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Centre d'Information sur les Renseignements et le Terrorisme au Centre d'Etudes Spéciales (CES) Nouvelles du terrorisme et du conflit israélo-palestinien (2 décembre 2008) Scène de l'attaque terroriste au centre Chabad de Bombay (Ilan Gur-Ari, ZAKA; avec l'aimable autorisation de ZAKA, 29 novembre 2008) Aperçu général Au cœur des événements de la semaine figure l'attaque terroriste de Bombay en Inde. Au moins 195 personnes ont été tuées et plus de 300 autres ont été blessées. Parmi les victimes se trouvent cinq Israéliens et une femme juive, qui séjournaient tous au centre Chabad, une des cibles des assaillants. Les attaques terroristes ont été effectuées par une organisation terroriste islamique radicale appelé Lashkar-e-Taiba (“L'Armée des Purs”), affiliée à Al-Qaïda et qui, ces dernières années, a effectué une série d'attaques en Inde (y compris contre le Parlement indien, des cinémas, des trains, des marchés et d'autres lieux bondés, principalement à New Delhi et Bombay). Les tirs de roquettes et d'obus de mortier de la bande de Gaza en direction d'Israël se poursuivent. Au cours de l'une des attaques, un obus de mortier de 120mm (apparemment fabriqué en Iran) a frappé une base de Tsahal dans le secteur de Nahal Oz. Huit soldats ont été blessés, dont un gravement. Le Hamas et les autres organisations terroristes n'ont pas encore publiquement mis fin à la trêve, même si sur le terrain, celui-ci a été sérieusement érodé par l'augmentation des attaques terroristes. 2 Principaux incidents sur le terrain Bande de Gaza Après la mort d'un terroriste au cours d'une opération préventive de Tsahal, les organisations terroristes ont tiré des obus de mortier Pendant la semaine écoulée, huit roquettes se sont abattues en territoire israélien et 23 obus de mortier ont été tirés en direction des centres urbains du Néguev occidental et sur les forces de Tsahal opérant près de la barrière de sécurité. Depuis le 4 novembre, 126 roquettes et 71 obus de mortier ont été tirés sur Israël. Vers midi le vendredi 28 novembre 2008, au cours d’une opération de routine, un détachement de Tsahal a identifié des terroristes en train de déposer un engin piégé près de la barrière de sécurité frontalière dans le secteur d'Abasan, près de Khan Yunis. Un échange de coups de feu a opposé les terroristes et les soldats de Tsahal, provoquant la mort d'un membre des Comités de résistance populaire. Quatre autres membres de l'organisation ont été blessés. En réaction à cette échauffourée, à 15h le 28 novembre, les organisations terroristes palestiniennes ont tiré une salve de 17 obus de mortier en direction du secteur de Nahal Oz. Une roquette a également été tirée et s'est abattue dans un terrain vague. Le Hamas a revendiqué la responsabilité de la plupart des obus tirés (Site Internet des Brigades Izz al-Din al-Qassam, 29 novembre 2008). Le Jihad Islamique Palestinien a revendiqué le tir de la roquette (Site Internet des Bataillons de Jérusalem, 29 novembre 2008). Un des obus de mortier s'est abattu sur une base de Tsahal dans la région de Nahal Oz, blessant huit soldats, dont un grièvement. L'engin était un obus standard de 120mm, apparemment fabriqué en Iran et introduit en contrebande dans la bande de Gaza. Ces engins ont été utilisés à plusieurs reprises pour attaquer Israël pendant la première moitié de l’année 2008.1 Le tir d'obus de mortier sur la base de Tsahal à Nahal Oz constitue une nouvelle attaque de la série débutée le 4 novembre, incluant une tentative d'enlèvement déjouée. Depuis lors, la dynamique suivante s'est mise en place : les organisations terroristes palestiniennes essaient d'effectuer des attaques (engins piégés, tir de roquettes et d'obus de mortier), Tsahal tente de les déjouer (opérations de l'armée de l'air israélienne, tirs visant des cellules terroristes près de la 1 Ce n'est pas la première attaque impliquant le tir d'un obus de mortier standard de 120mm contre Israël. Le 24 février 2008, des engins de ce type se sont abattus près du kibboutz Sa'ad dans le Néguev occidental, après avoir été tirés par des organisations terroristes palestiniennes de la bande de Gaza. Un examen des débris a montré qu'il s'agissait d'obus de fabrication iranienne (copie d'obus de mortier produits par l'industrie militaire israélienne dans les années 1970). Ces obus sont équipés de moteurs auxiliaires afin d'augmenter leur portée de six à dix kilomètres. Le 5 juin 2008, un obus de mortier de 120mm a frappé une usine du kibboutz Nir Oz, tuant Amnon Rosenberg, 51 ans, du kibboutz Nirim et blessant quatre autres Israéliens, dont deux gravement. Le Hamas avait revendiqué la responsabilité de l'attaque. 3 barrière frontalière), les organisations terroristes répliquent par des tirs sporadiques et quotidiens de roquettes ainsi que d'obus de mortier, et Israël riposte en fermant les terminaux.2 Répartition mensuelle des tirs de roquettes 300 250 257 241 200 196 150 145 149 126 113 100 87 65 50 8 1 1 2 0 nov.-07 déc.-07 janv.-08 févr.-08 mars-08 avr.-08 mai-08 juin-08 juil.-08 août-08 sept.-08 oct.-08 nov.-08 Répartition mensuelle des tirs d'obus de mortier 400 373 350 300 250 228 200 206 150 158 136 100 109 100 103 8 3 3 0 71 50 0 nov.-07 déc.-07 janv.-08 févr.-08 mars08 2 avr.-08 mai-08 juin-08 juil.-08 août-08 sept.08 oct.-08 nov.-08 A ce sujet, voir notre article du 30 novembre 2008 intitulé “L'érosion de l'accord de trêve continue,” à l'adresse http://www.terrorism-info.org.il/malam_multimedia/fr_n/pdf/hamas_f013.pdf. 4 L'accord de trêve – Mise à jour Les terminaux de la bande de Gaza Le 26 novembre, Israël a permis à plus de 40 camions chargés de vivres et de médicaments d'entrer dans la bande de Gaza par le terminal de Kerem Shalom. De plus, le même jour, du carburant et du gaz ont été livrés par les terminaux de Nahal Oz et de Karni (Porte-parole de Tsahal, 26 novembre 2008). Suite aux tirs continus de roquettes et d'obus de mortier, les terminaux sont restés fermés pour le reste de la semaine. Le passage des civils ayant des problèmes de santé a été autorisé via le terminal d'Erez. Camions transportant de la nourriture et des médicaments au terminal de Kerem Shalom le 26 novembre (Porte-parole de Tsahal, 26 novembre 2008) Poursuite de la campagne de propagande du Hamas Durant la semaine, le Hamas a continué sa campagne de propagande dans la bande de Gaza et dans le monde arabo-musulman, accusant Israël d'imposer un "siège" et de causer des souffrances aux Gazaouites. La chaîne libanaise du Hezbollah Al-Manar a diffusé des programmes d'identification avec "la souffrance des résidents de la bande de Gaza," retransmettant des chants aux paroles anti-israéliennes (Télévision Al-Manar, 25 novembre 2008). En Egypte, les Frères Musulmans ont organisé des manifestations d'identification avec le "siège imposé à la bande de Gaza." Pendant une manifestation organisée le 26 novembre, les manifestants ont essayé de pénétrer dans l'ambassade israélienne au Caire, mais en ont été empêchés par les forces de sécurité égyptiennes (Reuters, 26 novembre 2008). La marine israélienne empêche un navire libyen de livrer des vivres dans la bande de Gaza Contrecarrant les efforts du Hamas pour établir une route maritime vers Gaza après l'arrivée de deux bateaux d'activistes pro-palestiniens dans le port de Gaza, la marine israélienne a empêché le cargo libyen Al-Marwa d'atteindre le rivage gazaouite. Le navire transportait 3000 tonnes de provisions et d'équipement humanitaire et 18 membres d'équipage. Avant qu'il ne puisse amarrer, le bateau a été arraisonné par la marine israélienne et a dû fournir l'inventaire de sa cargaison. Il a aussi été annoncé à l'équipage que les voies de navigation maritime vers la bande de Gaza étaient bloquées. Eu égard à cette situation, l'équipage a décidé de faire demi-tour et le bateau a fait route vers le port d'El-Arish. 5 Le navire libyen avant son départ (Site Internet Libya al-Youm, 26 novembre 2008) En réponse au refus d'Israël d'autoriser le navire à accoster, Jamal al-Hudeiri, le président du "Comité Populaire de Levée du Siège," a déclaré qu'il allait essayer d'utiliser ses relations internationales pour faire pression sur Israël afin d’autoriser le bateau à accéder à la bande de Gaza. En même temps, a-t-il dit, la possibilité est étudiée de décharger la cargaison au port d'El-Arish et de la transférer dans des camions qui la transporteraient par l'Egypte via le terminal de Rafah, et de là dans la bande de Gaza. Il a ajouté que ce n'était pas le dernier bateau de provision en route pour Gaza et a précisé que d'autres navires se rendaient vers Gaza, dont un du Qatar, qui devrait partir de Chypre le 5 décembre (Télévision Al-Jazeera, 1er décembre 2008). Déclarations au sujet de la trêve Musa Abu Marzuq, le chef adjoint du bureau politique du Hamas, a déclaré que tant qu'Israël ne respectait pas la trêve, les factions palestiniennes n'y adhéreraient pas. Il a précisé que la trêve n'était pas supposée se poursuivre après la date limite décidée par les Palestiniens (Journal égyptien des Frères Musulmans Al-Sabil, 26 novembre 2008). Photos de la cérémonie de clôture d'une formation des Brigades Izz al-Din al-Qassam dans le camp de réfugiés d'Al-Saja’iya (Télévision Al-Aqsa, 27 novembre 2008) 6 Déclarations au sujet du soldat franco-israélien Gilad Shalit Abu Ubeida, le porte-parole de la branche armée du Hamas les Brigades Izz al-Din al-Qassam a déclaré une nouvelle fois que le Hamas ne reverrait pas ses demandes à la baisse concernant le nombre de prisonniers voulu en échange du soldat franco-israélien détenu en otage Gilad Shalit. Selon lui, "l'équation est simple et n'a pas besoin d'une explication, puisque soit les conditions du Hamas sont respectées, soit [les Israéliens] peuvent oublier Gilad Shalit" (Site Internet Al-Qassam, 1er décembre 2008). Suite à des rapports dans les médias arabes selon lesquels le Hamas et Israël auraient renouvelé les contacts au sujet de l'échange de prisonniers, le haut responsable du mouvement Ayman Taha a annoncé que la question était toujours gelée à cause de l'intransigeance israélienne, ajoutant que le Hamas ne s'opposera pas à la reprise des contacts sous l'égide de l'Egypte (Okaz, Arabie Saoudite, 28 novembre 2008). Processus d'Annapolis Israël libère 250 prisonniers palestiniens En geste de bonne volonté envers Mahmoud Abbas à l'occasion de la fête musulmane de l'Eid AlAdha, le gouvernement israélien a autorisé la libération de 250 prisonniers palestiniens du Fatah (Site Internet du cabinet du Premier ministre israélien, 30 novembre 2008). Le Premier ministre israélien Ehud Olmert avait abordé la question de leur libération avec Mahmoud Abbas lors d’une réunion à Jérusalem le 17 novembre. Scène interne palestinienne Tension au sujet de la question des pèlerins musulmans de la bande de Gaza qui doivent se rendre à La Mecque Cette semaine, le désaccord acerbe entre le Hamas et l'Autorité Palestinienne sur la question des pèlerins de La Mecque a tournée en une guerre médiatique entre le Hamas d'un côté et l'Egypte et l'Arabie Saoudite de l'autre. En raison de ce désaccord, le Hamas n'a pas encore permis aux pèlerins de quitter la bande de Gaza. Ce qui suit est une description générale des événements : le 27 novembre, le ministère des Affaires religieuses de l'AP a annoncé que trois groupes de pèlerins quitteraient la bande de Gaza les 28 et 29 décembre. Selon le communiqué, le nombre total de pèlerins était de 3100 (Agence de presse Wafa, 27 novembre). En parallèle, Ihab alGhussin, un porte-parole du ministère de l'Intérieur du Hamas, a annoncé que le mouvement n'avait pas reçu d'autorisation pour le passage de pèlerins de l'Egypte ou de l'AP (Site Internet du ministère de l'Intérieur de l'administration du Hamas, 27 novembre). L'AP a affirmé que des milices 7 du Hamas empêchaient les pèlerins de se rendre au terminal (Agence de presse Wafa, 27 novembre 2009). Le ministère des Affaires religieuses de l'administration du Hamas a déclaré que le Hamas ne permettrait pas aux pèlerins palestiniens de quitter la bande de Gaza par le terminal de Rafah tant que leur sortie n'avait pas été coordonnée avec les autorités (Télévision Al-Jazeera, 29 novembre 2008). A la date du 2 décembre, on ignorait si et quand les pèlerins auront l'autorisation de partir. Le Hamas espère pouvoir résoudre la crise dans les jours à venir. Dans le cadre de sa campagne de propagande, le Hamas a organisé une manifestation au terminal de Rafah, affirmant que l'Egypte et l'Arabie Saoudite empêchaient les pèlerins de quitter Gaza (Télévision Al-Aqsa, 28 novembre 2008). Face à la tension générée, le forum du Hamas a réalisé un sondage qui a révélé que 71 % des personnes interrogées étaient en faveur de l'emploi de la force pour franchir le terminal de Rafah novembre 2008). (Forum PALDF du àHamas, 29 l'Arabie Saoudite Manifestation du Hamas Rafah contre et l'Egypte, qui auraient empêché des pèlerins de quitter la bande de Gaza pour se rendre à la Mecque (Télévision Al-Aqsa, 25 novembre 2008) Comme d'habitude, le Hamas a tenté de minimiser ses difficultés par une attaque médiatique âpre, cette fois visant l'Egypte et l'Arabie Saoudite, les accusant toutes deux d'empêcher les pèlerins de quitter la bande de Gaza. Le Hamas a qualifié le Président égyptien Hosni Moubarak de "leader des traîtres," et a accusé le Roi Abdullah d'Arabie Saoudite de ne pas avoir fait preuve de responsabilité (Site Internet PalPress, 30 novembre 2008). ‘Atef Adwan, député du Hamas au Conseil Législatif Palestinien, a déclaré que le fait d'empêcher le départ des pèlerins aurait des conséquences négatives pour le régime saoudien et la région entière (Site Internet Filastin al-'An, 29 novembre 2008). L'Egypte comme l'Arabie Saoudite ont réagi à l'attaque médiatique du Hamas. Une source du ministère saoudien des Affaires étrangères a critiqué les remarques d'Adwan, déclarant que les visas de sortie avaient été transférés à l'AP, et ajoutant que l'Arabie Saoudite avait augmenté le nombre de Palestiniens au vu de la situation humanitaire (Agence de presse saoudienne, 30 novembre 2008). Le journal égyptien Al-Ahram a contre-attaqué avec un éditorial qui a noté que "en ce qui concerne le Hamas, il semblerait que les appels… à voir au-delà des maigres intérêts… soient tombés dans l'oreille d'un sourd." Il a accusé la police du Hamas d'empêcher les pèlerins de se rendre au terminal de Rafah. Selon l'éditorial, le Hamas a des intérêts politiques à administrer le terminal de Rafah et il n'est pas important pour le mouvement que des pèlerins quittent la bande de Gaza ou que l'alimentation et le carburant y entrent, et "la seule chose qui intéresse [le Hamas] est d'imposer son contrôle de la bande de Gaza et d'exploiter les 8 Gazaouites, les utilisant comme des otages à des fins politique, même au prix des dépouilles du peuple palestinien” (Al-Ahram, 30 novembre 2008). Un article publié le 1er décembre dans le journal égyptien Al-Masri Al-Youm a accusé le Hamas de s'être métamorphosé "en un atout aux mains de l'Iran." Il a également accusé le Hamas d'exiger que les Arabes reconnaissent "l'Emirat de Gaza," tout en refusant de coopérer avec l'AP. Terrorisme international Les attaques terroristes de Bombay Aperçu general Les 26-28 novembre 2008, des attaques terroristes simultanées ont été effectuées dans la ville indienne de Bombay, centre financier et commercial du pays. L'objectif principal des terroristes était le carnage aveugle d'un maximum de civils. Les cibles comprenaient des hôtels fréquentés par des touristes étrangers et le centre Chabad, où Juifs et Israéliens séjournent souvent, augmentant l'impact international des attaques. Ces violences ont fait trembler les fondations de l'Inde et ont été baptisées "le 11 septembre indien." Le gouvernement indien a été largement critiqué pour sa réaction aux attaques (menant à la démission du ministre de l'Intérieur indien) et le tissu délicat des relations indo-pakistanaises est depuis menacé. Selon des articles dans les médias indiens fondés sur une interrogation préliminaire du seul terroriste capturé (dans le combat près de l'hôtel Taj Mahal), une organisation terroriste islamique radicale appelée Lashkar-e-Taiba ("l'Armée des Purs") est responsable des attaques, bien qu'elle n'en ait pas encore revendiqué la responsabilité. L'Armée des Purs a été fondée à la fin des années 1980 avec l'objectif d'établir un Etat islamique qui inclurait le Pakistan, l'Inde et le Cachemire. Initialement, le groupe opérait en Afghanistan et au Pakistan, mais depuis le début des années 1990, il s'est concentré sur le Cachemire et l'Inde. Dans le passé, au moins, il a jouit du sponsoring et de l'appui des renseignements pakistanais. Il collabore avec Al-Qaïda et le jihad mondial et possède un réseau opérationnel autour du globe. L'Armée des Purs a effectué plusieurs attaques de masse en Inde ces dernières années : contre le Parlement indien à New Delhi (11 décembre 2001), contre un train et un autobus dans Bombay (2003), contre des cinémas à New Delhi (2005). L'organisation est également responsable d'explosions dans des trains à Bombay (2006). Selon nous, le fait d'attaquer des hôtels et le centre juif Chabad n'est pas uniquement lié à l'idéologie islamique radicale de l'organisation, mais à son désir d'accroître l'impact international des attaques. 9 Analyse préliminaire des attaques de Bombay3 L'attaque a visé 11 cibles. Selon le "New-York Times" (26 novembre 2008), il s'agit de la plage Chowpatty, l'hôpital Gokuldas Tejpan, l'hôpital Cama et Albless, la Banque d'Etat de l'Inde, le Cinéma Métro, la gare Chhatrapati Shivaji, l'Hôtel Oberoi, l'hôtel Taj Mahal, le café Léopold et le centre Chabad de Bombay. La plupart des combats ont eu lieu aux deux hôtels et au centre Chabad, où les terroristes ont tiré des coups de feu au hasard et pris des otages. Il a fallu aux forces de sécurité indiennes trois jours pour finalement maîtriser tous les terroristes. La plupart des pertes humaines ont été recensées pendant les premières heures des attaques, lorsque les terroristes ont cherché à tuer autant de civils que possible. Jusqu'ici, 195 morts ont été recensés et plus de 300 personnes ont été blessées. La plupart des victimes étaient des Indiens (des civils et les membres des forces de sécurité indiennes), ainsi que quelques douzaines d'Occidentaux. L'enquête préliminaire indienne a révélé que les terroristes sont arrivés par voie maritime dans un petit bateau et qu'une fois sur le rivage de Bombay, ils se sont séparés en plusieurs groupes, ayant chacun un objectif. Les attaques étaient séquentielles et non simultanées. Selon nous, une fois un maximum de civils tuées dans les cibles principales, les deux hôtels et le centre Chabad (soit la première étape), les assaillants pensaient exiger de négocier la libération de terroristes emprisonnés en Inde et peut-être même leur évasion propre. Les médias indiens et étrangers ont annoncé qu'il n'y avait pas eu plus que dix terroristes, mais selon l'intensité des combats et les nombreux foyers de l'attaque, les chiffres pourraient être plus importants selon nous. Il est possible que les assaillants aient bénéficié de la collaboration de partisans locaux dans Bombay qui leur aient fourni une aide logistique et probablement opérationnelle. Selon les médias, les assaillants ont été formés au Cachemire. Les preuves réunies jusqu'ici montrent que les attaques ont été planifiées longtemps à l'avance. Lors d'une conférence de presse réunissant tous les médias indiens, le commandant du commando naval indien a admis qu'une des raisons principales de la lenteur de leur action sur les divers sites était liée au caractère familier des terroristes avec les objectifs (ce qui témoigne de la justesse des renseignements recueillis). Selon le commandant, les terroristes n'ont pas été envoyés en mission suicide et pensaient pouvoir s'enfuir (leur appareil de navigation avait été programmé pour un aller-retour). 3 Cette analyse est fondée sur des rapports des médias indiens et internationaux. 10 L'attaque au centre Chabad Scène de l'attaque terroriste au centre Chabad à Bombay (Ilan Gur-Ari, ZAKA ; avec l'aimable autorisation de ZAKA, 29 novembre 2008) Selon nous, l'attaque sur le centre juif Chabad n'était pas due au hasard, et a été planifiée, sur la base de l'hostilité envers Israël et les Juifs selon l'idéologie islamique radicale d'Al-Qaïda et du jihad mondial. L'assaut du centre a accru l'impact international des attaques. Reconstitution des événements au centre Chabad (Nariman House) : • 26 novembre – Dans la soirée, une des cellules attaque le centre, qui est localisé dans une zone pauvre de la ville. Les occupants sont le directeur, le rabbin Gavriel Holtzberg, sa femme enceinte Rivka, leur fils, plusieurs Israéliens et des salariés indiens. La nourrice du fils des Holtzberg, Sandra, réussit à fuir avec l'enfant au moment où les terroristes font irruption dans le bâtiment. Pendant la nuit, les forces de sécurité indiennes encerclent le bâtiment et tirent des coups de feu. • 27 novembre – Dans la journée, le bâtiment est encerclé par les forces de sécurité indiennes. Dans la soirée, l’armée tente de pénétrer par la porte d'entrée, mais reculent lorsque les terroristes leur tirent dessus depuis les étages supérieurs. • 28 novembre – Dans la matinée, des commandos indiens héliportés se posent sur le toit, d'autres forces indiennes les couvrant depuis les toits de bâtiments voisins. À ce stade les forces de sécurité indiennes font lentement irruption dans le bâtiment et passent d'étage en étage, examinant chaque pièce. Le 28 novembre, elles réussissent à prendre le contrôle du bâtiment. Selon les médias indiens et étrangers, l'attaque a été effectuée par seulement deux terroristes. Cependant, la nature des combats et le temps écoulé suggèrent qu'il y avait plusieurs terroristes (bien que les corps d'autres terroristes n'aient pas encore été identifiés). Jusqu'ici les corps de cinq Israéliens et d'une juive mexicaine (qui était sur le point d'immigrer en Israël pour rejoindre deux de ses trois enfants) ont été identifiés : 11 • Le rabbin Gavriel Holtzberg et sa femme Rivka – Directeurs du centre Chabad • Ben-Zion Kroman – Surveillant religieux4 au centre Chabad • Arieh Leibush Teitelbaum – Surveillant religieux à Bombay • Yocheved Orpaz – Visitait ses enfants et petits-enfants qui séjournaient en Inde • Norma Schwarzblatt Rabinowitz – Juive de Mexico, qui prévoyait d'immigrer en Israël 4 Chargé de s'assurer que la nourriture est préparée selon les règles du judaïsme.
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