Education musicale - Collège Georges Brassens

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Education musicale
Extrait du Collège Georges Brassens - PERSAN
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- Histoire des Arts -
Date de mise en ligne : samedi 26 février 2011
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extrait de West Side Story film musical américain de Jerome Robbins et Robert Wise, sorti en 1961.
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extrait de Captain America qui est un personnage de fiction appartenant à l'univers de Marvel Comics. Co-créé par
les auteurs américains Jack Kirby et Joe Simon, qui écrivent et dessinent ensemble les comics sur lesquels ils
travaillent, il apparaît pour la première fois dans le comic book Captain America Comics #1 en décembre 1940. Ce
super-héros patriotique porte un costume inspiré du drapeau américain.
Captain America
Captain America est un personnage de fiction, un super-héros appartenant à l'univers de Marvel Comics. Co-créé
par Jack Kirby et Joe Simon, qui écrivent et dessinent ensemble les comics sur lesquels ils travaillent, il apparaît
pour la première fois dans le comic book Captain America Comics #1 en décembre 1940. Ce personnage de la
bande dessinée américaine est un super-héros patriotique, il porte un costume inspiré du drapeau américain
Captain America a reçu un traitement du sérum du super-soldat. Ses capacités physiques sont au maximum de
l'espèce humaine, une force capable de soulever près de 360 kilos et une agilité, une guérison et endurance
accrues. C'est un combattant expert maîtrisant plusieurs formes d'arts martiaux. Il possède un bouclier fabriqué dans
un alliage de vibranium, d'acier ainsi que d'un catalyseur inconnu. L'analyse ultérieure du bouclier de Captain
America devait donner naissance à l'adamantium. Dans ses aventures des années 1940, il est accompagné de
Bucky, son jeune comparse, acrobate dépourvu de pouvoirs. Lors du retour du Captain dans les années 1960, il est
révélé que Bucky a été tué. Ce qui explique l'incroyable succès de Captain America n'est pas l'originalité de son
costume ou de ses pouvoirs, mais son engagement dans la Seconde Guerre mondiale. En effet, ce n'est pas un
super-héros, mais un super-soldat, amoureux fou des valeurs américaines de l'époque, en lutte à mort avec ses
ennemis nazis. Il est d'ailleurs à noter que Captain America est entré - fictivement - dans le conflit un an avant que
les États-Unis ne le fassent réellement. Combattant les nazis et les Japonais, Captain America a été consciemment
créé comme une figure de propagande nationaliste[9]. Si Submariner et Human Torch combattent également la «
peste brune » (et même croisent souvent le Captain), seul le super-soldat, auquel les hommes peuvent plus
facilement s'identifier, eut un réel succès populaire et durable. Captain America est le symbole de l'Amérique
invincible. Ses couleurs rappellent le drapeau des États-Unis et son bouclier pourrait symboliser les États-Unis
défenseurs du monde.
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Alan Menken
Alan Menken, né le 22 juillet 1949 à New Rochelle est un compositeur américain.
Biographie[modifier] Il est célèbre entre autres pour la partition de la comédie musicale de Frank Oz, La Petite
boutique des horreurs, ainsi que pour les bandes originales de nombreux dessins animés produits par Disney tels
que La petite sirène, Aladdin, La belle et la bête, Pocahontas, Le Bossu de Notre-Dame, Hercule, Il était une fois et
Raiponce. Il rejoint les studios Disney en 1987 pour composer la musique de La Petite Sirène en partenariat avec
Howard Ashman avec qui il poursuit sur Aladdin puis La belle et la bête[1]. Mais Ashman meurt du SIDA en 1991
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avant de finir La belle et la bête, Menken travaille alors avec Tim Rice[1]. En 1995, en partenariat avec Stephen
Schwartz, il compose les chansons de Pocahontas et en 1996 celles du Bossu de Notre Dame puis en 1997 avec
David Zippel celles de Hercule[1]. Au cours de sa carrière il a été nommé quinze fois aux Oscars et en a remporté
huit. C'est grâce à la chanson du film La belle et la bête (Beauty and the beast) interprétée par Céline Dion et Peabo
Bryson qu'il remporte l'oscar de la meilleure chanson. Céline Dion et Peabo Bryson interprèteront cette chanson aux
oscars 1992.
CARL ORFF (1895-1982)
Carl ORFF est né en 1895 d'une famille issue de la grande bourgeoisie de Munich. Fils d'un père officier (tradition
familiale semble t-il), mélomane à ses heures et d'une mère pianiste. En 1900 il commence à prendre des cours de
piano auxquels vont s'ajouter ceux d'orgues et de violoncelle. A l'âge de 10 ans il compose des textes et des
musiques pour ses propres théâtres de marionnettes. Il publie également une histoire pour enfants dans une revue
de jeunes. L'influence familiale n'est pas étrangère aux dispositions musicales dont fait preuve le jeune Carl. En
effet, il déchiffre régulièrement des oeuvres symphoniques ou des opéras en compagnie de sa mère. Il n'est
d'ailleurs pas rare de croiser dans la famille Orff des musiciens interprétant de la musique de chambre. À partir de
1909, suite à une représentation du : « Fliegenden Holländer » de Richard Wagner, il assiste régulièrement à des
Opéras ainsi que des pièces de théâtre. Sa première publication musicale : « Eliland-Liedern » date de 1911, oeuvre
à laquelle s'ajoutera une autre en trois parties pour choeur et baryton solo sur le thème de : « Also sprach
Zarathustra (1912) ». Carl Orff fréquente « l'Akademie der Tonkust » mais les relations avec ses professeurs ne
sont pas satisfaisantes, il se sent musicalement incompris. Ses premières compositions seront influencées par
Schoenberg et Debussy (« Gesei, das Opfer ») Durant plusieurs années il assurera la fonction de répétiteur à
Munich, Manheim puis Darmstadt. Cette période sera momentanément interrompue par l'appel sous les drapeaux
(1917). Carl Orff est de plus en plus attiré par le théâtre, notamment par les oeuvres de Shakespeare, mais
également par la tragédie Grecque antique. Il est « Fortement influencé par le caractère magique, rituel, incantatoire
des musiques dites primitives et par la richesse des musiques archaïques des grandes civilisations »1 De retour à
Munich, il se voue à la composition ainsi qu'à l'analyse d'oeuvres du 16° et 17° siècle. Il travaille à l'adaptation de : «
L'Orfeo » de Monteverdi pour le théâtre moderne. A cette époque, l'expressionnisme Allemand est très actif. Carl
Orff, sans en être le chef de file, y prend malgré tout une part importante. Les idées de Jaques Dalcroze à propos de
la danse et du mouvement trouvent un écho très favorable dans les milieux artistiques. L'expression par le corps
devient plus naturelle, moins rigide que celle imposée par la rigueur du classique. En 1923, Orff rencontre à Munich
Dorothée Günther, une artiste peintre qui participe à la mise en scène de « L'Orfeo » et dont il partagera la vie
quelques années. Dorothée Günther qui a suivi de près les travaux de Dalcroze et de Laban envisage de créer une
école dans laquelle des jeunes de tous les milieux pourraient s'initier à la gymnastique, la danse rythmique et la
danse d'expression. Carl Orff s'enthousiasme pour ce projet novateur et propose d'apporter un volet musical à
l'enseignement du mouvement. Ces deux disciplines deviennent alors interactives dans un enrichissement mutuel.
En 1924, l'école Günther initie ses activités à Munich dans un pavillon toujours visible aujourd'hui, dans lequel se
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déroulent les activités du « Orff Zentrum ». C'est en ce lieu que va naître le concept de : « Musique élémentaire ».
Dans cette nouvelle pédagogie, une place centrale est accordée au travail de groupe, au mouvement, au rythme
ainsi qu'à l'improvisation. Les années 1924/1925 voient l'arrivée à l'école Günther de Maja Lex et Gunhild Keetman.
Maja Lex, d'abord étudiante, prendra ensuite la direction de la formation corporelle de l'école. Gunhild Keetman,
également étudiante au début, assumera la tâche d'approfondir la technique instrumentale et d'écrire les premières
pièces. Ainsi que nous venons de le voir, cette pédagogie de la musique et du mouvement n'est pas l'oeuvre d'un
seul homme mais d'une équipe. En 1934, dans le cadre des jeux olympiques, il est demandé à Orff de composer la
musique du défilé des enfants. Cette pièce qu'il composera en collaboration avec Keetman et Lex aura pour titre «
Parade et ronde des enfants et des jeunes filles » et connaîtra par la suite un succès insoupçonné à l'époque. Pour
des raisons politiques, l'école Günther cesse ses activités en 1937. Orff, Lex, Keetman et Günther se perdent de
vue. La même année Carl Orff présente un opéra en 3 actes intitulé : « Carmina Burana ». De ses oeuvres, celle-ci
restera la plus connue. Il est à noter qu'à ce moment il détruira une grande partie de ses oeuvres antérieures.
D'autres oeuvres suivront, notamment pour le théâtre, comme « La lune, un petit théâtre du monde », « L'astucieuse
», « Songes d'une nuit d'été », « La bernauerine, une pièce bavaroise », « Astutuli », « Antigonae » etc.. Sa
participation à la partie musicale des jeux olympiques de Berlin et les représentations données durant ces années
troublées lui vaudront par la suite de la méfiance voire de l'hostilité, surtout à l'étranger. Probablement son erreur
aura été de demeurer uniquement dans un rôle de compositeur et de ne pas prendre une position plus tranchée face
au régime totalitaire de l'époque. Néanmoins en étudiant de plus près le livret de « Carmina Burana » on remarque
des textes qu'il fallait oser présenter en pleine période fasciste : « Sur le siège de la Fortune, j'étais assis en haut,
des fleurs bariolées de la prospérité couronné ; mais tout prospère que je fus, choyé et béni, du sommet alors je
chus, dépouillé de la gloire.
La roue de la Fortune a tourné ; je descends, déchu ; un autre est porté vers le haut ; démesurément exalté, le roi
siège au faîte- qu'il prenne garde de tomber ! car sous l'axe nous lisons : Hécube reine. »2 En 1948, La radio
bavaroise découvre l'enregistrement de la « Parade et ronde des enfants et des jeunes filles ». Anne-Marie
Schrambeck alors directrice de la radio scolaire demande à Carl Orff de composer de nouvelles pièces que les
enfants pourraient interpréter eux mêmes. Orff occupé à l'écriture d'Antigone accepte néanmoins le défi d'autant que
l'expérience de l'école Günther s'était interrompue prématurément. Les émissions qu'il anime en compagnie de
Gunhild Keetman, conçus sous forme d'exemples à reproduire puis à développer, rencontrent un succès qui
dépasse toutes les espérances. En compagnie des luthiers : Klaus Becker, et Karl Maendler, Carl Orff met au point
toute une série de petits instruments à percussion, xylophones et métallophones. En 1949 ils créent le « studio 49 »
qui sera voué exclusivement à la fabrication de ce qui deviendra : « l'instrumentarium ORFF » Le « Schulwerk »
(l'atelier scolaire) de Orff et Keetman durera deux ans et demi Il donnera naissance à une oeuvre devenue célèbre :
« Histoire de la nativité » ainsi que cinq volumes intitulés : « Musique pour enfants ». L'intérêt pour le «
Orff-Schulwerk » dépasse à présent les frontières. L'université de musique de Salzbourg (le Mozarteum) propose à
Gunhild Keetman d'ouvrir une classe de musique élémentaire. En 1960, le gouvernement Autrichien débloque des
fonds afin que le Mozarteum puisse ouvrir des annexes en dehors de la ville. Celles-ci seront exclusivement
réservées à l'enseignement de la pédagogie musicale Orff. L'institut Orff verra le jour en 1963 dans ces locaux, les
mêmes qu'il occupe encore aujourd'hui. Carl Orff et Gunhild Keetman en assumeront la direction jusqu'en 1970.
Entre 1950 et 1973, Carl Orff fera paraître de nombreuses oeuvres comme : « Trionfi », Comédie sur la résurrection
du Christ », Oedipus der Tyran », Ludus de nato », « Prometheus », « Comédie sur la fin du temps ». En 1973 il
travaille à série documentaire intitulée « Carl Orff und sein werk ». Carl ORFF était un ami de Jacques Prévert ainsi
qu'un admirateur de la tradition musicale populaire Française. Considéré par beaucoup comme le plus grand
dramaturge théâtral et musical après Wagner, il s'éteindra le 23 Mars 1982 à Munich.
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O Fortune
O Fortune Comme la lune Attitude variable Toujours tu croîs Ou tu décrois. La vie détestable Tantôt néglige Et tantôt
ménage Par jeu notre esprit La pauvreté Et le pouvoir Fondent comme la glace
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Sort monstrueux Et vide, Toi la roue tourbillonnante, Attitude maléfique, Salut vain, Toujours dissout, Ombrée Et
voilée Tu m'éclaires aussi. Maintenant par jeu Mon dos nu Je l'offre à tes intentions criminelles
Le salut Et le courage Me sont maintenant contraires Ils sont faits Et défaits Toujours dans l'esclavage. A cette
heure, Sans retard Touchez les battements du coeur ; Puisque le sort Abat le fort Avec moi, vous tous, pleurez !
O Fortuna
O Fortuna, velut luna statu variabilis, semper crescis aut descrescis ; vita detestabilis nunc obdurat et tunc curat ludo
mentis aciem, egestatem, potestatem dissolvit ut glaciem.
Sors immanis et inanis, rota tu volubilis, status malus, vana salus semper dissolubilis, obumbrata et velata michi
quoque niteris, nunc per ludum dorsum nudum fero tui sceleris.
Sors salutis et virtutis michi nunc contraria, est affectus et defectus semper in angaria ; hac in hora sine mora corde
pulsum tangite, quod per sortem stermit fortem mecum omnes plangite !
Son oeuvre pendant la période nazie Carmina Burana, qui est bien sûr l'oeuvre phare de Carl Orff, a été créée à
Francfort le 8 juillet 1937. Le musicien, à 42 ans, la considère comme le début de sa renaissance musicale. La
réaction du régime nazi est mitigée : l'utilisation du latin au détriment de l'allemand, la tendance érotique de certains
passages et même des influences russes sont autant d'arguments en faveur des partisans d'un Carl Orff opposé au
régime. Mais les nazis s'approprient tout de même bien vite cette oeuvre qui rencontre un succès considérable.
Ainsi, un journal officiel écrit que cette oeuvre est "le genre de musique claire, tempétueuse et disciplinée dont notre
époque a besoin". Orff a parfois été rémunéré par le régime pour ses travaux, et notamment pour avoir proposé une
alternative à l'oeuvre censurée du juif Felix Mendelssohn-Bartholdy : Rêve d'une nuit d'été (création en 1939). Il
répondait en fait à une demande officielle du pouvoir à laquelle certains compositeurs n'avaient pas répondu.
Cependant, le projet avait déjà germé dans l'esprit d'Orff dès 1917. Enfin, les Schulwerk (des mots "école" et
"travaux") qu'il rédigea étaient également très appréciés des pédagogues nazis. Entre 1933 et 1937, il entreprit de
les conformer le plus possible aux exigences de ces derniers. Il ne s'agissait pas de dénaturer l'esprit original de ces
"cahiers d'exercices" et, de plus, les attentes des nazis en la matière n'étaient pas fondamentalement différentes de
cet esprit : les deux parties appréciaient en effet la musique populaire, les chansons folkloriques,…Orff ne fait
aucune remarque sur l'association de certaines de ces musiques à l'esprit de la théorie pangermaniste et raciste Blut
und Boden (sang et sol) et il se déclare ainsi heureux que ses objectifs "correspondent au plus haut point avec ce qui
est requis de nos jours". Conclusion Si Orff a bien été l'opposant au régime nazi qu'ont généralement décrit ses
proches et sa famille, il a préféré faire profil bas entre 1933 et 1945, probablement pour ne pas mettre en danger sa
carrière mais aussi sa vie. À l'inverse, si l'on considère comme beaucoup qu'il n'était pas hostile à la cause nazie, il a
de toute manière gardé une attitude globalement neutre qui favorise d'autant plus la polémique et les débats à son
sujet. Ainsi, il n'a jamais adhéré au parti nazi mais acceptait de composer pour lui. Il n'a pas non plus fuit l'Allemagne
comme nombre d'autres intellectuels. Après la guerre, Orff traverse sans grande peine la procédure de
dénazification menée par les Alliés. Fort de ses liens avec Huber, il se dit membre de la cellule de résistance de la
Rose blanche (ce qui ne peut être vérifié). Il est alors autorisé à continuer à composer et à produire ses oeuvres en
public.
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Richard Wagner : biographie * 1813"1800"1814"1821"1830"1830"1850"1870"1876 1883
Naissance 22/05/1813 Mort 13/02/1883 Nation Allemagne Époque musicale Romantique
Biographie
Né le 22 mai 1813 à Leipzig, dans la Saxe (est de l'Allemagne), Richard Wilhem Wagner perd très vite son père et
ses repères (pas mal hein ?), en raison de l'empoisonnement des eaux de l'Elster par les corps des hommes et des
chevaux tués pendant la bataille des Nations. Ludwig Geyer, peintre et locataire des Wagner, s'occupe de la famille
à la suite de ce deuil. Il leur témoignera toujours une grande affection jusqu'en 1821, date de son décès. Le jeune
Wagner se prend de passion pour le théâtre grâce l'affection de ce père providentiel. Jeune, il ne manifeste pas de
don particulier pour la musique mais s'intéresse plutôt à la tragédie grecque et à la poésie. Il ne découvre la musique
de Wolfgang Mozart et Ludwig van Beethoven que vers sa quinzième année et se lance dans une carrière de
compositeur pratiquement sans bagage technique. Un agitateur, un provocateur… En 1830, les événements en
France (révolution de juillet) et le soulèvement en Pologne provoquent quelques remous politiques à Leipzig. Wagner
y participe activement et se fait déjà remarquer comme agitateur (qu'est-ce que je disais). Cependant, il prend des
leçons de contrepoint auprès de Weinlig et commence à composer (deux sonates pour piano, une symphonie, des
ouvertures de concert). Il est âgé de 27 ans. En 1831, Wagner s'inscrit à l'université de Leipzig où il y suit des cours
de philosophie. En 1833, il rejoint son frère, chef des choeurs à Würzburg. Il y acquiert une certaine expérience de la
scène. Avec le temps, Wagner deviendra le plus grand chef d'orchestre de son époque. Il pose les bases de la
direction d'orchestre moderne. Il obtient la direction de la musique de la troupe du théâtre de Magdebourg et y fait la
connaissance de Wilhelmine dite Minna Planer, jeune actrice. C'est à cette époque qu'il compose son premier opéra,
Les fées. Il ne sera joué qu'en 1888. Wagner se marie avec Minna le 24 octobre 1836. Le couple s'installe jusqu'en
1839 à Riga malgré une fugue amoureuse de Minna avec un banquier en juin 1837. Il occupe les fonctions de
directeur musical du théâtre. Chassé de son poste par les critiques d'un confrère, Wagner décide de se rendre
ensuite à Paris pour y tenter sa chance. Après des conditions de voyage très périlleuses dans la Baltique, il y
parvient mais n'aura pas le succès espéré. Le public parisien n'a d'yeux et d'oreilles que pour les opéras de
Meyerbeer. Wagner est obligé de faire mille petits travaux pour subsister. Il compose des chansons, réalise des
arrangements musicaux de toutes sortes et écrit des articles pour la Gazette musicale. Cependant, il termine son
nouvel opéra, Rienzi, et compose en sept semaines Le vaisseau fantôme dont il vendra l'ébauche pour 500 francs à
un éditeur parisien. Malgré des dettes et des querelles conjugales incessantes, le couple semble inséparable et ils
rentrent en Allemagne pour présenter Rienzi. La première le 20 octobre 1842 à Dresde est un triomphe. En février
1843, il est nommé Maître de chapelle à vie de la Cour de Saxe. Il s'y consacre entièrement et avec une très grande
efficacité. Il y remporte de grands succès comme chef d'orchestre dans des opéras de Mozart, Vincenzo Bellini, Carl
Maria von Weber…et la 9e symphonie de Beethoven, oeuvre totalement énigmatique à l'époque. Wagner se
plonge dans la composition de Lohengrin mais en 1849, il participe activement, semble-t-il, aux journées
révolutionnaires de Dresde. Pourchassé, le couple s'exile en Suisse et arrive à Zurich le 31 mai 1849. puis à
nouveau à Paris. Wagner donne la première de Lohengrin à Weimar qui augmente son prestige. En 1851, une
relation amoureuse avec Mathilde Wesedonck, épouse d'un banquier mécène suisse, lui inspire le poème de Tristan
et Isolde. 1855-1856. C'est pour Wagner une période de création intense (La Walkyrie, Siegfried) et d'amitié avec
Franz Liszt. En 1859, Wagner décide de retenter sa chance à Paris. L'étoile de Meyerbeer pâlit et il estime le
moment favorable. Il veut y donner Tannhaüser. Les répétitions sont intenses, coûteuses et la première le 13 mars
1861 est un désastre. Entre-temps, Minna est décédée en 1860. La situation financière de Wagner ne s'arrange
guère malgré un nouveau succès : Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg et l'aide de Liszt. En 1864, alors que sa
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situation financière est devenue insoutenable, il reçoit un appui capital qui lui permettra de réaliser ses rêves : celui
de Louis II de Bavière. Il est installé dans dans une confortable villa sur les rives du lac de Starnberg. C'est ainsi
qu'est créé le Théâtre du Festspielhaus à Bayreuth dont l'inauguration a lieu en août 1876. Wagner peut y créer et
jouer ses oeuvres comme il le conçoit et l'attachement de Louis II à Wagner ne se démentira jamais. En août 1876
est représenté le cycle de l'Anneau du Nibelung en présence de Liszt, de Camille Saint-Saëns, d'Anton Bruckner, de
Gustav Mahler, de Piotr Illitch Tchaïkovski…ou encore de l'empereur Guillaume Ier !
Nouvelle liaison Wagner connait une nouvelle passion amoureuse avec Cosima, la fille de Liszt, et épouse
malheureuse du célèbre chef d'orchestre Hans von Bülow. Le couple adultère s'installe sur les bords du lac de
Lucerne ce qui provoque la rupture entre Wagner et Liszt. Cosima rompt avec von Bülow en 1868. Le mariage avec
Wagner aura lieu le 25 août 1868. Les années suivantes sont des années de bonheur et voient la création de
Siegfried et du Crépuscule des Dieux. En 1882, il crée son dernier opéra Parsifal. L'état de santé de Wagner se
dégrade. Il fait plusieurs crises cardiaques mais voulant composer quelques symphonies en un mouvement, il se
rend à Venise en septembre 1882 et, comme beaucoup de compositeurs allemands, tombe amoureux de l'Italie.
Wagner est terrassé par une dernière crise cardiaque et meurt dans la ville des doges le 13 février 1883. Le festival
de Bayreuth a survécu à son créateur et célèbre encore son génie. Jamais un artiste n'a autant été contesté dans
l'histoire de la musique. Détesté ou idolâtré, il puise son inspiration chez Giovanni Pierluigi da Palestrina, Johann
Sebastian Bach, Bellini, Mozart, Beethoven,…Il a créé la ligne mélodique continue dans un opéra et a fortement
utilisé le leitmotiv (motif récurrent) inventé par Meyerbeer. Wagner s'est affirmé comme un précurseur de l'atonalité
et a inspiré nombre de compositeurs, parmi lesquels, notamment, Arnold Schönberg.
Chevauchée des Walkyries
La chevauchée des Walkyries, (en allemand, Walkürenritt ou Ritt der Walküren) est le terme populaire pour désigner
le prélude de l'acte III de l'opéra Die Walküre composé par Richard Wagner. C'est un des airs wagnériens les plus
populaires ; il est fréquemment repris dans le cinéma et la publicité et a été utilisé par le parti nazi à des fins de
propagande. Il n'est pas rare aujourd'hui que cet air soit joué en concert, indépendamment de l'opéra dont il est issu
Récupération nazie Un groupe d'assaut allemand aurait joué la chevauchée sur ondes courtes avant de lancer les
offensives de la Seconde Guerre mondiale. Cette anecdote est rapportée dans Le Soldat oublié de Guy Sajer. Elle
fut utilisée dans des films de propagandes nazies, notamment la série Die Deutsche Wochenschau.
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La Tétralogie est composée de quatre opéras : L'or du Rhin, Walkyrie, Siegfried et le crépuscule des dieux. L'or du
Rhin, prologue
1. La Walkyrie. 1. Première journée La tétralogie est hors du temps. Que c'est-il passé depuis l'entrée des dieux au
Walhall. On ne peut que l'imaginer. Nous finissons par comprendre que Wotan a quitté le Walhall pour connaître des
aventures terrestres. Il s'agit pour lui de réaliser son rêve d'un héros libre, capable d'accomplir l'acte rédempteur : la
reconquête de l'anneau, qu'il ne peut entreprendre lui-même. Le Walhall servira de caserne à une armée de héros
devant permettre aux dieux de maintenir leur suprématie au sein d'un monde où se multiplient les espèces. Les
Walkyries, filles de Wotan et de mère inconnue, sauf Brünnhilde, fille de Erda (5), sont justement chargées de
recruter cette armée. La méthode est simple : exciter les hommes afin qu'ils s'affrontent ; parcourir les champs de
batailles, récupérer les héros morts au combat, et les conduire au Walhall où ils sont recyclés. Ainsi Wotan ( ou
plutôt Wagner ) transforme-t-il le Walhall paradis des guerriers courageux, en centre de recrutement. Mais se
protéger de qui ? De quoi ? D'Albérich bien sûr, l'éternel ennemi, qui pourtant n'est plus à craindre depuis qu'il a été
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dépossédé de l'anneau. Wotan, cependant n'a guère confiance en la garde de Fafner, et Wotan craint (ou feint de
craindre) une astuce du Nibelung lui permettant de reconquérir l'anneau ; car cette fois-ci c'en serait fait des dieux.
Neuf Walkyries, mais seule Brünnhilde est chère au coeur du dieu ; pour elle seule il est un père véritable. Cette
présence ne peut cependant apaiser son tourment. Car on s'en rendra vite compte, la crainte d'Albérich n'est qu'un
faux-semblant. Wotan rêve d'une nouvelle liberté, et d'un savoir nouveau. Il a cru enfermer l'essentiel dans les
murailles du Walhall, mais ce qui compte pour lui, est resté à l'extérieur. Le dieu décide alors de parcourir la terre,
devient loup, crée la race des Walsüngen, et donne naissance au couple de jumeaux, Siegmund et Sieglinde.
Siegmund doit être le héros, libre de tout pacte, peut sans craindre la malédiction, reconquérir l'anneau. Car tel est à
ce moment le projet de Wotan Mais au cours d'une randonnée en compagnie de Siegmund Wotan retrouve son foyer
détruit, la mère des jumeaux tuée, Sieglinde disparue. Siegmund abandonné par son père, erre, poursuivi par le clan
de ses ennemis. C'est alors que s'ouvre le premier acte.
(5) Les huit autres Walkyries sont peut-être aussi fille de Erda, mais cela reste douteux. 1.1.5. Acte I 1.1 5.1.1.
Scène 1 Un orage éclate, Siegmund harassé, entre dans la demeure qui se dresse devant lui. C'est la demeure de
Hunding, menant la meute de ses poursuivants. Sieglinde l'accueille, le soigne ; le désaltère.
1.1.5.2.2. Scène 2 Arrivée de Hunding. Le récit de Siegmund lui fait comprendre qu'il a devant lui celui qu'il
poursuivait, mais respectueux des règles d'hospitalité, il provoque en combat Siegmund pour le lendemain : «
Demain, fils-de-loup, je te trouve. Tu m'as bien compris
1.1.5.3.3. Scène 3 Siegmund reste seul. Tout à coup, alors que celui-ci rêve à l'épée promise « pour l'instant du pire
danger », un éclair illumine la pièce provenant du frêne qui soutient la maison de Hunding. C'est alors l'arrivée de
Sieglinde : « D'un lourd sommeil dort Hunding. J'ai fait ce qu'il faut pour cela ». Puis elle révèle à Siegmund
l'existence d'une arme « au plus fort destinée ». L'éclair de lumière provenait de l'épée plantée dans le tronc du frêne
par Wotan lui-même. Dans un moment d'extraordinaire exaltation, Siegmund reconnaît sa propre soeur, arrache
l'épée du tronc, et s'unit à Sieglinde.
1.1.6.1. Acte II 1.1. 6.1.1. Scène 1 Wotan exhorte Brünnhilde à se préparer au combat qui s'annonce. Elle doit
donner la victoire au Walsüng et abandonner Hunding dont il ne veut pas au Walhall. Mais Fricka s'approche et
réclame au dieu la victoire pour Hunding ; elle a pour cela une double raison : venger son propre honneur, puisque
les jumeaux sont enfants illégitimes de Wotan, et qui plus est, incestueux, faire respecter les liens sacrés du
mariage. Fricka n'aura aucune peine pour venir à bout de la volonté de son époux. D'un côté, la part du rêve avec le
Walsüng : l'aventure libre, à la recherche d'un destin qui échappe aux arcanes d'un monde transcendant, de l'autre,
le choix d'un monde figé par une loi inflexible, mais grâce à cela pouvant perdurer éternellement. Wotan cède, en
quelque sorte, à la raison d'état. Il accepte les exigences de Fricka : que Siegmund meurt, et que ce soit l'oeuvre de
la Walkyrie.
1.1.6.2.2. Scène 2 Scène capitale. Wotan se retrouve face à Brünnhilde comme devant sa propre conscience : «
Que reste éternellement / inexprimé / ce que le ne dis à personne. / Je me parle en te parlant ». Dans certaines
mises en scène, Wotan parle à sa propre image, soit renvoyée, par un miroir, soit par le bouclier de Brünnhilde.
Celle-ci à anticipé les paroles de son père, lui disant : « Tu parles à ta volonté / me disant ce que tu veux ; / qui
suis-je, / sinon ta volonté ? »
Brünnhilde renvoie à son père sa propre image, affirmant par là qu'elle n'est qu'un reflet du dieu, mais qu'elle se
protège aussi, derrière son bouclier du regard du dieu. Le bouclier reflète et sépare. Brünnhilde affirme être la
conscience de Wotan, mais pas de n'importe quelle conscience ; et nous allons la voir se libérer de la conscience
aliénée de Wotan, pour accéder à sa propre conscience qui est la vraie conscience du dieu.
Et Wotan donne libre cours à son trouble et à son désespoir. Il revient sur les circonstances de la malédiction qui
pèse sur lui : « J'ai touché l'anneau d'Albérich. / Avide, j'ai caressé l'or. / La malédiction que j'ai fuie / ne me fuit plus
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maintenant. »
Il a rêvé d'un héros capable de racheter sa faute. Cette passion, il l'exprime sans retenu à Brünnhilde, qui peut-être,
déjà, commence à aimer celui dont elle sera mère et amante.
« Un seul pourrait / ce qui m'est interdit / un héros que jamais /je n'aurai aidé / qui, étranger au dieu, libre de toute
faveur / inconscient / sans ordre / de sa propre poussée / de sa propre arme / commettrait l'acte / que je dois
craindre, / que jamais ne lui conseillerais, / même si je le désire ». Mais à ce moment, déjà, le dieu pense-t-il
seulement à la reconquête de l'anneau ?
Wotan révèle à Brünnhilde sa grande crainte. Lui, le dieu a pu donner naissance à ce héros espéré, alors
qu'Albérich, en soumettant une femme « dont l'or força les faveurs », a donné naissance à l'antihéros dont il peut
tout craindre, « Une femme garde / le fruit de la haine / la force de l'envie… ». L'enfant qui va naître, est Hagen,
celui qui deviendra le meurtrier de Siegfried.
Le « sombre ennemi de l'amour conçoit un fils dans la haine », et lui le dieu, constate amèrement : « mais moi,
concevant dans l'amour, l'homme libre jamais je n'obtiens. »
Puisque la loi mystérieuse qui transcende sa propre loi, semble préférer la haine à l'amour, Wotan abandonne : «
Soit donc béni par moi / fils du Nibelung / ce qui me fait vomir, / le t'en fais l'héritier, / la vaine splendeur des dieux : /
que ton envie avide l'a ronge. » Et Siegmund ? Wotan a triché. Il ne devait ni l'aider, ni lui communiquer ses désirs.
Or, qui a donné l'Epée, guidé le frère vers la soeur ; Siegmund doit trop au dieu, devant le tribunal que nul ne
connaît, dont les lois restent impénétrables, Wotan sait qu'il aurait tort.
Et la pauvre Brünnhilde, restant encore sous l'emprise du dieu, s'éloigne : « Que le poids / des armes me pèse
/…/ Hélas mon Walsüng ! / Dans le pire malheur, infidèle, / la fidèle doit te quitter ». Ne croirait-on pas entendre
la plainte intérieure d'un juge soumit à l'autorité d'un état, condamnant le révolté, alors que sa conscience est de tout
coeur avec lui ? Sommes-nous loin de la réalité de notre justice, prenant, à contrecoeur, le parti des riches et des
puissants.
1.1.6.3.3. Scène 3 Nous retrouvons un court instant les jumeaux fuyant la maison de Hunding. Sieglinde délire,
pressentant la défaite de Siegmund : « Tu tombes / en morceaux ton épée éclate / le frêne s'écroule / le tronc se
brise / Frère ! Mon frère ! / Siegmund…ah ! ». Et elle tombe sans connaissance dans les bras de Siegmund.
1.1.6.4.4. Scène 4 Aimer, c'est avoir quelque chose pour qui mourir (Sénèque) Brünnhilde apparaît au regard de
Siegmund : « Je n'apparais qu'à ceux / que la mort attend : / celui qui me voit / quitte la flamme de la vie ». Ainsi la
Walkyrie annonce-t-elle à Siegmund qu'il va mourir au combat, et accéder au Walhall, mais… sans Sieglinde.
Siegmund rappelle la puissance de l'épée. Wotan ne l'a-t-il pas forgée pour lui ? Brünnhilde lui révèle la triste vérité :
« Celui qui la fit / te voue, depuis à la mort : / il prive l'épée de sa force ». Siegmund éclate : « Cette épée, -/ que
d'un imposteur je reçus : / cette épée -/ qui dans le combat me trahit : -/impuissante devant l'ennemi, / qu'elle se
retourne donc vers l'ami ! / Deux vies s'offrent à toi : prends-les Notung, / fer très jaloux ! / Prends-les d'un seul coup
! » Alors Brünnhilde craque, oubliant l'obéissance au dieu, le respect de la loi, elle promet à Siegmund d'être avec lui
dans le combat. Triomphe éphémère de la passion sur le devoir.
1.1.6.5.5. Scène 5 Hunding approche. Le combat s'engage. Siegmund va frapper son adversaire ; mais Wotan
veille, voyant Siegmund sur le point de l'emporter, comprenant la trahison de Brünnhilde, le dieu interpose sa lance,
l'épée est brisée, Siegmund désarmé est tué par Hunding. Silence ; puis Wotan à l'adresse de Hunding : « Va-t-en,
valet ! / A genoux devant Fricka : / dis-lui que la lance de Wotan /a vengé l'affront qu'elle souffrit.-/ Va !- Va ! » Et
Hunding, à son tour, tombe mort. Brünnhilde a soulevé Sieglinde, l'emmène sur son cheval, après avoir ramassé les
morceaux de l'épée. Sortant de sa torpeur, Wotan, furieux, se lance à la poursuite de la fuyarde.
1.1.7. 2. Acte III 1.1.7.1.1. Scène 1 C'est la Chevauchée des Walkyries. Les vierges guerrières se rassemblent au
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sommet d'une montagne rocheuse. A leur selle pendent des guerriers morts. Cette chevauchée est ponctuée de cris
joyeux. Brünnhilde tarde ; lorsqu'elle arrive enfin, ce n'est pas un héros mort qu'elle porte à sa selle. Elle implore la
protection de ses soeurs qui se dérobent tour à tour ; tous craignent la colère du dieu. Désespérée, Sieglinde
demande à Brünnhilde de mettre fin à sa vie de douleurs : « Ton épée, enfonce-la dans mon coeur. » Brünnhilde lui
répond : « Vis, femme, / au nom de l'amour ! / sauve le gage / que de lui tu reçus : / un Walsüng grandit dans ton
sein ». Alors Sieglinde : « Sauve -moi, audacieuse ! / Sauve mon enfant ! / Protégez-moi les filles, de tout votre
pouvoir ». Wotan approche, Brünnhilde donne son cheval à Sieglinde ; elle attendra le dieu, s'offrant « aux coups de
Wotan : / dans sa colère / je le retarde / tandis que tu fuis sa fureur ». Le duo qui suit est l'un des sommets de la
Tétralogie, Brünnhilde chante sur le thème de Siegfried. « …Car sache une chose / et penses-y toujours : / du
monde le plus sublime héros, tu gardes, femme, / en ton sein protecteur ! -/Conserve-lui les morceaux de l'épée ; /
j'ai pu les ravir au combat : / celui qui, un jour, / brandira l'épée reforgée, / qu'il prenne son nom de moi / que
"Siegfried" soit victorieux ». Puis Sieglinde, sur le thème de l'amour rédempteur, que nous ne retrouverons qu'à la fin
du Crépuscule des Dieux : « Sublime miracle ! / Fille splendide, / c'est à toi que je dois / consolation ! / Pour celui
qu'on aima, / le plus cher je sauve : / que tu sois un jour, / remerciée pour ma joie ! / Adieu donc ! / Que mes
douleurs te bénissent. » Sieglinde disparaît au moment où surgit Wotan : « Arrête ! Brünnhilde… ». Et la fière
Walkyrie n'est plus qu'une enfant apeurée se dissimulant désespérément derrière ses soeurs.
1. 1. 7. 2. 2. Scène 2 Wotan, qu'on a vu successivement, veule devant Fricka, désespéré devant Brünnhilde, avant
de se reprendre, redevient le chef impitoyable, exigeant de ses « soldats », non seulement le courage et
l'abnégation, mais l'absence, en leur conscience de toute forme de sentiment ; s'adressant aux Walkyries tentant de
plaider la cause de leur soeur, le dieu les accable : « Engeance lâches ! Femmes pusillanimes ! / C'est tout le
courage hérité de moi ? / Vous ai-je élevées / vaillantes guerrières, / vous ai-je forgées / des coeurs durs et
tranchants / pour geindre et pleurer maintenant / que ma colère punit l'infidèle ? Puis Wotan les chasse brutalement :
Allons, filez vite, / sans quoi malheur vous attend. »
1. 1. 7. 3 . 3. Scène 3 Wotan reste seul avec sa fille. Cette est probablement le sommet de la Tétralogie, et l'une
des plus belles pages de la musique de tous les temps. C'est à ce moment que le destin du dieu bascule. Au début
de la scène, Wotan semble bien décidé à abandonner Brünnhilde au destin des simples mortels, ce qui serait le
renoncement définitif du dieu à son grand projet, celui de laisser une chance à son héros de naître et de s'accomplir.
Mais Brünnhilde, c'est-à-dire la vraie conscience du dieu va triompher. Brünnhilde, enfermée dans son cercle de feu,
ne pourra plus être délivrée que par le seul Siegfried ; qui aura dû pour cela détruire la puissance du dieu. C'est
Wotan lui-même qui en a ainsi décidé : « Qui craint la pointe / de ma lance / ne traverse jamais le feu ! » ; paroles
accompagnées du thème de Siegfried. Revenons maintenant au déroulement de la scène. La décision du dieu
semble donc irrévocable, il prive Brünnhilde de son essence divine, et l'abandonne sur terre au premier qui en fera
son esclave vouant sa seconde fille au même sort que la première, Sieglinde.
L'argument de Brünnhilde est simple : je ne t'ai pas désobéi, car je n'ai fait qu'obéir à ta vraie volonté, celle qui te
commandait de donner la victoire à Siegmund ; c'est parce que je suis ta vraie volonté que j'ai agi ainsi. « Je savais
que tu aimais le Walsüng… ». C'est Fricka qui a fait agir un autre que toi-même. Et cela, Wotan ne le sait que
trop ! Brünnhilde tente aussi d'émouvoir le dieu : « Je dus voir Siegmund. /Devant lui annonçant la mort, / je vis son
regard, /l'entendit parler ; / J'appris du héros la sainte détresse : /…/ Je ne pensais plus / qu'à le servir. /
partager avec lui / la victoire ou la mort ». Puis Brünnhilde fait de Wotan le vrai responsable de sa faute : « Confiante
en celui / qui mit cet amour / au fond de mon coeur / et en la volonté / qui m'associa au Walsüng, / je défiai tes ordres
». Wotan tient encore, il accuse Brünnhilde de faiblesse : « Tu buvais, heureuse, / l'ivresse brûlante / de ton émotion
/…/ Tu t'es soumise / au pouvoir de l'amour / suis maintenant / celui que tu dois aimer ». Brünnhilde lui révèle
(ou lui rappelle) la future naissance de Siegfried, mais rien n'y fait, le dieu énonce la sentence : « Dans un sommeil
profond / je t'enferme : / qui te réveille, désarmée, / te prenne, éveillée, pour femme. » Brünnhilde devient alors
véhémente : « Protège l'endormie / d'une frayeur farouche, / pour que seul un héros sans peur, / très libre, / me
trouve un jour / sur le rocher ». La Walkyrie désigne clairement Siegfried, et le dieu résiste encore : « Par trop tu
désires / trop de faveurs ». Brünnhilde éclate : « Cela tu dois, / tu dois l'écouter ! / Brise ton enfant, / enlaçant tes
genoux : / piétine qui t'aime, détruit la vierge, / que ta lance efface / la trace de son corps : / mais ne la livre pas,
cruel, /au plus effrayant opprobre. Qu'à ton ordre / des flammes s'élèvent, / entourant le roc / d'un brasier
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ardent… » Et Wotan cède, il enlace tendrement sa fille, alors que s'élève une musique sublime…Plus de
Tétralogie, plus de dieu, plus de monde ; l'expression de l'amour le plus pur, le plus puissant qui s'exalte au moment
de la séparation nécessaire…et définitive ! Un père qui donne à sa fille son dernier baiser, qui voit briller ses
yeux pour la dernière fois, qui pour la dernière fois caresse ses cheveux, la dernière fois. Wotan frappe le sol de sa
lance, invoquant Loge, le dieu du feu. Les flammes entourent le rocher. Le sort de Wotan et des dieux est
définitivement scellé. « Qui craint la pointe / de ma lance, / ne travers jamais le feu ». Paroles achevant la scène,
prononcées par Wotan sur le thème de Siegfried.
IMG/flv/Copland_-_Fanfare_for_the_Common_Man-AVI-failed-conv_.flv
FANFARE FOR THE COMMON MAN Durant la Seconde Guerre mondiale, le chef d'orchestre Eugene Goossens
(1893-1962), alors à la tête du Cincinnati Symphony Orchestra (Ohio), passa commande de « fanfares patriotiques »
destinées à être interprétées en ouverture des programmes symphoniques de cette formation. Parmi les 18
compositeurs sollicités figurait Aaron Copland qui composa pour cette occasion sa Fanfare for a common man Fanfare pour l'homme de la rue.
L'oeuvre connut immédiatement un très grand succès public et, en 1946, Copland l'incorpora comme thème
principal du 4e mouvement de sa Symphonie n° 3. Par la suite, elle servit de générique pour de nombreuses
émissions télévisées et grands rassemblements. Les Rolling Stones l'ont utilisée en ouverture de leurs concerts
notamment lors d'une de leur tournée mondiale en 1976-1977, comme on peut l'entendre au tout début du double
album Love you live (1977).
La Fanfare for a Common Man (Fanfare pour l'homme de la rue) est une commande du chef américain Eugene
Goossens (1893-1962), directeur de l'Orchestre symphonique de Cincinnati. Au cours de l'année 1942, ce musicien
avait eu l'idée de passer commande à 18 compositeurs afin de disposer de pièces courtes à caractère patriotique. Le
premier concert de la saison 1942 fut dédié « aux soldats, aviateurs et marins ». Intitulée dans un premier temps
Fanfare pour une cérémonie solennelle, la partition connut d'autres titres.
Entartete Musik Musique dégénérée Dans le cadre des premières journées de la musique du IIIe Reich, du 22 au 29
mai 1938, une exposition intitulée « Entartete Musik » (musique dégénérée) est inaugurée à Düsseldorf le 24 mai,
elle accueille le public jusqu'au 14 juin. Cette exposition est organisée par le docteur Hans Serverus Ziegler
(1893-1978), Gauleiter de Thuringe dès 1933, Conseiller d'État, et Directeur des théâtres du régime hitlérien. Après
la guerre, il dirige des théâtres, enseigne, et dans sa vieillesse, publie des livres orientés à l'extrême droite,
notamment des ouvrages biographiques sur Adolf Hitler. Goebbels y prononce un discours de politique musicale, le
22 mai, Richard Strauss y assure la partie musicale. Il s'agit pour les nazis de préserver la pureté de la musique
allemande, de montrer ce qui a été censuré (nettoyé) depuis 5 ans. On y retrouve l'irrationalité de leurs thèmes, les
condamnations outrancières, la propagande massive et spectaculaire, les slogans haineux, et en arrière-plan, la
propagation d'un mot d'ordre, « l'Allemagne, pays de la musique », qui a encore aujourd'hui de la résonance. C'est
pour que l'Allemagne devienne le pays de la musique classique, qu'il faut la purifier, la libérer de la « presse d'égoût
» et de la « domination juive ». Grâce au National Socialisme, les artistes se trouvent devant un avenir pur et non
falsifié, dit Goebbels dans son discours du 28 mai (en y amalgamant un « l'expresssionnisme atonal ». C'est une
exposition, diffamatoire contre des artistes, qui utilise l'attirail idéologique incohérent et bricolé de la droite populiste,
raciste, nationaliste, et antidémocratique. On y retrouve également des éléments de polémique, autour des musiques
atonales, jugées, dès 1920, « bolchéviques », par le compositeur Hans Pfizner. Dans la visée, autour de la
thématique « musique et race », les musiques atonales, celles de la seconde École de Vienne (musique sérielle), le
jazz « nègre », la musique tzigane, les compositeurs de confession juive, ou issus de familles de confession juive,
les compositeurs de gauche, une grande partie des musiques « modernistes » du premier tiers du XXe siècle. Une
liste d'oeuvres interdites aux orchestres est établie. Un dictionnaire des juifs dans la musique est publié en 1940.
Plus de deux cents compositeurs sont mis à l'index. Les musiciens contemporains sont privés de travail, sous le
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régime hitlérien, certains s'exilent, d'autres sont assassinés dans les camps de concentration. L'affiche, un musicien
noir affublé d'une croix de David, et jouant du saxophone, est une référence à l'opéra « Jonny spielt auf » (traduit en
français par « Johnny mène la danse », d'Ernst Krenek, qui met en scène les amours entre blancs et noirs. Cet
opéra, composé en 1925, a connu un très grand succès international jusqu'en 1930. Parmi les artistes dégénérés, on
trouve : Giacomo Meyerbeer ; Félix Mendelssohn (1819-1847) le musicologue nazi, Karl Blessinger, décrit
Menselssohn, comem l'archétype du juif assimilé falsificateur de culture ; Gustav Mahler (1860-1911) ; Béla Bartók
(1881-1945) qui a demandé, comme un honneur, de figurer dans cette exposition) ; Igor Stravinsky (1882-1971) ;
Darius Milhaud (1892-1974) ; Arnold Schoenberg (1874-1951) ; Franz Schreker (1878-1934) ; Kurt Weill (1900-1950)
; Berthold Goldschmidt (1903-1996) ; Hanns Eisler (1898-1962) ; Anton Webern (1883-1945), favorable au régime ;
Paul Hindemith (1895-1963) ; Alban Berg (1885-1935) ; Karl Amadeus Hartmann (1905-1963) ; Boris Blacher
(1903-1975) ; Viktor Ullmann (1898-1944) ; Joseph Marx (1882-1964) ; Pavel Haas (1899-1944) ; Franz Schmidt
(1874-1939) ; Erwin Schuloff (Jefim Golyscheff) (1894-1942) ; Erich Korngold (1897-1957) ; Miklos Rozsa
(1907-1995) ; Eric Zeisl (1905-1959) ; Franz Waxman (1906-1967) ; Alexander von Zemlinsky (1871-1942) ; Rudolf
Karell (1880-1945) ; Léon Jessel (1871-1942) ; Norbert Glanzberg (1910-2001), etc.
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