Eveil3 - Madolia.com
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Eveil Synopsis: La mer est calme. Puis une brise se lève, dans les fleurs, une jeune fille les yeux clos dort. Au loin l'appel d'un bateau. Soudain son visage s'illumine, elle s'élance dans la plaine. Où s'empresse-t-elle d'aller? Scénario Intro: La mer non loin du port Une étendue d'eau bleue/grise calme et silencieuse. Soudain au loin le bruit d'un bateau annonçant son entrée au port. TITRE: Eveil Ext. Jour. Dans un champ: étendues de fleurs aux pétales colorés. Rien ne bouge parmi les fleurs. Un rayon de soleil répand sa lumière sur le visage d'une jeune fille aux yeux clos. Elle dort sur son oreille gauche, dans les fleurs. Ses cheveux encerclent son oreille droite, captive aux échos des vagues lointaines. Alors une brise se lève et vient chahuter les herbes folles. Un bateau annonce son arrivée au port. Soudain la jeune fille tressaute, comme secouée par une décharge électrique. Ses paupières s'ouvrent brusquement. Elle lève la tête et son corps suit. A la vue du champ en fleur elle s’élance en avant les bras écarté et s'exclame dans un grand soupir : « Waaaaaaaaaa !!!!! » Elle s’étire fort, secoue ses cheveux et sa robe. Ext. Jour. La mer non loin du port La mer jusqu'alors calme se met à à remuer davantage, contre un rocher, comme lorsque un bateau est proche. Ext. Jour. Dans la plaine La jeune fille debout, s'élance en virevoltant dans la plaine. Sa jupe-culotte rouge et volubile tourbillonne autour d'elle. Elle porte un chemisier blanc aux motifs floraux brodés sur les bords des manches et du col, un ruban violet desserré autour de sa taille. Quelques fleurs rouges et bleus s'envolent de ses cheveux. Se penchant vers une fleur bleue resplendissante, aux épais pétales, elle est admirative. Juste à côté devant une fleur rose longue, dont les pétales s’ouvrent vers l’extérieur elle s’émerveille. Au dessus d'elle, une fleur d’une couleur prune, profonde, immense, elle est très impressionnée. Tout retient son attention. Ext. Jour. La mer non loin du port: dans l'agitation des vagues. Une vague bleu profond, s'élève, s'entrechoque et tournoie vers le ciel azuré, s'écrase, en remous qui éclaboussent. Les gouttes ruissellent et brillent dans le soleil. D'autres vagues s'embrassent où se croisent, se heurtent avec fracas. La réaction est très riche en en écume blanche. Le son du bateau se répète, il est plus proche. Ext. Jour. Dans la plaine, la jeune fille. Elle oblique, trottine. Puis elle s'arrête à l'annonce renouvelée du bateau. Elle dresse la tête immobile. Ecarquille ses grands yeux verts, alerte, tourné vers l'horizon. Elle dit d’un ton rêveur : "Que j'aimerais naviguer!" Puis elle se remet à flâner dans la plaine colorée, rêvant de la mer, mimant les vagues avec sa bouche et son corps: elle fait un ample mouvement avec ses bras, partant du bas elle les monte vers le ciel en soufflant, grondant ! Ext. Jour. La mer: le port Une vague reprend son mouvement. La rive est faite de gros cailloux et de sable fin. La mer est très bleu, très belle, qui brille sous le soleil. Entre les deux, des bateaux (1)bleu, (1)marron (1)violet, sont amarrés. Un petit bateau blanc, munis d'un interphone, s'avance, balloté par les vagues, dans le port. Une voix en émane, de plus en plus audible à mesure qu'il s'avance: Une belle voix grave, au rythme musicale, poétique, assuré, résonne fort dans tout le port en proclamant avec une certaine urgence: "Le bateau est arrivé ! Prenez place ! Allez-y ! Il va filer!" Prenez place! Le bateau est arrivé! (Nous l’appellerons le poète) Les mots résonnent dans la crique déserte. Une vague envahie et recouvre la scène. Ext. Jour. Dans la plaine la jeune fille. La fille est elle même en plein mouvement, imitant une vague. Elle s'arrête en plein dans son mouvement, les joues rouges. Elle est dressée, à l'écoute. On entend la voix au loin. "Un bateau? C'est ma chance de naviguer! Vite, au port!" S'exclame-t-elle. Elle se retourne, ses cheveux marron et rouge forment une traînée derrière elle. Elle marche d'un pas décidée vers la voix lointaine. Les herbes sont de plus en plus hautes et vertes, les fleurs de plus en plus grosses et vives. Elle s’enfonce. Puis elle s’arrête brusquement. Sur son côté droit, des feuilles sont pliées et écartées de leurs trajectoires naturelles. Les herbes sont écrasées. Au sol, un tout petit garçon dort, paisiblement. Elle le fixe avec étonnement. Elle regarde tout autour d’elle, se penche, écarte des herbes par ici, rien. Par-là, rien. Elle referme les herbes et se recule doucement. Tout en se reculant de l'endroit Elle se dit en chuchotant : "Et si je n'étais pas la seule réveillée? Une fois plus loin elle s'arrête dit plus déterminée : « Vite! Je souhaiterais bien un peu de compagnie pour naviguer ! » La voilà qui fait demi-tour et retourne dans la plaine où les herbes sont un peu moins hautes. Ext. Jour. Le port Le bateau est de plus en plus ballotté par les vagues, de plus en plus agitées et colorées, un peu plus rapide. La voix répète, de plus en plus insistante, plus rapide, un peu perturbée par ces ballotements: "Le bateau est arrivé, courez vite, courez vite! Le bateau est arrivé, courez vite vous installer!" Ext. Jour. La plaine Les yeux rivés vers le sol elle cherche. Zigzagant dans la prairie, à sa gauche elle s'arrête, écarte doucement des feuilles, rien. Elle observe plus loin à sa droite, des buissons bougent. Elle s'avance et se penche : en dessous un vieil homme au sommeil agité. Elle essaye de voir si ses yeux sont bien fermés. Le vieil homme n'a pas l'air de se réveiller. L’air préoccupé, elle hésite à le laisser dans cet état. La voix reprend: "Le bateau est arrivé, hâtez-vous il va filer!" Sur un ton pressant. La jeune fille se retourne inquiète au son de la voix : Elle dit désemparé : « Il faut viiiiite que je trouve quelqu'un ! Ou le bateau partiras saaaans môi ! » Et elle poursuit ses recherches, d'un pas lourd, déterminées, se hâtant davantage. Plus loin encore, elle s’approche d’une clairière, au milieu il y a un grand arbre. Une jeune personne semble y être adossé. Elle s'approche rapidement, pleine d'espérance. C'est une jeune fille du même âge qu’elle qui dort, la tête penchée vers son épaule droite, un sourire aux lèvres, les mains croisées sur ses cuisses. La jeune fille l’observe. Elle attend, longtemps, penchée vers elle, retenant son souffle. Mais la jeune fille semble continuer de dormir profondément. La jeune fille murmure très doucement : « Aller réveil toi ! Viens avec moi ! On va naviguer, on sera copines !». La voix reprend: "Le bateau est arrivé, courez vite il va filer!" C’est un ton de reproche maintenant. La jeune fille soupir tristement. Elle s’en va de l’ombre de l’arbre, jette un dernier regard en arrière sur la jeune fille. Puis elle repart l'air soucieuse, elle crit énervée : « Bon sang mais il y a quelqu'un ici?!!! Répondez moi toute de suite !!!! Ou bien je pars seule !!!!» courant très vite, en longeant les herbes hautes. Ext. Jour. Dans la plaine un jeune homme. Un beau jeune homme immobile, allongé sur le dos dans les herbes hautes, les jambes légèrement repliées, une main lui couvre les yeux, l'autre caresse l'herbe. Il porte une chemise blanche. Sur les bordures de celles-ci, il y a pleins de motifs brodés colorés. Il est serein, bouche entrouverte. Des pas se font entendre dans les herbes très vertes non loin. Puis le souffle de la jeune fille qui passe en courant. A l'approche de la jeune fille il tressaute, comme secoué par un e décharge électrique. Il écarte rapidement la main de ses yeux. Il se lève en direction du son. Et il la voit : Un volcan en éruption! Elle est toute rouge ! Sa jupe, ses joues. Secouée par sa respiration essoufflée. Courant dynamique, les cheveux en désordre, les yeux flamboyant. Il s'exclame enjoué, un sourire de beau prince aux lèvres :"Tient quelle drôle de fille!!!" La jeune fille non loin de là, essoufflée, le rouge au joue, les cheveux marron et rouge en désordre, est alerté sur sa droite par les mouvements du garçon. Elle cri de joie : "Enfin je t’ai trouvé!!!" Puis elle s’avance vers lui. Ext. Jour. La mer: Le port Le bateau ballotte beaucoup trop! Tout s'accélère encore, les couleurs se mélangent. Le poète cri paniqué, sa voix perturbé par les ballotements: "Le bateau est arrivé, allez vite, prenez place! » Suppliant. Désespéré : « Le bateau est arrivé, allez-vous vous dépêcher ?!!!! » Une vague s'élance avec force- collision imminente- avec un gros rocher. Ext. Jour. Dans la plaine le jeune homme. Dans le même élan, le garçon bondit vers la jeune fille, la jeune fille vers le garçon. Ils sont tout proche de se rencontrer, chacun un grand sourire aux lèvres, les yeux écarquillés. Ext. Jour. La mer. Dans un grand fracas, se succédant au mouvement des jeunes gens, deux énormes vagues s'entrechoquent, mille gouttes multicolores naissent de toutes part jaillissent, réagissent en profusion de couleurs vives résultantes de la fusion. Ext. Jour. Dans la plaine le jeune homme, la jeune fille. Déprimé : "Le bateau est arrivé » Une pointe d’AGACEMENT : « finirez-vous par arriver ?!" Hilares, sautant, tournant, ils chantent et dansent l'allégresse, leurs jupes-culottes rouges s'agitant à mesure de leurs rebonds, leurs cheveux aussi, les rubans à leurs tailles forment des vagues de couleurs. Ils paraissent ne plus s'intéresser à rien d'autre que la joie de leur rencontre. Ils s'en vont au loin vers les herbes hautes, tapant fort des pieds, bruyamment, jusqu'à disparaître dans des herbes tellement hautes qu'elles les recouvrent totalement. Un silence se fait, le calme revient. Dans l'étendue de la plaine aux herbes hautes, bien caché, des masses immobiles, paisibles, dorment. GENERIQUE Ext. Jour. Non loin du port: La mer s'est calmée. Le bateau n'est plus là, on entend au loin vers la mer: A bout de souffle :"Le bateau est arrivé, cours y vite, cours y vite, le bateau est arrivé, cours y vite..... » Achève, désemparé, épuisé, de clamer le poète : « Il a filé!" Note d'intention: Résumé: Une jeune fille souhaite partir naviguer et part à la fin avec un garçon. La jeune fille qui se réveille s’émerveille de tout, elle papillonne. Elle entend un bateau et se dit qu’il doit être merveilleux de naviguer. C’est son premier désir. Justement un bateau attend un passager pour partir en mer. C’est tout simple! Elle décide s’y rendre. Mais quelque chose la retient soudainement. La présence d'un petit garçon qui dort paisiblement dans les hautes herbes. Peut-être qu’elle n’est pas seule dans ce lieu ? Un deuxième désire naît alors, celui de trouver quelqu’un pour l’accompagner. La recherche est difficile, d’autant que le temps presse. Mais elle ne peut se résoudre à partir seule. Elle poursuit ses recherches, elle y croit. A mesure que son désire augmente, l’insistance de la voix du poète s'impatiente, désespère. Les vagues embêtent le bateau, sa voix est de moins en moins crédible. La jeune fille finit par trouver un garçon réveillé. Très heureux les deux amants partent ensemble. Ont-ils prit le bateau ? La suite de l’histoire m’intéressent moins, je voulais surtout représenter l’allégresse, la victoire de la jeune fille. Je laisse le spectateur rêver de la suite. Origines du film Intentions: Il me tient à cœur de réaliser un film plein d'énergie, des personnages, des paysages émotifs: Naïfs, spontanés, déterminés, grandiloquents, fantaisistes, exacerbés. Je souhaite avec ce film, épuiser visuellement et énergiquement le spectateur. Mon stratagème: Monter progressivement en puissance en ayant comme point de départ le calme du sommeil. Inspirations: Les œuvres très insistantes, tel que le boléro de Ravel, l'énergie étourdissante qui émane de ce ballet m'émeut extrêmement. Je pense qu'elle provient de la limite du corps, son épuisement crescendo. Le film reprend le poème "le bonheur" de Paul Fort. (« Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite, le bonheur est dans le pré, cours-y vite il va filer !») Ce poème a pour moi la même énergie, cette même insistance. La seule limite réelle possible dans mon film c’est les voix humaines des personnages. C’est pourquoi j’ai choisis de toutes les interpréter moi-même, ainsi que les bruitages, afin de mettre toute mon énergie, jusqu’à la limite de mes cordes vocales, dans ce film. La voix du « poète » doit être très insistante et monter en véhémence. La voix de la jeune fille est naturelle, naïve. Celle du jeune homme aussi. Images obsessionnelles Le scénario: C'est une scène qui me hante l'esprit: le visage d'une jeune fille paisible dehors, Une grande joie l'envahie. Pourquoi? Que va-t-elle en faire? La mer pour décor: Fascinée par cette immense puissance de matière mouvante, la mer revient souvent dans mes projets comme solution de mise en scène. C'est l'activité cérébrale émotionnelle des deux amants. Elle s'anime au gré de leurs réactions. Cela nous est suggéré par les raccords de mouvement entre les plans des personnages et ceux de la mer. Elle est très mystérieuse : de multiples facettes, parfois triste, sa puissance est effrayante, un peu comme la vie, on ne sait pas ce qu’elle nous réserve, il faut oser s’y confronter. Elle accompagne ce petit bateau puis finit par le mettre à mal. Les fleurs, la végétation : Les fleurs sont un élément de fascination pour la jeune fille. Je pense que si j’aime à les dessiner c’est qu’elles sont un symbole d’épanouissement, d’ouverture. Leur apparition au printemps m’émeut beaucoup, me donne envie de vivre. Un thème poétique Riche en image: Le film regorge de couleurs, la présence des couleurs dans la nature se fait par touches « équilibré » au départ, et le film finit dans une profusion de couleurs étouffantes, non maîtrisée, où la pâte, les gestes, le trait de mon dessins seront percevables. Musicale: Les bruitages suffisent comme accompagnement musicale, ils sont disposés dans le temps de manière rythmé. L'animation des dessins n'est ni réaliste ni cartooniste mais chorégraphique. Les gestes sont liés les uns aux autres en harmonie musicale: La mer entame un mouvement complété par la jeune fille, etc... Comme inscrit sur une partition. Les répétions sont comme des rengaines. Poésie et animation: Je pense qu'il y a beaucoup de concordance entre les univers engendrés par la poésie et par l'animation. Il est tout naturel d'y voir des similitudes, d'emprunter à l'un pour réaliser l'autre. En effet, les mots ont la liberté qu'ont les dessins de raconter n'importe quoi, sans contrainte de fabrication. La poésie n'a comme limite, si s'en est une, que le rythme. Il en est de même en animation.