse (E12), 2012 Photographie, 20x25cm Radar Station - Series: The Sun Will Return, 2011-12 Photographie, 28x36cm Courtesy of the artist et collection privée WILMES & MASCAUX Fuego, 2012 Impression jet d’encre sur aluminium, 125x150cm BOAB Tree, 2012 Impression jet d’encre sur aluminium, 125x180cm Survival 01, 2014 Vidéo sur DVD Survival 02, 2014 Vidéo sur DVD Survival 03, 2014 Vidéo sur DVD Survival 04, 2014 Vidéo sur DVD Gravity X, 2012 Photographie, 13x17cm Survival 05, 2014 Vidéo sur DVD GLE-Salt Lake City, 2012-13, Photographie, impression sur Dibond, 19x31cm Survival 06, 2014 Vidéo sur DVD Indices III,VIII, XIV, XXVIII, 2013 Photographie, papier-peint, 20x25 à 30x40cm Survival 07, 2014 Vidéo sur DVD Indices IX, 2013 Photographie, 130x170cm Indices I, 2013 Photographie, papier-peint, 300x380cm Survival son, 2014 Bande sonore sur CD Courtesy of the artists 17 box @ En parallèle aux expositions de la CENTRALE, la C-box accueille 6 fois par an des expositions de jeunes créateurs. Il s’agit d’un lieu laboratoire et d’expérimentation offrant au public un éclairage nouveau sur la jeune creation contemporaine. Markus Kleinfeld A rose is not a rose © Markus KLEINFELD 13-03 > 12-04 2014 Dans le cadre d’un partenariat avec Brussels Cologne Contemporaries. Le nouveau travail vidéo de Marcus KLEINFELD « Une rose n'est pas une rose » est présenté comme une série énigmatique d'images fixes accompagnées d’effets sonores ainsi que de paroles générées par un logiciel vocal. Dans ce document, l'artiste - lauréat du Prix BCC en 2013 - déconstruit une narration qui s'apparente à un parcours psychologique à partir de photos des dernières décennies du 20e siècle. Les dissonances et les tensions en résultant ajoutent un sentiment d'aliénation à l'imagerie presque éducative - images de bâtiments vides, de laboratoires ou des personnes exerçant des activités quotidiennes banales comme sous un microscope. En outre représenté dans l'exposition « l'audit », une autre œuvre vidéo également concernée par les idées de l'aliénation et de la séparation est constitué d’un texte sur un fond noir accompagné d’une voix-off d'une séance de thérapie de groupe mystérieuse. Trois installations murales, une peinture-collage montrant une grande photo d'une rose ainsi que deux séries encadrées de plusieurs gravures complètent l'exposition. Ils portent sur des aspects similaires de relations humaines et de la société et donnent une impression de travail distinct de l'artiste, qui a longtemps été préoccupé par les effets psychologiques et physiques que les systèmes - politiques, économiques et sociaux - ont sur les individus et les groupes. Marcus KLEINFELD (1979, Berlin) a étudié à Chelsea College of Art de Londres, la Villa Arson à Nice et Goldsmith College à Londres. Expositions à venir en 2014 au Kunstverein Maschinenhaus Essen (avec Eli CORTINAS) et Kunstverein Cuxhaven. L'artiste vit et travaille à Berlin. 18 @ box Willem boel De nieuwe molens © Willem BOEL 23-04 > 08-06 2014 « De nieuwe molens / les nouveaux moulins » Installation comportant une vidéo : « Imagine it’s a garden shed » et une Installation : « De nieuwe molens #09 ». Ce n’est pas difficile : tout ce qui tourne est fascinant à regarder. Et les choses dont on pense qu’elles pourraient tourner, sont tout aussi fascinantes. Nous tournons tous sans nous en rendre compte, mais nous sommes bien conscients de la force d’attraction des choses qui tournent. C’est si simple et si incontrôlable à la fois. Un cercle, c’est puissant, c’est défini, ça n’a pas de fin. Je fais n’importe quoi. C’est toujours le début qui est le plus difficile. Une fois qu’on a commencé, tout s’enchaîne naturellement. Je pars du principe que je peux faire ce que je veux, donc je crée des images qui me semblent intéressantes. Il faut espérer qu’elles intéressent aussi le spectateur, mais on ne peut pas le prévoir. Quand on commence quelque-chose, quand on prend la décision de réellement commencer quelque-chose, un chemin se trace. Et, sur ce chemin, je cherche le trajet le plus satisfaisant. Il y a un plan, mais il n’est pas réfléchi. Avant, il fallait chercher loin pour comprendre la cohérence, mais tout finit par s’assembler, parce que je suis moi-même le fil rouge de mon travail. Les idées dans ma tête sont limitées, et même si elles semblent disparates, tous les éléments finissent toujours par s’assembler. Comme un cercle qui recommence à l’infini. « De nieuwe molens » (les nouveaux moulins) est une série d’œuvres qui tournent toutes et qui sont toutes peintes/recouvertes de choses et d’autres. À l’infini. Les couches de peinture/matière qui apparaissent recouvrent toujours la précédente et rendent l’œuvre flambant neuve. La couche de maquillage devient la future peau, puis le derme et l’hypoderme. Le point de départ de cette série est la nouvelle d’Honoré de Balzac, « Le chef d’œuvre inconnu », qui parle d’un peintre qui, dans sa recherche du tableau parfait, passe des années à peaufiner une toile. Il l’améliore, la retouche, y ajoute de la peinture jusqu’à ce qu’à la fin – provisoire – une masse de matière apparaisse, qui à ses yeux touche à la perfection. Deux vieux amis venus visiter son atelier n’y comprennent rien et jurent même ne rien voir. Une sorte de brouillard sans forme. La force de cette histoire repose sur le fait que la vérité du peintre et celle de ses deux amis se confrontent. Le peintre a « vécu » ses recherches, tandis que les deux amis sont immobiles. Cette donnée m’a fait réaliser que la recherche est essentielle, mais elle ne doit pas être menée pour faire plaisir aux « amis ». Si la recherche donne de bons résultats, ils finiront bien par comprendre. (Willem BOEL) 19 WHAT'S NEXT ? Brussels unlimited 26-06 > 28-09 2014 Sébastien REUZÉ, extrait de la série CONSTELLATIONS, 2000-2002. Résidence d’artiste - Contretype, Bruxelles La Collection des résidences d’artistes de l’Espace photographique Contretype. COMMISSAIRE Danielle LEENAERT Alain PAIEMENT (Canada, 1997) / Bernard PLOSSU (France, 1998) / Barbara et Michael LEISGEN (Allemagne, 1999) / Angel MARCOS (Espagne, 1999) / Isabelle ARTHUIS (France, 2000) / André CEPEDA (Portugal, 2000) / Elina BROTHERUS (Finlande, 2001) / Istvan HALAS (Hongrie, 2001) / Sébastien REUZÉ (France, vit à Bruxelles, 2002) / JH ENGSTRÖM (Suède, 2003) / Hicham BENOHOUD (Maroc, 2003) / Philippe HERBET (Belgique, 2003) / Sébastien CAMBOULIVE (France, 2005) / François GOFFIN (Belgique, 2005) / Andreas WEINAND (Allemagne, 2007) / Isabelle HAYEUR (Québec, 2008) / Chantal MAES (Belgique, 2008) / Daniel DESMEDT, (Belgique, 2009) / Satoru TOMA (Japon, 2009) / Sári EMBER (Hongrie, 2011) / Marie-Noëlle BOUTIN (France, 20112012) / Erika VANCOUVER (Belgique 2012) / Vicente de MELLO (Brésil, 2012) Depuis plus de trente-cinq ans, l’Espace photographique Contretype œuvre à Bruxelles au soutien de la photographie créative. À l’organisation d’expositions, de conférences et de projets éditoriaux s’est ajouté depuis 1997 l’accueil d’artistes en résidence. C’est à partir des travaux qu’ils ont réalisés lors de leur séjour à Bruxelles qu’a été constituée la collection de l’association, présentée pour la première fois au public dans son intégralité. Plus de 150 œuvres livrent aux spectateurs le fruit des résidences de 23 artistes internationaux, de 1997 à 2012. Les images se situent au croisement d’une recherche artistique propre et de la rencontre d’une ville et de ses habitants. Les confrontations et dialogues entre les œuvres s’articulent en plusieurs chapitres : territoire et paysage ; ruine et passage du temps ; flânerie ; rencontre de l’autre ; intérieurs ; auto-biographie. À cette exposition collective s’ajoute celle présentée dans le même temps à l’Espace photographique Contretype, qui met en exergue le travail des femmes photographes en résidence, en présentant un ensemble d’œuvres complémentaires et distinctes de celles exposées par ces mêmes artistes à la CENTRALE. 20 WHAT'S NEXT ? @ Mehdi Georges Lahlou © Mehdi-Georges LAHLOU box 26-06 > 03-08 2014 C’est par le biais d’un surréalisme réinventé que Mehdi-Georges LAHLOU a choisi de nous montrer, comme par un trou de serrure, ce que nous refusons de voir, de savoir, ou de comprendre. À travers la double identité qui le suit à la trace comme une seconde peau – celle de son prénom composé – Mehdi- Georges nous trimballe dans son petit monde intérieur, parsemé de ses facéties de gamin survolté. Il élève le burlesque au rang d’art majeur, jouant avec les symboles de la tradition musulmane opposés à celui, hautain et tapeà-l’œil, de ses talons aiguilles rouges. Plus qu’un fétiche, cette paire de souliers est une sorte d’« animal totem » pour l’artiste, à la fois catharsis et vecteur de représentation. Questionnant le champ des possibles à jamais irréconciliables, il pose son propre corps comme motif de réflexion sur le « corps sexuel » confronté à l’identité, notamment religieuse, et se plaît à détourner les signes de la culture traditionnelle pour mieux investir une nouvelle « esthétique musulmane ». Ria Pacquée & Emiline de Mooij © Ria PACQUEE & Emiline DE MOOIJ 13-08 > 28-09 2014 Pour cette exposition en duo, deux artistes de générations différentes, regardent la féminité en l’intégrant comme sujet du monde afin de créer une image iconique, facile à cerner, elles montrent une créature complexe dans un environnement subtil et complexe. Elles questionnent de manière subtile la thématique du festival : les relations de genres (gender relations). « En portant des masques, j’ai tenté de me libérer de mon égo et d’accéder à l’inconscient collectif. Il s’agit d’une réaction à la société occidentale urbaine, se vautrant dans un concept nostalgique de la nature, convaincu d’être capable d’accéder à un état pure et naturel » EdM. 21 WHAT'S NEXT ? ART' Contest 10e anniversaire Artcontest 09-10 > 09-11 2014 Ce concours dédié aux jeunes artistes de 35 ans maximum qui fut initié il y a dix ans par Valérie Boucher s’est forgé une place dans le monde de l’art bruxellois. Pour cet anniversaire une exposition conjointe aura lieu au Markten et peut-être dans d’autres lieux. Emilio Lopez-Menchero / Esther Ferrer 04-12 2014 > 29-03 2015 © Emilio LOPEZ-MENCHERO © Esther FERRER Emilio LOPEZ-MENCHERO est un artiste à multiples facettes. Il est architecte, photographe, peintre, performeur. Il est emblématique de la dynamique de l’art contemporain bruxellois par ses performances (Checkpoint Charlie au Canal) et par ses intégrations urbaines (près de la gare du Midi). Il jouit d’une réputation internationale depuis de nombreuses années. Afin de placer ce projet dans une perspective internationale, Emilio LOPEZ-MENCHERO a pu choisir un(e) artiste invité(e). Son choix c’est porté sur Esther FERRER, artiste pionnière de l’art performatif a qui le MACVAL (Paris) consacre une importante exposition monographique depuis le 13/2/2014. L’exposition se clôturera avec le Festival Performatik (Kaaitheater) par des performances d’Emilio LOPEZMENCHERO et d’Esther FERRER et d’un colloque sur la performance (à confirmer). 22 WHAT'S NEXT ? @ box Faber Lorne ©Faber LORNE dates a determiner Lauréat du prix de la Ville de Bruxelles du Prix Médiatine « Ma pratique artistique est une recherche expérimentale sur le désir à travers un processus de construction picturale et spatiale. Comme mon expérience psychanalytique, la production artistique est pour moi un espace-temps favorable à de nouvelles négociations entre la réalité et la perception. J’invente des personnages qui construisent librement des œuvres d’art, des objets et des dispositifs inutiles à partir de chaque geste que je fais. Grâce à l’évasion que me permettent ces personnages, j’ai enquêté sur mon désir de devenir un artiste, mais aussi sur le processus de production lié à ma condition sociale ainsi que sur les nouveaux modes de consommation des produits culturels. » Faber LORNE 23 CENTRALE for contemporary art L’identité du centre d’art contemporain de la Ville de Bruxelles (anciennement La Centrale électrique, en référence à la fonction première du bâtiment semi-industriel qui l’abrite) se définit autour du lien entre l’art et la société. Elle se joue autant dans le contraste que dans la complémentarité avec les autres lieux qui défendent la création actuelle à Bruxelles. Son identité se déploie en termes de développement, de questionnement et de soutien à la création contemporaine sur le territoire bruxellois, dans une perspective internationale ; elle détermine le rôle d’un centre d’art contemporain au sein d’une ville multiculturelle. Sa programmation fondée sur les arts visuels a pour objectif de rendre la culture accessible à tous, afin de se défaire de l’image élitiste de l’art contemporain. L’inclusion d’artistes en marge des circuits de l’art officiel, l’ouverture à des minorités culturelles, la présentation d’œuvres qui questionnent les limites de l’art plutôt que d’imposer une lecture unique de la création, contribuent à réaliser cette ambition. La CENTRALE bénéficie d'une situation privilégiée en plein centre-ville, dans un quartier cosmopolite, miroir des nouvelles tendances et de la diversité des cultures : une position géographique centrale au croisement des pôles culturel et économique de Bruxelles. Lieu vivant et ouvert sur le quartier, la ville, l’Europe et le monde, la CENTRALE répond ainsi à cette spécificité bruxelloise que sont la diversité de sa population et la richesse de ses cultures. Espace à dimension humaine, accessible aux partenariats et au dialogue, ancré dans la dynamique culturelle bruxelloise, la CENTRALE participe résolument depuis son ouverture en 2006 aux parcours des institutions, galeries et autres lieux multidisciplinaires dédiés à l’art actuel ainsi qu’aux principaux événements qui animent la capitale tels Europalia, Kunstenfestivaldesarts, Summer of Photography, Art Brussels ou Nuit Blanche. La CENTRALE offre un éventail de propositions adaptées aux intérêts et missions des publics qu’elle accueille de manière personnalisée. Un espace est désormais réservé aux jeunes publics, la CENTRALE/KIDS. © Ville de Bruxelles 24 Votre visite à la CENTRALE for contemporary art Un livret d’activités pour les enfants distribué gratuitement à l’accueil. Des visites guidées, visites interactives et ateliers sur mesure pour les groupes, les écoles et les publics fragilisés. EVÉNEMENTS Les premiers dimanches du mois 06-04, 04-05 & 01-06 2014 - 11:30 Une visite guidée animée par Carine FOL, commissaire de l’exposition, gratuite comprise avec l’entrée payante. Un atelier-visite pour les enfants de 5 à 12 ans (5€). Soirée concert 29-04 2014 - 19:00 À l’occasion du vernissage de l’exposition Willem Boel dans le C-Box. Soirée rencontre14-05 2014- 19:00 Entre Eric Clemens (philosophe et écrivain) et les artistes. Finissage 08-06 2014 11:00 & 15:00 Visite-atelier en famille ou entre amis 11:30 Visite guidée avec Carine FOL, commissaire de l’exposition. INFO & RÉSERVATION www.centrale-art.be - +32 (0)2 279 64 44 - [email protected] © Ville de Bruxelles 25 13-03 > 08-06 2014 mar - dim 10:30>18:00 DISTANT PROXIMITY EXPOSITION 13-03 > 08-06 2014 VISITE DE PRESSE 12-03 2014 // 11:30 VERNISSAGE 12-03 2014 //18:00 Une production de l’Échevinat de la Culture de la Ville de Bruxelles, la CENTRALE for contemporary art & l'asbl Bruxelles-Musées-Expositions. COMMISSAIRE DE L'EXPOSITION Carine FOL ORGANISATION & COORDINATION Service de la Culture de la Ville de Bruxelles – CENTRALE for contemporary art /asbl Bruxelles-Musées-Expositions Pascale SALESSE, Directrice Carine FOL, Directrice artistique Joan VANDENBERGHE, Attaché à la direction artistique Claire LABYE, Responsable des publics ENTRÉE CENTRALE for contemporary art 5,00 € // 4,00 € > 60+; Groupe (min. 10 pers.); Carte étudiant adulte // 2,50 € > Carte étudiant (18-26 ans); Demandeur d’emploi (attestation); Carte professeur // 1,25€ > Carte jeune; Art. 27 // Gratuit > -18 ans ; Accompagnateur de groupe ; ICOM ; AICA Chèques Sodexo acceptés. CAHIER DE LA CENTRALE #1 5,00 € ACCÈS MÉTRO Sainte-Catherine / Bourse / De Brouckère TRAIN Gare Centrale INFORMATION SERVICE DE LA CULTURE DE LA VILLE DE BRUXELLES T. + 32 (0)2 279 64 35/52 - [email protected] - www.centrale-art.be CONTACTS PRESSE // BE CULTURE (SPCC) LOGIN PRESSE proximity GENERAL MANAGER PROJECT COORDINATORS Séverine PROVOST Pauline BERTHOLET – [email protected] +32 (0)473 40 05 41 Sanne DE TROYER – [email protected] +32 (0)493 16 01 86 T. +32 (0)2 644 61 91 - E. [email protected] - Web www.beculture.be 26 NOTES 27