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ÉCOLE NATIONALE VÉTÉRINAIRE D’ALFORT Année 2012 L’EXAMEN ÉCHOCARDIOGRAPHIQUE TRANSTHORACIQUE CHEZ LE DAUPHIN Tursiops truncatus : MISE AU POINT DE LA TECHNIQUE, RÉPÉTABILITÉ ET REPRODUCTIBILITÉ THÈSE Pour le DOCTORAT VÉTÉRINAIRE Présentée et soutenue publiquement devant LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE CRÉTEIL par Jonathan LICHTENBERGER Né le 18 février 1986 à Sélestat (Bas-Rhin) JURY Président : Pr. Professeur à la Faculté de Médecine de CRÉTEIL Membres Directeur : Pr. Valérie Chetboul Professeur à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort Assesseur : Dr. Renaud Tissier Maître de conférences à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort LISTE DES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT Directeur : M. le Professeur MIALOT Jean-Paul Directeurs honoraires : MM. les Professeurs MORAILLON Robert, PARODI André-Laurent, PILET Charles, TOMA Bernard Professeurs honoraires: Mme et MM. : BRUGERE Henri, BRUGERE-PICOUX Jeanne, BUSSIERAS Jean, CERF Olivier, CLERC Bernard, CRESPEAU François, DEPUTTE Bertrand, MOUTHON Gilbert, MILHAUD Guy, POUCHELON Jean-Louis, ROZIER Jacques DEPARTEMENT D’ELEVAGE ET DE PATHOLOGIE DES EQUIDES ET DES CARNIVORES (DEPEC) Chef du département : M. POLACK Bruno, Maître de conférences - Adjoint : M. BLOT Stéphane, Professeur - UNITE DE CARDIOLOGIE - UNITE DE PARASITOLOGIE ET MALADIES PARASITAIRES Mme CHETBOUL Valérie, Professeur * M. BLAGA Radu Gheorghe, Maître de conférences (rattaché au DPASP) Mme GOUNI Vassiliki, Praticien hospitalier M. CHERMETTE René, Professeur * M. GUILLOT Jacques, Professeur - UNITE DE CLINIQUE EQUINE M. HUBERT Blaise, Professeur contractuel M. AUDIGIE Fabrice, Professeur Mme MARIGNAC Geneviève, Maître de conférences M. DENOIX Jean-Marie, Professeur M. POLACK Bruno, Maître de conférences Mme DUPAYS Anne-Gaëlle, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel - UNITE DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE Mme GIRAUDET Aude, Praticien hospitalier * M. FAYOLLE Pascal, Professeur Mme MESPOULHES-RIVIERE Céline, Maître de conférences contractuel M. MAILHAC Jean-Marie, Maître de conférences Mme PRADIER Sophie, Maître de conférences M. MOISSONNIER Pierre, Professeur* M. NIEBAUER Gert, Professeur contractuel - UNITE D’IMAGERIE MEDICALE Mme RAVARY-PLUMIOEN Bérangère, Maître de conférences (rattachée au Mme BEDU-LEPERLIER Anne-Sophie, Maître de conférences contractuel DPASP) Mme STAMBOULI Fouzia, Praticien hospitalier Mme VIATEAU-DUVAL Véronique, Maître de conférences M. ZILBERSTEIN Luca, Maître de conférences - UNITE DE MEDECINE Mme BENCHEKROUN Ghita, Maître de conférences contractuel M. BLOT Stéphane, Professeur* Mme MAUREY-GUENEC Christelle, Maître de conférences M. ROSENBERG Charles, Maître de conférences - DISCIPLINE : NUTRITION-ALIMENTATION M. PARAGON Bernard, Professeur - UNITE DE REPRODUCTION ANIMALE Mme CONSTANT Fabienne, Maître de conférences (rattachée au DPASP) M. DESBOIS Christophe, Maître de conférences M. FONTBONNE Alain, Maître de conférences Mme MASSE-MOREL Gaëlle, Maître de conférences contractuel (rattachée au DPASP) M. NUDELMANN Nicolas, Maître de conférences M. REMY Dominique, Maître de conférences (rattaché au DPASP)* M. MAUFFRE Vincent, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel, (rattaché au DPASP) - DISCIPLINE : OPHTALMOLOGIE Mme CHAHORY Sabine, Maître de conférences * - DISCIPLINE : URGENCE SOINS INTENSIFS Mme ROUX Françoise, Maître de conférences - UNITE DE MEDECINE DE L’ELEVAGE ET DU SPORT M. GRANDJEAN Dominique, Professeur * Mme YAGUIYAN-COLLIARD Laurence, Maître de conférences contractuel DEPARTEMENT DES PRODUCTIONS ANIMALES ET DE LA SANTE PUBLIQUE (DPASP) Chef du département : M. MILLEMANN Yves, Maître de conférences - Adjoint : Mme DUFOUR Barbara, Professeur - DISCIPLINE : BIOSTATISTIQUES - UNITE DE PATHOLOGIE MEDICALE DU BETAIL ET DES ANIMAUX DE M. DESQUILBET Loïc, Maître de conférences BASSE-COUR M. ADJOU Karim, Maître de conférences * - UNITE D’HYGIENE ET INDUSTRIE DES ALIMENTS D’ORIGINE M. BELBIS Guillaume, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel, ANIMALE M. HESKIA Bernard, Professeur contractuel M. AUGUSTIN Jean-Christophe, Maître de conférences M. MILLEMANN Yves, Maître de conférences M. BOLNOT François, Maître de conférences * M. CARLIER Vincent, Professeur - UNITE DE ZOOTECHNIE, ECONOMIE RURALE Mme COLMIN Catherine, Maître de conférences M. ARNE Pascal, Maître de conférences* M. BOSSE Philippe, Professeur - UNITE DE MALADIES CONTAGIEUSES M. COURREAU Jean-François, Professeur M. BENET Jean-Jacques, Professeur Mme GRIMARD-BALLIF Bénédicte, Professeur Mme DUFOUR Barbara, Professeur* Mme LEROY-BARASSIN Isabelle, Maître de conférences Mme HADDAD/HOANG-XUAN Nadia, Professeur M. PONTER Andrew, Professeur Mme PRAUD Anne, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET PHARMACEUTIQUES (DSBP) Chef du département : Mme COMBRISSON Hélène, Professeur - Adjoint : Mme LE PODER Sophie, Maître de conférences - UNITE D’ANATOMIE DES ANIMAUX DOMESTIQUES - UNITE DE PATHOLOGIE GENERALE MICROBIOLOGIE, M. CHATEAU Henry, Maître de conférences* IMMUNOLOGIE Mme CREVIER-DENOIX Nathalie, Professeur M. BOULOUIS Henri-Jean, Professeur M. DEGUEURCE Christophe, Professeur Mme QUINTIN-COLONNA Françoise, Professeur* Mme ROBERT Céline, Maître de conférences M. MAGNE Laurent, Maître de conférences contractuel - DISCIPLINE : ANGLAIS Mme CONAN Muriel, Professeur certifié - UNITE DE PHARMACIE ET TOXICOLOGIE Mme ENRIQUEZ Brigitte, Professeur M. PERROT Sébastien, Maître de conférences M. TISSIER Renaud, Maître de conférences* - UNITE DE BIOCHIMIE M. BELLIER Sylvain, Maître de conférences* M. MICHAUX Jean-Michel, Maître de conférences - DISCIPLINE : EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE M. PHILIPS, Professeur certifié - UNITE DE PHYSIOLOGIE ET THERAPEUTIQUE Mme COMBRISSON Hélène, Professeur Mme PILOT-STORCK Fanny, Maître de conférences M. TIRET Laurent, Maître de conférences* - UNITE DE GENETIQUE MEDICALE ET MOLECULAIRE Mme ABITBOL Marie, Maître de conférences M. PANTHIER Jean-Jacques, Professeur* - UNITE DE VIROLOGIE M. ELOIT Marc, Professeur Mme LE PODER Sophie, Maître de conférences * -UNITE D’HISTOLOGIE, ANATOMIE PATHOLOGIQUE Mme CORDONNIER-LEFORT Nathalie, Maître de conférences* M. FONTAINE Jean-Jacques, Professeur Mme LALOY Eve, Maître de conférences contractuel M. REYES GOMEZ Edouard, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel - DISCIPLINE : ETHOLOGIE Mme GILBERT Caroline, Maître de conférences * responsable d’unité REMERCIEMENTS ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ Au Professeur de la faculté de Médecine de Créteil, qui nous a fait l’honneur d’accepter la présidence de notre jury de thèse. Hommage respectueux. À Madame Valérie Chetboul, Professeur à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort. Pour cette aventure extraordinaire, pour tout ce travail accompli ensemble (toujours dans la bonne humeur !), pour ce merveilleux congrès aux Açores et ses cétacés sauvages, pour le temps passé à avoir défendu l’éthique et l’enseignement dans notre chère Ecole, pour avoir cru en moi et m’avoir soutenu dans mes candidatures pour l’internat, pour m’avoir si bien accueilli dans votre service, pour votre enseignement. Du fond du cœur, mes plus sincères remerciements et toute mon admiration. À Monsieur Renaud Tissier, Maître de conférences à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort. Pour votre précieuse participation dans l’analyse statistique de nos données, pour votre disponibilité et votre gentillesse. Sincères remerciements. ************************* À l’Unité de Cardiologie d’Alfort : Pr. Jean-‐Louis Pouchelon, Vassiliki Gouni, Émilie Tréhiou-‐Sechi, Charlotte Misbach, Amandine Petit, Anne-‐Cécile Hoffmann et Gwendoline Chaix. Pour m’avoir accueilli parmi vous, pour toutes ces victoires et les nombreux fous rires. Merci. À toute l’équipe du delphinarium du Parc Astérix : Birgitta Mercera, Fabienne Delfour, Mathieu Mellin et les nombreux soigneurs. Pour cette formidable aventure humaine et scientifique. Merci. Au Professeur Hervé Lefebvre, grâce à qui tout a commencé et sa participation dans ce travail. Merci. À la société SCIL, pour nous avoir généreusement prêté l’échographe portable utilisé dans cette étude. Merci. ************************* ♦ À mes parents, qui m’ont permis de réaliser ce rêve d’enfant. Vous avez toujours été là pour moi. Je vous aime fort. ♦ À Alexandre. Pour accepter de me suivre là-‐bas… Merci. ♦ À Cayenne, ma fidèle compagne. Pour avoir passé les 5 premières années de ta vie avec moi à Alfort. Toi aussi tu mérites ta thèse maintenant ! ♦ À mon ANCIEN, Jérémie et mon poulot, Florent. Vous m’en avez fait voir de toutes les couleurs ! Quelle cosmique lignée ! ♦ À mes amis de Saint-‐Louis, d’Alfort et d’ailleurs… Pour ces folles années ! Mille Mercis. ************************* « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » Guillaume d’Orange, cité par Suzanne Erdman Ce travail a fait l’objet de plusieurs présentations scientifiques : • Aux 8ème et 9ème Congrès Internationaux sur les Animaux Sauvages et Exotiques (Açores, mai 2011 et Paris, mars 2012). • Aux 40ème Symposium de l’European Association for Aquatic Mammals (EAAM, Madrid, mars 2012). • Au Congrès Young Researchers in Life Sciences 2012 (Paris, mai 2012). Il a également été sélectionné pour une communication orale lors du ème 44 Congrès Annuel de l’American Association of Zoo Veterinarians (AAZV, Oakland, octobre 2012), catégorie « Future of our Profession » et est soumis à publication dans le Journal of Veterinary Cardiology. Enfin, cette étude a été récompensée au Symposium de l’EAAM par le prix de la meilleure communication orale. TABLE DES MATIÈRES TABLE DES FIGURES ....................................................................................................................... 3 TABLE DES TABLEAUX ................................................................................................................... 7 INTRODUCTION ................................................................................................................................ 9 PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE : particularités anatomiques et physiologiques du système cardiovasculaire et respiratoire chez le dauphin Tursiops truncatus ...... 11 I. Particularités anatomiques ......................................................................................................... 13 A. Appareil respiratoire .................................................................................................................................. 13 1. Les voies respiratoires supérieures .................................................................................................................. 13 1.1 Voies nasales ....................................................................................................................................................... 13 1.2 Larynx .................................................................................................................................................................... 16 1.3 Trachée et bronches ........................................................................................................................................ 17 2. Cage thoracique et poumons ................................................................................................................................ 19 2.1 Cage thoracique et muscles ventilatoires ............................................................................................... 19 2.2 Topographie et conformation des poumons ........................................................................................ 22 2.3 Particularités histologiques des poumons ............................................................................................. 23 B. Appareil cardiovasculaire ......................................................................................................................... 27 1. Le cœur .......................................................................................................................................................................... 27 1.1 Topographie et conformation externe ..................................................................................................... 27 1.2 Conformation interne ...................................................................................................................................... 32 1.3 Particularités histologiques .......................................................................................................................... 33 2. Le système vasculaire .............................................................................................................................................. 35 2.1 Circuits artériels et veineux .......................................................................................................................... 35 2.2 Les réseaux admirables ou rete mirabile ................................................................................................ 35 2.3 Le système vasculaire des nageoires : siège de la thermorégulation ......................................... 38 II. Particularités physiologiques .................................................................................................... 41 A. Appareil respiratoire ................................................................................................................................... 41 1. Des performances respiratoires accrues ......................................................................................................... 41 1.1 Une fréquence et un rythme respiratoires adaptés à la plongée ................................................. 41 1.2 Une ventilation efficace .................................................................................................................................. 42 1.3 Des échanges gazeux alvéolaires optimisés .......................................................................................... 43 2. Une adaptation pulmonaire à l’hyperbarie .................................................................................................... 44 3. Régulation de la respiration : la ventilation est-‐elle un acte réflexe ou volontaire ? ................... 45 B. Appareil cardiovasculaire ......................................................................................................................... 45 1 1. Fréquence cardiaque en plongée et maintien de la pression sanguine ............................................. 45 2. Une circulation sélective en plongée ................................................................................................................. 47 2.1 Une circulation à géométrie variable ....................................................................................................... 47 2.2 Irrigation du cerveau ....................................................................................................................................... 48 2.3 Vascularisation musculaire en plongée ................................................................................................... 48 3. Le rôle du système vasculaire dans la régulation de la pression .......................................................... 49 4. Quelques particularités hématologiques ........................................................................................................ 49 III. Examens complémentaires permettant l’exploration des fonctions respiratoire et cardiovasculaire chez le dauphin en captivité ......................................................................... 51 A. Exploration de l’appareil respiratoire ................................................................................................. 51 1. Examen bactériologique et cytologique des expectorations .................................................................. 51 2. Examens radiographique, scanner et imagerie par résonnance magnétique du thorax ............ 53 3. Échographie thoracique ......................................................................................................................................... 55 4. Endoscopie des voies respiratoires supérieures ......................................................................................... 56 B. Exploration de l’appareil cardiovasculaire ........................................................................................ 57 1. Électrocardiographie (ECG) .................................................................................................................................. 57 2. Examen radiographique thoracique .................................................................................................................. 57 3. Échocardiographie .................................................................................................................................................... 57 PARTIE EXPÉRIMENTALE : validation de l’échocardiographie transthoracique chez le dauphin Tursiops truncatus ....................................................................................... 59 I. Introduction et objectifs ............................................................................................................... 61 II. Matériels et méthodes .................................................................................................................. 65 A. Animaux ............................................................................................................................................................ 65 B. Technique échocardiographique utilisée .......................................................................................... 65 C. Protocole ............................................................................................................................................................ 71 D. Analyse statistique ........................................................................................................................................ 73 III. Résultats .......................................................................................................................................... 75 IV. Discussion ....................................................................................................................................... 79 CONCLUSION ................................................................................................................................... 85 BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................................ 87 2 TABLE DES FIGURES Figure 1 : Évent chez le dauphin Tursiops truncatus ............................................................................ 13 Figure 2 : Sacs aériens chez le dauphin (REIDENBERG et LAITMAN, 2008) ....................................... 14 Figure 3 : Structures impliquées dans les productions sonores chez le dauphin (d’après CRANFORD et al., 1996) ......................................................................................................................................... 15 Figure 4 : Anatomie du bouchon nasal chez le dauphin Tursiops truncatus (GRASSE, 1955) ......................................................................................................................................................... 16 Figure 5 : Anatomie du larynx chez le dauphin Tursiops truncatus (GRASSE, 1955) ............... 17 Figure 6 : Croisée des voies respiratoires et digestives chez le dauphin (d’après COLLET et DUGUY, 1987) ........................................................................................................................................................... 17 Figure 7 : Trachée et bronches chez le dauphin Stenella coeruleoalba (COZZI et al., 2005) 18 Figure 8 : Aspect microscopique de la trachée chez le dauphin Stenella coeruleoalba (COZZI et al., 2005) ................................................................................................................................................. 19 Figure 9 : Cage thoracique chez le dauphin Tursiops truncatus (PISCITELLI et al., 2010) ..... 20 Figure 10 : Muscles crânio-‐cervicaux impliqués dans l'inspiration chez le dauphin Tursiops truncatus (COTTEN et al., 2008) .................................................................................................... 21 Figure 11 : Muscles lombo-‐pelviens impliqués dans l'expiration chez le dauphin Tursiops truncatus (COTTEN et al., 2008) ....................................................................................................................... 22 Figure 12 : Position du diaphragme chez le dauphin Tursiops truncatus (PISCITELLI et al., 2010) ........................................................................................................................................ 23 Figure 13 : Sphincter myoélastique circulaire enserrant une bronchiole terminale chez le dauphin à flancs blancs (x125) (RIDGWAY, 1972) ..................................................................... 24 Figure 14 : Coupe longitudinale d'un sac alvéolaire isolé chez le dauphin Tursiops truncatus (PREAU, 1987) ..................................................................................................................................... 25 Figure 15 : Septum alvéolaire : comparaison entre l’homme et le dauphin (SLIJPER, 1962) 26 Figure 16 : Ancienne planche anatomique de dauphin Phocaena phocaena : coupe sagittale gauche de la moitié crâniale du corps (FRASER, 1952) ......................................... 28 Figure 17 : Face ventrale du cœur chez le dauphin Tursiops truncatus (CAVE, 1977) ........... 29 Figure 18 : Face dorsale du cœur chez le dauphin Tursiops truncatus (CAVE, 1977) ............. 30 Figure 19 : Face ventrale du cœur disséqué chez le dauphin Tursiops truncatus (avec l’autorisation du Pr. Bruno Cozzi, Université de Padova, Italie) ...................................................... 31 3 Figure 20 : Face ventrale (à gauche) et dorsale (à droite) du cœur disséqué chez le dauphin Pontoporia blainvillei (PEREZ et LIMA, 2006) .......................................................................... 31 Figure 21 : Conformation interne du coeur chez le dauphin (FRASER, 1952) .............................. 32 Figure 22 : Cœur de phoque marbré (Pusa hispida) isolé (à gauche) et en place (à droite) (SMODLAKA et al., 2009) .................................................................................................................. 33 Figure 23 : Endocarde du ventricule droit d'un globicéphale (x55) (RIDGWAY, 1972) ............ 34 Figure 24 : Principales artères chez le dauphin Tursiops truncatus (SLIJPER, 1962) .............. 35 Figure 25 : Les réseaux admirables chez le dauphin Tursiops truncatus (NAKAJIMA, 1961) .................................................................................................................................................... 36 Figure 26 : Structures vasculaires et principaux réseaux admirables de la région dorso-‐ crâniale chez le dauphin commun (Delphinus delphis) (FRASER, 1952) ........................................ 37 Figure 27 : Réseau admirable thoracique chez le dauphin commun (Delphinus Delphis) (SLIJPER, 1962) ........................................................................................................................................................ 37 Figure 28 : Structure histologique du réseau admirable thoracique chez le dauphin Tursiops truncatus (NAKAJIMA, 1961) ........................................................................................................... 38 Figure 29 : Mise en évidence de la vascularisation de la nageoire caudale par angiographie chez le dauphin Tursiops truncatus (ELSNER et al., 1974) ...................................... 39 Figure 30 : Structures vasculaires originales des nageoires chez le dauphin Tursiops truncatus (PABST et al., 1999) .......................................................................................................................... 40 Figure 31 : Fréquence cardiaque en plongée et en surface chez le dauphin Tursiops truncatus (ELSNER, 1969) ................................................................................................................................... 46 Figure 32 : Prélèvement d'une expectoration chez un dauphin Tursiops truncatus (PEARL, 2010) .......................................................................................................................................................... 52 Figure 33 : Examen radiographique chez un dauphin placé dans un harnais (VAN BONN et al., 2001) ....................................................................................................................................... 53 Figure 34 : Radiographies numériques du thorax chez le dauphin Tursiops aduncus (VAN BONN et al., 2001) ....................................................................................................................................... 54 Figure 35 : Endoscopie des voies respiratoires supérieures chez le dauphin Tursiops truncatus (TSANG et al., 2002) .......................................................................................................................... 56 Figure 36 : Principe du mode échographique temps-‐mouvement (TM) (BOEHMEKE et DOLIVA, 2006) .............................................................................................................................. 63 Figure 37 : Comparaison des modes TM conventionnel et TM anatomique pour le choix de l'axe de tir ............................................................................................................................................... 64 4 Figure 38 : Grand bassin du delphinarium du Parc Astérix (photo : Pascal Kammerer) ...... 65 Figure 39 : Echographe portable Vivid i, General Electrics Healthcare ....................................... 66 Figure 40 : Dispositif et position idéale du dauphin pour son examen échocardiographique transthoracique ....................................................................................................... 67 Figure 41 : Essais préliminaires consistant à trouver la position idéale de l'animal pour l'examen échocardiographique transthoracique ................................................................................... 68 Figure 42 : Position de la sonde lors de l'examen échocardiographique transthoracique chez le dauphin Tursiops truncatus (photo : Vincent Capman) ....................................................... 69 Figure 43 : Représentation shématique de la position de la sonde lors de l'examen échocardiograpique transthoracique chez le dauphin Tursiops truncatus (illustration : Nicolas Gaide) ......................................................................................................................................................... 69 Figure 44 : Représentation shématique de la coupe grand axe obtenue par voie parasternale gauche chez le dauphin Tursiops truncatus (illustration : Nicolas Gaide) ..... 70 Figure 45 : Coupe grand axe obtenue par voie parasternale gauche, montrant le ventricule gauche ventralement et la crosse aortique dorsalement, chez le dauphin Tursiops truncatus ............................................................................................................................................... 71 Figure 46 : Échocardiogramme en mode TM obtenu à partir de la coupe grand axe parasternale gauche chez le dauphin Tursiops truncatus ................................................................. 72 5 TABLE DES TABLEAUX Tableau 1 : Masse des poumons rapportée à la masse corporelle chez certains mammifères (YAMASAKI et al., 1977) ............................................................................................................. 23 Tableau 2 : Masse du coeur rapportée à la masse corporelle chez certains odontocètes et l'homme (RIDGWAY et JOHNSTON, 1966) .................................................................................................... 27 Tableau 3 : Comparaison des volumes pulmonaires du grand dauphin (Tursiops truncatus) et de l'homme (GASPAR, 1991; IRVING et al., 1941) ....................................... 42 Tableau 4 : Fréquences cardiaques en surface et en plongée chez différentes espèces de mammifères marins et chez l'homme (MAYOL, 1989; RIDGWAY, 1972) ........................................... 46 Tableau 5 : Eléments cytologiques normalement présents dans une expectoration de dauphin Tursiops truncatus (SWEENEY et MICHELLE, 2001) ................................................................. 52 Tableau 6 : Dauphins (Tursiops truncatus) ayant participé à l'étude .......................................... 65 Tableau 7 : Valeurs moyennes ± écarts-‐types, minimales et maximales des paramètres échocardiographiques mesurés chez 4 dauphins Tursiops truncatus à partir de 96 examens échocardiographiques réalisés en utilisant le mode TM anatomique ........................ 76 Tableau 8 : Variabilités intra-‐jour et inter-‐jours des paramètres échocardiographiques mesurés chez 4 dauphins Tursiops truncatus grâce à l’utilisation du mode TM anatomique lors de 96 examens échocardiographiques, exprimées par leurs écarts-‐types et leurs coefficients de variation (CV) ............................................................................... 77 7 INTRODUCTION Le grand dauphin, Tursiops truncatus, est un mammifère hors du commun, capable de plonger en apnée jusqu’à 600 m de profondeur. À titre comparatif, le record d’apnée « no limit » est détenu chez l’homme, par l’autrichien Herbert Nitsch à 214 m de profondeur. Ces performances extraordinaires sont possibles grâce aux formidables adaptations anatomiques et physiologiques dont bénéficient le dauphin ainsi que d’autres mammifères marins. Ces adaptations concernent essentiellement l’appareil respiratoire et cardiovasculaire de l’animal, dont la fonction clé est d’apporter de l’oxygène à toutes les cellules de l’organisme et en priorité au cerveau. Malheureusement, ces fonctions peuvent être atteintes par différents processus pathologiques. Si, à l’heure actuelle, les examens complémentaires capables d’explorer la fonction respiratoire du dauphin sont courants, ceux permettant l’exploration de la fonction cardiaque demeurent très limités et le diagnostic des cardiopathies est le plus souvent réalisé postmortem. Chez l’homme, comme chez les animaux de compagnie, l’échocardiographie transthoracique est l’examen complémentaire de choix pour le diagnostic des maladies cardiaques. L’objectif de ce travail a été d’évaluer la faisabilité de l’examen échocardiographique chez le dauphin Tursiops truncatus et de valider une technique utilisant le mode temps-‐mouvement anatomique en déterminant sa variabilité intra-‐ et inter-‐jours. La première partie est donc consacrée à l’étude des particularités anatomiques et physiologiques de l’appareil cardiovasculaire et respiratoire chez le dauphin, ainsi que des examens complémentaires disponibles pour leur exploration. La deuxième partie présente notre contribution à la réalisation de l’échocardiographie transthoracique chez le dauphin vigile, grâce à l’étude de la répétabilité et de la reproductibilité de cet examen en utilisant le mode temps-‐mouvement anatomique. 9 PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE : Particularités anatomiques et physiologiques du système cardiovasculaire et respiratoire chez le dauphin Tursiops truncatus Dans cette partie, notre étude concerne essentiellement le grand dauphin, Tursiops truncatus. D’autres espèces appartenant à la famille des Delphinidés, dont l’anatomie et la physiologie sont proches de celles du grand dauphin, seront évoquées. Les exemples d’autres mammifères marins, Odontocètes ou même Pinnipèdes seront parfois cités. 11 I. Particularités anatomiques A. Appareil respiratoire 1. Les voies respiratoires supérieures 1.1 Voies nasales Le dauphin respire à travers un orifice unique appelé évent, situé au sommet du crâne, entre les deux yeux (Figure 1). Cette adaptation anatomique permet à ce cétacé de respirer tout en se déplaçant et sans avoir à sortir la tête de l’eau (COLLET et DUGUY, 1987). L’évent est un orifice en forme de croissant dont la concavité est dirigée crânialement. La lèvre antérieure de l’évent est relativement molle et mobile tandis que la lèvre postérieure est plus rigide (MEAD, 1975). La fermeture de l’évent est passive et résulte de deux mécanismes concomitants. Le premier fait intervenir la tension créée par l’élasticité des différents tissus qui soutiennent l’évent. Le second met en jeu la pression interne exercée par l’air présent dans les voies nasales, ainsi que la pression hydrostatique externe exercée par l’eau lorsque l’animal est en plongée (SCHENKKAN, 1973). Figure 1 : Évent chez le dauphin Tursiops truncatus À gauche : évent fermé ; à droite : évent ouvert. 13 L’ouverture de l’évent fait intervenir une musculature complexe dérivant du muscle maxillo-‐naso-‐labial (LAWRENCE et SCHEVILL, 1956). Elle est commandée par un système réflexe auquel participent des récepteurs sensibles à la température ainsi qu’un contact de l’air ou de l’eau. L’évent s’ouvre sur un conduit nasal unique n’ayant aucune fonction d’olfaction et sur lequel sont attachés différents diverticules appelés sacs aériens, demeurant à l’extérieur du crâne (Figure 2). Le grand dauphin possède trois types de sacs aériens : les sacs aériens paranasaux situés dorsalement au crâne, les sacs aériens ptérygoïdiens situés autour du pharynx ventralement au crâne et les sacs aériens laryngés situés ventralement au larynx. Les sacs aériens paranasaux sont au nombre de quatre paires (vestibulaires, nasofrontaux antérieurs et postérieurs et prémaxillaires) et assurent différentes fonctions comme la transmission des sons, l’augmentation du volume inspiratoire, l’équipression en plongée ou encore la réduction de l’espace mort respiratoire (MEAD, 1975; REIDENBERG et LAITMAN, 2008; SCHENKKAN, 1973). Figure 2 : Sacs aériens chez le dauphin (REIDENBERG et LAITMAN, 2008) Sac nasofrontal Évent Sac vestibulaire Sac ptérygoïdien Narine osseuse Sac ptérygoïdien Larynx L’entrée du sac nasofrontal n’est pas visible car elle se situe sous le sac vestibulaire. 14 Ventralement aux sacs aériens vestibulaires, se trouvent deux paires de lèvres phoniques, également appelées « museau de singe ». Le passage de l’air dans le conduit étroit formé par l’accolement de ces lèvres met en vibration les tissus environnants dont des poches de graisse appelées « bursae » permettant ainsi de générer des sons (Figure 3) (CRANFORD et al., 1996). Figure 3 : Structures impliquées dans les productions sonores chez le dauphin (d’après CRANFORD et al., 1996) Évent Sac aérien Les voies nasales se terminent par les narines osseuses qui sont courtes et dépourvues de cornets. Ces dernières peuvent être bouchées grâce à de petites masses constituées de muscle et de tissus fibreux, venant s’emboiter dans chaque conduit nasal et l’oblitérer. On appelle ces structures les « bouchons nasaux ». Ils constituent, après l’évent, un second niveau de verrouillage empêchant l’eau de pénétrer dans les voies respiratoires (Figure 4) (CRANFORD et al., 1996). 15 Figure 4 : Anatomie du bouchon nasal chez le dauphin Tursiops truncatus (GRASSE, 1955) Dorsal Air Évent Caudal Crânial Narine osseuse Bouchon nasal Ventral 1.2 Larynx Le larynx des Odontocètes possède une structure bien particulière, différente de celle des mammifères terrestres (Figure 5). L’épiglotte et les cartilages aryténoïdes sont allongés et forment un tube cartilagineux « en bec de canard », ou tube aryténoépiglottique, qui vient s’insérer dans le naso-pharynx. Ce tube de 8 à 10 cm est solidement maintenu en place par les muscles palato-pharyngiens formant un puissant sphincter qui, en se contractant, ferme la fente laryngée (coaptation de l’épiglotte et des cartilages aryténoïdes) (RIDGWAY, 1972) Ceci constitue un troisième niveau de verrouillage des voies respiratoires. 16 Figure 5 : Anatomie du larynx chez le dauphin Tursiops truncatus (GRASSE, 1955) Air Dorsal Épiglotte Caudal Crânial Cartilage aryténoïde Sphincter pharyngien Ventral À gauche : larynx montrant la coaptation épiglotte/cartilages aryténoïdes ; à droite : larynx avec son sphincter pharyngien. Le tube aryténo-épiglottique traverse l’oropharynx et ne permet aucun passage entre les voies respiratoires et le tube digestif, les aliments contournent le larynx pour aller dans l’estomac (Figure 6) (ROUSSEAU, 2000). Figure 6 : Croisée des voies respiratoires et digestives chez le dauphin (d’après COLLET et DUGUY, 1987) 1.3 Trachée et bronches Macroscopiquement la trachée du dauphin est courte et large (5 cm chez un grand dauphin de 200 kg) (Figure 7). Elle est constituée d’anneaux cartilagineux complets dans son extrémité crâniale puis rapidement incomplets, les lames se 17 chevauchent alors et ferment la trachée. On note l’absence de paroi membraneuse et de véritable muscle trachéal. La trachée peut contenir un volume d’air maximal représentant 4 % du volume pulmonaire total. La bronche apicale droite se détache avant la division de la trachée en deux bronches principales. Les anneaux cartilagineux et les plaques de cartilage sont présents depuis la trachée jusque dans les plus petites bronches ayant un diamètre inférieur à 1 mm (PREAU, 1987). Figure 7 : Trachée et bronches chez le dauphin Stenella coeruleoalba (COZZI et al., 2005) 504 COZZI ET AL. Mechanical Tests Compression tests. Stress-strain curves obtained during compression tests on D dolphin specimens are shown in Figure 6a as an example of the results we obTrachée tained. All the curves, recorded during compression tests, display a similar trend, although with slightly different values of stress at a given strain. Stress increases slowly with increasing strain until the sample inner surfaces do not reach contact; when lumen occlusion is reached, sample stiffness increases abruptly. The values of the slope (Ec) of the linear segment of the !-ε curve for each dolphin specimen are summarized in Table 1. Data dispersion mainly depends on the interindividual anatomical variability of the tracheal samples. However, additional dispersion factor due to little geometrical differences among the cut samples, due to unavoidable cutBronche cannot principale ting tolerances, be excluded. Pictures taken during the compression tests (Fig. 6c) show the evolution of C2 gauche tracheal lumen occlusion. Cyclic compression test were performed on some samples from D and E dolphins to quantify recovery capacity after complete occlusion. The curves obtained for sample E4 relating to three subsequent cycles are shown in Figure 6b. The stress-strain curve representing the second compression cycle is quite superimposed to the first compression curve, witnessing structural recovery after complete occlusion, due to elastic properties of biological tissues. Similar results were obtained for each sample used in the multiple compression experiments. Bronche apicale droite Bronche principale droite Fig. 3. Whole trachea and bronchi of Stenella coeruleoalba. Microscopiquement, la trachée du dauphin se caractérise par sa sous-‐muqueuse possédant de larges sinus veineux qui peuvent s’engorger pour occuper la place de l’air comprimé lors de la plongée (Figure 8). Lorsque l’animal fait surface, la pression diminue, les sinus veineux se collabent en même temps que l’air reprend son volume d’origine. L’air vicié est alors chassé vers l’extérieur (PREAU, 1987). Figure 4. 18 after complete occlusion. The curves obtained for sample E4 relating to three subsequent cycles are shown in Figure 6b. The stress-strain curve representing the second compression cycle is quite superimposed to the first compression curve, witnessing structural recovery after complete occlusion, due to elastic properties of biological tissues. Similar results were obtained for each sample used 8 : Acompression spect microscopique inFigure the multiple experiments. de la trachée chez le dauphin Stenella coeruleoalba (COZZI et al., 2005) Stenella coeruleoalba. À gauche : coupe transversale de trachée de Stenella coeruleoalba (coloration HES), les flèches indiquent Figure 4.les sinus veineux, barre = 1 cm ; à droite : gros plan sur les sinus veineux de la sous-‐muqueuse de la trachée (coloration HES), barre = 200 μm. 2. Cage thoracique et poumons 2.1 Cage thoracique et muscles ventilatoires La cage thoracique des dauphins est pourvue d’une grande mobilité (Figure 9). Les sept premières côtes, reliées au sternum, sont composées de deux segments osseux: Figure 4. un segment vertébral s’articulant sur une vertèbre et un segment sternal s’articulant sur le sternum. Les deux segments sont eux-‐mêmes reliés par une articulation mobile, permettant l’adaptation de la cage thoracique aux fortes variations du volume pulmonaire lors de la plongée. Les dernières côtes sont flottantes (PISCITELLI et al., 2010). 19 Figure 9 : Cage thoracique chez le dauphin Tursiops truncatus (PISCITELLI et al., 2010) Côte vertébrale THORACIC MORPHOLOGY OF CETACEANS Sternum Côte sternale 657 Côte flottante Fig. 2. The range of thoracic mobility in T. truncatus. (A) and (C) depict the cranially most expanded posture, while (B) and (D) A : cage thoracique en inspiration maximale, vue frontale ; B : cage thoracique en expiration maximale, vue depict the caudally most collapsed posture. These changes in posture occur due to movement at joints between the vertebrae and frontale C : cage and thoracique en and inspiration maximale, vue (Image latérale ; D : cfrom age tCotten horacique n expiration vertebral ribs, ;vertebral sternal ribs, sternal ribs and sternum. adapted et al., e2008). maximale, vue latérale. to date the relative size of these thoracic vascular single breath each time they pass rapidly through the air–water During ventilation cycle, structures in deep- versusqui shallow-diving ceta-l’animal La aventilation a lieu lorsque sort la interface. tête de l’eau se afait de manière T. truncatus routinely exchanges 75%, and maxicean has not been investigated. mallyrenouvelé up to 90%,en of its total lung 0,3 volume in titre oneThus, the et goals of this: study compare rapide brutale 90 % were de to l’air peut être seulement s. A the above features between the shallow-diving third of a second (Irving et al., 1941; Ridgway et al., 1969). Larger heart d size also dbeen coastal bottlenoseun dolphin and the seulement comparatif, cheval (T.au truncatus) galop renouvelle 21 % du volume ’air has présent ans deeper diving pelagic pygmy (K. breviceps) and reported in species capable of this high ventilatory dwarf (K. sima) sperm These especies were activity (Crile and Quiring, 1940a; Brody, 1945; ses poumons en 0whales. ,5 s (COTTEN t al., 2008). chosen because access to a relatively large sample Stahl, 1965; Ridgway and Johnston, 1966; Bryden, set was possible through stranding programs in 1972). In contrast, pygmy and dwarf sperm whales are the US mid-Atlantic. rarely sighted at sea and when observed are usuThe coastal bottlenose dolphin morphotype is Les muscles intercostaux et le diaphragme sont composés d’une proportion found in relatively shallow estuarine and near ally seen ‘‘logging’’ (resting) at the surface (Allen, Yamada, Nagorsen, 1985; Caldwell shore waters, feeds musculaires on shallow water prey 1941; lente élevée de and fibres à contraction ne 1953; permettant pas d’expliquer (Mead and Potter, 1995; Barros and Wells, 1998; and Caldwell, 1989; Scott et al., 2001). Kogiids be , 2 categorized as e‘‘slow’’-breathing cetaZolman, 2002; d Torres et al., 2003). dive (would l’efficacité e la ventilation chez Mean le dauphin DEAROLF 003). Cotten t ses collaborateurs durations range from 20 to 40 s, and dive depths ceans, which must remain at the surface after a and ventilate a number of times to replenish range between and en 10 m (Irvine et al., 1981; dive (2008) ont 1 mis évidence l’intervention d’autres muscles répartis en deux unités Mate et al., 1995; Connor et al., 2000; Young and oxygen stores (Scholander, 1940; Kooyman, 1973). Phillips, 2002). Bottlenose dolphins have been A radio-tracked juvenile pygmy sperm whale dismusculaires : d’une part les muscles scalènes, sternocéphalique et sternohyoidien categorized as ‘‘fast’’-breathing cetaceans (Scho- played surface intervals ranging from 4 s to 11 lander, 1940; Kooyman, 1973) that couple locomo- min (Scott et al., 2001) and a maximum dive duraformant l’unité crânio-‐cervicale (Figure 10) et les muscles hypo-‐axial, droit de tion with an explosive ventilatory cycle at the sur- tion of 18 min (Scott et al., 2001). Stomach conface (Cotten et al., 2008). In cetaceans, a ‘‘fast’’ tents demonstrate that kogiids forage primarily on l’abdomen et oblique interne formant l’unité lombo-‐pelvienne (Figure 11). breather usually surfaces on the move and takes a deep sea squid (Ross, 1979; Martins et al., 1985; Journal of Morphology 20 Les muscles crânio-‐cervicaux ont pour fonction de tirer le sternum et les côtes associées crânio-‐dorsalement, permettant ainsi d’écarter les côtes latéralement et d’augmenter l’espace nécessaire à l’inspiration dans la cavité thoracique. Les muscles de l’unité lombo-‐pelvienne ont, au contraire, pour fonction de tirer le sternum et les dernières côtes caudalement, réduisant ainsi le volume des cavités thoracique et abdominale nécessaire à l’expiration. Cotten a ainsi montré le couplage qui existe entre les muscles strictement ventilatoires et certains muscles locomoteurs, lorsque l’animal sort la tête de l’eau. Ce couplage qui a lieu en permanence chez les mammifères terrestres, avait été démontré par Bramble une vingtaine d’année auparavant (COTTEN et al., 2008). Figure 10 : Muscles crânio-‐cervicaux impliqués dans l'inspiration chez le dauphin Tursiops truncatus (COTTEN et al., 2008) RESPIRATORY MUSCLES IN BOTTLENOSE DOLPHINS ar test system was overlaid on a digital projected on a computer screen and the siding in each fiber type was counted, folf Dearolf et al. (2000). This process was scle until a minimum of 500 total fibers area percentages were calculated for all d and alkaline preincubation, and SDH) precision of percent area values, based on s for each treatment, was 62.6%. rs of each type, expressed as a percent of bers within a prescribed area, was detera 15 3 15 cm2 grid onto a digital microcted on a computer screen following the al. (2000). The number of each fiber type unted and this process was repeated until al fibers were counted for all three treatine preincubation and SDH). To compene fibers that intersect the borders of the muscle fibers at two of the four borders d and Reed, 1998). The precision of the based on five repeated measures for each st 61.3%. Pase-stained tissue was used to determine nal area and mean diameter of individual fibers of each type (fast and slow-twitch) ers chosen for analysis had uniform circuwere similar in size to surrounding fibers. tlined in Photoshop (Adobe Systems, vera tagged image format file, and analyzed lysis software program, Image-Pro1 Plus ersion 4.5.0.19, Silver Spring, MD). ogy and Physical 1525 Muscle scalène dorsal Muscle scalène ventral Muscle sternocéphalique owing morphological descriptions n and insertion of the muscle, its muscles, its description, and its on(s) during ventilation. Because and insertion of most muscles Muscle his study are moveable, the origin sternohyoidien he cranial end of a muscle. For predominantly transversely orie thoracis and abdominal obliFig. 4. Lateral view of the (A) dorsal scalenus, (B) ventral was defined as either the ventral- scalenus, and (C) both sternocephalicus and sternohyoid in botost element (sensu Schaller, 1992; tlenose dolphins (Tursiops truncatus). ca Veterinaria, 1994). The outline nd its predominant muscle fiber illustrated in the Easy CAD neck, spanning from the capitulum to the tubercu- 21 Figure 11 : Muscles lombo-‐pelviens impliqués dans l'expiration chez le dauphin Tursiops truncatus (COTTEN et al., 2008) RESPIRATORY MUSCLES IN BOTTLENOSE DOLPHINS 1529 Muscle hypo-‐axial Muscle oblique externe Muscle droit de l’abdomen Muscle oblique interne Muscle droit de l’abdomen Fig. 8. Lateral view of the (A) hypaxialis, (B) external abdominal obliques and rectus abdominis, and (C) internal abdominal obliques and rectus abdominis in bottlenose dolphins (Tursiops truncatus). Thin black lines represent the tendons of origin of the abdominal muscles and e the of the rectus that insert onto caudal vertebrae. 2.2oblique Topographie t ctendons onformation dabdominis es poumons 9–13 the ventral surface of vertebral bodies Description.Les The transverse thoracis a thin ribs poumons sont situés disorsalement dans la and cage thoracique. De forme allongée, muscle that forms the deepest muscular layer of from thoracic vertebra 9 to caudal vertebra 18. Insertion. As flattened tendons into the subderthe ventral thoracic wall. The tendon and muscle ils s’étendent en avant de la première côte et en arrière de la deuxième ou troisième fibers run predominantly in the transverse plane, mal connective tissue sheath (Pabst, 1990) and theincliné ventralet aspects of (Figure vertebrae 12). fromLes midbut near the insertion, fibers un turn to run onto vertèbre lombaire, thecontre diaphragme très musclé lumbar to caudal vertebra 25, including all caudal slightly dorsocranially. chevrons. Action. The muscle fiber suggests poumons ne sont pas orientation lobulés et sont enveloppés dans une plèvre épaisse (1 à 3 mm), Relations. The hypaxialis lies deep to ribs 9–13 that if the transverse thoracis contracts it would and ventral to F the transverse decrease the angle theriche vertebral rib-sternal rib(RIDGWAY résistante et of très en tissu élastique , 1972; RASER , 1952). processes of thoracic joints and aid in dorsoventral compression of the 9–13, lumbar, and caudal vertebrae. Description. The long and robust hypaxialis origthoracic cavity for expiration. inates as a dorsoventrally flattened muscle and increases in thickness along its length. At its cranial-most origin (thoracic vertebrae 9 and 10), the Muscles of the Lumbopelvic Unit4 Hypaxialis muscle (Figs. 5B,D and 8A). hypaxialis spans from the ventral surface of the Origin. Fleshy, off the medial surface of vertebral vertebral body to the vertebra-vertebral rib joints. Between vertebral ribs 11 and 12, the hypaxialis widens laterally and spans across the proximal 4 Unlike terrestrial mammals, in bottlenose dolphins the muscles third of the caudal-most vertebral ribs. Its fibers described later insert not only upon the reduced pelvic element run longitudinally from its origin. (Rommel, 1990) but also on the caudal vertebrae. To maintain conAction. The action of the hypaxialis depends on sistency with Bramble (1989), the term lumbopelvic unit is maintained. which skeletal element is stabilized. If the caudal Journal of Morphology 22 vertebral ribs 5–6 ment taken betwee (2) slanted right circu Figure 12 : Position du diaphragme chez le dauphin Tursiops truncatus (PISCITELLI where L 5 length et al., 2010) rib 5 and the caud at the cross-section circumference mea 6), and y 5 the av to the caudal marg Each of the geome true shape of the tho were used to estimat model. Images from imported into EasyC and radii were mea model to calculate th Diaphragme tioned specimen, the thoracic cavity volum cavity volume (l) w measured thoracic ca Fig. 4. The geometric model used to calculate thoracic cavity 11% in K. sima. volumes at the extreme cranially expanded and caudally colLa masse des poumons, rapportée à la masse plus élevée chez le lapsed positions. (A) r 5 radius of circle at corporelle, rib 1, R 5est radius of a que circle taken rib 5, l 5 terrestres length between ribs 1–5, Lle 5Tableau length 1. RESULTS dauphin chez les at mammifères comme l’indique Ceci est between rib 5 and L3 for T. truncatus or L5 for kogiids, and y 5 Lung Mass certainement à mangle ettre eof n rapproach elation avec tructure histologique lus (Sandense. average of leur the sdiaphragm to L3 or pL5 difer and Moshos, 1996). (B) Position of the diaphragm (thick The slopes of t black line) within the thoracic cavity of a T. truncatus (modified ric relationship b Tableau : Masse d1990). es poumons rapportée à la masse corporelle chez certains from1Rommel, mass for T. trunc mammifères (YAMASAKI et al., 1977) 1–5) and (2) caudal portion, defined as that region caudal to rib classes and body Masse es poumons apportée asse 5 and bounded by the diaphragm. The d shapes of the rcranial andà la m not significantly Espèce caudal portions of the thorax differ dramatically and, thus, ther was signific corporelle were modeled with a different geometric shape (see Fig.(en 4).%) However, their y To calculate thoracic cavity volume, the cranial portion of the Dauphin commun Delphinus Delphis 2,6 thorax was modeled as a frustum of a right circular cone. This (F 5 221.41, P Tursiops Truncatus 2,9 cross-sec- lungs grow at s geometric shape was chosen because the whole body tions revealed a circular or subcircular cross-section and a wid- mass the kogiid Cheval 1,5 ening thoracic diameter from rib 1 through 5. Cross-sectional half that of a T Porc images of both species also demonstrated that caudal 1,15 to rib 5, thoracic cavity volume decreased rapidly due to the presence of specimens from t Bovin the diaphragm (see Fig. 4). Dearolf (2003) has described 1 that relationships. Th Chien the relaxed diaphragm of T. truncatus runs virtually 1 horizon- was significantly tally from its dorso-caudal origin at L2–3 to the level of T6. At cepts were signifi Homme 1,73 vertically T6 the diaphragm changes its trajectory to become 5 126.95, P < 0.0 oriented. The diaphragm runs ventro-cranially and inserts on A subset of da the distal ends of vertebral ribs 7–13, on the vertebral rib-sternal rib joint of ribs 4–6, dand the caudal most end of sterna- only subadults a 2.3 Particularités histologiques es ponto oumons bra 3 (see Fig. 4). In kogiids, the trajectory of the diaphragm relative lung siz was not notably different from that of T. truncatus, except for that predicted f Le présente de central nombreuses histologiques thedauphin insertion site; the tendonparticularités of the diaphragm attachespulmonaires. 0.986 , b to the hypapophyses of L2–5 (T. truncatus lack hypapophyses). 0.0113 xkg Ces dernières sont, sans aucun doute, issues d’une formidable adaptation de ce Thus, the caudal portion of the thorax (vertebral ribs 5–L3 for in Calder, 1984 a T. truncatus and L5 for kogiids) was modeled as a slanted right of individuals, th cone (see Fig. 4). tus and kogiids w The geometric model to estimate the volume of the thoracic nificantly differen cavity proper used a frustum of a right circular cone in series 23 with a slanted right circular cone (Fig. 4A; Sandifer and observed for the Moshos, 1996): cepts did differ mammifère marin à la plongée en apnée et aux échanges gazeux rapides dont il est capable lorsqu’il fait surface. Le parenchyme pulmonaire se différencie, par rapport aux mammifères terrestres, par l’importance des structures de support qu’il contient : cartilage, collagène, fibres musculaires lisses et tissus élastiques (RIDGWAY, 1972). Ces structures offrent au dauphin la capacité de résister aux fortes variations de pression lors de la plongée en permettant aux alvéoles de se collaber sans les léser. L’azote présent dans l’air est ainsi isolé de la zone d’échange alvéolaire entre l’air et le sang, protégeant l’animal de ce que l’on appelle le mal des caissons (cf. p44). Ainsi, les bronchioles terminales, enserrées par des sphincters (Figure 13), sont capables de rétrécir 8 à 10 fois lors de la plongée. Ces sphincters myoélastiques sont disposés dans les espaces intercartilagineux et sont composés principalement de fibres musculaires lisses et circulaires, à partir desquelles des fibres élastiques se ramifient et rejoignent des couches élastiques longitudinales sous-‐muqueuses (FANNING et HARRISON, 1974). Ces sphincters permettraient de réguler l’entrée d’air dans les fragiles alvéoles, soumises à d’importantes variations de pression (RIDGWAY et HOWARD, 1979). Figure 13 : Sphincter myoélastique circulaire enserrant une bronchiole terminale chez le dauphin à flancs blancs (x125) (RIDGWAY, 1972) S : sphincter myoélastique circulaire (muscle lisse). 24 Chez le dauphin, les bronchioles terminales ont un diamètre de 20 à 30 mm et s’ouvrent sur un ou deux espaces aériens sacculaires contenant 10 à 20 alvéoles allongées (Figure 14). Alors qu’un homme possède 300 millions d’alvéoles, un dauphin de taille comparable en possède 450 millions. Ce nombre important d’alvéoles contribue à assurer chez le dauphin une meilleure et plus rapide diffusion sanguine de l’oxygène de l’air (MAYOL, 1989). Figure 14 : Coupe longitudinale d'un sac alvéolaire isolé chez le dauphin Tursiops truncatus (PREAU, 1987) A : alvéole ; B : bronchiole terminale ; C : cartilage ; P : capillaire lymphatique ; CS : capillaire sanguin ; PII : pneumocyte de type II ; S : septum ; SA : sac alvéolaire ; SM : sphincter myoélastique. Les septa alvéolaires ont une structure riche en collagène et en élastine. Leurs extrémités libres possèdent des renflements élastiques qui semblent également jouer le rôle de sphincters (Figure 14). Une originalité chez le dauphin consiste en l’existence d’une double irrigation : un capillaire sanguin court de chaque côté du septum (Figure 25 15). Ce doublement du réseau capillaire a pour conséquence une augmentation de l’efficacité du transit de l’oxygène vers le sang (PREAU, 1987; RIDGWAY et HOWARD, 1979). Un nombre d’alvéoles pulmonaires supérieur et une irrigation double des septa alvéolaires permettent au dauphin une meilleure extraction de l’oxygène de l’air inspiré. Figure 15 : Septum alvéolaire : comparaison entre l’homme et le dauphin (SLIJPER, 1962) Muscles lisses et fibres élastiques Capillaire sanguin Les artères pulmonaires sont peu nombreuses par rapport aux veinules mais se caractérisent par leurs importantes membranes élastiques internes. Les artères et artérioles sont généralement à proximité des voies aériennes. Les veines ont un trajet indépendant et très flexueux. Elles se caractérisent par une épaisse couche musculeuse et un diamètre irrégulier en raison de la présence de valves formées de fibres musculaires lisses et circulaires. Les veines de gros calibre sont entourées d’une gaine lymphatique très développée (RIDGWAY, 1972; ROUSSEAU, 2000). 26 B. Appareil cardiovasculaire 1. Le cœur 1.1 Topographie et conformation externe Le cœur a une position très ventrale dans la cage thoracique du dauphin : il est « couché » sur le sternum (Figure 16). La morphologie du cœur est adaptée à la plongée mais varie d’une espèce à l’autre en fonction de son milieu de vie et de l’importance de son activité. Ridgway et Johnston (1966) ont étudié le rapport entre la masse du cœur et la masse corporelle pour trois espèces différentes d’odontocètes. Les résultats sont présentés dans le Tableau 2 : Tableau 2 : Masse du coeur rapportée à la masse corporelle chez certains odontocètes et l'homme (RIDGWAY et JOHNSTON, 1966) Espèce Marsouin de Dall (Phocoenoides dalli) Lagenorhynqus à flancs blancs du Pacifique (Lagenorhynqus obliquidens) Grand Dauphin (Tursiops truncatus) Homme Masse du cœur rapportée à la masse corporelle (en %) 1,31 0,85 0,54 0,38 Le rapport le plus important est observé chez le Marsouin de Dall dont le métabolisme est le plus intense : pêche en eaux les plus profondes, prédateur rapide, vie en eaux polaires… Le Lagenorhyngus à flancs blancs du Pacifique et le grand dauphin vivent, quant à eux, près des côtes et plongent à des profondeurs moins importantes. Ces chiffres restent cependant plus élevés que chez l’homme dont la vie est terrestre. 27 Figure 16 : Ancienne planche anatomique de dauphin Phocaena phocaena : coupe sagittale gauche de la moitié crâniale du corps (FRASER, 1952) Event Artère thoracique Trachée Crosse aortique postérieure Moelle épinière Dure-mère Plexus Œsophage brachial Artère spinale Nerf sympathique Bronche Diaphragme Rete Rete spinal thoracique Sac aérien nasal Cerveau Poumon Estomac Atrium gauche Foie Ventricule gauche Naso-pharynx Cavité buccale Os hyoïdien Artère carotide interne Larynx Thyroïde Artère carotide externe Artère cervicale transverse Thymus Graisse souscutanée Omentum Sternum Artère pulmonaire Péricarde Artère sousclavière Nerf phrénique Artère mammaire interne Plèvre On remarquera l’épaisse couche de graisse qui sépare la peau de la cage thoracique et qui représente un obstacle pour l’échographie cardiaque. Chez la plupart des dauphins comme chez Tursiops truncatus, le cœur est globuleux, aplati dorso-‐ventralement (Figures 17, 18, 19 et 20). Toutefois, certains dauphins (Delphinus delphis, Stenella coreuleoalba) possèdent un apex plus marqué (Rousseau, 2000). Le sac péricardique des dauphins est adhérent à la ligne médiane du thorax par un tissu fibreux. Figure 17 : Face ventrale du cœur chez le dauphin Tursiops truncatus (CAVE, 1977) Aorte Tronc pulmonaire Artère coronaire gauche Auricule gauche Auricule droite Ventricule gauche Atrium droit Ventricule droit 25 mm Branche interventriculaire d e l’artère coronaire gauche 29 Figure 18 : Face dorsale du cœur chez le dauphin Tursiops truncatus (CAVE, 1977) Aorte Auricule gauche Tronc pulmonaire Veine cave crâniale Auricule droite Artère coronaire gauche Veine cave caudale Artère coronaire droite Ventricule gauche Ventricule droit 25 mm Branche interventriculaire de l’artère coronaire droite 30 Figure 19 : Face ventrale du PÉREZ, cœur dLIMA, isséqué chez le dauphin Tursiops truncatus W. & M (avec l’autorisation du Pr. Bruno Cozzi, Université de Padova, Italie) cardíaca, donde se localizaba el corazón (Fig. 1) rodeado por una vasta cavidad pericárdica (Fig. 1). Dorsalmente, habían dos partes pulmonares ocupadas por los pulmones rodeados por las cavidades pleurales. El pericardio estaba ventralmente a las cavidades pleurales, y los pulmones no cubrían lateralmente al pericardio. El pericardio se unía caudalmente al3 diafragma, ventralmente al músculo transverso torácico y lateralmente a las costillas y músculos intercostales. Cranealmente en la base del corazón la hoja parietal del pericardio seroso se reflejaba para continuarse con el epicardio. La reflexión avanzaba sobre 5,0 cm en la aorta y el tronco pulmonar, quedando incluida la porción inicial de esos vasos en la cavidad pericárdica. Sobre las aurículas, la línea de1 reflexión estaba más próxima al corazón y ambas aurículas se veían como colocadas en dos fondos de saco craneales de la cavidad pericárdica. 6 5 4 7 2 El color del corazón en los animales más frescos era rojo oscuro. Los surcos coronario e interventriculares esta- Fig. 2. Cara auricular del corazón de Pontoporia blainvillei. ban casi desprovistos de grasa. La consistencia del corazón La forma del corazón era similar a un triángulo era firme. El ventrículo izquierdo (2, Figs. 1, 2 y 3) tenía la equilátero, se le describen una base,; 5 dos caras, dos bordes y; 6 : pared mucho más gruesa que el; 2 derecho que, a su vez; 3 era: auricule gauche 1 : ventricule droit : ventricule gauche ; 4 : auricule droite : tronc pulmonaire un ápex. gauche. delgado y depresible. espesor de la pared del ventrículo aorte ; 7 : bEl ranche interventriculaire de l’artère coronaire derecho (1, Figuras 1, 2 y 3) era de 6,0 mm y de 12,0 mm El corazón estaba aplastado dorsoventralmente, su para el izquierdo en su parte más espesa, por la mitad de su PÉREZ, W. & LIMA, M ventral era y su cara dorsaldplana (Figs.c1hez y 2).le largo. Los atrios eran2bastante similares en consistencia y ecara Figure 0 : Face ventrale (à gauche) t dorsale (à convexa droite) du cœur isséqué La base del corazón se situaba cranealmente (Fig. 1) y emiespesor. El peso del corazón aislado promedió los 115 g. dauphin Pontoporia blainvillei (PEREZ et LIMA, 2006) 1) rodeado lmente, halmones ro- cavidades almente al diafragma, ateralmente mente en la o seroso se exión avanar, quedanla cavidad xión estaba Fig. 1. Vista ventral del corazón in situ tras apertura del tórax de veían como Pontoporia blainvillei. la cavidad Referencias numéricas de las 5 Figs. 1. Ventrículo derecho; 2. Ventrículo izquierdo; 3. Aurícula izquierda; 4. Aurícula derecha; Tronco pulmonar; 6. Aorta; 7. Surco y rama interventricular frescos5.era paraconal; 8.1 Surco rama interventricular subsinusal; 9. Múscu: ventricule droit 2 : ventricule gauche ; 3 : auricule gauche ; 4 : auricule droite ; 5 : tronc pulmonaire ; 6 : ulares esta- Fig. 2. Caray auricular del ;corazón de Pontoporia blainvillei. los pectinados; 10. ;Cresta terminal; 11. Fosa oval; 12. Músculo aorte 7 : branche interventriculaire de l’artère coronaire gauche ; 8 : branche interventriculaire de l’artère del corazón papilar; 13. coronaire Grasa subendocárdica; 14. Orificio atrioventricular d roite. La forma del corazón era similar a un triángulo y 3) tenía la derecho; 15. Orificio pulmonar. Fig. 3. Cara atrial del corazón de Pontoporia blainvillei. su vez era ventrículo e 12,0352 mm mitad de su nsistencia y os 115 g. equilátero, se le describen una base, dos caras, dos bordes y un ápex. El corazón estaba aplastado dorsoventralmente, su cara ventral era convexa y su cara dorsal plana (Figs. 1 y 2). La base del corazón se situaba cranealmente (Fig. 1) y emi- 31 1.2 Conformation interne Le cœur des dauphins, très musclé, est constitué de quatre cavités, deux atria et deux ventricules selon le plan général des mammifères (Figure 21). Les ventricules contiennent un nombre important de trabécules. La paroi du ventricule droit est proportionnellement plus épaisse que chez les mammifères terrestres (CAVE, 1977; RIDGWAY, 1972). Ceci est la conséquence de la pression pulmonaire plus élevée en plongée. Figure 21 : Conformation interne du coeur chez le dauphin (FRASER, 1952) Thymus Veine cave crâniale Veine brachiocéphalique Aorte Artère pulmonaire Veine cave caudale Valve pulmonaire Atrium gauche Atrium droit Sinus coronaire Valve mitrale Valve tricuspide Muscle papillaire Ventricule droit Trabécule septo-marginale Ventricule gauche 32 Le dauphin possède une aorte bulbeuse et élastique qui en quittant le ventricule gauche, fait un arc gauche caractéristique avant de passer en position dorsale, sous les vertèbres thoraciques (RIDGWAY, 1972; VIAMONTE et al., 1968). La Figure 22 montre l’importance de cette aorte bulbeuse chez le phoque dont l’anatomie cardiaque est proche de celle du dauphin. Figure 22 : Cœur de phoque marbré (Pusa hispida) isolé (à gauche) et en place (à droite) (SMODLAKA et al., 2009) a : auricules ; la : atrium gauche ; b : bulbe aortique ; c : veine cave crâniale ; l : ventricule gauche ; r : ventricule droit ; p : tronc pulmonaire ; t : tronc brachiocéphalique ; flèche blanche (gauche) : artère broncho-œsophagienne ; têtes de flèche noires (gauche) : ligne d’attache du péricarde sur le bulbe aortique ; flèches (droite) : artère coronaire gauche. 1.3 Particularités histologiques Les dauphins possèdent deux caractéristiques histologiques originales par rapport aux mammifères terrestres : L’endocarde présente une couleur pâle et est relativement épais dans les quatre cavités du cœur et plus particulièrement sur la face interne des atria où il peut atteindre 1 mm d’épaisseur (Figure 23). Cet endocarde est composé d’une couche de collagène contenant de nombreuses fibres. Ce tissu élastique aurait la faculté d’amortir les brusques dilatations du cœur (RIDGWAY, 1972). 33 Figure 23 : Endocarde du ventricule droit d'un globicéphale (x55) (RIDGWAY, 1972) En : endocarde fibroélastique (1 mm d’épaisseur) ; VC : cavité ventriculaire ; V : veine ; My : myocarde ; PF : fibre de Purkinje. Les cellules de Purkinje ont une taille particulièrement importante et font saillie sur le myocarde. Ces cellules, qui participent à la coordination des battements cardiaques, se ramifient sur la surface interne de chaque ventricule. La taille importante de ces cellules participe certainement { la rapidité { laquelle l’influx nerveux est conduit dans le cœur, lui-même de grande taille (ONO et al., 2009; RIDGWAY, 1972). Les valvules cardiaques sont caractérisées histologiquement par une faible augmentation de la proportion de tissu élastique par rapport à celles des mammifères terrestres. Les parois des artères coronaires sont riches en tissus élastiques mais la distribution de ces artères dans le myocarde est habituelle. Les veinules coronaires sont particulièrement larges et également riches en tissus élastiques. 34 2. Le système vasculaire 2.1 Circuits artériels et veineux Le schéma général de l’appareil circulatoire du dauphin montre des particularités liées à la modification du squelette (Figure 24). Figure 24 : Principales artères chez le dauphin Tursiops truncatus (SLIJPER, 1962) Crosse aortique Tronc brachio-‐céphalique Artère carotide commune Artère cœliaque Artère iliaque externe Artère axillaire Artère thoracique interne Le système vasculaire du dauphin présente également certaines particularités qui sont des adaptations à la plongée : • Comme déjà évoqué, l’aorte est bulbeuse et élastique, elle joue un rôle important dans la régulation de la pression artérielle en plongée. • Le système veineux présente de nombreux sphincters formés de fibres musculaires lisses et circulaires. Ces dispositifs sont particulièrement nombreux dans les poumons et le système porte du foie. Ils serviraient à réguler le stockage du sang dans le compartiment veineux pendant la plongée (SLIJPER, 1962). 2.2 Les réseaux admirables ou rete mirabile Les particularités les plus marquantes du système vasculaire du dauphin concernent la présence de vaisseaux périphériques : les rete mirabile ou réseaux admirables (PREAU, 1987). Il s’agit de réseaux vasculaires disséminés dans certaines régions du corps, consistant en des ensembles spongieux de petites artères et petites veines, enveloppées dans du tissu graisseux (ELSNER, 1969). Ces ensembles sont regroupés en plexus et ont deux rôles majeurs : • Ils permettent la régulation de la pression en plongée (cf. p49). 35 • Ils permettent un stockage d’oxygène, disponible pour les organes les plus sensibles à l’anoxie (cerveau, cœur, moelle épinière, placenta) (SLIJPER, 1962). Le dauphin possède d’ailleurs un volume sanguin total très supérieur à celui de l’homme : 10 à 15 % du poids vif contre seulement 7 % chez l’homme (PREAU, 1987). Selon les auteurs, 10 (RIDGWAY, 1972) ou 12 (NAKAJIMA, 1961) réseaux admirables sont individualisés chez le dauphin Tursiops truncatus (Figure 25). Les réseaux artériels se localisent préférentiellement dans le thorax, la région cervicale, la face ventrale de la colonne vertébrale, les zones intercostales et le pourtour de la corde spinale (Figure 26) (SLIJPER, 1959). Les réseaux veineux sont prépondérants dans la cavité abdominale, mais aussi à la base du crâne et entre les réseaux artériels. Ils sont enveloppés dans un tissu adipeux très développé. Figure 25 : Les réseaux admirables chez le dauphin Tursiops truncatus (NAKAJIMA, 1961) Rci : rete carotidien interne ; Ro : rete orbital ; Rbc : rete de la base du crâne ; Rcd : rete cervical dorsal ; Rcv : rete cervical ventral ; Rt : rete thoracique ; Rs : rete spinal ; Ra : rete axillaire ; Rl : rete lombaire ; Rg : rete genital ; Rp : rete pelvien ; Rc : rete caudal. 36 Figure 26 : Structures vasculaires et principaux réseaux admirables de la région dorso-crâniale chez le dauphin commun (Delphinus delphis) (FRASER, 1952) Nerf optique Rete orbital Artères cérébrales Plexus choroïde Cervelet Dure-mère Artère méningée Rete cervical Rete thoracique Nerf intercostal Membrane pleurale Artère intercostale Rete spinal Le réseau admirable thoracique (Figure 27) est certainement le plus développé de tous, il est situé superficiellement dans la cage thoracique entre la plèvre et la paroi thoracique et s’étend jusqu’{ la première vertèbre lombaire (SLIJPER, 1962). Figure 27 : Réseau admirable thoracique chez le Dauphin Commun (Delphinus Delphis) (SLIJPER, 1962) Rete thoracique 37 Ce plexus thoracique, qui apparait épais et spongieux (Figure 28), est constitué des artérioles issues des artères intercostales, des artères thoraciques et de deux troncs impairs issus de l’aorte (SLIJPER, 1962). Figure 28 : Structure histologique du réseau admirable thoracique chez le dauphin Tursiops truncatus (NAKAJIMA, 1961) En plongée, le plexus thoracique se gonfle de sang (blood shift), tandis que la vasoconstriction périphérique est maximale, il occupe ainsi la part non collabée de la cavité thoracique. Une forte compliance thoraco-pulmonaire, associée à une expansion rapide du plexus thoracique, permet donc d’éviter toute lésion tissulaire en plongée, puisqu’elle contribue { une équipression progressive et adaptée (RIDGWAY et HARRISON, 1986; SLIJPER, 1962). 2.3 Le système vasculaire des nageoires : siège de la thermorégulation Les nageoires du dauphin jouent un rôle majeur dans la thermorégulation, non seulement par leur très faible épaisseur de graisse sous-cutanée, mais surtout par la présence de structures vasculaires originales. L’importante vascularisation des nageoires chez le dauphin a pu notamment être mise en évidence par des techniques d’angiographie (Figure 29) (ELSNER et al., 1974). 38 Figure 29 : Mise en évidence de la vascularisation de la nageoire caudale par angiographie chez le dauphin Tursiops truncatus (ELSNER et al., 1974) En effet, le réseau vasculaire des nageoires se compose de deux entités particulières (Figure 30) (PABST et al., 1999): De nombreuses veines superficielles formant un plexus artério-veineux ou AVA : arterio-venous anastomose. Un système artériel profond entouré par un réseau de canaux veineux appelé PAVR : periarterial venous rete. Le sang circule en sens inverse dans l’artère centrale et dans les veines périphériques : il s’agit d’un système { contre-courant. Ces réseaux admirables de la nageoire sont différents du point de vue structurel des réseaux internes rencontrés dans le reste du corps. Les plexus veineux superficiels sont parfois visibles à la surface et servent de lieu de ponction sanguine. On ne peut toutefois pas savoir si le sang recueilli est veineux ou artériel (GASPAR, 1991). 39 Figure 30 : Structures vasculaires originales des nageoires chez le dauphin Tursiops truncatus (PABST et al., 1999) Veine superficielle Os Artère centrale Veine périphérique Si l’animal a besoin de conserver un maximum de chaleur corporelle, en plongée par exemple, le flux sanguin à travers les nageoires va être ralenti et le retour veineux va se faire à travers les PAVR à fines parois. Ainsi, il y a transmission de chaleur du sang artériel au sang veineux et économie d’énergie calorifique : c’est le système de thermorégulation à contre-courant. Si au contraire, l’animal a besoin, après un exercice prolongé, de diminuer sa température corporelle, le flux sanguin artériel est accéléré, le diamètre artériel augmente et les PAVR sont comprimés. Le retour de sang veineux se fera alors préférentiellement par l’autre voie : les veines superficielles sous-cutanées. Un échange thermique efficace aura alors lieu entre le sang et l’eau, puisque la structure séparant ces deux fluides est fine. La déperdition de chaleur est ainsi maximale. 40 II. Particularités physiologiques A. Appareil respiratoire Le dauphin vit essentiellement sous l’eau, en plongée. Cette vie n’est possible que grâce à de nombreuses particularités anatomiques que nous venons d’étudier, mais aussi physiologiques. Nous allons successivement envisager les différents mécanismes physiologiques qui permettent aux dauphins cette « vie en profondeur ». 1. Des performances respiratoires accrues 1.1 Une fréquence et un rythme respiratoires adaptés à la plongée Au repos, la fréquence respiratoire du dauphin varie en fonction de sa taille, son métabolisme et son mode de vie. Chez Tursiops truncatus, la fréquence respiratoire est en moyenne de deux à trois cycles respiratoires par minute. Le dauphin est en apnée entre chaque cycle respiratoire (RIDGWAY, 1972). La respiration du dauphin fait donc intervenir trois phases, les deux premières constituant un cycle respiratoire sensu stricto : La phase expiratoire, passive, qui a lieu lorsque l’animal émerge. Lors de l’expiration, l’évent s’ouvre, les sacs aériens sont comprimés et les voies nasales largement dilatées. Notons que l’on peut parfois constater une expiration forcée avec un bruit de ronflement caractéristique ou « snorting » qui témoigne d’un mécontentement. La phase inspiratoire, active, qui est rapide et bruyante. À la fin de l’inspiration, l’évent se referme, que cette inspiration soit suivie d’une plongée ou non. La phase d’apnée qui peut être plus ou moins longue et qui sépare chaque cycle respiratoire. Cette phase dure habituellement 20 à 40 s mais peut s’élever { 1 ou 2 min pendant le sommeil et se prolonger pendant 6 { 7 min lors d’une plongée. Ces chiffres peuvent atteindre des valeurs supérieures lors de plongées profondes : jusqu’{ 15 min pour le grand dauphin (Tursiops truncatus), 18 min 41 pour le beluga (Delphinapterus leuca) et même 90 min pour le cachalot (Physeter macrocephalus) (RIDGWAY, 1972). Avant une plongée profonde, le dauphin effectue 10 à 20 cycles respiratoires d’affilée et une dernière inspiration avant de sonder. Si l’apnée est longue, elle peut être suivie d’une tachypnée (8 { 15 cycles respiratoires par minute) pendant quelques minutes. 1.2 Une ventilation efficace Les capacités pulmonaires du dauphin sont bien plus importantes que celles de l’homme comme on peut le constater sur le Tableau 3. Cela permet d’optimiser chaque cycle respiratoire. Tableau 3 : Comparaison des volumes pulmonaires du grand dauphin (Tursiops truncatus) et de l'homme (GASPAR, 1991; IRVING et al., 1941) Capacité pulmonaire totale (CPT) = volume gazeux présent dans les poumons après une inspiration forcée d’intensité maximale Volume résiduel (VR) = volume gazeux restant dans les poumons après une expiration forcée d’intensité maximale Capacité vitale (CV) = CPT-VR Volume courant (VT) = volume gazeux inspiré puis expiré au cours d’un cycle respiratoire normal Coefficient de ventilation = % air renouvelé lors d’un cycle Grand dauphin (Tursiops truncatus) Homme 7 à 10 L 6L 0.5 L 1.5 L 6.5 à 9.5 L 4.5 L 6à9L 0.5 L 80 à 90 % 15 à 18 % Tout d’abord l’amplitude respiratoire du dauphin est supérieure { celle de l’homme du fait de la souplesse de la cage thoracique et de l’abondance du tissu 42 élastique pulmonaire (GASPAR, 1991). De ce fait, chaque cycle respiratoire a une efficacité au moins quatre fois supérieure : plus de 80 % de l’air pulmonaire est renouvelé contre 15 % chez l’homme. Chez le dauphin, le débit d’air dans les voies respiratoires est extrêmement important : 25 à 30 L par seconde au niveau de l’évent alors que chez l’homme ce débit n’est que de 1 L par seconde au repos. Ceci est rendu possible par la grande solidité des voies respiratoires riches en tissus élastiques et cartilagineux (GASPAR, 1991). Les échanges d’air sont rapides : un cycle respiratoire dure 0.3 s pour un volume courant de 7 L contre 4 s chez l’homme pour seulement 0.5 à 1 L (RIDGWAY et HARRISON, 1986). 1.3 Des échanges gazeux alvéolaires optimisés Selon Stenuit : « un dauphin, à volume pulmonaire égal, en inspirant trois fois plus d’air frais dont il tire deux fois plus d’oxygène, profite six fois plus que l’homme du contenu de chaque inspiration » (STENUIT, 1972). En effet, le dauphin extrait 10 % de l’oxygène (O2) de l’air au niveau de ses alvéoles contre seulement 5 % pour l’homme (MAYOL, 1989). On estime également que chez le dauphin, la teneur alvéolaire en O 2 avant la plongée est de 18 %, et de 5 % en dioxyde de carbone (CO2) contre 13 % en O2 et 6 % en CO2 chez l’homme (MAYOL, 1989; TIRET et al., 2008). Ces éléments, ainsi qu’un turn-over des gaz alvéolaires plus rapide permettent au dauphin de constituer, au départ de la plongée, une réserve d’ O2 supérieure à celle de l’homme, { volumes pulmonaires égaux. La récupération après une plongée profonde est également facilitée. 43 2. Une adaptation pulmonaire à l’hyperbarie Lors de la plongée, le corps du dauphin va subir des pressions particulièrement élevées : la pression atmosphérique, ainsi que la pression de la colonne d’eau située au-‐ dessus de lui. Cette pression relative augmente de 1 bar tous les 10 m (JEANT, 1997). D’après la loi de Boyle, un volume de gaz varie inversement à la pression qui lui est exercée. Chez le grand dauphin, le volume pulmonaire représente environ 10 L en surface soit 1 L à 100 m de profondeur. L’anatomie de la cage thoracique du dauphin, ainsi que de son diaphragme, permettent cette « souplesse » thoraco-‐alvéolaire. De plus, la structure élastique très riche des poumons autorise leur collapsus sans risque d’irréversibilité. Des expériences menées dans les années 70, notamment par Ridgway, ont permis de mettre en évidence que les alvéoles pulmonaires du dauphin se collabaient entre 70 et 100 m de profondeur (RIDGWAY et HARRISON, 1986; RIDGWAY et HOWARD, 1979). C’est aussi à cette profondeur que les sphincters broncho-‐pulmonaires vont réaliser une compartimentation progressive de l’arbre bronchique sous l’effet de la pression. L’air pulmonaire est ainsi isolé des alvéoles empêchant les échanges gazeux quand la pression est élevée. Ainsi, l’azote ne peut franchir la membrane alvéolaire, permettant d’éviter le mal des caissons ou maladie de décompression lors de la remontée. En effet, ce trouble apparait chez l’homme lors de remontées trop rapides. En plongée, selon la loi de Henry, la pression de l’azote alvéolaire devenant très élevée, une grande quantité d’azote se dissout rapidement et à saturation dans le sang. Si la remontée est rapide, l’élimination n’est pas suffisante, il se forme alors des bulles d’azote gazeux dans le sang ayant des conséquences graves pour l’organisme et pouvant même entrainer la mort (GASPAR, 1991). 44 3. Régulation de la respiration : la ventilation est-elle un acte réflexe ou volontaire ? Chez les mammifères terrestres, la respiration est un acte réflexe qui dépend du centre respiratoire bulbaire. Le fonctionnement de ce centre est notamment sensible à la pression partielle sanguine en CO2 par l’intermédiaire de chémorécepteurs. La grande particularité du dauphin réside dans le fait que sa respiration serait un acte volontaire. L’animal ressentirait le besoin de respirer quand le taux d’O2 sanguin devient inférieur à une valeur seuil. Cette sensibilité originale du centre respiratoire permettrait une utilisation maximale de l’O2, sans tenir compte de l’augmentation sanguine de la pression partielle en CO 2 (PREAU, 1987). Les shunts artério-veineux présents en grand nombre chez le dauphin, ralentiraient, de plus, l’arrivée du CO2 dans le cerveau (COLLET et DUGUY, 1987). L’anesthésie du dauphin entraîne très souvent un arrêt de la ventilation. De ce fait, certains auteurs pensent que le centre respiratoire du dauphin ferait partie des centres supérieurs et que la respiration ne pourrait s’effectuer que si le système nerveux est en éveil. Selon Early, le centre de contrôle supérieur de la respiration serait le nucleus ellipticus (MOORE et al., 2009; EARLY, 1974). Le point de rupture de l’apnée n’est pas connu chez le dauphin, mais les valeurs de 2 % d’O2 et 10 % de CO2 relevées dans l’air expiré ne seraient pas tolérables chez l’homme, chez qui une syncope apparait dès que le seuil d’un taux de 6 % de CO 2 est atteint (GASPAR, 1991). Aucune explication n’est actuellement en mesure de justifier la meilleure tolérance du dauphin au CO2. B. Appareil cardiovasculaire 1. Fréquence cardiaque en plongée et maintien de la pression sanguine La bradycardie, ou ralentissement de la fréquence cardiaque, est l’adaptation physiologique la plus évidente d’un organisme en plongée (ELSNER, 1969) 45 C’est notamment le cas chez le dauphin Tursiops truncatus comme l’a montré Elsner en enregistrant la fréquence cardiaque de deux animaux en surface et en plongée (Figure 31). Figure 31 : Fréquence cardiaque en plongée et en surface chez le dauphin Tursiops truncatus (ELSNER, 1969) à gauche : variations de la fréquence cardiaque en surface et en plongée chez le dauphin en liberté (les traits représentent les phases de respiration à la surface). à droite : fréquence cardiaque en plongée et en surface chez le dauphin entrainé à plonger sur commande. Les valeurs relevées chez certaines espèces de mammifères marins et chez l’homme sont présentées dans le Tableau 4 : Tableau 4 : Fréquences cardiaques en surface et en plongée chez différentes espèces de mammifères marins et chez l'homme (MAYOL, 1989; RIDGWAY, 1972) Fréquence cardiaque en Fréquence cardiaque en surface (bpm) plongée (bpm) Phoque 100-‐150 10 Orque 60 30 Beluga 100 12-‐20 Marsouin de Dall 120 15 Grand dauphin 90 35 Homme normal 70 50 Plongeur 70 35 Plongeur très entraîné (J. 70 28 Mayol) Le marsouin de Dall peut diviser par 8 sa fréquence cardiaque de surface. Jacques Mayol, ancien recordman de plongée en profondeur, n’est parvenu, après de nombreuses années d’entraînement, qu’à la diviser par 2.5 (MAYOL, 1989). 46 La bradycardie diminue la consommation énergétique du muscle cardiaque, retarde le transport d’O2 vers les tissus et de ce fait ralentit les échanges métaboliques (MAYOL, 1989). Toutefois, malgré cette bradycardie intense, la pression artérielle reste à un niveau normal au cours de la plongée, et ceci suppose une importante vasoconstriction pour compenser la diminution du débit cardiaque (COLLET et DUGUY, 1987). Cette bradycardie constatée en plongée ne serait, selon certains auteurs, qu’une bradycardie basale et il serait en réalité plus approprié de parler d’une tachycardie de surface (RIDGWAY et HARRISON, 1986; RIDGWAY, 1972). 2. Une circulation sélective en plongée 2.1 Une circulation à géométrie variable Chez le dauphin, une vasoconstriction périphérique intense apparaît dès le début de la plongée et persiste pendant presque toute la durée de celle-‐ci (COLLET et DUGUY, 1987). Le sang se retire des régions périphériques, pour se concentrer et rester à une pression constante dans les organes vitaux (MAYOL, 1989). Pour pallier cette diminution du débit cardiaque consécutif à la bradycardie de submersion, le circuit sanguin prend une forme sélective. Seuls les tissus d’importance majeure sont irrigués en plongée : cœur, cerveau, moelle épinière, œil, glandes surrénales, placenta (SLIJPER, 1962). Ainsi, la pression sanguine dans le nouveau circuit reste élevée et la perfusion tissulaire est correcte dans les organes d’importance majeure. Cette circulation sélective permet d’importantes économies d’O2 en plongée : les régions privées d’apport d’O2 sanguin vont utiliser leur O2 tissulaire puis adopter un métabolisme anaérobie. Les tissus et organes privilégiés pourront, quant à eux, fonctionner plus longtemps en aérobiose. Lors de la plongée, le volume pulmonaire diminue et il se produit un afflux sanguin intra-‐thoracique qui a été qualifié d’ « érection pulmonaire » ou « blood shift » 47 (MAYOL, 1989). La conséquence directe de cet afflux est de durcir les vaisseaux et les capillaires entourant les poumons et les alvéoles pulmonaires, offrant une résistance accrue aux effets de la pression sur l’organisme. Ce phénomène est amplifié par l’existence des réseaux admirables (rete mirabile), chez le dauphin, qui constituent de véritables réservoirs d’O2 en plongée. 2.2 Irrigation du cerveau L’irrigation du cœur en plongée peut être réduite puisque son activité est moindre. En revanche, l’exigence métabolique du cerveau reste la même, et bien que le cerveau du dauphin résisterait { de courtes périodes d’anaérobiose, cet organe doit néanmoins être régulièrement irrigué en plongée, ce afin d’éviter toute lésion irréversible, conséquence d’une mauvaise oxygénation (GASPAR, 1991). L’existence chez le dauphin d’un réseau admirable thoraco-cervical, interposé entre la circulation systémique et la circulation cérébrale permet un stockage important d’O2 (NAGEL et al., 1968). De plus, ce réseau admirable joue un rôle d’amortisseur de pression, rendant la circulation cérébrale non pulsatile. Ceci permet une perfusion constante du cerveau en plongée, évitant ainsi de trop fortes variations de pression qui pourraient entrainer de graves lésions (VIAMONTE et al., 1968). 2.3 Vascularisation musculaire en plongée L’apnée imposée par la plongée ne permet pas au système sanguin de fournir une irrigation normale à tous les tissus. La circulation devient fonction des exigences métaboliques de ces derniers et les muscles font parties des premiers organes privés d’O2 (SLIJPER, 1962). Dans un premier temps, ils utiliseraient l’ O2 mis en réserve par la myoglobine, puis ils s’adapteraient à un fonctionnement anaérobiose produisant de l’acide lactique. La circulation sélective présente, là encore, un avantage puisque l’acide lactique produit ne serait libéré dans le sang qu’au cours de la dernière période de la remontée, quand la circulation reprend un caractère habituel. L’oxygénation rapide en surface accélère ensuite la transformation de l’acide lactique par le foie (CORRIOL, 1967). La teneur en acide lactique dans le sang est donc faible en plongée. 48 3. Le rôle du système vasculaire dans la régulation de la pression Lors de la plongée, des transferts sanguins ont lieu dans l’organisme, sous l’effet de la pression : on nomme ce phénomène blood-shift (GASPAR, 1991; MAYOL, 1989; RIDGWAY et HARRISON, 1986; SLIJPER, 1962). En effet, au cours de la descente, la pression hydrostatique augmente et le volume pulmonaire diminue jusqu’{ ce que la rigidité relative du thorax ne permette plus de réduire son volume : le volume pulmonaire est alors égal au volume résiduel. Au delà de cette profondeur, la pression intra-thoracique devient négative par rapport à celle du milieu aquatique environnant. Ce vide relatif attire alors vers le thorax une partie des viscères abdominaux, mais l’élasticité du diaphragme est limitée ; le sang présent dans les gros vaisseaux et les capillaires pulmonaires est alors aspiré puis retenu dans la circulation pulmonaire, remplissant ainsi le vide thoracique naissant. Ce phénomène contribue à rigidifier le poumon (on parle « d'érection pulmonaire »), ce qui va lui permettre de supporter des pressions encore plus importantes. Chez le dauphin, ce sont les réseaux admirables, et notamment le réseau admirable thoracique, qui permettent d’accueillir un afflux plus important de sang, expliquant pourquoi cet animal peut atteindre des profondeurs aussi grandes, jusqu’{ 600 m. Notons également le rôle particulier d’un réseau admirable situé dans l’épaisse gaine qui entoure le nerf optique, et qui aurait pour rôle de protéger la structure nerveuse face aux changements violents de pression hydrostatique (GASPAR, 1991). 4. Quelques particularités hématologiques Le dauphin présente de nombreuses particularités hématologiques, en voici les principales, fondamentales en plongée : Un volume sanguin important : 7 à 15 % du poids vif soit 70 à 150 mL/kg. À titre comparatif, le volume sanguin total de l’homme représente 7 % du poids vif soit 70 mL/kg. Cet important volume sanguin représente une immense réserve d’O2 lors de plongées. On a constaté que chez certains odontocètes très bons plongeurs (Marsouin de Dall), ces valeurs sont maximales (15 % du poids vif) 49 alors qu’elles sont comparables { l’homme chez le grand dauphin qui est un plongeur moyen (GASPAR, 1991; RIDGWAY et HARRISON, 1986; RIDGWAY, 1972). Une concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine importante : 37 à 44 pg par globule rouge (GR) chez le dauphin Tursiops truncatus contre 27 à 32 pg/GR chez l’homme (GASPAR, 1991; RIDGWAY et JOHNSTON, 1966). Ceci augmente les capacités de fixation en O2 de chaque hématie lors de la plongée. Une hémoglobine ayant une affinité basse pour l’oxygène. En effet, la P50 (pression partielle en O2 correspondant à 50% de saturation de l’hémoglobine à pH=7,4) est plus élevée chez les mammifères marins, ce qui signifie que même à des pressions partielles faibles, l’O2 se dissocie plus facilement de l’hémoglobine pour être distribuée aux tissus périphériques (REMINGTON et al., 2007; LENFANT, 1969). De même l’effet Bohr, qui se caractérise par une diminution de l’affinité pour l’O2 lors d’une augmentation de la pression partielle en CO2 ou d’une diminution de pH, est plus important chez les mammifères marins que chez l’homme. Ceci facilite le relargage d’O2 aux tissus périphériques lors de plongées. En résumé, un volume sanguin important, associé à une concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine, augmente les capacités de stockage en O2 chez le dauphin lors de plongées. Une affinité inférieure de l’hémoglobine pour ce gaz permet, quant à elle, une distribution plus facile aux organes qui en ont besoin. Notons, toutefois, que la plus grande réserve en O2 est constituée chez le dauphin par la myoglobine présente en quantité importante dans les muscles. Le muscle des cétacés contient deux à huit fois plus de myoglobine que celui de l’homme (d’où une couleur très foncée du tissu musculaire) (SLIJPER, 1962). 50 III. Examens complémentaires permettant l’exploration des fonctions respiratoire et cardiovasculaire chez le dauphin en captivité A. Exploration de l’appareil respiratoire 1. Examen bactériologique et cytologique des expectorations L’examen bactériologique et cytologique des expectorations est certainement l’examen complémentaire le plus accessible et le moins couteux pour l’exploration de l’appareil respiratoire du dauphin (SWEENEY et MICHELLE, 2001). Les particularités anatomiques et physiologiques de l’appareil respiratoire du dauphin facilitent la réalisation de cet examen. En effet, le dauphin renouvelle 80 % de l’air présent dans ses poumons { chaque cycle respiratoire. De plus, il ne possède pas de cornets nasaux qui agissent comme des filtres. Ainsi, à chaque cycle, le dauphin expire un grand volume d’air, non filtré, provenant des voies respiratoires les plus profondes. Cet air entraine avec lui de nombreuses cellules qui peuvent être collectées (SWEENEY et MICHELLE, 2001). Les cellules retrouvées dans les expectorations peuvent provenir à la fois des poumons, de la trachée, des bronches, des sacs aériens ou du larynx. La composition cellulaire normale d’une expectoration de dauphin est présentée dans le Tableau 5. Certains contaminants comme des cristaux de sel, des algues (diatomées), du pollen… peuvent être retrouvés mais ne doivent pas être confondus avec des œufs d’helminthes ou certains protozoaires. La présence de bactéries doit uniquement être considérée si l’échantillon prélevé présente également des signes d’inflammation de l’appareil respiratoire (ratio leucocytes sur cellules épithéliales supérieur { 1). La présence de Candida, de certains protozoaires ciliés ou de certains œufs de parasites (Nasitrema sp.) en petites quantités est considérée normale chez le dauphin en l’absence de signes cliniques, de signes d’inflammation ou de microhémorragies (présence d’érythrocytes sur la lame) (DUNN et al., 1982; SWEENEY et MICHELLE, 2001). 51 Tableau 5 : Eléments cytologiques normalement présents dans une expectoration de dauphin Tursiops truncatus (SWEENEY et MICHELLE, 2001) Cellules épithéliales 400 Nombre de cellules par champ >5 Macrophages 400 0 Leucocytes 400 0-‐5 Cellules Grossissement, X Leucocytes dégénérés 400 0 Erythrocytes 400 0 Œufs (parasites) 100 0 Protozoaires 100 0-‐1 Champignons 400 0 Pour réaliser le prélèvement des expectorations, il est tout d’abord nécessaire de nettoyer l’évent afin de retirer l’eau et d’éventuels contaminants. Les expectorations sont ensuite collectées en plaçant un pot stérile au dessus de l’évent et en demandant au dauphin une expiration forcée, lorsque celui-‐ci y a été entrainé (Figure 32). Les échantillons sont ensuite étalés sur lame et colorés avant d’être analysés au microscope optique (SWEENEY et MICHELLE, 2001). Figure 32 : Prélèvement d'une expectoration chez un dauphin Tursiops truncatus (PEARL, 2010) 52 2. Examens radiographique, scanner et imagerie par résonnance magnétique du thorax Les maladies respiratoires pulmonaires telles que les pneumonies ou bronchopneumonies bactériennes (staphylocoques, streptocoques, pseudomonas, salmonelles) ou virales (morbilivirus), ainsi que les infestations parasitaires ou fongiques, sont fréquentes et représentent la première cause de mortalité chez le dauphin. Tout comme chez les carnivores domestiques, la radiographie du thorax est l’examen de choix pour l’exploration de ces maladies. En effet, il s’agit du seul moyen de visualiser le parenchyme pulmonaire en entier, ainsi que l’espace pleural, les noeuds lymphatiques thoraciques et le cœur (VAN BONN et al., 2001). Afin d’obtenir des images de qualité et pour le confort de l’animal, il est recommandé de le suspendre dans un harnais, { l’extérieur de l’eau. Le tube à rayons X et la cassette peuvent alors être déplacés en fonction de la zone à radiographier (Figure 33) (VAN BONN et al., 2001). Figure 33 : Examen radiographique chez un dauphin placé dans un harnais (VAN BONN et al., 2001) Il est alors conseillé de réaliser les clichés dans deux axes perpendiculaires : un axe latéro-latéral (profil D) et un axe dorso-ventral (Figure 34). Pour l’axe dorso-ventral, la taille de l’animal peut imposer de radiographier chaque hémithorax indépendamment, en séparant la partie crâniale de la partie caudale. Pour l’axe latéro53 latéral il sera nécessaire de réaliser un cliché crânial et un autre plus caudal afin de visualiser l’ensemble des champs pulmonaires (VAN BONN et al., 2001). Figure 34 : Radiographies numériques du thorax chez le dauphin Tursiops aduncus (VAN BONN et al., 2001) Les limites de cet examen sont cependant nombreuses (VAN BONN et al., 2001) : La manipulation qui consiste { sortir l’animal de l’eau peut entrainer un stress important chez l’animal mais aussi des difficultés respiratoires, ainsi qu’un défaut de thermorégulation. Il est donc nécessaire que l’animal ait été habitué à être manipulé ainsi. 54 La puissance des appareils portables ne permet pas de radiographier le thorax des dauphins. Il faut avoir accès à un appareil fixe de puissance suffisante. Les techniques radiographiques n’ont pas été standardisées chez le dauphin. L’expérience du vétérinaire est donc nécessaire pour réaliser l’examen, ainsi que pour interpréter les images sans véritable référentiel. La radiographie numérique permet aujourd’hui d’avoir des images de meilleure qualité pouvant être modifiées en post-traitement. L’utilisation des examens scanner et d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) reste exceptionnelle chez dauphin. Les seuls cas décrits ont été réalisés postmortem dans le cadre d’études scientifiques (ENDO et al., 1999; VAN BONN et al., 2001). Cependant leur disponibilité étant de plus en plus grande, leur utilisation pourra permettre une visualisation complète de la cage thoracique, au delà des limites imposées par la radiographie. Ces examens restent cependant très couteux et nécessitent une anesthésie générale. 3. Échographie thoracique L’échographie thoracique permet de visualiser la plèvre, l’espace pleural et, dans une moindre mesure, le parenchyme pulmonaire. Cet examen est cependant limité en raison des artéfacts créés par l’air présent dans les poumons, ainsi que par l’épaisse couche de graisse qui sépare la peau de la cage thoracique (BROOK et al., 2001). Différentes affections comme un épanchement pleural, un abcès pulmonaire ou encore une lymphadénopathie peuvent être diagnostiquées grâce { cet examen d’imagerie. Il peut également être l’occasion de réaliser une cytoponction pulmonaire (BROOK et al., 2001). L’échographie thoracique peut être réalisée au bord du bassin, sans sédation, si l’animal y a été entrainé. Différentes positions peuvent être demandées { l’animal : décubitus latéral, dorsal, ventral, ou position verticale. Le soigneur et le manipulateur sont assis au bord du bassin. L’échographe est protégé par un caisson étanche et l’obscurité est réalisée grâce à une bâche ou une couverture noire (BROOK et al., 2001). 55 Comme pour tout examen échocardiographique, la sonde devra être adaptée à la zone à explorer et à la taille de l’animal. L’exploration du thorax nécessite le plus souvent une sonde convexe de fréquence 5 ou 3,5 MHz (BROOK et al., 2001). 1. Endoscopie des voies respiratoires supérieures L’endoscopie est un examen complémentaire idéal pour l’exploration des voies respiratoires supérieures (Figure 35) : cavités nasales, sacs aériens, larynx, trachée et bronches. Elle peut permettre la visualisation de phénomènes inflammatoires, infectieux, la présence d’une masse ou d’un corps étranger et est également indiquée pour la réalisation d’un lavage broncho-‐alvéolaire (DOVER et VAN BONN, 2001; TSANG et al., 2002). Figure 35 : Endoscopie des voies respiratoires supérieures chez le dauphin Tursiops truncatus (TSANG et al., 2002) À gauche : larynx en « bec de canard » ; à droite : bifurcation trachéo-‐bronchique (la flèche noire indique la carène et la flèche pointillée la bronche principale gauche). L’endoscopie des voies respiratoires est bien tolérée chez le dauphin peu ou pas sédaté. Pour cela, l’animal doit être positionné en décubitus sternal. L’examen est en général réalisé en dehors de l’eau mais si l’animal est entrainé, la réalisation de l’endoscopie au bord du bassin peut être envisagée. L’endoscope est introduit par l’évent. Le diamètre du flexible ne doit pas dépasser 8 à 9 mm afin de pouvoir atteindre la 6ème bifurcation bronchique (DOVER et VAN BONN, 2001; TSANG et al., 2002). 56 B. Exploration de l’appareil cardiovasculaire Peu d’examens complémentaires sont disponibles pour l’exploration de la fonction cardiovasculaire chez le dauphin. Le cœur du dauphin est, en effet, peu accessible et les techniques d’imagerie difficiles { utiliser. Très peu de données récentes sont disponibles. Les maladies cardiaques décrites jusque là dans cette espèce (anomalies congénitales, myocardiopathies, maladies parasitaires, maladies valvulaires dégénératives, endocardites valvulaires ou myocardites) ont toujours été diagnostiquées { l’autopsie (GONZALEZ-BARRIENTOS et al., 2010; GULLAND et al., 2001; LIPSCOMB et al., 1994; PREAU, 1987; SKLANSKY et al., 2006). 1. Électrocardiographie (ECG) L’électrocardiographie, qui permet de mesurer l’activité électrique du cœur, est quasiment exclusivement utilisée pour la surveillance cardiaque lors d’une anesthésie générale (HAULENA et HEATH, 2001). Cet examen mériterait d’être utilisé plus fréquemment en routine. Son utilisation permettrait, en effet, de compenser en partie l’auscultation cardiaque, quasiment impossible chez le dauphin en raison de la profondeur { laquelle se trouve le cœur au sein de la cage thoracique et de l’épaisse couche de gras séparant la peau de la cage thoracique (WALSH et GEARHART, 2001). 2. Examen radiographique thoracique La radiographie du thorax permet essentiellement l’exploration du champ pulmonaire, une radiographie centrée sur le médiastin peut toutefois être intéressante pour évaluer la taille et la forme du cœur (VAN BONN et al., 2001). 3. Échocardiographie Peu de données sont disponibles concernant l’évaluation échographique du cœur chez le dauphin. Les données existantes sont évoquées en détail dans la partie 57 expérimentale de ce manuscrit (p59) portant sur la faisabilité de l’examen échocardiographique transthoracique chez le dauphin. 58 PARTIE EXPÉRIMENTALE : Validation de l’échocardiographie transthoracique chez le dauphin Tursiops truncatus 59 I. Introduction et objectifs L’échocardiographie transthoracique constitue un examen complémentaire de choix pour le diagnostic des cardiopathies chez l’homme ainsi que chez les animaux de compagnie. Cet examen permet non seulement une description qualitative des anomalies cardiaques, mais également une évaluation quantitative de la morphologie et de la fonction cardiaque, grâce { l’utilisation complémentaire des modes bidimensionnel (2D) et temps-mouvement (TM). Malheureusement, l’utilisation de l’échocardiographie transthoracique chez le dauphin a, jusqu’{ présent, été limitée en raison de spécificités anatomiques (épaisse couche de graisse sous-cutanée, sternum large, poumons n’autorisant qu’une petite fenêtre échographique) et de difficultés techniques (examen réalisé dans l’eau, nécessité de maintenir l’animal dans une position adaptée pendant plusieurs minutes, sédation délicate voire dangereuse pour cette espèce) (BROOK et al., 2001; SKLANSKY et al., 2006). À l’heure actuelle, le diagnostic des cardiopathies chez le dauphin est essentiellement réalisé à la faveur d’examens nécropsiques et histologiques. De plus, ces maladies restent peu étudiées chez cette espèce. Dans l’unique étude publiée consacrée { l’échocardiographie chez le grand dauphin (Tursiops truncatus), l’échographique transthoracique s‘est révélée décevante (SKLANSKY et al., 2006) : les images obtenues, de mauvaise qualité, ne montraient que de petites parties du cœur. Les auteurs ont alors conclu que l’échocardiographie transœsophagienne était la technique la plus adaptée pour l’évaluation cardiaque du dauphin. Toutefois, selon ces auteurs, la fenêtre échographique permise par cette technique restait beaucoup plus limitée que chez les primates. De plus, une apnée précédée d’une expiration forcée était demandée { l’animal examiné afin d’obtenir des images de bonne qualité. Ceci permettait, en effet, un meilleur contact entre le cœur et l’œsophage en diminuant la place occupée par le tissu pulmonaire. L’apprentissage de ce « comportement respiratoire » a nécessité quatre mois d’entrainement spécifique pour les dauphins ayant participé { l’étude, ce qui représente une contrainte technique très importante { l’usage de l’échographie transœsophagienne en routine. 61 Le mode TM anatomique est une technique échocardiographique permettant la visualisation des structures anatomiques en fonction du temps, tout comme le mode TM conventionnel (Figure 36). Ce mode permet par conséquent d’effectuer une étude dynamique du fonctionnement cardiaque, grâce { l’analyse du mouvement des différentes structures cardiaques en fonction du temps, ainsi que chiffrée, et par là même objective, de la taille ou de l’épaisseur des différentes structures cardiaques (parois, cavités) et de la fonction cardiaque (CARERJ et al., 2003; DONAL et al., 2004; MELE et al., 1998; STROTMANN et al., 1999). Cependant, contrairement au mode TM conventionnel, le TM anatomique offre la possibilité de reconstituer des images en TM à partir de courtes séquences enregistrées en mode 2D et cela, indépendamment de l’orientation du faisceau ultrasonore. Cette technique permet de s’affranchir de l’inconvénient majeur du mode TM conventionnel qui réside dans le fait que l’origine de l’axe de tir se situe obligatoirement { l’apex du faisceau ultrasonore. Cela demande donc un positionnement précis de la sonde lors de l’examen échocardiographique, afin d’obtenir un alignement parfait avec les structures que l’on souhaite mesurer. Le mode TM anatomique offre l’opportunité pour l’opérateur de positionner l’axe de tir dans la direction de son choix, afin qu’il soit parfaitement perpendiculaire aux structures choisies sur l’image 2D (Figure 37) (CARERJ et al., 2003; DONAL et al., 2004; GRENACHER et SCHWARZWALD, 2010; MELE et al., 1998; OYAMA et SISSON, 2005; STROTMANN et al., 1999). Ceci permet d’accroitre la précision des mesures, pouvant être réalisées dans toutes les directions, en post-traitement, et ce sans la présence de l’animal. Cette technique nous est alors apparue comme intéressante et plus facile d’exécution que le mode TM conventionnel, pour évaluer la morphologie et la cinétique cardiaque chez le dauphin vigile. 62 Figure 36 : Principe du mode échographique temps-mouvement (TM) (BOEHMEKE et DOLIVA, 2006) A B A : mouvement de la balle selon un plan ; B : position de la balle visualisée en fonction du temps grâce au mode TM. 63 Figure 37 : Comparaison des modes TM conventionnel et TM anatomique pour le choix de l'axe de tir A B A : en mode TM conventionnel, l’origine de l’axe de tir (en rouge) se situe à l’apex du faisceau ultrasonore B : en mode TM anatomique, l’axe de tir peut être placé dans toutes les directions. Les objectifs de cette étude ont été les suivants : 1. Evaluer la faisabilité de l’échocardiographie transthoracique chez le grand dauphin, en utilisant le mode TM anatomique (position optimale de l’animal, coupes réalisables). 2. Déterminer la variabilité intra-jour (répétabilité) et inter-jours (reproductibilité), pour un même opérateur, des paramètres échocardiographiques mesurés en utilisant cette technique. 64 II. Matériels et méthodes A. Animaux Quatre grands dauphins adultes en bonne santé ont été inclus dans l’étude (Tableau 6). Tableau 6 : Dauphins (Tursiops truncatus) ayant participé à l'étude Dauphins Sexe Age (années) Poids (kg) Aya Femelle 15 180 Balasi Mâle 7 180 Guama Mâle 19 250 Femke Femelle 31 250 Les animaux ont été considérés comme étant en bonne santé après un examen clinique complet, réalisé avant leur introduction dans l’étude. B. Technique échocardiographique utilisée Les examens échocardiographiques transthoraciques ont été réalisés à l’extérieur, au bord du grand bassin du delphinarium du parc Astérix (Plailly, France) (Figure 38). Figure 38 : Grand bassin du delphinarium du Parc Astérix (photo : Pascal Kammerer) 65 Un échographe portable (Vivid i, GE Healthcare, Waukesha, Wis, USA) équipé d’une sonde sectorielle 3S (1,5-3,5MHz) a été utilisé (Figure 39). Ce dernier était protégé dans un caisson étanche spécialement conçu pour cette étude, avec une vitre transparente pour que l’opérateur puisse voir l’écran de l’échographe, ainsi qu’un couvercle amovible pour qu’un aide puisse effectuer les réglages de l’appareil (fréquence de la sonde, profondeur, résolution, gain, compression) selon les recommandations de l’opérateur. Figure 39 : Echographe portable Vivid i, General Electrics Healthcare Le caisson contenant l’échographe était placé au bord du bassin, sous une bâche noire lorsque le temps était ensoleillé (Figure 40). 66 Figure 40 : Dispositif et position idéale du dauphin pour son examen échocardiographique transthoracique Assistants Bâche noire Opérateur Caisson étanche contenant l’échographe Soigneur Des essais préliminaires ont consisté à trouver la position de l’animal la plus appropriée pour obtenir une image de qualité optimale : décubitus latéral droit et gauche, décubitus sternal et dorsal, position verticale (Figure 41). Pour chaque position, l’opérateur (Pr. Valérie Chetboul) était assis sur le bord du bassin, à droite du soigneur, avec derrière lui un aide ayant pour fonction de réaliser les réglages de l’appareil. Le soigneur était en charge de maintenir l’animal dans une position stable pour l’examen échocardiographique. 67 Figure 41 : Essais préliminaires consistant à trouver la position idéale de l'animal pour l'examen échocardiographique transthoracique A C B A : décubitus dorsal ; B : décubitus sternal ; C : position verticale. Après quatre séances d’essais et comme cela avait été décrit par Miedler (MIEDLER, 2003), la position en décubitus latéral gauche s’est révélée être la plus adaptée pour l’obtention d’images 2D de qualité acceptable (Figure 40). La sonde était alors placée sous l’eau, sur la partie gauche du thorax, au niveau du sternum, en regard du bord caudal de la nageoire pectorale gauche (Figure 42 et Figure 43). Afin d’améliorer la stabilité de l’animal et le positionnement de la sonde, l’opérateur tenait la sonde dans sa main droite, et la nageoire pectorale droite du dauphin dans sa main gauche. 68 Figure 42 : Position de la sonde lors de l'examen échocardiographique transthoracique chez le dauphin Tursiops truncatus (photo : Vincent Capman) Figure 43 : Représentation shématique de la position de la sonde lors de l'examen échocardiograpique transthoracique chez le dauphin Tursiops truncatus (illustration : Nicolas Gaide) 69 La sonde, ainsi positionnée, a permis l’obtention d’une coupe 2D grand axe, parasternale gauche, montrant le ventricule gauche ventralement et la crosse aortique dorsalement (Figure 44 et Figure 45). Quelques séances d’entrainement ont suffit { l’équipe des soigneurs pour apprendre aux dauphins { se positionner ainsi pendant plusieurs minutes. Figure 44 : Représentation shématique de la coupe grand axe obtenue par voie parasternale gauche chez le dauphin Tursiops truncatus (illustration : Nicolas Gaide) PVVG VG AG PDVG Aorte PVVG : Paroi Ventrale du Ventricule Gauche ; VG : Ventricule Gauche ; PDVG : Paroi Dorsale du Ventricule Gauche ; AG : Atrium Gauche. 70 Figure 45 : Coupe grand axe obtenue par voie parasternale gauche, montrant le ventricule gauche ventralement et la crosse aortique dorsalement, chez le dauphin Tursiops truncatus Axe de tir Ventral PVVG Crânial Caudal Dorsal VG AG P mv PDVG Ao Bulbe aortique Tronc brachiocéphalique Unité de Cardiologie d’Alfort PVVG : Paroi Ventrale du Ventricule Gauche ; VG : Ventricule Gauche ; PDVG : Paroi Dorsale du Ventricule Gauche ; AG : Atrium Gauche ; P : muscle papillaire ; mv : valve mitrale A. Protocole Un total de 96 examens échocardiographiques a été réalisé sur 4 jours, distribués sur une période de 2 semaines, par un opérateur unique (Pr. Valérie Chetboul) diplômée du Collège Européen Vétérinaire de Médecine Interne (option Cardiologie). Chaque dauphin a été systématiquement échocardiographié 6 fois par jour. De courtes séquences vidéo, montrant la coupe grand axe parasternale gauche précédemment décrite et comportant au moins 3 cycles cardiaques, ont été enregistrées sur le disque dur de l’échographe. Ces séquences vidéo ont ensuite été analysées de façon randomisée par le même opérateur, le jour de leur enregistrement. Deux séquences vidéo d’un même dauphin ne pouvaient être analysées de façon consécutive. Le mode TM anatomique a ensuite été utilisé, grâce à un logiciel spécifique (Vivid I BT 10 SW appl R. 10.3.0., GE Healthcare, Wauwatosa, WI, USA) installé sur l’échographe, afin de visualiser les mouvements du ventricule gauche et de l’aorte en fonction du temps. Pour cela, l’axe 71 de tir a été précisément placé perpendiculairement à la crosse aortique et à la paroi myocardique dorsale du ventricule gauche (Figure 46). Figure 46 : Echocardiogramme en mode TM obtenu à partir de la coupe grand axe parasternale gauche chez le dauphin Tursiops truncatus PVVG VG PDVG Aomin Aomax Unité de Cardiologie d’Alfort PVVG : Paroi Ventrale du Ventricule Gauche ; VG : Ventricule Gauche ; PDVG : Paroi Dorsale du Ventricule Gauche ; Aomin : diamètre minimal de l’aorte ; Aomax : diamètre maximal de l’aorte Huit variables échocardiographiques ont ainsi pu être mesurées en utilisant le mode TM anatomique : L’épaisseur de la paroi ventrale du ventricule gauche en fin de diastole et en fin de systole (PVVGd et PVVGs) Le diamètre cavitaire du ventricule gauche en fin de diastole et en fin de systole (Dd et Ds) L’épaisseur de la paroi dorsale du ventricule gauche en fin de diastole et en fin de systole (PDVGd et PDVGs) Le diamètre aortique minimal et maximal (Aomin et Aomax) Ont ensuite été calculés les paramètres suivants : Le diamètre aortique moyen (Aomean = Aomin+Aomax)/2) 72 La fraction de raccourcissement du ventricule gauche (FR = Dd-Ds/Dd) Chaque variable échocardiographique a été mesurée une fois durant le cycle cardiaque, là où l’image montrait au mieux les bords de l’endocarde. La fréquence cardiaque a également été mesurée en mode TM anatomique, en mesurant l’intervalle de temps séparant deux révolutions cardiaques. D. Analyse statistique Le logiciel Systat (version 10.0, SPSS Inc., Chicago, IL, USA) a permis l’analyse des données, exprimées en moyenne ± écart type. Le modèle général linéaire suivant a ensuite été utilisé pour calculer la variabilité intra-opérateur, intra-jour et inter-jours des paramètres échocardiographiques : Yijk = µ + jouri + dauphinj + (jour dauphin)ij + ijk Yijk étant la kème valeur mesurée pour le dauphin j le jour i, la moyenne générale, jouri l’effet différentiel du jour i, dauphinj l’effet différentiel du dauphin j, (jour dauphin)ij représentant l’interaction entre le jour et le dauphin, et ijk l’erreur modèle. Ce modèle avait été précédemment décrit et utilisé lors d’études similaires de validation de diverses techniques ultrasonores (échocardiographie conventionnelle, Doppler tissulaire, Strain et Strain Rate Imaging, Speckle Tracking Imaging) chez les carnivores domestiques (CHETBOUL et al., 2004a; CHETBOUL et al., 2005; CHETBOUL et al., 2006; CHETBOUL et al., 2007; GOUNI et al., 2007; SERRES et al., 2008). L’écart-type de répétabilité a été estimé comme étant l’écart-type résiduel du modèle et celui de reproductibilité comme étant l’écart-type de l’effet différentiel du jour. Les coefficients de variation ont ensuite été déterminés en divisant chaque écarttype par la moyenne. 73 III. Résultats Tous les examens échocardiographiques ont permis la mesure et le calcul des 10 paramètres précédemment cités en utilisant le mode TM anatomique. La fréquence cardiaque mesurée fut de 54 14 bpm (34-91), avec les valeurs les plus basses (<40 bpm) obtenues après une apnée prolongée. Le Tableau 7 indique les valeurs moyennes, minimales et maximales obtenues à partir des 960 paramètres échocardiographiques mesurés. Le Tableau 8 présente les écarts-types et coefficients de variation intra-jour et inter-jours de chaque paramètre échocardiographique. La majorité des coefficients de variation (18/20, 90%) furent inférieurs à 15% et tous les coefficients de variation intra-jour [1.60%-7.32%] inférieurs à 10%, le coefficient de variation minimal ayant été mesuré pour le diamètre cavitaire du ventricule gauche en diastole. Plus de la moitié des coefficients de variation inter-jours (6/10) furent inférieurs à 10% [3.67%-8.52%], le coefficient de variation minimal ayant également été mesuré pour le diamètre cavitaire du ventricule gauche en diastole. Les deux coefficients de variation maximaux (17,31% et 20,54%) ont été obtenus pour les parois myocardiques ventrale et dorsale du ventricule gauche en systole. 75 Tableau 7 : Valeurs moyennes ± écarts-‐types, minimales et maximales des paramètres échocardiographiques mesurés chez 4 dauphins Tursiops truncatus à partir de 96 examens échocardiographiques réalisés en utilisant le mode TM anatomique Moyenne ± écart-‐type Minimum -‐ Maximum Epaisseur de la paroi ventrale du ventricule gauche en fin de diastole (mm) Epaisseur de la paroi ventrale du ventricule gauche en fin de systole (mm) 12.7 ± 0.44 11.5 -‐ 13.9 21.2 ± 1.24 18.5 -‐ 23.8 Diamètre cavitaire du ventricule gauche en fin de diastole (mm) 66.2 ± 3.80 61.3 -‐ 75.6 Diamètre cavitaire du ventricule gauche en fin de systole (mm) 40.3 ± 2.00 35.0 -‐ 43.9 Epaisseur de la paroi dorsale du ventricule gauche en fin de diastole (mm) Epaisseur de la paroi dorsale du ventricule gauche en fin de diastole (mm) 12.7 ± 0.50 11.3 -‐ 14.4 21.0 ± 1.13 18.6 -‐ 23.0 Fraction de raccourcissement (%) 39.0 ± 4.07 32.0 -‐ 52.0 Diamètre aortique minimal (mm) 40.0 ± 1.28 36.3 -‐ 42.9 Diamètre aortique maximal (mm) 46.8 ± 1.72 43.0 -‐ 50.2 Diamètre aortique moyen (mm) 43.4 ± 1.27 40.2 -‐ 46.4 Tableau 8 : Variabilités intra-‐jour et inter-‐jours des paramètres échocardiographiques mesurés chez 4 dauphins Tursiops truncatus grâce à l’utilisation du mode TM anatomique lors de 96 examens échocardiographiques, exprimées par leurs écarts-‐ types et leurs coefficients de variation (CV) Intra-‐jour Paramètre échocardiographique Inter-‐jours Ecart-‐type CV (%) Ecart-‐type CV (%) Epaisseur de la paroi ventrale du ventricule gauche en fin de diastole (mm) Epaisseur de la paroi ventrale du ventricule gauche en fin de systole (mm) 0.40 3.16 0.85 6,69 1.00 4.72 4.35 20.54 Diamètre cavitaire du ventricule gauche en fin de diastole (mm) 1.06 1.60 2.43 3.67 Diamètre cavitaire du ventricule gauche en fin de systole (mm) 1.92 4,76 3.44 8.52 Epaisseur de la paroi dorsale du ventricule gauche en fin de diastole (mm) Epaisseur de la paroi dorsale du ventricule gauche en fin de diastole (mm) 0.46 3.65 1.03 8.13 0.94 4.47 3.64 17.31 Fraction de raccourcissement (%) 2.86 7.32 3.84 9.83 Diamètre aortique minimal (mm) 0.96 2.39 4.41 11.04 Diamètre aortique maximal (mm) 1.11 2.36 2.93 6.25 Diamètre aortique moyen (mm) 0.81 1.87 4.91 11.31 IV. Discussion L’échocardiographie transthoracique pourrait constituer un outil diagnostique antemortem non-invasif de choix des cardiopathies du dauphin. Cet examen complémentaire pourrait également être utile à titre préventif pour le suivi régulier des animaux vivant en captivité, dans la mesure où il est totalement indolore et non contraignant. Il pourrait de même être utilisé pour de futures études sur la physiologie cardiovasculaire chez cette espèce. Notre travail, grâce { l’utilisation du mode TM anatomique, a pour la première fois permis de fournir des données quantitatives sur la morphologie et la fonction du ventricule gauche chez le grand dauphin. Cette approche non-invasive de l’imagerie constitue un premier pas dans le développement de la cardiologie chez les cétacés. Peu de données sont disponibles concernant l’évaluation échographique du cœur chez le dauphin. L’échocardiographie fœtale a récemment été décrite chez le grand dauphin (SKLANSKY et al., 2010). Dans cette étude, les auteurs rapportent une évaluation détaillée du statut cardiovasculaire du fœtus, en particulier l’obtention d’images 2D du cœur, l’utilisation du Doppler couleur et du Doppler pulsé pour l’évaluation des flux sanguins des grosses artères ainsi que de la veine et de l’artère ombilicale entre huit et neuf mois de gestation. Dans une autre étude réalisée par les mêmes auteurs (SKLANSKY et al., 2006), des examens échocardiographiques transœsophagiens ont été réalisés chez quatre grands dauphins adultes entrainés à rester en apnée après une expiration forcée. Cette étude a permis l’obtention d’images de bonne qualité du cœur entier (valves atrio-ventriculaires et artérielles, septa interatrial et interventriculaire, cavités atriales droite et gauche, ventricules droit et gauche, aorte ascendante et artère pulmonaire principale). Cette étude a également démontré la présence d’une régurgitation tricuspidienne modérée chez tous les dauphins inclus dans l’étude, ainsi qu’une régurgitation aortique chez un dauphin, en utilisant le Doppler couleur (SKLANSKY et al., 2006). Malheureusement, aucune évaluation quantitative de la taille et du fonctionnement ventriculaire n’a pu être 79 obtenue en utilisant cette méthode, en raison de l’instabilité de position de l’animal. Seul le diamètre maximal des valves a pu être mesuré (SKLANSKY et al., 2006). Les avancées réalisées ces dernières années en échographie conventionnelle, incluant le mode TM anatomique, ont offert de nouvelles opportunités pour l’évaluation cardiaque non-invasive chez l’homme et d’autres espèces comme le chien ou le chat (CARERJ et al., 2003; DONAL et al., 2004; GRENACHER et SCHWARZWALD, 2010; MELE et al., 1998; OYAMA et SISSON, 2005; STROTMANN et al., 1999). Le mode TM « classique » fournit un échocardiogramme en une dimension en fonction du temps et est couramment utilisé pour les mesures de variables tels que les diamètres ventriculaires et l’épaisseur des parois myocardiques. Cette technique échocardiographique conventionnelle se caractérise par sa haute résolution temporelle et est donc recommandée pour l’étude des structures mobiles (CARERJ et al., 2003). Cependant la limite majeure du mode TM conventionnel réside dans le fait que l’axe de tir ne peut être positionné que dans une direction limitée, l’origine de l’axe étant un point fixe situé à l’apex du faisceau ultrasonore (CARERJ et al., 2003). Le mode TM anatomique possède l’avantage de pouvoir se soustraire { cette contrainte, en autorisant l’opérateur { placer l’axe de tir dans la direction souhaitée (CARERJ et al., 2003). Chaque structure cardiaque peut alors être étudiée sous n’importe quel angle, obtenu grâce au mode 2D. De plus, le mode TM anatomique est employé en post-traitement { partir d’images obtenues et enregistrées en mode 2D. Il n’est donc pas nécessaire que l’animal soit présent pour effectuer les mesures, ce qui réduit considérablement la durée de l’examen, un avantage majeur en médecine des mammifères marins. Enfin, le mode TM anatomique permettant une libre orientation de l’axe de tir, un alignement parfait, c’est-à-dire perpendiculaire au grand axe du cœur, peut être obtenu constamment et indépendamment des variations morphovolumétriques du cœur (CARERJ et al., 2003). Ceci participe grandement { l’amélioration de la répétabilité et de la reproductibilité des mesures. Plusieurs études ont démontré que le mode TM anatomique permettait, chez l’homme, d’améliorer la précision et la reproductibilité des mesures des dimensions du cœur gauche par rapport au mode TM conventionnel, en réduisant le risque de surestimation en cas de mauvais alignement 80 (DONAL et al., 2004; MELE et al., 1998). Une variabilité diminuée entre les deux techniques a également été montrée chez le chien pour l’évaluation du cœur gauche (OYAMA et SISSON, 2005). Notre étude a, elle aussi, démontré que l’échocardiographie transthoracique en utilisant le mode TM anatomique était capable de fournir une évaluation quantitative rapide et fiable de la fonction cardiaque chez le grand dauphin non sédaté. L’utilisation du mode TM anatomique peut toutefois être limitée par les contraintes rencontrées en mode 2D, dont une fréquence d’images inférieure à celle du mode TM conventionnel. Mais les avancées récentes en imagerie médicale ont permis d’atteindre 250 images/s en mode 2D, ce qui conduit à l’obtention d’images de bonne qualité en TM après post-‐traitement, comme nous avons pu les obtenir dans notre étude (CARERJ et al., 2003; DONAL et al., 2004; GRENACHER et SCHWARZWALD, 2010; OYAMA et SISSON, 2005). Un des prérequis fondamentaux avant qu’une nouvelle technique puisse être proposée comme outil diagnostique in vivo, est d’évaluer sa répétabilité et sa reproductibilité. Les résultats obtenus dans notre étude démontrent que le mode TM anatomique peut être utilisé de façon répétable et reproductible pour l’évaluation cardiaque chez le grand dauphin vigile : en effet, 90% des coefficients de variation intra et inter-‐jours étaient inférieurs à 15% et 80% inférieurs à 10%, indiquant une variabilité bonne à excellente des paramètres échographiques mesurés. Ces coefficients de variation sont similaires à ceux obtenus chez les carnivores domestiques par voie transthoracique en utilisant le mode TM conventionnel (CHETBOUL et al., 2004b; CHETBOUL et al., 2003). Sklansky et al. ont montré que la qualité des images obtenues par voie transthoracique chez le grand dauphin adulte n’était pas améliorée en apnée après une expiration forcée, contrairement à l’échographie transœsophagienne (SKLANSKY et al., 2006). De la même façon, aucune apnée ou expiration forcée n’a été imposée aux dauphins participant à notre étude. Les animaux venaient se positionner en décubitus latéral gauche au bord du bassin avec très peu de contrainte. Cette position a été obtenue facilement après quelques séances d’entrainements avec les soigneurs. Ceci représente également un avantage non négligeable de l’échocardiographie 81 transthoracique, par rapport { l’échocardiographie réalisée par voie transœsophagienne. Dans notre étude, la fréquence cardiaque enregistrée durant les examens échocardiographiques étaient de 54 bpm en moyenne (34-91), les valeurs inférieures ayant été obtenues lors d’apnées prolongées. Les mêmes observations ont été faites par SKLANSKY et al., 2006. Dans leur étude, la fréquence cardiaque variait entre 60 et 70 bpm et chutait entre 25 et 35 bpm après une apnée suivie d’une expiration forcée. Cette bradycardie en apnée (diminution de plus de 50% de la fréquence cardiaque) est une adaptation physiologique à la plongée bien décrite chez les mammifères marins dont les dauphins (ELSNER, 1969; NOREN et al., 2004). Ce travail préliminaire en échocardiographie transthoracique chez le dauphin présente toutefois plusieurs limites. Les mesures quantitatives réalisées se sont limitées au ventricule gauche et { l’aorte. Les septa interatrial et interventriculaire ainsi que le cœur droit n’ont pas pu être évalués. Ces structures cardiaques étaient relativement difficiles à visualiser par voie transthoracique en raison de la petite fenêtre échographique autorisée par la morphologie de l’animal. Enfin, d’autres études réalisées chez le chien et le chat ont montré que l’échocardiographie était un examen très « opérateur-dépendant » (CHETBOUL et al., 2004b; CHETBOUL et al., 2003). Les résultats présentés ici ne sont valables que pour l’opérateur ayant réalisé les examens de cette étude et les vétérinaires souhaitant utiliser la même technique sont invités à déterminer leur propre variabilité. En conclusion, l’échographie transthoracique, avec l’utilisation du mode TM anatomique, représente une méthode rapide, fiable et non invasive pour l’évaluation quantitative de la taille et de la fonction du ventricule gauche, ainsi que de l’aorte chez le grand dauphin vigile, avec peu de contrainte et d’entrainement. Cette technique d’imagerie pourrait être utilisée { la fois en pratique et pour la recherche afin d’évaluer la morphologie et la cinétique cardiaque chez le dauphin sain ou présentant une cardiopathie. D’autres travaux sont maintenant nécessaires pour déterminer les intervalles de référence correspondants. Il conviendra également d’analyser l’effet éventuel du poids et du sexe de l’animal sur les paramètres échocardiographiques 82 mesurés, comme cela a été décrit chez les carnivores domestiques. La capacité diagnostique de la technique présentée ici doit aussi être évaluée chez des dauphins atteints de cardiopathies. 83 CONCLUSION Cette étude prospective, réalisée chez quatre dauphins Tursiops truncatus, a permis d’évaluer et de valider la faisabilité de l’échocardiographie transthoracique dans cette espèce. Dix paramètres échocardiographiques (i.e., parois myocardiques ventrales et dorsales du ventricule gauche en télédiastole et télésystole, diamètres télédiastoliques et télésystoliques du ventricule gauche et de l’aorte, diamètre aortique moyen, et fraction de raccourcissement du ventricule gauche) ont pu être mesurés 96 fois sur 4 jours { l’aide du mode TM anatomique { partir d’une coupe grand axe 2D, obtenue par abord parasternal gauche, montrant le ventricule gauche ventralement et la racine aortique dorsalement. La plupart des coefficients de variation intra- et inter-jours (16/20) étaient inférieurs à 10%, le plus bas ayant été obtenu pour le diamètre télédiastolique du ventricule gauche (1,6%). Le mode TM anatomique permet donc une évaluation, rapide, fiable et non invasive de la morphologie et de la cinétique cardiaque gauche chez le dauphin Tursiops truncatus, ce avec une bonne répétabilité et reproductibilité pour un opérateur entraîné. D’autres études sont { présent nécessaires pour déterminer les intervalles de référence correspondants et évaluer la capacité de cette technique ultrasonore à établir le diagnostic ante-mortem des cardiopathies gauches dans cette espèce. 85 BIBLIOGRAPHIE BOEHMEKE T. & DOLIVA R. (2006). Pocket atlas of echocardiography, Stuttgart, Thieme, 225p. BROOK F., VAN BONN W. & JENSEN E. (2001). Utrasonography. In: DIERAUF, L.A. & GULLAND, F.M.D., CRC Handbook of Marine Mammal Medicine. Boca Raton, CRC Press, 593-620. CARERJ S., MICARI A., TRONO A., GIORDANO G., CERRITO M., ZITO C., et al. (2003). Anatomical M-mode: an old-new technique. Echocardiography, 20, 357-361. CAVE A. J.E. (1977). The coronary vasculature of the bottlenosed dolphin (Tursiops truncatus). In: HARRISON, R. J., Functional Anatomy of Marine Mammals. London, Academic Press, 3, 199-215. CHETBOUL V., ATHANASSIADIS N., CARLOS C., NICOLLE A., ZILBERSTEIN L., POUCHELON J.L., et al. (2004a). 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Okajimas Folia Anat Jpn, 53, 337-358. 92 L’EXAMEN ÉCHOCARDIOGRAPHIQUE TRANSTHORACIQUE CHEZ LE DAUPHIN Tursiops truncatus : MISE AU POINT DE LA TECHNIQUE, RÉPÉTABILITÉ ET REPRODUCTIBILITÉ NOM et Prénom : LICHTENBERGER Jonathan Résumé L’auteur réalise, en première partie, une étude bibliographique des particularités anatomiques et physiologiques de l’appareil respiratoire et cardiovasculaire chez le dauphin Tursiops truncatus, ainsi que des examens complémentaires réalisables pour leur exploration. Puis l’auteur présente une étude prospective, dont l’objectif a été la validation de l’échocardiographie transthoracique chez cette espèce. Pour cela, quatre dauphins Tursiops truncatus en bonne santé et vigiles ont été inclus dans l’étude. Au total, 96 échocardiographies ont été réalisées par le même opérateur. Les mesures en mode temps-mouvement anatomique (TMA) ont été effectuées à partir d’une coupe grand axe bidimensionnelle, obtenue par abord parasternal gauche, montrant le ventricule gauche (VG) ventralement et la racine aortique dorsalement. Les coefficients de variation (CV) intraet inter-jours des paramètres échocardiographiques mesurés ont été déterminés à partir d’un modèle général linéaire. Dix variables TMA ont été mesurées pour chaque examen. La plupart des CV intra- et interjours (16/20) étaient inférieurs à 10%. En conclusion, le mode TMA permet une évaluation non invasive de la morphologie et de la cinétique cardiaque gauche chez le dauphin Tursiops truncatus, ce avec une bonne répétabilité et reproductibilité pour un opérateur entraîné. Mots clés : CŒUR, ÉCHOCARDIOGRAPHIE, RÉPÉTABILITÉ, REPRODUCTIBILITÉ, TEMPS-MOUVEMENT ANATOMIQUE, DAUPHIN, TURSIOPS TRUNCATUS Jury : Président : Pr. Directeur : Pr. CHETBOUL Valérie Assesseur : Dr. TISSIER Renaud TRANSTHORACIC ECHOCARDIOGRAPHY IN THE BOTTLENOSE DOLPHIN Tursiops truncatus: TECHNIQUE DEVELOPMENT, REPEATABILITY AND REPRODUCIBILITY SURNAME: LICHTENBERGER Given name: Jonathan Summary The author first presents a bibliographic review about anatomical and physiological specificities of the respiratory and cardiovascular systems in the bottlenose dolphin Tursiops truncatus (BN) and about complementary exams that can be performed for their exploration. Then, the author presents a prospective study about validation of transthoracic echocardiography in this species. For that, four healthy and non-sedated BN were included. A total of 96 echocardiographic examinations were performed by the same observer. Anatomic M-mode (AMM) measurements were performed from 2D left parasternal long-axis views showing the left ventricle (LV) ventrally and the aortic root dorsally. The within-day and between-day coefficients of variation (CV) of the measured variables were determined using a general linear model. Ten AMM variables were calculated. Most within- and between-day CV values (16/20) were <10%. In conclusion, AMM provides a non-invasive evaluation of left heart morphology and function in BN with good repeatability and reproducibility for a trained observer. Keywords: HEART, ECHOCARDIOGRAPHY, REPEATABILITY, REPRODUCIBILITY, ANATOMIC M-MODE, BOTTLENOSE DOLPHIN, TURSIOPS TRUNCATUS. Jury: President: Pr. Director: Pr. Valérie CHETBOUL Assessor: Dr. Renaud TISSIER