Exposition FORMAT/PAYSAGE : MARCHER DANS LA PEINTURE

Transcription

Exposition FORMAT/PAYSAGE : MARCHER DANS LA PEINTURE
Exposition
FORMAT/PAYSAGE : MARCHER DANS LA PEINTURE
Sandrine Morsillo/Patrick Lipski
Le titre renvoie au « format paysage », ce format allongé utilisé pour la peinture de
paysage. Le signe « slache » placé entre format et paysage est un clin d’œil au
langage internet, qui indique que « paysage » est contenu dans « format ».
Origine du travail
Lors d’une précédente exposition au musée d’art et d’histoire de Brunoy, Sandrine Morsillo
avait reconstitué un cabinet de peintures à partir de peintures de paysages du XIXe siècle et
d’aujourd’hui. Elle y avait introduit des monochromes verts et des photographies de
pollutions diverses. Une façon de réfléchir à la représentation du paysage et de rappeler que
le paysage est avant tout une représentation mentale et une expérience irréductible à sa
représentation visuelle.
Qu’est-ce qu’un paysage ?
Les peintres au XIXe siècle sont partis peindre sur le motif afin d’être immergés dans la
nature… Mais, le paysage reste un point de vue cadré. C’est bien alors le cadre qui règle la
représentation. Pourtant selon le philosophe Maurice Merleau-Ponty « le monde est autour
de moi, non devant moi. »
Le viseur télescopique.
Sandrine Morsillo a fabriqué un objet hybride formé d’un chevalet
portable de peintre et de deux grilles conçues pour rappeler ces
appareils qui permettaient de saisir un paysage en perspective.
La grille rappelle la fenêtre, celle-ci sert de cadre « qui, l’isolant,
l’enchâssant dans le tableau, institue le pays en paysage.1 ».
Viseur téléscopique
Objet fabriqué à partir d’un chevalet de campagne
160 X 80 X 80 cm
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
1
Alain Roger, Court traité du paysage, Paris, Gallimard, 1997
1
Comment alors sortir du cadre ? Redonner de l’espace au paysage ?
L’installation de toiles « format paysage » monochromes sur les montants des fenêtres et
sur les murets, les contremarches colorées dans l’escalier et les revêtements sur les
tomettes au sol spatialisent la peinture en la diffusant dans tout l’espace du musée.
La peinture sort du cadre du tableau et le spectateur devient alors « marcheur dans la
peinture». Il reprend la marche du peintre dans la forêt. Le temps de la perception et de la
contemplation du tableau est alors modulé par le spectateur, dans sa démarche.
Si les peintres paysagistes ont préparé leurs couleurs en étant dans la nature, Sandrine
Morsillo reprend les couleurs des tableaux pour nous replacer au cœur de la nature vue par
les peintres.
Les nuanciers ont été fabriqués à partir des œuvres
suivantes :
Camille Corot - Rochers dans la forêt de Fontainebleau
Eugène Lavieille - Barbizon sous la neige
François Ortmans - Paysage dans la forêt de Fontainebleau
Georges Gassies - Coucher de soleil, forêt de Fontainebleau
Nuanciers-murets
Peinture acrylique sur toiles
Série de toiles 24 x 36 cm
2011/2012
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
Nuanciers-sol
Série de 3 nuanciers composés d’adhésif et du sol en tomettes
Chaque 180 x 128 cm
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
2
Nuanciers-fenêtres (côté façade)
Série de quatre nuanciers composés de 7 toiles monochromes
110 x 28 cm
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
Cadre/décadrer/encadrer
Série de cadres dorés fichés dans un fer à béton
Ce dispositif de cadres fichés dans des fers à béton est un écho aux viseurs qui cadrent la
représentation et en même temps aux cadres des tableaux autrefois indispensables pour
« autonomiser » les œuvres dans l’espace visible.
Par le cadre, le tableau devient objet de contemplation. Bords et débords, il permet le
cadrage de la représentation. La multiplication des cadres et des positions différentes
renforce l’idée de points de vue multiples. Le point de vue est partout, à partir du moment où
l’on pose son regard en un point : dessus, dessous, en haut, en bas…. Le face à face avec
l’œuvre est revu.
Série de cadres dorés fichés dans un fer à béton
Hauteurs et positions variables
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
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Dans la peinture
Le vert « couleur de la nature », est indissociable de la
représentation du paysage. Les toiles monochromes exposées
sont autant de nuances que celles offertes par la nature.
D’ailleurs, Picasso qui alla peindre à Fontainebleau en 1921,
disait : « Je me promène dans la forêt de Fontainebleau. J’y
attrape une indigestion de vert. Il faut que j’évacue cette
sensation sur un tableau. Le vert y domine.2 »
Format/paysage : dans la peinture
Acrylique sur toiles
150 toiles monochromes, différents « format paysage »
320 X 165 x 210 cm
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
Inviter Patrick Lipski, un principe d’hospitalité ?
Quoi de plus naturel que d’ « héberger » un visiteur dans cette auberge ? Accueillir l’Autre,
dans sa différence picturale, c’est ici s’ouvrir à la représentation du corps fragmenté.
Patrick Lipski a installé des silhouettes en déplacement, une figure de l’artiste nomade
chargé de son matériel faisant écho à la figure peinte jadis dans le premier dortoir. Des
papiers jonchent le sol comme autant d’esquisses des dessins muraux en train de se faire…
Le peintre dessine
Technique mixte sur toiles
180 x 90 cm
2011/2012
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
2
Christian Zervos, Pablo Picasso, conversation avec Picasso, Cahier du musée, 1935.
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Le rêve du peintre
Technique mixte sur toiles
150 x 150 cm
2011/2012
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
En marche
Technique mixte sur toiles
180 x 90 cm
2011/2012
Cliché Yvan Bourhis – DAPMD – CG77
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