Evaluation de la coopération française en Egypte (1993

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Evaluation de la coopération française en Egypte (1993
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
dme
en Egypte (1993-2003)
SERES
Société Européenne de Réalisations,
d’Études et de Services
ddidacticiels et modélisation économiques
Evaluation de la coopération française
en Egypte (1993-2003)
Rapport final
Version définitive
Mars 2005
MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES – MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE L’INDUSTRIE
DIRECTION GENERALE DE LA COOPERATION INTERNATIONALE ET DU DEVELOPPEMENT
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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1
DIRECTION DU TRESOR
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Avant propos
Les ministères des Affaires étrangères, de l’économie, des finances et de
l’industrie ont demandé au consortium regroupant les sociétés DME &
SERES de procéder à l’évaluation rétrospective des actions de la
coopération française en Egypte au cours de la période 1993-2003.
La mission confiée aux consultants comportait trois phases principales :
1.
La première a été consacrée à une étude documentaire. Elle a
donné lieu à la rédaction d’un rapport d’étape contenant,
notamment, une première évaluation globale de notre dispositif ;
2. La deuxième phase a consisté en un déplacement des consultants
en Egypte. Cette mission a été effectuée au cours de la deuxième
quinzaine du mois de septembre 2004 ;
3.
La troisième et dernière phase a été consacrée aux évaluations
sectorielles et à un travail de synthèse. Elle a conduit à la
rédaction d’un rapport provisoire, puis définitif.
Ce document constitue la version définitive du rapport d’évaluation
rédigée à l’issue de la troisième phase.
Ce rapport a bénéficié d’informations confidentielles et n’a pas fait l’objet d’une mise au point rédactionnelle de
la part des ministères des Affaires étrangères, de l’économie, des finances et de l’industrie. A ce titre, ce
document est lui-même confidentiel.
Les commentaires et analyses développées dans ce rapport n’engagent que ses auteurs et ne constituent pas
une position officielle.
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Principaux sigles et acronymes
ANMO
APD
AT
BLAFE
CAEM
CFCC
CFEETK
CEDEJ
CNRS
CSA
DESS
DGCID
EUR
FEMIP
FMI
IDH
IFAO
IIAP
IMA
IRD
LEG
MAE
MDS
MNS
OCDE
ONG
OTAN
PIB
PNB
PNUD
PPA
PRI
PVD
SCTIP
TCAM
TCER
UE
UFE
USAID
USD
ZSP
Afrique du Nord et Moyen-Orient
Aide Publique au Développement
Assistant Technique
Bureau de Liaison Agricole Franco Egyptien
Conseil d’Assistance Economique Mutuelle
Centre Français de Culture et de Coopération du Caire
Centre Franco-Egyptien des Temples de Karnak
Centre d’Etudes et de Documentation Economiques, Juridiques et sociales
Centre National de la Recherche Scientifique
Conseil Suprême des Antiquités
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées
Direction Générale de la Coopération Internationale et du Développement
Euro
Facilité Euro-Méditerrannéenne d’Investissement et de partenariat
Fonds Monétaire International
Indice de Développement Humain
Institut Français d’Archéologie Orientale
Institut International d’Administration Publique
Institut du Monde Arabe
Institut de Recherche pour le Développement
Livre Egyptienne
Ministère des Affaires Etrangères
Milliard
Million
Organisation de Coopération de Développement Economique
Organisation Non Gouvernementale
Organisation du Traité d’Atlantique Nord
Produit Intérieur Brut
Produit National Brut
Programme des Nations Unies pour le Développement
Parité des Pouvoirs d’Achats
Pays à Revenu Intermédiaire
Pays en Voie de Développement
Service de Coopération Technique Internationale de Police
Taux de Croissance Annuel Moyen
Taux de Change Effectif Réel
Union Européenne
Université Française d’Egypte
U.S. Agency for International Development
Dollar des Etats-Unis d’Amérique
Zone de Solidarité Prioritaire
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Sommaire
Première partie : Le contexte de la coopération
Synthèse.......................................................................................11
I Cadrage géoéconomique ...............................................................31
Une économie administrée......................................................................... 37
Une faible productivité du capital et du travail .............................................. 41
Une compétitivité qui stagne ...................................................................... 45
Des finances publiques dégradées............................................................... 47
Une économie peu ouverte sur le reste du monde ......................................... 49
II Les coopérations extérieures ........................................................53
L’évolution de l’aide internationale à l’Egypte (1993-2003) ............................. 53
Les stratégies des bailleurs ........................................................................ 64
Le positionnement de la Coopération française face aux stratégies des bailleurs 73
La coopération française en Egypte
79
I La stratégie globale et les grandes orientations de la coopération
culturelle française .........................................................................81
Une stratégie de coopération largement implicite .......................................... 81
Une coopération « historique » ................................................................... 81
Une commission mixte de 1992 marquée par le conservatisme ....................... 82
La commission mixte de 2001 .................................................................... 84
II La coopération économique ..........................................................91
Les protocoles financiers ........................................................................... 91
Une aide alimentaire qui débouche sur une coopération dans le domaine agricole
........................................................................................................... 101
L’annulation de dette .............................................................................. 102
III Les moyens de l’aide française................................................... 117
Une prépondérance des annulations de dette aux termes desquelles l’aide affichée
devrait baisser de 80% ........................................................................... 117
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Une coopération technique stabilisée ......................................................... 121
Des protocoles financiers importants mais en diminution .............................. 124
IV Evaluation globale du dispositif de coopération ............................. 129
Une coopération culturelle pertinente mais dont l’efficacité est difficile à apprécier
........................................................................................................... 129
Une coopération économique ciblée sur les entreprises ................................ 136
V Prospective............................................................................... 141
Un cadrage simplifié à l’horizon 2015 ........................................................
L’explosion démographique n’aura pas lieu.................................................
Un impératif de croissance pour assurer l’emploi et la paix sociale .................
Un besoin d’ouverture sur l’Europe............................................................
Une coopération française renouvelée .......................................................
141
143
144
147
149
I La coopération linguistique et éducative ........................................ 155
Le contexte égyptien............................................................................... 155
Les interventions de la coopération française.............................................. 163
Evaluation ............................................................................................. 171
II Les appuis à l’enseignement supérieur et à la recherche ................. 177
Les appuis à l’enseignement supérieur....................................................... 177
Les appuis à la recherche en sciences humaines ......................................... 192
III La coopération culturelle et artistique ......................................... 198
L’action artistique ...................................................................................
La bibliothèque Alexandrina .....................................................................
La politique du livre français en Egypte......................................................
Evaluation .............................................................................................
198
204
205
209
IV La recherche archéologique ....................................................... 212
Le contexte ...........................................................................................
Le dispositif français de coopération ..........................................................
Evaluation .............................................................................................
Conclusions et recommandations ..............................................................
212
212
216
219
V La gestion des sites archéologiques et le tourisme.......................... 221
Le contexte ........................................................................................... 221
Recommandation ................................................................................... 223
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VI La coopération institutionnelle .................................................... 227
La coopération juridique et judiciaire et la modernisation de l’Etat ................. 227
La coopération dans le domaine de la sécurité intérieure .............................. 231
La coopération militaire et de défense ....................................................... 234
VII La coopération sur protocoles ................................................... 236
L’élément don des protocoles financiers a varié au cours de la période ........... 236
Les interventions dans les principaux secteurs ............................................ 240
Conclusion et recommandations ............................................................... 270
VIII La coopération agricole ........................................................... 273
Le contexte ...........................................................................................
Le dispositif français de coopération ..........................................................
Evaluation .............................................................................................
Conclusions et recommandations ..............................................................
Annexes
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273
274
276
277
279
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Données de base
Démographie
Egypte
TCAM
2003
Population totale
Population active
71,7 mns
26,5 mns
1980-2000
2000-2010
2,2 %
2,7%
1,6 %
2,8%
Projection
2010
80,1 mns
32,2 mns
Egypte
Moyenne
ZSP
PRI
2000
ANMO
Taux d’urbanisation
45%
59%
35,2%
50%
TCAM population urbaine
2.3%
Densité démographique
64 hab/km²
27
40
Note : la superficie de l’Egypte (1 million de km²) est à peu près le double de celle de la France. Mais, la
surface cultivable et habitable ne représente que 5% de la superficie totale, soit à peu près la taille des PaysBas. La densité de population ramenée à la superficie utile est alors de 1400 habitants au km².
Economie
PIB et PNB
Egypte 2000
ANMO
PRI
PIB en USD mds
PIB par hab. (USD)
PNB/hab à PPA (USD)
IDH
97.9
1 444
3 670
0.648
(120ème/175)
5,8%
20,1%
Pop. extrêmement pauvre [a]
Population pauvre [b]
11 023
2 090
5 270
0.662
1 970
5 680
0.744
[a] population (en % du total) disposant de moins de 2$ par jour [b] population (en % du total) disposant de moins d’1$ par jour
Structure du PIB (en %)
- Agriculture
- Industries
-secteur manufacturier
- Services
-non marchands
Croissance (en %)
PIB
- Agriculture
- Industries
-secteur manufacturier
- Services
Egypte
17
34
19
49
16
ANMO
14
29
21
64
PRI
9
36
25
55
Egypte
(1990-2000)
4.6
3.1
4.9
6.3
4.5
ANMO
(1990-2000)
3.0
2,6
0.9
3.8
4.5
PRI
(1990-2000)
3.6
2,0
3.9
6.2
3.9
Taux de croissance du PIB et du PIB par habitant (en %)
20
15
10
5
0
1950
-5
1955
1960
1965
1970
1975
1980
1985
1990
1995
2000
-10
PIB
dme
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PIB/hab
8
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Données de base (suite)
Répartition de la demande
(en %) du PIB
Egypte
(2000)
ANMO
(2000)
PRI
(2000)
83
73
10
24
16
23
17
69
51
18
20
38
28
30
74
59
15
24
32
29
26
Consommation
Privée
Publique
Investissement
Exportations
Importations
Epargne domestique
Prix et change
Prix conso %
LEG / USD 1
LEG / EUR 1
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002 2003
21.1
3.32
4.30
11.1
3.35
3.92
9.1
3.39
4.02
9.3
3.39
4.38
7.3
3.39
4.25
6.2
3.39
3.83
3.8
3.39
3.81
3.8
3.40
3.62
2.8
3.47
3.20
2.4
3.97
3.55
2.4
4.70
4.34
Note : au 13/07/04 : USD 1 = LEG 6.20 et EUR 1 = LEG 7.63.
Commerce extérieur (2001)
Répartition des importations
3.2
6.00
6.72
Balance des paiements (2002/2003)
USD mns
%
Céréales
Aéronautique et espace
Articles en plastiques
Moteurs
Autres produits agricoles
1 077
977
871
759
673
6.2
5.6
5.0
4.3
3.9
Exportations marchandises
Importations marchandises
Balance commerciale
Balance des invisibles
Transferts officiels
Sans contrepartie
8 205.2
14 821.0
-6 615.2
4 889.6
3 609.3
Répartition des exportations
USD mns
%
Balance courante
Avant transferts
-1 726.2
2 124
1 071
458
353
35.1
17.7
7.6
5.8
Balance courante
Après transferts
Balance des capitaux
1 883.1
-
-
Produits pétroliers
Textiles
Produits agricoles
Fer et métallurgie
USD mns
-2 733.8
546.0
Balance globale
Aide publique au développement (nette) en USD mns.
APD nette
Bilatérale
- France
Multilatérale
TOTAL
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 Total
243
265
412
451
301
286
309
254
241
201
98
3 061
3597 2387 2662 2016 2200 1985 1955 1582 1328 1257 1286 22255
Indicateurs sociaux
Taux de mortalité infantile (pour mille)
Espérance de vie à la naissance (ans)
Dépenses pub. de santé (en % du PIB)
Taux net d’inscription primaire (%)
Taux net d’inscription secondaire (%)
Dépenses pub. d’éducation (% du PIB)
Taux d’analphabétisme des adultes (%)
Egypte
ANMO
PRI
35
68.3
1.8
93
79
4.1
44
49
66.0
31
69.8
77
93
Sources :
•
Banque mondiale, WDI
•
FMI (2000)
•
PNUD (2001)
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Synthèse
Une relation politique forte, une coopération désargentée
Le dialogue politique avec l’Egypte est un objectif fort de la diplomatie
française
Les relations franco-égyptiennes sont essentiellement politiques. Les nombreuses (et
fréquentes) visites des deux Chefs d’Etat et, à leur suite, les divers échanges entre les
responsables des deux exécutifs traduisent l’excellence des relations bilatérales. Les
présidents Moubarak et Chirac ont eu l’occasion de réitérer, à maintes reprises, la
convergence de leur point de vue sur les grands problèmes géopolitiques de la région. La
paix et la sécurité, tant au Proche qu’au Moyen-Orient, sont des objectifs forts partagés
par nos deux pays. La France et l’Egypte ont aussi un dessein commun : celui de bâtir
une véritable Communauté méditerranéenne. Initié en 1995, le processus de Barcelone a
été fortement appuyé tant par la France que par l’Egypte. Il s’est traduit notamment par
la signature, en juin 2001, d’un Accord d’association entre l’Union européenne et
l’Egypte. Ce trait d’union politique et économique devrait contribuer à renforcer le
partenariat pour la paix et pour le rapprochement entre le monde arabe et l’Europe.
Ces relations de nature politique, et parfois même intuitu personae, sont privilégiées par
notre partenaire. Elles permettent en effet à l’Egypte de conforter sa place centrale dans
le monde arabe et de réaffirmer par là-même un leadership historique qui fut exercé
sans partage jusqu’en 1967 à la faveur du nassérisme, mais que la paix séparée avec
Israël allait remettre totalement en question jusqu’à la guerre du Golfe1.
Pièce maîtresse dans le processus de paix, l’Egypte est un enjeu géopolitique majeur. Le
dialogue politique avec la République arabe est un objectif fort de la diplomatie française.
1
Le Sommet de Khartoum, en juillet 1967, marque la fin du leadership sans partage de l’Egypte. Ruinée par la
guerre avec Israël, la République arabe obtient un large soutien de l’Arabie saoudite. La longue rivalité entre
le Caire et Ryad tourne à l’avantage de la monarchie wahhabite. Le voyage du Président Sadate à Jérusalem
(en novembre 1977) consacrera la rupture de l’Egypte avec le reste du monde arabe. Mais, en ralliant la
coalition anti-irakienne, l’Egypte se placera dans le camp des vainqueurs de la guerre du Golfe (1990) et
redeviendra un acteur central sur la scène moyen-orientale.
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Le marché égyptien ne constitue pas un enjeu économique pour la France
La situation économique de l’Egypte relève du paradoxe. En effet, le marché égyptien est
à la fois trop petit et trop grand :
- Le marché est trop petit en terme commercial. L’Egypte est notre 43ème client
dans le monde. Nos exportations sont de l’ordre d’un milliard d’euro par an (soit 0,2% du
total des ventes françaises au reste du monde ; le marché égyptien est ainsi trois fois
plus petit que celui de la Tunisie). D’un autre côté, les importations françaises de
produits égyptiens sont encore plus marginales (250 millions d’euros/an, soit 0,08% du
total) ;
- Les financements extérieurs dont l’Egypte aurait besoin pour assurer sa
croissance à long terme sont, quant à eux, extrêmement importants (de l’ordre d’USD 50
milliards/an). Ils dépassent (et de très loin) les flux d’aide internationale.
Ce constat sommaire n’implique pas que l’Egypte ne puisse pas présenter quelques
opportunités micro-économiques pour certains opérateurs français. Mais, force est
d’admettre que nos relations industrielles et commerciales avec la République arabe ne
font pas enjeux. Elles ne constituent pas, à la différence d’autres pays réellement
émergents (comme la Chine, l’Inde ou encore le Brésil), un objectif qui façonne la
relation politique et la coopération technique.
Une coopération sous contrainte financière forte
Selon certains observateurs, le dispositif de coopération franco-égyptien ne serait pas « à
la hauteur » de l’excellence et de l’étroitesse des relations politiques bilatérales. Plusieurs
facteurs se conjuguent pour expliquer, sinon justifier, ce décalage. Nous en privilégierons
deux :
1. Nos interventions en Egypte sont le produit d’une histoire longue, au cours de
laquelle aucune des deux parties n’a souhaité développer des relations de coopération
de nature institutionnelle (d’Etat à Etat). Ainsi, l’Egypte assigne aux coopérations
européennes collatérales un rôle essentiellement politique lui permettant de
rééquilibrer une relation bilatérale avec les Etats-Unis jugée parfois pesante
(singulièrement dans le contexte actuel). Ces coopérations collatérales sont invitées à
investir des « niches » dans des secteurs jugés non stratégiques. Peu encline à
développer une coopération institutionnelle, l’Egypte favorise la multiplication
d’ « initiatives » personnalisées (comme « Al Gore-Moubarak » ou encore « KohlMoubarak ») dont le rendement politique –pour les deux parties- est supérieur aux
effets attendus en matière de développement. La coopération française s’inscrit dans
ce contexte d’autant plus facilement qu’il lui sied largement. Ainsi, la grande
proximité entre les présidents Chirac et Moubarak n’a pas suscité un fort
développement de la coopération, ni même son institutionnalisation. Ce constat laisse
supposer que les deux chefs d’Etat ne considèrent pas, au moins jusqu’à présent, que
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la nature actuelle du dispositif de coopération, son organisation ou encore que les
moyens financiers mis en œuvre constituent un obstacle au dialogue politique2. Mais,
rien ne permet d’affirmer que ceci sera encore vrai à l’avenir ;
2. Notre dispositif de coopération doit être apprécié au regard de la contribution des
autres partenaires. L’Egypte entretient des relations étroites avec les Etats-Unis qui
exercent, sans conteste, leur leadership. Les Etats-Unis, à l’inverse de la France ou
d’autres Etats membres de l’UE, ont l’habitude de financer leur politique. A certains
égards, les transferts américains peuvent être considérés ainsi comme des « fonds de
contrepartie » (qui s’élèvent aux alentours des deux milliards de dollar par an, soit
sept fois plus que notre enveloppe moyenne). Tenter de s’aligner sur les
engagements américains supposerait de disposer de moyens financiers considérables
à l’échelle de la politique extérieure de la France. Il n’est pas sûr par ailleurs qu’un tel
engagement ne provoquerait pas des déséquilibres préjudiciables à l’ensemble de
notre diplomatie en se révélant finalement totalement contre-productif (l’influence
politique n’est certainement pas proportionnelle aux moyens financiers engagés). Le
principe de réalisme (et les enseignements de la théorie des jeux) imposent de ne
pas « suivre » la donne américaine.
La question qui reste posée serait donc moins celle du niveau idéal (maximum) que
pourrait atteindre notre dispositif de coopération en Egypte que celle du seuil critique
en deçà duquel la perte de crédibilité est avérée, et où le discours politique n’est que
posture, voire gesticulation.
La question est difficile parce que les effets de levier ne sont pas uniformes. Ainsi,
certaines actions (dans le domaine culturel notamment) peuvent avoir de forts
rendements politiques et médiatiques tout en restant financièrement peu onéreuses.
Inversement, d’autres peuvent être coûteuses (comme certaines annulations de dettes)
sans avoir toujours les effets politiques attendus ; d’autres, enfin, peuvent être
coûteuses mais aussi porteuses de forts effets (comme la ligne 1 du métro du Caire par
exemple). En tout état de cause, les liens entre le montant des engagements financiers
et leur rendement politique sont loin d’être univoques.
2
Le président de la République française a rappelé à maintes occasions que les fréquentes rencontres avec le
président Moubarak n’avaient pas pour objet de traiter des relations bilatérales qui ne posaient aucun
problème : « LE PRESIDENT - Mesdames, Messieurs, je voudrais tout d'abord dire ma joie d'accueillir une fois
de plus le Président MOUBARAK qui vient d'avoir des entretiens aux Etats-Unis, en Allemagne, aujourd'hui en
France, bientôt en Russie. Cette réunion démontre deux choses : d'une part, et chacun le sait, l'importance de
la place stratégique de l'Egypte sur l'échiquier mondial et deuxièmement, la qualité exceptionnelle de la relation
entre l'Egypte et la France. Nous n'avons pas évoqué les problèmes bilatéraux pour une raison simple, c'est
qu'il n'y en a pas » Allocution du président Chirac, extrait du point de presse conjoint, Palais de l’Elysée,
19/04/04.
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La question des moyens financiers à mobiliser en faveur de notre partenaire égyptien est
donc difficile, mais elle est légitime :
1. Elle est légitime tout d’abord car l’analyse du passé montre une tendance
marquée à la baisse de l’aide française nette3. Ce recul pourrait se poursuivre au
cours des prochaines années à la suite de la diminution de l’aide programme
(annulation de dettes) et de l’augmentation des remboursements des prêts
antérieurement accordés par le Trésor français à l’Egypte. Il faut admettre que
l’évolution de notre aide sur longue période ne plaide pas en notre faveur
(cf. graphique ci-dessous).
Aide bilatérale totale nette (USD mns)
500
400
300
200
100
0
1967
1972
1977
1982
1987
1992
1997
2002
2007
-100
Sources : OCDE- CAD et estimation DME-SERES pour la période 2004-2009
2. De plus, les masses financières qui figurent sur le graphique ci-dessus sont
trompeuses. Près de 80% de notre APD nette est en effet constituée par des
annulations de dette consenties en…1991 (c'est-à-dire voici maintenant près de
quinze ans). Le choix d’une cette gestion « longue » de la dette égyptienne
pouvait être éventuellement pertinent au début des années 1990. Il n’est pas sûr
que ce soit le cas encore aujourd’hui. Les Américains ont apuré leurs comptes dès
1991 ; les Allemands ont fait de même en 1997. Il faut admettre que l’effet
d’affichage de notre annulation à petites doses chaque année est désormais, non
seulement terminé, mais se retourne probablement contre nous aujourd’hui. Les
Egyptiens ne s’y sont pas trompés : ces annulations figurent bien dans les
3
L’aide bilatérale nette mesure les flux versés par la France à l’Egypte diminués des remboursements effectués
par la partie égyptienne (sur les prêts consentis par le Trésor). Ainsi, le total de l’aide nette peut être négatif
si la partie bénéficiaire rembourse plus qu’elle ne reçoit de notre part.
dme
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comptes mais ne correspondent pas à de l’ « argent frais ». Elles sont devenues
pour ordre. Les autres bailleurs ne sont pas dupes non plus : ainsi, la Banque
mondiale ne fait plus figurer la France dans la liste de bailleurs de fonds
principaux de l’Egypte. Cette situation est problématique : notre coopération n’a
pas pour ambition d’être mentionnée simplement pour mémoire.
3. En enlevant du montant de l’aide les annulations de dettes, nos engagements
financiers en faveur de l’Egypte apparaissent plus que « modestes » (cf.
graphique ci-dessous). La chronique montre un désengagement certain de notre
part, imputable exclusivement à la coopération économique (l’enveloppe de la
coopération culturelle est restée globalement stable depuis dix ans). L’aide projet
gérée par le Trésor est en effet devenue négative depuis plusieurs années. En
d’autres termes, la partie égyptienne rembourse désormais plus qu’elle ne reçoit
de notre part. Et ces remboursements ne sont pas négligeables puisqu’ils
représentent de 2 à 3 fois l’enveloppe de la coopération technique (prodiguée par
le MAE et par d’autres institutions). Dans un contexte où la coopération
économique est atone, nous nous retrouvons, de facto sinon de jure, dans la
situation d’un Etat rentier, qui gère avec parcimonie les reliquats du passé et qui
prélève des revenus sur un pays dont le niveau de développement est déjà faible.
Autrement dit, nous faisons payer à la génération d’aujourd’hui des emprunts
contractés dans le passé (et dont il n’est pas sûr qu’elle en ait bénéficié), sans lui
apporter un niveau d’aide comparable à celui dont avait profité la génération
précédente. Cette situation est politiquement difficile à soutenir ; et les
projections sur le futur montrent qu’elle pourrait ne pas évoluer positivement si
nous ne changeons pas rapidement de stratégie.
APD nette de la France en faveur de l'Egypte
(hors annulation de dettes) en USD mns
250
200
150
100
50
0
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
-50
-100
dme
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Sources : OCDE- CAD et estimation DME-SERES pour la période 2004-2009
4. Ce recul de l’aide française montre que nos instruments de coopération
économique sont mal adaptés à un pays dual. Pays émergent, l’Egypte relève de
la RPE et les importantes réalisations financées sur Protocoles (métro du Caire,
développement des télécommunications, stations d’eau potable et d ‘épuration,
stations électriques,…) montrent l’intérêt accordé à cet instrument durant les
années 1970 et 1980. Mais depuis le milieu des années 1980, des changements
profonds sont intervenus : les moyens globaux de l’aide française affectés aux
protocoles ont fortement diminués ; les règles édictées par l’OCDE ont favorisé les
investissements privés et diminué l’intervention de l’aide publique dans des
secteurs où ce type de financement avait parfois conduit à de lourds déficits des
budgets des Etats.
La RPE est alors devenue pour la Coopération française un moyen de réaliser des
opérations commerciales importantes. Mais, dans un pays qui ne constituait pas
un enjeu économique majeur pour la France, les interventions sont souvent
restées ponctuelles et n’ont pas relevé d’une stratégie globale ni d’une
coopération d’Etat à Etat qui n’existait pas entre la France et l’Egypte. Les
Egyptiens n’ont alors plus perçu la Coopération économique française comme un
moyen de réaliser de grands projets qui profitaient à toute la population comme le
métro du Caire, mais comme un instrument ponctuel pour remporter des contrats
pour les entreprises françaises. Pour le ministère égyptien de la Coopération
internationale « Il n’y a plus de véritable projets dans l’aide française. C’est
dommage ! Le Gouvernement français est seulement motivé par l’intérêt des
entreprises françaises. D’autres moyens sont nécessaires »4.
Il existe dès lors un hiatus entre une relation politique forte et continue et une
coopération économique épisodique. La présence des entreprises françaises est
certainement importante pour la place de ces entreprises au niveau mondial et
pour l’influence de la France en Egypte, mais un gros contrat ne représente pas
une réelle présence et n’assure même pas nécessairement la pérennité sur place
de l’entreprise bénéficiaire.
Or, la demande de coopération économique égyptienne ne porte pas seulement
sur les secteurs où l’Egypte atteint un niveau économique comparable à celui de
pays développés, il porte aussi sur des secteurs (éducation et formation, santé,
assainissement des villes, …) où l’Egypte reste un pays en développement. Face à
cette structure « duale » de l’Egypte, la Coopération française ne dispose pas d’un
ensemble adapté d’instruments d’intervention.
4
« No real projects in french aid. It’s a pity! … French Government is only motivated by french companies…
Other means are necessary».
dme
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5. Notre « stratégie » globale de coopération est d’autant plus difficile à soutenir
qu’elle diffère sensiblement de celle de nos partenaires. La comparaison avec
l’Allemagne est édifiante. Berlin a apuré la dette égyptienne dès le milieu des
années 1990 et continue depuis à accorder des dons (USD 87 mns en 2003 contre
USD 2 pour la France, voir graphique gauche ci-dessous). Ses prêts nets
demeurent positifs (une dizaine de millions de dollar en 2003, alors que les nôtres
sont négatifs depuis 2001 (voir graphique droite ci-dessous).
Prêts nets des remboursemenst
(USD mns)
Dons (USD mns)
100
60
90
50
80
40
70
30
60
20
50
10
40
30
0
20
-10
10
-20
1998
1999
2000
2001
2002
2003
-30
0
1998
1999
2000
France
2001
2002
2003
-40
Allemagne
France
Allemagne
Sources : OCDE- CAD
Plusieurs conclusions peuvent être tirées de ce constat rapide :
1. Notre coopération est certainement en dessous de son seuil critique ;
2. Nos pratiques financières sont critiquables d’un triple point de vue : politique,
économique et éthique ;
3. Nos instruments de coopération économique sont probablement mal adaptés à un
pays dual comme l’Egypte.
Ces conclusions invitent à redynamiser au plus vite notre coopération avec l’Egypte.
dme
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Eléments pour une coopération future
Actions à court terme dans le cadre de la coopération bilatérale
Se redonner des moyens financiers à la hauteur de nos ambitions politiques
Il importe désormais d’augmenter de manière substantielle les flux d’aide en faveur
de l’Egypte. Plusieurs solutions techniques peuvent répondre à cet impératif
politique. Compte tenu de la réticence de la partie égyptienne à contracter de
nouveau prêts (y compris à taux concessionnels), l’augmentation des dons
pourrait constituer une réponse à cet engagement.
Il est évidemment délicat d’estimer le niveau que devraient atteindre ces transferts
sans contrepartie. Il semble toutefois difficile d’imaginer que notre contribution
puisse être durablement inférieure à celle de l’Allemagne. Des dons atteignant 80 à
100 millions de dollar par an seraient alors nécessaires pour « maintenir la
position ». Ce niveau d’aide n’est pas aberrant. Il est en retrait par rapport à celui
octroyé au début des années 1990 (hors annulation de dette). Il est comparable à
celui de l’année 1998 (toujours hors annulation de dette). Il serait deux fois moins
élevé que celui accordé actuellement au Royaume du Maroc et d’un niveau
comparable à celui en faveur de la Tunisie.
Une centaine de millions de dollars de dons (soit environ EUR 83 mns au taux de
change actuel) ne représenterait que 1% du total de l’APD française pour 2006
(hypothèse basse du MINEFI) ou encore 4% de l’APD gérée par le Département.
Pour limiter au maximum la dilution de notre aide et maximiser sa visibilité, il
importe que celle-ci ne prenne pas la forme d’un simple transfert venant abonder le
budget égyptien. Si l’aide budgétaire présente en effet certains avantages
(principalement sa facilité de gestion), ses effets pervers sont nombreux. Le
principal est politique (et stratégique) : ainsi, rien ne garanti qu’une contribution
financière de la France au budget de l’Etat égyptien soit affectée réellement à des
dépenses qui concourent à la réalisation de nos objectifs de coopération5.
5
Mettre en place des procédures de suivi administratif permettant de s’assurer que l’aide est bien affectée
annule en grande partie l’avantage de ce type de transfert en matière de gestion.
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Développer la coopération culturelle
Le dispositif de coopération culturelle6 est le produit d’une histoire longue dont les
prémisses remontent au début du XIXème siècle et qui a su traverser avec succès
quelques heures difficiles –mais qui appartiennent heureusement au passé- durant
lesquelles les relations franco-égyptiennes ont pu être parfois tendues. Ce dispositif
est orienté essentiellement en faveur des élites francophones. De nombreuses
actions sont inscrites à son actif : soutien permanent -et historique- à
l’enseignement du français (et aux établissements de prestige que sont les lycées
français) ; appuis à l’enseignement supérieur égyptien au travers des pôles
d’excellence que constituent les filières francophones ; appuis à une recherche
mondialement reconnue dans le domaine de l’archéologie et de l’égyptologie ;
organisation, tant en France qu’en Egypte, de grandes manifestations artistiques et
culturelles…
L’évaluation révèle une forte pertinence du dispositif de coopération culturelle en
Egypte. Les actions engagées s’inscrivent clairement dans la stratégie de
coopération internationale du ministère des Affaires étrangères et singulièrement
dans l’objectif général visant à préserver la stabilité et la paix. L’histoire montre en
effet que les tensions et les violences (les « chocs de civilisations » pour reprendre
une image désormais connue) se nourrissent de l’incompréhension entre les
peuples, de l’absence de dialogue, de la méconnaissance de l’autre, du refus de
l’altérité et du non respect des différences. La coopération française participe, avec
les moyens qui sont les siens, à combler ces écarts, à rapprocher les esprits, à
rétablir enfin la confiance entre les peuples. Ainsi, et conformément à la doctrine de
coopération de la DGCID, le dispositif en Egypte est orienté afin de multiplier les
échanges culturels, de développer les échanges universitaires et scientifiques, de
favoriser les débats d’idées, de faire valoir les valeurs universelles que nous
défendons, de développer la francophonie et, enfin, de promouvoir des médias
libres.
L’évaluation montre d’autre part que les différentes actions engagées pour parvenir
aux objectifs généraux sont cohérentes les unes avec les autres.
Le dispositif de coopération du pôle diplomatique apparaît ainsi globalement
pertinent, cohérent et efficient.
Disposant de moyens plus élevés, le dispositif de coopération culturelle pourrait se
développer autour des axes suivants :
6
Le terme de coopération « culturelle » est pris ici dans un sens large et regroupe l’ensemble des actions
réalisées dans le domaine de la coopération linguistique, éducative et culturelle strico sensu.
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Amplifier le dialogue des cultures
Très appréciée de nos partenaires égyptiens, la coopération culturelle a un réel
impact, mais elle n’atteint cependant pas une masse critique suffisante pour
marquer durablement la présence française. Il faut à la fois assurer une lisibilité
plus grande, conforter les échanges professionnels existants et en installer d’autres,
fortement attendus.
Dans le secteur artistique, les actions engagées doivent être amplifiées dans cette
même perspective de professionnalisation des cadres égyptiens et de productions
communes entre créateurs des deux pays. C’est aussi la mise en place d’un espace
nettement identifié, conçu comme lieu de formation et de création, dédié aux
résidences d’artistes, qui participera de façon sensible à la lisibilité recherchée.
Enfin, il est nécessaire d’être particulièrement attentif à la mise en synergie de
l’ensemble des actions culturelles, à travers notamment les opérations
pluridisciplinaires et les résidences croisées, sans oublier la présence de textes
écrits dans toutes les manifestations qui le permettent.
Cette amplification des actions culturelles devrait être assortie d’un budget en très
forte augmentation,
représentant une part significative des moyens
complémentaires qui seraient dégagés en faveur de l’ensemble de la coopération
franco-égyptienne.
Pour répondre également à une attente importante des partenaires égyptiens et
point d’appui évident au dialogue des cultures, la présence de textes français
traduits en langue arabe doit être revue, favorisée et développée. Si la production
littéraire traditionnelle doit conserver toute sa place, l’intérêt des égyptiens est
grand pour la pensée française et tout particulièrement pour la philosophie
politique. Dans ce domaine, à l’occasion de manifestations culturelles « dans » et
« hors les murs », de nombreux supports doivent être disponibles en langue arabe,
de l’article de presse et de revue au livre, en passant par le numérique.
Ces axes de développement,
indirectement à la francophonie.
souvent
mêlés,
concourent
directement
ou
Réorienter la coopération éducative et linguistique et ouvrir des perspectives
d’intervention dans le système éducatif égyptien
La coopération éducative et linguistique de niveau scolaire, part importante de
l’intervention française en Egypte, s’est adressée majoritairement au dispositif des
établissements bilingues, considérés comme le point d‘appui de la francophonie,
elle-même marque de la présence française. Mais la population cible s’est
transformée dans les établissements ; les « élites » ne sont plus nécessairement
francophones. Il reste cependant de ce dispositif, dont certains éléments ont
abandonné le français, un petit nombre d’établissements bilingues ou
expérimentaux pour lesquels il convient de poursuivre notre aide.
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Ce dispositif a généré tout un processus de soutien dans le domaine du français et
de l’enseignement des sciences, qui représente -au plan institutionnel comme au
plan de la formation et de l’ingénierie éducative- un véritable prototype
d’organisation de soutien à un système éducatif. Disproportionné par rapport au
dispositif des établissements bilingues, essentiellement privés, et surtout du noyau
qu’il convient de conserver, il peut néanmoins constituer le point d’appui de
l’intervention française dans le système éducatif égyptien.
Actuellement, la coopération française est peu lisible, car elle ne concerne qu’un
dispositif marginal, externe au système éducatif égyptien puisqu’il est
essentiellement privé ; elle intervient majoritairement en français. Tous les autres
pays partenaires travaillent au sein même du système éducatif du pays.
La demande égyptienne est pressante d’un autre type d’intervention.
Dans ces conditions, l’organisation qui a été mise en place par la coopération
française peut être mise à profit pour servir d’appui à une fonction de conseil et,
d’autre part, à l’installation d’un projet d’envergure, interne cette fois-ci au système
éducatif égyptien, ce qui correspond à un véritable besoin : celui du développement
de l’enseignement des deuxièmes langues étrangères, l’anglais étant la première
langue étrangère apprise. La mise en place très progressive de l’enseignement
d’une deuxième langue au collège serait favorable au français et, dans cette
hypothèse, le dispositif d’aide aux établissements bilingues deviendrait pertinent
pour le système éducatif. La lisibilité de l’intervention française sera alors assurée.
La mise à disposition de crédits supplémentaires permettrait une meilleure
adéquation entre l’aide française et la demande des autorités du pays. Ces crédits
devraient bénéficier, par ordre de priorité, aux mesures suivantes :
• En priorité 1, à la mise en place progressive de l’enseignement d’une
deuxième langue dès le début de l’enseignement secondaire d’une part et,
d’autre part, à l’installation de structures de formation des maîtres, avec ou sans
l’aide de l’Union Européenne.
• En priorité 2, à l’amélioration de l’enseignement scientifique en favorisant les
partenariats avec des institutions françaises, et en utilisant davantage les
capacités de cette expertise française dans les cycles scolaires. Cette mesure
doit être prolongée au niveau du supérieur par le développement de filières
scientifiques (universités francophones d’Egypte) et/ou par l’utilisation des
enseignements à distance en provenance des établissements d’enseignement
supérieurs français. L’attractivité de telles orientations pourrait être stimulée par
des bourses et un système de stages en entreprises en France.
• En priorité 3, dans le cadre de l’enseignement technique du système éducatif
égyptien, pourrait être envisagée une participation à la mise en œuvre de
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formations
françaises.
professionnelles
ciblées,
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en
partenariat
avec
des
entreprises
Vers une autre conception de la francophonie
A travers ces deux pans majeurs de l’intervention française, culturel et éducatif, et
l’approche trilingue au niveau universitaire, se joue une autre approche de la
francophonie.
Il ne s’agit plus du français comme cible centrale, mais de la rencontre des deux
cultures dans la professionnalisation des acteurs culturels et les coproductions
artistiques, dans le débat d’idée à travers l’écrit dans les deux langues, du
développement du français langue seconde parmi d’autres langues européennes et,
au niveau des universités comme de la grande bibliothèque, d’un trilinguisme
arabe-anglais-français. Ces approches sont de nature à replacer le français dans un
contexte plus opérationnel. Les développements recommandés concourent plus
sûrement à la francophonie que les dispositifs classiques actuels.
Renforcer l’efficacité du dispositif
Notre coopération a été orientée, historiquement, en faveur des certaines élites
francophones et souvent francophiles. Cette cible a été historiquement pertinente.
Elle le demeure encore aujourd’hui dans le cadre de la promotion de la
francophonie. Mais cet objectif n’est plus suffisant dans un contexte marqué, sinon
par un choc frontal entre les civilisations, du moins par une exacerbation de
certaines tensions depuis l’automne 2001 et par le renforcement assez sensible du
radicalisme confessionnel.
La question reste posée de savoir dans quelle mesure le dispositif de coopération
culturelle en Egypte permet de nouer un dialogue avec d’autres élites que
francophones, avec ces élites stratégiques qui charpentent et structurent les
mouvements radicaux. Ces élites, dont le portrait a été finement dessiné par de
nombreux analystes et, plus récemment par le département d’Etat américain,
méritent toute notre attention. Elles feront l’Egypte de demain. Le dialogue que
nous pouvons nouer à chaque occasion avec cet intelligentsia arabophone (et très
souvent aussi anglophone) doit permettre de réaffirmer, d’un côté, la pluralité des
cultures, la multipolarité du monde moderne ou encore le respect de l’altérité. Il
doit aussi, d’un autre côté, fournir l’occasion de rappeler, avec force l’attachement
aux valeurs universelles, à la paix et à la sécurité. Le dialogue avec ces élites
stratégiques constitue certainement l’un des meilleurs remparts au choc des
civilisations.
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Une meilleure connaissance des élites, notamment celles de la nouvelle génération
et qui ne sont pas forcément proches du pouvoir, est aujourd’hui indispensable.
Cette connaissance passe par un travail approfondi de documentation et de
prospective stratégique. Seule cette intelligence permettra de juger de notre
influence réelle en Egypte.
La connaissance fine des élites stratégiques est un préalable aussi avant d’accueillir,
de manière beaucoup plus conséquente qu’aujourd’hui, de nouveaux étudiants
égyptiens en France. Le nombre de bourses accordées est trop faible (500
mois/hommes) par rapport à celui de nos partenaires européens (600 pour les
Britanniques, 800 pour les Espagnols et quelques 1 400 pour les Allemands). Or,
nous avons probablement autant besoin de ces échanges que les Egyptiens euxmêmes. Augmenter le nombre de bourses (à 1000 ou 1500 mois/hommes par
exemple) pourrait s’avérer un objectif pertinent pour les deux parties.
Rénover le dispositif de coopération économique
La coopération économique reflète également le primat donné au politique et
l’existence d’une coopération de « niches ». Les trois objectifs visés par la
coopération économique sont le maintien ou l’accroissement de l’influence française,
l’augmentation des investissements et des échanges entre les deux pays et le
développement économique de l’Egypte : le premier objectif est largement resté au
niveau politique et le troisième a été, à juste titre, considéré comme dépassant les
moyens de la Coopération française, même si les interventions ont souvent eu des
retombées économiques favorables pour le pays. La mise en œuvre des remises de
dettes montre cette préférence accordée au traitement politique sur un traitement
qui aurait davantage servi à la réalisation de projets de développement. Dès lors,
les appuis de la Coopération française ont porté sur des secteurs certes
fondamentaux pour le développement du pays mais pour lesquels l’objectif était
surtout d’obtenir des marchés pour les entreprises françaises. Des résultats
importants ont été obtenus, et, sans ces succès, l’influence française n’aurait sans
doute pas la place qu’elle conserve actuellement, mais les marchés obtenus n’ont
pas souvent été liés à des implantations durables des entreprises françaises.
Cette coopération, qui devra disposer de plus de moyens, doit être rénovée :
Mieux répondre à la demande égyptienne de coopération au développement
Pour répondre à cette demande, les contraintes sont importantes : l’enjeu de la
coopération économique n’est pas suffisant pour justifier une mobilisation de
moyens exceptionnels ; les moyens d’intervention de la Coopération française ne
sont pas du niveau de ceux par exemple de l’Union Européenne.
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On pourrait s’interroger sur la pertinence de faire de l’Egypte un pays de la ZSP
pour lesquels des « projets » de développement financés sur dons seraient mis en
œuvre. Mais cet instrument, largement ciblé sur les pays africains, ne correspond
pas à la situation de pays émergent de l’Egypte. Outre le poids économique qui
serait celui de l’Egypte par rapport aux autres pays de la ZSP, certains pourraient
ne pas y voir un progrès de la relation spécifique franco-égyptienne. Il semble donc
souhaitable d’exclure cette possibilité.
Par contre la création d’une agence de l’AfD, déjà en gestation, pourrait être
retenue. La forte capacité de mise en œuvre de projets de développement de cette
institution permettrait, par exemple dans des domaines comme l’eau potable ou
l’assainissement urbain, de mettre face à des besoins égyptiens pressants, des
capacités françaises certaines. Certes, les interventions de l’AfD en Egypte ne
peuvent en principe être réalisées que sous forme de prêts. Mais la réalisation de
projets sous forme de dons est-elle nécessairement exclue ?
Dans l’optique de répondre à cette demande égyptienne et d’assurer une place à la
France dans la coopération au développement avec l’Egypte, il pourrait être utile de
poursuivre les interventions du Bureau de Liaison Agricole Franco-Egyptien, BLAFE,
qui représente actuellement le seul projet effectif d’aide au développement en cours
de la Coopération française. Cet organisme, qui peut afficher 20 ans de coopération
au développement dans le domaine agricole et, actuellement, une réussite certaine,
risque de disparaître, ses moyens de financement reposant sur la contrepartie d’une
aide alimentaire qui n’est plus justifiée pour l’Egypte. Le coût annuel d’environ trois
millions d’euros ne serait sans doute pas plus élevé que pour des opérations
nouvelles n’ayant pas fait leurs preuves.
La coopération au développement peut aussi, dans certains cas, être réalisée par la
coopération décentralisée. En raison de l’enthousiasme sentimental que provoque
l’Egypte en France, la mobilisation d’une importante coopération décentralisée
serait sans doute possible. Le travail engagé à Alexandrie par les régions PACA et
Midi-Pyrénnées pourrait constituer une référence pour d’autres Gouvernorats. Si la
coopération hospitalière qui se développe actuellement avec la ville de Lille avait été
mise en place au moment où la Coopération française intervenait dans le domaine
hospitalier, la France ne serait peut-être pas, comme actuellement, absente du
secteur hospitalier en Egypte. Les autres possibilités sont certainement
nombreuses, même si l’approche de l’Egypte, ne serait-ce que pour des questions
de langage, n’est pas simple.
Ces deux derniers types d’interventions posent le problème du rôle l’assistance
technique : la bonne marche actuelle du BLAFE, la liaison avec la coopération
décentralisée dans certains secteurs sont liées à la présence d’assistants techniques
qui tendent à disparaître comme moyen d’intervention de la Coopération française.
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Or une assistance ciblée sur des domaines spécifiques peut correspondre à une
demande égyptienne : c’est le cas pour le BLAFE ; d’autres cas pourraient se
présenter, par exemple pour des projets d’intervention institutionnelle dans le
domaine éducatif.
Mettre en œuvre un projet de gestion de site archéologique associant les
différents instruments de la Coopération française
La réalisation d’un projet de gestion de site archéologique, détaillée dans le rapport,
aurait pour avantages :
1. d’apporter une réponse à la demande égyptienne de coopération au
développement ;
2. d’aider l’Egypte à développer un secteur fondamental pour l’économie du
pays ;
3. d’être en accord avec une orientation fixée par le Chef de l’Etat égyptien
quant au développement du tourisme ;
4. de correspondre à une forte compétence française et à une des possibilités
les plus importantes de développement des entreprises françaises en Egypte.
Cette réalisation aurait aussi pour résultat de permettre – et peut-être d’obliger –
les différents instruments de la Coopération française à travailler de concert :
- la Mission Economique, qui estime le tourisme comme un secteur très
prometteur pour les entreprises françaises ;
- le CFCC, pour lequel cette réalisation serait un moyen de répondre à la forte
pression du Conseil suprême égyptien des antiquités, qui, tout en rendant
hommage à la recherche archéologique française, souhaiterait que l’intervention
de la France s’étende à la gestion des sites ;
- l’AfD, qui pourrait effectuer l’étude d’un projet qui ne peut logiquement relever
du FASEP et qui aurait déjà effectué au Liban une intervention similaire.
La visibilité d’une telle réalisation pour la Coopération française pourrait être
importante aussi bien pour les Egyptiens que pour les autres pays – et visiteurs présents en Egypte.
Actions à moyen terme dans le cadre de la coopération européenne
Miser sur un projet européen afin de faire jouer au maximum les effets de levier
L’effort à consentir en faveur de l’Egypte n’est pas négligeable (cf. ci-dessus). Il
faut cependant se garder de le surestimer en prenant soin de le situer par rapport à
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la taille du pays, aux enjeux qu’il représente et... aux apports des autres
partenaires de l’OCDE.
L’affectation d’une partie de l’APD à un projet européen de grande envergure est
une opportunité qui mérite d’être étudiée en détail. Dans cette optique, les dons
que nous pourrions consentir à ce projet pourraient avoir le statut de « fonds
propres » (au sens de l’analyse financière) avec lesquels nous pourrions bénéficier
d’ « effets de levier » à condition de pouvoir mobiliser d’autres ressources
(provenant de l’UE et des autres Etats-membres, notamment de l’Allemagne).
Œuvrer en commun pour la création d’une université européenne
Un projet de création d’une Université européenne pourrait constituer un grand
dénominateur commun susceptible de rencontrer l’assentiment de toutes les
parties :
• Le développement d’un enseignement supérieur de qualité (et de niveau
international) est un des défis auxquels sont confrontées aujourd’hui les
autorités égyptiennes. La demande étudiante est forte alors que l’offre
nationale est limitée ;
• L’enseignement supérieur est l’un des secteurs prioritaires de la
coopération européenne. L’Union dispose de moyens élevés mais semble
parfois en panne de projets7 ;
• L’Allemagne sera le partenaire le plus difficile à convaincre, au moins
dans un premier temps. Berlin soutient en effet une université (German
University in Cairo) qui a été créée récemment (2003) et qui rencontre un
succès notable. La partie allemande exigera certainement des contreparties
importantes pour fondre ses moyens dans un projet européen. Un soutien du
projet au plus haut niveau de l’Etat égyptien constituerait un atout pouvant
peser sur la décision de notre partenaire allemand à y participer.
Un tel projet aurait aussi de nombreux avantages pour la partie française (et
notamment celui de renforcer les synergies entre les différentes actions déjà en
cours) :
• La francophonie rencontre actuellement des difficultés. La formation des
enseignants de français figure parmi celles-ci. L’ouverture d’un département
de langue française (au côté de celui de langue anglaise) au sein de
l’université permettrait de répondre à une grande partie des besoins. Ce
département pourrait être renforcé par l’adjonction de l’actuel IUFP (Institut
de Formation des Professeurs) ;
• Il est clair que cette université européenne aurait vocation à accueillir les
enseignements dispensés actuellement au sein des « filières » françaises
7
Cette pénurie de projets explique, pour partie, que la Commission ait transformé EUR 175 mns en aide
budgétaire sur un programme de EUR 250 mns…
dme
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d’enseignement supérieur (logées pour le moment dans les différentes
universités du Caire et d’Alexandrie) ;
• La création de cette université pourrait constituer une « voie de sortie
par le haut » pour régler les problèmes que nous rencontrons actuellement
avec l’UFE ;
• Cette Université pourrait être aussi le lieu d’accueil d’un centre d’études
et de recherche sur la société égyptienne, qui fait actuellement défaut, et qui
nous permettrait de combler certaines lacunes sur la connaissances des
élites de ce pays ;
• Cette Université nous permettrait aussi d’engager un dialogue permanent
avec les élites et de repérer celles susceptibles de parfaire leur formation en
France ;
La réforme actuelle du système d’enseignement supérieur (LMD) et l’harmonisation
des diplômes constituent une réelle opportunité pour envisager la création d’un pôle
universitaire européen en Egypte.
Il est évidemment prématuré à ce stade de définir avec précision les différentes
facultés que pourrait regrouper une telle université européenne. Le noyau dur devra
être nécessairement constitué de l’existant : sciences et techniques (très présentes
au GUC actuellement et axe fort pour l’UE), langues et sciences humaines (où nous
pourrions jouer un rôle important, notamment dans un département de sciences
politiques). Dans tous les cas, le succès d’une telle entreprise passera par le
multilinguisme : arabe, anglais et français.
Bien évidemment, un tel projet ne constitue pas la solution unique permettant de
redynamiser la coopération française en Egypte. Mais on peut penser, au moins en
première analyse, qu’il pourrait y contribuer grandement.
*
* *
Ces quelques voies de progrès peuvent paraître ambitieuses. Il en existe probablement
d’autres. Un balayage plus approfondi des futurs possibles (à l’occasion notamment de la
prochaine élaboration du DSP) dévoilerait certainement l’existence de scénarios d’avenir
nettement plus problématiques. Ces futuribles sombres ne sont heureusement pas
certains. La Communauté internationale et la France en particulier peuvent contribuer,
par leur proactivité, à les éviter.
dme
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Première partie
Le contexte de la coopération
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I Cadrage géoéconomique8
L’Egypte est confrontée
à un impératif de
croissance…
notamment pour
assurer le plein emploi.
La croissance devrait
être de 7% par an pour
réduire la pauvreté et
assurer un emploi à
tous.
Comme la plupart des pays dans le monde, l’Egypte est confrontée à un
impératif de croissance. Celle-ci est doublement nécessaire : en premier
lieu, pour procurer un emploi aux quelques 5 à 600 000 nouveaux arrivants
qui se présentent chaque année sur le marché du travail ; pour améliorer,
ensuite, le niveau de vie de tous (le PIB par habitant à PPA est de l’ordre
de 3 500 dollars9) et singulièrement celui des populations les plus pauvres
(entre 11 et 13 millions suivant les sources, soit entre 17 et 20% de la
population totale)10.
Cet impératif n’est pas singulier mais il revêt une acuité particulière en
Egypte. Compte tenu des structures productives, de leur efficacité et, d’une
manière plus générale, de l’organisation économique et sociale, ce défi ne
pourra être relevé avec succès sans une croissance très forte, qui se
chiffrerait aux alentours des 6 à 7% par an. En d’autres termes, les
objectifs en matière de croissance de l’emploi, du niveau de vie et de
réduction de la pauvreté ne pourraient être satisfaits sans un doublement
de la richesse tous les dix ans…
Ces rythmes semblent
inaccessibles à certains
car le modèle
économique égyptien
serait à bout de souffle.
Certes, l’Egypte a connu dans le passé des années fastes où les rythmes de
croissance furent élevés. Mais, ces bonnes performances n’ont jamais
perduré et les moyennes décennales, qui écrêtent les booms et les dooms,
conduisent à des rythmes tendanciels nettement moins élevés (cf.
graphique ci-dessous).
Une croissance forte
supposerait des
réformes en
profondeur.
Selon certains observateurs, l’Egypte aurait d’autant plus de mal à suivre
ce sentier de croissance forte que son modèle économique serait à bout de
souffle ; la réduction sensible des rythmes de progression du PIB depuis le
début de la décennie en serait la manifestation.
8
La géoéconomie est une discipline récente, mais prometteuse, qui cherche à resituer les dynamiques
économiques et sociales dans leur contexte politique et géostratégique. Elle a participé à la rénovation en
profondeur des travaux d’intelligence économique.
9
Cette évaluation a été réalisée par le PNUD (Rapport sur le développement humain 2003). Le niveau du
produit intérieur brut (PIB) par habitant à parité des pouvoirs d’achat (PPA) corrige le montant en dollars
courant des distorsions de change et de prix. Le niveau atteint par l’Egypte (3520 $) est proche de la
moyenne des PVD (3850$). Sans correction PPA, le PIB par habitant n’est que de 960 $ en 2003, contre
1 440 en 2000. La chute est imputable exclusivement à la dépréciation de la livre égyptienne (LEG) qui a
perdu 40% de sa valeur entre ces deux dates.
10
Selon le PNUD (Egypt Development Report 2003), on comptait 13 millions de pauvres en Egypte (disposant
de moins de deux dollars par jour pour vivre) et 3,8 millions d’extrêmement pauvres (moins d’un dollar de
ressource journalière). La multiplication des publications sur la pauvreté brouille quelque peu l’image que l’on
peut s’en faire. Ainsi, une autre étude du PNUD évalue la population « pauvre » entre 20 et 44% de la
population totale selon que la ligne de pauvreté se situe à 1 100 LEG annuel ou 1580 LEG (soit entre 145 et
205 euros par an).
dme
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en Egypte (1993-2003)
Ce constat justifierait la mise en place d’une réforme ambitieuse, aux
multiples dimensions tant économique que politique. Ses grandes lignes,
assez standard, sont bien connues. La réforme passerait ainsi par une
libéralisation de l’économie, par une réforme de l’Etat et par un
assainissement des finances publiques. Sur le fond, la réforme vise à
trouver de nouveaux ressorts à la croissance en favorisant l’initiative privée
et les procédures de marché. Elle suppose, de manière concomitante, une
réduction du poids de l’Etat et de ses interventions dans l’économie. Autant
que faire se peut, la réforme doit être menée à rythme accéléré (cf.
encadré) : les atermoiements, les demi-mesures ayant souvent plus
d’effets négatifs que le statu quo.
PIB réel par habitant (1950-2004), en dollars constants de 1990
en $ constant de 1990
3000
|
Nasser
Sadate
Moubarak
2500
+5,2% par an
2000
+1,4% par an
1500
+1,9% par an
1000
500
0
1950
1955
1960
1965
1970
1975
1980
1985
1990
1995
2000
Source : M addison, 2002 et calculs des auteurs pour 1999 à 2004
Un débat oppose les
partisans d’une
thérapie de choc aux
autorités qui ont
préféré un gradualisme
à rythme lent.
Les chocs de transition
ont des coûts sociaux
élevés. Des risques de
déstabilisation ne sont
pas à écarter.
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Cette réforme est
convaincus que la
s’accompagner d’une
parce qu’elle refuse
première.
soutenue par certains partenaires occidentaux
libéralisation économique ne manquera pas de
libéralisation politique. Or, c’est justement peut-être
la seconde que l’Egypte renâcle, sinon bloque, la
Plusieurs arguments en effet militent en faveur, sinon de l’immobilisme, du
moins d’une gestion très prudente et très graduelle de la transition d’un
modèle à l’autre. Nous en privilégierons deux. Le premier est d’ordre
politique ; le second, économique :
•
Comme l’ont montré certaines expériences dans les pays de
l’ex-CAEM et dans la fédération de Russie elle-même, la transition a
des coûts d’ajustement, notamment sociaux, qui peuvent être
parfois très élevés (et ce d’autant plus que l’expérience socialiste a
été longue). Les laissés-pour-compte de la réforme sont
généralement privés de l’accès aux marchés et pâtissent de la
disparition des anciennes protections sociales. Le choc de transition
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peut s’accompagner d’un risque réel de déstabilisation politique11.
Ce risque est d’autant plus fort qu’il existe un mouvement
d’opinion, confessionnel ou laïc mais structuré, porteur d’un projet
alternatif de société et qui ne se reconnaît pas dans les normes et
les valeurs sociales du capitalisme occidental ;
•
Le deuxième argument qui plaide en faveur d’un aménagement
du modèle historique plus que d’une réelle transition vers le modèle
libéral est d’ordre économique. Comme le montre le graphique cidessous, l’Egypte n’a pas à rougir de ses performances
économiques sur la longue période. Certes, la croissance a été
moins vive qu’en Tunisie, mais elle est demeurée bien supérieure à
celle du Maroc (et de l’Algérie évidemment). D’autre part, le
tassement actuel des rythmes de croissance pourrait ne pas être
totalement imputable à des problèmes structurels mais pourrait
relever simplement d’une situation conjoncturelle difficile (conflits
régionaux, attentats aux Etats-Unis, voire ralentissement de la
conjoncture dans les pays de l’OCDE…). Ce ralentissement pourrait
être enrayé par des politiques keynésiennes de relance par la
demande : grands travaux (Tochka par exemple), politique
budgétaire expansionniste, politique fiscale laxiste… L’état des
finances publiques, déjà dégradé, en souffrirait certainement mais
la relance ne devrait pas manquer de s’accompagner aussi d’une
hausse des assiettes fiscales. De même, les marges de manœuvre
en matière de financements extérieurs rendent possible des
politiques volontaristes de réactivation de l’activité.
Le modèle égyptien a
fait ses preuves sur le
long terme.
L’économie est
aujourd’hui en panne.
Mais est-ce une panne
de moteur ou de
carburant ?
PIB par habitant (base 100 en 1950)
400
Tunisie
350
300
Egypte
250
Algérie
200
150
Maroc
100
50
0
1950 1955 1960 1965 1970
1975 1980 1985 1990 1995
Source : M addison (2002)
Enfin, il faudrait peut-être ajouter un troisième argument, « en creux »
cette fois, qui milite aussi en faveur d’une adaptation progressive du
11
Le président Bush a exprimé, lors du dernier sommet de l’OTAN à Istambul en juillet de cette année, une
opinion inverse en estimant qu’ « A long terme, la stabilité d’un régime dépend de son ouverture au
changement et de sa capacité à répondre aux attentes des citoyens ». Selon certains observateurs, ces
propos visaient, implicitement, l’Arabie saoudite ; mais ils pourraient concerner, selon d’autres, la plupart des
nations réunies dans le Grand Moyen Orient dessiné dernièrement par l’administration américaine.
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La prudence s’impose :
le succès d’une
thérapie de choc n’est
absolument pas assuré.
en Egypte (1993-2003)
modèle historique. Comme l’ont montré certains travaux de la CNUCED
consacrés aux pays les moins avancés, le succès de la réforme n’est
absolument pas garanti (ce que nous avaient aussi appris les bilans réalisés
par la Banque mondiale sur ses politiques d’ajustement structurel). Les
effets positifs attendus d’une économie de marché en concurrence pure et
parfaite sont, à cet égard, tout aussi théoriques –et chimériques- que ceux
que l’on pouvait escompter, naguère, d’une économie centralisée et
parfaitement planifiée. Dans ces conditions, il n’apparaît pas alors illégitime
d’hésiter entre un sous-équilibre de marché imparfait et un second best
résultant d’une économie plus administrée que planifiée.
Il ne s’agit pas ici de trancher entre ces deux thèses (thérapie de choc
versus gradualisme), ni de conclure à la supériorité d’un mode gestion sur
l’autre. Il importe en revanche, dans ce cadrage volontairement court,
d’éclairer le débat en privilégiant l’étude de quelques thèmes12 :
•
Faut-il changer le
moteur de la croissance
ou améliorer l’existant ?
Le diagnostic doit
porter sur :
-1) La nature du
modèle ;
-2) La productivité ;
-3) La compétitivité ;
-4) Les finances
publiques ;
-5) Les comptes
extérieurs.
12
La nature du modèle égyptien. En dépit des réformes engagées
–que d’aucuns jugent trop timides- l’Egypte demeure encore, sinon
une économie de commandement comme elle le fut naguère sous
Nasser, du moins une économie fortement administrée, mais sans
être correctement planifiée ;
•
Les facteurs de croissance à long terme. Le modèle égyptien de
croissance a été longtemps basé sur une accumulation intensive de
capital et de travail. Ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Le
retour à une croissance forte est possible à condition d’accroître de
manière substantielle la productivité des hommes et des machines.
Les gisements de productivité ne manquent pas… ;
•
La compétitivité. La faible productivité des facteurs joue
négativement sur la compétitivité de l’économie. Selon toute
vraisemblance, aucun progrès tangible n’a été réalisé depuis 25 ans
dans ce domaine. Sur le long terme, la politique de monnaie faible
se révèle être un échec partiel ;
•
Les finances publiques. Les déficits publics s’accumulent depuis
une petite dizaine d’années et ne cessent de s’amplifier. Ce
dérapage est la traduction d’une croissance forte des dépenses
dans un contexte de ralentissement des recettes. Le déficit est
financé essentiellement par l’épargne domestique des agents
privés. C’est autant de financement en moins pour les
investissements de productivité dont le pays a tant besoin ;
•
Les relations économiques extérieures. L’Egypte est peu
ouverte sur le reste du monde (moins que l’Albanie d’aujourd’hui !).
Elle bénéficie d’un certain nombre de « rentes ». L’exploitation de
ces avantages acquis permet de couvrir sans difficultés réelles ses
importations.
Le choix de privilégier ici une analyse plus structurelle des faits économiques, en portant notamment le
regard de la longue période, se justifie aussi par l’existence de nombreux travaux de la DREE qui fournissent
un suivi conjoncturel détaillé et très complet sur lequel nous nous sommes très largement appuyés pour
rendre compte des tendances récentes de l’économie égyptienne.
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En résumé, l’économie égyptienne n’est pas malade. Il n’est pas
nécessairement opportun de se rallier sans réserve aux préconisations de
politique économique soutenues par certains partenaires occidentaux, tant
bi que multilatéraux. Le respect du consensus de Washington ne s’impose
pas dans un pays dont les équilibres financiers extérieurs ne sont pas
menacés. Il faut certainement se garder aussi d’adhérer trop promptement
aux conseils qui suggèrent à l’Egypte d’engager sans délai une réforme
audacieuse et à un rythme accéléré. Il faut mesurer les risques politiques,
économiques et sociaux que présente cette option, et comprendre ainsi
certaines résistances au changement. La théorie des jeux enseigne qu’une
stratégie sous-optimale est préférable à toute autre si elle est la seule à
offrir des solutions de repli et de possibilité de réversibilité.
Ce constat ne doit pas pour autant conduire à l’immobilisme. Comme le
montrent les quelques thèmes développés ci-dessous, l’économie
égyptienne doit continuer de croître à un rythme rapide. Elle doit se
moderniser. L’augmentation de la productivité du capital et du travail
constitue un enjeu majeur.
Notre coopération économique pourrait y contribuer grandement. A cet
égard, l’implantation de firmes françaises (et plus généralement
européennes) en Egypte pourrait constituer un facteur favorable à la
diffusion de normes de production, de méthodes d’organisation du travail,
de techniques de gestion susceptibles d’accroître la productivité.
Il serait évidemment naïf d’imaginer que ce melting pot économique puisse
réduire, à lui seul, toutes les entraves qui freinent actuellement l’essor des
forces productives égyptiennes. Mais, pourquoi se priver de ce vecteur qui
participe aussi, à sa façon, au dialogue des cultures et dans lequel les deux
parties seraient gagnantes ?
dme
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Le lancinant problème du rythme des réformes
L’alternative, posée à l’occasion de l’effondrement du bloc communiste au début des années 1990, entre
« gradualisme » et « thérapie de choc » a fait couler beaucoup d’encre. Il serait quelque peu présomptueux de
vouloir résumer ici en quelques lignes les échanges, souvent francs et directs, entre les tenants de chacune des
deux options. Il importe néanmoins de rappeler quelques faits majeurs concernant le rythme de transition d’un
statut (économie administrée) à l’autre (économie de marché) :
- Si de nombreux économistes, à commencer par Marx lui-même, se sont penchés sur les modalités de passage
du capitalisme au socialisme, il n’y a pas eu –ou très peu- de travaux antérieurs à 1990 étudiant le parcours
inverse (et ceci ne laisse pas d’étonner quand on sait l’intérêt que les Etats-Unis attachait à la chute de l’Union
soviétique). La plupart des travaux s’intéressant à la transition sont d’ordre empirique et relèvent de l’économie
appliquée. Il n’y a pas aujourd’hui de « théorie de la transition » et encore moins de corpus scientifique robuste
permettant de justifier la vitesse idéale qui doit présider au passage d’un état à l’autre. Interrogé à ce sujet,
l’économiste américain Jeffrey Sachs, père spirituel de la thérapie de choc polonaise, n’a su répondre à ce
problème qu’au moyen d’une boutade. Selon lui, la transition au marché pouvait être comparée à une
modification du sens de circulation des véhicules. Que pouvait-on penser à ce sujet d’une politique « graduelle »
qui aurait inversé dans un premier temps le sens de circulation des automobiles et remis à plus tard celui des
camions ?
- Le problème principal est peut-être moins celui de la vitesse d’évolution (qui relève finalement de choix
politiques) que celui de la cohérence et de l’efficacité des mesures à mettre en oeuvre. Ainsi, et de manière
quelque peu paradoxale, la transition au marché a d’autant plus de chance d’être couronnée de succès qu’elle est
fortement planifiée par les autorités. Durkheim (et d’autres sociologues) ont montré que les configurations
sociales les plus dangereuses étaient moins liées au changement qu’à l’éventualité d’une anomie, c'est-à-dire une
situation où les anciennes règles ont disparu sans que les nouvelles normes et les nouvelles valeurs soient
totalement internalisées par les agents.
- Cette « bonne gouvernance », qui doit fixer clairement la marche à suivre, permet d’éviter l’enfermement dans
un cercle vicieux conduisant progressivement au blocage de la réforme et, in fine, à l’immobilisme. L’Egypte
fournit une illustration de cette dynamique de l’(auto)-blocage. Là-bas, comme ailleurs, la transition peut
exacerber les risques politiques et sociaux de déstabilisation du régime. Face à ce risque, les autorités peuvent
être enclins à ne choisir que des réformes timides, voire à ne prendre que des demi-mesures. Les effets de ces
politiques frileuses sont souvent faibles, voire même négatifs. Ils renforcent alors les risques évoqués plus haut.
Le cercle se referme.
- Lorsque des effets négatifs surviennent (comme la hausse des prix après une dévaluation ; comme les
licenciements après une privatisation) les autorités peuvent avoir la tentation de prendre des contre-mesures
susceptibles d’amortir le choc de transition (subventions aux produits par exemple, ou encore réintégration dans
le secteur public des travailleurs licenciés). Ces « contre-feux », justifiés d’un point de vue politique, sont
généralement incohérents avec la philosophie d’ensemble de la réforme. Son avancement se fait alors par
saccades, de plus en plus chaotiques : « un pas en avant, deux en arrière ». Dans cette évolution, intérêts
économiques, impératifs sociaux et direction politique se mettent alors à diverger.
- Au fur et à mesure que le temps passe, les distorsions induites par les « patchs » correctifs se multiplient et
s’enchevêtrent. Le coût politique, économique et social de la réforme devient de plus en plus considérable. Le
pouvoir hésite évidemment à changer de politique tant que les avantages tirés du modèle antérieur sont
supérieurs aux coûts anticipés de l’ajustement. Cette prime au conservatisme est d’autant plus forte que pèse
une forte incertitude sur l’avenir.
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Une économie administrée
A maints égards, l’Egypte présente de nombreux traits d’une économie de
commandement. Ce concept, largement utilisé naguère pour décrire le
fonctionnement des régimes socialistes soviétiques13, désigne un mode
d’organisation et de gestion politique, économique et sociale dans lequel
l’Etat est l’acteur principal. Les décisions économiques, souvent
volontaristes, émanent essentiellement du pouvoir politique central qui
mobilise ses entreprises publiques, industrielles et commerciales, ainsi que
le système bancaire nationalisé comme un état-major manœuvre ses
bataillons sur le théâtre des opérations. Le système de planification, plus
ou moins impérative, rédige la « feuille de route » de presque tous les
acteurs en leur imposant ce qu’ils doivent produire et ce qu’ils doivent
consommer. Les prix officiels sont manipulés, souvent dans un but social,
et ne reflètent que très imparfaitement les raretés relatives. Le marché,
qualifié selon les points de vue de « libre » ou de « noir », est limité aux
activités informelles, non officielles sinon out law, mais qui peuvent
représenter suivant les pays entre 20 et 40% de l’activité.
L’Egypte porte la
marque d’une
économie de
commandement.
Les comparaisons avec l’organisation militaire est parfois poussée plus loin
chez certains analystes qui comparent ces économies régies par les lois du
« capitalisme monopoliste d’Etat » à des économies de guerre, sans pour
autant que celles-ci soient toujours en conflit (le Japon, de l’ère Meiji à
celui du MITI, a souvent été désigné sous ce libellé).
Ce mode d’organisation a fortement prévalu en Egypte, après la destitution
du roi Farouk, durant toutes les années de la présidence de Gamal Abdel
Nasser (soit de 1952 à 1970). La mobilisation de l’économie en vue de
conforter le socialisme arabe passera alors par la nationalisation de
nombreux actifs industriels et commerciaux, y compris ceux de la
compagnie du canal de Suez, provoquant par là-même, en octobre 1956,
une forte tension internationale avec la France, la Grande Bretagne et
Israël. Cette économie mobilisée se transformera en une véritable
économie de guerre lors du deuxième conflit avec Israël en 196714.
Le capitalisme
monopoliste d’Etat a
été mis en place sous
Nasser
Les réformes impulsées
par Sadate seront
timides.
Le président Sadate, parvenu au pouvoir en 1971 après la mort de Gamal
Abdel Nasser, infléchira progressivement le modèle socialiste érigé par son
prédécesseur. Cette évolution sera fera à pas comptés, et non sans
hésitations.
13
Cf, notamment, Sapir, J.(1990), L’économie mobilisée. Essai sur les économies de type soviétique, La
Découverte, Paris.
14
L’Egypte était déjà entrée en conflit avec Israël en 1948. Les piètres performances de l’armée égyptienne lors
de cet affrontement ont probablement renforcé le mouvement d’opposition porté par le groupe des « officiers
libres » (qui comptait G.A. Nasser parmi ses membres) et précipité la chute du roi Farouk.
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Le Caire s’éloignera
doucement de Moscou
Apaisement avec Israël,
rapprochement avec les
Etats-Unis,
refroidissement avec
une partie du monde
arabe.
La signature en 1971 du traité d’amitié avec l’Union soviétique (qui
renvoyait un signal fort de continuité avec les options prises
antérieurement par le président Nasser) n’allait pas empêcher le nouveau
régime de prendre assez rapidement ses distances avec Moscou (dont les
conseillers seront remerciés moins d’un an après la signature du traité).
La défaite cinglante infligée par Israël lors de la guerre du Kippour
d’octobre 1973 (et qui se conclura par l’occupation du Sinaï par l’Etat
hébreu) contribuera certainement à rompre avec la logique d’affrontement
israélo-arabe prévalant au cours de la période nassérienne. Le processus
d’apaisement sera long, laborieux mais fructueux puisqu’il se soldera par
des accords de paix signés à Camp David en septembre 197815. Ce
processus,
largement
orchestré
par
l’administration
américaine,
s’accompagnera d’un rapprochement marqué avec les Etats-Unis. La
signature du traité de paix avec Israël ne manquera pas de susciter
quelques ressentiments dans le reste du monde arabe qui ne cachera pas
toujours ses inimitiés vis-à-vis d’Anouar al-Sadate. Ces tensions
dénoueront certaines alliances qui réduiront d’autant l’influence régionale
de l’Egypte (de manière très symbolique, le siège de la ligue arabe
déménagera du Caire pour s’installer à Tunis).
Sur le plan intérieur, la politique de l’infitah (« ouverture économique »)
menée par le président Sadate se traduira par une libéralisation relative et
hésitante. Ainsi, le processus de démocratisation enclenché à partir du
milieu des années 1970 s’enrayera assez rapidement (et sera même bloqué
dès la fin des années 1970). De même, la nouvelle politique économique se
traduira plus par un relâchement de certains contrôles exercés par l’Etat
que par une remise en cause en profondeur du caractère administré de
l’économie égyptienne. Au total, les mesures engagées cherchaient à
favoriser l’émergence d’un nouveau secteur privé, éventuellement sous
contrôle étranger, mais sans réduire significativement le périmètre des
activités administrées. Au début des années 1980, l’économie égyptienne
était encore largement une économie de commandement.
La réforme économique
de Sadate était une
gageure : libéraliser
sans modifier le
périmètre du secteur
public !
Deux facteurs au moins se conjuguent pour expliquer cette valse-hésitation
et les atermoiements dans la libéralisation économique et politique du
pays. Le premier est extérieur. Les Etats-Unis, dont le rôle ira croissant à
partir du milieu des années 1970, n’exerceront qu’une pression très
modérée sur l’Egypte afin que le pays s’engage résolument sur la voie de la
réforme. Dans cette politique de négligence bienveillante, le discours
réformiste apparaît très formel, sinon incantatoire ; l’aide prodiguée par les
Etats-Unis étant, en pratique, déliée de toute performance en matière de
libéralisation économique et de démocratisation du régime. Le second
facteur est intérieur. Le rapprochement avec Israël auquel s’opposeront les
mouvements confessionnels radicaux, certaines réformes de l’Etat qui ont
pu bousculer les rentes de situation et le pouvoir des clans, vont renforcer
Les Etats-Unis n’ont
pas vraiment poussé à
la réforme...
trop soucieux de ne pas
déstabiliser le régime
égyptien.
15
en Egypte (1993-2003)
L’Egypte ne recouvrera sa pleine souveraineté sur le Sinaï qu’en mai 1982.
dme
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l’opposition politique au régime. Les risques de déstabilisation justifieront le
blocage de la réforme, voire un certain retour à des pratiques répressives
héritées de la période Nasser. Cette tendance réactionnaire ne parviendra
pas à éviter le déchaînement de la violence qui culminera avec l’assassinat
du président Sadate, en octobre 1981, par un groupe d’islamistes
extrémistes. Vice-président depuis 1975, Hosni Moubarak sera élu
président de la république arabe d’Egypte en novembre 1981 (et
constamment réélu depuis).
Le soutien de l’Egypte
lors de la guerre du
Golfe lui vaudra une
remise de dette
importante.
FMI et Banque
mondiale invitent à la
réforme…
mais le pouvoir
égyptien tergiverse et
gère ses
atermoiements au
niveau géopolitique.
La situation politique
intérieure est
incertaine. Le contexte
régional est tendu.
La réforme économique reviendra à l’ordre du jour au début des années
1990. Le rétablissement des équilibres financiers bénéficiera d’un appui
constant du FMI entre 1991 et 1998. Sur les conseils du Fond, l’Egypte
adoptera, en 1996, un vaste programme de modernisation et de
libéralisation (dont les principes directeurs avaient été définis dès 1991,
conjointement avec le FMI). Les réformes visaient l’élimination des
subventions, la libéralisation des prix des biens de consommation, la
suppression des obstacles non tarifaires ainsi que la privatisation de
l’industrie. La réforme devait toucher aussi le fonctionnement de l’Etat qui
était invité à réduire son déficit budgétaire (en freinant l’augmentation des
dépenses publiques et en augmentant ses recettes à l’occasion d’une
réforme de la fiscalité). Enfin, les mesures d’ajustement concernaient aussi
la politique monétaire et cambiaire : la réforme du système de crédit (qui
impliquait la privatisation du secteur bancaire) et la dévaluation de la livre
en constituaient les axes principaux.
Plusieurs des mesures préconisées ont été effectivement engagées :
certains produits de première nécessité, comme le sucre, les huiles
alimentaires ou encore les produits laitiers, ne bénéficient plus de
subventions ; 200 entreprises publiques (sur les 314 recensées) ont changé
de statut ; dans le secteur agricole, les loyers de la terre ont été
libéralisés ; le régime de change (en crawling peg avec l’USD jusqu’en
2000) a évolué vers un système de flottaison « sous surveillance » ; dans
l’ensemble, les mesures de libéralisation ont permis l’émergence d’un
milieu d’affaires dynamique… Toutefois, de très nombreuses mesures n’ont
toujours pas été exécutées : le système bancaire n’a pas encore été
privatisé (les quatre plus grandes banques du pays, qui représentent 60%
des actifs bancaires, restent la propriété de l’Etat) ; certaines entreprises
industrielles et commerciales (comme les télécommunications ou encore les
transports) ont été jugées stratégiques et sont restées publiques ; les
textes concernant la réglementation des monopoles, défavorables à
certains clans, n’ont toujours pas été promulgués ; la réforme de la fiscalité
se fait attendre alors que la progression des dépenses publiques demeure
forte.
Selon de nombreux observateurs, la réforme serait pratiquement au point
mort depuis 2000. Si l’économie égyptienne n’est plus aujourd’hui
l’économie de commandement qu’elle était encore il y a vingt ans, elle
demeure néanmoins toujours fortement administrée.
Les réformes seraient
aujourd’hui au point
mort.
dme
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Sociétés hydrauliques et économie de commandement
Les sociétés hydrauliques se caractérisent par un pouvoir politique fort,
maîtrise de l’eau. La survie de la communauté en dépend ; le pouvoir
d’organisation politique s’accompagne souvent d’une forte mobilisation
d’autant plus justifiée que l’initiative privée et les efforts individuels sont
mener à bien les travaux, souvent gigantesques, de maîtrise de l’eau.
centralisé, chargé de veiller à la
y trouve sa légitimité. Ce mode
de l’économie. Celle-ci apparaît
généralement peu efficaces pour
A maints égards, l’Egypte contemporaine continue de porter les marques caractéristiques d’une société
hydraulique. Comme le montrent les travaux de Christophe Ayad (*), « Le Nil a joué le rôle de matrice
physique et culturelle. Il a littéralement contraint les groupes humains présents dans la vallée à se regrouper
et à s’organiser pour survivre ». Il n’est pas étonnant dans ces conditions que l’Etat (et la bureaucratie) se
soient imposés très tôt sur les rives du Nil.
La gestion de l’eau demeure une question plus politique que technique. La réalisation des grands ouvrages
hydrauliques relève du niveau suprême. Le projet actuel du canal de Toucka, ou celui du canal de la paix
dans le Sinaï, n’échappent pas à cette règle, plusieurs fois millénaire (les deux projets conduisent à
détourner les eaux du Nil pour l’irrigation de quelques 700 000 ha supplémentaires qui porteraient la
superficie agricole utile de 6 à 20% du territoire égyptien).
Le Nil est aussi un sujet de préoccupation géopolitique pour l’Egypte. Seul un quart du cours du fleuve coule
en Egypte (le reste au Soudan et en Ouganda). La perte du Soudan (et son indépendance en 1956) a
certainement joué dans l’édification du haut barrage d’Assouan dont le but est de contrôler une partie de
ressources du fleuve. L’ouvrage a contribué à séparer l’Egypte du reste de l’Afrique (même si la situation au
Soudan reste une préoccupation majeure du Caire). Mais, il a permis aussi d’éloigner le spectre de la
sécheresse et de la famine.
(*) Christophe Ayad, Géopolitique de l’Egypte, Editions Complexe, Paris, 2002.
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Une faible productivité du capital et du travail
Sur longue période, la croissance dépend essentiellement des rythmes
d’accumulation du capital physique (infrastructures et machines) ainsi que
des dotations en capital humain (population active). L’incidence de ces
deux facteurs sur le niveau de la production dépend aussi de leur
productivité respective.
Croissance du PIB (%)
8,0
6,0
4,0
2,0
2003
2001
1999
1997
1995
1993
1991
0,0
-2,0
-4,0
-6,0
-8,0
Total
Par habitant
A l’instar des autres économies de commandement d’inspiration
socialiste, l’économie égyptienne est très capitalistique. La
priorité accordée aux infrastructures, souvent coûteuses mais
dont la productivité intrinsèque est faible, explique pour partie
la forte intensité en capital de la production. Le coefficient de
capital calculé sur la très longue période (1960-2000) s’élève à
5,5 ; il a eu tendance à augmenter légèrement (5,8) au cours
des vingt dernières années. Ce coefficient laisse apparaître une
très faible efficacité marginale du capital (de l’ordre de 20%, si
ce n’est moins, alors qu’elle est généralement comprise entre
30 et 40% dans les pays à revenu intermédiaire les plus
dynamiques)16.
Dans ces conditions, une croissance équilibrée à un taux constant de 5%
en moyenne annuelle nécessiterait un taux d’investissement de l’ordre de
25 à 30%17. Ce taux d’effort, très élevé, a pu être repéré dans le passé (cf.
graphique ci-dessous), au cours des périodes de croissance soutenue
(1974-1990). Or, on constate depuis le début de la dernière décennie, une
tendance à la baisse du taux d’investissement qui avoisine aujourd’hui les
20%. A ce niveau, la croissance potentielle de l’économie égyptienne n’est
plus que de 3,6% par an. Les performances actuelles (entre 3 et 3,5% l’an)
montrent que l’économie égyptienne est bien sur son rail de croissance
équilibrée de long terme. Elle n’est donc pas en déflation comme le
suggèrent certains analystes. Le problème est que ce rythme tendanciel est
probablement insuffisant pour absorber le sous-emploi (près de 5 millions
d’actifs) et occuper les nouveaux arrivants qui se présentent chaque année
sur le marché du travail (+500 000).
L’économie égyptienne
est très capitalistique.
Mais, la productivité de
ce capital est faible.
Une croissance forte ne
pourra être obtenue
sans un relèvement
massif de la
productivité de ce
facteur.
16
Dit autrement, il faut investir 5$ pour créer 1$ de richesse.
17
Ce calcul simplifié s’appuie sur les résultats d’un modèle de croissance équilibrée de type Domar (1949)
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en Egypte (1993-2003)
La faible efficacité du capital constitue une des limites les
plus sérieuses au modèle égyptien de croissance. Le
relèvement de la productivité du capital est un
impératif : si la croissance désirée est de 5% l’an et que
le taux d’investissement se maintient à 20% du PIB,
l’efficacité du capital doit augmenter de près de 30%18.
Ce relèvement de la productivité du capital exige du
temps. Il suppose aussi un ré équilibrage en faveur des
investissements les plus productifs.
Taux d'investissem ent (en % du PIB)
40,0
35,0
30,0
25,0
20,0
15,0
10,0
sources : WDI et DREE-Trésor
2000
La croissance dépend aussi de la dotation en capital
humain et de sa productivité. La population active est de
l’ordre de 25 millions (sur une population totale de 70
millions environ, soit un taux d’activité de 35% environ).
Selon le PNUD19, seul 10% de la population active serait
employée dans le secteur informel et l’Egypte ne
compterait (en 2001) que 9% de chômeurs. Ces données sont sujettes à
caution ; certaines sources estimant que le secteur informel pourrait
contribuer entre 25 et 40% au PIB de la nation, le taux de chômage étant
estimé, quant à lui, autour de 20%20.
1995
1985
1980
1975
1970
1965
1960
0,0
1990
5,0
Productivité apparente du travail
(base 100 en 1960)
350
La productivité du travail croît de 2,2%
par an depuis 1980
300
250
200
150
100
50
La croissance de la population active approche les 2,6%
par an depuis le début de la décennie 1980 (soit
550 000 nouveaux arrivants chaque année sur le marché
du travail). Cette progression étant plus faible que celle
de l’activité, la productivité moyenne apparente a
augmenté au rythme moyen de 2,2% par an depuis le
début des années 1980. Cette performance est
relativement médiocre. Elle confirme, indirectement,
l’hypothèse que les investissements réalisés ont plus
augmenté les capacités de production que la productivité
des facteurs.
source : WDI
2000
1996
1992
1988
1984
1980
1976
1972
1968
1964
1960
0
Les rythmes de croissance de la productivité apparente
du travail sont décevants compte tenu des efforts
d’investissement en capital humain réalisés par les
autorités égyptiennes. Ces investissements ont porté en premier lieu dans
l’éducation : le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire est
18
En d’autres termes, le coefficient de capital doit baisser de 5,5 à 4.
19
PNUD, Egypt Human Development Report, 2003.
20
Source : Ambassade de France en Egypte, Situation économique et financière de l’Egypte au début 2004,
Missions Economiques, DREE-Trésor, n°23, Le Caire, 12/02/04
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passé de 69% en 1960 (ce qui était déjà à l’époque une belle performance)
à près de 92% en 2001. La progression la plus spectaculaire concerne le
secondaire où le taux, dérisoire en 1960 (17,1%) dépasse aujourd’hui les
70%. Au total, le taux de scolarisation combiné (primaire et secondaire) a
été multiplié par deux en quarante ans. La progression des effectifs dans
l’enseignement supérieur a considérablement augmenté aussi : moins de
10% de la classe d’âge pertinente en 1960, un peu plus de 30%
actuellement. Ces efforts en faveur de l’éducation ont fait reculer
l’analphabétisme qui touchait encore 3 Egyptiens sur 4 au début des
années 1960 et qui ne concerne plus maintenant qu’un sur trois.
La croissance de la
productivité du travail
est décevante.
Elle ne reflète pas les
investissements dans
l’homme réalisés par
les autorités depuis 30
ans.
Les progrès enregistrés dans l’état sanitaire de la population ont participé
aussi à l’amélioration de la qualité du capital humain. La liste de ces
progrès est longue. L’espérance de vie, pour n’en citer qu’un, a augmenté
de 12 ans en 25 ans (1976-2001), soit près de 6 mois d’espérance de vie
supplémentaire tous les ans. Cette espérance atteint aujourd’hui les 67 ans
(comme au Maroc, mais moins qu’en Tunisie -72 ans). L’allongement de la
durée de vie doit beaucoup à la réduction de la mortalité infantile qui a été
divisée par presque 4 en 40 ans (passant de 108 à 30 pour mille entre
1960 et 2000).
L’indicateur de développement humain (IDH) calculé par le PNUD place
l’Egypte dans la catégorie « développement humain moyen » et en 120ème
position mondiale (sur un total de 175 pays classés). Son niveau d’IDH est
proche de la moyenne des pays arabes et des nations en développement.
Sur longue période, la valeur de l’IDH de l’Egypte a eu tendance à
augmenter
(cf.
graphique
gauche
ci-dessous).
Les
écarts
de
développement humain avec la Tunisie et l’Algérie ont eu tendance à se
résorber (comme le montre le graphique à droite ci-dessous, le niveau de
développement humain de l’Egypte représentait 88% de celui de la Tunisie
en 2001 contre 84% en 1975). Les écarts avec le Maroc, en faveur cette
fois de l’Egypte, continuent d’augmenter.
IDH (1975-2001)
0,7
Ecarts régionaux d'IDH (en %)
110
0,6
105
Maroc
0,5
100
0,4
0,3
95
0,2
90
0,1
Algérie
85
Tunisie
0
1975 1980 1985
1990 1995 2001
80
1975
1980
1985
1990
1995
2001
source: PNUD, 2003
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L’amélioration sensible du capital humain ne se reflète donc que très
imparfaitement dans la productivité apparente du travail. La productivité
moyenne est à peine supérieure à 4000 USD par an et par travailleur. C’est
certes mieux qu’au Maroc (moins de 3000 USD) mais en retrait toutefois
par rapport aux autres pays de la région (cf. graphique cicontre).
Productivité m oyenne apparente
du travail (en USD) en 2001
8 000
6 000
4 000
2 000
Algérie
Tunisie
Egypte
Maroc
0
Un ouvrier égyptien
produit 50% de moins
que son homologue
marocain…
…et coûte 10% de
plus.
Le chômage des jeunes
diplômés est inquiétant
et présente de forts
risques politiques.
21
Et cette moyenne cache de profondes disparités sectorielles.
Ainsi, dans l’agriculture, qui emploie environ le tiers des actifs,
la productivité ne dépasse pas les 2 000 USD par an (moins de
5 euros par jour), soit deux fois que la moyenne nationale. Les
rendements du travail sont évidemment plus importants dans
les industries manufacturières (près de 6000 USD/an), mais ils
demeurent sensiblement plus bas qu’au Maroc (9000 USD/an).
Ces écarts de productivité sont d’autant plus problématiques
qu’ils se ne sont pas compensés par des différences de
rémunération. Pis, la main d’œuvre marocaine employée dans
les industries manufacturières coûte, en moyenne, 10% de
moins qu’en Egypte alors que sa productivité est de 50% supérieure21.
Liban
10 000
Jordanie
12 000
La faiblesse –relative- de la productivité du travail pourrait s’expliquer
davantage par des défauts dans l’organisation et la gestion des ressources
humaines que par les piètres qualités intrinsèques de la main d’œuvre.
D’une manière générale, et l’Egypte pourrait ne pas échapper à ce constat,
les économies administrées, sinon de commandement, ont une faible
propension à réaliser de forts gains de productivité. Or, ces gains sont
indispensables pour assurer une croissance forte et soutenable à long
terme.
Les difficultés rencontrées par l’appareil de production égyptien pour
absorber les sortants du système éducatif constitue une autre limite –fortedu modèle égyptien de croissance. L’inadéquation entre les qualifications et
l’emploi est particulièrement visible pour les jeunes diplômés de
l’enseignement supérieur. Ainsi, plus de 55% des chômeurs sont bacheliers
(et certains possédant beaucoup plus que ce premier grade universitaire).
Le chômage des jeunes diplômés a un coût social élevé : les
investissements consentis pas la collectivité ne sont pas rentabilisés si les
bénéficiaires ne peuvent contribuer, en exerçant leur talent, à
l’augmentation de la richesse nationale.
Source : Banque mondiale, WDI 2002.
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Une compétitivité qui stagne
La faiblesse –relative- de la productivité des facteurs (capital et
travail) joue négativement sur la compétitivité de l’économie
égyptienne.
Taux de change effectif réel
(base 100=1990)
2001
2004
2001
2004
1998
1995
1992
amélioration
1989
1986
1983
1980
180
détérioration
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Taux de change nom inal
(dollars pour une livre)
1998
1995
1992
1989
1986
1983
1980
1,60
1,40
1,20
1,00
0,80
0,60
0,40
0,20
0,00
Taux de croissance des prix à la
consom m ation (%)
30
25
20
15
10
5
22
2004
2001
1998
1995
1992
1989
1986
1983
1980
0
Le taux de change effectif réel (TCER) est l’indicateur le plus
fréquemment utilisé pour apprécier l’évolution de la compétitivité.
La chronique de cet indice au cours des vingt-cinq dernières années
fait apparaître quatre grandes périodes :
- Jusqu’en 1988, les autorités égyptiennes ont opté pour un
ancrage nominal de livre égyptienne (LEG) sur le dollar (USD). La
parité fixe (USD1=LEG 0.7) s’est révélée intenable à long terme
dans la mesure où l’inflation intérieure a toujours été supérieure à
la hausse des prix des principaux clients et fournisseurs. Il s’en est
suivi une perte de compétitivité ;
- La période 1989-1991 est marquée par des dévaluations en
cascade (crawling peg) au cours desquelles la livre perd quelque
80% de sa valeur contre dollar22. Ces dévaluations exacerbent
l’inflation mais la hausse des prix intérieurs demeure toutefois
inférieure à la décote de la monnaie : la compétitivité-prix de
l’économie égyptienne s’améliore sensiblement ;
- Le choix, pour maîtriser l’inflation, d’un retour au taux de change
fixe tout au long de la décennie 1990 se traduira, comme au début
des années 1980, par une érosion régulière de la compétitivité ; les
prix égyptiens augmentant alors sensiblement plus vite que ceux de
ses partenaires commerciaux ;
- Dix ans après les premières expériences de dévaluation en
cascade, l’Egypte renoue au début des années 2000 avec une
politique de crawling peg en décrochant la livre du dollar. Celle-ci
perd alors près de 50% de sa valeur. Cette dépréciation avive
l’inflation mais sans que la hausse des prix ne parvienne à rogner
les effets de la dévaluation : la compétitivité s’améliore lentement.
Il est difficile de tirer une tendance claire concernant l’évolution
tendancielle de la compétitivité de l’économie égyptienne au cours
des vingt-cinq dernières années. La moyenne géométrique de
l’indice du TCER montre que hausses et baisses se compensent à
peu près. Mais ces calculs, élémentaires, peuvent être trompeurs
dans la mesure où ils s’appuient sur un indice des prix à la
consommation
largement
« administré »
par
les
autorités
économiques locales. Une évaluation du TCER qui utiliserait l’indice
des prix de gros (peut-être plus fiable pour mesurer les tensions
En trois ans (de 1989 à 1991), le taux de change au certain passera de LEG 1=USD 1.4 à LEG 1 =USD 0.3
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inflationnistes réelles) ne manquerait pas de conclure à une perte
globale de compétitivité-prix sur la longue période.
Pour retrouver de la
compétitivité-prix, les
autorités égyptiennes
dévaluent
régulièrement la livre.
Cette politique n’a pas
que des avantages :
-1) Elle attise l’inflation
-2) Elle repousse les
efforts à faire pour
augmenter la
productivité
-3) Elle renforce la
main mise de l’Etat sur
l’économie et favorise
le clientélisme.
La dévaluation joue
comme un
anesthésique mais ne
règle pas le fond des
problèmes.
23
Plus fondamentalement, l’analyse de la longue période montre que les
difficultés rencontrées par l’appareil productif égyptien pour dégager des
gains de productivité impose une gestion administrée du taux de change.
Même si les autorités s’en défendent, il semblerait qu’elles aient opté pour
un système de change à bande plus ou moins étroite (de l’ordre de USD 1
= LEG 6,12 /6,15 au début de l’année 2004), se réservant la possibilité de
décrocher la valeur nominale de la livre en fonction de leurs objectifs
(contradictoires) en terme de compétitivité et d’inflation23. Cette gestion
prudente révèle, si besoin était, que les autorités continuent de facto à
administrer la parité de la livre ; la crédibilité de la politique de change
étant assurée par le montant élevé des réserves en devises (près de 15
milliards de dollars, représentant une année d’importation de biens).
Sans entrer ici dans une discussion très technique, on peut toutefois
relever que la pertinence de la politique de « livre faible » menée par les
autorités égyptiennes fait pour le moins débat :
•
Le contrôle plus ou moins officiel des changes traduit la
défiance des autorités par rapport aux mécanismes et aux
procédures de marché. Elle renforce le pouvoir politique sur
l’économie ;
•
La gestion administrée du prix de la devise contraint à une
politique active d’encadrement de certains prix. Les décrochages
réguliers de la livre (cf. ci-dessus) ont alimenté des tensions
inflationnistes parfois fortes. La volonté de limiter les pertes de
pouvoir d’achat induites par l’augmentation des prix des produits
importés conduit les pouvoirs publics à maintenir des subventions
en faveur de certains produits jugés de première nécessité. Cette
politique aboutit à des distorsions de prix relatifs qui affectent le
calcul économique des agents ;
•
La possibilité offerte par les autorités monétaires de décrocher
la parité à intervalles réguliers constitue une véritable opportunité
pour certains milieux d’affaire, notamment ceux liés au commerce
international. La dépréciation de la livre redonne artificiellement de
la compétitivité-prix aux exportateurs et les libère des efforts
d’ajustement réel qu’ils ne devraient pas manquer de fournir dans
le cas d’une politique de livre stable. Le renchérissement des prix
des produits importés n’affecte finalement qu’assez peu les
importateurs, assurés de pouvoir écouler leurs marchandises en
raison de leur caractère complémentaire et faiblement substituable.
La gestion administrative des changes renforce ainsi la dépendance
des opérateurs économiques aux décisions politiques. Une partie
des marges (productives et d’intermédiation) sont directement liées
Cette modalité de gestion de la parité est très classique. Elle a été largement utilisée par la France dans les
années 1980 dans le cadre du serpent puis du système monétaire européen.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
aux décisions de politique
renforcer le clientélisme.
en Egypte (1993-2003)
cambiaire.
Ces
relations
peuvent
Au total, la politique cambiaire menée par les autorités agit comme une
anesthésie. Elle réduit l’impératif de productivité et repousse les mesures
nécessaires permettant de relever durablement la compétitivité de
l’économie. Ses effets négatifs (inflation et perte de pouvoir d’achat) sont
réduits par l’injection d’autres analgésiques (comme les subventions). Ces
corrections successives renforcent le caractère administré de l’économie et
réduit d’autant le champ du marché.
Des finances publiques dégradées
Les dépenses publiques
représentent 30% du
PIB.
La situation de l’Egypte en matière budgétaire n’est pas singulière. Le total
des dépenses publiques avoisine les 25 milliards de dollars, soit environ
30% du PIB. Ce poids relatif est tout à fait comparable à celui prévalant en
Algérie, voire en Tunisie (32%) ou encore au Maroc (33%). La situation
budgétaire égyptienne pose avant tout, et une fois encore, un problème de
soutenabilité à long terme. D’un côté en effet, le montant des dépenses
publiques apparaît relativement limité pour faire face à une demande
sociale importante (notamment en matière d’éducation et de santé)24 ;
mais d’un autre côté, le niveau des engagements dépasse déjà
sensiblement celui des recettes et se solde par un déficit croissant
difficilement finançable à long terme :
•
Le budget égyptien (côté dépenses) porte les stigmates d’une
sclérose progressive. Depuis de nombreuses années, le traitement
social du chômage a conduit à un gonflement des effectifs des
administrations. Actuellement, la fonction publique compte environ
5,5 millions d’agents (et un emploi presque un actif sur quatre)25.
Les dépenses de personnel ont crû inexorablement sous la double
pression des recrutements (100 000 postes par an) et, depuis
2000, en raison de la forte hausse des traitements. Le budget
consacré à la rémunération des personnels avoisine aujourd’hui les
30%. Le service de la dette constitue le deuxième poste budgétaire
(près de 24% du total des dépenses). Son évolution reflète celle de
Les dépenses de
fonctionnement,
incompressibles, ne
laissent que peu de
marge de manœuvre
pour les
investissements
24
Selon un rapport du Sénat, les secteurs éducatifs et sanitaires, qui captent pourtant une large part des
financements publics, souffriraient d’une faible efficacité. Selon les rapporteurs, « La contrepartie inévitable,
pour ce qui est de l’éducation, en est la multiplication des écoles privées et payantes, au profit des couches
les plus aisées. C’est aussi l’opportunité, pour la mouvance islamique, forte de ses quelque 4 500
organisations caritatives de se développer dans ce secteur stratégique ». Del Picchia, R., Bergé-Lavigne, M.
et Vinçon, S. (2003), Rapport d’information n°387, Sénat, Paris.
25
Selon l’Egyptian Center for Economic Research, l’Egypte aurait la plus forte proportion d’emplois publics des
pays en développement (soit 42% de l’emploi total non agricole en 1995). Les sureffectifs dans
l’administration sont estimés à 1,1 million d’agents.
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en Egypte (1993-2003)
la dette publique, tant intérieure qu’extérieure (cf. infra). Les
subventions (qui absorbent plus de 15% du budget) et les
dépenses au titre de la défense nationale (10% du budget environ)
complètent ce tableau qui porte les dépenses incompressibles à
près de 75% du budget total. Dans ces conditions, les marges de
manœuvre sont étroites et les ajustements portent essentiellement,
ici comme ailleurs, sur les dépenses d’investissement qui s’avèrent,
de fait, limitées eu égard aux besoins : les dépenses en capital
représentant, en 2002, 17% environ du budget total consolidé, soit
moins de 6% du PIB.
•
Les recettes budgétaires sont plus faibles que les dépenses
et en diminution constante : 24% du PIB en 1998/99, mais
seulement 21% en 2002/03. Plusieurs facteurs se conjuguent pour
expliquer cette érosion : baisse des recettes douanières dans le
cadre de la politique de désarmement ; baisse des recettes des
entreprises publiques à la suite du premier mouvement de
privatisation ; évasion et fraude fiscales en raison des difficultés
rencontrées par l’administration fiscale à recouvrer les impôts et
taxes…26
Les recettes sont plus
faibles que les
dépenses et baissent
chaque année.
Le double mouvement concomitant de hausse des dépenses
et de baisse des recettes conduit, de manière très classique,
à une crise des ciseaux. L’évolution du déficit budgétaire (cf.
graphique ci-contre) en est l’illustration.
Solde public en % du PIB
0
-2
-4
-10
01/02
00/01
99/00
98/99
-12
source : DREE, estimat ion pour 2004
26
03/04
-8
L’accumulation des déficits vient gonfler la dette publique.
Celle-ci est passée de 75% du PIB environ au milieu des
années 1990 à quelque 105% du même agrégat en 2003. Ce
niveau est évidemment préoccupant ; la dette publique
croissant nettement plus vite (12% en moyenne annuelle)
que le PIB (8% en valeur nominale). Les déficits sont financés
de manière prioritaire sur ressources intérieures (par
mobilisation de l’épargne domestique des agents privés). La
dette publique intérieure représente plus de 70% de la dette publique brute
totale.
02/03
-6
Selon la DREE (op. cité, page 10), « Enfin, d’une manière générale, la faiblesse des recettes s’explique par un
niveau élevé de corruption et par l’inefficacité de l’administration fiscale égyptienne qui favorisent l’évasion
fiscale »
dme
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Une économie peu ouverte sur le reste du monde
Le taux d’ouverture ne
dépasse pas 20% du
PIB…
soit moins que l’Albanie
d’aujourd’hui !
L’analyse des échanges de l’Egypte avec le reste du monde renvoie l’image
d’une économie très largement inward looking. Plusieurs indicateurs
attestent de cette faible intégration dans la division internationale du
travail :
•
Les exportations de marchandises (principalement des
hydrocarbures et des produits manufacturés) ne représentent que
6% du PIB. En ajoutant les services non facteurs (essentiellement
le tourisme et les redevances du canal de Suez), le ratio monte à
16%, soit deux fois moins qu’au Maroc (31%) et presque trois fois
moins qu’en Algérie (42%) ou en Tunisie (44%) ;
•
Le poids des importations de marchandises est plus conséquent
(18% du PIB, soit trois fois plus que celui des exportations). Il reste
toutefois assez faible, y compris en ajoutant les services non
facteurs (le ratio monte alors entre 20 et 25% du PIB). Ce degré
d’exposition à la concurrence internationale est bas comparé à celui
prévalant au Maroc (37% du PIB) ou encore en Tunisie (48%) ;
Au total, le taux d’ouverture de l’économie égyptienne ne dépasse pas les
20% du PIB27, c'est-à-dire moins que celui de l’Albanie d’aujourd’hui… Le
ratio est inférieur de 70% à celui du Maroc. L’ouverture de l’économie
égyptienne est presque deux fois et demie plus faible que celle de la
Tunisie.
De nombreux observateurs qualifient l’Egypte d’économie de rente.
L’analyse est certainement abusive si l’on compare la situation du pays
avec celle prévalant dans certaines monarchies du Golfe. Mais les
ressources financières extérieures peu dépendantes de la compétitivité sont
néanmoins importantes à l’échelle du pays. Elles s’élèvent entre 14 et 15
milliards de dollars par an. La rente pétrolière et gazière (USD 3,2 mds en
2003) constitue une première source de devise entrant dans cette
catégorie, suivie des transferts des travailleurs émigrés (USD 3,5 mds), du
tourisme (entre 3,5 et 4 milliards de dollars), des redevances sur le canal
de Suez (un peu moins de deux milliards de dollars) et, enfin, des aides
internationales au premier rang desquelles figurent les transferts
américains (2 milliards de dollars par an environ). A ces ressources
s’ajoutent celles procurées par les exportations « concurrentielles »
(constituées essentiellement de produits textiles divers, de produits
alimentaires et de produits métallurgiques), totalisant environ 4,5 milliards
de dollars (moyenne des cinq dernières années).
Pour certains, l’Egypte
serait une économie de
rentes :
- pétrolière et gazière,
- géographique (Suez),
- internationale (aides),
- liées au travail
(diaspora),
Au total, ces rentes
rapportent 15 milliards
de $.
27
Le taux d’ouverture est défini comme la somme des exportations et des importations de biens et services non
facteurs divisée par deux et rapportée au PIB.
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Le flux de ressources extérieures dont dispose l’Egypte est augmenté des
transferts en capital. Mais, dans l’ensemble, ces apports sont faibles : les
investissements directs étrangers en Egypte demeurent limités (moins de
1% du PIB depuis une dizaine d’années) ; de même le recours aux
emprunts extérieurs est modeste (en raison notamment du choix opérés
par les autorités de financer en priorité les déficits publics par des
ressources intérieures).
Le total des différentes ressources énumérées ci-dessus s’élève, en gros,
aux alentours des 20 milliards de dollars par an. Ces recettes couvrent
largement le montant total des importations de biens et services non
facteurs (14 à 15 milliards de dollars). Elles sont aussi suffisantes pour
honorer le service de la dette (inférieur à deux milliards par an ; l’Egypte
Elle est peu
endettée
ayant en effet bénéficié, au lendemain de la guerre du Golfe, d’une remise
de dette importante qui rend la charge très supportable actuellement28). A
ces dépenses (importations et remboursements de dette) s’ajoutent des
sorties de capitaux importantes (entre 2,5 et 3,5 milliards de dollars par an
depuis le début de la décennie). Cette fuite, qui trahit pour le moins une
perte de confiance des agents résidents dans la monnaie (voire dans le
pays lui-même) ne déséquilibre pas pour autant la balance
globale mais réduit d’autant ses éventuels excédents.
Dette extérieure (USD m ds)
L’Egypte n’a pas
de problème de
financement
extérieur.
source: WDI et est imation Banque mondiale
28
2003
A la différence donc de très nombreux autres pays en
développement, l’Egypte ne rencontre pas de réelles difficultés
de financement extérieur. Cette performance n’est certainement
pas le fruit du hasard ; elle n’est pas non plus nécessairement le
produit d’une gestion macro-économique orthodoxe. Cette
situation pourrait résulter en fait d’un choix politique calculé.
Après avoir bénéficié d’un allègement considérable de la dette,
les autorités veillent désormais scrupuleusement à contenir
l’endettement extérieur (et à éviter tout défaut de paiement) afin
de réduire au maximum la dépendance financière, notamment
aux organisations internationales spécialisées qui, si elles
venaient à intervenir, ne manqueraient de saisir l’occasion pour
imposer un agenda accéléré de la réforme.
1999
1995
1991
1987
1983
1979
1975
1971
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
Le service de la dette n’absorbe actuellement que 13% des exportations de biens et services. Le premier
seuil prudentiel généralement retenu est de 30%.
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Les échanges commerciaux franco-égyptiens
(*)
Les relations commerciales franco-égyptiennes sont modestes, et certainement pas à la hauteur des liens
politiques, culturels et historiques qui unissent nos deux pays.
Echanges franco-égyptiens (€, m ns)
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200
Exportations FR
Importations FR
2002
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
1993
0
Solde
La France est le quatrième fournisseur de
l’Egypte (6% du total), derrière les Etats-Unis
(22%), l’Italie (8%) et l’Allemagne (7%). Nos
exportations sont, en moyenne, de l’ordre du
milliard d’euros par an (soit presque 4 fois moins
que celles des Etats-Unis). Ce montant, faible,
fait de l’Egypte notre 43ème client dans le monde
(en 2003). Les produits agro-alimentaires –dont
le blé- constituent le premier poste d’exportation,
suivis par les équipements de télécommunications et les produits pharmaceutiques.
Dans l’ensemble, les produits français jouissent
d’une bonne image de marque auprès des clients
égyptiens.
Les exportations égyptiennes vers la France sont bien plus modestes encore (de l’ordre de 250 millions
d’euros en moyenne ces dernières années). La France est le cinquième client de l’Egypte (mais cette dernière
n’est que le 70ème fournisseur de notre pays). Les produits exportés par l’Egypte sont essentiellement des
produits pétroliers raffinés (20 à 30% du total des exportations égyptiennes vers la France selon les années),
des produits azotés et des engrais (10 à 15%) ainsi que des produits de la bonneterie (8 à 10%). La mise en
œuvre des accords d’association avec l’Union européenne pourrait peut-être, dans un futur proche,
dynamiser les exportations égyptiennes vers la France. L’image de marque des produits manufacturés
exportés par l’Egypte ne peut que s’améliorer à l’avenir.
Le commerce franco-égyptien demeure très déséquilibré en notre faveur. Cette situation pourrait évoluer à
l’avenir au profit de notre partenaire commercial à l’occasion de la mise en œuvre (en 2005 ou 2006) du
contrat passé avec Gaz de France et qui porte sur l’achat pendant une vingtaine d’années d’un peu plus de
quatre milliards de mètres cube par an de gaz naturel liquéfié.
(*) Ce texte s’inspire du document réalisé par la Mission économique près l’ambassade de France en Egypte : Les échanges commerciaux francoégyptiens, Fiche de synthèse, 01/09/03, Ministère de l’économie et des finances, DREE-Trésor, Le Caire.
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en Egypte (1993-2003)
II Les coopérations extérieures
L’évolution de
(1993-2003)
l’aide
internationale
à
l’Egypte
L’Egypte bénéficie d’une aide publique particulièrement élevée
Depuis le début des années 1970, l’Egypte bénéficie d’une aide publique au
développement particulièrement élevée. En raison de son statut de pays à
revenu intermédiaire, cette aide provient principalement des bailleurs
bilatéraux.
Evolution de l’aide publique à l’Egypte
M US$ constants de 2001
7 000
Aide multilatérale
6 000
Aide bilatérale
5 000
4 000
3 000
2 000
1 000
1999
1996
2002
1996
1993
1993
1990
1987
1984
1981
1978
1975
1972
1969
1966
1963
1960
0
Aide par habitant
US$ constants de 2001
Egypte
PMA
150
PRI inférieurs
125
100
75
50
25
dme
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2002
1999
1990
1987
1984
1981
1978
1975
1972
1969
1966
1963
0
1960
L’importance de
l’aide publique
bilatérale à l’Egypte
résulte de son rôle
stratégique dans la
région
Alors que la moyenne de l’aide aux PRI inférieurs et aux PMA a été en
dollars constants 2001 respectivement de $ 24 et $ 33 par habitant dans
les années 1980, elle a atteint $ 52 pour l’Egypte. Au cours de la décennie
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en Egypte (1993-2003)
suivante qui a vu l’aide publique baisser à $ 19 et $ 21 par habitant pour
chacun des groupes ci-dessus, l’aide à l’Egypte par habitant a été de $ 49.
Cette situation résulte du rôle particulier de l’Egypte dans la zone
stratégique, instable et très conflictuelle qu’est le Moyen-Orient. Afin
d’assurer sa stabilité, le pays a été particulièrement aidé lors des crises
économiques et financières auxquelles il était confronté dans la seconde
moitié des années 1970 et, plus récemment, à la charnière des années
1980/90. L’aide publique a alors atteint des niveaux de $ 100 à 150.
C’est aussi la raison pour laquelle ce sont les Etat-Unis, acteur majeur au
Moyen-Orient et garants de l’évolution des équilibres dans la région, qui
fournissent la majeure partie de l’aide publique que reçoit le pays.
Les contributions relatives des bailleurs
Autres pays
15%
Danemark
2%
APD nette moyenne
1993-2002
Etats -Unis
38%
Japon
8%
Pays arabes
6%
Allemagne
10%
Commission
européenne
6%
France
15%
La France est le second bailleur en termes d’aide nette
En termes d’aide publique nette, avec une moyenne annuelle de
280 millions de dollars au cours de la période sous revue, la France arrive
au second rang des bailleurs, loin derrière les Etats-Unis dont l’aide
moyenne annuelle a été de 710 millions de dollars, mais devant la
Commission européenne dont le versement moyen a été de 116 millions de
dollars. Dans le peloton de tête se trouvent encore l’Allemagne (186
millions de dollars), les pays arabes (117 millions de dollars) et le Japon
(140 millions de dollars). Un groupe de bailleurs, dont les contributions ont
été de 20 à 30 millions de dollars par an, vient ensuite pratiquement clore
la liste des pays significativement engagés dans l’aide publique à l’Egypte. Il
s’agit du Danemark, de l’Autriche, des Pays-Bas et de l’AID29 et, depuis
En termes d’aide
nette, la France
arrive au second
rang des bailleurs …
29
Les prêts de la Banque mondiale à l’Egypte sont pour la plupart à conditions non concessionnelles en raison
du classement de l’Egypte dans les pays à revenu intermédiaire. Ces prêts ne rentrent donc pas dans le cadre
de l’aide publique.
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l’augmentation de leur aide au début des années 2000, de l’Italie et de
l’Espagne.
Les aides des principaux bailleurs et leur évolution
M us$
Fr a nce
Dons, prêts nets et annulations de dette
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
-50
Dons, prêts nets
Dons, prêts bruts
Etats-Unis
M us$
France
M us$
450
450
400
400
350
350
300
300
250
250
200
200
150
150
100
100
50
50
1 000
0
0
950
-50
Allem agne
900
850
M us$
800
Com m ission européenne
300
300
750
700
650
250
250
200
200
150
150
600
100
100
550
50
500
0
M us$
Japon
50
0
450
400
350
Mus$
300
Pays arabes
300
M us$
AID
300
250
250
250
200
200
200
150
150
150
100
100
100
50
50
50
0
0
0
-50
source : d’après les données du Cad et du ministère des Finances, direction du Trésor.
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L’aide affichée par la France provient largement d’annulations de dettes.
Ces annulations dont a bénéficié l’Egypte résultent des accords passés dans
le cadre du Club de Paris, en octobre 1987 et surtout en mai 1991. Elles
correspondent à des prêts contractés pendant les années 1980 au cours
desquelles le montant de l’endettement extérieur égyptien a dépassé celui
de son produit intérieur brut. La période s’est achevée par une crise
financière majeure et la dévaluation de la livre égyptienne de 80% de sa
valeur.
…
pourtant le CAS de
la Banque mondiale
relègue la France au
rang des bailleurs de
faible importance
Certains considèrent que ces annulations appartiennent au passé et qu’elles
ne constituent pas un facteur dynamique pour l’économie égyptienne. Cela
apparaît dans une étude commanditée par l’OCDE en 2002 sur la pratique
des donateurs en Egypte30 qui, en effet, après avoir mentionné la France
comme second bailleur du pays souligne immédiatement après le caractère
très discuté et discutable de ce classement sans plus en débattre par la
suite. C’est également la position adoptée par la Banque mondiale dans son
dernier Country assistance strategy. Alors que les annulations de dettes de
la France ont été de $ 222 millions par an en moyenne sur la période 19932002 et qu’elles doivent se poursuivre à un rythme annuel moyen de $ 120
millions au cours des 10 prochaines années, cette institution ne les prend
pas en compte et relègue ainsi la France au sixième rang des bailleurs, dans
le groupe des bailleurs de « faible importance ».
Une telle approche est surprenante surtout venant d’une institution
financière. Pour ceux qui assurent la gestion du budget du pays, le passé
reste très présent. Le service de la dette publique et de celle bénéficiant
d’une garantie publique reste de l’ordre de grandeur de 1,5 à 2 milliards de
dollars depuis 1991, et ceci malgré l’annulation partielle de cette dette.
Pour ce qui est de ses composantes d’aide publique, le poids de ce service
se traduit par un bilan net négatif des prêts d’aide publique à l’Egypte
depuis l’année 2000. Leur solde a été de moins $ 108 millions à cette date
et de moins $ 150 millions en 2002. Il devrait atteindre moins 280 millions
de dollars31 en 2003. Cette situation résulte en partie des remboursements
en principal32 des prêts de 4,8 et 1,9 milliards de dollars qu’ont fait
respectivement les Etats-Unis et le Japon au début des années 1990. Y
contribuent également le remboursement des prêts d’aide publique non
restructurés.
Dans ce contexte, les annulations de dette que fait la France apparaissent
très significatives comparées au service de la dette publique égyptienne et
30
Etude de cas faite en 2002 sur l’Egypte à la demande du groupe de travail constitué par le CAD sur les
pratiques des bailleurs (DAC task force on donor practices).
31
Avec l’entrée en période de remboursement du prêt japonais.
32
L’échéance en principal du prêt US a été de près de $ 190 millions. Les échéances du prêt japonais ont
commencé à tomber en 2003 et sont estimées à $ 130 millions.
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correspondent à une aide concrète et très réelle apportée à l’Egypte quand
bien même elle ne se traduit pas par des projets de développement.
Les arguments de ceux qui souhaitent voir écarter ce type d’annulations
des bilans comparatifs d’aide sont de deux ordres. Il y a tout d’abord l’idée
que les annulations ont été accordées en raison de la situation financière
sans issue dans laquelle s’est trouvée l’Egypte à la fin des années 1990
mais en raison aussi de l’option politiquement courageuse prise par le
gouvernement égyptien lors de la guerre de 1991 au Koweit et en Irak ;
qu’elles sont le prix d’un service politique éminent venant d’un pays
stratégiquement incontournable sur l’échiquier moyen-oriental, voire pour
certain d’une certaine inconséquence des créanciers et qu’il y a donc lieu de
les inscrire au passif d’un passé révolu et de les ignorer pour le présent. Il
y a également le sentiment que compte tenu du choix qu’elle a fait d’une
méthode d’annulation particulière, la France bénéficie d’une faculté
d’affichage inéquitable dans la mesure où certains pays en sont privés. Les
prêts de restructuration des Américains et des Japonais évoqués
précédemment ainsi celui des Italiens par exemple, se sont traduit en des
apports massifs d’APD lors de leur mise en place mais n’ont plus aucun
effet positif sur leur APD. Les remboursements de leur principal ont
maintenant bien à l’inverse des effets négatifs sur cette dernière.
Le fondement du second de ces arguments est sans doute recevable. Il faut
toutefois considérer que la France se trouvait être le second créancier
public derrière les Etats-Unis en 1991. Mis à part ce dernier, elle supporte
donc bien plus que chacun des autres pays la charge de l’annulation
accordée à l’Egypte en 1991. Si dans un souci d’équité et de transparence,
un correctif technique pouvait être introduit pour traduire de façon
comparable la charge budgétaire que chacun supportait en raison des
annulations de la dette égyptienne, il est très vraisemblable que la France
conserverait son second rang dans un classement des bailleurs qui le
prendrait en compte.
Des projets et une coopération qui placent la France au
7ème rang des bailleurs en présence et visibilité
Les flux d’aide bruts attachés aux projets auxquels participent les bailleurs
entraînent une coopération au fil des jours avec le bénéficiaire. Ils
traduisent donc bien son activité et sa présence sur le terrain à ses côtés.
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Les flux d’aide brute
accompagnant les
projets qui traduisent
la présence et la
visibilité des bailleurs
dans le pays, situent la
France au 7ème rang.
en Egypte (1993-2003)
La référence à ces apports permet de situer la visibilité des bailleurs les uns
par rapport aux autres. Dans une telle perspective, la France arrivait au
septième rang au début des années 2000, les apports moyens annuels de
chacun s’étant à peu près stabilisés aux niveaux suivants au cours des trois
années 2000 à 2002 :
1.
Etats-Unis
883 M$
2.
Commission européenne
122 M$
3.
Allemagne
95 M$
4.
Japon
87 M$
5.
Pays arabes
76 M$
6.
AID
45 M$
7. France
44 M$
8.
Danemark
20 M$
9.
Pays-Bas
18 M$
Cette situation devrait cependant quelque peu changer à partir de 2003.
Les récentes évolutions des politiques d’aide de l’Espagne et de l’Italie
doivent les faire rentrer dans le classement ci-dessus. L’Espagne a signé un
protocole de € 250 millions33 en 1988. A la suite de son approbation par le
Parlement égyptien en 2001, il devrait donner lieu à des utilisations
d’environ € 50 millions sur une période de 5 ans à compter de 2004.
L’Italie s’est quant à elle engagée dans une politique de conversion de dette
qui devrait relever son niveau d’aide annuel de € 25 à 30 millions34 pour
une période d’au moins cinq ans. Ces deux pays devraient donc rentrer
dans ce classement et venir encadrer la France qui pourrait alors reculer
d’un rang.
Le classement ci-dessus basé sur les décaissements nets présenté est
parfois contesté au sein de la communauté locale des bailleurs. Dans son
rapport interne de l’année 2003, la coopération italienne présente ainsi un
classement des 13 premiers bailleurs où la France n’apparaît pas. Cette
dernière n’ayant commencé que dans le courant de l’année 2004 à
participer à l’élaboration du Decode qui est la base de donnée à laquelle les
Italiens s’étaient référés, son absence du classement effectué, aussi
regrettable qu’elle soit, n’a rien de surprenant.
Le Decode est établi localement sur la base des déclarations des bailleurs.
Par rapport aux bases du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE
33
34
300 millions de dollars.
Le rapport 2003 Cooperazione Italiana con l’Egitto indique des décaissements de € 26 millions pour les
conversions de dette des années 2002 et 2003.
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ddidacticiels et modélisation économiques
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
dont la mise à jour est assez lente35, le Decode peut avoir l’avantage de
vite et bien traduire l’actualité, voire celui de permettre un élargissement
du champ des contributions financières qui permette une meilleure
approche des financements des projets de développement. Il faut toutefois
veiller à ce que les concepts retenus soient suffisamment proches de ceux
définis par le CAD, que soient soigneusement distingués les financements
concessionnels et non concessionnels et que toutes les composantes de
l’aide puissent trouver leur place et être prises en compte : les prêts
projets mais également l’assistance technique et les annulations de dette.
Faute de cela, l’aide publique de la France à l’Egypte ne pourra pas être
correctement traduite et pourrait se trouver considérablement sousestimée et déformée.
Des interventions de la Coopération française dans un nombre
restreint de secteurs et principalement sur prêt à l’inverse des
autres bailleurs
L’analyse de l’aide en fonction des secteurs d’activité présentée dans ce
paragraphe est fondée sur les données du Credit reporting system (CRS) du
CAD. Cette base recense projet par projet ainsi que par secteur les
engagements des divers pays du CAD. Recouvrant près de 90 % des projets
des pays du CAD, elle est tout à fait représentative de leurs actions. Les
engagements correspondant à la question de la dette ont été exclus de
l’analyse en raison de la nature très spécifique de cette question et de
l’impossibilité d’en rendre compte dans le cadre de la seule période sous
revue. Enfin, l’analyse a été limitée aux donateurs bilatéraux du CAD. La
raison en est l’absence ou la quasi-absence dans le CRS des projets de la
Commission européenne ainsi que de ceux des pays et des fonds arabes.
Les engagements pris en compte constituent 90 % des projets recensés
dans le CRS et de l’ordre de 80 % du total des projets hors traitement de
dette. Leur répartition par instrument de financement et par secteur
d’application est figurée dans des graphes présentés dans les pages
suivantes et commentés ci-après. Les données chiffrées correspondantes
sont présentées en annexe.
Sur la période, les
engagements de la
France ont, plus que
ceux des autres
bailleurs, été financés
par des prêts
Les engagements globaux de la France sur la période 1993-2002
apparaissent avoir été à peu près équivalents à ceux du Japon et à la moitié
de ceux de l’Allemagne. Ils représentent 8 % de ceux des Etats-Unis.
Une particularité de ces engagements est qu’ils sont financés dans une très
large proportion par des prêts. Ceux-ci représentent 80 % des
financements, ce même ratio étant de 53 % pour l’Allemagne. Les Japonais
de même que les Américains ont quant à eux financé leurs interventions
exclusivement sur don, du moins depuis le début des années 1990.
35
Lors de l’établissement de ce rapport, en octobre 2004, les données 2003 de ces bases n’étaient pas encore
disponibles.
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ddidacticiels et modélisation économiques
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en Egypte (1993-2003)
Comparés à ceux des Allemands, les prêts français sont dotés de conditions
de remboursement plus restrictives. Leur élément don moyen a été de
64 % au cours de la période, les conditions type étant une durée totale de
18 ans assortie d’un différé de 5 ans et d’un taux d’intérêt de 0,15 %.
L’élément don moyen des prêts allemands a été de 82 % avec des
conditions de durée de 40 ans dont 10 de différé et un taux d’intérêt de
0,75 %. Face à la réticence de l’Etat égyptien à s’endetter en devise, la
France apparaît avoir été privilégiée en parvenant à faire accepter des
financements sur prêt, et qui plus est sur prêts moins concessionnels, d’une
proportion de son aide bien plus forte que celle observée dans le cas de
l’Allemagne.
Si on examine le caractère sectoriel des interventions, on peut souligner la
très large diversification et le très haut d’engagement des Etats-Unis. De
1993 à 2002, ils ont été présents avec des montants cumulés de plus de $
250 millions dans tous les secteurs à l’exception de ceux à caractère social
(logement, emploi) et culturel ainsi que du secteur manufacturier. Avec des
montants cumulés sur la période de $ 1 à 1,5 milliard, leurs principaux
secteurs d’intervention ont été l’administration et les services aux
entreprises dans le cadre de la mise en place des réformes entreprises par
le gouvernement égyptien ainsi que des aides à l’importation de produits
américains.
Les interventions des
Etats-Unis ont été
importantes et très
diversifiées.
Le Japon est intervenu de façon très ciblée avec des dons de $ 130 à 180
millions sur les dix ans sous revue dans chacun des trois secteurs suivants :
celui de l’eau et de l’assainissement, celui du transport et celui de
l’agriculture.
Les interventions du
Japon ont été très
ciblées : eau,
assainissement,
transport,
agriculture.
Ces secteurs ont été également des secteurs de prédilection de l’Allemagne
dont les interventions de 120 à 300 millions sur la période, plus diversifiées,
ont concerné de plus le secteur industriel privé et les constructions
scolaires. Bien qu’à un moindre niveau financier, les interventions des
Allemands concernent également des secteurs non directement productifs
ou sociaux comme la culture mais également l’emploi, la protection de
l’environnement, le logement et la micro-entreprise. Ces composantes qui
constituent une de leurs spécificités les conduisent à approcher de façon
très concrète la société des pays bénéficiaires, ici la société égyptienne. On
peut aussi noter que, depuis 1999, $ 8 à 10 millions sont annuellement
imputés au titre de l’écolage36. Une comparaison avec la France, où les
imputations annuelles à cet égard sont de $ 2,5 millions, suggère que
l’Allemagne reçoit 5 fois plus d’élèves ou d’étudiants égyptiens dans ses
établissements.
Les interventions de
l’Allemagne visent à
la fois l’eau,
l’assainissement, les
transports,
l’agriculture, les
secteurs sociaux,
l’environnement et
la micro-entreprise
Les secteurs d’intervention de la France apparaissent comme étant
principalement ceux des infrastructures : l’eau et l’assainissement en
premier lieu où les financements cumulés sur la période ont été de $ 220
36
Cette rubrique n’est pas ici classée dans le secteur éducatif mais dans les autres activités plurisectorielles.
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ddidacticiels et modélisation économiques
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
En dehors des
domaines éducation,
culture et recherche, les
interventions de la
France portent surtout
sur les infrastructures :
eau, assainissement,
transports,
télécommunications et
électricité
en Egypte (1993-2003)
millions, et ensuite les transports, les communications et l’électricité où les
engagements pour chaque secteur ont été de $ 70 à 120 millions. Le
secteur agricole n’apparaît pas, l’intervention française y étant financée
avec les fonds de contrepartie de l’aide alimentaire. Ces derniers avaient
atteint un montant cumulé de $ 70 millions sur la période.
En coopération traditionnelle, les seuls secteurs d’intervention sont ceux de
l’éducation et de la culture (cette dernière est classée à la rubrique « autres
services sociaux »). Il y aurait lieu d’y ajouter la recherche et l’écolage qui
ont chacun compté pour $ 10 à 15 millions sur la période. Ce type de
coopération concerne des montants de moitié inférieurs à ceux similaires
de la coopération allemande, notamment parce qu’elle concerne des
secteurs d’application moins diversifiés. Compte tenu des objectifs
d’influence poursuivis par la France, on peut s’interroger sur l’absence du
secteur « administration publique et société civile ».
Engagements de la France par secteur et instrument
France
prêts
dons investissement
Éducatio n
coopération
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
Distributio n d’ eau et assainissement
A dministratio n publique et so ciété civile
Emplo i
Lo gement
A utres services so ciaux
Transpo rts et entrepo sage
Co mmunicatio ns
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
Services bancaires et financiers
Services aux entreprises et autres
A griculture
P êche
Industries manufacturières
Co mmerce
P ro tectio n de l'enviro nnement
A utres activités plurisecto rielles
0
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50
100
150
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250
300
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en Egypte (1993-2003)
Engagements de l’Allemagne par secteur et par instrument
Allemagne
prêts
dons investissement
Éducatio n
coopération
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
Distributio n d’ eau et assainissement
A dministratio n publique et so ciété civile
Emplo i
Lo gement
A utres services so ciaux
Transpo rts et entrepo sage
Co mmunicatio ns
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
Services bancaires et financiers
Services aux entreprises et autres
A griculture
P êche
Industries manufacturières
Co mmerce
P ro tectio n de l'enviro nnement
M US$
A utres activités plurisecto rielles
0
50
100
150
200
250
300
Engagements du Japon par secteur
Japon
dons = total
Éducatio n
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
Distributio n d’ eau et assainissement
A dministratio n publique et so ciété civile
Emplo i
Lo gement
A utres services so ciaux
Transpo rts et entrepo sage
Co mmunicatio ns
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
Services bancaires et financiers
Services aux entreprises et autres
A griculture
P êche
Industries manufacturières
Co mmerce
M US$
P ro tectio n de l'enviro nnement
A utres activités plurisecto rielles
0
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Evaluation de la coopération française
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en Egypte (1993-2003)
Engagements des USA par secteur
Etats Unis
do ns = to tal
Éducatio n
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
Distributio n d’ eau et assainissement
A dministratio n publique et so ciété civile
Emplo i
Lo gement
A utres services so ciaux
Transpo rts et entrepo sage
Co mmunicatio ns
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
Services bancaires et financiers
Services aux entreprises et autres
A griculture
P êche
Industries manufacturières
Co mmerce
M US$
P ro tectio n de l'enviro nnement
A utres activités plurisecto rielles
A utres types d’ aide so us fo rme de pro duits et d’ aide pro gramme générale
0
100
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400
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Evaluation de la coopération française
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en Egypte (1993-2003)
Les stratégies des bailleurs
La France doit situer sa coopération par rapport aux autres
bailleurs
L’aide publique à l’Egypte, essentiellement bilatérale, est dominée par les
Etats-Unis. Face à cette prépondérance, la place de la France est-elle, hors
du domaine politique, limitée à une influence culturelle non négligeable et à
des relations commerciales reposant sur quelques accords importants, ou
doit-elle – et peut-elle – être un acteur non négligeable du développement
égyptien ? Dans toutes les hypothèses, la France devra situer sa
coopération par rapport à celles des autres bailleurs, notamment EtatsUnis, Union européenne et pays membres de celle-ci actifs en Egypte.
Après un examen des fondements de la stratégie et des interventions des
principaux bailleurs, une réflexion sur le positionnement global de la
Coopération française sera effectuée.
L’union européenne
Les fondements de la stratégie
Pour l’Union européenne, « l’Egypte est une puissance pivot pour le monde
arabe, l’Afrique et l’Euro-Méditerranée. L’Union européenne a des objectifs
politiques majeurs dans toutes ces régions et soutien le rôle de l’Egypte,
partenaire fiable et constructif dans ces zones»37.
A la volonté européenne
de s’appuyer sur un
« pays pivot pour le
monde arabe, l’Afrique et
l’Euro-Méditerranée »,
répond un « besoin
d’Europe » de l’Egypte
Les objectifs de la coopération Union européenne-Egypte sont définis par le
Partenariat Euro-Méditerranéen lancé en 1995 à la Conférence de
Barcelone, qui regroupait les 15 Etats membres de l’Union et 12 pays
méditerranéens : Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban,
Autorité Palestinienne et Syrie, Chypre, Malte et la Turquie38. La
Déclaration de Barcelone signée par les Etats fixait les principaux objectifs
suivants :
•
la création d’une zone de paix et de stabilité fondée sur des
principes fondamentaux, notamment le respect des droits de
l’homme et la démocratie ;
•
la création d’une zone de prospérité partagée, notamment par
l’établissement d’une zone de libre-échange entre l’Union
européenne et ses partenaires et entre les partenaires
méditerranéens eux-mêmes ;
37
Traduit du Country Strategy Paper 2002-2004 p. 19.
38
La Libye a participé à certaines réunions en tant qu’observateur.
64
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ddidacticiels et modélisation économiques
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SERES
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
•
le rapprochement entre les peuples grâce à un partenariat
social, culturel et humain visant à encourager la compréhension
réciproque entre les cultures et le développement des échanges
entre les acteurs de la société civile.
Le rôle constructif de l’Egypte dans la promotion du processus de Barcelone
et sa décision d’accueillir le premier sommet Union européenne-Afrique en
avril 2000 souligne la place qu’occupe un pays qui joue un rôle régional clé
comme acteur du processus de paix au Moyen-Orient. L’UE est aussi le
principal partenaire commercial de l’Egypte et représente actuellement
environ un tiers de ses exportations et de ses importations.
A cette volonté de s’appuyer sur un pays « pivot pour le monde arabe »,
répond un « besoin d’Europe » de l’Egypte, d’une part en raison des risques
politiques que comporte pour le pouvoir égyptien une trop forte liaison avec
la politique américaine vis-à-vis d’Israël, de la Palestine et du terrorisme39,
d’autre part du fait de l’engagement à long terme de l’Europe quant à
l’avenir du bassin méditerranéen, dont le monde arabe constitue une
composante essentielle. L’UE se déclare prête à répondre à ce « besoin
d’Europe » ; à court terme cependant, il existe un certain scepticisme des
Egyptiens sur la capacité politique de l’UE à faire accepter des positions
européennes indépendantes de celles des Etats-Unis.
L’accord d’association Union européenne-Egypte
Malgré ces bases favorables au développement de la coopération, la lenteur
des négociations de l’accord d’association UE-Egypte a pu faire douter de
l’engagement de l’Egypte dans le processus de Barcelone40. Commencées
en 1995 à la suite de la conférence de Barcelone, ces négociations n’ont
abouti qu’en juin 1999. Après l’accord signé le 25 juin 2001, le processus
de ratification en cours devrait être complété en 2004. La France a ratifié
cet accord en janvier 2003 et l’Egypte en avril 2003. Les dispositions
commerciales sont entrées en vigueur au 1er janvier 2004 à titre
intérimaire. Les opportunités et les défis apportés par la future zone de
libre-échange constituent un élément important du débat égyptien sur la
modernisation industrielle et la réforme économique.
L’accord d’association
Union européenne-Egypte
est un élément important
du débat égyptien sur la
modernisation industrielle
et la réforme économique
Depuis 1996, les
interventions de la
Commission
européenne et de la
BEI sont réalisées
dans le cadre du
programme MEDA
doté d’importantes
ressources financières
39
Les interventions
Durant la période 1993-2003, l’Egypte a été un bénéficiaire important des
interventions de l’UE. Jusqu’en 1995, la coopération a été essentiellement
réalisée dans le cadre de protocoles bilatéraux conclus sur la base de
Le rafraîchissement des relations bilatérales entre les Etats-Unis et l’Egypte se nourrit aussi de l’antiaméricanisme qui se développe dans la population.
40 Peut-être s’agissait-il d’un souvenir des relations difficiles entre l’Europe et l’Egypte et de la préférence
donnée aux relations avec l’URSS et les Etats-Unis sous les Présidents Nasser et Sadate.
65
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en Egypte (1993-2003)
l’Accord de coopération Communauté Economique Européenne-Egypte de
1977. Le Protocole IV, qui couvre la période 1991-1996, comportait pour
€ 258 millions de dons de l’UE et pour € 310 millions de prêts de la BEI, les
secteurs de l’agriculture et de l’environnement étant privilégiés, mais avec
une orientation spécifique de ce protocole par rapport aux précédents vers
la modernisation économique et le secteur privé. A partir de 1996, les
interventions ont été mises en œuvre dans le cadre du programme MEDA,
qui représentait une augmentation substantielle des ressources financières
disponibles par rapport aux protocoles. Ce programme constitue le principal
instrument financier d’intervention de l’UE pour le développement du
partenariat euro-méditerranéen et offre un support technique et financier à
la réforme des structures des pays partenaires, l’accent étant mis sur le
développement d’un marché euro-méditerranéen et sur l’appui aux
réformes des structures économiques et sociales nécessaires à la mise en
œuvre des accords d’association.
Dans le cadre du
programme MEDA, le
Programme de
modernisation
industrielle (250 M€)
représente le plus gros
projet financé par l’UE
hors des pays
membres
Les premiers engagements réalisés dans le cadre du programme MEDA sur
la base du programme indicatif 1997-1999, comportaient les principaux
programmes suivants41 :
•
Le programme de modernisation industrielle (Industrial
Modernisation Programme – IMP, € 250 millions), qui constitue le
plus gros projet financé par l’UE hors des pays membres et qui doit
aider les entreprises du secteur privé à bénéficier des opportunités
présentées par le nouvel Accord d’association.
•
Le
programme
d’enseignement
de
base
(Education
Enhancement Programme – EEP, € 100 millions) est un programme
multi-donneurs réalisé en coordination avec la Banque mondiale et
d’autres donneurs.
•
Le programme du secteur de la santé (Health Sector Reform
Programme – HSRP, € 110 millions) cherche à rationaliser le
système égyptien de soins en commençant par certains
Gouvernorats.
•
Le fonds social pour le développement – phase II ( Social Fund
for development – SFD II, € 155 millions) est destiné au soutien
des petites et moyennes entreprises.
Le dernier Country Strategy Paper définit les objectifs suivants pour la
période 2002-2006 : la promotion et la mise en œuvre efficace de l’accord
d’association UE-Egypte ; le soutien au processus de transition
économique ; le soutien à la stabilité par un développement économique et
social équilibré. Pour la même période, le Programme Indicatif National,
avec un budget indicatif de € 351 millions, retient les secteurs de
41
CSP 2002-2004 p.15 et suiv.
66
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ddidacticiels et modélisation économiques
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en Egypte (1993-2003)
coopération suivants : la réforme de la formation technique et
professionnelle ; la promotion du commerce ; le développement local
intégré ; l’aide au développement social et à la société civile ; la
coopération dans les secteurs des finances et de l’investissement ; la
restructuration dans le secteur de la filature et du tissage ; l’enseignement
supérieur (Tempus) ; l’environnement (bonification de taux d’intérêt sur les
prêts de la BEI).
Les interventions de
la BEI en faveur du
partenariat euroméditerrannéen
dans le secteur
privé seront très
importantes
Il faut souligner le rôle important en Egypte de la BEI, notamment dans les
domaines des transports, de l’énergie et de l’industrie. La BEI n’élabore
pas, comme par exemple la Banque mondiale, une politique propre, mais
applique la politique déterminée par le Conseil des Ministres de l’UE. A la
demande du Conseil de mars 2002, la BEI a lancé une Facilité pour
l’investissement et le partenariat euro-méditerranéen, FEMIP (Facility for
Euro-Mediterranean Investment and Partnership) qui vise à promouvoir le
développement du secteur privé. Les prêts, qui s’intègrent dans le
processus de Barcelone, devraient atteindre un montant de € 6 425 millions
pour la période 2000-2006. En 2002, les prêts aux partenaires
méditerranéens se sont élevés à € 1,58 milliard dont 225 millions pour
l’Egypte. D’autre part, une « enveloppe spéciale FEMIP », d’un montant de
€ 200 millions, a été dégagée afin de favoriser des opérations présentant
un risque plus élevé, en raison des difficultés rencontrées par les
promoteurs privés de la région pour accéder aux garanties de tiers
bénéficiant d’une bonne cote de crédit.
En octobre 2003, la BEI a ouvert au Caire son premier bureau régional hors
de l’Union européenne, afin de favoriser le développement des affaires et
de l’assistance technique dans la région.
L’Allemagne
Les fondements de la stratégie
La forte présence de
l’Allemagne, fondée
sur des échanges
commerciaux
importants, est
également développée
dans les domaines
économiques, sociaux
et culturels
42
Sur la période 1993-2002, l’Allemagne a été le troisième contributeur à
l’APD nette reçue par l’Egypte après les Etats-Unis et la France. Sur la
période 2000-2002, l’Allemagne est, après les Etats-Unis, le second pays
pour les flux d’aide accompagnant les projets42.
La stratégie de l’Allemagne comporte une dimension politique et une
dimension économique. Sur le plan politique, l’Allemagne estime avoir une
responsabilité particulière à l’égard de l’existence et de la sécurité de l’Etat
d’Israël, mais soutient aussi, en accord avec ses partenaires européens, la
création d’un Etat palestinien. Sur le plan économique, l’Allemagne est
devenue, après les Etats-Unis, le second partenaire bilatéral de l’Egypte.
Voir ci-dessus « L’évolution de l’aide internationale ».
67
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en Egypte (1993-2003)
Même si l’Egypte n’est que le troisième partenaire commercial de
l’Allemagne dans le monde Arabe, après l’Arabie Saoudite et les Emirats
Arabes Unis (ce qui montre bien l’importance de cette région du monde
pour l’Allemagne), les exportations allemandes vers l’Egypte ont atteint
€ 1 405 millions en 200343, année durant laquelle près de 700 000 touristes
allemands ont visité l’Egypte44. Les investissements directs sont importants
et les échanges culturels développés. Comme l’indique le site du Ministère
Fédéral des Affaires étrangères : « La politique proche-orientale [est] une
priorité de la politique étrangère de l’Allemagne ».
Les interventions
Les interventions de la coopération allemande sont réalisées par deux
institutions autonomes, la GTZ et la KfW45, sous la responsabilité du
Ministère Fédéral pour la Coopération économique et le développement. La
GTZ fournit une assistance technique financée à partir de dons ; la KFW
finance des projets à partir de crédits mixtes comportant des prêts
concessionnels et des prêts refinancés sur le marché. Les interventions ont
notamment porté sur : la réduction de la pauvreté dans les villes grâce à
des opérations de développement urbain et d’amélioration des
infrastructures urbaines ; les infrastructures pour la production électrique
(barrages, lignes électriques) ; l’agriculture ; la production industrielle ; la
formation, en particulier professionnelle ; les PME.
En 2003, les domaines d’interventions retenus en accord avec le
Gouvernement égyptien sont l’eau pour la consommation et l’irrigation,
l’agriculture, l’environnement, la réforme économique et le développement
d’une économie sociale de marché. L’Université allemande du Caire
(German University Cairo, G.U.C.), ouverte en octobre 2003, est la
première université allemande créée à l’étranger. Ses enseignements,
dispensés en allemand mais le plus souvent en anglais, et la coopération
instituée pour les industries de haute technologie avec la Chambre
germano-arabe d’industrie et de Commerce (German-Arab Chamber of
Industry and Commerce, GACI) qui rayonne sur le Proche-Orient, sont
considérés comme des facteurs favorables à la réussite de l’institution.
La Moubarak-Kohl
Iniitiative a une
importance reconnue
dans le domaine de
l’éducation
professionnelle et de
la formation
L’Allemagne dispose aussi d’une fondation, la Moubarak-Khol Initiative,
MKI, dont le rôle est reconnu dans le domaine de l’éducation
professionnelle et de la formation. Cette institution, créée il y a une dizaine
d’années a formé, dans le cadre de son programme NTVET (National
Vocational Education and Training Programme) environ 12 000 personnes
pour 1600 entreprises sur le principe de la formation en alternance. Malgré
43
Essentiellement en machines, véhicules, produits électroniques et chimiques.
44
En 2001, 715 000 touristes ont dépensé un montant de € 570 millions en Egypte.
45
Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) GmbH ; Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW).
68
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
son succès, l’activité de cette fondation devrait cesser en 2008, la relève
devant être prise par les Egyptiens.
Les Etats-Unis
Les fondements de la stratégie
Les Etats-Unis ont fait de l’Egypte un élément clé de leur politique au
Moyen-Orient, notamment de leur politique vis-à-vis d’Israël, et un pays
représentatif de la politique d’ajustement et de réformes des systèmes
économiques préconisée par les Etats-Unis. Dès la fin des années 70,
l’Egypte était un des pays bénéficiant de la plus forte aide américaine46.
Durant les années 80 l’aide a été ciblée sur l’agriculture, la santé et
l’éducation et aussi sur le renforcement du secteur privé et de l’économie
de marché. Au cours des années 90, l’accent mis sur la privatisation des
entreprises publiques et le développement des exportations a conduit en
1994 à l’établissement du Partenariat Etats-Unis-Egypte pour la croissance
économique et le développement. En 1999, les Etats-Unis et l’Egypte ont
adopté un plan à 10 ans visant, en raison des progrès accomplis par
l’Egypte dans son développement économique et social, à la fois à réduire
l’aide et à développer le commerce et les investissements. Dans une
brochure récente publiée par l’USAID, le Directeur en Egypte de cette
institution se félicitait des progrès accomplis durant 25 ans d’un partenariat
« qui, comme tout bon investissement, avait été rentable sur le long
terme », et soulignait que désormais la relation entre les deux pays n’était
plus fondée sur l’aide, mais sur le commerce et l’investissement, afin de
permettre le développement de l’économie égyptienne au sein de la
communauté internationale47.
Les Etats-Unis ont
fait de l’Egypte un
élément clé de leur
politique au MoyenOrient
La relation EtatsUnis – Egypte passe
d’une relation d’aide
à une relation
fondée sur le
commerce et
l’investissement
Ce passage de l’aide à l’appui au commerce et à l’investissement a conduit
à un ralentissement des déboursements durement ressenti par l’Egypte.
Récemment, le Congrès américain a voté une aide importante pour les pays
affectés par l’instabilité dans la région et la guerre en Irak et l’Egypte a
ainsi bénéficié en 2004 d’un déboursement complémentaire de
$ 300 millions.
Avec un montant
d’aide annuelle
d’environ $ 2 Mds,
les Etats-Unis sont
de loin le principal
bailleur
Les interventions
Depuis plus de 20 ans, les Etats-Unis sont de loin le principal bailleur
bilatéral avec un montant annuel d’environ $ 2 milliards (dont environ
$ 1,3 milliard d’aide militaire), ce qui fait de l’Egypte le second bénéficiaire
des fonds américains après Israël. Les principaux programmes ont porté
sur l’agriculture, les infrastructures, l’appui aux privatisations et aux
46
Au cours de cette décennie, l’aide avait notamment porté sur la réouverture du canal de Suez.
47
U.S. Agency for International Development au Caire : “USAID 25 years in Egypt 1975-2000.”.
69
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Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
exportations, l’éducation, l’environnement, la santé, l’appui à des ONG
permettant le développement du secteur privé.
Les interventions actuelles de l’USAID sont ciblées sur la réforme
économique et en particulier sur l’appui au développement des
compétences du secteur privé, au renforcement de l’environnement du
commerce et des investissements et à la formation dans les technologies
de l’information.
Le groupe Banque mondiale
Les fondements de la stratégie
En 2000, l’encours des prêts de la Banque mondiale s’élevait à
$ 2 milliards. La Banque a été traditionnellement très active en Egypte dans
le domaine social et les principales interventions ont porté sur : le secteur
éducatif (en particulier enseignement technique, formation professionnelle
et enseignement supérieur), le développement agricole et l’irrigation, la
lutte contre la pauvreté, la réduction de la pollution, la santé, le secteur
portuaire.
Ces dernières années, l’Egypte a manifesté sa volonté de réduire son
endettement extérieur et donc de moins recourir aux prêts de la Banque
mondiale, dont les taux sont souvent relativement élevés. Celle-ci a
concentré ses interventions sur l’éducation de base, la réforme du système
de santé, et, en liaison avec l’UE, le Fonds social de développement.
La volonté de
l’Egypte de limiter
son endettement
conduit la Banque
mondiale à ne plus
être l’acteur majeur
Les interventions
La Banque ne se considère plus maintenant comme l’acteur majeur en
Egypte comme le souligne le dernier CAS48. Le rôle de la SFI s’est
cependant beaucoup développé à la fin des années 90, et l’Egypte
représente pour cette institution l’encours le plus important des pays du
Moyen Orient et d’Afrique du Nord.
On peut d’autre part souligner que les objectifs généraux de la Banque
mondiale pour l’ensemble de la région MENA (Middle East and North
Africa), restent larges : priorité à la réforme du secteur public et à la
48
« The Bank is by no means the major partner in the country. USAID and the EU have larger assistance
programs. Moreover, given the country’s cautious external borrowing strategy and Egypt’s graduation from
IDA about two years ago, the Bank cannot anchor its role in its financial contribution. On the other hand,
despite some progress in negotiations with foreign financial institutions to float a Eurobond, Egypt does not
yet have sustained access to private international markets….Should the Government decide to have the Bank
play a larger lending role commensurate with Egypt’s size and importance, we will not be able to respond
quickly, simply because the Bank lacks the solid analytical base that is a prerequisite for a rapid response…
Within this constrained relationship, selectivity, in Bank’s involvement becomes critical…as the size of the
Bank’s portofolio decreases, a greater share of administratvie budget resources will be allocated to
knowledge-based, non-lending activities…». Memorandum of the President of the IBRD and the IFC to the
Executive Directors on a Country Assistance Strategy for the Arab Republic of Egypt - 5 juin 2001.
70
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
gouvernance ; développement du secteur privé et de la création d’emplois ;
accent mis sur les aspects qualitatifs de l’éducation ; meilleure gestion de
l’eau (nécessité de rendre l’eau payante et de mieux la gérer) ;
amélioration de la parité des genres (le taux de participation féminine au
travail est actuellement le plus bas du monde pour la région). Le
développement des programmes vers les ONG et la société civile est
également prévu.
Sur la période 1994-2004, les interventions Banque mondiale/IDA ont
représenté (en millions de $) :
1994 : 121,0
2000 : 50,0
1995 : 80,0
2001 : 0,0
1996 : 172,2
2002 : 50,0
1997 : 75,0
2003 : 12,4
1998 : 142,0
2004 :
5,6
1999 : 425,0
Parmi les 15 projets actuellement en cours figurent 6 projets agricoles
(pour 44% des montants), 4 projets éducation (27%), 2 projets
santé/population (16%), 2 projets protection sociale (8%) et 1 projet
environnement (5%).
La coordination des bailleurs
Les DAG ont pour objectif
d’améliorer, par une
meilleure coordination,
l’efficacité des
interventions des bailleurs
Il existe un Groupe consultatif, présidé par la Banque mondiale, qui réuni
les bailleurs en principe tous les trois ans. D’autre part, des DAG (Donor
Assistance Group), ont été constitués pour coordonner les interventions des
bailleurs afin de lutter contre la pauvreté et de réaliser les objectifs du
millénaire. Une réunion plénière mensuelle au niveau des ambassadeurs ou
de leurs représentants49 permet d’échanger des informations. La
coordination des actions sur des axes stratégiques est plutôt réalisée au
niveau des sous-groupes (gouvernance, ressources humaines et éducation,
eau et agriculture, santé et population, énergie et environnement, PME,…),
auxquels peuvent participer les représentants égyptiens concernés. Le
sous-goupe PME a la réputation de fonctionner particulièrement bien.
L’objectif des DAG étant le développement, la France intervient peu, sauf
dans le sous-groupe agriculture, dont elle assure la co-présidence avec
l’USAID.
Malgré l’existence de ces DAG, la coordination des bailleurs n’est pas
toujours estimée suffisante. Les représentants de pays comme l’Espagne,
l’Italie ou l’Allemagne souhaitent notamment plus de coordination
européenne, ce qui dépasse la simple information a posteriori. Il faut aussi
souligner qu’en raison de sa dimension, une ville comme Le Caire n’est pas
49
Pour la France, le Conseiller de coopération multilatérale représente souvent l’Ambassadeur.
71
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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aussi propice que des capitales plus petites aux multiples rencontres
informelles entre représentants des bailleurs, qui permettent dans ces
capitales une meilleure information a priori.
La participation de l’Egypte aux organisations internationales
Les stratégies des bailleurs – et la réponse égyptienne à ces stratégies – se
manifestent aussi par les diverses organisations internationales auxquelles
l’Egypte participe. L’Egypte est bien sûr membre des institutions des
Nations Unies, de l’OMC, de la Banque mondiale... Parmi les groupements
plus spécifiques auxquels l’Egypte participe, on peut citer :
•
La Banque Africaine de Développement (BafD) ;
•
La Banque Islamique de Développement (BID) ;
•
Le Groupe des 77 dans le cadre des NU ;
•
La Ligue des Etats Arabes (LEA)50 ;
•
Le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) ;
•
Le NEPAD ;
•
L’Organisation de la Conférence islamique (OCI) ;
•
L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ;
•
L’Union africaine, qui a remplacé l’Organisation de l’Unité
Africaine (OUA) depuis 2002 ;
•
La Zone arabe de libre-échange (GAFTA – Greater Arab Free
Trade Area) entre l’Egypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie).
50
Dont l’Egypte est membre fondateur et dont le siège, transféré à Tunis de 1979 à 1990 en raison de
l’opposition des autres Etats arabes à la signature du traité de paix avec Israël en mars 1979, est au Caire.
72
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Le positionnement de la Coopération française
face aux stratégies des bailleurs
Positionnement de la Coopération française face aux différents
bailleurs
Etats-Unis
Pour l’Egypte, les Etats-Unis sont, depuis la paix israélo-égyptienne
parrainée par Washington, l’allié stratégique. La France n’est pas un
partenaire de même importance. Dans le domaine politique cependant, les
excellentes relations entretenues avec l’Egypte permettent à la France de
faire entendre sa voix. Dans le domaine du développement économique,
les interventions françaises sont par contre marginales. C’est ce qui
explique la différence entre une Ambassade des Etats-Unis relativement
admirative d’une Coopération française, qui, notamment grâce à un centre
culturel qu’elle envie à la France, réussit à avoir une influence non
négligeable malgré la faiblesse des moyens, et une agence de
développement, l’USAID, pour laquelle la Coopération française n’existe pas
hormis l’archéologie et le métro du Caire.
Groupe Banque mondiale
En raison de ses moyens
et de sa spécificité, la
Coopération française
doit se positionner en
complémentarité de
l’Union Européenne pour
répondre au « besoin
d’Europe » de l’Egypte
51
Pour la Banque mondiale la France n’est pas un acteur majeur en Egypte.
Le fait que dans le chapitre du CAS consacré à la coordination avec les
partenaires51, la France ne soit même pas citée dans les « autres
donneurs », contrairement au Canada, au Danemark, à la Finlande, à
l’Italie, aux Pays-Bas, à l’Espagne, à la Suède, à la Suisse et au RoyaumeUni, (et alors que des paragraphes entiers sont consacrés aux Etats-Unis, à
l’Union européenne, à l’Allemagne, au Japon, aux Fonds arabes et aux
Banques islamiques et africaines de développement), relève sans doute
d’une erreur de relecture, mais est aussi significatif du rôle souvent
secondaire, et en tout cas spécifique, de la Coopération française.
Union européenne
La France est partie au processus de Barcelone dont les objectifs sont aussi
les siens. Les objectifs de la Coopération française doivent donc s’insérer
dans ceux du processus de Barcelone, mais on peut souligner :
que la Coopération française ne peut, avec des moyens disponibles
très différents de ceux de l’Union européenne, se sentir en charge
Country Assistance Strategy pages 31-32.
73
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
de la transition économique d’un pays de 70 millions d’habitants et
de la création d’une zone économique euro-méditerranéenne ;
que les relations franco-égyptiennes comportent des domaines –
par exemple l’archéologie – dans lesquels l’Union européenne
n’intervient pas et où la Coopération française a une ancienneté et
une spécificité que la France doit continuer à assumer.
Il est néanmoins certain que la Coopération française doit, non seulement
parce qu’elle est partie à la coopération européenne, mais aussi en raison
de ses moyens et de sa spécificité, et encore plus nettement que dans des
pays de la ZSP où son poids par rapport aux autres bailleurs est plus
important, se positionner en complémentarité avec la coopération menée
par l’Union européenne52.
Au « besoin d’Europe »
de l’Egypte ne répondent
pas des interventions
européennes visibles et
coordonnées entre les
Etats membres
Plusieurs problèmes se posent cependant :
•
L’absence de visibilité de la coopération européenne : pour les
Egyptiens, l’Union européenne est certes un bailleur
important53, mais ne constitue pas un centre d’influence et de
décision ; les Egyptiens rencontrés parlent des interventions de
la France, de l’Allemagne, de l’Italie, et des financements de
l’Union européenne et de la BEI. La coopération politique
européenne et la politique étrangère et de sécurité commune54,
n’apparaissent pas très visibles aux Egyptiens.
•
L’absence
de
coordination effective des interventions
européennes. Si l’information a posteriori entre partenaires
européens – Délégation et représentations des Etats membres
a progressé - l’absence de coordination a priori est habituelle.
Les cas de coordination entre certains Etats membres sont
certes nombreux, mais la coordination ne revêt généralement
pas une dimension européenne. Une récente évaluation de la
stratégie de la Commission européenne pour l’Egypte55 estime
que la coordination avec les Etats membres a été faible lors de
l’établissement du dernier CSP et du PIN, même si des progrès
significatifs ont eu lieu depuis 2001, en particulier grâce aux
mesures de déconcentration prises en faveur de la Délégation.
On peut aussi souligner que le souci de la Commission
52
Complémentarité d’ailleurs reconnue par l’UE. La partie du CSP consacrée aux objectifs de la politique
européenne souligne : « The process is underpinned by a network of bilateral relations between each partner
country and the EU, embodied in Association Agreements which provide for political dialogue, free trade,
between each partner and the EU to be established over a transitional period, and various form of cooperation » (CSP 2002-2006 p.3).
53
Et un bailleur qui n’effectue que des dons.
54
La PESC, politique étrangère et de sécurité commune a été définie par les traité de Maastricht et
d’Amsterdam.
55
Evaluation of the European Commission’s Strategy for Egypt – Vol. 1, Final report, February 2004.
74
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
européenne de se protéger des critiques des Etats membres
n’est pas étranger à la complexité des procédures.
•
Une volonté de la représentation sur place de l’Union
européenne d’améliorer sa visibilité en réunissant sous son
autorité les bailleurs européens sans disposer des équipes
suffisantes : à l’Union européenne de déterminer les
orientations et aux Etats européens de s’inscrire dans ces
orientations. Si cette conception peut convenir à certains pays
du nord de l’Europe qui ont décidé de ne plus intervenir
directement en Egypte56, elle est difficilement acceptable au
stade actuel par des pays comme l’Allemagne ou la France, qui
disposent, dans de nombreux domaines d’intervention,
d’équipes plus étoffées que l’Union européenne.
•
La multiplicité des intervenants et des niveaux d’intervention de
la Coopération française. Si, au niveau de l’ambassade, qui
représente bien toute la France, la situation est claire, les rôles
théoriquement complémentaires, mais en fait très séparés du
CFCC, de la Mission Economique, de l’Ifao, de l’IRD, du CEDEJ,
du Conseiller de coopération multilatérale, des ministères
français, rend difficile pour la Délégation européenne la
détermination du bon interlocuteur.
•
Un « manque d’Europe » qui rend difficile à court terme la
réponse au « besoin d’Europe » de l’Egypte. Dans le contexte
actuel, chaque pays membre mène un « jeu national » sans
moyens suffisants, tandis que l’Union européenne possède les
moyens, mais pas la visibilité, pour mener un « jeu européen ».
Par exemple le problème de la création d’une université
européenne a-t-il été posé au lieu et place d’une université
allemande et d’une université française ?
Allemagne
Associées au sein de l’UE, La France et l’Allemagne ont des politiques de
coopération en Egypte qui ont des objectifs similaires mais souvent plus
parallèles que communs. Les possibilités de coopération seront développées
ci-dessous.
56
Ce serait le cas du Danemark et de la Finlande.
75
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Ministère des Affaires étrangères
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Vers une
française
stratégie
en Egypte (1993-2003)
de
positionnement
de
la
Coopération
Cette stratégie de positionnement pourrait tenir compte des éléments
suivants :
57
•
La nécessité à moyen/long terme pour la Coopération française
d’intervenir dans le cadre de l’Union européenne pour conserver
une influence. Face aux financements américains et à
l’influence des Etats-Unis, la Coopération française ne dispose –
et ne disposera sans doute à l’avenir – que de moyens
extrêmement limités. Le « besoin d’Europe » de l’Egypte ne
peut être satisfait qu’à travers l’Union européenne et il est de
l’intérêt de la Coopération française, si elle ne veut pas se
marginaliser, d’être associée à une aide européenne qui est en
partie la sienne, qu’il s’agisse de celle de la Commission ou de
la BEI. Dans ce but, une réflexion devrait être menée par la
France comme par d’autres Etats européens, pour accroître à
terme cette visibilité de l’Europe57.
•
L’impossibilité à court terme d’une part de s’aligner derrière
une coopération européenne actuellement peu visible, d’autre
part de mettre en œuvre des projets de la Coopération
française en comptant sur des financements européens. Le
programme de modernisation industrielle de € 250 millions mis
en place par l’Union européenne en est un exemple. Ce
programme, le plus gros projet financé par l’Union hors des
pays membres, s’est heurté à une insuffisante capacité de mise
en œuvre et finalement € 175 millions ont été affectés en aide
budgétaire et non en financement de projets. Certains acteurs
de la Coopération française, qui estiment avoir des projets
intéressants à réaliser sans pouvoir disposer d’un quart de
million d’euros sont sceptiques sur l’efficacité des deniers des
contribuables notamment français, et rêvent de financements
européens pour des projets français. Mais cette possibilité est le
plus souvent exclue pour deux raisons : i) le Programme
Indicatif National, PIN, de la Commission européenne a ses
objectifs et ses secteurs de concentration. Un projet français ne
peut trouver un écho européen que s’il cadre avec les objectifs
très sélectifs du PIN ; ii) comment l’Union européenne pourraitelle acquérir à terme une visibilité si elle se contente de
financer des projets des Etats membres ?
Une réflexion commune ne peut évidemment être conduite que par la Commission. Le programme Tempus,
qui semble un programme particulièrement réussi de l’Union européenne, pourrait être un des éléments de
cette visibilité.
76
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
•
en Egypte (1993-2003)
Les lents progrès de la concertation européenne. Consciente
du hiatus entre les projets français et les financements
européens, la Coopération française a nommé un Conseiller
régional de coopération multilatérale, dont le rôle ne peut bien
sûr consister à trouver des financements européens pour des
projets français, mais qui est susceptible de réaliser une
analyse amont des programmes européens et de favoriser
l’intégration des acteurs français dans ces programmes. Le
manque de concertation au niveau européen rend cependant
les avancées difficiles, comme le montrent les difficultés de la
coordination européenne dans le domaine de la formation
professionnelle.
Vers une coopération européenne « à géométrie variable » où
la coopération franco-allemande pourrait, dans plusieurs domaines,
jouer un rôle moteur
Une coopération européenne plus forte, nécessaire à terme, est donc
immédiatement difficile. Le renforcement de cette coopération pourrait
passer par une coopération plus forte entre Etats membres actifs en
Egypte, ceux-ci étant différents selon les domaines pris en compte.
Pour la mise en oeuvre d’une telle coopération « à géométrie variable » on
peut se demander si un développement de la concertation francoallemande ne pourrait pas donner d’excellents résultats pour les raisons
suivantes :
•
L’approche de la coopération avec l’Egypte n’est pas
fondamentalement différente entre l’Allemagne et la France, et
les domaines d’intervention sont souvent voisins.
•
Les Egyptiens sont très conscients, pour des raisons politiques,
de l’identité de vue des deux pays.
•
Ensemble, et éventuellement avec d’autres Etats membres,
l’Allemagne et la France peuvent avoir une capacité d’influence
sur l’Union européenne, notamment en ce qui concerne les
projets à réaliser, beaucoup plus importante qu’un Etat
membre seul. On peut rappeler que sur la période 1993-2002,
la France et l’Allemagne ont été le deuxième et le troisième
contributeur à l’APD nette reçue par l’Egypte.
•
Des procédures franco-allemandes pourraient être plus souples
que les procédures européennes, très complexes pour un pays
où les décisions sont peu enfermées dans des procédures.
77
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
•
en Egypte (1993-2003)
Dans
plusieurs
domaines
des
coopérations
ont
été
développées58, et les représentants allemands rencontrés (GTZ
et KfW) se sont déclarés très partisans de développer cette
coopération.
Les effets d’un telle concertation ne peuvent bien sûr être importants que si
elle sous-tendue par une volonté politique, car, sur le terrain, les
interventions allemandes et françaises se révèlent souvent plus
concurrentes que complémentaires.
Une période exceptionnellement favorable pour accroître la
visibilité de l’aide européenne et de la coopération française
Face au « besoin d’Europe » de l’Egypte, plusieurs facteurs rendent la
période extrêmement favorable à l’accroissement de la présence
européenne (Commission et pays membres) :
•
•
•
•
•
la diminution de l’aide américaine et une certaine diminution de
l’influence directe des Etats-Unis due à la volonté de diminuer
les financements américains59 ;
le relatif retrait de la Banque mondiale ;
l’engagement à terme de l’Europe sur une association euroméditerranéenne ;
l’abandon en janvier 2003 par l’Egypte d’un régime de change
ancré sur le dollar ;
la reconnaissance internationale de l’euro60.
Pour la France, les relations politiques et le rôle joué au Maghreb
constituent des atouts supplémentaires.
On peut penser que la préparation de MEDA III, qui doit commencer en
2008, pourrait être mise à profit pour mieux positionner les coopérations
européennes, dont celle de la France, vis à vis des interventions de l’Union
européenne.
58
On peut par exemple citer le cas de la formation professionnelle.
59
« As our relationship shifts from one largely based on aid to one characterized by trade and investment » Déclaration du Directeur de la mission en Egypte de l’USAID pour les 25 ans de la coopération avec l’Egypte.
60
L’existence d’un taux de change supérieur au dollar a marqué certains Egyptiens.
78
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Deuxième partie
La coopération française en Egypte
79
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en Egypte (1993-2003)
I La stratégie globale et les grandes orientations de la
coopération culturelle française
Une stratégie de coopération largement implicite
Les travaux réalisés à l’occasion des commissions mixtes fournissent
généralement l’occasion aux deux parties concernées de faire un bilan des
actions réalisées, de recenser les attentes (et singulièrement celles du pays
bénéficiaire), de définir enfin les grands axes stratégiques de la coopération
future qui seront déclinés, par la suite, dans des programmes d’actions et
dans des projets à réaliser61. Idéalement, ces travaux devraient conduire à
l’élaboration d’un cadre logique associant objectifs, moyens et actions.
Les commissions mixtes
(1992 et 2001) ne
« dévoilent » pas la
stratégie globale de
coopération en
Egypte…
…qui reste ainsi
largement implicite.
Les deux commissions mixtes franco-égyptiennes (1992 et 2001) s’écartent
assez sensiblement de ce canevas général : dans les deux cas en effet, ces
documents cadre restent très évasifs, pour ne pas dire sibyllins, dans
l’énoncé de la stratégie française de coopération en Egypte.
Il faut néanmoins se garder de conclure, peut-être hâtivement, que le
caractère elliptique de la déclaration de politique générale de coopération
figurant dans les préambules des comptes rendus des commissions mixtes
ne ferait que traduire l’absence de stratégie bien définie62. Celle-ci reste, en
effet, très largement implicite. Il est possible, toutefois, d’en esquisser les
contours à condition de porter le regard de la longue période.
Le regard de la longue
période permet de
« révéler » la stratégie
française.
Une coopération « historique »
Les relations culturelles
franco-égyptiennes
sont très anciennes et
remontent, pour
certaines, au XIX°
siècle.
Les relations culturelles franco-égyptiennes sont très anciennes ; certaines
d’entre-elles remontant au début du XIXème siècle. Ainsi, l’expédition
Bonaparte (1798) et les travaux de Champollion vont susciter un véritable
renouveau de l’égyptologie et fonder une coopération active qui perdure
aujourd’hui au travers des activités de recherches de l’IFAO ou celles du
centre franco-égyptien de Karnak, pour ne citer que ces deux institutions.
Cette épopée coloniale aura aussi pour effet de susciter un certain
« réveil » de l’Egypte. Le processus de modernisation, conduit notamment
61
Ainsi, le procès verbal de la commission mixte de janvier 1992 notait : « La partie française a informé la
partie égyptienne qu’elle entendait désormais consacrer les réunions de commissions mixtes à l’évaluation
des résultats et à la définition des grandes orientations de la coopération bilatérale » (p. 3).
62
Selon le rapport d’audit interne du réseau de coopération et d’action culturelle : « Le dispositif de coopération
et d’action culturelle en Egypte apparaît comme un legs de passé, les orientations successives de notre
politique s’étant traduites par une accumulation de créations de postes plutôt que par des redéploiements
mûrement réfléchis et articulés autour d’une véritable politique ». Ministère des Affaires étrangères, DGCID,
DGA, Compte rendu de mission en Egypte : 8-12 février 2004, page 6.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
par Mohamed Ali afin de s’affranchir de la tutelle d’Istanbul et des
Mamelouks, se traduira par l’invitation de nombreux experts, français et
britanniques, spécialistes de la santé, de l’éducation ou encore des arts
militaires. Ce mouvement sera réciproque ; les autorités égyptiennes de
l’époque finançant des voyages d’étude en Europe pour certains de leurs
meilleurs éléments. Ces relations culturelles se traduiront aussi par
l’implantation, en Egypte, d’instituts d’études et de recherche dont le plus
illustre est certainement l’Ecole française du droit. Enfin, ces liens, dont
nous avons fêtés le bicentenaire en 1998, se manifestent aussi au travers
de la francophonie et d’une coopération éducative et linguistique de longue
date. Cet « héritage francophone » se traduit par l’existence d’un réseau
d’une soixantaine d’établissements bilingues, d’enseignement primaire et
secondaire et au rang desquels figurent les anciens lycées de la Mission
Laïque.
Archéologie, sciences
sociales, éducation,
culture… sont les
substrats historiques de
notre coopération.
Ils conditionnent
fortement la stratégie
de coopération.
Ces principaux domaines d’intervention (archéologie, sciences sociales,
éducation et culture) vont constituer au fil du temps le substrat de notre
coopération en Egypte. L’existence d’un tel noyau dur historique contraint
sensiblement l’exercice d’écriture de la stratégie globale de la coopération
française. Ce biais conservateur n’est pas nécessairement négatif. Les
champs traditionnels d’intervention ont incontestablement participé –et
participent toujours- au rayonnement de la France en Egypte. Ces socles
historiques ne sont donc pas anachroniques. Mais, d’un autre côté, ils
réduisent les degrés de liberté pour définir de nouveaux axes
d’intervention, surtout dans un contexte de diminution des dotations
budgétaires.
Une commission mixte de 1992 marquée par le
conservatisme
Ainsi, la prégnance de l’histoire va fortement marquer les travaux de la
commission mixte de 1992. Ceux-ci vont faire l’économie, non seulement
d’une définition explicite de la stratégie de coopération, mais aussi de ses
grands objectifs sectoriels. Le relevé de ses conclusions se présente plutôt
comme un catalogue d’actions à mener, souvent très modestes, dans
chacun des secteurs historiques d’intervention, sans que la cohérence
d’ensemble n’apparaisse très clairement et, surtout, sans que les multiples
actions envisagées soient réellement hiérarchisées. Un tableau synoptique
résumant ces conclusions figure à la page suivante. Il montre que, dans la
plupart des secteurs et sous-secteurs, les deux parties se félicitent des
résultats de leur coopération antérieure, envisagent de la poursuivre et
ajoutent, par touches légères, quelques approfondissements. Le nombre
d’actions réellement nouvelles, semble faible (le projet de création de
cycles supérieurs francophones –action n°2.7- est l’exception qui confirme
la règle). Aucun nouveau secteur d’intervention ne semble avoir été
introduit depuis la précédente commission de 1982.
La commission de 1992
ne contient ni exposé
de la stratégie, ni
objectifs sectoriels.
Elle se résume à un
catalogue de mesures
modestes dans tous les
secteurs historiques
d’intervention.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Relevé des principales conclusions de la commission mixte franco-égyptienne de 1992
1 COOPERATION LINGUISTIQUE ET EDUCATIVE
1.1 Enseignement secondaire
-
Favoriser l’apprentissage du français comme
(rénovation des méthodes pédagogiques)
- Renforcer la formation des enseignants
première
langue
-Maintenir la coopération en faveur des conseillers d’Etat
- Reprendre le projet, inachevé, d’informatisation du conseil d’Etat
- Encourager la coopération judiciaire
- Compléter la coopération dans le domaine de la formation des diplomates
- Poursuivre la formation des fonctionnaires de l’Organisation Centrale des comptes
1.2 Enseignement technique
- Etudier la possibilité d’un soutien à la formulation des programmes
1.3 Enseignement supérieur
2.5 Agriculture
- Etudier la mise en place d’une instance de concertation pour le suivi
de la formation des professeurs de français
1.4 Enseignement continu du français
-Etudier comment développer l’apprentissage de la langue française en
dehors du système scolaire et universitaire
1.5 Audiovisuel éducatif
-Renforcer la formation des personnels chargés de la conception des
programmes éducatifs en français (radio et télé)
1.6 Boursiers
TECHNIQUE
- Renforcer le BLAFE
- Poursuivre certains programmes de recherche ORSTOM
- Organiser des cycles de perfectionnement à la gestion des projets
2.6 Santé
- Poursuivre la coopération en chirurgie, soins généraux et administration
- Poursuivre la coopération dans le domaine de la PMI
2.7 Développement des filières de formation scientifiques en Français
- Etudier la création de filières de formation (francophone), scientifique et
techniques, qui constitueraient un débouché pour les anciens élèves
d’établissements francophones
3 COOPERATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE
3.1 Arts de la scène
-Examiner les modalités de fonctionnement de la co-tutelle
2
CCOPERATION
SCIENTIFIQUE
ADMINISTRATIVE
2.1 Sciences sociales et humaines
Source : d’après P.V. de la commission mixte de janvier 1992.
2.4 Administrations publiques
ET
- Apporter un soutien au projet d’organisation d’un festival de musique
Intensifier les échanges dans le domaine théâtral
- Favoriser les expositions artistiques égyptiennes en France
3.2 Arts plastiques
-Pas d’actions précises. Satisfecit au CEDEJ
2.2 Archéologie et patrimoine
- Poursuivre les échanges (musées) et la coopération dans la restauration
-Archéo : appuyer un projet de prospection magnétométrique
- Patrimoine : poursuivre la coopération dans la protection du patrimoine
islamique
- Urbanisme : poursuivre la coopération dans ce domaine
- Cartographie : pas d’actions précises
2.3 Sciences et techniques
3.3 Cinéma
- Développer la coopération cinématographique
3.4 Presse et audiovisuel
- Poursuivre la coopération dans le domaine journalistique
- Favoriser la formation des personnels chargés de la programmation (radio-télé)
3.5 Livre et traduction
- Aéronautique : étudier les nouvelles orientations pour la formation des
ingénieurs
- Autres : Poursuivre la coopération avec l’ENT (France)
- Soutenir le projet (UNESCO) de grande bibliothèque à Alexandrie
- Fournir des ouvrages et assurer la formation des bibliothécaires
3.6 Jeunesse et Sports :
- Poursuivre la formation des cadres
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La commission mixte de 2001
La commission mixte de 2001 montre un indéniable progrès par rapport à
la précédente. Si elle ne comporte toujours pas de définition explicite de la
stratégie globale de coopération, on constate en revanche un réel effort de
synthèse qui conduit à définir cinq axes prioritaires :
-1) Retrouver une position significative dans l’enseignement
supérieur égyptien ;
-2) Rénover notre coopération linguistique ;
-3) Développer notre coopération dans le domaine de la coopération
technique ;
-4) Maintenir l’excellence de notre coopération en archéologie et en
sciences sociales ;
-5) Favoriser les échanges culturels et le dialogue des cultures.
Le poids de l’histoire
pèse aussi sur la
commission de 2001
qui insiste sur le
renforcement des
acquis.
Les actions projetées dans chacun de ces axes figurent dans un tableau
synoptique placé à la fin de cette section.
Comme on peut le constater, le poids de l’histoire se manifeste aussi dans
le choix des objectifs opérationnels qui insistent plus, dans l’ensemble, sur
le renforcement du dispositif, sur le maintien des avantages acquis ou sur
la reconquête de positions fortes dans certains domaines, que sur le
développement de nouvelles actions dans de nouveaux secteurs
d’intervention.
Si l’intervention française en Egypte en matière de coopération éducative
(aux divers niveaux de formation), linguistique, culturelle et de recherche
semble donc d’une grande stabilité quant aux champs d’activités et aux
programmes globaux mis en oeuvre, on perçoit cependant à la lecture des
différents projets une évolution de plus en plus marquée -surtout dans le
secteur culturel- au cours des trois ou quatre dernières années. Ces
évolutions concernent principalement : (1) les bénéficiaires de l’aide
française (ouverture à de nouveaux publics) ; (2) les méthodes
d’élaboration des projets (qui reposent plus qu’avant sur la concertation) ;
(3) la finalité des projets (qui insistent plus désormais sur la
professionnalisation de nos partenaires) ; (4) la portée des programmes
(qui dépassent pour certains le seul cadre de l’Egypte) ; enfin, (5)
l’association d’une pluralité d’acteurs en partenariat (en élargissant ainsi le
champ traditionnel de la coopération institutionnelle bilatérale). Ces
innovations, auxquelles s’ajoute peut-être l’ouverture progressive au
multilinguisme, sont décrites ci-dessous.
On note toutefois des
évolutions à l’intérieur
des secteurs
historiques. Celles-ci
concernent :
1) les bénéficiaires ;
2) la conception des
projets
3) la finalité des actions
4) l’élargissement
régional des projets
5) la synergie avec les
autres bailleurs.
Une ouverture à nouveaux publics
L’adaptation de notre dispositif est sensible tout d’abord dans l’ouverture
de la coopération française à de nouveaux publics. Traditionnellement
orientées vers les élites francophiles et souvent francophones, nos
interventions s’adressent aussi, maintenant, aux cadres cultivés et à
l’ensemble de la jeunesse. Si, d’un côté, à travers le dispositif des écoles
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La coopération
culturelle ne s’adresse
plus exclusivement aux
élites.
Le dialogue des
cultures est étendu,
ponctuellement, au
« grand public ».
Le partenariat demeure
timide, mais il
progresse.
Les projets culturels
insistent sur la
professionnalisation des
bénéficiaires.
en Egypte (1993-2003)
bilingues, des filières universitaires francophones dans des secteurs où
traditionnellement la présence française est importante (droit, journalisme,
archéologie…), de l’Université Française du Caire (UFE), des institutions de
recherche (CEDEJ, IFAO) la cible visée est plutôt stable, d’un autre côté, de
nombreuses actions touchent une population beaucoup plus vaste. C’est
dans l’espace culturel que ces frémissements sont le plus notoire. Parmi les
initiatives relevées dans ce domaine, on peut citer le développement de
l’offre musicale dans les médiathèques à l’adresse de tous les publics
jeunes, les actions concernant le livre sous toutes ses formes, les
manifestations artistiques dont l’offre étendue intéresse des publics de plus
en plus larges. Cette nouvelle approche est probablement de nature à
modifier l’impact de nos actions.
Cette évolution est surtout lisible dans les contenus de la programmation
culturelle. Elle se perçoit notamment à travers le développement de
grandes manifestations à fort retentissement médiatique, de la foire du
livre aux biennales artistiques, d’événements tels que « France Egypte,
horizons partagés », dont les nombreuses actions se sont déroulées
simultanément en France et en Egypte, ou bien d’expositions « Les Français
aiment le Caire », « Quand les sciences parlent arabe »… La forme et le
retentissement de ces manifestations participent clairement au dialogue
des cultures, qui semble être un axe central d’intervention depuis
septembre 2001. Ce dialogue des cultures est concrétisé par de multiples
actions allant de spectacles, d’expositions aux débats d’idées, de colloques,
conférences et rencontres d’auteurs… L’impact de ces actions devrait être
de nature à amplifier l’image positive de la France dans des milieux plus
diversifiés.
Des projets conçus en plus grande concertation
Cette ouverture est aussi présente au plan de la méthode et des formes de
concertation qui sont adoptées. Certes, l’expression de la demande
égyptienne est complexe à percevoir, compte tenu des modes de
fonctionnement spécifiques de l’Etat et de la communauté égyptienne ;
mais certaines initiatives françaises mettent en place des procédures de
concertation qui impliquent l’ensemble des partenaires et qui sont des
moments privilégiés pour l’expression et la prise en compte de la demande
égyptienne, privée et publique. Cette forme de concertation, que l’on a
tendance à considérer comme naturelle et consubstantielle de la relation de
coopération, devrait être plus présente sur l’ensemble du dispositif
d’intervention.
Des projets visant la professionnalisation de notre partenaire
Le « dialogue des cultures » s’accompagne d’actions visant à la
professionnalisation de nos partenaires : résidences d’artistes, masterclass, coproductions, installation ou développement de services pour le
public, comme la Grande Bibliothèque d’Alexandrie qui comprend un volet
important de formation.
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Certains projets
culturels (dans le livre
par exemple) ont
désormais une vocation
régionale.
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Des projets qui s’inscrivent dans une politique régionale
Un autre aspect caractéristique de l’évolution de notre politique de
coopération réside dans la volonté de traiter certains champs d’activités,
non plus au seul niveau national, mais à travers une politique régionale
dans l’ensemble du monde arabe. Le meilleur exemple de cette évolution
se concrétisera dans le secteur culturel, plus précisément dans celui du
livre, avec la création d’un département de traduction : véritable approche
régionale, associant une plus grande diversité de partenaires privés et
publics pour une extension de l’offre littéraire dans l’ensemble du monde
arabe. On devrait attendre de ce département un impact plus grand au
plan de l’attraction culturelle française63. En fait, cet exemple pourrait être
emblématique d’une tendance à la régionalisation, qui touche déjà la
francophonie dans son ensemble, et qui pourrait s’appliquer à d’autres pans
de notre intervention.
Plus de projets conçus en partenariat
Parallèlement à cette mise en perspective régionale, nombre
d’interventions se développent dans le cadre de partenariats, soit entre nos
deux pays (institutions, opérateurs et diffuseurs, français ou égyptiens),
soit de plus en plus avec des partenaires d’autres pays, en particulier
européens. Il en est ainsi pour un certain nombre d’événements annuels ou
pluriannuels comme les fêtes de la musique et de la francophonie, les
festivals de danse et de musique, ou encore le festival européen et arabe
« musique et patrimoine ». On peut citer également cette année, en France
avec l’IMA, la manifestation « la gloire des pharaons », ou encore, dans le
cadre de Lille 2004, l’hommage à l’archéologue Auguste Mariette ou
l’hommage rendu à Champollion, à Grenoble, en marge du congrès mondial
d’archéologie.
On note une volonté
certaine, dans certains
projets culturels, de
s’associer avec d’autres
partenaires européens.
Ces innovations, parfois
prometteuses,
participent au
renouvellement de nos
modalités d’intervention
dans les champs
historiques de
coopération.
Une réflexion sur le multilinguisme
Enfin, un frémissement se fait au niveau du multilinguisme à travers le livre
et les actions de traduction, ou la mise en place d’un système de
consultation trilingue à la Grande Bibliothèque d’Alexandrie. Une stratégie
d’ensemble ne s’est pas encore dessinée en matière de multilinguisme, en
particulier au travers des trois langues dominantes, arabe, anglais et
français, dont la conjugaison simultanée pourrait favoriser la position du
français auprès de nouveaux publics (en particulier la jeunesse), que ce
soit dans le cadre de la formation privée et publique, ou au travers des
activités culturelles.
Ces exemples montrent qu’une part importante des interventions françaises
en Egypte se situe dans la continuité des actions entreprises de manière
constante depuis de longues années, voire de plus d’un siècle pour
63
Cet impact est encore à venir en raison des dysfonctionnements que connaît ce département (cf. infra).
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l’archéologie, souvent dans une tradition francophile, qu’elle concerne une
cible stabilisée et se déroule dans une certaine tradition stratifiée par
l’histoire. Mais, depuis peu, tout un pan de notre intervention -dans le
secteur culturel principalement et, dans une moindre mesure, dans le
domaine linguistique- emprunte de nouvelles voies qui conduisent à une
réflexion d’ensemble sur les modalités et les choix à opérer pour le futur.
Les grands objectifs sectoriels de la commission mixte de 2001 et les principales actions
envisagées.
Objectif 1 :
RETROUVER UNE POSITION SIGNIFICATIVE DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
Principales réalisations :
•
Appui aux 6 filières universitaires francophones : droit, économie et sciences
politiques, journalisme, commerce international et agro-alimentaire intégrées dans les
universités du Caire et d’Alexandrie ; 650 étudiants.
•
Appui logistique à l’Université Française d’Egypte (UFE). Trois filières : informatique et
gestion ; langues appliquées et ingénieurs : 115 étudiants.
•
Echanges d’étudiants :. 819 étudiants égyptiens inscrits dans les universités françaises
en 2002/03, dont 40 bourses d’études du gouvernement français ; 22 bénéficiaires d’une
bourse Eiffel depuis 1999..
Commentaires :
•
Les filières francophones d’enseignement supérieur accueillent près de 700 étudiants.
Elles constituent un débouché naturel pour les élèves ayant réalisés leurs études dans les
établissements francophones.
•
La création de l’UFE, financée par des investisseurs privés, devrait permettre de
répondre à une demande locale insatisfaite. A terme, l’UFE devrait représenter le fleuron
de notre présence éducative et scientifique en Egypte. Elle rencontre actuellement
certaines difficultés, notamment financières.
•
L’UFE et les filières francophones à l’Université du Caire et d’Alexandrie ont permis de
renforcer notre influence dans l’enseignement supérieur égyptien. Ce secteur est
fortement concurrencé par les Etats-Unis et, plus récemment, par l’Allemagne (700
inscrits).
•
Les échanges d’étudiants restent encore modestes. Le nombre de bourse demeure
trop restreint.
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Objectif 2 :
RENOVER ET CONTRACTUALISER NOTRE COOPERATION LINGUISTIQUE
Principales réalisations :
•
L’aide française bénéficie à une soixantaine d’établissements bilingues (primaire et
secondaire) qui accueillent 45 000 élèves environ.
•
Appui au perfectionnement pédagogique des inspecteurs et des professeurs de
français de l’éducation nationale égyptienne.
•
Rénovation des actions de coopération par le biais d’une politique de contrats négociés
avec le réseau des établissements d’enseignement bilingue du secteur gouvernemental.
Introduction de nouvelles méthodes pédagogiques et développement des technologies
nouvelles dans l’enseignement du français.
•
Appui au ministère de l’Education égyptien (AT) pour le renforcement de notre
coopération avec les départements universitaires.
Commentaires :
•
Près de 50% de l’enveloppe de coopération du Poste sont consacrés à la coopération
linguistique et éducative (2,5 millions d’euros).
•
100 000 élèves scolarisés dans les établissements secondaires égyptiens choisissent le
français en première langue vivante.
•
4 000 élèves sortent chaque année de l’enseignement secondaire bilingue. Mais, le
dispositif semble insuffisant pour alimenter les filières bilingues du supérieur
•
10 000 étudiants étudient le français à l’Université.
Objectif 3 :
DEVELOPPER LA COOPERATION DANS LE DOMAINE DE LA COOPERATION TECHNIQUE,
DE LA RECHERCHE ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
Principales réalisations :
•
Diplomatie : coopération administrative avec l’IIAP pour la formation de jeunes
diplomates égyptiens.
•
Sécurité intérieure : Formations appuyées par le SCTIP.
•
Sécurité civile : coopération dans les domaines de la gestion des crises, l’organisation
des secours et le système incendie à l’aéroport du Caire.
•
Agriculture : une cinquantaine de projets financés sur les fonds de contrepartie de
l’aide alimentaire (actions du BLAFE).
•
Santé : Financement (sur crédits d’annulation de la dette) de la construction de
l’hôpital (français) Ksar Al Aïni (1996). Un attaché de coopération santé jusqu’en 2001.
Actuellement quelques partenariats hospitalo-universitaires.
•
Recherche scientifique : proposition de coopération dans les secteurs de la valorisation
industrielle de la recherche et dans celui de la diffusion de l’information scientifique et
technique. L’IRD est présent depuis 1987. Le partenariat scientifique concerne les sciences
sociales (5 équipes), la virologie et la télédétection (chacune une équipe).
•
Formation professionnelle : Un AT (depuis 2003) auprès du conseil suprême égyptien
pour le développement des ressources humaines afin de faciliter l’accès de l’expertise
française aux programmes de la Banque mondiale et de l’UE.
Commentaires :
•
La recherche scientifique ne figure pas au rang des priorités du gouvernement
égyptien.
•
La coopération sanitaire est aujourd’hui presqu’au point mort.
•
La partie égyptienne a souhaité la création d’une académie de justice. Un expert
français pourrait être mis à disposition du ministère égyptien de la Justice.
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Objectif 4 :
MAINTENIR L’EXCELLENCE DE NOTRE COOPERATION EN ARCHEOLOGIE ET EN SCIENCES
SOCIALES
Principales réalisations :
•
Crédits de fonctionnement alloués au Centre d’éttudes et de documentation
économique, juridique, urbaine et sociale (CEDEJ). Le CEDEJ est une unité du CNRS qui
comprend 26 chercheurs et 70 étudiants-chercheurs. Les axes de recherche concernent
actuellement :(1) la vie politique la société civile, les pratiques normatives ; (2) l’histoire
de la médecine et l’histoire des sciences ; (3) l’espace et les territoires, les différenciations
socio-économiques. Le CEDEJ a été un partenaire de l’IRD dans une étude sur les ONG ;
•
L’Institut français d’archéologie orientale (IFAO) est un centre de recherche relevant
du ministère français de l’Education nationale. Il ne reçoit aucune subvention du MAE mais
ce dernier finance de nombreux travaux de fouille.
Commentaires :
•
Les travaux du CEDEJ souffrent probablement d’une valorisation insuffisante.
•
De par son passé (l’IFAO a été créé dans les années 1880 et l’excellence de ses
travaux, l’IFAO représente une plate-forme de première ampleur pour le développement
de la recherche égyptologique.
Objectif 5 :
FAVORISER LES ECHANGES CULTURELLES ET LE DIALOGUE DES CULTURES
Principales réalisations :
•
Appuis à des institutions culturelles égyptiennes : Opéra du Caire, Théâtre des
Hanaguer, Centre national des arts, festival du Caire… Financement de coproductions
(« France-Egypte : horizons partagés, 1998) ;
•
Financement d’actions de formation des jeunes artistes égyptiens ;
•
Coopération dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine urbain et architectural ;
•
Opérations de valorisation du patrimoine culturel égyptien (« Les français aiment le
Caire, 2001) ;
•
Coopération dans le domaine de la muséologie (« Quand les sciences parlent arabe,
2003) ;
•
Participation à l’organisation de festivals cinématographiques ;
•
Financements en faveur de la grande bibliothèque d’Alexandrie : conservateur de
bibliothèque, octroi de bourses de formation, dons de livre, appuis financiers au système
informatique ; co-financements pour la réalisation d’un musée de l’histoire des sciences au
sein de la Bibliothèque…
•
Dotations d’ouvrages à la bibliothèque Moubarak et à la bibliothèque du Grand Caire.
•
Coopération dans le secteur du journalisme : création d’une filière francophone
débouchant sur un DESS
Commentaires :
•
La présence culturelle de la France est l’une des dimensions spécifiques (et
fondamentales) de la relation avec l’Egypte.
•
Le centre français de culture et de coopération du Caire (CCC) est un vecteur
important de la diffusion de la langue et de la culture française.
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II La coopération économique
Les protocoles financiers
Protocoles financiers, RPE et FASEP
Durant la période 1993-2003, l’instrument privilégié de la coopération
conduite par le MINEFI en Egypte a été représenté par les protocoles
financiers. La réforme de ces protocoles intervenue en 1998 a donné
naissance à la Réserve Pays Emergents, RPE, qui a substitué une logique
d’aide-projet à la logique d’enveloppe financière par pays. Contrôlée par la
DREE, la RPE cherche à la fois à soutenir les entreprises françaises dans
leur stratégie à l’exportation sur les marchés porteurs et à prendre en
compte l’impact des projets sélectionnés sur le développement des pays
récipiendaires. Chaque projet RPE fait l’objet d’une évaluation a priori et
d’une approbation par un comité interministériel, puis donne lieu à la
signature d’un protocole avec les autorités du pays bénéficiaire pour la
mise en place d’un prêt inter-Etats concessionnel. Ce prêt est rétrocédé aux
entreprises, mais les conditions concessionnelles peuvent être différentes.
Une vingtaine de pays sont éligibles à la RPE, la liste des pays, établie en
concertation notamment avec le MAE, étant susceptible de varier chaque
année. L’Egypte figurait dès 1998 sur cette liste.
L’Egypte a été
inscrite dès
1998 sur la
liste des pays
éligibles à la
RPE
Lors de la réforme, a également été institué un Fonds d’Aide au Secteur
Privé, FASEP, qui a pour objectif de favoriser l’offre française pour
l’obtention de marchés et de financements à l’étranger. Le FASEP-Etudes
finance des études, des prestations d’assistance technique et des actions
de coopération institutionnelle64. Le FASEP-Garantie vise à favoriser les
implantations à l’étranger de PME/PMI françaises.
Les financements réalisés
Durant la période, les financements suivants ont été réalisés sur protocoles
(cf. tableau pages suivantes).
64
Les financements prennent la forme de dons ou de prêts avec éventuellement une participation du
bénéficiaire étranger, notamment en cas de bonne marche du projet.
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Les procédures
Ces projets sur protocoles ont tous été ratifiés par le Parlement égyptien
après avis et transmission par le Premier ministre à la Présidence de la
République. Les passations de marchés, qui doivent à la fois respecter les
conditions de l’aide liée et le Code des marchés publics égyptiens, sont
souvent délicates. D’autre part, les projets qui comportent un engagement
du bénéficiaire en part locale (projets qui comportent une partie génie civil
importante par exemple) subiraient souvent des retards d’exécution
conduisant à des reports des dates limites de tirage. D’autre part, « Les
délais de mise en vigueur d’un protocole entre la demande et le démarrage
effectif des travaux sont tels que les autorités égyptiennes peuvent être
amenées à faire d’autres choix techniques ou politiques et souhaiter alors
utiliser le montant de ces protocoles à d’autres projets dans le même
secteur ou bien encore dans des domaines tout à fait différents »65. La
modification totale de l’objet d’un projet n’est évidemment pas admissible,
mais il est sans doute nécessaire de s’interroger sur la lenteur des
procédures et sur la capacité de décider laissée aux autorités françaises sur
place.
65
Note de la Mission économique – 6 mai 2004.
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Engagements des protocoles et des Fasep par secteur en M€
Assainissement
Eau potable
Electricité
Navigation aérienne
Irrigation
Métro
Téléphone
Chemin de fer
Divers
Total
1993
1994
1995
2,4
33,4
17,8
2,6
0,5
53,6
0,8
13,0
4,6
2,3
2,1
4,6
17,8
13,0
1,5
28,7
9,9
5,0
24,0
0,8
4,6
1,5
4,9
85,0
80,9
76,2
72,6
15,2
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
32,8
10,7
2,1
25,2
12,2
7,6
18,3
2,1
12,2
9,9
4,6
22,0
6,2
3,4
0,4
5,9
39,6
0,8
49,2
6,9
54,7
5,0
0,6
12,1
0,3
0,0
3,4
71,5
Total
90,3
81,1
61,1
62,7
55,7
63,2
33,5
28,9
26,1
5,9
0,8
502,8
2003
2004
Total
Montants utilisés à fin 2003 des protocoles et des Fasep en M€
Assainissement
Eau potable
Electricité
Navigation aérienne
Irrigation
Métro
Téléphone
Chemin de fer
Divers
Total
1993
1994
1995
2,4
33,0
17,8
2,6
0,5
35,1
0,8
13,0
4,6
2,3
1,0
4,6
14,5
5,5
1,5
27,3
6,9
5,0
23,9
0,7
4,5
1,4
4,9
77,1
76,1
56,8
54,4
15,2
1996
1997
0,0
0,0
25,2
10,1
7,5
0,0
2,1
0,0
9,6
4,5
1998
1999
2000
0,0
2,5
3,1
5,4
7,3
0,1
0,0
93
Rapport final définitif – Mars 2005
0,0
0,1
4,9
23,7
0,0
0,1
0,2
5,4
SERES
ddidacticiels et modélisation économiques
2002
0,0
Source : calculé d’après des données de Natexis
dme
2001
3,1
0,3
0,2
0,0
39,1
68,5
37,7
34,9
37,1
13,6
33,4
23,6
16,4
304,4
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Opérations financées sur protocole et Fasep
montant
protocole
M€
montant
contrat
M€
part
trésor
M€
Utilisations
M€
solde
M€
Conditions
Aménagmt
urbain
3,0
0,0
0,0
0,0
3,0
prêt
Santé
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
don
Irrig
0,5
0,5
0,5
0,5
0,0
don
Etude usine d'incinération
Assainissement
0,5
0,5
0,5
0,5
0,0
don
16/03/1993
Etude drainage Alexandrie Est
Assainissement
0,6
0,6
0,6
0,6
0,0
don
723
16/03/1993
Etude résorption fuite réseau d'eau au Caire
eau potable
0,8
0,8
0,8
0,8
0,0
don
723
16/03/1993
Etude de lutte contre l'érosion Alexandrie
Environnement
0,7
0,7
0,7
0,7
0,0
don
723
16/03/1993
Etude complexe radio/TV du Six-Octobre
Média
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
don
724
16/03/1993
Equipement Hôpital Shark El Medina
Santé
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
don
725
16/03/1993
Rénovation quartier Gamaleya
Aménagmt
urbain
4,6
0,1
0,1
0,1
4,4
don
737
30/09/1993
Sous-station
(distribution)
13,7
13,7
13,7
13,7
0,0
prêt
737
30/09/1993
Extension de la station de traitement d'eau
potable de Fustat
eau potable
13,7
13,7
13,7
13,3
0,4
prêt
737
30/09/1993
Station
eau potable
9,8
9,8
9,8
9,8
0,0
prêt
n°
proto
cole
date
725
16/03/1993
Rénovation quartier Gamaleya
723
16/03/1993
Hôpital El Gala
723
16/03/1993
Supervision barrage d'Esna
723
16/03/1993
723
objet
secteur
de
électrique
traitement
de
d'eau
Louxor
potable
est
de
Distribution
94
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
n°
proto
cole
date
en Egypte (1993-2003)
objet
secteur
montant
protocole
M€
montant
contrat
M€
part
trésor
M€
Utilisations
M€
solde
M€
Conditions
13,7
13,7
13,7
13,7
0,0
prêt
d'Hosneya et El Badrashein
737
30/09/1993
Centraux téléphoniques d'Alexandrie et d'El
Khalbeya
737
30/09/1993
Système d'information aéronautique du Caire
Aviation civile
1,3
1,3
1,3
1,3
0,0
prêt
737
30/09/1993
Système d'information aéronautique du Caire
Aviation civile
1,0
1,0
1,0
1,0
0,0
prêt
737
30/09/1993
Compensateur d'énergie réactive
Distribution
2,1
2,1
2,1
2,1
0,0
prêt
737
30/09/1993
Station de traitement d'eau potable de Beni
Mazar
eau potable
4,9
4,9
4,9
4,9
0,0
prêt
737
30/09/1993
Extension de la station de traitement d'eau
potable de Beni Suef
eau potable
4,3
4,3
4,3
4,3
0,0
prêt
737
30/09/1993
Centre de formation pour travaux sous tension
Distribution
2,0
2,0
2,0
2,0
0,0
don
737
30/09/1993
Etude assainissement Alexandrie ouest
Assainissement
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
don
737
30/09/1993
Etude de modernisation du centre de contrôle
Aviation civile
aérien du Cair
0,3
0,3
0,3
0,3
0,0
don
737
30/09/1993
Etude du traitement des boues au Caire
Assainissement
0,3
0,3
0,3
0,3
0,0
don
737
30/09/1993
Equipement Hôpital de la police
Santé
0,9
0,9
0,9
0,9
0,0
don
737
30/09/1993
Equipements médicaux d'urgence
Santé
0,3
0,3
0,3
0,3
0,0
don
784
27/09/1994
Modernisation du système de contrôle aérien du
Aviation civile
Caire
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
784
27/09/1994
(complément Aviation civile
2,7
2,7
2,7
2,7
0,0
prêt
Tour
é
de
contrôle
du
Caire
Téléphone
95
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
n°
proto
cole
date
en Egypte (1993-2003)
objet
secteur
montant
protocole
M€
montant
contrat
M€
part
trésor
M€
Utilisations
M€
solde
M€
Conditions
0,8
0,8
0,8
0,7
0,0
prêt
d'équipement)
784
27/09/1994
Supervision de la réalisation du poste de
commande de la ligne 1 du métro du Caire
784
27/09/1994
Equipements pour la maintenance du réseau
Chem. de fer
ferroviaire de l'ENR
1,5
1,5
1,5
1,4
0,1
prêt
784
27/09/1994
Centrale hydro-électrique d'El Lahun
Production
3,0
3,0
3,0
2,4
0,7
prêt
784
27/09/1994
Extension de la station de traitement d'eau
potable d'El Tebbin
eau potable
12,2
12,2
12,2
11,7
0,5
prêt
784
27/09/1994
Extension de la station de traitement d'eau
potable de Beni Suef
eau potable
5,0
5,0
5,0
4,1
0,9
prêt
784
27/09/1994
Compensateur d'énergie réactive
Distribution
2,3
2,3
2,3
2,2
0,1
prêt
784
27/09/1994
Réhabilitation du laminoir d'Eisco
Sidérurgie
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
784
27/09/1994
Centraux téléphoniques d'Alexandrie
Téléphone
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
784
27/09/1994
Centraux téléphoniques d'El Khalbeya
Téléphone
2,3
2,2
2,2
2,2
0,0
prêt
784
27/09/1994
Station de pompage d'El Nasr -
Irrig
24,0
23,9
23,9
23,9
0,2
prêt
784
27/09/1994
Station de traitement d'eau potable du 10 de
Ramadan
eau potable
11,4
11,4
11,4
11,4
0,0
prêt
784
27/09/1994
Centrale thermique El Nasr Coke & Chemical
Production
2,3
0,0
0,0
0,0
2,3
prêt
784
27/09/1994
Centrale thermique d'Egyptalum
Production
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
784
27/09/1994
Hôpital Kasr El Aini (reliquat)
Santé
0,3
0,3
0,3
0,3
0,0
prêt
métro
96
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
montant
protocole
M€
montant
contrat
M€
part
trésor
M€
Utilisations
M€
solde
M€
Conditions
0,9
0,9
0,9
0,9
0,0
don
0,6
0,6
0,6
0,6
0,0
don
Etude de la station d'épuration Gabal El Asfar
Assainissement
des eaux usées du Caire
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
don
27/09/1994
Equipement agence de presse Mena
Média
0,8
0,8
0,8
0,8
0,0
don
843
14/12/1995
Etude résorption fuite réseau d'eau au Caire
eau potable
0,3
0,3
0,3
0,3
0,0
don
843
14/12/1995
Etude résorption
Ramadan/Badr
0,5
0,5
0,5
0,5
0,0
don
843
14/12/1995
Etude du traitement des eaux usées du Caire
Assainissement
0,2
0,2
0,2
0,2
0,0
don
843
14/12/1995
Etude de l'incinération des ordures ménagères
Assainissement
du Caire
0,3
0,3
0,3
0,1
0,2
don
843
14/12/1995
Equipements médicaux de l'hôpital El Galaa
0,8
0,8
0,8
0,8
0,0
don
843
14/12/1995
Equipement d'un laboratoire
produits alimentaires
0,2
0,2
0,2
0,2
0,0
don
843
14/12/1995
Supervision de la réalisation de la station de
Assainissement
traitement des eaux usées de Gabal El Asfar
0,8
0,0
0,0
0,0
0,8
don
843
14/12/1995
Seconde tranche de la station d'eaux usées de
Assainissement
Gabal El Asfar
52,6
52,6
52,6
34,9
17,7
prêt
843
14/12/1995
Sous station électrique de Wadi El Nuqra
9,1
9,1
9,1
9,1
0,0
prêt
n°
proto
cole
date
784
27/09/1994
Equipements médicaux pour l'institut médical
du cœur
784
27/09/1994
Informatisation Bourse du Caire
784
27/09/1994
784
objet
secteur
fuite
Santé
Marchés
financiers
réseau
d'eau
d'analyse
de
eau potable
Santé
de
Santé
Distribution
97
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
montant
protocole
M€
montant
contrat
M€
part
trésor
M€
Utilisations
M€
solde
M€
Conditions
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
Téléphone
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
Téléphone
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
Chem. de fer
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
0,8
0,0
0,0
0,0
0,8
prêt
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
prêt
7,0
7,0
5,6
7,0
0,0
prêt
7,0
4,7
3,8
4,5
2,5
prêt
1,6
1,6
1,3
1,6
0,0
prêt
Rénovation de la Tour de contrôle de Sharm El
Aviation civile
Sheik
0,8
0,8
0,6
0,8
0,0
prêt
11/11/1996
Rénovation des ateliers de maintenance de
Chem. de fer
l'ENR
3,8
3,8
3,0
3,0
0,9
prêt
892
11/11/1996
Réhabilitation de la station de pompage de
Komombo
Irrig
12,2
12,2
9,8
10,1
2,0
prêt
892
11/11/1996
Station de traitement d'eau potable de Fayoum
eau potable
10,7
0,0
0,0
0,0
10,7
prêt
n°
proto
cole
date
843
14/12/1995
Assistance technique pour la plannification et la
conception de réseaux électriques ruraux
843
14/12/1995
Centraux téléphoniques d'Alexandrie
843
14/12/1995
Centraux téléphoniques de la région du Delta
843
14/12/1995
Signalisation du réseau ferré
843
14/12/1995
Assistance technique pour l'hôpital de Kasr El
Aini
843
14/12/1995
Compensateur d'énergie réactive
892
11/11/1996
Remotorisation
Alexandrie
des
turbotrains
le
Caire-
892
11/11/1996
Remotorisation
Alexandrie
des
turbotrains
le
Caire-
892
11/11/1996
Assistance à la navigation aérienne
aéroports d'Alexandrie, El Dabaa et Taba
892
11/11/1996
892
objet
secteur
Distribution
Santé
Distribution
des
Chem. de fer
Chem. de fer
Aviation civile
98
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
montant
protocole
M€
montant
contrat
M€
part
trésor
M€
Utilisations
M€
solde
M€
Conditions
2,3
2,3
1,8
2,3
0,0
prêt
Téléphone
2,3
2,3
1,8
2,3
0,0
prêt
Distribution
2,1
1,8
1,4
0,0
2,1
prêt
Rénovation du centre de contrôle aérien du
Aviation civile
Caire
22,9
22,9
22,9
22,9
0,0
prêt
30/11/1997
Station de pompage d'Abu Rawash et Zenin
Irrig
12,2
0,0
0,0
0,0
12,2
prêt
949
30/11/1997
Renovation des catenaires de la ligne n°1 du
Caire
métro
9,9
9,7
7,7
9,6
0,3
prêt
949
30/11/1997
Extension de la station de traitement d'eau
potable de Shoubra El Kheima
eau potable
7,6
7,6
6,1
7,5
0,1
prêt
949
30/11/1997
Central téléphonique d'El Sharkia
Téléphone
2,3
2,3
1,8
2,2
0,1
prêt
949
30/11/1997
Central téléphonique d'Alexandrie
Téléphone
pm
pm
pm
pm
0,0
prêt
949
30/11/1997
Modernisation du système de contrôle aérien du
Aviation civile
Caire (complément)
2,1
2,1
1,7
2,1
0,0
prêt
949
30/11/1997
Dispatching électrique de la région ouest du
Delta du Nil
18,3
2,7
2,7
0,0
18,3
prêt
998
13/12/1998
Station d'épuration d'Alexandrie Ouest (Agamy) Assainissement
32,8
0,0
0,0
0,0
32,8
prêt
998
14/12/1998
Renovation de l'atelier ferroviaire d'Abbasseya
Chem. de fer
6,9
6,8
4,8
5,4
1,5
prêt
A10
01/05/1999
Informatisation de la bibliothèque d'Alexandrie
Culture
5,9
5,9
4,1
4,9
1,0
prêt
n°
proto
cole
date
892
11/11/1996
Centraux téléphoniques
Marsa Matrouh
892
11/11/1996
Central téléphonique de Garbiya (Delta)
892
11/11/1996
Sous station électrique de Wadi El Faregh
892
11/11/1996
949
objet
secteur
d'Alexandrie
et
de
Téléphone
Distribution
99
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
n°
proto
cole
date
A10
01/05/1999
en Egypte (1993-2003)
objet
Assistance technique au projet Tochka
secteur
montant
protocole
M€
montant
contrat
M€
part
trésor
M€
Utilisations
M€
solde
M€
Conditions
Irrig
6,2
5,4
5,4
2,5
3,7
prêt
2001
Etude de trafic du Caire (métro)
métro
3,4
3,4
3,4
3,1
0,3
fasep
2002
Etude de trafic routier
métro
0,4
0,4
0,4
0,2
0,2
fasep
2002
Etude d'un stade
Sport
0,3
0,3
0,3
0,1
0,2
fasep
métro
48,8
0,0
0,0
0,0
48,8
prêt
22,0
0,0
0,0
0,0
22,0
prêt
5,0
0,0
0,0
0,0
5,0
prêt
Chem. de fer
0,4
0,4
0,4
0,1
0,3
fasep
Irrig
0,6
0,6
0,6
0,1
0,4
fasep
Aviation civile
0,8
0,8
0,8
0,0
0,8
fasep
A76
19/02/2002
Modernisation de la ligne n°1 du Caire
A91
16/12/2002
Modernisation du
l'aviation civile
B03
15/12/2003
Modernisation
égyptien
du
centre
de
réseau
formation
de
météorologique
2003
Etude de signalisation ferrée
2003
Etude de réhabilitation du barrage de
2004
Etude de communication aérienne
Aviation civile
Aviation civile
Sources : Crédit National sauf Mission économique pour les Fasep. Soldes au 31 décembre 2003
100
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Une aide alimentaire qui débouche
coopération dans le domaine agricole
sur
une
Depuis 1968, la France accorde une aide alimentaire à l’Egypte et ce don,
livré sous forme de farine de blé ou, depuis 2000, de blé, a permis
d’abonder un fonds de contrepartie dont la stratégie d’intervention est
fondée sur un appui au secteur public (ministère de l’Agriculture, centres
de recherche, facultés d’agriculture) dans le cadre de projets destinés à
accroître, directement ou indirectement, les ressources alimentaires
nationales. Le Bureau de Liaison Agricole Franco-Egyptien, BLAFE, chargé
depuis 1983 d’administrer ce fonds, vient de fêter ses vingt ans
d’existence, qui ont vu la réalisation de 140 projets à partir des quelque
110 millions d’euros collectés durant la période 1983-2002.
L’arrêt de l’aide
alimentaire à
l’Egypte
provoque une
remise en
question de la
coopération
agricole francoégyptienne
Mais l’Egypte est un pays émergent pour lequel l’aide alimentaire devrait
disparaître, ce qui risque d’entraîner la disparition du BLAFE et donc de la
coopération agricole franco-égyptienne. Il se pose donc le problème de
savoir si la Coopération française doit envisager une coopération dans le
domaine agricole sous une forme différente de celle qui existe
actuellement.
101
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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L’annulation de dette
Selon les règles du
Club de Paris,
l’annulation de 50%
de la dette peut
revêtir deux formes :
soit l’annulation
immédiate de la moitié
des créances, soit le
rééchelonnement de la
totalité de la dette
avec un élément don
de 50%
La dette égyptienne publique ainsi que celle bénéficiant d’une garantie
publique ont fait l’objet d’un traitement exceptionnel en mai 1991 dans le
cadre du Club de Paris. L’accord prévoit que 50% de cette dette soient
annulés en valeur actualisée à la date de sa signature. Il invite par ailleurs
les gouvernements ou organismes créanciers à procéder à des conversions
de dette sur une base volontaire, ceci à hauteur de la totalité des éléments
de dette relevant de l’aide publique et dans la limite d’un plafond de 10%
de ceux correspondant à la restructuration des créances commerciales, ce
plafond ayant été par la suite augmenté par un amendement du
26 novembre 1997.
Les principes d’annulation et de conversion de dettes
Les annulations de la moitié de la dette égyptienne convenues en mai 1991
ont été réalisées selon deux modalités.
Les accords du Club de Paris offrent le choix de deux méthodes
d’annulation :
Option DR66 : annulation immédiate de 50% de l’encours des
créances accompagnée d’un rééchelonnement de l’autre moitié à
des conditions similaires à celles du prêt primaire, de quasi marché
pour la dette commerciale et concessionnelle pour la dette APD .
Option DSR67 : étalement sur une très longue période du
remboursement de 100% de l’encours des créances en utilisant un
taux très concessionnel de façon à ce que l’élément don de ce
remboursement soit de 50% comme dans le premier cas.
Le premier de ces traitements, que l’on peut qualifier d’annulation en
principal a été retenu par la France pour les seules créances liées à son
aide publique. Il a les conséquences suivantes :
− une diminution immédiate de la moitié de l’encours de la dette
extérieure égyptienne,
− une imputation immédiate des montants annulés à l’aide
publique du pays créancier,
− un rééchelonnement du solde non annulé à des conditions sans
incidence spécifique68 sur le décompte de l’aide publique,
66
Debt Reduction (Réduction de dette)
67
Debt Service Reduction (Réduction du service de la dette) (Nota : par réduction des seuls intérêts).
68
Les composantes de la dette garantie n’ont aucune incidence et les remboursements du principal de la dette
publique concessionnelle doivent, comme c’est la règle générale, être déduits.
102
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Le second type de traitement est celui retenu par la France pour ses
créances à garantie publique qui constituent l’essentiel de la dette
égyptienne à son égard. Il peut être interprété comme une annulation par
réduction d’intérêt et opère de façon sensiblement différente du précédent
traitement :
− sa répercussion sur l’encours de dette extérieure n’apparaît
qu’au fur et à mesure des remboursements des créances et n’a pas
d’effet immédiat comme dans le premier cas,
− il consiste en un rééchelonnement à très faible taux d’intérêt et
sur une très longue période de la totalité du nominal des créances
et suppose donc à terme un remboursement du nominal 100% de
ces créances,
− il s’accompagne d’imputations d’aide publique tout au long de la
période de rééchelonnement, les montants imputés correspondant
à la différence entre les intérêts qui auraient été payés si le taux du
marché avait été retenu et ceux qui ont été effectivement réglés
sur la base d’un taux réduit,
− il suppose que la décote des créances sur la base de laquelle
leur cession peut être normalement envisagée évolue dans le
temps : dans le cas égyptien, de 50% en début de la période de
restructuration en 1991, à 100% de la valeur du solde de l’encours
juste avant le dernier remboursement, celui-ci devant pratiquement
avoir lieu en 201669 pour ce qui est des créances françaises.
Des conversions de dette de deux types très distincts ont été réalisées
avec l’Egypte
Des opérations de nature très différente ont été répertoriées sous le terme
de conversion de dette :
Des opérations de cession en euros des créances par la France
et de leur rachat en livres égyptiennes par l’Egypte qui sont
adossées à des transferts de capitaux en Egypte destinés à
réaliser des investissements.
Des opérations d’annulation qui s’effectuent sous condition de la
réalisation de projets de développement.
Les premières de ces conversions ne constituent qu’une modalité
d’application particulière des termes généraux de l’accord du Club de Paris
de 1991. On les désigne sous le terme un peu ambigu de « conversioninvestissement » : une dénomination qui indique que ces conversions sont
effectuées parallèlement à des transferts de capitaux destinés à des
investissements, et, il est vrai, des transferts effectués dans des conditions
favorables, mais qui ne doit pas conduire à penser qu’elles financent ces
investissements. Ces conversions supposent l’existence d’un tiers
69
Il y aura en fait des remboursements jusqu’en 2025, mais qui ne représenteront que 3% de l’encours initial.
103
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Les conversionsinvestissements sont
dénouées grâce à des
opérations de change
faites dans le cadre
d’investissements
en Egypte (1993-2003)
investisseur cherchant à convertir des devises afin de réaliser une
opération nécessitant la disponibilité de livres égyptiennes. Ce dernier
rachète en devises une partie de sa créance au pays créancier et se la fait
payer ensuite en livres égyptiennes par le gouvernement égyptien. Les
enjeux pour chacun des trois partenaires à cette conversion sont les
suivants :
− pour l’investisseur, une opération de change intéressante pour
autant que la créance lui soit cédée un peu au-dessous de sa
valeur ;
− pour le gouvernement créancier, l’expression de sa préférence
pour une encaisse immédiate et un soutien aux investissements en
Egypte ;
− pour le gouvernement égyptien, une opportunité de liquider en
monnaie nationale une partie de sa dette extérieure dans de
bonnes conditions.
Les conversions-investissements effectuées dans le cadre de l’option
annulation par réduction d’intérêt (DSR) des accords du Club de Paris de
1991 avec l’Egypte conduisent à anticiper la concrétisation d’annulations
que prévoient ces accords. Dans le cas de la France, elles ont été conçues
pour permettre une cession des créances70 et ne sont pas en principe
destinées à apporter un élément don supplémentaire. Elles le font toutefois
dans la mesure où il est accepté que les créances soient rachetées en
dessous de leur décote normale. Leur mise en œuvre suppose ainsi que
chacun s’accorde sur cette décote ou, en d’autres termes, sur le taux de
redénomination71 des créances.
Les conversions annulations ont une portée radicalement différente. Elles
supposent que le gouvernement créancier renonce tout simplement à ses
créances : qu’il les annule. On passe donc là de la logique d’annulation de
50 % retenue dans les accords du Club de Paris à une logique d’annulation
à 100 %.
Les conversionsannulations sont
réalisées en contrepartie de réalisation
de projets de
développement par
le gouvernement
bénéficiaire et sont
assimilables à des
dons
70
71
Ces annulations s’effectuent le plus souvent sur des échéances échues ou à
échoir à très court terme et non pas sur le solde consolidé des créances.
Elles sont équivalentes à un don de la totalité des montants convertis et en
sont l’instrument financier. Ce don est généralement fait sous la condition
que le gouvernement égyptien réalise des projets de développement pour
L’accord bilatéral de septembre 1991 indique que le gouvernement français « peut vendre ou échanger ».
Dans le cas où elle s’inscrit dans un rééchelonnement à des conditions de quasi-marché, comme dans le cas
des annulations en principal (option DR), cette valeur n’est guère différente de la valeur nominale de la
créance. Dans le cas où la créance s’inscrit dans un schéma de remboursement concessionnel à taux d’intérêt
réduit (option DSR), sa décote diminue au fur et à mesure que s’exprime et se consomme l’élément don qui
lui est attaché en raison de l’application d’intérêts réduits. En début de période de remboursement, la décote
de la créance est égale à l’élément don et en toute fin de période elle est nulle. Inversement le taux de
redénomination, c’est-à-dire le rapport de la valeur effective de la créance et de sa valeur nominale,
augmente de 50% à 100%.La mise en œuvre des conversions-annulations ne pose pas ces problèmes
lorsqu’elle est faite sur la base d’échéances échues. Les montants à payer sont en effet bien définis et n’ont
pas à souffrir de la complexité qu’introduit l’actualisation.
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en Egypte (1993-2003)
un montant équivalent à la valeur des échéances annulées. En général, la
contre-valeur en livres égyptiennes de ces dernières est d’abord déposée
dans un compte spécial. Elle est débloquée par la suite au fur et à mesure
des accords auxquels peuvent parvenir le créancier et le gouvernement
égyptien sur la définition technique et le budget d’un projet. Le projet
financé est dès l’origine une propriété égyptienne sur laquelle le créancier
ne dispose que d’un droit de contrôle initial.
Les accords d’annulation et de conversion franco-égyptiens
Les annulations au titre des accords de 1991 ont été particulièrement
importantes
Le montant élevé des
annulations concédées
par la France en 1991
au titre de la dette
commerciale (€ 2,5
milliards), traduit
l’importance de
l’engagement financier
français en Egypte au
début des années 80
Les accords du Club de Paris ont concerné les prêts conclus avant le
31 octobre 1986, leurs échéances futures ainsi que les impayés en principal
et en intérêts qui leur correspondaient et les intérêts de retard. La dette de
l’Egypte à l’égard de la France comprenait alors € 4,7 milliards72 de dette
commerciale bénéficiant d’une garantie publique et une dette d’aide
publique au développement, ou dette APD, de l’ordre de €400 millions73. En
valeur actualisée en 1991 à la date des accords, le montant des annulations
concédées par la France était donc de plus de € 2,5 milliards. Ces montants
traduisent l’importance des engagements financiers français au début des
années 1980.
La restructuration de la dette commerciale d’une façon qui dégage un
élément don de 50% correspond par exemple, quand on retient pour
l’actualisation un taux de marché de 6%, à un remboursement sur 25 ans
de la dette à un taux d’intérêt fixe de 0,7% par an. C’est sur une telle
période que l’essentiel de la dette égyptienne à l’égard de la France a été
restructuré74. Elle l’a cependant été sur la base d’un taux d’intérêt non pas
fixe mais déterminé en fonction du TMO (taux moyen de rendement au
règlement des emprunts garantis par l'Etat et assimilés). La baisse de ce
taux, de 9,5% à la date de la signature des accords à 4,8% en 2004, se
traduit actuellement par l’application d’un taux réduit plancher de 0,1%.
Les sommes imputées chaque année en aide publique au développement
au titre de la restructuration représentent les intérêts perdus pour le Trésor
en raison de l’application du taux réduit en lieu et place du TMO. La
différence entre ces taux a baissé de 6 à 4%75 entre 199576 et 2004.
Compte tenu des diminutions d’encours qui ont réduit l’encours commercial
à € 3,3 milliards fin 2004, les annulations imputées en aide publique au
72
73
Source Coface : ce chiffre inclut vraisemblablement des intérêts de retard. L’encours non APD hors intérêt de
retard indiqué dans l’accord bilatéral du 12 septembre 1991 est de € 4,346 milliards.
Arrondi des € 399 millions hors intérêts de retard indiqués dans l’accord bilatéral du 12 septembre 1991.
74
Soit le premier « lot » qui représente 93% de la dette commerciale.
75
Sur la même période, le TM0 a baissé de 8% à 4,8% au jour de l’établissement de ce rapport. Il était de
l’ordre de 9,5% lors de la signature des accords du Club de Paris en mai 1991 et de celle de l’accord bilatéral
franco-égyptien d’application en septembre 1991.
76
Le taux d’annulation a progressé de paliers de 15, 30 et 50% de 1991 à 1994.
105
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titre des réductions d’intérêt77 sont passées d’environ € 250 à 150 millions.
Dans l’avenir, elles doivent progressivement baisser jusqu’à pratiquement
disparaître en 2017, la baisse s’établissant à environ € 10 millions par an.
Les conversions-investissements de 1993-1994 et l’investissement
d’environ € 350 millions en capital
Ce sont au total € 705 millions qui ont été convertis au cours des années
1993 et 1994 lors d’une première série d’opérations faite en application
d’un accord du 10 mars 1993. Ce montant s’analyse en € 465 millions de
créances commerciales consolidées et € 240 millions de créances APD. Les
cessions effectuées ont donné lieu à des appels d’offres du Trésor français
et se sont dénouées avec une décote moyenne de 53% pour un rachat à
50% par les Egyptiens. Compte tenu de la valeur actualisée des créances
commerciales que l’on peut estimer à 54 % de leur valeur nominale à la
date des cessions, le manque à gagner pour le Trésor français a été de
13 %78 de leur valeur actualisée de ces créances, soit d’environ
€ 30 millions. Le manque d’informations détaillées sur la dette APD et ses
modalités traitement conduit n’a pas permis à l’évaluateur de procéder à
une semblable estimation79 pour le volet APD de cette conversion.
La conversioninvestissement de
1993-1994 a porté sur
un nominal de € 705
millions et s’est
accompagnée
d’apports privés de
€ 350 millions en
Egypte aux fins
d’investissements
privés en capital
Ces cessions ont donné lieu à une diminution de € 685 millions de la dette
extérieure égyptienne et, pour ce qui concerne la dette commerciale, à des
imputations en aide publique de € 232,5 millions d’aide publique française :
c’est-à-dire de la moitié de la valeur nominale des créances concernées,
l’autre moitié, à l’abandon près de quelques points, étant payée au Trésor
français
par
l’investisseur
intervenant
dans
l’opération
comme
intermédiaire. Ces imputations qui se sont ajoutées à celles effectuées au
titre des réductions d’intérêts expliquent le pic à € 350 millions que
manifestent les annulations imputées 1994. L’annulation des créances APD
n’a quant à elle pas donné lieu à des imputations supplémentaires
conséquentes d’APD car les montants primaires lui correspondant avaient
déjà fait l’objet de ces imputations lors de leurs décaissements.
Pour le gouvernement égyptien, l’opération s’est traduite par un rachat à
50 % de son nominal d’une dette commerciale d’une valeur actuelle
estimée à 54 %, soit une économie de 18 millions de francs.
Pour les investisseurs privés, compte tenu des frais techniques qu’a
entraîné l’ensemble des volets commercial et APD de l’opération, le
« bonus » ou la marge bénéficiaire a été de l’ordre de € 20 millions.
77
C’est-à-dire compte non tenu des imputations résultant des conversions.
78
7 % sur le montant nominal des créances et 13 % sur leur valeur actualisée de 54 %.
79
Tout dépend en effet du taux d’intérêt associé au remboursement de cette partie de la dette.
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Les évaluateurs ont eu communication de la liste des sociétés égyptiennes
pour lesquelles les transferts de capitaux ont été effectués à la faveur des
conversions de dette commerciale. Cette liste qui mentionne les
investissements correspondant est présentée en annexe. S’agissant
d’investissements à payer en livres égyptiennes, on ne s’étonnera pas de
que ceux-ci aient comprennent de nombreuses opérations foncières et
immobilières. La liste ne mentionne pas les investisseurs concernés, ni a
fortiori leur nationalité80, ni les modalités précises du financement
correspondant (avance, prêt, apport en capital).
Toute incitation à investir en Egypte constitue une réponse appropriée à un
des problèmes fondamentaux du pays qu’est celui de sa croissance
économique. Pour qu’elle s’effectue à un rythme qui permette non
seulement de maintenir le niveau de vie actuel des habitants mais de
l’améliorer, des investissements de plusieurs dizaines de milliards de
dollars par an devraient être réalisés. Cela est loin d’être le cas
aujourd’hui : une partie de l’épargne nationale est absorbée par le déficit
budgétaire et les investisseurs étrangers restent prudents en raison des
incertitudes qui pèsent sur la stabilité politique du pays ainsi que sur celle
de sa monnaie.
L’effet de levier du volet commercial des conversions-investissements de
1993-94 est important puisqu’il y a eu un facteur 15 entre leur coût pour le
Trésor français (€ 30 millions) et les investissements induits (€ 465
millions). Ces opérations sont donc susceptibles de constituer un outil
efficient de soutien du développement du pays pour autant que leur
caractère incitatif soit avéré et que les opérations enregistrées ne soit pas
le reflet d’un seul effet d’aubaine pour des investisseurs qui auraient de
toute façon transféré des capitaux ou qui les auraient rapatriés pour ce qui
concerne des investisseurs égyptiens. On peut enfin noter que le fait que
ces conversions ne soient pas réservées à des investisseurs français ne
permet pas de garantir une quelconque pérennité d’une présence
industrielle française et ni donc de fonder une influence économique
française à long terme. L’appréciation de l’intérêt qu’ont véritablement eu
ces conversions et la portée du caractère incitatif à l’investissement qu’a pu
avoir le bonus de 6 % qui leur a été accordé nécessiteraient donc une
étude approfondie.
L’accord de conversion-investissement de mai 1999 n’a encore donné
lieu à aucune opération
Un second accord de conversion-investissement portant sur près de € 46
millions81 de créances commerciales a été signé en mai 1999 mais n’a
encore donné lieu à ce jour à aucune opération. Sa mise en application
80
Selon les informations orales recueillies, il apparaît toutefois que les conversions ne devaient pas être et
n’ont pas été réservées à des investisseurs français.
107
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en Egypte (1993-2003)
suppose une procédure dont la mise en œuvre semble être entravée par les
éléments suivants :
− Les hésitations de l’administration égyptienne, qui a par ailleurs
manifesté avec insistance à la mission son souhait82 de la voir
convertie en conversion-annulation.
− Le principe que semble avoir retenu la partie égyptienne83 de
n’admettre qu’un taux de redénomination de 50% alors que la
valeur actuelle des créances consolidées est sensiblement plus
élevée.
− Et du côté français, ici les difficultés rencontrées pour identifier
l’interlocuteur égyptien approprié, là un doute sur la possibilité de
trouver des investisseurs intéressés, malgré le précédent des
cessions antérieures sur des montants dix fois plus élevés, et la
crainte de ne pas pouvoir mener le processus à son terme.
Comme cela a été indiqué précédemment, le taux de redénomination des
créances augmente de 50 à 100% tout au long de la période de
rééchelonnement. Cette période étant aujourd’hui (2004) à moitié écoulée,
il peut être estimé entre 70 et 75% selon l’hypothèse d’évolution du TMO
que l’on retient84.
Un appel d’offres dans le contexte d’un taux de redénomination fixé à 50%
comme le souhaite la partie égyptienne aurait toutes chances de se
dénouer au même niveau de décote de 47% que celui atteint lors des
conversions de 1993-1994. Compte tenu de la valeur des créances que l’on
peut estimer à un taux moyen de 72%85, le manque à gagner pour le
Trésor français serait de 25% du nominal, soit de € 11,5 millions : un
manque à gagner de moitié de celui supporté sur les € 465 millions de
créances commerciales converties en 1993-1994, soit cinq fois supérieur en
valeur relative. Le coût pour le Trésor d’une telle conversion serait en outre
de 50%86 du montant des investissements directement concernés. Ce
niveau peut paraître élevé s’agissant d’aide au profit d’investisseurs privés,
qui plus est pas nécessairement étrangers en Egypte, et ceci quand bien
même la partie de l’aide leur revenant se limiterait à € 1,4 million, soit
12 % du coût de l’opération. C’est en effet le Trésor égyptien qui, en dépit
du manque d’intérêt qu’il peut manifester pour une telle opération, en
serait le principal bénéficiaire. Il y verrait sa dette extérieure réduite dans
des conditions très avantageuses : un rachat de créances valant environ
81
300 millions de francs.
82
Demande exprimée par la Sous-secrétaire d’Etat chargée des prêts étrangers au ministère des Finances et la
Sous-secrétaire d’Etat senior au ministère de la Coopération internationale rencontrées par la mission
d’évaluation.
83
Position exprimée par le Directeur général du département des Investissements et des Correspondants
étrangers de la Banque Centrale
84
75% en cas de maintien à 4,8% du TMO et 70% en cas de hausse à 6%.
85
Pour ne retenir qu’un taux moyen. Cela intègre une hausse du TMO d’ici à 2015. En l’absence de hausse le
taux de redénomination serait plutôt de l’ordre de 75 %.
86
Soit 25% du nominal des créances pour des investissements d’un montant de 50% de ce même nominal.
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La complexité
technique de cette
opération et son coût
vraisemblablement
élevé pour le Trésor
français conduisent à
douter de son
opportunité et de son
efficience
en Egypte (1993-2003)
72 % de leur nominal pour 50 % de ce même nominal, soit une marge de
22 % sur le nominal et de 30 % sur la valeur réelle des créances : € 10
millions.
Cette opération, qui serait coûteuse pour la partie française, semble
toutefois ne pas être pour autant appréciée par les Egyptiens. Son
dénouement serait d’abord susceptible de signifier l’échec de ceux dont
l’objectif actuel est d’obtenir des conversions-annulations de la part des
bailleurs bilatéraux : un concept aujourd’hui très en vogue. Ensuite son
intérêt ne semble pas être reconnu par l’ensemble de l’administration,
notamment au Département des Investissements et des Correspondants
étrangers de la Banque Centrale. Elle y est là plutôt regardée avec une
certaine indifférence comme une banale opération de change. En outre la
question d’un taux de redénomination supérieur à 50% ne semble pas
même pouvoir y être débattue. La complexité introduite par les
mécanismes d’actualisation dans cette question risque ainsi de faire
obstacle aux discussions qu’elle suppose, voire à l’acceptation même du
principe même de telles discussions, et enfin et surtout, si ce premier
obstacle était surmonté, à l’acceptation par les cercles dirigeants égyptiens
de tout dépassement du niveau de 50% auquel se réfèrent les accords du
Club de Paris.
A l’inverse, si la partie française acceptait d’emblée la demande égyptienne
d’un taux de 50 %, elle serait conduite à réaliser une opération lui coûtant
€ 11,5 millions dont :
− € 10 millions au profit d’une administration égyptienne qui, au
ministère des finances, risque de ne pas mesurer la portée du geste
et, au ministère de la Coopération international, a toute chance de
ne pas apprécier puisqu’elle se verrait priver des projets qu’elle
souhaite associer à toute conversion ;
− et € 1,4 million au profit d’investisseurs pour lesquels on ne sait
pas si la conversion doit constituer une incitation à investir ou
seulement une aubaine à l’occasion d’une opération de transfert de
fonds.
La mise en œuvre de cet accord qui serait donc relativement coûteux pour
la partie française risque donc finalement de ne pas être très bien perçu par
la partie égyptienne. Le moindre risque serait couru si la partie française
était prête à accepter d’emblée un taux de redénomination de 50 %. Dans
ce cas toutefois, la visibilité de l’aide serait très faible et de surcroît le
Ministère de la Coopération internationale se verrait privé de se faire valoir
en faisant état de projets financés par la France.
En alternative à la mise en application de l’accord de mai 1999, on pourrait
donc songer soit à l’adoption d’une prudente attitude d’attente, soit à son
109
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
abrogation87 formelle accompagnée de la signature d’un accord de cessionannulation d’un coût équivalent pour le Trésor français.
La conversion-annulation de 1994 a permis la réalisation de projets de
développement
Parallèlement aux opérations de cessions de 1993 et 1994, un accord de
conversion-annulation a été signé fin mars 1994. Il a porté pour un
montant de près de € 9 millions88 sur des sommes89 arrivant à échéance
entre la date de la signature de l’accord et le 1 janvier 199890.
Le mécanisme adopté prévoit le dépôt de la contre-valeur en livres
égyptiennes des sommes concernées dans un compte spécial ouvert au
Fonds social de développement égyptien (FSD) et le contrôle par une
commission bipartite des sommes disponibles qui sont toutefois
explicitement réservées à des investissements dans le domaine social ou de
la formation professionnelle. Toute affectation à des dépenses de
fonctionnement est exclue.
Les projets réalisés
dans le cadre de la
conversionannulation de 1994
sont en général
considérés comme
des succès
Divers projets ont ainsi bénéficié des fonds disponibles :
− des programmes d’alphabétisation (Sharqiya, Assiut, Ismaïlia) :
€ 457 000 ;
− des programmes de formation professionnelle pour adultes
(AFPA) : € 3,8 millions ;
− un programme de mise en place d’un service d’aide médicale
d’urgence (SAMU) : € 2,3 millions ;
− et divers petits projets d’un montant total de € 515 000.
A l’exception du projet de Samu, ces programmes sont considérés comme
des succès. Une mention toute particulière doit être faite du projet AFPA,
qui a été la référence sur laquelle s’est constituée une candidature
commune avec la coopération allemande (GTZ) à la maîtrise d’oeuvre de
projets de plus grande ampleur financés sur fonds européens. Le
programme de Samu s’est quant à lui heurté à des problèmes de définition,
de motivation de la partie égyptienne pour laquelle ce n’était pas
nécessairement un objectif prioritaire et, enfin, de dévaluation. A la suite
de cette dernière, les fonds mis en réserve en livres égyptiennes se sont en
effet avérés insuffisants pour permettre l’acquisition des matériels importés
nécessaires au projet. Le schéma de financement s’est ainsi trouvé
totalement déséquilibré et le projet condamné. Le projet a été finalement
annulé au début de 2003 et une partie des fonds reste disponible au
ministère égyptien de la santé.
87
Le texte de l’accord ne prévoit pas de date limite pour sa mise en œuvre. A tout moment celle-ci pourrait
donc être demandée par les Egyptiens s’ils en voyaient l’opportunité.
88
58 millions de francs.
89
Ce n’est pas ici l’encours consolidé de la dette qui a été diminué, mais des échéances de remboursement ou
d’intérêt qui ont été annulées.
90
Il ne se pose pas pour ces sommes de problème d’actualisation.
110
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
L’imputation en aide publique des montants correspondant à ces
annulations a été effectuée à mesure des décaissements effectifs et non
des conversions. La convention d’annulation dispose en effet que les
sommes non utilisées continuent à appartenir à la France. Les utilisations
sont surtout intervenues entre 1996 et 2001 à raison d’environ un million
d’euros par an.
Les conversions des autres bailleurs
Dans le cadre de l’article VI-4, divers bailleurs ont procédé à des
conversions de dettes. Dans la première moitié des années 1990 ces
conversions ont toutes été de type conversion-investissement, sauf une
celle à laquelle a procédé la Suisse en 1995. Les décotes des créances ont
logiquement légèrement progressé au cours de la période, de 57 % à
48 %. Le montant total converti au cours de cette période quinquennale a
été de $ 1,5 milliards dont les trois quarts correspondent aux opérations
effectuées par la France qui ont été précédemment commentées et le reste
est partagé entre l’Espagne, la Suisse, l’Allemagne, à moindre titre la
Belgique puis enfin, pour un relativement petit montant, la Suède. Cette
période s’est clôturée sur une opération suisse qui fait encore référence, la
conversion-annulation de près de $ 125 millions, en aide projet.
Les conversionsannulations réalisées
par l’Allemagne et
l’Italie constituent un
instrument majeur de
la coopération de ces
deux pays avec
l’Egypte
Après une période de 6 ans pendant laquelle il n’a été procédé à aucune
conversion, deux bailleurs se sont lancés dans des conversionsannulations : l’Allemagne et l’Italie.
L’Allemagne a engagé un programme de ce type en 2002. Les annulations
effectuées91 ont été de € 38 millions en 2002 et de € 30 millions en 2003.
La poursuite du programme qui devrait concerner jusqu’à € 200 millions est
conditionnée au bon déroulement de l’utilisation des tranches précédentes.
Selon les informations collectées, les montants annulés correspondent à
des échéances d’intérêt de prêts garantis restructurés. Les sommes
correspondantes sont versées dans un compte spécial du FSD et sont
strictement réservées au financement de projets de protection de
l’environnement, de lutte contre la pauvreté et de formation. Ces
opérations dont la trace n’apparaît pas encore dans les statistiques publiées
par le CAD portent sur des montants annuels de l’ordre du tiers de l’aide
annuelle nette allemande au cours des dernières années92. Elles constituent
donc une partie conséquente de cette aide et pourraient par ailleurs en
marquer une augmentation significative93.
91
Source : agence de la KFW au Caire.
92
1998 à 2002 inclus.
93
L’arrêt à l’année 2002 des séries statistiques du CAD qui étaient disponible lors de la rédaction de ce rapport
ne permet pas de savoir si l’Allemagne augmente ou non son aide. Le recours à un nouvel instrument
financier, à moins qu’il ne vienne se substituer à un autre instrument, conduit toutefois à poser la question.
111
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Après être restée discrète sur la scène égyptienne dans la seconde moitié
des années 1990, la Coopération italienne a également mis en place au
début des années 2000 un programme de conversions-annulations dont les
montants en jeu sont similaires à ceux des Allemands. Il prévoit94 sur la
période quinquennale 2001-2006 des annulations de créances95 allant
jusqu’à € 30 millions par an, pour un total de € 150 millions. Selon les
informations communiquées, les échéances concernées correspondraient
pour l’essentiel96 à des dettes non antérieurement restructurées selon les
uns, et à des dettes commerciales restructurées selon les autres. Ces
opérations qui n’apparaissent pas encore sur les statistiques publiées par le
CAD semblent devoir signifier un retour de l’Italie dans le groupe des
bailleurs les plus actifs en Egypte. Compte non tenu d’opérations sur prêts
concessionnels qui, par ailleurs, semblent rares, l’Italie affiche97 ainsi pour
2002 et 2003 des dons d’aide publique d’une moyenne de € 35 millions par
an qui pour 75% d’entre eux correspondent à des annulations de dette. Ces
dernières constituent donc le principal outil financier de ce bailleur.
Les conversions italiennes sont effectuées à la condition qu’un projet ait été
identifié et bilatéralement agréé, les décaissements étant par la suite
l’objet de conventions de financement établies en fonction de la définition
détaillée du projet. La prise en charge du projet par le budget égyptien en
relais du financement octroyé pour sa mise en place, est une condition
systématiquement imposée dans ces conventions. Jusqu’à présent, les
Italiens ne gèrent en effet pas directement les projets ainsi financés. Ils en
confient la gestion à des tiers, en particulier au Pnud et à des ONG. Ces
dispositions dont les résultats ne leur paraissent pas toujours satisfaisants
devraient les conduire à modifier les modalités de leurs conversions. A
l’avenir une partie des sommes annulées pourraient ainsi être réservée au
financement en devises d’une assistance technique qui puisse superviser la
gestion des projets.
94
Mémo de la Coopération italienne.
95
Créances arrivant à échéance comme dans le cas des conversions-annulations françaises.
96
Sur les € 150 millions de créances annulables, seuls € 4 millions correspondraient à des dettes restructurées.
97
Dans un mémo de synthèse de 2003 de la Coopération italienne qui a été remis à l’évaluateur.
112
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en Egypte (1993-2003)
Cessions de créances commerciales98selon l’accord du 10 mars 1993
Banque et investisseur
Montant
TOTAL
465,0
Ubaf (8/07/93)
25,8
Abou Youssef
Construction d'un centre d'entretien du moteur diesel
Misr Chemical
Réalisation d'unités de production
Honda Egypt
Réalisation d'unités de maintenance et de salons d'exposition
Bank or America international Ltd. (8/07/93)
10,8
Geneidy for manufacturing and training
Société générale (16/07/93)
Extension de l'activité
40,4
Imexico Egypt Co.
Acquisition de terrain et opération touristique sur la mer rouge
Modern land reclamation investment
Acquisition de terrain et opération touristique sur la mer rouge
Egyptian finance Co. (30/07/93)
Abou Soma development Co
98
Investissement
6,9
Aménagement d'un site touristique
Soma Bay hotel Co.
Aménagement d'un site touristique
Club Ras Soma Hotel Co.
Aménagement d'un site touristique
Source : Coface
113
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Ubaf (23/02/94)
en Egypte (1993-2003)
108,3
Cairo light industry
Achat de terrain et construction d'immeubles
Achat de terrain et construction d'immeubles, acquisition de moyen de
transport et d'équipement électrique
Achat de terrain et construction d'immeubles et financement
d'équipements industriels
Arafat Group Co.
Egyptec Co. for communication cables
El Gouma hotels
Achat de terrain et construction d'un hôtel
Egyptian Co. for textiles and dying
Achat de terrain et construction d'immeubles
Abou Youssef
Construction d'un centre d'entretien du moteur diesel
Misr Chemical
Construction de nouvelles unités
Alexandria national iron and steel Co
Achat d'actifs immobiliers
Citibank (28/02/94)
44,2
Swiss Co for textiles and ready made garments
Dépenses relatives aux usines de l'Arafat group
International steel rolling mills
Achats de terrains et d'équipements
Nile Co. for building materials
Construction d'une usine de marbre
Nile storage and crop improvement Co.
Achats d'entrepôts de stockage de produits agricoles
Nile marketing Co.
Construction d'entrepôts
Nile tour Co.
Achats de bus
Virpack Egypt
Achat d'entrepôts et de bureaux
Intradco Co.
Achat d'entrepôts et de bureaux
Pantrade Associates
Achat de terrains et d'équipements
International services and consulting Co.
Achat d'entrepôts et de réseaux de distribution
Virpack Misr
Achat d'entrepôts et de réseaux de distribution
Pharmacy Co.
Construction d'une usine
Alexandria national iron and steel Co
Extension de l'activité
International tourism investment Co.
Financement d'un projet touristique en mer Rouge
Eva Co. for knitting, dying and clothing
Extension de l'activité
National Co. for trade and industrial services
Extension de l'activité
114
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Nerfertiti Co. for trade and distribution
Société générale (8/06/94)
Achat de terrain, d'immeubles et de véhicules de transport
44,2
Aluminium Co. for Egypt
Construction d'une usine de purification de gaz
Misr Co. for electrical wires
Implantation d'une usine de câbles électriques
Egyptian Co. for land reclamation
Chemical Bank (10/06/94)
Non précisé
25,9
Middle east splint Co.
Continental Bank (17/06/94)
Ouvrages liés à la distribution d'électricité
114,3
Electrical supply and contracting Co.
Ouvrages liés à la distribution d'électricité
Radecco commercial agencies Co.
Construction d'une usine de tissage
Hanco Egydco Co.
Construction d'une usine
Zamzam trading Co.
Citibank (22/06/94)
Equipements de traitement des eaux
31,2
Universal food Co.
Achat de terrain, d'immeubles et de véhicules de transport
Dar el shorouck for publishing and distribution and
printing
Geneidy for manufacturing and training
Investissement dans l'édition et l'impression
Extension de l'activité
Fostat establishment for trading
Achat de terrains, d'immeubles et de véhicules
Eva Co. for knitting, dying and clothing
Achat de terrains, d'immeubles et de véhicules
Trico Tarek factory
Achat de terrains, d'immeubles et de véhicules
Misr Bank (28/06/94)
Dr. M. El Garhi
13
Extension d'une usine sidérurgique et d'un complexe de logements
115
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
III Les moyens de l’aide française
Une prépondérance des annulations de dette aux
termes desquelles l’aide affichée devrait baisser de
80%
Dans son Country assistance strategy report de 2001, la Banque mondiale ne
mentionne pas la France dans la liste des principaux bailleurs de fonds de
l’Egypte alors que, dans la documentation chiffrée que publie l’OCDE, la
France figure au second rang des bailleurs bilatéraux. Ces derniers chiffres
sont toutefois controversés dans l’étude de cas faite en 2002 sur l’Egypte à la
demande du groupe de travail constitué par le CAD sur les pratiques des
bailleurs (DAC task force on donor practices).
Les annulations de
dette représentent
80% de l’aide
bilatérale française sur
la période 1993-2002
Cette situation pour le moins contrastée tient à la prise en compte ou non
des annulations de dette qui représentent 80% de l’aide bilatérale française
sur la période 1993-2002. Leur comptabilisation est à la fois légitime et
conforme aux règles du CAD de l’OCDE. Elles ne sont cependant plus prises
en compte par la Banque mondiale parce qu’elles ne correspondent à aucun
flux financier réel et, vraisemblablement aussi, parce que pratiquement tous
les pays à l’exception de la France ont depuis plusieurs années apuré les
annulations de dette consenties en 1991 dans le cadre du Club de Paris à la
suite de la première guerre du Golfe : dès 1991 pour les Etats-Unis, en 1997
pour l’Allemagne. Pour les apports d’aide publique, le rang de la France et
son maintien dépendent donc très étroitement de la question de la prise en
compte des annulations de dette dont le montant cumulé sur la période
1993-2002 a été de € 2,35 milliards.
Les dernières données disponibles sur l’aide publique globale de la France
sont celles de l’année 2002. Sur la période 1993-2002 l’aide bilatérale
française est passée d’une moyenne de € 282 millions en début de période
(1993-1997) à
€ 221 millions en fin de période (1998-2002). Ce
fléchissement est la conséquence de deux facteurs :
L’aide française à
l’Egypte, en moyenne
de € 252 millions sur
la période, est passée
de € 282 millions en
début de période à
€ 221 millions en fin
de période
99
la baisse des annulations de dette qui ont naturellement
diminué en passant d’une moyenne de € 214 millions pendant
la première partie de la période à une moyenne de
€ 189 millions pendant la seconde partie ;
la baisse des aides projets du Trésor qui, prêts et dons
confondus, ont constitué en moyenne près de 12% de l’aide sur
la période et sont passés en valeur nette99 d’une moyenne de
C’est-à-dire remboursements de prêts déduits.
117
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
€ 47 millions en début de période à € 12 millions en fin de
période.
400
M€
Evolutions et perspectives de l'aide française
Versements
350
<---- données
statistiques
300
estimations
et perspectives ---->
AIDE BILATERALE
TOTALE NETTE
250
200
Annulation de dette
150
Total bilatéral net hors
annulations de dette
100
50
Contribution à l'aide
multilatérale
2009
2008
2007
2006
2005
2004
2003
2002
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
1993
1992
-50
1991
0
Evolution 1993-2002 de l’aide française à l’Egypte
Millions d'euros
moyenne 93-97
moyenne 98-02
Moyenne 93-02
Coopération technique (tous ministères sauf Trésor)
15,7
5,6%
16,1
7,3%
15,9
6,3%
Aide projets (prêts et dons du Trésor)
46,8
16,6%
12,3
5,6%
29,6
11,8%
213,5
75,8%
188,0
84,9%
200,7
79,8%
7,3
2,6%
4,9
2,2%
6,1
2,4%
AIDE BILATERALE TOTALE
281,7
100%
221,3
100%
251,5
100%
Total hors annulation de dette
68,1
24,2%
33,4
15,1%
50,8
20,2%
Contribution à l'aide multilatérale
19,8
7,0%
18,0
8,1%
18,9
7,5%
Annulation de dette
Aide alimentaire et divers
118
dme
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
La coopération des ministères autres que celui des l’Economie et des
Finances et celui de l’Agriculture est restée stable (en moyenne de l’ordre de
€ 16 millions) passant en part relative de 5,6 à 7,3% dans un contexte de
décroissance.
M€
200
L'aide projet et la coopération technique
prêts bruts
150
<---- données
statistiques
estimations
et perspectives ---->
100
Aide projets (prêts et
dons du Trésor)
50
2009
2008
2007
2006
2005
2004
2003
2002
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
1993
1992
-50
1991
0
Coopération technique
(tous ministères
horsTrésor et
Agriculture)
Aide alimentaire et divers
-100
L’aide alimentaire a plus que suivi la tendance générale de réduction de l’aide
française, sa contribution passant de € 7,3 millions dans les cinq premières
années à € 4,9 millions dans les dernières années. Elle a par ailleurs été
considérablement réduite tout en fin de période, n’atteignant que
€ 3,4 millions en 2001 et étant totalement absente en 2002.
Au delà de l’évolution de ces moyennes, on notera que :
les annulations de dette devraient s’établir dans les prochaines
années à un niveau de € 150 à 100 millions ;
l’aide projet a régulièrement chuté :
non seulement en termes nets : de € 100 millions en 1993 à un
niveau négatif de 13 millions d’euros en 2002 ,
mais également en termes bruts, qui sont le reflet de l’action de
la France en matière de projets en Egypte, ceux-ci dons et
prêts confondus se réduisant de 142 millions d’euros en
1993 à 26 millions en 2002.
La seconde de ces baisses traduit une tendance affirmée et forte à
un désengagement de l’aide projet ou à un dysfonctionnement de
celle-ci.
Le solde de l’aide
nette hors annulation
de dettes pourrait
devenir négatif.
Après avoir atteint en moyenne 250 millions d’euros sur la période 19932002, l’aide publique française bilatérale a baissé à € 106 millions en 2002.
Hors annulations de dette, elle est même réduite à € 4 millions en raison des
remboursements de prêts d’aide projet. Ces derniers doivent augmenter dans
119
dme
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
les prochaines années et rendre négatif le solde de l’aide nette hors
annulation de dettes.
Le maintien d’une aide
nette positive pourrait
nécessiter
l’augmentation de
l’aide projet ou de la
coopération technique
La contribution de la
France à l’aide
multilatérale
(essentiellement celle
de la Commission
européenne) est
aujourd’hui plus
importante que son
aide nette et est en
augmentation.
Une stabilisation au niveau actuel des versements de prêts qui se sont situés
vers les € 20 millions au cours des toutes dernières années (1999-2002) ne
permettra pas à terme de maintenir l’aide hors annulation de dette à un
niveau au moins positif comme en 2002. Il y aura en effet à défalquer de ces
apports les remboursements des prêts arrivant au terme de leur période de
différé. Les échéances de remboursement du seul encours existant en juin
2004 ne cesseront ainsi d’augmenter jusqu’en 2008 où elles atteindront près
de € 54 millions, soit € 15 millions de plus qu’en 2002. Toutes choses égales
par ailleurs et hors annulations de dette, l’aide française nette se trouverait
alors négative de € 10 millions. L’aide projet se trouve très lourdement
grevée par les remboursements des protocoles antérieurs dont les niveaux
étaient 10 fois supérieurs à ceux d’aujourd’hui. Son maintien à un niveau net
positif nécessiterait donc un relèvement des niveaux actuels de l’aide projet
ou de la coopération technique. Un des instruments possibles pourrait être
trouvé dans des conversions annulations.
On notera qu’assez paradoxalement la contribution de la France à l’aide
publique multilatérale (essentiellement à celle de la Commission
européenne), est aujourd’hui plus importante que son aide nette. Elle se
situe à un niveau de plus de 50% de l’aide brute hors annulation de dette
(versements de prêts, coopération technique et aide alimentaire). Cette
contribution, qui passe de € 15 millions en 1999 à € 24 millions en 2002,
affiche en outre une tendance marquée à la hausse à l’inverse de celle de
l’aide bilatérale directe.
120
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Une coopération technique stabilisée
Au début de la période sous revue ainsi que dans les années la précédant, les
montants imputés en coopération technique montrent une forte croissance,
passant de près de € 11 millions à € 19 millions de 1991 à 1995100. Depuis
1996, les montants ont évolué autour d’une valeur de € 15 millions.
Coopération technique par ministère
20
Co o pératio n technique
(to us ministères
ho rsTréso r et A griculture)
. ministère des A ffaires
étrangères
15
10
do nt titre IV du M A E
5
. Educatio n natio nale
(éco lage)
0
2002
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
1993
1992
1991
. Recherche
L’augmentation de € 3 millions des montants de cette coopération qui est
observée de 1997 à 2002 est pour moitié imputable à l’écolage101. Les
montants qui lui ont été imputés sont en effet passés de € 2,2 à 3,9 millions,
ce qui correspond à une augmentation de 12% par an. Ces imputations
correspondent aux étudiants égyptiens inscrits dans des institutions
publiques sur le territoire français. Leur nombre est passé de 794 en 2002 à
819 en 2003102. Cet accroissement participe à un mouvement général
d’augmentation du nombre d’étudiants étrangers en France.
Les crédits imputés par le ministère de la Recherche103 sont restés stables
autour d’un montant de € 2,2 millions sur la période 1998-2002, seule
période pour laquelle des données ont pu être collectées104, Ils couvrent
100
La constance des crédits du MAE sur titre IV et titre III observée jusqu’en 1998 et la faible vraisemblance de
fluctuations de l’écolage ou de l’aide sur le budget de la Recherche qui soient susceptibles de rendre compte
de cette croissance temporaire laisse peu de place à quelque hypothèse que ce soit pour l’expliquer. La rareté
des données et des archives disponibles limite par ailleurs les chances de trouver une explication.
101
Les données disponibles ne permettent pas d’identifier les raisons de la seconde moitié de cette
augmentation.
102
Données MAE.
103
Ce chiffre paraît faible eu égard au nombre de chercheurs français en Egypte.
104
A la suite de changements à la fois de personnel et de matériel informatique, le service compétent du
Trésor ne dispose plus de détails sur les déclarations d’APD antérieures à 1998. Ce sont les données
collectées par le consultant lors d’une évaluation antérieure qui ont été utilisées pour la première moitié de la
121
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
l’essentiel des dépenses de fonctionnement et de personnel des institutions
et instituts français publics de recherche existant en Egypte : le CNRS, l’IRD,
et l’IFAO pour ne citer que les plus importants. Le MAE participe toutefois de
façon significative à la couverture de ces dépenses, notamment en leur
allouant des subventions sur titre III. Ces dernières ont été de € 0,44 millions
en 2003 et doivent être portées à € 0,51 millions en 2004. Elles représentent
donc de l’ordre du cinquième de l’aide à la recherche.
L’aide prodiguée par le ministère des Affaires étrangères a été en moyenne
de 11 millions d’euros sur la période 1998-2002. Elle peut être estimée à un
niveau similaire au début de la période en fonction des données partielles qui
sont disponibles. On notera que la baisse des crédits du titre IV de ce
ministère observable en 1999, année qui correspond l’absorption du
ministère de la Coopération n’est pas entièrement significative : elle
correspond en partie à des changements survenus à cette date dans les
procédures comptables105 du ministère.
L’absence de
comptabilité
analytique et
d’imputation par
intervention des
personnels du titre III
rend difficile
l’approche du coût par
action
La répartition des crédits du ministère par action ou type d’action reste un
exercice difficile dans la mesure où il n’est pas tenu de comptabilité
analytique. La « programmation106 » par action qui descend au niveau de
détail le plus fin ne porte en effet que sur le titre IV. Il n’y a pas d’imputation
parallèle des personnels du titre III qui permette d’évaluer de façon
systématique le coût des différentes actions. Ces personnels constituent 60%
des effectifs d’assistance technique et représentent avec les coûts
administratifs et le personnel des services culturels qui leur sont associés de
l’ordre de la moitié des montant du titre IV. Seules des estimations au cas
par cas du coût de certaines actions peuvent être ainsi effectuées. Les
données collectées pour l’année 2003 auprès des services ainsi que les
données partielles des premières années de la période permettent cependant
de donner les grandes lignes des engagements du MAE et d’indiquer leurs
évolutions.
Au sein d’une enveloppe qui apparaît s’être stabilisée à € 11 millions tout au
long de la période des transferts ont eu lieu au profit de l’AEFE et au
détriment du personnel de titre IV. Le budget alloué à ce dernier dont les
chiffres collectés paraissent fiables a chuté d’une moyenne de € 1,8 million
sur la période 1993-1998 à € 1 million en 2003. Cette diminution de 45%
correspond à une réduction des effectifs qui sont passés d’une cinquantaine
de personnes en première moitié de la période à 21 personnes en 2003.
Cette réduction a essentiellement porté sur du personnel professionnel (dits
période. Des changements d’organisation et de personnel à l’Education nationale et à la Recherche rendent
également très difficile une recherche sur le détail des déclarations d’APD.
105
Notamment le passage au titre III des subventions aux établissements à autonomie financière (EAF),
dont celle accordée au CFCC .
106
Cette programmation est par ailleurs prévisionnelle et il ne semble pas y avoir de document équivalent
retraçant l’exécution de l’exercice.
122
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
civils). Les effectifs de volontaires internationaux (VI et ex CSN), bien moins
chers, ont été beaucoup moins affectés.
Structure de l’aide du MAE
(en M€)
moyenne 93-98
titre IV
année 2003
6,61
4,64
1,77
1,00
Personnel d'assistance technique sur titre III
2,80
2,80
AEFE titre III imputée en APD
1,03*
1,70
Autres titres et frais administratifs
0,68
0,80
TOTAL
11,13
10,94
total hors AEFE
10,10
9,24
dont personnel sur titre IV
subventions titre III aux établissements
1,00
* estimé à 50 % des subventions totales
L’AEFE a absorbé les réductions de crédit sur l’assistance technique. Son
budget est en effet passé d’une moyenne de 1 million d’euros en début de
période à € 1,7 million aujourd’hui. On note que les montants qui sont ici
décomptés107 sont calculés sur la base des subventions totales à seule
proportion des élèves des pays éligibles à l’APD inscrits dans les
établissements gérés par cette association : en Egypte il s’agit en tout
premier lieu d’élèves égyptiens.
Le budget correspondant au personnel relevant du titre III est resté stable.
Les coût paramétriques lui correspondant ont toutefois évolué et les effectifs
correspondant ont ainsi diminué. Ils sont passés d’une moyenne de 40
personnes en début de période à 31 personnes en 2003.
En résumé, on notera qu’avec un budget de coopération du MAE qui n’a
guère varié en monnaie constante, les seuls moyens a avoir progressé sont
ceux mis à la disposition de l’accueil des élèves dans les écoles françaises.
Ceux alloués aux actions spécifiques de coopération ont pour leur part
diminué en valeur et plus encore en volume. Les effectifs globaux sur titre III
et IV, effectifs des services culturels non compris, sont en effet passés de 90
en début de période à 52 en 2003.
107
L’imputation en APD des subventions à l’AEFE a été estimée à 50% de ces dernières là où les montants
imputés n’étaient pas disponibles.
123
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Des protocoles
diminution
en Egypte (1993-2003)
financiers
importants
mais
en
Des protocoles en forte baisse pour l’ensemble des pays
L’Egypte a
subi, comme
les autres
pays, la
baisse du
montant des
protocoles
Au cours de la période sous revue, le montant des engagements sur
protocoles pour l’Egypte, prêts et dons, ainsi que le Fasep, ont atteint
€ 501 millions108. L’évolution de ces engagements a été marquée par :
une baisse très importante entre 1993, année où ils dépassent
€ 80 millions, et 2000, année où ils ont été pratiquement nuls,
une reprise pour des opérations très ciblées dans le domaine du
métro et de l’aviation civile en 2002 et, plus modestement, en
2003.
Engagements sur protocoles et Fasep
90
M€
Protocoles et Fasep
(engagements)
80
Divers
70
Chemin de fer
60
Téléphone
Métro
50
Irrigation
40
Navigation aérienne
30
Electricité
20
Assainissement
10
Eau potable
2004
2003
2002
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
1993
0
De nombreuses raisons sont à la source de cette situation, mais la
principale est l’évolution de la politique française concernant les protocoles
tous pays confondus. Sur la période, les engagements de protocoles tous
pays confondus ont en effet été divisés par 10 en passant de plus d’un
milliard d’euros en début de période à environ € 100 millions aujourd’hui.
108
Y compris un Fasep en 2004
124
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Engagements sur protocoles tous pays et part de l’Egypte
1 200
60%
Tous pays
1 000
50%
part de
l'Egypte
800
40%
600
30%
400
20%
200
10%
2003
2002
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
0%
1993
0
L’Egypte n’a pas été défavorisée au cours de cette évolution. Sa part a
même un peu augmenté dans les premières années de la période, passant
de 8% à un pic de 14% en 1998 avant de revenir à une moyenne de 9%
pendant les années 1999 à 2003, durant lesquelles le caractère irrégulier
des engagements traduit la mise en application de la politique de la RPE
(Réserve pays émergent) à partir de 1998. La baisse des protocoles en
Egypte est donc principalement la conséquence d’une politique française de
restriction du volume des protocoles.
Un facteur supplémentaire a cependant joué : l’administration égyptienne
s’est montrée extrêmement réticente à s’endetter après la crise financière
de 1991. Elle a même cherché à restructurer son aide publique en suscitant
des dons plutôt que des prêts. Les principaux bailleurs proposant des prêts
ont tous été conduits à diminuer leurs engagements, sauf cas
exceptionnels : prêt de la KFW de $ 137 millions en 1998 pour un barrage
hydroélectrique ; série de prêts de l’IDA d’un montant total de
$ 199 millions en 1999. Ces deux prêts ont toutefois été réalisés à des
conditions particulièrement concessionnelles avec des éléments dons
respectifs de 83% et 78%. En dehors
de ces cas particuliers, la proportion
Parts des prêts et des dons en Egypte durant la période
1 600
M$
40%
Engagem ents
25%
800
20%
600
15%
dons hors dette
400
10%
prêts hors dette
200
5%
0
0%
2001
1 000
1999
30%
1997
1 200
1995
35%
1993
1 400
selo n CRS OCDE
des prêts dans l’aide publique à
l’Egypte est passée de 25% à 10% à
la fin de la période. L’administration
égyptienne a donc tenu le cap
qu’elle s’était fixée.
% prêts/total hors
dette
125
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Aide Française, Versements Nets
Millio n s d 'eur o s
Co o p ér at io n t ech n iq ue (t o us m in ist èr es
. m in ist èr e d es Af f air es ét r an gèr es
d on t t it re IV d u MAE
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
10,7
13,2
14,5
16,4
18,8
14,8
13,8
6,3
6,4
6,9
7,0
6,6
15,9
11,2
6,4
15,1
10,8
5,0
17,3
12,9
4,9
15,6
9,8
4,9
16,7
10,3
5,0
1,4
1,5
1,1
0,9
0,8
d o n t p erso n n el su r t it re IV
1,9
t it re III h ors AEFE et serv ices cu lt u rels
. Rech er ch e
. Ed ucat io n n at io n ale (éco lage)
Aid e p r o jet s (p r êt s et d o n s d u Tr éso r )
. dons
. p r êt s
d on t p rêt s b ru t s*
rem b ou rsem en t *
Aid e p r o gr am m e
An n ulat io n d e d et t e
Pr êt s d e co n so lid at io n
Aid e alim en t air e et d iver s
. aid e alim en t air e
. aid e d 'ur gen ce
. aut r e
3,0
1,7
2,4
2,0
3,1
2,0
3,0
1,6
2,7
2,6
2,5
2,2
2,0
2,3
2,0
2,4
2,1
3,7
2,4
3,9
m oy e n n e
9 3 -9 7
15,7
6,7
1,8
m oy e n n
e 9 8 -0 2
Moy e n n
e 9 8 -0 2
16,1
11,0
5,2
15,9
11,0
5,9
1,1
1,5
2,2
2,9
2,2
2,9
2,8
91,4
20,6
70,8
108,4
0,0
87,7
9,9
77,8
175,1
-45,3
105,0
5,3
99,7
136,3
0,0
-16,3
12,6
-28,9
113,7
-154,1
61,9
7,4
54,4
91,1
-0,2
57,6
2,0
55,6
88,9
-1,8
25,9
3,9
22,0
31,6
-3,6
34,3
2,4
32,0
50,4
-10,4
33,3
2,1
31,2
52,9
-17,4
15,2
4,9
10,3
25,2
-16,5
-8,1
3,2
-11,2
14,2
-23,7
-13,2
2,4
-15,5
23,5
-37,3
46,8
6,3
40,5
92,3
-32,0
12,3
3,0
9,4
33,2
-21,1
29,6
4,6
24,9
62,8
-26,5
24,5
98,8
0,7
97,0
347,9
-8,1
260,5
150,8
211,6
216,8
183,1
223,7
214,0
102,2
213,5
188,0
200,7
7,8
7,7
0,0
6,9
6,9
0,0
0,0
6,0
5,9
3,4
3,4
0,6
0,0
7,3
7,3
4,9
4,8
6,1
6,0
0,1
0,0
0,5
5,4
6,4
6,5
6,4
6,4
17,2
0,0
5,4
6,4
6,5
6,4
6,4
17,2
0,0
AIDE BILATERALE TOTALE NETTE
132,1
206,9
222,9
346,3
347,4
240,4
251,3
274,8
238,4
262,3
225,0
106,3
2 8 1,7
2 21 ,3
2 5 1 ,5
Tot al net hor s ann ulat ion s de d et t e
107,6
108,0
126,0
-1,5
87,0
89,6
39,7
58,0
55,3
38,5
10,9
4,1
6 8,1
33 ,4
5 0 ,8
Tot al aide b r ut e b or s ann ulat ions
107,6
153,3
126,0
152,6
87,2
91,4
43,4
68,4
72,7
55,0
34,7
41,4
1 0 0,1
54 ,4
7 7 ,3
33,2
14,9
12,6
21,9
21,8
18,1
24,7
17,2
13,2
15,2
19,8
24,4
19,8
18,0
18,9
Contribution à l'aide multilatérale
source : ministère des Finances sauf détails du budget du MAE fournis par cette dernière institution
126
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Aide Française, Versements Nets : prévisions
Millio n s d 'eu r o s
Co o p ér at io n t ech n iq u e (t o u s m in ist èr es h
. m in ist èr e d es Af f air es ét r an g èr es
d o n t t it re IV d u MAE
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
16,5
10,0
16,5
10,0
16,5
10,0
16,5
10,0
16,5
10,0
16,5
10,0
16,5
10,0
2,5
4,0
2,5
4,0
2,5
4,0
2,5
4,0
2,5
4,0
2,5
4,0
2,5
4,0
-23,7
2,0
-26
15
-40
-29,7
0,7
-30
15
-45
-42,8
0,7
-44
5
-49
-11,3
0,7
-12
38
-50
-17,1
0,7
-18
35
-53
-33,2
0,7
-34
20
-54
-42,4
0,7
-43
10
-53
d o n t p erso n n el su r t it re IV
t it re III h o rs AEFE et serv ices cu lt u rels
AEFE
au t res t it res et f rais ad m in ist rat if s
. Rech er ch e
. Ed u cat io n n at io n ale (éco lag e)
Aid e p r o jet s (p r êt s et d o n s d u Tr éso r )
. dons
. p r êt s
d o n t p rêt s b ru t s*
rem b o u rsem en t *
Aid e p r o g r am m e
An n u lat io n d e d et t e
Pr êt s d e co n so lid at io n
147,3
144,8
136,6
0,0
0,0
0,0
1 4 0 ,1
1 3 1 ,6
1 1 0 ,3
1 3 4 ,8
1 2 1 ,1
9 7 ,0
7 7 ,8
Tot al b ilat é r al n e t h or s an n ulat ion s d e
-7 ,2
-1 3 ,2
-2 6 ,3
5 ,2
-0 ,6
-1 6 ,7
-2 5 ,9
Tot al aid e b r ut e b or s an n ulat ion s-ce ss
3 3 ,1
3 2 ,2
2 2 ,2
5 5 ,2
5 2 ,2
3 7 ,2
2 7 ,2
Contribution à l'aide multilatérale
20
20
20
20
20
20
20
Aid e alim en t air e et d iver s
. aid e alim en t air e
. aid e d 'u r g en ce
. au t r e
AIDE BILATERALE TOTALE NETTE
Sources : A partir de 2003,
129,6
121,7
113,7
103,7
0,0
0,0
0,0
0,0
Projections Natexis pour les remboursements de prêts, estimations Coface pour les annulations,
Hypothèse d’invariances pour le MAE, la Recherche et l’Education, la contribution à l’aide multilatérale, les dons du Trésor
Estimations en fonction des soldes non utilisés pour les versements bruts de prêts.
127
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Budgets et effectifs géographisés du MAE
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
BUDGETS
titre IV
dont personnel sur titre IV
6,35
6,36
6,92
6,99
6,64
6,43
4,99
4,92
4,90
4,95
4,64
1,85
1,73
2,01
1,98
1,59
1,44
1,47
1,08
0,86
0,83
0,95
0,80
0,80
0,80
0,87
2,95
2,45
3,14
3,03
2,66
2,58
2,60*
2,80
1,70
subventions titre III aux établissements
Personnel d'assistance technique sur titre III
1,00
AEFE titre III (APD et non APD)
1,44
1,83
2,24
2,21
2,25
2,38
3,15
Autres titres, frais administratifs et service culturel
0,68
1,72
0,31
0,39
0,03
0,97
0,80*
0,80
11,42
12,35
12,61
12,62
11,58
12,37
12,34
10,94
9,98
10,52
10,36
10,41
9,33
TOTAL
Total hors AEFE
TOTAL déclaré en APD
cours de l'euro en francs
6,62
6,57
6,45
6,41
6,59
9,98
9,19
11,21
10,78
12,89
9,78
9,24
6,61
6,56
6,56
6,56
10,31
EFFECTIFS
DG sur titre III
49
44
44
40
34
30
31
titre IV
52
58
54
64
37
33
21
101
102
98
104
71
63
52
7
7
8
8
7
7
nd
108
109
106
112
78
70
52
51
53
55
53
54
55
nd
159
162
161
165
132
125
TOTAL ASSISTANCE TECHNIQUE
Services culturels titre III
TOTAL MAE
AEFE
EFFECTIFS TOTAUX
source : MAE, sous-direction de la programmation et des affaires financières sauf estimations notées *
128
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
IV Evaluation globale du dispositif de coopération
L’évaluation globale a pour objectif principal d’apprécier, d’une part, la
conformité des objectifs poursuivis à la stratégie globale de coopération
(pertinence) et, d’autre part, d’évaluer l’efficacité d’ensemble du dispositif,
c'est-à-dire l’adéquation des résultats obtenus aux objectifs recherchés.
Elle conduit à opposer les points forts et les points faibles de notre
dispositif général de coopération.
L’évaluation globale porte, en premier lieu, sur le dispositif mis en œuvre
par le pôle diplomatique (MAE), puis sur celui soutenu par le ministère de
l’économie, des finances et de l’industrie109.
Une coopération culturelle pertinente mais dont
l’efficacité est difficile à apprécier
Quatre grands objectifs structurent la stratégie de coopération
internationale du ministère des Affaires étrangères110 :
1. Agir pour un monde plus solidaire ;
2. Contribuer à la stabilité et à la paix ;
3. Œuvrer pour une gestion collective des problèmes globaux ;
4. Participer à la construction européenne.
La coopération avec
l’Egypte s’inscrit dans
un objectif plus général
visant à préserver la
stabilité et la paix.
La coopération avec l’Egypte ne participe pas nécessairement à tous ces
objectifs. Mais elle s’inscrit, clairement, dans le second.
109
Cette dichotomie est conforme à la présentation générale du dispositif français d’aide au développement qui
distingue deux pôles ministériels : un pôle diplomatique (ministère des Affaires étrangères) et un pôle
économique et financier (ministère de l’économie, des finances et de l’industrie). Cf. Ministère des Affaires
étrangères, Direction Générale de la Coopération Internationale et du développement, Bilan 2003 et
perspectives, Paris, 2004, page 11. Les actions correspondent à des logiques différentes et doivent être
distinctes, mais dans de nombreux cas davantage de concertation permettrait une meilleure efficacité de la
coopération économique. On peut citer le cas de la gestion des sites archéologiques où une offre française
devrait comporter une dimension culturelle et une dimension investissement d’entreprises françaises dans le
secteur du tourisme.
110
Cf. Ministère des Affaires étrangères, La coopération internationale du ministère des Affaires étrangères.
DGCID, bilan 2002 et perspective. Cette section ne traite que du dispositif de coopération du pôle
diplomatique.
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Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Les relations bilatérales
sont excellentes.
Les positions françaises
et égyptiennes
convergent sur les
principaux problèmes
géopolitiques du Proche
et du Moyen-orient.
en Egypte (1993-2003)
La contribution à la stabilité et à la paix passe d’abord par des
relations de nature politique
Le renforcement de la stabilité et de la paix dépend d’abord de moyens
politiques. Les relations franco-égyptiennes sont très étroites111. Les
présidents Moubarak et Chirac ont eu l’occasion de réitérer, à maintes
reprises, la convergence de leur point de vue sur les grands problèmes
géopolitiques de la région. La paix et la sécurité, tant au Proche qu’au
Moyen-Orient, sont des objectifs forts partagés par nos deux pays. La
France et l’Egypte ont aussi un dessein commun : celui de bâtir une
véritable Communauté méditerranéenne. Initié en 1995, le processus de
Barcelone a été fortement appuyé par la France. Il s’est traduit notamment
par la signature, en juin 2001, d’un Accord d’association entre l’Union
européenne et l’Egypte. Ce trait d’union politique et économique devrait
contribuer à renforcer le partenariat pour la paix et pour le rapprochement
entre le monde arabe et l’Europe.
La stabilité et la paix passent aussi par des échanges et par le
dialogue des cultures
La coopération,
d’influence, doit nourrir
le « dialogue des
cultures » pour éviter le
« choc des
civilisations ».
Comme le souligne la DGCID, le renforcement de la stabilité et de la paix
passe, non seulement par ces relations politiques au plus haut niveau, mais
aussi par des actions relevant d’une coopération d’influence. Ainsi, les
tensions et les violences (les « chocs de civilisation » pour reprendre une
image désormais connue) se nourrissent de l’incompréhension entre les
peuples, de l’absence de dialogue, de la méconnaissance de l’autre, du
refus de l’altérité et du respect des différences. La coopération peut
participer, avec les moyens qui sont les siens, à combler ces écarts, à
rapprocher les esprits, à rétablir, enfin, la confiance entre les peuples.
Il lui faut pour cela :
1) multiplier les
échanges culturels ;
2) Développer les
échanges universitaires
et scientifiques ;
3) Favoriser les débats
d’idées ;
4) Faire valoir les
valeurs universelles ;
5) Développer la
francophonie ;
6) Promouvoir les
médias libres.
Ces objectifs, ambitieux, assignés au dispositif français de coopération
passent par des interventions ciblées visant à :
1. Multiplier les échanges culturels. Le dialogue des cultures suppose
d’organiser des manifestations visant à faire connaître, dans tous
les domaines de la vie artistique, des œuvres consacrées par le
temps ou des créations contemporaines. Ce dialogue culturel
implique aussi, en retour, l’accueil des cultures étrangères en
France. Il suppose aussi un réel travail en commun des artistes,
des coproductions ainsi que des échanges d’expérience en matière
de politique culturelle ;
2. Développer les échanges universitaires et scientifiques. Partager les
savoirs, constituer une véritable communauté scientifique
111
Les nombreuses (et fréquentes) visite des deux chefs d’Etat et, à leur suite, les divers échanges entre les
responsables des deux exécutifs traduisent l’excellence des relations bilatérales.
130
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Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
internationale, favoriser l’accueil des étudiants étrangers en France,
assurer la promotion des filières francophones partout dans le
monde constituent autant d’actions qui s’inscrivent, de toute
évidence, dans cette volonté de conforter ce dialogue entre les
nations porteur de paix et de stabilité à long terme ;
3. Prendre part au débat mondial des idées. Ouvrir les débats, susciter
les échanges entre les intellectuels, les chercheurs, les experts
autour de thématiques fondamentales comme la démocratie, la
nation, l’Etat de droit, la justice, la laïcité, les identités
communautaires, les fractures sociales et bien d’autres thèmes
encore, constituent un moyen d’alimenter ce dialogue des cultures.
L’organisation de conférences et de colloques ou encore l’édition
d’ouvrages (livres et revues) appuient cette politique.
4. Aider à l’établissement de l’Etat de droit et de la démocratie. Le
dialogue entre les peuples doit se fonder sur le respect de la
pluralité des cultures et la reconnaissance de l’universalité de
certaines valeurs comme la liberté (politique, intellectuelle,
artistique, économique), la paix, l’égalité politique, la solidarité
économique et sociale… La coopération institutionnelle, dont
l’objectif est de renforcer l’Etat de droit, l’appui aux médias
indépendants, le soutien aux associations de défense des droits de
l’homme sont autant de levier sur lesquels agit la coopération
française pour promouvoir la démocratie et l’Etat de droit.
5. Développer la francophonie. Le partage de langue française (un
Etat sur quatre est aujourd’hui membre de l’Organisation
internationale de la francophonie) est évidemment un formidable
atout pour favoriser le dialogue des nations et des peuples. Cet
avantage n’est pas acquis ; il se construit quotidiennement au
travers de multiples actions en faveur de l’enseignement du
français et, plus généralement, de la diffusion des valeurs
partagées par la communauté francophone dans le monde.
6. Renforcer la présence française dans le paysage audiovisuel
mondial. Les médias constituent un vecteur fondamental d’influence
qui justifie une véritable politique audiovisuelle à l’échelle mondiale.
Radios et télévisions francophones participent ainsi pleinement à la
diffusion des cultures.
Un dispositif en adéquation avec la stratégie de la DGCID
Le dispositif de
coopération en Egypte
s’inscrit tout à fait dans
les grands objectifs de
la DGCID.
Les actions de la coopération française en Egypte (cf. tableaux synoptiques
ci-dessus) s’inscrivent tout à fait dans les objectifs repérés ci-dessus. Cette
adéquation entre les objectifs généraux de la DGCID, les grands axes de
coopération en Egypte et les principales actions réalisées révèle une forte
pertinence du dispositif.
La pertinence du
dispositif est forte.
131
dme
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Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Cette pertinence est renforcée par le choix, politique, de concentrer une
partie importante des actions en faveur des élites égyptiennes. Ce choix se
justifie à plusieurs titres. Il revêt une importance particulière au Proche et
au Moyen-Orient dans un contexte de renforcement du radicalisme
d’origine confessionnel.
La décision, politique,
de cibler les élites
égyptiennes est très
pertinente.
Ce sont en effet les
élites qui constituent le
fer de lance des
mouvements islamiques
radicaux.
Les élites égyptiennes
méritent toute notre
attention.
C’est avec elles que
nous devons dialoguer
en premier, dans le
respect de l’altérité,
mais pour faire valoir
l’intérêt des deux
parties à la paix, à la
stabilité et à la
démocratie
112
en Egypte (1993-2003)
Comme l’ont montré les travaux de S.P. Huntington112, les mouvements
islamiques sont parties prenantes du processus de modernisation et en
sont le produit113. Les membres les plus actifs sont, la plupart du temps,
des jeunes bénéficiant d’une certaine mobilité sociale ascendante et
disposant souvent d’un bon niveau de connaissance des cultures
étrangères. Le noyau « historique » est composé d’étudiants et
d’intellectuels qui ont participé aux premières phases du processus
d’islamisation politique à la faveur des actions collectives portées par les
syndicats étudiants. Ce mouvement est bien repérable en Egypte qui a
connu, dans les années soixante-dix, une montée du fondamentalisme
islamique au sein de l’Université. Selon une étude de Saad Eddin
Ibhrahim114quatre traits distinctifs caractérisaient les dirigeants des
groupes islamiques égyptiens : (i) la jeunesse : la majorité d’entre-eux ont
accédé à leur fonction au sein des mouvements entre 20 et 40 ans; (ii) le
haut niveau d’études : 80% d’entre-eux étaient étudiants ou diplômés de
l’Université, 50% venaient d’Universités prestigieuses ou des disciplines
scientifiques comme la médecine et l’ingénierie ; (iii) Plus de 70%
appartenaient aux classes moyennes. Leur origine était modeste, mais pas
pauvre. Ces jeunes constituaient souvent la première génération à faire des
études. (iv) La quasi-totalité du groupe était constituée d’urbains.
Ces étudiants et intellectuels forment les cadres dirigeants, et parfois les
troupes de choc pour les premiers, des mouvements islamistes. De
nombreuses études, publiées entre autres dans Foreign Affairs, montrent
que les activistes islamistes comptent en leur sein un nombre « très
disproportionné » de jeunes gens bien formés, dont des médecins, des
avocats, des ingénieurs, des scientifiques, des professeurs et des
fonctionnaires.
Ces élites méritent toute notre attention. Elles feront l’Egypte de demain.
Le dialogue que nous pouvons nouer à chaque occasion avec elles doit
permettre de réaffirmer, d’un côté, la pluralité des cultures, la multipolarité
du monde moderne ou encore le respect de l’altérité, mais aussi, de l’autre,
Samuel P. Hutington, Le choc des civilisations, Odile Jacob, Paris, 1997.
113
Comme le notait Olivier Roy (The Failure of Political Islam, Tauris, Londres, 1994) : « La masse de l’islam
révolutionnaire est un produit de la société moderne ». Ce mouvement n’a effectivement guère reçu de
soutien de la part des élites rurales, des paysans ou encore des personnes âgées. La révolution iranienne en
est un exemple. De même, les travaux de Gilles Kepel (Géopolitique n°33, juin 1991) ont montré que les
activistes des groupes fondamentalistes ne sont pas des « conservateurs âgés ou des paysans illettrés »
114
Saad Eddin Ibhrahim, Islamic Militancy as Social Movement : The Case of Two Groups in Egypt, in Dessouki
ed., Islamic Resurgence, p 128-131, cite in S.P. Hutington, p 160.
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
l’attachement aux valeurs universelles, à la paix et à la sécurité. Le
dialogue des cultures ainsi que les échanges avec les élites constituent
certainement l’un des meilleurs remparts au choc des civilisations.
Un dispositif dont l’efficacité est difficile à mesurer
En pratique, il s’avère difficile de savoir dans quelle mesure le dispositif
français de coopération touche, directement ou indirectement, cette
intelligentsia porteuse de valeurs culturelles, philosophiques, politiques et
sociales différentes de nôtres, voire en opposition de phase. Cette difficulté
tient peut-être à un manque de documentation et d’études sociologiques.
Au total, les élites qui devraient constituer la cible de notre coopération
d’influence s’avèrent finalement assez mal connues.
Faute d’études fines sur
les élites, il est difficile
d’apprécier l’efficacité
d’une coopération
d’influence.
Dans ces conditions, il est très difficile d’estimer la contribution réelle des
actions de coopération au renforcement de l’influence française en Egypte.
On ne doit pas sous-estimer a priori le risque d’une double déperdition
d’énergie (d’autant plus préjudiciable que les moyens sont comptés) :
1. Erreur de cible. Il existe un risque d’orienter tout ou partie des
actions de coopération en faveur de populations qui ne font pas (ou
ne feront pas) partie de l’élite. On peut alors se poser la question
de l’intérêt de renforcer son influence auprès d’agents qui, euxmêmes, n’en ont qu’assez peu…
2. Effets pervers. L’élite qui bénéficie des dispositifs mis en place par
les diverses coopérations internationales (française, mais aussi
américaine ou allemande) peut chercher avant tout à acquérir un
savoir opérationnel et technique lui permettant d’en tirer un
avantage privé (cf. ci-dessous). Il se pourrait alors que les
dispositifs ne participent pas (ou très peu) au « dialogue des
cultures ». On ne peut pas rejeter catégoriquement l’hypothèse
qu’une meilleure connaissance du monde occidental ne
s’accompagne pas d’un rejet encore plus virulent de ses normes et
de ses valeurs (l’accès aux connaissances n’a jamais impliqué
l’adhésion aux valeurs de la société qui les a produites).
On ne peut pas
accepter d’emblée
l’hypothèse que les
élites que nous
touchons sont
réellement stratégiques
Une meilleure connaissance des élites, notamment celles de la nouvelle
génération et qui ne sont pas forcément proches du pouvoir, est
aujourd’hui indispensable. Seule cette intelligence permettra de juger de
notre influence réelle en Egypte.
Dans ces conditions, il s’avère difficile d’apprécier la pertinence d’une
critique souvent entendue, et parfois même de la partie égyptienne,
déplorant le manque de visibilité du dispositif français de coopération. Ce
défaut est incontestable si la visibilité est mesurée par le nombre et
l’ampleur des réalisations rentrant dans le strict champ de la coopération.
La critique serait encore acceptable si l’on considère qu’un dispositif de
coopération se doit d’être visible aux yeux du plus grand nombre. Elle l’est
La visibilité du dispositif
n’est pas un objectif en
soi.
Une coopération
discrète peut être
efficace si elle touche
les élites agissantes.
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toutefois beaucoup moins si l’on admet que la visibilité n’est pas un objectif
en soi et qu’il est préférable d’être connu et reconnu aux yeux de ceux qui
font et qui feront le destin du pays. Les faits ont montré, contre l’avis de
Staline, qu’il n’était pas toujours besoin d’aligner moult divisions pour peser
sur le cours de l’histoire. Encore faut-il s’assurer que cette coopération
discrète soit réellement efficace.
Le nombre de
francophones reste
stable ; mais leur poids
relatif diminue
fortement
Un dispositif qui vieillit
Le dispositif de coopération a été orienté historiquement en faveur des
élites francophones. Cette cible est toujours demeurée numériquement
marginale, y compris au début du siècle dernier pourtant considéré comme
l’âge d’or de la francophonie, où les effectifs étaient d’environ 40 000
personnes. Ce chiffre est resté globalement stable depuis. Si les effectifs
fréquentant les écoles bilingues se sont réduits, ceux des écoles privées où
le français est enseigné comme langue étrangère ont augmenté.
La marginalisation de la francophonie est avant tout perceptible en termes
relatifs : la langue française était parlée par un égyptien sur 200 au début
du XXème siècle mais seulement par un sur 2000 aujourd’hui115.
Ce déclin relatif a certainement de nombreuses origines. L’évolution du
statut social des francophones figure certainement en bonne place parmi
celles-ci. De la fin du XIXe au milieu du XXe siècle, la maîtrise de la langue
française et son usage courant, y compris dans les relations familiales, était
l’apanage des classes supérieures disposant d’un fort capital culturel et
souvent économique. Cette francophonie historique (repérable naguère
essentiellement dans les professions libérales et intellectuelles) est
aujourd’hui vieillissante.
La francophonie n’a
plus le même statut
social qu’autrefois.
Le français est en
concurrence avec
l’anglais et souffre mal
de la comparaison.
Le signe de distinction sociale que pouvait constituer naguère la
francophonie n’est pourtant pas totalement effacé aujourd’hui. Mais il est
plutôt recherché désormais par les classes moyennes, disposant d’un
certain capital culturel mais pas nécessairement économique, et qui
aspirent, par effet d’imitation, à intégrer les classes supérieures. La
fréquentation des établissements scolaires (et universitaires) enseignant le
français ou la participation à certaines manifestations culturelles organisées
par les services français s’inscrivent dans cette stratégie de mobilité
sociale. Considérant la langue avant tout comme un vecteur promotionnel
(et discriminant), ces nouveaux francophones (mais pas nécessairement
francophiles) n’hésiteront pas à mettre le français en concurrence avec
l’anglais. Et les avantages comparés ne sont que rarement en notre faveur.
115
Ces chiffres sont volontairement arrondis ; le recensement du nombre de locuteurs étant lui-même très
imprécis.
134
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Si le dispositif de coopération éducative, culturelle et linguistique demeure
toujours reconnu et apprécié, la réduction récurrente des moyens pénalise
sérieusement sa « maintenance » et plus encore son développement :
•
Le réseau scolaire francophone présente des signes dangereux
d’essoufflement. Les écoles se paupérisent. La qualité des
enseignants se réduit fortement. Ces institutions ne sont plus
attractives. Beaucoup disparaîtront alors que les survivantes
passeront à l’anglais ou à l’arabe ;
•
Le nombre d’étudiants accueillis en France est limité. Les
moyens (bourses) programmés permettent de financer un peu plus
de 500 mois-bourses (et ne concernent qu’un petit millier
d’étudiants). C’est moins que la Grande Bretagne (600 moisbourses), moins que l’Espagne (près de 800) et très loin derrière
l’Allemagne (1400). Bien sûr les filières francophones et l’Université
française d’Egypte permettent de rééquilibrer partiellement ce bilan
en notre défaveur. Mais, là aussi, ces efforts apparaissent, sinon
modestes, du moins en retrait par rapport à ceux de l’Allemagne et,
évidemment, par rapport à ceux déployés par les Etats-Unis.
•
Faute de moyens, les débats d’idées qui s’expriment en France
et, plus généralement en Europe, ne rencontrent qu’un écho limité
en Egypte. Bien sûr, les positions politiques et diplomatiques de la
France sur les grands problèmes du monde en général et de la
région en particulier sont bien connues des autorités. Mais, un
déficit d’images, de sons et de publications francophones ne permet
pas de faire écouter la différence à une majeure partie de la
population aux yeux desquels les positions occidentales se
résument à celles des Etats-Unis (et qui sont, elles, fort bien
connues). L’initiative récente du centre français de coopération du
Caire d’organiser des conférences hebdomadaires sur des thèmes
d’actualité permet incontestablement de réduire ce déficit116. On ne
peut que s’en féliciter et saluer une initiative s’inscrivant totalement
dans le dialogue des cultures que nous cherchons à promouvoir.
Le dispositif français
présente des signes de
vieillissement. Les
réductions budgétaires
le pénalisent :
- Le réseau scolaire est
à bout de souffle ;
- Les moyens maquent
pour accueillir des
étudiants en plus
grands nombres ;
- La pénurie d’images
et de sons nous rend
souvent muets.
Les quelques ombres au tableau évoquées ci-dessus ne doivent pas
masquer cependant la grande qualité d’ensemble du dispositif. Cette
qualité, la coopération française la doit, en premier lieu, à l’engagement
des hommes et des femmes qui agissent en son nom. Ces forts
investissements personnels peuvent conduire, parfois, à privilégier l’action
individuelle au détriment de l’action collective et de la recherche des
116
Les « conférences du lundi » organisées par le CFCC réunissent une centaine de personnes en moyenne
chaque semaine sur des thèmes assez éclectiques mais où les problèmes géopolitiques et sociaux sont bien
représentés. On peut citer, par exemple, les conférences sur « L’orient arabe à l’heure américaine », « Les
relations internationales nouvelles », « Les évolutions politiques dans le monde arabe », « Le débat politique
français », « L’impuissance de la puissance : la crise du nouvel ordre international », « La mouvance
islamique en Afrique du nord »… Environ 2200 personnes ont participé à ces conférences depuis leur création
en février 2004. A ces réunions s’ajoutent des conférences (« Les mercredis de l’Egypte ») sur des
thématiques culturelles, historiques et sociologiques. La pertinence de cet outil, qui s’inscrit totalement dans
l’objectif du dialogue des cultures, est évidemment très forte.
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congruences et des synergies. Une définition claire de la stratégie et des
objectifs ainsi que l’assurance d’une certaine pérennité des moyens
permettraient certainement de renforcer la dynamique de groupe et de
mieux mobiliser encore les énergies.
Une coopération
entreprises
économique
De 1993-2003, la Coopération française
interventions dans trois directions :
en
ciblée
Egypte
sur
a
mené
les
des
le maintien ou l’accroissement de l’influence française ;
l’augmentation des investissements français et des échanges
commerciaux ;
le développement économique de l’Egypte.
La pérennité de
l’influence française en
Egypte est en partie
liée à la part
importante des
entreprises françaises
dans le commerce
extérieur et les
investissements
égyptiens
Les remises de dette
ont levé un obstacle au
développement, mais
les interventions
directes en faveur du
développement ont été
limitées
Durant cette période, le premier objectif a été primordial pour la
Coopération française et s’est manifesté par le centrage des interventions
sur les domaines culturels et éducatifs en s’appuyant pour leur mise en
œuvre sur des moyens importants : CFCC, Ifao, actions universitaires,
linguistiques, scientifiques et techniques. Etant donné la brillante position
qui était celle de la France en Egypte il y a quelques décennies, les
interventions ne pouvaient que maintenir plus que développer une
influence qui reste importante, mais qui, étant donné la place prise par le
monde anglo-saxon, ne peut plus, seule, être au premier rang.
Poids lourd économique du monde arabe, l’Egypte devait naturellement
attirer les entreprises françaises. Sur les cinq dernières années, les
exportations françaises ont représenté entre 1 et 1,6 milliard d’euros,
plaçant la France dans les premiers rangs des fournisseurs de l’Egypte et
provoquant un important excédent commercial français117. Sur la période,
les investissements français, soutenus par les Protocoles financiers ont été
importants. La place tenue par la France dans le commerce extérieur
égyptien et les investissements réalisés par les entreprises françaises
constituent aussi un élément essentiel de l’influence française et un gage
de sa pérennité.
Les interventions directes en faveur du développement ont par contre été
plus limitées. Certes des actions ont été menées dans le domaine éducatif,
qui constitue sans doute la base du développement d’un pays. D’autre part,
l’Egypte a été un des bénéficiaires majeur de l’APD française par le biais
117
En 2002, les exportations françaises représentaient un peu moins de € 1,2 milliard, plaçant la France au
troisième rang des exportateurs européens (Allemagne : € 1,4 milliard ; Italie : 1,2 milliard) et au deuxième
rang de ces pays, après l’Allemagne, pour l’excédent commercial (€ 850 millions).
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des remises de dettes, qui constituaient un obstacle fondamental au
développement du pays. En participant de façon importante à la levée de
cet obstacle, la France a favorisé l’amélioration du niveau de vie de
l’ensemble de la population. Cependant la Coopération n’a pas cherché, en
dehors des interventions en faveur du développement agricole, soutenues
par le Fonds de contrepartie de l’aide alimentaire et mises en œuvre par le
BLAFE (Bureau de Liaison Agricole Franco-Egyptien), a réaliser des actions
d’appui direct au développement.
Réalisées dans un pays émergent, les interventions économiques
ont logiquement été axées sur le soutien aux entreprises françaises
Les outils disponibles
de coopération
économique sont
destinés aux
investissements et au
commerce, non à la
réalisation de projets
de développement
Pays « émergent », l’Egypte ne fait pas partie de la ZSP. Les interventions
qui y sont réalisées ne peuvent être des interventions de type projet sur
don de la ZSP et les instruments disponibles, FASEP et RPE, sont destinés à
favoriser le développement des entreprises françaises : le FASEP est un
fonds d’aide au secteur privé qui cherche à faciliter l’offre française pour
l’obtention de marchés ; la RPE soutient des projets favorisant le
développement du pays dans la mesure où des entreprises françaises en
sont bénéficiaires.
Ce choix, qui implique l’impossibilité de réaliser des projets sur dons
favorisant le développement du pays est parfois critiqué par les Egyptiens.
Ainsi, pour le ministère de la Coopération internationale « Il n’y a plus de
véritable projets dans l’aide française. C’est dommage ! Le Gouvernement
français est seulement motivé par l’intérêt des entreprises françaises »118.
Il correspond néanmoins à un choix logique et la France peut considérer
que son aide au développement est en fait réalisée par l’intermédiaire de
l’Union européenne, dont les importants moyens financiers peuvent
davantage avoir une incidence sur des problèmes de développement dont
les enjeux dépassent les moyens de la Coopération française.
On peut aussi souligner que la coopération américaine a pris récemment un
virage, estimant désormais que l’Egypte n’est plus un pays qui relève de
l’aide au développement, mais un pays qui requiert du commerce et des
investissements.
La visibilité de l’aide au
développement
française, réalisée sous
forme de remises de
dettes, est très faible
Un impact peu visible des remises de dettes
Second bailleur de fonds en Egypte sur la période, la Coopération française
paraît cependant peu visible en dehors des cercles parfois restreints où elle
intervient directement. La visibilité internationale de la France est certes
importante pour des raisons politiques, mais la présence française en
Egypte ne correspond pas à celle que devrait pouvoir revendiquer le
118
« No real projects in french aid. It’s a pity! … French Government is only motivated by french companies…
Other means are necessary».
137
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en Egypte (1993-2003)
« second bailleur » : les Egyptiens estiment les interventions françaises
moins importantes que celles non seulement des Etats-Unis, mais aussi de
l’Allemagne et de l’Italie ; les autres bailleurs considèrent parfois que la
présence française en Egypte ne dépasse pas l’archéologie et le métro du
Caire. Certes, les Egyptiens auront toujours tendance à souligner pour
chaque bailleur les insuffisances de ses interventions et notamment de ses
dons préférés aux prêts surtout si ceux-ci comportent des conditionnalités.
Mais, l’examen de la présence effective actuelle de chaque bailleur sur le
terrain119 les conduit à constater la faiblesse des interventions du « second
bailleur ». Dans les réunions des bailleurs, les représentants de la France
semblent d’ailleurs avoir souvent du mal à trouver des raisons de souligner
l’importance des interventions françaises. Le rappel d’annulations de dette
considérées comme du passé n’est pas suffisant. La contribution de la
France aux interventions européennes n’est pas perçue comme une
intervention française.
On peut d’autre part souligner que les annulations de dettes de 50%
prévues par le Club de Paris en 1991 avaient pour but la diminution du
fardeau de la dette égyptienne et non la visibilité de la Coopération
française120. Cependant, les annulations qui dépassaient ces 50% auraient
pu – à coût budgétaire équivalent – être couplées avec des aides projets et
une coopération renforcée121. Une plus grande parcimonie à l’égard du
traitement de la dette aurait pu permettre d’être plus généreux pour des
aides ayant un impact direct sur le développement122.
Des outils de coopération au développement mal adaptés à un
pays « dual »
Les outils français de coopération ciblent soit les pays en développement,
et notamment les zones Afrique de l’Ouest et Afrique centrale (ZSP et
projets), soit les pays émergents (FASEP et RPE). Or, la structure « duale »
d’un pays comme l’Egypte, avec des secteurs, en particulier sociaux,
semblables à ceux d’un pays en développement, mais des domaines (par
exemple Internet et le téléphone mobile) du niveau de ceux des pays
développés, rendrait utile la possibilité de mettre en oeuvre des projets de
développement.
119
Cf. Première partie Chapitre II « Les coopérations extérieures ».
120
L’affichage pendant des années de l’annulation de dette a d’ailleurs procuré à la France une « visibilité »
plutôt supérieure à celle des autres bailleurs.
121
On peut noter que dans le cadre de l’Initiative HIPC (Highly Indebted Poor Countries) et des CDD (Contrats
Désendettement Développement) français, les remises de dettes ont été couplées avec des projets de
développement.
122
Le problème du choix entre projets de développent et aide budgétaire se pose aussi, mais de manière
presque opposée, pour la coopération de l’Union européenne, qui a transformé € 175 millions sur les € 250
millions d’un projet de modernisation industrielle en aide budgétaire.
138
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ddidacticiels et modélisation économiques
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SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
En effet, si les marchés emportés par les entreprises françaises en Egypte
montrent bien que le ciblage de l’Egypte en tant que pays émergent
comporte une réelle logique, l’absence d’outil de développement soulève
des problèmes. Comment par exemple donner une dimension « gestion des
sites » aux interventions en archéologie sans réaliser un « projet » 123?
Comment réaliser un projet d’intervention institutionnelle dans le domaine
éducatif ? Comment avoir un poids suffisant dans la formation
professionnelle, face à l’Allemagne, sans un projet qui pourrait ensuite être
relayé par des financements européens ? On peut également citer le cas du
BLAFE, actuellement financé sur une aide alimentaire qui ne se justifie plus
dans un pays émergent, mais qu’il n’est pas possible de remplacer par un
projet.
La Coopération
française manque d’un
outil pour utiliser ses
compétences dans le
domaine du
développement
économique
L’inadaptation des outils d’aide au développement résulte aussi
de l’existence d’une coopération de service à service et non d’Etat à
Etat
L’inadaptation des
outils d’aide au
développement
provient aussi de
l’absence de stratégie
globale de coopération
La coopération franco-égyptienne s’effectue de service à service, et non
dans un cadre stratégique d’Etat à Etat. Les négociations sur les
annulations de dettes sont représentatives de négociations qui impliquent
fortement la Coopération française, mais auxquelles le MAE ne participe
pas124. Dès lors, les possibilités que pourraient ouvrir ces annulations à la
coopération au développement sont moins prises en compte.
Cette coopération de service à service peut d’ailleurs tout à fait convenir
aux Egyptiens, dans un pays où chaque ministère constitue un fief dont il
importe de garder les frontières. Il est cependant probable que les
instruments seraient souvent plus efficaces, à la fois pour l’Egypte et pour
la France si une stratégie globale était définie.
L’adoption d’une stratégie globale de coopération devrait
s’accompagner d’une réflexion sur les instruments et sur les
acteurs
Faute de stratégie d’ensemble de la Coopération française, il existe une
absence de concertation stratégique entre les instruments existants. Dans
le domaine de la coopération économique, l’élaboration d’une stratégie
globale pourrait s’accompagner d’une réflexion sur les points suivants :
L’annulation de dettes : instrument financier, l’annulation de dettes
a cependant pour objectif de favoriser le développement du pays ;
faute d’autres moyens disponibles pour la coopération française,
L’élaboration d’une
stratégie pays devrait
inclure une réflexion
sur l’annulation
de
123
Cf. chapitre
dettes,l’ intervention
desur ce domaine.
l’AfD ,124
le rôle
la
On de
pourrait
dire à l’inverse qu’il n’y a pas de participation du MINEFI aux Commissions mixtes, qui sont
coopération
censées déterminer les orientations de la Coopération française.
décentralisée, le futur
programme MEDA
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
certaines annulations de dettes pourraient être utilisées pour
mettre en œuvre des projets de développement.
L’intervention de l’AfD : L’AfD est actuellement autorisée à
intervenir en Egypte, mais ne peut effectuer des dons. La forte
capacité de mise en œuvre de l’Agence pourrait cependant être
mise à profit pour réaliser certains projets de développement. Il est
ainsi proposé dans les évaluations sectorielles de réaliser une offre
française pour la gestion de sites archéologiques. Des études
préalables, qui ne peuvent relever du FASEP, pourraient être
réalisées par l’AfD, qui aurait déjà effectué au Liban des
interventions semblables.
La coopération décentralisée : étant donné le rôle historique de la
France en Egypte et la perception de ce pays par les Français, la
« mobilisation » de la coopération décentralisée pourrait sans doute
être plus facile que pour d’autres pays. Ainsi, le travail engagé à
Alexandrie avec les régions PACA et Midi-Pyrénées peut constituer
une référence pour d’autres gouvernorats d’Egypte. D’autres
interventions présentent également un grand intérêt, par
exemple la coopération hospitalière avec Lille ou le développement
d’une coopération entre l’Association des Incubateurs Egyptiens, le
Réseau des Pépinières de la région Midi-Pyrénées et la fondation
Sophia Antipolis dans le domaine des pépinières d’entreprises.
Cette coopération décentralisée pourrait aussi constituer un atout
pour le développement des entreprises françaises.
Le programme MEDA : une stratégie globale de la Coopération
française doit, dans le domaine économique, tenir compte des
autres coopérations européennes. Une réflexion sur MEDA III avec
d’autres pays membres pourrait permettre de mieux assurer la
cohérence d’une stratégie française avec celles de la Commission et
des pays membres.
140
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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V Prospective
Un cadrage simplifié à l’horizon 2015
La prospective stratégique est une discipline relativement jeune, dont
l’ambition n’est pas de prédire l’avenir (ce que nul ne sait faire) mais, plus
modestement, d’explorer quelques futurs possibles. La réalisation d’un
exercice complet de prospective stratégique (qui suppose une étude fine du
passé, la mise en évidence des facteurs-clef du futur, l’examen approfondis
des scénarios et des futuribles, l’étude des ruptures et des bifurcations)
dépasse largement le cadre de la présente évaluation.
Il est apparu néanmoins souhaitable d’envisager, même sommairement, les
évolutions possibles du dispositif français de coopération en Egypte à
l’horizon d’une dizaine d’années.
Ce balayage s’appuie sur un double cadrage, démographique et
économique :
•
Les projections de population montrent qu’il n’y a pas de risque
d’explosion démographique en Egypte au cours des prochaines
années. La croissance démographique aura plutôt tendance à se
ralentir, y compris (et surtout) dans les mégapoles du Caire et
d’Alexandrie. En revanche, la croissance de la population active
continuera d’être forte. Elle exercera une pression importante sur le
marché du travail qui devra accueillir, chaque année, près d’un demi
million d’actifs supplémentaires. Ce défi démographique ne pourra
être relevé sans une croissance forte.
•
L’Egypte est donc confrontée à un véritable impératif de
croissance, pour assurer un emploi à tous et relever le niveau de vie
de chacun. Un modèle économique élémentaire montre que la
croissance devra être de l’ordre de 6% par an pour atteindre un tel
objectif. Ce rythme n’est pas inaccessible à l’Egypte. Mais, il
suppose certainement la mise en œuvre des réformes, mainte fois
reportées jusqu’ici. La croissance ne pourra reposer que sur le
développement vigoureux de l’initiative privée. Elle suppose aussi,
de forts investissements (27 milliards dollars dès demain et jusqu’à
50 milliards de dollars dans dix ans). Ces investissements devront
être financés (à hauteur du tiers environ) par des capitaux
extérieurs. Ces masses annuelles sont très largement supérieures à
ce que l’Egypte peut raisonnablement prétendre obtenir au titre de
la coopération internationale. L’impératif de croissance se double
donc d’un impératif d’intégration réussie dans la division
internationale du travail.
La croissance de la
population active est un
véritable défi
démographique…
Qui ne pourra être
relevé sans une
croissance forte (6,5%
par an).
Cette croissance
suppose de forts
investissements privés
(30 à 50 milliards de $
...par an !).
Les besoins de
financement dépassent
ce que peuvent
apporter les aides
internationales.
L’Egypte devra se réendetter pour croître.
141
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Il appartiendra à la coopération internationale, et singulièrement à la
coopération européenne, de faciliter cette insertion de l’Egypte dans les
échanges mondiaux.
La croissance suppose
un resserrement des
relations politiques et
économiques avec
l’Europe.
Or, le processus de
Barcelone piétine.
Les relations politiques
bilatérales en
deviennent plus
stratégiques encore.
Mais, le partenariat
économique doit rester
l’affaire de l’Europe.
La coopération
française pourrait
appuyer l’émergence :
- de nouveaux
entrepreneurs ;
- d’une intelligentsia
laïque et libérale.
Ces nouvelles élites,
économiques et
culturelles, seront des
vecteurs de la
croissance, de la
stabilité et de la paix.
Mais l’Egypte attend certainement plus de l’Europe qu’un simple partenariat
économique. Or, le volet politique du processus de Barcelone semble
actuellement bloqué. Cette défaillance ne doit pas pour autant ralentir le
partenariat pour la paix et la stabilité qui apparaît, plus que jamais, comme
une condition nécessaire à la croissance, non seulement de l’Egypte, mais
des PSEM dans leur ensemble.
Le dialogue bilatéral avec l’Egypte, qui permet d’aller de l’avant alors que
l’Europe reste encore en gestation, ne devra pas se réduire pour autant à sa
seule dimension politique. La coopération française aura un rôle majeur à
jouer dans les années à venir.
Ce rôle, la France aura à l’exercer en premier lieu dans le domaine
économique. Elle devra continuer, comme elle l’a fait dans le passé, à
financer certains projets de développement. Mais, les moyens limités dont
nous disposerons ne seront certainement pas à la hauteur des besoins de
financement exprimés par l’Egypte. Cette contrainte financière, forte,
impose un renouvellement du dispositif. Celui-ci pourrait être orienté à
l’avenir en faveur des élites économiques. On peut espérer bien sûr de ce
type d’appui qu’il facilite l’accès réciproque aux marchés. Mais les enjeux de
cette coopération économique ne sont pas simplement mercantiles. On peut
attendre d’un réseau d’affaires qu’il joue aussi un rôle d’incubateur et
favorise l’émergence d’entrepreneurs schumpétériens, respectueux des
règles de bonne gouvernance d’entreprises. Ces réseaux, qu’il faudra
renforcer, devraient permettre aussi de faire la promotion d’un modèle
social qui assure une meilleure répartition des fruits de la croissance.
La coopération culturelle, linguistique et éducative aura toujours à assurer
la promotion de la francophonie en Egypte. Cet enjeu mobilisera des
moyens importants, tant humains que financiers. Mais, le dialogue des
cultures, s’il veut être efficace, ne pourra pas se réduire à des actions
culturelles en faveur d’une petite élite francophone et dont le poids relatif
(et donc l’influence) est nécessairement appelé à se réduire. Le dialogue
des cultures ne pourra être réellement un vecteur de paix et de stabilité que
s’il s’engage avec les élites arabophones les moins acquises aux valeurs
universelles que nous cherchons à défendre. Il sera certainement difficile
d’engager cette communication en direct. Les élites francophones (et
francophiles) que nous appuierons à cet effet auront un rôle déterminant à
jouer dans ce dialogue à plusieurs voix.
Ces thèmes sont développés ci-dessous.
142
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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L’explosion démographique n’aura pas lieu
L’Egypte compte actuellement environ 70 millions d’habitants, c'est-à-dire
plus que le Maroc, l’Algérie et la Tunisie réunis. La densité démographique
moyenne, qui est de l’ordre de 1400 habitants au km², est la plus élevée du
monde125.
La croissance
démographique se
ralentit.
L’Egypte comptera près
de 90 millions
d’habitants en 2015.
La population se
stabilisera à 100
millions environ à partir
de 2030
L’Egypte a souvent été considérée, en matière démographique, comme un
« cas extrême ». On estime ainsi que la population avait déjà doublé entre
le début et le milieu du XIXème siècle. En cent ans (de 1897 à 1996), elle
sera encore multipliée par six (alors que celle de la France, par
comparaison, n’augmentait que de 50% sur la même période). La transition
démographique ne s’est réellement amorcée, en Egypte, qu’à la fin des
années 1980 ; le taux de natalité chutant alors de 4 à 2,8%. Ce
fléchissement a de multiples origines, en commençant par la généralisation
de l’enseignement (notamment des filles) et, dès le début des années
soixante, celle du planning familial. Il est aussi le résultat de politiques
publiques volontaristes en faveur d’une plus grande maîtrise de la
fécondité.
Ces ruptures de tendance ont contribué à désamorcer la « bombe
démographique » dont certains prédisaient une explosion imminente.
Actuellement la population croît, selon les estimations, entre 1,6 et 2,1%
par an. L’accroissement démographique de la capitale serait plus faible (de
l’ordre de 1% par an).
La croissance de la
population active
restera forte.
Il faudra assurer un
emploi à 500 000
jeunes supplémentaires
tous les ans.
Même si cette transition démographique est bien engagée, la population
égyptienne va continuer de croître par un simple effet de base. Elle devrait
atteindre les 86 à 88 millions d’habitants en 2015, et une centaine de
millions en 2030. Au cours des dix ans à venir, le supplément de population
devrait être ainsi de l’ordre 1,5 millions par an. Cette progression devrait
s’accompagner d’un renforcement de la pression de la demande en matière
d’éducation, de santé, de logement et, plus généralement, d’infrastructures
économiques et sociales.
D’autre part, l’emploi des jeunes arrivants sur le marché du travail
(+500 000 environ chaque année) constitue un enjeu politique et
économique majeur.
125
Cette densité a été calculée en rapportant le nombre d’habitants à la superficie « utile » du pays. Au Caire,
la densité atteint des pointes de 9000 habitants au km², contre 3500 dans Paris intra muros.
143
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en Egypte (1993-2003)
Un impératif de croissance pour assurer l’emploi et
la paix sociale
La croissance à long terme repose essentiellement sur le stock de capital
accumulé au fil du temps, sur les disponibilités en main d’œuvre ainsi que
sur la productivité de chacun de ces facteurs.
Sans réforme, la
croissance restera
faible (3% par an et
peu créatrice d’emplois.
Un scénario tendanciel inacceptable
La prolongation des tendances lourdes du passé concernant ces facteurs
conduit à un scénario de croissance molle et largement inacceptable. Si le
taux d’investissement demeure aussi faible qu’actuellement (à peine plus
du sixième du PIB) et en l’absence de toute relèvement de la productivité
du capital (dont l’efficacité demeure inférieure à 20%), la croissance devrait
plafonner aux alentours des 3% par an (en
termes réels).
Emploi et chômage (millions)
40
35
Si la productivité apparente du travail
continue d’augmenter au rythme moyen de
2,2%
par
an
(cf.
supra,
cadrage
+10 millions de chômeurs
géoéconomique),
une
progression
tendancielle du PIB de 3% l’an ne devrait
s’accompagner que d’une croissance très
faible de l’emploi (de l’ordre de 1% par an).
Ce rythme est très largement insuffisant
< + 3 millions d'emploi >
tant pour absorber les nouveaux entrants
sur le marché du travail que pour résorber
le sous-emploi actuel (estimé par certains à
2000
2015
pas moins de 20% de la population active).
Dans ces conditions, le « chômage » ne
devrait cesser de croître pour atteindre près de… 40% de la population
active en 2015 (soit pas moins de 15 millions d’actifs contre 5 millions
estimés actuellement).
13 millions d'actifs supplémentaires
30
25
20
15
10
5
0
Le taux de chômage
pourrait atteindre 40%
en 2015.
Le risque d’explosion
sociale sera maximum.
Ce scénario tendanciel est évidement celui de tous les dangers.
Un scénario optimiste fondé sur une croissance forte de
l’investissement
Un scénario plus optimiste pourrait se fonder sur un objectif de plein emploi
à l’horizon 2015 (avec un taux de chômage à cette date limité à 5% de la
population active, soit moins de 2 millions de personnes). En supposant que
la productivité apparente du travail continue de progresser au rythme de
2,2% par an au cours de la prochaine décennie, la réalisation d’un tel
objectif nécessiterait une croissance comprise entre 6 et 6,5% par an.
Le plein-emploi
suppose une croissance
de l’ordre de 6% par
an.
144
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
La croissance
supposera de forts
investissements (de 30
à 50 milliards de $ par
an).
Ces investissements
devront être financés
partiellement par
l’extérieur (10 à 20
milliards par an).
L’Egypte devra donc se
ré-endetter fortement.
Ne pas mettre en
œuvre la réforme
exposerait les autorités
à des risques intérieurs
forts….
en Egypte (1993-2003)
Ce taux de croissance nécessaire pour parvenir au plein emploi n’est pas
inaccessible. Il apparaît toutefois assez volontariste à la lumière des
performances moyennes enregistrées depuis une quinzaine d’années. Il
suppose, en tout état de cause, une évolution sensible du modèle de
croissance égyptien :
•
Une croissance au rythme de 6,3% par an supposerait, toute
chose étant égales par ailleurs, un fort relèvement de la productivité
marginale du capital qui devrait doubler en dix ans (soit 7% de
croissance par an). Les gisements de productivité ont beau être
nombreux en Egypte, ce taux est probablement impossible à
atteindre, y compris en supposant une modernisation presque totale
de l’appareil productif national 126:
•
La croissance ne pourra donc pas reposer exclusivement sur des
gains de productivité. Elle supposera aussi des efforts
d’investissement importants conduisant à une augmentation des
capacités de production domestiques. Ainsi, un relèvement du taux
d’investissement à 27% (soit au niveau de la moyenne des pays à
revenu intermédiaire de la tranche inférieure) permettrait
d’atteindre un rythme de croissance du PIB de 6,3% par an avec
une progression de la productivité du capital limitée à 2,5% par an
(ce qui est nettement plus accessible à l’Egypte).
Ce scénario optimiste pourrait venir buter toutefois sur un problème de
financement de l’accumulation. Si le taux d’épargne domestique reste au
niveau actuel (de l’ordre de 17% du PIB), le financement des
investissements nécessaires à la croissance passera par un recours accru à
l’épargne internationale : on peut estimer ainsi que le tiers environ des
investissements devra être financé par l’extérieur. Les montants empruntés
viendront gonfler inexorablement la dette. Un rapide calcul montre que son
encours pourrait passer de 27 milliards de dollars environ aujourd’hui à
près de 150 milliards de dollars en 2015 (multipliée par presque 6). A cette
date, l’endettement extérieur pourrait atteindre les 80% du PIB (contre
25% environ actuellement).
En dépit de ses lacunes, ce cadrage macroéconomique révèle une partie
des difficultés auxquelles pourraient être confrontées les autorités
égyptiennes dans un proche avenir :
•
Les atermoiements dans la mise en œuvre de la réforme, voire
son blocage, pourraient se solder par un tassement des rythmes de
croissance. Ce scénario ne permettrait ni de réduire la pauvreté, ni
de procurer du travail à tous. Une croissance molle et pauvre en
emploi pourrait exacerber les risques de tension interne (surtout si,
parallèlement, les filets sociaux sont pris en charge de manière
126
Rappelons, pour mémoire, que les gains de productivité les plus élevés ont été enregistrés aux Etats-Unis à
la fin des années 1990 avec l’introduction de la net-économie. Ils avoisinaient alors les 5 à 6% par an.
145
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en Egypte (1993-2003)
croissante par des organisations confessionnelles agissant pour
partie sur financements extérieurs127) ;
Un scénario de croissance volontariste
(milliards de $ constants)
200
Dette extérieure (USD m ds)
250
PIB (+6,3% par an)
180
160
200
140
120
150
100
80
100
Investissements
(27% du PIB)
60
40
50
20
0
0
1971
2005
2007
2009
2011
2013
1981
1991
2001
2011
2015
source: WDI et estimation DM E
•
Ces risques pourraient se réduire si la croissance venait à être
plus forte. Mais, ils ne disparaîtront pas pour autant. Le
renforcement des rythmes de croissance suppose en effet un
recours croissant à des financements extérieurs. Or, compte tenu
de l’intensité actuelle du risque-pays, ces capitaux ne pourront être
mobilisés que s’ils dégagent une très forte profitabilité. Dans ces
conditions, il y a peu de chance alors que la croissance soit pro-poor
(voire même que son contenu en emplois soit important). Aux
risques intérieurs toujours présents, s’ajouteraient alors deux
risques supplémentaires pour les autorités : celui de se voir
déposséder d’une partie de son pouvoir économique au bénéfice des
milieux d’affaires ; celui, aussi, de voir sa gestion macroéconomique
mise progressivement sous tutelle internationale au fur et à mesure
que l’endettement extérieur grossira.
Mais la réforme ne
garantira pas, à elle
seule, l’emploi.
127
Le champ d’action des organisations confessionnelles a eu tendance à s’élargir ces dernières années.
Présentes –et souvent fort actives- dans le domaine caritatif et social, ces organisations interviennent de plus
en plus dans le domaine éducatif où elles assurent un soutien scolaire gratuit aux enfants les moins favorisés
(et ils sont nombreux). Ce type d’intervention assure une influence croissante à ces organisations. Rappelons
que les cours particuliers nécessaires pour pallier les déficiences du système éducatif public peuvent
représenter jusqu’à 10% du revenu d’un ménage.
146
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Ces défis macroéconomiques, et surtout macrofinanciers, ne pourront
vraisemblablement pas être relevés par la coopération internationale.
Certes, l’aide bi et multilatérale pourra contribuer au financement de
quelques projets (productifs ou non). Certes, l’Union européenne pourra
apporter une aide à la modernisation de l’appareil productif égyptien dans
le cadre de la mise en œuvre des accords d’association. Mais, ces
financements (qui ne pourront pas tous être affectés à l’investissement)
seront au mieux de l’ordre de 1 à 2 milliards de dollars par an. Bien sûr, un
apurement total de la dette égyptien permettrait, à lui seul, un financement
« en creux » (puisqu’il ne s’agit pas d’un flux net de ressources) de près de
30 milliards de dollars. Mais ces sommes demeurent encore très en deçà
des besoins de financement international requis pour assurer une
croissante forte qui s’échelonneront, eux, entre 10 et 20 milliards de
dollars…par an.
L’aide internationale
sera insuffisante (2/3
milliards de $/an) pour
répondre aux besoins
de financements
extérieurs de l’Egypte
(10/20 milliards de
$/an).
La croissance sera donc
financée par des
investissements directs
et par des emprunts
extérieurs.
Ces financements internationaux ne pourront être acquis sans une insertion
réussie de l’Egypte dans la division internationale du travail. Cette plus
grande intégration dans les échanges mondiaux présuppose, à son tour, le
renforcement des relations politiques privilégiées avec les pays
occidentaux, et singulièrement avec l’Europe.
Ces ressources ne
pourront être
mobilisées que si
l’Egypte est fortement
intégrée dans les
échanges mondiaux.
Un besoin d’ouverture sur l’Europe
L’Union européenne est le premier partenaire commercial de l’Egypte. Sa
part de marché (30% environ des échanges) est supérieure à celle des
Etats-Unis128. A ces mouvements commerciaux s’ajoutent des flux
d’investissements directs. D’autre part, l’Egypte est le deuxième pays
méditerranéens bénéficiaires des financements de la Banque Européenne
d’Investissement (BEI); l’encours des prêts est de l’ordre de 2,8 milliards
d’euros. Cet engagement fait de la BEI le premier bailleur de fonds de
l’Egypte129
L’Egypte a besoin de
l’Europe :
- d’une Europe
économique, pour son
marché et ses
financements ;
- d’une Europe politique
pour la paix et la
stabilité de la région.
Ce partenariat économique est appelé à se renforcer à l’avenir. Ainsi, la
mise en œuvre des accords d’association devrait se traduire par une
croissance des flux commerciaux entre l’Egypte et les Etats membres de
l’Union européenne. De même, les activités de la BEI devraient croître avec
le nouveau dispositif financier mis en place à Barcelone en octobre 2002
visant à la constitution d’une « Facilité euro méditerranéenne
d’investissement et de partenariat »130.
128
La part de marché est calculée ici en faisant la moyenne (arithmétique) des contributions des pays membres
de l’Union aux exportations et aux importations égyptiennes.
129
Source : Ministère de l’Economie, des finances et de l’industrie, DREE/Trésor, La lettre d’Egypte, n°108,
février 2004.
130
La FEMIP (Facilité Euro Méditerranéenne d’Investissement et de Partenariat) sera dotée, d’ici à la fin 2006,
d’une enveloppe de 8 à 10 milliards d’euros (sur ressources propres de la BEI et sur le budget de l’UE).
147
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Un besoin insatisfait
Toutefois, ces engagements restent encore largement potentiels : le
processus initié à Barcelone en 1985, et qui devait conduire, à l’horizon
2010, à une zone euro-méditerranéenne de libre échange, de paix et de
stabilité entre l’UE et les PSEM, semble actuellement bloqué131. L’initiative
piétine essentiellement en raison de l’absence de règlement du conflit
israélo-arabe.
Or, la dynamique
politique du processus
de Barcelone est
actuellement bloquée.
Ce blocage est évidemment préjudiciable à une Egypte qui a doublement
besoin de l’Europe. Besoin, en premier lieu, d’un partenariat économique
étroit avec l’Union afin d’assurer une croissance forte à long terme ; besoin
aussi, et peut-être surtout, d’une Europe forte, qui pèse sur la scène
politique et diplomatique mondiale, d’une Europe qui puisse rééquilibrer
une relation avec les Etats-Unis parfois trop pesante ; besoin d’une Europe
qui, enfin, puisse faire entendre sa voix, celle de la paix, et participe
activement au règlement du conflit israélo-arabe.
Or, ce besoin d’Europe demeure encore largement insatisfait.
Un partenariat politique fondé sur des initiatives bilatérales
Ce défaut d’Europe, qui peut être malheureusement durable, laisse la place
à des initiatives bilatérales dans le domaine politique et diplomatique
(comme celles que mènent la France depuis de longue date et, plus
récemment, l’Allemagne). L’attention prêtée par certains pays européens et
les alliances nouées à cette occasion contribuent à renforcer le poids de
l’Egypte. En retour, ces initiatives permettent aux pays européens qui en
sont les leaders d’exprimer une politique régionale différente de celle des
Etats-Unis.
Le renforcement des
relations politiques
bilatérales permet de
faire avancer le
processus de paix et de
stabilité.
Ces
dialogues
bilatéraux
à
vocation
régionale
permettent
incontestablement d’aller de l’avant. En oeuvrant pour la sécurité et pour la
paix, ils participent bien aux objectifs affichés, souvent haut et fort, par une
Europe qui n’a pas encore, hélas, les moyens politiques de ses ambitions
diplomatiques.
Mais le partenariat
économique avec
l’Egypte doit être
assumé par l’Europe.
Ces dialogues bilatéraux devraient contribuer ainsi à faire progresser le
volet politique du processus de Barcelone. En revanche, il n’est pas certain
que les Etats-membres qui en sont les leaders (et singulièrement la France
et l’Allemagne) aient un réel intérêt à se substituer à l’Europe en matière
de coopération économique. L’accès au grand marché, les initiatives en
faveur des investissements directs européens en Egypte, le financement de
certaines infrastructures collectives reposent sur des dispositifs
131
Les PSEM (Pays de Sud et de l’Est de la Méditerranée) regroupent l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le
Maroc ; la Syrie, la Tunisie, l’Autorité palestinienne, Israël, la Turquie, Chypre et Malte (auxquels s’est jointe
plus tard la Libye).
148
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institutionnels et nécessitent des moyens financiers qui relèvent clairement
du niveau communautaire. Si l’Union peut manquer encore de dimension
politique, la Communauté européenne dispose quant à elle, et ce depuis
fort longtemps, de tous les instruments nécessaires pour mener à bien ce
partenariat économique dont l’Egypte a besoin.
Cette répartition des tâches (où le partenariat économique est l’affaire
avant tout de la Communauté) n’implique pas pour autant de réduire les
relations bilatérales à leur seule dimension politique. Au contraire, la
coopération bilatérale, et singulièrement celle de la France, pourrait
constituer un facteur-clef de succès, non seulement pour le partenariat
politique, mais aussi pour le partenariat économique.
Une coopération française renouvelée
Comme on l’a vu plus haut, le retour à une croissance forte, nécessaire
pour assurer l’emploi et augmenter le niveau de vie de la population,
passera par le développement des initiatives privées. L’aide économique
prodiguée par la Communauté européenne (et par ses Etats-membres)
devrait accompagner ce mouvement en permettant, par l’ouverture des
marchés et des aides à l’investissement, une meilleure intégration de
l’Egypte dans la division internationale du travail.
Une coopération économique en faveur des milieux d’affaires
En Egypte comme ailleurs, l’émergence du secteur privé sur lequel se
fondera la croissance future ne sera pas spontanée. Le processus de
privatisation pourrait suivre un schéma assez proche de celui repérable,
naguère, au Japon à la fin de l’ère Meiji ou, plus récemment, en Malaisie,
voire en Corée du Sud. Ces exemples historiques montrent que
l’industrialisation a été réalisée initialement sous l’égide d’un Etat fort,
autoritaire et volontariste (comme en Egypte du temps de Nasser). Cette
industrialisation à marche forcée vient généralement buter, à terme, sur
des difficultés qui trouvent souvent leurs origines dans une insuffisance de
la productivité des facteurs. Le pouvoir politique cède alors ses actifs
industriels (souvent à des prix inférieurs à leur valeur réelle) à un milieu
d’affaire dûment sélectionné (zaïbatsu au Japon, chaebols en Corée). Le
capitalisme se développe tout en restant fortement dépendant du pouvoir
militaro-bureaucratique132.
La libéralisation de
l’économie égyptienne
est encore très partielle
et les milieux d’affaires
restent très proches du
pouvoir politique.
132
Ce qui fait dire à certains que le système égyptien reste fondamentalement un « capitalisme d’Etat »,
souvent fort éloigné des principes élémentaires du libéralisme.
149
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Cette proximité entre les milieux d’affaires et le pouvoir est bien repérable
en Egypte actuellement133. Ces liens seraient d’autant plus étroits, selon
certains observateurs, que la libéralisation serait largement en trompe
l’œil : les milieux d’affaires étant, jusqu’à présent, plus avides de capturer
les rentes monopolistiques qu’à prendre de réels risques industriels à long
terme.
La coopération
française pourrait jouer
un rôle dans
l’émergence d’une élite
économique, libérale et
dynamique.
Pour aider à la transformation du monde des affaires, la coopération
française pourrait favoriser la constitution d’un réseau rapprochant les
élites économiques française et égyptiennes. On peut espérer de ce type
d’appui qu’il facilite l’accès réciproque aux marchés. Mais les enjeux réels
de ce « cercle des affaires » ne sont pas uniquement mercantiles. On peut
attendre de ce type de réseau qu’il joue aussi un rôle d’incubateur et
favorise l’émergence d’entrepreneurs schumpétériens, plus respectueux
des règles de bonne gouvernance d’entreprises ; le respect de ces règles
étant en effet indispensable à la bonne marche des affaires et au succès
d’éventuels joint ventures134. Ces réseaux, qu’il faudra renforcer, devraient
favoriser aussi la promotion d’un modèle social qui assure une meilleure
répartition des fruits de la croissance et des relations sociales apaisées
L’animation d’un réseau
d’intérêts francoégyptien permettrait
aussi d’insister sur
l’importance de la
dimension sociale du
développement
économique.
Au total, cette nouvelle coopération économique viserait la promotion d’un
capitalisme plus concurrentiel, plus libéral, mais néanmoins soucieux de sa
dimension sociale. Le « capitalisme sauvage » est probablement la pire des
organisations sociales dans un monde arabe manifestant déjà, et parfois de
manière très violente, son hostilité à certaines normes et valeurs prévalant
en occident. Le progrès économique ne sera pérenne que s’il est partagé
par tous.
Participer à l’émergence d’une intelligentsia laïque et libérale
Favoriser l’émergence d’une économie sociale de marché, dont le
fonctionnement ne serait pas trop éloigné du modèle européen, est une
nécessité à long terme. Jusqu’à présent en effet, la croissance égyptienne,
fondée sur des rentes, a été plutôt inégalitaires. Et ces inégalités sont
source de dangers.
Jusqu’ici, les fruits de la
croissance ont été
assez mal répartis.
Une part importante de
la population rencontre
de réelles difficultés
pour vivre.
En 2000, le premier décile (qui regroupe les 10% de la population la plus
riche) percevait le tiers environ de la richesse nationale, c'est-à-dire autant
(si ce n’est plus) que les 50% de la population la plus pauvre. Le premier
quintile (20% des plus riches) percevait environ la moitié de la richesse
nationale alors que les 20% les plus pauvres se partageaient moins de 8%
133
Les milieux d’affaires ont été les véritables gagnants des réformes engagées dans les années 1990. Ces
milieux ont été associés à gestion du pouvoir. La principale instance de « consultation » est le « Conseil
présidentiel des hommes d’affaires égypto-américains ». Cette institution a été mise en place dans le cadre
de l’initiative Al Gore - Moubarak en 1995 (dans le cadre du « Partenariat pour la croissance »). Le pouvoir a
verrouillé en partie le dispositif en plaçant le fils du Président, Gamal Moubarak, au poste de porte-parole de
l’institution.
134
Rappelons que l’Egypte figurait encore, au début de l’année 2004, sur la « liste noire » du GAFI.
150
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Des intellectuels sous contrôle
L’affaire Saad Eddine Ibrahim est une
illustration des rapports parfois tendus que
les autorités égyptiennes entretiennent avec
les intellectuels. Professeur à l’Université
américaine et fondateur du centre Ibdn
Khaldoun, Saad Eddine Ibrahim a été arrêté
et incarcéré en 2000. Jugé par la Haute Cour
de Sûreté de l’Etat en 2001, il a été
condamné à sept années de prison pour
avoir reçu des financements en provenance
du l’UE et porté atteinte à l’image de
l’Egypte. De nombreuses interprétations
courent sur la cause réelle de son
incarcération.
Proche
du
pouvoir
(et
notamment de l’épouse du chef de l’Etat), ce
professeur était aussi l’animateur d’une
émission politique à la télévision d’Etat. Il
représentait la tendance la plus libérale au
sein de l’intelligentsia politique. On pourrait
lui reprocher d’avoir voulu s’impliquer de
façon indépendante dans l’organisation des
élections législatives de 2000.
La lourde condamnation de Saad Eddine
Ibrahim
a
ému
la
communauté
internationale et a probablement effrayé
l’ensemble de la « scène démocratique »
égyptienne
en Egypte (1993-2003)
du revenu total. Selon la Banque mondiale, la pauvreté
(moins d’un dollar par jour pour « vivre ») touchait plus d’un
égyptien sur six135.
Une grande partie de la population rencontre donc des
difficultés sérieuses pour vivre (et une fraction non
négligeable d’entre-elle, simplement pour survivre au
quotidien). L’aggravation de ces difficultés ou l’émergence de
nouveaux problèmes politiques et diplomatiques ne
conduisent par pour autant les autorités à accélérer les
réformes. Privilégiant un certain statu quo social, les
autorités se livrent, très souvent, à une gestion populiste de
l’opinion publique. Celle-ci consiste à créer (ou à laisser se
développer) des évènements plus ou moins scandaleux,
alimentant la polémique, et qui confisquent le débat sur les
problème de société à l’origine des difficultés. Cette
manipulation de l’opinion publique est archétypique des
régimes autoritaires. Elle est toutefois pernicieuse dans la
mesure où elle conduit, assez souvent, à désigner comme
bouc émissaire les intellectuels les plus engagés dans le
débat politique et défendant les valeurs de la démocratie
occidentale (cf. encadré). Elle est pernicieuse, aussi, dans la
mesure où cette gestion renforce, implicitement, le pouvoir
d’une partie de l’intelligentsia, conservatrice sinon réactionnaire, et
fortement hostile à la normalisation avec Israël.
Une gestion populiste
conduit à détourner
l’attention de la
population en
canalisant sa vindicte à
l’encontre des
intellectuels les plus
progressistes.
La Coopération française pourrait jouer un rôle dans l’émergence d’une
intelligentsia libérale et laïque, porteuse des valeurs universelles que nous
cherchons à promouvoir. Tous les vecteurs de l’action culturelle doivent
être mobilisés pour soutenir les créations artistiques, pour diffuser les
œuvres (tant en Egypte qu’en France), pour favoriser les rencontres entre
des intellectuels français et leurs homologues égyptiens. Les centres
culturels, comme espace de liberté d’expression et lieux d’accueil des
débats, ont un rôle déterminant à jouer dans cette dynamique.
Favoriser le dialogue des cultures est un objectif majeur de la DGCID. Mais
cette orientation est un peu trop générale pour être réellement
opérationnelle. Sa mise en œuvre risque de déboucher sur une coopération
culturelle tous azimuts (et nécessairement coûteuse) mais dont l’efficacité
n’est pas totalement prouvée. Il importe donc de préciser quelques uns des
axes d’intervention possibles (à défaut de leurs modalités pratiques).
L’émergence d’une intelligentsia libérale et laïque en Egypte n’est pas une
fin en soi. Elle pourrait être même contreproductive si les membres de ce
135
World Bank, Arab Republic of Egypt : Poverty Reduction in Egypt, Report n°24234-EGT, Washington, June
29, 2002.
151
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groupe qui bénéficieront des appuis de la Coopération française restent
marginalisés et agissent en autarcie.
Nous pourrions
attendre de cette élite
francophone et
francophile qu’elle
engage le dialogue
avec les intellectuels les
moins acquis aux
valeurs universelles que
nous défendons.
Ainsi, le dialogue ne sera efficace que si les élites qui bénéficieront de notre
appui communiquent, de manière permanente, avec le reste des
intellectuels égyptiens et fassent entendre la différence dans des cercles
plus larges où les valeurs universelles de la démocratie, de la liberté et de
la paix, ne sont pas toujours défendues, sinon entendues.
Cette stratégie de communication par voix interposées ne sera efficace
sans une étude préalable visant :
•
à déterminer les milieux intellectuels dans lesquels nous
souhaiterions voir s’animer les débats ;
•
à définir précisément les thèmes de ces débats136 :
•
à cibler avec soin les hommes qui porteront les débats dans ces
cercles et qui devront être, pour cela, les premiers bénéficiaires de
nos appuis ;
•
à déterminer les vecteurs de communication les plus appropriés
(ces outils du dialogue devant être choisis eux-mêmes en fonction
des cibles et des thématiques).
Si les moyens financiers consacrés à la coopération culturelle venaient à
être plus importants qu’ils ne le sont aujourd’hui, ou si l’efficacité du
ciblage évoqué ci-dessous n’était pas nécessairement au rendez-vous, il
pourrait être opportun d’envisager de nouvelles cibles et un nouveau
medium. L’histoire (et l’actualité) ont largement montré le rôle déterminant
de la radio, puis de la télévision, dans la fabrication de l’opinion publique137.
La création d’une télévision en langue arabe, destinée à un large public (et
éventuellement à vocation régionale) pourrait constituer à cet effet un
instrument puissant de renforcement de l’influence française en Egypte.
136
Inviter au dialogue permanent des cultures reste largement incantatoire si l’on ne dit rien du contenu de ces
débats.
137
Radio Free Europe et Radio Liberty ont joué ainsi un rôle clef dans la fabrication de l’opinion publique dans
les pays de l’est (notamment en RDA et en Pologne) lors de la guerre froide.
152
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Troisième partie
Evaluations sectorielles
153
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I La coopération linguistique et éducative
Le contexte égyptien
Depuis les années soixante, le système éducatif égyptien a beaucoup
évolué et le résultat de ces transformations s’est matérialisé au cours des
dix dernières années. D'une part, la population scolaire s'est s'accrue
considérablement et cette croissance devrait se poursuivre d'autant plus
que le niveau de généralisation de la scolarisation est encore faible.
L'analphabétisme est important. Malgré les efforts entrepris depuis 1993, il
y a encore en 2001, 32 % d’analphabètes. 51 % des enfants ne sont pas
scolarisés : ils proviennent surtout des populations paysannes et de celles
des banlieues défavorisées et concernent particulièrement les filles138. Dans
les villes on ne compte pas moins de 2 millions d'enfants des rues. En dépit
de cette faible scolarisation, les effectifs de l'enseignement public croissent
chaque année d'environ 300000 élèves. La croissance a été de plus de 25%
au cours des dix dernières années soit environ 2,6 % par an, en moyenne,
avec presque un doublement des effectifs de l'enseignement secondaire.
Grâce au plan « Education pour tous », ce sont les filles qui profitent le plus
de cet accroissement (+35,5 % pour les filles contre +21 % pour les
garçons).
Une démographie
scolaire qui a un
potentiel de
croissance
considérable
Croissance des effectifs de l’enseignement
Enseignements
(toutes spécificités confondues)
Maternels
1991/1992
2000/2001
Accroissement
Relatif (%)
232 051
383 616
Primaire
6 563 457
7 197 953
9,7
Préparatoire
3 607 793
4 458 714
23,6
1 682 210
3 138 963
86,6
12 085 511
15 179 246
25,6
Secondaire
Total
65,3
Un système éducatif dégradé
D'autre part, la qualité du système éducatif s'est fortement dégradée,
surtout au cours des dix dernières années, résultante d'une lente
détérioration qui a commencé au début des années soixante.
La démocratisation de l'enseignement engagée alors a été mal
accompagnée, par des moyens matériels et des ressources humaines
insuffisants. Cela se manifeste, en particulier, au niveau des conditions
d'accueil par une moyenne de 55 à soixante élèves par classe, voire plus.
138
Données fournies par le poste selon le ministère de l’éducation égyptien
155
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Le plan "Education pour tous" qui a fortement amélioré les conditions de
scolarisation des populations défavorisées, en particulier de scolarisation
des filles, a amené un nombre important d'élèves supplémentaires dans
l'enseignement primaire.
Un système éducatif qui
connaît une dégradation
régulière de ses
enseignements,
favorisée par ses
modalités de
fonctionnement
La compétence des enseignants s'est progressivement dégradée avec un
effet "boule de neige" bien connu : les plus mauvais bacheliers se dirigent
vers l'enseignement et la faculté pédagogique, deviennent des enseignants
dans des classes difficiles, puisque particulièrement chargées, forment mal
des jeunes qui deviennent alors de futurs candidats à l'enseignement. Le
cycle recommence et la détérioration cumulée a des conséquences encore
plus importantes.
Des choix importants dans le fonctionnement du système éducatif ont
accentué cette lente dégradation. Le système des examens a accru ce
phénomène. Le baccalauréat joue un rôle de sélection et d'orientation, et il
y a, au sein des disciplines, une hiérarchie qui se reflète au niveau des
universités. Les élèves qui ont les meilleurs scores peuvent choisir les
disciplines nobles (médecine, sciences de l'ingénieur, économie etc.), les
autres, qui n'ont pas obtenu de bons scores, ne peuvent aller que dans des
filières moins considérées comme les facultés de pédagogie. D'autre part,
les modalités de cet examen fondé majoritairement sur la mémorisation
(voire dans bien des cas exclusivement) favorisent une préparation intense
mais peu formatrice. En particulier, dans certaines matières comme le
français renforcé, l'examen est fondé sur la seule mémorisation et la
dimension communicative de la langue est souvent ignorée, d'autant plus
que seules des épreuves écrites sont proposées. La réforme du
baccalauréat avec la passation d'une première tranche d’épreuves à la fin
de la deuxième année du secondaire a aggravé la situation, accentuant le
bachotage et réduisant, de fait, la durée de l’apprentissage.
Un système éducatif
égyptien dans lequel les
enseignants sont peu
motivés et où les cours
particuliers sont
devenus une institution.
La rémunération des enseignants a doublé durant ces dix dernières années
passant, pour un enseignant débutant, de 70 livres égyptiennes à 150
livres, mais le pouvoir d'achat a, lui, considérablement baissé. Il s'en est
suivi un développement des cours particuliers, qui sont devenus une
véritable composante du fonctionnement du système éducatif. Les
enseignants ont trouvé là une ressource qui peut représenter deux fois,
voire trois fois leur salaire, profitant du fait qu'il est très important pour les
Egyptiens des classes moyennes et supérieures, de voir leurs enfants faire
des études supérieures. D'où une certaine réticence du corps enseignant
aux réformes, craignant de voir ces revenus disparaîtrent. Les parents sont
eux-mêmes profondément conservateurs et hostiles à tous les
changements.
Néanmoins, il s'est développé une méfiance des familles envers le corps
enseignant, et plus généralement le système éducatif. Depuis dix ans, de
nouvelles demandes de formation de qualité ont entraîné l'ouverture de
156
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Une situation qui
favorise la naissance
d’écoles privées dont les
références sont
francophones ou
anglophones.
en Egypte (1993-2003)
nouvelles écoles, dites « d'investissement », développées autour de formes
d'enseignement moderne au plan pédagogique, dans de bonnes conditions
de confort. Mais ces établissements ne sont réservés qu'à une certaine élite
économique tant les frais de scolarité sont élevés. Une autre stratégie de
parents se manifeste par la volonté d'inscrire leurs enfants dans des
établissements appartenant à des modèles éducatifs étrangers. Le lycée
français du Caire et de nouvelles écoles privées comme le lycée Balzac qui
délivrent un enseignement français, sont de bons exemples de ces choix de
parents aisés. La même recherche se fait en direction des établissements
anglophones. L’école maternelle qui pourrait favoriser une amélioration
générale du niveau de l'enseignement n'est fréquentée que par la
population la plus aisée.
De plus, une grande partie du système d'enseignement est particulièrement
inadéquate : le plan de démocratisation de l'enseignement a entraîné une
forte population vers les sections techniques et professionnelles qui sont
totalement inadaptées à l'actuel marché du travail, entraînant un
accroissement des jeunes chômeurs.
Enfin, dans la première moitié des années 90, l'affrontement de l'islamisme
organisé, encouragé par l'Etat et l'islamisation "contestatrice" de l'Égypte
ont entraîné une régression au niveau de l'enseignement et limité son
adaptation à une société qui s'ouvrait au niveau mondial.
Les réformes du système éducatif
Le ministère de l'éducation a réagi et entrepris des réformes et des
investissements dans l'éducation. Il accroît la construction d’écoles (13350
ont été construites en 2003) et augmente le nombre des enseignants qui
est passé de 569000 en 1991 à 807000 en 2003. Cette dernière évolution
représente 42% des effectifs à comparer aux 25% de croissance de la
population des élèves, même s’il faut noter que l'accroissement des élèves
est plus important dans le secondaire pour lequel l'encadrement nécessaire
est plus élevé.
Les autorités ont choisi de développer l'offre éducation dans deux directions
opposées. La première est la mise en oeuvre du plan «Education pour
tous» pour lequel les objectifs sont le développement de l'enseignement
préscolaire et l'accès à tous les enfants de l'enseignement primaire ; la
seconde est une voix « élitiste », à travers la création des écoles
«intelligentes » organisées autour de nouvelles technologies, la suppression
du secondaire commercial et le rééquilibrage du baccalauréat au profit du
secondaire général. Les autorités ont engagé des moyens importants, près
de 17 milliards d'euros en quinze ans, en partie sur fonds propres et avec
l'aide des coopérations bilatérales et multilatérales (USAID, PNUD, UNICEF
principalement). Le gouvernement entreprend également d'améliorer la
Une double perspective
de développement du
système éducatif : une
voie « élitiste » et un
plan « éducation pour
tous »
157
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formation continue des enseignants mais ne s'est pas attaqué à la
formation initiale, ni à l'amélioration du niveau de rémunération des
enseignants pourtant nécessaire à l'amélioration de son recrutement.
L'enseignement fondamental et secondaire est représenté par plusieurs
types d'établissements :
La coopération française
intervient majoritairement
à la marge du système
éducatif, dans un
ensemble de 55
établissements privés ou
quasi privés,
majoritairement
catholiques, scolarisant
43 000 élèves
•
les écoles publiques qui recouvrent l'ensemble du territoire. Le
français y est enseigné comme langue vivante 2 (LV2)
•
des établissements privés francophones (dites écoles bilingues), qui
suivent les programmes égyptiens débouchant sur le baccalauréat
national avec comme particularité l'enseignement du français
comme langue vivante 1 et l'enseignement des mathématiques et
des sciences en langue française. Il y a 55 établissements de ce
type.
•
des établissements privés ou semi-privés qui enseignent l'anglais
en LV1 et d'autres langues en tant que LV2, dont le français. Il y a
plusieurs centaines de ces établissements appelés écoles de langue.
•
Enfin, quelques établissements privés ou d’ambassade qui suivent
le programme français et enseignent en français.
La coopération française intervient essentiellement dans les écoles
bilingues. Elles sont actuellement 55 et étaient 56 en 1973, donc l'effectif
global varie peu. Cependant, certaines de ces écoles ont abandonné le
français et ont été remplacées par de nouvelles qui sont, soit des écoles
expérimentales, soit des écoles d'investissement à but lucratif. Ces écoles
scolarisent, en 2004, 43000 élèves. Les effectifs de ces écoles ont diminué
de 11% entre 1995 et 2004. C'est particulièrement sensible dans les lycées
Al-Horreya qui sont les anciens lycées de la Mission laïque française et qui
ont été nationalisés en 1958. Dans ces établissements, la baisse des
effectifs pendant la même période, a atteint 47 %. C’est aussi un fait
important en province sur l'ensemble du dispositif où la baisse atteint 21%.
Mais cette baisse est compensée par la croissance des nouvelles écoles.
L'enseignement des langues en Egypte
Dans les établissements gouvernementaux, la première langue vivante
(LV1), s'enseigne de la première préparatoire (le début de notre collège)
jusqu'à la fin de la deuxième année du secondaire, qui en compte trois.
Dans les écoles de langues, la LV1 s'enseigne, soit dès la maternelle, soit
dès la première année de l'enseignement primaire. Dans les écoles
bilingues, le français est enseigné comme LV1 avec une utilisation comme
langue d'enseignement pour les mathématiques et les sciences.
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L’anglais est enseigné
systématiquement en
première langue dans le
système gouvernemental
égyptien, dès la première
année du collège, et le
français en deuxième langue
durant les deux premières
années du lycée.
L’enseignement des langues
est de mauvaise qualité dans
le système gouvernemental
égyptien. Les conditions et
les méthodes d’enseignement
sont mauvaises. La situation
des LV2 est catastrophique.
en Egypte (1993-2003)
Pour les langues vivantes 2 (LV2), dans les écoles gouvernementales, cet
enseignement a lieu pendant les deux premières années de l'enseignement
secondaire, à l'issue desquelles, des épreuves anticipées du baccalauréat
en sanctionnent l'apprentissage. Dans les écoles de langues, la LV2
s'enseigne, soit dès la première année ou de la quatrième année du
primaire, soit la première préparatoire qui correspond à la première année
des collèges.
L’apprentissage du français LV1 ne concerne que 43000 élèves soit 5 % des
élèves d'égyptiens. 95 % des élèves apprennent l'anglais en première
langue. De 97 % à 98 % des élèves choisissent le français comme
deuxième langue vivante (LV2). Les 2 à 3 % restants se répartissent entre
l'allemand, l‘italien, l'espagnol et le chinois.
Aux épreuves du baccalauréat, la première langue vivante fait l’objet d’une
épreuve anticipée à la fin de la deuxième année de l'enseignement
secondaire. C'est une épreuve écrite, obligatoire, portant sur le programme
sous la forme de questions fermées ou même de QCM ne laissant aucune
place à l'expression ou à la communication et peu à la compréhension.
C'est essentiellement à la mémorisation qu’on fait appel. Il existe une
épreuve optionnelle dite de « français renforcé », avec des épreuves plus
ouvertes, plus complètes, destinées aux élèves ayant fait du français
depuis la maternelle ou le primaire. Cela porte sur le français, la
géographie ou les mathématiques. Cette option est de moins en moins
choisie par les candidats, parce qu’elle est réputée difficile et mal corrigée
par les enseignants du secteur gouvernemental, peu habitués à ce type
d’interrogations. Cela apparaît donc, pour les élèves, un mauvais choix
stratégique pour obtenir de bons scores au baccalauréat et pouvoir choisir
les facultés qu'ils désirent.
Les deuxièmes langues vivantes sont enseignées à tous les élèves des deux
premières années de l'enseignement secondaire (deux premières années de
lycée). C'est le français qui est choisi systématiquement ; environ 1700000
élèves passent cette épreuve en français. Elle est uniquement écrite et fait
appel essentiellement à la mémorisation. Dans les écoles de langues, cette
deuxième langue est souvent enseignée dès la première année du collège
(première préparatoire), voire la quatrième année de l'enseignement
primaire. Les résultats de ces élèves sont souvent meilleurs que ceux des
filières bilingues. L’enseignement des LV2 consiste en deux périodes de 45
minutes, chaque semaine, pendant deux ans, dont une grande partie
utilisée pour préparer l'examen. Les conditions d'apprentissage sont
également mauvaises, du fait de la taille des classes qui ne permet pas
d’utiliser la langue comme moyen de communication. Enfin l'épreuve est
basée sur la seule mémorisation. C'est une simple matière d'examen, un
moyen d'améliorer le score.
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
L'intervention française dans le domaine scolaire ( de la maternelle, à la fin
du secondaire) est très importante. Le budget sur titre IV de la coopération
éducative a varié de 1 460 000 Euros en 1992 à 1 905 000 en 2003, avec
un pic de 2 347 000 en 1996, date d'ouverture du CFCC. C'est 11 fois plus
que l'intervention culturelle pour le seul domaine scolaire en 2003. Pour
l'essentiel, ce sont les établissements bilingues qui en bénéficient (83 % de
l'ensemble en 2003) et pour 13 % l'ingénierie éducative et l'ingénierie de
formation. Le secteur bilingue est la cible privilégiée de la coopération à ce
niveau.
Budgets de la coopération éducative scolaire
2 500 000
Ingénerie
éducative
2 000 000
Environnement
francophone
Euros
1 500 000
Ecoles
binlingues
1 000 000
Total
500 000
0
1992
Une intervention massive de
la coopération française dans
le domaine scolaire (de la
maternelle au secondaire),
essentiellement dans le
dispositif des 55
établissements bilingues
1993
1 994 1 995 1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
Les courbes des effectifs des personnels connaissent les mêmes inflexions
que celles des budgets. Le pic en 96 et 97 correspond à l'ouverture du
CFCC et à la relance d'un certain nombre d'opérations. Cette concomitance
est naturelle, car la part la plus importante du Titre IV est consacrée aux
recrutements locaux. La baisse du budget et des effectifs correspond à un
changement de politique qui s'est avéré nécessaire à mi-période. Les
personnels en substitution ont progressivement cessé leurs activités et de
nouveaux personnels les ont remplacés dans des fonctions de conseil,
d'encadrement de l'innovation, et de formation. Certains postes n’ont pas
été remplacés pour dégager des marges de manœuvre pour les
interventions.
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Evolution des personnels de la coopération éducative
140
120
100
Effectifs
Titre III
Titre IV
80
CSN
60
Recrutés locaux
Total
40
20
0
1992 1993 1 994 1 995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
La formation professionnelle
La formation professionnelle est affirmée comme une des premières
priorités du gouvernement égyptien139. L’insertion professionnelle constitue
le moyen de la lutte conte un chômage qui sévit dans la plupart des régions
d’Egypte. Elle concerne l’agriculture, mais surtout l’industrie, le défi de la
modernisation de la production industrielle étant parmi les plus difficile à
relever par l’Egypte, mais aussi parmi les plus nécessaires en raison de
l’application progressive des règles de l’OMC.
Deux programmes importants de l’Union européenne et de la Banque
mondiale existent dans ce domaine :
Union Européenne
Le TVET, «Technical and Vocational Education and Training Program », est
un programme de € 33 millions mis en place par l’UE en faveur du
ministère de l’Industrie et de l’emploi.
Banque mondiale
La Banque mondiale intervient fortement dans le domaine de l’éducation,
mais peu en liaison avec la Coopération française140. Parmi les projets en
cours de la Banque figure un projet de développement de la formation
professionnelle, le « Skills development program », approuvé en juillet
2003 et qui doit être clos en juin 2008. Ce projet, dont les déboursements
n’avaient pas encore débuté en mars 2004, est en fait plus important que
139
Lors d’un entretien au MOCI, ce domaine a été présenté comme l’une des deux premières priorités du
gouvernement avec l’aide aux PME.
140
Le domaine de la formation professionnel est cependant de tous les domaines le seul où la personne
rencontrée à Banque mondiale connaissait le cas d’une collaboration avec la France.
161
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ne le supposerait son montant de USD 5,5 millions car il devrait par la suite
être poursuivi avec des financements égyptiens (affectation d’une partie de
la taxe professionnelle). Son objectif est de répondre aux demandes de
formation professionnelle des entreprises du secteur privé.
La Banque mondiale estime :
-
que 50 à 100 000 emplois pourraient être pourvus chaque année si la
main d’œuvre égyptienne possédait les qualifications requises ;
-
que la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne ont davantage de
compétences que la Banque mondiale dans ce domaine.
La Moubarak-Kohl Initiative - MKI
Cette institution, fondée il y a une dizaine d’années, se prévaut de 12 000
personnes formées pour 1 600 entreprises. Fondée sur la formation en
alternance pour répondre aux besoins des entreprises égyptiennes,
notamment celles récemment installées, elle jouit d’une excellente
réputation et édite des fiches en anglais bien réalisées sur le contenu, la
durée et la localisation de ses différentes formations. Elle doit cependant en
principe cesser ses activités en 2008, la relève étant prise par les
Egyptiens.
Les difficultés de la coordination européenne
Etant donné leurs compétences respectives (AFPA et MKI), un consortium
avait été monté en octobre 2002 par le CFCC et la GTZ avec un partenaire
égyptien pour intervenir dans le cadre du projet TVET de € 33 millions.
L’appel d’offres, prévu pour décembre 2002 a d’abord été reporté en mars
2003, mais n’est finalement pas encore sorti, la mise en œuvre du projet
Banque mondiale ayant conduit à une reconfiguration du projet.
Pourtant, il s’était tenu au Caire les 14 et 15 octobre 2003, une conférence
franco-allemande sur l’éducation professionnelle et la formation. Du côté
français, y avaient participé non seulement le CFCC, mais la région RhôneAlpes et différents organismes français s’intéressant à la formation141. Des
documents avaient été publiés, des CD-Rom édités, aussi bien du côté
allemand que du côté français.
Les efforts réalisés ne seront peut-être pas inutiles pour l’avenir. Mais La
reconfiguration du projet et son report, sans semble-t-il d’information en
temps utile des partenaires par la Délégation sont néanmoins très
préjudiciables à une coopération européenne souhaitable dans un domaine
important.
141
Groupe CESI, Circé Consultants, VIA International Consulting, AFORP Formation.
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Les interventions de la coopération française
La coopération éducative et linguistique au niveau scolaire, apparaît
d'emblée comme paradoxale. D'une part, les dix dernières années se
caractérisent par une considérable évolution de cette intervention et dans
le même temps, on observe une grande stabilité des lieux d'intervention et
des problématiques développées. Du côté des permanences, se trouve tout
un réseau d'établissements privés, majoritairement catholiques et
francophones, ou encore les lycées Al Horreya (anciens établissements de
la Mission laïque), soutenus bien avant notre période référence. Cette
permanence de l'aide a été telle que les réductions de ce soutien, en
particulier dans les lycées Al Horreya, sont perçues comme un abandon
illégitime. Les journaux de langue française y font largement écho. Tout au
long de ces années, les établissements bilingues ont été et sont encore la
cible principale de l'intervention de la coopération française dans le
domaine
éducatif.
Restent
des
interventions
dans
le
secteur
gouvernemental, qui concernent cette fois non plus des établissements,
mais des enseignants et des cadres de l'éducation.
Les contraintes ont organisé l'évolution. C'est tout d'abord l'affaiblissement
de la qualité du système éducatif, puis la diminution des moyens
d'intervention. Cette diminution de moyens d’intervention, loin d’en
diminuer la qualité, a amené une réflexion sur les conditions et le sens de
cette coopération et impliqué de nouvelles modalités d'intervention. D’autre
part, une modification importante de la philosophie globale de la
coopération française a progressivement remplacé la substitution par une
expertise, du conseil et de la formation.
A quelles « élites » la
coopération s’adresse-t-elle,
à travers le réseau des
établissements bilingues ?
Une élite francophone ou
francophile, une élite
économique ou encore les
cadres d’une société future
encore indéterminée ?
Ce paradoxe est difficile à dépasser parce qu'il intègre des problématiques
de nature très différentes. On veut atteindre des élites que l'on associe
historiquement à la francophonie. Or, ces élites ont profondément changé.
Aucune étude sérieuse ne permet de dire ce qu'elle est actuellement, à quoi
elle aspire, sinon que l'anglophonie est centrale pour tous ceux qui ont des
ambitions pour leurs enfants dans l'Égypte actuelle. On associe toujours
élite culturelle à pouvoir décisionnel, comme si cette association allait de
soi. Par ailleurs, on considère que l'usage de la langue française est le
moyen le plus sûr pour fonder des relations stables, alimenter les filières
universitaires et l'université française du Caire, qui utilisent le français
comme langue d'enseignement. On considère, également, que le
développement de la langue ou sa survie dépend d'une défense directe de
la langue française. Enfin, ces établissements d'enseignement représentent
des zones d'influence qu'il convient de ne pas négliger. Ce mélange rend
particulièrement difficile les choix en matière de dispositif et de philosophie
d'intervention, même si, l'image de qualité reconnue d'un certain nombre
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d'entre eux (et par les familles qui les fréquentent) semble donner raison à
l'intervention actuelle. Pour être plus clair, il faut séparer ce qui relève de la
promotion de la francophonie, de la recherche de liens avec une « élite » à
redéfinir, de l'entretien d'un réseau d’établissements performants,
exemplaires, pour le reste du système et permettant l'expérimentation, ou
qui relève du soutien à un réseau d'établissements confessionnels. Ces
quatre démarches correspondent à des enjeux différents.
Il faut également souligner que le réseau des établissements bilingues, très
majoritairement privés constitue, au plan de la masse et du statut, un
ensemble marginal, et que la visibilité de l'intervention française est à ce
niveau particulièrement faible.
La stabilisation du système antérieur
De 1993 à 1996, on se trouve dans une période de stabilisation du
dispositif de coopération mis en place. Les écoles bilingues concernent
60000 élèves, et l’enseignement du français LV2, plus de 2 millions
d’élèves dans le système gouvernemental.
Une coopération qui est
presque une tradition, avec
un mélange de formation de
cadres égyptiens dans les
divers champs concernés,
associé à une
substitution/formation qui vit
ses dernières expériences et
ses dernières illusions.
En 1993, l'activité est essentiellement centrée autour de la formation : la
formation des professeurs relais, la formation des professeurs de
mathématiques, de sciences, et la formation des assistants pédagogiques.
On entreprend de développer un projet informatique dans 14
établissements pilotes et on équipe les bibliothèques tout en mettant en
place une formation des bibliothécaires. L'année suivante, la formation des
assistants pédagogiques est amplifiée dans un programme concernant 60
assistants, sur trois ans. Les inspecteurs de mathématiques et de sciences,
du dispositif, sont sensibilisés simultanément à la formation des
professeurs. Le travail sur les projets d'établissements se poursuit, associé
à une réflexion sur le fonctionnement de ceux-ci. Enfin parallèlement aux
formations, des produits pédagogiques sont élaborés.
A partir de 1995, ce programme se poursuit sans grand changement. Une
part croissante des cadres des établissements bilingues, pédagogiques et
administratifs sont concernés par une formation. La coopération conforte
l'ensemble du dispositif, pour les établissements à français renforcé comme
pour le système gouvernemental. Pour celui-ci, le ministère égyptien
participe au programme en donnant des bourses à des professeurs de
français, de mathématiques et de sciences pour une formation à l'université
Jules Verne d'Amiens.
L’évaluation fait son
apparition et plus
généralement, l’ingénierie
éducative se développe.
Au niveau des établissements bilingues, on entreprend de nouvelles
activités : la mesure du niveau linguistique des enseignants et l'évaluation
des compétences des élèves. Cela va permettre, non seulement, d’avoir
une information sur le niveau effectif des élèves en français et sur la
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compétence des enseignants de cette discipline, mais surtout, de concevoir
les formations et de les adapter aux difficultés que rencontrent les
enseignants.
Ces quatre années qui précèdent l'ouverture du CFCC, correspondent à un
approfondissement de la stratégie définie précédemment à la fois dans le
système gouvernemental et le système bilingue. Tout juste voit-on un
début de retrait de personnels positionnés dans les lycées Al Horreya. Les
activités
touchent
l'ensemble
des
acteurs :
enseignants,
chefs
établissements, bibliothécaires, inspecteurs et assistants pédagogiques, à
travers des actions de formation assez lourdes ; elles concernent les trois
disciplines et l'ensemble des moyens d'accompagnement, documentation,
bibliothèque et matériel pédagogique. Les évaluations deviennent des outils
d'accompagnement de l'aide apportée par la coopération.
La coopération se
désengage au niveau de
la substitution,
principalement dans les
lycées gouvernementaux
« Al Horreya », mais
conforte ses actions à
travers l’institutionnalisation des réalisations
développées dans le
réseau bilingue.
L’approfondissement des
actions de formation et
d’ingénierie se
poursuivent.
Continuité et désengagement
Les années 1997 et 1998 correspondent à la fois à un moment
d'institutionnalisation des coopérations antérieures et en même temps à un
désengagement du secteur gouvernemental.
La formation continue atteint une plus grande ampleur dans les trois
disciplines en même temps que se développent des partenariats qui
permettent de prendre le relais des activités directement conduites par la
coopération. Par exemple, une coopération entre l'Institut National de
Recherche Pédagogique de Paris et le Centre National des Recherches
Pédagogiques égyptien, va permettre de développer des matériels
pédagogiques correspondant à la modernisation qui est introduite dans les
établissements bilingues, comme dans le secteur gouvernemental. D'autre
part, la création à l'université d’un diplôme général de pédagogie en langue
française pour la formation des professeurs de français, de mathématiques
et de sciences, est conçue en partenariat avec l'université Lille 1. Ces
changements, appuyés par des partenariats vont déplacer la formation vers
ces structures institutionnelles. Dans le même temps, le ministère égyptien
finance l'envoi en France, de trois groupes de 20 enseignants pour se
former et constituer des cadres sur lesquels s’appuyer pour la
modernisation du système gouvernemental.
La coopération française poursuit parallèlement son désengagement au
niveau des lycées gouvernementaux Al Horreya et plus généralement des
établissements de province. Ce retrait va être l’occasion de mesurer la
situation de ces établissements par rapport au système gouvernemental.
Après le départ des agents de la coopération, l’enseignement du français
s’est dégradé assez rapidement, car ces écoles se sont retrouvées sans
enseignants compétents et le niveau a baissé. Ces substitutions n’ont pas
entraîné de transferts de compétence. Les raisons en sont multiples.
Certains de ces agents, n’avaient pas les qualités requises, ou bien,
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assimilés à des enseignants classiques, se sont trouvés englués dans la
routine et « l’esprit d’établissement ». Ces départs ont été considérés
comme un abandon qui a été souvent traité assez sévèrement – et l’est
encore – par la presse francophone.
Recentrage du dispositif de la coopération
Le projet d’établissement
dont la philosophie est
d’aider au développement
d’une stratégie de
formation, a servi de base à
la définition d’un partenariat
contractuel et permis le
recentrage du dispositif ?
A partir de 1999, la baisse des moyens affectés à ce secteur de la
coopération a amené une réflexion sur le dispositif et une rationalisation de
l’intervention. Par exemple, des établissements qui abandonnaient
progressivement le français LV1 et son usage dans l’enseignement des
mathématiques et des sciences, continuaient à être soutenus, en particulier
sous forme d’emplois de substitution, ainsi que certains d’entre eux qui
n’avaient plus véritablement de projets. C’est ici que le travail fait sur le
projet d’établissement révèle son importance (ce n’est pas bien sûr le seul
intérêt). Avec les outils et la méthodologie développés, la mise en place de
projets d’établissement va devenir le cadre à un partenariat contractuel
entre la coopération et les équipes des établissements. L’évaluation
sélective des projets, détermine maintenant la répartition des moyens par
établissement. Outre la rationalisation des actions de la coopération dans
un contexte de déflation continue prévisible, ces procédures ont l’intérêt
d’encourager les établissements à se définir une véritable stratégie
éducative et pédagogique. Le contexte contractuel rompt avec ces usages
de soutien pérennes, dont l’arrêt est perçu comme un abandon ou un
mépris.
Dans les conditions de contraintes présentes, cela permet de sauvegarder
un dispositif que la coopération considère à la fois comme le meilleur
réservoir pour les filières universitaires de langue française et l’Université
Française d’Egypte, et la base pour le développement de nos relations
culturelles, scientifiques et économiques.
Cette transformation de l’intervention s’apparente alors à un choc culturel,
qui va sans doute être atténué par la professionnalisation des chefs
d’établissement – cheville ouvrière du partenariat - qui se poursuit et
s’amplifie à travers la participation à des séminaires de formation, des
conférences et des invitations en France. Par ailleurs, les grands secteurs
d’intervention, l’enseignement dans les cycles maternel et primaire,
l’enseignement des mathématiques et des sciences en langue française, les
didactiques de ces disciplines, l’ingénierie pédagogique et l’ingénierie des
formations, continuent à se développer dans les mêmes directions dans
tout le dispositif contractualisé. Tout un ensemble d’activités périscolaires
participe également à la maîtrise du français.
Un gros effort est poursuivi pour la modernisation des enseignements de ce
dispositif. La promotion des pratiques pédagogiques modernes,
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La modernisation des
contenus et des pratiques
didactiques, et la
participation à des actions
scientifiques de l’actualité
ont conforté l’image
d’excellence de
l’enseignement à la
française.
en Egypte (1993-2003)
l’actualisation des connaissances scientifiques, et de leurs formes
d’enseignement sont au centre des actions de la coopération :
développement de nouvelles approches pédagogiques des sciences (par
exemple « la main à la pâte », nombreuses manifestations de promotion
des connaissances scientifiques (journées de la science, rallyes des
mathématiques…), projets (Opération MESOE Méditerranée, Enseignement
Secondaire, Observation, Environnement qui met à disposition des
enseignants des ressources du spatial)….. .
Sans doute faut-il être prudent, à ce stade où presque tout est à
construire, dans l’utilisation de la « recherche action » qui peut parfois
masquer la nécessité d’une structuration solide du savoir.
Au-delà du dispositif des établissements bilingues, la coopération française
développe tout un ensemble d’outils et de technologies au service de
l’enseignement du français :
des actions de formation comme :
-
-
-
la formation à distance par visioconférences d’un millier de
professeurs avec l’aide du Centre de développement des
technologies nouvelles et les centres de formation continue
du ministère de l’Education,
la formation de formateurs de formateurs, en partenariat
avec le CLA de Besançon
la formation initiale des professeurs de mathématiques et
de sciences enseignant en français à travers le Diplôme
Général de Pédagogie, prolongé par le DUFP (diplôme
Universitaire de Formation des Professeurs), toujours en
partenariat avec l’université Lille 1,
les formations de professeurs de français dans les
universités de Rouen et Amiens,
les actions d’aide à la production de produits audiovisuels et
multimédia (émissions éducatives et grand public diffusées par
satellite ou des cd-rom d’apprentissage du français).
La professionnalisation de la
formation des formateurs et
son institutionnalisation, au
centre d’une intervention
efficace.
La fin de cette période 1999-2004 est aussi une période
d’institutionnalisation et de rationalisation, mais contrairement aux années
97 et 98, une période stable aux plans des ressources humaines et
budgétaires.
C’est l’institutionnalisation
travers la création du:
d’une
part
importante
des
formations,
à
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Diplôme Général de Pédagogie (PGP), formation initiale destinée à
l’origine aux enseignants des filières bilingues.
Diplôme Universitaire de la Formation des Professeurs (DUFP).
Ces certifications concernent les enseignants et les formateurs. C’est le
renvoi logique et nécessaire d’actions de formations initiatrices vers des
structures dont c’est le rôle institutionnel et pérenne. On oublie souvent
cette très importante phase d’institutionnalisation, et on s’étonne alors, que
les processus mis en place disparaissent, lorsque l’assistance se retire en
fin de projet.
Participent également de cette logique, le développement du :
DELF, Diplôme Elémentaire de Langue Française
DALF, Diplôme Approfondi de Langue Française, auquel certains
établissements du dispositif préparent leurs meilleurs élèves
Une institutionnalisation en
appui
Enfin, il faut noter la toute récente création de l’Institut Universitaire de
Formation des Professeurs (IUFP), sur le modèle des Instituts Universitaires
de Formation des Maîtres français, en partenariat avec l’IUFM de Paris.
C’est aussi cohérent avec l’effort de rationalisation de l’ensemble des
formations et des interventions dans le dispositif bilingue qui a été
entrepris dans la perspective d’une économie d’échelle, dans l’emploi des
36 personnes qui interviennent sur le terrain, et une meilleure efficacité.
Cette période a vu se développer une ingénierie éducative complète, de
l’ingénierie pédagogique utilisée dans les classes et qui emprunte à toutes
les techniques contemporaines (audiovisuel, numérique….), à l’ingénierie
des formations, dont une des matérialisations la plus spéculaire, adaptée à
la situation présente en Egypte, est la formation des maîtres par
visioconférence, dans les 25 sites, par milliers.
De plus, cette institutionnalisation est confortée par de multiples
partenariats qui amènent une aide concrète et une expertise indispensable
à ce processus, et permet, en plus, de situer la juste place de l’intervention
française sur place.
Le développement de l’enseignement de la langue française a donc des
atouts importants en terme de qualité de formation, bien sûr à conforter,
d’autant que non seulement les outils de formation sont développés mais
aussi que le débat est véritablement engagé au plan technique sur la
nature de la langue qui doit être utilisée dans chaque cas spécifique
(utilisation en tant que langue seconde, langue étrangère, langue de
spécialité ou langue d’enseignement).
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Les interventions dans le domaine de la formation professionnelle
Alors que la Commission mixte de 1992 ne mentionnait pas la formation
professionnelle, celle de 2001 tient compte de cette priorité nouvelle dans
le domaine de la coopération internationale. Jusqu’à présent, les
réalisations résultent essentiellement de l’intervention de l’AFPA,
Association pour la Formation Professionnelle des Adultes.
Trois projets AFPA ont été mis en œuvre :
Un programme de réhabilitation de 12 centres de formation
professionnelle. Depuis 1996, l’AFPA a fourni des équipements et
aidé à la formation d’instructeurs. Le financement a été réalisé à
hauteur de FRF 35 millions par le Fonds Social de Développement
sur les fonds de contrepartie de l’annulation de dettes. Les centres
réhabilités142 jouissent d’une bonne réputation143 et une extension
du programme a été réalisée avec une remise à niveau des
formateurs en France. Etant donné la réussite du projet et le
financement exceptionnel mis en œuvre, le Conseil supérieur
égyptien de développement des ressources humaines, placé sous
l’autorité du Ministre de la main d’œuvre et de la migration, a
cherché à assurer la pérennité du dispositif.
Un projet hôtellerie financé par le Fonds Social de Développement
et ACCOR Egypte144.
Un projet de réhabilitation de centres de formation professionnelle
sur financement européen en consortium avec le British Council et
dans lequel l’AFPA a la responsabilité des secteurs hôtellerie et
construction.
C’est à partir de la première intervention réussie qu’un consortium a été
monté avec la GTZ pour répondre aux offres de la coopération européenne
et qu’une valorisation des résultats a été tentée avec l’appui du Conseiller
de coopération multilatérale. Une assistance technique a été mise en place
à la Banque mondiale145 qui montait un projet de mise à disposition des
entreprises privées d’un fonds qui pourrait par la suite être abondé par la
taxe professionnelle. Cette AT aurait pu participer au secrétariat technique
mis en place par les ministères de l’Industrie et du travail et de la
Coopération internationale dans le but de coordonner les aides des bailleurs
de fonds, notamment Banque mondiale et Union européenne. Cette AT
aurait pu ainsi contrebalancer l’influence prépondérante (et hégémonique)
de la GTZ dans ce domaine.
142
Par exemple les centres pilotes de Boulak et Zakazk.
143
55% des stagiaires ont trouvé un emploi après leur stage.
144
Ce projet n’a pas été poursuivi. Il semble que les autres chaînes hôtelières aient été réticentes à envoyer du
personnel se former chez ACCOR .
145
AT financée sur la ligne souple à la disposition du Directeur général de la DGCID, qui permet de financer un
AT pendant 2 ans, le poste prenant ou non ensuite la charge de l’AT.
169
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Toutefois, ce poste ne sera pas renouvelé. En revanche, un AT sera placé,
en avril 2003, auprès du Conseil suprême égyptien pour le développement
des ressources humaines. Sa mission sera de faciliter l’accès de l’expertise
française aux programmes de la Banque mondiale et de l’UE dans le
secteur de la formation professionnelle (budget total de 50 M€).
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Evaluation
La coopération éducative et linguistique de niveau scolaire, au cours des
dix dernières années, s’est adressée majoritairement à une cible, le réseau
des établissements dits « bilingues », considérés comme la base de
l’intervention française à ce niveau - ne serait-ce que pour alimenter
l’enseignement supérieur francophone -, avec une orientation d’une
étonnante stabilité sur une francophonie élitiste et immuable. Déjà, au
début des années quatre-vingts, cette perspective était décrite avec
pratiquement les mêmes mots et sans doute les mêmes décalages.
Les « élites », une cible
mouvante qu’il est
nécessaire de redéfinir avec
l’aide de la recherche en
sciences humaines du
CEDEJ.
Pourtant, de nombreuses questions se posent sur l’évolution de ces élites,
de ces partenaires assez mal déterminés, qu’aucune étude sérieuse n’a
analysés. On observe que la clientèle de ces établissements est maintenant
plus constituée de cadres d’entreprise et de professions libérales non
francophones ; les égyptiens qui viennent se former en français au CFCC
sont d’abord des cadres, des professions libérales ou des ingénieurs (30%),
mais les employés représentent près de 20%. Indépendamment de ces
interrogations, l’intérêt de ce dispositif apparaît à tous les intervenants
comme d’une grande évidence, implicite. D’où, bien sûr, une grande
continuité de la présence auprès de ce réseau.
Mais face à cet immobilisme apparent, une transformation importante s’est
faite dans la réalité qui s’est construite. En fait, face aux contractions
budgétaires et par conséquent aux diminutions de ressources humaines,
cette coopération s’est substantiellement modifiée.
L’institutionnalisation et le
développement des
partenariats pour rendre
pérenne une coopération
Les contraintes ont entraîné un recentrage vers des activités de formation
et de conseil ; la rationalisation des interventions a débouché sur une
institutionnalisation des processus mis en place dans la formation. Les
cadres du ministère de l’Education égyptien ont été très impliqués dans ce
développement et les structures de formation à distance du secteur
gouvernemental ont été naturellement utilisées. Le ministère égyptien ne
s’y est pas trompé et est intervenu sous plusieurs formes en appui, y
compris au niveau de la formation des enseignants de français, qui, par
tradition, revenait à l’intervention française.
A cette institutionnalisation s’est ajouté un développement des partenariats
avec des institutions de formation, universitaires ou non, positionnant
progressivement la coopération française en Egypte, comme appui et non
comme opérateurs. Enfin, des règles ont été mises en place pour impliquer
les partenaires dans les établissements à travers le développement des
projets d’établissement qui ont commencé à clarifier sur le terrain le rôle
d’une coopération partenariale. La contractualisation sur projet permet de
resserrer le réseau autour des partenaires réellement motivés qui
s’impliquent dans une dynamique.
171
dme
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Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Un double risque pour la
coopération française:
l’entropie des ses actions et
la perte d’unité
méthodologique des
pratiques de formation
Un risque majeur pour le
système d’enseignement de
l’Egypte : le
multiculturalisme issu de
l’ensemble des coopérations
étrangères
en Egypte (1993-2003)
On se trouve en face maintenant d’un ensemble très cohérent d’actions qui
touchent à la formation linguistique des professeurs de français, de
mathématiques et de sciences, enseignant dans les établissements du
dispositif bilingue ou les écoles expérimentales, au développement d’une
ingénierie pédagogique avancée, en particulier au niveau scientifique, à la
mise en place de procédures opérationnelles…. C’est important parce que
cette ingénierie qui est apparemment appréciée de nos partenaires
égyptiens, donne corps, au présent, à l’image positive d’un enseignement à
la française qui est particulièrement recherché.
Mais dans le même temps, tout cet ensemble d’actions est à la limite de la
dispersion – même si cela apparaît utile - comme le montre la mise en
place d’actions parascolaires qui visent l’utilisation de la langue dans un
contexte hors scolaire. Le risque d’entropie est réel. Le second risque de
cet ensemble très important d’actions est de perdre toute unité
méthodologique, comme par exemple de passer d’un enseignement très
cadré à de la « recherche action », avec des partenaires qui n’ont pas
encore au plan pédagogique une autonomie suffisante. Cela est d’autant
plus important que le système éducatif égyptien va être confronté à un
multiculturalisme éducatif, complexe à gérer, au plan de la cohérence. Par
exemple, les curricula sont actuellement transformés avec l’aide des
chinois, des japonais, des allemands, des italiens, des suédois et des nordaméricains. Nous-mêmes, avec une approche très spécifique, nous
proposons des approches de la formation scientifique.
L’intervention française à travers les réseaux dans lesquels elle intervient
se situe de fait, dans un espace marginal du système éducatif. Son rôle de
levier est faible, quant aux transformations qu’elle induit. La lisibilité de cet
investissement lourd de la coopération française est particulièrement faible.
C’est un travail à la marge.
Sauf que, du fait que l’ensemble des actions se développe dans un espace
restreint, il amène à mettre en place concrètement des prototypes de
développement pour le système éducatif. En fait, la coopération française a
construit un ensemble de services, en traitant ces établissements bilingues
comme un véritable système éducatif complet. Pour ce réseau, pour le seul
enseignement du français, des mathématiques et des sciences, la
coopération française a développé:
un institut de formation des professeurs,
une activité qui est celle d’un institut national de recherche
pédagogique,
des formations à distance par visioconférence d’un centre national
de formation à distance,
un système de certifications,
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dme
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Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
un ensemble de compétences pour des cadres de l’éducation, chefs
d’établissements et inspecteurs.
Actuellement, tous les éléments d’un prototype existent. Sauf bien sûr, qu’il
manque tous les éléments de faisabilité, au plan des ressources humaines
(coûts, compétences, nombre…), de l’organisation et des incidences qu’un
tel projet pourrait générer dans un espace où les différences culturelles
sont grandes entre les bénéficiaires et le projet. Si on veut développer une
telle problématique, il faut le faire complètement.
La tentation inconsciente de
construire un système
éducatif pour le réseau
bilingue, ou la réalisation
d’un prototype
expérimental, transposable
au système
gouvernemental.
Vers un projet européen
d’enseignement des
secondes langues
étrangères
Si ce dispositif mis en place par la coopération poursuit le développement
de cet ensemble de services dans le seul réseau des établissements
bilingues, alors il est démesuré. Si cela sert de prototype dans une
perspective de mise en place au niveau du système gouvernemental, alors
c’est une avancée profitable à l’ensemble du système éducatif égyptien. De
toute façon, il est nécessaire de se centrer sur un nombre restreint
d’établissements utilisant le français. Les autres établissements peuvent
bénéficier d’un appui en conseils et documentation dans les domaines de la
langue et des didactiques. Au plan général, la coopération devrait jouer
plus un rôle de passeur vers des partenariats avec les organisations et les
structures en France. De cette manière, un redéploiement des ressources
affectées aux actions éducatives et linguistiques devrait bénéficier de
manière plus importante aux actions développées dans le système national
et alimenter également des actions transversales ou non, qui concernent la
langue et la culture française, traditionnellement rattachées au culturel et
dont l’impact favorise également le développement de la francophonie.
Les approches développées actuellement dans le domaine éducatif et
linguistique, et les progrès qui ont été réalisés, permettent d’envisager des
perspectives pour l’avenir, qui ne cantonnent pas la francophonie au seul
dispositif bilingue. Le développement de l’Egypte n’ira pas sans développer
l’enseignement des langues. Le trilinguisme, déjà nécessaire au niveau des
pays de l’OCDE, où l’on sait que la répartition sociale sera très influencée
par le nombre de langues maîtrisées, sera essentiel au développement de
ce pays, en dépit du rôle de l’anglais comme médium moyen. Il faut donc
penser à un projet de grande lisibilité, qui se développerait progressivement dans le système éducatif égyptien, année par année, à partir de la
première préparatoire (1ère année de collège). Il mettrait en place, aux
côtés de l’anglais LV1, une seconde langue vivante. Un tel projet devrait,
bien sûr, être européen. Mais il y a tout lieu de penser que le français serait
choisi très majoritairement, ouvrant un très important vivier de
« francophones », ayant étudié notre langue durant une demi-douzaine
d’années. La France pourrait dans un projet de ce type, être un opérateur
important au côté d’autres pays européens. La lisibilité d’un tel projet, qui
s’inspirerait du prototype actuellement mis en place serait évidemment
grande. Il s’en suivrait bien sûr une redéfinition de l’ensemble des actions
dans le secteur.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Enfin, il sera nécessaire pour les projets plus globaux à venir, de tenir
compte du fonctionnement des partenaires égyptiens. Les modes de
décision et la distribution du pouvoir entraînent les partenaires en contact
avec les agents de la coopération française, à préférer des ensembles
d’actions qui se décomposent en éléments simples, correspondant à la
répartition de leurs attributions. C’est aussi la tendance des acteurs
français, qui en professionnels, interviennent sur des secteurs précis
correspondant à leur compétence, mais sans vision globale. Or, ce sont des
projets intégrés, en cohérence, dont a besoin le système éducatif égyptien.
Pertinence
Les objectifs de la coopération culturelle dans le domaine de l’action
éducative et linguistique de niveau scolaire ressortent de plusieurs
problématiques. L’une d’elle est l’entretien d’un lien avec une population
francophone ou francophile, dont on pense qu’elle intervient au moins
potentiellement dans le système politique de décisions. Une autre, qui lui
est associée, est de maintenir une francophonie, à travers un ensemble
d’établissements majoritairement religieux, avec lesquels les liens sont
ancestraux, et en eux-mêmes importants. Plus techniquement, il s’agit de
développer un enseignement en français, de qualité, attractif pour les
élites, qu’elles soient ou non francophones et de fournir les étudiants
nécessaires aux secteurs universitaires francophones. Compte tenu de
l’existence d’un ensemble d’établissements qui forment des élèves dont une
partie actuellement suffisante alimente l’enseignement supérieur
francophone, accueillant traditionnellement les élites, seuls à proposer un
enseignement de et en français, on peut dire, qu’à ce titre, les objectifs
sont pertinents par rapport à la situation en Egypte.
Cohérence
Les actions entreprises, sont bien en phase avec ces objectifs, surtout dans
la période récente qui a tenu compte de la réalité des terrains. C’est le cas
de l’aide apportée à la qualité des enseignements, dans les établissements
motivés dont il ressort une meilleure image au niveau des familles, donc
une attractivité renforcée. Au plan général, il y a une grande différence
entre le début de la période de référence et les années 2000. Avant de
recentrer les activités sur les établissements qui développaient de vrais
projets, de supprimer la substitution, avant d’avoir développé une
importante ingénierie pédagogique, certaines actions étaient vouées à
l’échec du fait des conditions dans lesquelles elles s’exerçaient. Au stade
actuel, on peut répondre positivement à ce critère de cohérence, en
modérant le jugement par les mises en garde évoquées dans la partie
évaluation.
Efficience et efficacité
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Que ce soit au plan de l’adéquation entre les moyens et les objectifs ou de
l’adéquation aux objectifs, les actions initiées dans le secteur ont été plus
satisfaisantes dans la deuxième partie de la période. Deux réponses
peuvent donc être données selon la période. La réaction positive à la
contraction budgétaire et la rationalisation des actions ont permis une
amélioration très nette de l’efficacité, tout en se rapprochant nettement de
l’efficience.
Impact et pérennité
L’impact de cette coopération éducative et linguistique est différemment
perceptible, suivant les périodes concernées et les partenaires. En fait,
nous n’avons pas assez de recul pour pouvoir estimer correctement les
impacts positifs. Mais des indicateurs donnent des informations partielles,
tant au plan positif que négatif. Ainsi, lors du retrait des agents en situation
de substitution, on a pu assister à un effondrement de la qualité de
l’enseignement délivré dans certains établissements. Le transfert de
compétence ne s’était pas fait, pour des raisons qui vont de la compétence
de ces agents, au fonctionnement de l’équipe pédagogique et de son
niveau. Du côté positif, on peut mesurer l’efficacité des actions en faveur
des enseignants de français, à l’engagement du ministère de l’Education
égyptien, qui a accompagné les actions de formations sur place par des
bourses de formation en France, ou la coopération dans la formation à
distance. Le premier exemple correspond à la première moitié de la période
et le second aux années récentes. Enfin, plusieurs actions ont abouti à
l’institutionnalisation des procédures mises en œuvre et des partenariats
sont à l’origine de coopérations qui, sans être pérennes en elles-mêmes,
développent des fonctionnements qui peuvent aisément le devenir. Pour
certains établissements et pour les activités de formation, on se dirige vers
la mise en place de solutions pérennes.
Recommandations
Poursuivre l’institutionnalisation des procédures développées dans
les actions de coopération
Poursuivre la mise en place de partenariats pour étendre les
compétences et pour aboutir à des échanges pérennes.
Prendre soin de maîtriser la cohérence de l’ensemble des
interventions au plan de la gestion des ressources humaines,
comme au plan méthodologique, et veiller à se concentrer sur les
actions prioritaires.
Œuvrer à convaincre les autorités égyptiennes de donner une place
plus importante à l’enseignement des LV2, et poursuivre le conseil
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
au niveau de la commission des examens pour soutenir une
révision des modalités du baccalauréat.
Développer l’idée et la faisabilité d’un prototype transférable au
système gouvernemental.
Concevoir un projet de développement de l’apprentissage des
langues secondes dès la première préparatoire, en vue de le
proposer à l’Union Européenne.
La mise à disposition de crédits supplémentaires permettrait une meilleure
adéquation entre l’aide française et la demande des autorités du pays. Ces
crédits devraient bénéficier, par ordre de priorité, aux mesures suivantes :
•
En priorité 1, à la mise en place progressive
l’enseignement d’une deuxième langue dès le début
l’enseignement secondaire d’une part et, d’autre part,
l’installation de structures de formation des maîtres, avec
sans l’aide de l’Union Européenne.
de
de
à
ou
•
En priorité 2, à l’amélioration de l’enseignement scientifique
en favorisant les partenariats avec des institutions françaises,
et en utilisant davantage les capacités de cette expertise
française dans les cycles scolaires. Cette mesure doit être
prolongée au niveau du supérieur par le développement de
filières scientifiques (universités francophones d’Egypte) et/ou
par l’utilisation des enseignements à distance en provenance
des établissements d’enseignement supérieurs français.
L’attractivité de telles orientations pourrait être stimulée par
des bourses et un système de stages en entreprises en France.
•
En priorité 3, dans le cadre de l’enseignement technique du
système éducatif égyptien, pourrait être envisagée une
participation à la mise en œuvre de formations professionnelles
ciblées, en partenariat avec des entreprises françaises.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
II Les appuis
recherche
à
l’enseignement
en Egypte (1993-2003)
supérieur
et
à
la
Les appuis à l’enseignement supérieur
Le contexte: la dégradation de l’enseignement supérieur public
égyptien146
L’enseignement supérieur égyptien accueille environ 1,5 millions
d’étudiants répartis au sein de treize universités publiques. Les cinq plus
grandes d’entre–elles (Universités du Caire, d’Al Ahzar, d’Aïms-Shams, de
Zagazig et d’Alexandrie) concentrent plus de 60% des étudiants. Chaque
campus accueille entre 120 et 200 000 étudiants147.
Au cours des années 1990, le nombre d’étudiants a été multiplié
globalement par trois ; le budget de l’enseignement supérieur n’a pas suivi
cette tendance : multiplié par 2,5 en livres courantes, il n’a progressé que
de 17% seulement en livres constantes. En d’autres termes, la dépense
réelle par étudiant (en monnaie constante) a chuté de près de 60% au
cours de la période sous revue.
Le système
universitaire égyptien
est fortement dégradé.
Les budgets n’ont pas
suivi l’explosion des
effectifs.
La massification de l’enseignement supérieur égyptien, et sa paupérisation,
se sont accompagnées d’une baisse sensible de la qualité des cours
dispensés dans des facultés surchargées et souffrant de plus en plus d’une
pénurie de matériels didactiques.
Conscientes depuis longtemps de cette dégradation148, les autorités
égyptiennes n’ont pu réaliser, jusqu’à présent, les réformes nécessaires
pour enrayer le phénomène. Ce contexte, marqué à la fois par une
croissance de la demande et par la défaillance de l’offre publique, va
susciter deux types de rééquilibrage de nature différente :
146
Cette section s’appuie largement sur une note de synthèse rédigée par le CFCC à l’occasion de la présente
évaluation ainsi que sur les entretiens réalisés auprès des responsables des filières francophones et de l’UFE.
147
A titre de comparaison, on dénombrait 1,8 millions d’étudiants en France répartis dans 89 Universités ; les
plus grandes d’entre-elles accueillent au maximum 25 000 étudiants.
148
La dégradation de l’enseignement supérieur égyptien, parfois très sensible, a été reconnue par les autorités
elles-mêmes dans un rapport interne du ministère égyptien de l’enseignement supérieur publié en janvier
2001. Ce rapport faisait suite à une conférence internationale tenue en 1999 au cours de laquelle un
diagnostic précis et sans complaisance avait déjà été établi.
177
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Les universités privées soutenues par les coopérations internationales (*)
L’université américaine du Caire.
L’université Américaine du Caire (AUC) occupe un statut à part dans le paysage universitaire égyptien
puisqu’elle est la plus vieille université privée en Egypte, créée en 1919. Elle accueillait 5146 étudiants à la
rentrée universitaire 2003, dont 867 étudiants en Master. En 2003-2004, le budget de l’AUC s’élevait à plus de
62 millions de dollars, sans bénéficier d’aide gouvernementale. Les frais d’inscription en 1ére année varient entre
40 et 60 000 LEG par an. L’AUC est donc solidement établie sur le marché universitaire égyptien. Elle propose
un grand nombre de disciplines. Elle bénéficie d’une très forte renommée et attire les élites égyptiennes.
Cependant, la création de nouvelles universités privées a conduit cette année 2004, pour la première fois, l’AUC
à baisser ces tarifs et à faire une campagne de publicité.
L’université allemande du Caire :
L’université allemande (GUC : German University in Cairo) vient directement concurrencer l’UFE. Ouverte en
octobre 2003, elle accueille 900 étudiants en 2004. Le ministère allemand de l’enseignement supérieur et de la
recherche et l’Office allemand des échanges universitaires soutiennent ce projet à hauteur de 600 000 euros et
par la mise à disposition de trois assistants techniques. L’université allemande propose deux mastères et six
facultés : pharmacie et biotechnologie, sciences de l’ingénieur et des matériaux, technologies de l’information
et de la communication, management technologique, ingénierie et technologie des médias, études postgraduate
et recherche scientifique. Trois facultés supplémentaires seront créées par la suite : sciences et arts appliqués,
sciences fondamentales, langues et sciences humaines. La GUC applique une stratégie d’ouverture vers le
monde professionnel avec des enseignements techniques et
des liens renforcés avec les entreprises
allemandes et égyptiennes. L’objectif affiché de la GUC est de recruter 1000 étudiants chaque année (200 par
faculté) et un horizon de 5000 étudiants en 2008. Les frais d’inscription sont déterminés en fonction des
pourcentages obtenus au baccalauréat égyptien et varient entre 30000 LE à 52 200 LEG par an.
L’université canadienne
Une université égypto-canadienne privée, bilingue (français/anglais) a été ouverte en 2004. Du côté égyptien,
le financement du projet est assuré par le Groupe Al Ahram (presse). Du côté canadien, les partenaires
universitaires sont: l’université du Québec pour les facultés de journalisme et de communication; l’université
Hamilton pour les facultés de gestion et de comptabilité ; l’université de Toronto pour la faculté de technologie
de l’information et de communication. Ces trois facultés seront complétées d’abord par l’ouverture de 5 autres
facultés en 2005, puis par 4 autres facultés à l’horizon 2007, soit 12 facultés en tout. Il s’agit d’un projet
entièrement privé pour lequel aucun financement public du Canada n’est prévu. Le projet est piloté par
l'Association des universités et collèges du Canada, association privée à but non lucratif mais dont les membres
sont publics.
L’université française d’Egypte :
Ouverte en 2002 avec 40 étudiants, l’université française d’Egypte (UFE) accueillait 108 étudiants en 2003, et
240 en 2004 dans trois facultés : faculté de gestion et systèmes d’information (110 étudiants), faculté des
langues appliquées avec (60 étudiants), faculté d’ingénierie créée en 2003 avec 70 étudiants. L’UFE n’a pas
encore atteint son rythme de croisière et le nombre d’inscrits augmente chaque année. L’UFE reçoit une aide
publique du Département pour des attachés techniques et des crédits pour des missions et des invitations, ainsi
que 760 000 euros du Trésor Public français. Les frais d’inscription sont déterminés en fonctions des
pourcentages obtenus au baccalauréat égyptien (pour la première année) et les résultats obtenues au cours de
l’année (pour les années supérieures) ; ils s’élèvent en moyenne à 25 000 LEG par an.
(*) Source : CFCC.
178
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
L’insuffisance de l’offre
publique va susciter la
création d’universités
privées
Les filières
francophones au sein
des universités
publiques sont aussi
une réponse (partielle)
à la déliquescence du
système.
•
en Egypte (1993-2003)
Un processus de privatisation.
La loi égyptienne autorisera, à partir de 1996, le
développement d’un système privé d’enseignement supérieur.
Celui-ci est désormais composé à la fois d’établissements à
buts lucratifs exclusivement égyptiens et d’universités privées
soutenues
financièrement
par
diverses
coopérations
internationales (comme l’universités allemande du Caire ou
encore l’université égypto-canadienne privée). L’université
française d’Egypte (UFE) participe à ce système ainsi que
l’université américaine, même si cette dernière possède une
histoire et un statut différent (cf. encadré). Ce processus de
privatisation va toucher aussi, mais sous une autre forme, les
universités publiques elles-mêmes ; le personnel enseignant
étant de plus en plus incité (financièrement) à dispenser des
cours (privés) de soutien aux étudiants ;
•
Le développement de « filières » au sein des facultés
égyptiennes.
Cette modalité de rééquilibrage est spécifique à la coopération
française qui va créer, à partir de la fin des années 1980, des
structures d’enseignement francophone (filières) au sein des
universités publiques égyptiennes ; les programmes de
formation étant assurés en coopération avec des universités ou
des instituts d’enseignement supérieur français. Ce dispositif,
inscrit dans la commission mixte de 1992, est une réponse
originale visant à créer des pôles d’excellence au sein des
structures publiques égyptiennes.
Les universités privées, quelle qu’en soit la forme, et les « filières »
francophones ne constituent toutefois qu’une réponse très partielle au
déséquilibre quantitatif et qualitatif entre l’offre et la demande de formation
supérieure. Ainsi, en 2004, les effectifs des universités privées (soit 30 000
étudiants environ) ne représentent que 2% de total des inscrits dans les
universités publiques ; les filières francophones accueillent, quant à elles,
moins de 700 étudiants (soit à peine 0,05% du total des effectifs de
l’enseignement supérieur égyptien).
Le dispositif français
Ces filières permettent
de former des étudiants
à un coût bien moins
élevé que s’ils venaient
en France
Les filières francophones
La création des filières francophones d’enseignement supérieur, qui
s’étalera de 1998 à 2003, visait un double objectif :
•
Le premier est clairement politique. Il s’agissait de développer,
dans les pays non francophones, des filières utilisant le français
comme langue d’enseignement au sein des universités nationales
179
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en Egypte (1993-2003)
les plus prestigieuses afin d’y attirer et d’y former les futures élites
de la nation. L’Egypte, qui revendique souvent d’être le pays non
francophone le plus francophone, avait pour vocation d’accueillir un
tel dispositif (de même qu’elle sera l’hôte de l’université Senghor) ;
•
Le second objectif est plutôt d’ordre économique. La création de
filières répondait aussi au souci d’offrir des débouchés aux élèves
des 65 écoles bilingues (soit environ 45 000 élèves en 2004, dont
2500 au niveau bac) et cela à un coût moindre que celui des
bourses d’enseignement supérieur (pour mémoire, le coût de
formation d’un seul boursier est équivalent à celui de douze
étudiants dans les filières).
Les 6 filières
francophones
accueillent aujourd’hui
un peu moins de 750
étudiants égyptiens
Il existe actuellement six filières francophones spécialisées :
•
L’Institut de droit des affaires internationales (IDAI) a été
créé en 1998 à l’université du Caire. L’IDAI délivre un diplôme
français de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Les effectifs en
2004 s’élevaient à 206 étudiants allant du DEUG au magistère ;
•
Le département de gestion et de commerce international
(DGCI) a été créé en 1993 au sein de l’université d’Aïn Shams. Le
département accueille 226 étudiants en 2004, du DEUG au master
« contrôle de gestion et audit » délivrés en partenariat avec les
universités de Poitiers et de Paris-I (et de Paris-Dauphine pour le
MBA) ;
•
Créée en 1994 à l’université du Caire, la filière francophone
d’économie et de sciences politiques accueillent actuellement
186 étudiants. Le cursus conduit les étudiants jusqu’à la maîtrise.
Les enseignements sont dispensés en partenariat avec l’IEP de
Paris. Cette formation devrait être complétée, l’an prochain, par un
master en études euro méditerranéennes financé sur des fonds
Tempus ;
•
La filière francophone d’égyptologie a été crée en 1997 à
l’université de Caire. Elle accueille, chaque année, une dizaine
d’étudiants qui obtiennent une licence à l’issue des quatre
premières années d’enseignement. La préparation de magistère et
de doctorat est faite en co-tutelle (université du Caire et université
française choisie selon le sujet attribué et la spécialité du
professeur égyptologue) ;
•
La filière de journalisme et de communication accueille onze
étudiants et délivre un diplôme d’étude supérieure égyptien en
journalisme (DES), en partenariat avec le CFPJ (Paris) et l’IFP de
l’université Paris-II ;
•
La filière francophone d’agro-alimentaire vient d’ouvrir à
l’université d’Alexandrie (faculté d’agriculture, département des
sciences et des technologies du lait). Elle accueille actuellement une
quinzaine d’étudiants.
Le budgets des filières
est stable et modeste
(un million d’euros par
an environ)
180
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en Egypte (1993-2003)
Le budget global des filières (essentiellement la rémunération des
coordonnateurs et les missions d’enseignants français) est de l’ordre d’un
million d’euros. Ce budget est à peu près stable sur l’ensemble de la
période :
Evolution des moyens du MAE au profit des filières francophones (en euros)
Filières :
1999
2000
2001
2002
2003
2004
IDAI
342 608
321 502
333 623
345 744
334 210
369 080
Eco / Sc Po
341 587
305 333
307 111
308 889
288 127
260 904
DGCI
315 234
329 796
331 560
333 323
322 265
292 056
36 766
35 628
34 490
34 674
35 203
993 398
1 007 922
1 022 446
979 276
957 243
Egyptologie
Total
999 429
La répartition des moyens pour l’année 2004 est la suivante :
Nbre
d’étudiants
Filières :
Montant des appuis
(en euros)
Total
Par
étudiant
Répartition des appuis (en euros)
Personnel
Bourses
Missions
Et divers
IDAI
191
369 137
1 830
199 467
50 070
119 600
Eco / Sc Po
200
261 102
1 460
124 074
47 750
90 278
DGCI
280
293 586
1 140
163 968
12 300
49
35 203
720
Egyptologie
Journalisme
Total
15
79 000
5 270
735
1 038 028
1 410(*)
7 170
35 203
487 509
(51%)
110 120
(12%)
361 399
(37%)
(*) Pour mémoire, le coût moyen d’un étudiant boursier s’élève à 14 190 €/an
Sources : CFCC et programmation 2004.
L’université française d’Egypte (UFE)
Créée en 2002, après une longue période de gestation, l’Université
française d’Egypte (UFE) est un établissement privé de droit égyptien qui
dispense des cours en français. L’UFE compte trois facultés : gestion et
système d’information, langue étrangères appliquées aux affaires et, plus
récemment (2002), une faculté d’ingénierie. Elle acceuillait 40 étudiants
seulement en 2002, 70 en 2003 et 140 environ lors de la dernière rentrée
universitaire (2004/05).
L’UFE est de création
récente (2002) et
n’accueille encore que
moins de 150 étudiants
Plusieurs motivations ont sous-tendu la création de cette université dont le
projet d’établissement s’avère très ambitieux. La dégradation du système
public d’enseignement supérieur et la nécessité de promouvoir une offre de
qualité constitue, probablement, l’une des motivations premières des pères
fondateurs de l’UFE. Ceux-ci pourront compter aussi sur le soutien explicite
des plus hautes instances de la République d’Egypte qui salueront à
181
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
maintes reprises une initiative visant à compléter le paysage universitaire
égyptien en l’enrichissant d’une institution francophone (aux côtés de
l’université américaine et allemande). D’autres motivations, plus
mercantiles, ne sont probablement pas à exclure de la part d’opérateurs
privés qui engageront leurs capitaux dans cette entreprise à but lucratif
(les droits d’écolage sont de l’ordre de 25 000 LEG par an, soit environ
3 800 euros)149.
Les enseignements dispensés à l’UFE sont assurés par des professeurs
égyptiens, des enseignants français en mission de courte durée ainsi que
par les trois chefs de département français.
Les appuis financiers du MAE, sur ligne souple du Département, s’élèvent à
un peu plus de 400 000 euros (en 2004), soit un peu moins de 3 000 euros
par étudiant (contre 1 250 euros dans les filières francophones). Soixantequinze pour cent de cette enveloppe sont consacrés à la rémunération des
trois chefs de département. Cet appui contribue au tiers environ du budget
total de fonctionnement de l’UFE (un peu moins de 1,4 millions d’euros par
an).
Les formations en France et les bourses
La France accueillait, en 2003, 800 étudiants égyptiens dont 163 BGF, tous
issus, pour ces derniers, des filières francophones. Cette offre
correspondait à environ 500 mois/homme pour un montant de l’ordre de
800 000 euros. A titre de comparaison, la Grande Bretagne offrait 600 mois
bourse (1,2 millions d’euros) et l’Allemagne 1400 mois/homme (1,3
millions d’euros). Les Etats-Unis accueillaient, en 2001, un peu plus de
1000 boursiers égyptiens contre 240 pour la France à la même époque (et
près de 600 pour l’Allemagne et la Grande Bretagne).
La France accueille
environ 800 boursiers
égyptiens.
Le nombre de boursiers du gouvernement français est en diminution
régulière depuis la fin des années 1990. La réduction a porté
essentiellement sur les bourses de stage alors que, parallèlement, le
nombre de bourses d’étude a eu tendance à augmenter.
Il n’y a pas de véritables programmes de bourse inscrits dans la longue
durée. Les boursiers de l’enseignement supérieur bénéficient de cet appui à
l’occasion de programmes ponctuels dont la durée de vie est souvent assez
courte.
Il existe de nombreux
programmes de
coopération scientifique
mais ceux-ci sont
souvent ponctuels.
Les coopérations scientifiques diverses
Il existe plusieurs types de coopération scientifique. Certaines s’entendent
sur une durée significative de cinq ans ou plus alors que d’autres sont plus
149
Ces droits sont plus faibles que ceux perçus par l’université allemande (entre 30 et 50 000 LEG par an) ou
par l’université américaine (entre 40 et 60 000 LEG pas an). Pour mémoire, le salaire moyen est de l’ordre de
300 euros par mois.
182
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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ponctuelles (cf. graphique ci-dessous). Dans ces coopérations, le poste joue
un rôle d’intermédiaire entre les partenaires français et égyptiens. Son
soutien porte sur des missions, des bourses ou des invitations. Sur
l’ensemble de la période, le budget programmé a été divisé par un facteur
4,3 : il a été divisé par 2 entre 1993 et 1995 (à l’époque de la création des
filières DGCI et FESP), puis encore par 2,6 entre 1995 et 2004. Cette
diminution sensible s’inscrit dans un contexte global d’attrition où le budget
global s’est réduit de 20%.
Projets de coopération scientifique significatifs (durée de plus de 5 ans)
300 000
En euros
250 000
200 000
150 000
100 000
50 000
0
1 991
1 992
1 993
1 994
1 995
1 996
1 997
1 998
1 999
2 000
2 001
2 002
2 003
2 004
Telecom - TIC (formation - recherche)
Archéologie et filière d'égyptologie créée en 2000
Centre ingénierie pour l'archéologie
Agro - bio (formation - recherche)
On constate, parmi les projets significatifs (cf. graphique ci-dessus) une
relative stabilité du soutien à l’archéologie et de la filière
d’égyptologie : notre coopération dans ce domaine s’inscrit dans le cadre
plus large de la longue présence archéologique française en Egypte.
Dans le domaine de l’agronomie et de la biologie, un certain nombre de
projets ont été soutenus (microbiologie du lait, lutte biologique,
génétique…) en accompagnement des financements du BLAFE (Bureau de
Liaison Agricole Franco- Egyptien : fonds de contrepartie d’aide
alimentaire). Ces activités disparaissent progressivement au cours de la
période considérée (budget divisé par un facteur 4 entre 1992 et 1999).
Depuis 1999, le seul budget dans ce domaine correspond à la prise en
charge, par le ministère, d’une partie du salaire du co-directeur du BLAFE.
Enfin, la période 1991-2004 est marquée également par l’existence de
deux projets significatifs :
•
Le programme de soutien au centre d’ingénierie pour
l’archéologie, en coopération avec l’organisme égyptien des
antiquités et le département des mines de la faculté d’ingénieurs du
Caire, débute en 1993 et se termine en 1998. Il était dédié à la
formation en France d’ingénieurs et d’archéologues dans le domaine
de la géotechnique (avec l’école des Mines de Nancy et l’INERIS) ;
183
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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•
Le programme dédié aux Technologies de l’Information et
des Communications (TIC) débute en 1992 et se termine en
1997, il reprend en 1999 pour s’éteindre une nouvelle fois en 2004.
Destiné à la formation en thèse, au sein de l’INRIA, d’étudiants de
l’ITI ; il n’a qu’imparfaitement rempli ses objectifs : à la
connaissance du Poste, seules deux thèses ont été soutenues
depuis 1992.
Les autres programmes de coopération technique
Les programmes de coopération technique ont subi une forte baisse (cf
graphique ci-dessous) comparable à l’évolution budgétaire globale. Entre
1991 et 2004, le budget du secteur a été divisé par un facteur 1,8 :
810 000 Euros en 1991 et 450 000 Euros en 2004.
Coopération technique et institutionnelle
600 000
En euros
500 000
Suppression de 210 000 euros de bourses
400 000
un CSNA et 2 vacataires en moins
Coopération médicale, ONG et dvpt
300 000
200 000
Coopération administrative
100 000
0
1 991
Aménagement du territoire
1 992
1 993
1 994
1 995
1 996
1 997
1 998
1 999
2 000
2 001
2 002
2 003
2 004
Le graphique ci-dessus inclut, au sein de la coopération médicale, le
domaine des ONG et développement en raison de la proximité des
thèmes abordés : handicap, relation mère - enfant, etc. Le budget ONG &
Développement correspond à 1/9ème seulement de celui de la coopération
médicale. La coopération dans ce secteur montre une forte baisse des
crédits entre 1991 et 1994 (-320 000 euros) expliquée par la suppression,
en 1992, d’un programme de bourse de 200 000 Euros et, en 1993, d’un
CSNA et de 2 vacataires. On constate d’autre part une nouvelle baisse des
crédits entre 1995 à 2004 (de 662 000 euros en 1995 à 448 000 en 2004)
qui s’inscrit à la fois dans une baisse globale de l’enveloppe et dans un
recentrage des activités. En effet, en 2004, la majeure partie des fonds est
consacrée à un Contrat de Recruté Sur Place, des formations pour le
concours du DIS/DES et des bourses AFSA (Attestation de Formation
Spécialisée Approfondie), alors qu’auparavant d’autres projets étaient
soutenus : management des hôpitaux, appui à la recherche médicale et
chirurgicale, mise en place d’un système de réponse aux urgences
médicales, santé maternelle et infantile, etc.
184
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Dans le domaine de l’aménagement du territoire, une coopération a
toujours existé sur des thèmes tels que la planification, l’urbanisme,
l’environnement, etc. Entre 1995 et 1999, un projet important de
rénovation de la maison « Sennari » a été soutenu par la France, avec
notamment la prise en charge de l’architecte responsable du projet
(repérable, sur le graphique ci-dessus par le plateau entre 1995 et 1999).
Dans le domaine de la coopération administrative, certaines actions
sont soutenues depuis 1991 : bourses pour des formations à l’ENA ou à
l’IIAP et invitations en France de diplomates, stages en France pour des
membres du Conseil d’Etat, du Centre National d’Etudes Judiciaires ou du
Ministère de la Justice. Par ailleurs, d’autres actions plus ponctuelles ont
été menées dans le domaine des douanes, de la poste, des statistiques
nationales (avec l’INSEE)…
Les moyens financiers
L’évolution budgétaire globale du secteur montre que l’enveloppe
budgétaire a baissé de 10 % entre 1991 et 2004 (cf. graphique cidessous). Sur cette période, les principales variations sont dues (i) à une
baisse globale du budget en 1994, (ii) à la création des filières DGCI
(Département de Gestion et Commerce International) et de la filière
d’Economie et de Science Politique (la création de l’Institut du Droit des
Affaires internationales remontant à 1988) ainsi qu’à (iii) un projet de
rénovation d’une maison islamique à partir de 1995. Entre ces deux années
(1994 – 1995), la variation du budget atteint les 500 000 euros. Après
1996, le montant global de la programmation scientifique et technique
diminue progressivement vers sa valeur actuelle de 1.8 millions d’euros.
L’enveloppe budgétaire
a baissé de 10% entre
1991 et 2004.
Elle est aujourd’hui de
1,8 millions d’euros.
Evolution budgétaire globale (en euros)
2 500 000
Total programmé (DSUR + DDCT)
2 000 000
Avec AT UFE
Coopération universitaire
1 500 000
création DGCI et FESP
Sans AT UFE
1 000 000
Santé, ONG-dvpt, administratif et aménagement du territoire
500 000
0
1 991
1 992
1 993
1 994
1 995
1 996
1 997
1 998
1 999
2 000
2 001
2 002
2 003
2 004
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Sur la période 1995 – 2004, le budget du secteur a diminué de plus de
20%, passant de 2,2 millions d’euros en 1995 à 1,8 millions d’euros en
2004.
Evaluation de la coopération universitaire
Pertinence
Le développement des échanges universitaires et scientifiques figure parmi
les principaux objectifs assignés au dispositif de coopération française dans
le monde. Partager les savoirs, constituer une véritable communauté
scientifique internationale, favoriser l’accueil des étudiants étrangers en
France, assurer la promotion des filières francophones partout dans le
monde constituent autant d’actions qui s’inscrivent, de toute évidence,
dans cette volonté de conforter un dialogue entre les nations porteur de
paix et de stabilité à long terme.
La pertinence de la
coopération
universitaire est forte
Les actions de la coopération française en faveur de l’enseignement
supérieur égyptien participent largement à cet objectif général. La
pertinence du dispositif (filières francophones, UFE, bourses et échanges…)
est forte. Une appréciation identique avait déjà été formulée, en 1997, par
une précédente mission d’évaluation portant sur les trois premières filières
universitaires francophones150.
Cohérence
Les six filières ainsi que l’UFE permettent aux élèves des écoles bilingues
(mais aussi accessoirement à d’autres151) de poursuivre leurs études
supérieures en bénéficiant d’enseignements en langue française. Le
dispositif s’intègre ainsi dans un système, beaucoup plus vaste, de
formation qu’il complète utilement.
Le dispositif filières +
UFE est cohérent.
Cet ensemble apparaît globalement cohérent (du primaire au supérieur) et
participe au maintien d’une tradition francophone en Egypte.
Filières et UFE sont
complémentaires
150
Il n’y a pas, comme certains pouvaient éventuellement le redouter, de
réelle concurrence entre les filières et l’UFE. Ainsi, sur les 1500 élèves
sortant des 21 écoles bilingues du Caire, seul 7% s’orientent vers les
filières et 3% à peine entrent à l’UFE. Ces ratios montrent que les risques
d’éviction d’une modalité (filières versus UFE) sur l’autre sont limités voire
nuls (y compris dans le cas des enseignements de gestion dispensés à la
fois à l’UFE et dans la filière DGCI). On peut considérer, au contraire, que
les deux dispositifs sont largement complémentaires et s’adressent à des
publics différents.
Cf. Guyomar, M (1997), Evaluation des filières universitaires francophones du Caire, Ronéo.
151
Les étudiants recrutés dans les filières ou à l’UFE ne sortant pas des écoles bilingues ne représentent que
5% des effectifs.
186
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Efficience
Comme il a été dit plus haut, la création des filières francophones
répondait, en autres, au souci de réduire les coûts de formation par rapport
au système traditionnel des bourses.
L’efficience des filières peut être mesurée simplement par leur coût
comparé (par rapport aux bourses). Le rapport est de l’ordre de 1 à 12 (au
bénéfice évidemment des filières francophones). Cet avantage comparé
n’est pas remis en question dans la filière journalisme, même si celle-ci fait
ressortir des coûts par étudiant plus élevés (5300 euros) que la moyenne
(1400 euros environ). Le surcoût apparent est imputable essentiellement
aux missions du CFPJ de Paris (qui facture ses prestations au coût du
marché) mais qui ne peuvent être « amorties » que sur un nombre limité
d’étudiants (une quinzaine par promotion).
Les coûts unitaires de
formation dans les
filières sont plus faibles
que les bourses.
La croissance du nombre d’étudiants à l’UFE a contribué à augmenter
l’efficience de cette université. Actuellement, les concours du MAE s’élèvent
à environ 1 600 euros par étudiant, soit un niveau très proche de celui des
filières de droit, de sciences politiques et de gestion (entre 1500 et 2000
euros par étudiant et par an).
Efficacité et impact
La coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur vise au
renforcement de l’influence française en Egypte. Le dispositif (filières
francophones au sein des universités, UFE, bourses d’études en France…) a
pour objectif de former des décideurs, tant dans la sphère publique que
privée, ainsi que des leaders d’opinion. Les formations offertes sont de
qualité, voire d’excellence. Les partenariats noués avec des universités et
des institutions françaises prestigieuses (comme le Panthéon Sorbonne,
Assas, Dauphine, comme l’IEP de Paris ou encore le CFPJ pour ne citer
qu’elles) conduisent à la délivrance de diplômes français et bientôt
européens152. Les formations sont appréciées des étudiants qui bénéficient
de méthodes pédagogiques actives alors que les modes d’apprentissage
dans le système éducatif égyptien sont plutôt fondés sur l’acquisition par
cœur des connaissances.
Les formations,
parrainées par des
universités françaises
prestigieuses, sont de
qualité.
Il reste toutefois
difficile d’évaluer la
contribution de la
coopération
universitaire au
renforcement de
l’influence française en
Egypte.
Toutefois, la qualité du dispositif ne garantit pas nécessairement son
efficacité153. Il s’avère alors difficile d’apprécier la contribution exacte du
dispositif au renforcement de l’influence française en Egypte :
152
L’Institut de Droit des Affaires Internationales (IDAI) procède actuellement à une réforme de son cursus
pour passer au système européen « LMD » (Licence, Master, Doctorat). L’IDAI a noué un partenariat avec
Paris I (Panthéon Sorbonne), Paris-II (Assas) et Paris-IX (Dauphine)
153
Cette remarque, assez générale, peut s’appliquer à d’autres secteurs d’intervention de la coopération
française en Egypte.
187
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•
La coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur
s’adresse prioritairement aux élites de la nation égyptienne. Mais, il
s’avère que cette population-cible est finalement assez mal connue.
Il n’existerait pas d’études sociologiques permettant de dresser des
profils-types et d’opérer des stratifications distinguant les
différentes catégories d’élites (politiques, économiques et
culturelles) ainsi que les relations qu’elles nouent entre-elles.
L’absence de documentation opérationnelle sur les élites réduit
notre connaissance sur leurs besoins, sur leurs attentes et, plus
généralement, sur leurs opinions (affichées et réelles) vis-à-vis de
la France en général, et de sa coopération en particulier154. Dans
ces conditions d’information imparfaite, rien ne permet d’affirmer
que les bénéficiaires du dispositif français de coopération
appartiennent déjà (ou appartiendront demain) à l’élite dirigeante
du pays. Si tel n’était pas le cas, on serait en droit de s’interroger
alors sur l’intérêt, pour la diplomatie française, de renforcer son
influence sur des agents qui en ont, ou en auront eux-mêmes,
assez peu…
•
Il importe donc, pour réduire ce risque de déperdition, de
mieux valoriser les investissements en capital humain en
participant activement à la promotion sociale des hommes sur
lesquels ont porté nos efforts. En d’autres termes, il faut valoriser
les hommes sur lesquels ont porté les investissements de façon à
ce qu’ils aient intérêt à valoriser, à leur tour, notre dispositif. Cet
effet « club » peut être illustré dans le cas de la filière francophone
de formation aux métiers du journalisme. Cette filière a formé,
depuis sa création en 1995, une centaine de journalistes environ.
70% d’entre eux exercent effectivement ce métier, aussi bien dans
la presse écrite (et notamment à l’hebdomadaire francophone Al
Ahram) qu’à la télévision (principalement sur les chaînes du réseau
Nile) ou encore à l’agence de presse égyptienne Mena.
Actuellement, ces « anciens » sont suivis au travers d’un annuaire.
Cet outil (d’auto-reconnaissance) peut contribuer, à long terme, à
l’émergence d’un esprit de corps. Mais, ce processus de valorisation
est insuffisant. Il pourrait être opportun d’inviter, presque
systématiquement, ces journalistes lors des rencontres avec la
presse organisées par la chancellerie. Cette « distinction »
monterait
tout
l’attachement
porté
à
cette
filière
et,
réciproquement, devrait valoriser les journalistes qui en sont issus ;
ceux-ci devraient avoir intérêt, à leur tour, à valoriser la formation
qui les a distinguée. Il importe, dans toute la mesure du possible,
de constituer et d’animer des réseaux d’anciens bénéficiaires des
actions de la coopération française pour conforter et amplifier notre
influence.
Il serait pertinent
d’augmenter la
rentabilité des
investissements en
capital humain, en
suivant mieux les
hommes et en les
valorisant.
154
De même, il n’y aurait pas, à notre connaissance, d’études comparatives sur la fréquentation de l’université
américaine et allemande.
188
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Recommandations
1. Les filières francophones au sein des universités égyptiennes et
l’UFE apparaissent comme des dispositifs plus complémentaires (en
terme de recrutements et d’offre de formation) que concurrents. Il
ne serait donc pas opportun de vouloir les fusionner (ce qui
comporterait un risque majeur dans les conditions actuelles de
management de l’UFE…) ;
2. Les filières, mais aussi l’UFE, sont de petite dimension (200 à 300
étudiants au mieux par entité). Elles sont donc, par nature, peu
visible dans le paysage universitaire égyptien (notre offre ne
concerne, au total, que moins d’un étudiant sur 1000)155. Cette
atomicité est renforcée par la stratégie de communication des ces
entités qui se présentent « en ordre dispersé ». Ainsi, chaque filière
dispose de ces propres supports de communication (et notamment
de sa propre plaquette de présentation). L’appartenance à un
même réseau n’est pas mis en avant (et souvent même occulté).
Ceci réduit encore plus la visibilité de l’ensemble. Dans ces
conditions, la stratégie de communication et le marketing de l’offre
française doivent être revu en profondeur. Il pourrait être opportun
de présenter l’offre (filières et UFE) sous une « marque » commune
(par exemple, un « pôle universitaire français en Egypte ») ;
3. La demande égyptienne de formation supérieure est déjà
considérable (1,5 millions d’étudiants actuellement). Elle devrait
croître fortement au cours dix prochaines années (4 millions
d’étudiants attendus d’ici à 2015 en prolongeant les tendances
actuelles156). L’accroissement de l’offre française constitue une
première réponse possible face à cette pression anticipée de la
demande. L’augmentation peut se faire de manière intensive (en
augmentant le nombre de bénéficiaires dans les filières existantes
ainsi qu’à l’UFE), ou de manière extensive (en créant de nouvelles
filières et en diversifiant les thématiques). Dans cette perspective,
le souhait de maintenir simplement notre « part de marché actuel »
(soit 0,07% du total de la populations estudiantines) conduirait à
accueillir dans les filières et à l’UFE entre 2 500 et 3 000 étudiants
à un horizon de dix ans (contre 1000 actuellement). A coût unitaire
constant (de l’ordre de 1 500 euros par étudiant), cette
augmentation de l’offre devrait se traduire par un triplement de
l’enveloppe (qui passerait, en euros constants, de 1,2 millions en
2004 à 4 millions environ en 2015). Cet effort financier apparaît
peu réaliste.
Il ne serait pas
opportun de fusionner
les filières et l’UFE
La visibilité du dispositif
pourrait être améliorée
en présentant
l’ensemble de l’offre
sous un libellé unique
La demande de
formation supérieure va
croître fortement dans
les années à venir.
L’offre française peut
répondre à ce
supplément de
demande. Mais, il
faudra mobiliser des
moyens importants.
Il est nécessaire, avant
de procéder à tout
arbitrage, d’évaluer la
contribution de cette
coopération au
renforcement de
l’influence française
155
Un étudiant sur 1500 exactement ; ce qui n’implique pas pour autant qu’elles soient inconnues des étudiants
égyptiens maîtrisant la langue française.
156
La population étudiante a triplé entre 1992 et 2004 (soit une croissance moyenne de l’ordre de 10% par an).
189
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La stratégie alternative n’est pas, pour autant, celle du
renoncement. Elle invite plutôt à réfléchir sur le repositionnement
de l’offre. Dans cette perspective, il importe, avant tout, de définir
précisément les objectifs stratégiques poursuivis par la partie
française (à cet égard, répondre à une demande ou satisfaire un
besoin n’est pas un objectif en soi). Si, par hypothèse l’objectif
poursuivi est le renforcement de l’influence française auprès des
élites157, (ou la consolidation de nos intérêts économiques), il
convient alors de s’interroger, rétrospectivement, sur l’efficacité
des dépenses réalisées au cours des dernières années (c'est-à-dire
sur leur contribution réelle à la réalisation de cet objectif158). Cet
exercice est difficile (et la difficulté n’est pas propre à l’Egypte).
Mais, ce travail d’intelligence doit être mené pour déterminer la
nature des moyens à mettre en œuvre. S’il s’avérait que,
finalement, les investissements sur les élites francophones n’ont eu
qu’un faible impact, il pourrait être opportun (et urgent) de
redéployer le dispositif en faveur d’autres cibles et en utilisant
d’autres vecteurs (cf. supra, la section consacrée à l’analyse
prospective).
4.
L’Université française d’Egypte est un projet très ambitieux, tant
sur le plan académique que financier. Le premier défi, pédagogique,
a été relevé avec succès, notamment grâce à l’engagement
permanent et au travail considérable réalisé par les coordonnateurs
français. Le second challenge est plus problématique. La faiblesse
du nombre d’inscrits (109 en 2003/04, 230 étudiants en 2004/05)
pèse sur des comptes déjà lourdement grevés par des coûts de
fonctionnement élevés (LEG 8 mns en 2004/05). Le déficit
d’exploitation de l’université (LEG 4,4 mns) représente environ 1,8
fois les recettes tirées des droits d’inscription. Enfin, l’UFE semble
souffrir d’un réel problème de gouvernance. Les marges de
manœuvre du vice-président français ont été réduites de facto par
la nomination récente d’un vice-président égyptien. Ces
dysfonctionnements, financiers et organisationnels, posent la
question de la pérennité de l’institution. Il est évidemment trop tôt
pour trancher cette question. L’UFE est encore jeune (trois ans
d’existence) et sa rentabilité ne pourra être appréciée qu’à plus
157
Cette hypothèse est conforme à la doctrine de coopération de la DGCID : « En matière de rayonnement
culturel et scientifique à l’étranger, notre objectif est de consolider le rôle de la France comme acteur majeur
des échanges internationaux dans les secteurs de la culture et de la communication, des langues, de
l’université et de la recherche, des institutions publiques. Si la France entend jouer ainsi un rôle de premier
plan dans le dialogue culturel international, c’est naturellement pour elle-même et les retombées en matière
d’influence dont elle entend bénéficier ». Ministère des Affaires étrangères, DGCID, Bilan 2003 et
perspectives, Paris, 2004.
158
En d’autres termes, il convient de se donner les moyens de savoir si les moyens engagés dans
l’enseignement supérieur au cours de dix dernières années ont permis, ou non, de renforcer l’influence
française (ou de consolider ses intérêts économiques). Les efforts entrepris récemment par le Poste pour
suivre les anciens boursiers (au travers notamment d’annuaires) sont exemplaires.
190
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
long terme. Il importe en revanche, et sans tarder, de confier à un
cabinet spécialisé un audit financier et organisationnel approfondi
débouchant sur un contrat d’objectifs clairs et obligeant les deux
parties (et incluant, si besoin, des clauses de conditionnalités à la
poursuite de la coopération française).
Sans préjuger des conclusions de cet audit (qui reste à venir), on
peut imaginer d’ores et déjà plusieurs voies d’ajustement :
•
La plus évidente consiste à augmenter l’attractivité de l’UFE
en ouvrant le recrutement à étudiants arabophones possédant
une bonne maîtrise de la langue anglaise leur permettant de
suivre des enseignements en anglais (qui devraient plus
nombreux à l’avenir). Ce choix impliquerait évidemment de
dispenser des cours de français afin que ces étudiants soient
susceptibles de suivre avec profit les enseignements dans notre
langue ;
•
Il pourrait être aussi opportun d’envisager un nouveau
positionnement de l’UFE au sein d’un projet de création d’une
Université européenne qui serait alors le pendant de l’Université
américaine. La France pourrait être à l’origine de ce projet
mobilisateur
pour
l’Union
(qui
devra
y
contribuer
financièrement). Ce projet devra nécessairement associer au
moins un autre partenaire européen (en plus de l’Allemagne).
L’appui de cet outsider (peut-être l’Espagne ou l’Italie ?) est
indispensable pour éviter que la fusion, à terme, de l’UFE et du
GUC ne soit perçue comme l’absorption de la première par la
seconde. Le rapprochement des universités française et
allemande au sein d’un pôle européen unique permettrait
certainement d’accélérer les réformes de l’UFE. Cette
perspective pourrait conduire aussi à reconsidérer les appuis
actuels prodigués aux filières francophones. Celles-ci pourraient
être utilement fondues dans le pôle européen. La mise en place
progressive de la réforme LMD est une opportunité à saisir pour
envisager la création d’une Université européenne au Caire.
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Les appuis à la recherche en sciences humaines
Le Centre d’Etudes et de Documentation Juridique, CEDEJ, est un centre de
recherche et de documentation pluridisciplinaire dont le terrain
d’intervention est constitué de l’Egypte et du Soudan. Des travaux y sont
développés dans les domaines de l’histoire, de la sociologie, du droit et des
sciences politiques, de la géographie et de l’urbanisme et enfin, dans une
moindre mesure, de l’économie. Les objectifs poursuivis sont le
développement de la recherche, la formation à la recherche, la
documentation et la diffusion de la recherche à travers des activités
éditoriales et la participation aux activités de la communauté scientifique.
Chercheurs du CEDEJ par intitutions
100
90
Effectifs
80
70
CNRS
60
MAE
50
IRD
40
CEDEJ
30
Total
20
10
0
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
Années
L’équipe est constituée de chercheurs relevant du CNRS et du MAE, avec
quelques personnes relevant de l’IRD ou d’autres institutions, mis à
disposition ou détachés au CEDEJ. Ces effectifs ont décru de 50% par
rapport au début de la période de référence, mais ce sont plus
particulièrement ceux des stagiaires de recherche, non français, qui ont
fortement diminué.
Les ressources du CEDEJ ont par contre évolué positivement.
Ressources du CEDEJ
Budget (en milliers d'euros)
1 000
900
800
700
600
500
400
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
Années
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La recherche.
Durant la période de référence (1993-2004), les travaux de recherche se
sont organisés autour de 6 domaines : le droit, avec des études portant sur
les institutions judiciaires égyptiennes, les sciences politiques avec des
recherches sur le savoir et le pouvoir dans l’Egypte contemporaine et sur
les effets de la libéralisation économique (les actuels projets portent sur
« parlementarisme et architectures constitutionnelles »), la sociologie,
l’anthropologie et l’histoire (qui incluent des études en cours sur l’histoire
de la médecine et la jeunesse) , l’économie qui a suscité des études au
cours de la première partie de la période et semble actuellement très en
retrait. Enfin, deux programmes complètent cet ensemble : les études de
l’Observatoire Urbain du Caire Contemporain (OUCC) et les études
soudanaises. Ces programmes offrent un ensemble de ressources
cartographiques (en particulier numériques), statistiques et documentaires
et poursuivent des études sur les évolutions urbaines dans le premier cas,
et sur les réseaux sociaux, économiques et culturels dans le second.
Cet ensemble de travaux est de qualité et apporte une contribution réelle
pour la connaissance de la société égyptienne. Cependant, pour être un
outil complet de coopération, cette institution devrait pouvoir apporter une
aide à la définition de l’intervention française, tant au niveau des
populations-cible que des problématiques à développer. D’une part, ces
travaux se situent dans une perspective à moyen ou long terme, le CEDEJ
n’étant pas en mesure de répondre de manière circonstancielle aux
demandes du poste, même avec financement complémentaire. La
détermination des populations concernées par la coopération française, les
mesures d’impact de cette intervention, l’éclairage de certains problèmes
sociétaux ou politiques en Egypte ou en France (la loi sur le port du voile
par exemple), l’évolution des systèmes de décision et la mouvance des
élites locales devraient faire parties intégrantes du programme d’études du
CEDEJ. Les problèmes liés à l’actualité et à leur retentissement sur la
société égyptienne, devraient ainsi trouver une place naturelle dans les
activités du centre : cela correspond à la mise en place d’une fonction de
« veille » permanente, ou d’observatoire de cette société. Le CEDEJ
pourrait alors, aux côtés des missions traditionnellement dévolues à un
centre de recherche, servir aussi d’outil de coopération.
Une institution dont
l’absence de politique
globale de recherche ne
permet pas la prise en
compte des besoins de
l’intervention française
En fait, le CEDEJ apparaît comme une institution de recherche sans
politique de recherche. Les chercheurs déterminent en fonction de leur
histoire et de leurs intérêts les sujets d’études, comme cela se ferait dans
une institution de même nature en France, donc indépendamment de la
perspective de coopération. Les financements croisés du MAE, du CNRS et
des organismes comme les communautés européennes, les fondations ou
les bailleurs de fonds internationaux, leur donnent les moyens de cette
autonomie.
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La formation à la recherche.
Le CEDEJ joue un rôle important dans l’accueil et l’encadrement de jeunes
chercheurs. Une cinquantaine de stagiaires français viennent chaque année
séjourner dans le centre pour une activité pratique sur le terrain, dans le
cadre de leurs études. Les chercheurs encadrent autant que possible ces
étudiants, les aident à préciser leur sujet et à recueillir les informations sur
le terrain. Un petit nombre de stagiaires étrangers, surtout européens, sont
également pris en charge dans le cadre d’accords spécifiques.
L’accueil des doctorants, un
service important rendu par
le CEDEJ à la communauté
scientifique qui doit
s’intégrer dans la définition
de la politique de recherche
Accueil de doctorants et de stagaires
90
80
70
Effectifs
60
Français
50
Etrangers
40
Total
30
20
10
0
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
La documentation.
La fonction documentaire, qui fut centrale lors de la fondation du CEDEJ, ne
joue maintenant qu’un rôle de documentation de centre de recherche. Elle
est constituée d’un ensemble de 30 000 livres et de nombreuses revues, en
particulier de revues de presse. Les ouvrages sont en partie référencés
numériquement, ces références étant accessibles sur un ordinateur, en
interne. Ce fond est remarquable quant aux sources sur la société
égyptienne.
Un service à moderniser et
dont les missions doivent
être actualisées
Mais son accessibilité est faible ; la disposition des ouvrages, pour ceux qui
sont accessibles, ne favorise pas leur utilisation, problème que n’explique
pas seulement l’insuffisance des locaux, mais l’organisation générale. Les
références ne sont actuellement consultables que de manière interne alors
qu’une mise sur site Internet serait nécessaire, en particulier pour informer
les utilisateurs potentiels de l’existence de ces ressources. On estime
qu’environ 300 universitaires ou chercheurs bénéficient chaque année de ce
service, ce qui, comparé aux ressources qui devraient être disponibles, est
faible.
Les revues de presse posent d’autres problèmes. Actuellement, une revue
de presse est réalisée manuellement sur l’ensemble des thématiques
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développées par le CEDEJ. Cela, en dépit de la numérisation d’un certain
nombre de quotidiens et d’hebdomadaires. De plus, ces articles, découpés
et classés dans les dossiers thématiques (par au moins quatre personnes)
ne sont pas référencés. De fait, ces revues de presse qui mobilisent
beaucoup d’énergie sont inaccessibles une fois réalisées, et ne sont donc
pas consultées.
.
Cette riche documentation doit être modernisée et ne conserver que les
activités utiles (par exemple, développer les événements médiatiques), en
rapport avec les missions du CEDEJ, pour en faire un véritable lieu
d’information et d’étude.
La valorisation de la recherche, les activités éditoriales et la
diffusion.
Une politique d’édition et de
diffusion à construire.
Une institution peu présente
dans le débat scientifique
international
Une part importante de l’activité de valorisation de la recherche se situe
dans la participation des chercheurs à des colloques et séminaires, dans
leur champ de compétences. Ces activités multiples et la forte présence
dans le débat scientifique en Egypte sont très positives. Au plan des
activités éditoriales, de très nombreuses contributions se font et tout est
objet d’édition dans les revues ou ouvrages édités par le Centre.
Cependant, il convient d’attirer l’attention sur le fait qu’une très faible part
de ces travaux est publiée dans des revues internationales de bon niveau
et que la participation aux conférences se fait dans le strict champ des
études elles-mêmes. Ce qui révèle un certain enfermement, préjudiciable
au développement d’une recherche de qualité. Enfin, la politique éditoriale
du centre n’inclut pas la politique de diffusion. Aucune stratégie pour la
diffusion de toute la littérature éditée n’apparaît dans le fonctionnement du
centre.
Evaluation
Pertinence
Les objectifs de la coopération française ont été d’offrir une base
d’informations sur la société égyptienne, créer un espace de recherche sur
cette société, poser un regard extérieur en apportant des compétences
méthodologiques. Ces objectifs sont globalement réalisés avec le CEDEJ. Il
y a un espace de recherche où des études de qualités sont réalisées ; il y a
un centre de documentation dont les ressources en ouvrages sont riches.
Une réelle compétence de recherche s’exerce et bénéficie aux égyptiens à
travers la réalisation de recherches conjointes et la participation à des
séminaires ou à l’école doctorale qui se développe.
Cohérence
Structurellement, les moyens mis en œuvre semblent bien adaptés aux
objectifs définis initialement. L’existence de ce centre, dans son principe,
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était la réponse au problème posé auquel s’est adjoint un objectif
supplémentaire : pouvoir offrir aux jeunes doctorants, français ou
égyptiens, voire d’autres nationalités, une expérience scientifique de
terrain.
Cependant, il faut noter que si les moyens financiers sont en progression,
la diminution du nombre des chercheurs et des stagiaires de recherche
rend plus difficile la couverture des champs traditionnels du CEDEJ (par
exemple le droit et l’économie). L’incidence est également importante au
niveau de l’accueil des doctorants et de la qualité de leur encadrement : les
chercheurs sont moins nombreux, donc moins disponibles pour ce travail
d’encadrement qui ne correspond pas à leur mission principale.
L’efficience et l’efficacité
Que ce soit au plan de l’adéquation entre les moyens et les objectifs ou de
l’adéquation aux objectifs, la réponse est la même et pour les mêmes
raisons de qualité ou d’absence de qualité du service rendu ; au plan
formel, les deux critères sont satisfaits. Au plan de la qualité, si la
recherche est satisfaisante, l’absence de stratégie globale pour piloter ces
recherches, les domaines non couverts et qui sont indispensables aux
actions de coopérations du poste, l’enfermement des chercheurs dans des
problématiques restreintes et non confrontées à la communauté
scientifique internationale, posent le problème de l’efficience et de
l’efficacité.
Au plan de la documentation, les moyens existent pour proposer un outil
documentaire contemporain mais les résultats sont insuffisants au plan de
la réalisation.
La politique d’ensemble de la recherche est à revoir, en même temps que
celle du recrutement des chercheurs et des chercheurs-associés, afin de
développer de manière cohérente de nouvelles orientations. Le centre
documentaire doit être profondément modernisé et ses missions
redéfinies ; l’édition doit faire l’objet d’une réflexion globale, et une
politique de présence scientifique et de diffusion de la recherche est à
construire.
Enfin, des structures de concertation existent, mettant en présence
l’ensemble des partenaires (MAE, CNRS…) comme le comité d’orientation
stratégique, lequel doit à l’avenir jouer pleinement son rôle dans
l’orientation de la politique du CEDEJ.
Impact et pérennité
L’impact du CEDEJ est actuellement très limité sur certains aspects de son
activité ; si un redressement n’était pas entrepris, l’impact du centre ne
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pourrait que décliner pour devenir très incertain. La définition d’une
politique de la recherche (incluant en particulier les besoins du poste et la
rationalisation des recrutements), la modernisation de la documentation,
une adaptation de l’édition et la prise en compte de la diffusion, une
ouverture vers la communauté internationale et une plus grande
intégration dans les travaux des partenaires égyptiens, sont donc
nécessaires à la fois pour la pérennité de l’institution et pour
l’accroissement de son impact. Ces questions doivent être au centre des
préoccupations du nouveau directeur du CEDEJ, qu’il conviendra sans doute
d’aider en termes d’adaptation des moyens et des programmes.
Recommandations
•
Définir une vraie politique de recherche, en tenant compte en
particulier des besoins de la coopération française en matière de
veille, d’impact des actions entreprises et des points forts de la
recherche actuelle.
•
Définir, à partir de cette nouvelle politique de recherche et pour les
recrutements à venir, les profils des futurs chercheurs.
•
Poursuivre les activités doctorales et l’accueil de doctorants, et
encourager encore davantage la participation aux débats d’idées en Egypte.
•
Transformer la documentation en un véritable outil d’information
contemporaine, avec des missions redéfinies.
•
Définir une politique de valorisation de la recherche, avec une
réflexion sur les bons supports de diffusion dans la communauté des
chercheurs, au plan local comme international.
•
Mettre en place une politique de diffusion.
197
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III La coopération culturelle et artistique
L’action artistique
L’action artistique, au cours des dix dernières années, a été marquée par
des événements importants dont deux, de nature différente, qui ont
influencé fortement la programmation ; l’un concerne la création du CFCC
en 1996 et, l’autre, la célébration du bicentenaire des relations culturelles
entre l’Egypte et la France en 1998. Ces influences se sont exercées
comme des contraintes : la commémoration du bicentenaire et l’état initial
des locaux du CFCC ont nécessité, dans un premier temps, le transfert des
activités culturelles « hors les murs », puis, avec la création du centre,
l’organisation de celles-ci -pour une part croissante, au fur et à mesure
des années- « dans les murs ».
Une action artistique à la
recherche de nouveaux
publics, en particulier des
jeunes
Des actions de plus en plus
professionnalisantes
Le deuxième axe d’évolution tient à la transformation des populations
égyptiennes et à la prise en compte de cette évolution dans la
programmation culturelle, en particulier en ciblant davantage les actions
sur la jeunesse et le grand public. Cette recherche de nouveaux publics se
traduit surtout dans les actions de formation ou les offres médiathèques ;
on peut citer comme exemple les opérations dans le domaine du cirque et
des musiques actuelles.
Le troisième constat porte sur la nature même de la coopération française,
de plus en plus professionnalisante. Des master-class, des stages, des
résidences d’artistes, des conférences accompagnent maintenant
systématiquement tous les événements et le moindre spectacle est
occasion de formation. Les leçons ont également été tirées de l’usage
antérieur des bourses, et celles-ci ne sont dorénavant utilisées que dans le
cadre d’un ensemble cohérent d’interventions, ce qui donne à cet
instrument une meilleure efficacité.
Le quatrième constat porte sur l’évolution des méthodes de travail francoégyptiennes. Durant cette dizaine d’années, dans les divers compartiments
de l’action culturelle, des procédures de décisions communes se sont mises
en place pour le choix des activités artistiques. Par ailleurs, un certain
partage des engagements s’est développé, au plan financier notamment
mais aussi via des coproductions.
La mise en place de
partenariats
Le cinquième constat est la stabilité de la nature de l’intervention française
et sa progression régulière. Par exemple, les actions dans le domaine des
arts de la scène ont une large antériorité par rapport à la période de
référence de la présente évaluation et se sont développées tout au long des
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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dix dernières années, avec l’expertise et l’aide financière de l’Association
Française d’Action Artistique (AFAA) qui accompagne la programmation du
poste dans ses domaines de compétence.
Le tableau suivant montre l’évolution des engagements financiers sur titre
IV pour ces actions artistiques. On y note une évolution positive constante,
avec une pointe en 1997 et 1998 qui correspond à la préparation et à la
réalisation de l’année de l’Egypte « France Egypte, Horizons partagés », à
l’occasion du bicentenaire des relations culturelles entre la France et
l’Egypte. On remarque également en 1996 un début de croissance qui
correspond à l’ouverture du nouveau CFCC du Caire et une augmentation
des activités de ce qui est maintenant appelé l’antenne d’Alexandrie.
Actions artistiques
Arts de la scène
200 000
180 000
Budges en euros
160 000
140 000
Arts plastiques et
muséologie
120 000
100 000
80 000
Manifestations
multidisciplinaires et
bicentenaire
60 000
40 000
20 000
0
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Total
Années
Une nouvelle ligne de financement, qui apparaît à cette date, couvre
l’ensemble des activités culturelles in situ du CFCC dans ses diverses
antennes (hors cinéma). Les financements présentés ici ne comprennent
pas la participation financière de l’AFAA.
Le début des opérations
hors les murs
L’action artistique renforcée
par des opérations de
formation
Durant la période s’étendant de 1993 à 1996, les activités artistiques sont
donc extériorisées. En particulier pour le Caire, la diffusion des œuvres
théâtrales, musicales et chorégraphiques françaises se fait surtout dans des
lieux prestigieux comme l’Opéra du Caire ou le nouveau théâtre
expérimental des Hanaguers, mais aussi dans divers autres centres
égyptiens, ainsi que dans des centres culturels étrangers, en particulier à
l’occasion d’ « Euro-culture » .
Dans le domaine du théâtre, des représentations contemporaines de
théâtre sont proposées comme le « Marivaux » de Daniel Mesguich, la
« Bérénice » de Chistian Rist dont le succès est attesté. A ces
représentations est associée, en prolongement ou en parallèle, la formation
des acteurs. Par exemple, au théâtre des Hanaguers, des formations sur
place ont été assurées par Bruno Meyssat et Jean-Michel Bruyère avec un
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
réel succès. De même, la représentation donnée par la compagnie du
théâtre du Prado de Lille au Festival international de théâtre expérimental a
été prolongée par un travail de formation de jeunes acteurs égyptiens issus
de l’Académie des arts.
Ces interventions correspondent à une nouvelle politique de formation, qui
tend à se substituer aux bourses dont l’impact s’est montré très incertain.
Une action artistique qui
donne lieu à des
coproductions
La danse contemporaine et les arts lyriques sont très présents dans la
programmation et des actions formatrices sont également menées en
direction de la compagnie de danse contemporaine de l’Opéra du Caire. Les
spectacles de la compagnie « Plaisir d’Offrir » de Marseille ou la
« Cendrillon » de l’Opéra de Lyon s’inscrivent dans cette perspective. Des
master-class ont été organisées avec la participation de Caroline Dumas
pour les chanteurs de l’Opéra, et de Michel Gies pour la mise en scène, et
Gérard Akoka pour la direction d’orchestre. Ces actions sont exemplaires à
plus d’un titre. L’intervention de Caroline Dumas, qui a été financée par le
MAE en 93, a été renouvelée l’année suivante à l’initiative des égyptiens,
qui ont financé seuls sa venue. De manière générale, les master-class sont
à frais partagés, le plus souvent les égyptiens assumant les frais de séjour
et le fonctionnement des formations, la France, les billets d’avion. Cette
intervention de Caroline Dumas est prolongée par des formations de
chanteurs au Conservatoire National Supérieur de Musique. L’intervention
de Michel Gies, est elle aussi exemplaire d’une master-class qui se prolonge
en une coproduction d’un Opéra arabe « Anas el Wougou ». Ce nouveau
type de coopération montre bien que les égyptiens commencent à être
demandeurs d’échanges culturels plus équilibrés.
La musique est aussi très présente dans la programmation française : le
jazz (« Quartet de jazz Levallet » ou Henri Texier dans le cadre d’une
coproduction avec un groupe égyptien), la musique instrumentale classique
et la direction d’orchestre dans une master-class d’un mois, avec la
formation instrumentale pour de jeunes musiciens du Conservatoire et de
l’Opéra du Caire, et enfin la venue de chanteurs de variétés comme
Georges Moustaki.
Une programmation
artistique qui produit des
transferts de compétences
L’ouverture en octobre 1995 du Musée Khalil, avec l’assistance entre autres
de Geneviève Lacambe du Musée d’Orsay, et la programmation d’une
exposition au Musée d’Orsay sur les peintres français des collections du
Musée du Caire sont l’occasion de transferts de compétences au sein du
tout jeune Musée Khalil . Un programme de formation a été mis en place en
muséologie et pour la restauration des œuvres peintes. Le Louvre a
également participé à ces actions. Dans le même temps, après l’aide
française pour la réhabilitation de la maison Harawi, celle de la maison ElSennary est entreprise.
Enfin, apparaît en 1996 une coopération entre l’Ecole Nationale du Cirque
(France) et le Cirque National Egyptien, qui symbolise particulièrement le
200
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
début de l’ouverture vers de
progressivement se développer.
en Egypte (1993-2003)
nouveaux
publics,
ouverture
qui
va
Les différentes interventions qui viennent d’être évoquées sont toutes
caractéristiques d’une partie des actions de coopération organisées sur les
dix dernières années. Elles engagent ou s’appuient sur des programmes
demandés et appréciés, et s’apparentent à des partenariats. Elles sont
basées sur des compétences françaises reconnues par les égyptiens.
Des partenariats de plus en
plus équilibrés
Des manifestations
artistiques de plus en plus
pluridisciplinaires
Un impact certain et une
action culturelle artistique
plus partagée
Les diverses interventions de ces quatre premières années (période 19931996) vont se poursuivre au cours des années suivantes, parfois avec les
mêmes partenaires comme la cantatrice Caroline Dumas. Ce que l’on peut
percevoir de cette coopération, c’est son inscription progressive dans des
procédures de plus en plus équilibrées et confiantes, aussi bien pour les
prises en charge financières que pour les procédures collectives de choix
des programmes. Et s’il reste quelques progrès à faire en matière de
concertation dans le choix des spectacles, dans les activités hors de
l’enveloppe directe du poste (comme celle de l’AFAA), ces programmes
fonctionnent dans l’ensemble à la satisfaction des partenaires.
Les années 1997 et 1998 sont marquées par l’année « France-Egypte,
horizons partagés » commémorant le bicentenaire des relations culturelles
entre la France et l’Egypte. C’est une nouvelle culture d’actions de
coopération en Egypte. D’une part, il s’agit de manifestations menées
simultanément dans les deux pays, dont l’ampleur rend nécessaire
l’intervention de partenaires externes privés et publics. Ce fut le cas de
l’Institut du Monde Arabe, de la Ville de Paris, pour ne citer que les
principaux, de musées français et d’entreprises implantées en Egypte, mais
aussi d’institutions égyptiennes. L’AFAA a assuré la coordination générale
de la commémoration. Ces manifestations ont généré des partenariats
multiples à caractère pluridisciplinaire. Un volet scientifique a été conçu dès
le début du projet avec exposition (« Archéologie sous les mers »), colloque
(Cinquantenaire du code civil égyptien, inspiré du droit français et sur la
naissance de la citoyenneté en Egypte), action de préservation du
patrimoine (maison Sennary qui avait accueilli les savants français lors de
la campagne d’Egypte). Ces manifestations à dimension pluridisciplinaire
ont par ailleurs mobilisé transversalement les services du poste.
L’impact de ces manifestations semble assez important comme le montre
d’une part, l’accroissement sensible, au sein des institutions égyptiennes,
de la programmation d’origine française, sans appel au CFCC, et d’autre
part, le fait que les partenaires égyptiens rencontrés lors de notre mission
ont spontanément évoqué ces manifestations et celles qui suivirent
jusqu’en 2003. Aussi durant ces années, la coopération culturelle va
bénéficier d’une image très favorable et un certain nombre de partenariats
entre les artistes égyptiens et français et leurs institutions respectives vont
se construire ou se conforter.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Ainsi en 1999, l’Opéra du Caire et le centre Chorégraphique National, en
prolongement de la tournée régionale du ballet de Biarritz, se produira au
festival de Biarritz avec un spectacle. La résidence d’artistes conduite par
Thierry Malandin accompagne cette dynamique. Une coopération se
développe également entre le Centre National des Arts Plastiques et l’Ecole
des Beaux Arts de Nancy, entre le Festival International de théâtre
expérimental et la compagnie Van Der Zee – Guy Alloucherie …
La même année, le CFCC participe à la Triennale des Arts Graphiques et, en
même temps, organise dans le cadre de « Expo 99 », manifestation
d’entreprises, une exposition d’affiches avec le concours de l’Ecole des
Beaux Arts du Caire, sponsorisée en partie par des entreprises françaises
implantées en Egypte.
Dans le même temps, le CFCC commence à être utilisé comme lieu de
manifestations, avec la Fête de la Musique et les Nuits du Ramadan.
Une participation effective
des entreprises françaises
en Egypte
Des manifestations dans
les murs du nouveau CFCC,
tournées vers « le dialogue
des cultures »
De 2001 à 2003, dans la continuité des opérations pluridisciplinaires hors
les murs du CFCC, des opérations importantes sont conduites. Tout
d’abord, les manifestations développées dans le contexte de « Les français
aiment le Caire », où, dans divers lieux historiques de la ville, sont
organisés des expositions, des conférences, des projections de films et des
lancements d’ouvrages, événements qui montrent et mettent en
perspective les réalisations communes sur le patrimoine et l’organisation
urbaine du Caire, depuis sa fondation jusqu’à une époque récente. Cet
ensemble de manifestations a connu un certain nombre de financeurs
privés comme le Métro du Caire et France Télécom. pour les plus
importants, intéressés par l’image positive véhiculée dans ce type de
coopération culturelle. Elles furent l’objet d’une importante couverture
médiatique (36h au niveau de la télévision et de nombreux articles dans la
presse francophone et arabophone ). Puis ce fut « Parfums et cosmétiques
d’Egypte » avec la participation du Louvre et du musée de Marseille, avec
des conférences, des animations, des expositions photos et des animations
spécifiques « jeunesse » marquant cette recherche de nouveaux publics
que nous avons déjà évoquée, et enfin, « Quand les sciences parlent
arabe »
Ces manifestations ont en commun de parler aux égyptiens de leur pays,
avec soit une vision extérieure, soit interne, comme en témoignent les
deux derniers ensembles de manifestations. Toutes ces manifestations se
sont déroulées en grande partie à l’extérieur des locaux du CFCC.
L’actualité du centre semble se diriger vers une autre voie. Le
développement des conférences hebdomadaires, dans les murs du centre,
sur des sujets de société ou des questions scientifiques, appartenant aux
deux communautés, participe plus au « dialogue des cultures » qu’à un
regard sur l’Égypte ancienne ou contemporaine, ou encore sur un passé
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
commun. C’est dans cette perspective qu’est actuellement proposée l’offre
du CFCC, amenant souvent plusieurs centaines de participants égyptiens à
ces conférences, gage d’un succès réel. D’autres manifestations du même
ordre sont présentées dans le centre, développant un lieu de débat et de
rencontres. Elles ont en outre une vertu fédératrice pour les divers services
concernés de l’enseignement supérieur et des institutions de recherche,
résultat qui est loin d’être négligeable dans le fonctionnement actuel des
institutions françaises en Egypte.
Les manifestations hors les murs se poursuivent au cours de ces trois
dernières années, et portent la marque des investissements antérieurs
dans le secteur des arts de la scène et des arts plastiques. En 2001 et
2003, la France a été l’invitée d’honneur du festival de danse du Caire,
festival pour lequel le poste, avec l’aide de l’AFAA, a fait venir des
compagnies françaises prestigieuses. Ces manifestations ont été prolongées
là aussi par des actions de formation professionnalisantes au bénéfice des
artistes et des techniciens de la scène. Par ailleurs, les actions de fond
développées depuis 1993 se poursuivent actuellement, avec une ouverture
des champs en musique (Génération Musique, musiques instrumentales),
danse, ou encore avec le cirque (résidence de trois semaines pour les
professionnels et les enfants).
Un appui constant de
l’AFAA
Deux remarques s’imposent au terme de cet examen, la première concerne
les traces internes (mémoire) de la coopération culturelle et la seconde sa
lisibilité. Très peu de documents existent pour construire l’histoire et
l’évaluation de ces interventions. Il n’y a pas de description ou de synthèse
des grandes opérations pluridisciplinaires, ni au niveau de la gestion des
projets, ni au niveau de la fréquentation, pas plus que d’éléments
permettant d’estimer l’impact de ces interventions. Il en est de même du
suivi des offres au niveau du CFCC.
Un manque de lisibilité pour
les actions artistiques et le
besoin de disposer d'un lieu
adapté, type "résidences
d'artistes"
Ces dernières souffrent d’un manque de lisibilité. Si les grandes opérations,
aux publics élargis, laissent des traces évidentes, le travail de structuration,
qui est la base du travail de coopération, est plus discret. Par ailleurs, ces
masters-class, ces résidences, pour nombre d’entre elles, ne disposent pas
d’un lieu de travail adapté : une maison de résidences d’artistes paraît
souhaitable en termes d’efficacité, mais aussi en termes de lisibilité. Un lieu
de rencontres pour artistes, parfaitement identifié et si possible
symboliquement marqué (comme par exemple une maison ancienne du
vieux Caire, réhabilitée avec l’aide de la France), permettrait d’atteindre
ces deux objectifs. Ce lieu permettrait par ailleurs, de développer des
résidences croisées, par exemple entre pratiques artistiques et écriture,
dans une perspective de développement créateur mettant en synergie
simultanément plusieurs modes d’expression. Au point où est arrivée cette
coopération artistique, ce serait un prolongement logique de
l’investissement consenti ces dix dernières années.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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La bibliothèque Alexandrina
A partir de 1995, le projet de la Grande Bibliothèque Alexandrina a
impliqué la coopération française au niveau des ressources humaines :
missions de conseils, positionnement d’un conseiller auprès du responsable
d’Alexandrina et formation des bibliothécaires au plan professionnel et au
plan linguistique, puisque la décision a été prise de référencer les ouvrages
de cette bibliothèque en trois langues, l’arabe, l’anglais et le français.
Alexandrina, un projet et
une réalisation hautement
symboliques
Bibliothèque Alexandrina
70 000
Budget en euros
60 000
50 000
40 000
30 000
20 000
10 000
0
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
Années
Les engagements financiers de ce programme se sont maintenus au cours
des dix années autour de 20 000 €, si on fait abstraction du redéploiement
qui a dû être fait pour couvrir les suppléments de prise en charge du
conseiller du responsable d’Alexandrina, de 1998 à 2000. Ces crédits ont en
particulier permis de couvrir les frais de formation d’une partie des
personnels sur place et en France (à l’ENSSIB de Lyon). Tous ont bénéficié
de bourses pour se former en français à l’antenne du CFCC d’Alexandrie. De
plus, en 2002, les égyptiens ont demandé à la France de réaliser la
conception d’un musée des sciences et des techniques au sein du CFCC,
commande qui a été confiée au Conservatoire National des Arts et Métiers.
Ce projet est actuellement terminé. Enfin, le poste participe à l’animation
d’Alexandrina via, entre autres, l’invitation de personnalités françaises. Le
poste d’adjoint au directeur est stratégique et de la plus grande
importance. C’est l’essentiel de la présence française.
Une utilisation
s'apparentant plus à celle
d'un espace culturel
qu'à celle d'une grande
bibliothèque
Cependant, Alexandrina fonctionne plus comme un espace culturel que
comme une grande bibliothèque. Ainsi, une part importante des ouvrages
qui ont été donnés à cette institution, de provenances diverses (par
exemple de l’Institut Pasteur), sont pour l’essentiel toujours dans des
cartons ou non répertoriés. La priorité n’est pas à ce niveau. D’autant que
l’image de modernité que les concepteurs ont voulu donner au centre,
comme les objectifs du responsable, orientent le lieu vers une utilisation
d’Internet comme source d’information, et que ce lieu invite plus aux
rencontres culturelles ou au dialogue des cultures qu’à la fréquentation plus
classique d’une bibliothèque ; celle-ci ne sera sans doute jamais au niveau
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de la Bibliothèque Nationale en France ou des grandes bibliothèques
américaines, déjà pour une grande part sur le Net.
La politique du livre français en Egypte
La promotion du livre français en Egypte revêt plusieurs formes dont les
trois principales sont :
1. la présentation des oeuvres françaises à la foire du livre du Caire et
dans les événements où le livre peut être présent,
2. l’aide à la traduction et à l’édition en arabe d’un choix d’ouvrages
importants de langue française,
3. et la dotation en livres d’institutions francophones en Egypte.
Une autre dotation de 63 266 € (non incluse dans le graphique ci-dessous)
concerne le développement du centre de ressources du CFCC de Medina,
attribuée à son ouverture.
Les dotations en livres et revues aux institutions égyptiennes ont été
importantes, régulières, au cours de la période 1993-2003. Elles
concernent les bibliothèques publiques du Caire comme la bibliothèque
Moubarak ou la Grande Bibliothèque du Caire, et des établissements
francophones comme l’institut Dominicain d’Etudes Orientales et le collège
de jésuites de la sainte famille. De plus, au cours de la deuxième moitié de
la période de référence, des matériels bibliographiques et des documents
ont été ajoutés pour l’autoformation des bibliothécaires, en même temps
que s’organisaient des formations professionnelles au CFCC, ainsi que des
cours de français.
La Foire Internationale du Livre
du Caire, un événement
permettant de promouvoir le
livre français, et plus
largement, de diffuser la
pensée française
La promotion du livre français est une activité importante dans le dispositif
de coopération, même si elle s’est concentrée plus particulièrement sur une
manifestation : la Foire internationale du Livre du Caire, cela sans exclure
des manifestations spécifiques comme le salon des livres pour la jeunesse.
L’investissement dans cette Foire a été régulièrement croissant pour
favoriser la présence ou la représentation d’éditeurs français, et pour
affirmer une présence intellectuelle française. Dès le début, des animations
ont été proposées autour des livres présentés et des conférences
organisées avec des intellectuels français invités par le CFCC.
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Livre
250 000
Budgets en euros
200 000
150 000
promotion
du livre
/dotations
DTI
100 000
Total
50 000
0
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Années
Des retombées
importantes de la Foire en
termes d'échanges intellectuels
Ces prestations ont pris une place de plus en plus importante et un
partenariat avec les organisateurs de la Foire s’est construit. Depuis 1999,
la France y a un pavillon qui est un lieu important d’échanges et un rendezvous prisé par les intellectuels égyptiens. Il s’est institué dans cette
manifestation un dialogue des cultures qui se prolonge bien au delà de ce
rendez-vous. Un exemple de prolongement : avec l’aide des collectivités
territoriales françaises, des auteurs ont été invités dans des foires du livre
françaises comme le salon du livre de Villeneuve sur Lot (14 écrivains
égyptiens invités en 1999). Dans ce cas, si l’hébergement était à la charge
de la ville d’accueil, les billets d’avion ont été payés par le ministère
égyptien de la culture, ce qui montre l’intérêt des autorités égyptiennes.
D’autres manifestations de ce type pourraient être citées. L’impact de la
présence française dans cette foire du livre, fréquentée par plusieurs
millions de visiteurs, est donc très important.
D’autres salons ou manifestations sont l’occasion de promouvoir le livre
français. C’est ainsi que le CFCC participe à la foire du livre pour enfants
qui est à l’initiative du ministère de la culture égyptien ; « lire en Fête »,
« le printemps des poètes » sont également des moments forts de la vie du
Centre .
La volonté de renforcer les
programmes de traduction -en
français et en arabe- de textes
de référence
Le Département de Traduction et d’Interprétation (D.T.I) du Caire a eu
pour vocation, au départ, de favoriser les échanges intellectuels entre
l’Egypte et la France à travers la traduction croisée d’œuvres considérées
comme majeures dans les deux pays. On pourrait ajouter, maintenant, la
participation au dialogue des cultures. Il héberge le Programme d’Aide à la
Publication (P.A.P) Taha Hussein.
Dans la première moitié de la période (jusqu’en 1998), des éditions
d’œuvres traduites dans les deux sens ont bien été réalisées, avec une
moyenne de 15 titres chaque année, mais depuis 1999 la décision a été
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prise de ne conserver que la traduction d’œuvres françaises en arabe.
Actuellement, 149 projets éditoriaux ont été initiés, dont 33 sont en cours.
Parmi ces derniers, une partie est en cours de traduction et une seconde
partie en phase de correction de traduction, voire en retraduction. La
qualité des traductions ayant été jugée insuffisante, une reprise a été
nécessaire pour un certain nombre de ces ouvrages. Par ailleurs, la
publication de 14 nouveaux titres est actuellement envisagée à la suite de
la réunion au mois de mai du comité de sélection. Un gros travail de
recherche a été réalisé par l’actuelle responsable du DTI, pour établir le
bilan des publications et des actions en cours. Il a été nécessaire de
rechercher les contrats passés, les partenaires éditeurs ou traducteurs, les
ouvrages eux-mêmes, s’informer auprès des éditeurs des réalisations
effectives et des tirages. S’il n’a pas été possible d’avoir une information
sur les ventes réalisées, ce travail a cependant permis de constater qu’une
vingtaine d’ouvrages ont enregistré -par rapport aux contrats initiaux de
publication- de deux à sept ans de retard (certains contrats étaient de fait
caducs).
Un certain "flou", voire des
dysfonctionnements, dans les
missions et les pratiques du
DTI
Le département de traduction et d’interprétation du Caire œuvre depuis
une quinzaine d’année avec un ensemble de procédures implicites ou
même explicites telles que d’importants retards se sont accumulés au
cours des dernières années.
Ces retards accumulés tiennent à de multiples causes qui interviennent
simultanément. Il s’est avéré difficile de trouver des partenaires éditeurs
compétents et surtout intéressés par la publication des ouvrages retenus,
c’est à dire susceptibles d’être vendus. Aucune analyse n’a été utilisée pour
le développement d’une stratégie d’aide et de conseil auprès des éditeurs.
Au-delà des choix, qui correspondent plus aux intérêts propres d’un comité
de lecture, que du résultat d’une réflexion sur les besoins réels, les
procédures utilisées posent en elles-mêmes des problèmes qui entraînent
de véritables handicaps.
La première est sans doute la confusion entre la fonction d’aide et de
conseil et la fonction d’éditeur, que le DTI a souvent prise en charge au
moins partiellement. Cela
se traduit, au plan juridique, dans
l’établissement de contrats entre le poste et les traducteurs ou les éditeurs.
Tous les cas de figure se rencontrent, entraînant en particulier une
confusion juridique au niveau des droits d’auteurs des traducteurs. Une
mise à plat complète de l’ensemble des situations, avec une aide juridique,
est nécessaire.
Cela se concrétise également dans la révision des traductions prises en
charge par le DTI, du fait de la médiocrité constatée de celles-ci. Pour
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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certains ouvrages, on peut même parler de retraductions, réalisées par de
nouveaux traducteurs avec un contrôle professionnel du DTI, surtout lors
de cette dernière année.
Enfin, les actuels processus de décisions qui passent par le DTI, avec un
comité de lecture qui se réunit une à deux fois par an, ainsi que les
différentes négociations, ne permettent pas à un ouvrage d’être imprimé en
moins de 18 mois.
Le manque de traducteurs de
qualité et le besoin de
formation et de requalification
Une autre raison à ces disfonctionnements tient à la difficulté de trouver
des traducteurs compétents, alors que dès 1994 des actions de formation
étaient entreprises sous forme de stages de neuf mois réalisés en France.
Cette situation ne peut s’améliorer sans développer simultanément un plan
de formation afin de constituer ce vivier, ce qui semble en cours avec le
Centre de Traduction d’Arles.
Sans doute l’extension des missions du DTI, au début des années 2000, at-elle joué un rôle dans ces dysfonctionnements. Pendant qu’un constat
était fait sur ces difficultés en 2000, qu’une réorganisation du service était
entreprise sur de nouvelles bases, on étendait les missions du service à « la
veille scientifique dans les domaines de la traduction, de l’interprétation,
des arabes de spécialité, ainsi que des évolutions de la langue Arabe » et
son intervention à l’ensemble des disciplines et à la proposition de
réalisations numériques.
Sur l’ensemble des années qu’analyse la mission, de nombreuses
informations manquent : les ouvrages ont-ils été imprimés, à combien
d’exemplaires et combien ont été vendus ? Pour très peu d’ouvrages, on
peut trouver les réponses. Certains titres n’ont pas laissé de traces. Un
défaut de suivi est patent et pour le futur, il conviendra, outre la fonction
de conseil et d’aide à l’édition, d’ajouter celui de suivi des ouvrages et de
leur adéquation aux nouvelles cibles du DTI (Jeunesse, cadres non
francophones….)
Des besoins ressentis, mais
non couverts par le DTI
Enfin, une demande est forte, au niveau égyptien, d’informations et de
documents qui explicitent la philosophie politique française et nos
conceptions sociales en rapport avec l’actualité française et internationale.
La présence importante de personnalités égyptiennes au débat
hebdomadaire du CFCC en témoigne. La nouvelle stratégie du DTI du Caire
devrait tenir compte de cette demande, à la fois en termes de réactivité
(traduire des textes d’actualité dans le rythme de celle-ci) et de contenus.
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La nécessité de clarifier le
fonctionnement et les missions du
DTI et d'étendre ses activités aux
besoins exprimés en
matière d'informations liées à
l'actualité ; grande prudence vis-àvis d'une éventuelle extension du
DTI en pôle régional.
en Egypte (1993-2003)
Partant de ce constat, c’est donc tout d’abord une mise à plat complète qui
doit être faite et tirer les conséquences de la présente situation, avant
même de poursuivre les missions du DTI, tant au plan des contenus, des
procédures fonctionnelles ou juridiques. C’est ensuite une véritable
politique qu’il faut définir, avec des cibles explicites, une réactivité et un
suivi qui correspondent aux missions d’un tel service. Le projet de pôle
régional basé au Caire pour la traduction, n’apparaît pas adapté à la
situation présente.
Evaluation
Pertinence
Les objectifs de coopération culturelle dans le domaine artistique
apparaissent parfaitement adaptés à la situation égyptienne. En
témoignent les réactions très positives des autorités égyptiennes. Il en est
de même de l’ensemble des manifestations que la coopération française a
développées dans ce secteur.
Pour le livre, la participation aux salons spécialisés et aux événements
littéraires est parfaitement en phase avec les objectifs initiaux de diffusion
de la pensée française. L’existence du département de traduction et
d’interprétation et celle du programme d’aide à la publication sont
également des réponses adaptées en Egypte. Cependant, l’absence sousestimée d’un vivier de traducteurs et d’une analyse des besoins et des
lecteurs potentiels a, par une mise en œuvre un peu décalée et des
procédures inadaptées, limité la pertinence d’une telle structure.
Cohérence
Les actions entreprises, que ce soit dans ou hors les murs, sont en
cohérence avec les objectifs de cette coopération culturelle. Les moyens
mis en œuvre peuvent paraître parfois insuffisants (notamment pour
certaines manifestations artistiques ou pour la professionnalisation des
artistes) pour obtenir l’effet de levier attendu et répondre à la demande
croissante de partenariats. Mais la nature des moyens est cohérente avec
les objectifs, si on excepte le besoin d’un lieu d’accueil pour les résidences
d’artistes. Il en est de même pour le livre dans la mesure où le DTI reste
dans sa vocation d’aide et non de réalisateur.
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L’efficience et l’efficacité
Que ce soit au plan de l’adéquation entre les moyens et les objectifs ou de
l’adéquation aux objectifs, les actions initiées dans le secteur artistique
satisfont pleinement à ces critères. Les partenariats équilibrés et la
satisfaction des partenaires le confirment. Il en est de même pour la
promotion du livre.
En revanche, le constat est différent pour le DTI, dont le fonctionnement et
les choix ont fortement limité l’efficacité. Certes, une bonne centaine
d’ouvrages ont été édités depuis sa création, ce qui n’est pas négligeable,
et d’autres vont l’être prochainement. Mais la confusion des rôles, des choix
inadaptés et une mauvaise estimation des besoins donnent une satisfaction
faible au regard des critères d’efficience et d’efficacité.
Impact et pérennité
L’impact de cette coopération culturelle est indéniable. La satisfaction des
partenaires, les développements de partenariats équilibrés voire relayés par
les autorités égyptiennes, traduisent l’influence de cette coopération. Il faut
cependant veiller à ce que la mobilisation du public pour les grandes
manifestations extérieures au CFCC et l’impact croissant des débats culturels à
l’intérieur du centre ne se concurrencent pas, mais se développent
conjointement au sein de la programmation, touchant ainsi simultanément les
deux catégories de publics.
La visibilité serait renforcée par l'existence d'une maison, bien identifiée, pour
les résidences d'artistes ; les relations partenariales qui conduisent déjà à une
situation pérenne, ainsi que la professionnalisation des acteurs culturels en un
lieu dédié, seraient de nature à accroître l'impact et la durabilité des actions. Y
contribueraient par ailleurs :
-
la mise en synergie des différents événements culturels (manifestations
pluridisciplinaires, projets artistiques et littéraires...), aussi bien hors les
murs du CFCC que dans ses murs ;
-
et la présence plus systématisée de la production écrite française (livres,
revues, bulletins, articles...) dans tous ces événements culturels ;
Les résidences "croisées" -arts et écrit- pourraient symboliser le
décloisonnement recherché entre certaines expressions artistiques (danse,
image, théâtre et cirque) et littéraires (par exemple musique et lecture).
C'est
aussi
une
manière
très
active
de
conforter
la
francophonie.
Ce secteur, dont l'impact est important, avec une satisfaction sensible des
partenaires, devrait bénéficier d'un redéploiement de moyens, du secteur
éducatif et linguistique vers le champ culturel.
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Recommandations
−
Poursuivre les actions engagées depuis plusieurs années en
Egypte pour la professionnalisation des acteurs culturels.
−
Mener simultanément des opérations pluridisciplinaires hors
les murs, fortement mobilisatrices, et des opérations dans les murs
du CFCC, pour servir en particulier le dialogue des cultures.
−
Médiatiser ces deux types d’événements et les accompagner
par des ressources en livres et articles.
−
Mettre en place une maison de résidences d’artistes dans un
espace adapté au plan fonctionnel comme au plan symbolique.
−
Mettre en synergie l’ensemble des actions culturelles, à
travers les opérations pluridisciplinaires, les résidences croisées et
la présence systématique des textes écrits (français ou traduits).
−
Recentrer les missions du DTI et la cible de ses
interventions. Définir de nouvelles procédures de fonctionnement
et ne pas envisager de faire de ce DTI un pôle régional, avant sa
transformation.
Dans l’hypothèse où des crédits complémentaires seraient attribués à la
coopération franco-égyptienne, un scénario légèrement différent pourrait
âtre proposé. Compte tenu des très bons résultats obtenus à partir d’un
engagement très modeste et pour répondre à la demande égyptienne, il
serait nécessaire de développer plus largement les actions de
professionnalisation sur place et en France, par le biais de formations et
d’échanges, dans le domaine de la création artistique et de métiers plus
techniques (son, lumière…), et de renforcer parallèlement la présence de la
pensée française dans les événements culturels et dans l’ensemble des
médias (y compris la télévision, pour laquelle un développement spécifique
devrait être envisagé).
Cette amplification des actions culturelles devrait être assortie d’un budget
en très forte augmentation, représentant une part significative des moyens
complémentaires qui seraient dégagés en faveur de l’ensemble de la
coopération franco-égyptienne.
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IV La recherche archéologique
Le contexte
La recherche
archéologique est au
cœur de la relation
franco-égyptienne
La France est en 2004
le pays qui aura envoyé
le plus de missions de
recherche
archéologique en
Egypte
La recherche archéologique est au cœur de la relation franco-égyptienne.
Pour de nombreux Egyptiens et intervenants étrangers en Egypte, la
coopération franco-égyptienne c’est d’abord l’archéologie. Pour le reste du
monde, l’image de l’Egypte est souvent liée à son archéologie. Comme le
soulignait le procès-verbal de la Commission mixte de 2001 « la présence
française en Egypte se confond avec l’histoire même du passé de ce pays :
c’est en effet Auguste Mariette qui crée, en 1858, le service des antiquités
en Egypte, puis Gaston Maspero qui suscite l’installation au Caire, en 1880,
de ce qui allait devenir l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao) ».
Depuis, et mis à part la période qui a suivi la crise de Suez de 1956, la
France a multiplié et diversifié les activités de cet institut, qui a récemment
été modernisé.
De nombreuses missions de différents pays s’intéressent à l’archéologie
égyptienne. Parmi les principales interventions on peut citer : les missions
américaines au nombre de 46 pour l’année 2004 (chiffre dépassé cette
année par la France dont le nombre de missions est de 47), le Royaume
Uni (25 missions), l’Allemagne (22 missions), l’Italie (16 missions), la
Pologne (12 missions). Certains pays disposent de missions permanentes.
C’est le cas de l’Allemagne qui a fondé en 1907 le département du Caire du
Deutsche Archäologische Institut (DAI), dont les actions sont orientées vers
les sites pharaoniques, mais aussi vers la restauration des monuments de
l’Islam. Une coopération fructueuse avec l’Ifao a été développée dans le
domaine des antiquités islamiques. Une mission franco-germanoégyptienne est prévue sur le site de Deir el-médina.
Le dispositif français de coopération
L’action archéologique française s’exerce à travers la Commission
consultative des recherches archéologiques françaises à l’étranger, qui se
prononce chaque année sur la qualité scientifique et les implications
budgétaires des projets (fouilles et publications) qui lui sont soumis pour
avis par les quelque 150 missions archéologiques françaises dans le monde.
Dans le cadre de la Commission des fouilles, la part de l’Egypte,
prépondérante, représente plus du dixième des crédits alloués. Au titre de
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2004, douze missions bénéficient de subventions du MAE, pour un total de
272 300 €159.
Le dispositif français de
coopération en
archéologie se
caractérise par la
multiplicité des
institutions et des
missions.
Mais de nombreuses autres institutions interviennent également et le
dispositif français de coopération en archéologie et égyptologie se
caractérise par la multiplicité des institutions et missions. Certaines,
comme l’Ifao, le Centre franco-égyptien de Karnak créé en 1970, le Centre
d’études alexandrines qui a moins d’une quinzaine d’années, sont
permanentes. D’autres, comme la Mission archéologique française de
Saqqara, sont temporaires mais bénéficient d’une notoriété importante.
Certaines sont constituées d’une équipe160 qui fouille pendant deux à trois
mois avant de regagner la France pour exploiter les résultats.
L’Ifao
Centre de recherche qui relève du ministère de l’Education nationale, de
l’Enseignement supérieur et de la recherche, l’Ifao bénéficie depuis 1988 du
statut d’établissement public à caractère scientifique, culturel et
professionnel161. Installé dans le palais Mounira depuis 1907, il poursuit
aujourd’hui des études de toutes les civilisations qui se sont succédées sur
le sol égyptien depuis la préhistoire jusqu’à la période arabo-islamique et
son imprimerie assure la publication non seulement de ses propres
recherches, mais encore des travaux du Service égyptien des antiquités. Il
reçoit une subvention estimée à € 4,5 millions.
Le prestige d’une
institution comme
l’Ifao participe
fortement à la visibilité
de la Coopération
française.
Des partenariats avec divers institutions tant françaises qu’étrangères ont
été nouées, notamment avec le CNRS, l’IRD et le MAE, qui est membre de
droit du Conseil d’administration et du Conseil scientifique de l’institution.
L’Ifao ne reçoit pas de subventions directes du MAE, mais un certain
nombre de fouilles dont le MAE est le principal bailleur de fonds sont
menées par l’Ifao.
L’Ifao a mené ou a participé au cours des dix dernières années à plus d’une
vingtaine de chantiers archéologiques importants. Une trentaine des 46
missions françaises de 2004 interviennent en liaison avec l’Ifao. L’Institut
159
Ce sont notamment : Le Centre franco-égyptien d’études des temples de Karnak, le Busbasteïon (fouilles et
étude des tombeaux rupestres), Tanis (étude de l’évolution d’une capitale égyptienne), Tell el Herr
(forteresses) Saqqara (nécropole de Pépy 1er), Alexandrie (archéologie de sauvetage urbain, époque grécoromaine).
160
Outre l’archéologue, l’équipe peut comprendre un topographe, un épigraphiste, un photographe, un
céramologue, un restaurateur, un spécialiste informatique et bien sûr de la main d’œuvre.
161
Il accueille des membres statutaires, titulaires de l’agrégation ou d’un doctorat, nommés pour une durée
d’un an renouvelable trois fois , et répartis entre deux sections : études égyptologiques et papyrologiques ;
études coptes et arabo-islamiques. Les études coptes sont pratiquement inexistantes en raison de l’absence,
estimée conjoncturelle, de spécialistes, mais les études arabo-islamique regroupaient en 1999 huit
chercheurs autour notamment de deux programmes de recherche documentaire : « la spiritualité dans
l’Egypte médiévale et moderne » et « les archives du Caire ». L’Ifao reçoit aussi des boursiers et des missions
temporaires de chercheurs ou d’enseignants et peut admettre des membres étrangers pris en charge par
leurs pays.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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participe par ailleurs à la formation des étudiants égyptiens qui fréquentent
la bibliothèque de l’Ifao, des personnels rattachés au Conseil suprême des
antiquités, CSA, des universitaires qui participent aux séminaires et
colloques de l’Ifao. Le laboratoire de restauration comporte, sous une
responsabilité française, quatre Egyptiens. Son imprimerie est utilisée par
le CSA et, pour un Egyptien, être publié par l’Ifao, constitue une
reconnaissance.
L’Ifao emploie 150 personnes, dont une trentaine relèvent de contrats
métropolitains.
Le Centre franco-égyptien d’études des temples de Karnak,
CFEETK
Le Centre francoégyptien de Karnak, le
Centre d’études
alexandrines, la mission
archéologique de
Saqqara bénéficient
aussi d’un prestige
international
La création à Karnak d’un centre de recherche franco-égyptien résulte du
protocole d’accord signé en 1967 entre le MAE et le ministère égyptien de
la Culture. En 1972, la partie française a été rattachée au laboratoire
d’architecture antique du CNRS162. Le CFEETK se consacre à la
conservation, à la restauration et à l’étude des temples de Karnak, qui
représente un des plus prestigieux ensemble archéologique du monde. Il
relève à la fois du Conseil suprême égyptien des antiquités, du CNRS et du
MAE, et l’orientation de ses travaux est décidée par une commission mixte
qui siège annuellement. Une trentaine de chercheurs et techniciens
interviennent au Centre dont 11 (3 Volontaires internationaux et 8
boursiers) sont pris en charge par le MAE163.
En une trentaine d’années, les restaurations et travaux réalisés164 ont
permis d’accueillir de nombreux visiteurs et les autorités égyptiennes sont
très attachées à l’exploitation touristique du site.
Le Centre d’études alexandrines, CEAlex
Ce Centre est la plus jeune des trois institutions archéologiques
permanentes installées par la France en Egypte. Depuis janvier 1999, ce
centre constitue une UMS co-pilotée par le CNRS et l’IFAO et dirigée par
Jean-Yves Empereur. L’IFAO fournit à cette structure, dans le cadre d’une
convention renouvelée pour quatre ans au 1er janvier 2003, une part
importante de ses moyens165. Plusieurs opérations sont en cours : fouilles
et cartographie sous-marines à l’emplacement du phare et dans la baie
162
UPR 1002.
163
Soit un coût pour 2004 d’environ 40 000 €. La contribution totale du MAE au fonctionnement du CFEETK
s’élève à environ 76 000 €, dont 36 000 € de subvention allouée en 2004 au titre de la Commission des
fouilles.
164
Parfois en liaison avec des sociétés privées, par exemple pour la Chapelle rouge, dont la reconstruction a été
financée par le groupe Accor.
165
183 000 euros par an. La contribution du MAE au budget du Centre était, sur décision de la Commission des
fouilles à l’étranger, d’environ 120 000 F par an en 1999.
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d’Alexandrie, fouilles à l’occasion d’opérations immobilières, documentation
auprès du musée gréco-romain.
La Mission archéologique française de Saqqara
C’est sur le site de Saqqara qu’Auguste Mariette a commencé, vers 1850,
des investigations qui lui vaudront la direction du service des antiquités qui
jettera les bases de l’égyptologie moderne. Le site est également
indissociable du nom de Jean-Philippe Lauer, qui découvrit la pyramide à
degrés de Djéser en 1926 et consacra jusqu’en 2001 sa vie à l’étude de ce
complexe et à sa restauration. Les fouilles, placées sous le patronage de
l’Académie des inscriptions et belles-lettres et financées en grande partie
par le MAE, ont régulièrement donné des résultats importants ces dernières
années.
Les autres missions et travaux
Parmi les autres missions importantes et les travaux réalisés, on peut
citer : la mission française des fouilles de Tanis ; la mission archéologique
du Musée du Louvre à Saqqara166 ; la mission archéologique française du
Bubastéion (Saqqara) ; la mission archéologique franco-égyptienne du
Nord Sinaï ; l’Institut européen d’archéologie sous-marine, association
française créée en 1984 et entièrement financée par le mécénat privé ; le
laboratoire d’archéologie et d’histoire thébaines (Lahtes-Louvre) et le
Centre d’étude et de documentation sur l’ancienne Egypte, en collaboration
entre le CNRS, le Musée du Louvre et le CSA ; les fouilles islamiques
d’Istabl Antar ; les recherches sur l’Egypte copte ; les collaborations avec le
Centre d’ingénierie pour l’archéologie et l’environnement ;…
D’autres travaux, comme les publications en arabe d’ouvrages
d’égyptologie publiés avec le concours du CFCC, participent aussi au
dispositif.
166
Le musée du Louvre associe traditionnellement ses études des collections à un travail sur le terrain.
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Evaluation
L’évaluation de la coopération franco-égyptienne dans le domaine
archéologique doit partir de constats sur la Coopération française et sur le
partenaire égyptien.
Constats sur la Coopération française :
Une réelle excellence de la Coopération française
Dans son examen de la coopération en matière de recherche, le procèsverbal de la Commission mixte indique sous le titre « Archéologie,
Egyptologie, Islamologie » : « Les parties égyptienne et française jugent
très satisfaisante leur coopération dans le domaine de l’archéologie qui
bénéficie en Egypte de la présence de l’Institut Français d’Archéologie
Orientale (Ifao) et de nombreuses missions franco-égyptiennes et
françaises ». Les récentes notes du MAE reprennent souvent – et à juste
titre – cette affirmation « Maintenir l’excellence de notre coopération en
archéologie et égyptologie ». Cette excellence se marque en effet par :
L’excellence de la
coopération française en
archéologie se manifeste
par ses résultats directs,
sa capacité de
renouvellement et ses
retombées pour l’Egypte.
Elle permet aussi en
France des expositions
permanentes ou
temporaires remarquables
comme en 2004-2005
« Pharaon » à l’Institut du
Monde Arabe
•
L’importance et la permanence des résultats : l’ancienneté des
chantiers de fouilles, les actions actuelles de l’Ifao, du centre
franco-égyptien de Karnak, des autres missions archéologiques
(Saqqara, Tanis,…), placent la France en première place, dans le
domaine fondamental pour l’Egypte de l’archéologie et de
l’égyptologie.
•
Le renouvellement des domaines : la notoriété mondiale des
découvertes du Centre d’études alexandrines, le développement
des recherches en islamologie soulignent cette capacité de
renouvellement.
•
Les retombées pour l’Egypte : toutes les découvertes restent la
propriété de l’Egypte, qui enrichit son patrimoine au fur et à
mesure des missions de terrain. Les retombées économiques de cet
apport sont également considérables : la valorisation de ce
patrimoine par le tourisme constitue une base essentielle de
l’économie égyptienne.
•
La forte contribution au rayonnement de France : on peut aussi
souligner – à l’heure où il souvent difficile de trouver des budgets
pour mener les actions les plus souhaitables – que ce rayonnement
ne représente qu’un coût budgétaire limité.
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Un foisonnement de la recherche qui conduit à la constitution de
« chapelles »
Le foisonnement est certes le résultat de la vigueur de la recherche
archéologique et égyptologique française, mais :
Cette excellence
s’accompagne d’un
foisonnement des
centres de décision
qui conduit à la
constitution de
« chapelles », qui
reflètent
l’émiettement de
l’archéologie
française
•
La multiplicité des missions reflète l’émiettement de
l’archéologie française : l’émiettement est aussi synonyme de
moyens dispersés, et il n’existe par exemple pas de laboratoire
français susceptible de rivaliser avec les grands laboratoires anglosaxons. La conservation des pièces est-elle un problème différent à
l’Ifao et au Louvre ? Les interventions du Musée du Louvre doiventelles relever de quatre missions différentes ?
•
La multiplicité des intervenants conduit à la constitution de
« chapelles » : la recherche archéologique et égyptologique
française est un jeu de pouvoirs et de personnalités dont une partie
de la tâche consiste à ne pas dépendre de la « chapelle » voisine.
•
La multiplicité des centres de décision s’oppose à la cohérence
des interventions : entre le Collège de France, le CNRS, le Musée
du Louvre, la Direction des Musées de France, la Commission des
fouilles, l’IRD, les universités, la maison de l’Orient de Lyon, le
ministère responsable de la Recherche, le MAE, les missions sur
place, il est souvent difficile de voir d’où vient la décision et quelle
est sa logique. Les différents intervenants estiment souvent que,
dans leur domaine spécifique d’intervention, des missions viennent
effectuer des travaux sans qu’ils en soient informés. Le nombre
extrêmement faible de bourses accordées aux Egyptiens dans ce
domaine résulte sans doute en partie de cette multiplicité des
centres de décision, chacun, Ifao, CNRS, MAE,… estimant que ce
problème relève du centre de décision voisin167.
L’absence de présence significative de la France en muséologie et en
gestion des sites et du patrimoine
On constate en effet que :
Les importantes
découvertes de
Saqqara sont peu
valorisées au niveau
de la Coopération
française
•
La présentation des sites n’apporte souvent aucune visibilité à
la coopération française : à Saqquara, où une gravure peu lisible
rappelle le rôle de Jean-Philippe Lauer, qui y a mené des travaux
entre 1926 et 2001, la visite semble pouvoir s’effectuer sans
référence au rôle de la France168.
167
Cet éparpillement des moyens peut aussi rendre difficile la venue en France d’interlocuteurs égyptiens dans
des conditions satisfaisantes.
168
Il existerait une brochure de J.P. Lauer réalisée il y a une trentaine d’années.
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•
Les efforts de présentation des sites ont été très limités : il
existe certes une obligation pour ceux qui réalisent des fouilles de
présenter leurs recherches169, mais l’objectif est avant tout de
publier pour la reconnaissance des pairs. A Karnak, il n’existe
aucune brochure simple de présentation du site170.
•
Les fortes compétences de la France dans ces domaines ne sont
pas utilisées. Actuellement, les Egyptiens s’adressent plutôt aux
Italiens pour les problèmes de muséologie.
Constats sur le partenaire égyptien
La reconnaissance d’une place prépondérante de la France… malgré
certaines difficultés de gestion des relations
La place de la France, dans son rôle historique mais aussi dans son rôle
actuel, est reconnue. Pour le responsable du Conseil Suprême des
Antiquités, « La France doit être numéro 1 ». Certes, ce même
responsable, formé à l’école américaine, s’exprime en anglais et compare
les dollars apportés par la Coopération française et par la Coopération
américaine, mais les relations, un moment difficiles en raison des
personnalités en cause, sont à nouveau bonnes et les Egyptiens semblent
souhaiter que le rôle de la France se développe et ne relève pas seulement
du passé. Dans un pays où les relations personnelles sont particulièrement
importantes, les bonnes relations actuelles entre le CSA et les autorités
françaises (Ambassadeur, Conseiller culturel et Directeur de l’Ifao)
permettent d’appuyer ce développement.
Une forte demande à la France, en partie insatisfaite
La poursuite des activités de recherche archéologique, le maintien du rôle
de l’Ifao correspondent certainement à une demande égyptienne. Mais une
triple demande reste insuffisamment satisfaite :
Actuellement, la
demande
égyptienne de
coopération n’est
pas satisfaite.
169
1.
Une demande de « coopération » au niveau de la recherche : cette
demande d’une plus grande participation des Egyptiens remonte au
temps où ceux-ci n’avaient que des rôles très secondaires. Cette
demande est logique, car il est normal que le pouvoir de décision
appartienne aux Egyptiens, dont certains ont des formations élevés
qu’ils souhaitent naturellement mettre en pratique. Elle n’est sans
doute pas toujours facile à mettre en oeuvre, car un chercheur de
haut niveau n’a pas pour premier objectif de coopérer avec un
personnel local dont le niveau de formation n’est pas forcément
Bien que certaines fouilles aient pu avoir lieu sans être suivies d’aucune publication.
170
Malgré, semble-t-il, une demande du Conseiller culturel estimant utile la réalisation d’une brochure de
présentation par exemple d’une trentaine de pages.
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équivalent. Elle doit par contre être un objectif de la Coopération
française.
2.
Une demande de formation : cette demande, qui permet aussi de
répondre à la première demande, est actuellement mal satisfaite,
et les Egyptiens ont l’impression que la France se ferme notamment
aux boursiers. La filière d’Egyptologie à l’Université du Caire, dont
l’objectif à moyen terme est la formation d’étudiant(e)s qui ont
vocation à participer à la recherche archéologique ou à occuper des
postes de responsabilité, répond en partie à cette demande.
3. Une demande d’appui à la muséologie et surtout à la gestion des
sites : ce point sera développé dans le chapitre suivant.
Conclusions et recommandations
Il est possible d’admettre un foisonnement de la recherche
archéologique et égyptologique, mais une meilleure définition du
rôle des différentes institutions est souhaitable
Préserver l’excellence des résultats obtenus dans la recherche suppose
sans doute d’admettre un certain foisonnement de cette recherche et des
centres de décision. Cela conduit à ne pas donner dans l’immédiat à l’Ifao
un rôle central de coordination, ce qui soulèverait de multiples
oppositions171. Ce foisonnement peut être admis dans la mesure où il ne
met pas en cause l’unicité de la représentation de la France vis-à-vis des
autorités égyptiennes, ce qui ne pose actuellement aucun problème,
l’Ambassadeur, assisté du Conseiller culturel et du Directeur de l’Ifao, étant
bien considéré par ces autorités comme un interlocuteur unique.
Une meilleure définition du rôle des différentes institutions est cependant
souhaitable, pour élimer la dispersion de la recherche archéologique
française et son aspect « chapelles », pour concentrer certains moyens (par
exemple au niveau laboratoires) et faire appel à d’autres sources de
financement (société privées et coopération décentralisée par exemple),
pour donner à l’Ambassade, interlocuteur unique des autorités égyptiennes,
une vision globale, actuellement impossible à obtenir, des interventions
françaises. Il n’entre pas dans le cadre d’une évaluation pays de proposer
une meilleure organisation d’un milieu complexe, mais le lancement d’une
réflexion sur cette organisation serait souhaitable. Dans l’attente de
réformes plus importantes, une plus grande concentration des centres de
171
Une telle centralisation serait cependant réalisée avec succès à l’Ecole française d’Athènes.
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décision, dont les rôles seraient mieux définis, autour de l’Ifao semble
souhaitable. Ainsi que l’indiquait une note du MAE : « De par sa longue
tradition archéologique, l’IFAO représente une plate-forme d’une
importance indéniable pour développer la recherche égyptologique, mais
aussi pour aider à la sauvegarde du patrimoine égyptien ». Cette
coordination devrait aussi procurer à l’Ambassade une vision globale des
interventions françaises.
La coopération doit être développée dans plusieurs directions
La constitution d’équipes mixtes franco-égyptiennes de chercheurs devrait
être encouragée, et le nombre de bourses accordées accrues, notamment
pour les métiers du patrimoine172.
On peut aussi souhaiter qu’une plus grande visibilité des interventions de la
Coopération française soit recherchée (des émissions télévisées pourraient
avoir un impact important).
La poursuite de la seule coopération actuelle conduit à une
limitation de la Coopération française à la recherche
Les travaux de recherche archéologique effectués par les différentes
missions françaises en Egypte sont essentiels au niveau de l’histoire de
l’humanité et doivent bien sûr être encouragés. Pour la Coopération
française cependant, l’aide publique au développement en Egypte ne peut
pas être uniquement constituée dans ce domaine des travaux des
chercheurs qui réalisent des fouilles. Ne pas prendre en compte les aspects
économiques qui résultent de la recherche archéologique conduirait à une
limitation de la coopération franco-égyptienne. Cet aspect sera développé
dans le chapitre suivant.
La coopération
française ne peut,
dans ce domaine,
être une
coopération au
développement en
se limitant à la
recherche
archéologique
172
Une bourse à Lille peut-être préférable à une bourse à Paris, où l’important milieu arabe est moins favorable
à l’apprentissage du français.
220
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V La gestion des sites archéologiques et le tourisme
Le contexte
L’archéologie a aussi une dimension économique fondamentale
pour l’Egypte
Au domaine de l’archéologie sont liés ceux de la muséologie, de la gestion
des sites découverts, et aussi, pour les Egyptiens, un tourisme qui
constitue actuellement une ressource importante de l’économie du pays et,
pour le futur, une des principales possibilités d’accroissement des rentrées
de devises.
Avec environ 5 millions de touristes par an173, l’Egypte n’est actuellement
qu’une petite destination touristique. Le nombre total de touristes y est
inférieur à celui de l’Irlande ou du seul musée du Louvre ou du Centre
Georges-Pompidou. Il n’est d’un ordre de grandeur que de deux fois
supérieur à celui de sites comme les falaises d’Etretat, le village de
Riquewihr en Alsace ou le parc Aquaboulevard de Paris. Face à cette
situation, la déclaration récente du Président Moubarak174, estimant que
l’Egypte devait avoir pour objectif de recevoir prochainement 12 millions
de touristes, ne paraît pas excessivement ambitieuse, même si l’atteinte
d’un tel objectif suppose la réalisation d’infrastructures importantes.
La mise en valeur des
sites reste limitée, et
l’Egypte, qui ne reçoit
que deux fois plus de
touristes que le village
de Riquewihr en Alsace,
reste une petite
destination touristique
Pour les Egyptiens, la mise en valeur des sites est maintenant
plus importante que les fouilles
L’importance accordée par les Egyptiens à la recherche archéologique est
certaine. Mais les fouilles ont été nombreuses et restent souvent à
exploiter. Une décision d’arrêter les fouilles dans le sud du pays aurait
d’ailleurs été prise175. A Karnak, de nouvelles fouilles ne peuvent être
réalisées qu’en tenant compte de l’existence d’un site touristique majeur.
Pour les Egyptiens la mise en valeur des sites existants est estimée plus
importante que de nouvelles fouilles, en raison de l’importance économique
du domaine archéologique pour le pays.
Le tourisme emploie en effet plus de 2 millions de personnes, soit environ
7,5% de la population active, et représentait en 2002 un chiffre d’affaires
173
1996 : 3 896 000 ; 1999 : 4 800 000 ; 2000 : 5 506 000 ; 2002 : 5 200 000 ; 2003 : environ 5 500 000.
174
Déclaration faite durant la période de la mission, avant les attentats du Sinaï.
175
Dans le delta par contre, où l’urbanisation risque de faire disparaître des vestiges importants, les fouilles
peuvent être poursuivies. Ainsi les fouilles de sauvetage restent le but principal du CEAlex dans cette ville
moderne d’Alexandrie qui atteint 6 millions d’habitants.
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de 3,7 milliards de dollars176. Certes, les sites archéologiques ne sont pas
les seuls concernés, et la plongée sous-marine en Mer rouge représente
une partie importante des activités touristiques, mais faire passer le
nombre de touristes de 5 à 12 millions ou plus, constitue pour l’économie
égyptienne un défi qui ne peut être relevé que par une meilleure gestion
des sites archéologiques.
Il existe dans ce domaine une forte demande égyptienne à la
Coopération française
Cette demande concerne la muséologie mais surtout la gestion des sites.
Lors de la mission, le Secrétaire général du CSA a formulé le souhait que la
France participe davantage (y compris financièrement) :
à la mise en valeur de sites comme Karnak ;
à la réalisation de musées régionaux (notamment à Charm elCheikh) ;
à combler le fort déficit de compétences en muséologie de
l’Egypte, « qui a besoin de l’expertise française » malgré l’appui
important des Italiens (la participation au Grand musée du Caire
n’a cependant pas été évoquée) ;
à la formation des jeunes.
Pour les Egyptiens le
maintien de la place
de la Coopération
française au premier
rang en archéologie
passe par la gestion
des sites
Une réponse de la Coopération française à la demande
égyptienne de gestion des sites semble nécessaire
Ce domaine est sans doute un de ceux où la coopération française devrait
en Egypte assurer un développement important. A défaut, il est probable
que dans 20 ans Karnak sera considéré comme un site créé par les
américains, sur lequel quelques archéologues français auront travaillé dans
le passé. La Commission mixte de 2001 soulignait d’ailleurs déjà l’intérêt de
la gestion de site : « Les deux parties conviennent d’intensifier leur
coopération dans le domaine de la mise en valeur des sites archéologiques,
particulièrement dans la zone du Delta, ainsi qu’à Saqqara, où travaillent
trois missions françaises ». Mais ces déclarations d’intention se sont
heurtées à la crainte que soient privilégiées du côté égyptien, sous la
pression des besoins, les retombées économiques à court terme, et à la
tendance, du côté français, sous la pression de missions prestigieuses, à ne
s’intéresser qu’au patrimoine de l’humanité sans prise en compte de la
réalité économique égyptienne.
Faute de prolonger
le domaine de la
recherche
archéologique par
celui de la gestion
des sites, Karnak
sera peut-être
considéré dans
quelques années
comme un site
« américain »
La mise en œuvre d’une réponse est cependant complexe. Comme
l’indiquait le Professeur J. Leclant177 lors d’un entretien « Nos archéologues
doivent être incontournables sur la science, mais on ne leur demande pas
d’avoir une compétence sur le flux de visiteurs ». On ne peut pas non plus
176
Chiffres extraits de la note « Le secteur du tourisme en Egypte ». Mission Economique, septembre 2003.
177
Professeur au Collège de France et Secrétaire Perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
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dire par exemple à une chaîne hôtelière, qu’elle soit française ou
égyptienne, que le rôle de l’archéologue s’arrête après les fouilles et que la
responsabilité de la gestion du site lui incombe. Le rôle du Conseil Suprême
des Antiquités est également essentiel. Le Ministère du Tourisme est
directement concerné.
Il est donc nécessaire pour répondre à cette demande égyptienne de définir
les rôles de chacun. La Coopération française, si elle sait parler d’une seule
voix, pourrait avoir ce rôle fédérateur. Pour les investisseurs français « La
croissance du tourisme égyptien, conjuguée à la large gamme de métiers
liés directement ou indirectement à ce secteur, font de cette activité une
des premières sources d’opportunité d’investissement pour les entreprises
françaises »178.
Recommandation
Réaliser une gestion de site ayant une bonne visibilité pour la
Coopération française.
Cette réalisation suppose les phases suivantes, dont la cohérence et les
coûts doivent être examinées avant de s’engager vis à vis des partenaires
égyptiens :
Avoir du côté français une vision – et une seule - à la fois
culturelle et économique des problèmes posés par la gestion
d’un site qui pourrait par exemple être Saqqara ou Karnak.
Faire savoir aux Egyptiens le souhait de la Coopération française
de s’intéresser davantage aux aspects patrimoine, gestion de
sites, tourisme et leur désigner un interlocuteur.
Proposer aux Egyptiens le choix d’un (ou plusieurs) site sur
lequel sera mené une étude, sans s’engager à ce stade sur un
financement autre que celui des études :
choix éventuel du site,
scénarios d’aménagement,
répartition des tâches entre : les archéologues qui doivent
tenir compte de la préservation du site, mais aussi des
fouilles à venir ; les autorités égyptiennes ; les intervenants
privés (chaîne hôtelière, transporteurs, produits dérivés),
coûts et financements possibles,
recettes envisagées,
178
Note de la Mission Economique du 1er septembre 2003, qui souligne que le groupe ACCOR, établi en Egypte
en 1981 en partenariat avec un groupe égyptien, est devenu le premier opérateur hôtelier avec 21 hôtels
(3225 chambres), deux bateaux de croisière et plus de 4000 personnes.
223
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
-
en Egypte (1993-2003)
formations à réaliser (dans ce cadre il s’agira moins de
formations en archéologie que de formations aux métiers
du patrimoine et du tourisme179).
Proposer un projet d’aménagement de site clefs en mains ayant
une bonne visibilité. Un aménagement par exemple d’une partie
de Saqqara n’aurait pas nécessairement un coût élevé180. Des
aménagements plus lourds peuvent aussi être envisagés.
Les obstacles à la mise en œuvre d’une telle recommandation sont
cependant nombreux. On peut notamment citer :
La difficulté d’obtenir une coordination des ministères
égyptiens, chacun ayant d’abord pour objectif de défendre son
territoire. L’interministériel est particulièrement difficile en
Egypte.
La difficulté de coordonner des intervenants dont les logiques
sont différentes : mépris des archéologues pour une brochure
touristique ; absence d’intérêt des vendeurs de produits dérivés
pour l’archéologie ; optiques différentes et faiblesse du dialogue
entre le CFCC et la Mission Economique ; logique propre des
opérateurs hôteliers ;…
Les problèmes de financement (a) du côté des Egyptiens : qui
sont réticents à s’endetter ; qui considèrent souvent que les
recettes des entrées sur les sites leur reviennent et ne peuvent
donc servir de base à un emprunt ; et (b) du côté français : où
le FASEP est davantage destiné à faciliter des investissements
qu’à réaliser des études préalables ; où la RPE a vocation à
financer des investissements dont l’Etat reste propriétaire ; où
le montage d’un projet ZSP n’est pas possible181.
Il faut cependant souligner les raisons multiples de la mise en œuvre d’une
telle recommandation dont l’intérêt dépasse la réalisation d’un projet
particulier :
179
On peut souligner les capacités de formation du groupe Accor.
180
Ce site est cité à titre d’exemple, car seule une partie du site pourrait être retenue en raison de son
étendue. D’autres sites seraient peut-être plus appropriés.
181
Ce paragraphe souligne bien que le FASEP et la RPE, qui correspondent bien à la situation de pays émergent
de l’Egypte, ne sont pas adaptés à la promotion d’infrastructures de tourisme, qui ne relèvent d’ailleurs
normalement pas de financements concessionnels. Le montage d’un projet ZSP n’est pas non plus possible
puisque l’Egypte ne fait pas partie de cette zone. Des études préalables pour réaliser des investissements
touristiques qui respectent les sites archéologiques seraient cependant nécessaires et sans doute peu
rentables dans l’immédiat. Il semble que l’AfD ait pu réaliser une opération de ce type au Liban. L’utilisation
de fonds résultant de la conversion de dette pourrait également être examinée.
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Elle pourrait accroître fortement la visibilité de la Coopération
française.
Elle conforte des axes importants de l’action économique
française :
développement des opérateurs français du secteur tourisme
(groupe Accor notamment) ;
possibilités de soutenir l’intervention de PME françaises182
dans des domaines ciblés : le résultat pourrait être
particulièrement intéressant pour un pays où les
exportations françaises ne sont souvent réalisées que par
de très grandes entreprises sur de gros contrats
irréguliers ;
Elle correspond à un axe formation (écoles hôtelières, gestion
touristique, gestion du patrimoine) sur lequel la France, premier
pays touristique du monde a des compétences importantes et
auquel la Coopération française accorde une grande importance
dans ses interventions. Le développement dans ce domaine de
la formation en langues étrangères bénéficierait certes d’abord
à l’anglais, mais éventuellement aussi au français.
Elle correspond à un axe de développement déjà identifié par la
Coopération française. Ainsi le rapport 2002 de la DGCID
soulignait que, dans la région Proche et Moyen-Orient, « le
développement d’une coopération technique ouverte à de
nouveaux secteurs : tourisme et valorisation du patrimoine,
urbanisme » constituait un axe prioritaire.
Elle est en accord avec les orientations fixées par le Chef de
l’Etat égyptien quant à l’accroissement du nombre de touristes.
Elle est également en accord avec les deux premières priorités
indiquées à la mission lors d’un entretien au Ministère égyptien
de la coopération internationale, MOIC : les PME et la formation
professionnelle. Dans ce dernier domaine on peut souligner que
l’AFPA, Association pour la formation professionnelle des
adultes, a réhabilité avec succès des centres de formation
professionnelle et est intervenu sur plusieurs projets dans le
domaine de la formation hôtelière.
Elle peut permettre
touristiques183.
à
l’Egypte
de
diversifier
ses
sites
182
Par exemple dans les domaines de la signalétique des sites, de l’éclairage, des audio-guides, de la billeterie
(réservation avec gestion des flux touristiques),…
183
Ce qui peut constituer un moyen de rendre le tourisme moins sensible à des attentats ciblés. Le tourisme
égyptien a par exemple été très sensible à l’attentat de Louxor en 1997.
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Elle est en concordance avec la proposition de décembre 2003
du Conseil suprême des antiquités, de mettre en place une
commission scientifique franco-égyptienne pour superviser la
mise en valeur des sites de Karnak et Saqqarah.
Cette recommandation présente donc un intérêt à la fois par sa visibilité,
par ses retombées pour les investisseurs français, par ses retombées
économiques pour l’Egypte. Certes, la période n’est pas propice aux projets
coûteux, mais la France ne peut-elle examiner les possibilités d’utilisation
des conversions de dettes pour mettre ses moyens d’intervention au niveau
de ceux de pays comme l’Italie ou l’Espagne ? On peut aussi penser que
l’Afd, si elle intervenait prochainement en Egypte, pourrait assurer la
conduite d’une telle opération184.
184
L’AfD a déjà conduit des opérations similaires, par exemple à Byblos au Liban.
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VI La coopération institutionnelle
La coopération juridique
modernisation de l’Etat
et
judiciaire
et
la
Le Contexte
Dans un pays où la
modernisation de l’Etat
ne peut être que
progressive…
Le besoin de modernisation de l’Etat est en Egypte évident et ressenti
comme tel par les Egyptiens. Mais cette modernisation ne doit pas saper les
bases d’un régime présidentiel autoritaire qui assure au pays une réelle
tranquillité intérieure185. Même les intellectuels modèrent parfois leurs
critiques vis-à-vis d’un autoritarisme parfois estimé préférable à un régime
islamique. La coopération juridique et la modernisation de l’Etat doivent se
situer entre le respect de l’autorité et des réformes qui doivent être
avalisées par le parti du régime, le Parti national démocratique, PND, qui
domine l’Assemblée du Peuple et a obtenu 98% des voix aux élections
municipales d’avril 2002.
Dans le domaine judiciaire, on peut rappeler que si le droit coutumier est
appliqué au premier échelon, le pays est néanmoins régi par le Code
Napoléon et l’école française de droit reste à la base du droit égyptien.
Le dispositif français de coopération
La Coopération française a souhaité soutenir l’effort de modernisation de
l’Etat engagé par le gouvernement égyptien. Lors de la Commission mixte
de 2001, une ambition importante a été affichée en ce qui concerne la
coopération juridique et judiciaire : « Les deux parties proposent que leur
coopération juridique et judiciaire, relancée en 1999, se poursuive et
aboutisse à la constitution d’un réseau reliant institutions françaises et
égyptiennes, animé de part et d’autre de la Méditerranée par des pôles
d’intérêt commun :
…la demande vis-à-vis
de la Coopération
française est
importante
185
•
« … jumelage des Cours de Cassation française et égyptienne
engagé en 2001…
•
« …création d’un centre de prise en charge des mineurs en
danger…
•
« …formation de magistrats aux enjeux internationaux…
•
« … coopération entre les Conseils d’Etat des deux pays… ».
La sécurité qui existe dans une ville aussi peuplée que Le Caire est exceptionnelle.
227
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En ce qui concerne l’informatisation du Conseil d’Etat égyptien, il était
cependant indiqué qu’une étude sur l’informatisation avait été réalisée en
1994 sans que le projet aboutisse en raison de son coût (un million de
francs) et de sa complexité technique. Quant à la formation de magistrats
aux enjeux internationaux, elle répondait à une volonté égyptienne de
rapprochement entre le Centre national d’études judiciaires et l’Ecole
nationale de la magistrature.
Dans le domaine de l’ingénierie administrative et de la modernisation de
l’Etat, le procès-verbal soulignait l’importance que la partie égyptienne
accordait à la réforme de la fonction publique et l’intérêt du mastère
d’administration publique auquel l’ENA/IIAP apportait son soutien par le
biais d’un partenariat avec l’Académie Sadate. Pour la formation des
jeunes diplomates égyptiens, une concertation élargie était souhaitée,
notamment pour réaliser un cycle de sensibilisation aux règles et
mécanismes de l’OMC, avec le concours d’écoles d’administration, d’experts
en économie et de représentants du MAE.
Les actions conduites ces dernières années concernent essentiellement :
La formation des jeunes diplomates : une coopération
administrative s’est développée depuis quelques années avec le
concours de l’IIAP et de l’Institut d’études diplomatiques pour la
formation de jeunes diplomates égyptiens francophones186.
Les bourses : 3 bourses par an sont accordées dans le cadre de
l’IIAP pour un mastère d’administration publique de 18 mois.
La coopération juridique et judiciaire. Les décideurs du Centre
national d’études judiciaires souhaitent garder des contacts avec
la France et des cours de français et des bourses sont
dispensées à ceux qui en sortent187. D’autre part, en vue de la
mise en œuvre du projet d’Académie de justice, un expertassistant technique doit être mis à la disposition du ministère de
la Justice, l’objectif étant notamment de former des greffiers et
de favoriser le désengorgement des tribunaux.
La réponse française à
la demande égyptienne
est actuellement
limitée, alors que la
France est peut-être le
pays le plus susceptible
d’appuyer, dans le
domaine juridique et
judiciaire, la
modernisation de l’Etat
égyptien
Evaluation
Les interventions dans ces domaines sont tout à fait conformes aux
orientations de la Coopération française. Ainsi le rapport 2002 de la DGCID
soulignait que, dans la région Proche et Moyen-Orient, « l’accompagnement
des mutations politiques et socio-économiques par un soutien à l’Etat de
droit et à la démocratisation, par des formations dans les domaines du droit
186
On peut souligner que s’il existe en Egypte un Ministère du développement administratif, il n’existe pas de
lieu spécifique pour la formation des hauts fonctionnaires.
187
Pour 2004 le coût de la coopération juridique et judiciaire s’élève à € 57 000. Six magistrats égyptiens ont
participé à des cours en arabe sur les institutions judiciaires françaises.
228
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et de l’administration (Egypte, Liban, Syrie, pays du Golfe, Territoires
palestiniens) » constituait un axe prioritaire.
Bien que des actions intéressantes aient été menées, il ne semble pas que
les interventions relativement ponctuelles réalisées soient à la hauteur des
ambitions affichées par la Commission mixte. Pourtant, la France est peut
être le pays le plus susceptible d’appuyer, dans le domaine juridique et
judiciaire, la modernisation de l’Etat égyptien, et il semble qu’il y ait une
réelle demande égyptienne dans ce domaine.
Conclusions et recommandations
Dans ce domaine, la Coopération française doit être consciente de ses
limites, mais aussi de ses possibilités. Limites, car la modernisation de
l’Etat égyptien est une tâche considérable et complexe qui doit s’inscrire
dans la durée. Possibilités, car, s’agissant de coopération, il y a dans ce
domaine une réelle demande égyptienne et une véritable compétence
française.
Plusieurs orientations pourraient être retenues, les deux premières étant
déjà en partie mises en œuvre actuellement :
La coopération « par le haut » (Cours de Cassation, Conseils
d’Etats, formation des jeunes diplomates, Académie de justice…),
qui correspond à une forte demande égyptienne. Les actions dans
ce domaine devront, pour avoir une réelle incidence en Egypte et
représenter un domaine de compétence de la Coopération
française, s’inscrire dans le temps.
•
Des possibilités de
coopération
nombreuses et dont le
coût serait faible
existent
•
Les bourses, dont le nombre pourrait être accru.
Le développement de partenariats. Par exemple une note MAE
soulignait les possibilités de collaboration qui peuvent exister avec
le centre régional de formation des juristes du monde arabe qui doit
s’ouvrir au Caire grâce à des financements de l’OPEP et de fonds
koweïtiens.
•
Les actions par la société civile. L’autorisation de développer
des ONG est récente en Egypte. Les grandes ONG anglo-saxonnes
se développent et la Banque mondiale met en place un programme
important d’appui au développement des ONG. Un projet, en cours
d’étude au CFCC, pourrait dans cette optique revêtir de l’intérêt.
•
Le développement de la coopération décentralisée. Cette
coopération, très vivace en France, est encore relativement peu
développée à l’égard de l’Egypte. Certes, quelques actions
•
229
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importantes existent188, mais il est probable qu’étant donné l’image
de l’Egypte en France et, sans doute, la volonté de certains acteurs
de la coopération décentralisée de sortir de l’Afrique francophone,
des actions plus importantes pourraient être réalisées. Il serait
souhaitable de conduire une réflexion sur les possibilités de
développement de la coopération décentralisée française en Egypte
en prenant en compte :
- le caractère décentralisé de cette coopération : ce n’est bien
sûr pas au MAE de définir ce que doit être cette coopération,
dont l’autonomie constitue une partie de la richesse, mais la
coopération décentralisée pourrait bénéficier de l’expérience et
des compétences sur place des administrations centrales… et la
Coopération française accroître sa visibilité par les actions de la
coopération décentralise ;
- l’existence ou l’inexistence d’interlocuteurs en Egypte : la
coopération décentralisée est menée par des collectivités
locales dotées de pouvoirs. La forte hiérarchisation du pouvoir
en Egypte peut conduire à l’absence d’interlocuteurs au niveau
souhaitable.
Les « actions par le haut », les bourses, un projet pour favoriser les ONG,
l’appui au développement de la coopération décentralisée, constituent des
interventions, qui comme toutes les actions demandent des moyens. En
l’absence de moyens financiers et de capacité de donner une certaine
pérennité à ces moyens, il est peut être peu utile d’entreprendre des
actions qui dépassent un cadre ponctuel. Les domaines examinés ci-dessus
sont cependant parmi ceux où les moyens financiers requis sont
particulièrement faibles, alors que l’incidence des actions menées peut être
importante pour la Coopération française.
188
Par exemple les interventions PACA et Midi-Pyrénnées à Alexandrie.
230
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La coopération dans le domaine de la sécurité
intérieure
Le contexte189
Les objectifs de stabilité politique, de préservation des intérêts
fondamentaux de la nation, de protection des principales sources de
revenus (tourisme, canal de Suez…) justifient, aux yeux des autorités, une
politique sécuritaire forte (maintien de la loi sur l’état d’urgence) accordant
la priorité à la lutte contre toute forme de contestation violente, réelle ou
supposée. Cette lutte est assurée par un fort dispositif policier.
La coopération dans le
domaine de la sécurité
reste modeste.
L’impératif sécuritaire s’accompagne cependant d’une volonté d’ouverture
sur l’extérieur pour la professionnalisation des personnels dans tous les
domaines touchant à la sécurité civile et à la sécurité publique. C’est ainsi
que l’Egypte bénéficie d’un appui très conséquent de la part des Etats-Unis
dans ce domaine. Les relations franco-égyptiennes apparaissent de fait
beaucoup plus modestes, sinon marginales. Il n’existe pas d’accords cadre
de coopération franco-égyptiens dans les domaines de la police ou de la
sécurité civile.
Les objectifs de la coopération technique190
Amorcée en 1999, la coopération franco-égyptienne dans le domaine de la
sécurité vise trois grands objectifs :
1. Le développement humain ;
2. La bonne gouvernance ;
3. La lutte conjointe contre la criminalité internationale.
Cette coopération doit
avoir des effets de
retour en sécurité
intérieure
Les enjeux prioritaires sont :
1. d’améliorer le système d’alerte et de réponse en matière de risques
naturels et technologiques ;
2. de présenter à la partie égyptienne une autre culture de la sécurité
et d’influer sur les comportements collectifs et individuels ;
3. d’accroître la performance des agences publiques oeuvrant dans le
champ de la sécurité intérieure.
Le dispositif de coopération
L’opérateur principal de la coopération dans le domaine de la sécurité est le
Service de Coopération Technique Internationale de Police (SCTIP).
Ouverte en 1999, la délégation du SCTIP en Egypte compte actuellement
189
Cette section s’appuie, entre autres, sur les notes de cadrage sectoriel rédigé par le SCTIP à l’occasion de la
présente évaluation.
190
La coopération opérationnelle dans le domaine de la sécurité intérieure n’entre pas dans le champ de la
présente évaluation.
231
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deux membres : un commissaire de police, attaché de sécurité intérieure,
et un capitaine.
Ces personnels, et leurs frais de fonctionnement, sont pris en charge par le
ministère de l’intérieur. L’enveloppe de coopération financée par le MAE
(DGCID) est de l’ordre de 40 000 euros.
D’autre part, une étude de faisabilité d’un projet de régulation de la
circulation au Caire a fait l’objet d’un financement FASEP. Un projet
concernant la protection des personnes (27 salles de gestion de crise)
pourrait recevoir un financement sur la RPE.
Enfin, les sources de financement pourraient être élargies prochainement
aux fonds européens (au travers des programmes MEDA et Tempus).
Les actions réalisées et les projets en cours
La coopération technique se traduit par des formations de courte ou
moyenne durée, des séminaires, des échanges d’expertises et des stages in
situ. Entre 25 et 30 actions sont réalisées par an. Les principaux thèmes
abordés sont la sécurité des populations (sécurité civile, sécurité routière,
sécurité des touristes) et l’optimisation des investigations criminelles
(enquêtes financières, cybercriminalité, police scientifique).
Pilotée par le SCTIP,
cette coopération se
traduit essentiellement
par de la formation
Le SCTIP organise aussi, avec l’appui du CFCC, des cours de français
spécialisé. Des bourses linguistiques sont financées sur les crédits du Poste
(au titre de la coopération éducative).
Trois projets importants sont en phase en conception :
1. Un projet de régulation de la circulation au Caire ;
2. Un projet de création de 27 salles de gestion des crises (sécurité
civile) ;
3. Un projet de formation professionnelle dans le domaine de la
sécurité civile et de la gestion des crises financé sur budget
européen (programme Tempus) et dans lequel la délégation du
SCTIP jour un rôle d’interface et de facilitateur entre les
autorités égyptiennes et la Commission européenne.
Eléments d’évaluation
Le développement institutionnel figure, depuis maintenant plus de dix ans,
au rang des objectifs prioritaires de la coopération française. La sécurité, en
renforçant l’Etat de droit et en protégeant les libertés individuelles, participe
pleinement au développement économique et social ainsi qu’à la bonne
gouvernance. Soucieuses des conséquences du développement mondial de
la grande criminalité, les autorités françaises ont élargi le champ de la
coopération en matière de police à la lutte contre les trafics, notamment de
stupéfiants, et contre le crime organisé à grande échelle.
232
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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Plus récemment, le ministre de l’intérieur, Dominique de Villepin, a eu
l’occasion de rappeler, lors de son intervention au 14ème colloque annuel du
SCTIP en septembre 2004, toute l’importance que le ministère de l’intérieur
et celui des Affaires étrangères portaient au renforcement de la coopération
opérationnelle et aux actions ayant des retours forts en sécurité intérieure.
La coopération franco-égyptienne dans le domaine de la sécurité s’inscrit
dans ces grands objectifs et apparaît donc globalement pertinente.
La coopération est
pertinente.
La réalisation des grands projets structurants et visibles (régulation
routière, salles de gestion des crises, formation des personnels) orientera
clairement notre dispositif de coopération en faveur de la sécurité civile. Ce
choix peut s’avérer pertinent au regard des objectifs de solidarité. On peut
émettre néanmoins des réserves sur la contribution (directe et indirecte) de
telles actions au renforcement des effets de retour en sécurité intérieure. Si
ces réserves étaient confirmées, elles pourraient remettre en cause
partiellement la cohérence du dispositif.
Le dispositif est
cohérent.
Il est très difficile
d’apprécier l’efficacité
des formations car les
bénéficiaires ne font
pas l’objet d’un suivi.
Enfin, mais cette remarque n’est pas propre au domaine de la sécurité, il
s’avère particulièrement difficile d’estimer l’efficacité du dispositif de
coopération. Il est incontestable que la francophonie est un atout pour
tisser les liens nécessaires au renforcement de la confiance mutuelle. Les
stages linguistiques en France ainsi que les cours de langue dispensés au
CFCC, participent bien à la réalisation de cet objectif et à la constitution
d’un réseau francophone. Celui-ci serait déjà effectif au sein de l’autorité
égyptienne de contrôle de l’administration (où 5 à 10% des enquêteurs sont
issus des écoles bilingues)191. Mais, cet exemple de succès pourrait être
isolé. Il s’avère en effet que l’on ignore presque totalement si les autorités
égyptiennes valorisent (ou non) les hommes qui ont bénéficié d’un appui de
la France ou de la coopération multilatérale. Bien sûr, les contacts directs
sont compliqués quand les langues constituent un obstacle et que le devoir
de réserve est fort. Mais ces handicaps ne devraient pas pour autant
justifier l’absence presque totale de suivi des bénéficiaires et d’évaluation
ex-post des actions.
191
L’autorité de contrôle de l’administration est une entité placée sous la responsabilité directe du chef de
l’Etat égyptien. Elle notamment pour mission de lutter contre la corruption et le blanchiment.
233
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La coopération militaire et de défense
Le contexte et les grands objectifs de la coopération
Les Etats-Unis constituent, et de loin, le premier partenaire de l’Egypte dans
le domaine de la défense. Le pays bénéficie d’une aide militaire américaine
s’élevant à environ 1,3 milliards par an auxquels s’ajoutent de nombreux
appuis en faveur de la sécurité extérieure.
Jusqu’en 1998, coopération militaire et de défense franco-égyptienne se
résumaient à quelques formations, à des exercices en commun (Cléopâtre
et Bright Star) et à des contacts techniques (essentiellement dans le
domaine du renseignement et de l’armement). Depuis cette date, l’Egypte a
exprimé le souhait de développer cette coopération, afin notamment
d’élargir son champs de dialogue limité jusqu’alors aux seuls Etats-Unis.
La coopération militaire
française est modeste
par rapport à celle des
Etats-Unis.
Les différences
d’engagements
financiers sont de
l’ordre de 1 à 6 000 (en
notre défaveur)
Cette volonté d’ouverture va se traduire par une évolution de la nature de
la coopération qui tend désormais vers un partenariat stratégique englobant
trois volets principaux :
1. Entraînement et formation : les deux appareils militaires exécutent
en commun de nombreux exercices interarmées dans un cadre bi et
multilatéral ;
2. Armement : l’Egypte a exprimé le souhait d’intensifier la
coopération technologique, singulièrement dans le domaine des
systèmes d’information et de commandement, dans les
équipements de chiffrement et dans le domaine spatial ;
3. Dialogue stratégique, notamment dans le cadre européen (PESC et
dialogue euro-méditerranéen).
Le dispositif de coopération
La planification des activités s’effectue dans le cadre d’une commission
mixte pilotée par les états-majors des deux armées.
Une quinzaine de stages, financés par la DCMD, sont offerts tous les ans à
des militaires égyptiens relevant de l’armée de l’air, de la marine et de la
gendarmerie. Pour faciliter ces formations et éviter les désistements
entraînés par une maîtrise insuffisante de la langue, le ministère des
Affaires étrangères soutien l’enseignement du français à l’institut militaire
de langue du Caire par la mise à disposition d’un lecteur de français et par
la formation d’une dizaine d’instructeurs égyptiens.
La coopération se
réduit à une quinzaine
de stages par an et à
un soutien en français
financé par le poste.
Les budgets de la DCMD en Egypte sont stables depuis le début de la
décennie (aux environs des 180 000 euros par an).
Le développement futur de la coopération militaire et de défense est
subordonné à la signature d’un accord de coopération, assurant notamment
234
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la protection juridique des coopérants et des forces militaires françaises
engagés en Egypte. La signature de cet accord bute depuis plusieurs
années sur des problèmes juridiques (et politiques).
Eléments d’évaluation
La paix et la sécurité figurent au premier rang des biens publics essentiels à
la collectivité. L’histoire montre qu’ils constituent des facteurs-clef
indispensables pour assurer un développement économique et social
équilibré et soutenable à long terme.
La pertinence du
dispositif est forte mais
il est difficile d’en
apprécier l’efficacité
Ces objectifs de paix et de sécurité figurent aussi au rang des priorités de la
DGCID. La coopération militaire et de défense y contribue pleinement, avec
les moyens qui sont les siens. La pertinence du dispositif est forte.
L’efficacité du dispositif est, en revanche, plus difficile à apprécier :
•
Les négociations engagées en vue de la fourniture
d’équipements ont connu de nombreux avatars qui ne s’expliquent
pas tous par la contrainte financière qui pèse sur notre partenaire
égyptiens ;
•
Les militaires égyptiens formés en France ne font pas l’objet
d’un suivi systématique. Dans ces conditions, il est difficile de savoir
si les formations dispensées constituent un réel atout dans la
carrière des officiers concernés. Il s’avère tout aussi difficile, si ce
n’est plus, de savoir si la formation (et plus généralement les
échanges) contribuent au renforcement de l’influence française en
Egypte.
235
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
VII La coopération sur protocoles
Les moyens mis en œuvre en Egypte par l’intermédiaire des protocoles ont
fait l’objet d’une description détaillée dans la deuxième partie du rapport au
chapitre « Les moyens de l’aide française ». Dans ce chapitre seront
analysés le coût des protocoles et la mise en œuvre des protocoles dans les
différents secteurs d’intervention.
L’élément don des protocoles financiers a varié au
cours de la période
L’élément don et le coût budgétaire des interventions
L’élément don des financements du Trésor peut être retenu pour estimer le
coût budgétaire des interventions. Les protocoles peuvent associer un prêt
du Trésor et un prêt commercial garanti. Le taux de mixage est la
proportion du protocole financée sur prêt du Trésor. L’élément don global
du protocole dépend de la proportion d’élément don du prêt du Trésor et de
son importance dans l’ensemble du financement, c’est-à-dire du taux de
mixage.
A la suite des crises financières de 1987 et 1991, l’administration française
a d’abord adopté une politique de limitation du risque financier. Celle-ci l’a
conduit à proposer des protocoles à fort élément don au début des années
1990, l’époque où, pour d’autres pays, les leçons de la crise conduisent à
abandonner le prêt pour le don. De 75% en 1993, l’élément don des
protocoles a cependant été réduit à 46% dès l’année 1995. Cette
modulation a d’abord été faite en modifiant les conditions des prêts du
Trésor qui jusqu’en 1995 ont été la seule composante des protocoles. A
partir de cette date, des crédits garantis ont été réintroduits dans la
composition des protocoles, jusqu’à 30%, en maintenant l’élément don
global de l’ensemble autour de 37-38% puis à partir de 2002, en le
ramenant au standard de 35%.
Les crises financières
de 1987 et 1991 ont
conduit à des prêts
du Trésor à fort
élément don
236
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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Mixage et élément don des protocoles de 1993 à 1999
Ancien
régime des
protocoles
Régime de la
RPE
Total
Elément don
protocole en
global %
M€
Prêts du
Trésor
en M€
Montant
élément don
M€
3,0
64,5
77,1
73,2
3,0
64,5
77,1
73,2
2,3
32,2
40,1
33,6
80%
22,9
22,9
18,3
38%
47,6
38,1
18,1
100%
80%
18,3
18,3
14,6
47%
80%
38%
36,4
29,1
13,8
1998
54%
70%
38%
39,6
27,7
15,0
Assitance technique à Toshka 1999
Autres projets 1999
37%
52%
100%
70%
37%
37%
6,2
5,9
6,2
4,1
2,3
2,2
2002
51%
70%
36%
70,8
49,5
25,4
2003
51%
70%
36%
5,0
3,5
1,8
53%
91%
élément don
des prêts du
Trésor
Part des
prêts du
trésor
Rénovation quartier Gamaleya 1993
Autres projet 1993
1994
1995
75%
50%
52%
46%
100%
100%
100%
100%
75%
50%
52%
46%
Centre de contrôle aérien du Caire 1996
80%
100%
Autres projets 1996
47%
80%
Dispatching électrique Delta Ouest 1997
80%
1997
PROTOCOLE ET PROJETS
TOTAL PROTOCOLE PRETS
TOTAL DON ET FASEP
TOTAL
89%
48%
470,5
417,3
219,6
100%
30,2
30,2
30,2
50%
500,7
447,5
249,8
Il y a eu deux exceptions aux principes énumérés ci-dessus. Deux projets
ont bénéficié de financement avec un élément don global de 80% : un
dispatching électrique et le centre de contrôle de la navigation aérienne du
Caire. Le financement d’un projet à plus de 80% d’élément don a pour effet
de place le projet hors du champ d’application de la règle générale adoptée
au sein de l’OCDE de ne pas faire d’aide liée dans les secteurs marchands.
Sur la période 19932003, l’élément don
des € 420 millions de
protocoles peut être
estimé à 61%, soit
près de € 260 millions
Sur l’ensemble de la période, y compris les protocoles des années 2002 et
2003 dont la plupart des projets ne sont pas encore imputés, l’élément don
des € 500 millions de prêts et dons sur protocole a été de 50% en moyenne
et le coût budgétaire associé peut être estimé à près de 250 millions
d’euros.
Les mutations dans les secteurs concernés
La répartition sectorielle des engagements français a subi une profonde
restructuration au cours de la période. De nombreux secteurs ont disparu
du champ des interventions françaises : l’eau potable, l’électricité,
l’irrigation, et le téléphone. Ne restent plus dans la seconde moitié de la
période sous revue que l’assainissement, l’aviation civile, le métro et le
chemin de fer. La majorité des fonds de cette dernière période n’est
d’ailleurs pas encore imputée.
237
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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E nga ge m e nt s
m o ye ns
a nnue ls
e n M e uro s
160
140
120
Divers
Chemin de fer
100
Télépho ne
M étro
80
en Egypte (1993-2003)
Cette mutation prolonge celle commencé au début des
années 1990. Dans la seconde moitié des années 1980,
les principaux secteurs d’intervention française sur
protocole avaient été les transports terrestres (30%)
avec la fin de la construction de la ligne 1 du métro du
Caire, qui avait dans la période antérieure absorbé une
grande partie des crédits français, l’électricité (36%),
avec des projets concernant principalement la
production électrique, l’aviation civile (8%), un secteur
d’intervention très ancien, les télécommunications (6%)
et enfin l’eau urbaine, un secteur qui est apparu au
début des années 1990.
Irrigatio n
Avant de commenter les facteurs dont cette mutation
résulte, il convient de noter que la baisse des
Electricité
engagements moyens sur protocoles, de € 125 à 60
Eau po table
millions avant et après 1993, ne signifie pas une
A ssainissement
diminution proportionnelle de l’effort budgétaire
français. Pour la période 1985-92, la proportion de
prêts du Trésor dans les protocoles était de 64%. Par la
suite jusqu’en 1998, elle a été de près de 100%. Après
les crises financières égyptiennes de 1987 et 1991 la
France a dû en effet restructurer € 4,7 milliards
d’encours commercial. Elle a en conséquence
progressivement écarté les prêts commerciaux garantis
de ses protocoles avec l’Egypte. La proportion de prêts du Trésor dans les
protocoles est alors passée d’environ 30% au début des années 1980 à
70% après le premier Club de Paris de 1987, puis à 100% à la suite de la
restructuration de 1991. Le risque de crédit étant proportionnel à ce qui
n’est pas l’élément don dans les protocoles, la France divisait192 ainsi par
deux le risque pris pour un montant donné de protocole.
Navigatio n
aérienne
60
40
20
0
Cette politique a bien entendu compté dans les réorientations sectorielles
des interventions françaises car, à effort budgétaire comparable, la capacité
de financement est à peu près divisée par 3 lorsque l’on passe d’un schéma
où l’on inclut 70% de crédits commerciaux garantis à un schéma où ceux-ci
sont proscrits. On peut en partie expliquer l’absence de la France dans le
financement de la ligne n°2 du métro du Caire au début des années 1990
par la politique restrictive de crédit de la France. La ligne 2 a finalement été
entièrement financée sur fonds propres égyptiens.
Un deuxième facteur de mutation résulte de la crise financière des années
1980, crise générale qu’ont connu les pays en développement. D’un
192
En retenant un élément don de 50% pour les prêts du Trésor, l’élément don des protocoles varie de 15% à
50% quand la proportion des prêts du Trésor passe de 30 à 100%. La partie non couverte par l’élément don
sur laquelle porte le risque passe donc de 85% à 50%.
238
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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commun accord, les pays de l’OCDE ont pratiquement exclu les services
marchands de leurs financements d’aide publique liée de façon :
à contraindre les pays à gérer ces services dans des conditions
de marché et à ouvrir aux investissements privés les secteurs
correspondants dont les déficits trop souvent pesaient trop lourd
sur le budget des états ;
à limiter la surenchère qu’effectuaient les bailleurs sur le
financement et le développement de ces secteurs.
L’exclusion des secteurs
marchands des
financements de l’aide
publique a fait
disparaître les
financements consacrés
à certains secteurs :
télécommunications,
production et distribution
électrique,…
Les secteurs des télécommunications, de la production électrique, puis de
la distribution et de l’aviation civile ont été les premiers pour lesquels cette
règle a été appliquée. Les premiers ont ainsi progressivement disparu des
interventions françaises. Des crédits inscrits pour des projets de
télécommunication et de distribution électrique dans le protocole de 1994
ont même dû être réaffectés en 1995 au profit de secteur ouverts. Le
programme de réaffectation a été le suivant :
Projets annulés : 47 M€
− Modernisation du contrôle aérien du Caire : 23 M€
− Réhabilitation de la sous-station électrique de Tanta :
12 M€
− Construction et extension de centraux téléphonique :
12 M€
Projets venant s’y substituer : 40 M€
− Station de pompage d’El Nasr : 24 M€
− Station d’eau potable du 10 de Ramadan : 11 M€
− 2 projets de production d’électricité par récupération de
chaleur (El Nasr Coke & chemicals et Egyptalum) : 5 M€
Certains des projets annulés seront refinancés par la suite selon d’autres
modalités.
Un troisième facteur, la relative saturation des marchés, est également
susceptible d’avoir joué de façon négative en faisant disparaître des
secteurs ou du moins en diminuant leur importance. Les besoins
d’équipement des grands centres urbains qui constituaient les marchés
cible des entreprises françaises et des protocoles se trouvent en effet
maintenant
en partie satisfaits et, en conséquence, ces marchés se
rétrécissent (cas du transport aérien pour le futur et éventuellement de
l’hydraulique urbaine).
Les priorités
sectorielles des
Egyptiens ont
également varié
Des déplacements sont en outre observables dans les priorités retenues par
les Egyptiens. Ainsi le ministère de la Coopération internationale retient
239
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maintenant comme secteurs prioritaires pour l’aide publique, les PME, la
formation professionnelle, le développement des établissements scolaires
et le ministère de l’hydraulique, l’équipement de centre ruraux en
équipements d’assainissement. Les priorités évoluent donc et les
entreprises françaises représentées en Egypte ne sont pas - ou ne se sont
pas - nécessairement adaptées aux nouveaux marchés auxquels les
Egyptiens veulent consacrer le volume des prêts d’aide publique qu’ils
peuvent accepter.
Les interventions dans les principaux secteurs
Répartition sectorielle et réalisations
Sur l’ensemble de la période 1993-2003 les protocoles et Fasep se
répartissent comme indiqué dans le diagramme ci-après.
Répartition 1993-2003 des engagements sur protocole
Divers
5%
Chemin de fer
6%
Assainisseme
nt
18%
Téléphone
7%
Les secteurs de
l’hydraulique urbaine
et rurale, des
transports aériens et
terrestres et de
l’électricité ont été les
principaux
bénéficiaires des
protocoles
Métro
13%
Eau potable
16%
Irrigation
11%
Navigation
aérienne
12%
Electricité
12%
Le secteur de l’hydraulique urbaine qui prédomine et celui de
l’hydraulique rurale ont constitué 45% des engagements avec
des projets de station de traitement d’eau potable ou
d’épuration des eaux usées dans les grands centres urbains qui
ont été réalisés essentiellement par Degrémont et OTV.
31% des engagements ont portés sur le secteur des transports
aériens et terrestres avec le métro, l’aviation civile et
également des interventions dans les chemins de fer : les
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principales entreprises intervenantes sont Thalès ATC pour les
projets de contrôle du trafic aérien, le groupement Interinfra
(Alstom transport, Alcatel, Cegelec, Spie, Dumez) pour les
différentes composantes du métro (Génie civil, contrôle et
signalisation, rames) et Alstom pour les transports ferrés où
l’opération principale a été la rénovation des turbotrains de la
ligne Le Caire-Alexandrie.
L’électricité, qui a bénéficié de 12% des engagements, pour
l’essentiel des sous-stations de distribution haute et moyenne
tension et un dispatching régional, a concerné des électriciens
comme Cegelec et Alstom, mais également des sociétés
spécialistes des courants faibles comme Alcatel.
Le solde est partagé entre des centraux téléphoniques (Alcatel)
et des projets divers.
Le taux d’utilisation
des protocoles des
années 1993-96 est
satisfaisant (près de
90%), mais celui des
années ultérieures est
nettement plus faible
Le taux d’utilisation des protocoles des années 1993 à 1996 qui était de
87%193 fin 2003 est relativement satisfaisant. Il correspond à des
utilisations de € 258 millions et traduit un retard dans l’achèvement de la
station d’épuration de Gabal El Asfar ainsi que le quasi-abandon d’un projet
de traitement d’eau potable dans le Fayom. Celui des années postérieures
était en revanche de 21% seulement à la même date. Cette situation fait
que les imputations sur des protocoles des années 1998 et suivantes sont
presque inexistantes. Il dénote de nombreux retards ou blocages et a pour
conséquence de diminuer la présence française sur le terrain encore pour
quelques années.
193
Déduction faite du projet de station d’eau potable de Fayoum qui est aujourd’hui considéré comme sans
suite et dont les crédits n’ont pas été réaffectés.
241
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Utilisations faites des protocoles et des Fasep fin 2003
90
M€
Protocoles et Fasep
(utilisations des prêt
et dons du Trésor
fin 2003)
80
70
60
Divers
Chemin de fer
Téléphone
Métro
50
Irrigation
40
Navigation aérienne
30
Electricité
20
Assainissement
10
Eau potable
2004
2003
2002
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
1993
0
Les principaux projets qui sont en retard et/ou en attente sont les suivants
(il leur correspond des prêts du Trésor de près de € 200 millions, soit plus
de 80% des crédits non utilisés) :
Seconde tranche de la station d'eaux usées de Gabal El Asfar
(52,6 M€ sur protocole de 1995) : le projet, après d’importants
retards, est en cours d’achèvement (34% des crédits non
utilisés fin 2003).
Station d’eau potable du Fayoum (10,7 M€ sur protocole de
1996) : projet considéré comme annulé arrivant au terme de sa
date limite d’imputation.
Dispatching électrique de la région Ouest du delta du Nil financé
sur un protocole de 18,3 M€ de 1997 : après la fin des études
(2,7 M€), les contrats de réalisation viennent d’être imputés en
2004 soit 5 ans après la signature du protocole.
Station d’épuration d’Abou Rawash (12,2 M€ sur protocole de
1997) : projet annulé ; les Egyptiens ont demandé le
réaffectation des crédits correspondants.
Station d'épuration d'Alexandrie Ouest (Agamy) : (32,8 M€ sur
protocole de 1998) : à la suite de difficultés diverses la BEI qui
devait financer un volet du projet n’a pas prorogé la date limite
d’imputation de son financement ; le projet est actuellement
bloqué.
Modernisation du centre de formation de l’aviation civile (22 M€
sur protocole de 2002) : le projet est en cours d’évaluation par
la nouvelle direction du centre.
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ddidacticiels et modélisation économiques
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Réhabilitation et modernisation de la ligne n°1 du métro du
Caire (48,8 M€ sur protocole de 2002) : après une offre de
réalisation qui n’a pas été jugée satisfaisante par le client, le
programme à réaliser est en cours de mise au point par ce
dernier.
L’aviation civile
La présence d’entreprises françaises dans ce secteur remonte à 1975 avec
la définition par Sofreavia d’un programme de modernisation du système
de contrôle aérien (ATC194) de l’ensemble du pays. La réalisation partielle
de ce programme a donné lieu, entre 1979 et 1991, à un volume de
marchés de près de € 140 millions en euros courants195 dont 90% a été
financé sur protocole et le solde sur crédits commerciaux bénéficiant de
garanties publiques. Thales ATC (Thomson) et Sofreavia ont été les
principaux intervenants. Ces réalisations, qui relèvent de financements
engagés avant la période sous revue, ont été effectuées en deux phases d’à
peu près égale importance, lancées à dix ans d’écart, la première au début
des années 1980 et la seconde en 1990.
La première phase a été celle de la création de l’actuel Cairo Air Navigation
Center (CANC). Ont été fournis un bâtiment équipé, du mobilier et une
partie des équipements spécifiques y compris, à hauteur de 10% de cette
phase, l’équipement radar et les aides à la navigation aérienne (navaids196)
du site d’Asyut. Elle a été complétée par l’équipement du centre de
formation du CANC situé à Embaba, un quartier du Caire.
La seconde phase consiste en une amélioration et une extension de
l’équipement installé en première phase. Elle vise principalement à
compléter la couverture du contrôle « en route » du pays, c’est-à-dire du
contrôle civil de son espace aérien. Deux volets complémentaires
correspondent à une fourniture de navaids supplémentaires et au
remplacement des radars secondaires du Caire et d’Asyut installés lors de
la première phase et jugés obsolètes.
L’inspection des finances et celle de l’aviation civile française ont effectué
en 1992 une évaluation qui a principalement concerné les projets de
première phase qui seuls étaient alors achevés et en service. Les
réalisations y sont considérées comme particulièrement réussies du point
de vue technique. Leur inscription dans le plan directeur élaboré par
Sofreavia a garanti une grande cohérence d’ensemble, le matériel Thales
ATC a été de grande qualité, et l’intervention d’assistance technique de
Sofreavia comme conseil, superviseur, et formateur a permis que s’instaure
194
Air Traffic Control.
195
Conversion à 6,55957 francs pour un euro sans prise en compte de l’inflation.
196
Aides pour les aéronefs à la navigation aérienne (balises, etc…).
243
dme
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un climat de confiance entre les divers participants et que les Egyptiens
acquièrent la maîtrise des équipements.
L’évaluation de 1992 consacre toutefois l’essentiel de ses conclusions à la
nécessité de trouver des solutions « pour doter le CANC […] d’une capacité
autonome d’investissement, au moins pour le renouvellement courant des
équipements », après avoir regretté l’absence du traitement de ces
questions dans le schéma directeur de Sofreavia. Elle prévoit en effet la
nécessité de renouveler une bonne partie du matériel dès 1995.
C’est précisément très peu de temps après cette évaluation qu’a été lancé
le programme de rénovation du CANC, qui, avec celle de son centre de
formation, a absorbé la quasi totalité des quelque € 54 millions de
protocoles consacrés au secteur de l’aviation civile au cours de la période
sous revue (cf. liste ci-après).
La rencontre lors de la présente évaluation de responsables de l’aviation
civile et du CANC ainsi que la visite de ce centre a permis de constater :
que la plupart des matériels du CANC avaient été renouvelés,
tous étant financés à 100% sur protocole ;
que les Egyptiens étaient particulièrement satisfaits et fiers de
leur centre, de la qualité de leurs équipements, des
performances de leurs contrôleurs aériens et des prestations
des entreprises françaises ;
que la réorganisation institutionnelle et financière du secteur
engagée au milieu des années 1990 était en voie
d’achèvement ;
que ni les entreprises ni les administrations françaises n’avaient
participé à cette réorganisation ;
qu’au terme de trois ans de collaboration avec Eurocontrol qui
est l’organisme européen de recouvrement des « redevances de
route », le CANC indique qu’il est à même de s’autofinancer et
même de dégager un profit.
Par ailleurs l’évaluateur, qui il est vrai n’est pas un spécialiste, s’est
interrogé sur le dimensionnement d’un système de contrôle en route. Il lui
a été présenté comme pouvant gérer simultanément un millier de
mouvements d’aéronefs alors que le trafic constaté lors de la visite était de
120 mouvements et n’était pas considéré comme particulièrement faible.
Au questionnement près sur le dimensionnement des installations, ces
constatations s’inscrivent dans le droit fil de celles effectuées lors de la
première évaluation : excellence de la prestation technique, absence totale
de prise en compte des questions de gestion et d’organisation
institutionnelle et financière.
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dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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On notera par ailleurs que le financement de la rénovation du CANC s’est
effectué de façon très particulière. Le projet principal d’un montant de
€ 23 millions a d’abord été inscrit sur le protocole de 1994. Il en a été
retiré en 1995 en raison des règles de l’OCDE ne permettant plus d’aide
liée dans les secteurs marchands, les montants correspondants ayant été
réaffectés comme cela a été indiqué dans les paragraphes précédents. Son
financement a finalement été réaménagé en 1996 dans un protocole tout à
fait exceptionnel puisqu’il réserve un élément don de 80% à l’opération
quand à cette date la règle commune pour ce dernier est de 38%. Cette
disposition conduit à passer le seuil de 80% au-delà duquel le financement
sur aide liée n’est plus sujet aux limitations imposées par les règles
convenues entre les membres de l’OCDE participants à « l’Arrangement sur
les crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public ».
Les principaux concurrents de Thales, pas seulement en Egypte, sont des
américains. Ceux-ci sont très présents sur les aéroports secondaires,
plusieurs opérations ayant été financées par l’USAID sur don, la capacité
financière de cette agence qui gère près d’un milliard de dollars en Egypte
étant considérable et ayant pu en l’occurrence être redoutée.
Le secteur du
transport aérien en
Egypte comporte des
enjeux commerciaux
particulièrement
importants
Les enjeux commerciaux de la France en matière de transport aérien en
Egypte sont particulièrement importants avec les ventes récurrentes
d’Airbus, leur entretien, le contrôle aérien ainsi que la construction
d’aéroports et leur gestion éventuelle pour lesquels divers appel d’offres
internationaux sont en cours ou prévus à court terme. Ce secteur a été
profondément restructuré dans la seconde moitié des années 1990, les
objectifs étant d’assurer son autonomie financière et d’en répartir la gestion
entre secteur public et secteur privé. Les enjeux tant commerciaux qu’en
terme de développement de cette restructuration étaient donc très
importants.
On peut regretter que la recommandation d’intervenir en matière
institutionnelle et de gestion faite par les inspections des Finances et de
l’Aviation civile en 1992 n’ait pas été suivie. Même si cette intervention
avait été modeste, elle aurait sans doute permis d’approfondir et d’élargir à
la gestion du secteur les liens tissés par Sofreavia au plan de la
programmation technique. Elle aurait peut-être permis de mieux placer les
entreprises françaises sur les marchés qui doivent très prochainement
s’ouvrir.
Le projet de rénovation du centre de formation des contrôleurs aériens
d’Embaba (15,4 M€), dont la signature et l’imputation restent aujourd’hui
en suspens est présenté comme visant à former les élèves sur les mêmes
matériels que ceux utilisés par le CANC. Alors que ces contrôleurs auront à
exercer ultérieurement au Caire avec des équipements français ou dans les
régions avec des équipements actuellement américains, ce projet renvoie à
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dme
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la concurrence franco-américaine sur le marché égyptien. Ce centre ainsi
que les services de la météorologie avec lesquels un projet de € 5 millions
est en phase de mise en place dépendent directement du ministère et n’ont
pas de liens directs avec le CANC. Ce dernier dépend de la Holding for
Airport and Air Navigation, comme la société chargée des services de
navigation aérienne des autres aéroports du pays et celle chargée de la
gestion des aéroports. La réorganisation en cours, ainsi que le jeu des
changements de direction et des luttes d’influence incontournables compte
tenu des enjeux commerciaux du secteur semble suffire à expliquer le
retard que subit ce projet depuis son inscription sur le protocole de 2002.
246
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Projets du secteur de l’aviation civile financés sur protocole
montant
protocole
M€
montant
contrat
M€
part
trésor
M€
utilisations
M€
solde
non
utilisé
condi
tions
élément
don
global
Système d'information aéronautique du Caire
1,3
1,3
1,3
1,3
0,0
prêt
50%
1993
Système d'information aéronautique du Caire
1,0
1,0
1,0
1,0
0,0
prêt
50%
1993
Etude de modernisation du centre de contrôle aérien du Caire
0,3
0,3
0,3
0,3
0,0
don
100%
1994
Modernisation du système de contrôle aérien du Caire
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
52%
1994
Tour de contrôle du Caire (complément d'équipement)
2,7
2,7
2,7
2,7
0,0
prêt
52%
1996
Assistance à la navigation aérienne des aéroports
d'Alexandrie, El Dabaa et Taba
1,6
1,6
1,3
1,6
0,0
prêt
1996
Rénovation de la Tour de contrôle de Sharm El Sheik
0,8
0,8
0,6
0,8
0,0
prêt
38%
1996
Rénovation du centre de contrôle aérien du Caire
22,9
22,9
22,9
22,9
0,0
prêt
80%
1997
Modernisation du système de contrôle aérien du Caire
(complément)
2,1
2,1
1,7
2,1
0,0
prêt
2002
Modernisation du centre de formation de l'aviation civile du
Caire
22,0
0,0
0,0
0,0
22,0
prêt
2003
Modernisation du réseau météorologique égyptien
5,0
0,0
0,0
0,0
5,0
prêt
36%
2004
Etude de communication aérienne
0,8
0,8
0,8
0,0
0,8
fasep
100%
TOTAL
62,7
35,7
34,8
34,9
27,8
Taux de mixage moyen
86%
Elément don
34,5
24,0
10,4
année
objet
1993
97%
24,8
24,8
247
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
38%
38%
36%
55%
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Les télécommunications
Le secteur des
télécommunications a
surtout été financé sur
des protocoles
antérieurs à la période
Le secteur des télécommunications a surtout fait l’objet de protocoles dans
les années antérieures à 1990. Alcatel et Thomson se sont partagés le
marché correspondant jusqu’en 1984, année où le premier a absorbé
l’activité du second. De 1975 à 1990, des contrats d’un total de
€ 410 millions, soit en moyenne € 27 millions par an, ont été signés par ces
entreprises avec l’Arento, administration égyptienne du téléphone assurant
alors à la fois le rôle d’opérateur et de régulateur des réseaux. La plupart
des contrats ont été financés sur protocole. Sur la seule décennie 1980, les
protocoles dans ce secteur ont atteint € 230 millions, soit en moyenne
€ 23 millions par an.
Les règles adoptées par les pays de l’OCDE à la suite de la crise financières
des années 1980 ont conduit à limiter radicalement les financements dans
ce secteur qui a été une des premières cibles de la vague de privatisations
des années 1990.
2002
2000
1998
1996
1994
1992
1988
1986
Centraux
téléphonique
sur protocole
1984
1982
1980
M€
1990
80
70
60
50
40
30
20
10
0
A partir de 1984, une logique de dotation annuelle d’une douzaine de
millions d’euros pour le secteur a été adoptée. La dotation qui avait été
initialement retenue dans le protocole de 1994 n’a toutefois pas pu être
mise en place en raison de la contrainte que constituaient les règles de
l’OCDE. Elle a été ainsi en partie réaffectée comme il a été indiqué dans les
paragraphes précédents mais elle a aussi été d’une certaine manière
reportée sur les années suivantes. Les protocoles de 1994 à 1997 ont ainsi
retenu des montants de l’ordre de € 4 millions pour le secteur, ceux-ci
étant toutefois systématiquement affectés à deux projets. Ce faisant le
montant unitaire des financements n’a pas dépassé le seuil de 2 millions de
DTS197, soit 2,3 millions d’euros, au-delà duquel s’appliquait la règle OCDE.
Il n’y a plus eu de protocole dans le secteur par la suite.
197
Droits de tirage spéciaux.
248
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Alcatel a été en concurrence assez vive198 avec Thomson puis, après l’avoir
absorbé, avec les Américains et les Allemands. L’entreprise est longtemps
restée dans un strict rôle de fournisseur alors que son concurrent Siemens
se lançait dans un partenariat avec l’Arento en créant l’Egyptian Telephone
Company (ETC), une usine de montage de matériel de télécommunications,
et que les Américains réalisaient sur don une étude de l’ensemble du
secteur des télécommunications égyptiennes. Cette étude devait conduire à
la restructuration du secteur en 1998 avec la séparation des fonctions
d’opérateur et de régulateur et la création de Telecom Egypt pour
l’exploitation et la libéralisation du secteur.
L’activité de l’entreprise s’est cependant redéployée, à partir de 1995,
encore partiellement appuyée sur des protocoles des années antérieures
mais en signant essentiellement des contrats financés sur les fonds propres
d’Arento. Elle a commencé à diversifier son offre à la faveur de l’évolution
du secteur en installant des câbles sous-marins et en participant à la
couverture GSM du pays. En 1998, elle a signé une première tranche de
€ 55 millions du contrat dit « Nile vision » avec Telecom Egypt. En 2002,
elle signait « Nile vision plus », un contrat de € 300 millions à réaliser sur
5 ans pour moderniser les infrastructures de la société. Pour la période de
redéploiement de son activité, à partir de 1997 et donc sur 8 ans, la société
affiche des prises de commande cumulées de € 1,1 milliard. On peut donc
parler aujourd’hui de succès commercial.
Faut-il également parler de pertinence et d’efficacité de l’aide française ?
Sans doute. Mais ce faisant, il ne faut pas oublier que l’aide au secteur a
été essentiellement apportée dans les années noires pour l’aide publique
qu’ont été les années 1980 au cours desquelles des financements
inconsidérés et aujourd’hui proscrits ont été apportés dans de nombreux
secteurs. On notera également que sur les 300 millions d’euros de
protocoles consacrés au secteur depuis 1980, 200 l’ont été avant 1986 et
ont très vraisemblablement fait l’objet des Club de Paris de 1987 et 1991.
Le succès aura donc ici été coûteux. Les leçons en ont désormais été tirées
par l’ensemble des membres de l’OCDE. Il ne doit plus y avoir de
financement pour ce secteur.
En raison des règles
de l’OCDE, il ne doit
plus y avoir de
financement sur
protocole dans ce
domaine
198
Il a fallu en effet l’intervention du ministre français des PTT auprès de l’administration égyptienne, l’Arento,
pour apurer le contentieux créé avec cette dernière sur fond de rivalités franco-françaises.
249
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Projets du secteur des télécommunications financés sur protocole
année
1993
montant montant part
protocole contrat trésor
M€
M€
M€
1,5
1,5
1,5
objet
Etude complexe radio/TV du Six-Octobre
1993
Centraux téléphoniques d'Alexandrie et d'El Khalbeya
1994
Centraux téléphoniques d'Alexandrie
utilisations
M€
1,5
solde
non
utilisé
0,0
don
élément
don
global
100%
condi
tions
13,7
2,3
2,3
2,3
2,3
13,7
2,3
2,2
2,3
2,3
13,7
2,3
2,2
2,3
2,3
13,7
2,3
2,2
2,3
2,3
0,0
0,0
0,0
0,0
0,0
prêt
prêt
prêt
prêt
prêt
50%
52%
52%
46%
46%
1994
Centraux téléphoniques d'El Khalbeya
1995
Centraux téléphoniques d'Alexandrie
1995
Centraux téléphoniques de la région du Delta
1996
Centraux téléphoniques d'Alexandrie et de Marsa Matrouh
2,3
2,3
1,8
2,3
0,0
prêt
38%
1996
Central téléphonique de Garbiya (Delta)
1997
Central téléphonique d'El Sharkia
1997
Central téléphonique d'Alexandrie
2,3
2,3
2,3
2,3
2,3
2,3
1,8
1,8
1,8
2,3
2,2
2,3
0,0
0,1
0,0
prêt
prêt
prêt
38%
38%
38%
TOTAL
33,5
33,5
31,6
33,4
0,1
Taux de mixage moyen
Elément don
95%
16,3
16,3
95%
16,3
16,3
0,1
250
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
49%
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Les chemins de fer
Les engagements de protocole dans ce secteur ont été de € 29 millions
dont un tiers d’élément don. Les interventions financées peuvent se
décliner selon deux axes :
La maintenance, un peu plus de 26 millions avec la fourniture
de matériel d’entretien des voies (1,5 M€ et Geismar), la remise
à niveau de l’atelier de production et d’entretien d’appareils de
voie d’Abasseya (10,7 M€, Cogifer et Geismar) et surtout la
réhabilitation des turbotrains de la ligne principale Le Caire –
Alexandrie (14 M€ Turbomeca et ANF).
La signalisation (2,7 M€, Alstom et SNCF international).
La situation des Egyptian National Railways (ENR) est caractéristique d’un
grand service public ferré. La société exploite 5000 km de voies non
électrifiées et recourrant principalement à une signalisation mécanique
surtout utilisées pour le trafic passager qui représente 75% des recettes.
Les 5% du réseau que représente la voie Le Caire-Alexandrie assurent 15%
du trafic passager.
La situation déficitaire de l’ENR la conduit à limiter l’entretien des
équipements et les investissements. Les équipements deviennent ainsi
rapidement obsolètes soit de vétusté soit par manque d’entretien. Des
accidents surviennent ainsi souvent sur les lignes secondaires d’autant que
la société concentre ses capacités de maintenance sur les lignes principales
que sont Le Caire-Alexandrie et Le Caire-Assouan.
Sur cet axe principal du réseau les performances sont satisfaisante avec,
pour la ligne de référence qu’est celle de Le Caire-Alexandrie exploitée avec
des turbotrains de Turbomeca-ANF, une vitesse de 140 km/h, une sécurité,
une ponctualité et un confort satisfaisants.
La réhabilitation des turbotrains (14 M€)
Durant la période sous
revue, près de la
moitié des protocoles
du secteur ont été
consacrés à la
réhabilitation des
turbotrains
C’est à la réhabilitation de ces turbotrains qu’a été 50% des protocoles du
secteur au cours de la période sous revue. Ce matériel avait été livré en
1984-85 et se trouvait environ à la moitié de sa durée de vie théorique.
Son degré d’usure commandait qu’une réhabilitation ou un changement de
matériels soit effectué. L’étude préalable avait estimé qu’une réhabilitation
était à ce stade à la limite de la rentabilité comparée à l’achat de matériels
neufs. Les limites du budget d’investissement des ENR avaient ensuite fait
retenir la solution budgétairement la moins exigeante. Il est possible
également qu’ait pesé dans le choix l’offre d’un protocole par des Français
attachés à la vitrine que constitue « leur » turbotrain comme le métro et
251
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
particulièrement soucieux de ne pas voir l’image de l’industrie ferroviaire
française ternie par un accident grave.
Les entreprises françaises sont assez bien implantées à l’ENR en matière
d’entretien des voies mais pratiquement absentes de celui du matériel
roulant. Les 6 motrices du turbotrain font figure d’exception parmi les
quelque 800 motrices ou automotrices du parc qui sont allemandes,
américaines ou japonaises et dont l’entretien passe par des sociétés de
nationalité correspondante.
Turbomeca et ANF Industries qui sont respectivement intervenus sur les
turbines et les bogies en se partageant le contrat à parts égales, n’avaient
aucun concurrent en France ni à l’étranger en raison de la spécificité du
matériel. Le protocole n’a donc pas été mis en place pour des raisons
essentiellement commerciales.
Les contrats financés ont été pour elles une première expérience dans le
domaine de la maintenance ferroviaire en Egypte alors qu’ils pensaient
pouvoir se limiter à la remise en état des matériels que l’ENR devait par la
suite remonter. Une expérience difficile à laquelle divers diables ont
participé : incendie de motrices, blocage de longue durée de matériel en
douane, disparition des personnels formés, insuffisance de l’outillage du
client, flou contractuel sur la part locale des contrats, incertitude sur la
contrepartie locale des ENR. En conséquence d’importants retard ont été
enregistrés et une certaine tension est apparue entre le client et ses
fournisseurs en cours de réalisation. Au-delà de l’étude préalable qui s’est
assuré du bien fondé du projet, il a manqué ici une intervention extérieure
qui connaisse la faiblesse du maître d’ouvrage et puisse ainsi introduire les
clauses appropriées d’assistance technique dans le cahier des charges.
Les prestations sont aujourd’hui achevées et les tensions sont retombées
mais ces interventions sont restées sans suite conséquentes pour les deux
sociétés. Par ailleurs la technologie du turbotrain est aujourd’hui
abandonnée en France et l’on s’attend à ce que la ligne Le Caire-Alexandrie
soit à l’avenir soit électrifiée soit passée en diesel.
Les ateliers d’Abesseya (10,7 M€)
La rénovation des ateliers d’Abesseya a mis aux prises pendant près de
quatre ans la Cogifer et Geismar toutes deux fournisseurs traditionnels des
ENR. Un financement pris à la fois sur les protocoles de 1996 et de 1998
montre que la définition du projet a longtemps été incertaine.
252
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Avant leur rénovation, les ateliers d’Abesseya étaient décrit comme suit
dans l’évaluation199 du secteur ferroviaire égyptien faite en 2001 pour le
compte du Trésor : « les machines outils sont dépassées […]. Une partie de
ces machines n’est d’ailleurs plus en état de fonctionnement. La rationalité
est absente du processus et des installations. Les conditions de travail sont
précaires. Les bâtiments vétustes, mal entretenus, bas de plafond et
inadaptés aux équipements modernes. La compétence du personnel ne
permet pas d’envisager une diversification des productions et l’évolution de
la technicité des travaux ».
A partir d’un pareil constat et devant l’ampleur de la tâche, on aurait pu
s’attendre à ce que le projet de rénovation de ces ateliers de production
d’aiguillages ait été soigneusement conçu, mis au point et formulé. Il n’en
a rien été du moins au début. Cogifer qui fournissait la technologie et
Geismar qui devait fournir les machines outils se sont opposés au point que
le principe même du projet ai failli être abandonné. C’est finalement Cogifer
seul qui a signé un contrat à la fin de l’année 2000, soit 4 ans après la
première inscription du projet sur protocole, et c’est 4 ans après, en 2004,
que le contrat est attendu s’achever.
Une telle situation est préjudiciable à une gestion rationnelle des fonds
d’aide publics disponibles et à l’image tant de la coopération française que
de ses entreprises et n’a pas manqué de peser sur le coût final de
l’opération. La mission n’a pas effectué de visite des ateliers rénové ni
évoqué avec l’ENR ce projet qui n’est pas non plus évalué dans l’étude
mentionnée ci-dessus mais, compte tenu des références de la société
française, on peut s’attendre à ce que la qualité technique de l’opération
soit satisfaisante. Ce qui mériterait d’être examiné sont plutôt les questions
de la gestion et de l’exploitation des ateliers rénovés. Quelle formation a-telle été apportée à un personnel jugé manquer de compétences pour que la
nouvelle unité puisse tourner de façon satisfaisante ? Le projet réussira-t-il
à fonctionner au sein de l’ENR ou n’aurait-il pas mieux fallu le réaliser dans
un contexte institutionnel différent en créant, comme la loi l’autorise, une
société de droit privé sur la base d’un partenariat entre l’ENR et Cogifer ?
Compte tenu de ce que l’on sait de l’histoire du projet, il y a ici un doute et
un risque que l’intervention d’une entité chargée de garantir le montage du
projet dans ses aspects techniques, financiers, industriels et institutionnels
aurait permis d’éviter.
199
Evaluation rétrospective de projets du secteur ferroviaire égyptien financés sur protocole. Cerfi, André
Posokhow et Alain Leroux, Avril 2001.
253
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Projets du secteur des chemins de fer financés sur protocole
montant
protocole
M€
année objet
1994
Equipements pour la maintenance du réseau
ferroviaire de l'ENR
1,5
montant part
contrat trésor
M€
M€
condi
tions
1,4
0,1
prêt
élément
don
global
52%
1,5
1995 Signalisation du réseau ferré
2,3
2,3
prêt
46%
1996 Remotorisation des turbotrains le Caire-Alexandrie
7,0
5,6
prêt
38%
1996 Remotorisation des turbotrains le Caire-Alexandrie
4,7
3,8
prêt
38%
1996 Rénovation des ateliers de maintenance de l'ENR
3,8
3,0
prêt
38%
1998 Renovation de l'atelier ferroviaire d'Abbasseya
6,8
4,8
prêt
38%
2003 Etude de signalisation ferrée
0,4
0,4
fasep
100%
26,5
21,3
TOTAL
28,9
Taux de mixage moyen
81%
Elément don
11,6
Rapport final définitif – Mars 2005
23,6
5,3
9,4
2,2
81%
10,7
10,7
254
ddidacticiels et modélisation économiques
solde
non
utilisé
1,5
SERES
dme
utilisations
M€
40%
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Le métro du Caire
Deux lignes de métro sont aujourd’hui en service au Caire :
La ligne n° 1 dont le premier tronçon a été mis en service en
1987 a été à la fois construite et financée par les Français ;
€ 600 millions de protocoles lui ont été affecté ;
La ligne n°2 dont la mise en service a commencé en 1998 est
une réalisation française à l’exception des rames qui sont de
fabrication japonaise ; elle a été financée par les Egyptiens sur
fonds propres200 et a donné lieu à la signature de contrats d’un
total de € 1,2 milliard avec des entreprises françaises.
120
100
M€
m étro
sur protocole
(engagements)
80
60
40
20
0
L’intérêt de la France pour le métro du Caire est ancien. Une première
mission de la RATP est signalée en 1954 mais c’est le plan de transport
réalisé par Systra, alias Sofretu, en 1973 qui a été l’élément fondateur de
l’ancrage français à ce projet. Les deux lignes ont été réalisée par selon un
organigramme similaire constitué de Systra pour la programmation, les
études et la supervision et du groupement Interinfra pour la réalisation.
Alors que Systra est l’héritière des services publics français de transport en
commun, Interinfra a été créé en 1976 pour fédérer les actions
commerciales à l’export de deux grands groupes concurrents de l’époque, la
Compagnie Générale d’Electricité et le Groupe Empain-Schneider. Il est
actuellement contrôlé par Alstom-Transport et comporte comme autres
partenaires Amec Spie Rail, Vinci construction grands projets, et dans une
moindre mesure, Alcatel et Thales.
200
Le ministère concerné couvrait à l’époque les transports et les télécommunications. Les recettes de ces
dernières auraient fourni une partie de la trésorerie nécessaire à la construction.
255
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Le métro est une
nécessité compte tenu
de la densité du tissu
urbain
en Egypte (1993-2003)
Du côté égyptien, la Cairo Metro Organisation, CMO, assure l’exploitation et
la maintenance du réseau alors que la construction des lignes est assuré
par la National Authority for Tunnels, NAT. L’exploitation du métro est bien
entendu déficitaire comme la plupart des équipements de ce genre mais
celui-ci s’avère nécessaire compte tenu de la population du Caire et de la
densité du tissu urbain. Des études récentes menées par Systra (sur Fasep)
et par les Japonais (sur don Jica) concluent toutes deux la nécessité de la
construction rapide d’une troisième ligne pour éviter que la circulation au
Caire ne se voie paralysée.
Les protocoles sous revue
Un montant de € 63 millions a été consacré à ce secteur pendant la période
sous revue qui s’articulent comme suit :
€ 10 millions pour la rénovation des Catenaires de la ligne n°1,
€ 49 millions pour la rénovation d’équipements de la ligne n°1
et notamment des rames,
€ 4 millions pour des études de trafic dans la perspective d’une
3° ligne.
Les deux premiers protocoles correspondent à de la maintenance, et le
second à la rénovation de voitures françaises … dont la maintenance a
échappé aux entreprises françaises et a été confiée aux Japonais !
Le premier protocole a été signé alors que la construction de la ligne n°2
était en cours, que les entreprises françaises avaient obtenu des contrats
d’un total de € 1,2 milliard financés sur fonds propres, et que dans la
même année la NAT attribuait à Interinfra un contrat de € 60 millions pour
l’extension 2b de la ligne n°2, toujours sur fonds propres.
Si le protocole avait été financièrement nécessaire, cela pourrait signifier
que la NAT pouvait mobiliser tous les fonds nécessaire pour la construction
mais qu’au sein du ministère des Transports elle le faisait au détriment du
budget de maintenance de la CMO. Cette situation n’est pas très
satisfaisante comme ne l’est pas plus, dans un pays comme l’Egypte,
l’adoption d’un principe de financement de budgets de maintenance qui
revient à subventionner l’exploitation des projets. Les protocoles sont fait
pour créer des courants d’affaires. Les utiliser pour entretenir ces courants
ne semble pas pertinent.
Ces dernières observations s’appliquent plus encore au projet de rénovation
d’équipements de € 49 millions inscrit sur protocole en 2002. Une première
tentative de passer un contrat avec Alstom a échouée et a été à l’origine de
tensions assez vives entre cette société et CMO. Elle avait été menée, il est
vrai sur la base de spécifications imprécises et en outre dans l’urgence
256
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
créée par la crainte que le mauvais état du matériel ne conduise à un
accident grave : une situation non sans rapport avec celle du turbotrain 6
ans auparavant. L’exploitant en a retiré la désagréable impression d’être à
la merci des intérêts et des conditions d’Alstom. L’intervention de Systra a
par la suite permis d’établir des spécifications et de définir un programme
d’urgence pour assurer la sécurité.
Lors de la mission d’évaluation, CMO avait dressé un « plan d’action » pour
la ligne n° 1 qui est exploitée depuis maintenant plus de 15 ans. Ce plan
prévoyait l’utilisation du protocole de la façon suivante :
− réhabilitation des voitures : 20 M€,
− doublage de voie en bout de ligne pour créer une
station : 10 M€,
− modernisation du systeme de contrôle : 10 M€,
− rénovation du système de caténaires : 5,25 M€,
− réhabilitation du système de fixation des rails201 : 0,7 M€.
Le protocole répondait à un vrai besoin sans aucun doute mais n’avait pas
pris en compte la faible capacité de CMO à définir des priorités et à gérer
les urgences. La situation aujourd’hui créée est un peu délicate et pas très
saine. Elle pourrait déboucher sur de nouvelles tensions avec Alstom à
propos du coût de son intervention. En effet, alors que les prix unitaires
d’Alstom sont déjà jugés trop élevés, la réduction du budget consacré aux
voitures entraînera une réduction du nombre de voitures traitées et de ce
fait une déséconomie d’échelle, une augmentation du coût de leur
traitement et enfin probablement une augmentation des prix proposés. Par
ailleurs, CMO peut être tenté de faire jouer les entreprises les unes contre
les autres dans le « partage » du protocole. Que le protocole serve à attiser
des différends n’apparaît pas souhaitable. Alors que le métro est dans une
certaine dépendance vis-à-vis des fournisseurs français pour assurer sa
maintenance, il paraît également préférable de ne pas associer
l’administration française aux frustrations justifiées ou non que cela peut
faire naître.
Le financement sur Fasep d’études de trafic dans la perspective de la ligne
n°3 s’inscrit au contraire dans une optique d’ouverture de marchés et en
continuité du rôle de conseil que n’a cessé d’avoir Systra auprès de la CMO
et de la NAT. Il permet de leur faire bénéficier de l’expérience accumulée
dans un partenariat de maintenant plus de 30 ans. Se pose cependant de
201
Le système actuel pourrait être responsable de l’usure anormale constatée sur les bogies.
257
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
façon aiguë le problème de la stratégie à adopter pour optimiser les
chances françaises de participer à l’opération.
La ligne n°3
La ligne n° 3 est conçue pour desservir l’agglomération dans sa dimension
est-ouest alors que les deux premières lignes sont plutôt orientées nordsud. Dans sa configuration finale elle doit desservir le quartier d’Embaba à
l’ouest du Nil, et, à l’est, le centre de la ville, le quartier d’Héliopolis et
l’aéroport. Sa réalisation doit se faire en 4 phases même si la réalisation
des deux premières phases est celle qui est couramment évoquée. La
première de ces phases a été chiffrée par Systra à € 700 millions dont 400
de part étrangère. Il s’agit donc à long terme d’un projet de l’ordre de près
de € 3 milliards.
La ligne de métro n°3
est une infrastructure
financièrement non
rentable,pour laquelle
les Egyptiens
essaieront d’obtenir un
financement
concessionnel
La première phase a fait l’objet d’un appel à qualification par lot et la NAT
indique vouloir faire un appel d’offres par lot ou lots groupés. Vingt-deux
sociétés ont été préqualifiées, les concurrents les plus notables étant
Interinfra (France), Siemens (Allemagne), Mitsubishi (Japon) et Catic
(Chine). S’agissant d’une infrastructure financièrement non rentable,
l’Egypte cherchera à obtenir des prêts concessionnels pour la réalisation et
les enchères sont déjà lancées. Le Président de la NAT remet ainsi
volontiers aux visiteurs copie du tarif des prêts concessionnels japonais en
soulignant les qualités du plus avantageux : un prêt d’aide liée avec un
remboursement en 40 ans dont 10 ans de grâce et 0,3% d’intérêt ; un
produit à 50% d’élément don environ.
La question essentielle est de savoir si la France voudra dégager les
moyens nécessaires pour soutenir un groupement franco-français, pour le
nommer : Interinfra. Si oui c’est un protocole proportionné aux 400 millions
de la première tranche qu’il faudra mettre en place et qui soit en outre
suffisamment concurrentiel pour éviter de voir scinder le marché entre,
d’une part, les installations fixes et, d’autre part, le matériel roulant sur
lequel la concurrence japonaise est particulièrement redoutée.
Sinon, le risque est de voir les Egyptiens pousser les bailleurs à faire des
surenchères sur la concessionnalité de leurs financements pour soutenir
leurs entreprises nationales sur un nombre de lots adapté aux capacités
financières de chacun. Les bailleurs pourraient alors avoir à s’engager dans
un lutte commerciale sévère où, en fonction des stratégies industrielles ou
des politiques régionales des uns et des autres, ils seraient en outre plus
ou moins contraints de choisir quelles entreprises soutenir. Cela constitue
un jeu assez risqué : comment se prémunir simultanément par exemple
d’attaques commerciales japonaise sur le matériel roulant et allemande sur
258
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
les installations fixes dans ce jeu de momarsa202 qu’affectionnent les
Egyptiens ?
Malgré, et parfois même peut-être à cause de ses références, la France ne
possède pas tous les atouts :
Sa capacité à mobiliser de l’aide publique sur l’Egypte apparaît
aujourd’hui limitée par rapport à celle des Allemands et des
Japonais ; en 2001, la KFW a engagé € 75 millions de prêts à
80% d’élément don sur l’Egypte et le JBIC € 90 millions à un
élément don moyen de 65% sur les années 2002 et 2003.
La NAT et CMO pourraient être tentés d’adopter une politique de
diversification de leurs fournisseurs.
La bataille commerciale sera rude. Il faut en effet réaliser que les
entreprises adjudicataires de certains des contrats de la première tranche
seront presque nécessairement appelées pour les tranches suivantes. On
ne change pas de matériel roulant d’un tronçon à l’autre ni de système de
contrôle et de signalisation. A l’adjudication de la première tranche une
partie du jeu sera donc fait pour les quatre tranches c’est-à-dire d’un projet
de € 3 milliards. Les efforts consentis par les adjudicataires seront donc à
proportion de ce montant et non pas de celui de la seule première tranche.
Une alternative à une défense franco-française pourrait être la constitution
d’un consortium européen (Euro-infra ?) qui pourrait cumuler les prêts
concessionnels de plusieurs pays membres ainsi qu’un prêt de la BEI à des
conditions adaptées. Rappelons à cet égard qu’Interinfra a été constitué
initialement par des groupes concurrents et rappelons également que
Français et Allemands ont coréalisé le métro d’Athènes. Rappelons encore
que la plupart des crédits accordés par la France pour la construction de la
ligne n° 1 ont été restructurés dans le cadre des accords du Club de Paris
et à moitié annulés.
La ligne n°3
représente un enjeu
de € 3 milliards qui
pourrait justifier la
création d’un
consortium européen
Des solutions autres que ces schémas volontairement simplificateurs
doivent bien entendu être élaborés mais la solution des années 1980 ne
peut plus être retenue et une opération de cette ampleur exige qu’une
stratégie soit soigneusement définie. Il semble ne pas y en avoir à l’heure
actuelle. Le schéma de référence retenu par Interinfra pour financer la part
rapatriable est aujourd’hui celui d’un financement de € 150 millions sur
protocole à 35% d’élément don et d’un prêt BEI de € 200 millions. Cela
semble un peu faible eu égard aux enjeux.
202
Enchères autour d’une table.
259
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Projets métro financés sur protocole
année
montant montant part
protocole contrat trésor
M€
M€
M€
objet
utilisations
M€
solde
non
utilisé
condi
tions
élément
don global
1994
Supervision de la réalisation du poste de commande
de la ligne 1 du métro du Caire
0,8
0,8
0,8
0,7
0,0
prêt
52%
1997
Rénovation des caténaires de la ligne n°1 du Caire
9,9
9,7
7,7
9,6
0,3
prêt
38%
2001
Etude de trafic du Caire (métro)
3,4
3,4
3,4
3,1
0,3
fasep
100%
2002
Etude de trafic routier
0,4
0,4
0,4
0,2
0,2
fasep
100%
2002
Modernisation de la ligne n°1 du Caire
48,8
0,0
0,0
0,0
48,8
prêt
36%
TOTAL
63,2
14,2
12,3
13,6
49,6
Taux de mixage moyen
74%
Elément don
25,4
7,3
18,1
86%
7,9
7,9
260
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
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40%
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Hydraulique urbaine et agricole
Cet ensemble de secteurs a fait l’objet de 46 % des engagements
protocoles et Fasep :
•
Traitement d’eau potable : € 81 millions avec la réalisation
ou l’extension de 8 unités.
•
Traitement des eaux usées : € 90 millions avec le projet
phare de Gaba El Asfar.
•
Hydraulique agricole : € 56 millions avec des interventions
sur 3 stations de pompage et la fourniture d’une assistance
technique au grand projet de Toshka.
Hydraulique urbaine
Le secteur de l’eau urbaine a fait l’objet d’une évaluation en 1994, soit tout
au début de la période sous revue. Cette évaluation souligne dans ses
conclusions à la fois la bonne qualité des réalisations techniques et
l’importance de l’impact des interventions françaises qui, à cette date et
pour le Caire où elles étaient concentrées, correspondaient aux besoins de
60% de la population. Il y est noté par ailleurs :
•
que les collectivités locales éprouvaient souvent des
difficultés à rendre disponibles les sites puis, pour des raisons à la
fois budgétaires et techniques, à réaliser le génie civil, ce qui
entraînait des retards de 2 à 3 ans dans les chantiers ;
•
qu’avec un recouvrement de charges limité à 40% « les
déficits
d’exploitation
acheminent
[les
exploitants]
à
la
banqueroute » ;
•
que le manque de ressources des exploitants ne leur
permettait pas d’entretenir les réseaux dans lesquels 50% de l’eau
produite par les stations était perdue.
L’évaluation recommandait en conséquence :
•
que les projets français souvent limités à la fourniture et au
montage des équipements prennent plus en compte les questions
de génie civil et de réseau ;
•
que l’aide française soit utilisée comme levier pour inciter
les pouvoirs publics égyptiens à réformer la gestion et la distribution
de l’eau et notamment augmenter son prix ;
•
que la livraison des divers lots d’équipement soit
coordonnée avec la réalisation des phases de génie civil pour éviter
une mise en attente inutile de lots sur les sites,
•
que les interventions en matière de détection de fuites d’eau
et de maintenance ou de réhabilitation du réseau soient
développées.
261
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
L’évaluation fournissait également, pour la période 1994-2000, une
approche succincte du marché indiquant que celui-ci se situait pour les 2/3
en milieu rural et que l’investissement pour l’ensemble du pays concernait
pour les 2/3 l’assainissement et pour 1/3 l’eau potable.
Les principales sociétés françaises intervenant dans le secteur de
l’hydraulique urbaine sont Degremont et OTV. L’activité de la première,
implantée depuis longtemps en Egypte, est concentrée sur le Caire et est
exclusivement financée sur protocole. Elle se réduira considérablement à
l’achèvement de la construction de la station de Gabal El Asfar203 du Caire
qui doit intervenir prochainement. Le groupe Degremont restera cependant
très présent puisque Degremont Espagne a signé sur protocole espagnol la
réalisation d’une douzaine de stations de traitement. Il serait intéressant
d’analyser les retombées de ce programme pour les sociétés françaises.
OTV est revenue sur le marché égyptien au seuil des années 90 à la faveur
de la réorientation des protocoles français sur le secteur de l’hydraulique.
Son activité plus décentralisée que celle de Degremont France concerne
souvent des centres urbains secondaires.
Deux projets sont ont été bloqués ou abandonnés dans ce secteur. Celui
d’eau potable de Fayoum (11 M€) et celui d’assainissement d’Agamy à
Alexandrie (33 M€). Dans des circonstances qui n’ont pas pu être élucidées
lors de la présente évaluation, la procédure d’appel d’offres du premier
projet aurait été annulée par les Egyptiens après adjudication en raison
d’une plainte d’un concurrent. Ceux-ci ont par la suite demandé une
réaffectation du protocole sur d’autres projets et se sont heurtés à un
refus.
Le blocage du second projet est dû à deux facteurs. La station d’Agamy, à
l’ouest d’Alexandrie est le volet traitement d’un projet où la BEI finance la
réalisation du réseau et la France le traitement, l’un n’allant pas sans
l’autre. Le refus des autorités égyptiennes de souscrire à une
conditionnalité d’augmentation des tarifs d’eau potable pendant plusieurs
années est une des causes du retard de 6 ans qui a été pris. Cette
augmentation est maintenant faite, mais le projet est actuellement victime
de la faiblesse de la maîtrise d’ouvrage locale : faible compétence
technique et faible capacité de dialogue. Dans ces circonstances, il est
attendu que la BEI ne proroge pas la date limite d’utilisation de son prêt.
Depuis 1998 et après la station d’Agamy, il n’y a pas eu d’autre projets
inscrits sur protocole dans le secteur de l’hydraulique urbaine alors que :
•
la politique aujourd’hui affichée est celle d’une participation
aux objectifs du millénaire dans ce secteur ;
203
Un site dont la capacité doit à terme dépasser celle de la station d’épuration d’Achères.
262
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
•
les entreprises françaises sont en pointe dans ce secteur
tant sur le plan de l’équipement que de celui de la gestion des
réseaux.
Il est possible qu’après les villes principales les centres urbains secondaires
aient aujourd’hui atteint un niveau d’équipement qui déplacent ailleurs les
priorités. Il est donc recommandé qu’une évaluation de type prospectif soit
effectuée pour évaluer les besoins et les priorités égyptiennes, la nature
des marchés correspondants, les financements disponibles et enfin
l’adéquation du dispositif français en place ainsi que ses possibilités
d’évolution. On notera à cet égard que le Nopswad, l’organisme
responsable du secteur en dehors du Caire, annonce une grande campagne
d’équipement des petites villes pour laquelle plusieurs banques de
développement ont manifesté leur intérêt.
Hydraulique agricole
Trois projets de travaux et trois prestations de services ont fait l’objet
d’une inscription sur protocole pour des totaux respectifs de € 48 et
7,3 millions.
Des trois projets, seule la station de pompage d’El Nasr –Noubareya
réalisée par Bergeron (24 M€, 1994) est actuellement achevée. Les
équipements de la station de Komombo (12 M€, 1996) sont en caisse dans
l’attente de la réalisation du génie civil par les Egyptiens et le troisième
projet, suite à son abandon, fait l’objet d’une demande de réaffectation des
crédits du protocole correspondant. Les prestations de services en cours
concernent l’étude Sogreah sur la réhabilitation du barrage de Zefta et une
assistance technique assez importante pour la construction de la station de
pompage de Toshka fournie par Sogreah et BRL.
L’eau en haute, moyenne ou basse Egypte est exclusivement celle du Nil et
l’hydraulique agricole y a toujours été en enjeu majeur et éminemment
politique. Les deux grands chantiers en cours sont la réhabilitation des
barrages construits au début des années 1900 et la création de l’immense
périmètre irrigué de Toshka. Ce projet situé juste en aval du barrage
d’Assouan suppose un prélèvement d’eau de l’ordre du débit de la Seine à
Paris pour approvisionner en eau 300 000 hectares. Projet par excellence
du Président Moubarak, son bien-fondé est souvent contesté du fait de
l’extrême pauvreté des sols du périmètre.
Les entreprises françaises ont perdu au profit d’un consortium anglojaponais le marché, financé sur fonds propres, de la construction d’un
première phase de la station de pompage de Toshka (environ € 1 milliard).
Elles participent avec des Allemands à sa supervision, cette participation
étant financée sur un volet de € 5,4 millions à 37% d’élément don du
protocole de 1999. La demande de réaffectation égyptienne des
€ 12 millions prévus pour le projet aujourd’hui abandonné d’Abu Rawash
263
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
concerne précisément la fourniture d’équipements électromécaniques pour
ce projet. Compte tenu de ce que le pari égyptien sur Toshka n’est
susceptible que d’effets à très long terme, l’acceptation de la demande de
réaffectation aurait une portée essentiellement politique. Un soutien
significatif du projet Toshka apparaît cependant bien au-delà des
possibilités financières de l’aide publique française. Succès ou échec de
celui-ci, l’aide française qui lui serait attribuée risquerait donc de perdre
toute sa visibilité en dehors de quelques gestes symboliques forts.
L’opportunité d’un soutien plus actif de la France à ce secteur mériterait un
examen attentif. Les entreprises françaises y ont remporté des succès :
Vinci avec un contrat de € 70 millions financé par la BEI pour un des lots du
barrage de Naga Hamadi en haute Egypte et Sogreah avec une étude sur la
gestion du secteur de l’eau au niveau national que finance le Japon. La
connaissance approfondie du secteur qui a été acquise devrait permettre de
déterminer les enjeux économiques qui lui sont attachés et de définir une
stratégie en conséquence. Dans le court terme, il conviendrait également
d’examiner de plus près les raisons de l’arrêt du chantier de Komombo et
par la suite d’user d’influence politique, voire de fonds que pourraient
dégager des conversions de dettes, pour faire avancer ce dossier. On
recommande donc également que soit réalisée une évaluation prospective
des opportunités qu’offre ce secteur dans lequel se réalisent de grands
projets.
L’opportunité de
définir une stratégie
française et d’apporter
un soutien plus actif
au secteur de l’eau,
domaine où les
compétences
françaises sont fortes,
mériterait un examen
attentif
264
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Projets du secteur de l’eau potable financés sur protocole
année
montant montant part
protocole contrat trésor
M€
M€
M€
objet
utilisations
M€
solde
non
utilisé
condi
tions
élément
don
global
1993
Etude résorption fuite réseau d'eau au Caire
0,8
0,8
0,8
0,8
0,0
don
100%
1993
Extension de la station de traitement d'eau potable de Fustat
13,7
13,7
13,7
13,3
0,4
prêt
50%
1993
Station de traitement d'eau potable de d'Hosneya et El
Badrashein
9,8
9,8
9,8
9,8
0,0
prêt
1993
Station de traitement d'eau potable de Beni Mazar
4,9
4,9
4,9
4,9
0,0
prêt
1993
Extension de la station de traitement d'eau potable de Beni
Suef
4,3
4,3
4,3
4,3
0,0
prêt
1994
Extension de la station de traitement d'eau potable d'El Tebbin
12,2
12,2
12,2
11,7
0,5
prêt
1994
Extension de la station de traitement d'eau potable de Beni
Suef
5,0
5,0
5,0
4,1
0,9
prêt
1994
Station de traitement d'eau potable du 10 de Ramadan (Grand
Caire)
11,4
11,4
11,4
11,4
0,0
prêt
1995
Etude résorption fuite réseau d'eau au Caire
0,3
0,3
0,3
0,3
0,0
don
100%
1995
Etude résorption fuite réseau d'eau de Ramadan/Badr
0,5
0,5
0,5
0,5
0,0
don
100%
1996
Station de traitement d'eau potable de Fayoum
10,7
0,0
0,0
0,0
10,7
prêt
38%
1997
Extension de la station de traitement d'eau potable de
Shoubra El Kheima (Le Caire)
7,6
7,6
6,1
7,5
0,1
prêt
TOTAL
81,1
70,4
68,9
68,5
12,6
34,7
5,0
Taux de mixage moyen
Elément don
95%
39,7
98%
35,6
35,6
265
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
50%
50%
50%
52%
52%
52%
38%
49%
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Projets du secteur de l’assainissement financés sur protocole
année
montant montant part
protocole contrat trésor
M€
M€
M€
objet
utilisations
M€
solde
non
utilisé
condi
tions
élément
don
global
1993
Etude drainage Alexandrie Est
0,6
0,6
0,6
0,6
0,0
don
100%
1993
Etude assainissement Alexandrie ouest
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
don
100%
1993
Etude du traitement des boues au Caire
0,3
0,3
0,3
0,3
0,0
don
100%
1994
Etude de la station d'épuration Gabal El Asfar des
eaux usées du Caire
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
don
1995
Etude du traitement des eaux usées du Caire
0,2
0,2
0,2
0,2
0,0
don
1995
Supervision de la réalisation de la station de
traitement des eaux usées de Gabal El Asfar
0,8
0,0
0,0
0,0
0,8
don
1995
Seconde tranche de la station d'eaux usées de
Gabal El Asfar
52,6
52,6
52,6
34,9
17,7
prêt
1998
Station d'épuration d'Alexandrie Ouest (Agamy)
32,8
0,0
0,0
0,0
32,8
prêt
TOTAL
90,3
56,8
56,8
39,1
51,2
Taux de mixage moyen
89%
Elément don
41,4
20,2
21,3
100%
28,3
28,3
266
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
100%
100%
100%
46%
38%
46%
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Projets du secteur de l’hydraulique agricole financés sur protocole
année
montant montant part
protocole contrat trésor
M€
M€
M€
objet
condi
tions
élément
don
global
Supervision barrage d'Esna
0,5
0,5
0,5
0,5
0,0
don
100%
1994
Station de pompage d'El Nasr - Noubareya
24,0
23,9
23,9
23,9
0,2
prêt
52%
1996
Réhabilitation de la station de pompage de Komombo
12,2
12,2
9,8
10,1
2,0
prêt
38%
1997
Station de pompage d'Abu Rawash et Zenin
12,2
0,0
0,0
0,0
12,2
prêt
38%
1999
Assistance technique au projet Toshka
6,2
5,4
5,4
2,5
3,7
prêt
37%
2003
Etude de réhabilitation du barrage de Zefta
0,6
0,6
0,6
0,1
0,4
fasep
100%
TOTAL
55,7
42,5
40,1
37,1
18,6
Taux de mixage moyen
91%
Elément don
25,2
17,8
7,3
94%
20,1
267
Rapport final définitif – Mars 2005
ddidacticiels et modélisation économiques
solde
non
utilisé
1993
SERES
dme
utilisations
M€
20,1
45%
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
L’électricité
Le secteur de l’électricité a fait l’objet d’inscriptions sur protocole d’un total
de € 61 millions sur la période 1993-2003 sous revue alors que dans la
période 1989-1993 ces inscriptions avaient été de près de € 700 millions.
Cette chute résulte des contraintes de financements retenues pour ce
secteur par les pays de l’OCDE en raison de sa nature marchande : pas
d’aide liée dans les secteur marchands sauf montant inférieur à DTS 2
millions ou élément don supérieur à 80 %.
Les interventions sur
protocoles dans le
secteur de l’électricité,
qui avaient été de
€ 700 millions durant
la période 1989-1993,
n’ont plus été que de
€ 61 millions entre
1993 et 2003
Ces contraintes ont conduit :
•
à réaffecter un projet de réhabilitation de sous-station de
€ 12 millions inscrit sur le protocole de 1994,
•
à multiplier les petits projets de moins de € 2 millions,
•
et à financer avec un prêt d’un élément-don de 80 % un
dispatching de la région du Delta.
Une évaluation faite en 1999 de cinq des petits projets a montré le
caractère très commercial de ceux-ci qui dont certains se sont adressé à
des entreprises effectuant des bénéfices confortables (Egyptalum, Nasr El
Coke) et l’un à une entreprise en passe d’être démantelée.
La prise en compte de la sous-station de Louxor (1993) et celle de Wadi El
Nuqra (1995) signent la fin de l’aide considérable accordée par la France à
la constitution des infrastructures de production d’électricité et de
distribution haute tension.
L’attribution d’un protocole à 80 % d’élément don au dispatching de la
région ouest du Delta pour déroger à la règle OCDE suppose une très forte
volonté politique de voir confier cette réalisation aux entreprises françaises.
L’implantation des entreprises concernées en Egypte avait en effet été
largement assurée par l’octroi régulier de protocoles pendant plus de
10 ans.
Sept ans après son inscription sur protocole, seules les études du projet ont
été aujourd’hui réalisées, et financées sur protocole. Aucun contrat de
réalisation n’a encore été signé. L’évaluateur n’a pas eu d’informations sur
les raisons de ce délai. L’absence de hâte qu’a manifesté le bénéficiaire à
utiliser un prêt doté d’un tel élément don a sans doute à voir avec les
réformes qu’a subi le secteur ainsi qu’aux conditions de rétrocession du
prêt qui lui sont faites de la part de la banque centrale et qui peuvent être
bien moins intéressantes que celles du protocole.
268
dme
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Projets du secteur de l’électricité financés sur protocole
montant montant part
protocole contrat trésor
M€
M€
M€
année objet
condi
tions
élément
don
global
13,7
13,7
13,7
13,7
0,0
prêt
50%
1993 Compensateur d'énergie réactive
2,1
2,1
2,1
2,1
0,0
prêt
50%
1993 Centre de formation pour travaux sous tension
2,0
2,0
2,0
2,0
0,0
don
100%
1994 Centrale hydro-électrique d'El Lahun
3,0
3,0
3,0
2,4
0,7
prêt
52%
1994 Compensateur d'énergie réactive
2,3
2,3
2,3
2,2
0,1
prêt
52%
1994 Centrale thermique El Nasr Coke & Chemical
2,3
0,0
0,0
0,0
2,3
prêt
52%
1994 Centrale thermique d'Egyptalum
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
52%
1995 Sous station électrique de Wadi El Nuqra
9,1
9,1
9,1
9,1
0,0
prêt
46%
2,3
2,3
2,3
2,3
0,0
prêt
Assistance technique pour la plannification et la
conception de réseaux électriques ruraux
46%
1995 Compensateur d'énergie réactive
1,5
1,5
1,5
1,5
0,0
prêt
46%
1996 Sous station électrique de Wadi El Faregh
pm
pm
pm
0,0
pm
prêt
pm
Dispatching électrique de la région ouest du Delta du
Nil
18,3
2,7
2,7
0,0
18,3
prêt
TOTAL
59,0
41,1
41,1
37,7
21,3
19,4
16,2
1997
Taux de mixage moyen
Elément don
100%
35,6
100%
22,0
22,0
269
SERES
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ddidacticiels et modélisation économiques
solde
non
utilisé
1993 Sous-station électrique de Louxor est (distribution)
1995
dme
utilisations
M€
80%
60%
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Conclusion et recommandations
Les protocoles ont atteint près de € 140 millions par an dans la période
antérieure à celle de l’évaluation. Ils étaient dédiés aux deux tiers au métro
et à la production électrique. Trois autres secteurs faisaient l’objet
d’interventions régulières : le téléphone, le contrôle de la navigation
aérienne et l’eau potable.
A la suite de la crise financière de la fin des années 1980 et de l’annulation
de dette de 1991 qui en a marqué le terme, cette aide a été
progressivement mais sévèrement réduite, dans les mêmes proportions
que le budget protocoles/RPE tous pays confondus. A la fin de la période
sous revue, les engagements en Egypte ont ainsi été d’une moyenne de
€ 20 millions par an, soit sept fois moins que dans les années 1980.
Ces restrictions budgétaires et la prise en compte des règles de l’OCDE
visant à mettre un terme au financement sur aide publique des projets
commercialement viables ont conduit à un premier remaniement des
engagements sur protocole. L’introduction de la RPE en 1998 et
l’accentuation de la contrainte budgétaire en ont provoqué un second. Ces
deux périodes témoignent des difficultés pour effectuer les abandons
nécessaires plutôt que des premiers succès qu’une nouvelle stratégie aurait
pu susciter.
Crédits concessionnels et garanties publiques avaient permis un
positionnement sur de grands marchés publics qui avaient exigé la mise en
place d’un important et lourd dispositif commercial. Celui-ci s’est trouvé
peu adapté à la donne des années 1990 et n’a généralement pas trouvé de
second souffle. La presque seule exception à cette règle a été la situation
d’Alcatel. A la faveur de la restructuration et de la libéralisation du secteur
des télécommunications en Egypte, l’entreprise a en effet su développer et
diversifier son activité, en particulier dans l’installation de câbles sousmarins et la couverture GSM du pays qui ont été financées sur fonds
propres.
La réponse aux grandes mutations de secteurs comme le contrôle de la
navigation aérienne et l’électricité a essentiellement consisté en
propositions de financements à 80 % d’élément-don, ceux-ci permettant de
ne pas être tenu par les règles OCDE limitant l’aide publique aux projets
commerciaux. Malgré les recommandations d’intervention en matière
institutionnelle et de gestion qu’avaient exprimées les inspections des
Finances et de l’Aviation civile dès 1992, l’absence française à ces niveaux
a fait obstacle à l’acquisition d’une connaissance fine des mutations en
cours, voire même d’une participation active, qui auraient permis de les
anticiper, de gagner en influence et de développer une stratégie industrielle
270
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et commerciale adaptée à l’ouverture de ces secteurs. Ce champ a été
laissé à l’influence américaine. De plus, en dépit de l’excellence des
prestations antérieurement réalisées, l’impact commercial de la tactique
défensive qui a été adoptée s’est révélé très faible. Un projet de
dispatching de € 18 millions demeure en effet bloqué depuis maintenant 7
ans et le projet d’équipement du centre de formation du contrôle aérien se
trouve en panne depuis plus de 2 ans.
La diversification de l’aide française observée au début de la période sous
revue a principalement concerné le secteur de l’eau. Aux projets antérieurs
d’eau potable se sont adjointes des interventions dans le domaine de
l’assainissement et de l’hydraulique agricole. L’effet de levier des
opérations financées dans le secteur de l’eau urbaine a cependant été
inexistant : depuis 1998, aucun contrat n’a été signé et la plupart des
entreprises qui sont intervenues voient aujourd’hui leurs chantiers
s’achever et s’apprêtent à fermer leur bureaux.
Une présence parallèle aux niveaux institutionnels et en matière de gestion
aurait pu permettre de percevoir l’évolution du secteur et de prendre la
mesure de ses évolutions et de l’urgence qu’il y avait à adapter l’offre
française.
Il paraît souhaitable qu’une évaluation de type prospectif soit effectuée
pour évaluer les besoins et les priorités égyptiennes, les marchés
correspondants, les financements disponibles et les possibilités d’évolution
de l’offre française. La mise en place d’un dispositif d’assistance, d’appui de
suivi et de veille auprès des autorités égyptiennes sera par ailleurs
nécessaire pour accompagner le redéploiement d’entreprises françaises si
l’objectif de doublement de l’aide française dans le domaine de l’eau doit se
traduire en Egypte. Le développement de ce secteur ne peut avoir lieu
qu’en parallèle avec des évolutions de son organisation et de ses
institutions.
Au cours de la seconde moitié de la période sous revue, les imputations
annuelles, protocoles et Fasep confondus, n’ont pas excédé € 2 millions
alors qu’elles avaient été de près de € 50 millions en début de période.
Cette situation tient en partie au principe même de la réforme de 1998. La
RPE conduit en effet à soutenir un nombre restreint de grosses opérations.
Dans un pays où les opérations sont commercialement particulièrement
difficiles à monter et où les pouvoirs publics ont adopté une politique
d’endettement extérieur très restrictive, le maintien d’un flux de projets
s’accommoderait mieux d’un portefeuille plus diversifié d’opérations plus
petites.
D’un montant de près de € 50 millions, le principal engagement sous le
régime de la RPE a concerné la ligne n°1 du métro du Caire. Ce projet est
surprenant à plus d’un titre. C’est tout d’abord un projet de maintenance
271
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alors que l’exploitation du métro relève plutôt de questions de tarification
et de subvention locale. Le contenu précis du projet fait l’objet de
controverses entre la Cairo Metro Organisation (CMO) et le fournisseur
français Alstom. Enfin le besoin d’un financement concessionnel apparaît
d’autant moins que la ligne n°2 a été financée sur fonds propres égyptiens.
Ce protocole prend toutefois un sens dans la perspective de la construction
de la ligne n°3 : une opération d’un total de € 3 milliards dont
€ 700 millions pour une première phase pour laquelle de premières études
ont été effectuées par Systra sur financement Fasep. Pour cette opération,
une première question se pose : la France voudra t-elle dégager des
moyens proportionnés au montant de l’ensemble de l’opération ou ne
pourra t-elle qu’en soutenir une partie ? Dans le premier cas le groupement
Interinfra est susceptible de présenter une offre particulièrement complète
et cohérente alors que dans le second les industriels en ordre dispersé
seraient soumis à une concurrence bien plus menaçante.
Le schéma de financement actuellement retenu par Interinfra pour les
€ 400 millions de part étrangère de la première phase est celui d’un
protocole de € 150 millions et d’un prêt de € 200 millions de la BEI. Ce
schéma risque tout d’abord s’avérer insuffisant face à la concurrence
japonaise, voire chinoise. En outre, la participation qu’il attend de la BEI
semble difficile à concilier avec une exclusion de tout partenariat avec des
industriels d’autres pays membre.
La question est donc finalement de savoir si le soutien financier français à
la ligne n°3 doit être passif ou s’il doit s’inscrire dans un politique
industrielle et en être l’outil. Dans ce dernier cas, à l’instar de la
constitution d’Interinfra faite avec des groupes concurrents pour
sauvegarder l’essentiel, celle d’un groupement européen susceptible de
mobiliser un volume critique de crédits concessionnels et de financements
communautaires mériterait sans doute d’être envisagée
272
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VIII La coopération agricole
204
Le contexte
L’agriculture contribue en Egypte à 17% du PIB et fournit des emplois à
près d’un tiers de la population active. La surface agricole utile du pays, ne
représente que 3,4 millions d’hectares, bien qu’elle ait été accrue de
1,2 million d’hectares ces trente dernières années. L’objectif du
gouvernement est de dépasser 4 millions d’hectares grâce à la poursuite de
la politique de bonification des terres (projets Nord Sinai, East Oweinat,
Toshka). Depuis le milieu des années 80, de profondes réformes ont permis
la privatisation de 90% des exploitations appartenant à l’Etat, la
multiplication des petites exploitations (1,5 ha en moyenne), la suppression
des subventions sur les intrants et la libéralisation des prix.
Avec environ 6 millions de tonnes de blé importées chaque année, l’Egypte
est un des trois premiers importateurs mondiaux de blé. Les achats à
l’étranger de céréales, d’un montant de plus d’un milliard de dollars par an,
représentent le premier poste des importations et correspondent à la
couverture d’environ la moitié des besoins. Elles permettent de satisfaire
une consommation de blé et de farine qui est l’une des plus élevées du
monde205. Pour la campagne 2002/2003 les principaux fournisseurs ont été
la France (2,3 millions de tonnes), la Russie (1,3 Mt) et les Etats-Unis
(1,3 Mt). Pour la campagne 2003/2004, les Etats-Unis ont repris leur
position de principal fournisseur, la part de la France devant être beaucoup
plus faible. L’importance de l’enjeu céréalier à poussé le gouvernement
égyptien à conduire dès 1986 une politique visant à encourager la
production locale de blé et à améliorer son ratio d’autosuffisance,
actuellement d’environ 50%.
Pour l’ Egypte, qui
importe chaque année
la moitié des
13 millions de tonnes
de blé consommées,
l’enjeu céréalier est
fondamental
L’élevage bovin, important206, est pour sa majeure partie réalisé dans de
petites exploitations familiales traditionnelles. Il existe cependant des
exploitations moyennes (10 à 100 bovins) et 32 grandes structures (500 à
7000 bovins). L’alimentation animale produite localement est souvent
insuffisante et le développement du secteur dépend en partie des matières
premières importées.
204
Dans ce secteur, une mission parallèle à la mission d’évaluation a été réalisée, à la demande du ministère de
l’Agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales. Cette mission, effectuée par Monsieur J.M.
Travers, Inspecteur Général de l’Agriculture, avait pour objectif de réaliser une évaluation rétrospective et
prospective du BLAFE, et s’est déroulée à la même période que la mission d’évaluation, ce qui a permis des
échanges de vues.
205
173/kg/an/habitant, essentiellement sous forme de pain « baladi », dont jusqu’au 2/3 du coût est couvert
par des subventions.
206
Le nombre de bovins est estimé à 7,3 millions de têtes.
dme
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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La dépendance vis-à-vis des importations, notamment pour les principales
denrées de base, reste un sujet de grave préoccupation pour le
gouvernement égyptien. Une stratégie de développement agricole a été
mise en place pour la période 1997/98 à 2016/17. Parmi les 14 axes
retenus figurent : maintenir la croissance de la production de céréales ;
augmenter la production de sucre ; donner plus d’importance aux projets
d’irrigation ; augmenter le production de protéines animales ; appuyer la
recherche agricole ; poursuivre l’effort de distribution de terres aux jeunes
diplômés ; poursuivre les programmes de bonification des terres ; créer un
environnement favorable aux investisseurs étrangers et égyptiens ; etc. …
On peut noter que l’accord d’association Union européenne – Egypte
prévoit une libéralisation du commerce des produits agricoles.
Le dispositif français de coopération
Dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, les interventions de la
Coopération française reposent pour l’essentiel sur les actions du Bureau de
Liaison Agricole Franco-Egyptien, BLAFE207.
Une aide alimentaire qui a permis la mise en œuvre de projets de
développement agricole en partenariat
Chaque année depuis 1968 la France accorde une aide alimentaire à
l’Egypte. Ce don est livré sous forme de farine de blé ou, depuis 2000, de
blé. La dernière livraison (20 000 tonnes) a été réalisée en novembre 2003.
Depuis 1983, la France et l’Egypte ont créé un Fonds de contrepartie de
l’aide alimentaire pour soutenir le développement du secteur agricole en
finançant des projets. Ce Fonds, abondé par le biais de la monétisation sur
le marché égyptien des produits livrés, a représenté € 110 millions sur la
période 1983-2002.
Le Fonds de
contrepartie de l’aide
alimentaire permet de
mettre en œuvre, par
l’intermédiaire du
BLAFE, de nombreux
projets de
développement agricole
En 1984, le BLAFE a été créé avec mission d’administrer le Fonds de
contrepartie, d’identifier les projets susceptibles de faire l’objet d’un
financement en tenant compte de la demande égyptienne et du taux de
retour pour les entreprises françaises, et de suivre les projets approuvés
tout au long de leur cycle. Le BLAFE est un service du ministère égyptien
de l’Agriculture, dont le co-directeur égyptien est Directeur des relations
internationales du ministère et le co-directeur français un assistant
technique. Ce dernier, s’il est logé au ministère208, entretient des relations
207
En dehors de ce cadre, des travaux sont menés en liaison avec l’IRD dans le domaine de la virologie
alimentaire ; le CFCC dispose de quelques moyens, très limités (bourses de stage, invitations)
208
Il existait antérieurement des bureaux canadien, américain et allemand. La Coopération française est la
seule à avoir conservé un assistant technique logé au ministère, ce qui permet un réel travail en commun
avec l’administration égyptienne.
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étroites avec les services de l’Ambassade et, plus spécialement la Mission
économique où il dispose également d’un bureau. L’instruction des projets
est effectuée par un comité technique paritaire, le comité de pilotage à qui
revient la décision d’adopter ou non un projet étant coprésidé par le
Ministre de l’Agriculture et l’Ambassadeur de France.
Le coût annuel de fonctionnement du BLAFE (assistant technique et frais de
fonctionnement) pour la Coopération française est d’environ € 150 000, qui
sont pris en charge pour 40% par le ministère de l’Agriculture, pour 40%
par le ministère des Affaires Etrangères (CFCC) et pour 20% par le
ministère des Finances (DREE). Les fonds de contrepartie représentent une
capacité de mettre en œuvre des projets pour un montant d’environ
€ 2 millions par an. Le budget de l’aide alimentaire, qui dépendait jusqu’à
présent du ministère de l’Agriculture sauf pour les transports, sera
entièrement géré par les Affaires étrangères à compter de 2005.
Les projets du BLAFE présentent un intérêt certain pour le
développement agricole et s’inscrivent dans la stratégie égyptienne
Jusqu’en 1999 les financements de projets, réalisés dans tous les secteurs,
ont fait preuve d’une certaine dispersion, mais depuis une concentration
sur certaines filières (blé, lait, sucre) et approches (bonification des terres,
lutte biologique) a été opérée. En 2002, un programme-cadre a été
élaboré.
Le BLAFE permet le
financement de projets
de développement dans
un pays où des projets
ZSP ne sont pas
possibles
Entre la Commission mixte de 1992 et celle de 2001, 75 projets ont été
financés. On peut citer : l’appui à la distribution des terres aux jeunes
diplômés ; le programme de mise en valeur des terres récemment irriguées
dans le delta ; le projet de développement de l’élevage, dont l’objectif est
d’augmenter la production de lait et de viande ; le projet d’amélioration des
techniques fromagères. Fin 2003, le projet CREFDAT (Centre de Ressources
Egypto-Français pour le Développement Agricole de la zone de Toshka),
action d’expérimentation qui accompagne un grand projet de
développement agricole du pays, a été approuvé. Les projets réalisés
s’inscrivent dans la stratégie agricole définie par le gouvernement égyptien.
La qualité de ces projets est appréciée par les Egyptiens. Elle est également
reconnue par les autres bailleurs de fonds209.
209
Le Co-directeur du BLAFE copréside le groupe des donneurs sur l’agriculture. La Commission européenne
aurait envisagée de confier au BLAFE la gestion du solde de son fonds de contrepartie de l’aide alimentaire.
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Evaluation
Des projets réussis qui constituent la seule aide à des projets de
développement de la Coopération française
Pour la Coopération française, l’incidence positive, même si elle est bien sûr
limitée, des projets BLAFE sur les secteurs de l’agriculture et de l’élevage
se double d’un intérêt en tant que participation de la France à des projets
de développement : dans le cadre des Donor Assistance Groups, DAG,
créés pour coordonner la lutte contre la pauvreté et la marche vers les
objectifs du millénaire, c’est seulement dans le groupe agriculture que la
France peut faire entendre sa voix. Il est parfois reproché à la Coopération
française par les Egyptiens210 de ne plus agir que dans l’intérêt direct des
entreprises françaises : le BLAFE, sans perdre de vue cet aspect, réalise de
réels projets de développement.
Des retombées non négligeables pour les institutions et
entreprises françaises
Le taux de retour de l’aide alimentaire est estimé par le BLAFE à 40%211.
Bien que ce taux semble optimiste et n’ait pu être vérifié, on constate que
pour les 75 projets mis en œuvre entre 1992 et 2001, l’encadrement par
des entreprises ou des institutions françaises a été fréquent212. Le projet de
filière francophone dans l’agro-alimentaire à l’Université d’Alexandrie est
soutenu par le BLAFE. Les exportations céréalières françaises profitent
aussi de la visibilité du BLAFE et il est probable qu’elles seraient moins
faciles sans l’existence de celui-ci.
Un dispositif de financement qui ne peut être maintenu
Pays émergent pour lequel le principal bailleur, les Etats-Unis, estime que
l’aide doit être remplacée par le commerce et les investissements, l’Egypte
ne doit normalement pas bénéficier d’une aide alimentaire, qui, selon les
orientations désormais admises par les donateurs, est à réserver aux pays
les plus pauvres et aux situations d’urgence. Néanmoins, classée par la
FAO dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier, l’Egypte a un besoin
crucial d’importer des céréales et la France a défini avec les autorités
égyptiennes un programme d’appui à la sécurité alimentaire. Il serait
cependant peu cohérent de réaliser de l’aide alimentaire dans l’unique
objectif de permettre au BLAFE de poursuivre ses activités.
Actuellement, les fonds disponibles en trésorerie s’élèvent à environ
LE 70 millions213, mais 50 millions sont affectés à des projets en cours. Le
210
Par exemple au ministère de la Coopération internationale.
211
Montant de l’aide alimentaire / marchés des institutions et entreprises françaises.
212
IGN, Spot-images, Cirad, Agropolis, INRA, IRD, UCEAR, Agropôle, Gnis sont cités dans le procès-verbal de la
Commission mixte.
213
La livre égyptienne vaut actuellement € 0,13.
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reliquat de 20 millions disponible214 permet la poursuite des activités du
BLAFE pendant environ 2 ans. Après cette période d’autres financements
doivent être envisagés pour que le BLAFE poursuive ses activités.
On peut aussi souligner que si les résultats obtenus sont à porter au crédit
d’une équipe franco-égyptienne soudée, ils dépendent avant tout de
l’énergie dispensée par un homme, l’assistant technique co-directeur, et la
pérennité institutionnelle du BLAFE n’est pas assurée.
Conclusions et recommandations
La poursuite des activités du BLAFE est souhaitable pour l’Egypte : l’intérêt
des projets pour l’agriculture du pays est certain. Elle est également
souhaitable pour la France : le BLAFE représente pratiquement la seule aide
à des projets de développement de la Coopération française, et une aide
réussie avec en outre un retour pour les institutions et entreprises
françaises.
La pérennité du BLAFE
ne pourrait être
assurée que par des
financements nouveaux
difficiles à trouver
Le maintien des crédits de fonctionnement pris actuellement en charge par
les ministères de l’Economie et des finances, des Affaires étrangères et de
l’Agriculture et les reliquats financiers disponibles dans le Fonds de
contrepartie peuvent permettre d’assurer pour encore deux années les
activités du BLAFE. Au delà, la survie du BLAFE ne peut être assurée que
par de nouveaux financements, mais les organismes susceptibles de les
fournir semblent peu favorables à un engagement d’environ € 2 millions
par an permettant le maintien de l’activité actuelle. C’est le cas du
ministère de l’Agriculture comme du ministère des Affaires étrangères ainsi
que du ministère de l’Economie et des finances215. Les outils comme le
FASEP et la RPE ne sont pas adaptés à un tel financement ; l’AfD n’est pas
autorisée à faire des dons en Egypte. Le programme est trop important
pour la coopération décentralisée. Les céréaliers acceptent les retombées,
mais ne sont probablement pas prêts à ce qu’elles représentent un coût.
Il ne semble pas non plus que le Gouvernement égyptien veuille pérenniser
sur son budget ce bureau franco-égyptien216. Le BLAFE pourrait certes
développer une activité de conseil en Egypte, mais il s’agirait plus de
l’activité d’un ou de quelques individus que de la pérennité d’une
institution.
214
Dont 13 millions correspondent à l’aide alimentaire dispensée fin 2003.
215
La DREE envisagerait de ne plus participer financièrement au fonctionnement du BLAFE.
216
Selon le ministère de la Coopération internationale, l’agriculture n’est d’ailleurs pas au « top de l’agenda »
de la coopération internationale, la formation professionnelle et le développement des PME étant prioritaires.
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En ce qui concerne les financements multilatéraux, le CSP de la
Commission européenne ne comporte pas de volet agricole pour la période
2002-2006 et la FAO ne dispose pas de moyens suffisants.
Comme dans d’autres domaines, la question se pose en fait de savoir si la
Coopération française doit réaliser des projets de développement dans un
pays qui ne fait pas partie de la ZSP. Une réponse positive nécessite des
moyens supplémentaires, qui semblent difficiles à rassembler, mais qui
pourraient éventuellement provenir des accords de conversion de dette.
Une réponse négative condamne à terme l’existence du BLAFE, dont la
disparition devrait sans doute alors être discutée avec les Egyptiens, car les
actions de développement de la Coopération française en Egypte, à la fois
réussies et ayant une bonne visibilité externe ne sont pas nombreuses, et il
ne serait pas souhaitable de confirmer l’impression de retrait de la
Coopération française qu’ont parfois certains Egyptiens.
La Coopération
française peut-elle
abandonner, sans
donner l’impression
d’un retrait, la
réalisation de projets
de développement
réussis et visibles ?
dme
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278
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Annexes
Termes de référence
Présentation des experts
Liste des personnalités rencontrées
L’aide internationale à l’Egypte
dme
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DGCID
SME / SCE4
Bureau de l'évaluation
en Egypte (1993-2003)
Direction du Trésor
SAEI
Unité d’évaluation
Évaluation de la coopération française en Egypte
1993-2003
Termes de référence*
(version 7)
( 8 avril 2004)
L'évaluation-pays, ou évaluation géographique, porte sur les activités de coopération dans le pays
concerné. C’est un exercice de nature rétrospective, confiée à un prestataire extérieur, sélectionné après une
mise en concurrence. Elle est réalisée sous la conduite d'un comité de pilotage. Elle sert de base à une
réflexion de caractère stratégique.
1.
JUSTIFICATION DE L'EVALUATION
La décision de mener une évaluation de la coopération française en Egypte a été inscrite au
programme de la DGCID du Ministère des affaires étrangères par le comité des évaluations du 27 mai 2003 sur
proposition de la coordination géographique. La Direction du Trésor du Ministère de l’économie, des finances et
de l’industrie l’a également inscrite à son programme 2004. Cet exercice associe en outre d’autres ministères et
organismes publics.
Cet exercice est motivé par :
•
les relations historiques, culturelles et économiques;
•
la francophonie;
•
l'importance des moyens et la diversité des instruments de la coopération (bien que n’appartenant
pas à la Zone de Solidarité Prioritaire, l’Egypte est un des bénéficiaires majeurs de l’APD française);
•
la multiplicité des acteurs et des opérateurs;
•
le souhait du poste d’apprécier la cohérence du dispositif de coopération, d’améliorer sa lisibilité et
éventuellement de réorienter ses choix stratégiques;
•
La perspective d’un démarrage des activités de l’Agence française de développement.
•
La perspective d’établissement d’un document stratégique pays.
Dans la perspective d’une coopération rénovée avec l’Egypte, des leçons doivent être tirées de
l’analyse du passé. Les succès ou des difficultés en matière de coopération qui ont pu être rencontrés dans la
décennie écoulée sont de nature à éclairer la pratique de la coopération dans le futur.
*
Ce document demeure la propriété exclusive de l'administration française. Les consultants doivent s'engager à
ne pas divulguer son contenu et à le pas l'utiliser à d'autres fins que celles de l'étude.
dme
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281
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
2.
en Egypte (1993-2003)
CHAMP DE L'EVALUATION
L'étude analysera la politique française de coopération en Egypte dans son ensemble, entre 1993 et
2003. Elle englobera tous les moyens participant à la coopération française en Egypte, mis en œuvre par :
-
les administrations : Ministère des affaires étrangères, Ministère de l'économie, des finances et de
l'industrie, Ministère de l’agriculture, Ministère de la recherche, Ministère de l'éducation nationale, Ministère
de la culture et de la communication, Ministère de l’intérieur et autres administrations ayant contribué à la
politique de coopération.
-
les organismes participant au dispositif français de la coopération internationale. Il s'agit :
des organismes sous tutelle : l'Agence pour l’Enseignement du Français à l’étranger (AEFE), l’Association
Française d’Action Artistique (l’AFAA), le Bureau de liaison agricole franco-égyptien (BLAFE), le Centre
d’études et de documentation économique, juridique et sociale (CEDEJ) ;
et des établissements publics comme l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO), les Universités, les
écoles, IRD …
-
les collectivités territoriales ainsi que les ONG recevant des subventions du MAE.
Sont exclues les actions relevant exclusivement d’une logique d’expansion économique (promotion du
commerce extérieur et des investissements français). Il importera toutefois de mettre en perspective les
interactions entre les activités de coopération et les relations diplomatiques, commerciales,
industrielles, financières, etc entre la France et l’Egypte.
3.
OBJECTIFS DE L'EVALUATION
3.1.
Analyse rétrospective
Les évaluations pays ont pour objectif l'analyse rétrospective afin d'en tirer des enseignements pour l'avenir.
L'exercice d'évaluation peut être utilisé aussi dans les procédures internes pour améliorer la communication, les
échanges, l’apprentissage et la synthèse des expériences.
Détaché de l'action quotidienne, ce travail devra permettre de tirer les enseignements du passé en déterminant
les objectifs atteints, les principales réalisations, les lacunes du dispositif et le degré d'adéquation de la
coopération à la réalité de l’Egypte et aux orientations définies par la France. Sur ce point, il sera nécessaire
d'analyser comment l'action de la France se situe par rapport au contexte humain, politique ou économique, et
par rapport à la politique sectorielle du pays. Il conviendra également de replacer l'action de coopération dans
le cadre des orientations politiques et stratégiques générales de la France dans la région.
L'évaluation constituera une démarche participative et pragmatique de réflexion visant à prendre un certain
recul pour améliorer les méthodes de coopération et leur efficacité. Elle croisera les approches sectorielles, par
acteurs et par instrument, pour dégager une compréhension globale de la politique française de coopération en
Egypte. L'évaluation est donc bien entendue ici comme un instrument essentiel de réflexion et de conseil qui se
distingue nettement de l'audit ou du seul contrôle, dont les objectifs et les moyens d'analyse sont différents. De
même l'évaluation des personnes ne fait pas partie du champ de l'étude.
3.2.
Principales perspectives
L'évaluation-pays devra se positionner selon les trois perspectives suivantes :
1.
Une appréciation globale des réalisations sur la base des objectifs fixés, en formulant un jugement
sur la pertinence de ces objectifs par rapport aux buts et aux moyens du pays bénéficiaire, aux priorités
arrêtées par la Coopération française, et par référence aux ambitions assignées par la communauté
internationale (réduction de la pauvreté et des inégalités, développement durable, genre, etc.).
dme
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282
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Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
2.
Un jugement sur les activités, faisant appel aux critères d'efficacité, d'efficience et de viabilité, en
procédant à des études sectorielles, sur les instruments, sur les moyens et sur les dispositifs
opérationnels.
3.
Une évaluation de la performance de la coopération française en tenant compte des conditions
initiales en Egypte, des capacités de mobilisation des divers acteurs publics et privés, des actions des
autres bailleurs de fonds (en particulier de l'Union européenne), ainsi que de l'évolution de
l'environnement général.
Ambitions complémentaires de l'exercice d'évaluation
3.3.
A l'objectif essentiel d'examen du passé pour en tirer des enseignements, s'adjoindront deux objectifs
supplémentaires :
a)
Etudier les modes de relations, internes et externes :
Un des objectifs assigné à l'évaluation-pays est aussi de contribuer à approfondir et à mieux organiser le
dialogue interministériel ainsi que les relations avec les opérateurs, à développer les contacts avec les instances
de coopération internationales et les divers interlocuteurs, en particulier les autres bailleurs de fonds qui
interviennent dans le pays.
b)
Contribuer à établir une nouvelle relation de partenariat avec le pays bénéficiaire :
L'évaluation-pays offre l'occasion d'engager de nouvelles relations avec les autorités égyptiennes et de
fournir des éléments à l'édification du partenariat.
4.
CONTENU DE L'EVALUATION
4.1.
Démarche d'analyse (stratégie, secteurs, instruments, thèmes spécifiques)
L'exercice d'évaluation-pays relève d'une démarche à visée synthétique. Un tel exercice ne
constitue pas en une somme organisée d'évaluations de projets et de programmes. Il procède d'un
raisonnement en termes de politique et stratégie globales.
4.1.1. Les évaluateurs s'efforceront de retracer et d’analyser l’évolution des orientations stratégiques
(explicites et implicites) de la coopération (pour la France et pour l’Egypte).
Pour effectuer cette première analyse générale, les évaluateurs s'appuieront sur l'ensemble des documents
disponibles, notamment la programmation, les déclarations officielles, les procès-verbaux des commissions
mixtes, les visites ministérielles, les rapports de mission, les comptes-rendus des opérateurs, les évaluations de
projets et de secteurs etc.
Au cours de la dernière décennie, les objectifs de la coopération française ont visé trois directions
complémentaires :
1- L’influence française sur les plans culturels, éducatifs, linguistiques, universitaire, scientifique et technique,
audiovisuel ;
2- la solidarité et l’aide au développement (l’Egypte est un des bénéficiaires majeurs de l’APD française) ;
3- le soutien des investissements français et le développement des échanges commerciaux.
4.1.2. Ils présenteront une analyse par secteur (une nomenclature sectorielle adaptée au contenu de la
coopération avec l’Egypte sera mise au point par les évaluateurs) :
-
linguistique et éducatif ;
-
scientifique, universitaire et recherche (coopération universitaire, sciences sociales, archéologie…);
-
culturel et artistique ;
-
audiovisuel et journalistique ;
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283
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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-
coopération technique (y compris coopération militaire et sécurité intérieure) et institutionnelle;
-
économique : eau et assainissement, transports (métro, chemin de fer, tramway), électricité, santé,
télécommunications, tourisme ;
-
agriculture.
4.1.3. Une analyse par instrument de la coopération devra également être présentée :
-
coopération financière : Réserve pays émergents (RPE), FASEP, protocoles financiers avant 1998 ;
-
crédits d’intervention sur titre IV du MAE et du Ministère de la recherche;
-
crédits de fonctionnement sur titre III du MAE, MINEFI…;
-
assistance technique ;
-
conversion de la dette ;
-
bourses, missions ;
-
aide alimentaire (fonds de contrepartie – Bureau de liaison agricole franco-égyptien, BLAFE) ;
-
Assistance au développement des échanges en technologies économiques et financières (ADETEF) ;
-
coopération décentralisée (IMED, région PACA,...).
4.1.4. Enfin certaines questions spécifiques seront approfondies :
-
Quelle est la cohérence de la politique de coopération avec les autres éléments de l’action extérieure de la
France (action diplomatique, action de promotion du commerce extérieur).
-
Quelle a été l’adaptation de notre coopération à l’évolution de la société égyptienne (démographique,
politique, culturelle, économique…) ;
-
Quelle est la cohérence de notre coopération avec la politique de développement de l’Egypte (notamment,
dans le domaine linguistique et éducatif et dans les secteurs soutenus par la coopération financière) ;
-
Quelles sont les contraintes et les attentes concernant le BLAFE. Quels scenarii envisageables pour l’avenir
-
Quelles sont les synergies entre nos actions de coopération (en particulier par rapport aux domaines de
l’archéologie, des sciences sociales, de l’économie…). Y-a-t-il eu des projets fédérateurs ;
-
En quoi notre politique d’action culturelle favorise le dialogue de nos deux cultures.
-
Quelle est l’articulation entre la coopération bilatérale française et la coopération communautaire de l’Union
européenne, les organismes multilatéraux et en particulier l’Agence Internationale de la francophonie
(Université Senghor d’Alexandrie) ;
-
Quelle est l’influence des associations franco-égyptiennes sur la constitution de partenariat et de réseaux
(faire notamment la carte des associations existantes).
4.2. Critères de l’évaluation
L’appréciation des experts devra être formulée de manière explicite, aussi bien dans sa partie sectorielle que
dans sa partie globale, selon les critères communément reconnus dans le domaine de l’évaluation des politiques
publiques : pertinence, effectivité, efficacité, efficience, cohérence, viabilité, impact.
4.3.
Approches concernant l'impact
Les évaluateurs s’efforceront d’apprécier, dans la mesure du possible, l'impact sur le court, le moyen et le long
terme des interventions de la coopération française au regard des principaux objectifs retenus. Cette mesure
tiendra compte de l'objectif politique de présence française (francophonie, intérêts diplomatiques, échanges
commerciaux et investissements, image de la France…).
Seront passés en revue : les impacts politiques, sociaux, institutionnels, économiques et financiers, techniques
et opérationnels.
dme
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Ils fourniront également des appréciations concernant les impacts sur le développement de la francophonie, sur
l'image de la France créée par la coopération, en terme de visibilité et de lisibilité, et sur les échanges
commerciaux et les investissements français (effets directs et à moyen terme sur le commerce extérieur, effet
vitrine).
Une comparaison avec les autres partenaires de l’Egypte sera établie.
4.4.
Conclusions, enseignements à tirer et propositions
Les conclusions seront présentées en tenant compte des principaux critères de l'évaluation des
politiques publiques : pertinence, cohérence, efficacité, efficience, viabilité, impact.
L'évaluation devra aboutir à des conclusions sur la coopération française en Egypte dans son ensemble ainsi
que par secteur, thème et instrument. L'évaluation exprimera des jugements argumentés sur les échecs et les
réussites.
A la lumière des principales conclusions et des principaux enseignements tirés de l'évaluation, les
évaluateurs présenteront des propositions pour l'avenir de la coopération française en Egypte. Ces
propositions porteront en particulier sur les stratégies, les méthodes de coopération et le partenariat. Ces
propositions constitueront pour l'Administration des pistes de réflexion susceptibles d'éclairer les décisions et la
mise en œuvre des actions de coopération pour le futur et de faciliter l’élaboration ultérieure par l’Ambassade
du document de stratégie pays.
5.
ORGANISATION DE L'EVALUATION
5. 1.
Mission de lancement
Une mission d’information et de sensibilisation a été effectuée du 1er au 4 mars 2004 par le chef du bureau de
l'évaluation de la DGCID et le chef de l’unité d’évaluation des activités de développement du Trésor.
Au cours de cette mission, des contacts ont été pris avec les principaux acteurs français de la coopération. Un
projet de termes de référence de l’évaluation a été remis. Les objectifs de l'évaluation, son champ, sa
problématique, ses principaux thèmes, son calendrier, ont été présentés et la mission a recueilli les différentes
remarques exprimées par les représentants des administrations et organismes publics représentés.
La mission a également rencontré les représentants des principales aides multilatérales.
5. 2.
Comité de pilotage et comité de suivi
Un comité de pilotage est institué à Paris. Il est présidé par M. Tristan d’Albis, Conseiller-maître à la Cour des
Comptes. Il est composé de représentants du MAE, du MINEFI et des principaux ministères français et
organismes concernés par la coopération avec l’Egypte ainsi que de représentants de la société civile.
La liste ci après n'est pas limitative . Les noms des membres seront précisés ultérieurement.
1. Ministère des affaires étrangères
•
Direction d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, sous direction d'Egypte-Levant (ANMO/EL)
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Bureau de la politique culturelle et artistique (CID/CCF/C)
Sous-direction du français (CCF/F)
Bureau de la coopération universitaire (CID/SUR/UCO)
Sous direction de la recherche (CID/SUR/RSA et CID/SUR/RES)
Direction de l’audiovisuel et des techniques de communication (ATC)
Sous-direction du développement social et de la coopération éducative (CID/DCT/H)
Sous direction du développement économique et de l'environnement (CID/DCT/E)
Sous-direction de la coopération institutionnelle (CID/DCT/I)
Mission des appuis financiers et des études économiques (CID/DCT/FAP)
Service de la coordination géographique, Département d'Afrique du Nord/Moyen-Orient
(CID/CG/AO)
Mission pour la coopération non-gouvernementale (CID/CNG)
•
dme
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
•
•
•
•
•
2. Ministère
•
•
•
•
en Egypte (1993-2003)
Bureau de l'analyse stratégique et des questions multilatérales (CID/SME/SCE1)
Direction de la coopération militaire et de défense (DCMD)
Service des affaires francophones (FR)
Centre d’analyse et de prévision (CAP)
Bureau de l'évaluation (CID/SME/SCE4)
de l'économie, des finances et de l'industrie
Direction du Trésor, Unité d'évaluation des activités de développement
Direction du Trésor, Bureau F4 pays émergents
DREE – bureau 4C Afrique Proche-Orient
DIGITIP, SPIC, Sous direction internationale
3. Ministère de l’agriculture
• DPEI
4. Ministère
•
•
•
•
de la recherche
MSTP
DR
DT
CNRS
5. Ministère de la culture
• DAI
6. Ministère de l’éducation nationale
• DRIC
7. Ministère de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer
• Direction des affaires économiques et internationales (DAEI)
• Direction du Tourisme, Mission des affaires internationales
8. Ministère de la Défense
• EMA
9. Ministère de l’intérieur
• SCTIP
10. AEFE
11. AFD
•
Département Méditerranée
12. IRD
13. Autres Personnalités
Le comité de pilotage discute et approuve les termes de référence. Il donne un avis sur le choix des experts,
puis les informe et favorise leur travail. Il étudie le rapport d'étape ainsi que le rapport provisoire et fait part de
ses remarques. Il valide le rapport final.
Un comité de suivi est également constitué au Caire. Il est composé de représentants de la coopération
française. Ce comité est informé par le comité de pilotage vis l’Ambassade, consulté tout au long du processus
d’évaluation, et ses réactions sont examinées par le comité de pilotage.
dme
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en Egypte (1993-2003)
Le Bureau de l’évaluation de la DGCID et l’unité d’évaluation de la direction du Trésor ont un rôle
méthodologique, administratif, financier. Ils assurent le co-secrétariat permanent de l'évaluation et favorisent
les échanges entre le comité de pilotage, le comité de suivi et les évaluateurs.
5. 3.
Constitution de l’équipe d’évaluation
Les consultants sont invités, en prenant connaissance des présents termes de référence, à faire des
propositions techniques et financières pour la réalisation de l’évaluation. La sélection s'effectuera sur la base
des critères suivants :
• exposé de la problématique et compréhension du sujet,
• méthodologie proposée,
• qualifications, expériences et compétences (notamment c.v. des experts),
• prix des prestations (cf. modèle de devis en annexe 1)
• délais et modalités de réalisation (chronogramme). Le calendrier ci-après doit être respecté.
5. 4.
Première phase : étude des dossiers à Paris
Dans une première phase, estimée de l’ordre de 30 hommes/jour, les évaluateurs prendront connaissance à
Paris des divers documents et rencontreront les personnes concernées. A l'issue de cette phase, ils remettront
un rapport d'étape dont le contenu sera le suivant (cf. également point 8) :
- présentation des principales données quantitatives de la coopération française sur la période sous revue
(tableaux et graphiques commentés)
- précisions sur la nomenclature de secteurs à retenir
- précisions sur la méthodologie pour la suite de l'évaluation
- propositions pour la mission de terrain (déplacements à prévoir à l'intérieur du pays, projets à visiter et
justification de ces propositions)
5. 5.
Deuxième phase : mission de terrain
Une mission de terrain, de l'ordre de 55 hommes/jour, sera effectuée dans le pays.
Le programme en sera préparé par l'Ambassade de France au Caire sur la base des propositions faites dans le
rapport d'étape.
Les évaluateurs devront rencontrer :
- du côté français : les différents services de l'Ambassade, les diverses structures de la coopération française en
poste dans l’État , les assistants techniques, des représentants du secteur privé et associatif.
- du côté égyptien : les autorités, les responsables des projets et leurs bénéficiaires finaux (ceci concerne les
projets qui seront visités par les évaluateurs), des représentants de la société civile.
- du côté de la communauté internationale : les représentants des principaux bailleurs de fonds.
Des déplacements à l’intérieur du pays sont à prévoir (notamment Alexandrie).
Des réunions seront organisées avec l’Ambassade en début et en fin de mission.
5. 6.
Troisième phase : synthèse
Environ 30 hommes/jour sont prévus pour cette phase de synthèse qui s'achève par la rédaction du rapport
provisoire (cf. point 8).
Le nombre d'hommes/jour pour chacune des trois phases est indicatif et peut être modifié. Au total,
cependant, l'expertise ne devrait pas dépasser 115 hommes/jour.
dme
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
6. EXPERTISES
6. 1.
Expertises externes
Le bureau d’études retenu après consultation restreinte aura la responsabilité d’assurer le rôle d’ensemblier en
intégrant des apports d’études complémentaires de travaux réalisés par des consultants ou de prestations
d’experts additionnelles.
L'expertise pourrait être composée de plusieurs experts senior et d'un expert junior.
Les compétences devront s’exercer dans les trois domaines suivants:
-
questions économiques et financières de l’aide au développement ;
-
questions relatives aux échanges culturels, coopération éducative, scientifique et technique, francophonie,
formation, archéologie ;
-
questions relatives aux investissements et aux échanges commerciaux et agricoles.
Les experts devront disposer d' une solide expérience en matière d’évaluation de politiques publiques et être
spécialistes des problèmes de relations internationales et de coopération (solidarité et influence). L'expert
junior, ayant de préférence une formation socio-économiste, pourra être chargé de la compilation des données
et de la préparation des séries statistiques en France.
Les évaluateurs ne devront pas avoir été ou être actuellement partie prenante aux actions, projets,
programmes et politiques sur lesquels ils auront la mission de porter une appréciation.
6. 2.
Expertises internes
En fonction de l'expertise proposée par le candidat retenu, le comité de pilotage examinera la possibilité de
confier une ou plusieurs expertises complémentaires à des agents de l'Etat ou d'organismes parapublics.
7. CALENDRIER
La durée globale de l'étude est de 7 à 8 mois.
Le calendrier prévisionnel est le suivant :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
mise en concurrence (lancement de la consultation début avril 2004)
sélection du candidat (début mai)
établissement du marché, (notification mi mai 2004)
1ère phase d’analyse et de collecte de données (juin)
présentation au comité de pilotage du rapport d'étape (fin juin)
mission de terrain (fin août - septembre)
rencontre avec le comité de pilotage au retour de la mission (septembre)
remise du rapport provisoire au comité de pilotage au plus tard le 15 octobre
étude du rapport par le comité de pilotage (fin octobre)
rapport final au plus tard le 1er décembre 2004.
restitution et rétroaction auprès des responsables du MAE à Paris (mi-décembre) et au Caire.
8. RAPPORTS
Un rapport d'étape sera établi à la fin de la phase d'étude des dossiers à Paris et préalablement à la mission de
terrain (cf point 5.4). Il sera remis en 25 exemplaires et diffusé au comité de pilotage.
dme
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288
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Ministère des Affaires étrangères
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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A l'issue de la mission en Egypte, un rapport de mission rendra compte des visites et des rencontres, sans
procéder à une analyse approfondie.
Le rapport provisoire devra être disponible pour le 15 octobre 2004. Il sera remis en 25 exemplaires (et sur
disquettes) et diffusé au comité de pilotage.
Le rapport final (remis en cinq exemplaires et sur disquette) devra être achevé et disponible pour le 1er
décembre 2004 dans sa version définitive. Ce rapport, qui aura intégré les observations émises par le comité de
pilotage, devra être préparé en vue de son édition dans la collection " évaluations " du ministère des affaires
étrangères, conformément à la charte graphique.
Une synthèse de l'étude, de cinq à six pages, sera publiée au début de ce rapport. Cette synthèse générale sera
complétée par un résumé distinct de deux pages selon le schéma adopté par les deux services assurant le cosecrétariat.
Dans la perspective d’une éventuelle publication dans la collection « rapports d’évaluation » du MAE, il est
demandé à l’opérateur de fournir au moins 4 photographies (libres de droits sur support numérique) pour la 1ère
page de couverture ainsi qu’un résumé, en une demi-page, pour la 4ème de couverture.
Le document n'engagera que ses rédacteurs et en aucun cas les autorités françaises. Celles-ci décideront
ensuite de son utilisation et de sa diffusion.
9.
RESTITUTION, RETROACTION
La restitution des conclusions, des leçons à tirer de l'évaluation et des propositions des évaluateurs concerne
tous les acteurs de la coopération franco-égyptienne. Elle fera l'objet de séances organisées à Paris et au Caire.
Une séance de restitution des principales conclusions et recommandations de l’évaluation sera organisée à Paris
ainsi qu’au Caire avec la participation du responsable de l’équipe des évaluateurs.
La rétroaction vise les responsables de l'Etat et de l'administration. Le comité de pilotage établira une note pour
le Directeur général de la coopération internationale et du développement et pour les cabinets des Ministres
concernés.
L’Ambassade au Caire effectuera une information des partenaires selon les modalités qu’elle appréciera en
temps voulu.
dme
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Présentation des experts
Présentation du groupement
La présente évaluation a été réalisée par un consortium regroupant les sociétés DME &
SERES..
DME a réalisé, depuis 1986, de nombreuses évaluations de projets, de programmes et de
politiques publiques de développement. Ces évaluations ont été menées tant ex-ante
(avant la mise en œuvre des projets ou des stratégies), qu’ex-post afin d’en apprécier,
notamment, la cohérence, la pertinence et la pérennité.
Les principales références de DME dans ce domaine sont les suivantes :
-1) Pour le MAE :
•
Evaluations rétrospectives des actions de la coopération française au
Tchad (2003, en consortium avec SERES), en Guinée (2002, en consortium
avec SERES), au Vanuatu (2001, en consortium avec Ingérop et SERES) ;
•
Evaluations de dispositifs de coopération : évaluation des dispositifs
d’analyse économique en Afrique (2002) ; Evaluation des actions de formation
dans le domaine du développements social (2003) ;
•
Evaluation de projets dans le domaine de la sécurité intérieure et civile
(2004).
-2) Pour des exécutifs nationaux ou régionaux :
•
Evaluation des stratégies de développement de la Polynésie française
après le CEP, pour le Gouvernement de la Polynésie française, ministère du
Plan (2001) ;
•
Evaluation des effets économiques et budgétaires de la loi de
défiscalisation de certains investissements dans les départements et les
territoires d’Outre-mer, pour les Chambres de Commerce et d’Industries
de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion
(1996) ;
•
Evaluation de l’impact des transferts publics sur les équilibres
économiques de la Martinique, pour la Chambre de Commerce et
d’Industries de la Martinique (1994 et 2004)
-3) Pour des institutions internationales :
•
Evaluation des stratégies communautaires en matière d’ajustement
structurel dans les pays de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique, à la
demande de la Direction Générale du Développement et du Parlement
Européen (en collaboration -1992) ;
•
Evaluation de la planification en Afrique sub-saharienne, à la demande
du Programme des Nations Unies pour le Développement (en collaboration
- 1988) ;
•
Evaluation des politiques commerciales et financières sur l’emploi dans
les pays les moins avancés, à la demande du Bureau International du
Travail (en collaboration - 1987).
SERES s’est spécialisée dès sa création en 1990 dans l’évaluation des politiques publiques
et possède une profonde expérience de ces évaluations, qui résulte des évaluations
effectuées notamment :
-1) pour le CICID
•
Evaluation de la coopération administrative internationale
notamment en Afrique du Nord (cas du Maroc) et en Afrique
subsaharienne (2002)
dme
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en Egypte (1993-2003)
-2) pour le MAE :
•
Evaluations rétrospectives de l'aide française à Djibouti (1999),
et, en consortium avec DME, au Vanuatu (2001), en Guinée (2002) et au
Tchad (2003) ;
•
Evaluation rétrospective globale des Programmes d’Appui aux
Administrations Financières et Economiques - PAAFIE (1996-97) ;
•
Evaluations particulières des PAAFIE Sénégal (1998), Burkina Faso
(1999), et Guinée (2000).
•
-3) pour la Direction du Trésor :
•
Evaluation du Centre d’Innovation Franco-Thaï de Bangkok (1997) ;
•
Evaluation de l'appui au secteur privé et au partenariat en Tunisie
(1996) ;
•
Evaluation des appuis à l'Office National des Chemins de Fer du Maroc
(1995) ;
•
Evaluation de l'appui au partenariat des entreprises franco-marocaines
(1994).
-4) pour des institutions internationales, notamment la Commission Européenne :
•
Participations aux évaluations de la stratégie d'aide pays de la
Commission Européenne pour différents pays : Cameroun et Côte
d'Ivoire (1998), Sénégal (1999), Burkina Faso (2001) ;
•
Evaluation rétrospective de l'ajustement structurel en Côte d'Ivoire
(1994-95) ;
•
Evaluation rétrospective des transferts STABEX en Côte d'Ivoire (199495).
Présentation de l’équipe de consultants
L’équipe était constituée de quatre consultants seniors : Olivier Sudrie, économiste principal
à DME et chef de projet, Jean-Claude Le Goff, Directeur SERES, Daniel Robin (DME) et
Patrick Durrande (SERES).
Biographie résumée des consultants seniors
Olivier Sudrie, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, docteur ès sciences
économiques, Professeur de sciences économiques et maître de conférences à
l’Université de Versailles, a réalisé de nombreuses évaluations de projets, de
programmes et de politiques de développement. Figurent notamment parmi cellesci :
•
Evaluation rétrospective de la coopération française au Vanuatu, MAE
2001 (en collaboration avec Ingerop et SERES) ;
•
Evaluation rétrospective de la coopération française en Guinée, MAE
2002, (en collaboration avec SERES) ;
•
Evaluation rétrospective de la coopération française au Tchad, MAE
2003, (en collaboration avec SERES) ;
•
Evaluation des actions de formation dans le domaine du
développement social, MAE 2004.
•
Evaluation comparative des dispositifs d’analyse économique en
Afrique, MAE 2002.
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
291
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
•
Etude sur le devenir de l’assistance technique française (réalisée en
collaboration avec R. Forceville et P. Pougnaud). Ministère de la
Coopération 1992 ;
•
Evaluation des stratégies communautaires en matière d’ajustement
structurel dans les pays de la zone ACP (en collaboration avec Ph. Hugon).
Parlement européen, Direction Générale du Développement, 1992.
•
Evaluation des politiques commerciales et financières sur l’emploi dans
les pays les moins avancés (en collaboration avec Ph. Hugon). Bureau
International du Travail, 1987
Chercheur au Centre d’Etudes et de Recherche en Economie du Développement
(Université Paris-X) Olivier Sudrie a effectué, au cours des vingt dernières années,
de très nombreuses missions d’expertise à l’étranger et notamment en Afrique du
Nord (Maroc, Tunisie, Algérie) ou au Proche-Orient (Jordanie). Il assurera la
direction de l’étude.
Jean-Claude Le Goff, docteur en économie et diplômé de Sciences Po est
fondateur et Directeur de SERES. Il a orienté une partie importante de son activité
ces dernières années vers les évaluations rétrospectives de programmes complexes,
en particulier les évaluations de politiques publiques. Il a mené plusieurs évaluations
dans des pays arabes pour le MAE et pour la Direction du Trésor.
•
Evaluation de la coopération
notamment au Maroc (CICID – 2002)
administrative
internationale
•
Evaluations rétrospectives de l’aide française à Djibouti (1999), et,
en consortium avec DME, au Vanuatu (2001), en Guinée (2002) et au
Tchad (2003) ;
Evaluation rétrospective du Projet d’Appui aux Administrations
Financières et Economiques de Guinée (PAFIEG), MAE, 2000
Evaluation de l'aide française à Djibouti (MAE - 1998-99).
Evaluations des Programmes d’Appui aux Administrations Financières et
Economiques - PAAFIE - Cameroun, Côte d'Ivoire, Bénin, Sénégal, (MAE
1997-2000).
Evaluation de la politique d’aide de l’Union Européenne aux pays ACP,
Cameroun, Côte d'Ivoire, Sénégal, Burkina Faso (Commission Européenne 1998-2001).
Evaluation rétrospective de l'ajustement structurel et des transferts
Stabex en Côte d'Ivoire sur (Commission Européenne - 1994-95).
Evaluations rétrospectives de protocoles réalisées pour la Direction du
Trésor : Appui au partenariat en Tunisie (1997) ; Centre d’Innovation FrancoThaï de Bangkok (1997) ; Office National des Chemins de Fer du Maroc
(1995) ; Partenariat des entreprises franco-marocaines (1994).
Participation en 1994, à la demande de la Commission Européenne, à un
séminaire à Bruxelles sur les évaluations rétrospectives. Critique de la
méthode suite aux évaluations réalisées.
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
292
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Daniel Robin, après avoir réalisé de nombreuses évaluations de fonctionnement
de systèmes éducatifs dans les pays de l’OCDE, et des comparaisons internationales,
se consacre depuis une douzaine d’années -pour la coopération française et les
institutions multilatérales- à la définition et à l’évaluation de plans d’aide, projets et
programmes de développement, ainsi qu’à l’analyse du fonctionnement des
institutions de l’éducation et de la culture. Figurent notamment parmi ces travaux :
•
Evaluation rétrospective de la coopération française en Guinée, MAE
2002 (avec SERES), dans les secteurs de l’éducation, de la culture et de la
jeunesse et des sports.
•
Audit du système éducatif de Russie et de la relation entre formation
et emploi (Communauté Européenne, 1996-2000).
•
Evaluation du programme du PNUD en Haïti (Unesco, 1992).
•
Evaluation de la coopération éducative, conception et mise en place
d’un plan d’appui sectoriel (Comores, Niger, 1991-1992).
•
Etude de faisabilité et implantation d’une capacité nationale
d’évaluation (Guinée 1996 et 2003, Mali 1997, Banque Mondiale).
•
Evaluation du fonctionnement de l’enseignement élémentaire et
secondaire – de l’administration et de la décentralisation – (Mauritanie
1996, Guinée, Sénégal, Djibouti 1995 - Banque Mondiale- Madagascar
1992-1995, Coopération française) ;
•
Evaluation des modes d’information pour la gestion du système
éducatif (Guinée, Mauritanie – Banque Mondiale – 1992-1993).
Patrick Durrande, a une expérience très large de l'évaluation des politiques
d’aide publique. Depuis quinze ans, il collabore régulièrement avec les services
d’évaluation de la Direction du Trésor, de l’ex-ministère de la Coopération, et,
aujourd'hui, du MAE. Outre des évaluations projet, dont une en Egypte et deux en
Tunisie, il a participé à de nombreuses évaluations pays. Les travaux du consultant
en matière d’évaluation ont concerné l’Afrique subsaharienne, le Maghreb,
l’Amérique du sud et l’Asie. Les principaux sont les suivants :
Evaluations pays pour la Direction du Trésor : Sri-Lanka, Bolivie ;
Evaluations pays, ou générales, pour le ministère des Affaires
étrangères ou celui de la Coopération : Maroc dans le cadre de l’évaluation
de la coopération administrative, Sénégal, Côte d’Ivoire, pays subsahéliens
du Club du Sahel, évaluation de la coordination des stratégies d’aide
publique au Burkina Faso, typologie des FAC d’intérêt général ;
Evaluation projet pour la Direction du Trésor : usine de centraux
téléphoniques de Mankapur en Inde, aide au partenariat en Pologne et en
Hongrie, métro de Santiago du Chili, petits projets industriels en Egypte,
collecte des ordures ménagères à Tunis, équipement en remorqueurs de
l’Office tunisien de la marine marchande et des ports ;
Evaluation projet pour le ministère des Affaires étrangères :
évaluation à mi-parcours de l’aide au secteur privé béninois ;
Evaluation projet pour d’autres bailleurs : évaluation à mi-parcours
du barrage de Ben Taïba en Algérie (BafD), évaluation a priori du
refinancement de la banque tunisienne de développement touristique,
évaluation déjà mentionnée de la coordination des stratégies d’aide
publique au Burkina Faso (Commission européenne).
Patrick Durrande a une double formation en sciences et en sciences humaines, avec
un premier DEA en physique nucléaire et un second, en sciences économiques,
acquis dans les Universités respectives d’Orsay et de Paris. Il est également diplômé
de l’Université de Standford en ingénierie économique.
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
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Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
dme
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en Egypte (1993-2003)
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SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Liste des personnalités rencontrées
Nom
Fonction
Abd El Aziz Ibrehag
Conseillère pour le française au Ministère de
l’Education
Abd Elmegeed Tobar Mohammed
Ministère de l'Aviation Civile, Chef du Département du
planning et du suivi des projets
Abdelmoneim M.
Blafe
Abdou Amir Youssri
Sous-secrétaire d'Etat Senior, Ministère de l'Aviation
Civile, Chef du Département des affaires financières,
commerciales et économiques
Abou Baker (Dr.) Amin
Sous secrétaire d’Etat au Ministère de l’Education
Abou Zeid Zahia, Mme
Sous-secrétaire d'Etat, Ministère de la Coopération
internationale (MOIC)
Abourachid Dounia
directrice du département de traduction et d’édition
Ahmed Mosaad Medhat
Directeur du Centre Central d’entraînement
Al-Kibi Jamal
Directeur adjoint – Bureau de la Banque mondiale au
Caire
Aly El Khawas Aleya, Mme
Directeur au Département des Investissements et des
Correspondants étranges, Banque Centrale
Amè Philippe
Co-Directeur BLAFE
Amorim Aude de
Chef du bureau de l’évaluation – DGCID - MAE
Angelé Sabine
français langue vivante 2
Angelozzi Annibale
Conseiller au service de coopéraiton, Ambassade
d'Italie
Anwar Mohamed (Dr.) Ibrahim
Sous secrétaire d’Etat pour les relations culturelles
étrangères
Awada-Jalu Sawsan
Agence de la Francophonie
Aziz Basta Camelia, Mme
Directrice du département des études, de la
plannification et de la communication, Ministère de
l'Irrigation et des Travaux publics
Baquian Max
Sous-direction de la recherche – MAE
Baron Robert
secrétaire général du CEDEJ
Bayoumi Hala
chercheur au CEDEJ
Beauvais Christophe de
Attaché scientifique et de coopération universitaire CFCC
Beaux-Grimal Nathalie
Responsable de la filière francophone d’égyptologie,
Université du Caire
Bellaïche Serge
Direction du Trésor, Bureau F1
Bénéteau Jean
Vice Président, Université française d’Egypte
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
295
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SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Nom
en Egypte (1993-2003)
Fonction
Benevento Guido
Chef du service de coopération, Ambassade d'Italie
Bernay Michel
Directeur des études, faculté d’ingénierie, Université
française d’Egypte
Besancenot Hervé
Deuxième conseiller, ambassade de France
Biays Joël-Pascal
Coordonnateur de l’Institut de droit des affaires
internationales, Université du Caire
Blin Louis
Consul général de France à Alexandrie
Blum Jan
Directeur de l'agence KFW du Caire
Boccone Marc
Coordination mathématiques
Borai Gamal
Inspecteur et ancien conseiller pour le français
Bordes Gilles
Chargé de mission Méditerranée Moyen-Orient, DGI,
ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Bouallegue Rémy
Ministère des Affaires étrangères, Direction d’Afrique
du Nord et du Moyen-Orient.
Boyer Luc
Dree, Ministère de l’économie, des Finances et de
l’Industrie
Bullock James L.
Counselor for Public Affairs (Cultural and press) –
Ambassade des Etats-Unis
Catalan-Marcos Rodolphe
Conseiller régional de coopération multilatérale -
Cavalier Jean-Michel
Ministère des Affaires étrangères
Chambon Florence
Ministère des Affaires étrangères, DGCID, Direction de
l’audiovisuel extérieur et des techniques de
communication.
Chiquet Gérard
Représentant pour le Moyen-Orient, Sofreavia
Colas des Francs Ophélie
Coordinatrice de la filière francophone de journalisme
(CFCC, Université du Caire)
Courbe Thomas
Chef du bureau Afrique, Proche-Orient, DREE
Cousseran Jean-Claude
Ambassadeur de France en Egypte
de Beauvais Christophe
Attaché scientifique et de coopération universitaire
(CFCC)
Delecambre Daniel
Ministère de l’Enseignement Egyptien
deThelin (Sœur) Geneviève
coordinatrice du collège du Sacré-Cœur de Ghamra
Driyer M.
Directeur de la Mission archéologique allemande
Dullier Jean-Pierre
Attaché de sécurité intérieure
Dupuis Véronique
Dupuy Bernard
Durin Jean-Paul
El Razaz Samia, Mme
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
cours de langue
Secrétaire Général d'Interinfra
secondaire
Directeur de l'ingénierie du Centre de navigation
aérienne du Caire
296
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SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Nom
en Egypte (1993-2003)
Fonction
El Soda Morsi
Faculté d’Agriculture, Université d’Alexandrie
El Soda Morsi
Professeur – Faculté d’Agriculture – Université
d’Alexandrie
El Tayeb (Dr.) Mohamad
Directeur des Instituts Nationaux
El-Azab Amin Shalaby Magdy
Président de l'Organisation du Metro du Caire (CMO)
Empereur Jean-Yves
Directeur, Centre d’études alexandrines, Alexandrie
Farid Hawa
français de spécialité
Farouk Dina
bureau technique du Ministre
Favereau Annie
Ministère des Affaires étrangères
Feas Enrique
Conseiller commercial de l'Ambassade d'Espagne
Fergani Donia
chef du secteur de l’Education technique
Fostier Richard
Attaché Commercial – Mission Economique
Fourment Jean-Pierre
Directeur, Alstom Transport Egypte
Gabriel (Père) Nabil
secrétaire général des écoles catholiques
Gambard-Trébucien Martine
Consul de France
Gaufroy Dominique, Mme
Direction du Trésor, Bureau F1
Geoffroy Jean-Pierre
Directeur commercial export, Sofreavia
Georget Philippe
Sous-Directeur de la recherche –– Commission des
fouilles
Gharib Omaïna
Directeur du département des missions
Griffiths Stéphane
Responsable de la filière francophone en gestion et
commerce international, Université Aïn-Shams
Guespereau Martin
Direction du Trésor, bureau F4
Harmon James
Chief, Division of Water and Wastewater – USAID
Hawass Zahi
Secrétaire Général du Conseil Suprême des Antiquités
Hawass Zahi
Secrétaire Général du Conseil Suprême des Antiquités
Helal Hany
Recteur de l’Université Senghor
Hendrickx Damien
Attaché de sécurité intérieure adjoint
Hué Christian
Vice-Consul, chef de Chancellerie, Consulat Général de
France à Alexandrie
Hugonnot Bernard
Attaché culturel (CFCC)
Humbert Max-André
mathématiques et sciences
Humeau-Roussel Benedicte
directrice de la médiathèque de Mounira
Hussein Ragha
Présidente de l’Association Egyptienne des
professeurs de Français
Ibrahim Hussein Mohamed M.
Directeur Général du Département des
Investissements et des Correspondants étranges,
Banque Centrale
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
297
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Nom
en Egypte (1993-2003)
Fonction
Imannn Yassef
directeur général de l’enseignement agricole
Jacquemond Richard
université et ancien responsable du DTI
Janelle Robert
Bureau des politiques agricoles et de la sécurité
alimentaire – DCT/EPS
Jean-Michel Guillot
DMT2 – Sous-Direction Accords Internationaux,
Coface
Kamelgarn Daniel
Responsable de l’unité Evaluation des projets de
développement – Direction du Trésor – MINEFI
Karim M.
Conseiller, National Authority for Tunnels (NAT)
Keraudren Henri
Commissaire en chef de la marine, DCMD
Khoury Hamid
Délégué régional pour le Moyen-Orient, Amec Spie
Rail
Klesse Wolfgang B.
Programme Manager – Délégation de la Commission
Européenne
Klesse Wolfgang B.
Programme Manager – Délégation de la Commission
Européenne
Korra Sawsan
conseillère pour le français aux Instituts Nationaux
Lahaye Jean-Pierre
Chef du service DGCIC/SME/PAF/BUD, Ministère des
Affaires étrangères
Lautré Marc
Chef des services économiques pour le Proche-Orient,
Mission Economique
Lautré Marc
Conseiller financier
Laveille Jean-Louis
écoles trilingues
Le Razer Yann
Assistant du conseiller de coopération et d’action
culturelle (CFCC)
Leclant Jean
Professeur au Collège de France - Secrétaire Perpétuel
de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Lemaire Pascal
Responsable géographique Egypte – DGCID – MAE
Louche Denis
Conseiller de coopération et d’action culturelle,
Directeur du CFCC
Loussararian Peter
Attaché audiovisuel (CFCC)
Magdi Abdel Samad
Director General – Egyptian International Centre for
Agriculture
Magdi Abdel Samad
Director General – Egyptian International Centre for
Agriculture
Marcon Luigi Ernesto
Resident representative - BEI
Marcou Jean
Directeur de la filière francophone de la faculté
d’économie et de science politique, Université du Caire
Maroger Dominique
Ministère des Affaires étrangères, DGCID
Mehanna Gharra
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
présidente de l’AEPF
298
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Nom
en Egypte (1993-2003)
Fonction
Mellado Diego
First Secretary – Head of Sector – Economic
Modernisation – Délégation de la Commission
Européenne
Mellado Diego
First Secretary – Head of Sector – Economic
Modernisation – Délégation de la Commission
Européenne
Meublat Guy
Attaché de coopération – Développement et
coopération technique
Millet Julien
Chargé de l'Egypte au bureau Afrique, Proche-Orient,
DREE
Mohamed Mahmoud Moataz
propriétaire de l’Ecole Balzac
Moisseron Jean-Yves
directeur de l’IRD
Morcos Hala, Mme
Directrice commercial pour l'Egypte, Amec Spie Rail
Moulin Anne-Marie
chercheur au CEDEJ
Mousny Françoise
cycle maternel
Naffetat Martine
directrice de l’Ecole Balzac
Naggar Antoine
Directeur général, Thalès Air Traffic Managment Egypt
Nandy Jane
Associate Director – Human development and
Democraty – USAID
Nauman Shérif
Directeur commercial, Degremont Egypte
Necola Samira, Mme
Directrice du département des études et recherches,
Office national de l'Eau potable et de l'Assainissement
(Nopwasd)
Nesci Vincenzo
Président, Alcatel Egypte
Omara Samy M.
Président de l'Office national de l'Eau potable et de
l'Assainissement (Nopwasd)
Ott Mary
Deputy Director - USAID
Pages Christian
Conseiller Financier – Mission Economique
Pauly Monique
Attachée commerciale, biens de consommation et
services, Mission Economique
Pease Olivier
Directeur des ventes, Alstom Transport Egypte
Pellissier Jean-Paul
Chef du Bureau Afrique – Méditerrannée et
organisations internationales – Ministère de
l’Agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des
affaires rurales
Pharès Adrien
Directeur général, Crédit Agricole Indosuez Egypte
(futur Calyon Bank Egypt)
Piquet Hervé
Chef de la mission économique
Platel Bernard
écoles gouvernementales
Pliez (Dr.) Olivier
chercheur au CEDEJ
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
299
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Nom
en Egypte (1993-2003)
Fonction
Poggiolli Claude
formation initiale, primaire-préparatoire
Poulet Claude
Attaché de coopération éducative et linguistique
Rimmen-Mohl Ghislaine
Attachée Commerciale – Mission Economique
Roignan Anne-Hélène
Conseillère Commerciale – Mission Economique
Rojkoff Audrey
DGCIC/SME/PAF/BUD, Ministère des Affaires
étrangères
Rotte-Capet Marie-Christine
Direction du Trésor
Saba Assal Hoda
Inspectrice Générale de L’Enseignement technique
Sabbag Ronald
Directeur général, Degremont Egypte
Sabry Abd El Aziz Khater
Head of Egyptology Sector – Conseil Suprême des
Antiquités
Saïd Maya
écoles gouvernementales
Sami Nathalie
université
Schmidt Peter-Michael
Directeur du programme Moubarak-Kohl Initiative–
GTZ
Shafie Abdallah
General Director – Foreign Relations – Ministry of
Agriculture
Shafie Abdallah
General Director – Foreign Relations – Ministry of
Agriculture
Shehatta Ali
Président, National Authority for Tunnels (NAT)
Sherkawi Hani
directeur ESIG
Suby Stéphanie
Assistante (VP PACA), filière francophone « IAA »,
Université d’Alexandrie
Taher Moushira H., Mme
Sous-Secretaire d'Etat, Ministère des Finances,
Departement des prêts
Toubar Khaled M.
Services techniques, Ministère de l'Irrigation et des
Travaux publics
Travers Jean-Marie
Inspecteur général – Ministère de l’Agriculture, de
l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales
Valentin Marc
Directeur, école française Champollion, Alexandrie
Van Horn Robert A.
Chief, Commodity Import Program - USAID
Van Horn Robert A.
Chief, Commodity Import Program - USAID
Vernet Yannick
Coordinateur VP PACA, musée d’histoire des sciences,
Bibliotheca Alexandrina
Wakil Ola
Conseillère, Ministère de la Coopération internationale
(MOIC)
Yassine Imane
bureau technique du Ministre
Zikri Kauzman Magdi
Directeur du collège de La Salle
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
300
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
L’aide internationale à l’Egypte
Sauf mention contraire, les données présentées dans cette annexe ont été
élaborées à partir des bases statistiques du CAD (OCDE). Elles sont limitées
à l’année 2002 faute de publication de l’année 2003. Elles ont été laissées
en dollars US dans la mesure où les repères en matière d’aide
internationale s’expriment habituellement dans cette monnaie.
Trois bases de données ont été exploitées.
−
Celle retraçant les versements globaux des bailleurs
(disbursments) qui sont les éléments de référence pour
quantifier l’aide publique (461 enregistrements) ;
−
Celle des aides engagées (commitments) qui distinguent les
prêts, les dons et la coopération technique (1007
enregistrements) ;
−
Celle des projets individuels engagés déclarés par les bailleurs
(Credit reporting system ou CRS – 2450 enregistrements).
Les chiffres des trois bases ne coïncident pas parfaitement mais restent très
cohérents entre eux : $ 22,2 milliards pour l’aide brute sur la période 19932002, $ 21,6 pour les engagements globaux et 18,2 milliards pour les
engagements par projets.
Il y a tout d’abord bien entendu un décalage entre engagements et
versements pour les projets dont la réalisation s’étale sur plusieurs années.
Cela explique en partie les différences entre les données concernant les
versements et les engagements. Elles restent toutefois limités, les secondes
recouvrant 98 % des montants décaissés. Une des différences entre
engagements globaux et projets individuels résulte de l’absence totale des
pays et des fonds arabes dans le Credit reporting system. Là encore
cependant la base du CRS recouvre 84 % des engagements globaux et
apparaît très représentative de l’activité des bailleurs.
Les bailleurs omettent parfois de déclarer en détail certains éléments de
leurs actions. Les engagements par projets se situent ainsi à des niveaux
souvent inférieurs tant à ceux des versements et des engagements
globaux. Par exemple pour ce qui est de la coopération technique française,
les contributions des ministères de la Recherche et de l’Education
n’apparaissent pas dans le CRS217. Les projets de la Commission
européenne ne sont également pratiquement pas enregistrés dans cette
base.
217
Cette situation est générale et n’est pas limitée au cas égyptien.
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
301
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
En outre des imprécisions sur la nature de certains projets apparaissent
parfois. Dans le cas de la France, les annulations de dettes sont bien toutes
prises en compte au niveau du versement des dons mais elles
n’apparaissent spécifiquement comme telles qu’à partir de l’année 1998. En
outre elles n’apparaissent pas du tout avant cette date dans la base des
engagements.
Les versements
L’aide publique est conventionnellement comptée nette. Pour autant que
leurs conditions soient concessionnelles, la totalité des décaissements de
prêts est toujours initialement comptée dans l’APD en dépit du caractère
limité de leur élément don. Les prêts nets et l’aide nette sont par la suite
calculés en décomptant des versements courants les remboursements
effectués. Les différés pendant lesquels il n’y pas de remboursement étant
souvent longs, les remboursements ne commencent que six à dix ans après
les versements qui leur correspondent.
Dans le cas de l’Egypte, les annulations de dette correspondent toutes à des
créances privées prises en compte par les Etats après mise en jeu des
garanties publiques initialement accordées aux banques prêteuses. Elles se
traduisent par l’enregistrement de dons.
Le traitement de la dette égyptienne en mai 1991 a donné lieu à plusieurs
types de mesures : des annulations immédiates, des annulations
échelonnées et des rééchelonnements avec ou sans mise en place de prêts
spécifiques de rééchelonnement. Ces derniers sont des prêts concessionnels
mis en place par les bailleurs qui permettent au bénéficiaire de régler leurs
arriérés commerciaux et d’honorer les échéances correspondant aux
périodes au terme desquelles les bénéficiaires sont censés avoir consolidé
leur capacité à faire face à leurs obligations financières. Des prêts de ce
type pour un total de près dix milliards de dollars ont ainsi été effectués à la
suite de la crise financière égyptienne et de la guerre du Golfe.
Les inexactitudes relevées sur la classification des annulations de dette
françaises dans la base du CAD ont été corrigées en fonction des données
communiquées par la direction du Trésor. Celles similaires concernant
d’autres pays, l’Allemagne notamment, n’ont pas eu ce traitement. Elles ne
portaient souvent par ailleurs que sur l’année 1992, voir une autre des
premières années de la période.
Le prêt de refinancement allemand de $ 1,5 milliard indiqué dans le CRS
pour l’année 1992 n’apparaît pas dans les versements 1992 de ce pays pour
une raison indéterminée. Les prêts de refinancement américains de $ 5,8
milliards ont été faits en 1991. Ils ne figurent donc pas dans les données cidessous qui commencent en 1992.
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
302
Rapport final définitif – Mars 2005
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Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Les versements des principaux bailleurs
moyenne 93- moyenne 98- Moyenne 9397
02
02
Millions de dollars
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
Aide publique nette
Etats-Unis
France
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
AID
Pays-Bas
BAfD
Canada
Royaume Uni
Autres pays
1 662
267
72
715
409
111
23
-37
-3
26
9
35
17
291
939
261
57
111
379
275
26
-24
8
15
9
31
10
290
685
410
136
292
94
189
25
10
38
20
6
27
7
742
626
449
94
170
117
243
27
27
69
24
9
63
6
92
725
301
98
442
54
201
33
25
67
17
14
114
8
99
542
284
197
397
97
125
31
23
141
23
23
17
9
76
810
308
190
112
211
85
32
26
39
24
18
15
12
72
667
254
151
104
71
132
40
22
14
19
18
14
5
72
635
242
73
65
53
86
42
25
26
17
10
9
4
41
630
201
71
106
61
53
25
23
3
20
14
10
4
36
846
100
91
62
28
13
16
20
21
17
2
10
12
48
703
341
117
282
148
207
28
12
65
20
13
50
8
260
718
221
115
90
85
74
31
23
20
19
13
11
7
54
710
281
116
186
117
140
30
18
43
20
13
31
8
157
TOTAL Aide publique nette
Membres de l'Union europénne
Union européenne yc. Commission
3 597
1 175
1 247
2 387
557
615
2 682
1 385
1 522
2 016
743
837
2 200
870
968
1 985
802
999
1 955
536
726
1 582
469
620
1 328
392
465
1 257
387
458
1 286
247
338
2 254
871
988
1 482
406
521
1 868
639
755
Millions de dollars
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
894
128
113
411
337
189
239
243
195
206
192
96
135
48
252
281
1
66
23
22
21
Annulations de dette
Etats-Unis
France
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
AID
Pays-Bas
BAfD
Canada
Royaume Uni
Autres pays
8
6
22
12
43
18
2
moyenne 93- moyenne 98- Moyenne 9397
02
02
258
187
222
143
0
72
13
13
8
7
11
4
0
2
56
96
53
2
6
7
11
27
27
4
8
7
3
11
10
10
TOTAL Annulations de dette
Membres de l'Union europénne
Union européenne yc. Commission
1 082
61
61
164
8
8
552
136
136
536
193
193
582
288
288
569
313
313
271
258
258
199
195
195
217
209
209
222
215
215
118
115
115
481
188
188
205
198
198
343
193
193
Millions de dollars
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
768
140
72
715
409
111
23
-37
-3
18
9
35
17
239
939
147
57
111
379
275
26
-24
8
9
9
-12
10
288
685
-2
136
157
94
189
25
10
38
20
6
27
7
736
626
113
94
122
117
243
-39
4
69
24
9
7
6
85
725
112
98
190
54
201
33
3
67
5
14
18
8
88
542
45
197
116
97
125
31
2
141
23
23
17
9
49
810
65
190
111
211
85
32
26
39
24
18
15
12
45
667
59
151
104
71
132
40
22
14
19
18
14
5
68
635
36
73
65
53
86
42
25
26
15
10
9
4
33
630
9
71
106
61
53
25
1
3
20
14
10
4
29
846
4
91
62
28
13
16
1
21
17
2
10
12
44
703
83
117
139
148
207
15
-1
65
16
13
11
8
249
718
34
115
90
85
74
31
15
20
19
13
11
7
44
710
59
116
114
117
140
23
7
43
18
13
11
8
146
2 515
1 114
1 187
2 224
550
607
2 129
1 249
1 385
1 480
550
644
1 617
581
679
1 417
489
686
1 684
278
468
1 383
274
425
1 111
184
256
1 035
172
243
1 168
132
223
1 773
684
800
1 276
208
323
1 525
446
562
Aide publique hors annulation de dette
Etats-Unis
France
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
AID
Pays-Bas
BAfD
Canada
Royaume Uni
Autres pays
TOTAL hors annulation de dette
Membres de l'Union europénne
Union européenne yc. Commission
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
39
19
moyenne 93- moyenne 98- Moyenne 9397
02
02
303
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Millions de dollars
Versements de prêts
Etats-Unis
France
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
AID
Pays-Bas
BAfD
Canada
Royaume Uni
Italie
Fonds arabes
Autres pays
TOTAL Versements de prêts
Membres de l'Union europénne
Union européenne yc. Commission
Millions de dollars
en Egypte (1993-2003)
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
51
136
4
250
47
42
6
117
26
225
63
2 044
96
64
162
94
39
70
46
103
109
75
71
57
95
40
52
7
28
152
65
61
34
45
54
57
61
27
50
64
46
42
31
27
22
44
26
32
16
39
63
41
29
25
81
42
22
28
3
76
69
130
73
449
33
52
50
38
29
1
54
61
90
56
239
8
19
50
83
82
157
57
33
49
32
54
78
45
62
10
10
7
10
15
24
17
19
10
13
3
13
12
13
87
85
24
118
87
8
631
74
3
4
12
2
2
7
5
2
5
10
5
9
12
25
2
3
15
26
153
32
6
4
1
17
78
16
12
743
486
494
2 722
459
478
1 221
889
939
506
177
260
434
178
261
536
95
253
328
108
164
305
107
140
242
93
142
252
93
125
282
89
143
1 084
360
438
282
98
143
683
229
290
moyenne
93-97
moyenne
98-02
-150
11
15
30
13
3
6
-13
1
5
21
-1
1
-1
9
-6
0
10
-27
37
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62
70
-13
-10
65
-4
13
-9
-2
146
27
-1
20
-1
11
-1
1
-7
0
2
-89
24
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51
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37
-3
-5
43
-2
12
-5
-1
69
13
1
-108
34
19
-130
42
34
-150
10
43
483
235
293
-47
40
55
218
137
174
1999
2000
2001
2002
moyenne
93-97
moyenne
98-02
566
11
155
86
173
42
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24
143
10
111
84
46
90
36
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451
10
88
58
50
46
25
24
177
6
79
118
52
41
17
0
354
3
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13
0
172
28
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111
25
6
338
8
98
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24
14
255
18
78
76
79
78
24
10
10
0
5
1
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3
1
6
1
41
10
1
7
1
24
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2
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1
27
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6
2
42
13
2
7
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1
6
2
35
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10
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49
460
346
404
1 104
133
288
564
145
256
747
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170
432
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144
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111
587
359
417
676
96
194
632
227
305
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
Prêts nets
Etats-Unis
France
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
AID
Pays-Bas
BAfD
Canada
Royaume Uni
Italie
Fonds arabes
Autres pays
51
101
4
47
25
42
0
-65
-3
2
9
0
-2
87
72
-32
3
117
19
69
47
151
-31
-44
56
105
81
39
-24
16
32
59
97
75
-66
-36
70
43
95
34
52
0
-47
25
137
35
50
34
-92
36
30
29
39
20
4
-121
33
36
25
24
16
4
-175
10
-15
30
3
7
16
-175
-11
-8
53
9
-12
7
-187
-15
33
12
-11
-16
1
-40
8
-6
9
-43
-2
117
75
5
-9
38
-1
6
67
-14
14
141
-1
23
39
-1
16
14
-1
18
-2
26
-1
9
-2
3
0
13
-1
-2
598
65
-6
69
-1
9
-4
-2
3
-1
2
-2
11
-1
7
-1
1
-1
-12
-6
-1
-1
-7
-3
-1
5
-15
-1
-2
TOTAL Prêts nets
Membres de l'Union europénne
Union européenne yc. Commission
338
129
133
529
254
273
895
641
697
264
63
95
341
160
203
384
59
196
106
54
84
48
58
95
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
48
21
68
673
384
44
17
25
103
14
38
-40
332
99
20
14
256
23
79
118
13
130
19
16
66
73
61
46
20
141
25
2
279
24
54
138
19
118
30
0
155
5
58
80
47
65
29
0
2
3
5
4
4
11
30
7
80
26
3
73
23
3
66
5
3
69
12
3
60
TOTAL Coopération technique et div 1 349
Membres de l'Union europénne
882
Union européenne yc. Commission
950
720
210
248
640
521
601
472
387
448
642
330
384
Millions de dollars
Dons pour investissements et divers
Etats-Unis
France
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
AID
Pays-Bas
BAfD
Canada
Royaume Uni
Autres pays
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
moyenne 93- moyenne 98- Moyenne 9397
02
02
1992
Moyenne 9302
Moyenne 9302
304
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Millions de dollars
Coopération technique
Etats-Unis
France
Agences onusiennes
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
AID
Pays-Bas
BAfD
Canada
Royaume Uni
Italie
Autres pays
TOTAL hors annulation de dette
Membres de l'Union europénne
Union européenne yc. Commission
Millions de dollars
Apports bruts d'aide
Etats-Unis
France
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
AID
Pays-Bas
BAfD
Canada
Royaume Uni
Agences onusiennes
Autres pays
TOTAL prêts bruts et coopération
technique
Membres de l'Union europénne
Union européenne yc. Commission
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
en Egypte (1993-2003)
moyenne 93- moyenne 98- Moyenne 9397
02
02
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
669
17
26
0
32
833
17
26
0
29
460
19
21
1
31
584
24
25
1
39
482
19
22
1
43
434
16
13
2
37
336
18
8
5
39
645
16
12
3
33
359
16
7
629
14
9
29
27
679
16
7
2
29
559
19
21
1
36
529
16
9
2
32
544
17
15
1
34
24
6
3
25
7
3
21
6
3
26
2
2
31
2
2
26
2
2
23
2
2
26
0
2
33
2
1
23
2
1
20
1
1
26
4
3
25
1
1
26
3
2
14
13
15
21
14
12
12
9
12
11
10
15
11
13
5
12
16
4
827
103
103
4
9
6
3
975
86
86
4
6
2
5
594
87
87
7
6
1
6
744
100
102
6
7
1
3
635
92
93
11
8
2
9
573
84
86
8
10
3
9
474
92
96
10
4
1
8
771
71
75
5
3
1
5
472
68
68
4
3
2
8
733
66
66
4
3
2
8
783
68
70
6
7
2
5
704
90
91
6
5
2
7
647
73
75
6
6
2
6
675
81
83
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
moyenne
93-97
moyenne
98-02
768
174
72
918
431
111
23
28
8
16
10
35
19
26
283
942
147
64
267
395
2 168
26
16
19
15
10
31
11
26
277
716
138
145
214
108
189
25
19
50
20
7
27
9
21
767
650
167
109
167
129
243
27
4
83
25
10
11
8
25
65
761
114
112
191
59
201
33
3
82
19
15
18
10
22
71
596
48
212
146
108
126
31
2
157
24
24
17
10
13
56
902
74
214
139
234
92
28
26
57
25
19
15
18
8
56
788
75
179
125
89
147
36
22
33
19
19
15
5
12
73
810
53
110
79
76
111
27
25
49
16
11
11
4
7
73
805
36
118
115
92
93
19
1
32
21
14
11
4
9
46
1 033
43
139
91
61
56
15
1
54
18
5
12
4
7
61
733
123
128
197
160
585
28
9
78
21
13
21
10
21
247
868
56
152
110
110
100
25
15
45
20
14
13
7
9
62
800
90
140
153
135
343
27
12
62
20
13
17
8
15
155
2 455
1 722
1 711
1 569
1 905
1 639
1 461
1 417
1 600
2 375
1 605
1 990
664
773
600
712
525
738
332
546
322
502
243
352
223
342
211
350
808
937
266
418
537
678
2 920
1 471
1 543
4 417
755
819
1 497
1 641
Moyenne 9302
305
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Les engagements globaux
Les engagements globaux recensés pour la période 1993-2002 sont
de $ 21,7 milliards et atteignent 98% du montant des versements pour la
même période. Cela assure une cohérence d’ensemble satisfaisante entre
les deux séries.
Les données du CAD pas plus que celles sur les versements ne décomptent
le prêt de rééchelonnement de $ 1,5 milliard qu’a fait l’Allemagne en 1992.
A l’inverse de ces dernières, elles ne prennent par ailleurs pas en compte
les annulations de dette françaises antérieures à 1997.
Les données
permettent toutefois de bien saisir la diminution des
différentes composantes de l’aide publique accordée à l’Egypte tout au long
de la période.
Evolution des engagements d’aide
M$
5 000
4 500
Total engagements
4 000
3 500
Prêts yc prêts de
retructuration de dette
3 000
2 500
2 000
Dons yc annulation de
dettes et coopération
technique
Coopération technique
1 500
1 000
500
2002
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
1993
1992
0
Un des leurs apports spécifiques est la quantification qu’elles offrent de la
coopération technique. Ce que déclarent à cet égard les Etats-Unis s’y
trouve cependant mal pris en compte de 1997 à 2000. Par ailleurs, le
niveau de $ 400 à 500 millions qu’ils déclarent en dehors de cette période
correspond à une réalité très spécifique : tout ce qui n’est pas
investissement au sens strict, cela comprenant des aides budgétaires de
fonctionnement, des aides à l’importation, des aides à la restructuration,
etc.
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
306
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Les engagements par instrument des principaux bailleurs
millions de dollars
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
4 375
893
198
25
1 034
639
208
5
780
41
5
46
15
111
4 282
748
96
137
131
409
2 111
18
3
37
41
59
14
78
2 217
995
269
139
238
2 176
1 002
175
138
89
161
142
37
2
26
24
168
10
152
2 147
804
280
324
353
5
161
23
2
26
30
4
10
75
2 283
827
624
323
273
1 305
778
17
222
83
87
34
1
1
23
11
3
5
1 755
975
16
257
72
180
77
1
1
1 181
695
28
212
112
33
31
6
1
1 499
861
100
113
52
201
75
13
1
22
8
4
100
11
8
4
6
20
4
123
253
283
116
2 819
694
263
118
414
202
159
49
3
38
17
47
16
67
602
64
66
171
49
1992
1993
1994
1995
354
101
99
82
moyenne
93-97
moyenne
98-02
2 728
849
217
171
245
155
553
32
2
32
25
67
10
85
124
69
90
1 604
827
157
225
119
100
53
16
1
9
15
9
7
20
5
8
34
moyenne
93-97
moyenne
98-02
Total
93-02
Total engagements
TOTAL
Etats-Unis
Commission européenne
France
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
Multilateraux hors CE
Pays-Bas
Canada
Royaume Uni
AID
Italie
Fonds arabes
Autres pays
millions de dollars
192
35
2
35
11
58
53
18
46
61
2
20
26
5
18
23
50
10
46
17
10
32
10
29
10
44
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
624
94
136
81
161
184
68
36
382
53
140
179
145
150
35
149
295
5
0
27
74
33
24
36
87
152
75
21 663
8 379
1 868
1 984
1 818
1 277
3 030
244
18
205
200
380
85
525
643
387
620
Total
93-02
Prêts yc prêts de retructuration de dette
TOTAL
France
Commission européenne
Allemagne
Pays arabes
Japon
AID
Italie
Fonds arabes
Autres pays
millions de dollars
1 043
65
327
208
99
111
2 728
97
50
83
83
1 992
78
1 148
80
156
160
123
110
283
62
67
602
64
19
1992
1993
1994
53
18
1995
5
201
41
100
23
10
1996
10
10
6
10
19
1 008
88
95
101
62
1 992
85
310
174
16
224
44
63
73
80
41
100
23
10
5
1997
1998
1999
2000
2001
2002
moyenne
93-97
moyenne
98-02
7 201
528
667
699
569
2 034
525
643
387
106
Total
93-02
Dons yc annulation de dettes et coopération technique
TOTAL
Etats-Unis
Commission européenne
France
Allemagne
Pays arabes
Japon
Danemark
Autriche
Multilateraux hors CE
Pays-Bas
Canada
Royaume Uni
Autres pays
3 332
1 554
1 671
1 863
1 552
1 963
1 901
1 160
1 605
1 032
1 204
1 721
1 380
18 837
893
133
25
707
431
109
5
780
41
5
46
15
143
748
47
40
48
326
119
18
3
37
41
59
14
54
694
107
39
253
202
159
49
3
38
17
47
16
47
995
169
38
156
1 002
38
44
8
804
245
256
353
827
484
270
94
778
17
222
48
695
2
212
38
861
76
113
52
192
35
2
35
11
58
142
37
2
26
24
168
10
49
161
23
2
26
30
4
10
50
46
61
2
20
26
5
18
46
34
1
1
23
11
3
5
17
975
16
222
67
180
77
1
1
31
6
1
34
13
1
22
8
4
32
11
8
4
23
6
20
4
24
849
121
83
164
264
155
32
2
32
25
67
13
74
827
119
208
60
180
45
16
1
9
15
9
7
29
8 379
1 201
1 455
1 119
709
996
244
18
205
200
380
85
514
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
171
307
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
millions de dollars
1992
en Egypte (1993-2003)
moyenne
93-97
moyenne
98-02
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
Total
121
225
109
100
618
726
478
356
4 978
79
18
14
38
24
1
16
0
32
27
1
1
12
8
1
4
7
15
535
14
23
34
1
1
21
24
3
1
627
16
2
30
21
2
1
16
3
3
5
4
2
3
11
1
14
3
9
419
19
3
33
28
2
2
21
14
13
311
16
6
29
26
2
1
7
10
4
5
9
2 917
173
33
309
267
16
18
127
118
85
23
82
Coopération technique
TOTAL
808
702
476
479
612
Etats-Unis
France
Commission européenne
Allemagne
Japon
Danemark
Autriche
Multilateraux hors CE
Pays-Bas
Canada
Royaume Uni
Autres pays
668
17
0
31
26
5
3
26
3
7
12
11
548
17
0
31
27
4
3
26
32
6
346
19
3
31
22
3
3
21
9
15
341
24
4
36
28
0
2
25
10
3
441
19
1
32
33
2
2
22
12
40
16
7
36
27
1
2
13
7
1
8
4
5
9
12
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
2
8
21
1
10
12
8
308
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Les engagements des principaux bailleurs bilatéraux par secteur
Les engagements concernés ont été calculés d’après le Credit reporting
sytem du CAD.
Les engagements 1993-2002 des principaux bailleurs bilatéraux par
instrument et par secteur
millions de dollars
prêts
TOTAL
528,3
France
Allemagne
dons
coopérati
investiss
on
ement
dons
coopérati
investiss
on
ement
44,0
89,8
total
prêts
662,1
635,7
340,5
210,7
1 186,9
total
Japon
Etats-Unis
TOUT
dons =
total
dons = total
tout
548,4
7 943,4
12 189,8
Éducation
0,0
2,3
34,3
36,6
0,0
93,4
37,8
131,2
10,8
335,3
681,8
Santé
1,0
14,0
2,2
17,2
0,0
0,0
2,1
2,1
21,9
230,2
290,7
0,4
0,4
244,8
245,5
210,9
10,6
45,0
129,7
9,7
184,4
167,0
474,9
1 453,6
5,4
5,4
8,6
1 093,4
1 113,7
0,0
26,5
28,8
55,3
28,6
139,3
0,1
0,1
7,0
47,8
52,7
20,7
154,8
Politiques & prg / population & santé génésique
Distribution d’eau et assainissement
0,0
Administration publique et société civile
221,5
0,5
Emploi
Logement
Autres services sociaux
Transports et entreposage
3,8
1,0
117,9
5,2
Communications
65,1
2,8
Production et distribution d’énergie
98,6
0,5
123,1
1,0
298,5
19,1
39,8
2,6
Services aux entreprises et autres
0,3
0,2
0,4
0,8
1,1
21,6
19,7
105,1
7,5
13,3
2,1
3,5
41,1
176,4
0,0
505,0
1,5
0,4
236,5
377,6
317,6
263,1
1 095,6
42,4
239,3
325,7
1,9
1,9
1 286,6
1 291,3
13,5
126,1
126,6
531,3
953,0
0,0
20,8
42,2
291,4
0,0
0,0
Industries manufacturières
7,8
0,3
0,4
8,5
1,5
5,1
Commerce
97,4
3,9
14,8
0,7
0,7
15,1
13,0
43,7
71,7
11,6
33,5
32,7
66,2
2,0
0,1
0,0
0,1
0,0
Protection de l'environnement
Autres activités plurisectorielles
Autres types d’aide sous forme de produits et d’
Non affecté/non spécifié
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
3,6
5,8
0,3
6,1
0,2
0,0
0,2
14,2
13,3
1,5
0,8
0,8
Pêche
2,8
98,6
Services bancaires et financiers
Agriculture
34,9
68,9
7,0
116,1
20,8
403,6
405,0
331,4
496,6
687,3
833,9
1 475,9
10,1
1 475,9
10,6
309
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Figure 1 : Engagements de la France par secteur et instrument
France
France
prêts
prêts
dons investissement
Éducatio n
dons investissement
Éducatio n
coopération
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
Distributio n d’ eau et assainissement
Distributio n d’ eau et assainissement
A dministratio n publique et so ciété civile
A dministratio n publique et so ciété civile
Emplo i
Emplo i
Lo gement
Lo gement
A utres services so ciaux
A utres services so ciaux
Transpo rts et entrepo sage
Transpo rts et entrepo sage
Co mmunicatio ns
Co mmunicatio ns
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
Services bancaires et financiers
Services bancaires et financiers
Services aux entreprises et autres
Services aux entreprises et autres
A griculture
A griculture
P êche
P êche
Industries manufacturières
Industries manufacturières
M US$
Co mmerce
P ro tectio n de l'enviro nnement
Co mmerce
P ro tectio n de l'enviro nnement
A utres activités plurisecto rielles
A utres activités plurisecto rielles
0
50
100
150
200
250
300
0
310
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
coopération
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
50
100
150
200
250
300
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Figure 2 : Engagements de l’Allemagne par secteur et par instrument
Allemagne
Allemagne
prêts
dons investissement
Éducatio n
Éducatio n
Santé
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
Distributio n d’ eau et assainissement
Distributio n d’ eau et assainissement
A dministratio n publique et so ciété civile
A dministratio n publique et so ciété civile
Emplo i
Emplo i
Lo gement
Lo gement
A utres services so ciaux
A utres services so ciaux
Transpo rts et entrepo sage
Transpo rts et entrepo sage
dons investissement
Co mmunicatio ns
Co mmunicatio ns
coopération
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
Services bancaires et financiers
Services bancaires et financiers
Services aux entreprises et autres
Services aux entreprises et autres
A griculture
A griculture
P êche
P êche
Industries manufacturières
Industries manufacturières
Co mmerce
Co mmerce
P ro tectio n de l'enviro nnement
P ro tectio n de l'enviro nnement
M US$
A utres activités plurisecto rielles
20
40
60
80
100
120
140
160
180
0
311
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
ddidacticiels et modélisation économiques
M US$
A utres activités plurisecto rielles
0
dme
coopération
50
100
150
200
250
300
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Figure 3 : Engagement du Japon par secteur et par instrument
Japon
dons = total
Éducatio n
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
Distributio n d’ eau et assainissement
A dministratio n publique et so ciété civile
Emplo i
Lo gement
A utres services so ciaux
Transpo rts et entrepo sage
Co mmunicatio ns
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
Services bancaires et financiers
Services aux entreprises et autres
A griculture
P êche
Industries manufacturières
Co mmerce
M US$
P ro tectio n de l'enviro nnement
A utres activités plurisecto rielles
0
50
100
150
200
250
300
312
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
en Egypte (1993-2003)
Figure 4 : Engagements des Etats-Unis par secteur et par instrument
Etats Unis
do ns = to tal
Éducatio n
Santé
P o litiques & prg / po pulatio n & santé génésique
Distributio n d’ eau et assainissement
A dministratio n publique et so ciété civile
Emplo i
Lo gement
A utres services so ciaux
Transpo rts et entrepo sage
Co mmunicatio ns
P ro ductio n et distributio n d’ énergie
Services bancaires et financiers
Services aux entreprises et autres
A griculture
P êche
Industries manufacturières
Co mmerce
M US$
P ro tectio n de l'enviro nnement
A utres activités plurisecto rielles
A utres types d’ aide so us fo rme de pro duits et d’ aide pro gramme générale
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
313
SERES
Rapport final définitif – Mars 2005
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
1100
1200
1300
1400
1500
Ministère des Affaires étrangères
Evaluation de la coopération française
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
314
dme
ddidacticiels et modélisation économiques
en Egypte (1993-2003)
Rapport final définitif – Mars 2005
SERES