Etude sur la mesure des niveaux de vie Enquêtes intégrées sur l
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Etude sur la mesure des niveaux de vie Enquêtes intégrées sur l
Etude sur la mesure des niveaux de vie Enquêtes intégrées sur l’agriculture (LSMS-ISA) Améliorer la qualité et la pertinence pour les politiques des données recueillies sur l'agriculture au niveau des ménages en Afrique subsaharienne I. Contexte et justification Le développement agricole est un moteur de croissance essentiel, ainsi qu’un mécanisme efficace de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, dans la mesure où il se traduit généralement par des retombées positives plus importantes pour les couches de la population les plus défavorisées (Ligon et Sadoulet, 2007; Ravallion et Chen, 2007). Le dernier rapport sur le développement dans le monde “L’agriculture pour le développement” (Banque mondiale, 2007) indique que l’Agriculture est d’une importance capitale pour permettre aux pays d'atteindre dans les délais prévus les Objectifs de Développement du Millénaire en matière de réduction de la pauvreté . Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, la grande majorité de la population en proie à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire est constituée des ruraux et d’autres groupes vulnérables, notamment les femmes, qui dépendent largement des activités champêtres. Par conséquent, les efforts visant à combattre la pauvreté en Afrique doivent se concentrer davantage sur le milieu rural et l'agriculture et être attentifs à la dimension genre. En effet, il s’agit là de l’un des axes communs à la plupart des stratégies de réduction de la pauvreté de cette région. (Gubert et Robillard, 2002). La crise alimentaire actuelle a clairement mis en exergue à la fois l’importance de politiques appropriées et les lacunes des systèmes d’informations agricoles qui entravent la création des savoirs et freinent l’innovation et le changement. Cependant, les pénibles évènements découlant de l’augmentation des prix des denrées alimentaires à travers le monde sont susceptibles de transformer une crise majeure en opportunité. Au cours de 1 World Bank Nov 2008 l'année à venir, la Banque mondiale à elle seule contribuera à hauteur d’environ 6 milliards de dollars EU au soutien de la production agricole et alimentaire à travers le monde. Des efforts similaires sont actuellement consentis par d’autres bailleurs de fonds et organisations internationales, notamment la Fondation Bill and Melinda Gates afin de soutenir les agriculteurs dans les domaines de l’irrigation, de la gestion de l’eau, des intrants et de la technologie, ainsi que de la diversification des cultures. Il est donc primordial d’évaluer d'une part l’efficacité, et d'autre part la véritable orientation en faveur des pauvres de ces interventions. Cependant, l’agriculture n’évolue pas en vase clos. Elle s’intègre au sein d’un ensemble complexe de stratégies de création de revenus impliquant plusieurs personnes et plusieurs activités dans différents secteurs (Banque mondiale, 2007; Davis et al, 2007; Foster et Rosenzweig, 2008). L’ouverture et diversification des petits exploitants aux activités non agricoles est devenue la norme plutôt que l’exception. (Bryceson, 2002; Reardon, 1997; Davis et al, 2007). Il est possible d’accroître ses revenus et de minimiser les risques en développant les liens entre les différentes sources de revenu des personnes pauvres vivant en milieu rural. Toutefois, le cadre institutionnel et le fonctionnement des secteurs non agricoles dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne sont peu propices à une meilleure intégration entre les différents secteurs et les divers acteurs. La promotion d’une approche plus globale du développement rural nécessite une plus grande collaboration entre les différents acteurs. La production de données multisectorielles de meilleure qualité pour soutenir ces rapports sera d’un grand concours dans ce processus. En dépit de l’importance du secteur agricole et de son rôle essentiel dans l’atteinte des OMD, les statistiques agricoles demeurent lacunaires. Des 44 pays d’Afrique subsaharienne évalués par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, seuls deux sont considérés comme disposant de systèmes de collecte d’informations performants, contre 21 dont les systèmes sont jugés peu satisfaisants (FAO, 2008). L’étendue de la couverture et son exhaustivité sont également très variables (voir par ex. l’étude de cas menée par Kelly et Donovan, 2008). Les connaissances sur l’agriculture et son impact sur le bien-être et l’équité sont très limitées du fait du manque 2 World Bank Nov 2008 de données fiables et de qualité sur les ménages ruraux. Dans leur étude sur le développement agricole, les activités rurales non agricoles et la pauvreté en milieu rural, Foster et Rosenzweig (2008) relèvent que “très peu d’études permettent de procéder à une comparaison directe sur la durée en utilisant des mesures comparables …”. D’autres études ont également révélé que les incohérences et autres problèmes de qualité limitent l’analyse (Tiffen, 2003; Ngendaumana, 2001). Les statistiques sur la prise de décision au sein des ménages en ce qui concerne les activités agricoles font défaut: davantage de données ventilées par genre et portant sur l’allocation des ressources au sein des ménages et la participation dans les activités agricoles et autres activités génératrices de revenu pour comprendre le rôle respectif des hommes et des femmes dans les activités de production et de reproduction sont nécessaires. Les investissements et l’assistance technique déployés dans le domaine des statistiques agricoles n’ont pas permis de mettre en place des systèmes durables: leur qualité demeure médiocre, ils continuent de manquer de pertinence et restent peu utilisés dans les réflexions nationales sur les politiques (Binswanger, 2008). Un certain nombre de raisons expliquent pourquoi la qualité et la quantité des statistiques agricoles ont rarement joui de l’importance qu’elles méritent dans la prise de décision. Tout d’abord, les pays les plus pauvres, pour lesquels l’agriculture constitue le principal moyen de survie, sont également ceux qui généralement présentent les statistiques de plus mauvaise qualité (Banque africaine de développement et al, 2004). En dépit de la nécessité évidente d’une analyse empirique, ces pays ne disposent pas de ressources financières nécessaires pour produire des données administratives ou d’enquête sur l’agriculture et les activités extra champêtres. De plus, même lorsque les ressources financières existent, ce sont généralement les ressources humaines qui font défaut pour collecter les informations de manière rentable et durable. L’appui extérieur irrégulier et ponctuel apporté au cours des dernières années (notamment par les donateurs) n’a pas suffi à résoudre ce problème. Deuxièmement, les statistiques agricoles sont souvent collectées de manière isolée au plan institutionnel, sans grande coordination sectorielle, et avec très peu de valeur ajoutée 3 World Bank Nov 2008 analytique au-delà du secteur. Dans de nombreux pays, les statistiques collectées par les Ministères de l’agriculture ne sont pas liées ou exploitées conjointement avec les données disponibles auprès des Bureaux nationaux des statistiques ou des ministères de tutelle (travail, éducation et santé notamment).1 Cela reflète en partie l’incapacité persistante à reconnaître que les économies rurales sont différentes et que cette diversité se retrouve au sein des ménages. Le Groupe de travail sur l’alimentation, l’agriculture et les statistiques rurales a lui aussi reconnu l'existence de cette problématique. (Paris21, 2002). Les principales recommandations faites consistaient à repenser les enquêtes agricoles, en élargissant notamment leur portée pour y inclure à la fois les activités agricoles et non agricoles et en plaidant pour l’amélioration de la coordination entre les différentes agences chargées de la production des statistiques agricoles. L’absence de compétences analytiques dans les pays en développement est une troisième cause majeure expliquant la mauvaise qualité des statistiques; elle est en outre à l’origine d'un cercle vicieux car la médiocrité de l'analyse des données sape à son tour toute demande de données de grande qualité. Les retards dans la production de rapports contenant des statistiques constituent également un problème. Ainsi par exemple, les rapports nationaux et régionaux sur l’Etude d'échantillon de recensement agricole (ACSS) menée en 2003 en Tanzanie n’ont été produits qu’en 2006-2007 (Kaimu et Muñoz, 2007). Bien que ces problèmes soient courants dans les pays en développement à travers le monde, ils se posent avec plus d’acuité en Afrique subsaharienne. Le Groupe de travail Paris21 mis sur pied en 2002 a souligné la nécessité de renforcer les capacités des producteurs de données en matière de statistiques et d’analyse. Enfin, les problèmes de mesure ont eu un impact sur la capacité des analystes et chercheurs politiques à élaborer des politiques novatrices et plus efficaces. Plusieurs aspects du monde agricole sont intrinsèquement difficiles à mesurer, notamment Au Malawi par exemple, il existe de grandes différences dans les estimations du nombre de ménages ruraux entre le Ministère de l’agriculture (3,4 millions de ménages ruraux) et le Bureau national des statistiques (2,47 ménages ruraux), différences qui à leur tour affectent l’exactitude et l’efficacité de la planification du programme des intrants subventionnés (Faculté des études orientales et africaines, 2008). 1 4 World Bank Nov 2008 l’estimation de la production agricole destinée à la consommation locale, ainsi que l’évaluation du rendement et la taille des exploitations agricoles. Ce problème est exacerbé par le caractère saisonnier de l’agriculture : la plupart des enquêtes sont effectuées à un moment précis, tandis que les grandes décisions agricoles couvrent un cycle agricole. Beaucoup reste à faire à la fois pour mettre au point de nouvelles techniques d’enquête et valider les méthodes existantes. En résumé, il est primordial de percevoir l’agriculture comme faisant partie intégrante d’une économie rurale complexe, et de comprendre les liens en termes agricoles qui existent entre les économies et les populations rurales et urbaines dans la mise en œuvre de toute stratégie de réduction de la pauvreté en Afrique subsaharienne. Cependant, les données disponibles souffrent d’un financement irrégulier, d’un cloisonnement institutionnel et sectoriel, ainsi que d’une méthodologie lacunaire. Tous ces facteurs, combinés à une faible capacité analytique nationale, ont entraîné un manque grave de connaissances et entravé la capacité à identifier et promouvoir une véritable innovation et des sources de croissance sectorielle. Le présent document décrit un projet ambitieux portant sur la préparation et la réalisation d’enquêtes par panel des ménages dans six pays d’Afrique subsaharienne. L’objectif global de ce projet est de deux ordres: combler le manque d’informations sur le secteur agricole et contribuer à l’amélioration de la qualité, de la pertinence et de la durabilité des systèmes d’informations agricoles. Les différentes enquêtes proposées seront intégrées dans le système des ménages et les autres systèmes existants dans chaque pays, afin de prendre appui sur les expériences antérieures pour améliorer la qualité et la pertinence des initiatives à venir. L’opération de collecte des données dans chaque pays consistera en une enquête nationale des ménages calquée sur le modèle de l’Etude sur la mesure des niveaux de vie (LSMS) qui aura lieu tous les trois ans sous forme de panel. Les six pays de ce projet seront choisis de manière à maximiser la synergie avec les autres projets du panel en cours dans certains pays de la région, y compris la prochaine enquête nationale en Tanzanie – financée en partie par la Fondation Gates – et les enquêtes du Ghana, de la Zambie et du Kenya. Compte tenu de l’urgente nécessité pour les économies rurales de 5 World Bank Nov 2008 procéder à des comparaisons directes sur la durée au moyen de mesures comparables, le programme envisagé est censé transformer notre perception du développement en Afrique, en particulier de l’agriculture et des liens qui existent entre les activités champêtres et non champêtres, et offrir d’énormes opportunités permettant d’évaluer les interventions dans le secteur agricole et au-delà. Les enquêtes démographiques par panel mettront l’accent sur l’agriculture, mais utiliseront comme base un instrument d'enquête multi-sujets. Ainsi, les revenus non agricoles et les activités agricoles seront enregistrés, en même temps qu’un riche ensemble d’informations multisectorielles utiles, pour une meilleure compréhension de la production agricole, de l’économie et des ménages ruraux. En dépit du fait qu’elle mettra l’accent sur l’agriculture et les zones rurales, cette enquête couvrira à la fois les zones rurales et les zones urbaines pour une meilleure compréhension de la mobilité géographique. Bien que le présent projet ne couvre que six ans et demi, un horizon de quinze à vingt ans est envisagé pour permettre de mieux appréhender certaines des questions essentielles liées au développement et à l’agriculture, notamment la transformation et l’adaptation environnementales, les changements institutionnels ainsi que la mobilité géographique et socioéconomique. Ce projet mettra en contact divers utilisateurs (analystes et décideurs) et des producteurs de statistiques en vue d’améliorer la qualité, la pertinence et l’exploitation des statistiques. Cela ouvrira également la voie à l’amélioration des capacités analytiques des pays concernés par l’enquête en brisant de manière potentielle le cercle vicieux des mauvaises analyses qui entravent la demande de statistiques de qualité. Enfin, le système proposé permettra une meilleure liaison avec d’autres sources de données, telles que les informations géo référencées, et administratives, tout en fournissant des outils empiriques pour la validation sur le terrain d’autres sources d’informations et des techniques de mesure, notamment la « vérification au sol » des photographies aériennes et la téléobservation. Cette approche couvrant plusieurs domaines et plusieurs niveaux est essentielle pour générer des informations nécessaires à l’amélioration de la prise de décisions basée sur des données factuelles. 6 World Bank Nov 2008 Ce projet sera dirigé par une équipe du programme de l’étude sur la mesure des niveaux de vie (LSMS) de la Banque mondiale (BM). Le LSMS est considéré comme l’exemple idéal des enquêtes multi-sujets sur les ménages, et l’équipe du programme LSMS offre la meilleure combinaison qui soit d’expérience sur le terrain, de capacités analytiques, de connaissances et de recherche institutionnelle sur la méthodologie, qui lui permet de mettre en œuvre le projet proposé de manière satisfaisante. Depuis près de trois décennies, l’équipe du programme LSMS contribue à l’effort mondial de production de données fiables sur les ménages. Grâce également au programme LSMS, le nombre de pays développés présentant des statistiques fiables sur la pauvreté a augmenté de manière significative au cours de la même période. Une grande partie des statistiques de la base des données sur le suivi de la pauvreté dans le monde (110 pays et plus de 550 données simples en 2008) et les statistiques sur la pauvreté généralement utilisées à travers le monde ont été soit produites par l’équipe LSMS, soit collectées selon les méthodologies et grâce aux avis techniques de cette dernière. Son expérience avérée dans l’animation et la conduite des activités d’innovation et de collecte méthodologique des données dans les domaines de la lutte contre la pauvreté et les inégalités sera bientôt appliquée pour faire face aux nouveaux problématiques posés par les statistiques lacunaires et pourtant essentielles en matière d’alimentation, agriculture et ressources naturelles en Afrique subsaharienne. Enfin, ce projet ne sera pas mené de façon isolée; il le sera en collaboration avec les initiatives en cours visant à améliorer les systèmes statistiques en Afrique, y compris celles de la Banque mondiale (à l’instar des initiatives en faveur du renforcement des capacités) et d’autres bailleurs de fonds. L’équipe de la Banque mondiale entretient actuellement une collaboration étroite avec l’équipe de l’ICRISAT qui travaille sur un système d’enquête similaire en Asie du Sud, sous les auspices de la Fondation Gates. L’équipe du LSMS travaille également en étroite collaboration avec d’autres institutions actuellement actives dans le domaines des enquêtes par panel en Afrique subsaharienne (ex. Université de Yale, Université d’Etat de Michigan et l’IFPRI, entre autres). Le projet envisagé fournira un cadre de réflexion technique en vue d’harmoniser les méthodologies et concepts. Il importe également de relever que les enquêtes sur le terrain 7 World Bank Nov 2008 liées aux projets de collecte de données existants permettront de ramener les coûts de ce projet largement en deçà de ceux des projets individuels, et de réduire la charge qui incombe aux organismes publics et aux répondants, tout en assurant une plus grande viabilité à long terme. Ce projet a fait l’objet d’une large consultation avec les différents départements de la Banque mondiale – notamment la région Afrique, le département de l’agriculture et du monde rural, ainsi que le Groupe de données sur l’économie du développement – et des collaborateurs extérieurs, invités pour une réunion d’évaluation technique du projet en mai 2008, sous les auspices de la Fondation Bill and Melinda Gates. Les principales recommandations du groupe technique ont déjà été intégrées au présent projet. II. Objectifs du Projet L’objectif majeur du présent projet est d’améliorer nos connaissances sur l’agriculture en Afrique subsaharienne – notamment son rôle dans la réduction de la pauvreté et la façon de stimuler l’efficacité et l’innovation dans ce secteur. Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de développer et de mettre en œuvre un modèle novateur de collecte de données agricoles dans cette région. Il s’agira essentiellement de combler certaines des principales lacunes techniques et institutionnelles des systèmes passés et présents. Le projet se fixe un programme d’activités ambitieux et est conscient de ce que la rentabilité et la pérennité des activités envisagées sont les garants du succès à long terme. Pour atteindre cet objectif, les futures activités reposeront sur quatre piliers : un cadre multisectoriel, une intégration institutionnelle, un renforcement des capacités analytiques et une diffusion active. Tout d’abord, la collecte des statistiques agricoles doit faire partie d’un cadre élargi et multisectoriel allant au-delà du milieu rural. Cela facilite la production des statistiques nécessaires pour élaborer des politiques agricoles efficaces sur l’ensemble du territoire et 8 World Bank Nov 2008 dans le cadre plus élargi de l’économie rurale.2 Deuxièmement, la collecte des statistiques agricoles doit être soutenue par un cadre institutionnel bien adapté et propice à la collaboration et à l’intégration des sources de données. Actuellement, le cadre institutionnel en place dans la plupart des pays en développement est peu idoine à l’atteinte de cet objectif, et l’absence d’une base rurale solide rend plus difficile cette intégration. (Zezza et al. En soutenant une approche polyvalente de la collecte des données, ce projet entend promouvoir la collaboration intersectorielle et surmonter certaines contraintes institutionnelles existantes. Troisièmement, il est nécessaire de renforcer les capacités nationales afin d’accroître la valeur des statistiques produites et de renforcer le lien qui existe entre les producteurs et les utilisateurs des statistiques. Cela implique à la fois la capacité à analyser les données ainsi que la capacité de produire à temps des ensembles de données appropriées au profit du public. Le manque de compétences analytiques dans les pays en développement perpétue la faible demande de données statistiques. Par voie de conséquence, cela a une incidence négative sur la qualité et la disponibilité d'analyses pertinentes pour les politiques. La faible diffusion des statistiques et résultats disponibles a contribué à exacerber le problème. III. Conception et Plan de Mise en Œuvre du Projet Le présent projet portera sur la mise en place des compétences nationales nécessaires pour concevoir et mener des enquêtes des ménages et analyser les statistiques découlant de ces enquêtes, avec un accent particulier sur l’agriculture. De nouvelles statistiques seront produites grâce à la conception et à la mise en œuvre d’enquêtes par panel au niveau des ménages pendant les six années et demie à venir. Outre les six pays concernés par ce projet, des enquêtes par panel sont en cours ou sont prévues dans d'autres pays africains sous les auspices des différentes institutions, ce qui accroît l’impact général de ce projet en ce qui concerne la disponibilité des statistiques sur l’agriculture en Afrique. Il convient de relever que l’agriculture est également importante en zones urbaines (Lee-Smith et Prain, 2006; PNUD, 1996, et ressources du site web de la FAO sur le Programme de récoltes en milieu urbain) et certaines études prouvent que les liens entre les populations et leurs parents paysans vivant en milieu rural ont une incidence sur le bien-être en milieu urbain (Frayne, 2004). 2 9 World Bank Nov 2008 La Banque mondiale et la Fondation collaborent actuellement dans un septième pays, à savoir la Tanzanie, dans la conception et la mise en œuvre de l’enquête par panel au plan national menée par le Bureau national des statistiques. Citons au nombre des autres pays concernés: le Mozambique (Michigan State University (MSU), la Banque mondiale et d’autres donateurs, le Ghana (Yale University), la Zambie et le Kenya (MSU) et le Zimbabwe (Banque mondiale, Duke University et University of North Carolina). Des liens de coopération étroits avec ces institutions seront maintenus pendant la durée du projet, et les possibilités de synergies explorées. La capacité de produire et d’exploiter des statistiques pertinentes sera créée grâce au développement d’un cadre institutionnel de collaboration et de renforcement des compétences qui sera affiné pendant la durée du projet et ajusté aux besoins spécifiques et aux compétences existantes dans chaque pays. A terme, le but du projet est de produire un modèle et un ensemble d’outils pouvant être adoptés par les pouvoirs publics et les bailleurs de fonds pour élargir ce projet à d’autres pays de la région. III.1. III.1.Caractéristiques de conception du futur Système d’Enquête des Ménages III.1.a. Le Panel Le présent projet implique la mise en œuvre d’un ensemble d’enquêtes par panel sur les ménages en Afrique subsaharienne. Les enquêtes par panel ou longitudinales supposent des visites répétées à un échantillon de base. Les enquêtes par panel offrent l’opportunité unique de suivre la trajectoire socioéconomique des ménages dans la durée; cela permet une analyse en profondeur que l’on peut effectuer à travers des enquêtes transversales successives. Les enquêtes par panel offrent également l’occasion unique d’évaluer de manière rigoureuse l’impact de certaines interventions spécifiques (pour plus de détails sur les avantages des statistiques par panel, cf. Durrant et Menken, 2002, et Rosenzweig, 2003). L'étude rurale de villages en Inde réalisée par l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISTAT) est probablement l’enquête par panel la plus connue qui soit spécifiquement focalisée sur les ménages paysans (cf. Walker & Ryan, 1990). Parmi les exemples d’enquêtes par panel les plus récents sur les 10 World Bank Nov 2008 ménages, citons l’Enquête sur la vie familiale en Indonésie (Strauss, et al. 2004). S'il existe certains panels spécialisés dans les ménages paysans ou dans certaines zones spécifiques d’Afrique subsaharienne à l’instar du groupe de travail Tegemeo au Kenya (Takashi et Jayne, 2004) ou l’Enquête sur la santé et le développement de Kagera (Beegle et al. 2004), il n'existe que peu de grandes enquêtes d’envergure nationale qui s’intéressent spécifiquement à l’agriculture. L’un des exemples les plus notables est l’enquête sur la Trabalho de Inquérito Agricola (TIA) réalisée par le Ministère de l’agriculture du Mozambique avec l’assistance technique de la MSU. Dans certains cas, des efforts ponctuels sont déployés pour se pencher sur des thématiques particulièrement urgentes. C'est le cas par exemple, d'une enquête par panel partielle réalisée en 2007, dans la foulée de l’enquête nationale sur les ménages organisée en 2004 au Malawi (Faculté des études orientales et africaines, 2008). Ces données ont été utilisées pour évaluer la contribution du programme de distribution de bons d'engrais à la production de maïs, qui effectivement s’est avérée inférieure à ce qui avait été présenté dans le discours politique national. Ce projet nécessite une enquête par panel au cours de laquelle les ménages seront interrogés à nouveau tous les trois ans. Un intervalle de trois ans est jugé suffisant pour apprécier la dynamique de la plupart des variables et cerner convenablement les changements intervenant dans les modèles comportementaux et agronomiques.3 Cet intervalle semble également suffisant au regard des capacités limitées de la plupart des pays pour analyser sur place un flux continu et volumineux de données. Il y a lieu de reconnaître cependant que compte tenu de la grande instabilité temporelle de la production agricole du fait de l'évolution des conditions agro climatiques, un intervalle de trois ans peut s'avérer inadéquat pour appréhender pleinement toutes les fluctuations de la production. Pour cette raison, dans certains pays, la possibilité de procéder à une collecte supplémentaire d’informations au cours des années intercalaires peut être envisagée si des financements supplémentaires sont disponibles4. Un intervalle similaire est en passe d'être adopté par l’Université de Yale dans son enquête par panel au Ghana et par la MSU au Mozambique. 4 Ces activités complémentaires de collecte des données peuvent prendre la forme d’enquêtes annuelles plus légères, d’études plus approfondies au niveau des villages 3 11 World Bank Nov 2008 Comme indiqué plus haut, les données issues des enquêtes par panel sont plus complexes que les statistiques transversales traditionnelles, tant sur le plan analytique qu’en termes de collecte. En ce qui concerne ce dernier volet, la qualité d’un panel dépend de la mesure dont on aura réussi à minimiser la déperdition des effectifs. En effet, au fur et à mesure que la population vieillit et se déplace, une certaine déperdition naturelle des effectifs est inévitable, et celle-ci peut fausser à la fois les statistiques de base et le travail analytique d’examen des modifications des conditions socioéconomiques (Rosenzweig, 2003). Afin de préserver la représentativité nationale des statistiques, les échantillons des enquêtes seront périodiquement renouvelés totalement ou en partie selon le degré d’érosion des effectifs ou de mobilité. Telle est l’approche adoptée au cours des Enquêtes sur les niveaux de vie au Vietnam (1992/93 et 1997/98). En plus du renouvellement potentiel de l’échantillon, le projet suivra les individus et les ménages déplacés. Le degré de suivi de la trace de tous les individus quel que soit leur lieu de réinstallation dépendra de la nature de la mobilité dans chaque pays et des disponibilités budgétaires. III.1.b. Multi—sujet, polyvalent L’enquête par panel proposée se focalisera sur une enquête familiale élargie calquée sur le modèle d’enquêtes LSMS de la Banque mondiale.5 Comme il a été mentionné plus haut, depuis près de trois décennies, le LSMS est à l’avant-garde de la mise en œuvre et de la production d’enquêtes multi-sujets sur les ménages représentatives au plan national, dont les résultats ont été bien archivés et mis à la disposition du public. sur un sous- échantillons de ménages ou s’intégrer dans les systèmes nationaux de données administratives de routine. 5 Pour plus de détails sur le programme et les enquêtes LSMS, y compris les informations méthodologiques, les activités passées et présentes, la documentation, les questionnaires et les séries de données, consulter le site www.worldbank.org/lsms. Pour une analyse de la méthodologie et des caractéristiques du LSMS, voir également « élaboration d’un questionnaire d’enquête sur les ménages pour les pays en développement; leçons tirées de 15 ans d’Etudes sur la mesure des niveaux de vie” par M. Grosh et P. Glewwe, Banque mondiale, 2000. 12 World Bank Nov 2008 Un certain nombre de traits distinctifs caractérisent les enquêtes LSMS. Tout d’abord, les informations sont collectées sur une gamme de sujets liés au bien-être. Le plus important est que l’outil de l’enquête est conçu pour collecter le plus grand nombre possible de données pour l’élaboration d’un quantificateur général du bien-être basé sur la consommation.6 Ce quantificateur constitue le fondement essentiel de la plupart des analyses des niveaux de vie actuellement produites dans les pays en développement. C’est la base de suivi du premier Objectif de Développement du Millénaire (ODM) sur la pauvreté et de constitution d’une grande partie de la base de données de la Banque mondiale sur le suivi de la pauvreté dans le monde. Il ne fait aucun doute que dans une large mesure, les progrès considérables enregistrés dans notre capacité à mesurer et à suivre la pauvreté à travers le monde au cours des trois dernières décennies peut être attribué à l’œuvre de l’équipe LSMS et à la Banque mondiale. Les estimations de la pauvreté produites à travers les enquêtes du style LSMS ont également largement contribué à la plupart des analyses des politiques et des impacts réalisées par la Banque mondiale, les organismes de développement et les gouvernements à travers le monde. Les séries de données telles que celles produites par une LSMS permettent une analyse distributionnelle et incidente, et constituent par conséquent un outil exceptionnel pour évaluer l’impact de la pauvreté et viser l’efficacité des programmes des pouvoirs publics et des donateurs. Parfois, l’enquête LSMS procède également à la collecte d’informations au niveau individuel et par genre sur la gestion des ressources du ménage, la prise de décisions et la participation aux activités agricoles et d’appoint, ce qui permet aux chercheurs de procéder à une analyse sexospécifique. De plus, le recours à des enquêtrices et à des entretiens directs avec les femmes sont des techniques standard des enquêtes LSMS. Comme il sera expliqué plus loin, le même type d’informations sera recueilli à travers le futur système d’enquête, et des méthodologies similaires intégrant la dimension genre seront utilisées pour mieux cerner le rôle des femmes dans l’agriculture et l’économie rurale. Les dépenses de consommation ont longtemps été le moyen privilégié d’évaluation du bien-être au détriment du revenu, dans les zones à faible revenu ayant un secteur agricole et un secteur informel très développés comme les pays d’Afrique subsaharienne, pour un certain nombre de raisons (cf. Deaton et Grosh, 2000, et Deaton et Zaidi, 2002, pour plus de détails). 6 13 World Bank Nov 2008 Il existe d’innombrables exemples sur la manière dont les statistiques du type LSMS ont été utilisées pour orienter la prise de décisions et contribuer de manière efficace à la prestation des services dans certains pays. A titre d’exemple, citons la cartographie de la pauvreté permettant le ciblage des programmes d’assistance sociale et de dépenses publiques dans plusieurs pays, notamment le Nicaragua, le Guatemala et l’Albanie, la restructuration des Fonds d’investissement social suite aux évaluations au Nicaragua, et la réforme des programmes d’assistance, dont celui des timbres-ristournes en Jamaïque, les subventions de l'essence au Ghana, et les subventions des prix des denrées alimentaires en Tunisie. (Grosh, 1997). Etant donné que le projet vise à fonctionner autant que faire se peut au sein du système d’enquête existant, les spécificités du modèle pourront varier d’un pays à un autre. Bien que plusieurs pays d’Afrique subsaharienne disposent d’enquêtes pluridisciplinaires, leurs modules agricoles sont assez réduits et lacunaires. D’autre part, la plupart des pays ont des enquêtes–échantillons qui renferment des informations agricoles complètes mais aucune information par exemple sur la consommation, la santé et les activités non agricoles des membres du ménage. De plus ces enquêtes agricoles sont rarement liées au système national d’enquêtes sur les ménages, sont généralement basées sur des échantillons non représentatifs et ne sont pratiquement jamais basées sur des données longitudinales. Ceci entraîne des problèmes de qualité, des différences inexplicables dans les estimations de différentes sources (voir note de bas de page 1), ainsi que la sous utilisation conséquente de ces données, ainsi que leur manque de pertinence et de crédibilité. Même si les questionnaires définitifs portant sur plusieurs sujets seront différents d’un pays à un autre en termes de contenu et de profondeur de chaque module, il est probable que chacun contienne des informations sur les sujets ci-dessous en plus de l’agriculture : o Démographie des ménages o éducation o santé et nutrition o consommation /dépenses alimentaires 14 World Bank Nov 2008 o dépenses non alimentaires o conditions de logement o biens o emploi o agriculture et élevage o migrations intérieures et internationales o participation à des projets et programmes o Activité indépendante non agricole et autres sources de revenu Les informations seront collectées de manière à permettre une analyse ventilée par sexe. Ainsi par exemple, les informations sur la propriété des biens, la gestion des ressources et la participation aux activités et programmes seront précisées pour chaque sexe. L’utilisation d’enquêtrices et l'organisation d'entretiens directs avec les femmes amélioreront l’exactitude des informations collectées et permettront la collecte de données nécessaires pour mieux définir une politique d'autonomisation de la femme. A partir des questions portant spécifiquement sur la politique et les compromis évidents, la profondeur de chaque module ou le nombre de modules seront réajustés en conséquence. Ainsi par exemple, bien que dans le cadre du module santé on puisse limiter la quantité des informations collectées à la morbidité de base, à l’accès au service de santé, aux dépenses de santé et aux mesures d’anthropométrie infantile, il sera possible dans certains enquêtes d’introduire un module plus étendu et de collecter des informations sur les antécédents vaccinaux complets des enfants, le comportement maternel pré et post natal ainsi que les pratiques en matière d’allaitement, ou même de procéder à des tests sur les micronutriments et un dépistage du VIH. Dans le cas de la Tanzanie par exemple, des mesures anthropométriques sont effectuées pour tous les membres de la famille, y compris les adultes. La possibilité de rotation des modules dans le temps est envisagée en fonction des problématiques de politique spécifiques propres à chaque pays. Pour un exposé détaillé des objectifs spécifiques de chacun de ces modules, le lecteur peut se référer à la publication du LSMS intitulée Elaboration de 15 World Bank Nov 2008 questionnaires d’enquêtes sur les ménages pour les pays en développement : leçons tirées des quinze ans de l’Etude sur la mesure des niveaux de vie (Grosh and Glewwe, 2000). En ce qui concerne l’agriculture, l’équipe LSMS compte élaborer un module de base dans le cadre de ce projet, qui servira de modèle général pour chaque pays. Un prototype est en cours d’élaboration dans le cadre du projet tanzanien et servira de base qui pourra être amélioré dans les pays concernés par le présent projet. L’enquête par panel en cours au Ghana menée par la Yale University, et l'éventuelle 4ème phase de l’enquête Temegeo menée au Kenya par la Banque mondiale apporteront également une précieuse contribution à l’élaboration de ce module agricole, notamment dans les domaines des droits de propriété, des réseaux sociaux et de la dimension genre. Ce modèle sera modifié pour correspondre aux aspects des systèmes agricoles propres à chaque pays. En évitant un modèle strictement standardisé, les données seront mieux adaptées pour examiner et répondre aux questions de politiques spécifiques de chaque pays.7 L’ensemble essentiel des indicateurs généraux à observer dans le module agricole a été identifié par l’équipe LSMS au terme d’un processus consultatif avec plusieurs experts, et au cours de la réunion technique tenue en mai 2008 dans le cadre de la préparation du projet. Ces domaines clés sont nécessaires à la fois pour suivre les tendances et pour procéder aux analyses afin de comprendre par exemple les facteurs qui entravent l’efficacité et la productivité du secteur agricole, ainsi que le rôle des femmes dans l’agriculture et les autres activités de production. De plus dans certains cas particuliers, ces mesures sont utilisées comme entrées dans les systèmes de comptes nationaux et pour des besoins de prévision (i.e pour prévoir les pénuries alimentaires). Il est prévu que les membres du Comité de pilotage du projet et ceux du Comité technique consultatif révisent et enrichissent cette liste dans les mois à venir. Il faudra évidemment faire preuve de flexibilité pour pouvoir faire face aux problèmes nouveaux qui se poseront Citons parmi les exemples d’aspects spécifiques à l’agriculture de chaque pays: le système foncier et les lois de succession, le système de commercialisation (pour les établissements de commercialisation du tabac au Malawi et les coopératives en Tanzanie par exemple), la structure des marchés des intrants (tels que la distribution des engrais dans le cadre du système de protection sociale, notamment la distribution gratuite des bons d’engrais). 7 16 World Bank Nov 2008 avec le temps. Des informations sur les variables ci-après seront collectées dans tous les pays : • La production, le stockage et la vente des produits de l’agriculture et d’élevage de base • La productivité des principales cultures, avec un accent sur les mesures d’amélioration de: o La quantification de la production o La dimension des exploitations • Le régime de propriété o dimension et régime foncier o transactions • Accès et utilisation des services, des infrastructures et des ressources naturelles o Services de vulgarisation agricole o Infrastructures (y compris les routes) o Crédit (tant pour l’agriculture que pour d’autres projets) o Education et santé o Accès aux marchés o Accès à l’information o Accès aux ressources naturelles et aux biens communs • Utilisation des intrants et adoption des technologies o Main-d’œuvre familiale et rémunérée o Usage des technologies et équipements agricoles o Variété des semences o Engrais et pesticides • Chocs • Pratiques culturales o Mécanisation o Gestion des sols et de l’environnement o Gestion de l’eau o Adaptation aux changements climatiques 17 World Bank Nov 2008 Un questionnaire communautaire sera également utilisé conjointement avec l’enquête sur les ménages afin de recueillir des informations communautaires sur les sujets englobant l’accès aux services et infrastructures publiques aux réseaux sociaux, aux institutions et aux prix de détail. Au-delà du modèle des questionnaires, le projet s’intéressera à trois aspects supplémentaires de la standardisation. Premièrement, une application de saisie des données standard pour accompagner le module agricole central. Un système de saisie périodique des données et un système d'interviews individuelles assistées par ordinateur (IPAO) seront envisagés. En Tanzanie par exemple, l’équipe LSMS travaille à titre expérimental à l’élaboration d’une plate-forme d’IPAO qui sera utilisée pour gérer les modules agricoles de manière électronique à travers l’utilisation d’ordinateurs personnels ultraportables (UMPC). L’expérience accumulée à ce jour milite en faveur de la pertinence de ce matériel pour ce type de projet de terrain, mais il demeure nécessaire de procéder à l’essai de ce matériel et du logiciel sur le terrain. L’objectif final est d’exploiter l’expérience acquise par l’équipe LSMS en Tanzanie et dans d’autres pays pour développer un package standard (mais personnalisable) qui puisse permettre aux pays bénéficiaires de mettre en œuvre leurs enquêtes en toute autonomie à l’aide des UMPC. Deuxièmement, ce projet développera un outil de base pour l’analyse des données sur le modèle du programme ADePT mis sur pied par le Groupe de recherche sur l’économie de développement (DECRG) de la Banque mondiale (http://econ.worldbank.org/programs/poverty/adept). Le programme ADePT, qui est basé sur la plateforme de logiciel statistique STATA fournit un ensemble de tableaux, de graphiques et de cartes standard liés à des indicateurs de pauvreté et de main d’œuvre. Dans sa forme actuelle, ce programme permet de comparer les statistiques sur la pauvreté dans différents pays. Il comporte des applications permettant une analyse de sensibilité et une vérification des données pour minimiser les erreurs. Il peut également servir à vulgariser de nouvelles méthodes d’analyse économique appliquée à un large public. Il 18 World Bank Nov 2008 s’est également révélé être un excellent outil de formation en matière d’analyse de base de la pauvreté. Les vulgarisations de l’ADePT comportent déjà des modules distincts sur la main d’œuvre, le genre et la protection sociale. L’élaboration d’une application similaire pour le module agricole serait de nature à accroître l’implication des partenaires locaux et d’accélérer la production de statistiques de base sur l'agriculture une fois les données collectées. Les modules d’ADePT existants seront également diffusés et utilisés pour l’analyse préliminaire d'autres parties du questionnaire. Enfin, le projet intègrera les nouvelles séries de données dans la plateforme du Projet des niveaux de vie comparés (CLSP). Le CLSP est une base de données internet (actuellement en version Bêta) élaborée et gérée par l’équipe LSMS. Des séries de données comparables seront construites à partir des enquêtes des ménages de chaque pays. L’interface CLSP permettra aux utilisateurs d’accéder aux données grâce à des outils d’analyse en ligne. Cette interface permet aux usagers ayant une expérience limitée en matière de micro données et de logiciels statistiques d’exploiter les informations tout en accomplissant la plupart des tâches de base pour d'autres désireux de procéder à des analyses comparées et transnationales. L’utilisation de cet outil facilitera l'accès le plus ouvert qui soit aux données comparables produites par le projet. III.1.c. Spécificité de chaque pays par rapport à la série d’indicateurs communs de base Les séries de données doivent répondre aux besoins spécifiques de chaque pays, tout en appliquant également les normes internationales pour permettre des comparaisons entre pays. L’enquête LSMS a ceci de particulier qu'elle doit trouver le juste milieu entre à la fois être taillée sur mesure pour les besoins et problématiques politiques propres du pays et répondre aux impératifs de comparabilité entre différents pays. Les enquêtes LSMS sont généralement régies par la demande et découlent très souvent d'une sollicitation des pouvoirs publics qui souhaitent répondre à des besoins statistiques bien définis. Les questionnaires contiennent des questions de politiques spécifiques à chaque pays, et sont élaborés en collaboration avec les partenaires locaux, et à ce titre, les enquêtes LSMS diffèrent toutes l’une de l’autre. Afin d’améliorer la pertinence et la durabilité de la 19 World Bank Nov 2008 collecte des données, point n’est besoin d’insister davantage sur l’importance du partenariat et du sens d’appropriation de la part des populations locales au cours des phases de planification et de conception. C’est l’approche adoptée par l’équipe LSMS: les enquêtes LSMS sont principalement menées en collaboration avec les partenaires étatiques, généralement le Bureau national des statistiques, en y associant étroitement les ministères de tutelle et les parties prenantes au plan local. Le degré de personnalisation varie également selon le module. Ainsi par exemple, les questions sur les biens, les entreprises non agricoles, la démographie et la consommation peuvent nécessiter moins de personnalisation que des modules sur l’agriculture ou les institutions. Les us, coutumes et normes culturelles peuvent également influencer la manière dont les questions sont libellées et les interviews menées, notamment en ce qui concerne les entretiens avec les femmes. L’équipe LSMS jouit d’une longue expérience pour s’assurer que ce processus de personnalisation produise les meilleures retombées qui soient en termes de qualité et de pertinence des données. La personnalisation du contenu et du modèle doit cependant tenir également compte des normes internationales et du facteur de comparabilité entre pays. Le système proposé intègrera donc les critères de personnalisation par pays et de comparabilité entre pays en termes de contenu, ainsi que les nomenclatures et classifications internationales. III.1.d. Stratégie en matière de dimension genre La stratégie de ce projet en matière de genre comporte deux grands volets : la méthode de collecte des données et la parité hommes-femmes au sein des membres de l’équipe du projet. En ce qui concerne la technique de collecte des données, ce projet reconnaît l’impérieuse nécessité d’aller au-delà de la conception du ménage comme unité d’analyse afin d’améliorer la qualité, la pertinence et la pérennité des systèmes de données agricoles. Bien que le projet conceptualise les initiatives de collecte des données dans le cadre des 20 World Bank Nov 2008 enquêtes des ménages par panel, la plupart des données sont en fait collectées au niveau individuel. Comme il a été indiqué au paragraphe III.1.b, des informations concernant l’emploi, l’éducation et l’état de santé seront collectées auprès de tous les membres de la famille. Ceci inclut le temps consacré aux activités lucratives et non lucratives, telles que le ravitaillement en eau, la recherche du bois, les activités agricoles et l’élevage. Dans la partie du questionnaire portant sur l’agriculture, les informations sur la propriété foncière, la prise de décision sur l’accès à la terre et au crédit pour les activités agricoles (et non agricoles) seront collectées. Les questionnaires communautaires viseront à recueillir des informations sur la dimension sexospécifique du leadership communautaire, les réseaux sociaux, les coutumes et les normes en milieu communautaire, y compris celles liées aux traditions en matière d’héritage et d’accès à la terre. La collecte des données au niveau individuel s’intéressera à la plupart des problèmes figurant dans la liste aide-mémoire de la BMGF sur les questions de genre. Les problématiques spécifiques à l’agriculture comprennent l’accès des femmes aux terres irriguées, l’engagement des femmes dans la production de subsistance et de rente, les différences liées au sexe dans l’utilisation des nouvelles technologies et l’accès au crédit, et la mesure dans laquelle les décisions en matière agricole sont prises par les hommes, les femmes ou de manière conjointe. De plus, ce projet élargit les données ventilées par sexe aux questions foncières, notamment la direction d’entreprises non agricoles par les femmes, et le temps alloué par tous les membres de la famille aux activités économiques. En réalité, la collecte d’informations au niveau individuel dans le cadre des enquêtes sur les ménages constitue la norme du programme LSMS. L’équipe du projet s’efforcera également de respecter la parité entre les sexes. Cela s’appliquera tant au niveau de la collecte des données que de l’élaboration et de l’analyse des questionnaires. Il est important d’inclure des femmes dans les équipes d’enquêteurs, surtout dans les régions ou les pays où la division du travail et des responsabilités en fonction du sexe est très marquée. Ne pas reconnaître et tenir compte de ces aspects 21 World Bank Nov 2008 pourrait compromettre la qualité des statistiques. Ainsi par exemple, l’équipe LSMS mène actuellement une enquête sur le terrain en Afghanistan pour évaluer de manière rigoureuse les avantages en terme de qualité des données découlant de l’utilisation d’enquêtrices pour interroger les femmes sur différents types de sujets. Bien que cette technique ne soit pas applicable dans la plupart des pays où ce projet sera mis en œuvre, elle illustre le fait que la composition sexospécifique des équipes de terrain peut favoriser une collecte de données de meilleure qualité. S’agissant de l’élaboration et de l’analyse des questionnaires, le recours à une équipe diversifiée, et pas uniquement au plan sexospécifique, permet de s’assurer que tous les sujets d’une pertinence avérée pour des groupes précis sont pris en compte dans l’élaboration du questionnaire, puis examinés. L’équipe LSMS jouit d’une expérience dans le pilotage des enquêtes qui a permis d’accroître l’enveloppe allouée aux questions de genre. Il s’agit notamment d'enquêtes de terrain portant sur les ménages et dotées de modules élargis à la prise de décision dans l’économie familiale. Dans le cadre de notre programme de recherche actuel, nous menons des expériences de recherche sur les conséquences des réponses par personne interposée, notamment pour ce qui touche à la sous-estimation de la contribution de la main d’œuvre féminine et à la collecte d’informations exactes sur l’accès des femmes au crédit et aux financements (car ces informations sont généralement fournies par les hommes chefs de famille). Nous élaborons également un guide des bonnes pratiques en matière de collecte de données d’enquêtes pour une analyse sexospécifique. III.1.e. Intégration dans les activités étatiques existantes ou programmées Compte tenu du niveau limité de compétences et de ressources humaines, l’idéal serait que toute nouvelle stratégie de collecte de données en Afrique subsaharienne soit intégrée autant que possible dans le système d’enquêtes existant dans chaque pays. Cela nécessite un cadre de coordination institutionnelle approprié (cf. point III.2 ci-dessous), ainsi que l’intégration matérielle des activités proposées dans les activités en cours ou prévues. Il s’agit d’une condition nécessaire, bien qu’insuffisante, pour maximiser la pertinence, l’utilisation et la durabilité des enquêtes et des données. Les enquêtes sur les ménages 22 World Bank Nov 2008 peuvent s’avérer coûteuses, en particulier dans les pays africains dans lesquels les coûts de transport sont élevés et les ressources humaines limitées, et qui ont par conséquent besoin d’une assistance technique de haut niveau. Par conséquent, il est fondamental d’éviter les doubles emplois et d’exploiter les enquêtes et plans existants. Le travail proposé ici s'inscrira en droite ligne des Stratégies nationales pour le développement des statistiques (SNDS), là où elles existent, et le projet sera mis en œuvre dans les pays appliquant actuellement ces stratégies pour s’assurer que les statistiques agricoles sont bien intégrées. Il est préconisé, dans la mesure du possible, que les enquêtes dans le cadre du projet soient “greffées” aux initiatives étatiques de collecte de données actuelles ou à venir. Ces modèles permettent de faire des économies et sont de nature à d’améliorer la perennité des enquêtes. Outre les avantages liés au coût, l’intégration dans des activités programmées incitera les gouvernements à s’approprier et à soutenir ces enquêtes, tout en permettant une meilleure utilisation des ressources humaines limitées dont dispose le pays. L’idée d'exploiter les enquêtes en cours ou programmées n'est pas toujours possible, car il faudra tenir compte des caractéristiques et des instruments d’enquête prévus. Même lorsque cela serait possible, cela se ferait peut être à un coût élevé en ayant éventuellement une flexibilité limitée en termes de conception et de contenu de l’enquête. A cet égard, l’une des complications éventuelle pour l’intégration totale d’un module général sur l'agriculture dans une enquête existante est la programmation de l’enquête planifiée (par rapport au cycle agricole), et/ou dans l’organisation de terrain programmée. L’une des solutions actuellement appliquée dans les enquêtes LSMS en cours est de répartir le questionnaire entre plusieurs enquêtés (le plus compétent dans chaque domaine) et d’effectuer plusieurs visites. Afin de garantir la profondeur et la qualité des statistiques agricoles, chacun pourrait songer à appliquer le module agricole lors de sa propre « visite ». Cette approche a récemment été appliquée dans le cadre de la méthodologie LSMS et consiste à inclure dans l’enquête principale un bref module 23 World Bank Nov 2008 d'aiguillage pour identifier tous les ménages ruraux de l’enquête. Sur la base de cette identification, un module agricole est alors appliqué à ce sous-échantillon de ménages. Cette approche présente divers avantages. Tout d’abord, il permet au module d’aller en profondeur, tout en allégeant le questionnaire principal. Ensuite, le module agricole peut être appliqué à un moment plus propice à des fins agricoles, notamment après la récolte.8 Troisièmement, à cette étape de la collecte des données, il est possible d'interroger différentes personnes ayant de grandes connaissances sur les questions agricoles. Cette approche est actuellement utilisée dans le NPS tanzanien, où des enquêteurs se consacrant spécialement au volet agricole seront intégrés dans l’équipe de terrain du NPS avec pour mission explicite de recueillir des statistiques agricoles. Grâce au court module de sélection du NPS principal, l’enquêteur du volet agricole recevra une liste des ménages se consacrant à la production agricole et/ou animale, pour des entretiens de suivi approfondis couvrant différents aspects de la production agricole. Cette même approche sera appliquée dans les pays se proposant de réaliser des enquêtes similaires, rendant ainsi cette intégration possible. Une deuxième préoccupation découlant de l’intégration du module sur le volet agricole dans une enquête existante a trait à la programmation et à la fréquence des entretiens. Compte tenu de la nature de la production agricole et de son hétérogénéité en termes de systèmes de culture et de saisonnalité, l’idéal serait de recueillir les informations au moment le plus approprié pendant la saison des cultures, et à une fréquence plus élevée que celle autorisée pour une enquête ordinaire. Ainsi, lier l'application d’un module agricole à un projet de collecte des données en cours sur la base d’une visite unique peut avoir un impact négatif tant sur la qualité que la quantité des informations que l’on désire recueillir. Le problème pourrait même être plus grave dans les cas où l’enquête s'étale sur 12 mois, avec la visite d’un sous-échantillon par mois. C’est le cas du NPS tanzanien où un douzième des échantillons doit être visité chaque mois. Cela est potentiellement L’idéal serait d’identifier ce moment propice sur la base des informations idiosyncrasiques recueillies auprès des ménages au cours de l’enquête principale, par exemple sur la base des modèles de culture par ménage, et des activités champêtres. 8 24 World Bank Nov 2008 source de problème supplémentaire en raison de la nécessité de rattraper divers retards enregistrés par les ménages par rapport à des évènements spécifiques tels que les semailles (achat des intrants) ou les récoltes (vente de la production). L’importance des erreurs dues à la programmation de l’enquête n’apparaît pas clairement. Le projet abordera ce problème de différentes manières. Premièrement, une deuxième interview avec les ménages à un moment différent et plus propice de l’année sera ajoutée. Ainsi par exemple, les informations sur les principales transactions et les autres informations sensibles au facteur temps portant sur la production et la commercialisation des produits agricoles (achat et utilisation des intrants, les récoltes et les ventes par exemple) seront collectées à travers le déploiement des enquêteurs dans les ménages au moins une fois de plus au cours de la période de référence de 12 mois. La possibilité d’utiliser les agents vulgarisateurs disponibles pour mener cette action supplémentaire de collecte des données est envisagée en Tanzanie et sera examinée dans le cadre du présent projet. L’un des avantages potentiels qu’il y a à recourir aux agents vulgarisateurs est que cela permettra de promouvoir la collaboration et l’appropriation interinstitutionnelles, tout en encourageant une meilleure intégration dans les systèmes administratifs de collecte des données existants dont sont généralement chargés les agents vulgarisateurs. Il existe des dotations budgétaires pour un entretien de suivi supplémentaire avec chaque ménage paysan. Enfin, à titre expérimental au départ, les ménages recevront des outils de base nécessaires pour soutenir la collecte des données entre les visites et améliorer ainsi la qualité du rappel. On entend par outil, par exemple des cartes de récolte, des carnets agendas et de simples outils de mesure pour faciliter la quantification de certaines variables pouvant être difficiles à bien mesurer à travers le rappel en une seule, voire deux visites. 9 Afin d’explorer pleinement les possibilités de greffage et en guise de contribution à la conception de l’enquête, l’une des premières activités de chaque pays sera de réaliser une évaluation complète des activités de collecte des données planifiées au niveau des ménages. Pour ce faire, une première mission constituée de responsables de la Banque mondiale, et si possible de consultants recrutés, sera déployée sur le terrain pour participer à l’évaluation. L’exploitation des enquêtes existantes est la méthode de travail privilégiée pour ce projet. Cependant, dans certains cas, il serait plus judicieux de mener les enquêtes parallèlement aux initiatives existantes, tandis que dans d’autres, ce sera la Ainsi par exemple, un mètre en ruban pourrait être remis à chaque ménage lors de la première visite pour mesurer le bétail. Un autre exemple récemment adopté au cours du même type d’enquêtes serait de munir les ménages de seaux en plastique pour mesurer la production des cultures difficiles à quantifier telles que les légumes et tubercules. 9 25 World Bank Nov 2008 seule option. Compte tenu de son implication dans la conception et la réalisation des enquêtes sur les ménages à travers le monde, l’équipe LSMS est la mieux placée pour veiller à ce que ces opportunités de greffage soient exploitées au maximum. Le projet en cours sur le NPS en Tanzanie est un exemple patent de ces synergies, étant donné que l’opportunité de juxtaposition avec le projet de la Fondation Gates est née du fait de l’implication, dès le départ, de l’équipe LSMS dans la conception du NPS . Une opportunité similaire existe désormais au Mozambique où l’équipe LSMS travaille en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture et l’Université d’Etat de Michigan dans la conception de l’Enquête agricole nationale de 2008 (Trabalho de Inquérito Agrícola). Il s'agit là de deux exemples les plus récents de synergies possibles dans le cadre du programme LSMS. III.1.f. Conception des échantillons Le plan d'échantillonnage général de chaque pays met l’accent sur deux aspects: dresser un échantillon valable et représentatif au plan national et éviter des échantillons excessivement grands qui pourraient compromettre la qualité des données et la durabilité du système, ainsi que la capacité à minimiser les effets de déperdition au cours des phases ultérieures suivant la période de référence de base. Selon le pays et compte tenu évidemment de l'importance politique de sa structure administrative et agroclimatique, l’échantillon sera également représentatif au plan sous-national, c'est-à-dire pour les zones urbaines et rurales, et dans la mesure du possible, au second niveau administratif pour les états/provinces/districts. Le point de départ et premier axe méthodologique dans la conception d’un échantillon est le choix d’un cadre d'échantillonnage approprié qui identifie les ménages pouvant être retenus pour participer à l’enquête. Dans le contexte africain, ce n’est pas nécessairement une tâche évidente. Conformément à la tradition des LSMS et sur la base des récentes directives sur l'échantillonnage des enquêtes agricoles (FAO, 2005), un cadre d'échantillonnage basé sur la population est recommandé pour le système d’enquête envisagé. Bien que ce système de liste démographique exclue les exploitations agricoles 26 World Bank Nov 2008 commerciales, l’utilisation du ménage au lieu de l’exploitation agricole comme unité d’observation semble plus réalisable, compte tenu de la grande portée du projet proposé. Par ailleurs, dans le contexte africain, les petits exploitants continuent de représenter la majeure partie de la production agricole et leur place dans la réduction de la pauvreté fait d’eux une cible plus appropriée pour le système envisagée. Cependant, en fonction des objectifs de l’enquête et de l’importance du secteur commercial dans un pays donné, la nécessité de compléter les statistiques agricoles fournies par les enquêtes sur les ménages proposées avec les enquêtes spécialisées sur les exploitations commerciales devra être envisagée dans certains cas. La phase en cours des Recensements de la population et de l’habitat (RPH) 2010 est une contribution essentielle au système d’enquête envisagé, dans la mesure où elle peut fournir une liste actualisée des ménages à partir de laquelle nous pouvons extraire nos échantillons. Selon les directives récentes de la FAO (FAO, 2005), ces listes démographiques peuvent servir de base à des recensements agricoles basés sur les échantillons et à toute autre enquête de suivi détaillée sur l’agriculture, pourvu que le RPH comprenne une série limitée de questions pour la bonne identification des ménages paysans et/ou des agriculteurs. Sur la base de ces directives, l’échantillon des futures enquêtes par panel peut en principe être constitué directement à partir des listes du Recensement agricole constituées à leur tour à partir de celles du RPH, garantissant ainsi une parfaite intégration entre l’enquête et les recensements. Bien que cette méthode semble attrayante, peu de recensements de la population ont à ce jour inclus le type de questions de sélection proposées par les directives de la FAO. De plus, il y a lieu de s’interroger sur l’exactitude des questions de sélection dans un grand projet tel que le recensement, qui peut déboucher sur une sous déclaration des activités champêtres.10 Pour terminer, même lorsque des questions de sélection sont incluses dans le recensement démographique, peu de pays d’Afrique subsaharienne prévoient Les informations sur la possession des biens sont généralement considérées comme très sensibles dans les recensements, et par conséquent sujettes à sous déclaration. Il convient par conséquent de souligner que ces informations collectées à la faveur de recensements de la population, bien que peu précises en termes de quantification de variables spécifiques telles que la possession des terres et du bétail, peuvent être suffisantes pour construire une variable dichotomique en vue de l’identification des ménages engagés dans les activités agricoles et/ou pastorales. 10 27 World Bank Nov 2008 actuellement de procéder à un recensement agricole. Par conséquent, une totale intégration du système par panel dans les recensements de la population et agricole ne sera possible que dans quelques rares pays, du moins pour l’instant. 11 La disponibilité des informations dans les recensements de la population et la réalisation récente d’un recensement agricole constitueront l’un des critères de sélection des pays. L’un des pays dans lesquels cette approche pourrait être adoptée est le Mozambique. Le Mozambique a réalisé un recensement de sa population en 2007 et des questions permettant de déterminer la propriété foncière et pastorale ont été incluses. Ce pays entend réaliser un recensement agricole en 2009 ou en 2010, ce qui fera de lui le candidat idéal pour utiliser cette approche comme cycle de base pour une nouvelle enquête par panel. Dans d’autres pays où aucune information agricole n’est disponible dans les recensements pour permettre une certaine stratification, un échantillon représentatif des ménages urbains et ruraux au plan national sera constitué directement à partir des listes des recensements de la population. La sélection des UPE sur la base d’une probabilité proportionnelle à la taille (PPS) pourrait ne pas entièrement prendre en compte la structure du secteur de l’agriculture et de l’élevage. Cependant, eu égard à l’objectif multiple de l’enquête, cette approche semble appropriée En fonction de l’“ancienneté” des listes démographiques, il sera nécessaire de procéder à des mises à jour, et des dotations budgétaires ont été prévues à cet effet. Compte tenu de la grande proportion des ménages représentés dans les activités champêtres en Afrique subsaharienne, un modèle standard de groupes à plusieurs niveaux sera plus indiqué pour sélectionner un nombre suffisant de foyers paysans. Les questions d'aiguillage, semblables à celles proposées par la FAO pour le recensement de la population, seront incluses dans le questionnaire principal de l’enquête pour identifier tous les ménages engagés dans les activités champêtres. Ces ménages paysans seront soumis à un module agricole supplémentaire plus détaillé administré par des enquêteurs spécialisés. 11 Dans les cas où le recensement de la population comporte des questions de dépistage jugées fiables, l’on pourrait créer un échantillon principal composé des ménages agricoles et non agricoles et l’utiliser pour le choix de l’échantillon du panel et pour les mises à jour ultérieures. Le ‘’palier champêtre’’ de l’échantillon principal serait constitué de la liste à utiliser pour le Recensement agricole au moment de sa réalisation, le cas échéant. 28 World Bank Nov 2008 Les pays ont généralement besoin d’informations hautement désagrégées au plan géographique. Cependant, le système envisagé insistera sur l’évaluation des indicateurs essentiels agricoles et de bien-être au niveau national et au niveau des grandes circonscriptions infranationales, notamment les principales régions/zones urbaines et rurales, telles que les principales zones de développement ou les zones agro écologiques. Des estimations plus dissociées au plan géographique devront être effectuées à travers des recensements agricoles et des collectes d’informations administratives. L’on pourra également essayer de procéder à des estimations sur des zones réduites pour certaines variables importantes à condition de disposer des sources d’informations complémentaires nécessaires. Le projet envisage un échantillon d'enquête compris entre 3.000 et 5.000 ménages par pays pour l’enquête par panel; la taille véritable de l’échantillon dépendra du nombre réel de domaines d’inférence de chaque pays, des questions de politique pertinentes et des calculs de puissance correspondants. En supposant que 80% des ménages échantillonnés sont engagés dans une certaine forme d’activité agricole, entre 2.400 et 4.000 ménages de l’échantillon total seront interrogés dans chaque pays. Il est également possible de suréchantillonner les ménages selon la prévalence escomptée et les exigences en termes de taille finale de l’échantillon. La taille finale visée de l’échantillon repose sur la longue expérience du programme LSMS dans la réalisation d’enquêtes multi-sujets des ménages. Elle reflète l’équilibre entre un échantillon assez important qui soit représentatif aux niveaux national et infranational mais respecte la qualité des données. Il importe également d’avoir des échantillons plus réduits pour garantir une plus grande durabilité du système après la durée de vie du projet. Dans les pays ayant des besoins pressants en matière de données dégroupées et justifiant d’une expérience avérée dans les opérations complexes de collecte des données, et en cas de financements supplémentaires par d’autres sources, l’on peut élargir l’échantillon afin de parvenir à une plus grande représentativité aux niveaux inférieurs de dissociation des données. La taille exacte de l’échantillon sera déterminée dans chaque pays sur la base de conditions spécifiques et en collaboration avec un expert en échantillonnage. Ainsi par exemple, si l’objectif visé est l’estimation de la production de(s) la(es) principale(s) culture(s) au niveau national, la 29 World Bank Nov 2008 taille requise de l’échantillon peut s’avérer réduite, et par conséquent proche du minimum envisagé de 3.000 ménages. Cependant, si l’on désire procéder à l’estimation de certaines cultures présentant un certain intérêt commercial, ou si l’on vise la représentativité de certaines zones écologiques, de plusieurs systèmes de culture et de sous-circonscriptions administratives, alors l’échantillon devra être plus important, donc proche du maximum (5.000 ménages). Le regroupement de l’échantillon (à travers l’approche d’échantillonnage la plus courante, l’échantillonnage à deux niveaux) et d’autres paramètres de conception entreront également en compte dans la taille de l’échantillon et dans les calculs de puissance, ce qui signifie que les chiffres proposés doivent être considérés comme une fourchette approximative. Pour une présentation plus détaillée de l’échantillonnage, voir Annexe G. Enfin, pour préserver la représentativité nationale des données, les échantillons de l’enquête seront partiellement ou intégralement renouvelés après un certain nombre d’années, selon les niveaux d'érosion et de mobilité de chaque pays. III.1.g. Géocodage et amélioration des liens avec d’autres sources de données. Une autre caractéristique importante du projet sera de s’assurer que les nouvelles données peuvent être liées à d’autres sources de données. Jusqu’à présent, l’absence de lien entre les groupes de données a miné les enquêtes sur les ménages et considérablement réduit l’utilité de chacune des sources de données. L’exploitation de la technologie GPS permet d’améliorer la “liaison” entre les enquêtes sur les ménages et les sources de données géoréférencées.12 La réduction drastique du prix de l'équipement GPS et l’amélioration spectaculaire de leur précision et de leur facilité d’utilisation font aujourd’hui des enquêtes sur les ménages géocodées un exercice pratique et peu coûteux que l’on peut pratiquer régulièrement durant les interventions sur le terrain. Le géocodage des ménages est également fort utile dans les enquêtes par panel dans la mesure où il permet de suivre les ménages d’une phase à une autre. Enfin, la technique de GPS sera utilisée autant que Citons à titre d'exemple à ce sujet le lien entre l’enquête nationale sur les ménages du Malawi avec le réseau routier pour cartographier les délais de déplacement sur le réseau primaire/secondaire/tertiaire vers les centres de commercialisation, et le lien entre les données pluviométriques et l’enquête sur le climat des investissements ruraux en Ethiopie, afin d’évaluer l’impact de la variation pluviométrique sur les activités agricoles et non agricoles. 12 30 World Bank Nov 2008 faire se peut pour mesurer la taille des parcelles. En collaboration avec la FAO, un document de référence résumant les expériences antérieures et fournissant des directives méthodologiques sera produit dans le cadre de ce projet, et vulgarisé au cours d’un atelier. Les questions de confidentialité pourront limiter la diffusion d’informations géocodées en accès libre, mais les évolutions techniques récentes peuvent aider à surmonter ce problème potentiel. Les sources de données peuvent également être liées entre elles par d’autres moyens, notamment l’échantillonnage et la juxtaposition des contenus. L’un des exemples de ce dernier cas est l’usage de la technique d’estimation des petites superficies pour la cartographie de la pauvreté développée par la Banque mondiale (voir Elbers, Lanjouw and Lanjouw, 2003, pour les détails méthodologiques). Cette méthode repose sur la disponibilité d’un ensemble de variables communes entre deux sources de données différentes, en général un recensement démographique et une enquête sur les ménages, pour procéder à une évaluation des taux de pauvreté ou d’autres indicateurs à des niveaux de dégroupage des données que l’on ne peut réaliser dans le cadre d’une enquête ménage du fait de la taille de l’échantillon. Cette méthode et les méthodes similaires prouvent le niveau de planification et de coordination ex-ante que les producteurs et les planificateurs de données peuvent réaliser avec peu ou pas de ressources supplémentaires. A cet égard, les cycles de recensements de la population et de l’habitat 2010 en cours dans plusieurs pays offrent une grande opportunité pour que le système proposé tire pleinement avantage du chevauchement contextuel afin de parvenir à ce type de lien. Ce système d’enquête sera également utilisé pour la “vérification au sol” des photos aériennes et pour la téléobservation. Afin de développer des modèles plus précis de prévisions en matière de production agricole et de déficit alimentaire, il est nécessaire de valider la précision de la télé observation des photos. Les mesures manuelles des dimensions des parcelles agricoles seront réalisées au cours du travail sur le terrain, soit par GPS ou par tout autre moyen ; des photos numériques des parcelles identifiées par satellite seront également prises. Cette technique est plutôt simple et ne nécessitera que la fourniture de quelques équipements de base (des appareils photos numériques et des 31 World Bank Nov 2008 trépieds) et d’une formation simple aux enquêteurs. De plus des analyses des sols seront effectuées sur certaines parcelles sélectionnées dans le double objectif de valider les données de la télé observation et les mesures signalées par les intéressés sur l'épuisement des sols. L’équipe LSMS travaillera en collaboration avec l’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI), la FAO et d’autres centres GCRAI pour définir et appliquer un protocole de base de vérification au sol du matériel de télé observation et de mesure de la qualité des sols. III.1.i. Validation des méthodes Un projet de cette importance et de cette durée peut contribuer de manière significative à la résolution de certains problèmes méthodologiques et de mesure. La vérification au sol de la téléobservation mentionnée plus haut en est l’un des exemples. Les données d’enquête en général et les données liées au revenu en particulier posent généralement de sérieux problèmes de mesure ; les données sur les revenus et la production agricole n’en font pas exception. L’un des aspects les plus importants pour le futur projet concerne les carences bien connues en matière d'évaluation de la production agricole destinée à la consommation domestique– qui a une incidence sur notre évaluation du bien-être – ainsi que les problèmes habituels d’évaluation de la dimension des parcelles et du rendement.13 Il est nécessaire de procéder à des recherches méthodologiques et le projet envisagé peut constituer un cadre idéal pour valider sur le terrain certains aspects les plus pressants liés à l’évaluation des données agricoles. Les exercices de validation peuvent être aisément effectués dans le cadre des activités envisagées moyennant un effort et des frais supplémentaires minimes. Dans la plupart des cas, le travail méthodologique sera poursuivi sur un échantillon aléatoire de ménages plus réduit. Le programme LSMS de la 13 Il est généralement difficile de recueillir des informations sur la production propre, et cela l’est davantage pour les cultures régulièrement ou fréquemment récoltées telles que le manioc, la patate douce ou la banane. L’utilisation d’une carte de récoltes est un exemple d’innovation dans les techniques d’enquête, tel que décrit dans Ssekiboobo (2007). En Ouganda, l’enquête nationale sur les ménages (2005/6) comportait une carte de récoltes pour compléter les 2 cycles d’enquête sur les ménages. Une carte de récoltes sur laquelle devaient être mentionnées les récoltes du ménage a été remise à chaque famille paysanne. Un contrôleur de récoltes dans le village passait au moins une fois par mois contrôler la carte. Néanmoins, ce système de cartes n’a pas produit tous les résultats escomptés. Les moniteurs de récoltes ne passaient pas régulièrement dans les ménages, ce qui fait que les problèmes de cartes incomplètes, en particulier celles des ménages analphabètes n’ont pas pu être résolus. 32 World Bank Nov 2008 Banque mondiale a mis l’accent au cours des deux dernières années sur l’innovation et la validation méthodologiques.14 Comme c’est le cas dans le travail de validation en cours, l’équipe LSMS associera d’autres chercheurs travaillant à l’intérieur comme à l’extérieur de la Banque sur ces questions. Chaque proposition de validation devra être approuvée par le Comité Consultatif Technique du projet et les Groupes de travail techniques qui seront mis en place dans chaque pays (pour plus de détails, voir section VI). Ce travail méthodologique pourra également être effectué grâce à des financements supplémentaires provenant d’autres sources.15 Au cours de la réunion d’évaluation du projet organisée en mai dernier, un certain nombre de domaines prioritaires et de problèmes de quantifications ont été répertoriés; il s’agit notamment de : o La mesure des parcelles par GPS et la validation des estimations auto-effectuées par les pays; o L’estimation du rendement de l’agriculture intercalaire; o La meilleure quantification des récoltes des racines, des tubercules et des légumes; o L’analyse du type et de la qualité des sols; o L’autoévaluation de la production et des revenus agricoles; o Les mécanismes interconnectés de contrats et de commercialisation ; o La prise en compte des populations nomades; o La quantification et l’évaluation des produits dérivés de l’élevage (notamment le lait) o Une meilleure prise en compte des secteurs de la pêche et de l’aquaculture La validation de ces questions et d’autres se fera au cas par cas, sur la base de protocoles rigoureux qui seront élaborés par l’équipe LSMS en collaboration avec les institutions Cf. “LSMS IV: Etudes pour l’amélioration des données d’enquêtes” Equipe LSMS, Groupe de recherché sur l’économie du développement, Banque mondiale, 2006. 15 L’approche adoptée par l’ICRISAT VLS est une des approches possibles; elle consiste à inviter des chercheurs extérieurs à présenter des propositions de modules complémentaires pour des projets de recherche spécifiques et des travaux de validation méthodologique. 14 33 World Bank Nov 2008 collaboratrices. Un minimum de 12 activités de validation seront réalisées au cours du projet. S’agissant par exemple de la mesure de la dimension des parcelles, l’objectif sera d’évaluer la précision des méthodes communément utilisées par les pays par rapport aux techniques objectives telles que le GPS. Des types de validation similaires peuvent également être appliqués dans le cas des données sur la qualité des sols ou les données de distance. Des dotations budgétaires existent pour certaines de ces activités. Des financements supplémentaires peuvent être fournis à travers des alliances ponctuelles avec d’autres institutions sur des questions de recherche et des interventions de validation spécifiques. De plus, ce projet favorisera la mise au point d’un module d’IPAO normalisé (mais néanmoins personnalisable) pour permettre aux pays clients de mener des enquêtes de manière autonome à l’aide d’UMPC. L’élaboration d’un système standard qui peut être configuré à son tour pour chaque pays comporte un certain nombre d’avantages en particulier pour réduire les coûts unitaires (économies d’échelle) et promouvoir la standardisation des systèmes de codage. Un certain nombre de caractéristiques fait de l’application de l’IPAO sur UMPC un système particulièrement adapté au système proposé : a) Les interviews et la saisie des données sont rassemblées, ce qui permet de procéder à une validation complète pendant l’entretien; b) Les données des entretiens précédents peuvent être utilisées pendant l’entretien en cours (pré remplissage, détermination en aval des questions de suivi). Cela est vrai à la fois pour les enquêtes par panel (une visite par an) et pour les enquêtes à visites multiples au cours de la période de production; c) L’ordinateur peut permettre de traiter des données compliquées (telles que les marges des produits agricoles et d’élevage) qui peuvent être comparés aux normes matérielles et financières dans le cadre d’un système global de validation des données. d) Il offre un appui multilingue dynamique et la possibilité d'activer/désactiver des questions ou des modules entiers selon leur pertinence pour l’enquête; 34 World Bank Nov 2008 e) La saisie automatique des données est possible, par exemple les relevés GPS, les enregistrements de son et de photographies numériques. De plus, pour des questions portant spécifiquement sur les parcelles, il est possible de saisir et d’afficher un croquis cartographique à des fins de référence pendant le sondage. f) Les UMPC présentent des avantages substantiels en terme de portabilité, de taille de l’écran, de capacité de stockage et de traitement, ce qui en font un outil idéal pour des enquêtes complexes; g) Les données sont téléchargées quotidiennement à travers des modems GPRS ou CDMA vers un serveur FTP et sont immédiatement disponibles pour les utilisateurs finaux; h) Accès immédiat et tenant compte du contexte au manuel de l’enquêteur pendant l’interview; i) La capacité à distribuer des mises à jour de manière électronique (inutile de réimprimer les questionnaires). III. 2 Cadre institutionnel L’un des plus grands défis de l’enquête proposée sera d’identifier et d’œuvrer à la mise en place d’un cadre institutionnel approprié en vue de garantir la pertinence, l’efficacité et la pérennité du projet. La plupart des mécanismes institutionnels en place dans la majorité des pays continuent de refléter le paradigme archaïque dans lequel les ministères de l’agriculture ont conservé un rôle prépondérant dans la définition du programme de développement et de croissance des zones rurales, et ont donc traditionnellement été chargés de la collecte des statistiques agricoles. Bien que les transformations institutionnelles puissent dépasser le cadre d’un projet spécifique comme celui-ci, il est important de souligner son importance et de proposer un certain nombre de mesures susceptibles de promouvoir et d’accélérer cette transition institutionnelle. A cet égard, le caractère polyvalent de la collecte des données proposée fournira une plateforme utile pour développer la collaboration interinstitutionnelle. Il existe déjà des cadres et des initiatives appropriés dans la plupart des pays en développement; associer ce projet à une ou plusieurs de ces initiatives permettra 35 World Bank Nov 2008 d’améliorer le profil de développement agricole et rural du programme d’action des pays. Les comités chargés des Objectifs de Développement du Millénaire ou les Groupes de travail chargés de l'élaboration des Documents de stratégie de réduction de la pauvreté fonctionnant dans divers pays sont des exemples de cadres au sein desquels la prise de conscience et l’utilisation des enquêtes sur les ménages en général, et les statistiques agricoles en particulier peuvent être promues. Deuxièmement, il est fondamental d’éviter les doubles emplois en exploitant les enquêtes et plans existants. Seize pays d’Afrique subsaharienne disposent déjà de stratégies nationales de développement des statistiques et seize autres s'attèlent actuellement à leur élaboration (http://www.worldbank.org/data/countrydata/csid.html). L'initiative proposée ici s'inscrira dans le droit fil de ces stratégies. Enfin, dans plusieurs pays, des Groupes d’utilisateurs des données (GUD) ont déjà été créés en vue de promouvoir la collaboration interministérielle et un débat fertile entre les producteurs et les utilisateurs de données. Lorsque ces groupes n’existent pas, le projet œuvrera à leur création. En tant que membre actif de la plupart des initiatives financées au niveau national, la Banque mondiale est en situation idéale pour promouvoir l’intégration du système proposé dans un cadre stratégique existant. Bien que l’expérience accumulée jusqu’à ce jour dans la promotion des programmes de développement rural par ces moyens ait produit des résultats mitigés, l’objectif est de renforcer ces efforts et de susciter une prise de conscience des problèmes agricoles par la production de statistiques de qualité et le renforcement des capacités analytiques. Une étroite collaboration avec les projets et les actions portant sur les politiques agricoles également soutenues par la Fondation Gates sera maintenue. Enfin, il sera important de promouvoir la collaboration avec les institutions locales et régionales comme le Consortium pour la recherche économique en Afrique (CREA) et l’Association africaine des chercheurs en agriculture. III.3. Renforcement des capacités 36 World Bank Nov 2008 L’objectif ultime et à long terme du projet est de créer un système durable de collecte des statistiques sur les ménages et le secteur agricole. Bien que l’indépendance financière totale du système soit susceptible de ne pas être atteinte pendant le durée du projet, l’objectif au cours des six années et demie que va durer le projet est de faire prendre suffisamment conscience et de renforcer les capacités, ainsi que de permettre aux institutions partenaires locales de gérer le système avec moins d’assistance technique extérieure. Dans le cadre de cette stratégie, il sera essentiel de renforcer les capacités analytiques des organismes publics appropriés en matière d’exploitation efficace des données sur les ménages. Le projet proposé offre une opportunité exceptionnelle compte tenu de son horizon à long terme. Le cycle de projet classique et les enquêtes ponctuelles se sont avérés largement insuffisants pour renforcer les capacités nationales nécessaires pour produire des impacts à long terme. De plus, les Bureaux nationaux des statistiques et les ministères de tutelle tels que l’agriculture ne figurent pas parmi les priorités financières du gouvernement: au fil des ans, les dépenses publiques sur l’agriculture et les statistiques n’ont cessé de décroître. Le renforcement des capacités pose un certain nombre de défis. Le personnel des ministères de tutelle et des bureaux des statistiques manque de formation nécessaire pour concevoir et analyser les données au niveau micro. Par ailleurs, plusieurs organismes publics des pays en développement se caractérisent par un niveau élevé de mobilité du personnel. Il est important d’envisager des meures incitatives appropriées et de mettre en place un vivier consistant de personnel formé. Citons à titre d'exemple positif de politique de renforcement des capacités, le Programme d’amélioration des enquêtes sur les conditions de vie en Amérique latine et aux Caraïbes (ISLC/MECOVI) financé par la Banque interaméricaine de développement (BID), la Commission économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPALC) et la Banque mondiale (http://www.iadb.org/sds/POV/site_19_e.htm). L’ISLC/MECOVI a en effet intégré les volets d’assistance technique et de formation au plan national et régional. 37 World Bank Nov 2008 Les programmes propres à chaque pays étaient généralement appuyés par la présence d’un conseiller résident au cours des premières années. L’assistance extérieure et la formation pour tous les volets de la conception du modèle et de l’analyse des résultats de l’enquête étaient assurées par le programme, en conjonction avec des ateliers régionaux et des stages de formation formels sur certains thèmes précis. Les différents niveaux d’expertise de chaque pays participant et l’échange d’expérience et de savoir-faire ont contribué à développer la coopération Sud-Sud et un enrichissement mutuel entre les pays. Le programme MECOVI a également été essentiel dans la promotion de la politique d’accès libre aux statistiques dans la région. Dans le même ordre d’idées, le projet propose se propose de recruter dans chaque pays un conseiller résident au cours des deux premières années d’activités du projet. Outre ce Conseiller Technique résident, un système reposant sur une assistance technique à court terme et des activités de formation sur des volets précis de la collecte et de l’analyse des données, s'appuyant sur un ferme engagement du personnel de la Banque mondiale, basé au Siège et à la Mission résidente de chaque pays, sera adopté. Deux ateliers de formation régionaux, dont l’un pour l’Afrique francophone et l’autre pour l’Afrique anglophone seront organisés sur des thèmes à déterminer après consultations avec les bénéficiaires et les donateurs. Chaque atelier regroupera un minimum de 20 participants. Le Groupe de travail technique qui sera mis sur pied dans chaque pays comprendra des chercheurs et des universitaires nationaux qui travailleront en étroite collaboration avec le conseiller résident et le personnel de la Banque mondiale, ainsi que les autres initiatives d’analyse de la BMGF et bailleurs de fonds, pour la production et l’exploitation des données dans les projets de recherche conjoints. Citons en guise d'exemple, une éventuelle collaboration avec le Programme de Masters pour les agroéconomistes qui sera peut-être soutenu par la Fondation. La collaboration entre les producteurs et les utilisateurs de données va s’étendre de l’élaboration d’instruments d’enquêtes à l’analyse des données produites. Il s’agit d’une relation essentielle qui permettra de garantir la viabilité du projet et de promouvoir le développement de données de qualité pertinentes pour la formulation de politiques. Si la 38 World Bank Nov 2008 création des capacités nationales nécessaires à une analyse de haut niveau de données au niveau micro n'entre pas dans le cadre du présent projet, ce dernier soutiendra la formation pratique en matière d’analyse en associant le personnel local des ministères de tutelle concernés à une préparation conjointe du travail d’analyse, en collaboration avec les chercheurs internationaux et le personnel des organismes donateurs. Ce lien entre la production et l’exploitation des données est un aspect fondamental. Une assistance plus approfondie devrait être fournie et sera apportée dans le cadre de la composante politique du programme de la BMGF qui sera mis en œuvre dans chaque pays. III.4 Diffusion L’un des aspects fondamentaux du système proposé est l’intérêt public que revêtent les données, qui deviendront disponibles pour l’ensemble de la communauté de chercheurs et de décideurs 12 mois après la fin de l’opération de collecte. Au terme de la période de 12 mois, ces données seront entièrement traitées, consignées par écrit et diffusées à travers différents moyens, notamment un site web spécialement conçu à cet effet, afin de mieux faire connaître le projet et diffuser les données, les documents de référence et les résultats de l’analyse. Au lieu d'un site internet pluraliste, contenant toutes les informations, la solution alternative serait une page plus simple à utiliser, avec des liens appropriés vers d’autres sites par pays dans lesquels les données et les documents seront stockés. Le site du LSMS sera également revu pour intégrer toutes les informations et tous les liens relatifs à ce projet. Afin de s’assurer que les données sont mises à la disposition du public en temps utile, il sera important de négocier et de signer des accords d’accès libre aux données avec chaque pays afin que tout le monde ait accès à ces données. L’équipe LSMS jouit d’une longue expérience pour s’assurer que les données collectées sont entièrement enregistrées et diffusées (Pour plus de détails, voir le site de la LSMS www.worldbank.org/lsms). En outre, le projet travaillera en collaboration avec d’autres initiatives de diffusion des données telles que le Programme accéléré sur les données (ADP) et le Réseau international des enquêtes sur les ménages (IHSN) de la Banque mondiale, ainsi que CountryStat de la FAO. 39 World Bank Nov 2008 Dans le cadre des activités de diffusion, et afin d’aider le projet à identifier les lacunes majeures en matière de connaissances et les domaines d’intérêt méthodologique, le projet apportera également sa contribution à l'élaboration de quatre documents de référence et de rapports d'analyse sur plusieurs sujets. Les sujets susceptibles d’être abordés reflètent les domaines déjà répertoriés dans la partie sur la validation méthodologique. Ainsi par exemple, le projet travaillera en collaboration avec la Division des statistiques de la FAO pour préparer un document sur les techniques d’amélioration de l’évaluation de la dimension des parcelles par GPS. En outre, trois ateliers régionaux de restitution des principaux résultats et de diffusion de certains résultats seront organisés. Ce projet, ainsi que ses différents résultats, feront également l’objet d’une large diffusion à travers des exposés présentés au cours de séminaires et ateliers, notamment la Conférence internationale des agroéconomistes. Enfin, le projet financera deux réunions de donateurs au cours de la 1e et de la 4e année (après l’évaluation à mi-parcours) dans le but de fournir à l’ensemble de la communauté des bailleurs de fonds des informations sur le projet et d’explorer les opportunités de financement pouvant permettre d’accroître le nombre de pays engagés dans le projet et de futures vagues de panel d'enquêtes. L’atelier de restitution prévu servira également de cadre pour communiquer les résultats obtenus aux autres bailleurs de fonds et solliciter leur appui. Bien que l’on relèvera une certaine variation entre les données recueillies afin de respecter les particularités de chaque pays et d’examiner les questions essentielles dans différentes régions, un ensemble de questions et d’indicateurs de base demeureront néanmoins comparables dans les six pays. Dans l'optique de faciliter l’accès et l’exploitation de ces séries de données, des ensembles de données harmonisées ou comparables seront élaborées à partir des données brutes. Ces nouvelles séries de données, qui seront pleinement documentées, seront incluses dans le Projet de comparaison des niveaux de vie, une interface web pour analyse en ligne des données développée par l’équipe LSMS pour le calcul d’une gamme d’indicateurs, allant de simples fréquences à l’analyse à variables multiples sur demande. 40 World Bank Nov 2008 Afin d’accroître l’utilité des données collectées, il est fondamental de tenir compte du critère temps. L’équipe LSMS a toujours été à l’avant-garde de la conception et de la mise en œuvre de techniques de terrain permettant de minimiser le décalage entre la fin du travail sur le terrain et la publication des résultats. L’utilisation d’un système intelligent et simultané de saisie des données a permis de réduire considérablement le temps nécessaire à la préparation des séries de données définitives et de haute qualité à des fins d’analyse. Depuis quelque temps, l’équipe procède à l’expérimentation d’autres techniques, notamment l’IPAO, qui permettra de réduire encore le temps de traitement des données et d’en améliorer la qualité. Un système d’IPAO est en cours d’élaboration pour le module agriculture du NPS de Tanzanie et sera mis à l’épreuve avant son application réelle. Comme nous l’avons décrit à la Section III.1.h portant sur les méthodes de validation, et sur la base de l’expérience acquise en Tanzanie et dans d’autres pays, une plateforme standard (mais personnalisable) d’IPAO sera développée. III.5 Choix des pays et élaboration du programme Au total 6 pays d’Afrique subsaharienne seront retenus pour ce projet, et un minimum de deux vagues de panels incluant au moins deux visites à chaque ménage seront effectués pendant la durée du projet. Une approche graduelle est envisagée, avec à chaque fois, l’ajout de deux nouveaux pays au bout des trois premières années du projet. Les pays seront choisis d’abord et surtout sur la base l’intérêt et de l’engagement à moyen et à long terme de leurs gouvernements vis-à-vis du projet. Etant donné que la sélection finale des pays dépendra d’un certain nombre de critères, certains étant difficiles à évaluer a priori16, l’on proposera une liste de pays présélectionnés, identifiés lors de la réunion technique de mai 2008 et en collaboration avec les départements opérationnels de la Banque mondiale. La liste des pays présélectionnés a été dressée sur la base d’un certain nombre de critères examinés au cours de la réunion technique de mai 2008 dont: 1. L'existence d’un récent recensement démographique (incluant des informations agricoles) et/ou un recensement agricole; 16 Un des exemples est l’engagement du gouvernement, qui est difficile à quantifier avant de s’engager dans les discussions véritables sur le projet. 41 World Bank Nov 2008 2. une expérience en matière d'enquêtes multi-sujets sur les ménages et la possibilité de greffage à des projets existants; 3. adhésion possible des pouvoirs publics, illustrée par l’inclusion de l’enquête par panel dans la Stratégie nationale de développement des statistiques; 4. la couverture géographique de l’ensemble du projet (Afrique australe, de l’Est et de l’Ouest ; Afrique francophone et anglophone ; pays de grande et de petite envergure ; représentation des différentes zones écologiques et des différents systèmes agricoles). La liste à partir de laquelle le 6 pays seront retenus comprend: 1. Le Mozambique 2. Le Malawi 3. L’Ouganda 4. Ethiopie 5. Le Nigeria 6. Mali 7. Sénégal 8. Le Niger 9. Le Cameroun Bien que le Mozambique dispose déjà d’un panel, il n’est pas prévu de poursuivre l’initiative au-delà de 2009. En réalité, l’enquête TIA 2008 en cours de préparation n’envisage ni une composante par panel, ni la collecte de données complètes sur les dépenses à la consommation pour l’élaboration d’un instrument de quantification de la pauvreté17. Certains pays, à l’instar de l’Ethiopie (Etude Oxford portant sur 15 villages), le Niger (ICRISTAT – Etude au niveau des villages) et le Malawi (Enquête complémentaire par panel de l’IFPRI) ont déjà été amenés à réaliser des enquêtes par panel. D’autre pays, parmi lesquels le Mali, la Zambie et le Mozambique prévoient de Les discussions entre l’équipe LSMS et le Ministère de l’agriculture et la MSU ont porté essentiellement sur la possibilité d’interroger à nouveau en 2008 un sous échantillon de l’enquête AI sur les ménages conduite en 2005 qui comportai un module sur la consommation destiné à mesurer le niveau de pauvreté. 17 42 World Bank Nov 2008 lancer des projets de collecte de données ciblées pour étudier expressément des cultures précises. Ces initiatives sont certes intéressantes et importantes, mais elles ne sauraient se substituer au programme d’enquêtes envisagé dans la mesure où elles ne sont pas représentatives au plan national, et ne prévoient, dans la plupart des cas, aucune autre phase dans l’avenir. Elles ne recueillent en outre généralement que des informations partielles pour évaluer la pauvreté. Néanmoins, le projet proposé tiendra compte de ces efforts et prendra appui sur ces initiatives antérieures. Les six premiers pays sont ceux qui auront priorité. Les activités des six pays qui seront finalement retenus sur la base des critères énumérés ci-dessus seront complétées par les enquêtes par panel en cours ou prévus dans un certain nombre de pays africains, à savoir la Tanzanie, le Ghana, le Kenya, la Zambie et le Zimbabwe. Une étroite coordination sera maintenue avec les principaux responsables de recherche de ces projets afin de promouvoir l’harmonisation des méthodologies chaque fois que faire se peut. La première étape de la sélection des pays sera l’examen du contenu des stratégies nationales de développement des statistiques et de l’état actuel des statistiques agricoles dans la région subsaharienne. Parallèlement à cette analyse de base, l’équipe collaborera avec d’autres experts sur le terrain afin de déterminer les pays susceptibles d’être intéressés par le projet. L’équipe déploiera une première équipe dans les différents pays pour discuter du projet avec les autorités compétentes. Dans les pays manifestant un vif intérêt, un correspondant national sera désigné et un programme de travail établi. En fonction des infrastructures et activités disponibles en matière d’enquêtes, ce programme de travail peut s'avérer être un plus par rapport aux efforts déjà déployés ou alors constituer un important investissement en temps et en ressources pour la création de nouvelles compétences en matière d’enquêtes.18 En collaboration avec les partenaires Dans le cas de la Tanzanie, les financements provenant de la Fondation Gates assureront environ 25% des financements requis pendant la 1e année. 4 bailleurs de fonds en tout prennent en charge les coûts de l’enquête nationale par panel, en plus d’une contribution substantielle du Gouvernement tanzanien. Dans d’autres pays, il faudra développer et réaliser une enquête complète. Chaque pays constituera un exemple à part, dans la mesure où l’objectif est de s’inspirer des travaux antérieurs, 18 43 World Bank Nov 2008 étatiques, l’équipe explorera pleinement toutes les opportunités de jumelage disponibles. Un Groupe de travail technique national sera mis sur pied pour le projet (voir le point n° 6 ci-dessous) et approuvera le plan. Tout déficit en matière de financement identifié au cours de cette phase sera comblé par le gouvernement ou par d’autres bailleurs de fonds. En plus de la Tanzanie où ce travail a déjà démarré sur financement distinct de la Fondation, les activités devraient démarrer au cours de la première année dans deux autres pays. Des discussions informelles préliminaires ont déjà eu lieu avec le Ministère de l’Agriculture mozambicain et avec l’office national des statistiques ougandais afin d’examiner les pistes possibles de coopération. Des discussions ont eu lieu entre l’Université de l’Etat du Michigan et l’IFPRI sur d’éventuels partenariats dans certains des pays où ils ont eu à travailler dans le passé et/ou dans lesquels ils disposent d’un personnel résident, à l’instar du Mozambique, du Malawi et de l’Ethiopie. L’éventualité d’une collaboration avec l’Office national des statistiques du Malawi dans la mise en œuvre de la prochaine Enquête intégrée sur les ménages prévue entre 2009 et 2010 est également à l'étude. IV. Risques potentiels L’un des principaux risques associés au projet découle des faibles capacités techniques et institutionnelles des pays partenaires. Pour cette raison, le projet envisage une forte assistance technique prolongée, illustrée par la présence d’un Conseiller technique résident dans chaque pays pendant les deux premières années de l’enquête et la forte implication de la Banque mondiale et des autres conseillers techniques à toutes les étapes de la conception et de la mise en œuvre du projet. Un second risque découle du fait que, pour réduire les coûts, le volume de travail dévolu aux institutions nationales manquant généralement de personnel et promouvoir la viabilité du projet, il a été jugé préférable que ledit projet soit intégré à des initiatives de collecte de données existantes prévues par les institutions partenaires. le cas échéant, mais de ne pas se cantonner aux pays les plus avancés et disposant d’outils d’enquête plus perfectionnés.. 44 World Bank Nov 2008 Par conséquent, dans certains cas, la programmation et le succès de l’enquête par panel, dans certains contextes, peut dépendre des paramètres établis pour l’enquête auxquels est liée cette composante. Il sera décidé de conduire une enquête distincte si l’on estime que les inconvénients de l’intégration sont supérieurs aux avantages. Dans plusieurs cas, il est plus facile de réaliser une nouvelle enquête indépendante. Cependant, les coûts seront plus élevés et la pérennisation de l'effort de collecte des données moindre que si le jumelage à une enquête existante avait été possible. De plus, l’absence de coordination institutionnelle entre le bureau national des statistiques , le Ministère de l’Agriculture et les autres ministères d’exécution concernés présente une autre difficulté susceptible d’entraver la réussite du projet. L’isolement des différents organismes publics est précisément ce contre quoi ce projet entend lutter : cependant, il n’existe pas de ‘’remède miracle’’ en la matière et le succès de cet effort peut varier d’un pays à un autre. Par ailleurs, la grande mobilité du personnel constituera un défi pour garantir la continuité et la durabilité à long terme. L’assistance technique ne peut être efficace que lorsqu’il existe une équipe de base pour la recevoir et transformer les connaissances reçues en pratiques institutionnelles. Si les salaires des personnels des bureaux des statistiques des Ministères de l’Agriculture sont bas ou si le niveau de prestige institutionnel n’est pas suffisamment élevé, la rotation des effectifs sera également élevée. De plus, le fait de former le personnel de ces administrations peut contribuer à accroître le rythme de rotation du personnel, car celui-ci peut être alors en mesure de trouver de meilleurs emplois. Bien que ce projet ne puisse pas faire grand-chose en termes de salaires et d’opportunités d’emplois, améliorer la qualité des statistiques et rehausser la pertinence des interventions est de nature à améliorer le prestige de l’institution et/ou fournir d’autres éléments de motivation à même de limiter la mobilité des effectifs. Dans les pays dont le niveau des capacités est limité, il y a un risque de surcharger le système en ajoutant une enquête complexe qui devra être réalisée par l'état. Afin de 45 World Bank Nov 2008 minimiser ce risque, le projet vise à prendre appui sur les activités existantes. Même sous cet angle, des problèmes pourraient toujours subsister, tels qu'un effet d'éviction d’autres activités. Le Groupe d’experts technique de chaque pays passera attentivement en revue les enquêtes existantes ou programmées, ainsi que la capacité du pays à s’assurer que l’enquête proposée ne posera pas de problèmes nouveaux aux Bureaux national des statistiques ou aux Ministères de l’Agriculture. Enfin, l’engagement du gouvernement est une composante essentielle du projet, mais difficile à obtenir. En l’absence d’un niveau d’engagement élevé de la part des autorités, le projet fonctionnera mal tout simplement et sa pérennité sera certainement compromise. Pour cette raison, il sera crucial que l’équipe dirigeante du projet soit disposée à "se retirer" d'un pays donné si le partenaire correspondant ne fait pas preuve de suffisamment d’engagement vis-à-vis du projet. L’obtention de cet engagement peut également prendre plus de temps que prévu. Il est évident que le risque de voir des mutations politiques affecter l’engagement des gouvernements à apporter et/ou à respecter ses engagements existera toujours. Cet aspect devra faire l’objet d’un suivi minutieux dans chaque pays. V. Suivi et évaluation Le suivi général de ce projet sera assuré par le Comité directeur du projet (cf. point n°VI ci-dessous). Une revue à mi-parcours du projet sera réalisée par un consultant indépendant pour évaluer les activités menées à cette date. Une réunion des Groupes de travail techniques de tous les pays concernés sera organisée afin d’examiner le document de bilan à mi-parcours et de faire des propositions d’amélioration, de modification et d’évaluation approfondie, le cas échéant. Un rapport final sera dressé et soumis au Comité de pilotage du projet pour examen et adoption. Compte tenu de la complexité de ce projet, des ajustements inévitables devront certainement être effectués pendant son exécution, et le plan de travail, ainsi que le chronogramme révisé, seront revus et approuvés chaque année par le Comité de pilotage 46 World Bank Nov 2008 du projet. Ce Comité adressera au Conseil technique consultatif toute modification technique majeure pour avis. L’évaluation d’un projet de cette importance et de cette envergure est difficile, et les résultats escomptés multiples. En fin de compte, le succès de ce programme se mesurera à l'aune de l’exploitation de ses données dans la prise de décision. Un autre indicateur évident du succès du projet sera le niveau d’adhésion de chaque pays, tel qu’illustré dans la durabilité à long terme du système d’enquête au-delà de la vie du projet. Cet objectif peut être atteint en intégrant entièrement l’enquête proposée dans les Stratégies nationales de développement des statistiques de chaque pays et en veillant à ce que les pouvoirs publics honorent leurs engagements financiers – ne serait-ce qu’en partie – afin de garantir la survie du système au-delà de la durée du projet. VI. VI. Capacités organisationnelles et Conception de la gestion du projet La Banque mondiale et son équipe LSMS est en meilleure posture que quiconque pour mettre en œuvre cette stratégie à multiples niveaux, compte tenu de sa grande expérience dans la réalisation d’importantes enquêtes nationales dans les pays en développement, sa forte présence dans les pays ciblés et sa longue tradition dans la collaboration et le renforcement des capacités des Bureaux nationaux des statistiques et les ministères de tutelle des pays en développement en matière de collecte de données et d’analyse des politiques. L’équipe LSMS fournit régulièrement sur demande aux pays en développement une assistance technique en matière de conception et réalisation d’enquêtes sur les ménages, offrant ainsi d’innombrables possibilités de création de synergies entre les activités envisagées et les programmes permanents de collecte de données financés par l'état. Citons à titre d'exemple la collaboration actuelle entre la Banque mondiale et le Gouvernement tanzanien dans la conception d’une enquête par panel nationale qui sera réalisée à partir de 2008. Des approches similaires peuvent être adoptées dans d’autres pays, dès lors que des opportunités analogues se présentent. Les activités envisagées se dérouleront dans le cadre du programme LSMS du Groupe de recherche sur l’économie du développement (DECRG) de la Banque mondiale, dirigé par 47 World Bank Nov 2008 Martin Ravallion. Ce projet sera conduit par Calogero Carletto (Economiste Principal), avec l’entière collaboration technique des autres membres de l’équipe LSMS: Kinnon Scott (Directeur du LSMS et Economiste Principal), Kathleen Beegle (Economiste Principal), Diane Steele (Administrateur de la base de données), Kristen Himelein (consultant), Carlo Azzarri (consultant) et Talip Kilic (consultant). La supervision générale du projet sera assurée par Peter Lanjouw, Directeur de recherche du Groupe sur la pauvreté du DECRG. L’équipe du projet comprendra également les deux consultants recrutés pour un contrat de longue durée pendant toute la durée de vie du projet pour appuyer les activités courantes du projet et accompagner l’équipe LSMS en apportant une assistance technique aux pays et en organisant des ateliers de formation et de sensibilisation. La Banque mondiale contribuera financièrement au projet de plusieurs manières. Tout d’abord, elle prendra en charge le responsable du projet pendant toute la période nécessaire à la conception du projet et à la fourniture de l’assistance technique. Les chercheurs de la DECRG et le personnel des autres départements de la Banque mondiale feront des heures supplémentaires, aux frais de la Banque, pour la conception et la mise en œuvre des programmes de chaque pays. La Banque mondiale contribue également de diverses autres manières, notamment en finançant la formulation des Stratégies nationales de développement des statistiques (SNDS), la création de méta bases de données et d’autres outils de diffusion à travers le Programme accéléré de données (ADP) et d’autres initiatives complémentaires. Enfin, comme cela a déjà été fait en Tanzanie, le personnel de la Banque mondiale accompagnera le projet en mobilisant les ressources financières et les moyens techniques nécessaires auprès d’autres bailleurs de fonds et institutions. Bien qu’il soit difficile de le quantifier à l’avance, les expériences antérieures ont montré que plusieurs fonctionnaires de la Banque mondiale s'investiront certainement, sur ressources propres dans les activités de collecte et d’analyse des données. A titre d’exemple, nous pouvons nous servir de l’expérience en cours en Tanzanie dans laquelle la Banque mondiale a investi ses propres ressources et consacré plusieurs semaines en temps de fonctionnaires au cours d’une même année (environ 10 semaines) et des frais de voyage (environ 20.000 dollars EU) pour aider à la conception de l’enquête nationale par panel. 48 World Bank Nov 2008 En supposant que le même niveau d’efforts soit consenti pour les activités à venir, la contribution en nature peut s'évaluer à plus de 60.000 dollars par enquête soit plus de 700.000 dollars pendant la durée du projet. Un Comité de pilotage du projet (CPP) sera créé et dirigé par Martin Ravallion, Directeur du DECRG. Le CPP comprendra un représentant de la Fondation Gates, deux chercheurs de la DECRG, un représentant des Départements Région Afrique et Développement rural en Afrique (DRA) de la Banque mondiale, ainsi que deux experts extérieurs. Le CPP se réunira une fois par an pour procéder à l'examen des activités en cours et des projets à venir, et donner des orientations à l’équipe LSMS sur des questions de stratégie générale. Le CPP jouera un rôle de plaidoyer important pour le projet. Un Comité technique consultatif (CTC) sera mis en place pour conseiller l’équipe LSMS sur les principales décisions techniques, notamment le choix des pays, l’analyse technique de certaines études spéciales, les questions d’échantillonnage, etc. Le CTC se réunira au moins une fois par an et sera composé des membres de l’équipe LSMS, de trois fonctionnaires de la Banque mondiale et de trois experts externes issus des milieux universitaires et d’autres instituts de recherche. Un Groupe de travail technique (GTT) sera mis sur pied pour chacun des pays retenus pour contribuer à la conception de l’enquête et à la promotion du travail d’analyse dans le pays. Le GTT comprendra un membre de l’équipe LSMS, le Conseiller technique résident, au moins un autre chercheur de la DECRG, un représentant de l'organe d'exécution au plan national (ex. le Bureau national des statistiques ou le Ministère de l’Agriculture), au moins deux représentants des milieux universitaires et de la recherche au plan national et, le cas échéant, un représentant de l’institution sous-bénéficiaire. Le GTT sera co-présidé par les deux organismes d'exécution, à savoir le partenaire étatique et la DECRG. La possibilité d’inviter au sein du GTT les principaux chercheurs et les partenaires étatiques des projets d’enquêtes par panel dans la région en plus de ceux des 6 pays (ex. Ghana, Zambie et Kenya) sera envisagée, afin d’échanger d’expériences et d’harmoniser les méthodologies. 49 World Bank Nov 2008 Dans un pays au moins, le projet envisage l’établissement de partenariats avec les sousbénéficiaires pour la conception et la mise en œuvre des programmes nationaux. Des discussions préliminaires ont déjà eu lieu avec des acteurs clés en matière de collecte des données en Afrique, notamment l’Université d’Etat du Michigan, l’Institut international de recherche sur les politiques agricoles (IFPRI) et l’Université de Yale, et la collaboration avec certains des pays pressentis est à l'étude. 50 World Bank Nov 2008