L`HOMEOPATHIE COMME PRATIQUE SOCIALE
Transcription
L`HOMEOPATHIE COMME PRATIQUE SOCIALE
L’homéopathie
comme pratique sociale
Immersion en communauté 2007
Knuchel Judith & Serir Nabila
1
Résumé
Objectifs : Comprendre l’attrait persistant pour l’homéopathie malgré l’absence de
preuves scientifiques quant à son efficacité et tenter de tirer un enseignement de
cette pratique pour la médecine académique.
Méthodologie : Interviews de médecins homéopathes et non homéopathes,
d’homéopathes non médecins. Interview avec une sociologue et avec une
pharmacienne. Questions posées par mail aux étudiants de la Faculté de Médecine
de Genève et à des médecins via la liste de Medromands. Finalement,
questionnaires destinés aux patients, déposés dans des cabinets de médecins
homéopathes et non homéopathes.
Questions principales : - Qu’est ce qui attire dans l’homéopathie ?
- Qu’est ce que l’homéopathie apporte de plus que la
médecine académique ?
- Quels enseignements peut-on en tirer pour la médecine
conventionnelle ?
Question auxiliaire : Nous nous sommes aussi interrogées sur la vaccination où
nous avons cherché à savoir si les personnes ayant recours à l’homéopathie sont
moins vaccinées que la population générale et si oui pour quelles raisons.
Résultats :
Ce qui attire selon les médecins et thérapeutes : approche globale, le temps,
l’empathie, le côté naturel, la magie et les échecs de la médecine académiques etc…
Ce qu’elle apporte de plus : une meilleure écoute, une thérapie individualisée et sans
dangers, une meilleure collaboration avec le patient.
Enseignements : Prendre plus de temps, être plus à l’écoute des patients, prise en
charge plus individualisée, mieux comprendre les principes de l’homéopathie pour
les futurs travailleurs dans le système de santé, renforcer la relation de confiance en
s’intéressant aux détails de la vie du patient, accepter le bénéfice apporté par
l’homéopathie aux patients, plus d’explications de la maladie, autonomiser les
patients et les faire participer aux décisions thérapeutiques.
Vaccination : les personnes ayant recours à l’homéopathie semblent être moins
vaccinées, car elles craignent plus les effets secondaires des vaccins que la maladie
elle-même.
Conclusion :
Les raisons pour lesquels les patients ont recours à l’homéopathie sont multiples,
mais diffèrent selon que l’on interroge des médecins, patients ou étudiants. En effet,
les médecins voient surtout l’aspect relationnel et l’écoute qui sont très mis en avant
avec des approches comme l’homéopathie, alors que les étudiants voient eux le côté
naturel et sans effets secondaires, tout comme la plupart des patients qui ont recours
à l’homéopathie en automédication ! Des recherches plus approfondies sur le sujet
mériteraient donc d’être faites.
2
TABLE DES MATIERES
Préface……………………………………………………………………………….. p.4
Remerciements………………………………………………………………..p.4
Avertissement………………………………………………………………… p.4
Glossaire……………………………………………………………………….p.5
Motivations……………………………………………………………………..p.7
Introduction…………………………………………………………………………. p.8
Histoire et principes………………..……………………………………….. p.8
Déroulement de la consultation……………………………………………. p.11
Efficacité……………………………………………………………………… p.14
Effet placebo………………………………………………………………… p.17
L’homéopathie en terme de coûts………………………………………… p.20
Augmentation du recours à l’homéopathie………………………………. p.22
Travail sur le terrain………………………………………………………………. p.24
Méthodologie………………………………………………………………… p.24
Medromands et entretiens…………………………………………………. p.25
● Résultats…………………………………………………………… p.25
● Discussion…………………………………………………………. p.28
● Discussion sur les entretiens……………………………………. p.35
Vaccination………………………………………………………………….. p.37
● Résultats…………………………………………………………… p.37
● Discussion…………………………………………………………. p.40
Questionnaire pour étudiants en médecine……………………………… p.45
Questionnaire pour patients……………………………………………….. p.58
Conclusion…………………………………………………………………………. p.66
Bibliographie………………………………………………………………………. p.67
Annexes……………………………………………………………………………..p.69
3
PREFACE
Remerciements
Un grand merci à tous les médecins et homéopathes qui nous ont reçus dans leur
cabinet pour répondre à nos questions, ainsi qu’à tous les médecins ayant répondu à
nos questions par courrier électronique et sans qui nous n’aurions pas pu réaliser ce
travail de recherche.
Merci à tous les étudiants et patients qui ont bien voulu répondre à notre
questionnaire.
Merci également à la sociologue qui nous a reçues pour répondre à nos questions,
ainsi qu’à la pharmacienne.
Finalement, merci à toutes les personnes qui de près ou de loin nous ont aidées à
réaliser ce travail, sans oublier nos deux tuteurs le Dr M. Klohn et Mme J. Maumary.
Avertissement
Nous tenions à préciser que ce travail de recherche n’est en rien une prise de
position pro ou anti homéopathie, mais avant tout là pour tenter de décoder une
pratique sociale, étant donné que le nombre de personnes ayant recours à celle-ci
ne cesse d’augmenter ces dernières années.
4
Glossaire
Homéopathie 1: L'homéopathie est un système de thérapie fondé sur le principe de
similitude. Son nom, composé des deux termes grecs homoion (semblable) et pathos
(souffrance), nous vient de celui grâce auquel l'homéopathie scientifique a vu le jour :
le médecin, pharmacien et chimiste Dr Samuel Hahnemann (né en 1755 à Meissen,
décédé en 1843 à Paris).
Allopathie, Médecine conventionnelle ou académique2 : L'allopathie (gr. allos,
autre, et pathos, maladie) est un terme homéopathique désignant la médecine
conventionnelle par opposition à l'homéopathie. Le terme aurait été inventé par
Samuel Hahnemann, fondateur de l'homéopathie, pour désigner une thérapie ne
recourant pas au principe de similitude (allos signifiant autre ou différent en grec).
L'allopathie repose donc sur l'administration de substances actives visant à
contrecarrer les effets ou les causes des maladies. Dans son traité Organon de l'art
de guérir, Samuel Hahnemann utilise le terme de méthode antipathique et purement
palliative. Ce terme est essentiellement utilisé par les milieux homéopathiques et les
professionnels de santé pour désigner les thérapies non homéopathiques. De ce fait
elle englobe les traitements médicamenteux habituels, mais aussi les médecines
dites parallèles telles que la phytothérapie, l'aromathérapie ou encore l'oligothérapie.
:
1
2
www.homeopathie.org/fondements.htm
Wikipédia
5
Médecine non-conventionnelle3 : Le terme de médecine non conventionnelle
désigne en Occident une grande variété de méthodes de traitement qui ne sont pas
basées sur la méthode expérimentale et dont l'efficacité par rapport à la guérison
naturelle n'a jamais été prouvée par des études scientifiques de bonne qualité, dont
le "gold standard" est l'étude randomisée en double aveugle. Elles reposent en
général sur des traditions empiriques parfois séculaires ou sur des pratiques ayant
émergé au XIXe siècle, mais en général avant l'avènement de la médecine fondée
sur les faits (evidence based medicine, EBM). Les médecines non conventionnelles
sont pour cette raison considérées comme relevant de la pseudoscience.
Médecine complémentaire: Le terme de médecine complémentaire en
revanche privilégie plutôt l’idée d’associer des traitements impliquant peut-être
des « philosophies thérapeutiques » différentes mais capables de coopérer
dans l’intérêt du malade.
Médecine alternative : Par médecine alternative, on envisage ces pratiques de
soins comme substitutives, donc susceptibles de remplacer une démarche
thérapeutique classique et conventionnelle.
Pratique sociale : Le terme de « pratiques sociales » au pluriel désigne à la fois une
« réalité » humaine et un découpage disciplinaire. Les pratiques sociales sont l’une
des catégories des affaires humaines, les pragmata. Les loisirs, le travail, l’activité
domestique, l’acquisition des savoirs, le développement personnel et l’engagement
sont parmi les espaces principaux des pratiques sociales.
Motivations
3
Wikipédia
6
Nous avons choisi de travailler sur l’homéopathie, car nous voulions en savoir plus
sur celle-ci et en particulier sur l’efficacité, ainsi que les risques. Nous voulions
également essayer de mieux comprendre ce phénomène de société, à savoir ce qui
pousse de nos jours, la population à avoir recours à l’homéopathie alors que la
médecine conventionnelle est de plus en plus performante. C’est pourquoi, nous
avons choisi ce titre.
De plus, nous nous demandions si les personnes utilisant de l’homéopathie étaient
moins vaccinées que le reste de la population, et quelles pouvaient en être les
raisons. Finalement, nous souhaitions profiter de cette immersion pour élargir notre
horizon et traiter un sujet qui n'a pas été abordé jusqu’à présent dans notre cursus.
Nous avions au début de notre immersion élaboré trois axes de travail
VACCINATIO
Place dans le système de
soins
Compatibilité avec
médecine conventionnelle
HOMEOPATHIE
EFFICACIT
-Limitations ?
-Risques ?
-Automédication ?
ATTIRANCE RELATION
Homéopathe/
Patient ?
Remise en question
de la médecine
conventionnelle ?
INTRODUCTION
7
Histoire
Hippocrate (460-377 av J-C) fut le premier médecin à appliquer, entre autres, le
principe de « soin par les semblables » allant à l’encontre des conceptions de
l’époque à savoir que la maladie était une manifestation de la puissance divine.
L’essentiel de la doctrine homéopathique contemporaine a été élaborée entre la fin
du XVIII et le début du XIX siècle par le médecin allemand Samuel Hahnemann
(1755-1843). Insatisfait par la médecine de son époque, fatigué de rester
impuissant face à la souffrance et la mort de ses patients, il initia ses recherches:
Tout comme son contemporain Jenner, il se rattachait à une approche
« expérimentaliste » de la médecine. En effet, nombre de traitements en vogue à
l’époque tels que les abondantes saignées, les purges, les emplâtres vésicants, les
diètes, les remèdes prescrits « à dose de cheval », les émétiques etc. lui semblaient
plutôt inefficaces voire dangereux.
Il fit des expériences avec la quinine connue comme traitement efficace contre le
paludisme (pour lutter contre les tremblements et la fièvre). Il prit lui-même de la
quinine alors qu’il était en bonne santé et constata sur lui l’apparition des symptômes
que la quinine était sensée soigner.
Par la suite, il testa de la même manière sur lui et ses proches plus de cent autres
substances (plantes, fleurs, racines, d’arbres, minéraux, métaux et insectes) pour
vérifier sa découverte. Il constata chaque fois, que la substance produisait sur le
sujet sain les symptômes qu’elle était sensée soigner. Il fallait donc soigner « le mal
par le mal ». C’est ce qu’il appela le principe de similitude l’un des fondements de
l’homéopathie. Il est intéressant de noter qu'une contribution importante à
l'élaboration de cette théorie provient de l'observation de la similitude apparente
entre la vaccination Jennérienne et la variole qu'elle prévient. Pour Hahnemann, « La
vaccine diminue et adoucit homéopathiquement la variole »4
La seconde découverte de Hahnemann fût le principe de dilution, c’est-à-dire que
plus la substance est diluée, plus elle est efficace. Il arriva à celle-ci, car un des
remèdes utilisés à l’époque, l’arsenic, était très toxique. Il essaya donc de diminuer
les doses afin de trouver la plus petite dose capable de soigner par des dilutions
successives. Il constata qu’il suffisait d’une dose infinitésimale pour engendrer une
réponse de l’organisme et soigner un individu. Il mit également en évidence un autre
phénomène : quand les substances sont simplement diluées, elles sont peu
opérantes. Pour qu’elles deviennent efficaces, elles doivent être secouées
énergiquement entre chaque dilution. Hahnemann nomma ceci la dynamisation. Il
pensait que les remèdes homéopathiques agissaient en stimulant le pouvoir de
guérison du corps.
Rapidement, quand il fit ses expériences avec des volontaires il constata qu’il fallait
tenir compte d’une autre donnée, à savoir les traits de caractère de la personne: une
même maladie ne se manifeste pas de la même manière (pas par les mêmes
symptômes) selon le « type » de personne. Il en déduit qu'il fallait des remèdes
différents pour ces différents « types », ce que l’on appelle le principe de
l’individualisation. James Tyler Kent (1849-1943), un américain, poursuivit ses
4
Organon §46
8
recherches sur les différents « types » de personnes, afin de trouver des
correspondances entre les caractéristiques physiques et émotionnelles du patient et
les remèdes, ce qu’on nomma « les types constitutionnels ».
L’homéopathie se base donc sur ces quatre principes :
1) Similitude
2) Dilution
3) Dynamisation
4) Individualisation
1) Principe de similitude :
Le prince de soin « par les semblables » traite les symptômes de la maladie avec
des quantités infinitésimales d’une substance qui si elle était prescrite à une
personne en bonne santé provoquerait ces mêmes symptômes.
2) Principe de dilution :
Il existe différentes méthodes de dilution dont les plus utilisées sont les dilutions CH
(Hahnemannienne) et K (Korsakovienne).
La macération de la substance de base produit un extrait hydro-alcoolique, qu’on
appelle la teinture mère. Les dilutions CH sont des dilutions à la centésimale, c'est-àdire une goutte de la teinture mère dans 99 gouttes de solvant (mélange alcool/eau)
donne après dynamisation (processus consistant à secouer vigoureusement) 1 CH.
Une dose de 1 CH dans 99 gouttes de solvant donne 2 CH et ainsi de suite.
Les dilutions K viennent du nom d’un pharmacien russe contemporain d’Hahnemann.
Ces dilutions consistent à remplir un flacon de la teinture mère puis à le vider
complètement, le remplir à nouveau de solvant et le dynamiser, cela correspond à
1K
Une fois diluée, il faut incorporer la solution à un support neutre, soit une tablette ou
cristal de lactose. Ce procédé se nomme l’imprégnation et doit se dérouler dans des
conditions particulières, soit au sec et à l’abri de la lumière.
Quelle que soit la méthode de dilution, le principe général est que plus une dilution
est basse, plus elle agit localement (sur un état aigu ou au plan physique) et que plus
une dilution est haute, mieux elle agit sur le plan général (état chronique et niveau
psy).
Exemple de prescription homéopathique :
Arnica :
5CH bleus ou contusions locales
9CH Contusions et meurtrissures généralisées
15CH Lors de chocs émotionnels intenses, bleus de l’âme.
3) La dynamisation :
9
Les remèdes de hautes dilutions ne contiennent certes plus aucune trace de la
substance mais pour les homéopathes sont censés garder une activité biologique
comme si le solvant gardait une empreinte ou mémoire du produit initial (mémoire
de l’eau). Les homéopathes prétendent que l’échange d’information entre le produit
et le solvant dans lequel il baigne aurait lieu lors de cette étape.
5) Individualisation :
Le principe d’individualisation détermine le choix du remède. En effet, elle est censée
traiter l’individu dans sa globalité. Par conséquent,
chaque aspect de la
personnalité physique, émotionnelle et mentale du patient est pris en compte pour
trouver le remède adéquat, c’est pourquoi les consultations durent longtemps.
La maladie selon Hahnemann :
Pour Hahnemann, l’être vivant forme un tout constitué du corps et de l’esprit qui sont
indissociables. La vie n’est possible que si une force permet à cette unité de
fonctionner harmonieusement qu’on nomme « énergie ou force vitale ». La maladie
est selon lui le résultat d’une rupture d’équilibre et les expressions des symptômes
sont des essais de l’organisme pour retrouver un nouvel état d’équilibre.
Les types constitutionnels :
Pour déterminer le type constitutionnel du patient, l’homéopathe lui posera toutes
sortes de questions qui peuvent nous surprendre sur les peurs, le tempérament. Par
exemple il de demandera au patient s’il a peur des araignées, de l’obscurité, de
l’orage, de l’échec, de l’empoisonnement, s’il a les larmes faciles, s’il est plutôt triste,
paresseux, perfectionniste, agressif etc. Il détermine ensuite si certains facteurs
affectent l’individu et plus particulièrement s’ils influencent les symptômes. Par
exemple, quelles réactions émotionnelles provoque la musique chez eux, comment
réagissent-ils au bruit, préfèrent-ils le chaud le froid, la solitude ou la compagnie,
quels sont ses aliments préférés ou détestés. Le facteur physique joue également un
rôle : le patient est-il mince ou avec une surcharge pondérale, quelle est la couleur
de sa peau, a-t-il des cernes, comment s’habille-t-il etc. Une fois que l’homéopathe a
établit le type constitutionnel, il est alors beaucoup plus facile de trouver le bon
remède. Pour trouver le bon remède, on se basera donc sur les symptômes, les
aspects émotionnels et la constitution du patient. Si on ne se base que sur l’un des
trois déterminants, le remède aura un effet, mais sera moins efficace que si l’on tient
compte de tous les paramètres.
La consultation homéopathique
10
Pour les homéopathes, un symptôme est formé de plusieurs parties :
-Une sensation, comme une douleur ou des fourmillements ou encore un frisson.
-Une localisation sur le corps.
-Des modalités d'apparition, de disparition, d’horaires, de lieu, de position…
- Les symptômes concomitants. Ce sont des modifications de l’état de la personne
qui apparaissent en même temps que les symptômes de la maladie et qui la rendent
si particulière chez une personne donnée. On relève des symptômes rares,
particuliers, inhabituels. Le médecin cherche une souffrance concomitante à la
maladie considérée, dans le domaine du physique comme du psychique.
Ces caractéristiques de l’observation sont communes à l'allopathie et à
l'homéopathie, mais l’homéopathe les relève typiquement de façon plus
systématique que l’allopathe. C'est à partir de ces quatre composantes de la
maladie, telles que les voit l'homéopathie, que le médecin cherchera, suivant les
données de la loi de similitude5le ou les remèdes adaptés pour guérir la maladie dont
souffre le malade.
Lors de l’interrogatoire, l’homéopathe insiste dans un premier temps sur l'épisode le
plus récent : début des troubles, ce qui a pu déclencher (coup de froid, choc affectif,
abus de certains aliments…), ce qui aggrave (horaires, chaud, froid, …), ce qui
soulage, les signes accompagnant l'épisode, même les plus farfelus (souvent
considérés les plus intéressants pour déterminer le ou les remèdes utiles). Le
thérapeute tente ensuite d'intégrer cet épisode à l'histoire (ou anamnèse) du patient.
À cet effet, il doit pousser l'interrogatoire aux antécédents les plus lointains du
patient, à ses habitudes de vie (sommeil, habitudes alimentaires, digestion, sexualité,
tempérament…).
On tient compte dans la réalisation de ce tableau des réactions globales du patient à
divers stimulis : chaud, froid, excitants : thé, café, orage, contrariétés.
Lors de cet interrogatoire la personne sera invitée à donner tous les détails sur ses
symptômes et sur la manière dont ils se manifestent. Même les symptômes ou
signes pouvant paraître insignifiants, sans rapport, bizarres, sont importants car il
s'agit, pour l'homéopathe, de dresser un tableau de particularismes, aussi détaillé
que possible, de la personne afin de trouver le remède homéopathique
correspondant le mieux à sa constitution et son état.
Certains signes physiques aideront aussi le soignant à déterminer le remède :
- Signes dermatologiques : verrues, couleur et texture de la peau, implantation des
cheveux
- Localisation particulière des troubles, la latéralité des lésions (tel eczéma peut se
développer plus particulièrement à droite)
- Comportement du patient au cours de la consultation : timidité, agitation, anxiété,
autoritarisme…
- Habillement, soin, …
5
Voire chapitre Histoire
11
À partir de la liste des signes et des symptômes du patient, l'homéopathe choisi les
plus caractéristiques et établit une correspondance avec ceux retrouvés dans les
protocoles d'expérimentation sur l'homme sain de diverses substances, appelé
« pathogénésie » . Leur ensemble constitue la « matière médicale homéopathique ».
La recherche des médicaments les plus appropriés au patient est facilitée par les
répertoires homéopathiques. Ce sont des index des principaux symptômes associés
aux divers remèdes homéopathiques.
Pour les homéopathes, le médicament homéopathique le plus adapté et le plus
souvent unique est ainsi trouvé grâce à la compétence de l'homéopathe et la
description précise des symptômes par le malade. Tous les signes qu'ils soient
physiques ou psychologiques, vérifiables ou subjectifs, sont utilisés dans le choix du
remède adéquat homéopathique.
Outre l'homéopathie classique, qui est particulièrement bien adaptée à des
problèmes chroniques, il existe deux autres types d'interventions possibles. La
première est la prescription de crise qui consiste à administrer un remède à basse
dilution à intervalles rapprochés pour faire face à une crise aiguë ou à une agression
ponctuelle clairement identifiée (une contusion ou une foulure, par exemple). La
seconde consiste à prescrire plusieurs remèdes à la fois ou alors un remède
complexe. Ces complexes renferment plusieurs remèdes correspondant à un type de
syndrome, et sont surtout destinés à l'automédication. On en trouve notamment pour
le traitement ou la prévention du rhume ou de la grippe, des allergies respiratoires,
des douleurs arthritiques, etc.
La première rencontre en homéopathie dure environ une heure et demie, la
deuxième a lieu 4 à 6 semaines plus tard et les suivantes, s’il y a lieu, durent environ
1 heure. Dans les maladies chroniques, le traitement sera un peu plus long.
L’homéopathie en automédication :
Il est intéressant de noter que dans les ouvrages d’homéopathie destinés au grand
public, il y a une mise en garde quant à l’utilisation de ceux-ci en automédication.
Exemple tiré du Guide de l’homéopathie d’Andrew James : « Il faut cependant
souligner que l’utilisation de cet ouvrage à des fins d’automédication ne peut en
aucun cas se substituer à la médecine traditionnelle. Si vous êtes inquiet par votre
santé, avant de vous prescrire vous-même l’un de ces remèdes, consultez votre
médecin afin qu’il établisse un diagnostique. Si vous êtes actuellement sous
surveillance médicale ou sous traitement, demandez conseil à votre médecin ou à
spécialiste avant de vous soigner ».
Il est également spécifié dans certains ouvrages que les affections bénignes tels que
les rhumes se soignent bien, mais que pour obtenir de meilleurs résultats avec des
traitements homéopathiques, mieux vaut consulter un homéopathe.
L’utilisation des remèdes :
12
Les remèdes sont désignés
granules ne doivent pas être
« perdre leur pouvoir ». Il
l’amélioration des symptômes
sent mieux.
par le nom scientifique de leurs composants. Les
touchés à la main, car dans ce cas ils sont censés
faut généralement prendre les remèdes jusqu’à
et donc cesser la prise de remèdes dès que l’on se
Les différents courants de l’homéopathie :
Après le décès de Hahnemann, l'homéopathie s'est scindée en différents courants et
a aussi connu des évolutions différentes selon les continents. L’homéopathie unciste
suit rigoureusement les principes d’Hahnemann, en ne prescrivant normalement
qu’un seul remède à la fois. Alors que d’autres courants préconisent l’usage de
plusieurs remèdes soit simultanément, soit en alternance. Ceux-ci sont nommés les
« pluralistes ».
Références :
◦Larousse de l’homéopathie, sous la direction du docteur Philippe M.Servais, Edition
Larousse 2004
◦ L’homéopathie, des remèdes simples, pour une santé naturelle,Robin Hayfield,
Edition Manise, mai 1999
◦ Guide de l’homéopathie, Andrew James, Edition Parragon 2004
◦ L’homéopathie pour toute la famille : une médecine pas comme les autres, Marie
Borrel, Collection Idées bien-être, Edition Maxi-livres 2005
Références pour l'organon (13 ed. 1810, 6e ed. 1830) :
◦http://www.homeopathyhome.com/reference/organon/organon.html (en anglais) ou
◦http://www.planete-homeo.org/pratique/organon/org_45.htm (en français)
www.homeophyto.com/fiched.php?ref=d68
Efficacité
13
La première question que nous nous sommes posée au cours de notre travail
concerne l’efficacité de l’homéopathie selon les critères scientifiques actuels. En
effet, l'un des principes de l’homéopathie affirmant la puissance croissante de
dilutions successives dépassant souvent le nombre d'Avogadro, soit sans aucune
trace de molécules initiales dans le remède, nous nourrissions quelques doutes
quant à son efficacité intrinsèque. )
Le « gold standard » actuel pour démontrer l'efficacité d'un traitement est l'essai
clinique randomisé en double aveugle (RCT): lorsqu'il est correctement conduit, avec
une puissance suffisante, il est le plus à même de minimiser les biais, repartir de
façon homogène les facteurs de confusion et affirmer ou infirmer l'effet d'un
traitement.
Dans la pratique, les RCTs n'ont pas toujours une qualité égale, et une valeur de
preuve particulière est accordée aux méta-analyses, qui regroupent les résultats de
nombreux RCTs recherchés systématiquement au moyen de méthodes statistiques
(lorsque c'est possible) ou qualitatives (à défaut) pour conclure à la présence ou
absence d'effet d'un traitement.
La Cochrane Library contient une base de données de meta-analyses qui constituent
le noyau dur de la « médecine fondée sur les preuves ».
Nous avons recherché les meta-analyses de la Cochrane Library se rapportant à
l'homéopathie6 et sur une étude parue dans le Lancet7 souvent citée comme
référence.
Pour en savoir un peu plus nous avons pris connaissance de cette étude. Celle-ci à
analyser 110 essais cliniques randomisés avec groupes témoins placebo effectués
entre 1995 et 2003. La taille moyenne de ces essais était de 65 participants. Il a été
constaté que les études plus petites et de moins haute qualité avaient pour résultat
un effet bénéfique de l’homéopathie. Dans le cas d’études plus grandes et de plus
meilleure qualité, l’IC est de 0.65-1.19 pour l’homéopathie et de 0.39-0.85 pour la
médecine conventionnelle. En tenant compte des biais, il a été mis en évidence qu’il
n’y avait pas d’effet spécifique de l’homéopathie par rapport à l’effet placebo alors
qu’il y a un effet évident d’un traitement de médecine conventionnelle. D’autres
études faites sur ce sujet donne les mêmes conclusions quant à l’efficacité des
remèdes homéopathiques. Dans les quatre études que nous avons trouvés dans la
Cochrane Library à ce sujet, toutes ont les mêmes conclusions, à savoir que les
remèdes homéopathiques n’ont pas de différence significatives avec les groupes
témoins placebo et n’ont donc aucune activité propre qu’elle soit bénéfique ou
nocive.
Cependant ces études ne nient pas que l’homéopathie puisse apporter certains
bénéfiques associés à la prise en charge holistique du patient par l’homéopathie,
nous pensons notamment à une étude faite sur des patients avec un asthme
chronique stable.
Interprétation par les homéopathes :
6
7
voire références du chapitre
Egger, août 2005
14
La plupart de ces études sont jugées irrecevables par les homéopathes, qui estiment
que les remèdes homéopathiques ne sont pas des remèdes « systématiques »
comme les médicaments conventionnels, chaque traitement constituant une sorte de
cas personnalissime, et aucun remède ne saurait correspondre à tous les patients
inclus dans une étude. L'ensemble de la méthode expérimentale couramment
employée de nos jours est rejeté en bloc.
De ce fait, pour eux il est tout à fait normal que dans des études contrôlées
randomisées on ne puisse mettre en valeur un quelconque effet particulier.
A titre d'exemple, en ce qui concerne l’étude publiée dans le Lancet (Egger, 2005)
nous avons trouvé un article de la société suisse des médecins homéopathes
(référence) avance des contre-arguments sur cette enquête :
« • la plupart des études d’efficacité de l’homéopathie heurtent les règles de base de
l’homéopathie, ne correspondent en aucune façon à la pratique réelle des
traitements et sont contrairement aux études en médecine allopathique sans
importance pour la pratique. Elles ne sont réalisées qu’à des fins de justification visà-vis de l’extérieur. Dans la pratique réelle, les traitements sont prescrits presque
toujours de façon individuelle. Le médicament n’a en général pas d’effet sur un
collectif de patients, mais il s’avère efficace sur le plan de l’individu.
A des fins d’étude, des procédés homéopathiques déformés et standardisés ont été
forcés dans des schémas de recherche qui ne lui correspondent pas
nécessairement. Il en résulte un danger accru de résultats faux négatifs. L’attitude
des homéopathes face aux études de ce genre est mitigée.
•Problématique des études RCT: l’étude examine uniquement les études appelées
RCT (Randomized Controlled Trials, études contrôlées par randomisation). Le fait
est suffisamment connu que cette forme d’étude ne permet qu’une évaluation limitée
non seulement en ce qui concerne l’homéopathie, mais également pour toutes les
méthodes curatives complexes.
Les auteurs auraient pu le savoir en consultant la documentation spécialisée et les
homéopathes, mais ils n’en ont à aucun moment tenu compte et n’en font aucune
mention.
•Très peu d’études en homéopathie classique: les études RCT évaluant des
traitements homéopathiques individualisés ne se trouvent qu’en nombre très restreint
dans l’étude ISPM (17 études, dont certaines uniquement avec des restrictions). La
méthode est ici également ‘’déformée’’ en partie et les conclusions sont faussées en
raison d’une durée trop brève de l’étude et des problèmes dans l’appréciation de
l’évolution du des études RCT. La validité externe de l’ensemble de l’étude ISPM,
c’est-à-dire sa validité du point de vue de l’homéopathie pratiquée en réalité est pour
ainsi dire nulle.»
Lors de nos différents entretiens avec des homéopathes, ce sont ces arguments,
cités ci-dessus, qui sont systématiquement revenus pour ne pas tenir compte des
études scientifiques faites dans le domaine de l’homéopathie.
Notre réflexion de départ :
15
De façon consistante, l'homéopathie n'a pas démontré de preuves selon les
méthodes scientifiques actuellement acceptées
Or on constate une persistance de la demande de prises en charge
homéopathique, et un nombre relativement important de patients affirment en tirer
un bénéfice
Le bénéfice n'est donc pas intrinsèque aux granules distribués
Nous émettons donc l'hypothèse que ce sont d'autres aspects de la prise en
charge qui exercent un attrait sur les patients.
Quels sont-ils et comment pourrait-on mieux le mettre en oeuvre pour le bénéfice
du patient? Nous avons cherché une réponse auprès des praticiens,
homéopathes et non homéopathes.
Références :
-
Homeopathy for chronique asthma, Mc Carney RW, Cochrane database of
systematique reviews 2004
Homeopathy for dementia, Mc Carney R, Cochrane database of systematique
reviews 2003
Homeopathy Oscillococcinum for preventing and treating influenza and
influenza-like syndromes, AJ Vickers, Cochrane database of systematique
reviews 2007
Homeopathy for induction of labour, CA Smith, Cochrane database of
systematique reviews 2007
Are the clinical effects of homeopaty placebo effects? A comparative study of
placebo-controlled trials of homeopathy and allopathy, Egger M., The Lancet,
août 2005
L’effet placebo
16
Le placebo est une substance inerte délivrée dans un contexte thérapeutique. L’effet
placebo est la différence entre le lot «placebo» et le lot «rien». Le champ d’action de
l’effet placebo est très large, il peut agir sur différents symptômes tel que la douleur,
l’insomnie, l’anxiété, la dépression, le trouble panique, le rhume des foins, la toux
etc…L’efficacité de l’effet placebo pur est de l’ordre de 30% habituellement et
pourrait atteindre 60 à 70% dans les migraines et les dépressions (Jean-Philippe
GERARD, université Antilles-Guyane, 2002).
Etant donné que cet effet est principalement un effet psychologique, il y a
énormément de facteurs susceptibles de modifier le taux de réponse tel que :
l’affection visée « plus la charge psychosomatique des symptômes est grande et
plus l’attente générée par la souffrance est forte, plus grandes seront les chances de
placebo-réponse. »8, la personnalité du prescripteur, la personnalité du patient, la
forme du médicament, sa couleur. La qualité et le contexte de la relation soignantmalade est l'un des facteurs qui influencent le plus l’effet placebo. En l'absence de
relation thérapeutique, les analgésiques administrés sont moins efficaces (Benedetti
2002).
Les mécanismes de l'effet placebo sont encore mal connus de nos jours, on pense
qu'ils sont médiés selon les cas par des éléments cognitifs et de conditionnement
pavlovien. Le conditionnement agirait surtout par des réponses neuro-hormonales
lors de processus inconscients (et même chez les animaux), alors que les
expectatives et les éléments cognitifs auraient un effet prédominant dans les
processus conscients impliquant la motricité et la douleur. (Benedetti et coll. 2003).
D'après Benedetti (2002), il existe aujourd'hui des preuves que le contexte de soins
influence des systèmes spécifiques dans le cerveau: l'analgésie liée au placebo
serait médiée par le système d'opioïdes endogènes et les améliorations de la
motricité liées au placebo seraient liées au système de la dopamine. Dans le cas des
dépressions, ce sont plusieurs régions du cerveau qui seraient influencées.
Il existe de nombreux facteurs de modification, tels que l’attente, la motivation, le
désir, la foi ainsi que certains changements de comportement réactionnels à la prise
du placebo.
Recherche scientifique sur le placebo :
La décision clinique doit dépendre d’informations tirées d’études épidémiologiques
ou d’essais cliniques significatifs. Ces essais cliniques sont réalisés en double
aveugle, c'est-à-dire que ni le patient ni le médecin ne connait l’identité du traitement.
Cette méthodologie est basée sur le principe, accepté par la plupart, que le placebo
est une substance inerte n’ayant pas d’effet spécifique. Cependant, la constatation
d’une relation dose-effet avec le placebo soulève quelques interrogations sur le
caractère inerte attribué au placebo, et incitent les chercheurs à mieux documenter
les substances utilisées comme placebo dans des contextes particuliers.9
Effets indésirables :
8
Pharmacologie du placebo, P. Lemoine, 1998 (mettre ces références dans la biblio plutôt qu'en notes de bas de
page)
9
Placebo une question de principe » Jean-Philippe GERARD, université Antilles-Guyane, 2002
17
Les effets indésirables liés à la prise de placebo sont appelés effets nocebo. Ces
effets sont souvent de type somnolence, fatigue, troubles gastriques et intestinaux,
difficulté de concentration, céphalées, bouffées de chaleur et tremblements. Ces
effets nocebo sont soumis aux mêmes facteurs d’influence que l’effet placebo et vont
aussi dépendre du type de traitement que l’on a voulu substituer par un placebo.
Ainsi pour un même placebo, les effets indésirables ne seront pas les même si celuici a été administré pour substituer un traitement antalgique ou un traitement
antidépressif (P. Lemoine, 1998). Ces manifestations ont été classées dans le
domaine de l'hystérie par les psychologues, mais elles peuvent être une source de
souffrance réelle et bien concrète pour les malades. Dans certains cas, il a même
été constaté une dépendance au placebo comparable aux dépendances liées aux
opiacés, avec cependant des signes de manque nettement atténués.
Place du placebo en médecine clinique :
On conçoit l'importance particulière que peut prendre l'effet placebo en médecine de
premier recours, un contexte où une large proportion des affections motivant la
consultation est autolimitées, et la demande de gestes de médication souvent
pressante.
Les avis sont partagés par contre quant à l'éthique de l'administration d'un placebo.
L'opinion dominante aujourd'hui, pragmatique, semble pencher favorablement pour
l'emploi de placebo si la balance risque-bénéfice du traitement est favorable, et en
cas d'absence ou refus de traitement conventionnel efficace (Miller et coll. 2004).
Lichtenberg et coll. (2004) vont plus loin et sont d'avis que dans certains cas
particuliers l'administration d'un placebo peut être un impératif moral.
Certains verront toutefois un risque de dérive et d'exploitation abusive de la crédulité
dans certaines thérapies complémentaires, en particulier lorsque les mécanismes
d'action invoqués semblent particulièrement exotiques. Lichtenberg et coll. (2004)
proposent un ensemble de critères éthiques pratiques pour l'emploi de placebo en
pratique clinique:
« * The intentions of the physician must be benevolent: her only concern the
wellbeing of the patient. No economical, professional, or emotional interest should
interfere with her decision.
* The placebo, when offered, must be given in the spirit of assuaging the patient’s
suffering, and not merely mollifying him, silencing him, or otherwise failing to address
his distress.
* When proven ineffective the placebo should be immediately withdrawn. In these
circumstances, not only is the placebo useless, but it also undermines the
subsequent effectiveness of medication by undoing the patient’s conditioned
response and expectation of being helped.
* The placebo cannot be given in place of another medication that the physician
reasonably expects to be more effective. Administration of placebo should be
considered when a patient is refractory to standard treatment, suffers from its side
effects, or is in a situation where standard treatment does not exist.
* The physician should not hesitate to respond honestly when asked about the
nature and anticipated effects of the placebo treatment he is offering.
* If the patient is helped by the placebo, discontinuing the placebo, in absence of a
more effective treatment, would be unethical.”
18
En résumé, à la lumière des découvertes récentes, en particulier dans le domaine de
la neurobiologie, une meilleure connaissance des mécanismes de l'effet placébo et
les conditions de sa mise en oeuvre optimale semblent particulièrement
prometteuses pour l'amélioration de la prise en charge en médecine clinique (Park
CM 2002). La recherche fondamentale et appliquée sur l'effet placebo doit être
encouragée, de même que la réflexion éthique sur sa mise en oeuvre.
L’homéopathie en termes de coûts
19
Dans le monde c’est le laboratoire Boiron qui est plus grand représentant des
médicaments homéopathiques. Le laboratoire Boiron est un laboratoire
pharmaceutique indépendant et spécialisé en homéopathie qui met en place
différentes stratégies pour la promotion de l’homéopathie. Celles-ci passent,
principalement, par l’information des médecins par des visiteurs médicaux ainsi que
par un partenariat avec les pharmaciens.
Actuellement, le marché de l’automédication est estimé à 13,4 % du marché mondial
du médicament. Celui-ci couvre une large gamme de classes thérapeutiques, tels
que les antidouleurs, les vitamines, minéraux et autres compléments alimentaires.
L’homéopathie correspond à 0,3 % du marché mondial du médicament. Près de 70%
des ventes de médicaments homéopathiques sont réalisées en Europe occidentale.
Selon les données du laboratoire Boiron, 40% des français ont déjà été traité par de
l’homéopathie de manière régulière ou intermittente.
Chiffre d’affaire avant la fusion de Boiron avec le laboratoire homéopathique
Dolisos :
- Boiron : 305,34 millions (niveau mondial)
206 millions (France)
- Dolisos :110,2 millions (niveau mondial)
64 millions (France)
Les médicaments homéopathiques de ces deux laboratoires se répartissent en deux
catégories :
- MNC : médicaments homéopathiques à nom commun
- MNM : médicaments homéopathiques à nom de marque
Il existe trois types de médicaments MNC :
1) Les souches à nom commun ou SNC qui sont indiqué par leur nom
scientifique latin, dosage et CH.
2) Formule de prescription courante composée de plusieurs médicaments
homéopathiques.
3) Préparations magistrale qui regroupe tous les types de médicaments et
préparé pour un patient particulier.
En ce qui concerne les MNM, leur commercialisation est soumise à l’AMM
(autorisation de mise sur le marché). Leurs prix et leurs marges sont libre et peuvent
faire l’objet de campagnes de promotion à la télévision.
Ex. : Oscillococcinum, Cocculine, Sédatif PC
20
Homéopathie pour la part réalisée par les parties10
En valeur
2000/2001
2001/2002
2002/2003
2003/2004
Croissance SNC
Croissance MNM
Croissance totale
homéopathique
5,6 %
-26,25 %
6,08 %
6,99 %
3,84 %
7,77 %
-2,87 %
-3,25 %
-2,82 %
6,21 %
4,65 %
-2,88 %
4,51 %
6,08 %
6,28 %
2,55 %
4,36 %
7,48 %
6,18 %
5,05 %
6,18 %
Total médicaments (source GERS)
Croissance médicaments
non remboursables
6,93 %
Croissance médicaments
Remboursables
4,90 %
Croissance totale marché 6,77 %
Situation en Suisse :
Similason semble être le leader incontesté du marché national avec deux tiers du
marché des médicaments homéopathiques en vente libre en Suisse.
En Suisse, l’homéopathie génère 92 fois moins de revenus que les médicaments de
synthèse ou allopathiques.
Similason fait un chiffre d’affaire de 40 million de francs et l’entreprise a connu une
croissance surprenante ces trois dernières années en passant de 5,3 million de
préparations à 12 million actuellement.
Cette société, qui doit faire face à une demande de plus en plus forte, a investit 20
million de francs pour la construction d’un nouveau site de production dans le canton
d’Argovie en 2005.
Références :
1) www.minefi.gouv.fr/DGCCRF/boccrf/06_01/13.pdf
2) www.boiron.com/fr/htm/01_homeo_aujourdhui/realite_eco_homeo.htm
3) www.minefi.gouv.fr/dgccrf/boccrf/06_06bis/c2006_01_volkswagen_heyberger.
pdf
4) www.ernstrade.com/seeand%marche/boiron.html
5) Office Fédérale de la Statistique, Thème 6 : Utilisation des services de santé
6) « Similason ou le succès croissant de l’homéopathie », 24 heures, samedi 20
août 2005
Augmentation du recours à l’homéopathie
10
www.minefi.gouv.fr/DGCCRF/boccrf/06_01/13.pdf
21
On peut facilement comprendre le contexte dans lequel l’homéopathie est apparue.
En effet, à l’époque de Hahnemann la médecine de pointe n’existait pas et les
traitements proposés se limitait à peu de chose près à des saignées pour plus ou
moins tous les maux. Au début du XXe siècle avec l’arrivée d’une médecine plus
scientifique, la pratique de l’homéopathie déclina, car ceux-ci ne pouvaient pas
négliger les avantages de cette nouvelle médecine. Cependant, depuis quelques
années le recours à l’homéopathie ne cesse d’augmenter. En effet, comme le
témoigne les données trouvées sur le site de Boiron, de plus en plus de personnes
ont recours à l’homéopathie :
« La France se classe au 1er rang des pays utilisateurs de médicaments
homéopathiques. Les Français sont de plus en plus nombreux à choisir ces
médicaments, passant de 22 % en 1984 à 40 % en 2002. De même, 74 % des
patients se déclarent « enclins à se soigner par homéopathie si leur médecin en
prescrivait. De plus, 5 000 généralistes ont régulièrement recours à l’homéopathie et
25 000 occasionnellement, sur 110 000 médecins libéraux. 69 % du corps médical
estiment que l’homéopathie est une thérapeutique efficace […]
8,2 % des Italiens utilisent des médicaments homéopathiques, ces derniers étant
disponibles dans près d’une pharmacie sur deux. 7 000 médecins sur 360 000
dispensent régulièrement ou occasionnellement un traitement homéopathique […] 10
% de la population britannique consulte un médecin homéopathe. 22 % prennent ou
envisagent de prendre des médicaments homéopathiques […] En 1994, un rapport
officiel montre que 45 % des médecins britanniques n’hésitent pas à envoyer leurs
patients chez un confrère homéopathe […] Suisse : 470 médecins sur 14 000 sont
homéopathes. La majorité d’entre eux sont membres de la SSMH (Société Suisse
des Médecins Homéopathes), qui regroupe médecins, vétérinaires, dentistes et
pharmaciens. »
Nous avons également trouvé des chiffres allant dans le même sens sur le site
suivant :
http://dumenat.smbh.univ-paris13.fr/univer-site homeo/francais/homeopathie/realitescient.htm
« Le tableau suivant montre l'évolution du nombre de patients ayant recours à
l'Homéopathie en France. La source de ce tableau émane d'un document
"Homéopathie 2000" réalisé conjointement par le Syndicat National de la Pharmacie
Homéopathique, le Syndicat National des Médecins Homéopathes Français, et le
Syndicat de la Médecine Homéopathique. »
22
Il est intéressant de noter qu’un des homéopathes que nous avons rencontré
proposait qu’à l’avenir, une formation pour acquérir des connaissances en
homéopathie soit incluse dans le cursus de médecine et plus particulièrement dans
celui des généralistes. Sur le site suivant nous avons trouvé des informations allant
dans ce sens pour d’autres pays européen.
http://dumenat.smbh.univ-paris13.fr/univer-site homeo/francais/homeopathie/realitescient.htm
« Les médecines alternatives et parmi elles l’Homéopathie prennent
progressivement une place reconnue dans le parcours du Futur médecin dans de
nombreux pays […] En Espagne, un enseignement post universitaire a été, tout
récemment, mis en place. En Allemagne, une information concernant les médecines
alternatives, et l'Homéopathie en particulier, est maintenant obligatoire dans le
cursus normal des études médicales universitaires. »
En ce qui concerne la situation du recours à cette médecine alternative en Suisse,
l’Office Fédérale de la Statistique nous a transmis quelques tableaux que vous
trouverez en annexe.
23
TRAVAIL SUR LE TERRAIN
Méthodologie
La première semaine, nous avons commencé par faire des recherches sur Internet et
les bases de données de la Cochrane Library: Nous nous demandions s’il existait
des études démontrant l’efficacité de l’homéopathie. Cependant, ce ne fut pas le cas.
Tous les travaux nous ramenaient à un effet placebo non discutable, mais pas à un
effet propre lié aux granules. Le débat sur l’efficacité était dès lors clos et nous avons
alors décidé de nous concentrer sur la compréhension du recours à l'homéopathie
auprès de différents groupes. Nous nous sommes alors posé trois questions :
1) Qu’est- ce qui attire les patients a avoir recours à l'homéopathie alors que la
médecine conventionnelle est de nos jours de plus en plus efficace?
2) Qu’est ce que l'homéopathie apporte de plus aux patients que la médecine
conventionnelle?
3) A votre avis quels enseignements pourraient tirer la médecine conventionnelle de
l'attrait des patients pour l'homéopathie?
Nous avons envoyé par courrier électronique ces questions aux nombreux médecins
inscrits dans les listes de diffusion Medromands (pour la Suisse) et Medito (pour la
France). Nous les avons également posée lors de nos entretiens, avec trois
médecins homéopathes, trois homéopathes non médecins, un médecin (généraliste),
une sociologue et une pharmacienne.
Nous avons en parallèle élaboré des questionnaires qui ont été envoyés aux
étudiants de la Faculté de Médecine de Genève (nous avons eu ~10% de réponses)
et avons déposé dans des cabinets de médecins homéopathes (2) et non
homéopathes (1) (nous avons eu 31 réponses).
Lors de nos entretiens, nous avons essayé de décoder les attitudes vis à vis de la
vaccination, les réponses données aux patients qui hésitent, et nous faire une idée
de la place de l’homéopathie dans le système de soins, déterminer la nature
d'éventuels risques liés à l’homéopathie, ainsi que les principaux emplois de cette
pratique.
Nous avons effectué une analyse qualitative des réponses aux questionnaires en
répertoriant les arguments et en les consolidant en une dizaine de thèmes
récurrents, classés par ordre de fréquence.
24
MEDROMANDS ET ENTRETIENS
Résultats bruts donnés par ordre de fréquence
1) Ce qui attire:
- approche globale (basé sur personnalité), temps (Tarmed), empathie
- peur des effets secondaires des médicaments classiques, chimique
- pas de danger de l’homéopathie, naturelle
- magie, mystère
- échec, limites de la médecine traditionnelle
- support pharmacologique pour s’y raccrocher (gérer ses symptômes)
- espoir
- rester maîtres des décisions thérapeutiques
- l'homéopathie fait appel aux forces de guérison du corps
- patient est unique et non un pion analogue à tous les autres pions
- évite poly médication, simplicité de prescription
- la confiance
- méthode qui ne connait jamais d’échec
- effet de mode
- pas chère
- patient veut comprendre sa maladie et non avoir des données stat.
- bouche à oreille
- les patients se sentent plus pris au sérieux
Exemples de réponses de médecins :
Souvent, il veut "comprendre sa maladie"; la notion statistique et du hasard ne lui
suffit pas. La maladie n'est pas cette entité indépendante et nuisible qui lui "tombe
dessus". Mais bien au contraire, elle a comme un lien invisible avec lui
L'acte médical doit rester un acte magique, sinon il perd une bonne partie de son
sens...
La peur ! Cela ne fait aucun doute. C'est la grande peur du méchant sorcier et la
grande publicité donnée à tous les excès et complications de la médecine
traditionnelle qui attire les gens.
En effet, l’homéopathie a son rôle à jouer dans la prise en charge des patients.
Finalement la médecine traditionnelle ne se pose pas assez la question de savoir ce
que les homéopathes peuvent apporter au corps médical ce qui est bien dommage.
Les patients se sentent mis en valeur, écoutés , car leur homéopathe a besoin d’un
descriptif précis de leurs symptômes. De plus, ils peuvent avoir le sentiment de par
ce rôle d’observateur qui est très important en homéopathie d’avoir plus d’emprise
sur leur maladie. Ils sont dès lors plus impliqués dans leur prise en charge et la
décision du traitement à mettre en place de par ce rôle d’observateur qui n’est pas
passif du tout et primordial en homéopathie (plus de liberté de choix).
25
2) Ce qu’elle apporte :
- meilleure écoute, prise en charge globale, temps
- un résultat en douceur, pas de danger
- thérapie individuelle
- collaboration avec patient, patient actif
- sécurité
- éviter le recours aux médicaments
- une alternative
- homéopathie résout le problème
- meilleur coût
- meilleure compréhension du patient de ce qui lui arrive
- respect du patient
- effet placebo particulièrement fort
- confiance
- outil pour gérer soi-même ses symptômes
- meilleure prise en charge des pathologies chroniques ou récidivantes
- responsabilisation du patient
- bénéfices physique et psychique
- rien du tout
Exemples de réponses de médecins :
l'homeopathie est une croyance. La médecine se veut une science. On trouve donc
miraculeux d'être "gueri" par l'homeopathie, et normal d'être guéri par la
méd.traditionnelle, et ca fait toute la différence quand on en parle, car on est très
faché quand la médecine ne peut rien, et on ne dit rien quand l'homéopathie n'a rien
changé,...
L'impact psychologique de l'homéopathie est indéniable en ce qu'elle tend à
redonner au patient l'idée qu'il peut lui-même activement lutter contre la maladie,
dimension qui est trop souvent négligée en médecine conventionnelle, même si des
progrès indéniables ont été faits sur ce plan là.
la magie. L'homéopathe fait mélanger des substances potentiellement
dangereuses (arsenic...) en prenant un air très inspiré et fait de la magie
que l'on ne peut pas expliquer car c'est très compliqué.... Dans la médecine
conventionnelle, on est allé trop loin dans la vulgarisation et on a enlevé
tout le côté "miraculeux" de l'acte et de la pensée médicale. Funeste erreur
26
3) Quels ensignements :
- temps, écoute (relation médecin-malade)
- Mieux comprendre les principes de l’homéopathie pour les futurs travailleurs
dans le système de santé, ouverture d’esprit
- prise en charge plus personnalisée du patient
- renforcer la relation de confiance en s’intéressant aux détails de la vie du
patient, dialogue
- retenue dans les prescriptions
- accepter le bénéfice apporté par l’homéopathie aux patients
- plus d’explications de la maladie
- Autonomiser les patients
- faire participer le patient aux décisions thérapeutiques
- Garder un peu de mystère sur les traitements
- Collaboration
- « un regard sur sa propre pratique et philosophie »
- Ne pas rester passif face aux échecs
- Diminuer les effets secondaires des médicaments
- Intégrer les remèdes homéopathiques dans la pratique médicale
Exemples de réponses de médecins :
En fait, le médecin idéal selon les patients intéressés à l'homéopathie, est celui qui
est un bon médecin de premier recours allopathique et qui sait choisir les
pathologies où il peut prescrire de l'homéopathie ou de l'allopathie voire associer les
2. ce qui évite aussi des dérives de certains thérapeutes non-médecins qui
prescrivent de l'homéopathie alors que l'affection demanderait une prise en charge
allopathique plus corsée.
Apprendre à mieux dialoguer sans avoir à inventer une nouvelle religion dont les
médecins homéopathes seraient les seuls prêtres qui ne peuvent partager le secret
de leur initiation mais qui font du prosélytisme pour accroître le nombre des croyants
qu'il vaut mieux maintenir dans l'ignorance puisque leur foi est basée sur du vent qui
ne peut faire l'objet d'aucune étude scientifique et doit donc être imposée par la
force de la seule persuasion sur des esprits non armés pour être suffisamment
critiques et comprendre qu'on les influence comme le ferait un gourou.
27
Discussion
1) Qu’est ce qui attire dans l’homéopathie ?
En posant cette question aux homéopathes, médecins et étudiants de notre faculté
nous imaginions avoir le même type de réponses venant des uns et des autres.
En y réfléchissant et avec les documents que nous avions lu nous pensions que c’est
en grande partie le temps mis à disposition du patient dans une consultation
homéopathique qui devait être le plus attrayant dans cette médecine, ainsi que son
côté très individualisé.
En effet, plusieurs études11ont été faites sur les différents types de consultations, et
toutes mettent en avant les avantages d’une consultation centrée sur le patient, qui
est exploitée au maximum dans l’homéopathie. Notamment une meilleure
communication, une meilleure satisfaction du patient qui a plus de liberté de décision
par rapport à d’autres types de consultations, et finalement la durée plus longue de la
consultation.
Cependant toutes ces études démontrent ce qu’apporte la consultation
homéopathique mais en aucun cas ce pourquoi elle attire autant de monde.
Je pense que la raison pour laquelle les réponses des médecins à ces deux
questions sont souvent similaires c’est parce qu’elles sont très liées.
Pour les réponses de médecins, l’attrait pour l’homéopathie semble avant tout lié à
l'approche holistique des patients, et que la pression liée au temps et à l’efficacité
semble moindre. Une pratique axée sur la personnalité et l’unicité du patient a de
quoi, il est vrai, être attrayante.
Cependant, les réponses des étudiants et des quelques patients que nous avons
interrogé n’ont que très rarement mentionné le temps et l'approche holistique comme
raison, ce qui a été très surprenant pour nous. Pour ceux-ci, c’est les aspects
« naturel », « pas dangereux », « sans effet secondaires » qui sont les principales
raisons de l'attrait. Ce qui nous a étonnés, ce n’est pas tant les raisons invoquées
par les principaux intéressés, mais plutôt que ceux-ci ne mentionnent pratiquement
jamais la meilleure écoute de l’homéopathe par rapport à la médecine
conventionnelle alors qu'il s'agirait du principal atout de l’homéopathie lorsque l’on
interroge le milieu médical.
Pourquoi cette grande différence d’opinion ? Nous y avons beaucoup réfléchi et il
s’est avéré que nous n’avions pas pris en compte dans notre étude la partie de la
population prenant de l’homéopathie en automédication (selon les interviews que
nous avons faites et l’enquête auprès des étudiants, elle représente environ 80% de
la population ayant recours à l’homéopathie). Pour cette large majorité l’attrait de
l’homéopathie n’est évidement pas ce qu’elle peut apporter au niveau de la relation,
puisque dans ce cas-là il n’y en a pas.
Ainsi cette réponse particulière du corps médical reflète-t-elle peut-être une sousestimation de notre part du phénomène de l’automédication en homéopathie. C’est
un phénomène que nous n’avons malheureusement pas pu aborder en détail par
manque de temps et surtout parce que c’est un phénomène que nous avons
constaté lors de ce travail et dont nous n’avons pas pris en compte au départ.
Au-delà de cette différence, médecins et patients sont d’accord pour dire que c’est
surtout les aspects « non toxique », « non dangereux » et « naturel » qui sont les
11
The Lancet, vol.357, march 10, 2001 ; Journal of Family Practice, oct.2002, Susan A. Flocke
28
principales raisons de l’attrait pour l’homéopathie. Un médecin a émis une opinion
sur le caractère non anxiogène de la relation en rapport à l'innocuité des traitements:
la tension latente chez le prescripteur se verrait réduite, et lui permettrait d'être plus
disponible, améliorant la qualité de la relation avec le malade.
Le climat général actuel est celui d'une aversion aux risques, la médecine actuelle
étant de plus en plus transparente sur les mécanismes biologiques des
médicaments, leurs effets secondaires possibles, leurs risques et sur ses limites, elle
contribue a alimenter ce climat de peur, de crainte à l’égard de ces traitements. Les
homéopathes utilisent ainsi ce phénomène de peur latente pour l’amplifier en faisant
ressortir encore plus les risques d’un traitement conventionnel : La cortisone contre
un eczéma contribuerait à développer de l’asthme, les vaccins seraient
responsables de pathologies à retardement qui peuvent aller jusqu’à la survenue de
tumeurs, etc…
Ce climat de danger, de démonisation concernant la médecine inciterait à se tourner
vers une solution plus «naturelle», ou du moins sans dangers.
Ce phénomène s’inscrit dans une société plus ou moins « en colère » contre la
« médecine officielle »: Un mouvement de contestation de la médecine comme
« biopouvoir » commence à se manifester dans les années 1970, selon la
sociologue avec qui nous avons discuté, mais il a des racines bien plus anciennes.
C’est dans cette tendance de protestation générale contre l’autorité d’une société de
consommation qu’on voit apparaître un mouvement anti-médecine conventionnelle.
Ces mouvements contestataires ont touché tous les milieux faisant figure d’autorité,
que ce soit dans l’enseignement, l’industrie, le social ou le milieu médical. Tous se
donnaient pour but de « récupérer un pouvoir de décision et de contestation ». Fort
est de constater que le côté collaboration et prise en compte du point de vue du
patient est beaucoup plus mis en avant dans l’homéopathie que dans une
consultation de médecine conventionnelle12
Ce désir de garder le pouvoir et de décider par soi-même est très présent dans
notre société, en tout cas dans le domaine de la santé, c’est ce que nous montre
l’étude de Jen Wang sur l’automédication en Suisse. En Suisse romande 67% de la
population soigne ses petits malaises par elle-même et l’on voit le même
phénomène dans la gestion de la maladie chronique. Il ressort de cette étude que les
citoyens souhaitent avoir plus de pouvoir de codécision en ce qui concerne leur
santé et qu’ils souhaitent jouer un rôle plus actif sur leur propre santé. Cependant
une étude récente démontre que les connaissances de santé demeurent assez
rudimentaires dans la population helvétique, et ceci même chez les personnes ayant
des rapports professionnels avec le milieu de la santé.
L’homéopathie s’utilisant très facilement en automédication, elle donne à la
population un modeste moyen de se sentir plus active quant à sa santé sans pour
autant prendre de grands risques.
Ce qui attire la population dans l’homéopathie c’est donc son côté « naturel », « sans
danger » mais comme manifestation d’un besoin plus profond et plus ancré dans
notre société, à savoir retrouver un moyen de contrôle, un outil qui, ne serait-ce que
sur un plan symbolique, donne l’impression à chacun d’être actif et de décider soimême pour soi-même.
Dans ce contexte-là, l’homéopathie trouve une niche spécifique dans les pays
développés, aisés, prônant l’individualisation, le marché et la liberté de choix.
12
Voir réponses des patients et réponses des médecins
29
Dans ce même contexte, la population ayant recours à l’homéopathie et tout à fait au
courant de la polémique au sujet de son efficacité, mais ce n’est de toute évidence
pas cela qui freine son engouement. (76% des étudiants prétendent savoir en quoi
consiste l’homéopathie, même si leurs définitions varient beaucoup)
Au-delà de cela, ce qui nous a aussi beaucoup surpris c’est que, autant pour les
médecins que pour les patients, le côté magique qu’a l’homéopathie est pour
beaucoup dans sa popularité.
Ayant constaté cela nous avons cherché à en savoir plus sur la relation entre la
magie, la croyance et les médecines « naturelles » telle que l’homéopathie.
Nous avons découvert une étude faite dans un petit village d’Angleterre13 qui
démontre qu’il existerait un lien entre la perte d’identité religieuse et d’appartenance
à un milieu religieux et la consommation de médecines « alternative » chez les
femmes avec un haut niveau d’éducation. Cette étude explique ce phénomène par le
fait que ces personnes gardent une certaine spiritualité et croyance magique qui
peut-être assouvie par le côté apparemment mystérieux de la « guérison » par
l’homéopathie. Peut-être s’agit-il d’un transfert de spiritualité d’un mode religieux
contraignant et limitant à un mode en apparence plus libéral et ouvert à l’imagination
individualisée, tel que l’homéopathie mais aussi toute autre forme de pratiques de
bien-être incluant le corps, l’âme et l’esprit: l'engouement pour la « wellness », grand
développement commercial de la dernière décennie.
Cette tendance est tout à fait assimilable aux maîtres mots de notre société de
consommation: Liberté et Individualisme. Plus question d’appartenir à un groupe, à
une religion mais à chacun la liberté de se créer sa propre religion (en apparence).
A ce sujet un article de « Source de Vie »du 28.01.0414 montre bien la pensée du
milieu chrétien à l’encontre de l’homéopathie en disant d’Hahnemann qu’il était « un
occultiste notoire et un franc-maçon » pratiquant « le spiritisme » et en accusant
l’homéopathie d’être « un processus de démonisation croissante ». Dans cet article
l’homéopathe est décrit comme une espèce de gourou exerçant sur ces patients une
emprise malsaine et attirant ceux-ci par le temps qu’il leurs consacre et en leur
donnant l’impression de les comprendre, de s’intéresser vraiment à eux et à mille et
un petits détails les concernant.
L’homéopathie est-elle une forme de spiritisme ? Visiblement, d’une certaine manière
elle l’est, Elle incarne une pensée magique selon laquelle la force de la substance se
transmet au soluté.
Allant dans ce sens un médecin nous répond que l’homéopathie serait «une nouvelle
religion dont les médecins homéopathes seraient les seuls prêtres qui ne peuvent
partager le secret de leur initiation mais qui font du prosélytisme pour accroître le
nombre des croyants qu'il vaut mieux maintenir dans l'ignorance puisque leur foi est
basée sur du vent qui ne peut faire l'objet d'aucune étude scientifique et doit donc
être imposée par la force de la seule persuasion sur des esprits non armés pour être
suffisamment critiques et comprendre qu'on les influence comme le ferait un
gourou. »
Peut-être la société évolue-t-elle trop vite pour nous et ne sommes-nous pas prêts à
abandonner toute forme de croyance. C’est un fait que nous ne pouvons que
constater.
13
14
« Que penser de l’homéopathie », science et vie, 28 janvier 2004
30
Ce que nous avons constaté dans notre travail est ainsi appuyé par cette étude
anglaise et d’une certaine manière aussi par cet article de Source de Vie. Tous ces
travaux vont dans le sens d’un lien fort entre la recherche d’une spiritualité et les
médecines « douces ».
Dans les raisons qui attirent aussi vers l’homéopathie, médecins et étudiants sont
d’accord pour dire que c’est dans certains cas un échec de la médecine
conventionnelle qui pousse les patients à se tourner vers l’homéopathie.
Lorsque nous avons posé la question aux homéopathes que nous avons rencontrés
sur ce qui avait poussé leurs patients à venir le consulter, ceux-ci nous répondaient
très volontiers que dans la plupart des cas c’est une insatisfaction de la médecine
conventionnelle. Cette insatisfaction est très large ; maladies chroniques, effets
secondaires, maladies incurables, mais aussi insatisfaction des explications données
par les médecins et insatisfaction de l’écoute de l’intérêt porté aux patients par ceuxci.
Par rapport à cela nous aurions bien aimé savoir pourquoi l’homéopathie ne se
trouve pas limité dans ce genre de situation. Quelques éléments de réponse nous
ont été donnés par les homéopathes. D’une certaine manière l’homéopathie est une
médecine qui n’a pas de contrainte ni de pression de réussite puisqu’elle ne travaille
pas dans l’urgence. C’est une médecine individuelle et donc la notion de réussite ou
d’échec n’a pas de sens puisque ce qui a échoué pour un tel peut très bien
fonctionner sur moi, elle fonctionne ainsi beaucoup sur l’espoir et la confiance du
patient. De plus l’homéopathe va informer dès la première consultation que trouver le
bon remède pour un patient peut prendre très longtemps, elle appelle de nouveau à
la confiance du patient et à sa collaboration. De plus l’anamnèse pointilleuse et le
temps accordé au patient contribuent encore à obtenir la confiance du patient. De
cette façon l’homéopathie est une médecine « sans échecs ».
Comme nous l’a dit un autre médecin : « l'homéopathie est une croyance. La
médecine se veut une science. On trouve donc miraculeux d'être "guéri" par
l'homéopathie, et normal d'être guéri par la médecine traditionnelle, et ca fait toute la
différence quand on en parle, car on est très fâché quand la médecine ne peut rien,
et on ne dit rien quand l'homéopathie n'a rien changé,... »
Pour une petite proportion de la population c’est aussi la simplicité de prescription et
le faible prix des granules comparé aux antibiotiques et compagnie qui ferait pencher
la balance en faveur le l’homéopathie.
2) Qu’est ce que l’homéopathie apporte de plus ?
Concernant ce qu’elle apporte de plus au niveau de la consultation, de nombreuses
études ont été faites, dont une « Flocke et coll. 2002 » en comparant les
31
consultations de différents types (centré sur le patient, biopsychosocial, biomédical,
paternaliste).
La consultation centrée sur le patient est plus personnelle et amicale, permettant une
négociation avec le patient, c’est ce qui est exploité à son maximum dans la
consultation homéopathique.
Dans cette étude les différentes consultations sont jugées selon leur composante
médicale, la satisfaction du patient et la durée de visite. Selon ces critères c’est la
consultation centrée sur le patient qui est la mieux évaluée, elle apporte une
meilleure communication, une meilleure satisfaction du patient mais elle prend plus
de temps.
Bien entendu ce type de consultation n’est pas l’apanage des homéopathes, mais
ceux-ci exploitent au maximum les bénéfices apportés par ce type de consultation
pour obtenir la confiance du patient et sa collaboration.
La plupart des réponses que nous avons obtenues à cette question signalent qu’une
consultation homéopathique n’est pas limitée par le temps ni par l’urgence. Ce
contexte permet un plus grand espace de temps pour l’écoute attentive du patient.
Le patient a un temps de parole beaucoup plus grand et se sent ainsi plus pris au
sérieux dans ses plaintes dont le caractère unique est emphatisé. Ceci permet
d’instaurer un climat de confiance qui favorise une bonne collaboration entre
thérapeute et patient.
La plupart des apports liées à la consultation homéopathique peuvent se retrouver
dans une bonne consultation de médecine conventionnelle, malheureusement ce
qui crée encore une résistance à cela c’est manifestement le temps disponible et les
limitations introduites par la structure tarifaire.
Malheureusement nous n’avons posé cette question qu’aux médecins et
homéopathes et non aux patients et étudiants. Étant donné que ceux-ci ont tendance
à ne prendre en compte que la population consultant des homéopathes, il est très
possible que les apports de l’homéopathie quand elle est prise en automédication ne
soient pas du tout les même que ceux que nous avons recueillis.
Au vu des réponses que nous avons eu et suite à notre réflexion, on peut penser
qu’en automédication, l’homéopathie apporte une solution pour éviter d’avoir
systématiquement recours aux médicaments pour des problèmes bénins et permet
une autonomisation du patient. Elle répond ainsi au souhait de la population d’avoir
un outil lui permettant de se sentir active dans le contrôle de sa santé, une sorte de
reconquête symbolique d’un pouvoir dans le domaine de la santé.
Réponses des médecins à la question : Qu’est ce que l’homéopathie apporte
de plus que la médecine conventionnelle ?
Bénéfices liés à la consultation
Bénéfices non liés à la consultation
32
TEMPS
Sécurité
plus d’explications
meilleure écoute
prise en charge globale
respect du patient
thérapie individuelle
confiance
meilleure prise en charge des
pathologies chroniques ou récidivantes
bénéfices physique et psychique
traitement de la maladie et pas
seulement des symptômes
collaboration avec patient
patient actif
un résultat « en douceur »
pas de dangers
une alternative
outil pour gérer soi-même ses
symptômes
éviter le recours aux médicaments.
coût modéré
responsabilisation du patient
bénéfices physique et psychique
Il serait intéressant de voir en quoi se différencie la population utilisant l’homéopathie
en automédication et celle qui consulte un homéopathe, ce que nous n’avons
malheureusement pas eu le temps de faire.
Peut-être la population consultant est-elle plus anxieuse, souffre-t-elle plus de
pathologies chroniques psychosomatiques ou récidivantes ou souhaite-t-elle être
prise en charge plus globalement par l’homéopathie que la proportion
s’automédicante ?
Quoi qu’il en soit ces deux populations n’ont pas les mêmes attentes.
Ce qui peut nous intéresser, en tant que futurs médecins, ce sont les apports liés à la
consultation. C’est là que nous pouvant peut-être nous rendre compte de ce que
nous pourrions améliorer.
Visiblement une consultation de 15 min, comme cela se passe en médecine
conventionnelle, ne semble pas convenir à une tranche importante de notre société,
qui cherche de plus en plus à être écoutée, respectée et prise au sérieux dans la
globalité et l’individualité de chacun.
Dans nos entretiens il a d’ailleurs été surprenant à quel point la médecine actuelle
était accusée d’être une médecine de masse, impersonnelle et « symptomatique ».
La productivité économique au sens étroit que souhaite TARMED ne semble pas
être en accord avec ce que devrait être la productivité en médecine, à savoir le
soulagement et la satisfaction du patient. Deux médecins ont d’ailleurs soulevé ce
problème :
« Les patients ou en tout cas une partie d'entre eux souhaitent une
relation "humaniste" aussi bien que technique et pour cela, il faut du temps (Tarmed)
et de l'empathie. Il faut une médecine participative comme dit Ségolène où le
médecin écoute le patient, explique ce qui est possible et intègre les choix du patient
dans la décision thérapeutique prise en commun... accord. Cela représente une
exigence de compétence de la part du médecin qui doit continuer à se former aux
constants changements et évolution de la partie scientifique de la médecine tout en
"humanisant" la relation médecin-malade. »
33
« Je pense que les gens se tournent vers l’homéopathie en premier à cause du
Temps qu’on leur dédie. Comme je prends beaucoup de temps avec mes patients,
j’ai pas mal de patients qui viennent ou bénéficient en parallèle d’ un homéopathe.
Par contre je m’attire les foudres de Santésuisse !!! »
3) QUELS ENSEIGNEMENTS ?
Dans la plupart des réponses que nous avons eu, c’est principalement le temps,
l’écoute et la relation particulière qui peut se mettre en place dans ces conditions qui
est l’enseignement le plus important à prendre de l’homéopathie. C’est aussi ce qui
est ressorti le plus souvent de nos entretiens avec les médecins. Cela remet donc en
question, dans une certaine mesure, le bien fondé de TARMED pour la productivité
médicale, puisque une certaine proportion de la population semble se détourner de
la médecine académique à cause de cela.
D’une manière générale l’on pourrait dire qu’avoir plus de temps lors de la
consultation permettrait d'ajouter à la recherche d’éléments pertinents pour le
diagnostique en développant plus le caractère individuel et « subjectif » de la
consultation. Certains médecins ont, ainsi, proposé de faire plus participer le patient
dans les décisions thérapeutiques, de s’intéresser aux détails de la vie quotidienne
du patient ou encore de prendre plus de temps pour donner des explications sur la
maladie, le traitement ou autre. Tout ceci permettrait d’établir une relation médecinpatient plus adéquate et plus utile.
Comme deuxième enseignement, certains médecins proposent de se pencher plus
particulièrement sur les prescriptions afin de les faire au plus simple. Nous pensons
que ce serait très certainement un domaine à prendre en considération, étant donné
que, pour certains patients, ce qui pousse les patients à prendre de l’homéopathie
c’est sa simplicité d’utilisation et son coté non nocif. Si, à l’heure actuelle, en tant que
médecin, nous ne pouvons pas éliminer les effets secondaires des traitements, nous
pouvons, par contre, tenter d’établir des traitements plus simples et faciles à
comprendre, ce qui pourrait donner au patient l’impression d’un traitement mois
nocif.
Pourquoi pas, aussi, reconnaître l’effet, peut importe de quelle nature, de
l’homéopathie sur certains patients et utiliser cet outil à notre disposition en
médecine générale. C’est en tout cas ce que nous ont proposé plusieurs médecins,
et comme l’a dit l’un d’entre eux : « En fait, le médecin idéal selon les patients
intéressés à l'homéopathie, est celui qui est un bon médecin de premier recours
allopathique et qui sait choisir les pathologies où il peut prescrire de l'homéopathie
ou de l'allopathie voire associer les deux, ce qui évite aussi des dérives de certains
thérapeutes non-médecins qui prescrivent de l'homéopathie alors que l'affection
demanderait une prise en charge allopathique plus corsée. »
Une troisième proposition que nous avons entendue à plusieurs reprises, serait
d’enseigner les principes fondamentaux de l’homéopathie et les bases sur lesquelles
elle s’appuie dans les études médicales, afin que nous soyons sensibilisés sur ce
sujet qui n’est, à l’heure actuelle, absolument pas abordé de quelque manière que ce
soit dans les études médicales. Ce serai un moyen de sensibiliser les étudiants que
nous sommes sur un phénomène qui, s’il n’est pas démontrable d’un point de vue
scientifique, n’en reste pas moins réel et efficace dans certaines situations.
34
Selon nous, se serait un bon moyen d’aligner tout le monde sur ce sujet afin de
pouvoir discuter en connaissance de cause et peut-être, de mettre fin au dialogue de
sourds qui existe entre ces deux domaines de santé. Selon notre sondage auprès
des étudiants en médecine la définition de l’homéopathie n’est de loin pas évidente
pour tout le monde, et nous pensons qu’il est beaucoup plus facile de critiquer ce
que l’on ne connaît pas, simplement en se basant sur la pensée populaire chez les
médecins que l’homéopathie est une vaste arnaque et escroquerie.
3) Discussion sur les entretiens avec les homéopathes :
Quelle est la place de l’homéopathie dans le système de santé ?
L’homéopathie est avant tout considérée comme complémentaire à la médecine
conventionnelle. Cependant, les homéopathes non médecins pensent que chez
certains patients, elle pourrait être utilisée alternativement à la médecine
conventionnelle, c’est-à-dire se suffire à elle-même. La médecine conventionnelle
serait efficace selon les homéopathes dans des situations d’urgence (ex : infarctus)
alors que homéopathie serait efficace dans les traitements des maux aigus (otite),
ainsi que chroniques et aurait donc tout à fait sa place dans le système de santé.
C’est pourquoi ces deux types de médecine ne sont pas incompatibles. Selon un
homéopathe, l’homéopathie « respecte l’anthropologie »15 et serait efficace sur tout
ce qui précède la lésion de l’organe. Donc, elle devrait avoir sa place comme
n’importe quelle autre spécialité de la médecine et ne devrait être ni complémentaire,
ni alternative à la médecine conventionnelle. « L’homéopathie agit en amont de
l’allopathie, comme l’éducation agit avant la psychiatrie et l’antibiothérapie agit avant
la chirurgie dans le cas d’une angine chronique. ». Un autre homéopathe nous a dit
que comme toute médecine elle a ses limites et c’est pourquoi, elles sont dès lors
complémentaires. Pour conclure, les homéopathes pensent que chacun a sa place
dans le système de santé.
Selon l’étude de Robert Frank “Integrating homeopathy and biomedicine: medical
pratice and knowledge production among German homeopathic physicians” 16 il y
aurait trois groupes parmi les homéopathes: les « purs et durs », les « homéopathie
surtout, médecine en complément », et les « médecine d'abord, homéopathie en
complément ».
Pensez-vous qu’il y a des risques liés à l’homéopathie ?
Un généraliste nous a répondu que pour lui le risque principal est lié au rejet en bloc
de la médecine conventionnelle et que ceci peut être particulièrement dangereux si
un patient essaie alors de soigner un début de cancer avec de l’homéopathie.
Concernant d’éventuels risques d’interaction médicamenteuse, il pensait qu’il n’y en
a pas puisqu’il n’y a plus aucune trace de substance active dans les remèdes. Il est
15
Définition Wikipédia : « discipline des sciences humaines et des sciences naturelles qui étudie l’être humain
sous tous ses aspects, sociaux, psychologiques, culturels, et physiques (anatomie, physiologie, pathologie,
évolution). »
16
Sociology of Health &Illness vol 24 n°6 2002
35
intéressant de noter que certains étudiants en revanche pensaient eux, qu’il existe
un risque d’interaction…Les homéopathes quant à eux pensent qu’il existe un risque
si par exemple les remèdes sont trop dilués (ceci pourrait engendrer une aggravation
des symptômes) ou s’ils sont utilisés sur de longues périodes. Un homéopathe nous
a dit que pour lui le risque principal est le même qu’avec la médecine
conventionnelle à savoir que les patients prennent leur remède sans réfléchir à
l’origine de leur mal ceci en particulier s’ils s’automédiquent, le problème récidivant
souvent. Un autre risque qui nous a été mentionné lors de nos entretiens avec des
homéopathes est celui de saignements plus abondants lors d’opération si le patient a
pris de l’arnica en préopératoire. Il semblerait que certains de leurs collègues
chirurgiens ont constaté cela lors d’opération, mais nous n’avons cependant pas
trouvé d’études à ce sujet sur internet.
Pour conclure, les non homéopathes ne voient pas tellement de risques d'effets
secondaires lors du recours à l'homéopathie, hormis celui de renoncer à des
thérapies conventionnelles efficaces. Les homéopathes voient des risques, par
contre, à l'emploi de dilutions importantes, et à l'emploi prolongé. Il est intéressant de
noter que personne n'ait nommé spécifiquement le risque lié au renoncement aux
vaccinations, à classer parmi les risques liés au renoncement à des thérapies ou
mesures efficaces.
Quels types de maux traitez-vous avec l’homéopathie ?
Lors de tous nos entretiens, que se soit avec des homéopathes médecins ou non,
tous sont d’accord pour dire que l’homéopathie peut tout traiter mais n’agit pas dans
l’urgence et se doit donc d’écarter tout danger vital immédiat. C’est d’ailleurs en cela
qu’ils disent collaborer avec la médecine académique, qui est synonyme, pour ceuxci, de médecine d’urgence.
Cependant lorsque l’on demande une réponse plus précise, on constate que c’est
essentiellement les allergies (souvent eczéma et asthme), les infections à répétition
(infections ORL chez les enfants) et les pathologies chronique plus lourdes (cancers,
douleurs chroniques) qui sont le plus souvent traité dans le cabinet d’un
homéopathe.
En ce qui concerne les allergies et les infections à répétitions chez les enfants, la
plupart des homéopathes n’hésitent pas à mettre en cause la médecine dans la
survenue de ces pathologies ou tout au moins dans leur maintien et leur
aggravation17. S’ils n’ont pas hésité à nous en parler, l’on peut supposer qu’ils
n’hésitent pas non plus à en parler à leurs patients et à leur informer que de traiter un
eczéma avec une pommade à la cortisone peut engendrer de l’asthme et que les
antibiotiques sont toxiques et que le système immunitaire n’a pas besoin de cela
pour se défendre. « L’antibiotique peut sauver la vie en tuant les microbes, mais ne
change pas la santé, si encore il ne l’aggrave pas (effets secondaires, allergies,
mycoses, récidives…) »18
Que pensez-vous de l’automédication ?
Lors de tous nos entretiens la question de l’automédication à suscité beaucoup de
réflexions différentes de la part des homéopathes.
17
18
Voir compte rendu des entretiens en annexe
Introduction à l’homéopathie unciste, Dr. Guy Loutan, octobre 2003
36
D’une manière générale, les homéopathes ne sont pas fondamentalement pour, ni
contre, mais trouvent que l’homéopathie en automédication ce n’est plus vraiment de
l’homéopathie, puisque le principe fondamental d’un remède personnalisé n’est pas
respecté. Pour ceux-ci, c’est aussi un moyen de discréditer l’homéopathie lorsque
ces remèdes ne fonctionnent pas. Cependant ils reconnaissent qu’il n’y a pas
vraiment de danger à prendre ces mélanges de remèdes (en basse dilution) et que si
certains patients y retirent un bénéfice, alors pourquoi pas.
Vaccination
Lors de nos divers entretiens, nous avons également demandé à nos interlocuteurs
ce qu’ils pensaient de la vaccination et ce qu’ils conseillaient à leurs patients
s’interrogeant sur celle-ci. En effet, nous nous demandions si les personnes ayant
recours à l’homéopathie étaient moins vaccinées que la population générale et
qu’elle pouvait en être les raisons. Nous avons également demandé l’opinion des
étudiants et de patients au sujet de celle-ci.
Résultats bruts
1) Question posée à un généraliste :
Avez-vous pu constater si la population se traitant à l’homéopathie est moins
vaccinée que la population générale ?
Oui, car les campagnes anti-vaccinations sont souvent liés à l’homéopathie. Il y a
deux raisons à cela : la première vient du rejet du business fait autour des vaccins.
La deuxième est l’absence dans nos contrées des maladies graves pour lesquels un
vaccin existe, et donc on ne voit plus que les effets secondaires des vaccins et plus
les séquelles de ces maladies…De plus, la vaccination est une pensée de santé
publique, on se vaccine par civisme, ce qui va à l’encontre de la pensée très
individualisé qu’à l’homéopathie.
Discussion autour de la vaccination :
Le médecin a un devoir d’information si quelqu’un l’interroge au sujet de vaccination.
Il a une responsabilité de santé publique. Le problème avec la vaccination est qu’ici
on est en bonne santé donc il y a moins de risques de faire des séquelles en cas de
maladie. Certaines personnes cessent alors de se faire vacciner et de faire vacciner
leurs enfants. Cependant, il ne faut pas oublier que nous voyageons et dans les pays
en voie de développement les personnes sont en moins bonne santé et donc les
séquelles suite à des maladies sont beaucoup plus grave, donc chacun à quelque
part sa part de responsabilité et il ne s’agit pas de penser confort individuel, mais
santé publique avant toute chose.
2) Questions posées à un médecin homéopathe n°1 :
Avez-vous pu constater si les patients se traitant avec de l’homéopathie sont moins
vaccinés que la population générale ?
37
Aujourd’hui, on vaccine les enfants pour libérer les parents d’un travail, c’est-à-dire
de veiller à leur progéniture quand celle-ci est malade. Or on vit dans une société où
les parents ne peuvent pas prendre un jour de congé pour s’occuper de leur enfant.
Alors si les enfants sont vaccinés, on évite qu’ils tombent malades et on évite du
travail pour lequel les parents n’ont vraisemblablement de nos jours plus le temps.
On observe le même phénomène dans les EMS : on vaccine contre la grippe, non
pas « réellement » pour protéger la personne de celle-ci mais afin de libérer le
personnel d’un travail. Ne vaudrait-il pas mieux laisser les personnes faire leur grippe
et surveiller les patients pour prévenir toutes complications ?
Que conseillez-vous à vos patients au sujet de la vaccination :
Je leur dis que je les prendrai en charge même s’ils ne sont pas vaccinés. Je les
informe qu’ils peuvent se faire vacciner s’ils le souhaitent, mais qu’ils ne sont pas
obligés. J’envoie les parents qui veulent faire vacciner leur enfant chez le pédiatre
car je n’ai pas les produits à disposition chez moi. De plus, je dis aux patients qu’ils
peuvent à n’importe quel moment changer d’avis au sujet de la vaccination et se faire
vacciner par la suite. La vaccination sert aussi à rassurer des parents angoissés,
alors si le fait de vacciner peut les aider, tant mieux.
3) Question posée à un médecin homéopathe n°2 :
Avez-vous pu constater si les patients se traitant avec de l’homéopathie sont moins
vaccinés que la population générale ?
Oui. En effet, l’homéopathie véhicule plus de critiques au sujet de la vaccination et
n’est pas toujours favorable à celle-ci. Il arrive que les homéopathes conseillent dans
certains cas de retarder l’âge de la vaccination. La crainte principale des
vaccinations pour les homéopathes est celui de les faire chez des enfants avec
clairement un terrain atopique (pour les allergies), car les vaccins pourraient alors
déstabiliser un terrain déjà fragile.
Discussion au sujet de la vaccination :
Il existe des effets secondaires aux vaccins bien connus des homéopathes à savoir,
les allergies s’il existe chez le patient un terrain d’atopie.
L’homéopathie peut en effet proposer aux patients de se préparer à recevoir la
vaccination et procéder à un drainage ensuite (avec de très hautes dilutions du
vaccin)
4) Questions posées à un médecin homéopathe n°3 :
Que conseillez-vous à vos patients au sujet de la vaccination :
Je ne leur déconseillerai jamais la vaccination, mais je n’ai pas ce problème de choix
face à la vaccination, car je ne m’occupe pas de la prise en charge des enfants.
Avez-vous pu constater si la population se traitant à l’homéopathie est moins
vaccinée que la population générale ? Un des arguments pour les campagnes de
vaccination est la santé publique, qu’en pensez-vous ?
Il est possible que la population ayant recours à l’homéopathie soit moins vaccinée
que la population générale. Le problème est que l’homéopathie, les homéopathes ne
38
sont pas soutenus par la société, ne sont pas reconnus par celle-ci, alors pourquoi
raisonnerait-on en termes de santé publique ? La tendance actuelle, il est vrai, est de
choisir quels vaccins on fait. Les personnes seront en général très peu réticentes à
la vaccination contre la poliomyélite et le tétanos car ce sont des maladies graves et
qui font peur. En revanche, la rougeole, la rubéole et les oreillons sont souvent
considérés comme bénignes. C’est pourquoi, on sera plus sélectif avec le choix de
ces vaccins, c’est-à-dire que l’on vaccinera une fille pour la rubéole, mais pas pour
les oreillons et vice-versa. En ce qui me concerne, j’estime que c’est aux personnes
de décider pour elles-mêmes ; faire peur aux gens pour qu’ils suivent des directives
est malhonnête.
5) Questions posées à un homéopathe diathésique (non médecin) :
Que pensez-vous de la vaccination et qu’en dites-vous à vos patients ?
La vaccination est une agression immunologique majeure que l’on impose à des très
jeunes enfants dont le système immun n’est pas préparé. Elle provoque donc
souvent des phénomènes d’allergie atopique chez les enfants, difficile alors à traiter.
Il y a beaucoup trop de risques liés à la vaccination. De plus certaines maladies sont
tout à fait bénignes, comme la rougeole. « Si vous regardez les courbes de
vaccination de la rougeole vous verrez qu’elles suivent parfaitement celle de
l’autisme… »
Bien entendu, si un patient me demande mon avis au sujet de la vaccination, je ne lui
dis pas si je suis pour ou contre, mais je lui donne des documents ou références à
consulter sur le sujet afin qu’il se responsabilise.
Avez-vous pu constater si les patients se traitant avec de l’homéopathie sont moins
vaccinés que la population générale ?
En effet, la population prenant de l’homéopathie est moins vaccinée que la
population générale, car elle peut prendre une décision en connaissance de cause.
6) Questions posées à un homéopathe unciste n°1 (non médecin) :
Que pensez-vous de la vaccination et qu’en dites-vous à vos patients ?
Le courant homéopathique a plutôt tendance à penser qu’il vaut mieux laisser faire
certaines maladies d’enfance, telles que la rougeole, la rubéole, les oreillons, afin de
renforcer le système immunitaire de l’enfant. Toutefois, lors de la maladie, l’enfant
sera traité avec des remèdes homéopathiques pour diminuer les risques de
complications.
La vaccination est considérée par un certain nombre d’homéopathes, comme une
agression pour l’organisme.
La question de la vaccination est difficile, car certaines personnes supportent très
bien les vaccins, alors que d’autres pas. Un des risques avec la vaccination, si les
patients ont un terrain vulnérable, est que les vaccins enclenchent des problèmes
d’allergie ou des pathologies à retardement plus graves qui peuvent aller jusqu’à la
survenue de tumeurs ou de maladies dégénératives tel que la sclérose en plaque.
D’où l’importance de déterminer le terrain avant de vacciner le patient.
La vaccination, dans nos contrées, devrait être plus individualisée.
39
Si un patient vient me demander conseil au sujet des vaccinations, je lui exposerai
les différentes possibilités qu’il a :
-Vaccination classique seule.
-Préparation du terrain avant la vaccination, puis vaccination classique.
-Drainage après l’inoculation du vaccin, afin d’éliminer les toxines
-Préparation, puis drainage du vaccin
-Vaccination homéopathique avec différentes dynamisations, pour alerter le système
immunitaire à un niveau plus subtil.
Les patients choisiront alors selon leurs convictions personnelles.
7) Question posée à un homéopathe unciste n°2 (non médecin) :
Que pensez-vous de la vaccination et que conseillez-vous à vos patients ?
Je pense que c’est avant tout un problème moral. Je ne suis pas contre la
vaccination, mais contre le principe de la vaccination. Comment voulez-vous que le
corps supporte l’injection de plus de quatre substances en même temps ? Ne
faudrait-il pas les espacer un peu plus ? Je ne suis donc ni pour ni contre et j’informe
mes patients des différentes possibilités et des risques. Je peux leur proposer une
préparation à la vaccination et un drainage après la vaccination pour éliminer les
toxines. S’ils ne veulent pas se faire vacciner alors je leur propose un traitement pour
renforcer leur système immunitaire. Ce que j’ai pu observer c’est que souvent le
premier enfant d’une famille est à 100% vacciné, mais suite à des effets indésirables
des vaccinations, tels qu’allergie, les parents ne vaccinent pas complètement leur
deuxième enfant, voir plus du tout leur troisième…
Discussion au sujet de la vaccination et des objections rencontrées
En premier lieu, rappelons que contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les
campagnes anti-vaccination n’ont pas de tout temps été liées au mouvement
homéopathique puisque Hahnemann avait une position extrêmement claire en ce qui
concerne les bénéfices concrets de la vaccination. Dans une note ajoutée à la 6è
édition de l'Organon (1830) il écrit: « La généralisation de la vaccination selon
Jenner paraît être la cause bienfaisante et remarquable du déclin du génie
épidémique et de l'atténuation de la malignité variolique d'il y a quarante ou
cinquante ans. A cette époque, une ville envahie par ce lamentable fléau perdait au
moins la moitié et souvent les trois quarts de ses enfants ».19 Le rapprochement
partiel de l'Homéopathie et du mouvement anti-vaccination, d'inspiration politicoreligieuse, semble avoir eu lieu bien plus tard, à la fin du XIX siècle, sans jamais faire
l'unanimité entre les différents courants. Certaines études estiment qu'aujourd'hui en
gros un cas de non-vaccination sur quatre est lié à l'homéopathie
La population ayant recours à l’homéopathie est-elle moins vaccinée que la
population générale ?
19
Organon §46
40
Il est ressorti de notre enquête sur le terrain qu’en effet ces personnes semblent être
plus réticentes face à la vaccination pour plusieurs raisons. Pour un généraliste une
des raisons est liée à un rejet de la médecine conventionnelle et au business fait par
les firmes pharmaceutiques. Une autre est la rareté de certaines maladies
infectieuses dans notre pays, ayant pour effet de les faire passer pour bénignes
(comme on ne les voit pas, on ne se souvient plus de leur dommages) face aux
vaccins dont les effets secondaires se voient mis en exergue. De nos jours, la peur
du vaccin semble donc prendre plus d’importance au sein d’une certaine catégorie
de la population pour l'essentiel des femmes de milieux aisés avec une éducation
supérieure20 que celle de la maladie elle-même et de ces possibles séquelles. Au
cours de nos entretiens, nous avons pu constater de très nombreuses craintes au
sujet de la vaccination, telles que le risque de provoquer des allergies voir d’autres
pathologies plus graves.
Il existe une croyance liée à une certaine interprétation de l'homéopathie selon
laquelle l'enfant devrait « faire ses maladies » car elles seraient bénignes et
exerceraient un effet protecteur contre d'autres maladies.
On peut se demander à la lumière de ces résultats si l'éducation aux mécanismes
biologiques et les campagnes d’information au sujet de la vaccination sont
suffisantes, car il existe bon nombre de croyances infondées à son sujet. La crainte
de la vaccination dépasse la crainte des séquelles de la maladie ce qui est plutôt
inquiétant étant donné que la sûreté des vaccins s’est améliorée ces dernières
années et est extrêmement bien démontrée au niveau épidémiologique sur des très
grands volumes d'application. Malgré ces données probantes, la croyance à
l'induction de l'autisme par le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons
prend des dimensions de légende urbaine.
Un autre problème que l’on rencontre est qu’il est difficile de convaincre les parents
que tout ce qui survient dans les jours qui suivent la vaccination n’est pas
nécessairement dû au vaccin lui-même. Les personnes malades et les parents des
enfants malades éprouvent le besoin de désigner des facteurs déclenchants de la
maladie, même s'ils sont fictifs, ils désirent comprendre pourquoi ils sont atteints. Ils
ont besoin de désigner le responsable de leur maladie, de leur douleur, de leur
malheur et les vaccins sont alors, quand les pathologies surviennent après ceux-ci,
les parfaits boucs émissaires, comme nous avons pu le voir avec le vaccin contre
l’hépatite B et la sclérose en plaque ou celui contre la rougeole et l’autisme. D’une
manière beaucoup plus fréquente, l’eczéma, qui se manifeste souvent après la
période où l’on administre les premiers vaccins, est souvent imputé par les parents et
homéopathes à ceux-ci.
Une autre crainte soulevée par les parents est celle de surcharger par la vaccination
un système immunitaire fragile et donc de favoriser des infections. Une nouvelle fois,
nous voyons ici la nécessité de trouver un responsable au malheur individuel. Les
patients ayant ces craintes trouvent alors du réconfort dans le fait que les
homéopathes les soutiennent dans leurs craintes et les rendent réelles. N’y aurait-il
pas d’autres responsables que les vaccins pour expliquer l’apparition de certaines
maladies ? Remarquons qu’il existe d’autres explications possibles, comme le fait
20
Bulletin de l’OFSP n°20 du 17 mai 1999 : « Vaccination des enfants en bas âge : Enquête représentative sur la
couverture vaccinale en Suisse 1998 »
41
que les mères n’allaitent plus aussi longtemps leurs enfants, ceux-ci ne bénéficiant
alors plus de la protection des IgA maternels ou qu’ils sont placé dès un très jeune
âge en crèche véritables vecteurs de pathogènes en tout genre ! Un autre obstacle à
la vaccination dont nous ont mentionné les homéopathes pourrait être la recherche
d'un traitement individualisé que cherchent tant les personnes ayant recours à
l’homéopathie.
La notion de santé publique ne semble pas être acceptée par tout le monde dans
une population de plus en plus individualiste, avec des liens sociaux de plus en plus
faibles. Pour un bon nombre d’homéopathes, on vaccinerait aujourd’hui les enfants
plus pour calmer les angoisses des parents que pour protéger ceux-ci d’éventuelles
infections. Là est le problème, on ne peut pas être sûr que son enfant tomberait
malade si on ne le vaccinait pas et on ne peut pas être sûr à 100% qu’il ne tombera
pas malade s’il est vacciné. De même on ne peut pas être sûr que la vaccination se
passera bien. Alors les parents se retrouvent confrontés à un choix à faire pour
lequel ils ne sont pas préparés. Ce qu’il est apparu également au cours de notre
enquête est que la réticence à la vaccination est généralement ciblée sur certains
vaccins comme le ROR. De plus, selon les homéopathes, les parents aimeraient une
vaccination à la carte, c’est-à-dire le vaccin de la rubéole pour une fille, mais pas
celui des oreillons et vice-versa. Ils n’ont pas en tête que leur petit garçon devenu un
homme pourrait un beau jour transmettre la rubéole à son épouse enceinte. En
revanche, les patients ne semblent pas négocier le vaccin contre la poliomyélite et le
tétanos, car ce sont des maladies qui font encore peur.
Le discours des homéopathes au sujet de la vaccination est assez varié, et cela
semble toujours avoir été le cas. Nous avons pu constater que les homéopathes
médecins sont en général plus favorables à la vaccination que les homéopathes non
médecins.
Nous aurions pu insister un peu plus sur le sujet, mais nous ne souhaitions pas nous
fâcher avec nos interlocuteurs qui avaient eu l’amabilité de nos recevoir. Tous les
homéopathes nous ont dit que les vaccinations commençaient trop tôt et qu’il y avait
trop de vaccins injectés simultanément ce qui leur déplaisait, la vaccination devenant
alors à leurs yeux une agression immunologique majeure. Les homéopathes non
médecins et certains médecins homéopathes nous ont aussi expliqué que les
maladies pour lesquels on vaccine, comme la rougeole, la rubéole et les oreillons
sont bénignes et qu’il vaudrait mieux laisser les enfants les faire afin qu’ils renforcent
leur système immunitaire…Qu’en les vaccinant on prenait le risque qu’ils souffrent
alors des pathologies beaucoup plus graves. Un homéopathe nous a même dit : « Si
vous regardez les courbes de vaccination de la rougeole, vous verrez qu’elles
suivent parfaitement celles de l’autisme ». Nous avons été extrêmement surprises
par cette réponse, car nous ne pensions pas que cette idée, alors que des études
très poussées ont été faites sur le sujet,
puisse encore circuler ! Ils nous ont
expliqué qu’ils peuvent proposer toute une série de mesures d’accompagnement à la
vaccination, comme une « préparation du terrain » à celle-ci, un « drainage des
toxines » après les vaccins. Ils en informent leurs patients et discutent également
avec eux des risques, effets secondaires et « bienfaits » liés à la vaccination afin de
les responsabiliser et que les patients choisissent alors en connaissance de causes,
mais qu’en aucun cas ils ne les influencent…
42
On peut certes choisir de ne pas se faire vacciner et prendre le risque de tomber
malade, voir d’en garder des séquelles, mais est-il alors honnête de voyager et
risquer de contaminer dans d’autres pays des personnes n’ayant pas eu la chance
de faire ce choix ? Dans certains pays, les conditions de vie, les conditions
financières des familles et l’accès aux traitements ne sont pas les mêmes qu’ici. La
rougeole peut parfois passer sans laisser de séquelles chez nous, ou plutôt
aujourd’hui les cas sont suffisamment rares pour qu'on oublie les encéphalites post
rougeole et leurs séquelles, mais il n’est pas certains qu’un enfant mal nourri vive
« aussi bien » sa rougeole qu’ici ! La liberté individuelle oui, mais à quel prix ? Nous
pensons qu’il faudra renforcer la sensibilisation des patients au fait qu’ils sont de
potentiels vecteurs de la maladie, et les responsabiliser à ce sujet.
Néanmoins, il faut respecter le choix de tout un chacun et si quelqu’un refuse
catégoriquement la vaccination, il faut l’accepter sachant qu’il n’est pas nécessaire
d’avoir une couverture vaccinale de 100% pour éliminer de la circulation un
pathogène. Nous pensons toutefois, qu’il faudrait suivre de près ces courants de
pensée et renforcer l’information et la qualité de celle-ci au sujet de la vaccination
afin que la couverture vaccinale ne diminue pas plus qu’actuellement. Nous pouvons
certainement apprendre énormément du programme de vaccination finnois, qui a
achevé depuis des années un taux de couverture vaccinale de 98% sur une base
volontaire.21
Nous pensons qu'il faut continuer à former les pédiatres afin qu'ils soient mieux
préparés pour répondre aux angoisses des parents. Le problème néanmoins est que
souvent les personnes ayant recours à des médecines complémentaires ne vont pas
avec leur enfant chez le pédiatre22. Donc même si les pédiatres étaient mieux
formés, ils ne pourraient pas faire grand-chose pour convaincre ces personnes de se
faire vacciner puisqu’ils ne les verraient pas.
Une idée qui nous est venu lors de notre travail de recherche pour améliorer
l’information aux parents et par la même espérer une meilleure couverture vaccinale
est la suivante : ne faudrait-il pas former et demander aux gynécologues et aux
personnes préparant les futures mères à l’accouchement de participer activement à
la campagne d’information au sujet de la vaccination ? Ainsi, même si les futures
mères n’iront pas chez le pédiatre avec leur enfant, elles auraient accès à une autre
source d’information que celle délivré par les homéopathes etc. Nous pensons que
les partenaires de santé cités pourraient être des relais intéressants dans la chaîne
d’information au sujet de la vaccination. De manière générale, il faut donc continuer à
informer et rechercher les angoisses au sein de la population, mais également au
sein du corps médical et paramédical. Il a en effet été démontré que le scepticisme
par rapport aux vaccinations est très prévalent au sein même du personnel
paramédical en charge de procéder aux vaccinations. N'y a-t-il pas là une question
de fond d'éthique professionnelle et de formation qu'il faudrait aborder un jour?
Si le sujet de la vaccination vous intéresse, nous vous conseillons de consulter les
articles qui suivent, car ce n'est que l'un des aspects de notre travail :
21
Campus n°66, dossier vaccins, vaccins entre excellence et égoïsme, Vincent Monnet&Anton Vos
22
Revue Médicale Suisse, La vaccination, une science neuve aux prises avec les croyances, ClaireAnne Siegrist.
43
Références :
-Revue Médicale Suisse, La vaccination, une science neuve aux prises avec les
croyances, Claire-Anne Siegrist.
http://titant.medhyg.ch/mh/formation/article.php3?sid=30093 (consulté le 24.06.07)
-Campus n°66, dossier vaccins, vaccins entre excellence et égoïsme, Vincent
Monnet&Anton Vos
-Revue Médicale Suisse n°535, Vaccinologie, article de C.-A. Siegrist
N.B. Vous trouverez également sur le site internet de l’immersion en communauté,
des travaux réalisés en 2003 sur la vaccination contre l’hépatite B et en 2007 sur la
vaccination contre la rougeole.
25
♂ (%)
♀(%)
20
%
15
Questionnaire envoyé par mail aux étudiants
de la Faculté de
Médecine de Genève :
10
5
Nombre de réponses
d'
6e
in
di
ca
tio
n
5e
pa
s
4e
3e
2e
1e
r
0
44
1er
2e
3e
4e
5e
6e
Pas
indication
Total
♀(%)
16.9
8.45
7
9.9
8.45
8.45
4.2
63.4
♂ (%) ♀ +♂ (%)
2.8
19.7
7
15.5
2.8
9.8
8.45
18.4
5.6
14.1
8.45
16.9
1.4
36.5
5.6
100
Commentaires:
Nous étions plutôt surprises de recevoir autant de réponses à notre questionnaire
(71 en tout), mais il faut savoir que ceci ne représente qu’un taux de participation de
~10% puisqu’il y doit y avoir entre 700 et 800 étudiants au sein de la faculté. Il y a
plusieurs explications possibles à cette faible participation à notre enquête. La
première est que la majorité des degrés était en préparation d’examen où le temps
leur est donc précieux. La seconde est que le sujet n’a pas nécessairement intéressé
les étudiants et finalement le questionnaire devait être renvoyé par mail, or
l’anonymat direct n’était dès lors pas garanti. En ce qui concerne les troisièmes
années, il faut noter qu’un bon nombre n’était pas Genève durant le déroulement de
cette enquête et n’avait pas nécessairement accès à Internet.
C’est pourquoi, nous interprétons les résultats de manière qualitative et en aucune
façon de manière quantitative.
Savez-vous en quoi consiste l’homéopathie ?
80
70
60
%
50
40
30
20
10
0
Oui (%)
Non (%)
A peu près
(%)
45
Oui (%)
76.1
Non (%)
2.8
A peu près (%)
21.1
Types de réponses reçues :
« Dissolution de molécules naturelles actives dans l’eau, jusqu’à ce qu’on ne
retrouve même plus de trace quantifiable »
«Théorie de la mémoire de l'eau »
«Concept de la "mémoire de l'eau" »
«Traitement médicamenteux à base de plantes »
«C’est l'idée de soigner avec de toutes petites doses »
«Dilution (jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien...) d'une substance dont les effets
secondaires sont communs aux symptômes du patient... »
«Utilisation de plantes dont les principes actifs sont dilués dans de l'eau et d'autres
solutés. »
«Un "médicament basé sur la mémoire de l'eau.»
«Basé sur le principe de "remède". Dissolution en partie inqualifiable d'une
substance. Serait lié à "la mémoire de l'eau" »
«Diluer le nombreuses fois une substance, jusqu'à un point où on peut considérer la
concentration comme nulle, avec un effet supposé de la "mémoire de l'eau" »
«Petites pilules pour guérir des maladies ou certains symptômes médecine douce »
«Ce sont des doses extrêmement petites de molécules actives »
«En résumé, on soigne le mal par le mal... avec de très petites doses. »
«Dilution de principe actif agoniste des symptômes jusqu'à disparition de ce principe
actif (mémoire de l'eau) »
«Utiliser des plantes qui provoquent les mêmes symptômes que ceux que l'on
souhaite soigner à des concentrations extrêmement faibles. »
«C’est une onde électromagnétique de polarité négative »
«Le rapport de similitude »
«Des extraits de plantes et selon la plante différents bénéfices »
«Sorte de recours placebo »
Commentaires :
L’on constate que les réponses sont très variées et qu’en réalité pour un grand
nombre d’étudiants, il est difficile de donner une définition
appropriée de
l’homéopathie. De plus,
nous avons l’impression que beaucoup confondent
homéopathie et phytothérapie notamment, car ils parlent de remèdes à base de
46
plantes. En soi ce n’est pas faux, mais il existe aussi bon nombre d’autres remèdes
en homéopathie à base de minéraux et de métaux.
Avez-vous déjà eu recours à des remèdes homéopathiques ?
80
70
60
Non (%)
24.4
46.2
32.4
50
%
♀
♂
♀+ ♂
Oui (%)
75.6
53.8
67.6
Oui
40
Non
30
20
10
0
♀
♂
♀+ ♂
Si non, pourquoi ?
« Ne connaît pas »
« Ne croit pas »
« Satisfait avec médecine conventionnelle »
« Efficacité pas prouvée »
« Médecine pas favorable »
« Se soigne à la dernière minute et alors les dosages homéopathiques ne suffisent
plus »
« En tant que médecin et scientifique, je pense que ce sont des traitements
totalement inutiles si ce n’est leur effet placebo »
« Confiance en la médecine conventionnelle »
« Un prof de PSS nous a démontré que c’était tout aussi efficace qu’un placebo par
le biais d’une étude de cohorte »
Commentaires :
On peut voir ici que 3 étudiantes sur 4 et 1 étudiant sur 2 (soit un total de 2 étudiants
sur 3) ont déjà eu recours au moins une fois dans leur vie à un remède homéopathie.
Ceci n’est pas négligeable, malgré le biais que comporte notre étude et nous donne
une bonne approximation de la situation réelle!
Nous avons aussi eu la confirmation par ce questionnaire que les femmes ont
beaucoup plus recours à l’homéopathie que les hommes, ce qui que nous avions pu
entendre déjà lors de nos entretiens.
47
En analysant les résultats, nous nous sommes aperçues qu’il aurait été intéressant
de connaître si la prise d’homéopathie avait été ponctuelle ou alors si celle-ci s’était
renouvelée dans le temps et quel était le pourcentage actuel de personne ayant
recours à cette pratique. Nous pensons que cet aspect devrait être abordé à l'avenir.
Il est également à noter que les étudiants n’ayant jamais eu recours à l’homéopathie
en majorité ne croyaient pas à cette pratique ou alors étaient satisfaits avec les
traitements de médecine conventionnelle.
Si oui, pour quels maux (plusieurs réponses possibles)23?
♀
- Stress, angoisse, nervosité
- Allergie
- Rhume, état grippal
- Maux divers (tête, ventre gorge)
- Insomnie
- Chutes
- Mal de transport
- ORL Chronique (angine, sinusite)
- Verrues
- Pour tout
- Aphte
- Herpes labial
- Mémoire
- Drainage de vaccins
- Borréliose
- Ne sait plus
♂
- Douleurs, blessure,
courbatures
-Stress, anxiété
-Maux divers
-Prophylaxie grippe
-Ne se souvient plus
- Allergie
-Epistaxis
-Bronchite
-Concentration
-Herpes labial
Commentaires :
On peut voir que les étudiantes et les étudiants n’ont pas recours à l’homéopathie
pour les mêmes raisons. Les femmes l’utilisent pour le stress, la nervosité,
l’insomnie soit un profil de la personne angoissée. Les hommes, quant à eux,
utilisent l’homéopathie pour leurs douleurs, blessures et courbatures, soit plutôt le
profil du sportif. A ce sujet, il est intéressant de noter qu’un homéopathe nous avait
également dit cela, donc ces résultats bien que non exhaustifs tendent à confirmer
ces différences.
23
Réponses classées par ordre de fréquence
48
Avez-vous été satisfait ?
♀
♂
♀+ ♂
Oui (%)
44.1
50
Non (%)
26.5
28.6
Plus ou moins (%)
29.4
7.1
Ne sait plus (%)
0
14.3
47.1
27.6
18.25
7.2
60
50
%
40
♀
30
♂
♀+ ♂
20
10
0
Oui
Non
Plus ou
moins
Ne sait
plus
Si vous n’avez pas été satisfait pourquoi ?
-Pas d’effet
-Effets secondaires (vomissement)
Commentaires :
On voit que seuls 44 % des étudiantes et 50% des étudiants ont été satisfaits, ce qui
n’est pas énorme. Il apparaît certes que les hommes semblent plus satisfaits ici,
mais ceci pourrait venir du fait que l’échantillon était plus petit que celui des femmes,
or les biais sont alors augmentés. Par ailleurs, un grand nombre d’étudiants ayant
recours à l’homéopathie se soignent en automédication. On pourrait imaginer que
l'interaction avec le thérapeute joue un rôle dans la satisfaction. Ceci est une
hypothèse et reste à vérifier…
En conclusion, bien que les étudiants soient relativement nombreux à avoir déjà
essayé l’homéopathie, ils sont en revanche nettement moins à avoir été satisfaits.
49
Etes-vous suivis par un homéopathe si vous avez recours à ce type de
médecine ?
♀
♂
♀+♂
Actuellement (%)
8.8
14.3
11.6
Par le passé (%) Jamais (%)
8.8
82.4
0
85.7
4.4
84
%
Etes-vous suivi par un homéopathe?
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
♀
♂
♀+♂
Actuellement Par le passé
Jamais
Commentaires:
En discutant avec notre entourage, nous nous étions aperçue que la majorité des
personnes ayant recours à l’homéopathie ne consultait pas un homéopathe, ce qui
s’est vérifié également avec le questionnaire destiné aux étudiants. En effet, 84%
des étudiants ayant recours à cette pratique l’utilisent en automédication. Nous nous
sommes alors demandé ce qui poussait ces personnes à vouloir utiliser de
l’homéopathie et si les pharmaciens jouaient un rôle dans celle-ci.
Qu’est ce qui vous a poussé à utiliser pour la première fois des remèdes
homéopathiques (plusieurs réponses possibles) 24?
♀
♂
-Famille
-Famille
-Amis
-Amis
-Prise de conscience de se soigner
sans avoir recours des médicaments
pour les petits maux
-Déception médecine conventionnelle
-Envie d’essayer
-Envie d’essayer
-Pharmacie
24
Réponses classées par ordre de fréquence
50
Commentaires :
Contrairement à ce que l’on suspectait les pharmaciens ne semblent pas jouer un
rôle prépondérant en ce qui concerne l'incitation à essayer l’homéopathie. Les
étudiants ont le plus souvent recours à l’homéopathie sur conseil de leur famille ou
de leurs amis! L’homéopathie semble donc être avant tout une pratique familiale,
pour soigner les petits maux de tous les jours, ce qui peut expliquer aussi
indirectement pourquoi qu’un faible pourcentage consulte un homéopathe.
C’est une constatation qui nous a surpris étant donné que nous pensions que le rôle
des pharmaciens était plus important. En discutant avec la sociologue nous avons eu
quelques éléments de réponse, il s'agirait d’un retour vers des « remèdes de grandmère », plus doux. Cependant c’est certainement un domaine à étudier plus en
profondeur que ce que nous avons pu faire lors de cette étude.
Votre médecin traitant est-il au courant ?
♀
♂
♀+♂
Oui (%)
26.5
35.7
31.1
Non (%)
58.8
57.2
57.6
Pas réponse (%)
14.7
0
7.35
Ne sait pas(%)
0
7.1
3.55
Votre médecin traitant est-il au courant?
70
60
%
50
♀
40
♂
30
20
10
0
Oui
Non
Pas
réponse
Je sais
pas
Commentaires :
De part les tensions possibles entre médecine conventionnelle et homéopathie, nous
nous demandions si les médecins étaient au courant du recours de leur patient à
cette pratique. Comme nous le pensions, il n'y a que 30 % des étudiants utilisant des
remèdes homéopathiques qui en informent leur médecin. Pourquoi ? Est-ce par peur
d’une réaction négative du médecin ? Nous leur avons directement posé la
question :
51
Si non pourquoi 25?
-Prise occasionnelle
-Pas de médecin traitant
-Pas interférence avec médicaments classiques
-Sujet pas abordé
-Traitement personnel pour petits problèmes
-Ne voit jamais son médecin traitant
-On peut acheter sans ordonnance
-Honte
Commentaires :
La réponse revenant le plus fréquemment était qu’ils utilisaient l’homéopathie pour
des maux ne nécessitant pas une consultation et estimaient dès lors que le médecin
n’avait pas besoin d’en être informé, la prise était ponctuelle et occasionnelle.
Selon vous qu’est-ce qui attire dans l’homéopathie ?
-Côté naturel et non chimique
-Sans dangers, sans effets secondaires
-Croyances, magie
-Echec de la médecine conventionnelle
-Phénomène de mode, tendance « bio »
-Remèdes non considérés comme médicaments, donc doux
-Peur du chimique
-Facilité d’utilisation, pas ordonnance
-Efficacité
-Rejet de la médecine conventionnelle, car médecin = profit
-Pas cher
-Meilleure écoute des homéopathes
-Curiosité
-En prévention
-Individualisation du traitement
Pensez- vous qu’il y ait des risques à prendre de l’homéopathie ?
Risque lié aux granules elles-mêmes (effets secondaires) ?
♀
♂
♀+ ♂
25
Oui (%)
6.6
15.4
11
Non (%)
62.2
53.8
58
Ne sait pas (%) Pas de réponse (%)
15.6
15.6
0
30.8
7.8
23.2
Réponses classées par ordre de fréquence
52
Risques liés aux granules?
70
60
%
50
♀
40
♂
30
♀+ ♂
20
10
0
Oui
Non
Ne sait
pas
Pas de
réponse
Si oui lesquels ?
-Aggravation des symptômes
-Saignement préopératoire lié à l’arnica
-Si dosage hasardeux
-Peut provoquer insuffisance rénal si excès
-caries !
-« Toute substance à une action sur le corps »
Autres risques liés à la prise de l’homéopathie ?
-Ne pas se traiter comme il faut
-Interactions avec d’autres médicaments
-Passer à côté d’un diagnostique important
-Retard de consultation
-Risque d’exclusivité
-Perte de relation de confiance avec le médecin traitant
-Discréditation des traitements conventionnels
-Détournement de la médecine conventionnelle en surélevant les risques liés à celleci
-Rejet de la vaccination
-Risques de complications de la maladie
-Prolonger la souffrance
-Perte de temps et d’argent
Commentaires:
58% des étudiants estiment qu’il n’y a aucun risque lié aux granules homéopathiques
elles-mêmes, mais que le risque principal est de ne pas se traiter comme il faudrait…
C'est également une opinion fréquemment exprimée par les médecins. Une
personne nous a toutefois dit qu’il existait un risque de saignement préopératoire
53
avec l’arnica, ce que plusieurs homéopathes nous avaient également signalé, sans
pour autant que l’on trouve d’études à ce sujet.
Que pensez-vous de la vaccination ?
Pour
85.9
Avec réserve
14.1
Contre
0
%
Que pensez-vous de la vaccination?
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Série1
Pour 100% Avec réserve
Non
Type de réponses reçues :
« Une grande avancée de la médecine; à faire non seulement pour soi mais pour
protéger les autres. »
« Je pense que les vaccination c'est top. »
« Indispensable en santé publique ! »
« Elle est nécessaire (franchement pour un étudiant en médecine vous pensez que
j'allais vous dire autre chose;-) Sans déc. Je pense sincèrement que c'est nécessaire
malgré les procès en cours concernant le lien entre autisme et vaccination. »
« Très utile »
« Très important, une des plus importante découvertes scientifiques »
« C'est utile et nécessaire dans certains cas »
« +++++ »
« Ça peut être important, mais dépendant contre quoi. »
« Elle est nécessaire, c'est une question de santé publique et pas seulement
d'intérêt privé. »
« Importante »
« Je suis pour »
« Nécessaire »
« 100% POUR!! QUE TOUTE PERSONNE CONTRE VIENNE VOIR UNE FEMME
ENCEINTE QUI PERD SON BEBE SUR UNE RUBEOLE OU UN JEUNE AVEC
DES SEQUELLES DE POLIO... »
« C’est un geste civique pour la plupart et utile pour certains. »
« PRIMORDIAL autant pour l'individu que pour la société »
54
« Diminue le risque de contracter la maladie et diminution des complications liées à
la maladie »
« Efficace dans la plupart des cas et des maladies, même si cela ne supprime pas
totalement les risques, cela diminue souvent les effets de la maladie en question »
« Je vous vois venir...hi hi...pour moi la vaccination est une des meilleures choses de
la médecine occidentale, et une des plus sûres. Cela dit, peut-on réellement faire le
raccourci homéopathie = vaccin? Le système immunitaire réagit-il de la même
manière? Et que dire du placenta du bébé mis en homéopathie pour guérir ses
éventuelles futures maladies? Faire ce raccourci peut être une erreur, l'homéopathie
utilise des procédés qui vont bien au-delà du principe de similitude. »
« Indispensable (en même temps c biaisé g suivi les mêmes cours que vous) »
« RESTE, POUR CERTAINES MALADIES INFENTILES POTENTIELLEMENT
GRAVES, LA SEULE MESURE EFFICACE DE PREVENTION. LE BENEFICE
GLOBAL COMMUNAUTAIRE RESTE SANS AUCUNE MESURE SUPERIEUR AUX
RISQUES INDIVIDUELS...
Essentiel »
« Je suis pour la vaccination. »
« Quel est honnêtement le rapport?? Utile si utilisée à bonne escient (rapport
risque/bénéfice) ça a sauvé et ça sauve encore des millions de gens, il est important
de toujours se référer à des études cliniques correctes lorsqu'on veut discuter de
leurs effets secondaires. »
« Tout le monde devrait se faire vacciner. Le personnel hospitalier d'autant plus.
Cela devrait être obligatoire pour eux selon les maladies »
« Très bien »
« Nésite pour certaines maladies, et dans certains cas, ne pas exagérer »
« Je suis pour»
« Trouve que c'est très bien! »
« Pour »
« Mon interniste homéopathe n'est pas vraiment pour sauf cas particulier. Après ce
lavage de cerveau mes cours avec la Pr. Siegriste m'ont convaincu de l'absolu
nécessité de la plupart des vaccins. Sujet à cause de disputes animées avec mon
médecin traitant homéopathe. »
« Je ne suis ni pour ni contre, c'est très utile ms il y sûrement plus de risques, effets
secondaires qu'on connaît ou qu'on veut connaître.. »
« Je pense que c'est une bonne chose, pour soi et autrui »
« Indispensable dans la plupart de cas »
« Après le cours qu'on a eu en infections, je peux pas être contre! »
« C’est une bonne chose en terme de santé publique, la vaccination doit être
utilisée pour protéger les personnes à risques (de succomber, d'avoir des séquelles
du virus ou de transmettre la maladie), cela peut ainsi réduire les coûts et baisser la
mortalité
Induite par la maladie. »
« C’est utile »
« Utilité démontrée épistémologiquement, mais ce n'est pas une raison pour en
abuser. »
« OUI OUI OUI OUI OUI. C'est important pour nos enfants et pour ceux des autres.
Ceux qui ne vaccinent pas leurs enfants ne sont que des égoïstes qui comptent sur
la protection générale accordée par les enfants que les parents consciencieux ont
vacciné. Il ne faut pas se demander pourquoi il y a des épidémies de rougeole
régulièrement en Suisse (chose extrêmement rare dans les autres pays). »
55
« Doit être cantonnée au strict minimum »
« Indispensable et utile »
« Positif »
« Excellente découverte..... »
« C’est pas du pipi de chat mystifié comme l'homéopathie »
« Je suis pour. »
« NECESSAIRE SANS AUCUN DOUTE »
« Elle est bénéfique, c'est un bon moyen de prévention pour la population
générale et les enfants. En ce qui concerne les vaccins obligatoires (rougeole,
rubéole, tétanos, polio) je suis pour. Pour le vaccin de la grippe, je dis oui pour les
personnes à risque. Attention, bien évaluer le degré d'efficacité, le dépistage et les
traitements de la maladie en question (ex: HPV), il ne s'agit pas de vacciner à tord et
à travers! »
« C’est très utile, je suis convaincu à 100%. »
« Nécessité de santé publique »
« C'est une invention géniale et efficace. »
« Elle est essentielle! »
« Je suis pour, je trouve que c'est bien »
« c'est essentiel en terme de santé publique, c'est tellement efficace que les gens
ont oublié que l'on peut mourir ou avoir de graves séquelles avec des maladies qu'ils
pensent bénignes (p. ex. rougeole, varicelle,...) et refusent parfois de vacciner leurs
enfants sans connaître les risques réels qu'ils leur font courir (demandez à vos
grands-parents si la coqueluche est une maladie bénigne...)Cependant je comprend
que certaines personnes y soient réticentes, l'information n'est pas toujours bonne et
on aime tant les scandales... »
« Pour certaines maladies c'est indispensable, pour d'autre un peu moins. Je pense
que ça reste un progrès indéniable, même si c'est assez violent comme méthode. »
« Les vaccins homéopathiques ne fonctionnent pas toujours (je parle d'expérience),
et je pense que dans certains cas il est quand même nécessaire de se faire vacciner
avec des Ac (eh oui, je suis très ouverte a toutes les médecines non
conventionnelles, mais je n'en reste pas moins étudiante en médecine;) je pense
que chaque domaine a ses limites, mais tout est complémentaire!) »
« C’est une bonne chose »!
« Oui »
« Approuvé ».
« Je suis pro-vaccination à 200% »
« Hyper important, pas seulement pour se protéger soi même mais également pour
protéger les autres. »
« Bien plus utile et recommandé. »
« La vaccination est un moyen de lutte contre de nombreuse maladies infectieuses
incurables ou aux complications importantes. La seule chose que je souhaite aux
détracteurs de la vaccination c'est que leurs enfants ne développent pas une
panencéphalite sclérosante subaiguë 10 ans après leur rougeole si bénigne... »
« Trop peu de gens se vaccinent malheureusement. Et que dire à propos de ces soidisant vaccins homéopathiques? Ne serait-ce pas là encore un exemple de
dangerosité de l'homéopathie? (Une personne se croit protégée contre une maladie
et ne l'est finalement pas!)»
« Bonne prévention qui a montrer des résultats »
56
Commentaires :
85.9% des étudiants pensent que la vaccination est nécessaire et indispensable en
santé publique, que l’on se vaccine aujourd’hui non seulement pour soi, mais
également par civisme, pour les autres. Un bon nombre nous a dit que même si la
vaccination ne protège Il faut noter que 14.1% disent porter une certaine réserve à
celle-ci et qu’il ne faut pas non plus vouloir trop vacciner.
Nous voyons que l’argument en faveur de la vaccination qui revient souvent parmi
les étudiants est celle de mesure de santé publique. A savoir que l’on se vaccine
avant tout pour les autres dans le but de faire disparaître de la circulation certains
pathogènes. Ceci est, malheureusement, un argument qui ne prend pas dans le
milieu anti-vaccination.
57
Enquête réalisée auprès de patients dans deux cabinets
homéopathiques et un cabinet de généraliste
Nous avons eu 31 réponses en tout, réparties selon les âges de la manière
suivante :
25
%
20
15
10
5
0
20-29
30-39
40-49
50-59
âge
60-70
71-85
âge
20-29
30-39
40-49
50-59
60-70
71-85
%
12.9
22.6
22.6
19.4
19.4
3.2
Répartition selon le sexe :
100
80
♀ (%)
90.3
%
60
40
♂ (%)
9.7
20
0
♀
♂
Commentaires :
Nous tenons à préciser ici que nous avons consciente du biais de cette enquête qui
a été réalisée à trop petite échelle. De plus, les 2/3 des réponses nous ont été
données par des patients suivis par un homéopathe d’où l’extrême prudence qu’il
faut avoir pour analyser des résultats suivants. Ce n’est pas une étude quantitative,
mais en revanche elle nous donne quelques indications qualitatives du recours à
l’homéopathie. Ce que nous aurions aimé faire si nous avions eu plus de temps
aurait été d’aller dans différents quartiers sonder directement dans la rue les
personnes, mais la encore le risque de biais n’aurait pas pu être complètement
exclu. Ce que nous aurions pu faire aussi aurait été de déposer autant de
questionnaires chez un homéopathe que chez un médecin non homéopathe, mais
cela n’a pas été possible une nouvelle fois, faute de temps à disposition pour réaliser
cette enquête.
58
Savez-vous en quoi consiste l’homéopathie ?
15 fois : « oui »
« Oui, pour moi cela remplace un médicament avec tous ces effets indésirables.
L’homéopathie est plus un produit naturel tout aussi efficace mais avec aussi ses
limites »
« Plus ou moins »
« À peu près »
« Vaguement »
« À peu près »
« Pas vraiment…médecine naturelle »
« Traiter le mal par le mal en donnant une dose minime de ce à quoi il réagit »
« soigner par des doses infiniment petites sous forme de granules »
« Comme un vaccin à très faibles doses (diluée..) »
« Traitement à tout petit dosage »
« Soulager voir soigner grâce aux propriétés naturels de certaines plantes »
« Non »
« Traitement à toutes petites doses »
« Soulager et soigner »
« Se soigner par la teinture mère en très petite quantité »
« Utilisation de produits le moins chimiques »
Commentaires :
15 patients sur 31 disent savoir en quoi consiste l’homéopathie, sans pour autant
nous donner une définition, donc il est difficile de savoir s’ils savent réellement ce
qu’est l’homéopathie 5 patients nous disent ne pas exactement savoir... Les autres,
comme dans le cas des étudiants, nous donnent des définitions peu précises, ce qui
nous montre que l’on peut utiliser des remèdes homéopathiques sans vraiment
connaître ses principes. Une personne a même répondu à la question « non » et
pourtant elle l’utilise ou plutôt elle est suivie par un homéopathe qui traite ses
palpitations avec des remèdes homéopathiques… La notion qui est le plus revenue
est celle de dilution, mais également celle de soulager les maux qui semblent bien
ancrée dans les esprits. L'aspect cognitif ne semble pas vraiment déterminant pour le
recours à l'homéopathie.
59
Avez-vous déjà eu recours à l’homéopathie ?
100
80
%
60
Oui (%)
90.3
40
Non (%)
9.7
20
0
Oui
Non
Si non, pourquoi ?
-N’y croit pas
-Satisfait avec médecine conventionnelle
Commentaires :
Certes 90.3 % de personnes ayant répondu à ce questionnaire ont recours à
l’homéopathie, mais c’est relativement logique étant donné que 2/3 des
questionnaires provenaient de patients d'homéopathes…Ceci nous montre toutefois
que l’on peut aussi avoir recours à l’homéopathie sans consulter nécessairement un
homéopathe, comme le font 23% des patients ayant répondu. Il faut préciser que 6%
des hommes ayant répondu à notre questionnaire n’ont pas recours à l’homéopathie.
Donc cette étude confirme la prépondérance du recours féminin à l’homéopathie…
Pour quels types de maux utilisez-vous de l’homéopathie26 ?
-Coups, blessures, chutes, contusions, hématomes
-Rhume, état grippal
-Tout
-Allergies
-Piqûres
-Douleurs divers
-Menstruation, ménopause
-Stress
-Sommeil
-Petits bobos
-Fatigue
-Acné
-Migraine
-Rhumatisme
26
Réponses classées par ordre de fréquence
60
-Herpès
-Prévention
-Maux de voyage
-Palpitations
-Tocs, phobie sociale
Commentaires :
Nous voyons que les patients utilisent l’homéopathie pour soigner principalement les
petits maux de tous les jours. L’item revenant le plus souvent étant les blessures,
hématomes suite à une chute, les états « grippaux » et les allergies.
%
Avez-vous été satisfaits ?
Oui (%) Plus ou moins (%) Non (%)
82.1
17.9
0
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Oui
Plus ou moins
Non
Commentaires :
82% des personnes ayant recours à l’homéopathie sont satisfaites. Ce pourcentage
est plus important que chez les étudiants de médecine. Ceci peut s’expliquer par le
fait que ces personnes en majorité suivent un homéopathe et bénéficient également
de la prise en charge, le thérapeute étant alors lui aussi en quelque sorte « un
médicament ».
Etes-vous suivi par un homéopathe ?
61
70
60
50
%
40
Oui (%) Non (%)
64.3
35.6
30
20
10
0
Oui
Non
Commentaires :
64% des personnes ayant recours à l’homéopathie sont suivis par un homéopathe (il
aurait été étrange qu’il en soit différemment puisque que ~ 2/3 des questionnaires
étaient déposés chez des homéopathes…)
Qu’est-ce qui vous a poussé à utiliser pour la première fois des remèdes
homéopathiques ?
-Insatisfaction de la médecine conventionnelle
-Amis
-Médecin traitant
-Famille
-Pharmacien
-Collègue de travail
-Lectures
-Autre mère de famille
-Propre envie
-Effet sur les animaux
-Instinct
-Contre la surmédication
-Peur des effets secondaires des médicaments conventionnels à longue échéance
Commentaires :
On peut voir que 35% des patients ayant recours à l’homéopathie sont arrivés à cette
pratique car ils étaient insatisfaits par la médecine conventionnelle, c’est pourquoi ils
sont allés consulter un homéopathe. Quant aux autres, on peut voir que la famille,
les amis, les collègues de travail jouent un rôle important. Ceci nous montre que les
personnes ont souvent recours à l’homéopathie sur conseil d’un proche et que le
bouche à oreille marche donc bien. Finalement, il faut préciser que tout ceux ayant
répondu « leur médecin traitant » étaient suivis par un médecin homéopathe.
62
Qu’est-ce qui attire :
-Médecine naturelle
-Moins effets secondaires
-Qualité de l’écoute
-Consultation globale
-Temps pris lors de la consultation
-Plus grande liberté de choix
-Prise en charge directive
-Envie de soigner à un niveau plus profond
Commentaires :
En analysant la provenance des questionnaires nous avons pu constater que les
patients qui sont suivis par un homéopathe répondent que ce qui les attire dans cette
pratique est l’écoute, d’où peut-être une confusion entre ce qui attire et ce qui
l’homéopathie leur apporte de plus que la médecine conventionnelle. Nous aurions
pu poser cette question, c’est-à-dire qu’est-ce que l’homéopathie leur apporte de
plus, mais au stade d’élaboration du questionnaire nous n’y avions pas pensé et il
était trop tard une fois les questionnaires réceptionnés pour faire machine arrière.
Les patients en revanche non suivis par un homéopathe répondent que c’est le côté
naturel et sans effets secondaires qui les attirent.
Pensez-vous qu’il y a des risques à prendre des remèdes homéopathiques ?
Oui (%)
6.5
Non (%)
83.9
Ne sait pas (%)
9.7
Si oui lesquels ?
-En automédication et à long terme
-Si on prend trop souvent un remède, alors les symptômes peuvent réapparaître.
Commentaires :
63
83.9% des patients pensent qu’il n’y a pas de risque en soi à prendre de
l’homéopathie. Contrairement aux étudiants en médecine, pas un patient n'a répondu
qu’il y avait un risque à ne pas se traiter comme il faut. Ceci est logique puisque
90.3% des patients ont recours à l’homéopathie et que parmi ceux-ci ils sont 82% a
avoir été satisfait…
Les seules personnes ayant mentionné un risque est celui de se traiter en
automédication et sur une longue durée, ce qui rejoint ce que nous avions entendu
lors de nos différents entretiens.
%
Votre médecin traitant est-il au courant ?
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
oui
Oui (%)
82.1
non
pas répondu
Non (%) pas répondu (%)
10.7
7.1
Commentaires :
Il est logique que 82% des médecins traitants soient au courant puisque que ~ 2/3
des patients sont suivis par un médecin homéopathe qui est très certainement
également le médecin traitant.
Pour conclure, nous pouvons dire que les patients qui consultent un homéopathe et
ont donc recours à ce type de pratique médical sont dans l’ensemble satisfait et ne
voient pas la présence de risque.
Vaccination selon les patients
« Elle est nécessaire et surtout préventive »
« Je suis pour »
« Je suis pour à 100% »
« Du bien »
« Il y a quarante ans j’étais favorable, aujourd’hui j’hésite… »
64
« Ne sait plus, j’hésite »
« Je suis pour quand ça permet de supprimer ou d’éviter les maladies ou
épidémies »
« Je pense qu’elle est nécessaire tant que la maladie concernée n’est pas
éradiquée »
« Bonne pour certaines maladies »
« C’est un bien, mais pas toujours nécessaire »
« Que cela est bien surtout pour toutes les maladies infantile, mais pour certaine
vaccination, il y a aussi des risques d’avoir le contraire ; au lieu d’être soigné, de
contracter une maladie »
« Je pense qu’elle est indispensable pour certaines maladies, mais je la double
toujours avec un traitement isopathique et chaînant »
« Cela dépend, mais peut être utile dans certains cas »
« Le moins possible »
« Vaccin uniquement si nécessaire compte tenu de l’environnement »
« Je me méfie des effets secondaires. De plus certaines maladies valent la peine
d’être faites dans l’enfance (varicelle, oreillons par exemple)
« Si une maladie me fait vraiment trop peur je peux me faire vacciner en cas de
risque, sinon je suis prête à faire la maladie »
« Elle doit dépendre du contexte de vie »
« Pas assez de recul, manque de confiance en l’avenir /effets secondaires »
« Questionnable »
« Ok, quand nécessaire (pas de survaccination possible grâce à la sérologie)
« Le minimum c’est le mieux, besoin de garanties sur l’innocuité et le bien pour les
risques /bénéfices »
« Rien, j’écoute mon médecin »
Les autres patients n’ont pas répondu à cette question.
Commentaires :
On peut voir que comme on le pensait les personnes ayant recours à l’homéopathie
sont en règle générale plus réticentes face à la vaccination. Elles se méfient des
effets secondaires, voir pensent même qu’il est nécessaire de « faire » certaines
maladies. La majorité pense qu’elle n’est pas toujours utile et semblent être
favorables à une vaccination à la carte, ce qui était déjà ressorti de nos entretiens.
Ces personnes se vaccineront donc généralement seulement pour les maladies qui
les effraient. Finalement, on peut voir que l’opinion des patients au sujet de la
vaccination est très divergente de celle des étudiants (qui eux étaient très favorables
à celle-ci). On peut également voir qu’il règne une certaine désinformation dans le
domaine de la vaccination au sein de la population.
65
Conclusion
Le travail que nous avons mené durant ce mois d’immersion en communauté, nous a
fait découvrir un domaine beaucoup plus vaste et plus complexe que l’idée que nous
en avions au départ. Nous nous sommes aperçues que l’automédication joue un rôle
prépondérant en homéopathie, bien que selon les thérapeutes ce qui attire les
patients serait le temps et l’écoute ! Contrairement à tout ce qu’on pourrait donc
croire l’homéopathie est surtout utilisé au sein de la famille. La majorité des
personnes ayant recours à l’homéopathie y voient surtout « l’aspect naturel », sans
dangers, et peuvent également avoir le sentiment ainsi de garder le pouvoir sur la
prise en charge de leur santé. Malheureusement nous n’avons pas eu assez de
temps pour étudier plus en profondeur ce phénomène que nous avions sous-estimé.
Finalement, une réponse qui est passablement revenue au sein des étudiants et des
médecins est l’aspect de magie qui joue un rôle indéniable avec l’homéopathie… N'y
aurait-il pas dans cette survivance tenace de la pensée magique un
besoin de spiritualité à défaut d'appartenir à une religion? On peut également se
demander si de nos jours les médecins ne jouent pas un peu le rôle du pasteur ou
prêtre, les patients ayant avant tout besoin d’écoute lorsqu’ils consultent plus que de
remèdes, écoute qui n’ont plus, étant donné qu’ils n’ont plus pour la plupart de
pratique religieuse.
Dans la pratique médicale actuelle, tout le monde se fait attraper à prescrire quelque
chose (des médicaments, des granules...) alors que la vraie question (AMHA) c'est
l'étendue de la fonction thérapeutique de l'entretien et du thérapeute lui-même... et là
on rentre dans le débat sur l'extrême subjectivisme, la nécessaire empathie, le temps
passé à écouter et décoder le patient. Avons-nous su défendre ces aspects
fondamentaux de notre pratique (et pas seulement de celle des homéopathes) par
rapport à une vision strictement mécanistique de la consultation médicale?
66
Bibliographie
Livres
◦ Larousse de l’homéopathie, sous la direction du docteur Philippe M.Servais, Edition
Larousse 2004
◦ L’homéopathie, des remèdes simples, pour une santé naturelle,Robin Hayfield,
Edition Manise, mai 1999
◦ Guide de l’homéopathie, Andrew James, Edition Parragon 2004
◦ L’homéopathie pour toute la famille : une médecine pas comme les autres, Marie
Borrel, Collection Idées bien-être, Edition Maxi-livres 2005
◦Larousse de l’homéopathie, sous la direction du docteur Philippe M.Servais, Edition
Larousse 2004
◦ L’homéopathie, des remèdes simples, pour une santé naturelle,Robin Hayfield,
Edition Manise, mai 1999
◦ Guide de l’homéopathie, Andrew James, Edition Parragon 2004
◦ L’homéopathie pour toute la famille : une médecine pas comme les autres, Marie
Borrel, Collection Idées bien-être, Edition Maxi-livres 2005
Articles
◦ Campus n°66, dossier vaccins, vaccins entre excellence et égoïsme, Vincent
Monnet&Anton Vos
◦Revue Médicale Suisse n°535,Vaccinologie, article de C.-A. Siegrist
◦Tribune de Genève, mercredi 12 avril 2006 , Du bon usage de l’arnica
◦Benedetti F (2002) How the doctor's words affect the patient's brain. Evaluation &
the Health Professions 25(4):369-386
◦Benedetti et coll. (2003) Conscious Expectation and Unconscious Conditioning in
Analgesic, Motor, and Hormonal Placebo/Nocebo Responses. J Neuroscience
23(10):4315-4323
◦Miller FG (2004) Ethical Issues Concerning Research in Complementary and
Alternative Medicine. JAMA. 291:599-604
◦Lichtenberg P et coll. (2004) The ethics of the placebo in clinical practice. J Med
Ethics 2004;30:551-554
67
◦Park CM (2002) Diversity, the Individual, and Proof of Efficacy: Complementary and
Alternative Medicine in Medical Education. Am J Pub Health 92(10):1568-1572
◦Homeopathy for chronique asthma, Mc Carney RW, Cochrane database of
systematique reviews 2004
◦Homeopathy for dementia, Mc Carney R, Cochrane database of systematique
reviews 2003
◦Homeopathy Oscillococcinum for preventing and treating influenza and influenzalike syndromes, AJ Vickers, Cochrane database of systematique reviews 2007
◦Homeopathy for induction of labour, CA Smith, Cochrane database of systematique
reviews 2007
◦Are the clinical effects of homeopaty placebo effects? A comparative study of
placebo-controlled trials of homeopathy and allopathy, Egger M., The Lancet, août
2005
◦The Lancet, vol.357, march 10, 2001 ; Journal of Family Practice, oct.2002, Susan
A. Flocke
◦« Que penser de l’homéopathie », science et vie, 28 janvier 2004
◦Bulletin de l’OFSP n°20 du 17 mai 1999 : « Vaccination des enfants en bas âge :
Enquête représentative sur la couverture vaccinale en Suisse 1998 »
◦Revue Médicale Suisse, La vaccination, une science neuve aux prises avec les
croyances, Claire-Anne Siegrist.
◦”Doctor-patient interaction in complémentary medicine :homepathy, acupuncture
and ayureveda in Germany”, Robert Frank, Gunnar Stollberg
Sites internet
◦ http://www.dzvhae.com/portal/loader.php (IWPH International Website for
Professional Homeopathy, consulté le 18.06.07)
◦ www.chinamedic.ch (consulté le 21.06.07)
◦http://dumenat.smbh.univparis13.fr/universitehomeo/francais/homeopathie/realitesci
ent.htm (consulté le 18.06.07)
◦ www.boiron.com (consulté le 14.06.07)
◦http://entretiens-du-carla.com/publication.php?pub=homeo&pg=preuves (consulté le
19.06.07)
◦ http://www.bag.admin.ch:
◦http://www.homeopathyhome.com/reference/organon/organon.html (en anglais) ou
◦http://www.planete-homeo.org/pratique/organon/org_45.htm (en français)
◦www.homeophyto.com/fiched.php?ref=d68
◦http://ehp.sagepub.com/cgi/content/abstract/25/4/369
◦http://jama.ama-assn.org/cgi/content/full/291/5/599
◦http://titant.medhyg.ch/mh/formation/article.php3?sid=30093 (consulté le 24.06.07)
Annexe n°3
Réponses des médecins :
68
Questions posées : 1) Qu’est ce qui attire dans l’homéopathie ?
2) Qu’est ce que l’homéopathie apporte ?
3) Quels enseignements peut-on en tirer ?
1. L'échec de la médecine traditionnelle dans certains domaines thérapeutiques et la peur
des effets secondaires des médicaments classiques; en cas de succès thérapeutique avec
les médicaments conventionnels, le patient ne va pas volontiers vers l'homéopathie en cas
de symptômes influant ++ + sur sa qualité de vie.
2. une idée de sécurité (secondaire au moindre risque d'effets secondaires)
3. pas grand chose si vous prenez le temps +++ d'écoutez vos patients et leur présenter
une réponse à leurs problèmes. Quand il n'y a pas ou plus de réponse ou d'espoir
possible, si votre lien patient-médecin ne suffit pas, c'est alors que ...les patients se
tournent probablement vers la médecine parallèle.
N.B J'exerce une spécialité (allergologie-immunologie clinique) ou les patients qui me
consultent ont des symptômes importants souvent avec justement un échec des
traitements homéopathiques qu'ils ont été cherchés en pharmacie au préalable. Les
symptômes plus mineurs sont traités en médecine générale. Dans ma patientèle, le recours
à l'homéopathie en parallèle à mes prescriptions classiques est donc à ce stade
probablement minime
1. La peur ! Cela ne fait aucun doute. C'est la grande peur du méchant sorcier et la grande
publicité donnée à tous les excès et complications de la médecine traditionnelle qui attire
les gens. Les défenseurs de l'homéopathie l'ont bien compris, puisqu'ils se font un malin
plaisir d'octroyer tous les malheurs des patients aux "médecins allopathes" qui rendent les
gens malades. Leur philosophie, très inspirée par Rousseau et renforcée par les théories
de Hahnemann, est que l'homme nait en bonne santé et que c'est la société qui le rend
malade. Les excès de certains de nos confrères allopathes ont contribué à rendre cette
théorie plausible. Et puis, il faut reconnaître que, puisque ces produits dilués à l'extrême ont
pratiquement perdu toute toxicité, ils ne sont ni efficaces, ni surtout n'induisent des effets
secondaires. Le plus dur en médecine moderne "fondée sur les preuves" est de rester aux
côtés du malade sans rien faire, ce qui est pourtant ce que l'évolution spontanée des
maladies et les résultats des études contrôlées devrait nous inciter à faire dans un grand
nombre de pathologies. Mais c'est excès d'expectative, actuellement prôné dans les
facultés et les policliniques médicales universitaires par souci de cohérence scientifique et
d'économicité peut se révéler contre productif ! Psychologiquement, le patient (en pédiatrie
les parents encore plus) a besoin d'un support pharmacologique ou d'un traitement
physique auquel il puisse se raccrocher de manière "magique" pour en attendre la
guérison, ...qui viendra seule nous le savons, mais qu'il n'est pas possible d'attendre sans
rien faire lorsqu'on est à la place du malade ou de ses parents. C'est toute la difficulté de la
relation médecin patient.
2. Sans aucun doute une meilleure écoute ! La notion de prise en charge holistique
(globale! Ne plus être traité comme un organe malade, mais comme une personne !)
L'attention portée aux petits détails d'apparition des symptômes. L'impression que le patient
69
peut comprendre les questions qu'on lui pose. L'importance aussi accordée aux facteurs
d'environnement. (p.e. "Ma médecine étant une médecine douce, si vous n'arrêtez pas de
fumer et de boire, le traitement ne marchera pas !") Ainsi le patient se sent coresponsable
de l'échec ou du succès de la thérapie, bien plus qu'en médecine conventionnelle.
3. Il faut savoir écouter les malades d'abord ! Ensuite, il faut leur donner l'impression qu'ils
participent au choix du traitement en leur proposant plusieurs options chaque fois que cela
est possible. Il faut expliquer par des exemples simples (p.e. utilité et risques de la ceinture
de sécurité en voiture) que toute mesure comporte certains risques de complications, mais
que la proposition thérapeutique qui leur est faite présente moins de risque que l'abstention
thérapeutique.
Il faut demander aux patients comment ils se nourrissent, comment ils vivent en général,
comment ils dorment etc. S'intéresser aux détails de la vie du patient qui ont forcément des
effets secondaires sur sa santé. De cet entretien ressortira une prise de conscience du
patient ou des parents de ce qui cloche dans son environnement et vous pourrez ensuite
prescrire n'importe quelle poudre de perlimpinpin qui paraîtra avoir un effet thérapeutique,
alors que la thérapie se sera déjà faite, sans en avoir l'air au cours de votre entretien.
A part cela, je suis convaincu qu'il s'agit d'une "vaste foutaise" et qu'aucun traitement
homéopathique n'a jamais été d'aucune efficacité par lui-même, à part les faibles dilutions
(D3 à D5) encore dotées d'effets pharmacologiques ressortant des alcaloïdes de la teinture
mère.
L'homéopathie a tout de même un petit côté magique que l'allopathie, bâtie sur ses bases
rationnelles, n'a pas. Et notre génération, en mal de repères rationnels humanisés, aime la
magie. En outre, avec ses études randomisées, l'allopathie donne aux patients l'impression
d'être un pion analogue à tous les autres pions du GJM (grand jeu médical). Alors que
l'homéopathie, à tort ou à raison, met en avant le fait que chaque patient est absolument
unique, et la thérapie qu'on lui destine un traitement absolument sur mesure. Super
gratifiant, non ? Enfin, à force de jouer les martyres du système, les mal-aimés de vilains
technocrallopathes phallocrates avides de gloire et à la solde des méchants vendeurs de
médics (sans parler de vaccins !!), les homéopathes se la jouent facile !!
__________________________________________________________________
1. Une approche globale de l’individu avec une thérapeutique sans effet toxique
2. La médecine conventionnelle n’a que peu d’outils dans l’approche des maladies
chroniques
3. Une vision plus globale de la maladie.
1. Absence de risques et de complications.
2. Un résultat en douceur ou une alternative
70
3. Accepter que même si l’on n’en peut pas expliquer comment cela fonctionne, on peut
obtenir un résultat.
1. Les doses infinitésimales ne peuvent pas être dangereuses
2. Un côté magique justement à cause du manque d’explication
3. Savoir écouter globalement le patient
1. Un effet placebo maximal. L'aura de la position de minoritaires persécutés à cause de la
Vérité qu'ils détiendraient. Bravo les artistes!
2.- Primo: Un parti pris d'écoute et de respect de la singularité du malade mais qui,
attention, n'est pas le monopole de ces placebo-thérapeutes. Médecin "normal" je
revendique aussi ce parti pris.
-Deusio: L'absence d'effet biologique garantit l'absence de toxicité ou d'interactions
biochimiques. Le danger ne vient que de l'omission.
3. Précisément, la compréhension de la puissance des effets placebo et nocebo et de
l'importance d'une prise en charge adaptée à chaque individu mais sans reniement des
aspects scientifiques qui sont une part de notre métier et qui ne sont pas incompatibles
avec une certaine retenue dans la prescription.
Je connais tellement mal l'homéopathie, que je ne sais même pas si elle
existe...
Je ne la pratique pas, donc ce sont des réponses de l'extérieur :
1. l'allopathie n'a pas réponse à tout, et nos traitement sont souvent grevés d'effets
secondaires.
2. une alternative (ou son illusion)
3. Retrouver la tradition de s'occuper du patient comme d'un tout, et non pas comme une
collection d'abatis dévolus à une collection de spécialistes. L'iconoclaste de service.
__________________________________________________________________
1. Probablement l'esprit magique que quelque chose qu'on ne comprend pas puisse
fonctionner. Donne l'impression que puisque la médecine officielle ne la reconnait que peu,
on a la chance en prenant une autre voie de pouvoir être guéri.
2. En raison de la forte charge de conviction, possède probablement un effet placebo
particulièrement fort.
3. Malheureusement que l'aspect magique reste un attrait important et l'étude systématique
et sérieuse est souvent perçue comme suspecte car forcément institutionnelle. Les patients
sont frustrés par le manque d'empathie et de temps des traditionnels dont je suis!!! Ils me
71
disent, lorsqu'ils sont chez l'homéopathe, qu'il plu de temps que moi à leur consacrer....on
verra lorsque ces médecines para// ne seront plus remboursées ???? Le médecin
technique a aussi bcp plus de matériel à amortir...non le côté magique de l'homéopathie
attire certains...probablement...tant que la magie joue son effet placebo?
___________________________________________________________________
1. L'impression de rester maitres des décisions thérapeutiques. Le sentiment que
l'homéopathie fait appel aux forces de guérison du corps, au contraire de l'allopathie qui
détruit la maladie du dehors...
2. Moins de toxicité et de iatrogénicité
3. Un regard sur sa propre pratique et philosophie...
1. Il n'est pas entièrement correct de dire que la médecine conventionnelle est de plus en
plus efficace. Pour beaucoup de maladies fréquentes souvent édictées de "fonctionnelles",
telles que dyspepsie, intestin irritable, fibromyalgie, fatigue chronique, il n'y pas de moyens
efficaces. C'est dans ces situations que l'écoute du patient devient particulièrement
importante.
2. Les médecines homéopathes ont en général appris de mieux écouter le patient: leurs
consultations durent d'ailleurs plus longtemps que celles des médecins conventionnels. Ils
ont souvent établi une excellente relation avec le patient et ils préparent et adaptent leurs
thérapies à l'individu. De plus leurs médicaments n'ont que peu d'effets secondaires étant
donné qu'ils sont si fortement dilués!
3. Que la relation médecin-malade joue un rôle essentiel dans la prise en charge. Qu'un
"médicament" (et un médecin!) peut être efficace même si (scientifiquement parlé) il ne
consiste que de l'eau.
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1. Qu'est ce qui, à votre avis, attire les patients à avoir recours à l'homéopathie alors que la
médecine conventionnelle est, de nos jours, de plus en plus efficace?
Le Tarmed en partie ! Les patients ou en tout cas une partie d'entre eux souhaitent une
relation "humaniste" aussi bien que technique et pour cela, il faut du temps (Tarmed) et de
l'empathie. Il faut une médecine participative comme dit Ségolène où le médecin écoute le
patient, explique ce qui est possible et intègre les choix du patient dans la décision
thérapeutique prise en commun... accord. Cela représente une exigence de compétence
de la part du médecin qui doit continuer à se former aux constants changements et
évolution de la partie scientifique de la médecine tout en "humanisant" la relation médecinmalade. Les médecins homéopathes n'ont pas à prouver leur compétence, elle ne se
mesure ni en termes d'efficacité ni de connaissances. Cette position est confortable pour
le médecin puisque le précepte de primum non nocere ne risque pas d'être contredit par
une thérapie sans principe actif et pace qu'il n'y a pas à se justifier de l'insuffisance
d'action d'une médecine douce. Pour le patient, le fait d'adhérer à un principe "magique"
évite d'avoir à comprendre l'inexplicable. Cela permet à la relation médecin-malade de se
situer plus facilement dans une sorte de domination bienveillante du médecin qui vulgarise
une pseudoscience avec des mots que le patient ne comprend pas mais qui le rassure s'il
72
accepte ce type de jeu de rôle. Enfin quand le médecin homéopathe sent que le temps et
donc l'homéopathie ne suffira pas à une évolution spontanément favorable du mal dont se
plaint le patient, il passe la main ou adopte une méthode thérapeutique efficace... plus
conventionnelle ou plus académique (EBM si possible). En général, les médecins
homéopathes ne donnent pas de rendez-vous urgents, mais plutôt à plusieurs semaines,
ce qui leur évite d'avoir à soigner des maladies aiguës avec des traitements qui n'en
changent pas le cours. Pour les patients, accepter les bénéfices même incertains et
magiques de ce qu'on ne
comprend pas est souvent plus facile que de se confronter à la réalité dure et
incontournable du destin que les médecins sont bien obligés de présenter. La médecine
douce est plus acceptable que la dure réalité de la médecine académique et comme elle ne
risque pas de nuire par son action, les patients préfèrent choisir la douceur quand ils ne se
croient pas très atteints que de subir les effets d'une thérapie efficace qui les oblige à se
reconnaitre comme vraiment malades.
2. Rien, mais elle apporte moins. Les médecins homéopathes apportent souvent une très
bonne écoute et quand ils sont sincères et sincèrement convaincus par l'homéopathie, une
empathie plus efficace parce qu'ils se prescrivent mieux en tant que médecin-médicament
ou médecin-thérapie que les techniciens de la médecine qui traitent les maladies plutôt que
les malades. Cela n'empêche pas beaucoup de médecins conventionnels de prendre du
temps et d'avoir de l'empathie tout en soignant les patients avec des traitements dont
l'efficacité est prouvée et se constate objectivement. Les médecins homéopathes qui ont
plus choisi un créneau qu'ils ne sont convaincus de l'efficacité de la méthode vendent du
vent en sachant que c'est du vent ... ou du placebo. Est-ce honnête ? L’homéopathie
apporte l'abstention thérapeutique (homéopathie = pas de principe actif = pas d'action
propre = action subjective), ce qui peut être favorable dans certains cas surtout quand
l'évolution normale de la maladie est spontanément favorable sans traitement ni séquelle.
Cela peut être aussi dangereux quand l'évolution normale de la maladie est spontanément
risquée ou mortelle ou suivie de séquelles graves et que seul un traitement bien et
rapidement conduit peut éviter l'évolution néfaste attendue.
3. Apprendre à mieux dialoguer sans avoir à inventer une nouvelle religion dont les
médecins homéopathes seraient les seuls prêtres qui ne peuvent partager le secret de leur
initiation mais qui font du prosélytisme pour accroître le nombre des croyants
qu'il vaut mieux maintenir dans l'ignorance puisque leur foi est basée sur du vent qui ne
peut faire l'objet d'aucune étude scientifique et doit donc être imposée par la
force
de la seule persuasion sur des esprits non armés pour être suffisamment critiques et
comprendre qu'on les influence comme le ferait un gourou.
Il faut accepter d'ailleurs qu'il est aussi possible de rendre les patients dépendants
du médecin conventionnel que du médecin homéopathe ou alternatif, et que l'un comme
l'autre sont mauvais. Le but étant d'autonomiser les patients autant que possible tout en
agissant pour leur bien en en faisant des partenaires de leur santé.
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1. Plus d'espace temps et d'écoute à disposition avant des examens approfondis qui
souvent ont déjà été réalisés, recherche d'un secteur thérapeutique psychosomatique qui
n'a pas l'étiquette psy, caractère doux et sans effet secondaires des thérapies instaurées
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2. Moins d'examen, plus d'écoute, moins d'effets secondaires, rassuré à moindre risque.
3. A votre avis quels enseignements pourrait tirer la médecine conventionnelle de l'attrait
des patients pour l'homéopathie? Toute plainte ne doit pas forcément faire l'objet
d'investigations complètes ni d'un traitement, développer la relation médecin-patient afin de
pouvoir décoder la vraie demande du patient.
Je pense que les gens se tournent vers l’homéopathie en premier à cause du Temps
qu’on leur dédie. Comme je prends beaucoup de temps avec mes patients, j’ai pas mal de
patients qui viennent ou bénéficient en parallèle d’un homéopathe. Par contre je m’attire
les foudres de Santésuisse !!!Ensuite les patients disent ne plus vouloir du « Chimique » ou
préfèrent une approche non conventionnelle tenant compte de la personnalité, du
tempérament, du caractère ou autre (sphère biopsychosociale). Des choses simples, sans
artifice, non artificielles dont on a la conviction que cela ne peut pas faire de mal aide à la
persuasion, à l’auto persuasion. L’enseignement est qu’il faut du temps pour écouter et
« tout va mieux dans le meilleur des mondes » (si Santésuisse n’existait pas).
___________________________________________________________________
1. la crainte de la chimie et du poison (médicaments allopathiques vus comme chimiques,
artificiels, potentiellement nocifs). La crainte de l'emprise technique sur l'homme.
Certaines personnes ont besoin de croire à leur traitement
2. les homéopathes sont probablement plus à l'écoute de leurs patients, quoique,
3. un peu d'humilité, un peu de mystère, même si la transparence est au goût du jour, elle
peut faire peur. La médecine traditionnelle me semble axée sur la crainte: crainte du
cholestérol, du diabète, des maladies cardio-vasculaires, ...et les traitements ne sont
souvent pas à la hauteur des attentes.
1. Le sentiment que le médecin s'intéresse à eux globalement, et non pas spécifiquement à
leur organe. Qu'il prenne le temps qu'il faut pour comprendre les symptômes.
2. La médecine traditionnelle ne fait souvent que "mettre un couvercle sur les symptômes"
(par ex les calmants) alors que l'homéopathie cherche à les résoudre et à les éliminer.
Des traitements sans effets secondaires.
3. Considérer les patients comme uniques et spécifiques plutôt que les voir comme des cas
de telle ou telle maladie. S'intéresser au "terrain" des patients.
1. La médecine officielle fait part aussi bien de ses échecs que de ses succès, ce qui n'est
pas le cas de l'homéopathie. Mieux encore, lorsque les symptômes visés par le traitement
homéopathique persistent ou s'aggravent, il est dit au patient que c'est le signe que l'action
de l'homéopathie a débuté... Ainsi une méthode qui ne connaît jamais d'échec est
forcément séduisante.
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2. L’impact psychologique de l'homéopathie est indéniable en ce qu'elle tend à redonner au
patient l'idée qu'il peut lui-même activement lutter contre la maladie, dimension qui est trop
souvent négligée en médecine conventionnelle, même si des progrès indéniables ont été
faits sur ce plan là.
3. L’investigation faite par le médecin homéopathe, souvent très détaillée, permet au patient
de se sentir pris au sérieux et perçu dans sa globalité, aspect qui peut être négligé dans le
cadre conventionnel d'investigations très techniques. La part fondamentale de la relation
médecin-malade et la construction de l'alliance thérapeutique doit être préservée. Il est par
ailleurs frappant de voir que l'homéopathie ne semble pas prête à reconnaître les effets
psychologiques de son action (négatifs ou positifs)
1. De plus en plus efficace, mais palliative pour tout ce qui est chronique, et d'aspect
curative pour les maladies aigues (qui finissent en général spontanément bien), donc qui
agit sur un confort immédiat dans modifier la "santé" profonde. Le patient évolue donc de
maladie en maladie (chaque fois palliée, ou apparemment guérie nosologiquement du
moins), de moins graves à de plus en plus profondes, avec un médicament ou plusieurs.
L'homéopathie, si le bon remède du patient est trouvé, évite cette polymédication
chronique, et ne présente pas d’effets secondaires bien employés. Le paradigme
scientifique de la médecine moderne est encore le mécanisme ou chimisme de type
cartésien: on lutte contre la maladie vue comme une erreur biologique (remèdes anti), alors
que l'homéopathie par du principe moniste : un patient, un remède, l'organisme a des
raisons de faire des symptômes, à nous de l'aider dans cet effort vital. Ce qui est étonnant
dans la médecine moderne, et ce que les patients remarquent bien, est l'absence de vision
biologique, ou simplement logique, de la vie. On coupe les fièvres à tout le monde tout en
sachant que la fièvre est le signe de la lutte de l'organisme contre l'infection, on antibiote
les angines pour un confort immédiat tout en sachant que la récidive sera moins rapide si
l'on antibiote après 4-5 jours de maladie... on raccourcit la grippe d'un patient hypertendu,
alors que la pression artérielle baisse par la fièvre, le repos et le jeûne... etc. etc... Sans
parler de la prescription de fébrifuges de confort après les vaccins polyvalents, alors que
l'on pourrait se dire qu'il est juste de réagir quand on doit s'immuniser d'un coup contre 5
maladies que l'on ne ferait jamais toutes d'un coup ! C'est comme si on disait à un
varappeur de grimper, mais surtout qu'il ne doit ni s'essouffler ni transpirer, ni sentir ses
muscles... etc...
2. Une vision logique et confiante dans le travail du thérapeute, et de l’organisme.
Un prix réduit des médicaments pour une amélioration de plus longue durée (quand on
trouve le bon médicament !... ce qui est moins facile que d’ouvrir le dernier vade-mecum
sur le nom de la maladie en question. L’impression d’être abordé comme une personne et
non comme une étiquette diagnostique. L’allopathe peut aussi voir son patient comme une
personne dans un bon entretien, mais sur le plan thérapeutique médicamenteux il ne peut
traiter que la maladie ! Ou s’il veut faire ce qu’il croit de la médecine globale, il réunit autour
du patient le gastro le pneumo, le psy, l’allergologue et le pharmacologue, un spécialiste
par organe ou diagnostic, et chacun donne son truc pour l’organe en question. Si le remède
est juste, non seulement l’angine va mieux et récidive de moins en moins, mais en même
temps le caractère, les rêves, la frilosité… s’améliorent, puisque le patient va mieux comme
un tout.
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3. Oser envisager sans angoisse le paradigme vitaliste en médecine : on aborde un
phénomène énergétique, l’énergie vitale des années 1800, que l’on peut influencer
médicamenteusement, si l’on accepte le fait qu’une substance unique (tulipe, arsenic…)
influence l’organisme de telle façon que les symptômes provoqués pourront être le guide
pour soigner un patient qui les présente spontanément. (Loi de similitude, employée en
allopathie par exemple dans les traitements paradoxaux en psychiatrie, en donnant de
l’alcool éthylique aux empoisonnements par l’alcool méthylique… etc) En acceptant que
l‘on peut employer l’effet toxicologique primaire (médecine pondérale, toxicologique) autant
que l’effet secondaire des médicaments (homéopathie : provoquer une réaction au signal
semblable à la maladie). Et avant de nous disputer sur des convictions, ce serait
intéressant que les allopathes étudient (un peu au moins) l’homéo, comme nous avons
étudié la médecine moderne. Il est vrai que les cours d’histoire de la médecine ne nous ont
pas vraiment ouvert l’esprit à la réflexion sur les visions de la santé et de la maladie et les
paradigmes changeant selon les époques, les politiques, les connaissances scientifiques…
Il faut commencer à imaginer qu’il y a d’autres approches et philosophies médicales que la
vision cartésienne qui a quasiment tout réduit à la vison parcellaire moderne, dont même la
médecine moderne essaie de sortir…. Elle a toute sa valeur, mais de doit pas prendre toute
la place, même si commercialement c’est elle qui rapporte le plus !
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1. l'absence d'effets secondaires
2. une médication strictement personnalisée
3. la thérapeutique personnalisée
1. - l'automédication possible, l'impression de pouvoir gérer ses symptômes sans un avis
extérieur, en particulier médical
- le côté très pratique, petit, propre, ne se dégrade pas, des granulés d'homéopathie (par
opposition aux tisanes, par exemple), que l'on peut transporter sans mal dans son sac à
mains;
- la notion de "non-chimique", de "non-toxique"
- le côté "magique" (un "souffle" de produit suffit....)
2. - si le patient consulte un homéopathe, le temps d'écoute de son vécu, passé et présent,
que celui-ci lui consacre; l'enquête minutieuse, la recherche d'un équilibre global,
l'impression qu'enfin quelqu'un écoute, prend le temps de s'intéresser à toute son histoire et
à ses symptômes même les plus simples, banaux.
Je pense que c'est le cas en particulier pour un enfant : son parent, père ou mère, fait
l'effort de le raconter, de l'avoir écouté dans son fonctionnement, de mettre en mots ses
symptômes devant une oreille attentive, empathique; on cherche ensemble une solution
pour cet enfant; on mobilise la famille autour de son symptôme, pour qu'il s'améliore. On
prend soin de lui de façon particulière, personnalisée.
- si le patient s'automédique, l'homéopathie lui apporte, à mon sens, l'impression d'avoir su
gérer lui-même ses symptômes et d'avoir fait quelque chose pour que cela s'améliore, quel
qu'en soit le résultat
d'ailleurs, puisqu'il n'a plus de comparatif (ex : arnica après une chute; et s'il ne l'avait pas
pris ?)
3. Les patients ont besoin d'un vrai temps d'écoute par leur médecin, ont besoin de se
76
raconter, de décrire leurs symptômes. Ils ont besoin aussi d'apprendre à gérer seuls
certains symptômes récurrents, en ayant les moyens de le faire (ordonnance en réserve,
par exemple).
PS : mon opinion personnelle sur l'homéopathie: le placebo le plus cher au monde.
1. Le besoin de magie. Le besoin de qqch de "pas fort¨. Pas fort veut dire: pas nocif.
Pas toxique. Peur des effets secondaires des soins classiques Effet de mode. Résultat des
campagnes anti-médicaments, anti-vaccins, anti produits venant du lobby de l'industrie
pharmaceutique
2. Voir no 1.les résultats selon les impressions. En plus il faut dire que souvent les
homéopathes prennent bcp de temps avec leurs patients. Donc les gens ont l'impression
qu'on s'occupe à fond d'eux, en sachant les moindres détails
3. Le désir de ne pas nuire d'abord. Le temps pour les médecins de bien expliquer et
surtout de bien écouter les plaintes. La nécessité de réduire les prescriptions
médicamenteuses au minimum.
Je pense que la superstition et le besoin d'irrationnel ont encore de beaux jours devant eux.
Ce n'est en tout cas pas une source d'économie, l'expérience montre que les
consommateurs de médecine homéopathique sont également gros consommateurs de
médecine classique et souvent encore de beaucoup d'autres médecines parallèles. Ce sont
souvent des patients angoissés, plutôt compliqués, réclamant bcp d'attention qui sont le
plus intéressés. On note une forte prévalence féminine et d'enseignants.
1. Probablement une prise en charge différente chez les homéopathes que chez les med,
conv.
2. Les consultations sont plus longues chez les homéop.et l'écoute est peut-être
différente...En plus les médicaments semblent plus naturels et moins chimiques aux
patients...Les homéop. S’occupent plus de globalité du patient plutôt que d'un organe...
3. Redéfinir une médecine plus « humaine » verso trop scientifique.
1. Le besoin de faire quelque chose en cas d'échec de traitement classique. La pression
médiatique visant à persuader chacun de sa responsabilité personnelle quant à sa
santé. L'angoisse et la peur devant maladie, mort, et risques de la médecine classique plus
invasive et brutale dans certains effets secondaires.
2. Un réconfort sans risque, une forme de sécurisation à bas coût sur le plan
psychologique, "cela ne peut pas faire de mal”, une réponse à l'insuffisance de la médecine
classique. Parfois un résultat étonnant sur la symptomatologie: ça marche!
3. Elle doit maintenir et renforcer une beaucoup plus grande dose d'empathie, et ne pas
être passive devant ses échecs.
1. la mode et l'écoute, la sensation de ne pas être « intoxiqué ».
2. La sensation de l'efficacité sans effet secondaire
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3. A votre avis quels enseignements pourrait tirer la médecine conventionnelle de l'attrait
des patients pour l'homéopathie? Manifestation une meilleurs écoute.
1.les patients consultent un homéopathe pour différentes raisons ont peur ou ne supportent
pas certains médicaments chimiques, recherchent une prise en charge plus globale qui
tient plus compte des caractéristiques personnelles de chaque patient, le plus
fréquemment, préfèrent un médecin qui peut leur fournir des traitements non-allopathiques
pour des affections bénignes et des traitements allopathiques pour les pathologies où c'est
indispensable, plus rarement, patients qui sont totalement contre tout traitement
allopathique
2.l'homéopathie propose 2 types de prise en charge :
- celle des cas aigus qui s'axera sur les symptômes individuels de chaque patient et non
pas sur un diagnostic
- celle des cas chroniques ou récidivants qui va tenter de trouver un traitement de fond
personnalisé qui renforcerait les défenses aux agressions extérieures que le patient subit
Donc, l'homéopathie propose un traitement plus personnalisé qui varie de cas en cas pour
la même pathologie et qui oblige le
thérapeute à connaître le patient dans son ensemble : caractère, psychisme, mode de vie,
tolérance à différents facteurs environnementaux...
-De plus, pour les pathologies bénignes (viroses..) permet d'éviter le recours à des
médicaments
- le coût des traitements est nettement moins cher que l'allopathie
- apporte une nouvelle approche pour des pathologies chroniques ou récidivantes pour
lesquelles l'allopathie n'a rien à proposer, avec des résultats souvent très positifs.
3. l’approche en médecine allopathique devrait consacrer plus de temps aux patients ce qui
permettrait de mieux cerner leur individualité et répondre à leurs attentes et donner un
minimum de médicaments pour des pathologies bénignes. En fait, le médecin idéal selon
les patients intéressés à l'homéopathie, est celui qui est un bon médecin de premier
recours allopathique et qui sait choisir les pathologies où il peut prescrire de l'homéopathie
ou de l'allopathie voire associer les 2. Ce qui évite aussi des dérives de certains
thérapeutes non-médecins qui prescrivent de l'homéopathie alors que l'affection
demanderait
une pise en charge allopathique plus corsée.
En bref, ce sont des médecines complémentaires et très utiles.
1. échec de la médecine traditionnelle dans les maladies chroniques.
2. meilleur contrôle. Approche plus responsable de leur corps, magie
3. prise en charge au long cours principes théoriques
1. La médecine conventionnelle est de plus en plus efficace pour un nombre restreint de
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maladies, et plus particulièrement pour les maladies "somatiques pures". Ce n'est pas le
cas pour les maladies psychosomatiques et les maladies chroniques. L'homéopathie donne
de l'espoir dans les situations ou la médecine conventionnelle n'en donne pas.
2. La médecine conventionnelle est tenue à dire la vérité, à déclarer ses limites, et cette
vérité est souvent difficile à entendre. Elle doit également parler de ses chances de succès
et des risques d'échec. L'homéopathie est "le chemin", le "traitement" la "prise en charge"
dont on attend moins un résultat final, mais un accompagnement, une écoute.
3. Voir réponses 1 et 2, l'écoute, l'accompagnement, la prise en charge, également dans
les domaines ou la médecine conventionnelle n'est pas efficace.
1. La médecine conventionnelle est-elle vraiment de plus en plus efficace ?
Certainement en situation d'urgence ou en milieu hospitalier, mais dans l'immense majorité
des consultations chez un omnipraticien, la médecine conventionnelle n'est au mieux
qu'une jambe de bois et ne répond pas aux attentes des patients.
2. Une écoute, une prise en charge globale et une efficacité avec un minimum
d'effets secondaires.
3. Une ouverture d'esprit, accepter une autre vision de la maladie, du
malade et donc de son traitement qui peut être complémentaire et pas forcément en
opposition. Donc remplacer l'arrogance par l'humilité.
la médecine conventionnelle est très peu efficace dans plusieurs domaines
(troubles fonctionnels par ex.).
Rien
•
Savoir mieux vendre sa camelote !
L'archaïque soif d'Irrationnel. Le désir d'échapper un moment à l'emprise écrasante
du médecin et de la Technique.
2) Au patient : Nihil. Au médecin, une résidence secondaire.
3) La prise de conscience du caractère grégaire des humains
1. l'homéopathie comme le disait dans son livre génial M Sandoz est l'oiseau qui picore sur
le dos de l'hippopotame médical. La médecine auj se veut très rigoureuse, efficace, elle est
aussi terriblement violente et normative, et angoissante. Pour tout ce qui est grave, elle
n'est pas remise en question. L'homéopathie est plus fantasque, laisse la place a une part
de rêve, ou de folie...
2. l'homéopathie est une croyance. La médecine se veut une science. On trouve donc
miraculeux d'être "guéri" par l'homéopathie, et normal d'être guéri par la méd.
Traditionnelle, et ca fait toute la différence quand on en parle, car on est très fâché quand la
médecine ne peut rien, et on ne dit rien quand l'homéopathie n'a rien changé,...
79
3. patient au centre, temps de parole et espace d'écoute. Espace pour le patient de dire
non à ce qu'on lui propose, bref tout ce qu'on est en train d'interdire en médecine
traditionnelle. Mais dans un cas toutes deux fonctionnent beaucoup sur des mythes…
Q1 : Il est possible que des patients soient attirés par l'H. En raison de l'inefficacité de leur
traitement académique. D'autres se laissent influencer par des amis ou parents...ou par
leur médecin traitant
Q2 L'H ne peut jouer qu'un rôle de placebo. Il est bien connu que les dilutions de la
substance " active " sont telles, qu'il n'y a plus que le liquide dissolvant dans la préparation !
L'Académie de Médecine de France a d'ailleurs rendu u n avis à ce sujet il y a 2 ou 3 ans
dans ce sens.
Q3 Quel enseignement peut-on tirer que des patients ignorants ce qu'est l'H y recourent et
que certains à qui on explique que il n'y a aucun principe actif y croient malgré tout ? Les
gens qui souffrent ne réfléchissent plus, malheureusement d'autres sont endoctrinés par
des confrères qui devraient savoir ...mais qui veulent essayer et obtenir un effet placebo.
Cela peut éventuellement aider le patient.
1. L’attirance est celle de toutes les médecines naturelles: ça a marché pour un autre et le
patient pense qu'il échappe à la rigueur déterministe de la médecine allopathique. Mais il
sait - et c'est un paradoxe - qu'on le laissera tranquille du côté du sujet. Je pense bien que
différemment, les médecines naturelles sont tout aussi déterministes et autoritaires que la
médecine allopathique.
2. Ce n'est pas seulement l'homéopathie, mais toutes les médecines naturelles
et les relations thérapeutiques qui promettent d'offrir quelque chose de plus à la relation
allopathique. Pour l'homéopathie, ce "plus" tient, à mon avis, d'une part à la notion de
terrain, d'autre part à la notion de spécificité, ces deux concepts me paraissent donner à
l'homéopathie son vernis scientifique. Pour le reste, la notion d'efficacité est celle du
bouche à oreille.
3. Ce qui est dit c'est que l'homéopathie s'occupe et écoute les gens, en fait c'est faut, elle
rate le sujet (au sens lacanien), mais elle le laisse tranquille et le séduit et puis surtout elle
ne nuit pas, pensez au succès des préparations d'Arnica, il y a quelque chose de
miraculeux, mais on peut se dégager quand on veut d'un ttt homéo, les traitements
allopathiques sont plus consistants: effets secondaires, efficacité, prévention etc...Elle
engage le sujet beaucoup plus bien qu'elles n'en tiennent pas plus compte.
1) la non agressivité de la méthode et de ceux qui la pratiquent associée à
une prise en charge "holistique" et au développement d'une complicité
médecin-patient.
2) A effets considérés comme égaux par le patient (ce ne sont que les patients qui y croient
qui cherchent les médecines autres que la notre), la réponse 1) couvre la question 2). De
plus, là où nous sommes palliatifs, l'homéopathie, comme d'autres méthodes non
conventionnelles, peuvent engendrer de l'espoir...
3) En ce qui me concerne je suis ravi de la diversité des moyens et dans les moyens de la
diversité des praticiens. Au patient le libre choix et à chaque soignant la responsabilité de
sa bonne pratique et des prérogatives individuelles qui attirent ou non le patient chez lui. Ce
80
sont les bases du libéralisme séculaire qui caractérisent notre pratique.
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1) il faudrait réfléchir à la notion de l'information médicale : la médecine allopathique fait
l'objet d'une information de plus en plus pointue avec ses succès et ses échecs, ses
exploits et ses drames médiatisés. Cette information utilisée également à la TV pour des
émissions large public ou des fictions ( Urgences, Grey’s Anatomy etc) "familiarise" en
quelque sorte l'individu avec la médecine moderne: cette familiarité fait peur ! Car elle est
visible, elle est concrète ! A l'opposé l'homéopathie garde pour elle une aura de mystère, un
sentiment vaporeux, éthéré, impalpable.....qui rassure car perçu comme NON dangereux,
plus HUMAIN ! Ce n'est que fiction ...mais c'est calmement entretenu par beaucoup de
gens bien pensants....souvent au détriment de la santé des patients.
2) une forme d'écoute du patient....indispensable mais de loin pas suffisante pour aborder
certaines pathologies
3) aucun ! Dans notre monde l'irrationalité prend le dessus et la bataille est perdue,
....hélas demain sera fait de croyances sectaires, de fanatismes religieux et non pas de
compassion réfléchie.
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1) un problème de croyance, savamment cultivé (....L'homéopathie est naturelle, elle n'est
pas dangereuse...) 2) elle est moins chère 3) le côté magique et inexpliqué (le grand sorcier
!) Dans notre médecine actuelle, on sait tout, on comprend tout et l'on explique tout ! L'acte
médical doit rester un acte magique, sinon il perd une bonne partie de son sens... 4) les
Homéopathes savent mieux écouter les patients et leur donnent l'impression de mieux
s'intéresser à eux qu'à leur maladie. On peut parler pendant de longues minutes de
défécation chez l'homéopathe, pas cet l'interniste, même pas chez le gastro....
2) la magie. L'homéopathe fait mélanger des substances potentiellement dangereuses
(arsenic...) en prenant un air très inspiré et fait de la magie que l'on ne peut pas expliquer
car c'est très compliqué....Dans la médecin conventionnelle, on est allé trop loin dans la
vulgarisation et on a enlevé tout le côté "miraculeux" de l'acte et de la pensée médicale.
Funeste erreur ! Elle apporte aussi une écoute plus complète et plus globale du patient
3) elle découle de ce qui est ci-dessus: On a trop vulgarisé, on a fait croire que l'on avait
compris et que l'on savait, mais cela ne se vérifie pas dans quantité de maladies...La
médecine traditionnelle ferait bien de retrouver et plus d'intérêt pour le patient dans sa
globalité, avec une compréhension du monde dans lequel le patient évolue et pas
seulement le réduire à une liste de problèmes sans liens entre eux... et de garder un peu de
magie...
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1) Ce recours se fait essentiellement, me semble-t-il, pour "faire quelque chose", plutôt que
d'attendre et laisser faire la nature. Ce n'est donc pas une alternative à la
médecine conventionnelle, mais un complément, perçu comme inoffensif. L'augmentation
de son utilisation correspond d'une part à notre époque qui nous pousse à l'agitation tout
azimut et d'autre part à une meilleure accessibilité (diminution des prix, notamment).
81
2) Peu de danger pour une action dont il ignore si elle est nécessaire / utile. L'impression
de contribuer activement à une amélioration de son état de santé sans
risque.
3) L'importance de l'écoute du patient, de la prise en compte de ses représentations de
l'existence dans le processus thérapeutique.
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1) Je pense que le patient cherche "la liberté": la libération des protocoles ou du moins de
leur caractère péremptoire et souvent présenté comme incontournable. La liberté de choix
de son traitement. Une alternative, et parfois un complément au traitement allopathique. Il
cherche une thérapeutique efficace dénuée d'effets secondaires. Il cherche à être
considéré comme une personne, dans sa globalité, et non pas comme une somme
d'aspects particuliers dont chacun est abordé par un spécialiste différent. Le patient, dans
sa vulnérabilité de malade, cherche un peu de douceur, de la "tendresse", de la
compréhension et ... de la compétence médicale! Souvent, il veut "comprendre sa maladie";
la notion statistique et du hasard ne lui suffit pas. La maladie n'est pas cette entité
indépendante et nuisible qui lui "tombe dessus". Mais bien au contraire, elle a comme un
lien invisible avec lui. Le patient veut aussi s'impliquer dans sa guérison, y contribuer
activement. Il cherche donc la mobilisation de ses forces de guérison; il attend de
l'impulsion du remède homéopathique le déclenchement de ce processus de guérison, (ce
qui, entre nous soit dit, se réalise souvent, d'ailleurs)...
2) - D'abord holistique du malade;
- la prise en compte de ses symptômes subjectifs que l'anamnèse allopathique laisse
sciemment de côté, pour ne retenir que les éléments quantifiables, mesurables,
chiffrables.... (Ces symptômes subjectifs constituent d'ailleurs la base principale de
la prescription homéopathique)
- elle utilise des remèdes sans effets secondaires
- elle libère le patient du dictat "In vitro Veritas" et le considère comme unique et
non pas comme "un élément du troupeau"...
- elle ne fait pas peur au patient; et elle n'a pas peur de la maladie qu'il ne faut donc
pas chasser à tout prix, mais dont il faut guérir;
- elle considère justement que guérir est un processus actif du patient!
- ... et elle croit aux forces de guérison de son patient qu'elle arrive à mobiliser.
3) - Considérer le malade dans son ensemble et non pas comme la somme de ses parties
- La maladie n'est pas que "méchante", donc à éradiquer ou à chasser à tout prix.
- Intégrer l'homéopathie (et les autres médecines complémentaires) dans l'abord du
malade, dans la thérapeutique et dans l'enseignement et la recherche.
- comprendre le patient dans sa dynamique personnelle et individuelle.
- Le médecin doit apprendre à ouvrir ses yeux et à se poser des questions, même si,
parfois, ce qu'il voit dépasse son paradigme.
- Les guide-lines sont une aide pour le médecin (et peut-être aussi pour le patient),
mais ils ne doivent surtout pas devenir un passage obligé dicté par la faculté (ou
pire, par la finance ...)
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82
L'attrait de l'homéo est celui d'une médecine qui va au-delà de la réparation du corpsmachine, elle s'adresse à l'homme corps et âme, ce que les gens ressentent d'emblée
quand ils s'améliorent suite à un traitement homéopathique: ils disent " c'est fou, je me sens
régénéré, comme il y a des années en arrière ! " chose que sur 23 ans de pratique de
médecine générale et d'homéo je n'ai jamais entendu dire suite à un traitement
allopathique. La médecine allop. Devient de plus en plus performante ? Oui pour les
grosses casses physiques, non quand à s'dresser à l'homme en perdition, toujours plus
isolé et dépersonnalisé face à sa maladie et aux médecins qui le soignent. L'allopathie et
son enseignement doit tirer de l'homéo cette attention ouverte, neutre, a priori aimante, du
Prochain, et cette façon de collaborer intimement avec le patient au décodage du SENS de
sa maladie, au lieu de s'occuper de la suppression des symptômes, avec des anti-ceci et
anti-cela, anti inflammatoires etc... C'est alors qu'au lieu d'arracher un clignotant de panne
on s'intéresse à ce qui a généré (choc émotionnel, deuil, colère etc...) Cet état et on peut
corriger durablement et non "maquiller" pour un temps.
___________________________________________________________________
-
malgré les progrès de la médecine conventionnelle, il reste bien des aspects qu'elle
ne peut pas traiter adéquatement, par exemple les "petits bobos", à cause des
*effets secondaires* que l'homéopathie (= Ho) n'a (pratiquement) pas. En plus, le
côté un peu *magique, irrationnel* et justement non conventionnel de l'Ho, reflète
bien le *besoin subjectif* des gens (patients), de croire en quelque chose de
surnaturel, d'où l'important impact sur l'effet placebo (sans entrer dans la discussion
si l'Ho agit véritablement ou pas).
2) cette question est proche de la 1ère question. En plus de ce que j'ai écris à la
question 1. je peux dire qu'elle apporte aussi un *prix abordable*. Elle est aussi une
bonne alternative pour le traitement des *enfants et les femmes enceintes*. Il y a
aussi l'aspect du *traitement individualisé, *selon les symptômes spécifiques de
chaque patient et pas seulement en fonction du diagnostic de la maladie.
3) en tout cas la médecine conventionnelle peut essayer de *diminuer les effets
secondaires* des médicaments allopathiques, le plus possible, et aussi d'intégrer la
pharmacothérapie "naturelle", en plus de la phytothérapie, aussi l'homéopathie,
comme p.ex. "Sédatif PC" de Boiron (médicament homéopathique, qui figure déjà
dans le Compendium). Je pense que l'avenir de la thérapie en médecine est de tout
façon vers une intégration globale de différentes thérapies, "classiques (médicales)
et non-classiques (médecines naturelles, orientales...) ", pour aboutir à une *thérapie
holistique*. Les assurances maladies ont bien compris cela, sauf qu'elles ont scindé
la médecine en deux parties, assurance de base et assurance complémentaire, pour
des raisons économiques.
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1) l'être humain, quel que soit son niveau intellectuel, a des attentes magiques. Avec
l'homéopathie il est comblé
2) l'approche de l'homéopathe est, me semble-t-il, basée sur l'écoute du patient. Le
médecin qui prend 15 minutes pour une consultation n'a pas beaucoup de temps pour
écouter. De plus l'homéopathie ne doit pas être accompagnée de tous les effets
83
secondaires des médicaments que nous prescrivons en trop grand nombre.
3) que le patient a plus besoin d'être écouté que d'être soigné. D'autre part si certains
patients veulent comprendre leurs maladies nombreuses sont ceux qui préfèrent ne rien
savoir ou qui aimeraient des explications qui correspondent mieux à leurs schémas.
1) La crainte au sens large du terme de ne pas être considéré comme un
personne globale et de la notion très floue du danger du "chimique"
2) A ma connaissance, rien de plus.
3) Je ne sais pas. La médecine conventionnelle n'est pas un bien de consommation qu'il
est nécessaire de mettre en valeur. Elle s'appuie sur des connaissances en constante
évolution tant sur le plan diagnostique que thérapeutique. Elle ne devrait être fermée à
aucune thérapeutique prouvée utile ou efficace. Il est nécessaire que chaque patient ait
le choix de consulter qui bon lui semble en fonction de ses valeurs et de ses craintes. A
chaque médecin d'expliquer au patient ce qu'il peut et ne peut pas lui offrir en fonction
de sa formation et de ses connaissances.
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1) Il y a malgré tout beaucoup de maladies, chroniques ou répétitives en particulier, pour
laquelle la médecine conventionnelle n'est pas efficace. Mais je pense que ce n'est pas la
seule raison pour laquelle les patients sont intéressés. Bien que cela ne soit pas spécifique
à l'homéopathie, la méthode requiert une écoute attentive et personnalisée.
2) La possibilité d'avoir des réponses thérapeutiques plus personnalisées, avec un suivi
dans le temps, au long cours.
3) Sortir du dogmatisme. En fait, j'ai travaillé dans la recherche avant de faire de
l'homéopathie, et là, les médecins n'étaient pas dogmatiques, mais en clinique, certains
s'accrochent à leurs convictions de façon sectaire. Je pense qu'il y a plusieurs façons de se
représenter le malade, la maladie, les interactions entre l'individu et son milieu. Je pense
que face à chaque individu particulier, il peut être utile de ne pas rester dans un mode de
représentation figée si on n’obtient pas de résultat, quelque soit la méthode thérapeutique
utilisée.
___________________________________________________________________
La médecine conventionnelle est de plus en plus efficace contre les maladies aiguës et
mortelles, pour lesquelles une efficacité même au prix d’effets indésirables importants est
exigée. Par contre, les patients sont de plus en plus critiques par rapport à la médecine
conventionnelle et surtout par rapport aux médicaments prescrits, dont ils connaissent de
mieux en mieux les effets indésirables et les limites pour les maladies non menaçantes à
court terme. Les maisons pharmaceutiques sont de plus en plus montrées du doigt.
La médecine conventionnelle est peu satisfaisante pour les maladies chroniques,
allergiques, psychosomatiques,… pour lesquelles la médecine homéopathique offre une
alternative efficace en matière de prise en charge et de traitement.
84
Les patients se sentent plus entendus par l’homéopathe qui s’intéresse à eux en tant que
personnes dans leur globalité, à leurs particularités, à leur histoire, à leur manière de vivre,
en plus de les questionner sur la maladie dont ils souffrent, au lieu de chercher à les
cataloguer dans un groupe de maladies.
Ø
Le médecin homéopathe offre du temps au patient et le prend en compte dans sa
globalité. Le patient est entendu sur la plainte motif de consultation et sur son « agenda
caché ».
Ø
La prise en charge homéopathique s’associe à une restitution progressive au patient
de la responsabilité de se maintenir en bonne santé en respectant son corps, qu’il se
réapproprie en s’y intéressant. Ce type de prise en charge inclut la prévention de maladies
futures.
Ø
L’homéopathie pratiquée par un médecin formé en médecine conventionnelle est la
garantie pour le patient qu’il ne recevra pas de traitement médicamenteux conventionnel
inutile.
> 3) Je déteste qu’on oppose la médecine conventionnelle et l’homéopathie, puisqu’elles
constituent deux formes de traitement qui s’adressent à des personnes et les maladies dont
ces personnes souffrent. Leurs indications sont souvent complémentaires et elles ont un
public cible partiellement commun.
Les médecins devraient se souvenir qu’ils sont tous médecins avant tout et s’associer pour
réfléchir aux meilleures options à offrir au patient en fonction du type de personne qu’il est
et du type de maladie dont il souffre.
La prise en compte de la personne dans sa globalité avant de la tronçonner en organes
malades nécessite du temps et une augmentation de la durée des consultations en
médecine conventionnelle rendrait cette démarche plus facile.
La prise en charge homéopathique intègre la prévention dans la mesure où le patient prend
une part active à son traitement ; il apprend à s’écouter et à prendre soin de sa santé.
La médecine homéopathique a besoin de la médecine conventionnelle, afin de prendre en
compte la gravité de la situation. Un diagnostic conventionnel ou à défaut l’exclusion de
diagnostics inquiétants à court terme constitue pour moi un préalable indispensable au
début du traitement homéopathique.
Une image soudée du corps médical donnerait moins de prise aux assurances maladies et
aux politiques tout en garantissant au patient des soins adaptés à ses besoins, en
rétablissant la confiance en la médecine qu’elle soit conventionnelle ou complémentaire.
___________________________________________________________________
1. parce que même si la médecine est de plus en plus efficace, elle n'a pas réponse à tout
et dans certains cas elle n'est pas du tout efficace. Ainsi lors d'un trouble persistant après
avoir essayé tous les traitements conventionnels et vu plusieurs spécialistes sans succès et
avec parfois des effets indésirables des traitements qui ne sont pas acceptables,
l'homéopathie peut offrir un traitement efficace et quasiment sans effet secondaire. Aussi
pour des affections bénignes, l'homéopathie a moins d'effets secondaires et d'excellents
résultats, en tout cas pas moins bons que la médecine traditionnelle.
85
2) l’homéopathie s'intéresse au profil de la personne plus qu'à la maladie. Offrant ainsi un
traitement spécifique à la personne et non un traitement qui serait le même pour tout
individu présentant la même affection.
3) Une meilleure écoute de ce que vit la personne à travers l'affection qu'elle présente, qui
augmente aussi la complaisance au traitement. Plus de médecins conventionnels qui
pratiquent aussi l'homéopathie ou qui collaborent avec des homéopathes. Complémentarité
et non exclusion.
___________________________________________________________________
1. Il y a plusieurs éléments de réponse :
-la peur des effets secondaires des médicaments classiques et le désir, pas toujours
justifié, d'une médecine "douce"
-l'intuition (juste à mon sens) que très souvent la médecine classique ne traite pas les
maladies de manière causale (bémol : la médecine classique est, dans certains cas, plus
avantageuses et plus efficace)
-le besoin d'être considérés (eux, leur organisme psychique et physique) comme une
totalité inaliénable, ce qui, conceptuellement, n'est pas l'apanage privilégié de la médecine
classique
2.- la réponse apportée au besoin (1c)
- la possibilité d'avoir un bénéfice à la fois sur le plan des symptômes de la maladie et en
même temps sur le plan de l'état général et de l'état psychique (en cas par exemple de
dysfonctions psychiques concomitants à une maladie physique
3.- une meilleure compréhension de l'homéopathie, une plus grande tolérance, plus de
respect également. Mais il faut savoir aussi de quoi on parle, il y a plusieurs types
d'homéopathie, quelles peuvent en être les ambitions affichées (cela varie beaucoup) en
s'intéressant davantage aux concepts de base de l'homéopathie, la médecine classique
pourrait entrevoir l'intérêt d'une méthode complémentaire qui propose des traitements non
suppressif s des maladies et qui réduit le risque de remplacer une maladie par une autre
("syndrome shift")
___________________________________________________________________
1. L’homéopathie est plus efficace dans certaines pathologies notamment les allergies et
les infections à répétition où on observe de véritables guérisons de même que dans
plusieurs maladies chroniques si le bon remède est trouvé. De plus, les gens ont de plus en
plus besoin d’être écoutés et l’homéopathe fait une corrélation entre l’ensemble des
symptômes présentés par le patient et le remède qu’il lui prescrira, ce qui est très apprécié.
L’homéopathie n’a pas de véritables effets secondaires mais des effets d’aggravation
transitoire due aux médicaments. Elle permet de diminuer les coûts de la santé et d’éviter
les pathologies iatrogènes.
2. Les traitements homéopathiques peuvent être interrompus en cas d’amélioration.
L’écoute du malade est très importante, L’homéopathie permet d’éviter l’escalade
médicamenteuse et de limiter le nombre de médicaments traditionnels prescrits.
86
3. Le fait que beaucoup de patients ne se sentent pas écoutés et compris et également que
les deux médecines sont tout à fait compatibles. Elle pourrait constater qu’il existe d’autres
moyens de traiter certaines pathologies avec des résultats parfois spectaculaires
permettant d’interrompre certains traitements traditionnels
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1. le temps d écoute du patient est différent ainsi que le fait d une analyse précise de la vie
du patient et de son type physiologique: notion de terrain très pris en compte et anamnèse
des signes cliniques impression du patient que la réponse du médecin n est pas toujours
adaptée a son attente.
2. il s agit surtout de la façon dont est donne le traitement et l explication sur la pathologie
qui lui est associée. Le fait d une médecine naturelle sans chimie qui pourrait nuire a l
organisme (peur de certaines molécules) Un effet d aide a l organisme de ses ressources
naturelles
3. le temps d écoute du patient et les explications données sur la physiopathologie du corps
et du mental du patient .l inutilité de certains traitements dont les effets secondaires ou
délétères ne sont pas suffisamment pris en compte
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1. Si la médecine fait de grands progrès tant dans les diagnostics que les traitements,
l'information par les médias (journaux, internet, TV etc) tend au fantastique et au
sensationnel. En regardant ces émissions, le citoyen se croit déjà malade et n'a qu'une
seule envie, celle d'être rassuré. L'absence d'effets secondaires de l'homéopathie et le ton
rassurant de nos confrères, fait que la consultation ne « transpire » aucune angoisse.
2. Rien de plus que l'absence d'angoisse. Le médecin non angoissé est plus
libre d'agir avec sa prescription selon des bases philosophiques et se prescrire lui même
dans son ordonnance.
3. Aucun si ce n'est une meilleure relation patient médecin. D'ailleurs le vrai médecin, par
sa palpation, atteint le malade dans sa « profondeur psychique » ce que l'homéopathe n'a
pas besoin de faire...
Et voici en résumé ma conception sur l'homéopathie. Entre 1970 et 1980 environ, j'ai dû
écrire, pour le bulletin des médecins de la FMH, un résumé au sujet d'un magnifique livre
écrit par un confrère de Liestal ou de Bâle. Le livre avait une épaisseur de 2 à 3 cm, un peu
plus grand que le format A4, avec de magnifiques planches de botanique, le tout sur papier
glacé. Le titre du livre, rédigé en allemand était quelque chose comme ...Homéopathie,
Spargyrie etc.....J'ai été frappé dans ce beau libre par ce fait: « il faut agiter avec énergie la
dilution de haut en bas ». Les solutions doivent être limpides, transparentes et ne contenir
que de l'alcool ou éventuellement de l'eau. De plus dans les troubles conjugaux il fallait
prescrire des
dilutions de seiches. (Et oui).J'ai donc essayé de comprendre l'homéopathie dont voici en
résumé mes conclusions qui ne peuvent être que supposées. La période d'Hahnemann
contient:
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*Isaac Newton *élabore sa loi sur la gravitation en 1667, de nos jours encore valable avec
les corrections apportées par Einstein.
*Emmanuel Kant* (1724 - 1804)
Si vous parcourez rapidement et dans une lecture superficielle quelques
extraits de ses diverses œuvres, il est possible d'affirmer que « l'homme peut modifier la
nature » Je ne sais plus du tout dans quelle revue ou émission TV j'ai pris acte que Kant
aurait eu une influence chez Hahnemann...
*Samuel Hahnemann* (1755-1843) fonde l'homéopathie en 1796.
1791- 1795: Révolution française, tant politique que scientifique.
*Pierre Simon Laplace* (1749-1827), savant français, devient le premier
président de la nouvelle société nationale de physique (ex société
oyale). Ce savant essaye de comprendre la raison de la gravitation et émet l'idée que cette
force serait contenue dans des grains enrobés de matière. Même de nos jours ce problème
n'est pas encore résolu.
Voici en quelques mots le cadre de cet exposé. Mon avis est donc le suivant:
Hahnemann, doué d'une certaine intelligence intuitive, constate que l'administration des
remèdes causait de gros problèmes toxicologiques. Sa conclusion logique: il faut diluer.
Mais en diluant, on diminue l'efficacité du produit. S'inspirant de Kant et de Laplace, (qui
reprenait la théorie des grains de gravitation d'alors), il imagine que la dynamisation des
solutions « ne pourrait servir (sous entendu »qu'à augmenter la concentration de ces grains
dans les solutions... ». (Sinon, pourquoi faut-il agiter les dilutions avec énergie de haut en
bas pendant un certain temps ?). Hahnemann ne cherche jamais à prouver la justesse de
sa théorie ou de sa pratique. C'est comme ça et ce n'est pas autrement. Sinon Kant a tort.
La règle de l'homéopathie (similes similibus ...) me permet ici d'en apporter la conception
philosophique suivante. Le gui est un parasite de l'arbre se développant à l'abri de la
lumière (ici tout le monde peut être d'accord). La tumeur pulmonaire est un parasite qui se
développe dans l'arbre (bronchique..) à l'abri de la lumière (étant intra-thoracique). Et bien
voilà...... Donc selon les théories homéopathiques, prenons du gui, diluons le selon un
procédé (clair et bien établi), dynamisons le (avec des grains de gravitation) et injectons le
pour traiter les tumeurs pulmonaires. L'idée est simple, non angoissante pour le malade et
dénuée d'angoisse. Le médecin est alors désangoissé par l'absence d’effets secondaires et
peut toujours sourire et garder son calme devant le patient qui lui, tranquillisé, voit son
médecin agir avec le sourire. Ce traitement ne peut donc en aucun cas être efficace. C'est
plus qu'un placebo et trop bien trop cher
pour sa valeur... Que dire du médecin spécialiste, devenu homéopathe qui subitement a
stoppé le traitement de cortisone à trois enfants souffrant d'un
syndrome néphrotique. Cela avait fait grand bruit vers les années 75. Et que dire de ces
médecins qui soignent tout simplement les céphalées de leurs patientes porteuses de
métastases d'un cancer du sein en leur disant simplement que la maladie doit s'évacuer par
la tête. Ces faits m'amène à formuler une très méchante phase, à savoir « ces confrères
sont probablement des narcissiques..... » car ils craignent d'être agressés par les effets
secondaires et ne supportent pas du tout
les échecs thérapeutiques. C'est mon impression. La preuve scientifique concernant
l'efficacité de l'homéopathie ne pourra jamais être apportée vu que nous touchons ici aux
problèmes fondamentaux de notre psychisme et de nos relations psychologiques. Les
homéopathes disent: « c'est comme çà, vous, les scientifiques vous n'y comprenez rien ».
Les vrais scientifiques avancent pas à pas avec des suppositions, des preuves et ne sont
jamais sûrs à 100%. De plus, le langage entre scientifiques et homéopathes ressemble
beaucoup à deux droites gauches. Pour prouver l'inefficacité de ces traitements, il faut
prouver que ce semblant de théorie élaborée plus haut pourrait être valable.
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Annexe n°2
Nos entretiens :
-Médecin généraliste
-Médecin homéopathe n°1
-Médecin homéopathe n°2
-Médecin homéopathe n°3
-Médecin homéopathe n°4
-Homéopathe diathésique
-Homéopathe uniciste n°1
-Homéopathe uniciste n°2
-Pharmacienne spécialisée en homéopathie
89
Entretien avec un médecin (généraliste)
Que pensez-vous de l’homéopathie ?
Je pense que c’est quelque chose de bien si cela peut apporter soulagement et
satisfaction au patient. L’homéopathie est une médecine anthropologique dont la
relation thérapeute/patient est très développée et qui peut être très intéressante pour
certains patients. Elle permet une autogestion de la maladie par les patients avant de
venir consulter, et cela permet aux « faux malades » d’avoir une possibilité de se
sentir plus forts face à leur état et d’avoir une solution pour combattre.
Comment placer l’homéopathie dans le système de santé ?
Le fait de placer l’homéopathie ou d’autres médecines « naturelles » comme
complémentaire ou alternatif va dépendre des patients. L’homéopathie peut être
parfois utilisée en tant que branche de la médecine et être tout a fait bénéfique
lorsque patient en retire une satisfaction. Elle a acquis au fil du temps des
compétences dans la gestion de maladie chronique. Elle diffère de la médecine
conventionnelle par son discours qui est d’aider le corps à se défendre et non pas
d’intervenir dans le corps pour supprimer un pathogène.
Qu’elle est l’efficacité de l’homéopathie ?
Il est difficile d’évaluer son efficacité, car elle soigne souvent des patients avec des
maladies chroniques, voir incurables par la médecine conventionnelle. Les patients
se tournent alors vers l’homéopathie à la recherche d’une guérison que la médecine
conventionnaire ne peut plus lui offrir. L’homéopathie a certes un effet placebo, mais
celui-ci est plus élevé qu’un placebo normal, car il est travaillé (nécessité d’avoir « le
bon dosage » ; ainsi que l’importance de la prise en charge globale par le
thérapeute). De plus, on observe l’effet de la croyance de l’efficacité en particulier
chez les patients qui prennent de l’homéopathie en automédication.
Comment se fait-il que la population malgré toutes les études qui ont été publiées
sur l’efficacité, montrant l’absence d’un effet autre que le placebo continue à se
tourner vers l’homéopathie ? Ne sont-il pas au courant du débat au sujet de
l’efficacité ?
La population est au courant de ce débat, mais ne croit pas aux études qui détruisent
l’homéopathie. Elle a une croyance qui va au-delà de la science.
Qu’est ce qui attire les patients à avoir recours à l’homéopathie alors que la
médecine conventionnelle est de nos jours de plus en plus performante ?
-Un rejet politico-culturel de la médecine qui est pratiquée chez nous et donc le
besoin de chercher autre chose.
-Une attitude paranoïaque face à la médecine conventionnelle qui est « agressive »
et plus particulièrement face aux médicaments dits « toxiques ». D’où l’attrait pour
les remèdes de grand-mère qui ne sont pas toxiques.
- Les possibilités d’une auto-guérison, d’une autogestion de sa maladie, car
l’homéopathie agit en aidant le système immunitaire à se défendre et non pas en
attaquant le pathogène directement.
- Une volonté de garder le pouvoir.
90
-Une recherche de confiance qu’ils ont perdu avec la médecine conventionnelle
- Le temps pris lors de la consultation.
Qu’est ce que l’homéopathie apporte de plus aux patients que la médecine
conventionnelle ?
L’homéopathie est une pratique qui favorise l’aspect anthropologique et la prise en
charge globale du patient. Elle apporte à certains patients la confiance en soi dont ils
peuvent avoir besoin pour calmer certaines de leurs angoisses. De plus, ils ne se
sentent pas dépossédés du pouvoir par cette approche. Elle permet la prise en
charge de certains petits maux, ce qui est très bien pour éviter au patient de
paniquer et les rassurer. L’homéopathie est un outil qui peut éviter le « je suis
malade, donc je vais chez le docteur ».
Quels enseignements pourraient tirer la médecine conventionnelle de l’attrait des
patients pour l’homéopathie ?
La médecine traditionnelle s’est développée dans le cadre de personnes très
malades. De nous jours, nous sommes confrontés principalement à des personnes
pas trop malades et nous n’avons pas adapté les outils à disposition, c’est-à-dire que
la médecine n’est pas à l’aise avec des patients avec des « non maladies » où il y a
beaucoup à faire sur le plan relationnel. Si un enseignement doit être tiré, alors ce
serait d’augmenter l’efficacité de l’approche du patient dans sa globalité, mais peutêtre qu’il est aussi très bien de laisser à chacun sa spécialité. En effet, l’homéopathie
a son rôle à jouer dans la prise en charge des patients. Finalement la médecine
traditionnelle ne se pose pas assez la question de savoir ce que les homéopathes
peuvent apporter au corps médical ce qui est bien dommage.
Certains de vos patients prennent-ils de l’homéopathie ?
Oui, environ 10-20% à ma connaissance, mais je ne sais pas exactement car je ne
pose pas souvent la question.
Que conseillez-vous à vos patients au sujet de l’homéopathie ?
En ce qui me concerne je suis incompétent dans ce domaine et donc je ne l’utilise
pas. Je n’ai pas d’objection à ce que mes patients utilisent de l’homéopathie et pense
qu’ils doivent pourvoir exprimer librement leur choix. J’aime savoir si mes patients
prennent de l’homéopathie ou une autre médecine complémentaire en plus ou à côté
de mon traitement.
Il est déjà arrivé au docteur de se retrouver face à un patient qui venait le voir pour
un diagnostique et non pas un traitement, car il souhaitait se soigner avec ses
remèdes personnels et d’apprendre par la suite que le patient est allé mieux, parfois
même plus rapidement qu’avec les traitements qu’il aurait pu lui proposer, ce qui est
positif, car dans le fond ce qui est essentiel est que le patient se sente mieux peut
importe le traitement.
Pensez-vous qu’il y a des risques liés à l’homéopathie ?
Le risque principal est lié au rejet en bloc de la médecine conventionnelle, d’un
système de soins. Or, soigner un début de cancer avec des médecines douces : aïe !
Je ne pense pas qu’il y ait des risques liés à des interactions médicamenteuses, car
il n’y a pas de trace de substances actives dans homéopathie.
91
Pensez-vous qu’il y a des risques liés à la prise en automédication de
l’homéopathie ?
Non, c’est plutôt une bonne chose, car cela permet aux patients pas vraiment
malades de se prendre en charge par eux-mêmes et évite qu’ils viennent consulter
« pour rien ». En plus cela procure aux patients un sentiment de contrôle, de
confiance et de puissance sur leur état, ce qui est une bonne chose. L’homéopathie
se prête bien à l’automédication, car elle n’est pas trop poison et n’embête donc pas
trop le docteur si elle est utilisée, donc pourquoi pas si elle peut faire du bien au
patient. L’unique risque qu’il y aurait avec l’automédication serait de retarder la
consultation dans un cas nécessitant une prise en charge par la médecine
conventionnelle. Ce problème vient en grande partie de la stigmatisation de
l’homéopathie par la médecine conventionnelle.
Avez-vous pu constater si la population se traitant à l’homéopathie est moins
vaccinée que la population générale ?
Oui, car les campagnes anti-vaccinations sont souvent liés à l’homéopathie. Il y a
deux raisons à cela : la première vient du rejet du business fait autour des vaccins.
La deuxième est l’absence dans nos contrées des maladies graves pour lesquels un
vaccin existe, et donc on ne voit plus que les effets secondaires des vaccins et plus
les séquelles de ces maladies…De plus, la vaccination est une pensée de santé
publique, on se vaccine par civisme, ce qui va à l’encontre de la pensée très
individualisé qu’à l’homéopathie.
Discussion autour de la vaccination :
Le médecin a un devoir d’information si quelqu’un l’interroge au sujet de vaccination.
Il a une responsabilité de santé publique. Le problème avec la vaccination est qu’ici
on est en bonne santé donc il y a moins de risques de faire des séquelles en cas de
maladie. Certaines personnes cessent alors de se faire vacciner et de faire vacciner
leurs enfants. Cependant, il ne faut pas oublier que nous voyageons et dans les pays
en voie de développement les personnes sont en moins bonne santé et donc les
séquelles suite à des maladies sont beaucoup plus grave, donc chacun à quelque
part sa part de responsabilité et il ne s’agit pas de penser confort individuel, mais
santé publique avant toute chose.
Entretient avec un médecin homéopathe (n°1)
Qu’est ce qui vous a poussé à compléter votre cursus de médecine par une
formation en homéopathie ?
92
Par hasard. Sur conseil de ses parents qui se soignaient eux-mêmes à
l’homéopathie et qui l’ont encouragé à suivre des séminaires sur celle-ci une fois ses
études de médecine terminées. Au début, il se posait beaucoup de questions et on
lui conseilla de passer à la pratique et constater par lui-même les résultats. Son
premier cas était un enfant avec une double otite suppurée chronique. Il le traita avec
de l’homéopathie et celui-ci guérit. Toute la famille se sentit alors mieux. De plus, le
pédiatre qui suivait cet enfant, surpris de ce résultat, entama alors une formation en
homéopathie. Une autre raison qui la poussé à étudier l’homéopathie est que c’est
une médecine « écologique ».
Quelle est la place de l’homéopathie dans le système de santé ?
Tout problème de santé suit la même évolution :
Santé → sensation → fonction → lésion.
Chaque fois que l’on passe à l’étape suivante cela signifie que la précédente a
échouée. L’homéopathie est une médecine avec une façon de penser et
d’appréhender les choses différentes de la médecine conventionnelle. Elle respecte
l’anthropologie27 et sera efficace sur tout ce qui précède la lésion de l’organe. Elle
devrait avoir sa place comme n’importe quelle autre spécialité de la médecine et ne
devrait être ni complémentaire, ni alternative à la médecine conventionnelle.
L’homéopathie agit en amont de l’allopathie, comme l’éducation agit avant la
psychiatrie et l’antibiothérapie agit avant la chirurgie dans le cas d’une angine
chronique. L’homéopathie n’agit pas sur le traitement des symptômes en soi, mais
plutôt sur l’origine de la pathologie. En effet il n’est pas nécessaire de couper la
fièvre mais de comprendre d’où elle provient et pourquoi elle survient à ce moment
là. Elle ne s’attaque pas aux pathogènes, mais aide le système immunitaire à y faire
face.
Qu’est ce qui attire les patients à avoir recours à l’homéopathie alors que la
médecine conventionnelle est de nos jours de plus en plus performants ?
-Le mot « naturel », alors même que certains remèdes peuvent être très toxiques,
comme l’arsenic.
- Les patients aiment les plantes.
- les patients n’aiment pas l’hôpital et les grandes boîtes pharmaceutiques telles que
Novartis qui font du business.
- Les patients n’ont pas de crainte d’effets indésirables avec les traitements
homéopathiques.
- La lassitude des traitements qui ne marchent pas sur eux.
- Une déception face à la médecine conventionnelle qui soigne les maux en surface,
mais pas en profondeur (récurrence de certaines maladies)
- Recherche d’une autre ambiance, de quelque chose de différent pour soulager
leurs maux.
Le côté relationnel serait une conséquence de la consultation homéopathique, mais
pas forcément une demande des patients lorsqu’ils viennent consulter pour la
première fois.
27
Déf. Wikipédia : L’anthropologie est une discipline des sciences humaines et des sciences naturelles,
qui étudie l’être humain sous tous ses aspects, sociaux, psychologiques, culturels, et physique
(anatomie, physiologie, pathologie, évolution)
93
Qu’est ce que l’homéopathie apporte de plus que la médecine conventionnelle aux
patients ?
L’homéopathie apporte quelque chose de différent aux patients. Elle offre une
nouvelle approche, une nouvelle manière d’aborder les problèmes par une vision
beaucoup plus globale des choses. En effet, elle ne soigne pas le rhume du patient
mais le patient lui-même dans toute sa dimension.
A votre avis quels enseignements pourrait tirer la médecine traditionnelle de l’attrait
des patients pour l’homéopathie ?
La médecine traditionnelle doit commencer par changer sa philosophie, sa manière
de voir les choses et accepter la vision de l’homéopathie qui cherche non pas à tuer
un pathogène mais aider le corps à se défendre. Le problème actuellement avec la
médecine traditionnelle est qu’elle est trop parcellaire et dès lors ne peut pas faire de
la médecine globale.
Comment se passe le suivi de vos patients, reviennent-ils régulièrement ou, une fois
qu’ils ont trouvé le remède qui leur convient, le prennent-ils en automédication ?
Une très grande proportion des patients ne revient pas car ils vont mieux et
continuent à prendre de l’homéopathie en automédication (80 à 90% des patients).
L’idéal serait en effet de pouvoir revoir ces patients au moins une fois par année pour
faire un bilan, comme on le fait chaque année avec les voitures que l’on amène chez
le garagiste pour la vidange, mais ce n’est pas malheureusement pas le cas.
Lors de vos consultations homéopathiques, les patients viennent-ils vous demander
quelque chose de spécifique (liberté) ou attendent-ils d’être pris en charge (de
manière paternaliste) ?
Cela dépend beaucoup du patient. Les consultations peuvent être dirigée ou non.
Pour moi une consultation réussie est une consultation où je n’ai pas trop parlé et
surtout écouté mes patients ce qui n’est pas toujours facile, car il faut leur expliquer
en quoi consiste.
Quels types de maux traitez-vous avec l’homéopathie ?
Des maux aigus aux pathologies chroniques ne mettant pas en jeu la fonction vitale
des organes nobles. Le médecin ne remet pas en question la nécessité des autres
domaines de la médecine, n’hésitant pas d’envoyer ces patients chez un cardiologue
si nécessaire. Si des organes vitaux sont atteint (reins dans le cas d’une
pyélonéphrite) il ne soigne pas à l’homéopathie et envoie ses patients à l’hôpital.
Pensez-vous qu’il y a des risques à prendre de l’homéopathie ?
Oui, si l’homéopathie est mal utilisée. En effet, bon nombre de patients pensent qu’ils
doivent continuer à prendre leur remède même s’ils vont mieux, alors que ce n’est
pas le cas.
De plus elle comporte les mêmes risques que la médecine
conventionnelle, à savoir que les patients prennent leur remède sans
nécessairement réfléchir sur l’origine de leur mal (en particulier avec
l’automédication), d’où le problème de récidive parfois… Par ailleurs, les patients
pensent que parce que l’homéopathie est une médecine dite « naturelle », ils
peuvent tout soigner, tout le temps, or ce n’est pas nécessaire. Quand un enfant
tombe il n’est pas nécessaire de se précipiter pour lui donner de l’arnica, il peut très
bien faire « un bleu »
94
Pensez-vous qu’il existe des risques liés à l’utilisation en automédication de
l’homéopathie ?
Il y a un risque de retarder le moment de la consultation. Je ne suis pas très pour
l’automédication.
Avez-vous pu constater si les patients se traitant avec de l’homéopathie sont moins
vaccinés que la population générale ?
Aujourd’hui, on vaccine les enfants pour libérer les parents d’un travail, c’est-à-dire
de veiller à leur progéniture quand celle-ci est malade. Or on vit dans une société où
les parents ne peuvent pas prendre un jour de congé pour s’occuper de leur enfant.
Alors si les enfants sont vaccinés, on évite qu’ils tombent malades et on évite du
travail pour lequel les parents n’ont vraisemblablement de nos jours plus le temps.
On observe le même phénomène dans les EMS : on vaccine contre la grippe, non
pas « réellement » pour protéger la personne de celle-ci mais afin de libérer le
personnel d’un travail. Ne vaudrait-il pas mieux laisser les personnes faire leur grippe
et surveiller les patients pour prévenir toutes complications ?
Que conseillez-vous à vos patients au sujet de la vaccination :
Je leur dis que je les prendrai en charge même s’ils ne sont pas vaccinés. Je les
informe qu’ils peuvent se faire vacciner s’ils le souhaitent, mais qu’ils ne sont pas
obligés. J’envoie les parents qui veulent faire vacciner leur enfant chez le pédiatre
car je n’ai pas les produits à disposition chez moi. De plus, je dis aux patients qu’ils
peuvent à n’importe quel moment changer d’avis au sujet de la vaccination et se faire
vacciner par la suite. La vaccination sert aussi à rassurer des parents angoissés,
alors si le fait de vacciner peut les aider, tant mieux.
Discussion générale sur l’homéopathie :
L’homéopathie est une aide dans certains cas, mais il faut aussi laisser agir la
nature : faire une grippe n’est pas une mauvaise chose. Elle peut permettre de
résoudre indirectement d’autres problèmes de santé tels que ceux liés au sommeil, à
l’alimentation. Il y a les bonnes grippes où les patients se sentent mieux après celleci (car par exemple ils dorment alors mieux) et les mauvaises grippes où les patients
se sentent moins bien qu’avant la maladie. Si un de ses patients à la grippe donc, il
préfère laisser la nature faire les choses, mais prend soin de vérifier au fur et à
mesure l’évolution de la maladie et plus particulièrement l’état du patient après celleci. Il a souvent pu constater que faire une grippe peut permettre de résoudre des
problèmes de santé chronique, liés à une mauvaise hygiène de vie. Pour le docteur,
la maladie aigue est une prévention des maladies chroniques. En effet, parfois le
corps et l’esprit ont besoin d’une pause et la maladie est à interpréter comme un
signal d’alarme. La personne peut avoir besoin de se retirer momentanément de la
société et il faut laisser faire, sinon le risque est qu’il finisse chez le psychiatre faute
d’un break à temps pour résoudre ses problèmes. Les maladies d’enfance serait
pour lui une nécessité, n’arrivant pas n’importe quand, mais à un moment ou l’enfant
à besoin de prendre du recul (suite à chagrin ou un conflit etc.). Il ne faut donc pas
tout soigner et laisser l’organisme faire son boulot. Le docteur a pu constater que les
parents consultent souvent avec leur 2e enfant car ils ne veulent pas faire comme
avec le premier.
Un autre thème abordé a été celui de l’éducation des patients. Il faut leur apprendre
à réfléchir sur l’origine de leur mal plutôt que de sauter sur la boîte d’imodium dès
qu’ils ont un peu de diarrhée. En effet, la guérison n’est pas égale à la suppression
95
des symptômes. Il faut que les patients s’interrogent sur l’origine de leur mal et sur
leur hygiène de vie (ont-ils une alimentation correct ? dorment-ils assez ?). Les
patients deviennent souvent malades de par leur ignorance. Finalement, il faut
toujours garder à l’esprit qu’en homéopathie on ne soigne pas une migraine, mais un
patient avec une migraine.
Entretien avec un médecin homéopathe (n°2):
Qu’est ce qui vous a poussé à compléter votre cursus de médecine par une
formation en homéopathie ?
A été séduite par la forme de pensée de l’homéopathie et son approche des patients,
à savoir le traitement du patient dans sa globalité. De plus, l’homéopathie a une
démarche centrée sur la psychologie du patient domaine qui la toujours beaucoup
intéressée.
Quelle est la place de l’homéopathie dans le système de santé ?
L’homéopathie est complémentaire à la médecine conventionnelle, et peut donc être
utilisé si nécessaire en même temps qu’un traitement conventionnel. Elle est très
96
utile en particulier pour soigner les maux où on peut attendre un peu, à savoir ceux
ne mettant pas en jeu la vie.
Qu’est ce qui attire les patients à avoir recours à l’homéopathie alors que la
médecine conventionnelle est de nos jours de plus en plus performants et qu’est ce
que l’homéopathie apporte de plus que la médecine conventionnelle aux patients ?
-Crainte des antibiotiques en particulier chez les patients avec des infections
chroniques (ex : otite).
-Déception avec la médecine conventionnelle, impuissante à soulager de manière
satisfaisante leurs maux (limites de la médecine conventionnelle)
-Ne se sentent pas compris par la médecine conventionnelle.
-Approche plus globale, centrée sur la personne.
-Qualité de l’écoute : les patients se sentent pris au sérieux.
-Les patients se sentent mis en valeur, écoutés, car leur homéopathe a besoin d’un
descriptif précis de leurs symptômes. De plus, ils peuvent avoir le sentiment de par
ce rôle d’observateur qui est très important en homéopathie d’avoir plus d’emprise
sur leur maladie. Ils sont dès lors plus impliqués dans leur prise en charge et la
décision du traitement à mettre en place de par ce rôle d’observateur qui n’est pas
passif du tout et primordial en homéopathie (plus de liberté de choix).
A votre avis quels enseignements pourrait tirer la médecine traditionnelle de l’attrait
des patients pour l’homéopathie ?
-Prendre davantage au sérieux le patients dans leurs plaintes
-Ouverture d’esprit, car l’homéopathie n’est pas une médecine compétitive de la
médecine conventionnelle, mais complémentaire.
-Ne pas éduquer les patients avec la peur
-Ne pas utiliser trop vite de grand arsenal thérapeutique car celui-ci n'est pas
toujours nécessaire.
Comment se passe le suivi de vos patients, reviennent-ils régulièrement ou, une fois
qu’ils ont trouvé le remède qui leur convient, le prennent-ils en automédication ?
Effectivement, il y a le risque qu’ils ne reviennent plus et se soignent par la suite en
automédication, si on trouve le remède qui leur correspond exactement, mais c’est
rarement le cas. L’autre risque serait qu’ils ne reviennent pas, voir même qu’ils
consultent un autre médecin, ayant utilisé le remède prescrit la fois précédente et
n’obtenant pas le résultat escompté (leur mal actuel n’étant pas traitable avec le
même remède que la dernière contrairement à ce qu’ils pensaient et ils n’osent pas
appeler l’homéopathe pour lui dire que le traitement qu’ils essaient ne marchent pas
cette fois alors qu’il avait très bien fonctionné sur eux par le passé…) D’où
l’importance d’éduquer le patient, afin qu’il ose dire à son homéopathe que tel ou tel
traitement ne fonctionne,pour que celui-ci puisse changer le dosage, voir carrément
changer de remède si nécessaire.
Lors de vos consultations homéopathiques, les patients viennent-ils vous demander
quelque chose de spécifique (liberté) ou attendent-ils d’être pris en charge (de
manière paternaliste) ?
Les patients aiment le côté moins paternaliste et plus ouvert à la négociation du
traitement qu’il y a en homéopathie.
Quels types de maux traitez-vous avec l’homéopathie ?
97
-Surtout infectieux (+++ sphère ORL) à répétition
-Allergies
Pensez-vous qu’il y a des risques à prendre de l’homéopathie ?
De manière globale non. Il y a un risque d’aggravation sans amélioration, mais c’est
plutôt rare. Un des seul risque « bien connu » avec l’homéopathie est celui des
saignements plus abondants lors d’opération si le patient a pris de l’arnica en
préopératoire.
Pensez-vous qu’il existe des risques liés à l’utilisation en automédication de
l’homéopathie ?
Eventuellement celui en effet de retarder la consultation et celui de discréditer
l’homéopathie, si cela ne fonctionne pas, ce qui peut facilement arriver puisque les
remèdes ne sont alors pas individualisé (ex. Similasan). Or un des principes
fondamentaux de l’homéopathie est l’individualisation des traitements.
Comment comprendre le phénomène de l’automédication en particulier avec
l’homéopathie ? Pourquoi y a-t-il autant de patients qui prennent des remèdes
homéopathiques en automédication ?
-L’automédication est bien entretenue par les pharmaciens qui conseillent les
patients.
- Le bouche à oreille
-Les gens ont recours à ce moyen de traitement (automédication) quand ils ne sont
pas trop malades.
Avez-vous pu constater si les patients se traitant avec de l’homéopathie sont moins
vaccinés que la population générale ?
Oui. En effet, l’homéopathie véhicule plus de critiques au sujet de la vaccination et
n’est pas toujours favorable à celle-ci. Il arrive que les homéopathes conseillent dans
certains cas de retarder l’âge de la vaccination. La crainte principale des
vaccinations pour les homéopathes est celui de les faire chez des enfants avec
clairement un terrain atopique (pour les allergies), car les vaccins pourraient alors
déstabiliser un terrain déjà fragile.
Discussion au sujet de la vaccination :
Il existe des effets secondaires aux vaccins bien connus des homéopathes à savoir,
les allergies s’il existe chez le patient un terrain d’atopie.
L’homéopathie peut en effet proposer aux patients de se préparer à recevoir la
vaccination et procéder à un drainage ensuite (avec de très hautes dilutions du
vaccin)
Qu’est-ce qui pousse un patient à consulter un médecin homéopathe plutôt qu’un
homéopathe non médecin ?
Lui permet d’éviter le yo-yo entre le médecin et l’homéopathe qui peuvent en plus
leur prescrire des traitements différents. Leur permet d’être pris en charge pas une
seule personne ce qui peut être plus facile dans certain cas, car l’homéopathe qui est
alors aussi le médecin sait plus précisément où il en est avec les traitements de ses
patients.
98
Entretien avec un médecin homéopathe (n°3)
Quelle est la place de l’homéopathie dans le système de santé ? L’homéopathie fait
partie des médecines dites complémentaires et donc comme toute médecine a ses
limites. Par exemple, on ne peut pas traiter une pyélonéphrite avec des remèdes
homéopathiques.
Qu’est ce qui attire les patients à avoir recours à l’homéopathie alors que la
médecine conventionnelle est de nos jours de plus en plus performants ?
La médecine conventionnelle est devenue de plus en plus impersonnelle et celle-ci
ne convient donc plus à certaines personnes qui ont alors recours à d’autres types
de médecine où la prise en charge et les traitements sont beaucoup plus
personnalisés. Ce qu’il faut également savoir c'est que les personnes qui ont recours
à l’homéopathie sont issues des classes élevées de la société et souhaitent se
prendre par elles-mêmes en charge. C’est pourquoi, avant de venir consulter elles se
renseignent et désirent avoir leur mot à dire lors des consultations. Un autre
phénomène en jeu dans l’augmentation du nombre de personnes ayant recours à
l’homéopathie est le bouche à oreille. Finalement, les personnes aiment de moins en
moins « le chimique », et plus particulièrement sont très réticentes aux antibiotiques.
99
A propos des antibiotiques :
Il est intéressant de noter que quand un médecin qui est homéopathe prescrit des
antibiotiques à ses patients, contrairement à ce qu’on pourrait attendre ceux-ci sont
beaucoup plus compliants au traitement que la majorité des patients. En effet, ils
savent que si le médecin a recours aux antibiotiques c’est qu’il n’y a pas d’autres
solution, car celui n’a pas recours aux antibiotiques pour traiter n’importe quel petit
mal comme c’est malheureusement souvent le cas.
Qu’est ce que l’homéopathie apporte de plus que la médecine conventionnelle aux
patients ?
Elle est beaucoup plus ouverte à la discussion et prend du temps pour expliquer aux
patients ce qu’ils ont envie de savoir. De plus, de nos jours, la médecine doit faire
beaucoup de social et traite bon nombre de problèmes d’origine psychosomatique, or
la médecine conventionnelle n’est pas préparée à ceci, alors que les homéopathes
offrent à leurs patients un espace de discussion pour les problèmes personnels et
une écoute structurée.
A votre avis quels enseignements pourrait tirer la médecine traditionnelle de l’attrait
des patients pour l’homéopathie ?
La médecine conventionnelle est trop technique et ne donne pas assez
d’explications à ses patients. Or, comment ceux-ci peuvent-ils alors donner leur
consentement libre et éclairé ? Elle doit apprendre à reconnaître ses limites en
particulier dans la prise en charge de maux chroniques, être plus ouverte à d’autres
pratiques et finalement prendre plus de temps pour discuter et être à l’écoute de ses
patients. Voici une petite illustration d’un malentendu qu’il peut y avoir quand on ne
prend pas le temps et que l’on ne fait pas attention à ce que l’on dit à ses patients:
Une patiente de 70 ans, avec une leucémie, participant chaque année à la coupe
Noël. L’oncologue avant que la patiente rentre chez elle, lui dit : « profitez bien de la
coupe Noël ». Celle-ci pendant des mois rumina cette phrase, car elle croyait que ce
qu’avait voulu dire l’oncologue était que c’était sa dernière coupe Noël ce qui n’était
pas le cas. Celui-ci lui avait sans doute dit cela, car il trouvait formidable qu’elle fasse
cette course.
Pensez-vous qu’il y ait des risques à prendre de l’homéopathie et plus
particulièrement de hautes dilutions?
Oui, il existe si le choix du remède et la dilution est mauvais un risque d’aggravations
sérieuses.
Qu’est-ce qui poussera les patients à se soigner en automédication plutôt qu’à venir
consulter un homéopathe ?
Cela dépendre en grande partie du degré de leur souffrance. Les personnes
peuvent aussi avoir envie de consulter afin de déléguer leur prise en charge, dont ils
ne veulent pas être à 100% responsables.
Que conseillez-vous à vos patients au sujet de la vaccination :
Je ne leur déconseillerai jamais la vaccination, mais je n’ai pas ce problème de choix
face à la vaccination, car je ne m’occupe pas de la prise en charge des enfants.
100
Avez-vous pu constater si la population se traitant à l’homéopathie est moins
vaccinée que la population générale ? Un des arguments pour les campagnes de
vaccination est la santé publique, qu’en pensez-vous ?
Il est possible que la population ayant recours à l’homéopathie soit moins vaccinée
que la population générale. Le problème est que l’homéopathie, les homéopathes ne
sont pas soutenus par la société, ne sont pas reconnus par celle-ci, alors pourquoi
raisonnerait-on en termes de santé publique ? La tendance actuelle, il est vrai, est de
choisir quels vaccins on fait. Les personnes seront en général très peu réticentes à
la vaccination contre la poliomyélite et le tétanos car ce sont des maladies graves et
qui font peur. En revanche, la rougeole, la rubéole et les oreillons sont souvent
considérés comme bénignes. C’est pourquoi, on sera plus sélectif avec le choix de
ces vaccins, c’est-à-dire que l’on vaccinera une fille pour la rubéole, mais pas pour
les oreillons et vice-versa. En ce qui me concerne, j’estime que c’est aux personnes
de décider pour elles-mêmes ; faire peur aux gens pour qu’ils suivent des directives
est malhonnête.
Discussion par mail avec un médecin homéopathe (n°4)
Qu’est ce qui vous a poussé à compléter votre cursus de médecine par une
formation en homéopathie ?
« L'insatisfaction permanente face au diagnostic d'affection psychosomatique. A mon
époque, en 1982, date de mon final et début de mon assistanat, la Psychosomatique
n'en était qu'aux balbutiements. Certains d'entre nous acceptaient d'envisager ce
type de diagnostique, mais la réponse thérapeutique était totalement insatisfaisante.
Si on était somaticien, on répondait de toute façon avec des tonnes de pilules qui ne
réglaient rien et tout recommençait bien souvent dès l'arrêt des comprimés. Si on
était psychiatre on entreprenait une thérapie analytique, ce qui coinçait le patient
chez le psy pendant des années pour certains, alors que d'autres choisissaient la
fuite face à l'attitude des médecins psy. De toute façon aucun traitement spécifique
n'était entrepris. J'ai connu l'homéo avec une amie, qui avait fait la formation. Elle me
parlait de l'unité du corps et du psychisme, du fait que le choix du remède dépendait
de l'ensemble des symptômes et guérissait l'ensemble des symptômes. Comme
j'étais très sceptique, j'ai commencé les cours de première année. J'ai fait d’abord de
la médecine vétérinaire et, ô surprise, ça marchait. Cela m'a aidé à lâcher prise sur la
fameuse théorie de tous les interniste que l'homéo force l'effet placebo.
Effectivement j'ai soigné le chien d'une patiente cancéreuse, qui était décédée. Son
mari me raconta que le chien était perdu, creusait des trous dans le jardin, ne
dormait plus et pleurait sans cesse. Je lui ai donné Ignatia avec un effet fulgurant
dans les 12 heures qui ont suivi. J'étais surprise en bien. J'ai donc continué pour finir
avec le diplôme. »
101
Qu'est ce qui, à votre avis, attire les patients a avoir recours à l'homéopathie alors
que la médecine conventionnelle est, de nos jours, de plus en plus efficace?
-l'écoute.
-l'intérêt pour l'ensemble des plaintes de l'homéo.
-des remèdes sans effet chimique, mais avec clairement un effet énergétique,
malheureusement non documenté.
-le peu d'effets secondaires.
-une certaine facilité pour l'auto médication car justement peu de risques d'effets
toxiques.
Qu'est ce que l'homéopathie apporte de plus aux patients que la médecine
conventionnelle ?
« La vue d'ensemble de la personne, de son vécu et de sa souffrance. Depuis que je
pratique l'homéo, j'ai cette vue indifféremment pour une personne traitée par
allopathie seule, homéo ou alors avec un traitement mixte. Le médecin accepte aussi
généralement de façon plus "humble", de collaborer avec le patient dans le choix du
traitement. Sauf quelques rares homéo extrêmes, on est tous très ouverts et aptes
au partenariat avec le patient. Tout se discute: régime versus hypolipémiant,
antibiotique versus homéopathie.... »
A votre avis quels enseignements pourraient tirer la médecine conventionnelle de
l'attrait des patients pour l'homéopathie?
- Ne pas morceler les malades mais être à l'écoute de leur souffrance.
-Primum non nocere!
-Une médecine de la personne : en allopathie on a tendance de plus en plus à faire
des "guide lines", des campagnes de traitement de masse ( vaccinations) dans une
idée d'économie et de santé communautaire. Dans ce type d'approche la personne
malade ou saine ne se reconnaît pas. Je pense par exemple à la nouvelle campagne
de vaccination contre le cancer du col de l'utérus. As-tu déjà compté combien de fille
on vaccine pour rien car elle n'auront pas de cancer, ceci pour en protéger un millier
par an, qui auront le cancer. N'oublions pas que la meilleure protection est le
préservatif. Que le risque de cancer sur rapport non protégé est associé au risque de
maladie sexuellement transmissible et sida et hépatite B...
-Retrouver la vraie valeur de la médecine, se détacher du bénéfice financier et se
rapprocher du bénéfice du malade : Je pense qu'en homéo les firmes ne se font pas
beaucoup de fric, donc l'attitude est peut être plus proche de l'intérêt personnel du
patient plutôt que du tiroir caisse d'un gros trust comme Novartis!
Pensez-vous qu’il y a des risques à prendre de l’homéopathie (interaction
médicamenteuse, délai dans la consultation)?
Il existe un risque à utiliser de l’arnica avant les opérations, car alors il y une
augmentation des saignement.
Pensez-vous qu’il existe des risques liés à l’utilisation en automédication de
l’homéopathie ?
Il existe un risque de retarder le moment de consultation avec l’automédication, c’est
pourquoi, il est important d’acquérir une formation en automédication afin que celle-ci
soit faite correctement. Il faut apprendre au patient à reconnaître les symptômes
graves nécessitant une consultation rapide, des symptômes anodins. Ceux-ci doivent
102
apprendre à connaître leurs limites et apprendre à donner leur juste valeur aux
symptômes, soit acquérir une notion d’échelle de gravité des symptômes.
Entretien avec un homéopathe diathésique (non médecin)
Qu’est-ce que l’homéopathie diathésique ?
L’homéopathie diathésique est liée au système chinois qui se base sur l’énergétique
et qui a au centre de sa réflexion la question de savoir pourquoi un symptôme
apparaît à ce moment-là, dans ces conditions.
Qu’est ce qui vous a motivé à devenir homéopathe ?
L’homéopathie diathésique est plus intéressante et raisonnable que de faire un
traitement symptomatique comme le fait la médecine conventionnelle.
En effet, s’il se passe quelque chose ce n’est jamais par hasard. Il y a toujours une
raison à la présence d’un symptôme et il faut pour pouvoir véritablement guérir le
patient trouver l’origine de ceux-ci.
Quelle est la place de l’homéopathie dans le système de santé ?
L’homéopathie doit être complémentaire à la médecine conventionnelle et les
partenaires de santé devraient plus collaborer ensembles. La médecine
conventionnelle est efficace dans des situations d’urgence (ex : infarctus) alors que
homéopathie est efficace dans les traitements aussi bien des maux aigus (otite) que
chroniques et a donc tout à fait sa place dans le système de santé. C’est pourquoi
ces deux types de médecine ne sont pas incompatibles.
La médecine conventionnelle fera un traitement symptomatique, c’est-à-dire que
pour un patient qui à trop de cholestérol, il donnera des statines et à un patient
hypertendu, il donnera un hypotenseur. Alors qu’un homéopathe cherchera à
comprendre avant tout la cause de l’hypertension (alimentation, hygiène de vie,
activité physique). En effet, ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de symptômes que le
patient est guéri.
Qu’est ce qui attire dans l’homéopathie ?
-La prise en charge très différente et beaucoup plus recherchée que la médecine
conventionnelle. En effet, le questionnement du patient à une place très importante
en homéopathie pour trouver le remède allant dans le sens du patient… De plus, la
103
médecine conventionnelle est une médecine de l’organe (qui change les organes
défectueux), alors que l’homéopathie est une médecine de la fonction (qui remonte
aux origines du problème)
-L’humanisme : l'homéopathie est une médecine humaniste qui prend le patient de
manière globale.
-L’écoute du patient et plus particulièrement sa qualité. L’homéopathe doit avoir une
très bonne écoute, faire parler son patient pour mieux le comprendre et découvrir
qu’elle est le remède qui le correspondra. « Faites parler le patient et il vous donnera
par lui-même son remède. »
-La simplification de la prescription. Dans le protocole d’homéopathie diathésique,
on ne peut prescrire qu’un remède à la fois. Il faut attendre de voir les résultats pour
savoir si oui ou non il s’agissait du bon remède (celui qui correspondait au patient).
Dans la médecine conventionnelle, les prescriptions sont compliquées.
- Rejet de la médecine conventionnelle qui est agressive (ex : cortisone pour traiter
un eczéma, puis ventolin pour traiter un asthme).
-Le temps : La médecine conventionnelle ne prend pas le temps d’écouter le patient
(consultations qui durent un quart d’heure !!!)
Quels enseignements pourraient tirer la médecine conventionnelle de la pratique
homéopathique ?
-La médecine conventionnelle devrait se poser plus de questions de réflexion et avoir
une plus grande ouverture d’esprit.
-Ce n’est pas parce que l’homéopathie n’est pas scientifique basé sur des preuves
qu’elle n’est pas efficace. L’homéopathie est un système de pensée différent, pour
qui ce qui compte est l’information (le message délivré au corps)
-Réfléchir à l’origine du problème avant de couper tous les symptômes avec des
médicaments. En effet, ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de symptômes que l’on est
guéri.
« Il faut toujours se dire que quelque chose qui dure depuis longtemps n’est pas
normal : une fatigue chronique n’est pas normal, il faut aller cherche la cause de
celle-ci »
Qui sont vos patients et comment se passe le suivi?
Il s’agit d’une population rebelle face au système de soins, essentiellement des
patientes aisées avec une grande proportion de femmes enceintes qui ne veulent
pas que leur enfant soit suivi chez un pédiatre qui vaccinera leur enfant. Pour ce qui
est des patients masculins, il y en a très peu. Il s’agit soit de sportifs, soit des
patients angoissés quant à leur impuissance sexuelle.
Pour ce qui est du suivi, ce sont des patients réguliers et souvent s’il on traite un
bébé, il faudra aussi traiter la mère et parfois d’autres membres de la famille finissent
par venir au cabinet. Parfois les dérapages de la médecine allopathique peuvent
compliquer la prise en charge du patient.
Quels types de maux traitez-vous ?
Des pathologies très différentes :
-Pour les enfants, ce sont souvent des problèmes d’allergies (eczéma), puis asthme.
« Il faut cesser de soigner l’eczéma avec des crèmes à la cortisone car on ne guérit
pas le patient, au contraire la maladie disparaît certes en surface mais entre alors à
l’intérieur de l’organisme générant plus tardivement de l’asthme… »
104
-Des phénomènes aigus : otites, refroidissements, problèmes psychiques (que l’on
peut facilement régler par une solution énergétique)
-Des pathologies chroniques : douleurs persistantes, mais aussi des pathologies
plus graves comme des cancers (seins et côlon) en complément à la chimiothérapie.
« La plupart du temps ces cancers apparaissent suite à un choc émotionnel
important ou une intoxication aux métaux lourds dans le cas par exemple du cancer
du sein. »
« Je ne prétends pas guérir un cancer. »
-Tout autre problème. Un homéopathe cohérent n’est pas habilité à savoir si
l’affection est grave ou non et doit demander à son patient pour une douleur à la
poitrine s’il a vu un cardiologue avant de venir et s’il a fait un ECG, car l’homéopathie
n’est pas en mesure de soigner un patient avec une insuffisance cardiaque.
Pensez-vous qu’il y a des risques à prendre de l’homéopathie ?
On ne peut pas parler de médecine douce avec l’homéopathie. Certes l’homéopathie
reste « inoffensive» à de basses dilutions, mais attention aux effets nocifs avec les
hautes dilutions. Cela peut dérégler et engendrer des décompensations du système.
De plus, on peut faire apparaître des symptômes. C’est pourquoi, un homéopathe
sérieux ne devrait pas donner trop vite de haute dilution. Il faut savoir en plus, qu’un
remède efficace doit agir vite. Pour lui, la prescription de plusieurs remèdes
homéopathiques à prendre en même temps est à considérer comme du
« charlatanisme »
Pensez-vous qu’il y a des risques liés à l’automédication homéopathique?
L’automédication n’est pas nécessairement une bonne chose, car ces personnes
disent ensuite que l’homéopathie ne marche pas, mais en vérité c’est qu’ils n’avaient
pas le bon remède au bon moment. Certes, si on a de la chance, on peut
directement tomber sur le bon remède, sinon l’homéopathie peut être tout
simplement inefficace. Il est vrai qu’un des risques de l’automédication serait de
passer à côté de quelque chose de grave,d’où l’importance de consulter si les maux
présents persistent. Il faudrait que la population soit plus informée pour pratiquer
correctement l’automédication homéopathique.
Que pensez-vous de la vaccination et qu’en dites-vous à vos patients ?
La vaccination est une agression immunologique majeure que l’on impose à des très
jeunes enfants dont le système immun n’est pas préparé. Elle provoque donc
souvent des phénomènes d’allergie atopique chez les enfants, difficile alors à traiter.
Il y a beaucoup trop de risques liés à la vaccination. De plus certaines maladies sont
tout à fait bénignes, comme la rougeole. « Si vous regardez les courbes de
vaccination de la rougeole vous verrez qu’elles suivent parfaitement celle de
l’autisme… ».Bien entendu, si un patient me demande mon avis au sujet de la
vaccination, je ne lui dis pas si je suis pour ou contre, mais je lui donne des
documents ou références à consulter sur le sujet afin qu’il se responsabilise.
Avez-vous pu constater si les patients se traitant avec de l’homéopathie sont moins
vaccinés que la population générale ?
En effet, la population prenant de l’homéopathie est moins vaccinée que la
population générale, car elle peut prendre une décision en connaissance de cause.
Pourquoi un patient consulte-t-il un homéopathe plutôt qu’un médecin homéopathe ?
105
-Certainement le bouche à oreille.
-En ce qui me concerne j’ai un site internet
Pour vous, est-il important d’être suivis par un homéopathe ?
Il est important d’être suivi par un homéopathe pour trouver le bon remède.
Entretien avec un homéopathe unciste (non médecin)
Quelle est la place de l’homéopathie dans le système de santé ?
Selon le contexte, elle peut être soit complémentaire (par exemple de confort en cas
de cancer traité par chimio ou radiothérapie) soit alternative (se suffire à elle-même).
L’homéopathie est une médecine de première instance efficace dans les maladies
aiguës réactionnelles et virales et dans toutes les maladies chroniques fonctionnelles
et mêmes chroniques évolutives pour autant qu’il n’y ait pas de lésions irréversibles.
Chacun a sa place dans le système de santé.
Discussion générale autour de l’homéopathie :
Comme dans tout type de médecine, si le thérapeute a compris le problème et trouvé
le bon traitement, alors le patient en retirera un bénéfice. En homéopathie, en
revanche, s’il n’a pas trouvé le bon remède (individualisé), alors les effets pour le
patient seront nuls ou négatifs. L’homéopathie est une médecine difficile, car elle
n’est pas systématique.
En homéopathie, il y a dans le fond une sorte de résonance électromagnétique entre
le patient et le remède. Si le remède correspond au patient (à son problème
personnalisé par son mode réactionnel particulier), alors celui-ci guérira. Le remède
homéopathique est un message délivré à l’organisme. Le remède guérira le patient si
le message est reçu et compris par les centres encéphaliques, retransmis à
l‘organisme par le système nerveux, exécuté par le système endocrinien et
enregistré par le système immunitaire. La médecine conventionnelle et
l’homéopathie n’ont pas la même approche de la cause de la maladie, car celle-ci est
complètement différente entre les deux types de médecine. La maladie est, en
homéopathie, le résultat d’un processus et elle s’interroge sur le qu’est-ce qui a
déclanché quoi.
Homéopathie :
Terrain (= cause) Facteur déclenchant28 symptômes (≠maladie)
Médecine académique :
Virus, bactéries (= cause) symptômes (= maladie)
═> c’est pourquoi, elles ne traiteront pas le patient de la même manière :
• Homéopathie = médecine de terrain : « On ne guérit jamais en rentrant les choses,
il faut laisser sortir »
• Médecine académique = médecine de symptômes
28
Virus, bactéries, vaccins, traumatismes physiques ou psychiques
106
De plus, en termes de dosage, elles n’ont pas le même mode de réflexion :
L’homéopathie réfléchit en termes de « dose minimale efficace », c'est-à-dire que
tant qu’on ne brutalise pas l’organisme et bien tant mieux. Alors que la médecine
académique réfléchit en termes de « dose maximale supportable »
Qu’est ce qui pousse les patients à avoir recours à l’homéopathie ?
-Médecine naturelle
-Ecoute du thérapeute
-Temps pris lors de la consultation
-Déception de la médecine conventionnelle
-Les patients en ont assez d’ingurgiter des produits qui les intoxiquent, notamment
les antibiotiques et tous les « antis » existants.
-Espoir de traitement pour les personnes avec une maladie dite « irrécupérable »
telle que certaines maladies dégénératives dont l’homéopathie peut ralentir voire
enrayer le processus.
-bouche à oreille de résultats positifs
-Les médecins conventionnels n’ont pas d’explications rationnelles et logiques à
fournir à leurs patients, ce qui les frustre énormément.
Qu’est-ce que l’homéopathie apporte de plus que la médecine conventionnelle aux
patients ?
Elle lui apporte quelque chose de différent, une autre manière d’appréhender ses
problèmes de santé, car elle replace les événements dans l’ordre. En effet, les
symptômes ne sont pas la maladie, mais le langage de la maladie. C’est pourquoi il
est préférable de commencer par une approche énergétique afin de stimuler les
défenses avant de passer, dans certains cas, à une médecine des contraires. De
plus, elle s’occupe n’ont pas directement de couper les symptômes de la maladie (ce
que ferait la médecine académique), mais soigne le terrain du patient. Par exemple
en soignant un eczéma à son origine, elle prévient le développement d’un asthme.
Quels enseignements pourraient tirer la médecine conventionnelle de la pratique
homéopathique ?
-Apprendre à être plus empathique
-Prendre plus de temps avec les patients
-Gagner en clarté dans les explications faites au patient, en particulier sur le chemin
de la guérison.
-Le problème actuel est que la médecine académique n’a pas les moyens pour tenir
compte en même temps du traitement psy et physique ; donc elle donne des
antidépresseurs qui ne font que camoufler le problème.
-Améliorer la collaboration et la communication avec les homéopathes. Actuellement
ceci est difficile car les deux types de médecine ne parlent pas le même langage. Le
problème de la médecine académique est qu’elle n’utilise pas le bon ordre pour la
prise en charge des problèmes de santé. Elle devrait commencer par apprendre
l’énergétique, permettant la mobilisation des défenses avant de prescrire des
médicaments agressifs.
-Ce qui pourrait être intéressant dans l’avenir serait d’introduire une formation en
homéopathie dans le cursus de médecine et plus particulièrement dans celui des
généralistes.
107
Petite illustration de collaboration possible entre médecine académique et médecine
complémentaire
Un patient est venu me voir une fois, car il avait une angine à streptocoque pour
laquelle son médecin avait prescrit un antibiotique qu’il ne voulait pas prendre. Après
discussion, j’ai trouvé un remède qui semblait lui correspondre. Je lui ai dit : « Prenez
ce remède homéopathique, mais si ça ne va pas mieux dans 24h, alors il faudra que
vous preniez les antibiotiques. » 24h après le traitement homéopathique, le patient
se sentait mieux. Je lui dis que c’était une bonne chose, mais lui conseillai d’aller voir
son médecin traitant afin de s’assurer par un frottis de gorge qu’il n’y avait plus de
streptocoque. Si le patient n’était pas allé mieux après les 24h, suivant mes conseils,
il aurait pris les antibiotiques et ensembles, une fois le problème aigu résolu, on
aurait pu entreprendre un traitement homéopathique de fond afin que ce type
d’infections ne se reproduise plus.
Quel type de maux peut-on soigner avec l’homéopathie ?
-Très varié comme je vous l’ai dit précédemment. Les allergies sont par exemple
parfaitement maîtrisées voire souvent guéries par un traitement de terrain adapté.
-Il peut arriver que l’on prenne en charge des personnes avec des cancers, afin de
faire un traitement de confort (dans ce cas l’homéopathie sera complémentaire à la
médecine académique). L’homéopathie peut proposer à ces patients un traitement
préparatif à la chimiothérapie et de drainage ensuite. Parfois, des patients avec des
cancers avancés, « condamnés » par la médecine académique, qui ne peut plus les
prendre en charge se tournent alors vers l’homéopathie et on obtient des résultats
surprenants, probablement parce que le système immunitaire, libéré du poids des
traitements agressifs, peut recommencer à jouer son rôle.
Pensez-vous qu’il y a des risques en soi à prendre de l’homéopathie ?
Il existe un risque en homéopathie avec les hautes dilutions ; elles peuvent faire des
dégâts difficilement récupérables. En effet, plus on travaille avec des hautes
dilutions, plus on travaille au niveau de la mémoire cellulaire et c’est pour cela que
rattraper les dégâts causés par un traitement inapproprié avec des hautes dilutions
est très difficile.
Y a t il des risques d’interférence avec la médecine académique et vice-versa ?
Il peut arriver qu’un traitement avec les deux types de médecine en même temps soit
contradictoire. Or, si les deux médecines tirent chacune d’un côté de la corde, le
patient peut en pâtir. Chacun doit reconnaître ses limites : en cas d’urgence,
l’homéopathe dira à son patient : « prenez ce traitement, mais si votre état de santé
ne s’est pas amélioré après la prises du remède homéopathique, allez rapidement
consulter votre médecin ou à défaut rendez-vous à l’hôpital »
Automédication au moyen de complexes homéopathiques
◦ L’automédication aux moyens de complexes homéopathiques n’est pas vraiment de
l’homéopathie. En effet, l’homéopathie unciste consiste à donner au patient un seul
et unique remède à la fois. Or, les préparations de type « Similasan » que l’on trouve
en pharmacie sont des mélanges de remèdes. Si le patient en retire un bénéfice, il
est alors très difficile de savoir quel était le remède actif, dans le mélange, pour le
patient.
108
Pensez-vous qu’il y a des risques liés à l’automédication homéopathique?
Seulement si on utilise des dilutions plus grandes que 9CH ou 200K, ce qui le plus
souvent n’est pas le cas avec l’automédication.
Que pensez-vous de la vaccination et qu’en dites-vous à vos patients ?
Le courant homéopathique a plutôt tendance à penser qu’il vaut mieux laisser faire
certaines maladies d’enfance, telles que la rougeole, la rubéole, les oreillons, afin de
renforcer le système immunitaire de l’enfant. Toutefois, lors de la maladie, l’enfant
sera traité avec des remèdes homéopathiques pour diminuer les risques de
complications. La vaccination est considérée par un certain nombre d’homéopathes,
comme une agression pour l’organisme. La question de la vaccination est difficile,
car certaines personnes supportent très bien les vaccins, alors que d’autres pas. Un
des risques avec la vaccination, si les patients ont un terrain vulnérable, est que les
vaccins enclenchent des problèmes d’allergie ou des pathologies à retardement plus
graves qui peuvent
aller jusqu’à la survenue de tumeurs ou de maladies
dégénératives tel que la sclérose en plaque. D’où l’importance de déterminer le
terrain avant de vacciner le patient. La vaccination, dans nos contrées, devrait être
plus individualisée. Si un patient vient me demander conseil au sujet des
vaccinations, je lui exposerai les différentes possibilités qu’il a :
-Vaccination classique seule.
-Préparation du terrain avant la vaccination, puis vaccination classique.
-Drainage après l’inoculation du vaccin, afin d’éliminer les toxines
-Préparation, puis drainage du vaccin
-Vaccination homéopathique avec différentes dynamisations, pour alerter le système
immunitaire à un niveau plus subtil.
Les patients choisiront alors selon leurs convictions personnelles.
Entretien avec un homéopathe uniciste (non médecin)
109
Quelle est la place de l’homéopathie dans le système de santé ?
Elle est complémentaire à la médecine conventionnelle, c’est-à-dire que la médecine
académique est une médecine d’urgences alors que l’homéopathie s’occupe surtout
des pathologies chroniques.
Qu’est ce qui attire les patients à avoir recours à l’homéopathie alors que la
médecine conventionnelle est de nos jours de plus en plus performante ?
Les patients veulent être soignés par des remèdes naturels. La médecine est certes
« performante », mais a beaucoup d’effets secondaires, iatrogènes et génère
d’autres pathologies. L’homéopathie tient compte non seulement du corps, mais
également de l’âme et de l’esprit, ce que l’on retrouve à travers les différents
remèdes qui soignent aussi bien la sphère émotionnelle, psychique que physique).
Les patients y ont recours souvent suite à une déception avec la médecine chimique
(conventionnelle) qui a ses limites. La médecine conventionnelle devra s’intéresser
aux remèdes naturels à l’avenir, car la médecine chimique est vouée à disparaître.
Les patients ont besoin de se sentir écoutés par leur thérapeute et pour cela ont
donc besoin qu’on prenne du temps avec eux (pour donner un exemple une
première consultation en homéopathie dure en moyenne entre 60 et 90 minutes)
Qu’est-ce que l’homéopathie apporte de plus au patient que la médecine
conventionnelle ?
-Absence d’effets secondaires
-Une meilleure écoute
-Travaille sur la cause de la maladie et non pas sur les symptômes de celle-ci. Elle
remonte à la source du problème et cela prend du temps.
-Elle fait prendre conscience aux patients qu’ils peuvent eux-mêmes se guérir.
Quels enseignements pourraient tirer la médecine conventionnelle de la pratique
homéopathique ?
La médecine conventionnelle n’est pas apte à gérer la chronicité et devrait plus
collaborer avec les homéopathes pour le bien du patient. De la même manière que
l’homéopathie ne peut pas s’occuper d’un problème mettant immédiatement la vie
en danger, tel qu’un infarctus. Chaque thérapeute devrait apprendre à connaître ses
limites. Le problème de la médecine conventionnelle est qu’elle est trop technique,
de plus en plus spécialisée et se perd... Elle ne voit plus le patient dans son
ensemble, mais par petites tranches. Elle devrait être plus à l’écoute et ne pas se
fermer dans la médecine chimique. Elle devrait plus se remettre en questions.
Que pensez-vous de l’automédication ?
Elle est dangereuse.
Que pensez-vous de la vaccination et que conseillez-vous à vos patients ?
Je pense que c’est avant tout un problème moral. Je ne suis pas contre la
vaccination, mais contre le principe de la vaccination. Comment voulez-vous que le
corps supporte l’injection de plus de quatre substances en même temps ? Ne
faudrait-il pas les espacer un peu plus ? Je ne suis donc ni pour ni contre et j’informe
mes patients des différentes possibilités et des risques. Je peux leur proposer une
préparation à la vaccination et un drainage après la vaccination pour éliminer les
110
toxines. S’ils ne veulent pas se faire vacciner alors je leur propose un traitement pour
renforcer leur système immunitaire. Ce que j’ai pu observer c’est que souvent le
premier enfant d’une famille est à 100% vacciné, mais suite à des effets indésirables
des vaccinations, tels qu’allergie, les parents ne vaccinent pas complètement leur
deuxième enfant, voir plus du tout leur troisième…
Entretien avec une pharmacienne travaillant dans une pharmacie qui a
une spécialisation dans le domaine de l’homéopathie
111
Nous cherchions par cet entretien principalement à obtenir des chiffres sur la
consommation de l’homéopathie en automédication versus ordonnance, mais celle-ci
nous a dit ne pas connaître, ni avoir de chiffre à ce sujet ce qui nous a surprises et
rendues un peu sceptiques. S’il existe des données ce qui doit être le cas d’une
manière ou d’une autre le secret est bien gardé…De plus, nous nous demandions
quelle est la part des coûts dus à la consommation d’homéopathie et là nous avons
eu à faire au même silence radio, ce qui nous a paru franchement anormal. Nous
pensons en effet qu’il existe des chiffres, mais que ceux-ci sont bien gardés, ce que
nous ne comprenons pas très bien…qu’y a-t-il derrière tout cela ? La seule chose
concernant le coût qu’elle a pu nous dire, nous le savions déjà, c’est-à-dire qu’un
tube de granules coûte 6,80 Frs pour 80 granules…
Bref, faute d’obtenir de chiffres nous lui avons posé les mêmes questions que lors de
nos autres entretiens et avons obtenu les réponses suivantes :
• Cette pharmacienne a suivi une formation en homéopathie ce qui lui permet de
conseiller les patients. Elle reste dans le domaine du conseil simple, et il lui arrive
aussi de conseiller d’aller voir le médecin lorsque les problèmes persistent.
• Place de l’homéopathie : complémentaire, nécessite un terrain favorable et une
confiance du patient dans son traitement.
• 2 populations : parents qui soignent leur enfants, car s’interrogent et cherchent à
comprendre le problème et homéo apporte cette autre approche, veulent essayer
autre chose en particulier pour tout ce qui est infections à répétitions ; adultes suite à
déception avec médecine traditionnelle. Rappel : homéopathie = ttt de terrain, on
soigne un malade pas une pathologie.
• Attire :
-demande des patients, car médecine conventionnelle est parfois trop pointue, ne
répond pas au problème du patient en particulier en ce qui concerne les affections de
type psy
-crainte des effets secondaires
-problème pas toujours bien ciblé en médecine conventionnelle
• Enseignements :
-écoute
-temps pris lors de la consultation par le thérapeute.
• Le risque de homéo dépend de la pathologie ; les doses données normalement en
pharmacie sont des petites dilutions : 5, 7, 9 CH. Dès que les symptômes
disparaissent il faut arrêter la prise ou prendre encore une ou deux fois au maximum
(par exemple dans le cas de diarrhées, après chacune puis encore une ou deux fois
après l’arrêt de celles-ci). Des effets secondaires sont aussi possibles en cas de
prise sur le long terme.
• Prévention : le « vaccin homéopathique » marche bien (elle ne nous donne pas de
chiffre…) et elle a des échos de résultats positifs.
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• Ne se prononce pas sur la vaccination, dit qu’il existe drainage.
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