Claude Lévêque - Arts Plastiques
Transcription
Claude Lévêque - Arts Plastiques
DOSSIER DE PRESSE Claude Lévêque Down the street Frac Haute-Normandie 13 septembre – 30 novembre 2008 Claude Lévêque, Château-Thierry 2005, ©Léo Carbonnier Artiste invité : Guillaume Constantin Contact Presse : Sergine Gallenne / [email protected] Le FRAC Haute-Normandie bénéficie du soutien de la Région Haute-Normandie, du Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Haute-Normandie et de la Ville de Sotteville-lès-Rouen Partenaire privilégié du FRAC Haute-Normandie : André Chenue S.A. / Division conservation 1 Sommaire CLAUDE LÉVÊQUE AU FRAC HAUTE-NORMANDIE ...................... 3 CLAUDE LÉVÊQUE PAR CLAUDE LÉVÊQUE ............................... 4 LES AIRES DE RÉACTIVITÉS DE CLAUDE LÉVÊQUE .................... 5 ENTRETIEN AVEC CLAUDE LÉVÊQUE ......................................14 CLAUDE LÉVÊQUE : REPÈRES BIOGRAPHIQUES .......................18 GUILLAUME CONSTANTIN ......................................................23 GUILLAUME CONSTANTIN : REPÈRES BIOGRAPHIQUES ............26 LES RENDEZ-VOUS AVEC LE PUBLIC .......................................29 PROGRAMMATION 2009 .........................................................30 LES 10 ANS DU FRAC HAUTE-NORMANDIE ...............................31 LE FRAC HAUTE-NORMANDIE .................................................32 RENSEIGNEMENTS PRATIQUES ..............................................33 2 Claude Lévêque au Frac Haute-Normandie Du 13 septembre au 30 novembre 2008 Claude Lévêque est né en 1953 à Nevers (Nièvre). C’est dans cette ville qu’il a grandi, au cœur d’une citée ouvrière bordée de terrains vagues, près des voies de chemin de fer. Plus intéressé par la musique que par l’art, il va tout de même poursuivre des études à l’École des Beaux-Arts de Bourges. Il s’installe ensuite à Paris où il intègre les milieux punk et new wave qui auront une forte influence sur son travail plastique. Il réalise alors des aménagements de vitrines de magasins. Au milieu des années 80, il présente ses premières installations qui seront très rapidement remarquées. Dès cette époque, Claude Lévêque inscrit son travail en résonance avec le réel qui l’entoure pour mieux construire des interactions entre son propre vécu et son environnement, ses œuvres et le public. "L’expérimentation n’existe qu’en relation avec des milieux, des publics, pour trouver une communication possible. Je trouve le monde effrayant de violences, sociales, économiques, sans parler de l’hystérie de la guerre." Il interroge ainsi sans cesse la société actuelle, en mettant devant nous une autre réalité, sa réalité d’artiste. Mais cette réalité n’est-elle pas notre réalité à tous, celle de notre vie ordinaire comme celle de nos rêves et de nos espoirs ? "Il faut absolument reconstruire un langage. J’ai compris à un moment de mon adolescence où j’étais complètement paumé, que je me battrai pour ça." Mais si Claude Lévêque affirme qu’il "faut mettre l’art là où il est indispensable, c’est-à-dire partout", il installe plus particulièrement le sien dans des espaces où la rencontre peut paraître la plus improbable mais où elle lui semble la plus déterminante : cité HLM à cour et à jardin, ancienne fonderie ou piscine abandonnées, usine sidérurgique… Des lieux en "désaffectation" qu’il (re)charge d’émotions, des espaces à (re)vivre. Aussi aime-t-il les "explorations nouvelles, les obstacles à dépasser". Alors même qu’il vient d’être choisi pour représenter la France à la prochaine Biennale de Venise, Claude Lévêque a accepté de concevoir une installation spécifique pour l’ancien magasin de la TCAR qui abrite depuis 10 ans, le Frac Haute-Normandie. intitulée Down the street, cette installation mettra en regard l’architecture de béton de ce bâtiment exceptionnel datant des années 30, avec la récente réurbanisation du quartier du Jardin des Plantes qui l’entoure. 3 Claude Lévêque par Claude Lévêque Je suis devenu artiste par échec scolaire, lâcheté, peur, inadaptation au monde compétitif presque parfait et par ressentiment ! Par goût de la perversion, seul le soir dans ma chambre, à quinze ans, je punaisais en biais des posters des Rolling Stones en jurant de ne jamais faire les choses normalement. Je suis devenu aujourd’hui un artiste de variété identifié au passé punk qui me colle à la peau. Mon activité au quotidien n’a pourtant rien de punk. J’élabore mes projets à partir de repérages codifiés, observations éclairantes, décryptages de plans et synthèses de notes. Je réalise mes environnements avec des collaborateurs et des entreprises sérieux. Je traite avec des partenaires culturels et financiers, tout en m’éclatant encore dans des concerts moites. Le suivi des chantiers s’opère sur place et par échanges d’e-mails. Quoi qu’il en soit j’ai toujours autant de plaisir à placer les visiteurs en embuscade dans des lieux, tout en brouillant les pistes avec mes effets spéciaux standards. Je navigue au milieu du monde de l’art tout en restant indépendant. Je peux me vendre si besoin, sourire aux bonnes personnes pendant les vernissages et péter en douce. Je ne pense pas qu’on puisse être social, politique ou moral, si ça se dit d’un artiste c’est que c’est déjà foutu. Je n’aime pas le climat délétère de la France, je vais ressortir mes badges no futur ! Claude Lévêque Un dimanche de Pentecôte 2007 4 Les aires de réactivités de Claude Lévêque Éliane Burnet, Art Press Tout a été dit sur Claude Lévêque, enfant des banlieues devenu un "artiste engagé" qui délivrerait des messages sur les cités. L’on n’en finit pas de gloser sur l’agressivité, la violence et la provocation qui animeraient son travail. Rien n’est épargné sur ses goûts musicaux qui vont du Punk aux riffs de Van Halen en passant par le rock ou la musique industrielle. Son C.A.P. de menuisier, sa formation aux Beaux-Arts et son travail dans les vitrines de magasin voisinent avec sa vie privée, une mère presque aveugle qui chante et écrit pour lui, Elie, le fils d’amis, qui se laisse recouvrir de confiture et qui joue, danse Sans titre , 1996 Photographie couleur Collections particulières ou chante dans ses œuvres. Il ne s’agit pas de nier l’importance de la biographie qui inspire le travail de l’artiste et nourrit l’interprétation des critiques, mais à trop vouloir psychanalyser la démarche on risque de ne plus expérimenter ce qui est donné à vivre dans une installation. C’est pourquoi la question sera ici d’entrevoir le jeu auquel Claude Lévêque invite le spectateur à partir de ses œuvres des dernières années. Claude Lévêque, en construisant un dispositif, souhaite créer une "zone de réactivité" pour partager, dans ce champ clos et éphémère, un jeu subtil qui comporte plusieurs niveaux. De cet univers, l’artiste offre un fil rouge, en décrivant sa proximité avec le cinéaste David Lynch, qui emploie une "esthétique sophistiquée" pour créer un univers visuel, qui crée une atmosphère inquiétante à la frontière du rêve et de la réalité pour provoquer une implication du spectateur "tout en affichant une distanciation (souvent humoristique) des références et des codes qu’il emploie. Il joue sur plusieurs niveaux de lecture ." Mutatis mutandis, les trois niveaux de lecture adoptés pour entrer dans les dernières oeuvres de Claude Lévêque seront, la sensorialité, l’émotion ambivalente et la distanciation 5 SENSORIALITÉ Celui qui visite une exposition de Claude Lévêque, n’est pas le spectateur contemplatif d’une œuvre qui le tiendrait à distance, il entre dans un univers plastique au sein duquel il est invité à vivre une expérience. Il n’est ni dans la réalité quotidienne ni dans un monde qui serait propre à l’artiste, mais dans une aire de réactivité à partager d’abord avec le spectateur par une exacerbation des sens. La peinture traditionnelle a fait du spectateur ce que Picasso appelait plaisamment un "cyclope paralytique" qui, comme tel, se résumerait dans la mobilisation immobile de son regard. Rien de tel avec Claude Lévêque, tous les sens sont mobilisés. C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison que l’artiste préfère emprunter le vocable de "visiteur" plutôt que celui de spectateur qui privilégie la seule dimension du regard dans un oubli mutilant des autres sens. Car si la vue et l’ouïe sont d’abord sollicitées par ces grands espaces lumineux, colorés et sonores, c’est la sensorialité entière qui entre en jeu. Il y a d’abord la lumière qui est de plus en plus omniprésente dans les dernières œuvres de Claude Lévêque. Non pas cette lumière naturelle qui est la condition d’apparition des objets, pas plus qu’une lumière artificielle calculée qui éclaire un objet sous un certain angle et qui produit ombres et reliefs selon la perspective choisie. Non pas un projecteur qui éclairerait le spectacle, mais une lumière qui varie avec la position du spectateur : lumière qui étrangement pâlit lorsqu’il pénètre au sein du dispositif et recule comme pour aller se concentrer ailleurs ; une lumière qui possède un volume, une épaisseur ; une lumière colorée qui devient comme une J’ai rêvé d’un autre monde, 2001 - Collection Yvon Lambert - Photo Frank Couvreur matière qui produit un impact non seulement sur les yeux mais sur le corps entier. Le visiteur est plongé dans un piège à sensations multiples tel qu’on peut le vivre parfois chez Dan Flavin. A Varese, chez le Comte Panza di Biumo, il y a quelques années, deux œuvres de Dan Flavin pouvaient être expérimentées : deux pièces en néons colorés situées de par et d’autre d’un 6 couloir. Des néons identiques pour chacune des deux œuvres dans leur nombre et leur position. A la grande stupéfaction du visiteur, dans la chambre aux néons rouges il éprouvait une forte sensation de chaleur et dans la chambre aux néons bleus, une sensation de froid. Cet impact d’une lumière colorée sur tout le corps et sur les émotions, c’est aussi le projet de Claude Lévêque si Plus de lumière, 1998 Installation in situ, Villa Arson, Nice. © Claude Lévêque l’on veut bien l’entendre. "Je me dois d’inventer un langage à la lumière, de manière à ce qu’on ne l’appréhende plus en tant que source, en tant même que lumière, mais davantage dans son impact." Ne nous y trompons pas, si Claude Lévêque parle de langage, il ne faudrait pas y voir seulement le langage des lumières colorées : bleu céleste ou polaire, rouge sang de la violence ou de la passion, et jaune solaire ou acide, dans une re-visitation de Kandinsky. Si le jaune, le bleu, le vert ou le rouge ou toutes autres couleurs fonctionnent c’est surtout comme des pièges à sensations, à excitations car elles se vivent comme des vibrations, des impacts ou même des chocs qui entourent le corps tout entier. Si Claude Lévêque emprunte les derniers mots de Goethe sur son lit de mort, s’il faut toujours Plus de lumière, comme l’indique le titre de l’exposition de la Villa Arson, ce Valstar Barbie, 2006 t installation in situ, Centre Georges Pompidou, Paris. Collection Musée national d’Art moderne Centre Georges Pompidou © Georges Meguerditchian n’est pas pour mieux voir, mais peut-être pour moins voir afin de mieux sentir. En effet cette lumière colorée qui touche le corps est associée souvent avec des rythmes et des sons. Des bruits fracassants comme dans les œuvres plus anciennes qui font sursauter le visiteur ; mais aussi maintenant des grondements sourds comme ceux d’un volcan qui accompagnaient l’écoulement du filet de lave d’un néon rouge qui serpentait dans des combles (J’ai rêvé d’un autre monde de la Collection Lambert d’Avignon en 2001) ; les accents de Strauss qui l’entraîneraient dans une valse dans Valstar Barbie, de la 7e biennale de Lyon ; les arpèges romantique de la harpe dans la tour de l’Aliéné étendu de la Fondation Salomon d’Alex en 7 2005. Ces sonorités enveloppent le visiteur, le suivent comme autant de pulsations et se perdent dans une totalité où il finit par ne plus les entendre. La vue ou l’ouïe, sens esthétiques par excellence, ne sont pas les seuls présents car le dispositif donne à faire, construit Albatros, 2003 - Installation in situ, MAMCO, Genève. © Ilmari Kalkkinen dans et un protégé, espace une expérience qui implique tout le corps, c’est pourquoi les grands absents du jeu de l’art en font partie : le toucher, l’odorat et même le goût. Le toucher est mis en action grâce à la chaleur des spots, mais aussi à travers les brouillards et les vapeurs ou l’air brassé des ventilateurs qui agitent des voilages. Les odeurs sollicitent aussi le visiteur qui éprouve physiquement le dispositif : effluves de créosote, de caoutchouc ou d’anis avec l’Albatros du Mamco (2003), fragrances oubliées d’œillets ou de violettes dans l’usine Sudac lors des Nuits blanches (2002), exhalaisons du plancher de bois de la Ligne blanche (2001) de la Galerie Yvon Lambert. Et dans ce dernier exemple le goût aussi est sollicité : les planches instaurent une espèce d’atmosphère "gustative" en créant des légers picotements au fond de la gorge. Le visiteur ressort la bouche pâteuse de caoutchouc, de goudron ou de poussière. A ces combinaisons de sensations, il faut ajouter le sens de l’équilibre : la nature du sol mobilise aussi l’attention du visiteur. Claude Lévêque propose une déambulation dans l’obscurité, accompagnée de bruits de soufflerie, sur un sol mou, qui induit non seulement une déstabilisation psychique, mais une déstabilisation physique qui affecte le sens de l’équilibre dans une sorte de toucher intérieur quasi cénesthésique. Ainsi, à travers ces scénographies qui font Ligne blanche, 2004 Installation in situ, galerie Yvon Lambert, Paris. Collection Fond National d’Art Contemporain) © André Morin appel à une sensorialité globale, il est permis au visiteur de faire, selon les vœux de Claude Lévêque, "une redécouverte des choses". En éprouvant tous ces stimuli, il répète, dans un espace plastique construit à son intention, cet enracinement dans le monde qu’il a perdu. En effet, la routine du quotidien nous fait déserter l’épaisseur du monde qui devient transparent. Claude Lévêque nous rend la texture, le grain d’un 8 monde pas encore découpé selon les actions que nous devons accomplir : avant toute simplification et réduction utilitaire du monde, un peu comme dans ces instants fugitifs où nous nous laissons aller, dans un flottement de l’attention et de l’intention au jeu gratuit des rythmes, des couleurs, des bruits du jaillissement des choses. En permettant de se défaire de la rigidité de nos habitudes, Claude Lévêque permet de faire à nouveau l’expérience de l’ouverture au monde. Dans ces "poches de sensations" que sont ses dispositifs, dans le monde privilégié d’un espace plastiquement préparé, il invite le spectateur, par la sélection de quelques paramètres sensoriels à une triple expérience : expérience sensible de la lumière, des couleurs, des sons, etc., expérience esthétique jubilatoire de ce que l’on pourrait appeler malgré tout la beauté et l’expérience métaphysique de l’ouverture au monde. Mais ce n’est pas assez dire, parler d’expérience exemplaire de la sensibilité, c’est mettre en quelque sorte entre parenthèses, l’expérience émotionnelle d’un homme qui cherche son identité dans un parcours de vie qui l’affecte. ÉMOTION Malgré son intérêt pour l’art minimal Claude Lévêque revendique sans ambiguïté une volonté de toucher, d’affecter la sensibilité. "Je tente d’inscrire dans l’espace une dimension émotionnelle dont la structuration engendre la réaction." Dans les œuvres des années 80, il partait de ses souvenirs d’enfance personnels, sans cependant s’enfermer dans une particularité, mais en cherchant à rejoindre un fonds commun de mémoire collective afin que le visiteur se sente partie prenante. Dans une sorte de parcours parallèle à celui de Christian Boltanski – dont Claude Lévêque dit qu’il a été une sorte de déclencheur – l’artiste joue moins sur les objets et Aliéné étendu, 2005 Installation in situ exposition Enchanté château, Fondation pour l’Art Contemporain Claudine et JeanMarc Salomon. Collection Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean Marc Salomon - ©Marc Domage davantage sur les espaces d’expériences, propres à provoquer la reviviscence d’angoisses, de peurs mais aussi de joies et de surprises. A cet égard, peut être significative, l’installation dans le cadre de l’Enchanté château d’Alex. 9 Cette exposition, proposée par le Mamco de Genève, invitait à un parcours à l’intérieur du vrai château traversant des douves, une chapelle, des oubliettes, une salle du trône et une chambre à coucher investie par Claude Lévêque. Le lit à baldaquin gigantesque de l’Aliéné étendu occupait à lui seul l’espace de la tour. Cette œuvre fonctionnait comme un piège à bascule, provoquant tantôt un rêve féerique tantôt une rêverie cauchemardesque, dans une tension propre à l’instant poétique dont Gaston Bachelard disait que : "Essentiellement, l’instant poétique est une relation harmonique de deux contraires. […] Les antithèses successives plaisent déjà au poète. Mais pour le ravissement, pour l’extase, il faut que les antithèses se contractent en ambivalence. Alors l’instant poétique surgit..." Dans un premier temps c’est l’enchantement qui domine : quelle princesse moyenâgeuse a dormi dans ces draps blancs entourée d’un tourbillon de voilages blancs agités par le vent sur un fond de harpe cristalline ? Féerie, calme et volupté de ce donjon qui dans son dépouillement s’apparente au monde du conte de fées. Et puis tout bascule autour de ces draps déserts trop froissés, de la mélodie lancinante de la harpe, de la lumière blanche blafarde et des boîtes de conserves de collectivité vides près d’une fenêtre. Enfin le choc du titre : Aliéné étendu. Alors plus de princesse Aliénor qui rêverait dans sa tour immaculée, mais à sa place un Aliéné dont le destin tragique a dû se nouer dans la prison du donjon. Un aliéné devenu tellement étranger (latin alienus) qu’il ne se reconnaît plus lui-même dans ses pensées et ses actes ou que personne ne veut plus entendre. Etait-ce un dément, un fou, un géant ou un monstre qu’il fallait emprisonner ? Le lit a cristallisé les émotions, il a focalisé l’impact du dispositif. Les lits désertés ne renvoient-ils pas à la maladie, à la souffrance, à la solitude et à la mort ? Ce ne sont plus les lits de l’amour, du sommeil ou de la naissance, mais des lits qui gardent l’empreinte du corps disparu, de Sans titre (le trou dans la tête) , 1986 Collection FRAC Alsace ©Hughes Bigo ses désordres et de ses humeurs. Les draps ont été froissés par les gestes désordonnés de la douleur, l’oreiller conserve l’odeur des cheveux mouillés par la sueur de celui qui n’est plus là. Comme le dit Boltanski à propos de ses propres lits, il n’y a plus "que le souvenir d’humains qui circule". Or Claude Lévêque choisit souvent des lits inquiétants dans ses installations. Par 10 exemple le lit d’enfant de Sans titre, 1986, en forme de cage dont les lattes du sommier portent l’inscription "le trou dans la tête" : s’agit-il de la tête de l’enfant ou de la tête du lit dans laquelle il y a effectivement un trou circulaire qui pourrait permettre une surveillance perpétuelle ou toute autre intrusion ? Ou le lit d’hôpital de Sans titre, 1995, qui possède des barrières, non plus comme celles des lits d’enfants, mais comme un lit d’adulte dément ou tellement, inconscient vieux ou moribond qu’il faille le protéger contre lui-même. Ou encore le lit d’étudiant dont on pourrait penser qu’il serait plus festif. En fait, retiré de la Chambre 321, il est placé entre des murs d’un peu plus d’un mètre de hauteur qui ôtent toute intimité, et il est recouvert d’un drap blanc qui préfigure le linceul du mort en puissance. Ainsi le lit de l’Aliéné emporte-t-il avec lui tous les souvenirs de ces lits même si la barrière n’est faite que de voilages légers. Quel aliéné s’est étendu dans ce lit surdimensionné qui est comme une "cage dans la cage" de la tour d’où il lui est impossible de s’échapper ? Qu’a t-il vécu ici et qu’est-il devenu ? Et pourquoi ces boîtes vides dégringolent-elles comme sur un escalier qui ne va nulle part en accentuant la chute, le déséquilibre et l’aspect fantomatique de l’œuvre. En jouant avec l’aliénation et l’enfermement, Claude Lévêque confronte le visiteur à sa propre histoire et aux échos de la culture dans une exploration qui dépasse les souvenirs personnels de l’artiste. Passés les moments d’enchantement, de plaisir, de curiosité ou d’angoisse, le visiteur peut redevenir actif et laisser libre cours au jeu des émotions. Mais pourquoi le visiteur acceptet-il ce jeu qui fait remonter en lui parfois les plus anciennes angoisses ? On pourrait certainement évoquer Aristote et sa catharsis que l’on a trop souvent assimilée à la "purgation" freudienne, ou le philosophe Alain pour qui le spectateur de l’art vient "apprendre à sentir sans mourir", puisque la loi de l’œuvre est de modérer l’émotion et de la régler. Plus encore, l’espace de ces installations peut être ressenti comme un territoire intermédiaire entre délire et réalité. Un lieu où chacun, dans une œuvre partagée, peut projeter ses phantasmes personnels. Le joueur n’est pas dupe, il sait que ce n’est qu’un jeu, mais qui lui permet de jouer sur une autre scène les espoirs et les désespoirs que la réalité ne lui laisse pas la possibilité d’exprimer. L’artiste est d’une certaine manière le maître du jeu dans sa théâtralisation des sources d’affects, et le spectateur, invité par l’artiste se laisse aller à la magie des formes et des stimuli émotionnels tout en gardant l’initiative de sa participation. Ainsi, dans une certaine mesure "jouer", c’est toujours "être joué", comme l’a si bien dit H. G. Gadamer : "L’attrait du jeu, la fascination qu’il exerce, considérable, consistent justement dans le fait que le jeu s’empare de celui qui joue. […] C’est le jeu qui tient le jouer sous son charme, qui le prend dans ses filets, qui le retient au jeu ." Et il faut toujours ajouter autant de temps que le spectateur le veut, car ce n’est qu’un jeu dont il peut sortir à tout moment…. ou changer de niveau d’expérience. 11 DISTANCIATION Parmi les motifs d’admiration pour David Lynch Claude Lévêque en effet signalait "une distanciation (souvent humoristique) des références et des codes qu’il emploie". Par ailleurs il évoque une proximité avec Daniel Buren notamment dans sa volonté non seulement d’intervenir in situ, mais dans sa résolution de déplacer le regard du visiteur et d’induire un questionnement sur les conditions de possibilités de la "vision d’art". Mais à la différence de Buren, il n’utilise pas toujours un même "outil visuel" (les 1000 plateaux, 2005 Installation in situ Centre international d’Art et du Paysage de l’île de Vassivière. ©Marc Domage fameuses bandes rayées de 8,7cm de large) : à chaque installation il construit un dispositif spécifique avec des moyens plastiques différents. Certes des éléments peuvent se retrouver – voilages, boîtes, ampoules, néons ou brume et chansons – mais ce n’est jamais le même élément de qui focalise les réactions du visiteur. Et surtout ce qui creuse l’écart entre les deux artistes c’est l’utilisation de Humour qui est nettement perceptible dans la dimension humoristique qui permet le recul vis-à-vis des codes et des règles du jeu de l’art. une de ses dernière exposition : 1000 plateaux, au centre d’art et du paysage de l’île de Vassivière en 2005. Le titre donne le ton. Un clin d’œil aux Deux Plateaux des colonnes de Buren pose l’intention de déconstruction des codes de l’art ; un emprunt au Mille Plateaux de Deleuze et Guattari – la clinique de La Borde n’est pas loin ; quant au Plateau de Millevaches en Limousin, les vaches sont dans le pré. A l’intérieur d’un enclos électrique, bien abritées sous des parasols en dentelle noire, elles s’ébattent devant les bâtiments de l’architecte Aldo Rossi. Parfois l’une d’elles contemple le Moulage 1994 de Roland Cognet, fait de deux troncs d’arbre, l’un en séquoia et sa réplique en ciment, en ruminant la question du modèle naturel dans l’art. Seraient-elles devenues les spectatrices pensantes des œuvres d’art dans l’enceinte protégée du musée et le visiteur un de ces bovins ruminants ? Comment ne pas évoquer Au-delà du spectacle, au Centre Pompidou, où Claude Lévêque, avait parqué dans trois enclos 150 moutons bêlant à qui mieux mieux autour de leur fourrage, sur un fond de musique d’ambiance, à l’image des critiques ou des spectateurs qui bêlent à l’unisson autour des buffets de petits fours lors des vernissages ? L’entreprise de démystification se confirme lorsque le visiteur entre dans la première salle. Il est invité à fouler la paille qui recouvre tout le parcours, éclairée seulement par une rangée de lampes infra rouges suspendues à de long fils, placées à faible distance du sol, dans cette étable aux fenêtres 12 occultées. Outre les sensations tactiles, olfactives et visuelles et ses souvenirs liés aux fermes de son enfance, le visiteur est invité à se comparer à l’animal : même uniformisation des comportements et même soumission à tous les pouvoirs. Cette comparaison trouve son fondement dans une autre œuvre de Claude Lévêque, Sans titre 1991. Le visiteur de la Galerie de Paris était convié à se courber sous les portiques du matériel de porcherie construit à la taille de l’animal et à s’attacher par un collier en cuir relié à une chaîne métallique. Comme si le Sans titre , 1991 Installation in situ, Galerie de Paris Collection Fond national d’art contemporain ©Hughes Bigo visiteur était contraint de passer sous les fourches caudines de la vision d’art : mise en espace et parcours obligé construit par le commissaire d’exposition, explications des exégètes autorisés qui ne permettent pas de batifoler dans les œuvres en toute liberté, mais placent en stabulation dirigée. Le visiteur-consommateur-interprète de l’art contemporain poursuit son chemin jusqu’à une salle remplie de boîtes de conserves dorées qui miroitent sous une chaude lumière rouge. Qu’est-ce qui est mis en boîte à Vassivière ? Les œuvres d’art qui sont des produits de consommation, les artistes obligés à se vendre comme une marchandise ou le visiteur qui doit entrer dans le moule ? Peut-être, mais ce serait oublier que dans cette salle le visiteur peut plus simplement jouer avec les boîtes, les empiler, donner des coups de pieds et retrouver ainsi l’écho du bruit diffusé par des haut-parleurs dans la tour à l’autre extrémité du bâtiment. Le visiteur peut voir aussi les fenêtres oblitérées par des écrans de plastique rouge : serait-ce un filtre entre le spectateur et le paysage extérieur ? Serait-ce un commentaire ironique de la phrase d’Oscar Wilde : "Ce matin mon jardin ressemble à un Corot." évoquant le pouvoir qu’a l’artiste d’éduquer notre regard jusqu’à imposer sa vision. Ainsi, par le biais de la métaphore plastique et poétique, en installant un jeu de sensations, d’émotions, d’évocations et de questionnements, Claude Lévêque nous invite à partager son regard sur le monde et sur les conditionnements humains. Présentant avec humour le devenirvache du visiteur, toujours soumis au parcours choisi par les commissaires d’expositions, il introduit dans une dernière pirouette une mise à distance du monde de l’art et du monde tout court. 13 Entretien avec Claude Lévêque Entretien réalisé par Thimotée Chaillou pour le magazine Blast#26 en 2007 Claude Lévêque travaille sur la matière des lieux, leur histoire, en opérant des transformations souvent immatérielles grâce à des sons, des jeux de lumières ou des odeurs. Chaque œuvre devient une aventure, car le visiteur est sans repères ou parfois violentés. Les narrations deviennent épiques. Bertrand Lavier dit que"même l’oeuvre la plus avant-gardiste à un côté décoratif et ce n’est pas infamant". Ton travail accède à ce statut par son côté spectaculaire et romanesque. Est-ce un enjeu pour toi ? Il y a quelque chose du domaine du spectacle qui m’attire depuis toujours, depuis que je suis enfant. J’ai toujours été attiré par ce qui était de l’ordre de l’impact immédiat et imprévisible, par l’univers de la fête foraine, des cirques, par ces univers éphémères qui produisent des sensations. J’ai cette tendance à utiliser tout ce qui est propre à ces systèmes. J’aime leurs façons d’attirer par la lumière souvent très bricolée et très rudimentaire, car je n’ai pas envie d’atteindre un stade de sophistication qui ne conviendrait pas à mon langage. J’utilise aussi des bandes son, empruntées à des lieux communs, des standards facilement identifiables par tous. C’est une dominante. Je joue également sur la forme et son impact, pour séduire, attirer et repousser, mettant les gens en embuscade. Je pars d’une histoire collective à laquelle j’accole un univers autobiographique. Tout cela s’entremêle, créant un nouveau rapport aux choses, un langage. Mais de toute façon, qu’est ce qui est décoratif et qu’est ce qui ne l’est pas ? Même dans l’art minimal, chez Donald Judd, ou Dan Flavin, il y a un aspect décoratif né de l’ambivalence de la théorie. L’idée de décor n’est pas péjorative. On a souvent l’impression que tu conçois des paysages, des décors qui déclenchent un processus narratif. Ce processus se rapproche-t-il du genre romanesque, de son côté aventureux, sentimental et épique ? Je n’aime pas trop utiliser des alibis (comme l’idée de romanesque) pour des sensations, dans mes projets et mes installations liées au dispositif initiatique. À l’origine mon travail est autobiographique en sachant qu’il s’écarte vers des lieux communs et donc vers l’universel. Tout est lié à ma vie, à mes observations, à mes sentiments, à mes rencontres. C’était évident avec certaines de mes évocations comme La Nuit, ce paysage nocturne avec des images d’enfants que je connaissais. Mais de toute façon le romanesque se trouve partout. 14 Tu travailles souvent sur l’image de la pré-adolescence, comme une épopée sentimentale. C’est un état d’avant un premier deuil ? Oui c’est vrai. Toutes ces évocations sont des vanités. L’épopée sentimentale née du rapport entre le visiteur et l’œuvre par ce qu’il y apporte en fonction de son vécu. C’est une période éphémère et trouble de la vie. C’est à ce niveau-là que je suis lié a cela ; par des évocations. Tu le dis toi-même :"je pense qu’il est difficile de trouver sa place dans le monde"tandis que Christian Rizzo dit :"je regarde le monde, je m’en extrais, mais je ne le comprends pas". Ce sont des évocations romantiques et romanesques de la solitude. C’est tout à fait juste. Je m’intéresse à tout ce qui peut y avoir de vil, de terrifiant, d’injuste, de cruel. Et plus ça l’est, plus j’ai une boulimie de production. Plus ça va mal et plus je jouis. Je jouis de ça, sinon je me flingue. Je revendique cette vision romantique car elle est liée aux vanités, à la mort. C’est pour cela que je me sens proche de la jeunesse et de l’adolescence qui sont associées au romantisme. C’est l’aspect autobiographique de mon travail qui, mêlé à la réalité, entraîne cet aspect là. Peut-être qu’aujourd’hui, dans mon travail, l’univers de l’enfance, de l’autobiographie, des célébrations ou des mythologies quotidiennes reviennent avec cette idée du temps qui passe, de la vie qui s’écoule. J’ai eu, à un moment, un rapport plus distancié avec l’aspect émotionnel mais Boltanski me l’a toujours rappelé "l’art n’est intéressant que s’il est émotionnel". On a souvent craché sur cette idée d’un trop plein de pathos. Il y avait une culpabilité permanente à se dire que travailler avec les émotions devenait un risque. Pour moi, un art sans émotion n’est pas un art. Une émotion peut être ridicule, futile, médiocre, stupide et paradoxalement fortement enrichissante et respectable. On associe souvent ton travail à la culture punk. Cela ne vient pas de moi. On le retrouve partout, c’est systématique. C’est un label que l’on m’a collé. C’est un étiquetage, une caricature. J’en joue d’une certaine manière car ça peut m’amuser et me servir. Mais ce n’est pas une constante, cela me réduirait à une attitude. Et quel artiste de ma génération ou même plus jeune n’a pas été marqué par ce mouvement ? En 1977, Lester Bangs s’alarmait déjà de la récupération du punk par les médias et la mode. Il y a depuis peu une starification du punk rocker, de ses attitudes, de son style et de sa musique. Comment vois-tu cette récupération ? C’est grotesque. C’est un phénomène qui revient tous les cinq ans. À l’époque, le punk a été immédiatement récupéré par tous les phénomènes de mode avant-gardiste. Warhol, Mc Laren ont conditionné son esthétique sauvage. Aujourd’hui, c’est une élaboration de la caricature punk, c’est un simple effet de mode. 15 Comme dans l’esprit punk, il y a dans ton travail une forme dégénérée de la grâce, un rapport au trivial, aux instincts primaires et à la violence. L’amplification et l’exaltation forment le caractère épique de cette culture. Tu dis que le magique t’importe lorsqu’il se combine à la répulsion. Oui, cette exaltation des sentiments et des corps serait proche du romanesque. C’est aussi lié à un moment de la jeunesse qui est en totale réactivité. Mon travail serait proche de ce mouvement là qui, par provocation, va pouvoir assimiler la violence et le spectaculaire. Je joue avec, grâce à différents éléments qui établissent un lien entre féerie et monstruosité. Ce fut le cas pour Valstar Barbie, avec un ensemble d’éléments sensuels – voilages, lumières tournantes et valse ralentie – et une chaussure monstrueuse. C’est une façon d’écoeurer et de jouer sur le phénomène et le symbole Klaus Barbie à Lyon. Ce que j’aime, c’est jouer avec des éléments de spectacle qui attirent et au bout desquels il y aurait quelque chose de l’ordre de la menace. C’est un piége, une mise en embuscade du visiteur. La violence des rapports humains chez Pialat, le cérémoniel de Kitano, la destruction des espaces intimes chez Haneke, les atmosphères effrayantes d’Argento, le chaos originel exprimé par Lynch, la mystique d’Anger et de Pasolini peuvent être des référents de ton travail. Comment vis-tu ce rapport cinématographique ? Je m’intéresse énormément au cinéma. Ces références sont très importantes. Le cinéma joue avec le rapport aux objets, la mise en place et la mise en scène de ceux-ci. J’amène les gens dans un espace de circulation sans qu’ils soient dans une position statique ou contemplative. Ils sont les propres acteurs de la scène proposée. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui va se passer entre les propositions et la circulation des gens, dans les moments d’arrêts ou de passages rapides. J’aime l’idée de mettre tout cela en place et regarder comment le public se comporte, comment il agit au travers de mes dispositifs. Le cinéma est un moyen tellement plus évident que l’oeuvre d’art, qui elle, garde toujours cet aspect monolithique, figé, statique. Parfois, je me demande si je ne suis pas un cinéaste frustré. Sans parler de rupture, tu disais toi-même que tu reviendrais vers les objets après t’en être émancipés pour travailler sur l’espace, les lieux et leurs histoires. Avec ce retour, on ressent un travail moins agressif et destructeur comme si la violence dont tu nous parles était ailleurs, dans un autre état, celui de l’épuisement ou de la fatigue. Le nies-tu ou travailles-tu dans ce sens ? Sur cette idée d’impact, sur cette connotation de la violence, je pense à la pièce pour l’exposition Voilà au MAMVP, qui était un espace avec un son de déflagration. Ça parle des domaines de la peur, de l’appréhension, de l’agression directe. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de répéter cette recette. Lorsque je disais qu’il ne fallait pas rester plus de 5 secondes dans un espace, c’était spécifiquement sur ce projet. J’ai complètement joué sur l’idée de passage rapide, comme lorsque l’on circule dans un couloir de métro, en déréalisant les éléments qui vous 16 entourent. Il n’y avait aucune autre compréhension possible de l’œuvre en y restant plus longtemps. Après, j’ai créé des expériences qui nécessitaient que les gens se posent. Au Palais Farnèse, je me suis amusé avec cette voûte, à la neutraliser, à la rendre quasiment noire et blanche comme dans une vision de nuit de pleine lune. Je permettais au visiteur de voir cette voûte allongée comme quand les Carracci l’ont peinte. J’ai fait une métamorphose assez légère de cet espace en jouant sur l’aspect érotique de la vision des corps d’éphèbes créant ce rapport intime d’une invitation au désir avec ces images et ces sculptures. Je n’ai rien inventé, j’ai simplement adapté sans faire d’éclat, ni de ravalement référencé. Tu parles souvent de la terreur et de ton étonnement face au monde, face à la menace de l’ordre moral et des pressions de pouvoir. Comment vois-tu notre situation politique et démocratique actuelle ? Elle me désole. Je ne vois pas cela de manière positive. La plupart des hommes politiques, les dirigeants, les responsables sont crétins, incultes ; ils ne sont seulement que des gens de haute stratégie. Ils ont cette vertu d’être des grands stratèges du mensonge, celui du vendeur de lessive. C’est le propre du marketing quelque qu’il soit. C’est désastreux car il y a une rupture totale avec les idéologies, la pensée. Il n’y a plus d’idéal, ni d’utopies, il n’y a plus un positionnement qui permettrait de sortir de cet esprit mercantile. Je ne veux pas avoir une vision apocalyptique, bien que je rêve d’apocalypse à la Slayer. Je ne me suis jamais autant intéressé à la célébration de l’enfer dans l’art religieux. Par mes idéaux politiques, je suis absolument dégoûté de ce qu’il se passe. C’est tellement un monde de crétins, ces gens, qui avaient certes un jeu politique mais en même temps une culture n’existent plus. Tout apparaît réduit au degré zéro de la politique. C’est la pire des pollutions. 17 Claude Lévêque : Repères biographiques Né en 1953 à Nevers, vit et travaille à Montreuil EXPOSITIONS PERSONNELLES 2008 La rumeur des Bataille, Lab-Labanque, Béthune La Cambre, Bruxelles Le grand sommeil, Sao Paulo Down the street, Trafic Frac Haute-Normandie, Sotteville-lès-Rouen Welcome to suicide park, Galerie Kamel Mennour, Paris 2007 Tous les Soleils, Commande publique MultiVision nocturne Haut-fourneau U4, Ukcange La guerre du chocolat, KBB, Barcelone Le rôdeur, Luce di pietra, Galerie des Galerie des Carracci, Palais Farnèse, Rome Le crépuscule du jaguar, Moulins Albigeois, Albi 2006 Claude Lévêque Scentens apprentice, Nosbaum & Reding Art Contemporain, Luxembourg Hymne, Hamburger Bahnhof museum für gegenwart, Berlin FIAC, galerie Yvon Lambert, Paris Novicio en la noche, FRAC Auvergne, Clermont-Ferrand Looping, Centre d’Art Contemporain/Parc St Léger, Pougues-les-eaux Friandises intérieures, La Suite, Château-Thierry La maison des mensonges, MAC/Marseille Le grand Sommeil, MAC/VAL, Vitry-sur-Seine 2005 Cercles, Chapelle des Pénitents, Aniane 1000 plateaux, Centre international d’art et du paysage, Vassivière Vinaigre, L.A.C, Sigean Rumeur, Galerie des Multiples, Paris Herr monde pour Minevent de Merce Cunningham, Opéra-Garnier, Paris 2004 Vinaigre, Galerie Yvon Lambert, Paris Kurt Cobain, 8 avril 1994, La Nouvelle Galerie, Grenoble Entrevue, Le Seuil, Chapelle Notre-Dame de la Sagesse, Paris 2003 Valstar Barbie, Musée des Beaux Arts, Besançon Albatros, MAMCO, Genève, Boomerang, Chapelle du Genêteil, Château-Gontier, 2002 Double manège, Contemporary Art Center, Art Tower, Mito D’Evian, Galerie Arndt and Partner, Berlin 18 City Strass, Musée d’Art Moderne et Contemporain, Strasbourg Welcome to Pacific Dream, La Galerie, Noisy-le-Sec Reconstruire la fenêtre, Rice Gallery, Tokyo Mon combat, La Salle de bain, Lyon 2001 Ende, Galerie Yvon Lambert, Paris Let’s dance, Espace 13, Fondation Miro, Barcelone Le meilleur des mondes, Centre d’Art la Passerelle, Brest 2000 Stigmata, PS1 Museum, New York Caos Verde, Café 9, Saint-Etienne Le droit du plus fort, Agence d’Art Stéphane Ackermann, Luxembourg Scarface, Cinéma Les Variétés, FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille Herr Monde, Le Creux de l’Enfer, Thiers Haüsler Kunst Projekte, Munich 1999 World Cup, Transpalette, Emmetrop, Bourges Virus Day (project room), Arco 99, Madrid Oscillations, State Street Bridge Gallery, Oscillations Stigmata, PS1 Museum, New York Kollaps, Le Consortium, Dijon Sentier Lumineux, Lieu Unique, Nantes 1998 Plus de lumière, Villa Arson, Nice Les lumières de la ville, chez Pierre Chevalier, Paris Game’s Over, Galerie du Jour / Agnès b., Paris 1997 Troubles, Kasseler Kunstverein, Kassel Fri-Art, Kunsthalle, Fribourg 1996 My Way, ARC / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris I Wanna Be Your Dog, Atelier Sainte-Anne, Bruxelles Les Champions, Galerie de Paris, Paris Galerie Toxic New Art, Luxembourg 1995 La Piscine, les images du plaisir, FRAC Pays de la Loire Chambre 321, Le Confort Moderne, Poitiers 1994 Galerie de Paris, Paris Appartement occupé, Emmetrop, Bourges Galerie Hiltrud Jordan Cologne 1993 Appartement occupé, Emmetrop, Bourges 19 1992 Jour de chance, Opération HLM, APAC, Nevers 1991 Galerie de Paris, Paris 1990 Abbaye Saint-André, Centre d’Art Contemporain / Ibos-Tarbes, Parvis 2 / Pau, Parvis 3, Meymac 1988 Galerie de Paris, Paris 1987 La chambre de Vincent, Musée d’Art Contemporain, ’S Hertogenbosch 1987 Musée Bossuet, Meaux 1984 Galerie Éric Fabre, Paris LIVRES D’ARTISTE Absences, en collaboration avec Michel Nuridsany, Galerie de Paris, Paris, 1991 Appartement occupé, Emmetrop, Bourges, 1994 Fantaisies, Sixtus, Limoges, 1999 Holidays in France, Flux, Le havre, 2001 Valstar, Onestar Press, paris, 2002 C’est si joli, Quiquandquoi, collection"Art y es-tu ?", genève, 2004 1000 plateaux, Centre International d’art et du paysage, SilvanaEditoriale MONOGRAPHIES Éric Troncy, Claude Lévêque, Hazan, paris, 2001 Clément Roche, Sans titre, Édition un2plus, 2007. CATALOGUES D’EXPOSITIONS PERSONNELLES Cérémonies secrètes, texte de Michel Nuridsany, APAC, Nevers, 1986 Meubles, texte de Michel Nuridsany, Institut français, Edimbourg, 1986 La chambre de Vincent, textes de Koos van Duinen, Marie-Claude Jeune et Michel Nuridsany, Het Kruithuis, Museum voor Hedendaagse Kunst, Bois-le-Duc, 1987 Claude Lévêque, textes de Jean-Paul Blanchet, Eric Troncy et Bernard marcadé, Centre d’Art Contemporain, Abbaye Saint-André, Meymac, 1990 1990, texte de Jean-Claude Schenkel, Parvis 2, Tarbes, et Parvis 3, pau, 1990 Claude Lévêque, textes d’Eva di Stephano, Sonia Criton et Marie-Claire Sellier, Centre culturel français, Palerme, 1992 Chambre 321, texte d’Eugène Savitzkaya, Le Confort moderne, Poitiers, 1995 20 My Way, textes de Suzanne Pagé, Elein Fleiss, Olivier Zahm, Frank Perrin, Sonia Criton, Eric Troncy, Michel Nuridsany, Charles-Arthur Boyer, Sandrine Salzard, Guillaume Nez, Claude et Elie, Karine Noulette et Angeline Scherf, ARC/Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, ParisMusées, Paris, 1996 Troubles, textes de Bernhard Balkenhol et Kathleen Rahn, Kunstverein, Kassel, 1997 La Piscine, textes de Michel Nuridsany, Jean-François Taddei et Jean-Louis Morin, FRAC des Pays de la Loire, Nantes, 1998 Plus de lumière, textes d’Agnès b., Elie Morin, Maxime Matray et Michel Gaillot, Villa d’Arson, Nice-Galerie du jour agnès b., Paris, 1998 Herr Monde, entretien avec Frédéric Bouglé, collection"Mes pas à faire", Le Creux de l’Enfer, Thiers, 2000 Où est Claude ?, MAP, M19, Paris, 2000 D’evian, Galerie Arndt und Partner, Berlin, 2002 City Strass, Welcome to Pacific Dream, textes de Cécile Dazord et Fabrice Hergott, Musée d’Art Moderne et Contemporain, Strasbourg, 2002 Double Manège, textes de Masachi Ogura et Eriko Osaka, Contemporary Art Center, Art Tower Mito, Mito, 2003 Manifesto, 1% Ecole d’architecture de Grenoble, DRAC Rhône-Alpes, Grenoble, 2003 1000 plateaux, textes de Vincent Pécoil et Chiara Parisi, Centre international d’Art et du Paysage de l’île de Vassivière, Silvana Editoriale, Vassivière-en-Limousin, 2006 Episode I, Claude Lévêque, Le Grand Sommeil, textes de Christian Favier, Alexia Fabre, Frank Lamy, Léa Gauthier, Léo Ferré et entretien avec Pascal Mazoyer, Gerome Nox par Cécile Dazord, MAC/VAL Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne, Vitry, 2006 AUTRES EDITIONS L’art moderne et contemporain, sous la direction de S.Lemoine, Larousse 2006. Les vanités dans l’art contemporain, sous la direction d’A.M.Charbonneaux, Flammarion 2005. Déchirures de l’histoire, Centre régional d’art contemporain, Montbéliard, edition le 19, 2007. VIDEOS Sentier lumineux, réalisation Frédéric Sourice et Sébastien Helaouët, production Lieu Unique, Nantes, 2000 Claude Lévêque, réalisation J-C. Schliwinski, production Kiosque, Bordeaux, 2001 Installation 2000-2004, DVD, réalisation Armand Morin, production Mamco, Genève-Le-Carré, ChâteauGontier, 2004 Vinaigre, DVD, réalisation Chantal lasbats et Frédéric Charcot, production Galerie Yvon Lambert, Paris, 2004 1000 plateaux, DVD, réalisation Armand Morin, production Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière-Silvana Editoriale, Vassivière-en-Limousin, 2006 Le marronnier de la garde, réalisation de Claude Lévêque et Armand Morin, avec Léo Carbonnier, 2007. 21 ARTISTE INVITÉ : GUILLAUME CONSTANTIN 22 Guillaume Constantin D’une manière sensiblement décalée, les travaux de Guillaume Constantin (diplômé de L’Ensb-A, Paris en 2000) restituent, par le biais de matériaux "ready-made" et d’un large vocabulaire formel (du monolithe à la statuaire médiévale, du livre à la multiprise…) différents éléments du quotidien usuellement décoratifs, fonctionnels. Des travaux autonomes qui interrogent leur propre statut, l'idée justifiant le matériau ; le matériau, la fonction et vice-versa. L’autre aspect de ce travail réside dans l'attention portée au dessin. Présent jusque dans les coutures, jonctions et autres éléments d'assemblages des volumes, il prend, selon d'installation, les des contextes matérialités différentes. La pratique plastique de Guillaume Constantin remet en perspective un quotidien tordu, sorte de déjà vu étrange et décalé où les notions d'absence, de de présence, disparition se confondent. Un Bloc Erratique, 2007 ©Guillaume Constantin On a pu voir le travail de Guillaume Constantin en décembre 2007 à la Fondation d’entreprise Ricard à Paris dans l’exposition collective d’Elisabeth Wetterwald XS, par la suite avec l'exposition personnelle, Toutes sortes d'omissions à l’École Supérieure d’Art de Lorient en janvier 2008. Il a également conçu l'exposition collective the white patch had become a place of darkness pour la librairie-galerie Histoire de l’œil à Marseille en avril et participe actuellement à l'exposition de François Aubart, Ce qui revient, à la Galerie ACDC jusqu'au 2 août à Brest. L'année s’achève avec l' invitation de Claude Lévêque au Frac Haute-Normandie à Sotteville-les-Rouen en septembre 2008 et la poursuite de la collaboration avec Raphaël Zarka chez Interface à Dijon et à l’Atelier CardenasBellanger à Paris en novembre-décembre 2008. 23 Projet A split single Ces deux travaux sont réunis via un titre faisant référence à la terminologie du split single, traditionnellement un 45 tours réunissant deux groupes de musique différents, chacun occupant une face. Ici, nous retrouvons également deux entités spatialement et formellement distinctes, l’une étant "presque" un morceau de musique (un "single") et l’autre, un fragment artificiel extrait (split) et isolé, un morceau donc, d’une autre plus grande Sonate Hoboken, 2007 ©Guillaume Constantin partie qui elle, reste fictive. Sonate Hoboken nous fait tout entendre de son environnement et de ce qui la constitue sauf les notes de musique qui en découlent. Split single a été fabriqué pour un espace qu’il cherche paradoxalement à dissimuler comme pour mieux évoquer sa fonction, sa forme, sa couleur. Un jeu de positif/négatif qui se traduit surtout par une relation physique et auditive avec le visiteur. Chacun de ces travaux induit un rapport spécifique à l’espace, vide pour l’un (dans la Black box) et saturé (dans la Cimaise) pour l’autre. Un dialogue qui questionne ainsi la notion de présence, d’existence et de raison d’être de l’œuvre au sein d’un espace donné. 24 Œuvres présentées : Dans la Black box : Diffusion en stéréo de la pièce sonore Sonate Hoboken, 2007 4 min 55 en boucle Il s’agit d’une pièce sonore qui documente les sons que produit une pianiste interprétant une sonate de Joseph Haydn au casque. L’absence du son du piano révèle tous les bruits périphériques au morceau de musique joué. Respirations, pages de partition tournées, mains sur le clavier, environnement extérieur se retrouvent inclus dans la rythmique de la sonate créant ainsi une sorte de reprise "hors champ" de cette dernière. Sur la Cimaise Split single, 2008 Volume réalisé en plaques de pvc (carlène) blanc et orange soudées à chaud. 480x235x270 cm. Ce volume sculptural reprend et joue directement avec les couleurs de l’espace environnant, le blanc sur sa partie externe la plus visible, et l'orange des murs de la cimaise sur les parois qui leur font face. Ce volume ferme et sature l'espace de la cimaise, laissant à peine accessible le petit "couloir orange" ainsi constitué. Une forte présence sculpturale que l’on devine creuse, factice qui fonctionne sur l'idée de dissimulation et de réduction de l'espace de la cimaise tout en étant paradoxalement construite pour ce dernier. 25 Guillaume Constantin : Repères biographiques Né en 1974, vit et travaille à Paris EXPOSITIONS PERSONNELLES 2008 Toutes sortes d’omissions, École Supérieure d’Arts, Lorient 2007 L’excuse du vide, Atelier/Résidence Astérides, Marseille 2006 Sans titre, Histoire de l’Oeil, Librairie/Galerie, Marseille 2004 Dépôts, Le Seuil, Paris 1=1, Galerie Artem, Quimper 2003 L’état des objets collés, Galerie du Théâtre "le Vanves", Vanves Corps et biens, résidence et exposition à la Chapelle Saint-Eman, Chartres Pièces détachées, Galerie du Haut-Pavé, Paris EXPOSITIONS COLLECTIVES 2008 Avec Raphaël Zarka, Interface, Dijon/Atelier Cardenas-Bellanger, Paris À l’invitation de Claude Lévêque, Frac Haute Normandie, Sotteville-Lès-Rouen Avec Anthony Duchêne & Hugo Schoüwer–Boss, le 13Bis, Clermont-Ferrand Résidence à Berlin, Immanence Paris-Berlin The white patch had become a place of darkness, Histoire de l’oeil, Marseille 2007 Xs Paris, Fondation d’Entreprise Ricard, Paris 10 saisons 1996-2006, Galerie du Haut-Pavé, Paris Ça fait combien de temps qu’on se connaît, Blockhaus DY10, Nantes Ronds-points de novembre, Rond-point du Château, Saumur Avec lesquelles j’exerçais dans l’ombre, Galerie Villa des Tourelles, Nanterre 619.JPG, Appt 619, Cité Radieuse, Marseille Xs, Espace Mica, Saint-Grégoire, Rennes Un voyage d’hiver avec Raphaël Zarka, Espace Diderot, Rezé Ce volume d’air contenu, La Générale, Paris 2006 Horizons synthétiques, Mains d’œuvres, Saint-Ouen Nos amours de vacances, CIAC, Carros 26 Atelier Cardenas Bellanger, Art Brussels, Bruxelles Multiples d’artistes, Astérides, Marseille Récurrences dérobées, Bétonsalon, Paris 2005 Monument, projet réalisé dans le cadre du festival de L’Île, Nantes Project n°1, Atelier Cardenas-Bellanger, Paris Sur place, le Village, Bazouges-la-Pérouse. Memoire collective, Crypte Saint-Pancras, Londres Serendipity ou la productivité du hasard, Console / Galerie Frédéric Giroux, Paris 2004 Buy-Self, Ateliers d'Artistes, Marseille Ça colle, Chez Lizette, Nantes Printroom, Het Wilde Weten, Rotterdam De rendez-vous en rendez-vous, Galerie du Haut-Pavé, Paris 2003 Dasein, Ernst-Barlach Museum, Hambourg Tombola d’objets d’artistes, Immanence, Espace d’Art Contemporain, Paris Jeune Création 2003, Grande Halle de la Villette, Paris Galerie le Ô, Drôle D’Organe, Nantes 2002 Équipements, Galerie du Centre Culturel Colombier, Rennes À usage personnel, Jeune Création 2002, Grande Halle de la Villette, Paris 2001 Résidence 2001, Centre d’Art Sacré Contemporain, Pontmain Sincères félicitations, Diplômés en 2000, Ensb-a, Paris 2000 2 en 1, l’expérience d’une limite Art/Design, École Supérieure d'Arts d’Angers FORMATION 1999/2000 DNSAP obtenu à l’ENSB-A, Paris, avec les félicitations du jury à l’unanimité. Atelier Richard Deacon 1997/1999 DNSEP, École Supérieure d'Arts d’Angers 1994/1997 DNAP obtenu avec mention, École Supérieure d'Arts d’Angers. 27 ENSEIGNEMENT 2008 Conférence et visites d’ateliers, École Supérieure d’Arts, Lorient 2007 Workshop de sculpture (1ère et 2ème années), Faculté d’Arts Plastiques, Université de Lille PUBLICATIONS The white patch had become a place of darkness, Galerie HO - Histoire de l’oeil, Marseille 2008. 10 saisons – 1996/2006, Galerie du Haut-Pavé, texte de Maxime Thieffine 2007. Rond-points de Novembre, CAPI, Saumur 2007. L’excuse du vide publication numérique, résidence chez Astérides, Marseille 2007. Nos amours de vacances, catalogue de l’exposition, texte de Cecilia BECANOVIC 2006. Objet trouvé, portfolio, la Canopée n°1, 2005. Mémoire Collective Catalogue de l’exposition, texte de Richard DEACON 2005. Catalogue Buy-Sellf n°4, 2004. Résidence 2001, Centre d’Art Sacré Contemporain, Pontmain, texte de Pierre GIQUEL 2001. Sincères félicitations, Diplômés en 2000, Ensb-a, Paris, 2001. 2 en 1, l’expérience d’une limite Art/Design, Éditions "Allons voir si", École Supérieure d'Arts d’Angers, 2000. Le mot, Éditions "Allons voir si", Atelier de Recherche École Supérieure d'Arts d’Angers, 1999. ACTIVITÉS PARALLÈLES Depuis 2002, programmateur arts visuels : - avec Rien à voir : programmation de vidéos d’artistes et Lieux Communs, festival arts sonores, concerts et arts visuels - aux Instants Chavirés, salle de concerts dédiée à la diffusion des musiques improvisées et expérimentales à Montreuil (93) 28 Les rendez-vous avec le public Vendredi 12 septembre Vernissage de l‘exposition à 18h30 au Frac Haute-Normandie. Samedi 13 septembre Rencontre avec Claude Lévêque et Guillaume Constantin à 14h au Frac Haute-Normandie. Mercredi 24 septembre Présentation de l‘exposition aux enseignants de la région Haute-Normandie au Frac Haute-Normandie à 14h00. Renseignements au 02.35.72.27.51 29 Programmation 2009 David Saltiel Du 24 janvier au 8 mars 2009 Dominique Petitgand Du 28 mars au 10 mai 2009 franckDavid Du 30 mai au 19 juillet 2009 Dessins de la collection du Frac Haute-Normandie Du 17 octobre au 6 décembre 2009 30 Les 10 ans du Frac Haute-Normandie Le Frac Haute-Normandie fête le 10e anniversaire de son installation dans le bâtiment "Trafic" à Sotteville-lès-Rouen Le 25 septembre 1998, le Fonds Régional d’Art Contemporain de Haute-Normandie s’est implanté, grâce au soutien et à l’engagement de la Ville de Sotteville-lès-Rouen, dans une ancienne friche industrielle baptisée "Trafic", datant des années Trente et située place des Martyrs-de-la-Résistance, face au Jardin des Plantes de Rouen. Il est devenu depuis une figure essentielle de la scène artistique régionale grâce à ses programmes de diffusion et de sensibilisation à l’art contemporain, son soutien à la création émergente ainsi que ses collaborations avec les principaux acteurs culturels normands. Pour célébrer le 10e anniversaire de cette installation, le Frac Haute-Normandie consacrera l’ensemble de sa programmation 2008/2009 à une "relecture" de l’espace architectural de ce lieu exceptionnel par des plasticiens contemporains de premier plan utilisant plus particulièrement la lumière, le son ou l’image comme "matériaux" plastiques… Aussi Claude Lévêque inaugurera-t-il ce programme en octobre 2008. David Saltiel, Dominique Petitgand et franckDavid s’y succèderont ensuite, tout au long de l’année 2009. Parallèlement, des évènements plus "festifs" seront organisés à partir de juin 2008, moments de convivialité, de partage et d’échange entre le Frac et ses publics. Un manière de maintenir le bâtiment "Trafic" ouvert sur la ville comme sur le monde d’aujourd’hui. Restez à l’écoute ! 31 Le Frac Haute-Normandie En 1982, dans le cadre de la politique globale de décentralisation, un Fonds régional d‘art contemporain (Frac) a été créé, à l‘initiative de l‘État, dans chaque région française. Association loi de 1901 subventionnée par l‘État et le Conseil Régional, située dans une ancienne friche industrielle à Sotteville-lès-Rouen depuis 1998, face au Jardin des Plantes de Rouen, le Frac Haute-Normandie est un lieu d'échange autour de la création actuelle. Grâce à ses quatre missions essentielles : la constitution d'une collection, la diffusion de celle-ci, la sensibilisation à l'art contemporain, le soutien à la création, Le Fonds Régional d'Art Contemporain met tout en œuvre pour faciliter l'accès à l'art d'aujourd'hui au plus grand nombre, Il s'adresse à tous les publics, de tous âges. Depuis 1999, le Frac Haute-Normandie a ainsi présenté dans son lieu des expositions monographiques sur les artistes français Bertholin, Jérôme Boutterin, Damien Cabanes, Claude Closky, Philippe Cognée, Didier Courbot, Thomas Fougeirol, Jugnet+Clairet, Andrea Keen, Patrick Lebret, Guy Lemonnier, Marylène Negro, Antoinette Ohanessian, Bernard Plossu, et sur les artistes internationaux Silvia Bächli, Marian Breedveld, Elina Brotherus, Geneviève Cadieux, Helmut Dorner, Michel François, Bill Jacobson, Chris Johanson, Javier Pérez, Nancy Spero, Richard Tuttle et Marthe Wéry. Il a également organisé de nombreuses expositions thématiques sur la scène artistique émergente en Haute-Normandie ou en France, ainsi que sur les approches contemporaines du paysage, du territoire et de l‘espace urbain. 32 Renseignements Pratiques TRAFIC FRAC HAUTE-NORMANDIE 3, place des Martyrs-de-la-Résistance 76300 Sotteville-lès-Rouen (face au Jardin des Plantes) Tel : 02.35.72.27.51 Fax : 02.35.72.23.10 Email : [email protected] www.frachautenormandie.org Entrée libre Ouvert du mercredi au dimanche De 13h30 à 18h30 (fermé les jours fériés) Accès aménagé pour les handicapés Visites et ateliers de pratiques artistiques Du lundi au vendredi (Exclusivement sur réservations) Prochaine exposition : David Saltiel Du 24 janvier au 8 mars David Saltiel Bal Jaune, 2003 33
Documents pareils
Épisode I Claude Lévêque, Le Grand Sommeil
«J’ai rien à perdre je suis déjà mort»
J’ris Pas, J’pleure Pas, J’dis Rien,
Game Over
Le Droit du plus fort
Mon Combat