exécutif de facto ! cabinet ministériel croupion
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exécutif de facto ! cabinet ministériel croupion
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00 HAÏTI LIBERTÉ JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE 1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162 Email: [email protected] Web: www.haitiliberte.com EXÉCUTIF DE FACTO ! CABINET MINISTÉRIEL CROUPION ! Gonaïves : Grève des enseignants, les établissements scolaires ne peuvent pas fonctionner Page 3 English Page 9 Les Konze de 2004 Page 8 Voir page 4 « Chapo ba pou prezidan Martelly » Evans Paul ne se fait pas prier pour remercier Martelly de lui avoir ouvert la porte grinçante du bonheur et de la honte RÉSISTANCE POPULAIRE FACE AU RÉGIME DE FACTO MARTELLY-PAUL L’attentat contre Charlie hebdo : l’occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux! Page 10 Daniel Tercier/Haiti Liberté Voir page 4 Face à cette situation lamentable et dégradante, la plateforme Pitit Desalin, l’Organisation politique Fanmi Lavalas et la plateforme politique MOPOD appellent à la poursuite de la mobilisation "Nous ne voulons pas de décrets, Martelly doit partir! Nous ne voulons pas de de facto, Martelly doit partir.” Les communistes d'Inde appellent à manifester contre la venue d'Obama ! Page 17 Editorial HAITI 1583 Albany Ave Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162 Fax:718-421-3471 L’opposition n’a pas droit à l’erreur! Par Berthony Dupont L es événements qui viennent de se produire en Haïti, aboutissant à ce nouveau coup d’État des forces occupantes pour non seulement sauvegarder le statu quo, mais aussi gagner la cause de l’hégémonie et de la domination américaines, prouvent une fois de plus que la grande conspiration entamée en 2004 avec Gérard Latortue et Boniface Alexandre et continuée sous René Préval et Michel Martelly contre le peuple haïtien n’est pas un mythe qu’il faut continuer à dissimuler. La réalité a été bien mise à l’évidence par le rejet du Premier ministre Laurent Lamothe et son remplacement par Evans Paul, un spécialiste des complots et des coups bas, agent patenté et stipendié de l’impérialisme, médaille d’or des acrobaties opportunistes. Ce triste personnage fait partie d’une catégorie d’hommes et de femmes entrainés pour un certain nombre de tâches particulières à l’encontre de leur pays et de leur peuple. On peut affirmer que ces prostitués politiques sont toujours prêts à se vendre, pour saboter et saper ceux qui sont déterminés à lutter pour un changement radical. En tout temps, ils ne sont que de simples exécutants d’une stratégie déjà conçue, élaborée et mise au point par Washington pour organiser et diriger une campagne de répression contre les forces populaires et progressistes. Nous sommes loin d’oublier le rôle infâme qu’ont joué Michel Martelly et son actuel Premier ministre au service de la mafia impériale, en 2003-2004. Donc, il faut reconnaitre que derrière ce camouflage, ce changement de masque, le rôle essentiel du nouveau gouvernement de facto de Evans Paul n’est que de jeter la confusion. Il s’agit de faire obstruction à la lutte que livrent les forces populaires pour débarrasser le pays de l’emprise américaine, pour qu’elle n’aboutisse à établir un régime véritablement national, celui recherché par les forces saines du pays. Face à cet affront, la situation politique doit revêtir un aspect fondamental : garder vivace et effective la force dissuasive, déterminante de la mobilisation, et surtout éviter les erreurs insignifiantes. Ce changement de visage du pouvoir ne doit pas nous déboussoler. Au contraire, c’est le moment pour la population de redoubler de vigilance afin d’effacer cette grossière insulte d’ingérence qui continue à être faite à la Nation. Toutes les forces démocratiques et progressistes du pays doivent rester mobilisées pour débarrasser le pays de cette tutelle étrangère qui se manifeste politiquement, économiquement et culturellement. Dorénavant, et en toute intelligence du reste, l’ambassade étoilée devrait être le point de destination de toutes les manifestations appelant au départ du gouvernement de facto de Martelly ; vu que ce repaire de coups bas contre la nation a été et reste encore le point d’origine de l’audacieuse opération qui a accouché de K-Plim et qui a bénéficié de la complicité la plus large au sein de la classe politique haïtienne. La domination coloniale est une honte pour tous les peuples qui l’ont subie et davantage pour ceux qui la subissent encore. A ce carrefour, deux mondes se trouvent face à face dans le pays : d’une part, les partisans d’une politique sinistre qui ont trahi toutes les aspirations légitimes du peuple par leurs orientations, leurs alliances qui ont toujours reflété les options d’une classe bien déterminée, sachant fort bien que sa survie dépend essentiellement du soutien et de la protection des forces impérialistes et néo-colonialistes dont elle est le sous-produit. D’autre part les forces de vrai changement qui tiennent le pays dans un climat de mobilisation intense devant aboutir à une solidarité agissante, concrète et une prise de conscience nationale pour éliminer les fantoches, les mercenaires, les agents de tout acabit jusqu’à bannir à tout jamais l’arbitraire, la corruption et la dégradation humaine qui asservissent les masses populaires haïtiennes. Notre secteur dont la majorité est représentée dans l’actuelle opposition doit consentir à faire de grands sacrifices pour éviter le piège des attitudes démagogiques, plus promptes à la défensive qu’à l’offensive pour ne pas faire le jeu de l’ennemi. Il ne nous faut jamais perdre la foi et la confiance dans la force irrésistible et la volonté du peuple luttant contre la domination impérialiste. Il faut en finir avec les épithètes illusoires d’opposition radicale et d’opposition modérée. La question n’est point là. Il convient alors, d’observer les faits avec le maximum de lucidité en confiant au mouvement populaire réclamant un vrai changement le soin de clarifier les choses. Le secteur opposé au pouvoir et aux forces d’occupation, la Minustah, devrait s’organiser pour affronter ensemble l’ennemi et offrir une alternative conséquente. Pour mieux saisir les potentialités et les possibilités, il nous faut un programme minimum susceptible d’avoir l’accord de toutes les composantes de l’opposition. Ce sera un pas en avant très net vers la cristallisation d’une opposition cohérente. 1. Départ immédiat de Michel Martelly 2. Pas d’élections possibles avec Martelly et Evans Paul 3. Départ inconditionnel des forces occupantes de la Minustah 4. Formation d’un gouvernement pour remplacer Martelly et Evans Paul : un Exécutif de transition formé d’un juge honnête de la Cour de cassation validé, agréé par le peuple, et assisté d’un conseil d’État formé des 10 sénateurs restant au Parlement. La riposte au complot contre le pays doit venir de tous les citoyens conscients et conséquents. Il n’est pas trop tard pour refonder notre pays. En ce sens, l’opposition doit être organisée et disciplinée pas seulement sur la base de slogans, de bonnes intentions et de discours lénifiants ; mais aussi en s’appuyant sur des actes concrets. L’opposition n’a droit ni à l’erreur ni à l’échec de sa stratégie de combat. Si nous gagnons cette bataille, Haiti a beaucoup de chances de changer de cap pour de bon ; mais si nous la perdons, l’avenir du pays restera incertain pour quelque temps à venir. Bulletin d'Abonnement Prénom: ______________________ Adresse: ______________________ Ville: _________________________ Etat/Pays: ____________________ Zip Code/Code Postal: ___________ Tél: __________________________ E-mail: 2 _______________________ Haiti Liberté/Haitian Times Modalités de paiement Etats-Unis Première Classe $100 pour un an $50 pour six mois Montant : $ ___________ Chèque 3, 2ème Impasse Lavaud Port-au-Prince, Haiti Tél: 509-3407-0761 Responsable: Yves Pierre-Louis Email : [email protected] Website : www.haitiliberte.com DIRECTEUR Berthony Dupont EDITEUR Dr. Frantz Latour RÉDACTION Berthony Dupont Wiener Kerns Fleurimond Kim Ives Fanfan Latour Guy Roumer CORRESPONDANTS EN HAITI Daniel Tercier Oxygène David COLLABORATEURS Marie-Célie Agnant J. Fatal Piard Catherine Charlemagne Pierre L. Florestal Yves Camille Didier Leblanc Jacques Elie Leblanc Roger Leduc Joël Léon Claudel C. Loiseau Anthony Mompérousse Dr. Antoine Fritz Pierre Jackson Rateau Eddy Toussaint Ray Laforest Edmond Bertin ADMINISTRATION Marie Laurette Numa Jean Bertrand Laurent DISTRIBUTION: CANADA Pierre Jeudy (514)727-6996 DISTRIBUTION: MIAMI Pierre Baptiste (786) 262-4457 COMPOSITION ET ARTS GRAPHIQUES Mevlana Media Solutions Inc. 647-499-6008 [email protected] WEBMASTER Frantz Merise frantzmerise.com Tarifs d’abonnements A remplir et à retourner à Haiti Liberté 1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel : 718-421-0162, Fax 718-421-3471 Nom: _________________________ LIBERTÉ Mandat bancaire Carte de crédit Numéro : ________________________ Date d’expiration : ________ /_______ Canada $125 pour un an $65 pour six mois Europe Amerique Centrale, Amerique du Sud et Caraïbes $140 pour un an $80 pour six mois $150 pour un an $80 pour six mois Afrique $150 pour un an $85 pour six mois Code de sécurité : _________________ Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 A Travers Haiti Gonaïves : Grève des enseignants, les établissements scolaires ne peuvent pas fonctionner Déclaration de l’Organisation Politique Fanmi Lavalas Les lycéens qui ont toutes les peines du monde à trouver des professeurs sont obligés de gagner les rues pour faire passer leurs revendications. Par Dieulivens JULES S uite au mot d’ordre de grève générale illimitée déclenché par la plateforme nationale des syndicats d’enseignants haïtiens depuis le 13 janvier écoulé, les écoles privées de la ville ne peuvent pas ouvrir leurs portes, à cause de la manifestation des élèves des quatre (4) lycées dans la cité de l’indépendance. Depuis la semaine dernière, les écoles publiques ne pouvaient pas fonctionner normalement par rapport au mouvement de grève lancé par des enseignants pour exiger un meilleur traitement de l’État haïtien. Les lycéens qui ont toutes les peines du monde à trouver des professeurs sont obligés de gagner les rues pour faire passer leurs revendications. La manifestation des lycéens a paralysé complètement le bon fonctionnement des autres établissements scolaires de la ville. « Si nous ne pouvons pas trouver des profs, les autres écoles ne doivent pas fonctionner, a lâché l’un des élèves du lycée Fabre Nicolas Geffrard’ » Selon les lycéens, les revendications des enseignants grévistes sont tout à fait justes. Ils ont critiqué sévèrement les responsables du pays, qui n’ont rien fait pour trouver une solution à cette crise. Toutefois, ils menacent de continuer cette mobilisation jusqu’ à ce qu’ils obtiennent gain de cause. Le secrétaire général de la plateforme des syndicats d’enseignants de l’Artibonite, professeur Didier Pierre se dit désolé de cette situation. Par ailleurs, l’enseignant a responsabilisé l’État haïtien qui ne cesse de traiter en parent pauvre les enseignants dans le système éducatif haïtien. Didier qui se montre plus que déterminé a fait savoir que la grève ne sera pas levée tant que le président Michel Joseph Martelly et les responsables de l’éducation ne prennent pas en compte les revendications des enseignants travaillant dans le système. Interrogé sur la reconduction de M. Nesmy Manigat à la tête de l’Éducation dans le pays, le secrétaire général de la PSEA a qualifié de provocation le choix de Nesmy Manigat comme ministre de l’Éducation et de la Formation professionnelle. Selon le professeur Pierre, M. Manigat a causé beaucoup de tort au système. « Nesmy Manigat a gaspillé près de 80.000 000 à 100.000 000 de gourdes dans une question de formation sans structure » a laissé croire le normalien. D’un autre côté, l’enseignant Didier Pierre a déclaré que la plateforme des syndicats d’enseignants au niveau nationale ne sera pas en mesure de discuter avec le ministre Nesmy Manigat. La plateforme nationale des syndicats d’enseignants réclame entre autres, le paiement des arriérés de salaire à plus d’un million d’enseignants et la nomination des enseignants. Haïti, chronique d’une crise électorale (36) 2015, l’année de tous les dangers ! Par Catherine Charlemagne E n Haïti, depuis le 12 janvier 2015, il n’y a qu’un seul chef aux commandes de l’Etat. Il se nomme Michel Joseph Martelly. Il a inauguré cette nouvelle ère le vendredi 16 janvier 2015 au Palais national par une allocution solennelle devant le Corps diplomatique, le gouvernement démissionnaire et l’ensemble des forces et des personnalités politiques qui le soutiennent dans cette aventure. Pour bien se faire comprendre et peut-être pour tester ses nouveaux pouvoirs, quelques heures plus tard, dans la tradition des « opérations des gouvernements chanpwèl haïtiens» il a été installé officiellement en pleine nuit à la Primature comme un pied de nez aux discours passés de K-Plim, son Premier ministre, Evans Paul, nommé depuis le 25 décembre 2014, mais qu’il avait du mal à instituer. L’intervention du Président Martelly devant la nation a pris l’allure d’une Déclaration de politique générale. Celui-ci a donné un véritable agenda de ce que sera sa politique, en tout cas les grandes lignes de sa nouvelle Administration pour le restant de son quinquennat si la rue, bien entendu, lui laisse le temps. Rien ou presque n’a été oublié. Outre l’installation de K-Plim, il a parlé du gouvernement de consensus, d’un nouveau CEP, du financement de partis politiques, des élections, du droit de manifester et assumant même « En tant que Président de tous les haïtiens, Michel Joseph Martelly sans distinction, la responsabilité de cette situation ». Et c’est au nom de cette nouvelle responsabilité qu’il « Compte également conduire très prochainement un large débat sur notre charte constitutionnelle [...] en vue de réfléchir aux amendements nécessaires pour en moderniser le cadre et l’efficacité ». En bon prince, le chef de l’Etat n’envisage pas non plus utiliser l’article 134.3 de la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Ouf de soulagement pour ses opposants qui s’attendaient au pire. En effet, selon le nouveau Martelly, « Pour éviter tout malentendu sur les motivations derrière cette initiative, je tiens à souligner que je respecterais l’article 134.3 de la Constitution qui empêche à un Président de se succéder à lui-même et qu’en aucun cas, je ne serai candidat aux prochaines élections ». Bref, il veut rassurer tout le Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 monde à commencer par ses supports de la Communauté internationale qui, faute d’alternative pour le moment, continuent à le soutenir presqu’aveuglement. Surtout, l’homme s’est habillé d’un nouveau costume plus conforme à la conjoncture politique qui prévaut dans le pays. Toujours d’après ce qu’il a déclaré dans son discours au peuple d’Haïti ce vendredi 16 janvier : « Le premier pas vers la sagesse est certainement l’humilité et la recherche du compromis, c’est ce qui devra guider la conduite des affaires publiques au cours du restant de mon mandat de Président de la République ». Fermé le ban. On aura tout compris, Martelly a gagné la première manche. L’opposition, pour l’instant, encaisse le coup. Lui, il jubile ! Et c’est incroyable. L’ancien maestro du groupe musical Sweet Micky, devenu Président de la République, a eu tout le monde à l’usure en réussissant son pari : avoir le droit de diriger le pays par décret s’il le souhaite. Plus de trente ans après la chute de la dictature duvaliériste, jamais quelqu’un n’aurait imaginé qu’un Président de la République trouverait les moyens de réaliser un tel exploit politique et constitutionnel. C’est dire que dans ces deux domaines le peuple haïtien dans son combat pour la démocratie depuis trois décennies marque un temps d’arrêt et doit revoir ses copies pour que plus jamais cela ne se reproduise. Le plus curieux dans ce retour en arrière, puisque c’en est un, honnêtement le Président Martelly n’a Maryse Narcisse N ous, Fanmi Lavalas, représentant de la majorité du peuple haïtien, Nous, Fanmi Lavalas, chef de file de l’opposition modérée, Réaffirmons notre engagement de lutter pour le respect des principes démocratiques et l’instauration d’un état de droit. L’État de droit implique le respect de la liberté d’expression. L’État de droit implique le respect de la liberté de chaque citoyen de manifester pacifiquement pour défendre ses droits : Fanmi Lavalas condamne énergiquement les violences perpétrées par la police du gouvernement de facto le 17 janvier 2015 contre une population manifestant pacifiquement. L’État de droit implique avant tout le respect de la Constitution. Fanmi Lavalas rejette la violence et la position extrémiste adoptée par le gouvernement de facto. La rupture de l’ordre constitutionnel et la violation de la loi mère plongent le pays dans l’illégalité. Gouverner seul, tel a été le but recher- ché par l’Exécutif dès son installation en mai 2011. Après des années de lutte, le peuple haïtien se retrouve encore une fois sous un régime de facto qui concrétise le projet d’établissement d’une dictature. La Constitution et les principes démocratiques en vigueur dans tous les pays civilisés, établissent pour tous les citoyens le devoir de résister et de combattre l’oppression que véhicule la dictature. Aussi, Nous, Fanmi Lavalas, chef de file de l’opposition modérée, condamnons la violence d’où qu’elle vienne et réaffirmons notre détermination à lutter pour que des élections libres, honnêtes et démocratiques se tiennent cette année dans un climat de paix. Yon sèl nou fèb, Ansanm nou fò, Ansanm ansanm nou se Lavalas. Maryse Narcisse 19 janvier 2015 pas usurpé ce plein pouvoir. Il ne s’agit en rien d’un coup d’Etat militaire encore moins constitutionnel. Tout simplement, il s’est donné les moyens pour y arriver conformément à ce qu’il avait envisagé dès le début de sa présidence et de sa vision de la gestion des affaires publiques haïtiennes. L’homme a toujours été persuadé que le Parlement demeure un handicap empêchant l’exécutif d’agir à sa manière. Dans sa nouvelle entreprise, le Président Michel Martelly va être bien entendu soutenu et aidé par un Premier ministre que certains qualifient, n’en déplaise à K-Plim, de de facto. Et çà aussi donne à réfléchir sur les convictions des femmes et des hommes politiques de ce pays. Surtout sur leur capacité à résister à la gloire éphémère du pouvoir et aux fortunes qu’il peut leur procurer. Quel haïtien, en effet, pouvait imaginer qu’Evans Paul, oui Suite à la page (15) Papeterie & Imprimerie Director: Florence Comeau Interlink Translation Services * Translations * Interpreters * Immigration Services * Resumé * Fax Send & Receive * Much more. English • French • Kreyòl • Spanish Tel: 718-363-1585 899 Franklin Avenue, Brooklyn, NY 11225 Nouvelle adresse: 101 Lalue, Port-au-Prince, HAITI Tel: 4269-2770 3643-2906 IMPRIMERIE & Papeterie Imprimerie commerciale Furnitures de bureau, fournitures scolaires Haiti Liberté/Haitian Times 3 Un Cabinet ministériel croupion ! Résistance populaire face au régime de facto Martelly-Paul Par Thomas Péralte L Michel Martelly et son nouveau Ministre des Affaires Sociales et du Travail, le professeur Victor Benoit qui n’est pas à son essai d’être ministre au rabais acquiesçant les ordonnances de son nouveau chef Michel Martelly sous les yeux amusés de Sandra Honoré parlant d’un ton dur à son nouveau ministre de la Communication Rotchild FRANCOIS JR Par Marie Laurette Numa A près l’installation du Premier Ministre de facto Evans Paul à la Primature le 16 janvier, c’était au tour de ses ministres d’être intronisés le lundi 19 janvier 2015 à 4hPM, au Palais National. Le tandem exécutif de facto Michel Martelly-Evans Paul a procédé à la mise en place du nouveau gouvernement de facto en Haiti comportant 19 ministres, dont 6 du gouvernement Martelly-Lamothe reconduits, et 17 secrétaires d'État, dont 9 du gouvernement précédent. Les Ministres: Yves Germain JOSEPH est nommé Ministre de la Planification et de la Coopération Externe ; Duly BRUTUS est nommé Ministre des Affaires Etrangères et des Cultes ; Pierre Richard CASIMIR est nommé Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique ; Wilson LALEAU est nommé Ministre de l'Economie et des Finances ; Jacques ROUSSEAU est nommé Ministre des Travaux Publics, Transports et Communications ; Jean François THOMAS est nommé Ministre de l'Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural ; Stéphanie BALMIR VILLEDROUIN est nommée Ministre du Tourisme et des Industries Créatives ; Nesmy MANIGAT est nommé Ministre de l'Education Nationale et de la Formation Professionnelle ; Florence DUPERVAL GUILLAUME est nommée Ministre de la Santé Publique et de la Population ; Victor BENOIT est nommé Ministre des Affaires Sociales et du Travail ; Ariel Henry est nommé Ministre de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales ; Hervey DAY est nommé Ministre du Commerce et de l'Industrie ; Dithny Joan RATON est nommée Ministre de la Culture ; Rotchild FRANCOIS JR. est nommé Ministre de la Communication ; 4 Quelques autres membres du cabinet ministériel croupion de Martelly/Paul Yves Rose MORQUETTE est nommée Ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes ; Lener RENAULD est nommé Ministre de la Défense ; Pieriche OLICIER est nommé Ministre des Haïtiens Vivant à l'Etranger ; Jean Fritz JEAN-LOUIS est nommé Ministre Délégué auprès du Premier ministre chargé des questions électorales ; Jimmy Albert : Ministre de la Jeunesse, des Sports et de l'Action Civique Les secrétaires d'État Henri Robert STERLIN est nommé Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères ; Carel ALEXANDRE est nommé Secrétaire d'Etat à la Sécurité Publique; Philippe CINEAS est nommé Secrétaire d'Etat Travaux Publics, Transports et Communications ; Robert LABROUSSE est nommé Secrétaire d'Etat à la Coopération Externe; Michel PRESUME est nommé Secrétaire d'Etat à la Planification; Patrick Sully Wilfrid JOSEPH est nommé Secrétaire d'Etat à l'Intérieur ; Audain BERNADEL est nommé Secrétaire d'Etat aux Collectivités Territoriales; Michel CHANCY est nommé Secrétaire d'Etat à la Production Animale ; Fresner DORCIN est nommé Secrétaire d'Etat à la Production Végétale ; Fednel MONCHERY est nommé Secrétaire d'Etat à la Réforme Agraire; Pierre André GEDEON est nommé Secrétaire d'Etat à la Relance Agricole ; Marina GOURGUE est nommée Secrétaire d'Etat à la Formation Professionnelle; Mozart CLERISSON est nommé Secrétaire d'Etat à l'Alphabétisation; Wilfrid SAINT JUSTE est nommé Secrétaire d'Etat aux organisations sociales. Gerald ORIOL est nommé Secrétaire d'Etat à l'Intégration des Personnes Handicapés ; Gabrielle HYACINTHE est nommé Secrétaire d'Etat à la Jeunesse et à l'Action Civique; Jacquenet Oxilus : Secrétaire d'État à la Justice (nouveau Secrétariat) Haiti Liberté/Haitian Times a crise politique que connait la première République Noire du monde, Haïti, a pris naissance dès l’arrivée de l’équipe tètkale, dirigée par le néo duvaliériste-macoute, Michel Martelly, le 14 mai 2011, à cause de son refus systématique d’organiser des élections libres dans le pays. Cette crise a, une fois de plus, de graves conséquences sur la vie quotidienne de la population et les institutions démocratiques : l’augmentation du coût de la vie, la dévaluation de la monnaie, la hausse du taux de l’inflation, la baisse du taux croissance, le dysfonctionnement du Parlement haïtien, le fonctionnement abracadabrant du pouvoir judiciaire et la mise en place d’un gouvernement de facto, dirigé par un réactionnaire, Evans Paul. Telles sont les conséquences néfastes de la gouvernance de Lamothe et de l’administration de Martelly. Lamothe s’en est allé avec des millions de dollars détournés ou volés ; cependant le peuple exige une reddition de comptes et l’arrestation de Lamothe. Pour essayer de détourner l’attention du peuple, Martelly a fait choix d’un joueur de réserve de l’équipe tètkale, un pseudo démocrate sous la dictature des Duvalier, un GNBiste réactionnaire face au gouvernement démocratique du président Aristide, un allié du gouvernement Préval-Bellerive, transformé en opposant à la fin de son mandat. Le premier Janvier 2014, aux Gonaïves, à l’occasion du 210e anniversaire de l’Indépendance d’Haïti, Evans Paul se réconciliait avec ses anciens bourreaux : l’ex-dictateur Jean Claude de Duvalier et l’ex-tortionnaire Prosper Avril en présence de son collègue GNBiste Michel Joseph Martelly. Ce fut une nouvelle alliance sous le label duvaliériste-macouto-GNBiste qui s’est mise au service de la Communauté internationale contre les intérêts supérieurs de la Nation et du peuple haïtien. Dans la foulée, certains acteurs politiques réclament un accord politique et un gouvernement de consensus ou de salut public. Ceux-ci devraient être le fruit de négociations avec les parties politiques et d’autres institutions républicaines. L’intransigeance et l’arrogance de monsieur Martelly ont faussé toutes les démarches devant aboutir à de telles négociations. Il a choisi unilatéralement le joker Evans Paul comme Premier ministre, puis l’a installé à la Primature sans l’approbation du Parlement, comme le veut la Constitution. Donc Evans Paul alias K-Plim est devenu un Premier ministre de facto, prêt à tout faire, à la manière de Gérard Latortue, pour continuer de liquider les ressources du pays et maintenir la nation sous l’occupation étrangère. Monsieur Martelly de son côté, a concrétisé son rêve murement réfléchi depuis son arrivée au pouvoir à la faveur de l’International : dirigr le pays tout seul sous le diktat de ses patrons des grandes puissances impérialistes. Au moment de son installation le vendredi 16 janvier dernier, le Premier ministre de facto, Evans Paul a déclaré : « je ne faisais pas campagne avec le candidat Martelly, je ne l’ai pas voté non plus. Il faisait campagne avec un programme politique. Aujourd’hui, je suis devenu son Premier ministre, je dois respecter son programme. Je ne suis pas Premier ministre d’un parti politique. Mon Gouvernement (de facto) a 2 objectifs spécifiques : créer les conditions nécessaires pour réaliser des élections et assurer la continuité de l’Etat… » Attention ! A tous ceux qui réclament un gouvernement de consensus, Evans Paul disait qu’il n’en est pas question. Entendez par là, qu’il n’y est que pour assurer la continuité de Laurent Lamothe dans sa politique de corruption, de pillage des ressources de l’Etat, de mensonge et de soumission à l’International. Face à cette situation lamentable et dégradante, la plateforme Pitit Desalin, l’Organisation politique Fanmi Lavalas et la plateforme politique MOPOD appellent à la poursuite de la mobilisation contre ce complot. Dans Manifestation du 20 Janvier pour le départ de Michel Martelly et de Evans Paul Un membre de Moleghaf avec sa pancarte dénonçant les Etats-Unis Photo : Daniel Tercier/Haiti Liberté cette perspective, deux journées de manifestation, vendredi 16 et samedi 17 janvier ont été réalisées, à Port-auPrince et plusieurs autres villes du pays pour continuer d’exiger le départ de monsieur Martelly du Palais national. Ce sont les mêmes slogans qui réson- nent dans les manifestations durant le parcours: “ A bas Martelly! A bas de facto ! A bas Evans Paul ! A bas K-Plim ! Arrêtez Lamothe ! Arrêtez Martelly ! A bas MINUSTAH ! A bas occupation ! A bas l’ ingérence! Vive les élections Suite à la page (19) DISPOSITIF DU JUGEMENT RENDU PAR LE TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE DE MIRAGOANE Par ces motifs, Le Tribunal après avoir délibéré au voeu de la loi et sur les conclusions du Ministère public se déclare compétent pour examiner cette action en revendication du droit soumise à son délibéré. Dit qu’elle est recevable en la forme, octroie défaut contre les sieurs et dame Brant DORCE, Gérard CADET et Mathilde DORCE pour n’avoir pas comparu à l’auddience du 27 Octobre 2014, quoique régulièrement assignés et sommés d’audience. Déclare que la MICA SUD (Mines et carrières du sud dont le siège social est à Port-au-Prince, Bizoton 51 No 03, commune de Carrefour) représentée par son directeur administratif Monsieur Philippe MATHON est incommutable propriétaire de ces 16 carreaux et demi sis et situés à Mornes blanches et à Duverger, zone dépendante de la sixième section communale de Miragoane. Ce terrain est borné avec la route de Miragoane allant à l’Anse à veau, avec les héritiers SILENCIEUX DORCE, avec les héritiers TENDA, avec les héritiers DUVERGER et à qui de droit. Ordonne l’expulsion et le déguerpissement de tous les assignés et les héritiers de feu Bozor DORCE et de Celide SURIN sur la dite propriété et la démolition de toute construction érigée sur la propriété susmentionnée. Accorde l’exécution provisoire sans caution, vu qu’il y a titre authentique, condamne les assignés solidairement à trois cents mille gourdes 300 000 de dommages intérets. Les condamne également aux frais et dépens de la procédure. Commet l’huissier Chavanne JEAN–BAPTISTE immatriculé au greffe du Tribunal de première instance de Miragoane pour signifier la présente décision. Ainsi jugé et prononcé par nous, Mariedeline PAUL, en présence de Maître Ronald THESSIER, Substitut Commissaire du gouvernement de ce ressort, asssité de Emmanuel DESIR, Greffier de ce siège en audience ordinaire civile et publique de ce jour du 10 Novembre 2014, an 2011 de l’Indépendance. Il est ordonné a tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux officiers du Ministère public près les Tribunaux civils d’y tenir la main, à tous commandants et autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis. Signé : Emmanuel DESIR, Greffier Maître Kennedy BERANDORVE, Avocat Maître Darid LAGUERRE, Avocat Maître Uziene DORANTE Avocat. Avis Le tribunal de première instance de l’anse-à-veau compétemment réuni au Palais de Justice de cette ville, a rendu en audience civile, ordinaire, publique et en ses attributions civiles,le jugement par défaut en dâte du lundi 2 Juin 2014 et le dispositif du dit jugement se lit comme suit. Par ces motifs,le ministère public entendu, et selon le voeu de la loi, le Tribunal déclare recevable l’action introduite par les héritiers du feu Celin Sainvil représentés par les sieurs Bénice Sainvil et Jeune Senor Sainvil ; octroie défaut contre la dame Merceliane Dimanche, démeurant et domiciliée à Débois, localité de la commune d’Arnaud; ordonne le partage de la succession du feu Celin Sainvil entre tous les ayants droit; commet l’arpenteur Miguel Bernard et le notaire Albert Larionne pour les opérations de périmètre; condamne ladite succession aux frais et dépens de la procédure, ce au terme des articles 674 du code civil et 287 du C.P.C, enfin commet l’huissier Carole Defonce de ce siège pour la signification de la présente décision. Ainsi jugé et prononcé par nous, Maître Flaubert, Avocat, juge à l’audience civile du lundi 2 Juin 2014 à 10 heures et 30 minutes du matin en présence de Maître Marc-Antoine Lesperance, Avocat, Substitut du Commissaire du Gouvernement de ce ressort, faisant office du Ministère Public et avec l’assistance du citoyen Lunès Destrat, Greffier de ce siège. Il est ordonné, etc En foi de quoi, etc Pour ordre de publication, Maître Gesner Etienne, Av. Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 Twa Fèy, Twa Rasin O! Les «abracadabrances» de Micky Par Fanfan la Tulipe e connais bien l’adjectif abracadabrant, enfin, pas moi seul. Pour qui je me prends ? Je sais que le mot est lié à la notion de caractère bizarre, extravagant, éloigné du bons sens, de la raison, ce qui de ce fait stupéfie, ahurit. Ainsi, le discours abracadabrant d’un vieux routier de la politique en mal de «chaise bourrée», les propos abracadabrants d’un président en mal de légitimité. Je sais aussi qu’il s’agit d’une adjectivation du mot abracadabra, sorte d’incantation mystique à laquelle on attribuait autrefois des vertus magiques, et qui, disait-on, guérissait la fièvre, éloignait certaines maladies, lorsqu’on la portait inscrite sur une amulette autour du cou. Ce que je ne savais pas, c’est que mon ami Rimbaud s’était intéressé à la chose abracadabrante depuis le 19ème siècle. En effet, reprenant un sobriquet attribué par Théophile Gautier à la mémorialiste française, Laure Junot, duchesse d’Abrantès (Gautier, sans doute éconduit, l’avait surnommée «duchesse d’Abracadabrantès»), l’ami Arthur avait forgé le néologisme ‘abracadabrantesque’ que l’on retrouve dans son poème Le Cœur supplicié paru en 1871 : http://fr.wikipedia.org/wiki/ Le_C%C5%93ur_supplici%C3%A9Ô flots abracadabrantesques, Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé! Bien longtemps après Rimbaud, c’est le président Jacques Chirac qui, le 21 septembre 2000, au cours d’un entretien télévisé, a rendu célèbre le terme abracadabrantesque pour qualifier les accusations posthumes de Jean-Claude Méry [ndlr. Promoteur, homme d’affaires,] sur les financements occultes du RPR [ndlr. Rassemblement pour la République, parti politique français de droite se revendiquant du gaullisme]. Le terme est resté, et a été largement repris dans les médias, dans le sens d’«abracadabrant», d’invraisemblable. À ce néologisme rimbaudo-chiraquien, j’ai voulu ajouter, celui, trois-feuillant, d’«abracadabrance» qui englobe le mieux, haïtiennement, les propos et comportements abracadabrantesques de Martelly. En écoutant et en lisant l’adresse de ce saltimbanque à la nation, le 16 de ce mois, j’ai revécu la succulence (politique) du terme abracadabrantesque, d’autant que le discours du locataire du Palais national véhiculait l’abracadabra magique qu’il répète inlassablement depuis son inauguration en mai 2011 : le même blablabla menteur, les mêmes blablatudes désuètes et surannées, le même baratin dépassé, le même baragouinage audacieux, les mêmes envolées pseudo-patriotiques et hypocrites faisant appel aux «pères fondateurs», le même bavardage éhonté sur «l’unité, la paix, la tolérance et le respect des uns et des autres», alors que la récente engueulade nauséabonde, «marché-croixbossalienne», à l’adresse du sénateur Steven Benoît, par Martelly dément complètement son propos. Bref, un spectacle surréaliste destiné à amuser la galerie et à conforter Martelly dans son narcissisme. La première phrase du discours est un fieffé mensonge : « Il y a trois mois, le 17 octobre, à l’occasion du 208e anniversaire de la mort de JeanJacques Dessalines, j’évoquais la vision du Père Fondateur de la Nation…», a déclaré Martelly. Est-ce lors de ce défoulement musical presque carnavalesque, en face du Pont-Rouge, que cette «vision» a été évoquée, à travers les turbulences grouilladesques et funambulesques du président ? À défaut de pouvoir nommer de solides réalisations à mettre au compte de son gouvernement, Martelly a préféré se réfugier sous les arcanes de «la victoire de l’indépendance, […] une victoire de solidarité, solidarité sur l’égoïsme, une victoire du rassemble- J ment, rassemblement sur la division, une victoire de l’union, l’union sur les luttes intestines, une victoire du rêve collectif sur les intérêts personnels, et une victoire de l’harmonie, harmonie sur les chemins dispersés.» Pure démagogie, ronflante démagogie, pur abracadabra de politicien véreux qui fait tout le contraire de ce qu’il dit et proclame. Les quatre années au pouvoir de Martelly ne sont-elles pas de préférence la victoire de ses intérêts claniques sur un rêve collectif qu’il n’a eu cure de vouloir formuler ? Martelly veut faire croire qu’il avait «la conviction que nous saurions nous servir de cette opportunité [le tremblement de terre] pour non seulement reconstruire l’espace physique, mais surtout refonder la nation, réorganiser l’Etat et créer l’environnement propice à la mise en route d’une véritable dynamique de croissance et de prospérité, au bénéfice de tous les citoyens.» À bien regarder, un bilan de l’année 2012 montre qu’elle a été marquée par une série de scandales, de conflits, de crises : les «5E» qui se sont révélés des coquilles vides ; les slogans délirants qui ont pris le pas sur les programmes ; les révélations de la journaliste d’investigation de la République Dominicaine Nuria Piera relatives à des pots-de-vin reçus par Martelly ; le remplacement des Conseils communaux, élus, par des Conseils intérimaires nommés par le pouvoir ; la succession de plus de six Commissaires à la tête du Parquet près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, bref l’abracadabrantesque à son plus haut. Il est délirant, ahurissant d’entendre Martelly évoquer «le dysfonctionnement de notre Parlement, faute d’avoir pu régler nos différends et remplir nos engagements constitutionnels respectifs […], point culminant de trois années d’efforts infructueux en vue de respecter les échéances électorales, renouveler le personnel politique suivant le vœu de la Constitution…» Et à qui la faute ? À qui toute la faute ? Sinon à Martelly, qui après environ quatre années au timon des affaires n’a pas su ou voulu «réorganiser l’Etat et créer l’environnement propice à la mise en route d’une véritable dynamique de croissance et de prospérité, au bénéfice de tous les citoyens…» Martelly veut nous forcer à «avouer humblement nos faiblesses et nos erreurs collectives, découlant des vieux démons de la méfiance, de la division et de l’intolérance,» sans faire son mea culpa, sans reconnaître que ses «abracadabrances» depuis le 11 mai 2011 ne sont que la conséquence de son comportement arrogant, méprisant, Marie Carmelle Jean Marie (Manman Tounen), ministre des Finances et l'ex Premier Sinistre Laurent (Gagòt) Lamothe Le «testiculaire» Woody alias Sonson la Familia discourtois, insolent, souvent obscène vis-à-vis de la presse, de l’opposition, des organisations des droits humains, des organes intimes de la femme, des parlementaires, de juges honnêtes. Il est surprenant d’entendre l’homme parler d’« erreurs collectives», alors qu’il n’est question que de ses seules rocambolesques dérives. Les mandats des cartels des mairies et du tiers du Sénat arrivaient à expiration depuis la prestation de serment de Martelly en mai 2011. Le pouvoir avait préféré remplacer ces cartels élus par des agents intérimaires, nommés, question d’entretenir sa clientèle politique. Fin 2014, et en ce qui concerne les élections devant remplacer sénateurs et magistrats, la population, comme sœur Anne, n’a pas arrêté de voir «le soleil qui poudroie, l’herbe GET YOUR TAX REFUND FAST • Income Tax • Insurance (car, life, home, business) • Real Estate • Financial Consulting • Notary Public • Translations (from French, Creole, Spanish to English) • Typing (resume, flyers, invitations, papers, business letters) • Faxing (sending and receiving). Copying. • Electronic Filing Le moustachu et ténébreux Evinx Daniel. qui verdoie», et en plus de cette poudroyance et de cette verdoyance, les contorsions carnavalesques, grouilladesques, funambulesques et abracadabrantesques de Martelly ivre de pouvoir, de jouissance et de l’appui de ses mentors internationaux. Quand une majorité de députés se laisse acheter, domestiquer, vassaliser par le pouvoir et quand on se rappelle la fameuse boutade «tout moun jwenn» du sénateur Anacacis, comment «avoir pu régler nos différends et remplir nos engagements constitutionnels respectifs» dans un parlement partiellement Grenadier Multi-Service • Income Tax Preparation (Rapid Refund, Electronic Filing, Business Taxes) $30 off tax preparation • Translations (English, Français, Kreyòl) • Immigration (Documentation Preparation) • Faxing & Copies Phone: 718.693.8229 Fax: 718.693.8269 1786 Nostrand Ave., Brooklyn, NY 11226 (between Clarendon Rd & Avenue D) 1583 Albany Avenue, Brooklyn, NY 11210 CHERY’S BROKERAGE Tel: 718.421.0162 Cell: 917.202.3833 Chery’s Brokerage, Inc. 1786 Nostrand Ave., Brooklyn, NY 11226 Tel: 718-693-8229 * Fax: 718-693-8269 Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 croupion, assuré de dysfonctionnement grâce à la connivence vénale de parlementaires complices «encachettement» des menées antinationales du pouvoir ? N’empêche, Martelly ose dire qu’«il est temps de changer cette apparente fatalité» dont il est l’auteur, lui et son compère Laurent ‘‘Gagòt’’ Lamothe «une fois de plus impliqué dans un autre scandale de détournement de fonds de près de 300 millions de dollars qui serait à la base d’un conflit l’opposant à la ministre des Finances», Marie Carmelle Jean-Marie, alias «Manman tounen», selon les déclarations du sénateur du Nord, Moise Jean Charles, citées par le site Tout Haïti (10 juillet 2014). Depuis presque quatre ans qu’il est président, Martelly l’audacieux se lamente qu’«il est surtout temps de réfléchir tout d’abord sur les causes profondes de notre mal». Quel Mal ? L’arrestation d’un député en fonction sur ordre du président lui-même ? Une mesure de main levée d’écrou du juge instructeur Paul Fernaud Jude, homme de main du pouvoir, en faveur de Calixte Valentin, assassin présumé d’Octanol Dérissaint, le 18 avril 2012, à Fonds-Parisien ? L’arrestation illégale d’un avocat, Me André Michel, à une heure indue, sur ordre d’un commissaire du gouvernement, Me Francisco René lui-même un appendice insignifiant mais combien dangereux du pouvoir ? Le décès d’un juge suite à une violente et obscène agression verbale par ce président «lamentard» et connard à la fois ? C’est à Martelly de se le demander. Quel mal ? La confusion sur le nombre exact d’enfants qui fréquentent l’école dans le cadre du Programme de Scolarisation Universelle Gratuite et Obligatoire (PSUGO) dont les fonds sont gérés dans l’opacité totale ? Les voyages incessants en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, dans les Caraïbes et en Europe, avec une latriye de conseillers, de moun pa et de souflantyou, sans aucune retombée positive pour le pays ? La disparition de l’homme d’affaires Evinx Daniel, «testicule pensant» de Martelly pour toute affaire de drogues les concernant ? L’arrestation de Woodley Ethéart, dit Sonson la familia («testicule surnuméraire» du président) pour kidnapping, association de malfaiteurs, blanchiment d’argent. Autant de maux à mettre au compte de Martelly que ne peuvent dissiper ses mots hypocrites : « droits de tout un chacun ... justice saine et impartiale…un cadre légal moderne et crédible… une démocratie effective… respect des règles du jeu» Suite à la page (16) 1234567890 mc m+ m- mr С + - / x 7 8 9 - 4 5 6 + 2 3 1 0 Haiti Liberté/Haitian Times = 5 Kwonik Kreyòl Aksyon patriyotik: yon mouvman politiko kiltirèl Dezyèm pati Kreyasyon Mouvement Haïtien d’Action Patriotique (MHAP) Se nan pèspektiv sa a revi Courrier Rouge pran inisyativ regwoupe jenn pwogresis ayisyen pa dis, pa ven, nan yon rezo « groupes d’action patriotique (G A P) » pou sansibilize ak mobilize kominote ayisyen lan Nouyòk. An jen 1971 jounal Coumbite parèt e li anonse kreyasyon òganizasyon ki pote menm non an. Bi li se te inifye mouvman revolisyonè ayisyen an. Nan pèspektiv inite a toujou R. D. H. (Rassemblement Démocratique Haïtien), Nouvelle Action Patriotique, O.R.12N (Organisation Révolutionnaire 12 Novembre) ak jounal Réalités Haïtiennes fè fizyon lan Nouyòk anndan R.F.P.H. (Rassemblement des Forces Progressistes Haïtiennes). Comité Vertières pran nesans lan Boston. Comité Haïtien d’Action Patriotique (CHAP) te deja kanpe nan Monreyal. Nan menm ane 71 la gen bilten Front Haïtien d’Information et de Résistance ki pran lari ak sant òganizasyonèl li an Frans. Lè Komite 28 jiyè fòme pou ko- Dezyèm plak gwoup Solèy Leve janbe lan Nouyòk ak Monreyal. Mayi Anmè, yon emisyon radyo ki te soti nan Sèk Kiltirèl Mapou te gen tan ap fonksyone sou antèn WFUV nan inivèsite Fordham pou ajoute vwa l nan konsè anti-divalyeris, anti-enperyalis la. Byennavan sa konpatriyòt yo te deja ap koute L’Heure Haitienne ki te baze nan inivèsite Columbia. Vè lane 1973 ORHAP (Organisation Révolutionnaire d’Action Patriotique) ki t ap pibliye jounal Bois-Caïman pral kanpe sou restan CHAP nan Monreyal. Se nan dezyèm peryòd sa a modòd « front uni » ak « front démocratique large » pral gaye. Lan menm epòk sa Yon plak Atis Endepandan memore anivèsè debakman sòlda ameriken an Ayiti, modòd « lutte ouverte anti-dictatoriale, anti-imperialiste » lanse. Se fen mwa jiyè 1971 sa a yon voum moun patisipe lan manifestasyon pou denonse rejim divalyeris la ak zakolit enperyalis li yo. Men lè yon dibita moun tonbe pwopoze tèt yo kòm volontè pou fè travay patriyotik la mache, komite a fè bak akoz potko gen okenn pwogram travay ki te diskite. Apati dat sa a diskisyon mete pye pou disoud komite a e fòme yon òganizasyon laj ki te sipoze rasanble moun diferan ideyoloji ak divès tandans. Manm diferan gwoup yo pase yon mwa edmi ap delibere, fè mannèv, dejwe mannèv. Alafen, gwoupman dedwat yo pran desizyon pou rale kò yo. Komite Mobilizasyon ki te fòme apre ensidan Hunter College la te vle gen patènite mouvman an e li te pwopoze tout lòt gwoup yo pou vin gwosi ran li. G.A.P. yo menm te mande pou tout gwoup yo mete tèt ansanm pou bay yon nouvo òganizasyon. Komite Mobilizasyon te bije bat ba e se konsa MHAP (Mouvement Haitien d’Action Patriotique) pran nesans. Evolisyon Mouvman Patriyotik Ayisyen an An 1972 gwoup En Avant parèt sou sèn nan an Ewòp ak sèten kritik sou erè mouvman an te komèt, apre sa li 6 a plizyè gwoup gòch ap mete ansanm nan lit pou libète demokratik an Ayiti, lit pou ede refijye ayisyen, lit kont depòtasyon travayè ayisyen san papye. Se konsa KODDPA1 fòme lan Nouyòk, CACREH2 lan Monreyal ak CAB3 lan Boston. Gen kèk nouvo gwoup tou ki fè aparisyon yo an Ewòp. Se Comité d’Action Patriotique Charlemagne Péralte, Comité Benoit Batraville ak Comité Raymond Jean François an Frans, Comité Marchaterre an Bèljik. An 1973 dwat la te pran inisyativ pou rasanble divès òganizasyon dwat, gòch ak patriyòt endepandan anba parapli FLESH (Front de Libération Economique et Sociale d’Haïti). Sa pa t mache. De zan apre gòch la pran menm inisyativ la pou fòme Regroupement des Forces Démocratiques Haïtiennes. RFDH rale men li pa janm rive mache. Kidonk se yon sektè nan gòch la ki te lanse modòd fwon ini an, nan lane 1974 sou tèm inite fòs anti-divalyeris yo. Sepandan, lide a bwete, li pa t janm ka derape pou trennen moun dèyè l. Anmenmtan konpatriyòt yo te admèt yon inite aksyon ant tout fòs opozisyon yo nesesè pou dechouke rejim divalyeris la, yo te rive konprann ou pa ka mete tout moun nan menm sak la. Sa te kreye yon dilèm sitou tout moun te dakò se Ayiti teren batay prensipal la ye. Gen yon lòt sektè nan gòch la ankò ki te parèt ak modòd « le parti Haiti Liberté/Haitian Times d’abord ». Sa te vle di, anvan pou nenpòt lit konsekan ta deklannche pou kraze rejim makout la fòk kan pèp la ta gen pwòp pati politik li. Men sa ki te dwòl la, gwoup ki te vin ak modòd la se moun lan Nouyòk li t ap eseye mobilize. Sa ki te kreye yon lòt pwoblèm. Objektif Aksyon Patriyotik la se te mobilize ayisyen aleksteryè pou ede fwon enteryè a pa tout mwayen posib. Sa te sipoze tou te gen yon òganizasyon politik ki t ap feraye osinon ta pral feraye seryezman ann Ayiti pou kanalize èd sa a. Men chak fwa yon militan te poze kesyon sou egzistans fwon enteryè a li pa t janm ka jwenn yon repons valab. Apre twazan aktivite mouvman an t ap fè move wout dapre opinyon jeneral la. Pandan tan sa a anpil divizyon te gen tan kreye lan mitan òganizasyon yo ki eklate bay plizyè lòt ti gwoup. Detraktè yo te pran abitid rele yo : « groupuscules de goche ». Reyalizasyon Mouvman Aksyon Patriyotik Malgre mouvman an te bije kòlte ak yon bann pwoblèm, kominote ayisyen toupatou nan dyaspora a te dakò pou bay patriyòt yo kredi pou diferan inisyativ yo pran ak divès aktivite yo te reyalize. Aksyon yo te poze te pèmèt yon nouvo van lespwa soufle nan mitan egzile yo ak posiblite pou anfen yo resi wete manto laperèz ki t ap peze lou sou zepòl yo a. Nouvo militan pwogresis yo te fè gwo saktifis lè yo aksepte mennen batay adekouvè kont pouvwa diktatoryal Ayiti a. Chwa sa a te lakoz otorite ki ap sèvi rejim reyaksyonè a mete non yo sou lis nwa dekwa patriyòt sa yo pa kapab tounen lan peyi yo ankò. Menm fanmi yo te bije mache sou pinga yo. Sa konn rive pami revolisyonè ki antre kanmenm an chatpent lan peyi a, kèk ladan yo ateri Fò Dimanch lè fòs ki anchaje fè represyon yo pa etenn souf yo. Mouvman Aksyon Patriyotik la se fason ayisyen konsyan ki ap viv andeyò peyi a te jwenn pou pwoteste kont kòkòday makòday ant peyi enperyalis yo ak gouvènman restavèk lakay la. Mouvman sa a ride anpil ayisyen wè klè lan pwoblèm peyi yo ; li fè yo konnen yon fwa pou tout kilès ki lennmi yo, kilès ki zanmi yo. Ak mouvman patriyotik la yon latriye fanm kou gason vin pa pè pale politik ankò, li jounal politik, patisipe lan reyinyon ak manifestasyon politik. 1. Kanpay pou liberasyon prizonye politik Aksyon patriyotik la pa t rate yon okazyon pou pote kesyon prizonye politik yo ak move tretman yo sibi, ni lan medya yo ni devan enstitisyon k ap soutni diktati a, nan peyi Etazini, Lafrans ak Kanada an patikilye. Mach pasifik ki fèt pou egzije liberasyon prizonye politik yo ak petisyon ki abouti jis lan kongrè Wachintonn te fòse palmantè peyi sa yo ak Lakwa Wouj entènasyonal voye misyon tanzantan al obsève sa k ap pase ann Ayiti. An 1974 Regwoupman Fòs Demokratik pibliye yon michan dokiman ak lis detaye kantite prizonye k ap koupi nan kacho Fò Dimanch, Penitansye Nasyonal ak lòt prizon nan pwovens. Li ekspoze ak bon jan detay mati ak tòti yo fè prizonye yo pase lè se pa egzekite yo egzekite yo kareman. San konte pèsekisyon politik ak tray militan pwogresis kou fanmi yo ap pase anba men bouwo rejim makout la. Yo pa manke siyale taktik mètdam rejim divalyeris la ki konn pran plezi ap pibliye lis prizonye li lage alòske bonkou deja anba tè osnon te deja jwenn liberasyon yo. Anpil fwa prizonye yo lage yo, yo repran yo ankò kèk jou oubyen kèk semenn apre epi yo disparèt san kite tras. 2. Lit kont depòtasyon refijye ak travayè ilegal Milo : Lapolis touye Ducken Monfrère, alias Ti Blan N an yon ti lokalite ki rele Betani ki twouve l tou prè komin Bawon, Ducken Monfrère, alias Ti Blan, youn nan militan politik ki t ap goumen nan fason pa l kont rejim tètkale, kaletèt la jwenn lanmò li, jedi pase ki te 15 janvye 2015 lan. Lapolis fè konnen yo t ap chèche l lontan, paske Ti Blan gen yon latriye akizasyon sou do l tankou vòlè ak kidnapin. Men, anpil moun ap mande eske se vre ? Poukisa lapolis touye Tiblan, aloske gwo vòlè ki nan Leta a, yo pa fè anyen kont yo. Poukisa lapolis pa pase kòd nan kou Michel Martelly, Laurent Lamothe, Jean Renel Sanon ak nouvo minis lajistis la ki se Pierre-Richard Casimir ak yon bann lòt mimi ki nan ministè yo. Sa k pi tris la, tout moun konnen nan prizon Kwadèboukè, rejim sa a te kraze prizon an pou fè sove yon latriPwoblematik kolonn ayisyen ki pran kanntè, brave lanmè sou ti vwalye, mete lavi yo andanje pou chèche refij nan Ziltik4, Naso ak Miyami se yon lòt teren kote gwoup patriyotik yo te mennen yon lit san pran souf pou defann dwa refijye yo e anpeche imigrasyon ameriken depòte yo yon fason abitrè dapre politik de pwa de mezi yo te adopte nan sikonstans la. Alòske gouvènman meriken te bay kiben ki ateri Florid nan menm kondisyon ak ayisyen yo azil san grate tèt, yo pran ayisyen yo, fèmen yo nan prizon Krome Avenue annatandan yo voye yo tounen Ayiti. Sou pretèks kiben yo se refijye politik, ayisyen yo se refijye ekonomik. Batay la te pran plizyè fòm : petisyon, lèt, sansibilizasyon lan medya, mach pasifik, manifestasyon, sitin, konferans, pwosè. Chak ti batiman ki fè nofraj, chak vwalye bato meriken bare sou lanmè te sèvi siyal raliman pou yon nouvo batay. Patriyòt yo pa t manke tou, depi okazyon an prezante, pou denonse akò tèt chat leta ayisyen te aksepte siyen ak Tonton Sam ki bay meriken dwa arete kanntè nan lanmè Ayiti. Twa gwo dram ki make konba sa a se lanmò Turenne Deville5, kadav Hillboro Beach6 yo ak nofraj sou zile Cayo Lobos7 la. Yon lòt aspè nan lit kont depòtasyon an se aksyon gwoup patriyotik yo mennen pou defann travayè imigre san papye yo. Demach yo mennen pou enfòme yo sou dwa yo, fè yo jwenn avoka pou defann yo. Kanpay yo mennen pou denonse move kondisyon tra- Ducken Monfrère, alias Ti Blan ye asasen ak kidnapè menm Clifford Brandt te libere. Nou pa kab bliye tou Sonson Lafamilia ki se patnè Michel Martelly ak bofrè li Kiko Saint Remy ; poukisa lapolis pa kouri dèyè yo ? Sa vle di gen kidnapè pou yo touye nan katye popilè yo ; men kanta gwo potanta yo, yo kenbe yo la pou yo libere yo tanzantan grenn pa grenn. vay ak lojman travayè agrikòl sezonye yo sou plantasyon ki pòtre tèt koupe ak batey dominiken yo. An menm tan yo lonje dwèt sou atitid ipokrit kapitalis yo, k ap ankouraje travayè etranje san papye vin bourike nan antrepriz yo pou yon salè mizè epi kou ekonomi a ap mal mache se yo menm yo bay pote responsabilite a. 3. Devlopman yon mouvman kiltirèl Youn lan gwo reyalizasyon Mouvman Aksyon Patriyotik la se kreyasyon ak devlopman yon mouvman kiltirèl pou kore mouvman politik la. Kontni nouvo chante yo, ki te antre lan kategori chanson revolisyonè osnon chanson angaje oubyen ankò chante patriyotik, t ap charye mesaj revolisyonè ki te konfòm ak liy politik aksyon patriyotik la. Nan premye jou yo gen mizisyen pwogresis ki te fè anpil efò pou pwodui yon mizik ki baze sou yon ritmik ak yon son ki afiche yon karaktè revolisyonè pou akonpaye nouvo tèks yo. Kòm inisyativ sa a pa t abouti, atis militan yo te deside itilize mizik epi rit popilè yo pou sèvi fon mizikal. Sou plan teyatral gwoup kiltirèl patriyoyik yo te suiv menm demach la ak objektif pou prezante sa yo te rele yon teyat total. Yon teyat ki brase diferan jan ak fòm atistik tankou : pwezi, dans, mim, mizik ak yon itilizasyon espas senik ki konte sou patisipasyon piblik la. Nan diferan gwoup yo se Twoup Kwidò8 Suite à la page (15) RADIO PA NOU 1685 Nostrand Avenue Brooklyn, NY 11226 67 Khz www.radyopanou.com Depuis 2002 • Nouvelles • Analyse • Publicité Fondateur: Jude Joseph Bureau: (718) 940- 3861 Studio: (718) 701- 0220 • (718) 856- 8702 (718) 928- 7022 • (718) 462- 0992 (718) 469- 8511 Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 Perspectives Evans Paul nommé Premier ministre ou le militantisme opportuniste de carrière ! Par Jacques NESI démocratie. C’est également un processus qui favorise la définition de la démocratie et la formation du peuple, hérité de la révolution dessalinienne ; c’est-à-dire que le vote ne peut être refusé à aucun haïtien (paysan, pauvre, riche, citadin, vodouisant, catholique…).La seconde fonction de ces organisations militantes est de faciliter l’appropriation des citoyens par les règles, et de nouveaux comportements, l’intériorisation des valeurs et des aspirations de l’ordre démocratique. C’est ce que Dominique Schnapper a défini par l’homo democraticus. Cette dynamique du militantisme associatif a abouti à l’émergence de Jean-Bertrand Aristide dans l’arène politique et à son retour au pouvoir en 1994.Cependant, ces deux fonctions sociales ont été dénaturées par le déploiement des logiques de socialisation facilitant non seulement l’ascension sociale et l’insertion économique. Contrairement aux militants politiques qui combattaient le régime Duvalier, mains nues, ou actions armées, ils ne recherchaient pas des rétributions parce qu’ils ne furent pas motivés pour des raisons matérielles ou financières. Les militants politiques à partir de 1986, indifférents à la dimension collective de leurs engagements, se montrent soucieux de tirer de la démocratie les avantages matériels, d’amélioration de leur bien-être. Autrement dit, la démocratie est un fonds de commerce qui permet au militantisme politique de s’épanouir et de s’organiser selon des modalités d’un rentier. Ce militantisme s’est développé très récemment depuis les années 1990 où il s’est confondu avec le clientélisme. D’ailleurs, c’était un critère de recrutement de certains postes de la fonction publique : avoir été militant actif au sein d’une organisation populaire. La motivation du militantisme renvoie à la multiplication des moyens de nature à être rétribués. La motivation du militantisme est d’ordre économique, d’autant plus que le militant appartient à une catégorie sociale défavorisée. Faire de la politique n’est qu’une voie permettant de changer ses conditions de vie, d’accéder aux ressources financières et matérielles. La quête des rétributions est aussi présente au sein des élites politiques. La démocratie n’entraine-t-elle pas des pratiques qui concourent à son délitement ? Le militantisme ne pourrait-il se corrompre en machine de prédation et de captation des ressources? Par ailleurs, depuis 1990, on a observé que le militantisme politique n’accorde toujours pas des rétributions aux sacrifiés de la cause démocratique. Le troisième moment : c’’est le militantisme sélectif. Si Jean-Bertrand Aristide, militant politique aux années 1980, pourfendeur de la société inégalitaire, a pu devenir président de la République, cette accession ne se fait qu’aux dépens d’autres acteurs qui ont combattu leur vie durant en exil, notamment, le régime Duvalier. Quels sont les facteurs qui expliquent les limites du militantisme et qui expliquent sa crise? D’abord, le vote a été un facteur d’affaiblissement du militantisme. L’élection, c’est l’épuration de la démocratie, disait Madison. Le fait que les électeurs sélectionnent leurs candidats non pas en raison de leur militantisme, mais plutôt en raison de leur proximité, non pas en raison de leurs compétences, mais plutôt en raison de l’image qu’ils projettent dans l’électorat, dissuade l’engagement militant. Ensuite, l’électeur en Haïti se moque du parcours du candidat, ce qui compte à ses yeux, c’est sa capacité à distribuer subsides, postes, soutiens à l’accès d’un enfant au lycée, à la fonction publique. Le troisième facteur, c’est que la participation politique connait ses limites : l’action du politique est peu efficace. Il n’agit pas, il exerce peu d’effets sur la vie des gens. Les ressources dont les élus disposent ne sont employées qu’à entretenir sa clientèle et à sanctionner les citoyens qui ne l’ont pas choisi. Ce sont les organisations non gouvernementales qui organisent la vie en société, les organisations religieuses, pratiquant le prosélytisme, qui sont en situation de répondre à la demande des citoyens. Le quatrième facteur est l’abstention PAUL J. JOURDAN RINCHER L a contestation qui affaiblit le régime « mickiste » depuis quelques semaines s’est traduit non seulement par une érosion du mouvement en raison de la période des fêtes de fin d’année mais encore par la nomination à l’initiative du président de la République d’Evans Paul au poste de premier ministre. Disposant d’un capital politique et d’un capital de sympathie dans les milieux politiques, Evans Paul qui a connu depuis plus de trente ans une vie publique mouvementée, qu’on pourrait situer sans risque de se tromper à droite, de façon paradoxale, donne une nouvelle vie au quinquennat de Martelly. Evans Paul, qui a combattu les divers régimes autoritaires et post- autoritaires, qui a été victime des tortures des gouvernements Duvalier, Avril, Cédras, accepte de s’engager dans un aventurisme politique aux côtés de Michel Martelly. Evans Paul qui s’est toujours montré intraitable face au respect de la règle de droit, en toutes circonstances, rejoint cette équipe de coyotes d’une République en décomposition où pullulent des véreux, qui sont prêts à tuer père et mère, à fouiller le sol où reposent les victimes de la sauvagerie de différents régimes pour en faire des trophées au service de leurs ambitions personnelles. Au- delà des critiques que soulève la nomination de Evans Paul, désormais vêtu de probité minimale et de camisole blanche, celui-ci n’entend pas laisser filer cette chance d’être premier ministre, mais la coule sous les flots de boue et de l’eau sale dans une proximité douteuse avec le régime actuel. Le cas de M. Paul mérite examen. Nous proposons de l’insérer dans un cadre de réflexion qui nous conduit à nous demander pourquoi un militant politique, adversaire du régime, poseur de chausse-trappes, tricoteur de lexique incisif anti-gouvernemental s’engage à servir celui-ci au nom du prétendu statut de serviteur de l’Etat ? Le militantisme politique en Haïti n’est-il pas en crise aujourd’hui ? Ne peut-on pas y voir la confirmation d’un militantisme opportuniste de carrière ? Il y a quelque chose de malsain, d’inquiétant dans la totale captation du pouvoir du président de la République. Le discours de celui-ci et de son premier ministre, le vendredi 16 janvier en cours, qui ressemble à un spectacle destiné à amuser l’opinion publique, confirme la soudaine complicité du président de la république et de son premier ministre. Cette relation est critiquable, parce qu’elle met en évidence le soupçon de vassalisation qui pèse déjà sur M. Paul, d’une part. De l’autre, elle rend peu crédible tout engagement d’un acteur politique. Autrement dit, qu’est-ce qui a pu déterminer un militant politique, Evans Paul tel Evans Paul, un roc, un croûton, un granit à renoncer à la confiance qu’il inspirait jusque- là pour être le sauveur du quinquennat mickiste ? Interrogeons-nous sur le concept militantisme. Nous reprenons la définition sur laquelle s’entendent les politologues. Le militantisme, l’expression de la participation politique, est une action collective organisée, concertée qui se développe dans une logique de revendication, de défense d’un intérêt matériel ou d’une cause (Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, 1996, p. 10). Le militantisme c’est se mettre ensemble, s’unir, agréger ses forces pour contester, revendiquer, ou refuser. Le militantisme désigne « toute action volontaire, réussie ou non, organisée ou non, épisodique ou continue, employant des moyens légitimes ou illégitimes, visant à influencer les choix des politiques, l’administration des affaires publiques ou le choix des leaders politiques à tout niveau du gouvernement local ou national » (Weiner, 1971). Trois moments particuliers traversent le militantisme politique en Haïti. Le premier moment celui des années 50 et 60 où le militantisme syndical a connu une percée fulgurante sous François Duvalier qui le décima d’une part par le recours à la violence, aux moyens contraignants et répressifs ; de l’autre par le rachat de ses animateurs. Des militants en exil furent rejoints par des milliers d’autres qui résistaient au duvaliérisme. C’est ce que nous appelons le militantisme résistantiel. Le second moment, en 1986, correspond à la multiplication des formes organisationnelles qui se situaient contre le retour du duvaliérisme au pouvoir et l’impunité. C’est la dynamique du militantisme associatif qui connait son bel âge florissant. Il coïncide avec l’émergence des partis politiques. Les acteurs de ce militantisme sont jeunes, extérieurs au pouvoir politique. Etant au stade d’initiation, ils sont porteurs des valeurs des droits de l’homme, partisans de la démocratie libérale, critiques à l’économie libérale. C’est ce que nous appelons le militantisme initiationnel de transit. Celui-ci avait deux fonctions sociales: l’une favorise la socialisation dans un cadre normatif porteur de la modernité politique, de la Menez Jean-Jerome DENNIS MULLIGAN, Attorney-at-Law Attorney at Law ATTORNEY AT LAW Real Estate Immigration-Divorce 107 Kenilworth Place Brooklyn, NY 11210 Phone: (718) 859-5725 (347) 898-7514 All aspects of Immigration Law •TPS •Residency •Citizenship Over 20 years experience Nous parlons français 11 Broadway New York, NY 10004 (near all trains) 646-253-0580 4512 Church Avenue Brooklyn, NY 11203 Nou pale kreyòl! (718) 462-2600 (914) 643-1226 cell Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 •Immigration •Divorce •Business Formation (Corporation & Partnership) •Estate Administration - Wills •Real Estate Closings Translations Cheapest in Town Birth Certificate • Resume • Divorce/Marraige Certificates Universal Book Store Languages • Religious • Political • History • Educational Radio Optimum Mondiale Advertising • Radios • Annonces • Nouvelles 826 Rogers Avenue Brooklyn, NY 11226 (718) 282-4033 Email: [email protected] grandissante, qui est en même temps, une conséquence du militantisme politique en crise, parce que les citoyens ont peu d’influence sur le choix de leurs élus, notamment le candidat aux élections présidentielles. Le choix exclut les militants, s’opère par les partis politiques au pouvoir, disposant d’importantes ressources selon des logiques peu concurrentielles et par les organisations électorales qui procèdent à la marchandisation du vote. Contestés, les résultats installent les acteurs de la communauté internationale dans le rôle d’arbitres partiaux. Les élections de 2006, puis celles de 2011 ont montré que les censeurs de la démocratie proclament le candidat de leur choix au mépris des règles électorales et constitutionnelles. Enfin, en ce qui concerne Evans Paul, des paramètres personnels sont à verser à l’analyse. Son long combat politique, ses sacrifices ne lui ont pas permis d’être le leader à gauche, face à la personnalité et au rayonnement politique de Jean-Bertrand Aristide. Son mandat de maire de la capitale, assez bref, ses relations difficiles avec la famille lavalas et ses ténors, le contexte politique, les divisions au sein des organisations partisanes de l’opposition, le soutien et le jeu de puissance des acteurs de la communauté internationale ont fait d’Evans Paul, l’homme providentiel pour le régime mickiste. Un poste de premier ministre dans la trajectoire individuelle d’un militant renvoie à un militantisme perçu certes comme un engagement, mais comme un moyen déclencheur d’amélioration de la vie individuelle, comme un levier instrumental de la professionnalisation de l’activité politique. Ce qui confirme notre hypothèse du militantisme opportuniste de carrière. Exercer le rôle de chef de parti politique en Haïti dans cette conjoncture économique, implique la mobilisation des ressources matérielles et financières qui ne sont pas facilement accessibles, en notant que l’Etat en est le seul pourvoyeur. Néanmoins, les risques politiques sont élevés. Le premier d’entre eux, est celui du non -respect des principes. La lecture de Montesquieu de « l’esprit des lois » nous le rappelle : « Le principe du gouvernement républicain, c’est la vertu. » « On peut définir cette vertu, par l’amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières ; elles ne sont que cette préférence. Car chaque citoyen doit avoir pour le bien public un zèle sans bornes ».(p. 349). Dans le cadre du régime politique en Haïti, la légitimité du premier ministre qui ne souhaite pas que sa survie ne dépende pas des caprices d’un président de la République, exige le soutien du parlement. Le manque d’efforts pour associer celui-ci à sa désignation relève du calcul politique, et confirme l’emprise présidentielle sur l’institution. Un président requinqué devenu désormais le monarque qui dispose des pouvoirs étendus! Ensuite, le fait d’avoir contourné volontairement ou involontairement le rite de passage au Parlement entraine la rupture du lien ombilical entre le parlement et le premier ministre ; ce qui rend désormais celui-ci non responsable devant le Parlement, l’affaiblit et le rend peu légitime. Enfin, c’est le risque majeur : la contestation si elle est amplifiée par la composition du gouvernement annoncée peut conduire à l’échec politique de M. Paul. Car, les protagonistes du militantisme conjoncturel –aujourd’hui dans les rues à Port-au-Prince-sont des militants adeptes des valeurs anti-impérialistes, et de l’idéologie des droits de l’homme. Ils réclament la fin des inégalités, la fin des tribus de jouisseurs narcissiques. Ils sont habités par une certaine colère qui s’est exprimée de manière anarchique parfois et structurée ,rattachée à une conscience de classe, à une appropriation des formes de luttes politiques , à une intériorisation des frustrations .Cette mobilisation permanente des citoyens soutenue par une conscience de classe est retravaillée, recomposée, de manière anticipée et intelligente :reculer pour mieux sauter. J.N Haiti Liberté/Haitian Times 7 Perspectives Les Konze de 2004 Par J. Fatal Piard Sou chak senk mil entèlektyèl Katmilnèfsan nan komokyèl Yon bann tchoul ki san ren k san fyèl Manno Chalmay M esye sa a yo rele Manno Chalmay la te yon divinò ki wè pi lwen pase Antwàn nan Gonmye. Men l pat fouti fè wè si zentèlektyèl Kolektif Non yo te ka desann ba konsa. «Il faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et les mettre en état de s’entredéchirer. C’est la seule façon pour nous d’avoir une prédominance continue sur ce pays de Nègres qui a conquis son indépendance par les armes. Ce qui est un mauvais exemple pour les 26 millions de noirs d’Amérique ». Déclaration sur Haïti du minable Franklin Delano Roosevelt. Ce criminel dans le sang, à l’instar de tous les autres présidents des EtatsUnis d’Amérique, y compris Obama, lui aussi évertué à détruire notre pays à petit feu. Haiti le pays qui a donné une identité à tous les noirs du monde. Malheureusement, leur dernière malfaisance a été l’imposition de la Minustah, au clown Sweet Miki et à ses contrebandiers politiques. Les entrailles de notre pays ont certes donné naissance à des preux, qui ont accepté le sacrifice de leur vie pour nous affranchir du joug révoltant de l’esclavage inhumain imposé au nom de Dieu par les civilisés de l’occident incurablement hantés par le vampirisme. Cependant, il n’est pas sans dire que notre histoire est jalonnée de traitres, d’hypocrites et de mesquins, de criminels, de chenapans, de délateurs et de fripouilles de tout acabit. Permettez nous d’admettre que par simple déformation professionnelle, Guy Philippe et Ravix Rémissainthe commandités expressément par André Apaid et les ambassades occidentales, avaient trouvé normal de torturer sauvagement et d’ingurgiter le sang des militants Lavalas avant de les enfermer dans des containers pour ensuite les jeter à la mer. Militaires de formation, ils n’ont fait que matérialiser ces instincts makout et de criminels qu’ils ont appris à intérioriser pendant toute leur vie. Et, personne de lucide ne saurait s’attende à autre chose d’eux. Cependant, il est difficilement admissible que des pseudos intellectuels rassemblés à l’enseigne hautement négatif du Collectif Non puissent se payer le luxe de se ravaler au rang de ver de terre pour avoir aidé l’Occident dans sa stratégie de recolonisation d’Haïti. En ce sens ils se sont illustrés au cours des événements regrettables de 2004 au cours desquels, Magalie Comeau et Cons ne LEARN A NEW LANGUAGE with RINCHER’S SYSTEM Spanish ● English ● French ● Kreyòl Kits contain a BOOK and 2 or 3 CDs Price range: only $25 - $35 Write, call, email, or visit: Universal Book Store (formerly Rincher’s Book Store) 826 Rogers Avenue Brooklyn, NY 11226 718.282.4033 Email: [email protected] 8 se sont même pas rendus compte à quel point ils étaient burlesques. Avec une facilité inimaginable, ces agents des colons français et des occupants étasuniens étaient parvenus à manipuler un certain Pierre Marie Paquiot. Tout comme ces élites qui ont appris à tout banaliser. Ce Paquiot, à l’occasion du scénario mal fagoté du 5 décembre 2003 à la Faculté des Sciences Humaines, a ravalé son titre de recteur de l’Université d’Etat au rang de celui d’un vulgaire chenapan. L’implication active des intellectuels aliénés et collabos du Collectif Non dans le sacrilège du 1er janvier 2004 nous amène à nous demander ce que le pays peut bien donc espérer de ces pseudo élites noyées dans une avalanche de vilénies répugnantes? Il convient absolument de permettre à la postérité de pouvoir mémoriser chacun des noms de ces monstrueuses fripouilles, qui, pendant deux siècles, n’ont fait qu’accumuler des rancœurs et de l’amertume contre les masses populaires. Sur la base de leurs pulsions hypertrophiées tendant à humilier leur propre pays, les Konze de 2004 ont fait une incestueuse mise en commun de leurs bas instincts de traîtres pour empêcher par la violence sanguine, la célébration du bicentenaire de notre indépendance acquise par suite de hautes luttes et d’héroïques sacrifices, ce que l’Unesco, envers et contre tous, a enfin admis comme étant un «Patrimoine de l’Humanité». Les Konze de 2004 Afin que nul n’en ignore, voici donc la liste des Konze de 2004 qui se sont complus à ingurgiter jusqu’à la lie de l’indécence et de l’ignominie la plus abjecte juste pour satisfaire les instincts déstabilisateurs de leurs patrons de l’Occident exterminateur désireux d’en finir une fois pour toutes avec cette civilisation de nègres insoumis. Pou pesonn pa di se manti Ayiti Libète ap fè sou zentèlektyèl GNB yo, en présentant cette liste, nous les référons au quotidien le Nouvelliste dans sa parution du 2 octobre 2003. Pourfendeurs attitrés du moindre larcin du gouvernement des masses opprimées, ils ne se gênaient pas de s’embrigader dans les ONG, ces cavernes à corruption et ces structures diplomatiques dont la mission consistait et consiste encore essentiellement à perpétuer cette situation de chambardement sur fond de misère infrahumaine qui prévaut en Haïti depuis le parricide du Pont Rouge. Compatriotes conséquents, souvenez-vous quotidiennement de chacun de ces noms qui figurent dans la galerie des Konze de 2004 : Claude-Henry Accacia, Michel Accacia, Gesner Armand, JeanClaude Bajeux, Anthony Barbier, Jessy Ewald Benoit, Pierre Buteau, Jean Casimir, Georges Castera, Suzy Castor, Syto JETCO Shipping ● Boxes, Barrels, Containers ● Cheapest Rates & Best Service ● Door to Door Service to All 10 Haitian Departments ● Shipping within 6 Weeks Etienne Victorin 963 Rogers Avenue Brooklyn, NY 11226 Office: 718.856.2500 Cell: 347.998.7112 Haiti Liberté/Haitian Times Michèle Pierre Louis Cavé, Amos Coulanges, Jean Coulanges, Magalie Comeau Denis. Mais quand même, il faut admettre que cette dernière, n’a rien à voir avec la gente intellectuelle. Pourtant, elle en a occupé le leadership, juste parce que deux minables de la diplomatie française Régis Débray et Dominique Villepin, vestiges infâmes des colons revanchards avec seulement quelques euros avaient toutes les possibilités de la manipuler à leur guise. Yo di lajan fè chen danse, li te fè zentèlektyèl Kolektif Non yo danse piplis toujou !!! Suite à la liste des Konze de 2004, Patrice-Michel Derenoncourt, Max Dominique, Franck Etienne, Marie-André Etienne, Jude Charles Faustin, JeanClaude Fignolé, Reynold Guerrier, Michel Hector, Reynold Henry, Laenec Hurbon, André Lafontant Joseph, Frandley Denis Julien, Dany Laferrière, (jan n konnen blan franse rasis ou wè yo pran nonm sa mete l nan akdemi yo a !!!????, Yves Lafortune, Yanick Lahens, Ricardo Lefèvre, Danièle Magloire, Jessy Manigat-Chancy, Daniel Marcelin, Gérard Mathieu Junior, Miriam Merlet, Jean Métellus, Marc-Ferl Morquette, Jean Michel, James Noel, Raoul Peck men yon lòt, Claude Pierre, Michèle PierreLouis. En récompense de cet acte de haute trahison et de crime de lèse-patrie, cette Michèle Pierre Louis, apatride avant la lettre, unanimement décriée pour ses atteintes publiques à la pudeur, fut nommée premier ministre sous le gouvernement de René Préval. Suite et fin de la liste des Konze de 2004 : Vogly Pongnon, Emelie Prophète, Guy Régis Junior, Jacques Roche, Wooly Saint-Louis, Paul Saint-Preux, Amilcar Similien (Simil), Michel Soukar ki pa di anyen detan Miki ap fè tout gagòt sa a yo, Evelyne Trouillot, Michel Rolph Trouillot, Lionel Trouillot, (brassard rouge à la solde de Magalie Comeau) et Gary Victor. Ces minables sans dignité, figures de proue de la déstabilisation du pays, figurent parmi ceux et celles qui sont fier/ères d’avoir commis ce crime de lèse patrie ayant entrainé cette énième occupation sur fond de bradage du patrimoine culturel et économique, de violences, de viols, de vols, de crimes, de choléra et prochainement d’Ébola. Attention !, la liste de ces pseudos intellectuels qui se Magalie Comeau Denis Lyonel Trouillot sont métamorphosés en de monumentales fripouilles n’est pas terminée. Non contents de se ravaler au rang de vers de terre rampant dans la boue immonde de l’ignominie, ils ont fait appel à d’autres colimaçons qui auraient manifesté leur intention de prendre part à cette chevauchée inexorable vers les abimes vertigineux da la crapulerie la plus abjecte. «Pour ceux qui ont exprimé le souhait d’adjoindre leur signature à cette première liste, une adresse électronique leur a été communiquée». Bien d’entre eux ont commis l’erreur monumentale de quitter cette terre sans avoir eu la décence d’implorer le pardon de nos ancêtres pour cet irrémissible affront qui consista à cracher sur leur mémoire juste pour satisfaire les appétences en déstabilisation du Quai d’Orsay et du Département d’Etat. Cette hécatombe de notre souveraineté est symptomatique de ces élites qui au faîte de la déliquescence dans sa version la plus hideuse ne se gênent pas de ramper pour lécher la boue immonde de l’opprobre rivée sous les semelles de leurs anciens bourreaux et leurs anciens occupants. Si autrefois la traitrise constituait un acte hautement ignominieux, avec l’avènement du Collectif Non, elle est devenue digne de louange et plantureusement payante. Tout zenglendo zentèlektyèl sa yo ap mennen nan kolabore ak okipan kolera ak lòt kalte ajan blan an ak pouvwa kale tèt la tou. D’aucuns se demandent à raison pourquoi nous n’avons pensé à faire mention de quelques extraits de cette déclaration de ces intellectuels sans principe sur la célébration du Bicentenaire de l’indépendance de ce pays qui les a vus naître. Cependant, en lisant ces insanités qui excitent la nausée, nous n’osons croire nos yeux. Et, personne de lucide n’aurait cru que des compatriotes qui se gargarisent d’avoir l’ultime privilège d’être dotés de la dimension rare de l’intellectualité se seraient ravalés au point de se complaire à se vautrer ainsi dans la boue immonde de l’ignominie. Des zenglendo intellectuels Cette révoltante occupation du sol national par la soldatesque onusienne traduit bien l’état d’esprit de ces zenglendo intellectuels, toujours disposés à collaborer avec leurs mécènes de l’international pour déstabiliser leur pays. De par leur attitude jusqu’auboutistes ces zenglendo intellectuels, ne sont-ils pas les premiers incriminés dans cette pandémie hautement mortelle du Choléra Minustah qui assaille les couches des bas-fonds? Magali Comeau, Ministre français de l’inculture sous le gouvernement GNB, à l’instar de ses acolytes, uniquement motivés à satisfaire les convoitises de leur ventre creux et les pulsions indécentes de leur bas ventre en feu, ne s’est-elle pas volontairement immergée dans les flots de la corruption en bradant tout le patrimoine subaquatique national ? Protégée par la carapace de l’immunité diplomatique, ni l’ULCC, ni l’UCREF, ni la Cour Supérieur des Comptes n’osent même penser à faire un audit sur la gestion zenglendo de Mme Co- meau. Se menm kabrit Tomazo yo. Men, sanble Lyonèl Twouyo pat janm esplike Manzè si vòlè ak piyajè te bon konsa. Par ces temps de dérives révoltantes de la part de Miki, qui depuis près de quatre années ne fait que détruire les institutions républicaines, ( li depatcha palman an pakanpak, li pa fè okenn eleksyon, pa gen CSPJ, jij mouri), par où se seraient passés ces intellectuels signataires de cette déclaration de sans principe ? Non satisfaits de se faire complices du kidnapping de Titid au soir combien maudit du 29 février 2004, ils ont ardemment œuvré à la marginalisation de notre souveraineté de peuple libre en créant les conditions objectives pour l’implantation de la Minustah Ebola, vectrice du Vibrion Choléra sur les 27750 kilomètre carrés du territoire national. Ces intellectuels jihadistes du Collectif Non doivent être imputés au massacre de milliers de militants du mouvement populaire et du viol de garçons et de fillettes par ces occupants dévoyés. Se militè sanginè yo ye. Se pou sa menm nonm Bann Kimoun nan kenbe yo la a. Ainsi, nous pouvons confirmer que si en 1803 la France colonialiste avait ces zentèlektyèl kolabo du Collectif Non comme relais stipendiés, zafè lendepandans nan se nan diksyonè Ayiti t ap wè bagay konsa. Si en 2004 ces sousfifres de l’occident ont pu se métamorphoser en kamikaze très astucieux, en 1803 ils auraient pu faire pire. Ce qui confirme la thèse selon laquelle celui qui peut moins peut plus. Si teworis an Siri yo te konnen pou yo voye chache zentèlektyèl teworis Kolektif Non yo, yo ta gen tan fè blan franse ak blan meriken kidnape Bachè Alasad lontan sa. Rayi chen blan an men fò w gen kouray pou w rekonèt dan l blan si blan an rive alyene kèk moun ki rele tèt yo zentèlektyèl Kolektif Non yo nan pwen pou yo dakò krache sou memwa zansèt nou yo konsa, fò n rekonèt pa gen anyen yo pa ka fè vre !!! Pendant que la population entière, debout quotidiennement comme un seul homme réclame la libération inconditionnelle de notre pays coincé dans l’étau de l’équipe kale tèt de Swit Miki, de l’oligarchie constituée de la mafia syro-libanaise et la récupération de notre souveraineté drastiquement encellulée sous les semelles de la Minustah Choléra Ebola, les zentelèktyèl du Collectif non, toute honte bue, s’en sont faits complices par leur mutisme tactique. Face à cette réalité pour le moins paradoxale, quiconque souhaite l’intégration effective des masses populaires doit nécessairement exhorter ces zentèlèktyèl kolabo à revenir à la raison. Pour ce faire, ces moutons de Panurge manœuvrés par la fiyèt lalo Magali Como Denis doivent à court terme initier un processus de déconstruction des préjugés multiséculaires qu’ils ont appris à intérioriser contre les déshérités du sort pour bénéficier des pitances de leurs mécènes. En outre, ces minables relais stipendiés de la réaction internationale doivent renoncer publiquement à faire l’apologie de l’exclusion socioéconomique de ceux et celles qu’ils considèrent comme des fumiers de l’histoire et qu’ils ne se gênent pas de qualifier de gueux, de va-nu-pieds, de marrons, de chimè, de kokorat et autres invectives qui ne sont que des indicateurs de la polarisation. Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 This Week in Haiti Thousands Demonstrate as Martelly Installs De Facto Prime Minister Evans Paul By Thomas Péralte S party Fusion, which is allied with Martelly, protestors were met by stone-throwing regime partisans and responded with rocks. Police officers began firing with leveled weapons at the demonstrators. Among the wounded were Mario Jean Musca, from the Carrefour neighborhood. Angelo Adrien, secretary general of the popular organization “Embark for Change,” was wounded by several bullets in the neck. Jean Jacques Jean Claudel, from the Solino neighborhood, was shot Thousands marched through Haiti’s capital on Jan. 20 calling for President Michel Martelly to step down. in the leg by police in a vehicle registered as political corruption, the looting of state want decrees, Martelly must go!” resources, lies, and subservience to the The protesters also condemned CIMO 1-618. Former political prisoner U.S. and its allies. the U.S., France, Canada, MINUSTAH, Jean Robert Vincent received a bullet in Faced with this reality, the Des- the Organization of American States the arm. Pastor Semereste was shot in the nose. Another protester who goes salines Children Platform (PPD), the (OAS), and the European Union for by the name “Nickenson of Haiti” was Lavalas Family party (FL), Patriotic supporting Martelly in his establishMovement of the Dessalinien Opposi- ment of a de facto regime. Demon- arrested and beaten by police officers, and taken to the Canapé Vert police station (MOPOD) continued their mobilistrators denounced the unjustifiable zation in the capital Port-au-Prince and presence at the Haitian Parliament tion. Also injured were Julmus Pierre, Jean Bernard Fils-Aimé, and a man other cities on Jan. 16, 17, and 20, call- on the night of Jan. 11, 2015 of U.S. known only as Legros. Pictures of the ing for Martelly’s resignation and the Ambassador Pamela White, Canadian formation of a provisional government. Ambassador Paula Valdwell St-Onge, wounded demonstrators have circulated widely on the internet. Organizations like the Dessalines Coor- MINUSTAH chief Sandra Honore, and Despite this repression, another dination (KOD) also stress the need to OAS representative Frédéric Bolduc. demand the immediate departure of the They pressured Haitian lawmakers to massive anti-Martelly anti-MINUSTAH march took place in Port-au-Prince on 7,500 United Nations troops (MINUS- extend their mandate in defiance of the Jan. 20. Opposition leaders continue to TAH) presently occupying Haiti. Constitution. call for popular resistance to stand up “Down with Martelly! Down EvDuring the second day of protest, to the Martelly/Paul de facto regime as ans Paul! Down with de facto power! Jan. 17, violence flared. Government Down with occupation!” the demonagents infiltrated the crowd to provoke well as to the imperialist nations which support it against the manifest will of strators chant. “Long live free elections and steal from protestors. In front of the without foreign interference! We do not headquarters of the social-democratic Haiti’s majority. Daniel Tercier/Haïti Liberté ince coming to power on May 14, 2011, President Michel Martelly has managed to avoid holding elections in Haiti. This has brought on a political crisis that is upending Haiti’s democratic institutions and people’s daily lives. It has resulted in a rising cost of living, devaluation of the Haitian gourde, Parliament’s dissolution, and crazily arbitrary judicial actions and maneuvers. Now finally the crisis has led to the formation of a de facto government, led by a new and thoroughly illegal prime minister, perennial opportunist politician Evans Paul, known as Konpè Plim or K-Plim. Meanwhile, former Prime Minister Laurent Lamothe, who resigned in the face of popular protests on Dec. 13, is suspected by many of having embezzled or stolen millions of dollars while in power. However, there has been no accounting done of his regime’s management. The people demand accountability, and if necessary, the arrest of Lamothe. Martelly’s unilateral choice of Paul to be PM is an affront. Although the former playwright had credentials as an anti-Duvalierist artist and activist and was the manager of Jean-Bertrand Aristide’s successful 1990 presidential campaign, he became a bitter Aristide opponent in later years and helped lead the Feb. 29, 2004 coup d’état against his former political ally. On Jan. 1, 2014 in Gonaïves, Paul outraged his former comrades by joining former dictator Jean-Claude Duvalier and neo-Duvalierist former general and dictator Prosper Avril in celebrating the 210th anniversary of Haiti’s independence with President Martelly. In 1989, Avril’s soldiers had severely beaten Paul and two other activists and then broadcast their bruised and bloody faces on national television. In the lead-up to the current crisis, some political actors had called for a political agreement and a consensus government of public salvation. This might have resulted from good-faith negotiations with the opposition political parties and other state institutions. However, Martelly’s intransigence and arrogance torpedoed any such negotiations. He unilaterally chose Evans Paul as prime minister and then installed him on Jan. 16 without Parliament’s approval, as required by the Constitution. So K-Plim has become another de facto prime minister, just like Gérard Latortue, who Washington installed in power in Haiti following the 2004 coup against Aristide. “I did not campaign for the candidate Martelly, and I did not vote for him either,” Paul said at his installation. “He campaigned with a political program. Today, I have become his prime minister, so I have to respect his program. I’m not the prime minister of a political party. My government has two specific objectives: to create the conditions for holding elections and to ensure the continuity of the state.” Do you hear that? To those who are calling for a consensus government, Evans Paul is telling you that is not his agenda. He intends to “ensure the continuity” of Laurent Lamothe’s regime, which was characterized by IRA KURZBAN and the Law Firm of KURZBAN KURZBAN WEINGER TETZELI & PRATT P.A. The attorneys of Kurzban Kurzban Weinger Tetzeli and Pratt P.A. are consistently listed in the Best Lawyers in America, Chambers, the International Who's Who of Business Lawyers, the Who's Who of the World, the Who's Who of America, Super Lawyers Magazine, and the South Florida Legal Guide as South Florida's most prominent attorneys. Miami Office 2650 SW 27th Ave Miami FL 33133 Tel: 305-444-0060 • Fax: 305-444-3503 Toll-Free: 800-730-0007 Jacksonville Office 10752 Deerwood Park Boulevard South Jacksonville FL 32256 Tel: 904-536-3556 • Fax: 904-394-2956 We handle medical malpractice, personal injury, commercial litigation, and immigration cases throughout the United States. www.kkwtlaw.com Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 Haiti Liberté/Haitian Times 9 L’ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO : L’OCCULT DES CONSÉQUENCE Par Saïd Bouamama.* « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » Bertolt Brecht L ’attentat contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo marquera notre histoire contemporaine. Il reste à savoir dans quel sens et avec quelles conséquences. Dans le contexte actuel de « guerre contre le terrorisme » (guerre extérieure) et de racisme et d’islamophobie d’Etat, les artisans de cet acte ont, consciemment ou non [1] accéléré un processus de stigmatisation et d’isolement de la composante musulmane, réelle ou supposée, des classes populaires. Les conséquences politiques de l’attentat sont déjà désastreuses pour les classes populaires et cela va se renforcer, si aucune alternative politique à la fameuse « Union Nationale » n’est proposée. En effet, la manière dont les médias français et une écrasante majorité de la classe politique réagissent est criminelle. Ce sont ces réactions qui sont dangereuses pour l’avenir et qui portent en elles de nombreux « dégâts collatéraux » et de futurs 7 et 9 janviers toujours plus meurtriers. Comprendre et analyser pour agir est la seule posture qui peut permettre aujourd’hui d’éviter les instrumentalisations et dévoiements d’une émotion, d’une colère et d’une révolte légitime. L’occultation totale des causes Ne pas prendre en compte les causalités profondes et immédiates, isoler les conséquences du contexte qui les fait émerger et ne pas inscrire un événement aussi violent dans la généalogie des facteurs qui l’ont rendu possible condamne ; au mieux, à la tétanie, au pire, à une logique de guerre civile. Aujourd’hui, personne dans les médias n’aborde les causes réelles ou potentielles. Pourquoi est-il possible qu’un tel attentat se produise à Paris aujourd’hui ? Comme le souligne Sophie Wahnich**, il existe « un usage fasciste des émotions politiques de la foule » dont le seul antidote est le « nouage possible des émotions et de la raison » [2]. Ce que nous vivons aujourd’hui est ce cantonnement des discours médiatiques et politiques dominants à la seule émotion, en occultant totalement l’analyse réelle et concrète. Toute tentative d’analyse réelle de la situation, telle qu’elle est, ou toute analyse tentant de proposer une autre explication que celle fournie par les médias et la classe politique, devient une apologie de l’attentat. Regard sur le ventre fécond de la bête immonde Regardons donc du côté des causes et d’abord de celles qui relèvent désormais de la longue durée et de la dimension internationale. La France est une des puissances les plus en guerre sur la planète. De l’Irak à la Syrie, en passant par la Libye et l’Afghanistan pour le pétrole, du Mali à la Centrafrique, en passant par le Congo pour les minerais stratégiques, les soldats français contribuent à semer la mort et le désastre aux quatre coins de la planète. La fin des équilibres mondiaux issus de la seconde guerre mondiale avec la disparition de l’URSS, couplée à une mondialisation capitaliste centrée sur la baisse des coûts pour maximiser les profits et à la nouvelle concurrence des pays émergents, font de la maîtrise des matières premières la cause principale des ingérences, interventions et guerres contemporaines. Voici comment le sociologue Thierry Brugvin résume la place des guerres dans le monde contemporain : « La conclusion de la guerre froide a précipité la fin d’une régulation des conflits au niveau mondial. Entre 1990 et 2001 le nombre de conflits interétatiques a explosé : 57 conflits majeurs sur 45 territoires distincts. […] Officiellement, le départ pour la guerre 10 Flots de fumée dans une rue au Niger, des gens manifestant le samedi 17 Janvier 2015 contre la publication de l'hebdomadaire français Charlie Hebdo d'une caricature du prophète Mahomet La récente caricature du prophète Mahomet de l'hebdomadaire Charlie Hebdo Des manifestations se sont déroulées samedi au Niger, en Algérie et au Pakistan contre Charlie Hebdo. (Reuters) contre une nation adverse est toujours légitimé par des mobiles vertueux : défense de la liberté, démocratie, justice… Dans les faits, les guerres permettent de contrôler économiquement un pays ; mais aussi de faire en sorte que les entrepreneurs privés d’une nation puissent accaparer les matières premières (pétrole, uranium, minerais, etc.) ou les ressources humaines d’un pays. » [3] Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le discours de légitimation des guerres s’est construit essentiellement Haiti Liberté/Haitian Times sur le « danger islamiste » contribuant au développement d’une islamophobie à grande échelle au sein des principales puissances occidentales, que les rapports officiels eux-mêmes sont contraints de constater. [4] Dans le même temps, ces guerres produisent une solide « haine de l’occident » dans les peuples victimes de ces agressions militaires. [5] Les guerres menées par l’occident sont une des principales matrices de la bête immonde. Dans la volonté de contrôle des richesses pétro-gazières, le Proche et le Moyen- Orient sont un enjeu géostratégique central. Les stratégies des puissances occidentales en général et françaises en particulier, se déploient sur deux axes : le renforcement d’Israël comme base et pivot du contrôle de la région, et le soutien aux pétromonarchies réactionnaires du Golfe. Le soutien indéfectible à l’Etat d’Israël est ainsi une constante de la politique française ne connaissant pas d’alternance, de Sarkozy à Hollande. L’État sioniste peut assassiner en toute impunité sur une grande échelle. Quels que soient l’ampleur et les moyens des massacres, le gérant local des intérêts occidentaux n’est jamais véritablement et durablement inquiété. François Hollande déclare ainsi lors de son voyage officiel en Israël en 2013 : « je resterai toujours un ami d’Israël ». [6] Et, là aussi, le discours médiatique et politique de légitimation d’un tel soutien se construit sur la base d’une présentation du Hamas palestinien, mais également (à travers des imprécisions verbales récurrentes) de la résistance palestinienne dans son ensemble, de la population palestinienne dans son ensemble et de ses soutiens politiques internationaux, comme porteurs d’un danger « islamiste ». La logique « du deux poids, deux mesures » s’impose une nouvelle fois à partir d’une approche islamophobe portée par les plus hauts sommets de l’État et relayée par la grande majorité des médias et des acteurs politiques. Tel est le second profil du ventre de la bête immonde Ces facteurs internationaux se conjuguent à des facteurs internes à la société française. Nous avons déjà souligné, plus haut, l’islamophobie d’État, propulsée par la loi sur le foulard en 2004 et entretenue depuis régulièrement (discours sur les révoltes des quartiers populaires en 2005, loi sur le niqab, « débat » sur l’identité nationale, circulaire Chatel et exclusion des mères voilées des sorties scolaires, harcèlement des lycéennes en jupes longues, interdiction des manifestations de soutien au peuple palestinien, etc.). Il faut maintenant souligner que ce climat islamophobe n’a été confronté à aucune réponse par les forces politiques se réclamant des classes populaires. Plus grave, un consensus très large s’est fait jour à plusieurs reprises, au prétexte de défendre la « laïcité » ou de ne pas frayer avec « ceux qui défendent le Hamas ». De l’extrême-droite à une partie importante de l’extrême gauche, les mêmes arguments ont été avancés, les mêmes clivages ont été construits, les mêmes conséquences ont été produites. Le résultat n’est rien d’autre que l’enracinement encore plus profond des islamalgames, l’approfondissement d’un clivage au sein des classes populaires, la fragilisation encore plus grande des digues antiracistes déjà fragilisées, et des violences concrètes ou symboliques exercées contre les musulmans et les musulmanes. Ce résultat peut se décrire, comme le propose Raphaël Liogier***, comme la diffusion, dans une partie importante de la société, du « mythe de l’islamisation » débouchant sur la tendance à constituer une « obsession collective ». [7] La tendance à la production d’une « obsession collective » s’est de surcroît encore approfondie avec le traitement médiatique récent des cas Zemmour et Houellebecq. Après lui avoir offert de multiples tribunes, Eric Zemmour est renvoyé d’Itélé pour avoir proposé la « déportation des musulmans français ». Dans le contexte d’obsession collective que nous avons évoquée, cela lui permet de se poser en victime. Quant à l’écrivain, il est défendu par de nombreux journalistes au prétexte de ne pas confondre fiction et réalité. Dans les deux cas cependant, il reste un approfondissement de « l’obsession collective » d’une part, et le sentiment d’être insulté en permanence une nouvelle fois, d’autre part. Tel est le troisième profil du ventre de la bête immonde. Ce facteur interne d’une islamophobie banalisée a des effets décuplés dans le contexte de fragilisation économique, sociale et politique générale des classes populaires aujourd’hui. La paupérisation et la précarisation massives sont devenues insoutenables dans les quartiers populaires. Il en découle des rapports sociaux marqués par une violence grandissante contre soi et contre les proches. A cela, se combinent le déclassement d’une part importante des classes moyennes, ainsi que la peur du déclassement pour ceux chez qui tout va encore bien, mais qui ne sont pas « bien nés ». Ceux-là, se sentant en danger, disposent alors d’une cible consensuelle déjà toute désignée médiatiquement et politiquement comme légitime : le musulman ou la musulmane. La fragilisation touche encore plus fortement la composante issue de l’immigration des classes populaires, qui est confrontée aux discriminations racistes systémiques (angle absolument mort des discours des organisations politiques se réclamant des classes populaires), celles-ci produisant des trajectoires de marginalisation (dans la formation, dans l’emploi, dans la recherche du logement, dans le rapport à la police et aux contrôles au faciès, etc.). [8] L’approfondissement du clivage entre deux composantes des classes populaires dans une logique de « diviser ceux qui devraient être unis (les différentes composantes des classes populaires) et d’unir ceux qui devraient être divisés (les classes sociales aux intérêts divergents) » est le quatrième profil du ventre de la bête immonde. De quoi accouche un tel ventre ? Une telle matrice est à l’évidence propice à l’émergence de trajectoires nihilistes se traduisant par la tuerie à Charlie Hebdo. Extrêmement minoritaires, ces trajectoires sont une production de notre système social et des inégalités et discriminations massives qui le caractérisent. Mais ce qu’ont révélé les réactions à l’attentat est tout autant important et, quantitativement, bien plus répandu que l’option nihiliste (pour le moment ?). Sans pouvoir être exhaustifs, rappelons quelques éléments de ces derniers jours. Du côté des discours, nous avons eu Marine Le Pen exigeant un débat national contre le « fondamentalisme islamique », le bloc identitaire déclarant la nécessité de « remettre en cause l’immigration massive et l’islamisation » pour lutter contre le « djihadisme », le journaliste Yvan Rioufol du Figaro sommant Rokhaya Diallo de se désolidariser sur RTL, Jeannette Bougrab accusant « ceux qui ont traité Charlie Hebdo d’islamophobe » d’être les coupables de l’attentat, sans compter toutes les déclarations parlant « de guerre déclarée ». Á ces propos, se joignent des passages à l’acte de ces derniers jours : une Femen se filme en train de brûler et de piétiner le Coran, des coups de feu sont tirés contre la mosquée d’Albi, des tags racistes sont peints sur les mosquée de Bayonne et Poitiers, des grenades sont lancées contre une autre au Mans, des coups de feu sont tirés contre une salle de prière à Port la Nouvelle, une autre salle de prière est incendiée à Aix les Bains, une tête de sanglier et des viscères sont accrochés devant une salle de prière à Corte en Corse, un restaurantsnack-kebab est l’objet d’une explosion à Villefranche sur Saône, un automobiliste est la cible de coups de feu dans le Vaucluse, un lycéen d’origine maghrébine de 17 ans est molesté lors d’une minute de silence à Bourgoin-Jallieu en Isère, etc. Ces propos et actes montrent l’ampleur des dégâts d’ores et déjà causés par les dernières décennies de banalisation islamophobe. Ils font aussi partie de la bête immonde. La bête immonde se trouve également dans l’absence criante d’indignation face aux victimes innombrables des guerres impérialistes de ces dernières décennies. Réagissant à propos du 11 septembre, la philosophe Judith Butler s’interroge sur l’indignation inégale. Elle souligne Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 TATION POLITIQUE ET MÉDIATIQUE DES CAUSES, ES ET DES ENJEUX! après le 11 Septembre. On a dénoncé le Patriot Act ; mais, depuis, ils n’ont pas eu d’attentat à part Boston ». [10] Instrumentaliser la peur et l’émotion pour renforcer des lois et mesures liberticides, telle est la première manipulation qui est aujourd’hui testée pour mesurer le champ des possibles en matière de régression démocratique. D’ores et déjà, certaines revendications légitimes et urgentes sont rendues inaudibles par la surenchère sécuritaire qui tente de profiter de la situation : il sera par exemple beaucoup plus difficile de mener le combat contre le contrôle au faciès, et les humiliations quotidiennes qu’il produit continueront à s’exercer dans l’indifférence générale. Les partisans d'un groupe religieux Pakistanais « Fidayan-e-Khatm-eNubuwwat » piétinant les drapeaux étasuniens, français et israéliens et scandant des slogans lors d'une manifestation pour protester contre les caricatures publiées dans le magazine français Charlie Hebdo, à Karachi, au Pakistan Le dernier dessin de Charb. Si ce n’est pas une provocation, c’est quoi alors ? Si l’attentat contre Charlie Hebdo est condamnable, il est hors de question cependant d’oublier le rôle qu’a joué cet hebdomadaire dans la constitution du climat islamophobe d’aujourd’hui. que l’indignation justifiée pour les victimes du 11 septembre s’accompagne d’une indifférence pour les victimes des guerres menées par les USA : « Comment se fait-il qu’on ne nous donne pas les noms des morts de cette guerre, y compris ceux que les USA ont tués, ceux dont on n’aura jamais une image, un nom, une histoire, jamais le moindre fragment de témoignage sur leur vie, quelque chose à voir, à toucher, à savoir ? ». [9] Cette indignation inégale est à la base du processus de production d’un clivage bien réel au sein des classes populaires. Et c’est ce clivage qui est porteur de tous les dangers, notamment en période de construction de « l’union nationale », comme aujourd’hui. L’union nationale qu’ils rêvent de construire, c’est « toutes et tous ensemble contre ceux qui ne sont pas des nôtres, contre celles et ceux qui ne montrent pas patte blanche ». Une formidable instrumentalisation politique Mais le scandale que nous vivons aujourd’hui ne s’arrête pas là. C’est avec un cynisme consommé que des instrumentalisations de la situation, et de la panique qu’elle suscite, se déploient à longueur de journée. 1. Renforcement sécuritaire et atteintes aux libertés démocratiques Certains, comme Dupont Aignan, réclament « plus de souplesse aux forces de l’ordre » alors qu’une nouvelle « loi antiterroriste » a déjà été votée l’automne dernier. Et, en écho, Thierry Mariani fait référence au Patriot Act états-unien (dont la conséquence a été de graves atteintes aux libertés individuelles, sous prétexte de lutte contre le terrorisme) : « Les Etats-Unis ont su réagir Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 2. L’unité nationale La construction active et déterminée de l’unité nationale est la seconde instrumentalisation majeure en cours. Elle permet de mettre en sourdine l’ensemble des revendications qui entravent le processus de dérégulation généralisé. La ficelle a beau être grosse, elle est efficace dans un climat de peur généralisée, que l’ensemble des médias produisent quotidiennement. Dans certaines villes, l’unité nationale est déjà étendue au Front National qui a participé aux rassemblements de soutien à Charlie Hebdo. Dati et Fillon s’indignent déjà de « l’exclusion » de Marine Le Pen de l’unité nationale. C’est cette « unité nationale » qui fait le plus de dégâts politiquement aussi, car elle détruit les rares repères positifs qui pouvaient exister auparavant en termes d’alliances possibles et d’identités politiques. 3. L’injonction à se justifier Une autre instrumentalisation se trouve dans l’injonction permanente des musulmans réels ou supposés à se justifier pour des actes qu’ils n’ont pas commis, et/ou à se démarquer des auteurs de l’attentat. Cette mise en accusation permanente est humiliante. Il n’est venu à l’idée de personne d’exiger de tous les chrétiens réels ou supposés une condamnation lorsque le Norvégien Anders Behring Breivik a assassiné 77 personnes en juillet 2011 en se revendiquant de l’islamophobie et du nationalisme blanc. Derrière cette injonction, se trouve la logique posant l’islam comme étant par essence incompatible avec la République. De cette logique découle l’idée de mettre les musulmans, réels ou supposés, sous surveillance non seulement des policiers, mais également des médias, des profs, des voisins, etc. 4. Être Charlie ? Qui peut être Charlie ? Qui veut être Charlie ? Le slogan « nous sommes tous Charlie » est enfin la dernière instrumentalisation en déploiement ces jours-ci. Si l’attentat contre Charlie Hebdo est condamnable, il est hors de question cependant d’oublier le rôle qu’a joué cet hebdomadaire dans la constitution du climat islamophobe d’aujourd’hui. Il est également hors de question d’oublier les odes à Bush que ses pages accueillaient alors que celui-ci impulsait cette fameuse « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan puis en Irak. Ces prises de positions écrites ou dessinées ne sont pas des détails ou de simples amusements sans conséquences : elles sont à l’origine de multiples agressions de femmes voilées et de nombreux actes contre des lieux de cultes musulmans. Surtout, ce journal a fortement contribué à cliver les classes populaires au moment où elles avaient besoin plus que jamais d’unité et de solidarité. Nous ne sommes PAS PLUS Charlie hier qu’aujourd’hui. Les temps qui s’annoncent vont être difficiles et coûteux. Pour stopper l’escalade, nous devons mettre fin à la violence des dominants : nous devons nous battre pour stopper les guerres impérialistes en cours et abroger les lois racistes. Pour stopper l’escalade, nous devons développer tous les cadres et événements de solidarité destinés à empêcher Une Femen en train de brûler le Coran tonomie vis-à-vis de tous ceux qui prônent l’union nationale comme perspective. Plus que jamais, nous avons besoin de nous organiser, de serrer les rangs, de refuser la logique « divisant ceux qui devraient être unis et unissant ceux qui devraient être divisés ». Plus que jamais, nous devons désigner l’ennemi pour nous construire ensemble : l’ennemi c’est tout ce qui nous divise. la déferlante des propos ou actes racistes et notamment islamophobes. Pour stopper l’escalade, nous devons construire tous les espaces de solidarité économique et sociale possibles dans nos quartiers populaires, en toute au- Notes [1] Il est d’une part trop tôt pour le dire et, d’autre part, le résultat est le même [2] Sophie Wahnich, La révolution française, un évènement de la raison sensible 1787-1799, Hachette, Paris, 2012, p. 19. [3] Thierry Brugvin, Le pouvoir illégal des élites, Max Milo, Paris, 2014. [4] Djacoba Liva Tehindrazanarivelo, Le racisme à l’égard des migrants en Europe, éditions du Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2009, p. 171. [5] Jean Ziegler, La haine de l’Occident, Albin Michel, Paris, 2008. [6] Le Monde, Hollande « ami d’Israël » reste ferme face à l’Iran, 17-11-2013. [7] Raphaël Liogier, Le mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective, Le Seuil, Paris, 2012. [8] Voir sur cet aspect mon dernier article sur mon blog, Les dégâts invisibilisés des discriminations inégalité sociales et des discriminations racistes et sexistes, https://bouamamas.wordpress.com/ [9] Judith Butler, cité dans, Mathias Delori, Ces morts que nous n’allons pas pleurer, http://blogs.mediapart.fr/blog/ mathiasdelori/080115/ces-morts-quenous-n-allons-pas-pleurer., consulté le 9 janvier 2015 à 18 h. [10] Le Parisien Ndlr. *Saïd Bouamama, est un sociologue, militant associatif et politique algérien résidant en Francehttp:// fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_ Bouamama - cite_note-2 . Docteur en socioéconomie, il est membre de l’IFAR, une association loi 1901 où il est chargé de recherche et formation de sociaux. Il a écrit principalement sur les thèmes liés à l’immigration, comme les discriminations et le racisme. Comptant parmi les fondateurs du mouvement des Indigènes de la Républiquehttp:// fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_ Bouamama cite_note-La_n. C3.A9buleuse_Dieudonn.C3.A9_-_Lib. C3.A9ration-3 , il est également affilié à la CGT et membre de la Coordination communistehttp://fr.wikipedia.org/wiki/ Sa%C3%AFd_Bouamama - cite_note-5 . ** Sophie Wahnich est une historienne française. Agrégée et docteure en histoire, habilitée à diriger des recherches. Elle est directrice de recherche au CNRS. *** Raphaël Liogier est Professeur des universités à Science Po Aix où il dirige l’Observatoire du religieux et le Master Religions et Société. Il enseigne la sociologie et la philosophie. Investig’Action 11 Janvier 2015 Haiti Liberté/Haitian Times 11 Perspectives Entretien avec Edward Snowden Par Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen 4ème partie et fin Vers un nouveau système d’Internet et une Magna Carta des « droits numériques » The Nation : Vous pensez réellement que si vous pouviez rentrer chez vous demain avec une totale immunité, il n’y aurait pas des pressions terribles qui s’exerceraient pour que vous deveniez un porte-parole, voire un militant, au nom de nos droits et de nos libertés. Et même, est-ce que cela n’est pas votre devoir maintenant ? ES : Mais mon idée maintenant — parce que je ne suis pas un homme politique, et je ne pense pas être efficace dans ce domaine comme les gens qui s’y préparent —, c’est de me concentrer sur les réformes techniques, parce que je parle le langage de la technologie. J’ai discuté avec Tim Berners-Lee, l’inventeur de la Toile (Word Wide Web). Nous sommes d’accord pour dire qu’il est nécessaire que cette génération crée ce qu’il appelle la Grande Charte [4] d’Internet. Nous voulons dire ce que devraient être les « droits numériques ». Quelles valeurs devons-nous nous efforcer de protéger, et comment allonsnous les assurer ? C’est ce que je peux faire, parce que je suis un technicien, et parce que je comprends comment tout ça fonctionne sous le capot. Bien sûr, je veux voir des réformes politiques se faire aux Etats-Unis, mais on pourrait promulguer les meilleures réformes en matière de surveillance, les meilleures protections de la vie privée de toute l’histoire du monde aux Etats-Unis, et cela aurait zéro impact à l’échelle internationale. Zéro impact en Chine et dans tous les autres pays ; à cause de leurs lois nationales, ils ne reconnaîtront pas nos réformes. Ils continueront à faire ce qu’ils font. Mais si quelqu’un crée un système technique réformé aujourd’hui, les normes techniques standard devront être identiques dans le monde entier pour que ça fonctionne. The Nation : Créer un nouveau système est peut-être votre transition, mais c’est aussi un acte politique. ES : Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, j’ai une façon assez détournée d’agir pour le changement politique. Je ne veux pas me confronter directement aux grands pouvoirs, qu’on ne peut pas battre sur leur terrain. Ils ont plus d’argent, plus de poids politique, plus d’accès aux médias. Nous ne pouvons pas être efficaces sans un mouvement de masse. Mais avec la montée des inégalités, les liens qui cimentent la fraternité sociale s’effilochent — comme nous l’avons déjà évoqué à propos d’Occupy Wall Street. A mesure que les tensions monteront, les gens s’engageront plus volontiers dans des mouvements de protestation. Mais ce moment n’est pas encore arrivé. The Nation : Il y a quelques années, The Nation a consacré un numéro spécial au patriotisme. Nous avons demandé à une centaine de personnes quelle était leur définition du patriotisme. Et vous, comment définissez-vous le patriotisme ? Et à cet égard, vous êtes sans doute le dénonciateur le plus célèbre du monde, même si vous n’aimez pas ce terme. Comment préférez-vous qu’on définisse votre rôle ? ES : Ce qui définit le patriotisme pour moi, c’est l’idée que quelqu’un se lève et agisse au nom de son pays. Comme je l’ai dit auparavant, cela est bien différent du fait d’agir pour servir le gouvernement — une distinction qui se perd de plus en plus aujourd’hui. Vous n’êtes pas patriote parce que vous soutenez quiconque est aujourd’hui au pouvoir ou sa politique. Vous êtes patriote quand vous agissez pour améliorer le sort des gens de votre pays, de votre communauté, de votre famille. Ça implique parfois de faire des choix dif- 12 ficiles, des choix qui vont à l’encontre des vos intérêts personnels. Les gens disent parfois que j’ai trahi mon serment de garder le secret — l’une des premières accusations avancées contre moi. Mais c’est là une méprise totale parce que les gens qui travaillent dans les services de renseignement ne font pas serment de garder le secret. On vous demande de signer un engagement civil appelé Formulaire standard 312, qui dit en gros que, si vous dévoilez des informations classées secrètes, vous pouvez être poursuivi. C’est ce qui peut vous arrivez entre autres choses. Et vous risquez d’aller en prison. Mais on vous demande aussi de prêter un serment, c’est le serment de servir. Le serment de servir n’est pas un serment aux services de renseignement, mais à la Constitution — vous faites serment de la protéger contre tous les ennemis, intérieurs ou extérieurs. C’est ce serment que j’ai tenu, et que James Clapper et l’ancien directeur de la NSA, Keith Alexander, n’ont eux pas tenu. Vous levez la main et vous prêter serment dans votre classe lorsque vous faites partie de la maison. Tous les officiels gouvernementaux sont tenus de le faire s’ils travaillent pour les services de renseignement. En tout cas, moi, c’est là que j’ai prêté serment. Quant à taxer quelqu’un de « dénonciateur », je pense que ça les dessert — ça nous dessert tous —, parce que ça « nous aliène ». Utiliser le terme « héroïsme », appeler Daniel Ellsberg un héros, et appeler les autres personnes qui ont fait de grands sacrifices « héros », même si ce qu’ils ont fait est héroïque — c’est les distinguer du devoir civique qu’ils ont accompli, et cela nous exempte, nous autres, du même devoir civique, qui est de parler lorsque nous constatons quelque chose qui ne va pas, lorsque nous voyons notre gouvernement s’engager dans de graves délits, utiliser indûment le pouvoir, s’engager dans des violations historiques massives de la Constitution des États-Unis. Nous devons parler sinon nous sommes complices de cette mauvaise action. The Nation : Peut-être devrait-il y avoir un cours spécial, très tôt dans la scolarité, sur le devoir patriotique à la Constitution. ES : C’est une tâche qui revient aussi aux parents. Il est important de savoir quelles sont vos convictions ; et que vous avez à les défendre, sinon vous ne croyez pas vraiment en elles. Vous savez, mon père et ma mère — en fait tous les membres de ma proche famille — ont travaillé pour le gouvernement fédéral. Ce qui est parfois mal compris, c’est que je ne me sois pas battu pour renverser le système. Ce que j’ai voulu faire, c’était de donner à la société l’information ce dont elle avait besoin pour décider si elle voulait changer le système. The Nation : Si vous croyez dans le gouvernement représentatif, l’approche la plus directe serait de demander aux candidats au Congrès de s’engager solennellement, s’ils sont élus, à faire tous les efforts nécessaires pour savoir ce que font les services de renseignement et limiter leur action dans le sens vous avez précisé. Et peut-être demander aux candidats à des postes de juges fédéraux [les juges fédéraux sont nommés par le Sénat après audition par celui-ci] comment ils vont statuer sur les questions de surveillance. ES : La manière dont le gouvernement représentatif fonctionne aujourd’hui est en réel danger. Il ne fonctionne correctement que lorsqu’il est obligé de rendre des comptes (qu’il est responsable devant les institutions). Les candidats se présentent aux élections sur des promesses de campagne, mais une fois qu’ils sont élus, ils renient ces promesses, comme c’est arrivé avec le président Obama concernant Guantánamo, les programmes Haiti Liberté/Haitian Times L’ancien employé de la CIA Edward Snowden a divulgué jusqu'à 200 000 documents classifiés à la presse, a fait savoir le directeur général de la NSA Keith Alexander. de surveillance et les enquêtes sur les crimes de l’administration Bush. Il a y eu des promesses très fermes de campagne qui n’ont pas été tenues. J’ai voulu divulguer l’information sur des programmes de surveillance avant les élections, mais j’ai renoncé parce que je croyais qu’Obama était sincère lorsqu’il disait qu’il allait changer les choses. Je voulais donner au processus démocratique le temps de travailler. The Nation : Étant donné votre expérience personnelle — les risques que vous avez pris et maintenant votre sort à Moscou — pensez-vous que d’autres jeunes hommes ou jeunes femmes seront incités à faire ce que vous avez fait, ou découragés ? ES : Chelsea Manning a pris 35 ans de prison, alors que moi je suis encore libre. Je parle à des gens dans les bureaux de l’ACLU [American Civil Liberties Union] à New York tout le temps. Je peux participer au débat et faire campagne pour la réforme. Je suis le premier à faire ce que j’ai fait et à réussir. Quand des gouvernements punissent trop lourdement des gens pour des actions de dissidence qui ne constituent pas de réelles menaces pour le pays, ils risquent de délégitimer non seulement leur système de justice, mais aussi la légitimité du gouvernement lui-même. Parce que lorsqu’ils traduisent devant la justice des personnes pour des actes politiques qui avaient clairement pour but d’agir dans l’intérêt général, ils leur nient la possibilité d’organiser leur défense au motif de l’intérêt général. Les accusations qu’ils ont portées contre moi, par exemple, niaient explicitement toute possibilité pour moi de me défendre en invoquant l’intérêt général. Il n’y avait aucune protection en matière de dénonciation qui aurait pu me protéger — et cela tout le monde le sait dans le milieu des services de renseignement. Il n’existe pas de canaux adaptés pour rendre cette information disponible lorsque le système est complètement défectueux. Le gouvernement affirmera que les individus qui ont connaissance d’actes gravement répréhensibles au sein des services de renseignement doivent en référer aux autorités qui sont directement responsables de ces actes, et compter sur elles pour mettre bon ordre à des problèmes qu’elles ont ellesmêmes autorisés. Si on revient sur le cas de Daniel Ellsberg, il est clair que le gouvernement ne peut faire valoir un préjudice à la sécurité nationale, parce que dans aucun de ces cas il n’y a eu préjudice. Au procès de Chelsea Manning, le gouvernement n’a pu mettre en avant aucun cas de préjudice spécifique qui ait été causé par la révélation massive d’informations secrètes. Les charges portées sont une réaction à l’embarras du gouvernement plus qu’une réelle préoccupation à l’égard de ces activités, sinon les preuves des dommages causés auraient été étayées. Ca fait maintenant un an que j’ai révélé ce qui se passait à la NSA, et malgré de nombreuses heures de témoignage devant le Congrès, malgré des tonnes Le général US Keith Alexander, directeur de l'Agence nationale de sécurité et commandant de Cyber Command (Mark Wilson / Getty Images / AFP) de citations non enregistrées de responsables anonymes qui voulaient en découdre, pas un seul responsable américain, pas un seul représentant du gouvernement américain n’a jamais mis en avant un seul cas de préjudice individuel causé par ces révélations. Et ce, malgré le fait que le directeur de la NSA, Keith Alexander, ait déclaré que cela allait causer un grave et irréversible préjudice à la nation. Quelques mois après qu’il ait fait cette déclaration, le nouveau directeur de la NSA, Michael Rogers, a dit qu’en fait il ne voyait pas où était la catastrophe. Ce n’est pas si grave après tout. The Nation : Étant donné cette disculpation tacite, si on vous avait fait un procès équitable aux Etats-Unis, ça aurait été une occasion historique pour vous de défendre tous les principes concernés. ES : Je me suis adressé à un tas de très bons avocats dans le monde. Je ne peux pas être extradé. C’est la vraie raison pour laquelle le gouvernement s’est énervé lorsque j’étais au début à Hong Kong. La seule manière dont je pouvais être extradé aurait été, selon mes avocats, au nom du principe qui dit que « la politique prime sur la loi ». S’il s’agit d’une question de loi, les accusations qui ont été portées contre moi — en recourant à la loi sur l’espionnage — constituent le crime politique par excellence. Un crime politique, en termes légaux, est défini comme tout crime contre un État, contrairement à un crime contre un individu. L’assassinat, par exemple, n’est pas un crime politique parce que vous avez tué une personne, un individu, et qu’ils ont subi un préjudice ; leur famille a subi un préjudice. Mais pour ce qui est de l’État, vous ne pouvez pas être extradé pour préjudice à l’État. The Nation : Si vous aviez la garantie d’avoir un procès équitable ? ES : [rires] Croyez-moi, nous ne pouvons pas avoir cette garantie parce que l’administration américaine ne veut pas que je revienne. Les gens ont oublié comment je me retrouve en Russie. Ils ont attendu que je quitte Hong Kong pour annuler mon passeport de manière à m’obliger à rester en Russie, parce que c’est l’attaque la plus efficace contre moi, étant donné le climat politique aux États-Unis. S’ils peuvent montrer que je suis en Russie et prétendre que je porte des tee-shirts qui portent l’inscription « J’ai fait du mal à Poutine »… The Nation : Peut-être que la comparaison est poussée, mais vous nous rappelez un peu le dissident de la grande époque soviétique, Andrei Sakharov. ES : Je connais sa réputation, mais pas du tout son histoire personnelle. The Nation : Il était le co-créateur de la bombe atomique soviétique, un savant nucléaire. Il commença à s’inquiéter de ce qu’il avait créé et par la suite se mit à protester contre les politiques du gouvernement. Mais il préférait qu’on n’utilise pas le mot « dissident » parce que, comme vous, il disait « Primo, la Constitution soviétique me donne le droit de faire tout ce que je fais. Secundo, le gouvernement soviétique viole sa propre Constitution, tandis que le peuple ne sait pas ce que le gouvernement fait en son nom ». ES : [rires] J’ai l’impression de connaître ça ! Il est intéressant que vous mentionniez la dimension créatrice de Sakharov — il a produit quelque chose pour le gouvernement en se rendant compte par la suite que c’était autre chose que ce qu’il avait voulu faire. C’est quelque chose Suite à la page (16) Guarino Funeral Home Serving the Haitian Community for Over 30 Years 9222 Flatlands Avenue Brooklyn, NY 11236 718-257-2890 Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 Perspectives Le terrorisme ne se justifie en rien, mais s’explique en tout : l’ennemi intérieur ! Je Suis Gaza: Nous et les Autres ! 1ère partie Par Jorge Majfud * Le plus grand danger qui menace l’Occident se trouve dans l’Occident lui même : il suffirait de rappeler que si la démocratie, la lutte pour la liberté individuelle et pour les Droits de l’homme sont bien occidentales, non moins occidentales sont la censure, la persécution, la torture, les camps de concentration, la chasse aux sorcières, la colonisation par la force des armes ou du capital, du racisme, etc. C omme nous l’enseigne bien l’histoire, deux ennemis qui se combattent aveuglement et obsessionnellement tôt ou tard finissent par se ressembler l’un à l’autre. Ce fut, plus ou moins, ce qui est survenu pendant la dite Reconquista en Espagne. Sauf qu’à l’époque la tolérance politique et religieuse fut plus grande dans l’Espagne islamique que dans la catholique. L’idée et la pratique selon lesquelles des juifs, des chrétiens et des musulmans ont pu vivre et travailler ensemble durant longtemps se sont avérées inacceptables pour la nouvelle tradition suivie par les rois catholiques. Après l’expulsion des maures et des juifs en 1492, s’en sont suivies des purifications ethniques, linguistiques, religieuses et idéologiques successives. En revenant au présent, nous voyons qu’une enquête récente montre que 62 % des Allemands non musulmans considèrent que l’islam est incompatible avec le « Monde occidental » ; ce qui démontre que l’ignorance n’est pas non plus incompatible avec l’Occident. Il y a moins d’un siècle, une grande majorité pensait la même chose des juifs en Allemagne, et aux États-Unis d’Amérique. On craignait le danger imminent d’une invasion de catholiques fanatiques traversant l’Atlantique vers la terre de la liberté. L’enquête est publiée par le Wall Street Journal sous le titre : « L’Allemagne reconsidère la place de l’islam dans sa société ». Des titres semblables sont légions tous les jours. C’est comme si de par l’existence du Ku Klux Klan, un quotidien publiait à la une : « Les États-Unis d’Amérique reconsidèrent la place du christianisme dans leur société ». C’est ce type d’ignorance qui met vraiment en danger (le meilleur de) l’Occident ; ce pourquoi maintenant les leaders du monde se scandalisent (et profitent, une fois encore, d’une occasion parfaite de se faire prendre en pho- La Birmanie massacre des musulmans en 2012. L’Europe soutient. Les médias regardent ailleurs... tos en défilant à la tête des masses) : la liberté d’expression dans toutes ses formes et la tolérance pour la diversité. Si nous mesurions objectivement le danger d’actes barbares comme ceux récemment survenus à Paris, en termes mathématiques, nous pourrions clairement voir que les possibilités de n’importe quel citoyen de mourir dans un acte semblable sont infinitésimales en comparaison du danger réel que quelqu’un nous colle une balle parce que notre voiture lui plait, ou parce que la façon dont nous habillons, ou dont nous nous exprimons ne lui plait pas. Les massacres quotidiens qui, dans des pays comme les USA ou le Brésil, surviennent tous les jours sont pris de façon si naturelle que chaque matin dans les infos les prévisions météorologiques suivent. Ainsi qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil, chaque jour quelques types tirent quelques balles sur quelques autres types. Mais cela n’est pas une info, ni scandalise personne. Premièrement parce que nous sommes habitués ; deuxièmement parce que les groupes au pouvoir ne peuvent pas capitaliser trop sur ce type de violence. Au contraire, c’est une affaire discrète. Maintenant, si quelqu’un tue cinq ou neuf personnes et le fait draper dans le drapeau de l’ennemi, alors là, toute une nation, toute la civilisation est un danger. Parce que pour le pouvoir, il n’y a rien de meilleur que ses propres ennemis. Certes, on pourrait argumenter qu’il s’agit d’un problème de valeurs. Mais aussi, ici, il y a une grossière erreur de jugement. L’idée répétée que Greater Brooklyn Gastroenterology Care l’Islam provoque la violence, en conséquence qu’il est nécessaire de confiner, ou mieux d’exclure ses adeptes, esquive le fait que cette religion a plus d’un milliard de fidèles et qu’une partie infinitésimale d’entre eux commettent des actes barbares, en incluant les fanatiques de l’État Islamique. D’autre part, des lois religieuses comme celle qui ordonne de lapider une femme infidèle, ne sont pas dans le Coran, mais dans la Bible ; dans certains passages, la Bible tolère et même recommande l’esclavage et la soumission et aussi le silence des femmes. Quelqu’un accuserait-il le christianisme d’être une religion raciste, machiste et violente ? Encore une fois : ce n’est pas la religion, c’est la culture. Mais la narration de la réalité est plus puissante que la réalité. Ceux qui identifient l’islam à la violence, le font pas uniquement par intérêts tribaux, par préjugés raciaux ou culturels. Ils le font aussi parce qu’ils ignorent ou préfèrent ne pas se rappeler que les croisades qui pendant des siècles ont rasé des peuples entiers sur le chemin de l’Europe à Jérusalem, c’est-à-dire du monde barbare vers le centre civilisé de l’époque, n’étaient pas musulmanes mais chrétiennes, aussi chrétiennes que n’importe qui ; que les inquisiteurs qui ont torturé et brûlé vifs des dizaines de milliers de personnes pendant des siècles pour le seul fait de ne pas observer le dogme, étaient chrétiens, non musulmans ; que les hordes les plus récentes du Ku Ku Klan sont chrétiennes, non musulmanes ; que Franco, Suite à la page (19) Effectifs allemands dit anti-terroristes. A l’instar des Etats-Unis et de tout pouvoir, l’Europe se referme sur elle-même au lieu de s’attaquer à l’origine des problèmes, dans ce cas-ci la terrible injustice contre les Palestiniens depuis 1948. Par Alexandra Panaguli Eté 2014 5 semaines de bombardements 1.462 civils tués, dont 495 enfants et 253 femmes 520.000 déplacés, soit un quart de la population 55.000 habitations détruites ou endommagées, soit de 20 à 70% selon l’agglomération Les gouvernements occidentaux restent silencieux Manifestations de soutien et de protestation éparpillées Je suis Gaza Christine M. Mosse MD Adult Daycare Board Certified Gastroenterology Office Locations 3621 Glenwood Rd, Brooklyn NY 11210 9408 Flatlands Ave, Brooklyn NY 11236 1381-B Linden Blvd, Brooklyn NY 11212 Internal Medicine Board Certified By Appointment Only 2336 Second Avenue (at 120th Stree) New York, NY 10035 “Giving care, one patient at a time.” Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 7 janvier 2015 17 Français tués 3.5 millions de manifestants, dont 40 chefs d’Etat Je suis Charlie (Il faut prendre beaucoup de chiffres de cet article avec des pincettes, Suite à la page (14) Excellent Senior Care Michel Jose Charles MD, FACG, AGAF Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501 E-mail: [email protected] 3 au 7 janvier 2015 de 100 à 2.000 tués selon les rapports 36.000 déplacés 16 villages détruits Nouvelles noyées sous l’actualité française Je suis Baga Office hours by appointment 212.987.5200 Dr. Kesler Dalmacy 1671 New York Ave. Brooklyn, New York 11226 Tel: 718-434-5345 Le docteur de la Communauté Haïtienne à New York •Exercise • Meals • Recreation • Dancing • Massage Therapy • Computer Classes • Health Screenings • Yoga • ESL • Bingo • Hair Cuts • Manicures • Bowling • Door-to-Door Transportation Administrator: Mercedes Narcisse Free Consultation! Nou pale kreyòl! 1488 New York Avenue Brooklyn, NY 11210 718.928.7505 “We Care” www.excellentseniorcarebrooklyn.com Haiti Liberté/Haitian Times 13 Suite de la page (13) malgré que j’ai été conservateur – ci-dessus Gaza est rapporté par l’ONU, Baga par les fuyards – mais cela donne largement un ordre de grandeur). L ’intellectuel étatsunien de renommée internationale, Noam Chomsky, va jusqu’à parler de: Nous et les Non-Hommes. Exemple flagrant d’Euro-centrisme (terme qui comprend les Etats-Unis lesquels ne sont qu’un appendice de l’Europe). Ce qui est important c’est Nous et ce qui Nous arrive. Le reste du monde ne compte qu’en fonction de Nos intérêts, nos intérêts immédiats soit dit. Pas besoin de retourner six longs mois en arrière, si longs que certains ont déjà oublié l’hécatombe de l’été dernier au Moyen-Orient. Pendant les cinq jours aboutissant à ce 7 janvier, jour des attentats contre Charlie Hebdo, selon les sources (rares car qui s’intéresse aux batailles tribales de jungle), d’une centaine à plus de 2,000 personnes étaient massacrées dans le nord du Nigéria par le pourtant fameux groupe islamiste Boko Haram. La bourgade de Baga ainsi que 16 autres villages étaient détruits tandis que 35.000 personnes étaient déplacées. Le groupe avait mis en fuite la Multinational Joint Task Force basée à Baga. Vous souvenezvous de l’avoir vu quelque part dans les nouvelles? Simon Allison du Daily Maverick, un partenaire du journal britannique Guardian avance qu’“on est peut-être au 21ème siècle, mais les vies africaines sont considérées moins intéressantes par les médias que les occidentales”. Au point que huit chefs d’Etat africains (dont les Mali, Gabon, Benin Niger, soit les voisins du Nigéria) eux-mêmes ont participé à la marche de Paris, et que le président du Nigéria, Goodluck Jonathan, a envoyé ses condoléances aux victimes françaises mais a gardé le silence sur le massacre de Baga. Classique aspiration vers le haut: l’être humain cherche à s’identifier au plus fort. On impute cette mise aux oubliettes internationale au manque de fermeté du président du nigérian pour affronter ce groupe. On ne peut reprocher cela au président français Hollande qui a, au contraire, été admiré pour sa fermeté au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo. En fait il n’a eu que la réaction primaire la plus commune à tout pouvoir attaqué: riposter par une démonstration de force, notamment déployer 4.300 policiers et 1.350 soldats pour encadrer la manifestation de Paris, et ensuite 15.000 forces de l’ordre pour protéger les sites dits sensibles du pays. Le reste de la classe politique européenne suit avec des recommandations très banales: renforcer les frontières de l’Union, militariser la police, séparer les prisonniers dit terroristes de ceux de droit commun, accroître les conseillers islamiques dans les prisons, établir une liste européenne d’individus dit dangereux, faire une Euro-police à l’image du FBI, copier le Patriot Act étatsunien (appel d’une Sarkozienne...) – le tout me paraît comme une pauvre réplique de la réponse aux attentats contre les tours jumelles de New York en 2001... qui aboutira sans doute à la même dite “guerre contre le terrorisme”. Ce copiage du dit modèle étatsunien, en forte expansion depuis la chute du mur de Berlin, me semble particulièrement ironique au vu du déclin de ce pays et du fait que leurs politiques sont à la base des gros problèmes globaux: bulle de l’internet (dot.com) de l’an 2000, crise financière de 2008, bulle du marché immobilier, lamentable système de couverture médicale, sans oublier ce fameux Patriot Act au sujet duquel l’ancien premier ministre français, Dominique de Villepin, commente dans Le Monde que cette loi qui a entraîné “la légitimation de la torture ou de la détention illégale a été la cause qu’aujourd’hui ce pays ait perdu sa boussole morale”, sans parler de la paranoïa généralisée qui y continue à ce jour. “Plus d’une décennie plus tard, les États-Unis font toujours face aux retombées de décisions prises après les attentats du 11 septembre”, écrit le New York Times du 17 janvier en donnant des exemples. Un mot sur une des recommandations avancées: arrêter le flux d’Européens allant combattre dans les rangs de l’Etat islamique. On pense qu’au moins 700 Français sont partis en Syrie l’année dernière, contre une douzaine d’Etatsuniens, selon le directeur du FBI, James Comey. Rien de pareil n’est prévu à l’encontre des volontaires étrangers qui rejoignent l’armée israélienne, nombre en recrudescence lors du bombardement de Gaza – 2500 venant de 60 pays, dont 740 des Etats-Unis... De façon générale, pour tenter de résoudre le problème du dit terrorisme non-étatique, on s’attaque aux symptômes en ignorant les causes. Sans parler que la protection recherchée est impraticable et hypocritement destinée à rassurer l’opinion publique. Je n’ai jamais oublié ce passage dans La peste de Camus où le chroniqueur de la maladie, Jean Tarrou, fait porter un masque au journaliste Raymond Rambert avant de pénétrer dans la salle où sont hospitalisés les pestiférés. “Le journaliste demanda si cela servait à quelque chose et Tarrou répondit que non, mais que cela donnait confiance aux autres” (4ème partie). Le système se crispe au lieu de s’ouvrir à la réflexion. Tout comme avec l’immigration, autre problème majeur de notre temps, fruit de cette triste époque de néolibéralisme. On se retrouve avec l’absurdité d’ériger une clôture le long du fleuve Evros sur la frontière gréco-turque et un mur dans la Méditerranée pour tenter d’arrêter les réfugiés économiques d’Afrique et d’Asie. Au lieu de résoudre le problème du sous-développement, et surtout le terrible déséquilibre nord-sud – mais également nord-nord, avec 1% de la population qui possédera désormais la moitié des richesses du monde entier d’ici 2016, selon la directrice générale d’Oxfam, Winnie Byanyima, qui va coprésider le 45ème Davos World Economic Forum de cette semaine. “L’inégalité croissante va rivaliser avec d’autres crises globales y compris les menaces terroristes en Europe”, a-t-elle déclaré. Dans le cas des récents attentats de Paris, royalement ignorée est la question du Moyen-Orient. Pire, Hollande avait demandé tant au président palestinien Mahmud Abbas qu’au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de ne pas participer à la manifestation du dimanche 11 janvier afin de ne pas “détourner l’attention vers d’autres sujets controversés, telles que les relations entre juifs et musulmans ou le conflit israélo-palestinien” ! [Haaretz, du 13 janvier, le plus ancien quotidien israélien]. Sublimement ironique. Ecarter la principale cause à la base de l’événement regretté. En réponse à ces divergences flagrantes d’intérêt, on m’a fait remarquer ici en Europe que l’on ne peut s’occuper de problèmes lointains, mais de ce qui nous touche directement. Mais, outre cette vue très myope, les événements qui se déroulent au Moyen-Orient ont précisément des répercussions chez Nous, tel que nous venons de le voir à Paris. Suivant cette logique, il est alors normal que le monde arabe se préoccupe des problèmes qui les touchent de près, dont le plus flagrant est l’occupation de la Palestine par les Israéliens. On comprendra donc leur frustration face à cette injustice monstrueuse. Et que la rage n’est pas attribuée à quelques caricatures. Les caricaturistes étant des victimes tout simplement faciles. Le Humanitarian Aid Relief Trust cherche à “apporter un changement durable, par l’aide et le plaidoyer, pour ceux qui souffrent de l’oppression et de la persécution, et qui sont largement négligés par les médias internationaux”. Cette association britannique a été fondée en 2003 par la baronne conservatrice Caroline Cox qui est également membre du All-Party Parliamentary Group on International Religious Freedom or Belief présidé par une autre baronne conservatrice, Elizabeth Berridge. Toutes deux siègent à la chambre des Lords et se plaignaient que, maintenant 67 ans après la Déclaration des droits humains, l’article 18 sur la liberté de religion n’ait pas encore été appliqué, droit qu’elles ont qualifié d’ “orphelin”. Soit dit en passant, leur action vise essentiellement la protection des chrétiens. Sur exactement la même période de temps, soit depuis 1948, et après plus de 45 résolutions du Conseil aux droits humains de l’ONU, 84 résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, sans parler des centaines à l’Assemblée générale, les droits des Palestiniens sont toujours, non seulement orphelins mais de plus en plus bafoués. Nous avons un régime politique de plus en plus extrémiste et fanatique en Israël qui multiplie les colonies illégales dans ce qui reste du territoire palestinien, et prononce des déclarations qu’on ne peut que qualifier d’inflammatoires, et qui montrent bien l’illusion totale d’un dialogue pour la paix. Quelques perles: Naftali Bennett, ministre de l’économie, chef du Jewish Home Party, dominé par les colons juifs. «Je ferai tout en mon pouvoir pour être sûr que [les Palestiniens] n’aient jamais d’Etat». Très coloré le gars. Le conflit est comme un ‘éclat d’obus dans notre derrière’ car toute la terre d’Israël ‘appartient au peuple juif’, et, que les Palestiniens aillent manger de la crème brûlée. Danny Danon, à la tête du comité central du Likoud de Netanyahu, ex-vice- NICLAS EXPRESS INCOME TAX & INSURANCE AGENCY Fast Refund Also: Immigration Services Insurance: Auto • Life • Home • Commercial 6234 NE 2nd Avenue Miami, FL 33138 Niclas Pierre 1655 N. Federal Highway Hollywood, FL 33020 954.544.4405 Office: 305.759.8244 • 305.759.8485 Cell: 305.409.0213 14 Haiti Liberté/Haitian Times ministre de la défense renvoyé pour avoir accusé le gouvernement de faire preuve de «retenue» dans son attaque contre Gaza. «Il n’y a de place que pour un seul Etat sur la terre d’Israël». Moshe Feiglin, vice-président de la Knesset, membre du parti Likoud de Netanyahu et chef de la faction Manhigut Yehudit (Leadership juif). “Gaza fait partie de la terre [du peuple juif] et le sera toujours... Quand la terreur sera éliminée à Gaza, elle fera partie d’un Israël souverain et sera peuplée de Juifs”. Gilad Sharon, fils de l’ancien premier ministre. «Nous devons aplanir des quartiers entiers de Gaza. Aplanir tout Gaza». Amos Regev, rédacteur-en-chef du principal quotidien israélien, Israel Hayom, écrit un éditorial intitulé, “Gaza doit être renvoyé à l’âge de la pierre”. Ayelet Shaked, membre de la Knesset (le premier ministre turc l’a comparée à Hitler). “Les mères de morts Palestiniens devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient disparaître tout comme leurs habitations dans lesquelles elles ont élevé ces serpents. Autrement, d’autres petits serpents seront élevés là”. Bestialité de même niveau que les attentats de Paris. Tout comme les massacres de civils par les militaires étatsuniens en Irak et en Afghanistan, ainsi que les sévices y compris torture, dans les prisons de Abu Ghraib en Irak, au nombre de 44, et de Guantanamo (*). Dans son rapport de 2005, Amnesty International a appelé cette prison «goulag de notre époque». Lord Steyn, conseiller à la cour suprême d’Afrique du sud avant de s’exiler en Angleterre du fait de son opposition à l’apartheid, et Law Lord à la chambre des Lords jusqu’en 2005, l’a dénoncée comme «échec monstrueux de la justice». Il est important de noter que ce juriste de très haut niveau a qualifié de «conte de fées» l’insistance de Tony Bair que la guerre en Irak n’a pas rendu Londres et le monde plus dangereux. (*) Il est savoureux de noter que grâce à Wikileaks nous avons appris que les Etats-Unis ont forcé la Suisse à accepter des prisonniers de Guantanamo en contre-partie de limiter un contrôle fiscal de plusieurs milliards de dollars contre l’Union des Banques Suisses qui abritait de grosses fortunes étatsuniennes... Comme on le verra encore ci-après, l’argent est bien l’outil préféré des EtatsUnis, notamment en politique étrangère pour acquérir le soutien des Etats. Ajoutons que la violence contre les musulmans a augmenté de 47 pourcent entre 2012 and 2013, selon le Collectif Contre l’Islamophobie en France, et mentionnons les attaques incendiaires contre trois mosquées suédoises ces Noël et Nouvel an passés. Cette longue liste de doléances s’ajoute au désespoir des Palestiniens. Cela donne un bel explosif qui ne peut que Nous éclater à la figure de temps à autre. Un des deux frères auteurs des attentats contre Charlie Hebdo, Cherif Kouachi, était outragé par l’invasion étatsunienne de 2003 en Irak et les tortures à Abu Ghraib, et il a tenté de rejoindre Abu Musab al-Zarqawi, le dirigeant d’al Qaeda en Irak, avant d’y être empêché par la police française. Incidemment, quand Zarqawi a été tué par une frappe étatsunienne en 2006 il a été remplacé par Abu Bakr al-Baghdadi, lequel est devenu rien moins que le calife de l’Etat islamique. Est-il nécessaire de rappeler l’occupation française en Algérie et au Vietnam qui a engendré de tels attentats ainsi qu’une pareille spirale radicalisée de part et d’autre qui est en train d’échapper à tout contrôle? Jusqu’à présent c’était surtout les Etats-Unis qui soutenaient à fond Israël et faisaient pression sur les Palestiniens, notamment leur récente opposition à ce que Mahmoud Abbas signe une vingtaine d’accords internationaux, y compris à la Cour pénale internationale à la Haye. Mais, justement Hollande lui-même a pris ces dernières années une position toute identique à celle des néo-conservateurs étatsuniens, donc même à la droite d’Obama, notamment sur la question du dit nucléaire en Iran où il aime lancer de fortes phrases. (Un procès très peu médiatisé mais remarquable est en train de se dérouler dans la U.S. District Court d’Alexandria, en Virginie, où la CIA est accusée d’avoir fabriqué des preuves d’un programme nucléaire en Iran). Incidemment, la France est un des rares pays à faire des frappes aériennes avec les Etats- Unis contre l’Etat islamique en Irak. Le président semble se remuer pour tenter de redorer le blason de la France, et lui rendre une place internationale, et sans doute la distraire de ses propres problèmes. Je vois un opportunisme fort parallèle avec José María Aznar, le premier ministre espagnol de l’époque qui avait activement secondé George Bush en 2003 pour attaquer l’Irak. Alors que 92% de la population était contre la guerre en Irak, Aznar a demandé à la télévision que le peuple espagnol le croit sur parole car il avait la preuve qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak... On sait ce qu’il en était. Au contraire, un mémo a été dévoilé quatre ans plus tard par le plus grand quotidien espagnol, El Pais, sur une réunion qui avait eu lieu à Crawford au Texas le 22 février 2003, moins d’un mois avant l’invasion étatsunienne en Irak. Y étaient présents uniquement Aznar, Georges Bush et la conseillère à la sécurité nationale de celui-ci, Condoleezza Rice. Tony Blair et le premier ministre italien Berlusconi participaient par téléphone. Bush y montre très clairement qu’il veut envahir le pays de suite, même si Saddam Hussein a annoncé son intention de s’exiler si on l’autorisait à prendre un milliard de dollars avec lui (!) Le président étatsunien a préféré y consacrer un grand minimum de 1,1 trillion de dollars (mille milliards), ainsi que 4.491 soldats étatsuniens et plus de 100.000 Irakiens tués. Bush a donc fait pression sur plusieurs pays pour qu’ils votent à l’ONU en sa faveur, il a notamment menacé de couper l’aide à l’Angola et de torpiller l’accord économique entre le Chili et les EtatsUnis, mais il s’est montré prêt à attaquer même en l’absence de résolution de l’ONU l’y autorisant. Quant à la France, comme tout opposant à sa politique, le Yankee l’a tenue encore une fois en mépris, qualifiant le président Jacques Chirac de «Monsieur Arabe». On comprendra cette position quand on sait que Aznar a fondé en 2010 la Friends of Israel Initiative, parce que, disait-il, Israël est la première ligne de défense de l’Occident. Ainsi, lors de l’attaque du bateau turc de solidarité Mavi Marmara par les commandos israéliens, qui avaient tué neuf activistes pacifiques, Aznar a commenté qu’il fallait défendre Israël coûte que coûte car “si elle périt, nous périssons tous”. Est-il nécessaire d’ajouter pour décrire le personnage qu’il faisait partie du Front des Etudiants Syndicalistes (FES), un syndicat universitaire soutenu par la triste Phalange, l’organisation fasciste de Franco? Et qu’en octobre 2008, à l’occasion de la visite du président tchèque Václav Klaus à Madrid, Aznar a prétendu que “le changement climatique causé par l’être humain n’est pas un phénomène réel, mais seulement une théorie «scientifiquement douteuse» qui était devenue la nouvelle religion, dont les disciples sont les «ennemis de la liberté»... Aznar s’est finalement fait descendre par son électorat après avoir menti une ultime fois lors des dix bombes qui ont tué 191 personnes dans la gare Atocha de la capitale le 11 mars 2004. Malgré les preuves – en sa possession – que c’était une attaque islamiste, il a prétendu jusqu’au bout et à des fins électorales, que c’était l’oeuvre de l’ETA basque. Trois jours plus tard c’est le parti socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero qui, contre toute attente, l’emportait. Madrid 2004. Paris 2015. Tout se tient, tout effet a des conséquences, souvent à long terme. Un dernier exemple de pleine actualité et à fort potentiel. En 1953 la CIA et son homologue britannique, le M16, organisent un coup d’Etat sous le nom de projet TPAJAX contre le premier ministre iranien Mohammad Mosaddegh qui avait osé nationaliser le pétrole iranien jusque là exploité par la BP anglaise. Le Shah Mohammad-Reza Pahlavi monte au pouvoir en faisant le jeu des Etats-Unis et de l’Angleterre, leur laissant le pétrole et achetant leur armement militaire (l’aviation iranienne utilise encore à ce jour des jets de l’époque) jusqu’à ce qu’il soit renversé en 1979. Faut-il alors s’étonner que de nombreux Iraniens, surtout de la génération précédente – car celle-ci est pleinement acquise au consumérisme à l’étatsunienne – aient du ressentiment vis-à-vis des Etats-Unis et dénoncent leur hypocrisie quand il s’agit d’auto-détermination et de démocratie? Un quart de siècle plus tard, on se trouve à nouveau face à une situation explosive. Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 Suite de la page (3 ) K-Plim, qui a déjà perdu tout son crédit aux yeux de la population, après quarante années de combat et de militance politique, pourrait servir d’alibi à un Président plein pouvoir en Haïti ? Pense-t-il pouvoir servir de garde-fou capable de contrôler un homme dont le rêve était de prendre le contrôle des institutions et de l’administration pour en imposer sa vision et ses vues même de courte durée ? Le gouvernement de consensus de Evans Paul qui fera certainement l’objet d’une chronique à part, ne jouerait dans l’affaire qu’un rôle mineur et de caution politique aux véritables détenteurs du pouvoir « Tèt Kalé » dont l’une des conséquences est le risque de perdre ce qui lui restait de crédibilité auprès de tout un pays. L’évidence est là, le Président Martelly est l’homme fort du moment ; sauf coup de théâtre comme ce pays en a le secret, jusqu’à la fin de son quinquennat en 2016. Fini le PSP (Parlementaires pour la Stabilité et le Progrès) qui a travaillé main dans la main avec le pouvoir comme si ce groupe de députés venait du parti du Président. En soutenant aveuglement toutes les turpitudes et les humeurs du chef de l’Etat, donc en cautionnant l’idée absurde de gouverner par décret, le PSP a en quelque sorte favorisé la caducité du Parlement en général. Fini aussi le G5 au Sénat de la République. Ce petit groupe de 5 sénateurs pro-Martelly composé surtout des amis ou de gens du même département que le Président. Ces sénateurs connaissaient le projet de la présidence et ils ne l’ont jamais découragé. Ils ont contribué à cette situation qui n’est certes pas inédite dans l’histoire du Parlement, mais tout de même, très dangereuse pour la démocratie naissante haïtienne. Pour combler le vide parlementaire et remettre en place le contre-pouvoir nécessaire, tout doit se jouer avec les élections qui seront organisées d’une manière ou d’une autre dans le pays. Sauf que rien ne garantit que ces élections vont apaiser les tentions extrêmes existant et apporter la stabilité nécessaire, compte tenu du climat et des circonstances exceptionnelles dans lesquels ces scrutins auront lieu. Mais avant d’en arriver là, il y a du chemin à faire. Au Parlement, il n’y avait pas que des élus qui faisaient allégeance au pouvoir Tèt Kale. Qu’on ne s’y trompe pas. Les premiers perdants ne sont pas nécessairement les groupes parlementaires pro-gouvernementaux qui ont préféré sacrifier leur propre Assemblée pour d’obscurs inté- rêts personnels ou par ignorance politique. Les groupes parlementaires qui se réclamaient de l’opposition ou proche de la nébuleuse d’opposants au pouvoir ont de quoi être inquiets pour leur avenir et ce pour deux raisons. A la Chambre des députés, il y a eu au moins deux ou trois groupes parlementaires qui faisaient face au Président Martelly. Le plus connu d’entre eux, le PRI (Parlementaires pour le Renforcement Institutionnel) placé sous l’autorité du Pasteur et député des Gonaïves, Sadrac Dieudonné, était au début le plus actif. Mais soudain, il est devenu au plus fort de la crise quasiment inaudible. On ne l’entendait pratiquement plus dans les médias et avait laissé carte blanche à son homologue PSP d’imposer la vision du Palais national dans la crise préélectorale. Aujourd’hui, les Parlementaires pour le Renforcement Institutionnel paient leur manque de courage et l’inconséquence de leurs dirigeants qui n’ont pas su faire la différence, voire faire entendre leurs voix dans le grand déballage de ces deux dernières années contre le Président Michel Martelly. Pour le PRI aussi, c’est fini la tribune de la Chambre basse. Mais l’absence la plus ressentie depuis une semaine à Port-au-Prince et la perte la plus remarquée au Sénat de la République demeurent incontestablement et certainement le groupe G6 mené par le flamboyant et incisif sénateur du Nord Moïse Jean-Charles. Il est l’un des premiers, sinon le premier opposant politique historique au pouvoir de Michel Martelly. Par sa ténacité et son courage, l’ex-sénateur Moïse Jean-Charles aujourd’hui leader du Plateforme politique Pitit Dessalines, rentre dans l’histoire de la 49e législature, même si celle-ci est la plus pauvre des législatures que Haïti n’ait jamais connues. Les parlementaires du groupe G6 se félicitent aujourd’hui d’être à l’origine de la non prolongation du Parlement. Ce qui n’est pas faux. Néanmoins, ces sénateurs ont oublié de dire qu’ils ont une grande part de responsabilité dans ce qui arrive. A savoir la fin de la 49e législature sans qu’il n’y ait eu un véritable accord politique avec le pouvoir. Fer de lance de l’opposition dite radicale, les sénateurs du G6 ont tout fait pour mettre le Président Martelly dos au mur pendant au moins deux longues années. Mais en refusant tout compromis et en dénonçant tous les accords qui ont été trouvés avec la présidence, ces ex-sénateurs se retrouvent à leur tour dos au mur. N’étant plus sénateurs, ils perdent pour commencer leur tribune officielle du Sénat où ils avaient la possibilité de contrôler les actions du gouvernement et de porter de manière officielle la contestation au pouvoir. En jouant au jusqu’au-boutisme, ils deviennent co-responsables d’une situation qu’ils n’ont sans doute pas voulue, puisqu’avant tout le monde, ils soupçonnaient le chef de l’Etat de vouloir diriger par décret. Aujourd’hui, la bande à Moïse y compris l’ensemble de l’opposition qui continuent, et ils n’ont pas le choix, de réclamer la démission du Président Michel Martelly, n’ont qu’une alternative : renverser le pouvoir par tous les moyens possibles ou rentrer dans les rangs sans pour autant faire allégeance au Premier ministre de facto Evans Paul. Comme on dit dans le pays, « pa gen wout pa bwa » (il n’y a pas d’autres directions). Maintenant il faut avancer, sinon ils resteront définitivement au bord de la route ou en dehors du jeu politique et du Parlement. Comment avancer dans une situation pareille ? Là est toute la question. Comme nous l’avons dit plus haut, l’opposition radicale entre autres, le Mouvement Patriotique de l’Opposition Démocratique (MOPOD), le Mouvement National Opposition Populaire (MONOP), l’Organisation Tèt Ansanm (OTAN), Plateforme Pitit Dessalines, le G6, etc. fait face à la plus difficile décision qu’elle doit prendre par rapport à un pouvoir qui finit par se requinquer grâce aux soutiens de la Communauté internationale mais surtout au manque de clairvoyance politique et à l’analyse étriquée de la conjoncture politique haïtienne. Sans oublier une sous-évaluation des forces en présence. Qu’on le veuille ou non, le Président Martelly est dans une position beaucoup plus confortable qu’il l’a été il y a quelques mois. Devant la confusion constitutionnelle et l’absence d’un Parlement en bonne et due forme, certains diraient fonctionnel, légitimement le Président Martelly détient tous les pouvoirs tout en étant le seul ayant des provisions constitutionnelles pour se maintenir à la tête du pays en devenant l’interlocuteur unique du reste du monde pour Haïti. Ce qui est un comble pour quelqu’un qu’on traite depuis des années de despote et accusé de nourrir l’idée de pouvoir absolu. Sans une vague incontestée et incontestable de manifestations, personne ne peut attendre la démission du chef de l’Etat, voire un enlèvement de celuici comme ce fut le cas en 2004 pour le Président Jean-Bertrand Aristide. Assez curieuse qu’elle puisse être, cette situation recommande la présence d’un chef, tout au moins, la présence d’une autorité constitutionnelle capable de prendre les décisions au nom de la nation et de représenter la République. Une situation qui met l’opposition en position difficile puisqu’elle ne lui laisse que deux possibilités : soit de reconnaître son échec à renverser le Président et accepter le principe d’élections avec ce pouvoir, soit de multiplier les actions et manifestations de rue pour pousser le chef de l’Etat à la démission. Tant qu’elle ne peut pas passer à une vitesse supérieure dans sa lutte contre l’administration Martelly, elle est condamnée à subir la marche du pouvoir vers des élections soutenues par des leaders politiques devenus malgré eux des alliés politiques conjoncturels en vertu de l’Accord du 11 janvier 2015. En tout cas, depuis le 12 janvier 2015 la donne politique a changé pour le Président Martelly. Il n’a plus peur de l’opposition sachant qu’il est le seul à avoir la main sur toutes les institutions et l’unique partenaire officiel de la Communauté internationale. La marge, en effet, pour l’opposition, est on ne peut plus réduite aujourd’hui dans la mesure où elle n’a plus aucun contrôle sur les actions et les décisions que va mener et prendre le Président Martelly. A la faveur du dysfonctionnement du Parlement et l’absence d’une opposition officielle existant, G6, PRI, etc, le rapport de force médiatique aussi a changé. Les ex-parlementaires (sénateurs et députés) n’ont quasiment plus de voix au chapitre dans les médias. En tout cas, ils sont de moins en moins sollicités dans les grandes émissions de radio pour donner leur avis. Une difficulté de plus pour les ex-sénateurs et pour l’opposition en général de pouvoir porter l’estocade à la présidence de la République. Aujourd’hui, le seul salut pour eux de continuer à exister sur la scène politique face au Président Martelly reste leur capacité à mobiliser la population. Mais il y a le risque d’un essoufflement des manifestations, ce qui consommera l’échec définitif de l’opposition. Pour sortir le pays de cette passe difficile et sans une brutale évolution de la situation, c’est au Président Martelly qu’il revient le droit de prendre des mesures politiques, sinon des décrets. En tant que chef de l’Etat, il est le seul habilité à pouvoir veiller au fonctionnement des institutions restant et par la même occa- sion constituer les organismes devant permettre le retour à l’ordre constitutionnel. A défaut d’un grand chamboulement populaire dans les semaines qui viennent, paradoxalement tout repose finalement sur ses épaules. Ainsi, la constitution d’un 5e Conseil Electoral Provisoire (CEP) lui a été confiée même si les secteurs dits organisés devaient lui envoyer les noms des personnes à nommer. En réalité, dans ce processus, c’est lui et lui seul qui formera l’organisme électoral provisoire. Il y a aussi le gouvernement de facto de Evans Paul. Il ne fait aucun doute pour personne que ce gouvernement est l’émanation du Palais national dans la mesure où il n’a pas été ratifié ni n’a bénéficié d’un vote de confiance de l’Assemblée Nationale. Selon toute logique, le Président Martelly pourrait limoger ou congédier à tout moment tout le gouvernement y compris le Premier ministre, si cela lui chante. Le syndrome de l’ex-Premier ministre Garry Conille plane sur le gouvernement de Evans Paul, compte tenu que l’ensemble de ce cabinet ministériel ne doit son existence qu’au bon vouloir du chef de l’Etat. Ce que, d’ailleurs, K-Plim lui-même a reconnu, lors d’une interview sur une radio de la capitale. Sa nomination a été un choix personnel du Président Michel Martelly et de personne d’autre, à-t-il déclaré. Quant au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), en dépit de la démission de Me Anel Alexis Joseph, son Président, il reste très contesté par une grande partie de l’opposition par le fait que certains de ses membres demeurent inféodés à la politique du Palais national. Enfin, le Sénat de la République, avec ses 10 sénateurs, ne représente que l’ombre de lui-même. Malgré le dévouement du sénateur Andris Riché de la Grand’Anse et de ses pairs pour sauver les meubles, ils ne pourront empêcher le Président Martelly d’agir à sa guise, vu que les 10 sénateurs ne peuvent légalement constituer un contre pouvoir à l’exécutif. Le dysfonctionnement du Parlement reste une réalité et une entorse à la démocratie quoiqu’en dise la présidence. L’opposition qui a largement contribué à cette situation doit chercher la bonne approche afin de maintenir la pression sur le Président Martelly pour qu’il ne reste pas longtemps seul maitre à bord de ce navire qui menace de faire naufrage d’un moment à l’autre. sipòtè mouvman an. Chante patriyotik yo te afiche yon evantay tematik ase rich. Nou ka site pami yo : egzil, imigrasyon, idantite lengwistik, souverènte nasyonal, prejije koulè, solidarite, jistis sosyal, inite, revolisyon, fratènite, endepandans, tòti ak represyon, eksplwatasyon ekonomik, diskriminasyon kont fanm, prejije klas elatriye. Gwoup yo te pi konnen yo se Tanbou Libète, Solèy Leve ak Atis Endepandan ki te baze lan Bwouklin, Nouyòk. Pami atis ki soti nan mouvman kiltirèl patriyotik la e ki vin gen yon gwo renome genyen : chantè Carole Démesmin ak Farah Juste, konpozitè ak aranjè Michel Rolf Trouillot ak Nikol Levy, powèt Georges Castera ak Jean Claude Martineau (alyas Koralen), dramatij Syto Cavé ak komedyèn Paula Péan, ekriven Josaphat Robert Large, Lyonel ak Evelyne Trouillot. Répression en Haïti) 3 CAB (Comité d’Action pour la Libération des Prisonniers Politiques et la Défense des Libertés Démocratiques en Haïti) [de Boston]. 4 Iles Turques, an franse. 5 Turenne Deville : refijye ayisyen, pann tèt li nan prizon Miyami an 1974, kèk èdtan anvan sèvis imigrasyon ameriken depòte l Ayiti. 6 Oktòb 1981 vwalye La Nativite fè nofraj Hillboro Beach ak 63 imigre klandesten. 33 kadav ayisyen te rete blayi sou plaj la. 7 Nan finisman 1980 yon kanntè chwe ak 108 ayisyen sou zile Cayo Lobos (Baamas). Refijye yo pase 40 jou la ap manje fèy ak rasin anvan yon bato baameyen mennen yo tounen, apre anpil chire pit ant otorite Ayiti ak Baamas. 8 Twoup Kouidò jwe Les puits errants pou premye espektak li nan Brooklin Academy of Music 20 septanm 1969. LA DIFFERENCE AUTO SCHOOL GREAT LEGACY AUTO SCHOOL CC Suite de la page (6) ki te montre plis ladrès ak talan e ki te gen plis siksè nan devlopman yon nouvo estetik teyatral nan dyaspora a. Avèk aparisyon gwoup kiltirèl patriyotik yo yon nouvo fòm divètisman vin pran chè nan kominote egzile ak lòt emigre ayisyen yo. Aktivite sa yo te jwe yon wòl kapital nan konjonkti politik epòk la. Yon bò yo te pèmèt konpatriyòt yo rete konekte ak reyalite peyi yo an menm tan y ap detann yo, yon lòt bò yo te sèvi motivasyon nan kanpay pou sansibilize ak mobilize konsitwayen nou yo ak tout vlc auto repair • Engines • Transmissions • Brakes • Starters • Oil Change • Alternators • Inspections 547 Albany Ave.Brooklyn, NY 11203 Nou pale kreyòl! 718.363.2873 L&M COMPLETE Engine Work • Brakes • Transmissions • Electric System • Tune-up • Tires • Starters • Etc. 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Binney a conçu Thin Thread, un programme de la NSA qui utilisait un cryptage pour essayer de rendre la surveillance de masse moins critiquable. Ca serait de toute façon resté illégal et non constitutionnel. Binney en parlait tout le temps, mais son idée c’était que ce programme permettrait de collecter n’importe quelle information sur n’importe qui mais en la cryptant immédiatement, de façon à ce que personne ne puisse la lire. Seule une cour pourrait donner aux responsables des services de renseignement une clé pour les décrypter. L’idée était de trouver une sorte de compromis entre [les droits à la vie privée et] l’assertion que si vous ne collectez pas les choses lorsqu’elles se produisent, elles ne seront pas disponibles plus tard — parce que ce que veut la NSA, c’est la possibilité d’enquêter rétrospectivement. Ils veulent avoir un enregistrement parfait des cinq dernières années de votre vie, pour que, si vous attirez son attention, ils puissent savoir tout sur vous. Binney essayait de créer quelque chose comme ça. The Nation : Vous nous faites penser à Robert Oppenheimer [le père de la bombe atomique américaine] — à ce qu’il créa puis regretta. ES : Quelqu’un a récemment parlé de la surveillance de masse et des révélations de la NSA comme étant pour les savants technologues d’une importance comparable à celle de la bombe atomique. La bombe était d’une importance morale pour les physiciens. La surveillance de masse est d’une importance identique lorsqu’ils réalisent que ce qu’ils produisent peut être utilisé pour nuire à un nombre considérable de gens. Il est intéressant de voir que tant de gens qui sont déçus, qui protestent contre leurs propres organisations, sont des gens qui ont apporté quelque chose à celles-ci et ont vu ensuite comment c’était utilisé à des fins néfastes. Lorsque je travaillais au Japon, j’ai crée un système permettant de s’assurer que les données des services de renseignement étaient globalement récupérables en cas de désastre. Je n’avais pas conscience de l’étendue de la surveillance de masse. J’ai été confronté à diverses questions légales lorsque je créais ce système. Mes supérieurs réagissaient et disaient « Comment allons nous traiter ces données ? ». Et je disais « Je ne savais même pas que ça existait ». Plus tard, lorsque que je me suis rendu compte qu’on collectait davantage d’informations sur les communications américaines que sur les communications russes par exemple, je me suis dit : « Nom de dieu ! ». Quand vous réalisez que le travail que vous faites dans l’intention de servir les gens est utilisé contre eux, ça a un effet radical. The Nation : Comme nous l’avons dit, nous venons souvent en Russie. Mais peut-être ne voulez-vous pas beaucoup parler de la Russie. ES : [rires] Pas du tout. The Nation : Pourquoi ? Tout le monde sait que vous n’êtes pas ici par choix personnel. ES : Vous seriez surpris de voir l’efficacité — du moins pour influencer les électeurs peu ou mal informés — que peut avoir la propagande négative à mon encontre. Peut-être les médias des boutiques Internet, peut-être les gens qui lisent les journaux et parlent à des universitaires, comprennent, eux, parce qu’ils sont informés par une information de qualité. Mais un tas de gens ne savent pas encore que je n’ai jamais souhaité finir en Russie. Ils ne savent pas que les journalistes prenaient en tweetant en direct des photos de mon siège dans l’avion à destination de l’Amérique latine, dans lequel je n’ai jamais pu embarquer parce que le gouvernement américain m’avait confisqué mon passeport. Il y en a encore quelques-uns qui croient honnêtement que j’ai vendu des informations à Poutine — à titre personnel en échange de l’asile. Et tout ça après que le président de la Commission du Sénat sur les services de renseignement, qui lisait les rapports de la NSA sur mes activités tous les matins, ait déclaré que toutes ces conspirations étaient pure fantaisie. The Nation : Nous avons le sentiment, ou peut-être l’espoir, que nous allons vous retrouver bientôt aux EtatsUnis — peut-être quelque temps après la fin de cette crise ukrainienne ? ES : J’aimerais le croire, mais nous sommes allés jusqu’au bout de la chaîne, à tous les niveaux. Une décision politique a été prise qui consiste à ne pas irriter les gens des services de renseignement. Les agences d’espionnage sont très embarrassées — réellement ennuyées. Les révélations mettent vraiment à mal leur mystique. Ces dix dernières années, on a traité les gens des services secrets comme dans Zero Dark Thirty [film américain sur la traque d’Oussama ben Laden par la CIA] —. Ils sont les héros. Les révélations liées à la surveillance de masse les rabaissent à être des personnages de récits style Big Brother, et ça ne leur plaît pas du tout. L’administration Obama semble presque avoir peur des services de renseignement. Ils ont peur de mourir de mille coup de couteaux [référence à un supplice chinois qui vidait les condamnés de leur sang] — vous comprenez, les fuites et ce genre de choses. The Nation : En parlant de films, nous avons compris, qu’en plus du documentaire de Laura Poitras, Citizenfour, deux ou trois autres films sur vous vont voir le jour. ES : Tout ce qui fera parler de ces problèmes est vraiment bienvenu. Je ne connais rien au monde du cinéma. Je ne sais rien de tout ce qui va avec la célébrité. Je ne sais pas qui seront les acteurs et ce genre de choses. Mais j’applaudis quiconque veut traiter de ces problèmes. The Nation : Vous êtes déjà célèbre. ES : C’est ce qu’on dit. Mais je n’ai fait que signer des autographes pour des types qui se battent pour les libertés civiques. Et je signe des actes judiciaires. The Nation : Peut-être, mais il vous faut une stratégie pour savoir comment vous allez utiliser votre célébrité, pour le meilleur ou le pire. Car vous êtes célèbre. Vous devez faire avec. ES : [rires] C’est accablant ! The Nation : Et vous ne savez pas ce qui vous attend. La fortune parfois tourne très soudainement, sans qu’on l’attende. ES : Espérons alors que les surprises seront bonnes. The Nation : Vous nous avez accordé beaucoup de votre temps et nous vous en sommes très reconnaissants, comme le seront les lecteurs de The Nation et les autres lecteurs. Encore quelques mots avant la fin, avez-vous quelques idées sur votre avenir ? ES : Si je pouvais deviner à quoi va ressembler le futur pour moi — en espérant que ce ne sera pas un costume orange dans un trou [c’est-à-dire la prison, les prisonniers américains portant un uniforme orange] —, je crois que je vais partager mon temps entre la technique et les politiques. Je crois que nous avons besoin de ça. Je crois que c’est ce qui manque au gouvernement, pour l’essentiel. Nous avons beaucoup des gens qui travaillent sur les politiques, mais nous n’avons pas de technologues, bien que la technologie représente une part importante dans notre vie. C’est incroyable, parce que même ces grandes entreprises de la Silicon Valley, les maîtres de l’univers, n’ont pas travaillé avec Washington jusqu’à récemment. Elles continuent de faire du rattrapage. Quand à mon engagement politique personnel, certains pensent que je suis une sorte d’archi-libertarien [5], un hyperconservateur. Mais lorsqu’il s’agit de politiques sociales, je pense que les femmes ont le droit de faire leurs propres choix, et que les inégalités sont une question très importante. Comme technologue, je vois les orientations qui se dessinent et je vois que l’automatisation va inévitablement signifier de moins en mois d’emplois. Et si nous ne trouvons pas le moyen de fournir un revenu de base aux gens qui n’ont pas de travail, ou un travail qui ne leur permet pas de vivre, nous aurons des révoltes sociales violentes avec peutêtre des morts. Lorsque nous avons une production qui augmente — année après année —, il faut qu’une partie soit réinvestie dans la société. Et ça ne doit pas constamment être réinvesti dans les fonds de capitaux à risques et ce genre de choses. Je ne suis ni un communiste, ni un socialiste ou un gauchiste. Mais ces problèmes doivent trouver une réponse. Notes [4] En anglais Magna Carta fait référence à la Grande Charte des libertés anglaises octroyées par le roi anglais Jean sans Terre en 1215, qui lui a été imposée par les barons féodaux anglais en révolte contre l’autoritarisme royal. Elle est considérée comme le premier pas symbolique vers la démocratie et la première pierre ouvrant la voie au règne de la loi constitutionnelle. [5] Le libertarianisme est une philosophie politique prônant, au sein d’un système de propriété et de marché universel, la liberté individuelle1 en tant que droit naturel. La liberté est conçue par le libertarianisme comme une valeur fondamentale des rapports sociaux, des échanges économiques et du système politique. (source : Wikipédia). Traduction et annotations : Mireille Azzoug Mémoire des luttes 25 novembre 2014 Muretteʻs Suite de la page (5) dont il se fiche comme d’une guigne. Quel mal ? La libération de Taissa Mazile, épouse du beau Sonson Lafamilia, chef du Gang Galil impliqué dans le trafic de la drogue et le kidnapping, selon un rapport du RNDDH, avec la complicité présumée du ministre de la Justice, «testicule de rechange» du président ? L’enrichissement scandaleux des importateurs de produits alimentaires et leurs associés, ti zanmi prezidan, dans le cadre de programmes bidon : ti manman cheri, ti papa doudou, ti marenn souple ? L’emprisonnement scandaleux de maints individus exerçant leurs droits citoyens d’être dans l’opposition ? L’évasion spectaculaire de plus de trois cents détenus de la prison civile de la Croix-des-Bouquets dont Clifford Brandt (ex-testicule d’occasion du président) et des narcotrafiquants colombiens. Autant de maux qui se rapportent à Martelly. Oui, c’est par la tête que pourrit le poisson. Comment alors ne pas comprendre «l’impact dévastateur du mur de méfiance qui nous entoure et de nos velléités à constamment tirer le drap de notre côté, quitte à le déchirer» ? Qui tire le drap de son côté si ce n’est Gwo Soso et son fils utilisant sans vergogne et sans le contrôle du parlement des sommes faramineuses pour des projets fumeux, farfelus, biscornus ? Qui tire le drap de son côté si ce n’est le président, sa femme, ses enfants, son entourage dont les frais de séjour (per diem) durant leurs incessants voyages sont de $20.000 US, $10.000, $7.500 et $4.000 respectivement ? Qui tire le drap de son côté si ce ne sont les 43 membres d’un gouvernement d’ouverture suçant goulument, san pran souf, les mamelles déjà flasques de l’État ? La population observe que c’est une pagaille décherpillante entre les grands commis de l’État pour accaparer le plus possible du gâteau. Pourquoi ne se méfierait-elle pas de ces imposteurs cravatés, empommadés, eau-de-colognés, redingotés, mal fagotés ? Martelly et ses compères Joseph Lambert, Youri Latortue, Rudy Hériveaux, Charles «Kiko» Saint-Rémy, Roro ‘‘Ti Bobo’’ Nelson, les copains de la drogue, n’ont-ils déjà pas mal déchiré et effiloché le drap des ressources de la nation ? Alors, comment «devant ce constat collectif» de dilapidation de la chose publique «surmonter ce mur de méfiance» ? C’est en fin de mandat que Martelly «assume, également, aujourd’hui… la responsabilité de CATERING & TAKE-OUT BANQUET HALL Now 2 Locations in Brooklyn cette situation… reconnaî(t) le droit de tous ceux qui ont choisi la voie des manifestations pacifiques pour exprimer leurs revendications et leurs frustrations», daigne pourvoir à «un nouveau CEP [pour] revoir la loi électorale et planifier les prochaines élections législatives, locales et présidentielles»; CEP à l’impartialité annoncée puisqu’il «n’inclura aucun membre du personnel de l’Etat ni aucune personnalité politique et partisane». Mieux, Martelly l’a juré : « en aucun cas, je ne serai candidat aux prochaines élections». Parlez-moi de ça, Micky. Votre naturel bluffeur aura beau être chassé à coups de dénonciations, de manifestations, il reviendra promptement au galop. Nous ne sommes pas des ti bebe à qui on apprend à marcher. Et quand il est question d’élections, tout le monde s’empresse de mentionner qu’on les veut libres et démocratiques. C’est normal. Le président n’y a pas fait exception : «Je réaffirme ici mon engagement à mettre tout en œuvre pour la réalisation d’élections honnêtes, crédibles et participatives». Fanmi Lavalas, ou tande ? MOPOD, tu as entendu ? Pour l’audace démagogique, Martelly n’a pas son pareil. Écoutez-le : «Pour faire face aux grands et multiples défis de l’année 2015, il est impératif que ‘‘les filles et les fils d’Haïti’’ se retrouvent et s’entendent sur l’essentiel, le fondamental et le durable» (sic). On a presque envie de chanter : allons (z)enfants de la patrie, le jour de gloire doit arriver. Dans la bouche de Martelly ce ne sont que des mots, encore des mots, toujours des mots, rien que des mots, pas plus que des mots creux. Quand il était musicienchanteur-clown-amuseur public, c’était des mots obscènes, grivois, graveleux. Devenu président, il a appris à maîtriser des mots mensongers, mystificateurs, manipulateurs, trompeurs. Dans son discours du 16 janvier, il en a fait toute une salade bluffante: «respect des uns et des autres… tout moun se moun… vision du Père Fondateur… véritable nation haïtienne… désir de chérir le bien commun… construire l’harmonie sociale… fin de nos division séculaires…», j’en passe. Ses cons de partisans zélés y voient de bonnes intentions (sic) et applaudissent son souhait «que la politique en Haïti maintienne ses lettres de noblesse recouvrées en cette nouvelle année 2015». Ah, l’enfer ! Comme tu es pavé de bonnes intentions et d’abracadabrances ! AMBIANCE EXPRESS • Restaurant • Fritaille • Patés 2025 Nostrand Avenue (just off Farragut Road) Baby Shower • Weddings • Conferences • Dinner Events • Repass • Birthdays • Graduation • Much More! 4618 Avenue N (btwn Schenectady & E. 46th), Brooklyn, NY Nou pale kreyòl! 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Ces six partis dénoncent la politique impérialiste et «l'ingérence» des Etats-Unis dans les affaires intérieures de l'Inde R éunis à Calcutta, six organisations politiques communistes et progressistes appellent à manifester dans tous le pays le 24 janvier contre la venue de Barack Obama, le président des Etats-Unis d'Amérique. Le Parti Communiste d'Inde (CPI), le Parti Communiste d'Inde Marxiste (CPIM), le Parti Communiste d'Inde (Marxiste Léniniste) Libération, le All India Forward Bloc (AIFB), la Socialist Unity Centre of India (Communist), le Revolutionary Socialist Party (RSP) ont publié un appel en commun où ils appellent à "stopper l'agression américaine" en Asie", à "arrêter l’ingérence dans les affaires intérieures de l'Inde" et d’ « arrêter la collaboration stratégique entre l'Inde et les USA ». Ces partis de gauche notent qu’Obama a été invité aux festivités célébrant « la République », cette invitation "est une ironie suprême car ce jour symbolise l'indépendance et la souveraineté de l'Inde « et le gouvernement invite une personne qui a détruit la souveraineté de nombreux pays à travers le monde ». Les partis protestent contre la visite du Président Obama parce que : 1. Les États-Unis déstabilisent des gouvernements en Asie et au Moyen-orient par des interventions militaires comme en Irak, en Libye et en Syrie. 2. Les États-Unis soutiennent ardemment Israël, pays qui occupe les terres palestiniennes, des territoires arabes et soumet le peuple palestinien à une oppression coloniale. 3. Les États-Unis ont déployé d'importantes ressources militaires navales en Asie, avec la création de nouvelles bases militaires créant ainsi des tensions dans la région Asie-Pacifique. 4. L'intervention américaine en Afghanistan et son rôle au Pakistan ont nourri les forces fondamentalistes. Alors, ces conséquences désastreuses doivent servir d'avertissement à l'Inde. 5. Aux USA des protestations massives se déroulent contre les meurtres raciaux commis par la police. En outre, les USA ont un terrible bilan avec l'utilisation de la torture par la CIA. Les Etats-Unis sont l'un des pires pays qui violent les droits de l'homme et la démocratie dans le monde. Les six partis communistes et progressistes dénoncent la politique du BJP (Bharatiya Janata Party - nationaliste) qui poursuit une politique étrangère pro-USA, politique contraire à l'indépendante du pays et de sa situation de non aligné. Cela se fait dans l'intérêt du capital monopoliste indien et étranger. Les six partis exigent : - Le non-renouvellement de l'accord-cadre de défense américano-indien. Ce dernier vise à atteler l'Inde à la stratégie militaire américaine en Asie. - Faire cesser la pression sur l'Inde vis à vis de sa politique étrangère envers la Palestine, Israël et l'Iran. - Mettre fin aux pressions incessantes exercées par l'administration Obama sur l'Inde qui veut ouvrir le secteur financier indien au capital américain. - Mettre fin à la forte pression des Etats-Unis pour affaiblir le régime des brevets en Inde, cela au profit des sociétés pharmaceutiques américaines, de sorte qu'elles puissent vendre des médicaments en Inde à des prix plus élevés. - Mettre fin aux pressions des USA pour que l'Inde renonce à son programme de sécurité alimentaire en sapant le système public de distribution alimentaire.. - Mettre fin aux pressions des USA sur l'Inde pour affaiblir les lois qui protègent les rares droits des travailleurs et les rares droit environnementaux. Les partis de gauche appellent à une journée de protestation contre la visite du Président Obama le 24 Janvier. Arrêtons l'agression étasunienne Arrêtons l'ingérence US dans les affaires intérieures de l'Inde Arrêtons la collaboration militaire américano-indienne Initiative Communiste 5 Janvier 2015 Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 a justice bulgare a décidé ce mardi 20 janvier l'extradition vers la France de Fritz-Joly Joachin, un Français proche des frères Kouachi, les auteurs de l'attentat du 7 janvier contre Charlie Hebdo à Paris. "Je suis innocent, je veux retourner en France", a déclaré Fritz-Joly Joachin. Il a admis connaître de longue date Chérif et Saïd Kouachi, mais conteste avoir été associé à la préparation de leur attentat. Le tribunal de Haskovo (sud) s'est prononcé sur un mandat d'arrêt émis contre cet homme de 28 ans, d'origine haïtienne, pour "participation à un groupe criminel armé dont l'objectif était l'organisation d'actes terroristes". La décision est définitive, et selon Radi Radev, l'avocat du suspect, l'extradition pourrait intervenir "dans les 24 heures". Les faits reprochés à Fritz-Joly Joachin seraient passibles de dix ans de prison. Interrogé par l'AFP à la fin de l'audience, il s'est dit "content de retourner en France", et a répondu "non" à la question de savoir s'il redoutait une condamnation. En direction de la Syrie avec son fils de 3 ans L'homme avait été interpellé le 1er janvier alors qu'il tentait de franchir la frontière bulgaro-turque avec son Fritz-Joly Joachin entouré de policiers bulgares. (Reuters) fils de 3 ans, dont on soupçonne qu'il voulait l'emmener en Syrie. Fritz-Joly Joachin voyageait lors de son arrestation avec trois autres personnes, toutes soupçonnées de contacts avec Chérif Kouachi. Mais seul Fritz-Joly Joachin a été arrêté en Bulgarie - au titre, à l'origine, d'un premier mandat d'arrêt pour enlèvement parental -, ses compagnons ayant pu poursuivre leur route vers la Turquie. Parmi eux figurait Cheikh Diakhabi, un Français condamné en 2006 pour être entré illégalement en Irak, et qui a été arrêté le 2 janvier en Turquie. Il devrait être expulsé vers la France d'ici "quelques jours", a indiqué une source proche du dossier à l'AFP en Turquie. La compagne turque de Fritz-Joly Joachin, Imané Chanaa, qui l'accompagnait aussi au moment de son arrestation, a pour frère Younès Chanaa, détenu pour participation supposée à un réseau de recrutement en Europe de jihadistes pour le groupe Etat Islamique, ont précisé des enquêteurs. Le JDD 20 janvier 2015 Etats-Unis: levée d’une partie des restrictions à l’encontre de Cuba L es Etats-Unis allègent les restrictions de voyage et de commerce avec Cuba, au lendemain de la libération de 53 prisonniers politiques par La Havane. Les mesures annoncées par Washington entrent en vigueur dès ce vendredi, et suivent l’annonce de Barack Obama le 17 décembre dernier. Ce n’est pas encore la fin de l’embargo en place depuis plus de 50 ans, car pour cela il faudra un vote du Congrès, mais les échanges seront facilités entre les deux pays. Le but des premières mesures annoncées par Washington est en effet clairement de faciliter les échanges avec les particuliers cubains et avec le secteur privé, qui s’est ouvert depuis l’arrivée de Raul Castro. En dehors des relations familiales, deux secteurs sont privilégiés, les télécoms et tout ce Immaculeé Bakery & Restaurant 2 Locations en Brooklyn qui touche à internet et l’informatique. Le département du Trésor américain et la Maison Blanche mettent l’accent sur ces points. On comprend bien que l’objectif américain est de favoriser une plus grande liberté de communication et d’information pour les Cubains. On sent que l’administration américaine veut aller vite. Ces mesures entrent donc en vigueur dès ce vendredi. Il est désormais possible pour tout citoyen américain de se rendre à Cuba pour faire du commerce, participer à des échanges culturels, des voyages d’études, des missions humanitaires ou des séminaires. Mais c’est surtout la fin de casse-tête administratifs. Les demandes d’autorisations spéciales n’ont plus court, les motifs de voyage à Cuba sont déclaratifs. Les transferts d’argent autorisés Venus RESTAURANT Specializing in Caribbean & American Cuisine Spécialités • Pâtés • Pain • AK-100 • Gâteaux • Jus citron • Bonbon amidon • Bouchées • Cornets • Pain patate (sur commande) • Bouillon (chaque samedi) • Soupe (chaque dimanche) 1227 Nostrand Avenue (entre Hawthorne & Winthrop) Tél: 718.778.7188 1411 Nostrand Avenue (entre Linden & Martense) Tél: 718.941.2644 We do Catering Available for all Occasions Fritaille etc.. 670 Rogers Avenue (Corner of Clarkson Ave) Brooklyn, NY 11226 “Venus, l’entroit idéal” 718-287-4949 passent de 2 000 à 8 000 dollars par an. Enfin, une fois sur place, il sera possible d’utiliser sa carte de crédit américaine. Ce n’est qu’un début, explique Marie Harf, porte-parole du département d’Etat : « C’est une série de jalons que nous mettons en place et qui font partie de ce mouvement vers l’avant, explique-t-elle. L’un d’entre eux a été la libération des prisonniers politiques, une autre est cette annonce de nouvelles régulations, puis les prochaines discussions. Nous allons continuer à placer des jalons pour avancer dans le processus. » Pas encore la fin de l’embargo Reste tout de même deux obstacles : d’abord, le Congrès américain doit encore voter la fin de l’embargo. Suite à la page (18) KATOU RESTAURANT 5012 Ave M (Entre E. 51 et Utica) 10h am – 10h pm Une innovation dans la cuisine haïtienne à Brooklyn Tous les plats haïtiens réalisés par une équipe de cordons bleus recrutés sous la supervision de Katou Griots – Poissons – Poissons Gros Sel – Dinde – Poulet – Cabri – Boeuf – Légumes Bouillon le samedi – Soupe le dimanche – Bouillie de banane le soir Appelez le 718-618-0920 Livraison à domicile Si vous avez du goût, vous ne lâcherez pas Katou Restaurant Haiti Liberté/Haitian Times 17 Fenêtre ouverte sur la communauté haïtienne de New York (IX)Notre participation au West Indian American Day Carnival ¡Hasta siempre Comandante! ,Chavez pour toujours! Cuentos del arañero* / Histoires** du vendeur de gâteaux RÉVOLUTIONNAIRES . Le 4 février 1992 *** (suite et fin) Ndlr. Dans la première partie de ce texte, Chávez raconte comment le coup d’État militaire qu’il dirigeait a échoué par la faute d’un militaire qui avait dénoncé la conspiration. J Par Lesly Eystache Ç a fait plus de 45 ans depuis que Brooklyn devient le théâtre du plus grand événement multiculturel de la ville de New York, le West Indian American Day Carnival (WIADC). Tenu chaque année pour la fête du travail (1er lundi de Septembre), c’est un spectacle carnavalesque dont les pays participants sont pour la plupart de la Caraïbe. En dépit de son nom, au fil des ans, nous avons également noté la présence de la Guyane et de Suriname, deux pays d’Amérique du Sud, et de Bélize, un pays d’Amérique Centrale. Néanmoins, c’est un événement où les gens viennent pour célébrer la musique, la cuisine, et la vibrante culture de la Caraïbe. Il est connu comme une attraction touristique majeure pour des gens venues de toute part à travers les Etats Unis et d’autres parties du monde. Il y en a des centaines de gens qui vendent de la nourriture, des vêtements, des bijoux, de la musique, et des œuvres d’art. Selon certaines estimations, le nombre des personnes qui assistent à l’événement varie entre un et trois millions, y compris spectateurs et participants. L’événement a été lancé par un immigrant en provenance de Trinidad et Tobago. Etant donné la réputation de célébration carnavalesque splendide de cette nation, Trinidad est devenue la force dominante du WIADC. Son influence est vue à travers les costumes en plume, aux couleurs vives et bien élaborés des participants, à travers la musique (Soca) jouée sur la plupart des flotteurs, et par l’absence de chars allégoriques. Contrairement à la tradition haïtienne, les rois et les reines du carnaval marchent le long du parcours du défilé en portant les costumes les plus élaborés dont certains sont tellement énormes qu’ils sont équipés de roues pour faciliter leurs mouvements le long du chemin. Certains des costumes sont si beaux si exceptionnels qu’on ne peut s’empêcher de se demander comment ont-ils été mis ensemble. Ils sont de véritables démonstrations d’habileté et de talents artistiques. Quant à la musique, elle est jouée en grande majorité par des DJ sur flotteurs. Les groupes « live » sont plutôt rares. La communauté haïtienne participe au WIADC depuis des décennies. A l’instar des Trinidadiens, nos organisateurs sont très influencés par le carnaval en Haïti. Traditionnellement en Haïti, le carnaval contient deux aspects. Dans le premier, les talents en arts visuels sont exhibés à travers des masques, des danses, et des déguisements élaborés. Dans le second, on trouve les groupes musicaux perchés sur des flotteurs géants jouant leurs méringues carnavalesques à haut décibels, entourés de foules immenses de participants non déguisés qui dansent, se poussent et se bousculent. C’est ce dernier que nous avons transporté avec nous et que nous affichons chaque fois que nous participons dans le WIADC. Dans cette célébration multiculturelle des Antillais, nous sommes 18 représentés la plupart du temps par un ou plusieurs groupes « live » sur flotteurs géants, entourés de foules denses de participants non déguisés, la plupart desquels apportent de petits drapeaux haïtiens qu’ils flottent le long du parcours. Au sein de ces foules, on trouve toujours des petits groupes d’hommes, ça- et- là, qui se poussent et se bousculent violemment (tire gagann), et qui causent parfois des incidents où des participants sont blessés ou même tués. Ainsi l’image que nous affichons en général est dépourvue de tout attrait visuel pouvant plaire aux spectateurs. La façon dont nous participons avec notre music assourdissante et nos grandes foules exubérantes dépourvues de déguisement est une indication que nous sommes seulement préoccupés par notre défoulement collectif. Nous ne montrons aucun souci pour les spectateurs. On peut se faire une idée en consultant le site Web du Floridien’s Album West Indian Day parade 2012 (1). De plus, la musique « Di’m sa’w wè » de T-Vice, un groupe omniprésent dans le carnaval ces deux dernières décennies, fournit une description précise de notre participation. Avec sa musique à très haut décibel, il emporte avec lui les foules les plus immenses du WIADC en général. Beaucoup de nos compatriotes se plaignent de la façon dont nous nous y prenons. Ils ont marre de l’absence d’esthétisme ainsi que de la violence qui est répandue dans nos cortèges. On peut parier qu’en plus de ces compatriotes-là, les spectateurs étrangers, le comité en charge de l’événement ainsi que les policiers responsables du maintien de l’ordre sont aussi dégoûtés par l’image que nous affichons chaque année dans le carnaval. Voici un résumé de ce qui s’est passé entre 2011et 2013: en 2011, T-Vice a dû annuler sa participation parce que « les hommes travaillant pour l’entreprise de système de son que nous avons contracté ont été agressés par deux hommes munis d’armes à feu »(2). En 2012, deux groupes musicaux devaient participer, soit T-Vice et Carimi. Au dernier moment ce dernier a dû décommander parce que son flotteur n’avait pas passé l’inspection requise. T-Vice fut le seul à participer. Ils avaient un retard de 2 heures de temps parce que le chauffeur qu’ils avaient embauché pour conduire le char n’avait pas le permis de conduire requis. Ils étaient obligés d’en trouver un autre ayant les documents appropriés. Le retard de ce groupe a causé des problèmes graves. Voici ce que Zawadi Morris, éditrice du Bed-Stuy Patch, un exutoire pour nouvelles locales, eut à dire à ce sujet, en se basant sur un rapport de police: « au moment où ils ont commencé, un très grand écart s’est produit entre les flotteurs. Le leur avançait très lentement et leur musique était la plus forte sur le parcours du défilé. La foule a grandi à une densité déraisonnable en raison du démarrage tardif et le rythme lent du déplacement. A environ 17h15 des coups de feu ont été tirés dans la foule. Une femme a été atteinte au bas du dos et un homme à la hanche gauche. A environ 18h00 un homme a été poignardé dans le cou et a Haiti Liberté/Haitian Times ’étais encerclé, sans connexion avec les tanks, sans connexion avec le Zulia, ni avec la base aérienne de La Carlota. Je me souviens que je portais sur moi une grenade à main, une petite grenade défensive. Lorsque Fernan Altuve Febres comprit que j’allais décider de me rendre, il me dit :« Commandant, c’est un jour historique, offrezmoi cette grenade.» Je la lui ai donnée et aussi je crois une petite radio qui n’avait jamais servi à rien ; je suppose qu’il a gardé tout ça précieusement. Altuve fut témoin du moment où je dus rassembler les troupes que j’avais sous mes ordres dans la caserne, officiers et soldats. Le soleil se levait. J’ai salué mes troupes et officiers et j’ai ordonné :« Vous êtes maintenant aux ordres du colonel du Musée historique et de ses officiers.» Hugo Chávez Frías cette notion de la mort, et vous savez ce dont je me souviens ? Une pensée éclair : « Rosita, María, Huguito, [1] je ne mourrai pas aujourd’hui.» Note de l’auteure : [1] Rosa Virginia, Maria Gabriela et Hugo Rafael sont les trois premiers enfants d’ Hugo Chávez (la dernière de ses filles, Rosinés, n’était pas encore née en 1992). J’ai livré mes troupes et j’ai demandé qu’on les respecte. Là, Santeliz Ruiz m’a dit :« Chavez, maintenant il faut faire attention, parce que l’ordre a été donné que vous sortiez mort d’ici.» Santeliz, Altuve et même le colonel du Musé m’ont aidé à simuler, parce qu’il y avait des francs-tireurs tout autour avec l’ordre de ne pas me laisser en vie. Lorsque j’ai su que l’ordre avait été donné de me tuer, et que les F-16 passaient si bas, l’idée de la mort m’est soudain venue à l’esprit. J’ai dit :« Et par où allons-nous sortir pour que les francs-tireurs ne me prennent pas en chasse, eux qui ont déjà tué trois de mes soldats ?» J’ai eu Ndlr. * Arañero: vendeur de gâteaux (en forme d’araignée) [du mot araña : araignée]. ** Histoires racontées par Chávez au cours de ses allocutions télévisées «Allô Presidente !» pendant ses 14 années au pouvoir, dont 300 ont été collectées par deux journalistes cubains et traduites par Karine Alvarez Ensuite, le comportement des Cubains, face aux décisions américaines. Sur ce point, il faudra évaluer les progrès au fur et à mesure ; mais jusque-là, l’administration américaine souligne que La Havane a rempli sa part du contrat, notamment avec les 53 libérations de prisonniers politiques. Et Cuba accueille la semaine prochaine la secrétaire d’Etat adjointe Jacobson pour établir un programme sur les mois qui viennent, et parler réouverture de l’ambassade des EtatsUnis. On parle même d’une visite du secrétaire d’Etat John Kerry à La Havane, avant la fin de l’année 2015. Maintenant, sur l’opposition de certains républicains au Congrès, certains se sont déjà exprimés comme le sénateur Ted Cruz, d’origine cubaine. Mais les derniers sondages effectués en Floride, où résident le plus grand nombre d’immigrés cubains, montrent que 68 % de la communauté approuvent la décision. Et si l’on regarde dans la tranche d’âge en deçà de 30 ans, on arrive à un soutien enthousiaste puisque 88 % des jeunes approuvent le rapprochement avec Cuba. Les élus républicains vont sans doute réfléchir avant de braquer la nouvelle génération d’Américains d’origine cubaine. Net Afrique été tué »(3) En 2013 aucun groupe haïtien n’était présent à cause d’un manque de support financier. Mais cette année-ci, il y avait trois flotteurs haïtiens. Le premier était occupé par le groupe musical T-Vice qui, comme d’habitude emmenait avec lui une très grande foule avec des participants sans déguisement ni mascarade. Il a été suivi d’un autre flotteur haïtien animé par un DJ et c’était plus typique de la WIADC. Malheureusement, compte tenu de leur proche distance avec T-Vice dont la musique était assourdissante, ce dernier n’a pas eu une vraie foule sauf quelques gens déguisées dont le nombre ne dépassait pas dix. Elles étaient tous des membres du Phoenix Refined (un camp de mascarade haïtienne et la première en son genre) dont la fondatrice, Kimberly Charles, vise à mettre en valeur les talents artistiques haïtiens, et rendre la participation haïtienne dans le carnaval plus visuellement attrayante. Ça c’est une noble initiative qui mérite d’être applaudie ! Le troisième flotteur haïtien appartenait à Brothers Posse dont la musique était moins haute et les participants pas différents de ceux de T-Vice. L’agréable surprise cette année, c’était le comportement des participants Haïtiens. On ne remarquait presque pas de bousculade parmi eux en dépit du fait qu’ils étaient très nombreux. En comparant les deux types de flotteurs haïtiens, on pouvait constater que dans celui qui fut animé par un DJ, il y avait des préparatifs visant à satisfaire les spectateurs, d’où les déguisements des participants. Tandis que dans l’autre, à part le défoulement collectif de nos compatriotes, rien d’autre n’était pris en compte. Aucune considération n’a été donnée à l’aspect multiculturel de l’événement. Tant et si bien que l’un des refrains préférés de T-Vice était : « si ou pa Ayisyen pa kanpe la a ». L’ironie, c’est qu’il y avait un grand nombre de gens en provenance du Bélize qui faisait partie des participants qui accompagnaient le flotteur de T-Vice tout au long du parcours. Ils s’amusaient et affichaient fièrement leurs drapeaux bleus aux bandes rouges qui, de loin, pouvaient être pris pour des drapeaux haïtiens ! Enfin il est grand temps que nos compatriotes prennent l’aspect multiculturel du West Indian American Day Carnival en considération et adoptent un modèle où l’animation est assurée par un DJ où nos talents artistiques sont exhibés! Nous espérons qu’en plus des media so- ciaux, le Phoenix Refined utilise les media haïtiens locaux, surtout les stations de radio communautaires, afin de recruter beaucoup plus de membres et avoir une présence beaucoup plus substantielle l’an prochain. *** Le 4 février 1992 est la date du coup d’État raté de Chávez à la tête du Mouvement bolivarien révolutionnaire-200. Malgré son échec, cette date marque pour le leader vénézuélien le début de sa « Révolution bolivarienne ».\ Suite de la page (17) RFI 17 janvier 2015 Notes : 1. http://lefloridien.phanfare. com//5742211%22 2. https://www.facebook.com/ Vice2k11/posts/10150304687894883 3. http://patch.com/new-york/ bed-stuy/is-the-west-indian-day-paradegrowing-a-tradition-of-violence LACROIX MULTI SERVICES Tel: 718-703-0168 * Cell: 347-249-8276 1209 Rogers Avenue, Brooklyn, NY 11226 www.lacroixmultiservices.com • Income Tax • Electronic Filing • Refund Anticipation Check (RAC) • Direct Deposit - IRS Check • Business Tax • Notary Public • Immigration Services • Translation, Preparation, Application, Inquiry letters • 6 Hour Defensive Driving Course • Fax Send & Receive • Resume • Property Management • Credit Repair Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015 Suite de la page (4) libres, sans ingérence étrangère! Arrêtez Evans Paul pour avoir volé des morts à l’Hôpital général et des matériels à la mairie de Port-au-Prince. Nous ne voulons pas de décrets, Martelly doit partir! Nous ne voulons pas de de facto, Martelly doit partir.” Les manifestants anti-Martelly ont fustigé également la Communauté internationale, en l’occurrence, les Etats-Unis, la France, le Canada, l’ONU-MINUSTAH, l’OEA, l’Union Européenne entre autres qui supportent en Haïti, disaient-ils, un régime de facto, anti-démocratique constitué de dealers de drogue, de kidnappeurs, de corrupteurs, de corrompus, de voleurs et de criminels de grands chemins. Ils continuent à dénoncer la présence physique des ambassadeurs, des Etats-Unis, Pamela Ann White ; du Canada, Paula Valdwell St-Onge ; des représentants de l’ONU, Sandra Honore et de l’OEA, Frédéric Bolduc au Parlement haïtien dans la nuit du dimanche 11 janvier 2015 pour faire pression sur des parlementaires pour prolonger leur mandat au mépris de la Constitution, appelant des parlementaires pour leur intimer l’ordre de venir au Parlement à des heures irrégulières. Au cours de la deuxième journée de manifestation, le samedi 17 janvier, les manifestants ont dénoncé l’infiltration par des bandits légaux de Martelly et d’Evans Paul pour voler et provoquer les protestataires. Ces derniers ont parcouru diverses rues de la capitale sans incidents et de manière pacifique; mais arrivés devant le local de la Fusion des Sociaux-Démocrates, ils ont essuyé des jets de pierres ve- nant du local de KID, où des malfrats à la solde d’Evans Paul s’étaient retranchés. Les agents de la PNH présents dans la manifestation ont ouvert le feu à hauteur d’homme, blessant ainsi plusieurs manifestants dont Mario Jean Musca, venant de la commune de Carrefour ; Angelot Adrien, secrétaire général d’une organisation populaire, « Anbake pou Change », a reçu plusieurs cartouches au cou ; Legros ainsi connu, Julmus Pierre, Jean Bernard Fils-Aimé ; Jean Jacques Jean Claudel, venant de Solino, a reçu une balle au pied en provenance de policiers à bord d’un véhicule CIMO immatriculé 1-618 ; l’ex-prisonnier politique : Jean Robert Vincent, une balle au bras ; Pasteur Semereste : une au nez. Un autre manifestant répondant au nom de Nickenson d’Haïti a été arrêté, torturé et maltraité par des policiers. Il a été conduit au sous-commissariat du Canapé-Vert. Les images en témoignent. Toujours est-il que les manifestations de l’Opposition constituées de Pitit Desalin, Fanmi Lavalas et du regroupement des partis politiques dénommé, MOPOD, ont été dispersées par la police à coups de gaz lacrymogène et d’«eau grattée» en dépit de la résistance des manifestants. Les droits du peuple haïtien à la manifestation sont systématiquement violés par le régime dictatorial Martelly-Paul. Les leaders de l’Opposition appellent à la résistance populaire, la poursuite de la mobilisation pour faire «face carrée» au régime de facto Martelly-Paul et à la Communauté internationale qui supporte ce petit groupe au grand dam de la majorité. la civilisation. Les actes actuels du terrorisme islamiste ne sont pas seulement la conséquence d’un long développement historique. Évidemment, ils doivent être condamnés, poursuivis et traités avec tout le poids de nos lois. Mais nous serions mortellement ingénus si nous croyions que notre civilisation est en danger à cause d’eux. Si elle est dans un danger, c’est par nos propres déficiences, qui incluent les opportunistes réactionnaires qui attendent les actions de l’ennemi pour élargir leur contrôle idéologique, politique et moral sur le reste de leurs propres sociétés. Pour ces gens, peu importe que le policier assassiné pour défendre Charlie Hebdo fut un musulman, ni que le fut aussi l’employé du magasin casher qui a sauvé sept juifs en les cachant dans la chambre froide du commerce. Ce qu’importe est de nettoyer leur pays « des autres », de ces « nouveaux venus », comme si les pays avaient des propriétaires. Le terrorisme ne se justifie en rien ; mais il s’explique en tout. Regarder l’histoire, avec plus d’un siècle d’interventionnisme et d’agressions occidentales au Moyen-Orient, n’est pas un détail ; c’est un devoir. Pour deux raisons : d’abord parce qu’il est fondamental pour comprendre le présent ; deuxièmement parce que le passé démontre, sans doute, que la violence n’est la propriété d’aucune religion, mais de cultures déterminées à des moments déterminés dans des conditions politiques et sociales déterminées. Suite de la page (13) Hitler et presque tous les dictateurs sanglants qui en Amérique Latine ont séquestré, torturé, violé et tué des innocents ou des coupables de dissidence, avaient l’habitude de participer à la messe tandis que la hiérarchie ecclésiastique de l’époque bénissait leurs armes et leurs actions. Mais nous serions intellectuellement barbares si, basés sur ce passé proche et présent, nous terminions en jugeant que le christianisme est une religion violente (comme ça, au singulier), une menace potentielle pour Classified Directory ADOPTION Unplanned Pregnancy? Caring licensed adoption agency provides financial and emotional support. Choose from loving pre-approved families. 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Soyez à l’écoute sur Radyo Panou & Radyo Inite. *Jorge Majfud Auteur uruguayen et professeur de littérature latinoaméricaine à l’Université de Géorgie, Etats-Unis d’Amérique. Traduit de l’espagnol par : Estelle et Carlos Debiasi El Correo. Paris, 17 janvier 2015 Tel: 718-421-0162 [email protected] CAREER OPPORTUNITIES WELDING CAREERS- Hands on training for career opportunities in aviation, automotive, manufacturing and more. Financial aid for qualified students. Job placement assistance. CALL AIM 855-325-0399 FARMING NEW YORK HUNTING LAND WANTED! Earn thousands on your land by leasing the hunting rights. Free evaluation & info packet. Liability coverage included. Bringing landowners & hunters together since 1999. Email: info@basecampleasing. com. Call: 866-309-1507 BaseCampLeasing.com HELP WANTED CPR instructor certified by the American Red Cross. Call Raymond, 718.859-8526. HELP WANTED DRIVERS with TLC License WANTED! With or WITHOUT car. 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Bien souvent, et dans certains cercles, l’appel en faveur d’une nourriture saine et bonne pour la santé est considéré avec dédain, comme une mode » « chic », « hippie » ou « flower power ». La réalité est très différente de ce que ces commentaires à courte vue suggèrent. Défendre une alimentation écologique, paysanne et locale est très «révolutionnaire». Si nous y regardons de plus près, nous voyons comment le modèle agricole actuel est déterminé par les intérêts du capital, des grandes entreprises (du secteur agro-industriel et de la grande distribution), qui cherchent à profiter de quelque chose d’aussi essentiel que l’alimentation. Le système capitaliste, dans sa course pour transformer les besoins en marchandises, les droits en privilèges, transforme aussi la cuisine, et en particulier les produits alimentaires de qualité, en un luxe. Tout comme il a rendu le logement accessible uniquement à ceux qui peuvent se le permettre. Le même sort attend nos systèmes de santé et d’éducation. Non seulement la logique du capital a des répercussions sur l’alimentation, mais la main invisible du patriarcat pèse aussi lourdement sur les chaînes de ce système. Sinon, comment expliquer que celles qui produisent le plus de nourriture, les femmes, sont aussi les plus affamées? Il ne faut pas oublier que entre 60% et 80% de la production alimentaire dans le Sud, selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), est entre les mains des femmes, mais paradoxalement, ce sont elles qui souffrent le plus de la faim, 60% à l’échelle mondiale. Les femmes travaillent la terre, mais elles n’ont souvent pas accès à la propriété foncière, aux moyens de production ni au crédit agricole. Ce n’est pas faire de l’idéologie, mais essayer de faire comprendre à tous ceux qui considèrent que l’idée de «bien manger» est, comme Cérémonie de prestation de serment de notre compatriote Rodneyse Bichotte, New York State Assembly, pour la 42ème District Assemblée devant le Maire de la ville de New York, Bill De Blasio, le dimanche 18 janvier 2015 à Brooklyn College. Photo Edgard Lafond/ Haiti Liberté on dit en France, une idée de «bobos », des« bourgeois bohème », alors que c’est loin d’être la réalité. Si nous répondons aux questions initiales, les données confirment cela. Les riches et les pauvres mangent-ils la même chose? Non. Est-ce que notre revenu détermine notre alimentation? En effet. Une étude de la Plate-forme espagnole des personnes expulsées de leur logement a révélé cela noir sur blanc: 45% des expulsé-es ont des difficultés à acheter assez à manger. Le revenu impose des limites sur ce que nous achetons: il diminue la consommation de bœuf et de poisson et, par rapport à la période pré-crise, la consommation de fruits et légumes frais. En revanche, il y a une augmentation d’achats de produits moins nutritifs, transformés industriellement et riches en calories, tels que les sucreries emballées: biscuits, chocolats, pâtisseries et gâteaux. Notre classe sociale, notre éducation et notre pouvoir d’achat déterminent ce que nous mangeons. Alors, qui est obèse aujourd’hui? En général, ceux qui ont moins, mangent moins bien. Si l’on regarde la carte de la péninsule espagnole, c’est clair: les régions avec les taux les plus élevés de pauvreté, comme l’Andalousie, les Canaries, Castille-La Manche et l’Estrémadure ont le plus haut pourcentage de personnes en surpoids. Aux États-Unis, les taux de surpoids se retrouvent beaucoup plus dans les populations d’origine afro-américaine et sudaméricaine. La crise ne fait que renforcer la différence entre l’alimentation pour les riches et l’alimentation des pauvres. Questionner le modèle agricole dominant et défendre une alternative qui mise sur les besoins sociaux et le respect de la terre, c’est aller vers le cœur de la lutte de classe. Le Syndicat des travailleurs agricoles d’Andalousie qu’on peut difficilement qualifier de «petit-bourgeois», est très clair à ce sujet. Leur engagement est de défendre une campagne vivante, la terre appartenant aux paysans qui la travaillent, en faveur de l’agriculture biologique et d’un autre modèle de consommation. Ce combat défend les «moins que rien», les opprimé-es. Se battre pour une alimentation qui est locale, saine et paysanne est la bataille la plus subversive qui soit. *Article publié à Publico.es, 31 octobre 2014. Traduction par Léo | Lcr-lagauche. org. ALAI, América Latina en Movimiento 11 novembre 2014 RED HOOK SHIPPING SHIPPING FULL CONTAINER LOADS & VEHICLES TO HAITI, JAMAICA, GUYANA AND THE REST OF THE CARIBBEAN ISLANDS Boxes ● Barrels ● Containers ● Vehicles Direct shipping from Brooklyn, NY to Haiti We own 3 ships: Sloman Rover, Trans Gulf & Glamor. 973-690-5363 YON KONEKSY O N DIREK POU HAITI Direct to Port-au-Prince, Miragoâne & St. Marc WEEKLY SAILING FROM NY & NJ PORTS FASTEST TRANSIT TIME IN THE INDUSTRY We specalize in shipping full container loads with personal effects, household goods, commercial cargo, cars, trucks, buses from NY port to Haiti every week, sailing time 10-12 days. Please call GABRIEL or ROBERT Email: [email protected] www.HaitiShipping.com 20 Haiti Liberté/Haitian Times Red Hook Terminal, 70 Hamilton Ave., Brooklyn, NY 11231 Phone: 718.855.1555 • Fax: 718.855.1558 www.redhookshipping.com Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015