Faut-il sortir du nucléaire

Transcription

Faut-il sortir du nucléaire
Le débat en Suisse
Ailleurs dans le monde
L’article 89 de la Constitution Fédérale prévoit que « dans le cadre
de leurs compétences respectives, la Confédération et les cantons
s’emploient à promouvoir un approvisionnement énergétique
suffisant, diversifié, sûr, économiquement optimal et respectueux de
l’environnement, ainsi qu’une consommation économe et rationnelle de
l’énergie. »
Pour respecter cet article et afin de compenser les manques
qu’occasionnera la fermeture des centrales, le Conseil Fédéral envisage
différentes pistes dans le cadre de la « stratégie énergétique 2050 :
• Développement des énergies renouvelables
• Améliorations du système de distribution et économies d’énergie
• Construction de centrales à gaz et hydrauliques
• Augmentation de l’importation d’électricité
• Nouvelle politique fiscale
Un projet est en cours et sera soumis à consultation d’ici l’été 2012.
Par ailleurs, divers initiatives sont promues par les partis politiques. Les
Verts ont déposé en mai 2011 une initiative intitulée « Pour la sortie
programmée de l’énergie nucléaire ». Elle demande une fermeture plus
rapide des centrales que ce qui a été décidé par le Conseil fédéral.
L’initiative « Cleantech » lancée par le Parti Socialiste demande,
entre autre, que l’apport des énergies renouvelables atteigne 50% de
l’énergie consommée d’ici à 2030. Cette initiative à été rejetée par le
Conseil Fédéral sans contre-projet.
Partout dans le monde, le nucléaire revient
régulièrement à l’agenda politique. Suite
aux catastrophes de Tchernobyl, puis
de Fukushima, certains pays (Australie,
Danemark, Italie Norvège, Allemagne, ... ) ont
interdit la construction de nouvelles centrales.
Dans certains de ces pays, les discussions se
poursuivent. Autriche, l’exploitation d’énergie
nucléaire est interdite depuis 1999. En 2011,
l’Allemagne a confirmé l’arrêt de ses dernières
centrales pour 2022.
Les pays les plus gros producteurs d’électricité
nucléaire (USA, France, Russie, Angleterre ...)
n’envisagent pas de se passer de cette source
d’énergie. Au Japon, trois quarts des centrales
sont à l’arrêt pour des raisons techniques
et politiques. Leur remise en activité est en
discussion.
Est-ce réellement pertinent de « sortir » du
nucléaire en Suisse si la France qui exploite
une cinquantaine de centrales juste à côté ne
s’y résoud pas ?
Uranium et radioactivité
L’uranium nécessaire au fonctionnement des centrales nucléaires est un métal que l’on trouve principalement dans la roche.
Une fois extrait, le minerai contenant de l’uranium est traité chimiquement, raffiné, et doit encore être « enrichi », concentré.
L’uranium est un élément radioactif. La radioactivité est un phénomène dans lequel des noyaux (d’où le « nucléaire ») d’atomes
se désintègrent pour donner un nouvel élément, tout en dégageant de l’énergie. La radioactivité existe naturellement. Produite
par l’homme, elle est utilisée dans des domaines comme la médecine, l’industrie ou l’armement. A certaines doses, elle peut
causer des cancers.
Lexique
Kilowattheure (kWh) : Unité d’énergie. Représente la quantité d’énergie
utilisée ou produite par un appareil d’une puissance de 1kW (1000 W)
pendant une heure.
Photovoltaïque : Le soleil produit deux formes d’énergie : de la lumière
(photons) et de la chaleur. Les panneaux solaires photovoltaïques
transforment l’énergie des photons en électricité.
Biomasse : Végétaux pouvant être utilisés pour produire de l’énergie.
CO2 : Gaz carbonique. La combustion, comme la respiration, consomme de
l’oxygène et rejette du gaz carbonique.
Energie : L’énergie désigne toute ce qui permet de faire fonctionner quelque
chose, de faire un travail, de produire une action ou un mouvement, ainsi
que de créer de la chaleur et de la lumière.
Les centrales dites
« de nouvelle génération »
Un nouveau type de centrales est présenté
comme une solution aux dangers actuels du
nucléaire. Fonctionnant au Thorium, elles
présenteraient de nombreux avantages tels
qu’une durée de vie des déchets beaucoup
plus faible, de grandes réserves mondiales et
l’absence de risque d’explosion. Le Thorium
est un métal dont la combustion permettrait
de produire de l’électricité en quantité, tout
en réduisant les risques de l’Uranium, le
métal utilisé jusqu’à présent dans la plupart
des centrales nucléaires. Des recherches
sont en cours.
Faut-il sortir du nucléaire ?
Alors qu’il était favorable au renouvellement des centrales nucléaires, le gouvernement suisse a, suite aux accidents
nucléaires de Fukushima, annoncé la fermeture progressive des centrales nucléaires du pays. Elle est prévue de
2019 à 2034, et tient compte de la durée de vie d’environ 50 ans des centrales actuelles. La recherche dans le
domaine nucléaire ne sera toutefois pas abandonnée, laissant une porte ouverte à d’autres types de centrales, dites
de nouvelle génération.
Cette sortie programmée implique de mettre en place une nouvelle stratégie énergétique. Pour pallier la disparition
d’électricité produite par le nucléaire il existe plusieurs pistes. Il est prévu de développer la production à partir de
sources d’énergies renouvelables, de réduire les pertes ou le gaspillage énergétiques, d’augmenter les importations
(souvent d’énergie nucléaire), de construire des centrales à gaz ou de taxer davantage la consommation.
Les technologies issues du nucléaire permettent de produire beaucoup d’électricité à bas prix en n’émettant que peu
de gaz à effet de serre (CO2). Mais elles posent des problèmes comme celui de la gestion des déchets radioactifs,
des risques d’accidents, de la quantité de réserves d’uranium ou de l’estimation exacte de leur coût. Peut-on vraiment
s’en passer aujourd’hui ?
Production d’électricité en Suisse
Consommation d’électricité en Suisse Actuellement, les cinq centrales nucléaires assurent 39% de la
production d’électricité en Suisse.
L’énergie hydraulique (centrales à accumulation ou barrages et
centrales au fil de l’eau) représente 56%. Les centrales thermiques
classiques représentent 3% et les nouvelles énergies renouvelables
(énergie éolienne et énergie solaire) 2%.
Consommation de Watts dans le monde
2000 Watts représente, à peu près, la moyenne mondiale en 2005.
Consommation en Watts par personne et par pays:
En comparaison:
L’Europe de l’ouest
est à 6’000 watts,
12’000 watts aux USA,
1’500 watts en Chine,
1’000 watts en Inde,
300 watts au Bangladesh
10000
8000
6000
4000
2000
0
Bangladesh China
World
Western
Europe
USA
En Suisse, la moyenne est a 6’000 watts (y compris les énergies
grises) soit une multiplication par 3 du nombre de watts utilisés en
Suisse en 1960.
Lausanne, mars 2012
Estimation du coût de production en CHF
Type d’énergie
Hydraulique
Nucléaire
Photovoltaïque
Eolienne
Biomasse
La consommation d’électricité des ménages
représente environ 30% de la consommation suisse,
l’industrie en consomme 33%, les services 26%, les
transports 8% et l’agriculture 2%.
En 15 ans, malgré des appareils électriques toujours
plus économes, la consommation d’électricité a
augmenté de près de 20%, pour une augmentation
de population de 10%.
L’informatisation de la société, la téléphonie mobile
ou l’augmentation des systèmes de sécurité et de
surveillance sont les principales causes de cette
augmentation.
Pénurie d’électricité en vue ?
12000
Source: www.societe2000watts.com, Graphique: Novantlantis
Dossier de presse électronique : www.alliancesud.ch/fr/documentation/projets/la-jeunesse-debat/nucleaire
Association luttant contre les centrales nucléaires : www.sortirdunucleaire.ch
Service d’information des entreprises productrices d’électricité nucléaire : www.energienucleaire.ch
Statistiques sur l’état et l’évolution de la Suisse dans de nombreux domaines : www.statistique.admin.ch
Auteur : Fondation Dialogue et Jérôme Diserens
?
Rue de la Tour 16 – 1004 Lausanne
Téléphone +41 (0)21 311 28 05
[email protected]
www.lajeunessedebat.ch
La Suisse importe presque autant de courant qu’elle en exporte.
Liens internet
•
•
•
•
Av. de Cour 1 - 1007 Lausanne
Téléphone +41 (0)21 612 00 81
[email protected]
www.globaleducation.ch
Coût de production d’un kWh
0,04 .- à 0,12 .0,05 .- à 0,10 .0,70 .- à 1,40 .0,20 .- à 0,50 .0,10 .- à 0,30 .-
Certaines prévisions voient un début de pénurie dès
2020. Les causes principales seraient les suivantes :
• Trois centrales nucléaires arrivent à terme entre
2019 et 2020.
• Le pétrole et ses dérivés sont progressivement
remplacés par de l’énergie électrique (trains et
voitures électriques, pompes à chaleur à la place
du chauffage au mazout …).
• Les contrats d’importation arriveront à échéance
à partir de 2018.
• La population croît et la consommation
augmente.
Comment pallier cette pénurie d’électricité ? Peuton diminuer sa consommation à l’heure où de plus
en plus d’objets technologiques sont proposés aux
consommateurs ? Certaines initiatives, comme la
société à 2000 watts, vont dans ce sens en proposant
aux personnes qui vivent dans les pays «riches» de
n’utiliser que 2’000 Watts (toute énergie confondue)
en gardant le même confort et qualité de vie. Dans
quelle mesure un tel objectif est-il réaliste ?
Faut-il
sortir du nucléaire ?
Dans le monde, il y a actuellement 441 centrales
nucléaires, 60 en construction ainsi que 200
nouveaux projets.
Les estimations sur la durée des réserves
d’uranium varient de 30 à 160 ans. Ces
estimations dépendent principalement du prix
plafond pour l’extraction du minerai et de la
quantité de nouvelles centrales à venir.
Depuis 1991, le niveau de production
d’uranium est passé au-dessous du niveau de
consommation mondiale et de nombreux pays
puisent dans leurs réserves d’uranium militaire
pour alimenter leurs centrales.
Les principaux pays producteurs sont le Canada,
l’Australie, le Kazakhstan, le Niger et la Russie.
La récente catastrophe de Fukushima, dont les conséquences sont
difficilement estimables, a prouvé que le risque zéro n’existe pas pour les
centrales nucléaires et que certains dangers peuvent être sous-estimés,
même dans des pays développés comme le Japon. Il a été prouvé que
les exploitants de la centrale avaient minimisé la gravité de la situation,
principalement pour des raisons économiques.
En 1986, l’explosion de la centrale de Tchernobyl (Ukraine) a été la cause de
4000 à plus de 200 000 décès avérés ou à venir, selon les estimations.
En Suisse, en mars 2012, le Tribunal administratif fédéral a statué sur la
fermeture de la centrale de Mühleberg dès la fin du premier semestre 2013.
Il se peut qu’il y ait encore des oppositions à cette décision.
De plus petits incidents impliquant des rejets radioactifs dans l’environnement
sont fréquents; ils sont déclarés sans danger pour l’environnement par les
entreprises électriques.
L’énergie nucléaire est également dépendante des conditions climatiques.
Lors des canicules de 2003 et de 2006, des centrales ont dû être arrêtées par
manque d’eau, nécessaire au refroidissement de la centrale.
CONTRE
« L’atome est la seule source d’énergie capable de nous
sauver des gaz à effet de serre. L’opposition à l’énergie
nucléaire est fondée sur des peurs irrationnelles. »
James Lovelock, écologiste pro-nucléaire, Sunday Times, février 2009.
« Mühleberg a permis d’éviter le
rejet de plus de 30 millions de
tonnes de CO2 dans l’atmosphère.
Sans cette contribution et celle
des autres centrales nucléaires,
la Suisse ne pourrait jamais
respecter les accords de Kyoto. »
Partisans d’une prolongation de l’exploitation de
la centrale de Muhleberg, consulté sur muhleberg.oui.ch en novembre 2009.
« L’influence du prix de l’uranium sur
le coût de l’électricité est minime: en
Suisse, il n’entre que pour 5% environ
dans le prix de revient. Cela signifie
que même en cas d’une éventuelle
hausse importante du prix de l’uranium,
le prix de l’électricité n’augmenterait
que de façon très limitée. »
energienucleaire.ch, consulté en novembre 2009.
Traitement des déchets
Risques d’accidents
Réserves d’uranium
Faut-il sortir
« J’attire l’attention sur le fait que notre planète ne pourra
pas vivre seulement avec l’énergie du vent ou du soleil. Et
que la recherche dans de nouvelles formes de génération
d’électricité nucléaire ne doit pas être stoppée. »
Carlo Rubbia, Prix Nobel de physique, Le Temps, 29.11.11.
« La grande efficacité
énergétique du nucléaire
réside dans l’énorme
quantité d’énergie que
recèle l’uranium. 1 kg
d’uranium naturel produit
autant d’énergie que
10 000 kg de charbon, ou
4900 kg de gaz naturel. »
energienucleaire.ch, consulté en
novembre 2009.
« Pour produire la même
quantité d’énergie que la
plus petite de nos centrales
nucléaires, il faudrait
recouvrir de panneaux
solaires l’équivalent de
2500 terrains de football,
pour une énergie à un prix
quinze fois supérieur ! »
Christophe Reymond, directeur du
centre patronal, 24 heures, 30.10.09.
« Dès lors que l’on ignore encore
quand et comment il sera possible
de se passer de l’énergie nucléaire,
l’absence de solution de remplacement
crédibles menace la sécurité
d’approvisionnement de la Suisse. »
Communiqué de presse d’economiesuisse, 08.06.11.
« La technologie nucléaire est bien
maîtrisée, son coût est favorable, elle ne
dégage que peu de CO2 et la gestion des
déchets est en bonne voie. Il n’y a dès
lors pas de raisons d’opposer, aujourd’hui,
le nucléaire au renouvelable. »
Laurent Favre, conseiller national radical, Le temps,
22.12.08.
« Importer massivement du courant de
l’étranger n’est pas une bonne solution.
Cela nous rendrait dépendants du bon
vouloir de nos voisins. Comme nous ne
faisons pas partie de l’Union Européenne,
nous ne serions pas forcément les
premiers servis, ou alors nous serions
contraints de payer le prix fort. »
Cristina Gaggini, directrice romande d’Economiesuisse,
Tribune de Genève, 26.03.11.
Les activités nucléaires produisent
des déchets radioactifs qui restent
potentiellement dangereux durant
des centaines, voire des milliers
d’années.
La loi sur l’énergie nucléaire
impose, depuis 1993, que les
déchets soient stockés en Suisse
dans un dépôt en couches
géologiques profondes. Ce site
n’a pas encore été trouvé, mais la
construction des dépôts finaux est
prévue pour 2030-2040.
En attendant, les déchets sont
conditionnés et sous surveillance
dans des entrepôts à Würenlingen
(Argovie).
du nucléaire
Les nouvelles énergies renouvelables
La principale énergie renouvelable utilisée
actuellement en Suisse est l’hydraulique.
Les nouvelles sources sont :
- le soleil : les panneaux solaires
photovoltaïques sont pour l’instant plutôt
réservés à des petites constructions privées.
- le vent : une trentaine d’éoliennes sont
actuellement exploitées en Suisse.
- la biomasse : des centrales thermiques
utilisent du bois comme combustible (certaines
le font également avec des déchets ménagers).
- la chaleur terrestre : des centrales
géothermiques transforment la chaleur
des sous-sols en électricité.
« À ma connaissance, nous n’avons pas d’étude approfondie
sur les coûts réels du nucléaire à long terme, et pour cause:
aucune centrale suisse n’a été désaffectée pour le moment, si
ce n’est celle de Lucens, et partiellement seulement. »
Gisèle Ory, conseillère aux états socialiste, 07.03.07.
www.global-chance.org, consulté
le 1er mars 2012.
Le protocole de Kyoto (1997) fixe des
objectifs de réduction des émissions
de gaz à effet de serre, responsables
du réchauffement climatique. Pour les
pays industrialisés, les émissions de
CO2 doivent être inférieures de 5,2% à
celles de 1990 d’ici 2012. La Suisse et
l’Union européenne se sont engagées
à les réduire de 8%.
La majeure partie du CO2 émis en Suisse
provient de la combustion du pétrole et
de ses dérivés, principalement pour le
chauffage et les transports.
La poursuite de la production d’énergie
nucléaire, non émettrice de gaz à
effet de serre, en Suisse pourrait lui
permettre de réduire ses émissions de
CO2.
POUR
?
« A en croire le lobby
nucléaire, « il n’y a pas
d’alternative »... Est-il
alors illusoire de penser un
autre avenir ? Sommesnous vraiment condamnés
au nucléaire ? »
Emissions de gaz carbonique (CO2)
« Si l’Allemagne a installé
quatre cents fois plus de
panneaux solaires par
habitant que nous, ce n’est
pas parce que le soleil leur
accorde plus de rayons,
mais parce qu’une volonté
politique a décidé d’agir. »
Stéphane Montangero, WWF,
septembre 2009.
« Les abords des centrales sont contaminés
par de la radioactivité au point qu’une
étude allemande vient de démontrer qu’il
y a une recrudescence importante des
leucémies chez les enfants de moins de
5 ans dans un rayon de 50 km autour
des centrales nucléaires allemandes. »
Christian van Singer, conseiller national vert,
citant une étude parue en novembre 07.
« Si tout va bien le démontage des
réacteurs sera achevé en 2014, mais les
opérations de décontamination vont durer
bien au-delà. Il nous faudra des dizaines et
des dizaines d’années pour tout nettoyer. »
Marlies Philip, porte parole de la centrale de Lubmin
(D) fermée en 1990, tsr, 19 décembre 2011.
« Depuis 2001, le prix de l’uranium a été multiplié par 10,
passant de 7 dollars la livre a plus de 75 dollars en 2007.
Cette augmentation massive du prix de l’uranium montre
bien l’incertitude qui règne autour de sa production. »
Isabelle Chevalley, présidente d’Ecologie libérale, le Temps, 16.06.08.
« Les dangers incommensurables attachés au changement
climatique devraient donc être “combattus” par les dangers
incommensurables liés aux centrales nucléaires. »
Ulrich Beck, sociologue, die Zeit, 26.02.09.
« Il reste une inquiétude sur la mise en application
de ces motions (de sortie du nucléaire) à travers
des lois qui n’interviendra que d’ici une année et
demi. Fukushima sera alors très loin et les élections
aussi. C’est pour cela que nous maintenons notre
initiative car la sortie effective du nucléaire n’est
pas aujourd’hui dans les textes de lois suisses. »
Antonio Hodgers, conseiller national Vert, rsr, 29 septembre 2011.
Faut-il
sortir du nucléaire ?
Dans le monde, il y a actuellement 441 centrales
nucléaires, 60 en construction ainsi que 200
nouveaux projets.
Les estimations sur la durée des réserves
d’uranium varient de 30 à 160 ans. Ces
estimations dépendent principalement du prix
plafond pour l’extraction du minerai et de la
quantité de nouvelles centrales à venir.
Depuis 1991, le niveau de production
d’uranium est passé au-dessous du niveau de
consommation mondiale et de nombreux pays
puisent dans leurs réserves d’uranium militaire
pour alimenter leurs centrales.
Les principaux pays producteurs sont le Canada,
l’Australie, le Kazakhstan, le Niger et la Russie.
La récente catastrophe de Fukushima, dont les conséquences sont
difficilement estimables, a prouvé que le risque zéro n’existe pas pour les
centrales nucléaires et que certains dangers peuvent être sous-estimés,
même dans des pays développés comme le Japon. Il a été prouvé que
les exploitants de la centrale avaient minimisé la gravité de la situation,
principalement pour des raisons économiques.
En 1986, l’explosion de la centrale de Tchernobyl (Ukraine) a été la cause de
4000 à plus de 200 000 décès avérés ou à venir, selon les estimations.
En Suisse, en mars 2012, le Tribunal administratif fédéral a statué sur la
fermeture de la centrale de Mühleberg dès la fin du premier semestre 2013.
Il se peut qu’il y ait encore des oppositions à cette décision.
De plus petits incidents impliquant des rejets radioactifs dans l’environnement
sont fréquents; ils sont déclarés sans danger pour l’environnement par les
entreprises électriques.
L’énergie nucléaire est également dépendante des conditions climatiques.
Lors des canicules de 2003 et de 2006, des centrales ont dû être arrêtées par
manque d’eau, nécessaire au refroidissement de la centrale.
CONTRE
« L’atome est la seule source d’énergie capable de nous
sauver des gaz à effet de serre. L’opposition à l’énergie
nucléaire est fondée sur des peurs irrationnelles. »
James Lovelock, écologiste pro-nucléaire, Sunday Times, février 2009.
« Mühleberg a permis d’éviter le
rejet de plus de 30 millions de
tonnes de CO2 dans l’atmosphère.
Sans cette contribution et celle
des autres centrales nucléaires,
la Suisse ne pourrait jamais
respecter les accords de Kyoto. »
Partisans d’une prolongation de l’exploitation de
la centrale de Muhleberg, consulté sur muhleberg.oui.ch en novembre 2009.
« L’influence du prix de l’uranium sur
le coût de l’électricité est minime: en
Suisse, il n’entre que pour 5% environ
dans le prix de revient. Cela signifie
que même en cas d’une éventuelle
hausse importante du prix de l’uranium,
le prix de l’électricité n’augmenterait
que de façon très limitée. »
energienucleaire.ch, consulté en novembre 2009.
Traitement des déchets
Risques d’accidents
Réserves d’uranium
Faut-il sortir
« J’attire l’attention sur le fait que notre planète ne pourra
pas vivre seulement avec l’énergie du vent ou du soleil. Et
que la recherche dans de nouvelles formes de génération
d’électricité nucléaire ne doit pas être stoppée. »
Carlo Rubbia, Prix Nobel de physique, Le Temps, 29.11.11.
« La grande efficacité
énergétique du nucléaire
réside dans l’énorme
quantité d’énergie que
recèle l’uranium. 1 kg
d’uranium naturel produit
autant d’énergie que
10 000 kg de charbon, ou
4900 kg de gaz naturel. »
energienucleaire.ch, consulté en
novembre 2009.
« Pour produire la même
quantité d’énergie que la
plus petite de nos centrales
nucléaires, il faudrait
recouvrir de panneaux
solaires l’équivalent de
2500 terrains de football,
pour une énergie à un prix
quinze fois supérieur ! »
Christophe Reymond, directeur du
centre patronal, 24 heures, 30.10.09.
« Dès lors que l’on ignore encore
quand et comment il sera possible
de se passer de l’énergie nucléaire,
l’absence de solution de remplacement
crédibles menace la sécurité
d’approvisionnement de la Suisse. »
Communiqué de presse d’economiesuisse, 08.06.11.
« La technologie nucléaire est bien
maîtrisée, son coût est favorable, elle ne
dégage que peu de CO2 et la gestion des
déchets est en bonne voie. Il n’y a dès
lors pas de raisons d’opposer, aujourd’hui,
le nucléaire au renouvelable. »
Laurent Favre, conseiller national radical, Le temps,
22.12.08.
« Importer massivement du courant de
l’étranger n’est pas une bonne solution.
Cela nous rendrait dépendants du bon
vouloir de nos voisins. Comme nous ne
faisons pas partie de l’Union Européenne,
nous ne serions pas forcément les
premiers servis, ou alors nous serions
contraints de payer le prix fort. »
Cristina Gaggini, directrice romande d’Economiesuisse,
Tribune de Genève, 26.03.11.
Les activités nucléaires produisent
des déchets radioactifs qui restent
potentiellement dangereux durant
des centaines, voire des milliers
d’années.
La loi sur l’énergie nucléaire
impose, depuis 1993, que les
déchets soient stockés en Suisse
dans un dépôt en couches
géologiques profondes. Ce site
n’a pas encore été trouvé, mais la
construction des dépôts finaux est
prévue pour 2030-2040.
En attendant, les déchets sont
conditionnés et sous surveillance
dans des entrepôts à Würenlingen
(Argovie).
du nucléaire
Les nouvelles énergies renouvelables
La principale énergie renouvelable utilisée
actuellement en Suisse est l’hydraulique.
Les nouvelles sources sont :
- le soleil : les panneaux solaires
photovoltaïques sont pour l’instant plutôt
réservés à des petites constructions privées.
- le vent : une trentaine d’éoliennes sont
actuellement exploitées en Suisse.
- la biomasse : des centrales thermiques
utilisent du bois comme combustible (certaines
le font également avec des déchets ménagers).
- la chaleur terrestre : des centrales
géothermiques transforment la chaleur
des sous-sols en électricité.
« À ma connaissance, nous n’avons pas d’étude approfondie
sur les coûts réels du nucléaire à long terme, et pour cause:
aucune centrale suisse n’a été désaffectée pour le moment, si
ce n’est celle de Lucens, et partiellement seulement. »
Gisèle Ory, conseillère aux états socialiste, 07.03.07.
www.global-chance.org, consulté
le 1er mars 2012.
Le protocole de Kyoto (1997) fixe des
objectifs de réduction des émissions
de gaz à effet de serre, responsables
du réchauffement climatique. Pour les
pays industrialisés, les émissions de
CO2 doivent être inférieures de 5,2% à
celles de 1990 d’ici 2012. La Suisse et
l’Union européenne se sont engagées
à les réduire de 8%.
La majeure partie du CO2 émis en Suisse
provient de la combustion du pétrole et
de ses dérivés, principalement pour le
chauffage et les transports.
La poursuite de la production d’énergie
nucléaire, non émettrice de gaz à
effet de serre, en Suisse pourrait lui
permettre de réduire ses émissions de
CO2.
POUR
?
« A en croire le lobby
nucléaire, « il n’y a pas
d’alternative »... Est-il
alors illusoire de penser un
autre avenir ? Sommesnous vraiment condamnés
au nucléaire ? »
Emissions de gaz carbonique (CO2)
« Si l’Allemagne a installé
quatre cents fois plus de
panneaux solaires par
habitant que nous, ce n’est
pas parce que le soleil leur
accorde plus de rayons,
mais parce qu’une volonté
politique a décidé d’agir. »
Stéphane Montangero, WWF,
septembre 2009.
« Les abords des centrales sont contaminés
par de la radioactivité au point qu’une
étude allemande vient de démontrer qu’il
y a une recrudescence importante des
leucémies chez les enfants de moins de
5 ans dans un rayon de 50 km autour
des centrales nucléaires allemandes. »
Christian van Singer, conseiller national vert,
citant une étude parue en novembre 07.
« Si tout va bien le démontage des
réacteurs sera achevé en 2014, mais les
opérations de décontamination vont durer
bien au-delà. Il nous faudra des dizaines et
des dizaines d’années pour tout nettoyer. »
Marlies Philip, porte parole de la centrale de Lubmin
(D) fermée en 1990, tsr, 19 décembre 2011.
« Depuis 2001, le prix de l’uranium a été multiplié par 10,
passant de 7 dollars la livre a plus de 75 dollars en 2007.
Cette augmentation massive du prix de l’uranium montre
bien l’incertitude qui règne autour de sa production. »
Isabelle Chevalley, présidente d’Ecologie libérale, le Temps, 16.06.08.
« Les dangers incommensurables attachés au changement
climatique devraient donc être “combattus” par les dangers
incommensurables liés aux centrales nucléaires. »
Ulrich Beck, sociologue, die Zeit, 26.02.09.
« Il reste une inquiétude sur la mise en application
de ces motions (de sortie du nucléaire) à travers
des lois qui n’interviendra que d’ici une année et
demi. Fukushima sera alors très loin et les élections
aussi. C’est pour cela que nous maintenons notre
initiative car la sortie effective du nucléaire n’est
pas aujourd’hui dans les textes de lois suisses. »
Antonio Hodgers, conseiller national Vert, rsr, 29 septembre 2011.
Le débat en Suisse
Ailleurs dans le monde
L’article 89 de la Constitution Fédérale prévoit que « dans le cadre
de leurs compétences respectives, la Confédération et les cantons
s’emploient à promouvoir un approvisionnement énergétique
suffisant, diversifié, sûr, économiquement optimal et respectueux de
l’environnement, ainsi qu’une consommation économe et rationnelle de
l’énergie. »
Pour respecter cet article et afin de compenser les manques
qu’occasionnera la fermeture des centrales, le Conseil Fédéral envisage
différentes pistes dans le cadre de la « stratégie énergétique 2050 :
• Développement des énergies renouvelables
• Améliorations du système de distribution et économies d’énergie
• Construction de centrales à gaz et hydrauliques
• Augmentation de l’importation d’électricité
• Nouvelle politique fiscale
Un projet est en cours et sera soumis à consultation d’ici l’été 2012.
Par ailleurs, divers initiatives sont promues par les partis politiques. Les
Verts ont déposé en mai 2011 une initiative intitulée « Pour la sortie
programmée de l’énergie nucléaire ». Elle demande une fermeture plus
rapide des centrales que ce qui a été décidé par le Conseil fédéral.
L’initiative « Cleantech » lancée par le Parti Socialiste demande,
entre autre, que l’apport des énergies renouvelables atteigne 50% de
l’énergie consommée d’ici à 2030. Cette initiative à été rejetée par le
Conseil Fédéral sans contre-projet.
Partout dans le monde, le nucléaire revient
régulièrement à l’agenda politique. Suite
aux catastrophes de Tchernobyl, puis
de Fukushima, certains pays (Australie,
Danemark, Italie Norvège, Allemagne, ... ) ont
interdit la construction de nouvelles centrales.
Dans certains de ces pays, les discussions se
poursuivent. Autriche, l’exploitation d’énergie
nucléaire est interdite depuis 1999. En 2011,
l’Allemagne a confirmé l’arrêt de ses dernières
centrales pour 2022.
Les pays les plus gros producteurs d’électricité
nucléaire (USA, France, Russie, Angleterre ...)
n’envisagent pas de se passer de cette source
d’énergie. Au Japon, trois quarts des centrales
sont à l’arrêt pour des raisons techniques
et politiques. Leur remise en activité est en
discussion.
Est-ce réellement pertinent de « sortir » du
nucléaire en Suisse si la France qui exploite
une cinquantaine de centrales juste à côté ne
s’y résoud pas ?
Uranium et radioactivité
L’uranium nécessaire au fonctionnement des centrales nucléaires est un métal que l’on trouve principalement dans la roche.
Une fois extrait, le minerai contenant de l’uranium est traité chimiquement, raffiné, et doit encore être « enrichi », concentré.
L’uranium est un élément radioactif. La radioactivité est un phénomène dans lequel des noyaux (d’où le « nucléaire ») d’atomes
se désintègrent pour donner un nouvel élément, tout en dégageant de l’énergie. La radioactivité existe naturellement. Produite
par l’homme, elle est utilisée dans des domaines comme la médecine, l’industrie ou l’armement. A certaines doses, elle peut
causer des cancers.
Lexique
Kilowattheure (kWh) : Unité d’énergie. Représente la quantité d’énergie
utilisée ou produite par un appareil d’une puissance de 1kW (1000 W)
pendant une heure.
Photovoltaïque : Le soleil produit deux formes d’énergie : de la lumière
(photons) et de la chaleur. Les panneaux solaires photovoltaïques
transforment l’énergie des photons en électricité.
Biomasse : Végétaux pouvant être utilisés pour produire de l’énergie.
CO2 : Gaz carbonique. La combustion, comme la respiration, consomme de
l’oxygène et rejette du gaz carbonique.
Energie : L’énergie désigne toute ce qui permet de faire fonctionner quelque
chose, de faire un travail, de produire une action ou un mouvement, ainsi
que de créer de la chaleur et de la lumière.
Les centrales dites
« de nouvelle génération »
Un nouveau type de centrales est présenté
comme une solution aux dangers actuels du
nucléaire. Fonctionnant au Thorium, elles
présenteraient de nombreux avantages tels
qu’une durée de vie des déchets beaucoup
plus faible, de grandes réserves mondiales et
l’absence de risque d’explosion. Le Thorium
est un métal dont la combustion permettrait
de produire de l’électricité en quantité, tout
en réduisant les risques de l’Uranium, le
métal utilisé jusqu’à présent dans la plupart
des centrales nucléaires. Des recherches
sont en cours.
Faut-il sortir du nucléaire ?
Alors qu’il était favorable au renouvellement des centrales nucléaires, le gouvernement suisse a, suite aux accidents
nucléaires de Fukushima, annoncé la fermeture progressive des centrales nucléaires du pays. Elle est prévue de
2019 à 2034, et tient compte de la durée de vie d’environ 50 ans des centrales actuelles. La recherche dans le
domaine nucléaire ne sera toutefois pas abandonnée, laissant une porte ouverte à d’autres types de centrales, dites
de nouvelle génération.
Cette sortie programmée implique de mettre en place une nouvelle stratégie énergétique. Pour pallier la disparition
d’électricité produite par le nucléaire il existe plusieurs pistes. Il est prévu de développer la production à partir de
sources d’énergies renouvelables, de réduire les pertes ou le gaspillage énergétiques, d’augmenter les importations
(souvent d’énergie nucléaire), de construire des centrales à gaz ou de taxer davantage la consommation.
Les technologies issues du nucléaire permettent de produire beaucoup d’électricité à bas prix en n’émettant que peu
de gaz à effet de serre (CO2). Mais elles posent des problèmes comme celui de la gestion des déchets radioactifs,
des risques d’accidents, de la quantité de réserves d’uranium ou de l’estimation exacte de leur coût. Peut-on vraiment
s’en passer aujourd’hui ?
Production d’électricité en Suisse
Consommation d’électricité en Suisse Actuellement, les cinq centrales nucléaires assurent 39% de la
production d’électricité en Suisse.
L’énergie hydraulique (centrales à accumulation ou barrages et
centrales au fil de l’eau) représente 56%. Les centrales thermiques
classiques représentent 3% et les nouvelles énergies renouvelables
(énergie éolienne et énergie solaire) 2%.
Consommation de Watts dans le monde
2000 Watts représente, à peu près, la moyenne mondiale en 2005.
Consommation en Watts par personne et par pays:
En comparaison:
L’Europe de l’ouest
est à 6’000 watts,
12’000 watts aux USA,
1’500 watts en Chine,
1’000 watts en Inde,
300 watts au Bangladesh
10000
8000
6000
4000
2000
0
Bangladesh China
World
Western
Europe
USA
En Suisse, la moyenne est a 6’000 watts (y compris les énergies
grises) soit une multiplication par 3 du nombre de watts utilisés en
Suisse en 1960.
Lausanne, mars 2012
Estimation du coût de production en CHF
Type d’énergie
Hydraulique
Nucléaire
Photovoltaïque
Eolienne
Biomasse
La consommation d’électricité des ménages
représente environ 30% de la consommation suisse,
l’industrie en consomme 33%, les services 26%, les
transports 8% et l’agriculture 2%.
En 15 ans, malgré des appareils électriques toujours
plus économes, la consommation d’électricité a
augmenté de près de 20%, pour une augmentation
de population de 10%.
L’informatisation de la société, la téléphonie mobile
ou l’augmentation des systèmes de sécurité et de
surveillance sont les principales causes de cette
augmentation.
Pénurie d’électricité en vue ?
12000
Source: www.societe2000watts.com, Graphique: Novantlantis
Dossier de presse électronique : www.alliancesud.ch/fr/documentation/projets/la-jeunesse-debat/nucleaire
Association luttant contre les centrales nucléaires : www.sortirdunucleaire.ch
Service d’information des entreprises productrices d’électricité nucléaire : www.energienucleaire.ch
Statistiques sur l’état et l’évolution de la Suisse dans de nombreux domaines : www.statistique.admin.ch
Auteur : Fondation Dialogue et Jérôme Diserens
?
Rue de la Tour 16 – 1004 Lausanne
Téléphone +41 (0)21 311 28 05
[email protected]
www.lajeunessedebat.ch
La Suisse importe presque autant de courant qu’elle en exporte.
Liens internet
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Av. de Cour 1 - 1007 Lausanne
Téléphone +41 (0)21 612 00 81
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Coût de production d’un kWh
0,04 .- à 0,12 .0,05 .- à 0,10 .0,70 .- à 1,40 .0,20 .- à 0,50 .0,10 .- à 0,30 .-
Certaines prévisions voient un début de pénurie dès
2020. Les causes principales seraient les suivantes :
• Trois centrales nucléaires arrivent à terme entre
2019 et 2020.
• Le pétrole et ses dérivés sont progressivement
remplacés par de l’énergie électrique (trains et
voitures électriques, pompes à chaleur à la place
du chauffage au mazout …).
• Les contrats d’importation arriveront à échéance
à partir de 2018.
• La population croît et la consommation
augmente.
Comment pallier cette pénurie d’électricité ? Peuton diminuer sa consommation à l’heure où de plus
en plus d’objets technologiques sont proposés aux
consommateurs ? Certaines initiatives, comme la
société à 2000 watts, vont dans ce sens en proposant
aux personnes qui vivent dans les pays «riches» de
n’utiliser que 2’000 Watts (toute énergie confondue)
en gardant le même confort et qualité de vie. Dans
quelle mesure un tel objectif est-il réaliste ?