CLIN D`OEIL NATURE 6

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CLIN D`OEIL NATURE 6
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Belgique - België
P.P. / P.B.
6460 CHIMAY 1
BC10252
CLIN D’ŒIL N°6
2E SEMESTRE 2010
BUR. DÉPÔT 6460 CHIMAY
N° AGRÉATION P505143
Le colloque herpétologique de Raînne:
le récit d’une “SUCCESS STORY”
ED.RESP. HORNEY G.
RUE D’EN HAUT 39/1
5660 GONRIEUX
G. Horney et T. Kinet
Pure tu reviendras
Cédric Calberg
Osez un pari sur l’avenir
Thierry Dewitte
Le faucon pèlerin
Didier Vangeluwe
Les régions naturelles
d’ESM (suite)
LA CALESTIENNE
Anne Lambert
Nouvelle rubrique:
LE COUP DE CŒUR
de Clin d’œil
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VENEZ NOUS REJOINDRE
Venez nous rejoindre chez Natagora Entre Sambre & Meuse. En versant
ma cotisation sur le compte de Natagora ESM: 360-0178242-59,
j’exprime mon soutien aux actions de Natagora et de sa régionale de
l’Entre Sambre et Meuse. De plus, si je suis domicilié dans la zone
géographique de ESM, je recevrai, à réception de mon paiement, la
revue de la régionale: Clin d’Oeil Nature.
Cotisation (1 an) Natagora
LE COMITÉ EXÉCUTIF
Président
Secrétaire
Trésorier
Erik Damman
Jacques Adriaensen
Robert Schreiber
0475.278.966
0479.492.498
0473.852.344
La cellule “excursions”
Organisation
Marc Mossay
0475.91.45.91
Les cellules naturalistes
Coordination
Les Oiseaux
Les Mammifères
Reptiles & batraciens
Eaux douces
Papillons & libellules
Orthoptères et coccinelles
Végétaux & champignons
Alain Bouchat
0476.56.05.29
Philippe Deflorenne
071.64.30.94
Alain Bouchat
0476.56.05.29
Olivier Decocq
071.31.17.68
Frédéric Hallet
060.39.91.95
Violaine Fichefet
0495.35.63.49
Gilles San Martin
0498.03.30.50
O. Roberfroid [email protected]
LES GESTIONNAIRES DES RÉSERVES NATURELLES
Anne Lambert
Présidente de la commission de
0479.610.055
gestion des Réserves Naturelles
Canton de Chimay
Basse Nimelette
Les prés de Virelles
Etang de Virelles
P. Deflorenne
S. Pierret
P. Deflorenne*
Canton de Couvin
La Prée
Dailly
Le Plantis
A. Bouchat
A. Bouchat
M. Lambert
0476.56.05.29
0476.56.05.29
060.31.33.77
Canton de Doische
Vodelée
Les Matagnes 1 & 2
Coupu Tienne
La Haie Gabaux
Fil Maillet
T. Bruffaert
R. Leblon
O. Decocq
J. Delacre
R. Schreiber
0496.87.45.76
060.37.77.68
060.31.17.68
0475.48.53.41
0473.85.23.44
Canton de Philippevile
Roly
Vivy des Bois
Tournailles
Merlemont
Al Florée
Argilières de Romedenne
Vallée de l’Hermeton
M. Lambert
M. Lambert
A. Lambert
M. Lambert
L. Swaen
O. Decoq
Q. Smits
060.31.33.77
060.31.33.77
0479.61.00.55
060.31.33.77
071.38.38.91
071.31.17.68
0477.53.88.81
Canton de Momignies
La Fourchinée
J.M Laurent
0495.30.72.38
Canton de Viroinval
Roche Madoux
F. Hallet
0497.19.27.03
Canton de Walcourt
Vallée de l’Eau d’Yves
J-P. Duvivier
LA CELLULE CLIN D’ŒIL
Notre rédacteur en chef
Le comité de rédaction
Adhérent
Protecteur
Bienfaiteur
Natagora + bulletin Aves
24 € (ou 12 x 2 € )
60 € (ou 12 x 5 € )
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72 € (ou 12 x 6 €)
132 € (ou 12 x11€)
La cotisation “Natagora” m’octroie la qualité de membre Natagora et
me permet de bénéficier du magazine couleurs nature et de l’agenda
des activités.
La cotisation “Natagora + Aves” me confère en plus la qualité de membre Aves et me donne droit tous les trois mois au bulletin ornithologique
Aves.
Natagora ESM (Régionale de Natagora)
Infos et/ou inscriptions au secrétariat
Jacques Adriaensen
Rue des Fermes 212, 5600 - Romedenne
Tél. 082.68.86.56
email: [email protected]
071.64.30.94
060.21.98.74
071.64.30.94
TERRITOIRE DE
NATAGORA-ESM
WALCOURT
FROIDCHAPELLE
FLORENNES
PHILIPPEVILLE
CERFONTAINE
SIVRYRANCE
DOISCHE
VIROINVAL
CHIMAY
COUVIN
MOMIGNIES
071.650.048
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Georges Horney
0484.14.22.02
Jacques Adriaensen, Erik Damman,
Georges Horney, Robert Schreiber,
Joël Dath
NEDERLANDSTALIGE LEZERS
Onze nederlandstalige lezers zijn natuurlijk welkom voor bijkomende
inlichtingen > [email protected]
of ons secretariaat [email protected]
Je désire soutenir Natagora en faveur de la nature
Je me fais membre en versant ma cotisation sur le compte de Natagora-ESM: 360-0178242-59
Prénom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
CP . . . . . . . . . . . . . . Localité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tél / GSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Nom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Adresse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
E-mail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
En outre, j’ai un peu de temps pour aider la régionale:
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oui
non
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A QUOI
BON?
En ces heures dramatiques pour la biodiversité de nouveau
mise en grand danger
dans le Golfe du Mexique par une déferlante de pétrole brut, l’envie peut vous
prendre de baisser les bras et de dire:
“à quoi bon”?
Eh oui! A quoi bon protéger les espèces
menacées si leurs habitats sont systématiquement ravagés par des actes
irresponsables voire criminels?
C’est que si nous, les bénévoles, acteurs
anonymes et bien souvent si peu reconnus de nos pairs, renonçons, où trouvera-t-on le dernier bastion protecteur
de notre environnement contre la folie
dévastatrice de la société humaine?
Quel sera l’héritage que nous cèderons
à nos enfants?
Mais tout cela nous le savons déjà.
Nous n’avons pas le droit ni le temps
d’avoir des états d’âme…Il faut être sur
le terrain, encore et encore. Vigilants et
attentifs à toutes les atteintes à ce petit
lopin de nature que mère la Terre à notre
naissance nous a prêté. Car il s’agit bien
là d’un prêt et non d’une acquisition.
Vigilance de tous les jours, en particulier dans notre si belle région et en cette
saison où l’Homme sortant de sa torpeur hivernale semble poussé par le
moindre rayon de soleil à reprendre ses
édito
mauvaises habitudes: attention aux giro
broyage intempestifs et saccageurs des
haies, quand ce n’est pas leur élimination pure et simple par des propriétaires peu scrupuleux, par exemple!
Car il s’agit bien là d’un prêt et non
d’une acquisition!
Gare aux épandages excessifs des
champs comme de nos chemins privés,
aux tontes radicales de nos pelouses
qui ne laissent guère de place à la
Nature.
Mais cela n’est-il pas le travail du DNF?
Oui bien sûr, mais rien ne nous oblige à
fermer les yeux devant des actes manifestement inciviques et d’agir en conséquence.
C’est ainsi que vous trouverez dans ces
pages quelques articles consacrés à
des auteurs dont les actions ne se limitent plus à la simple observation scientifique de la nature.
Au travers de celles-ci, il devient évident
qu’ils ont cessé d’être de simples
“consommateurs de la nature”. Ils ont
franchi le Rubicon en apportant ce plus
dans la spécialité qu’ils ont choisie.
Finie la froide observation, ils ont troqué
le scalpel glacial de l’analyse pour la
chaleur de l’engagement personnel tout
en gardant leur rigueur scientifique.
Je vous invite donc à découvrir le travail
remarquable d’associations telles que
Noctua, pour la protection de la
Chevêche d’Athéna ou de Solon pour la
cigogne noire, par exemple.
Sans oublier les articles documentaires
et ou scientifiques qui combleront vos
dernières “lacunes” en matière de faucon pèlerin, cincle plongeur, culture des
vergers et autres mousses…pardon
bryophytes! Ensuite, si vous le voulez,
vous suivrez avec Anne Lambert les
doux méandres de la Calestienne à la
recherche de ses trésors cachés.
Dans cet esprit une nouvelle rubrique “
Le coup de Cœur de Clin d’Œil” a été
créée. Elle a pour but d’ouvrir son
espace à une initiative individuelle ou
communautaire remarquable et exemplaire dans le domaine de la biodiversité
ou de la conservation de notre patrimoine naturel. La démarche d’Eric
Brasseur, par l’inspiration poétique de
ses clichés et l’originalité du sujet s’il en
est, l’Ardenne au fil de l’eau, a gagné
notre suffrage pour cette première parution. Gageons que le lecteur aura à cœur
de l’alimenter pour les futures éditions.
Enfin l’évocation de la “success story”
du colloque herpétologique, fruit de la
collaboration féconde entre le GT
Rainne et Natagora Entre-Sambre-et
–Meuse ou encore celle de la saga du
sauvetage de l’Etang de Virelles sont
autant de preuves qu’à cœur vaillant
rien n’est impossible…!
Puissent ces témoignages vous passionner et, pourquoi pas, chez ceux qui
hésitent encore à franchir le pas, susciter LA vocation …?!
Georges Horney
Rédacteur en Chef
et le Comité de rédactition
clin.doeil.nat @gmail.com
Papier FSC...?
Le label FSC (Forest Stewardship Council) garantit
au lecteur que le papier utilisé pour cette publication provient de forêts aménagées de façon durable.
Erik Damman
Président
Natagora ESM
Robert Schreiber Jacques Adriaensen
Trésorier
Secrétaire
Ce numéro du Clin d’œil a bénéficié
du précieux soutien de CAMELEON
(voir page 28)
VOUS TROUVEZ UN OISEAU
OU UN MAMMIFÈRE SAUVAGE BLESSÉ ?
Seuls les CREAVES agréés par le Ministère de la Région Wallonne sont habilités à les accueillir et les soigner en vue de
leur réhabilitation dans la nature. Depuis avril 2007, les animaux susceptibles d’être pris en charge par le CREAVES “Le
Piaf” à Virelles sont tous les oiseaux de la faune européenne ainsi que tous les mammifères sauvages de Belgique à l’exception des espèces grands gibiers (cerf, chevreuil, daim, mouflon et sanglier), du renard et des petits ravageurs. Ayez
donc le bon réflexe, si vous trouvez un animal blessé, qui rentre dans ces critères, prenez contact immédiatement avec le:
Centre de Revalidation " Le Piaf ", Rue du Lac 42, 6461 Virelles - Tél: 0476/94.22.25 - www.aquascope.be
Maquette et graphisme Teepee / Thierry De Prince
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Cédric Calberg
Directeur de
l’Aquascope
Pure tu
REVIENDRAS!
La dégradation de la qualité des eaux de l’étang de Virelles a connu son apogée en 2001,
année durant laquelle un épisode dramatique d’eutrophisation* a causé la mort de la
quasi-totalité de ses populations piscicoles. A la suite de cet accident, une charte a
réuni tous les acteurs principaux du bassin versant - agriculteurs, riverains, commune
et Virelles-Nature - pour limiter tout déversement de matières nutritives dans l’étang.
8 ans plus tard, et pour la première fois depuis bien longtemps, les eaux de l’étang sont
restées parfaitement limpides durant l’été 2009. Récit d’une “belle” histoire.
ce nom. 90% des eaux usées domestiques
sont recueillies par des fossés pour aboutir
dans l’étang de Virelles sans aucune forme
d’épuration. Autre chiffre interpellant: 54%
de ces eaux non épurées proviennent du village de Virelles, situé à proximité immédiate de l’étang.
nance de New-York, le monde apprenait
l’existence de Ben Laden et d’Al-Qaïda.
Sur le volet agricole, l’enquête met en évidence que les 3.000 hectares du bassin versant sont exploités par 23 agriculteurs, que
le système de production est axé autour de
l’élevage bovin (lait et viande) avec une
moyenne de 146 bêtes par exploitation ; que
les terres agricoles sont majoritairement
des prairies humides; que 70% des exploitations ont une capacité de stockage des
effluents liquides de 6 mois (durée minimale
légale), que 79% des prairies sont sous la
norme légale des 350kg de N2 par hectare,
que 84% des épandages de lisier de purin de
bovins respectent les périodes d’épandage
en prairie,…. Le constat est donc à nouveau
inquiétant avec bon nombre d’infractions au
code de bonne conduite agricole.
1990-2001 .
L’étang est malade
L’étang de Virelles s’eutrophise. Eté après
été, les signes de cette pollution sournoise se
manifestent, de plus en plus visibles.
Turbidité de plus en plus importante, apparition en surface de cyanobactéries (1), si joliment surnommées fleurs vertes ou bleues,
mousse, odeur nauséabonde, l’excès de
phosphore et d’azote dans les eaux de l’étang
se manifeste sous tous ses symptômes.
15 AOÛT 2001 .
Le jour noir
C’est la cata. Plus de 10T de poissons meurent en quelques heures, faute d’oxygène.
Après une pluie à caractère orageux, la couche de cyanobactérie en surface de l’étang a
précipité sous le poids des gouttes. Privées
de lumière, ces bactéries meurent. D’autres,
selon une loi immuable de la nature, vont les
dégrader. Vu la quantité de matière morte, et
la température élevée de l’eau - nous sommes en été – ces nouvelles bactéries prolifèrent et consomment tout l’oxygène dissous
dans l’eau. Seuls survivent les poissons réfugiés à proximité des émulseurs et d’une
lance incendie positionnée en catastrophe
par des pompiers arrivés en urgence.
11 SEPTEMBRE 2001 .
Une solution?
Vu la médiatisation extrême de cet épisode
de pollution, Virelles-Nature est convoquée
devant les chefs de cabinet des ministres
Forêt et Happart, respectivement en charge
de l’Environnement et de l’Agriculture. Son
président convainc que cette pollution n’est
pas un accident, mais qu’elle résulte bien
d’une lente et continue dégradation des eaux
de l’étang, et que seule une stratégie ambitieuse, sur le long terme et impliquant un
maximum de personnes actives sur le bassin
versant pouvait solutionner durablement le
problème. Le principe d’une charte d’étang –
une première en Wallonie- est ainsi retenu.
Pour la petite histoire, la réunion est interrompue par les premières images en provepage 4 // CLIN D’ŒIL
2002 .
Mises en place des actions
Le pilotage de la charte étang est confié par
la Région wallonne à l’Asbl Nitrawal, spécialisée dans la gestion de l’azote en milieu agricole et à Virelles-Nature, pour le volet riverain. Pour lutter contre toute nouvelle dégradation des eaux de l’étang, 200.000€ sont
débloqués et trois objectifs sont ciblés par
cette charte: identifier l’origine de la pollution, assurer une information et une sensibilisation de tous les acteurs concernés, répertorier et mettre en œuvre un ensemble d’actions qui permettraient de préserver la qualité des eaux de l’étang. La trilogie “comprendre- sensibiliser- agir” est respectée.
2002 .
Fin du trafic de lisier en Wallonie
Le Ministre Forêt, sous l’impulsion de son
chef de Cabinet Emmanuel Sérusiaux,
ancien président de Virelles-Nature, interdit
toute importation de lisier en Région wallonne. Conséquence méconnue de la catastrophe de 2001, cette décision met fin à un
trafic très lucratif en provenance de la
Flandre et de la Hollande.
2003 .
Identification des sources de pollution
La littérature renseigne que c’est le phosphore le principal nutriment déclencheur du
mécanisme d’eutrophisation. Il est présent
dans les eaux usées et domestiques, dans
les effluents d’élevage et dans les engrais
épandus. Afin d’identifier toutes les sources
potentielles de pollution par le phosphore,
deux états des lieux ont été réalisés, le premier portant sur les pratiques agricoles et le
second, auprès des riverains, vise le réseau
d’égouttage et les systèmes d’épuration.
Des 96 maisons présentes sur le bassin
versant, totalisant une charge polluante de
434 équivalents habitants (EH), seuls 8 disposent d’un système d’épuration digne de
En parallèle, un suivi de la qualité des eaux
est organisé, tant sur les principaux ruisseaux du bassin versant qu’au niveau de
l’étang lui-même, afin de quantifier les flux
d’azote (nitrates) et de phosphore (phosphates + phosphore total). Il montre qu’en bordure de la roselière, là où percolent les eaux
domestiques du village, les teneurs en phosphore sont très élevées, mais le débit d’arrivée est faible, tandis que sur le Ry Nicolas, le
principal affluent de l’étang de Virelles, une
situation inverse est démontrée: concentration variable mais pas excessive en polluants, mais débit nettement plus important.
2003-2004 .
Sensibilisation
Passons sur cette phase du projet, vraiment
longue, vraiment difficile et vraiment peu
valorisante. Mais indispensable.
31 MARS 2004 .
Signature de la charte
50% des agriculteurs, 10% des riverains, la
ville de Chimay et Virelles-Nature s’engagent
moralement à réaliser au minimum une
action bénéfique pour préserver la qualité de
l’eau de l’étang. La mobilisation des agriculteurs, inespérée au départ, est prometteuse.
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2004-2005-2006 .
Place à l’action!
Sur le volet agricole, plus d’une vingtaine
d’actions sont exposées à chaque exploitant
pour limiter les pertes diffuses d’azote et de
phosphore, telles que la clôture des ruisseaux, la plantation de haies, l’installation
d’abreuvoirs, l’installation de bandes de prairies extensives ou de tournières en bordure
de cours d’eau, l’optimisation de la fertilisation et la mise aux normes des infrastructures de stockage ou le traitement des eaux
usées agricoles. Une aide technique et administrative est en outre apportée par Nitrawal
pour la mise en œuvre de certaines de ces
actions. En pratique, 6,45 kilomètres de
berge sont protégés, grâce à des piquets
offerts par Virelles-Nature, une fertilisation
raisonnée est calculée pour chaque parcelle,
plusieurs dossiers MAE sont adoptés, une
fosse de stockage est creusée,….
Illust. Clôtures installées pour maintenir les
vaches à bonne distance des rives
Sur le volet “eaux domestiques”, les actions
proposées portent sur:
• l’utilisation de produits d’hygiène et d’entretien plus respectueux de l’environnement
• l’épuration des eaux domestiques via l’installation d’un système d’épuration individuel ou par l’implantation de macrophytes,
(arbres,etc..)
• la réduction de la consommation en eau
• la valorisation des déchets verts par le
compostage pour limiter l’achat d’engrais
de synthèse.
Deux actions originales sont à épingler: la
distribution gratuite d’échantillons de produits respectueux de l’environnement grâce
à un partenariat entre Virelles-Nature et la
firme ECOVER et l’ouverture d’un partenariat
avec l’AD Delhaize et le magasin Tournesol
(vente de produits biologiques) de Chimay
pour l’obtention de points cadeaux supplémentaires lors de l’achat de certains produits bénéfiques à l’environnement.
La Ville de Chimay, quant à elle, a modifié le
tracé de son réseau d’égouttage selon une
proposition de Virelles-Nature. Ce changement a permis de réduire de 30% la quantité des eaux usées domestiques en provenance du village et rejetées directement
sans épuration.
Enfin, notre association met en œuvre la
renaturation de la rive sud de l’étang de
Virelles: plus de 400m de berges bétonnées
sont remplacées par une mosaïque de
milieux humides, fonctionnant comme un
immense lagunage, pour un coût de
300.000€ prélevés sur le budget de financement de l’Aquascope. Nous entreprenons
également la construction d’un lagunage
surdimensionné (125.000€) pour garantir
une épuration parfaite des eaux de
l’Aquascope (ce qui s’est vérifié) et nous procédons à l’acquisition d’une hydrolienne qui
permet une meilleure oxygénation de l’étang
et perturbe le développement des cyanobactéries. Et nous continuons à pratiquer la
vidange trisannuelle de l’étang. Cette opération non seulement permet un contrôle des
populations de poissons mais autorise également un renouvellement complet de toute
la masse d’eau de l’étang et une exportation
partielle de ses polluants.
ÉTÉ 2009.
Victoire
Assurément un bel été, …aucune fleur d’eau
en surface de l’étang… et une eau vraiment
limpide telle que nous ne l’avions plus
connue depuis plus de 15 ans au moins.
JANVIER 2010 .
Travaux d’aménagements des rives
© Virelles Nature
Derniers grands travaux
D’importants travaux sont entrepris dans la
roselière, les plus importants jamais réalisés dans l’histoire de Virelles. 0,5 hectares
sont étrépés (2), 300 mètres de chenaux et une
mare sont creusés et 3 îlots sont recréés.
Outre un impact important sur l’avifaune, en
particulier pour le Butor étoilé, ces travaux
favoriseront la redynamisation de la grande
roselière de Virelles, ce qui aura un impact
favorable sur la qualité des eaux. Les
anciens chenaux, qui favorisent l’arrivée des
nutriments en provenance du village, n’ont
volontairement pas été recreusés.
FÉVRIER 2010 .
Plus de carpes dans l’étang…
Rempoissonnement de l’étang de Virelles
suite à la vidange de novembre 2009. Aucune
carpe n’est déversée dans l’étang…..
Hydrolienne © Virelles Nature
2006 ENCORE .
Carpe lors de la vidange / 2009 © B Gossuin
La Région wallonne révise ses plans d’assainissement (PASH). Virelles-Nature
obtient que la zone problématique du village
de Virelles passe en zone d’épuration collective. A terme, en 2015 a priori, une station
d’épuration ou une station de refoulement
protégera l’étang de tout apport en provenance du village de Virelles.
CONCLUONS .
ÉTÉ 2006 .
Malgré un temps relativement chaud et sec,
l’étang “résiste”. Le combat est-il gagné?
MARS 2007 .
Nouvelle cata!!
Plus de 100m3 de lisier s’échappent d’une
citerne de stockage et tuent toute la faune
piscicole du Ry Nicolas. Tout est à recommencer! Le retour des cyanobactéries est
manifeste en 2007 et 2008.
2008 .
Les pollueurs payeurs
Les deux agriculteurs fautifs, deux frères
exploitant la même ferme, sont condamnés
chacun à 2500€ d’amende pour non respect
de certaines bonnes pratiques agricoles.
L’enquête n’a pas permis de déterminer si le
déversement de lisier est volontaire ou accidentel. Toujours soupçonnés, jamais pincés…!
Le pari ambitieux, un peu fou sans doute, de
retrouver un étang biologiquement sain est
en passe de réussir à Virelles. A travers la
description de toutes les étapes du projet, j’ai
voulu rendre compte de la difficulté de
mener à bien une telle entreprise. Le combat
pour une nature belle, riche et accueillante,
est à l’évidence un combat de tous les jours,
qui exige de l’énergie, des compétences et
des moyens financiers. Mais grâce à la capacité de régénération exceptionnelle de cette
nature, il n’est jamais perdu d’avance.
(1) Les cyanobactéries regroupent toutes les bactéries
utilisant l’énergie lumineuse comme source d’énergie (par photosynthèse). Des milliers d’espèces sont
recensées dont certaines sont toxiques.
(2) Action qui consiste à enlever la couche superficielle
du sol. L’objectif recherché à Virelles est de retrouver une roselière immergée.
* Eutrophisation: dégradation des eaux par excès de
nutriments extérieurs suite, entre autres, à l’épandage agricole d’engrais, de produits lessiviels ou de
déchets organiques (égouttages urbains par exemple). Cette pollution accélère alors le développement
excessif de végétaux en surface (comme les algues,
les lentilles d’eau...Etc.) qui ont pour effet “d’étouffer”
l’eau en pompant son oxygène et donc entrainant à
termes la mort des organismes vivants aquatiques
(poissons, végétaux, insectes).
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Colloque
herpétologique
Le colloque herpétologique du 27 février 2010 ou le récit d’une «SUCCESS STORY» fruit de la collaboration
efficace entre le groupe RAÎNNE et NATAGORA Entre-Sambre-et-Meuse.
25 ANS DÉJÀ!
En 1985 une poignée de passionnés d’herpétologie, à l’initiative de Marcel Blaimont,
décidait de créer une A.S.B.L. consacrée à
l’étude, l’observation et la protection des
batraciens et des reptiles en Wallonie et à
Bruxelles. Celle-ci sera baptisée “Raînne”
qui signifie grenouille en wallon. L’association deviendra le groupe de travail herpétologique d’Aves dans les années nonante
pour être ensuite intégrée à Natagora à partir de 2004.
Un quart de siècle de travail sur le terrain,
d’investissement personnel consacrés à ces
petites “bestioles” mal aimées et méconnues,
ce n’est pas rien! Et la circonstance méritait
bien d’être marquée d’une pierre blanche.
L’idée d’organiser un grand colloque herpétologique est alors proposée par Eric
Graitson à Raînne qui la trouve géniale. Mais
ce genre de manifestation nécessite des
moyens et des ressources qu’il faut puiser à
l’extérieur du GT.
Eric pense alors à son vieil ami, Erik Damman
président de la régionale Natagora EntreSambre-et-Meuse, passionné et fervent
défenseur, tout comme lui, de l’herpétofaune.
Sans tarder, Erik Damman, enthousiasmé
par l’idée, bat le rappel de son équipe.
La régionale de Natagora assurera la logistique de la manifestation pour permettre à
Raînne de s’occuper en toute sérénité de
l’aspect scientifique et technique.
JOUR J –23 .
Les préliminaires.
Le projet est adopté à l’unanimité par un
comité enthousiaste et une première réunion
de préparation est mise sur pied le 04 février
2010 chez Robert, notre trésorier.
Avec lui, Erik, Frédéric, Georges, Jacques,
Marc, Rémy et Thierry ont répondu présents.
En moins d’une heure les différentes tâches
sont distribuées aux membres du comité.
Détail piquant, Thierry Kinet, qui représente
Raînne, y relève impressionné “…une efficacité exemplaire tant dans l’organisation de la
réunion que pour les prises en charge de
responsabilités pour le jour J; on sent que la
plupart des intervenants vient du privé et j’en
connais beaucoup qui auraient avantage à en
page 6 // CLIN D’ŒIL
prendre de la graine. Sic….” Ensuite vient le
point crucial: le choix du vin pour accompagner le repas du soir.!! Trois quarts d’heure
de discussion animée voire passionnée
auront été nécessaires pour arriver à un
consensus. “Ces gaillards-là savent ce qui
est important!” Conclut-il.
JOUR J –15 .
Coup de théâtre
Très vite, il devient évident que l’engouement
provoqué par l’annonce de l’évènement nous
obligera à changer de salle devenue trop
petite pour accueillir le très grand nombre
d’inscrits. Mais laquelle? C’est Erik qui
apporte la solution, grâce à ses relations: le
château du magnifique domaine de St Roch
à Couvin sera le théâtre du colloque.
Nul doute que ce choix contribuera également au succès de l’évènement.
Marc nous apporte la généreuse contribution
des Ets Mestdagh avec qui il entretient d’excellentes relations. Plusieurs dizaines de
bouteilles de vin nous seront offertes pour
arroser le repas du soir.
Quant à Georges, il obtient le support de la
Brasseries des Fagnes pour alimenter en
bières de la région le bar dont il s’occupera.
JOUR J –1 .
Le stress, la cata!
Toute l’équipe, renforcée par la présence
sympathique de bénévoles de la dernière
minute, est sur pied de guerre pour préparer
la magnifique salle de conférence. Pendant
que celle de Raînne s’occupe de la sono et de
la technique informatique, bar, stands (de
Natagora ESM, du réseau Nature etc.) chaises (160), panneaux d’expo(10), spots sont
installés en un tour de main grâce entre
autres au concours efficace de Rémy, le
monsieur Système D de la régionale. Il reste
à monter l’écran de projection reçu en prêt
de la Communauté Française.
C’est la cata! Après plus d’une demi-heure
d’essais infructueux nous comprenons que
la toile et le cadre ne correspondent pas!!!
Que faire? “Y a qu’à demander!” s’écrie
Rémy. Quelques minutes plus tard il revient
triomphant avec un autre écran récemment
utilisé au carnaval, couvert de boue, de bière
séchée...et de confettis! Confettis qui, seulement après un nettoyage énergique, ont
consentis de mauvaise grâce à se retirer non
sans laisser sur l’écran bon nombre de
points colorés du plus bel effet le lendemain
lors de la projection…
La salle est enfin prête et les bonnes bières
trappistes du pays récompensent les gosiers
asséchés de certains bénévoles et autres
toulousains et …. toulousaines en particulier,
qui ne sont pas prêts d’en oublier les effets
disons..collatéraux!!!!
JOUR J .
Une belle journée printanière pour une
belle réussite.
09H00 .
tous les organisateurs un peu nerveux sont
là, sauf un. Thierry, qui arrive l’œil défait, le
teint blafard et la lippe pendante caractéristiques de celui qui a passé une nuit blanche
à recommencer plusieurs fois l’impression
des badges nominatifs.!!!
09H30 .
les premiers visiteurs se pressent déjà
autour de la cafetière. Dans le brouhaha des
conversations on reconnaît des accents
breughéliens, mais aussi celui de la ville
rose, Toulouse, et même celui de la langue
de Goethe…Le programme alléchant du colloque a largement dépassé nos frontières.
10H00 - 10H30 .
Marc, Jacques et Robert ne sont pas de trop
pour accueillir, enregistrer les noms et distribuer les badges respectifs de quelque 150
visiteurs. Erik et Eric (!) ont un mot pour chaque arrivant tandis que Georges, Frédéric et
Rémy finissent la vaisselle et le garnissage
des sandwiches.
Le comité d’accueil de ESM sur le pied de guerre
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18H00 .
JOUR J +8 .
Après la discussion de clôture, Erik dont la
qualité première n’est pas la modestie, tient
à présenter toute son équipe à l’auditoire
amusé. Marc, Rémy, Robert, Jacques et
Georges se plient de bonne grâce à cette
mondanité…
L’HEURE DES BILANS
Sur le plan de la collaboration: notre association temporaire a été l’occasion de resserrer les liens entre les différents membres, à
mieux les connaître, voire à faire la connaissance de certains acteurs de la région. Le
professionnalisme de Raînne et le contenu
scientifique très documenté des interventions ont assuré la haute qualité et l’intérêt
du symposium salués par tous. Les échos
très favorables ont percolé de partout, soulignant entre autres la qualité du travail de
Natagora ESM pour assurer une parfaite
organisation conjuguée avec un accueil des
plus chaleureux, point d’orgue de cette
“success story”.
Le stand de Natagora ESM © B Gossuin
10H30 .
Eric et Erik(les Dupont-Dupond de l’herpétologie wallonne!) introduisent leurs hôtes
dans la superbe salle de conférence. Tout en
s’installant ceux-ci peuvent admirer les
superbes photos de reptiles de Jean Delacre
ou la belle exposition de panneaux didactiques sur les batraciens et les reptiles réalisée par Stéphane Vitzthum et installée par
Arnaud Laudelout.
L’équipe d’ESM sur la sellette! ©A.Lambert
19H00 .
Après un dernier assaut au bar, ceux qui ne
participent pas au diner se retirent peu à
peu, non sans avoir réitéré leur satisfaction
d’avoir participé à ce magnifique colloque.
19H30 - 20H00 .
Expo sur la vie des batraciens et des reptiles
Les 160 chaises sont retirées pour laisser la
place aux tables qui recevront la cinquantaine
de convives inscrits au repas de clôture.
Le bar est pris d’assaut…© S Herbay
Enfin cette réussite n’aurait certainement
pas été totale sans l’aide anonyme des nombreux bénévoles et sans le concours désintéressé de nos généreux sponsors, que tous
nous remercions chaleureusement.
En s’associant ainsi, Raînne et ESM ont
démontré que malgré des moyens limités et
les obstacles dressés sur leur route, A
CŒUR VAILLANT RIEN N’EST IMPOSSIBLE!!
Erik, qui s’y entend pour détendre l’atmosphère, adresse un petit mot d’accueil dans
les 2 langues officielles aux participants et
cède la place à Eric et Thierry, les véritables
maîtres de cérémonie de la conférence.
Une table bien animée © G Horney
20H00 JUSQU’AUX PETITES HEURES ! .
Mot d’accueil d’Erik et vue de l’assemblée ©A.Lambert
13H00 .
Puisque l’adage dit “ventre creux n’a point
d’oreilles” c’est l’occasion pour la régionale
Natagora ESM d’offrir aux 150 auditeurs
affamés et assoiffés les sandwiches et l’apéritif. Le soleil est même de la partie et
réchauffe de ses doigts d’or la foule des
convives rassemblée dans le parc du château pour “tailler une bavette”. Erik, intarissable et heureux, “butine” de petits groupes
en petits groupes. Quelle belle journée!
L’Apéritif et les sandwichs offerts par NATAGORA ESM
Georges Horney et Thierry Kinet
Natagora ESM / GT Raînne
Ambiance chaleureuse autour des tables
bien garnies. C’est l’occasion de commenter
la journée et d’apprécier la qualité des interventions des différents orateurs. La satisfaction semble générale et je pense que cette
journée sera encore longtemps le sujet de
conversation durant les longues soirées d’hiver des herpétologistes de Toulouse à
Tourcoing, d’Anvers à Arlon et de Luxembourg à Couvin.
Il est minuit, la plupart des membres de ESM
ont rendu les armes, éreintés, mais heureux.
Demain, il faut ranger la salle…
Nous passons les clefs et le relai aux “survivants” de Rainne qui semblent ne pas vouloir
mettre fin à cette magnifique expérience.
Un trio fier et heureux!© B Gossuin
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WALCOURT
FROIDCHAPELLE
FLORENNES
PHILIPPEVILLE
CERFONTAINE
SIVRYRANCE
DOISCHE
VIROINVAL
CHIMAY
COUVIN
MOMIGNIES
Anne Lambert
Les régions naturelles
de la Régionale
NATAGORA-ESM (suite)
Dans son remarquable article relatif aux
régions naturelles du territoire de la régionale (Clin d’œil Nature n°5) Alain Bouchat
nous montre la variété des substrats pédologiques et géologiques qui s’y rencontrent. Comme il nous l’explique, à la diversité du sol et du sous-sol, correspond une
diversité paysagère et végétale bien marquée, avec une faune adaptée aux conditions du milieu.
Faisant suite à sa présentation des régions
naturelles, je me propose de vous faire
découvrir, en plusieurs épisodes, les
réserves naturelles NATAGORA de l’EntreSambre-et-Meuse (ESM), région naturelle
par région naturelle.
Dans ce premier article, je vous emmène
en Calestienne, ce superbe territoire sur
sols calcaires qui mérite bien son nom de
“Petite Provence”. Rappelons que c’est en
Calestienne, à
Treignes, qu’a été
observée la petite cigale
(Cicadetta montana).
A l’échelle du pays, la Calestienne forme
une longue bande étroite* (2 à 4 km) qui
s’étend sur 130 km, d’Ouest en Est, partant
de Chimay et allant jusqu’à Remouchamps
en passant par l’enclave française de la
région de Givet.
Au Sud, la Calestienne est limitée par les
contreforts de l’Ardenne, et, au Nord par la
dépression schisteuse de la FagneFamenne. Cette région doit son nom à la
nature calcaire de son sous-sol. Du point
de vue paysager, elle offre des aspects
relativement
variés,
principalement
constitués d’une succession de tiennes
(collines) couvertes de pelouses rases où
pousse une végétation essentiellement
calcicole, mais aussi de zones boisées et
de cultures où les haies restent très présentes. Comme nous l’a indiqué Alain
Bouchat, quatre des réserves naturelles de
l’ESM se trouvent en Calestienne.
Visitons-les... Laissons nous charmer par
les rochers baignés de soleil, où les reptiles se dorent au soleil, par les plantes qui,
tels de petits bijoux colorés parsèment les
pelouses, par les futaies avec leurs points
d’eau peuplés de larves de salamandre…
Le voyage commence à la Roche Madoux, à
Vierves-sur-Viroin…
LA ROCHE MADOUX.
Située à cheval sur le territoire des communes de Vierves-sur-Viroin et d’Olloysur-Viroin (entité de Viroinval), la réserve
occupe le bas de pente d’un massif qui fait
contrefort au plateau calcaire Dévonien de
Bieure. Ce site a connu diverses évolutions
au cours du temps. De précieuses informations historiques nous sont fournies par la
carte de Ferraris, dressée vers 1770: à
cette époque, le site était dénudé.
Cette situation perdura jusqu’au début du
20ème siècle. Durant toute cette période, les
coteaux de la vallée du Viroin étaient, en
* voir Clin d’œil n°5 p.10 – carte n°2
Paysages de la calestienne
vue Roche Madoux
page 8 // CLIN D’ŒIL
Coronelle
Carte Fagne / Famenne
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effet, essentiellement voués au pâturage
extensif par les moutons et les chèvres.
Moutons en pâturage à la Roche Madoux
Lorsqu’ils furent cédés à Natagora par la
famille Massin, en 91, les 146 ares de la
réserve étaient, à l’instar des terrains du DNF
qui y sont associés, essentiellement boisés.
Cet aspect pré forestier voire forestier par
endroits, était lié à la colonisation arbustive spontanée par des charmes, des érables champêtres, des chênes sessiles...
associée à des plantations de pins sylvestres datant du début du 20ème siècle.
Vers 1930, en effet, les pratiques agropastorales ayant été progressivement abandonnées, des plantations de résineux (pins
sylvestres et pins noirs d’Autriche) répondirent au besoin d’une nouvelle activité
dans la région: l’exploitation du sous-sol et
la nécessité d’obtenir rapidement du bois
pour assurer le soutènement des mines.
Il y a quelques années, avec l’arrivée du
programme LIFE “pelouses calcicoles”, le
site de la Roche Madoux se retrouve en
grande partie déboisé, ceci afin de favoriser le retour d’une flore herbacée typique
des pelouses thermophiles et des pelouses calcicoles mésophiles !
Actuellement il nous offre un paysage
d’ancienne carrière entourée de versants
rocheux avec éboulis orientés au Sud.
le nerprun purgatif (Rhamnus catharica),
le troène (Ligustrum vulgare) pour n’en
citer que quelques unes.
Du point de vue faunistique, le site et ses
alentours offrent refuge à plusieurs espèces de reptiles et d’insectes typiques des
milieux rocheux ou inféodés aux végétaux
calcicoles.
Tout comme pour les plantes, il est impossible, dans le cadre d’un tel article, d’être
exhaustif et de citer toutes les espèces
présentes.
Evoquons, à titre d’exemple, le criquet à
ailes bleues (Oedipoda caerulescens), si
mimétique lorsqu’il est posé sur le sol et si
beau, lorsqu’en vol il déploie ses superbes
ailes bleues, le demi-deuil (Melanargia
galathea), qui se plaît sur les fleurs de centaurées, le lézard des murailles (Podarcis
muralis), l’orvet fragile (Anguis fragilis), et
la couleuvre coronelle (Coronella austriaca).
Criquet à ailes bleues
Demi-deuil
Au 19ème siècle et jusqu’au début du 20ème,
des pierres de taille (calcaire dévonien très
pur) ont été extraites ici. Afin de conserver
le caractère ouvert de la réserve, le pâturage par les moutons y est pratiqué quelques semaines par an. Ils limitent la progression des petits buissons épineux de
prunelliers et d’aubépines.
Du point de vue floristique, on observe ici
tout un cortège de plantes herbacées et
ligneuses caractéristiques des sols calcaires dont l’origan ( Origanum vulgare), l’hélianthème jaune (Helianthemum nummularium), la bugrane rampante (Ononis
repens), le dompte venin (Vincetoxicum
hirundinacea), la digitale jaune (Digitalis
lutea), l’hellébore fétide (Helleborus foetidus), la vipérine (Echium vulgare), la
réglisse sauvage (Astragallus glycyphillos),
Lézard des murailles
Quelques lignes...quelques photos... voici le
début d’une série de découvertes fabuleuses au cœur des réserves de l’ESM... Nous
n’en avons visité qu’une, ne l’avons évoquée
que par petites touches qui ne dévoilent pas
l’entièreté de son mystère. Pour s’en imprégner totalement, il faut s’y rendre, une fois,
dix fois, vingt fois... Y retourner inlassablement au fil des saisons.
Nous espérons que ce petit article vous en
aura donné l’envie...
Arrêtons ici notre voyage, savourons ces
premières observations. Et donnons-nous
rendez-vous dans le prochain Clin d’œil
Nature pour le poursuivre. Nous irons vers
Romerée et Vaucelles, où nos pas nous
ferons traverser le Coupu Tienne puis escalader les flancs boisés abrupts du Fil Maillet.
D’autres émerveillements nous y attendent.
C’est le
printemps!
“C’est le printemps!” Tous nos membres
et sympathisants se réjouissent chaque
année du retour des beaux jours, car ils
nous permettent de redécouvrir toutes
ces espèces qui étaient en hibernation, en
phase latente ou de retour des sites d’estivage sous des cieux plus cléments.
Elles nous émerveillent et nous donnent
la motivation de continuer à porter notre
projet de protection de la nature. C’est
aussi notre plus belle récompense: quelle
joie de voir qu’au fil des années des orchidées se sont multipliées sur les parcelles
dont nous prenons soin, que les hirondelles sont plus nombreuses dans les colonies que nous protégeons, que les muscardins sont toujours bien là et se portent
à merveille grâce à nos actions!
Tout n’est pas rose pour autant. La chute
de biodiversité n’est pas encore enrayée
chez nous! Il nous reste un défi énorme:
celui de la sensibilisation et des changements de comportement, des lois et
décrets à modifier, de nouveaux modèles
de développement économique à trouver
et implémenter, des réserves naturelles à
créer… mais une chose est sûre: le mouvement est en marche et c’est grâce à
vous! Vous êtes les précurseurs dans la
défense d’une cause qui est appelée à
devenir un enjeu central de notre société.
Je suis convaincu que grâce à vos actions
concrètes et votre mobilisation d’aujourd’hui, nous préparons un avenir meilleur pour l’ensemble de notre société.
Votre engagement, c’est donc de l’altruisme… ce qui, dans notre société
actuelle, est probablement tout aussi précieux que la biodiversité!
Merci pour votre altruisme!
Philippe Funcken
Directeur général
de Natagora Asbl
A bientôt… Anne Lambert
Présidente de la Commission de Gestion des
Réserves Naturelles / Sud Entre-Sambre-et-Meuse
la vipérine
la digitale jaune
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Osez un pari
sur l’avenir, plantez
un arbre fruitier !
UNE PRATIQUE ANCESTRALE Depuis que l’homme est chasseur-cueilleur, la récolte puis la production de fruits
(pommes, poires, prunes, cerises, noix, coings...) et de petits fruits (groseilles, framboises, mûres, raisins...) fut indispensable, d’abord à sa survie puis à son développement.
À l’image des métiers de charrons, de bergers, de sabotiers, de vanniers, métiers aujourd’hui disparus, la connaissance
transmise de génération en génération s’est perdue, surtout depuis la dernière guerre. Aujourd’hui, les anciens vergers
disparaissent, faute d’un minimum d’entretien et surtout parce qu’ils constituent des parcelles à bâtir.
LE VERGER DE HAUTES-TIGES, UN ÉCOSYSTÈME AUX MULTIPLES FACETTES
Souvent entouré de haies vives, pâturé par
des moutons ou de jeunes bovins, parfois
fauché, le “pré-verger” était autrefois
implanté en périphérie du village où il constituait une ceinture verte entre le bâti, les
potagers et les parcelles agricoles cultivées.
Aujourd’hui encore le verger est un élément majeur de la qualité de nos paysages
ruraux, du maillage écologique et de la
richesse naturelle de notre environnement
journalier.
Il abrite un très grand nombre d’espèces de
notre faune. Pensons aux oiseaux tels que la
chouette chevêche et le rougequeue à front
blanc, aux insectes prédateurs comme les
coccinelles, les syrphes ou butineurs
comme les abeilles et les bourdons, aux reptiles tels l’orvet, aux mammifères comme le
lérot, l’hermine et les chauves-souris.
Grâce à ses floraisons étalées dans le
temps, à son abondant feuillage et aux
fruits abandonnés par l’homme, le verger
est un refuge idéal pour toute une faune et
en particulier une foule d’insectes. En
conséquence, le verger est à la base de
nombreuses chaînes alimentaires nécessaires pour un bon équilibre naturel.
L’intérêt biologique de cet écosystème augmente d’ailleurs considérablement avec
l’âge des arbres fruitiers.
page 10 // CLIN D’ŒIL
UNE EXPÉRIENCE À TRANSMETTRE
La gestion d’un verger demande un grand
savoir-faire lié aux techniques de greffage,
de plantation, de taille, et à la connaissance
des amendements et du suivi sanitaire.
Un choix judicieux des variétés est primordial. Celui-ci doit tenir compte de la pollinisation croisée1, de la rusticité2 à et de la
résistance aux maladies3.
Une bonne expérience est aussi nécessaire
pour récolter les fruits à la bonne époque
selon chaque variété, pour les conserver et
pour les déguster: fruit “de couteau”, en
jus, en gelée, en confiture, en cidre ou en
poiret, en vinaigre, en moult à distiller, à
cuire et à consommer plutôt comme un
légume, au vin, à stériliser en bocaux...
UN GESTE ÉCO CITOYEN POUR VOTRE
BIEN-ÊTRE ET CELUI DE LA PLANÈTE
Soyez acteur dans la gestion de notre environnement en consommant des produits
régionaux. Cela vous permettra de découvrir une riche diversité de fruits locaux,
adaptés à des usages multiples (dessert,
compote, tarte, vinaigre…).
De plus, vous contribuerez à développer
des réseaux autonomes, qui s’affranchiront
à force d’éviter d’acheter des fruits hors
saison conservés par toutes sortes de techniques sophistiquées. Ces fruits proviennent parfois de régions où la main d’œuvre
est exploitée et sans protection
sociale, où les apports d’engrais
chimiques et de nombreux pesticides sont la monnaie courante,
polluant ainsi les sols, les nappes
phréatiques, les chaînes alimentaires, etc.… Toutes ces techniques sont énergivores, et entraînent une affolante consommation
pour le transport des produits
importés !
CONCRÈTEMENT
Vous appréciez certains fruits –mais sans
connaître leur nom-, provenant du verger du
voisin, de votre famille ? Eh bien, il est parfaitement possible alors de récolter sur ces
arbres du bois de greffe et de les envoyer
chez un pépiniériste producteur. Celui-ci
réalisera une “greffe à façon” suivant la
forme souhaitée (haute-tige, demi-tige,
buisson…). Et l’année suivante, vous planterez ainsi des arbres “à l’identique” de ceux
que vous avez appréciés. Par la même occasion, vous contribuerez à préserver les
variétés traditionnelles, patiemment et
savamment sélectionnées par nos ancêtres.
Deux cas peuvent se présenter:
- Vous connaissez le nom des variétés que
vous désirez…Alors passez commande au
moins deux mois avant la période de
plantation (en septembre par exemple)
afin de permettre au pépiniériste de les
trouver et les réserver.
- Vous ne savez pas quels fruits vous désirez introduire… Alors participez aux visites de vergers de démonstration et aux
expositions pomologiques de votre région.
Vous pouvez aussi réaliser un verger
“conservatoire” composé de variétés régionales et introuvables dans le commerce,
participant alors à la conservation locale de
la biodiversité fruitière.
DANS LA PRATIQUE
Depuis 1998, un grand recensement des
variétés régionales est mené à l’initiative du
Parc naturel avec la collaboration du
Centre wallon de Recherches Agronomiques, le CRA-W, situé à Gembloux, dont
le rôle est d’identifier les fruits. Dans le
cadre du PCDN de Viroinval, des vergers
sont plantés en s’inspirant des résultats
obtenus. Des visites sont organisées régulièrement, des activités pédagogiques sont
mises sur pied, et des documents de vulga-
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Le coup
de cœur
Eric
BRASSEUR
de Clin d’œil Nature
Poète et photographe, ERIC BRASSEUR, est
un photographe international de talent.
Ardennais d’origine, habitant Montsur–Marchienne, et amoureux de l’EntreSambre-et- Meuse, ses racines l’ont toujours tourné vers la Nature. Et c’est dans
celles-ci qu’il puise toute la poésie qui transpire de ses magnifiques clichés.
Après “MADAGASCAR” et “ÉCOSSE, de l’eau,
de la terre, du ciel, HIGHLANDS”, deux
grands succès aux éditions La Renaissance
du Livre, Eric Brasseur termine et publie en
trois versions (néerlandais, français et
anglais) aux Editions Lannoo, un chef d’œuvre international, un monument: “WILD
EUROPE”, une présentation époustouflante
des 25 derniers sites sauvages d’Europe.
risation sont publiés.
N’hésitez pas à prendre connaissance de
tout cela en vous rendant sur le site
www.pnvh.be, puis en activant “amis du verger”, dans la rubrique “PCDN de Viroinval”.
Bon courage et… prenez aussi le temps
d’observer une abeille qui butine, une coccinelle qui trottine... et de réapprendre les
gestes simples pour conduire votre culture
avec succès.
Thierry Dewitte,
Coordinateur de la cellule “Vergers”
du PCDN de Viroinval
PLUS D’INFOS ?
Visitez le site du Réseau Wallon de la
Diversité Fruitière, rwdf.cra.wallonie.be
(site du CRA-W) et cliquez sur l’onglet
“Conseils et services”.
A NOTER AUSSI
Il existe des subventions de la Région wallonne pour la plantation d’un verger hautetige et pour la taille d’entretien des anciens
vergers haute-tige (renseignements et aide
pour constituer le dossier de demande:
Maison du Parc naturel (ancienne Maison
des Baillis) 1, rue d’Avignon 5670 Nismes).
Pour l’entité de Couvin, voir Les Bocages à
Cul-des-Sarts sur www.lesbocages.be
C’est YANN ARTHUS BERTRAND qui lui fait
les honneurs de l’introduction… et c’est
Paul MAGNETTE, Ministre Fédéral du
Climat et de l’Environnement, qui en assure
la préface:
(extrait) “Préserver la biodiversité est une
nécessité vitale, c’est aussi un défi majeur…
La perte de diversité biologique est inquiétante car elle joue un rôle essentiel dans le
développement économique et social. En
effet, quarante pour cent de l’économie
mondiale repose sur des produits et des
processus biologiques… Pour préserver ce
bien commun, il faut connaître et conserver
des espaces tout à fait protégés de l’activité
humaine. C’est dans ce contexte que s’inscrit le travail d’Eric Brasseur, merveilleux
photographe de la nature sauvage en
Europe. Au-delà des enjeux décrits, les photographies de cet ouvrage nous ouvrent la
voie vers ces mondes intacts”.
VOICI MAINTENANT
SON NOUVEAU PROJET:
“L’ARDENNE AU FIL DE L’EAU“
L’Ardenne et la pureté de son
eau,
source
de
richesse écologique,
fruit de la topographie particulière de
cette région verte et
peu peuplée qui a
échappé à l’industrialisation. L’Ardenne est
toute nature. Au fil de l’eau, on peut y
retrouver ses origines, son patrimoine, la
vie sauvage sous toutes ses formes:
source, torrent, fleuve, fagne, marais,
étang, lac. L’eau jaillit, suit ou sort de son
cours, disparaît et nous conduit dans le
monde mystérieux de l’Ardenne.
L’objectif du projet “L’Ardenne au fil de l’eau”
est de rendre en images et en mots cette
ambiance particulière qui entoure l’Ardenne.
Expliquer, sans pour autant tuer la poésie.
C’est un travail ‘en profondeur’ d’un photographe et d’un écrivain tous deux passionnés par ce pays authentique et méconnu.
C’est du “vécu”, un investissement dans
“l’intemporel”: les qualités inégalées du
décor ardennais et de son eau
L’Ardenne commence à Couvin et vagabonde, au travers de la Province de Namur,
jusqu’aux confins de la Province de Liège et
de Luxembourg. C’est tout notre patrimoine
qu’Eric Brasseur va mettre en scène.
Avec Clin d’œil toute l’équipe de Natagora
ESM soutient ce nouveau projet qui s’aventure dans nos racines …au fil de l’eau.
Marc MOSSAY
Responsable
cellule Excursions
(1) Chaque arbre fruitier (non auto-fertile) a besoin d’au
moins un autre arbre de la même espèce, mais d’une
variété différente, avec lequel il “échange” son pollen afin de se reproduire. Pour ce faire, ce dernier
doit posséder une époque de floraison en bonne
phase avec le premier, et un pollen de bonne qualité.
(2) La rusticité est la faculté que possèdent certaines
variétés de supporter des conditions climatiques
défavorables, et en particulier, que ses fleurs
“résistent” aux gelées printanières tardives.
(3) Seules les variétés d’arbres fruitiers résistantes à la
plupart des maladies conviennent pour le jardinier
amateur, car elles exigent un très petit nombre de
traitements, tout en utilisant des produits peu nocifs
pour l’environnement.
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EME
2
TRE
SEMES
2010
CALENDRIER
DES SORTIES
NATURE
ET DES
GESTIONS
DE L’ENTRE SAMBRE
& MEUSE & VOISINAGE
DÉFINITIONS DES TYPES D’ACTIVITÉS:
Sortie nature guidée ou promenade guidée Balade ou promenade dans la zone de l’ESM
accompagnée et commentée par un naturaliste expérimenté. Elle peut être d’une
demi-journée ou d’une journée. Avec ou
sans pique-nique. Avec ou sans PAF.
Visite guidée d’un site
naturaliste: visite programmée
et structurée d’un site qui présente un intérêt particulier sur le plan
naturaliste ou de la biodiversité.
Conférence suivie ou non
d’une sortie:
Présentation en salle par une
équipe de naturalistes ayant étudié des
espèces particulières et projetées sur
grand écran. Elle peut être suivie d’une
sortie guidée en fonction de la météo
Excursion: A la différence de la
sortie nature guidée, l’excursion
est un voyage en car à l’extérieur
de la zone ESM voire à l’extérieur de la
Belgique. Elle regroupe un grand nombre
de participants (environ 50) et dure en
moyenne 12 à 13 heures. Elle est organisée par la cellule “excursions” de
Natagora ESM. L’encadrement est assuré
par des guides spécialistes des régions
et biotopes visités.
page 12 // CLIN D’ŒIL
SAMEDI 03 JUILLET
1 journée à La Haie Gabaux
OBSERVATION DES PAPILLONS
FORESTIERS
R.V.: à 10h30
sur le parking
forestier qui se trouve sur la
N40 juste à la limite entre
Doische et Gimnée
Durée: 4 à 5 h (fin vers 16h) Gratuit.
Réservation obligatoire 0475 485341 (JD) ou
0494 881544 (OK)
Prévoir son pique-nique.
Matériel à emporter: filet à papillons, jumelles, appareil photo.
Nombre limité à 20 personnes
Org.: Olivier Kints (LIFE-Papillons) & Jean
Delacre (Conservateur) Natagora ESM.
DIMANCHE 4 JUILLET
1 journée à Dailly (entité de Couvin)
NATURALISTE À TRAVERS LA
CALESTIENNE ET L’EAU
BLANCHE
Y seront abordées l’ornithologie, l’entomologie, la botanique et la géologie, au cours d’un transect à
travers la Calestienne et la dépression de
l’Eau blanche, au cœur de la Fagne schisteuse où bocage, prés, pâtures, bois et bosquets se marient harmonieusement à une
époque des plus riches en observations.
Débutants bienvenus!
À emporter: pique-nique, bottines de marche, vêtements adaptés à la météo, jumelles.
PAF: 3€ - (membres Natagora et CNB: 1€)
R.V.: 9h, Place de l’église à Dailly (entre
Couvin et Chimay). Fin vers 16h
Guide: André BAYOT 0494 19 25 18
[email protected]).
Organisation:
Cercles des Naturalistes de Belgique
section Le Viroinvol et Natagora ESM
DIMANCHE 22 AOÛT
Olloy-sur-Viroin (entité de
Viroinval) - 1 jour
GESTION DU FOND DE
NOYE, RÉSERVE NATURELLE L.R.B.P.O. ET
C.N.B.
Pour la 22e année, en collaboration avec La
Niverolle & El Mouquet CNB, traditionnelle
journée de gestion du pré alluvial, évacuation
des végétaux fauchés (CMV), creusement
d’une mare si possible. Possibilité de cuire sur
feu de bois, promenade d’observation ensuite.
R.V.: 9h30, église d’Olloy-sur-Viroin, fin 16h.
Infos: Thierry Dewitte 0476/75 25 37
[email protected]
Organisation: Cercles des Naturalistes de
Belgique, section Le Viroinvol et La Niverolle
& El Mouquet, la Ligue Royale Belge pour la
Protection des Oiseaux
28 AOÛT
A la Maison du Parc de Nismes
NUIT EUROPÉENNE DE LA
CHAUVE SOURIS ANIMÉE PAR L’ÉQUIPE DE
NATAGORA ESM
Les chauves-souris, ces
mammifères encore imprégnés de mystères voire de
légendes, sont des animaux
bien plus attachants qu’il n’y parait. Le thème
de cette année est la Biodiversité.
A partir de 16h30: activité découverte des
chauves-souris pour les enfants et exposition
pour les parents.
À 19h30: projection d’un film suivi d’un débat,
sortie sur le terrain
Vers 21h: clôture de l’activité autour d'un feu
de bois dans le beau domaine du Moulin des
bois au cours de laquelle la fameuse “soupe
des vampires” vous sera offerte par l’équipe
de Natagora ESM. Ambiance assurée !
RV.: À la Maison du Bailly – 1 rue d’Avignon
5670 NISMES
Emporter vêtements adaptés aux conditions
météo du moment.
Infos et réservations (pour les animations):
Robert Schreiber au 0473.852.344.
Org.: Natagora ESM
WEEK-END DES
04 ET 05 SEPTEMBRE
1 nouveauté Natagora ESM
ESCAPADE DE DEUX JOURS AU CŒUR
DE LA CHAMPAGNE HUMIDE
AUX LACS D’ORIENT (LAC D’ORIENT,
LAC DU TEMPLE ET LAC AMANCE)
Observations spectaculaires garanties:
Concentration des cigognes noires se
gavant de grenouilles en pleine période
pré- migratoire, grandes aigrettes, hérons
pourprés et surtout les balbuzards
pêcheurs en grand nombre.
En soirée et au petit matin, entre lac et
forêt, sangliers, grands cervidés boisés,
hardes de biches, début du brame, chevreuils et bien des surprises. Symphonie
de sons et couleurs, vieux villages chargés
d’histoire, une nature à savourer.
Déplacement en covoiturage à frais partagés.
Départ samedi tôt le matin de Couillet et
Mariembourg. Retour dimanche soir.
Logement à l’hôtel en chambre double.
Logement, repas du samedi soir, petit
déjeuner et pique-nique du dimanche:
92€/pers (supplément single possible).
Info et inscriptions: Marc Mossay au
0475/914591 – [email protected]
Organisation: Natagora ESM, en collaboration avec Nature et Terroir.
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SAMEDI 11 SEPTEMBRE
Nismes (entité de Viroinval) - 1 jour
LE VERGER DE SOUS-ST-ROCH,
RÉSERVE NATURELLE
L.R.B.P.O. ET C.N.B.
Approche des variétés régionales de pommes avant les
récoltes d’automne. Cela
permet, par exemple, de
mieux choisir ses arbres à planter si vous
avez un projet de verger, questions-réponses
sur le terrain.
R.V.: 14 h, à l’entrée du verger, panneaux
d’accueil, fléché depuis le rond-point à l’entrée de Nismes (en venant de Mariembourg),
prendre vers Dourbes, se stationner à hauteur de l’alignement de petits garages (sur
votre gauche) avant le terrain de foot.
Guide: Thierry Dewitte 0476/75 25 37
[email protected]
Organisation: Cercles des Naturalistes de
Belgique, section Le Viroinvol et la cellule
“vergers” du PCDN de Viroinval. Cal.25
SAMEDI 18 SEPTEMBRE
Mariembourg (Couvin)
1 journée
GESTION DE LA RÉSERVE
NATURELLE DU PLANTIS
Nous en profiterons
aussi pour observer
sa faune et sa flore Les gestions répétées ont
permis de maintenir ouverte la coupe forestière qui recèle encore des plantes typiques
des prés de Fagne comme la succise des
prés et la création d’îlots ensoleillés favorables aux reptiles. Elimination des saules
envahissants, évacuation de la litière, se
munir de gants, jumelles, pique-nique.
R.V.: 9h30 église Mariembourg, fin vers 16h30
Guide: Marc Lambert (060/3133 77), prévenir
de sa participation, merci.
Org: Natagora ESM
SAMEDI 18 SEPTEMBRE
Eppe-Sauvage (France) - 1
après-midi
RECHERCHE DES OISEAUX
MIGRATEURS SUR
LE VAL-JOLY
Nous espérons, sur ce
magnifique plan d’eau,
observer plus particulièrement “l’aigle
pêcheur” ou balbuzard à la croisée de ses
chemins vers l’Afrique… Visite organisée
depuis 2005 dans le cadre du rapprochement
transfrontalier entre les naturalistes du sud
de l’Entre-Sambre-et-Meuse et de l’Avesnois.
R.V.: 14h, place de l’église à Eppe-Sauvage
Guides: Alain et Agnès Piette
+33 (0)3 276 02 220 - [email protected]
Org.: Aubépine, Cercles des Naturalistes de
Belgique, section Le Viroinvol et Natagora
SAMEDI 25 SEPTEMBRE
1 Excursion insolite mais
surprenante !!
LES COULISSES DE L’INSTITUT DES
SCIENCES NATURELLES ET LA
DÉCOUVERTE DES ESPÈCES INVASIVES
À BRUXELLES:
Perruches à collier et leurs incroyables nids
communautaires, Ouette d’Egypte, Bernaches du Canada, … d’autres autochtones!
Nous serons accompagnés toute la journée par Didier Vangeluwe, de l’Institut,
ornithologue réputé.
Matinée à l’Institut: visite et exposé sur le
bagage des oiseaux.
Petite restauration (+/- 8€)
Inventaire sur le terrain des espèces invasives de Bruxelles
Emporter jumelles et longues-vues.
RV: au départ de Mariembourg à 8h00
parking des autocars Bourdon
Retour vers 18h30.
au départ de Couillet à 8h30
parking Mestdagh, retour vers 18h.
Prix du voyage: 19€ par personne. (10€: de 16 ans et gratuit: - de 8 ans)
Info et inscriptions: Marc Mossay au
0475/914591 - [email protected]
Organisation: Natagora ESM
SAMEDI 16 OCTOBRE
ET DIMANCHE 17 OCTOBRE
Nismes - 1 week-end
FESTIVAL DE LA POMME,
DU MIEL ET DES VINS DE
FRUITS
Le Parc naturel organise sa
sixième fête, lors de cette
manifestation (10h à 18h),
des artisans de bouche ainsi
que de nombreuses associations œuvrant pour la protection de la nature seront présents, exposition par l’Albatros
de variétés régionales de
pommes, possibilité de déposer des fruits à déterminer (3
fruits par sachet numéroté selon
les arbres, avec nom et adresse) via le CRA-W
de Gembloux, vente de pommes et de produits dérivés, conférences, expositions,
ambiance conviviale.
R.V. pour les visites: 14h, au verger de SousSt-Roch, panneaux d’accueil, fléché depuis
le rond-point à l’entrée de Nismes (en
venant de Mariembourg) prendre vers
Dourbes, se stationner à hauteur de l’alignement de petits garages (sur la gauche)
avant le terrain de foot.
Guide: Thierry Dewitte 0476/75 25 37
[email protected]
Info et org: Parc naturel Viroin-Hermeton rue
d’Avignon, 1 - 5670 Nismes - 060/39 17 90
DIMANCHE 14 NOVEMBRE
Petigny (entité Couvin) - 1 matinée
LA NATURE AUTOUR
DES VIEUX VERGERS À
L’AUTOMNE
Promenade au pays “des
mille pommiers”, approche
de l’intérêt biologique des
anciens vergers et de leur
histoire régionale. Observation des oiseaux,
fruits sauvages…
R.V.: 9h45, église de Petigny, fin vers midi,
organisé dans le cadre de la fête aux pommes
des scouts de Petigny, possibilité de passer
ensuite à leur salle (démonstration de pressage, vins de fruits, cidres, exposition de pommes…). Bottines conseillées, bottes si pluie.
Contact: Thierry Dewitte 0476/75 25 37
[email protected]
SAMEDI 20 NOVEMBRE
1 journée à Dailly
GESTION À LA RÉSERVE
NATURELLE DE DAILLY
Débroussaillage de la
pelouse à orchidées. Emporter des gants.
Un pique nique est prévu au cours duquel
des saucisses chaudes vous seront offertes.
Activité tout public.
R.V.: à 10 heures à l’Eglise de Dailly (ou à
09h30 à la gare de Couvin) – fin de la gestion
à 17 heures.
Réservation: obligatoire 48 heures avant au
plus tard auprès de Alain Bouchat au
0476.560.529.
Organisateur: Natagora ESM
MARDI 28 DÉCEMBRE
(VACANCES DE NOËL)
LA TRADITIONNELLE
CLASSIQUE D’ENTRE
RÉVEILLONS DE
NATAGORA ESM:
DÉCOUVERTE DE SITES
INÉDITS AU NORD DES
ÎLES EN ZÉLANDE
HOLLANDAISE
Comme en 2009, à la recherche des raretés
et d’au moins 20.000 oies, cygnes sauvages
et autres migrateurs du Grand Nord. Cassecroûte du midi au vieux village typique
d’Ouddorp. Vêtements en fonction de la
météo. Emporter jumelles et longues-vues.
RV: au départ de Mariembourg à 7h00
parking des autocars Bourdon
Retour vers 20h00.
RV: au départ de Couillet à 7h30
parking Mestdagh
Retour vers 19h30.
Prix du voyage: 29€ par personne.
(15€: - de 16 ans et gratuit: - de 8 ans)
Info et inscriptions: Marc Mossay au
0475/914591 – [email protected]
Organisation: Natagora ESM
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CALENDRIER
DES MANIFESTATIONS
ET ÉVÈNEMENTS
ME
2E
TRE
SEMES
2010
ME
2E
TRE
SEMES
2010
SAMEDI 31 JUILLET
ET DIMANCHE 1 AOÛT
1 matinée ou 1 après-midi à
Virelles
DEVINE, QUI PAPILLONNE
À VIRELLES…
Un week-end “spécial papillons”, pour le plus
grand plaisir des petits et des grands.
Exposition, visite guidée et recherche sur le
terrain s’échelonneront sur ces deux jours,
pour les découvrir, mieux les connaître et les
inviter chez soi. Un week-end découverte d’un
monde haut en couleurs, fragile et fascinant…
Rendez-vous: Aquascope Virelles
PAF: Animations gratuites pour les visiteurs
de l’Aquascope, moyennant paiement du droit
d’entrée, et pour les abonnés.
DIMANCHE 22 AOÛT
1 journée à Virelles
FÊTE DU MIEL
ET DE LA NATURE
Notre traditionnel grand
rendez-vous du mois d’août sera plus ludique
et plus familial que jamais. La rive sud de
l’étang ne sera que moments de joie, de plaisirs et de découvertes. Sans oublier le monde
fascinant des abeilles et de l’apiculture. Une
occasion unique de réunir petits et grands
pour une journée passionnante.
Rendez-vous: Aquascope Virelles àpd de 10h
PAF: Tarif réduit: adultes 4€ - enfants 2€
SAMEDI 28 AOÛT
Une soirée à Virelles
NUIT EUROPÉENNE DES
CHAUVES-SOURIS
Des animaux étranges …
une rencontre passionnante… Au programme: film et balade nocturne. Tout le
monde est le bienvenu: petits et grands,
connaisseurs, curieux, ceux qui ont peur et
ceux qui ne craignent rien, amateurs de mystère… chacun pourra y trouver son compte!
Rendez-vous: Aquascope Virelles à 19h30
PAF: Animation gratuite
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SAMEDI 11 ET
DIMANCHE 12 SEPTEMBRE
2 journées à Virelles
FESTIVAL DE L’OISEAU
Une occasion unique d’essayer, dans un site naturel
exceptionnel, les plus grandes marques de
matériel optique. Un week-end placé sous le
signe de la nature avec en invité d’honneur le
Balbuzard pêcheur et la Cigogne noire. Au
programme également: stands et animations
nature, excursions naturalistes, expos photos,
boutiques nature et optique, animations
musicales, petite restauration…
Rendez-vous: Aquascope Virelles àpd de 10h
PAF: Animations gratuites pour les visiteurs
de l’Aquascope, moyennant paiement du droit
d’entrée, et pour les abonnés.
SAMEDI 16 ET
DIMANCHE 17 OCTOBRE
2 journées à Virelles
FOIRE AUX POMMES
Des tonnes de pommes vous
attendent, de toutes les couleurs et de toutes les saveurs, pour le plaisir
de déguster un fruit sain ou pour faire vos
provisions avant l’hiver. Plus de 10 producteurs régionaux présents, une centaine de
variétés disponibles… Mais aussi pour tout
connaître des habitants du verger ou de l’entretien de vos arbres. Les gourmands ne
seront pas oubliés!
Rendez-vous: Aquascope Virelles àpd de 10h
PAF: Entrée gratuite
AQUASCOPE DE VIRELLES
Contact: 060/21.13.63 ou [email protected]
Org: Aquascope Virelles www.aquascope.be
VEND. 23 JUILLET 20H00
CONFÉRENCE À LA MAISON
DU PARC NATUREL
“LES MINERAIS DE LA
CALESTIENNE
ET DE L’ENTRE-SAMBREET-MEUSE”
présentée par
Julien DENAYER, géologue à l’ ULg.
DU 1 JUILLET AU 1 AOÛT
EXPOSITION
“LES MINÉRAUX DU PARC
NATUREL”
à la Maison du Parc, rue
d’Avignon 1 – 5670 Nismes.
Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 16h. Les
samedis de 14h à 17h.
VENDREDI 24 SEPTEMBRE
CONFÉRENCE
“TOURBIÈRES ET
CHAMPIGNONS”
donnée par Paul PIROT,
mycologue et président du
Cercle des mycologues du Luxembourg
belge. À 20 heures à la Maison du Parc naturel à Nismes.
LES 3, 4 ET 5 SEPTEMBRE
LE PARC NATUREL SERA AU SALON
VALÉRIANE
WEEK-END
DES 16 ET 17 OCTOBRE
SIXIÈME FESTIVAL DE LA
POMME, DU MIEL ET DES
VINS DE FRUITS À NISMES
Couplé à cet évènement: le
Festival “Couleur Miel” se
tiendra dans le même chapiteau et rassemblera tous les
acteurs apicoles de la
Région wallonne. Stands
d’association, vente de pommes, de miel, de vins de fruits, démonstrations de matériel apicole, vente de matériel,
stand “Arbres et arbustes” de la Région wallonne, petite restauration, produits du terroir,
etc.
PARC NATUREL VIROIN-HERMETON
Camille CASSIMANS
Rue d'Avignon, 1 - 5670 Nismes
Tél: 060/391790 Fax: 060/391793
Courriel: [email protected]
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© Ludo Goossens
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Cinclus cinclus
Le cincle plongeur
un “merle” d’eau expert en eaux pures
Certains cours d’eau rapides de Wallonie
accueillent un oiseau aussi sympathique
que singulier: le cincle plongeur (Cinclus
cinclus).
De la taille d’un petit merle, le cincle se
caractérise par sa courte queue, son allure
élancée, sa teinte globalement sombre et
son plastron blanc. Parfois, on le compare,
de par sa forme, à un très gros troglodyte.
La sous-espèce que nous rencontrons
dans nos régions a le bas ventre, juste sous
le plastron, d’un brun roux foncé, ce qui la
différencie de la sous-espèce nordique
dont le bas-ventre est presque noir.
UN EXCELLENT PLONGEUR EN APNÉE…
Si vous avez la patience de vous arrêter un
instant au bord d’un cours d’eau, et de vous
cacher quelque peu, vous aurez peut-être
la chance d’admirer le cincle plongeur en
train de se nourrir.
Tout d’abord, il s’approche. De pierre en
pierre, il volette, fait de courts bonds, se
rapprochant d’une zone qu’il juge propice.
Là, plongeant d’une pierre située au milieu
d’un rapide, il disparaît sous l’eau. En y
prêtant attention, on peut le voir marcher à
contre-courant, remuant plusieurs pierres
à la recherche de larves de libellules ou de
diptères.
Son anatomie facilite son évolution dans
l’eau: ailes courtes, queue courte, narines
et conduits auditifs pouvant être obturés. Il
possède également une membrane qui
protège ses yeux tout en lui permettant de
voir sous l’eau ainsi qu’une glande à la
base du croupion qui graisse et rend ses
plumes remarquablement imperméables
dès qu’il sort de l’eau.
Grâce à cette morpholigie, il trouve aisément sa nourriture dans des cours d’eau
dont la vitesse du courant est de 40 à 60 cm
par seconde et il est même capable de traverser des chutes d’eau derrières lesquelles il s’abrite volontiers.
les rivières rapides est moins sensible au
gel que le martin-pêcheur; cependant, le
froid, la raréfaction des proies pendant des
périodes plus ou moins longues, et la compétition avec des individus provenant de
plus petits ruisseaux moins riches affectent les populations de cincles lors des
hivers plus rigoureux.
Fin février/ début mars, les couples se
reforment et le mâle fait entendre son joli
chant strident.
PREMIÈRES… BRASSES
POUR LES PETITS CINCLES
Le cincle plongeur construit toujours son
nid au-dessus de l’eau. Certains habitats
sont naturels: racines saillantes, trous dans
une berge, falaises naturelles. Dans nos
régions, le cincle fait régulièrement usage
de cavités artificielles, par exemple sous un
pont. Le nid est constitué d’une boule de
mousse, dont l’intérieur est en forme de
cuvette. Il y pond en général 4 à 6 œufs qu’il
couve de 14 à 16 jours. Les jeunes cincles
quittent le nid après environ 23 jours, et
commencent par apprendre à nager, ce qui
explique que le nid de cincle plongeur est
toujours situé au-dessus de l’eau.
UN EXCELLENT BIO INDICATEUR
La qualité de l’eau, sa richesse en microorganismes nourriciers, sont des éléments
importants pour la survie du cincle.
Dans le jargon scientifique, on dit de lui
qu’il est un excellent “bio-indicateur”. Plus
les rivières sont propres, riches en organismes vivants, et plus la population du
cincle y est dense. Par contre, la diminution de l’espèce, ou sa subite disparition,
révèlent soit un appauvrissement du
milieu, soit une pollution violente.
Sachant cela, nous devons nous réjouir de la
bonne santé de la population de cincles plongeurs dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. La
plupart de nos rivières accueillent un nombre stable de Cincles. C’est très bon signe!
Et cela doit nous encourager à poursuivre la
politique d’épuration des eaux et à redoubler d’efforts pour assainir nos rivières.
Ce faisant, nous verrons encore longtemps
ces charmants merles d’eau arpenter nos
rivières et ruisseaux.
Henri DINEUR
L’hiver est une rude saison, pour le cincle
plongeur comme pour la plupart de nos
oiseaux sédentaires. Le cincle, fréquentant
CLIN D’ŒIL // page 15
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FAUCONS
POUR TOUS
RETOUR INESPÉRÉ
DISPARITION D’UN MYTHE
Le 7 avril 1973, à 16h00, Willy Suetens* l’un
des plus brillants ornithologues belges,
observe dans les rochers de Waulsort, en
bordure de Meuse, non loin en amont de
Dinant, le dernier des représentants de
générations et générations de Faucons
pèlerins nicheurs en Belgique.
Après, c’est le néant. Comme dans la
majeure partie de l’Europe et la quasi-totalité de l’Amérique du Nord, le Faucon pèlerin
a été exterminé de Belgique. Cela faisait
déjà + de 20 ans que leur nombre diminuait
de manière accélérée. Les pesticides organochlorés, qui empoisonnaient les chaînes
alimentaires, avaient eu raison du plus
rapide des oiseaux. Les Pèlerins étaient
particulièrement touchés, car ils se nourrissent exclusivement d’oiseaux, eux-mêmes
contaminés après avoir ingéré des insectes
ou des graines empoisonnés. Les substances mortelles, dont le célèbre DDT, se
concentraient progressivement dans l’organisme des rapaces, provoquant tantôt stérilité, tantôt la mort. Dans certains cas, c’était
le mécanisme de formation de la coquille
des œufs qui était d’abord affecté. L’épaisseur de celle-ci diminuait, au point que les
femelles cassaient leurs œufs en les couvant. A cette menace chimique, s’ajoutait
celle des braconniers qui tiraient et dénichaient les derniers Faucons sauvages.
page 16 // CLIN D’ŒIL
En 1988, un cas de nidification, énigmatique et sans lendemain, est découvert par
Marc Lambert à la carrière du Nord de
Frasnes. Mais il faudra attendre 2004, soit
près de 25 ans, pour voir les Faucons pèlerins revenir s’installer en Belgique.
Aujourd’hui, en 2010, on compte près de
cinquante couples de Pèlerins en Belgique
et plus de 600 jeunes faucons ont pris leur
envol depuis 1994! Comment expliquer cet
extraordinaire retour? Il y eu d’abord, dans
les années septante, le bannissement des
fameux pesticides organochlorés. Ensuite,
la protection des oiseaux s’est organisée à
l’échelle européenne et une première
Directive en ce sens à vu le jour en 1979.
Les oiseaux, et en particulier les plus rares
et les plus menacés comme le Faucon
pèlerin, ont fait alors l’objet d’une protection concertée sur l’ensemble du territoire
de l’Union, ce qui s’est avéré particulièrement efficace. Enfin, il y a eu les efforts
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OBSERVER POUR ÉTUDIER
d’innombrables passionnés qui ont surveillé les derniers nids, participé à des programmes de réintroduction ou placé des
nichoirs spécifiques. En Belgique, les premiers Pèlerins sont revenus nicher avec
succès en 1996 dans un nichoir installé par
le FIR sur une des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Doel, avec
la collaboration d’Electrabel.
Aujourd’hui donc, grâce à ces efforts, les
Faucons pèlerins nichent d’Ostende à
Arlon, ou presque. Les uns occupent des
nichoirs, d’autres établissent leur aire
sous les abat-sons des cathédrales, d’autres encore ont retrouvé, après des décennies d’absence, les vires rocheuses des
falaises de la Meuse ou de l’Amblève qui
abritaient les couvées de leurs ancêtres.
Trois couples sont recensés dans l’EntreSambre et Meuse dont le plus connus s’est
installé au sommet de la
tour du barrage de
la Platte-taille.
La plupart des nids sont suivis de près par
des ornithologues, les éventuelles menaces sont évaluées, de nombreux fauconneaux sont bagués afin notamment d’étudier la façon dont ils vont coloniser de nouveaux territoires ou remplacer des disparus, mais aussi dans le but de déterminer
les causes de mortalité. Ils sont également
marqués d’une puce électronique et leur
ADN est enregistré, afin d’empêcher le
commerce illégal consécutif au vol d’oiseaux dans la Nature. La population est
sous surveillance. On les a perdus une fois,
on ne les perdra pas deux!
public la beauté de la Nature dans un cadre
extraordinaire. Le principe en est simple:
permettre aux petits et grands, navetteurs
et citadins, amateurs passionnés et touristes d’un jour, d’observer en détail la nidification d’un couple de Faucons pèlerins, de
l’éclosion à l’envol des jeunes, en filmant le
nid avec des caméras automatiques et en
transmettant les images en direct et en
continu vers des écrans installés derrière
les vitre du Poste d’observation des faucons
installé pour l’occasion sur le parvis.
L’objectif est bien de montrer au public que
la Nature est un patrimoine passionnant,
superbe. Elle est régulièrement malmenée, c’est une évidence et nous perdons
chaque jour des éléments de cette biodiversité. Mais l’histoire des Faucons pèlerins nous montre que lorsque l’on prend
des mesures concrètes pour la Nature, elle
nous le rend bien.
Si vous voulez vous régaler en images inédites et magnifiques du Faucon pèlerin,
visionnez en direct la nidification des
Pèlerins de la cathédrale sur...
www.fauconspelerins.be !
Tantôt en planant à des centaines de
mètres de haut, tantôt en fondant sur une
proie à des vitesses vertigineuses, on parle
de piqués à près de 400 km/h, le Pèlerin
maîtrise le ciel comme nul autre oiseau. Et
quand il descend vers son nid, c’est pour
venir y nourrir avec une grande délicatesse
sa nichée qui peut compter jusqu’à 4 fauconneaux.
Didier Vangeluwe
VENEZ VOIR LES FAUCONS!
A la fin des années ‘90, un couple de
Faucons pèlerins hiverne sur les
tours de la cathédrale des Saints
Michel et Gudule au centre de
Bruxelles. Au printemps 2004,
enfin, les faucons s’installent
dans la tour nord, sur un balcon non loin du sommet. La
femelle couve sous un abat-son.
Trois fauconneaux prennent leur
envol le 23 mai. C’est à partir de là
que le projet “Faucons pour tous”
a été conçu par l’IRSNB
en association avec la
Commission Ornithologique de WatermaelBoitsfort: l’occasion
était trop belle de
montrer au grand
Centre Belge de baguage / Institut Royal des
Sciences Naturelles de Belgique
* Willy Suetens (1930-2005) est l’auteur du livre “Les
Rapaces d’Europe” paru aux Editions du Perron 1989
© Bernard Hanus
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Le programme Faucons pour tous bénéficie du soutien
d’institutions et de mécènes: le Gouvernement de la Région
Bruxelles Capitale, la Ville de Bruxelles, la Zone de Police
Bruxelles CAPITALE Ixelles, la Commission Ornithologique
de Watermael Boitsfort, le Doyen et la Fabrique d’Eglise de
la cathédrale des Saints Michel et Gudule, Electrabel,
Groupe GDF SUEZ, Entreprises Louis De Waele SA, Bodelec
Security and Engineering, LAN 10 Profesionnal Wireless
Internet, Solutions et Swarovski Optik.
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Céline PRÉVOT
Etude de
dispersion
des sangliers
Le projet de suivi des déplacements de sangliers a débuté en 2005 et a pris de l’ampleur depuis. Le nombre de collaborateurs
augmente chaque année, avec 22 territoires
participants en 2010, dont la chasse “Petite
Commune” à proximité de Couvin.
TECHNIQUE DE CAPTURE ET MARQUAGE
Les captures sont réalisées à l’aide de
cages, appâtées au maïs. Une fois attirés
dans la cage, les sangliers poussent un fil
qui déclenche la fermeture de la porte. Les
opérateurs de terrain sortent le sanglier
de la cage et l’équipent d’une oreillette
unique qui permettra son identification à
coup sûr jusqu’à sa mort. Le sexe et le
poids du sanglier sont également détermi-
nés. Toutes ces informations sont encodées dans une base de données qui couvre
l’ensemble de la Belgique.
Le retour de l’information, par observation
visuelle, par prélèvement ou découverte
d’une dépouille, est essentiel pour le projet.
Il est généralement lié à la chasse (95%).
Jusqu’à présent, plus de 1400 sangliers
ont été capturés et bagués. Plus d’un tiers
ont été prélevés lors d’actes de chasse et
dans une moindre mesure lors d’accidents
de la route.
OBJECTIFS
Les objectifs de ce projet de baguage de
sangliers sont diversifiés. L’objectif principal est de calculer la dispersion du sanglier
Graphique – Proportion de sangliers ayant
été prélevés à moins de 3 km, entre 3 et 10
km ou à plus de 10 km de leur lieu de capture, en fonction du groupe social. Les
individus vivant au sein de compagnies
(femelles et jeunes de l’année) restent
généralement à proximité de leur lieu de
capture. les mâles adultes vivent le plus
souvent en solitaires. Ils sont plus mobiles
que les femelles. Les mâles juvéniles sont
des mâles qui ont été capturés lorsqu’ils
avaient moins d’un an (ils vivaient alors au
sein d’une compagnie, avec leur mère) et
qui ont été prélevés lorsqu’ils étaient âgés
de deux ans au moins. Nous voyons que
ces individus parcourent de plus grandes
distances.
Prise de poids – La prise de poids journalière moyenne est de 102 grammes (±48),
soit 3 kg par mois. Les extrêmes varient de
11 g/jour à 286 g/jour.
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en fonction du biotope, du paysage agricole,
des densités de sangliers, des années ou
encore du mode de gestion. Les données
nous permettent également de définir des
distances extrêmes de migration, données
qui intéressent particulièrement les vétérinaires dans le cadre des prévisions de dispersion d’agents pathogènes.
Elles nous apportent également, sous des
conditions d’application bien spécifiques,
une indication de la densité de population,
du taux de survie, etc.
Finalement, les animaux étant pesés de
façon précise lors de la capture et lors du
prélèvement, nous pouvons établir l’évolution du poids en fonction de l’âge, du biotope et des glandées.
Si vous croisez un sanglier portant une
oreillette, nous vous remercions de nous
communiquer l’information
par mail celine.prevot @spw.wallonie.be
par tél 081/62.64.27 ou par fax 081.615.727
L’information de capture vous sera transmise. La dispersion est définie comme
étant la distance à vol d’oiseau entre le
lieu de capture et le lieu de recapture (que
ce soit par prélèvement, par accident de
la route ou par observation visuelle) de
l’animal.
Céline Prévot
celine.prevot @spw.wallonie.be
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Gérard Jadoul
La cigogne
noire
et l’asbl SOLON,
une vieille histoire
d’amour…
HISTORIQUE – En 1989, un premier nid de
cigognes noires était trouvé dans le massif
forestier de St-Hubert. Pour l’Asbl SOLON
c’était là le début d’une longue aventure
autour de cet oiseau mythique. Les premières années furent mises à profit pour
suivre la vie de ces oiseaux durant leurs
six mois passés sur le Vieux Continent:
choix des sites de nidifications, retour au
nid, ponte, longue couvaison, élevage des
jeunes jusqu’à leur envol fin juillet, sites
de regroupements pré-migratoires, etc.
Ces années (1989 à 1995 ont permis de
réaliser un film avec la RTBF (Ciconia
nigra) et de publier un premier livre, La
cigogne noire, chroniques d’un retour
annoncé, aux Editions du Perron en 1994.
PLUS DE 500 CIGOGNES BAGUÉES
Dès 1995, l’Asbl SOLON s’inscrit dans un
vaste programme européen de baguage
des cigognes noires avec des bagues de
couleurs alphanumériques. Depuis cette
date, ce sont plus de 500 cigognes noires
qui ont été baguées par Solon en Région
wallonne, avec un très important taux de
relecture de près de 20% des oiseaux. Ce
baguage donne des résultats très intéressants sur le retour des jeunes dans leur
pays de naissance, sur les voies migratoires, sur les sites de pré-migration, sur
l’étendue de l’aire de répartition, …
Une collaboration étroite est menée avec le
DNF et les cantonnements pour échanger les
informations relatives au nid, leur garantir la
quiétude, reporter, le cas échéant, les travaux forestiers. Toute découverte de nid qui
est communiquée à l’Asbl SOLON peut grandement favoriser ce projet de baguage,
garantir la protection du nid tout en assurant
la stricte confidentialité de la découverte.
ENTRE 1995 ET 2001:
ACTIONS AU NIVEAU INTERNATIONAL
En 1995 également, l’Asbl Solon lance un
vaste programme de suivi de la migration
des cigognes noires vers l’Afrique de
l’Ouest, grâce à la pose de balises satellitaires. C’est le programme “cigognes sans
frontières”. Ce projet repose sur 3 axes:
1 - Axe scientifique:
Apporter des réponses sur les voies utilisées, les régularités, le choix des quartiers
d'hiver, savoir si la migration s'effectue en
clans (familiaux ou non), si le retour en
Europe s'effectue dès la première année,
dans la région de naissance...
2 - Axe de conservation:
Déterminer les lieux d'intérêts majeurs de
l'espèce (tant pour la nidification que pour
l'hivernage ou pour les zones de pêche le
long de la route migratoire) ainsi que les
moyens à mettre en œuvre pour assurer la
protection de ces sites.
3 - Axe pédagogique:
Inviter un public scolaire, le plus large possible, à suivre la migration des cigognes. Au
départ de ces données, une partie des
cours de mathématique, de géographie, de
sciences et de culture étrangère ont pu être
donnés de façon plus vivante. Un échange
scolaire entre les écoles proches des sites
de nidification et des écoles proches de
sites d'hivernage a ainsi pu être réalisé.
Ce projet s’est étalé de 1995 à 2000 et a permis à des membres de l’Asbl Solon de rejoindre les cigognes noires “wallonnes” dans
leurs quartiers d’hiver en Mauritanie, Sénégal,
Niger, Mali, Burkina Faso, Togo et Bénin.
Cette aventure migratoire fera l’objet de
deux documents. Un documentaire vidéo
de 52’ et un livre “La migration des cigognes noires, du chêne au baobab” aux
Editions du Perron en 2000.
En 2001, en association avec le WWF, l’Asbl
Solon a coordonné la pose de balises sur
des cigognes noires en Région wallonne, en
France, au Grand Duché de Luxembourg
mais aussi en Tchèquie, en Lettonie et en
Hongrie. Ces cigognes sont devenues, via
des capsules vidéo de 3’, les ambassadrices
du réseau Natura 2000 sur tout le continent.
C’est le projet “Flying over Natura2000”
2010: place au suivi par webcams.
En février 2010, des webcams ont été installées par l’Asbl Solon, sur trois nids de
cigognes noires en Région wallonne pour
garantir le succès de l’opération et les
chances de reprise des nids par les
oiseaux. La caméra déclenche dès qu’elle
perçoit un mouvement. En février, nous
avons déjà collecté des images de mésanges venant grappiller de la nourriture sur
l’assisse des nids. Le mouvement des
branches, lors des grands coups de vents,
nous a également fourni des images de
nid… vide mais fortement bousculé. Et
enfin, le 13 mars, en début d’après midi, la
caméra déclenche sur le retour du premier
partenaire du couple. Quelques tout derniers coups d’ailes pour rejoindre un nid,
quitté il y a quelque 6 mois, pour un long
aller-retour africain de près de 8000 kms.
L’oiseau sait ce qu’il rejoint et pourquoi il le
rejoint. La seconde cigogne est de retour le
17 mars. Accouplements, ponte des 4
œufs, attaque du nid par des cigognes noires intruses, prédation par le grand corbeau, tentative de nouvelle occupation du
nid, … Autant de péripéties qu’il est possible de suivre au quotidien sur le site de
l’Asbl SOLON www.solon.be/cigogne.php
LA CIGOGNE NOIRE, AMBASSADRICE DE LA
QUALITÉ DE LA BIODIVERSITÉ
La cigogne noire est une espèce très
emblématique. Elle témoigne de l'amélioration de la biodiversité en milieu forestier.
Grand oiseau, avide de quiétude, de grandes futaies feuillues d’arbres âgés, de
mares et de ruisseaux riches en batraciens
et poissons, il peut utilement être mis en
avant à l’occasion de cette année 2010
vouée à la biodiversité. Ce “succès” ne doit
pas occulter la situation parfois catastrophique de nombreuses espèces ou d'habitats qui se portent nettement moins bien. Il
peut cependant apporter un message d’espoir dans le monde souvent gris de la protection de la nature. La cigogne noire reste,
par le niveau de sympathie qu’elle génère,
une ambassadrice remarquable pour la
sensibilisation d’un très large public au
respect de la nature.
Gérard Jadoul
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QUELQUES MOTS, SORTIS COMME PAR
MAGIE, D’UN TOUT PETIT CARNET
Mercredi 19 août, 4h30. Coup d’œil rapide
sur le thermomètre, 13°. Coup d’œil sur
le ciel rivé d’étoiles. Un beau départ… Je
rejoins Virelles, comme chaque jour…
mais pour une aube sauvage en canoë. Ma
première aube sauvage alors que l’activité existe depuis une dizaine d’années…
Un rendez-vous partagé avec des amis
artistes, avec qui le lien s’est tissé au fil
des saisons.
Songe
d’un petit
matin d’été
Un tout fin croissant de lune
accompagne nos pas vers
l’étang où quelques chauvessouris volètent encore. Par ses cris, un
héron cendré annonce notre arrivée au
petit peuple de l’étang. Samuel nous propose de vivre avec lui le passage de la nuit
au jour. Je me réjouis du joli clapotis d’un
premier coup de pagaie dans l’eau.
continue à picorer comme si de rien n’était.
Samuel nous surprend en entonnant “la
chanson des grenouilles”. Je me souviens
de ce conte de Steve Waring, écouté avec
délectation quand j’étais petite. Nous nous
laissons emporter dans un monde imaginaire, où les grenouilles parlent le langage
des gens, si on prend la peine de fermer
les yeux pour mieux les entendre.
Je remarque, sur la droite, quelques petits
mouvements de saut en surface. Poisson
ou … monstre du Lac? A cette heure-là,
tout est possible… Deux yeux nous regardent depuis les roseaux et surveillent notre
départ. Un héron cendré, tout simplement.
Nous passons à proximité de l’Ile aux
lapins, où les chevaliers guignettes sont
déjà actifs et rencontrons un premier vol
de canards. Je ne peux résister à plonger
la main dans l’eau. Douce chaleur… Il ne
faudrait pas insister longtemps pour que
j’aille m’y tremper.
Il y en avait une qui disait:
“Où es-tu? Où es-tu? Où es-tu?”
Et une autre qui lui répond:
“Suis ici, suis ici, suis ici, suis ici...”
Et encore une autre qui demande: “
Où ça? Où ça? Où ça”
Et un vieux crapaud qui lui dit:
“Dans la boue, dans la boue, dans la boue..”
Dans le parc, le troglodyte mignon, déjà
réveillé, lance le signal d’alarme. “Des
visiteurs sur l’étang!” Et nous n’y sommes
pas les seuls… Un couple de cygnes tuberculés longe majestueusement la grande
roselière, dont nous nous approchons lentement. Nos pagaies fendent l’eau d’un
seul corps puis nous nous arrêtons…
Cancanages, bavardages de jeunes cygnes,
cris de foulques, chant du troglodyte… Un
coq annonce également qu’il est bientôt
l’heure de se lever. Depuis son lointain pré,
une vache lui donne raison.
Les fauvettes des marais se faufilent entre
les tiges de roseaux et nous reprenons la
balade. Les berges de l’étang défilent lentement sous nos yeux. Partout, des gerris,
petites “araignées d’eau” sautent à la surface et font de longues glissades en nous
ouvrant la route. “Un chassé-croisé digne
du carrefour Léonard à l’heure de pointe”
me dit Olivier.
Eté sec, baisse naturelle du niveau de l’eau
et petites plages de vase font le bonheur
des petits échassiers. Trois bécassines des
marais, qui piétinent la boue, ne risquent
pas de me contredire. Par contre, quel
serait l’avis de ce grèbe castagneux, qui
vient de trouver refuge sous une gerbe
courbée de roseaux? Nous sommes à l’arrêt pour les observer, ce qui n’impressionne pas cette marouette ponctuée qui
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Une bécassine des marais, tire sa révérence, une fois l’histoire finie… et nous
rejoignons le “Bout du monde”. Les arbres
de cette presqu’île y portent les cicatrices
de leur rencontre avec le castor. De l’autre
côté de l’étang, le dos arrondi du Bois de
Blaimont se découvre dans la brume. La
palette de couleurs du ciel se transforme à
chaque instant. Un avion y laisse derrière
lui deux sillages orangés.
“Ouvrons nos oreilles” chuchote Samuel.
“Le concert va bientôt commencer”. J’entends le “klaxonnement” d’une corneille et
quelques cris de mésanges bleues. Mais
d’autres artistes s’échauffent la voix. Je les
imagine dans une chorégraphie où ils battent rapidement des ailes contre leurs
flancs. Un bref silence donne le signal de
départ et le groupe d’étourneaux s’envole
d’un seul nuage pour rejoindre les champs
environnants. Quelques goélands, tôt levés
aux Lacs de l’Eau d’heure, nous survolent en
direction de la France. Près de nous, les cris
aigus du martin-pêcheur se font entendre.
La forêt de Fagne, maintenant toute proche, s’éveille, elle aussi, sous les cris agacés du pic épeiche. “Pschh, pschh” lui
répond la mésange boréale. “Pourquoi tant
de rouspétances de si bon matin?” “Que se
passe-t-il ici” demande le roi pêcheur en
filant le long de la roselière. “Mais on se
dispute là-bas!”. Les chevaliers guignettes
sont en effet de gentils querelleurs qui
taquinent une bergeronnette grise pour
rester maîtres de “leur” plage de vase. Un
petit monde “à la Steve Waring”… Une
grande aigrette s’envole, les laissant à
leurs taquineries…
Nous contournons l’ancienne canardière et
entrons discrètement dans le sanctuaire
du Ry de la Ferrière... Nous glissons vers le
cœur du marais, où les toiles d’araignées,
couvertes de perles de rosée, garnissent
joncs, baldingères*, salicaires et rubaniers
en fleurs. L’eau, à cet endroit, est recouverte d’un tapis de petits nénuphars, aussi
joliment appelés “grenouillettes” ou
“hydrocharis des grenouilles”. Une sittelle
torchepot salue notre arrivée. Geais des
chênes et troglodytes relaient bien vite son
message. Le ruisseau se rétrécit soudain,
permettant de justesse à notre rabaska**
de se frayer un passage. Instant magique
d’une lente progression…
Nous entrons dans le monde tortueux du
Royaume des Saules et délaissons un instant notre embarcation. Le long du Ry de la
Ferrière, nous nous faufilons dans un
dédale de saules, d’aulnes et d’arbres
morts, où la vie foisonne. Il y a bien longtemps, un peuplier a décidé de s’y coucher,
chacune de ses branches donnant vie à un
nouveau tronc dressé vers le ciel. Fort heureusement, il nous octroie le droit de passage vers le garde-manger du Seigneur
castor. Nous découvrons un tronc couché
complètement écorcé, reste de ses copieux
repas. L’animal n’a pas le tempérament
gaspilleur car toutes les branches ont servi
à consolider sa hutte avant l’hiver.
Nous faisons demi-tour, nous laissant guider par le miroir noir du ruisseau et quittons
le sanctuaire en canoë. Un martin-pêcheur
veille à en refermer consciencieusement la
porte. “Tchow, tchow, tchow…”. Cinq chevaliers aboyeurs annoncent notre départ de
plage en plage et nous offrent quelques jolis
vols en escadrille. Un plein soleil illumine
notre traversée de retour. Nous sommes
tous sous le charme de cet étang, qui nous a
déjà tellement donné, et qui nous réserve, à
l’infini, de nouvelles surprises…
Anne Sansdrap
* Baldingères: hautes graminées des milieux humides
** Rabaska : grand canoë amérindien
© André Buzin
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© André ©
Buzin
André Buzin
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Botanique
LE COIN DU SPECIALISTE
LES BRYOPHYTES: un monde méconnu
C. Cassimans
VOUS AVEZ-DIT “BRYOPHYTES”?
EVIDEMMENT ELLES SE REPRODUISENT!
SONT-ELLES EN DANGER ?
En effet, ce mot curieux provient du grec
bruon (la mousse) et phyton (la plante).
Selon la check-list de 2007 on recense, en
Belgique, 748 espèces différentes (5 anthocérotes, 173 hépatiques & 570 mousses y
compris les sphaignes). Ces végétaux ne
possèdent pas de racines: ils se fixent au
substrat par des rhizoïdes, sortes de poils
unicellulaires qui assurent leur alimentation en eau et en sels minéraux dissous.
Les bryophytes peuvent se reproduire par
voie sexuée ou asexuée. Chez tout être
vivant, il y a des cellules mâles et femelles
pour assurer une continuité sexuelle. Le
résultat, chez les bryophytes, est la formation d’un sporange constitué d’un pédicelle
et d’une urne ou capsule. Les Anthocérotes
ont leur sporange très différent de celui des
hépatiques: la capsule est chlorophyllienne
et en forme de fuseau étroit.
De récentes études estiment que 3 % d’espèces de bryophytes ont disparu définitivement de la Région Wallonne et qu’actuellement, 5 % sont en danger d’extinction.
Cette situation est surtout due à la régression ou l’altération des habitats tels que:
vieilles forêts, pelouses calcaires, landes à
bruyères, prairies maigres, affleurements
et éboulis rocheux et bas-marais alcalins.
On note aussi la disparition des bois morts
ou d’arbres très âgés, la raréfaction des
milieux naturels au profit d’espaces de production intensive, l’impact des pollutions
aériennes et la pollution par l’ozone qui
diminue leur photosynthèse.
Enfin, le commerce des mousses à destination de l’art floral est aussi une cause du
pillage des stations naturelles.
COMMENT LES DISTINGUER ?
Avant tout sachons ce qu’est un thalle:
C’est l’appareil végétatif des plantes dites
inférieures, qui ne comportent ni racines, ni
tige, ni feuilles.
Anthocérotes: leurs
Anthoceros
thalles apparaissent
agrestis
à la fin de l’été sur
des sols frais dénudés, à l’orée d’un bois
ou dans des ornières
de chemins agricoles
ou forestiers. Le
thalle, de 1 à 2 cm de diamètre, a des bords
lobés et est habituellement en forme de
rosette. Il est hérissé de minces colonnes
vertes cylindriques de +- 1 à 3 cm de haut (les
sporophytes).
Hépatiques: on distingue 2 catégories.
À thalle si elle est
formée d’une lame
verte (thalle) de 4 à 8
mm de large et 2 à 3
Pellia epiphylla
de long, couchée sur
le sol. Elle pousse en forme de revêtements
stratifiés sur terre humide, sur les parois
des fossés et sur les berges de ruisseaux.
À feuilles si elle est formée d’une tige (sans
canaux ni cellules spécialisées) de 2 à 4 cm
comportant des feuilles alignées sur deux
rangs latéraux et parfois un rang de petites
feuilles ventrales plus petites situées entre
les rhizoïdes.
Mousses:
- Les sphaignes, appelées aussi mousses
des fanges, des marais et des tourbières,
ont des feuilles présentes sur les tiges et
les rameaux. Elles sont disposées en spirale. On dirait la
Sphagnum palustre
structure d’un arbuscule dont les rameaux
du sommet sont disposés comme les
feuilles d’un palmier.
- Les mousses dont la tige et les rameaux
éventuels ont des feuilles disposées en
spirale. On y distingue les mousses à tige
principale dressée sans rameaux et celles
à tige principale rampante avec de nombreux rameaux rampants ou dressés.
thalle et
ses pédicelles
hyalins (Pellia)
Chez les hépatiques à
thalle lisse du type Pellia,
le pédicelle est hyalin* et
la capsule est globuleuse
et brune. À maturité, elle
s’ouvre en 4 valves. Le
même type de sporange
se constate chez les
hépatiques à feuilles.
Le type Marchantia se distingue par le fait
que les organes mâles et femelles se trouvent sur des thalles différents, tous ornés
de formes géométriques percées d’un pore
central. La plante mâle est surmontée d’un
petit parasol et la
Marchantia
plante femelle d’un
polymorpha
parapluie dont il ne
reste que les baleines. Les sporanges
se formeront sous
les baleines.
ONT-ELLES UNE UTILITÉ QUELCONQUE?
Les bryophytes, essentiellement les sphaignes et quelques mousses, ont largement
servi dans de multiples usages lors des
siècles précédents.
Citons pour:
• les sphaignes, polytrics et autres mousses: calfatage des bateaux et navires;
étanchéité des constructions en bois;
litière pour bétail; couronnes et guirlandes lors de processions (mélangées
notamment avec des lycopodes, appartenant aux ptéridophytes*).
• les polytrics uniquement: fabrication de
brosses pour les draperies, formation de
torchis “penayes” protégeant les bâtiments de certaines régions (Stavelot,
Erezée, etc.) de la pluie.
On dit qu’à l’heure actuelle, certaines espèces auraient des propriétés antibiotiques et
qu’on utiliserait des sphaignes dans la
fabrication des papiers WC. En outre, les
touffes de bryophytes constituent un milieu
propice pour des micro-organismes, tels
acariens, collemboles, petits vers, pseudo
scorpions, etc. De même, certaines espèces sont de précieux indicateurs de pollution, notamment les épiphytes (espèces
poussant sur les arbres).
ET EN PLUS DES INVASIONS !
Certaines espèces provenant notamment
de l’hémisphère sud ont envahi nos
régions. Est-ce aussi le changement climatique qui fait que quelques hépatiques
ou mousses de zones méditerranéenne ou
autres remontent dans nos régions
jusqu’au nord des Pays-Bas?
ENVIE D’EN SAVOIR PLUS?
• Le Poster 50x70 gratuit “Hépatiques,
mousses et sphaignes du Parc naturel”
disponible > Maison du Parc naturel, 1
rue d’Avignon – 5670 Nismes.
• La revue “Nowellia bryologica”, livre des
articles sur la bryologie, une fiche descriptive d’une espèce, une rubrique
“Votre voyage nous intéresse”, etc. Tout
cela grâce à la compétence du bryologue
Philippe De Zuttere. Coût: 12euros par an.
Infos: [email protected] ou à la Maison
du Parc naturel.
• En juin 2011 seront organisées les 4èmes
rencontres Bryologiques Internationales à
Vierves-sur-Viroin. Infos scientifiques et
excursions sur le terrain au programme.
• Le service “Détermination gratuite” vous
permet d’obtenir le nom d’une espèce
après avoir rempli une fiche et rentré un
petit échantillon. Info [email protected]
• La Cellule “Bryophytes” du PCDN de
Viroinval a édité un cahier A4 de 8 pages
on y découvre plus en détails le monde
passionnant des bryophytes. Gratuit à la
Maison du Parc naturel.
C. Cassimans
Cellule PCDN “Bryophytes”
1 rue d’Avignon
5670 Nismes
060.39.17.90
[email protected]
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Faune
LE COIN DU SPECIALISTE
la Théridiidé des fentes
(Theridion n.sp.cfr.mystaceum)
© Dirk Cleiren
Une nouvelle espèce
d’araignée en Wallonie
LA “KIERKOGELSPIN”
OU LA “THÉRIDIIDÉ DES FENTES”
(THERIDION N.SP.CFR.MYSTACEUM)
Une nouvelle espèce d’araignée pour la
science fut découverte dans la région
namuroise (1989) par Herman Vanuytven.
Récemment (2007), des démarches furent
entreprises pour une description officielle
de l’espèce.
S’il est exceptionnel qu’une nouvelle
espèce soit découverte en Belgique quand
il s’agit d’espèces animales ayant la faveur
du grand public (comme les oiseaux, les
papillons et les mammifères par exemple).
Leur présence et leur répartition étant bien
connues grâce aux observations sur le terrain des collaborateurs de Natuurpunt et
de Natagora entre-autres. Il en va tout
autrement des coléoptères, araignées,
mouches et autres groupes proches. La
détermination de ces espèces est un travail
réservé aux spécialistes car il manque au
naturaliste “lambda” le matériel et une
connaissance approfondie de ces espèces.
Pour la détermination d’une araignée (hormis l’ADN), l’observation de la structure des
pièces génitales (épigyne chez la femelle et
bulbe copulateur chez le mâle) est indispensable.
Le côté difficilement accessible du monde
des Arthropodes s’explique aussi par le fait
qu’en Europe on recense plus de 120.000
espèces.
Il n’est donc pas surprenant de constater
que la plupart des gens sont capables
d’identifier les espèces d’oiseaux les plus
courantes vivant dans leurs jardins, alors
qu’ils se contentent du terme très général
de “coccinelle”, “araignée porte-croix” ou
“mouche” lorsqu’il s’agit d’Arthropodes
présents dans les jardins.
page 22 // CLIN D’ŒIL
ARAIGNÉES :
PLACE DANS LE RÈGNE ANIMAL
Le règne animal se subdivise en 9 phyla
(anciennement “Embranchements”). Parmi
ceux-ci se trouve le phylum des Arthropodes. Ces Arthropodes possèdent un exosquelette et 3 paires de pattes (ou plus) de
forme tubulaire, segmentées et articulés.
Autre phylum bien connu, celui des
Vertébrés, parmi lesquels nous trouvons
les poissons, les reptiles, les amphibiens et
les mammifères.
Le phylum des Arthropodes se subdivise en
Classes suivant le nombre de segments
articulés. Nous avons par exemple les
Crustacés (Crustacea) avec 5 paires de pattes, les araignées (Arachnida) avec 4 paires
de pattes et les insectes (Insecta) possédant 3 paires de pattes. Ces Classes se
subdivisent encore en Ordres, Familles et
Genres. Plus ou moins 85% de toutes les
espèces animales décrites appartiennent
aux Arthropodes.
ARAIGNÉES ET INSECTES :
LA MORPHOLOGIE
Contrairement à une idée fort répandue
dans le grand public, les araignées ne sont
pas des insectes bien qu’ils appartiennent
au même phylum que les Insectes: les
Arthropodes.
Les insectes possèdent: une tête, un thorax, un abdomen, des yeux composés, des
antennes; les pattes, elles, étant attachées
au thorax. Les mandibules, les palpes et les
yeux sont situés au niveau de la tête.
Les araignées possèdent des yeux simples,
n’ont ni ailes ni antennes, présentent des
pédipalpes et des crochets venimeux (chélicères), un céphalothorax et un abdomen.
Les pédipalpes, les chélicères et les pattes
sont attachés au céphalothorax.
Illust. Photo n° 7 Céphalothorax
La plupart des insectes se nourrissent de
végétaux, contrairement aux araignées
(Araneae) et aux autres Arachnides (pseudo
scorpions, scorpions, opilions) qui se nourrissent de proies animales.
LES ARAIGNÉES EN BELGIQUE
La faune aranéologique belge compte 701
espèces représentant 43 familles. 11 de ces
familles comportent également 27 espèces
exotiques.
Tout récemment, quelques espèces nouvelles pour la Belgique furent découvertes:
(Para) zygiella montana (Cantons de l’Est),
Sibianor larae (prov. Namur) en Scotophaeus quadripunctatus (prov. Anvers). Ces
espèces ne figurent pas encore dans la nouvelle liste d’espèces publiée dans la feuille
de contact d’ARABEL (Bosmans, 2009).
LA “KIERKOGELSPIN”
UNE VRAIE THERIDIIDAE
La famille des Théridiidae est très vaste et
comprend de part le monde une centaine
de genres comportant 2.220 espèces. Le
nom latin du genre Theridion nous indique
qu’il s’agit d’une araignée appartenant à la
famille des Theridiidae. Le genre Theridion
comprend à lui seul quelques 600 espèces
(WIKIPEDIA, 2009).
La famille des Théridiidae comporte en
Belgique 57 espèces, dont 7 appartiennent
au genre Theridion (Arabel, 2009). En
Europe du nord, cette famille regroupe 67
espèces (Roberts, 1995).
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Les caractéristiques du genre Theridion
sont le plus souvent un abdomen sphérique et un céphalothorax brillant. Egalement caractéristiques sont la retraite en
forme de coupelle et la toile proprement
dite qui est constituée de courts fils disposés en tout sens et dont seuls les fils extérieurs sont collants. Ces fils extérieurs
permettent la capture de petits insectes
rampants Les efforts de la proie pour se
libérer du fil entraîne sa cassure mais projette la “victime” vers d’autres fils rendant
toute fuite impossible.
Une très belle petite théridiidé est la
“Prachtkogelspin” – (la “théridiidé magnifique”) (Achaearanea lunata), appartenant
au genre Achaearanea. Egalement faisant
partie des théridiidés la très célèbre “Veuve
noire” (Latrodectus mactans) qui fut
récemment signalée dans le port d’Anvers
dans des véhicules importés des U.S.A.
Théridiidé magnifique
(Achaearanea lunata)
© Michel Vuilsteke
Littérature
- Bosmans R. 2009. Een herziene lijst van de
Belgische spinnen (Araneae). Feuille de
contact Société Arachnologique de
Belgique/Nieuwsbrief Belgische Arachnologische Vereniging. 24(1-3):33-58.
- Roberts, M. J., 1995, Spiders of Britain and
Northern Europe, Harper Collins Publishers,
London, 383p. ISBN: 0 00 219981 5
- Vanuytven H., 2005, Leven op acht poten,
Spinnen van België en Nederland onder de
loep, Panaman, Antwerpen, 223p. ISBN:
9080961116
- Wikipedia, 2009
Les espèces T. varians, T. melanurum et T.
mystaceum sont très proches de la
Théridiidé des fentes (Theridion n.sp.cfr.
mystaceum), ces espèces présentant une
morphologie, une coloration abdominale et
des dessins dorsaux quasi identiques.
Bert Van Der Krieken
Theridion melanurum
© Pierre Oger
Natuurpunt
[email protected]
ou [email protected]
Theridion mystaceum
© Pierre Oger
Veuve noire
(Latrodectus mactans)
© M. Kostich
ARAIGNÉES: POUR EN SAVOIR PLUS !
Après la découverte de la Théridiidé des
Fentes en 1989 dans une carrière de la province de Namur, cette espèce a pu être
observée par la suite durant un projet d’inventaire à Anvers (Antwerps Spinnenonderzoeksproject, 2004-2005) dans 8 endroits,
essentiellement au creux des murs le long
de voies de chemin de fer. On suppose que le
transport de gravier de Wallonie pour renforcer le ballast des voies de chemin de fer dans
le port d’Anvers est à l’origine de l’expansion
de la Théridiidae des Fentes.
Le genre Theridion s’est enrichi dans les
années ’80 avec la “Rotskogelspin” - littéralement la Théridiidé des rochers
(Theridion hannoniae).
Théridiidé des rochers
(Theridion hannoniae)
Si vous voulez en savoir plus à propos des
araignées, vous pouvez prendre contact
avec ARABEL, la Société Arachnologique de
Belgique, fondée en 1976.
ARABEL organise annuellement plusieurs
réunions ainsi que des excursions.
Visitez son site: www.arabel.ugent.be
A l’occasion d’Halloween, Robert Kekenbosch
et Renaud Delfosse donnèrent un exposé
très instructif à propos des araignées à la
Maison des Baillis (Parc Naturel ViroinHermeton) à Nismes.
Robert Kekenbosch inventorie depuis plusieurs années l’aranéofaune de la vallée du
Viroin, lors de cette soirée il a pu donner un
aperçu de la richesse aranéologique des
différents biotopes présents dans la région.
Pour plus de détails concernant ARABEL,
vous pouvez prendre contact avec le Dr.
Léon Baert [email protected],
Institut Royal des Sciences Naturelles de
Belgique, rue Vautier, 29 à 1000 Bruxelles.
Tel.: 02 / 627 43 04.
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Les Rhopalocères
intrus de Doische
ou le dilemme d’un cortège contrasté
Texte et photos
Jean Delacre
Des hôtes inattendus – Dans mes relevés d’inventaire des
Lépidoptères rhopalocères et hespéridés du Bois des Fagnes / Trou des
Gattes / Haie Gabaux/Crestia, habitat caractéristique de la Fagne acide, j’ai
souvent été étonné de relever la présence de quelques espèces considérées
comme calcicoles dont certaines propres aux pelouses rases.
Je pense en particulier ici à l’observation
d’Iphiclides podalirius, de Colias alfacariensis, Polyommatus (Lysandra) coridon,
Aricia agestis, Erebia medusa, toutes espèces apparemment inopportunes sur le site
étudié. Il existe des papillons à double identité écologique, produisant même des morphes distincts et induits par la nature écologique ou géologique de chaque habitat
respectif. Mais ce n’est apparemment pas
le cas des intrus rencontrés et syntopiques1 avec les habitants inhérents au site.
clairière pour se mettre à l’abri des intempéries, n’était qu’un intrus volant au gré
des vents, même s’il fut revu plusieurs fois
par la suite.
Erebia medusa
Moiré franconien
Collier de corail
(Aricia agestis)
IMPLANTATION OU SIMPLE PASSAGE ?
Certes, j’ai souvent vu errer ces figurants
non attendus sur les rares chemins
empierrés de longue date en roches calcaires, où la flore est d’ailleurs franchement
devenue calcicole, mais est-ce suffisant
pour les y croire implantés? J’ai pu contacter P.coridon ou A.agestis fraîchement
éclos, mais leur présence en nombre sur
les tiennes2 calcaires de Foisches, à quelques petits kilomètres à vol de papillon,
explique peut-être la fraîcheur de ces
éventuels vagabonds.
UNE PRÉSENCE ÉNIGMATIQUE
Le cas d’Erebia medusa est le plus énigmatique. Photographié une première fois,
en pleine forêt un jour de pluie, il était évident que cet exemplaire réfugié dans une
page 24 // CLIN D’ŒIL
Les tiennes de Foisches étaient une fois
de plus le berceau d’origine de cette
espèce calcicole dont les stations belges
sont d’ailleurs assez peu nombreuses.
Si je prends au pied de la lettre la carte
géologique 58/1-2 publiée par la Direction
Générale des Ressources naturelles et de
l’Environnement, la partie sud de la propriété au lieu dit “Au Crestia” se trouve sur
une frange d’une centaine de mètres sur
sol frasnien et non plus famennien Formation des Valissettes: schistes verts
localement à nodules de calcaire - , d’où
l’on passe progressivement en quelques
centaines de mètres à la formation calcaire
d’argiles noires et de schistes (Neuvillien)
à celle de calcaires grossiers gris clairs du
Massif de Philippeville, pour se terminer
sur l’autre rive de la Meuse aux affleurements fossiles de récifs coralliens du
Givetien (360.000.000 d’années). Le berceau calcaire n’est donc pas très éloigné.
Polyommatus
(Lysandra) coridon mâle
LES “HAUTS DE DOISCHE”
HIER SI RICHES….
La seule barrière à la dispersion des populations de lépidoptères calcicoles de
Foisches, est l’imposant désert agraire
que représente la zone réservée, ou mieux
accaparée, par l’agriculture intensive, qui
à réduit les “Hauts de Doische” - naguère
si riches - en un milieu abiotique, dépourvu
du moindre petit réservoir génétique.
Il faut passer la frontière française toute
proche, et circuler sur les chemins et les
tiennes du village de Foisches - 3 km à vol
de papillon - pour retrouver ce que les
“Hauts de Doische” étaient encore dans les
années 1930 d’après la littérature.
Seul un “grand volateur” tel qu’Iphiclides
podalirius ou un erratique aussi instable
que Colias alfacariensis est susceptible
d’atteindre par ses propres moyens et de
façon récurrente le site du Trou des gattes
/ Haie Gabaux. P. coridon est aussi connu
pour ses capacités à prendre occasionnellement la tangente.
Mais Aricia agestis est un insecte sédentaire, aux mœurs très confinées, que seul
le dieu Eole serait susceptible de projeter
là où il se cantonnera instinctivement aux
quelques substrats calcaires de fortune.
Fluoré
(Colias alfacariensis)
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Cuivré commun
(Lycaena phlaes)
PEUT-ÊTRE REVIENDRONT-ILS?
Sinon, quel phénomène régit ces intrus?
Et verrais-je un jour Hesperia comma,
Thymelicus acteon, Spialia sertorius,
Cupido minimus, voire Polyommatus thersites3, tous relevés à Foisches ou à
Rancennes sur l’autre rive mosane, poussés par le même vent bienfaiteur d’un
inespéré repeuplement ?
GYRO BROYAGE COMMUNAL
= DESTRUCTION DU BIOTOPE
Cuivré écarlate
(lycaena hippothoe)
BIO-INDICATION, BIO-SURVEILLANCE ?
Agents essentiels des cycles biologiques,
réagissant ipso-facto au moindre effet
nocif (notamment au niveau des planteshôtes dont ils sont tributaires), par un
recul ou une extinction, les papillons sont
les véritables révélateurs pour le diagnostic d’une telle situation. Solidaires de chaque écosystème, ils s’en avèrent être les
meilleurs marqueurs synécologiques5.
Leur influence sur les écosystèmes se
manifeste autant par leur présence que
par leur absence. En ce sens, les espèces
les plus signifiantes ne sont pas à considérer individuellement, mais collectivement,
un peu sur le mode d’une guilde. (Sensu
Tarrier, 2004, comm.pers.).
À Doische, il y a 80 ans, volaient de concert
dans les mêmes prairies humides
Melitaea cinxia, Euphydryas aurinia et
Lycaena hippothoe. En 2010, seul Euphydryas aurinia à réussi à survivre tant bien
que mal et très ponctuellement. Ne nous
leurrons donc pas, ce type de biotope est
bien malade, sa dégradation progressive
étant arrivée à un stade paroxystique et
quasi irréversible.
Damier de la succise
(Euphydryas aurinia)
Autant en importe le vent, s’il n’y avait ce
grand, immense et triste “mais!”.
Car, il y a un “mais”, ces beaux chemins de
campagne, où ne passent que quelques
rares vaches et tracteurs, sont chaque été
gyro broyés, arasés, “nettoyés” par les services communaux, détruisant en un instant, ce que la nature par le vent tente de
reconstruire.
Adieu Coridon, Agestis, Icarus, Phlaeas et
autres habitants de ces bermes fleuries.
Azuré commun
(Polyommatus
icarus)
POUR LA BIODIVERSITÉ CHANGER LES
MAUVAISES HABITUDES
Pourquoi le principe de fauchage tardif
bienheureusement appliqué sur une partie
des voiries communales de Doische n’estelle pas mise en œuvre sur le RaVel4 et sur
les petits chemins communaux peu ou prou
empruntés, et pourquoi en “gyro saccager”
les abords plusieurs fois l’an? La question
est posée et est loin d’être anodine pour la
biodiversité des bords de routes. Les Bleus
nacrés, les Argus bruns, les Orvets, les
Lézards, les Couleuvres, et les fleurs sauvages demandent un tant soit peu de respect
de l’aire de leurs amours, jeux, vie et mort.
En cette année 2010 de la Biodiversité,
changer les “mauvaises habitudes” serait
peut-être un bon geste pour la Planète.
bles, ne supportant pas un équilibre rompu
par la moindre intervention, pression ou
nuisance, sont des bio indicatrices emblématiques de la valeur d’un milieu, également nommées espèces-ombrelles ou
espèces clé-de-voûte qui veillent à la
naturalité de l’habitat.
Jean Delacre
Conservateur de la Haie Gabaux,
réserve RNOB
1 Syntopie: partage d’un même biotope.
2 Tiennes: Collines couvertes de terrains incultes, friches, pelouses calcaires typiques de la Calestienne.
3 Vraisemblablement disparu
4 Le RaVel est un réseau de voies récréatives, élaborées
par la Région Wallonne et réservées aux piétons,
cyclistes et cavaliers, empruntant les anciennes voies
ferrées désaffectées, anciennement biotope de première importance pour quantité de Lycènes qui y trouvaient une flore adaptée. Actuellement lieux quelque
peu “aseptisés” par la pose d’infrastructures en “dur”
aux abords écorchés par un gyro-broyage répétitif.
5 Synécologie: la synécologie étudie les communautés
d'êtres vivants et le milieu qui les entoure, c'est-àdire les rapports qui s'établissent entre les diverses
espèces végétales et animales et le milieu extérieur.
En synécologie, une unité importante est la biocénose. Elle correspond à une communauté d'êtres
vivants qui habitent une portion du paysage et sont
adaptés aux conditions de ce milieu.
6 Oligophage: Se nourrissant d’un nombre très restreint de plantes-hôtes.
7 Sténoèce: Caractérisé par des exigences écologiques
étroites et assez strictes (faible valence écologique)
et donc contraint à une localisation en des conditions
bien particulières (antonyme: euryèce).
PETIT LEXIQUE des mots et des noms
vernaculaires utilisés dans cet article
La plupart de ces “papillons marqueurs”
sont monophages ou oligophages6, et
étroitement inféodés à des plantes-hôtes
sensibles et vulnérables. Il s’agit donc
d’une panoplie d’éminents indicateurs biologiques qui réagissent aux modifications
nocives par un recul, puis par la disparition. Les insectes-outils sont censément
moins maniables mais sans nul doute plus
précis que les vertébrés ou les plantes,
tant pour la gestion et la sélection des sites
à protéger, que pour l’évaluation de l’incidence biologique en baisse des surfaces
menacées, en un mot pour la conservation
du patrimoine naturel au service des populations rurales fragilisées par de nouvelles
donnes économiques. Les espèces parfaitement sténoèces7, hautement vulnéraFlambé
(Iphiclides podalirius)
RHOPALOCÈRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . papillon de jour
HÉTÉROCÈRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . papillon de nuit
Iphiclides podalirius . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Flambé
Colias alfacariensis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Fluoré
Polyommatus coridon . . . . . . . . . . . . . . . . le Bleu nacré
Aricia agestis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Collier de corail
Erebia medusa . . . . . . . . . . . . . . . . . le Moiré franconien
Hesperia comma. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Comma
Thymelicus acteon . . . . . . . . Hespérie du chiendent
Spialia sertorius . . . . . Hespérie des sanguisorbes
Cupido minimus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . l’Argus frêle
Polyommatus thersides . . . . l’Azuré de Chapman
Icarus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . l’Azuré commun
Phlaeas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le Cuivré commun
Melitae cinxia . . . . . . . . . . . . . . . . la Mélitée du plantain
Euphydryas aurinia . . . . . . le Damier de la succise
Lycaena hippothoe . . . . . . . . . . . . . . . le Cuivré écarlate
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Noctua
Chevêche d’Athéna (© Noctua)
une association de “bienfaiteurs” totalement dédiés
à la protection et la conservation de la Chevêche d’Athéna
Nombreux sont ceux qui ont entendu parler
de ce sympathique petit rapace nocturne
répondant au joli nom de Chevêche
d’Athéna (Athena noctua); en particulier
dans l’Entre-Sambre-et-Meuse où les vieux
vergers encore relativement fréquents sont
propices à son habitat. Avec les pressions
qui pèsent aujourd'hui sur son milieu de
vie, la survie de notre jolie petite chouette
est de plus en plus menacée. C’est pourquoi toute action visant à la protéger, elle et
son habitat, mérite largement d’être soulignée dans notre revue.
Nous reproduisons ici l'article consacré à
l'association NOCTUA et paru en mars 2010.
Le sixième numéro des chroniques du
“Bruant Wallon” de la régionale Natagora
Brabant wallon (www.natagora.be/brabant_wallon) consacre plusieurs pages à la
présentation de cette équipe dynamique de
bénévoles. Espérons qu’il vous “mettra l’eau
à la bouche”. Peut-être suscitera-t-il de
nouvelles vocations dans notre belle région?
Jacques contrôle un de ses nichoirs © noctua
L’ORGANISATION
Le principe est simple et efficace: suivre le
temps nécessaire une formation en accompagnant sur le terrain un responsable d'une
zone déjà existante. Ensuite mettre en application dans sa propre région les conseils
reçus et ainsi étendre l'impact de notre
action à travers un maximum de régions.
LA FONDATION
La situation de la Chevêche, en Belgique
comme à travers toute l’Europe, est assez
préoccupante alors qu’elle était considérée
comme assez abondante au début du siècle
dernier. La principale raison de son déclin
est incontestablement la perte d’habitat
par une urbanisation galopante et une
rationalisation de l’agriculture. Bien d’autres facteurs viennent se cumuler comme
les dangers engendrés par le trafic routier,
les cheminées, les abreuvoirs ou la fragmentation des noyaux reproducteurs.
Fin des années 80, plusieurs ornithologues
“carolos” ont pris conscience de ces problèmes et ont décidé d’agir afin de venir en aide
à ce petit rapace menacé. Etude et protection de la Chevêche étaient devenu une priorité et c’est ainsi qu’est né en 1994, à l’initiative de Jacques Bultot, le groupe NOCTUA.
page 26 // CLIN D’ŒIL
Contrôle d’une belle nichée © Noctua
LES ACTIONS
Il a fallu d’abord évaluer les densités
(méthode de la repasse*) et trouver des
solutions pour aider les populations encore
présentes chez nous. Un nouveau type de
nichoir (caisse à vin) a été mis massivement
à la disposition de la Chevêche à travers
toute la Wallonie (> 500). Parallèlement à
cette première action d’urgence, des gestions ont été réalisées dans les milieux
favorables. Elles ont permis en 15 ans de
tailler (émonder) près de 1.000 saules et de
mettre en terre plus de 2.000 plançons ainsi
que d’entretenir de vieux vergers.
Gestion à Chastre mars 2006
Bon an mal an, nous suivons entre 200 et
250 couples de Chevêches, ce qui représente
> de 3.000 nichées et près de 10.000 poussins envolés en plus de 15 ans ! Pour permettre un suivi scientifique, tous les oiseaux
capturés (adultes et jeunes) sont bagués, ce
qui nous fourni une masse de données intéressante sur la biologie de cette espèce: dispersion, fidélité, mortalité, etc.
Dernièrement, une Chevêche âgée de 14
ans a été contrôlée! C’est une information
remarquable pour un oiseau confronté à
autant de dangers. Ce dernier exemple justifie à lui seul le fait qu’une étude à long
terme est nécessaire et peut toujours
apporter son lot de surprises.
Le suivi d’une espèce comme la chevêche
demande beaucoup d’énergie et d’investissement personnel. Nous mettons toujours
en garde les personnes qui voudraient tenter une initiative en faveur d’Athéna, mais
nous restons toujours disponibles pour
faire profiter de notre expérience toute
action qui serait entreprise. (voir conseils
sur www.noctua.org)
Il faut parfois innover, comme résoudre le
problème de la prédation en adaptant un
SAP* devant le trou d’envol ou organiser
des journées de construction de nichoirs.
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ment des sujets de mémoire de fin d’étude
et des bilans réalisés dans d’autres pays.
Depuis 5 ans, vous pouvez suivre en direct
et discrètement une nichée en période de
nidification entre mars et juillet grâce à nos
webcams infrarouge installées dans et à
l’extérieur d’un nichoir.
© Noctua
Journée “construction” septembre 2009
Notre association fait également partie du
groupe francophone pour La protection et
l’étude de la chevêche, ce groupe réunit
tous les spécialistes de France, Suisse,
Luxembourg et Belgique. Chaque année,
un colloque est organisé dans l’un de ces
pays afin de mettre en commun nos expériences mais aussi de créer de “chouettes”
liens à travers toutes ces régions. Un
cahier technique sur la chevêche a été créé
par ce groupe et est disponible en le téléchargeant sur notre site à l’adresse suivante: www.noctua.org/cahier.html
Tous les deux ans, en collaboration avec les
Parcs Naturels Régionaux de France et la
LPO, la “Nuit de la Chouette” nous permet
de sensibiliser le grand public à la protection
des rapaces nocturnes. Prochain rendezvous en mars 2011.
UN PROJET ET UNE DEMANDE
Notre futur projet est d’organiser en
Wallonie (Brabant Wallon) fin 2011 ou début
2012 le colloque du groupe francophone
“Chevêche”.
Nous recherchons une personne bénévole
pouvant s’occuper du secrétariat du groupe
et faire des “demandes de subsides”
auprès des institutions.
Un regard d’or (© Noctua)
Vue dans un nichoir grâce à une webcam
Enfin un forum est à votre disposition pour y
poster toutes vos observations, demandes ou
remarques diverses. Une galerie de photos
et de vidéos illustrent la vie et les mœurs de
cet extraordinaire lutin de nos campagnes.
Pour NOCTUA
Th. Votquenne
J. Bultot
[email protected]
UN SITE
Le site web www.noctua.org est la vitrine
de notre association. Celui-ci offre toutes
les informations sur la Chevêche d’Athéna
et sur nos activités. Dans la page “les brèves d’ailleurs” nous vous proposons égale-
Face à face (photo de T. Votquenne © Noctua)
NATUROSCOPE
MAI
MARS
• Carmeuse a chargé ESM d'établir un
inventaire faunistique et floristique d'un
site d'exploitation épuisé. Les réaménagements seront adaptés en fonction des
espèces constatées sur le site. Cette initiative courageuse et proactive de
Carmeuse s'inscrit dans une stratégie
d’amélioration continue de la biodiversité de ses sites de carrière.
• Un Râle d'eau femelle en visite au magasin Dema à Couvin. Il s'était perdu dans
les réserves du magasin. François
Corman, un des responsables eut le bon
réflexe de nous prévenir afin de relâcher
l'oiseau dans de bonnes conditions.
AVRIL
• Une mini tornade à l’étang de Virelles!!!
Les visiteurs de l’Etang n’en croyaient pas
leurs yeux. Le vent semble s’être soudainement déchainé sur lui élevant en une
colonne de plusieurs dizaines de mètres
ses eaux pourtant si calmes et paisibles
retombant en pluie fine sur les spectateurs médusés.
* voir article dans Aves 32 (2-3) 1995: 73-99
Un Râle d'eau
femelle
JANVIER
• Une Effraie des clochers que rien ne
semble effrayer! Mi janvier, La Hestre. Il
fait très froid et déjà sombre quand la
famille Chenoy entend frapper à la fenêtre. Surprise, une chouette effraie installée sur le seuil de la fenêtre les observe!
Charles, l’aîné et déjà passionné de
nature, ouvre prudemment la fenêtre.
L’oiseau s’installe aussitôt sur son poing
pour le plus grand enchantement de la
famille. Un oiseau échappé d’un élevage?
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La nature sur la toile
POUR TOUT SAVOIR SUR:
La page de notre régionale:
> www.natagora.be/esm
Vous avez aimé la page sur les cigognes noires?
> http://www.solon.be/cigogne.php
Vous voulez en savoir plus sur la Chouette Chevêche?
> www.noctua.org
Intéressé par la création d’un verger?
www. rwdf.cra.wallonie.be
>
Si vous n’avez pas le bourdon, un site intéressant sur ce sympathique hyménoptère
> http://zoologie.umh.ac.be/hymenoptera/page.asp?id=160
ERRATA - Clin d’œil Nature n° 5
• Dernière page, Encart de la Grièche n°17, la photo du Gobemouche noir n’est pas de Fanny Ellis. Il faut aussi lire
Gobemouche et non Gobe-Mouche • Dans le carnet de bord de Anne Sansdrap, il faut lire “pour terminer par
l’Islande” et non par la Finlande • La rédaction prie les auteures de bien vouloir excuser ces fautes d’impression.
Le contenu des articles signés parus dans cette revue engage la responsabilité de leurs seuls auteurs. Leur reproduction ou celle de leurs illustrations est soumise à l'accord de la rédaction.
Nature et Terroir
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mammifère, acrobate et grand dormeur
puisqu'il hiberne pendant 5 mois. Hélas,
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basses disparaissent. Son menu: les
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page 28 // CLIN D’ŒIL
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