N°101 - DVSM

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N°101 - DVSM
www.dvsm.fr
NUMERIQUE ET DISTRIBUTION
La saga de la première
décennie numérique
Second épisode
Philips
Elégance et performance, de la valeur en rayon
*
TVANALOGIQUE
L'après switch-off
a commencé
TÉLÉCOMS
GUIDAGES GPS
Un créneau qui
change de rythme
La dynamique reste
présente
PHOTO NUMÉRIQUE
Les rayons en fête
* Du sens et de la simplicité - Téléviseur 42PDL7906H/12
N° 101 – Décembre 2011 – Janvier 2012 - 8,90 euros
S
O M M A I R E
6 DVSM INFOS
La chronique au jour le jour du monde de la
distribution EGP multimédia
20 LES COÛTS BAS !
La promo toute nue toute crue, telle que l’ont
vécue les clients ces jours derniers et il y a 10 ans
48 NOTRE DOSSIER TÉLÉCOMS, SECOND
24 L’ANALOGIQUE, C’EST FINI
VOLET
L’un des rares secteurs à afficher de réelles
croissances commenté par ses animateurs
Les ondes en ont terminé avec les signaux à
l’ancienne
29 LG DYNAMISE SA STRATÉGIE
52 LES SYSTÈMES GPS BIEN DANS LEUR
La firme met les bouchées doubles sur la TV
connectée et la 3D
ÉPOQUE
Le guidage ne plie pas, et gagne même des
adeptes, tant côté clients que distributeurs
30 L’INVITÉ : FRANSAT
56 CLARION VOIT LOIN ET PRÈS À LA FOIS
Pour recevoir la TNT et bien davantage, une
solution satellite gratuite qui va encore faire bien
des clients heureux
Avec des armes technologiques puissantes, le
constructeur table sur le long terme et sur une
proximité optimisée avec le réseau
32
58 LE GUIDAGE SUIVANT NAVTEQ
LA RENCONTRE DES PERFORMANCES
ET DU DESIGN
De l’Ambilight au 21/9, la gamme Philips mise
plus que jamais sur des différenciations qui
valorisent les ventes
Marc Guérin, de Navteq Europe, brosse un
panorama du guidage assez réconfortant
60
RÉGLEMENTATION : DANGERS EN
DÉPLACEMENT !
Indispensable pour les collaborateurs qui se
déplacent à l’étranger, pour un jour ou pour
longtemps
36 ASTON : VOCATION SATELLITE
A la découverte d’une entreprise purement
française, et à la pointe de la TV numérique
62 JOUONS LE JEU : FAIRE COMME SI
La simulation est l’autre maillon fort du marché
ludique. Regard sur une décennie de ventes
essentielles et quelques oublis dans les rayons
66 PRODUITS NUMÉRIQUES :
INTOUCHABLES ?
Dans 10 ans, le numérique nourrira-t-il encore
ceux qui en distribuent produits et services ?
39 NOUVELLE IMAGE : RAYONS EN FÊTE
DVSM, Distribution, Ventes & Services Magazine N° 101
La photo numérique affiche une bonne image,
malgré quelques difficultés en coulisses
Parution du 14 décembre 2011.
Prix du numéro : 8,90 euros.
Abonnements : un an (10 numéros) : 89 euros
Deux ans (20 numéros) : 178 euros.
41 FUJIFILM VA NOUS FAIRE LA PEAU !
RÉDACTION, PUBLICITÉ, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS :
Des pixels aux collagènes, il n’y a qu’un pas que
Fujifilm est en train de franchir
BP 50119 - 93271 Sevran Cedex. Tél. : 01 43 83 41 24
Fax : 01 43 83 26 33 - Email : [email protected]
RÉDACTEUR EN CHEF : Yves Dupré.
ASSISTANTE : Véronique Duhamel.
PRINCIPAUX COLLABORATEURS : Geneviève Beauvarlet, Maria Geyer,
André Jull, Christophe Perrier, Jérôme Larpège.
DIRECTEUR ARTISTIQUE, 1 RÉDACTEUR GRAPHISTE : Max Pagis.
COORDINATION : Elvire Legras
42 LA MÉTHODE NIKON
Bruno Chappotteau, de Nikon France, détaille
les options de la marque et évoque le marché
ER
44
LE HOME-CINÉMA SE PROJETTE
SUR L’AVENIR
Un bon film, une bonne installation : les clients
en redemandent
PUBLICITÉ : au support. Imprimé en France. Dépôt légal : à date de
parution. ISNN, 1626-7702.
* DVSM, Distribution, Ventes & Services Magazine est une publication éditée
par Retail Dynamik France* SARL. 73-75, rue de la Plaine. 75020 - Paris.
GÉRANT, DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : B. Sailliard.
Reproduction, même partielle, interdite. Tous droits réservés pour tous pays * Marques déposées.
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3
E
D I T O
A
vec l’année qui s’achève, notre regard sur la
première décennie du numérique intégral et
son vécu dans les enseignes laisse désormais
la place au démarrage d’une nouvelle époque. Celleci devrait s’avérer au moins aussi riche que la précédente. Mais une sérieuse différence s’impose à présent, dont bien peu nombreux étaient ceux qui, voici
dix ans, en auraient prédit la nature. 2001 était un
millésime rempli de promesses et d’espoirs, grâce à la
numérisation naissante, à une atmosphère économique euphorique, et aux promesses que le grand
marché et sa monnaie unique mettaient en évidence.
2011 se termine sur une visibilité de l’évolution des
marchés et même des produits que les acteurs, d’une
manière générale, estiment ne pas dépasser le très
court terme. Mais plus grave et plus inattendu, c’est
notre monnaie unique qui jette sur l’ensemble de
notre avenir l’ombre d’un immense et inquiétant
point d’interrogation. Face à la grande agitation des
responsables politiques européens, qui n’est pas sans
évoluer chaque jour un peu plus vers une sorte
d’acharnement thérapeutique pour une monnaie
malade, comment ne pas s’inquiéter de la situation.
Les experts et spécialistes semblent dépassés par
l’ampleur du malaise et ne pas trop savoir par quelle
méthode le combattre. Cela va jusqu’à des
prophéties de disparition de notre jeune
euro. Une hypothèse dont il faut mesurer,
sans aller plus loin que le cadre de notre
propre métier, les conséquences qu’elle pourrait entraîner. Car dans l’instant où cette devise laisserait la place à un retour à des parités nationales, les soucis commenceraient avec une dislocation de toutes les structures tarifaires. On imagine alors la complexité de la tâche, alors que des
quantités d’entreprises depuis 2001 se sont organisées avec des plates-formes logistiques et de
livraisons européennes. Et que dire des complications inévitables pour les firmes qui ont même
déjà opté pour des filiales uniquement européennes. Non seulement elles auraient à gérer des
clientèles dans des devises différentes, mais de surcroît avec des parités, par rapport à des monnaies asiatiques par exemple, ayant évolué et fluctuant de manières différentes selon les lieux de
destination. On peut aussi s’effrayer à la vision de ce que deviendraient les prix des produits.
L’hypothèse d’un euro-franc fortement dévalué par rapport à l’euro abandonné ferait à coup sûr,
en France, immédiatement grimper la valeur de nombreux produits importés, soit l’essentiel de
YVES DUPRÉ
ceux avec lesquels nous travaillons. Effet terrible, à ajouter à l’ensemble des frais résultant des
rédacteur en chef
manœuvres liées à la conversion, et pourquoi pas, à un petit coup de pouce sur la TVA.
L’énumération de ces conséquences probables pourrait encore se prolonger. N’en rajoutons pas, et contentons-nous de constater que l’espoir d’il y a 10 ans a cédé la place à une lourde angoisse. Les experts semblent eux-mêmes perdus, et les responsables politiques avec eux, hésitant entre deux options : conserver
l’euro, et c’est le naufrage probable, ou l’oublier, et c’est la catastrophe quasi certaine. D’une manière
désormais inévitable, chacun a bien compris que cet épisode ne sera pas sans conséquence coûteuse. En
guise de triple A, c’est plutôt à un triple «aïe !» qu’il faut se préparer. Mais, comme cela se dit familièrement, le pire n’est jamais sûr. 쐍
Tout,
mais pas ça !
[email protected]
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DVSM-INFOS
OR ET PLATINE
adroitement le leur décrire, argumenter sur ses mérites.
Sans parler de ceux qui, imbécilement, ne songeraient qu'à
en raboter l'étiquette ! Et pourtant, il s'en vendra. Et certains
de vos confrères n'auront même que quelques coups de fil
à passer ou SMS à envoyer, avec un message presque laconique mais suffisant : « elle est arrivée », pour que les ventes
soient dans la poche. La marge aussi. Alors, nouvelle, bien
sûr, puisqu'elle vient d'arriver dans la gamme de la célèbre
firme américaine, et bonne parce que chez Macintosh, c'est
comme chez Bentley, Lasserre ou Cartier, on ne sait pas
réellement faire autrement que du bon et largement audelà. Toutefois, après avoir admiré ce maillon riche d'une
chaîne haute fidélité hors du commun, chacun peut réaliser
que dans les rayons, bien d'autres produits, à leur échelle,
commencent aussi à accrocher le regard des visiteurs par
le rêve. Moteur des ventes bien plus puissant que les usages
débordants, les performances extrêmes, les connectivités
décoiffantes ou les prix qui rampent sous les moquettes, ce
petit aiguillon des envies scintille dans l'esprit de tout chaland. C'est le métier de tout professionnel, dans un espace
de vente, que de savoir le faire jaillir l'étincelle. Quitte à
s'appuyer sur la vision des objets d'exception pour titiller des
pulsions qui ne demandent qu'à se manifester.
Voici une vraie bonne nouvelle.Vous l'avez sous les yeux, elle
est très réconfortante.Voici pourquoi. Loin des performances
en promos records sur produits diffusés à très large échelle,
cette affaire qui tourne est un produit dont les arguments
commencent par un rêve, celui des clients, tel le rêve des
bambins devant des jouets merveilleux, s'évadant vers
d'impalpables fantasmes ludiques. Si les enfants se disent
qu'ils n'auront jamais ce joujou qui illumine leur regard
parce que Papa Noël n'apporte pas des présents comme
ça dans sa hotte, les grands bambins audiophiles ne voient
dans leur espoir très souvent impossible qu'une seule
nuance. Ce n'est pas le vieux bonhomme rouge à barbe
blanche qui place ce rêve trop haut vers les nuages, mais
le dernier relevé de compte laconiquement évocateur de
certaines rigueurs pas seulement hinernales. Plus de
12 000 euros pour une platine qui ne lit que des disques
analogiques, ce serait l'équivalent d'un saut à l'élastique
bancaire, sensation forte assurée mais pas exempte d'un
réel danger. Alors, pourquoi placer en ouverture de ce
magazine cette mécanique pour disques signée Macintosh
? Bien sûr, la plupart des lecteurs de ce magazine, professionnels du terrain, n'ont pas les clients pour ce genre
d'objet et d'ailleurs, sans doute ne sauraient-ils que mal-
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ENERGIE À PROFUSION
Elle est bien agréable,
dynamique. Mais elle ne
à exploiter, toute cette
vit pas de l’air du temps.
panoplie d’équipements
Varta, marque reconnue
mobiles que nos clients
dans le domaine de
s’approprient avec
l’énergie nomade bien
accumulée, dispose de
solutions élégantes à
proposer aux chalands
friands de mobilité.
Citons par exemple le
chargeur solaire (Solar
Charger) qui permet de
remplir de puissance
deux AA en versions
Ni-Mh. Sous son
PIONEER : LES MAINS LIBRES
ET À L’ÉCRAN
Le dernier-né de la gamme des autoradios dotés de la fonction Bluetooth de Pioneer
patronyme coloré,
porte la référence DEH-4400BT. A vendre moins de 150 euros, c’est un condensé parfait
« Rainbow » (arc-en-ciel)
et très équilibré de ce que sait faire ce constructeur célèbre. Il réalise la synthèse entre
recharge vite et bien deux
des fonctions typiquement « autoradio », dont l’exploitation dynamique des annonces
éléments de même
sur le trafic routier, une excellente reproduction de son qui compense les pertes liées à
technologie, tandis que la
la compression du signal, et des fonctions mains-libres très performantes.
V-Man Home Station est
Parallèlement, Pioneer a lancé une puissante campagne de communication dédiée à son
« App-Radio », avec un spot diffusé sur des grandes chaînes de télévision, dont TF1.
BOULANGER :
BOBINES DU CHEF
쐍
une véritable station-
coloris disponibles.
donc dotés d’un micro
service pour équipements
Le Memphis obéit au
intégré et d’un adaptateur
qui permet de basculer
On ne peut qu’être admiratif face à l’esprit créatif de
mobiles, baladeurs,
principe de casque fermé,
l’enseigne nordique pour mettre en valeur les pro-
consoles, téléphones, etc.
léger et pliable, équipé
facilement de l’écoute de
duits. Les initiatives se multiplient de jour en jour.
Elle est de surcroît livrée
cette fois-ci d’oreillettes
musique aux appels sur
Observez par exemple l’astucieuse utilisation d’un
avec une panoplie
pivotantes. Avec toujours
Skype. Mentionnons aussi
miroir dans le rayon des casques. Une idée adroite
de connecteurs lui
deux coloris disponibles.
les piles iGo Green, par
pour donner envie aux messieurs de voir quelles
permettent d’être
Les Detroit qui ne
laquelle le fournisseur
bobines ils peuvent se mettre sur la tête sans man-
couplée aux équipements
viennent pas de Gibraltar
mise à fond sur l’écologie.
quer d'élégance. Bobines (de haut-parleurs ou d'écou-
de nombreuses marques
sont des éléments
Pour ce faire, il a décidé
teurs, bien sûr) en forme de couvre-chef que les
connues.
intra-auriculaires livrés
de bannir les métaux
avec 4 tailles d’oreillettes,
lourds comme le nickel ou
toujours proposés selon
le cadmium. A la place, ces
쐍
iGo aime
Skype
deux coloris disponibles
piles exploitent du zinc et
La petite marque
également. Tous sont
du manganèse.
쐍
qui monte lance une
gamme de casques et
d’écouteurs taillés pour
Skype. Elle comprend
quatre modèles : le City,
un casque fermé, pliable
et équipé d’un réducteur
de bruit actif.
Deux finitions sont
clientes hésiteront moins à essayer, sûres grâce à
disponibles (marron/or
cette vision limpide de pouvoir illico réorganiser une
et blanc/rouge). Le Miami
éventuelle mèche rebelle. Et, comme cela peut se
est un modèle moins
constater, cette forme de présentation est aussi très
cossu au design rétro,
efficace pour retenir l'attention de tout badaud
équipé d’une armature
déambulant le regard vide dans les allées au cœur des
métallique légère et
linéaires.
d’oreillettes rembourrées.
쐍
Avec là encore deux
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7
왘왘
DVSM-I
N F O S
BOULANGER À DOMUS :
SUPERBE !
une progression de 14 %
électronique et en
du chiffre d’affaires global
électroménager, qui était
de l’électronique grand
une filiale de la holding
public sur le marché de
Kesa, a été cédée à
Belle réussite pour la
notre voisin. Le téléviseur
OpCapita, un investisseur
conversion du magasin ex-
en reste le point fort et
indépendant. Comet était
Saturn en Boulanger au
l’un des moteurs de cette
en quelque sorte la
centre commercial
expansion, avec
cousine anglaise de Darty,
Domus. Ce n’était pas le
probablement 9 millions
avec un parc d’environ
plus facile à remodeler
d’unités qui auront été
250 points de vente. On se
compte tenu de sa surface
vendues en un an. Les
rappelle que Kesa avait
immense répartie sur trois
consommateurs
pris le relais suite à la
niveaux, espace que l’on
allemands auront
cession des activités
aurait pu imaginer un peu
notamment acheté
d’équipements de la
vaste pour le concept de
1,3 million de téléviseurs
maison par Kingfisher,
Boulanger. Lequel n’est
3D, tandis que les smartTV
actionnaire se repliant
d’ailleurs pas encore
commencent à faire une
principalement sur
totalement intégré. Il
percée significative.
Castorama. Darty et Van
Comme sur les autres
Den Borre, sa filiale belge,
marron ocre typique des
L'Allemagne
en pleine
dynamique
tablettes et quelques
pays européens devenant
points de vente Boulanger
Outre-Rhin, les prévisions
autres produits bien en
son activité majeure, Kesa
s’agit d’un passage à la
exploitant) bien plus
nouvelle enseigne, fait
chaleureux et accueillant
que le sol plastique
marchés européens,
ainsi que quelques autres
les smartphones, les
activités dans d’autres
« natifs ». Pour en voir
signées GFU (une sorte
vogue assureront le
pourrait opérer un retour
davantage sur ce point de
d’équivalence de notre
complément de cet
sur notre sol national.
vente, il suffit de se rendre
Simavelec) pour l’année
exercice qui pourrait
sur www.dvsm.fr, rubrique
2011 qui ont été
contraster avec la
Olympus aux
prises avec la
justice japonaise
« Des points de vente
récemment publiées
morosité dans laquelle se
à visiter ».
permettent d’attendre
trouve le nôtre propre
쐍
쐍
marché, surtout en valeur.
Ce n’est pas une petite
Preuve que le pire n’est
affaire qui malmène la
rapidement, mais avec
pas toujours inévitable,
société japonaise Olympus
soin, ce qui donne un
pourvu que l’on se donne
dont les médias
ensemble lumineux,
les moyens de l’éviter.
économiques révèlent
agréable, où la sensation
쐍
que sa direction reconnaît
trouver le sol (la moquette
Kesa
s'est séparé
de Comet
héritée de l’ancien
Les turbulences
semble-t-il de dissimuler
économiques poursuivent
des pertes importantes. Il
leurs méfaits. Suite à un
serait étonnant que cette
état du marché très
affaire n’ait pas des
de bonne équilibre est
omniprésente. Et nous en
profitons pour persister à
L’OLED, PROCHAINE ÉTAPE POUR
LES ÉCRANS ?
Un marché a toujours besoin de nouveauté. Si les écrans LCD avec rétro-éclairage LED sont en pleine dynamique, le chant du cygne pour les LCD classiques
devrait permettre à la nouvelle famille qui attend en embuscade de se propager
avoir falsifié ses comptes
depuis une vingtaine
d’années. Le but de cette
manipulation était
détérioré sur le territoire
conséquences
britannique, la GSS
importantes sur le devenir
d’outre-Manche Comet,
de cette belle marque du
spécialisée en
monde de la photo.
쐍
d’une manière plus massive. C’est ce que l’on peut déduire des mouvements qui
animent les sphères industrielles asiatiques, et c'est peut-être même ce qui
explique aussi la stratégie de certaines marques importantes de ne pas poursuivre des investissements sur des productions d'écrans LCD promises à
l’obsolescence à relativement court terme, sauf pour les équipements d'entrée de
gamme, les moins rentables. Pour les rayons TV, c’est probablement l’annonce de
l’arrivée de nouveaux produits dont les performances sur le plan visuel vont se
voir. Une bonne occasion de tabler sur un retour à de meilleures profitabilités. Au
minimum, Samsung et LG seraient de cette nouvelle aventure, tout comme Sony
et Toshiba, et peut-être même Hitachi.
쐍
왘왘
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simplicité sans commune
DARTY : LE POIDS DU CLIC
Darty en ligne tourne bien. Le site de l'enseigne GSS
réaliserait des ventes équivalentes à celles d’au moins
25 magasins. En effet, selon les communiqués et informations qui ont accompagné l’annonce de la cession
de Comet par Kesa, il a été mentionné que les ventes
en lignes de Darty représentaient environ 12 % de son
activité, soit un niveau comparable à la moyenne de
25 à 26 magasins de son réseau.
CHRONO STOCK RÉ-INVENTE
L’EAU CHAUDE
쐍
est de fonctionner à
chaque matin à la
l’électricité. Avec un
conquête des poubelles
moteur de 103 000 watts
parisiennes mus par des
mesure avec ce que
représentent les
installations de lignes de
tramways qui, à l’heure
présente, achèvent bien
des avenues
commerçantes dans nos
centres de villes.
Progrès ?
쐍
Quand
les photons
contrôlent les
photons
La jolie plaquette de
cette pratique a déjà été
(équivalent à la
batteries au plomb.
C’est de la technologie
Chrono Stock est bien
utilisée, notamment il y a
consommation d’environ
Silencieux et ne
fondamentale, au niveau
conçue. Elle explique,
plus de... 35 ans, au cœur
1 200 téléviseurs
dégageant pas le moindre
le plus intime de la R&D,
ré-explique et sur-explique
de l’heure de gloire de la
de 40 pouces) il épuise en
flux gazeux polluant, ils
mais cela a une
le concept imaginé par
hi-fi, par une enseigne qui
une centaine de
côtoyaient dans certaines
importance considérable.
deux entrepreneurs qui
évoque forcément des
Des chercheurs ont
n’oublient pas de se
souvenirs aux
découvert qu’une lumière
présenter comme des
professionnels d’un
(flux de photons) qui se
pionniers. Leur principe
certain âge : King Musique.
déplace dans une fibre
repose sur l’ouverture de
Chrono Stock met en
optique peut tout
magasins « éphémères ».
œuvre des outils qui
simplement -si l’on peut
En fait de nouveauté, il
étaient du domaine de la
dire- être interrompue par
s’agit plus simplement de
science-fiction il y a
la mise en œuvre de
ce que l’on appelle depuis
quelques décennies,
quelques autres photons.
des décennies la « location
comme un site Internet,
Voilà qui pourrait changer
foraine ». Dans des locaux
dont même le cordonnier
bien des choses dans le
du coin dispose à notre
travail avec la fibre
époque. Une initiative
optique, le véhicule le plus
globalement classique,
kilomètres l’énergie
avenues des autobus tout
manière un peu excessive
stockée dans trois
aussi silencieux, capables
hauts débits dans l’avenir.
sur le plan de sa
assemblages de batteries
de parcourir des
Cette découverte n’est
description. Quelle
de 150 kWh chacun.
kilométrages illimités,
pas seulement à
plaquette aurait édité
C’est laborieux, et surtout,
sauf par l’épuisement du
considérer à propos du
cette équipe si elle s’était
cela rappelle à ceux
chauffeur. Ces trolleybus
conducteur passif, mais
trouvée à bord de la
qui ont connu
avaient pour avantage de
implique qu’un
composant peut devenir
caravelle d’un certain
la capitale (entre autres)
pouvoir être mis en
dans les années 50 qu’une
service avec des
aussi bien passif qu’actif.
armada de camions partait
infrastructures d’une
Respirez !
쐍
compenser l’absence de
Sita fait ça
depuis
longtemps !
loyers réels, et aux
Voici peut-être encore
locataires commerçants
une de ces innombrables
sommaire - permet au
propriétaire des murs de
l’acheminement de très
Christophe Colomb !
commerciaux vacants,
l’installation - forcément
prometteur pour
mais portée d’une
de réaliser un peu de
initiatives à travers
business, tout en
lesquelles certains
garantissant un départ
imaginent avoir créé ce
rapide si un preneur
qui... existait déjà il y a
« normal » se présente
bien longtemps. Carrefour
pour occuper
a récemment présenté un
durablement les lieux.
beau camion Renault tout
Même dans l’électronique,
neuf dont la particularité
쐍
왘왘
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MOTOROLA : RAZR ET XOOM 2
À L’HONNEUR !
COMBIEN D’HEURES PAR SEMAINE
POUR UNE PASSION ?
Le Motorola RAZR fait
Motorola Xoom 2 Media
partie des derniers
Edition embarque un
smartphones annoncés
affichage 8,2’’ avec angles
par le fabricant Motorola
de vision larges pour
Mobility. Le smartphone
visionner de la vidéo à
joue sur sa finesse
plusieurs, un processeur
extrême, de 7,1 mm, et
dual core 1,2 GHz avec
son riche équipement :
1 Go de RAM, les
affichage Super AMOLED
connectivités sans fil
4,3 pouces HD, processeur
dual core 1,2 GHz, 1 Go de
RAM, connectivités sans fil
Wi-Fi et Bluetooth 4.0,
APN intégré avec capteur
de 8 megapixels capable
d’enregistrer de la vidéo
en 720p, le tout sous
Dans le domaine des loisirs, se côtoient des utilisateurs occasionnels et d’autres plus assidus. Ces derniers constituent la base d’une clientèle qui dépense davantage que la
moyenne des clients. Exemple : vous le trouverez en passant par www.dvsm.fr, et en cliquant sur l’un de nos sites cousins : www.MiniEnd.com . On y constate que des amateurs
assidus de miniatures électriques (automobiles) de la famille baptisée « slot racing » (ça
va très vite) sont capables de consacrer plus de 14 heures par semaine à leur dada.
Motorola France sort
également ses deux
nouvelles tablettes
Motorola Xoom 2 (10,1
pouces) et Motorola Xoom
Une piste de réflexion intéressante quand on sait que dans le numérique, autre domaine
où les loisirs liés à la technique sont très répandus, se retrouvent des passionnés de
photos, de vidéo, des cinéphiles, des mélomanes, des amateurs de simulation de vol, des
fanas de son extrême pour l’automobile… et beaucoup d’autres. Domaines - ou niches pour lesquels les offres en rayon sont totalement ou presque inexistantes. Vous êtes en
quête de valeur ?
Android 2.3.5 Gingerbread.
쐍
2 MediaEdition ( 8,2’’ ). La
Motorola Xoom 2 reprend
les grandes lignes de la
première Xoom, offrant un
affichage 10,1’’ et un
processeur dual core
WiFi et Bluetooth, un APN
1,2 GHz et 1 Go de RAM,
5 megapixels au dos et
ont une position proche
avec les connectivités WiFi
un APN 1,3 megapixel
de celle d’un standard.
et Bluetooth, un APN 5
en façade, pour 6 heures
Apple -et son dirigeant
megapixels au dos et un
d’autonomie annoncée.
récemment disparu-
APN 1,3 megapixel en
Les deux tablettes
n’avait jamais fait mystère
façade, un traitement
utilisent Android 3.2
de tout le mal qu’il pensait
contre les éclaboussures
Honeycomb et seront
de ce logiciel et de ses
et une épaisseur de
à vendre avant
promoteurs.
seulement 8,8 mm. La
la fin de l’année.
쐍
쐍
C'EST À LIRE
Ce petit ouvrage publié chez les Editions d’Orga-
ÇA TANGUE CHEZ ADOBE
nisation (Eyrolles) est un véritable petit guide utile et
surtout simple pour ceux qui, comme son titre
L’éditeur de logiciels
aussi ne plus poursuivre
l’indique, veulent « Réussir une activité sur Internet ».
célèbres comme
ses développements du
Richard Volodarski y aborde sans détour les princi-
Photoshop ou Illustrator
langage Flash, qui permet
paux aspects d’un sujet qu’il connaît à la perfection,
n’est pas dans une
de placer de la vidéo sur
même les points auxquels certains oublient de pen-
période très heureuse.
Internet. En fait, Flash est
ser avec trop d’insistance : penser un modèle éco-
Alors que cette firme,
désormais totalement
dont le nom vient de celui
déstabilisé par la volonté
trafic de qualité. Conseils, astuces, lexique, adresses utiles, rien ne manque dans
cette micro-bible, qui n’a rien d’inutile, à l’heure ou le nombre des internautes ne
nomique, créer un site attractif, et y générer un
de la pierre en indien
persistante d’Apple de ne
(d’Amérique) a annoncé
pas en faire usage sur ses
cesse de s’accroître et où il devient essentiel d’avoir de la méthode pour les inter-
la suppression de
smartphones et ses
peller et les motiver.
750 postes, elle indique
tablettes qui, pour l’heure,
쐍
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
12
DVSM-I
N F O S
NUMÉRIQUE : ALERTE
AU TSUNAMI FISCAL
affirment les animateurs
de l’enseigne. Cette petite
machine donne accès à
Cela n’a échappé à
N’en doutons pas un
l’ensemble de la
personne : l’Etat a besoin
instant, celles-ci existent.
bibliothèque de
d’argent, de beaucoup
Il y a la pollution, l’énergie
Virginmega.fr. L’enseigne
d’argent. Une nécessité
à économiser, les pauvres
revendique un catalogue
qui, dans un pays qui a un
auteurs et autres ayants-
de 85 000 livres en
problème avec les
droits. D’où les ballons
prélèvements obligatoires
d’essais lancés récemment
2012 pour « ses qualités
comme d’autres en ont un
- et qui n’ont pas
exceptionnelles
avec l’alcool, ne peut
tardé à interpeller
en matière de design
français, soit « proche de
l’intégralité de l’offre
qu’inciter nos
la presse quotidienne - :
de produits grand public. »
Virgin
Megastore : des
livres au kilo !
responsables à rechercher
un bonus-malus pour
Ce clavier figurait
À la veille des fêtes de fin
dans chaque molécule de
l’électroménager,
parmi près de
d’année, Virgin Megastore
comptant les ouvrages
3 000 produits en
a choisi d’entrer dans la
disponibles en anglais.
compétition dans la
bataille de la liseuse. Ainsi,
Virgin va également
catégorie Informatique.
l’enseigne propose à ses
intégrer des titres de
« Nous avons été
clients le Kindle d’Amazon,
presse, comme sur le
très honorés d’apprendre
qui est aujourd’hui la
Kindle, dont le catalogue
que le clavier solaire
liseuse la plus vendue au
en français atteint
sans fil K750 avait reçu
monde avec 9 millions
aujourd’hui 44 000 titres.
le prix iF Product Design »,
d’unités (notamment aux
Ces deux liseuses de très
se réjouit Thibaud Nolf,
Etats-Unis). Même
bonne aventure ont été
responsable de la famille
démarche pour le Cybook
mises en rayon à la mi-
de produits Claviers
Odyssey en partenariat
novembre dans les
et Ensembles
avec Bookeen, « Il s’agit de
magasins parisiens puis
(clavier + souris) pour
la liseuse électronique la
sur l’ensemble du
plus rapide au monde »,
territoire.
l’économie le moindre
téléviseurs inclus,
la zone EMEA chez
atome imposable. Cela n’a
l’imposition du trafic sur
Logitech. Le clavier solaire
non plus échappé à
Internet, etc. Si vous avez
sans fil récompensé
personne, il existe dans les
d’autres idées, merci de
se charge avec la lumière
activités numériques des
les garder pour vous.
ambiante sans luminosité
segments qui
쐍
croissance. Evidemment,
pour y trouver la
Le clavier solaire sans fil
justification d’une
Logitech Wireless
est conçu pour minimiser
éventuelle ponction, il
Solar Keyboard K750 a reçu
son empreinte
faut de bonnes excuses.
le prix IF Product Design
écologique.
vigoureux en matière de
L’offre atteint un total de
150 000 titres, en
쐍
extérieure directe
Logitech :
un rayon
qui réchauffe
maintiennent un rythme
numérique disponible
dans notre langue ».
nécessaire. Enfin,
de la conception sans PVC
à l’emballage entièrement
recyclable, cet accessoire
쐍
ECO-SYSTÈMES COMMUNIQUE FORT
Eco-systèmes a lancé une nouvelle campagne
nous avions annoncé le lancement sont désor-
d’information nationale en faveur du recy-
mais disponibles partout en France et permet-
clage des appareils électriques et électro-
tent de déposer en toute simplicité les petits
niques usagés. Du 23 novembre et jusqu'à la
appareils électriques et électroniques, mais
mi-décembre, cette campagne aura eu pour
aussi les piles et batteries ou encore les car-
mission d’inciter le grand public à utiliser par-
touches d’imprimantes usagées. Afin de tou-
tout en France les nouveaux espaces « ici je
cher un large public pendant cette période de
recycle » en libre accès dans les magasins.
fin d’année, propice aux achats importants de
Initiés par Eco-systèmes avec 29 enseignes de
produits électriques et électroniques, Eco-sys-
la distribution, les espaces « ici je recycle » ont
tèmes a choisi de multiplier les supports de
eux aussi pour objectif de promouvoir le recy-
communication, allant de la radio à la presse
clage en facilitant le geste d’apport volontaire
nationale et régionale, ainsi que la diffusion de
des consommateurs. Les 3 500 espaces dont
brochures dans diverses villes de France.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
14
쐍
왘왘
DVSM-I
N F O S
alors une décoration
productivité de façon
Netgear :
un adaptateur
Wi-Fi multimédia
universel
adaptée à son modèle de
significative.
Le nouvel adaptateur
smartphone, et la coque
De plus, tous les modèles
Netgear permet de
réalisée lui est expédiée
de la gamme sont équipés
connecter tous les
sous quelques jours.
d’un chargeur
appareils multimédia
automatique de
dotés d’une prise réseau
Celui-ci se connecte alors
ainsi aux dirigeants de
sur le site dont le lien lui
petites entreprises
est communiqué. Il choisit
d’augmenter leur
쐍
PERSONNALISER
LES MOBILES
documents. Classique !
Ethernet, quelle que soit
Le système à cartouches
leur marque, au réseau
d’encre séparées
Wi-Fi et à Internet.
« DURABrite Ultra »,
Facile à installer, il est
où seule la couleur
doté d’une antenne Wi-Fi
épuisée est remplacée,
permet de réaliser des
économies importantes.
C’est la promesse
La manœuvre est simple.
Les dépenses sont encore
d’Omenex, à travers la
Vous vendez une carte
réduites par une
carte « Click and Print ».
pré-payée à votre client.
consommation d’énergie
modeste que confirme la
certification ENERGY STAR.
YAMAHA :
C’EST DANS L’AIR
Les multifonctions Epson
Stylus Office BX630FW
et BX935FWD disposent
Epson
au bureau
et Wi-Fi et sont fournis
Epson confirme son
avec la solution Epson
d’interfaces Ethernet
engagement dans le
Connect pour une
secteur des petites
impression simple
entreprises avec la sortie
et sans fil depuis un
de trois nouvelles
smartphone ou une
imprimantes
tablette tactile. Les
multifonctions : les Epson
utilisateurs peuvent en
Stylus Office BX305FW
outre imprimer où qu’ils
Plus, BX630FW et
soient dans le monde, en
« dual band » utilisant les
BX935FWD. Les modèles
envoyant par e-mail des
deux bandes de
BX630FW et BX935FWD
documents et des
fréquences de 2,4 GHz et
impriment très
illustrations directement
de 5 GHz pour le
rapidement et permettent
à l’imprimante.
streaming vidéo.
쐍
Compact (8,16 cm x 6,2 cm
x 1,79 cm), intégré dans un
petit boîtier au design
élégant laqué noir, le
nouvel adaptateur ne
nécessite pas de CD
d’installation pour la
connexion au réseau sans
fil. Un bouton ‘Push N’
L’air que l’on respire comme celui de la chanson.
Connect’ permet d’établir
L’application AV-Controller qui a été lancée par Yamaha
la liaison avec la « box » et
il y a quelques mois pour des amplis audio-vidéo et des
de sécuriser les
lecteurs de Blu-Ray de la marque vient de s’enrichir
transmissions sans fil
d’une fonction baptisée Music Play, qui fonctionne aussi
d’une simple pression.
bien sous iOS que sous Android. Les clients qui possè-
L’adaptateur peut être
dent les équipements évoqués peuvent dès maintenant
alimenté soit par une prise
faire la mise à jour.
électrique soit via
쐍
un port USB.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
16
쐍
DVSM-I
N F O S
Sony a trouvé la parade à
OLYMPUS EN POINTE
cette boulimique attitude,
grâce à deux chargeurs
Dans un communiqué pudiquement succinct, Olym-
USB portables (CP-A2LS et
pus revendique la première place sur le marché des
ELS) compatibles avec
compacts en France, en citant les données d'un panel
tous les smartphones,
de distributeurs fort réputé. Le créateur du Pen ajoute
même... oui ! Soit par
« qu’Olympus est la seule marque qui progresse en
le secteur, soit par
volume et en valeur (52 % en volume et 32 % en valeur) et
un ordinateur, ils puisent
qu'elle s'est classée n°1 en volume en octobre avec
une énergie qui s’emporte
13,1 % de parts de marché) ». « Ces chiffres confirment
la bonne dynamique de la marque. Entre bons résultats et nouvelle campagne TV, la société Olympus
garde le cap. »
쐍
NINTENDO : UNE 3D
TRÈS EXPOSÉE
Après Paris, c’est au tour
seront les prochains
de Bordeaux et de Lille
lieux à accueillir
d’exposer sur 3DS,
l’exposition après
les trois grands noms de
son succès parisien.
l’agence Magnum Photos
쐍
Nintendo. Martin Parr,
Les
smartphones
évitent la
panne sèche
Gueorgui Pinkhassov,
Les téléviseurs intelligents
non-utilisation d’un an !
Thomas Dworzak
ont un petit
Et si le smartphone
ont en effet utilisé
inconvénient : ils peuvent
a une petite fringale,
l’appareil photo de la
s’avérer gourmands.
il peut s’alimenter.
qui ont réalisé des
photographies originales
en 3D avec la console
ensuite où l’on veut et
dont il reste au moins
80 % même après une
쐍
Nintendo 3DS pour
produire une série
exclusive d’une trentaine
de clichés qui explorent
des univers très différents
PRADA ET LG ELECTRONICS
PARTENAIRES
et révèlent les possibilités
qu’offre la 3D en matière
de photographie.
Arrêt sur l’image Galerie à
Bordeaux et la New
Square Gallery à Lille qui
SFR : CARTES SIM
POUR RÉGINE !
Laissez parler les p'tits papiers… Parler au téléphone,
bien sûr, ce qui donne à la chanson de Serge
Gainsbourg qu'a chanté Régine un air nouveau. SFR
En 2007, LG lançait avec Prada le premier téléphone au
lance une sorte de proptotype de carte SIM dont le
monde entièrement tactile. Début 2008, la marque
corps de carte, 100 % naturel, est constitué unique-
était même leader du segment sur le marché fran-
ment de composants végétaux recyclables, biodé-
çais, et puis l'iPhone est arrivé... Pradatras ? Que
gradables et compostables. Cette carte SIM papier propose les mêmes critères de
nenni ! Prada et LG Electronics viennent de renouve-
qualité et de fonctionnalité que la carte SIM plastique classique, tout en réduisant
ler leur accord de partenariat dans le domaine de la
son empreinte écologique (réduction de près de 30 % des émissions de gaz à
téléphonie mobile lors d’une cérémonie organisée à
effets de serre tout au long de son cycle de vie, d'après une étude menée pour
Séoul en Corée. Les deux entreprises souhaitent déve-
SFR par Codde, Groupe Bureau Veritas). Depuis le 17 novembre, 10 000 cartes SIM
lopper un nouveau téléphone, le Prada LG 3.0, dont le
papier sont progressivement mises en circulation et adressées aux clients de SFR,
lancement sur le marché est prévu pour début 2012.
dans le cadre du renouvellement ou de l'ouverture d'une ligne. Une première
LG disposera d’un contrat d’exclusivité avec Prada
étape avant sa généralisation.
pour ce mobile positionné luxe.
쐍
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
18
쐍
P
U B S
E T
C ATA L O G U E S
Coûts bas !
Exploits ou manœuvres
déraisonnables ? Allons,
bas les masques ! S’il
convient de tout faire
pour retrouver de
« la valeur », comme cela
est souvent exprimé dans
les enseignes qui vendent
de l’électronique, la
compétitivité est
également un ingrédient
d’attractivité
incontournable et
totalement obligatoire.
Elle l’est aujourd’hui
comme hier, ce qui nous
permet aussi de mesurer
grâce à un furtif regard
dans le rétroviseur de
notre Saga 2000-2011, le
chemin parcouru par
l’électronique, ses
produits et ses prix
« promo ».
Les clients aiment bien faire
de bonnes affaires, et le prix
record reste une valeur sûre
dans l’attirail des générateurs
de trafic. En outre, chacun
sait que, selon les
circonstances, ce ne sont pas
forcément les produits dont
les étiquettes sont les plus
laminées qui génèrent les
marges les plus courtes. Si
l’on y ajoute le temps passé
pour réaliser une vente,
souvent quelques secondes,
rarement avec une
intervention autre
qu’anecdotique du vendeur,
l’attrait du produit en
promotion extrême culmine
vite dans les valeurs les plus
hautes. N’oublions jamais
que la profitabilité réelle
reste proportionnelle à la
marge brute pondérée par
les efforts (coûts en
ressources humaines) et les
frais que nécessitent la
réalisation de tout acte de
vente. Quoi de plus
confortable qu’une belle
persuasion et de motivation
plus performante et même
par certains côtés diabolique.
On n’attrape pas les
mouches avec du vinaigre.
C’est indispensable, car
naturellement, moins les
produits sont vendus cher,
plus la marge et la
profitabilité sont réduites en
valeur brute.
box-palette en TG qui
tourne toute seule, comme
une horloge ?
Il subsiste toutefois une
autre facette importante
dans l’apparition des prix les
plus compétitifs hautement
mis en évidence dans les
rayons et dans la
communication. Il s’agit de
l’empreinte laissée dans
l’esprit du public, surtout en
électronique, où les
« mauvais produits », peu
performants ou d’une
fiabilité médiocre, sont
devenus quasi inexistants.
Une fois rapportés au
Le 32 pouces
bien ordinaire
A 299 euros, le 32 pouces
bien en place dans le
catalogue « Cadorama » de
Conforama édité pour Noël
se range dans la moyenne, la
routine, le train-train du
linéaire télé, ce dans le plus
petit des grands formats, ou
défunts francs pour se
donner une idée bien perçue
de la valeur d’un produit.
159,90 euros pour un
combiné TV-DVD a quelque
chose de révolutionnaire
pour bien des chalands, cette
valeur donnant une autre
vision des progrès
technologiques réalisés par
l’industrie. Il y a moins de
15 ans, il aurait fallu compter
6 à 7 fois cette somme pour
s’offrir un simple lecteur de
DVD. Et bien moins de temps
encore pour mettre la main
sur un petit TV LCD
à prix d’or qui n’aurait de
toute façon pas été,
comme celui-ci, en HD.
MAGNÉTOSCOPE :
UN VRAI 4 TÊTES CHINOIS
la plus grande des petites
diagonales.Voilà qui
positionne cet échelon du
produit à un niveau sans
commune mesure avec ce
qu’il était il y a une décennie.
Mais nous sommes au cœur
des sorties de caisses les
plus nombreuses.
domicile de leurs acquéreurs,
les équipements qui figurent
dans cette petite compilation
ont de bonnes chances de
rendre la totalité des
services qu’en attendaient les
clients. Lesquels seront dès
lors incités à s’interroger :
cela valait-il la peine de
dépenser davantage ? Où
sont les mérites des produits
vendus beaucoup plus
chers ? Ce qui revient à
souligner, une fois encore,
que pour plus de valeur,
l’enseigne doit savoir aussi
mettre en place une stratégie
de démonstration, de
Saba tous les records
chez Confo !
« En gros, ça fait mille
balles », dirait l’un de ces
innombrables
consommateurs qui,
aujourd’hui encore, font la
conversion avec nos vieux et
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
20
10 ans avant l’an 2000, un
magnétoscope à 3 500 francs
(530 euros) constituait un vrai
scandale. En 2000, alors que le
DVD monte déjà bien en puissance, le magnétoscope se prépare à vivre une fin de carrière en
fanfare,avec des volumes annuels
frisant les 3 millions de pièces.Les
promos dans le genre de celle-ci,
pour un 4 têtes HI-FI à 1 590
euros, y seront pour beaucoup.
P
U B S
E T
C ATA L O G U E S
Promotion :
l’épier dans le Tati !
Dans les enseignes ou rayons
spécialisées, chacun se croit à
l’abri des coûts tordus. Et
pourtant, certains intrus ne
se gênent pas pour faire de
l’œil à nos clients rien qu’à
LE PC DANS TOUTE SA SPLENDEUR
Rien ne lui manque : un moniteur géant de 17 pouces (!), un
processeur classe Formule 1, la
lecture des DVD-Rom : pour
moins de 8 000 francs, (1 200
euros environ) c’est presque du
gâchis ! La valeur s’envole !
bœuf pour chien, etc.
De plus, pour un 42 pouces
en 1080p, la barre
n’est pas placée bien haut,
Que pouvait-on vendre
à 2 600 francs il y a dix ans,
dans cet esprit ?
nous. La preuve, avec cet
APN d’une marque
anonyme, certes, mais avec
un capteur malgré tout de
14 mégapixels, des tirages en
prime, pour seulement
39,90 euros chez..Tati !
Preuve que les promos
inattendues ne sont pas des
clichés.
Cora mise sur l’écran
de la ceinture
L’enseigne de grande
distribution alimentaire n’est
pas la seule à faire de l’appel
avec des téléviseurs. Mais
voir un 106 cm à
« trois neuf neuf » sur la
première page d’un catalogue
est symbolique. Elle
démontre que l’image TV
promotionnelles de quelques
produits supposés
masculino-attractifs à des
prix re-supposés à tomber
par terre. A 70 euros moins
un centime rendu (ça c’est
commode, en caisse) ce
combiné n’oublie
pratiquement rien. Mais les
clients ne sont pas si rares à
savoir que pour des budgets
hélas aussi terre à terre, et
même davantage, ils peuvent
s’offrir des équipements de
marques A. C’est une
sorte de non-promo d’un
non-spécialiste pour client
non-connaisseurs, bien sûr
dans une non-marque.
La preuve par Autobacs
A 59 euros, ce Kenwood
démontre ce qui est dit dans
le petit chapitre sur Lidl.
Certes, ce combiné n’est pas
Bluetooth, mais il propose
une puissance qui donnera
quand même des résultats
plus gratifiants s’il est associé
à des gamelles, pardon... à
des transducteurs de qualité
honnête. D’ailleurs, pour la
dent bleue, le même centre
auto propose des petits
accessoires indépendants
pour moins de 30 euros.
Lidl des jeunes
Voilà encore une petite
combine à la mode Lidl qui
dure, preuve qu’elle est
certainement efficace. On ne
change pas une méthode
gagnante.Tout magasin à bas
prix (hard discounter pour
ceux qui ont la langue de
Shakespeare bien pendue),
tel le maître queux avec son
piment d’Espelette,
saupoudre avec délicatesse
et sans excès chacune
de ses bonnes feuilles
reste aujourd’hui encore un
sujet assez attractif pour
inciter le lecteur - et pas
seulement la lectrice - de
cette promo BAL à
contempler les étiquettes
des petits pois, cornichons,
burgers à l’oignon halal, œufs
pas fêlés à 3,80 les… 30,
yaourts, jambon de Paris très
très peu salé, croquettes au
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
22
Tous les records
peuvent être battus
Pourtant, à 19,90, le combiné
autoradio sans mécanique vu
dans le catalogue Autobacs,
mais avec quand même
« slot » pour carte SD et
connecteur USB, est hors de
portée du premier venu en
matière de promos
décoiffantes. Il fera le
bonheur des
automobilement faibles, mais
ne fera pas remonter le prix
moyen du marché.Toutefois,
peut-on faire remarquer que
techniquement, ce qu’il
propose n’est pas si mal.
Avec une bonne clé ou carte
mémoire, il permet des
heures interminables d’une
lecture que ne procurait
aucun combiné CD classique,
et encore moins les caprices
en bandes désorganisées des
combinés cassettes dont les
ventes étaient encore
vigoureuses il y a dix ans.
P
U B S
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C ATA L O G U E S
Même l’agitateur se fait
mettre en boîtes…
…boîtes aux lettres bien sûr,
comme tout le monde ou
presque. Et avec ce lecteur
Blu-ray Panasonic à 99 euros,
nous voici certes face à un
prix bas, mais aussi et
surtout devant un autre
symbole de l’évolution des
valeurs dans l’électronique
de loisirs. Il fallait dépenser
2,7 fois plus pour s’offrir le
lecteur de DVD de But
évoqué ici même, et encore
faut-il tenir compte dans cet
écart de l’évolution d’un
certain nombre d’autres prix
Blu-ray vendu
à la FNAC, il se contente de
73 litres de l’onctueux
carburant que, coup de
chance, son automobile
absorbe avec beaucoup
plus de retenue
qu’à l’heure du Y2K !
CAMÉSCOPE
LUMIÈRE COMPRISE
Belle machine proposée à un
niveau accessible à tous.En 2001,
ce superbe Hi8 (large bande mais
analogique) a quand même bien
des atouts, dont sa capacité à
projeter de la lumière. Dix ans
plus tard, un numérique de la
même marque ne se contente pas
de faire jaillir de la lumière, il
projette aussi les images…
LE DVD EN PLEIN BOOM,
ET MÊME BOOM BOOM !
2001 : SUPER 32 POUCES !
2002 arrive et l’euro aussi (existera-t-il encore quand ce magazine sera entre vos mains…?) ce
qui rend commode la comparaison. Avec une diagonale de 82
pouces, nous sommes pratiquement au sommet de la hiérarchie
cathodique. Et à 1 360 euros,
proche des sommets des dépenses possibles dans la génération des tubes. Et pourtant, c’est
une promo ! Dans la même zone
de prix, il est possible de vendre
aujourd’hui du 46 pouces (140
cm) en HD 1080p, compatible
avec la 3D.
dans des produits de la vie
courante (sans parler
du Super sans plomb ou
du litre de mazout pour
les chaudières).Ainsi,
pour la valeur du lecteur de
But à 1790 francs, un
automobiliste pouvait mettre
340 litres de gazole dans son
véhicule.Avec ce qu’il retire
aujourd’hui de sa tirelire
pour rapporter chez lui le
Micro prix, prix micro
Si l’on convertit en francs, la
valeur de ce notebook
certes de petite taille
(15 pouces), admettons-le,
d’entrée de gamme, soyons
objectifs, puisé dans la
collection de la cousine
« low-cost » de Boulanger,
Electro Dépôt, cela donne
quand même - 1 895 francs un niveau qui, en rapport
prix / prestations aurait été
vertigineux il y a dix ans,
et est encore assez
attrayant de nos jours.
Qui se rappelle l’époque
- bien antérieure à l’an 2000 où votre magazine préféré
annonçait que les notebooks
deviendraient
inéluctablement les moins
chers des ordinateurs
à vendre ?
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
24
But avait fait fort ! Mais ce
brave lecteur à seulement
1 790 francs bien solides, ne
savait pas vers quel destin
l’emmenait le couple fournisseurs - revendeurs, qui a réussi
quelques saisons plus tard à faire
culminer - à l’envers - les étiquettes jusqu’aux alentours de
39, voire 29 euros. Les clients
passaient en caisse en en prenant 2, 3, 4… enfin, assez pour
en mettre en réserve au congélateur. Plus des prix, du délire.
Mais n’oublions jamais ceci :
même très basse, toute valeur
sur une étiquette correspond à
un prix possible.
T
É L É V I S I O N
N U M É R I Q U E
Télévision « Switch off » analogique :
La fin
Victoire pour les râteaux : ils ont sauvé leur avenir, et échappent à un destin piteux de simples perchoirs
pour volatiles en escale. Mais cette victoire a ses revers. Le basculement dans le numérique définitif
de la télé hertzienne de grand-papa n'a rien à voir avec une simple conversion de l'analogique à la
nouvelle technologie. Cette source d'images arrive désormais chez les clients que grâce à une
complémentarité entre les bons vieux brins classiques, le cuivre, la fibre et le satellite. Ce qui
est l'opposé d'une mauvaise nouvelle pour bien des professionnels.
Depuis quelques jours, la télévision
d’hier, et même d’avant-hier a donc vécu.
L’abandon des transmissions hertziennes
analogiques, arrivé à son terme fin novembre, tourne une page et ajoute à
notre saga 2000-2011 l’un de ses ingrédients les plus pimentés. Pour ce qui
revêt le plus d’importance, c’est-à-dire la
vision perçue par la clientèle de cet univers à travers la période de transition
menée sur une demi-douzaine d’années,
on peut parler d’une entrée dans le nouveau monde. Dans de nombreux esprits,
le nouveau monde, c’est l’Amérique, et
c’est bien dans ce sens que nous utilisons cette expression. Car ce revirement technique a conditionné une métamorphose longtemps retardée sur notre
sol.
« L’antenne, c’est comme la veste d’un costume : ce
n’est pas parce qu’elle est grande qu’elle est bien,
mais parce qu’elle est exactement sur mesure ».
Avec le numérique, la réception terrestre est
devenue moins « chatouilleuse ». Mais en cas de
souci, la réception n’est jamais moyenne. Elle
est ou elle n’est pas. C’est cette réalité qui lui
vaut d’être heureusement secourue grâce
au ciel et… à ses satellites.
Dommage, la TV numérique
est partie sur une confusion
envers les clients
Comme l’ont dit et répété maintes fois
tous les consommateurs au cours de ces
années, avant le numérique, le maigre
menu du téléspectateur de chez nous se
limitait à cinq chaînes en clair et une à
péage. Mais la technologie n’avait rien à
voir avec cette situation. Dans les années
70, alors que se propageait à petits pas
vers la province la version couleur de
notre « deuxième chaîne », et que la
troisième naissait aux forceps, le nouveau monde en était déjà à une multiplicité de programmes. Cela se passait
même avant que la télécommande ait fait
son apparition. La boîte noire à côté du
téléviseur était aussi répandue dans les
ménages américains que bien d’autres
instruments domestiques, un rotacteur
un peu ferme avec une bonne cinquantaine de positions permettant de passer
d’une chaîne à une autre. Sans traverser
l’Atlantique,des pays plus proches,comme
la Belgique, avaient aussi un accès à un
ensemble capté par le même moyen,
englobé localement sous le vocable de
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
26
télédistribution. Ces allusions à un passé
télévisuel auquel l’Hexagone a été soustrait pour des raisons qui n’ont rien à
voir avec la technique n’ont d’autre but
que de souligner que le large choix de
chaînes n’est pas ou n’aurait pas dû être
le symbole de la télévision numérique.
Ce qui a forcément induit un axe de
confusion dans l’esprit de la clientèle
profane, la plus nombreuse, dans une
période au cours de laquelle les ruptures
technologiques dans ce même domaine
ont été innombrables et pas toujours
simples à assimiler par cette même clientèle.
de la préhistoire
Les râteaux ont donc été sauvés, et avec
eux, le travail de ceux qui les installent.
Retenez ce détail. A l’heure où l’on se
demande comment faire la liste des gaspillages d’un certain passé, voilà un élément à ranger dans la colonne des choix
économiquement très discutables. Une
chance donc pour les installateurs de
râteaux, car l’arrivée de l’ADSL leur avait
donné à juste titre du vague à l’âme.Avec
un câble dans « la prise du téléphone »,
un vers le téléviseur et le dernier dans la
prise du courant électrique, la Box réduisait à néant leur sang-froid pour escalader les toitures, leur savoir-faire pour
mettre en place la descente, leur technicité pour régler le tout aux conditions
optimales de la réception dont on sait
qu’elles diffèrent d’un endroit à un autre
en fonction de mille et un paramètres.
Mais aujourd’hui, nous nous retrouvons
avec trois modes d’accès au téléviseur
pour les collections multiples de chaînes.
Le haut débit, une solution d’autant plus
logique en zone urbaine qu’elle s’accompagne aussi des incontournables
fournitures d’accès au Web et du téléphone résidentiel, cerise sur le gâteau.
Un ensemble pertinent notamment dans
le collectif, pour d’évidentes questions
d’économies d’échelles. Mais dès que
l’on sort des villes, le tableau s’assombrit.
Les distances et le nombre de foyers
connectés rendant aléatoires les débits.
Surfer ou regarder la TV, il faut souvent
choisir. Quant au haut débit en zone un
peu plus rurale, il n’en est pas question,
même si quelques dirigeants politiques
dopés à l’élixir des perspectives électorales, et ayant toujours du mal à com-
prendre ce que gaspiller signifie, s’époumonent de leur volonté de transporter
le haut débit partout jusqu’au cœur des
forêts ! Même la fibre, dans les zones
pavillonnaires, reste une sorte de rêve
presque utopique, au moins pour un très
large moyen terme.
Satellite : le vent en poupe
« J’avais la télévision avec une box de
chez Free », nous raconte un consommateur résidant dans l’une de ces zones
pavillonnaires proche de l’Isle-Adam
(95). « Un soir, je me suis rendu compte
que le débit avait baissé, et que la télé ne
passait plus. J’ai contacté Free, mais ces
c... là (sic) m’ont envoyé balader en me
soulignant que dans le contrat, il est stipulé que le débit n’est pas garanti.
Comme ici, la TNT ne passe pas ou pas
bien et que les voisins comme des installateurs me l’ont déconseillée, j’en suis
venu au satellite. Avec un décodeur
TNT-Sat, j’ai une excellente réception de
toute la TNT et une incroyable cargaison de chaînes ». Ce témoignage recueilli
en novembre dernier met l’accent sur la
troisième voie, celle qui aurait sans
doute dû être bien mieux considérée.
Car, il convient de rendre à César ce qui
lui appartient, il faut rappeler que le
satellite a apporté sur notre territoire
bien avant le numérique terrestre ces
nouveautés que sont la multiplicité des
canaux et la qualité des transmissions
numériques.(1) Les foyers qui se sont
équipés bien avant l’an 2000 d’un récepteur pour un bouquet de Canal Satellite
ou de TPS avaient depuis longtemps
oublié ce que voulait dire « la neige sur
l’écran » ou des couleurs baveuses, voire
les « étincelles » dans l’image quand le fils
du voisin mettait en marche le moteur de
sa motobylette quelque peu traficotée.
Tout comme ils ont oublié aussi les
charmes d’une réception correcte qui
soudain se dégradait, parce qu’un promoteur immobilier avait fait ériger un
beau et haut bâtiment s’incrustant
comme un jean-foutre sur l’axe émetteur-râteau (risque qui reste présent
avec la TNT).
Aujourd’hui, le satellite a repris des couleurs. Et son avenir est assuré. Car
l’avenir de la télévision passe par une
évolutivité constante. Les débats qui
s’animent à propos de l’arrivée de nouvelles chaînes sur la TNT le démontrent.
Pour moins d’une dizaine de canaux, il va
falloir à nouveau imposer des box aux
consommateurs. Rappelons qu’au cours
des trois années les plus récentes, 2011
inclus, ce sont quand même 25 millions
de nos clients qui sont passés en caisse
pour régler l’achat d’un bel écran plat
tout neuf, qui pourrait nécessiter dès les
prochains mois la présence d’un nouvel
adaptateur !
Les « vous auriez pu me le dire » risquent de pleuvoir ! Si des étapes sont
inévitables pour les adeptes du râteau
numérisé, elles le seront aussi pour les
milliers d’émetteurs terrestres avec un
délai de réalisation et des coûts de structures qui sont, en résultantes pour les
sociétés qui transmettent des programmes, dans des rapports qui ressemblent à ceux séparant le prix d’un billet
de 1ère classe et celui d’un siège dans une
Lancer la TNT était une chose,
arrêter l’analogique une
opération plus délicate, qu’en
septembre 2009, Michel
Boyon, président du CSA,
Nathalie Kosciusko-Morizet,
alors secrétaire d’Etat en
charge de la prospective et du
développement numérique, et
Frédéric Mitterrand, ministre
de la Culture, avaient lancée
d’une manière assez
spectaculaire.
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
27
T
É L É V I S I O N
N U M É R I Q U E
Nick Stubbs,
directeur général
d’Astra France, nous a
régulièrement apporté
des informations,
sans cesse plus
encourageantes,
a propos du
développement
de TNT-Sat.
low-cost quand on prend l’avion pour un
joli voyage.
Avec probablement un cap de 6 millions
de foyers captant finalement la TNT via
le satellite prévisible pour la fin 2012, ce
véhicule céleste est loin d’avoir dit son
dernier mot.Au moins deux raisons justifient cette perspective. La première est
liée aux solutions récentes qui permettent, notamment grâce à l’emploi de la
fibre optique, d’apporter du signal venu
du satellite dans le collectif, avec un coût
par logement équipé très concurrentiel
par rapport à toutes les solutions classiques. De surcroît, cette formule
qu’Astra nous avait présentée dans une
version très concrète il y a quelques
mois (voir DVSM n° 94, décembre 2010 janvier 2011), apporte une très grande
souplesse au consommateur, qui peut
opter pour des formules de TNT simples
ou de packages plus complets.
La seconde raison du futur incontournable des solutions satellite tient dans
leur aptitude à aller vers d’autres usages
innovants, comme la télévision de rattrapage ou la vidéo à la demande. Nous
en reparlons dans les pages qui suivent.
Mais rappelons, à titre d’exemple, le rôle
d’outil qu’Orange a attribué au satellite
pour proposer aux clients triple play des
services complets d’excellente qualité
sur 100 % du territoire.
Un axe constructif pour
la distribution et les installateurs
En devenant plus complète, plus performante, plus abondante, plus impliquante
pour l’utilisateur, la télévision et son ou
Dans le secteur de l’ADSL, la complémentarité
entre modes de diffusion est une réalité, à
l’exemple de ce que Jean Bernard Willem,
directeur des contenus chez Orange, nous a
décrit de l’usage des satellites d’Eutelsat et
d’Astra, et des initiatives prises envers les
réseaux d’antennistes.
ses téléviseurs deviennent forcément
moins simples que quand il s’agissait seulement d’appuyer sur un bouton
marche-arrêt et de choisir entre 1 et 5
(ou 6). C’est à ce niveau que le distributeur doit faire preuve d’un professionnalisme qui sera inéluctablement rémunérateur. Les enseignes de vente pure (les
magasins) doivent se doter du savoir
nécessaire pour aiguiller les clients vers
les bonnes voies, et éventuellement vers
les bons partenaires pour des installations qui dépassent ce que peuvent faire
les clients, même s’ils sont de bons bricoleurs. Non seulement il y a et il y aura
des râteaux (quand même) et des paraboles à installer, mais ce chapitre un peu
physique et « mécanique » se complète
par celui que l’on peut globalement qualifier de « paramétrage ». Car au terme
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
28
de toute opération commerciale, l’objectif est bien d’avoir un client qui maîtrise les usages de son installation sans
stress, confortablement, d’autant plus
que ce bon fonctionnement conditionnera de plus en plus la consommation
des contenus, qui font vivre les opérateurs. Inutile de souligner à quel point
ces derniers seront volontaires pour
épauler le terrain si celui-ci les aide à
faire vivre leurs offres.
S’il fallait retenir de la période 20002011 un trait majeur dans l’évolution du
monde de la télévision, il serait certainement de cet ordre. Au-delà des écrans
plats, de la haute définition, de la 3D, en
somme, des évolutions techniques et des
transformations sur le plan des transmissions des signaux, le segment du téléviseur ne peut plus se résumer à la vente
de beaux équipements d’une manière
« sèche ».
L’imbrication contenant-contenu devient
un impératif absolu. « Mais tout de même,
est-ce aux spécialistes du hardware de
pousser les contenus ? » feront observer
certains professionnels, encore peu
convaincus de cette réalité. La réponse
est pourtant positive car du reste, que
vendrait-on sans ces contenus ? Sans aller
jusqu’à la fusion, pressentie de-ci de-là, ne
serait-ce qu’à travers l’arrivée redoutée
mais pour l’heure non réalisée d’un
acteur californien qui, comme pour les
téléphones mobiles ou les baladeurs
musicaux, aurait créé son univers global
hard et soft, et en préservant la très
constructive notion de hiérarchie dans
les performances du hardware, l’avenir
se situe inéluctablement dans une meilleure proximité entre toutes les parties
qui entrent dans la motivation du consommateur. Un client qui fait l’acquisition
d’un téléviseur le fait non pour la technique, mais pour ce qu’il va pouvoir
regarder. Et ce téléviseur, qui en une
décennie a vu sa diagonale doubler ou
tripler, fait aussi partie du style de vie de
chacun, au salon, à la cuisine, dans la
chambre... Quelle aventure ! 쐍
(1) Il y a eu deux bonds qualitatifs dans ce qui est transmis en
télévision. Le premier, déjà acquis à l’ère du satellite, était celui
de la transmission. Puis, est venu celui de ce que les chaînes
envoient vers les systèmes d’émission. La production est, elle
aussi, devenue numérique, ce qui n’était pas le cas dans les
années 90. Un détail que le satellite avait fort bien géré, mais
la TNT en rodage un peu moins, avec des effets de saturation
que l’on observait de-ci de-là, pas toujours faciles à justifier,
dans les linéaires, lorsque les clients posaient des questions.
F
I R M E S
Après d’excellents résultats
enregistrés au cours
l’année 2011,
le constructeur coréen
entend s'installer sur la plus
haute marche du podium
mondial du marché des
téléviseurs 3D d’ici la fin
2012. Lumières sur une
stratégie offensive et une
panoplie d'armes qui se
révèle convaincante.
LG :
3D et SmartTV pour doper les recettes
L’année 2011 aura été un excellent cru
pour LG Electronics France, comme l’a
souligné Eric Surdej (directeur général
de LGE pour l’Hexagone). La marque
revendique en effet une position de n°1
(s’appuyant sur la source GfK) sur le
secteur très concurrentiel de l’audio/
vidéo. « LG enregistre des croissances à
2 chiffres depuis maintenant trois ans »,
s’est-il félicité avant d’ajouter : « LG a su
gagner la place de leader sur le segment
très porteur de la 3D. En 2011, cette
Eric Surdej souligne l’intérêt économique
de la 3D pour les enseignes.
Alexandre
Fourmond insiste
sur l’incitation à la
connexion des
smart TV chez les
clients équipés.
technique du relief a représenté 8 % des
volumes des ventes mais elle a pesé 22 %
dans la valeur. En 2012, les volumes vont
représenter 20 % des quantités vendues
pour 46 % du CA. » LG a cru très vite en
la 3D. Le constructeur a été non seulement partenaire de films réalisés en 3D
(Avatar, Largo Winch) mais sur ses téléviseurs, il a su aussi développer la technologie polarisée, qu’il estime plus fiable
et plus simple à utiliser pour le grand
public. LG a par ailleurs décliné une
gamme très complète d’écrans 3D disponibles dans toutes les tailles (du 23 au
60 pouces) et toutes les technologies
d’images, sans oublier bien sûr les 1000
corners 3D installés dans la distribution
en seulement trois mois. Des efforts qui
se sont révélés payants et à la fin du mois
d’octobre 2011, LG revendiquait 30 % de
parts de marché sur ce segment de la 3D.
TV connectée et 3D,
même combat !
En 2012, le taux d’équipement des
ménages en écrans plats sera de l’ordre
de 70 %. Par rapport à un prix moyen
pour l’ensemble du marché estimé à
409 euros, celui d’un écran plat 3D
grimpe à 920 euros. La 3D est donc un
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
29
excellent moyen pour redonner du relief
aux recettes.
Mais pour LG, la 3D n’est pas le seul cheval de bataille. « Il va maintenant falloir
poser la question suivante :votre téléviseur
3D est-il connecté ? » insiste Alexandre
Fourmond (directeur marketing pour
LG). « Car, souligne-t-il à dessein, la 3D
fait partie de la Smart TV ». 52 % des
Smart TV sont réellement connectés. Ce
n’est certes pas si mal.
Mais il y a moyen de faire mieux. Le
développement de la gamme des téléviseurs connectés est donc une priorité
pour le constructeur. Des partenariats
stratégiques vont être mis en place afin
d’enrichir l’offre de contenus. Les téléviseurs 3D LG vont vite évoluer vers une
architecture plus ouverte. La télécommande gyroscopique Magic Control sera
enrichie de nouvelles fonctionnalités. Le
développement de la Hbb TV va participer pleinement à cette montée en puissance. Sur la présentation et la mise en
avant de la TV connectée, la distribution
devra bien évidemment se montrer plus
déterminée et plus dynamique, mais là
encore, Alexandre Fourmond reste résolument optimiste et il souligne l’effort déjà
entrepris en ce sens par certaines enseignes (Boulanger, notamment). Dans la
reconquête de la valeur et pour bien
aborder 2012, la TV connectée et la 3D
sont désormais indissociables. Tel est le
message que LG tient désormais à faire
passer. 쐍
L’
I N V I T É
Fransat à l'heure du «
La fin qui n’en est pas une ! Le « switchoff » qui est aujourd’hui derrière nous n’a
pas pour conséquence de réduire à néant
ce qui peut et même doit être proposé au
public. Le passage de la télévision française au tout numérique a vu l’essor dans
le paysage audiovisuel du service d’accès
à la TNT gratuite par satellite de Fransat,
qui d’emblée souligne qu’après une
période de forte intensité commerciale
stimulée par l’arrêt de l’analogique, l’année 2012 verra le maintien d’une forte
dynamique de ventes d’équipements de
réception labellisés aux couleurs de cette
plate-forme satellite, tandis que de nouveaux services viendront compléter
l’offre de programmes.
Jean-Luc Deroudilhe, directeur général
de Fransat souligne les perspectives porteuses
de l’offre Fransat, pour l’après extinction
de l’analogique.
Acteur majeur dans le développement de la réponse via le satellite pour la
réception de la TNT, Fransat a déployé des moyens importants pour faire
connaître et promouvoir ses atouts et ses différences auprès du public,épaulant d'une manière très efficace les professionnels du terrain. Jean-Luc
Deroudilhe, directeur général de Fransat SA, nous fait partager la vision qu'il
retient de cette période importante, qui ne prend pas fin avec l'arrêt technique des transmissions numériques.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
30
DVSM : Quel bilan tirez-vous pour Fransat
de cette période de processus national
d’extinction de la télévision analogique qui
s’est achevé le 29 novembre dernier ?
Jean-Luc Deroudilhe : Le lancement en
juin 2009 du service Fransat d’accès à la
TNT gratuite par satellite a coïncidé
avec le démarrage du calendrier national de passage progressif des 24 régions
françaises à la télévision tout numérique,
dans une logique de complémentarité de
couverture avec celle du réseau hertzien
terrestre. Emise sur la position de satellite historique 5°Ouest et en continuité
de la diffusion des 6 chaînes nationales
analogiques, la plate-forme Fransat a,
durant ces deux dernières années, pleinement démontré ce rôle structurel de
complément des réseaux terrestres, en
délivrant un «service antenne» d’accès
universel à la télévision numérique gra-
switt-off »
Le site Fransat détaille
les chaînes accessibles
et donne aux
consommateurs toutes
les informations qui
peuvent leur être
utiles.
La réception
via Fransat permet
aussi l’accès au
bouquet Bis
tuite française à déjà plus d’un million de
foyers équipés à ce jour.
Le bouquet a agrégé durant cette même
période, en extension de l’offre de la
TNT gratuite nationale, un éventail
croissant de chaînes TV locales et thématiques et de stations de radio.
La gamme d’équipements labellisés compatibles pour la réception de l’offre s’est
parallèlement considérablement élargie
pour atteindre un choix actuel de 35
références de décodeurs SD ou HD
de plus la vente démultipliée de décodeurs car il n’est pas nécessaire de modifier les paraboles (avec LNB universel)
déjà pointées à 5°Ouest, et il est possible d’alimenter facilement en multiroom chacun des postes TV du foyer
avec autant de décodeurs associés. En
proposant des équipements labellisés
Fransat, le revendeur a d’autre part
l’assurance de fournir à ses clients des
produits ouverts et interopérables avec
d’autres offres TV par satellite, qu’elles
Les enseignes
ont le plus souvent
bien relayé les détails
de l’offre.
avec des fonctionnalités variées (PVR
Ready, 3D Ready, distribution CPL,
double ou tri-tuner, etc.) et d’une quinzaine de modèles de stations de télédistribution collective.
DVSM : Quels sont les atouts de l’offre
Fransat ?
J-L. D. : Les avantages de l’offre Fransat
sont de plusieurs ordres. Elle est sans
abonnement mais aussi, et c’est un
aspect important pour les revendeurs,
sans limite de durée. Fransat leur facilite
soient gratuites ou payantes (sous réserve du même système de contrôle
d’accès), et quels que soient les satellites
reçus. Il est par exemple possible
d’abonner le téléspectateur Fransat à
l’offre Bis.TV sans modifier son équipement initial. Par ailleurs, l’antenne satellite pointée sur AB3 permet de recevoir,
en complément de Fransat, l’offre de la
TV d’Orange accessible avec le décodeur de l’opérateur dans le cadre de son
service triple play. On notera enfin que la
réception Fransat peut être couplée sur
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
31
une même antenne parabolique avec le
service d’Internet à haut débit par satellite Tooway d’Eutelsat, de sorte que le
triple play 100 % satellite peut être proposé par les antennistes.
DVSM : Quels sont vos axes de développements pour 2012 et dans l’après switch off ?
J-L. D. : Le marché de la vente d’équipements de réception Fransat sera stimulé
tout au long de l’année 2012 par de multiples opportunités commerciales : des
foyers restent à être encore numérisés,
notamment les résidences secondaires,
d’autres souffrent d’une réception hertzienne imparfaite du fait de brouillages
persistants et qui peut nécessiter le
recours au satellite. D’autre part, la
réception TV multi-room se généralise,
les clients Fransat actuels en SD (simple
définition) vont se convertir progressivement à la HD. Fransat prépare en
outre une série d’innovations en matière
de solutions à valeur ajoutée de réception par satellite, à la fois pour
l’individuel et pour le collectif. L’année
2012 verra également l’arrivée de nouveaux services TV gratuits et payants
complémentaires, linéaires et à la demande, qui viendront renforcer l’écosystème de diffusion audiovisuelle constitué autour de Fransat sur la position
orbitale 5°ouest d’Eutelsat. 쐍
S
T R AT É G I E S
D E
M A R Q U E S
Philips, l'image et le design :
Les plus hautes
performances dans un écrin
Au cœur d’une période où le volume des ventes de téléviseurs s'oriente sur une tendance moins
porteuse,le moment est venu de mettre dans les rayons des atouts capables de donner un coup
de fouet à la valeur.C’est sur cet axe que la gamme Philips voit sa stratégie optimisée pour les prochains mois,avec des armes allant du concept Ambilight au format 21/9 pour cinéphiles,en passant par les traitements d'image exclusifs,la qualité du son et le design.Une offre sachant se différencier au service d'ambitions affirmées sur l'ensemble des segments du marché.
Le marché du téléviseur arrive à une
étape importante. Il vient de vivre une
longue période dominée par des ventes
exceptionnellement fortes en volumes
sous l’effet d’une demande intense liée
aux récentes transitions majeures,
comme le passage au tout numérique et
l’arrivée de la haute définition. Des perspectives différentes sont désormais à
prendre en compte. Encore qu’en marge
de ces grands changements, tout n’est
pas sombre pour les prochains mois. Si
« l’après-révolution » du tout numérique
risque de se conjuguer aux effets négatifs
de la crise, « 2012 arrive avec la promesse d’une certaine dynamique » souligne-t-on chez le fabricant au logo bleu.
La qualité de l’image
en priorité
Il y aura notamment des évènements
sportifs qui ont toujours dopé les ventes,
dont l’Euro 2012 pour le football puis les
Jeux Olympiques, presque dans son prolongement immédiat. Mais plus que
jamais, la stratégie de Philips pour le présent et les saisons prochaines va s’apDistribution, Ventes & Services Magazine n° 101
32
puyer sur des axes favorables à une
remontée en valeur. Le principal atout sur
lequel va s’appuyer cette stratégie est la
qualité de l’image. La marque a à son actif
des performances reconnues, notamment
dans des traitements d’image, pour lesquels elle n’a cessé depuis des années de
poursuivre ses efforts de recherche et de
développement. « C’est la première demande des consommateurs » justifie le
constructeur pour une qualité qu’il est
pourtant parfois difficile de mettre en
valeur en magasin. L’habitude dans les enseignes a en effet été prise de montrer des
contenus issus des meilleures sources
possibles. C’est à l’heure actuelle très
souvent le cas avec le Blu-ray. Ce qui est
bien naturel, montrer les meilleures performances possibles des produits est une
démarche élémentaire. Mais dans la vie
quotidienne, l’utilisateur va aussi regarder des images moins bonnes, comme
Le concept Ambilight, une véritable innovation qui réunit l’écran au cadre de vie.
par exemple certains signaux issus de
sources connectées. C’est dans la diffu- vices réellement pertinents et de qualité », des haut-parleurs réellement perforsion de contenus d’une qualité moindre nous rassure-t-on à ce sujet. Concernant mants dans des épaisseurs particulièreque l’aptitude des traitements d’image la 3D, Philips souligne être l’une des ment faibles. Ce qui n’est pas forcément
évoqués s’avère particulièrement inté- rares marques ayant choisi de proposer cohérent avec l’attente des clients qui,
ressante. « Plus la source est mauvaise, à la clientèle les deux technologies, qui avec l’agrandissement des tailles d’éplus la capacité de nos traitements res- ne répondent pas seulement à des argu- crans, ont aussi amplifié leurs envies de
sort », argumente le constructeur, à la ments de prix. « La 3D avec les lunettes grand spectacle au salon, à travers le
manière d’une boutade... qui n’en est pas actives, que nous appelons 3D MAX, et home cinéma, une motivation indissoune. Chacun sait qu’une fois en service, celle qui met en œuvre des lunettes pas- ciable de l’obtention d’un son de qualité.
sives à verres polarisés, la 3D « Nous voulons pour notre part propol’utilisateur sera forcément
Easy, ont des rendus diffé- ser des équipements dans lesquels la
amené à regarder des émisrents dans la perception du qualité du son est en cohérence avec
sions d’une qualité technique
relief. Avec des lunettes ac- celle de l’image. Nous gérons cela à tramoyenne, et sa déception
tives, l’effet est plus profond, vers le pied, dans lequel sont intégrés
peut alors être immense s’il
mais l’utilisateur peut régler des circuits amplificateurs et des caisobtient des résultats médiol’amplitude de l’effet en par- sons de grave, miniaturisés, mais très efficres. « Comme le savent d’ailticulier s’il souhaite regarder caces. »
leurs les professionnels du
Philips est couronné
un programme long, comme
terrain, Philips a atteint des
depuis 20 ans par l’EISA
niveaux de performances pour sa qualité d’image. un film, et qu’il éprouve l’en- Le téléviseur
vie d’avoir une vision plus dans le cadre de vie
reconnus même en conditions minimales. Mais l’offre de la marque douce.Avec la 3D Easy, les lunettes passe distingue aussi sur les meilleures sives sont plus légères et n’ont pas à être Bien sûr, quand on évoque les produits
images actuelles, notamment par des rechargées ». Il y adonc bien une diffé- Philips, c’est aussi le concept exclusif
résultats spectaculaires dans la fluidité rence de coût, mais il est hors de ques- Ambilight qui vient à l’esprit. « C’est une
des séquences en mouvement ou encore tion pour autant de parler de « 3D du véritable innovation » insiste le construcdans les contrastes ou la colorimétrie. pauvre ». A noter aussi que pour les teur. Elle a été développée avec pour
Depuis 20 ans, Philips s’est d’ailleurs vu lunettes actives, Philips a choisi d’en faire appui des études menées auprès de
décerner chaque année par l’EISA les la recharge directement sur le téléviseur, consommateurs et portant sur le
confort visuel ». Le procédé a cependant
prix récompensant la meilleure image. via un connecteur USB.
Ce qui démontre notre souci de main- La tendance qui voit se multiplier les aussi bénéficié d’une autre véritable cultenir cet avantage ». Lors du dernier pal- écrans d’une finesse extrême fait sou- ture propre à la Philips : celle de l’émarès, c’est le 46PFL9706 qui a été cou- vent du son la première victime, puisqu’il clairage. Sa spécialité mondialement
ronné pour la saison 2011-2012, qualifié est pratiquement impossible de placer reconnue dans le domaine des lampes et
par les spécialistes de la presse européenne de téléviseur 3D offrant la meilleure qualité d’image.
Smart TV et 3D aussi en pointe,
et de bons résultats
bien entendus
Ce qui ne signifie nullement que les
autres atouts attendus sur des téléviseurs en 2012 soient oubliés. La TV
connectée est en plein épanouissement.
« Nous allons poursuivre nos développements dans ce sens, et investir dans
des partenariats qui vont permettre
d’apporter aux consommateurs des ser-
DesignLine :
un dessin pur et raffiné.
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
33
S
T R AT É G I E S
D E
La fonction SmartTV est intégrée à l’immense
majorité des modèles, et sera encore davantage
présente dans les prochaines collections.
des luminaires l’a inéluctablement
conduite à une maîtrise unique dans
l’appréhension des cadres de vie, le
« lifestyle ». Un atout spécifique qui
mérite une attention particulière, car il
révèle les raisons qui conduisent la firme
à considérer le téléviseur comme un
objet du cadre de vie, aussi bien quand il
est éteint (dans ce cas, la dalle noire n’est
pas toujours ce que souhaite le plus
l’utilisateur) que quand il fonctionne.
C’est bien dans cette optique qu’il faut
comprendre le concept de l’Ambilight,
par lequel est proposée à la clientèle une
manière de regarder le spectacle de
l’écran en y intégrant son univers familier. Un concept qu’à l’évidence, elle
apprécie. « Nous avons des études qui
nous montrent que l’Ambilight serait
régulièrement choisi pour un renouvellement par des utilisateurs qui en ont
déjà été équipés, et dont un certain
nombre révèlent aussi qu’ils en ont
découvert l’ensemble du charme et des
qualités chez eux, à l’usage ».
D’une manière globale, le design fait
donc aussi partie des axes sur lesquels se
concentrent les développements chez
Philips, avec de surcroît « l’avantage que
nous avons d’être positionnés surtout en
tant qu’industriel européen, ce qui nous
donne une meilleure proximité à l’égard
des consommateurs ».
M A R Q U E S
grandi ces dernières années. En innovation technique, comme pour le design, la
firme investit, « et c’est un atout que de
pouvoir disposer comme c’est le cas de
nos quatre centres de recherche dans le
monde consacrés à la télévision. Philips
s’applique à développer des innovations
qui ont du vrai sens pour les utilisateurs,
et dans le respect, comme le souligne
notre slogan (du sens et de la simplicité),
d’une totale facilité de mise en œuvre et
d’utilisation, le tout étant accessible à
n’importe quel néophyte ». Une innovation qui est aussi conduite avec la prise
en compte de la durabilité. « Nous savons bien que les utilisateurs ne changent pas leurs téléviseurs au même
rythme que leurs smartphones ».
Ainsi se configure donc une stratégie qui
va se poursuivre, et même s’amplifier.
Philips a l’ambition pour le court terme
et au-delà de figurer parmi les principaux
acteurs du marché, et donc, souligne s’il
en était besoin sa volonté de s’adresser
à l’ensemble des cibles, l’ensemble des
segments du marché. Sa démarche
consiste par conséquent à répondre aux
attentes de toutes les familles d’enseignes, avec des produits adaptés à
leurs positionnements respectifs. C’est
ainsi que la hiérarchie des modèles est
construite, à travers les lignes qui se
déclinent des 9000 puis 8000, 7000 jus-
qu’à la série 3000. La gamme 9000 est la
plus aboutie techniquement. A ses systèmes d’amélioration de l’image, s’ajoute
un traitement très particulier visant à éliminer les réflexions lumineuses. Elle est
dotée de la restitution en 3D MAX active,
tout comme la série 8000, la série 7000
étant pour sa part en 3D Easy passive.
Mentionnons aussi l’élégante DesignLine
qui ne manquera pas d’accrocher bien
des regards. La fonction Smart TV est
présente sur tous les modèles des
gammes 6 à 9000, et sera d’ailleurs étendue lors de la sortie des modèles de la
saison prochaine, au printemps. Une
offre qui ne sera pas en rupture complète avec celle d’aujourd’hui, mais qui
prolongera la déclinaison qui se fait régulièrement dans le domaine des développements techniques. Un peu comme cela
se pratique dans l’univers de l’automobile,
où les technologies issues de la compétition se transposent d’abord sur les hauts
de gammes puis s’appliquent progressivement aux produits standards, « Nous
apportons chaque saison à des téléviseurs
plus accessibles ce qui distinguait auparavant les plus perfectionnés.» Voilà le
rideau déjà un peu levé sur un programme dans lequel les professionnels
vont pouvoir agir selon un souhait devenu
omniprésent : faire remonter la valeur, sur
l’ensemble des segments du marché. 쐍
L’innovation
au service d’une gamme large
Ce qui fait la force de la marque tient
donc dans cette convergence entre des
performances dont on a la certitude
qu’elles apporteront le meilleur ressenti
possible face aux images, et l’intégration
au cadre de vie. Le téléviseur n’est plus
un objet que l’on cache, et il a beaucoup
21/9 : un format d’exception pour clients cinéphiles
Voilà encore une véritable innovation, exclusive. Ce format est sans le moindre doute un produit pour
une cible assez limitée, celle des véritables amateurs de cinéma. Le 21/9, qui est un 58 pouces, est le seul
téléviseur capable de restituer en mode intégral les films en format cinémascope ou équivalent. Ce haut
de gamme va plus loin que le simple accroissement d’une diagonale classique, permettant d’associer un
encombrement qui reste raisonnable, et une véritable largeur d’image là où elle se justifie, voire
s’impose. « C’est un marché dont la cible est restreinte, mais très intéressant », qui adresse une clientèle
éprise de culture, et disposés à investir pour la qualité.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
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E N C O N T R E
Si l’ADSL a pris une place
importante dans le créneau
de la réception TV, donnant
la réplique à une TNT
qui vient de mettre
un point final à la vie
de l’analogique, le satellite
reste une troisième voie
importante. Aston,
entreprise française,
cultive ses différences
en se consacrant
uniquement à cette
réception venue du ciel.
Aston :
Stéphane Nitenberg,
DG d’Aston, nous
fait découvrir une
firme qui ne se
contente pas d’une
activité sur les
sentiers battus.
Vocation satellite
Bagnolet, à l’est de la capitale, n’est pas
forcément le lieu où l’on s’attend à découvrir le siège d’une société totalement
imprégnée de high tech et de technologies numériques. « Aston est une entreprise assez singulière et atypique » reconnaît d’emblée Stéphane Nitenberg,
son directeur général. « C’est une société qui a un seul actionnaire, son fondateur, Nacer Kabouya, lequel est extrêmement actif, passionné par le produit ».
Aston, PME bien de chez nous, compte
« une petite centaine de personnes, et
c’est une véritable entreprise indus-
trielle. C’est presque unique dans ce secteur d’activité. Nous disposons de nos
propres moyens de production, et tous
les développements sont faits maison ».
De fait, les ingénieurs de l’entreprise
sont sur place, à Bagnolet. « Nous avons
une gamme relativement restreinte, et
pour tous nos modèles, nous développons les aspects techniques, hardware et
software, ainsi que le design. Nous investissons dans l’esthétique, nous créons
nos propres moules ». Voilà en soi une
véritable découverte, et qui laisse entrevoir une approche assez sensiblement
différente de ce qui se rencontre le plus
souvent dans cette activité, avec de nombreux produits issus ou réalisés en Asie.
« Il y a chez Aston une véritable culture
d’entreprise, et une forte personnalité,
très identifiée auprès de ses clients ».
Valeur ajoutée indispensable
Naturellement, une stratégie dans cet
esprit impose quelques règles. L’une des
préoccupations d’Aston est d’éviter la
dispersion. « Nous ne cherchons pas
spécialement à nous diversifier » indique
EN PLEINE PHASE AVEC L’ACTUALITÉ DE LA TV
Anticipant l’arrêt de des transmissions analogiques sur le satellite Atlantic Bird 3 et en intégrant l’arrivée annoncée de nouvelles chaînes HD de la TNT gratuite (arrivée prévue de six nouvelles chaînes HD d’ici Juin 2012), la firme de Bagnolet a enrichi
de nouveautés importantes et accompagné d’initiatives sa
gamme Fransat. Avec ses nouvelles références, la firme revendique aujourd’hui le statut d’unique fabricant proposant un
large choix aux consommateurs avec une offre complète de
récepteurs HD labellisés, innovants et performants, dont les
Diva HD Easy et Diva HD Premium (incluant la fonction d’enregistrement sur disque dur externe). Une gamme dédiée à
Fransat qui continue de s’élargir en recevant en cette fin
d’année le Xena HD Twin, récepteur enregistreur à double tuner.
Ajoutons qu’avec sa fonction « 3D Ready », les utilisateurs peuvent également capter et regarder (bien sûr via un écran TV
3D) tous les programmes satellites diffusés en relief. Il ne faut
pas oublier un peu de promotion. Depuis le début du mois de
novembre et jusqu’à la fin de l’année, Aston a bâti des offres
promotionnelles sur ses récepteurs Diva HD Easy et Diva HD
Premium chez les revendeurs / installateurs et dans certaines
enseignes (Darty, Leroy Merlin...) avec à la clé pour les clients
des chèques cadeaux Kadeos de 15 à 25 euros. 쐍
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
36
L’offre Aston pour TNT Sat répond
aux offres des principaux
opérateurs. Avec Astra, TNT SAT est
accompagné de la fonctionnalité
Canal Ready.
Les dernières
nouveautés
de la marque
arrivent très en
phase avec les
ultimes extinctions
de l’analogique,
terrestre comme
sur le satellite
Atlantic Bird 3.
de produits : les récepteurs satellite
numériques, et les modules PCMCIA. »
Pour cette seconde catégorie, Stéphane
Nitenberg relève que « si on parle assez
peu de PCMCIA en France, cela va évoluer rapidement.Tous les téléviseurs ou
presque sont désormais équipés de ce
connecteur, et ils vont permettre grâce à
lui de faire « disparaître le décodeur ».
C’est non seulement une solution intéressante car elle réduit l’installation, mais
c’est aussi moins onéreux, et très simplificateur pour l’utilisateur, qui pilote
tout avec une seule télécommande. »
sans hésiter Stéphane Nitenberg, qui
ajoute que la firme, qui a toujours développé sa croissance par ses propres
moyens, sans croissance externe, est
autofinancée. « Notre entreprise n’a pas
de dette ». Et logiquement, sa démarche
s’inscrit dans une prudence habile :
« Nous n’investissons qu’en fonction de
nos moyens ».
Vers un futur technologique
très porteur
Ce cadre de fonctionnement assez inhabituel ne peut non plus échapper à
quelques principes, une sorte de discipline, qui conduit Aston à ne se concentrer « que sur des solutions où une
valeur ajoutée est intégrable ». Pas question de se mêler à un univers où les prix
les plus bas servent de ligne d’horizon.
Néanmoins, le créneau dans lequel travaille la société bagnoletaise est luimême inscrit dans la logique maison.
« Quand la diffusion de la TNT par satel-
A Bagnolet, les ingénieurs de la R&D d’Aston développent hard et soft pour les produits maisons.
lite a démarré, il se prévoyait un million
de foyers utilisateurs. Nous en sommes
fin 2011 à 5 millions. Il faut sortir du raisonnement que l’on rencontre dans les
grandes agglomérations et dans la région
parisienne. Il y a en France et il y aura
toujours des endroits où l’ADSL n’arrivera pas, et où la TNT ne passera pas
ou mal. Pour tous les consommateurs
qui résident dans ces lieux très nombreux, le satellite est la seule solution ».
« C’est pour cela que nous travaillons
aujourd’hui sur deux principales familles
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
37
Autre précision qui mérite l’attention :
« Il n’y a pour ce genre de décodeur que
quatre fabricants au monde, dont Aston ».
Et le directeur général d’Aston confie
que la marque fera prochainement des
annonces fortes pour le marché français.
Car bien sûr, Aston déploie aussi ses activités au-delà des frontières. « Les produits PCMCIA représentent 80 % de
notre CA à l’export ».
A propos du créneau de la réception TV
et notamment du satellite, Stéphane
Nitenberg souligne encore un point
왘왘
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E N C O N T R E
important : « il ne faut pas opposer la
box et le satellite ». Selon lui, ce sont des
solutions complémentaires mais non
concurrentes. Elles se justifient en fonction des couvertures.
Au-delà de cette observation, nous revenons vite dans les desseins de l’entreprise de Bagnolet, consistant à travailler sur des schémas où une valeur
ajoutée peut-être apportée. Clé des
réflexions : les clients, leurs attentes, et
une impérative nécessité de simplicité.
La simplicité
et le souci du détail
« L’innovation est au cœur de notre stratégie, mais elle n’a de valeur que si elle
est compréhensible par le client ». Ainsi,
dans le passé, Aston avait cultivé sa différence avec des décodeurs pour les
bouquets dont l’offre n’a pas été accueillie sans quelques émotions du côté
des opérateurs. « Nous ne voulions pas
choisir à la place du client. Nous avions
donc, quand il y avait CanalSatellite et
TPS, conçu des décodeurs pouvant
accueillir deux cartes, pour que les
clients puissent recevoir soit l’un, soit
l’autre, ou même les deux à la fois ». Ce
qui, pour ce dernier cas de figure, simplifiait fortement la tâche de l’utilisateur,
car une installation avec deux décodeurs,
ASTON : DES NOMS !
Le BZ 82015 et le HD BRX 624
n’existent pas dans la gamme du spécialiste de la réception satellite. « Tous
nous produits portent des noms »,
souligne Stéphane Nitenberg : Simban
Diva, Wamba, Xena, Prixa...
Tout de même plus sympa, non ? En
tout cas, c’est plus commode pour
parler d’un équipement, plus facile à
retenir par un client. 쐍
deux télécommandes, les câblages...
quelle angoisse ! Cette anecdote est
aussi un indicateur de « la liberté d’action à l’égard des opérateurs à laquelle
nous sommes très attachés », précise
Stéphane Nitenberg, non par esprit de
défi, mais toujours dans la ligne stratégie
de l’entreprise, qui consiste à apporter
des solutions à ce dont ont envie les
clients. Ceux-ci ne cherchent pas des
concepts techniques, mais ils « souhai-
Aston déploie beaucoup d’énergie sur un créneau nouveau et très prometteur, celui des cartes
PCMCIA, déjà très utilisé dans certains pays.
tent pouvoir accéder à des offres, qui sont
les véritables moteurs du marché ». Un
client, à travers un équipement, cherche à
voir sur son téléviseur ce qui le motive, en
programmes, contenu et usages.
Ainsi, les innovations maison se succèdent, avec toujours quelque chose de
différenciant d’une manière concrète
pour l’utilisateur : réception simple ou
double tuner, normale ou HD, couplée
au Blu-ray, compatible avec la 3D, etc.
« Et nous travaillons aujourd’hui sur une
solution de télévision de rattrapage par
satellite » indique Stéphane Nitenberg,
soulignant les partenariats développés
avec les opérateurs, « Fransat, dont nous
sommes partenaire historique, comme
CanalSat. »
Les offres des opérateurs sont
structurantes pour le marché
Il n’est pas étonnant qu’Aston, avec cette
activité, ait aussi une attitude et un
regard sur ce qui se passe sur le terrain.
Avec à l’évidence un souhait : « l’offre
des opérateurs est structurante sur ce
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
38
marché. Les rayons devraient être articulés sur cette réalité » estime notre
interlocuteur, qui considère que les hiérarchies par prix échelonnant des équipements de natures diverses dans les
rayons sont bien moins efficaces.
Aston dispose d’une équipe de commerciaux, basés à Bagnolet, et affirme un
souci de proximité avec son réseau. La
société nourrit une activité s’appuyant
sur des actions autour des produits.
« Mais nous ne sommes pas très axés
sur des opérations sur les prix » prévient Stéphane Nitenberg, soulignant
encore le souci de la valeur.
Dans le court terme, « nous voulons
renforcer notre communication digitale » explique-t-il, citant notamment une
nouvelle version du site Aston en préparation. Tout comme se construit à l’heure actuelle un Internet « pour être en
contact avec notre distribution, un lien
personnalisable, que nous souhaitons
établir d’une manière permanente et
utile. Aston vise aussi une présence sur
les réseaux sociaux. « Nous y allons, de
manière progressive ». 쐍
LA NOUVELLE IMAGE
L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS
En hypermarché
(Carrefour Planète),
le rayon photo
numérique change
totalement de profil.
P HOTO
NUMÉRIQUE :
RAYONS EN FÊTE
Sous l'impulsion de facteurs multiples, les rayons de la photo numérique sont en train de
bouger. Cela se remarque plus particulièrement en cette fin 2011, alors que les conditions de
livraisons sont ce que savent les professionnels. De partout, surgissent les indices d'une énergie
qui aura sans doute pour effet de ne pas faire de la saison des fête une défaite.
Il n’y a pas que l’actualité des constructeurs
« Nous avons beaucoup de ruptures, les
même un peu « embarras du choix » pour
ou les chiffres d’un panel dans la vie d’un
fournisseurs ont du mal à nous livrer »
les plus acharnés parmi les aficionados des
pixels savamment capturés. Il va falloir
marché. Ce qui change, ce qui évolue ou
indique, fataliste, le vendeur d’une GSS
n’évolue pas, face au regard des clients, est
réputée agitatrice. Les professionnels du
tenir la distance, en attendant un retour à
aussi un élément essentiel. C’est peut-être
terrain s’attendaient à cette période com-
de meilleures disponibilités sur le matériel.
même le plus décisif. Toutes les initiatives
pliquée dont ils connaissent les causes. Les
prises en amont, depuis les bureaux de R&D
catastrophes naturelles ont décimé des
jusqu’à l’arrivée des produits en rayons ou
pans entiers de l’appareil de production de
linéaires, n’ont d’intérêt qu’à travers cet
l’industrie. La pénible épreuve japonaise a
Mais il n’y a pas que ce constat susceptible
instant ultime où le chaland est en pré-
été suivie des effets dévastateurs des inon-
de retenir l’attention. Il se trouve en effet
sence de l’objet qu’il convoite ou va convoi-
dations en Thaïlande. Dommage, car le
que dans ses propres dispositions, le com-
ter tôt ou tard. Or, cette saison le rappelle :
« plateau » de cette fin d’année est riche.
merce dans notre pays vit une phase de
Des rayons qui se réinventent
c’est parfois quand les conditions sont un
Nouveautés, innovations, fonctions se sont
mutation. Le plus spectaculaire des chan-
peu plus difficiles qu’à l’accoutumée que les
accumulées au point de rendre l’offre très
gements provient de la grande distribution
volontés se déchaînent et se démultiplient.
attractive pour le public en général, et
alimentaire. Les hypermarchés, qui se cher-
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
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L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS
A part pour les collectionneurs, l’idée de la
vitrine de grand-papa est bien oubliée.
chent sur de nombreux plans, ont revu leur
copie sur plusieurs familles de produits,
Le rayon est limpide et
lisible (Géant).
dont les équipements techniques. Sans
ambiguïté, l’émergence du concept Planète de Carrefour apparaît comme une
La libre prise en main
progresse d’une
manière sensible.
sorte de symbole de cette renaissance.
Ayant à l’évidence évacué l’idée de se séparer de secteurs qui non seulement génèrent du trafic, mais enrichissent celui-ci des
Toutefois, l’activité de ruche dont tout
d’aller prendre en main ces nouveautés, là
cibles masculines jeunes utiles à tous les
observateur attentif peut être témoin a
où elles ne sont pas dans un bocal ? Pour la
autres rayons, ayant aussi fait une croix
aussi pour origine un dynamisme sans égal
photo, l’expression « libre-toucher » ne suf-
définitive sur l’arme de la promo domi-
de la part de cette industrie, qui a réussi à
fit d’ailleurs pas. Et du reste, une étape
nante, le Net étant bien plus à même de
faire vivre des nouveaux concepts, a remis
supplémentaire serait encore à franchir :
pratiquer le discount au long cours, c’est à
en selle des formules que l’on croyait obso-
celle de la mise sous tension systématique
un retour sur une vision plus qualitative
lètes (les bridges par exemple), amélioré
- très rare - , tant il est vrai que sur un APN
que se livre l’enseigne, suivie dans sa dé-
d‘une manière sensible pas mal de perfor-
non alimenté, on ne voit pas grand chose.
marche par des expériences observées par
mances, et ajouté des perfectionnements
Mais on en voit quand même un peu, et
tous (concurrents et fournisseurs) dans
qui sont à coup sûr plus motivants que
c’est déjà ça : où sont les commandes,
d’autres grandes surfaces, Auchan en par-
ceux qui fleurissaient allègrement voici
quels sont les connecteurs, sans oublier la
ticulier.
quelques saisons. Faire de la vidéo HD, dis-
texture, l’agrément de ce que le futur utilisateur mettra au contact de son épiderme
Or, un peu comme dans une partie de domi-
poser d’un téléobjectif puissant, voir les
nos, un changement en entraîne d’autres.
images dans un viseur innovant ou sur un
ou plus simplement encore le poids.
La photo numérique est désormais l’objet
très bel écran « live view » est certainement
Dans un rayon, la place n’est pas illimitée.
d’attentions particulières sur une fraction
plus fascinant que de reconnaître le visage
Nous avons remarqué quelques idées inté-
importante du terrain. Ce qui a d’ailleurs
du chien de la famille.
ressantes et élégantes consistant à jouer
pour effet de créer une distorsion négativement perçue à l’égard de ceux qui, au
contraire, n’ont pas encore décidé de trans-
avec la très petite taille des compacts, et
La prise en main dans
les rayons gagne du terrain
former leur approche. En clair, là où rien ne
avec leurs couleurs, dans des mises en
place peu encombrantes et très attractives. En clair, le rayon photo numérique
bouge, ça se voit ! Il y a au moins une GSS
C’est donc en partant d’un environnement
est en train de vivre sa révolution. Ce qui
dans ce cas, qui aurait pourtant intérêt
matériel très riche que les rayons se réin-
est un point excellent pour le marché, qui
- peut-être - à cuisiner ses rayons de reflex,
ventent. Nous pourrions faire une longue
aura totalement modifié son image d’ici
hybrides et autres APN autrement que sous
liste de références ayant alimenté l’actu-
peu si le mouvement se prolonge. Toutes
vitrine, mais chacun voit midi à sa porte. Il
alité tout au long des mois récents, dont le
les catégories de produits numériques ne
arrive que des transformations soient déci-
public intéressé a forcément entendu par-
sont pas forcément adaptées à des révi-
dées si tardivement que le mauvais pli est
ler, et qu’il rêve de voir en vrai de vrai.
sions de concepts aussi significatives.
déjà pris quand on les engage.
Comment ne pas résister à la tentation
Dommage...
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
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F UJIFILM :
P I X E L S
LA PEAU
L'entrée dans un nouveau marché pour un leader du monde de la photo est
une évolution industriellement assez courante, pour ne pas dire banale. Celle
que prépare Fujifilm pour 2012, la France devant y jouer un rôle de tête de
pont occidental, ne manquera pas d'avoir un certain retentissement.Au point
qu'elle pourrait être interprétée comme une prise de distance à l'égard du
monde des pixels. D'où l'affirmation du contraire, avec même la perspective
d'un renforcement des activités de la firme dans le domaine de l'image.
Le Fujifilm XS-1 Premium, dernier né de l’offre
Fujifilm, est un bridge doté d’un capteur 2/3 de
pouce EXR-CMOS de 12 Mp, équipé un zoom
manuel 26x (24-624 mm). Avec un viseur
électronique très lumineux, un écran orientable
et une finition excellente, il est dans la droite
ligne des bridges qui ont assuré le succès de la
marque dans ce créneau.
Le groupe Fujifilm va bien. Cette affirma-
l’astaxanthine, molécule naturelle antioxy-
tion dans une période compliquée comme
dante (provenant d’une algue marine), et
celle vécue actuellement n’est pas seule-
qui n’est efficace que si elle est soumise à
ment une formule passe-partout. Elle
un traitement baptisé micronisation, lequel
résume idéalement un assez long exposé
relève d’une technique parfaitement maî-
prise de vue. « Non, il n’en est pas question,
tenu voici quelques jours par Renaud
trisée par très peu d’entreprises dans le
bien au contraire » scande Renaud Thierry.
Thierry, PDG de Fujifilm France, qui avait
monde, dont Fujifilm. Promis, nous n’allons
pour objectif de rassurer non pas face aux
pas plus loin dans cette exploration du
circonstances présentes, mais juste avant
monde des particules qui nous entraîne
société nippone au regard du monde de la
Bonne tenue
sur un marché dynamique
que surgisse au grand jour une initiative
loin de nos électrons et photons favoris. Ce
qui va faire du buzz et qui aurait pu être
qu’il faut retenir en revanche est que
Et pour cause. Fujifilm s’est plutôt bien
interprétée de manière erronée.
Fujifilm va se lancer sur le créneau des
comporté sur un marché au sein duquel
« Notre groupe consacre beaucoup de son
crèmes anti-âge, armé des collagènes et
voici quelques années, des spécialistes avi-
potentiel de R&D à certaines molécules »,
astaxanthine dont elle sait superbement
sés ne lui accordaient pas forcément un
avenir aussi brillant, à cause de son posi-
rappelle-t-il, soulignant l’orientation historique de la firme pour quelques branches
tionnement justement... très associé à
d’une chimie de pointe. Logique : la photo
l’argentique, la chimie. Domaine du support
fut durant toute sa vie argentique une dis-
argentique qu’elle n’a pas déserté. « S’il n’en
cipline étroitement liée à la chimie. Il faut
reste qu’un, nous avons toujours dit que ce
parallèlement rappeler que Fujifilm est
serait Fujifilm », commente Renaud Thierry,
aussi une entreprise très ancrée dans la
décrivant mille et une dispositions pour
production d’équipements médicaux ser-
permettre au film de vivre encore ce qui
vant au diagnostic et aux actions curatives.
peut être vécu (et répondre ainsi à une
Radiographie, mammographie, endosco-
demande encore présente). Pour 2011, les
pie, études sur l’ADN sont autant d’axes sur
réalités ont été incontournables, comme
lesquels la firme japonaise déploie une acti-
pour beaucoup d’acteurs du métier. « Nous
vité nourrie, ce qui participe à sa bonne
santé économique. Dans le domaine de la
photo, « souvenons-nous que les premiers
matériaux du film sont les collagènes »,
Renaud Thierry, patron de Fujifilm pour la
France, rassure : l’arrivée de la société dans le
domaine des cosmétiques ne l’empêchera pas,
au contraire, de se maintenir et même d’amplifier
sa position dans le domaine de la photo.
avons souffert sur certaines livraisons. Mais
nous sommes dans une activité où l’ensemble des acteurs a bien participé à la
dynamique du marché. Je trouve d’ailleurs
rappelle encore Renaud Thierry, ce depuis
assurer la production, ce dès le mois de
1934. Nous nous approchons du sujet. « Il
février.
à cette dynamique. Les volumes se main-
faut savoir que si les photos, au fil des
L’offensive ne se fera pas sous la marque
tiennent ». Pour appuyer cette remarque,
années, résistent à tout, et notamment au
Fujifilm, mais « l’Astalift ». La première salve
le patron de Fujifilm en France note que
soleil, c’est grâce aux antioxydants. » Cette
médiatique sera tirée le 19 février prochain,
« notre pays est le deuxième au monde par
fois-ci, nous y sommes. Les collagènes, pro-
et elle aura bien en revanche pour auteur la
le nombre de visiteurs dans l’organisation
téines complexes, sont de cette famille, qui
société spécialiste de la photo. La première
d’événements liés à la photo. Le salon cet
comme chacun sait, ne sont pas seulement
initiative sera suivie d’un plan d’action
automne en a attiré 75 000, ce qui est signi-
exploitées pour la chimie photographique.
continu et puissant, s’appuyant entre autres
ficatif ». Alors que la marque vient de lancer
Cette dernière, il est important d’insister
sur des évènements majeurs, comme par
son tout dernier bridge (le format qui croît
sur ce point, n’est d’ailleurs pas défunte
exemple le Festival de Cannes.
le plus et que Fujifilm a largement dyna-
suite
numérique,
C’est donc dès le mois de février qu’auraient
misé), son équipe souligne que ses parts de
puisque les tirages de clichés, notamment
pu, sans ce préalable à la grande annonce,
marché en 2011 ont été en constante pro-
pour le grand public, sont dans de grandes
surgir des commentaires venus d’observa-
gression, se plaçant en 2e position en sep-
proportions réalisés sur papier photo.
teurs insuffisamment informés, se croyant
tembre dernier, avec 14,3 % des ventes.
Entre aussi en scène une autre vedette,
dans le vrai en évoquant à tort un repli de la
Une firme qui n’a pas une ride !
à
l’émergence
du
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
41
que le marché français répond plutôt bien
쐍
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L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS
N IKON :
UNE VISION DE SPÉCIALISTE
Spécialiste du reflex et marque légendaire de
la photographie, Nikon a pris son temps pour
entrer sur le plus inédit des créneaux de la
prise de vue. Une démarche à replacer dans
la vision très réfléchie dont fait preuve le
constructeur à propos de son marché.
Sans détour, Bruno Chappotteau tranche :
« Hybride, cela veut tout dire et rien dire.
Nous préférons parler de compacts à
objectifs interchangeables ». Cela ressemblerait presque à un simple détail de vocabulaire, mais c’est tout le contraire.
Bruno Chappeautteau
le souligne :
le compact
à objectif
interchangeable
ne doit pas devenir
une alternative
au reflex.
candidatures à la magistrature suprême :
Le premier du genre, le
Nikon 1, devrait
crédibiliser cette famille
d’APN sur le marché.
qui va venir sur cette nouvelle gamme ?
Qui y résiste ? Alors qu’elle n’a pas encore
pris une position de premier plan dans les
ventes. Comme si ces arrivées déterminaient une sorte de survie probable des
firmes concernées. Mais la photo est un
vaste domaine, qui a beaucoup changé au
cours de la récente décennie. Des familles
D’ailleurs, dans les produits techniques
important. Nous tenons à garder nos posi-
de produits se sont ressaisies, comme les
pour le grand public, les définitions n’ont
tions, et à éviter une identification de ce
bridges. « Le bridge est en quelque sorte
rien d’innocent. Il y a des nuances que tous
nouveau concept comme étant une alter-
inclus dans le compact, au sens large, »
les professionnels connaissent entre des
native au reflex. Certains pensent d’ailleurs
commente Bruno Chappotteau qui sou-
expressions telles que « chaîne stéréo et
que l’hybride va remplacer le reflex. Ce
ligne que « c’est un produit qui fonctionne
chaîne hi-fi », « autoradio et audio-mobile »,
n’est pas notre vision. Les deux concepts
très bien depuis 2-3 ans. Chacun a d’ailleurs
« portable ou transportable», «mobile ou
peuvent parfaitement cohabiter ».
pu observer un gros retour de Nikon sur ce
nomade » etc. Des précautions de langage
que l’on retrouve au cœur de la stratégie
commerciale, et qui conditionnent l’en-
segment du bridge, qui a fort bien été ré-
Longue gestation,
mûre reflexion
semble du contexte dans lequel peut évo-
inventé. Nous y avons désormais une part
de marché nettement supérieure à 20 % ».
La raison de ce succès est bien sûr liée aux
luer un produit. Ainsi, dans la photo, le
L’arrivée de la marque dans ce nouveau
performances des appareils, mais aussi et
directeur commercial pour Nikon France
créneau a été longuement et mûrement
surtout à leurs atouts de simplicité.
explique : « compact à objectif interchan-
préparée. Elle était déjà évoquée sans
Un argument qui nous fait revenir sur le
geable démontre bien que nous sommes
détour il y a plus d’un an, lors de la
thème du compact à objectif interchan-
dans une montée en gamme, à partir du
Photokina 2010. Il faut dire que les médias
geable, dans lequel la simplicité est aussi
compact ». Alors que l’autre appellation,
sont très impatients sur ce thème extrê-
un axe déterminant. « Grâce à cette for-
qui s’est répandue très vite dans le métier,
mement ponctuel, guettant les annonces
mule, nous allons intéresser d’autres clien-
évoque plutôt une déclinaison du reflex.
des uns et des autres comme certains de
tèles. Nous allons au-delà de la cible du
« Pour nous, spécialistes du reflex, c’est
leurs confrères attendent les annonces de
reflex. Nous pensons à une clientèle beau-
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
42
coup plus jeune et beaucoup plus fémi-
la photo, c’est le smartphone que tout le
nine. Ne serait-ce que par la légèreté et
monde a dans la poche. Il intervient pour la
l’encombrement, et même par les coloris, 5
petite photo que l’on fait avec un compact
en la circonstance, alors qu’en reflex, à part
pas cher. Il est donc très important de faire
quelques exceptions, la couleur est
monter en compétence et en possibilités
presque toujours noire, celle du sérieux
photographiques des consommateurs de
par excellence. »
compacts ».
Pas d’ambiguïté, Nikon cultive donc le
L’avenir est bien à construire sans retard,
compact à objectif interchangeable dans
alors que le métier est encore un peu
l’esprit qui a accompagné depuis des
étourdi par les évolutions qui ont marqué
années le développement de la photo en
la période 2000 - 2011, aussi spectaculaires
version numérique. « Nous sommes passés
pour la distribution que pour la photo à
d’une époque où il y avait un appareil par
Vers un marché de l’APN
qui doit surveiller
la concurrence potentielle
des smartphones.
ménage à la situation actuelle où il y a
presque un appareil par individu », souligne
Bruno Chappotteau, qui rappelle de cette
façon que le marché ne peut s’envisager
désormais que par un ciblage affiné des
utilisateurs potentiels. La simplification
était incontournable pour conquérir des
Le P 7100, compact expert,
est presque, dans sa
définition marché,
l’opposé idéal du compact
à objectif
interchangeable. La
géométrie de l’offre se
recompose sur le marché
de l’APN.
segments de clientèles de mieux en mieux
définis, aussi bien dans ou hors des populations de passionnés. « C’est pourquoi le
N1 est volontairement très dépouillé. Nous
avons voulu gommer tout ce qui pourrait y
apparaître comme anxiogène ».
Cependant, Bruno Chappotteau ne dissimule pas l’importance de l’arrivée de Nikon
sur ce créneau. « Nous y entrons après
beaucoup d’autres. C’est un gros challenge
travers le basculement argentique-numé-
outil superbe pour cela : c’est la tablette,
pour nous, mais l’arrivée d’une marque
rique. Bruno Chappotteau se rappelle de la
qui permet de montrer beaucoup de
aussi historique que Nikon sur ce concept
famille des spécialistes photo, qui a « litté-
choses : des clichés, des appareils, des
va le crédibiliser ».
ralement fondu de 6 000 à 600 points de
panoplies d’accessoires. »
Une lente
mais inexorable transformation
positive du marché
vente environ ! » Parallèlement, il y a eu
Pour l’avenir, Bruno Chappotteau songe
l’arrivée d’Internet, « qui a été violente. Avec
encore aux smartphones qui, avec des cap-
un concept différent et des coûts moindres,
teurs de 8 Mp, commencent à se faire rela-
les écarts de prix pour un même appareil
tivement performants, mais auxquels il
pouvaient atteindre 25, 30 %, et plus dans
manque des atouts sur les zooms et
La géométrie de l’équipement de l’amateur
certains cas. » Mais aujourd’hui, deux évolu-
quelques fonctions. La photo doit mainte-
prend donc une forme qui se recompose
tions sont à noter : « le cross-channel se
nir une avance nette dans ce sens, et
avec les saisons et les évolutions de
développe. Les pur-players du Net ouvrent
prendre en compte ce qui est apprécié des
concepts. Les tailles et les formules ten-
des points de vente physiques, et les
utilisateurs : « le partage rapide et très
dant à se répartir selon deux axes, l’ un al-
enseignes en classiques ont désormais
facile des photos est une vraie piste. Il faudra
lant des utilisateurs profanes aux amateurs
leurs sites. Celles qui ne disposent pas cet
que l’APN devienne un équipement com-
avertis, croisé par l’autre conduisant du
instrument sont des enseignes appelées à
municant » capable aussi d’entrer dans l’ère
petit appareil léger à celui plus encom-
disparaître ».
du « cloud », afin de garantir une conserva-
brant apte à des exercices photogra-
Parallèlement, Bruno Chappotteau sou-
tion des clichés à court et à long terme. « La
phiques complexes, appréciés par les ama-
ligne aussi l’émergence d’une autre trans-
photo doit évoluer encore vers plus de
teurs éclairés. Le rôle du compact expert,
formation : « On assiste sur Internet à ce
simplicité. L’ergonomie n’est pas encore
par exemple, apparaît comme « le second
qui avait été vécu dans les magasins en dur
idéale sur de nombreux appareils. Il faut
boîtier. Le P 7100, reconnu comme un appa-
avec des acteurs qui jouent le jeu de purs
des interfaces très simples ». Si les écrans
reil de référence dans ce domaine, est
discounters, des multispécialistes, et désor-
tactiles semblent moins constituer une
petit, mais l’amateur peut y retrouver
mais des purs spécialistes de la photo ». Il
perspective réellement motivante, « il reste
presque tout ce qui lui est familier sur son
évoque aussi ce que les clients peuvent
des améliorations à apporter pour que
reflex ». Ces évolutions sont importantes
voir dans les rayons, « où le résultat n’est
l’utilisateur puisse encore mieux faire de
pour le marché, et particulièrement pour
certainement pas assez exposé. Nous inci-
bonnes photos en toutes circonstances,
le moyen terme. Car, souligne Bruno
tons les professionnels de la distribution à
même s’il y a eu déjà beaucoup de progrès
Chappotteau, « le grand danger qui guette
améliorer ce point. Il existe d’ailleurs un
dans ce sens, grâce aux capteurs CMOS ».
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
43
쐍
AUDIO
V I D É O
Home Cinema :
Toujours de l’avenir
Après une période faste dans les années 90, le marché du Home Cinema a montré quelques signes
d’essoufflement qui l’ont conduit à fortement évoluer pour recentrer son offre vers des produits plus
compacts et privilégiant l’intégration. Mais c’est toujours un marché dynamique et multiforme, les points
de ventes devant veiller à ne pas perdre de vue cette caractéristique essentielle…
Sur l’année 2011 et dans un contexte
économique pour le moins difficile, le
marché du Home Cinema fait beaucoup
mieux que résister. En effet, il demeure
toujours bien orienté avec 670 000
pièces attendues tous systèmes confondus (du 2.1 au 5.1 sans oublier les barres
de son). La croissance sera d’environ 4 %
avec un chiffre d’affaires estimé à 156
millions d’euros. Pour Olivier Humbaire
(directeur général de Pioneer) : « C’est
un marché qui profite des relais de croissance technologiques ». La généralisation
des écrans plats et l’arrivée de la 3D
sont des facteurs incitatifs qui poussent
en effet les utilisateurs à mettre leur installation sonore en conformité avec
l’image pour recréer à domicile un spectacle total.
Sur 2011, Olivier Baharian (responsable
marketing pour le groupe Harman) dis-
tingue deux périodes. « Les premiers
mois ont été très calmes, concède-t-il,
au point qu’au 1er juillet, notre objectif fiscal n’était pas rempli. A l’inverse, les mois
de juillet, août et septembre ont été particulièrement bons sur toutes les familles
de produits et pour toutes les marques
(Harman-Kardon, JBL) du groupe ».
Le Home Cinema sait s’adapter
Le marché du Home Cinema est bien
loin d’être un marché figé et au cours de
ces dernières années, on a vu sans cesse
apparaître de nouvelles applications avec,
en premier lieu, les améliorations technologiques apportées aux différents formats de son mais aussi avec le lancement
de nouveaux produits et de nouveaux
concepts.
Arrivée au début des années 2000, à
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
44
l’initiative de Yamaha et reprise par
l’ensemble des constructeurs, la barre de
son ou Soundbar en est la parfaite illustration. C’était le premier exemple
d’intégration réussie et l’équipement
rêvé pour venir compléter la vente d’un
écran plat. Après une première légère
perte de croissance, elle a su corriger le
tir en intégrant le lecteur DVD ou Bluray. Un exemple suivi par les autres équipements Home Cinema qui, à leur tour,
se sont mis à intégrer le lecteur DVD
dans un premier temps puis Blu-ray
ensuite. Pour Patrick Moncet (Home
Video Senior Product Manager chez
Sony) : « A la fin de l’année, il se sera
vendu plus de systèmes Home Cinema
avec Blu-Ray que de systèmes avec DVD
intégré. Le switch s’est encore accéléré
avec la 3D ». Et de conclure : « Les systèmes Home Cinema avec Blu-ray per-
Home cinéma et écrans réunis : l’union logique, non pas chez un « enseigne spécialiste », mais dans un
Carrefour Planète tout neuf.
Olivier Humbaire, Pioneer : « ce marché profite
des relais de croissance technologiques. »
mettent de monter en valeur ». Le 5.1
représente encore plus de 40 % du marché en volumes et Sony reste bien sûr
très présent sur ce segment, précise-t-il
avant de constater toutefois que la
France est désormais le seul pays où il se
vend plus d’équipements 2.1 que de systèmes 5.1.
Décriés par les puristes au moment où
ils sont apparus, les systèmes 2.1 et 3.1
n’ont pourtant cessé de progresser.
L’intégration et le design prévalent de
plus en plus et le fameux WAF (Woman’s
Acceptance Factor) a bien évidemment
son mot à dire. Une marque comme
Sony l’a fort bien compris avec un petit
système comme le BDV-L600, très peu
encombrant, assez élégant et facile à installer grâce à sa liaison sans fil. Cabasse
joue également la carte de l’intégration
et les dernières propositions du célèbre
acousticien vont en ce sens.
C’est notamment le cas du petit système
Olivier Baharian, de Harman France,
plaide pour un bouton magique…
La démo reste essentielle !
CinéOle spécialement conçu pour les
écrans plats et qui se compose de deux
petits satellites 2 voies coaxiaux de
forme sphérique (seulement 13 cm de
diamètre) et d’un subwoofer avec HP de
grave et modules de pré-amplification et
amplification. Il suffit d’ajouter une télécommande universelle et un jeu complet
Le cinéma sans l’écran : est-ce bien une communication pertinente ?
Ce panurgisme dans la communication a quelque chose
d’incompréhensible. Imaginerait-on promouvoir des costumes en ne
montrant que le veston, mais pas le pantalon ?
de connectique dont un capteur IR
déporté et l’on obtient un petit système
à la fois discret, esthétique et aux performances acoustiques très honorables.
Le tout pour un prix public conseillé de
999 euros. Un vendeur habile saura faire
valoir ses avantages et un tel système
pourra facilement accompagner la vente
d’un écran plat. C’est en tout cas la stratégie préconisée par Frédéric Lebreton
(directeur commercial & marketing pour
Cabasse) qui rappelle que : « l’intérêt
d’un système sonore ressort instantanément quand il est étroitement lié à
l’image. En ce sens, nous dit-il, la progression des ventes d’écrans plats et du Bluray sert le marché du Home Cinema ».
Il est cependant dommage mais inévitable de constater que l’arrivée de la 3D
n’ait pas plus bénéficié aux systèmes
Home Cinema. Et ce d’autant que : « La
quasi-totalité des systèmes Home
Cinema Samsung sont compatibles 3D »,
souligne Nicolas Ferry (chef de groupe
TV et Audio-Vidéo pour Samsung).
Pour Frédéric Lebreton (Cabasse),le mar-
Yamaha a été le défricheur
et le premier développeur commun de la demande
en barres de son, un produit qui mériterait d’ailleurs une meilleure
exposition aux yeux des chalands.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
45
왘왘
A
U D I O
V I D É O
ché du Home Cinema peut s’appuyer
sur plusieurs propositions : les systèmes
Home Cinema traditionnels 5.1, le système Home Cinema que l’on complète à
partir d’enceintes déjà existantes,
l’intégration maximale avec de petits
ensembles de qualité mais peu intrusifs
et qui viennent naturellement s’intégrer
dans un salon sans nuire à la décoration
du lieu. Et il perçoit même une quatrième voie avec le marché encore naissant de l’enceinte encastrée mais qui
s’est développé depuis déjà pas mal
d’années dans d’autres pays. Il totalise
ainsi 25 % à 30 % des parts de marché,
aux Etats-Unis. « Dans les années à venir,
nous dit-il, ce marché peut représenter
une opportunité intéressante pour les
revendeurs traditionnels qui pourront
l’associer à des activités domotiques ».
De son côté, Lionel Nunney (directeur
général de Bower & Wilkins France) souligne que le marché du Home Cinema
est loin d’être en perte de vitesse : « La
demande pour les installations de haut
de gamme est toujours là ! », se félicitet-il avant de préciser que c’est un marché sur lequel la distribution spécialisée
a plus que jamais son mot à dire. « Les
intégrateurs audiovisuels qui connaissent
bien leur métier et savent répondre aux
demandes de leur clientèle remplissent
parfaitement leur rôle et leur carnet de
commandes ne désemplit pas. Ils réalisent des installations complètes en associant les solutions de vidéo projection
aux systèmes Home Cinema. En période
de crise, observe-t-il, la valeur et la
pérennité de la marque sont des facteurs
déterminants pour une clientèle avertie,
exigeante et prête à engager des dépenses dès lors qu’il s’agit d’investir dans
une installation de qualité ». Une constatation rassurante pour un marché que
certains voient déjà en butte à l’érosion
des prix (il est vrai que le prix moyen
d’une installation Home Cinema se situe
aujourd’hui aux alentours de 260 euros).
Olivier Humbaire (Pioneer) se montre
lui aussi, assez optimiste. « C’est un marché qui est moins sensible que d’autres
aux prix agressifs, remarque-t-il. Ce n’est
certes pas un marché des plus dynamiques, mais du système 2.1 à l’installation 5.1, tous les modèles restent
encore possibles et imaginables. Le bon
comportement de l’équipement 2.1 ou
5.1 est plutôt lié au type de distribution,
Home Cinema : Toujours
observe-t-il. Il y a toujours une demande
forte pour les amplis audio-vidéo ». Et il
pointe au passage une prise de parts de
marché notable de la marque avec des
produits multifonctions, facilement paramétrables et bénéficiant désormais
d’une ouverture réseau qui les rend
capables de communiquer avec tous les
produits iPod et ainsi donc en mesure
de satisfaire toutes les attentes de
l’utilisateur.
Distribution : les spécialistes
font la course en tête
Qu’il s’agisse de hi-fi pure ou de Home
Cinema, les hypermarchés n’ont jamais
eu la réputation d’avoir une culture
audiophile très marquée. Et leur action
autour du Home Cinema a surtout
consisté, il y a quelques années, à proposer à certaines périodes des packs 5.1 à
prix cassés, prenant ainsi le risque de
faire basculer le marché dans une spirale
déflationniste. Rien d’étonnant par
conséquent de voir la grande distribution observer une attitude attentiste et
présentation que même bien des GSS
pourraient envier. La vente sur Internet
n’est certes pas insignifiante mais elle
demeure cependant assez marginale
pour des produits dont les meilleurs
arguments de vente résident dans le
conseil et la démonstration. Rien d’étonnant par conséquent à ce que le marché du Home Cinema reste encore et
toujours une affaire de spécialistes.
Certains indépendants (tels que Cobra
ou Magma, sur Paris) ont acquis une
réputation qui n’a rien d’usurpée. Ils
savent en effet combler les attentes
d’une clientèle passionnée et résolument
technophile, qui se rend dans ces magasins avec l’assurance de profiter de
conseils avisés, agrémentés d’écoutes
comparatives en auditorium (pratique
devenue malheureusement de plus en
plus rare). Les multispécialistes (Fnac,
Darty,Boulanger,notamment) n’ont certes
pas une approche aussi perfectionniste
et personnalisée mais ils sont néanmoins
capables de présenter un vrai choix de
produits en offrant tout à la fois un éventail complet de systèmes (et de tarifs) à
leur clientèle. On peut toutefois regretter que la présence des systèmes Home
Cinema au rayon des écrans TV ne se
soit pas plus généralisée. Certains points
de vente tentent l’expérience mais de
façon timide et encore trop ponctuelle.
Le Home Cinema mérite d’être
mis en scène pour donner
de la voix aux écrans plats
Lionel Nunney, B&W : le haut de gamme
home cinéma reste porteur.
rester en retrait sur des familles de produits qu’elle connaît peu et autour desquels elle ne souhaite pas beaucoup
s’investir et mobiliser les énergies.
Certains hypermarchés (Auchan ou
Carrefour, le plus fréquemment) font
quelquefois figure d’exception mais le
manque d’espace et les contraintes logistiques les empêchent trop souvent de
pousser plus loin l’expérience.
L’approche des versions Planète de
Carrefour pourrait cependant changer la
donne, car l’enseigne y travaille sur les
produits techniques avec une qualité de
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
46
Le traitement acoustique a toujours été
le point faible des téléviseurs. Avec
l’avènement des écrans plats et la disparition conjointe des haut-parleurs latéraux, cela ne s’est jamais autant vérifié.
La présence des systèmes Home Cinema dans les rayons TV devrait donc être
systématiquement envisagée, d’autant
que certaines marques ont non seulement conçu de la PLV mais aussi des installations convaincantes pour démontrer
toute la raison d’être d’un système Home
Cinema. C’est par exemple le cas du
groupe Harman qui met à disposition des
points de vente un ingénieux système,
très efficace et très simple à utiliser pour
un client. Il lui suffit juste d’appuyer sur
un gros bouton poussoir afin de couper le
son ou le faire venir et constater ainsi
immédiatement l’apport d’un système
de l’avenir
Home Cinema pour regarder un film sur
DVD ou Blu-ray. Une première vague de
quinze magasins des enseignes Fnac,
Darty ou Boulanger va prochainement
adopter le « bouton magique » nous
apprend Olivier Baharian (Harman).
Pour sa part, Nicolas Ferry (Samsung),
nous dit que des PLV exposables en magasins ont été conçues autour de bundles
TV + système Home Cinema. « Des
espaces de démonstration les plus élégants possibles ont été également créés
L’enseigne qui laisse du
home cinéma (plusieurs
jours) dans cette
situation peu incitatrice
pourrait rougir de honte,
mais c’est déjà sa
couleur…
Frédéric Lebreton,
Cabasse, souligne
que le home cinéma
peut s’appréhender
sous plusieurs axes
de propositions.
pour pouvoir être facilement exposés en
magasin et apporter une démo convaincante à la clientèle », nous précise-t-il. Les
aides à la vente existent.
Outre la démonstration et les informations apportées, elles permettent d’animer un rayon, d’intéresser la clientèle et
de rompre avec la monotonie symétrique
de linéaires bien peu accueillants. En
s’acharnant à ne pas vouloir les mettre en
place, les magasins n’auraient vraiment
aucune excuse. Les équipements de
Home Cinema n’ont jamais été aussi
divers. Ils sont aptes à séduire tous les
types de clientèles.
Mais la distribution doit
maintenant s’organiser
et faire des efforts pour
2001 : cette jolie installation frisait à l'époque le barre des 1000 euros.
Le cinéma dans le salon était encore attaché à une notion de valeur,
héritée des années Laserdisc et des premiers millésimes du DVD.
En s’y prenant bien, la femme ne pourrait-elle
pas aussi devenir l’avenir de l’home cinéma ?
mettre à profit des produits susceptibles
d’apporter un peu de valeur ajoutée et
venir opportunément s’associer aux
ventes des écrans plats qui affichent
certes une image irréprochable mais qui
demeurent affligés d’une criante aphonie
pourtant facile à corriger. Le Home
Cinema conserve toute sa raison d’être
et à ce titre, il mériterait un meilleur traitement se traduisant par une mise en
valeur plus adéquate dans les linéaires. 쐍
Christophe Perrier
Parler de cinéma face à un écran cathodique avait quand même un aspect
audacieux. Mais n’oublions pas qu’il y a dix ans, le home cinéma avait déjà
été développé en France depuis des années, autour du Laserdisc.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
47
TÉLÉCOMS
t
Second vole
Smartphones, tablettes :
Tout le monde en mobi-Net !
Qui parle encore de téléphonie mobile ? De moins en moins de consommateurs,assurément.Nous sommes dans une
nouvelle vie du sans fil. Côté professionnel, c'est une autre histoire. Alors qu'un nouveau compétiteur est en passe de
s'installer à la table de jeu, les opérateurs vivent une sorte de veillée d'armes en relative obscurité, les réseaux de distribution ayant une vision très partagée entre performances et interrogations.Le mobile et le net ont fait leur jonction.
La fin d’année dans l’univers des télécoms présente un panorama à deux
visages. Mais il est certain que l’arrivée
de Free en tant que nouvel opérateur, à
défaut d’inquiéter, préoccupe. Chacun
fait donc contre cette nouvelle fortune
bon cœur. Début décembre, au moins un
opérateur interrogé à propos de la visibilité sur l’avenir de ce grand domaine
estime celle-ci à trois semaines ! C’est
bien sûr une boutade. Il y a quelques
mois, le nouvel entrant avait fait des
annonces médiatiquement très abondamment colportées. « Sauf que depuis,
les niveaux de tarification ont changé, et
rien ne prouve que les différentiels plus
ou moins promis à cette époque seront
de la même ampleur ». Les attitudes sont
d’ailleurs un peu divergentes selon que
l’interlocuteur interrogé sur cette arrivée appartient à la famille des opérateurs
ou à celle de la distribution. « C’est
comme quand on a une nouvelle marque
de téléviseurs ou de soda, simplifie un
chef de rayon en GSA. On est là pour
vendre tout, il y a de la place, on peut
toujours pousser les rayons. Mais comme
Free fonctionne sans la distribution pour
ses autres produits, nous avons l’habitude aussi de faire sans certains animateurs du marché. » Côté opérateurs,
l’argument de compétitivité est bien sûr
davantage redouté. Certes, un opérateur
qui assure le service, incluant les infrastructures, n’a pas un coût nul. Il ne peut
jouer les low-cost éternellement. Mais il
peut cependant partir à la conquête de
parts de marché par tous les moyens et
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
48
pendant ce temps de conquête, les autres fournisseurs souffrent.
Dommage que cela se produise maintenant, pensent quand même quelques
acteurs du métier. Peut-être observentils l’état des affaires dans d’autres secteurs, et prennent la croissance de leur
créneau comme un privilège qu’il aurait
été prudent de ne pas trop bousculer.
Car comparé à l’ensemble smartphones
- tablettes - ADSL et tout ce qui s’intègre
dans cette convergence, rien, fin 2011,
n’est aussi efficace pour canaliser les
motivations de la clientèle, qui ont peutêtre été par ailleurs un peu émoussées
sous l’effet des multiples métamorphoses du secteur de la TV et de quelques autres. La saison est par ailleurs grisâtre, c’est la crise. Dans les ménages
Les GSA sont très
dynamiques pour
attirer la clientèle.
Elles excellent aussi
dans le libre-service
dédié au pré-payé,
un concept qui réalise
déjà la moitié des
ventes de type
d’abonnement
qu’elles totalisent.
Les rayons de smartphones gagnent en attrait
et en lisibilité.
soit les tirelires sonnent le creux, et tant
pis, soit elles sont pleines, et on n’y
touche pas trop. Car les sujets anxiogènes, comme l’emploi, le maintien de la
rémunération de l’épargne ou les pers-
pectives fiscales pullulent. Il faut réellement sortir un très grand jeu pour
séduire la clientèle d’une manière non
platonique.
Coté télécoms,c’est un autre décor :« nous
sommes entrés dans le mass-market,
avec un taux de possession de 100 % en
téléphonie mobile » tranche Philippe
Bachman, directeur commercial grand
public de SFR. « Et nous avons en France
pour le haut débit des taux de pénétration qui sont les plus élevés d’Europe et
du monde. La France a finalement refait
son retard sur l’équipement Internet à la
maison en seulement quelques années ».
Les mobiles et les usages séduisent. Et ils
se mêlent au jeu de l’ADSL, ayant luimême profité des mutations dans le
domaine de la télévision, dont l’arrêt de
l’analogique.
Cette vague porteuse nous incite à
regarder dans le rétroviseur. « Nous
avions fini le 20e siècle avec une ère du
tout mobile qui se diffusait à travers une
distribution très importante. Ce mobile
était roi, la demande forte, mais n’exigeait pas une distribution très segmentée » évoqueYann Deguet, directeur des
relations commerciales de Bouygues
Telecom. La voix dominait, mais il n’a pas
fallu attendre bien longtemps avant de
voir la « data » pousser doucement la
porte de ce secteur. « Nous avons été un
SFR LANCE SON
WINDOWS PHONE,
L’INTERNET 7
Microsoft et SFR poursuivent leur partenariat, initié il y a plus de 2 ans, en lançant le Windows Phone « Internet 7 »
commercialisé à partir de 9,90 euros
avec un forfait Carré Web 2h. Il est
également proposé à partir de 49
euros HT aux clients entreprises de
SFR Business Team.
Le Windows phone « Internet 7 » est
doté d'un écran haute-résolution de
4,3 pouces et dispose d'un processeur
de 1 GHz. Ce modèle est pourvu d'un
APN 5 mégapixels avec un flash et
une radio FM. Il donne accès à près
de 35 000 applications disponibles
sur Marketplace ainsi qu'aux quatre
principales applications SFR : SFR TV,
SFR GPS, SFR WiFi (accès à près de 4
millions de Hotspots WiFi) et SFR Mon
Compte. Il permet de retrouver l'univers d'un PC au travers des applications : Microsoft Office, Messenger,
Hotmail, Internet Explorer. Enfin,
25 Go de stockage en ligne sont proposés gratuitement pour y sauvegarder du contenu. 쐍
peu des précurseurs, avec chez Bouygues
le lancement de l’iMode » ajoute-t-il. Ce
standard, lancé en mode « normal » en
2002 et en mode rapide en 2005, commençait à montrer que qu’il serait possible de proposer à la clientèle. Le Wap
était aussi de cette même génération, un
peu plus gauche, celle de ce que l’on
pourrait appeler la data balbutiante.
Parallèlement, les offres ont évolué, « elle
se sont un peu complexifiées », admet
BOUYGUES TELECOM LANCE UNE APPLI MEDIA CENTER POUR TABLETTE
En janvier prochain, Bouygues Telecom proposera gratuitement
à ses clients disposant du haut-débit l’application Media Center
Box, à installer sur leur iPad ou leur tablette Android. Elle enrichira les fonctions de partage de contenus numériques du Media
Center lancé en janvier dernier. L’appli permet de lire sur une
tablette, grâce à sa connexion Wi-Fi, les fichiers multimédias stokés
sur un PC, une clé USB ou un disque dur connectés à la Bbox. Elle
permet aussi de les diffuser sur les différents lecteurs du foyer.
Media Center Box accepte tous les formats de fichier (JPG,
Mpeg-4, MKV, etc.) si les codecs correspondants sont installés
sur la tablette ou le terminal de lecture sélectionné. En revanche,
l'application ne permet pas d’accéder à la VOD ni aux chaînes
de télévision, pour des questions de gestion des droits. Mais des
négociations pour proposer une offre complète pour l’année
2012 sont en cours. L’opérateur prévoit déjà des améliorations,
comme des play-lists intelligentes (regroupant par exemple les
morceaux les plus écoutés) ou la possibilité de gérer plusieurs
flux. Cette option permettrait par exemple de lancer, avec la
tablette, un concert sur une chaîne hi-fi tout en affichant un diaporama sur un téléviseur. 쐍
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
49
T
É L É C O M S
Yann Deguet, ce qui a imposé aux réseaux
de s’organiser, de se professionnaliser.
Une tendance qui va se poursuivre tout
au long de la décennie, et qui reste d’ailleurs d’actualité. D’autant que la révolution est quand même venue de cette nouveauté arrivée de Californie. Personne ne
conteste le rôle joué par l’iPhone dans la
ments du ménage », et devenus de plus
en plus des produits personnels. Essentiel :
on ne s’adresse pas commercialement à
une entité familiale comme à un consommateur individuel. Dire que les métiers
ont évolué est donc une faible expression. Tout les spécialistes ont observé les
migrations colossales des ventes, avec
SONY ERICSSON MISE SUR LA CONVERGENCE
Le fabricant qui désormais est entièrement la propriété de Sony, entend se démarquer en proposant des services convergents et multi-écrans. Comment ? En capitalisant sur les forces de Sony que sont le hardware (TV, consoles de jeu, tablettes,
smartphones), les contenus (films, jeux...) et les services (PSN, Sony Entertainmement
Network). En un mot, la convergence…« L'ère du smartphone telle qu'elle a été initiée par Apple en 2007 est terminée. A présent démarre un nouveau cycle, celui de
la convergence, et nous pensons être les mieux placés pour le proposer », commente
David Mignot, directeur général Sony Ericsson France, Belgique & Luxembourg.
« L’objectif de Sony est de créer un univers de divertissement dans lequel les produits et les contenus fusionnent de manière simple et spectaculaire. Dans les mois
à venir, plus de 90 % de nos gammes seront connectables toutes catégories confondues. A l’image de notre nouvelle plate-forme « Sony Entertainment Network, nous
pouvons aujourd’hui proposer à nos clients d’accéder à de la musique, des films,
des jeux ou à leur contenus personnels n’importe où, n’importe quand et ce, depuis
une multitude de produits. Les nouvelles tablettes Sony et les nouveaux smartphones
Sony Ericsson Xperia illustrent parfaitement cette véritable convergence », ajoute
Philippe Citroën, DG Sony France. 쐍
propulsion de cet usage de la data, qui a
transporté le domaine des télécoms jusqu’à sa condition actuelle.
« Nous étions avec le mobile dans le
contexte d’un produit personnel. Et
nous avons doucement évolué vers des
offres qui s’adressent désormais à des
foyers » souligne Philippe Bachman. Une
évolution qui est dans un sens opposé à
celui suivi depuis des années par les équipements de l’EGP, initialement « équipe-
une distribution « qui reste assez atomisée, comptant toujours des milliers de
points de vente, mais qui ne sont plus les
mêmes » souligne Philippe Bachman. « Les
réseaux indépendants liés à des grossistes qui pouvaient jadis faire des
volumes sur le matériel et des prix compétitifs ont disparu, au fur et à mesure,
alors que régulièrement, les offres exigeaient davantage de conseil et d’accompagnement, confirme Yann Deguet. On
FNAC La Défense :
l’Espace SFR est juste à l’entrée du magasin.
voit aujourd’hui les réseaux d’opérateurs
se démarquer de plus en plus ».
Selon Philippe Bachman, nous en sommes
même arrivés à « un véritable cataclysme.
Les réseaux d’opérateurs ont pris plus de
la moitié du marché et sont devenus
dominants. C’est une sorte de prolongement de la marque ».Voilà qui confirme ce
que nous avancions il y a déjà plusieurs
mois à propos de points de vente hors
de ces réseaux d’opérateurs, et qui
avaient conscience de ne pas avoir bien
pris le virage de cette nouvelle époque
des télécoms. Il nous semblait que le
consommateur ne trouvait pas le lieu
assez légitime (ou pas assez légitimisé)
pour communiquer avec un interlocuteur
clé dans ce domaine : l’opérateur. « C’est
exact, les gens ont besoin d’être accompagnés, et ils estiment que ces réseaux
propriétaires sont les endroits les mieux
adaptés pour qu’on leur parle de télécommunications ».
« Le reste de la distribution s’est organisé, ou pas organisé, d’ailleurs, poursuit
Philippe Bachman. Nous avons aujour-
Voilà une architecture de rayon
qui ne devait plus être extrêmement efficace.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
50
Yann Deguet, Bouygues
Telecom : les réseaux
n’ont cessé de devoir se
professionnaliser
Philippe Bachman, SFR :
on est passé de mobiles
personnels à une
panoplie télécoms très
famille.
d’hui une sorte de tri-polarisation, avec
les réseaux propriétaires, les spécialistes
télécoms qui se sont organisés, et la distribution grand public. Les hypermarchés,
dans cette catégorie restent un formidable aspirateur à clients. » Ce n’est pas
nouveau, c’est du côté des GSS que les
choses sont moins faciles. D’où des initiatives, comme celle qui vient de se
concrétiser, entre SFR et la FNAC.
« Cette enseigne avait formidablement
bien réussi avec la téléphonie mobile de
première génération, mais elle a ensuite
moins bien négocié le virage de la data. Et
plutôt que de tenter de faire ce qu’elle ne
parvenait pas à réaliser d’elle-même, elle
a opté pour une formule à travers
laquelle nous allons prendre en main ce
conseil et cet accompagnement du
client » résume en substance Philippe
Bachman. Une dizaine de magasins FNAC
auront franchi ce pas dès la fin de l’année,
et l’ensemble du réseau de l’agitateur
aura adopté cette solution courant 2012.
Une initiative « qui fait du bruit dans les
enseignes, et pourrait donner des idées ».
Si nos lecteurs nous y autorisent, nous
évoquerons un autre point sur lequel
nous avions déjà attiré l’attention. Les
rayons dans l’électronique convergente
restent trop souvent cloisonnés les uns
par rapport aux autres, dans des structures rigides très mal adaptées à la diffusion de produits et de services destinés
de plus en plus souvent à être associés.
C’est certainement une différence
importante qui existe entre réseaux
d’opérateurs et magasins d’enseignes
diverses. Ce qui ne nous éloigne nullement des offres, bien au contraire.
Dans les changements qui ont marqué
cette activité, « le dernier point fort est
celui marqué par l’arrivée massive des
offres quadruple play. Bouygues était bien
dans le sens de l’histoire avec son produit Ideo, souligne Yann Deguet. De fait,
avec la vente de fixe et d’ADSL, nous
nous retrouvons globalement au cœur
du foyer, avec la Bbox. Le sort de la
tablette est un peu à part. Elle est plutôt
utilisée au foyer, mais presque toujours
en Wi-Fi. Pour elle, la 3G n’est pas tota-
lement obligatoire, car de nombreux
smartphones ont en outre une fonction
modem ». De surcroît, Yann Deguet ne
dissimule pas que selon lui, le modèle de
l’utilisation de la tablette n’est pas
encore totalement déterminé. « Samsung
qui lance avec Galaxy Note un produit
intermédiaire, un peu smartphone, un
peu tablette, tend à démontrer cette
réalité ».
Pour SFR, le constat du rapprochement
du foyer a déjà été évoqué. Philippe
Bachman en souligne la pertinence en
évoquant les offres Multi-Packs, qui permettent à des consommateurs d’économiser en regroupant les éléments de
leur vie communicante. La vie ? Mais oui,
bien sûr ! C’est sans doute là que se
situe la plus significative des métamorphoses survenues en une dizaine d’années. Le portable de l’an 2000 était un
instrument, un outil, une version quelque
peu miracle permettant d’appeler sans
le moindre fil.
Aujourd’hui, et alors « que le smartphone explose, et que les individus manifestent de plus en plus d’appétence à son
égard, il faut constater que cet instrument est devenu un compagnon de la vie
de tous les jours, presque un prolongement de l’utilisateur » poseYann Deguet.
Cette condition est acquise et ne sera
sans doute plus jamais abandonnée. Les
applications chaque jour plus nombreuses
entrent dans le vécu de tous. Même si les
formes changent, et même si, comme le
profère Philippe Bachman , « bien malin
qui peut dire comment et avec quels instruments se consommeront les services
de télécommunication dans 5 ans », ils
ne disparaîtront plus. 쐍
18,3 MILLIONS DE MOBINAUTES EN FRANCE !
La nouvelle étude Mobile Consumer Insight de l’Institut
Médiamétrie sur la téléphonie et les services mobiles délivre
des chiffres et pourcentages significatifs sur l’équipement,
l’accès et les usages des Français en mobilité connectée. On
compte ainsi aujourd’hui dans notre pays 18,3 millions de
mobinautes pour 39,4 millions d’internautes, soit une augmentation de 34 % de mobinautes en un an. Plus de 40 % des
possesseurs de téléphones mobiles sont aujourd’hui équipés de
smartphones (soit 27 % de plus qu’il y a 6 mois). Les mobinautes nouvellement équipés privilégient aujourd’hui des smartphones sous Android. Ainsi, pour la première fois, le système
d’exploitation mobile de Google dépasse en France iOS.
Android est aujourd’hui majoritaire chez les 25-34 ans.
Parmi les mobinautes qui ont déjà téléchargé des applications, 98 % en ont déjà téléchargé des gratuites ; ils étaient
86 %, il y a un an. Parmi les catégories d’applications les plus
appréciées : les applis de jeux et de divertissement arrivent en
1ère position. La presse et l’information arrivent en 3e place. La
géolocalisation est très utilisée par les 25-34 ans qui activent
cette fonction systématiquement pour 17 %.
En ce qui concerne les tablettes, 4,2 % des Français de 15 ans
et plus constituent la population principale d’utilisateurs de
tablettes en France. La plupart du temps, les consommateurs
d’ardoises magiques sont des individus de sexe masculin, âgés
de 35 ans à 49 ans habitant en Ile-de-France, mariés ou en
couple. 쐍
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
51
Navigation :
Le GPS maintient le cap
En dépit d’un contexte économique défavorable, le marché du GPS parvient encore à réaliser des performances très honorables. Les marques leaders confortent leurs positions et
s’appliquent à coller au plus près des besoins des utilisateurs. Dans un même esprit, les
acteurs de la distribution ont tenu, pour la plupart, à recentrer leur offre. Le GPS a su trouver sa voie tout en se laissant la possibilité d’explorer de nouveaux chemins.
A fin 2011, le marché du GPS comptabilisera vraisemblablement 1, 8 million d’unités vendues (contre environ 2 millions,
l’année passée). « Avec une décroissance
somme toute assez légère d’environ 5 %
sur la totalité du marché, l’année 2011 a
été moins défavorable que ne le laissaient
présager certaines prévisions plus alarmistes »,se félicite Eric Bernard (directeur
général de Garmin). « L’augmentation de
nos parts de marché a largement compensé l’érosion des ventes », renchérit
Philippe Berne (chef produit chez Garmin).
En France et en Europe, le marché du GPS
portable reste sous la domination des
marques leaders avec en tête l’inamovible
Tom-Tom, suivi de près par ses deux principaux challengers que sont Garmin et
Mio. « Garmin a enregistré de très belles
progressions en France » souligne Eric
Bernard qui fait par ailleurs remarquer
que certains marchés (notamment ceux
du Royaume-Uni et de l’Europe du sud
mais aussi le marché nord-américain) ont
été plus réactifs à la crise et se sont donc
affaissés plus rapidement.
Comparativement, le marché français
aurait donc été épargné et la dynamique
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
52
ne se serait pas enrayée aussi vite ou aussi
brutalement qu’ailleurs.Et cela ne tient pas
seulement au fait que le taux d’équipement du marché français demeure
encore sous la barre des 50 % (à ce sujet,
il est d’ailleurs intéressant de noter que la
pénétration est moindre en Amérique du
Nord qu’en Europe). « L’année 2011 nous
a apporté une bonne surprise, se réjouit
Arnaud Pezeron (directeur marketing
chez Tom-Tom). Et c’est encore plus flagrant quand on compare avec d’autres
secteurs de l’EGP qui ont connu une forte
récession »
prix étant très faible, pour 10 ou 15 euros
supplémentaires, le client préfère avoir
une carte de l’Europe. Nous préconisons
le système de la carte à vie qui se met en
place pour la fin d’année. Tout acheteur
d’un de nos GPS offrant ce nouveau service aura par conséquent droit à une mise
à jour gratuite ».
Une option également proposée par Mio.
« L’offre Navman peut se situer en dessous de 100 euros mais les produits Mio
seront toujours positionnés au-dessus de
99 euros »,nous affirme SamuelVals (directeur général de Mio) qui nous rappelle par
ailleurs que depuis le 1er novembre,les produits de la gamme Spirit bénéficient de la
cartographie à vie. C’est indéniablement
là une tendance marquante suivie par bon
nombre de constructeurs, en cette fin
« Comme beaucoup de marchés de l’EGP,
le GPS a connu et connaît encore une
forte et constante érosion des prix. La
valeur moyenne se situe aux alentours de
145 euros et un produit sur trois est proposé à moins de 100 euros », souligne
Arnaud Pezeron. Le cœur du marché se
situe aujourd’hui entre 100 et 200 euros.
« C’est dans cette tranche de prix que
Garmin veut prendre position avec un
prix moyen de vente à plus de 150 euros
sur l’ensemble de nos produits », nous dit
Philippe Berne (Garmin).
« On ne peut pas nier que le prix ait un
très fort impact sur l’acte d’achat,concède
Stéphane Marciano (directeur commercial
pour Mappy /Logicom), le marché est
extrêmement concurrentiel et cela nous
conduit parfois malheureusement à des
dérives de prix excessives desquelles il
faut tenter de sortir ». Pour ce faire, plusieurs axes peuvent être envisagés. Cela
peut passer par l’augmentation des tailles
d’écrans. « Les GPS avec écran de 3,5
pouces ont moins la cote, se réjouit-il, il se
vend de plus en plus de produits munis
d’écrans de 4,3 pouces ou même 5
pouces ».
En revanche, c’est sans complexe que
Roger David Lellouche (directeur général
de Takara) revendique la recherche du meilleur prix. « Nous nous appliquons à mettre
sur le marché des produits au prix très
attractif mais toujours performants et
faciles à utiliser », explique-t-il. Un prix qui
fait l’objet de toutes les attentions et qui
n’a pas empêché la marque (très présente
dans le réseau des Car accessoiristes) de
progresser de 4,1 % en valeur sur le marché français, au cours de l’année 2011.
De son côté,Eric Bernard (Garmin) constate que : « La différenciation entre les produits est aujourd’hui assez faible. On
manque d’innovations technologiques »,
regrette-t-il. Il n’est pas pour autant question pour la marque d’aller se battre sur
des offres à moins de 100 euros.
La cartographie, enjeu majeur
dans la bataille du GPS
Le constructeur a mis en place une autre
stratégie. Ainsi,à la fin d’année,une offre de
remboursement de 30 euros est offerte
sur quatre modèles (Nüvi 2340 LMT,2460
LMT, 2590 LMT et 3790 LMT). Ces appareils sont par ailleurs livrés avec les cartes
européennes et le service de mise à jour
cartographique à vie est inclus.
Tous les constructeurs semblent vouloir
mettre l’accent sur la cartographie. C’est
notamment le cas de Mappy. « En France,
80 % des acheteurs de GPS ne sortent pas
du territoire, nous dit Stéphane Marciano
(Mappy/Logicom) mais le différentiel de
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
53
De nombreuses promotions tournent autour du
thème des mises à jour.
d’année.Toutefois,Arnaud Pezeron (TomTom) apporte un bémol et tient à se
démarquer. « Notre politique est un peu
différente, explique-t-il, la cartographie a
un coût et il n’est pas question pour nous
de brader nos cartes car c’est la quintessence d’une solution de navigation. Nous
sommes aussi cartographes et depuis
2006, nous avons déployé la technologie
Map Share qui permet des mises à jour
gratuites. L’objectif, c’est d’accélérer le
rythme de ces mises à jour et de proposer des forfaits. Pour le prix d’achat d’une
carte, le client peut avoir ainsi droit à deux
ans de mise à jour. C’est rassurant pour
왘왘
Avec adresse,
Medion s’appuie sur
le segment dit
« outdoor »,
autrement dit, les
activités de plein air
telles que
randonnée, VTT, etc.
Comme ses concurrents,
Alpine, avec des modèles superbes, ouverts aux
accessoires communicants que de nombreux consommateurs ont
désormais dans leur poche, adopte l’appellation « station multimédia ».
l’acheteur surtout quand on sait que le
temps d’utilisation d’un GPS est en
moyenne de quatre ans et qu’une carte
perd chaque année 15 % de la pertinence
de ses données ».
Pour se différencier et faire naître de nouveaux usages, certains constructeurs misent sur la polyvalence du produit. C’est
notamment le cas de Mio qui fut le premier à « re-proposer » un GPS avec tuner
TNT intégré (VDO Dayton l’avait fait il y
a quelques années, mais cette marque
issue de le reprise de l’ancienne division
automobile de Philips, revendue à VDO,
semble s’être évaporée au fil de ses successives reprises).Malgré un succès mitigé,
le constructeur n’a pas abandonné la partie. « Nous avons été précurseurs en ce
domaine mais les premiers produits
n’étaient pas adaptés à la mobilité, reconnaît Samuel Vals (Mio), toutefois, avec une
réception en broadcast numérique et plus
de contenus offerts, ce type de produits
serait en mesure d’offrir une complémentarité intéressante. Les nouvelles normes
nous laissent de l’espoir pour ces GPS un
peu atypiques mais qui peuvent séduire un
certain type de clientèle ». Et de souligner
qu’en Asie du sud-est, la proportion des
ventes de GPS avec TV intégrée est beaucoup plus importante qu’en Europe.
« Un axe de développement qui ne sera
pas suivi par Tom-Tom, nous affirme
Arbaud Pezeron (Tom-Tom), la fonctionnalité multimédia n’est pas prioritairement
recherchée par l’utilisateur. Le contexte
légal confirme cette tendance. Chez TomTom, on préfère renforcer la sécurité et
optimiser la conduite avec l’activation de
l’Info Trafic. On continue par conséquent
de se focaliser sur le bitume ». Mais le
bitume est aussi emprunté par les deux
roues. Et Tom-Tom propose le Rider, un
GPS à l’attention des motards. « Le Rider
est un produit pour un usage plutôt
urbain, nous précise Arnaud Pezeron, c’est
encore un marché de niche mais un marché toutefois important. Il n’est pas question de le quitter. Nous allons continuer ».
Une volonté partagée par Garmin. « Le
segment moto est encore un marché de
niche et les volumes y sont moins importants, analyse Eric Bernard (Garmin) mais
c’est un marché très important pour la
marque. Nous avons 4 produits à la gamme, connus et reconnus par les motards.
Ils sont étanches et utilisables avec des
sante », résume Arnaud Pezeron.
Ayant subi de plein fouet la déferlante des
GPS portables, les équipements de navigation embarquée s’étaient retrouvés au
bord de l’asphyxie. En 2011, ils ont ressorti la tête de l’eau, donnant tort à tous
ceux qui les croyaient définitivement portés disparus. « Les systèmes de navigation
ont bien progressé en 2011, nous confirme Nicolas Mougenot (directeur général
d’Alpine France). Et ce, notamment grâce
Selon
nos constatations,
Mio a réussi une
« Mini » opération
promotionnelle
ayant une
visibilité maxi !
gants. Pour Garmin, 2012 sera une année
très riche pour le segment moto ».
Un autre secteur connaît des développements intéressants, celui de l’outdoor. Il
nous éloigne certes de l’univers de
l’électronique embarquée et s’adresse en
priorité aux enseignes de magasins de
sport ou de randonnée mais il offre une
complémentarité intéressante et permet
d’enrichir un rayon.
Une embellie pour
la navigation embarquée
Mio développe une offre par l’intermédiaire de sa marque Magellan (qui fut
pionnière, en ce domaine). Et de son
côté, Tom-Tom a passé un partenariat
avec Nike. « Pour le GPS, c’est là une
nouvelle forme de croissance intéresDistribution, Ventes & Services Magazine n° 101
54
à une baisse des prix significative ». Ils sont
en effet descendus sous la barre des 1 000
euros et il n’est plus rare désormais de les
trouver à 890 euros et même 790 euros.
« La distribution se montre globalement
moins frileuse pour installer des systèmes
dans les véhicules », souligne-t-il avant de
préciser : « Cela tient aussi au fait que la
plupart des fabricants de système de navigation embarquée développent des
gammes de produits Double Din moins
anxiogènes à installer. Les appareils sont
connectables avec le smartphone.Ils bénéficient de la même interface graphique
mais sur un écran plus large. C’est à la fois
plus convivial et plus ergonomique ».Selon
le club de l’électronique embarquée, de
janvier à septembre 2011, la progression
enregistrée est de 21 % en volumes et de
8 % en valeur.
Pour sa part, Olivier Humbaire (directeur
général de Pioneer) considère que :« L’électronique embarquée doit être communicante. Nous sommes dans une approche
novatrice avec l’App Radio. Le meilleur
moyen c’est d’adapter l’électronique embarquée au produit en vogue, le smartphone. Après l’App Radio, la prochaine
étape sera de s’ouvrir à Android et aux
autres technologies ». Et d’insister : « La
force d’un tel système, c’est d’offrir de
plus en plus d’applications. L’Info Trafic,
l’info routière en temps réel... La cartographie est un élément parfaitement maîtrisé avec l’actualisation et les mises à jour
disponibles ». Et il conclut sur cette observation : « L’entertainment est passé de
mode. Le conducteur recherche la sécurité et le confort de conduite. Il bénéficie
désormais de la reconnaissance vocale
qu’il peut reprendre avec le smartphone.
Au-delà de la navigation qui devient fonction plus que produit, la vraie demande,
Certains rayons ont-ils encore toute l’attractivité qu’on en attend ?
annonce pour avril prochain, une plateforme qui tournera sur Android. La navigation embarquée est en train de vivre
une véritable révolution technologique et
pour les installateurs, c’est là une manne
aussi précieuse qu’inespérée. La généralisation du Double Din et les solutions
innovantes proposées par les constructeurs offrent de belles perspectives aux
professionnels qui voudront faire l’effort
de s’investir sur ces marchés d’avenir.
Le concept Navgate
de Pioneer reste une
valeur sûre du
marché de
l’embarqué.
c’est de ramener l’info et de la gérer au
mieux pour savoir par exemple s’il y a
encore de la place dans tel parking de la
ville ou pour connaître le prix de l’essence
dans la prochaine station-service ».
Les étapes suivantes seront l’affichage sur
le pare-brise (annoncée pour fin 2012)
puis l’image holographique et en 3D déjà
expérimentée au Japon et qui devrait arriver en Europe, à l’horizon 2013. En attendant et pour sensibiliser le public à la possibilité d’utiliser l’iPhone dans l’habitacle
de la voiture, une campagne TV a été lancée sur TF1 et BFM TV pour la fin de
l’année. Sans oublier une attente de la
clientèle. « L’intégration doit être la plus
parfaite possible,précise Olivier Humbaire,
comme si le système était intégré d’origine ».
De son côté, Nicolas Mougenot (Alpine)
Dans tous les circuits de distribution, on a
assisté à une rationalisation des linéaires
en partie facilitée par la quasi disparition
des no names et le recentrage du marché
sur les acteurs majeurs. Le temps où certains intervenants tentaient un coup
d’essai semble bien fini. Ne subsistent que
les grands noms du secteur, les constructeurs spécialisés qui ont su capitaliser sur
leur expérience et leur savoir-faire.
Distribution :
Le retour des hypermarchés
Pour la distribution,la situation s’en trouve
ainsi singulièrement assainie et les offres
en magasins y gagnent en cohérence. Les
multi spécialistes réalisent de gros volumes et sont toujours très bien placés en
valeur. Le choix est au rendez-vous et ils
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
55
ont la place de mettre en valeur les
familles de produits complémentaires
(GPS outdoor, par exemple).
Les hypermarchés maintiennent leur présence et s’ils continuent ponctuellement à
pratiquer les prix d’appels, ils le font de
manière moins systématique. Ils ont su
enrichir leurs linéaires et étoffer leur discours. Les Car Accessoiristes (Norauto,
FeuVert,etc.) demeurent très actifs même
si certains magasins ont un peu revu leurs
linéaires à la baisse pour renouer avec les
produits plus traditionnels (autoradios,
amplis, enceintes) de l’électronique embarquée. Les ventes sur Internet ne
connaissent plus les fortes dynamiques
des années passées (même pour un produit désormais bien connu, il est plus rassurant d’avoir un vrai dialogue et quelques conseils avec un vendeur) mais sont
toutefois créditées de 15 % de parts de
marché.
Bien que parvenu à maturité, le marché du
GPS est encore capable d’innover et
d’étonner. Rappelons qu’il ne s’agit pas
encore exclusivement d’un marché de
remplacement puisque l’on estime le taux
d’équipement à moins de 50 % du parc
automobile. Il y a donc encore de la
marge ! La navigation embarquée est un
marché très dynamique et en pleine évolution pour lequel les installateurs ont
assurément leur mot à dire. En Italie, pays
d’Europe où le réseau des installateurs
auto a mieux survécu qu’en France, il s’est
vendu en 2011 plus de systèmes de navigation embarquée que dans l’Hexagone.
La culture de l’automobile est très présente en Italie mais tous les Italiens ne
roulent pas en Ferrari ou en Lamborghini.
Les systèmes de navigation embarquée
sont adaptables sur tous les types de véhicules.Voilà qui devrait convaincre les spécialistes auto qui n’auraient pas encore
pris le virage de l’installation. 쐍
Christophe Perrier
R
E N C O N T R E
Récemment, Clarion
annonçait une initiative
quelque peu atypique
dans le domaine de
l’électronique
embarquée : la
reconstitution d’une
équipe commerciale
dédiée au réseau.
Richard Faÿs, directeur
commercial de Clarion
pour la France et la
Belgique, nous fait
partager sa vision
encourageante à
propos d’un marché
bien plus porteur qu’on
peut parfois l’imaginer.
Stations multimédia
performantes, faciles
à intégrer et
à des budgets
abordables sont
les fers de lance
de l’offre Clarion.
Clarion :
Sur la route du futur
Verra-t-on encore des automobiles dans
quelques années ? La réponse à cette
question est inéluctablement positive. Et
d’ailleurs, Richard Faÿs, qui a en charge
les activités de l’aftermarket de Clarion
pour la France et la Belgique, ne repousse pas une arithmétique limpide.
L’âge moyen du parc de véhicules particuliers en France est de l’ordre de 7 à 8
ans, et plus de 31 millions d’automobiles
le composent. Chaque année, il se vend
sur notre territoire quelque 2 millions
de voitures neuves. Ainsi, vers 20162018, il y aura quelques millions de véhicules encore très corrects de leur état,
et qui feront l’objet de transactions sur
le segment de l’occasion. Mais à la différence des automobiles entrées dans le
parc il y a 5 ans, 10 ans ou davantage,
celles-ci seront de la génération « digitale », et utilisées par des automobilistes
de plus en plus accoutumés aux usages
numériques et connectés. Le segment de
l’électronique embarquée est probablement celui qui, au sein de l’EGP, offre
l’une des meilleures certitudes de pérennité.
Mais sur ce segment comme partout
ailleurs, la situation économique joue les
courants hostiles. « Nous subissons
quelque chose de terrible : il y a une
baisse qui se confirme, en volume et en
valeur » constate Richard Faÿs. Mais
« nous voyons quand même des signes
encourageants. Si sur le CD Player et le
car audio, la situation est morose, il n’en
va pas de même pour tout ce qui
concerne le multimédia et la navigation.
Exister parallèlement
à la première monte
Je pense que ce marché va reprendre un
peu de vigueur, grâce aux marques qui
s’intéressent à ces produits, et qui les
proposent. Clarion fait partie de cette
famille ».
Néanmoins, il ne faut pas se masquer
certaines réalités. « Le premier concurrent de Clarion, c’est la première
monte » souligne le patron de la marque
pour l’Hexagone, qui décrit un secteur
également devenu plus compliqué parce
que l’on y rencontre de plus en plus de
produits à bas coûts, et des concurrents
nouveaux, comme des fabricants de
PND qui ont abordé à leur tour le segment des constructeurs automobiles.
Autre aspect important : la chute de la
visibilité des produits d’électronique
embarquée. « Je pense que les GSS ont
abandonné parce que la demande était
moins forte ». La FNAC a été la première à faire l’impasse sur ce rayon, nous
rappelle Richard Faÿs, et d’autres ont
suivi ou se sont repliés sur des offres
LE FUTUR À LA LOUPE
« Il est probable que d’ici 3 à 4 ans, nous assistions à un renouveau du marché aussi
important que celui que nous avons connu dans le domaine de la télévision, lors du
passage du tube cathodique à l’écran plat ». Richard Faÿs songe en osant cette prophétie à une électronique embarquée apportant dans l’habitacle autant de choses
à l’utilisateur qu’en apportent les produits connectés, le « Cloud computing », etc.
Avec pour les enseignes de l’aftermarket un atout déjà bien identifié : la rapidité
dans l’apport des nouvelles techniques et des nouveaux usages à la clientèle, ce que
l’industrie automobile, par sa nature, n’intégrera que bien plus lentement. 쐍
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
56
mutlimédia entraient dans la danse du
numérique pour l’habitacle, cela ne ferait
pas grimper le marché ni à 8 ni même à
5 millions de pièces (volumes respectifs
du téléviseur et de la photo numérique).
Alors : désertion du facing pour cause
de volumes vendus insuffisants, ou ventes
encalminées par raréfaction du marke-
montage vient vite à l’esprit. « Le problème de la mise en place n’existe pratiquement plus » tranche Richard Faÿs,
prenant pour exemple le NX 501E, un
système extrêmement complet ». Il n’y a
plus comme par le passé à aller chercher
les informations de tachymétrie du côté
des roues. L’installation se fait au moyen
Richard Faÿs, en dépit des mauvais moments
récents, est convaincu d’un avenir porteur pour
l’électronique embarquée.
très succinctes. « Cette vague de replis
s’est opérée face au centres autos, qui
depuis des années détiennent plus de
70 % du marché en valeur, notamment
sur le combiné CD ».
Un retour tant attendu
Mais cette domination révèle aussi une
face cachée inattendue du créneau qui
devrait inciter à une certaine réflexion.
Les quelques enseignes, Feu Vert, Norauto, Leclerc Auto et Autobacs qui
composent l’essentiel de cette catégorie
Avec le NX501E, en vedette dans la
gamme Clarion, c’est la station
multimédia aboutie par excellence que
le constructeur a réalisée. Il réunit
toutes les fonctions qu’un client peut
attendre d’un tel objet.
Le futur est déjà présent. Avec le FZ501E l’audio se dématérialise sur la route. Doté d’un
port USB en façade pour la connexion filaire à tout appareil audio portatif, son mode
Bluetooth 2.0 permet de lire en streaming tout fichier audio enregistré sur un téléphone
ou autre lecteur audio également équipé de la fonction Bluetooth. Confort et sécurité
devant aller de paire, tous les autoradios Bluetooth de Clarion sont équipés d’un
microphone intégré faisant du produit un kit mains libres de voiture qui ne nécessite
aucune installation complémentaire.
d’enseignes, se partagent un marché qui
est toujours nettement au-dessus d’un
millions de pièces, pour le seul aftermarket ». Ce qui revient à constater
qu’en ventes unitaires par point de
vente, les combinés et autres « mechaless » (combinés sans mécaniques, ni CD,
ni bien sûr, cassettes !) tournent à des
rythmes très comparables à ceux des
produits réputés plus en vogue, de la
console de jeu jusqu’au téléviseur en
passant par l’APN. Certes, si tous les
points de vente de l’univers de l’EGP-
ting de l’offre ? Richard Faÿs reconnaît
qu’il est difficile de trancher dans cette
version audiomobile de l’œuf et de la
poule. Mais comment ne pas remarquer
qu’une station multimédia avec navigation se vend pour deux fois le prix d’un
téléviseur à écran plat banal, et de 5 à 10
fois (selon les promos) celui d’un appareil photo numérique compact du ventre
du marché.
Naturellement, quand on évoque les
produits pour l’automobile et leur diffusion dans la distribution, le souci du
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
57
de connecteurs simples. Pour récupérer
les commandes au volant et les fonctions
liées aux véhicules, nous avons toute une
panoplie d’interfaces, des petits boîtiers
très simples à mettre en œuvre «. Un
montage qui est accessible à beaucoup
de bons bricoleurs, et qui représente
une opération rapide pour tout professionnel.
Cette commodité est sans le moindre
doute à l’origine d’un phénomène qui, lui
aussi, est réconfortant. « Les ventes
d’électronique embarquée sont en croissance sur les sites en ligne, et certaines
GSS célèbres qui avaient abandonné
l’autoradio en rayon en revendent à nouveau grâce à Internet. » Ce qui incite
Richard Faÿs à imaginer possibles des
retours vers une mise en place en points
de vente physiques, au moins dans certaines implantations situées de manière
favorable.
Il reste que l’avenir de l’électronique
embarquée passe par une profonde évolution technologique, ce qui suppose des
왘왘
R
E N C O N T R E
capacités de développement à la hauteur
des enjeux futurs. Un atout que Clarion
possède. « Nous pouvons assurer des
développement extrêmement performants, par la savoir-faire de l’entreprise
et aussi grâce à notre maison-mère
Hitachi, assure Richard Faÿs. Nous
n’avons pas à cacher que nous bénéficions de cet adossement à un groupe
industriel puissant ayant autant de compétences. » Et d’évoquer l’historique
autoradio PC, sorti en 2001 (et monté à
bord de certains hauts de gamme
Citroën). Plus récemment, le Mind
n’avait-il pas tout d’une tablette avant la
lettre, n’attendant plus qu’une 3G alors
encore naissante ? La sortie de produits
d’avant-garde est un exercice dont les
retombées se retrouvent dans les équipements à diffusion plus large. « Cela sera
sans doute plus complexe d’ici quelques
années pour les marques n’ayant pas la
capacité de développer des équipements
plus technologiques encore ».
Tout en évoquant ce proche avenir, nous
n’avons pas quitté le terrain des yeux.
Les perspectives évoquées seront à
court terme des réalités pour le réseau.
D’où cette importance de la mise sur
pied d’une équipe, afin d’installer une
relation suivie, et d’aider les vendeurs,
les épauler. « Nous avons aussi prévu des
cycles de formation, qui ont déjà commencé, et vont se renforcer. Pour bien
vendre un produit, il faut savoir en parler,
et pour cela, bien le connaître. » 쐍
Navigation
et cartographie :
Cartes
sur table
Depuis des applications de plus en plus nombreuses
pour smartphones et tablettes jusqu'aux
systèmes de guidage GPS
portables ou embarqués,
navigation routière ou piétonne,
tout un univers vit autour
de la cartographie qui est
devenue un ingrédient fondamental
des usages de la mobilité numérique. Marc Guérin,
de la société Navteq, brosse un panorama de ce vaste domaine,
promis à des développements d'ampleur.
En une dizaine d’années, celles de la
décennie que nous venons de vivre, le
guidage GPS a pris une ampleur que l’on
aurait pas osé pronostiquer en l’an 2000.
L’apparition des PND, après une assez
éphémère génération de guidages couplés aux PDA (Personal Digital Assistants) qui avait ouvert le bal, a connu une
progression spectaculaire, pour ne pas
dire explosive. Ceux-là allaient-ils devenir
des produits « étoiles filantes », comme
certaines innovations vite retombées
dans les ventes après des effervescences
feux de paille ? « Nous avons vu appa-
raître au début des GPS mobiles à des
prix encore élevés, proches de 1 000
euros, se rappelle Marc Guérin, directeur
Europe Channel Sales Consumer de
Navteq, Puis, comme c’est presque toujours le cas dans l’électronique, les prix
ont fortement baissé. Aujourd’hui, et
après 8 ans d’existence de ce segment, il
reste bien présent. En 2011, il se sera
vendu 1,9 million de pièces. Cela reste
un marché très important ».
A l’heure actuelle, on estime chez Navteq
le parc aux alentours de 6 à 7 millions
d’unités, en tenant compte de la taille du
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
58
Marc Guérin, de Navteq Europe, nous éclaire
sur les perspectives porteuses du guidage GPS
sous toutes ses formes.
Le dernier né de Nokia
(Lumia 800, sous OS
Windows Phone) offre
bien sûr la navigation.
Quand celle-ci devient
piétonne, elle apporte des
fonctions spécifiques :
« elle vous fait traverser
un parc, là où la
navigation auto vous le
fait contourner ». Elle
utilise aussi les transports
en commun.
marché au cours des 3 ou 4 dernières
années. Car aujourd’hui, nous sommes
dans une logique de renouvellement,
même si le parc automobile, qui est de 37
millions de véhicules en France, particuliers et professionnels inclus, paraît
encore modestement équipé : « Il reste
beaucoup de potentiel ».
Cependant, l’idée selon laquelle finalement, des automobilistes qui ne font
qu’un usage local de leur véhicule sur des
trajets qu’ils connaissent bien n’auraient
pas besoin d’être guidés, ce qui pourrait
limiter la taille de la cible, est une vision
non pertinente. « Aujourd’hui, le guidage
ne se justifie pas seulement pour des trajets d’un point à un autre, souligne en substance Marc Guérin. Ce qui prend de plus
en plus d’importance pour les utilisateurs
tient dans les informations sur le trafic.
L’agglomération parisienne qui est la plus
encombrée d’Europe, donne à ceux qui y
résident une idée fausse sur la manière
dont les utilisateurs voient cette fonction. » Ainsi, avec 12 millions d’habitants,
cette zone urbaine qui est la plus importante d’Europe (devant celle de Londres),
les Parisiens y estiment souvent les encombrements de province comme des
broutilles. Qu’est-ce qu’un bouchon où
l’on reste coincé seulement 10 minutes,
face aux heures quotidiennement perdues dans la capitale et ses abords ?
Les smartphones
sont entrés dans la danse
« Les infos trafic ont une importance
majeure même là où certains considèrent
les blocages comme négligeables. C’est un
axe très bien identifié pour la croissance,
tout comme les contenus intégrés, et
même l’agrandissement des tailles d’écrans. La taille de 5 pouces, qui est deve-
nue très répandue aux USA, commence à
bien progresser en Europe ».
Pour Navteq, filiale de Nokia, cette réalité ne peut pas être prise pour une mauvaise nouvelle. Les tenants du marché du
PND pourraient voir les choses autrement. « Nous n’avons à ce jour aucune
étude démontrant que les smartphones
viendraient grignoter sur le marché des
PND, indique Marc Guérin, qui n’exclut
toutefois pas que cela puisse s’observer
dans l’avenir, mais avec des limites. Il y a
plusieurs éléments qui, pour l’heure, rendent peu probable un effet de basculement. A commencer par la taille des
écrans. Les smartphones sont dans l’ensemble dotés d’écrans de 3,5 pouces ».
Ce calibre (c’est la taille de celui de
l’iPhone 4S) pourra difficilement être
dépassé ou le sera de peu à cause d’une
contrainte toute simple : un smartphone
doit pouvoir vivre dans la poche de son
utilisateur. Et un autre handicap a été
identifié : le vendeur dans un rayons téléphonie hésite sur le guidage, car « il y a
dans un smartphone une partie intégrée,
qui ne fait appel à aucun trafic de données, mais aussi une partie communicante, qui pourrait consommer de la
« data ». Il y a toujours une crainte de
voir un client revenir mécontent du fait
d’une explosion possible de sa facture ».
Il reste que le smartphone est bien
« l’autre » instrument de mobilité utilisé
pour de la navigation, et il s’impose davantage comme un équipement complémentaire du PND plus que comme un
concurrent. « Il peut même devenir la
source d’une motivation pour un GPS
portable. Un utilisateur peut découvrir
la fonction sur le smartphone et se décider à acquérir un PND plus confortable,
plus pratique, qui laisse le téléphone
mobile disponible pour d’autres fonctions communicantes ».
La navigation GPS embarquée, en volume
de marché aftermarket, reste relativement faible en quantités comparée au
créneau du PND, « mais elle prend
quand même de l’ampleur, et elle devient
encore plus importante si on l’on prend
en compte la première monte ».
En somme, voilà toute une série de produits qui ont un futur prometteur dans
les rayons, dans le sens où le guidage est
devenu une sorte de « fonction physiologique » de l’individu de l’ère numérique. « On ne peut pas imaginer un utilisateur abandonnant le guidage GPS
après s’y être familiarisé. » 쐍
Avertisseurs de radar : FAUX-NEZ-TIQUEMENT PLUS PAREILS
Ils avertissent toujours, mais il faudra insister davantage pour les vendre
Les avertisseurs de radars ont vécu. Dans
les rayons comme dans les publicités, chacun s’organise avec les formules. « Avertisseurs de zone de danger », « assistants
d’aide à la conduite », tout y passe et s’il
n’y avait le repère que constitue le produit
dans le rayon, déjà bien connu, où sa
photo dans une publicité, il y aurait bien
peu de chances pour que le chaland reconnaisse ou identifie l’instrument et sa finalité.
Un équipement dont l’efficacité est, elle aussi, associée à beaucoup de flou. Il n’est d’ailleurs pas impossible que les autorités
aient manœuvré avec malice quand au printemps, feignant de
prendre en compte la colère des utilisateurs et des fabricants, elles
ont semblé lâcher du lest en acceptant le concept de ces « aides »
à la conduite. Mais le but recherché, qui n’est autre que d’éviter
que les automobilistes ralentissent une fois avertis de la présence d’un radar fixe ou mobile, n’a jamais été perdu de
vue. Aujourd’hui, ce sont des zones dangereuses qui sont au
menu, dont les localisations devraient être communiquées par
l’administration. Parmi elles, certaines
sont équipées d’un radar, d’autre non.
Mais en les multipliant presque à l’infini,
l’effet obtenu sera de noyer les machines
à verbaliser dans un océan de zones sans
doute dangereuses mais vierges de tout
contrôle.
Selon le Parisien / Aujourd’hui en France,
la collection d’environ 250 zones par
département déjà répertoriées devrait à
court terme être encore enrichie, les préfets étant invités à une
sorte de zèle sur ce plan. L’objectif à peine dissimulé est de rendre
ces instruments quasi inutiles. Nous avions estimé lors des tractations du début de l’été que cet équipement était probablement
condamné. Ce qui se produit au cours de cette fin d’année semble
hélas le confirmer. À moins que de nouvelles astuces permettent à
nouveau de redonner aux automobilistes la seule et unique motivation d’achat efficace pour cette famille d’appareils : éviter de
perdre stupidement quelques points dans un excès de vitesse infinitésimal, n’ayant rien à voir avec la sécurité. 쐍
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
59
R É G L E M E N TAT I O N
La sécurité des
collaborateurs à l’étranger
Confier des missions à l'étranger à des collaborateurs et salariés d'une entreprise, pour des durées
courtes ou plus longues,n'est pas une initiative à conduire à la légère.Des soucis administratifs complexes jusqu'aux réels risques physiques, la palette des mésaventures est vaste, et les conséquences
peuvent parfois être graves, voire catastrophiques.La FICIME nous éclaire sur ce sujet important.
La question de la mobilité internationale
des collaborateurs et de leur sécurité à
l’étranger redevient d’actualité, après
quelques années d’accalmie, conséquence du contexte économique qui
poussait les entreprises à privilégier les
visioconférences aux déplacements.
Fort de ce constat, et eu égard au fait
que cette mobilité intervient dans un
contexte politique international tendu,
l’employeur se doit plus que jamais de
gérer la sécurité de ses collaborateurs à
l’étranger en ayant toujours à l’esprit
deux grands principes : la responsabilité
civile et pénale de l’entreprise envers la
sécurité de ses salariés, et l’obligation
d’information des salariés sur les risques
liés à leur mission.
Trois conseils
pour aider l’employeur
Il convient tout d’abord d’anticiper la
gestion des risques et de prendre en
compte les dangers du contexte international qui sont à l’heure présente
essentiellement de trois ordres. Le premier est de nature politique (guerre, ter-
rorisme, prises d’otages, enlèvements).
L’actualité de ces dernières saisons l’a
largement démontré.
Le second risque est d’ordre sanitaire.
Nous en avons beaucoup parlé au cours
des années passées dans le magazine et
dans la Lettre de DVSM. Grippe aviaire,
chikungunya, virus H1N1 sont au
Créée en 1909, la FICIME - Fédération des Entreprises Internationales de la
Mécanique et de l’Electronique - est l’organisation professionnelle qui regroupe les
acteurs internationaux du marché français des biens durables et d’équipements
dans la mécanique et l’électronique. Filiales françaises de groupes internationaux,
l’environnement économique conduit les entreprises françaises à envoyer leurs salariés en mission à l’étranger. Ce qui a conduit le service douane et le service droit
social de la FICIME à réunir ses adhérents autour de ce thème, lors d’une rencontre
riche en témoignages d’entreprises.
Cette rencontre a permis aux adhérents de la FICIME d’échanger d’une part sur les
enjeux juridiques avec une avocate spécialisée, et d’autre part sur les aspects pragmatiques du sujet avec le responsable de la sécurité des salariés d’un grand groupe
français. 쐍
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
60
nombre des menaces mais ce ne sont
pas les seules.
Enfin, 2011 a remis en lumières les
risques que l’on peut qualifier de climatiques (tsunami en Asie du sud-est,
nucléaire au Japon).
Dans sa démarche de prévention des
risques et de préparation des déplacements, l’employeur ne doit pas se dire
que sa responsabilité ne sera pas engagée en cas d’incident, du fait que le déplacement soit à l’étranger. Tout employeur est soumis de manière générale
à l’égard de la sécurité de tout collaborateur à une obligation de résultat. Les
recours des collaborateurs victimes ou
ayants droits contre leurs entreprises
sont d’ailleurs de plus en plus fréquents.
La faute inexcusable résultera de la
conscience que l’employeur avait du danger et de l’absence de mesure prise pour
assurer la sécurité de ses salariés et les
préserver dudit danger. Il est donc très
important d’entrer dans une démarche
de gestion des risques des projets de
déplacements, démarche bien connue
dans les pays anglo-saxons.
Identifier le contour des risques
et prouver l’efficacité
des moyens mis en place
L’identification est recommandée autour
de trois objectifs que l’employeur ne
doit pas perdre de vue :
- Stratégique : il faut évaluer l’environnement sécuritaire, quitte à faire appel à
des sociétés privées de sécurité qui
connaissent bien les risques par pays
- Opérationnel : il faut mettre en place
des mesures de sécurité sur place et sur-
tout prouver l’efficacité des dispositifs de
protection adoptés. Il s’agit de retenir
des dispositifs (humains et/ou matériels)
adaptés au cas par cas, pour la protection des personnes en déplacement dans
des régions sensibles (procédure de
déplacement, accueil, sensibilisation,
hébergement et déplacements validés).
- Pédagogique : l’employeur se doit de
préconiser les bons comportements à
ses collaborateurs.A cette fin, il est tou-
La FICIME – Fédération des Entreprises Internationales de la
Mécanique et de l’Electronique – à laquelle est affilié le SECIMAVI,
regroupe plus de 250 entreprises générant 290 000 emplois et
réalisant un chiffre d’affaires total estimé à 45 milliards d’euros.
Avec une très forte représentativité dans les secteurs des biens
durables, la FICIME offre un accompagnement et un soutien aux
entreprises à travers une large gamme de services dans le domaine
juridique, droit social, douane, environnement, formation, technique, statistiques,
documentation. FICIME CONSEIL apporte la gestion individuelle des plans de formation. Pour toute information : 01 44 69 40 82 ou www.ficime.org 쐍
jours recommandé de prévoir des écrits,
non contestables en cas d’incidents. A
titre d’exemple, il est toujours bon de
rappeler le respect des consignes de
sécurité dans les aéroports, les règles
des déplacements sur place, comme par
exemple privilégier les taxis ou les voitures avec chauffeurs à la location de
véhicules, le respect des lois et coutumes
du pays d’accueil, le fait d’éviter de
manière générale tout mouvement de
foule et manifestation et surtout, il est
fort recommandé de ne jamais jouer au
héros en cas d’agression !
Les risques administratifs
existent aussi
Il convient en outre de prévoir contractuellement les incidences sur la qualification de la relation de travail et la vie
personnelle du collaborateur. Il est impératif de mener des réflexions sur l’intérêt de soumettre le contrat de travail
à la loi étrangère, sur l’attribution de
primes d’expatriation, de prises en
charge spécifiques en matière d’assurances et de frais de santé. Il faut enfin
mettre en place les écrits avec beaucoup
de rigueur, ce qui évitera le cas échéant
les contentieux. 쐍
SAUVEGARDONS LES DIMANCHES
Fin novembre : depuis plusieurs
semaines, les professionnels
déplorent une fréquentation trop
souvent infinitésimale dans les
galeries marchandes, ce qui n’arrange rien en cette année 2011
qui, à bien des égards, peut-être
qualifiée d’épouvantable.
Mais heureusement, il reste les
week-ends. Selon nos constatations, ceux-ci redonnent le moral, notamment les dimanches,
où dans plusieurs établissements
et zones commerciales, la foule
est présente. Parkings bien occupés, chalands qui déambulent
les bras chargés de paquets : voilà un contraste réconfortant au
regard de moments bien calmes vécus récemment.
Mais alors que la distribution tente de compenser les effets d’une
situation morose, d’autres professionnels, ceux de la politique,
semblent être tentés de revenir sur des autorisations d’ouvertures
dominicales. Le « travailler moins en épuisant les tirelires » n’est
pas un rêve oublié, en dépit des terrains dangereux dans lesquels ce genre de théorie nous a entraînés. Revenir à des diman-
ches inactifs serait sans aucun
doute un coup de grâce pour
des pans importants du commerce. Faut-il le rappeler : un
magasin doit pouvoir être en
pleine activité quand les clients
sont disponibles. De même, faudrait-il souligner que s’engager
pour un travail dans le cadre
d’une activité commerciale implique, comme dans un bon
nombre d’autres métiers, d’être
sur le pont aux moments où
d’autres se reposent ? Comment
comprendre les attentes de professionnels dans des enseignes
qui, au bout du compte, souhaiteraient ne travailler qu’à des
horaires ressemblant à ceux des emplois administratifs ?
Reste que les parlementaires qui semblent s’agiter autour de ce
thème, et dont l’assiduité dans leurs hémicycles montrent qu’ils ont
souvent une vision très détendue des tâches qui leur sont confiées,
reviennent avec un engagement qui frappe les esprits, même s’il
relève d’une franche démagogie. Votez pour nous, on vous offre
la sieste ! 쐍
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
61
JEUX VIDÉOS
LOISIRS INTERACTIFS
Simulations :
Comme si c'était vrai !
Dès qu’il s’agit de simulation, la technique numérique fait des miracles ! On se mouille sans risque, le danger est oublié.
marquant. L’Entraîneur a
acquis sa notoriété grâce sa
crédibilité, son exhaustivité
et aux innombrables heures
de jeu que pouvait compter
une partie. Cela a également
été l’occasion pour les
supporters de clubs de
seconde zone de jouer avec
leur équipe favorite grâce à
la simulation de divisions
inférieures. En résumé, le jeu
de gestion footballistique
était entré dans une nouvelle
ère grâce à l’Entraîneur 3.
LORS que 2012, année riche en événements sportifs
majeurs, approche à grands pas, est-il nécessaire de rappeler le rôle dans les ventes et le CA de tout ce qui peut
s'inscrire dans l'univers de la simulation ? Des logiciels
aux accessoires, voilà de quoi motiver tous les prospects sensibles à
un art et un passe-temps largement partagé : faire comme si ! Petite
promenade entre hier et aujourd'hui, sans oublier demain…
A
Avec le jeu de rôle, le jeu de
simulation est l’un des
segments du marché qui se
porte le mieux. Logique
quand on détecte dans les
authentiques attentes du
joueur moyen
l’omniprésence du fantasme
consistant à vivre une autre
vie. Devenir le temps d’une
partie coureur automobile,
pilote de ligne ou encore une
super star du football est
perçu comme le must
absolu. Les studios de
développement ayant depuis
longtemps identifié cette
appétence, des titres
physiques et massivement
multijoueurs devenus cultes
ont vu le jour ces dix
dernières années.Ainsi,
l’Entraîneur 3 sur PC (1999)
s’installe en rayon. Les plus
jeunes joueurs de Football
Manager ignorent souvent
qu’avant d’être connue sous
ce nom, la série se nommait
l’Entraîneur. S’il est
aujourd’hui dépassé à tous
les niveaux, l’Entraîneur 3 est
certainement l’opus le plus
Delta Novembre,
autorisé
finale 26 gauche
En 2002 Flight Simulator
présentait sa nouvelle
version du simulateur de vol
civil ultra-réaliste de
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
62
Microsoft, la référence du
genre. Cette nouvelle version
était véritablement
révolutionnaire. Elle intégrait
la gestion du contrôle aérien
(ATC) en temps réel et
interactive, ainsi que des
décors et des effets
graphiques qui tiraient parti
de la nouvelle technologie
« AutoGen » de Microsoft.
On y retrouvait également
de nouveaux avions, dont le
Boeing 747-400, le Cessna
Caravan (en configuration
classique et hydravion) et
l’avion d’entraînement
mondialement connu, le
Cessna 172S Skyhawk. Dix
ans plus tard, le soft est
encore bien plus attrayant
(la version 2011 devient
« Flight »), surtout pour les
passionnés de vol et les
adhérents d’aéroclubs, que la
distribution snobe et ignore
superbement (on évalue à
environ 8 000 par an les
adhésions à ces associations),
se limitant pour l’essentiel à
mettre en place le logiciel, et
encore. Seul, Surcouf avait
bien géré ce créneau, sous la
houlette du pilote inimitable
par son savoir-faire de la
Boutique de l’aviateur,
sèchement et stupidement
remercié pour de simples
raisons de rémunération, par
une direction qui n’a à
l’évidence rien compris à ce
type de marché ni à son
intérêt commercial. Sachez
qu’il y a aussi des simulations
de chemin de fer, qui séduisent
dans les rangs des adeptes
de la simulation pure comme
dans ceux des modélistes
ferroviaires.Trackmania, qui
sortait un an plus tard sur
PC, a marqué son époque et
surtout l’histoire des jeux de
courses massivement
multijoueurs. Il est également
parvenu à populariser
le contre-la-montre,
un concept auquel le grand
public peinait à accrocher.
Mais sa principale qualité fut
de proposer aux joueurs
eux-mêmes de créer des
circuits pour les partager en
ligne. La communauté s’est
donc chargée de bâtir une
solide réputation à
Trackmania dont le principe
était simple : se connecter à
l’un des innombrables
serveurs utilisateurs et se
défier à coups de chrono sur
des circuits répartis sur trois
environnements. Le jeu
offrait aussi trois jouabilités
différentes, ce qui plut tout
particulièrement.
Prise en main hyper intuitive,
physique et surréaliste
ont été les ingrédients à
l’origine de cette recette
reprise dans les différentes
éditions qui ont suivi.
À partir de 2005, nous
solide expérience, le
développeur nippon avait
tout mis en œuvre pour
s’assurer de commercialiser
une référence durable et
absolue sur le marché du jeu
de courses. Le résultat est
assez bluffant puisqu’en
comparaison avec les autres
jeux du genre, GT 4 offrait
une durée de vie démesurée,
que ce soit grâce aux
courses d’endurance de
assistons à la naissance de
titres hyper réalistes, au
point qu’il devient parfois
difficile de faire la distinction
entre des images du 7e art
et d’autres venant du jeu
vidéo. De plus, la jouabilité
devient plus stratégique, plus
professionnelle, à l’image de
Horse Racing Manager 2
sur PC sorti en 2006.
Attention, avec la pluie,
ça glisse !
Sur ce soft, on retrouvait
toute la magie de l’univers
des courses hippiques avec
du management sportif dans
une véracité unique en son
genre ! Le joueur pouvait
choisir d’être propriétaire
d’écurie, jockey ou parieur.
Horse Racing Manager 2
proposait le meilleur de la
course hippique et de la
gestion d’écurie avec un
réalisme saisissant.Toujours
en 2005, Gran Turismo 4 sur
PS2 était le titre le plus
abouti jamais proposé par
Polyphony (Sony Computer
Entertainment). Fort d’une
plusieurs heures ou
au garage de plus de
700 modèles accessible
au joueur. Si la série était
critiquée pour son manque
de réalisme en termes d’IA,
son avance sur la
concurrence était
indiscutable. Les versions
actuelles qui, à l’heure des
radars, permettent aussi aux
amateurs de vitesse et de
sensations fortes de foncer
dans le brouillard sans avoir
à redouter ni le flash
gendarmesque ni les
conséquences d’une violente
sortie de route, apportent un
réalisme dont on imagine mal
comment il pourra encore
être amplifié. Et pourtant, il
le sera...
On a ga - gné !
on a ga - gné !
Le sport reste porteur, car les
produits prennent régulièrement le
sillage de la forte médiatisation des
grandes compétitions. Avec l’Euro
(football) et les Jeux olympiques,
2012 s’annonce pourteuse.
Pro Evolution Soccer 6 sur
PC et PS2 (2006), fut un
épisode que Konami a
vraiment soigné sur PS2. Les
suivants n’auront plus la
priorité du développeur
nippon. De fait, il reste pour
L’auto concerne presque tous les
individus. Les accessoires à vendre
dans ce domaine sont innombrables,
et parfois d’une valeur confortable,
comme les sièges.
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
63
tous les amoureux de la
franchise un excellent
souvenir, comme un âge d’or.
Pro Evolution Soccer
atteignait une qualité et un
équilibre attaque/défense
hors du commun. Son IA
avait beaucoup impressionné
par sa capacité à varier son
jeu et surtout, à profiter de
la moindre erreur de la part
du joueur pour enfiler des
buts comme des perles sur
un collier. De plus, il fut le
tout premier PES à compter
la Ligue 1 Orange parmi ses
licences, ce que les fans
hexagonaux réclamaient
depuis des années. Encore
aujourd’hui, jouer à PES 6 est
un vrai plaisir.
2008 vit Shaun White
Snowboarding : Road Trip
sortir, jeu de snowboard
étant le premier du genre de
la licence d’Ubisoft sur Wii.
La Motion Board était
utilisée de façon pertinente
et l’on y dévalait les pentes
de poudreuse avec d’autant
plus de plaisir. Pro Cycling
Manager - Tour De France
dans les bacs en 2009 sur
PC/PSP/XB360, proposait de
vivre une nouvelle grande
saison riche de plus de
180 courses. À la tête de
l’une des 65 équipes
officielles ou bien encore aux
commandes d’une équipe
entièrement créée par le
joueur, il fallait se lancer à
l’assaut des plus grands
défis : remporter un grand
Tour, faire grimper la cote
d’un « espoir » ou confirmer
un grand champion. Les
objectifs ne manquaient pas
et permettaient au passionné
de jouer comme il
l’entendait.
PT Boats : Knights Of The
Sea (2009) sur PC était basé
sur une version améliorée du
moteur déjà utilisé dans
Pirates Des Caraïbes, PT
Boats transposait cette fois
l’action au milieu de la
missions d’initiation
permettent de découvrir les
bases du métier. Une fois
aguerri, le joueur peut enfin
se lancer dans le mode
carrière et gérer sa propre
exploitation agricole. Élevage
d’animaux, cultures, vente de
produits frais, tout est
fidèlement restitué dans
Seconde Guerre Mondiale
pour faire revivre les plus
grandes batailles navales de
l’histoire. Dans DCS : Black
Shark PC (2009), il était
temps de prendre les
commandes du Kamov KA50 : le seul hélicoptère birotor avec siège éjectable.A
l’honneur la possibilité de
Un peu terre à terre cette sim-agraire ? Bien d’autres pistes seront sans
doute explorées, tôt ou tard, dans ce genre ludique inépuisable.
cette simulation agricole. Ce
jeu inclut un mode de
gestion avancée, ainsi, le
joueur doit gérer ses
recettes et ses
investissements, afin de faire
l’acquisition de matériel et
véhicules agricoles qui
permettront à son
exploitation de se
développer dans les
meilleures conditions.
Mentionnons aussi une
nouvelle année et un nouvel
épisode pour la série des
SBK, le jeu de courses de
motos développé par
Milestone.Au programme :
nouvelle direction artistique,
mise à jour du modèle de
conduite afin de répondre au
mieux aux attentes des
clients, ainsi qu’une
amélioration visuelle de
l’ensemble (menus,
environnements, effets de
lumières, etc.). Côté pistes,
voler dans la région du
Caucase Ouest en
compagnie d’avions,
hélicoptères, chars et divers
véhicules fidèlement
reproduits, ainsi que de
piloter à l’intérieur du
cockpit où toutes les
commandes étaient
activables à la souris ou en
vue à la 3e personne. Et bien
sûr jouer en ligne, en
coopération ou en
affrontement, avec un
maximum de 64 personnes,
tout un autobus !
Aller avec la fermière
labourer dans les champs
Cette année, nous aurons
assisté à la naissance de
Farming Simulator sur PC,
qui propose d’endosser les
bottes d’un véritable
agriculteur, vindiou ! En
début de jeu, une série de
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
64
tous les tracés, tous les
pilotes, toutes les catégories
de motos, ainsi que toutes
les écuries de la saison 2011
seront au rendez-vous de
cette version 2011,
disponible sur
XB360/PC/PS3...
A bien l’observer, comment
ne pas réaliser que le jeu,
même en version vidéo, sur
console, ordinateur ou autre
machine, s’inscrit dans
l’éternelle histoire qui va du
jeu des enfants aux jeux de
société, et que l’électronique
n’a fait que reprendre à sa
manière. On peut donc sans
réserve tabler sur sa
pérennité au long cours.
Dans les années à venir, cet
univers n’échappera pas aux
vagues des ruptures
technologiques. La 3D
commence à s’y installer. Le
« cloud » y est presque déjà,
sans être nommément
désigné. Les commandes sans
accessoire (Kinect) l’anime
avec succès, mais avec des
limites : conduire un bolide
sans un volant, (lequel, si
possible, vibrerait
méchamment au passage des
chaos), n’a aucun intérêt.
Tout ce qui fait le charme de
ce domaine est cependant lié
autant aux idées créatrices
qu’à la technique pure.
Comme pour le cinéma,
la technique ne suffit pas
au succès. C’est ce qui
nous oblige à garder à
l’esprit que les succès dans
les linéaires restent
imprévisibles. Un créateur
réalisant quelque chose de
génial et très simple peut
faire exploser les scores, et
les échafaudages numériques
les plus vertigineux peuvent
être des échecs. Nous
attendons avec impatience
une foule de produits
aussi géniaux qu’attractifs
techniquement.
C’est le jeu ! 쐍
M.G
E
T
A P R È S
?
Produits numériques :
merce par Internet vient utilement compléter le commerce
physique, évolution qui ne fera
certainement que s’amplifier,
notamment sous l’influence des
smartphones. Fin 2011, ils apparaissent encore aux yeux du
public comme des nouveautés
spectaculaires. Mais ils seront
d’ici moins de 5 ans totalement
banalisés et ouverts à de nombreuses pratiques en ligne. Il est
même possible d’imaginer que
celles-ci puisse se développer à
travers des habitudes inédites
jusque dans... les rayons physiques eux-mêmes.
Intouchables ?
En réalisant cette saga 2000-2011, nous avons cherché à savoir comment le futur pourrait désormais se
dessiner.Pour le volet technique de l'univers du numérique, il se pourrait bien que, comme cela se dit familièrement, nous n’ayons encore rien vu ! Mais pour la
distribution, les grandes lignes seront maintenues.
En 2000, nous avions envisagé à
travers dix questions clés la probable vie des produits, de la distribution et de ceux qui y travaillent en ce début du siècle.
Allions-nous vers plus ou moins
de vendeurs, des marges encore
réduites, des ventes en ligne capables de tout changer ? L’une de
ces questions semblant alors
déterminer les réponses à toutes les autres : le marché de
l’électronique grand public pouvait-il encore progresser ?Autant
d’interrogations qui pourraient
être à nouveau d’actualité. Mais
souvenons-nous…
Alors que les taux de possession frôlaient la saturation sur
de nombreuses familles d’équipements, nous avions eu l’audace d’annoncer une poursuite
vigoureuse de l’élargissement
du marché, en juxtaposant une
croissance démographique non
négligeable associée à une obsolescence des équipements en
parc installé, entraînant une demande vigoureuse sur tout ce
qui était alors naissant.
L’Hexagone venait tout juste de
franchir le cap de 60 millions
d’âmes. Depuis, au moins 5 millions de consommateurs nouveaux sont à dénombrer, et sur
de nombreux créneaux, les
consommateurs sont à nouveau
peu équipés en produits d’aujourd’hui. Car l’essentiel de ce
que nous vendons actuellement
n’existait pas il y a 10 ans. Le
potentiel reste donc dans les
grandes lignes assez comparable
à celui qui était identifiable en
2000. La croissance démographique tient bon, l’innovation
aussi. Avant même d’avoir à
évoquer les équipements, les
perspectives sont donc bien
orientées.
Ce que nous avons observé
depuis lors nous montre aussi
que dans les grandes lignes, les
règles de la distribution n’ont
finalement pas été fondamentalement métamorphosées. Il y a
toujours des vendeurs, des promos, des ouvertures et de
temps à autres des fermetures.
Le commerce en ligne, que certains voyaient déjà comme la
vague qui allait tout submerger,
n’a fait sombrer aucun navire (il
n’en va pas de même de quelques ruptures technologiques :
photo numérique, dématérialisation des contenus...).
Plus étonnant : à la différence
de ce qui était attendu, le com-
autre nouveauté qui piaffe déjà
dans l’arrière-boutique de l’industrie : l’holographie. Ceux qui
ont attentivement visité l’IFA en
septembre dernier ont même
pu en entrevoir quelques prototypes. Imaginons par exemple
un GPS relevant de cette technique, couplé à un positionnement devenu précis au centimètre, et voilà un marché du
Matériel : le vertige
nous guette
Si, un petit matin de l’an 2000,
nous avions décrit sans la
moindre futurologie racoleuse
ce que chacun utilise quotidiennement en 2011, nous n’aurions
pas échappé à quelques index
tournicotant sur des tempes
incrédules. Alors, pour la suite
de l’aventure, osons ! Côté téléviseurs, c’est d’abord facile : un
non connecté et non 3D d’ici
quelques saisons seront déjà
des vieux nanards, et même les
LCD, qui pourraient assez vite
laisser la place aux OLED, appelés à animer de nouveaux bouleversements du secteur des
écrans. Celui-ci attend aussi des
montées en définitions assez
vertigineuses, qui seront certainement déjà d’actualité vers
2020. Sans oublier une autre
Retrouvez sur
l’intégralité des questions de l’an 2000,
les réponses d’hier et celles d’aujourd’hui :
- 1- Le marché de l’EGP peut-il encore progresser ? - 2 - L’EGP va-t-elle
changer de visage ? - 3 - Les ventes en ligne vont-elles tout changer ? - 4
- Les emplois des vendeurs et des responsables de rayons sont-ils menacés ? - 5 - Les clients vont-ils devenir plus exigeants ? - 6 - Restera-t-il une
place pour les petits revendeurs ? - 7 - Les marges vont-elles se réduire
ou s’accroître ? - 8 - Faudra-t-il ouvrir tous les dimanches ? - 9 - Les revenus dans la distribution peuvent-ils progresser ? - 10 - Peut-on faire une
carrière dans la distribution des produits électroniques grand public ? 쐍
guidage à recomposer intégralement. Comme à la fin des années 90, des myriades de développements techniques en sont
d’ores et déjà à des stades avancés. Et comme cela s’est produit en une décennie, tout en
laisse présager une arrivée sur
le marché et dans les habitudes
des consommateurs beaucoup
plus rapide que les prévisionnistes le laissent entendre.
Ayant encore en mémoire les
réactions des professionnels
parmi les plus compétents trouvant déraisonnables nos convictions de voir un jour des ordinateurs dans tous les foyers,
puis des téléphones mobiles
dans toutes les poches, et
même des GPS dans presque
toutes les voitures (cela remonte bien au-delà des 10 années les plus récentes), nous
n’avons aucune raison de changer nos habitudes : l’avenir reste
porteur, et le travail pour ceux
qui veulent y participer abondant. L’avenir est à nous. 쐍
Jonathan Toutautan
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 101
66
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