Exposition IMAGINAIRE AFRICAIN

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Exposition IMAGINAIRE AFRICAIN
BEZIERS (Hérault – Languedoc-Roussillon - France)
7, rue Massol - 04 67 28 44 18
Les Musées de la Ville de Béziers programment une dizaine d'expositions par an. Sur cette seule période
estivale quatre expositions seront présentées : « Augustus et Alii : le portrait romain » au Musée du Biterrois,
« Peinture et sculpture à Béziers aux XVII et XVIII siècles », les peintures taurines de Mathieu Calmel
« Corral » à l'Espace Taurin et une exposition événementielle à l'Espace Riquet.
Effectivement, cet espace temporaire d'art contemporain de plus de 450m² situé dans le coeur du
Béziers historique, entre l'Hôtel de Ville et la Cathédrale Saint-Nazaire, accueille pour la première fois
une collection privée exceptionnelle .
du 8 juillet au 25 septembre 2011
L'Imaginaire Africain
Une partie de la collection privée de Kadri Agha
Comme le chant d'un peuple
Anthropologue des religions, mais également ethnologue, le docteur Kadri Agha, a constitué au fil de
ses nombreuses missions en Afrique, une remarquable collection personnelle, jamais dévoilée au
grand public.
C'est ainsi que vit le jour l'idée, splendide et peut-être plus insolite, de présenter au grand jour, sous la
lorgnette scientifique d'un anthropologue, quelques objets d'un art principalement ethnologique, sans
renoncer à une sélection esthétique aussi rigoureuse que celle habituellement appliquée aux domaines
beaucoup plus fréquentés de l'art occidental.
Et l'exposition qui en résulte est une espèce de miracle! Non contente de nous situer, à partir de
quelque 200 pièces, savamment choisies et toutes ajustées, avec notices d'origine à l'appui, elle nous
donne à voir et à mieux comprendre le rôle de ces objets sur les plans philosophique, spirituel et social.
Cette exposition dédiée à l'Imaginaire Africain, aux cultures « autres » sera, pour ceux qui la visiteront,
une incomparable expérience esthétique en même temps qu'une leçon d'humanité indispensable à
notre temps, donnée par un pédagogue passionnant.
Nous l'en remercions très cordialement car c'est, nous le croyons, un événement d'une grande portée
culturelle pour tous les passionnés d'interculturalité.
Au coeur de cette démarche, il y a le refus de l'ethnocentrisme, de cette prétention déraisonnable de
l'Occident à porter, en lui seul, le destin de l'humanité.
Il y a ensuite le rejet de l'idée qui prétend que certains peuples seraient comme figés à un stade
antérieur de l'évolution humaine, que leurs cultures dites « primitives » ne vaudraient que comme
objets d'étude pour l'ethnologue ou, au mieux, comme sources d'inspiration pour l'artiste occidental.
Le présent événement mis en place par la Ville de Béziers, démontre qu'il n'existe pas plus de
hiérarchie entre les arts qu'il n'existe de hiérarchie entre les peuples. C'est cette conviction, celle de
l'égale dignité des cultures du monde, qui fonde la motivation de cette exposition temporaire.
A l'issue de près d'un siècle de controverses et de débats passionnés, l'art africain, qualifié tour à tour
de « primitif » de « premier » de « primordial » selon les époques ou les exégètes, sans qu'aucun de
ces termes approche de sa vérité, a rejoint aujourd'hui les plus grands musées du monde.
Comme l'atteste le remarquable catalogue réalisé par Ethi'Art qui accompagne cette exposition, les
Africains sont loin de constituer un groupe homogène, même si c'est dans la partie occidentale de
l'Afrique que l'on rencontre la plus grande diversité culturelle, notamment dans des pays aux contours
dessinés par les intérêts coloniaux.
Le statut de l'artiste nous semble particulièrement intéressant! L'auteur nous apprend que l'artiste
traduit son sentiment sur le sujet choisi ou décrit la fonction qu'il incarne à ses yeux. Le sculpteur
africain ne part pas d'idées générales, comme l'affirme Juan Gris, mais de l'expérience vécue à travers
la force immanente de la nature.
Enfin, l'artiste africain n'a jamais eu conscience de produire une oeuvre d'art au sens ou nous
l'entendons. Pour lui, il s'agit d'une tâche à remplir et cette mission s'attache avant tout à la fonction de
l'objet. Qu'il soit économique, magique ou religieux, le principe esthétique ne représente en aucun cas
une fin en soi, au sens de « l'art pour l'art ».
Vous comprendrez pourquoi il nous faut rompre avec un évolutionnisme simpliste, nous nous
débarrasser des mythes.
Il nous faut accepter que ces sociétés que l'on a cru immobiles parce qu'elles n'écrivaient pas leur
passé dans la pierre ou le papier, avaient comme nous une longue histoire, faite de convulsions et de
mutations.
Le message est bien sûr d'autant plus fort que l'émotion est présente. C'est l'immense travail, le savoir
de Monsieur kadri Agha, qui doivent être salués. C'est à lui que nous devons la cohérence, la lisibilité,
l'authenticité, la beauté du parcours proposé.
Le visiteur de cette exposition découvrira avec étonnement un splendide coffre d'offrandes royales
Bamoun ou un remarquable trône de l'ancien royaume du Bénin. Il ne manquera pas la harpe Tikar du
Cameroun, très décorative, ou les nombreux objets de culte ou de dévotion aux esprits, censés valoir
bonheur et fertilité.
Il découvrira qu' un masque-casque du Nigeria n'est pas , en soi, plus « énigmatique »que nos oeuvres
d'art.
Le masque de danse ou d'initiation nous parle, dans sa langue, tout comme les bronzes, très réalistes
du Nigeria. Sans doute sommes-nous aujourd'hui plus disposés à l'entendre.
Le professeur Kadri Agha, nous apprend que ces peuples sont riches d'intelligence, de culture et
d'histoire. Ils sont dépositaires de sagesses ancestrales, d'un imaginaire raffiné, peuplé de mythes
merveilleux, de hautes expressions artistiques.
Le peintre expressionniste, Edouard Munch, auquel je pense, exprimait l'idée que l'humanité et la
nature sont inexorablement unies dans le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Stéphane
Mallarmé voyait parmi la nuit hantée de fantômes espiègles, de rêves fantasques, des jardins qui
ressemblaient à ceux que les malices des enchanteurs construisent d'un coup de baguette magique.
C'est un peu le même monde, le même chant, que cette sculpture singulière du Mali, la parole, évoque.
L'Afrique est la plus parfaite incarnation de l'expressionnisme. Ses thèmes (sexualité, religion, mort), sa
technique, sa palpitante humanité, tout dans son art oblige le spectateur à s'adapter à un univers très
personnel, non seulement plastique mais moral.
Offrir l'imaginaire, l'inspiration, le rêve contre les tentations du désenchantement. Donner à voir ces
interactions, cette collaboration des cultures, décrite par Claude Levi-Strauss, qui ne cesse d'entrelacer
les fils de l'aventure humaine.
Promouvoir, contre l'affrontement des identités et les logiques de l'enfermement et du ghetto, l'exigence
du décloisonnement, de l'ouverture et de la compréhension mutuelle.
Rassembler toutes celles et tous ceux qui, à travers le monde, s'emploient à faire progresser le
dialogue des cultures et des civilisations.
Voilà quelques objectifs qui nous semblent essentiels dans cette approche de l'Imaginaire Africain.
Plus que jamais, le destin du monde est là : dans la capacité des peuples à porter les uns sur les
autres un regard instruit, à faire dialoguer leurs différences et leurs cultures pour que, dans son infinie
diversité, l'humanité se rassemble autour des valeurs qui l'unissent.
Puisse le visiteur qui franchira les portes de l'Espace Riquet être saisi par l'émotion et l'émerveillement.
Puisse-t-il naître à la conscience de ce savoir irremplaçable et devenir à son tour le porteur de ce
message, un message de paix, de tolérance et de respect des autres.
Préface de Lucien RAMACCIOTTI
Critique d'art
Préface du catalogue d'exposition « Une partie de la collection privée de Kadri Agha - L'Imaginaire Africain » texte de Kadri Agha,
antrophologue – ethnologue et photographies de Arnaud Matagne édité par Ethi'Art (Ethias) à l'occasion de la présentation de
l'exposition à la Galerie Privée des Prémontés de janvier à mars 2008.
ESPACE RIQUET
7, rue Massol
04 67 28 44 18
Vernissage le vendredi 8 juillet à 19h
Plein tarif 3€05
Tarif réduit : 2€05
Horaire d'ouverture du mardi au dimanche de 10h à 18h
nocturne les jeudis jusqu'à 21h en juillet et en août
www.ville-beziers.fr