CLIN D`OEIL NATURE 6
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CLIN D`OEIL NATURE 6
CLINDOEIL_06 7/06/10 15:05 Page 1 Belgique - België P.P. / P.B. 6460 CHIMAY 1 BC10252 CLIN D’ŒIL N°6 2E SEMESTRE 2010 BUR. DÉPÔT 6460 CHIMAY N° AGRÉATION P505143 Le colloque herpétologique de Raînne: le récit d’une “SUCCESS STORY” ED.RESP. HORNEY G. RUE D’EN HAUT 39/1 5660 GONRIEUX G. Horney et T. Kinet Pure tu reviendras Cédric Calberg Osez un pari sur l’avenir Thierry Dewitte Le faucon pèlerin Didier Vangeluwe Les régions naturelles d’ESM (suite) LA CALESTIENNE Anne Lambert Nouvelle rubrique: LE COUP DE CŒUR de Clin d’œil IER R D N E CAL ture a rties n d o s s e L on du sec 2010 tre semes et 14 13 es 12, > pag CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 2 VENEZ NOUS REJOINDRE Venez nous rejoindre chez Natagora Entre Sambre & Meuse. En versant ma cotisation sur le compte de Natagora ESM: 360-0178242-59, j’exprime mon soutien aux actions de Natagora et de sa régionale de l’Entre Sambre et Meuse. De plus, si je suis domicilié dans la zone géographique de ESM, je recevrai, à réception de mon paiement, la revue de la régionale: Clin d’Oeil Nature. Cotisation (1 an) Natagora LE COMITÉ EXÉCUTIF Président Secrétaire Trésorier Erik Damman Jacques Adriaensen Robert Schreiber 0475.278.966 0479.492.498 0473.852.344 La cellule “excursions” Organisation Marc Mossay 0475.91.45.91 Les cellules naturalistes Coordination Les Oiseaux Les Mammifères Reptiles & batraciens Eaux douces Papillons & libellules Orthoptères et coccinelles Végétaux & champignons Alain Bouchat 0476.56.05.29 Philippe Deflorenne 071.64.30.94 Alain Bouchat 0476.56.05.29 Olivier Decocq 071.31.17.68 Frédéric Hallet 060.39.91.95 Violaine Fichefet 0495.35.63.49 Gilles San Martin 0498.03.30.50 O. Roberfroid [email protected] LES GESTIONNAIRES DES RÉSERVES NATURELLES Anne Lambert Présidente de la commission de 0479.610.055 gestion des Réserves Naturelles Canton de Chimay Basse Nimelette Les prés de Virelles Etang de Virelles P. Deflorenne S. Pierret P. Deflorenne* Canton de Couvin La Prée Dailly Le Plantis A. Bouchat A. Bouchat M. Lambert 0476.56.05.29 0476.56.05.29 060.31.33.77 Canton de Doische Vodelée Les Matagnes 1 & 2 Coupu Tienne La Haie Gabaux Fil Maillet T. Bruffaert R. Leblon O. Decocq J. Delacre R. Schreiber 0496.87.45.76 060.37.77.68 060.31.17.68 0475.48.53.41 0473.85.23.44 Canton de Philippevile Roly Vivy des Bois Tournailles Merlemont Al Florée Argilières de Romedenne Vallée de l’Hermeton M. Lambert M. Lambert A. Lambert M. Lambert L. Swaen O. Decoq Q. Smits 060.31.33.77 060.31.33.77 0479.61.00.55 060.31.33.77 071.38.38.91 071.31.17.68 0477.53.88.81 Canton de Momignies La Fourchinée J.M Laurent 0495.30.72.38 Canton de Viroinval Roche Madoux F. Hallet 0497.19.27.03 Canton de Walcourt Vallée de l’Eau d’Yves J-P. Duvivier LA CELLULE CLIN D’ŒIL Notre rédacteur en chef Le comité de rédaction Adhérent Protecteur Bienfaiteur Natagora + bulletin Aves 24 € (ou 12 x 2 € ) 60 € (ou 12 x 5 € ) 120 € (ou 12 x 10€) 36 € (ou 12 x 3 €) 72 € (ou 12 x 6 €) 132 € (ou 12 x11€) La cotisation “Natagora” m’octroie la qualité de membre Natagora et me permet de bénéficier du magazine couleurs nature et de l’agenda des activités. La cotisation “Natagora + Aves” me confère en plus la qualité de membre Aves et me donne droit tous les trois mois au bulletin ornithologique Aves. Natagora ESM (Régionale de Natagora) Infos et/ou inscriptions au secrétariat Jacques Adriaensen Rue des Fermes 212, 5600 - Romedenne Tél. 082.68.86.56 email: [email protected] 071.64.30.94 060.21.98.74 071.64.30.94 TERRITOIRE DE NATAGORA-ESM WALCOURT FROIDCHAPELLE FLORENNES PHILIPPEVILLE CERFONTAINE SIVRYRANCE DOISCHE VIROINVAL CHIMAY COUVIN MOMIGNIES 071.650.048 [email protected] Georges Horney 0484.14.22.02 Jacques Adriaensen, Erik Damman, Georges Horney, Robert Schreiber, Joël Dath NEDERLANDSTALIGE LEZERS Onze nederlandstalige lezers zijn natuurlijk welkom voor bijkomende inlichtingen > [email protected] of ons secretariaat [email protected] Je désire soutenir Natagora en faveur de la nature Je me fais membre en versant ma cotisation sur le compte de Natagora-ESM: 360-0178242-59 Prénom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . CP . . . . . . . . . . . . . . Localité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tél / GSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Nom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Adresse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . E-mail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . En outre, j’ai un peu de temps pour aider la régionale: page 2 // CLIN D’ŒIL oui non CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 3 A QUOI BON? En ces heures dramatiques pour la biodiversité de nouveau mise en grand danger dans le Golfe du Mexique par une déferlante de pétrole brut, l’envie peut vous prendre de baisser les bras et de dire: “à quoi bon”? Eh oui! A quoi bon protéger les espèces menacées si leurs habitats sont systématiquement ravagés par des actes irresponsables voire criminels? C’est que si nous, les bénévoles, acteurs anonymes et bien souvent si peu reconnus de nos pairs, renonçons, où trouvera-t-on le dernier bastion protecteur de notre environnement contre la folie dévastatrice de la société humaine? Quel sera l’héritage que nous cèderons à nos enfants? Mais tout cela nous le savons déjà. Nous n’avons pas le droit ni le temps d’avoir des états d’âme…Il faut être sur le terrain, encore et encore. Vigilants et attentifs à toutes les atteintes à ce petit lopin de nature que mère la Terre à notre naissance nous a prêté. Car il s’agit bien là d’un prêt et non d’une acquisition. Vigilance de tous les jours, en particulier dans notre si belle région et en cette saison où l’Homme sortant de sa torpeur hivernale semble poussé par le moindre rayon de soleil à reprendre ses édito mauvaises habitudes: attention aux giro broyage intempestifs et saccageurs des haies, quand ce n’est pas leur élimination pure et simple par des propriétaires peu scrupuleux, par exemple! Car il s’agit bien là d’un prêt et non d’une acquisition! Gare aux épandages excessifs des champs comme de nos chemins privés, aux tontes radicales de nos pelouses qui ne laissent guère de place à la Nature. Mais cela n’est-il pas le travail du DNF? Oui bien sûr, mais rien ne nous oblige à fermer les yeux devant des actes manifestement inciviques et d’agir en conséquence. C’est ainsi que vous trouverez dans ces pages quelques articles consacrés à des auteurs dont les actions ne se limitent plus à la simple observation scientifique de la nature. Au travers de celles-ci, il devient évident qu’ils ont cessé d’être de simples “consommateurs de la nature”. Ils ont franchi le Rubicon en apportant ce plus dans la spécialité qu’ils ont choisie. Finie la froide observation, ils ont troqué le scalpel glacial de l’analyse pour la chaleur de l’engagement personnel tout en gardant leur rigueur scientifique. Je vous invite donc à découvrir le travail remarquable d’associations telles que Noctua, pour la protection de la Chevêche d’Athéna ou de Solon pour la cigogne noire, par exemple. Sans oublier les articles documentaires et ou scientifiques qui combleront vos dernières “lacunes” en matière de faucon pèlerin, cincle plongeur, culture des vergers et autres mousses…pardon bryophytes! Ensuite, si vous le voulez, vous suivrez avec Anne Lambert les doux méandres de la Calestienne à la recherche de ses trésors cachés. Dans cet esprit une nouvelle rubrique “ Le coup de Cœur de Clin d’Œil” a été créée. Elle a pour but d’ouvrir son espace à une initiative individuelle ou communautaire remarquable et exemplaire dans le domaine de la biodiversité ou de la conservation de notre patrimoine naturel. La démarche d’Eric Brasseur, par l’inspiration poétique de ses clichés et l’originalité du sujet s’il en est, l’Ardenne au fil de l’eau, a gagné notre suffrage pour cette première parution. Gageons que le lecteur aura à cœur de l’alimenter pour les futures éditions. Enfin l’évocation de la “success story” du colloque herpétologique, fruit de la collaboration féconde entre le GT Rainne et Natagora Entre-Sambre-et –Meuse ou encore celle de la saga du sauvetage de l’Etang de Virelles sont autant de preuves qu’à cœur vaillant rien n’est impossible…! Puissent ces témoignages vous passionner et, pourquoi pas, chez ceux qui hésitent encore à franchir le pas, susciter LA vocation …?! Georges Horney Rédacteur en Chef et le Comité de rédactition clin.doeil.nat @gmail.com Papier FSC...? Le label FSC (Forest Stewardship Council) garantit au lecteur que le papier utilisé pour cette publication provient de forêts aménagées de façon durable. Erik Damman Président Natagora ESM Robert Schreiber Jacques Adriaensen Trésorier Secrétaire Ce numéro du Clin d’œil a bénéficié du précieux soutien de CAMELEON (voir page 28) VOUS TROUVEZ UN OISEAU OU UN MAMMIFÈRE SAUVAGE BLESSÉ ? Seuls les CREAVES agréés par le Ministère de la Région Wallonne sont habilités à les accueillir et les soigner en vue de leur réhabilitation dans la nature. Depuis avril 2007, les animaux susceptibles d’être pris en charge par le CREAVES “Le Piaf” à Virelles sont tous les oiseaux de la faune européenne ainsi que tous les mammifères sauvages de Belgique à l’exception des espèces grands gibiers (cerf, chevreuil, daim, mouflon et sanglier), du renard et des petits ravageurs. Ayez donc le bon réflexe, si vous trouvez un animal blessé, qui rentre dans ces critères, prenez contact immédiatement avec le: Centre de Revalidation " Le Piaf ", Rue du Lac 42, 6461 Virelles - Tél: 0476/94.22.25 - www.aquascope.be Maquette et graphisme Teepee / Thierry De Prince CLIN D’ŒIL // page 3 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 4 Cédric Calberg Directeur de l’Aquascope Pure tu REVIENDRAS! La dégradation de la qualité des eaux de l’étang de Virelles a connu son apogée en 2001, année durant laquelle un épisode dramatique d’eutrophisation* a causé la mort de la quasi-totalité de ses populations piscicoles. A la suite de cet accident, une charte a réuni tous les acteurs principaux du bassin versant - agriculteurs, riverains, commune et Virelles-Nature - pour limiter tout déversement de matières nutritives dans l’étang. 8 ans plus tard, et pour la première fois depuis bien longtemps, les eaux de l’étang sont restées parfaitement limpides durant l’été 2009. Récit d’une “belle” histoire. ce nom. 90% des eaux usées domestiques sont recueillies par des fossés pour aboutir dans l’étang de Virelles sans aucune forme d’épuration. Autre chiffre interpellant: 54% de ces eaux non épurées proviennent du village de Virelles, situé à proximité immédiate de l’étang. nance de New-York, le monde apprenait l’existence de Ben Laden et d’Al-Qaïda. Sur le volet agricole, l’enquête met en évidence que les 3.000 hectares du bassin versant sont exploités par 23 agriculteurs, que le système de production est axé autour de l’élevage bovin (lait et viande) avec une moyenne de 146 bêtes par exploitation ; que les terres agricoles sont majoritairement des prairies humides; que 70% des exploitations ont une capacité de stockage des effluents liquides de 6 mois (durée minimale légale), que 79% des prairies sont sous la norme légale des 350kg de N2 par hectare, que 84% des épandages de lisier de purin de bovins respectent les périodes d’épandage en prairie,…. Le constat est donc à nouveau inquiétant avec bon nombre d’infractions au code de bonne conduite agricole. 1990-2001 . L’étang est malade L’étang de Virelles s’eutrophise. Eté après été, les signes de cette pollution sournoise se manifestent, de plus en plus visibles. Turbidité de plus en plus importante, apparition en surface de cyanobactéries (1), si joliment surnommées fleurs vertes ou bleues, mousse, odeur nauséabonde, l’excès de phosphore et d’azote dans les eaux de l’étang se manifeste sous tous ses symptômes. 15 AOÛT 2001 . Le jour noir C’est la cata. Plus de 10T de poissons meurent en quelques heures, faute d’oxygène. Après une pluie à caractère orageux, la couche de cyanobactérie en surface de l’étang a précipité sous le poids des gouttes. Privées de lumière, ces bactéries meurent. D’autres, selon une loi immuable de la nature, vont les dégrader. Vu la quantité de matière morte, et la température élevée de l’eau - nous sommes en été – ces nouvelles bactéries prolifèrent et consomment tout l’oxygène dissous dans l’eau. Seuls survivent les poissons réfugiés à proximité des émulseurs et d’une lance incendie positionnée en catastrophe par des pompiers arrivés en urgence. 11 SEPTEMBRE 2001 . Une solution? Vu la médiatisation extrême de cet épisode de pollution, Virelles-Nature est convoquée devant les chefs de cabinet des ministres Forêt et Happart, respectivement en charge de l’Environnement et de l’Agriculture. Son président convainc que cette pollution n’est pas un accident, mais qu’elle résulte bien d’une lente et continue dégradation des eaux de l’étang, et que seule une stratégie ambitieuse, sur le long terme et impliquant un maximum de personnes actives sur le bassin versant pouvait solutionner durablement le problème. Le principe d’une charte d’étang – une première en Wallonie- est ainsi retenu. Pour la petite histoire, la réunion est interrompue par les premières images en provepage 4 // CLIN D’ŒIL 2002 . Mises en place des actions Le pilotage de la charte étang est confié par la Région wallonne à l’Asbl Nitrawal, spécialisée dans la gestion de l’azote en milieu agricole et à Virelles-Nature, pour le volet riverain. Pour lutter contre toute nouvelle dégradation des eaux de l’étang, 200.000€ sont débloqués et trois objectifs sont ciblés par cette charte: identifier l’origine de la pollution, assurer une information et une sensibilisation de tous les acteurs concernés, répertorier et mettre en œuvre un ensemble d’actions qui permettraient de préserver la qualité des eaux de l’étang. La trilogie “comprendre- sensibiliser- agir” est respectée. 2002 . Fin du trafic de lisier en Wallonie Le Ministre Forêt, sous l’impulsion de son chef de Cabinet Emmanuel Sérusiaux, ancien président de Virelles-Nature, interdit toute importation de lisier en Région wallonne. Conséquence méconnue de la catastrophe de 2001, cette décision met fin à un trafic très lucratif en provenance de la Flandre et de la Hollande. 2003 . Identification des sources de pollution La littérature renseigne que c’est le phosphore le principal nutriment déclencheur du mécanisme d’eutrophisation. Il est présent dans les eaux usées et domestiques, dans les effluents d’élevage et dans les engrais épandus. Afin d’identifier toutes les sources potentielles de pollution par le phosphore, deux états des lieux ont été réalisés, le premier portant sur les pratiques agricoles et le second, auprès des riverains, vise le réseau d’égouttage et les systèmes d’épuration. Des 96 maisons présentes sur le bassin versant, totalisant une charge polluante de 434 équivalents habitants (EH), seuls 8 disposent d’un système d’épuration digne de En parallèle, un suivi de la qualité des eaux est organisé, tant sur les principaux ruisseaux du bassin versant qu’au niveau de l’étang lui-même, afin de quantifier les flux d’azote (nitrates) et de phosphore (phosphates + phosphore total). Il montre qu’en bordure de la roselière, là où percolent les eaux domestiques du village, les teneurs en phosphore sont très élevées, mais le débit d’arrivée est faible, tandis que sur le Ry Nicolas, le principal affluent de l’étang de Virelles, une situation inverse est démontrée: concentration variable mais pas excessive en polluants, mais débit nettement plus important. 2003-2004 . Sensibilisation Passons sur cette phase du projet, vraiment longue, vraiment difficile et vraiment peu valorisante. Mais indispensable. 31 MARS 2004 . Signature de la charte 50% des agriculteurs, 10% des riverains, la ville de Chimay et Virelles-Nature s’engagent moralement à réaliser au minimum une action bénéfique pour préserver la qualité de l’eau de l’étang. La mobilisation des agriculteurs, inespérée au départ, est prometteuse. CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 5 2004-2005-2006 . Place à l’action! Sur le volet agricole, plus d’une vingtaine d’actions sont exposées à chaque exploitant pour limiter les pertes diffuses d’azote et de phosphore, telles que la clôture des ruisseaux, la plantation de haies, l’installation d’abreuvoirs, l’installation de bandes de prairies extensives ou de tournières en bordure de cours d’eau, l’optimisation de la fertilisation et la mise aux normes des infrastructures de stockage ou le traitement des eaux usées agricoles. Une aide technique et administrative est en outre apportée par Nitrawal pour la mise en œuvre de certaines de ces actions. En pratique, 6,45 kilomètres de berge sont protégés, grâce à des piquets offerts par Virelles-Nature, une fertilisation raisonnée est calculée pour chaque parcelle, plusieurs dossiers MAE sont adoptés, une fosse de stockage est creusée,…. Illust. Clôtures installées pour maintenir les vaches à bonne distance des rives Sur le volet “eaux domestiques”, les actions proposées portent sur: • l’utilisation de produits d’hygiène et d’entretien plus respectueux de l’environnement • l’épuration des eaux domestiques via l’installation d’un système d’épuration individuel ou par l’implantation de macrophytes, (arbres,etc..) • la réduction de la consommation en eau • la valorisation des déchets verts par le compostage pour limiter l’achat d’engrais de synthèse. Deux actions originales sont à épingler: la distribution gratuite d’échantillons de produits respectueux de l’environnement grâce à un partenariat entre Virelles-Nature et la firme ECOVER et l’ouverture d’un partenariat avec l’AD Delhaize et le magasin Tournesol (vente de produits biologiques) de Chimay pour l’obtention de points cadeaux supplémentaires lors de l’achat de certains produits bénéfiques à l’environnement. La Ville de Chimay, quant à elle, a modifié le tracé de son réseau d’égouttage selon une proposition de Virelles-Nature. Ce changement a permis de réduire de 30% la quantité des eaux usées domestiques en provenance du village et rejetées directement sans épuration. Enfin, notre association met en œuvre la renaturation de la rive sud de l’étang de Virelles: plus de 400m de berges bétonnées sont remplacées par une mosaïque de milieux humides, fonctionnant comme un immense lagunage, pour un coût de 300.000€ prélevés sur le budget de financement de l’Aquascope. Nous entreprenons également la construction d’un lagunage surdimensionné (125.000€) pour garantir une épuration parfaite des eaux de l’Aquascope (ce qui s’est vérifié) et nous procédons à l’acquisition d’une hydrolienne qui permet une meilleure oxygénation de l’étang et perturbe le développement des cyanobactéries. Et nous continuons à pratiquer la vidange trisannuelle de l’étang. Cette opération non seulement permet un contrôle des populations de poissons mais autorise également un renouvellement complet de toute la masse d’eau de l’étang et une exportation partielle de ses polluants. ÉTÉ 2009. Victoire Assurément un bel été, …aucune fleur d’eau en surface de l’étang… et une eau vraiment limpide telle que nous ne l’avions plus connue depuis plus de 15 ans au moins. JANVIER 2010 . Travaux d’aménagements des rives © Virelles Nature Derniers grands travaux D’importants travaux sont entrepris dans la roselière, les plus importants jamais réalisés dans l’histoire de Virelles. 0,5 hectares sont étrépés (2), 300 mètres de chenaux et une mare sont creusés et 3 îlots sont recréés. Outre un impact important sur l’avifaune, en particulier pour le Butor étoilé, ces travaux favoriseront la redynamisation de la grande roselière de Virelles, ce qui aura un impact favorable sur la qualité des eaux. Les anciens chenaux, qui favorisent l’arrivée des nutriments en provenance du village, n’ont volontairement pas été recreusés. FÉVRIER 2010 . Plus de carpes dans l’étang… Rempoissonnement de l’étang de Virelles suite à la vidange de novembre 2009. Aucune carpe n’est déversée dans l’étang….. Hydrolienne © Virelles Nature 2006 ENCORE . Carpe lors de la vidange / 2009 © B Gossuin La Région wallonne révise ses plans d’assainissement (PASH). Virelles-Nature obtient que la zone problématique du village de Virelles passe en zone d’épuration collective. A terme, en 2015 a priori, une station d’épuration ou une station de refoulement protégera l’étang de tout apport en provenance du village de Virelles. CONCLUONS . ÉTÉ 2006 . Malgré un temps relativement chaud et sec, l’étang “résiste”. Le combat est-il gagné? MARS 2007 . Nouvelle cata!! Plus de 100m3 de lisier s’échappent d’une citerne de stockage et tuent toute la faune piscicole du Ry Nicolas. Tout est à recommencer! Le retour des cyanobactéries est manifeste en 2007 et 2008. 2008 . Les pollueurs payeurs Les deux agriculteurs fautifs, deux frères exploitant la même ferme, sont condamnés chacun à 2500€ d’amende pour non respect de certaines bonnes pratiques agricoles. L’enquête n’a pas permis de déterminer si le déversement de lisier est volontaire ou accidentel. Toujours soupçonnés, jamais pincés…! Le pari ambitieux, un peu fou sans doute, de retrouver un étang biologiquement sain est en passe de réussir à Virelles. A travers la description de toutes les étapes du projet, j’ai voulu rendre compte de la difficulté de mener à bien une telle entreprise. Le combat pour une nature belle, riche et accueillante, est à l’évidence un combat de tous les jours, qui exige de l’énergie, des compétences et des moyens financiers. Mais grâce à la capacité de régénération exceptionnelle de cette nature, il n’est jamais perdu d’avance. (1) Les cyanobactéries regroupent toutes les bactéries utilisant l’énergie lumineuse comme source d’énergie (par photosynthèse). Des milliers d’espèces sont recensées dont certaines sont toxiques. (2) Action qui consiste à enlever la couche superficielle du sol. L’objectif recherché à Virelles est de retrouver une roselière immergée. * Eutrophisation: dégradation des eaux par excès de nutriments extérieurs suite, entre autres, à l’épandage agricole d’engrais, de produits lessiviels ou de déchets organiques (égouttages urbains par exemple). Cette pollution accélère alors le développement excessif de végétaux en surface (comme les algues, les lentilles d’eau...Etc.) qui ont pour effet “d’étouffer” l’eau en pompant son oxygène et donc entrainant à termes la mort des organismes vivants aquatiques (poissons, végétaux, insectes). CLIN D’ŒIL // page 5 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 6 Colloque herpétologique Le colloque herpétologique du 27 février 2010 ou le récit d’une «SUCCESS STORY» fruit de la collaboration efficace entre le groupe RAÎNNE et NATAGORA Entre-Sambre-et-Meuse. 25 ANS DÉJÀ! En 1985 une poignée de passionnés d’herpétologie, à l’initiative de Marcel Blaimont, décidait de créer une A.S.B.L. consacrée à l’étude, l’observation et la protection des batraciens et des reptiles en Wallonie et à Bruxelles. Celle-ci sera baptisée “Raînne” qui signifie grenouille en wallon. L’association deviendra le groupe de travail herpétologique d’Aves dans les années nonante pour être ensuite intégrée à Natagora à partir de 2004. Un quart de siècle de travail sur le terrain, d’investissement personnel consacrés à ces petites “bestioles” mal aimées et méconnues, ce n’est pas rien! Et la circonstance méritait bien d’être marquée d’une pierre blanche. L’idée d’organiser un grand colloque herpétologique est alors proposée par Eric Graitson à Raînne qui la trouve géniale. Mais ce genre de manifestation nécessite des moyens et des ressources qu’il faut puiser à l’extérieur du GT. Eric pense alors à son vieil ami, Erik Damman président de la régionale Natagora EntreSambre-et-Meuse, passionné et fervent défenseur, tout comme lui, de l’herpétofaune. Sans tarder, Erik Damman, enthousiasmé par l’idée, bat le rappel de son équipe. La régionale de Natagora assurera la logistique de la manifestation pour permettre à Raînne de s’occuper en toute sérénité de l’aspect scientifique et technique. JOUR J –23 . Les préliminaires. Le projet est adopté à l’unanimité par un comité enthousiaste et une première réunion de préparation est mise sur pied le 04 février 2010 chez Robert, notre trésorier. Avec lui, Erik, Frédéric, Georges, Jacques, Marc, Rémy et Thierry ont répondu présents. En moins d’une heure les différentes tâches sont distribuées aux membres du comité. Détail piquant, Thierry Kinet, qui représente Raînne, y relève impressionné “…une efficacité exemplaire tant dans l’organisation de la réunion que pour les prises en charge de responsabilités pour le jour J; on sent que la plupart des intervenants vient du privé et j’en connais beaucoup qui auraient avantage à en page 6 // CLIN D’ŒIL prendre de la graine. Sic….” Ensuite vient le point crucial: le choix du vin pour accompagner le repas du soir.!! Trois quarts d’heure de discussion animée voire passionnée auront été nécessaires pour arriver à un consensus. “Ces gaillards-là savent ce qui est important!” Conclut-il. JOUR J –15 . Coup de théâtre Très vite, il devient évident que l’engouement provoqué par l’annonce de l’évènement nous obligera à changer de salle devenue trop petite pour accueillir le très grand nombre d’inscrits. Mais laquelle? C’est Erik qui apporte la solution, grâce à ses relations: le château du magnifique domaine de St Roch à Couvin sera le théâtre du colloque. Nul doute que ce choix contribuera également au succès de l’évènement. Marc nous apporte la généreuse contribution des Ets Mestdagh avec qui il entretient d’excellentes relations. Plusieurs dizaines de bouteilles de vin nous seront offertes pour arroser le repas du soir. Quant à Georges, il obtient le support de la Brasseries des Fagnes pour alimenter en bières de la région le bar dont il s’occupera. JOUR J –1 . Le stress, la cata! Toute l’équipe, renforcée par la présence sympathique de bénévoles de la dernière minute, est sur pied de guerre pour préparer la magnifique salle de conférence. Pendant que celle de Raînne s’occupe de la sono et de la technique informatique, bar, stands (de Natagora ESM, du réseau Nature etc.) chaises (160), panneaux d’expo(10), spots sont installés en un tour de main grâce entre autres au concours efficace de Rémy, le monsieur Système D de la régionale. Il reste à monter l’écran de projection reçu en prêt de la Communauté Française. C’est la cata! Après plus d’une demi-heure d’essais infructueux nous comprenons que la toile et le cadre ne correspondent pas!!! Que faire? “Y a qu’à demander!” s’écrie Rémy. Quelques minutes plus tard il revient triomphant avec un autre écran récemment utilisé au carnaval, couvert de boue, de bière séchée...et de confettis! Confettis qui, seulement après un nettoyage énergique, ont consentis de mauvaise grâce à se retirer non sans laisser sur l’écran bon nombre de points colorés du plus bel effet le lendemain lors de la projection… La salle est enfin prête et les bonnes bières trappistes du pays récompensent les gosiers asséchés de certains bénévoles et autres toulousains et …. toulousaines en particulier, qui ne sont pas prêts d’en oublier les effets disons..collatéraux!!!! JOUR J . Une belle journée printanière pour une belle réussite. 09H00 . tous les organisateurs un peu nerveux sont là, sauf un. Thierry, qui arrive l’œil défait, le teint blafard et la lippe pendante caractéristiques de celui qui a passé une nuit blanche à recommencer plusieurs fois l’impression des badges nominatifs.!!! 09H30 . les premiers visiteurs se pressent déjà autour de la cafetière. Dans le brouhaha des conversations on reconnaît des accents breughéliens, mais aussi celui de la ville rose, Toulouse, et même celui de la langue de Goethe…Le programme alléchant du colloque a largement dépassé nos frontières. 10H00 - 10H30 . Marc, Jacques et Robert ne sont pas de trop pour accueillir, enregistrer les noms et distribuer les badges respectifs de quelque 150 visiteurs. Erik et Eric (!) ont un mot pour chaque arrivant tandis que Georges, Frédéric et Rémy finissent la vaisselle et le garnissage des sandwiches. Le comité d’accueil de ESM sur le pied de guerre CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 7 18H00 . JOUR J +8 . Après la discussion de clôture, Erik dont la qualité première n’est pas la modestie, tient à présenter toute son équipe à l’auditoire amusé. Marc, Rémy, Robert, Jacques et Georges se plient de bonne grâce à cette mondanité… L’HEURE DES BILANS Sur le plan de la collaboration: notre association temporaire a été l’occasion de resserrer les liens entre les différents membres, à mieux les connaître, voire à faire la connaissance de certains acteurs de la région. Le professionnalisme de Raînne et le contenu scientifique très documenté des interventions ont assuré la haute qualité et l’intérêt du symposium salués par tous. Les échos très favorables ont percolé de partout, soulignant entre autres la qualité du travail de Natagora ESM pour assurer une parfaite organisation conjuguée avec un accueil des plus chaleureux, point d’orgue de cette “success story”. Le stand de Natagora ESM © B Gossuin 10H30 . Eric et Erik(les Dupont-Dupond de l’herpétologie wallonne!) introduisent leurs hôtes dans la superbe salle de conférence. Tout en s’installant ceux-ci peuvent admirer les superbes photos de reptiles de Jean Delacre ou la belle exposition de panneaux didactiques sur les batraciens et les reptiles réalisée par Stéphane Vitzthum et installée par Arnaud Laudelout. L’équipe d’ESM sur la sellette! ©A.Lambert 19H00 . Après un dernier assaut au bar, ceux qui ne participent pas au diner se retirent peu à peu, non sans avoir réitéré leur satisfaction d’avoir participé à ce magnifique colloque. 19H30 - 20H00 . Expo sur la vie des batraciens et des reptiles Les 160 chaises sont retirées pour laisser la place aux tables qui recevront la cinquantaine de convives inscrits au repas de clôture. Le bar est pris d’assaut…© S Herbay Enfin cette réussite n’aurait certainement pas été totale sans l’aide anonyme des nombreux bénévoles et sans le concours désintéressé de nos généreux sponsors, que tous nous remercions chaleureusement. En s’associant ainsi, Raînne et ESM ont démontré que malgré des moyens limités et les obstacles dressés sur leur route, A CŒUR VAILLANT RIEN N’EST IMPOSSIBLE!! Erik, qui s’y entend pour détendre l’atmosphère, adresse un petit mot d’accueil dans les 2 langues officielles aux participants et cède la place à Eric et Thierry, les véritables maîtres de cérémonie de la conférence. Une table bien animée © G Horney 20H00 JUSQU’AUX PETITES HEURES ! . Mot d’accueil d’Erik et vue de l’assemblée ©A.Lambert 13H00 . Puisque l’adage dit “ventre creux n’a point d’oreilles” c’est l’occasion pour la régionale Natagora ESM d’offrir aux 150 auditeurs affamés et assoiffés les sandwiches et l’apéritif. Le soleil est même de la partie et réchauffe de ses doigts d’or la foule des convives rassemblée dans le parc du château pour “tailler une bavette”. Erik, intarissable et heureux, “butine” de petits groupes en petits groupes. Quelle belle journée! L’Apéritif et les sandwichs offerts par NATAGORA ESM Georges Horney et Thierry Kinet Natagora ESM / GT Raînne Ambiance chaleureuse autour des tables bien garnies. C’est l’occasion de commenter la journée et d’apprécier la qualité des interventions des différents orateurs. La satisfaction semble générale et je pense que cette journée sera encore longtemps le sujet de conversation durant les longues soirées d’hiver des herpétologistes de Toulouse à Tourcoing, d’Anvers à Arlon et de Luxembourg à Couvin. Il est minuit, la plupart des membres de ESM ont rendu les armes, éreintés, mais heureux. Demain, il faut ranger la salle… Nous passons les clefs et le relai aux “survivants” de Rainne qui semblent ne pas vouloir mettre fin à cette magnifique expérience. Un trio fier et heureux!© B Gossuin CLIN D’ŒIL // page 7 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 8 WALCOURT FROIDCHAPELLE FLORENNES PHILIPPEVILLE CERFONTAINE SIVRYRANCE DOISCHE VIROINVAL CHIMAY COUVIN MOMIGNIES Anne Lambert Les régions naturelles de la Régionale NATAGORA-ESM (suite) Dans son remarquable article relatif aux régions naturelles du territoire de la régionale (Clin d’œil Nature n°5) Alain Bouchat nous montre la variété des substrats pédologiques et géologiques qui s’y rencontrent. Comme il nous l’explique, à la diversité du sol et du sous-sol, correspond une diversité paysagère et végétale bien marquée, avec une faune adaptée aux conditions du milieu. Faisant suite à sa présentation des régions naturelles, je me propose de vous faire découvrir, en plusieurs épisodes, les réserves naturelles NATAGORA de l’EntreSambre-et-Meuse (ESM), région naturelle par région naturelle. Dans ce premier article, je vous emmène en Calestienne, ce superbe territoire sur sols calcaires qui mérite bien son nom de “Petite Provence”. Rappelons que c’est en Calestienne, à Treignes, qu’a été observée la petite cigale (Cicadetta montana). A l’échelle du pays, la Calestienne forme une longue bande étroite* (2 à 4 km) qui s’étend sur 130 km, d’Ouest en Est, partant de Chimay et allant jusqu’à Remouchamps en passant par l’enclave française de la région de Givet. Au Sud, la Calestienne est limitée par les contreforts de l’Ardenne, et, au Nord par la dépression schisteuse de la FagneFamenne. Cette région doit son nom à la nature calcaire de son sous-sol. Du point de vue paysager, elle offre des aspects relativement variés, principalement constitués d’une succession de tiennes (collines) couvertes de pelouses rases où pousse une végétation essentiellement calcicole, mais aussi de zones boisées et de cultures où les haies restent très présentes. Comme nous l’a indiqué Alain Bouchat, quatre des réserves naturelles de l’ESM se trouvent en Calestienne. Visitons-les... Laissons nous charmer par les rochers baignés de soleil, où les reptiles se dorent au soleil, par les plantes qui, tels de petits bijoux colorés parsèment les pelouses, par les futaies avec leurs points d’eau peuplés de larves de salamandre… Le voyage commence à la Roche Madoux, à Vierves-sur-Viroin… LA ROCHE MADOUX. Située à cheval sur le territoire des communes de Vierves-sur-Viroin et d’Olloysur-Viroin (entité de Viroinval), la réserve occupe le bas de pente d’un massif qui fait contrefort au plateau calcaire Dévonien de Bieure. Ce site a connu diverses évolutions au cours du temps. De précieuses informations historiques nous sont fournies par la carte de Ferraris, dressée vers 1770: à cette époque, le site était dénudé. Cette situation perdura jusqu’au début du 20ème siècle. Durant toute cette période, les coteaux de la vallée du Viroin étaient, en * voir Clin d’œil n°5 p.10 – carte n°2 Paysages de la calestienne vue Roche Madoux page 8 // CLIN D’ŒIL Coronelle Carte Fagne / Famenne CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 9 effet, essentiellement voués au pâturage extensif par les moutons et les chèvres. Moutons en pâturage à la Roche Madoux Lorsqu’ils furent cédés à Natagora par la famille Massin, en 91, les 146 ares de la réserve étaient, à l’instar des terrains du DNF qui y sont associés, essentiellement boisés. Cet aspect pré forestier voire forestier par endroits, était lié à la colonisation arbustive spontanée par des charmes, des érables champêtres, des chênes sessiles... associée à des plantations de pins sylvestres datant du début du 20ème siècle. Vers 1930, en effet, les pratiques agropastorales ayant été progressivement abandonnées, des plantations de résineux (pins sylvestres et pins noirs d’Autriche) répondirent au besoin d’une nouvelle activité dans la région: l’exploitation du sous-sol et la nécessité d’obtenir rapidement du bois pour assurer le soutènement des mines. Il y a quelques années, avec l’arrivée du programme LIFE “pelouses calcicoles”, le site de la Roche Madoux se retrouve en grande partie déboisé, ceci afin de favoriser le retour d’une flore herbacée typique des pelouses thermophiles et des pelouses calcicoles mésophiles ! Actuellement il nous offre un paysage d’ancienne carrière entourée de versants rocheux avec éboulis orientés au Sud. le nerprun purgatif (Rhamnus catharica), le troène (Ligustrum vulgare) pour n’en citer que quelques unes. Du point de vue faunistique, le site et ses alentours offrent refuge à plusieurs espèces de reptiles et d’insectes typiques des milieux rocheux ou inféodés aux végétaux calcicoles. Tout comme pour les plantes, il est impossible, dans le cadre d’un tel article, d’être exhaustif et de citer toutes les espèces présentes. Evoquons, à titre d’exemple, le criquet à ailes bleues (Oedipoda caerulescens), si mimétique lorsqu’il est posé sur le sol et si beau, lorsqu’en vol il déploie ses superbes ailes bleues, le demi-deuil (Melanargia galathea), qui se plaît sur les fleurs de centaurées, le lézard des murailles (Podarcis muralis), l’orvet fragile (Anguis fragilis), et la couleuvre coronelle (Coronella austriaca). Criquet à ailes bleues Demi-deuil Au 19ème siècle et jusqu’au début du 20ème, des pierres de taille (calcaire dévonien très pur) ont été extraites ici. Afin de conserver le caractère ouvert de la réserve, le pâturage par les moutons y est pratiqué quelques semaines par an. Ils limitent la progression des petits buissons épineux de prunelliers et d’aubépines. Du point de vue floristique, on observe ici tout un cortège de plantes herbacées et ligneuses caractéristiques des sols calcaires dont l’origan ( Origanum vulgare), l’hélianthème jaune (Helianthemum nummularium), la bugrane rampante (Ononis repens), le dompte venin (Vincetoxicum hirundinacea), la digitale jaune (Digitalis lutea), l’hellébore fétide (Helleborus foetidus), la vipérine (Echium vulgare), la réglisse sauvage (Astragallus glycyphillos), Lézard des murailles Quelques lignes...quelques photos... voici le début d’une série de découvertes fabuleuses au cœur des réserves de l’ESM... Nous n’en avons visité qu’une, ne l’avons évoquée que par petites touches qui ne dévoilent pas l’entièreté de son mystère. Pour s’en imprégner totalement, il faut s’y rendre, une fois, dix fois, vingt fois... Y retourner inlassablement au fil des saisons. Nous espérons que ce petit article vous en aura donné l’envie... Arrêtons ici notre voyage, savourons ces premières observations. Et donnons-nous rendez-vous dans le prochain Clin d’œil Nature pour le poursuivre. Nous irons vers Romerée et Vaucelles, où nos pas nous ferons traverser le Coupu Tienne puis escalader les flancs boisés abrupts du Fil Maillet. D’autres émerveillements nous y attendent. C’est le printemps! “C’est le printemps!” Tous nos membres et sympathisants se réjouissent chaque année du retour des beaux jours, car ils nous permettent de redécouvrir toutes ces espèces qui étaient en hibernation, en phase latente ou de retour des sites d’estivage sous des cieux plus cléments. Elles nous émerveillent et nous donnent la motivation de continuer à porter notre projet de protection de la nature. C’est aussi notre plus belle récompense: quelle joie de voir qu’au fil des années des orchidées se sont multipliées sur les parcelles dont nous prenons soin, que les hirondelles sont plus nombreuses dans les colonies que nous protégeons, que les muscardins sont toujours bien là et se portent à merveille grâce à nos actions! Tout n’est pas rose pour autant. La chute de biodiversité n’est pas encore enrayée chez nous! Il nous reste un défi énorme: celui de la sensibilisation et des changements de comportement, des lois et décrets à modifier, de nouveaux modèles de développement économique à trouver et implémenter, des réserves naturelles à créer… mais une chose est sûre: le mouvement est en marche et c’est grâce à vous! Vous êtes les précurseurs dans la défense d’une cause qui est appelée à devenir un enjeu central de notre société. Je suis convaincu que grâce à vos actions concrètes et votre mobilisation d’aujourd’hui, nous préparons un avenir meilleur pour l’ensemble de notre société. Votre engagement, c’est donc de l’altruisme… ce qui, dans notre société actuelle, est probablement tout aussi précieux que la biodiversité! Merci pour votre altruisme! Philippe Funcken Directeur général de Natagora Asbl A bientôt… Anne Lambert Présidente de la Commission de Gestion des Réserves Naturelles / Sud Entre-Sambre-et-Meuse la vipérine la digitale jaune CLIN D’ŒIL // page 9 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 10 Osez un pari sur l’avenir, plantez un arbre fruitier ! UNE PRATIQUE ANCESTRALE Depuis que l’homme est chasseur-cueilleur, la récolte puis la production de fruits (pommes, poires, prunes, cerises, noix, coings...) et de petits fruits (groseilles, framboises, mûres, raisins...) fut indispensable, d’abord à sa survie puis à son développement. À l’image des métiers de charrons, de bergers, de sabotiers, de vanniers, métiers aujourd’hui disparus, la connaissance transmise de génération en génération s’est perdue, surtout depuis la dernière guerre. Aujourd’hui, les anciens vergers disparaissent, faute d’un minimum d’entretien et surtout parce qu’ils constituent des parcelles à bâtir. LE VERGER DE HAUTES-TIGES, UN ÉCOSYSTÈME AUX MULTIPLES FACETTES Souvent entouré de haies vives, pâturé par des moutons ou de jeunes bovins, parfois fauché, le “pré-verger” était autrefois implanté en périphérie du village où il constituait une ceinture verte entre le bâti, les potagers et les parcelles agricoles cultivées. Aujourd’hui encore le verger est un élément majeur de la qualité de nos paysages ruraux, du maillage écologique et de la richesse naturelle de notre environnement journalier. Il abrite un très grand nombre d’espèces de notre faune. Pensons aux oiseaux tels que la chouette chevêche et le rougequeue à front blanc, aux insectes prédateurs comme les coccinelles, les syrphes ou butineurs comme les abeilles et les bourdons, aux reptiles tels l’orvet, aux mammifères comme le lérot, l’hermine et les chauves-souris. Grâce à ses floraisons étalées dans le temps, à son abondant feuillage et aux fruits abandonnés par l’homme, le verger est un refuge idéal pour toute une faune et en particulier une foule d’insectes. En conséquence, le verger est à la base de nombreuses chaînes alimentaires nécessaires pour un bon équilibre naturel. L’intérêt biologique de cet écosystème augmente d’ailleurs considérablement avec l’âge des arbres fruitiers. page 10 // CLIN D’ŒIL UNE EXPÉRIENCE À TRANSMETTRE La gestion d’un verger demande un grand savoir-faire lié aux techniques de greffage, de plantation, de taille, et à la connaissance des amendements et du suivi sanitaire. Un choix judicieux des variétés est primordial. Celui-ci doit tenir compte de la pollinisation croisée1, de la rusticité2 à et de la résistance aux maladies3. Une bonne expérience est aussi nécessaire pour récolter les fruits à la bonne époque selon chaque variété, pour les conserver et pour les déguster: fruit “de couteau”, en jus, en gelée, en confiture, en cidre ou en poiret, en vinaigre, en moult à distiller, à cuire et à consommer plutôt comme un légume, au vin, à stériliser en bocaux... UN GESTE ÉCO CITOYEN POUR VOTRE BIEN-ÊTRE ET CELUI DE LA PLANÈTE Soyez acteur dans la gestion de notre environnement en consommant des produits régionaux. Cela vous permettra de découvrir une riche diversité de fruits locaux, adaptés à des usages multiples (dessert, compote, tarte, vinaigre…). De plus, vous contribuerez à développer des réseaux autonomes, qui s’affranchiront à force d’éviter d’acheter des fruits hors saison conservés par toutes sortes de techniques sophistiquées. Ces fruits proviennent parfois de régions où la main d’œuvre est exploitée et sans protection sociale, où les apports d’engrais chimiques et de nombreux pesticides sont la monnaie courante, polluant ainsi les sols, les nappes phréatiques, les chaînes alimentaires, etc.… Toutes ces techniques sont énergivores, et entraînent une affolante consommation pour le transport des produits importés ! CONCRÈTEMENT Vous appréciez certains fruits –mais sans connaître leur nom-, provenant du verger du voisin, de votre famille ? Eh bien, il est parfaitement possible alors de récolter sur ces arbres du bois de greffe et de les envoyer chez un pépiniériste producteur. Celui-ci réalisera une “greffe à façon” suivant la forme souhaitée (haute-tige, demi-tige, buisson…). Et l’année suivante, vous planterez ainsi des arbres “à l’identique” de ceux que vous avez appréciés. Par la même occasion, vous contribuerez à préserver les variétés traditionnelles, patiemment et savamment sélectionnées par nos ancêtres. Deux cas peuvent se présenter: - Vous connaissez le nom des variétés que vous désirez…Alors passez commande au moins deux mois avant la période de plantation (en septembre par exemple) afin de permettre au pépiniériste de les trouver et les réserver. - Vous ne savez pas quels fruits vous désirez introduire… Alors participez aux visites de vergers de démonstration et aux expositions pomologiques de votre région. Vous pouvez aussi réaliser un verger “conservatoire” composé de variétés régionales et introuvables dans le commerce, participant alors à la conservation locale de la biodiversité fruitière. DANS LA PRATIQUE Depuis 1998, un grand recensement des variétés régionales est mené à l’initiative du Parc naturel avec la collaboration du Centre wallon de Recherches Agronomiques, le CRA-W, situé à Gembloux, dont le rôle est d’identifier les fruits. Dans le cadre du PCDN de Viroinval, des vergers sont plantés en s’inspirant des résultats obtenus. Des visites sont organisées régulièrement, des activités pédagogiques sont mises sur pied, et des documents de vulga- CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 11 Le coup de cœur Eric BRASSEUR de Clin d’œil Nature Poète et photographe, ERIC BRASSEUR, est un photographe international de talent. Ardennais d’origine, habitant Montsur–Marchienne, et amoureux de l’EntreSambre-et- Meuse, ses racines l’ont toujours tourné vers la Nature. Et c’est dans celles-ci qu’il puise toute la poésie qui transpire de ses magnifiques clichés. Après “MADAGASCAR” et “ÉCOSSE, de l’eau, de la terre, du ciel, HIGHLANDS”, deux grands succès aux éditions La Renaissance du Livre, Eric Brasseur termine et publie en trois versions (néerlandais, français et anglais) aux Editions Lannoo, un chef d’œuvre international, un monument: “WILD EUROPE”, une présentation époustouflante des 25 derniers sites sauvages d’Europe. risation sont publiés. N’hésitez pas à prendre connaissance de tout cela en vous rendant sur le site www.pnvh.be, puis en activant “amis du verger”, dans la rubrique “PCDN de Viroinval”. Bon courage et… prenez aussi le temps d’observer une abeille qui butine, une coccinelle qui trottine... et de réapprendre les gestes simples pour conduire votre culture avec succès. Thierry Dewitte, Coordinateur de la cellule “Vergers” du PCDN de Viroinval PLUS D’INFOS ? Visitez le site du Réseau Wallon de la Diversité Fruitière, rwdf.cra.wallonie.be (site du CRA-W) et cliquez sur l’onglet “Conseils et services”. A NOTER AUSSI Il existe des subventions de la Région wallonne pour la plantation d’un verger hautetige et pour la taille d’entretien des anciens vergers haute-tige (renseignements et aide pour constituer le dossier de demande: Maison du Parc naturel (ancienne Maison des Baillis) 1, rue d’Avignon 5670 Nismes). Pour l’entité de Couvin, voir Les Bocages à Cul-des-Sarts sur www.lesbocages.be C’est YANN ARTHUS BERTRAND qui lui fait les honneurs de l’introduction… et c’est Paul MAGNETTE, Ministre Fédéral du Climat et de l’Environnement, qui en assure la préface: (extrait) “Préserver la biodiversité est une nécessité vitale, c’est aussi un défi majeur… La perte de diversité biologique est inquiétante car elle joue un rôle essentiel dans le développement économique et social. En effet, quarante pour cent de l’économie mondiale repose sur des produits et des processus biologiques… Pour préserver ce bien commun, il faut connaître et conserver des espaces tout à fait protégés de l’activité humaine. C’est dans ce contexte que s’inscrit le travail d’Eric Brasseur, merveilleux photographe de la nature sauvage en Europe. Au-delà des enjeux décrits, les photographies de cet ouvrage nous ouvrent la voie vers ces mondes intacts”. VOICI MAINTENANT SON NOUVEAU PROJET: “L’ARDENNE AU FIL DE L’EAU“ L’Ardenne et la pureté de son eau, source de richesse écologique, fruit de la topographie particulière de cette région verte et peu peuplée qui a échappé à l’industrialisation. L’Ardenne est toute nature. Au fil de l’eau, on peut y retrouver ses origines, son patrimoine, la vie sauvage sous toutes ses formes: source, torrent, fleuve, fagne, marais, étang, lac. L’eau jaillit, suit ou sort de son cours, disparaît et nous conduit dans le monde mystérieux de l’Ardenne. L’objectif du projet “L’Ardenne au fil de l’eau” est de rendre en images et en mots cette ambiance particulière qui entoure l’Ardenne. Expliquer, sans pour autant tuer la poésie. C’est un travail ‘en profondeur’ d’un photographe et d’un écrivain tous deux passionnés par ce pays authentique et méconnu. C’est du “vécu”, un investissement dans “l’intemporel”: les qualités inégalées du décor ardennais et de son eau L’Ardenne commence à Couvin et vagabonde, au travers de la Province de Namur, jusqu’aux confins de la Province de Liège et de Luxembourg. C’est tout notre patrimoine qu’Eric Brasseur va mettre en scène. Avec Clin d’œil toute l’équipe de Natagora ESM soutient ce nouveau projet qui s’aventure dans nos racines …au fil de l’eau. Marc MOSSAY Responsable cellule Excursions (1) Chaque arbre fruitier (non auto-fertile) a besoin d’au moins un autre arbre de la même espèce, mais d’une variété différente, avec lequel il “échange” son pollen afin de se reproduire. Pour ce faire, ce dernier doit posséder une époque de floraison en bonne phase avec le premier, et un pollen de bonne qualité. (2) La rusticité est la faculté que possèdent certaines variétés de supporter des conditions climatiques défavorables, et en particulier, que ses fleurs “résistent” aux gelées printanières tardives. (3) Seules les variétés d’arbres fruitiers résistantes à la plupart des maladies conviennent pour le jardinier amateur, car elles exigent un très petit nombre de traitements, tout en utilisant des produits peu nocifs pour l’environnement. CLIN D’ŒIL // page 11 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:46 Page 12 EME 2 TRE SEMES 2010 CALENDRIER DES SORTIES NATURE ET DES GESTIONS DE L’ENTRE SAMBRE & MEUSE & VOISINAGE DÉFINITIONS DES TYPES D’ACTIVITÉS: Sortie nature guidée ou promenade guidée Balade ou promenade dans la zone de l’ESM accompagnée et commentée par un naturaliste expérimenté. Elle peut être d’une demi-journée ou d’une journée. Avec ou sans pique-nique. Avec ou sans PAF. Visite guidée d’un site naturaliste: visite programmée et structurée d’un site qui présente un intérêt particulier sur le plan naturaliste ou de la biodiversité. Conférence suivie ou non d’une sortie: Présentation en salle par une équipe de naturalistes ayant étudié des espèces particulières et projetées sur grand écran. Elle peut être suivie d’une sortie guidée en fonction de la météo Excursion: A la différence de la sortie nature guidée, l’excursion est un voyage en car à l’extérieur de la zone ESM voire à l’extérieur de la Belgique. Elle regroupe un grand nombre de participants (environ 50) et dure en moyenne 12 à 13 heures. Elle est organisée par la cellule “excursions” de Natagora ESM. L’encadrement est assuré par des guides spécialistes des régions et biotopes visités. page 12 // CLIN D’ŒIL SAMEDI 03 JUILLET 1 journée à La Haie Gabaux OBSERVATION DES PAPILLONS FORESTIERS R.V.: à 10h30 sur le parking forestier qui se trouve sur la N40 juste à la limite entre Doische et Gimnée Durée: 4 à 5 h (fin vers 16h) Gratuit. Réservation obligatoire 0475 485341 (JD) ou 0494 881544 (OK) Prévoir son pique-nique. Matériel à emporter: filet à papillons, jumelles, appareil photo. Nombre limité à 20 personnes Org.: Olivier Kints (LIFE-Papillons) & Jean Delacre (Conservateur) Natagora ESM. DIMANCHE 4 JUILLET 1 journée à Dailly (entité de Couvin) NATURALISTE À TRAVERS LA CALESTIENNE ET L’EAU BLANCHE Y seront abordées l’ornithologie, l’entomologie, la botanique et la géologie, au cours d’un transect à travers la Calestienne et la dépression de l’Eau blanche, au cœur de la Fagne schisteuse où bocage, prés, pâtures, bois et bosquets se marient harmonieusement à une époque des plus riches en observations. Débutants bienvenus! À emporter: pique-nique, bottines de marche, vêtements adaptés à la météo, jumelles. PAF: 3€ - (membres Natagora et CNB: 1€) R.V.: 9h, Place de l’église à Dailly (entre Couvin et Chimay). Fin vers 16h Guide: André BAYOT 0494 19 25 18 [email protected]). Organisation: Cercles des Naturalistes de Belgique section Le Viroinvol et Natagora ESM DIMANCHE 22 AOÛT Olloy-sur-Viroin (entité de Viroinval) - 1 jour GESTION DU FOND DE NOYE, RÉSERVE NATURELLE L.R.B.P.O. ET C.N.B. Pour la 22e année, en collaboration avec La Niverolle & El Mouquet CNB, traditionnelle journée de gestion du pré alluvial, évacuation des végétaux fauchés (CMV), creusement d’une mare si possible. Possibilité de cuire sur feu de bois, promenade d’observation ensuite. R.V.: 9h30, église d’Olloy-sur-Viroin, fin 16h. Infos: Thierry Dewitte 0476/75 25 37 [email protected] Organisation: Cercles des Naturalistes de Belgique, section Le Viroinvol et La Niverolle & El Mouquet, la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux 28 AOÛT A la Maison du Parc de Nismes NUIT EUROPÉENNE DE LA CHAUVE SOURIS ANIMÉE PAR L’ÉQUIPE DE NATAGORA ESM Les chauves-souris, ces mammifères encore imprégnés de mystères voire de légendes, sont des animaux bien plus attachants qu’il n’y parait. Le thème de cette année est la Biodiversité. A partir de 16h30: activité découverte des chauves-souris pour les enfants et exposition pour les parents. À 19h30: projection d’un film suivi d’un débat, sortie sur le terrain Vers 21h: clôture de l’activité autour d'un feu de bois dans le beau domaine du Moulin des bois au cours de laquelle la fameuse “soupe des vampires” vous sera offerte par l’équipe de Natagora ESM. Ambiance assurée ! RV.: À la Maison du Bailly – 1 rue d’Avignon 5670 NISMES Emporter vêtements adaptés aux conditions météo du moment. Infos et réservations (pour les animations): Robert Schreiber au 0473.852.344. Org.: Natagora ESM WEEK-END DES 04 ET 05 SEPTEMBRE 1 nouveauté Natagora ESM ESCAPADE DE DEUX JOURS AU CŒUR DE LA CHAMPAGNE HUMIDE AUX LACS D’ORIENT (LAC D’ORIENT, LAC DU TEMPLE ET LAC AMANCE) Observations spectaculaires garanties: Concentration des cigognes noires se gavant de grenouilles en pleine période pré- migratoire, grandes aigrettes, hérons pourprés et surtout les balbuzards pêcheurs en grand nombre. En soirée et au petit matin, entre lac et forêt, sangliers, grands cervidés boisés, hardes de biches, début du brame, chevreuils et bien des surprises. Symphonie de sons et couleurs, vieux villages chargés d’histoire, une nature à savourer. Déplacement en covoiturage à frais partagés. Départ samedi tôt le matin de Couillet et Mariembourg. Retour dimanche soir. Logement à l’hôtel en chambre double. Logement, repas du samedi soir, petit déjeuner et pique-nique du dimanche: 92€/pers (supplément single possible). Info et inscriptions: Marc Mossay au 0475/914591 – [email protected] Organisation: Natagora ESM, en collaboration avec Nature et Terroir. CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 13 SAMEDI 11 SEPTEMBRE Nismes (entité de Viroinval) - 1 jour LE VERGER DE SOUS-ST-ROCH, RÉSERVE NATURELLE L.R.B.P.O. ET C.N.B. Approche des variétés régionales de pommes avant les récoltes d’automne. Cela permet, par exemple, de mieux choisir ses arbres à planter si vous avez un projet de verger, questions-réponses sur le terrain. R.V.: 14 h, à l’entrée du verger, panneaux d’accueil, fléché depuis le rond-point à l’entrée de Nismes (en venant de Mariembourg), prendre vers Dourbes, se stationner à hauteur de l’alignement de petits garages (sur votre gauche) avant le terrain de foot. Guide: Thierry Dewitte 0476/75 25 37 [email protected] Organisation: Cercles des Naturalistes de Belgique, section Le Viroinvol et la cellule “vergers” du PCDN de Viroinval. Cal.25 SAMEDI 18 SEPTEMBRE Mariembourg (Couvin) 1 journée GESTION DE LA RÉSERVE NATURELLE DU PLANTIS Nous en profiterons aussi pour observer sa faune et sa flore Les gestions répétées ont permis de maintenir ouverte la coupe forestière qui recèle encore des plantes typiques des prés de Fagne comme la succise des prés et la création d’îlots ensoleillés favorables aux reptiles. Elimination des saules envahissants, évacuation de la litière, se munir de gants, jumelles, pique-nique. R.V.: 9h30 église Mariembourg, fin vers 16h30 Guide: Marc Lambert (060/3133 77), prévenir de sa participation, merci. Org: Natagora ESM SAMEDI 18 SEPTEMBRE Eppe-Sauvage (France) - 1 après-midi RECHERCHE DES OISEAUX MIGRATEURS SUR LE VAL-JOLY Nous espérons, sur ce magnifique plan d’eau, observer plus particulièrement “l’aigle pêcheur” ou balbuzard à la croisée de ses chemins vers l’Afrique… Visite organisée depuis 2005 dans le cadre du rapprochement transfrontalier entre les naturalistes du sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse et de l’Avesnois. R.V.: 14h, place de l’église à Eppe-Sauvage Guides: Alain et Agnès Piette +33 (0)3 276 02 220 - [email protected] Org.: Aubépine, Cercles des Naturalistes de Belgique, section Le Viroinvol et Natagora SAMEDI 25 SEPTEMBRE 1 Excursion insolite mais surprenante !! LES COULISSES DE L’INSTITUT DES SCIENCES NATURELLES ET LA DÉCOUVERTE DES ESPÈCES INVASIVES À BRUXELLES: Perruches à collier et leurs incroyables nids communautaires, Ouette d’Egypte, Bernaches du Canada, … d’autres autochtones! Nous serons accompagnés toute la journée par Didier Vangeluwe, de l’Institut, ornithologue réputé. Matinée à l’Institut: visite et exposé sur le bagage des oiseaux. Petite restauration (+/- 8€) Inventaire sur le terrain des espèces invasives de Bruxelles Emporter jumelles et longues-vues. RV: au départ de Mariembourg à 8h00 parking des autocars Bourdon Retour vers 18h30. au départ de Couillet à 8h30 parking Mestdagh, retour vers 18h. Prix du voyage: 19€ par personne. (10€: de 16 ans et gratuit: - de 8 ans) Info et inscriptions: Marc Mossay au 0475/914591 - [email protected] Organisation: Natagora ESM SAMEDI 16 OCTOBRE ET DIMANCHE 17 OCTOBRE Nismes - 1 week-end FESTIVAL DE LA POMME, DU MIEL ET DES VINS DE FRUITS Le Parc naturel organise sa sixième fête, lors de cette manifestation (10h à 18h), des artisans de bouche ainsi que de nombreuses associations œuvrant pour la protection de la nature seront présents, exposition par l’Albatros de variétés régionales de pommes, possibilité de déposer des fruits à déterminer (3 fruits par sachet numéroté selon les arbres, avec nom et adresse) via le CRA-W de Gembloux, vente de pommes et de produits dérivés, conférences, expositions, ambiance conviviale. R.V. pour les visites: 14h, au verger de SousSt-Roch, panneaux d’accueil, fléché depuis le rond-point à l’entrée de Nismes (en venant de Mariembourg) prendre vers Dourbes, se stationner à hauteur de l’alignement de petits garages (sur la gauche) avant le terrain de foot. Guide: Thierry Dewitte 0476/75 25 37 [email protected] Info et org: Parc naturel Viroin-Hermeton rue d’Avignon, 1 - 5670 Nismes - 060/39 17 90 DIMANCHE 14 NOVEMBRE Petigny (entité Couvin) - 1 matinée LA NATURE AUTOUR DES VIEUX VERGERS À L’AUTOMNE Promenade au pays “des mille pommiers”, approche de l’intérêt biologique des anciens vergers et de leur histoire régionale. Observation des oiseaux, fruits sauvages… R.V.: 9h45, église de Petigny, fin vers midi, organisé dans le cadre de la fête aux pommes des scouts de Petigny, possibilité de passer ensuite à leur salle (démonstration de pressage, vins de fruits, cidres, exposition de pommes…). Bottines conseillées, bottes si pluie. Contact: Thierry Dewitte 0476/75 25 37 [email protected] SAMEDI 20 NOVEMBRE 1 journée à Dailly GESTION À LA RÉSERVE NATURELLE DE DAILLY Débroussaillage de la pelouse à orchidées. Emporter des gants. Un pique nique est prévu au cours duquel des saucisses chaudes vous seront offertes. Activité tout public. R.V.: à 10 heures à l’Eglise de Dailly (ou à 09h30 à la gare de Couvin) – fin de la gestion à 17 heures. Réservation: obligatoire 48 heures avant au plus tard auprès de Alain Bouchat au 0476.560.529. Organisateur: Natagora ESM MARDI 28 DÉCEMBRE (VACANCES DE NOËL) LA TRADITIONNELLE CLASSIQUE D’ENTRE RÉVEILLONS DE NATAGORA ESM: DÉCOUVERTE DE SITES INÉDITS AU NORD DES ÎLES EN ZÉLANDE HOLLANDAISE Comme en 2009, à la recherche des raretés et d’au moins 20.000 oies, cygnes sauvages et autres migrateurs du Grand Nord. Cassecroûte du midi au vieux village typique d’Ouddorp. Vêtements en fonction de la météo. Emporter jumelles et longues-vues. RV: au départ de Mariembourg à 7h00 parking des autocars Bourdon Retour vers 20h00. RV: au départ de Couillet à 7h30 parking Mestdagh Retour vers 19h30. Prix du voyage: 29€ par personne. (15€: - de 16 ans et gratuit: - de 8 ans) Info et inscriptions: Marc Mossay au 0475/914591 – [email protected] Organisation: Natagora ESM CLIN D’ŒIL // page 13 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:57 Page 14 CALENDRIER DES MANIFESTATIONS ET ÉVÈNEMENTS ME 2E TRE SEMES 2010 ME 2E TRE SEMES 2010 SAMEDI 31 JUILLET ET DIMANCHE 1 AOÛT 1 matinée ou 1 après-midi à Virelles DEVINE, QUI PAPILLONNE À VIRELLES… Un week-end “spécial papillons”, pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Exposition, visite guidée et recherche sur le terrain s’échelonneront sur ces deux jours, pour les découvrir, mieux les connaître et les inviter chez soi. Un week-end découverte d’un monde haut en couleurs, fragile et fascinant… Rendez-vous: Aquascope Virelles PAF: Animations gratuites pour les visiteurs de l’Aquascope, moyennant paiement du droit d’entrée, et pour les abonnés. DIMANCHE 22 AOÛT 1 journée à Virelles FÊTE DU MIEL ET DE LA NATURE Notre traditionnel grand rendez-vous du mois d’août sera plus ludique et plus familial que jamais. La rive sud de l’étang ne sera que moments de joie, de plaisirs et de découvertes. Sans oublier le monde fascinant des abeilles et de l’apiculture. Une occasion unique de réunir petits et grands pour une journée passionnante. Rendez-vous: Aquascope Virelles àpd de 10h PAF: Tarif réduit: adultes 4€ - enfants 2€ SAMEDI 28 AOÛT Une soirée à Virelles NUIT EUROPÉENNE DES CHAUVES-SOURIS Des animaux étranges … une rencontre passionnante… Au programme: film et balade nocturne. Tout le monde est le bienvenu: petits et grands, connaisseurs, curieux, ceux qui ont peur et ceux qui ne craignent rien, amateurs de mystère… chacun pourra y trouver son compte! Rendez-vous: Aquascope Virelles à 19h30 PAF: Animation gratuite page 14 // CLIN D’ŒIL SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2 journées à Virelles FESTIVAL DE L’OISEAU Une occasion unique d’essayer, dans un site naturel exceptionnel, les plus grandes marques de matériel optique. Un week-end placé sous le signe de la nature avec en invité d’honneur le Balbuzard pêcheur et la Cigogne noire. Au programme également: stands et animations nature, excursions naturalistes, expos photos, boutiques nature et optique, animations musicales, petite restauration… Rendez-vous: Aquascope Virelles àpd de 10h PAF: Animations gratuites pour les visiteurs de l’Aquascope, moyennant paiement du droit d’entrée, et pour les abonnés. SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 OCTOBRE 2 journées à Virelles FOIRE AUX POMMES Des tonnes de pommes vous attendent, de toutes les couleurs et de toutes les saveurs, pour le plaisir de déguster un fruit sain ou pour faire vos provisions avant l’hiver. Plus de 10 producteurs régionaux présents, une centaine de variétés disponibles… Mais aussi pour tout connaître des habitants du verger ou de l’entretien de vos arbres. Les gourmands ne seront pas oubliés! Rendez-vous: Aquascope Virelles àpd de 10h PAF: Entrée gratuite AQUASCOPE DE VIRELLES Contact: 060/21.13.63 ou [email protected] Org: Aquascope Virelles www.aquascope.be VEND. 23 JUILLET 20H00 CONFÉRENCE À LA MAISON DU PARC NATUREL “LES MINERAIS DE LA CALESTIENNE ET DE L’ENTRE-SAMBREET-MEUSE” présentée par Julien DENAYER, géologue à l’ ULg. DU 1 JUILLET AU 1 AOÛT EXPOSITION “LES MINÉRAUX DU PARC NATUREL” à la Maison du Parc, rue d’Avignon 1 – 5670 Nismes. Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 16h. Les samedis de 14h à 17h. VENDREDI 24 SEPTEMBRE CONFÉRENCE “TOURBIÈRES ET CHAMPIGNONS” donnée par Paul PIROT, mycologue et président du Cercle des mycologues du Luxembourg belge. À 20 heures à la Maison du Parc naturel à Nismes. LES 3, 4 ET 5 SEPTEMBRE LE PARC NATUREL SERA AU SALON VALÉRIANE WEEK-END DES 16 ET 17 OCTOBRE SIXIÈME FESTIVAL DE LA POMME, DU MIEL ET DES VINS DE FRUITS À NISMES Couplé à cet évènement: le Festival “Couleur Miel” se tiendra dans le même chapiteau et rassemblera tous les acteurs apicoles de la Région wallonne. Stands d’association, vente de pommes, de miel, de vins de fruits, démonstrations de matériel apicole, vente de matériel, stand “Arbres et arbustes” de la Région wallonne, petite restauration, produits du terroir, etc. PARC NATUREL VIROIN-HERMETON Camille CASSIMANS Rue d'Avignon, 1 - 5670 Nismes Tél: 060/391790 Fax: 060/391793 Courriel: [email protected] 7/06/10 14:47 Page 15 © Ludo Goossens CLINDOEIL_06 Cinclus cinclus Le cincle plongeur un “merle” d’eau expert en eaux pures Certains cours d’eau rapides de Wallonie accueillent un oiseau aussi sympathique que singulier: le cincle plongeur (Cinclus cinclus). De la taille d’un petit merle, le cincle se caractérise par sa courte queue, son allure élancée, sa teinte globalement sombre et son plastron blanc. Parfois, on le compare, de par sa forme, à un très gros troglodyte. La sous-espèce que nous rencontrons dans nos régions a le bas ventre, juste sous le plastron, d’un brun roux foncé, ce qui la différencie de la sous-espèce nordique dont le bas-ventre est presque noir. UN EXCELLENT PLONGEUR EN APNÉE… Si vous avez la patience de vous arrêter un instant au bord d’un cours d’eau, et de vous cacher quelque peu, vous aurez peut-être la chance d’admirer le cincle plongeur en train de se nourrir. Tout d’abord, il s’approche. De pierre en pierre, il volette, fait de courts bonds, se rapprochant d’une zone qu’il juge propice. Là, plongeant d’une pierre située au milieu d’un rapide, il disparaît sous l’eau. En y prêtant attention, on peut le voir marcher à contre-courant, remuant plusieurs pierres à la recherche de larves de libellules ou de diptères. Son anatomie facilite son évolution dans l’eau: ailes courtes, queue courte, narines et conduits auditifs pouvant être obturés. Il possède également une membrane qui protège ses yeux tout en lui permettant de voir sous l’eau ainsi qu’une glande à la base du croupion qui graisse et rend ses plumes remarquablement imperméables dès qu’il sort de l’eau. Grâce à cette morpholigie, il trouve aisément sa nourriture dans des cours d’eau dont la vitesse du courant est de 40 à 60 cm par seconde et il est même capable de traverser des chutes d’eau derrières lesquelles il s’abrite volontiers. les rivières rapides est moins sensible au gel que le martin-pêcheur; cependant, le froid, la raréfaction des proies pendant des périodes plus ou moins longues, et la compétition avec des individus provenant de plus petits ruisseaux moins riches affectent les populations de cincles lors des hivers plus rigoureux. Fin février/ début mars, les couples se reforment et le mâle fait entendre son joli chant strident. PREMIÈRES… BRASSES POUR LES PETITS CINCLES Le cincle plongeur construit toujours son nid au-dessus de l’eau. Certains habitats sont naturels: racines saillantes, trous dans une berge, falaises naturelles. Dans nos régions, le cincle fait régulièrement usage de cavités artificielles, par exemple sous un pont. Le nid est constitué d’une boule de mousse, dont l’intérieur est en forme de cuvette. Il y pond en général 4 à 6 œufs qu’il couve de 14 à 16 jours. Les jeunes cincles quittent le nid après environ 23 jours, et commencent par apprendre à nager, ce qui explique que le nid de cincle plongeur est toujours situé au-dessus de l’eau. UN EXCELLENT BIO INDICATEUR La qualité de l’eau, sa richesse en microorganismes nourriciers, sont des éléments importants pour la survie du cincle. Dans le jargon scientifique, on dit de lui qu’il est un excellent “bio-indicateur”. Plus les rivières sont propres, riches en organismes vivants, et plus la population du cincle y est dense. Par contre, la diminution de l’espèce, ou sa subite disparition, révèlent soit un appauvrissement du milieu, soit une pollution violente. Sachant cela, nous devons nous réjouir de la bonne santé de la population de cincles plongeurs dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. La plupart de nos rivières accueillent un nombre stable de Cincles. C’est très bon signe! Et cela doit nous encourager à poursuivre la politique d’épuration des eaux et à redoubler d’efforts pour assainir nos rivières. Ce faisant, nous verrons encore longtemps ces charmants merles d’eau arpenter nos rivières et ruisseaux. Henri DINEUR L’hiver est une rude saison, pour le cincle plongeur comme pour la plupart de nos oiseaux sédentaires. Le cincle, fréquentant CLIN D’ŒIL // page 15 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 16 FAUCONS POUR TOUS RETOUR INESPÉRÉ DISPARITION D’UN MYTHE Le 7 avril 1973, à 16h00, Willy Suetens* l’un des plus brillants ornithologues belges, observe dans les rochers de Waulsort, en bordure de Meuse, non loin en amont de Dinant, le dernier des représentants de générations et générations de Faucons pèlerins nicheurs en Belgique. Après, c’est le néant. Comme dans la majeure partie de l’Europe et la quasi-totalité de l’Amérique du Nord, le Faucon pèlerin a été exterminé de Belgique. Cela faisait déjà + de 20 ans que leur nombre diminuait de manière accélérée. Les pesticides organochlorés, qui empoisonnaient les chaînes alimentaires, avaient eu raison du plus rapide des oiseaux. Les Pèlerins étaient particulièrement touchés, car ils se nourrissent exclusivement d’oiseaux, eux-mêmes contaminés après avoir ingéré des insectes ou des graines empoisonnés. Les substances mortelles, dont le célèbre DDT, se concentraient progressivement dans l’organisme des rapaces, provoquant tantôt stérilité, tantôt la mort. Dans certains cas, c’était le mécanisme de formation de la coquille des œufs qui était d’abord affecté. L’épaisseur de celle-ci diminuait, au point que les femelles cassaient leurs œufs en les couvant. A cette menace chimique, s’ajoutait celle des braconniers qui tiraient et dénichaient les derniers Faucons sauvages. page 16 // CLIN D’ŒIL En 1988, un cas de nidification, énigmatique et sans lendemain, est découvert par Marc Lambert à la carrière du Nord de Frasnes. Mais il faudra attendre 2004, soit près de 25 ans, pour voir les Faucons pèlerins revenir s’installer en Belgique. Aujourd’hui, en 2010, on compte près de cinquante couples de Pèlerins en Belgique et plus de 600 jeunes faucons ont pris leur envol depuis 1994! Comment expliquer cet extraordinaire retour? Il y eu d’abord, dans les années septante, le bannissement des fameux pesticides organochlorés. Ensuite, la protection des oiseaux s’est organisée à l’échelle européenne et une première Directive en ce sens à vu le jour en 1979. Les oiseaux, et en particulier les plus rares et les plus menacés comme le Faucon pèlerin, ont fait alors l’objet d’une protection concertée sur l’ensemble du territoire de l’Union, ce qui s’est avéré particulièrement efficace. Enfin, il y a eu les efforts 7/06/10 14:47 Page 17 OBSERVER POUR ÉTUDIER d’innombrables passionnés qui ont surveillé les derniers nids, participé à des programmes de réintroduction ou placé des nichoirs spécifiques. En Belgique, les premiers Pèlerins sont revenus nicher avec succès en 1996 dans un nichoir installé par le FIR sur une des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Doel, avec la collaboration d’Electrabel. Aujourd’hui donc, grâce à ces efforts, les Faucons pèlerins nichent d’Ostende à Arlon, ou presque. Les uns occupent des nichoirs, d’autres établissent leur aire sous les abat-sons des cathédrales, d’autres encore ont retrouvé, après des décennies d’absence, les vires rocheuses des falaises de la Meuse ou de l’Amblève qui abritaient les couvées de leurs ancêtres. Trois couples sont recensés dans l’EntreSambre et Meuse dont le plus connus s’est installé au sommet de la tour du barrage de la Platte-taille. La plupart des nids sont suivis de près par des ornithologues, les éventuelles menaces sont évaluées, de nombreux fauconneaux sont bagués afin notamment d’étudier la façon dont ils vont coloniser de nouveaux territoires ou remplacer des disparus, mais aussi dans le but de déterminer les causes de mortalité. Ils sont également marqués d’une puce électronique et leur ADN est enregistré, afin d’empêcher le commerce illégal consécutif au vol d’oiseaux dans la Nature. La population est sous surveillance. On les a perdus une fois, on ne les perdra pas deux! public la beauté de la Nature dans un cadre extraordinaire. Le principe en est simple: permettre aux petits et grands, navetteurs et citadins, amateurs passionnés et touristes d’un jour, d’observer en détail la nidification d’un couple de Faucons pèlerins, de l’éclosion à l’envol des jeunes, en filmant le nid avec des caméras automatiques et en transmettant les images en direct et en continu vers des écrans installés derrière les vitre du Poste d’observation des faucons installé pour l’occasion sur le parvis. L’objectif est bien de montrer au public que la Nature est un patrimoine passionnant, superbe. Elle est régulièrement malmenée, c’est une évidence et nous perdons chaque jour des éléments de cette biodiversité. Mais l’histoire des Faucons pèlerins nous montre que lorsque l’on prend des mesures concrètes pour la Nature, elle nous le rend bien. Si vous voulez vous régaler en images inédites et magnifiques du Faucon pèlerin, visionnez en direct la nidification des Pèlerins de la cathédrale sur... www.fauconspelerins.be ! Tantôt en planant à des centaines de mètres de haut, tantôt en fondant sur une proie à des vitesses vertigineuses, on parle de piqués à près de 400 km/h, le Pèlerin maîtrise le ciel comme nul autre oiseau. Et quand il descend vers son nid, c’est pour venir y nourrir avec une grande délicatesse sa nichée qui peut compter jusqu’à 4 fauconneaux. Didier Vangeluwe VENEZ VOIR LES FAUCONS! A la fin des années ‘90, un couple de Faucons pèlerins hiverne sur les tours de la cathédrale des Saints Michel et Gudule au centre de Bruxelles. Au printemps 2004, enfin, les faucons s’installent dans la tour nord, sur un balcon non loin du sommet. La femelle couve sous un abat-son. Trois fauconneaux prennent leur envol le 23 mai. C’est à partir de là que le projet “Faucons pour tous” a été conçu par l’IRSNB en association avec la Commission Ornithologique de WatermaelBoitsfort: l’occasion était trop belle de montrer au grand Centre Belge de baguage / Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique * Willy Suetens (1930-2005) est l’auteur du livre “Les Rapaces d’Europe” paru aux Editions du Perron 1989 © Bernard Hanus CLINDOEIL_06 Le programme Faucons pour tous bénéficie du soutien d’institutions et de mécènes: le Gouvernement de la Région Bruxelles Capitale, la Ville de Bruxelles, la Zone de Police Bruxelles CAPITALE Ixelles, la Commission Ornithologique de Watermael Boitsfort, le Doyen et la Fabrique d’Eglise de la cathédrale des Saints Michel et Gudule, Electrabel, Groupe GDF SUEZ, Entreprises Louis De Waele SA, Bodelec Security and Engineering, LAN 10 Profesionnal Wireless Internet, Solutions et Swarovski Optik. CLIN D’ŒIL // page 17 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 18 Céline PRÉVOT Etude de dispersion des sangliers Le projet de suivi des déplacements de sangliers a débuté en 2005 et a pris de l’ampleur depuis. Le nombre de collaborateurs augmente chaque année, avec 22 territoires participants en 2010, dont la chasse “Petite Commune” à proximité de Couvin. TECHNIQUE DE CAPTURE ET MARQUAGE Les captures sont réalisées à l’aide de cages, appâtées au maïs. Une fois attirés dans la cage, les sangliers poussent un fil qui déclenche la fermeture de la porte. Les opérateurs de terrain sortent le sanglier de la cage et l’équipent d’une oreillette unique qui permettra son identification à coup sûr jusqu’à sa mort. Le sexe et le poids du sanglier sont également détermi- nés. Toutes ces informations sont encodées dans une base de données qui couvre l’ensemble de la Belgique. Le retour de l’information, par observation visuelle, par prélèvement ou découverte d’une dépouille, est essentiel pour le projet. Il est généralement lié à la chasse (95%). Jusqu’à présent, plus de 1400 sangliers ont été capturés et bagués. Plus d’un tiers ont été prélevés lors d’actes de chasse et dans une moindre mesure lors d’accidents de la route. OBJECTIFS Les objectifs de ce projet de baguage de sangliers sont diversifiés. L’objectif principal est de calculer la dispersion du sanglier Graphique – Proportion de sangliers ayant été prélevés à moins de 3 km, entre 3 et 10 km ou à plus de 10 km de leur lieu de capture, en fonction du groupe social. Les individus vivant au sein de compagnies (femelles et jeunes de l’année) restent généralement à proximité de leur lieu de capture. les mâles adultes vivent le plus souvent en solitaires. Ils sont plus mobiles que les femelles. Les mâles juvéniles sont des mâles qui ont été capturés lorsqu’ils avaient moins d’un an (ils vivaient alors au sein d’une compagnie, avec leur mère) et qui ont été prélevés lorsqu’ils étaient âgés de deux ans au moins. Nous voyons que ces individus parcourent de plus grandes distances. Prise de poids – La prise de poids journalière moyenne est de 102 grammes (±48), soit 3 kg par mois. Les extrêmes varient de 11 g/jour à 286 g/jour. page 18 // CLIN D’ŒIL en fonction du biotope, du paysage agricole, des densités de sangliers, des années ou encore du mode de gestion. Les données nous permettent également de définir des distances extrêmes de migration, données qui intéressent particulièrement les vétérinaires dans le cadre des prévisions de dispersion d’agents pathogènes. Elles nous apportent également, sous des conditions d’application bien spécifiques, une indication de la densité de population, du taux de survie, etc. Finalement, les animaux étant pesés de façon précise lors de la capture et lors du prélèvement, nous pouvons établir l’évolution du poids en fonction de l’âge, du biotope et des glandées. Si vous croisez un sanglier portant une oreillette, nous vous remercions de nous communiquer l’information par mail celine.prevot @spw.wallonie.be par tél 081/62.64.27 ou par fax 081.615.727 L’information de capture vous sera transmise. La dispersion est définie comme étant la distance à vol d’oiseau entre le lieu de capture et le lieu de recapture (que ce soit par prélèvement, par accident de la route ou par observation visuelle) de l’animal. Céline Prévot celine.prevot @spw.wallonie.be CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 19 Gérard Jadoul La cigogne noire et l’asbl SOLON, une vieille histoire d’amour… HISTORIQUE – En 1989, un premier nid de cigognes noires était trouvé dans le massif forestier de St-Hubert. Pour l’Asbl SOLON c’était là le début d’une longue aventure autour de cet oiseau mythique. Les premières années furent mises à profit pour suivre la vie de ces oiseaux durant leurs six mois passés sur le Vieux Continent: choix des sites de nidifications, retour au nid, ponte, longue couvaison, élevage des jeunes jusqu’à leur envol fin juillet, sites de regroupements pré-migratoires, etc. Ces années (1989 à 1995 ont permis de réaliser un film avec la RTBF (Ciconia nigra) et de publier un premier livre, La cigogne noire, chroniques d’un retour annoncé, aux Editions du Perron en 1994. PLUS DE 500 CIGOGNES BAGUÉES Dès 1995, l’Asbl SOLON s’inscrit dans un vaste programme européen de baguage des cigognes noires avec des bagues de couleurs alphanumériques. Depuis cette date, ce sont plus de 500 cigognes noires qui ont été baguées par Solon en Région wallonne, avec un très important taux de relecture de près de 20% des oiseaux. Ce baguage donne des résultats très intéressants sur le retour des jeunes dans leur pays de naissance, sur les voies migratoires, sur les sites de pré-migration, sur l’étendue de l’aire de répartition, … Une collaboration étroite est menée avec le DNF et les cantonnements pour échanger les informations relatives au nid, leur garantir la quiétude, reporter, le cas échéant, les travaux forestiers. Toute découverte de nid qui est communiquée à l’Asbl SOLON peut grandement favoriser ce projet de baguage, garantir la protection du nid tout en assurant la stricte confidentialité de la découverte. ENTRE 1995 ET 2001: ACTIONS AU NIVEAU INTERNATIONAL En 1995 également, l’Asbl Solon lance un vaste programme de suivi de la migration des cigognes noires vers l’Afrique de l’Ouest, grâce à la pose de balises satellitaires. C’est le programme “cigognes sans frontières”. Ce projet repose sur 3 axes: 1 - Axe scientifique: Apporter des réponses sur les voies utilisées, les régularités, le choix des quartiers d'hiver, savoir si la migration s'effectue en clans (familiaux ou non), si le retour en Europe s'effectue dès la première année, dans la région de naissance... 2 - Axe de conservation: Déterminer les lieux d'intérêts majeurs de l'espèce (tant pour la nidification que pour l'hivernage ou pour les zones de pêche le long de la route migratoire) ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour assurer la protection de ces sites. 3 - Axe pédagogique: Inviter un public scolaire, le plus large possible, à suivre la migration des cigognes. Au départ de ces données, une partie des cours de mathématique, de géographie, de sciences et de culture étrangère ont pu être donnés de façon plus vivante. Un échange scolaire entre les écoles proches des sites de nidification et des écoles proches de sites d'hivernage a ainsi pu être réalisé. Ce projet s’est étalé de 1995 à 2000 et a permis à des membres de l’Asbl Solon de rejoindre les cigognes noires “wallonnes” dans leurs quartiers d’hiver en Mauritanie, Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso, Togo et Bénin. Cette aventure migratoire fera l’objet de deux documents. Un documentaire vidéo de 52’ et un livre “La migration des cigognes noires, du chêne au baobab” aux Editions du Perron en 2000. En 2001, en association avec le WWF, l’Asbl Solon a coordonné la pose de balises sur des cigognes noires en Région wallonne, en France, au Grand Duché de Luxembourg mais aussi en Tchèquie, en Lettonie et en Hongrie. Ces cigognes sont devenues, via des capsules vidéo de 3’, les ambassadrices du réseau Natura 2000 sur tout le continent. C’est le projet “Flying over Natura2000” 2010: place au suivi par webcams. En février 2010, des webcams ont été installées par l’Asbl Solon, sur trois nids de cigognes noires en Région wallonne pour garantir le succès de l’opération et les chances de reprise des nids par les oiseaux. La caméra déclenche dès qu’elle perçoit un mouvement. En février, nous avons déjà collecté des images de mésanges venant grappiller de la nourriture sur l’assisse des nids. Le mouvement des branches, lors des grands coups de vents, nous a également fourni des images de nid… vide mais fortement bousculé. Et enfin, le 13 mars, en début d’après midi, la caméra déclenche sur le retour du premier partenaire du couple. Quelques tout derniers coups d’ailes pour rejoindre un nid, quitté il y a quelque 6 mois, pour un long aller-retour africain de près de 8000 kms. L’oiseau sait ce qu’il rejoint et pourquoi il le rejoint. La seconde cigogne est de retour le 17 mars. Accouplements, ponte des 4 œufs, attaque du nid par des cigognes noires intruses, prédation par le grand corbeau, tentative de nouvelle occupation du nid, … Autant de péripéties qu’il est possible de suivre au quotidien sur le site de l’Asbl SOLON www.solon.be/cigogne.php LA CIGOGNE NOIRE, AMBASSADRICE DE LA QUALITÉ DE LA BIODIVERSITÉ La cigogne noire est une espèce très emblématique. Elle témoigne de l'amélioration de la biodiversité en milieu forestier. Grand oiseau, avide de quiétude, de grandes futaies feuillues d’arbres âgés, de mares et de ruisseaux riches en batraciens et poissons, il peut utilement être mis en avant à l’occasion de cette année 2010 vouée à la biodiversité. Ce “succès” ne doit pas occulter la situation parfois catastrophique de nombreuses espèces ou d'habitats qui se portent nettement moins bien. Il peut cependant apporter un message d’espoir dans le monde souvent gris de la protection de la nature. La cigogne noire reste, par le niveau de sympathie qu’elle génère, une ambassadrice remarquable pour la sensibilisation d’un très large public au respect de la nature. Gérard Jadoul CLIN D’ŒIL // page 19 14:47 Page 20 QUELQUES MOTS, SORTIS COMME PAR MAGIE, D’UN TOUT PETIT CARNET Mercredi 19 août, 4h30. Coup d’œil rapide sur le thermomètre, 13°. Coup d’œil sur le ciel rivé d’étoiles. Un beau départ… Je rejoins Virelles, comme chaque jour… mais pour une aube sauvage en canoë. Ma première aube sauvage alors que l’activité existe depuis une dizaine d’années… Un rendez-vous partagé avec des amis artistes, avec qui le lien s’est tissé au fil des saisons. Songe d’un petit matin d’été Un tout fin croissant de lune accompagne nos pas vers l’étang où quelques chauvessouris volètent encore. Par ses cris, un héron cendré annonce notre arrivée au petit peuple de l’étang. Samuel nous propose de vivre avec lui le passage de la nuit au jour. Je me réjouis du joli clapotis d’un premier coup de pagaie dans l’eau. continue à picorer comme si de rien n’était. Samuel nous surprend en entonnant “la chanson des grenouilles”. Je me souviens de ce conte de Steve Waring, écouté avec délectation quand j’étais petite. Nous nous laissons emporter dans un monde imaginaire, où les grenouilles parlent le langage des gens, si on prend la peine de fermer les yeux pour mieux les entendre. Je remarque, sur la droite, quelques petits mouvements de saut en surface. Poisson ou … monstre du Lac? A cette heure-là, tout est possible… Deux yeux nous regardent depuis les roseaux et surveillent notre départ. Un héron cendré, tout simplement. Nous passons à proximité de l’Ile aux lapins, où les chevaliers guignettes sont déjà actifs et rencontrons un premier vol de canards. Je ne peux résister à plonger la main dans l’eau. Douce chaleur… Il ne faudrait pas insister longtemps pour que j’aille m’y tremper. Il y en avait une qui disait: “Où es-tu? Où es-tu? Où es-tu?” Et une autre qui lui répond: “Suis ici, suis ici, suis ici, suis ici...” Et encore une autre qui demande: “ Où ça? Où ça? Où ça” Et un vieux crapaud qui lui dit: “Dans la boue, dans la boue, dans la boue..” Dans le parc, le troglodyte mignon, déjà réveillé, lance le signal d’alarme. “Des visiteurs sur l’étang!” Et nous n’y sommes pas les seuls… Un couple de cygnes tuberculés longe majestueusement la grande roselière, dont nous nous approchons lentement. Nos pagaies fendent l’eau d’un seul corps puis nous nous arrêtons… Cancanages, bavardages de jeunes cygnes, cris de foulques, chant du troglodyte… Un coq annonce également qu’il est bientôt l’heure de se lever. Depuis son lointain pré, une vache lui donne raison. Les fauvettes des marais se faufilent entre les tiges de roseaux et nous reprenons la balade. Les berges de l’étang défilent lentement sous nos yeux. Partout, des gerris, petites “araignées d’eau” sautent à la surface et font de longues glissades en nous ouvrant la route. “Un chassé-croisé digne du carrefour Léonard à l’heure de pointe” me dit Olivier. Eté sec, baisse naturelle du niveau de l’eau et petites plages de vase font le bonheur des petits échassiers. Trois bécassines des marais, qui piétinent la boue, ne risquent pas de me contredire. Par contre, quel serait l’avis de ce grèbe castagneux, qui vient de trouver refuge sous une gerbe courbée de roseaux? Nous sommes à l’arrêt pour les observer, ce qui n’impressionne pas cette marouette ponctuée qui page 20 // CLIN D’ŒIL Une bécassine des marais, tire sa révérence, une fois l’histoire finie… et nous rejoignons le “Bout du monde”. Les arbres de cette presqu’île y portent les cicatrices de leur rencontre avec le castor. De l’autre côté de l’étang, le dos arrondi du Bois de Blaimont se découvre dans la brume. La palette de couleurs du ciel se transforme à chaque instant. Un avion y laisse derrière lui deux sillages orangés. “Ouvrons nos oreilles” chuchote Samuel. “Le concert va bientôt commencer”. J’entends le “klaxonnement” d’une corneille et quelques cris de mésanges bleues. Mais d’autres artistes s’échauffent la voix. Je les imagine dans une chorégraphie où ils battent rapidement des ailes contre leurs flancs. Un bref silence donne le signal de départ et le groupe d’étourneaux s’envole d’un seul nuage pour rejoindre les champs environnants. Quelques goélands, tôt levés aux Lacs de l’Eau d’heure, nous survolent en direction de la France. Près de nous, les cris aigus du martin-pêcheur se font entendre. La forêt de Fagne, maintenant toute proche, s’éveille, elle aussi, sous les cris agacés du pic épeiche. “Pschh, pschh” lui répond la mésange boréale. “Pourquoi tant de rouspétances de si bon matin?” “Que se passe-t-il ici” demande le roi pêcheur en filant le long de la roselière. “Mais on se dispute là-bas!”. Les chevaliers guignettes sont en effet de gentils querelleurs qui taquinent une bergeronnette grise pour rester maîtres de “leur” plage de vase. Un petit monde “à la Steve Waring”… Une grande aigrette s’envole, les laissant à leurs taquineries… Nous contournons l’ancienne canardière et entrons discrètement dans le sanctuaire du Ry de la Ferrière... Nous glissons vers le cœur du marais, où les toiles d’araignées, couvertes de perles de rosée, garnissent joncs, baldingères*, salicaires et rubaniers en fleurs. L’eau, à cet endroit, est recouverte d’un tapis de petits nénuphars, aussi joliment appelés “grenouillettes” ou “hydrocharis des grenouilles”. Une sittelle torchepot salue notre arrivée. Geais des chênes et troglodytes relaient bien vite son message. Le ruisseau se rétrécit soudain, permettant de justesse à notre rabaska** de se frayer un passage. Instant magique d’une lente progression… Nous entrons dans le monde tortueux du Royaume des Saules et délaissons un instant notre embarcation. Le long du Ry de la Ferrière, nous nous faufilons dans un dédale de saules, d’aulnes et d’arbres morts, où la vie foisonne. Il y a bien longtemps, un peuplier a décidé de s’y coucher, chacune de ses branches donnant vie à un nouveau tronc dressé vers le ciel. Fort heureusement, il nous octroie le droit de passage vers le garde-manger du Seigneur castor. Nous découvrons un tronc couché complètement écorcé, reste de ses copieux repas. L’animal n’a pas le tempérament gaspilleur car toutes les branches ont servi à consolider sa hutte avant l’hiver. Nous faisons demi-tour, nous laissant guider par le miroir noir du ruisseau et quittons le sanctuaire en canoë. Un martin-pêcheur veille à en refermer consciencieusement la porte. “Tchow, tchow, tchow…”. Cinq chevaliers aboyeurs annoncent notre départ de plage en plage et nous offrent quelques jolis vols en escadrille. Un plein soleil illumine notre traversée de retour. Nous sommes tous sous le charme de cet étang, qui nous a déjà tellement donné, et qui nous réserve, à l’infini, de nouvelles surprises… Anne Sansdrap * Baldingères: hautes graminées des milieux humides ** Rabaska : grand canoë amérindien © André Buzin 7/06/10 © André © Buzin André Buzin CLINDOEIL_06 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 21 Botanique LE COIN DU SPECIALISTE LES BRYOPHYTES: un monde méconnu C. Cassimans VOUS AVEZ-DIT “BRYOPHYTES”? EVIDEMMENT ELLES SE REPRODUISENT! SONT-ELLES EN DANGER ? En effet, ce mot curieux provient du grec bruon (la mousse) et phyton (la plante). Selon la check-list de 2007 on recense, en Belgique, 748 espèces différentes (5 anthocérotes, 173 hépatiques & 570 mousses y compris les sphaignes). Ces végétaux ne possèdent pas de racines: ils se fixent au substrat par des rhizoïdes, sortes de poils unicellulaires qui assurent leur alimentation en eau et en sels minéraux dissous. Les bryophytes peuvent se reproduire par voie sexuée ou asexuée. Chez tout être vivant, il y a des cellules mâles et femelles pour assurer une continuité sexuelle. Le résultat, chez les bryophytes, est la formation d’un sporange constitué d’un pédicelle et d’une urne ou capsule. Les Anthocérotes ont leur sporange très différent de celui des hépatiques: la capsule est chlorophyllienne et en forme de fuseau étroit. De récentes études estiment que 3 % d’espèces de bryophytes ont disparu définitivement de la Région Wallonne et qu’actuellement, 5 % sont en danger d’extinction. Cette situation est surtout due à la régression ou l’altération des habitats tels que: vieilles forêts, pelouses calcaires, landes à bruyères, prairies maigres, affleurements et éboulis rocheux et bas-marais alcalins. On note aussi la disparition des bois morts ou d’arbres très âgés, la raréfaction des milieux naturels au profit d’espaces de production intensive, l’impact des pollutions aériennes et la pollution par l’ozone qui diminue leur photosynthèse. Enfin, le commerce des mousses à destination de l’art floral est aussi une cause du pillage des stations naturelles. COMMENT LES DISTINGUER ? Avant tout sachons ce qu’est un thalle: C’est l’appareil végétatif des plantes dites inférieures, qui ne comportent ni racines, ni tige, ni feuilles. Anthocérotes: leurs Anthoceros thalles apparaissent agrestis à la fin de l’été sur des sols frais dénudés, à l’orée d’un bois ou dans des ornières de chemins agricoles ou forestiers. Le thalle, de 1 à 2 cm de diamètre, a des bords lobés et est habituellement en forme de rosette. Il est hérissé de minces colonnes vertes cylindriques de +- 1 à 3 cm de haut (les sporophytes). Hépatiques: on distingue 2 catégories. À thalle si elle est formée d’une lame verte (thalle) de 4 à 8 mm de large et 2 à 3 Pellia epiphylla de long, couchée sur le sol. Elle pousse en forme de revêtements stratifiés sur terre humide, sur les parois des fossés et sur les berges de ruisseaux. À feuilles si elle est formée d’une tige (sans canaux ni cellules spécialisées) de 2 à 4 cm comportant des feuilles alignées sur deux rangs latéraux et parfois un rang de petites feuilles ventrales plus petites situées entre les rhizoïdes. Mousses: - Les sphaignes, appelées aussi mousses des fanges, des marais et des tourbières, ont des feuilles présentes sur les tiges et les rameaux. Elles sont disposées en spirale. On dirait la Sphagnum palustre structure d’un arbuscule dont les rameaux du sommet sont disposés comme les feuilles d’un palmier. - Les mousses dont la tige et les rameaux éventuels ont des feuilles disposées en spirale. On y distingue les mousses à tige principale dressée sans rameaux et celles à tige principale rampante avec de nombreux rameaux rampants ou dressés. thalle et ses pédicelles hyalins (Pellia) Chez les hépatiques à thalle lisse du type Pellia, le pédicelle est hyalin* et la capsule est globuleuse et brune. À maturité, elle s’ouvre en 4 valves. Le même type de sporange se constate chez les hépatiques à feuilles. Le type Marchantia se distingue par le fait que les organes mâles et femelles se trouvent sur des thalles différents, tous ornés de formes géométriques percées d’un pore central. La plante mâle est surmontée d’un petit parasol et la Marchantia plante femelle d’un polymorpha parapluie dont il ne reste que les baleines. Les sporanges se formeront sous les baleines. ONT-ELLES UNE UTILITÉ QUELCONQUE? Les bryophytes, essentiellement les sphaignes et quelques mousses, ont largement servi dans de multiples usages lors des siècles précédents. Citons pour: • les sphaignes, polytrics et autres mousses: calfatage des bateaux et navires; étanchéité des constructions en bois; litière pour bétail; couronnes et guirlandes lors de processions (mélangées notamment avec des lycopodes, appartenant aux ptéridophytes*). • les polytrics uniquement: fabrication de brosses pour les draperies, formation de torchis “penayes” protégeant les bâtiments de certaines régions (Stavelot, Erezée, etc.) de la pluie. On dit qu’à l’heure actuelle, certaines espèces auraient des propriétés antibiotiques et qu’on utiliserait des sphaignes dans la fabrication des papiers WC. En outre, les touffes de bryophytes constituent un milieu propice pour des micro-organismes, tels acariens, collemboles, petits vers, pseudo scorpions, etc. De même, certaines espèces sont de précieux indicateurs de pollution, notamment les épiphytes (espèces poussant sur les arbres). ET EN PLUS DES INVASIONS ! Certaines espèces provenant notamment de l’hémisphère sud ont envahi nos régions. Est-ce aussi le changement climatique qui fait que quelques hépatiques ou mousses de zones méditerranéenne ou autres remontent dans nos régions jusqu’au nord des Pays-Bas? ENVIE D’EN SAVOIR PLUS? • Le Poster 50x70 gratuit “Hépatiques, mousses et sphaignes du Parc naturel” disponible > Maison du Parc naturel, 1 rue d’Avignon – 5670 Nismes. • La revue “Nowellia bryologica”, livre des articles sur la bryologie, une fiche descriptive d’une espèce, une rubrique “Votre voyage nous intéresse”, etc. Tout cela grâce à la compétence du bryologue Philippe De Zuttere. Coût: 12euros par an. Infos: [email protected] ou à la Maison du Parc naturel. • En juin 2011 seront organisées les 4èmes rencontres Bryologiques Internationales à Vierves-sur-Viroin. Infos scientifiques et excursions sur le terrain au programme. • Le service “Détermination gratuite” vous permet d’obtenir le nom d’une espèce après avoir rempli une fiche et rentré un petit échantillon. Info [email protected] • La Cellule “Bryophytes” du PCDN de Viroinval a édité un cahier A4 de 8 pages on y découvre plus en détails le monde passionnant des bryophytes. Gratuit à la Maison du Parc naturel. C. Cassimans Cellule PCDN “Bryophytes” 1 rue d’Avignon 5670 Nismes 060.39.17.90 [email protected] CLIN D’ŒIL // page 21 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 22 Faune LE COIN DU SPECIALISTE la Théridiidé des fentes (Theridion n.sp.cfr.mystaceum) © Dirk Cleiren Une nouvelle espèce d’araignée en Wallonie LA “KIERKOGELSPIN” OU LA “THÉRIDIIDÉ DES FENTES” (THERIDION N.SP.CFR.MYSTACEUM) Une nouvelle espèce d’araignée pour la science fut découverte dans la région namuroise (1989) par Herman Vanuytven. Récemment (2007), des démarches furent entreprises pour une description officielle de l’espèce. S’il est exceptionnel qu’une nouvelle espèce soit découverte en Belgique quand il s’agit d’espèces animales ayant la faveur du grand public (comme les oiseaux, les papillons et les mammifères par exemple). Leur présence et leur répartition étant bien connues grâce aux observations sur le terrain des collaborateurs de Natuurpunt et de Natagora entre-autres. Il en va tout autrement des coléoptères, araignées, mouches et autres groupes proches. La détermination de ces espèces est un travail réservé aux spécialistes car il manque au naturaliste “lambda” le matériel et une connaissance approfondie de ces espèces. Pour la détermination d’une araignée (hormis l’ADN), l’observation de la structure des pièces génitales (épigyne chez la femelle et bulbe copulateur chez le mâle) est indispensable. Le côté difficilement accessible du monde des Arthropodes s’explique aussi par le fait qu’en Europe on recense plus de 120.000 espèces. Il n’est donc pas surprenant de constater que la plupart des gens sont capables d’identifier les espèces d’oiseaux les plus courantes vivant dans leurs jardins, alors qu’ils se contentent du terme très général de “coccinelle”, “araignée porte-croix” ou “mouche” lorsqu’il s’agit d’Arthropodes présents dans les jardins. page 22 // CLIN D’ŒIL ARAIGNÉES : PLACE DANS LE RÈGNE ANIMAL Le règne animal se subdivise en 9 phyla (anciennement “Embranchements”). Parmi ceux-ci se trouve le phylum des Arthropodes. Ces Arthropodes possèdent un exosquelette et 3 paires de pattes (ou plus) de forme tubulaire, segmentées et articulés. Autre phylum bien connu, celui des Vertébrés, parmi lesquels nous trouvons les poissons, les reptiles, les amphibiens et les mammifères. Le phylum des Arthropodes se subdivise en Classes suivant le nombre de segments articulés. Nous avons par exemple les Crustacés (Crustacea) avec 5 paires de pattes, les araignées (Arachnida) avec 4 paires de pattes et les insectes (Insecta) possédant 3 paires de pattes. Ces Classes se subdivisent encore en Ordres, Familles et Genres. Plus ou moins 85% de toutes les espèces animales décrites appartiennent aux Arthropodes. ARAIGNÉES ET INSECTES : LA MORPHOLOGIE Contrairement à une idée fort répandue dans le grand public, les araignées ne sont pas des insectes bien qu’ils appartiennent au même phylum que les Insectes: les Arthropodes. Les insectes possèdent: une tête, un thorax, un abdomen, des yeux composés, des antennes; les pattes, elles, étant attachées au thorax. Les mandibules, les palpes et les yeux sont situés au niveau de la tête. Les araignées possèdent des yeux simples, n’ont ni ailes ni antennes, présentent des pédipalpes et des crochets venimeux (chélicères), un céphalothorax et un abdomen. Les pédipalpes, les chélicères et les pattes sont attachés au céphalothorax. Illust. Photo n° 7 Céphalothorax La plupart des insectes se nourrissent de végétaux, contrairement aux araignées (Araneae) et aux autres Arachnides (pseudo scorpions, scorpions, opilions) qui se nourrissent de proies animales. LES ARAIGNÉES EN BELGIQUE La faune aranéologique belge compte 701 espèces représentant 43 familles. 11 de ces familles comportent également 27 espèces exotiques. Tout récemment, quelques espèces nouvelles pour la Belgique furent découvertes: (Para) zygiella montana (Cantons de l’Est), Sibianor larae (prov. Namur) en Scotophaeus quadripunctatus (prov. Anvers). Ces espèces ne figurent pas encore dans la nouvelle liste d’espèces publiée dans la feuille de contact d’ARABEL (Bosmans, 2009). LA “KIERKOGELSPIN” UNE VRAIE THERIDIIDAE La famille des Théridiidae est très vaste et comprend de part le monde une centaine de genres comportant 2.220 espèces. Le nom latin du genre Theridion nous indique qu’il s’agit d’une araignée appartenant à la famille des Theridiidae. Le genre Theridion comprend à lui seul quelques 600 espèces (WIKIPEDIA, 2009). La famille des Théridiidae comporte en Belgique 57 espèces, dont 7 appartiennent au genre Theridion (Arabel, 2009). En Europe du nord, cette famille regroupe 67 espèces (Roberts, 1995). CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 23 Les caractéristiques du genre Theridion sont le plus souvent un abdomen sphérique et un céphalothorax brillant. Egalement caractéristiques sont la retraite en forme de coupelle et la toile proprement dite qui est constituée de courts fils disposés en tout sens et dont seuls les fils extérieurs sont collants. Ces fils extérieurs permettent la capture de petits insectes rampants Les efforts de la proie pour se libérer du fil entraîne sa cassure mais projette la “victime” vers d’autres fils rendant toute fuite impossible. Une très belle petite théridiidé est la “Prachtkogelspin” – (la “théridiidé magnifique”) (Achaearanea lunata), appartenant au genre Achaearanea. Egalement faisant partie des théridiidés la très célèbre “Veuve noire” (Latrodectus mactans) qui fut récemment signalée dans le port d’Anvers dans des véhicules importés des U.S.A. Théridiidé magnifique (Achaearanea lunata) © Michel Vuilsteke Littérature - Bosmans R. 2009. Een herziene lijst van de Belgische spinnen (Araneae). Feuille de contact Société Arachnologique de Belgique/Nieuwsbrief Belgische Arachnologische Vereniging. 24(1-3):33-58. - Roberts, M. J., 1995, Spiders of Britain and Northern Europe, Harper Collins Publishers, London, 383p. ISBN: 0 00 219981 5 - Vanuytven H., 2005, Leven op acht poten, Spinnen van België en Nederland onder de loep, Panaman, Antwerpen, 223p. ISBN: 9080961116 - Wikipedia, 2009 Les espèces T. varians, T. melanurum et T. mystaceum sont très proches de la Théridiidé des fentes (Theridion n.sp.cfr. mystaceum), ces espèces présentant une morphologie, une coloration abdominale et des dessins dorsaux quasi identiques. Bert Van Der Krieken Theridion melanurum © Pierre Oger Natuurpunt [email protected] ou [email protected] Theridion mystaceum © Pierre Oger Veuve noire (Latrodectus mactans) © M. Kostich ARAIGNÉES: POUR EN SAVOIR PLUS ! Après la découverte de la Théridiidé des Fentes en 1989 dans une carrière de la province de Namur, cette espèce a pu être observée par la suite durant un projet d’inventaire à Anvers (Antwerps Spinnenonderzoeksproject, 2004-2005) dans 8 endroits, essentiellement au creux des murs le long de voies de chemin de fer. On suppose que le transport de gravier de Wallonie pour renforcer le ballast des voies de chemin de fer dans le port d’Anvers est à l’origine de l’expansion de la Théridiidae des Fentes. Le genre Theridion s’est enrichi dans les années ’80 avec la “Rotskogelspin” - littéralement la Théridiidé des rochers (Theridion hannoniae). Théridiidé des rochers (Theridion hannoniae) Si vous voulez en savoir plus à propos des araignées, vous pouvez prendre contact avec ARABEL, la Société Arachnologique de Belgique, fondée en 1976. ARABEL organise annuellement plusieurs réunions ainsi que des excursions. Visitez son site: www.arabel.ugent.be A l’occasion d’Halloween, Robert Kekenbosch et Renaud Delfosse donnèrent un exposé très instructif à propos des araignées à la Maison des Baillis (Parc Naturel ViroinHermeton) à Nismes. Robert Kekenbosch inventorie depuis plusieurs années l’aranéofaune de la vallée du Viroin, lors de cette soirée il a pu donner un aperçu de la richesse aranéologique des différents biotopes présents dans la région. Pour plus de détails concernant ARABEL, vous pouvez prendre contact avec le Dr. Léon Baert [email protected], Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, rue Vautier, 29 à 1000 Bruxelles. Tel.: 02 / 627 43 04. CLIN D’ŒIL // page 23 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 24 Les Rhopalocères intrus de Doische ou le dilemme d’un cortège contrasté Texte et photos Jean Delacre Des hôtes inattendus – Dans mes relevés d’inventaire des Lépidoptères rhopalocères et hespéridés du Bois des Fagnes / Trou des Gattes / Haie Gabaux/Crestia, habitat caractéristique de la Fagne acide, j’ai souvent été étonné de relever la présence de quelques espèces considérées comme calcicoles dont certaines propres aux pelouses rases. Je pense en particulier ici à l’observation d’Iphiclides podalirius, de Colias alfacariensis, Polyommatus (Lysandra) coridon, Aricia agestis, Erebia medusa, toutes espèces apparemment inopportunes sur le site étudié. Il existe des papillons à double identité écologique, produisant même des morphes distincts et induits par la nature écologique ou géologique de chaque habitat respectif. Mais ce n’est apparemment pas le cas des intrus rencontrés et syntopiques1 avec les habitants inhérents au site. clairière pour se mettre à l’abri des intempéries, n’était qu’un intrus volant au gré des vents, même s’il fut revu plusieurs fois par la suite. Erebia medusa Moiré franconien Collier de corail (Aricia agestis) IMPLANTATION OU SIMPLE PASSAGE ? Certes, j’ai souvent vu errer ces figurants non attendus sur les rares chemins empierrés de longue date en roches calcaires, où la flore est d’ailleurs franchement devenue calcicole, mais est-ce suffisant pour les y croire implantés? J’ai pu contacter P.coridon ou A.agestis fraîchement éclos, mais leur présence en nombre sur les tiennes2 calcaires de Foisches, à quelques petits kilomètres à vol de papillon, explique peut-être la fraîcheur de ces éventuels vagabonds. UNE PRÉSENCE ÉNIGMATIQUE Le cas d’Erebia medusa est le plus énigmatique. Photographié une première fois, en pleine forêt un jour de pluie, il était évident que cet exemplaire réfugié dans une page 24 // CLIN D’ŒIL Les tiennes de Foisches étaient une fois de plus le berceau d’origine de cette espèce calcicole dont les stations belges sont d’ailleurs assez peu nombreuses. Si je prends au pied de la lettre la carte géologique 58/1-2 publiée par la Direction Générale des Ressources naturelles et de l’Environnement, la partie sud de la propriété au lieu dit “Au Crestia” se trouve sur une frange d’une centaine de mètres sur sol frasnien et non plus famennien Formation des Valissettes: schistes verts localement à nodules de calcaire - , d’où l’on passe progressivement en quelques centaines de mètres à la formation calcaire d’argiles noires et de schistes (Neuvillien) à celle de calcaires grossiers gris clairs du Massif de Philippeville, pour se terminer sur l’autre rive de la Meuse aux affleurements fossiles de récifs coralliens du Givetien (360.000.000 d’années). Le berceau calcaire n’est donc pas très éloigné. Polyommatus (Lysandra) coridon mâle LES “HAUTS DE DOISCHE” HIER SI RICHES…. La seule barrière à la dispersion des populations de lépidoptères calcicoles de Foisches, est l’imposant désert agraire que représente la zone réservée, ou mieux accaparée, par l’agriculture intensive, qui à réduit les “Hauts de Doische” - naguère si riches - en un milieu abiotique, dépourvu du moindre petit réservoir génétique. Il faut passer la frontière française toute proche, et circuler sur les chemins et les tiennes du village de Foisches - 3 km à vol de papillon - pour retrouver ce que les “Hauts de Doische” étaient encore dans les années 1930 d’après la littérature. Seul un “grand volateur” tel qu’Iphiclides podalirius ou un erratique aussi instable que Colias alfacariensis est susceptible d’atteindre par ses propres moyens et de façon récurrente le site du Trou des gattes / Haie Gabaux. P. coridon est aussi connu pour ses capacités à prendre occasionnellement la tangente. Mais Aricia agestis est un insecte sédentaire, aux mœurs très confinées, que seul le dieu Eole serait susceptible de projeter là où il se cantonnera instinctivement aux quelques substrats calcaires de fortune. Fluoré (Colias alfacariensis) CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 25 Cuivré commun (Lycaena phlaes) PEUT-ÊTRE REVIENDRONT-ILS? Sinon, quel phénomène régit ces intrus? Et verrais-je un jour Hesperia comma, Thymelicus acteon, Spialia sertorius, Cupido minimus, voire Polyommatus thersites3, tous relevés à Foisches ou à Rancennes sur l’autre rive mosane, poussés par le même vent bienfaiteur d’un inespéré repeuplement ? GYRO BROYAGE COMMUNAL = DESTRUCTION DU BIOTOPE Cuivré écarlate (lycaena hippothoe) BIO-INDICATION, BIO-SURVEILLANCE ? Agents essentiels des cycles biologiques, réagissant ipso-facto au moindre effet nocif (notamment au niveau des planteshôtes dont ils sont tributaires), par un recul ou une extinction, les papillons sont les véritables révélateurs pour le diagnostic d’une telle situation. Solidaires de chaque écosystème, ils s’en avèrent être les meilleurs marqueurs synécologiques5. Leur influence sur les écosystèmes se manifeste autant par leur présence que par leur absence. En ce sens, les espèces les plus signifiantes ne sont pas à considérer individuellement, mais collectivement, un peu sur le mode d’une guilde. (Sensu Tarrier, 2004, comm.pers.). À Doische, il y a 80 ans, volaient de concert dans les mêmes prairies humides Melitaea cinxia, Euphydryas aurinia et Lycaena hippothoe. En 2010, seul Euphydryas aurinia à réussi à survivre tant bien que mal et très ponctuellement. Ne nous leurrons donc pas, ce type de biotope est bien malade, sa dégradation progressive étant arrivée à un stade paroxystique et quasi irréversible. Damier de la succise (Euphydryas aurinia) Autant en importe le vent, s’il n’y avait ce grand, immense et triste “mais!”. Car, il y a un “mais”, ces beaux chemins de campagne, où ne passent que quelques rares vaches et tracteurs, sont chaque été gyro broyés, arasés, “nettoyés” par les services communaux, détruisant en un instant, ce que la nature par le vent tente de reconstruire. Adieu Coridon, Agestis, Icarus, Phlaeas et autres habitants de ces bermes fleuries. Azuré commun (Polyommatus icarus) POUR LA BIODIVERSITÉ CHANGER LES MAUVAISES HABITUDES Pourquoi le principe de fauchage tardif bienheureusement appliqué sur une partie des voiries communales de Doische n’estelle pas mise en œuvre sur le RaVel4 et sur les petits chemins communaux peu ou prou empruntés, et pourquoi en “gyro saccager” les abords plusieurs fois l’an? La question est posée et est loin d’être anodine pour la biodiversité des bords de routes. Les Bleus nacrés, les Argus bruns, les Orvets, les Lézards, les Couleuvres, et les fleurs sauvages demandent un tant soit peu de respect de l’aire de leurs amours, jeux, vie et mort. En cette année 2010 de la Biodiversité, changer les “mauvaises habitudes” serait peut-être un bon geste pour la Planète. bles, ne supportant pas un équilibre rompu par la moindre intervention, pression ou nuisance, sont des bio indicatrices emblématiques de la valeur d’un milieu, également nommées espèces-ombrelles ou espèces clé-de-voûte qui veillent à la naturalité de l’habitat. Jean Delacre Conservateur de la Haie Gabaux, réserve RNOB 1 Syntopie: partage d’un même biotope. 2 Tiennes: Collines couvertes de terrains incultes, friches, pelouses calcaires typiques de la Calestienne. 3 Vraisemblablement disparu 4 Le RaVel est un réseau de voies récréatives, élaborées par la Région Wallonne et réservées aux piétons, cyclistes et cavaliers, empruntant les anciennes voies ferrées désaffectées, anciennement biotope de première importance pour quantité de Lycènes qui y trouvaient une flore adaptée. Actuellement lieux quelque peu “aseptisés” par la pose d’infrastructures en “dur” aux abords écorchés par un gyro-broyage répétitif. 5 Synécologie: la synécologie étudie les communautés d'êtres vivants et le milieu qui les entoure, c'est-àdire les rapports qui s'établissent entre les diverses espèces végétales et animales et le milieu extérieur. En synécologie, une unité importante est la biocénose. Elle correspond à une communauté d'êtres vivants qui habitent une portion du paysage et sont adaptés aux conditions de ce milieu. 6 Oligophage: Se nourrissant d’un nombre très restreint de plantes-hôtes. 7 Sténoèce: Caractérisé par des exigences écologiques étroites et assez strictes (faible valence écologique) et donc contraint à une localisation en des conditions bien particulières (antonyme: euryèce). PETIT LEXIQUE des mots et des noms vernaculaires utilisés dans cet article La plupart de ces “papillons marqueurs” sont monophages ou oligophages6, et étroitement inféodés à des plantes-hôtes sensibles et vulnérables. Il s’agit donc d’une panoplie d’éminents indicateurs biologiques qui réagissent aux modifications nocives par un recul, puis par la disparition. Les insectes-outils sont censément moins maniables mais sans nul doute plus précis que les vertébrés ou les plantes, tant pour la gestion et la sélection des sites à protéger, que pour l’évaluation de l’incidence biologique en baisse des surfaces menacées, en un mot pour la conservation du patrimoine naturel au service des populations rurales fragilisées par de nouvelles donnes économiques. Les espèces parfaitement sténoèces7, hautement vulnéraFlambé (Iphiclides podalirius) RHOPALOCÈRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . papillon de jour HÉTÉROCÈRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . papillon de nuit Iphiclides podalirius . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Flambé Colias alfacariensis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Fluoré Polyommatus coridon . . . . . . . . . . . . . . . . le Bleu nacré Aricia agestis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Collier de corail Erebia medusa . . . . . . . . . . . . . . . . . le Moiré franconien Hesperia comma. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Comma Thymelicus acteon . . . . . . . . Hespérie du chiendent Spialia sertorius . . . . . Hespérie des sanguisorbes Cupido minimus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . l’Argus frêle Polyommatus thersides . . . . l’Azuré de Chapman Icarus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . l’Azuré commun Phlaeas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Cuivré commun Melitae cinxia . . . . . . . . . . . . . . . . la Mélitée du plantain Euphydryas aurinia . . . . . . le Damier de la succise Lycaena hippothoe . . . . . . . . . . . . . . . le Cuivré écarlate CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 26 Noctua Chevêche d’Athéna (© Noctua) une association de “bienfaiteurs” totalement dédiés à la protection et la conservation de la Chevêche d’Athéna Nombreux sont ceux qui ont entendu parler de ce sympathique petit rapace nocturne répondant au joli nom de Chevêche d’Athéna (Athena noctua); en particulier dans l’Entre-Sambre-et-Meuse où les vieux vergers encore relativement fréquents sont propices à son habitat. Avec les pressions qui pèsent aujourd'hui sur son milieu de vie, la survie de notre jolie petite chouette est de plus en plus menacée. C’est pourquoi toute action visant à la protéger, elle et son habitat, mérite largement d’être soulignée dans notre revue. Nous reproduisons ici l'article consacré à l'association NOCTUA et paru en mars 2010. Le sixième numéro des chroniques du “Bruant Wallon” de la régionale Natagora Brabant wallon (www.natagora.be/brabant_wallon) consacre plusieurs pages à la présentation de cette équipe dynamique de bénévoles. Espérons qu’il vous “mettra l’eau à la bouche”. Peut-être suscitera-t-il de nouvelles vocations dans notre belle région? Jacques contrôle un de ses nichoirs © noctua L’ORGANISATION Le principe est simple et efficace: suivre le temps nécessaire une formation en accompagnant sur le terrain un responsable d'une zone déjà existante. Ensuite mettre en application dans sa propre région les conseils reçus et ainsi étendre l'impact de notre action à travers un maximum de régions. LA FONDATION La situation de la Chevêche, en Belgique comme à travers toute l’Europe, est assez préoccupante alors qu’elle était considérée comme assez abondante au début du siècle dernier. La principale raison de son déclin est incontestablement la perte d’habitat par une urbanisation galopante et une rationalisation de l’agriculture. Bien d’autres facteurs viennent se cumuler comme les dangers engendrés par le trafic routier, les cheminées, les abreuvoirs ou la fragmentation des noyaux reproducteurs. Fin des années 80, plusieurs ornithologues “carolos” ont pris conscience de ces problèmes et ont décidé d’agir afin de venir en aide à ce petit rapace menacé. Etude et protection de la Chevêche étaient devenu une priorité et c’est ainsi qu’est né en 1994, à l’initiative de Jacques Bultot, le groupe NOCTUA. page 26 // CLIN D’ŒIL Contrôle d’une belle nichée © Noctua LES ACTIONS Il a fallu d’abord évaluer les densités (méthode de la repasse*) et trouver des solutions pour aider les populations encore présentes chez nous. Un nouveau type de nichoir (caisse à vin) a été mis massivement à la disposition de la Chevêche à travers toute la Wallonie (> 500). Parallèlement à cette première action d’urgence, des gestions ont été réalisées dans les milieux favorables. Elles ont permis en 15 ans de tailler (émonder) près de 1.000 saules et de mettre en terre plus de 2.000 plançons ainsi que d’entretenir de vieux vergers. Gestion à Chastre mars 2006 Bon an mal an, nous suivons entre 200 et 250 couples de Chevêches, ce qui représente > de 3.000 nichées et près de 10.000 poussins envolés en plus de 15 ans ! Pour permettre un suivi scientifique, tous les oiseaux capturés (adultes et jeunes) sont bagués, ce qui nous fourni une masse de données intéressante sur la biologie de cette espèce: dispersion, fidélité, mortalité, etc. Dernièrement, une Chevêche âgée de 14 ans a été contrôlée! C’est une information remarquable pour un oiseau confronté à autant de dangers. Ce dernier exemple justifie à lui seul le fait qu’une étude à long terme est nécessaire et peut toujours apporter son lot de surprises. Le suivi d’une espèce comme la chevêche demande beaucoup d’énergie et d’investissement personnel. Nous mettons toujours en garde les personnes qui voudraient tenter une initiative en faveur d’Athéna, mais nous restons toujours disponibles pour faire profiter de notre expérience toute action qui serait entreprise. (voir conseils sur www.noctua.org) Il faut parfois innover, comme résoudre le problème de la prédation en adaptant un SAP* devant le trou d’envol ou organiser des journées de construction de nichoirs. CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 27 ment des sujets de mémoire de fin d’étude et des bilans réalisés dans d’autres pays. Depuis 5 ans, vous pouvez suivre en direct et discrètement une nichée en période de nidification entre mars et juillet grâce à nos webcams infrarouge installées dans et à l’extérieur d’un nichoir. © Noctua Journée “construction” septembre 2009 Notre association fait également partie du groupe francophone pour La protection et l’étude de la chevêche, ce groupe réunit tous les spécialistes de France, Suisse, Luxembourg et Belgique. Chaque année, un colloque est organisé dans l’un de ces pays afin de mettre en commun nos expériences mais aussi de créer de “chouettes” liens à travers toutes ces régions. Un cahier technique sur la chevêche a été créé par ce groupe et est disponible en le téléchargeant sur notre site à l’adresse suivante: www.noctua.org/cahier.html Tous les deux ans, en collaboration avec les Parcs Naturels Régionaux de France et la LPO, la “Nuit de la Chouette” nous permet de sensibiliser le grand public à la protection des rapaces nocturnes. Prochain rendezvous en mars 2011. UN PROJET ET UNE DEMANDE Notre futur projet est d’organiser en Wallonie (Brabant Wallon) fin 2011 ou début 2012 le colloque du groupe francophone “Chevêche”. Nous recherchons une personne bénévole pouvant s’occuper du secrétariat du groupe et faire des “demandes de subsides” auprès des institutions. Un regard d’or (© Noctua) Vue dans un nichoir grâce à une webcam Enfin un forum est à votre disposition pour y poster toutes vos observations, demandes ou remarques diverses. Une galerie de photos et de vidéos illustrent la vie et les mœurs de cet extraordinaire lutin de nos campagnes. Pour NOCTUA Th. Votquenne J. Bultot [email protected] UN SITE Le site web www.noctua.org est la vitrine de notre association. Celui-ci offre toutes les informations sur la Chevêche d’Athéna et sur nos activités. Dans la page “les brèves d’ailleurs” nous vous proposons égale- Face à face (photo de T. Votquenne © Noctua) NATUROSCOPE MAI MARS • Carmeuse a chargé ESM d'établir un inventaire faunistique et floristique d'un site d'exploitation épuisé. Les réaménagements seront adaptés en fonction des espèces constatées sur le site. Cette initiative courageuse et proactive de Carmeuse s'inscrit dans une stratégie d’amélioration continue de la biodiversité de ses sites de carrière. • Un Râle d'eau femelle en visite au magasin Dema à Couvin. Il s'était perdu dans les réserves du magasin. François Corman, un des responsables eut le bon réflexe de nous prévenir afin de relâcher l'oiseau dans de bonnes conditions. AVRIL • Une mini tornade à l’étang de Virelles!!! Les visiteurs de l’Etang n’en croyaient pas leurs yeux. Le vent semble s’être soudainement déchainé sur lui élevant en une colonne de plusieurs dizaines de mètres ses eaux pourtant si calmes et paisibles retombant en pluie fine sur les spectateurs médusés. * voir article dans Aves 32 (2-3) 1995: 73-99 Un Râle d'eau femelle JANVIER • Une Effraie des clochers que rien ne semble effrayer! Mi janvier, La Hestre. Il fait très froid et déjà sombre quand la famille Chenoy entend frapper à la fenêtre. Surprise, une chouette effraie installée sur le seuil de la fenêtre les observe! Charles, l’aîné et déjà passionné de nature, ouvre prudemment la fenêtre. L’oiseau s’installe aussitôt sur son poing pour le plus grand enchantement de la famille. Un oiseau échappé d’un élevage? CLIN D’ŒIL // page 27 CLINDOEIL_06 7/06/10 14:47 Page 28 La nature sur la toile POUR TOUT SAVOIR SUR: La page de notre régionale: > www.natagora.be/esm Vous avez aimé la page sur les cigognes noires? > http://www.solon.be/cigogne.php Vous voulez en savoir plus sur la Chouette Chevêche? > www.noctua.org Intéressé par la création d’un verger? www. rwdf.cra.wallonie.be > Si vous n’avez pas le bourdon, un site intéressant sur ce sympathique hyménoptère > http://zoologie.umh.ac.be/hymenoptera/page.asp?id=160 ERRATA - Clin d’œil Nature n° 5 • Dernière page, Encart de la Grièche n°17, la photo du Gobemouche noir n’est pas de Fanny Ellis. Il faut aussi lire Gobemouche et non Gobe-Mouche • Dans le carnet de bord de Anne Sansdrap, il faut lire “pour terminer par l’Islande” et non par la Finlande • La rédaction prie les auteures de bien vouloir excuser ces fautes d’impression. Le contenu des articles signés parus dans cette revue engage la responsabilité de leurs seuls auteurs. Leur reproduction ou celle de leurs illustrations est soumise à l'accord de la rédaction. Nature et Terroir Spécialiste du voyage nature CAMELEON S'ASSOCIE AUX ACTIONSCONSERVATION DE LA NATURE Cette fois-ci il s'agit du Muscardin, petit mammifère, acrobate et grand dormeur puisqu'il hiberne pendant 5 mois. Hélas, son habitat préféré, les broussailles basses disparaissent. Son menu: les mûres, framboises, faines et noisettes. CAMELEON contribue à restaurer son habitat, en partenariat avec NATAGORA ESM. Plus de 35 destinations chaque année dans le monde: Kirghizstan, Alaska, Mongolie, Québec, Ouganda, Maroc, Antarctique, Algérie, Galapagos, France, Suisse, Pologne, Espagne, … www.nature-terroir.com Tel 071.84.54.80 Chevêchette d’Europe Jura suisse © Yves Menétrey Nos précédents nos de Clin d’Œil page 28 // CLIN D’ŒIL Lic A 5312 Précurseur des ventes privées dans le BENELUX depuis + de 20 ans, CAMELEON est le partenaire de grandes marques pour leur déstockage, en textile et en décoration. Le nouveau private department store CAMELEON de 8.000 m2 en périphérie de Bruxelles est une conception écologique et permet d’éviter l’émission de 7.250 Tonnes de CO2. Le projet a été reconnu exemplaire pour sa conception et son architecture.