Juin 2012 - Dexia Crédit Local
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Juin 2012 - Dexia Crédit Local
Matières premières: le potentiel de baisse des prix du pétrole est limité Le prix du pétrole brut (Brent) a continué à baisser ces dernières semaines et il est même passé sous le seuil des er 100 dollars depuis le 1 juin. Comme pour la plupart des autres matières premières, la baisse du prix du pétrole était due au pessimisme à propos de l’économie mondiale. Les prix du pétrole ont reculé malgré le fait que la concertation entre l'Iran et les six grandes puissances concernant son programme nucléaire n’avait jusqu’à présent donné aucun résultat et que l’embargo pétrolier de er l’Europe sera d’application à partir du 1 juillet. La conjoncture mondiale moins dynamique freine la croissance de la demande de pétrole brut. En outre, l’offre de pétrole brut continue à augmenter (selon les statistiques de Bloomberg, l’offre mondiale de pétrole brut a dépassé la demande en mars, avril et mai) et les réserves de pétrole font de même. Aux Etats-Unis, les stocks commerciaux de pétrole (donc sans les réserves stratégiques) ont atteint leur plus haut niveau ces dernières semaines depuis juillet 1990. Depuis le début 2011, l’OPEP a augmenté sa production de façon draconienne. La production de pétrole de l’OPEP se trouve ainsi actuellement à son plus haut niveau depuis octobre 2008. A la suite de la hausse de la production de pétrole, la capacité tampon de l’OPEP a chuté en mai à 4,0 millions de barils, le niveau le plus bas depuis octobre 2008. Mais cette capacité est toujours beaucoup plus confortable que les 2,0 millions de barils de juillet 2008, lorsque les prix du pétrole approchaient les 150 dollars. Après sa réunion du 14 juin, l’OPEP a décidé de ne pas modifier son quota de production, malgré la forte baisse récente des prix du pétrole. C’est une décision logique, compte tenu de la dégradation de la situation économique mondiale et de la menace d’embargo pétrolier contre l’Iran. Juin 2012 Car, si l’approvisionnement en pétrole des pays occidentaux devait être gêné par cette mesure, ces pays n'hésiteraient pas à mettre sur le marché une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole, afin d'endiguer une flambée des prix du pétrole. Ils l’ont d’ailleurs déjà fait l’an dernier lors de la guerre civile en Libye. En outre, le président Obama ne peut pas se permettre une nouvelle hausse des prix des carburants à l’approche des élections et il peut éventuellement recourir unilatéralement aux réserves de pétrole stratégiques américaines très importantes. A la suite de la baisse rapide et conséquente de ces derniers mois, le potentiel de baisse des prix du pétrole est limité. En raison de la hausse des coûts pour extraire le pétrole et des programmes très coûteux pour préserver la paix sociale, le prix du pétrole ne peut plus beaucoup baisser pour la plupart des membres de l'OPEP. Le cas échéant, elle n’hésitera pas à fermer ses robinets de pétrole. Ce n’est qu’à partir de la fin de cette année que nous voyons une nouvelle hausse des prix du pétrole, à la suite de l'augmentation de la demande pendant l'hiver dans l'hémisphère nord et de l'anticipation d'une accélération progressive de la croissance de l'économie mondiale en 2013. L’affaiblissement attendu du dollar américain en 2013 est un argument supplémentaire en faveur d’une augmentation des prix du pétrole au cours de l'an prochain. Evolution du prix du pétrole depuis 2002 (USD/baril) 160 140 120 100 80 60 Nous prévoyons que les prix du pétrole continueront à fluctuer aux environs des niveaux actuels dans les prochains mois. En dépit de l’embargo pétrolier de l’Europe contre l’Iran, les prix du pétrole ne s’envoleront probablement plus. 40 20 0 2002 2003 2004 2005 2006 2007 PRIX DU PETROLE (BRENT) 2008 2009 2010 2011 Sourc e: T homs on Datas tream Prix du pétrole (Brent) (USD/baril) 21/06/12 T3 2012 T4 2012 T1 2013 T2 2013 91,6 88 95 104 110 Achevé de rédiger le 21 juin 2012. Rédaction: Stefan Farkas, Frank Maet, Frank Lierman et le Service Linguistique. Editeur responsable: Frank Lierman – Spaanse Kroonlaan, 27 – 3000 Leuven. Dexia Banque, Bd. Pachéco 44 – 1000 Bruxelles. La reproduction d’éléments de cette publication est autorisée avec mention de la source. Les informations qui y figurent sont données à titre purement documentaire et ne peuvent engager notre responsabilité. Source: Thomson Reuters Datastream – Bloomberg – Belgostat – Eurostat. Etats-Unis: un modèle connu Après un début d’année étonnamment robuste, l’économie américaine a perdu du rythme au cours du second trimestre. Le rapport sur le marché de l’emploi a de nouveau donné le ton, car ces chiffres macroéconomiques exercent de loin l’influence la plus importante outreAtlantique et dans le reste du monde. Comme nous l’avions déjà mentionné dans les éditions précédentes des Perspectives économiques, la croissance de l’emploi au T1 a été soutenue par un hiver inhabituellement doux aux États-Unis qui a entraîne une forte demande de travailleurs dans le secteur de la construction en janvier et février. Cette croissance impressionnante du nombre d’emplois a diminué au fur et à mesure que cet effet positif fléchissait à partir de mars. La correction des prix du pétrole de ces dernières semaines sera la bienvenue pour les consommateurs et relèguera peut-être au second plan les chiffres de l'emploi décevants et l'agitation en Europe. On observe en outre depuis peu une tendance à la baisse de l'inflation, ce qui est bénéfique pour le revenu disponible réel des ménages. Croissance du PIB et indicateur ISM 6 65 60 4 55 2 En mai, seuls 69 000 nouveaux emplois ont été créés, un niveau largement inférieur aux attentes et bien en deçà des 255 000 nouveaux emplois mensuels du premier trimestre. En outre, les données sur le travail de ces derniers mois ont été revues à la baisse et on a observé une légère montée du taux de chômage à 8,2%, ce qui a semé le doute sur les marchés financiers quant au caractère durable de la reprise économique. Ce modèle est bien connu, car le début de l’année avait également été marqué par l’optimisme économique aux États-Unis en 2010 et 2011 avant que des nuages ne s’accumulent avant l’arrivée de l’été (graphique 1). La contribution de la croissance aux dépenses des ménages sera donc plus faible au T2 qu’au T1 lorsqu’une légère euphorie s’est emparée de « Joe Sixpack ». Nous tablons néanmoins sur un apport plus important des investissements d’entreprise, même si la croissance finale du PIB sera peut-être inférieure au chiffre de 1,9% du T1 2012. 50 0 45 -2 40 -4 35 -6 30 98 99 00 01 02 03 04 05 PIB (CROISSANCE A UN AN) INDICE ISM (R.H.SCALE) 06 07 08 09 10 11 Sourc e: T homs on Datas tream Taux de chômage et créations nettes d’emploi 000'S 600 11 400 10 200 9 0 8 -200 7 Dans le même temps, il est peu probable que la croissance en dehors des États-Unis soit assez vigoureuse pour qu’une hausse des exportations de la demande intérieure puisse compenser le fléchissement de la demande intérieure. La croissance des exportations ralentit vers la vieille Europe, mais aussi vers l’Asie et l’Amérique du Sud. La croissance des exportations vers le petit frère canadien - le plus important partenaire commercial des États-Unis – est même négative depuis la fin de 2011 et a souvent fait office par le passé d’indicateur avancé de la demande extérieure globale. Il semble donc probable que le commerce extérieur contribuera de manière nettement moins significative à la croissance qu’en 2010 et 2011. -400 6 -600 5 -800 4 -1000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2010 2011 Sourc e: T homs on Datas tream Etats-Unis PIB (croissance en % sur un an) Taux d’inflation 2011 1,7 3,1 Cependant, nous entrevoyons un nouveau développement positif qui pourrait soutenir les dépenses des consommateurs dans les mois à venir. La « driving season » vient de commencer aux États-Unis, période pendant laquelle de nombreux Américains entreprennent de longs trajets en voiture pour rendre visite à leur famille et leurs amis. Le prix de l'essence va donc jouer un rôle encore plus important que d'habitude dans le budget des ménages. Dexia 2009 TAUX DE CHOM AGE CREATIONS NETTES D'EM PLOI(R.H.SCALE) Perspectives Economiques – Juin 2012 2 2012 2,2 2,5 2013 2,9 2,5 Zone euro: le fléchissement de la conjoncture fait pression sur la BCE Les premiers indicateurs relatifs au deuxième trimestre montrent un nouveau fléchissement de la conjoncture dans la zone euro. En mai, l’indicateur du climat économique, qui combine à la fois la confiance des consommateurs et des entreprises et constitue un bon baromètre de l’évolution du PIB, a chuté à son plus bas niveau depuis octobre 2009. L’indice de confiance des consommateurs a fluctué dans une marge étroite entre mars et juin. La confiance des consommateurs est affectée par les perspectives plus sombres de la conjoncture, la crise persistante de l’euro, la hausse du chômage et la baisse des revenus des ménages. Les assainissements budgétaires draconiens font pression sur les revenus disponibles des ménages par le biais de l’augmentation des tarifs de l’impôt des personnes physiques et de la TVA. En outre, les augmentations salariales n’ont pas le même niveau que l'inflation. Au premier trimestre de cette année, les salaires dans la zone euro ont progressé de 2,0% sur une base annuelle (la hausse la plus faible depuis le quatrième trimestre de 2010), tandis que l’inflation atteignait en moyenne 2,7%. La baisse du pouvoir d’achat qui en résulte pèse sur les dépenses des consommateurs. Entre février et avril, les ventes au détail ont stagné sur une base trimestrielle. Depuis octobre de l’an dernier, les ventes de voitures ont reculé par rapport à l’année précédente. En mai, elles ont chuté de 11,9% sur une base annuelle. La confiance des chefs d’entreprise a continué à s’effriter en mai, tant dans l’industrie, le commerce de détail, le secteur de la construction et les services. L’indicateur de confiance des entreprises dans l’industrie a baissé en mai pour le troisième mois consécutif, à la suite de la baisse persistante des commandes totales et des commandes à l'exportation. Entre février et avril, la production industrielle a d’ailleurs stagné par rapport à la période novembre – janvier et a reculé d'1,7% par rapport à il y a un an. L’indice des directeurs d’achats de l’industrie manufacturière a chuté à 44,8 points en juin, le niveau le plus bas depuis juin 2009. La baisse d’activité dans ce secteur s'aggrave donc. L’indice du secteur des services s’est affiché à 46,8 points en juin, indiquant également une contraction de l’activité. L’inflation dans la zone euro est passée de 2,58% en avril à 2,43% en mai. Il s’agissait du troisième mois consécutif où l’inflation était en perte de vitesse, mais elle reste supérieure à l’objectif de la BCE (à savoir 2,0%). Cette situation est encore toujours due aux prix de l’énergie, mais leur hausse en glissement annuel se ralentit rapidement : de plus de 12% entre septembre et novembre 2011 à 7,32% en mai, l'augmentation la plus faible depuis août 2010. L’inflation sous-jacente (sans les prix de l’alimentation, de l’énergie, de l'alcool et du tabac) s’élevait à 1,58% en mai et l’inflation sans l’énergie à 1,84%. Nous prévoyons une poursuite du recul progressif de l’inflation au cours des prochains mois. Depuis la mi-avril, les prix du pétrole ont plongé (de plus de 120 dollars le baril à moins de 100 dollars le baril). Malheureusement, cette tendance favorable est partiellement annihilée par la dépréciation de l'euro face au dollar américain. La faiblesse de la demande domestique limite la marge des entreprises pour augmenter leurs prix. Le chômage élevé modère les augmentations salariales. La baisse des prix des matières premières influence positivement les prix à la production, qui anticipent l’évolution des prix à la consommation. Depuis quelques mois, la progression en glissement annuel des prix à la production marque le pas, ce qui est une bonne nouvelle pour les prévisions en matière d’inflation. Taux d’inflation 4.50 4.00 3.50 3.00 2.50 2.00 1.50 1.00 0.50 La dépréciation récente de l’euro face au dollar américain peut atténuer la peine des exportateurs de la zone euro, mais pas la supprimer totalement, étant donné que l’économie mondiale tourne au ralenti cette année. 0 -0.50 -1.00 98 99 00 01 02 03 04 05 06 07 TAUX D'INFLATION TAUX D'INFLATION SOUS-JACENTE 08 09 10 11 Sourc e: T homs on Datas tream Dans les quatre secteurs, les entreprises se sont montrées plus pessimistes à propos de l'évolution prévue de l'emploi. Cela signifie que la fin de la hausse du chômage n’est pas encore en vue. Le nombre de chômeurs dans la zone euro a progressé chaque mois entre mars 2011 et avril 2012. En avril, la zone euro comptait 17,405 millions de chômeurs, un nouveau triste record et une augmentation de 0,6% sur une base mensuelle et de 11,5% sur une base annuelle. En avril, le taux de chômage s’est stabilisé à 11,0%, le chiffre le plus élevé depuis le début des statistiques en janvier 1995. Le taux de chômage des jeunes (personnes de moins de 25 ans) s'est équilibré à 22,2% en avril. Ce pourcentage n’a plus été aussi élevé depuis décembre 1994. Dexia Zone euro: prévisions de croissance du PIB par composants (croissance à un an) PIB Consommation privée Investissements Exportations Importations Taux d’inflation Perspectives Economiques – Juin 2012 3 2011 1,5 0,2 1,6 6,3 4,1 2012 -0,5 -0,6 -2,1 2,3 0,5 2013 0,5 0,3 1,8 3,7 4,4 2,7 2,3 1,8 Taux d’intérêt La tendance au recul de l'inflation présente un autre avantage: elle pourrait permettre à la Réserve fédérale de donner un ballon d’oxygène non-conventionnel à l’économie. Le dernier programme d'achat d’obligations, connu sous le nom d’ « Opération Twist », se termine en juin. L'arsenal classique - le taux des Fed funds - est presque épuisé, car il est déjà de 0,25%, ce qui incite les marchés financiers à spéculer sur un nouveau cycle d'assouplissement quantitatif (également connu sous le nom de «QE» ou « quantitative easing »-ndlr) ayant pour objet de faire baisser les taux d'intérêt à long terme. Des rendements obligataires plus faibles seraient une bonne chose pour l'économie américaine, car ils se traduisent par une baisse des taux hypothécaires et, partant, du coût d’emprunt des ménages. En outre, des taux d'intérêt plus faibles sont généralement bien accueillis par Wall Street et pourraient entraîner un regain de confiance. Enfin, la fin de la crise de la dette dans la zone euro n’est pas en vue. En Espagne, la crise de l’immobilier n’a pas encore atteint le creux de la vague et elle reste comme une épée de Damoclès au-dessus du secteur bancaire. Le risque est dès lors grand que les pertes des banques espagnoles augmentent encore et donc aussi l’aide nécessaire de l’Europe. L’incertitude à propos de l’avenir de la Grèce dans la zone euro ne s’est pas levée après les élections du 17 juin. Ce n’est qu’à partir du premier trimestre de 2013 que nous assisterons à une hausse définitive du taux à long terme au-dessus des niveaux actuels, à la suite de l’amélioration progressive des perspectives économiques pour la zone euro en 2013 et surtout de l’augmentation du taux à long terme américain. Taux des IRS à 10 ans 8 Actuellement, la Réserve fédérale s’en tient à une position de « wait and see » dans l’attente d’une confirmation du nouvel accès de faiblesse de l'activité économique avant d’opter pour l'achat d’obligations à long terme. Toutefois, les chiffres économiques décevants des dernières semaines ont renforcé les spéculations relatives à un nouveau cycle d'assouplissement quantitatif de la part de la Réserve fédérale. Cette spéculation sur les marchés obligataires, associée à la crise de l'euro, a poussé à la hausse la demande de bons du Trésor et a provoqué une nouvelle baisse des taux d'intérêt. Cette tendance se poursuivra dans les prochaines semaines, car nous nous attendons à d’autres déceptions en termes de données macro-économiques et à une nervosité des cercles dirigeants au sujet de l’avenir de la zone euro. Ce n'est que vers la fin de l'année que nous espérons voir les bons du Trésor augmenter sensiblement sur fonds de solution structurelle de la crise de l’euro et de regain d’attention des investisseurs sur les défis fiscaux aux États-Unis mêmes. 7 6 5 4 3 2 1 99 00 01 02 03 04 05 06 07 ZONE EURO: TAUX A 10 ANS (IRS) ETATS-UNIS: TAUX A 10 ANS (IRS) 08 09 10 11 Sourc e: T homs on Datas tream Zone euro: spread par rapport au «Bunds allemands» (obligation d’état à 10 ans) en points de base 600 500 400 La BCE n’a pas modifié sa politique monétaire à l'issue de sa réunion du 6 juin. Depuis le 14 décembre 2011, elle n’a pas changé son taux repo qui atteint toujours le plancher record d’1,00%. Nous n’excluons pas une diminution du taux repo (à 0,75%) au second semestre de cette année. Mais à la place, la BCE peut également opter pour une troisième LTRO, par exemple, pour empêcher les taux d’augmenter. Le taux repo ne connaîtra pas de hausse cette année et l’an prochain, en raison de la baisse attendue de l’inflation sous le niveau de l’objectif de la BCE à partir du début 2013, de la faiblesse de la conjoncture dans la zone euro et des graves problèmes dans le secteur bancaire européen. Nous prévoyons que le taux à long terme (IRS à 10 ans) dans la zone euro continuera à fluctuer aux alentours des niveaux actuels au cours des prochains mois. Il y a peu de raisons pouvant justifier un rebond durable du taux à long terme. Les perspectives économiques de la zone euro ne font que s’assombrir. L’inflation moyenne dans la zone euro restera sous l’objectif de la BCE en 2013. La BCE continuera probablement à assouplir sa politique monétaire prochainement. Dexia 300 200 100 0 -100 99 00 01 02 03 04 FRANCE/ALLEM AGNE ITALIE/ALLEM AGNE ESPAGNE/ALLEM AGNE 05 06 07 08 09 10 11 Sourc e: T homs on Datas tream Taux à 3 mois (%) Etats-Unis Zone euro Royaume-Uni 21/06/12 T3 2012 T2 2013 0,47 0,66 0,92 0,50 0,60 0,95 0,50 0,75 1,10 21/06/12 T3 2012 T2 2013 1,80 1,98 2,06 2,00 1,95 2,10 2,50 2,25 2,45 Taux à 10 ans (IRS) (%) Etats-Unis Zone euro Royaume-Uni Perspectives Economiques – Juin 2012 4 Marchés des changes: la tempête s’éloigne-t-elle de l’euro? Depuis quelques semaines, l'euro résiste bien, aux environs de 1,25 USD. Les fortes pressions qui pèsent sur l'Espagne – et indirectement sur l'Italie – ont à peine affecté la monnaie européenne. Les opérateurs des marchés ne voient manifestement pas de raison qui justifierait une nouvelle appréciation du dollar. La croissance économique des États-Unis suscite en effet quelques doutes, et surtout, le pays est confronté à un défi considérable : assainir le budget fédéral et la dette publique. Les résultats des élections grecques ouvrent la voie à un ajustement acceptable des conditions d'assainissement imposées par la troïka. Quant au scrutin législatif français, il donne au Président Hollande les mains libres pour mener à bien sa politique. Le « oui » irlandais au nouveau traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance en matière de politique économique et budgétaire augmente la probabilité de voir le texte entrer en vigueur au 1er janvier 2013. L’Union européenne a par ailleurs dégagé 100 milliards d'euros pour la recapitalisation et la restructuration du secteur bancaire espagnol, preuve que la solidarité européenne n'exclut personne. Bien entendu, le gouvernement espagnol va devoir poursuivre sa politique d'assainissement sans transiger pour échapper à l'explosion des taux. Il est clair, cependant, que la BCE peut encore intervenir, avec ou sans l'aide du Mécanisme de Stabilité Européen. Le fait que l’Italie soit à nouveau visée par les spéculateurs n'est pas étonnant, mais ces derniers se trompent dans une large mesure, étant donné les mesures de restructuration déjà prises et l'importante capacité d'autofinancement due à un taux d’épargne élevé. Le danger reste néanmoins très présent, et toutes les instances européennes et italiennes concernées doivent rester vigilantes face à la spéculation. La question essentielle est de savoir si le projet de plan directeur présenté au Sommet européen des 28 et 29 juin inspirera une crédibilité suffisante. Les plaidoyers en faveur d'une stratégie de croissance doivent déboucher le plus rapidement possible sur des actions concrètes, avec des modalités de financement claires. Le débat et les propositions de la Commission européenne sur une union bancaire européenne, avec un contrôle prudentiel européen, un système européen de garantie des dépôts, et un fonds européen de sauvetage des banques, rappellent une fois de plus la nécessité de poursuivre la construction de la zone euro pour améliorer ses chances de survie. Dans les mois qui viennent, nous allons voir la devise européenne fluctuer entre 1,25 USD et 1,30 USD grâce à l'avantage en intérêts et à des réformes politiques qui se précisent progressivement. La croissance quasi nulle de l'économie de la zone euro, avec une Allemagne dont la performance compense largement la récession méridionale et une BCE qui continue d'assouplir sa politique monétaire, contraste avec l'écroulement de la conjoncture de 2009. L'euro devrait normalement pouvoir en profiter. Dexia Cours du dollar vis-à-vis de l’euro 1.60 1.50 1.40 1.30 1.20 1.10 1.00 0.90 0.80 99 00 EUR/USD 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 Sourc e: T homs on Datas tream Taux des changes EUR/USD USD/JPY EUR/CHF EUR/GBP Perspectives Economiques – Juin 2012 21/06/12 T3 2012 T4 2012 T1 2013 T2 2013 1,27 80 1,20 0,81 1,27 80 1,21 0,81 1,30 81 1,22 0,82 1,32 82 1,23 0,83 1,33 81 1,23 0,85 5