Gerard_Blaize_Aikido journal - Association Carré d`Étude de l`Aikido
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Rubrik/Thema Reportage j’apprends toujours. La maîtrise de soi est difficile à atteindre. Quoique, les ceintures noires connaissent les techniques et garderaient leur sangfroid face à une situation difficile. Pour atteindre ce niveau-là, il faut plusieurs années d‘entraînements.“ A septante ans, Alain n’a pas encore atteint „tout le savoir“, il se rend chaque année aux stages à La-Colle-sur-Loup 2009 °29F – 1/ N l a n r u Aïkidojo u 2e partie Extrait d ¦ Est-ce que vous travaillez beaucoup les armes ? Moi ? ¦ Oui. En aïkido ? ¦ Oui… Jamais. Pour les armes… je suis professeur de jodo dans le cadre de la Fédération de Kendo. Cela n’a rien à voir avec l’aïkido. En aïkido je fais très, très peu d’armes, Page Page40 40 Name Giovanni des Autors Piaia afin d’affiner les techniques et continue à prodiguer son enseignement avec la même ferveur, „expliquer cent mille fois …“ disait Maître Noro. Une autre réflexion de notre Sensei, on débute l’aïkido en „Force“, pour passer ensuite par la „Sagesse“ et découvrir en fin la „Beauté“, une pratique rigoureuse apporte le „geste juste“, tous ces ingrédients procurent „l’amour de l’aïkido“. Le président Dany Leclerre et le directeur technique François Warlet de la fédération A.F.A. ont expressément effectué le déplacement en notre dojo afin de remettre à Alain Salée le grade „ bien mérité „ de 7è dan. Site web : http://www.aikikaiverviers. be Arigatô gozaïmasu Sensei Salée. C. Wintgens/ T. Thomé/ G. Piaia. n Entretien avec Gérard Blaize (C) Photo Horst Schwickerath à Thun/CH – stage 2006, www.aikidojournal.eu J et seulement le bojutsu de l’aïkido, Masakatsu bojutsu, que m’a enseigné Hikitsuchi Sensei. Mais je ne fais pas d’armes en aïkido, parce que d’abord, quand O Sensei était vivant, on ne faisait pas d’armes. J’ai connus les maîtres japonais qui sont arrivés en France ou en Europe à l’époque où le fondateur de l’aïkido était encore vivant, et on ne faisait pas d’armes. C’est après sa mort que ça a commencé. Quand on demandait à Hikitsuchi Sensei, [il répondait que] c’était seulement O Sensei qui faisait des armes, et qui démontrait l’aïkido avec une arme. Mais les autres ne le faisaient pas entre Aïkidojournal Aïkidojournal1/2009 1/2009 Rubrik/Thema Entretien eux. J’ai donc réfléchi pourquoi, parce que moi aussi, à l’époque, j’ai aimé faire les armes en aïkido. Et quand je suis allé au Japon j’ai pratiqué un peu le Kashima Shin Ryu avec Maître Inaba et j’ai vu que je ne connaissais rien aux armes. Après pour différentes raisons j’ai été obligé d’arrêter et j’ai commencé l’étude du Shindo Muso Ryu avec Me Matsumura, et donc j’ai rencontré un milieu jodo, et dans ce milieu, j’ai rencontré des maîtres de kendo et des maîtres de iaïdo et j’ai compris qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec l’aïkido et les armes. Pour ce qui est de l’aïkido, j’essaie de faire comme mon professeur, c’est-àdire que j’essaie de démontrer comment on peut faire de l’aïkido avec une arme. Parce que le problème, en aïkido, c’est qu’il n’y a jamais eu d’enseignement de comment tenir une arme, comment attaquer avec une arme. Quelqu’un attaquait avec une arme, mais il savait déjà le faire, puis- piquer, quelles sont les différentes situations, selon que quelqu’un attaque là ou là… et donc, pour moi, j’ai complètement séparé. Il n’y a que le bojutsu, parce que, comme je l’ai déjà écrit, on peut dire que la position des pieds, la façon de se déplacer, de bouger, les angles des hanches, vont se retrouver dans les techniques, parce que c’est le bojutsu …parce que c’est le bojutsu créé par le fondateur de l’aïkido, qui est très différent … que à l’origine, la plupart de ceux qui commençaient l’aïkido étaient au moins 5e dan de kendo. Ils venaient du kendo, d’autres du judo ou du karaté. Et donc Me Ueshiba prenait quelqu’un qui connaissait les armes. Il démontrait ce qu’était l’aïkido avec une arme, mais il n’y avait pas une étude, comme dans une école, où on apprend comment tenir un sabre, comment tenir un bâton, comment attaquer, comment Aïkidojournal Aïkidojournal1/2009 1/2009 J (C) Photo Horst Schwickerath à Paris 2008–Le cours du vendredi midi au Dojo Lafayette, l‘ancien dojo de Me Noro. , www.aikidojournal.eu Name Schwickerath Horst des Autors créé par le fondateur de l’aïkido, qui est très différent des techniques d’armes que l’on peut étudier dans les écoles comme Sui O Ryu, le Kashima Shin Ryu, le Katori Shinto Ryu, etc. C’est tout à fait différent. Les directions ne sont pas les mêmes. C’est le problème. Que cela puisse apporter quelque chose à quelqu’un qui pratique, parce qu’il va apprendre à tenir son corps droit, à bouger correctement… en fait c’est la coordination motrice : si on tient un volant, on le tient correctement, on ne le tient pas avec les épaules comme ça… si on tient un balai… mais ce n’est pas très valorisant de dire : « Pour bien balayer il faut avoir les épaules basses, et tenir le balai avec les mains correctement placées… ». Le sabre c’est plus valorisant, mais c’est la même chose. ¦Je vous ai posé cette question, parce que j’ai souvent entendu dire que le travail avec le ken favorisait le progrès en aïkido. Pour moi c’est complètement faux. Parce que l’aïkido, ce n’est pas ça du tout. D’ailleurs, la première chose que l’on peut voir, c’est que si l’on prend les livres de Me Ueshiba, même les vieux livres, comme Budo no Renshu de 1933, il n’y a pas d’armes. C’est très intéressant : on ne voit pas d’armes. Si on prend les photos de 1942, on voit beaucoup d’attaques à mains nues, mais on ne voit pas d’armes. Et jamais Page Page41 41 J Rubrik/Thema Entretien avec Name Gérard des Autors Blaize Oui, O Sensei démontrait que contre une arme il pouvait faire de l’aïkido. Mais c’estlui qui faisait, tant qu’il était vivant. Après sa mort, on a fait beaucoup d’armes, surtout avec les livres de Saïto Sensei. ¦ Saito Sensei disait qu’il avait toujours pratiqué les armes avec O Sensei. Notre entretien a eu lieu au 1er étage du dojo, l‘ancienne salle de séjour de Me Noro.. le fondateur de l’aïkido n’a dit que l’aï- tions pour avancer plus vite en aïkido. kido était créé par les armes. Il n’y a pas Mais si quelqu’un n’en a jamais fait, on un seul texte… Ce dont il parle c’est lui crée un obstacle supplémentaire, tout à fait différent : il dit que l’aïkido parce qu’avant de savoir tenir un sabre, est l’expression du kotodama, c’est-à- il faut longtemps. Avant de savoir tenir dire cette croyance dans les pouvoirs un bâton et l’utiliser correctement, il des vibrations. Et il le répète sans arrêt : faut beaucoup de temps. Ce n’est pas « l’aïkido, c’est le kotodama. » Donc, ça en un mois ou en un an ou deux, une n’a rien à voir avec les armes. Je crois heure par semaine, que l’on arrive à qu’il y a une confusion. Et il y a aussi tenir un sabre. un problème de confusion chez les C’est pour ça que je sépare les deux pratiquants d’aïkido qui vient de ce choses : il n’y a que le vendredi de 2 à 3 qu’ils font toujours des armes entre heures que je fais du bo. Je l’enseigne eux, mais jamais avec un maître de un peu dans les stages, parce qu’on a kendo ou avec un maître de iaï qui ne le temps. Mais c’est le bo d’Hikitsuchi fait pas d’aïkido. Donc il y a une espèce Sensei, c’est le bo du fondateur de l’aïkido, et il se fait tout seul. Il ne se fait d’illusion. Quant à dire que si on fait du sabre jamais à deux. [cela va aider en aïkido]… Oui, si j’ai un élève qui pratique le kendo ou le ¦ Vous avez une vieille photo prise à iaïdo depuis dix ou quinze ans, je vais Shingu où l’on voir Hikitsuchi Sensei utiliser ses connaissances qu’il a déjà attaquer O Sensei avec un sabre… en kendo pour lui donner des indica- Page 42 Ce n’est pas tout à fait exact. Quand on regarde la première interview de Saïto Sensei, en 1985, quand il est venu en Italie, il a dit que c’est lui qui a créé l’aïkijo. Il a dit : « Parce que je ne comprenais pas ce que faisait O Sensei, pour essayer de comprendre j’ai créé l’aïkijo, et aussi l’aïkiken » et il a créé les 33 mouvements de jo, et les kumijo. Et il a bien expliqué que cela n’existait pas, que c’est lui qui a créé tout ça. C’est Saïto Sensei, c’est-à-dire que c’était son point de vue, et je pense que les élèves qui ont travaillé avec Saïto Sensei ont raison de continuer dans cette direction. Mais ce n’est pas du tout ce que faisait le fondateur de l’aïkido. C’est le problème. Maintenant que Saïto Sensei est mort, je ne sais pas ce qui va se passer. Ce que faisait O Sensei, et c’est Saito Sensei qui le dit, qu’ « On faisait toujours seuls le bo, mais O Sensei pour expliquer la logique, pourquoi on faisait tel ou tel déplacement, montrait de temps en temps avec quelqu’un. Comme il le montrait avec moi, je voyais à quoi cela correspondait. » Mais il n’y avait pas d’enseignement de ce que l’on faisait à deux. Saïto Sensei explique que c’est lui qui l’a créé. C’est dans son interview et ce que disait Aïkidojournal 1/2009 Rubrik/Thema Entretien Name Schwickerath Horst des Autors J Les gens sont contents, ils ont l’illusion de pouvoir éviter un sabre ! Saïto Sensei dans cette interview est très clair. Mais moi, j’avoue que je ne vois pas la relation entre les techniques d’aïkido et une arme. ¦ Mais beaucoup pratiquent les armes… Parce que c’est valorisant : Les gens sont contents, ils ont l’illusion de pouvoir éviter un sabre ! Mais on n’évite pas un sabre, on est tué ! (rires) C’est la réalité, c’est tout. Quand on connait les maîtres d’armes, on comprend ce qu’est une arme. Et ça éloigne de l’aïkido. Maintenant on est en train de traduire des textes du fondateur de l’aïkido : il avait fait des entretiens, vers la fin des années cinquante, Tamura Sensei était encore Comment l’aïkido a-t-il été créé ? Peu de gens se sont intéressés à cela. On dit toujours : « L’aïkido, c’est la synthèse moderne des arts martiaux. » Ce n’est pas ce que dit le fondateur de l’aïkido. Il dit : « J’ai étudié une trentaine d’écoles de budo, l’aïkido n’a aucune relation avec ces écoles. » [On dit aussi:] « L’aïkido a été créé par le ki. » Mais qu’est-ce que signifie le ki ? On n’en sait rien. Mais si on regarde sa vie : c’est un homme qui dès l’âge de dix-huit ans va étudier les budo, il n’est jamais satisfait, il lui manque quelque chose, il cherche, il va rencontrer Deguchi Onisaburo, il a une première expérience très forte quand ils partent ensemble en Chine – quand il dit qu’il a une espèce de vision quand il voit un éclair avant la balle… On peut dire que tout ça c’est des illusions, sauf que c’est Il a une deuxième expérience, où il dit que c’est comme une énergie d’amour qui fait fonctionner le monde. Il dit qu’il a eu le satori, mais on ne sait pas très bien ce que c’est. Il dit qu’il est entouré par une lumière d’or qui monte autour de son corps. Et il a encore deux ou trois autres expériences… La troisième qu’il décrit, date, je crois, de 1942 : de nuit, il fait une prière et tout d’un coup il est habité par ce qu’il appelle la divinité du vent, qui lui dit : « Maintenant, Ueshiba, que je suis dans tes veines, qu’est-ce O Sensei faisait des choses qui sortaient de l’ordinaire Aïkidojournal Aïkidojournal1/2009 1/2009 confirmé quand il est attaqué par un maître de kendo – il dit : « Je voyais une lumière, et donc j’esquivais facilement son sabre. » C’est aussi confirmé par Shioda Sensei, et Shioda Sensei n’était pas un philosophe… C’est très intéressant car c’était un des premiers élèves de Me Ueshiba, et qui l’a quitté parce qu’il n’était pas d’accord sur son évolution, et lui aussi dit qu’effectivement O Sensei faisait des choses qui sortaient de l’ordinaire. Donc cet homme a une capacité et on commence à dire qu’il fait des waza divins, qu’on ne comprend pas très bien. C’est sa première expérience. (C) 2008 Horst Schwickerath, www.aikidojournal.eu au Japon. Ces entretiens ont été enregistrés et retranscrits par un ami d’O Sensei, Takahashi Sensei. Ces textes s’appellent Takemusu Aïki. Et ces livres sont maintenant complètement traduits en français. J’en avais utilisé une partie dans mon livre, mais seulement les parties qui m’intéressaient par rapport au thème de mon livre, alors que là, il s’agit d’une traduction complète. Et on trouve là une explication de l’aïkido que l’on n’avait jamais eu jusqu’à présent. Parce que le fondateur de l’aïkido ne parle jamais d’armes, il parle toujours du kotodama. Il dit que l’aïkido, c’est l’expression du kotodama. Page Page43 43 J Entretien avec Gérard Blaize Le fondateur a dit : «En commençant le premier la technique, et en guidant correctement le partenaire, vous l’aspirez.» Gérard Blaize explique un déplacement … que tu vas faire ? » Tout cela se trouve dans Takemusu Aïki. Et il dit qu’il faut changer les techniques, pour que le monde entier devienne une grande famille. Il a une autre expérience… on parle d’aïkiken, mais en fait c’est : sho-chiku-baï no ken [sho-chiku-baï : pin-bambou-prune] mais comme c’est difficile à prononcer, on dit aïkiken. Et il explique comment il a créé ça : toujours à cette époque, il dit : « Je construits un dojo, à Iwama, je m’entraîne à 3 heures du matin, et à Page 44 un moment donné, devant moi, j’ai un peux pas… pourtant c’est du bois, son fantôme qui m’attaque. » Et c’est très hakama c’est du nylon, ce n’est même drôle parce qu’il raconte cela comme pas du coton, alors ça glisse. Je ne sen[je dirais] que nous sommes tous les tais pas de force, mais je ne pouvais deux face à face, et il dit : « Au début pas le tirer. j’étais un peu lent, puis je deviens plus Après il s’est assis en tailleur – pas à gerapide et j’arrive à le désarmer. » Et cet- noux – et me dit de pousser sa tête. Je te histoire dure trois semaines. Et il dit pousse sa tête, et il n’y avait pas de tête, : « Après, à un moment donné, quand il n’y avait rien. Comment ça se fait ? je le regardais, il disparaissait, mon J’ai compris cinq ans plus tard que corps aussi disparaissait. J’étais tou- c’était ça, aspirer quelqu’un. Parce que jours conscient, mais je ne voyais plus quand vous arrivez à produire ce phérien. » Après il explique qu’il y a des lu- nomène, il n’y a plus de force de la part mières autour de lui qui arrivent, qu’il de l’autre. On peut dire que les techniest conscient mais qu’il ne voit que ça, ques d’aïkido sont faites pour ça. C’est et il dit, et c’est une chose que l’on va pour ça qu’en aïkido il n’y a pas d’atretrouver souvent, qu’il y a une modi- taques concrètes. D’un certain point fication de sa respiration. Et c’est cette de vue, les attaques d’aïkido n’on pas modification de sa respiration qui lui de sens. Shomen, yokomen, saisir le fait comprendre ce qu’est ce monde poignet, saisir l’épaule, ça n’a pas trop de sens. Quand on regarde les vieilles qui nous entoure. Et l’aïkido est créé à partir de ces ex- façons de faire, ce n’était pas ça du périences. C’est pour ça que l’aïkido tout : on ne saisissait jamais quelqu’un est difficile : au fond, personne d’entre à l’épaule directement. On l’attaquait nous n’a eu les expériences d’O Sen- aux yeux et on attrapait l’épaule. On sei, donc on n’a pas de concret. Alors, ne saisissait jamais le poignet directeque va-t-on faire sur le tapis, au niveau ment, surtout à deux mains : on l’atconcret ? Qu’est-ce qui va nous mener taquait au visage, il se protégeait, on dans cette direction ? Ce sont toujours lui attrapait les deux mains et on le les paroles du fondateur – il dit : « En mettait par terre et on lui mettait un commençant le premier la technique, atemi. Il y avait une logique. Dans la et en guidant correctement le parte- situation actuelle, il n’y a pas de loginaire, vous l’aspirez. » En japonais, c’est que si on se place dans [l’optique] de la self-défense. le gokui : c’est ça l’essence de l’aïkido. Si on veut faire ça, on se rend compte Mais si on utilise cette situation, cette d’abord que si on ne l’a pas vécu on intensité de travail, pour se demander n’y croit pas. Comme mon professeur, comment on peut appeler quelqu’un, Hikitsuchi Sensei, me l’a fait vivre, au comment on peut guider quelqu’un, début je n’ai pas compris ce que c’était. alors on commence à comprendre que Par exemple, je l’ai attaqué au bokken, cela sert à quelque chose. Et si vous il esquive et il met la main sur le plat entrez dans cette recherche, vous allez de la lame et me dit de tirer. Et je ne rencontrer beaucoup de problèmes. Aïkidojournal 1/2009 Essai Le Reishiki J Ce savoir permet au Budoka – au guerrier ou à l’homme rusé, – de percevoir quasi intuitivement les règles… blesser ou tuer les autres. Le Budo conduit le pratiquant à un plus haut niveau de moralité pour que, dans une situation de vie ou de mort, non seulement il puisse préserver sa propre vie, mais également celle de son ennemi. On atteint ainsi un idéal de vie : la préservation du plus haut niveau d’humanité. Deuxième partie Tout dans l’univers a ses règles, sa logique, sa raison d’être, y compris l’anarchie. Que seraient les religions sans leurs rites, les sociétés sans leurs us et coutumes, l’univers sans ses rythmes ? Le Reishiki, dans la didactique empirique du Budo japonais, enseigne à connaître sa place, aussi bien dans que hors du dojo, parce que chaque groupe d’amis, chaque société, chaque culture possède ses règles propres, écrites et non écrites, qui conditionnent notre comportement. Ce savoir permet au Budoka – au guerrier ou à l’homme rusé, – de percevoir quasi in- tuitivement les règles et les usages de l’endroit où il se trouve pour ainsi s’y mouvoir et s’y relationer harmonieusement. Mais l’étiquette martiale, le reishiki, enseigne avant tout au pratiquant un mode de comportement qui devrait le rendre plus conscient de ses paroles, de ses actions et… de ses pensées ! Parce qu’au bout du compte, on ne pratique pas le Budo pour devenir plus fort, mais meilleur… n Blaize d r a r é G ien avec t e r t n ‘e d 2e partie Gérard Blaize Gérard Blaize enseigne à l‘ancien dojo de Me Noro. C’est pour ça que la question est si, une certaine logique dans certaines quand vous faites des armes en aïkido, situations. est-ce que vous pouvez guider l’atta- C’est pourquoi je fais une distinction : que de quelqu’un qui a un sabre ? Si pour moi, on ne doit pas faire d’armes vous ne pouvez pas le faire… il vaut en aïkido si on n’est pas capable sur mieux le faire sur une saisie du poi- une simple saisie du poignet de guignet, avec des situations beaucoup der quelqu’un. Malheureusement, la plupart des maîplus simples. C’est pareil en sho-chiku-baï no ken, il tres qui ont connu le fondateur de l’aïy a très peu de techniques, c’est qua- kido sont morts, très peu vivent encotre mouvements : piquer, couper, re- re, mais si on regarde comment fait Me monter et recouper. Le problème, c’est Tamura, par exemple, il commence le que vous devez guider l’autre. Si vous premier, il ne regarde pas et il aspire… y arrivez, ça va, si vous n’y arrivez pas, sauf qu’il ne va pas l’expliquer ! Il ne il vaut mieux faire du kendo, du ken- le dit pas, mais quand il le fait, si vous jutsu, parce que l’on vous apprendra regardez bien, avant le shomen, il met La première partie de l‘entretien est parue dans notre précédent numéro.. Aïkidojournal 2/2009 Page 23 Entretien Horst Schwickerath fait une demi-heure d’armes une fois par semaine ou deux fois par mois, c’est inutile. Il faut en faire tous les jours. Je vois bien pour moi: je suis 7e dan de jodo, et c’est difficile… pourtant je suis professionnel. Il faut s’entrainer, autrement on ne progresse pas. Il faut avoir le temps, il faut avoir les élèves… Il faut aussi avoir les élèves qui ont le niveau. Heureusement que j’ai des élèves qui sont 5e, 6e dan et je peux pratiquer avec eux… et j’ai le temps. Mais quelqu’un qui travaille dans un bureau n’a pas le temps. Déjà le travail en aïkido, ne serait-ce que les choses simples : les saisies à l’épaule, aux poignets, appeler un shomen, appeler un yokomen, guider… Notre entretien a eu lieu au 1er étage du dojo, l‘ancienne salle de séjour de Me Noro. toujours la main en premier. La base, c’est commencer le premier. Commencer le premier, ce n’est pas si simple que ça. Une fois que l’on a compris, on a un principe, on crée un cadre, et dans ce cadre on s’entraine. Au début on fait le plus simple : par exemple, ikkyo à genoux, est la technique la plus simple et que l’on se met assez proches pour que, étant assez proche, l’autre n’ait pas le temps d’attaquer, et vous pouvez commencer le premier, et vous enchaînez. Et après, vous avez des situations où la distance s’agrandit. A ce moment-là l’attaque va avoir lieu, Page 24 à ce moment vous entrez, appelez les attaques et guidez, ce qui est déjà plus difficile. Après vous pouvez essayez de le faire avec quelqu’un a une arme, mais c’est presque impossible. C’est pour ça que je fais cette distinction. Les armes… pour la coordination motrice, je veux bien, pour le travail des hanches, je veux bien, mais c’est toujours pareil : le travail des hanches, c’est quand on a dix ans de pratique de iaïdo, de kendo, ou d’école d’armes, là, oui, on commence à utiliser le sabre différemment, on commence à utiliser les hanches. Mais pas quelqu’un qui A une époque, Hikitsuchi Sensei nous avait enseigné le kotodama. Et à ma connaissance c’est un des rares professeurs – il y en a peut-être eu d’autres, mais c’est le seul que je connaisse – qui ait pu dire la relation entre une technique et les vibrations. Pour simplifier, on peut dire qu’à un geste correspond un son, à un autre geste, un autre son. Il nous l’a enseigné, à un autre pratiquant et à moi, mais à sa façon, c’est-à-dire que ce n’était pas très précis. Il disait : ”Là, il y a un son ; là, il y a un son, et dans les techniques, il y a tous les sons.” D’accord… mais comment faire ? Et donc j’avais commencé l’étude avec mes élèves. Puis j’ai arrêté par ce que certains élèves ont eu des réactions un peu étranges. Mais depuis la parution de Takemusu Aïki, à nouveau je vois qu’O Sensei dit que l’aïkido c’est le kotodama, que c’est l’expression du kotodama, je me Aïkidojournal 2/2009 J Entretien avec Gérard Blaize Je ne voulais plus être enseignant, je voulais être élève suis donc remis à fond dans la relation ment dit. C’était les professeurs de entre la gestuelle d’aïkido et les vibra- judo qui enseignaient l’aïkido. J’avais tions. Si on essaie de faire les techni- commencé le judo et puis il y a eu un ques telles qu’O Sensei les faisait, on stage avec un maître japonais. Je vois se rend compte que tous les sons sont ça, c’était joli, c’était beau, il avait un dans les techniques, dans chaque tech- hakama blanc, et c’étaient de beaux nique d’O Sensei, il y a tous les sons du mouvements… J’ai demandé ce que kotodama. Il n’y en a pas beaucoup : c’était. – ”C’est de l’aïkido.” Alors j’ai se sont les voyelles. Et avec ça, j’ai donc dit que je voulais pratiquer ça. Mon commencé à étudier comment faire la professeur de judo m’a dit : ”Tu peut pratiquer l’aïkido, mais tu continue le technique avec une vibration. Actuellement mon expérience c’est judo.” Et tant que je suis resté avec lui comment comprendre ces paroles j’ai pratiqué l’aïkido et le judo. Un peu d’O Sensei, pourquoi dit-il toujours de karaté aussi, parce que j’ai sympaque l’aïkido c’est le kotodama. Pour thisé avec un des élèves qui était aussi moi, c’est un son qui crée une vague, professeur de karaté. Ensuite, pour mes et la vague crée la gestuelle, et cela études, j’ai quitté Toulouse, et j’ai arrêté le judo et le karaté mais j’ai continué crée la technique. Mais nous, nous faisons l’inverse: on l’aïkido. Après, pour mon métier, je suis part d’une gestuelle… la gestuelle revenu sur Paris. J’étais déjà professeur, d’aïkido, telle qu’O Sensei le faisait, on parce que quand j’étais en Auvergne, voit que ce sont des vagues, ça n’a rien il n’y avait pas d’aïkido, donc j’avais à voir avec des techniques de jiu-jitsu. demandé à Noro Sensei si je pouvais Ce sont des vagues, et si on connaît enseigner, alors que je n’étais que 1er les vibrations, on peut voir que cela dan – c’était en 1967. Il m’a dit que oui, correspond à une vibration: à une va- et il est même venu faire un stage à gue donnée correspond une vibration Clermont-Ferrand. donnée. Là il y a un son avec tel geste, A Paris, c’était l’époque où Noro Sensei puis un autre son avec tel autre geste, avait arrêté l’aïkido et faisait le kinoet dans les techniques il y a tous les michi. Nakazano Sensei était parti aux sons. Etats-Unis: il n’y avait plus personne, C’est ce que j’étudie actuellement, et Tamura Sensei était à Marseille. J’enseilà dedans, les armes sont très loin… gnais l’aïkido, à l’époque j’étais 3e dan, mais je ne voulais plus enseigner. Je ¦ Pour revenir à vos débuts, vous connaissais bien Christian Tissier qui souvenez-vous comment vous avez était au Japon, et que [lors de ses sécommencé l’aïkido ? jours à Paris] je voyais progresser, et je me suis dit que j’allais à mon tour aller C’était en 1963. C’est Noro Sensei qui au Japon. Mais comme j’étais fonctionm’a fait commencer… c’était très drôle. naire, il fallait d’abord que je prenne A l’époque, j’étais à Toulouse, et il n’y un congé sans solde de deux ans. La avait pas de cours d’aïkido propre- première fois il m’a été refusé, et je suis allé à Marseille. Je ne voulais plus être enseignant, je voulais être élève, et comme Tamura Sensei était à Marseille, j’y suis allé. Et à ce moment-là j’ai reçu l’autorisation de partir pour deux ans au Japon. Je suis resté à Marseille de septembre à janvier et je suis parti au Japon en février 1976 et comme je ne suis pas rentré dans les délais, j’ai changé complètement de métier. Quand je suis rentré en 1981, au bout de cinq ans et demi, j’ai décidé d’être un professionnel d’aïkido. Au départ, le but c’était d’aller deux ans au Japon, parce que je voulais être élève à nouveau. J’avais enseigné l’aïkido très tôt, parce qu’il n’y avait pas d’autre solution, il n’y avait pas d’autre professeur d’aïkido à l’époque… et c’est comme ça que je suis parti au Japon, que j’ai rencontré Hikitsuchi Sensei qui est devenu mon maître, grâce à Peter Shapiro que vous avez déjà interviewé. Au Japon, j’avais été blessé assez grièvement aux vertèbres cervicales, et j’ai Suite page 26 Aïkidojournal 2/2009 nnn Page 25 J J Stages France France 30.-01.06. 13.-14.06. 13.-14.06. 19.-21.06. 20.06. 29.-03.07. 04.-12.07. 04.-11.07. 05.-11.07. 06.-11.07. 11.-12.07. 11.-14.07. 12.-17.07. 12.-17.07. 13.-19.07. 16.-19.07. 18.-22.07. 19.-26.07. 20.-26.07. 25.-01.08. 26.-01.08. 27.-02.08. 01.-07.08. 01.-07.08. 01.-08.08. 01.-09.08. 10.-16.08. 16.-21.08. 17.-22.08. 22.-23.08. 23.-30.08. Boulouris (Saint-Raphaël ) PARIS ARTHON EN RETZ() Paris Aix-en-Provence LYON e NOVALAISE PARIS HENDAYE Thonon-Les-Bains Guebwiller Dieulefit (Drôme) Penvenan Bretagne Gap France Le Mas d'Azil (Ariége) Saint-Just d'Ardèche AIX LES BAINS SAVOIE LA ROCHELLE (Aytré) Le Mas d'Azil (Ariége) AUTRANS EMBRUN (Hautes-Alpes) Val d´Isere PLUNERET biarritz Saint- Mandrier Bourg Argental Annecy Cran-Gevrier VIEUX-BOUCAU Le Pouget () Lons le Saunier La Colle s/Loup Alain Guerrier et Philippe Grangé Takeji TOMITA shihan MARCELLA PAVIOT SHIHAN AAA Régis Soavi Michel BÉCART ALLOUIS Didier, DUFFOURS Laurent CLERC-RENAUD Michel BÉCART Philippe Grangé Walter Oelschläger Michel Erb Alain Guerrier Alain PEYRACHE Philippe Orban Régis Soavi Alain Guerrier CLAUDE PELLERIN Mickaël MARTIN Léo TAMAKI Régis Soavi Bernard PALMIER Michel BÉCART Jacques Bonemaison Philippe Grangé yves tirelli N. Tamura Shihan senseis Cognard/ Salvadego/ Gilbert MILLIAT Alain PEYRACHE ALLOUIS Didier, DUFFOURS Michel Erb N. Tamura & Y.Yamada sensei Alain Guerrier Yannick ANDEOL GILLES GAUDICHON Dojo Tenshin ACNA P Pradine Laurent CLERC-RENAUD ACNA Philippe Grangé Christine Schmidt Michel Erb Dominique Devaud Philippe Jaquet Philippe Orban Ecole Itsuo Tsuda Pascal Michel JF BILBAUT Marc BEAUVILLIERS Ecole Itsuo Tsuda Monsieur AROULANDA ACNA Oliver Schröter ALain Thorel yves tirelli Mme. Chantal Esposito Academie aikido Milliat G Georges P Pradine Michel Erb Jenny Daëms Yoshimitsu Yamada Sensei Régis Soavi Yamada/Sugano Renato Filippin Thorsten Schoo Philippe Orban BENEDETTI-LECLERC-TAKADA Jean BURNAY D. LECLERRE, D. PIERRE, BURNAY Senseis Tada/ Asai / Fujimoto / J. Rohrmann /A. Albanese S. Leiendecker Philippe Orban Doshu M.Ueshiba Cornelia Ciorciaro Dojo Scuola della Manolo Garcia Valerio Gianascio Anne Slui Philippe Orban BENEDETTI-TAKADA Jean BURNAY Frédéric BURNAY Graf Sonja Antonio Albanese John Lyuten Philippe Orban Wilko Vriesman Oliver Schröter Philippe Orban S. Endo Sensei Axel Rabenhorst Norbert Held Reiner Brauhardt Philippe Orban Reiner Brauhardt Christian Tissier Daishiro Nakajima P. VOARINO/ G,. OSCARI A. Halm / J. Rohrmann Oliver Schröter Philippe Orban Achim Hans Molnar Norbert Held Reiner Brauhardt Philippe Orban Reiner Brauahardt Lothar Darjes Gerhard Scheitler Susanne Geller Klaus Kohl 0663061400 06 72 70 47 62 ou 01 44 02 40 21 94 22 +33 (0)1 43 73 44 71 01 42 03 20 60 04 37 37 49 85 0626387627 01 42 03 20 60 05 56 80 86 58 0049(0)7023/741637 06.88.67.97.02 0667407400 06 81 48 34 61 0049163 30 29 620 +33 (0)1 43 73 44 71 ou 0680994023 04 79 61 19 67 HR 06 23 12 22 70 +33 (0)1 43 73 44 71 ou 0681436246 01 42 03 20 60 02 97 56 40 09 0663707787 +33-494 63 66 81 0681381029 04 37 37 49 85 06.88.67.97.02 + 33 4 92 92 86 18 [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] http://www.aikidolyon.com [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] http://michelerb.fr [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] http://www.alain-guerrier.fr http://aikido-aix-les-bains.com [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] http://www.aikidolyon.com http://michelerb.fr http://www.aikido-lacollesurloup.com/ International 30.-01.06. 05.-07.06. 05.-07.06. 06.-07.06. 27.-28.06. 26.-31.07. 01.-16.08. 03.-07.08. 07.-09.08. 11.-13.09. 02.-04.10. 19.10. 07.-08.11. 14.-15.11. Basel /CH Milano/I Palma de Mallorca Lugano, CH Boxtel/NL Pontremoli/I Caldes D'Estrac-Barcelona/Sp SOMBREFFE (Namur) Aubange Neuchâtel /CH Cereda /I Hoensbroek/ NL Jelenia Gora Polen Amsterdam-Almere/NL +41763899987 +39 02 34932037 +34 680994182 0041763678253 0049163 30 29 620 +34 937 950 629 +32475890446 +32.475.860150 +41 79 247 57 31 0611092285 0049163 30 29 620 +31654778193 [email protected] oder martin_schmidt@ [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] Allemagne 29.-01.06. 29.-31.05. 30.-31.05. 05.-07.06. 06.-14.06. 06.-07.06. 06.-07.06. 13.06. 13.-14.06. 13.-14.06. 19.-21.06. 22.-28.06. page 26 Ludwigswinkel Heidelberg Berlin Augsburg Sylt Siegen Leipzig Worms Hamburg München AUGSBURG Osterburg (Sachsen Anhalt) 0163 30 29 620 0231-596099 +49-821-576570 02161/468380 0271/6609427 0163 30 29 620 0271/6609427 +49 (0)40 31 53 99 +49-8963673001 [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] http://www.aikido-aci.de [email protected] http://aikido-aci.de [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] Aïkidojournal 2/2009 Stages Allemagne Allemagne 26.-28.06. 27.-28.06. 27.06. 27.-28.06. 27.06. 27.06. 04.-05.07. 04.-05.07. 04.07. 04.-05.07. 09.-10.07. 11.-12.07. 17.-19.07. 19.-24.07. 26.-01.08. 01.-07.08. 01.-07.08. 02.-08.08. 08.-16.08. 22.-23.08. 22.23.08. 22.-23.08. 29.08. 05.09. 12.09.-13.09. 26.-27.09. Berlin-Karow Berlin Köln ROSTOCK Kiel Rodgau Francfort Bad Segeberg Gladenbach Frankfurt Sachsenheim Vaihingen Kronau Rauenthal Rauenthal Breitnau Breitnau Fergitz bei Berlin Wachtküppel (Gersfeld/Rhön) Siegen Lünen Siegen Köln POSTDAM Leipzig Francfort Wolfgang Baumgartner Michel Erb Dirk Kropp Pierre Congard Ulrich Schümann Olaf Schubert Zenon Kokowski Nemitz,Carstens,Schümann BRAUHARDT. R. Thorsten Schoo G. Savegnago Shihan G. Savegnago Shihan Jean-Luc Subileau Thorsten Schoo T. Schoo, Brauhardt Shihan BRAUHARDT. R. Horst Späthling Olaf Schubert Jean-Luc Subileau Edmund Kern Reiner Brauhardt. Dirk Kropp CONGARD Pierre Philippe Orban Nebi Vural Carsten Mielke Milleville Jean-Marie Dirk Kropp Congard Pierre Markus Hansen Olaf Schubert Zenon Kokowski Hans Carstens BRAUHARDT. R. J. Marchese Jürgen Rohrmann Andreas Schmidt Daniela Pröll J. Marchese J. Marchese GS-ACI BRAUHARDT. R. Horst Späthling Olaf Schubert M.Peter / S.Leiendecker Jürgen Feldmann BRAUHARDT. R. Dirk Kropp Hermann Dreyer Philippe Orban Zenon Kokowski 0160 97 452 117 +493069508785 0221 5879191 03855811309 0431/688228 06106 266731 069 / 38013630 04194-1515 0271/6609427 069-455418 07147/275078 07042/840931 07252/85283 069-455418 069-455418 0271-6609427 0271/6609427 030/8514385 06106 266731 01772397748 +49 2306 30 45299 0271/6609427 0221 5879191 01712245402 0163 30 29 620 069 / 38013630 [email protected] http://aikido-dojo-berlin.de/ [email protected] http://www.aikidocongard.de [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] http://www.aikido-aci.de [email protected] [email protected] http://www.aikido-vaihingen.de [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] http://www.aikido-aci.de [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] http://www.aikido-aci.de [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] Aïkidojournal – Points de vente Paris Budostore, 34, rue de la Montagne Sainte-Geneviève, F – 75005 Paris, Tél. : 01 49 69 05 41– Pascal Plee, [email protected] – http://www.budostore.com/ Nîmes Aïkidojo Nîmes, 16 rue de Cigales, F – 30132 Caissargues, Tél. : 04 66 29 74 61 - Antoine Guirao, [email protected] – http://aikidojo.nimes.free.fr/ Pour une pratique correcte de l’aïkido, la maîtrise des principes de base est indispensable. Sur le volume 1, vous trouverez les éducatifs spécifiques pratiqués seul ou à deux, concernant les chutes arrière ou avant, les déplacements debout, ainsi que quelques applications techniques. [email protected], Tél.: +33(0)1 42 03 20 60 ou Européenne de Magazines (Karaté Bushido) Tél.: +33 (0)1 49 52 14 00 Aïkidojournal 2/2009 Page 27 J J Entretien Rubrik/Thema Horst Name Schwickerath des Autors …il commençait le premier, il ne regardait pas et il n’y avait pas de possibilité de lui donner un atemi quand il faisait une technique. été soigné par Peter – c’est comme ça sei était très différent de celui d’autres que j’ai connu le Seitaï et le katsugen maîtres ? undo. J’allais déjà à Shingu, l’été, mais à l’époque il y avait Me Kishomaru Non, pas très différent. Ueshiba, Me Osawa, Me Yamaguchi, des 8e dan, des 9e dan, Me Hikitsuchi ¦ Il était assez grand… 10e dan, pour moi ils étaient tous très haut… La relation, à Shingu, ne s’est Non, il était petit: il avait ma taille. Il pas faite immédiatement. C’est Peter fait grand sur les photos, quand il a qui m’a dit que je devais aller étudier un hakama, on dirait qu’il fait 1m. 80. là-bas. J’ai commencé, avec Me Hikit- C’était un homme très différent selon suchi, qui m’a donné des cours par- que l’on le voyait habillé en costume ticuliers, parce que je n’habitais pas cravate – on aurait dit un petit vieux à Shingu, mais quand j’y allais il me – et sur le tatami – on aurait dit qu’il faidonnait un cours particulier avec Peter sait 80 kilos. Si on regarde ce que fait Tamura Sensei, son aïkido n’était pas comme traducteur. Et puis un jour il s’est passé un phéno- très différent. Il avait les mêmes bases: mène un peu étrange, quelque chose il commençait le premier, il ne regarqui est venu de son ventre et qui a dait pas et il n’y avait pas de possibilité touché mon ventre, et je me suis dit: de lui donner un atemi quand il faisait ”Ah ! J’ai trouvé mon maître !” Et donc une technique. à partir de là, j’ai étudié à fond avec lui. Simplement, surtout quand Me HikitPeter a été mon guide, car lui, il était suchi venait en France, il enseignait avec précision et il nous a enseigné resté plus de 18 ans à Shingu. Après, quand je suis rentré en France, comment nous entrainer pour étudier l’aïkido est devenu mon métier, et j’ai tous ces principes. fait venir Hikitsuchi Sensei une dizaine Parce que le problème est là: si vous …on se mettait très proches, et avant le shomen, on piquait entre les deux yeus. de fois. Il est venu dix fois en Europe: ne dites pas aux gens comment il faut en France, en Espagne, en Finlande. Et faire, quel cadre il faut, pour pouvoir étudier… c’est tellement illogique. puis il est mort, et je continue… Au Japon, j’ai aussi étudié l’école d’ar- Bon, c’est facile de dire à quelqu’un: me Shindo Muso Ryu avec Me Matsu- ”Il t’attaque, tu te défends, tu utilise sa force…”. On comprend bien. Ça mura. ne veut rien dire, mais on est content. ¦ Est-ce que l’aïkido de Hikitsuchi Sen- Mais dire: ”Avant qu’il n’attaque, il faut Page Page 28 Page28 28 commencer le premier”, qu’est-ce que cela veut dire ? Il avait donc donné un cadre. Par exemple, on se mettait très proches, et avant le shomen, on piquait entre les deux yeus. Et on se rendait compte qu’en faisant ça, de temps en temps, on pouvait guider l’autre. On se disait donc qu’effectivement, il y avait quelque chose d’autre que la logique de self-défense, de puissance physique, etc. Hikitsuchi Sensei parlait aussi beaucoup d’O Sensei, et c’est comme ça que je me suis intéressé au fondateur de l’aïkido, parce que sans arrêt, il nous parlait de lui. Il faisait les prières, il nous disait: ”Le message d’O Sensei, c’est ça”. A force d’entendre: ”O Sensei, O Sensei”, de faire les prières devant l’autel, je me suis intéressé au fondateur de l’aïkido. Ce ne sont pas des choses qui se sont faites comme ça. C’est un travail. Si vous m’aviez posé des questions sur le kotodama il y a six mois, je ne vous aurais pas répondu de la même façon parce que cela vient de l’expérience, cela vient du tatami, c’est-à-dire que j’expérimente, et cette expérience me permet de dire: ”J’ai senti ça, donc je pense ça…” Voila ma direction de travail. Mais cela se base toujours d’abord sur le corps. Une des grandes différences pour moi, c’est que la technique d’aïkido est un outil pour trouver ce que c’est qu’aïkido. Parce que l’on peut dire qu’actuellement, en dehors d’O Sensei, personne n’a trouvé ce qu’est aïkido. Grâce aux textes de Takemusu Aïki on peut avoir vraiment les explications du fondateur sur son art. Après, on est d’accord ou pas avec eux, c’est une autre chose, on Aïkidojournal Aïkidojournal1/2009 4/2008 2/2009 Rubrik/Thema Entretien NameGérard avec des Autors Blaize peut dire que c’est idiot et que cela n’a pas de sens… La seule difficulté, et c’est pour cela que la pratique est très importante, c’est qu’il a toujours fait appel à des divinités. C’est-à-dire que, toujours, dans chaque explication, il met une divinité. Et il parle des divinités comme si nous parlions entre nous. Par exemple il dit que le dieu du vent est dans son ventre, est dans ses veines, et il lui dit: ”Ueshiba, je suis dans tes veines, que vas-tu faire maintenant ?” C’est très surprenant. Ce qui est intéressant, c’est que si on compare, par exemple, avec le monde chinois, O Sensei parle d’énergie qui monte du côté droit et qui redescend du côté gauche. Et il va y mettre deux divinités, il va dire qu’il y a une divinité pour le côté droit, et une autre pour le côté gauche. On peut être choqué, et ne pas être d’accord. Les Chinois, eux aussi, disent que l’énergie monte du côté droit et descend du côté gauche, mais sans parler de divinités. Cela per- gens, c’est que l’on n’a pas vu qu’il décrivait une expérience concrète, mais que pour expliquer son expérience réelle, il mettait des mots de la mytho- O Sensei a connu des phénomènes très forts, et il a mis du temps pour que la technique s’harmonise avec son vécu intérieur. met d’être plus attentif au fait qu’effectivement, il y a quelque chose qui se passe là et d’essayer de l’étudier. En effet, quand on commence à sentir la chaleur qui monte du côté droit, on se dit qu’effectivement qu’il y a quelque chose qui se passe, qui correspond à ses paroles, et on n’est pas obligé d’y mettre une divinité. Au départ, ce qui a pu bloquer beaucoup de Aïkidojournal Aïkidojournal4/2008 2/2009 1/2009 logie japonaise, parce qu’il baignait làdedans, parce que c’était un homme qui était né en 1883, qui n’avait pas les connaissances scientifiques et l’approche qui sont les nôtres maintenant. Si on fait cette part des choses, si on regarde bien ce qu’il raconte, il raconte des expériences très fortes. Comme quand il raconte son expérience avec le sabre, cela peut paraitre étrange, en fait il explique que cela dure trois semaines, il explique les phénomènes, il explique la modification de la respiration, ce n’est pas [quelque chose qui dure seulement] une minute… Moi, ce qui me passionne, c’est ça. C’est pour cela que dans le groupe on fait le shinkokyu, parce qu’avec shinkokyu on peut avoir des expériences très fortes dans le corps. Grâce à Hikitsuchi Sensei, on avait une explication de tous les points qu’il fallait étudier quand on faisait ces exercices: où sont les concentrations, les mots qu’il faut prononcer, comment mettre les mains, etc. Moi, au début je ne sentais rien, mais comme c’était mon maître, il disait de le faire, donc je le faisais. Puis après, j’ai commencé à sentir, pourquoi les mains se mettent à bouger à toute vitesse, pourquoi il n’y a aucune Page Page Page29 29 29 J J Horst Schwickerath Entretien Quand on commence à parler de l’aïkido de cette façon, les armes ce n’est plus rien du tout. tension, pourquoi ça chauffe ici, pourquoi ça chauffe là, pourquoi la chaleur monte ici, pourquoi ça devient brulant ici, pourquoi, tout d’un coup, ça s’accélère… Ça a pris 25 ans… Comme ça vient du corps… C’est vrai qu’O Sensei a connu des phénomènes très forts, et après on voit qu’il a mis du temps pour que la technique s’harmonise avec son vécu intérieur. Si on regarde les techniques d’O Sensei, l’évolution est intéressante. Irimi nage, par exemple, quand on prend le livre de 1933, il y a: shomen, on pare le shomen, grand coup dans les côtes, on ouvre, grand coup de poing au visage, on attrape ici, on met par terre. C’est simple, on fait des kata parce que c’est dangereux. On regarde la vidéo de 1935, c’est déjà un peu différent : il descend la main, l’atemi monte ici. On regarde ensuite le film tourné à Iwama quand il a soixante-dix ans, où il est avec Saito Sensei, Kobayashi, etc. Là il Page 30 rentre et il guide, et ça remonte comme ça. On retrouve [le mouvement] ¦ Alors, c’est quoi l’aïkido ? mais au lieu de l’atemi, ça monte, au lieu d’attraper et de mettre par terre, L’aïkido c’est … disons que c’est l’étude ça redescend. Donc il guide quelqu’un, pour arriver à vivre les phénomènes mais il garde la même logique. Après vécus par le fondateur de l’aïkido, qui on le voit appeler les shomen, il ouvre l’ont amené à ce qu’il appelle « l’harmole corps. Et à la fin de sa vie, il n’y a plus nie avec le ki qui l’entoure ». Et ce qui d’attaque: c’est lui qui aspire le corps nous guide dans cette direction, c’est du partenaire dans une espèce de cette base de travail : en commençant vague. Mais c’est toujours irimi. On se le premier, en guidant correctement le rend compte qu’il a une capacité de partenaire, on l’aspire, parce que cela guider les gens et d’aspirer qui devient pose beaucoup de problèmes, car on de plus en plus grande. Et du coup se rend compte que l’on ne peut pas y ses techniques deviennent de plus en arriver uniquement par la technique. Et plus incompréhensibles, parce qu’il n’y avec ça, on commence à étudier tout ce qu’il raconte, sa vie, le kotodama si a plus rien. Il faudrait que les pratiquants d’aïkido on a les bases, parce qu’il faut avoir les s’intéressent à tout ça. Pour moi, les bases pour pouvoir utiliser les vibratechniques que nous faisons en aïkido, tions, et actuellement c’est ce que je la gestuelle que nous avons, c’est une fais : quand je fais une technique je la gestuelle qu’il a mise à notre disposi- fais avec des sons, avec des vibrations tion pour qu’un jour, quelqu’un ou des et je regarde si cela fonctionne. C’est personnes arrivent à avoir les mêmes très bien de faire ça avec des débuexpériences que lui, dans la même per- tants, parce que, comme ils n’ont pas ception du monde que lui. Pour moi, le corps préparé, c’est très intéressant. et pour rester neutre et ne pas mettre Et ça marche. de mots religieux [je dirais que] les expériences qu’il a eues l’ont amené à ¦ Mais vous avez dit que cela vous a avoir une perception du monde que pris 25 ans pour sentir cela… nous n’avons pas. Et cette perception du monde qu’il a, le fait parler comme Oui, mais parce que… ce que je cheril parle. Et comme il le dit lui-même, ce che actuellement aussi, c’est … ce qu’il a trouvé dans le budo, d’autres qui manque à l’aïkido, c’est aussi une l’ont trouvé ailleurs, mais comme c’est méthode, parce que le problème, on dans le budo qu’il l’a trouvé il l’a gardé a bien la gestuelle d’aïkido, et encore pour démontrer la véracité de ce qu’il elle a été déformée. Mais O Sensei faisait plein de choses à côté : toutes les avait vécu. Quand on commence à parler de l’aï- prières qu’il faisait, personne ne s’y inkido de cette façon, les armes ce n’est téressait. Or comme Hikitsuchi Sensei plus rien du tout. Ça se situe sur un me l’a dit une fois : la prière c’est fait pour faire circuler le ki. Il m’a dit de venir autre plan. Aïkidojournal 2/2009 Rubrik/Thema Horst Schwickerath Entretien Name des Autors …les jeunes Japonais ne voulaient pas entendre parle du Shinto, par ce que le Shinto c’était le Japon fasciste qui avait fait la guerre. avec lui au temple, il a fait la prière, et ça demande beaucoup de travail et dans mon ventre c’est devenu chaud. beaucoup de rigueur. Alors j’ai pensé que la prière était un A moi, il me faut beaucoup de temps moyen de faire circuler le ki. Donc j’ai parce que je suis un peu tout seul. Il y a été libéré de [la notion] de la prière eu Hikitsuchi Sensei, je suis avec Peter, [comme] acte religieux avec lequel on donc on travaille tous les deux, mais il peut être d’accord ou pas d’accord se- n’y a pas grand monde pour m’aider. Et dans le monde japonais, on ne peut lon ses propres convictions. Et s’il y avait eu ces explications… Par pas discuter : c’est toujours la hiérarchie. exemple, Saïto Sensei a raconté dans Ce serait très intéressant que les maîune interview qu’O Sensei était allé tres japonais qui ont connus le fonfaire un exercice et quand il est revenu dateur de l’aïkido expliquent ce qu’ils on ne pouvait pas rester à côté de lui, ressentaient quand ils étaient avec lui, tant son énergie était grande. Mais, quand ils étaient projetés. On pourrait quel exercice avait-il fait ? On ne le sait avoir d’autres perceptions, mais on pas. C’est ça aussi qui manque en aï- ne peut pas discuter, c’est dommage. kido : on répète une gestuelle ; dans la Alors qu’avec Peter on peut discuter, plupart des dojos on a arrêté les exer- on s’entraine tous les deux, on chercices que l’on fait au début du cours, che, on voit les erreurs… Vous avez vu qui s’appellent exactement le chinkon Peter, il n’est pas léger, pour l’aspirer… kishin undo, avec tori fune, furi tama, Je l’aspire et psychologiquement je ne etc. Donc, il n’y a plus un seul exercice le domine pas, c’est plutôt lui… parce pour faire circuler quelque chose à l’in- que c’est lui qui m’a soigné et guéri. térieur du corps. Et ce n’est pas parce C’est vrai que les expériences de katsuque l’on va faire ikkyo ou une gestuelle gen undo facilitent la démarche dans que le ki va arriver. Le catcheur fait la cette direction. Parce en faisant le katmême chose, et il ne parle pas de ki, le sugen undo, le corps se met à bouger à toute vitesse, on se demande ce qui boxeur ne parle pas de ki. Si on ne crée pas quelque chose a se passe, et on n’a pas d’essoufflement, l’intérieur du corps, on va faire une donc on accepte qu’il puisse y avoir gestuelle, qui certes fera du bien au ni- dans le corps quelque chose d’autre veau des hanches, au niveau de l’assise, que la musculature, et les capacités de la stabilité, de la vitesse. Cela va ap- musculaires. porter quelque chose de pas mal, mais Voilà mon parcours, c’est ce que je cela n’a rien à voir avec l’aïkido. Et tout cela est un peu laissé de côté, cherche et qui me prend beaucoup c’est dommage. Pour moi, comme de temps. Pour le moment, je ne suis l’avait dit une fois Hikitsuchi Sensei: pas encore satisfait de ce que je fais. «Les techniques d’aïkido n’ont pas de Ce que je fais au niveau des vibrations sens en elles-mêmes. Elles sont faites et du kodotama, je ne l’enseigne pas. pour retrouver l’état du fondateur.» Mais le jour où je serai satisfait, et j’esEt ce que l’on fait est fait pour ça. Et père y arriver assez vite, à ce moment j’enseignerai comment j’ai fait, quelle méthode j’ai utilisée, quelles visualisations je faits, et je pense que mes élèves mettront 3-4 ans là où moi j’ai mis beaucoup de temps. Parce que maintenant nous avons les films d’O Sensei, nous avons les traductions d’O Sensei, mais quand j’ai commencé l’aïkido, on n’avait rien. On a toujours dit que le fondateur de l’aïkido n’expliquait rien. Alors que l’on s’est rendu compte qu’il écrivait beaucoup, qu’il avait fait des conférences. C’est vrai que quand l’on dit que l’aïkido c’est l’expression du kotodama, c’est une explication que vous laissez tomber tout de suite, parce qu’elle est tellement abstraite. ¦ Tamura Sensei et d’autres maîtres japonais ont dit que quand O Sensei parlait, ils ne comprenaient rien à ce qu’il disait... Oui, ils étaient jeunes, il faut voir qu’il y avait 50 ans de différence entre eux. Et il parlait souvent le dialecte du Wakayama, donc les gens de Tokyo ne comprenaient pas. Et il utilisait beaucoup d’expressions Shinto, et il faut (C) Photo de Gérard Blaize, Hikitsuchi Sensei à Paris 1985. Page Aïkidojournal 31 2/2009 AïkidojournalPage 1/2009 31 J J Entretien aussi savoir qu’après la guerre, les jeunes Japonais ne voulaient pas entendre parle du Shinto, par ce que le Shinto c’était le Japon fasciste qui avait fait la guerre. On a pu faire les premières traductions des textes d’O Sensei grâce à un Japonais, qui est un érudit du Shinto, du Bouddhisme, mais aussi de la philosophie chinoise, et qui lui a étudié les textes du fondateur de l’aïkido et a fait des comparaisons avec ce que disaient les maîtres chinois. Cela a permis de relativiser, par exemple, ma compagne, qui a traduit [les textes], a été un peu choquée au début, parce qu’O Sensei utilisait le Shinto, et elle ne voulait pas [le faire], mais grâce à ces comparaisons, elle a acceptée de les traduire. Ainsi le blocage constitué par le vocabulaire d’O Sensei a sauté, mais c’est vrai qu’au début cela a été difficile d’avoir la traduction. Un autre problème, c’est que beau- Page 32 Horst Schwickerath retrouve exactement les mêmes expressions que celles du fondateur de l’aïkido. Ce Français écrit: ”On distingue le corps et l’âme, mais en fait nous sommes l’âme. C’est l’âme qui est à la base de toutes choses.” O Sensei dit que l’aïkido c’est l’étude de l’écho de la vibration de l’âme. On se rend compte que ces gens on des expressions communes. Lui, l’a trouvé dans le cadre du budo, donc il a gardé ce cadre pour démontrer que ce qu’il avait vécu était vrai. C’est difficile d’écouter quelqu’un quand il vous dit: ”Si je fais ça, ce n’est pas parce que je suis fort, mais parce que je suis en union, en harmonie avec le ki de l’univers.” … Vous êtes projeté, vous cherchez à projeter comme lui, mais comment faire ? C’est la question. C’est normal… au bout d’un certain temps, il y a des questions qui se posent. coup de gens qui ont connu le fondateur avant la guerre sont morts à la guerre, et après la guerre, beaucoup ne l’ont pas suivi, n’ont pas accepté son évolution. Il y a des gens comme Sunadomari, qui est toujours vivant, Hikitsuchi Sensei, qui malheureuse- ¦ En plus, je ne parle pas japonais mais ment est décédé, et quelques autres j’ai vu une fois Stéphane Benedetti, dont je ne connais pas toujours le nom, qui le parle et le lit couramment, et qui eux l’avaient connu avant la guerre, Me Tamura se poser des questions sur et qui l’ont suivi après la guerre. Mais la la traduction d’un texte. plupart sont morts. Et ça aussi ça a fait un vide pour notre compréhension C’est un peu difficile au départ, on de l’aïkido. Cela peut expliquer pour- commence à avoir une certaine quoi maintenant on a tant de formes connaissance de la manière dont O d’aïkido, où chacun donne sa propre sensei s’exprimait. Mais O Sensei est très difficile à traduire parce qu’il n’y a interprétation de l’aïkido. Pour moi, il n’y a que le fondateur de pas tellement de logique dans sa phral’aïkido qui a fait de l’aïkido. Nous, nous séologie. Il fait des phrases très loncherchons à découvrir ce qu’il a vécu. gues où même les Japonais sont perEt si un jour quelqu’un le vit, à son tour dus : ils ne savent plus où est le sujet. Et il pourra faire de l’aïkido. Il faut dire que quand vous en avez traduit 10, 20, 30, c’était un être éveillé, quelque part. J’ai 50, 100 pages, en fait on retrouve les lu un livre écrit par un Français, et on mêmes thèmes, on retrouve la même Aïkidojournal 2/2009 Entretien avec Gérard Blaize ”O Sensei a dit ça, on n’y comprend rien, alors on va s’entrainer et on va comprendre.” façon de parler, donc au bout d’un d’éviter de lui donner un sens, parce moment… C’est pour ça que quand que si on lui donne un sens on la rails ont fait la traduction de Takemusu mène à notre niveau de compréhenAïki et qu’ils m’ont demandé ce que sion, et c’est fini, ça n’a plus de valeur. j’en pensais, j’ai retrouvé exactement la Et je l’ai évité parce que j’étais avec Pemême phraséologie que ma compa- ter, parce que l’on s’entrainait, et pour nous ce qui était intéressant c’était de gne [avait utilisé] pour mon livre. Des fois, je vois des traductions de dire: ”O Sensei a dit ça, on n’y comtextes d’O Sensei, et je dis: ”Jamais O prend rien, alors on va s’entrainer et on Sensei ne parle de cette façon.” Ce va comprendre.” Mais surtout il ne faut n’est pas très précis, les phrases sont pas le transformer. longues, elles ne sont pas construites, Cela a donc été un travail assez long, et donc pour un traducteur c’est un peu qui a beaucoup aidé. A tel point que difficile. C’est pour cela que ce Japonais certaines personnes ont dit que les traqui a fait toutes ces études comparati- ductions étaient fausses, tellement ça ves a beaucoup aidé. Comme c’est un a choqué les foules. Les gens disaient: vrai érudit qui a une vraie connaissance, ”Mais ce n’est pas possible !” Mais si, il il a été capable d’expliquer. Ça a aidé la a dit ça; après, vous faites ce que vous traduction. Mais cela a tout de même voulez, vous êtes libres. pris plus d’un an et demi pour le traduire une vingtaine de pages. On ne ¦ C’est une voie difficile ! travaillait pas tous les jours, et quand on avait des problèmes on appelait Hi- Oui, mais elle est passionnante! Moi, kitsuchi Sensei, qui, lui, expliquait tout cela me passionne. A côté de ça je fais de suite. On avait cette chance que aussi beaucoup de chi gong – ça aide Les gens disaient: ”Mais ce n’est pas possible !” Mais si, il a dit ça; après, vous faites ce que vous voulez, vous êtes libres. Hikitsuchi Sensei avait une véritable compréhension d’O Sensei. Parce qu’il était de Wakayama, il comprenait son dialecte. Il enregistrait tout, il était un peu plus âgé, il l’avait connu avant la guerre et après la guerre, donc il avait cette connaissance. Et donc c’était plus facile quand on avait un problème de lui téléphoner et il expliquait. Et à ce moment-là ma compagne pouvait finir la traduction. Mais cela a pris du temps. Le piège que l’on a évité, c’est quand une phrase était correcte en français, mais qui n’avait pas de sens, c’était Aïkidojournal 2/2009 je ne me serais jamais intéressé aux paroles du fondateur de l’aïkido. ”L’aïkido, c’est l’entrainement de la force attractive”, comme ça, ça ne veut rien dire. Mais parce qu’il y avait un vécu dans mon corps, ça a fait tilt. Ma curiosité a été éveillée. Après, on se demande comment on va faire : on vous a donné les techniques, on vous a donné les explications, vous expérimentez, vous regardez ce qui se passe, pourquoi cela marche avec l’un mais pas avec l’autre, vous vous rendez compte que c’est toujours par ce que vous êtes trop dur. [Vous vous demandez]: ”Pourquoi je ne suis pas dur avec l’un, pourquoi je suis relax et que je ne peux pas être relax avec l’autre ?” Et vous vous rendez compte qu’en fait c’est un problème ici, et à un moment donné cela commence à chauffer là… Donc quand le fondateur de l’aïkido dit que tant que cela ne bouillonne pas là, on ne peut pas faire de l’aïkido, vous vous dites que c’est peut-être quelque chose de concret. C’est pour cela que c’est long: c’est un travail qui vient d’une expérience. Et vous ne pouvez faire cette expérience qu’à condition d’avoir à votre disposition une gestuelle, des explications qui vous permettent d’aller dans cette direction, autrement vous ferez d’autres expériences et vous irez dans une autre direction. C’est peut êtr pour cela , qu’il y a maintenant beaucoup de formes différentes d’Aïkido. à comprendre: c’est plus facile avec les maîtres chinois, il n’y a pas de mythologie. Vous faites des entraînements, et vous pouvez vivre des expériences très fortes. C’est ce qui m’est arrivé avec Me Hikitsuchi, ou avec mon maître de chi ¦Je vous remercie beaucoup de nous gong. avoir accordé cet entretien. n C’est toujours pareil: pour moi cela se construit à partir d’expériences concrètes. A partir de ces expériences on se dit: ”Tient, c’est peut-être vrai ce qu’il raconte, peut-être que cela existe.” Si je n’avais pas ces expériences et que Hikitsuchi Sensei ne m’avait jamais aspiré, Aïkidojournalpage 4/2008 33 J