EXAMEN PARASITOLOGIQUE DES SELLES
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EXAMEN PARASITOLOGIQUE DES SELLES
EXAMEN PARASITOLOGIQUE DES SELLES INDICATIONS ET LIMITES DE L’ANALYSE COPROLOGIQUE Les indications de la coprologie portent sur la mise en évidence de parasites de l’appareil digestif et de ses annexes ainsi que de parasites dont les adultes ont une localisation vasculaire (Schistosomes) ou pulmonaire (Douve du poumon). Les possibilités de l’analyse des selles sont limitées par la biologie de certains parasites : - L’analyse coprologique est négative pendant la phase d’invasion des vers (migration larvaire) qui varie de quinze jours à trois mois selon les vers. Pendant cette période, l’orientation biologique (Eosinophilie) est un élément à prendre en considération, et on doit s’orienter vers des méthodes immunologiques permettant un diagnostic plus précoce. - L’élimination des formes parasitaires de dissémination est variable dans le temps, d’où la nécessité de répéter les analyses. - Cas particulier du dépistage des Oxyures grâce au Scotch test ; les œufs de Taenia peuvent occasionnellement être mis en évidence par ce prélèvement. REPETITION DES EXAMENS Trois analyses effectuées sur des selles recueillies séparément à quelques jours d’intervalle, peuvent garantir une sécurité satisfaisante au diagnostic . La troisième peut être pratiquée après réactivation par un purgatif salin (sulfate de magnésium à raison de 5g par jour, 2 à 3 jours de suite). Cette épreuve présente un intérêt plus particulier dans les Protozooses et dans la Strongyloïdose. RENSEIGNEMENTS QUI ORIENTENT LA CONDUITE DE L’EXAMEN Il faut fournir au biologiste certains éléments d’orientation qui le guideront dans le choix des techniques à mettre en œuvre. Ces éléments sont : - Le statut immunitaire du patient. - L’origine géographique du malade : A- t- il quitté la France continentale? A- t- il séjourné en zone intertropicale? - Signes cliniques principaux : diarrhée, prurit, douleurs abdominales, fièvre. - Eosinophilie sanguine. RECUEIL DES SELLES - S’abstenir de prendre des médicaments à base de charbon, de sels de baryum, de magnésie, d’huiles purgatives, suppositoires, plusieurs jours avant d’envisager l’examen. - Eviter les aliments qui laissent beaucoup de résidus (crudités notamment peau de tomates, pommes de terre, petits pois, peau de pêche, poires, figues), ou des graisses ( noix, olives, cacahuètes, avocats). Trois jours avant l’examen, éliminer de l’alimentation les féculents, crudités, fruits et remplacer par pâtes, riz, poisson, laitages. - Recueillir la totalité de l’émission fécale dans un récipient en plastique transparent hermétiquement fermé, et séparément des urines. Maintenir à température ambiante (sans refroidissement) et faire parvenir le plus rapidement possible au laboratoire. Proscrire une réfrigération qui détruirait les formes végétatives de Protozoaires et les larves de Strongles, diminuerait la viabilité des œufs pour lesquels on envisage une coproculture. - En cas de diarrhée, préférer l’émission des selles au laboratoire pour un examen dans l’heure qui suit. - Si l’examen doit être différé, un prélèvement de glaires ou de selles liquides est mélangé à un fixateur, aussitôt la défécation, afin de préserver les formes végétatives de Protozoaires. Deux fixateurs sont classiquement utilisés : MIF : Merthiolate-Iode-Formol : 2,35 ml de solution M.F. seront ajoutés à 0,15ml de la solution iodée (et non l’inverse), dans les quelques secondes qui précèdent l’addition de l’échantillon fécal (volume équivalent à la valeur de deux pois). Bien agiter le tube à hémolyse. Le prélèvement se fera ultérieurement au niveau supérieur de la couche sédimentée. La chromatine n’est pas colorée, la membrane nucléaire prend une teinte rouge foncé, le cytoplasme rouge. Solution mère stable de MF : - Eau distillée - Teinture de merthiolate n°99 à 0,1% Lilly - Formol - Glycérine Solution iodée de Lugol fraîchement préparée - Iode 5g - Iodure de potassium 10 g - Eau distillée 100 ml 250 ml 200 ml 25 ml 5 ml APV : Alcool polyvinylique : mélanger dans un tube à hémolyse 1volume de glaires ou de selles avec 3 volumes d’APV. On peut confectionner un frottis mince qui sera séché une nuit à 37° C; ce procédé permet l’expédition d’une lame. Le frottis sera soumis ultérieurement à une coloration élective (Noir chlorazol, Hématoxyline). (Voir formule APV avec technique de coloration) CONSEQUENCES D’UN RETARD A EFFECTUER L’EXAMEN - - Destruction des formes trophozoïtes des Protozoaires. Métamorphose des larves rhabditoïdes de Strongles en larves strongyloïdes en moins de 24 heures. Au contraire, lors d’un transit accéléré, les larves de Strongles peuvent encore se trouver dans l’enveloppe de l’œuf pas tout à fait éclos. Embryonnement des œufs d’Ancylostoma et de Necator pouvant aller jusqu’à la libération de larves qu’il faudra différencier avec celles des Strongles. Pas d’influence sur les autres œufs de vers ni sur les kystes de Protozoaires. EXAMEN MACROSCOPIQUE DE LA SELLE La consistance de la selle est un élément important qui conditionnera la présence ou l’absence de formes parasitaires. On doit noter la présence d’éléments non parasitaires : mucus, sang, résidus alimentaires, lambeaux de desquamation de la muqueuse intestinale. Il faut observer la présence éventuelle de certains parasites : - Nématodes : Oxyures et Ascaris adultes. - Cestodes : anneaux de Taenia (parfois animés de mouvements), scolex recherchés après thérapeutique. - Trématodes : ce n’est qu’à la suite d’une thérapeutique que les Douves adultes peuvent être expulsées. Les Nématodes seront lavés en eau physiologique, puis fixés au Demke : Fixateur de Demke : Formol commercial : 15 ml Acide acétique crist. : 5 ml Glycérol : 10 ml Alcool éthylique à 95° : 24ml Eau distillée : 46 ml Le fixateur doit être versé bouillant sur les vers, dans un récipient que l’on ferme ; il doit agir au moins 2 heures. Les Cestodes doivent être lavés en eau physiologique puis éclaircis au Chloral-lactophénol : Chloral-lactophénol : Hydrate de chloral cristallisé 50g Phénol 25g Acide lactique 25g L’éclaircissement s’effectue entre lame et lamelle au dessus de la veilleuse du bec de gaz en renouvelant le réactif au fur et à mesure de son évaporation. Les Trématodes, d’abord lavés en eau physiologique devront subir ensuite un relâchement une nuit à 4°C dans de l’eau ordinaire, et seront enfin fixés par le réactif de Demke. Remarque : de mauvaises conditions de recueil des selles ou l’ingestion de certains aliments (fromages) peuvent expliquer la présence exceptionnelle de larves de Brachycères. ETALONNAGE DU MICROSCOPE La mensuration des éléments parasitaires est souvent primordiale pour leur identification. Matériel : - un micromètre – objet qui est une lame de verre portant en son milieu un trait de 1 mm divisé en 100 parties. La distance séparant deux traits contigus est donc de 10 m. - un oculaire micrométrique qui est un oculaire comportant une échelle graduée. Réalisation : - Remplacer l’oculaire normal par l’oculaire micrométrique. - Disposer sur la platine du microscope le micromètre-objet. - Etablir la mise au point des 2 échelles et faire coïncider les « O » des deux échelles. - On repère une division du micromètre oculaire qui se superpose exactement à une division du micromètre-objet (ces deux divisions doivent être recherchées le plus loin possible du « O », de façon à obtenir une meilleure précision). On peut ainsi en déduire la longueur de chaque division du micromètre oculaire. Micromètre objet Micromètre oculaire Exemple : 18 divisions du micromètre oculaire couvrent 300 m 1 division couvre donc 16,66 m - L’opération doit être effectuée pour les deux objectifs x10 et x 40. Mesure : L’élément à mesurer étant au point, il suffit de déterminer le nombre de divisions du micromètre oculaire qu’il couvre pour obtenir sa taille. TECHNIQUES DE ROUTINE EXAMEN MICROSCOPIQUE A L’ETAT FRAIS : EXAMEN DIRECT Ses conditions diffèrent selon la nature et la consistance du prélèvement, par suite de la présence éventuelle dans les glaires et les selles liquides, de formes végétatives de Protozoaires dont la fragilité impose des précautions particulières. 1 – Glaires muqueuses ou muco-sanguinolentes Recherche de formes végétatives d’amibes, d’oeufs de Schistosomes. L’analyse doit être faite immédiatement après l’émission, ou éventuellement recueillir les glaires dans un petit récipient fermé hermétiquement et maintenu à la température du laboratoire. Utiliser de préférence, une platine chauffante à 37° C. A l’aide d’un ensemenceur, prélever un fragment de glaire que l’on examinera entre lame et lamelle. Repérer les formes végétatives grâce à leur mouvement, noter l’hématophagie. L’identification des formes végétatives peut être facilitée par une coloration au VF ou au Lugol. Coloration au VF : Violet cristal – Fuchsine basique - Violet Cristal 50 mg - Fuchsine basique 10 mg - Ethanol à 95° 20 ml - Phénol cristallisé fondu 4 ml Après dissolution, ajouter qsp 100 ml d’eau distillée . Une petite goutte de colorant est mélangée au prélèvement avec le coin d’une lamelle ; les structures nucléaires apparaissent foncées, le cytoplasme rose. Coloration au Lugol à 1% - Iode 1g - Iodure de potassium 2g - Eau distillée 100 ml Dissoudre l’iodure de potassium dans le plus petit volume d’eau. Ajouter lentement les cristaux d’iode jusqu’à dissolution. Ajouter le reste d’eau. Filtrer. La chromatine ressort par contraste sur le cytoplasme beige clair. 2 – Selles liquides ou en bouse Recherche de formes végétatives et de kystes de Protozoaires, Coccidies, Microsporidies, oeufs et larves d’Helminthes. Mêmes précautions que précédemment concernant les formes végétatives. C’est le moyen le plus efficace pour diagnostiquer les trophozoïtes de flagellés. La consistance des selles nécessite de délayer la parcelle de matière fécale, prélevée à l’aide d’une anse métallique, avec une goutte d’eau physiologique. 3 – Selles moulées Recherche de kystes de Protozoaires, d’oeufs et larves d’Helminthes. L’examen direct sera effectué parallèlement à la dilution avec le réactif de concentration Acéto-Acétique. Cas particulier d’une suspicion de Bilharziose : effectuer un examen direct d’une dilution du produit de raclage de la surface des selles. EXAMEN MICROSCOPIQUE d’une ou deux techniques de CONCENTRATION STANDARD La méthode de BAILENGER est une technique simple, rapide et efficace pour la mise en évidence du plus grand nombre de parasites. Les techniques de flottation constituent, par leurs indications, un complément de très grande valeur. 1 – Méthodes Diphasiques Technique de BAILENGER : Réactif Acéto – Acétique pH 5 / Ether Principe : la mise en présence de 2 phases non miscibles, l’une aqueuse, l’autre lipophile, permet la réalisation d’un coefficient de partage dont la valeur est conditionnée pour chaque particule fécale par sa balance hydrophile / lipophile. Les parasites se concentrent dans le sédiment. On couple l’examen direct à cette technique de concentration dans le cas d’une selle moulée. Réactif Acéto-Acétique : - Acétate de Na 15g - Acide acétique 3,6 ml - Eau distillée 1 litre Ajuster, si nécessaire, à pH 5 avec Acide acétique. Technique : (illustration pages suivantes) - Triturer dans un verre à pied, avec un agitateur, une partie de matières fécales ( 2 à 5 g), prélevées en différentes zones, dans 5 à 10 parties (selon la consistance fécale) de réactif Acéto – Acétique. Effectuer une dilution homogène en ajoutant le réactif d’autant plus lentement que la selle est dure. - Effectuer un premier prélèvement (1 goutte entre lame et lamelle) en début de dilution pour procéder à un examen direct. Maintenir en chambre humide jusqu’à la lecture. Cette étape est surtout utile pour déceler les oeufs d’Ascaris qui se concentrent mal. - Poursuivre la dilution. - Laisser sédimenter pendant 10 à 30 secondes pour éliminer les gros débris. - Décanter dans un tube à centrifuger (environ moitié du tube), et ajouter sensiblement le même volume d’Ether (ou légèrement moins) en laissant une collerette d’environ 1 cm. - Emulsionner parfaitement en oblitérant l’orifice du tube avec le pouce et en agitant vivement. Dégazer. - Centrifuger 3 mn à 2500 trs/min. 4 couches se superposent. Phase éthérée Débris Phase aqueuse Culot d’enrichissement : PARASITES - Eliminer d’un geste sec les 2 phases liquides et l’anneau de débris après avoir décollé ce dernier des parois du tube avec les mors d’une pince. Remettre rapidement le tube en position horizontale, passer un tampon de coton sur les parois internes du tube pour se débarrasser de toute trace de débris. - Prélever 1 goutte de culot avec une pipette Pasteur après avoir remis en suspension les parasites en agitant le tube. Examiner entre lame et lamelle. La mise en évidence des structures nucléaires des kystes d’amibes peut être facilitée par une coloration au VF ou au Lugol. Indications : Œufs d’helminthes Kystes de Protozoaires Cryptosporidies 2 - Méthodes par Flottation Technique de JANECKSO modifiée :Réactif Iodomercurique (densité 1,440) Réactif Iodomercurique : - Iodure de potassium 53 g - Iodure mercurique (Biiodure de mercure) 10 g - Eau distillée 100 ml Faire dissoudre l’iodure de potassium dans le plus faible volume d’eau ; ajouter le biiodure de mercure peu à peu tout en agitant ; compléter à 100 ml. L’inconvénient est l’action caustique, allergique et polluante du réactif mercuriel. Technique de FAUST : Solution aqueuse de Sulfate de Zinc (densité 1,180) Solution aqueuse de Sulfate de Zinc : solution saturée à 33 % environ. Technique au NaCl (densité 1,2 – pH 2) Réactif : solution saturée de chlorure de sodium à pH 2 - Acide chlohrydrique N 47,7 ml - Eau distillée 952,3 ml - Glycocolle 7,0 g - Chlorure de sodium à saturation Principe : effectuer une dilution fécale avec un liquide plus dense que les éléments parasitaires qui surnagent et se concentrent dans le film superficiel. Une prédilution en eau distillée est préconisée pour le JANECKSO et le FAUST. Pour la technique au NaCl, cette étape est inutile. Technique : (illustration pages suivantes) - Triturer dans un verre à pied, avec un agitateur, 5g de selles prélevées en différentes zones. Diluer progressivement avec de l’eau distillée selon la consistance de la selle (au 1/10 en moyenne). - Tamiser sur un tamis métallique, et remplir un tube à centrifuger. - Centrifuger 2 à 3 mn à 3000 trs/min. Eliminer la phase aqueuse. - La technique de FAUST impose des centrifugations multiples (3 à 4jusqu’à ce que le liquide surnageant soit clair. - Diluer très soigneusement le culot avec le Réactif Iodomercurique ou la Solution de Sulfate de Zinc ajouté progressivement au début, puis en quantité suffisante pour remplir le tube jusqu’à ½ cm du bord. - Centrifuger 2 min à 2000 trs/min. - Prélever, aussitôt après centrifugation, avec une anse métallique plusieurs gouttes du film superficiel et les déposer sur une lame. Méthodes par flottation (suite) Indications : oeufs d’Ankylostomes (d : 1,055), Ascaris fertiles (d : 1,110), Taenia, Schistosomes et Douves sont souvent altérés. Contre-indications : selles riches en lipides Oeufs d’Ascaris infertiles (d : 1,200) Larves d’Helminthes Kystes de Protozoaires EXAMEN D’UNE PREPARATION MICROSCOPIQUE Recherche et identification d’oeufs d’Helminthes et de kystes de Protozoaires Une goutte de la préparation à examiner est portée sur une lame porte-objet et recouverte d’une lamelle 20 x 20 ou 18 x 18. Elle doit être suffisamment mince et uniformément claire pour être facilement et entièrement lisible. On effectue un examen systématique de la préparation selon le schéma suivant : - 1 - On parcourt la lamelle à l’objectif x 10, ce qui permet de repérer les éléments parasitaires; chaque élément intéressant est placé au centre du champ puis observé et mesuré à l’objectif x 40. Ceci permet : - l’identification des oeufs d’Helminthes. - de noter la forme et la taille des kystes de Protozoaires. La lecture de toute la préparation se poursuit ainsi à l’objectif x 10. 2 - L’identification des kystes de Protozoaires s’effectue ensuite à l’objectif x 100 à immersion. Pour cela on repère d’abord à l’objectif x 10 un des kystes précédemment observé, puis après l’avoir parfaitement centré et avoir déposé une goutte d’huile à immersion sur la lamelle, on l’identifie au grossissement x 1000 ( le passage à l’objectif x 40 n’est alors plus possible). 3 - En cas de difficulté quant à l’observation des structures nucléaires des kystes de Protozoaires, il est possible de faciliter l’identification par coloration. Nous conseillons la technique Violet cristal-Fuchsine basique : déposer une goutte du culot d’enrichissement Acéto – Acétique sur une lame ainsi qu’une petite goutte de réactif VF et mélanger avec le coin d’une lamelle; recouvrir de la lamelle et examiner à l’objectif à immersion. Le Lugol à 2% peut également être utilisé. TECHNIQUES SPECIALES NUMERATION DES ŒUFS Cette technique permet d’apprécier l’intensité d’une infestation (Ankylostomes), de juger de l’efficacité d’une thérapeutique. 1 – Frottis épais de KATO et MIURA Principe : C’est une technique de décoloration des selles qui permet de distinguer les œufs de parasites dans une préparation des selles rendue translucide. Réactif et matériel : Solution de glycérine-vert malachite - Glycérine 100 ml - Eau distillée 100 ml - Solution de vert malachite à 3 % 1 ml Bandes de cellophane adhésive de 20 x 30 mm immergées dans la solution de glycérine pendant 24 heures. Technique: Sur une lame porte-objet, déposer 50 mg de selles, recouvrir par une des bandes de cellophane imprégnée, presser à l’aide d’un bouchon de caoutchouc pour répartir régulièrement la selle; laisser éclaircir une heure à température ambiante. Examiner rapidement car un sur-éclaircissement risquerait de faire passer inaperçu certains œufs (Ankylostomes, Schistosomes). Les résultats sont rendus en nombre d’œufs par gramme de selles. 2 – Méthode de GORDON et WHITLOCK Principe : Diluer les selles avec une solution dense que l’on met à flotter dans une cellule à numération de Mac Master. Réactifs et matériel : - Solution de sulfate de zinc à 33 % (réactif de Faust ) - Solution d’iodomercurate de potassium (réactif de Janeckso et Urbanyi) La cellule de Mac Master est constituée de 2 lames de verre distantes de 1,5 mm; sur la lame supérieure est délimitée une surface de 1 cm ² correspondant à un volume de 0,15 ml et divisée en six bandes. Technique: Dans un verre à pied et à l’aide d’un agitateur, délayer 2 g de selles avec 30 ml de réactif. Eliminer les débris volumineux par passage sur un tamis métallique. Après agitation, introduire la dilution dans la cellule : attendre 5 mn pour permettre aux œufs de monter et de s’appliquer contre la lame supérieure graduée, au niveau de laquelle on effectue la mise au point avec l’objectif x 10. Pour exprimer les résultats en nombre d’éléments par gramme de selles, multiplier par 100 le nombre d’œufs trouvés (volume 0,15 ; dilution au 1/15). Méthode de BAERMANN et LEE Méthode biologique de concentration des larves de Strongles Quand la mettre en œuvre ? Même si elle n’a pas été prescrite par le clinicien, cette technique doit être mise en route lorsque les renseignements cliniques, épidémiologiques ou biologiques (examen de selle négatif ou cristaux de Charcot-Leyden, séjour en zone d’endémie, hyperéosinophilie sanguine, prurit) font suspecter une anguillulose. Principe : On met à profit l’hygrotropisme et le thermotropisme des larves. Matériel : Selle Tamis ssssss + gaze Entonnoir Eau Raccord caoutchouc Pince Pipette Technique : - Disposer une gaze sur le fond d’un tamis métallique placé dans un entonnoir. La tubulure de l’entonnoir porte un tube de caoutchouc susceptible d’être fermé par une pince et ajusté, par son extrémité libre, à une pipette Pasteur. - La pince étant ouverte, verser de l’eau tiède jusqu’à la partie inférieure du tamis. Les larves se collectent dans la pipette en deux à trois heures. - Par manipulation de la pince, on soutire 5 à 10 ml de liquide que l’on centrifuge lentement mais longtemps pour conserver aux larves leur mobilité. Le culot est examiné entre lame et lamelle. Variante : Méthode de BAERMANN et BRUG Le tamis garni de gaze et contenant la selle est déposé sur un verre à pied contenant de l’eau tiède, de telle sorte que le niveau de l’eau atteigne celui des selles. Au bout de 2 heures, le liquide est prélevé doucement par aspiration à l’aide d’une pipette Pasteur reliée à une trompe à vide. La décantation est interrompue lorsqu’il ne reste que quelques millilitres d’eau dans lesquels l’examen à la loupe binoculaire permet l’observation des larves. CULTURE DES VERS Quand la mettre en œuvre ? Dans le cadre d’une suspicion d’Ankylostomose ou de Strongyloïdose, si les techniques de concentration n’ont pas donné de résultats, une mise en culture à partir d’une quantité plus importante de selles peut apporter un résultat positif. Principe : Ces vers sont capables de subir une évolution dans le milieu extérieur Pour les Ankylostomes, l’évolution sous forme de larve permet de différencier les genres Ancylostoma et Necator. Pour les Strongles, la culture permet de multiplier le nombre d’éléments parasitaires pour en favoriser l’identification. Technique : Les selles analysées doivent être maintenues à température du laboratoire entre le moment de la défécation et celui de la mise en culture : une température de 37° C ainsi que le froid altère la viabilité des larves. Dans tous les cas les selles doivent être manipulées dans les plus brefs délais. Nous préconisons la technique en boîte de Pétri sur bande de papier filtre; son avantage est de pouvoir effectuer un prélèvement quotidien pour surveiller l’évolution. - Appliquer ensemble deux ou trois lames et les entourer, sur plusieurs épaisseurs, d’une bande de papier filtre plus étroite que la longueur des lames. - Etaler la selle en film mince sur un côté en laissant une petite marge. - Humidifier avec de l’eau distillée de façon à former une petite rigole autour de la lame. - Porter à 25 - 28° C. Humidifier avec de l’eau distillée tiède tous les jours si nécessaire. - Prélèvement : il s’effectue sous la loupe à la pipette Pasteur après avoir ajouté quelques gouttes d’eau distillée avant la lecture car les larves ont tendance à se dissimuler sous les lames. Chaque goutte prélevée sera déposée sur une lame et additionnée d’une goutte de Formol à 5 % pour tuer les larves. Selles Eau Lames + Papier CULTURE D’AMIBES Quand la mettre en œuvre ? En pratique on ne la met en œuvre que lorsque les examens microscopiques ont été négatifs et lorsque cliniquement l’amibiase est le diagnostic le plus vraisemblable. Elle peut rendre service lorsque l’identification imprécise est gênée par un nombre réduit de trophozoïtes. La culture en accroît le nombre. Mise en culture sur milieu diphasique : Support de sérum de cheval coagulé sur lequel on étale le prélèvement fécal avec un agitateur; ajouter une ampoule de sérum de Ringer pour Protozoaires. Bien visser les tubes. Multiplication en 24 à 48 heures à 37°C. Prélever au niveau de l’amidon de riz sans remettre en suspension. Etalement de selles Sérum de cheval Sérum de Ringer Prélèvement COLORATIONS ELECTIVES DES FORMES VEGETATIVES DE PROTOZOAIRES Quand les mettre en œuvre ? Soit lors de la recherche extemporanée sur selles non moulées ou glaires muco-sanguinolentes. Soit après cultures d’amibes. 1 – Le MIF qui associe fixation et coloration en tube à hémolyse est la coloration la plus simple et la plus rapide. Elle donne d’excellents résultats pour les amibes, mais le MIF est un moins bon colorant des flagellés. 2 – Le Noir Chlorazol (méthode de Kohn) assure, sur frottis humide de la selle, la fixation et la coloration en 4 heures à température ambiante. Réactifs : Alginate de Na - Alginate de Na basse viscosité 2g - NaCl 0,6g - Eau distillée 100 ml Noir Chlorazol 0,5g à dissoudre dans - Alcool éthylique à 90° 17 ml - Alcool méthylique 16 ml - Acide acétique 2 ml - Phénol cristallisé fondu 2 ml - Acide Phosphotungstique à 1% 1,2 ml - Eau distillée qsp 100 ml Laisser mûrir à la lumière plusieurs semaines. Technique : - Sur une lame, mélanger 1goutte de prélèvement fécal + 1goutte Alginate de Na (améliore l’adhérence). Etaler. - Dans une boîte de Pétri contenant du Noir Chlorazol et munie d’un chevalet, retourner la lame (le colorant doit affleurer la lame retournée). Incuber 4 heures à température ambiante. - Rincer délicatement à l’eau du robinet. Déshydrater 1 minute par alcool (70°, 80°, 90°, 95°). puis alcool absolu et xylène ( 1 min). Montage à l’Eukitt ou au Depex. 3 – La coloration à l’Hématoxyline ferrique ( méthode de Goldman) s’effectue sur frottis sec, ou sur frottis humide. Fixation Frottis sec:1 gtte prélèvement fécal + 3 gttes solution APV (réactif 4); étaler;1 nuit à 37° C. Frottis humide :1gtte prélèvement fécal +1 gtte Alginate de Na ; étaler ; retourner immédiatement la lame dans une boite de Pétri contenant le Schaudinn acétique (réactif 2) préchauffé à 56° C, il doit affleurer la lame retournée. Mettre à 56°C pendant 10min. Réactif 1 : Sublimé : solution aqueuse de HgCl2 à saturation (dissoudre à chaud 10% du sel puis refroidir) Réactif 2 : Fixateur de Schaudinn acétique 2 volumes de Sublimé 1 volume Ethanol à 95° Au moment de l’emploi, ajouter 5% d’acide acétique cristallisable. Réactif 3 : Schaudinn acétique - Glycérol 98,5 ml Schaudinn acétique 1,5 ml Glycérol Réactif 4 : Solution d’APV : 100 ml de Schaudinn acétique-Glycérol 5g d’APV (90-50 basse viscosité liquide). Porter à 75° C au Bain Marie sous agitation. Après fixation (frottis sec ou humide), passer successivement dans les bains suivants : Alcool iodé à 70° 5 min Alcool 50° 2 fois 5 min Rincer 15 min sous un filet d’eau du robinet. Coloration à l’Hématoxyline ferrique Réactif de Goldman : Solution 1 : Hématoxyline 1% dans Ethanol à 95° Solution 2 : Sulfate d’ammonium ferrique 20g Acide acétique 5 ml Acide sulfurique 0,6 ml Eau distillée 500 ml Mélanger au moment et à volumes égaux les solutions 1 et 2; filtrer. Diluer ce mélange dans un volume égal d’Acide phosphotungstique à 0,5 %. Technique : - Immerger dans le réactif de Goldman 10 min les frottis secs 5 min les frottis humides fixés - Passer les lames dans 2 borrels avec Acide phosphotungstique 2% : Borrel 1 : 2 à 3 immersions Borrel 2 : 15 min pour frottis sec 10 min pour frottis humide - Rincer 15 min sous un filet d’eau du robinet . - Déshydrater 1 minute par alcool (70°,80°,90°, 95°). puis alcool absolu et xylène ( 1 min). - Montage à l’Eukitt ou Depex. COLORATION DES CRYPTOSPORIDIES Techniques de coloration temporaire des Cryptosporidies (n’ayant qu’une valeur d’orientation) 1 – Lugol à 2 % Mélanger 1 goutte de selle liquide + 1 grosse goutte de Lugol 2 % Lecture dans les 5 min à l’objectif X 40 : Cryptosporidies réfringentes Levures jaune – brun 2 – Vert Malachite 5 % Mélanger 1 goutte de selle liquide + 1 petite goutte de Vert malachite Lecture dans les 5 min à l’objectif X 40 : Cryptosporidies réfringentes Levures vertes Technique de coloration permanente d’Henriksen et Pohlenz La recherche de Cryptosporidies doit s’effectuer devant toute diarrhée persistante chez un immunodéprimé. Ce protozoaire a pu également être incriminé comme cause d’épidémies régressant en quelques jours dans les crèches et écoles maternelles chez des enfants immunocompétents. Réactif : Fuchsine phéniquée : 10ml solution A + 90ml solution B Solution A : Fuchsine de Ziehl - Fuchsine basique 15 g - Ethanol à 95° 100 ml Solution B : Eau phéniquée - Cristaux de Phénol - Eau distillée 5g 100 ml Technique : - Faire sécher sur une lame 1 goutte de selle liquide ou de culot de concentration. - Fixer au Méthanol 5 min - Sécher - Colorer par la Fuchsine phéniquée 1 heure - Rincer à l’eau du robinet - Différencier par H2SO4 2% 10 à 20 secondes - Rincer à l’eau du robinet - Contre-colorer par une solution de Vert Malachite à 5 % : Sur un cristallisoir, laisser un peu d’eau du robinet sur la lame et ajouter quelques gouttes de Vert Malachite ; homogénéiser. - Rincer à l’eau du robinet. Sécher. Lecture à l’objectif X 100 à immersion : la contre-coloration permettra de différencier les levures qui se colorent en vert alors que les Cryptosporidies (3 à 5 m) prennent une teinte qui varie du rose pâle au rouge vermillon, faisant apparaître quatre sporozoïtes en forme de croissant autour d’une zone claire plutôt centrale. COLORATION DES MICROSPORIDIES par la technique de Weber modifiée Les microsporidies sont trouvées chez 10 à 15 % des patients VIH positifs et atteints de diarrhée; dans 80 % des cas Enterocytozoon bieneusi est en cause. Réactif de Weber : Mélanger les colorants et l’acide : - Chromotrope 2R 6g - Vert rapide 0,15 g - Acide phosphotungstique 3 ml Attendre 30 mn et ajouter 100 ml d’eau distillée. Technique : - Réaliser un frottis très mince sur 1 cm² avec 10 l de selle liquide. - Sécher. - Fixer au Méthanol. 5 min - Sécher. - Colorer au Weber. 90 min - Décolorer dans un bain comprenant : 10 secondes Alcool à 90° 995,5 ml Acide acétique 4,5 ml - Rincer rapidement dans de l’Alcool à 90°. - Déshydrater successivement 1 min : Alcool à 95°, Alcool absolu, Xylène. - Montage au Depex. Lecture à l’objectif X 100 à immersion : la coloration des Microsporidies (2 m) semble souvent renforcée à l’équateur avec un aspect asymétrique de la spore dû à la vacuole polaire. SCOTCH TEST Méthode de Graham ou des lames adhésives Les œufs d’Oxyures sont rarement retrouvés lors de l’examen parasitologique des selles sauf en cas d’hyperinfestation. Ils se situent sur la marge anale où ils sont libérés par le ver femelle en général le soir (prurit vespéral). Un interrogatoire médical soigneux permet souvent de faire le diagnostic d’oxyurose mais en cas de doute cette recherche est demandée. Prélèvement : le matin, avant la défécation et la toilette, appliquer le côté adhésif de la lame sur les bords de la marge anale. Rabattre la bandelette protectrice à sa place initiale c’est-à-dire sur l’enduit adhésif qui a permis le prélèvement. Examen microscopique : les œufs sont repérés par leur réfringence à l’objectif X 10 et confirmés à l’objectif X 40. Cette technique permet aussi de retrouver parfois des embryophores de Taenia sp. TECHNIQUE D’IDENTIFICATION DES ŒUFS DE SCHISTOSOMES sur produit de raclage rectal ou biopsie rectale effectués sous rectoscopie - Coloration à la Fuchsine phéniquée : La coque des œufs se colore en rouge. Décoloration à l’Alcool chlorhydrique : Seuls les œufs de Schistosoma haematobium se décolorent. La coque des autres espèces portent une substance alcoolo-acido résistante. Contre coloration au Bleu de Méthyle : La coque des œufs de Schistosoma haematobium se teinte en bleu « outremer ».