de l`hiver 2016/2017 - La Grave
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de l`hiver 2016/2017 - La Grave
journal de l’hiver 2016/2017 + Now also in English MICHIEL ROTGANS Chazelet : le ski de piste face à la Meije Page 2-3 Chazelet : le ski de piste face à la Meije Chazelet: piste skiing with a view La Grave – 100% naturel, garanti sans damage La Grave – 100 % natural,no grooming added page 4-5 Le Col du Lautaret 2056m / The Lautaret pass 2056 m L’espace nordique The Nordic Area Villar d’Arène : piste ou freeride, taille enfant Villar d’Arène: child-sized piste or freeride Sur les traces de la faune sauvage avec un garde du Parc National / Follow the tracks of wild animals with a National Park Ranger Aux Fréaux pas de frileux The Fréaux, no country for cold feet page 6-7 Les pros de la montagne pour les nuls - Extraits de l’édition hiver / Mountain professionals for dummies – extract from the winter edition Adrien BERTHET, Directeur de l’ESF La Grave – La Meije / Adrien Berthet, director of the La Grave-La Meije ski school Sur les pentes ensoleillées du Chazelet vous trouverez tout : des pistes vertes aux hors-pistes de proximité. Cette petite station sécurisante est loin d’être une usine à ski. Vous trouverez ici un terrain idéal pour débuter et progresser. Le panorama sur la Meije et ses glaciers ne gâche en rien l’expérience. Ouvert du 17 décembre au 19 mars. Forfait journée adulte: 16,50€, enfant 14,50 €. www.chazelet.com J. JOSSERAND Chazelet: piste skiing with a view On the sunny slopes of Chazelet you will find it all: from green pistes to fresh tracks to be made. This little ski resort is perfectly sized for family skiing and exploring. The terrain is ideal both for starting off and for progressing. The view of La Meije and the glaciers does not make the experience any less enjoyable. Open from December 17th to March 19th. Adult day pass: 16, 50 €, children 14, 50 €. www.chazelet.com page 8-9 Plan / map page 10-13 De l’Age d’Or au Paradis Perdu ? From Golden Age to Paradise Lost? page 14-15 Les Selfies de l’Office / The Selfies of the Office Legend’enhaut Le Calendrier des événements hiver 2016-2017 The Events Calendar winter of 2016 – 2017 page 16 Retour sur l’été 2016 2 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017 J. JOSSERAND La Grave – 100% naturel, garanti sans damage MICHIEL ROTGANS On ne va pas vous mentir, il n’y aura pas forcément de la poudreuse. Vous allez commencer par la haute montagne et finir dans les prés au bord de la rivière, 2150 m plus bas. Alors vous allez certainement avoir un peu de tout, selon ce que la nature et la météo vous réserve. Et un peu de tout, c’est bien ce qu’il faut pour être en bonne santé. Ce ne sera pas forcement extrême non plus, juste naturel – et beau. Il y aura des pentes variables, des champs ouverts, des « half-pipes », de la forêt, des clairières et des couloirs avec des rappels si vous le voulez. Vous skierez peut-être la poudreuse, la neige damée par les skieurs, la neige torturée ou lissée par le vent, les bosses, quelques cailloux, la croûte, la neige de printemps ou la glace, ou un peu de tout. Donc, c’est sûr qu’il faudra savoir s’adapter un peu, mais ça évite de s’en lasser. Parce que demain ce sera différent. Sauf le paysage qui sera toujours spectaculaire (à part les jours de brouillard). Prenez un moment pour contempler les glaciers ou le silence de la forêt enneigée (vos cuisses vous en seront reconnaissantes). Et si vous êtes un peu fatigué en fin de journée, avec, disons, 4000 à 8000 mètres de descente sur terrain varié dans les pattes, votre moment de détente en terrasse n’en sera que plus appréciable. Les Téléphériques des Glaciers de la Meije sont ouverts du 17 décembre au 23 avril. www.la-grave.com MICHIEL ROTGANS La Grave – 100 % natural, no grooming added We won’t lie to you, there will not necessarily be powder. You will start at a very high altitude and end up in the meadows by the river, 2150 m below. So you will probably get a little bit of everything, according to what nature and the weather has in store for you. And a little bit of everything is exactly what is needed to stay in good health. It won’t necessarily be extreme either, just natural – and beautiful. There will be steeps and flats, open fields, gullies, forest, clearings, and couloirs with rappels if you want them. You might ski powder, skier-groomed snow, snow that has been chopped up or smoothed out by the wind, moguls, rocks, crust, spring snow or ice, or a little bit of everything. So you will need to adapt a little. But that will keep you from getting bored. Because tomorrow will be different. Apart from the scenery, which is always spectacular (except on foggy days). Take a moment to contemplate the glaciers or the silence of the snow covered forest (your thighs will thank you for it). And if you are a little tired at the end of the day, after, say, 4000 to 8000 m of vertical in varied terrain under your boots, then that will only make your moment of relaxation on a terrace even sweeter. The La Grave gondola lifts will be open from December 17th to April 23rd. www.la-grave.com KEN EJEZI OKOYE TAKAHIRO NAKANISH 3 Le Col du Lautaret 2056m Ce beau col, s’ouvrant sur la vallée de la Haute Romanche d’un côté et la vallée de la Guisane de l’autre, offre un panorama majestueux de sommets et de glaciers qui reste accessible par la route même l’hiver. La haute montagne est tout près, distante seulement d’une petite grimpette. Pourtant, les pentes le long de la route permettent la pratique de sports de glisse de tous niveaux, de la luge classique à l’Airboard, du ski de rando au snowkite. Vous chausserez vos skis ou vos raquettes dès les premières neiges, souvent même au mois de novembre. Attention, ici on n’utilise que les énergies renouvelables. Si vos propres forces ne suffisent pas, laissez-vous porter par le vent. Le Col du Lautaret est un des meilleurs spots de snowkite d’Europe. The Lautaret pass 2056 m L’espace nordique Il neige, qu’importe. Dans la forêt tout est calme et velouté. Les skis glissent tout doux sur la neige soyeuse, quelques flocons volent dans l’air, le lièvre a fait ses traces juste à côté des nôtres. Des chamois sur les pentes derrière cherchent les derniers brins d’herbes, souvenirs lointains de l’été dernier. La rivière qui sautille entre roches et sculptures de glace, nous tient compagnie un moment, avant qu’on traverse le hameau paisible d’Arsine. Sur le site d’Arsine, vous avez le choix entre plusieurs disciplines nordiques : le ski de fond, la raquette, la marche, la luge ou le patinage. Les pistes de ski de fond seront ouvertes du 17 décembre au 26 mars. Pour un défi en famille ou entre copains, essayez le ski hockey. J. SELBERG 4 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017 OT LA MEIJE This beautiful mountain pass, which looks towards the upper Romanche Valley on one side and the Guisane valley on the other, offers an exceptional panorama of peaks and glaciers that remains accessible by road even in winter. The high mountains are right there next to you, just a short hike away. Even so, you can enjoy snow sports at any level on the slopes along the road, from classical sledging and airboarding, to ski touring or snowkiting. You can put your skis or your snowshoes on as soon as the first snow falls, often as early as November. Here we only use renewable energy. If your own is not sufficient, try riding the wind. The Lautaret montain pass is one Europe’s best spots for snowkiting. Faites un match de hockey les skis de fond au pied, gamelles et rigolades garanties ! Prêt gratuit du matériel hockey. Venez avec vos skis ou louezles dans les magasins de sport. Tous les week-ends hors vacances scolaires et toutes les matinées durant les vacances scolaires à l’espace nordique à Arsine. Le 14 et le 21 février, balade au clair de lune offert par l’espace nordique. Le 26 mars, la fête nordique du printemps. The Nordic Area It’s snowing, but what does it matter. In the forest, all is calm and velvety. The skis slide softly on silky snow, a few flakes float in the air, the hare made his tracks just next to ours. On the steep slopes just behind, some chamois are looking for the last straws, memories of a summer long gone. The river bouncing gaily between rocks and ice sculptures, keeps us company for a while, before we enter the quiet hamlet of Arsine. At the Nordic Area of Arsine you have the choice between several disciplines: cross-country skiing, snowshoeing, walking, sledging and ice-skating. The cross-country trails are open from December 17th to March 26th. For a fun moment with your family or friends, try ski hockey. Play a game of hockey with cross-country skis on your feet, you’ll be falling over and not only from laughing. Come with your skis, the rest is provided. Every morning during the French school holidays, every weekend during the rest of the season. Moonlight walk offered by the Nordic Area on the 14th and 21st of February. Nordic Spring Festival on the 26th of March. Nouveauté new La terrasse détente à côte de la cabane d’accueil, avec chaises longues en bois à disposition. Profitez d’un bain de soleil pendant que les enfants font de la luge. Quand Barbara est là, vous pouvez également observer la faune sauvage sur les pentes d’en face avec une longue-vue. A terrace with deck chairs next to the Nordic hut, where you can enjoy the sun while the kids are sledging. Whenever Barbara is present, you can also observe the wildlife through a telescope. Villar d’Arène piste ou freeride, taille enfant Dans la toute petite station de Villar d’Arène les petits bouts peuvent faire leurs virages en toute tranquillité sur la piste, ou leurs premières traces dans la fraîche dans les bosquets à côté. Chacun son parcours et on se retrouve en bas, de toute façon on pourra difficilement se perdre. Là où la vallée se resserre, où la forêt se dresse presque aussi raide que les falaises d’en face, là où l’hiver est ombrageux, là se trouve le royaume des glaces. Les torrents figés forment des tours et tourelles aux ornements extravagants. A première vue, le passage vers les hauteurs nous est fermé, mais piolets à la main, crampons aux pieds, coup par coup on gravit ces merveilles de la nature. Quand la glace fait défaut, on s’essaie au drytooling. La vallée de la Haute Romanche, de La Grave au Lac de Chambon, offre une multitude de cascades de glace pour tous les goûts et toutes les aptitudes. Informations au Bureau des Guides www.guidelagrave.com tél. 04 76 79 90 21. Du 17 décembre 2016 au 4 mars 2017. En période de vacances scolaires, le domaine skiable de Villar d’Arène est ouvert tous les jours. En dehors des vacances, ouverture le weekend. Tarif forfait journée : 10 € adulte et enfant (en vente à Juge Sports). Villar d’Arène: childsized piste or freeride The Fréaux, no country for cold feet In the tiny ski resort of Villar d’Arène, the little ones can make their first turns on the piste, or their first fresh tracks in the groves of trees to either side. To each his line, and we’ll meet at the bottom, it’ll be hard to get lost. From December 17th to March 4th, every day during the French school holidays, on the weekends during the rest of the period. Day pass: 10€ (sold at Juge Sports). Sur les traces de la faune sauvage avec un garde du Parc National Aux Fréaux pas de frileux Fanny, garde du Parc National des Ecrins, montre deux empreintes en gypse – une patte de renard et un sabot de chamois – à vous de jouer maintenant. Toute la petite troupe se lance à la recherche d’empreintes d’animaux sauvages dans la neige. Madame, j’en ai trouvé une. – Moi, aussi, des gros, ça doit être des traces d’ours. – Arrête, tu marches sur ma trace ! Alors, est-ce que c’est un renard ou un chien, comment on peut savoir ? Il allait dans quelle direction le lièvre ? Quand on a fait le tour des empreintes et qu’il ne reste plus que les grosses empreintes du yeti en raquettes, Fanny installe les longues-vues pour observer de près les chamois qui descendent assez bas l’hiver pour trouver quelques brins d’herbe sèche et ensuite s’abriter du vent entre les arbres. Where the valley narrows and the forest rises as steeply as the cliffs facing it, where winter means shadow, there is the kingdom of ice. The frozen mountain streams form extravagantly ornate turrets and towers. At first glance the way seems shut, but with ice axes and crampons at hand we work our way up these wonders of nature. When ice is scarce, we go for dry-tooling instead. The upper Romanche valley, from La Grave to the Lac de Chambon, offers numerous ice-climbing routes for all tastes and skill levels. Information at the Mountain Guides Office www.guidelagrave.com 04 76 79 90 21 Tous les vendredis pendant les vacances de février les gardes du Parc National des Ecrins vous proposent de partir avec eux à la recherche des traces d’animaux sauvages. Follow the tracks of wild animals with a National Park Ranger J. SELBERG Fanny, National Park Ranger, shows two plaster imprints – a fox’s paw and a chamois’ hoof – now it’s your turn. The whole troop runs off to look for animal tracks in the snow. – I found one Madam. – Me, too. Big ones. I think it must be a bear. – Hey, you’re stepping on my track. – So, how can we know if it’s a dog or a fox? In which direction was the hare heading? Once we have checked out all the tracks apart from the yeti-sized snowshoe tracks, Fanny installs the telescope to take a closer look at the Chamois who head towards lower altitudes in winter in order to find dry grass and shelter among the trees. Look for tracks with the National Park Rangers every Friday morning during the French school holidays in February. M DANILO Pour en savoir plus sur les activités, référez-vous au Guide des Activités. Find out more about the activities in our Activity Guide. 5 Les pros de la montagne pour les nuls Extraits de l’édition hiver Mountain professionals for dummies – extract from the winter edition Moniteur de ski Tout de rouge vêtu (enfin, ceux de l’ESF), le moniteur va vous accompagner dans vos apprentissages du ski ou du snowboard. Il sera là pour vos premiers virages sur la verte comme pour vos premières gamelles dans la fraîche où il (ou elle) tentera de vous apprendre à devenir, vous, le maître de vos skis même quand l’inverse semble inévitable. Tant que vous n’avez pas besoin d’une corde, un baudrier ou un piolet pour arriver à bon port, il peut vous y emmener, ce qui exclut bien entendu tout endroit de glace éternelle non sécurisé. Ski instructor All radiant in red (well, at least the ones from the ESF), the ski instructor will assist you in your efforts to master the art of skiing or snowboarding. He will witness your first turns on the green hills and your first nose dives in the powder. He (or she) will then tirelessly attempt to teach you how to dictate the actions of your skis when the opposite seems inevitable. As long as you don’t need a rope to get home safely, he can take you. That of course excludes all non-secured permanently glaciated areas. Guide de haute montagne En haut de l’échelon des métiers de la montagne, ses prérogatives sont presque illimitées. Pour aller plus haut, il faudra s’adresser à Dieu, ou au moniteur de parapente. Vous voulez vivre l’aventure de la glisse sur les itinéraires jadis secrets ? Faire des grandes courbes sur le vaste blanc du glacier et continuer en beauté par un couloir en dessous d’un rappel, pour à la fin remonter, comblé, au téléphérique votre baudrier fièrement sur les hanches ? Là, le guide est votre homme (ou très occasionnellement votre femme). Le lendemain, il pourra vous initier à la cascade de glace. La face nord de la Meije en hivernal, on la garde pour l’année prochaine. Mountain guide Being at the top of the ladder of the Mountain professions, his prerogatives are very near unlimited. To go any higher, you would have to get in touch with God, or the paragliding instructor. You want to experience the adventure of skiing formerly secret lines? Make big turns on the vast white glacier, continue through a magnificent couloir and walk back to the lift pleased as punch with the harness proudly on your hips? Then the mountain guide is your man (or very occasionally woman). The next day he can take you ice climbing. Let’s leave the north face of La Meije for next winter. 6 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017 Accompagnateur en moyenne montagne « Madame, c’est quoi la moyenne montagne ? Une montagne où il n’y a pas besoin de grimper avec une corde, mon petit. » Eh non, pas de limite d’altitude mais de moyens. Comme son cousin le moniteur de ski, l’accompagnateur doit se passer de tout ustensile lié à l’alpinisme. Enfin, il a droit à une corde mais que s’il n’avait pas prévu de l’utiliser. L’hiver, l’accompagnateur vous initiera à l’art de marcher avec des pieds élargis par un support plastique agrémenté de crampons pour les passages de neige dure (la raquette), de la forêt enneigée aux moyens sommets. Le tout sera relevé par ses connaissances naturalistes et patrimoniales. Discipline associée, pour ceux qui préfèrent leur taille de pied habituel : la marche nordique. Mountain Leader No limit of altitude, but of means. Like his cousin the ski instructor, the mountain leader must do without the props of mountaineering. Actually, he can take a rope, but only if he is not planning to use it. In winter, the mountain leader will introduce you to the art of walking with your feet enlarged by a plastic frame mounted with crampons to help you through passages of hard snow (snowshoes), from snow laden woodlands to medium sized peaks. The experience will be heightened by his knowledge of nature and cultural heritage. Related activity, for those who prefer the regular size of their feet: Nordic walking. IAIN MACMILLAN Adrien BERTHET Directeur de l’ESF La Grave – La Meije Tu as grandi ici. Tu as commencé le ski à quel âge ? A 3 ans. J’ai skié surtout au Chazelet et un peu au Lautaret pour prolonger la saison. Et puis au téléphérique à partir de 7-8 ans. Tes meilleurs souvenirs d’enfance au pays de la Meije ? Les sorties ski avec le Club de Sports, que ce soit au Chazelet, dans les Vallons, ou en course, avec une super ambiance entre copains. On a été privilégiés de grandir ici. En gros les sports que je pratiquais étant jeune sont maintenant devenus mes métiers (moniteur vtt, accompagnateur en montagne et moniteur de ski). Qu’est-ce qui a changé ici depuis ton enfance ? On a grandi avec la station du Chazelet, alors c’est sûr qu’on a vu quelques améliorations. Par exemple je me souviens du vieux « baby » et des autres téléskis qui tournaient au gasoil, ainsi que l’ancien télésiège deux places, toutes les installations ont été changées. Et puis la station du Col du Lautaret a fermé... Qu’est-ce que tu aimes dans le métier de moniteur de ski ? Le contact avec les clients et le contraste. Les journées ne sont jamais identiques. Tu peux passer d’un skieur expert à un petit qui débute au jardin d’enfant. Un jour, en leçon, j’avais un enfant de trois ans pour ses premiers pas sur les skis, et l’heure d’après son grand-père de 67 ans qui débutait lui aussi, son but étant de pouvoir glisser avec son petit-fils. Et puis on touche à tout, ski, snowboard, télémark, entrainement à la compétition, hors-piste, ski de randonnée etc. Et il ne faut pas oublier qu’on travaille dans un cadre exceptionnel ! Les points forts des stations villages? Ce sont des stations à taille humaine, rien de comparable avec les grandes stations alentours. L’ambiance y est chaleureuse et décontractée. Le prix est très abordable et le rapport qualité prix est indiscutable. A une altitude moyenne de 2000m nous avons un enneigement qui permet de faire du ski dans de bonnes conditions tout au long de la saison... Et puis, il y en a pour tous les niveaux : des pistes vertes aux hors-pistes du plateau d’Emparis. Un bon skieur peut-il se faire plaisir au Chazelet ? Absolument, la preuve c’est qu’à chaque fois que le téléphérique est fermé pour risque d’avalanche ou vent fort, les connaisseurs montent profiter de la poudreuse au Chazelet qui offre des hors-pistes de qualité. Les points forts des Vallons de la Meije ? C’est un domaine unique entièrement hors-piste, un des plus gros dénivelés d’Europe. Le temps de montée est un moment de partage, dans les cabines tu rencontres des gens qui viennent du monde entier, attirés par la réputation exceptionnelle de la Grave. Arrivés au sommet, les pratiquants choisiront leurs itinéraires et se disperseront sur le vaste domaine. C’est un espace de liberté. Puis il y a évidemment la beauté du site, et la multitude de possibilités qu’il offre. Quels sont les projets de l’ESF - La Grave La Meije ? S’implanter à La Grave pour une meilleure visibilité, puisque le Chazelet est un lieu un peu plus isolé. On a déjà construit notre petit point de vente l’année dernière, et cet hiver il y aura une permanence en début de matinée et en fin de journée. Nous sommes en train d’améliorer notre site internet : il va être possible de réserver les cours de ski en ligne. On a amélioré nos locaux et le jardin d’enfants. Nous essayons toujours de faire évoluer nos prestations. On est une bonne équipe de passionnés du ski, pluriactifs et contents de nous retrouver l’hiver pour travailler ensemble. N’hésitez pas à venir nous voir, soit à la station du Chazelet, soit à notre nouvelle cabane à La Grave. Vous pensez refaire la Cantonale cet hiver? Oui, cette course on a pu la faire quand on était gamins, alors l’hiver dernier on s’est dit : Allez, on la remet au goût du jour et ça a été une franche réussite de réunir les gens du canton pour une fête de fin de saison. Tu verrais comment l’avenir de La Grave et du Chazelet ? Je pense que ces deux sites doivent évoluer ensemble, tout en restant des entités différentes. On doit profiter de notre image Haute Montagne, peut-être réaménager certains itinéraires pour plus de confort, sans pour autant perdre notre identité en faisant trop de changements. Dans 20 ans tu seras encore à La Grave ? AGENCE ZOOM J’espère bien ! Vivre à La Grave, c’est un privilège que j’apprécie chaque jour car mes qualifications professionnelles me permettent d’exercer été comme hiver. www.esf-la-meije.com. C. DABOURDY Adrien Berthet, director of the La Grave-La Meije ski school Adrien grew up here and started skiing at the age of three. By the time he turned seven, he was ready to check out the Vallons de la Meije. He feels lucky to have grown up in La Grave and he hopes to stay on in the future because living here is a privilege he enjoys every day. What he likes about his job as a ski instructor is the contact with the clients and the constant variation. No two days are identical. One day he started off teaching a three year old beginner and the next lesson he taught the boy’s 65 year old grandad who had never skied, but wanted to learn with his grandchild. He also likes the fact that they do a little bit of everything, alpine skiing, snowboarding, telemarking, competition training, touring and off-piste skiing, all of it in a fantastic setting. The strong points of the Village Ski Resorts? They are friendlier sized ski areas than some of the giants nearby. The atmosphere is welcoming and relaxed, and the lift ticket is very reasonably priced. At an altitude of about 2000 m, we also enjoy good snow conditions throughout the season. Plus that there is something for everyone, from green slopes to good off-piste terrain at the Emparis plateau. Can good skiers have fun in Chazelet? Absolutely, the proof is those who know the area come to ski powder in Chazelet whenever the cable car is closed because of avalanche risk or strong winds. The strong points of the Vallons de la Meije? It’s a unique all off-piste ski area, with one of Europe’s biggest verticals. In the lift you get to meet and talk to people who have come from all over the world because of La Grave’s exceptional reputation. Once you arrive at the top, skiers spread out all over the vast domain. It is a place of freedom which offers a great variety of possibilities in stunning surroundings. How do you see the future of La Grave and Chazelet? I think the two ski areas must evolve together, while remaining separate. We have to take advantage of our “high mountain” image, maybe improve the comfort of some itineraries without making too many changes and loose our identity. The projects of ski school? At the ski school we are a group of passionate skiers, we all have other jobs in the summer and we are always happy to get back to work together for the winter season. We constantly work on improving our offer. For instance we have upgraded our premises and the kids’ learning area. Don’t hesitate to come and see us by the pistes in Chazelet at any time or in our hut in La Grave in the early morning and late afternoon. From this winter you can also book your ski lesson online on our website www.esf-la-meije.com. 7 AN GR m 5 A 6 L 7 3 D E RR2m A B 10 4 ES EC RI N D E RU IN E E D T IG O 73 m D 9 3 S me ret ac ie r du Ta bu r d e l 'H om Bec de l'Homme 3454 m cie Pointe Nérot 3538 m Gl Gla a u x e g n A d e s P la te Glacier du Lau ta PIC D'ARSINE 3272 m Refuge & Lac du Pavé 2841 m la r ie Gl ac Glacie acier d e Gl la B oir N r l e e Refuge de l'Aigle 3450m les et PIC DE NEIGE CORDIER 3614 m Pointe Sézanne 3365 m G i ac u rd Cl d ot va M LA 9 3 ch rée Mu be om T de ier ac Gl n c PIC GASPARD 3881 m a sC U cier de la Meij Refuge Adèle Planchard 3169 m Gla Roche Faurio 3720 m Pointe des Aigles 3336 m Le Pavé 376 2m Roche Méane 3728 m IE e PIC NORD DES CAVALES 3362 m D 3000 m PIC DU DRAGON 3229 m MONTAGNE DES AGNEAUX 3664 m Gl ie ac rd 'Ar sin CHAL V Sources de la Romanche 2143 m e Pont de Valfourche 2500 m Lac d'Arsine 2455 m Col d'Arsine 2340m Refuge de Chamoissière Lac de l'Etoile Lac de Combeynot 2555 m R A rd Espace Raquettes balisé Snowshoeing area Piste de ski Ski slope Point de vue View point Zone freeride Freeride area 2500 m Cascade de glace Ice climbing Piste de fond Cross country ski track Patinoire naturelle Natural outdoor ice rink Espace nordique Nordic area Piste de luge Sledge slope Itinéraires raquettes Snowshoeing itineraries Refuges Mountain huts Espace Raquettes 'montagne' / Mountain snowshoeing area Limite du Parc des Écrins National Park boundaries 8 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017 169 LES COUR 1799 m LE PIED DU COL 1670m mb Co T Pyramide du Laurichard 2772 m ed eL au ri cha Remontées mécaniques Ski lifts VILLA VIA FERRATA D'ARSINE PIC EST DE COMBEYNOT 3145 m P 3000 m 2000 m S O YN BE COM E DE N PIC OUEST DE COMBEYNOT 3155 m a nc h e RÉSERVE NATURELL T IO AL D ES R ÉC C N A PIC DU LAC DE COMBEYNOT 3088 m La Ro m IN Bois de la Chal d'Outre Refuge de l'Alpe de Villar d'Arêne 2077 m C rê Jardin Botanique Alpin D9 Col du Lautaret 2057 m 2500 te d e Cha m Va 02 oc de R llon oi he N PIC BLANC DU GALIBIER 2955 m 1 N9 Vers BRIANÇON C rê t e d e C ô t e P l a i n e illol vers le Col du Galibier re JE EI M m 2 8 9 E H ÊC m BR 357 3 D E LA M JE AU TE RÂ9 m LE 80 3 EI 3000 E AV E D E M m Ô 68 D 5 3 LA LA U ZE Glacier de Mantel se Glacier du Mont de Lans ro ier de la Gi LES DEUX ALPES Col des Ruillans 3211m m BRÊCHE PACAVE 2836 m Meije u Plaine de BOURG D'OISANS ue d es G Gla Lac Noir 2150 m Lac Lérié 2380 m 2500 m ériq Téléph MIZOËN Refuge Evariste Chancel 2506 m Lac de Puy Vachier 2382 m CLAVANS BESSE Plateau d'Emparis GARE INTERMEDIAIRE 2400m Col du Souchet 2300 m 0m 200 Bois des Fréaux m Co LE PUY VACHIER be M de al av al côte Rouge La es r ti gn a re se 0m 300 la r cie Lo mb a rd C rê SAUSSAZ C rê t e du Puy Golèfre uff Ma LA ES DE UILL AIG61 m 33 R sB de La Pare 2971 m PIC DES TROIS EVÊCHÉS 3116 m nde Co be G as PICS DE LA BUFFE D'EN HAUT 2878 m Col de Martignare 2763 m AIGUILLE DU GOLÉON 3427 m eC Gra rr a re m HAMEAU DE VALFROIDE 1874 m d he es To la Petite Buffe 2683 m ffe LES ORLIERS 1959m HAMEAUX DES RIVETS 1916m LE SIGNAL DE LA GRAVE 2240 m oc ff e i gn 1770 m Bu M ar LES HIERES la Gâ To r rent d u 1804 m VENTELON 1753 m de Cime de la Recoude 2882m te d n Va l l o BARAQUE DE LA BUFFE 2010 m C rê PLAQUEJOUE LE CHAZELET AR D'ARENE Lac du Pontet 1982 m LE CLOT RAFFIN en t de L'Aiguillon 2095 m CHALETS LA BUFFE Cascade de la Pucelle LES CLOTS 1916 m LE PUY GOLEFRE LES COMBETTES 1993m LES FREAUX 1370 m TERRASSES 1765 m 1475 m CHALETS DE LA GRANDE BUFFE LES VOUZILLAS Crête de la Petite Buffe LA GRAVE RS VIA FERRATA DU GRAND CLOS Crête de la Bu om LaR 90 m PIC DU MAS DE LA GRAVE 3020 m m 1500 he anc Col des Trente Combes 2505 m Cime du Rachas 2613 m t VACHERE 1844 m AURIS EN OISANS Lac de Chambon 1044 m lacie cier rs de la du Rât ea Glac LA E D C 7m I P 66 3 GR 250 0m Lac du Goléon 2440 m tole t AI G 35 Cabane Carraud 2480 m IL m LE S D 'A R V S 3000 m U 14 E Pointe des Lauzettes 3053 m Refuge du Goléon 2506 m u Jé Col Lombard 3092m POINTE SALVADOR 3202 m 3000 m te d AIGUILLE D'ARGENTIÈRE 3237 m 2500 m 9 De l’Age d’Or au Paradis Perdu ? From Golden Age to Paradise Lost? La naissance du téléphérique Il y a 40 ans La Grave était juste un tout petit village rural au pied d’une belle montagne qui jouissait d’une certaine renommée parmi les alpinistes. Comme c’était le cas dans tant d’autres villages des Alpes, les habitants partaient chercher du travail ailleurs car l’agriculture montagnarde n’apportait guère de quoi vivre. Dans les années 1930, quelqu’un avait eu l’idée folle de construire un téléphérique pour atteindre le sommet de la Meije à 3983 m. Heureusement, ce projet ne fut jamais réalisé. Au début des années 70, au moment de la création du Parc National des Ecrins, la commune de La Grave opta pour un projet un peu plus réaliste : un téléphérique qui reliait La Grave au col des Ruillans à 3211 m. Le maire de La Grave voulait créer de l’emploi pour les jeunes et donner un nouvel élan à son village. La construction fut financée par le Syndicat intercommunal du Briançonnais, créé pour l’occasion, avec quelques subventions de l’état. La gestion fut confiée à l’office de tourisme de Briançon. Le téléphérique fut initialement conçu pour le tourisme estival. Il devait permettre aux alpinistes et aux piétons de se rapprocher des sommets et des glaciers. Cependant, le ski apporta assez vite un nouveau débouché, notamment le ski de printemps et d’été. On estimait le début de l’hiver trop froid sur les faces nord de la Meije. Le 14 juillet 1976 le premier tronçon du téléphérique accueille les piétons. A partir de février 1978 les skieurs peuvent sauter dans les bennes du deuxième tronçon et monter à 3200m en 45 minutes douillettes. Mais, malgré le panorama exceptionnel et le terrain de haute montagne qui deviennent alors facilement accessibles, La Grave reste très peu connue. Il y a un peu de monde l’été, alors que l’hiver la clientèle se limite à quelques rares initiés pour la plupart venus des alentours. Les bennes se remplissent peut-être durant quelques weekends de beau temps, mais les skieurs repartent tous chez eux le dimanche soir. Pas de quoi faire vivre un village ! L’enfance du téléphérique s’avère un peu difficile. Quelques mois après l’ouverture un attentat détruit en grande partie la machinerie de la gare de départ. Ensuite, le déficit grandit d’année en année. A tel point que l’été 1986, les remontées sont tout simplement fermées à cause d’une dégradation trop importante des câbles. Il n’y a pas d’argent pour les travaux et il faut donc un repreneur. 10 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017 L’ingénieur qui l’avait conçu, Denis Creissels, reprend l’affaire et le téléphérique ouvre ses portes de nouveau le 4 juillet 1987. En février 1988, c’est reparti pour les spatules avec les slogans Ski Fantastique et Poudreuse de rêve. Les premières années après la réouverture, ce n’est guère nécessaire de se lever à l’aube pour faire ses traces dans la neige vierge. On a de fortes chances de pouvoir admirer la beauté de ses propres virages à la descente suivante. Même sept ans après la réouverture, un skieur qui passe la saison d’hiver à La Grave déclare : « J’essaie de respecter les gens et de ne pas mettre des traces sur les leurs ». Une telle courtoisie paraît difficilement réalisable en 2017. Toutefois, les choses commencent à bouger, les rumeurs sur ce domaine de ski sauvage et unique en son genre, se répandent tout doucement. Birth of the Gondola lift 40 years ago La Grave was just a tiny rural village at the foot of a beautiful mountain that was fairly well known among mountaineers. As was the case in a lot of remote alpine villages, many locals left to look for work elsewhere, since mountain farming was hardly the easiest way to make a living. In the thirties somebody had put a crazy idea out there: build a lift to the summit of La Meije at 3983m. Luckily, that particular project never saw the light of day. But in the early seventies, when the National park was created, La Grave went for a slightly more realistic aim: a gondola from La Grave to the Col de Ruillans at 3211m. The mayor of La Grave wanted to create work for the younger generation and give his village a new impetus. The building of the lift was financed by the Association of Communes of the Briançon Area, which was created for the occasion, helped by some governmental subsidies. The running of the lift was entrusted to the tourist office of Briançon. The lift was originally built to cater for summer tourism. It would take alpinists and pedestrians closer to the summits and the glaciers. But quite soon skiing turned out to be an interesting new market, mainly spring and summer skiing, since the early winter was considered too cold on the north faces of La Meije. On the 14th of July 1976 the first section of the lift was ready to welcome pedestrians. From February 1978 skiers could jump in the second lift and go up to 3200m in 45 carefree minutes. But despite the stunning views and high mountain terrain thus made easily accessible, La Grave remained pretty much unknown. The lift had a decent number of visitors in the summer, but in winter they were scarce and mainly came from the surrounding areas. The lift might fill up on a couple of sunny weekends, but the skiers all left for home on Sunday night. Not much too keep a village alive on! The Téléphérique’s toddler years proved a little difficult. A few months after the opening, a bomb attack destroyed part of the machinery. After that the deficit grew bigger every year until the lift was forced to close in the summer of 1986 because the cables had deteriorated too much. There was no money for renovation, so the local authorities had to look for someone to take over. The engineer who designed the lift, Denis Creissels, signed a thirty year lease and the lift started running again in July 1987. In February 1988, offpiste skiers were back in business. The first years after the re-opening there was no need to get up at dawn for fresh tracks. You had a good chance of being able to admire the beauty of your own turns on your next run down the mountain. Even seven years after the reopening, a skier who spent the seasons here said that he “tried to respect other people and not put his tracks on top of theirs”. It would certainly be a little difficult to show such courtesy in 2017. But rumours about this unique and untamed ski area were slowly starting to spread. IAIN MACMILLAN Zoom sur Pelle Lang De professionnel du ski de bosses à skibum, puis guide de haute montagne OT LA MEIJE Pelle avait déjà fait le tour du monde à la recherche des grands dénivelés. Il avait testé le Caucase, l’Elbrus et Verbier où il rencontra les skibums pour la première fois. Se laissant inspirer, il s’est aménagé un camping-car et en 1981, il est parti à Chamonix. Mais assez rapidement il trouve qu’il y a trop de monde. Le ski était en train de devenir une industrie à Chamonix. Au milieu des années 80, le skieur extrême Patrick Vallençant organisait des « weekends ski pentu » à La Grave et là, Pelle a trouvé ce dont il rêvait : une belle montagne sauvage qui lui rappelait les grands espaces déserts de son enfance. D’autres weekends ont suivi et quand Pelle a eu vent de la réouverture du téléphérique en 1988, il n’a pas hésité longtemps avant de revenir. L’idée de s’installer à La Grave commençait à mûrir. En avril, il a visité un chalet à Ventelon avec son ami et futur associé : Les Harlow. Un diner bien arrosé de vin rouge plus tard, la décision était prise. Ils ont acheté La Chaumine, et aussitôt ils ont préparé le premier catalogue du Skiers Lodge avec le slogan «Unparalleled skiing». Ils en ont envoyé 300 exemplaires avec les adresses écrites à la main. Pour faire parler de La Grave, Pelle et Les ont invité quelques-uns des meilleurs skieurs de Chamonix en leur offrant l’hébergement, les repas et le rouge. Ceux qui restaient aux Grands Montets se demandaient où les autres étaient passés. Et voilà le bouche à oreille lancé. En 1989, les premiers clients rémunérateurs sont arrivés de Suède. A l’époque, les gens arrivaient en bus, l’avion coûtait bien trop cher. Ils débarquaient à l’aube, alors que les clients de la semaine précédente dormaient encore. Ils se changeaient dans le salon avant de partir tout de suite faire du ski, un sandwich dans la poche parce qu’il n’y avait pas de restaurant d’altitude. Pelle se rappelle que « souvent, ils nous appelaient du téléphérique le matin avant de décider s’ils ouvraient ou pas pour savoir si on avait du monde. Du coup on avait les 2150 mètres de dénivelé pratiquement pour nous tout seuls ». Pelle et Les ont écrit eux-mêmes le premier article publié dans le magazine britannique Fall-Line sous le pseudonyme Gary Gibson. Ils ont fait des accords avec la marque de vêtements de ski suédoise Mover qui a sorti un catalogue avec des photos et des textes parlant de La Grave. Ils ont fait venir les Free Radicals, un groupe connu de skieurs freestyle suédois qui par la suite a inclus des clips de La Grave dans tous ses films. Une fois la machine mise en route, les journalistes sont venus de leur propre initiative. Depuis, Les est parti vers d’autres horizons, La Chaumine a été vendue et Pelle a installé son Skiers Lodge à La Grave, dans l’Hôtel des Alpes. Là, il continue à accueillir les skieurs des quatre coins du monde pour des semaines freeride. Pelle s’interroge : « Où ailleurs trouve-t-on autant de descentes somptueuses avec une seule remontée, autant de terrain de haute montagne sans pistes damées et tout ce qui suit dans les usines à ski ? » www.skierslodge.com Zooming in on Pelle Lang From mogul competiton skier to skibum to mountain guide Pelle had already been around the world looking for big vertical. He had tried the Caucasus, the Elbrus and Verbier, where he met skibums for the first time. Inspired by them, he built himself a camper-van and left for Chamonix in 1981. But it wasn’t long before he thought it too busy there. Skiing was becoming an industry in Chamonix. In the mid-eighties the extreme skier Patrick Vallençant organized steep skiing weekends in La Grave, and there Pelle felt that he was back in the big open empty spaces of his childhood. More weekend trips followed and when Pelle heard that the lift was opening again in 1988, he didn’t hesitate long before heading back. The idea of moving to La Grave had taken root. In April he visited a chalet in Ventelon with his friend and future associate, Les Harlow. A nice dinner with plenty of red wine later, the decision was made. They bought La Chaumine and during the spring they wrote the first Skiers Lodge catalogue with the slogan “Unparalleled skiing”. They sent 300 copies by post with handwritten addresses. To get people talking about La Grave, they invited some of the best skiers from Chamonix, gave them free rooms, meals and a good supply of red wine. Those who remained at the Grands Montets wondered where the others had gone off to, and soon the word was out. In 1989 the first paying clients showed up from Sweden. Back then people came by bus, flying was way too expensive. They came at dawn, while the clients from the week before were still asleep. They got changed in the living room before going off to their first day of skiing, with a sandwich in their pocket because there were no restaurants on the mountain. Pelle and Les wrote the first article themselves, it was published in the British magazine Fall-Line under the pen name Gary Gibson. They got a deal with the Swedish clothes brand Mover who made several catalogues with photos and texts from La Grave. They also invited the Free Radicals, a wellknown Swedish group of freestyle skiers who included clips from La Grave in all their ski movies from then on. Soon the ball was rolling and journalists started showing up on their own initiative. Since then Les has moved on, La Chaumine has been sold and Pelle has established his Skiers Lodge in the Hôtel des Alpes in La Grave. There, he still welcomes skiers from all over the world for freeride weeks. Pelle wonders: “Where else do you get so many spectacular runs with just one lift, so much high altitude terrain with no grooming and all the other aspects of the modern skiing industry?” www.skierslodge.com La Grave se fait une renommée internationale En 1988, quelques mordus du ski libre prennent leur bière habituelle dans le café préféré des skibums (« les clochards du ski ») à Argentière, près de Chamonix. La station des Grands Montets commence à être trop fréquentée pour ces amateurs de neige vierge. L’un d’eux a entendu parler d’un autre endroit avec beaucoup de dénivelé, des pentes raides et une jolie forêt où il n’y pas un chat. Ils décident d’aller voir et l’hiver suivant ils quittent la vallée de Chamonix pour de bon. Parmi eux se trouvaient les Crud Brothers (crud : neige fondu et à moitié regelé – un vrai régal à skier). Non sans un certain regret, ils se souviennent qu’« il n’y avait personne. Tu pouvais faire ta deuxième trace à côté de ta première. On skiait le couloir de Banane plusieurs jours après les chutes, une fois la neige stabilisée ». Malgré cette pointe de tristesse pour cet âge d’or de la solitude, ces deux américains passent encore l’hiver à La Grave, 28 ans plus tard. C’est seulement au printemps qu’ils retrouvent les sommets enneigées de l’Alaska et ses rivières sauvages. La même année, le suédois Pelle Lang a décidé de troquer Chamonix pour La Grave, ce petit village où il avait enfin retrouvé la montagne non apprivoisée. Ensuite, il a fait de son mieux pour faire connaître le village bien au-delà des frontières françaises, en premier lieu dans son pays natal. > La Grave goes international In 1988 a few off-piste enthusiasts are enjoying their usual after ski beer in the favourite skibum hangout in Argentière, close to Chamonix. The Grands Montets is getting too crowded for theses lovers of fresh tracks. One of them has heard talk of a place with a lot of vertical, lots of steep skiing, good forest and nobody around. They decide to check it out, and end up never looking back. Amongst them where the Crud Brothers. Not without a certain regret, they remember that « there was nobody here. You could make your track next to your own. The Banane couloir would only be skied a few days after the storm, once the snow had stabilized”. Despite the touch of sadness about the passing of this golden age of solitude, these two Americans still spend the winter season here, 28 years hence. Only in spring do they head back to the snowy peaks and wild rivers of Alaska. The same year Swedish Pelle Lang decides to trade Chamonix for La Grave, the little village where he has finally found the untamed mountains he was longing for. Then he does his best to make this village that isn’t really a ski resort known well beyond the French frontiers, beginning with his native Sweden.> 11 > Lorsque le premier article sur La Grave parut en Suède en 1986, pratiquement personne n’en avait entendu parler. Dix ans plus tard c’était déjà un nom assez connu dans le milieu du ski suédois. Vers le milieu des années 90 une centaine de suédois venaient ici en hiver. D’autres nationalités ne tardèrent pas à suivre. Une poignée de skibums américains avait déjà découvert La Grave par le biais du bouche à oreille, souvent après un passage intermédiaire à Chamonix. Quelques années plus tard, des guides américains commencèrent à faire venir des groupes. Quand le skieur extrême américain Doug Coombs quitta Jackson Hole, parce que là-bas on n’avait pas le droit de skier les couloirs, il choisit La Grave pour ses Steep Skiing Camps. Il n’était pas le premier guide américain à s’installer à La Grave, mais certainement le plus connu. Petit à petit, le domaine devint connu parmi les américains qui y trouvèrent une liberté qui n’existait pas dans les stations de chez eux, puisque le ski hors-piste y était le plus souvent interdit. A cette époque, les guides de haute montagne français n’étaient qu’une poignée à travailler à La Grave l’hiver. Au fur et à mesure que le nombre de guides et de groupes, toutes nationalités confondues, augmentèrent, ainsi en allèrent les tensions. La cohabitation entre les skieurs qui passaient la saison ici et les groupes guidés n’était pas toujours simple. Dans un article de 1994, des snowboardeurs français se plaignaient que les étrangers connaissaient les 9/10éme des itinéraires et que les scandinaves détruisaient la neige avec leur style de ski peu engagé. > When the first article about La Grave was published in Sweden in 1986, practically no one had heard of the place. Ten years later it was already quite a well-known name amongst Swedish skiers. Towards the mid-nineties about a hundred Swedes came to La Grave in winter and other nationalities soon followed suit. A handful of American skibums had found their way to the village through word of mouth, often after a stopover in Chamonix. After a few years American guides start bringing in groups as well. When the American extreme skier Doug Coombs left Jackson Hole because he wasn’t allowed to ski couloirs, he chose La Grave as a base for his Steep Skiing Camps. He was not the first American guide to set up business in La Grave, but certainly the most famous one. The domain gradually became popular with Americans who found a freedom here that they didn’t have at home where off-piste skiing was mostly prohibited. At the time, only a handful of French mountain guides worked in La Grave during the winter season. As the number of guides and guided groups of any nationality increased, the tensions grew bigger as well. The cohabitation between backcountry skiers of various nationalities who spent the season here and the guide businesses wasn’t always easy. In a magazine article from 1994, some of the French snowboarders complained that the foreigners now knew 9 out of 10 itineraries, and that the Scandinavians in particular were ruining the snow with their timid style of skiing. 12 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017 skibums classe de ‘94 Skibums, class of ‘94 Les skibums de l’Age d’Or Dans les années 90, un groupe de skieurs et de surfeurs passionnés venus des quatre coins de l’Hexagone et de l’Europe, et même de l’autre bout du monde, s’installaient à La Grave chaque hiver. Ils cherchaient sans cesse de nouveaux itinéraires à skier. Ces habitants saisonniers de La Grave étaient facilement reconnaissables à leurs vêtements déchirés et réparés avec des épaisses couches de duct tape (scotch tissé très résistant et imperméable). Dépenser de l’argent pour le matériel n’était pas leur priorité. Skier l’était. Paulo, la légende, a donné son nom à un itinéraire rarement emprunté par le commun des mortels, ou alors seulement en cas de perte de corde. Il a découvert le couloir redoutable de Polichinelle en faisant du parapente. Il surfait avec des Sorels et quand ses jambes étaient, trop fatiguées à cause de son sac lourd chargé de ravitaillements pour le refuge de Chancel (les Sorels sont très souples et offrent bien peu de soutien pour les chevilles), il faisait simplement la traversée de Chancel en fakie avec son swallowtail (traduction pour les non-initiés : il mettait la queue d’hirondelle de son snowboard vers l’avant). Gunnar pour sa part, avait une sortie du Pan de Rideau bien à lui : la passe de Gunnar. Il vivait sans rien dépenser dans un local à poubelles sous La Chaumine. Les skibums n’étaient guère ravis de voir les itinéraires qui partent du glacier rendus publics. Mieux valait garder le secret alors. Pendant les années suivantes, les skieurs de La Grave vont détourner le regard quand on leur demandera leur destination du jour, ou pire encore, si quelqu’un voulait se joindre à eux. Le programme du lendemain sera toujours établi en chuchotant. Une règle tacite interdisait de montrer son baudrier, personne ne devait savoir qu’on s’apprêtait à faire une descente nécessitant un rappel. On entrait dans Orcières en passant par les rochers, histoire de cacher ses traces. Evidemment, cette communauté rechignait à dévoiler l’identité de ce petit paradis où tout le monde se connaissait par son nom. Skibums of the Golden Age In the early nineties, a group of passionate backcountry skiers and snowboarders from various corners of France, Europe and the world had started calling La Grave home during the winter season. They looked tirelessly for new lines to ski. These seasonal inhabitants of La Grave were easily recognisable by their torn clothes mended with thick layers of duct tape. Spending money on fancy gear was not their priority. Skiing was. The legend Paulo gave his name to a line that is rarely skied by common mortals, except in the case of rope loss. He discovered the fearsome couloir Polichinelle whilst paragliding. He snowboarded with his Sorels, and when his legs got tired from riding with a heavy backpack filled with supplies for the Chancel hut (Sorels are pretty soft and offer precious little ankle support), he would simply flip around and ride the Chancel traverse fakie (tail first) with his swallowtail board. Gunnar had his very own exit from the Pan de Rideau: Gunnar’s passage. He lived for free in the low ceilinged shed under La Chaumine, sharing accommodation with the garbage bags. The skibums rather resented the fact that the itineraries “back there” were made public. Best to keep your lines secret then. For years to come, skiers in La Grave would pointedly look the other way if asked where they were going, or heaven forbid, if someone asked to come along. Plans for next day’s gig would always be made in whispers. Unwritten rules of conduct forbade the showing off your harness, nobody were to know that you were heading for a line that required a rappel. When going into Orcières you hid your tracks by walking in over the rocks to ensure that nobody would follow. This community was obviously quite reticent about revealing the identity of this little paradise where everyone knew each other by name. Vallée X – le dernier domaine skiable non commercialisé d’Europe Ainsi, les premières années, La Grave reste un secret plutôt bien gardé. Les photographes vendent leurs photos sous « pseudonyme » pour ne pas attirer les foules: La Grave est appelé Val Terces (anagramme de secret) ou Valley X (P-tex, lies and duct tape, 1994). En 1989, le journaliste britannique Adam Ruck écrit un article où il déclare avoir décidé de parler de cet endroit dont il a gardé le secret jusqu’à maintenant plutôt le partager que le voir périr faute de fréquentation (La Grave – a serious situation). Kim et Joe, un couple américain, racontent qu’au début des années 90, ils ont skié à Val d’Isère, ce qui ne correspondait pas tout à fait à leurs attentes. - « Un gars de notre groupe nous a dit que La Grave serait l’endroit parfait pour nous ». - « Chouette, c’est où ? ». - « Je ne sais pas ». A l’automne, Kim et Joe ont retrouvé la trace de cet endroit mystérieux dans une annonce qui comptait deux lignes, et ils sont partis à La Grave pour la première fois à Noël 1993. Ils ont logé à La Chaumine avec les suédois. « Il y avait des tonnes de neige et le téléphérique ouvrait rien que pour notre groupe ». Depuis, ils sont revenus chaque année et maintenant qu’ils sont à la retraite, ils passent toute la saison d’hiver ici. Dans le courant des années 90, La Grave acquiert une renommée de plus en plus internationale, aidée par un flux régulier de journalistes et de photographes. Beaucoup des habitués ne sont pas particulièrement ravis de voir La Grave devenir le chouchou des magazines de ski. Dans un article du magazine SNOW en 1995, un snowboardeur s’inquiète : « Avec tout ce qui paraît dans les médias, cela va être l’horreur cet hiver. L’année passée il n’y avait personne sur le domaine, mais il ne faut pas que tu le dises dans ton journal. Il faut expliquer que c’est craignos […]. » La même année, Bertrand Boone, un photographe du coin, dit : « Si je fais passer mes photos, c’est que je sais que c’est fini ». Ayant connu les années où on était tout seul dans les Vallons de la Meije, il avait un peu le blues. Sa plus grande hantise : que La Grave devienne comme toutes les autres stations ! Mais La Grave n’est jamais devenue comme les autres. Valley X – Europe’s Last Uncommercalised Ski Area So the first years La Grave remained a fairly well kept secret. Photographers sold their photos under false names, La Grave was called Val Terces (anagram for Secret) or Valley X (P-tex, lies and duct tape, 1994) to avoid attracting the crowds. In 1989, British journalist Adam Ruck wrote an article where declared that he had decided to talk about this place that he had hitherto kept secret because he would rather share it than see it perish for lack of visitors (La Grave – a serious situation). Kim and Joe, an American couple, were skiing in Val d’Isère in the early nineties, but it wasn’t quite what they had hoped for. “A guy in our group told us La Grave would be the perfect place for us”. - “Swell”, said Kim, “where is it?” –“I don’ know”. In the autumn, Kim and Joe happened upon a mention of this mysterious place once more in a two-line ad in Powder Magazine. Christmas of ’93 was their first meeting with La Grave. They stayed at La Chaumine with the Swedes. “There were tons of snow and the lift opened just for us.” Since then they have been back every year, and now that they are retired they spend the whole winter season here. During the nineties, La Grave’s international reputation kept growing, helped on by a steady flow of journalists and photographers. Many of the regulars were less than happy about La Grave becoming a recurrent theme in the ski agazines. In an article from 1995 a snowboarder expresses his worry: “what with all that has been published about La Grave lately, it’s going to be awful this winter. Last year there was nobody here, but don’t write that in your article. You need to tell people that it’s dangerous […]”. The same year local photographer Bertrand Boone says “if I publish my photos now, it’s because I know that is over”. Having experienced the years when you had the Vallons de la Meije to yourself, he was feeling a little sad. His greatest fear: that La Grave should become like any other ski area. But La Grave never did. Le mythe est établi Depuis, La Grave s’est fait un vrai nom dans le monde du freeride. Un crochet par ici est désormais un incontournable pour chaque adepte du ski libre, qui se respecte. Même si « l’âge d’or » est passé, La Grave n’a pas tant changé. Les ventes de duct tape ont certainement bien baissé au fur et à mesure que le goût pour le joli matériel a pris le dessus. Il y a peut-être quelques bars et restaurants de plus qu’à l’époque, mais il n’y a toujours pas de pistes dans les vallons de la Meije et ils n’ont jamais construit de télésiège dans Chancel. Vous ferez peut-être la queue pour monter lors de quelques weekends ensoleillés du mois de mars, mais le domaine ne paraît jamais surchargé. Il reste tout aussi joli et sauvage. En buvant votre bière après-ski, vous risquez de croiser quelques-uns de ceux qui étaient déjà là au début de l’aventure. Quand on a essayé La Grave, c’est difficile de s’en passer. The stuff of freeride legend Since then La Grave has acquired an established place in the freeride worldview. A visit here is a must for any freerider who respects himself. The “golden age” is long gone, but La Grave hasn’t changed all that much. Duct tape sales have definitely gone down drastically as fancy gear came into fashion. There may be a couple of more restaurants and bars than back in the day, but there are still no groomed runs, nor did they ever build a chairlift in Chancel. You may occasionally have to queue up in the lift on a sunny day in March, but the mountain never feels crowded. The domain remains as wild and beautiful as ever. While enjoying your after ski beer, you might run into one of those who were here at the beginning of the adventure. Once you’ve tried La Grave, it’s hard to quit. La prochaine Délégation de Service Publique pour le téléphérique Le contrat de délégation de service public actuel arrive à échéance en juin 2017, trente ans après la réouverture du téléphérique. A la veille d’une autre reprise, La Grave se pose beaucoup des mêmes questions que pendant les années 80. Quel sera le nouveau visage du téléphérique et de son domaine hors-piste mythique ? Le cahier des charges de la délégation de service public a été édité, les projets déposés, et les négociations avec le repreneur choisi auront lieu cet hiver. La commune souhaite garder le caractère « sportif, naturel et sauvage » du domaine, en limitant fortement les aménagements non liés aux remontées. Elle ne voudrait pas de pistes supplémentaires, ni de neige de culture. Dans les dispositions de la DSP, il y a une obligation de remise à niveau de l’installation et des restaurants d’altitude ainsi que deux projets d’amélioration du service qui seront discutés lors de la négociation : • une gare intermédiaire de type P1 à 2000m permettant le retour du Vallon de Chancel en fin de saison. • un 3ème tronçon donnant accès au Dôme de la Lauze à 3600 m pour les piétons et les skieurs, été comme hiver, avec un local commercial au sommet et une ouverture prolongée (15 déc.- 30 sept.). Reste à voir quels seront les résultats des négociations. The next operating licence for the lift The current operating licence expires in June 2017, thirty years after the reopening of the lift. At the threshold of a new contractual agreement, many of the same questions that were asked in the eighties come up again. What will the new face of this legendary off-piste domain look like? The obligations of the future licence holder have been specified, the applications filed, and this winter will see the negotiations with the chosen candidate. The commune wants to preserve “the sporty, natural and wild” character of the domain, strongly limiting any changes not directly connected to the lifts. They do not wish there to be any supplementary groomed runs, nor any artificial snow. The contractor has the obligation to keep the mechanical installations up to standard and to improve the altitude restaurants. There are also two development projects that will be discussed during negotiations: • Another station like P1 at approximately 2000 m which will enable skiers to re-load and avoid the lower traverse via the Chancel at the end of the season. • A third section going up to the Dôme de la Lauze at 3600 m, giving both skiers and pedestrians access to the highest point in winter and summer, with a restaurant at the top and a longer season (Dec. 15th to Sept. 30th). We await the results of the negotiations. 13 Les Selfies de l’Office The Selfies of the Office Françoise, vendéenne de son état et gravarotte d’adoption (depuis ses vacances au ski dans les années 70), est le pilier de l’Office de tourisme depuis 30 ans. Experte des plantes sauvages comestibles et toute sorte de confections délicieuses à base de ses cueillettes du dimanche, et de son jardin. Aimerait que la mer se trouve au pied de nos montagnes. Françoise, of the west coast Vendée by birth right and of La Grave by adoption (ever since her ski vacations in the seventies), has been the pillar of the Tourist Office for 30 years. Expert on edible wild plants and all sorts of delicious concoctions based on her wild growing treasures and on her garden produce. Would like the sea to reach the foot of our mountains. Barbara, allemande dans ses origines lointaines, mais venue skier à La Grave au début des années ‘90 après des arrêts intermédiaires à Lyon et de l’autre côté du col. Webmaster et conseillère au domaine nordique, métier d’appoint : vétérinaire. Aimerait vivre dans un endroit plus reculé, entourée d’animaux et de nature sauvage. Barbara, her distant origins German, came to ski La Grave in the early nineties after lengthy stop overs in Lyon and on the far side of the Lautaret. Webmaster and hostess of the Nordic Area, spare-time job: veterinarian. Would like to live in a more remote place, surrounded by animals and wilderness. Lisa, qui depuis qu’elle a appris à marcher rêvait de quitter sa banlieue natale, a trouvé ici ce qu’elle cherchait. Responsable de structure et accessoirement très diplômée dans le domaine du sport et matières liées. Fait son jardin et apprend à tricoter. Maison secondaire en Islande, accès hivernal par un tunnel sous la neige. Aimerait courir plus souvent. Lisa, who dreamt of leaving her natal suburb from the day she took her first steps, found what she was looking for here. Head of the Office and otherwise laden down with various degrees in sports and related subjects. Grows her own vegetables and is learning how to knit. Holiday home in Iceland, winter access through a tunnel under the snow. Would like to run more often. Legend’enhaut Loin des grandes industries d’Asie, au bout du hameau des Hières, se trouve un petit atelier de textiles montagnards modernes. OT LA MEIJE LEGEND’ENHAUT 14 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017 Le design, c’est Thierry, le fondateur de l’entreprise, qui s’en occupe. Il fait tous les dessins à la main, ensuite il en fait une version numérique pour les envoyer au tisseur. La matière première vient essentiellement de nos voisins italiens. Les fils de lin grège sont teintés en Italie selon les envies et les utilisations, avant d’être envoyés aux tisseurs français. Pour le tissage, Thierry choisit des régions aux traditions bien enracinées. Les jacquards sont réalisés aux alentours de Lyon et dans la Loire. Quant aux lainages, le savoir-faire est supérieur en Italie. Là encore, il choisit la région selon la qualité recherchée. Pour les meubles, les tissus en laine de la Toscane sont inusables. Ceux des Dolomites sont plus doux avec une plus jolie tombée, alors forcément pour nos rideaux et nos coussins nous les préférons. La qualité haute couture, on la trouve encore du côté de Biella dans le Piedmont. Toutes ces belles étoffes sont ensuite rassemblées dans une maison de village aménagée en fabrique, où Kina et Graça s’occupent de la confection des articles : rideaux, coussins, transats, sacs ou encore housses de iPad. Il y a une petite boutique à La Grave, mais les créations Legend’enhaut voyagent volontiers. On les retrouve des chalets de Chamonix aux Pyrénées. L’entreprise travaille souvent avec les professionnels, les architectes d’intérieur ou les architectes tout court pour l’embellissement d’hôtels ou de demeures de particuliers dans maints massifs montagneux. Les tendances de cet hiver ? Les coussins cœur en fausse fourrure blanche, le tissu au dessin népalais et les plaids loup. Ambiance feutrée assurée. www.legend-enhaut.com Jenny, la norvégienne, devait venir faire du snowboard deux semaines à la fin de longues études de langues et d’autres matières plus ou moins utiles. Elle a bien aimé, donc elle a décidé de rester un peu plus longtemps. C’était il y a seize ans. Après un long intermezzo comme accompagnatrice en montagne, elle court maintenant entre l’accueil et la promotion dans le bureau du fond. Aime coudre sous les combles. Aimerait que la Meije et son domaine skiable soient plus près des fjords de l’ouest de la Norvège. Jenny, the Norwegian, came here to snowboard a couple of weeks after many years of delving into language and other more or less useful subjects. She quite liked it and decided to stay a little longer. That was sixteen years ago. After a rather long interlude as a hiking guide, she now runs between the front desk and the offices in the back where she does the promotion stuff. Enjoys sewing in her attic. Would like La Meije and related ski areas to lie closer to the fjords of Western Norway. A long way from the big Asian industries, at the far end of the hamlet Les Hières, there is a little workshop where modern mountain style textiles are designed, cut and sewn for home decoration. Thierry, the founder, is also the designer. He creates the designs by hand and then makes a digital version that he sends to the weaver. The raw materials mostly come from our neighbours the Italians. The undyed linen thread is tinted in Italy according to use and desire, before being sent off to the French weavers. When it comes to the weaving, Thierry chooses the regions with the longest traditions. The Jacquard weaves are made around Lyon and la Loire. As for the wools, the Italian knowhow is superior. There again he chooses the region according to the quality he is looking for. The wool fabrics of Tuscany are hardwearing and therefore perfect for furniture. The ones from the Dolomites are softer and hang more nicely, so we obviously prefer those for our curtains and cushions. For an haute couture quality, around Biella in the Piedmont, is the place to look. All these beautiful fabrics are then gathered together in a traditional village house made into a workshop, where Kina and Graça transform them into curtains, cushions, deck chairs, bags or IPad covers. There is a small boutique in La Grave, but the creations of Legend’enhaut also enjoy travelling. You will find them in Chalets from Chamonix to the Pyrenees. The brand often works with professionals, both interior architects and normal architects, on the decoration of hotels and private homes in many a mountainous region. This winter’s fashion forecast? Fussy white heart-shaped cushions, fabrics with a Nepalese pattern and the wolf plaid. Snug atmosphere guaranteed. www.legend-enhaut.com Le Calendrier des événements hiver 2016-2017 The Events Calendar winter of 2016 – 2017 Meidjo Télémark Festival Meidjo Telemark Festival 31 mars au 2 avril March 31st - April 2nd Weekend festif et course décontractée autour d’une discipline aux longues traditions. A u programme concerts, repas et apéros bios, reconnaissance du parcours en groupe et festivités diverses. Festive weekend and informal race celebrating a discipline with long-standing traditions. Concerts, organic meal, aperitif, collective route-finding session and various festivities. Coupe de France de Snowboard à Villar d’Arène The French Snowboard Cup in Villar d’Arène 14 – 15 janvier January 14th – 15th Course de snowboard inscrite au calendrier officiel de la coupe de France. Snowboard race that is part of the official Snowboard Cup calendar. Reines de la Meije Queens of La Meije 20 – 23 Janvier January 20th – 23rd Fin janvier, La Grave se teint en rose pour le 10ème week-end 100 % filles. Forfait gratuit pour les filles aux Téléphériques des Glaciers de la Meije le vendredi 20 et le lundi 23 janvier. Le samedi 21 et le dimanche 22 : -70% (15€). J SELBERG MEIDJO TELEMARK La Cantonale 19 mars March 19th Course d’époque remise au goût du jour. Pour fêter la fin de saison au Chazelet, parents et enfants forment équipe pour s’affronter amicalement aux voisins. This race from the old days has been brought up to date. To celebrate the end of the season in Chazelet, parents and kids will form teams to compete amicably against their neighbours. At the end of January, La Grave will dress in pink for the 10th women’s weekend. Free lift tickets for women at the Téléphériques des Glaciers de la Meije on Friday the 20th and Monday the 23rd of January. 70 % off on Saturday the 21st and Sunday the 22nd. Weekend découverte des Stations Villages Discover the Village Ski Resorts 28 – 29 janvier January 28th – 29th Le weekend parfait pour découvrir les Stations Villages du Pays de la Meije à un prix défiant toute concurrence. Forfait journée à 7€ par personne, ce weekend seulement. The perfect weekend to check out the slopes of Chazelet and Villar d’Arène. Lift tickets for 7 € per person, only this weekend. 29ème Derby de la Meije 29th Derby de la Meije 5 – 7 avril April 5th -7th La première course a eu lieu en 1989, du haut en bas. C’est donc maintenant une vielle tradition qui se prolonge entre course sérieuse et concours de costumes. S’en suit fête et fanfare jusqu’au bout de la nuit. The first race went from top to bottom in 1989. So this cheerful mix between serious race and costume party is already an old tradition. All is rounded off with music and feasting until the early morning. J SELBERG Fête nordique du printemps Nordic Spring Festival OT LA MEIJE 26 mars March 26th L’occasion de s’initier à quelques disciplines nordiques, en famille et dans la bonne humeur. Relais des familles, ski hockey, biathlon et tremplin, musique et buvette. Try out various Nordic disciplines, just for fun. Family relay race, ski hockey, biathlon, ski jumping, music and refreshment stall. S. MORENVAL 15 LE JOURNAL A ÉTÉ ÉDITÉ LE 15 OCTOBRE 2016. RESPONSABLE DE LA PUBLICATION : SYLVAIN ARNAUD, RÉDACTION : JENNY SELBERG. EDITION : OFFICE DU TOURISME DE LA GRAVE -LA MEIJE - VILLAR D’ARENE | DESIGN GRAPHIQUE : WWW.STUDIOHAVANA.FR | BRIANÇON, IMPRESSION : MJB PUBLI – SITES. NE PAS JETER SUR LA VOIE PUBLIQUE Retour sur l’été 2016 Look back on summer 2016 La Galerie de l’Alpe - sciences et tourisme fusionnent au Lautaret The Alpine Gallery - science and tourism merge at the Lautaret La Galerie de l’Alpe fut officiellement inaugurée le 29 juin 2016. Ce nouveau bâtiment combine l’accueil de la science et l’accueil du grand public. Il comprend l’entrée du jardin alpin botanique, une salle d’exposition, une salle de conférence et un laboratoire de recherche. L’été dernier, le public a profité de l’exposition sur le botaniste Dominique Villars, ainsi que des conférences du lundi où plusieurs thèmes liés aux recherches ont été présentés au public, car la Station Alpine a pour mission non seulement de chercher mais aussi de diffuser le savoir. The Alpine Gallery was officially opened on the 29th of June 2016. This new building combines facilities for receiving scientists as well as the public. It comprises the entrance to the Alpine Botanical Garden, an exhibition space, a conference room and a scientific laboratory. Last summer, the public could enjoy an exhibition on the botanist Dominique Villars, as well as weekly conferences presenting various themes related to the research, because the purpose of the Alpine Station is not only to obtain but also to spread scientific knowledge. OT LA MEIJE Numéros de téléphones utiles et numéros d’urgences Useful / emergency numbers GPS de l’Office du Tourisme de la Meije Latitude 45.0047222 Longitude 6.308611100000007 Bureau des Guides mountain guides office Téléphériques la Meije Meije cable car Garage Renault garage Station service petrol station Taxi de la Meije taxi Meije autocars Meije bus Parc National du Lautaret national park Jardin Alpin Alpine garden 04 76 79 90 21 04 76 79 91 09 04 76 79 91 38 04 76 79 96 96 06 79 53 45 67 04 76 79 92 09 04 92 24 49 74 04 92 24 41 62 Météo weather forecast 3201 Info route Lautaret traffic 04 65 03 00 05 Médecin Pro-Pharmacien doctor pharmacist 04 76 79 98 03 Hôpital Briançon hospital 04 92 25 34 56 Secours en montagne mountain rescue patrol112 Gendarmerie police 04 76 79 91 02 Pompiers firemen18 SAMU UAS 15 www.lagrave-lameije.com • 04 76 79 90 05 • [email protected] facebook.com/otlagrave • Donnez votre avis sur Document non contractuel, toutes les informations présentes dans ce document peuvent être soumises à modification en fonction des conditions économiques et ne peuvent engager en aucun cas la responsabilité de l’Office du Tourisme. 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