fanfic yaoi tokyo hotel
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LARCHITECTURE
D'AUJOURD'HUI
w^ioxQ.o.est^cL.q/Abjf.ii
LArchitectura
d'Aujourd'hui.
5, rue Bartholdi. 9 2 1 0 0 Boulogne-Biliancourt, France.
Tèl. : 6 0 5 - 6 1 - 8 0 .
Fondateur : André Btoc.
Bimestriel édité par
cióté Technic Union,
Presidem : Daniel
Ia
So
Jouve
45" année.
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de
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Urugay
Ibana. Convencion
1 4 7 9 Montevideo.
3P> / W ,
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actualites
Pour Ia première fois, un panorama
complet des réalisations contemporaines françaises a pu être presente
en U.R.S.S.
Une exposition d'architecture française faisait, en effet partie des manifestations organisées à Bakou
(Republique d'Azerbai'djan) par l'Association France-U.R.S.S.: Marie-José
Nat et Michel Drach présentaient leur
dernier film, « Elise ou Ia vraie vie •,
Ia FNAC avait offert
1'exposition
« c'était Paris en 1970 ., Ia ville
d'Epinal avait envoyé une collection
d'images anciennes et contemporaines. Lacadémicien Goncourt Armand
Lanoux fit une conférence sur Maupassant; « L'Architecture d'Aujourd'hui » avait été invitée avec les
auteurs du « Guide d'Architecture
Contemporaine en France . pour présenter
l'exposition
d'architecture
française.
Cette exposition rassemblait plus de
cent réalisations choisies dans le
« Guide d'Architecture • parmi les
plus représentatives de 1'architecture
et de 1'urbanisme en France au cours
de Ia dernière décennie. Chaque panneau était iIlustre d'une photo agrandie d'un plan de 1'ouvrage et d'un
texte explicatif en russe.
Grâce à 1'accueil reserve à Ia délégation française et aux nombreuses
occasions de dialogue offertes par les
autorités de Bakou, nous avons pu
nous rendre compte à quel point ces
problèmes d'architecture et d'urbanisme en U.R.S.S.,*et plus spécialement en AzerbaTdjan, sont semblables à ceux de 1'Occident: circulation (quoique ce problème soit moins
grave en U.R.S.S.), transports urbains, espaces verts, rénovation, etc.
Mais si les problèmes sont identiques, quelques solutions semblent
originales par leur ampleur: Ia ville
de Bakou s'est par exemple dotée
d'un plan de développement progressif qui va jusqu'à l'an 2000; 550 architectes et urbanistes de 1'Etat ont
participe à son élaboration !
Lexposition d'architecture ayant été
offerte à 1'U.R.S.S., plusieurs villes
l'ont déjà réclamée; ainsi, au cours
des móis prochains, nombre d'architectes de l'U.R.S.S. verront les travaux de leurs homologues français.
Décriée par ses utilisateurs et par ses
propres professionnels, 1'architecture
française fait cependant bonne figure
aux yeux des architectes soviétiques ;
il est vrai qu'elle se resume à une
centaine de réalisations sur quelque
quinze ans!
UAssociation France-U.R.S.S. a obtenu pour 1974 Ia venue à Paris d'une
exposition des meilleurs diplomes
d'architectes de l'U.R.S.S.; « l'Architecture d'Aujourd'hui » s'en fera, bien
entendu, 1'écho dès que possible.
C. Sarramon.
Exposition d'architecture Française
contemporaine en U.R.S.S.
Projet d'hôtel,
Place Clichy, Paris
R. Anger. M. Heymann, architectes.
Cet hotel será éditié prochainement à
1'emplacement de 1'ancien Gaumont-Palace, place de Clichy à Paris. Une sculpture mobile et lumineuse exécutée par
Charles Gianferrari marquera 1'entrée.
V
e>e> AM.^ox^.o.esi.ACL.^/^f.^
De gaúche a droite i « Hêlène •. Auguste
Herbin - Peinture a l'huile 1973, Michel
Warren, presente par Andrêe Stassart •
« Hommes en marche », Raymond Guidot, presente par GalerieBoutique Germain.
chand prive : Andrée Stassart; des galeries
spécialisées
dans
1'avant-garde,
comme Yvon Lambert et Lara Vincy, face
aux plus classiques Melki ou Hervê
Odermatt.
Quelcrues grandes galenes ôtrangères
seront presentes i Juna Mordo (Espagne),
Nick Treadwell (Angleterre), deli Arriette
(Italie), mais il y aura surtout d'exceltentes
maisons
d'éditions
d'artistes
CONTEMPORAIN
contemporains : Petersburg Press, Bernard
Jacobson
(Angleterre),
Parasol
PARIS
Press et Shorewood (U.S.A.) pour ne
citer que les meilleurs.
DU2ÓJANV8RAU 3FEVRB?19»
A cela s'ajouteront de prestigieux édiFWUON DÍXPOSITONS DC LA BASIUE
teurs de livres d'art, tels le Cercle
d'Art, le Club du Livre, les Nouvelles
Editions Françaises, etc. ; Ia librairie
Multitude qui será seule à vendre des
Enfin ! Enfin une • foire d'art • a Paris,
livres d'art étrangers ; et toute Ia presse
baptisée pour Ia circonstance Salon Inartistique avec Art Fórum, Flash Art,
ternational d'Art Contemporain.
Connaissance des Arts, Art Vivant, Heue
Après Bale, Cologne, Düsseldorf et Berlin,
Kunst, Die Kunst, Cimaise, Zoom, l'CEil,
Paris — ou jusqu'à présent aucune maniOpus, Ia Galerie Artitude et surtout Art
festation artistique et commerciale de
Press qui est certainement Ia revue francette envergure n'avait eu Meu, alors
çaise Ia plus interessante et Ia plus inque géographiquement elle occupe une
dispensable pour celui qui est passionné
place préférentielle
par rapport aux
d'avant-garde internationale.
grandes villes allemandes par exemple —
J ai demande à plusieurs personnes ce
abritera dans le pavillon d'expositions de
qu'elles pensaient de ce premier Salon,
1'ancienne gare de Ia Bastille une cen- et tout d'abord à son commissaire genetaine d'exposants venus de Paris, mais
ral, Danielle Talamoni, qui nous explique
aussi d'Angleterre, d'Allemagne, Italie,
que:
< pour les professionnels, ce
Autriche, Espagne, Etats-Unis, Belgique,
Salon permettra d'élargir Ia clientèle et
Suisse, etc.
d'améliorer
les ventes auprès d'un
public qui ne va pas toujours dans les
La France será représentée par d'imporgaleries,
mais
qui est en puissance
tants marchands comme Daniel Gervis,
d'achat; il permettra également de proKarl Flinker, íris Clert j de jeunes galefiter de cette confrontation internatiories
comme
Multitude,
Jean-Charles
Lignel, Galerie du Luxembourg; des édi- nale pour prendre conscience du milieu
interprofessionnel et de tous ses proteurs de multiples et de gravures : Galeblèmes et d'améliorer les échanges entre
rie-Boutique Germain, Ia Pochade, Marquet, Viva, Lahumière, etc. ; un mar-
SALON
INTERNATIONAL
D'
Art
VI
galeries. Enfin, ce Salon aidera à répandre 1'ceuvre d'art en general grãce à
un contact direct simplifié qui démystifiera Ia solennité des galeries.
Quant au public, il pourra trouver sur
une mème surface toutes les tendances
artistiques contemporaines de qualité,
sélectionnées de par le choix même des
galeries; il pourra entrer en contact . à
cceur ouvert • avec des galeries dont il
n'ose franchir le seuil, ni questionner,
par crainte de paraitre trop ignorant,
et será ainsi informe, conseillé, guidé
vers une ceuvre d'art unique ou éditée,
dont le prix correspondia a son budget;
II se sentira concerne et non pas laissé
dans 1'ignorance du monde artistique >.
Ainsi presentes, les objectifs de ce
Salon apparaissent nettement positifs et
sont confirmes par 1'exemple de Bernard
Jacobson qui me dit avoir été ravi des
precedentes foires de Bale et Düsseldorf
qui se sont révélées particulièrement
réussies et utiles pour Ia promotion des
jeunes artistes anglais qu'il edite, tels
Ivor Abrahams, Robin Denny, Bill Jacklin ou William Tillyer.
Parlant en son nom et au nom de tous
les autres éditeurs de multiples, lithographies ou livres, il nous avoue que
< prendre un stand au Salon de Paris
lui permettra de montrer ses editions
a un public qu'il espere international,
dans 1'espace d'une semaine, plutõt que
deffectuer un long et coOteux périple
a travers les principales villes européennes >. II espere ainsi établir de
nouveaux contacts à Paris, et dans le
reste de 1'Europe en general.
Les galeries parisiennes de Jacques
Melki — qui exposera Torres-Garcia, un
jeune peintre Le Dannois, et évidemment le peintre-vedette de Ia galerie
Herbin — ou celle d'Eric et Christiane
Germain — qui présenteront tous iai
multiples d'artistes qu'ils ont edites
depuis quatre ans: Guidot, Del Pezzo,
Aeschbacher, Francken, Taxis, e t c , ont
déjà, eux aussi, vécu 1'année dernière
1'expérience de Ia Foire — mais à Bale
— et sont três heureux que 1'occasion
se presente, si je puis dire, < à leur
porte >, dans leur propre vi lie. Paris
cessant d'être ainsi un peu le parent
pauvre des grandes villes allemandes ou
italiennes possédant jusqu'ici les galeries et les musées les plus actifs d'Europe au niveau de 1'art contemporain.
Cest aussi 1'avis d'Andrée Stassart qui
pense que le marche de l'art commence
enfin à bouger à Paris, < grâce à quelques galeries, et des revues dynamiques
heureusement suivies par de nombreux
lecteurs. Les ventes publiques ont également contribué à intéresser une nouvelle
partie du public parisien — quoique les
tableaux qui y sont proposés atteignent
rarement Ia qualité de ceux qui passent
en vente à Parke-Bennett (New York) ou
Sotheby
(Londres).
Mais
c'est un
début! » Pour Andrée Stassart 1'intérêt
de ce premier Salon consiste à inforfner
le public et Ia presse, à contacter les
organismes publics et leurs responsables
et à aider à Ia promotion d'artistes auxquels elle croit et qu'elle présentera,
tels le peintre Michel Warren et le sculpteur Delfo.
Les exposants sont donc en general
três enthousiastes, il faut maintenant
souhaiter que le public suivra pour que
d'autres Salons aient lieu les années
suivantes, car, nous conclut Danielle
Talamoni i « Jusqu'à présent notre politique individualiste ne pouvait aller
que dans une direction négative, et ce
Salon permettra de relever le défi international en faisant de Paris un rendezvous annuel des professionnels pour une
confrontation indispensable, seule source
d'émulation. »
Claude DELOFFRE.
&?> AfJ, e»0
K<5*0.c£llACL.4.fiç>n,5
Bibliographie
LES . PLANS > DE S.M. E I S E N S T E I N ET
LES INSTANTANES
D'HENRI
CARTIERBRESSON, aux Editions du Chene, 40, rue
du Cherche-Midi, P a r i * 1972. « S.M. Eisenstein,
tous
ses
films, 250
photogrammes >. 27 X 21,5, 156 pages, reliê
couverture illustrée, 255 photos, 16 dessins. Ouvrage réalisé sous Ia direction de
Jacques Charrière, textes d'Abraham Segai, maquette Jacques Maillot.
• Visage d'Asie : photographies d'Henri
Cartier-Bresson ». Avec une introduction
de Robert Shaplen. 29,5 X 21,5, 201 pages,
121 photos noir et blanc. Relié toile sous
jaquette illustrée.
Eisenstein est presente par son texte
« Le Gros Plan • qui constitue une bonne
clé à 1'examen des quelques 250 photogrammes qui sont inclus dans le livre.
Synthèse oú S.M. Eisenstein décrit Ia
genèse et Ia nature du gros plan et de Ia
composition en premier plan, éléments
de base de son langage pictural que le
MONTAGE assemble selon le SCENARIO
de 1'histoire. Ce ne sont pas les seuls
artífices de composition qu'Eisenstein a
utilisés dans ses films, plans moyens
et plans d'ensemble y abondent c o m m e en
fait foi le choix des < photogrammes >
(images tirées de Ia bande originale du
film).
Mais Ia composition en premier plan est
un
des
éléments
cinématographiques
qu'Eisenstein a particulièrement maítrisé
en reconnaissant bien volontiers 1'avoir
appris d E r i c von Stroheim tout autant
que de Degas et d'Hokusaí. Le développement de Ia tecnnique ne lui permit
de
1'employer
pleinement
qu'à
partir
d' € Octobre • et de • La Ligne Générale >.
Dans les films müets ide S.M.. Eisenstein
se manifeste particulièrement r i n t e n s i t é
de ces compositions en premier plan oü
se conjuguem dans le cadre de 1'image
différents sujets ou acteurs de 1'histoire.
Certains parmi les plus célebres, et auxquels il se refere dans son texte, figurent
dans . Ivan le Terrible • , son dernier
f i l m : ainsi 1'utilisation d u texte, parle
n'enleva pas à Eisenstein son souci, réalisé dês 1'époque du cinema muet, de
parvenir à tout, à l i n t é r i e u r du cadre
de 1'image, à une traduction plastique
de 1'histoire, e t pour Eisenstein, il ne
s'agit pas de n'importe quelle histoire :
il s'agit de rHistoire.
Le livre des Editions du Chêne fournit
une
ample
documentation
sur
cette
conception d e Ia représentation de l'Histoire (qui fut l'objet permanent d'Eisenstein) sur le choix des éléments symboliques et sur leurs associations. Toutefois ce n'est pas à 1'intérieur d'un cadre
FIXE que se manifeste 1'association des
éléments : le mouvement, sinon Ia durée,
traverse 1'image. Et puis il y a surtout
les associations dues au montage. A ces
égards, le livre comporte des lacunes,
omissions dont le lecteur n'est pas prévenu. Transcrire dans un livre Ia spécificité du cinema, temps, mouvement, montage, cela trest pas possible mais on
aurait aimé un avertissement o ü les auteurs s expliquent du choix des documents et de leurs intentions.
Ainsi Ia formation de scénarios réduits à
partir des photogrammes tend à donner
une caractéristique romanesque aux films
d'Eisenstein i des séries de TABLEAUX
composent une F I C T I O N . II faudrait au
contraire insister sur Ia vision historique,
c'est-à-dire
sur Ia rigueur
matérialiste
de son travail i Ia tentative permanente
de faire figurer les agents réels •— matériels — de 1'Histoire, d'en suggérer 1'existence, par conséquent de rendre transparente, compréhensible, saisissable ce que
Ia culture occidentale bourgeoise relegue
le plus souvent au rang d'historiettes,
fictions parmi d'autres. Ainsi « Octobre >
est le chef-d'oeuvre de ce cinéaste soviétique, c'est-à-dire russe et communiste.
Y sont le mieux démontrées, et pour
cause, 1'existence des éléments idéologiques, politiques, économiques et leur
dialectique. Cela, c'est le fait du m o n tage, et de Ia composition des mouvements dans 1'image.
Pour faire apparaTtre cette caractéristique
du travail d'Eisenstein il aurait été souhaitable par conséquent de disséquer rigoureusement une ou plusieurs séquences,
et dans tous ses films, le choix ne manquait pas. On aurait pu faire apparattre
à propôs d u t e m p s et du mouvement les
qualités CONSTRUCTIVISTES d'Eisenstein
(grâce à sa formation d'architecte et ses
relations avec le groupe de Maiakovski).
Les photogrammes du livre fournissent
une ample -natière d e base de ce point
de vue, m a i s ici sur le plan plastique
tout aussi ambigüe que par rapport au
contenu i là, tableaux de genre, ici, exercices plastiques fixes.
II ne faut pas e n f i n oublier que d u point
de vue de 1'image, et peut-être sous
d'autres
aspects
encore,
pratiquement
tous les films d'Eisenstein sont le fruit
o"une collaboration de vingt ans avec
son directeur d e Ia photographie Edouard
Tissé, qui reste le grand méconnu de
cette affaire, le mystérieux
intervenant
entre les schémas dessinés par Eisenstein et le résultat, les images que nous
connaissons.
Ia guerre, ces images donnaient l'illusion de Ia réalité à ce qui était dit sur
cette réalité, en Europe ou en Amérique
du Nord. A tel point que nombre de ces
images sont devenues des symboles
Jusqu'à ce que le télé-reportage annexe
définitivement le documentaire cinématographique et le reportage photo, ces dermers étaient des moyens efficaces d'imposer telle ou telle interprétation des
mouvements et phénomènes sociaux qui
continuaient un peu partout, dont en Asie
de convulser Ia planète à Ia fin de Ia
deuxième guerre mondiale. La préface de
Robert Shaplen rassemble sans le moindre humour Ia demi-douzaine de lieux
c o m m u n s sur 1'Asie, le sous-développement, Ia cruauté et Ia sagesse orientales
le role des U.S.A. dans les guerres asiat i q u e s ; les photos de Cartier-Bresson,
dans un registre qui va du paysagisme
intimiste au réalisme violent, avec des
images
qui
sont
toutes
magnifiques,
toutes individuellement, apportent malheureusement de l'eau à ce moulin des
banalités moralistes sur 1'homme et ia
f a i m , 1'homme et Ia guerre, Ia richesse
et Ia pauvreté, l'ancien et le nouveau.
Dans le cadre qui leur est imparti, en
1'absence d'exposé cohérent sur les sociétés et sur les choses, ces images ne nous
expliquent malheureusement rien sur Ia
nature de cette 'Histoire moderne de
1'Asie dont Cartier-Bresson a côtoyé des
moments privilegies.
Ce n'est sans doute pas tellement Ia faute
du photographe si les livres de photographies servent seulement à mettre en
évidence le talent pictural par une collection de tableaux de genre (symboliques ?) dont Ia valeur potentielle de
témoignage concret sur un fait concret,
précis, localisé est d'autant
diminuée.
Nous avons donc là un três beau livre,
parfaitement
réalisê du point de vue
tecnnique, sur le grand talent de CartierBresson, autour d'un pretexte, l'Asie.
Malgré ces quelques lacunes, ce livre
J.P.C.
constitue une magnifique documentation
sur 1'ceuvre d'Eisenstein, ouvrage três
agréable à consulter, qui, en apportant
beaucoup d'informations générales, permet de fixer Ia mémoire pour ceux qui
connaissent ses films, et ne pourra manquer de donner, aux autres, envie de les
connattre.
Après avoir aborde Ia volonté d'Eisenstein d'expliquer 1'Histoire, le cadre est
sans doute
défavorable
pour
CartierBresson.
Son domaine, C e s t le quotidien de 1'Histoire. Dans ce livre surtout base sur
plusieurs voyages que 1'auteur a fait
en Asie de 1947 à 1967, revenant parfois
au méme endroit à près de vingt ans
d é c a r t , c o m m e aux Indes et e n Chine.
Beaucoup
de
ces
images
sont
três
connues, feuilleter ce livre ravive Ia trace
qu'elles ont laissée dans Ia mémoire, lorsqu'elles furent Ia première fois publiees,
souvent c o m m e images d'actualitê. Quand
on entendait parler pour Ia première fois
de • 1'émancipation de 1'lnde >, de Ia
lutte des aeux Chinês, du Japon d'après
Andrew Boyd, C H I N E S E ARCHITECTURE
and TOWN PLANNING 1500 B.C. - A.D.
1911, London (distribuê par Academy Editions, 7 Holland Street, London W.8), 1962.
166 pages, 84 figures plus 158 illustrations
hors texte, 17 X 19. 2.00 livres sterling.
Comme toute archéologie, celle de Ia
Chine se montre pauvre en traces d'architecture en trois dimensions, exception
faite des construetions funéraires souterraines dont les embellissements font une
si
riche
partie
des
objets
exposés
actuellement au Petit Palais.
Pour qui veut se faire une idée des splendeurs architecturales constituant Ia toile
de fond des objets exposés au moins
après Ia fin de 1'époque préhistorique, peu
d'exemples subsistem encore. Ainsi réduites, les recherches architecturales ne
peuvent commencer vraiment qu'avec les
dynasties T'ang e t Song, ce qui correspond assez étroitement avec les premières
périodes
d'architecture
historiquement
connues en France. M ê m e ces époques
hautement développées en Chine, nous
sont plus familières à travers les descriptions littèraires et artistiques que par
des construetions nous parvenant conservées ou en ruines.
Ceei dit, le livre de Andrew Boyd nous est
indispensable d'autant plus que 1'auteur
ne cache pas que 1'architecture chinoise
a subi bien des courants qui nous sont
aujourd'hui parfaitement inconnus.
VIII
T H E CLASSIC TRADITION IN JAPANESE
ARCHITECTURE : Modern Versions of the
Sukiya Style, par Teiji I t o h . Photographies
de Yukio Futagawa, traduit du japonais
par R.L. Gage, Weatherhill/Tankosha :
New York, Tokio et
Kyoto
(distribuo
en Europe par Phaidon Presse, 5, Cromwell Place, London S.W. 7 2 JL, Angleterre). 30,5 X 30,5, reliure de luxe sous
jaquette plastique, 279 pages avec n o m breuses photos pleine page en noir et
blane et couleur, 37 pages de dessins
architecturaux. 13,50 livres sterling.
Ce livre fait une suite magistrale à < The
Elegant Japanese House > (1969) des
mêmes auteurs. Le style sukiya represente
le point c u l m i n a n t de Pélégance japonaise naturalisante issue de Ia pnilosophie
du thé. Malgré ses origines simples relatées dans Ia première partie de 1'ouvrage,
les matériaux et travaux qu'exige cette
manière de construire sont aujourd'hui,
plus que jamais, hors de prix sur le
marche contemporain.
Mais en dehors de Ia manipulation de
1'espace, qui reste traditionnelle, 1'idée
de sukiya se livre três convenablement
à 1'emploi des matières
industrialisées
(telles que 1'acier et le verre, parfois eux
aussi três chers). II en resulte un style
traditionnel mais vivant, ce qui est bien
rare de nos jours malgré tout effort de
dépense pour mettre en évidence une
prodigalité quelconque.
Yi-Fu Tuan, 1. CHINA (The World's Landscapes Series), London (Longman Group
Ltd., Fourth Avenue, Harlow, Essex CM19
5AA), 1970. 225 pages, 33 illustrations,
21 X 14. 1.30 livre sterling.
L'ouvrage du professeur Yi-Fu Tuan nous
livre un point de vue três compréhensible,
qui est celui du géographe. Les interventions diverses de 1'homme sur le territoire chinois depuis le c o m m e n c e m e n t
de 1'histoire et bien avant sont en mesure de suggérer toute une mise en valeur
des « Trésors d'Art Chinois ». Cette foisci, ce sont des données archéologiques
qui sont largement dêpassées par le témoignage de 1'environnement et de ses
modifications. Néanmoins, les faits de
climat, de végêtation, et de mouvements
de peuples ont continue à être três
significatifs en Chine durant Ia période
historique. Eux seulement peuvent expliquer de façpn convaincante Pépanouissement de 1'urbanisme en Chine ancienne,
pour ne pas parler des transports et de
1'agriculture.
L'architecture
est
mentionnée successivement dans ce tableau
d'ensemble ainsi que Ia formation des
paysages artificieis que constituent les
jardins et pares de plaisance de l'âge
imperial. C o m m e en Union Soviétique Ia
nationalisation de 1'architecture
et de
1'urbanisme a remis 1'accent sur Ia planification d u territoire national, dont une
analyse perspicace est faite sous forme
d'une discussion du • paysage c o m m u niste ».
SCHINKEUS BERLIN
A Study in Environmental Planning Hemam G. PwUs
SCHINKELSS
BERLIN
A
study
in
Environmental
Planning
par
Hermann
G. Pundt,
Harvard
University
Presse,
79 Garden St., Cambridge, Massachussetts,
U.S.A., 1972. 22 X 25, 263 pages, 105
illustrations dont des dessins originaux
inconnus, bibliographie, notes, index, relié
toile sous jaquette. Référence S B N
674-79095-2 02138.
L'áuteur est professeur d'architecture et
de plannification urbaine à TUniversité
de Washington et son livre doit être le
premier en anglais consacré à Cceuvre de
Schinkel.
Cest
également
le
premier
ouvrage en toute langue à traiter de
sa contribution à 1'urbanisme européen.
&p> 4A/, ihioxft.o. 6<I,/}CL. 4/zt>>rG
CONCOURS POUR LA REALISATION DU STAND DE L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI A BATIMAT 1973
Le jury composé de Mareei Lods
(président), Maurice Couôtoux (président de l'association technique
française de prélaquage), Paul
Bossard, Roger Tallon, Jean-Oaude
Grisoni, Marc Emery (rédacteur en
chef de l'A.A.), Christian Sarra-
mon (directeur de l'A.A.), reuni le
13 juin 1973 a décidé le classement
et 1'attribution des prix suivants:
voyages aller et retour à Los Angeles ;
lean-Luc BATAILLE,
Olivier DAUBLAIN,
premier prix, exécution du stand et
kan-Pierre CHIANTELLO,
deuxième prix, un voyage aller et
retour à New York ;
Jean LOSSEL,
troisième prix, un voyage aller et
retour à New York j
Patrick BARDOU,
quatriênio prix, un voyage aller et
retour à New York.
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En mars 73, rArchitecture d'Aujourd'hui a mis en concours le
projet et Ia réalisation de son st and
à BATIMAT en novembre 1974,
en collaboration avec 1'Association
Technique Française Prélaquage.
Cette association à double but,
technique et promotionnel, regroupe les prélaqueurs sur acier, acier
galvanisé et aluminium et les fournisseurs principaux (équipements,
produits pour trai teme rvts de surface, peintures, films plastiques).
Ce stand devait exprimer 1'esprit
de rArchitecture d'Aujourd'hui, à
partir de 1'utilisation d'un matériau,
Ia tôle prélaquée. Les critères appli-
qués par le jury concernaient 1'esprit architectural, Ia prise en
compte des possibilites techniques
et financières, en même temps que
!'utilisation optimale du matériau.
La réalisation du stand est due en
particulier au concours gracieux
des
Etablissements
CEGEDUR
PECHINEY, ZIEGLER (membres
de 1'association), FEREM (qui a
assuré le montage), SION (qui a
fourni le revêtement de sol « COVERSION », en nylon Dupont de
Nemours), le formage a éte réalisé
par 1'entreprise DUFILS, les spots
choisis chez MAZDA. Etait exposée au stand une rétrospective de
XII
40 ANS DE PUBLICITE à l'ARCHITECTURE D A U J O U R D H U I ,
qui soulignait Ia permanence de nos
annonceurs.
Les prix ont été remis officiellement le 19 novembre 1973, à BATIMAT à 1'occasion d'un cocktail
qui réunissait autour de :
M. Daniel Jouve, Président-Directeur General de Technic-Union;
M. Boris Troyan, Directeur General de Technic-Union ; M. Maurice
Couétoux, (Cégédur Péchiney), Président de 1'A.T.F. Prélaq ; M. Georges Pouchaudon, (Vernis Soudée),
Président de Ia Commission de
*
Marketing de 1'A.T.F. Prélaq;
M. Christian Sarramon, Directeur
4e 1'Architecture
d'Aujourd'hui;
M. Marc Emery, Rédacteur en
Chef de 1'Architecture d'Aujourd'hui; M. Denis Bonnet, notre actuel Directeur; Mme Adée Chemineau, Chef de Publicité de 1'Architecture d'Aujourd'hui; M. Michel
Dixmier,
Relations
Presse
de
1'A.T.F. Prélaq; Mme Yvette Pontoizeau, Secretaire Générale de Rédaction de 1'Architecture d'Aujourd*hui;
Mme
Marie-Geneviève
Bailly, Assistante au Service PuHicité de 1'Architecture d'AuiourJ
d'hui;
• S * 3 K
*
•
•
et des lauréats, les personalités suivantes :
Charles Arguillère, architecte, membre du Comitê; Robert Benoit, architecte, memore du Bureau du
GERIA, Président de Ia Commission BATIMAT-GERIA ; Evelyne
Blateau, Attachée de Presse E.D.F.;
Adain David, Directeur de Ia Société Communications Economiques
et Sociates, Chef du Service de
Presse de BATIMAT et du GERIA ; Aude d'Epenoux, Marketing, B.S.N. ; Gérard Durand-Souffland, Publicité La Déesse ; Solange Gorse, Rédactrice en Chef de
Maison Française; Michèle GuéXIII
rin, Attachée de Presse Du Pont de
Nemours, France; Christine Huguet, Attachée de Presse Cégédur;
Jean Leroy, Arc-Publicité; Judith
Mortenson, Attachée de Presse Du
Pont de Nemours, Londres ; Michel
Mortier; Pierre Paulin ; Mlle Masson, Agence D.B.M.; Mme Voegélé, Agence D.B.M.;
et des représentants des prélaqueurs
français, de leurs foumisseurs et
clients et de nombreuses autres personnalités à qui nous demandons
de bien vouloir nous excuser de ne
pas les avoir citées, Ia place nous
manquant.
flCL-4/Z6,p-&
£P>A*J, P;íOX í ?.O.eS//4CL..4/Z6;P-3'
actualités
Centre Culturel Français de Kaboul,
Afghanistan
V.G.
Létia,
architecte.
.>Í>N
•
li
Ce centre culturel, dont
Ia
premíère
pierre avait été posée par M. Georges
Pompidou lors d e sa visite officielle en
Afghanistan, est un don de ia France à
ce pays. II s'agit d u n
établissement
d'une formule nouvelle, destine aussi
bien au public qu'aux eleves, car il
abiite un centre culturel et un lycée,
dans une co-existence qui est une innovation.
Le programme proposé demanda it des
installations correspondant a un enseignement moderne, avec une large place
accordée aux moyens audio-visuels, des
bãtiments robustes et faciles à entretenir dans le contexte local, et une certaine expression a r c h i t e c t u r a l e : le gouvernement français souhaitait édifíer à
Kaboul un établissement modele.
Conception
architecturale.
En dehors des bãtiments de service, le
projet comporte un btoc central de 7 bãtiments groupés en un ensemble compact, mais éclairê par de grands pátios
et coupé p a r des passages aménagés à
travers toute Ia composition et permettant de voir et d e passer dans les deux
directions.
Visuellement
ces
èléments
sont, d e plus, rattachés par des tontaines, canaux d'eau et plantations, produits du c l i m a t local.
La volonté qui a preside à Ia conception
de ce projet était d'obtenir une architecture mesurée, prédisposant à 1'étude,
bien adaptée aux dispositíons traditionnelles de Ia construction en Afghanistan
et à un climat souvent excessif.
Par sa simple disposition, c'est 1'ossature
porteuse elle m ê m e qui a été utHisée
pour produire u n effet
plastique
qui
suggère, sans tout à f a i t les imiter, les
formes structurales historiques de l'architecture de cette partie du monde.
Cette
évocation
a été
volontairement
accentuée
par
l'emploi,
le
long des
poteaux et en sous-face des poutres, de
minces bandes de carreiage, qui rappellent les nervures des ares e t sous-ares
islamkjues.
SALLC
DC SPCCTACLES
II ne s'est pas agi de produire un décor
plaque, m a i s , au contraire,
d'affirmer
une interprétation moderne, en se servant de moyens actuels mis en valeur
et non caches, en restant dans une
esthétique moderne.
^
'
Préfabrication.
li
í
mi
Le projet a été conçu pour pouvoir utiliser au m a x i m u m Ia préfabrication des
èléments
structuraux
en
béton
arme
(poteaux
cruciformes e t
poutres).
Le
chantier s'est ouvert au début de l'automne, en commençant par aménager et
chauffer un des bãtiments anciens destines à Ia démoUtion, de façon à l e
transformer provisoirement en atelier de
préfabrication. Penoant le premier hiver
on a ainsi confectionné les èléments de
strueture
du
projet,
puis
les
autres
pièces
prévues
en
béton
préfabriqué
(marches d'escalier, banes, bordures, e t c ) ,
ainsi que les panneaux de façade en
béton blanc cannefé.
En dehors de Ia possibilite de pouvoir
travailler pendant Ia saison froide, Ia
préfabrication a permis d'obtenir un excellent niveau de finition dans u n pays
qui est dépourvu de main-d'oeuvre qualifiée. Les èléments d o s s a t u r e , poteaux
et poutres, sont en béton brut, traité
par sablage après décoffrage. Les panneaux de façade e n béton N a n e ont été
également finis par sablage.
Centra c u l t u r e l .
Dès 1'entrée, le public trouve un haii
foyer ouvrant sur les locaux d'un centre
culturel
(au
rez-de-chaussée)
et
d'un
centre pédagogique (à 1'étage) et donnant accès à une salle de spectades de
600 places dotée d'installations
modernes d'éclairage et d e sonorisation. Le
centre culturel comprend en outre des
bureaux administratifs, des unités audiovisuelles d'enseignement (laboratoires de Un des pátios;
au premier
plan, on relangues) pour 1'étude d u français (ou son marque les poteaux prétabriqués
en béton
sablé, portant des bandes Incorporées
en
(Suite page XVI.)
grés cérame. Le bStiment de 1'administra-
H»LL OU PUBLIC
XV
tion i on remarquera
Ia règularité de pose
des plaques de revétement
de façade en
béton blanc cannelé.
Vue sur pátio, de
rour.
&?> m,p>\o x<3.o.esi,ACL.4/2(>, p.fo
actualites
CENTRE CULTUREL FRANÇAIS, KABOUL
(Suite de Ia page XV.)
REZ-DECHAUSSEE I
I , Parvis. 2. Hall. 3. Foyer. 4. Expositions.
5. Centre culturel. 6. Vestiaires. 7. Salle
de spectactes. 8. Scène. 9. Loges. 10. Décors et bureaux. 11. Réception public.
12. Administration. 13. Salle protesseurs.
14. BibliothèQue. 15. Pátio. 16. C/asses
activités dirigées. 17. Vestiaires et douches
êlèves. 18. Vestiaires et douches visiieurs.
19. Centre médico-scolaire. 20. Pátio.
21. Amphithéãtre sciences. 22. Enseignement sciences naturelles. 23. Collections.
24. Enseignement general. 25. Pátio.
26. Prêau. 27. Cour de récréatlon.
ETAGE :
30. Galerie. 31. Laboratoire de langues.
32. Centre pédagogique. 33. Réunions et
documentations. 34. Cabine de projections.
35. Régie son et lumière. 36. Studio T.V.
37. Balcon de Ia salle. 38. Vide de Ia
salle de spectacles. 39. Puits de scène.
40. Station air conditionné. 41. Décors.
42. Bureaux administratits. 43. Bureau
du directeur. 44. Galerie. 45. Bibliothéque.
46. Classes o"enseignement audio-visuel.
47. Matériel pédagogique. 48. Galerie.
49. Enseignement chimie. 50. Enseignement physique. 51. Classes enseignement
general. 52. Vide du prêau. 53. Vide du
hall.
• IILIOTHEQUE
t»LLE
IFECTACLta
Une salle de lecture de Ia bibliothéque,
traitée sous Ia forme d'un pavlllon dans
un pátio. Vue de jour sur galerie couverte
et une partie du parvis. Salle de spectacles de 600 places; a droite à 1'étage
on aperçoit Ia cabine de régie.
auto-enseignement) et une bibliothéque,
dont une des salles de lecture a été
traitée à Ia manière d'un pavillon dans
un pátio plante.
Le traitement fonctionnel et esthétíque
de Ia grande salle de spectacles a été
três poussé — et ce qu'on a réalisé represente, de loin, Ia salle Ia plus perfectionnée de cette partie du monde.
Elle beneficie d'un équipement complet
pour le théãtre (cabine de régie son/
éclairage avec jeu d'orgues ; machineries
de scène), le cinema, les concerts et
auditions (sonorisation dans toute Ia
partie publique), les conférences, etc.
Le plafond de Ia salle est réalisé suivant le systême des • nuages acoustiques >, c'est-à-dire de panneaux horizontaux suspendus à des hauteurs différentes (formant en quelque sorte une
coupole discontinue) et dont les caractêristiques d'absorption acoustique sont
différentes également, calculées
pour
chaque panneau en fonction de sa hauteur et de sa position. Chaque • nuage >
est constitué d'un support en metal dé
ployé porteur d'une couche de laine
minérale ; en sous-face de ce panneau
on trouve une décoration en couleur
faite de lames de metal représentant
des
motifs
traditionnels
des
tapis
afghans.
Fonctions pédagogiques et lycée.
L'importance attachée aux tnéthodes modernes denseignement, aussi bien pour
les adultes que pour les scolaires, a
conduit à prévoir des installations audiovisuelles três développées, basées sur
des salles d'enseignement audio-visuel,
de laboratoires de langues, une salle de
régie avec studios d'enregistrement et
préparation de matériel culturel et pédagogique pouvant être diffusé par tèlévision intérieure — et une bibliothéque
de programmes. L'ensemble est disposê
' de façon à permettre un enseignement
intensif du français, ainsi que des autres
disciplines, tout en réalisant des économies dans Ia surface des locaux et dans
le nombre des protesseurs français détachés à 1'étranger.
En dehors des bâtiments de classes,
dont un est entièrement reserve aux
XVI
méthodes audio-visuelles, le projet comporte un bâtiment des sciences, arrangé
en carré, de manière non traditionnelle,
et dispose de son propre auditorium de
120 places.
Les aménagements extérieurs compre'nnent une zone étendue réservée aux
activités sportives, avec une piscine de
25 m (chauffée en demi-saison), un stade
avec piste de 250 m et plusieurs terrains pour sports d'équipe. L'ensembte
du pare sportif est éclairé Ia nuit,
comme l'est d'ailleurs Ia totafité du projet : l'importance attachée à cet éclairage, qui a fait 1'objet d'une étude três
dêtaillée de Ia part de 1'architecte (volr
photos), s'explique par le fonctionnement
du centre culturel et des salles de spectacles le soir.
Fonction des pátios.
Le fractionnement des bâtiments en blocs
separes par des pátios reprend un des
concepts de 1'arcnitecture traditionnelle
des pays chauds : cette disposition muitiplie les façades nord (froides) et sud
(chaudes), favorisant ainsi Ia formation
de courants de convection allant d'une
façade à 1'autre, et le maintien d'une
température fralche en été. A 1'intérieur
des bâtiments, ces courants sont utilisés
pour ventiler Ia partie haute de tous les
locaux (le conditionnement d'air n'étant
installé que dans les salles de spectacles). A 1'extérieur des bâtiments, ces
courants de convection créent de légères
brises qui sont perceptibles le long des
passages couverts ménagés entre les
bâtiments, et ce m i m e par absence de
vent.
Intéret social.
En dehors de son expression architecturale, le projet français de Kaboul represente un cas assez rare d'intègration
d e . r é c o l e et de Ia cite, procedam ici
de Ia volonté d'offrir, a des heures en
partie différentes, des équipements com
muns à des adultes et à des eleves,
dans des locaux spécialement étudiés à
cet effet. Cest peut-être une préfiguration de ce que seront demain 1'école et
1'instruction permanente.
L'architecte.
3?> AM. íòto*^
. o. õ S i ,
flCL.4/Z6,
p-ff
actualites
Les quelques observations qui suivent
sont lá continuation de ma recherche présentée il y a un an au Museum of Modem Art de New York dans le cadre de
1'exposition ; « Italy : the new domestic
landscape ». (voir A.A. n° 161 p. 57).
Lhypothése selon laquelle le temps que
ncus vivons aujourcThui demande des représentations nouvelles n'est pius à mon
avis le privilège de quelques consciences.
— Les idéologies < politiques > qui paraissaient pouvoir résoudre à jamais les
problèmes de 1'homme montrent, aujourd'hui pius que jamais leurs points faibles.
— L'espoir d'assister à Ia naissance d'une
société mondiale est enraciné dans l'utopie.
— L'envie de quelques-uns de centralisei
le pouvoir se revele heureusement un
fait irréalisable : Ia possibilite à lauto
détermination et à 1'autogouvernement
existe, au-delá de ce que pense le contexte qui nous entoure.
— La recherche de Ia sécurité par l'escalade économique a montré qu'elle était
un but stérile.
— La consommation comme moyen d'évolution a dèsormais révélé son vrai but
répressif.
— Les utopies communautaires, qui onl
été trcp souvent un moyen d'évasion.
laissent Ia place à Ia necessite d'isolement.
— La communication comme « élément
nécessaire à Ia vie • ne trouve aujour.
d'hui, dans son hypocrysie méthodique et
dans son refus à découvrir de nouveaux
espaces, aucune raison d'exister.
— La « raison » comme absence de rnys
tère et comme teime de pré'érence pour
1'évaluation de tout phénomène a fait
son temps i elle a hypothéqué beaucoup.
et trcp de fois, des aspects inutiles de
Ia réalité.
— L'idée que le fonctionnel-rationalismc
(et tout ce qui provient de Ia technologie considérée comme but) ne peut se
poursuivre longtemps, mème pas au niveau de Ia spéculation commerciale, n'est
pius un fait limite à une elite.
— La prise de conscience de ces faits
antécédents se consolide aujourd'hui dans
une nouvelle attitude à 1'égard de Ia
vie : le cdté signifiant de tout phénomène
1'emporte sur tout autre composant du
phénomène. Sur cette route, les perspectives matérielles offertes à 1'individu
aujourd'hui ne lui seront probaMement
pius suffisantes, et celui qui ne réagit
pas aux aiguillons de Ia consommation
qui lui sont imposés en échange d'une
illusoire escalade socio-économique, d'ailleurs jamais satisfaite, será peut-être demain un homme pius respectueux de sa
propre individualite et par conséquent pius
difficile a • manipuler >.
— L'insécurité comme aiguillon s'avère
être aujourd'hui une conduite dé vie
indispensable i Ia sécurité est le tranquillisant de 1'histoire.
— Les longs hivers da 1'imagination ca
chée font dèsormais partie du passe, ei
1'espoir recommence à apparattre parmi
les sentiments humains.
L'attente de valeurs issues de Ia technocratie ou de Ia production est aujourd'hui
remplacée par Ia necessite de réansation au niveau individuel i le temps est
revenu d'exprimer nos pensèes les pius
profondes.
II se dessine aujourd'hui Ia possibilite de
représenter tous les aspects du mystère
que le passe récent nous a enseigné à
réprimer, comme étant non conforme à
Ia réalitè humaine.
La mort et le monde qui 1'entoure est
aujourd'hui rexpression primordiale et
elle será peut-être le motif conducteur
de Ia quatrième partie de notre sièole.
Comme je le disais, voilà quelques observations concernant notre époque i elles
contiennent une certaine confusion, mais
je ne m'en soucie pas, car je considere
que Ia confusion est três souvent salutaire. Sans doute, non seulement le moment est confus et equivoque, mais, audela de toute forme d'idéalisme gratuit
et masturbatoire, je crois que nous sommes au milieu d'une profonde crise de
passage et que le moment est venu de
Ia représenter de Ia façon Ia pius vraie,
dramatique mème, sans aucune illusion.
fhomme est donc aujourd'hui en face
du mystère de ce qui arrivera au-delà du
bouleversement actuel i et, donc, quon
represente sa peur, sa solitude, son remords, son angoisse, 1'inquiétude, le malaise, Ia perte de sécurité, Ia sollicitation
fastidieuse (pour aborder de nouveaux
1972 i Bureau « Arca » et c/ia/se « Golgotha » édités par Braccioditerro, Genes,
Italie.
1972 : Série « Gol gotha », tables-chaises
éditées par Braccioditerro, Genes, Italie.
Gaetano Pesce
paysages), Ia necessite d'isolement, le
désintèressement â communiquer, le besoin de points d'arrivée immatériels, son
droit à 1'incohérence (incohérence — amoralitê B liberte de ses propres formes,
libre cours continu de ses propres intérêts, refus à répéter des expériences qu'on
a déjà acquises et qui Pont été pour
nous par quelques-uns, droit à 1'autodétermination et à 1'individualité). Et,
d'une manière pius générale, qu'on trouve
le moyen d'exprimer le chemin vers Ia
contamination, vers les épidémies plastifiantes, le terrorisme du temps qui passe
et (a mort comme compagnon insêpara
ble. Le temps est venu donc de charger
nos espaces d'une grande capacite < signifiante > (est signifiant tout ce qui
peut évoquer, au-delà de sa signification
immédiate, une émotion inconsciente,
comme Ia peur, 1'insécurité, 1'isolement,
1'angoisse, Ia mort, etc), et que les
objets, eux-mêmes sigmfiants, aient en
outre des dimensions caractéristiques
qui les mettent en dialogue critique avec
1'espace qui le contient, s'il est traditionnel. Et qu'ils dégoútent en outre,
puisque le dégoút a été pour bien des
gens un point de départ.
Donc qu'on essaie (voilà ce que je suis
en train de faire en cette période) de
réaliser des objets uniques, c'est-à-dire
des objets de série, qui en se réalisant
aient Ia possibilite de se definir de
façon éventuelle ; et même en recommençant à les faire de nos propres mains,
refusant, quand Cest possible, les supertechnologies qui nous ont amenés souvent à faire des rêves heureusement irréalisables.
Cest le moment enfin de regarder en
nous-mêmes et de découvrir de nouveau
toutes les necessites que le temps paraissait jusqu'à prêsent devoir retuser ;
et si l'on fait des projets pour 1'homme,
il faut éviter les mobiles traditionnels de
Ia projection (que soient maudits ceux
qui encore aujourd'hui exploitent le fonc-
XVIII
tionnel-rationalisme) et se servir au cofitraire de motifs psychologiques, etc. ;
quon n'oublie pas aujourd'hui que le futur est peut-être passe.
Autrefois, en pensant au bruit qui se leve
du monde, je considerais que Ia musique
avait toujours été une interruption organisée du silence. Aujourd'hui, il serait
pius convenable d'interrompre le brujt
par des silences rythmés. Voilà donc une
autre necessite qui s'offre à nous : le
silence dans Ia multitude, un silence avec
des significations, qui nous permet de
pénétrer à 1'intérieur de nous-mêmes et
de penser à tout ce qui n'est pas accompli.
c ...Le paysage est désolant et stlmulant :
je m'y introduis et je commence à apercevoir avec surprise les grandes limites
de ce que j'ai su jusqu'à hier. Les dangers sont nombreux. Mais le risque est
três attrayant... >
Gaetano Pesce.
;gft Ak\. ^O
X<?i.O ££\ , 4 C L _ 4 - / Z & , f . ? Z
actualites
Habitation à Punta dei Este, Uruguay
C.J. Loustau, architecte.
Habitation à Punta Ballena, Uruguay
C.J. Loustau, architecte.
Cette maison, construite pour un jeune
couple, se situe sur un accident de terrain que 1'architecte a utilisé pour implanter le garage. Le living s'ouvre vers
1'extérieur, sur un panorama magnifique.
Les seuls matériaux employés sont Ia
pierre locale et le béton.
Cette maison est localisée à proximité
d'une place célebre. Construite sur un
seul niveau, elle est couverte d'une toiture en dalle de béton creux, les poteaux
sont en acier.
XX
8P> 4AJ,ftto x q . O . E S i , 4 c i _ . 4 / Z 6 ; p - 13
actualites
xx//
I
S^> / W , f t l O X ^ . O . t £ l , ACL. 4 / Z é ; p . ^
actualites
Palais des sports, Alger
Heniy-Baudot
Marc, architecte.
Alger avait besoin d'une grande salle
couverte capable d'accueillir des manifestations sportives nationales et internationales de rrasse, fêtes de Ia jeunesse
manifestations artistiques, etc.
Le programme comporte 3 objectifs : compétition, entraTnement, polyvalence.
Ceei explique, en particulier Ia necessite
d'avoir une aire centrale libre de grandes
dimensions (60 X 40) qui peut accueillir
plusieurs terrains d'entraTnement simultanés, ou dans le cas de compétition. des
places supplémentaires pour le pub'ic.
La capacite est de 5 000 places fixes et de
5 000 places mobiles (en gradins amovibles et en parterre).
Les vestia ires des sportifs, au nombre de
9 blocs de 15 à 20 sportifs et 3 blocs
I pour entratneurs. Sont prévus également,
sauna, salle de relaxation.
La salle comprend en outre :
— des magasins três importants sur deux
niveaux pour le stockage du matérie'
sportif et de tout le mobilier praticable
(chaises de parterre et gradins repliables).
, — un salon officiel avec bar-foyer, ves| tiaires, salon présidentiel donnant accès
a Ia tribune officiel le pour 150 personnes,
; — des foyers-buvettes pour les journa[; listes, les sportifs, les arbitres et entratneurs.
i — une cabine de direction technique
avec télécommande du tableau lumineux,
I de Ia sonorisation, de 1'èclairage, de Ia
ventilation, etc.
I — une cabine pour Ia presse radio st
I télèvision.
— des bureaux administratifs de direction
de Ia salle et de boxes mis à Ia dispoI sition des entratneurs
et directeurs
d'équipes.
I — enfin, les locaux et galeries techniques,
chaufferie, conditionnement.
Nota : La salle Omnisports, en gardant
son role de salle urbaine, implantée dans
le centre de Ia ville, est reliée administrativement
au
Complexe
Olympique
d'Alger, à Cheragas, en cours de construction.
Situation.
Au-dessus de Ia place du 1"-Mai, Ia salle
est implantée dans l'un des nombreux
vallons
qui
coupent
1'amphithéâtre
d'Alger; entourée de quartiers d'habitations denses, ei le jouxte un complexe
sportif existant.
Le choix d'un tel terrain, à l'emplacement
d'un ancien bidonville, implique un aménagement urbanistique important du quartier : création d'un jardin public dans
Ia partie haute du vallon, création dun
tfiéâtre de plein air, aménagement de
falaise de tuff environnante, intégration
du pare sportif voisin, création future
d'un aménagement-parvis avec parkings
en terrasses devant Ia façade d'entrée et
vers Ia place du 1"-Mai.
Parti architectural.
— Plan en . olive . determine par les
impératifs de visibilité maximum.
— Coupe biaise sur Ia façade principale
pour intégrer au volume couvert le volume du hall d'entrée et pour s'adapter
aux pentes du site.
— Intégration sous le même volume des
salles d'échauffement sur Ia partie arrière
— Vestiaires traités comme un bâtiment
indépendant, adossé aux pentes du terrain (éclairé zénithalement).
— Recherche d'un volume intérieur relativement bas, aux courbes tendues afin
de déterminer un espace intérieur fini.
— Choix du bois pour matériau de charpente : aspect architectural de Ia charpente apparente, facilite de montage et
d'entretien, système à appuis simples su'
double pile en béton arme (béton vertical
peu chargé a large assise sur le sol).
— Choix d'un matériau de couverture
(• vercuivre ») affirmant 1'intégration au
site.
(suite au verso)
XXXIX
3^
4A/, P)io
<C).O.tsi,^CL.4/2^p-75
actualites
PALAIS OES SPORTS, ALGER.
(suite.)
— Choix d'un volume general bien ancré
dans les pentes du site (il est semienterre sur Ia façade sud) et dont toutes
les courbes répondent aux courbes du
site.
— Rusticité et robustesse des aménagements intérieurs (gradins en béton moulê,
parements de béton brut).
— Libre disposition des différents espaces sous le volume couvert unique.
Note technique.
— portée maximum des fermes en bois
lamellé collé en < lentille > 80 mètres;
— surface couverte : 8 000 m s ;
— réseaux de passerelles dans Ia cnarpente ;
— couverture vercuivre sur panneaux
Rousseau et pannes en lamellé collé;
— éclairage naturel par lanterneaux en
toiture.
XL
m
AAJ,??;ox^.o..e£f,4CL.4/26,p.16
ENGUSH SUMMARY
171
A SELECTION OF EXTRACTS FROM INTERVIEWS WITH OSCAR NIEMEYER
RECENTLY PUBLISHED IN BRAZIL
How do you explain vour architecture?
Brazilian architecture is based on technological development
and, in particular, reinforced concrete. That explains the free
forms that characterise it.
As in ali countries, the architecture oi Brazil has also been
much influenced by the principies and buildings of Le Corbusier.
It might be said that the initial stimulus was due directly to the
impact of the Ministry of Health and Bducation Building
designed by Le Corbusier in 1936 for Rio. Under the guidance
of Lúcio Costa, this hne of development continued. Despite
general refusal, it was accepted and supported first by Gustavo
Oapanema and later by Juscdino Kubitschek, who through his
patronage of Brasilia brought about its recognition on an
international scale.
However, if we architects in Brazil, like ali architects of our
generation, have undergone the master's influence, a second
trend had already become apparent within a few years. This
was the freer architectural expression suggested in the work at
Pampulha that led to the use of reinforced concrete not as an
end in itself but as a working material. Thus the obvious
character of the structure was eliminated, the curve was given
freer rein, and spans were maximised. The specialists in concrete
engineering were themselves obliged to participatc in the new
found freedom of form and to follow the architects into this
world of fantasy in which ali elements of the design became
lighter, so much so in fact that buildings such as the Presidential
Palace in Brasilia seem scarcely to touch the ground.
The differences between our architecture and that of Le Corbusier are easily pointed out. If you look at his work, you
will notice that it makes use of limited spans with the structural
elements very much in evidence (such as the courts at Chandigarh) which draw attention to the celebrated robustness of his
work. Yet both show the same preoccupation with form and
the same tendency to reduce detail to a minimum in order to
emphasize the spontaneity of the design. In both cases, beauty
is an important factor together with a prominent sense of
architectural judgment.
I hope that in these statements about the characteristics and
influence of Le Corbusier's architecture it is elear that I have no
intention of making a comparison based on quality. It is much
more a question of local olimate, customs and sensibility that in
Brazü has brought about the evolution of a style somewhat
removed from the original sense of the great influence exerted
by Le Corbusier. In my opinion, this very separation confirms
the authenticity and creativeness of both trends.
major preoccupation in my work in Brazil from the time of
Pampulha until the design and construction of Brasilia, as
well as in numerous buildings abroad. In order to fllustrate
this principie, I shall refer to three of my most recent projects.
At the University of Constantine in Algeria, I refused the
initial brief requiring separate classroom and laboratory buildings for each deparUnent. Instead, I have designed onjy two
buildings for the university as a whole, one housing classrooms
and the a other scientific laboratory complex. This leaves the
campus relatively open with the result that the university is at
the same time more flextble and more in line with current
planning ideas. I was ailso able to exploit concrete technology
to obtain 80-foot overhangs and at the same time convince the
Algerians to perfect their own prefabrication and lightweight
aggregate techniques.
For the new tower block at La Défcnse in Paris, I discarded
the usual solution of putting the service units at the centre of the
building. Instead, these have been relagated to the "gable-ends"
of the tower leaving the entire central space free on each floor
for the installation of landscape-type offices or even terraces or
hanging gardens. Unfortunately, such a solution has not been
accepted by promoters in Brazil who still feel under obligation
to use every inch of the façade in the conventional way.
My most recent project, a music centre at Guanabara in Rio,
groups together three auditoria that in previous plans were
separated thus offering a new flexibility for the staging of performances as well as a more imposing architectural solution.
These are examples of the way in which I feel an architect
must innovate not merely at the formal levei but also in terms
of structure and programme.
How do you feel about criticism?
Criticism of works that are already built does not concern me.
However, there is a category of architect who is constrained to
build what he can and not what he would like to. His criticism of my more intensive ("difficult", as Le Corbusier used to
say) work is understandable. What usually occurs is that given
an opportunity for a more adventurous project, this sort of
architect then fails in the attempt and returns to a more run-ofthe-mill expression of his ideas.
What is your opinion of architectural means other than your
own?
I accept and respect ali other schools, from the chill and elemental structures of Mies van der Rohe to the imagination and
delirium of buildings by Gaudi. I design what pleases me in a
way that is naturally linked to my roots and the country of my
origin.
Conld you discuss future projects?
Our goal is to be inventive and not merely to rework the same
architectural solutions over and over again. That has been a
LXXXI
3P)
AAJ I fhtO K^
I believe you have a great deal of work outside Brazil: in France,
Italy, Portugal, Lebanon, Israel, and now at Oxford University.
Could you explain these projects?
I have worked a good deal abroad. That has been comforting
in a sense, and has provided answers to a lot of questions. But
I prefer to talk about something eJse. It would be strange to
explain these projects in detail and in the same breath to insist
that architecture has no importance.
Why do you say that?
Simply because, although architecture is my profession and I
have devoted my life to it, I try not to forget that there exist
more pressing problems for human existence. These require
the attention of each of us and to ignore tham as if ali were
for the best in the best of ali possible worlds would constitute
an unjustifiable act of self-alienation. I'm not so innocent
that I believe one's work will enter necessarily into history.
Rather I consider myself a realist facing up to the illusive and
precarious nature of existence in the face of the obliterating
effects of time.
Are you criticai then of those who consecrate themselves entirely to their work in a spirit of self-renunciation and ideahsm?
First of ali, I am not criticai of anyone. I know that today any
activity requires more than ever both perseverance and idealism.
Yet even the extreme energy that one person, such as Gide, for
cxample, consecrated to activitics of a pcrsonal or professional
nature can, I believe still spare itself for the more essential
business of association with the word in which we live.
That means that you attach more importance to the man that
to the artist?
Obviously-Look at the work of Gorky. Read, for exemple,
A/y Universities and you will feel great respect for the man.
Do you find such an attitude indispensable?
No, not indispensable. Often what the artist lacks is just this
concern that would furnish him with other perspectives and give
another dimension to his work while at the same time increasing
his personal satisfaction.
When did you begin to be interested in social problems?
I think I must have been born with a natural aversion to the
middle classes and to middle-class privileges.
Do you accept those who don't think as you do?
I am in favour of complete freedom of thought, speech, and
press. I have had friends of ali political tendencies, and politics
have never influenced our relations.
Do you believe that intellectuals and artists should parlicipatc in
political problems?
AH of us participate, even silence indicates acceptance. The
worst thing is that those who say nothing make themselves
miserable by looking for an excuse in determinism.
Do you entertain religious feelings? Are you Roman Catholic
like the majority of Brazilians?
1 am not Catholic, but 1 should like to believe in something.
We are faced with the question of why the world was created
in the first place, life being so hostile yet science so complex
that nonetheless to destroy it ali would be absurd.
How do you interpret the spirit of friendship?
I would like to discuss another sort of friendship, the comradeship that unites us ali during the short adventure of this life
so full of surprises. I don't mean simply common defence
against the shadows and mysteries that inspire fear in ali of us,
but rather something greater —almost cosmic— that permits
comprehension, detachment, and solidarity.
What are your strongest memories of childhood and adolescence?
Like the Brazilian author A. Amoroso Lima, I remember the
house where I was born in the Laranjeiras district. Later the
• o. e s i ,
ACL
. 4 fib, p- «-
street where this house stands was named after my grandfather,
who was minister of the Supreme Court: Antônio Augusto
Ribeiro de Almeida. The gradient of this street is so steep that
now I wonder how I could have run down it at full speed
chasing a football. The house itself with its balanced fenestration and a verandah that went right round to the far end of the
garden, and over the door the initials of our family ....
I remember as well my grandmother, with a bunch of keys at
her waist closing doors and windows, or, on Sunday, with great
seriousness unlocking the oratory off the parlour, for it was
there that we celebrated mass in view of ali the neighbours. I
remember my grandparents, parents, brothers, sister, uncles,
aunts, and my cousin Milota, who was a second mother to me.
Ah, what "saudade"!
Later, it was Dona Herminia Lira da Silva's kindergarten, my
school, and, at the age of fifteen, the Fluminense Futebol Clube
and the Regata Club at Guanabara, the Café Lamas and the
Lapa district, the site of my favourite walks. Finally, the
National Fine Arts Academy where I completed my studies in
architecture.
You're considered to be Brazil's greatest architect and your fame
and reputation are worldwide? You evidently have an enormous
quantity of work. Does this mean that you are a rich man?
This is a question that has never much interested me. Let
me cite a few examples to prove it. My first commission was a
nursery in the Lagoa district of Rio. I asked nothing for doing
it and when the brise-soleils weien't right, I paid for new ones
out of my own pocket.
In my dealings with Novacap for the construction of Brasília, I
systematioally refused any commission, relying solely on my
salary as a civil servant, even for the construction of the Palace.
I might add that had I wished to accept, the commission offered
was a regular percentage established by the Brazilian Institute of
Architects. Worried by this refusal and by my financial condition, Juscelino Kubitschek asked me in addition to prepare
projects for the Bank of Brazil and the National Bank for
Economic Development, these being important commissions to
be paid at the official rate. Again I refused and asked that
these be given to two colleagues: Ari Garcia Rosa, the winner
of the Bank of Brazil competition held at Rio, and Alcides da
Rocha Miranda who was interested in the Bank for Development project.
And that's not ali. For a long time after leaving my position
with the Municipal Corporation of Brasília, I continued to
collaborate with the federal authorities whenever called upon.
That was how I carne to determine the basic design for the
stadium, the Parliament lowerhouse annex, the Supreme Court
annex, the Planalto Palace annex, the Armed Forces Headquarters building, the Military Aoademy, the Terrestial Museum, the
railway station, and other buildings. My only concern during
that period was to conserve the architectural unity of the capital.
Afterwards, I was called upon to design a great many buildings
elsewhere but if you question my closest friends they'll tell you
that I spend or give away everything that I earn. Today, just
as before, I must continue working. I think I should be
ashamed to be rich.
&PS 4AJ, ?>f0X<=i,0.6<l, 4 C L 4 / Z 6 , p -
EXTRACT FROM A RECENT INVERVIEW WITH OSCAR NIEMEYER
BY MARC EMERY IN PARIS
Can you describe your method of working?
First, I familiarise myself with the problem: the building programme, local condttions, the technical means available, and the
budget. Then follows a period of brainwork. When I begin to
sketch, the basic elements of the design are already there. The
initial drawings are always small, at a scale of 1/500, and are
accompanied by an explanatory text. If the text should prove
unconvincing, then I know that something is missing from the
design itself. The project is satisfactory only when I feel
certain that it adds something to the sum total of architecture,
even when this addition is a small one. The design is then
revised by means of a model, through which I can control its
volumes, forms, and open spaces.
What are your impressions of architecture in other parts of the
world?
Because of having worked extensively in Brazil, I feel rather
worried about the difficulties confronting my European colleagues. Year after year rules and regulations accumulate that
limit their creative possibilities. These take the form of cultu-
ral restrictions and of a bureaucracy interested in everything
except creativity.
In the developing countries, where I also have some experience
—and Algeria in particular— this situation is reversed. Although
they lack an advanced technolpgy and workers are underskilled,
they possess impetus and a desire to affirm themselves. These
characteristics are even more salient in circumstances where
modem technology is applied for the first time. Here architects are concerned only with projects at hand and confident
that only hard work and professionnal experience can pave
the way. There is no question but that during these last ten
years spent largely in the Old World —which I admire so and
which now I must think about leaving— I have had ample
opportunity to come to grips with problems beyond the scope
of architecture, perhaps more closely linked to man and the
world. My thoughts are now returning to my faroff Brazil,
to that Latin America whose growth and sufferings seem almost
to result from some independent natural force. This is the
continent that recently watched horrified the crime against
AHende and heard the loving, protesting voice of Neruda extinguished. Luckily, there is hope to be had from the certainty
that life is changing and that our dreams of a better world are
confirmed by the path of history.
EXCERPT FROM OSCAR NIEMEYER'S SPEECH OF ACCEPTANCE
OF THE LENIN PRIZE AWARDED AT BRASÍLIA
What has become of our brothers the workers who helped build
this city?
They who, like us, have humbly struggled and
suffered, perhaps more than we, in this enterprise. What has
happened to these brave comrades, the real builders of this
capital? That is the question I put to legislators and members of
the government when they ask me to say something about
Brasília. I should like to point out, although the fact is well
known, that our fellow-workers have left the capital city they
themselves built and that the houses, schools, nurseries, clubs
and ministries that they constructed never in fact in the least
belonged to them.
\ s consolation they have only the timehonoured misery upon which exploitation and poverty are based.
How can we cornfort ourselves about the "satellite towns'
where the workers are now housed, incredible sort of bedsuburbs, in reality an accumulation of slums where poverty offers
a permanent cry of revolt. I must ask you to recall that our
brothers have grown weary of this disparaging abandonment.
They know, too, that the time has come take their destiny into
their own hands and to wrest for themselves the living that they
have been denied.
I do not hesitate to warn you that Lúcio Costa's master plan
is about to be changed. The provisions for public assistance
housing have been refused at the very moment when contact
between rich and poor would have provided the best guarantee
of development for Brasília. Furthermore, I can show how
social discrimination has taken root throughout the capital
district, how for example the lakeshore frontage that was
meant for general use has been allowed to fali into the hands
of the middle class for their private clubs by means of builder
speculation, whose fees have put property out of reach of the
workers.
I ask you: what measures do we intend to take to put this
situation to rights?
D.S
Poverty is attractive to you then?
No, it's not that. But I think that in spite of suffering, there is
a great deal of grandeur that if we were rich we wouldn't
possess. We need to achieve the condition of society exhorted by
Theillard de Chardin; then "being" and "knowing" will be more
important than simply "having".
How do you view life? Are you pessimistic?
Sartre, in his enduring pessimism, states that ali existence is
defeat.
This leads nowhere, yet it is difficult to contradict
his maxim. What is important is to make life more human and
more just. Man must learn to readjust to the biological scale
of the universe without bitterness or revolt and to take pride
in his surroundings. He needs to be prepared to discover a
little of himself in the rivers and oceans, clouds and mountains;
for it is to the earth that he must one day return.
LXXXII
LXXXIII
AA
$9) Mi
,P)'0)(^.O.eSi,AC.L.4/Z^^1<l
171
OSCAR NIEMEYER
e>h W, P)IO X^.O.ESl
.AdL.^/Ujf-lO
Oscar Niemeyer. Luciaoo Pozzo,
structure : Antônio Nicola,
collab. Glauco Campello.
12
SIEGE DES EDITIONS
M O N D A D O R I MILAN
18
CENTRE D'AFFAIRES A
MIAMI
Oscar Niemeyer.
collab. Hans Muller.
24
CENTRE
RIO
Oscar Niemeyer,
structure : Studio Nervi.
34
M A I S O N DES
A BRASÍLIA
36
OE
ARCHITECTES
MINtSTERE DE LA DEFENSE
A BRASÍLIA
DE
BRASÍLIA
Oscar Niemeyer.
structure : Projectum
structure : Projectum Engenharia,
collab. Carlos Magalhães,
João Filgueiras de Lima.
Oscar Niemeyer,
structure : Joaquim Cardozo,
collab. Carlos Magalhães.
46
SIEGE RENAULT
A BOULOGNE-BILLANCOURT
Oscar Niemeyer, Pierre
structure : Fabregheit,
collab. Hans Muller.
51
BOURSE DU TRAVAIL
A BOBIGNY
Oscar Niemeyer,
collab. José Luiz Pinho.
56
CITE NEGEV
Oscar
58
LOGEMENTS
A OXFORD
62
TOUR PB 17
A PARIS-DEFENSE
Oscar Niemeyer,
collab. José Luiz Pinho.
66
QUARTIER
A RIO
Oscar Niemeyer,
structure : Paulo Fragoso.
70
M U S E E DE LA TERRE
A BRASÍLIA
73
PALAIS DES AFFAIRES
ETRANGERES A ALGER
Vigneron,
Niemeyer.
Oscar Niemeyer,
collab. José Luiz Pinho.
Oscar Niemeyer,
structure : Paulo Fragoso,
collab. Carlos Magalhães,
João Filgueiras de Lima.
ARCADES
Oscar Niemeyer .
PALAIS DES
A BRASÍLIA
78
PALAIS DE JUSTICE
A BRASÍLIA
Oscar Niemeyer,
structure : Joaquim Cardozo,
collab. Renato Alvarenga, Gervasio,
Seabra.
81
M O S Q U E E A ALGER
Oscar
Niemeyer,
82
CENTRE
Oscar
Niemeyer.
84
ZAC DE DIEPPE
86
M A I S O N DE
DU HAVRE
88
UNIVERSITES D A L G E R
ET DE C O N S T A N T I N E
LA
D'ALGER
Oscar Niemeyer. Marc
CULTURE
92
HABITATION
97
STADE A BRASÍLIA
98
HOTEL
100
Emery.
Oscar Niemeyer
collab. José Luiz Pinho.
Oscar Niemeyer,
structure : Projectum Engenharia,
collab. Fernando Burmeister,
Hans Muller, Luiz Marcai,
Jorge Valle, José Lopez,
pédagogie : Heron Alencar,
Luiz Hildebrando P. Silva,
Ubirajara Brito, Euvaldo Mattos.
A RIO
NATIONAL
Je veux qu'il soit clair qu'en parlant de 1'oeuvre de Le Corbusier, qu'en
commentant son architecture et Ia nôtre, qu'en citant influences et caractéristiques, je n'ai pas — et n'aurai jamais — pour objectif de les
comparer qualitativement. Je veux seulement montrer 1'influence initiale
que nous avons recue de lui et après, comment et pourquoi nous nous
sommes éloignés un peu de son architecture. Ce sont des architectures
qui répondent à des climats, des habitudes et des sensibilités différents,
ce qui, à mon avis, les rendent toutes deux plus authentiques et créatrices.
Oscar Niemeyer,
structure : Joaquim Cardozo.
collab. Milton Ramos.
76
CIVIQUE
Comment expliquez-vous votre architecture ?
L'architecture brésilienne est basée sur Ia technologie, plus précisément
sur celle du béton arme. Ceei explique les formes libres qui Ia caractérisent.
Comme toutes les autres, elle a subi 1'influence de 1'ceuvre extraordinaire
de Le Corbusier, dont elle a reçu les príncipes de base et ensuite avec
Ia construetion du siège du Ministère de 1'Education et de Ia Santé (1936),
projetée par lui, 1'impulsion initiale indispensable. Cortduite par Lúcio
Costa, elle a profité d'une période propice, rencontrant en Gustavo Capanema et Juscelino Kubitschek, un appui exceptionnel. Le premier l'a
acceptée et l'a promue quand tous les autres Ia refusait ; le second lui a
donné avec 1'ceuvre de Brasília, 1'échelle internationale.
Mais, si nos architectes ont reçu, comme tous ceux de notre génération,
rirtfluence du vieux maitre, de son architecture, ils se sont peu après
éloignés, attirés par 1'architecture plus libre que 1'ceuvre de Pampulha
annonçait (1940) (1). Ms ont fait du béton arme leur outil de travail en
eliminam les poutres apparentes, en donnant à Ia courbe une plus grande
échelle, cherchant Ia portée maximum que represente à travers le temps
un objectif permanent du progrès de Ia technique construetive. Ils ont
invité les spécialistes du beton à pénétrer dans ce monde de fantaisies
qui est Ia liberte plastique, les obligeant à suivre, sans peur, le trace
architectural. Les portées s'agrandirent, les dalles s'amincirent et les
colonnes se firent plus fines, três fines, l'architecture plus légère, touchant
quelquefois à pcinc le sol, comme dans les palais de Brasília.
La différence entre notre architecture et celle de Le Corbusier est facile
à constater. Si vous examinez son ceuvre, vous verrez qu'elle utilise des
portées réduites, des poutres apparentes (voir les palais de Chandigarh)
grossissant délibérément les appuis dans 1'esprit de cette architecture
robuste qu'il savait si bien faire (2). Vous pouvez constater dans les deux
architectures Ia même préoccupation de Ia forme plastique, Ia même
«Jisposition à oublier les petits détails d'économie et de simplicité construetive pour maintenir 1'esprit et Ia spontanéité du trait original. Dans
les deux cas, Ia beauté constitue une fonetion importante. La beauté et
1'intervention architecturale.
Oscar Niemeyer,
CATHEDRALE
0'HABITATION
Oscar Niemeyer
structure : Studio Projectum
Engenharia,
collab. Carlos Magalhães.
Oscar Niemeyer,
collab. Hans Muller.
A
RIO
SIEGE DU PARTI C O M M U N I S T E
FRANÇAIS. PARIS
Oscar Niemeyer
structure : Projectum Engenharia,
collab. Nauro Esteves.
Oscar
Niemeyer, Jean
Deroche,
Chemetov,
ARTISTES AYANT COLLABORE AUX PROJETS :
Alfredo Ceschiatti, Athos Bulcao, A. Votpi, Bruno Giorgio, Di Cavalcanti, Mary Viein
Sérgio Camargo.
Jardins i Burle Marx. Alda Rabello.
collab. Jean Prouvé.
José Luiz Pinho, Berim.
102
SIEGES
P-21
Nous croyons que Ia meilleure façon de traduire Ia pensée d'Oscar
Niemeyer
est de reproduire des extraits de sa dernière interview aux journaux de Rio.
Engenharia.
41
D'ETUDIANTS
BP3 4AJ, P)»o Xa!.O. 6S l, A CL . 4 / 2 6
v
EXTRAITS D E L1NTERVIEW ACCORDEE PAR OSCAR NIEMEYER
AUX JOURNAUX BRESILIENS (OCTOBRE 1973).
N U M E R O C O N Ç U PAR M A R C EMERY
MUSICAL
O
Oscar Niemeyer,
Anna Maria Niemeyer.
Edites par le Mobilier International.
PHOTOS : Couverture : Christian Sarramon. P.' VI : Deste Photography, Londres
P. XXXIX et XL : P. Joly et V. Cardot. M. de Villeyre. P. 1B t Photo Indisscolor, Pari:
P. 34 i Luiz Carlos Homem. P. 36 : Cydno Silveira. P. 46 : Maquettoptic - J. Charror
G. Martin, Villeiuit. P. 66 : J. Charron. F. Morta. P. 100 : M. Moch.
Pourriez-vous expliquer vos projets ?
- Notre objectif est 1'invention architecturale. Répéter les solutions
existantes, même en les améliorant, ne constitue pas, à mon point de vue,
une ceuvre d'architecture, car elle exige de 1'architecte une contribution
innovatrice. Telle est ma préoccupation permanente depuis les oeuvres
de Pampulha jusqu'aux palais de Brasília et d'autres oeuvres en cours à
1'étranger. Et pour que vous puissiez sentir l'effort avec lequel j'essaie
ue trouver cette contribution indispensable, je commenterai trois de mes
derniers projets, ou je ne me suis pas limite aux problèmes de 1'architecture, mais ou je suis allé jusqu'à 1'exploitation de Ia technique, intervenant même dans les programmations. Pour 1'université de Constantine,
j ai refusé le programme presente qui prévoyait pour chaque faculte un
bâtiment independam avec ses salles de classes et ses laboratoires. J'ai
projete deux grands édifices seulement; un bâtiment de classes (salles
de classes et auditoriums) et un bâtiment de sciences (laboratoires). Les
facultes se servent de ces deux bâtiments-là. Cette solution réduit le
nombre de bâtiments, tout en preservam le terrain et en donnant à
1'Université un sens plus flexible et plus actuel. J'ai spéculé sur le béton
arme, en créant les grands espaces libres et les porte-à-faux de 25 m
qui surprirent tous, en obligeant les Algériens à s'équiper, à organiser
des entreprises de préfabrication et d' « argila expandida », en leur
donnant conscience qu'un nouveau système de construetion débutait dans
leur pays.
Pour Ia tour de Ia Défense, à Paris, j'ai écarté les solutions connues que
sont 1'accès des sanitaires, etc. au centre du bâtiment et je les ai mis dans
les pignons, ainsi j'ai pu créer les salons et les jardins suspendus entièrettent libres. Cest Ia solution idéale pour le bureau-voyage adopté aujourd'hui dans toute 1'Europe, solution qui, au Brésil, rencontre des difficultés
a
se faire admettre par quelques-uns, car ils pensent toujours aux petites
salles obsolètes et à 1'utilisation obligatoire de toutes les façades, tellement
dans le goút des promoteurs immobiliers.
(J) L'architecte trancais Deroche m'a dit : € Pampulha a éte le grand enthousiasme
W notre génération. »
<2J Mes derniers projets, le musée de Ia terre et le centre musical de Rio presentent
une des caractéristiques de 1'architecture brésilienne i démontrer, quand le tneme
le
permet, le progrès de Ia technique dans toute sa plenitude.
l'our le centre musical de Guanabara (Rio), mon dernier projet, j'ai
commencé par grouper en un seul bloc les trois salles de musique qui
précédemment étaient séparéCs, ce qui donne à 1'ensemble Ia flexibilité
souhaitée, Ia possibilite de créer des spectacles nouveaux, etc. J'ai exploité
Ia structure, prévoyant des grands porte-à-faux, laissant libre Ia vue à
travers les pilotis, ou l'on voit — solution inédite — les formes des
coupoles renversées qui constituem les courbes de visibilité des salles de
musique.
Voilà comment le travail de l'architecte peut s'élargir, envahissant les
secteurs de Ia technique et de Ia programmation, et ainsi devenir plus
complet et si possible innovateur. II serait ridicule de considérer comme
formalistes ces oeuvres-là, si sotgneusement élaborées.
Que pensez-vous de Ia critique ?
— La critique des oeuvres déjà accemplies ne nous préoccupe pas et
encore moins ceux qui Ia font. II y a seulement quelques architectes qui
sont disposés à attaquer 1'architecture plus intensive que nous préférons.
Ce sont ceux qui font 1'architecture qu'ils peuvent et pas celle qu'ils
aimeraient faire. Cela les obligent à défendre leurs projets et conséquemment à combattre notre point de vue. Mais nous les comprenons três
bien. Souvent, devant un thème plus ambitieux ils essayent de faire
1'architecture plus libre que nous préférons (plus drfficile comme disait
Le Corbusier) et maintes fois le résultat est négatif. Ils retournent alors
au « café-au-lait » comme disait mon vieil ami Rodrigo Melo Franco
de Andrade.
Comment voyez-vous les autres architectures ?
— J'accepte et je respecte toutes les écoles d'architecture, depuis les
plus simples et froides, de Mies Van der Rohe jusqu'à 1'architecture
imaginaire et delirante de Gaudi. Et je fais 1'architecture qui me plait,
liée à mes racines et à mon pays.
Vous avez beaucoup de travail en dehors du Brésil. Vous avez des projets
en France, en Italie, au Portugal, au Liban, en Israel et maintenant à
1'Université d'Oxford. Pourriez-vous nous expliquer ces projets ?
J'ai beaucoup travaillé à 1'étranger. Cela me réconforte et m'aide à répondre à beaucoup de questions. Je préférerais néanmoins parler d'un autre
sujet. Ce serait bizarre d'expliquer tout le temps mes projets et, en
même temps, de répéter que je n'accorde pas d'irrvportance à 1'architecture.
Pourquoi dites-vous cela ?
— Vous avez raison de poser cette question. L'architecture est ma profession, et j'y ai consacré toute ma vie. Je n'oublie quand même jamais
qu'il y a des problèmes plus importants, plus proches de 1'existence et
de 1'être humain, des problèmes qui exigent de nous tous une contribution
réelle ou, tout au moins, une préoccupation consciente et généreuse. Les
laisser de côté, comme si tout se passait dans Ia paix du Seigneur, me
semble une aliénation injustifiable. D'un autre côté, je ne suis pas ingénu
au point de suivre ceux qui donnent à ce qu'ils font une importance
extraordinaire, ceux qui se jugent predestines, prêts à entrer dans 1'histoire.
Je suis réaliste et je sais parfaitement combien tout est précaire et illusoire,
face au temps qui efface et fait oublier.
Vous critiquez donc ceux qui se consacrent entièrement au travail et qui
le font avec abnégation, pleins d'idéal ?
— Je ne critique personne et je sais que toute activité humaine exige,
aujourd'hui plus que jamais, persévérance et idéalisme. Je ne suis pas
d'accord avec ceux qui s'enferment dans une tour d'ivoire, et qui s'écartent des problèmes de Ia vie, comme si le monde tournait autour d'eux,
comme s'ils n'étaient pas une parcelle minuscule de cet ensemble immense
aue nous appeions 1'Únivers. Je sais aussi que nos taches sont bien faites
lorsque nous nous y attelons avec confiance. II y en a de nombreux
exemples, à toutes les époques et dans toutes les professions. Quand on
lit « La Petite Dame » ou le journal de Gide, on est surpris de constater
avec quelle volonté cet écrivain se consacrait à Ia littérature. Gide organisait des soirées, il discutait et lisait des textes en présence de ses amis,
y compris ceux qu'il était en train d'écrire. Cela n'a pas empêché d'autres
écrivains d'en faire autant, même s'ils avaient des activités parallèles différentes, moins personnelles et sans doute plus importantes, des activités
qui les rattachaient au monde dans lequel ils vivaient, eux qui refusaient
1'injustice, Ia misère et 1'arrogance.
Cela veut-il dire que vous attachez plus d'importance à 1'homme qu'à
lartiste ?
- Evidemment. Voyez 1'ceuvre de Gorki, par exemple, lisez « Mes Universités », et vous sentirez un profond respect pour cet homme.
3Pi 4A/, P)i0A^.O.esi
Croyez-vous que cette attitudc est indispensable ? Ne croyez-vous pas que
1'artiste s'écarte ainsi de son ttuvre et de sa profession ?
— Non. Ce qui manque à 1'artiste, bien souvent, c'est justement cette
préoccupation plus grande, qui le porterait vers d'autres connaissances et
donnerait à son travail une autre dimension, en le rendant heureux.
Quand avez-vous commencé à vous intéresser aux problèmes sociaux ?
— Je crois que je suis vemi au monde avec une aversion naturelle contre
Ia bourgeoisie, et ses privilèges. Cest ce qui explique pcut-être que je
n'ai jamais oublié, alors que j'avais à peine douze ans, ma grand-mère
disant à notre domestique, comme si elle était dans sa ferme de Maricá :
« Enleve ce chiffon de Ia tête, les négresses ne mettent pas ça ! ».
Acceptez-vous ceux qui ne pensem pas comme vous ?
— Je suis pour Ia totale liberte de pensée écrite et parlée, c'est Ia raison
pour laquelle j'accepte ceux qui ne pensent pas comme moi. J'ai eu des
amis de toutes les tendances, même dês « intégralistes », et nos divergences
politiques n'ont jamais influé sur notre amitié. Je me disais qu'ils se
trompaient et, bien sür, ils en pensaient autant à mon sujet.
Croyez-vous que les intellectuels et les artistes doivent participer aux problèmes politiques ?
— Tout le monde participe. Quelques-uns contre, d'autres en faveur.
Même ceux qui se taisent participem. Omettre c'est accepter. Le pire
est qu'ils le font avec Ia conscience lourde, en cherchant un refuge dans
le déterminisme, possédés par cette angoisse douloureuse que Kierkegaard
appelait angoisse d'Abraham.
Avez-vous des préoccupations d'ordre religieux ? Etes-vous catholique
comme Ia majonté des Brcsiliens ?
— Je ne suis pas catholique mais j'aimerais croire à quelque chose.
Pourtant, Ia science est si profonde et Ia vie si hostile que je finis par
me demander comme notre frère Vinícius de Morais : « Si c'était pour
tout défaire, pourquoi 1'avoir fait ? ».
Comment comprenez-vous 1'amitié ?
— J 'aimerais pouvoir parler d'une amitié différenle, 1'amitié qui réunit
les hommes comme de vrais camarades dans cette courte aventure, pleine
de surprises, qu'est Ia vie. Je ne parle pas de l'amitjé défensive, de Ia peur,
des ombres et des mystères, mais de quelque chose de plus grand, quasi
cosmique, plein de comprehension, de détachement et de solidarité. Quand
on parle d'amitié, on se limite aux amis, chacun dans son petit groupe.
Aux autres, à notre frère inconnu et tant de fois misérable, il reste seulement un intérêt mineur, le reste presque toujours démagogue et jamais
obligatoire.
une comrrission sur les travaux ». J'ai refusé. J'ai toujours eu une véritable répulsion pour ce mot de commission. Et pourtant, dans 1 affaire
en question, il s'agissait d'un pourcentage habituei, normal, qui a été
fixe par 1'Instkut des architectes. Bref, j'ai fait tous les palais de Brasília
avec mon salaire de fonctionnaire public. Pendant Ia construction de Ia
nouvelle capitale, Juscelino Kubitschek, inquiet de ma situation économique, m'a invité à faire les projets de Ia Banque du Brésil et de Ia Banque
du Développement Economique. Cétait des ouvrages importants qui
devaient être payés aux tarifs officiels. J'ai refusé et je lui ai demande
de les confier à deux confrères : Ari Garcia Rosa, qui avait remporté, à
Rio de Janeiro, le concours pour le siège de Ia Banque du Brésil, et
Alcides da Rocha Miranda, qui s'intéressait au projet de Ia Banque du
Développement Economique.
Ce n'est pas tout. Pendant longtemps, alors que je ne travaillais plus à Ia
Municipalité de Brasília, j'ai continue à coopérer avec les autontés fédérales qui faisaient appel à mes services. Cest ainsi que j'ai fait plusieurs
avant-projets : stade de Brasília, bâtiment annexe de Ia Chambre des
Deputes, bâtiment annexe de Ia Cour Suprême, bâtiment annexe du
Palais du Planalto, Palais de 1'Armée, Ecole Militaire, Musée de Ia Terre,
gare, etc. J'avais pour seul souci de conserver 1'unité architectonique de
Brasília. Après j'ai eu beaucoup de travail ailleurs, mais si vous interrogez
mes amis les plus proches, ils vous dirortt que je dépense et que je dorme
tout ce que je gagne. Aujourd'hui, comme hier, il faut que je travaille.
Je crois que j'aurais honte d'être riche.
F.st-ce que Ia pauvreté vous attire ?
— II ne s'agit pas de cela. Mais je pense que nous y trouvons beaucoup
de souffrance et aussi beaucoup de grandeur. II y a quelques jours, j'ai
rendu visite à quelqu'un qui m'a envoúté. II m'a dit : « M. Niemeyer,
ce n'est pas pour moi que je panle. Je n'ai jamais habite dans un appartement comme celui-ci; je suis un homme pauvre >. Le jour ou des
phrases comme celle-là ne seront plus 1'exception qui nous étonne et nous
émeut, ce jour-là Ia société aura atteint cette étape supérieure souhaitée
par Theillard de Chardin. Ce jour-là, c Etre et Savoir » seront plus importants que • Posséder »,
entre Marc Emery et Oscar Niemeyer
(janvier
74
ei est votre système de travail ?
Je prends premièrement contact avec le problème, le programme, les
nditions locales, les possibilites techniques, économiques, etc. Après
laisse mon cerveau travailler tranquille. Quand je commencé mes
jquis le chemin architectural est déjà fixe. Mes premiers dessins sont
jjours à échelle réduite, 1/500, et quand une idée arrive je commencé
Ia développer, cherchant parallèlement à Ia préciser avec un texte
jlicatif. Je sais que si mon explication n'est pas convaincante, ma
ution est deficiente. Le projet tel qu'rl est me satisfait seulement quand
trouve qu'il ajoute quelque chose, aussi petite soit elle, à 1'architecture.
rec une maquette je controle mon travail, les volumes, les formes, et
espaces libres.
,^CU
4-/26, p-23
Quelles sont vos impressions d'architecte à travers le monde ?
— Je suis un des architectes qui a elabore le plus grand nombre de
projets, presque tous dans mon pays. Cest pourquoi je suis inquiet de
voir comme est difficile Ia tache de mes confrères du vieux monde. Ce
sont des règlements qui s'accumulent jour après jour pendant des années,
limitant leur force créative ; des concepts depassés de tradition et culture
et une bureaucratie qui s'intéresse à bien des choses, mais pas à Ia
création architecturale.
Dans les pays du tiers monde, auquel je prête ma collaboration —
1'Algérie spécialement — c'est le contraire. S'il leur manque une technique avancée, si Ia main-d'oeuvre est deficiente, il leur reste un élan, un
désir d'affirmation incontestable ce qui, pour moi, est plus important.
Dans les pays en voie de développement, integres dans Ia technique
moderne, ces caractéristiques «'accentuent; les architectes ne se soucient
que de leurs projets en cours, convaincus que c'est par le travail, 1'expérience professionneHe, qu'ils seront prêts à intervenir dans 1'arcbitecture
et dans Ia technique constructive. II est certain que ces dix ans de voyages
et de séjours à travers le vieux monde, que j'adm»re tant et auquel je
commencé à dire adieu, m'ont été utiles, en me permettant de prendre
contact avec les problèmes qui m'ont toujours attiré, problèmes en
dehors de 1'archkecture, plus lies au monde et à l'homme. Je pense toujours à mon Brésil lointain, à cette Amérique Latine qui souffre et
s'agrandit comme une force de Ia nature, qui assiste révoltée au crime
contre AMende, voyant avec tristesse que le chant de protestation et
d'amour de notre frère Neruda est toujours muet. 11 nous reste heureusement un espoir. La certitude que Ia vie va changer, que le monde
merlleur dont nous avons toujours rêvé est dans le sens de l'histoire.
Comment voyez-vous Ia vie ? Etes-vous un homme pessimiste ?
Sartre dit avec son pessimisme permanent : « Toute 1'existence est un
échec ». Cest une phrase négative qui ne mène nulle part. Mais comme
il est difficile de Ia contredire ! Ce qui est important. sans aucun doute.
c'est de changer Ia vie, pour Ia rendre plus juste et plus humaine et
quant à 1'homme, lui faire intégrer, en toute modestie, 1'échelle biologique
de 1'Univers ou kl retournera un jour à jamais. Et cela, sans amertums:
ni revolte, orgueilleux de tout ce qui 1'entoure, prêt à découvrir dans
les fleuves, les océans, les nuages et les montagnes un peu de lui-même.
Queis sont les souvenirs marquants de votre enfance et de votre adolescence ?
— J'ai lu un texte merveilleux d'Alceu Amoroso Lima, Ia visite, pleine
de tendresse, qu'il a fake à sa vieille maison de Cosme Velho. Je me suis
souvenu aussitôt de Ia maison ou je suis né et ou j'ai vécu, rue Passos
Manoel, dans le quartier de Laranjeiras. Cette rue a pris par Ia suite le
nom de mon grandnpère, ministre de Ia Cour Suprême : Antônio Augusto
Ribeiro de Almeida. Les temps passes sont alors revenus à ma mémoire :
Ia rue, tellement inclinée que je me demande encore comment je pouvais
Ia redescendre en courant lorsque je jouais au football; et puis notre
maison, avec ses fenêtres disposées symétriquement sur le devant, Ia
véranda qui Ia contournait jusqu'au bout du jardin, 1'entrée qui, je ne
sais pourquoi, portait les initiales de ma famille...
Je me suis souvenu aussi de ria grand-mère, un trousseau de clefs à Ia
ceinture, fermant portes et fenêtres ou, le dimanche, ouvrant d'un air
sérieux une des fenêtres du salon, 1'oratoire, car on y célébrait Ia messe
en présence de tous nos voisins. Je me suis souvenu bien sür, avec
émotion, de mes grands-parents, de mes parents, de mes frères et sceurs,
de mes oncles et tantes, de ma cousine Milota, qui a été pour moi une
seconde mère, que de < saudade » !
Ensuite, c'est le jardin d'enfant de Dona Herminia Lira da Silva, le
collège et, à quinze ans, le Fluminense Futebol Clube, le Clube de Regatas
Guanabara, le café Lamas et le quartier de Ia Lapa, ma promenade
préférée. Enfin, 1'Ecole Nationale des Beaux-Arts ou j'ai termine mes
études d'arohitecture.
Vous êtes considere comme le plus grand architecte du Brésil et un des
plus grands du monde. Vous avez, d'autre part, énormément de travail.
Etes-vous un homme riche ?
— Cette question ne m'a jamais interesse et je vais vous raconter des
histoires qui vont vous le prouver. Mon premier projet a été l'ceuvre du
Berceau, dans le quartier de Lagoa, à Rio de Janeiro. Je n'ai rien demande
pour ce projet et comme les brise-soleils de Ia façade ne correspondaient
pas aux dessins que j'avais faits j'en ai mis d'autres, en les payant de ma
poche.
Lorsqu'on m'a convoque à Ia Novacap, pour construire Brasília, Israel
Pinheiro m'a dit : « Niemeyer, votre salaire ne pourra pas dépasser Ia
limite maximum établie par les règlements, mais je peux vous donner
d'une conversation
trait du discours prononcé
ie a Oscar Niemeyer.
asses cinq ans, nous voici maintenant réunis dans cette viIle que
celino Kubitschek a f a i t construire en plein désert.
l
> est-il advenu de nos frères ouvriers qui ont aidé à bâtir cette vil le ?
qui, comme nous, plus que nous, ont souffert pour elle et pour elle
r
lutté en toute h u m i l i t é . Qu'est-H advenu de ces braves compagnons,
r
véritó les bâtisseurs de cette capitale ?
st Ia question que je pose aux deputes et aux sénateurs, aux hommes
gouvernement, s'ils me demandent de parler de Brasília. Je leur
3
iellerai, bien qu'ils le sachent dójà, que ces compagnons sont loin
Ia capitale qu'ils ont construite et que les maisons q u i l s ont
B
es, les écoles, les creches, les clubs et les palais, tout ce qu'ils
bati, ne leur ont, en fait, jamais appartenu. On ne leur a laissé que
u
Oscar Niemeyer a !a Rédaction de l'A.A lors de Ia préparation
numero.
du présen'.
en 1962 à 1'occasion de Ia remise du prix
Ia misère séculaire qui les opprime, base de leur exploitation et de leur
pénurie. Que dire, en outre, des villes-satellites oú on les a logés, de
ces incroyables villes-dortoirs, cet amoncellement de bidonvilles oü Ia
pauvreté est un cri de revolte permanent ? Je tiens à leur rappeler
que nos frères sont Ias de cet abandon qui les avilit, ils savent que
1'heure a enfin sonné de leur laisser prendre en mains leur propre destin
et d e x i g e r le pain et Ia terre qu'on leur a refusés jusqu'à présent. Je
n'hésiterai pas non plus à vous avertir três franchement que l'on est en
train de modifier le plan de Lúcio Costa. On a refusé les ensembles
résidentiels aux nécessiteux alors que tous les habitants de Brasília
devaient en bénéficier afin d'y grandir et de se développer, en equilibram, par le contact direct entre riches et pauvres. Ia dure réalité de
leurs modestes foyers. Et je peux vous montrer, si vous le voulez, comment Ia discrimination impregne tout le District Federal, comment les
bords du lac par exemple, prévus à des usages collectifs, ont été ostensiblement remis aux clubs prives de Ia bourgeoisie — cette intervent i o n de Ia spéculation immobilière — dont les quote-parts excessivement élevées les ont rendus inaccessibles à Ia classe ouvrière.
Je vous demanderai alors : que pense-t-on faire pour corriger toutes
ces injustices ?
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ous avons évité dans ce projet Ia
lution usuelle d'un bâtiment sans
urprise, comme une construction
éjà vue.
ous nous sommes beaucoup souiés de Ia structure. Nous avons
réé des ares au rythme varie, nous
vons suspenidu le bâtiment par des
rants, nous avons établi de grands
ces libres. D'autres dispositions
uvaient étre plus économiques,
ais Ia solution retenue par contre,
rovoque Ia curiosité, de sorte que
é bâtiment será visite avec le plus
rand intérêt, ce qui pour Ia Maiou Mondadori, comme pour toute
ande société industrieite, est d'une
rès grande importance.
otre souci constant a été d'enlever
aux employés de ce siège social
le sentiment qu'ils ne sont rien de
plus que le rouage d'un système.
Ceei explique rairchitecture adoptée, les grands salons et bureaux
paysage qui rendent possibles des
rapports plus humains. Ceei explique aussi le restaurant, conçu
comme un petit coin d'une ville,
une petite place ouverte avec boutiques, bar, restaurants divers, etc.
Cest Ia pause indispensable dans le
trava il que le réfectoire usuel ne
permet pas.
Três conscient des problèmes de
logique et d'économie, nous sommes également persuadés que l'invention architecturale est aussi une
fonetion d'une importance capitale
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CENTRE DMAIRES A MIAMI
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Le projet concernant Claughton lsland s'est révélé plus complexe que
nous ne 1'avions tout d'abord supposé, dans Ia mesure oü il soulève
des problèmes tant d'urbanisation
que d'architecture. D'oü Ia necessite, pour pouvoir tracer un plan
d'ensemb!e, de nous livrer au préalable à une étude approfondie qui
mette en évidence les axes de circulation automobile et pedestre, Ia
répartition des aires, Ia distribution des volumes et des espaces ouverts, tout en tenant compte de
Tambiance locale et de Ia proximité
de Miami, ce qui entraine des problèmes de visibilité, de proportions...
etc.
Par ailleurs, il ne s'agit pas là seulement de construire un vaste centre
d'affaires, mais bien de profiter
d*une occasion unique qui s'offre
de créer à Miami un modele d'architecture contemporaine, qui puisse illustrer les príncipes de 1'architecture verticale et mettre en valeur
les larges espaces ouverts qui en
constituem 1'élément fondamental,
malheureusement si souvent négligc
par certains architectes.
Toutes ces considerations nous ont
conduit à revoir entièrement le problème et, finalement, à éliminer notre première proposition, Ia solution
A, dans laquelle Ia disposition des
bâtiments reserves aux bureaux bloquait Ia perspective sur Ia baie de
Miami. La solution B, qui a retenu
nos préférences et que nous suggérons désormais, se fonde sur les mêmes príncipes d'urbanisation, et se
compose d'une série de bâtiments
en hauteur, que séparent toutefois
les vastes espaces ouverts nécessaires à 1'équilibre de 1'ensemble C.
Dans Ia zone résidentielle située,
corame I se doit, en bord de mer,
de larges parterres de gazon et d'arbres seront ménagés, permettant de
réaliser 1'indispensable intégration
entre habitat et espaces verts, prônée par 1'urbanisation moderne. lei,
les appartements et l'hôtel seront
disposés au milieu d'un ensemble
de jardins et de pares qui offriront,
au niveau du sol et face à Ia mer,
des aires de détente, d'activités sportives et récréatives.
En contrepartie, dans le secteur des
bureaux, on rapprochera davantage
les bâtiments, afin de réduire les
distances et de donner au centre un
aspect plus dynamique, correspondam mieux à Tanimation de Ia
zone des « affaires » avec toutes
ses activités commerciales D.
Pour relier tous ces bâtiments entre eux, nous avons prévu une construetion basse, de forme irrégulière,
E qui abritera 1'entrée de chaque
immeuble, ainsi que des salles de
conférence, des boutiques, des cafés, des coiffeurs, une poste, un
sauna... etc. Le sous^sol contiendra
une vaste salle de congrès de 4 000
places, pourvue de toutes les installations
techniques
nécessaires
(salles de conférences, équipements
pour Ia presse, Ia radio, Ia télévision, traduetion simultanée... etc.)
F. Le morcellement de ce secteur
de bureaux en un grand nombre de
bâtiments devrait permettre, à notre sens, Ia construetion rapide
21
BP) AAJ.ÍMoX^.O.eCt^CL
£>P> A*J,fí>ioX0i.Q.ts\,*K,L.
4/Ztyp-fo
Liunités fonctionnelles, et donc, leur
Icommercialisation immédiate.
lAu milieu du site, nous avons prévu
ld'installer un centre commercial :
|G vaste unité qui regroupera boutiIques, restaurants, salles d'exposiItion, cinemas, sroacks, H etc. Tout
[autour de 1'ile, bordant Ia route de
lpérimètre, on trouvera une autre
•série de boutiques, restaurants, bars,
Idirectement reliés aux promenades
1. mezzanine.
2. étage-type.
3. rez-de-chaussée.
4. sous-sol.
5. variante.
6. élévation
7. coupe.
22
piétonnières donnant sur Ia mer, qui
íourniront les vastes terrasses d'oü
l'on pourra jouir du splendide panorama qu'offre 1'ile I.
Notre plan implique 1'aménagement
de voies de circulation fluides et
rationnelles qui feront tout le tour
de 1'ile, desservant toutes les aires,
et séparant les automobiles des piétons J. Ces derniers pourront ainsi
profiter de 1'ile en toute liberte, sans
être aucunement gênés par les automobilistes. Au niveau du premier
sous-sol, une galerie será pratiquee
pour les piétons, ménageant tout
autour de 1'ile une paisible et agréable promenade. A 1'usage des véhicules, seront reserves les deux autres sous-sols, reliés par des rampes en pente douce.
II est impossible, dans le cadre d'une
étude préliminaire, d'élaborer tous
4/26,
p^l
les détatls architecturaux (plans d'intérieur des appartements et des bureaux), toutefois tous les problemes
principaux ont été clairement delimites, nous semble-t-il.
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CENTRE MUSICAL DE RIO
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Les croquis évoluaient vers une solution plus compacte.
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L'idée d'utiliser les inclinaisons du sol pour les salles de musique m'apparut, et Ia silhouette qu'elle donnait m'attirait.
r^
ez<,ACL.<y$
Mi, ?>/o ^ . o . e s i , ACL.4./Z6, p-Mí
JttMt
1
-
re idée est de reunir tous les
itoriums et salles annexes en un
édifice, créant ainsi un grand
oyer », avec des locaux d'ate, d'exposition, bars, etc. Cette
jtion evite que le nouvel enble se presente
fractionné,
me un prolongement du Musée
rt Moderne mais plutôt comme
élément autonome capable de
ictériser sa mission: le centre
;ical de Guanabara. La solution
nous proposons est logique,
ipacte et polyvalente, permetles spectacles simuJtanés que
rogramme exige, mais également
réalisations différentes — de
tère populaire — avec les auriums ouverts en direction du
jyer » le public étant distribuo
formalités, participant au speccomme s'il se trouvait dans
grande place couverte. Cela
a amenés à convoquer Jean
jvé, qui se propose d'étudier les
ils de 1'insonorisation des audijms — son, insonorisation et
vement — nous garantissant
à sa grande expérience, le
ès indispensable. Mais le prole de Ia structure nous a égalet préoccupé. Désireux de présr Ia vue en direction de Ia
nous suspendons tout 1'édifice
un appui central, charpente en
concret dans Ia couverture.
ts métalliques et balanciers de
Nous savions que le proe ne présentait pas de difficul11 s'agit en fin de compte d'un
de structure, clair et defini qui
épend guère d'un dimensionneadéquat. Toutefois, nous avons
ulté à Rome 1'ingénieur P.L.
auprès de qui nous avons
ntré le bon accueil auquel
nous attendions et un grand
êt à réaliser les calculs strucíx. II nous a propose Ia substii des éléments de charpente en
1 concret par des tirants méues, solution que nous présendans Ia variante 2. Nous étions
;ux de constater comment no>ensée s'harmonisait, comment
ux maitre acceptait notre dénation de prévoir les grands
es libres, d'envisager ainsi Ia
ique constructive, de donner
avail de ringénieur un sens
élevé et créateur. Et c'est avec
r que nous 1'avons entendu
: « Niemeyer, tu aurais dü
me voir il y a dix ans ».
rés en ce qui concerne le
ème structure!, dont nous
ns qu'il soulèverait des doutcs
les esprits les plus timides,
Le schéma pour le projet était fix< sommes retournés au travail
ant si les accès étaient à
ile de 1'ouvrage projete; si
rculation se faisait correctesi les liaisons entre services
it satisfaisantes ; si les problède son, climatisation. ventilaéclairage, etc. faisaient 1'objet
lutions teobniques requises, si
mplexe destine aux locaux
inistration, d'essais, aux sertechniques, etc., situe en parus teme, joint au bloc princiait flexible et apte aux modifis futures.
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MAI80N DES ARCH1TECTE8 A BRASÍLIA
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eiioxq.o.esi.AcuA/fyp-W
La programmation de ce bâtimeiii
s'adaptc aux necessites économiquês, ce qui explique les boutiques
et les bureaux au premier étage. Le
siège de 1'Ordre se trouve sur Ia
terrasse, et les salons de conférence
et d'exposition au sous-sol.
La construction s'appuie sur quatre
colonnes seulement mais Ia structure
est si simple et définie qu'elle ne
crée aucune difficulté économique
importante.
Le projet de 1'Institut d'Architecture imposait une solution de ce
type, simple et audacieuse, exprimant Ia phase actuelle de 1'architecttirc brésilienne.
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Sous-sol.
A. Boutique. B. Exposition. D. Admi
nistration. E. Bibliothèque. F. Séjour.
G.
Restauraot.
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