et le projet Case Study Houses

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et le projet Case Study Houses
auteur associé
Mathieu
Bertholet
et le projet
Case Study Houses
octobre à décembre 07
1
SOMMAIRE
Résidence au Théâtre du Grütli 2006-2009
p. 3
Saison 2007-2008, partie II
p. 4
Mathieu Bertholet
p. 5-6
Impressions:
p. 7-11
y Mathieu Bertholet pendant son séjour à Los Angeles, juin 2007
p. 7-9
y Mathieu Bertholet, de retour de Los Angeles, septembre 2007
p. 10-11
Maisons avec piscine. Pour un nouveau théâtre. Le Courrier, Anne Pitteloud
p. 12
Retour sur Case Study Houses Project
p. 13-16
2
RÉSIDENCE AU THEATRE DU GRÜTLI 2006-2009
THÉORIQUE : Qui concerne la théorie, qui est du domaine de la théorie. – Qui est du domaine de la spéculation, sans rapport avec la
réalité ou la pratique.
PRATIQUE : Qui s’attache aux faits, à l’action. – Qui concerne l’action morale, les règles de conduite. – Application, mise en œuvre des
règles, des principes d’une science, d’une technique. – Connaissance acquise par l’expérience, par une habitude approfondie de quelque
chose.
Théoriquement, tout commence là :
LEARNING FROM LAS VEGAS: THE FORGOTTEN SYMBOLISM OF ARCHITECTURAL FORM de Robert Venturi,
Denise Scott Brown, Steven Izenour, Massachusetts Institute of Technology, 1972.
Dans ces années-là, l’architecture semble s’être perdue sur le chemin de la modernité totale : froideur, rigueur, distance.
Les être humains ne se retrouvent plus dans leur biotope de béton, de verre et d’acier.
Voilà le moment où ces trois jeunes architectes se penchent sur Las Vegas. Ils prennent cette ville en photos, en analysent
les cartes, comparent les hôtels, les restaurants, les stations d’essence, les casinos. Ils trouvent les règles esthétiques qui
les gouvernent. Ils cherchent dans la pierre pourquoi cette ville attire autant les masses. Sans le savoir, ils découvrent un
nouveau langage, un nouveau symbolisme des formes architecturales. Leur livre fait l’effet d’une bombe. Apparaît
l’architecture postmoderne, puis derrière elle, tout le mouvement de pensées postmoderne. L’architecture, la philosophie
ont appris de Las Vegas.
Qu’est-ce que le théâtre peut apprendre de l’architecture ? Autour de cette question se développe un projet en trois volets:
écriture d'un essai, écriture d'un texte de théâtre avec travail de laboratoire, réalisation d'ateliers d'écriture.
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Pratiquement, le travail se poursuit avec:
SAISON 2007-2008
partie II
STAGES D’ECRITURE 3 week-ends de travail, les 5 et 6 octobre, 2 et 3 novembre, 11 et 12 janvier.
CSH#1 et CSH#2 Un auteur de théâtre qui a toujours voulu être architecte devient danseur. Ou comment ne pas oublier le
corps dans l’écriture. Mathieu Bertholet sollicite chaque saison un chorégraphe pour travailler un solo avec lui. L’an
dernier, c’était Cindy van Acker (solo retravaillé cette année, CHS#1), cet automne, c’est Foofwa d’Imobilité (CHS#2).
Présentations publiques les 8, 12, 16 et 20 décembre 2007. www.grutli.ch
SHADOW HOUSES ou la nouvelle version du feuilleton à succès de l’an dernier, Sunset Piscine Girls. Visitez les SHADOW
HOUSES. Vous y rencontrerez un journaliste sportif transsexuel, un acteur porno en rehab’, Nicole, un ingénieur en
hydrodynamique, un vendeur de Prius, des commuters, une star avec un D.U.I. (driving under the influence), une vue sur la
ville, un waiter/actor/model/slash, deux anges, just me! me! me!, un moniteur de nacked yoga, un professeur de tectonique
des plaques, Erin, un homme assis dans un parking lot, un danseur avec des knee pads, behind Mark, une femme
dangereuse avec des bigoudis dans une Lexus, un hélicoptère de la circulation, un bouchon, un pompier, Robbie Williams à
Runyon Canyon, le guide de Forever Hollywood...
24 monologues de théâtre avec à tour de rôle : Barbara Baker, Léonard Bertholet, Anne Bisang, Maya Bösch, Elodie
Bordas, Vincent Coppey, Blandine Costaz, Jeanne De Mont, Géraldine Egel, Roberto Garieri, Simon Guélat, Hélène
Hudovernik, Shin Iglesias, Fred Jacot-Guillarmod, Roberto Molo, Julia Perrazini, Anne-Frédérique Rochat, Martin
Schick, Barbara Tobola, Catherine Travelletti, Cindy Van Acker, Anna Van Brée, Lucie Zelger.
Dates et horaires: 24 dates d’octobre à décembre 2007
-OCTOBRE: je 18, me 24, sa 27, ma 30 / à 19 heures.
-NOVEMBRE: sa 3, ma 6, ve 9, lu 12, je 15, di 18, me 21, sa 24, ma 27, ve 30 / à 19 heures
-DECEMBRE : lu 3, me 12, ma 18, ve 21, je 27 et di 30 / à 19 heures // je 6 et lu 24 / à 13 heures // di 9 / à 17 heures // sa 15 / à 18
heures
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Mathieu Bertholet
Mathieu Bertholet est auteur associé au Grütli pendant trois mois par an durant trois ans. Cette saison, d'octobre à
décembre, il y prend des cours de danse avec Cindy van Acker et Foofwa d'Imobilité, y donne des cours d'écriture,
écrit une deuxième strate de son texte Case Study House # et propose tous les jours multiples de trois, en
collaboration avec 24 artistes à tour de rôle, Shadows Houses.
Né en 1977 en Valais, Mathieu Bertholet a quitté la Suisse en 1997 pour Berlin où il a étudié l’écriture de scène à l’Académie
des Beaux-Arts et à l´Institut du Théâtre de Barcelone. Il vit aujourd'hui encore à Berlin, où il écrit dans le calme de son
quartier de Wedding.
Il a reçu un Prix Jeunes Auteurs de la Radio Suisse Romande en 1997, puis en 2001 le Prix Take Away du Burgtheater de
Vienne pour sa pièce discothèque. Il a été auteur en résidence à la Comédie de Genève six mois durant la saison 2001-2002,
résidence durant laquelle il a écrit geneva.lounging. En 2003, il a reçu le Prix d´encouragement de son canton d’origine, le
Valais.
Mathieu Bertholet est l’auteur de nombreuses pièces historiques et/ou documentaires.
fArBen, pièce pour laquelle il a reçu le Prix du Schauspielhaus de Hambourg et qui a été produite par Marguerite Gateau
pour France Culture début 2007, trace une biographie onirique de Clara Immerwahr, première femme chimiste allemande,
épouse de Fritz Haber, inventeur des gaz de combat.
Il est l’auteur de geneva.lounging, créée à la Comédie de Genève en avril 2002 par Maya Bösch, adaptation contemporaine
du mythe d’Orphée, de On est toujours la salope de quelqu’un, adaptation d’un autre mythe grec méconnu, celui d’Atis,
Sybèle et Agdistis.
Il a été chargé par le canton du Valais de le représenter à l’Expo.02, pour qui il a écrit 13, mis en scène par Catherine Sumi
et Jacques de Torenté, spectacle sur l’histoire, les fables et les changements de son pays d’origine.
Il a écrit un oratorio sur le meurtre de Pier Paolo Pasolini, sAnD, créé par Marc Liebens à Bruxelles en 2002. Marc Liebens
a aussi monté sa pièce Supporter les visites au Théâtre Saint-Gervais en avril 2005. Cette pièce exhibe les cadavres de la
tragédie d’Œdipe ; une version moderne de Sophocle.
Rien qu’un acteur, le drame biographique d’un acteur opportuniste entraîné dans la folie nazie avant le 2ème Guerre
Mondiale, a été monté par Anne Bisang en janvier 2006 à la Comédie de Genève, puis jouée en tournée cette année aux
Célestins de Lyon, à Vevey et à Sierre.
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En novembre 2006, sa pièce Heroes qui prend les héros tragiques grecs à partie a été mis en scène par Anna van Brée au
Théâtre du Grütli: Utzgur! et ses pièces fArBen et Rien qu’acteur ont été publiées chez Actes Sud Papiers.
Actuellement, Mathieu Bertholet se plonge à nouveau dans ses origines en écrivant une œuvre chorale sur la sainte
patronne de son village, Sainte-Catherine.
Parallèlement à l'écriture personnelle, il traduit les pièces des auteurs qui lui tiennent à cœur : Rainald Goetz (Jeff Koons,
création à la Grange de Dorigny, avril 2005, m.e.s Anna Van Brée) , R.W. Fassbinder (Les larmes amères de Petra von Kant,
m.e.s. Anne Bisang, Comédie de Genève, 2001) , Rebekka Kricheldorf…
Depuis janvier 2007, Mathieu Bertholet est associé à la vie du Grütli pour
trois ans, à raison de trois mois par année pour y découper des carrés de
jeu: jeu avec l'écriture à travers des cours, et jeu avec la représentation à
travers un feuilleton scénique régulier. Par ailleurs, il est là pour
écrire/répéter une pièce: Case Study Houses #, et pour rédiger un essai sur
une question qui l'empêche de dormir la nuit: qu'est-ce que le théâtre peut
apprendre de l'architecture: titre de l'essai: Learning from architecture,
sur le modèle du mythique Learning from Las Vegas, acte de naissance du
post-modernisme architectural.
Il a obtenu la bourse Villa Aurora de Ministère des Affaires Etrangères de
l’Allemagne qui lui a permis d’approfondir ses recherches sur
l’architecture californienne des années cinquante. Il a vécu d’avril à
juillet 2007 à Pacific Palissades, Los Angeles.
CSH 22, Koenig, Los Angeles
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Impressions:
Mathieu Bertholet, pendant son séjour à Los Angeles, juin 2007:
Recevoir, et transmettre. Recevoir de la danse, transmettre l’écriture. Apprendre l’architecture et faire une série
télévisée au théâtre. Voilà, en gros, à quoi devait se résumer cette première saison d’association avec ce nouveau Théâtre
du Grütli.
Le premier volet de cette association résidait dans les cours d’écriture. Ils étaient aussi accessibles que possible,
permettant à un large public d’y participer. Aucun cours n'était obligatoire, chacun abordant un sujet différent aux
travers de petits exercices, de lectures et de débats. Nous avons essayé de saisir ensemble comment les autres auteurs ont
fait avant, en se lançant de semaine en semaine dans une autre écriture un autre style une autre période et de nouveaux
exercices. Pas pour éveiller des carrières mais plutôt pour ouvrir des oreilles des têtes à de nouvelles formes, pour faire de
la place à de nouvelles envies, pour essayer de transmettre à tous ces gens ma passion du théâtre d’aujourd’hui, de
l’écriture dans notre temps.
En tout, sur les trois mois une centaine de participants ont fréquenté les classes, une cinquantaine revenant
régulièrement.
Au travers de cette classe d’écriture, je voulais surtout faire sentir aux participants qu’il fallait rester ouvert, toucher à
tout, ne pas s’enfermer trop vite dans un style, une direction.
Moi, après cette première saison, j’ai appris qu’il ne fallait pas s’enfermer dans une discipline, qu’il y avait plus à gagner à
laisser les portes grandes ouvertes (proposition qui, au Grütli, marche au propre comme au figuré: ce dernier étant
toujours plein de monde très différent, on gagne à ne pas fermer les portes de son lieu de travail.)
Au début, ça n’était qu’une boutade, l’idée absurde des deux directrices de me lancer dans quelque chose de nouveau de
différent. Et pour moi le défi de voir mon corps raide, asynchrone, amusical, désordonné, se mouvoir dans l'espace, dans un
cadre de danse, m’obliger à comprendre de l’intérieur une forme artistique dont je ne comprenais aucun code. Et puis, nous
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avons tous pris la boutade au sérieux, parce que les deux nouvelles directrices ont cru que ce pourrait être intéressant de
me voir danser et parce qu’une chorégraphe était prête à prendre le risque.
Après plus de deux mois d’une expérience forte, révolutionnaire pour moi, je ne sais pas faire l’état de ce qui est arrivé. Je
ne peux que prendre la mesure des faits : je plie mieux mes jambes, je me sens bien dans l’enchaînement de mes
mouvements, je ne réfléchis pas, mon corps semble savoir, je suis bien sur un plateau, même quand il y a du monde autour
pour regarder. Et j’ai envie de continuer. Avec Cindy, et avec d’autres. Et d’autres ont envie d’essayer avec moi.
L’expérience se prolonge. J’ai déjà présenté deux fois ce solo à Los Angeles, lors de ma résidence d’écriture à la Villa
Aurora, où, encore, j’approfondis le sujet des Case Study Houses. Et la saison prochaine, c’est Foofwa d’Imobilité qui me
montrera le chemin vers sa façon de danser.
Pendant ces trois mois, il a fallu aussi convaincre un public de suivre une série hebdomadaire au théâtre, de venir voir des
actrices, semaine après semaine, essayer de nouvelles formes, de nouvelles histoires, de nouveaux habits. Nous avons
essayé, et petit à petit, en dépassant les résistances des uns des autres, des actrices, comme de l’auteur, nous avons su
installer un style, une façon de travailler de produire de gagner du temps. D’une petite vingtaine de spectateurs le premier
soir, à la huitantaine du dernier soir, les Sunset Piscine Girls et leur Guests Stars ont su convaincre leur public. Ce n’est
pas vraiment facile pour un auteur d’être confronté au plateau. Pas seulement parce que ses mots prennent chair (cette
expérience n’est pas nouvelle et n’avait jamais jusqu’ici, été douloureuse pour moi). Ce qui est difficile, ce sont les réalités
pratiques du plateau : un décor, des lumières, des subjectivités face à une façon de travailler, un investissement de temps
et d’énergie. L’auteur, petit à petit a dû devenir metteur en scène. Encore une envie de l’auteur que les directrices lui ont
permis de réaliser.
La distance et le temps permettront sûrement d’en apprivoiser les leçons. Ce qui est certain, c’est que la série de la saison
prochaine sera différente. Une seule personne par épisode, donc une série de monologues, permettant un travail plus
flexible par rapport à l’organisation d’un planning, et un texte déjà existant, produit justement durant cette résidence en
Californie. Si Sunset Piscine Girls était le miroir de nos rêves, de nos illusions hollywoodiennes, Shadow Houses étalera
les petits éclats de verre de la réalité d’un auteur parmi les Angelinos.
Trois mois intenses qui en demanderont certainement plus pour ramener à la page toutes les expériences les leçons les
évolutions que ce premier temps d’association auront produit.
Trois mois de Los Angeles pour retourner aux sources du travail, à l’architecture californienne des années cinquante, au
fond de ce projet. Trois mois pour repenser aux formes tentées cette saison pour projeter les formes qui seront essayées
l’année prochaine.
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Mais déjà, des lignes se dessinent, parce que toutes expériences fortes
laissent aussi des traces qu’on ne peut pas nier, pour lesquelles la
distance n’est pas nécessaire pour en voir l’ampleur. La fatigue pour
commencer, le manque de temps pour absorber. Il faut donc gagner
du temps, aménager de l’espace pour réfléchir se retourner remâcher
ruminer.
Les cours hebdomadaires disparaîtront pour laisser la place à trois
séminaires plus intenses, sur trois weekends, laissant aux
participants pris dans leur vie active le temps de travailler pour
profiter plus intensément de la recherche des lectures des
découvertes faites en commun.
Pour gagner du temps, il faut imaginer une autre façon d’organiser
l’interaction avec les actrices/acteurs. Et il faut aussi m’adapter à
leurs attentes. La saison prochaine, les acteurs travailleront à partir
d’un texte préexistant, sur lequel ils travailleront pendant trois
jours avec moi, avant de le présenter dans une forme à chaque fois
nouvelle. 24 acteurs, qui présenteront 24 spectacles issus du même
Sunset Piscine Girls, avec le collectif2 et Mathieu Bertholet, © Federal
matériau texte. Pendant trois jours, je travaillerai avec une nouvelle
actrice, danseur, directrice, auteur, pour montrer tous les trois
jours, un nouvel épisode de SHADOW HOUSES.
Et parce que, fort de cette première expérience dansée, Cindy van Acker voit en moi des possibilités, elle replongera avec
moi dans Case Study House #1 pour aller plus loin avant que je ne me jette sur le tapis de Foofwa d’Imobilité pour voir si je
sais danser autrement que minimalement.
Trois mois forts pleins de bruits de mots de lumières de lambourdes de mouvements de contacts qui annoncent encore plus
de mots. Quelques mois de distance et de calme pour digérer.
Trois mois qui m’ont donné l’envie impatiente d’une deuxième saison pour aller plus loin…
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Mathieu Bertholet, de retour de Los Angeles, septembre 2007
Rien n’est jamais vraiment comme on s’y attend. On peut préparer un départ, à l’arrivée on est toujours déçu. Une fois
encore, déçu en bien. Les maisons pour lesquelles j’avais fait le voyage ne sont pas à voir. Cachées derrière la peur
paranoïde des riches bourgeois qui en ont pris possession, des murs de bougainvilliers ferment la vue sur la mer, la ville,
les collines, les déserts que les architectes leur avaient données. Et la première semaine, je ne trouve rien de ce qu’on ne
m’avait promis : la chaleur, la pollution, le trafic, les masses, le stress, le bruit, les gangs…
Mais en échange, rien de moins : du brouillard, des odeurs de garrigues, des pistes d’autoroutes, des cieux, des sentiers, des
légumes, des glissements de terrain. Qui vous en parle, qui vous prévient, qui vous met en garde, qui vous dit tout cela de
Los Angeles. Il n’y a pas de doute, ce séjour à la Villa Aurora1, à ce moment de mon travail sur les Case Study Houses au
GRÜ aura été une chance. L’architecture, les Case Study Houses, je les connaissais par cœur de la cuisine à la salle de
bain, des structures en acier aux meubles en bois précontraints ; les livres en disent plus que tout ce qu’on pourrait voir
soi-même sur place. Mais aucune photographie d’architecture ne sait dire les derniers lacets de la route qui y mène, la
direction du vent dans ce vallon, le bruit de l’aéroport, la chaleur qui monte de la Valley, l’interdiction du faire du feu
dans les collines asséchées… J’ai beau avoir écrit aux habitants pour leur demander de me faire voir leur maison. Pas une
réponse. Je les ai invités à venir me voir danser CSH#1 pour leur montrer une des premières étapes de mon travail. Pas un
ne s’est déplacé. Ce qui n’empêche pas le reste du public d'être venu nombreux. L’Américain est gentil. Même si ce solo,
minimaliste, est à des miles nautiques de sa compréhension de l’entertainment, ils ont été nombreux à m’inviter chez eux,
à me proposer leur aide, à me donner des adresses, à vouloir me montrer leur piscine, tout étonnés et curieux qu’ils étaient
par mon travail. Il y a des pistes que je suivrai…
Six mois de Los Angeles : trois mois dans les collines de Malibu, trois mois dans la chaleur sèche de la Valley, 174 jours
d’autoroute qui mène à une évidence : Los Angeles est une accumulation. On ajoute des pistes à l’autoroute tant qu’il y a
de la place, on étale les lotissements jusqu'à ce que les collines les arrêtent, les malls se multiplient au rythme du taux de
croissance, les panneaux immobiliers « À vendre » s’accumulent dans les suburbs.
1
La Villa Aurora est une résidence d’artistes à Los Angeles. Demeure de Lion Feuchtwangler, elle accueillait dans les années trente déjà des exilés allemands : Brecht, Mann, Schönberg… Financée par le Ministère des
Affaires Etrangères de l’Allemagne, elle accueille une douzaine d’artistes allemands chaque année.
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…Encore une liste: un journaliste sportif transsexuel, un acteur porno en rehab’, Nicole, un ingénieur en hydrodynamique,
un vendeur de Prius, des commuters, une star avec un D.U.I. (Driving Under the Influence), une vue sur la ville, un
waiter/actor/model/slash, deux anges, just me ! me ! me !, un moniteur de nacked yoga, un professeur de tectonique des
plaques, Erin, un homme assis dans un parking lot, un danseur avec des knee pads, behind Mark, une femme dangereuse
avec des bigoudis dans une Lexus, un hélicoptère de la circulation, un bouchon, un pompier, Robbie Williams à Runyon
Canyon, le guide de Forever Hollywood, un auteur de haïkus autoroutiers… voilà donc les personnages que j’ai ramenés de
L.A., que vous pourrez découvrir de l’autre côté du papier glacé des magazines de design, des coffee tables books sur
l’american living…
Shadow Houses sera un amassement, l’accumulation de vingt-quatre monologues. Vide et blanche le premier soir, afin de
laisser défiler les images de SNEAK PREVIEW Connaissance du monde : Los Angeles, la white box résonnera, le 30
décembre, des voix accumulées d'acteurs, directeurs de théâtre, danseurs, costumières, … durant les trois mois des
Shadow Houses.
Et pour couronner les Shadow Houses, une installation routière dans une rue de Genève, en janvier 2008 viendra répondre
à l’installation Volvo1, rush hour for one car qui a clôturé ma résidence à la Villa Aurora.
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Le Courrier, 9 mars 2007, propos recueillis par Anne Pitteloud
Maisons avec piscine. Pour un nouveau théâtre
GENÈVE • La Comédie reprend pour deux soirs «Mephisto/Rien qu’un acteur» de Mathieu Bertholet, auteur en résidence au Théâtre du Grütli.
Hyperactif, Mathieu Bertholet? Installé à Berlin depuis dix ans, le jeune dramaturge d’origine valaisanne fourmille de projets. Alors que sa pièce Méphisto/Rien qu’un acteur, créée par
Anne Bisang en janvier 2006, est reprise pour deux soirs à La Comédie, il déploie depuis janvier une énergie créatrice protéiforme dans le cadre de sa résidence au Théâtre du Grütli –
il y sera trois mois par an pendant trois ans. Il apprend à danser avec la chorégraphe Cindy Van Acker, donne des cours d’écriture du lundi au jeudi et, en collaboration avec les trois
comédiennes de lecollectif2, présente chaque vendredi soir un nouvel épisode du soap opera théâtral sunset piscine girls: un work in progress qui inspirera l’écriture d’une pièce de
théâtre, Case Study House # (CHS#) ainsi qu’un essai sur l’influence de l’architecture sur le théâtre. Rencontre. L’architecture californienne des années 1950 sous-tend vos projets.
Pourquoi cet intérêt?
Mathieu Bertholet: L’architecture m’obsède depuis longtemps: c’est la seule forme artistique omniprésente, et elle est le reflet d’une époque. Un bâtiment, c’est diverses influences –
philosophique, sociale, industrielle, artistique – devenues pierre. Le but de ma résidence au Grütli est de chercher de manière expérimentale une réponse à la question: «Qu’est-ce que
le théâtre peut apprendre de l’architecture?» Mon idée est d’assimiler des techniques architecturales pour les transformer en techniques théâtrales et d’explorer la manière dont
l’architecture influence la scénographie. Au final, j’écrirai un essai sur une nouvelle forme théâtrale, Learning from architecture: the discovered dimension of perfomative forms.
Sunset piscine girls a pour cadre les Case Study Houses, ces maisons californiennes imaginées dans les années 1950 avec une ambition humaniste: elles devaient être peu chères,
lumineuses, transformables, adaptées à la vie de leurs occupants. Mais à l’époque ces maisons n’ont pas été acceptées par la population.
Comment influencent-elles votre travail?
– Chaque actrice s’est appropriée une maison, et c’est l’architecture qui crée les personnages. On produit à court terme, à la façon des séries télévisées: le lundi, on pose le canevas de
l’épisode suivant, on l’écrit jusqu’au mercredi, on répète selon nos disponibilités et on joue vendredi soir. On expérimente divers moyens formels – roman photo, images plus
intimistes – tout en restant dans le genre soap opera. Ces maisons avec piscine m’obligent à tenir compte de l’imagerie hollywoodienne, à convoquer des scènes souvent mythiques du
cinéma. D’avril à juillet, je serai à Los Angeles et verrai si les maisons ont influencé leurs habitants, si le mythe correspond à la réalité. L’année prochaine, je produirai donc un travail
plus documentaire. L’écriture de CSH# s’inspirera des moyens et des idées mis en oeuvre pendant ces trois ans.
Vous travaillez souvent à partir d’un fonds commun: histoire, mythes, tragédies antiques et, aujourd’hui, références au cinéma hollywoodien...
– Je m’interroge moins sur que raconter que sur comment le dire. Plus le matériau est précis et connu, plus je peux travailler la forme sans m’inquiéter de savoir si l’intrigue est
cohérente, suffisamment claire, etc. Je peux donc aller plus en profondeur, écrire de manière plus sensuelle aussi. C’est la structure de mes pièces qui m’intéresse.
La danse est-elle une autre manière d’explorer le rapport du corps à l’espace?
- Ecrire est un travail solitaire et intellectuel, sans rapport au corps ni au groupe. Il me fallait donc engranger différentes expériences pour être capable de mettre en scène CSH# dans
trois ans. J’avais envie de me cristalliser sur le corps et j’ai pris des cours de danse avec Cindy Van Acker. La danse est aussi un état d’esprit, dans lequel je me suis mis d’emblée. Ça a
été une vraie découverte.
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Retour sur Case Study House Project
Si je n’étais pas auteur, peut-être que je serais architecte. Mes
édifices n’auraient pas tenu longtemps. Mes pièces s’en
ressentent. On ne peut pas dire que mes pièces soient normales.
Pas de début, pas de milieu, pas de fin. Pas de toit, pas de porte,
beaucoup de fenêtres, trop de fenêtres. Plutôt une course
continue autour d’un axe, comme si toutes les pièces d’une
maison étaient organisées autour d’un lieu central, autour
d’une cuisine, d’un séjour, d’un patio ou d’une piscine.
Qu’est-ce que l’architecture a à faire avec l’écriture? Qu’est-ce
que la musique a à voir avec la peinture? Pourquoi transposer
l’architecture en littérature, en théâtre? Parce que
l’architecture est le miroir d’une société et parce que dans
l’architecture chaque mouvement, chaque courant, tout esprit
philosophique, toute tendance artistique trouvent un écho.
Parce que pour moi la tentative de transformer l’architecture
(théorique ou pratique) en théâtre est un dépassement, un
nouveau champ de la recherche théâtrale. Surgissent alors de
nouvelles formes théâtrales, un nouveau langage de la scène, de
nouvelles possibilités scéniques à travers la transformation de
la spatialité en temporalité.
Dans une première tentative, j’ai utilisé le plan d’une villa
d’Eero Saarinen et Charles Eames comme canevas pour la
thématique d’une pièce. Dans cette maison qui m’a inspiré ma
pièce SAND, toutes les pièces sont organisées autour du bureau.
Dans SAND, tout est organisé autour de la mort réelle, rêvée,
espérée, fictive de Pier Paolo Pasolini: les pièces qui entourent
sa mort sont la politique, les origines, la religion et la virilité.
Mais cette maison n’est pas une maison quelconque. Il s’agit
de la Case Study House #9. Une villa parmi trente autres qu’un
groupe d’architectes a planifié selon des règles très strictes
après la Deuxième Guerre Mondiale en Californie. Ils pensaient
que le moment était venu pour mettre le Modern Style à la
portée de tous. Ils se sont imposés des règles très strictes: sens
du raisonnable, taille modeste, utilisation minimale du terrain,
parties modulables, caractère organique, relation avec le
paysage, reproductibilité, efficience économique. Ils sont partis
pour chacune de leur construction d’un cas d’étude prédéfini.
Des architectes célèbres ont pris part à ce projet comme par
exemple Richard Neutra, Charles Eames, Pierre Koenig ou
Julius Schulmann. D’autres ont eu droit ensuite à une vraie
carrière hollywoodienne, avec des hauts et des bas dramatiques,
dignes du cinéma, comme Craig Ellwood, que l’on nommera plus
tard le fondateur du style Martini-Modern. Tous ces architectes
sont des figures d’un temps et d’une ville.
Ce qu’il y a de remarquable dans le projet des Case Study
Houses c’est l’intention de ses architectes de rendre le Modern
Style accessible à tous. La possibilité financièrement
avantageuse de reproduire infiniment une maison devait être un
facteur de leur attractivité. Chaque maison correspond à un cas
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d’études précis, que définit la constellation de ses habitants,
leurs revenus ainsi que leurs projets pour le futur. Tous les
critères possibles sont pris en compte : agrandissements de la
cellule familiale, changements de partenaires, variations de
revenu. La maison doit pouvoir s’adapter facilement ou pouvoir
être agrandie d’une pièce, prolongée par une piscine ou un
nouveau Carport, comme dans un jeu de construction. Les
matériaux de construction doivent provenir autant que possible
de l’industrie lourde, qui sort tout juste de son engagement dans
la Guerre. Toutes ces données pratiques résultent d’une charte
théorique qui se voulait en adéquation avec son temps. Le
succès modeste, voir infime, de ces maisons au moment de leur
réalisation illustre le trop grand optimisme de ces architectes
quant à l’ouverture d’esprit de leurs concitoyens. Seul un petit
nombre de ces études ont été réalisées, aucune n’a été répétée,
et la plupart ont été rapidement ravalées par leurs habitants à
une vision classique de l’habitat.
Les idéaux qui ont été réalisés dans ces constructions ont
eu besoin de quelques dizaines d’années pour être acceptés par
la masse. En revanche, ces idées architecturales se sont
rapidement propagées dans nombre d’édifices utilitaires comme
par exemple : des silos d’habitation, des écoles, des
constructions administratives ; jamais pourtant avec la fougue
et l’humanisme du groupe des architectes des CSH.
La plupart de ces maisons ont été réalisées dans
l’agglomération de Los Angeles, quelques unes dans d’autres
parties de la Californie. Le projet CSH a été pensé et réalisé à
L.A. parce que ce projet ne pouvait trouver place que dans ce
contexte et ce paysage, qui feraient plus tard de ce projet un
véritable mythe. Cette ville semble être un catalyseur.
Beaucoup de constructions récentes se réfèrent aux concepts de
ces maisons, comme par exemple Wall-less House de Shigeru
Ban ou le travail de Frank O. Gehry.
Cette architecture représente une société tournée vers
l’avenir, croyant au progrès, une société qui ne regarde que vers
l’avant, oubliant ainsi sur son chemin, tous ceux qui ne peuvent
pas prendre part à cette évolution : chômeurs, classes
inférieures, ou simplement ceux que la modernité emplit de
crainte.
Le Modern Style américain représente un sentiment
particulier porté par l’ensemble d’une nation et intégré en elle.
Dans un pays qui est justement en train de s’épanouir, la
modernité devient la langue de cet épanouissement. Dans un
pays sans tradition, la modernité devient la tradition.
Ce qui est étonnant aujourd’hui, c’est le retour d’une
certaine élite vers cette architecture moderne, vers cette
époque révolue, ses citations, ses variations, ses copies: le Hype
que cette période est en train de vivre.
Avec le temps, le projet CSH# est devenu un mythe.
N’habitent plus dans ces villas modernes que des gens qui
étaient jeunes à l’époque de leur construction. Les jeunes sont
réactionnaires, ils ont un désir de passé ; mais pourquoi pas de
Modern Style : lui aussi se trouve derrière eux, il est
aujourd’hui lui aussi le passé. Seule l’élite des CoffeetablesBooks semble s’intéresser réellement au Modern Style, au
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milieu de leurs meubles antiques, dans leurs appartements
bourgeois avec une vue limitée sur une vieille ville.
maisons s’intègrent dans le paysage et pour rechercher leurs
influences sur l’architecture de L.A..
Nous connaissons tous des maisons modernes au travers de
films. Il faut ici être précis, au travers de films hollywoodiens :
une paroi vitrée sur la Valley, des murs en béton et un toit en
béton, une cuisine équipée avec un frigidaire américain, mais
avant tout, un Carport ou une piscine.
Au bénéfice d´une bourse du Ministère des Affaires
Étrangères de l´Allemagne, je résiderai de avril à juillet 2oo7 à
la Villa Aurora, à moins de 1 mile de CSH# 2o et #18.
L’idée fondamentale de CSH#: une pièce postmoderne sur le
Modern Style, qui dure de l’aube au crépuscule.
Comme point de départ pour mon travail, j’ai choisi cinq de
ces trente maisons, les cinq maisons avec Swimming-pool : CSH
#17 et #18 de Craig Ellwood, # 20 1948 de Richard Neutra, #2o 1958
de Buff, Strauß et Hensman, et #22 de Pierre Koenig. A cause de
l’imagerie et des mythes qui entourent une piscine, mais aussi
pour l’effet scénique que j’espère obtenir de ce trait
scénographique.
Pratiquement, ces cinq villas seront ordonnées autour de la
même piscine virtuelle, afin de rendre les rencontres entre les
habitants possibles. Les personnages de la pièce sont imposés
par les études de cas auxquelles les architectes se sont soumis,
imposant des constellations précises, avec des caractères
prédéfinis.
Il me semblait important de retourner sur le „lieu du crime“
afin de voir ce qu’il est advenu de ces maisons, ce qu’il est
advenu de leurs habitants, si ces maisons ont influencé leurs
vies, pour voir combien de fois déjà les habitants ont changé, ou
peut-être pour découvrir que ces maisons n’ont jamais existé
telles que le mythe les porte. Pour voir aussi comment ces
Plusieurs époques se rencontreront : une maison est à peine
construite, une autre habitée à nouveau pour la quatrième fois,
une autre peut-être au bord de l’abandon.
Une Party comme point de départ possible, une de ces
parties comme on en a déjà vues souvent dans une maison
moderne, (par ex: The Party de Blake Edwards avec Peter
Sellers). Pour une pièce postmoderne, tous les bouts de films qui
tournent autour d’un swimming-pool ou autour d’une maison
moderne ont évidemment droit de cité, je pense à: Marylin
Monroe, les pieds dans l’eau de son dernier film, Something’s
got to give; à Romy Schneider dans La Piscine; à un enfant
mort à la surface de l’eau; à un de ces innombrables tournages
de films pornos au bord d’une piscine hollywoodienne ; au
plongeon sur un tableau de David Hockney, répété dans La mala
Educacion d’Almodovar. Des citations de films dans un décor de
film.
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Pour écrire cette pièce, je travaillerai comme dans un
laboratoire avec trois actrices. Une actrice par villa dans un
décor de piscine en évolution, avec du béton du verre et de
l’acier, et une vue… J'imagine construire le texte avec les
actrices en partant des personnages que nous imposent ces
villas. CSH# devrait être une sorte d’état des lieux de la société
actuelle
SUNSET PISCINE GIRLS montrera semaine après semaine
l’évolution de notre travail, dans une sorte de feuilleton
théâtral.
Echec du Modern, dépassement par la postmodernité,
destruction, destruction de la postmodernité par la
déconstruction, nous, devant toutes ces ruines, dernière
tentative du Modern de prendre possession des masses, retour
aux origines, aux règles simples, aux Martinies au bord d’un
swimming-pool californien.
« Ma maison, mon swimming-pool, mon chien, mes enfants, ma
bonne, ma cuisine équipée. Je suis arrivée au sommet, je ne
peux plus que tomber, le dernier trip, le seul trip. »
« Se sauver en courant par la sortie de secours faiblement
éclairée du sens. »
« Il ne peut qu’utiliser les expériences qu’il a déjà faites, dans
lesquelles, il l’espère, les expériences qu’il fera encore sont
contenues. »
CSH#1, solo de danse, Mathieu Bertholet,
chorégraphie Cindy van Acker. © Ferran Sanchez
Mathieu Bertholet
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direction artistique
Maya Bösch & Michèle Pralong
A VENIR AU GRÜ:
administration
Olivier Stauss
assistante de direction
Christine-Laure Hirsig
relations publiques
Imanol Atorrasagasti
relations presse
Christelle Marro Valère
stagiaire
Christina von Helmersen
LABO D'ENFER 3/8
Gilles Tschudi / lecollectif3
du 22 au 28 octobre / portes ouvertes / white box
UN SOUK DE PERFOS
les 9 et 10 novembre / de 18h à 1h / black box
LABO D'ENFER 4/8
Marco Berrettini / lecollectif3
16 et 17 novembre / 19h / white box
téléphoniste-réceptionniste
Lone Olsen
BÜHNENSTÜCK
C&H (Christophe Meierhans, Christoph Ragg et Heike Langsdorf)
du 27 novembre au 2 décembre / ma, me, ve, sa 20h30, je 19h, di 18h
responsable technique
Jean-Michel Broillet
EN +
encore & toujours…
-
la TRILOGIE D’HELENE
la résidence de Mathieu Bertholet
les stages
…
Infos sur : www.grutli.ch
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