Feuilleter

Transcription

Feuilleter
le magazine du Département de l’Aisne
tobre 2009
N° 174 - Septembre/0c
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www.aisne.com
2
sommaire
Le magazine du Conseil
général de l’Aisne
N° 174 - 245 000 ex.
Septembre/Octobre 2009
rue Paul Doumer
02013 Laon Cedex
p. 13-16
Directeurs de
la publication :
Yves DAUDIGNY
Philippe MIGNOT
Responsable
communication :
Pascale CARTEGNIE
Rédacteur en chef :
Bruno WALTER
Rédaction :
Bruno WALTER
François-Xavier DESSIRIER
Céline VAN COPPENOLLE
Photos :
François-Xavier DESSIRIER
Bruno WALTER
Conception/Pré-presse :
Christian JOMARD
Service communication
Conseil général de l’Aisne
Secrétariat :
Annie BEAUVILLAIN
03 23 24 86 99
Imprimerie :
Groupe MORAULT
Distribution :
La POSTE/MÉDIAPOST
p. 4-6
4/ 7 actualités
■ Premiers pas pour la reconversion du site de Couvron
en plateforme logistique spécialisée.
■ C’est la rentrée : quoi de neuf dans nos collèges ?
21 sport
■ UNSS : les sportifs du mercredi après-midi
22 le point sur
8/9 éducation / solidarité
■ Inondations du sud de l’Aisne :
le Département s’engage aux côtés des sinistrés
■ Le nouveau visage des sectes dans l’Aisne
■ Chaunois : Des femmes qui veulent travailler
23 environnement
10/11 économie
■ Marie Maryns prépare les confitures de l’Elysée à Crouy
■ Des artisans commerçants de l’Aisne s’engagent
dans la démarche qualité
12 tribune
13/16 dossier
■ La randonnée dans l’Aisne, ça marche !
imprimé sur
Cyclus print,
100% recyclé
p. 17
17 découverte
■ Géodomia, voie verte : deux chantiers majeurs
inaugurés en septembre
18-19 l’entretien
■ La belle forêt des enfants de Belleu
24 portrait
■ Julien Delhaye, brasseur à Nanteuil-la-Fosse
25/28 culture
■ Merlieux, un village à la page
■ Marie-Hélène Richard fait danser les arbres
autour de Géodomia
■ Des cinémas pas comme les autres
■ Pierre Pothron, peintre et familistérien
29 c'est tendance
■ Adopter la démarche "Ecocitoy’N"
■ Personnaliser ses albums photos avec le scrapbooking
■ Le sociologue Michel Lallement
décrypte l’œuvre de Godin
30/31 les rendez-vous
20 tourisme
■ Géodomia, centre départemental de ressources
environnementales, ouvre ses portes à Merlieux
■ Dormir autrement : l’Aisne à la sauce "roots"
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32 l’image
3
éditorial
Le lapin dans la lune
Selon les Japonais, un lapin habite dans la lune et, lorsque l’on regarde
attentivement notre satellite, on peut en distinguer l’image. Le Japon
est aussi le pays où l’on dépose le plus de brevets au monde. L’imagination, développée collectivement au pays du Soleil levant, se traduit
concrètement par une forte capacité d’innovation. Dans un monde aussi
pragmatique que le nôtre, un monde difficile pour beaucoup d’entre
vous, où le quotidien apporte son lot de difficultés concrètes, l’imagination doit être cultivée comme un bien précieux et transmise aux
générations futures avec le même soin que l’on prendrait d’une flamme
vacillante un jour venteux. Dans les fumées de l’utopie, les étudiants
de Mai 68 ne scandaient-ils pas “l’imagination au pouvoir” ? S’il est difficile de laisser gouverner l’imagination, elle est un carburant précieux
de l’action publique, dans l’Aisne un peu plus qu’ailleurs. En effet, les
Axonais peuvent revendiquer l’héritage de Jean-Baptiste Godin, qui a
su imaginer en plein XIXe siècle des solutions sociales audacieuses, sans
jamais se départir d’une redoutable efficacité industrielle. N’est-ce pas
aujourd’hui encore notre défi ?
Sans imagination, nous n’inaugurerions pas, ce 27 septembre à Merlieuxet-Fouquerolles, le centre de ressources environnementales Géodomia.
Cette réalisation, sans équivalent en France, nous en sommes particulièrement fiers, parce qu’elle est née d’un engagement fort du Conseil
général pour l’environnement, pour le développement durable. Géodomia se veut avant tout un lieu de transmission des savoirs, une agora
verte où l’on débat, où l’on s’enrichit mutuellement par le dialogue.
Le site a été conçu selon les normes de haute qualité environnementale (HQE) : là encore, il a fallu imaginer, trouver des solutions à des
problèmes bien concrets. Le résultat est là. Géodomia, comme d’autres
grands chantiers en cours dans le département, illustre bien le mot de
Baudelaire selon lequel “L’imagination est la reine du vrai.”
Yves DAUDIGNY
Président du Conseil général de l’Aisne,
Sénateur.
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actualités
Couvron : les premiers pas d'u
La reconversion possible du site militaire
a été annoncée le 23 juin dernier. Le 6 ju
un rapport confirmant son engagement
d’ici quatre ans, de 3 000 emplois. Explic
Couvron
Au lancement d’un dossier de déve-
Le calendrier
prévisionnel
Le 6 juillet 2009, délibération du Conseil général
de l’Aisne acceptant le
principe de la création de
la société d’économie mixte. Les autres collectivités
concernées ont suivi. L’objectif est de créer la SEM
avant la fin de l’année.
En septembre, résultat de
l’étude préalable de faisabilité économique. Il s’agit
d’une étape indispensable.
Le Département finance
cette étude à hauteur de
71 250 E.
loppement économique, il convient toujours
d’être prudent. Prudence qui n’empêche ni
l’espoir ni l’action. S’il va jusqu’au bout, le
projet de reconversion de l’ancienne base
militaire de Couvron en plateforme logistique spécialisée sera exceptionnel. Exceptionnel par le nombre d’emplois créés : 3 000 à
l’horizon 2012/2013, voire 6 000 à plus long
terme. Même l’arrivée de Toyota à Valenciennes - la plus grosse implantation industrielle
en France de la dernière décennie - est moins
importante en terme d’emplois. C’est dire. Exceptionnel parce qu’il s’agit d’un dossier de
dimension européenne, qui conforte l’Aisne
dans sa vocation logistique. Exceptionnel enfin, parce qu’il s’agit d’une activité innovante
avec une dimension importante en recherche
et développement.
Le dossier de Couvron comprend en effet
trois éléments. La plateforme logistique en
elle-même, d’abord. C’est le cœur du projet.
A celle-ci viennent s’ajouter la création d’un
“incubateur technologique” et d’un “centre
européen de management et de logistique
des crises”, qui seront pourvoyeurs d’emplois
qualifiés - environ 700.
en Europe : une plateforme spécialisée dans
le conteneur sécurisé sous douane. Il s’agit,
très concrètement, de capter une partie du
flux de conteneurs en provenance des grands
ports de la Manche et de la Mer du Nord ; de
les scanner pour en vérifier le contenu. Cette
tâche sera confiée aux douanes. Puis, il s’agit
de les “éclater”. C’est cette phase d’éclatement qui sera la plus pourvoyeuse d’emplois.
L’éclatement consiste, une fois le conteneur
vérifié, à en répartir le contenu vers sa destination finale. Il sera réalisé par des sociétés
privées spécialisées dans la logistique.
La plateforme logistique. Il ne s’agit pas
d’un site ordinaire mais d’un concept unique
Sécurisation des conteneurs : un marché d'avenir
En juillet 2007, le Congrès américain adoptait
une loi imposant de scanner 100 % du fret
entrant aux Etats-Unis d’ici 2012, échéance
repoussée ensuite de deux ans. Une conséquence directe du tour de vis sécuritaire qui
a suivi les attentats du 11 septembre 2001. Or,
pour l’instant, seul 2 % des conteneurs sont
vérifiés, généralement avec des équipes de
Lancement des études de
dépollution du site, toujours en septembre : c’est
la procédure classique.
Au dernier trimestre
2009 : lancement des
études pour la réalisation
de l’incubateur technologique.
chiens renifleurs. Les scanners sont encore
bien trop rares, comme le note un rapport
d’une commission d’enquête sur le régime de
transit communautaire du Parlement Européen : “le scanner - que les autorités françaises
utilisent déjà au Havre et que Rotterdam a commandé - peut traiter un maximum de quelque
130 000 conteneurs par an. Pour Rotterdam,
c’est là une goutte d’eau dans la mer.” De fait,
130 000 conteneurs, c’est une quinzaine de
bateaux… Car les chiffres du transport maritime donnent le tournis. 7 milliards de tonnes
de marchandises transitent chaque année. Au
quotidien, 50 000 navires sillonnent mers et
océans. Le transport par conteneurs explose :
300 millions de conteneurs circulent à travers
la planète chaque année, dont 48 millions rien que pour l’axe européen
Nord - Sud. Les bateaux sont de plus
en plus grands - environ 350 mètres
de long - et peuvent emporter environ 10 000 conteneurs.
Le projet de la plateforme de Couvron
envisage de traiter 65 000 conteneurs, dans un premier temps, ce qui
est, finalement, très raisonnable au
regard du transit international.
2010/2011 : lancement des
travaux.
2012/2013 : ouverture de
la plateforme logistique
sécurisée
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5
actualités
un dossier économique majeur
e de Couvron en plateforme logistique spécialisée dans le conteneur sécurisé sous douane
uillet, à l’occasion d’une session extraordinaire, le Conseil général a adopté, à l’unanimité,
t dans un dossier qui, s’il aboutit, pourrait permettre la création,
cations.
Le site de Couvron s’étend sur 470 hectares à proximité des infrastructures routières et ferroviaires.
Le projet en
cinq chiffres
250
hectares
de plateforme
logistique
1,5 million
de m2 de bâtiments
sous douane hautement sécurisés
50
entrepôts
de 30 000 m2
3 000
emplois
pour 2012 / 2013,
voire 6 000 à long
terme
1 milliard
d’euros d’investissement privé total
Public,
privé, qui
fait quoi ?
L’incubateur technologique. Le scanning se
heurte à deux problèmes. La durée de l’opération, d’abord : il faut près de 40 minutes pour
scanner un conteneur ; une durée qui ne permet pas d’écouler le flux. La production des
scanners eux-mêmes, ensuite : il n’existe que
deux sociétés - une Américaine, une Chinoise qui en fabriquent. Les délais sont actuellement
de trois ans. L’objectif de l’incubateur technologique sera de mettre au point et de produire
des scanners de nouvelle génération. Les chercheurs pourront s’installer sur le tout nouveau
pôle d’activités du Griffon, qui est à proximité
du site de Couvron.
Le centre européen de management de crise. Là encore, il s’agit d’innover en créant un
équipement qui n’existe pas en Europe. L’idée
est de proposer des solutions de management
logistiques rapides à l’Etat, en cas de crises
humanitaires, de catastrophes naturelles. Attention, l’idée n’est pas de faire décoller les
avions d’aide humanitaire depuis la piste de
Couvron, non, mais de “modéliser” les crises pour y répondre le plus rapidement possible, avec les
moyens adéquats.
Les atouts de Couvron
En pleine guerre froide, la base de Couvron n’a pas été choisie au hasard par l’OTAN pour abriter
les avions américains. Les sites étaient tous stratégiques d’un point de vue géographique. La
logistique obéit à des critères proches de ceux des militaires.
Il faut de l’espace, d’abord. Couvron offre 470 hectares dont 12 hectares d’installations déjà opérationnelles, même si elles nécessitent quelques aménagements. C’est bien cet espace qui manque
ailleurs. D’autant que le coût du terrain est, dans l’Aisne, bien moindre que dans les pays d’Europe
du Nord, dont la densité de population rend l’espace hors de prix (l’Aisne est à 73 habitants au
kilomètre carré, quand les Pays-Bas sont à 400 et la Belgique à 350).
Les logisticiens ont besoin d’infrastructures. Couvron a la chance de posséder une piste d’aviation
de 3 000 mètres mais là n’est pas l’essentiel pour les conteneurs maritimes, qui viendront par le
fer et la route. Le site est sur le tracé de la voie ferrée Rouen - Tergnier - Reims et à 2 km seulement de l’A26, à laquelle il pourra facilement être raccordé.
Le projet de Couvron
est à la fois public et
privé. La société d’économie mixte (SEM) en
cours de création aura
pour objet d’assurer la
gouvernance du projet,
pour le faire aboutir.
Elle s’occupera notamment des questions
foncières et des investissements publics.
Le Conseil général de
l’Aisne détiendra 40 %
de la part publique de
la SEM. Il faudra également un financement
public pour réaliser un
échangeur autoroutier qui connectera la
plateforme à l’autoroute A26.
La part principale de
l’investissement reviendra au privé et aux
sociétés logistiques
qui s’installeront sur
le site.
Troisième critère, la situation géographique. Evidemment, tout le monde peut se dire au cœur de
l’Europe. Sauf que là, il s’agit d’être situé à distance raisonnable des ports d’Europe du Nord et de
la région parisienne.
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6
actualités
Lexique
Conteneur “Equivalent
vingt pieds” (EVP) : c’est
une norme internationale. Lorsque l’on parle de
conteneurs, il s’agit d’EVP,
qui mesurent 2,59 m (8,5
pieds) de haut par 2,43 m
de large (8 pieds) et 6,05 m
(20 pieds) de long.
Logistique : l’association
des logisticiens de France
définit ainsi son activité :
“la logistique est l’ensemble
des activités ayant pour but
la mise en place, au moindre coût, d’une quantité de
produits, à l’endroit et au
moment où elle existe.” Il
ne faut évidemment pas
confondre la logistique et
le stockage, même si l’activité comprend une part
importante de gestion de
stocks. Le logisticien gère
des flux entrants et sortants etc. De nombreux
métiers y sont associés.
L’Aisne, département logistique
Depuis
plusieurs années, et sous l’impulsion notamment du Conseil général de
l’Aisne, le département a choisi de favoriser
le développement de l’activité logistique.
Parfaitement situé au niveau géographique,
entre les grands centres industriels d’Europe du Nord, les grands ports maritimes,
et la région parisienne, l’Aisne a mis en place
une véritable politique d’accueil des entre-
Société d’économie mixte (SEM) : il s’agit d’une
structure juridique particulière. C’est une société
anonyme, dont 51 % au
moins du capital est détenu par des personnes
publiques (Etat, Département, Région, etc). Elle
permet de concilier l’intérêt général aux intérêts
des entreprises. Dans le
cas de Couvron, la part
publique de la SEM (dont le
capital total est de 10 ME)
sera détenue par le Conseil
général de l’Aisne (40%) ; le
Conseil régional de Picardie (40%) ; les deux communautés de communes
concernées (Laonnois et
Pays de la Serre, 20%). Côté
privé, on devrait retrouver
le groupe La Poste, la SNCF,
et quelques grandes sociétés du secteur logistique.
OTAN (Organisation du
traité de l’Atlantique
Nord) : cette alliance militaro-politique créée en
1949, en pleine guerre
froide, avait pour but de
défendre l’occident face à
la menace soviétique. La
France en a claqué la porte
en 1966, à l’initiative du
général De Gaulle. Couvron
abritait une base aérienne
américaine. Son positionnement géographique ne
doit donc rien au hasard.
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prises du secteur. Cela passe notamment
par l’aménagement de zones d’activités
suffisamment dimensionnées pour une activité nécessitant de l’espace. On peut citer
le parc des autoroutes à Saint-Quentin (180
hectares) ; le parc du plateau, à Courmelles
(150 ha) ; la ZID de l’Omois, près de ChâteauThierry (125 ha) ; le pôle du Griffon (150 ha),
qui ouvre sur Laon. Les principaux logisti-
ciens français sont d’ailleurs présents dans
le département, de Géodis à FM Logistic en
passant par Mory ou TNT, pour n’en citer que
quelques uns.
La logistique offre des débouchés multiples,
en terme d’emplois. On recense 45 métiers
différents et l’Aisne propose des formations
qui vont du BEP au bac + 5.
7
actualités
Aisne
Grands travaux et extension de
l’Environnement numérique
de travail (ENT) dans le cadre
du “plan collèges” premières
expériences de tri et de valorisation des déchets dans les
cantines : il y a du neuf pour la
rentrée dans les collèges.
Doté d’un tout nouvel équipement,
le collège Montaigne est entré dans l’ère
de l’environnement numérique de travail.
Ça bouge dans les collèges
Plan collèges,
le point sur les grands travaux.
Depuis 2007, le Conseil général de l’Aisne est engagé
dans un vaste programme de rénovation des collèges.
48 établissements publics sur les 57 que compte le
département sont concernés pour une enveloppe initiale de 100 millions d’euros, réévaluée courant 2009
à 131 millions afin de répondre aux nouvelles réglementations en matière thermique et d’accessibilité des
personnes handicapés ainsi qu’à l’intégration d’une démarche environnementale. Parmi les grands chantiers,
la 1re tranche des travaux du collège de Cuffies, intégrant une extension de l’externat est terminée. Coût :
3,6 ME. C’est aussi le cas de la 1re tranche des travaux
du collège Jean-Moulin de Saint-Quentin, incluant la
création d’une extension pour un coût de 3,3 ME. Achevées également, la restructuration et réhabilitation
des bâtiments de l’externat du collège Saint-Just à
Soissons pour un coût de 3,5ME, la 1re tranche de la rénovation du collège de Tergnier (3,4 ME) ainsi que les
travaux engagés au collège Max-Dussuchal de VillersCotterêts concernant l’externat, l’administration et
les espaces extérieurs pour un coût de 2,1 ME. L’étape
cruciale du choix de l’architecte a été franchie concer-
nant le collège Jean-Mermoz de Laon, qui fait l’objet
d’une démolition et d’une reconstruction totale. Elle le
sera aussi prochainement pour le collège Frœlicher de
Sissonne. Le coût global de ces deux grosses opérations
s’élève à 32,9 ME. Le choix des maîtres d’oeuvre est en
cours pour la démolition et reconstruction des externats au Nouvion-en-Thiérache et au collège Montaigne de Saint-Quentin qui connaîtront également une
restructuration et la rénovation de l’administration
et des logements. La fin des travaux sur les deux sites est prévue à la rentrée 2012 pour un coût global de
12,8 ME.
Environnement numérique
de travail, le réseau s’étend.
Avec l’environnement numérique de travail (ENT) c’est
une nouvelle ère qui commence pour les collégiens,
pour leurs parents et pour les équipes éducatives.
Développé en partenariat avec l’Académie d’Amiens,
L’ENT permet à chacun d’accéder à des ressources
pédagogiques, à une messagerie interne et externe,
à des forums, aux emplois du temps, aux cahiers de
textes, aux notes, aux absences et retards, bref, à
tout ce qui fait la vie d’un établissement scolaire. Or-
Au collège
Jean Moulin,
une extension
flambant
neuve.
dinateurs portables, vidéo projecteurs, serveurs de
données et tableaux blancs interactifs (TBI), la mise
en place d’un tel programme nécessite un important investissement en matériel et en formation. En
phase expérimentale depuis janvier 2008 dans les
établissements pilotes de Corbeny et Saint-Gobain,
l’ENT a depuis été mis en place dans les collèges Marthe-Lefèvre et Montaigne à Saint-Quentin, François
1er à Villers-Cotterêts, Charlemagne à Laon et GérardPhilipe à Soissons. La deuxième vague d’équipement
inclut également le collège Hanoteau de Saint-Quentin ainsi que Sains-Richaumont, Ribemont, Vervins,
Moy-de-l’Aisne et Fère-en-Tardenois.
Tri et valorisation des déchets,
premiers pas à Braine.
“Le collège Pierre et Marie-Curie de Braine sera le 1er collège sur l’académie et le troisième établissement en France
à être équipé d’un composteur électromagnétique.” En
visite dans l’établissement avec les représentant de
l’ADEME, Corinne Cousin, Chargée de mission prévention
déchets, suit ce dossier de près au Conseil général de
l’Aisne. Engagé comme d’autres établissement dans une
démarche environnementale, le collège de Braine présente de nombreux atouts. Prévue dans les prochains
travaux, la reconfiguration complète du restaurant
scolaire, qui fournit 300 repas par jour, est une bonne
occasion de mettre en place le tri avec sensibilisation
auprès des élèves qui en seront les premiers acteurs.
Séparés des emballages, les restes alimentaires iront
alors nourrir le composteur. “Pour faire un bon compost,
il faut une température régulée, un brassage régulier et
un bon équilibre entre carbone et azote,” précise Yannick
Payet de l’ADEME. La sciure de bois fournie par l’atelier
menuiserie de la SEGPA du collège permettra cet équilibre. Quant au compost obtenu, il trouvera son usage
auprès la section horticulture de l’établissement. Un
circuit en vase clos où rien ne perd, tel serait l’idéal à
atteindre pour cette première expérience qui débutera
en janvier 2010 avec l’arrivée du fameux composteur.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
8
éducation
Aisne
Faux thérapeutes, stages de
formation professionnelle dirigés par des “coaches” douteux :
les dérives sectaires gagnent
du terrain, selon la Mivilude
(Mission interministérielle de
vigilance et de lutte contre
les dérives sectaires). Le point
avec Christian Cabus, président
de l’antenne régionale du Centre contre les manipulations
mentales.
Les groupes sectaires
présentent un visage
honorable pour séduire
un public large.
Les principales
demandes
reçues par
l’antenne
régionale
du CCMM
Santé, soins, bien-être,
thérapies déviantes : 126
demandes
Nouvelles religions : 124
Emploi et formation professionnelle : 37
Esotérisme : 30
Soutien scolaire : 28
(1) Christian Cabus préfère ne
pas citer nommément les sectes ; celles-ci ont souvent des
moyens financiers importants
et certaines attaquent systématiquement les associations
et les journaux qui les présentent sous un jour défavorable.
Le nouveau visage des sectes
Les dérives sectaires sont-elles en hausse
dans notre région ?
Existe-t-il des signes qui doivent alerter
les familles ?
Christian Cabus : d’une manière générale,
il existe de plus en plus de groupes présentant des dérives sectaires. Dans l’Aisne, plus
particulièrement, nous avons des signalements inquiétants concernant les nouvelles
religions mais surtout les thérapies plus ou
moins bidons. En deux ans, nous avons reçu
une centaine de personnes de l’Aisne, principalement des familles inquiètes devant le
comportement d’un proche. Nous recevons
aussi, mais c’est plus rare, des victimes de
sectes.
C. C. : un changement brutal d’alimentation,
de vocabulaire ou d’habillement peut signifier
quelque chose. Mais attention, cela ne veut
pas dire forcément que la personne est dans
les mains d’une secte, fort heureusement.
Comment définir les dérives sectaires ?
C. C. : il est important de bien comprendre
que nous ne luttons pas contre les croyances. Les gens croient ce qu’ils veulent, c’est
leur liberté. En revanche, nous nous attaquons aux méthodes, aux pratiques, qui
aboutissent à la disparition du libre-arbitre,
à l’embrigadement, à la soumission à un gourou ou à un maître. C’est ce que j’appelle la
prison sans barreau. Généralement, la dérive
sectaire aboutit aussi à une dépendance financière forte vis-à-vis du groupe. Je vais
prendre un exemple : le yoga, c’est formidable. Mais il existe des mouvements sectaires
(1) qui vous amènent à vous couper de votre
famille, à aller vivre dans un ashram en Inde…
La sophrologie ou la psycho généalogie, pratiquées par des thérapeutes déviants, peuvent amener à la perte de votre libre arbitre,
et il en est de même pour ce que l’on appelle
les pratiques non conventionnelles à visées
thérapeutiques.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
Quel est le nouveau visage des sectes
aujourd’hui ?
C. C. : il ne faut plus voir les sectes comme
autrefois ; le côté folklorique avec le gourou
en robe rouge, cela existe parfois, mais c’est
vraiment marginal. Les groupes sectaires
présentent aujourd’hui tous les aspects de
l’honorabilité, leurs dirigeants sont en costume - cravate. Ils investissent principalement
le secteur de la santé, du bien être, et, ces
dernières années, on les retrouve en grand
nombre dans le domaine de la formation professionnelle.
Quelles sont leurs méthodes pour attirer
les nouveaux adeptes ?
C. C. : leurs techniques sont différentes,
mais le processus est toujours le même,
qui peut se décomposer en quatre étapes :
la présentation du groupe, qui dure environ
6 mois, dans laquelle le futur adepte va être
séduit, convaincu de son importance ; puis,
vient le moment de la culpabilisation, qui
peut durer de 2 à 6 mois. C’est à ce moment
qu’à son insu, se développe l’état de dépendance ; troisième étape, le renforcement de
l’adhésion au groupe, qui dure encore 6 mois.
C’est la phase où l’on s’éloigne de sa famille,
de ses amis… Enfin, dernière étape, rendre le
retour impossible. L’adepte est totalement
manipulé, il n’a plus de sens critique et ne
peut plus faire machine arrière.
Où les sectes recrutent-elles ?
C. C. : partout, parce qu’elles s’attaquent à
tout le monde. Les jeunes tomberont plus
facilement dans le satanisme, par exemple.
On estime que 25 000 jeunes, en France, ont
rejoint des groupes sataniques sectaires.
Eux, recrutent sur Internet, notamment.
Mais ils ne sont pas les seuls. Certains groupes font du porte à porte, d’autres sont sur
les marchés, proposent des conférences…
Quel est votre rôle ?
C. C. : nous sommes une association agréée,
chargée principalement de faire de la prévention et de l’information. Nous intervenons dans les lycées, les collèges, nous
donnons des conférences. Notre but est,
aussi, de venir en aide aux victimes et à leur
famille. Lorsque l’on vient nous voir, nous
montons un dossier, nous recherchons des
preuves de dérive sectaire, et nous accompagnons les victimes dans leurs démarches
judiciaires. Lorsqu’elles n’osent pas porter
plainte, nous faisons un signalement au procureur de la République. Et généralement, la
justice nous suit.
Contact : 06 78 20 26 34
9
solidarité
Ce qu’elles en disent
Andrée Bethencourt, de Chauny.
Missions d’interim, petits boulots, puis, de
moins en moins de travail… et plus rien.
“Sans travail, on prend l’habitude de ne plus
sortir de chez soi, on s’enfonce petit à petit”
témoigne-t-elle. Andrée a intégré l’action
“Des femmes qui veulent travailler” en 2007
et se sent aujourd’hui entièrement remise
sur les rails. “Aujourd’hui, j’ai plein d’amies,
alors que je ne voyais plus personne.” Côté
professionnel, elle a embrayé sur un programme qui va lui permettre d’intégrer une
formation qualifiante. “J’aimerais travailler
dans l’hôtellerie, et aujourd’hui, je me sens
beaucoup plus mobile qu’avant. Je suis prête
à aller travailler ailleurs s’il le faut.” Pour se
rendre à sa formation, Andrée prend le train
le matin à 6 heures, mais ça ne lui fait pas
peur : elle sait désormais qu’elle a un avenir
devant elle.
Virginie Petit, de Tergnier. L’an dernier,
Virginie a intégré le dispositif. “Je suis timide, ça me permet d’aller vers les autres plus
facilement, de retrouver de la confiance en
soi.” Une confiance qui lui a permis d’obtenir le passeport bureautique, puis d’intégrer une session de remise à niveau général et, aujourd’hui, d’être engagée, comme
André, dans un programme “ACTIF” (action
territoriale pour l’insertion) qui s’achèvera
en février 2010. Virginie aimerait ensuite
poursuivre par une formation qualifiante,
pour décrocher un diplôme dans la vente.
“J’ai aussi compris qu’il ne fallait pas griller
les étapes, qu’il faut du temps pour arriver à
mener mon projet jusqu’au bout.”
Angélique Quina, de Tergnier. Difficile
de croire que cette jeune femme pleine de
vie était, avant la formation, d’une nature
timide et anxieuse… Pour Angélique, le programme “Des femmes qui veulent travailler” a
permis une véritable métamorphose. Après
un congé parental, elle ne retrouve pas de
travail. Une situation qui dure pendant trois
ans. “Je ne m’occupais que de la maison, des
enfants. Tous les jours, le programme, c’était
lessive, ménage, repas… au bout d’un moment,
on se dévalorise, on perd toute confiance en
soi. La formation m’a permis de remonter la
pente. On se rend compte que, nous aussi,
nous sommes des gens importants !” Angélique a appris à gérer son temps, notamment
avec ses enfants. Puis, elle a décroché un
premier contrat… à la MEF du pays Chaunois
et elle vient d’être recrutée en CDI (contrat
à durée indéterminée), comme secrétaire
dans une structure d’aide à la personne. “Au
moment des entretiens d’embauche, maintenant, j’ai confiance en moi, je ne suis plus timide, réservée. Ils demandaient un bac + 2, ce
que je n’ai pas, mais c’est moi qu’ils ont prise.
J’ai appris à me battre jusqu’au bout.”
Le Conseil général de l’Aisne finance les communes et intercommunalités
qui mettent en place un Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS). Très
concrètement, le CUCS permet de proposer des actions en faveur des habitants des quartiers les plus en difficulté. Exemple à Chauny - Tergnier.
Chauny-Tergnier
Andrée, Virginie, Angélique et leur formatrice, Laetitia.
Des femmes qui ont retrouvé la confiance en elles.
Des femmes
qui veulent travailler
Le chômage
touche les femmes plus que les hommes et, dans les
quartiers populaires, le constat s’aggrave. Dans le cadre du CUCS, la Maison
de l’emploi et de la formation du Pays
Chaunois (MEF) a mis sur pied une action intitulée “Des femmes qui veulent
travailler : un projet personnel et professionnel” dont les résultats sont tangibles. Une quinzaine de femmes de la
région de Chauny, Tergnier et La Fère
l’intègrent chaque année depuis trois
ans. “L’idée, c’est, au-delà de l’emploi, de
les aider à construire un projet de vie”
explique Antonio Terras, le directeur
de la MEF. “Le premier pas, c’est de les
sortir de la maison, où elles sont confinées dans les tâches ménagères” poursuit Laetitia Cocart, responsable de
l’action. La première phase dure trois
mois, le temps d’un bilan et des premiers pas vers l’autonomie. “Elles apprennent à organiser leur temps, repérer
les freins qu’elle s’imposent parfois ellesmêmes pour justifier leur impossibilité
de travailler. Ca peut-être un problème
de mobilité, de garde d’enfants…” Les
femmes apprennent également la négociation familiale : elle doivent faire
comprendre à la famille - compagnons,
enfants - qu’il va falloir s’organiser
différemment, lorsqu’elles retourneront au travail. Une phase pas toujours
simple. Valorisation des savoir-faire,
travail sur l’estime de soi… la formation repose aussi bien sur le projet
personnel que professionnel, “parce
que les deux sont liés” reprend Antonio
Terras. A l’issue de ces trois mois, ce
sont des femmes qui ont affirmé leur
personnalité, retrouvé un commencement d’autonomie. Elles poursuivent
ensuite leur réinsertion dans la vie
active dans différents programmes.
“Nous ne les lâchons pas dans la nature
au bout du programme : il s’agit de sécuriser leur parcours jusqu’au bout” assure
Laetitia Cocart. Après deux sessions,
les résultats sont là : des embauches,
des entrées en formation qualifiante…
Rens. Maison de l’emploi et
de la formation du Pays Chaunois
Tél. 03 23 37 29 19
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
10
En bref
L’initiative
au féminin
récompensée
Marie Maryns fait partie
des lauréates de la première édition “Initiative au
féminin”, lancée par Aisne
Initiative, en partenariat
avec la Délégation départementale aux droits des
femmes et à l’égalité et le
Conseil régional de Picardie. Six prix ont été remis,
au cours d’une soirée, en
juin dernier. Marie Maryns
a emporté le prix “nouvelle
vie”. Les autres lauréates
sont Sarah Collet (prix
“Duo”), créatrice de Avenir et développement formation (Saint-Quentin) ;
Sandra Bouaphanh (prix
“ruralité”), qui a lancé un
salon de coiffure à Crépyen-Laonnois ; Christelle
Wachnicki, Florence Wachnicki et Natacha Padieu
(prix “créatrices d’emplois”), pour l’entreprise
Condi Stock, à Dammard ;
Chantal Van Vosthuyse
(prix “fonds de garantie à
l’initiative des femmes”),
responsable de l’agence
de consulting “45 Nord”,
à Soissons ; enfin, le prix
“coup de cœur” récompense Ariane Gandon-Gouverneur, qui a ouvert à Laon
L’atelier du goût.
Les prix ont été remis par
des marraines, dirigeantes
d’entreprises elles-mêmes
ou responsables d’associations dans le domaine économique.
économie
La confiturière Marie Maryns fournit le palais de l’Elysée depuis juin. Une consécration pour cette ancienne assistante de direction qui a changé de vie il y a six ans
pour plonger dans la bassine à confiture.
Les confitures
de Marie
dans les cuisines
élyséennes
Crouy
La cuillère
agile décrit des arabesques précises dans la bassine de cuivre
bouillonnante. Les senteurs mêlent fruits
rouges et pâtisserie. Elles rappellent l’enfance. Dans son laboratoire, Marie Maryns, alchimiste des saveurs, crée
des nouvelles confitures
au gré de ses idées, de ses
envies, mais aussi, de l’air
du temps. Ce matin là, c’est framboise façon
crumble. Avec 150 confitures et confits différents, son imaginaire sucré semble sans
limite. “En ce moment, je travaille les champignons. J’ai envie de tester de la confiture de
marrons aux cèpes, qui se marierait avec le
gibier, par exemple…”
Une démarche
professionnelle
Fournisseur de l’Elysée depuis le mois de
juin, du Sénat et de quelques chefs étoilés, à la Ferme de Saint-Siméon d’Honfleur
ou au palace de Menthon, au bord du lac
d’Annecy, Marie Maryns n’est pourtant pas
tombée dans la bassine à confiture quand
elle était petite. Son entreprise, Les jardins
de Marie, fondée en 2003, est née d’une volonté de changer de vie. “J’étais assistante
de direction. Un jour, une amie, institutrice
retraitée, m’a demandé de l’aider pour cueillir
des fraises et faire des confitures.” Déjà passionnée de cuisine, Marie se prend au jeu
et se lance à son tour dans la confiture. A
la brocante de Crouy, son village, elle dé-
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
Marie Maryms crée
de nouvelles confitures
au fil de ses idées .
cide d’en vendre quelques pots. Qui partent
tous. “La semaine suivante, j’ai fait une nouvelle brocante, où j’ai encore vendu des pots.
Après, des gens venaient chez moi pour m’en
réclamer, et je me suis dit qu’il y avait sans
doute quelque chose à faire… J’ai quitté mon
emploi pour devenir confiturière.”
A l’époque, elle ne trouve personne pour
l’encourager. Bien au contraire. Mais rien
n’y fait. Elle quitte son emploi, et, trois
semaines plus tard seulement, trouve un
local, entame des travaux… et produit ses
premiers pots. Elle autofinance tout, sur
ses économies. L’ex-cadre s’est lancée dans
le bain de la création d’entreprise avec une
idée précise : créer des produits qui sortent
de l’ordinaire, avec une démarche commerciale très professionnelle. Une rencontre va
lui donner un sérieux coup de pouce : elle
croise le chemin de Damien Duquesne, professeur au lycée hôtelier de Soissons, qui lui
permet de franchir la porte du monde des
professionnels de la cuisine. Elle rencontre
des chefs, invente parfois des produits spécifiques pour eux, comme sa confiture de
pommes, raisins secs, calvados et noix, mise
au point pour la ferme de Saint-Siméon.
C’est aussi par ce réseau qu’elle est parvenue jusqu’aux cuisines de l’Elysée. Un joli
coup de pub, qui crédibilise son entreprise.
“Pour développer Les jardins de Marie, je me
suis servie de mon expérience professionnelle
précédente.” Pour faire parler d’elle, Marie
Maryns innove. Elle crée toute une gamme
de confitures destinée à se marier aux plateaux de fromages, qui remporte un vrai
succès dans les cuisines des chefs. Elle se
lance dans la confiture de thé, après une
rencontre marquante avec une maître de
thé japonaise.
Aujourd’hui, elle fabrique 27 000 pots par an,
et son entreprise est rentable. “Ça n’a pas
toujours été le cas, et j’ai longtemps travaillé
sept jours sur sept, sans gagner d’argent”
souligne-t-elle. En croissance de 30 % chaque année, Les jardins de Marie pourraient
produire 50 000 pots en 2010. “Et à ce moment là, j’embauche, parce que je ne pourrais
pas éternellement tout faire toute seule !”
Six ans après son changement de vie, elle ne
regrette absolument pas son changement
de vie. “Je suis moins fortunée, mais bien plus
heureuse !”
11
économie
Aisne
La Chambre de commerce et d’industrie, en
partenariat avec le Conseil général, a mis en
place une charte qualité qui permet, grâce à un
audit poussé et des formations ciblées, d’améliorer les performances des commerçants du
département.
De la qualité
en stock dans
les boutiques
de l’Aisne
Optique Derasse, à Saint-Quentin
Témoignages
220 commerces de l’Aisne ont obtenu, cette année, la “charte quali-
té accueil, écoute, conseil”. Ce concept, initié il y a trois ans par la Chambre de
commerce et d’industrie (CCI), avec le soutien notamment du Conseil général
de l’Aisne, a permis de sensibiliser et d’accompagner, au total, 350 commerçants. Plus qu’un simple autocollant sur la vitrine, la charte qualité témoigne
d’un travail de fonds. Un travail qui commence par une sérieuse formation.
“Nous avons renversé la logique de ce qui se pratique ailleurs : nous proposons
d’abord des séminaires sur la stratégie commerciale, l’aménagement du point de
vente, l’accueil et la relation client… avant d’aller dans les entreprises pour relever
les points à améliorer” explique Christophe Haelterman, directeur du service
du développement local à la CCI. L’idée n’est donc pas de piéger les commerçants, qui sont d’ailleurs volontaires, mais bien de les accompagner dans une
démarche de progrès.
La seconde phase se passe sur le terrain. “Un expert passe une demi-journée
dans la boutique et effectue 83 points de contrôles, sur quatre thèmes : l’aspect
extérieur, l’aspect intérieur, la qualité de l’accueil téléphonique et la qualité de
l’accueil au magasin” explique Jean-Charles Flament, assistant technique en
charge du dossier à la CCI. Pour obtenir la charte, il faut obtenir au moins
8 sur 10 pour chaque thème. Dernière étape, un client mystère est envoyé
sur place pour un ultime contrôle. L’accueil téléphonique est également testé
anonymement. Globalement, 85% des commerçants qui s’engagent dans la
démarche Charte qualité l’ont obtenue. “Lorsque l’audit fait apparaître des
besoins matériels, aménagement de vitrines notamment, nous orientons les commerçants vers le FIDARCO (un fonds géré par le Conseil général) pour les soutenir
financièrement.”
Rens. Jean-Charles Flament
03 23 76 75 00
Les 7 engagements des commerçants
1 - Vous accueillir avec amabilité et courtoisie
2 - Vous recevoir dans un établissement propre et agréable
3 - Vous écouter et vous conseiller en véritable professionnel
4 - Vous présenter une vitrine et façade originales et attrayantes
5 - Honorer vos commandes et les délais de livraison
6 - Afficher et respecter les horaires d’ouverture
7 - Accepter vos choix et réclamations.
Caroline et Ludovic Solo ont repris cette enseigne d’optique indépendante il y a plusieurs années. Ils emploient cinq personnes, en plein centre-ville de Saint-Quentin.
Trois ans de suite, ils ont adhéré à la démarche de la charte qualité. “Pour nous, c’est
une belle boîte à outils, qui nous a bien servi à la fois dans l’aménagement intérieur du magasin, où nous avions des coins morts que
nous avons appris à animer, et dans nos techniques marketing”
assure Ludovic. Pour le commerçant, “l’audit a permis de prendre conscience de beaucoup de petites choses, minimes, mais qui, réunies, ont un impact
important sur l’ensemble du magasin.” Globalement, il se réjouit d’une démarche qui
a “amélioré la façon de fonctionner” de l’enseigne, notamment grâce à une meilleure
cohérence de l’équipe. “Tout le monde s’est engagé dans la démarche, avec de la bonne
volonté” poursuit-il. “Il faut souligner que les consultants étaient compétents et que les
formations sont bien adaptées aux commerces de notre taille.”
Ets Tatry, à Château-Thierry
Le magasin d’électroménager Tatry est une institution castelle. Le grand-père, René, a
fondé la boutique rue Carnot, dans les années 40, du temps de la TSF. Le père, Claude,
a repris et développé l’affaire. Aujourd’hui, ses enfants Yann et François, sont à la tête
du magasin, qui emploie cinq personnes. “La charte qualité nous intéressait, parce que
nous sentions qu’il fallait évoluer, mais nous ne savions pas trop dans quelle direction
aller” résume Yann. Ils ont obtenu des réponses en s’engageant dans la démarche
pour obtenir la charte qualité. “Nous avons eu des conseils pour refaire la vitrine et pour
l’aménagement intérieur du magasin, explique François. Nous voulions moderniser et les
intervenants nous ont bien aidés à dégager des priorités”. Dans la foulée, les frères Tatry
ont monté un dossier auprès du FIDARCO et obtenu des subventions pour refaire leur
vitrine.
L’audit a également permis de dégager les forces et les faiblesses de ce commerce. Là
encore, des conseils bien utiles. “C’était vraiment positif. Nous sommes un établissement
de centre-ville, et nous devons faire la différence avec le service aux clients. Les intervenants nous ont remis à jour pour les techniques de vente, ce n’est jamais inutile.”
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12
tribune
Obligation prévue par la loi de 2002 relative à la démocratie de proximité.
Les propos publiés ci-dessous le sont sous l’entière responsabilité de leurs auteurs.
Une rentrée sur fond de crise sociale
Plus personne n’y comprend rien, même nos
plus grands experts en économie n’osent
plus prédire ou prévoir notre avenir à court
terme.
Que devons nous faire face à un tel désarroi ?
Attendre que la tempête s’estompe en se disant “Ce n’est pas notre faute…” ? Et bien
non !
La majorité de Gauche du Conseil Général de
l’Aisne a choisi l’offensive dans un contexte
économique et social délicat. Nous avons
choisi de faire face à l’adversité et nous avons
choisi d’être combatif dans nos projets de développement.
En effet, sur l’ancienne base militaire de
Laon-Couvron, une base logistique hors norme, puisqu’on lui prête le nom de “Port sec”
devrait voir le jour d’ici 2012, avec l’espoir
de la création de 3000 emplois et 1 milliard
d’euros d’investissement privé.
Quant à lui, le Conseil général s’est engagé le
6 juillet dernier, lors d’une séance extraordi-
naire, à créer une Société d’Economie Mixte
dans laquelle les collectivités publiques (le
Conseil Général de l’Aisne, le Conseil Régional
de Picardie, la Communauté de communes du
Laonnois et la Communauté de communes du
Pays de la Serre) seront majoritaires avec 51%
du capital.
Cette Société d’Economie Mixte aura pour but
d’accompagner les investisseurs privés dans
la mise à disposition des terrains nécessaires.
C’est cela que nous avons choisi d’être, nous,
les élus de la majorité de Gauche du Conseil
général.
Cependant ne nous voilons pas la face, la rentrée s’annonce plus que délicate à la vue des
fermetures d’entreprises annoncées ces dernières semaines.
Le nombre de personnes sans emploi, qui
dépasse dans notre département de 3% la
moyenne française, ne cesse d’augmenter entraînant des difficultés dramatiques pour les
familles concernées.
C’est pourtant dans ce contexte social douloureux que le Conseil général de l’Aisne a du
mettre en place en juin 2009 le RSA, qu’il gère
aujourd’hui avec efficacité.
Volontariste et proche des Axonais, le Conseil
général a choisi de s’impliquer, tant dans ses
missions traditionnelles, comme les affaires
sociales, que dans le développement économique comme l’ambitieux projet logistique de
Laon-Couvron.
C’est pourquoi, plus que jamais, face aux attaques dont il est l’objet et face aux menaces
qui pèsent sur son avenir comme sur celui des
autres départements français, il est primordial de réaffirmer la nécessité de maintenir
les départements dans leurs compétences
et leur autonomie financière et de garder
la proximité garantie par les conseillers
généraux.
La Majorité de Gauche : groupes
socialiste, progressiste et communiste
De bonnes raisons d’être optimistes
Depuis plusieurs mois, le mot “crise” n’en finit plus de faire la Une des journaux télévisés
et de la presse écrite. Il est certain que l’économie mondiale traverse actuellement la pire
crise qu’elle ait connue depuis 1929. Le moral
des français en pâtit et fait le yoyo en fonction des annonces de fermetures d’entreprises
ou de plan de licenciement. Notre ascenseur
social serait en panne et certains affirment
même qu’un “descendeur social” se serait mis
en marche.
Il est clair que tout le monde se souvient de
la période bénie des 30 glorieuses au cours de
laquelle les Français ont connu la plus forte
progression de leur niveau de vie. En comparaison, notre période semble moins prometteuse et l’avenir de nos enfants beaucoup
plus incertain. La crise que nous vivons actuellement vient renforcer ce sentiment.
Mais pour autant, il apparaît d’après un récent rapport que ce sentiment de déclassement relève plus d’un ressenti face à la crise
actuelle que de réalités objectives. En effet,
les trajectoires de mobilité sociale ascendante restent très largement majoritaires.
En outre, le Gouvernement a depuis le début
de cette crise adopté des mesures importantes pour anticiper et amortir les effets de cette crise. Il a également développé un plan
de relance destiné à soutenir l’investissement national, élément moteur du pays.
Parallèlement, d’importantes réformes ont
été menées pour rationaliser les dépenses
publiques et rendre plus efficace l’action
publique. Face à cette crise, l’Etat se devait
de montrer l’exemple. C’est ce qu’il a fait à
travers la mise en place de la réforme de son
administration.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
Alors oui, la période que nous traversons est
la plus compliquée que l’économie française
ait eu à subir depuis 80 ans mais la France a
les moyens de sortir de cette crise pour rebondir et le Gouvernement fait preuve de courage
politique et de pugnacité. La pire posture
dans ces périodes aurait été de se résigner
et d’abdiquer. Le Gouvernement a toujours
refusé ce fatalisme et a pris ses responsabilités. Les élus de l’Intergroupe ne peuvent
que soutenir cette position et se montrent
donc optimismes dans la réussite des actions menées par le Gouvernement comme
en témoignent les derniers chiffres du PIB
français publiés récemment.
L’intergroupe
du Conseil général de l’Aisne
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3 000 kilomètres de chemins, 234 circuits, une
vingtaine de guides de balades : notre département
est un Eldorado pour les
amateurs de randonnée.
Pour en arriver là, un long
chemin a été parcouru depuis quinze ans et l’adoption, par le Conseil général de l’Aisne, du Plan
départemental des itinéraires de promenade et de
randonnée (PDIPR). Ce document, établi après une
longue concertation et un
recensement exhaustif des
chemins ruraux existants,
marque le point de départ
d’une véritable ambition :
valoriser la randonnée
sur l’ensemble du département. Les usagers des
chemins ne s’en rendent
pas forcément compte,
mais aucun sentier n’est
là par hasard. Il a été
sélectionné, aménagé,
balisé, entretenu, il a
fait l’objet de promotion dans des guides…
Un travail que le Conseil
général n’effectue pas
seul, bien entendu. Les
partenaires institutionnels et associatifs sont
nombreux et leur travail à tous permet aujourd’hui de proposer
une palette remarquable de circuits, accessibles aux familles
comme aux randonneurs plus aguerris.
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La
“Ne point errer est chose au dessus de mes
forces” écrivait Jean de la Fontaine. Le fabuliste de
Château-Thierry est l’un des randonneurs les plus
fameux du département, avec Alexandre Dumas, Paul
Claudel… La plupart des grandes plumes axonaises
étaient aussi des marcheurs, inspirés par la nature
environnante. Avec ses territoires variés, modelés
par les vallées et les plaines, l’Aisne est un vrai paradis pour la balade. Où que l’on habite, la nature
est toujours au coin de la rue. La randonnée connaît
d’ailleurs un véritable engouement. Le nombre d’adhérents du Comité départemental de la randonnée
pédestre est passé, en dix ans, de 50 à 800 licenciés !
“La marche, c’est ouvert à tout le monde, c’est gratuit, on la pratique en famille, et elle permet de découvrir à la fois la nature, l’histoire, le patrimoine, les
produits locaux !” s’enthousiasme Jacky Duquesne,
président du Comité départemental de la randonnée
pédestre (CDRP). A la belle saison, les usagers des
sentiers se comptent par milliers. Ce n’est pas tout
à fait un hasard. On ne randonne pas aujourd’hui
comme l’on se promenait du temps de La Fontaine.
La balade est devenue un véritable produit touristique qui doit satisfaire les marcheurs.
Naissance d’un sentier. On ne choisit pas d’aménager un sentier au hasard. Sur les 11 000 kilomètres
de chemins ruraux recensés dans les années 80, le
Plan départemental des itinéraires de promenade et
de randonnée (PDIPR) en a retenu 3 000, les plus
remarquables, les plus intéressants, ceux qui offrent
un réel intérêt. Ce fameux PDIPR est essentiel. Son
adoption, le 22 novembre 1994, marque le début du
développement de la randonnée dans notre département. Ce document a permis de protéger une bonne
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
fois pour toute les chemins qui y sont retenus mais
c’est surtout à partir de lui qu’une véritable politique de valorisation a été engagée par le Conseil
général et ses partenaires. Il est complété par la
charte de valorisation de la randonnée, signée avec
le Comité départemental du tourisme.
Quand un sentier est retenu, il faut l’aménager. Une
tâche confiée aux communautés de communes, qui
sont pour cela soutenues financièrement par le Département. L’aide permet, notamment, de poser le
mobilier d’information, le balisage, les éventuelles
tables de pique-nique, les bancs…
Entretien : brigades vertes et bénévolat. Les sentiers, une fois créés, doivent s’entretenir. Fauchage,
élagages d’arbres, renouvellement du balisage… En
fonction des chemins, cet entretien est réalisé soit
par des brigades vertes - des chantiers d’insertion
sous la responsabilité des communautés de communes - soit par les bénévoles du Comité départemental de la randonnée pédestre, qui se charge des
“grands itinéraires”, les fameux “GR” (sentiers de
grandes randonnées) reconnaissables à leur balisage : deux traits de peinture rouge et blanche. “Nous
avons une trentaine de baliseurs officiels, qui s’occupent aussi de l’entretien, précise Jacky Duquesne.
Ils prennent en charge une vingtaine de kilomètres
de GR chacun.”
Pour tous les autres sentiers, c’est-à-dire la grande
majorité, l’entretien est confié aux communautés de
communes, qui s’en remettent généralement à des
équipes techniques, parfois appelées “Brigades vertes”. Ces brigades sont des chantiers d’insertion, ce
qui permet à la fois de valoriser les sentiers et de
Autour de Vic sur Aisne, les brigades vertes entretiennent les 150 km de sentiers répartis sur 22 communes.
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remettre en selle des personnes privées d’emplois. C’est
le cas par exemple sur le territoire de la communauté
de communes du Pays de la vallée de l’Aisne, autour
de Vic-sur-Aisne. “Nous avons deux équipes de huit
personnes qui se consacrent à l’entretien des sentiers”,
explique Dominique Courtin, vice-président en charge
des chantiers d’insertion. Les équipes, embauchées par
l’Association pour la promotion des chemins verts, comprennent des hommes, mais aussi des jeunes de moins
de 25 ans et deux femmes… Elles réalisent trois passages par an sur les 150 km de sentiers, répartis sur 22
communes. Ces brigades, mises en place dès 1998 par
le regretté Raymond Guéhénneux, Conseiller Général et
maire de Vic-sur-Aisne, sont aujourd’hui indispensables
pour l’entretien des chemins. En plus, côté réinsertion
15
Le Comité départemental
de la randonnée pédestre compte 784 licenciés.
sociale, ça fonctionne plutôt bien, avec des retours à
l’emploi ou des entrées en formation qualifiante pour
une partie des brigadistes, à l’issue de leur année de
contrat.
La promotion : topoguides et web. Quand tout le
travail d’aménagement et de balisage est terminé, il
faut faire connaître le sentier. C’est le rôle du Comité
départemental de tourisme (CDT), qui travaille depuis
le début avec l’éditeur spécialisé Chamina, pour la
conception et la réalisation de topoguides. Une dizaine
d’entre eux ont été publiés, de 1996 à 2006, dans la
série “guides pays côté chemins.” Depuis 2006, une seconde génération de guides est en place : “les incontournables”.
> p.16
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Entretien :
un réseau
de veille
Pour entretenir
les sentiers, rien
de mieux finalement que les
usagers eux-mêmes. Chaque randonneur peut signaler un problème - balisage manquant, par exemple - sur le site internet www.randonner.fr. Au-delà
des marcheurs, un
réseau d’éco-veille
a été mis en place.
Le Comité départemental de la randonnée pédestre y
adhère, de même
que les communautés de communes
qui participent à
l’entretien des sentiers. Chacun est
invité à faire remonter ses
observations, pour que les
problèmes soient résolus
au plus tôt.
La rando en chiffres
11 000 kilomètres de chemins ruraux recensés
3 000 kilomètres de sentiers retenus et aménagés
depuis 15 ans
234 circuits,
dont 38 ouverts aux VTT
1 586 poteaux de balisage
Quad et marcheurs : adopter la bonne conduite
Comment concilier la pratique du quad, en plein développement, avec celle de la randonnée pédestre ? La
question n’est pas simple, tant la cohabitation entre engins à moteur et piétons a toujours été épineuse, sur
route comme dans les chemins. En randonnée, la question est accentuée. Le principal problème concerne la
sécurité : un quad est lourd et rapide. Comme sur la route, finalement, il s’agit d’abord et avant tout de respecter les autres usagers. Certains pilotes se comportent bien, d’autres moins, et on ne peut qu’encourager
les uns et les autres à la courtoisie et au respect élémentaire des règles de sécurité.
Autre souci, la dégradation des sentiers : trop de passages de quads, notamment sur des terrains meubles,
peuvent endommager sérieusement un sentier. Là encore, les amateurs de quads, comme l’ensemble des
usagers des chemins, doivent faire preuve de responsabilité. Enfin, il faut être conscient que la cohabitation
entre des engins motorisés et la faune sauvage est pour le moins incompatible. A ce propos, la pratique “hors
piste“ en pleine forêt est à décommander fortement : elle détruit la flore et effraie la faune.
15 topoguides disponibles
51 000 fiches randonnées
téléchargées sur le site
www.randonner.fr
784 licenciés au Comité
départemental de la randonnée pédestre de l’Aisne
626 127 E consacrés par
le Conseil général à l’équipement des sentiers.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
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Jacky Duquesne,
Président du
Comité départemental
de la randonnée pédestre
L’Aisne : quel est le rôle du CDRP ?
Jacky Duquesne : nous poursuivons
de nombreux objectifs, autour du développement de l’activité randonnée.
Nous défendons les chemins ruraux,
nous créons, nous balisons, nous entretenons les sentiers. Nous intervenons dans le domaine de la protection
de l’environnement, nous organisons
des manifestations pédestres... Pour
tout cela, nous formons des animateurs
de randonnée, des baliseurs, des dirigeants de clubs... Nous agissons également pour la promotion, à travers notamment la fête départementale de la
randonnée, que nous organisons chaque année dans un secteur différent
du département.
L’A. : êtes-vous satisfait du nombre
et de la qualité des sentiers proposés dans l’Aisne ?
J. D. : vraiment, nous n’avons pas
à rougir de nos sentiers ! Ils sont
bien répartis sur l’ensemble du département, il y en a pour tous les
niveaux… Vous savez, nous offrons
3 000 kilomètres de sentiers, et dans
des paysages très variés. D’ailleurs,
même s’il est difficile de connaître
leur nombre, nous recevons de nombreux randonneurs venus de clubs
d’autres départements. La randonnée pédestre est un atout pour
l’Aisne.
L’A. : avez-vous des projets particuliers ?
“La différence, explique Stéphane Rouziou, directeur du CDT, c’est que ces guides sont conçus pour être complémentaires de notre site internet www.randonner.
fr”. Le guide, format de poche, est indispensable sur le terrain : il donne des
indications précieuses sur les paysages
traversés, l’histoire, le patrimoine… Il
est agrémenté de nombreuses photos,
de dessins, des schémas. Bref, il permet
de marcher intelligemment. Avant la balade, un tour sur le site www.randonner.fr est
plus que conseillé. Ce site, entièrement dédié à
la randonnée dans l’Aisne, reçoit plus de 100 000
visiteurs par an et près 51 500 fiches randos ont
été téléchargées. Ce site web est bourré d’informations : on peut y découvrir notamment 213
circuits avec leur carte IGN et les traces GPS et,
même, découvrir le parcours depuis le ciel, avec
le logiciel “google map”. Vous pouvez sélectionner
votre circuit à partir d’entrées thématiques (mémoire, famille…) en
fonction de ce
que vous recher1/ Le Chemin des Dames
chez ou, tout sim(version française) : 826
plement, grâce à
2/ Le Laonnois : 646
un moteur de re3/ Le Chemin des Dames
cherche géogra(version anglaise) : 370
phique. Bon plan
4/ Forêt de Retz : 220
également, ces
5/ Saint-Quentin : 202
“micro-balades”
destinées aux familles, avec des cartes dessinées qui font le bonheur des enfants.
Topoguide : le top
des ventes (2008)
La rando demain.
Des circuits pour tous, balisés, entretenus et, surtout, bien fréquentés. On pourrait se satisfaire du
travail accompli et se contenter de ronronner. Le
bilan de ces quinze années de travail amène bien
au contraire le Conseil général et ses partenaires à s’appuyer sur cette formidable expérience
pour explorer de nouvelles pistes. L’ouverture de
la première voie verte, de l’Ailette à Vauclair en
est une. Elle ouvre en effet des perspectives sur
le développement de la randonnée cyclotouriste
sur des voiries spécifiques. C’est ce que l’on appelle le schéma des vélo routes - voies vertes,
qui est aujourd’hui en débat. En attendant, cette
J. D. : oui, j’aimerais vraiment mettre sur pied des “randonnées gourmandes”, comme cela existe dans
d’autres régions de France. Nous y
travaillons avec le réseau “Bienvenue à la ferme.” L’idée, c’est d’associer le plaisir de la marche à la
découverte des produits du terroirs : à chaque étape, on associe
des dégustations. J’espère bien
que l’on pourra proposer ce type
de randonnée dès 2010.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
Accessibilité des handicapés :
l’exemple de Boué
Les chemins de randonnée ne sont que rarement accessibles aux handicapés : les sentiers
ne sont pas facilement adaptables aux fauteuils
roulants, il n’est pas toujours possible de les
équiper d’un fil d’Ariane pour les non-voyants.
Le Conseil général souhaite développer des parcours ouverts à tous. Le premier a été terminé à
Boué, il y a tout juste un an. Long de 1,8 km, il
longe l’étang et s’enfonce en forêt. Les pentes
ont été aplanies, des caillebotis de bois posés
le long de l’étendue d’eau, d’où l’on peut admirer la vie des roselières. Dans la partie forestière, des bancs adaptés ont été posés. Différents
panneaux pédagogiques sont disposés tout
le long du parcours, à hauteur de fauteuil. A
terme, ce circuit devrait également recevoir un
équipement pour les non-voyants. Bien évidemment, l’accès n’est pas réservé exclusivement
aux handicapés, et l’on y croise notamment des
personnes âgées qui ont des difficultés de mobilité, comme Philbert et Josyane, qui se remet
doucement d’un accident vasculaire cérébral.
“Nous venons tous les jours, lorsqu’il fait beau,
parce que les aménagements nous permettent de
nous promener” explique Philbert. L’objectif est
d’ouvrir, au plus tôt, cinq autres circuits de ce
type dans le département, dans différentes forêts domaniales.
première voie verte, qui a déjà connu un grand
succès populaire cet été, sera prolongée jusqu’à
Monampteuil et Axo-Plage.
Contact : Comité départemental
de randonnée pédestre
Tél. 03 23 79 09 35 - www.randonner.fr
La toute nouvelle voie verte de l’Ailette
accueille les marcheurs, les cyclotouristes
et les personnes en fauteuil roulant.
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Deux sites emblématiques de la politique de développement durable menée par le Département
ouvrent leurs portes en septembre : la voie verte de l’Ailette et Géodomia. Il s’agit de deux équipements bien différents qui, chacun à sa manière, permettent de se ressourcer au vert.
La voie verte de l’Ailette : 20 septembre /
Chamouille / Neuville-sur-Ailette / Vauclair­­­­­­­­­­­­­­
Géodomia, le centre de ressources environnementales / 27 sept. / Merlieux
Pratique
Pratique
Distance aller : 4,5 km
env., prévoir le retour.
possibilité de piqueniquer sur place.
3 portes d’entrée : stationnement giratoire Center Parcs, au sud de Neuville/Ailette et à l’abbaye
de Vauclair.
La voie verte de l’Ailette est en
service… piétons, cyclistes (VTT et VTC),
rollers, joggers, personnes à mobilité réduite peuvent se déplacer avec la garantie d’une utilisation conviviale et
sécurisée pour tous de l’entrée du Center Parcs jusque l’abbaye de Vauclair.
Géodomia, 33 rue des
Victimes de Comportet à
Merlieux-et-Fouquerolles
www.geodomia.com
Pour son ouverture,
Géodomia accueille le pôle environnement de la 16e édition de la Fête du Livre de Merlieux (voir p.26).
Toute la journée, l’accès est libre, depuis l’une des trois “portes” du parcours.
Ce sera aussi l’occasion pour le public de découvrir ce nouvel équipement départemental rasssemblant un pôle de ressources environnementales - destiné aux familles, scolaires, étudiants, associations,
etc, - le Centre Permanent d’Initiation à l’Environnement de l’Aisne
(C.P.I.E) et l’antenne axonaise du Conservatoire des Sites Naturels de
Picardie.
En chemin, des haltes commentées sont proposées par l’Association des
Amis de Vauclair, la Caverne du Dragon, la Maison de la Nature et de
l’Oiseau, le Conservatoire des sites naturels de Picardie et l’O.N.F.
Toute la journée le public pourra visiter les bâtiments certifiés Haute
Qualité Environnementale et bénéficier d’animations, de conseils et
d’expositions.
Le Comité départemental de tourisme propose un audioguide mp3 en téléchargement gratuit “Un crime à Vauclair” (www.evasion-aisne.com). La
Maison de la Nature et de l’Oiseau sera ouverte ce dimanche.
Expositions :
Le Développement durable, pourquoi ? photographies de Yann ArthusBertrand,
Chaque fois, ça compte, par l’ADEME
Déchets organiques et transformation du compost, par l’ADEME
Installations de la plasticienne Marie-Hélène Richard : Balancer avec
la pluie et Cir-conférence (voir p.28).
Deux départs encadrés seront également donnés, à 9h45 pour les VTT et
VTC depuis le parking “giratoire du Center Parcs” et à 10 heures pour les
marcheurs et personnes à mobilité réduite depuis le parking de Neuville
sur Ailette, avec le concours de l’Association des Usagers des Voies Vertes
de l’Aisne, le Comité départemental de cyclotourisme et le Comité départemental de randonnée pédestre.
La voie verte peut aussi être le départ d’autres itinéraires pédestres et
cyclistes aux environs.
Stands et animations :
Maîtres composteurs - Conseiller de l’Espace Info Energie - La maison
économe, par l’ADEME
Visites des bâtiments : à 10h, 11h, 12h, 14h, 15h et 16h.
Chamouille
P
Center Parcs
Giratoire
Center Parcs
Neuville/Ailette
RD 19
Bouconville/Vauclair
Plan d'eau
de l'Ailette
P
d’infos
www.aisne.com
itinéraires aux alentours,
sites des partenaires,
vidéos...
Neuville
RD 886
P
+
Vauclair
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
18
l’entretien
Guise
Pour Michel Lallement, professeur au Conservatoire national des arts et métiers
(CNAM), “travailler sur Godin a été un vrai bonheur dans ma vie de chercheur.” Sociologue
du travail, Michel Lallement s’est livré à une enquête en profondeur sur Jean-Baptiste
André Godin et les rapports entre les théories utopistes et leurs applications à Guise.
L’ouvrage de Michel Lallement nous interroge directement sur le mode de fonctionnement de l’entreprise aujourd’hui, sur notre rapport au travail, notre capacité à innover
dans le domaine social.
Michel Lallement : Godin­­­décrypté
Michel Lallement,
Le travail de l’utopie,
aux éditions Belles lettres.
L’Aisne : qu’est-ce qui vous a poussé à vous
intéresser à Godin ?
L’A. : souvent, Godin semble en opposition
avec ses ouvriers…
Michel Lallement : j’ai une double formation
de philosophe d’une part et de sociologue
du travail d’autre part. En philosophie, je
m’étais intéressé à l’utopie. Les philosophes
ont une tradition d’étude de l’utopie, mais
une tradition purement livresque. Les sociologues du travail, eux, se fichent éperdument
de la question de l’utopie. Ils ont une tradition empirique, ils vont sur le terrain, dans
les entreprises, pour en étudier le management… Il me semblait intéressant de faire
dialoguer ces deux traditions qui s’ignorent.
Comme philosophe, je connaissais Fourier (1)
et l’existence du Familistère de Guise. J’avais
“Solutions sociales”(2) dans ma bibliothèque
depuis longtemps, et quand je suis arrivé au
CNAM, ça a été l’étincelle. Il se trouve également que les archives du Familistère sont au
CNAM. Pour travailler, je n’avais que la rue à
traverser, ce qui a grandement facilité mon
travail.
M. L. : en effet ! L’exemple le plus marquant,
c’est l’association du capital et du travail (3).
Les ouvriers, au début, n’en veulent absolument pas ! L’une des deux grèves dont j’ai
trouvé trace dans les archives est déclenchée à ce moment là, même s’il est difficile
de savoir si elle est liée directement à l’association capital - travail ou aux nouvelles
règles dans le contrôle du travail mises en
place au même moment. Les ouvriers n’en
veulent pas, donc, car ils ont le sentiment
qu’on va les escroquer, et le montage imaginé par Godin est très complexe. A l’époque,
près d’un tiers des ouvriers sont illettrés, et
ils n’ont pas le bagage culturel pour comprendre toutes les subtilités du système. Et
puis, on peut les comprendre ! Godin leur dit :
quand il y aura du profit, au lieu d’un surplus
de salaires, vous aurez une part de capital
social… Godin doit ramer, il doit aller contre
une certaine inertie de ses ouvriers. C’est
vrai aussi sur d’autres questions, celles de
l’hygiène, de l’éducation…
L’A. : dans votre livre, vous décrivez JeanBaptiste André Godin comme une “anomalie
sociale”.
M. L. : fondamentalement, c’est un
capitaine d’industrie, un chef d’entreprise, mais qui joue la carte du
socialisme. Godin était riche : il avait
un patrimoine, un capital, et il décide
de transformer son entreprise juridiquement pour qu’elle devienne la
propriété de ses ouvriers. C’est une
anormalité, lorsque l’on regarde ses
autres confrères… Il va jusqu’au bout
de ses convictions, et c’est ce qui rend
le personnage sympathique. C’est un
chef d’entreprise socialiste et un
homme féministe, qui se heurte à ses
propres ouvriers. Eux, refusaient que
se constitue une caisse sociale pour
les femmes. Là encore, Godin est une
anomalie. Il est dissonant.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
L’A. : on découvre aussi un Godin qui tente
de mettre en place une sorte de démocratie participative, en proposant par exemple
l’élection des responsables d’ateliers par
les ouvriers, mais il doit y renoncer, faute
de candidats...
M. L. : c’est l’échec, parce que les ouvriers
savaient qu’à l’arrivée, c’est Godin lui-même
qui décidait qui serait nommé. Il met en place tout un système électoral très complexe,
mais on se rend compte que pour les grandes
décisions de l’entreprise, c’est un cercle de
quelques uns qui sont aux commandes. Dans
l’entreprise, celui qui parle, c’est Godin. Il réunit ses ouvriers, et ses ouvriers n’osent pas
ouvrir la bouche. On voit la contradiction :
il met en place un système pour former
des ouvriers plus éduqués, plus à même de
prendre la parole… et dans la pratique, ses
ouvriers ont du mal. J’utilise le terme d’injonction paradoxale. Il dit à ses ouvriers :
“soyez autonomes”, mais c’est dit sur un
mode impératif, ce qui est contradictoire
avec l’objectif…
L’A. : peut-on faire un parallèle avec la période contemporaine ? Il existe aujourd’hui
des systèmes de participation des citoyens
- conseils de quartiers, conseils consultatifs… - mais en réalité, le pouvoir de décision reste aux élus…
M. L. : oui, tout à fait, même si Godin se situe
bien dans l’espace de l’entreprise. Je pense
que Godin était un pionnier de ce que luimême appelle la “démocratie industrielle”.
L’idée qu’il faut importer des procédures
électives dans un espace privé, l’entreprise,
est une innovation forte. Ca a été un échec,
fondamentalement. Mais cela s’explique :
dans la logique fouriériste, à travers l’élection, il fallait désigner les personnes les
plus méritantes, récompenser le talent individuel. Or, ce que n’avait pas prévu Godin,
c’est qu’il existe au sein des entreprises des
logiques de solidarité entre les ouvriers ; le
travail, ce n’est pas qu’un mérite individuel,
les gens coopèrent. Mais Godin ne s’est pas
obstiné : de cet échec est née la formule de
l’association capital-travail.
19
l’entretien
Le livre de Michel Lallement, philosophe
et sociologue du travail dresse un portrait
de Godin tout en nuances.
mais certainement pas une caserne totalitaire !
L’A. : vous écrivez que « Godin n’est prophète que dans un seul pays, le sien. »
Comment expliquer que son exemple
n’ait pas inspiré d’autres expériences du
même type ?
M. L. : son problème, c’est son ambivalence. Il était chef d’entreprise et socialiste, ce qui inquiétait aussi bien les
milieux patronaux que les anarchistes...
Godin faisait peur, un moment donné ! Et
finalement, ce sont les mêmes raisons qui
ont fait son succès au niveau local qui expliquent son échec au niveau national. La
question que je me pose, au terme de ce
travail, c’est : est-ce que les conditions de
réussite locale de l’innovation rendent,
par définition, impossible la généralisation de l’innovation ?
L’A. : Godin reste donc réellement unique ?
L’A. : là encore, il y a des résonances avec
aujourd’hui, où il y a une tendance à nier
l’aspect collectif du travail, et où l’on
parle primes individuelles, primes d’objectifs…
M. L. : il faut d’abord rappeler qu’à l’époque de Godin, dire qu’il faut récompenser
le mérite au travail est révolutionnaire.
Avant, le mérite était lié uniquement à la
naissance : vous étiez noble, donc, votre
mérite était reconnu. Après la Révolution,
on reconnaît que le mérite n’est pas dû
à votre naissance, mais à votre travail, à
votre talent individuel. Il ne faut donc pas
jeter trop vite la pierre à Godin et Fourier… Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, les
ressources humaines dans l’entreprise
jouent sur la quête de l’individualisation, et se heurtent aux mêmes obstacles. A force de vouloir individualiser à
l’extrême, on oublie que le travail est un
geste collectif. Et finalement Godin, très
tôt, expérimente cette contradiction des
nouvelles politiques de ressources humaines mises en place aujourd’hui au nom de
l’individualisation.
L’A. : en abandonnant le mérite individuel, il marque sa rupture avec le fouriérisme…
M. L. : depuis le départ, il y a un décalage
entre Godin et Fourier sur le statut du
travail. Fourier pense un phalanstère dans
lequel le travail est une passion. Spontanément, les ouvriers s’organiseraient
seuls… Godin a le pragmatisme du chef
d’entreprise. Il sait parfaitement que s’il
met en place un système ou chacun fait
ce qu’il veut, son entreprise ne durera
pas longtemps. Son coup de génie c’est de
dire : ce programme utopique, il ne faut
pas le faire fonctionner sur la production
des richesses, mais sur l’équivalent des
richesses, au premier rang desquels le logement et l’éducation. C’est la création du
Familistère.
encore : il ne faut pas opposer l’économique et le social.
Là où Godin est actuel, c’est que l’une
des conditions pour développer les équivalents des richesses, c’est que l’on soit
efficace du point de vue de la production.
Pour le dire autrement, il a compris que la
réussite économique conditionne l’utopie
sociale. Godin réussit tout de même à être
leader mondial sur son secteur ! Il joue la
carte de la qualité, très tôt, dans le cadre
d’une véritable stratégie d’entreprise. Ce
n’est pas du tout un doux rêveur. C’est un
socialiste utopique, mais en même temps
un gestionnaire avisé. C’est l’une des
grandes leçons de Godin, pour aujourd’hui
L’A. : dans ses notes sur le Familistère,
Zola est très critique. Il parle de “caserne sociale”, d’un espace sans liberté, et
c’est parfois un reproche que l’on entend
parfois encore.
L’A. : ces équivalents des richesses dont
vous parlez, le logement, l’éducation,
sont-ils l’héritage le plus précieux de
Godin ?
M. L. : c’est d’une modernité invraisemblable. Godin a fait du Familistère un laboratoire social, mais au service d’une réforme générale. Ce n’est pas simplement
une forme de paternalisme dans lequel
on l’enferme parfois. C’est un laboratoire,
j’insiste sur ce terme, au service d’une
réforme globale du système éducatif à la
française, du parc de logements…
M. L. : je crois que Zola est un peu rude.
On ne peut pas assimiler le familistère à
ce que l’on appelait, au XIXe siècle, une
“caserne ouvrière”, des espaces corsetés,
avec un règlement intérieur étouffant.
Ce n’est pas la réalité du Familistère. C’est
un espace ouvert, Godin ne contrôlait pas
tout… Ce n’est pas un monde enchanté,
M. L. : c’est, à ma connaissance, la seule
expérience d’inspiration fouriériste qui
ait fonctionné. Dans mon travail de chercheur, je réalise beaucoup d’enquêtes en
entreprises et j’ai rarement vu des responsables faire le pari de se démarquer
autant de la norme dominante, que ce soit
au niveau économique ou social. En même
temps, je me dis que la période de crise
va faire ressurgir l’intérêt pour ces gens
qui, comme Godin, ont osé sortir d’une
norme. Car si on est dans une crise, c’est
que tout le monde a fait la même chose :
on s’est mis sur des normes de rentabilité
financière pour satisfaire aux marchés financiers… Mais je fais le pari que la crise
va débrider les imaginations !
(1) Le philosophe Charles Fourier (1772
- 1837) a fondé l’école sociétaire, dont se
revendiquait Godin. Il avait imaginé un
“phalanstère”, un ensemble de bâtiment
communautaire, dont s’inspirera fortement Godin à Guise.
(2) Solutions sociales, paru en 1871, est le
titre d’un ouvrage de J.-B. Godin.
(3) L’association coopérative du Capital
et du travail, fondée en 1880, donne aux
ouvriers des usines Godin le droit d’entrer
au capital social de l’entreprise. Les salariés deviennent ainsi actionnaires et touchent une part des dividendes.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
20
tourisme
Aisne
Quatre murs et un toit,
c’est banal ! Les touristes
recherchent de plus en
plus des modes d’hébergements authentiques,
histoire de passer un
week-end “roots” .
L’Aisne a ce qu’il faut
pour les séduire.
Aisne à
la sauce
"roots"
Un hamac dans la forêt.
Difficile de faire plus écolo que la nuit dans un hamac, accroché entre
deux arbres, à plusieurs mètres du sol, au cœur d’une
forêt. La formule (25 E la nuit, avec le petit déjeuner),
proposée par le parc d’aventures Canopée, à Ambleny,
s’adresse à ceux qui veulent vraiment une nuit à la belle
étoile. “Les clients choisissent la hauteur à laquelle ils
veulent dormir, explique Benoît Sautillet, le responsable
du parc. On commence à 3 mètres, mais on peut monter
jusqu’à 15 mètres sans problème.” A cette hauteur, plus
de moustiques, et pas de risque de croiser la route d’un
sanglier ou d’une biche. On dort accroché à un harnais
de sécurité, évidemment : il n’y a donc strictement
aucun risque.
Passer la nuit dans un hamac, en pleine forêt :
une véritable aventure !
Une roulotte romantique.
Evidemment, les roulottes de la Ferme des Logis, à Besmé, ne
sont que des cousines éloignées des roulottes gitanes.
Elles pèsent cinq tonnes, et il faudrait de sacrés chevaux pour les tirer… En revanche, elles en ont tout le
charme et on peut toujours se prendre pour Django…
“On a installé trois roulottes, et ça marche bien” confirme
Marc Rubio, agriculteur bio reconverti dans le tourisme.
A côté des roulottes, toujours dans l’authentique, il a
monté un “kota”, ces petites cabanes de chasse typiques
de la Finlande, où, assis sur des peaux de rennes, on
mange de la viande grillée sur un gros barbecue installé
au centre de l’unique pièce ronde.
Parc Canopée : 06 10 47 53 02
www.canopeeaventure.com
Ferme des logis : 03 23 39 69 90
www.fermedeslogis.fr
Les tentes venues d’ailleurs.
Yourtes des steppes mongoles à
Cys-la-Commune et tipis authentiques des indiens d’Amérique du Nord à Suzy : deux
types d’hébergements sous la tente, mais avec dépaysement assuré. Les trois yourtes de Cys-la-Commune, installées depuis deux ans, ne désemplissent pas. Ceux qui
ont testé en redemandent, comme en témoigne le livre d’or : “merci pour ce voyage
en Mongolie. Pas de télévision, pas de radio. Qu’est-ce que c’est agréable, quelle liberté !”
s’enthousiasment Monique et Thierry, un couple de la région parisienne. Les tarifs (de
10 E pour les enfants à 32 E pour les adultes) permettent de vivre réellement l’aventure au cœur de l’Aisne.
Quant aux cinq tipis du camping des Etangs du Moulin, à Suzy (lire l’Aisne n° 173), eux
aussi font la part belle à la tendance roots très en vogue actuellement chez les urbains
stressés. Les toiles viennent du Canada et on dort à la dure, en communion avec la nature. Les tarifs s’échelonnent de 50 E (tipi pour 3 personnes) à 140 E (pour 8).
Intérieur rustique mais
authentique pour les yourtes.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
Yourtes mongoles : 03 23 74 71 78
www.yourte-a-la-ferme.com
Les tipis du camping de Suzy : 03 23 80 92 86
www.etangsdumoulin.com
21
sport
Aisne
Ballon rond et
têtes bien faites
Dans certains collèges et
lycées, les élèves peuvent
choisir d’intégrer une section
sportive. Le football fait un
tabac.
Six collèges et deux lycées du
département proposent des
classes un peu particulières :
deux après-midi par semaine,
au lieu de suivre les enseignements traditionnels, les élèves
prennent le chemin du stade
pour un entraînement de football. Près de deux cents jeunes
ont choisi cette formule pour
la nouvelle saison (1). “Ils ont
été sélectionnés en mai et juin,
à la fois sur des critères sportifs
et scolaires” explique Hervé
Foubert, responsable de ces
classes au District de l’Aisne
de Football (DAF). “Le dossier
scolaire est étudié avec le chef
d’établissement. La pratique
du foot ne doit pas avoir de
conséquences négatives sur les
résultats.” Bien souvent même,
c’est l’inverse qui se produit.
“Il arrive fréquemment que des
élèves un peu limites au niveau
scolaire retrouvent une motivation grâce au foot et s’améliorent aussi en classe.” Pour les
élèves, d’ailleurs, il n’est pas
question d’horaires allégés :
le football vient en plus de
l’histoire-géo, des maths, du
français…
Pour le District, ces classes
sportives permettent d’accroître le niveau global des
footballeurs du départeme­nt.
“C’est un bon tremplin : les élèves sont obligatoirement licenciés dans un club, qui bénéficie,
forcément, des deux séances
d’entraînement prévues pendant le temps scolaire” poursuit Hervé Foubert. Quelques
anciens pros sont passés par
ces classes, comme Thierry
Bonalair (ex-Nantes, Auxerre,
Notthingham Forrest…), Yohan Radet (Auxerre). Des cas
marginaux, bien sûr, mais qui
font toujours rêver à 11 ans…
(1) Le football est le plus populaire,
mais il existe des sections sportives
dans d’autres disciplines : équitation, kayak, handball…
Le mercredi après-midi, près de 10 000 jeunes du département pratiquent une activité sportive dans le cadre de l’UNSS.
Avec près de dix mille licenciés dans les collèges et lycées, l’Union nationale du
sport scolaire (UNSS) se porte bien dans l’Aisne.
Les sportifs du mercredi après-midi
Cette année
encore, près de dix
mille élèves des collèges et lycées de l’Aisne
vont prendre une licence auprès de l’UNSS
(Union nationale du sport
scolaire). Chaque mercredi après-midi, ces jeunes
se retrouveront dans un
gymnase, sur un stade,
voire même sur le green
d’un golf ou dans des écuries. Avec près
de quarante disciplines proposées, l’UNSS
présente le choix le plus vaste possible.
“La licence UNSS est souple, elle permet la
multi activité. Un élève peut commencer par
le football et enchaîner sur le badminton s’il
souhaite changer en cours d’année” précise
Bernard Vivien, directeur départemental.
l’arc ; le lycée Henri-Martin, à Saint-Quentin, en acro-sport. “Chaque saison, nous
avons au moins une équipe championne de
France” se réjouit Bernard
Vivien. Ceci dit, l’UNSS
n’est pas obsédée par
la compétition. Il s’agit
avant tout de permettre
la découverte et la pratique des activités sportives pour tous. Tant
mieux si les meilleurs tutoient le haut niveau, mais ce n’est pas le but principal.
Sport et
responsabilités
L’autre objectif de l’UNSS est d’initier les
jeunes à la vie associative, pour en faire,
plus tard, des adultes responsables. Les
élèves qui le souhaitent peuvent devenir
des “jeunes officiels”, susceptibles d’arbitrer, d’encadrer les rencontres…
Ainsi, lors des championnats de France de
basket, qui ont eu lieu à Saint-Quentin, ce
sont des jeunes qui ont assuré une partie
de l’organisation et veillé au bon déroulement de la manifestation. Le sport devient,
pour de bon, une école de la citoyenneté.
Au-delà du sport, l’UNSS forme les jeunes à citoyenneté,
en les responsabilisant, par l’arbitrage ou l’encadrement des manifestations.
L’UNSS permet notamment aux jeunes des
quartiers les moins favorisés ou ceux du
monde rural d’accéder à la pratique sportive. C’est d’autant plus vrai pour les filles,
qui, dans certaines cités, n’ont pas toujours
toutes les facilités pour sortir de la maison. Avec une licence qui tourne autour de
15 E, les activités sont à portée de toutes
les bourses, et le cadre scolaire rassure les
parents.
Dans l’Aisne, l’UNSS obtient d’excellents
résultats : cette année encore, 22 collèges
et 9 lycées étaient engagés dans des championnats de France avec une jolie moisson
de performances nationales : le collège de
Wassigny est champion de France en tir à
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
22
le point sur
Aisne
Le dimanche 14 juin dernier, le ciel tombait sur la tête des habitants du sud de l’Aisne. Des centaines
d’habitants ont été sinistrés dans 19 communes. Immédiatement, le Conseil général de l’Aisne s’est mobilisé, que ce soit au niveau de la voirie, de l’action sociale ou de l’aide économique.
Inondations du sud de l’Aisne :
le Département aux côtés des sinistrés
Particuliers :
aide d’urgence et écoute.
Dès le
lendemain de la catastrophe, les équipes de la CIPAS
(Circonscription de prévention et d’action sociale) de
Château-Thierry se rendaient sur le terrain. En lien
avec le cabinet du président, des aides d’urgences ont
été débloquées pour parer aux cas les plus pressés.
15 000 E ont ainsi été distribués. “Il est important de
souligner la réactivité du Département, indique Odile
Idoux, responsable de la CIPAS. Les aides étaient débloquées dans la journée et les personnes pouvaient toucher
l’argent dès le lendemain.” Tous les jeudis matin, quatre
assistantes sociales du Conseil général, accompagnées
d’Odile Idoux, ont tenu des permanences. “Les demandes
concernent tous les domaines. Certains ont tout perdu, et
nous les avons aidés, au départ, pour l’alimentation, les
vêtements.” Les personnes âgées sont particulièrement
vulnérables, notamment celles qui vivent seules. Philippe, le concierge de la CIPAS, est lui aussi sur le pont : il
les emmène faire leurs courses lorsqu’elles n’ont plus de
voiture, par exemple. Une aide à la mobilité qui s’accompagne d’un soutien pour les démarches administratives, toujours délicates. La CIPAS travaille également en
relation avec les Centres communaux d’action sociale
et les associations. Par exemple, avec le Rotary club, il
s’agissait de remplacer l’ordinateur d’une dame âgée,
qui n’a que ce moyen pour communiquer avec sa fille,
qui habite en Guyane.
A ces aides concrètes, s’ajoute un gros travail d’écoute.
Dans les permanences du jeudi matin, les entretiens
durent une heure, une heure et demie. Les sinistrés
racontent leur histoire, une manière de verbaliser leur
souffrance. Cette phase d’écoute est essentielle, et
l’ensemble des assistantes sociales de la circonscription, qui se relaient dans les permanences, prêtent leur
oreille attentive pour soulager ces maux.
Communes : une aide
Artisans, commerçants et
pour refaire les voiries. Le Conseil gé- petites entreprises : prêts à taux
néral va apporter une aide aux communes, à travers le
Fonds départemental de solidarité, pour la réfection zéro. De nombreuses petites entreprises ont été
des routes communales. Au-delà, il faut souligner la
mobilisation instantanée des équipes de la Voirie pour
régler les problèmes sur les routes départementales.
L’agent de veille de l’unité de Château-Thierry reçoit
un premier appel ce dimanche 14 juin, à 17 heures, pour
signaler de la boue et des pierres sur la RD 969. Les
premières équipes partent pour Charly-sur-Marne
quelques minutes plus tard, mais sont bloquées par les
coulées de boue et de pierres. Les agents volontaires
sont appelés à la rescousse pour commencer à dégager les voies. Dès 18h30, les premières déviations sont
posées. Toute la nuit, jusqu’à 3h30 du matin, les agents
du Département vont couper les routes, dévier, dégager
et nettoyer les voies. Un travail qui va se poursuivre le
lendemain et toute la semaine suivante. Au total, 600
heures de travail ont été réalisées par le personnel de
la Voirie départementale pour remettre en ordre le réseau routier du sud de l’Aisne.
violemment touchées par les inondations. Incapables de
produire ou de vendre, elles ont puisé dans leur trésorerie pour payer les salaires, régler leur facture… Certains
chefs d’entreprise doivent réaliser des travaux, d’autres
reconstituer leurs stock avant de reprendre une activité normale. Pour leur venir en aide, le Conseil général
a décidé d’abonder de 200 000 E un fonds régional
(1) qui permet aux entreprises sinistrées d’obtenir une
avance à taux zéro, remboursable en cinq ans maximum.
Les premiers remboursements n’interviendront que
dans un an, pour laisser le temps aux artisans, commerçants et PME concernés de se remettre sur pied. La
décision d’attribuer ces aides revient à un comité dans
lequel siège, outre le Département, le Conseil régional,
l’Etat et les chambres consulaires (chambre de métiers,
chambre de commerce…)
(1) Il s’agit du fonds d’avance remboursable à
l’artisanat, géré par la Chambre régionale des
métiers et de l’artisanat de Picardie.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
23
environnement
Des échanges
avec
Madagascar
Lorsqu’il était enseignant
au lycée Saint-Vincent de
Soissons, Michel Le Corre,
aujourd’hui retraité, a participé à plusieurs actions
humanitaires à Madagascar. “Vu l’état de la forêt
malgache, qui est en danger, je me suis dit qu’il serait
bien de faire quelque chose
là bas aussi”, explique-t-il.
Dans le bourg de Sakaraha,
dans le sud-ouest de la
“grande île”, il parvient à
monter un projet avec le
collège, qui a planté une
parcelle d’un hectare,
avec des essences locales.
“L’idée est aussi de créer
un lien entre l’école JulesVerne de Belleu et le collège
de Sakaraha, pour que les
enfants puissent comparer
l’évolution de leur forêt, découvrir la faune et la flore...”
Une délégation axonaise
devait se rendre sur place,
à Madagascar, mais les
récents événements politiques (le président a été
renversé, les troubles ont
fait plus d’une centaine de
morts) n’ont pas permis ce
voyage. Le collège de Sakaraha est situé dans une
région de brousse et n’est
pas doté d’internet, ce qui
ne facilite pas les échanges. Mais Michel Le Corre,
tout comme les enseignants de Belleu, ont bon
espoir d’intensifier malgré
tout les relations entre les
deux établissements.
[
Forestiers
du monde
]
L’association Forestiers du
monde a été fondée à Dijon en 2003. Son objectif :
“contribuer à la gestion
durable des forêts, des habitats naturels associés,
de leurs ressources naturelles, à la valorisation du
matériau bois et des autres
produits forestiers et à la
satisfaction des demandes
sociales relatives à la forêt
aux niveaux local, national et international.” Cela
passe, notamment, par
des actions auprès des
enfants.
Belleu
Les enfants ont
planté une forêt
qu’ils doivent
entretenir.
A Belleu, les enfants de l’école Jules-Verne ont planté une forêt, en collaboration
avec l’association Forestiers du monde. Une initiation grandeur nature à l’écologie,
avec une réelle dimension pédagogique.
Des enfants et des arbres
“Moi, les arbres,
je leur parle dans
ma tête”. Rémi, élève en CMI à l’école Jules-Verne de Belleu, entretient aujourd’hui
un rapport étroit avec la nature. Comme
ses camarades. En novembre dernier, Rémi
et les 120 élèves des cinq classes de l’école
ont planté la première “forêt biodiverse” de
l’Aisne, sur un terrain situé dans le parc de la
Maison Sainte-Croix (1). “Une forêt biodiverse
est composée de différentes essences locales.
On trouve des hêtres, des chênes, des érables,
des acacias, des merisiers…” explique Michel Le Corre, de l’association Forestiers du
Monde, à l’origine du projet. Un projet qui a
d’emblée séduit le directeur de l’école, Philippe Culem, et l’ensemble de ses collègues
enseignants.
Francine Bison, qui a en charge les CP, s’est
particulièrement impliquée : “c’est un beau
projet, car les enfants prennent vraiment
conscience de l’importance et de la fragilité de
l’environnement.” Les écoliers ont tout fait :
“ils ont participé au nettoyage du terrain, puis
au jalonnement, à la plantation et, maintenant, à l’entretien” explique Philippe Culem.
Les arbres, des jeunes pousses de 3 – 4 ans,
ont été fournis par l’Office national des forêts et par l’ANAF, l’association nationale
des agents forestiers, qui a son siège à Villers-Cotterêts. “Ce sont des arbres de grande
qualité… d’ailleurs, les lapins se sont régalés !”
sourit Michel Le Corre. Protéger les arbres
des prédateurs à longues oreilles fait aussi
partie du programme éducatif. Les enfants
ont appris à poser des protections. “L’an prochain, on replantera les arbres qui ont été trop
boulottés” poursuit le responsable départemental de Forestier du Monde.
C’est en effet l’un des intérêts de l’opération : elle s’inscrit dans la durée. “Mes CP
ont planté les arbres, et ils pourront suivre
l’évolution de leur forêt pendant tout leur
cursus primaire” se réjouit Francine Bison.
Déjà, depuis la plantation, ils ont pu observer
l’évolution des arbres, leur croissance, l’arrivée des bourgeons, des feuilles… “La forêt
nous permet de travailler toutes les matières,
que ce soit le français, le calcul, les sciences
naturelles…” poursuit l’institutrice des CP.
Les enfants, eux, adorent. “On apprend mieux
que dans les livres !” témoignent-ils en chœur.
Ils ne rechignent jamais à gagner la forêt,
même quand il s’agit d’aller retirer les mauvaises herbes… “Ils ont changé leur regard sur
la nature, assure Philippe Culem, car ils ont
acquis des connaissances qui leur permettent
de mieux la comprendre, donc de la respecter.”
Pour l’année scolaire 2009/2010, le travail va
se poursuivre avec, notamment, l’implantation de nichoirs pour les oiseaux, en lien avec
la Ligue de protection des oiseaux (LPO).
Dans l’Aisne, si d’autres écoles sont intéressées, elles peuvent contacter le correspondant de l’association,
Michel Le Corre au 03 23 74 44 55 ou
[email protected]
(1) Le terrain appartient à l’évêché, avec lequel l’association Forestiers du Monde a passé un accord.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
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portrait
Nanteuil la Fosse
A Nanteuil-La-Fosse,
Julien Delhaye a fait
le pari de créer une
brasserie artisanale.
La bière Val’Aisne y
connaît des débuts
prometteurs.
La visite de la brasserie se termine par une dégustation dans les anciennes écuries reconverties en bar.
“La vie parisienne,
j’en ai eu assez ! Je ne sais
pas si c’est l’âge, mais à 30 ans, j’ai eu le déclic.” Natif
de Besny-Loizy et diplômé d’un BTS commerce passé
à Laon, Julien Delhaye aura passé dix ans dans la capitale à travailler pour la société Euro-modèle, spécialiste
de la vente par correspondance de modèles réduits. Il
avait notamment en charge la gestion de l’entrepôt situé en banlieue. “Un travail très formateur, précise-t-il,
d’autant plus que l’on me laissait prendre pas mal d’initiatives. C’est une bonne préparation pour qui veut se lancer
dans un projet personnel par la suite.” Un projet personnel qui se conjugue avec une envie de retour de au pays
car, comme il le dit lui-même “Il faut être né là-bas pour
aimer ça. Tous les matins, pour rejoindre l’entrepôt, j’avais
45 minutes de trajet pour faire 17 kilomètres ! Nous revenions dans l’Aisne quasiment tous les week-ends.”
Quitte à revenir pour la qualité de vie et le changement
d’environnement, autant faire les choses à fond. Il déniche un grand et magnifique corps de ferme en pleine
campagne, à Nanteuil-La-Fosse, 140 habitants, et décide
d’y devenir brasseur. “Je faisais déjà de la bière en amateur, confie-t-il. De cette bière qu’on chauffe à la casserole
et qui fermente à la cave. Elle peut d’ailleurs être de très
bonne qualité, la difficulté est surtout de faire deux fois la
même !” Avant de lancer réellement son activité, il passe
deux ans à trouver et peaufiner ses recettes, de façon
à pouvoir proposer entre cinq et six bières différentes,
plus la bière de printemps (la fameuse bière de Mars
traditionnellement faite avec le malt des premières récoltes) et la bière de Noël. A la brasserie du Val’Aisne,
l’ambition est de relancer les traditions et de proposer
une bière de fermentation haute au goût authentique.
Si la malterie avec laquelle Julien travaille est belge,
le malt qu’elle distribue est 100% français, le houblon
quant à lui vient de l’Est de la France. La bière passe par
deux fermentations en cuve et une dernière en bouteille, sans gaz rajouté. Il lui faut entre six et huit semaines pour qu’elle arrive à une maturation optimale.
“Nous avons fait notre inauguration en mai 2008 et j’ai
eu la surprise de voir passer près de mille personnes sur
le week-end ! Le dimanche nous étions déjà en rupture de
stock !” Avec une capacité de 2000 litres par mois, la
brasserie s’est déjà constituée un réseau de distribution d’une cinquantaine de points de vente, dont un à
Reims et un autre dans le XIe arrondissement à Paris
sans oublier la supérette du Center Parcs, point stratégique s’il en est. Mais le développement de l’activité est
avant tout centré sur l’accueil à la brasserie elle-même.
“Nous avons la capacité pour accueillir des évènements de
toutes sortes, assure Julien en contemplant son domaine. Des groupes de randonneurs, des concentrations de
voitures anciennes, ou même de quads, nous étudions la
possibilité d’accueillir des bus. L’idée est vraiment de faire
“Nous
avons la
capacité
pour
accueillir
tous types
d’événements”
assure
Julien
Delhaye.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
Pas de
la petite
bière
venir les gens ici, nous avons un projet de bar à l’étage et
nous travaillons déjà avec des artisans comme la triperie
de Luzoir pour proposer des dégustations de plats typiques comme la carbonnade qui s’accommode très bien
avec nos bières.” Avec le recul, non décidément, Julien
ne regrette pas son choix. Il se dit très bien accueilli
dans cette petite commune dans laquelle il n’y avait
aucun commerce et qu’il sent plutôt enthousiaste à
l’idée d’avoir des visiteurs. “Le cadre est vraiment idéal,
conclut-il, en revanche, on travaille beaucoup c’est sûr.
Quand on démarre une entreprise comme celle-ci, on ne
peut refuser aucune proposition.”
Contact : www.valaisne.fr
25
culture
Aisne
26
culture
Merlieux
Village du livre
rendez-vous le
27 septembre
Le dernier dimanche de
septembre aura lieu à Merlieux la 17e édition de la Fête
du livre. Désormais organisée par le Pays laonnois,
elle sera précédée, durant
toute la semaine, de différentes manifestations :
soirée conte à Anizy-leChâteau, rencontres avec
des auteurs dans les écoles etc. Le Village du livre
en lui-même ouvrira ses
portes le 27 septembre.
Le marché du livre neuf
et d’occasion va investir
les rues de Merlieux, où
l’on attend encore entre
8 et 10 000 visiteurs. Le
thème cette année “Jouer
le monde”, permettra d’aborder les questions d’environnement, qui seront
traitées à Géodomia, mais
aussi la poésie, la littérature générale… “Nous
avons une cinquantaine
d’auteurs invités, mais il y
en a d’autres qui viennent
d’eux-mêmes. Avec ceux du
salon anarchiste, on peut
compter qu’à Merlieux, une
centaine d’auteurs seront
présents ce jour-là” précise
Cécile Amour, chargée de
l’organisation de la Fête du
livre. Car comme dans tout
grand festival, il y a le “in”,
la programmation officielle, et le “off”. Ici, c’est le
salon du livre anarchiste,
doublé d’un forum social
libertaire. Loin d’être marginal, le salon “off” - dont
l’affiche a été dessinée
par Siné - est l’occasion de
rencontrer quelques pointures de la littérature. On
attend notamment cette
année Didier Daeninckx ou
Gérard Mordillat.
Fête du livre :
03 23 80 18 13
La bibliothèque
municipale
porte le nom
de la marraine
du village
du livre.
Le village de Merlieux-et-Fouquerolles dispose de trois bibliothèques. En juin, le
village fêtait la réouverture de sa bibliothèque municipale. En septembre, le centre
documentaire de Géodomia sera inauguré. Sans oublier l’historique bibliothèque
sociale et ses ouvrages sur le mouvement anarchiste.
Merlieux, un village à la page
Plus que jamais,
Merlieux mérite son nom de “Village du livre”. L’histoire
d’amour entre le bourg et les livres remonte
à 1985. La communauté anarchiste, établie
de longue date dans le village, dispose déjà
de nombreux ouvrages sur le mouvement
ouvrier et l’anarchisme. L’un de ses membres, Dominique Lestrat, propose alors à la
commune de monter une bibliothèque publique classique. L’aventure va aboutir en 1988.
Au-delà, un noyau de bénévoles se constitue,
pour donner naissance à une manifestation
des plus sympathiques : le Village du livre,
désormais devenue Fête du livre (lire cicontre). Les plus grands auteurs se pressent
à Merlieux, et Régine Desforges en devient la
marraine. La bibliothèque municipale porte
d’ailleurs son nom. “A la campagne, on doit
pouvoir accéder à la culture, à ce qu’il y a de
mieux dans la culture”, professe Dominique
Lestrat. A Merlieux, c’est possible.
La bibliothèque municipale Régine-Desforges vient de rouvrir, après quelques
années de fermeture, dans le bâtiment qui
abrite l’école et la mairie. Gérée par une
équipe d’une quinzaine de bénévoles, sous
l’égide du foyer rural, elle compte près de
3 000 ouvrages, dont environ 8 000 de la
Bibliothèque départementale de prêt (BDP).
Elle adhère au réseau Lire et savoir, qui regroupe les bibliothèques du canton. Elle va
être prochainement relocalisée dans l’acl'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
tuelle salle de classe, dans le cadre d’un réaménagement global de la mairie-école.
Le centre de ressources de Géodomia est spécialisé pour sa part dans l’environnement, au
sens large. Les documents sont soit des acquisitions récentes, soit des mises à disposition par
les partenaires (Conservatoire des sites naturels
de Picardie, CPIE etc). Au total, le fonds regroupe
près de 600 documents - livres, études, rapports, mais aussi documents audio-visuels – qui
traitent aussi bien de l’agriculture biologique
que de l’éco-construction, des milieux naturels,
de la santé etc. Le centre de ressources n’est pas
réservé aux initiés : la plupart des ouvrages sont
destinés au grand public, qui peut les consulter
sur place ou les emprunter.
Dominique
Lestrat est,
avec ses amis
du cercle
Kropotkine,
à l’origine de
la bibliothèque
sociale.
La bibliothèque sociale est à part, dans
le paysage. Installé dans un local refait de
fond en comble par le cercle anarchiste
Kropotkine, ses rayonnages sont installés
entre une vieille cuisinière Godin et une
cheminée monumentale ou trône le portrait de Bakounine. Voilà pour l’ambiance.
Les ouvrages - près de 7 000 selon Dominique Lestrat - font la part belle à
l’histoire de l’anarchisme, mais pas uniquement. Surtout, la bibliothèque sociale
est un lieu d’échanges et de rencontres :
un cycle de conférences y est organisé.
Les auteurs invités ne sont pas tous des
anars. On y traite des grands problèmes
du monde, autour d’une grosse table en
bois. Bref, les livres nourrissent la discussion.
27
A écouter
culture
Tarifs démocratiques, animations thématiques et programmation à l’écoute des
attentes des spectateurs, dans l’Aisne, trois cinémas gérés par les municipalités
proposent une autre approche du 7e art.
Toiles municipales
“En terme
Little Dead Cats
Vite ! Appelez les Stones,
ce qui reste des Clash et la
veuve de Lux Interior des
Cramps, on vient de dénicher un groupe qui sait
encore faire du Rock’n’Roll!
Du vrai ! Si si, chez nous,
là, dans l’Aisne, du côté de
Laon et de Saint-Quentin. A découvrir de toute
urgence, en avant goût de
leur 1er CD promis pour la
rentrée 2010, cinq titres
enregistrés chez Music
Box à Mont-Saint-Père,
en écoute sur leur page
Myspace. Ces trois gaillards
ont déjà pas mal bourlingué avant de monter ce
trio explosif, bienheureux
de s’être enfin trouvés, ils
ont opté pour un rock qui
va droit au but, sans fioritures, sans tralala. Basse,
guitare, batterie, une
rythmique binaire bien
enlevée sur des textes en
anglais et un univers qui
réussit une belle synthèse
entre le meilleur des sixties (Stones, Doors, Velvet
Underground) et la veine
punk/psycho fin 70 début
80. Ils se paient même le
luxe de faire un tribute to
the Cramps lors de leurs
prestations sur scène. Si
le très Meteors, Elephant
Rhapsodie donne envie de
ressortir les bagues à tête
de mort, l’irrésistible Iron
spiders from outer space
plonge d’emblée l’auditeur
dans un album de comics
façon Batman, quant à
leur titre éponyme, Little
Dead Cats, voilà sûrement
un tube que Joe Strummer aurait aimé composer
lui-même.
06 15 42 26 38
http://www.myspace.
com/littledea dcats
de choix des films, nous
essayons de faire la même chose que le privé,
80% de la programmation nationale arrive
sur nos écrans. Mais nous avons aussi à cœur
d’être un moteur de la pratique du cinéma et
de l’éducation à l’image.” A 36 ans, Laurent
Imbert dirige le cinéma le Sonhir à Hirson
depuis 2004, succédant à Michel Décattoire.
Géré à l’origine par un prestataire privé, cet
équipement de trois salles est passé sous
statut associatif depuis son rachat par la
ville en 1985. Entièrement rénové en 2008
et proposant l’accès aux personnes à mobilité réduite pour la plus grande salle, le cinéma fait près de 70 000 entrées à l’année,
une belle fréquentation pour une ville de
10 000 habitants. “L’aide de la ville nous
permet une politique tarifaire différente des
autres cinémas, précise Laurent Imbert. A
cela s’ajoute un gros travail d’animation à
travers des séances rencontres, l’invitation de
réalisateurs et d’acteurs comme Vincent Lindon qui est venu récemment à l’occasion de
la sortie du film “Welcome“. Nous organisons
aussi des séances pour les aînés, des séances
“ciné-bambin“ avec un film et un goûter, sans
compter les soirées thématiques et notre participation à des projets comme la réalisation
de courts-métrages.“
Le cinéma d’Hirson fait partie d’un réseau
d’entente de programmation reconnu par
le CNC qui regroupe neuf cinémas dont celui de Saint-Gobain, également géré par la
municipalité. “Pour une petite ville comme
ici, le but est surtout de garder notre cinéma,
avoue Caroline Varlet, jeune conseillère municipale en charge de la gestion et de la programmation du cinéma “l’Hermitage“. Sans
verser dans le strict “Art et essais“ nous essayons de proposer autre chose que les incontournables grosses productions. Tous les mois,
nous organisons une soirée “Faire court” ainsi
que des séances jeune public pour les scolaires
et des soirées débats. Nous sommes affiliés à
l’ACAP Pôle image Picardie
pour l’organisation de ces
rencontres avec des réalisateurs. Nous voulons que
le cinéma soit un endroit
convivial et retrouve sa vocation de lieu de rencontre
et de culture.” Tout comme
à Vervins, où le cinéma Piccoli-Piccolo est
géré par l’association “Vervins Ciné-Vidéo“,
la salle de Saint-Gobain n’ouvre que quatre
ou cinq jours par semaine selon la programmation et les animations organisées. Si
les films arrivent avec un petit délai par
rapport à leur sortie nationale, les tarifs
Vervins Hirson
Saint-Gobain
Conseillère municipale, Caroline Varlet s’occupe de la gestion
et de la programmation du cinéma l’Hermitage de Saint-Gobain.
Un lieu de
rencontre et
de culture.
Dirigé par Laurent Imbert, Le Sonhir accueille 70 000 spectateurs par an.
quant à eux se veulent
vraiment accessibles à tous et varient entre 5 et 6 E en tarif normal là où la plupart
des salles proposent un tarif minimum de
7,50 E. “Le fait que les films arrivent plus tard
n’est même pas un handicap en soi, ajoute
Caroline. Ils restent peu de temps à l’affiche
dans les grandes salles et certains cinéphiles
qui les ratent chez eux sont contents de venir
les voir à Saint-Gobain même s’il y a quelques
kilomètres à faire.”
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
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A lire
culture
Les œuvres de cette
plasticienne, spécialiste
des installations en
pleine nature, sont
visibles à Géodomia
Merlieux
De loin,
Lycée Saint-Rémy
Soissons
Encore vivront-ils
un tout petit peu… - 12 E
Voici un livre peu ordinaire. Il a été écrit au terme
d’une véritable enquête
de deux ans, menée par
26 lycéens de Saint-Rémy,
à Soissons, sous la direction de leur professeur
documentaliste, Stéphane
Amelineau. Les élèves ont
écrit, sous une forme libre,
l’histoire de jeunes déportés du convoi 67, parti de
Drancy le 3 février 1944.
Destination finale, le camp
de la mort d’Auschwitz.
Chaque lycéen s’est attaché au destin tragique de
l’un de ces jeunes. De ce
convoi, il n’est resté que 26
survivants. Et parmi eux,
deux vivent encore. Léa
Rohatyn, 83 ans, a accepté
de rencontrer les jeunes
Soissonnais, un souvenir
encore à vif dans leur mémoire. Son témoignage et
celui du second survivant,
Bernard Bouriki, est consigné à la fin du livre.
Pour leur enquête, les lycéens ont mené des investigations poussées. L’un
d’eux, Terry Auribault, a
retrouvé Rebecca, la sœur
de Victor Alfandari, 15
ans, dont il écrit l’histoire
dans une longue nouvelle.
D’autres, au contraire,
donnent un texte court,
violent, direct. Il faut lire
leur livre, parce que, comme dit son titre, grâce à
lui, ces morts vivront encore un tout petit peu.
Rens. Stéphane Amelineau
03 23 53 20 62 ou
[email protected]
d’abord, l’œil surprend une
ligne colorée qui relie les troncs entre
eux. De plus près, changement total d’impression : les arbres semblent danser le
hula-hop avec des vastes cerceaux. Surprenantes, les “Cir-conférences” de l’artiste
Marie-Hélène Richard s’intègrent parfaitement dans le site boisé de Géodomia, à Merlieux, où elles devraient rester environ un
an. “C’est une œuvre conçue pour les arbres”
explique-t-elle. “J’ai toujours l’habitude de
réagir par rapport au milieu dans lequel je
travaille. Pour Géodomia, j’ai recherché l’effet visuel, mais c’est aussi un jeu par rapport
à l’échelle humaine.”
Cette plasticienne, qui vit aujourd’hui en
Bretagne, est spécialiste des installations
Un atelier à découvrir au Familistère de Guise.
Art et environnement : le travail de la plasticienne Marie-Hélène Richard à Géodomia.
Marie-Hélène Richard
fait danser les arbres
“in situ”. Autrement dit, ses œuvres sont
créées en fonction de leur lieu d’exposition,
que ce soit en milieu urbain ou, comme dans
le cas de Géodomia, en pleine nature. Mais il
s’agit toujours d’expositions éphémères :
“mes œuvres ne s’inscrivent pas dans la du-
rée, généralement, et cela me donne une plus
grande liberté dans le choix des matériaux”
explique-t-elle. Pour l’installation de Merlieux, l’artiste a choisi de détourner de
simples tuyaux industriels en PVC.
Guise
Artiste peintre, Pierre
Pothron a installé son atelier au cœur du Familistère
de Guise, pour faire partager son travail aux habitants comme aux touristes.
"Une peinture, une tranche de vie !"
Van Gogh,
dans une lettre à son
frère Théo, parle de son désir de créer un
“phalanstère d’artistes”, une communauté
de peintres. Un projet que l’auteur des
Tournesols ne concrétisera jamais, mais qui
enthousiasme l’artiste Pierre Pothron. Une
idée forcément séduisante pour cet enfant
de Godin, né dans la Somme, mais dont les
attaches sont au Familistère. “Ma mère est
née au Familistère de Guise. Ma grand-mère
était là du temps de Godin, qu’elle a connu
et qu’elle regrettait toujours” explique-t-il.
Dès 1988, Pierre Pothron milite activement
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
pour la sauvegarde du Familistère. “En
1991, je découvre cette lettre de Van Gogh et
en même temps, j’ai l’occasion d’acheter un
appartement au rez-de-chaussée de l’aile
droite.” A défaut de réelle communauté artistique, Pierre Pothron installe son atelier
dans cet appartement et l’ouvre aux habitants, encore nombreux à l’époque. “J’ai
été adopté tout de suite. Les Familistériens,
pour la plupart, ont un regard vierge sur l’art,
et ils venaient voir mon travail, timidement
au départ, puis ils poussaient plus facilement
ma porte.”
Pierre Pothron, qui peint depuis 1963,
s’abstrait de plus en plus de la réalité.
Mais derrière la couleur, les traits, on devine l’inspiration. Le monde du travail, la
guerre… “Chaque peinture est une tranche
de vie. Souvent, c’est vrai que c’est d’abord
un coup de gueule… Je pense que le travail
de l’artiste, c’est de témoigner, c’est ce que
j’essaie de faire ici.”
> Atelier ouvert chaque dimanche et jour
férié.
www.pothron.com
29
c’est tendance
C’est dans l’air du temps, et ça se passe dans l’Aisne.
Adopter la démarche "Ecocitoy’N"
avec le Département
Trois N végétalisés de 6,50 m
de haut ont créé le “buzz”
sur le parvis de la Défense.
En juin,
trois “N” géants et végétaux ont suscité la curiosité des millions de Parisiens
et de touristes qui fréquentent le parvis de La Défense. Un choc visuel qui a, comme les
précédentes campagnes de notoriété initiées par le Conseil général, eu un impact évident.
Comme on dit aujourd’hui, l’opération a provoqué un “buzz”. “L’Aisne est le seul département qui
puisse jouer sur une seule lettre, c’est une chance” souligne Yannick Mérand, de l’agence remoise
Horizon Bleu, concepteur de la campagne.
Pour autant, il ne s’agissait pas de se faire plaisir avec ces “N”, hauts de 6,50 m et entièrement
végétaux. L’objectif était de lancer la démarche “Ecocitoy’N” du département que l’on peut
résumer par une volonté d’ancrer l’action du Conseil général dans le développement durable
et l’environnement. Très concrètement, cela se décline par des offres touristiques attractives, la valorisation des programmes de construction durable, l’organisation d’événements de
sensibilisation des citoyens, la mise en place du plan d’actions Agenda 21…
La communication autour de cette démarche est elle-même éco-responsable, résolument
“zéro papier”, s’appuyant sur les nouveaux médias et les nouvelles technologies.
Juste avant l’été, les “N”, associés aux “cyclopes” (version moderne des hommes sandwiches) ont
permis de promouvoir notre département “situé non loin de Paris, et qui nécessite donc très peu de
carburant pour s’y rendre, poursuit Yannick Mérand. Un département qui est riche en terme de propositions raisonnables financièrement en termes de loisirs, de culture…” Courts séjours économiques et
écologiques, concerts et musées gratuits dans le cadre de l’été du Conseil général : en parallèle, un
site internet dédié a été lancé (www.les-ecocitoyn.com) pour promouvoir les offres touristiques
Ecocitoy’N estivales.
Les “cyclopes” ont véhiculé des informations
sur le département. Une forme de communication
sans papier et donc, éco-responsable.
Personnaliser ses albums
avec le scrapbooking
La Saint-Quentinoise Florence Boulanger
a quitté l’enseignement pour animer des ateliers de scrapbooking.
Le scrapbooking est un loisir créatif qui consiste à personna-
liser ses albums photos. Carton, textile… tout est bon, pourvu qu’on ait
de l’imagination et un peu de savoir-faire dans les doigts. Tout droit venu
des Etats-Unis, le “scrap” s’est développé en France et, dans l’Aisne, ce sont
désormais des centaines - voire des milliers - d’adeptes qui se retrouvent,
ciseaux et tube de colle en main. Les “scrappeuses” - car ce loisir est à
99,99 % féminin – se retrouvent au cours d’ateliers, dispensés ici ou là dans
les centres sociaux, les maisons de quartier, les boutiques spécialisées...
Une Saint-Quentinoise, Florence Boulanger, en a même fait son métier. Ancienne prof de français, elle a quitté l’enseignement pour se lancer dans le
scrap d’une manière professionnelle. “J’anime des ateliers, chaque semaine
à Saint-Quentin, mais aussi ailleurs, sur Paris, le Nord, Reims…” Elle organise
également des “crops”, des vastes réunions sur un week-end. Le dernier, en
juin à Saint-Quentin, a réuni près de 80 scrappeuses, venues écouter les
conseil de Florence et de deux animatrices venues de Rouen et Perpignan.
Car avec le scrap, on se croise d’abord sur internet, où les blogs et les boutiques fleurissent, mais on se voit ensuite en chair et en os. “On doit d’abord
communiquer sur le net, mettre à jour son blog, se tenir au courant des dernières tendances, explique Florence. Mais ensuite, on a le contact réel, en atelier,
avec une ambiance vraiment sympathique.” Le scrapbooking s’adresse à tout
le monde : dans les ateliers saint-quentinois, cela va des ados à la retraitée
- la doyenne a 76 ans. Le scrap a, semble-t-il, de beaux jours devant lui :
l’agenda de Florence est plein jusqu’en mars 2010 !
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
30
rendez-vous
concert - théâtre - cirque - spectacle - jeune public - festiva
concert
■ 27 septembre
Coucy-le-Château : Adam de la Halle... dans le cadre des Belles pages de
l’Aisne. A 17h à l’église Saint-Sauveur.
Rens. 03 23 24 60 09
■ Octobre/novembre
Thiérache : Musique sur la RN2
2 oct. à Vervins, 3 oct. à Marle, 16 oct.
à La Capelle, 17 oct. à Hirson, 30 oct. à
Boué, 31 oct. à Le Nouvion en Thiérache, 6 nov. à Etréaupont, 7 nov. à Vervins, 21 nov. à Papleux. Programmation
en cours
Rens. 03 23 97 79 72 ou
www.tac-tic-animation.fr
■ 17 octobre
Chéry-les-Pouilly : American movies
avec le brass band du laonnois. A 20h30
à l’association rurale de loisirs.
Rens. 03 23 80 64 01
■ 23 et 24 octobre
Effry : Thiérache in Groove
Ven. 23 : Truq et Cardinaux Fouquets à
21h, salle des fêtes
Sam. 24 : soirée hip hop, programmation en cours. A 21h, salle des fêtes
Rens. 03 23 96 63 93
■ 31 octobre
Saint-Quentin : 5 en 1 rock festival.
Punish Yourself, Masala, The Real Nelly
Olsons. A 18h, salle Verdun
Rens. 09 53 06 82 39 ou
http://chehurleux.free.fr
fête
■ 26 et 27 septembre
Soissons : Soissons en Sc’Aisne, nouvelle édition du Haricot magique
Rens. www.ville-soissons.fr
Familijazz
Du 25 septembre au 10 octobre
Guise : festival de jazz et des musiques du monde.
Concerts au théâtre du Familistère Godin à 20h30
Ven. 2 oct. Pierre Blanchard Quartet.
Le groupe
Sam.3 oct. Nico Morelli & strings.
“Jazzpotes”,
Ven. 9 oct. Quartet Aparté.­
fanfare de rue,
Sam. 10 oct. Woz Kaly.
jouera les 3 et 10
octobre.
Concerts gratuits :
Ven. 25 sept. à 20h30 au restaurant “Le jardin” :
Michel Barbe Quartet,
Sam. 26 sept. à 20h30 au centre social : Sébastien Willart trio
Sam. 3 oct. à 12h au restaurant “Le pat mag” : Quidam Quintet
Ven. 9 oct. à 20h au restaurant “Le Don Camillon” : Momo solo
Rés. OT 03 23 60 45 71 - http://www.familijazz.com/
■ 4 octobre
Coucy-le-Château : 12e édition de la
journée culturelle Croatie. Danses et
folklores croates. A partir de 15h.
Rens. 03 23 52 19 43 ou
www.coucy.com
■ 11 octobre
Lemé : fête de la pomme et du cidre
fabrication et dégustation, repas copieux, animations diverses, expositions, brocante.
Rens.
http://pagespro-orange.fr/leme02
festival
■ Du 12 septembre au 10 octobre
Laon : 21e festival de Laon
Ven. 18 sept. à 20h30 - MAL
S. Octet et I. Georges, chant
Sam. 19 sept. à 20h30 - MAL - Musiques
de films - L. Korcia, violon
Ven. 25 sept. à 20h30 - Eglise SaintMartin - D. Sandre, comédien / H.
Niquet, dir.
Sam. 26 sept. - 20h - MAL - Albeniz
J-F. Heisser, piano / A. Contreras, chant
flamenco / C. De Malaga, guitare
Mar. 29 sept. - 20h30 - MAL
P. Contet, accordéon / M-C. Barrault,
comédienne
De Couperin à Mantovani, lectures de
Rimbaud, Saint-Exupéry, Lorca, Céline,
Obaldia…
Sam. 3 oct. - 20h30 - Cathédrale
E. Pace, piano / D. Angus, dir.
Moussorgski, Liszt, Grieg
Ven. 9 oct. - 20h30 - MAL
Quatuor Ebène - Standards et improvisations du jazz à la pop.
Sam. 10 oct. - 20h30 - Cathédrale
Orchestre de Picardie
Mer. 7 et ven. 9 oct. à 21h : Troie ou la
sagesse des brisures (théâtre) par Hassan El Geretly
Jeu. 8, ven. 9 et sam. 10 oct. à 19h : Eric
et Simon (danse) par Xavier Lot
Sam. 10 oct. à 17h : jeunes artistes
égyptiens (danse et vidéo) sous la direction de Laurence Rondoni
Mer. 14 et jeu. 15 oct. à 19h, (H)AND(S)
(danse) par Clara Cornil
Mer. 14 oct. à 21h, Pezzo 0 Due (danse)
par Maria Donata D’Urso
Jeu. 15 oct. à 21h, Collection particulière
(danse) par Maria Donata D’Urso
Ven. 16 oct. à 19h, Jack in the box (danse) par Hélène Iratchet
Ven. 16 oct. à 20h, Lapsus (danse) par
Maria Donata D’Urso
Sam. 17 oct. à 18h, Gravity (performance) par Pierre-Etienne Morelle
Sam. 17 oct. à 20h, Mem-brain strata 1
(danse) par Maria Donata D’Urso
Sam. 17 oct. à 19h et à 21h, Solo #2
(danse) par Brice Leroux
Du 7 au 17 octobre, Une danseuse dans
la bibliothèque par Nathalie Collantes
Lieux à définir
Rens. 03 23 82 56 15 ou
http://festival.echangeur.org
R. Pasquier, violon / E. Leducq-Barome,
direction / Lalo, Mendelssohn
Rés. OT Laon 03 23 20 87 50
■ Du 20 septembre au 6 décembre
Les Orgues de l’Aisne
20 septembre - Guignicourt à 17h,
Eglise
Rens. 03 23 25 36 60
2 octobre - Marle à 20h30,
Eglise Notre-Dame
Rens. 03 23 21 75 75
4 octobre - Chauny à 16h,
Eglise Notre-Dame
Rens. 03 23 52 10 79
11 octobre - Soissons à 17h, Cathédrale
Rens. 03 23 53 17 37
18 octobre - Hirson à 16h,
Eglise Notre-Dame
Rens. 03 23 58 03 91
6 décembre - Fère en Tardenois à
14h30, Eglise Sainte-Macre
Rens. OTSI / 03 23 82 31 57
■ Du 7 au 10 octobre
Château-Thierry : Festival c’est comme ça !
Mer. 7 oct. à 19h : Transports exceptionnels (danse) par Dominique Boivin
■ Du 14 au 17 octobre
Vervins : Festival du rire
14 oct. : jeunes talents du rire
15 oct. : Nicolas Canteloup (complet)
16 oct. : Marc Jolivet
17 oct. : Manu Payet et Jypey
Tous les spectacles à 20h30,
salle polyvalente.
Rens. 03 23 98 11 98
© Thierry Jourdain
■ 26 septembre
Soissons : Brahms , Requiem allemand
en version à deux pianos, chœur Dom
Pérignon de Reims, Marion Aubert, soprano et William Michaut, baryton.
A 20h30, cathédrale.
Plus d’infos : www.ville-chauny.fr / www.ville-chateau-thierry.fr / www.ville-laon.fr / www.
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
31
rendez-vous
al - danse - exposition - conférence - fête - médiéval - nature
théâtre
■ 30 septembre
Saint-Quentin : Putain d’Vie d’après
Jehan Rictus par la Compagnie
L’Echappée. A 20h30 à la Manufacture
Rens. 03 23 62 19 58 ou
www.compagnie-lechappee.com
■ Du 2 octobre au 14 novembre
Soisssons : Libres (création poétique)
par la compagnie Acaly. Vendredi et samedi à 21h au théâtre Saint-Médard.
Rens. 03 23 53 54 42 ou
www.theatresaintmedard.com
■ 3 octobre
Château-Thierry : Putain d’Vie d’après Jehan Rictus par la Cie L’Echappée. A 20h30 à la Manufacture.
Rens. 03 23 62 19 58 ou
www.compagnie-lechappee.com
■ 9, 10 et 11 octobre
Château-Thierry : 9e festival de théâtre amateur de l’Aisne au Palais des
Rencontres
Rens. AXOTHEA 03 23 23 71 67
expo
souvenirs. Du lundi au samedi de 10h à
12h30 et de 13h30 à 18h
Rens. 03 23 83 51 14
■ Du 19 au 27 septembre
Guise : Histoires de Guise, l’ARCHE fête
ses 30 ans avec cinq expositions : Guise, ville frontière / Guise 1000-2000 / la
vie des civils pendant la guerre 19141918 / Les écoles, pauvreté, charité,
santé, solidarité.
Les samedis et dimanches 19, 20, 26, 27
de 10h à 12h et de 14h à 18h
Rens. 03 23 61 22 22
■ Du 19 sept. au 8 novembre 2009
Soissons : Live in Picardie, création
contemporaine en Picardie dans les
domaines de la peinture, dessin, sculpture et photographie.
Arsenal (peinture et dessin) : S. Bayet,
P. Bernard, M. Descombes, F. Glineur, T.
Groslier, S. Le Kouaghet, S. Miraux, D.
Saint-Dizier.
Saint-Léger (photographie) : F. Boucher,
C. le Couviour, J. Feray, A. Wattel.
Saint-Léger (sculpture) : D. De Beir, J.
Moutarde, D. Pondruel, G. Wambaugh.
Tous les jours de 9h à 12h / 14h à 17h,
samedis et dimanches : de 14h à 18h
Rens. 03 23 93 30 50
■ 26 et 27 septembre
Montbrehain : les talents cachés de
Montbrehain et d’ailleurs. A la salle du
monument, de 14h à 18h le samedi et
de 11h à 18h le dimanche.
Rens. 03 23 63 93 91
■ Du 10 au 18 octobre
Château-Thierry : sculptures d’Ulrich
Jacquot Préaux. De 14h à 18h le weekend, Porte Saint-Pierre
Rens. 03 23 83 51 14
■ Jusqu’au 13 octobre
Bohain en Vermandois : Rêves de
feuilles de Sarah Louette. “Un arbre
peut-il rêver ?” à La Maison familiale
d’Henri Matisse
Rens. 03 23 60 90 54 ou
www.bohainenvermandois.fr
■ Du 7 septembre au 30 octobre
Fresnoy le Grand : “Challenge textile :
au fil du patrimoine picard” réalisée
par des associations, clubs, établissements scolaire autour du patrimoine
picard. Du mardi au vendredi de 10 à
13h et de 14h à 18h, les samedis, dimanches et lundis de 14h à 18 h.
Rens. 03 23 09 02 74 ou
www.la-maison-du-textile.com
■ Du 10 septembre au 31 octobre
Château-Thierry : les 100 ans de
l’office de tourisme. Rétrospective et
■ Jusqu’au 15 décembre
Oulches-la-Vallée-Foulon : exposition temporaire “Après la guerre. Aisne
1919…” Comment vit-on dans un pays
tout juste sorti de la guerre ?
Rens. 03 23 25 14 18 ou
www.caverne-du-dragon.fr
jeune public
■ 10 et 11 octobre
Coucy le Château : ateliers pour enfants, contes et légendes, animations
sur le savoir-faire du Moyen-âge, dans
l’enceinte du château.
Rens. 03 23 52 71 28
■ Du 16 au 23 octobre
Saint-Quentin et dans l’Aisne : 27e
édition du Ciné-Jeune de l’Aisne, Festival international de cinéma avec pour
thème Droits de l’Homme et citoyenneté. Plus de 120 films, 240 séances, 28
lieux de projections, 3 compétitions
internationales… Hommage, en sa présence, à Majid Majidi, cinéaste iranien,
et sur le cinéma d’animation letton
Pour tous les âges dès 3 ans !
Rens. 03 23 79 39 37 ou
www.cinejeune02.com
■ 25, 28, 29 oct. et 1, 2, 3 et 4 nov.
Soissons : Tom Avery contre barbe rousse à 15h au théâtre Saint-Médard.
Rens. 03 23 53 54 42 ou
www.theatresaintmedard.com
conférence
■ 17 septembre
Morcourt : la bande dessinée, par l’association “on a marché sur la bulle” De
10h à 16h30, bibliothèque municipale,
rue du commandant Guy.
Rens. BDP 03 23 75 55 70 ou
http://bdp.cg02.fr
■ 17 septembre
Soissons : conférence “diabète et
femme enceinte, diabète et ménopause”
avec le docteur Houareau organisée
par l’association Mieux vivre le diabète
en Soissonnais. A 18h30 dans les locaux
de l’AMSAM, 31 rue Anne Morgan
Rens. 06 89 55 04 27
■ 15 octobre
Laon : journée départementale de la
lecture publique : la bibliothèque au
cœur des territoires. De 9h à 16h30, MAL
place Aubry.
Rens. BDP 03 23 75 55 70 ou
http://bdp.cg02.fr
■ 16 octobre
Etampes-sur-Marne : architecture,
construction zéro énergie. De 10h à
16h30, salle des associations 3 rue de
Chierry
Rens. BDP 03 23 75 55 70 ou
http://bdp.cg02.fr
■ 5 novembre
Chauny : Les adolescents, par Michel
Fize, sociologue, chercheur au CNRS.
A la bibliothèque municipale, de 10h à
16h30,(28 rue de la paix).
Rens. BDP 03 23 75 55 70 ou
http://bdp.cg02.fr
sortie
■ 19 et 20 septembre
Coucy-le-Château : Journée du patrimoine. Visite des souterrains de la
porte de Laon, château...
De 10h à 13h et de 14h à 18h30 (Château) et de 14h30 à 18h30 (pour les
autres monuments)
Rens. OT 03 23 52 44 55
■ 19 et 20 septembre
Marle : Journées mérovingiennes
L’armée romaine, les Francs et les Germains. Campement, artisanat et vie
quotidienne, démonstrations militaires... De 14h à 19h
Rens. 03 23 24 01 33 ou
www.museedestempsbarbares.fr
■ 26 septembre et 10 octobre
Coucy-le-Château : visite nocturne
de la cité des Sires de Coucy, autour
des remparts avec guides costumés...
Garbure offerte en fin de soirée. De
20h30 à minuit
Rens. 03 23 52 44 55
■ 26 septembre
Aisne : “Carrières à cœur ouvert”, journée porte ouverte dans trois carrières
de l’Aisne. Animations, ateliers pédagogiques et visites. Lafarge Granulats
Seine Nord à Cuiry-les-Chaudardes, La
Frette à Tergnier, Holcim Granulats à
Soupir
Rens. 02 35 60 31 96 ou
http://admn.unicem.fr/
■ 27 septembre
Laval-en-Laonnois : Virades de l’espoir dans le cadre de la journée de
lutte contre la mucoviscidose.
A partir de 9h
Rens . 03 23 20 25 27 ou
www.virades.org
■ 1er novembre
Marle : Cyclo-cross international. Espace du Bois Joli
Rens. 03 23 21 45 32
+
d’infos
www.aisne.com
.ville-gauchy.fr / www.transfrontalieres.eu / www.ville-soissons.fr / www.ville-saintquentin.fr
l'Aisne 174 - Septembre/Octobre 2009
32
l’image
Géodomia :
le centre départemental
de ressources environnementales
ouvre à Merlieux.