exécutif de facto ! cabinet ministériel croupion

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exécutif de facto ! cabinet ministériel croupion
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
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HAÏTI LIBERTÉ
JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE
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EXÉCUTIF DE FACTO !
CABINET MINISTÉRIEL CROUPION !
Gonaïves : Grève
des enseignants,
les établissements
scolaires ne
peuvent pas
fonctionner
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English
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Les Konze de 2004
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Voir page 4
« Chapo ba pou prezidan Martelly » Evans Paul ne se fait pas prier pour remercier Martelly de lui avoir ouvert la porte
grinçante du bonheur et de la honte
RÉSISTANCE POPULAIRE FACE AU
RÉGIME DE FACTO MARTELLY-PAUL
L’attentat contre
Charlie hebdo :
l’occultation politique
et médiatique
des causes, des
conséquences et des
enjeux!
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Daniel Tercier/Haiti Liberté
Voir page 4
Face à cette situation lamentable et dégradante, la plateforme Pitit Desalin, l’Organisation politique Fanmi Lavalas et la plateforme politique MOPOD
appellent à la poursuite de la mobilisation "Nous ne voulons pas de décrets, Martelly doit partir! Nous ne voulons pas de de facto,
Martelly doit partir.”
Les communistes
d'Inde appellent à
manifester contre
la venue d'Obama !
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Editorial
HAITI
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L’opposition n’a pas droit à l’erreur!
Par Berthony Dupont
L
es événements qui viennent de se produire en Haïti, aboutissant à ce nouveau coup d’État des forces occupantes pour
non seulement sauvegarder le statu quo, mais aussi gagner la
cause de l’hégémonie et de la domination américaines, prouvent une fois de plus que la grande conspiration entamée en
2004 avec Gérard Latortue et Boniface Alexandre et continuée
sous René Préval et Michel Martelly contre le peuple haïtien
n’est pas un mythe qu’il faut continuer à dissimuler.
La réalité a été bien mise à l’évidence par le rejet du Premier ministre Laurent Lamothe et son remplacement par Evans
Paul, un spécialiste des complots et des coups bas, agent patenté et stipendié de l’impérialisme, médaille d’or des acrobaties
opportunistes. Ce triste personnage fait partie d’une catégorie
d’hommes et de femmes entrainés pour un certain nombre de
tâches particulières à l’encontre de leur pays et de leur peuple.
On peut affirmer que ces prostitués politiques sont toujours prêts
à se vendre, pour saboter et saper ceux qui sont déterminés à
lutter pour un changement radical. En tout temps, ils ne sont
que de simples exécutants d’une stratégie déjà conçue, élaborée
et mise au point par Washington pour organiser et diriger une
campagne de répression contre les forces populaires et progressistes. Nous sommes loin d’oublier le rôle infâme qu’ont joué
Michel Martelly et son actuel Premier ministre au service de la
mafia impériale, en 2003-2004.
Donc, il faut reconnaitre que derrière ce camouflage, ce
changement de masque, le rôle essentiel du nouveau gouvernement de facto de Evans Paul n’est que de jeter la confusion.
Il s’agit de faire obstruction à la lutte que livrent les forces populaires pour débarrasser le pays de l’emprise américaine, pour
qu’elle n’aboutisse à établir un régime véritablement national,
celui recherché par les forces saines du pays.
Face à cet affront, la situation politique doit revêtir un aspect fondamental : garder vivace et effective la force dissuasive,
déterminante de la mobilisation, et surtout éviter les erreurs insignifiantes. Ce changement de visage du pouvoir ne doit pas
nous déboussoler. Au contraire, c’est le moment pour la population de redoubler de vigilance afin d’effacer cette grossière
insulte d’ingérence qui continue à être faite à la Nation. Toutes
les forces démocratiques et progressistes du pays doivent rester
mobilisées pour débarrasser le pays de cette tutelle étrangère
qui se manifeste politiquement, économiquement et culturellement. Dorénavant, et en toute intelligence du reste, l’ambassade
étoilée devrait être le point de destination de toutes les manifestations appelant au départ du gouvernement de facto de Martelly ; vu que ce repaire de coups bas contre la nation a été et
reste encore le point d’origine de l’audacieuse opération qui a
accouché de K-Plim et qui a bénéficié de la complicité la plus
large au sein de la classe politique haïtienne.
La domination coloniale est une honte pour tous les peuples qui l’ont subie et davantage pour ceux qui la subissent
encore. A ce carrefour, deux mondes se trouvent face à face
dans le pays : d’une part, les partisans d’une politique sinistre
qui ont trahi toutes les aspirations légitimes du peuple par leurs
orientations, leurs alliances qui ont toujours reflété les options
d’une classe bien déterminée, sachant fort bien que sa survie
dépend essentiellement du soutien et de la protection des forces
impérialistes et néo-colonialistes dont elle est le sous-produit.
D’autre part les forces de vrai changement qui tiennent le
pays dans un climat de mobilisation intense devant aboutir à
une solidarité agissante, concrète et une prise de conscience nationale pour éliminer les fantoches, les mercenaires, les agents
de tout acabit jusqu’à bannir à tout jamais l’arbitraire, la corruption et la dégradation humaine qui asservissent les masses
populaires haïtiennes.
Notre secteur dont la majorité est représentée dans l’actuelle
opposition doit consentir à faire de grands sacrifices pour éviter le
piège des attitudes démagogiques, plus promptes à la défensive
qu’à l’offensive pour ne pas faire le jeu de l’ennemi. Il ne nous
faut jamais perdre la foi et la confiance dans la force irrésistible
et la volonté du peuple luttant contre la domination impérialiste.
Il faut en finir avec les épithètes illusoires d’opposition radicale
et d’opposition modérée. La question n’est point là. Il convient
alors, d’observer les faits avec le maximum de lucidité en confiant au mouvement populaire réclamant un vrai changement le
soin de clarifier les choses. Le secteur opposé au pouvoir et aux
forces d’occupation, la Minustah, devrait s’organiser pour affronter ensemble l’ennemi et offrir une alternative conséquente.
Pour mieux saisir les potentialités et les possibilités, il nous faut
un programme minimum susceptible d’avoir l’accord de toutes
les composantes de l’opposition. Ce sera un pas en avant très
net vers la cristallisation d’une opposition cohérente.
1. Départ immédiat de Michel Martelly
2. Pas d’élections possibles avec Martelly et Evans Paul
3. Départ inconditionnel des forces occupantes de la Minustah
4. Formation d’un gouvernement pour remplacer Martelly et Evans Paul : un Exécutif de transition formé d’un
juge honnête de la Cour de cassation validé, agréé par le
peuple, et assisté d’un conseil d’État formé des 10 sénateurs restant au Parlement.
La riposte au complot contre le pays doit venir de tous les
citoyens conscients et conséquents. Il n’est pas trop tard pour
refonder notre pays. En ce sens, l’opposition doit être organisée
et disciplinée pas seulement sur la base de slogans, de bonnes
intentions et de discours lénifiants ; mais aussi en s’appuyant
sur des actes concrets. L’opposition n’a droit ni à l’erreur ni à
l’échec de sa stratégie de combat. Si nous gagnons cette bataille, Haiti a beaucoup de chances de changer de cap pour de
bon ; mais si nous la perdons, l’avenir du pays restera incertain
pour quelque temps à venir.
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
A Travers Haiti
Gonaïves : Grève des enseignants, les
établissements scolaires ne peuvent
pas fonctionner
Déclaration de
l’Organisation Politique
Fanmi Lavalas
Les lycéens qui ont toutes les peines du monde à trouver des professeurs sont obligés de gagner les rues pour
faire passer leurs revendications.
Par Dieulivens JULES
S
uite au mot d’ordre de grève générale
illimitée déclenché par la plateforme
nationale des syndicats d’enseignants
haïtiens depuis le 13 janvier écoulé, les
écoles privées de la ville ne peuvent pas
ouvrir leurs portes, à cause de la manifestation des élèves des quatre (4) lycées dans la cité de l’indépendance.
Depuis la semaine dernière, les
écoles publiques ne pouvaient pas
fonctionner normalement par rapport
au mouvement de grève lancé par des
enseignants pour exiger un meilleur
traitement de l’État haïtien. Les lycéens
qui ont toutes les peines du monde à
trouver des professeurs sont obligés de
gagner les rues pour faire passer leurs
revendications.
La manifestation des lycéens a
paralysé complètement le bon fonctionnement des autres établissements
scolaires de la ville. « Si nous ne pouvons pas trouver des profs, les autres
écoles ne doivent pas fonctionner, a lâché l’un des élèves du lycée Fabre Nicolas Geffrard’ »
Selon les lycéens, les revendications des enseignants grévistes sont
tout à fait justes. Ils ont critiqué sévèrement les responsables du pays, qui
n’ont rien fait pour trouver une solution
à cette crise. Toutefois, ils menacent de
continuer cette mobilisation jusqu’ à
ce qu’ils obtiennent gain de cause. Le
secrétaire général de la plateforme des
syndicats d’enseignants de l’Artibonite,
professeur Didier Pierre se dit désolé de
cette situation. Par ailleurs, l’enseignant
a responsabilisé l’État haïtien qui ne
cesse de traiter en parent pauvre les
enseignants dans le système éducatif
haïtien.
Didier qui se montre plus que déterminé a fait savoir que la grève ne sera
pas levée tant que le président Michel
Joseph Martelly et les responsables de
l’éducation ne prennent pas en compte
les revendications des enseignants travaillant dans le système. Interrogé sur
la reconduction de M. Nesmy Manigat à
la tête de l’Éducation dans le pays, le secrétaire général de la PSEA a qualifié de
provocation le choix de Nesmy Manigat
comme ministre de l’Éducation et de la
Formation professionnelle.
Selon le professeur Pierre, M.
Manigat a causé beaucoup de tort au
système. « Nesmy Manigat a gaspillé
près de 80.000 000 à 100.000 000 de
gourdes dans une question de formation sans structure » a laissé croire le
normalien. D’un autre côté, l’enseignant
Didier Pierre a déclaré que la plateforme
des syndicats d’enseignants au niveau
nationale ne sera pas en mesure de discuter avec le ministre Nesmy Manigat.
La plateforme nationale des syndicats
d’enseignants réclame entre autres, le
paiement des arriérés de salaire à plus
d’un million d’enseignants et la nomination des enseignants.
Haïti, chronique d’une crise électorale (36)
2015, l’année de tous les dangers !
Par Catherine Charlemagne
E
n Haïti, depuis le 12 janvier 2015,
il n’y a qu’un seul chef aux commandes de l’Etat. Il se nomme Michel
Joseph Martelly. Il a inauguré cette
nouvelle ère le vendredi 16 janvier
2015 au Palais national par une allocution solennelle devant le Corps
diplomatique, le gouvernement démissionnaire et l’ensemble des forces et des
personnalités politiques qui le soutiennent dans cette aventure. Pour bien
se faire comprendre et peut-être pour
tester ses nouveaux pouvoirs, quelques
heures plus tard, dans la tradition des
« opérations des gouvernements chanpwèl haïtiens» il a été installé officiellement en pleine nuit à la Primature
comme un pied de nez aux discours
passés de K-Plim, son Premier ministre, Evans Paul, nommé depuis le 25
décembre 2014, mais qu’il avait du mal
à instituer. L’intervention du Président
Martelly devant la nation a pris l’allure
d’une Déclaration de politique générale.
Celui-ci a donné un véritable agenda de
ce que sera sa politique, en tout cas les
grandes lignes de sa nouvelle Administration pour le restant de son quinquennat si la rue, bien entendu, lui laisse le
temps. Rien ou presque n’a été oublié.
Outre l’installation de K-Plim, il a
parlé du gouvernement de consensus,
d’un nouveau CEP, du financement de
partis politiques, des élections, du droit
de manifester et assumant même « En
tant que Président de tous les haïtiens,
Michel Joseph Martelly
sans distinction, la responsabilité de
cette situation ». Et c’est au nom de cette
nouvelle responsabilité qu’il « Compte
également conduire très prochainement
un large débat sur notre charte constitutionnelle [...] en vue de réfléchir
aux amendements nécessaires pour en
moderniser le cadre et l’efficacité ». En
bon prince, le chef de l’Etat n’envisage
pas non plus utiliser l’article 134.3 de
la Constitution pour se maintenir au
pouvoir. Ouf de soulagement pour ses
opposants qui s’attendaient au pire. En
effet, selon le nouveau Martelly, « Pour
éviter tout malentendu sur les motivations derrière cette initiative, je tiens
à souligner que je respecterais l’article
134.3 de la Constitution qui empêche à
un Président de se succéder à lui-même
et qu’en aucun cas, je ne serai candidat
aux prochaines élections ».
Bref, il veut rassurer tout le
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
monde à commencer par ses supports de la Communauté internationale qui, faute d’alternative pour le
moment, continuent à le soutenir
presqu’aveuglement. Surtout, l’homme
s’est habillé d’un nouveau costume
plus conforme à la conjoncture politique qui prévaut dans le pays. Toujours d’après ce qu’il a déclaré dans son
discours au peuple d’Haïti ce vendredi
16 janvier : « Le premier pas vers la
sagesse est certainement l’humilité et
la recherche du compromis, c’est ce qui
devra guider la conduite des affaires
publiques au cours du restant de mon
mandat de Président de la République
». Fermé le ban. On aura tout compris,
Martelly a gagné la première manche.
L’opposition, pour l’instant, encaisse le
coup. Lui, il jubile ! Et c’est incroyable.
L’ancien maestro du groupe musical Sweet Micky, devenu Président
de la République, a eu tout le monde à
l’usure en réussissant son pari : avoir
le droit de diriger le pays par décret s’il
le souhaite. Plus de trente ans après
la chute de la dictature duvaliériste,
jamais quelqu’un n’aurait imaginé
qu’un Président de la République trouverait les moyens de réaliser un tel exploit politique et constitutionnel. C’est
dire que dans ces deux domaines le
peuple haïtien dans son combat pour
la démocratie depuis trois décennies
marque un temps d’arrêt et doit revoir
ses copies pour que plus jamais cela ne
se reproduise. Le plus curieux dans ce
retour en arrière, puisque c’en est un,
honnêtement le Président Martelly n’a
Maryse Narcisse
N
ous, Fanmi Lavalas, représentant
de la majorité du peuple haïtien,
Nous, Fanmi Lavalas, chef de file
de l’opposition modérée,
Réaffirmons notre engagement
de lutter pour le respect des principes
démocratiques et l’instauration d’un
état de droit.
L’État de droit implique le respect
de la liberté d’expression.
L’État de droit implique le respect
de la liberté de chaque citoyen de manifester pacifiquement pour défendre ses
droits : Fanmi Lavalas condamne énergiquement les violences perpétrées par
la police du gouvernement de facto le
17 janvier 2015 contre une population
manifestant pacifiquement.
L’État de droit implique avant
tout le respect de la Constitution. Fanmi
Lavalas rejette la violence et la position extrémiste adoptée par le gouvernement de facto. La rupture de l’ordre
constitutionnel et la violation de la loi
mère plongent le pays dans l’illégalité.
Gouverner seul, tel a été le but recher-
ché par l’Exécutif dès son installation
en mai 2011.
Après des années de lutte, le
peuple haïtien se retrouve encore une
fois sous un régime de facto qui concrétise le projet d’établissement d’une dictature.
La Constitution et les principes
démocratiques en vigueur dans tous
les pays civilisés, établissent pour tous
les citoyens le devoir de résister et de
combattre l’oppression que véhicule la
dictature.
Aussi, Nous, Fanmi Lavalas,
chef de file de l’opposition modérée,
condamnons la violence d’où qu’elle
vienne et réaffirmons notre détermination à lutter pour que des élections
libres, honnêtes et démocratiques se
tiennent cette année dans un climat de
paix.
Yon sèl nou fèb,
Ansanm nou fò,
Ansanm ansanm nou se Lavalas.
Maryse Narcisse
19 janvier 2015
pas usurpé ce plein pouvoir. Il ne s’agit
en rien d’un coup d’Etat militaire encore moins constitutionnel. Tout simplement, il s’est donné les moyens pour
y arriver conformément à ce qu’il avait
envisagé dès le début de sa présidence
et de sa vision de la gestion des affaires
publiques haïtiennes. L’homme a toujours été persuadé que le Parlement
demeure un handicap empêchant
l’exécutif d’agir à sa manière.
Dans sa nouvelle entreprise, le
Président Michel Martelly va être bien
entendu soutenu et aidé par un Premier ministre que certains qualifient,
n’en déplaise à K-Plim, de de facto. Et
çà aussi donne à réfléchir sur les convictions des femmes et des hommes
politiques de ce pays. Surtout sur leur
capacité à résister à la gloire éphémère
du pouvoir et aux fortunes qu’il peut
leur procurer. Quel haïtien, en effet,
pouvait imaginer qu’Evans Paul, oui
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Haiti Liberté/Haitian Times
3
Un Cabinet
ministériel croupion !
Résistance populaire face au
régime de facto Martelly-Paul
Par Thomas Péralte
L
Michel Martelly et son nouveau Ministre des Affaires Sociales et du
Travail, le professeur Victor Benoit qui n’est pas à son essai d’être ministre
au rabais acquiesçant les ordonnances de son nouveau chef
Michel Martelly sous les yeux
amusés de Sandra Honoré parlant
d’un ton dur à son nouveau
ministre de la Communication
Rotchild FRANCOIS JR
Par Marie Laurette Numa
A
près l’installation du Premier
Ministre de facto Evans Paul à
la Primature le 16 janvier, c’était au
tour de ses ministres d’être intronisés
le lundi 19 janvier 2015 à 4hPM, au
Palais National. Le tandem exécutif
de facto Michel Martelly-Evans Paul
a procédé à la mise en place du nouveau gouvernement de facto en Haiti
comportant 19 ministres, dont 6 du
gouvernement
Martelly-Lamothe
reconduits, et 17 secrétaires d'État,
dont 9 du gouvernement précédent.
Les Ministres:
Yves Germain JOSEPH est nommé
Ministre de la Planification et de
la Coopération Externe ;
Duly BRUTUS est nommé Ministre
des Affaires Etrangères et des Cultes
;
Pierre Richard CASIMIR est
nommé Ministre de la Justice et de la
Sécurité Publique ;
Wilson LALEAU est nommé Ministre
de l'Economie et des Finances ;
Jacques ROUSSEAU est nommé Ministre des Travaux Publics, Transports
et Communications ;
Jean François THOMAS est nommé
Ministre de l'Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural ;
Stéphanie BALMIR VILLEDROUIN
est nommée Ministre du Tourisme et
des Industries Créatives ;
Nesmy MANIGAT est nommé Ministre de l'Education Nationale et de la
Formation Professionnelle ;
Florence DUPERVAL GUILLAUME
est nommée Ministre de la Santé
Publique et de la Population ;
Victor BENOIT est nommé Ministre
des Affaires Sociales et du Travail ;
Ariel Henry est nommé Ministre
de l'Intérieur et des Collectivités
Territoriales ;
Hervey DAY est nommé Ministre
du Commerce et de l'Industrie ;
Dithny Joan RATON est nommée
Ministre de la Culture ;
Rotchild FRANCOIS JR. est
nommé Ministre de la Communication ;
4
Quelques autres membres du
cabinet ministériel croupion de
Martelly/Paul
Yves Rose MORQUETTE est nommée
Ministre à la Condition Féminine et
aux Droits des Femmes ;
Lener RENAULD est nommé
Ministre de la Défense ;
Pieriche OLICIER est nommé Ministre des Haïtiens Vivant à l'Etranger ;
Jean Fritz JEAN-LOUIS est nommé
Ministre Délégué auprès du Premier
ministre chargé des questions électorales ;
Jimmy Albert : Ministre de la Jeunesse, des Sports et de l'Action
Civique
Les secrétaires d'État
Henri Robert STERLIN est nommé Secrétaire d'Etat aux Affaires
Etrangères ;
Carel ALEXANDRE est nommé Secrétaire d'Etat à la Sécurité Publique;
Philippe CINEAS est nommé Secrétaire d'Etat Travaux Publics, Transports
et Communications ;
Robert LABROUSSE est nommé Secrétaire d'Etat à la Coopération Externe;
Michel PRESUME est nommé Secrétaire d'Etat à la Planification;
Patrick Sully Wilfrid JOSEPH est
nommé Secrétaire d'Etat à l'Intérieur
;
Audain BERNADEL est nommé
Secrétaire d'Etat aux Collectivités
Territoriales;
Michel CHANCY est nommé Secrétaire d'Etat à la Production Animale ;
Fresner DORCIN est nommé Secrétaire d'Etat à la Production Végétale ;
Fednel MONCHERY est nommé Secrétaire d'Etat à la Réforme Agraire;
Pierre André GEDEON est nommé
Secrétaire d'Etat à la Relance Agricole ;
Marina GOURGUE est nommée Secrétaire d'Etat à la Formation Professionnelle;
Mozart CLERISSON est nommé Secrétaire d'Etat à l'Alphabétisation;
Wilfrid SAINT JUSTE est nommé Secrétaire d'Etat aux organisations sociales.
Gerald ORIOL est nommé Secrétaire
d'Etat à l'Intégration des
Personnes Handicapés ;
Gabrielle HYACINTHE est nommé
Secrétaire d'Etat à la Jeunesse et
à l'Action Civique;
Jacquenet Oxilus : Secrétaire d'État
à la Justice (nouveau Secrétariat)
Haiti Liberté/Haitian Times
a crise politique que connait la première République Noire du monde,
Haïti, a pris naissance dès l’arrivée
de l’équipe tètkale, dirigée par le néo
duvaliériste-macoute, Michel Martelly,
le 14 mai 2011, à cause de son refus
systématique d’organiser des élections
libres dans le pays. Cette crise a, une
fois de plus, de graves conséquences
sur la vie quotidienne de la population et les institutions démocratiques
: l’augmentation du coût de la vie, la
dévaluation de la monnaie, la hausse
du taux de l’inflation, la baisse du taux
croissance, le dysfonctionnement du
Parlement haïtien, le fonctionnement
abracadabrant du pouvoir judiciaire et
la mise en place d’un gouvernement de
facto, dirigé par un réactionnaire, Evans Paul. Telles sont les conséquences
néfastes de la gouvernance de Lamothe
et de l’administration de Martelly. Lamothe s’en est allé avec des millions de
dollars détournés ou volés ; cependant
le peuple exige une reddition de comptes et l’arrestation de Lamothe.
Pour essayer de détourner
l’attention du peuple, Martelly a fait
choix d’un joueur de réserve de l’équipe
tètkale, un pseudo démocrate sous
la dictature des Duvalier, un GNBiste
réactionnaire face au gouvernement
démocratique du président Aristide, un
allié du gouvernement Préval-Bellerive,
transformé en opposant à la fin de son
mandat. Le premier Janvier 2014, aux
Gonaïves, à l’occasion du 210e anniversaire de l’Indépendance d’Haïti,
Evans Paul se réconciliait avec ses
anciens bourreaux : l’ex-dictateur Jean
Claude de Duvalier et l’ex-tortionnaire
Prosper Avril en présence de son collègue GNBiste Michel Joseph Martelly.
Ce fut une nouvelle alliance sous le label duvaliériste-macouto-GNBiste qui
s’est mise au service de la Communauté
internationale contre les intérêts supérieurs de la Nation et du peuple haïtien.
Dans la foulée, certains acteurs
politiques réclament un accord politique
et un gouvernement de consensus ou
de salut public. Ceux-ci devraient être
le fruit de négociations avec les parties
politiques et d’autres institutions républicaines. L’intransigeance et l’arrogance
de monsieur Martelly ont faussé toutes
les démarches devant aboutir à de telles
négociations. Il a choisi unilatéralement
le joker Evans Paul comme Premier
ministre, puis l’a installé à la Primature sans l’approbation du Parlement,
comme le veut la Constitution. Donc
Evans Paul alias K-Plim est devenu un
Premier ministre de facto, prêt à tout
faire, à la manière de Gérard Latortue,
pour continuer de liquider les ressources du pays et maintenir la nation sous
l’occupation étrangère. Monsieur Martelly de son côté, a concrétisé son rêve
murement réfléchi depuis son arrivée
au pouvoir à la faveur de l’International
: dirigr le pays tout seul sous le diktat
de ses patrons des grandes puissances
impérialistes.
Au moment de son installation le
vendredi 16 janvier dernier, le Premier
ministre de facto, Evans Paul a déclaré
: « je ne faisais pas campagne avec le
candidat Martelly, je ne l’ai pas voté
non plus. Il faisait campagne avec un
programme politique. Aujourd’hui, je
suis devenu son Premier ministre, je
dois respecter son programme. Je ne
suis pas Premier ministre d’un parti
politique. Mon Gouvernement (de
facto) a 2 objectifs spécifiques : créer
les conditions nécessaires pour réaliser
des élections et assurer la continuité de
l’Etat… »
Attention ! A tous ceux qui réclament un gouvernement de consensus,
Evans Paul disait qu’il n’en est pas
question. Entendez par là, qu’il n’y
est que pour assurer la continuité de
Laurent Lamothe dans sa politique de
corruption, de pillage des ressources de
l’Etat, de mensonge et de soumission à
l’International.
Face à cette situation lamentable
et dégradante, la plateforme Pitit Desalin, l’Organisation politique Fanmi
Lavalas et la plateforme politique
MOPOD appellent à la poursuite de la
mobilisation contre ce complot. Dans
Manifestation du 20 Janvier pour le départ de Michel
Martelly et de Evans Paul
Un membre de Moleghaf avec sa pancarte dénonçant les Etats-Unis
Photo : Daniel Tercier/Haiti Liberté
cette perspective, deux journées de
manifestation, vendredi 16 et samedi
17 janvier ont été réalisées, à Port-auPrince et plusieurs autres villes du pays
pour continuer d’exiger le départ de
monsieur Martelly du Palais national.
Ce sont les mêmes slogans qui réson-
nent dans les manifestations durant le
parcours: “ A bas Martelly! A bas de
facto ! A bas Evans Paul ! A bas K-Plim
! Arrêtez Lamothe ! Arrêtez Martelly !
A bas MINUSTAH ! A bas occupation
! A bas l’ ingérence! Vive les élections
Suite à la page (19)
DISPOSITIF DU JUGEMENT RENDU PAR LE TRIBUNAL
DE PREMIÈRE INSTANCE DE MIRAGOANE
Par ces motifs,
Le Tribunal après avoir délibéré au voeu de la loi et sur les conclusions du Ministère public se déclare compétent
pour examiner cette action en revendication du droit soumise à son délibéré. Dit qu’elle est recevable en la
forme, octroie défaut contre les sieurs et dame Brant DORCE, Gérard CADET et Mathilde DORCE pour n’avoir
pas comparu à l’auddience du 27 Octobre 2014, quoique régulièrement assignés et sommés d’audience.
Déclare que la MICA SUD (Mines et carrières du sud dont le siège social est à Port-au-Prince, Bizoton 51 No 03,
commune de Carrefour) représentée par son directeur administratif Monsieur Philippe MATHON est incommutable propriétaire de ces 16 carreaux et demi sis et situés à Mornes blanches et à Duverger, zone dépendante
de la sixième section communale de Miragoane. Ce terrain est borné avec la route de Miragoane allant à l’Anse
à veau, avec les héritiers SILENCIEUX DORCE, avec les héritiers TENDA, avec les héritiers DUVERGER et à qui de
droit. Ordonne l’expulsion et le déguerpissement de tous les assignés et les héritiers de feu Bozor DORCE et de
Celide SURIN sur la dite propriété et la démolition de toute construction érigée sur la propriété susmentionnée.
Accorde l’exécution provisoire sans caution, vu qu’il y a titre authentique, condamne les assignés solidairement
à trois cents mille gourdes 300 000 de dommages intérets. Les condamne également aux frais et dépens de la
procédure. Commet l’huissier Chavanne JEAN–BAPTISTE immatriculé au greffe du Tribunal de première
instance de Miragoane pour signifier la présente décision. Ainsi jugé et prononcé par nous, Mariedeline PAUL,
en présence de Maître Ronald THESSIER, Substitut Commissaire du gouvernement de ce ressort, asssité de
Emmanuel DESIR, Greffier de ce siège en audience ordinaire civile et publique de ce jour du 10 Novembre
2014, an 2011 de l’Indépendance. Il est ordonné a tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement
à exécution; aux officiers du Ministère public près les Tribunaux civils d’y tenir la main, à tous commandants
et autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
Signé : Emmanuel DESIR, Greffier
Maître Kennedy BERANDORVE, Avocat
Maître Darid LAGUERRE, Avocat
Maître Uziene DORANTE Avocat.
Avis
Le tribunal de première instance de l’anse-à-veau compétemment réuni au Palais de
Justice de cette ville, a rendu en audience civile, ordinaire, publique et en ses
attributions civiles,le jugement par défaut en dâte du lundi
2 Juin 2014 et le dispositif du dit jugement se lit comme suit.
Par ces motifs,le ministère public entendu, et selon le voeu de la loi, le Tribunal déclare
recevable l’action introduite par les héritiers du feu Celin Sainvil représentés par les sieurs Bénice
Sainvil et Jeune Senor Sainvil ; octroie défaut contre la dame Merceliane Dimanche, démeurant
et domiciliée à Débois, localité de la commune d’Arnaud; ordonne le partage de la succession du
feu Celin Sainvil entre tous les ayants droit; commet l’arpenteur Miguel Bernard et le notaire
Albert Larionne pour les opérations de périmètre; condamne ladite succession
aux frais et dépens de la procédure, ce au terme des articles
674 du code civil et 287 du C.P.C, enfin commet l’huissier
Carole Defonce de ce siège pour la signification de la présente décision.
Ainsi jugé et prononcé par nous, Maître Flaubert, Avocat, juge à l’audience civile du lundi 2 Juin
2014 à 10 heures et 30 minutes du matin en présence de Maître Marc-Antoine Lesperance,
Avocat, Substitut du Commissaire du Gouvernement de ce ressort, faisant office du
Ministère Public et avec l’assistance du citoyen Lunès Destrat, Greffier de ce siège.
Il est ordonné, etc
En foi de quoi, etc
Pour ordre de publication,
Maître Gesner Etienne, Av.
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
Twa Fèy, Twa Rasin O!
Les «abracadabrances» de Micky
Par Fanfan la Tulipe
e connais bien l’adjectif abracadabrant, enfin, pas moi seul. Pour qui je
me prends ? Je sais que le mot est lié à
la notion de caractère bizarre, extravagant, éloigné du bons sens, de la raison,
ce qui de ce fait stupéfie, ahurit. Ainsi,
le discours abracadabrant d’un vieux
routier de la politique en mal de «chaise
bourrée», les propos abracadabrants
d’un président en mal de légitimité. Je
sais aussi qu’il s’agit d’une adjectivation du mot abracadabra, sorte d’incantation mystique à laquelle on attribuait
autrefois des vertus magiques, et qui,
disait-on, guérissait la fièvre, éloignait
certaines maladies, lorsqu’on la portait
inscrite sur une amulette autour du cou.
Ce que je ne savais pas, c’est
que mon ami Rimbaud s’était intéressé à la chose abracadabrante depuis
le 19ème siècle. En effet, reprenant un
sobriquet attribué par Théophile Gautier à la mémorialiste française, Laure
Junot, duchesse d’Abrantès (Gautier,
sans doute éconduit, l’avait surnommée «duchesse d’Abracadabrantès»),
l’ami Arthur avait forgé le néologisme
‘abracadabrantesque’ que l’on retrouve
dans son poème Le Cœur supplicié paru
en 1871 :
http://fr.wikipedia.org/wiki/
Le_C%C5%93ur_supplici%C3%A9Ô
flots
abracadabrantesques,
Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé!
Bien longtemps après Rimbaud,
c’est le président Jacques Chirac qui, le
21 septembre 2000, au cours d’un entretien télévisé, a rendu célèbre le terme
abracadabrantesque pour qualifier les
accusations posthumes de Jean-Claude
Méry [ndlr. Promoteur, homme d’affaires,] sur les financements occultes
du RPR [ndlr. Rassemblement pour la
République, parti politique français de
droite se revendiquant du gaullisme].
Le terme est resté, et a été largement
repris dans les médias, dans le sens
d’«abracadabrant», d’invraisemblable.
À ce néologisme rimbaudo-chiraquien,
j’ai voulu ajouter, celui, trois-feuillant,
d’«abracadabrance» qui englobe le
mieux, haïtiennement, les propos et
comportements abracadabrantesques
de Martelly.
En écoutant et en lisant l’adresse
de ce saltimbanque à la nation, le 16 de
ce mois, j’ai revécu la succulence (politique) du terme abracadabrantesque,
d’autant que le discours du locataire du
Palais national véhiculait l’abracadabra
magique qu’il répète inlassablement
depuis son inauguration en mai 2011 :
le même blablabla menteur, les mêmes
blablatudes désuètes et surannées, le
même baratin dépassé, le même baragouinage audacieux, les mêmes envolées pseudo-patriotiques et hypocrites
faisant appel aux «pères fondateurs», le
même bavardage éhonté sur «l’unité, la
paix, la tolérance et le respect des uns
et des autres», alors que la récente engueulade nauséabonde, «marché-croixbossalienne», à l’adresse du sénateur
Steven Benoît, par Martelly dément
complètement son propos. Bref, un
spectacle surréaliste destiné à amuser
la galerie et à conforter Martelly dans
son narcissisme.
La première phrase du discours
est un fieffé mensonge : « Il y a trois
mois, le 17 octobre, à l’occasion du
208e anniversaire de la mort de JeanJacques Dessalines, j’évoquais la vision
du Père Fondateur de la Nation…»,
a déclaré Martelly. Est-ce lors de ce
défoulement musical presque carnavalesque, en face du Pont-Rouge, que
cette «vision» a été évoquée, à travers
les turbulences grouilladesques et funambulesques du président ?
À défaut de pouvoir nommer de
solides réalisations à mettre au compte
de son gouvernement, Martelly a
préféré se réfugier sous les arcanes de
«la victoire de l’indépendance, […]
une victoire de solidarité, solidarité sur
l’égoïsme, une victoire du rassemble-
J
ment, rassemblement sur la division,
une victoire de l’union, l’union sur les
luttes intestines, une victoire du rêve
collectif sur les intérêts personnels, et une victoire de l’harmonie, harmonie sur les chemins dispersés.» Pure démagogie, ronflante démagogie, pur abracadabra de politicien véreux qui fait
tout le contraire de ce qu’il dit et proclame. Les quatre années au pouvoir de
Martelly ne sont-elles pas de préférence
la victoire de ses intérêts claniques sur
un rêve collectif qu’il n’a eu cure de
vouloir formuler ?
Martelly veut faire croire qu’il
avait «la conviction que nous saurions nous servir de cette opportunité
[le tremblement de terre] pour non
seulement reconstruire l’espace physique, mais surtout refonder la nation,
réorganiser l’Etat et créer l’environnement propice à la mise en route d’une
véritable dynamique de croissance et
de prospérité, au bénéfice de tous les
citoyens.» À bien regarder, un bilan
de l’année 2012 montre qu’elle a été
marquée par une série de scandales, de
conflits, de crises : les «5E» qui se sont
révélés des coquilles vides ; les slogans
délirants qui ont pris le pas sur les programmes ; les révélations de la journaliste d’investigation de la République
Dominicaine Nuria Piera relatives à des
pots-de-vin reçus par Martelly ; le remplacement des Conseils communaux,
élus, par des Conseils intérimaires
nommés par le pouvoir ; la succession
de plus de six Commissaires à la tête
du Parquet près le Tribunal de Première
Instance de Port-au-Prince, bref l’abracadabrantesque à son plus haut.
Il est délirant, ahurissant
d’entendre Martelly évoquer «le dysfonctionnement de notre Parlement,
faute d’avoir pu régler nos différends et
remplir nos engagements constitutionnels respectifs […], point culminant de
trois années d’efforts infructueux en
vue de respecter les échéances électorales, renouveler le personnel politique
suivant le vœu de la Constitution…» Et
à qui la faute ? À qui toute la faute ?
Sinon à Martelly, qui après environ
quatre années au timon des affaires n’a
pas su ou voulu «réorganiser l’Etat et
créer l’environnement propice à la mise
en route d’une véritable dynamique de
croissance et de prospérité, au bénéfice
de tous les citoyens…»
Martelly veut nous forcer à
«avouer humblement nos faiblesses et
nos erreurs collectives, découlant des
vieux démons de la méfiance, de la
division et de l’intolérance,» sans faire
son mea culpa, sans reconnaître que ses
«abracadabrances» depuis le 11 mai
2011 ne sont que la conséquence de
son comportement arrogant, méprisant,
Marie Carmelle Jean Marie (Manman Tounen), ministre des Finances et
l'ex Premier Sinistre Laurent (Gagòt) Lamothe
Le «testiculaire» Woody alias
Sonson la Familia
discourtois, insolent, souvent obscène
vis-à-vis de la presse, de l’opposition,
des organisations des droits humains,
des organes intimes de la femme, des
parlementaires, de juges honnêtes. Il
est surprenant d’entendre l’homme
parler d’« erreurs collectives», alors
qu’il n’est question que de ses seules
rocambolesques dérives.
Les mandats des cartels des
mairies et du tiers du Sénat arrivaient
à expiration depuis la prestation de
serment de Martelly en mai 2011. Le
pouvoir avait préféré remplacer ces cartels élus par des agents intérimaires,
nommés, question d’entretenir sa clientèle politique. Fin 2014, et en ce qui
concerne les élections devant remplacer
sénateurs et magistrats, la population,
comme sœur Anne, n’a pas arrêté de
voir «le soleil qui poudroie, l’herbe
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Le moustachu et ténébreux
Evinx Daniel.
qui verdoie», et en plus de cette poudroyance et de cette verdoyance, les
contorsions carnavalesques, grouilladesques, funambulesques et abracadabrantesques de Martelly ivre de pouvoir, de jouissance et de l’appui de ses
mentors internationaux.
Quand une majorité de députés se
laisse acheter, domestiquer, vassaliser
par le pouvoir et quand on se rappelle
la fameuse boutade «tout moun jwenn»
du sénateur Anacacis, comment «avoir
pu régler nos différends et remplir nos
engagements constitutionnels respectifs» dans un parlement partiellement
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
croupion, assuré de dysfonctionnement grâce à la connivence vénale de
parlementaires complices «encachettement» des menées antinationales
du pouvoir ? N’empêche, Martelly ose
dire qu’«il est temps de changer cette
apparente fatalité» dont il est l’auteur,
lui et son compère Laurent ‘‘Gagòt’’ Lamothe «une fois de plus impliqué dans
un autre scandale de détournement de
fonds de près de 300 millions de dollars qui serait à la base d’un conflit
l’opposant à la ministre des Finances»,
Marie Carmelle Jean-Marie, alias «Manman tounen», selon les déclarations du
sénateur du Nord, Moise Jean Charles,
citées par le site Tout Haïti (10 juillet
2014).
Depuis presque quatre ans qu’il
est président, Martelly l’audacieux se
lamente qu’«il est surtout temps de
réfléchir tout d’abord sur les causes
profondes de notre mal». Quel Mal ?
L’arrestation d’un député en fonction
sur ordre du président lui-même ?
Une mesure de main levée d’écrou du
juge instructeur Paul Fernaud Jude,
homme de main du pouvoir, en faveur
de Calixte Valentin, assassin présumé
d’Octanol Dérissaint, le 18 avril 2012,
à Fonds-Parisien ? L’arrestation illégale d’un avocat, Me André Michel, à
une heure indue, sur ordre d’un commissaire du gouvernement, Me Francisco René lui-même un appendice
insignifiant mais combien dangereux
du pouvoir ? Le décès d’un juge suite
à une violente et obscène agression
verbale par ce président «lamentard» et
connard à la fois ? C’est à Martelly de
se le demander.
Quel mal ? La confusion sur le
nombre exact d’enfants qui fréquentent
l’école dans le cadre du Programme
de Scolarisation Universelle Gratuite
et Obligatoire (PSUGO) dont les fonds
sont gérés dans l’opacité totale ? Les
voyages incessants en Amérique du
Nord, en Amérique du Sud, dans les
Caraïbes et en Europe, avec une latriye de conseillers, de moun pa et de
souflantyou, sans aucune retombée
positive pour le pays ? La disparition
de l’homme d’affaires Evinx Daniel,
«testicule pensant» de Martelly pour
toute affaire de drogues les concernant ? L’arrestation de Woodley Ethéart, dit Sonson la familia («testicule
surnuméraire» du président) pour kidnapping, association de malfaiteurs,
blanchiment d’argent. Autant de maux
à mettre au compte de Martelly que ne
peuvent dissiper ses mots hypocrites :
« droits de tout un chacun ... justice
saine et impartiale…un cadre légal
moderne et crédible… une démocratie
effective… respect des règles du jeu»
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Haiti Liberté/Haitian Times
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5
Kwonik Kreyòl
Aksyon patriyotik: yon mouvman
politiko kiltirèl
Dezyèm pati
Kreyasyon Mouvement
Haïtien d’Action Patriotique
(MHAP)
Se nan pèspektiv sa a revi Courrier
Rouge pran inisyativ regwoupe
jenn pwogresis ayisyen pa dis,
pa ven, nan yon rezo « groupes
d’action patriotique (G A P) » pou
sansibilize ak mobilize kominote
ayisyen lan Nouyòk. An jen 1971
jounal Coumbite parèt e li anonse
kreyasyon òganizasyon ki pote
menm non an. Bi li se te inifye
mouvman revolisyonè ayisyen
an. Nan pèspektiv inite a toujou R.
D. H. (Rassemblement Démocratique
Haïtien), Nouvelle Action Patriotique,
O.R.12N (Organisation Révolutionnaire 12 Novembre) ak jounal Réalités Haïtiennes fè fizyon lan Nouyòk
anndan R.F.P.H. (Rassemblement des
Forces Progressistes Haïtiennes). Comité Vertières pran nesans lan Boston.
Comité Haïtien d’Action Patriotique
(CHAP) te deja kanpe nan Monreyal.
Nan menm ane 71 la gen bilten Front
Haïtien d’Information et de Résistance
ki pran lari ak sant òganizasyonèl li an
Frans.
Lè Komite 28 jiyè fòme pou ko-
Dezyèm plak gwoup Solèy Leve
janbe lan Nouyòk ak Monreyal. Mayi
Anmè, yon emisyon radyo ki te soti
nan Sèk Kiltirèl Mapou te gen tan ap
fonksyone sou antèn WFUV nan inivèsite Fordham pou ajoute vwa l nan
konsè anti-divalyeris, anti-enperyalis
la. Byennavan sa konpatriyòt yo te
deja ap koute L’Heure Haitienne ki te
baze nan inivèsite Columbia.
Vè lane 1973 ORHAP (Organisation
Révolutionnaire d’Action Patriotique)
ki t ap pibliye jounal Bois-Caïman pral
kanpe sou restan CHAP nan Monreyal.
Se nan dezyèm peryòd sa a modòd
« front uni » ak « front démocratique
large » pral gaye. Lan menm epòk sa
Yon plak Atis Endepandan
memore anivèsè debakman sòlda ameriken an Ayiti, modòd « lutte ouverte
anti-dictatoriale, anti-imperialiste »
lanse. Se fen mwa jiyè 1971 sa a yon
voum moun patisipe lan manifestasyon
pou denonse rejim divalyeris la ak
zakolit enperyalis li yo. Men lè yon
dibita moun tonbe pwopoze tèt yo
kòm volontè pou fè travay patriyotik
la mache, komite a fè bak akoz potko
gen okenn pwogram travay ki te
diskite. Apati dat sa a diskisyon mete
pye pou disoud komite a e fòme yon
òganizasyon laj ki te sipoze rasanble
moun diferan ideyoloji ak divès
tandans. Manm diferan gwoup yo pase
yon mwa edmi ap delibere, fè mannèv,
dejwe mannèv. Alafen, gwoupman
dedwat yo pran desizyon pou rale kò
yo. Komite Mobilizasyon ki te fòme
apre ensidan Hunter College la te vle
gen patènite mouvman an e li te pwopoze tout lòt gwoup yo pou vin gwosi
ran li. G.A.P. yo menm te mande pou
tout gwoup yo mete tèt ansanm pou
bay yon nouvo òganizasyon. Komite
Mobilizasyon te bije bat ba e se konsa
MHAP (Mouvement Haitien d’Action
Patriotique) pran nesans.
Evolisyon Mouvman
Patriyotik Ayisyen an
An 1972 gwoup En Avant parèt sou
sèn nan an Ewòp ak sèten kritik sou
erè mouvman an te komèt, apre sa li
6
a plizyè gwoup gòch ap mete ansanm
nan lit pou libète demokratik an Ayiti,
lit pou ede refijye ayisyen, lit kont depòtasyon travayè ayisyen san papye. Se
konsa KODDPA1 fòme lan Nouyòk,
CACREH2 lan Monreyal ak CAB3 lan
Boston. Gen kèk nouvo gwoup tou ki
fè aparisyon yo an Ewòp. Se Comité
d’Action Patriotique Charlemagne Péralte, Comité Benoit Batraville ak Comité Raymond Jean François an Frans,
Comité Marchaterre an Bèljik. An 1973
dwat la te pran inisyativ pou rasanble
divès òganizasyon dwat, gòch ak patriyòt endepandan anba parapli FLESH
(Front de Libération Economique et
Sociale d’Haïti). Sa pa t mache. De
zan apre gòch la pran menm inisyativ
la pou fòme Regroupement des Forces
Démocratiques Haïtiennes. RFDH rale
men li pa janm rive mache.
Kidonk se yon sektè nan gòch la ki
te lanse modòd fwon ini an, nan lane
1974 sou tèm inite fòs anti-divalyeris
yo. Sepandan, lide a bwete, li pa t janm
ka derape pou trennen moun dèyè l.
Anmenmtan konpatriyòt yo te admèt
yon inite aksyon ant tout fòs opozisyon
yo nesesè pou dechouke rejim divalyeris la, yo te rive konprann ou pa ka
mete tout moun nan menm sak la. Sa
te kreye yon dilèm sitou tout moun te
dakò se Ayiti teren batay prensipal la
ye.
Gen yon lòt sektè nan gòch la
ankò ki te parèt ak modòd « le parti
Haiti Liberté/Haitian Times
d’abord ». Sa te vle di, anvan pou
nenpòt lit konsekan ta deklannche
pou kraze rejim makout la fòk kan
pèp la ta gen pwòp pati politik li.
Men sa ki te dwòl la, gwoup ki te vin
ak modòd la se moun lan Nouyòk li
t ap eseye mobilize. Sa ki te kreye
yon lòt pwoblèm.
Objektif Aksyon Patriyotik la
se te mobilize ayisyen aleksteryè
pou ede fwon enteryè a pa tout
mwayen posib. Sa te sipoze tou te
gen yon òganizasyon politik ki t ap
feraye osinon ta pral feraye seryezman ann Ayiti pou kanalize èd sa a.
Men chak fwa yon militan te poze
kesyon sou egzistans fwon enteryè
a li pa t janm ka jwenn yon repons valab. Apre twazan aktivite mouvman an
t ap fè move wout dapre opinyon jeneral la. Pandan tan sa a anpil divizyon
te gen tan kreye lan mitan òganizasyon
yo ki eklate bay plizyè lòt ti gwoup. Detraktè yo te pran abitid rele yo : « groupuscules de goche ».
Reyalizasyon Mouvman
Aksyon Patriyotik
Malgre mouvman an te bije kòlte ak
yon bann pwoblèm, kominote ayisyen
toupatou nan dyaspora a te dakò pou
bay patriyòt yo kredi pou diferan inisyativ yo pran ak divès aktivite yo te reyalize. Aksyon yo te poze te pèmèt yon
nouvo van lespwa soufle nan mitan
egzile yo ak posiblite pou anfen yo resi
wete manto laperèz ki t ap peze lou sou
zepòl yo a. Nouvo militan pwogresis yo
te fè gwo saktifis lè yo aksepte mennen
batay adekouvè kont pouvwa diktatoryal Ayiti a. Chwa sa a te lakoz otorite
ki ap sèvi rejim reyaksyonè a mete non
yo sou lis nwa dekwa patriyòt sa yo pa
kapab tounen lan peyi yo ankò. Menm
fanmi yo te bije mache sou pinga yo.
Sa konn rive pami revolisyonè ki antre kanmenm an chatpent lan peyi a,
kèk ladan yo ateri Fò Dimanch lè fòs ki
anchaje fè represyon yo pa etenn souf
yo. Mouvman Aksyon Patriyotik la se
fason ayisyen konsyan ki ap viv andeyò peyi a te jwenn pou pwoteste kont
kòkòday makòday ant peyi enperyalis
yo ak gouvènman restavèk lakay la.
Mouvman sa a ride anpil ayisyen wè
klè lan pwoblèm peyi yo ; li fè yo konnen yon fwa pou tout kilès ki lennmi
yo, kilès ki zanmi yo. Ak mouvman
patriyotik la yon latriye fanm kou gason vin pa pè pale politik ankò, li jounal
politik, patisipe lan reyinyon ak manifestasyon politik.
1. Kanpay pou liberasyon
prizonye politik
Aksyon patriyotik la pa t rate yon
okazyon pou pote kesyon prizonye
politik yo ak move tretman yo sibi, ni
lan medya yo ni devan enstitisyon k
ap soutni diktati a, nan peyi Etazini,
Lafrans ak Kanada an patikilye. Mach
pasifik ki fèt pou egzije liberasyon prizonye politik yo ak petisyon ki abouti
jis lan kongrè Wachintonn te fòse palmantè peyi sa yo ak Lakwa Wouj entènasyonal voye misyon tanzantan al
obsève sa k ap pase ann Ayiti. An 1974
Regwoupman Fòs Demokratik pibliye
yon michan dokiman ak lis detaye kantite prizonye k ap koupi nan kacho Fò
Dimanch, Penitansye Nasyonal ak lòt
prizon nan pwovens. Li ekspoze ak bon
jan detay mati ak tòti yo fè prizonye yo
pase lè se pa egzekite yo egzekite yo
kareman. San konte pèsekisyon politik
ak tray militan pwogresis kou fanmi yo
ap pase anba men bouwo rejim makout
la. Yo pa manke siyale taktik mètdam
rejim divalyeris la ki konn pran plezi ap
pibliye lis prizonye li lage alòske bonkou deja anba tè osnon te deja jwenn liberasyon yo. Anpil fwa prizonye yo lage
yo, yo repran yo ankò kèk jou oubyen
kèk semenn apre epi yo disparèt san
kite tras.
2. Lit kont depòtasyon refijye ak
travayè ilegal
Milo : Lapolis touye
Ducken Monfrère,
alias Ti Blan
N
an yon ti lokalite ki rele Betani ki
twouve l tou prè komin Bawon,
Ducken Monfrère, alias Ti Blan, youn
nan militan politik ki t ap goumen nan
fason pa l kont rejim tètkale, kaletèt la
jwenn lanmò li, jedi pase ki te 15 janvye 2015 lan.
Lapolis fè konnen yo t ap chèche
l lontan, paske Ti Blan gen yon latriye
akizasyon sou do l tankou vòlè ak kidnapin. Men, anpil moun ap mande eske
se vre ? Poukisa lapolis touye Tiblan,
aloske gwo vòlè ki nan Leta a, yo pa fè
anyen kont yo. Poukisa lapolis pa pase
kòd nan kou Michel Martelly, Laurent
Lamothe, Jean Renel Sanon ak nouvo
minis lajistis la ki se Pierre-Richard
Casimir ak yon bann lòt mimi ki nan
ministè yo.
Sa k pi tris la, tout moun konnen
nan prizon Kwadèboukè, rejim sa a te
kraze prizon an pou fè sove yon latriPwoblematik kolonn ayisyen ki pran
kanntè, brave lanmè sou ti vwalye,
mete lavi yo andanje pou chèche refij
nan Ziltik4, Naso ak Miyami se yon lòt
teren kote gwoup patriyotik yo te mennen yon lit san pran souf pou defann
dwa refijye yo e anpeche imigrasyon
ameriken depòte yo yon fason abitrè dapre politik de pwa de mezi yo te adopte
nan sikonstans la. Alòske gouvènman
meriken te bay kiben ki ateri Florid nan
menm kondisyon ak ayisyen yo azil
san grate tèt, yo pran ayisyen yo, fèmen yo nan prizon Krome Avenue annatandan yo voye yo tounen Ayiti. Sou
pretèks kiben yo se refijye politik, ayisyen yo se refijye ekonomik. Batay la
te pran plizyè fòm : petisyon, lèt, sansibilizasyon lan medya, mach pasifik,
manifestasyon, sitin, konferans, pwosè. Chak ti batiman ki fè nofraj, chak
vwalye bato meriken bare sou lanmè
te sèvi siyal raliman pou yon nouvo
batay. Patriyòt yo pa t manke tou, depi
okazyon an prezante, pou denonse akò
tèt chat leta ayisyen te aksepte siyen ak
Tonton Sam ki bay meriken dwa arete
kanntè nan lanmè Ayiti. Twa gwo dram
ki make konba sa a se lanmò Turenne
Deville5, kadav Hillboro Beach6 yo ak
nofraj sou zile Cayo Lobos7 la.
Yon lòt aspè nan lit kont depòtasyon an se aksyon gwoup patriyotik
yo mennen pou defann travayè imigre
san papye yo. Demach yo mennen pou
enfòme yo sou dwa yo, fè yo jwenn
avoka pou defann yo. Kanpay yo mennen pou denonse move kondisyon tra-
Ducken Monfrère, alias Ti Blan
ye asasen ak kidnapè menm Clifford
Brandt te libere. Nou pa kab bliye tou
Sonson Lafamilia ki se patnè Michel
Martelly ak bofrè li Kiko Saint Remy ;
poukisa lapolis pa kouri dèyè yo ? Sa
vle di gen kidnapè pou yo touye nan
katye popilè yo ; men kanta gwo potanta yo, yo kenbe yo la pou yo libere
yo tanzantan grenn pa grenn.
vay ak lojman travayè agrikòl sezonye
yo sou plantasyon ki pòtre tèt koupe
ak batey dominiken yo. An menm tan
yo lonje dwèt sou atitid ipokrit kapitalis
yo, k ap ankouraje travayè etranje san
papye vin bourike nan antrepriz yo pou
yon salè mizè epi kou ekonomi a ap
mal mache se yo menm yo bay pote
responsabilite a.
3. Devlopman yon
mouvman kiltirèl
Youn lan gwo reyalizasyon Mouvman
Aksyon Patriyotik la se kreyasyon ak
devlopman yon mouvman kiltirèl pou
kore mouvman politik la. Kontni nouvo chante yo, ki te antre lan kategori
chanson revolisyonè osnon chanson
angaje oubyen ankò chante patriyotik, t ap charye mesaj revolisyonè ki te
konfòm ak liy politik aksyon patriyotik
la. Nan premye jou yo gen mizisyen
pwogresis ki te fè anpil efò pou pwodui
yon mizik ki baze sou yon ritmik ak
yon son ki afiche yon karaktè revolisyonè pou akonpaye nouvo tèks yo.
Kòm inisyativ sa a pa t abouti, atis
militan yo te deside itilize mizik epi
rit popilè yo pou sèvi fon mizikal. Sou
plan teyatral gwoup kiltirèl patriyoyik
yo te suiv menm demach la ak objektif pou prezante sa yo te rele yon teyat
total. Yon teyat ki brase diferan jan ak
fòm atistik tankou : pwezi, dans, mim,
mizik ak yon itilizasyon espas senik ki
konte sou patisipasyon piblik la. Nan
diferan gwoup yo se Twoup Kwidò8
Suite à la page (15)
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
Perspectives
Evans Paul nommé Premier ministre ou le militantisme opportuniste de carrière !
Par Jacques NESI
démocratie. C’est également un processus
qui favorise la définition de la démocratie et la formation du peuple, hérité de
la révolution dessalinienne ; c’est-à-dire
que le vote ne peut être refusé à aucun
haïtien (paysan, pauvre, riche, citadin,
vodouisant, catholique…).La seconde
fonction de ces organisations militantes
est de faciliter l’appropriation des citoyens
par les règles, et de nouveaux comportements, l’intériorisation des valeurs et des
aspirations de l’ordre démocratique. C’est
ce que Dominique Schnapper a défini par
l’homo democraticus. Cette dynamique
du militantisme associatif a abouti à
l’émergence de Jean-Bertrand Aristide
dans l’arène politique et à son retour au
pouvoir en 1994.Cependant, ces deux
fonctions sociales ont été dénaturées par
le déploiement des logiques de socialisation facilitant non seulement l’ascension
sociale et l’insertion économique. Contrairement aux militants politiques qui combattaient le régime Duvalier, mains nues,
ou actions armées, ils ne recherchaient
pas des rétributions parce qu’ils ne furent
pas motivés pour des raisons matérielles
ou financières. Les militants politiques à
partir de 1986, indifférents à la dimension
collective de leurs engagements, se montrent soucieux de tirer de la démocratie les
avantages matériels, d’amélioration de
leur bien-être. Autrement dit, la démocratie est un fonds de commerce qui permet
au militantisme politique de s’épanouir et
de s’organiser selon des modalités d’un
rentier. Ce militantisme s’est développé
très récemment depuis les années 1990
où il s’est confondu avec le clientélisme.
D’ailleurs, c’était un critère de recrutement
de certains postes de la fonction publique : avoir été militant actif au sein d’une
organisation populaire. La motivation du
militantisme renvoie à la multiplication
des moyens de nature à être rétribués.
La motivation du militantisme est d’ordre
économique, d’autant plus que le militant
appartient à une catégorie sociale défavorisée. Faire de la politique n’est qu’une
voie permettant de changer ses conditions
de vie, d’accéder aux ressources financières et matérielles. La quête des rétributions est aussi présente au sein des élites
politiques. La démocratie n’entraine-t-elle
pas des pratiques qui concourent à son
délitement ? Le militantisme ne pourrait-il
se corrompre en machine de prédation et
de captation des ressources?
Par ailleurs, depuis 1990, on a
observé que le militantisme politique
n’accorde toujours pas des rétributions
aux sacrifiés de la cause démocratique. Le
troisième moment : c’’est le militantisme
sélectif. Si Jean-Bertrand Aristide, militant
politique aux années 1980, pourfendeur
de la société inégalitaire, a pu devenir
président de la République, cette accession ne se fait qu’aux dépens d’autres
acteurs qui ont combattu leur vie durant
en exil, notamment, le régime Duvalier.
Quels sont les facteurs qui expliquent
les limites du militantisme et qui expliquent sa crise? D’abord, le vote a été un
facteur d’affaiblissement du militantisme.
L’élection, c’est l’épuration de la démocratie, disait Madison. Le fait que les électeurs
sélectionnent leurs candidats non pas en
raison de leur militantisme, mais plutôt
en raison de leur proximité, non pas en
raison de leurs compétences, mais plutôt
en raison de l’image qu’ils projettent dans
l’électorat, dissuade l’engagement militant. Ensuite, l’électeur en Haïti se moque
du parcours du candidat, ce qui compte
à ses yeux, c’est sa capacité à distribuer
subsides, postes, soutiens à l’accès d’un
enfant au lycée, à la fonction publique. Le
troisième facteur, c’est que la participation
politique connait ses limites : l’action du
politique est peu efficace. Il n’agit pas, il
exerce peu d’effets sur la vie des gens. Les
ressources dont les élus disposent ne sont
employées qu’à entretenir sa clientèle et à
sanctionner les citoyens qui ne l’ont pas
choisi. Ce sont les organisations non gouvernementales qui organisent la vie en
société, les organisations religieuses, pratiquant le prosélytisme, qui sont en situation de répondre à la demande des citoyens. Le quatrième facteur est l’abstention
PAUL J. JOURDAN
RINCHER
L
a contestation qui affaiblit le régime
« mickiste » depuis quelques semaines
s’est traduit non seulement par une érosion du mouvement en raison de la période des fêtes de fin d’année mais encore
par la nomination à l’initiative du président de la République d’Evans Paul au
poste de premier ministre. Disposant d’un
capital politique et d’un capital de sympathie dans les milieux politiques, Evans
Paul qui a connu depuis plus de trente ans
une vie publique mouvementée, qu’on
pourrait situer sans risque de se tromper
à droite, de façon paradoxale, donne une
nouvelle vie au quinquennat de Martelly.
Evans Paul, qui a combattu les divers régimes autoritaires et post- autoritaires, qui
a été victime des tortures des gouvernements Duvalier, Avril, Cédras, accepte de
s’engager dans un aventurisme politique
aux côtés de Michel Martelly. Evans Paul
qui s’est toujours montré intraitable face
au respect de la règle de droit, en toutes
circonstances, rejoint cette équipe de
coyotes d’une République en décomposition où pullulent des véreux, qui sont
prêts à tuer père et mère, à fouiller le sol
où reposent les victimes de la sauvagerie
de différents régimes pour en faire des
trophées au service de leurs ambitions
personnelles. Au- delà des critiques que
soulève la nomination de Evans Paul,
désormais vêtu de probité minimale et de
camisole blanche, celui-ci n’entend pas
laisser filer cette chance d’être premier
ministre, mais la coule sous les flots de
boue et de l’eau sale dans une proximité
douteuse avec le régime actuel. Le cas de
M. Paul mérite examen. Nous proposons
de l’insérer dans un cadre de réflexion
qui nous conduit à nous demander pourquoi un militant politique, adversaire du
régime, poseur de chausse-trappes, tricoteur de lexique incisif anti-gouvernemental s’engage à servir celui-ci au nom
du prétendu statut de serviteur de l’Etat ?
Le militantisme politique en Haïti n’est-il
pas en crise aujourd’hui ? Ne peut-on pas
y voir la confirmation d’un militantisme
opportuniste de carrière ?
Il y a quelque chose de malsain,
d’inquiétant dans la totale captation du
pouvoir du président de la République. Le
discours de celui-ci et de son premier ministre, le vendredi 16 janvier en cours, qui
ressemble à un spectacle destiné à amuser
l’opinion publique, confirme la soudaine
complicité du président de la république et
de son premier ministre. Cette relation est
critiquable, parce qu’elle met en évidence
le soupçon de vassalisation qui pèse déjà
sur M. Paul, d’une part. De l’autre, elle
rend peu crédible tout engagement d’un
acteur politique. Autrement dit, qu’est-ce
qui a pu déterminer un militant politique,
Evans Paul
tel Evans Paul, un roc, un croûton, un
granit à renoncer à la confiance qu’il inspirait jusque- là pour être le sauveur du
quinquennat mickiste ?
Interrogeons-nous sur le concept
militantisme. Nous reprenons la définition
sur laquelle s’entendent les politologues.
Le militantisme, l’expression de la participation politique, est une action collective
organisée, concertée qui se développe
dans une logique de revendication, de
défense d’un intérêt matériel ou d’une
cause (Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, 1996, p. 10). Le militantisme c’est se mettre ensemble, s’unir,
agréger ses forces pour contester, revendiquer, ou refuser. Le militantisme désigne « toute action volontaire, réussie ou non,
organisée ou non, épisodique ou continue, employant des moyens légitimes ou
illégitimes, visant à influencer les choix
des politiques, l’administration des affaires publiques ou le choix des leaders
politiques à tout niveau du gouvernement local ou national » (Weiner, 1971).
Trois moments particuliers traversent le militantisme politique en Haïti.
Le premier moment celui des années 50
et 60 où le militantisme syndical a connu une percée fulgurante sous François
Duvalier qui le décima d’une part par le
recours à la violence, aux moyens contraignants et répressifs ; de l’autre par le
rachat de ses animateurs. Des militants en
exil furent rejoints par des milliers d’autres
qui résistaient au duvaliérisme. C’est ce
que nous appelons le militantisme résistantiel. Le second moment, en 1986,
correspond à la multiplication des formes
organisationnelles qui se situaient contre
le retour du duvaliérisme au pouvoir et
l’impunité. C’est la dynamique du militantisme associatif qui connait son bel âge
florissant. Il coïncide avec l’émergence des
partis politiques. Les acteurs de ce militantisme sont jeunes, extérieurs au pouvoir politique. Etant au stade d’initiation,
ils sont porteurs des valeurs des droits
de l’homme, partisans de la démocratie
libérale, critiques à l’économie libérale.
C’est ce que nous appelons le militantisme
initiationnel de transit. Celui-ci avait
deux fonctions sociales: l’une favorise
la socialisation dans un cadre normatif
porteur de la modernité politique, de la
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grandissante, qui est en même temps,
une conséquence du militantisme politique en crise, parce que les citoyens ont
peu d’influence sur le choix de leurs élus,
notamment le candidat aux élections présidentielles. Le choix exclut les militants,
s’opère par les partis politiques au pouvoir, disposant d’importantes ressources
selon des logiques peu concurrentielles et
par les organisations électorales qui procèdent à la marchandisation du vote. Contestés, les résultats installent les acteurs
de la communauté internationale dans
le rôle d’arbitres partiaux. Les élections
de 2006, puis celles de 2011 ont montré
que les censeurs de la démocratie proclament le candidat de leur choix au mépris
des règles électorales et constitutionnelles.
Enfin, en ce qui concerne Evans
Paul, des paramètres personnels sont à
verser à l’analyse. Son long combat politique, ses sacrifices ne lui ont pas permis
d’être le leader à gauche, face à la personnalité et au rayonnement politique
de Jean-Bertrand Aristide. Son mandat
de maire de la capitale, assez bref, ses
relations difficiles avec la famille lavalas
et ses ténors, le contexte politique, les
divisions au sein des organisations partisanes de l’opposition, le soutien et le
jeu de puissance des acteurs de la communauté internationale ont fait d’Evans
Paul, l’homme providentiel pour le régime
mickiste. Un poste de premier ministre dans la trajectoire individuelle d’un
militant renvoie à un militantisme perçu
certes comme un engagement, mais comme un moyen déclencheur d’amélioration
de la vie individuelle, comme un levier
instrumental de la professionnalisation de
l’activité politique. Ce qui confirme notre
hypothèse du militantisme opportuniste
de carrière. Exercer le rôle de chef de parti
politique en Haïti dans cette conjoncture
économique, implique la mobilisation des
ressources matérielles et financières qui
ne sont pas facilement accessibles, en notant que l’Etat en est le seul pourvoyeur.
Néanmoins, les risques politiques sont élevés. Le premier d’entre eux,
est celui du non -respect des principes.
La lecture de Montesquieu de « l’esprit
des lois » nous le rappelle : « Le principe
du gouvernement républicain, c’est la
vertu. » « On peut définir cette vertu, par
l’amour des lois et de la patrie. Cet amour,
demandant une préférence continuelle
de l’intérêt public au sien propre, donne
toutes les vertus particulières ; elles ne
sont que cette préférence. Car chaque
citoyen doit avoir pour le bien public un
zèle sans bornes ».(p. 349). Dans le cadre
du régime politique en Haïti, la légitimité
du premier ministre qui ne souhaite pas
que sa survie ne dépende pas des caprices
d’un président de la République, exige le
soutien du parlement. Le manque d’efforts
pour associer celui-ci à sa désignation
relève du calcul politique, et confirme
l’emprise présidentielle sur l’institution.
Un président requinqué devenu désormais
le monarque qui dispose des pouvoirs
étendus! Ensuite, le fait d’avoir contourné
volontairement ou involontairement le
rite de passage au Parlement entraine
la rupture du lien ombilical entre le
parlement et le premier ministre ; ce qui
rend désormais celui-ci non responsable
devant le Parlement, l’affaiblit et le rend
peu légitime. Enfin, c’est le risque majeur :
la contestation si elle est amplifiée par la
composition du gouvernement annoncée
peut conduire à l’échec politique de M.
Paul. Car, les protagonistes du militantisme conjoncturel –aujourd’hui dans les
rues à Port-au-Prince-sont des militants
adeptes des valeurs anti-impérialistes, et
de l’idéologie des droits de l’homme. Ils
réclament la fin des inégalités, la fin des
tribus de jouisseurs narcissiques. Ils sont
habités par une certaine colère qui s’est
exprimée de manière anarchique parfois
et structurée ,rattachée à une conscience
de classe, à une appropriation des formes
de luttes politiques , à une intériorisation des frustrations .Cette mobilisation
permanente des citoyens soutenue par
une conscience de classe est retravaillée,
recomposée, de manière anticipée et intelligente :reculer pour mieux sauter.
J.N
Haiti Liberté/Haitian Times
7
Perspectives
Les Konze de 2004
Par J. Fatal Piard
Sou chak senk mil entèlektyèl
Katmilnèfsan nan komokyèl
Yon bann tchoul ki san ren k san fyèl
Manno Chalmay
M
esye sa a yo rele Manno Chalmay
la te yon divinò ki wè pi lwen pase
Antwàn nan Gonmye. Men l pat fouti fè
wè si zentèlektyèl Kolektif Non yo te ka
desann ba konsa.
«Il faut constamment soulever les
va-nu-pieds contre les gens à chaussures et les mettre en état de s’entredéchirer. C’est la seule façon pour nous
d’avoir une prédominance continue sur
ce pays de Nègres qui a conquis son indépendance par les armes. Ce qui est un
mauvais exemple pour les 26 millions
de noirs d’Amérique ». Déclaration sur
Haïti du minable Franklin Delano Roosevelt. Ce criminel dans le sang, à l’instar
de tous les autres présidents des EtatsUnis d’Amérique, y compris Obama, lui
aussi évertué à détruire notre pays à petit
feu. Haiti le pays qui a donné une identité
à tous les noirs du monde. Malheureusement, leur dernière malfaisance a été
l’imposition de la Minustah, au clown
Sweet Miki et à ses contrebandiers politiques.
Les entrailles de notre pays ont
certes donné naissance à des preux, qui
ont accepté le sacrifice de leur vie pour
nous affranchir du joug révoltant de
l’esclavage inhumain imposé au nom
de Dieu par les civilisés de l’occident incurablement hantés par le vampirisme.
Cependant, il n’est pas sans dire que
notre histoire est jalonnée de traitres,
d’hypocrites et de mesquins, de criminels, de chenapans, de délateurs et de
fripouilles de tout acabit. Permettez nous
d’admettre que par simple déformation
professionnelle, Guy Philippe et Ravix
Rémissainthe commandités expressément par André Apaid et les ambassades
occidentales, avaient trouvé normal de
torturer sauvagement et d’ingurgiter le
sang des militants Lavalas avant de les
enfermer dans des containers pour ensuite les jeter à la mer.
Militaires de formation, ils n’ont
fait que matérialiser ces instincts makout
et de criminels qu’ils ont appris à intérioriser pendant toute leur vie. Et, personne
de lucide ne saurait s’attende à autre
chose d’eux. Cependant, il est difficilement admissible que des pseudos intellectuels rassemblés à l’enseigne hautement négatif du Collectif Non puissent se
payer le luxe de se ravaler au rang de ver
de terre pour avoir aidé l’Occident dans sa
stratégie de recolonisation d’Haïti. En ce
sens ils se sont illustrés au cours des événements regrettables de 2004 au cours
desquels, Magalie Comeau et Cons ne
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8
se sont même pas rendus compte à quel
point ils étaient burlesques. Avec une facilité
inimaginable, ces agents des colons français et des occupants étasuniens étaient
parvenus à manipuler un certain Pierre
Marie Paquiot. Tout comme ces élites qui
ont appris à tout banaliser. Ce Paquiot, à
l’occasion du scénario mal fagoté du 5
décembre 2003 à la Faculté des Sciences
Humaines, a ravalé son titre de recteur de
l’Université d’Etat au rang de celui d’un
vulgaire chenapan. L’implication active
des intellectuels aliénés et collabos du
Collectif Non dans le sacrilège du 1er janvier 2004 nous amène à nous demander
ce que le pays peut bien donc espérer de
ces pseudo élites noyées dans une avalanche de vilénies répugnantes?
Il convient absolument de permettre à la postérité de pouvoir mémoriser chacun des noms de ces monstrueuses
fripouilles, qui, pendant deux siècles,
n’ont fait qu’accumuler des rancœurs et
de l’amertume contre les masses populaires. Sur la base de leurs pulsions hypertrophiées tendant à humilier leur propre
pays, les Konze de 2004 ont fait une incestueuse mise en commun de leurs bas
instincts de traîtres pour empêcher par la
violence sanguine, la célébration du bicentenaire de notre indépendance acquise
par suite de hautes luttes et d’héroïques
sacrifices, ce que l’Unesco, envers et contre tous, a enfin admis comme étant un
«Patrimoine de l’Humanité».
Les Konze de 2004
Afin que nul n’en ignore, voici donc la
liste des Konze de 2004 qui se sont complus à ingurgiter jusqu’à la lie de l’indécence et de l’ignominie la plus abjecte
juste pour satisfaire les instincts déstabilisateurs de leurs patrons de l’Occident
exterminateur désireux d’en finir une
fois pour toutes avec cette civilisation de
nègres insoumis. Pou pesonn pa di se
manti Ayiti Libète ap fè sou zentèlektyèl
GNB yo, en présentant cette liste, nous
les référons au quotidien le Nouvelliste
dans sa parution du 2 octobre 2003.
Pourfendeurs attitrés du moindre larcin
du gouvernement des masses opprimées, ils ne se gênaient pas de s’embrigader dans les ONG, ces cavernes à corruption et ces structures diplomatiques
dont la mission consistait et consiste
encore essentiellement à perpétuer cette
situation de chambardement sur fond de
misère infrahumaine qui prévaut en Haïti
depuis le parricide du Pont Rouge.
Compatriotes conséquents, souvenez-vous quotidiennement de chacun de
ces noms qui figurent dans la galerie des
Konze de 2004 : Claude-Henry Accacia,
Michel Accacia, Gesner Armand, JeanClaude Bajeux, Anthony Barbier, Jessy
Ewald Benoit, Pierre Buteau, Jean Casimir, Georges Castera, Suzy Castor, Syto
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Haiti Liberté/Haitian Times
Michèle Pierre Louis
Cavé, Amos Coulanges, Jean Coulanges,
Magalie Comeau Denis. Mais quand
même, il faut admettre que cette dernière,
n’a rien à voir avec la gente intellectuelle. Pourtant, elle en a occupé le leadership, juste parce que deux minables
de la diplomatie française Régis Débray
et Dominique Villepin, vestiges infâmes
des colons revanchards avec seulement
quelques euros avaient toutes les possibilités de la manipuler à leur guise. Yo di
lajan fè chen danse, li te fè zentèlektyèl
Kolektif Non yo danse piplis toujou !!!
Suite à la liste des Konze de 2004,
Patrice-Michel Derenoncourt, Max Dominique, Franck Etienne, Marie-André
Etienne, Jude Charles Faustin, JeanClaude Fignolé, Reynold Guerrier, Michel
Hector, Reynold Henry, Laenec Hurbon,
André Lafontant Joseph, Frandley Denis
Julien, Dany Laferrière, (jan n konnen
blan franse rasis ou wè yo pran nonm
sa mete l nan akdemi yo a !!!????,
Yves Lafortune, Yanick Lahens,
Ricardo Lefèvre, Danièle Magloire,
Jessy Manigat-Chancy, Daniel Marcelin,
Gérard Mathieu Junior, Miriam Merlet,
Jean Métellus, Marc-Ferl Morquette, Jean
Michel, James Noel, Raoul Peck men
yon lòt, Claude Pierre, Michèle PierreLouis. En récompense de cet acte de
haute trahison et de crime de lèse-patrie,
cette Michèle Pierre Louis, apatride avant
la lettre, unanimement décriée pour ses
atteintes publiques à la pudeur, fut nommée premier ministre sous le gouvernement de René Préval. Suite et fin de la
liste des Konze de 2004 : Vogly Pongnon, Emelie Prophète, Guy Régis Junior,
Jacques Roche, Wooly Saint-Louis, Paul
Saint-Preux, Amilcar Similien (Simil),
Michel Soukar ki pa di anyen detan Miki
ap fè tout gagòt sa a yo, Evelyne Trouillot, Michel Rolph Trouillot, Lionel Trouillot, (brassard rouge à la solde de Magalie
Comeau) et Gary Victor.
Ces minables sans dignité, figures
de proue de la déstabilisation du pays,
figurent parmi ceux et celles qui sont
fier/ères d’avoir commis ce crime de lèse
patrie ayant entrainé cette énième occupation sur fond de bradage du patrimoine
culturel et économique, de violences, de
viols, de vols, de crimes, de choléra et
prochainement d’Ébola. Attention !, la
liste de ces pseudos intellectuels qui se
Magalie Comeau Denis
Lyonel Trouillot
sont métamorphosés en de monumentales fripouilles n’est pas terminée. Non
contents de se ravaler au rang de vers de
terre rampant dans la boue immonde de
l’ignominie, ils ont fait appel à d’autres
colimaçons qui auraient manifesté leur
intention de prendre part à cette chevauchée inexorable vers les abimes vertigineux da la crapulerie la plus abjecte.
«Pour ceux qui ont exprimé le souhait
d’adjoindre leur signature à cette première liste, une adresse électronique leur
a été communiquée».
Bien d’entre eux ont commis
l’erreur monumentale de quitter cette
terre sans avoir eu la décence d’implorer le pardon de nos ancêtres pour cet
irrémissible affront qui consista à cracher sur leur mémoire juste pour satisfaire les appétences en déstabilisation du
Quai d’Orsay et du Département d’Etat.
Cette hécatombe de notre souveraineté
est symptomatique de ces élites qui au
faîte de la déliquescence dans sa version la plus hideuse ne se gênent pas
de ramper pour lécher la boue immonde
de l’opprobre rivée sous les semelles de
leurs anciens bourreaux et leurs anciens
occupants. Si autrefois la traitrise constituait un acte hautement ignominieux,
avec l’avènement du Collectif Non, elle
est devenue digne de louange et plantureusement payante.
Tout zenglendo zentèlektyèl sa yo
ap mennen nan kolabore ak okipan kolera ak lòt kalte ajan blan an ak pouvwa
kale tèt la tou. D’aucuns se demandent
à raison pourquoi nous n’avons pensé
à faire mention de quelques extraits de
cette déclaration de ces intellectuels sans
principe sur la célébration du Bicentenaire de l’indépendance de ce pays qui
les a vus naître. Cependant, en lisant ces
insanités qui excitent la nausée, nous
n’osons croire nos yeux. Et, personne de
lucide n’aurait cru que des compatriotes
qui se gargarisent d’avoir l’ultime privilège d’être dotés de la dimension rare
de l’intellectualité se seraient ravalés au
point de se complaire à se vautrer ainsi
dans la boue immonde de l’ignominie.
Des zenglendo intellectuels
Cette révoltante occupation du
sol national par la soldatesque onusienne traduit bien l’état d’esprit de ces
zenglendo intellectuels, toujours disposés à collaborer avec leurs mécènes
de l’international pour déstabiliser leur
pays. De par leur attitude jusqu’auboutistes ces zenglendo intellectuels,
ne sont-ils pas les premiers incriminés
dans cette pandémie hautement mortelle du Choléra Minustah qui assaille les
couches des bas-fonds? Magali Comeau,
Ministre français de l’inculture sous le
gouvernement GNB, à l’instar de ses acolytes, uniquement motivés à satisfaire
les convoitises de leur ventre creux et les
pulsions indécentes de leur bas ventre en
feu, ne s’est-elle pas volontairement immergée dans les flots de la corruption en
bradant tout le patrimoine subaquatique
national ?
Protégée par la carapace de
l’immunité diplomatique, ni l’ULCC, ni
l’UCREF, ni la Cour Supérieur des Comptes n’osent même penser à faire un audit
sur la gestion zenglendo de Mme Co-
meau. Se menm kabrit Tomazo yo. Men,
sanble Lyonèl Twouyo pat janm esplike
Manzè si vòlè ak piyajè te bon konsa.
Par ces temps de dérives révoltantes de
la part de Miki, qui depuis près de quatre
années ne fait que détruire les institutions républicaines, ( li depatcha palman
an pakanpak, li pa fè okenn eleksyon,
pa gen CSPJ, jij mouri), par où se seraient
passés ces intellectuels signataires de
cette déclaration de sans principe ?
Non satisfaits de se faire complices
du kidnapping de Titid au soir combien
maudit du 29 février 2004, ils ont ardemment œuvré à la marginalisation
de notre souveraineté de peuple libre
en créant les conditions objectives pour
l’implantation de la Minustah Ebola,
vectrice du Vibrion Choléra sur les 27750
kilomètre carrés du territoire national.
Ces intellectuels jihadistes du Collectif
Non doivent être imputés au massacre
de milliers de militants du mouvement
populaire et du viol de garçons et de fillettes par ces occupants dévoyés. Se militè sanginè yo ye. Se pou sa menm nonm
Bann Kimoun nan kenbe yo la a.
Ainsi, nous pouvons confirmer
que si en 1803 la France colonialiste
avait ces zentèlektyèl kolabo du Collectif
Non comme relais stipendiés, zafè lendepandans nan se nan diksyonè Ayiti t ap
wè bagay konsa. Si en 2004 ces sousfifres de l’occident ont pu se métamorphoser en kamikaze très astucieux, en
1803 ils auraient pu faire pire. Ce qui
confirme la thèse selon laquelle celui qui
peut moins peut plus. Si teworis an Siri
yo te konnen pou yo voye chache zentèlektyèl teworis Kolektif Non yo, yo ta
gen tan fè blan franse ak blan meriken
kidnape Bachè Alasad lontan sa.
Rayi chen blan an men fò w gen
kouray pou w rekonèt dan l blan si
blan an rive alyene kèk moun ki rele
tèt yo zentèlektyèl Kolektif Non yo nan
pwen pou yo dakò krache sou memwa
zansèt nou yo konsa, fò n rekonèt pa
gen anyen yo pa ka fè vre !!! Pendant
que la population entière, debout
quotidiennement comme un seul homme
réclame la libération inconditionnelle de
notre pays coincé dans l’étau de l’équipe
kale tèt de Swit Miki, de l’oligarchie
constituée de la mafia syro-libanaise et
la récupération de notre souveraineté
drastiquement encellulée sous les
semelles de la Minustah Choléra Ebola,
les zentelèktyèl du Collectif non, toute
honte bue, s’en sont faits complices par
leur mutisme tactique.
Face à cette réalité pour le moins
paradoxale, quiconque souhaite l’intégration effective des masses populaires
doit nécessairement exhorter ces zentèlèktyèl kolabo à revenir à la raison.
Pour ce faire, ces moutons de Panurge
manœuvrés par la fiyèt lalo Magali
Como Denis doivent à court terme initier
un processus de déconstruction des préjugés multiséculaires qu’ils ont appris à
intérioriser contre les déshérités du sort
pour bénéficier des pitances de leurs
mécènes. En outre, ces minables relais
stipendiés de la réaction internationale
doivent renoncer publiquement à faire
l’apologie de l’exclusion socioéconomique de ceux et celles qu’ils considèrent
comme des fumiers de l’histoire et qu’ils
ne se gênent pas de qualifier de gueux,
de va-nu-pieds, de marrons, de chimè,
de kokorat et autres invectives qui ne
sont que des indicateurs de la polarisation.
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
This Week in Haiti
Thousands Demonstrate as Martelly Installs
De Facto Prime Minister Evans Paul
By Thomas Péralte
S
party Fusion, which
is allied with Martelly,
protestors were met by
stone-throwing regime
partisans and responded
with rocks. Police officers began firing with
leveled weapons at the
demonstrators. Among
the wounded were Mario Jean Musca, from the
Carrefour neighborhood.
Angelo Adrien, secretary
general of the popular
organization “Embark for
Change,” was wounded
by several bullets in the
neck. Jean Jacques Jean
Claudel, from the Solino
neighborhood, was shot
Thousands marched through Haiti’s capital on Jan. 20 calling for President Michel Martelly to step down.
in the leg by police in
a vehicle registered as
political corruption, the looting of state want decrees, Martelly must go!”
resources, lies, and subservience to the
The protesters also condemned CIMO 1-618. Former political prisoner
U.S. and its allies.
the U.S., France, Canada, MINUSTAH, Jean Robert Vincent received a bullet in
Faced with this reality, the Des- the Organization of American States the arm. Pastor Semereste was shot in
the nose. Another protester who goes
salines Children Platform (PPD), the (OAS), and the European Union for
by the name “Nickenson of Haiti” was
Lavalas Family party (FL), Patriotic
supporting Martelly in his establishMovement of the Dessalinien Opposi- ment of a de facto regime. Demon- arrested and beaten by police officers,
and taken to the Canapé Vert police station (MOPOD) continued their mobilistrators denounced the unjustifiable
zation in the capital Port-au-Prince and
presence at the Haitian Parliament tion. Also injured were Julmus Pierre,
Jean Bernard Fils-Aimé, and a man
other cities on Jan. 16, 17, and 20, call- on the night of Jan. 11, 2015 of U.S.
known only as Legros. Pictures of the
ing for Martelly’s resignation and the
Ambassador Pamela White, Canadian
formation of a provisional government. Ambassador Paula Valdwell St-Onge, wounded demonstrators have circulated widely on the internet.
Organizations like the Dessalines Coor- MINUSTAH chief Sandra Honore, and
Despite this repression, another
dination (KOD) also stress the need to
OAS representative Frédéric Bolduc.
demand the immediate departure of the They pressured Haitian lawmakers to massive anti-Martelly anti-MINUSTAH
march took place in Port-au-Prince on
7,500 United Nations troops (MINUS- extend their mandate in defiance of the
Jan. 20. Opposition leaders continue to
TAH) presently occupying Haiti.
Constitution.
call for popular resistance to stand up
“Down with Martelly! Down EvDuring the second day of protest,
to the Martelly/Paul de facto regime as
ans Paul! Down with de facto power!
Jan. 17, violence flared. Government
Down with occupation!” the demonagents infiltrated the crowd to provoke well as to the imperialist nations which
support it against the manifest will of
strators chant. “Long live free elections and steal from protestors. In front of the
without foreign interference! We do not headquarters of the social-democratic Haiti’s majority.
Daniel Tercier/Haïti Liberté
ince coming to power on May 14,
2011, President Michel Martelly has
managed to avoid holding elections in
Haiti. This has brought on a political
crisis that is upending Haiti’s democratic institutions and people’s daily lives.
It has resulted in a rising cost of living, devaluation of the Haitian gourde,
Parliament’s dissolution, and crazily arbitrary judicial actions and maneuvers.
Now finally the crisis has led to
the formation of a de facto government,
led by a new and thoroughly illegal
prime minister, perennial opportunist
politician Evans Paul, known as Konpè
Plim or K-Plim.
Meanwhile, former Prime Minister Laurent Lamothe, who resigned in
the face of popular protests on Dec. 13,
is suspected by many of having embezzled or stolen millions of dollars while
in power. However, there has been no
accounting done of his regime’s management. The people demand accountability, and if necessary, the arrest of
Lamothe.
Martelly’s unilateral choice of
Paul to be PM is an affront. Although
the former playwright had credentials
as an anti-Duvalierist artist and activist
and was the manager of Jean-Bertrand
Aristide’s successful 1990 presidential
campaign, he became a bitter Aristide
opponent in later years and helped lead
the Feb. 29, 2004 coup d’état against
his former political ally.
On Jan. 1, 2014 in Gonaïves,
Paul outraged his former comrades
by joining former dictator Jean-Claude
Duvalier and neo-Duvalierist former
general and dictator Prosper Avril in
celebrating the 210th anniversary of
Haiti’s independence with President
Martelly. In 1989, Avril’s soldiers had
severely beaten Paul and two other activists and then broadcast their bruised
and bloody faces on national television.
In the lead-up to the current crisis, some political actors had called for
a political agreement and a consensus
government of public salvation. This
might have resulted from good-faith
negotiations with the opposition political parties and other state institutions.
However, Martelly’s intransigence and
arrogance torpedoed any such negotiations. He unilaterally chose Evans Paul
as prime minister and then installed
him on Jan. 16 without Parliament’s
approval, as required by the Constitution.
So K-Plim has become another
de facto prime minister, just like Gérard
Latortue, who Washington installed in
power in Haiti following the 2004 coup
against Aristide.
“I did not campaign for the candidate Martelly, and I did not vote for
him either,” Paul said at his installation. “He campaigned with a political
program. Today, I have become his
prime minister, so I have to respect his
program. I’m not the prime minister of
a political party. My government has
two specific objectives: to create the
conditions for holding elections and to
ensure the continuity of the state.”
Do you hear that? To those who
are calling for a consensus government, Evans Paul is telling you that is
not his agenda. He intends to “ensure
the continuity” of Laurent Lamothe’s
regime, which was characterized by
IRA KURZBAN and the Law Firm of KURZBAN KURZBAN
WEINGER TETZELI & PRATT P.A.
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
Haiti Liberté/Haitian Times
9
L’ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO : L’OCCULT
DES CONSÉQUENCE
Par Saïd Bouamama.*
« Le ventre est encore fécond,
d’où a surgi la bête immonde. »
Bertolt Brecht
L
’attentat contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo marquera notre
histoire contemporaine. Il reste à savoir
dans quel sens et avec quelles conséquences. Dans le contexte actuel de «
guerre contre le terrorisme » (guerre extérieure) et de racisme et d’islamophobie
d’Etat, les artisans de cet acte ont, consciemment ou non [1] accéléré un processus de stigmatisation et d’isolement
de la composante musulmane, réelle ou
supposée, des classes populaires.
Les conséquences politiques de
l’attentat sont déjà désastreuses pour
les classes populaires et cela va se renforcer, si aucune alternative politique à
la fameuse « Union Nationale » n’est
proposée.
En effet, la manière dont les médias français et une écrasante majorité
de la classe politique réagissent est
criminelle. Ce sont ces réactions qui
sont dangereuses pour l’avenir et qui
portent en elles de nombreux « dégâts
collatéraux » et de futurs 7 et 9 janviers
toujours plus meurtriers. Comprendre et
analyser pour agir est la seule posture
qui peut permettre aujourd’hui d’éviter
les instrumentalisations et dévoiements
d’une émotion, d’une colère et d’une révolte légitime.
L’occultation totale des causes
Ne pas prendre en compte les causalités profondes et immédiates, isoler les
conséquences du contexte qui les fait
émerger et ne pas inscrire un événement aussi violent dans la généalogie
des facteurs qui l’ont rendu possible
condamne ; au mieux, à la tétanie, au
pire, à une logique de guerre civile.
Aujourd’hui, personne dans les médias
n’aborde les causes réelles ou potentielles. Pourquoi est-il possible qu’un tel
attentat se produise à Paris aujourd’hui
?
Comme le souligne Sophie Wahnich**,
il existe « un usage fasciste des émotions politiques de la foule » dont le
seul antidote est le « nouage possible
des émotions et de la raison » [2]. Ce
que nous vivons aujourd’hui est ce cantonnement des discours médiatiques et
politiques dominants à la seule émotion,
en occultant totalement l’analyse réelle
et concrète. Toute tentative d’analyse
réelle de la situation, telle qu’elle est, ou
toute analyse tentant de proposer une
autre explication que celle fournie par
les médias et la classe politique, devient
une apologie de l’attentat.
Regard sur le ventre fécond de la
bête immonde
Regardons donc du côté des causes et
d’abord de celles qui relèvent désormais
de la longue durée et de la dimension
internationale. La France est une des
puissances les plus en guerre sur la planète. De l’Irak à la Syrie, en passant par
la Libye et l’Afghanistan pour le pétrole,
du Mali à la Centrafrique, en passant par
le Congo pour les minerais stratégiques,
les soldats français contribuent à semer
la mort et le désastre aux quatre coins
de la planète.
La fin des équilibres mondiaux issus
de la seconde guerre mondiale avec la
disparition de l’URSS, couplée à une
mondialisation capitaliste centrée sur
la baisse des coûts pour maximiser les
profits et à la nouvelle concurrence des
pays émergents, font de la maîtrise
des matières premières la cause principale des ingérences, interventions et
guerres contemporaines. Voici comment
le sociologue Thierry Brugvin résume
la place des guerres dans le monde
contemporain :
« La conclusion de la guerre froide a
précipité la fin d’une régulation des
conflits au niveau mondial. Entre 1990
et 2001 le nombre de conflits interétatiques a explosé : 57 conflits majeurs
sur 45 territoires distincts. […] Officiellement, le départ pour la guerre
10
Flots de fumée dans une rue au Niger, des gens manifestant le samedi
17 Janvier 2015 contre la publication de l'hebdomadaire français Charlie
Hebdo d'une caricature du prophète Mahomet
La récente caricature du prophète Mahomet de l'hebdomadaire
Charlie Hebdo
Des manifestations se sont déroulées samedi au Niger, en Algérie et au
Pakistan contre Charlie Hebdo. (Reuters)
contre une nation adverse est toujours
légitimé par des mobiles vertueux :
défense de la liberté, démocratie, justice… Dans les faits, les guerres permettent de contrôler économiquement
un pays ; mais aussi de faire en sorte
que les entrepreneurs privés d’une
nation puissent accaparer les matières
premières (pétrole, uranium, minerais,
etc.) ou les ressources humaines d’un
pays. » [3]
Depuis les attentats du 11 septembre
2001, le discours de légitimation des
guerres s’est construit essentiellement
Haiti Liberté/Haitian Times
sur le « danger islamiste » contribuant
au développement d’une islamophobie
à grande échelle au sein des principales
puissances occidentales, que les rapports
officiels eux-mêmes sont contraints de
constater. [4] Dans le même temps, ces
guerres produisent une solide « haine
de l’occident » dans les peuples victimes de ces agressions militaires. [5]
Les guerres menées par l’occident sont
une des principales matrices de la bête
immonde.
Dans la volonté de contrôle des richesses
pétro-gazières, le Proche et le Moyen-
Orient sont un enjeu géostratégique
central. Les stratégies des puissances
occidentales en général et françaises en
particulier, se déploient sur deux axes :
le renforcement d’Israël comme base et
pivot du contrôle de la région, et le soutien aux pétromonarchies réactionnaires
du Golfe.
Le soutien indéfectible à l’Etat d’Israël
est ainsi une constante de la politique
française ne connaissant pas d’alternance, de Sarkozy à Hollande. L’État
sioniste peut assassiner en toute impunité sur une grande échelle. Quels que
soient l’ampleur et les moyens des
massacres, le gérant local des intérêts
occidentaux n’est jamais véritablement
et durablement inquiété. François Hollande déclare ainsi lors de son voyage
officiel en Israël en 2013 : « je resterai
toujours un ami d’Israël ». [6]
Et, là aussi, le discours médiatique et politique de légitimation d’un tel soutien se
construit sur la base d’une présentation
du Hamas palestinien, mais également
(à travers des imprécisions verbales récurrentes) de la résistance palestinienne
dans son ensemble, de la population
palestinienne dans son ensemble et de
ses soutiens politiques internationaux,
comme porteurs d’un danger « islamiste
». La logique « du deux poids, deux
mesures » s’impose une nouvelle fois à
partir d’une approche islamophobe portée par les plus hauts sommets de l’État
et relayée par la grande majorité des
médias et des acteurs politiques.
Tel est le second profil du ventre de la bête immonde
Ces facteurs internationaux se
conjuguent à des facteurs internes à
la société française. Nous avons déjà
souligné, plus haut, l’islamophobie
d’État, propulsée par la loi sur le foulard en 2004 et entretenue depuis régulièrement (discours sur les révoltes
des quartiers populaires en 2005, loi
sur le niqab, « débat » sur l’identité nationale, circulaire Chatel et exclusion
des mères voilées des sorties scolaires,
harcèlement des lycéennes en jupes
longues, interdiction des manifestations
de soutien au peuple palestinien, etc.).
Il faut maintenant souligner que ce climat islamophobe n’a été confronté à
aucune réponse par les forces politiques
se réclamant des classes populaires.
Plus grave, un consensus très large s’est
fait jour à plusieurs reprises, au prétexte
de défendre la « laïcité » ou de ne pas
frayer avec « ceux qui défendent le
Hamas ». De l’extrême-droite à une partie importante de l’extrême gauche, les
mêmes arguments ont été avancés, les
mêmes clivages ont été construits, les
mêmes conséquences ont été produites.
Le résultat n’est rien d’autre que
l’enracinement encore plus profond
des islamalgames, l’approfondissement
d’un clivage au sein des classes populaires, la fragilisation encore plus grande
des digues antiracistes déjà fragilisées,
et des violences concrètes ou symboliques exercées contre les musulmans
et les musulmanes. Ce résultat peut
se décrire, comme le propose Raphaël
Liogier***, comme la diffusion, dans
une partie importante de la société, du
« mythe de l’islamisation » débouchant
sur la tendance à constituer une « obsession collective ». [7]
La tendance à la production d’une « obsession collective »
s’est de surcroît encore approfondie
avec le traitement médiatique récent
des cas Zemmour et Houellebecq.
Après lui avoir offert de multiples tribunes, Eric Zemmour est renvoyé d’Itélé pour avoir proposé la « déportation
des musulmans français ». Dans le contexte d’obsession collective que nous
avons évoquée, cela lui permet de se
poser en victime. Quant à l’écrivain, il
est défendu par de nombreux journalistes au prétexte de ne pas confondre fiction et réalité.
Dans les deux cas cependant, il reste un approfondissement
de « l’obsession collective » d’une
part, et le sentiment d’être insulté
en permanence une nouvelle fois,
d’autre part. Tel est le troisième profil du ventre de la bête immonde.
Ce facteur interne d’une islamophobie
banalisée a des effets décuplés dans le
contexte de fragilisation économique,
sociale et politique générale des classes
populaires aujourd’hui. La paupérisation
et la précarisation massives sont devenues insoutenables dans les quartiers
populaires. Il en découle des rapports
sociaux marqués par une violence grandissante contre soi et contre les proches.
A cela, se combinent le déclassement
d’une part importante des classes moyennes, ainsi que la peur du déclassement pour ceux chez qui tout va encore
bien, mais qui ne sont pas « bien nés ».
Ceux-là, se sentant en danger, disposent
alors d’une cible consensuelle déjà toute
désignée médiatiquement et politiquement comme légitime : le musulman ou
la musulmane.
La fragilisation touche encore
plus fortement la composante issue de
l’immigration des classes populaires,
qui est confrontée aux discriminations
racistes systémiques (angle absolument
mort des discours des organisations
politiques se réclamant des classes
populaires), celles-ci produisant des trajectoires de marginalisation (dans la formation, dans l’emploi, dans la recherche
du logement, dans le rapport à la police
et aux contrôles au faciès, etc.). [8]
L’approfondissement du clivage
entre deux composantes des classes
populaires dans une logique de « diviser
ceux qui devraient être unis (les différentes composantes des classes populaires) et d’unir ceux qui devraient être
divisés (les classes sociales aux intérêts
divergents) » est le quatrième profil du
ventre de la bête immonde.
De quoi accouche un tel ventre ?
Une telle matrice est à l’évidence propice
à l’émergence de trajectoires nihilistes
se traduisant par la tuerie à Charlie
Hebdo. Extrêmement minoritaires, ces
trajectoires sont une production de notre
système social et des inégalités et discriminations massives qui le caractérisent.
Mais ce qu’ont révélé les réactions à
l’attentat est tout autant important et,
quantitativement, bien plus répandu que
l’option nihiliste (pour le moment ?).
Sans pouvoir être exhaustifs, rappelons
quelques éléments de ces derniers jours.
Du côté des discours, nous avons eu
Marine Le Pen exigeant un débat national contre le « fondamentalisme islamique », le bloc identitaire déclarant la
nécessité de « remettre en cause l’immigration massive et l’islamisation » pour
lutter contre le « djihadisme », le journaliste Yvan Rioufol du Figaro sommant
Rokhaya Diallo de se désolidariser sur
RTL, Jeannette Bougrab accusant « ceux
qui ont traité Charlie Hebdo d’islamophobe » d’être les coupables de l’attentat, sans compter toutes les déclarations
parlant « de guerre déclarée ».
Á ces propos, se joignent des passages
à l’acte de ces derniers jours : une Femen se filme en train de brûler et de
piétiner le Coran, des coups de feu sont
tirés contre la mosquée d’Albi, des tags
racistes sont peints sur les mosquée de
Bayonne et Poitiers, des grenades sont
lancées contre une autre au Mans, des
coups de feu sont tirés contre une salle
de prière à Port la Nouvelle, une autre
salle de prière est incendiée à Aix les
Bains, une tête de sanglier et des viscères sont accrochés devant une salle de
prière à Corte en Corse, un restaurantsnack-kebab est l’objet d’une explosion
à Villefranche sur Saône, un automobiliste est la cible de coups de feu dans le
Vaucluse, un lycéen d’origine maghrébine de 17 ans est molesté lors d’une
minute de silence à Bourgoin-Jallieu en
Isère, etc. Ces propos et actes montrent
l’ampleur des dégâts d’ores et déjà causés par les dernières décennies de banalisation islamophobe. Ils font aussi partie de la bête immonde.
La bête
immonde se trouve également dans
l’absence criante d’indignation face
aux victimes innombrables des guerres
impérialistes de ces dernières décennies.
Réagissant à propos du 11 septembre,
la philosophe Judith Butler s’interroge
sur l’indignation inégale. Elle souligne
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
TATION POLITIQUE ET MÉDIATIQUE DES CAUSES,
ES ET DES ENJEUX!
après le 11 Septembre. On a dénoncé
le Patriot Act ; mais, depuis, ils n’ont
pas eu d’attentat à part Boston ». [10]
Instrumentaliser la peur et l’émotion
pour renforcer des lois et mesures liberticides, telle est la première manipulation qui est aujourd’hui testée pour
mesurer le champ des possibles en
matière de régression démocratique.
D’ores et déjà, certaines revendications
légitimes et urgentes sont rendues inaudibles par la surenchère sécuritaire qui
tente de profiter de la situation : il sera
par exemple beaucoup plus difficile de
mener le combat contre le contrôle au
faciès, et les humiliations quotidiennes
qu’il produit continueront à s’exercer
dans l’indifférence générale.
Les partisans d'un groupe religieux Pakistanais « Fidayan-e-Khatm-eNubuwwat » piétinant les drapeaux étasuniens, français et israéliens et
scandant des slogans lors d'une manifestation pour protester contre les
caricatures publiées dans le magazine français Charlie Hebdo,
à Karachi, au Pakistan
Le dernier dessin de Charb. Si ce n’est pas une provocation,
c’est quoi alors ?
Si l’attentat contre Charlie Hebdo est condamnable, il est hors de question
cependant d’oublier le rôle qu’a joué cet hebdomadaire dans la constitution
du climat islamophobe d’aujourd’hui.
que l’indignation justifiée pour les victimes du 11 septembre s’accompagne
d’une indifférence pour les victimes des
guerres menées par les USA : « Comment se fait-il qu’on ne nous donne
pas les noms des morts de cette guerre,
y compris ceux que les USA ont tués,
ceux dont on n’aura jamais une image,
un nom, une histoire, jamais le moindre
fragment de témoignage sur leur vie,
quelque chose à voir, à toucher, à savoir
? ». [9]
Cette indignation inégale est à la base
du processus de production d’un clivage
bien réel au sein des classes populaires.
Et c’est ce clivage qui est porteur de tous
les dangers, notamment en période de
construction de « l’union nationale »,
comme aujourd’hui. L’union nationale
qu’ils rêvent de construire, c’est « toutes
et tous ensemble contre ceux qui ne
sont pas des nôtres, contre celles et ceux
qui ne montrent pas patte blanche ».
Une formidable instrumentalisation
politique
Mais le scandale que nous vivons
aujourd’hui ne s’arrête pas là. C’est avec
un cynisme consommé que des instrumentalisations de la situation, et de la
panique qu’elle suscite, se déploient à
longueur de journée.
1. Renforcement sécuritaire
et atteintes aux libertés
démocratiques
Certains, comme Dupont Aignan, réclament « plus de souplesse aux forces de
l’ordre » alors qu’une nouvelle « loi antiterroriste » a déjà été votée l’automne
dernier. Et, en écho, Thierry Mariani
fait référence au Patriot Act états-unien
(dont la conséquence a été de graves
atteintes aux libertés individuelles,
sous prétexte de lutte contre le terrorisme) : « Les Etats-Unis ont su réagir
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
2. L’unité nationale
La construction active et déterminée de
l’unité nationale est la seconde instrumentalisation majeure en cours. Elle
permet de mettre en sourdine l’ensemble
des revendications qui entravent le processus de dérégulation généralisé. La ficelle a beau être grosse, elle est efficace
dans un climat de peur généralisée, que
l’ensemble des médias produisent quotidiennement.
Dans certaines villes, l’unité nationale
est déjà étendue au Front National qui
a participé aux rassemblements de
soutien à Charlie Hebdo. Dati et Fillon s’indignent déjà de « l’exclusion »
de Marine Le Pen de l’unité nationale.
C’est cette « unité nationale » qui fait le
plus de dégâts politiquement aussi, car
elle détruit les rares repères positifs qui
pouvaient exister auparavant en termes
d’alliances possibles et d’identités politiques.
3. L’injonction à se justifier
Une autre instrumentalisation se
trouve dans l’injonction permanente des
musulmans réels ou supposés à se justifier pour des actes qu’ils n’ont pas commis, et/ou à se démarquer des auteurs
de l’attentat.
Cette mise en accusation permanente est humiliante. Il n’est venu à l’idée
de personne d’exiger de tous les chrétiens réels ou supposés une condamnation lorsque le Norvégien Anders Behring Breivik a assassiné 77 personnes
en juillet 2011 en se revendiquant de
l’islamophobie et du nationalisme blanc.
Derrière cette injonction, se
trouve la logique posant l’islam comme
étant par essence incompatible avec la
République. De cette logique découle
l’idée de mettre les musulmans, réels ou
supposés, sous surveillance non seulement des policiers, mais également des
médias, des profs, des voisins, etc.
4. Être Charlie ? Qui peut être
Charlie ? Qui veut être Charlie ?
Le slogan « nous sommes tous Charlie »
est enfin la dernière instrumentalisation
en déploiement ces jours-ci. Si l’attentat
contre Charlie Hebdo est condamnable, il est hors de question cependant
d’oublier le rôle qu’a joué cet hebdomadaire dans la constitution du climat islamophobe d’aujourd’hui.
Il est également hors de question
d’oublier les odes à Bush que ses pages
accueillaient alors que celui-ci impulsait
cette fameuse « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan puis en Irak. Ces
prises de positions écrites ou dessinées
ne sont pas des détails ou de simples
amusements sans conséquences : elles
sont à l’origine de multiples agressions
de femmes voilées et de nombreux actes
contre des lieux de cultes musulmans.
Surtout, ce journal a fortement contribué à cliver les classes populaires
au moment où elles avaient besoin
plus que jamais d’unité et de solidarité.
Nous ne sommes PAS PLUS Charlie hier
qu’aujourd’hui.
Les
temps
qui
s’annoncent
vont être difficiles et coûteux.
Pour stopper l’escalade, nous devons
mettre fin à la violence des dominants
: nous devons nous battre pour stopper
les guerres impérialistes en cours et abroger les lois racistes.
Pour stopper l’escalade, nous devons
développer tous les cadres et événements de solidarité destinés à empêcher
Une Femen en train de brûler le Coran
tonomie vis-à-vis de tous ceux qui prônent l’union nationale comme perspective.
Plus que jamais, nous avons besoin de
nous organiser, de serrer les rangs, de
refuser la logique « divisant ceux qui
devraient être unis et unissant ceux qui
devraient être divisés ».
Plus que jamais, nous devons désigner
l’ennemi pour nous construire ensemble
: l’ennemi c’est tout ce qui nous divise.
la déferlante des propos ou actes racistes
et notamment islamophobes.
Pour stopper l’escalade, nous devons
construire tous les espaces de solidarité
économique et sociale possibles dans
nos quartiers populaires, en toute au-
Notes
[1] Il est d’une part trop tôt pour le
dire et, d’autre part, le résultat est le même
[2] Sophie Wahnich, La révolution
française, un évènement de la raison
sensible 1787-1799, Hachette, Paris,
2012, p. 19.
[3] Thierry Brugvin, Le pouvoir
illégal des élites, Max Milo, Paris, 2014.
[4] Djacoba Liva Tehindrazanarivelo, Le racisme à l’égard des migrants en Europe, éditions du Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2009, p.
171.
[5] Jean Ziegler, La haine de
l’Occident, Albin Michel, Paris, 2008.
[6] Le Monde, Hollande « ami d’Israël
» reste ferme face à l’Iran, 17-11-2013.
[7] Raphaël Liogier, Le mythe de
l’islamisation, essai sur une obsession
collective, Le Seuil, Paris, 2012.
[8] Voir sur cet aspect mon
dernier article sur mon blog, Les dégâts invisibilisés des discriminations inégalité sociales et des discriminations racistes et sexistes,
https://bouamamas.wordpress.com/
[9] Judith Butler, cité dans, Mathias
Delori, Ces morts que nous n’allons pas
pleurer, http://blogs.mediapart.fr/blog/
mathiasdelori/080115/ces-morts-quenous-n-allons-pas-pleurer., consulté le
9 janvier 2015 à 18 h.
[10] Le Parisien
Ndlr. *Saïd Bouamama, est un
sociologue, militant associatif et politique algérien résidant en Francehttp://
fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_
Bouamama - cite_note-2 . Docteur en
socioéconomie, il est membre de l’IFAR,
une association loi 1901 où il est chargé
de recherche et formation de sociaux.
Il a écrit principalement sur les thèmes
liés à l’immigration, comme les discriminations et le racisme. Comptant
parmi les fondateurs du mouvement
des Indigènes de la Républiquehttp://
fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_
Bouamama
cite_note-La_n.
C3.A9buleuse_Dieudonn.C3.A9_-_Lib.
C3.A9ration-3 , il est également affilié
à la CGT et membre de la Coordination
communistehttp://fr.wikipedia.org/wiki/
Sa%C3%AFd_Bouamama - cite_note-5 .
** Sophie Wahnich est une historienne française. Agrégée et docteure en histoire, habilitée à diriger
des recherches. Elle est directrice de
recherche au CNRS.
*** Raphaël Liogier est Professeur des
universités à Science Po Aix où il dirige
l’Observatoire du religieux et le Master
Religions et Société. Il enseigne la sociologie et la philosophie. Investig’Action 11 Janvier 2015
Haiti Liberté/Haitian Times
11
Perspectives
Entretien avec Edward Snowden
Par Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen
4ème partie et fin
Vers un nouveau système
d’Internet et une Magna Carta des
« droits numériques »
The Nation : Vous pensez réellement
que si vous pouviez rentrer chez vous
demain avec une totale immunité, il n’y
aurait pas des pressions terribles qui
s’exerceraient pour que vous deveniez
un porte-parole, voire un militant, au
nom de nos droits et de nos libertés. Et
même, est-ce que cela n’est pas votre
devoir maintenant ?
ES : Mais mon idée maintenant
— parce que je ne suis pas un homme
politique, et je ne pense pas être efficace
dans ce domaine comme les gens qui
s’y préparent —, c’est de me concentrer
sur les réformes techniques, parce que
je parle le langage de la technologie.
J’ai discuté avec Tim Berners-Lee, l’inventeur de la Toile (Word Wide Web).
Nous sommes d’accord pour dire qu’il
est nécessaire que cette génération crée
ce qu’il appelle la Grande Charte [4]
d’Internet. Nous voulons dire ce que
devraient être les « droits numériques
». Quelles valeurs devons-nous nous
efforcer de protéger, et comment allonsnous les assurer ? C’est ce que je peux
faire, parce que je suis un technicien, et
parce que je comprends comment tout
ça fonctionne sous le capot. Bien sûr,
je veux voir des réformes politiques se
faire aux Etats-Unis, mais on pourrait
promulguer les meilleures réformes en
matière de surveillance, les meilleures
protections de la vie privée de toute
l’histoire du monde aux Etats-Unis, et
cela aurait zéro impact à l’échelle internationale. Zéro impact en Chine et dans
tous les autres pays ; à cause de leurs
lois nationales, ils ne reconnaîtront
pas nos réformes. Ils continueront à
faire ce qu’ils font. Mais si quelqu’un
crée un système technique réformé
aujourd’hui, les normes techniques
standard devront être identiques dans
le monde entier pour que ça fonctionne.
The Nation : Créer un nouveau
système est peut-être votre transition,
mais c’est aussi un acte politique.
ES : Au cas où vous ne l’auriez
pas remarqué, j’ai une façon assez
détournée d’agir pour le changement
politique. Je ne veux pas me confronter directement aux grands pouvoirs,
qu’on ne peut pas battre sur leur terrain. Ils ont plus d’argent, plus de poids
politique, plus d’accès aux médias.
Nous ne pouvons pas être efficaces
sans un mouvement de masse. Mais
avec la montée des inégalités, les liens
qui cimentent la fraternité sociale s’effilochent — comme nous l’avons déjà
évoqué à propos d’Occupy Wall Street.
A mesure que les tensions monteront,
les gens s’engageront plus volontiers
dans des mouvements de protestation.
Mais ce moment n’est pas encore arrivé.
The Nation : Il y a quelques
années, The Nation a consacré un
numéro spécial au patriotisme. Nous
avons demandé à une centaine de personnes quelle était leur définition du
patriotisme. Et vous, comment définissez-vous le patriotisme ? Et à cet égard,
vous êtes sans doute le dénonciateur le
plus célèbre du monde, même si vous
n’aimez pas ce terme. Comment préférez-vous qu’on définisse votre rôle ?
ES : Ce qui définit le patriotisme
pour moi, c’est l’idée que quelqu’un
se lève et agisse au nom de son pays.
Comme je l’ai dit auparavant, cela est
bien différent du fait d’agir pour servir
le gouvernement — une distinction qui
se perd de plus en plus aujourd’hui.
Vous n’êtes pas patriote parce que vous
soutenez quiconque est aujourd’hui
au pouvoir ou sa politique. Vous êtes
patriote quand vous agissez pour améliorer le sort des gens de votre pays, de
votre communauté, de votre famille. Ça
implique parfois de faire des choix dif-
12
ficiles, des choix qui vont à l’encontre
des vos intérêts personnels. Les gens
disent parfois que j’ai trahi mon serment de garder le secret — l’une des
premières accusations avancées contre
moi. Mais c’est là une méprise totale
parce que les gens qui travaillent dans
les services de renseignement ne font
pas serment de garder le secret.
On vous demande de signer un
engagement civil appelé Formulaire
standard 312, qui dit en gros que, si
vous dévoilez des informations classées
secrètes, vous pouvez être poursuivi.
C’est ce qui peut vous arrivez entre autres choses. Et vous risquez d’aller en
prison. Mais on vous demande aussi de
prêter un serment, c’est le serment de
servir. Le serment de servir n’est pas
un serment aux services de renseignement, mais à la Constitution — vous
faites serment de la protéger contre tous
les ennemis, intérieurs ou extérieurs.
C’est ce serment que j’ai tenu, et que
James Clapper et l’ancien directeur de
la NSA, Keith Alexander, n’ont eux pas
tenu. Vous levez la main et vous prêter
serment dans votre classe lorsque vous
faites partie de la maison. Tous les officiels gouvernementaux sont tenus de le
faire s’ils travaillent pour les services de
renseignement. En tout cas, moi, c’est
là que j’ai prêté serment.
Quant à taxer quelqu’un de
« dénonciateur », je pense que ça les
dessert — ça nous dessert tous —,
parce que ça « nous aliène ». Utiliser
le terme « héroïsme », appeler Daniel
Ellsberg un héros, et appeler les autres
personnes qui ont fait de grands sacrifices « héros », même si ce qu’ils ont
fait est héroïque — c’est les distinguer
du devoir civique qu’ils ont accompli,
et cela nous exempte, nous autres, du
même devoir civique, qui est de parler
lorsque nous constatons quelque chose
qui ne va pas, lorsque nous voyons
notre gouvernement s’engager dans
de graves délits, utiliser indûment le
pouvoir, s’engager dans des violations
historiques massives de la Constitution
des États-Unis. Nous devons parler sinon nous sommes complices de cette
mauvaise action.
The Nation : Peut-être devrait-il
y avoir un cours spécial, très tôt dans la
scolarité, sur le devoir patriotique à la
Constitution.
ES : C’est une tâche qui revient
aussi aux parents. Il est important de
savoir quelles sont vos convictions ;
et que vous avez à les défendre, sinon
vous ne croyez pas vraiment en elles.
Vous savez, mon père et ma mère —
en fait tous les membres de ma proche
famille — ont travaillé pour le gouvernement fédéral. Ce qui est parfois mal
compris, c’est que je ne me sois pas
battu pour renverser le système. Ce
que j’ai voulu faire, c’était de donner
à la société l’information ce dont elle
avait besoin pour décider si elle voulait
changer le système.
The Nation : Si vous croyez
dans le gouvernement représentatif,
l’approche la plus directe serait de demander aux candidats au Congrès de
s’engager solennellement, s’ils sont
élus, à faire tous les efforts nécessaires pour savoir ce que font les services de renseignement et limiter leur
action dans le sens vous avez précisé.
Et peut-être demander aux candidats à
des postes de juges fédéraux [les juges
fédéraux sont nommés par le Sénat
après audition par celui-ci] comment ils
vont statuer sur les questions de surveillance.
ES : La manière dont le gouvernement représentatif fonctionne
aujourd’hui est en réel danger. Il ne
fonctionne correctement que lorsqu’il
est obligé de rendre des comptes (qu’il
est responsable devant les institutions).
Les candidats se présentent aux élections sur des promesses de campagne,
mais une fois qu’ils sont élus, ils renient ces promesses, comme c’est arrivé avec le président Obama concernant Guantánamo, les programmes
Haiti Liberté/Haitian Times
L’ancien employé de la CIA Edward Snowden a divulgué jusqu'à 200 000
documents classifiés à la presse, a fait savoir le directeur général de la
NSA Keith Alexander.
de surveillance et les enquêtes sur les
crimes de l’administration Bush. Il a y
eu des promesses très fermes de campagne qui n’ont pas été tenues. J’ai
voulu divulguer l’information sur des
programmes de surveillance avant les
élections, mais j’ai renoncé parce que je
croyais qu’Obama était sincère lorsqu’il
disait qu’il allait changer les choses. Je
voulais donner au processus démocratique le temps de travailler.
The Nation : Étant donné votre
expérience personnelle — les risques
que vous avez pris et maintenant
votre sort à Moscou — pensez-vous
que d’autres jeunes hommes ou jeunes
femmes seront incités à faire ce que
vous avez fait, ou découragés ?
ES : Chelsea Manning a pris 35
ans de prison, alors que moi je suis encore libre. Je parle à des gens dans les
bureaux de l’ACLU [American Civil Liberties Union] à New York tout le temps.
Je peux participer au débat et faire campagne pour la réforme. Je suis le premier à faire ce que j’ai fait et à réussir.
Quand des gouvernements punissent
trop lourdement des gens pour des actions de dissidence qui ne constituent
pas de réelles menaces pour le pays, ils
risquent de délégitimer non seulement
leur système de justice, mais aussi la
légitimité du gouvernement lui-même.
Parce que lorsqu’ils traduisent devant
la justice des personnes pour des actes
politiques qui avaient clairement pour
but d’agir dans l’intérêt général, ils
leur nient la possibilité d’organiser leur
défense au motif de l’intérêt général.
Les accusations qu’ils ont portées contre moi, par exemple, niaient explicitement toute possibilité pour moi de me
défendre en invoquant l’intérêt général. Il n’y avait aucune protection en
matière de dénonciation qui aurait pu
me protéger — et cela tout le monde le
sait dans le milieu des services de renseignement. Il n’existe pas de canaux
adaptés pour rendre cette information
disponible lorsque le système est complètement défectueux.
Le gouvernement affirmera que
les individus qui ont connaissance
d’actes gravement répréhensibles au
sein des services de renseignement doivent en référer aux autorités qui sont
directement responsables de ces actes,
et compter sur elles pour mettre bon ordre à des problèmes qu’elles ont ellesmêmes autorisés. Si on revient sur le
cas de Daniel Ellsberg, il est clair que le
gouvernement ne peut faire valoir un
préjudice à la sécurité nationale, parce
que dans aucun de ces cas il n’y a eu
préjudice. Au procès de Chelsea Manning, le gouvernement n’a pu mettre
en avant aucun cas de préjudice spécifique qui ait été causé par la révélation massive d’informations secrètes.
Les charges portées sont une réaction
à l’embarras du gouvernement plus
qu’une réelle préoccupation à l’égard
de ces activités, sinon les preuves des
dommages causés auraient été étayées.
Ca fait maintenant un an que j’ai révélé
ce qui se passait à la NSA, et malgré
de nombreuses heures de témoignage
devant le Congrès, malgré des tonnes
Le général US Keith Alexander,
directeur de l'Agence nationale de
sécurité et commandant de Cyber
Command (Mark Wilson / Getty
Images / AFP)
de citations non enregistrées de responsables anonymes qui voulaient
en découdre, pas un seul responsable
américain, pas un seul représentant du
gouvernement américain n’a jamais
mis en avant un seul cas de préjudice
individuel causé par ces révélations. Et
ce, malgré le fait que le directeur de la
NSA, Keith Alexander, ait déclaré que
cela allait causer un grave et irréversible préjudice à la nation. Quelques
mois après qu’il ait fait cette déclaration, le nouveau directeur de la NSA,
Michael Rogers, a dit qu’en fait il ne
voyait pas où était la catastrophe. Ce
n’est pas si grave après tout.
The Nation : Étant donné cette
disculpation tacite, si on vous avait fait
un procès équitable aux Etats-Unis, ça
aurait été une occasion historique pour
vous de défendre tous les principes
concernés.
ES : Je me suis adressé à un tas
de très bons avocats dans le monde. Je
ne peux pas être extradé.
C’est la vraie raison pour laquelle
le gouvernement s’est énervé lorsque
j’étais au début à Hong Kong. La seule
manière dont je pouvais être extradé
aurait été, selon mes avocats, au nom
du principe qui dit que « la politique
prime sur la loi ». S’il s’agit d’une question de loi, les accusations qui ont été
portées contre moi — en recourant à
la loi sur l’espionnage — constituent
le crime politique par excellence. Un
crime politique, en termes légaux, est
défini comme tout crime contre un État,
contrairement à un crime contre un individu. L’assassinat, par exemple, n’est
pas un crime politique parce que vous
avez tué une personne, un individu,
et qu’ils ont subi un préjudice ; leur
famille a subi un préjudice. Mais pour
ce qui est de l’État, vous ne pouvez pas
être extradé pour préjudice à l’État.
The Nation : Si vous aviez la
garantie d’avoir un procès équitable ?
ES : [rires] Croyez-moi, nous
ne pouvons pas avoir cette garantie
parce que l’administration américaine
ne veut pas que je revienne. Les gens
ont oublié comment je me retrouve en
Russie. Ils ont attendu que je quitte
Hong Kong pour annuler mon passeport de manière à m’obliger à rester en
Russie, parce que c’est l’attaque la plus
efficace contre moi, étant donné le climat politique aux États-Unis. S’ils peuvent montrer que je suis en Russie et
prétendre que je porte des tee-shirts qui
portent l’inscription « J’ai fait du mal à
Poutine »…
The Nation : Peut-être que la
comparaison est poussée, mais vous
nous rappelez un peu le dissident de
la grande époque soviétique, Andrei
Sakharov.
ES : Je connais sa réputation,
mais pas du tout son histoire personnelle.
The Nation : Il était le co-créateur de la bombe atomique soviétique,
un savant nucléaire. Il commença à
s’inquiéter de ce qu’il avait créé et par
la suite se mit à protester contre les
politiques du gouvernement. Mais il
préférait qu’on n’utilise pas le mot «
dissident » parce que, comme vous, il
disait « Primo, la Constitution soviétique me donne le droit de faire tout ce
que je fais. Secundo, le gouvernement
soviétique viole sa propre Constitution,
tandis que le peuple ne sait pas ce que
le gouvernement fait en son nom ».
ES : [rires] J’ai l’impression
de connaître ça ! Il est intéressant
que vous mentionniez la dimension
créatrice de Sakharov — il a produit
quelque chose pour le gouvernement
en se rendant compte par la suite
que c’était autre chose que ce qu’il
avait voulu faire. C’est quelque chose
Suite à la page (16)
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
Perspectives
Le terrorisme ne se justifie en rien, mais
s’explique en tout : l’ennemi intérieur !
Je Suis Gaza:
Nous et les Autres !
1ère partie
Par Jorge Majfud *
Le plus grand danger qui menace
l’Occident se trouve dans l’Occident
lui même : il suffirait de rappeler que
si la démocratie, la lutte pour la liberté individuelle et pour les Droits de
l’homme sont bien occidentales, non
moins occidentales sont la censure, la
persécution, la torture, les camps de
concentration, la chasse aux sorcières,
la colonisation par la force des armes
ou du capital, du racisme, etc.
C
omme
nous
l’enseigne
bien
l’histoire, deux ennemis qui se combattent aveuglement et obsessionnellement tôt ou tard finissent par se ressembler l’un à l’autre. Ce fut, plus ou
moins, ce qui est survenu pendant la
dite Reconquista en Espagne. Sauf qu’à
l’époque la tolérance politique et religieuse fut plus grande dans l’Espagne
islamique que dans la catholique. L’idée
et la pratique selon lesquelles des juifs,
des chrétiens et des musulmans ont pu
vivre et travailler ensemble durant longtemps se sont avérées inacceptables
pour la nouvelle tradition suivie par les
rois catholiques. Après l’expulsion des
maures et des juifs en 1492, s’en sont
suivies des purifications ethniques, linguistiques, religieuses et idéologiques
successives.
En revenant au présent, nous
voyons qu’une enquête récente montre
que 62 % des Allemands non musulmans considèrent que l’islam est incompatible avec le « Monde occidental
» ; ce qui démontre que l’ignorance
n’est pas non plus incompatible avec
l’Occident. Il y a moins d’un siècle,
une grande majorité pensait la même
chose des juifs en Allemagne, et aux
États-Unis d’Amérique. On craignait
le danger imminent d’une invasion
de catholiques fanatiques traversant
l’Atlantique vers la terre de la liberté.
L’enquête est publiée par le Wall Street
Journal sous le titre : « L’Allemagne
reconsidère la place de l’islam dans sa
société ». Des titres semblables sont
légions tous les jours. C’est comme si
de par l’existence du Ku Klux Klan,
un quotidien publiait à la une : « Les
États-Unis d’Amérique reconsidèrent la
place du christianisme dans leur société
». C’est ce type d’ignorance qui met
vraiment en danger (le meilleur de)
l’Occident ; ce pourquoi maintenant les
leaders du monde se scandalisent (et
profitent, une fois encore, d’une occasion parfaite de se faire prendre en pho-
La Birmanie massacre des musulmans en 2012. L’Europe soutient. Les
médias regardent ailleurs...
tos en défilant à la tête des masses) :
la liberté d’expression dans toutes ses
formes et la tolérance pour la diversité.
Si nous mesurions objectivement le danger d’actes barbares comme
ceux récemment survenus à Paris, en
termes mathématiques, nous pourrions
clairement voir que les possibilités de
n’importe quel citoyen de mourir dans
un acte semblable sont infinitésimales
en comparaison du danger réel que
quelqu’un nous colle une balle parce
que notre voiture lui plait, ou parce que
la façon dont nous habillons, ou dont
nous nous exprimons ne lui plait pas.
Les massacres quotidiens qui, dans des
pays comme les USA ou le Brésil, surviennent tous les jours sont pris de façon si naturelle que chaque matin dans
les infos les prévisions météorologiques
suivent. Ainsi qu’il pleuve ou qu’il
fasse soleil, chaque jour quelques types
tirent quelques balles sur quelques
autres types. Mais cela n’est pas une
info, ni scandalise personne. Premièrement parce que nous sommes habitués
; deuxièmement parce que les groupes
au pouvoir ne peuvent pas capitaliser
trop sur ce type de violence. Au contraire, c’est une affaire discrète.
Maintenant, si quelqu’un tue
cinq ou neuf personnes et le fait draper
dans le drapeau de l’ennemi, alors là,
toute une nation, toute la civilisation
est un danger. Parce que pour le pouvoir, il n’y a rien de meilleur que ses
propres ennemis.
Certes, on pourrait argumenter
qu’il s’agit d’un problème de valeurs.
Mais aussi, ici, il y a une grossière erreur de jugement. L’idée répétée que
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l’Islam provoque la violence, en conséquence qu’il est nécessaire de confiner, ou mieux d’exclure ses adeptes,
esquive le fait que cette religion a plus
d’un milliard de fidèles et qu’une partie
infinitésimale d’entre eux commettent
des actes barbares, en incluant les fanatiques de l’État Islamique. D’autre
part, des lois religieuses comme celle
qui ordonne de lapider une femme infidèle, ne sont pas dans le Coran, mais
dans la Bible ; dans certains passages,
la Bible tolère et même recommande
l’esclavage et la soumission et aussi
le silence des femmes. Quelqu’un accuserait-il le christianisme d’être une
religion raciste, machiste et violente ?
Encore une fois : ce n’est pas la religion, c’est la culture.
Mais la narration de la réalité
est plus puissante que la réalité. Ceux
qui identifient l’islam à la violence, le
font pas uniquement par intérêts tribaux, par préjugés raciaux ou culturels.
Ils le font aussi parce qu’ils ignorent
ou préfèrent ne pas se rappeler que les
croisades qui pendant des siècles ont
rasé des peuples entiers sur le chemin
de l’Europe à Jérusalem, c’est-à-dire du
monde barbare vers le centre civilisé
de l’époque, n’étaient pas musulmanes
mais chrétiennes, aussi chrétiennes que
n’importe qui ; que les inquisiteurs qui
ont torturé et brûlé vifs des dizaines
de milliers de personnes pendant des
siècles pour le seul fait de ne pas observer le dogme, étaient chrétiens, non
musulmans ; que les hordes les plus
récentes du Ku Ku Klan sont chrétiennes, non musulmanes ; que Franco,
Suite à la page (19)
Effectifs allemands dit anti-terroristes. A l’instar des Etats-Unis et de tout
pouvoir, l’Europe se referme sur elle-même au lieu de s’attaquer à l’origine
des problèmes, dans ce cas-ci la terrible injustice contre les Palestiniens
depuis 1948.
Par Alexandra Panaguli
Eté 2014
5 semaines de bombardements
1.462 civils tués, dont 495 enfants et
253 femmes
520.000 déplacés, soit un quart de la
population
55.000 habitations détruites ou
endommagées, soit de 20 à 70% selon
l’agglomération
Les gouvernements occidentaux restent
silencieux
Manifestations de soutien et de protestation éparpillées
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
7 janvier 2015
17 Français tués
3.5 millions de manifestants, dont 40
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(Il faut prendre beaucoup de chiffres de cet article avec des pincettes,
Suite à la page (14)
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Haiti Liberté/Haitian Times
13
Suite de la page (13)
malgré que j’ai été conservateur – ci-dessus Gaza est rapporté par l’ONU, Baga
par les fuyards – mais cela donne largement un ordre de grandeur).
L
’intellectuel étatsunien de renommée
internationale, Noam Chomsky, va
jusqu’à parler de: Nous et les Non-Hommes. Exemple flagrant d’Euro-centrisme
(terme qui comprend les Etats-Unis
lesquels ne sont qu’un appendice de
l’Europe). Ce qui est important c’est Nous
et ce qui Nous arrive. Le reste du monde
ne compte qu’en fonction de Nos intérêts,
nos intérêts immédiats soit dit.
Pas besoin de retourner six longs
mois en arrière, si longs que certains ont
déjà oublié l’hécatombe de l’été dernier
au Moyen-Orient. Pendant les cinq jours
aboutissant à ce 7 janvier, jour des attentats contre Charlie Hebdo, selon les sources (rares car qui s’intéresse aux batailles
tribales de jungle), d’une centaine à plus
de 2,000 personnes étaient massacrées
dans le nord du Nigéria par le pourtant
fameux groupe islamiste Boko Haram.
La bourgade de Baga ainsi que 16 autres
villages étaient détruits tandis que 35.000
personnes étaient déplacées. Le groupe
avait mis en fuite la Multinational Joint
Task Force basée à Baga. Vous souvenezvous de l’avoir vu quelque part dans les
nouvelles?
Simon Allison du Daily Maverick, un partenaire du journal britannique
Guardian avance qu’“on est peut-être au
21ème siècle, mais les vies africaines sont
considérées moins intéressantes par les
médias que les occidentales”. Au point
que huit chefs d’Etat africains (dont les
Mali, Gabon, Benin Niger, soit les voisins
du Nigéria) eux-mêmes ont participé à la
marche de Paris, et que le président du
Nigéria, Goodluck Jonathan, a envoyé
ses condoléances aux victimes françaises
mais a gardé le silence sur le massacre de
Baga. Classique aspiration vers le haut:
l’être humain cherche à s’identifier au plus
fort. On impute cette mise aux oubliettes
internationale au manque de fermeté du
président du nigérian pour affronter ce
groupe.
On ne peut reprocher cela au président français Hollande qui a, au contraire,
été admiré pour sa fermeté au lendemain
des attentats contre Charlie Hebdo. En fait
il n’a eu que la réaction primaire la plus
commune à tout pouvoir attaqué: riposter
par une démonstration de force, notamment déployer 4.300 policiers et 1.350
soldats pour encadrer la manifestation de
Paris, et ensuite 15.000 forces de l’ordre
pour protéger les sites dits sensibles du
pays. Le reste de la classe politique européenne suit avec des recommandations très banales: renforcer les frontières
de l’Union, militariser la police, séparer
les prisonniers dit terroristes de ceux de
droit commun, accroître les conseillers islamiques dans les prisons, établir une liste
européenne d’individus dit dangereux,
faire une Euro-police à l’image du FBI,
copier le Patriot Act étatsunien (appel
d’une Sarkozienne...) – le tout me paraît
comme une pauvre réplique de la réponse
aux attentats contre les tours jumelles de
New York en 2001... qui aboutira sans
doute à la même dite “guerre contre le terrorisme”.
Ce copiage du dit modèle étatsunien, en forte expansion depuis la chute du
mur de Berlin, me semble particulièrement
ironique au vu du déclin de ce pays et du
fait que leurs politiques sont à la base des
gros problèmes globaux: bulle de l’internet
(dot.com) de l’an 2000, crise financière de
2008, bulle du marché immobilier, lamentable système de couverture médicale,
sans oublier ce fameux Patriot Act au sujet
duquel l’ancien premier ministre français,
Dominique de Villepin, commente dans
Le Monde que cette loi qui a entraîné “la
légitimation de la torture ou de la détention illégale a été la cause qu’aujourd’hui
ce pays ait perdu sa boussole morale”,
sans parler de la paranoïa généralisée qui
y continue à ce jour. “Plus d’une décennie plus tard, les États-Unis font toujours
face aux retombées de décisions prises
après les attentats du 11 septembre”, écrit
le New York Times du 17 janvier en donnant des exemples.
Un mot sur une des recommandations avancées: arrêter le flux
d’Européens allant combattre dans les
rangs de l’Etat islamique. On pense qu’au
moins 700 Français sont partis en Syrie
l’année dernière, contre une douzaine
d’Etatsuniens, selon le directeur du FBI,
James Comey. Rien de pareil n’est prévu
à l’encontre des volontaires étrangers qui
rejoignent l’armée israélienne, nombre
en recrudescence lors du bombardement
de Gaza – 2500 venant de 60 pays, dont
740 des Etats-Unis...
De façon générale, pour tenter de
résoudre le problème du dit terrorisme
non-étatique, on s’attaque aux symptômes en ignorant les causes. Sans parler
que la protection recherchée est impraticable et hypocritement destinée à rassurer
l’opinion publique. Je n’ai jamais oublié
ce passage dans La peste de Camus où le
chroniqueur de la maladie, Jean Tarrou,
fait porter un masque au journaliste Raymond Rambert avant de pénétrer dans la
salle où sont hospitalisés les pestiférés.
“Le journaliste demanda si cela servait à
quelque chose et Tarrou répondit que non,
mais que cela donnait confiance aux autres” (4ème partie).
Le système se crispe au lieu de
s’ouvrir à la réflexion. Tout comme avec
l’immigration, autre problème majeur de
notre temps, fruit de cette triste époque
de néolibéralisme. On se retrouve avec
l’absurdité d’ériger une clôture le long du
fleuve Evros sur la frontière gréco-turque
et un mur dans la Méditerranée pour
tenter d’arrêter les réfugiés économiques
d’Afrique et d’Asie. Au lieu de résoudre
le problème du sous-développement, et
surtout le terrible déséquilibre nord-sud
– mais également nord-nord, avec 1%
de la population qui possédera désormais
la moitié des richesses du monde entier d’ici 2016, selon la directrice générale
d’Oxfam, Winnie Byanyima, qui va coprésider le 45ème Davos World Economic
Forum de cette semaine. “L’inégalité croissante va rivaliser avec d’autres crises globales y compris les menaces terroristes en
Europe”, a-t-elle déclaré.
Dans le cas des récents attentats de
Paris, royalement ignorée est la question
du Moyen-Orient. Pire, Hollande avait
demandé tant au président palestinien
Mahmud Abbas qu’au premier ministre
israélien Benjamin Netanyahu de ne pas
participer à la manifestation du dimanche 11 janvier afin de ne pas “détourner
l’attention vers d’autres sujets controversés, telles que les relations entre juifs
et musulmans ou le conflit israélo-palestinien” ! [Haaretz, du 13 janvier, le plus
ancien quotidien israélien].
Sublimement ironique. Ecarter la
principale cause à la base de l’événement
regretté. En réponse à ces divergences flagrantes d’intérêt, on m’a fait remarquer ici
en Europe que l’on ne peut s’occuper de
problèmes lointains, mais de ce qui nous
touche directement. Mais, outre cette vue
très myope, les événements qui se déroulent au Moyen-Orient ont précisément des
répercussions chez Nous, tel que nous venons de le voir à Paris.
Suivant cette logique, il est alors
normal que le monde arabe se préoccupe
des problèmes qui les touchent de près,
dont le plus flagrant est l’occupation de
la Palestine par les Israéliens. On comprendra donc leur frustration face à cette
injustice monstrueuse. Et que la rage n’est
pas attribuée à quelques caricatures. Les
caricaturistes étant des victimes tout simplement faciles.
Le Humanitarian Aid Relief Trust
cherche à “apporter un changement durable, par l’aide et le plaidoyer, pour ceux qui
souffrent de l’oppression et de la persécution, et qui sont largement négligés par les
médias internationaux”. Cette association
britannique a été fondée en 2003 par la
baronne conservatrice Caroline Cox qui
est également membre du All-Party Parliamentary Group on International Religious Freedom or Belief présidé par une
autre baronne conservatrice, Elizabeth
Berridge. Toutes deux siègent à la chambre des Lords et se plaignaient que, maintenant 67 ans après la Déclaration des
droits humains, l’article 18 sur la liberté de
religion n’ait pas encore été appliqué, droit
qu’elles ont qualifié d’ “orphelin”. Soit dit
en passant, leur action vise essentiellement la protection des chrétiens.
Sur exactement la même période
de temps, soit depuis 1948, et après plus
de 45 résolutions du Conseil aux droits
humains de l’ONU, 84 résolutions du
Conseil de sécurité de l’ONU, sans parler
des centaines à l’Assemblée générale, les
droits des Palestiniens sont toujours, non
seulement orphelins mais de plus en plus
bafoués. Nous avons un régime politique
de plus en plus extrémiste et fanatique en
Israël qui multiplie les colonies illégales
dans ce qui reste du territoire palestinien,
et prononce des déclarations qu’on ne
peut que qualifier d’inflammatoires, et qui
montrent bien l’illusion totale d’un dialogue pour la paix.
Quelques perles:
Naftali Bennett, ministre de
l’économie, chef du Jewish Home Party,
dominé par les colons juifs.
«Je ferai tout en mon pouvoir pour
être sûr que [les Palestiniens] n’aient jamais d’Etat».
Très coloré le gars. Le conflit est
comme un ‘éclat d’obus dans notre derrière’ car toute la terre d’Israël ‘appartient
au peuple juif’, et, que les Palestiniens aillent manger de la crème brûlée.
Danny Danon, à la tête du comité
central du Likoud de Netanyahu, ex-vice-
NICLAS EXPRESS INCOME TAX
& INSURANCE AGENCY
Fast Refund
Also:
Immigration Services
Insurance:
Auto • Life • Home • Commercial
6234 NE 2nd Avenue
Miami, FL 33138
Niclas Pierre
1655 N. Federal Highway
Hollywood, FL 33020
954.544.4405
Office: 305.759.8244 • 305.759.8485 Cell: 305.409.0213
14
Haiti Liberté/Haitian Times
ministre de la défense renvoyé pour avoir
accusé le gouvernement de faire preuve
de «retenue» dans son attaque contre
Gaza. «Il n’y a de place que pour un seul
Etat sur la terre d’Israël».
Moshe Feiglin, vice-président de la
Knesset, membre du parti Likoud de Netanyahu et chef de la faction Manhigut
Yehudit (Leadership juif).
“Gaza fait partie de la terre [du
peuple juif] et le sera toujours... Quand la
terreur sera éliminée à Gaza, elle fera partie d’un Israël souverain et sera peuplée
de Juifs”.
Gilad Sharon, fils de l’ancien premier ministre. «Nous devons aplanir des
quartiers entiers de Gaza. Aplanir tout
Gaza».
Amos Regev, rédacteur-en-chef du
principal quotidien israélien, Israel Hayom, écrit un éditorial intitulé, “Gaza doit
être renvoyé à l’âge de la pierre”.
Ayelet Shaked, membre de la Knesset (le premier ministre turc l’a comparée
à Hitler).
“Les mères de morts Palestiniens
devraient suivre leurs fils, rien ne serait
plus juste. Elles devraient disparaître tout
comme leurs habitations dans lesquelles
elles ont élevé ces serpents. Autrement,
d’autres petits serpents seront élevés là”.
Bestialité de même niveau que les
attentats de Paris. Tout comme les massacres de civils par les militaires étatsuniens en Irak et en Afghanistan, ainsi
que les sévices y compris torture, dans les
prisons de Abu Ghraib en Irak, au nombre
de 44, et de Guantanamo (*). Dans son
rapport de 2005, Amnesty International
a appelé cette prison «goulag de notre
époque». Lord Steyn, conseiller à la cour
suprême d’Afrique du sud avant de s’exiler en Angleterre du fait de son opposition
à l’apartheid, et Law Lord à la chambre
des Lords jusqu’en 2005, l’a dénoncée
comme «échec monstrueux de la justice».
Il est important de noter que ce juriste
de très haut niveau a qualifié de «conte
de fées» l’insistance de Tony Bair que la
guerre en Irak n’a pas rendu Londres et le
monde plus dangereux.
(*) Il est savoureux de noter que
grâce à Wikileaks nous avons appris que
les Etats-Unis ont forcé la Suisse à accepter des prisonniers de Guantanamo en
contre-partie de limiter un contrôle fiscal
de plusieurs milliards de dollars contre
l’Union des Banques Suisses qui abritait de grosses fortunes étatsuniennes...
Comme on le verra encore ci-après,
l’argent est bien l’outil préféré des EtatsUnis, notamment en politique étrangère
pour acquérir le soutien des Etats.
Ajoutons que la violence contre
les musulmans a augmenté de 47 pourcent entre 2012 and 2013, selon le Collectif Contre l’Islamophobie en France, et
mentionnons les attaques incendiaires
contre trois mosquées suédoises ces Noël
et Nouvel an passés. Cette longue liste de
doléances s’ajoute au désespoir des Palestiniens. Cela donne un bel explosif qui ne
peut que Nous éclater à la figure de temps
à autre.
Un des deux frères auteurs des
attentats contre Charlie Hebdo, Cherif
Kouachi, était outragé par l’invasion étatsunienne de 2003 en Irak et les tortures à
Abu Ghraib, et il a tenté de rejoindre Abu
Musab al-Zarqawi, le dirigeant d’al Qaeda
en Irak, avant d’y être empêché par la
police française. Incidemment, quand Zarqawi a été tué par une frappe étatsunienne
en 2006 il a été remplacé par Abu Bakr
al-Baghdadi, lequel est devenu rien moins
que le calife de l’Etat islamique.
Est-il nécessaire de rappeler l’occupation française en Algérie et au Vietnam
qui a engendré de tels attentats ainsi
qu’une pareille spirale radicalisée de part
et d’autre qui est en train d’échapper à
tout contrôle? Jusqu’à présent c’était surtout les Etats-Unis qui soutenaient à fond
Israël et faisaient pression sur les Palestiniens, notamment leur récente opposition
à ce que Mahmoud Abbas signe une vingtaine d’accords internationaux, y compris
à la Cour pénale internationale à la Haye.
Mais, justement Hollande lui-même
a pris ces dernières années une position
toute identique à celle des néo-conservateurs étatsuniens, donc même à la droite
d’Obama, notamment sur la question
du dit nucléaire en Iran où il aime lancer
de fortes phrases. (Un procès très peu
médiatisé mais remarquable est en train
de se dérouler dans la U.S. District Court
d’Alexandria, en Virginie, où la CIA est
accusée d’avoir fabriqué des preuves d’un
programme nucléaire en Iran). Incidemment, la France est un des rares pays à
faire des frappes aériennes avec les Etats-
Unis contre l’Etat islamique en Irak. Le
président semble se remuer pour tenter de
redorer le blason de la France, et lui rendre
une place internationale, et sans doute la
distraire de ses propres problèmes.
Je vois un opportunisme fort parallèle avec José María Aznar, le premier
ministre espagnol de l’époque qui avait
activement secondé George Bush en 2003
pour attaquer l’Irak. Alors que 92% de la
population était contre la guerre en Irak,
Aznar a demandé à la télévision que le
peuple espagnol le croit sur parole car il
avait la preuve qu’il y avait des armes de
destruction massive en Irak... On sait ce
qu’il en était.
Au contraire, un mémo a été dévoilé quatre ans plus tard par le plus grand
quotidien espagnol, El Pais, sur une réunion qui avait eu lieu à Crawford au Texas
le 22 février 2003, moins d’un mois avant
l’invasion étatsunienne en Irak. Y étaient
présents uniquement Aznar, Georges
Bush et la conseillère à la sécurité nationale de celui-ci, Condoleezza Rice. Tony
Blair et le premier ministre italien Berlusconi participaient par téléphone.
Bush y montre très clairement qu’il
veut envahir le pays de suite, même si
Saddam Hussein a annoncé son intention
de s’exiler si on l’autorisait à prendre un
milliard de dollars avec lui (!) Le président
étatsunien a préféré y consacrer un grand
minimum de 1,1 trillion de dollars (mille
milliards), ainsi que 4.491 soldats étatsuniens et plus de 100.000 Irakiens tués.
Bush a donc fait pression sur plusieurs
pays pour qu’ils votent à l’ONU en sa
faveur, il a notamment menacé de couper
l’aide à l’Angola et de torpiller l’accord
économique entre le Chili et les EtatsUnis, mais il s’est montré prêt à attaquer
même en l’absence de résolution de l’ONU
l’y autorisant. Quant à la France, comme
tout opposant à sa politique, le Yankee l’a
tenue encore une fois en mépris, qualifiant
le président Jacques Chirac de «Monsieur
Arabe».
On comprendra cette position
quand on sait que Aznar a fondé en
2010 la Friends of Israel Initiative, parce
que, disait-il, Israël est la première ligne
de défense de l’Occident. Ainsi, lors de
l’attaque du bateau turc de solidarité Mavi
Marmara par les commandos israéliens,
qui avaient tué neuf activistes pacifiques,
Aznar a commenté qu’il fallait défendre
Israël coûte que coûte car “si elle périt,
nous périssons tous”.
Est-il nécessaire d’ajouter pour
décrire le personnage qu’il faisait partie du Front des Etudiants Syndicalistes
(FES), un syndicat universitaire soutenu
par la triste Phalange, l’organisation fasciste de Franco? Et qu’en octobre 2008, à
l’occasion de la visite du président tchèque
Václav Klaus à Madrid, Aznar a prétendu
que “le changement climatique causé par
l’être humain n’est pas un phénomène
réel, mais seulement une théorie «scientifiquement douteuse» qui était devenue
la nouvelle religion, dont les disciples sont
les «ennemis de la liberté»...
Aznar s’est finalement fait descendre par son électorat après avoir menti
une ultime fois lors des dix bombes qui
ont tué 191 personnes dans la gare Atocha de la capitale le 11 mars 2004. Malgré les preuves – en sa possession – que
c’était une attaque islamiste, il a prétendu
jusqu’au bout et à des fins électorales,
que c’était l’oeuvre de l’ETA basque. Trois
jours plus tard c’est le parti socialiste de
José Luis Rodríguez Zapatero qui, contre
toute attente, l’emportait.
Madrid 2004. Paris 2015. Tout se
tient, tout effet a des conséquences, souvent à long terme. Un dernier exemple de
pleine actualité et à fort potentiel. En 1953
la CIA et son homologue britannique, le
M16, organisent un coup d’Etat sous le
nom de projet TPAJAX contre le premier
ministre iranien Mohammad Mosaddegh
qui avait osé nationaliser le pétrole iranien
jusque là exploité par la BP anglaise. Le
Shah Mohammad-Reza Pahlavi monte au
pouvoir en faisant le jeu des Etats-Unis et
de l’Angleterre, leur laissant le pétrole et
achetant leur armement militaire (l’aviation iranienne utilise encore à ce jour des
jets de l’époque) jusqu’à ce qu’il soit renversé en 1979.
Faut-il alors s’étonner que de nombreux Iraniens, surtout de la génération
précédente – car celle-ci est pleinement
acquise au consumérisme à l’étatsunienne – aient du ressentiment vis-à-vis
des Etats-Unis et dénoncent leur hypocrisie quand il s’agit d’auto-détermination
et de démocratie? Un quart de siècle plus
tard, on se trouve à nouveau face à une
situation explosive.
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
Suite de la page (3 )
K-Plim, qui a déjà perdu tout son crédit
aux yeux de la population, après quarante années de combat et de militance
politique, pourrait servir d’alibi à un Président plein pouvoir en Haïti ? Pense-t-il
pouvoir servir de garde-fou capable de
contrôler un homme dont le rêve était
de prendre le contrôle des institutions et
de l’administration pour en imposer sa
vision et ses vues même de courte durée ? Le gouvernement de consensus de
Evans Paul qui fera certainement l’objet
d’une chronique à part, ne jouerait dans
l’affaire qu’un rôle mineur et de caution politique aux véritables détenteurs
du pouvoir « Tèt Kalé » dont l’une des
conséquences est le risque de perdre ce
qui lui restait de crédibilité auprès de tout
un pays.
L’évidence est là, le Président Martelly est l’homme fort du moment ; sauf
coup de théâtre comme ce pays en a le
secret, jusqu’à la fin de son quinquennat en 2016. Fini le PSP (Parlementaires
pour la Stabilité et le Progrès) qui a travaillé main dans la main avec le pouvoir
comme si ce groupe de députés venait
du parti du Président. En soutenant
aveuglement toutes les turpitudes et les
humeurs du chef de l’Etat, donc en cautionnant l’idée absurde de gouverner par
décret, le PSP a en quelque sorte favorisé
la caducité du Parlement en général. Fini
aussi le G5 au Sénat de la République. Ce
petit groupe de 5 sénateurs pro-Martelly
composé surtout des amis ou de gens du
même département que le Président. Ces
sénateurs connaissaient le projet de la
présidence et ils ne l’ont jamais découragé. Ils ont contribué à cette situation
qui n’est certes pas inédite dans l’histoire
du Parlement, mais tout de même, très
dangereuse pour la démocratie naissante
haïtienne.
Pour combler le vide parlementaire
et remettre en place le contre-pouvoir nécessaire, tout doit se jouer avec les élections qui seront organisées d’une manière ou d’une autre dans le pays. Sauf
que rien ne garantit que ces élections
vont apaiser les tentions extrêmes existant et apporter la stabilité nécessaire,
compte tenu du climat et des circonstances exceptionnelles dans lesquels ces
scrutins auront lieu. Mais avant d’en arriver là, il y a du chemin à faire. Au Parlement, il n’y avait pas que des élus qui
faisaient allégeance au pouvoir Tèt Kale.
Qu’on ne s’y trompe pas. Les premiers
perdants ne sont pas nécessairement
les groupes parlementaires pro-gouvernementaux qui ont préféré sacrifier leur
propre Assemblée pour d’obscurs inté-
rêts personnels ou par ignorance politique. Les groupes parlementaires qui se
réclamaient de l’opposition ou proche de
la nébuleuse d’opposants au pouvoir ont
de quoi être inquiets pour leur avenir et
ce pour deux raisons. A la Chambre des
députés, il y a eu au moins deux ou trois
groupes parlementaires qui faisaient face
au Président Martelly.
Le plus connu d’entre eux, le PRI
(Parlementaires pour le Renforcement
Institutionnel) placé sous l’autorité du
Pasteur et député des Gonaïves, Sadrac
Dieudonné, était au début le plus actif.
Mais soudain, il est devenu au plus fort
de la crise quasiment inaudible. On ne
l’entendait pratiquement plus dans les
médias et avait laissé carte blanche à
son homologue PSP d’imposer la vision
du Palais national dans la crise préélectorale. Aujourd’hui, les Parlementaires pour le Renforcement Institutionnel paient leur manque de courage et
l’inconséquence de leurs dirigeants qui
n’ont pas su faire la différence, voire faire
entendre leurs voix dans le grand déballage de ces deux dernières années contre
le Président Michel Martelly. Pour le PRI
aussi, c’est fini la tribune de la Chambre
basse. Mais l’absence la plus ressentie
depuis une semaine à Port-au-Prince et
la perte la plus remarquée au Sénat de
la République demeurent incontestablement et certainement le groupe G6 mené
par le flamboyant et incisif sénateur du
Nord Moïse Jean-Charles. Il est l’un des
premiers, sinon le premier opposant
politique historique au pouvoir de Michel
Martelly. Par sa ténacité et son courage,
l’ex-sénateur Moïse Jean-Charles aujourd’hui leader du Plateforme politique
Pitit Dessalines, rentre dans l’histoire de
la 49e législature, même si celle-ci est la
plus pauvre des législatures que Haïti
n’ait jamais connues. Les parlementaires
du groupe G6 se félicitent aujourd’hui
d’être à l’origine de la non prolongation
du Parlement. Ce qui n’est pas faux.
Néanmoins, ces sénateurs ont oublié
de dire qu’ils ont une grande part de
responsabilité dans ce qui arrive. A savoir
la fin de la 49e législature sans qu’il n’y
ait eu un véritable accord politique avec
le pouvoir. Fer de lance de l’opposition
dite radicale, les sénateurs du G6 ont tout
fait pour mettre le Président Martelly dos
au mur pendant au moins deux longues
années. Mais en refusant tout compromis
et en dénonçant tous les accords qui
ont été trouvés avec la présidence, ces
ex-sénateurs se retrouvent à leur tour
dos au mur. N’étant plus sénateurs, ils
perdent pour commencer leur tribune
officielle du Sénat où ils avaient la
possibilité de contrôler les actions du
gouvernement et de porter de manière
officielle la contestation au pouvoir.
En jouant au jusqu’au-boutisme,
ils deviennent co-responsables d’une
situation qu’ils n’ont sans doute pas
voulue, puisqu’avant tout le monde, ils
soupçonnaient le chef de l’Etat de vouloir diriger par décret. Aujourd’hui, la
bande à Moïse y compris l’ensemble de
l’opposition qui continuent, et ils n’ont
pas le choix, de réclamer la démission du
Président Michel Martelly, n’ont qu’une
alternative : renverser le pouvoir par tous
les moyens possibles ou rentrer dans les
rangs sans pour autant faire allégeance
au Premier ministre de facto Evans Paul.
Comme on dit dans le pays, « pa gen
wout pa bwa » (il n’y a pas d’autres directions). Maintenant il faut avancer, sinon ils resteront définitivement au bord
de la route ou en dehors du jeu politique
et du Parlement. Comment avancer dans
une situation pareille ?
Là est toute la question. Comme
nous l’avons dit plus haut, l’opposition
radicale entre autres, le Mouvement
Patriotique de l’Opposition Démocratique (MOPOD), le Mouvement National Opposition Populaire (MONOP),
l’Organisation Tèt Ansanm (OTAN),
Plateforme Pitit Dessalines, le G6, etc.
fait face à la plus difficile décision qu’elle
doit prendre par rapport à un pouvoir
qui finit par se requinquer grâce aux
soutiens de la Communauté internationale mais surtout au manque de clairvoyance politique et à l’analyse étriquée
de la conjoncture politique haïtienne.
Sans oublier une sous-évaluation des
forces en présence.
Qu’on le veuille ou non, le Président Martelly est dans une position
beaucoup plus confortable qu’il l’a été il
y a quelques mois. Devant la confusion
constitutionnelle et l’absence d’un Parlement en bonne et due forme, certains
diraient fonctionnel, légitimement le Président Martelly détient tous les pouvoirs
tout en étant le seul ayant des provisions
constitutionnelles pour se maintenir à la
tête du pays en devenant l’interlocuteur
unique du reste du monde pour Haïti. Ce
qui est un comble pour quelqu’un qu’on
traite depuis des années de despote et
accusé de nourrir l’idée de pouvoir absolu. Sans une vague incontestée et incontestable de manifestations, personne
ne peut attendre la démission du chef
de l’Etat, voire un enlèvement de celuici comme ce fut le cas en 2004 pour le
Président Jean-Bertrand Aristide. Assez
curieuse qu’elle puisse être, cette situation recommande la présence d’un chef,
tout au moins, la présence d’une autorité constitutionnelle capable de prendre
les décisions au nom de la nation et de
représenter la République.
Une situation qui met l’opposition
en position difficile puisqu’elle ne lui laisse que deux possibilités : soit de reconnaître son échec à renverser le Président
et accepter le principe d’élections avec
ce pouvoir, soit de multiplier les actions
et manifestations de rue pour pousser le
chef de l’Etat à la démission. Tant qu’elle
ne peut pas passer à une vitesse supérieure dans sa lutte contre l’administration
Martelly, elle est condamnée à subir la
marche du pouvoir vers des élections
soutenues par des leaders politiques
devenus malgré eux des alliés politiques
conjoncturels en vertu de l’Accord du 11
janvier 2015. En tout cas, depuis le 12
janvier 2015 la donne politique a changé
pour le Président Martelly.
Il n’a plus peur de l’opposition
sachant qu’il est le seul à avoir la main
sur toutes les institutions et l’unique
partenaire officiel de la Communauté
internationale. La marge, en effet, pour
l’opposition, est on ne peut plus réduite
aujourd’hui dans la mesure où elle n’a
plus aucun contrôle sur les actions et les
décisions que va mener et prendre le Président Martelly. A la faveur du dysfonctionnement du Parlement et l’absence
d’une opposition officielle existant, G6,
PRI, etc, le rapport de force médiatique
aussi a changé. Les ex-parlementaires
(sénateurs et députés) n’ont quasiment
plus de voix au chapitre dans les médias.
En tout cas, ils sont de moins en moins
sollicités dans les grandes émissions de
radio pour donner leur avis. Une difficulté de plus pour les ex-sénateurs et
pour l’opposition en général de pouvoir
porter l’estocade à la présidence de la
République.
Aujourd’hui, le seul salut pour
eux de continuer à exister sur la scène
politique face au Président Martelly reste
leur capacité à mobiliser la population.
Mais il y a le risque d’un essoufflement
des manifestations, ce qui consommera
l’échec définitif de l’opposition. Pour
sortir le pays de cette passe difficile et
sans une brutale évolution de la situation, c’est au Président Martelly qu’il
revient le droit de prendre des mesures
politiques, sinon des décrets. En tant
que chef de l’Etat, il est le seul habilité
à pouvoir veiller au fonctionnement des
institutions restant et par la même occa-
sion constituer les organismes devant
permettre le retour à l’ordre constitutionnel. A défaut d’un grand chamboulement populaire dans les semaines qui
viennent, paradoxalement tout repose
finalement sur ses épaules. Ainsi, la
constitution d’un 5e Conseil Electoral
Provisoire (CEP) lui a été confiée même
si les secteurs dits organisés devaient lui
envoyer les noms des personnes à nommer.
En réalité, dans ce processus, c’est
lui et lui seul qui formera l’organisme
électoral provisoire. Il y a aussi le gouvernement de facto de Evans Paul. Il
ne fait aucun doute pour personne que
ce gouvernement est l’émanation du
Palais national dans la mesure où il n’a
pas été ratifié ni n’a bénéficié d’un vote
de confiance de l’Assemblée Nationale.
Selon toute logique, le Président Martelly
pourrait limoger ou congédier à tout moment tout le gouvernement y compris le
Premier ministre, si cela lui chante. Le
syndrome de l’ex-Premier ministre Garry
Conille plane sur le gouvernement de
Evans Paul, compte tenu que l’ensemble
de ce cabinet ministériel ne doit son existence qu’au bon vouloir du chef de l’Etat.
Ce que, d’ailleurs, K-Plim lui-même a reconnu, lors d’une interview sur une radio de la capitale.
Sa nomination a été un choix personnel du Président Michel Martelly et
de personne d’autre, à-t-il déclaré. Quant
au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), en dépit de la démission de
Me Anel Alexis Joseph, son Président, il
reste très contesté par une grande partie de l’opposition par le fait que certains
de ses membres demeurent inféodés à
la politique du Palais national. Enfin,
le Sénat de la République, avec ses 10
sénateurs, ne représente que l’ombre
de lui-même. Malgré le dévouement du
sénateur Andris Riché de la Grand’Anse
et de ses pairs pour sauver les meubles,
ils ne pourront empêcher le Président
Martelly d’agir à sa guise, vu que les 10
sénateurs ne peuvent légalement constituer un contre pouvoir à l’exécutif.
Le dysfonctionnement du Parlement
reste une réalité et une entorse à la
démocratie quoiqu’en dise la présidence.
L’opposition qui a largement contribué à
cette situation doit chercher la bonne approche afin de maintenir la pression sur
le Président Martelly pour qu’il ne reste
pas longtemps seul maitre à bord de ce
navire qui menace de faire naufrage d’un
moment à l’autre.
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ki soti nan mouvman kiltirèl patriyotik la
e ki vin gen yon gwo renome genyen :
chantè Carole Démesmin ak Farah Juste,
konpozitè ak aranjè Michel Rolf Trouillot
ak Nikol Levy, powèt Georges Castera ak
Jean Claude Martineau (alyas Koralen),
dramatij Syto Cavé ak komedyèn Paula
Péan, ekriven Josaphat Robert Large, Lyonel ak Evelyne Trouillot.
Répression en Haïti)
3 CAB (Comité d’Action pour la Libération des Prisonniers Politiques et la
Défense des Libertés Démocratiques en
Haïti) [de Boston].
4 Iles Turques, an franse.
5 Turenne Deville : refijye ayisyen,
pann tèt li nan prizon Miyami an 1974,
kèk èdtan anvan sèvis imigrasyon ameriken depòte l Ayiti.
6 Oktòb 1981 vwalye La Nativite fè
nofraj Hillboro Beach ak 63 imigre klandesten. 33 kadav ayisyen te rete blayi sou
plaj la.
7 Nan finisman 1980 yon kanntè chwe
ak 108 ayisyen sou zile Cayo Lobos (Baamas). Refijye yo pase 40 jou la ap manje
fèy ak rasin anvan yon bato baameyen
mennen yo tounen, apre anpil chire pit
ant otorite Ayiti ak Baamas.
8 Twoup Kouidò jwe Les puits errants pou premye espektak li nan Brooklin
Academy of Music 20 septanm 1969.
LA DIFFERENCE
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Suite de la page (6)
ki te montre plis ladrès ak talan e ki te gen
plis siksè nan devlopman yon nouvo estetik teyatral nan dyaspora a.
Avèk aparisyon gwoup kiltirèl patriyotik
yo yon nouvo fòm divètisman vin pran
chè nan kominote egzile ak lòt emigre
ayisyen yo. Aktivite sa yo te jwe yon
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
(Endnotes)
1 KODDPA (Komite Defans Dwa Demokratik Pèp Ayisyen)
2 CACREH (Comité d’Action Contre la
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Haiti Liberté/Haitian Times
15
Suite de la page (12)
que Bill Binney (dénonciateur de la NSA)
et moi partageons. Binney a conçu Thin
Thread, un programme de la NSA qui
utilisait un cryptage pour essayer de
rendre la surveillance de masse moins
critiquable. Ca serait de toute façon resté
illégal et non constitutionnel. Binney en
parlait tout le temps, mais son idée c’était
que ce programme permettrait de collecter n’importe quelle information sur
n’importe qui mais en la cryptant immédiatement, de façon à ce que personne
ne puisse la lire. Seule une cour pourrait
donner aux responsables des services de
renseignement une clé pour les décrypter.
L’idée était de trouver une sorte de compromis entre [les droits à la vie privée et]
l’assertion que si vous ne collectez pas les
choses lorsqu’elles se produisent, elles ne
seront pas disponibles plus tard — parce
que ce que veut la NSA, c’est la possibilité
d’enquêter rétrospectivement. Ils veulent
avoir un enregistrement parfait des cinq
dernières années de votre vie, pour que,
si vous attirez son attention, ils puissent
savoir tout sur vous. Binney essayait de
créer quelque chose comme ça.
The Nation : Vous nous faites
penser à Robert Oppenheimer [le père de
la bombe atomique américaine] — à ce
qu’il créa puis regretta.
ES : Quelqu’un a récemment parlé
de la surveillance de masse et des révélations de la NSA comme étant pour les
savants technologues d’une importance
comparable à celle de la bombe atomique. La bombe était d’une importance
morale pour les physiciens. La surveillance de masse est d’une importance
identique lorsqu’ils réalisent que ce qu’ils
produisent peut être utilisé pour nuire à
un nombre considérable de gens.
Il est intéressant de voir que tant
de gens qui sont déçus, qui protestent
contre leurs propres organisations, sont
des gens qui ont apporté quelque chose
à celles-ci et ont vu ensuite comment
c’était utilisé à des fins néfastes. Lorsque
je travaillais au Japon, j’ai crée un système permettant de s’assurer que les
données des services de renseignement
étaient globalement récupérables en cas
de désastre. Je n’avais pas conscience de
l’étendue de la surveillance de masse.
J’ai été confronté à diverses questions
légales lorsque je créais ce système.
Mes supérieurs réagissaient et disaient
« Comment allons nous traiter ces données ? ». Et je disais « Je ne savais même
pas que ça existait ». Plus tard, lorsque
que je me suis rendu compte qu’on collectait davantage d’informations sur les
communications américaines que sur les
communications russes par exemple, je
me suis dit : « Nom de dieu ! ». Quand
vous réalisez que le travail que vous
faites dans l’intention de servir les gens
est utilisé contre eux, ça a un effet radical.
The Nation : Comme nous
l’avons dit, nous venons souvent en
Russie. Mais peut-être ne voulez-vous
pas beaucoup parler de la Russie.
ES : [rires] Pas du tout.
The Nation : Pourquoi ? Tout le
monde sait que vous n’êtes pas ici par
choix personnel.
ES : Vous seriez surpris de voir
l’efficacité — du moins pour influencer
les électeurs peu ou mal informés — que
peut avoir la propagande
négative à mon encontre.
Peut-être les médias des
boutiques Internet, peut-être les gens
qui lisent les journaux et parlent à des
universitaires, comprennent, eux, parce
qu’ils sont informés par une information
de qualité. Mais un tas de gens ne savent
pas encore que je n’ai jamais souhaité
finir en Russie. Ils ne savent pas que les
journalistes prenaient en tweetant en direct des photos de mon siège dans l’avion
à destination de l’Amérique latine, dans
lequel je n’ai jamais pu embarquer parce
que le gouvernement américain m’avait
confisqué mon passeport. Il y en a encore
quelques-uns qui croient honnêtement
que j’ai vendu des informations à Poutine
— à titre personnel en échange de l’asile.
Et tout ça après que le président de la
Commission du Sénat sur les services de
renseignement, qui lisait les rapports de
la NSA sur mes activités tous les matins,
ait déclaré que toutes ces conspirations
étaient pure fantaisie.
The Nation : Nous avons le sentiment, ou peut-être l’espoir, que nous
allons vous retrouver bientôt aux EtatsUnis — peut-être quelque temps après la
fin de cette crise ukrainienne ?
ES : J’aimerais le croire, mais nous
sommes allés jusqu’au bout de la chaîne,
à tous les niveaux. Une décision politique
a été prise qui consiste à ne pas irriter les
gens des services de renseignement. Les
agences d’espionnage sont très embarrassées — réellement ennuyées. Les
révélations mettent vraiment à mal leur
mystique. Ces dix dernières années, on a
traité les gens des services secrets comme
dans Zero Dark Thirty [film américain
sur la traque d’Oussama ben Laden par
la CIA] —. Ils sont les héros. Les révélations liées à la surveillance de masse
les rabaissent à être des personnages
de récits style Big Brother, et ça ne leur
plaît pas du tout. L’administration Obama
semble presque avoir peur des services de
renseignement. Ils ont peur de mourir de
mille coup de couteaux [référence à un
supplice chinois qui vidait les condamnés de leur sang] — vous comprenez, les
fuites et ce genre de choses.
The Nation : En parlant de films,
nous avons compris, qu’en plus du documentaire de Laura Poitras, Citizenfour,
deux ou trois autres films sur vous vont
voir le jour.
ES : Tout ce qui fera parler de ces
problèmes est vraiment bienvenu. Je ne
connais rien au monde du cinéma. Je ne
sais rien de tout ce qui va avec la célébrité. Je ne sais pas qui seront les acteurs
et ce genre de choses. Mais j’applaudis
quiconque veut traiter de ces problèmes.
The Nation : Vous êtes déjà célèbre.
ES : C’est ce qu’on dit. Mais je
n’ai fait que signer des autographes pour
des types qui se battent pour les libertés
civiques. Et je signe des actes judiciaires.
The Nation : Peut-être, mais il
vous faut une stratégie pour savoir comment vous allez utiliser votre célébrité,
pour le meilleur ou le pire. Car vous êtes
célèbre. Vous devez faire avec.
ES : [rires] C’est accablant !
The Nation : Et vous ne savez
pas ce qui vous attend. La fortune parfois
tourne très soudainement, sans qu’on
l’attende.
ES : Espérons alors que les surprises seront bonnes.
The Nation : Vous nous avez
accordé beaucoup de votre temps et
nous vous en sommes très reconnaissants, comme le seront les lecteurs de
The Nation et les autres lecteurs. Encore
quelques mots avant la fin, avez-vous
quelques idées sur votre avenir ?
ES : Si je pouvais deviner à quoi
va ressembler le futur pour moi — en
espérant que ce ne sera pas un costume
orange dans un trou [c’est-à-dire la prison, les prisonniers américains portant
un uniforme orange] —, je crois que je
vais partager mon temps entre la technique et les politiques. Je crois que nous
avons besoin de ça. Je crois que c’est
ce qui manque au gouvernement, pour
l’essentiel. Nous avons beaucoup des
gens qui travaillent sur les politiques,
mais nous n’avons pas de technologues,
bien que la technologie représente une
part importante dans notre vie. C’est
incroyable, parce que même ces grandes
entreprises de la Silicon Valley, les
maîtres de l’univers, n’ont pas travaillé
avec Washington jusqu’à récemment.
Elles continuent de faire du rattrapage.
Quand à mon engagement politique personnel, certains pensent que je suis une
sorte d’archi-libertarien [5], un hyperconservateur. Mais lorsqu’il s’agit de politiques sociales, je pense que les femmes
ont le droit de faire leurs propres choix, et
que les inégalités sont une question très
importante. Comme technologue, je vois
les orientations qui se dessinent et je vois
que l’automatisation va inévitablement
signifier de moins en mois d’emplois.
Et si nous ne trouvons pas le moyen de
fournir un revenu de base aux gens qui
n’ont pas de travail, ou un travail qui ne
leur permet pas de vivre, nous aurons
des révoltes sociales violentes avec peutêtre des morts. Lorsque nous avons
une production qui augmente — année
après année —, il faut qu’une partie soit
réinvestie dans la société. Et ça ne doit
pas constamment être réinvesti dans les
fonds de capitaux à risques et ce genre de
choses. Je ne suis ni un communiste, ni
un socialiste ou un gauchiste. Mais ces
problèmes doivent trouver une réponse.
Notes
[4] En anglais Magna Carta fait
référence à la Grande Charte des libertés
anglaises octroyées par le roi anglais Jean
sans Terre en 1215, qui lui a été imposée
par les barons féodaux anglais en révolte
contre l’autoritarisme royal. Elle est
considérée comme le premier pas symbolique vers la démocratie et la première
pierre ouvrant la voie au règne de la loi
constitutionnelle.
[5] Le libertarianisme est une
philosophie politique prônant, au sein
d’un système de propriété et de marché
universel, la liberté individuelle1 en tant
que droit naturel. La liberté est conçue
par le libertarianisme comme une valeur
fondamentale des rapports sociaux, des
échanges économiques et du système
politique. (source : Wikipédia).
Traduction et annotations : Mireille
Azzoug
Mémoire des luttes
25 novembre 2014
Muretteʻs
Suite de la page (5)
dont il se fiche comme d’une
guigne.
Quel mal ? La libération
de Taissa Mazile, épouse du beau
Sonson Lafamilia, chef du Gang
Galil impliqué dans le trafic de la
drogue et le kidnapping, selon un
rapport du RNDDH, avec la complicité présumée du ministre de la
Justice, «testicule de rechange»
du président ? L’enrichissement
scandaleux des importateurs de
produits alimentaires et leurs associés, ti zanmi prezidan, dans
le cadre de programmes bidon : ti
manman cheri, ti papa doudou,
ti marenn souple ? L’emprisonnement scandaleux de maints individus exerçant leurs droits citoyens
d’être dans l’opposition ? L’évasion
spectaculaire de plus de trois cents
détenus de la prison civile de la
Croix-des-Bouquets dont Clifford
Brandt (ex-testicule d’occasion du
président) et des narcotrafiquants
colombiens. Autant de maux qui se
rapportent à Martelly. Oui, c’est par
la tête que pourrit le poisson.
Comment alors ne pas comprendre «l’impact dévastateur du
mur de méfiance qui nous entoure
et de nos velléités à constamment
tirer le drap de notre côté, quitte
à le déchirer» ? Qui tire le drap de
son côté si ce n’est Gwo Soso et
son fils utilisant sans vergogne et
sans le contrôle du parlement des
sommes faramineuses pour des
projets fumeux, farfelus, biscornus ? Qui tire le drap de son côté
si ce n’est le président, sa femme,
ses enfants, son entourage dont les
frais de séjour (per diem) durant
leurs incessants voyages sont de
$20.000 US, $10.000, $7.500 et
$4.000 respectivement ? Qui tire le drap de son côté
si ce ne sont les 43 membres d’un
gouvernement d’ouverture suçant
goulument, san pran souf, les mamelles déjà flasques de l’État ? La
population observe que c’est une
pagaille décherpillante entre les
grands commis de l’État pour accaparer le plus possible du gâteau.
Pourquoi ne se méfierait-elle pas de
ces imposteurs cravatés, empommadés, eau-de-colognés, redingotés, mal fagotés ? Martelly et ses
compères Joseph Lambert, Youri
Latortue, Rudy Hériveaux, Charles
«Kiko» Saint-Rémy, Roro ‘‘Ti Bobo’’
Nelson, les copains de la drogue,
n’ont-ils déjà pas mal déchiré et effiloché le drap des ressources de la
nation ? Alors, comment «devant
ce constat collectif» de dilapidation
de la chose publique «surmonter ce
mur de méfiance» ?
C’est en fin de mandat que
Martelly «assume, également,
aujourd’hui… la responsabilité de
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cette situation… reconnaî(t) le droit
de tous ceux qui ont choisi la voie
des manifestations pacifiques pour
exprimer leurs revendications et
leurs frustrations», daigne pourvoir
à «un nouveau CEP [pour] revoir
la loi électorale et planifier les
prochaines élections législatives,
locales et présidentielles»; CEP à
l’impartialité annoncée puisqu’il
«n’inclura aucun membre du personnel de l’Etat ni aucune personnalité politique et partisane».
Mieux, Martelly l’a juré : « en aucun cas, je ne serai candidat aux
prochaines élections». Parlez-moi
de ça, Micky. Votre naturel bluffeur
aura beau être chassé à coups de
dénonciations, de manifestations,
il reviendra promptement au galop.
Nous ne sommes pas des ti bebe à
qui on apprend à marcher.
Et quand il est question
d’élections, tout le monde s’empresse de mentionner qu’on les
veut libres et démocratiques. C’est
normal. Le président n’y a pas
fait exception : «Je réaffirme ici
mon engagement à mettre tout en
œuvre pour la réalisation d’élections honnêtes, crédibles et participatives». Fanmi Lavalas, ou
tande ? MOPOD, tu as entendu ?
Pour
l’audace
démagogique,
Martelly n’a pas son pareil.
Écoutez-le : «Pour faire face aux
grands et multiples défis de l’année
2015, il est impératif que ‘‘les filles
et les fils d’Haïti’’ se retrouvent et
s’entendent sur l’essentiel, le fondamental et le durable» (sic). On a
presque envie de chanter : allons
(z)enfants de la patrie, le jour de
gloire doit arriver.
Dans la bouche de Martelly
ce ne sont que des mots, encore des
mots, toujours des mots, rien que
des mots, pas plus que des mots
creux. Quand il était musicienchanteur-clown-amuseur
public,
c’était des mots obscènes, grivois,
graveleux. Devenu président, il a
appris à maîtriser des mots mensongers, mystificateurs, manipulateurs, trompeurs. Dans son
discours du 16 janvier, il en a fait
toute une salade bluffante: «respect
des uns et des autres… tout moun
se moun… vision du Père Fondateur… véritable nation haïtienne…
désir de chérir le bien commun…
construire l’harmonie sociale… fin
de nos division séculaires…», j’en
passe. Ses cons de partisans zélés
y voient de bonnes intentions (sic)
et applaudissent son souhait «que
la politique en Haïti maintienne ses
lettres de noblesse recouvrées en
cette nouvelle année 2015».
Ah, l’enfer ! Comme tu es
pavé de bonnes intentions et
d’abracadabrances !
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
A travers le monde
Les communistes d'Inde
appellent à manifester
contre la venue d'Obama !
Le Français proche des Kouachi et
retenu en Bulgarie va être extradé
Par Vivien Vergnaud
L
Manifestation lors de la visite d’Obama en Inde en Novembre 2010. Six
partis communistes et progressistes indiens appellent à manifester contre
la venue du Président étasunien le 24 Janvier prochain
Par Nicolas Maury
Six partis communistes et progressistes indiens appellent à manifester contre la venue du Président
étasunien le 24 Janvier. Le Président nationaliste indien, Narendra Modi, a invité son homologue
étasunien. Ces six partis dénoncent la politique impérialiste et
«l'ingérence» des Etats-Unis dans
les affaires intérieures de l'Inde
R
éunis à Calcutta, six organisations politiques communistes et
progressistes appellent à manifester
dans tous le pays le 24 janvier contre
la venue de Barack Obama, le président des Etats-Unis d'Amérique.
Le Parti Communiste d'Inde
(CPI), le Parti Communiste d'Inde
Marxiste (CPIM), le Parti Communiste d'Inde (Marxiste Léniniste)
Libération, le All India Forward Bloc
(AIFB), la Socialist Unity Centre of
India (Communist), le Revolutionary Socialist Party (RSP) ont publié
un appel en commun où ils appellent
à "stopper l'agression américaine" en
Asie", à "arrêter l’ingérence dans les
affaires intérieures de l'Inde" et d’ «
arrêter la collaboration stratégique
entre l'Inde et les USA ».
Ces partis de gauche notent
qu’Obama a été invité aux festivités
célébrant « la République », cette invitation "est une ironie suprême car
ce jour symbolise l'indépendance et
la souveraineté de l'Inde « et le gouvernement invite une personne qui
a détruit la souveraineté de nombreux pays à travers le monde ».
Les partis protestent contre la
visite du Président Obama parce que
:
1. Les États-Unis déstabilisent
des gouvernements en Asie et au
Moyen-orient par des interventions
militaires comme en Irak, en Libye
et en Syrie.
2. Les États-Unis soutiennent
ardemment Israël, pays qui occupe
les terres palestiniennes, des territoires arabes et soumet le peuple
palestinien à une oppression coloniale.
3. Les États-Unis ont déployé
d'importantes ressources militaires
navales en Asie, avec la création
de nouvelles bases militaires créant ainsi des tensions dans la région
Asie-Pacifique.
4.
L'intervention
américaine en Afghanistan et son rôle
au Pakistan ont nourri les forces
fondamentalistes. Alors, ces conséquences désastreuses doivent servir d'avertissement à l'Inde.
5. Aux USA des protestations massives se déroulent contre
les meurtres raciaux commis par la
police. En outre, les USA ont un terrible bilan avec l'utilisation de la torture par la CIA. Les Etats-Unis sont
l'un des pires pays qui violent les
droits de l'homme et la démocratie
dans le monde.
Les six partis communistes et
progressistes dénoncent la politique
du BJP (Bharatiya Janata Party - nationaliste) qui poursuit une politique
étrangère pro-USA, politique contraire à l'indépendante du pays et
de sa situation de non aligné. Cela
se fait dans l'intérêt du capital monopoliste indien et étranger.
Les six partis exigent :
- Le non-renouvellement de
l'accord-cadre de défense américano-indien. Ce dernier vise à atteler
l'Inde à la stratégie militaire américaine en Asie.
- Faire cesser la pression
sur l'Inde vis à vis de sa politique
étrangère envers la Palestine, Israël
et l'Iran.
- Mettre fin aux pressions incessantes exercées par
l'administration Obama sur l'Inde
qui veut ouvrir le secteur financier
indien au capital américain.
- Mettre fin à la forte pression des Etats-Unis pour affaiblir le
régime des brevets en Inde, cela au
profit des sociétés pharmaceutiques
américaines, de sorte qu'elles puissent vendre des médicaments en
Inde à des prix plus élevés.
- Mettre fin aux pressions des
USA pour que l'Inde renonce à son
programme de sécurité alimentaire
en sapant le système public de distribution alimentaire..
- Mettre fin aux pressions des
USA sur l'Inde pour affaiblir les lois
qui protègent les rares droits des
travailleurs et les rares droit environnementaux.
Les partis de gauche appellent
à une journée de protestation contre
la visite du Président Obama le 24
Janvier.
Arrêtons l'agression étasunienne
Arrêtons l'ingérence US dans
les affaires intérieures de l'Inde
Arrêtons la collaboration militaire américano-indienne
Initiative Communiste
5 Janvier 2015
Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
a justice bulgare a décidé ce mardi
20 janvier l'extradition vers la
France de Fritz-Joly Joachin, un Français proche des frères Kouachi, les auteurs de l'attentat du 7 janvier contre
Charlie Hebdo à Paris. "Je suis innocent,
je veux retourner en France", a déclaré
Fritz-Joly Joachin. Il a admis connaître
de longue date Chérif et Saïd Kouachi,
mais conteste avoir été associé à la
préparation de leur attentat.
Le tribunal de Haskovo (sud)
s'est prononcé sur un mandat d'arrêt
émis contre cet homme de 28 ans,
d'origine haïtienne, pour "participation à un groupe criminel armé dont
l'objectif était l'organisation d'actes terroristes". La décision est définitive, et
selon Radi Radev, l'avocat du suspect,
l'extradition pourrait intervenir "dans
les 24 heures". Les faits reprochés à
Fritz-Joly Joachin seraient passibles de
dix ans de prison. Interrogé par l'AFP à
la fin de l'audience, il s'est dit "content
de retourner en France", et a répondu
"non" à la question de savoir s'il redoutait une condamnation.
En direction de la Syrie avec son
fils de 3 ans
L'homme avait été interpellé le 1er
janvier alors qu'il tentait de franchir
la frontière bulgaro-turque avec son
Fritz-Joly Joachin entouré de policiers bulgares. (Reuters)
fils de 3 ans, dont on soupçonne qu'il
voulait l'emmener en Syrie. Fritz-Joly
Joachin voyageait lors de son arrestation avec trois autres personnes,
toutes soupçonnées de contacts avec
Chérif Kouachi. Mais seul Fritz-Joly
Joachin a été arrêté en Bulgarie - au
titre, à l'origine, d'un premier mandat
d'arrêt pour enlèvement parental -, ses
compagnons ayant pu poursuivre leur
route vers la Turquie.
Parmi eux figurait Cheikh
Diakhabi, un Français condamné en
2006 pour être entré illégalement en
Irak, et qui a été arrêté le 2 janvier en
Turquie. Il devrait être expulsé vers la
France d'ici "quelques jours", a indiqué
une source proche du dossier à l'AFP
en Turquie. La compagne turque de
Fritz-Joly Joachin, Imané Chanaa, qui
l'accompagnait aussi au moment de
son arrestation, a pour frère Younès
Chanaa, détenu pour participation supposée à un réseau de recrutement en
Europe de jihadistes pour le groupe Etat
Islamique, ont précisé des enquêteurs.
Le JDD 20 janvier 2015
Etats-Unis: levée d’une partie des
restrictions à l’encontre de Cuba
L
es Etats-Unis allègent les restrictions de voyage et de commerce
avec Cuba, au lendemain de la libération de 53 prisonniers politiques par
La Havane. Les mesures annoncées
par Washington entrent en vigueur dès
ce vendredi, et suivent l’annonce de
Barack Obama le 17 décembre dernier.
Ce n’est pas encore la fin de l’embargo
en place depuis plus de 50 ans, car pour
cela il faudra un vote du Congrès, mais
les échanges seront facilités entre les
deux pays.
Le but des premières mesures
annoncées par Washington est en effet clairement de faciliter les échanges
avec les particuliers cubains et avec le
secteur privé, qui s’est ouvert depuis
l’arrivée de Raul Castro. En dehors
des relations familiales, deux secteurs
sont privilégiés, les télécoms et tout ce
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qui touche à internet et l’informatique.
Le département du Trésor américain
et la Maison Blanche mettent l’accent
sur ces points. On comprend bien que
l’objectif américain est de favoriser une
plus grande liberté de communication
et d’information pour les Cubains.
On sent que l’administration
américaine veut aller vite. Ces mesures
entrent donc en vigueur dès ce vendredi. Il est désormais possible pour
tout citoyen américain de se rendre à
Cuba pour faire du commerce, participer
à des échanges culturels, des voyages
d’études, des missions humanitaires
ou des séminaires. Mais c’est surtout la
fin de casse-tête administratifs. Les demandes d’autorisations spéciales n’ont
plus court, les motifs de voyage à Cuba
sont déclaratifs.
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an. Enfin, une fois sur place, il sera
possible d’utiliser sa carte de crédit
américaine. Ce n’est qu’un début, explique Marie Harf, porte-parole du
département d’Etat : « C’est une série
de jalons que nous mettons en place et
qui font partie de ce mouvement vers
l’avant, explique-t-elle. L’un d’entre
eux a été la libération des prisonniers
politiques, une autre est cette annonce
de nouvelles régulations, puis les prochaines discussions. Nous allons continuer à placer des jalons pour avancer
dans le processus. »
Pas encore la fin de l’embargo
Reste tout de même deux obstacles :
d’abord, le Congrès américain doit encore voter la fin de l’embargo.
Suite à la page (18)
KATOU
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haïtienne à Brooklyn
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équipe de cordons bleus recrutés sous
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lâcherez pas Katou Restaurant
Haiti Liberté/Haitian Times
17
Fenêtre ouverte sur la
communauté haïtienne de
New York (IX)Notre
participation au West Indian
American Day Carnival
¡Hasta siempre Comandante!
,Chavez pour toujours!
Cuentos del arañero* / Histoires**
du vendeur de gâteaux
RÉVOLUTIONNAIRES
. Le 4 février 1992 ***
(suite et fin)
Ndlr. Dans la première partie de ce
texte, Chávez raconte comment le
coup d’État militaire qu’il dirigeait a
échoué par la faute d’un militaire qui
avait dénoncé la conspiration.
J
Par Lesly Eystache
Ç
a fait plus de 45 ans depuis que Brooklyn devient le théâtre du plus grand
événement multiculturel de la ville de
New York, le West Indian American Day
Carnival (WIADC). Tenu chaque année
pour la fête du travail (1er lundi de Septembre), c’est un spectacle carnavalesque
dont les pays participants sont pour la
plupart de la Caraïbe. En dépit de son
nom, au fil des ans, nous avons également noté la présence de la Guyane et
de Suriname, deux pays d’Amérique du
Sud, et de Bélize, un pays d’Amérique
Centrale. Néanmoins, c’est un événement
où les gens viennent pour célébrer la musique, la cuisine, et la vibrante culture de
la Caraïbe. Il est connu comme une attraction touristique majeure pour des gens
venues de toute part à travers les Etats
Unis et d’autres parties du monde. Il y en
a des centaines de gens qui vendent de
la nourriture, des vêtements, des bijoux,
de la musique, et des œuvres d’art. Selon
certaines estimations, le nombre des personnes qui assistent à l’événement varie
entre un et trois millions, y compris spectateurs et participants.
L’événement a été lancé par un
immigrant en provenance de Trinidad
et Tobago. Etant donné la réputation de
célébration carnavalesque splendide de
cette nation, Trinidad est devenue la force
dominante du WIADC. Son influence est
vue à travers les costumes en plume,
aux couleurs vives et bien élaborés des
participants, à travers la musique (Soca)
jouée sur la plupart des flotteurs, et par
l’absence de chars allégoriques. Contrairement à la tradition haïtienne, les rois et
les reines du carnaval marchent le long
du parcours du défilé en portant les costumes les plus élaborés dont certains sont
tellement énormes qu’ils sont équipés de
roues pour faciliter leurs mouvements le
long du chemin. Certains des costumes
sont si beaux si exceptionnels qu’on ne
peut s’empêcher de se demander comment ont-ils été mis ensemble. Ils sont de
véritables démonstrations d’habileté et de
talents artistiques. Quant à la musique,
elle est jouée en grande majorité par des
DJ sur flotteurs. Les groupes « live » sont
plutôt rares. La communauté haïtienne participe au WIADC depuis des décennies. A
l’instar des Trinidadiens, nos organisateurs sont très influencés par le carnaval
en Haïti. Traditionnellement en Haïti, le
carnaval contient deux aspects. Dans le
premier, les talents en arts visuels sont
exhibés à travers des masques, des danses, et des déguisements élaborés. Dans le
second, on trouve les groupes musicaux
perchés sur des flotteurs géants jouant
leurs méringues carnavalesques à haut
décibels, entourés de foules immenses de
participants non déguisés qui dansent, se
poussent et se bousculent. C’est ce dernier
que nous avons transporté avec nous et
que nous affichons chaque fois que nous
participons dans le WIADC.
Dans cette célébration multiculturelle des Antillais, nous sommes
18
représentés la plupart du temps par un
ou plusieurs groupes « live » sur flotteurs géants, entourés de foules denses
de participants non déguisés, la plupart
desquels apportent de petits drapeaux
haïtiens qu’ils flottent le long du parcours.
Au sein de ces foules, on trouve toujours
des petits groupes d’hommes, ça- et- là,
qui se poussent et se bousculent violemment (tire gagann), et qui causent parfois
des incidents où des participants sont
blessés ou même tués. Ainsi l’image que
nous affichons en général est dépourvue
de tout attrait visuel pouvant plaire aux
spectateurs. La façon dont nous participons avec notre music assourdissante et
nos grandes foules exubérantes dépourvues de déguisement est une indication
que nous sommes seulement préoccupés
par notre défoulement collectif. Nous ne
montrons aucun souci pour les spectateurs. On peut se faire une idée en consultant le site Web du Floridien’s Album
West Indian Day parade 2012 (1). De
plus, la musique « Di’m sa’w wè » de
T-Vice, un groupe omniprésent dans le
carnaval ces deux dernières décennies,
fournit une description précise de notre
participation. Avec sa musique à très haut
décibel, il emporte avec lui les foules les
plus immenses du WIADC en général.
Beaucoup de nos compatriotes se
plaignent de la façon dont nous nous
y prenons. Ils ont marre de l’absence
d’esthétisme ainsi que de la violence qui
est répandue dans nos cortèges. On peut
parier qu’en plus de ces compatriotes-là,
les spectateurs étrangers, le comité en
charge de l’événement ainsi que les policiers responsables du maintien de l’ordre
sont aussi dégoûtés par l’image que nous
affichons chaque année dans le carnaval.
Voici un résumé de ce qui s’est passé entre 2011et 2013: en 2011, T-Vice
a dû annuler sa participation parce que «
les hommes travaillant pour l’entreprise
de système de son que nous avons contracté ont été agressés par deux hommes
munis d’armes à feu »(2). En 2012, deux
groupes musicaux devaient participer,
soit T-Vice et Carimi. Au dernier moment
ce dernier a dû décommander parce que
son flotteur n’avait pas passé l’inspection
requise. T-Vice fut le seul à participer. Ils
avaient un retard de 2 heures de temps
parce que le chauffeur qu’ils avaient embauché pour conduire le char n’avait pas
le permis de conduire requis. Ils étaient
obligés d’en trouver un autre ayant les
documents appropriés. Le retard de ce
groupe a causé des problèmes graves.
Voici ce que Zawadi Morris, éditrice du
Bed-Stuy Patch, un exutoire pour nouvelles locales, eut à dire à ce sujet, en se
basant sur un rapport de police: « au moment où ils ont commencé, un très grand
écart s’est produit entre les flotteurs. Le
leur avançait très lentement et leur musique était la plus forte sur le parcours
du défilé. La foule a grandi à une densité
déraisonnable en raison du démarrage
tardif et le rythme lent du déplacement.
A environ 17h15 des coups de feu ont
été tirés dans la foule. Une femme a été
atteinte au bas du dos et un homme à
la hanche gauche. A environ 18h00 un
homme a été poignardé dans le cou et a
Haiti Liberté/Haitian Times
’étais encerclé, sans connexion avec
les tanks, sans connexion avec le
Zulia, ni avec la base aérienne de La
Carlota. Je me souviens que je portais
sur moi une grenade à main, une petite
grenade défensive. Lorsque Fernan Altuve Febres comprit que j’allais décider
de me rendre, il me dit :« Commandant, c’est un jour historique, offrezmoi cette grenade.» Je la lui ai donnée
et aussi je crois une petite radio qui
n’avait jamais servi à rien ; je suppose
qu’il a gardé tout ça précieusement.
Altuve fut témoin du moment où je dus rassembler les troupes
que j’avais sous mes ordres dans la
caserne, officiers et soldats. Le soleil
se levait. J’ai salué mes troupes et
officiers et j’ai ordonné :« Vous êtes
maintenant aux ordres du colonel du
Musée historique et de ses officiers.»
Hugo Chávez Frías
cette notion de la mort, et vous savez
ce dont je me souviens ? Une pensée
éclair : « Rosita, María, Huguito, [1] je
ne mourrai pas aujourd’hui.»
Note de l’auteure :
[1] Rosa Virginia, Maria Gabriela et Hugo Rafael sont les trois
premiers enfants d’ Hugo Chávez (la
dernière de ses filles, Rosinés, n’était
pas encore née en 1992).
J’ai livré mes troupes et j’ai demandé
qu’on les respecte. Là, Santeliz Ruiz
m’a dit :« Chavez, maintenant il faut
faire attention, parce que l’ordre a été
donné que vous sortiez mort d’ici.»
Santeliz, Altuve et même le colonel du
Musé m’ont aidé à simuler, parce qu’il
y avait des francs-tireurs tout autour
avec l’ordre de ne pas me laisser en
vie.
Lorsque j’ai su que l’ordre
avait été donné de me tuer, et que
les F-16 passaient si bas, l’idée de la
mort m’est soudain venue à l’esprit.
J’ai dit :« Et par où allons-nous sortir pour que les francs-tireurs ne me
prennent pas en chasse, eux qui ont
déjà tué trois de mes soldats ?» J’ai eu
Ndlr.
* Arañero: vendeur de gâteaux
(en forme d’araignée) [du mot araña :
araignée].
** Histoires racontées par
Chávez au cours de ses allocutions
télévisées «Allô Presidente !» pendant
ses 14 années au pouvoir, dont 300
ont été collectées par deux journalistes
cubains et traduites par Karine Alvarez
Ensuite, le comportement des Cubains, face aux décisions américaines. Sur ce point, il faudra évaluer
les progrès au fur et à mesure ; mais
jusque-là, l’administration américaine
souligne que La Havane a rempli sa
part du contrat, notamment avec les
53 libérations de prisonniers politiques. Et Cuba accueille la semaine
prochaine la secrétaire d’Etat adjointe
Jacobson pour établir un programme
sur les mois qui viennent, et parler
réouverture de l’ambassade des EtatsUnis. On parle même d’une visite du
secrétaire d’Etat John Kerry à La Havane, avant la fin de l’année 2015.
Maintenant, sur l’opposition de
certains républicains au Congrès, certains se sont déjà exprimés comme le
sénateur Ted Cruz, d’origine cubaine.
Mais les derniers sondages effectués
en Floride, où résident le plus grand
nombre d’immigrés cubains, montrent que 68 % de la communauté
approuvent la décision. Et si l’on regarde dans la tranche d’âge en deçà
de 30 ans, on arrive à un soutien
enthousiaste puisque 88 % des jeunes
approuvent le rapprochement avec
Cuba. Les élus républicains vont sans
doute réfléchir avant de braquer la
nouvelle génération d’Américains
d’origine cubaine.
Net Afrique
été tué »(3)
En 2013 aucun groupe haïtien
n’était présent à cause d’un manque de
support financier. Mais cette année-ci, il
y avait trois flotteurs haïtiens. Le premier
était occupé par le groupe musical T-Vice
qui, comme d’habitude emmenait avec lui
une très grande foule avec des participants
sans déguisement ni mascarade. Il a été
suivi d’un autre flotteur haïtien animé par
un DJ et c’était plus typique de la WIADC.
Malheureusement, compte tenu de leur
proche distance avec T-Vice dont la musique était assourdissante, ce dernier n’a
pas eu une vraie foule sauf quelques gens
déguisées dont le nombre ne dépassait
pas dix. Elles étaient tous des membres
du Phoenix Refined (un camp de mascarade haïtienne et la première en son genre)
dont la fondatrice, Kimberly Charles, vise
à mettre en valeur les talents artistiques
haïtiens, et rendre la participation haïtienne dans le carnaval plus visuellement
attrayante. Ça c’est une noble initiative
qui mérite d’être applaudie !
Le troisième flotteur haïtien appartenait à Brothers Posse dont la musique était moins haute et les participants pas différents de ceux de T-Vice.
L’agréable surprise cette année, c’était le
comportement des participants Haïtiens.
On ne remarquait presque pas de bousculade parmi eux en dépit du fait qu’ils
étaient très nombreux.
En comparant les deux types de
flotteurs haïtiens, on pouvait constater
que dans celui qui fut animé par un DJ,
il y avait des préparatifs visant à satisfaire les spectateurs, d’où les déguisements des participants. Tandis que dans
l’autre, à part le défoulement collectif de
nos compatriotes, rien d’autre n’était pris
en compte. Aucune considération n’a
été donnée à l’aspect multiculturel de
l’événement. Tant et si bien que l’un des
refrains préférés de T-Vice était : « si ou
pa Ayisyen pa kanpe la a ». L’ironie, c’est
qu’il y avait un grand nombre de gens en
provenance du Bélize qui faisait partie des
participants qui accompagnaient le flotteur de T-Vice tout au long du parcours.
Ils s’amusaient et affichaient fièrement
leurs drapeaux bleus aux bandes rouges
qui, de loin, pouvaient être pris pour des
drapeaux haïtiens !
Enfin il est grand temps que nos
compatriotes prennent l’aspect multiculturel du West Indian American Day
Carnival en considération et adoptent un
modèle où l’animation est assurée par un
DJ où nos talents artistiques sont exhibés!
Nous espérons qu’en plus des media so-
ciaux, le Phoenix Refined utilise les media haïtiens locaux, surtout les stations de
radio communautaires, afin de recruter
beaucoup plus de membres et avoir une
présence beaucoup plus substantielle l’an
prochain.
*** Le 4 février 1992 est la date
du coup d’État raté de Chávez à la tête
du Mouvement bolivarien révolutionnaire-200. Malgré son échec, cette
date marque pour le leader vénézuélien le début de sa « Révolution bolivarienne ».\
Suite de la page (17)
RFI 17 janvier 2015
Notes :
1.
http://lefloridien.phanfare.
com//5742211%22
2.
https://www.facebook.com/
Vice2k11/posts/10150304687894883
3.
http://patch.com/new-york/
bed-stuy/is-the-west-indian-day-paradegrowing-a-tradition-of-violence
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
Suite de la page (4)
libres, sans ingérence étrangère! Arrêtez Evans Paul pour avoir volé des
morts à l’Hôpital général et des matériels à la mairie de Port-au-Prince. Nous
ne voulons pas de décrets, Martelly
doit partir! Nous ne voulons pas de de
facto, Martelly doit partir.”
Les manifestants anti-Martelly
ont fustigé également la Communauté internationale, en l’occurrence,
les Etats-Unis, la France, le Canada,
l’ONU-MINUSTAH, l’OEA, l’Union Européenne entre autres qui supportent
en Haïti, disaient-ils, un régime de
facto, anti-démocratique constitué de
dealers de drogue, de kidnappeurs,
de corrupteurs, de corrompus, de voleurs et de criminels de grands chemins. Ils continuent à dénoncer la
présence physique des ambassadeurs,
des Etats-Unis, Pamela Ann White ;
du Canada, Paula Valdwell St-Onge ;
des représentants de l’ONU, Sandra
Honore et de l’OEA, Frédéric Bolduc
au Parlement haïtien dans la nuit du
dimanche 11 janvier 2015 pour faire
pression sur des parlementaires pour
prolonger leur mandat au mépris de la
Constitution, appelant des parlementaires pour leur intimer l’ordre de venir
au Parlement à des heures irrégulières.
Au cours de la deuxième journée
de manifestation, le samedi 17 janvier, les manifestants ont dénoncé
l’infiltration par des bandits légaux de
Martelly et d’Evans Paul pour voler et
provoquer les protestataires. Ces derniers ont parcouru diverses rues de la
capitale sans incidents et de manière
pacifique; mais arrivés devant le local
de la Fusion des Sociaux-Démocrates,
ils ont essuyé des jets de pierres ve-
nant du local de KID, où des malfrats à
la solde d’Evans Paul s’étaient retranchés. Les agents de la PNH présents
dans la manifestation ont ouvert le
feu à hauteur d’homme, blessant ainsi
plusieurs manifestants dont Mario
Jean Musca, venant de la commune de
Carrefour ; Angelot Adrien, secrétaire
général d’une organisation populaire,
« Anbake pou Change », a reçu plusieurs cartouches au cou ; Legros ainsi
connu, Julmus Pierre, Jean Bernard
Fils-Aimé ; Jean Jacques Jean Claudel,
venant de Solino, a reçu une balle au
pied en provenance de policiers à bord
d’un véhicule CIMO immatriculé 1-618
; l’ex-prisonnier politique : Jean Robert Vincent, une balle au bras ; Pasteur Semereste : une au nez. Un autre manifestant répondant au nom de
Nickenson d’Haïti a été arrêté, torturé
et maltraité par des policiers. Il a été
conduit au sous-commissariat du Canapé-Vert. Les images en témoignent.
Toujours est-il que les manifestations de l’Opposition constituées
de Pitit Desalin, Fanmi Lavalas et du
regroupement des partis politiques
dénommé, MOPOD, ont été dispersées par la police à coups de gaz lacrymogène et d’«eau grattée» en dépit
de la résistance des manifestants. Les
droits du peuple haïtien à la manifestation sont systématiquement violés
par le régime dictatorial Martelly-Paul.
Les leaders de l’Opposition appellent
à la résistance populaire, la poursuite
de la mobilisation pour faire «face carrée» au régime de facto Martelly-Paul
et à la Communauté internationale qui
supporte ce petit groupe au grand dam
de la majorité.
la civilisation.
Les actes actuels du terrorisme
islamiste ne sont pas seulement la
conséquence d’un long développement historique. Évidemment, ils
doivent être condamnés, poursuivis
et traités avec tout le poids de nos
lois. Mais nous serions mortellement
ingénus si nous croyions que notre
civilisation est en danger à cause
d’eux. Si elle est dans un danger, c’est
par nos propres déficiences, qui incluent les opportunistes réactionnaires
qui attendent les actions de l’ennemi
pour élargir leur contrôle idéologique,
politique et moral sur le reste de leurs
propres sociétés.
Pour ces gens, peu importe que
le policier assassiné pour défendre
Charlie Hebdo fut un musulman, ni
que le fut aussi l’employé du magasin casher qui a sauvé sept juifs en
les cachant dans la chambre froide du
commerce. Ce qu’importe est de nettoyer leur pays « des autres », de ces
« nouveaux venus », comme si les
pays avaient des propriétaires.
Le terrorisme ne se justifie en
rien ; mais il s’explique en tout. Regarder l’histoire, avec plus d’un siècle
d’interventionnisme et d’agressions
occidentales au Moyen-Orient, n’est
pas un détail ; c’est un devoir. Pour
deux raisons : d’abord parce qu’il
est fondamental pour comprendre le
présent ; deuxièmement parce que le
passé démontre, sans doute, que la
violence n’est la propriété d’aucune
religion, mais de cultures déterminées
à des moments déterminés dans des
conditions politiques et sociales déterminées.
Suite de la page (13)
Hitler et presque tous les dictateurs
sanglants qui en Amérique Latine
ont séquestré, torturé, violé et tué des
innocents ou des coupables de dissidence, avaient l’habitude de participer à la messe tandis que la hiérarchie
ecclésiastique de l’époque bénissait
leurs armes et leurs actions.
Mais nous serions intellectuellement barbares si, basés sur ce passé
proche et présent, nous terminions en
jugeant que le christianisme est une
religion violente (comme ça, au singulier), une menace potentielle pour
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Vol. 8 • No. 28 • Du 21 au 27 Janvier 2015
Haiti Liberté/Haitian Times
19
De la lutte de classe et de
ce que nous mangeons !
Par Esther Vivas L
es riches et les pauvres mangentils la même chose? Est-ce que nos
revenus déterminent notre alimentation? Aujourd’hui, qui est en surpoids?
Bien souvent, et dans certains cercles,
l’appel en faveur d’une nourriture saine
et bonne pour la santé est considéré
avec dédain, comme une mode » « chic
», « hippie » ou « flower power ». La
réalité est très différente de ce que ces
commentaires à courte vue suggèrent.
Défendre une alimentation écologique,
paysanne et locale est très «révolutionnaire».
Si nous y regardons de plus près,
nous voyons comment le modèle agricole actuel est déterminé par les intérêts
du capital, des grandes entreprises (du
secteur agro-industriel et de la grande
distribution), qui cherchent à profiter
de quelque chose d’aussi essentiel que
l’alimentation. Le système capitaliste,
dans sa course pour transformer les
besoins en marchandises, les droits en
privilèges, transforme aussi la cuisine,
et en particulier les produits alimentaires
de qualité, en un luxe. Tout comme il
a rendu le logement accessible uniquement à ceux qui peuvent se le permettre.
Le même sort attend nos systèmes de
santé et d’éducation.
Non seulement la logique du capital a des répercussions sur l’alimentation,
mais la main invisible du patriarcat pèse
aussi lourdement sur les chaînes de ce
système. Sinon, comment expliquer que
celles qui produisent le plus de nourriture, les femmes, sont aussi les plus affamées? Il ne faut pas oublier que entre
60% et 80% de la production alimentaire
dans le Sud, selon la FAO (Organisation
des Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture), est entre les mains des
femmes, mais paradoxalement, ce sont
elles qui souffrent le plus de la faim,
60% à l’échelle mondiale.
Les femmes travaillent la terre,
mais elles n’ont souvent pas accès à la
propriété foncière, aux moyens de production ni au crédit agricole. Ce n’est pas
faire de l’idéologie, mais essayer de faire
comprendre à tous ceux qui considèrent
que l’idée de «bien manger» est, comme
Cérémonie de prestation de serment de notre compatriote Rodneyse Bichotte, New York State Assembly, pour la
42ème District Assemblée devant le Maire de la ville de New York, Bill De Blasio, le dimanche 18 janvier 2015 à
Brooklyn College. Photo Edgard Lafond/ Haiti Liberté
on dit en France, une idée de «bobos »,
des« bourgeois bohème », alors que c’est
loin d’être la réalité.
Si nous répondons aux questions
initiales, les données confirment cela.
Les riches et les pauvres mangent-ils
la même chose? Non. Est-ce que notre
revenu détermine notre alimentation?
En effet. Une étude de la Plate-forme espagnole des personnes expulsées de leur
logement a révélé cela noir sur blanc:
45% des expulsé-es ont des difficultés
à acheter assez à manger. Le revenu
impose des limites sur ce que nous
achetons: il diminue la consommation
de bœuf et de poisson et, par rapport à
la période pré-crise, la consommation
de fruits et légumes frais. En revanche,
il y a une augmentation d’achats de
produits moins nutritifs, transformés
industriellement et riches en calories,
tels que les sucreries emballées: biscuits,
chocolats, pâtisseries et gâteaux. Notre
classe sociale, notre éducation et notre
pouvoir d’achat déterminent ce que
nous mangeons.
Alors, qui est obèse aujourd’hui?
En général, ceux qui ont moins, mangent moins bien. Si l’on regarde la carte
de la péninsule espagnole, c’est clair:
les régions avec les taux les plus élevés
de pauvreté, comme l’Andalousie,
les Canaries, Castille-La Manche et
l’Estrémadure ont le plus haut pourcentage de personnes en surpoids. Aux
États-Unis, les taux de surpoids se retrouvent beaucoup plus dans les populations d’origine afro-américaine et sudaméricaine. La crise ne fait que renforcer
la différence entre l’alimentation pour
les riches et l’alimentation des pauvres.
Questionner le modèle agricole
dominant et défendre une alternative
qui mise sur les besoins sociaux et le
respect de la terre, c’est aller vers le
cœur de la lutte de classe. Le Syndicat
des travailleurs agricoles d’Andalousie
qu’on peut difficilement qualifier de «petit-bourgeois», est très clair à ce sujet.
Leur engagement est de défendre une
campagne vivante, la terre appartenant
aux paysans qui la travaillent, en faveur
de l’agriculture biologique et d’un autre
modèle de consommation. Ce combat
défend les «moins que rien», les opprimé-es.
Se battre pour une alimentation
qui est locale, saine et paysanne est la
bataille la plus subversive qui soit.
*Article publié à Publico.es, 31
octobre 2014.
Traduction par Léo | Lcr-lagauche.
org.
ALAI, América Latina en Movimiento 11 novembre 2014
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