Fall JREMT 2011
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Fall JREMT 2011
3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France L’EFFET DES PRATIQUES DE MANAGEMENT SUR LE COMPORTEMENT DES SALARIES DANS LE SECTEUR TOURISTIQUE : LE CAS DES PERCEPTIONS DE JUSTICE ORGANISATIONNELLE SUR LA MOTIVATION AUTONOME AU TRAVAIL Amar FALL Attaché d’Enseignement et de Recherche Doctorant en Management des Ressources Humaines Institut d’Administration des Entreprise de Toulouse 1 Capitole Centre de Recherche en Management – CRM EAC CNRS 5032 Coordonnées : 2, Rue de Doyen Gabriel Marty, Bâtiment J310 31042 Toulouse Cedex 9 Tél. 06.01.21.02.60 Courriel : [email protected] 1 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France L’EFFET DES PRATIQUES DE MANAGEMENT SUR LE COMPORTEMENT DES SALARIES DANS LE SECTEUR TOURISTIQUE : LE CAS DES PERCEPTIONS DE JUSTICE ORGANISATIONNELLE SUR LA MOTIVATION AUTONOME AU TRAVAIL Résumé : Les relations entre les perceptions de justice organisationnelle et la motivation autonome au travail sont très peu documentées. L’objectif de cet article est d’associer les dimensions de ces concepts dans une approche causale afin d’examiner la nature de leurs relations. Une étude empirique a été réalisée sur un échantillon de 249 salariés d’une entreprise touristique française. Les résultats montrent que la justice organisationnelle est un très bon déterminant de la motivation autonome. Ils montrent que la perception de chacune des quatre dimensions de justice organisationnelle impacte de façon significative la motivation autonome. Néanmoins, les principales dimensions de la justice organisationnelle qui prédisent le mieux la motivation autonome sont la justice interpersonnelle et la justice procédurale. Les contributions théoriques et les implications managériales de la présente étude sont discutées et les principales limites dégagées. Mots clés : pratiques de management, justice organisationnelle, motivation autonome, bienêtre psychologique. Abstract: Relationships between organizational justice and autonomous motivation at work are very poorly documented. The aim of this paper is to combine the dimensions of these concepts in a causal approach to examine the nature of their relationship. An empirical study was conducted on 249 employees of a French tourist company. The results show that organizational justice is a great determinant of autonomous motivation. They show that each of the four dimensions of organizational justice impacts significantly autonomous motivation. Nevertheless, the main dimensions of organizational justice which best predicted autonomous motivation, are interpersonal justice and procedural justice. The theoretical contributions and managerial implications of this study are discussed and the main limitations identified. Keywords: management practices, organizational justice, autonomous motivation, psychological well-being. 2 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France Introduction : La motivation au travail a fait l’objet de nombreuses recherches au cours de ces dernières décennies. Elle a donné lieu à divers courants théoriques1 et reste encore aujourd’hui l'un des éléments les plus étudiés dans la relation entre l’individu et l’organisation. Sans doute, parce qu’elle demeure une préoccupation centrale dans toutes les organisations. Elle est au cœur des problématiques de performance individuelle et collective, de santé et de bien-être au travail, d’implication et de fidélisation des salariés et constitue en ce sens, un sujet déterminant dans les politiques de gestion des ressources humaines. Généralement perçue comme une force dynamique qui pousse l’individu à agir (Vallerand et Thill, 1993 ; Pintrich et Schunk, 1996 ; Pinder, 1984), réfléchir sur la motivation au travail revient donc à s’interroger sur les pratiques qu’il faudrait appliquer aux salariés pour susciter chez eux la volonté de donner le meilleur d’eux-mêmes. Cette étude tente justement d’analyser l’influence de certaines pratiques de management sur la motivation des salariés, en particulier ceux du secteur touristique. Elle tente de concilier deux perspectives théoriques, celle de la justice organisationnelle et celle de l’autodétermination pour mieux appréhendée l’effet des perceptions de justice sur la motivation autonome des salariés de ce secteur d’activité. En effet, que ce soit chez un distributeur de voyages ou dans les réseaux de distribution des tour-opérateurs, la documentation a montré que l’une des causes majeures de la dégradation des conditions de travail dans l’industrie touristique reste l’injustice ressentie dans les pratiques managériales. Si l’on sait que les métiers du tourisme sont des métiers de service qui requièrent des individus à la fois compétents et engagés, on peut alors s’interroger sur l’effet qu’auraient leurs perceptions de justice sur leur motivation au travail. Ainsi, la principale problématique de recherche que soulève cette étude est la suivante : quels effets les perceptions de justice organisationnelle exercent-elles sur la motivation autonome des salariés de l’industrie touristique? Pour répondre à cette question, nous aborderons dans un premier temps le cadre conceptuel de notre étude et nous formulerons notre principale hypothèse de recherche. Dans un deuxième temps, nous présenterons les résultats de l’étude quantitative que nous avons réalisée et discuterons enfin, les contributions théoriques et managériales des résultats ainsi que les principales limites observées. 1 C’est notamment le cas avec la théorie des attentes de Vroom (1964) ; Porter et Lawler, (1968) ; la théorie de l’équité et de la justice organisationnelle d’Adams, (1963 ; 1965) et Greenberg, (1987) ; la théorie du renforcement de Skinner (1974) ou encore la théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan, (1985). Chaque courant théorique apporte sa propre contribution pour expliquer la motivation. 3 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France 1. Cadre conceptuel de la recherche Le cadre conceptuel de notre recherche intègre deux perspectives théoriques : celle de la justice organisationnelle de Greenberg (1987) et celle de la théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan (1985, 1990, 2000). Si ces deux théories ont chacune fait de leur côté l’objet d’une abondante littérature, force est de constater qu’elles ont très rarement été associés au sein d’un seul et même modèle théorique (Kuvaas, 2006 ; Gagné et al., 2007). Dans notre recherche, la justice organisationnelle est présentée comme un déterminant de la motivation autonome. Elle est appréhendée dans la littérature comme une importante variable pour la compréhension de divers contextes organisationnels. Considérée également comme un important antécédent de l’implication et de la satisfaction au travail (Igalens et Roussel, 1999; Rupp et Cropanzano, 2002 ; Meyer et al., 2002), la justice organisationnelle pourrait expliquer selon certains auteurs, les réactions face aux systèmes d’évaluation de la performance (Greenberg, 1987 ; Huffman, et Cain, 2001 ; Erdogan et al., 2001 ; Erdogan, 2002), les taux de rotation des employés (Burke et Moore, 2000), les situations de résistance au changement organisationnel (Cobb, et al., 1995 ; Folger et Skarlicki, 1999) ou encore les réactions face aux promotions (Ambrose et Cropanzano, 2003). Concernant la théorie de l’autodétermination, c’est une approche de la motivation humaine et du développement de l’individu (Deci et Ryan, 1985 ; Ryan et Deci, 2000). Elle est considérée dans la littérature comme la contribution la plus ambitieuse pour la renaissance de la recherche relative à la motivation (Hennessey, 2000). Elle fournit également une nouvelle impulsion à la recherche relative à la motivation humaine (Coleman, 2000) et est mise en œuvre dans les recherches liées au management des organisations et des hommes dans les organisations (Sheldon et al., 2003 ; Gagné et Deci, 2005). La théorie de l’autodétermination est utilisée pour expliquer le bien-être psychologique (Deci et Ryan, 1985, 2000 ; Ryan et al., 1999 ; Deci et al., 2001), la satisfaction en général (Kelly et al., 1988), l’amélioration de la performance, (Amabile, et al., 1990 ; Vansteenkiste, Deci et al., 2004 ; Baard et al., 2004) ; l’atteinte des objectifs (Sheldon et Elliot, 1998; Deci et Ryan, 2000) ou encore la capacité d’adaptation aux changements organisationnels (Gagné et al., 2000 ; Gagné et Deci, 2005). 1.1. La justice organisationnelle : définitions et dimensions Le concept de justice organisationnelle a été développé par Greenberg (1987) pour qualifier les théories dites de l’équité dans le milieu organisationnel. Byrne et Cropanzano, (2001), définissent la justice organisationnelle comme le champ de l’enquête psychologique qui 4 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France s’intéresse à la perception de l’équité sur le lieu de travail. Selon Bies et Tripp (1995), la justice organisationnelle est définie par référence aux règles et normes sociales qui régissent le cadre organisationnel : l’allocation des ressources, les procédures qui doivent être utilisées pour prendre les décisions et le traitement interpersonnel que reçoivent les individus dans l’organisation. Dans des termes plus concrets, Folger et Cropanzano (1998), soutiennent que la justice organisationnelle se réfère aux règles et aux normes sociales qui régissent l’entreprise au plan de la distribution des ressources et des avantages, des processus et des procédures conditionnant cette distribution, et des relations interpersonnelles qui sont associées à ces procédures et distributions. La perception de justice organisationnelle reflète ainsi le jugement que l’individu porte face à une ou à plusieurs de ces dimensions. Ces définitions montrent que la justice organisationnelle est un construit multidimensionnel généralement définie par rapport aux dimensions qui la composent. 1.2. Les dimensions de la justice organisationnelle L’analyse de la littérature suggère que la plupart des auteurs s’accordent sur l’existence de trois dimensions de la justice organisationnelle : la justice distributive, la justice procédurale et la justice interactionnelle (Bies et Moag, 1986 ; Beugré, 1998 ; Folger et Cropanzano, 1998 ; Lind, 2001 ; Bies, 2001 ; Byrne et Cropanzano, 2001). La justice distributive se rapporte à l’évaluation des résultats et des conséquences des décisions d’allocation, surtout en termes de proportionnalité entre les rétributions et les contributions (El Akremi et al, 2006). Elle correspondrait au jugement perçu des résultats de décisions comme la rétribution, et est donc promue par le respect des normes adéquates - l’équité, l’égalité ou le besoin - dans l’allocation des ressources (Adams, 1965 ; Deutsch, 1975 ; Homans, 1961 ; Leventhal, 1976)2. La justice procédurale concerne l’évaluation des règles et procédures formelles mises en application pour atteindre les résultats d’allocation (El Akremi et al., 2006). Elle fait référence à la perception de justice vis-à-vis des règles et des procédures utilisées pour déterminer la rémunération. Concernant la justice interactionnelle, elle décrit l’équité perçue du traitement interpersonnel reçu par l’employé de la part des supérieurs hiérarchiques lors de la mise en application des procédures (Bies et Moag, 1986). Elle correspond à la justice perçue de la manière dont les décisions sont mises en application et, est relative à l’évaluation des aspects interpersonnels des décisions d’allocation, en termes de communication et 2 Cités par Colquitt et Greenberg (2003). “Organizational justice: A fair assessment of the state of the literature”. In J. Greenberg (Ed.). Organizational behaviour: The state of the science (2nd ed., pp. 165-210). Mahwah, NJ: Erlabaum. 5 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France d’explication sur la mise en œuvre de ces décisions par les supérieurs hiérarchiques (Bies et Moag, 1986 ; Bies, 2001). Elle a une composante informationnelle et une composante interpersonnelle (Colquitt, 2001). La composante informationnelle permet de définir la justice informationnelle comme la perception de justice face aux explications et aux informations reçues dans les échanges interpersonnels (Colquitt 2001). Elle est favorisée par des explications adéquates et honnêtes (Bies et Moag, 1986 ; Bies, 2001 ; Colquitt, 2001). La justice interpersonnelle est quant à elle, promue par un traitement digne et respectueux. Elle correspond à l’honnêteté, à la courtoisie, au respect et à la politesse attendus par le salarié de la part de son employeur (Colquitt, 2001). 1.3. La motivation autonome (Deci et Ryan, 2000 ; Ryan et Deci, 2000) Le concept de motivation autonome est relativement récent dans la littérature du comportement organisationnel. Ce concept est introduit par Deci et Ryan, (2000) et s’inscrit dans les prolongements de la théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan, 1985 ; 1990 ; 2000). La théorie de l’autodétermination trouve elle-même ses racines dans les travaux de DeCharms (1968) ; Deci, (1971, 1975) et Ryan, (1983). Elle place l’autonomie de l’individu au cœur de ses motivations et souligne que tous les comportements peuvent être catégorisés sur un continuum d’autodétermination allant de l’absence de régulation à une véritable autorégulation du comportement - amotivation, motivation contrôlée, motivation autonome. Selon Ryan et Deci (2000), la motivation autonome se traduit par le fait que l’individu agit par conviction et/ou par plaisir. Elle implique que l’individu se comporte en ayant pleinement un sentiment de libre choix (Deci et Ryan, 2000, Ryan et Deci, 2000). Cette forme de motivation résulte de la satisfaction de trois besoins fondamentaux : l’autonomie, la compétence et l’appartenance sociale (Deci et Ryan, 1985, 2000). La motivation autonome est également considérée comme un excellent antécédent du bien-être psychologique (Deci et Ryan, 2000 ; Gagné et Deci, 2005 ; Gagné et al., 2008 ; Ryan et al., 2008 ; Weinstein et Ryan, 2010) de la santé mentale (Tremblay et al., 2001 ; Ryan et al., 2010) et de la performance de l’individu (Pelletier et al., 2002 ; Ryan et Deci, 2007 ; Vansteenkiste et al., 2010). 1.4. Les caractéristiques de la motivation autonome Selon Deci et Ryan (2000), la motivation autonome recouvre trois caractéristiques complémentaires : (1) la motivation intrinsèque, (2) la motivation par régulation intégrée et/ou (3) la motivation par régulation identifiée. La motivation intrinsèque est considérée comme le plus haut niveau de motivation autodéterminée que peut atteindre l’individu. La motivation 6 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France intrinsèque implique que l’individu pratique une activité parce qu’il en retire du plaisir et une certaine satisfaction (Deci, 1975 ; Pelletier et Vallerand, 1993). Dans des termes plus concrets, Roussel (1996, p. 40), dira que la motivation intrinsèque correspond au plaisir que l’individu peut éprouver en réalisant son travail et à la satisfaction qui en résulte. Cette forme de motivation implique donc le plaisir, le contentement et la satisfaction. La motivation par régulation intégrée se traduit par un assez fort sentiment d’autodétermination caractérisé par le fait que l’individu a le sentiment de réaliser son activité en parfaite cohérence avec sa personnalité ou ses croyances. Les actions résultant d’une motivation par intégration sont mises en œuvre parce qu'elles s'inscrivent dans des projets congruents vis-à-vis de la personnalité de l’individu. La motivation par régulation identifiée implique que l’individu prend conscience de l’intérêt qu’il porte à son activité et que non seulement il en est valorisé, mais qu’il trouve également important de la pratiquer et que ce choix est fait librement (Deci et Ryan, 2000). Les activités sont effectuées parce qu’elles sont considérées comme importantes, comme ayant un sens profond pour l’individu ce qui leur donne une certaine valeur. Ce type de régulation se limite à l’activité elle-même car l’individu s’engage dans son activité par conviction, parce que l’activité est perçue comme importante (2009). 1.5. Les hypothèses de recherche Dans la documentation, il n’existe que très peu d’études qui ont examiné la relation entre les perceptions de justice organisationnelle et le sentiment d’autodétermination au travail (Deci, Reis, Johnston et Smith, 1977 ; Folger et al., 1978 ; Tremblay et al., 2001 ; Kuvaas, 2006 ; Gagné et al., 2007). Toutes ces études portent sur des secteurs d’activité autre que le tourisme. Il nous parait ainsi important d’étudier l’influence des perceptions de justice organisationnelle sur la nature de la motivation au travail des salariés du secteur touristique. Les salariés du secteur touristiques ayant des perceptions d’équité et de justice sont-ils motivés de façon autonome ? Comment leur motivation autonome est-elle reliée la justice organisationnelle? Une perception de justice organisationnelle est-elle nécessaire pour favoriser la motivation autonome des salariés du secteur touristique et leur bien-être psychologique au travail ? Si nous nous référons sur le peu de travaux qui ont examiné les effets de la justice sur la motivation au sens de la théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan, 1985, 1990, 2000), nous pouvons souligner que les perceptions de justice organisationnelle seraient capable d’influencer le sentiment d’autodétermination au travail. En effet, les premiers travaux réalisés par Deci et al., (1977) à ce sujet, ont suggéré qu’en matière de rémunération, quand les salariés ressentent de l’injustice, ils se sentent moins satisfaits et font moins d’effort au 7 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France travail. Par ailleurs, les travaux de Tremblay et al. (2001) ont également mis en évidence les apports de la théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan, 1985) et ceux de la justice organisationnelle (Bies, 1987). Leurs résultats ont révélé que globalement, la perception de justice organisationnelle influence positivement la motivation intrinsèque au travail et que celle-ci a un impact positif sur le bien-être et la santé mentale des salariés. Les travaux de Kuvaas (2006), ont également montré que les perceptions de justice affectent la satisfaction des besoins d’autonomie et du sentiment de compétence et par conséquent la motivation autonome. D’autres travaux réalisés par Gagné et al. (2007) ont également montré des résultats similaires. Ces conclusions nous amènent à considérer la justice organisationnelle comme un important antécédent la motivation autonome. Ce qui nous amène à formuler notre principale hypothèse de recherche selon laquelle, « la perception de justice organisationnelle sera positivement associée à la motivation autonome au travail ». Pour tester la validité de cette hypothèse, nous allons tester les relations entre les différentes dimensions de la justice organisationnelle et la motivation autonome. Cela nous permettra d’identifier également celles qui impactent le mieux la motivation autonome des salariés du secteur touristique et sur lesquels les responsables de l’industrie touristique devraient se pencher pour améliorer la motivation autonome de leurs salariés et favoriser leur bien-être au travail. 2. Méthodologie Afin de tester nos hypothèses de recherche, nous avons procédé à une étude empirique par questionnaire (§2.1). Après avoir présenté les instruments de mesure utilisés (§2.2), nous en présenterons les résultats issus des corrélations (§2.3), suivis des analyses de régression (§2.4) et d’une discussion (§2.5). Une analyse sur les contributions théoriques, les implications managériales et les limites observées permettra de conclure ce travail. 2. 1. Collecte de données et caractéristiques de l’échantillon Pour tester la relation entre les perceptions de justice organisationnelle et la motivation autonome des salariés, une étude par questionnaire a été conduite entre Avril et Juin 2010 auprès d'un échantillon de 610 salariés d’une entreprise privée œuvrant dans le secteur touristique. Avant la mise en ligne du questionnaire, la direction des ressources humaines de l’entreprise a communiqué auprès de tous ses collaborateurs un message visant à assurer leur adhésion à notre projet de recherche ainsi que la neutralité du laboratoire en charge de l’étude. 8 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France Au total, 257 questionnaires ont été totalement ou partiellement remplis, mais ce chiffre descend finalement à 249 questionnaires réellement exploitables ; soit un taux de réponse de 40% en raison de nombreuses réponses manquantes dans les questionnaires incomplets. La majorité des répondants sont des femmes 52% contre 48% d’hommes. La répartition selon l’âge et l’ancienneté est relativement homogène. L’âge moyen est de 34 ans avec une ancienneté moyenne de 9 ans. Le salaire net moyen est de 1488 euros par mois. La catégorie hiérarchique est constituée de 33% d’employés qualifiés, 10% de techniciens, 29% d’agents de maitrise et 28% de cadres. La faible ancienneté du personnel et le pourcentage de cadres relativement faible dans l’entreprise, sont à mettre en relation avec les niveaux de salaire net mensuel. 2. 2. Instruments de mesure Les instruments de mesures utilisés sont des échelles dont la validité scientifique est avérée. Des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) ont été réalisées afin de réévaluer la fiabilité et la validité de ces instruments. Ces analyses ont été effectuées grâce aux logiciels SPSS 17.0 et EQS 6.0. Toutes les échelles ont présenté une bonne fiabilité de cohérence interne avec des alphas de Cronbach tous supérieurs à 0.70 et des indices d’ajustement tout à fait satisfaisants. L’échelle de mesure de la justice organisationnelle a été empruntée de Colquitt (2001). Les répondants étaient ainsi invités à évaluer leurs perceptions de justice dans l’entreprise à l’aide de 20 énoncés, évalués par une échelle de type Likert en 5 points allant de « pas du tout d’accord » à « tout à fait d’accord ». La justice distributive (4items, ex. : ce que vous obtenez reflète les efforts que vous investissez dans votre travail), la justice procédurale (7items, ex. : ces procédures vous permettent d’exprimer vos opinions et sentiments par rapport à ce que vous obtenez), la justice interpersonnelle (4 items, ex. : vos supérieurs vous traitent avec respect) et la justice informationnelle (5items, ex. : vos supérieurs sont sincères dans leur communication avec vous). L’analyse factorielle confirmatoire montre la très bonne qualité d’ajustement de l’échelle aux données collectées (GFI = .939 ; AGFI = .915 ; RMSEA = .028 ; NFI = .962 ; CFI = .994). L’instrument de mesure de la motivation autonome est un extrait de l’échelle de la motivation au travail développée par Gagné et al., (2008). La motivation autonome est ainsi estimée à l’aide 12 énoncés, évalués par une échelle de Likert en 7 points allant de « pas du tout pour cette raison » à « exactement pour cette raison». La motivation intrinsèque (4 items, ex. : le travail que je fais est vraiment très intéressant), la motivation par régulation intégrée (4 items, ex. : je me réalise pleinement dans ce travail) et la motivation par régulation identifiée (4 items, ex. : je 9 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France considère qu’il est important de faire des efforts dans ce travail). L’échelle globale présente une excellente fiabilité de cohérence interne avec un alpha de Cronbach de (α = .945) et des indices d’ajustement tout à fait satisfaisants (GFI = .982, AGFI = .931 ; RMSEA = .073 ; NFI = .988, CFI = .993). Les qualités psychométriques des instruments de mesure étant vérifiées, nous pouvons à présent passer au test des hypothèses. 2. 3. Résultats et Discussion Le test des hypothèses a été réalisé en utilisant la procédure de régression linéaire, suffisamment robuste pour être effectuée avec des variables mesurées sur des échelles ordinales. Nous avons ainsi commencé par une analyse des coefficients de corrélation et poursuivi par une série de régressions linéaires hiérarchiques. Le tableau 1 présente les corrélations bivariées entre les variables de notre recherche. Les coefficients de fiabilité de cohérence interne sont présentés sur la diagonale. Tableau 1 : statistiques descriptives et corrélations entre les variables Moyenne Ecart-type 1 2 3 4 5 6 1. Motivation intrinsèque 4,98 1,60 (.94) 2. Motivation intégrée 4,44 1,72 ,848** (.87) 3. Motivation identifiée 4,72 1,52 ,831** ,878** (.89) 4. Justice distributive 2,23 1,08 ,169** ,163* ,185** (.94) 5. Justice procédurale 2,53 1,03 ,312** ,331** ,320** ,422** (.89) 6. Justice interpersonnelle 4,09 ,93 ,398** ,370** ,371** ,267** ,449** (.91) 7. Justice informationnelle 3,05 1,11 ,343** ,309** ,296** ,321** ,654** ,531** 7 (.90) **. La corrélation est significative au niveau 0.01 (bilatéral). *La corrélation est significative au niveau 0.05 (bilatéral). Ce tableau montre que les corrélations entre les différentes variables mesurant la motivation autonome et celles mesurant la justice organisationnelle sont toutes positives et significatives. Cela est tout à fait encourageant pour la poursuite des analyses. En revanche, même si la corrélation linéaire reste la méthode statistique la plus largement utilisée pour synthétiser une relation entre deux variables (Malhotra et al. 2007), elle ne permet pas à elle seule de valider les liens et les éléments d’un modèle. En effet, les corrélations trouvées peuvent être fictives et être entrainées par l’impact d’autres variables. Pour tester ainsi nos hypothèses de recherche, nous allons effectuer dans des analyses de régressions simples et des analyses de régressions multiples afin de mesurer le pouvoir explicatif des quatre perceptions de justice 10 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France organisationnelle sur la motivation autonome. Par ailleurs, compte tenu des fortes corrélations observées, notons qu’un test de colinéarité nous parait nécessaire afin de vérifier que les variables sont bien indépendantes entre elles. 2.4. Résultats des analyses de régressions La régression est sans doute la méthode la plus connue et la plus utilisée parmi les méthodes explicatives (Evrard et al., 2003). Dans un premier temps, une analyse de régression simple entre chacune des dimensions de la justice et la motivation autonome a été réalisée. Les résultats présentés dans le tableau 2 montrent l’existence d’une relation positive et significative entre les quatre dimensions de la justice et la motivation autonome. Ce premier résultat confirme les corrélations observées dans le précédent et la validité de notre hypothèse recherche. Tableau 2 : résultats de la régression simple sur l’influence directe de chacune des quatre perceptions de justice sur la motivation autonome Coefficients R R-deux R-deux ajusté Sig. Justice distributive ,181a ,033 ,029 ,004 Justice procédurale ,338a ,114 ,111 ,000 Justice interpersonnelle ,400a ,160 ,156 ,000 Justice informationnelle ,333a ,111 ,107 ,000 Ce premier résultat permet d’observer toutefois de légères disparités quant à l’influence des quatre dimensions de la justice organisationnelle sur la motivation autonome des salariés (R² ajustés). Pour aller plus loin, nous allons effectuer une régression multiple « pas à pas » pour identifier avec précision laquelle des quatre dimensions de la justice organisationnelle détermine le plus la motivation autonome des salariés. Les conditions préalables à la régression multiple ont été vérifiées. En effet, un test de colinéarité a été réalisé compte tenu des fortes corrélations observées. Les seuils du Facteur d’Inflation de la Variance (VIF) sont bien respectés3. 3 Tous les coefficients VIF sont inférieurs à 0,3 garantissant ainsi une absence de multicolinéarité. Par ailleurs, l’examen de la valeur des résidus réalisé à l’aide du test de Durbin-Waston est tout à fait satisfaisant. 11 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France Tableau 3: résultats de l’analyse de régression multiple avec une entrée « pas à pas » Récapitulatif des modèles Modèle R R-deux R-deux ajusté Erreur standard de l'estimation 1 ,400a ,160 ,156 1,41264 2 ,437b ,191 ,185 1,38862 a. Valeurs prédites : (constantes), JUSTINTERPERS b. Valeurs prédites : (constantes), JUSTINTERPERS, JUSTPROCEDUR Coefficientsa Coefficients non standardisés Modèle 1 2 A Erreur standard (Constante) 2,013 ,405 JUSTINTERPERS ,659 ,096 (Constante) 1,865 ,401 JUSTINTERPERS ,511 ,106 JUSTPROCEDUR ,297 ,096 Coefficients standardisés Bêta t Sig. 4,970 ,000 6,835 ,000 4,649 ,000 ,310 4,823 ,000 ,199 3,096 ,002 ,400 a. Variable dépendante : MOTIVAUTOM Nous constatons tout d’abord que le pouvoir explicatif le plus fort est obtenu pour la justice interpersonnelle avec un coefficient de régression (β = ,40 ; p < ,000). La justice procédurale a également un pouvoir explicatif de la motivation autonome avec un coefficient de régression (β = ,19 ; p < ,002). L’influence de cette deuxième variable sur la motivation autonome est toutefois moins forte par comparaison avec la précédente. Par conséquent, les résultats de la régression multiple avec une entrée des variables « pas à pas » montrent que, seule, la variable justice interpersonnelle a l’impact principal sur la motivation autonome dans les deux modèles ressortant de l’analyse, (R² ajustés de 0,156 et 0,185). Les variables justice distributive et justice informationnelle sont exclues des deux modèles pour des raisons de colinéarité. La variable justice procédurale est exclue du premier modèle mais réintégrée dans le deuxième permettant au R² de progresser légèrement. Ces résultats indiquent que la justice interpersonnelle et la justice procédurale sont les deux formes de justice organisationnelle qui expliquent le mieux la motivation autonome des salariés. 2.5. Discussion des résultats L’objectif de cette étude était d’associer les dimensions de la justice organisationnelle avec la motivation autonome afin d’examiner la nature de leurs relations sur une population de salariés de l’industrie touristique. Les analyses de régression simple nous ont permis de 12 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France confirmer notre principale hypothèse de recherche selon laquelle « la justice organisationnelle est positivement associée à la motivation autonome ». Comme la plupart des études relatives à l’efficacité des pratiques de managériales sur le comportement, notre recherche fournit ainsi des contributions théoriques et des implications managériales. Les limites et voies de recherche de notre travail sont également dégagées. Apports théoriques : l’analyse de régression multiple nous a permis d’identifier que, parmi les quatre dimensions de la justice organisationnelle, la justice interpersonnelle est celle qui impacte le mieux la motivation autonome des salariés de l’industrie touristique. Nos résultats vont dans le sens des travaux de Tremblay et al., (2001) et Kuvaas, (2006) qui ont montré que la perception de justice organisationnelle influence positivement la motivation intrinsèque au travail. Nos résultats vont au-delà des travaux déjà réalisés sur ce sujet, en révélant avec précision les deux dimensions de la justice organisationnelle qui favorisent en priorité le sentiment d’autodétermination au travail notamment dans le secteur du tourisme. Ils montrent que dans ce secteur d’activité, les perceptions de justice interpersonnelle jouent un rôle important dans la motivation autonome et donc le bien-être des salariés au travail. Toujours d’un point de vue théorique, nos résultats sont conformes avec ceux révélés par Gagné et Deci, (2005) et Gagné et al., (2007) qui ont souligné un lien positif entre le style interpersonnel du supérieur hiérarchique et la motivation autonome des salariés. Selon ces auteurs, les rétroactions positives et l’ensemble des interactions favorisant la proximité avec le collaborateur, auraient un impact direct sur la satisfaction des besoins psychologiques, et par conséquent, sur la motivation autonome de l’individu. Nos résultats rejoignent également les contributions d’un certain nombre de travaux réalisés sur les notions de support organisationnel perçu (Eisenberger et al., 1990 ; Rhoades et Eisenberger, 2002 ; Stinglhamber et Vandenberghe, 2002) ou de support social du supérieur et des collègues (Karasek, et al., 1982). Ces notions, très proches de la justice interpersonnelle, semblent donc particulièrement importantes à prendre en considération si l’on veut favoriser la motivation autonome au travail et le bien-être des salariés. Ainsi d’un point de vue théorique, notre étude contribue à élargir les connaissances théoriques relatives au concept de motivation autonome et sa relation avec la justice organisationnelle. Cet élargissement conceptuel nous semble important dans la mesure où il n’existe que très peu d’études qui ont été réalisées sur la relation entre la justice organisationnelle et la motivation autodéterminée des salariés. En résumé, notre étude apporte des éléments nouveaux en contribuant à l’élargissement de l’éventail des déterminants de la motivation autodéterminée des salariés. Cet apport nous parait significatif dans la 13 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France mesure où il enrichit la littérature relative à la théorie de l’autodétermination et apparait comme essentiel en complétant les quelque travaux antérieurs qui cherchent à comprendre les meilleurs déterminants de la motivation autodéterminée au travail. Implications managériales : les résultats de notre étude montrent l’importance qu’il faut accorder à la justice organisationnelle et ses conséquences sur motivation autonome et éventuellement sur le bien-être au travail. En effet, la justice organisationnelle favorise la motivation autonome et amènerait les salariés à développer un sentiment de bien-être et d’efficacité au travail. Ces résultats confirment que les perceptions de justice organisationnelle jouent un rôle important dans le processus de motivation au travail des salariés. Ces résultats nous permettent de souligner que dans l’industrie touristique, les deux principales dimensions de la justice organisationnelle qui contribuent à améliorer la motivation autonome des salariés sont : la justice interpersonnelle et la justice procédurale. En contribuant à améliorer leur motivation autonome des salariés de ce secteur d’activité, ces deux dimensions de la justice contribuent à augmenter le plaisir ressenti dans l’accomplissement de tâche, l’intérêt que lui portent les salariés de l’industrie touristique et l’importance qu’ils lui accordent. Cela signifie que le souci d’équité dans les procédures d’évaluation et de distribution des ressources ainsi que la qualité des relations interpersonnelles prédisent le mieux la motivation autonome des salariés du secteur touristique. Tout manager ou responsable de ce secteur d’activité devrait donc se préoccuper en priorité des ces deux formes de justice. En effet, elles seraient susceptibles d’entraîner un climat de confiance très favorable résultant d’un sentiment de bien-être qui découle du sentiment d’autodétermination de l’individu. En mettant l’accent sur ces deux dimensions de la justice organisationnelle, les salariés du secteur touristique auront une impression favorable dans leurs relations avec leurs supérieurs ainsi que les procédures d’évaluation des performances mises en place. Ils seront par conséquent motivés et seront disposés à donner le meilleur d’eux-mêmes dans la réalisation de leur travail. Toujours d’un point de vue pratique, notre étude montre que les comportements de support qu’adoptent les managers à l’égard de leurs employés et l’objectivité des procédures d’évaluation des performances mise en place sont susceptibles d’influencer positivement leur motivation autodéterminée au travail. Il conviendra donc pour tout manager des ressources humaines œuvrant dans ce secteur d’activité de rester non seulement vigilant à sa propre relation avec ses collaborateurs mais aussi de veiller à ce que les procédures d’évaluation des performances soient le plus objectives possibles s’il veut favoriser la motivation autonome de ses salariés, qui demeure un 14 3ème Journée de Recherche et d’Echanges en Management du Tourisme, 10 Juin 2011, Groupe Sup de Co La Rochelle, France important déterminant du bien-être au travail. Nos résultats constituent ainsi de très bons supports d’aide à des prises de décisions, si l’on veut mettre en place des pratiques managériales visant à favoriser la motivation autodéterminée et un bon moral au travail en l’occurrence dans l’industrie touristique. Limites observées : si ce travail apporte une contribution à la compréhension de la motivation autonome au travail, il n’est cependant pas exempt de limites. Nous avons en effet, identifié quelques limites habituelles à un travail quantitatif de nature hypothético-déductive. D’une part, une confrontation des relations observées à un discours des salariés serait d’une grande importance pour approfondir nos résultats. Il serait donc intéressant de faire en même temps une étude qualitative, même exploratoire, pour mieux appréhender l’influence des perceptions de justice sur la motivation autonome. D’autre part, du fait que cette étude soit transversale, il parait également difficile de confirmer dans le temps, le sens des relations de causalité que nous avons examinées. Une étude longitudinale permettrait dans le futur de pallier cette difficulté. Elle permettrait également d’évaluer l’influence de la justice organisationnelle sur la motivation autonome du salarié en prenant en considération l’aspect temporel de la relation. En effet, bien que le sens des relations proposées dans le cadre de cette recherche repose sur une importante revue de la littérature, les analyses de régression multiple montrent que la justice interpersonnelle a le plus important pouvoir explicatif de la motivation autonome. Il est envisageable que l’influence de la justice interpersonnelle évolue au cours de la relation entre le supérieur et son subordonné, ce qui ne permet pas de toujours assurer une telle causalité. Bibliographie Adams S.J. (1963), « Toward an understanding of inequity », Journal of Abnormal and Social Psychology, 67(5), pp. 422-436. Adams J.S. (1965), Inequity in social exchange, Advances in experimental social psychology, New York, Academic Press, vol. 2, p.267-299. Amabile T.M., P. Goldfarb, SC. Brackfield, (1990). “Social influences on creativity: evaluation, co action, and surveillance”, Creativity Research Journal, vol. 3, pp.6-21 Amabile, T. M. 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