Sud-Ouest

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Sud-Ouest
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N°527 • samedi 18 avril 2009 • 1,5€
AVEC
LES SOCIALISTES,
SORTIR DE LA CRISE
PAR L’EUROPE
EUROPÉENNES : C’EST PARTI
Les socialistes européens lancent
leur campagne le 24 avril à Toulouse
DOUBLE GIFLE POUR SARKOZY
Temps de parole présidentiel
décompté
présidentielécompté
Hadopi rejeté
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Les rendez-vous ■ DU PARTI
LES RENCONTRES DE LA DIVERSITE
DÎNER-DEBAT
L'association Repères-Identités et les amis du journal Repères+ vous convient au dînerdébat suivi d'une grande soirée de gala qu'ils organisent le samedi 25 avril 2009 de
16h30 à 23h à l'Espace Fraternité au 10-12, rue de la Gare à Aubervilliers en présence
de Jacques Salvator, Maire d'Aubervilliers et d'Evelyne Yonnet, Première adjointe au
Maire et Conseillère générale.
Première partie de la soirée
Débats : Diversité ou diversion : un an après les municipales,
bilan et perspectives ; la crise sociale aux Antilles ; les 100 jours d'Obama...
aGenDa Du ParTi
■ Vendredi 24 avril
Toulouse, meeting
de lancement
de la campagne européenne
■ Mercredi 29 avril
Strasbourg, meeting
national pour les élections
européennes
Deuxième partie de la soirée
Dîner et concert avec : Coulby Praïce, Zayen, l'humoriste
Akakou, le groupe Les Racines, Leady-be ...
■
2
10-12, rue de la Gare (Aubervilliers 93300)
A proximité de la Porte d'Aubervilliers.
Accès, Bus 65. Direction Aubervilliers - Arrêt : Parc
du millénaire / Direction Paris - Arrêt : La haie coq
PAF 25 euros (Repas complet).
Réservation obligatoire : Jacqueline 06 26 30 80 98
Clémentine : 06 50 56 56 40
Elodie : 06 63 53 35 02.
Merci de réserver vos places dès maintenant.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, la
France subit un terrible recul des libertés. Ce livre
élaboré par le Parti socialiste décrypte les multiples remises en cause des droits individuels et
collectifs. De ADN à Zones d’attente, il dresse, en
89 mots clés, un état des lieux des atteintes aux
libertés publiques orchestrées par Nicolas
Sarkozy depuis mai 2007. Défendre les fondements du pacte républicain est un devoir. Cet
ouvrage constitue une première contribution à
ce travail.
Prix : 5 e l’exemplaire.
Renseignements au 01 45 56 78 15
En Une : les femmes des salariés de Celanese à Pardies défilent, le 5 avril,
contre la fermeture de l’usine.
L’hebdo des socialistes•10, rue de Solférino 75333 Paris Cedex 07 • Tél. : 01 45 56 78 61•Fax: 01 45 56 76 83
(Pour obtenir vos correspondants, composez d’abord le 01 45 56 ou écrire à : [email protected]) DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Maurice Braud
• DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : Benoît Hamon • RÉDACTRICE EN CHEF : Ariane Gil (78.61) • RÉDACTION : Bruno Tranchant (77.33). Damien Ranger (76.37), Ariane Vincent
(76.20), Fanny Costes (76.32). • SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Élisabeth Philippe (76.27) • MAQUETTE : Pascale Lecomte (79.44) et Joëlle Moreau (77.16)
• PHOTO : Philippe Grangeaud (76.00) • Photo de couverture : Alain Guilhot • SECRÉTARIAT : Odile Fée (78.61) • COMPTABILITÉ : Michèle Boucher (79.04)
• ABONNEMENT : Sabine Sebah (78-57) • FLASHAGE ET IMPRESSION : PGE (94) Saint-Mandé • ROUTAGE : Inter Routage - 93300 Aubervilliers. N° commission paritaire : 0109 P 11 223) • ISSN : 12786772 “L’hebdo des socialistes” est édité par Solfé Communications. Ce numéro a été tiré à 205 005 exemplaires.
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■ ÉDITO
La gauche qui marque des points
Jean-Marc Ayrault, Il y a un discours dominant, celui d’une gauche sociaprésident du groupe
socialiste à l’Assemblée
nationale
■ sommaire
France
Double peine pour Sarkozy
La France en crise
Grève de la faim des employés de Celanese
Élections européennes
Focus sur l’Eurorégion Sud-Ouest
International
Interview d’Howard Dean par Olivier Ferrand
Algérie : des élections sans surprise
Territoire face à la crise
Le soutien aux entreprises
Portrait
Delphine Roussy
p.6
p.7
p.12
p.16
p.17
p.20
p.28
liste - éteinte - qui ne retrouverait d’éclat que dans le
cadre des mandats locaux qu’elle exerce.
Et voilà qu’au détour d’une décision du Conseil d’État
sur la nécessaire comptabilisation du temps de parole
présidentiel ou du rejet surprise de la loi Hadopi, les
commentateurs acceptent l’idée que nous sommes
toujours là.
La vérité c’est que nous faisons notre travail d’opposition - sans éclipse - à l’Assemblée comme au Sénat. Sur
chaque texte,sur chaque grand débat,en coordination
étroite avec le parti, nous apportons la contradiction
au Président et à son gouvernement. Mais il faut le
vote d’une motion de procédure comme sur la loi
OGM, l’obstruction massive comme sur la loi « audiovisuel »,la suspension des travaux comme sur le travail
du dimanche, la Marseillaise en chœur au pied du perchoir, pour que la presse relaie notre travail.
Malheureusement, la presse n’est pas seule en cause.
Nous nous sommes trop souvent laissés entraîner dans
le commentaire de nous-mêmes. Trop souvent les
micros et les caméras qui nous ont été tendus ont
d’abord servi à notre propre dénigrement.
Nous avons mieux à faire. Nous devons croire à une
gauche qui marque des points. Le simple fait d’éclairer
l’opinion sur les aspects les plus sombres de la politique
sarkozyste constitue une victoire politique. Le paquet
fiscal est devenu le boulet du gouvernement. Le plan
de relance est perçu par tous comme insuffisant. Les
atteintes aux libertés publiques commencent à être
connues.
Nous devons aller encore plus loin. Nous donnons rendez-vous aux Français le 30 avril. Ce jour-là seront
débattues trois propositions de loi symboliques de ce
que nous ferions au pouvoir : justice fiscale, équité
salariale, suppression de tout délit de solidarité.
Le 30 avril, veille du 1er mai, nous rappellerons avec
force que pour ceux qui n’ont pas d’autre pouvoir que
celui des urnes, l’espérance se lève toujours à gauche.
■
3
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100 000
Actualités ■ EN BREF
Le
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cHiFFre
Une promesse de plus revue à la
baisse. Le gouvernement a annoncé
en grande pompe la création de
100 000 places de crèches d’ici à 2012,oubliant l’objectif de 400 000
gardes supplémentaires sur cinq ans évoqué en 2007, ou encore le
chiffre de 200 000 promis en janvier dernier. Les socialistes crient à
la « sous-enchère », quand les organisations familiales évaluent les
besoins d’accueil des moins de 3 ans à au moins 350 000 places.
Viticulture
Outre-mer
Rouge dans le blanc,
tout fout le camp
États généraux :
répondre à l’urgence
e ministre de l’Agriculture,
Michel Barnier, fait mine de
se révolter contre le principe du
coupage entre vins blancs et
rouges pour produire un prétendu « rosé ». Pourtant, lors
d’un vote intervenu le 27 janvier à Bruxelles, le gouvernement français ne s’est pas
opposé au projet de réglemen-
L
L
■
4
es états généraux de l'outremer, censés mettre à plat
tous les problèmes de ces territoires, ont débuté le 14 avril
en Guadeloupe. Suivront la
Martinique, la Guyane, La
Réunion et la métropole. Les
socialistes, présents, ont
« entendu le président de la
République évoquer des questions statutaires, elles sont totalement légitimes. Mais il ne faut
pas que ce débat occulte la réalité de l'urgence sociale. Pas de
diversion », prévient Christian
Paul, co-responsable du secrétariat à l’Outre-mer du PS.
Élections
tation européenne autorisant
le « coupage ». En rejetant la
faute sur l’Europe, la droite
cherche à protéger ses intérêts
avant les élections européennes de juin prochain. Mais
cet écart entre les discours et
les actes « met gravement en
danger la réputation de la
France et la sincérité du discours politique, renvoyé au
rang de quantité négligeable »,
souligne le PS.
L’HEBDO DES SOCIALISTES I 18 AVRIL 2009
Redécoupage =
tripatouillage
33
circonscriptions législatives doivent être supprimées dans le redécoupage
électoral français, orchestré par
l’UMP Alain Marleix. Si les
socialistes ne s’opposent pas à
une meilleure prise en compte
de la répartition de la population sur le territoire, les révélations du quotidien Le Monde,
du 11 mars, confirment leurs
craintes d’instrumentalisation
politicienne. « Sur 33 suppressions prévues, 23 circonscriptions sont détenues par la
gauche et 10 par la droite et sur
ces 33 créations, 9 sont en
faveur de la gauche et 24 en
faveur de la droite. Cela représente une différence de 28 circonscriptions en faveur de la
droite. Le déséquilibre est
manifeste », a déclaré Martine
Aubry, le 14 avril, dans une
conférence de presse. Pour
Jean-Marc Ayrault, président
du groupe socialiste à
l’Assemblée nationale, « le
document dont nous avons pris
connaissance est à des annéeslumière de la démocratie
exemplaire que prétendait promouvoir le président de la
République ».
Environnement
L’État refroidit
hantal Jouanno, secrétaire
d’État à l’Écologie, a
confirmé le 8 avril la création
d’un régime d’autorisation
simplifiée, intermédiaire entre
le régime d’autorisation et le
régime de déclaration, pour les
installations classées potentiellement dangereuses. Pour
le PS, « ce régime intermédiaire, voulu pour le gouvernement au nom de la relance, est
un retour en arrière scandaleux
et inadmissible, qui autorise
tous les excès en supprimant
tous les contrôles ». Et très loin
des engagements du Grenelle
de l’environnement.
C
Page réalisée par Fanny Costes
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EN IMAGE ■ Actualités
L’imaGe De La
semaine
Solidaires et prisonniers volontaires
« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit! » C'est
derrière ce mot d'ordre que des milliers de manifestants se sont mobilisés, le 8 avril. Ils se
sont symboliquement constitués prisonniers dans de nombreuses villes de France, pour réclamer une révision de l’article de loi qui punit toute personne ayant facilité « l'entrée, la circulation ou le séjour d'un étranger en France ». Un flou juridique dont les bénévoles d’associations d’aide aux étrangers ont encore récemment fait les frais. Le même jour, la proposition
de loi socialiste « Welcome » - du nom du film de Philippe Lioret qui aborde le sujet - visant
à clarifier la loi, a été rejetée par la commission des lois de l'Assemblée nationale.
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Actualités ■ FRANCE
Double peine pour Sarkozy
AFP/ Lionel Bonaventure
Dure semaine pour le Président. Mercredi 8 avril, le Conseil d’État rendait une décision visant à
limiter son temps de parole audiovisuel et le lendemain, le projet de loi Hadopi était rejeté à
l’Assemblée nationale. Deux camouflets pour le chef de l’État ; deux victoires pour les socialistes.
■
6
Les députés socialistes Christian Paul et Patrick Bloche, le
9 avril 2009, à l'Assemblée nationale après le rejet du projet de
loi Hadopi.
e devait être une formalité. Jeudi 9 avril, Nicolas
Sarkozy fêtait même avec
quelques heures d’avance le
vote définitif de la loi Création
et Internet, dite loi Hadopi.
Mais dans l’après-midi, coup de
théâtre à l’Assemblée nationale: ce projet de loi qui vise à
instaurer la riposte graduée
pour sanctionner le téléchargement illégal sur Internet est
rejeté par 21 voix contre et
15 pour. Un retournement de
situation dû à l’opiniâtreté des
députés socialistes. « Nous
avons toujours combattu ce
texte inutile et inefficace,
explique Patrick Bloche, député
PS et secrétaire national chargé
des médias. Ce projet de loi
nous choque parce qu’il oppose
stérilement les créateurs aux
internautes, les artistes à leur
public. » Ainsi la victoire que la
droite croyait acquise s’est
C
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
transformée en redoutable
camouflet pour le gouvernement et surtout pour Nicolas
Sarkozy qui avait fait de ce
texte une affaire personnelle.
«Il est le mari de qui on sait »,
rappelle Patrick Bloche. Il lui
tenait donc à cœur de prétendre défendre les intérêts des
artistes. Prétendre seulement,
car cette loi ne rapportera pas
un centime aux créateurs.
Aller-retour
Une claque donc pour le président de la République.Et même
un aller-retour,puisque la veille,
le Conseil d’État rendait une
décision défavorable au chef de
l’État. En 2007, Didier Mathus,
député PS de Saône-et-Loire, et
François Hollande déposaient
un recours devant cette instance pour demander la prise
en compte du temps de parole
audiovisuel du chef de l’État.
Car contrairement à ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy s’exprime à tout bout de champ et
trop souvent,non en tant qu’arbitre, mais comme véritable
chef de l’exécutif. «Nous avions
d’abord saisi le CSA, lui faisant
observer que la loi de 1986 a
pour mission de faire respecter
le pluralisme, précise Didier
Mathus. Fidèle à son manque
d’indépendance,le CSA a refusé
de statuer. Le Conseil d’État
vient de lui donner tort. »
Les socialistes savourent cette
double victoire. Sans pour
autant se reposer sur leurs
lauriers. Morte politiquement,
la loi Hadopi sera tout de
même exhumée et de nouveau soumise au vote des parlementaires. Les socialistes
sont bien décidés, si besoin, à
saisir le Conseil constitutionnel pour enterrer définitivement le projet. Quant au
temps de parole présidentiel,
le CSA devrait lancer une
réflexion après les élections
européennes. « Nous allons
exercer une pression maximum pour que le CSA
applique la décision du Conseil
d’État, avertit Didier Mathus.
Difficile d’imaginer qu’il
n’obéisse pas à la plus haute
juridiction administrative ».
Sauf qu’avec Nicolas Sarkozy,
tout est possible.
Elisabeth Philippe
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CE
LA FRAN
E
EN CRIS
Celanese : fermeture acide
PARDIES
Les 354 salariés du site de Pardies (Pyrénées-Atlantiques) de la société chimique américaine
Celanese ont appris, le 23 mars, la fermeture prochaine de leur usine. Elle dégage pourtant
des bénéfices. Soutenus par les élus locaux, les salariés ne baissent pas les bras et espèrent
encore une reprise par un autre industriel.
É
tate de vinyle monomère. 354
emplois sont sur la sellette.
Aux côtés d’Éric ce jour-là,
dans le local du comité d’entreprise (CE) où transats en
plastique et matelas gonflables ont été installés, David
Habib, maire de Mourenx,
et Martine Lignières-Cassou,
maire de Pau. Les deux députés socialistes des PyrénéesAtlantiques sont accompagnés
d’Yves Salanave-Péhé, maire de
la ville voisine de Monein.
« Nous avons voulu participer à
une démarche collective et
répondre à une demande des
salariés, explique Martine
Lignières-Cassou. Je suis un
maillon de cette chaîne de solidarité, ni plus, ni moins. »
L’action est symbolique, mais le
but affiché – attirer l’opinion
sur le cas Celanese – semble
atteint à en juger par le nombre de médias, locaux et nationaux, qui se sont déplacés.
Incompréhension
générale
■
7
« Il y a une leçon Celanese,
considère Alain Masse, délégué CGT. Ce n’est plus parce
qu’on travaille dans une
entreprise qui fait des bénéfices, que l’on doit se croire à
Les salariés en assemblée générale à l'annonce de leur licenciement le 23 mars 2009.
Alain Guilhot/Fédéphoto
ric Radiguet, quinze ans
de maison, la cinquantaine, a pris son tour à 8
heures en ce lundi de Pâques.
Cet ouvrier qui fait les trois-huit
à la fabrication n’est pas là pour
travailler. Il est venu jeûner.
24heures. Les salariés de l’usine
Celanese de Pardies (PyrénéesAtlantiques) se relaient depuis
le 28 mars pour une grève de la
faim « tournante ». Le couperet
est tombé cinq jours plus tôt: la
direction du groupe chimique
américain, basé à Dallas, a alors
annoncé la fermeture, d’ici trois
à sept mois, du site qui produit
de l’acide acétique et de l’acé-
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Actualités ■ FRANCE
l’abri. » Aucun élément n’aurait pu faire penser en 2008 à
un tel dénouement. Chaque
salarié a même reçu une participation aux bénéfices de
5 500 euros en 2008 et de
2 500 euros en début d’année.
Sans parler de l’intéressement annuel de près de
2 200 euros distribué au titre
de l’année 2008.
« On voyait des fermetures
d’usines à la télé, mais je pensais que nous étions à l’abri. Ce
qui nous arrive, c’est une
incompréhension générale »,
lâche Mickaël Chamorro,
35 ans, depuis dix ans au service des ressources humaines.
Le coup est d’autant plus dur
que sa femme, qui travaillait
dans un bureau d’études à Pau,
vient d’être licenciée en février.
« Maintenant, c’est la rentabilité qui prévaut sur la ressource
humaine », se désole-t-il.
« La décision est vraiment
injuste, dénonce le syndicaliste Alain Masse. Ce n’est
pas qu’on perde de l’argent,
mais on en gagne un peu
moins qu’avant. On nous
sacrifie parce que l’on veut
■
Alain Guilhot/Fédéphoto
8
Deux députés du parti socialiste des Pyrénées-Atlantiques,
David Habib et Martine Lignières-Cassou ont pris part
lundi 13 avril à une grève de la faim avec les salariés de l'usine.
De gauche à droite : Alain Masse le secrétaire du comité d'entreprise (CGT), David Habib, Yves Salanave-Péhé maire de Monein
DVGAUCHE (greviste de la faim avec les 2 deputés) et Martine
Lignières-Cassou.
maintenir les mêmes rendements en période de crise. »
Une décision révoltante.
Surtout que la direction avait
annoncé au moment du
krach boursier que « le
groupe avait assez de cash
L'usine Acetex Chimie située à Pardies dans les PyrénéesAtlantiques fait partie du Groupe Celanese depuis 2005.
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
pour traverser la crise malgré
la baisse de la demande ». En
2007, le chiffre d’affaires du
groupe s’élevait à 6,4 milliards de dollars. « Dans leur
esprit, crise ou pas crise,
nous étions condamnés,
poursuit Alain Masse. Leur
but, c’est de tuer la concurrence en Europe et de l’approvisionner
désormais
grâce à la nouvelle usine
inaugurée en 2008 en
Chine. » Écœurement. Le mot
revient sur toutes les lèvres :
les salariés sont atterrés de
voir qu’un outil de travail
performant avec un personnel qualifié va être ainsi supprimé, sans raison économique objective.
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Alain Guilhot/Fédéphoto
CE
LA FRAN
E
IS
R
EN C
Bras de fer juridique
David Habib, qui est aussi à la
tête de la Communauté de
communes de Lacq (CCL), se
bat pour venir en aide aux
salariés de ce site, construit
par Aquitaine Chimie au début
des années 60. Son objectif :
trouver un repreneur. Le site de
Pardies est la seule usine en
Europe qui produit de l’acide
acétique, un produit utilisé
pour le vinaigre, dans le textile,
l’industrie du bâtiment ou
même la fabrication de chewing-gums. 90 % de la production est consommée en
Europe. Une situation de quasi
monopole européen. « C’est
pour cela qu’il y a cinq ans,
Celanese n’a pu racheter le site
au groupe canadien Wade
qu’au terme d’une procédure
devant la Commission européenne qui a vérifié la pertinence du projet économique
et social, rappelle David Habib.
Le groupe américain avait pris
des engagements sur le maintien de l’emploi et le libre accès
à la production d’acide acétique pour les industriels européens. Celanese a acheté un
droit d’exploitation, pas un
droit de vie et de mort sur
l’usine. » Aujourd’hui, la CCL
compte porter plainte contre
la Commission européenne
qui n’a pas fait assez preuve de
« vigilance » il y a cinq ans.
Quant à Kader Arif, le candidat
PS aux européennes pour
le Sud-Ouest, il
PARDIES
a interpellé la
Commission
Barroso sur le sujet.
Pour David Habib, «un bras de
fer juridique s’engage. Il faut
contraindre Celanese à discuter
avec d’éventuels repreneurs
même si rien dans la loi ne
l’oblige à vendre et même à
dépolluer le site. » Le député a
rencontré, avec le président de
la région Aquitaine, Alain
Rousset, un cabinet d’avocats
représentant un éventuel
repreneur : « Nous avons décidé
de rendre public les pistes de
reprise pour faire pression sur le
gouvernement. »
■
D’autant que la fermeture du
9
site entraînerait une réaction
en chaîne. Les usines Yara et
Air Liquide (160 emplois) de la
même plateforme chimique
de Pardies sont menacées,
sans parler des 43 sous-traitants et du port de Bayonne
(les exportations de Celanese
représentent 10 % de son activité). Ce sont en tout 1 500 à
2 000 familles qui sont concernées. « C’est une catastrophe
pour le bassin de Lacq, lâche
Christian Campagne, 53 ans,
employé de Celanese. Mais
même si nous restons très prudents sur un espoir de reprise,
nous ne nous disons pas vaincus. » Tous promettent d’aller
jusqu’au bout du combat quitte
à se radicaliser.«Le tout,c’est de
mourir debout. On ne veut pas
avoir des regrets, résume Éric
Radiguet, le «jeûneur» du jour.
On fera tout ce qu’on pourra
pour sauver notre usine. »
Mona Buckmaster
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Actualités ■ FRANCE
Coup de jeune pour la relance
■
10
I
l y a urgence. Alors, les
socialistes se mobilisent
sans attendre pour la jeunesse, première victime de la
crise. Sans attendre, notamment les décisions issues de la
commission présidée par
Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives
contre la pauvreté et la jeunesse, ouverte le 9 mars dernier. Alors que le Président
n’avait annoncé aucune
mesure à destination des
jeunes dans son plan de
relance, la commission Hirsch
apparaît à beaucoup d’égards
comme un alibi. À ce qui semble donc relever de l’effet d’annonce, le PS oppose un plan
concret pour répondre à une
situation de plus en plus alarmante. Le chômage des jeunes
a augmenté deux fois plus vite
que celui du reste de la population active dans les six derniers mois. Déjà, fin 2008, il
avait progressé de 24% en un
an pour atteindre 19,7% des
16-25 ans. « La crise aggrave
L’HEBDO DES SOCIALISTES I 18 AVRIL 2009
un phénomène de déclassement des jeunes par rapport à
leurs
parents,
explique
Antoine Détourné, président
du MJS. Les 15-29 ans ont beau
être la génération la plus
diplômée, 50% de ceux qui ont
fait des études occupent un
emploi sous-qualifié par rapport à leurs compétences ».
■ Les emplois-jeunes
Alors, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Entre 150 000 et
250 000 jeunes devraient se
retrouver sur le marché de
l’emploi d’ici l’été. Les socialistes appellent donc en premier lieu à la création de
100 000 à 150 000 emploisjeunes. « Quand il y a urgence,
la puissance publique est évidemment mieux armée pour
répondre. Tabler uniquement,
pour l’embauche des jeunes,
sur le secteur marchand, dans
les circonstances actuelles, est
la plus sûre garantie d’échec,
estime Marisol Touraine, députée socialiste, siégeant à la
commission Hirsch. Le dispositif des emplois-jeunes a d’ailleurs prouvé son efficacité.
87% des jeunes en ayant bénéficié en 1997 sont restés durablement dans l’emploi. »
■ L’insertion-formation
Ils proposent ensuite la mise
en place de 50 000 contrats
aidés : « les contrats d’insertion-formation ». Il s’agit de
prendre en compte les jeunes
sans formation, générale ou
professionnelle, et très éloignés du marché de l’emploi. Et
de leur proposer, au-delà de
l’emploi et d’une rémunération qui stabilise leur situation
financière, une formation. La
droite accuse le PS de favoriser
l’assistanat alors qu’il répond
par le volontarisme : « L’entrée
dans un cycle de formation
serait une condition nécessaire à l’obtention d’un tel
contrat, sans que l’activité professionnelle et la formation ne
se fassent nécessairement
dans le même secteur d’activité, à la différence de l’apprentissage ». Et le financement serait mixte : le contrat
aidé assumé par l’Etat, la partie formation par les régions
responsables en la matière.
■ L’école de la deuxième
chance
Les socialistes n’oublient pas
non plus les jeunes laissés en
marge du système scolaire.
Pour eux, le PS imagine la création d’une « allocation-formation Rebond ». « C’est un processus de non décrochage »,
souligne Marisol Touraine, la
mise en place de formations
relais permettant aux jeunes
de rebondir immédiatement ». « Une école de la 2e
chance » qui se doublerait
d’une aide financière. « Nous
proposons de coupler le dispositif au versement d’une allocation significative, sous le
régime de la formation profes-
BORIS HORVAT /AFP
Les jeunes sont les premières victimes de la crise.
Pourtant le gouvernement
n’a proposé aucune mesure
spécifique dans son plan de
relance de décembre. Et
confié tardivement à
Martin Hirsch le soin de
réfléchir à des pistes pour
améliorer la situation de la
jeunesse française. Les
socialistes ont, eux, déjà
élaboré leur propre plan.
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demnisation à hauteur de
80% du dernier salaire lorsque
l’entrée dans le système d’indemnisation est consécutive à
la fin d’un CDD ou d’une mission d’intérim ».
BORIS HORVAT /AFP
■ 4 milliards :
des moyens à la hauteur
des ambitions
sionnelle, permettant au
jeune de reprendre pied », précise le PS.
■ L’indemnisation
chômage
Enfin, pour prendre en considération l’ensemble de la jeunesse, le Parti socialiste
demande l’aménagement de
l’indemnisation chômage. Les
jeunes sont les plus touchés
par la crise économique car ils
occupent souvent des emplois
précaires, en intérim ou en
CDD. Ils sont donc les premières variables d’ajustement
et ne sont indemnisés que sur
une durée restreinte. Dans les
24 prochains mois, le PS souhaite donc « la prolongation
automatique de 6 mois d’in-
Ce dispositif d’urgence en
faveur des jeunes a bien sûr un
coût. Mais il est possible
de dégager rapidement les
fonds nécessaires à sa mise en
œuvre. La défiscalisation des
heures supplémentaires coûte
aujourd’hui à l’État 4 milliards
d’euros, une somme qui suffirait à appliquer les quatre
mesures proposées par les
socialistes. Car dans leur
démarche, ils tiennent aussi à
dénoncer une politique qui
depuis deux ans empêche
toute perspective d’embellie
chez la jeunesse française.
« Nous dénonçons une forme
d’imposture. Faciliter les heures
supplémentaires a finalement
favorisé les insiders au détriment des outsiders que sont les
jeunes. Le cumul emploiretraite a également pesé sur
les jeunes », argumente
Antoine Détourné.Il s’agit enfin
une démarche de précaution.
Les socialistes préviennent :
« Nous récusons d’emblée tout
dispositif qui aurait pour conséquence d’institutionnaliser la
précarité des jeunes : la droite
nous a habitués à ce type de
démarche avec le CIP en 1994
ou le CPE en 2006 ». Jamais
deux sans trois ?
Fanny Costes
■
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Actualités ■ ÉLECTIONS EUROPÉENNES
Chaquesemaine,l’hebdofait lepoint sur les
Sud-Ouest : La crise a
Touchée durement par la tempête Klaus, victime de la crise économique, l’Eurorégion
Sud-Ouest n’est pas épargnée. Les défis sont nombreux et pour y répondre, les socialistes
mettent la politique industrielle, le service public et l’environnement au cœur de leur
campagne pour les élections européennes. Retour sur ces trois enjeux.
Sony à Pontonx, 311 salariés
sur le carreau. Molex, fabricant de connecteurs pour
automobiles, à Villemur-surTarn, 280 employés. Le SudOuest n’est pas épargné par
la crise. « Il y a un manque flagrant de politique industrielle,
affirme
Renaud
Lagrave, en 5ème position sur la
liste socialiste menée par
Kader Arif. Va-t-on défendre
notre industrie ou regarder
passer les trains ? » Le premier secrétaire fédéral des
Landes pense aussi aux délocalisations. « Sony a décidé
de fermer à Pontonx, explique
Bernard Subsol, maire de la
ville. L’usine fabriquait des
bandes pour les cassettes
VHS. J’admets que cette technologie est dépassée, mais en
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
même temps, on apprend
que Sony ouvre une nouvelle
usine en Slovaquie pour fabriquer des écrans plats. Je ne
comprends pas cette concurrence intra-européenne. »
Aujourd’hui, les usines font
aussi leurs cartons pour s’installer dans les pays voisins,
membres de l’Union européenne. « Il faut créer des
normes pour protéger notre
modèle
social,
détaille
Renaud Lagrave. Laisser faire
les pays à faible coût de main
d’œuvre et aux faibles
salaires, c’est leur laisser des
armes pour nous piquer nos
industries. Mieux vaut chercher une harmonisation
sociale et fiscale par le haut. »
Le but est que les 27 États
membres puissent parler
d’une même voix sur le
salaire minimum, la protection sociale, sur la retraite et
l’éducation. « C’est ce qu’on a
déjà réussi avec la taxe professionnelle unique pour les
communautés d’agglomérations,
reprend
Renaud
Lagrave. Une harmonisation
fiscale a été trouvée sur un
territoire pour que les communes entre elles ne se
piquent pas leur industrie.
Repensons ce modèle en fai-
sant en sorte que les entreprises trouvent en Europe les
mêmes conditions d’installation. »
• Défendre le service
public de proximité
Du 23 au 25 janvier 2009,
Klaus a ravagé le pays des
Landes, le nord de l’Espagne
et une partie de l’Italie. Cette
tempête a été considérée
comme la plus violente
depuis 1999.
Dans certains villages, pour
combler les déficiences du service public, des employés à la
retraite ont remis leur bleu
d’électricien. Les habitants se
souviennent qu’en 1999, les
équipes d’EDF avaient déboulé
dès le lendemain, mais en dix
ans, « le service public a été
détricoté, explique Renaud
AFP/Patrick Bernard
AFP/Rémy Gabalda
• Sony, Molex :
Sauver l’industrie
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sur lesgrandsenjeuxdesEurorégions
Sud-O
uest
AFP/Patrick Bernard
e après la tempête
Lagrave. Il faut arrêter le plan
social de l’État. Au moment de
la tempête Klaus, certains ont
dû attendre plus de quatre
jours pour voir arriver un
dépanneur ». En 1999, pour la
collectivité de Rion (Landes),
on comptait 70 agents équipés de poteaux, d'armements,
de câbles et de groupes électrogènes. En 2009, il reste une
cellule commerciale de cinq
personnes… « La suppression
de centres EDF de proximité, la
perte du savoir-faire, notamment dans l’encadrement à
EDF comme à France Télécom
ont handicapé l’efficacité des
interventions », reconnaît la
CGT landaise. « À force de
délocaliser, d’enlever pour rentabiliser, on se retrouve avec
des employés sur le terrain qui
ne connaissent plus le réseau,
analyse Renaud Lagrave.
L’enjeu se situe au niveau de la
directive service public. » Les
services aujourd’hui représentent 70 % de l’emploi et de la
valeur ajoutée en Europe, mais
ne représentent que 20 %
dans les échanges entre les
États membres de l’Union. Un
service public peut difficilement être délocalisé… Alors,
pour ne pas voir réapparaître
la directive Bolkenstein,
« nous demandons la nonouverture à la concurrence des
services publics et l’intégration de l’eau dans le service
public», conclut Renaud
Lagrave.
• Protéger la forêt
et le littoral
Par deux fois, en 2000 et en
2002, le grand Ouest a connu
le désastre de la marée noire
avec l’Erika puis le Prestige.
Pour le Prestige,25 000 tonnes
de déchets mazoutés ont été
récupérés en France. « Il faut
que nous parvenions à mieux
protéger notre littoral contre
les marées noires, explique
Renaud Lagrave, pour cela il
faut créer les conditions dans
lesquelles les pollueurs seront
enfin les payeurs. » Un trouble
règne autour du comportement des autorités espagnoles
dans l’affaire du Prestige : « Il
faut qu’au niveau européen
nous nous entendions pour
que les bateaux poubelles ne
circulent plus sur nos mers. »
Les dégâts de la tempête Klaus
sont une autre outrance écologique. « La tempête du 24 janvier représente entre 30 et
40 ans d'investissements de
boisement et d'entretien de la
forêt réduits à néant, explique
Jean, exploitant. Soit les dix
prochaines années à passer
sans obtenir de revenus.
Depuis ce 24 janvier, nous
n'avons plus de ressources
financières pour entretenir le
reste des parcelles intactes. »
Les sylviculteurs se tournent
donc vers l’Europe pour obtenir
des aides. « La forêt landaise
était un vrai poumon pour la
région, commente Renaud
Lagrave. Sans aide aujourd’hui,
les exploitants ne pourront pas
reboiser. Nous serons dans une
impasse écologique si nous ne
replantons pas. C’est une question d’aménagement du territoire mais pas seulement.
Qu’adviendra-t-il alors de nos
entreprises papetières et de la
filière bois ? Des investissements sont donc à réaliser
pour sauver la forêt européenne. »
Stéphanie Platat
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S
« L’homme et son
environnement au cœur
de notre ambition »
Pendant trois jours, Kader Arif et ses colistiers, ont traversé tout le sud-Ouest
pour lancer la campagne des européennes. Ce parcours en plus de 15 étapes,
leur a permis de rencontrer élus, vignerons, pêcheurs, associatifs et, surtout,
de nombreux salariés dont l'emploi est menacé par la crise. Retour avec
Kader Arif sur les grands enjeux de cette campagne.
■
14
La liste de la région
Sud-Ouest
Kader Arif
Françoise Castex
Eric Andrieu
Frédérique Espagnac
Renaud Lagrave
Béatrice Patrie
Michel Teychenne
Monique Collange
Sébastien Denaja
Nathalie Mannet-Carbonnier
Kamel Chibli
Gisèle Verniol
Nicolas Cadene
Brigitte Nabet
Michel Durrieu
Geneviève Tapié
Pierre Pantanella
Dominique SardeingRodriguez
Philippe Pugnet
Sophie Pantel
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
Comment démarrez-vous cette
campagne ?
Avec une idée simple : celle de
montrer que notre liste est une
équipe soudée par une histoire,
des valeurs et une situation
géographique
communes.
Nous voulons montrer notre
proximité avec les militants,
mais aussi avec les sympathisants. Grâce à cette dynamique,
nous créons une cohésion.
Le 7 avril dernier, nous avons
débuté le tour de notre grande
région. Trois jours à bord de
notre « caravane », de la
Gironde à l’Hérault, pour discuter des priorités sociales et économiques. Un parcours nécessaire pour montrer notre détermination à changer l’Europe.
Quels sont les grands axes que
vous souhaitez développer ?
L’Europe d’aujourd’hui est en
panne de sens et d’engagement, à la différence de celle
portée par François Mitterrand
ou par Jacques Delors. Alors
que la crise est là, nous devons
persévérer et continuer à promouvoir une conception de
l’Europe comme un véritable
espace démocratique, pour les
citoyens d’abord. Pour cela,
nous défendons notamment
les services publics à l’échelle
européenne ainsi qu’un salaire
minimum européen,mais aussi
une Europe de la recherche,une
Europe qui sait créer des
emplois dans le domaine environnemental. Un espace qui
sait mettre l’homme et son
environnement au cœur de son
ambition, basée sur trois
piliers : l’internationalisme, le
changement et l’espoir.
Vous êtes tête de liste dans une
région qui compte beaucoup de
têtes d’affiche…
Je fais une campagne socialiste,
je ne regarde pas dans le rétroviseur. Mes seuls adversaires
réels, ce sont les droites et l’extrême droite. Pour le reste, ce
sera projet contre projet. Pour
bâtir une Europe sociale forte,
seul le groupe socialiste pourra
réellement faire avancer les
choses. C’est ce que nous nous
martèlerons lors de cette campagne, avec beaucoup de transPropos recueillis par
parence.
Ariane Vincent
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ÉLECTIONS EUROPÉENNES ■ Actualités
OUTILS
DE CAMPAGNE
Slogan, affiches, tracts…
Le détail du matériel
de communication
La campagne des Européennes se déroulera
en trois temps, à partir d’un slogan :
« CHANGEONS MAINTENANT » et un double
caractère : la sanction du duo SarkozyBarroso et, dans le même temps, la mise en
perspective de l’Europe que nous voulons.
Jusqu’au 1er mai, c’est la pétition pour l’abrogation du paquet fiscal qui sera au cœur de la
campagne, avec en point d’orgue la publication des signatures la veille des manifestations du 1er mai. Parallèlement, sur des thématiques européennes, une affiche tirée à
300 000 exemplaires est d’ores est déjà arrivée dans les fédérations, ainsi qu’un document
de quatre pages « régional » (5,3 millions d’exemplaires).
Au mois de mai, huit grandes réunions
nationales seront organisées dans chaque
Eurorégion. Auxquelles s’ajouteront de très
nombreuses réunions de proximité. Un
matériel spécifique (affiche et tracts) sera à
nouveau réalisé. Dans la troisième phase,
du 28 mai au 7 juin, les énergies seront
mobilisées dans le sens de l’appel au vote.
Bonne campagne !
Affiche, tract
et le site internet.
■
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Actualités ■ INTERNATIONAL
« Une convergence réelle entre
démocrates américains et
sociaux-démocrates européens »
Président sortant du Parti démocrate, Howard Dean est considéré comme un des
architectes de la victoire de Barack Obama. Lors de sa venue à Paris, le 4 avril dernier,
il s’est entretenu avec Olivier Ferrand, président de la fondation Terra Nova, sur
les rapports entre le Parti démocrate et les socialistes européens. Interview.
Olivier Ferrand : Comment l'expérience des primaires américaines peut-elle inspirer le Parti
socialiste français ?
Howard Dean : Le fait que les
socialistes aient engagé un
débat sur les primaires est une
première étape. Le principal
enjeu est de mobiliser plus
d'électeurs dès le départ afin
qu'ils soient présents le jour J.
Cependant, le modèle américain n'est pas nécessairement
le mieux adapté pour la France
et c'est aux socialistes français
de déterminer quel est le type
d'élections primaires qui
convient.
O.-F. : Quels sont les liens
entre démocrates américains
et sociaux-démocrates européens ?
H.-D. : Il existe une convergence réelle. La perception des
États-Unis par les Européens
ces huit dernières années a été
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
largement déterminée par ce
que George Bush disait. Il faut
aller au-delà de cette apparence car des évolutions très
positives ont eu lieu pendant
cette période. Pour exemple,
lorsque George Bush est arrivé
à la Maison Blanche, l'égalité
de droits pour les gays et les
lesbiennes n'existait que dans
un seul État et lorsque son
mandat s'est terminé, cette
égalité concernait dix États.
Malgré l'apparence d'une
société de plus en plus conservatrice, les jeunes Américains
ont donc fait évoluer les
valeurs politiques vers le centre-gauche. En parallèle, les
grands partis politiques européens de gauche ont également évolué massivement vers
une ligne sociale-démocrate.
De plus, on peut constater une
réconciliation entre capitalisme et socialisme dans la
mesure où tout le monde a
compris que le capitalisme fait
partie de la nature humaine.
Toutefois, aux États-Unis
comme en Europe, les gens
ont compris que le sens de la
collectivité est primordial. La
question n'est donc pas de
choisir entre les deux, mais de
savoir comment on peut les
conjuguer.
O.-F. : Comment construire une
plateforme intellectuelle progressiste durable ?
H.-D. :Il est nécessaire d'instaurer une relation durable. Une
des suggestions est que les
membres du Congrès rendent
visite régulièrement aux membres des parlements européens. Les Américains n'ont pas
encore compris que les
Européens sont désormais à
l'origine de la plupart des régulations du commerce mondial
car les États-Unis n’ont eu
aucun dialogue sérieux avec les
autres pays pendant les huit
dernières
années.
Les
Américains doivent parler avec
les Européens, ne serait-ce que
parce que le marché européen
est 60 % plus important que le
marché américain. Il faut donc
que les relations entre intellectuels et politiciens se pérennisent, mais il est également
indispensable de créer un
contexte politique formel de
discussion entre les politiques
et ceux qui font les régulations.
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« L’Algérie peut s’embraser
du jour au lendemain »
Sans surprise, les résultats sont tombés le 10 avril. Le chef de l’État
sortant, Abdelaziz Bouteflika, a décroché un troisième mandat
présidentiel. Chercheur et directeur adjoint de l’Institut de relations
internationales et stratégiques (Iris), Didier Billion revient sur cette
élection et sur ses conséquences pour l’Algérie.
Le président Bouteflika vient
d’être réélu avec 90 % des
voix. Le Front des Forces
Socialistes (FFS) dénonce une
fraude massive...
On ne peut pas dire que le
résultat de l’élection soit une
surprise ! La seule inconnue
portait sur le taux de participation. Tous les témoignages
recueillis au préalable montraient que la population n’était
pas mobilisée par l’élection.
D’autre part, plusieurs partis
d’opposition ont appelé au boycott du scrutin. Dans ces conditions, le taux de participation
de 74,5 % annoncé ne leurre
personne.
Que traduit une telle fraude
au niveau politique ?
Cela pose un problème de légitimité, comme en Tunisie et
dans divers pays avec lesquels
la France entretient les meilleures relations du monde.
C’est aussi la traduction d’une
coupure de plus en plus marquée entre le pouvoir et le peuple algérien. La situation est
aggravée par l’absence de corps
intermédiaires. Sans ces soupapes de sécurité, la société
peut s’embraser du jour au len-
demain. L’opposition n’a pas
réussi à proposer une alternative dans ce contexte. D’un
côté, le FFS reste faible en
dehors de ses bastions traditionnels, comme la Kabylie. De
l’autre, si l’islam politique a
bien été en partie intégré au
système politique, ce processus
est fragilisé par l’absence
même d’alternative.
Quelles sont les perspectives de
développement de l’Algérie ?
L’Algérie n’est pas un pays pauvre. Le pays a remboursé sa
dette extérieure grâce aux
revenus du pétrole, mais la
captation de cette rente par
une minorité hypothèque tout
développement industriel. Cela
contraste avec les politiques de
redistribution de la manne
pétrolière mises en œuvre au
Venezuela ou en Bolivie.
Quel est le résultat de la politique de grands travaux ?
Bouteflika a mis en place une
politique de construction de
routes, de ponts, de logements, etc. Cela est utile, bien
sûr, mais sert surtout de
vitrine à l’égard de l’étranger
sans répondre aux préoccupations principales de la
population. Beaucoup de villages souhaiteraient, par
exemple, être raccordés à des
réseaux de distribution d’eau
et d’électricité. En outre, toute
une génération de diplômés
algériens continue de souffrir
du chômage. Cette absence
de perspectives pourrait se
révéler très déstabilisatrice,
dans un pays où près de 70 %
des habitants a moins de
30 ans.
■
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Propos recueillis par
Olivier Vilain
TOPSHOTS/AFP Photo/Stringer
»
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Territoires ■ FACE À LA CRISE
Les élus travaillent pour l’emploi
Face au ralentissement de
l’économie, qui se répercute durement sur les
entreprises et les ménages,
les élus socialistes multiplient les initiatives pour
amortir le choc et engager
des politiques audacieuses.
Exemples à l’appui…
ecteur automobile, bâtiment, travaux publics…
Aucun
secteur
ou
presque n’échappe à la crise.
Au point que les élus se voient
contraints d’actionner les
leviers dont ils disposent pour
combattre les effets de la
récession et promouvoir des
actions volontaristes. Au
regard de l’emploi, les enjeux
sont majeurs : l’investissement local représente ainsi le
maintien direct ou indirect de
850 000 postes répartis entre
la construction, les services et
l’industrie. Sans compter que
300 000 acteurs du BTP
dépendent, peu ou prou, de
leur capacité d’intervention.
S
■
18
Forte de ce constat, Ségolène
Royal, présidente de la région
Poitou-Charentes, a réuni fin
janvier une conférence sociale
régionale pour l’emploi, en
présence de représentants de
l’État, d’élus, de salariés et d’organisations syndicales.
Volontarisme
Cette conférence a démarré
Rennes injecte de la maille dans son tissu économique
2 millions de plus alloués à la section « investissement » dans le cadre
du budget 2009. La ville de Rennes assume pleinement sa volonté de
soutenir au plus près le tissu économique local. Prévus initialement à hauteur de 74 millions lors du débat d’orientation budgétaire, en janvier, ce
sont finalement 86 millions d’euros qui seront ainsi injectés par la collectivité. Des deniers supplémentaires qui ne seront pas de trop pour donner
un sérieux coup d’accélérateur à des opérations sociales, sportives, culturelles ou éducatives menées dans les quartiers - nouveaux équipements,
réhabilitation-rénovation… -, en complément de chantiers d’envergure en
cours d’élaboration. En investissant ainsi massivement, Daniel Delaveau et
son équipe affirment leur volonté de soutenir, coûte que coûte, les entreB.T.
prises de proximité et l’emploi.
1
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18
24 MAI
AVRIL2008
2009
par la mise en œuvre, en 2009,
d’un plan régional visant à
soutenir
l’investissement,
dégager des moyens de financement nouveaux pour les
entreprises, agir pour l’emploi
et la formation et venir en aide
aux salariés et licenciés. Avec
l’ambition de pérenniser la
sécurité financière des établissements les plus fragiles et de
soutenir, au plus près, les organismes créateurs d’emplois.
Plusieurs mesures ont été
engagées à cet effet : soutien
à l’activité, avec 83 millions
d’euros d’investissements régionaux et 50 millions affectés
au financement des entreprises, création de 4 700
stages de formation et de 300
postes, aide à la mise en place
de véhicules à un euro par jour,
en direction des employés et
des stagiaires issus de la formation professionnelle, renforcement du dialogue social
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oi
et soutien accordé aux salariés, via les comités d’entreprise des sites en difficulté,
coup de pouce aux filières
innovantes qui ont pris le parti
de doper la croissance verte
pour créer des emplois.
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La preuve parl’exemple
Rebond pour les Rmistes en
Meurthe-et-Moselle
Les municipalités se mobilisent elles aussi activement
pour soutenir l’activité. À
Tourcoing, Michel-François
Delannoy et son équipe ont
ainsi créé un forum permanent des solidarités, en mettant autour de la table responsables associatifs, humanitaires et organisations syndicales. Et ce, afin de mettre en
perspective les outils existants. Il s’agit surtout de soutenir un pan entier de la population qui se retrouve subitement sur la brèche, en anticipant sur les retombées prévisibles de la crise.
De son côté, le Conseil général
du territoire de Belfort a créé
un Contrat départemental
d’accès à l’emploi (CDAE), pour
favoriser l’intégration des allocataires du RMI. Initié en 2005,
cet outil sert d’interface entre
l’économique et le social, avec
plusieurs objectifs à la clé :
agir sur l’insertion et favoriser
le retour à l’emploi durable des
acteurs les plus en difficulté,
répondre aux offres non satisfaites et former les publics les
plus fragiles aux besoins de
l’entreprise. De quoi redonner
espoir à ceux qui en ont le plus
besoin.
Favoriser l’accès à l’emploi des bénéficiaires du
RMI, en répondant au mieux à leurs attentes ainsi
qu’aux besoins des employeurs, par une approche
individualisée des situations. Depuis janvier
2008, Michel Dinet, président du conseil général
de Meurthe-et-Moselle, et ses adjoints ont lancé
l’expérimentation, sur trois ans, d’un dispositif
unique en son genre, le contrat Tremplin pour travailler en Meurthe-et-Moselle (TTEMM). En
concertation avec l’Agence nationale des solidarités actives (ANSA), ce dispositif permet à une personne en phase d’insertion de bénéficier d’un
contrat aidé à la carte pour une durée maximale
de douze mois - de 26 à 35 heures hebdomadaires
-, afin d’élever son niveau de professionnalisation
et de qualification sur des postes à caractère marchand (contrat CI-RMA) ou non-marchand
(contrat Avenir).
Tutorat du salarié dans l’entreprise, formation à la clé,
accompagnement dans l’emploi, tels sont les trois piliers
du TTEM, signé par l’employeur, le titulaire du RMI et
le département. Lequel garantit à l’entreprise une enveloppe de 10 000 e co-financée
par la Région, le Fonds social
européen (FSE), les organismes paritaires collecteurs
agréés et plusieurs autres partenaires locaux.
Chaque contrat est bâti « sur-mesure » pour
répondre le plus précisément possible aux
attentes de l’entreprise et du salarié. À charge,
pour la première, de s’engager sur la pérennité de
l’emploi, à l’issue de la « phase de consolidation ». Et, pour le Conseil général, d’offrir un parcours digne de ce nom aux personnes en situation d’exclusion durable, en allant même au-delà
de ce qui est prévu par la loi.
Bruno Tranchant
Bruno Tranchant
Espoir
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Territoires ■ FACE À LA CRISE
Leurs petites entreprises
subissent moins la crise
Soutien accru aux
entreprises et au secteur
automobile, dispositifs
d’accompagnement, hébergement… Les collectivités
socialistes redoublent
d’efforts pour doper
l’économie locale et agir
de manière volontariste
contre la crise.
■
20
l’heure où la crise sévit
de toutes parts, les élus
doivent redoubler d’efforts pour conjurer le sort et
affirmer leur soutien au tissu
local. Dotées de l’autonomie
que leur confèrent leurs ressources budgétaires, les territoires dont ils ont la charge
contribuent efficacement à
soutenir l’investissement public
dont ils assument 73 % des
dépenses.
À
Prêts et crédits
La Région Haute-Normandie
s’emploie ainsi à agir dans le
cadre des compétences qui lui
sont propres. Conformément
aux objectifs fixés dans le
cadre de l’action 18 du Schéma
régional de développement
économique (SRDE) visant à
accompagner les entreprises
soumises à un plan de relance,
un comité de pilotage est
chargé de faire un point régulier sur les actions engagées,
les perspectives et les outils à
développer. Mené par le présiL’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
dent de l’exécutif, Alain Le Vern,
il a pour rôle de consolider les
prêts consentis aux PME et de
favoriser l’octroi, par les
banques, de crédits pour financer les besoins en fonds de roulement. L’actuelle majorité
entend ainsi renforcer son partenariat avec l’établissement
public, OSEO, autoriser si
besoin les différés de remboursement sur les avances, aménager l’application des programmes d’aides en cours pour
les entreprises en difficulté et
porter les avances en marchés
de travaux de 5 à 15 %.
Expertise
En Lorraine, sous l’impulsion
de son président Jean-Pierre
Masseret, le Conseil régional a
lancé le Dispositif lorrain d’accompagnement (DILA) au service des PME-TPE, des associations et des territoires. « Nous
agissons pour que les entreprises et les salariés puissent, à
la sortie de la crise, être en
capacité de profiter de la
reprise, précise l’élu ». L’idée
est d’aller à la rencontre des
entrepreneurs et identifier
leurs besoins en recourant à
des expertises : marketing
téléphonique et diagnostic,
co-animation d’une cellule. 723
entreprises ont déjà fait l’objet
d’un « diagnostic flash ». Une
équipe recense et analyse
leurs besoins pour les orienter
et leur proposer des solutions
en termes de formation et
d’insertion des salariés. 27 %
d’entre elles ont fait part de
leur intérêt pour le dispositif
et sont suivies pour des projets d’investissement. Enfin, le
numéro vert de la région
recense à ce jour près de 300
appels - demandes d’informations - dont 158 déjà traités.
Bruno Tranchant
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FACE À LA CRISE ■ Territoires
L’Oise pas oisive face
à la crise
Le plan de soutien économique
adopté par le Conseil général
de l’Oise, le 23 mars dernier,
devrait générer plus d’un milliard d’euros au profit des
entreprises et de l’emploi. Avec
227 millions d’euros mobilisés
pour l’occasion auxquels doivent s’ajouter 225 millions, à la
charge des organismes associés, la majorité conduite par
Yves Rome s’attache à soutenir
des projets structurants. 38
millions seront ainsi consacrés,
au cours des deux prochains
exercices, à la modernisation
de la plate-forme aéroportuaire de Beauvais-Tillé, en partenariat avec la SAGEB. À commencer par la réfection complète de la piste, en juin, qui
constituera l’un des plus gros
chantiers du nord de la France.
abondé le budget 2009 de 12
millions d’euros, il vient de
mobiliser 18 millions supplémentaires, avec plusieurs priorités à la clé : création d’un
Conseil culturel, élaboration
d’un plan de développement
pour les ports de pêche sur la
période 2007-2013, modernisation des instituts de formation,
service public régional de formation à l’étude…
La Région Bretagne
double la mise
Automobile, bâtiment, travaux
publics… Des pans entiers de
l’économie bretonne sont touchés par la crise. Pour y faire
face, la Région pilotée par JeanYves Le Drian, a mis les bouchées doubles. Après avoir
La filière automobile à la trace
Au nom du groupe socialiste de la Haute Assemblée, Jean-Pierre
Bel devait déposer une proposition de résolution, à l’initiative de
Martial Bourquin, sénateur du Doubs, visant la création d’une
commission d’enquête sur les aides et prêts publics destinés à la
filière automobile et l’évaluation de leur efficacité industrielle,
sociale et environnementale.
Suite logique du pacte automobile mis en œuvre par le gouvernement, le 9 février dernier, assorti d’un important volet financier qui mobilise des fonds publics, sous forme de subventions ou
de prêts. Or, seul un petit nombre d’équipementiers et de soustraitants, pourtant très durement touchés par la chute de la
demande, de la production et la raréfaction du crédit, ont
aujourd’hui accès aux fonds qui leur sont destinés. « Un signal
fort doit être donné par les parlementaires qui doivent contrôler
les conditions d’accès à ces fonds, le niveau, l’efficacité, la destination de ces aides, ainsi que le respect des contreparties associées, afin d’assurer une véritable traçabilité de celles-ci au service d’une meilleure efficacité de la dépense publique », assure
Jean-Pierre Bel.
■
21
Les Alpes
de Haute-Provence
s’investissent
5 millions d’euros. C’est la
somme consacrée cette année
par le Conseil général des Alpes
de Haute-Provence au programme exceptionnel de travaux en direction des routes et
des collèges. Cet investissement sans précédent vient
s’ajouter au budget exceptionnel, dans cette période de crise,
d’un montant de 56,4 millions
d’euros adopté à l’unanimité
par l’Assemblée départementale, en décembre dernier. Au
total, près de 62 millions seront
investis ainsi au profit du territoire, en 2009, soit une hausse
de 30 % en quatre ans.
Bruno Tranchant
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Vie du parti ■ ACTUALITÉS
Le Parti socialiste vient d’engager un important travail de rénovation de l’éducation,
autour de dix chantiers appelés à être débattus pour définir le projet que la gauche
portera dans les années à venir. Éclairage.
Le PS planche sur l’éducation
éformes à l’emportepièce, suppressions de
postes,
personnels
méprisés… Rarement notre
système scolaire aura été à ce
point maltraité. Le thème est
sensible et hautement politique. Dans un tel contexte,
Bruno Julliard, secrétaire
national en charge de l’Éducation est convaincu de l’urgence d’un débat, en concertation avec le milieu enseignant, les parents d’élèves, les
syndicalistes et les citoyens.
« L’instrument de promotion
sociale est en panne et la
confiance n’y est plus. » Il
appelle à un service public de
l’éducation digne de ce nom,
capable de conduire 100 %
d’une même génération à une
qualification.
R
■
22
Rénover
« De la maternelle à l’université, l’école doit être le creuset
du « vivre ensemble » et le
lieu de l’émancipation individuelle », estime l’adjoint au
maire de Paris. Son souhait :
rénover le projet éducatif
engagé par le parti, autour de
l’école publique. Ce, pour
assurer la réussite du plus
grand nombre et l’élévation
du niveau des connaissances
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
afin de préparer les jeunes à la
pratique d’une citoyenneté
pleine et entière. « Nous lançons un chantier sur le lien
entre politiques culturelles
et éducation, précise Bruno
Julliard. D’autres sur l’environnement éducatif, la place
accordée aux parents, aux
associations d’éducation populaire, ou bien encore aux
politiques mises en œuvre par
les municipalités socialistes
qui consentent d’importants
efforts dans le domaine du
périscolaire, notamment ».
Ce travail de réflexion s’articulera autour de dix chantiers.
De la petite enfance à l’accès
aux études supérieures, en
passant par le respect du
principe de laïcité et les parcours d’orientation, il doit
déboucher sur des propositions concrètes. « Je pense à
la réforme du collège, aux
modalités pédagogiques, aux
moyens qu’il faudra déployer
pour assurer la formation des
enseignants », poursuit l’élu.
Récemment, un blog a vu le
jour (1). Ouvert à tous, il s’est
fixé pour objectif de nourrir le
débat, au même titre que les
réunions thématiques et participatives décentralisées.
Nourrir le débat
« Nous tenterons ainsi de
réunir un maximum de
contributions pour qu’au
final, sur chacun des chantiers
engagés, nous puissions
recueillir des propositions de
réformes », résume Bruno
Julliard. Le tout, en concertation avec les secrétaires nationaux en charge de l’enseignement supérieur, de la
recherche, de la petite
enfance et de la culture.
« Notre volonté est claire :
doter le parti d’un projet
global éducatif ambitieux
pour le pays. Et je ne doute
pas que celui-ci figurera au
cœur de nos priorités pour
2012. »
(1)http://www.agirpourleducation.fr
Bruno Bruno Tranchant
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ACTUALITÉS ■ Vie du parti
Le 1er mai en ordre de marche
Entourée de plusieurs dirigeants du Parti
socialiste, Martine Aubry a réuni, le 7 avril
dernier, à l’Assemblée nationale, les secrétaires de section franciliens pour les inciter à
mobiliser leurs troupes, en perspective des
manifestations du 1er mai et des élections
européennes, programmées le 7 juin.
L’occasion, pour la Première secrétaire, d’inviter ses hôtes à faire montre d’imagination
pour organiser des débats localement, partir
à la rencontre des électeurs, en les convaincant de voter, créer leurs propres outils de
communication et mettre les sections en
ordre de bataille. Le PS a non seulement
décidé de rallier le mouvement social du 1er
mai, mais aussi d’organiser son propre cortège. Histoire de joindre sa colère à celle des
manifestants, en faisant valoir ses convictions
internationalistes et européennes.
B.T.
De gauche à droite : David Assouline, Harlem Désir,
Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis et Estelle Rodes.
Le militantisme socialiste aujourd’hui
Les Entretiens de Solferino recevaient, le 8 avril dernier, le jeune sociologue Rémi Lefebvre, professeur à l’université de Reims. Au menu de cette réunion-débat : « les transformations des pratiques militantes au PS ». L’invité est d’abord revenu sur la représentation du militantisme qui
domine aujourd’hui : celle d'un militantisme « distancié », post-idéologique, pragmatique, bref
individualiste.
Devant un public particulièrement attentif, Rémi Lefebvre s’est employé à décrire le militantisme socialiste des deux dernières décennies, en s’appuyant, notamment, sur les études contenues dans l’ouvrage qu’il a publié avec Frédéric Sawicki, La société des socialistes (Éditions du
croquant, 2006).
Il a mis en évidence un certain nombre de mutations - poids des élus, professionnalisation des
cadres du PS, rétraction des réseaux, fin de la multipositionnalité associative et syndicale... - et
émis l’hypothèse de l’émergence d’un « militantisme d'assemblée générale ». Enfin, il a analysé
la réaction des socialistes par rapport à l’afflux - temporaire - des adhérents à 20 euros, lors de
la dernière primaire interne.
Le débat qui a suivi a surtout été l’occasion de confronter les points de vue sur les mesures à
prendre pour rénover le Parti socialiste : diversification de l’origine sociologique des militants,
multiplication du nombre d’adhérents, renforcement de l’influence sociale du parti.
Emmanuel Maurel, secrétaire national du PS
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Histoire ■ MOUVEMENTS SOCIAUX
Quand la rue gouverne :
aux origines des mouvements s
Qu’appelle-t-on au juste
« mouvement social » ?
Il s’agit d’une forme d’action
concertée ayant pour but la
défense de revendications spécifiques, générales,voire catégorielles, au travers de pratiques
comme la grève, l’occupation, la
manifestation ou la pétition.Les
mouvements sociaux constituent, au fond, un des rares
espaces d’intervention accessible aux exclus du champ politique, comme les ouvriers, les
chômeurs ou les sans-papiers.
Ils sont organisés par des organisations syndicales, des associations, des mutuelles ou des
coopératives qui structurent la
mobilisation collective.
Quand ces mouvements
sociaux prennent-ils forme
pour la première fois ?
On peut considérer, avec le
sociologue Charles Tilly, qu’ils
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
Keystone
■
24
Des premières formes d’actions collectives aux mobilisations contemporaines,
les mouvements sociaux
sont avant tout le fait de
minorités, peu en phase
avec les organisations politiques. Un entretien avec
Pierre Singaravélou, membre du comité de rédaction
de la revue Le Mouvement
social, et professeur d’histoire contemporaine à
l’Université de Bordeaux 3.
se développent de façon non
linéaire à partir du début du
XIXe siècle, dans la plupart des
pays industrialisés. Les débrayages -en petit nombre-, la
destruction des machines et les
mobilisations locales cèdent
peu à peu la place aux manifestations massives et autres
grandes grèves. Le « chartisme
anglais », qui représente dans
les années 1830-1840 un des
principaux prototypes de mobilisation moderne, prend effet
par le biais de pétitions, de
grandes grèves et de campagnes publiques.
Aux États-Unis, ce sont des
associations luttant, par
exemple, contre l’esclavage,
qui inspirent les mouvements
sociaux, avant l’émergence
des syndicats salariés. Réprimés, la plupart du temps,
par les pouvoirs politiques et
économiques, ils s’institutionnalisent progressivement,
sous l’effet de la Révolution
24-25 n
527:Mise en page 1
s sociaux
Keystone
industrielle, de la « nationalisation » de la vie politique et
de la légalisation des organisations ouvrières, avec la loi de
1884, dite Loi WaldeckRousseau. Cette politisation
prend tout son sens au XXe siècle, avec les grands mouvements de grève, à l’image des
mobilisations de 1936 ou 1968.
Quelles sont leurs caractéristiques ?
Ils représentent de nouvelles
formes de mobilisations
conceptualisées dans les
années 1980, exprimant l’appartenance collective à un
groupe spécifique : minorités
ethniques, sexuelles… Ils n’en
possèdent pas moins, le plus
souvent, une dimension
contestataire qui s’inscrit dans
la tradition des mouvements
sociaux du début du siècle.
Plus récemment, de nouveaux
mouvements se sont révélés
par leur capacité à mener des
actions non conventionnelles,
afin de perturber « l’ordre
social ». Les militants d’« Agir
ensemble contre le chômage » (AC !) se sont mis à
réquisitionner des produits alimentaires dans les supermarchés, pendant que les acteurs
du Droit au logement (DAL)
occupent des appartements
vides et que les enseignantschercheurs promeuvent la
grève active, le freezing et les
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mises en scène parodiques qui
enrichissent les répertoires
d’actions contestataires.
Ces formes d’actions, inventées ou réinventées, s’adaptent au fonctionnement des
médias qui incitent les militants à créer des événements
spectaculaires. Parallèlement,
face à la globalisation économique, de nouvelles formes de
mobilisations apparaissent à
l’échelle transnationale, via la
construction, à partir de la fin
des années 1990, d’un
Mouvement social européen.
Quelles relations les socialistes entretiennent-ils avec
ces mouvements sociaux ?
Ils n’ont jamais réellement été
à l’aise avec les tenants du
mouvement social. La SFIO,
elle-même, entretenait de faibles liens avec les organisations syndicales. Et ce, même si
François Mitterrand a tenté, à
l’issue du congrès d’Épinay, de
nouer des relations suivies
avec leurs chefs de file.
Le tournant politique de 1983 a
mis un terme à cette tentative
de coopération que le Parti a
pourtant continué à considérer comme prioritaire. Plus largement, il n’a jamais pu s’appuyer sur les réseaux associatifs ou coopératifs, qui
auraient pu accompagner sa
transformation en un véritable parti de masse. Et si l’on
envisage rétrospectivement
l’histoire du PS au XXe siècle,
cette absence de liens a sans
doute été l’une de ses principales faiblesses.
Propos recueillis pas B.T
Bibliographie
■ Olivier Fillieule et Danielle
Tartakowsky, La manifestation, Paris, Presses de
Sciences Po, 2008 ;
■ Frank Georgi, « Le socialisme,
les syndicats et les mouvements sociaux », Recherche
socialiste, 31/32, 2005 ;
■ Institut international d’histoire
sociale d’Amsterdam
(http://www.iisg.nl/instfr.php) ;
■ Lilian Mathieu, Comment lutter ? Sociologie et mouvements sociaux, Paris, Textuel,
2004 ;
■ Erik Neveu, Sociologie des
mouvements sociaux, Paris,
La découverte, 2002 ;
■ Michel Pigenet, Patrick
Pasture et Jean-Louis Robert
(dir.), L’apogée des syndicalismes en Europe occidentale,
1960-1985, Paris, Publications
de la Sorbonne, 2005 ;
■ Revue Le Mouvement social,
éditions La découverte
(http://mouvement-social.
univ-paris1.fr) ;
■ Site d’histoire sociale,
maitron.org
(http://biosoc.univ-paris1.fr) ;
■ Danièle Tartakowsky,
Le pouvoir est dans la rue.
Crises politiques et
manifestations en France,
Paris, Aubier, 2001 ;
■ Charles Tilly, Social
Movements (1768-2004),
London, Paradigm Publishers,
2004.
■
25
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Culture ■ À LIRE, À VOIR
LIV RES
Une rage intelligente
U
■
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La banlieue,
cliché médiatique
L
a banlieue sous le feu des
projecteurs. Les médias
raffolent des reportages
dans les quartiers dits sensibles.
Sensationnalisme assuré. La
caricature aussi. Les journalistes
envoyés sur le terrain sont de
moins en moins spécialisés, les
interlocuteurs pas toujours
bien choisis. Résultat, dans les
journaux ou à la télé, la banlieue, c’est le lieu de tous les
dangers. Et de tous les clichés.
Pourquoi cette focalisation qui
donne une image négative de
ces lieux ? Comment ceux qui
sont sur le terrain réagissentils ? La sociologue Julie Sedel
livre une enquête honnête
qui, sans être misérabiliste,
interroge notre système d’information.
C.C.
Julie Sedel, Les médias et la banlieue,
éditions Le Bord de l’eau, 2009,
247 pages, 18 e.
L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
ne obsession parcourt
les œuvres de Klaus
Mann : échapper à la
barbarie nazie, s’en désolidariser et la combattre en tant
qu’Allemand. Comme Fuite au
nord ou Le Tournant, Contre la
barbarie ne fait pas exception.
Ces articles, notes ou discours
sont des textes inspirés. Du
portrait du philosophe Karl
Jaspers, avec ses souffrances
morales, à celui de Richard
Strauss, indifférent à tout ce
qui n’est pas le sort de sa
musique et de sa personne…
On comprend aussi bien les
raisons de combattre le
régime hitlérien que l’extrême difficulté dans laquelle
les Allemands ont été de se
révolter. Le fils de Thomas
Mann était lui aussi un grand
écrivain.
J.G.
Klaus Mann, Contre la barbarie (19251948), traduit de l’allemand par
Dominique Laure Miermont et Corinna
Gepner, Phébus, 368 pages, 23 e.
Paris contemporain
S
imon Texier, à qui on doit
un beau livre sur le XIIIe
arrondissement, publie
une grammaire de l’architecture contemporaine à Paris qui
s’adresse aussi bien au spécialiste qu’au grand public. Il décrit
et analyse, en une vaste déambulation dans la capitale, les
plus belles architectures,
publiques ou privées, monumentales ou modestes, des XXe
et XXIe siècles. La progression
est temporelle, mais à travers
chaque époque,des cohérences
de quartier sont soulignées.
On peut entrer dans cet
ouvrage par le nom d’un architecte, par celui d’un immeuble
que l’on connaît, on peut aussi
faire une recherche géographique. Chaque référence est
illustrée par une photo. Et chacun retrouvera les immeubles
qui un jour ont attiré son
regard, avec des détails sur le
contexte de leur création.
J.G.
Simon Texier, Paris, grammaire
de l’architecture, XXe-XXIe siècles,
Parigramme, 2007, 300 pages, 29 e.
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FILM
Mille et une vies
P
ablo Neruda avait intitulé ses mémoires
J’avoue que j’ai vécu.
Claude Lanzmann aurait pu
reprendre ce titre à son compte
pour son autobiographie. Il lui a
préféré l’énigmatique Le lièvre
de Patagonie.Toujours est-il que
le réalisateur de Shoah a vécu
mille vies en une. Quitte à jouer
souvent les trompe-la-mort.
Résistant à 17 ans, amant de
Simone de Beauvoir à 27, collaborateur des Temps modernes,
journaliste, cinéaste… Sa curiosité et son audace l’ont mené
presque partout. Jusqu’en Corée
du Nord, cet État complètement
fermé sur le reste du monde. Le
récit de son séjour dans ce pays
constitue une description rare
de l’absurdité du système totalitaire. Plus qu’un témoin du siècle, Claude Lanzmann en est un
acteur infatigable et passionné.
À lire absolument.
E.P.
Claude Lanzmann, Le lièvre de
Patagonie, Gallimard, 557 pages, 25 e.
Chacun cherche
son chien
L
e film Wendy et Lucy repose
sur une trame modeste.
Wendy, une très jeune
Américaine, part pour l’Alaska à
bord de sa voiture agonisante dans
l’espoir de trouver un travail de
main-d’œuvre dans les usines de
saumon. À la suite de nombreuses
déconvenues, elle se retrouve coincée dans une ville de l’Oregon,à la recherche de sa seule compagne,
sa chienne Lucy qu’elle a fâcheusement perdue.
Ce scénario ténu est prétexte à montrer dans cet espace fantôme
et désertique, l’éphémère et l’indifférence des rencontres et des
rapports humains. Les longs plans esthétiques sur les actions et les
gestes du quotidien brossent la solitude sociale de ceux qui peu à
peu dérivent à la marge. Un film emblématique du nouveau
cinéma indépendant américain.
J. P.
Wendy and Lucy, film de Kelly Reichardt, avec Michelle Williams,
durée 1h20. Sortie : 8 avril.
Histoire d’un massacre
1
939 : la Pologne est envahie
par les troupes allemandes
et soviétiques. Katyn, c’est le
nom d’une forêt. C’est aussi
devenu un mot qui désigne le
massacre de milliers d’officiers
polonais exécutés d’une balle
dans la nuque. Un charnier
découvert par l’armée allemande
en 1941. Qui avait commandité ce
massacre ? Les Allemands accusèrent les Soviétiques. Les
Soviétiques désignèrent les Allemands. La polémique dura
jusqu'à ce qu'éclate la vérité : en 1990, Mikhaïl Gorbatchev
reconnaît officiellement que ces prisonniers de guerre avaient
été fusillés par les troupes russes. Le film de Wajda rétablit
cette vérité ave une force poignante.
C. C.
Katyn, film réalisé par Andrzej Wajda, 2 h. Sortie : 1er avril.
Pages réalisées par Chloé Costes, Jacques Goulet, Julia Pasquel et Elisabeth Philippe.
■
27
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Portrait ■ DELPHINE ROUSSY
Bienvenue chez les Balkany
«
■
28
’ai adhéré au PS en 2006, mais je me
Dernièrement,elle a organisé une réunion
suis surtout impliquée durant les
publique avec des élus socialistes des
municipales de 2008. » Au terme de
villes voisines. Une première. La section de
ces élections, Delphine Roussy devient
Levallois avait fait les choses en grand.
secrétaire de section à Levallois-Perret
Résultat, une centaine de personnes est
(Hauts-de-Seine), sa prédécesvenue débattre. « Objectif atteint !
seure ayant fait son entrée au
Ça motive ! »
À Levallois,
conseil municipal avec trois autres
Chez Delphine, le sens du combat
j’ai découvert
socialistes. Delphine a donc repris
est presque inné. « Mes parents
le flambeau à 25 ans, au moment
sont tous deux militants au sein
la droite dure
du congrès de Reims.
d’organisations d’éducation popuLa section comprend une centaine d’adhérents,
laire et mon père a longtemps été l’adjoint d’un
plutôt jeunes et motivés. « Lorsqu’on fait une
maire socialiste. J’avais toujours vécu dans une
action, il y a toujours du monde. On aime se
ville socialiste, depuis ma naissance dans le
retrouver. Notre engagement est militant, bénéCantal. Ça contraste avec la droite dure que j’ai
vole, alors autant faire en sorte que cela soit
découverte dans cette partie des Hauts-de-Seine.»
agréable entre nous. » D’autant que la ville est
Le choc a été rude. Elle s’est installée à Levallois
tenue par Patrick Balkany, un proche de Nicolas
après avoir réussi ses divers concours pour devenir
Sarkozy qui s’emploie à entraver l’émergence de
ingénieure en protection des droits de propriété
contre-pouvoirs au sein de son fief. « Par décision
industrielle.
du conseil municipal, nos élus ne sont pas indemDelphine s’est donné comme mission de mettre
nisés, si bien que nous devons uniquement nous
fin au défaitisme qui s’est traduit par 47% d’absappuyer sur nos cotisations pour nous financer.Or,
tention lors des dernières municipales. « Nous
pour attirer les chômeurs ou les ouvriers, celles-ci
pouvons gagner à condition de mobiliser l’ensemne peuvent pas être très élevées. » Conséquence
ble de la gauche.Si nous atteignons le second tour,
pratique, la section n’a pas les moyens d’imprimer
ce sera une avancée importante. » Les contacts
régulièrement des tracts. L’imagination doit donc
sont en train de se nouer à travers plusieurs collecprendre le relais.
tifs de défense des étrangers et du logement
Les militants arpentent les marchés avec de
social. Un chantier à la mesure de cette jeune
grands panneaux qui reprennent des coupures de
femme qui donne, en outre, des cours de soutien
presse, illustrées par de nombreuses photos. « Ça
scolaire. « Le travail associatif, c’est aider tout de
marche. Les gens viennent nous voir. » Delphine a
suite peu de gens alors que l’engagement poliaussi mis au point une lettre d’information qu’elle
tique aide beaucoup de gens mais à long terme. »
Olivier Vilain
envoie tous les mois par messagerie électronique.
J
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L’HEBDO DES SOCIALISTES ■ 18 AVRIL 2009
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