Evolutions démographiques en Aquitaine : des

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Evolutions démographiques en Aquitaine : des
CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL REGIONAL D’AQUITAINE
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AVIS
du
CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL REGIONAL
D’AQUITAINE
« Evolutions démographiques en Aquitaine : des
enjeux pour les politiques régionales et locales »
Le Conseil Economique et Social d’Aquitaine a souhaité mener à bien des travaux sur la
démographie en Aquitaine et ses enjeux pour les politiques régionales et locales.
Une auto-saisine spécifique s’appuyant sur la démographie devait en effet permettre d’avoir
une vision globale et relativement approfondie d’une dimension fréquemment intégrée aux
travaux du C.E.S.R en tant que paramètre d’analyse et de réflexion prospective.
La démarche s’avérait d’autant plus opportune que le contexte s’y prêtait avec, d’une part, la
mise à disposition des résultats du dernier recensement de la population française, d’autre
part, l’opportunité de problématiques fortes – largement mises en exergue par l’actualité –
que les perspectives de la démographie laissent prévoir.
Le rapport issu de ces travaux procède ainsi d’abord à une analyse de la situation
démographique de l’Aquitaine, en dégage ensuite les tendances lourdes afin d’ouvrir une
réflexion régionale sur les outils susceptibles d’en maîtriser les effets, et enfin propose des
pistes méthodologiques pour permettre de faire émerger et soutenir les initiatives locales en
intégrant les paramètres démographiques.
1- La situation démographique en Aquitaine
Cette situation peut-être définie à partir des notions de densité, de répartition sur le territoire,
de solde naturel ou migratoire, et de population active.
La densité de population en Aquitaine est relativement faible (70 habitants au km2) et
marque un écart significatif avec la densité moyenne nationale (107 h/km2) et européenne
(116 h/km2). Cette situation régionale recouvre néanmoins de fortes disparités aux niveaux
départemental et local.
La croissance démographique régionale est légèrement supérieure à la moyenne nationale,
en dépit d’un solde naturel quasi-nul dû à une population relativement âgée et à une faible
fécondité des aquitaines (le taux de natalité aquitain est un des plus faible du territoire
français).
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Cette croissance repose donc essentiellement sur un large excédent migratoire, de l’ordre de
110 000 personnes entre 1990 et 1999. L’Aquitaine apparaît donc toujours, au vu de cet
accroissement migratoire global, comme une région attractive. Cette notion doit cependant
être nuancée selon l’âge de la personne et les étapes de sa vie : les arrivées en Aquitaine
sont en effet en majorité le fait de personnes en âge d’activité, souvent accompagnées
d’enfants, et dans une moindre mesure, de personnes de 60 ans ou plus. Le solde
migratoire est en revanche très négatif pour les jeunes adultes (20/29 ans). Cette catégorie
d’âge a en effet un besoin accru de formation et d’emploi qui ne peut lui fournir l’Aquitaine en
nombre et en diversité.
Parmi ces flux entrant, celui issu de la région d’Ile de France constitue la dominante des
nouveaux aquitains, surtout chez les jeunes adultes accompagnés d’enfants et les
personnes en fin de vie active. En revanche, l’ « émigration » depuis l’Aquitaine vers l’Ile de
France est importante mais ne se situe pas au-dessus de la moyenne des autres régions.
La répartition spatiale de la population se caractérise par un phénomène marqué de
littoralisation (Côte sud des Landes, Côte basque, Bassin d’Arcachon), exclusivement
d’origine migratoire. Elle révèle également, comme pour de nombreuses régions françaises,
à la fois un étalement et une densification des unités urbaines (métropolisation) : les deux
plus grandes agglomérations poursuivent leur expansion, certaines aires urbaines se
développant grâce à l’attrait du littoral.
A l’intérieur des agglomérations, l’expansion démographique des couronnes est
généralement plus rapide que celle des pôles. Les communes multipolarisées, en reliant
entre elles les aires urbaines, complètent ces espaces : en croissance plus rapide que
l’ensemble des aires urbaines, ces communes préfigurent les lieux par lesquels s’opèreront
les futures extensions d’agglomérations.
Il faut également noter que le solde migratoire positif du monde rural s’explique non
seulement par le phénomène de péri-urbanisation mais aussi par un léger renouveau
démographique du territoire à dominante rurale dans les zones en développement.
La répartition spatiale de la population laisse surtout apparaître un déséquilibre croissant
entre l’Est et l’Ouest de la région : la densification des zones littorales contraste avec le reste
du territoire régional éloigné des villes littorales et à l’écart des zones d’attraction des
agglomérations urbaines.
De façon générale la concentration spatiale des différents groupes démographiques ou
sociaux est assez nette dans la région. Forte pour les cadres, très forte pour les étrangers
hors Union Européenne, elle atteint son maximum chez les étrangers provenant de l’Union
Européenne qui semblent privilégier des stratégies de regroupement (surtout ceux d’Europe
du nord résidant dans l’arrière pays aquitain).
En matière de formation et de qualification, l’Aquitaine a longtemps fait partie des régions
dans lesquelles le niveau d’éducation était parmi les plus élevés. Aujourd’hui, après la
considérable augmentation de 1985 à 1995 de la proportion de bacheliers, sa position
relative n’est plus aussi bonne avec notamment une faible proportion de diplômés de
l’enseignement supérieur au regard des régions voisines et du reste du pays. La population
active a, en revanche, davantage progressé qu’au niveau national depuis 1990. Cette
proportion est là encore très inégale selon les départements et surtout selon les zones
d’emploi.
Par ailleurs, l’Aquitaine connaît un taux de chômage légèrement supérieur à la moyenne
nationale, surtout chez les jeunes.
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2- Les tendances lourdes
•
Les évolutions structurelles s’accentuent :
Dans le domaine des évolutions probables, le vieillissement prévu en Aquitaine se produira
avec une intensité voisine de celle prévue au plan national. Pour sa part le déficit naturel se
manifestera plus tôt en Aquitaine, du fait d’une population globalement plus âgée, même si
son vieillissement s’avère à l’avenir moins rapide que celui du niveau national.
La principale incertitude pour l’avenir démographique régional porte sur les migrations, qui
conditionnent les perspectives d’une croissance soutenue de la population aquitaine : a
priori, les sorties d’Aquitaine étant surtout le fait de jeunes adultes (20–25 ans) et les entrées
majoritairement composées d’adultes de moins de quarante ans avec leurs enfants, le solde
migratoire ne devrait que très modérément diminuer à courte et moyenne échéance, pour
diminuer davantage à plus long terme du fait de l’épuisement des réservoirs d’adultes encore
jeunes dans les autres régions (notamment en Ile de France).
Une telle prospective revient à figer la relation entre âge et comportements migratoires
interrégionaux (forte mobilité chez les jeunes enfants suivant leurs parents, mobilité
maximale entre 20 et 40 ans, forte sédentarité aux âges élevés). Rien ne prouve cependant,
que les baby-boomers auront à la retraite une mobilité résidentielle aussi faible que celle des
générations antérieures au même âge.
Se pose donc la question des atouts régionaux susceptibles d’attirer les générations issues
du baby-boom et parvenant à l’âge de la retraite. Qu’il s’agisse d’équipements, de services
ou d’environnement il importe donc, pour déterminer les politiques locales, de mener une
réflexion prospective prenant en compte les préférences que ces générations sont
susceptibles de développer en matière d’implantation résidentielle.
Dans le même ordre d’idées, la poursuite de l’étalement urbain, de la littoralisation du
peuplement et de l’installation de néo-ruraux, reste fortement conditionnée par les
aspirations des générations arrivant aux différents âges charnières de la vie et dans une
certaine mesure par le marché de l’immobilier.
L’étalement urbain est probablement amené à se poursuivre non plus dans toutes les
directions comme lors de la croissance périurbaine massive de la fin des années 1970, mais
vers le littoral. Ainsi métropolisation et littoralisation pourraient bien ne plus former en
Aquitaine qu’un seul et même phénomène.
•
Les mutations sectorielles s’affirment
Les mutations de l’espace rural :
Les mutations de cet espace et les bouleversements de sa démographie ont entraîné de
profonds changements sociologiques. Les « néo-ruraux » et les « rurbains » sont ainsi
dorénavant partie prenante de la construction d’une nouvelle identité rurale, non plus
exclusivement rurale et agricole, mais aussi résidentielle.
Comme au niveau national, on constate que le dépeuplement a cessé : de 1990 à 1999,
alors que les communes urbaines s’accroissent de 0,29 % par an, la croissance
démographique des communes rurales est, elle, de 0,51 %.
Les freins à un véritable renouveau démographique de l’espace rural restent néanmoins
nombreux : activité économique, insuffisance des infrastructures et moyens de
communication, contraintes scolaires et professionnelles, manque de logements locatifs,
services aux personnes… On peut estimer à ce propos que les politiques locales de l’habitat
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mises en place (OPAH…) ne pourront être suffisantes si les organismes publics chargés du
logement social ne mènent pas une action plus volontariste dans ce cadre.
On peut observer que le choix d’une agriculture orientée vers les produits de terroir et les
signes de qualité a permis d’atténuer l’évolution des pertes d’emplois agricoles constatées
en moyenne nationale.
Cependant, la diminution du nombre d’installations montre que notre région n’échappe pas à
la tendance générale, ce qui nécessite une action volontariste de recherche et de création de
nouvelles activités pour le maintien d’équilibres socio-économiques en milieu rural.
La polarisation urbaine :
Le territoire régional se caractérise par une grande multiplicité de situations mais on peut
globalement considérer que la croissance de la population est polarisée sur une aire
bordelaise élargie allant de Libourne à Arcachon d’une part, et une aire Côte Basque/Sud
des Landes d’autre part.
De nombreux moyens d’intervention sont mis en place dans ce domaine par les pouvoirs
publics, notamment au travers de dispositifs de planification urbaine, avec l’élaboration des
plans d’aménagement et le développement durable, des schémas de cohérence territoriale,
des plans locaux d’urbanisme, et de schémas de transport urbain.
Plusieurs aspects sont révélateurs de la corrélation entre l’analyse démographique et les
politiques publiques, mais aussi des difficultés de mise en œuvre de ces dernières.
Education – formation :
Les différentes étapes d’analyses et de prospectives du Plan Régional de Développement
des Formations (P.R.D.F) ont débouché sur un système d’information intégrant les
paramètres démographiques. Son bilan montre que malgré une diminution de 46 000 jeunes
de 2 à 18 ans entre 1985 et 2001, le nombre total d’élèves ne baisse que de 16 000.
L’examen de la relation entre évolutions démographiques et effectifs scolaires démontre
ainsi qu’il n’est pas possible ou du moins suffisant pour des prévisions en matière
d’éducation et de formation, de se référer purement et simplement aux évolutions et
prévisions de la démographie. D’autres paramètres auront une influence aussi déterminante
que les évolutions quantitatives de la population scolaire, notamment :
- les politiques éducatives (développement de la scolarisation, baisse des redoublements…),
- l’application par le Rectorat de coefficients pour inciter l’admission d’élèves en quantité plus
importante dans des sections répondant aux besoins de l’économie,
- la demande des professions,
- l’évasion de jeunes aquitains en recherche de formations supérieures spécifiques.
Les prévisions de la démographie scolaire seront non seulement modifiées par ces
paramètres mais également tributaires des comportements.
C’est sur cette équation que la concertation entre partenaires s’efforce de bâtir une carte des
formations vivante et évolutive, prenant en compte les contraintes de l’aménagement du
territoire.
S’il est bien question de concertation et d’échange de données, le Conseil Régional se
heurte néanmoins à plusieurs difficultés significatives d’une maîtrise partielle de ce secteur
malgré son engagement financier :
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- l’absence d’outil et donc d’expertise interne sur les aspects démographiques et statistiques
et sa dépendance vis à vis des bases de données du Rectorat et de l’INSEE,
- l’absence de prise sur l’affectation des élèves (comment mener une politique volontariste
en matière d’internat par exemple…),
- l’impératif d’adaptation des locaux à de nouvelles politiques pédagogiques décidées par
l’Education Nationale…
Secteur sanitaire et social :
Face à l’évolution de la démographie, les enjeux auxquels l’Etat et les Collectivités sont
confrontés sont de trois ordres :
- d’abord la population aquitaine plus âgée que la moyenne nationale amène à considérer
avec d’autant plus d’attention la prise en charge des personnes âgées et les équipements
nécessaires ;
- ensuite le secteur sanitaire et social est le premier employeur de la région. Le secteur de
l’aide à domicile est particulièrement important puisqu’il couvre la moitié des emplois sociaux
traditionnels. Il s’agit pourtant d’un secteur d’emploi fragile, peu structuré et insuffisamment
qualifié. Face à cette situation, la politique de l’emploi actuellement mise en place doit être
soutenue afin d’améliorer les niveaux de salaire et reconnaître les différents statuts.
Pour l’ensemble des professionnels de santé, les pyramides des âges révèlent un renflement
des tranches d’âge 40/55, les départs d’ici 15 à 20 ans seront donc importants et le dispositif
de remplacement aura besoin d’être renforcé. Malgré la diminution prévisible et sans pour
autant atténuer la disparité existante sur le territoire régional, la densité de médecin devrait
rester en Aquitaine supérieure à la moyenne nationale (mais il ne faut pas oublier que la
région, de par sa population en moyenne plus âgée, a une demande de soins plus
importante). En revanche, l’offre de soins en milieu hospitalier est inférieure à la moyenne
française et l’écart s’accroît ;
Il convient de ne pas oublier aussi qu’il est des populations en grandes difficultés qui posent
le problème majeur de leur place dans notre société. C’est le cas, en particulier, des
personnes lourdement handicapées qui ne peuvent trouver d’accueil, du fait du nombre trop
faible de structures adaptées dans notre région.
- enfin, la répartition territoriale de l’offre de soins et de prise en charge est un enjeu majeur,
notamment en milieu rural du fait de l’isolement de nombre de communes et d’une
population en moyenne plus âgée et donc plus dépendante des soins. Cette répartition
territoriale est prise en charge par les Schémas Régionaux de l’Organisation Sanitaire et
Sociale.
La répartition des médecins et autres professions de santé ne présente pas –du moins
actuellement– de déséquilibres majeurs. Il n’est pas surprenant néanmoins de constater des
inégalités dans la couverture du territoire par les médecins spécialistes, davantage
regroupés autour des établissements de santé de grandes agglomérations.
Compte-tenu de la baisse, à terme, des effectifs de certaines professions de santé, seul un
volontarisme des pouvoirs publics et des acteurs du système de santé permettra d’éviter la
dégradation d’une accessibilité aux soins. Le Schéma Régional d’Organisation Sanitaire
n’est pas en tout cas à lui seul en capacité de résoudre les questions d’aménagement du
territoire en matière de santé. Le problème du déséquilibre de l’offre et de l’accès aux soins
entre milieux urbain et rural reste en effet une préoccupation majeure sur laquelle doivent se
concentrer, au-delà des mesures existantes, les politiques publiques.
Les T.I.C et la démographie :
L’état actuel des infrastructures en matière de communication numérique est un reflet assez
fidèle de l’état actuel des localisations de population et, à peu de chose près, de celui des
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entreprises. Les projets de développement sont,eux, directement liés ou proportionnels aux
densités de population par bassins d’emplois. La « répartition numérique » de la population
correspond ainsi à trois tiers :
- un premier tiers confronté à la présence concurrentielle des opérateurs sur la CUB, le
BAB, et le Grand Pau,
- un second tiers « aménageable » sous réserve d’investissements coordonnés en
matière de réseaux de la part des collectivités,
- un troisième tiers plus rural, qui pourrait rester enclavé sans une action résolue
d’intérêt public.
A ce titre, une répartition coordonnée des rôles s’amorce entre Régions et Départements : la
Région s’efforce de répondre aux besoins économiques de connexions à la fois vis à vis de
l’extérieur et entre territoires infra-régionaux, les Départements se concentrant sur le
maillage de leur territoire.
Cette action, même coordonnée, en vue de répondre aux besoins des populations, se heurte
néanmoins à diverses difficultés juridiques, techniques et commerciales.
Il n’est pas surprenant de constater que l’usage des T.I.C est davantage présent là où se
trouvent les concentrations humaines, en particulier les populations jeunes et certaines
catégories socio-professionnelles. Mais les enquêtes réalisées montrent qu’une plus grande
ouverture à ces techniques est en train de s’effectuer et que la carte des usages ne sera
plus strictement en rapport avec des caractéristiques démographiques, la progression des
connexions d’une année sur l’autre dans les départements ruraux étant nettement plus
importante.
En s’inscrivant dans cette évolution des usages, le rôle des acteurs publics consiste donc à
assurer à l’ensemble de la population une même facilité ou « confort » d’utilisation (ce qui
renvoie là à la question des infrastructures), mais aussi de profiter de cet engouement
(internet) pour développer des usages « intelligents » et « citoyens » en matière
administrative, de santé ou d’accès à la culture.
•
Le développement économique et l’emploi : une priorité
Les générations nombreuses de l’immédiat après-guerre vont partir à la retraite dans la
décennie à venir. La nécessité de les remplacer génèrera des tensions sur le marché du
travail.
La population active est en effet d’autant plus orientée à la baisse que la natalité s’est
caractérisée par un ralentissement sensible, et que le taux d’activité des jeunes a diminué du
fait de l’allongement de la durée des études.
Les questions posées par cette sortie massive d’actifs imposent dès maintenant des
réponses adaptées de la part des partenaires sociaux et des acteurs régionaux concernés
par l’emploi et la formation de façon à rapprocher les besoins futur du marché du travail et la
qualification du personnel.
En Aquitaine, cette situation risque d’être aggravée par la structure « naturellement
vieillissante » de la population. Aussi importe-t-il de situer différents enjeux :
-
Un choc démographique atténué du fait du solde migratoire dû à une attractivité
particulière de l’Aquitaine, et concernant notamment les actifs en « deuxième partie de
carrière ». Même différé, le retournement à partir duquel la population active va
diminuer se situera néanmoins avant 2020.
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Dépendre du solde migratoire oblige en tout état de cause à penser sa stratégie d’une
part en direction des jeunes que l’on perd, d’autre part en direction des populations
que l’on reçoit, à savoir des actifs encore jeunes et des seniors.
-
Des disparités dans le remplacement des actifs : les apports de population nouvelle
ne seront pas suffisants pour redynamiser le tissu économique local. Les politiques
d’aménagement du territoire (infrastructures de communication, équipements
scolaires et de formation…) devront permettre de maintenir un niveau d’activité
suffisant pour que la « masse critique » du développement économique soit atteinte.
Le cœur du problème réside toujours dans la capacité à attirer des activités
économiques sans lesquelles une forme de désertification s’installe progressivement.
Dans ce processus de redynamisation économique et sociale, le facteur humain et sa
gestion deviennent un atout fondamental.
-
Une gestion adaptée du capital humain pour compenser le vieillissement.
Les gains de population active ne peuvent être que minimes : il ne peut s’agir que de
l’augmentation de la part d’activité féminine, ou du nombre de chômeurs actuels, mais
pas ou peu des populations en début ou fin de vie active. En effet, le temps de
formation des jeunes s’allonge et l’augmentation du taux d’emploi des plus de 55 ans
ne pourra s’envisager qu’à la condition que soient mises en œuvre des politiques
d’adaptations des postes de travail, de formation professionnelle, de validation de
l’expérience…
Les différents acteurs économiques ont une marge de manœuvre dans cette relation
démographie / économie en dépit des tensions qui en résultent, ainsi :
-
-
les entreprises pourront peser sur la population active par la redéfinition de leurs
relations sociales, leur changement de regard sur la contribution des actifs en fin
d’activité,
les Régions devront intégrer à leurs politiques, notamment de développement et de
formation, cette prise de conscience du vieillissement de la population,
enfin les pouvoirs publics devront soutenir leur action d’offre d’emploi en direction des
chômeurs de plus de 50 ans.
Au-delà de la question sur le dynamisme et les perspectives de performance d’une région en
fonction de sa démographie, se pose la question concrète du lien -éventuel- entre la situation
démographique régionale ou locale et le choix d’implantation fait par des entreprises
françaises ou étrangères.
Les organismes chargés d’accompagner les projets d’implantation sont assez rarement
sollicités pour fournir des critères d’appréciation d’ordre démographique. La situation
démographique déterminant des propositions d’implantation sera surtout synonyme de
bassin d’emploi, de qualification et de disponibilité de main-d’œuvre.
3- Faire émerger et soutenir les initiatives locales
Les situations démographiques et territoriales se caractérisent en Aquitaine par leur
diversité. Aussi les stratégies de développement et d’aménagement ne pourront être que
multiples.
A partir de cette diversité, quantitativement établie, l’Institut de Démographie de l’Université
de Bordeaux IV a proposé une typologie des Pays en rapport avec les contraintes que les
caractéristiques de leur population et de leur situation géographique font peser sur leur
capacité d’action.
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Cette typologie, basée sur les critères de dépendance, d’ouverture, et de potentiel
démographique et social, est présentée de la façon suivante :
- les pays “ moteurs ”, très faiblement dépendants vis à vis d’un autre pays qui ferait
travailler leurs jeunes actifs mais largement ouverts à de jeunes nouveaux arrivants
d’origines géographiques très diverses, ces pays comportent une proportion de cadres et
de jeunes adultes supérieure à ce qui peut être observé dans les autres pays. Il s’agit
essentiellement de pays à dominante urbaine et/ou littorale.
- les pays “ dortoirs ”, dépendants de façon unilatérale d’une agglomération urbaine qui fait
travailler une proportion considérable de leurs jeunes actifs, ouverts essentiellement aux
jeunes nouveaux arrivants en provenance de l’agglomération dont ils dépendent, ces pays
sont dotés d’une population plutôt jeune et qualifiée. Il s’agit des pays représentant la
couronne périurbaine de l’agglomération bordelaise.
- les pays “ complets ”, faisant travailler la grande majorité de leurs jeunes actifs,
comprenant une faible proportion de nouveaux arrivants dans leur population jeune, ces
pays sont dotés d’une population plutôt jeune et qualifiée. Le pays Basque est en Aquitaine
le seul représentant de ce type qui constitue un regroupement de territoires assez
hétérogènes.
- les pays “ isolés ”, faisant travailler la grande majorité de leurs jeunes actifs, comprenant
une faible proportion de nouveaux arrivants dans leur population jeune, ces pays sont
dotés d’une population plutôt âgée et peu qualifiée. Il s’agit essentiellement de pays à forte
dominante rurale au sein desquels les activités agricoles parfois spécialisées conservent un
poids significatif.
- les pays “ dépendants ”, liés de façon unilatérale à une agglomération urbaine qui fait
travailler une proportion considérable de leurs jeunes actifs, ouverts essentiellement aux
jeunes nouveaux arrivants en provenance de l’agglomération dont ils dépendent, ces pays
sont dotés d’une population peu qualifiée. Il s’agit de pays comprenant pour partie les
communes périurbaines de peuplement ouvrier qui sont aussi les plus éloignées de
l’agglomération à laquelle elles sont liées, auxquelles s’associent des territoires industriels
en crise et des zones rurales dans lesquelles les activités agricoles restent importantes.
- les pays “ tampons ”, faisant travailler la majorité de leurs jeunes actifs, relativement
ouverts à des nouveaux arrivants d’origines géographiques assez diverses, ces pays sont
dotés d’une population plutôt âgée et peu qualifiée. Il s’agit essentiellement de pays situés
au centre de la région (nord des Landes, est de la Gironde, ouest du Lot et Garonne) au
sein desquels s’installent des néo-ruraux.
A partir de ces données, peuvent être définies des stratégies de coopération que peuvent
entretenir ces différents types de pays pour mettre en place leurs actions en matière
notamment d’infrastructures de transport, de carte des formations et de structures
d’accompagnement social, afin de faciliter les échanges, les complémentarités et les
continuités.
La notion de territoire de projet, voire de territoire flottant déjà utilisée dans les précédents
rapports du CESR, peut-être explicitement reprise et précisée en prenant en compte trois
facteurs au regard de leurs caractéristiques démographiques :
- la masse critique des moyens humains et financiers,
- l’homogénéité minimum des caractéristiques d’un projet devant rassembler
plusieurs partenaires,
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- l’interlocuteur du projet, à savoir la collectivité dont on dépend pour des ressources
particulières et stratégiques.
Ceci conduit à :
- définir le public visé et la masse démographique critique, ainsi que le poids
démographique moyen souhaitable pour les partenaires,
- calculer le nombre de partenaires souhaitables,
- rechercher ces partenaires en fonction des caractéristiques de leur population.
Des « matrices », du type de celles proposées dans le rapport, peuvent permettre, à partir de
plusieurs critères : homogénéité, dépendance, groupes de populations types… de définir les
publics et les partenaires potentiels.
Ces opérations peuvent faire l’objet d’une présentation et d’une analyse systématiques par
l’intermédiaire d’une application informatique qui pourrait être reliée aux fichiers du
recensement général de population.
On serait ainsi en présence d’un outil original d’aide à la discussion, le recours à la
démographie pour l’analyse des projets territoriaux servant à la fois à identifier les
ressources et à cerner les contraintes, l’ensemble permettant d’enrichir les discussions sur
les périmètres d’intervention.
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Ce rapport a été l’occasion d’échanges très fructueux entre le milieu socio-professionnel et
l’Institut d’Etudes Démographique de l’Université de Bordeaux IV. Ceci a constitué
incontestablement une importante source d’enrichissement dans la connaissance de notre
région et ouvre en même temps des perspectives pour que la démographie soit de plus en
plus un outil d’analyse et d’intervention au service de la collectivité, tant il est vrai que le
facteur humain constitue plus que jamais la base fondamentale de la richesse régionale.
Une série de questions sous jacentes a préoccupé la Commission tout au long de ces
travaux : dans quelle mesure la démographie détermine-t-elle la réflexion politique, dans
quelle mesure constitue-t-elle une donnée fondamentalement structurante, dans quelle
mesure ses tendances peuvent-elles être infléchies par une volonté politique ?
L’ambition de ces travaux n’était pas de répondre à des questions d’une telle ampleur, dont
les enjeux dépassent le cadre régional mais, plus concrètement, d’utiliser l’analyse
démographique pour tenter de dégager les marges de manœuvre praticables au niveau de
l’action politique régionale et locale, en proposant une démarche d’ordre méthodologique
susceptible d’animer le dialogue des acteurs dans la définition des stratégies territoriales.
En tout état de cause c’est de la discussion et de la négociation entre les différents
partenaires que naîtront les décisions, dans le cadre d’une nécessaire solidarité entre les
territoires.
AVIS ADOPTÉ A L’UNANIMITÉ
Le Président
Marcel CAZALÉ
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