Etude Bibliographique - Ecole Mines de Douai

Transcription

Etude Bibliographique - Ecole Mines de Douai
ECOLE DES MINES DE DOUAI
_________________
ANTIER (Maxime)
BRISTIEL
(Matthieu)
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
LA FONTAINE DU VAUCLUSE :
UN INTERET AUTANT HISTORIQUE QUE SCIENTIFIQUE
(THE FONTAIN OF VAUCLUSE:
AN INTEREST AS WELL SCIENTIFIC AS HISTORICAL)
Promotion 2012
Année scolaire 2008 - 2009
2
3
REMERCIEMENTS
__________________
« Un Grand merci à M. Roland PASTOR, directeur de la S.S.F.V, pour la rapidité et la
précision de ses réponses »
« Merci à l’office de Tourisme du Pays des Sorgues et des Monts de Vaucluse pour les
informations fournies»
4
5
Table des matières
__________________
REMERCIEMENTS ........................................................................................................................................ 3
RESUME .......................................................................................................................................................... 7
ABSTRACT ...................................................................................................................................................... 9
INTRODUCTION .......................................................................................................................................... 11
I.
L’histoire de la fontaine .................................................................................................................... 13
1 – Au commencement [2], [3], [4], [6], [9], [10], [11] ........................................................................ 13
2 – Préhistoire et antiquité [4], [11] ..................................................................................................... 14
3 – Moyen-âge [2], [4] ............................................................................................................................. 15
4 – De la Renaissance à la Révolution. [4], ...................................................................................... 16
5 – Période moderne. [7] [10] [4] [3] .................................................................................................... 18
II.
Aspect scientifique ............................................................................................................................ 19
1 - La fontaine [1], [4], [8], [9], [10] [11] ................................................................................................ 19
A - Une fontaine karstique ................................................................................................................ 20
B – Impluvium ...................................................................................................................................... 23
C - études effectués ........................................................................................................................... 24
2 - Spécificités de l’eau [1], [4], [5], [6], [11] ...................................................................................... 24
III.
Impacts humain ............................................................................................................................... 27
1 - Considération géologique [9]......................................................................................................... 27
2 - Activités humaines [9]...................................................................................................................... 29
3 - Législation : la loi sur l'eau de 1992 [9] ....................................................................................... 30
Conclusion ................................................................................................................................................... 31
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ..................................................................................................... 33
REFERENCE DES PERSONNES OU ORGANISMES CONTACTES ................................................ 35
ANNEXE......................................................................................................................................................... 37
6
7
RESUME
___________
La fontaine de Vaucluse, source de la Sorgue, est un phénomène naturel très prisé
des touristes.
Son histoire débute il y a environ 100 millions d’années, tandis que les premières
traces d’implantations humaines remontent au néolithique. Depuis, la source à vue se
succéder gaulois, romains, rois chrétiens et évêques, ainsi que des noms illustres tels que
Pétrarque, Mirabeau, René Char, conquit par son paysage. De plus les recherches
historiques actuelles ont permis de redécouvrir un folklore peuplé de dragons et de
divinités imprévisibles, folklore qui n’a pas fini de révéler tout ses secrets.
Cependant l’intérêt de la fontaine ne réside pas uniquement dans son histoire.
Nombreux sont les scientifiques ayant fait des recherche sur le plus grand karst français
mettant à jour un nouveau type de karst : le karst Vauclusien. Néanmoins certains points
restent mal connus des scientifiques comme les différentes cavités qui n’ont pas encore
été toutes découvertes. Si la fontaine est une telle attraction touristique c’est notamment
grâce à son exceptionnel débit qui reste aussi une énigme. Néanmoins, les études
effectuées permettent de définir la taille approximative de l’impluvium alimentant la source.
Bien que l’activité des historiens et des scientifiques nous permettent d’augmenter
nos connaissances, la proximité de l’Homme peut être néfaste. Comme tout système
naturel, l’Homme peut avoir un impact sur celui-ci et il est donc nécessaire de connaitre
certaines particularités de type géologique. Les différentes activités humaines pouvant
avoir des effets sur la fontaine doivent être connues pour êtres mieux prévenues. La loi
sur l’eau de 1992 a permis la mise en place de règles afin de mieux préserver ce site et
continuer ainsi a nous offrir son spectacle.
MOTS MATIERES
- Fontaine
- Papèterie
- Karst
- Aquifère
- Impluvium
- Débit
- Erosion
- Impacts humain
- Législation
8
9
ABSTRACT
_____________
The Fontaine de Vaucluse, the Sorgue’s spring, is a natural phenomenon very appreciated
by tourists.
Its history began about 100 million years ago, while the first human footprints date
from the Neolithic. Since that period, it has been visited by the Gaul, the Roman, the
Christian kings and bishops, and by some well known characters like Pétrarque, Mirabeau,
René Char, who appreciated this landscape. Moreover the actual historical researches
permitted to discover again a folklore made of dragon and unpredictable divinities, which
hasn’t already revealed all its secrets.
However, the interest of this spring is not only its history. Many scientists made
researches about the biggest French karst; they exhumed a new type of karst: the
Vauclusian’s one. Nevertheless, some points are still unknown by the scientists because
of the different cavities that haven’t been discovered yet. If the spring is such a touristic
attraction it is thanks to its exceptional flow which is still an enigma. Nevertheless, studies
let us known the approximate size of the impluvium which supply the spring.
Although the historians and the scientists’ activity increases our knowledge, the
human proximity can be hazardous. As all natural systems, Humans can have a bad
impact on it and that’s why it is necessary to know some of its geological particularities.
The different human activities which can have an effect on the spring have to be known in
order to be prevented. The water law of 1992 permitted to create rules to preserve this site
and to continue to let us watch this beautiful landscape.
KEYWORDS
- Fountain
- Paper-making industry
- Karst
- Aquiferous
- Impluvium
- Flow
- Erosion
- Human impact
- Legislation
10
11
INTRODUCTION
_______________
Située aux abords du village éponyme, la fontaine de Vaucluse est une curiosité
très prisée des touristes. En effet, son impressionnant débit la place en première position
des sources françaises et en troisième position au niveau européen.
Néanmoins, loin de n’avoir qu’un intérêt purement touristique, la fontaine continue
de mobiliser historiens et scientifiques. C’est pourquoi nous commencerons notre étude
par l’aspect historique de la fontaine de sa formation à nos jours, et poursuivrons par
l’aspect scientifique et les questionnements qu’il soulève. Enfin, l’environnement étant un
des enjeux de notre siècle, nous terminerons par les impacts que l’homme peut avoir sur
la fontaine.
Cette étude propose une approche globale de la fontaine, permettant de mesurer
l’ampleur de la Fontaine de Vaucluse sous toutes ses formes.
12
13
I. L’histoire de la fontaine
_______________
1 – Au commencement [2], [3], [4], [6], [9], [10], [11]
L’histoire commence il y a environ 100 millions d’années. A cette époque la région
de Fontaine de Vaucluse est au centre d’un vaste bassin marin profond qui occupe tout le
sud est de la France. Dans ce milieu calme se déposent des sédiments qui forment au
final une épaisse dalle de calcaire de mille mètres d’épaisseur. A la fin du crétacé c’est une
mer chaude et peu profonde qui recouvre l’actuel Vaucluse et permet l’installation de récifs
coralliens où vit une faune abondante. 30 millions d’années plus tard survient un
évènement lié à la tectonique qui va bouleverser le paysage : l’émergence générale de la
région et qui va durer 70 millions d’années. L’érosion karstique va attaquer le massif, les
cours d’eau vont entailler des gorges profondes, et malgré quelques transgressions
marines, donner à l’ensemble la physionomie que nous connaissons aujourd’hui.
14
2 – Préhistoire et antiquité [4], [11]
Le site de la fontaine de Vaucluse a été de tous temps occupé. Plusieurs traces
montrent une implantation humaine dès le néolithique (entre -4000 et -2500 en Europe
Occidentale). On a également retrouvé celles du passage des Phocéens de Massalia
(Marseille actuellement) et les vestiges du premier canal romain qui utilisait les eaux de la
Sorgue existent toujours. Pline l'Ancien cite cette résurgence sous le nom de nobilis fons
Orgae (= noble fontaine).
Durant l'antiquité romaine, la fontaine fit l'objet de nombreux cultes. À la suite des
découvertes de l'équipe de la SSFV (société spéléologique de Fontaine de Vaucluse) plus
de 1600 pièces de monnaies antiques du Ier siècle avant notre ère au début du Vème ont
été remontée à la surface. On suppose que le caractère imprévisible de ses
débordements ainsi que son débit des plus impressionnant, ont été perçus comme une
manifestation divine. On pense également que ces dons peuvent être des gestes votifs
adressés aux divinités aquatiques de la fontaine, c'est à dire des offrandes (ou ex-voto
« d'après le vœu ») en demande d'une grâce ou en remerciement d'une grâce obtenue.
Cette pratique n'existant pas au temps des gaulois, fût parfaitement assimilée en Gaule
romaine, particulièrement dans le cadre du culte de l’eau et des divinités guérisseuse. La
source a donc joué un rôle important pour les habitants de la vallée ca il faut en effet
rappeler que ce d'offrandes se sont perpétuée pendant une période ou le culte de l’eau
était puni d’excommunication par l'église, les empereurs (Théodose par exemple) étant
chrétiens.
15
3 – Moyen-âge [2], [4]
Au VIème siècle, un ermite dénommé Véran se serait installé dans la vallée close. La
légende raconte qu'il aurait vaincu une Couloubre, un dragon qui se serait installé dans la
vallée. Son exploit l'aurait amené à accepter de devenir évêque de Cavaillon. A sa mort, il
fût enterré dans la vallée.
À partir de 1339, Vaucluse fût le séjour privilégié de Pétrarque. Il y écrit ses œuvres
les
plus
célèbres,
dont
ses
poèmes à Laure de Noves, une
habitante du village de Fontaine
de Vaucluse. La fontaine l'inspira
tellement
qu'il
s'installa
à
Fontaine de Vaucluse jusqu'au
mois de mars 1353.
« Je
m’enquérais,
dit-il,
d’un lieu caché où je pusse me
retirer comme dans un port,
quand je trouvai une petite vallée
fermée, Vaucluse, bien solitaire,
d’où naît la source de la Sorgue,
Figure 1 : Saint Véran gisant en la cathédrale San Michele
Arcangelo d'Albenga, [4]
reine de toutes les sources : je m’y établis. C’est là que j’ai composé mes poésies en
langue vulgaire : vers où j’ai peint les chagrins de ma jeunesse. »
Mais le jour de Noël de l'an 1353, une bande de pillards entra dans le village et le
mit à feu et à sang. La maison de Pétrarque fut brûlée. Mais ces cavaliers n’osèrent pas
s’approcher du château car ils croyaient défendu alors qu’il n’y avait aucune garnison.
Après cette attaque, les Vauclusiens inquiets se fortifièrent derrière un rempart qui
s’ouvrait par une seule porte à pont-levis.
16
4 – De la Renaissance à la Révolution. [4],
Suite à cette attaque et au départ de Pétrarque, la vallée close retomba dans l’oubli.
Considéré comme un lieu sauvage, elle fut peu fréquentée au XVIème et XVIIème siècle.
Seul Georges de Scudéry (1601-1667) nous a laissé une Description de la fameuse
Fontaine de Vaucluse.
« Les vents, même les vents, qu’on entend respirer,
Et parmi ces rochers, et parmi ces ombrages,
Eux qui me font aimer ces aimables rivages,
Ont appris de Pétrarque à si bien soupirer.
Les flots, même les flots, qu’on entend murmurer,
Avec tant de douceur, dans des lieux si sauvages,
Imitent une voix qui charmait les courages,
Et parlent d’un Objet qu’on lui vit adorer.
Au lieu même où je suis, mille innocents oiseaux
Nous redisent encor, près de ces claires eaux,
Ce que Laure disait à son amant fidèle :
Ici tout n’est que flamme ; ici tout n’est qu’amour ;
Tout nous parle de lui ; tout nous entretient d’elle ;
Et leur ombre erre encor en ce charmant séjour. »
(L'amant fidèle est Pétrarque, tombé amoureux de laure une habitante du village)
17
Il fallut attendre la fin du XVIIIe siècle pour que la vallée soit redécouverte. La lettre
de Voltaire à l'abbé de Sade, datée du 12 février 1764 montre son ignorance totale du
site :
« J'irai vous voir assurément à le fontaine de Vaucluse. Ce n'est pas que mes vallées ne
sient plus vastes et plus belles que celles où vécu Pétrarque, mais je soupçonne que vos
bords du Rhône sont moins exposés que les miens aux cruels vents du nord. »
On ne pouvait mieux se tromper. Mais ce fut bizarrement un duel qui popularisa à
nouveau Vaucluse. En 1783 Honoré Gabriel Riqueti, marquis de Mirabeau, plus
communément appelé Mirabeau provoqua Louis-François de Galliffet. Le duel devait avoir
lieu à la Fontaine de Vaucluse. Mirabeau arriva trois jours avant et pour patienter, il alla
visiter le lieu et dans une admirable lettre conservée au musée, il décrit ainsi la fontaine :
« Cet abîme sans fond, recouvert de voûtes concentriques, élevées par la main
majestueuses de la nature, ce portail colossal, forment un des plus nobles spectacles que
les pays des montagnes n’aient jamais offert… On y sent tout ce qu’on voit plutôt qu’on ne
l’observe. »
Le duel n'eut jamais lieu et les copies de la lettre connurent un indéniable succès.
La consécration fut la visite, en 1802, de Chateaubriand. Les romantiques ne pouvaient
qu'apprécier ce lieu tant et si bien que l'on trouve trace de la vallée dans ses Mémoires
d'Outres-Tombe (livre 14, chapitre 2).
« Cette claire fontaine, dans ce même bocage, sort d’un rocher ; elle répand, fraîches et
douces, ses ondes qui suavement murmurent. A ce beau lit de repos, ni les pasteurs, ni
les troupeaux ne s’empressent ; mais la nymphe et la muse y vont chantant. »
18
5 – Période moderne. [7] [10] [4] [3]
Le village de Vaucluse a donné son nom au département, il vient du mot « Vallis Clausa »
signifiant simplement Vallée Close. Le village s'appelait auparavant « Vaucluse-laFontaine », et a été changée en Fontaine de Vaucluse en 1946.
L'eau de la Sorgue a joué un rôle primordial pour l’économie de la vallée. L'industrie
papetière utilisa la puissance des eaux de la Sorgue dès le XVIème siècle. Jusqu'au
XVIIIème siècle, les installations sont d'une grande simplicité (roues en bois à aubes,
maillets travaillant dans des auges en pierre ou en bois remplies d'eau) et ont un caractère
essentiellement familial. En 1939, la rentabilité des papeteries diminue, par manque
d'investissement pour moderniser les installations. Car cette même année, la première
machine à papier mécanique fait son apparition : les turbines hydrauliques remplacent les
roues à aubes pour produire l'électricité nécessaire. A la fin du XIXème siècle, pour
assurer la survie des papeteries, les apports de capitaux étrangers sont nécessaires. Les
deux dernières fabriques se modernisent, proposant plus de choix, ainsi qu'une qualité et
une productivité améliorées. Néanmoins ceci ne fût pas suffisant et la crise économique
des années 30 suivit de l'essor de la concurrence internationale d'après guerre (dans les
années 60), porta un terrible coup à l'industrie papetière de la région. La dernière
papeterie ferma ses portes en 1968. Désormais, le lieu doit sa prospérité au tourisme et à
l'artisanat.
Depuis Chateaubriand d’autres hommes de lettres ont trouvés l'inspiration devant la
fontaine de Vaucluse dont les plus célèbres furent Frédéric Mistral et René Char.
Actuellement la fontaine de Vaucluse fait l'objet d'étude scientifique et
archéologique. Plusieurs équipes ont effectué des plongés permettant la progression de
nos connaissances sur ce site (voir annexe)
19
II. Aspect scientifique
_______________
1 - La fontaine [1], [4], [8], [9], [10] [11]
Source principale de la sorgue, la fontaine se situe au pied d’une falaise
abrupte de 230m, sur la
commune de Fontaine-deVaucluse. Ce village de
moins de 700 habitants fait
parti du département de
Vaucluse.
Figure 2 : Résurgence de la Fontaine de Vaucluse
Nous allons étudier dans cette partie les particularités géologiques de la
fontaine, ainsi que les caractéristiques de son impluvium
20
A - Une fontaine karstique
Définition :
Les plongées sous-marines effectuées depuis le XIXe siècle ont permis de
découvrir la structure globale de la fontaine
Le terme géologique qui défini la fontaine est : un karst. Le karst est le résultat de l’action
des eaux acides sur les roches calcaires. En effet, l’eau acide dissous les carbonates
constituant les calcaires créant ainsi des vides souvent très importants. Ces vides
semblent à première vue distribués de façon très aléatoire dans les massifs calcaires.
Cependant, des études récentes montrent qu'ils sont parfaitement organisés et liés entres
eux suivant des critères structuraux bien définis qui découlent de leur formation.
Une roche calcaire et des eaux acides sont les éléments nécessaires à cette formation.
Dans le cas de la fontaine de Vaucluse, le calcaire provient du dépôt de sédiments
qui c’est produit avant la formation de la fontaine, lorsque cette zone était encore
recouverte d’eau.
Pour ce qui est de l’eau de pluie, son acidité est acquise, d’une part lors de la
traversée de l’atmosphère, mais surtout, en percolant à travers le sol, elle s’enrichit en gaz
carbonique.
Figure 3 : Réaction chimique donnant lieu à l’érosion de la zone karstique [8]
L’eau de la fontaine est donc chargée en Bicarbonate de calcium à sa sortie.
Percoler : En parlant d'un liquide, traverser un milieu pulvérulent ou granuleux.
21
Zones karstiques :
La vitesse d’écoulement de l’eau dans le karst cause une hétérogénéité de sa
structure géologique. C’est pourquoi on peut y distinguer quatre zones distinctes :
La zone épikarstique : Il s’agit de la surface alentour à la fontaine, elle est constitué de
massifs et de entrecoupés de ravins profonds.
Figure 4 : partie de la zone épikarstique de la fontaine de Vaucluse [4]
La zone d’infiltration : Située juste en dessous de la zone épikarstique, elle est constituée
de larges conduits verticaux ou l’eau circule rapidement, mais aussi de petites fissures ou
la circulation de l’eau est plus difficile.
La zone de drainage : Plus en profondeur, elle est caractérisée par de gros conduits plus
horizontaux (l’eau, par corrosion, relie les conduits verticaux)
La zone noyée : Elle est constituée par certains conduits plus éloigné du karst qui se
remplissent d’eau et forment des réservoirs. Dans le cas du karst du Vaucluse, la fontaine
est une de ces zones noyées.
Une autre notion importante dans l’étude des karsts est l’aquifère. Il s’agit en fait de
la zone contenant la zone d’infiltration et la zone noyée
22
Les différentes cavités :
Elles diffèrent selon les zones du karst :
-
Des rivières souterraines dans la zone de drainage qui assurent la
communication avec l’extérieur.
-
Des grottes et galeries dans la zone d’infiltration. Il s’agit en fait d’anciens drains
abandonnés par l’eau après un abaissement du niveau.
-
Des microfissures sont présentes dans la même zone
-
Des gouffres et avens dans la zone épikarstique qui apparaissent par dissolution
ou effondrement.
Géographie de la fontaine :
Figure 5: Coupe schématique de la fontaine de Vaucluse [10]
23
L’exploration de la fontaine a montré la présence de deux rivières souterraines à –
36m et –51m sous le niveau de la sorgue (Ce niveau se situant à 85m au dessus du
niveau de la mer). Elles se déversent dans la sorgue en aval.
On note aussi la présence d’une grotte découverte par le S.S.F.V à -174m.
B – Impluvium
Définition :
Un impluvium est un système de captage et de stockage des eaux de pluie.
Impluvium de la fontaine de Vaucluse :
Figure 6 : Impluvium de la fontaine de Vaucluse [10]
Le sud du Mont Ventoux, les Monts de Vaucluse et la Montagne de Lure constituent
l’impluvium de la fontaine. Sa surface totale est de 1240km².
24
C - études effectués
Comme nous le montre l’annexe 1, de nombreuses explorations de la fontaine ont
été effectuées depuis le XIXe siècle. La profondeur des recherches a augmenté avec les
avancées technologiques. En effet, la plongée humaine a laissé place à l’utilisation des
robots ce qui a permit d’atteindre des profondeurs supérieures.
Outre les différentes plongées réalisées, une coloration de l’eau à l’aide de
fluorescéine (dont la substance chimique active est l’uranine) a aussi été réalisée. La
fluorescéine est un composé fluorescent dont quelques milligrammes par litre est suffisant
pour une coloration observable à l’œil nu. Néanmoins puisque la concentration en sortie
de la source peut être bien inférieur à ce qui a été introduit, il est souvent nécessaire
d’utiliser un spectrofluorimère qui assure que le traceur est bien celui inséré au départ (la
concentration minimale pour l’uranine est de l’ordre de 10-5 mg/L). Une technique utilisée
actuellement est un fluocapteur contenant du charbon actif, qui capture l’uranine.
Néanmoins il peut capter d’autres composés non désirés ainsi que de l’uranine véhiculé
par la source. Elle a permis de mettre en évidence l’ensemble de l’impluvium.
2 - Spécificités de l’eau [1], [4], [5], [6], [11]
Le débit constitue une des spécificités de cette fontaine.
Tout d’abord de par sa valeur moyenne de 20 m3/s et son débit maximal de plus de
100 m3/s qui font de la fontaine de Vaucluse la plus importante source de France et l’une
des première au rang mondial. L’écoulement moyen par an est de 630 millions de m3.
D’autre part, l’étude du débit met en évidence son énigmatique régularité durant l’été
ainsi que pendant les saisons d’absence de pluie. Les scientifiques ne parviennent pas
encore à déterminer les causes de cette caractéristique propre à la fontaine de Vaucluse.
Une des explications possible et envisagée vient du fait que le réservoir est énorme et que
la pente favorise un écoulement lent.
25
Figure 7 : Graphique du débit moyen mensuel de la fontaine de
Vaucluse - données calculées sur 43 ans [5]
Une autre particularité de cette source est que son débit ne permet pas aux
produits chimique, engrais… de
d stationnent
onnent trop longtemps dans l’aquifère. Toute pollution
peut donc être rapidement éliminée.
La température de l’eau possède aussi la particularité d’être constante égale à
13°C.
Ces caractéristiques expliquent l’essor de l’industrie papetière sur les bords
bor de la
Sorgue.
26
27
III. Impacts humain
___________
Depuis quelques années, l'impact que l'humain a sur son environnement se fait
sentir de plus en plus fortement. Nous allons donc tenter de cerner dans cette partie les
impacts éventuels de l'activité humaine sur les sources karstiques et par extension sur la
Fontaine de Vaucluse.
1 - Considération géologique [9]
La fontaine de Vaucluse étant un karst, celle-ci est très vulnérable par rapport à
d'autres aquifères. En effet l'eau circule rapidement dans un karst (jusqu'à quelques
centaines de mètres par heure), rendant son rôle filtrant faible. De plus cela empêche tout
effet auto-épurateur qui pourrait permettre une destruction des produits nocifs pour la
source. Néanmoins cette apparente faiblesse cache en contrepartie un véritable atout.
Puisque les éventuels polluants (agricoles par exemple) circulent rapidement au sein d'un
karst, ceux-ci sont rapidement évacués hors de la source. En cas de pollution, toute
décision permettant d'en limiter les causes sera rapidement suivie d'une amélioration de la
qualité de l'eau à la sortie de la source, le temps de séjour d'un produit dans la source
étant très inférieur à un an dans de telles sources.
Le karst est un ensemble constitué principalement de calcaire (CaCO3) et de
dolomite (CaMg(CO3)2). Or la réaction du gaz carbonique contenue dans les sols via la
faune et la flore et de l'eau conduit à la formation d'acide carbonique (CO2,H2O ou
H2CO3 ) traduit par la réaction suivante :
H2CO3 + H2O HCO3- + H3O+
HCO3- + H2O CO3²- + H3O+
On a donc :
H2CO3 + H2O CO3²- + 2H3O+
La présence d'un acide dans de telles sources consiste un danger majeur.
Etant constituée de calcaire, celle-ci s'effrite :
CaCO3 + 2H+ Ca2+ + CO2 + H2O
Ainsi plus il y a de gaz carbonique dans un sol et dans l'air, plus le karst
s'effritera
vite.
Néanmoins
il
ne
faut
pas
tomber
dans
un
discours
environnementaliste trop rapidement, cette érosion est un phénomène naturel,
néanmoins les problèmes actuels que sont le réchauffement climatique lié aux gaz à
effets de serres (dont le gaz carbonique), ainsi que les différents rejets industriels
sont des causes d’érosion à prendre en compte.
De plus l’épaisseur de la zone d’infiltration joue un rôle importante, l’eau
souterraine conserve d’autant plus d’aptitude à dissoudre le calcaire en profondeur
que la zone d’infiltration est peu épaisse (moins profond signifie moins de réaction
avec le calcaire plus poreux de cette zone). Ce point est à mettre en relation avec la
végétation présente sur la zone d'infiltration. En effet, la végétation capte l'eau,
évitant cette suite de réactions précipitant l’érosion.
Ce sont ces particularités qui ont donné la forme actuelle de la fontaine de
Vaucluse.
29
2 - Activités humaines [9]
De tous temps les populations aux abords
des karsts ont utilisé les conduits creusés dans
la roche pour se débarrasser de leur ordure,
eaux usées...
Figure 8 : épandage d’engrais [4]
Actuellement de tels rejets sont soumis à la législation et les principaux
polluants sont les suivants :
− Pollution causée par des rejets directs dans les cavités ou par écoulement (lors
des précipitations par exemple) :
• domestiques : N, Cl, B, (PO4), bactéries et virus.
• agricoles : N, Cl, bactéries et virus, produits phytosanitaires.
• industriels (plus rares) : solvants (traitements de surface, laveries et
industries du bois),
•
hydrocarbures.
− Pollution causée par les activités humaines :
• agricoles : N, (Cl), (PO4), carbone organique dissous (COD) et carbone
organique
particulaire
(COP)
supports
de
développement
bactérien,
pesticides, bactéries.
• épandage de boues : N, (Cl), carbone organique dissous (COD) et carbone
organique particulaire (COP) supports de développement bactérien, bactéries.
• routières : Cl (salage) susceptible de favoriser la mobilisation de métaux
lourds, hydrocarbures, herbicides.
30
− Métaux lourds : exceptionnels dans les eaux de sources karstiques parce que le
milieu est en général très oxygéné et, donc, défavorable à leur mobilisation et
parce qu’il n’existe pas d’effets cumulatifs dans les eaux du fait du
renouvellement saisonnier. Cependant, il existe probablement une accumulation
à proximité des zones d’introduction (routes, zones agricoles) en association avec
la matière organique (COD et COP).
3 - Législation : la loi sur l'eau de 1992 [9]
La loi sur l'eau de 1992 a définie certains points à respecter vis à vis des
activités humaines à proximité des sources karstiques. Ainsi des zones ont été
définies
au
niveau
desquelles
la
population
se
doit
de
respecter
plus
scrupuleusement les consignes de propreté et plus particulièrement les stations
d'épurations qui doivent s'équiper de bassins d'orage. Il s'agit des zones dont les
écoulements suites aux précipitations se déversent dans l'aquifère (périmètre
immédiat), des zone inondables et des zones proches du périmètre immédiat
(périmètre rapproché) ainsi que de la totalité du système karstique (périmètre
éloigné).
De plus, les périodes d'épandage de produits chimiques ainsi que le volume
autorisé sont réglementés et définie en fonction des différents types de sols.
L'exploitation des forêts est soumise à certaines règles et une commission de suivie
est mise en place dans ses régions. Pour un système karstique, le périmètre
rapproché est confondu avec le bassin d'alimentation soit une surface de 1100 m²
pour la fontaine de Vaucluse.
Un bassin d'orage (ou bassin de dépollution) : est un bassin recueillant les eaux
drainées lors d'un orage
31
Conclusion
____________
Alors que cette fontaine apparaissait comme une simple attraction touristique,
cette étude bibliographique nous laisse entrevoir de bien plus larges perspectives. La
fontaine est ainsi également un vaste champ de recherches, autant historique que
scientifique ce qui n’apparait pas forcément à première vue. Néanmoins comme nous
l’avons indiqué précédemment, la fontaine est un système fragile qui doit être
préservé. A quel point l’Homme peut-il avoir d’effet sur ce système karstique ? A
l’heure où l’environnement est un enjeu primordial pour l’avenir, la sauvegarde de ce
site doit être prise au sérieux afin de ne pas précipiter un peu plus la disparition des
réserves naturelles. En effet, il faut rappeler que le karst est avant tous un aquifère,
un vaste réservoir d’eau potable qu’il est possible d’utiliser. Et si l’eau potable devait
finir par manquer à l’avenir, la sauvegarde de ces sites pourrait être cruciale.
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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
__________________
Thèse
[1] GILLI E., AUDRA P. .- Les lithophages pliocènes de la fontaine de Vaucluse
(Vaucluse, France). Un argument pour une phase messinienne dans la genèse du
plus grand karst noyé de France.- Paris : Département de géographie, université de
Vincennes–Saint–Denis, 2004.
Sites internet:
[2] FLACHAIRE V. (page consultée le 4 novembre 2008). Fontaine de Vaucluse en
Provence – reportage Horizon Provence, [en ligne].
http://www.horizon-provence.com/fontaine-de-vaucluse/index.htm
[3] ProvenceWeb, Guide touristique. (Page consultée le 4 novembre 2008). Accueil
Provence Web - Tourisme en Provence, [en ligne].
http://www.provenceweb.fr/f/vaucluse/fontaine/fontaine.htm
[4] Wikimedia Foundation, Inc. (page consultée le 6 novembre 2008). Accueil –
Wikipedia, [en ligne].
http://fr.wikipedia.org/
[5] Eaufrance. (Page consultée le 6 novembre 2008). HYDRO –Accueil, [en ligne].
http://www.hydro.eaufrance.fr/
[6] Syndicat Mixte du Bassin des Sorgues. (Page consultée le 6 novembre 2008).
Syndicat Mixte du Bassin des Sorgues, [en ligne].
http://www.la-sorgue.com/
[7] Accueil : Office de Tourisme du Pays des Sorgues. (Page consulté le 2 janvier
2009). Office de Tourisme du Pays des Sorgues et des Monts de Vaucluse - Isle sur
la Sorgue Fontaine de Vaucluse Le Thor Saumane de Vaucluse Chateauneuf de
gadagne. [En ligne].
http://www.oti-delasorgue.fr/accueil.php
[8] A.N.E.C.A.T.. (Page consulté le 2 janvier 2009). Les plus grandes grottes en
France - Bienvenue sur le site de l'ANECAT, [en ligne].
http://www.grottes-en-france.com/index.html
34
Ouvrages
[9] BAKALOWICZ M.,- Connaissance et gestion des ressources en eaux
souterraines dans les régions karstiques, -Lyon : DIREN RHONE ALPES, 1999, -44p.
Plaquettes commerciales
[10] Pays des Sorgues & des monts de Vaucluse 2008, guide touristique, Office de
Tourisme du Pays des Sorgues
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REFERENCE DES PERSONNES OU ORGANISMES
CONTACTES
________________________
[11] PASTOR R. - Explorer Drive Team SSFV – Rue des écoles F-84800 Fontaine
de Vaucluse.
[email protected]
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ANNEXE
_______________
Annexe 1 : L’exploration du Gouffre (Fiche rédigée par Roland Pastor de la Société
spéléologique de Fontaine de Vaucluse.) [11]
-
26 et 27 mars 1878 : Nello Ottonelli, scaphandrier du port de Marseille,
explore la source jusqu'à 23 mètres de profondeur.
-
24 septembre 1938 : Negri, autre scaphandrier de Marseille atteint la
profondeur de 30 mètres. Au cours de sa descente, il repère la barque
d'Ottonelli coulée en 1878.
-
27 août 1946 : J.Y. Cousteau et F.Dumas, accompagnés de G. Morandière
et P. Taillez, tous membres du Groupe d'Etudes et de Recherches Sousmarines (GERS) poussent l'exploration jusqu'à 46 mètres de profondeur. Il
s'agit des premières plongées en scaphandre autonome.
-
16 août 1955 : Les plongeurs de l'Office Français de Recherches Sousmarines parviennent à 74 mètres de profondeur avec vue sur 85 mètres. Les
spéléos de la Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse (créée deux
ans avant) participent aux travaux.
-
1967 : Le Cdt Brennot de L'OFRS immerge un appareil télécommandé
depuis l'extérieur. Le Télénaute de l'institut de recherche pétrolières
descendra à 106 mètres. Au cours de cette expédition, le plongeur Falco
(futur capitaine de la Calypso) réalise une plongée à 90 mètres en
scaphandre autonome. L'infrastructure de surface est assurée par les
spéléos de la Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse.
-
1974 : Des plongeurs d'Angoulême réalisent une topographie jusqu'à 78
mètres de profondeur. Leur but commercial inavoué, conduit la municipalité à
interdire toute plongée.
-
septembre octobre 1981 : C. Touloumdjian grâce aux nouveaux mélanges
gazeux et la technicité de La COMEX réalise une plongée à 153 mètres de
profondeur. Sans autorisation et sans autre soutien que sa femme, et
quelques jours avant Touloumdjian, l'allemand Hasenmayer réalise une
plongée à 140 mètres.
-
en 1982 : J.P. Viard, du CE de Renault, propose de construire un robot
spécial. Le Sorgonaute est né.
38
-
9 septembre 1983 : Hasenmay er revient en solitaire et plonge à 205 mètres
de profondeur.
-
17 septembre 1983 : Sorgonaute filme le gouffre jusqu'à 243 mètres de
profondeur. Il stoppe par manque de câble.
-
22 septembre 1984 : Sorgonaute II est perdu aux alentours de 233 mètres.
-
1985 : la SSFV (Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse) monte une
nouvelle expédition. L'opération Spélénaute 85 voit le jour grâce au soutien
de la Mairie de Fontaine, du Conseil Général de Vaucluse, de la Caisse
d'Épargne et de tous les bénévoles du club. Le Modexa, loué à la société
M.I.C de Marseille, est mis au point et réglé dans les ateliers Mahieu de
L'Isle sur Sorgue.
-
2 août 1985 : le Modexa est immergé et se pose après 3 heures
d'exploration sur un fond sableux par 315 mètres de profondeur. Il s'agit du
terminus actuel.
-
22 et 23 septembre 1986 : JP. Viard revient avec un Sorgonaute III tenter
de récupérer Sorgonaute II. L'affaire tourne au cauchemar et malgré tous les
efforts l'engin disparaît à son tour, laissant derrière lui 150 mètres de câble
coincés dans le gouffre.
-
23 août 1988 : Sorgonaute IV, engin de secours, réalise une expédition sans
succès pour récupérer ses prédécesseurs. Viard arrêtera là la saga des
Sorgonaute.
-
9 septembre 1989 : La SSFV monte une nouvelle expédition. Il s'agit
désormais de prendre l'ensemble des commandes en mains. L'opération
Spélénaute 89 voit le jour grâce au soutien du Conseil Général de Vaucluse,
de la Caisse d'Épargne, de la Société CMC Mahieu, de la COMEX, du Lion's
club de l'Isle et de tous les bénévoles du club. Désormais le club de Fontaine
de Vaucluse possède son propre engin, dédié à la source. Spélénaute
réalise une belle plongée d'exploration et atteint le terminus de 1985. Son
aisance lui permet de filmer nombre de détails.
-
18 septembre 1993 : deuxième expédition pour le Spélénaute de la SSFV. Il
s'agit désormais de topographier, d'observer finement. On réalise par la
même occasion quelques images avec N. Hulot pour l'émission Ushuaia.
Malgré quelques accrochages de l'ombilical, l'expédition se passe sans trop
de problèmes.
-
du 7 septembre au 13 octobre 1996 : troisième expédition pour le
Spélénaute. : la SSFV (Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse)
veut poursuivre l'observation fine du gouffre et la topographie commencée en
89. Pour cela, le Spélénaute est amélioré. Malheureusement, un fil d'Ariane
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viendra le bloquer par 164 mètres de profondeur. La COMEX avec un
deuxième robot ne pourra pas le dégager et seule une intervention humaine
(plongeurs spéléologues de FFS) permettra de récupérer les deux engins.
-
mars 1998 : la SSFV (Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse)
monte un dossier de prospections archéologiques. Aux records éphémères
et dangereux, elle préfère la recherche scientifique dans le seul but de faire
avancer la connaissance de la Fontaine de Vaucluse.
-
24 au 31 août 2001: La SSFV organise des plongées de prospections avec
le Spélénaute dans la zone s'étendant de 40 à 80 mètres de profondeur.
L'objectif est d'observer sans risque cette portion de la cavité et de repérer
d'éventuels dépôts mobiliers.
Les découvertes très importantes nécessiteront de réaliser des plongées
complémentaires sous l'égide de la Direction régionale de l'archéologie sous-marine
(Drassm Marseille) Une mission d'évaluation est réalisée sous l'égide du Ministère
de la Culture et devant l'importance des découvertes prend des mesures de
protection du gouffre.
-
-15 au 31 août 2003 : En collaboration avec le SRA, la SSFV permet la
récupération d'environ 400 pièces antiques parmi lesquelles certaines sont
de grande valeur. Des chercheurs de l'Université de Nice et de Paris 8,
participent à cette opération et souhaitent collaborer pour divers projets.
-
-15 au 31 août 2004 : un deuxième chantier archéologique est mené avec le
Ministère de la Culture. Il permettra de porter le nombre de pièces et d'objets
à plus de mille six cents et sur une échelle de – 40 avant JC à + 450 ap JC.
-
-été 2005 : Thomas Soulard de la SSFV réalise une plongée à – 125 mètres
afin d'explorer le Prado (galerie entrevue par Cousteau) Il fait la jonction avec
le grand puits et démontre ainsi que le Prado n'est qu'une galerie annexe du
réseau principal.
-
-automne 2007 : Les spéléos de la SSFV pose une nouvelle échelle
limnimétrique permettant de mesurer les niveaux jusqu'à -3 mètres sous le
zéro. En effet une sécheresse très marquée dépasse les possibilités de
mesure du Sorguomètre de 1869.
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Annexe 2 : paysage Karstique [9]
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Annexe 3 : La Fontaine de Vaucluse
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