de l`hiver 2016/2017 - La Grave

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de l`hiver 2016/2017 - La Grave
journal
de l’hiver 2016/2017
+ Now also in English
MICHIEL ROTGANS
Chazelet :
le ski de
piste face
à la Meije
Page 2-3
Chazelet : le ski de piste face à la Meije
Chazelet: piste skiing with a view
La Grave – 100% naturel, garanti sans damage
La Grave – 100 % natural,no grooming added
page 4-5
Le Col du Lautaret 2056m /
The Lautaret pass 2056 m
L’espace nordique The Nordic Area
Villar d’Arène : piste ou freeride, taille enfant
Villar d’Arène: child-sized piste or freeride
Sur les traces de la faune sauvage avec un
garde du Parc National / Follow the tracks of
wild animals with a National Park Ranger
Aux Fréaux pas de frileux
The Fréaux, no country for cold feet
page 6-7
Les pros de la montagne pour les nuls
- Extraits de l’édition hiver / Mountain
professionals for dummies – extract from the
winter edition
Adrien BERTHET, Directeur de l’ESF La Grave
– La Meije / Adrien Berthet, director of the La
Grave-La Meije ski school
Sur les pentes ensoleillées du
Chazelet vous trouverez tout :
des pistes vertes aux hors-pistes
de proximité.
Cette petite station sécurisante est loin d’être
une usine à ski. Vous trouverez ici un terrain
idéal pour débuter et progresser. Le panorama
sur la Meije et ses glaciers ne gâche en rien
l’expérience.
Ouvert du 17 décembre au 19 mars. Forfait
journée adulte: 16,50€, enfant 14,50 €.
www.chazelet.com
J. JOSSERAND
Chazelet: piste
skiing with a view
On the sunny slopes of Chazelet you will find it
all: from green pistes to fresh tracks to be made.
This little ski resort is perfectly sized for family
skiing and exploring. The terrain is ideal both
for starting off and for progressing. The view
of La Meije and the glaciers does not make
the experience any less enjoyable.
Open from December 17th to March 19th. Adult day
pass: 16, 50 €, children 14, 50 €.
www.chazelet.com
page 8-9
Plan / map
page 10-13
De l’Age d’Or au Paradis Perdu ?
From Golden Age to Paradise Lost?
page 14-15
Les Selfies de l’Office / The Selfies of the Office
Legend’enhaut
Le Calendrier des événements hiver 2016-2017
The Events Calendar winter of 2016 – 2017
page 16
Retour sur l’été 2016
2 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017
J. JOSSERAND
La Grave –
100% naturel,
garanti
sans
damage
MICHIEL ROTGANS
On ne va pas vous mentir, il n’y aura
pas forcément de la poudreuse.
Vous allez commencer par la haute
montagne et finir dans les prés au
bord de la rivière, 2150 m plus bas.
Alors vous allez certainement avoir un peu de tout,
selon ce que la nature et la météo vous réserve. Et un
peu de tout, c’est bien ce qu’il faut pour être en bonne
santé.
Ce ne sera pas forcement extrême non plus, juste
naturel – et beau. Il y aura des pentes variables, des
champs ouverts, des « half-pipes », de la forêt, des
clairières et des couloirs avec des rappels si vous le
voulez. Vous skierez peut-être la poudreuse, la neige
damée par les skieurs, la neige torturée ou lissée par le
vent, les bosses, quelques cailloux, la croûte, la neige
de printemps ou la glace, ou un peu de tout. Donc, c’est
sûr qu’il faudra savoir s’adapter un peu, mais ça évite de
s’en lasser. Parce que demain ce sera différent. Sauf le
paysage qui sera toujours spectaculaire (à part les jours
de brouillard).
Prenez un moment pour contempler les glaciers ou
le silence de la forêt enneigée (vos cuisses vous en
seront reconnaissantes). Et si vous êtes un peu fatigué
en fin de journée, avec, disons, 4000 à 8000 mètres
de descente sur terrain varié dans les pattes, votre
moment de détente en terrasse n’en sera que plus
appréciable.
Les Téléphériques des Glaciers de la Meije sont
ouverts du 17 décembre au 23 avril.
www.la-grave.com
MICHIEL ROTGANS
La Grave – 100 % natural,
no grooming added
We won’t lie to you, there will not necessarily be
powder. You will start at a very high altitude and end
up in the meadows by the river, 2150 m below. So you
will probably get a little bit of everything, according to
what nature and the weather has in store for you. And a
little bit of everything is exactly what is needed to stay
in good health.
It won’t necessarily be extreme either, just natural –
and beautiful. There will be steeps and flats, open fields,
gullies, forest, clearings, and couloirs with rappels if
you want them. You might ski powder, skier-groomed
snow, snow that has been chopped up or smoothed
out by the wind, moguls, rocks, crust, spring snow
or ice, or a little bit of everything. So you will need to
adapt a little. But that will keep you from getting bored.
Because tomorrow will be different. Apart from the
scenery, which is always spectacular (except on foggy
days). Take a moment to contemplate the glaciers or
the silence of the snow covered forest (your thighs will
thank you for it). And if you are a little tired at the end of
the day, after, say, 4000 to 8000 m of vertical in varied
terrain under your boots, then that will only make your
moment of relaxation on a terrace even sweeter.
The La Grave gondola lifts will be open from December
17th to April 23rd.
www.la-grave.com
KEN EJEZI OKOYE
TAKAHIRO NAKANISH
3
Le Col du
Lautaret
2056m
Ce beau col, s’ouvrant sur la vallée de la Haute
Romanche d’un côté et la vallée de la Guisane
de l’autre, offre un panorama majestueux de
sommets et de glaciers qui reste accessible
par la route même l’hiver.
La haute montagne est tout près, distante seulement d’une petite
grimpette. Pourtant, les pentes le long de la route permettent la
pratique de sports de glisse de tous niveaux, de la luge classique
à l’Airboard, du ski de rando au snowkite. Vous chausserez vos
skis ou vos raquettes dès les premières neiges, souvent même
au mois de novembre. Attention, ici on n’utilise que les énergies
renouvelables. Si vos propres forces ne suffisent pas, laissez-vous
porter par le vent. Le Col du Lautaret est un des meilleurs spots de
snowkite d’Europe.
The Lautaret pass 2056 m
L’espace
nordique
Il neige, qu’importe. Dans la forêt tout
est calme et velouté. Les skis glissent
tout doux sur la neige soyeuse, quelques
flocons volent dans l’air, le lièvre a fait
ses traces juste à côté des nôtres.
Des chamois sur les pentes derrière cherchent les derniers
brins d’herbes, souvenirs lointains de l’été dernier. La rivière
qui sautille entre roches et sculptures de glace, nous tient
compagnie un moment, avant qu’on traverse le hameau
paisible d’Arsine.
Sur le site d’Arsine, vous avez le choix entre plusieurs disciplines nordiques : le ski de fond, la raquette, la marche, la
luge ou le patinage. Les pistes de ski de fond seront ouvertes
du 17 décembre au 26 mars.
Pour un défi en famille ou entre copains, essayez le ski hockey.
J. SELBERG
4 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017
OT LA MEIJE
This beautiful mountain pass, which looks towards the upper
Romanche Valley on one side and the Guisane valley on the
other, offers an exceptional panorama of peaks and glaciers
that remains accessible by road even in winter. The high mountains are right there next to you, just a short hike away. Even so,
you can enjoy snow sports at any level on the slopes along the
road, from classical sledging and airboarding, to ski touring or
snowkiting. You can put your skis or your snowshoes on as soon
as the first snow falls, often as early as November. Here we only
use renewable energy. If your own is not sufficient, try riding the
wind. The Lautaret montain pass is one Europe’s best spots for
snowkiting.
Faites un match de hockey les skis de fond au pied, gamelles
et rigolades garanties !
Prêt gratuit du matériel hockey. Venez avec vos skis ou louezles dans les magasins de sport. Tous les week-ends hors
vacances scolaires et toutes les matinées durant les vacances
scolaires à l’espace nordique à Arsine.
Le 14 et le 21 février, balade au clair de lune offert par l’espace
nordique. Le 26 mars, la fête nordique du printemps.
The Nordic Area
It’s snowing, but what does it matter. In the forest, all is calm
and velvety. The skis slide softly on silky snow, a few flakes
float in the air, the hare made his tracks just next to ours.
On the steep slopes just behind, some chamois are looking
for the last straws, memories of a summer long gone. The
river bouncing gaily between rocks and ice sculptures, keeps
us company for a while, before we enter the quiet hamlet of
Arsine.
At the Nordic Area of Arsine you have the choice between
several disciplines: cross-country skiing, snowshoeing,
walking, sledging and ice-skating. The cross-country trails
are open from December 17th to March 26th.
For a fun moment with your family or friends, try ski hockey.
Play a game of hockey with cross-country skis on your feet,
you’ll be falling over and not only from laughing.
Come with your skis, the rest is provided.
Every morning during the French school holidays, every
weekend during the rest of the season.
Moonlight walk offered by the Nordic Area on the 14th and 21st
of February. Nordic Spring Festival on the 26th of March.
Nouveauté new
La terrasse détente à côte
de la cabane d’accueil, avec
chaises longues en bois à
disposition. Profitez d’un
bain de soleil pendant que les
enfants font de la luge. Quand
Barbara est là, vous pouvez
également observer la faune
sauvage sur les pentes d’en
face avec une longue-vue.
A terrace with deck chairs next
to the Nordic hut, where you
can enjoy the sun while the kids
are sledging. Whenever Barbara
is present, you can also observe
the wildlife through a telescope.
Villar d’Arène
piste ou freeride, taille enfant
Dans la toute petite station de Villar d’Arène les
petits bouts peuvent faire leurs virages en toute
tranquillité sur la piste, ou leurs premières traces
dans la fraîche dans les bosquets à côté. Chacun
son parcours et on se retrouve en bas, de toute
façon on pourra difficilement se perdre.
Là où la vallée se resserre, où la forêt se dresse
presque aussi raide que les falaises d’en face, là
où l’hiver est ombrageux, là se trouve le royaume
des glaces. Les torrents figés forment des tours et
tourelles aux ornements extravagants. A première
vue, le passage vers les hauteurs nous est fermé,
mais piolets à la main, crampons aux pieds, coup
par coup on gravit ces merveilles de la nature.
Quand la glace fait défaut, on s’essaie au drytooling. La vallée de la Haute Romanche, de La
Grave au Lac de Chambon, offre une multitude
de cascades de glace pour tous les goûts et toutes
les aptitudes.
Informations au Bureau des Guides
www.guidelagrave.com tél. 04 76 79 90 21.
Du 17 décembre 2016 au 4 mars 2017. En période
de vacances scolaires, le domaine skiable de Villar
d’Arène est ouvert tous les jours. En dehors des
vacances, ouverture le weekend.
Tarif forfait journée : 10 € adulte et enfant
(en vente à Juge Sports).
Villar d’Arène: childsized piste or freeride
The Fréaux, no
country for cold feet
In the tiny ski resort of Villar d’Arène, the little ones
can make their first turns on the piste, or their first
fresh tracks in the groves of trees to either side.
To each his line, and we’ll meet at the bottom,
it’ll be hard to get lost.
From December 17th to March 4th, every day during
the French school holidays, on the weekends during
the rest of the period. Day pass: 10€ (sold at Juge Sports).
Sur les traces
de la faune
sauvage avec
un garde du
Parc National
Aux Fréaux
pas de
frileux
Fanny, garde du Parc National des Ecrins, montre deux
empreintes en gypse – une patte de renard et un sabot
de chamois – à vous de jouer maintenant. Toute la petite
troupe se lance à la recherche d’empreintes d’animaux
sauvages dans la neige. Madame, j’en ai trouvé une.
– Moi, aussi, des gros, ça doit être des traces d’ours. –
Arrête, tu marches sur ma trace ! Alors, est-ce que c’est
un renard ou un chien, comment on peut savoir ? Il allait
dans quelle direction le lièvre ?
Quand on a fait le tour des empreintes et qu’il ne reste
plus que les grosses empreintes du yeti en raquettes,
Fanny installe les longues-vues pour observer de près
les chamois qui descendent assez bas l’hiver pour trouver
quelques brins d’herbe sèche et ensuite s’abriter du vent
entre les arbres.
Where the valley narrows and the forest rises as
steeply as the cliffs facing it, where winter means
shadow, there is the kingdom of ice. The frozen
mountain streams form extravagantly ornate
turrets and towers. At first glance the way seems
shut, but with ice axes and crampons at hand we
work our way up these wonders of nature.
When ice is scarce, we go for dry-tooling instead.
The upper Romanche valley, from La Grave to the
Lac de Chambon, offers numerous ice-climbing
routes for all tastes and skill levels.
Information at the Mountain Guides Office
www.guidelagrave.com 04 76 79 90 21
Tous les vendredis pendant les vacances de février les
gardes du Parc National des Ecrins vous proposent de
partir avec eux à la recherche des traces d’animaux
sauvages.
Follow the tracks of wild
animals with a National
Park Ranger
J. SELBERG
Fanny, National Park Ranger, shows two plaster imprints
– a fox’s paw and a chamois’ hoof – now it’s your turn. The
whole troop runs off to look for animal tracks in the snow.
– I found one Madam. – Me, too. Big ones. I think it must
be a bear. – Hey, you’re stepping on my track. – So, how
can we know if it’s a dog or a fox? In which direction was
the hare heading?
Once we have checked out all the tracks apart from the
yeti-sized snowshoe tracks, Fanny installs the telescope
to take a closer look at the Chamois who head towards
lower altitudes in winter in order to find dry grass and
shelter among the trees.
Look for tracks with the National Park Rangers every
Friday morning during the French school holidays in February.
M DANILO
Pour en savoir plus sur les activités,
référez-vous au Guide des Activités.
Find out more about the activities in our
Activity Guide.
5
Les pros de
la montagne
pour les nuls
Extraits de l’édition hiver
Mountain professionals
for dummies – extract
from the winter edition
Moniteur de ski
Tout de rouge vêtu (enfin, ceux de l’ESF), le moniteur va vous accompagner dans vos
apprentissages du ski ou du snowboard. Il sera là pour vos premiers virages sur la verte
comme pour vos premières gamelles dans la fraîche où il (ou elle) tentera de vous
apprendre à devenir, vous, le maître de vos skis même quand l’inverse semble inévitable. Tant que vous n’avez pas besoin d’une corde, un baudrier ou un piolet pour arriver
à bon port, il peut vous y emmener, ce qui exclut bien entendu tout endroit de glace
éternelle non sécurisé.
Ski instructor
All radiant in red (well, at least the ones from the ESF), the ski instructor will assist you
in your efforts to master the art of skiing or snowboarding. He will witness your first
turns on the green hills and your first nose dives in the powder. He (or she) will then
tirelessly attempt to teach you how to dictate the actions of your skis when the
opposite seems inevitable. As long as you don’t need a rope to get home safely, he
can take you. That of course excludes all non-secured permanently glaciated areas.
Guide de haute montagne
En haut de l’échelon des métiers de la montagne, ses prérogatives sont presque illimitées. Pour aller plus haut, il faudra s’adresser à Dieu, ou au moniteur de parapente.
Vous voulez vivre l’aventure de la glisse sur les itinéraires jadis secrets ? Faire des grandes
courbes sur le vaste blanc du glacier et continuer en beauté par un couloir en dessous
d’un rappel, pour à la fin remonter, comblé, au téléphérique votre baudrier fièrement
sur les hanches ? Là, le guide est votre homme (ou très occasionnellement votre femme).
Le lendemain, il pourra vous initier à la cascade de glace. La face nord de la Meije en
hivernal, on la garde pour l’année prochaine.
Mountain guide
Being at the top of the ladder of the Mountain professions, his prerogatives are very near
unlimited. To go any higher, you would have to get in touch with God, or the paragliding
instructor. You want to experience the adventure of skiing formerly secret lines? Make
big turns on the vast white glacier, continue through a magnificent couloir and walk
back to the lift pleased as punch with the harness proudly on your hips? Then the mountain guide is your man (or very occasionally woman). The next day he can take you ice
climbing. Let’s leave the north face of La Meije for next winter.
6 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017
Accompagnateur en
moyenne montagne
« Madame, c’est quoi la moyenne montagne ?
Une montagne où il n’y a pas besoin de grimper
avec une corde, mon petit. »
Eh non, pas de limite d’altitude mais de moyens.
Comme son cousin le moniteur de ski, l’accompagnateur
doit se passer de tout ustensile lié à l’alpinisme. Enfin,
il a droit à une corde mais que s’il n’avait pas prévu de
l’utiliser. L’hiver, l’accompagnateur vous initiera à l’art de
marcher avec des pieds élargis par un support plastique
agrémenté de crampons pour les passages de neige
dure (la raquette), de la forêt enneigée aux moyens
sommets. Le tout sera relevé par ses connaissances
naturalistes et patrimoniales. Discipline associée, pour
ceux qui préfèrent leur taille de pied habituel : la marche
nordique.
Mountain Leader
No limit of altitude, but of means. Like his cousin the
ski instructor, the mountain leader must do without
the props of mountaineering. Actually, he can take a
rope, but only if he is not planning to use it. In winter,
the mountain leader will introduce you to the art of
walking with your feet enlarged by a plastic frame
mounted with crampons to help you through passages
of hard snow (snowshoes), from snow laden woodlands
to medium sized peaks.
The experience will be heightened by his knowledge of
nature and cultural heritage. Related activity, for those
who prefer the regular size of their feet: Nordic walking.
IAIN MACMILLAN
Adrien BERTHET
Directeur de l’ESF
La Grave – La Meije
Tu as grandi ici. Tu as commencé le ski à
quel âge ?
A 3 ans. J’ai skié surtout au Chazelet et un peu au
Lautaret pour prolonger la saison. Et puis au
téléphérique à partir de 7-8 ans.
Tes meilleurs souvenirs d’enfance au pays
de la Meije ?
Les sorties ski avec le Club de Sports, que ce soit au
Chazelet, dans les Vallons, ou en course, avec une super
ambiance entre copains. On a été privilégiés de grandir
ici. En gros les sports que je pratiquais étant jeune sont
maintenant devenus mes métiers (moniteur vtt,
accompagnateur en montagne et moniteur de ski).
Qu’est-ce qui a changé ici depuis ton
enfance ?
On a grandi avec la station du Chazelet, alors c’est sûr
qu’on a vu quelques améliorations. Par exemple je me
souviens du vieux « baby » et des autres téléskis qui tournaient au gasoil, ainsi que l’ancien télésiège deux places,
toutes les installations ont été changées.
Et puis la station du Col du Lautaret a fermé...
Qu’est-ce que tu aimes dans le métier de
moniteur de ski ?
Le contact avec les clients et le contraste. Les journées
ne sont jamais identiques. Tu peux passer d’un skieur
expert à un petit qui débute au jardin d’enfant. Un jour,
en leçon, j’avais un enfant de trois ans pour ses premiers
pas sur les skis, et l’heure d’après son grand-père de
67 ans qui débutait lui aussi, son but étant de pouvoir
glisser avec son petit-fils. Et puis on touche à tout, ski,
snowboard, télémark, entrainement à la compétition,
hors-piste, ski de randonnée etc. Et il ne faut pas oublier
qu’on travaille dans un cadre exceptionnel !
Les points forts des stations villages?
Ce sont des stations à taille humaine, rien de
comparable avec les grandes stations alentours.
L’ambiance y est chaleureuse et décontractée.
Le prix est très abordable et le rapport qualité prix est
indiscutable. A une altitude moyenne de 2000m nous
avons un enneigement qui permet de faire du ski dans
de bonnes conditions tout au long de la saison... Et puis,
il y en a pour tous les niveaux : des pistes vertes aux
hors-pistes du plateau d’Emparis.
Un bon skieur peut-il se faire plaisir au
Chazelet ?
Absolument, la preuve c’est qu’à chaque fois que le
téléphérique est fermé pour risque d’avalanche ou vent
fort, les connaisseurs montent profiter de la poudreuse
au Chazelet qui offre des hors-pistes de qualité.
Les points forts des Vallons de la Meije ?
C’est un domaine unique entièrement hors-piste, un
des plus gros dénivelés d’Europe. Le temps de montée
est un moment de partage, dans les cabines tu
rencontres des gens qui viennent du monde entier,
attirés par la réputation exceptionnelle de la Grave.
Arrivés au sommet, les pratiquants choisiront leurs
itinéraires et se disperseront sur le vaste domaine.
C’est un espace de liberté. Puis il y a évidemment la
beauté du site, et la multitude de possibilités qu’il offre.
Quels sont les projets de l’ESF - La Grave La Meije ?
S’implanter à La Grave pour une meilleure visibilité,
puisque le Chazelet est un lieu un peu plus isolé. On
a déjà construit notre petit point de vente l’année
dernière, et cet hiver il y aura une permanence en début
de matinée et en fin de journée. Nous sommes en train
d’améliorer notre site internet : il va être possible de
réserver les cours de ski en ligne. On a amélioré nos
locaux et le jardin d’enfants. Nous essayons toujours de
faire évoluer nos prestations. On est une bonne équipe
de passionnés du ski, pluriactifs et contents de nous
retrouver l’hiver pour travailler ensemble. N’hésitez pas
à venir nous voir, soit à la station du Chazelet, soit à
notre nouvelle cabane à La Grave.
Vous pensez refaire la Cantonale cet hiver?
Oui, cette course on a pu la faire quand on était gamins,
alors l’hiver dernier on s’est dit : Allez, on la remet au
goût du jour et ça a été une franche réussite de réunir
les gens du canton pour une fête de fin de saison.
Tu verrais comment l’avenir de La Grave
et du Chazelet ?
Je pense que ces deux sites doivent évoluer ensemble,
tout en restant des entités différentes. On doit profiter
de notre image Haute Montagne, peut-être réaménager
certains itinéraires pour plus de confort, sans pour
autant perdre notre identité en faisant trop de
changements.
Dans 20 ans tu seras encore à La Grave ?
AGENCE ZOOM
J’espère bien ! Vivre à La Grave, c’est un privilège
que j’apprécie chaque jour car mes qualifications professionnelles me permettent d’exercer été comme hiver.
www.esf-la-meije.com.
C. DABOURDY
Adrien Berthet,
director of the
La Grave-La Meije
ski school
Adrien grew up here and started skiing at the age of
three. By the time he turned seven, he was ready to
check out the Vallons de la Meije. He feels lucky to have
grown up in La Grave and he hopes to stay on in the
future because living here is a privilege he enjoys every
day.
What he likes about his job as a ski instructor is the
contact with the clients and the constant variation. No
two days are identical. One day he started off teaching
a three year old beginner and the next lesson he taught
the boy’s 65 year old grandad who had never skied, but
wanted to learn with his grandchild. He also likes the
fact that they do a little bit of everything, alpine skiing,
snowboarding, telemarking, competition training,
touring and off-piste skiing, all of it in a fantastic
setting.
The strong points of the Village Ski Resorts?
They are friendlier sized ski areas than some of the
giants nearby. The atmosphere is welcoming and
relaxed, and the lift ticket is very reasonably priced.
At an altitude of about 2000 m, we also enjoy good
snow conditions throughout the season. Plus that there
is something for everyone, from green slopes to good
off-piste terrain at the Emparis plateau.
Can good skiers have fun in Chazelet?
Absolutely, the proof is those who know the area come
to ski powder in Chazelet whenever the cable car is
closed because of avalanche risk or strong winds.
The strong points of the Vallons de la Meije?
It’s a unique all off-piste ski area, with one of Europe’s
biggest verticals. In the lift you get to meet and talk to
people who have come from all over the world because
of La Grave’s exceptional reputation. Once you arrive at
the top, skiers spread out all over the vast domain. It is a
place of freedom which offers a great variety of possibilities in stunning surroundings.
How do you see the future of La Grave and Chazelet?
I think the two ski areas must evolve together, while
remaining separate. We have to take advantage of our
“high mountain” image, maybe improve the comfort of
some itineraries without making too many changes and
loose our identity.
The projects of ski school?
At the ski school we are a group of passionate skiers,
we all have other jobs in the summer and we are always
happy to get back to work together for the winter
season. We constantly work on improving our offer. For
instance we have upgraded our premises and the kids’
learning area. Don’t hesitate to come and see us by the
pistes in Chazelet at any time or in our hut in La Grave in
the early morning and late afternoon. From this winter
you can also book your ski lesson online on our website
www.esf-la-meije.com.
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Col d'Arsine
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Chamoissière
Lac de l'Etoile
Lac de Combeynot
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Espace Raquettes balisé
Snowshoeing area
Piste de ski
Ski slope
Point de vue
View point
Zone freeride
Freeride area
2500 m
Cascade de glace
Ice climbing
Piste de fond
Cross country ski track
Patinoire naturelle
Natural outdoor ice rink
Espace nordique
Nordic area
Piste de luge
Sledge slope
Itinéraires raquettes
Snowshoeing itineraries
Refuges
Mountain huts
Espace Raquettes
'montagne' / Mountain
snowshoeing area
Limite du Parc des Écrins
National Park boundaries
8 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017
169
LES COUR
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9
De l’Age
d’Or au
Paradis
Perdu ?
From Golden Age to
Paradise Lost?
La naissance
du téléphérique
Il y a 40 ans La Grave était juste un tout petit village
rural au pied d’une belle montagne qui jouissait
d’une certaine renommée parmi les alpinistes.
Comme c’était le cas dans tant d’autres villages des Alpes, les habitants
partaient chercher du travail ailleurs car l’agriculture montagnarde n’apportait guère de quoi vivre. Dans les années 1930, quelqu’un avait eu l’idée folle
de construire un téléphérique pour atteindre le sommet de la Meije à 3983 m.
Heureusement, ce projet ne fut jamais réalisé. Au début des années 70, au
moment de la création du Parc National des Ecrins, la commune de La Grave
opta pour un projet un peu plus réaliste : un téléphérique qui reliait La Grave
au col des Ruillans à 3211 m.
Le maire de La Grave voulait créer de l’emploi pour les jeunes et donner un
nouvel élan à son village. La construction fut financée par le Syndicat intercommunal du Briançonnais, créé pour l’occasion, avec quelques subventions
de l’état. La gestion fut confiée à l’office de tourisme de Briançon.
Le téléphérique fut initialement conçu pour le tourisme estival. Il devait
permettre aux alpinistes et aux piétons de se rapprocher des sommets et
des glaciers. Cependant, le ski apporta assez vite un nouveau débouché,
notamment le ski de printemps et d’été. On estimait le début de l’hiver trop
froid sur les faces nord de la Meije.
Le 14 juillet 1976 le premier tronçon du téléphérique accueille les piétons.
A partir de février 1978 les skieurs peuvent sauter dans les bennes du
deuxième tronçon et monter à 3200m en 45 minutes douillettes. Mais,
malgré le panorama exceptionnel et le terrain de haute montagne qui
deviennent alors facilement accessibles, La Grave reste très peu connue.
Il y a un peu de monde l’été, alors que l’hiver la clientèle se limite à quelques
rares initiés pour la plupart venus des alentours. Les bennes se remplissent
peut-être durant quelques weekends de beau temps, mais les skieurs
repartent tous chez eux le dimanche soir. Pas de quoi faire vivre un village !
L’enfance du téléphérique s’avère un peu difficile. Quelques mois après
l’ouverture un attentat détruit en grande partie la machinerie de la gare
de départ. Ensuite, le déficit grandit d’année en année. A tel point que l’été
1986, les remontées sont tout simplement fermées à cause d’une dégradation trop importante des câbles. Il n’y a pas d’argent pour les travaux et il
faut donc un repreneur.
10 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017
L’ingénieur qui l’avait conçu, Denis Creissels, reprend l’affaire et le téléphérique
ouvre ses portes de nouveau le 4 juillet 1987. En février 1988, c’est reparti
pour les spatules avec les slogans Ski Fantastique et Poudreuse de rêve.
Les premières années après la réouverture, ce n’est guère nécessaire de
se lever à l’aube pour faire ses traces dans la neige vierge. On a de fortes
chances de pouvoir admirer la beauté de ses propres virages à la descente
suivante. Même sept ans après la réouverture, un skieur qui passe la saison
d’hiver à La Grave déclare : « J’essaie de respecter les gens et de ne pas mettre
des traces sur les leurs ». Une telle courtoisie paraît difficilement réalisable
en 2017.
Toutefois, les choses commencent à bouger, les rumeurs sur ce domaine de
ski sauvage et unique en son genre, se répandent tout doucement.
Birth of the Gondola lift
40 years ago La Grave was just a tiny rural village at the foot of a beautiful
mountain that was fairly well known among mountaineers. As was the case
in a lot of remote alpine villages, many locals left to look for work elsewhere,
since mountain farming was hardly the easiest way to make a living. In the
thirties somebody had put a crazy idea out there: build a lift to the summit
of La Meije at 3983m. Luckily, that particular project never saw the light
of day. But in the early seventies, when the National park was created,
La Grave went for a slightly more realistic aim: a gondola from La Grave
to the Col de Ruillans at 3211m.
The mayor of La Grave wanted to create work for the younger generation
and give his village a new impetus. The building of the lift was financed by
the Association of Communes of the Briançon Area, which was created for
the occasion, helped by some governmental subsidies. The running of the
lift was entrusted to the tourist office of Briançon.
The lift was originally built to cater for summer tourism. It would take
alpinists and pedestrians closer to the summits and the glaciers. But quite
soon skiing turned out to be an interesting new market, mainly spring and
summer skiing, since the early winter was considered too cold on the north
faces of La Meije.
On the 14th of July 1976 the first section of the lift was ready to welcome
pedestrians. From February 1978 skiers could jump in the second lift and
go up to 3200m in 45 carefree minutes. But despite the stunning views
and high mountain terrain thus made easily accessible, La Grave remained
pretty much unknown. The lift had a decent number of visitors in the
summer, but in winter they were scarce and mainly came from the surrounding areas. The lift might fill up on a couple of sunny weekends, but the
skiers all left for home on Sunday night. Not much too keep a village alive
on!
The Téléphérique’s toddler years proved a little difficult. A few months after
the opening, a bomb attack destroyed part of the machinery. After that the
deficit grew bigger every year until the lift was forced to close in the summer
of 1986 because the cables had deteriorated too much. There was no money
for renovation, so the local authorities had to look for someone to take over.
The engineer who designed the lift, Denis Creissels, signed a thirty year
lease and the lift started running again in July 1987. In February 1988, offpiste skiers were back in business.
The first years after the re-opening there was no need to get up at dawn
for fresh tracks. You had a good chance of being able to admire the beauty
of your own turns on your next run down the mountain. Even seven years
after the reopening, a skier who spent the seasons here said that he “tried
to respect other people and not put his tracks on top of theirs”. It would
certainly be a little difficult to show such courtesy in 2017.
But rumours about this unique and untamed ski area were slowly
starting to spread.
IAIN MACMILLAN
Zoom sur Pelle Lang
De professionnel du ski de
bosses à skibum, puis guide
de haute montagne
OT LA MEIJE
Pelle avait déjà fait le tour du monde à la recherche des grands dénivelés. Il avait testé le Caucase,
l’Elbrus et Verbier où il rencontra les skibums pour la première fois. Se laissant inspirer, il s’est
aménagé un camping-car et en 1981, il est parti à Chamonix. Mais assez rapidement il trouve qu’il y
a trop de monde. Le ski était en train de devenir une industrie à Chamonix. Au milieu des années 80,
le skieur extrême Patrick Vallençant organisait des « weekends ski pentu » à La Grave et là, Pelle a
trouvé ce dont il rêvait : une belle montagne sauvage qui lui rappelait les grands espaces déserts
de son enfance.
D’autres weekends ont suivi et quand Pelle a eu vent de la réouverture du téléphérique en 1988,
il n’a pas hésité longtemps avant de revenir. L’idée de s’installer à La Grave commençait à mûrir.
En avril, il a visité un chalet à Ventelon avec son ami et futur associé : Les Harlow. Un diner bien
arrosé de vin rouge plus tard, la décision était prise. Ils ont acheté La Chaumine, et aussitôt ils ont
préparé le premier catalogue du Skiers Lodge avec le slogan «Unparalleled skiing». Ils en ont envoyé
300 exemplaires avec les adresses écrites à la main. Pour faire parler de La Grave, Pelle et Les ont
invité quelques-uns des meilleurs skieurs de Chamonix en leur offrant l’hébergement, les repas et le
rouge. Ceux qui restaient aux Grands Montets se demandaient où les autres étaient passés. Et voilà
le bouche à oreille lancé.
En 1989, les premiers clients rémunérateurs sont arrivés de Suède. A l’époque, les gens arrivaient
en bus, l’avion coûtait bien trop cher. Ils débarquaient à l’aube, alors que les clients de la semaine
précédente dormaient encore. Ils se changeaient dans le salon avant de partir tout de suite faire du
ski, un sandwich dans la poche parce qu’il n’y avait pas de restaurant d’altitude. Pelle se rappelle que
« souvent, ils nous appelaient du téléphérique le matin avant de décider s’ils ouvraient ou pas pour
savoir si on avait du monde. Du coup on avait les 2150 mètres de dénivelé pratiquement pour nous
tout seuls ».
Pelle et Les ont écrit eux-mêmes le premier article publié dans le magazine britannique Fall-Line
sous le pseudonyme Gary Gibson. Ils ont fait des accords avec la marque de vêtements de ski
suédoise Mover qui a sorti un catalogue avec des photos et des textes parlant de La Grave. Ils ont
fait venir les Free Radicals, un groupe connu de skieurs freestyle suédois qui par la suite a inclus des
clips de La Grave dans tous ses films. Une fois la machine mise en route, les journalistes sont venus
de leur propre initiative.
Depuis, Les est parti vers d’autres horizons, La Chaumine a été vendue et Pelle a installé son Skiers
Lodge à La Grave, dans l’Hôtel des Alpes. Là, il continue à accueillir les skieurs des quatre coins du
monde pour des semaines freeride. Pelle s’interroge : « Où ailleurs trouve-t-on autant de descentes
somptueuses avec une seule remontée, autant de terrain de haute montagne sans pistes damées
et tout ce qui suit dans les usines à ski ? »
www.skierslodge.com
Zooming in on Pelle Lang
From mogul competiton skier to skibum
to mountain guide
Pelle had already been around the world looking for big vertical. He had tried the Caucasus, the
Elbrus and Verbier, where he met skibums for the first time. Inspired by them, he built himself a
camper-van and left for Chamonix in 1981. But it wasn’t long before he thought it too busy there.
Skiing was becoming an industry in Chamonix. In the mid-eighties the extreme skier Patrick
Vallençant organized steep skiing weekends in La Grave, and there Pelle felt that he was back
in the big open empty spaces of his childhood.
More weekend trips followed and when Pelle heard that the lift was opening again in 1988, he didn’t
hesitate long before heading back. The idea of moving to La Grave had taken root. In April he visited
a chalet in Ventelon with his friend and future associate, Les Harlow. A nice dinner with plenty of
red wine later, the decision was made. They bought La Chaumine and during the spring they wrote the
first Skiers Lodge catalogue with the slogan “Unparalleled skiing”. They sent 300 copies by post with
handwritten addresses. To get people talking about La Grave, they invited some of the best skiers from
Chamonix, gave them free rooms, meals and a good supply of red wine. Those who remained at the
Grands Montets wondered where the others had gone off to, and soon the word was out.
In 1989 the first paying clients showed up from Sweden. Back then people came by bus, flying was
way too expensive. They came at dawn, while the clients from the week before were still asleep.
They got changed in the living room before going off to their first day of skiing, with a sandwich in
their pocket because there were no restaurants on the mountain.
Pelle and Les wrote the first article themselves, it was published in the British magazine Fall-Line
under the pen name Gary Gibson. They got a deal with the Swedish clothes brand Mover who made
several catalogues with photos and texts from La Grave. They also invited the Free Radicals, a wellknown Swedish group of freestyle skiers who included clips from La Grave in all their ski movies
from then on. Soon the ball was rolling and journalists started showing up on their own initiative.
Since then Les has moved on, La Chaumine has been sold and Pelle has established his Skiers Lodge
in the Hôtel des Alpes in La Grave. There, he still welcomes skiers from all over the world for freeride
weeks. Pelle wonders: “Where else do you get so many spectacular runs with just one lift, so much
high altitude terrain with no grooming and all the other aspects of the modern skiing industry?”
www.skierslodge.com
La Grave
se fait une
renommée
internationale
En 1988, quelques mordus du ski
libre prennent leur bière habituelle
dans le café préféré des skibums
(« les clochards du ski »)
à Argentière, près de Chamonix.
La station des Grands Montets commence à
être trop fréquentée pour ces amateurs de neige
vierge. L’un d’eux a entendu parler d’un autre
endroit avec beaucoup de dénivelé, des pentes
raides et une jolie forêt où il n’y pas un chat. Ils
décident d’aller voir et l’hiver suivant ils quittent
la vallée de Chamonix pour de bon. Parmi eux se
trouvaient les Crud Brothers (crud : neige fondu et
à moitié regelé – un vrai régal à skier). Non sans
un certain regret, ils se souviennent qu’« il n’y avait
personne. Tu pouvais faire ta deuxième trace à
côté de ta première. On skiait le couloir de Banane
plusieurs jours après les chutes, une fois la neige
stabilisée ». Malgré cette pointe de tristesse pour
cet âge d’or de la solitude, ces deux américains
passent encore l’hiver à La Grave, 28 ans plus tard.
C’est seulement au printemps qu’ils retrouvent
les sommets enneigées de l’Alaska et ses rivières
sauvages.
La même année, le suédois Pelle Lang a décidé
de troquer Chamonix pour La Grave, ce petit
village où il avait enfin retrouvé la montagne non
apprivoisée. Ensuite, il a fait de son mieux pour
faire connaître le village bien au-delà des frontières
françaises, en premier lieu dans son pays natal. >
La Grave goes
international
In 1988 a few off-piste enthusiasts are enjoying
their usual after ski beer in the favourite skibum
hangout in Argentière, close to Chamonix. The
Grands Montets is getting too crowded for theses
lovers of fresh tracks. One of them has heard
talk of a place with a lot of vertical, lots of steep
skiing, good forest and nobody around. They
decide to check it out, and end up never looking
back. Amongst them where the Crud Brothers.
Not without a certain regret, they remember that
« there was nobody here. You could make your
track next to your own. The Banane couloir would
only be skied a few days after the storm, once the
snow had stabilized”. Despite the touch of sadness
about the passing of this golden age of solitude,
these two Americans still spend the winter season
here, 28 years hence. Only in spring do they head
back to the snowy peaks and wild rivers of Alaska.
The same year Swedish Pelle Lang decides to trade
Chamonix for La Grave, the little village where
he has finally found the untamed mountains he
was longing for. Then he does his best to make
this village that isn’t really a ski resort known well
beyond the French frontiers, beginning with his
native Sweden.>
11
> Lorsque le premier article sur La Grave parut en Suède
en 1986, pratiquement personne n’en avait entendu
parler. Dix ans plus tard c’était déjà un nom assez
connu dans le milieu du ski suédois. Vers le milieu des
années 90 une centaine de suédois venaient ici en hiver.
D’autres nationalités ne tardèrent pas à suivre.
Une poignée de skibums américains avait déjà découvert
La Grave par le biais du bouche à oreille, souvent après
un passage intermédiaire à Chamonix. Quelques années
plus tard, des guides américains commencèrent à faire
venir des groupes.
Quand le skieur extrême américain Doug Coombs quitta
Jackson Hole, parce que là-bas on n’avait pas le droit de
skier les couloirs, il choisit La Grave pour ses Steep Skiing
Camps. Il n’était pas le premier guide américain à
s’installer à La Grave, mais certainement le plus connu.
Petit à petit, le domaine devint connu parmi les
américains qui y trouvèrent une liberté qui n’existait
pas dans les stations de chez eux, puisque le ski
hors-piste y était le plus souvent interdit.
A cette époque, les guides de haute montagne français
n’étaient qu’une poignée à travailler à La Grave l’hiver.
Au fur et à mesure que le nombre de guides et de groupes,
toutes nationalités confondues, augmentèrent, ainsi en
allèrent les tensions.
La cohabitation entre les skieurs qui passaient la saison
ici et les groupes guidés n’était pas toujours simple.
Dans un article de 1994, des snowboardeurs français se
plaignaient que les étrangers connaissaient les 9/10éme
des itinéraires et que les scandinaves détruisaient la
neige avec leur style de ski peu engagé.
> When the first article about La Grave was published
in Sweden in 1986, practically no one had heard of the
place. Ten years later it was already quite a well-known
name amongst Swedish skiers. Towards the mid-nineties about a hundred Swedes came to La Grave in winter
and other nationalities soon followed suit.
A handful of American skibums had found their way
to the village through word of mouth, often after a
stopover in Chamonix. After a few years American
guides start bringing in groups as well.
When the American extreme skier Doug Coombs left
Jackson Hole because he wasn’t allowed to ski couloirs,
he chose La Grave as a base for his Steep Skiing Camps.
He was not the first American guide to set up business
in La Grave, but certainly the most famous one. The
domain gradually became popular with Americans who
found a freedom here that they didn’t have at home
where off-piste skiing was mostly prohibited.
At the time, only a handful of French mountain guides
worked in La Grave during the winter season. As the
number of guides and guided groups of any nationality
increased, the tensions grew bigger as well.
The cohabitation between backcountry skiers of
various nationalities who spent the season here and
the guide businesses wasn’t always easy. In a magazine
article from 1994, some of the French snowboarders
complained that the foreigners now knew 9 out of 10
itineraries, and that the Scandinavians in particular
were ruining the snow with their timid style of skiing.
12 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017
skibums classe de ‘94
Skibums, class of ‘94
Les skibums
de l’Age d’Or
Dans les années 90, un groupe de
skieurs et de surfeurs passionnés
venus des quatre coins de
l’Hexagone et de l’Europe, et
même de l’autre bout du monde,
s’installaient à La Grave chaque
hiver. Ils cherchaient sans cesse
de nouveaux itinéraires à skier.
Ces habitants saisonniers de La Grave étaient
facilement reconnaissables à leurs vêtements
déchirés et réparés avec des épaisses couches
de duct tape (scotch tissé très résistant et
imperméable). Dépenser de l’argent pour le
matériel n’était pas leur priorité. Skier l’était.
Paulo, la légende, a donné son nom à un itinéraire rarement emprunté par le commun des
mortels, ou alors seulement en cas de perte de
corde. Il a découvert le couloir redoutable de
Polichinelle en faisant du parapente. Il surfait
avec des Sorels et quand ses jambes étaient,
trop fatiguées à cause de son sac lourd chargé
de ravitaillements pour le refuge de Chancel (les
Sorels sont très souples et offrent bien peu de
soutien pour les chevilles), il faisait simplement
la traversée de Chancel en fakie avec son
swallowtail (traduction pour les non-initiés :
il mettait la queue d’hirondelle de son
snowboard vers l’avant).
Gunnar pour sa part, avait une sortie du Pan
de Rideau bien à lui : la passe de Gunnar. Il vivait
sans rien dépenser dans un local à poubelles
sous La Chaumine.
Les skibums n’étaient guère ravis de voir les
itinéraires qui partent du glacier rendus publics.
Mieux valait garder le secret alors. Pendant
les années suivantes, les skieurs de
La Grave vont détourner le regard quand on
leur demandera leur destination du jour, ou pire
encore, si quelqu’un voulait se joindre à eux. Le
programme du lendemain sera toujours établi
en chuchotant. Une règle tacite interdisait de
montrer son baudrier, personne ne devait
savoir qu’on s’apprêtait à faire une descente
nécessitant un rappel.
On entrait dans Orcières en passant par les
rochers, histoire de cacher ses traces.
Evidemment, cette communauté rechignait
à dévoiler l’identité de ce petit paradis où tout
le monde se connaissait par son nom.
Skibums of the
Golden Age
In the early nineties, a group of passionate
backcountry skiers and snowboarders from
various corners of France, Europe and the world
had started calling La Grave home during the
winter season. They looked tirelessly for new
lines to ski.
These seasonal inhabitants of La Grave were
easily recognisable by their torn clothes mended
with thick layers of duct tape. Spending money
on fancy gear was not their priority. Skiing was.
The legend Paulo gave his name to a line that is
rarely skied by common mortals, except in the
case of rope loss. He discovered the fearsome
couloir Polichinelle whilst paragliding.
He snowboarded with his Sorels, and when his
legs got tired from riding with a heavy backpack
filled with supplies for the Chancel hut (Sorels
are pretty soft and offer precious little ankle
support), he would simply flip around and ride
the Chancel traverse fakie (tail first) with his
swallowtail board.
Gunnar had his very own exit from the Pan de
Rideau: Gunnar’s passage. He lived for free in the
low ceilinged shed under La Chaumine, sharing
accommodation with the garbage bags.
The skibums rather resented the fact that the
itineraries “back there” were made public. Best to
keep your lines secret then. For years to come,
skiers in La Grave would pointedly look the other
way if asked where they were going, or heaven
forbid, if someone asked to come along.
Plans for next day’s gig would always be made
in whispers. Unwritten rules of conduct forbade
the showing off your harness, nobody were
to know that you were heading for a line that
required a rappel. When going into Orcières you
hid your tracks by walking in over the rocks to
ensure that nobody would follow.
This community was obviously quite reticent
about revealing the identity of this little paradise
where everyone knew each other by name.
Vallée X –
le dernier
domaine skiable
non commercialisé
d’Europe
Ainsi, les premières années, La Grave reste un secret
plutôt bien gardé. Les photographes vendent leurs
photos sous « pseudonyme » pour ne pas attirer les
foules: La Grave est appelé Val Terces (anagramme
de secret) ou Valley X (P-tex, lies and duct tape, 1994).
En 1989, le journaliste britannique Adam Ruck écrit
un article où il déclare avoir décidé de parler de cet
endroit dont il a gardé le secret jusqu’à maintenant plutôt le partager que le voir périr faute de fréquentation (La Grave – a serious situation).
Kim et Joe, un couple américain, racontent qu’au
début des années 90, ils ont skié à Val d’Isère, ce qui
ne correspondait pas tout à fait à leurs attentes.
- « Un gars de notre groupe nous a dit que La Grave
serait l’endroit parfait pour nous ». - « Chouette, c’est
où ? ». - « Je ne sais pas ». A l’automne, Kim et Joe ont
retrouvé la trace de cet endroit mystérieux dans une
annonce qui comptait deux lignes, et ils sont partis
à La Grave pour la première fois à Noël 1993. Ils ont
logé à La Chaumine avec les suédois. « Il y avait des
tonnes de neige et le téléphérique ouvrait rien que
pour notre groupe ». Depuis, ils sont revenus chaque
année et maintenant qu’ils sont à la retraite, ils
passent toute la saison d’hiver ici.
Dans le courant des années 90, La Grave acquiert
une renommée de plus en plus internationale, aidée
par un flux régulier de journalistes et de photographes. Beaucoup des habitués ne sont pas particulièrement ravis de voir La Grave devenir le chouchou
des magazines de ski. Dans un article du magazine
SNOW en 1995, un snowboardeur s’inquiète : « Avec
tout ce qui paraît dans les médias, cela va être l’horreur cet hiver. L’année passée il n’y avait personne sur
le domaine, mais il ne faut pas que tu le dises dans
ton journal. Il faut expliquer que c’est craignos […]. »
La même année, Bertrand Boone, un photographe
du coin, dit : « Si je fais passer mes photos, c’est que
je sais que c’est fini ». Ayant connu les années où on
était tout seul dans les Vallons de la Meije, il avait un
peu le blues. Sa plus grande hantise : que La Grave
devienne comme toutes les autres stations ! Mais
La Grave n’est jamais devenue comme les autres.
Valley X – Europe’s
Last Uncommercalised
Ski Area
So the first years La Grave remained a fairly well kept
secret. Photographers sold their photos under false
names, La Grave was called Val Terces (anagram for
Secret) or Valley X (P-tex, lies and duct tape, 1994) to
avoid attracting the crowds. In 1989, British journalist Adam Ruck wrote an article where declared that
he had decided to talk about this place that he had
hitherto kept secret because he would rather share it
than see it perish for lack of visitors (La Grave –
a serious situation).
Kim and Joe, an American couple, were skiing in Val
d’Isère in the early nineties, but it wasn’t quite what
they had hoped for. “A guy in our group told us La
Grave would be the perfect place for us”. - “Swell”,
said Kim, “where is it?” –“I don’ know”. In the autumn,
Kim and Joe happened upon a mention of this mysterious place once more in a two-line ad in Powder
Magazine. Christmas of ’93 was their first meeting
with La Grave. They stayed at La Chaumine with
the Swedes. “There were tons of snow and the lift
opened just for us.” Since then they have been back
every year, and now that they are retired they spend
the whole winter season here.
During the nineties, La Grave’s international reputation kept growing, helped on by a steady flow of
journalists and photographers. Many of the regulars
were less than happy about La Grave becoming a
recurrent theme in the ski agazines. In an article
from 1995 a snowboarder expresses his worry: “what
with all that has been published about La Grave
lately, it’s going to be awful this winter. Last year
there was nobody here, but don’t write that in your
article. You need to tell people that it’s dangerous
[…]”. The same year local photographer Bertrand
Boone says “if I publish my photos now, it’s because
I know that is over”. Having experienced the years
when you had the Vallons de la Meije to yourself,
he was feeling a little sad. His greatest fear: that
La Grave should become like any other ski area.
But La Grave never did.
Le mythe est
établi
Depuis, La Grave s’est fait un vrai nom dans le monde
du freeride. Un crochet par ici est désormais un
incontournable pour chaque adepte du ski libre,
qui se respecte. Même si « l’âge d’or » est passé, La
Grave n’a pas tant changé. Les ventes de duct tape
ont certainement bien baissé au fur et à mesure
que le goût pour le joli matériel a pris le dessus. Il y a
peut-être quelques bars et restaurants de plus qu’à
l’époque, mais il n’y a toujours pas de pistes dans les
vallons de la Meije et ils n’ont jamais construit de
télésiège dans Chancel. Vous ferez peut-être la queue
pour monter lors de quelques weekends ensoleillés
du mois de mars, mais le domaine ne paraît jamais
surchargé. Il reste tout aussi joli et sauvage. En
buvant votre bière après-ski, vous risquez de croiser
quelques-uns de ceux qui étaient déjà là au début de
l’aventure. Quand on a essayé La Grave, c’est difficile
de s’en passer.
The stuff of freeride
legend
Since then La Grave has acquired an established
place in the freeride worldview. A visit here is a must
for any freerider who respects himself. The “golden
age” is long gone, but La Grave hasn’t changed all
that much. Duct tape sales have definitely gone
down drastically as fancy gear came into fashion.
There may be a couple of more restaurants and bars
than back in the day, but there are still no groomed
runs, nor did they ever build a chairlift in Chancel.
You may occasionally have to queue up in the lift on
a sunny day in March, but the mountain never feels
crowded. The domain remains as wild and beautiful
as ever. While enjoying your after ski beer, you might
run into one of those who were here at the beginning of the adventure. Once you’ve tried La Grave,
it’s hard to quit.
La prochaine
Délégation de
Service Publique
pour le téléphérique
Le contrat de délégation de service public actuel arrive à
échéance en juin 2017, trente ans après la réouverture du
téléphérique. A la veille d’une autre reprise, La Grave se pose
beaucoup des mêmes questions que pendant les années
80. Quel sera le nouveau visage du téléphérique et de son
domaine hors-piste mythique ?
Le cahier des charges de la délégation de service public a
été édité, les projets déposés, et les négociations avec le
repreneur choisi auront lieu cet hiver.
La commune souhaite garder le caractère « sportif, naturel et
sauvage » du domaine, en limitant fortement les aménagements non liés aux remontées. Elle ne voudrait pas de pistes
supplémentaires, ni de neige de culture. Dans les dispositions
de la DSP, il y a une obligation de remise à niveau de l’installation
et des restaurants d’altitude ainsi que deux projets d’amélioration du service qui seront discutés lors de
la négociation :
• une gare intermédiaire de type P1 à 2000m permettant
le retour du Vallon de Chancel en fin de saison.
• un 3ème tronçon donnant accès au Dôme de la Lauze à
3600 m pour les piétons et les skieurs, été comme hiver,
avec un local commercial au sommet et une ouverture
prolongée (15 déc.- 30 sept.).
Reste à voir quels seront les résultats des négociations.
The next operating
licence for the lift
The current operating licence expires in June 2017, thirty
years after the reopening of the lift. At the threshold of a new
contractual agreement, many of the same questions that
were asked in the eighties come up again. What will the new
face of this legendary off-piste domain look like?
The obligations of the future licence holder have been
specified, the applications filed, and this winter will see the
negotiations with the chosen candidate.
The commune wants to preserve “the sporty, natural and
wild” character of the domain, strongly limiting any changes
not directly connected to the lifts. They do not wish there to
be any supplementary groomed runs, nor any artificial snow.
The contractor has the obligation to keep the mechanical
installations up to standard and to improve the altitude
restaurants. There are also two development projects that
will be discussed during negotiations:
• Another station like P1 at approximately 2000 m which
will enable skiers to re-load and avoid the lower traverse
via the Chancel at the end of the season.
• A third section going up to the Dôme de la Lauze at 3600
m, giving both skiers and pedestrians access to the highest
point in winter and summer, with a restaurant at the top
and a longer season (Dec. 15th to Sept. 30th).
We await the results of the negotiations.
13
Les Selfies de l’Office
The Selfies of the Office
Françoise, vendéenne de son état et
gravarotte d’adoption (depuis ses vacances
au ski dans les années 70), est le pilier de
l’Office de tourisme depuis 30 ans. Experte
des plantes sauvages comestibles et toute
sorte de confections délicieuses à base
de ses cueillettes du dimanche, et de son
jardin. Aimerait que la mer se trouve au
pied de nos montagnes.
Françoise, of the west coast Vendée by
birth right and of La Grave by adoption
(ever since her ski vacations in the seventies), has been the pillar of the Tourist
Office for 30 years. Expert on edible wild
plants and all sorts of delicious concoctions based on her wild growing treasures
and on her garden produce. Would like the
sea to reach the foot of our mountains.
Barbara, allemande dans ses origines
lointaines, mais venue skier à La Grave
au début des années ‘90 après des arrêts
intermédiaires à Lyon et de l’autre côté du
col. Webmaster et conseillère au domaine
nordique, métier d’appoint : vétérinaire.
Aimerait vivre dans un endroit plus reculé,
entourée d’animaux et de nature sauvage.
Barbara, her distant origins German, came
to ski La Grave in the early nineties after
lengthy stop overs in Lyon and on the
far side of the Lautaret. Webmaster and
hostess of the Nordic Area, spare-time job:
veterinarian. Would like to live in a more
remote place, surrounded by animals and
wilderness.
Lisa, qui depuis qu’elle a appris à
marcher rêvait de quitter sa banlieue
natale, a trouvé ici ce qu’elle cherchait. Responsable de structure et
accessoirement très diplômée dans
le domaine du sport et matières
liées. Fait son jardin et apprend
à tricoter. Maison secondaire en
Islande, accès hivernal par un tunnel
sous la neige. Aimerait courir plus
souvent.
Lisa, who dreamt of leaving her
natal suburb from the day she took
her first steps, found what she was
looking for here. Head of the Office
and otherwise laden down with
various degrees in sports and related
subjects. Grows her own vegetables
and is learning how to knit. Holiday
home in Iceland, winter access
through a tunnel under the snow.
Would like to run more often.
Legend’enhaut
Loin des grandes industries d’Asie, au bout
du hameau des Hières, se trouve un petit
atelier de textiles montagnards modernes.
OT LA MEIJE
LEGEND’ENHAUT
14 | La Grave / La Meije Hiver 2016/2017
Le design, c’est Thierry, le fondateur de l’entreprise, qui s’en
occupe. Il fait tous les dessins à la main, ensuite il en fait
une version numérique pour les envoyer au tisseur.
La matière première vient essentiellement de nos voisins
italiens. Les fils de lin grège sont teintés en Italie selon les
envies et les utilisations, avant d’être envoyés aux tisseurs
français. Pour le tissage, Thierry choisit des régions aux
traditions bien enracinées. Les jacquards sont réalisés aux
alentours de Lyon et dans la Loire. Quant aux lainages, le
savoir-faire est supérieur en Italie. Là encore, il choisit la région
selon la qualité recherchée. Pour les meubles, les tissus en
laine de la Toscane sont inusables. Ceux des Dolomites sont
plus doux avec une plus jolie tombée, alors forcément pour
nos rideaux et nos coussins nous les préférons. La qualité
haute couture, on la trouve encore du côté de Biella dans le
Piedmont.
Toutes ces belles étoffes sont ensuite rassemblées dans une
maison de village aménagée en fabrique, où Kina et Graça
s’occupent de la confection des articles : rideaux, coussins,
transats, sacs ou encore housses de iPad.
Il y a une petite boutique à La Grave, mais les créations
Legend’enhaut voyagent volontiers. On les retrouve des
chalets de Chamonix aux Pyrénées. L’entreprise travaille
souvent avec les professionnels, les architectes d’intérieur ou
les architectes tout court pour l’embellissement d’hôtels ou de
demeures de particuliers dans maints massifs montagneux.
Les tendances de cet hiver ? Les coussins cœur en fausse
fourrure blanche, le tissu au dessin népalais et les plaids loup.
Ambiance feutrée assurée.
www.legend-enhaut.com
Jenny, la norvégienne, devait venir faire
du snowboard deux semaines à la fin de
longues études de langues et d’autres
matières plus ou moins utiles. Elle a bien
aimé, donc elle a décidé de rester un peu
plus longtemps. C’était il y a seize ans.
Après un long intermezzo comme accompagnatrice en montagne, elle court
maintenant entre l’accueil et la promotion dans le bureau du fond. Aime coudre
sous les combles. Aimerait que la Meije et
son domaine skiable soient plus près des
fjords de l’ouest de la Norvège.
Jenny, the Norwegian, came here to
snowboard a couple of weeks after many
years of delving into language and other
more or less useful subjects. She quite
liked it and decided to stay a little longer.
That was sixteen years ago. After a rather
long interlude as a hiking guide, she now
runs between the front desk and the
offices in the back where she does the
promotion stuff. Enjoys sewing in her
attic. Would like La Meije and related ski
areas to lie closer to the fjords of Western
Norway.
A long way from the big Asian industries, at the far end of the
hamlet Les Hières, there is a little workshop where modern
mountain style textiles are designed, cut and sewn for home
decoration.
Thierry, the founder, is also the designer. He creates the
designs by hand and then makes a digital version that he
sends to the weaver.
The raw materials mostly come from our neighbours the
Italians. The undyed linen thread is tinted in Italy according to
use and desire, before being sent off to the French weavers.
When it comes to the weaving, Thierry chooses the regions
with the longest traditions. The Jacquard weaves are made
around Lyon and la Loire. As for the wools, the Italian knowhow is superior. There again he chooses the region according
to the quality he is looking for. The wool fabrics of Tuscany
are hardwearing and therefore perfect for furniture. The ones
from the Dolomites are softer and hang more nicely, so we
obviously prefer those for our curtains and cushions. For an
haute couture quality, around Biella in the Piedmont, is the
place to look.
All these beautiful fabrics are then gathered together in a
traditional village house made into a workshop, where Kina
and Graça transform them into curtains, cushions, deck
chairs, bags or IPad covers.
There is a small boutique in La Grave, but the creations of
Legend’enhaut also enjoy travelling. You will find them in
Chalets from Chamonix to the Pyrenees. The brand often
works with professionals, both interior architects and normal
architects, on the decoration of hotels and private homes in
many a mountainous region.
This winter’s fashion forecast? Fussy white heart-shaped
cushions, fabrics with a Nepalese pattern and the wolf plaid.
Snug atmosphere guaranteed.
www.legend-enhaut.com
Le Calendrier
des événements
hiver 2016-2017
The Events Calendar winter of 2016 – 2017
Meidjo Télémark
Festival
Meidjo Telemark Festival
31 mars au 2 avril
March 31st - April 2nd
Weekend festif et course décontractée autour d’une
discipline aux longues traditions. A u programme
concerts, repas et apéros bios, reconnaissance du
parcours en groupe et festivités diverses.
Festive weekend and informal race celebrating a
discipline with long-standing traditions. Concerts,
organic meal, aperitif, collective route-finding session
and various festivities.
Coupe de France
de Snowboard à
Villar d’Arène
The French Snowboard Cup
in Villar d’Arène
14 – 15 janvier
January 14th – 15th
Course de snowboard inscrite au calendrier
officiel de la coupe de France.
Snowboard race that is part of the official
Snowboard Cup calendar.
Reines de la Meije
Queens of La Meije
20 – 23 Janvier
January 20th – 23rd
Fin janvier, La Grave se teint en rose pour le
10ème week-end 100 % filles. Forfait gratuit
pour les filles aux Téléphériques des Glaciers
de la Meije le vendredi 20 et le lundi 23 janvier.
Le samedi 21 et le dimanche 22 : -70% (15€).
J SELBERG
MEIDJO TELEMARK
La Cantonale
19 mars
March 19th
Course d’époque remise au goût du jour. Pour fêter la
fin de saison au Chazelet, parents et enfants forment
équipe pour s’affronter amicalement aux voisins.
This race from the old days has been brought up to
date. To celebrate the end of the season in Chazelet,
parents and kids will form teams to compete amicably
against their neighbours.
At the end of January, La Grave will dress in pink
for the 10th women’s weekend. Free lift tickets
for women at the Téléphériques des Glaciers de
la Meije on Friday the 20th and Monday the 23rd of
January. 70 % off on Saturday the 21st and Sunday
the 22nd.
Weekend
découverte
des Stations
Villages
Discover the Village
Ski Resorts
28 – 29 janvier
January 28th – 29th
Le weekend parfait pour découvrir les Stations
Villages du Pays de la Meije à un prix défiant
toute concurrence. Forfait journée à 7€ par
personne, ce weekend seulement.
The perfect weekend to check out the slopes of
Chazelet and Villar d’Arène. Lift tickets for 7 € per
person, only this weekend.
29ème Derby
de la Meije
29th Derby de la Meije
5 – 7 avril
April 5th -7th
La première course a eu lieu en 1989, du haut en
bas. C’est donc maintenant une vielle tradition qui
se prolonge entre course sérieuse et concours de
costumes. S’en suit fête et fanfare jusqu’au bout de la
nuit.
The first race went from top to bottom in 1989. So
this cheerful mix between serious race and costume
party is already an old tradition. All is rounded off with
music and feasting until the early morning.
J SELBERG
Fête nordique
du printemps
Nordic Spring Festival
OT LA MEIJE
26 mars
March 26th
L’occasion de s’initier à quelques disciplines nordiques,
en famille et dans la bonne humeur. Relais des
familles, ski hockey, biathlon et tremplin, musique
et buvette.
Try out various Nordic disciplines, just for fun.
Family relay race, ski hockey, biathlon, ski jumping,
music and refreshment stall.
S. MORENVAL
15
LE JOURNAL A ÉTÉ ÉDITÉ LE 15 OCTOBRE 2016. RESPONSABLE DE LA PUBLICATION : SYLVAIN ARNAUD, RÉDACTION : JENNY SELBERG. EDITION : OFFICE DU TOURISME DE LA GRAVE -LA MEIJE - VILLAR D’ARENE |
DESIGN GRAPHIQUE : WWW.STUDIOHAVANA.FR | BRIANÇON, IMPRESSION : MJB PUBLI – SITES. NE PAS JETER SUR LA VOIE PUBLIQUE
Retour
sur l’été 2016
Look back on summer 2016
La Galerie de l’Alpe - sciences et
tourisme fusionnent au Lautaret
The Alpine Gallery - science and tourism merge at the Lautaret
La Galerie de l’Alpe fut
officiellement inaugurée
le 29 juin 2016. Ce nouveau
bâtiment combine l’accueil
de la science et l’accueil du
grand public. Il comprend
l’entrée du jardin alpin botanique, une salle d’exposition,
une salle de conférence et un
laboratoire de recherche.
L’été dernier, le public a
profité de l’exposition sur le
botaniste Dominique Villars,
ainsi que des conférences du
lundi où plusieurs thèmes
liés aux recherches ont été
présentés au public, car
la Station Alpine a pour
mission non seulement de
chercher mais aussi
de diffuser le savoir.
The Alpine Gallery was
officially opened on the
29th of June 2016.
This new building combines
facilities for receiving
scientists as well as the public.
It comprises the entrance to
the Alpine Botanical Garden,
an exhibition space, a conference room and a scientific
laboratory.
Last summer, the public
could enjoy an exhibition
on the botanist Dominique
Villars, as well as weekly
conferences presenting
various themes related
to the research, because
the purpose of the Alpine
Station is not only to obtain
but also to spread
scientific knowledge.
OT LA MEIJE
Numéros de téléphones utiles et numéros d’urgences Useful / emergency numbers
GPS de l’Office
du Tourisme de
la Meije
Latitude
45.0047222
Longitude
6.308611100000007
Bureau des Guides mountain guides office
Téléphériques la Meije Meije cable car
Garage Renault garage
Station service petrol station
Taxi de la Meije taxi
Meije autocars Meije bus
Parc National du Lautaret national park
Jardin Alpin Alpine garden 04 76 79 90 21
04 76 79 91 09
04 76 79 91 38
04 76 79 96 96
06 79 53 45 67
04 76 79 92 09
04 92 24 49 74
04 92 24 41 62
Météo weather forecast
3201
Info route Lautaret traffic
04 65 03 00 05
Médecin Pro-Pharmacien doctor pharmacist
04 76 79 98 03
Hôpital Briançon hospital
04 92 25 34 56
Secours en montagne mountain rescue patrol112
Gendarmerie police
04 76 79 91 02
Pompiers firemen18
SAMU UAS 15
www.lagrave-lameije.com • 04 76 79 90 05 • [email protected]
facebook.com/otlagrave • Donnez votre avis sur
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Tourisme. Non-contractual document. All the informations shown in this document may be changed, depending on the economic situation. The Tourist Office assumes no legal responsibility for errors or omissions.