Main basse sur les palaces - Association des Journalistes du

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Main basse sur les palaces - Association des Journalistes du
LEXPRESS.fr
CÔTE
D’AZUR
Main basse sur les palaces !
AVEC
Dossier réalisé par Hélène Constanty
Rédacteur en chef : Jacques Trentesaux
W. CONNETT/R. HARDING/AFP
Côte d’Azur /Secrets des palaces
RACHAT L’ancien émir du Qatar
s’est offert le Vista Palace,
à Roquebrune-Cap-Martin,
à la barre du tribunal de commerce.
Dans l’ombre
des grands hôtels
N° 3361 / 5 décembre 2015
L’EXPRESS / III
Les fleurons de l’hôtellerie de luxe de la Côte d’Azur n’en finissent pas d’attirer
les capitaux du Golfe et de l’Europe de l’Est. Des acquisitions souvent empreintes
de beaucoup de mystères…
L
Par Hélène Constanty
E. DULIÈRE/PHOTOPQR/NICE MATIN
Une rentabilité loin d’être optimale
Cet intérêt des investisseurs étrangers pour l’hôtellerie
de prestige ne répond pas uniquement à des motivations
économiques. Certes, le tourisme se porte très bien sur la
Côte d’Azur et les hôtels 4 et 5 étoiles contribuent plus que
jamais à sa prospérité. Le bilan de la saison 2015 est
réjouissant, avec un taux d’occupation des hôtels de luxe
de 81 % de juin à septembre. Les touristes sont de plus en
plus nombreux à choisir le haut de gamme : 45 % d’entre
eux ont séjourné dans des 4 et 5 étoiles – ils n’étaient que
31 % il y a dix ans.
Pourtant, les prix d’acquisition des établissements les mieux
situés atteignent de tels sommets que la rentabilité des capitaux investis est loin d’être optimale. « Un hôtel de luxe
dégage normalement 7 à 8 % de rentabilité annuelle (résultat
net rapporté aux capitaux investis). Sur la promenade des
ATTENTE Acheté
30,5 millions d’euros, le Vista
est fermé depuis 2014.
P. HERTZOG/AFP
a transaction est passée inaperçue. L’hôtel
La Pérouse de Nice, un 4-étoiles de 56 chambres situé sur
le quai de Rauba Capeu, a été acheté au cœur de l’été par
le groupe hôtelier Maranatha, en même temps que cinq
établissements haut de gamme parisiens. Montant de la
transaction : 360 millions d’euros. Pour une fois, c’est une
entreprise française, basée à Marseille, qui a emporté le
morceau. Un fait assez rare pour être signalé. Ces dernières
années, les investisseurs américains, qataris, tchèques ou
kazakhs ont acheté à prix d’or les établissements de prestige
à Cannes, Nice, Saint-Jean-Cap-Ferrat ou Beaulieu.
Le phénomène est ancien. Depuis un siècle, la plupart des
grands hôtels de la Côte d’Azur sont passés de main en main,
au gré des revers de fortune des uns et des montées en puissance des autres. Mais le phénomène s’accélère et les prix
flambent.Ainsi, le Grand-Hôtel du Cap-Ferrat, seul détenteur
du label « palace » des Alpes-Maritimes, a été vendu, en
2006, par un joaillier franco-libanais à un milliardaire
américain d’origine ukrainienne, dans des circonstances qui
suscitent l’intérêt de la justice (lire page XVIII) ; en 2013, le
groupe américain Starwood a cédé le Palais de la Méditerranée (Nice) et le Martinez (Cannes) au Premier ministre
du Qatar ; la palme revient, comme il se doit, au… Carlton
de Cannes, qui a changé d’actionnaire quatre fois en dix ans
pour aboutir, en 2014, dans le portefeuille de Qatari Diar,
le fonds souverain de la famille régnante du Qatar (lire
page X).
Anglais ou la Croisette, ce taux tombe à 2 % », estime Olivier
Carvin, le fondateur et président de Maranatha. Cela ne
décourage pas les investisseurs, bien au contraire, puisque
la concurrence est féroce dès qu’un hôtel est à vendre. Et
ce sont les étrangers les plus riches qui emportent le plus
souvent la mise. « Les hôtels comme le Martinez ou l’EdenRoc d’Antibes sont des trophy assets, des trophées pour les
investisseurs les plus fortunés, confirme Olivier Petit, consultant en hôtellerie, associé d’In Extenso. La dimension
psychologique est fondamentale. Dans les pays de l’Est, un
oligarque se doit de posséder le plus bel hôtel de sa ville. »
Pour ces riches acquéreurs, la Côte d’Azur déroule le tapis
rouge, sans poser trop de questions. Qui sont ces investisseurs
cachés derrière des sociétés basées dans des paradis fiscaux?
Pourquoi bénéficient-ils de privilèges fiscaux ? Comment
réussissent-ils à obtenir des permis de construire dans des
zones interdites? L’origine des fonds est-elle claire? Derrière
les marbres et les soieries, L’Express a mené l’enquête. •
N° 3361 / 2 décembre 2015
IV /
Côte d’Azur /Secrets des palaces
J. SAGET/AFP
PROM’ Le Negresco abrite
6 000 œuvres d’art.
La veuve
du Negresco
et les vautours
Le fleuron de la prom’, détenu
par une vieille dame sans
héritier, suscite d’immenses
convoitises. Une enquête pour
abus de faiblesse est en cours.
Depuis un an, Jeanne Augier, 92 ans,
propriétaire du plus beau 5-étoiles de
la promenade des Anglais, vit recluse
dans ses appartements du 6e étage.Trop
diminuée pour continuer d’en assurer
la gestion, elle a été placée sous tutelle
à la demande du parquet de Nice, en
mars 2013. L’année même où ce fleuron
de l’hôtellerie azuréenne, bâti par Henri
Nesgrescu, un immigré roumain flamboyant et visionnaire, fêtait ses 100 ans…
Ici, le luxe s’étale dans toute sa splendeur. Les façades, la toiture au dôme
rose et le hall central de l’hôtel, de style
Louis XVI, surmonté d’une immense
verrière et éclairé par un imposant lustre
en cristal, sont classés à l’inventaire des
monuments historiques. Les clients sont
toujours accueillis par des grooms en
livrée bleue et rouge. Mais la patronne,
N° 3361 / 2 décembre 2015
HÉRITIÈRE Jeanne Augier,
92 ans, a été placée
sous tutelle en mars 2013.
à la permanente rousse et aux robes
fleuries, ne se promène plus dans les
couloirs, ses chiens de race en laisse, avec
son thermomètre à la main pour s’assurer que la température est bien à 23°C.
Et Carmen, sa chatte tigrée, ne trône
plus sur le fauteuil de velours turquoise
qui lui était réservé au bar de l’hôtel…
Le curé tire le signal d’alarme
Depuis deux ans et demi, c’est une mandataire judiciaire à la protection des
majeurs, Laurence Cina-Marro, qui
veille sur les biens privés de « madame »,
tandis que l’administratrice judiciaire
Nathalie Thomas assure la gestion de
l’établissement et de ses 180 salariés.
Jeanne Augier, propriétaire des lieux
depuis 1957, est l’une des rares hôtelières
indépendantes à avoir résisté aux
propositions de rachat qui lui ont été
faites par des fonds spéculatifs américains et des milliardaires du Golfe. Pour
combien de temps ? Que deviendra le
Negresco lorsqu’elle ne sera plus là, elle
qui n’a pas d’héritiers ?
L’incertitude sur l’avenir de l’hôtel
et la valeur de ce patrimoine exceptionnel, estimé au bas mot à 100 millions
d’euros, attisent les passions. La mise
sous tutelle de Jeanne Augier a révélé
d’obscures manœuvres qui se tramaient
en coulisses. Des clans se sont formés,
chacun se réclamant de sa proximité
avec « madame » et dénonçant les agissements des autres, soupçonnés de vouloir mettre la main sur le magot. Une
ambiance si délétère que le parquet de
Nice a ouvert, début 2015, une information judiciaire pour abus de faiblesse
L’EXPRESS / V
V. HACHE/AFP
le diocèse, explique-t-il. Après la mort
de son mari, elle m’a demandé de faire
partie d’une sorte de conseil informel.
Elle régnait à la mode de Louis XIV, de
façon très autoritaire. Elle nous convoquait pour nous demander notre avis
sur toutes sortes de sujets, aussi bien les
travaux à mener dans l’hôtel que le choix
du gâteau d’anniversaire. »
confiée à la juge Valérie Tallone. L’enquête n’en est qu’à ses prémices. Difficile, à ce stade, de savoir qui ment,
qui dit vrai et qui roule pour qui. Seule
certitude : depuis 2012, plusieurs
proches de la propriétaire ont écrit au
procureur de la République pour lui
signaler des faits inquiétants.
Le premier à tirer le signal d’alarme a
été Gil Florini, curé de l’église de SaintPierre-d’Arène, située derrière le Negresco, dont Jeanne Augier était une fidèle assidue de la messe du samedi soir.
Ce prêtre original, qui organise des cérémonies de bénédiction d’animaux ou
de téléphones portables et qui fabrique
du… pastis, connaît Jeanne Augier depuis trente ans. « Je la fréquentais bien
avant de devenir curé de cette paroisse,
lorsque j’étais délégué au tourisme pour
Dans un premier temps, trois administrateurs à vie sont désignés : Jeanne
Augier, Pierre Couette et Michel Palmer. Les vieux amis sont ulcérés : on les
a oubliés ! Le prêtre Gil Florini, le docteur Adina Richard et l’artiste Isabelle
Delpuech de Comeiras se font donc
nommer à leur tour membres à vie
par Jeanne Augier, lors d’un conseil
d’administration du fonds, en décembre 2010. Une nomination contestée
par Pierre Couette, car contraire aux
statuts.Tout ce petit monde commence
à s’échauffer autour du fonds de dotation, tandis que d’autres personnages,
dont un banquier lyonnais, rôdent autour de la société gestionnaire de l’hôtel.
Un vrai panier de crabes. « Une tentative
de transformation de la société anonyme avec conseil d’administration en
société à directoire et conseil de surveillance a été déjouée juste à temps.
La manœuvre aurait conduit à évincer
Jeanne Augier en la reléguant à un rôle
honorifique », décrypte Frédéric de
Baets, son ancien avocat, qui s’empresse
d’informer à son tour le procureur.
Un vrai panier de crabes
Michel Palmer, un ami intime de Jeanne
Augier, et Adina Richard, son médecin
personnel, tous deux aussi âgés qu’elle,
participaient également à ces réunions
impromptues, autour d’un thé ou d’un
déjeuner au Chantecler, le restaurant
chic de l’hôtel. A en croire Gil Florini,
tout allait bien jusqu’à l’arrivée d’un
jeune homme, Pierre Couette, en 2005.
Originaire du Mans, cet historien d’art
propose à Jeanne Augier de rédiger son
mémoire de master de l’Ecole du Louvre sur sa collection privée. L’une des
originalités du Negresco réside en effet
dans les 6 000 œuvres d’art amassées
par sa propriétaire au long de sa vie :
sculptures de Niki de
Saint Phalle et de Cé- « Elle régnait à la mode
sar, tableaux de Vasa- de Louis XIV, de façon
rely, Renoir, Salvador
Dalí... Le clou ? Un très autoritaire »
portrait de Louis XIV
en costume de sacre signé de Hyacinthe
En mai 2014, un an après la mise sous
Rigaud, copie d’une toile exposée au tutelle de la propriétaire du Negresco,
château de Versailles.
la justice décide de renforcer d’un cran
« En 2008, une fois mes études termi- la protection en nommant une adminées, je suis devenu salarié de l’hôtel, nistratrice judiciaire pour le fonds de
où j’ai été chargé de préparer les festi- dotation. Une parisienne, Béatrice
vités du centenaire », précise Pierre Dunogué-Gaffier, est choisie afin d’éviCouette. Logé gratuitement et très bien ter toute interférence locale. « Il n’y a
payé, il s’occupe également de mettre actuellement qu’1,2 million d’euros
en place un fonds de dotation destiné dans le fonds, commente-t-elle. Je ne
à recevoir l’héritage de Jeanne Augier sais pas si Jeanne Augier a rédigé un
après son décès, afin que l’hôtel soit testament, mais sa volonté est clairepréservé à l’identique, selon les vœux ment d’y verser sa fortune personnelle.
de la vieille dame. Le fonds Mesnage- L’enjeu est énorme. Le Negresco, c’est
Augier-Negresco est déclaré à la pré- la tour Eiffel de Nice ! »
fecture de Nice en avril 2009. Son objet?
Aujourd’hui, tous les actifs du fonds
« Soulager la misère animale » et « hu- sont gelés, dans l’attente du jugement
maine » et « assurer la sauvegarde de pour abus de faiblesse. Ensuite, Béatrice
l’hôtel Negresco et de ses collections ». Dunogué-Gaffier souhaiterait transPlus souple qu’une fondation, ce fonds former le fonds de dotation en fondation.
bénéficie du même régime fiscal : les Ce statut permettrait de mettre fin à la
dons et legs qu’il reçoit sont entièrement zizanie, grâce à un contrôle étroit de
exonérés de droit de succession. Un l’Etat, tout en respectant la volonté de
avantage capital pour Jeanne Augier, Jeanne Augier : conserver le Negresco
veuve et sans enfant.
dans le patrimoine national. • H. C.
N° 3361 / 2 décembre 2015
VI /
Côte d’Azur /Secrets des palaces
Les mystérieux Kazakhs
de Beaulieu-sur-Mer
Le Métropole n’a toujours pas rouvert depuis son changement de propriétaire
en 2004. Les Kazakhs se heurtent ˆ l’opposition farouche de leur voisin.
N° 3361 / 2 décembre 2015
PATRIMOINE Le Métropole
est un des plus vieux palaces
de la Riviera fran•aise.
V. HACHE/AFP
Cela fait neuf ans que les volets sont
clos à l’hôtel Métropole, sur le rivage
de Beaulieu-sur-Mer. Cette élégante
bâtisse datant de la Belle Epoque abritait jusqu’en 2006 un établissement
3-étoiles défraîchi d’une quarantaine
de chambres, tenu par la veuve du petitfils du fondateur. « A 80 ans, la propriétaire souhaitait vendre, soucieuse de
préparer sa succession. Nous étions
intéressés, mais la transaction ne s’est
pas faite », se souvient Jean-Claude Delion, le propriétaire de La Réserve de
Beaulieu, le luxueux hôtel 5-étoiles qui
jouxte le Métropole.
En 2004, le Métropole est vendu à des
investisseurs kazakhs, puis est fermé
deux ans plus tard. Un projet de démolition et de reconstruction de l’hôtel, sur
une surface deux fois et demi-supérieure,
voit le jour. Contesté par plusieurs
riverains, il est abandonné en 2014 : le
permis de construire, de même que la
totalité du plan local d’urbanisme de la
ville, sont annulés par la justice administrative. Un deuxième projet, plus modeste, de rénovation du bâti existant et
de réalisation d’un parking souterrain
est sur les rails. Mais il se heurte à l’opposition farouche de Jean-Claude
Delion, qui a déposé un recours contre
le permis de construire accordé en février 2015. Le patron de La Réserve
s’oppose notamment à la réalisation
d’un parking souterrain et d’une terrasse
sur un espace boisé classé. Il a obtenu,
en outre, l’interruption des travaux commencés l’été dernier, grâce à un jugement en référé du tribunal administratif
de Nice. Les propriétaires du Métropole
ont seulement réussi à ouvrir provisoirement, l’été dernier, un restaurant en
plein air, sur la terrasse de l’hôtel, sous
l’enseigne Le Berlugan.
« Ces contretemps ont des conséquences dramatiques pour l’économie
de Beaulieu-sur-Mer. Nous sommes
réduits à vivoter », s’indigne Béatrice
Barral, une ancienne avocate niçoise
nommée directrice générale du Métropole début 2015. Pour tuer le temps, elle
investit dans l’immobilier pour le compte
des actionnaires de l’hôtel. En l’espace
de quelques mois, elle a acheté plusieurs
appartements, deux restaurants, une
boulangerie, un glacier, pour plusieurs
millions d’euros… Une véritable razzia
sur Beaulieu !
Une holding domiciliée
dans un paradis fiscal
Le mystère qui entoure l’identité des
nouveaux propriétaires n’aide pas à
calmer le jeu. La SAS Hôtel Métropole
a été achetée par Metropole Holdings,
immatriculée aux îles Caïman, un paradis fiscal des Caraïbes qui préserve
soigneusement l’anonymat de ses hôtes.
En novembre 2012, Metropole holdings
a transféré son siège au Luxembourg
et a changé de nom, pour devenir
Metropole International Hotel Group
SARL, détenu à 100 % par Belvia
holding Limited, basée aux Iles vierges
britanniques, un autre paradis fiscal.
« Il n’y a aucun Kazakh ici. Je ne connais
que Ian Connor, le seul bénéficiaire
économique de l’hôtel Métropole »,
affirme Béatrice Barral.
Cet Ecossais de 49 ans, président de la
SAS Métropole de 2004 à 2014, vivait
au Kazakhstan avant de s’installer à
Monaco. Il n’a pas souhaité répondre à
nos questions. Mais pour les Berlugans,
la nationalité des actionnaires ne fait
aucun doute : il s’agit d’hommes d’affaires kazakhs proches de Noursoultan
Nazarbaïev, le dictateur de cet Etat
pétrolier riverain de la mer Caspienne.
Mais qui précisément? S’agit-il de l’oligarque Patokh Chodiev, propriétaire
du Petit Rocher, l’une des plus belles
villas du cap Ferrat, en surplomb de la
plage de Passable ? Ou d’Askar Alshinbayev, l’une des plus grosses fortunes
du Kazakhstan, qui a entrepris à grands
frais la rénovation d’une immense villa
de quinze pièces à la pointe du cap Ferrat ? Le mystère reste entier. • H. C.
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détour à travers le monde au départ de Nice.
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“Papa, c’est vrai qu’à Strasbourg pour les fêtes de Noël il y a un gigantesque et magnifique
marché de Noël, que l’on peut y manger du pain d’épices, boire des chocolats chauds,
acheter des boules décorées et toutes sortes de décorations ? En plus, tu sais papa que
ce marché est le plus ancien marché de Noël en France, ça vaut le coup de le visiter non ?
On pourra en profiter pour découvrir Strasbourg, son architecture, sa cathédrale, ses
jolies maisons à colombage et manger une choucroute, toi qui adores ça ! Il paraît qu’à
Noël l’ambiance y est magique, que toutes les rues sont décorées, que l’on peut vraiment
ressentir la féerie de Noël surtout en fin de journée quand toutes les lumières brillent, que
les odeurs d’épices, de cannelle, de chocolat remplissent la ville… Oh papa, j’ai trop envie
d’un noël différent…
En plus les vols sont directs au départ de Nice. Alors petit papa tu dis oui ?”
VIII /
Côte d’Azur /Secrets des palaces
JLPPA/BESTIMAGE
Milliardaires contre naturistes
Le nouveau propriétaire du Palais Maeterlinck a bénéficié d’un
traitement de faveur pour transformer cet ancien hôtel en résidence
de luxe. Les promeneurs et les nudistes n’apprécient pas.
En toute saison, des baigneurs en tenue
d’Adam se prélassent sur les rochers
déchiquetés au pied de la falaise du
cap de Nice, en contrebas du palais
Maeterlinck. Cet édifice, bâti en 1920,
doit son nom à l’écrivain belge Maurice
Maeterlinck, prix Nobel de littérature,
qui fut son célèbre propriétaire dans
l’entre-deux guerres. L’auteur de
L’Oiseau bleu donnait des fêtes somptueuses dans cet hôtel particulier, alors
nommé villa Orlamonde. Le palais a
été ensuite transformé en copropriétés,
puis en hôtel. Le bord de mer, lui, est
fréquenté depuis longtemps par les naturistes, comme en témoigne le livre
de Jean Cocteau, Le Passé défini, publié
en 1953.
Pendant des décennies, cette habitude
n’a posé aucun problème, tant le lieu
est isolé. Le sentier du littoral de Nice
N° 3361 / 2 décembre 2015
à Villefranche-sur-Mer, aménagé en
2004 par le conseil départemental des
Alpes-Maritimes, butte au pied de la
falaise au ras de l’eau. Le promeneur
qui souhaite poursuivre jusqu’à la rade
de Villefranche-sur-Mer doit remonter
sur la route de la basse corniche puis
redescendre plus loin vers la mer.
Dix-sept appartements
de 125 à 600 mètres carrés
Tout a changé depuis que le palais
Maeterlinck a été racheté, en 2012, par
Radovan Vitek, un richissime homme
d’affaires tchèque de 44 ans. Sa société,
CPI Property Group a déboursé 48 millions d’euros pour l’ancien hôtel
4 étoiles, fermé depuis 2006. Un prix
élevé justifié par le permis de construire
accordé, en mai 2008, par la mairie de
Nice au précédent propriétaire, Logan
Estates. Il permettait la transformation
de l’hôtel en appartements, mais aussi
la création d’une piscine, de terrasses,
de parkings et le réaménagement des
espaces extérieurs. Cette mystérieuse
société luxembourgeoise, dont l’identité
des propriétaires est inconnue, avait
elle-même acheté le bien deux ans plus
tôt à l’industriel suisse Henri-Ferdinand
Lavanchy, le fondateur de l’entreprise
de travail temporaire Adia, qui l’avait
exploité sous forme d’hôtel pendant
seize ans.
Radovan Vitek a transformé l’ancien
hôtel en 17 appartements de grand luxe,
aux surfaces comprises entre 125 et
600 mètres carrés. Troisième homme
le plus riche de République tchèque,
avec un patrimoine de 1,7 milliard d’euros selon le classement Forbes, Vitek
a bâti sa fortune durant la vague de
L’EXPRESS / IX
ville pour attirer des congressistes en
hiver. Nous avons seulement 6 000 mètres carrés de surfaces habitables sur
cette vaste propriété de 3,9 hectares »,
précise Peter Illovsky, le directeur
général de CPI France. La moitié des
appartements ont été vendus à des
investisseurs kazakhs, russes ou slovaques, pour des sommes allant de 3,7
à 15 millions d’euros.
ABUS Le funiculaire a été
rénové à grands frais...
sans la moindre autorisation.
privatisations des années 1990 en Tchécoslovaquie. En 2015, il s’est offert l’extravagant manoir de l’ex-Beatles Ringo
Starr, en Grande-Bretagne, pour 35 millions d’euros, afin de pouvoir inscrire
ses enfants dans les meilleures écoles
privées britanniques. Il possède une
immense villa contemporaine sur l’île
de Saint-Barthélemy, dans les Antilles,
et un impressionnant domaine provençal, le Mas Cantagrelli, à La Colle-surLoup. Sa société CPI Property Group
est à la tête d’un empire immobilier
international : 15 000 appartements,
des hôtels, des centres commerciaux…
A Nice, il a investi 15 millions d’euros
dans la rénovation du palais Maeterlinck. Une transformation jugée nécessaire en raison de la faible rentabilité
de l’ancien hôtel. « L’établissement
était trop petit et trop à l’écart de la
d’une condition : « que l’ensemble des
ouvrages restent accessibles au public
depuis la mer et depuis la terre ».
L’association Caps et sentiers des
Alpes-Maritimes (Cesam), à l’origine
de la création du sentier du littoral,
observe avec étonnement que les nouveaux propriétaires ont aussi rénové à
grands frais un funiculaire, afin de permettre aux résidents d’accéder à la mer
sans avoir à gravir à pied un chemin escarpé, sur cent mètres de hauteur. « Ils
ont arraché des plantes tout le long de
cette remontée mécanique, créé un escalier métallique parallèle et installé
des grillages… Sans la moindre autorisation », s’offusque Jean-Clary Bousquet, le président de Cesam. Le permis
Régulièrement, le gardien
du Maeterlinck appelle la police
A ces prix, les nouveaux résidents aimeraient profiter d’une vue dégagée
sur le large. Ils n’apprécient guère le
spectacle des nudistes en contrebas de
leurs terrasses en teck bordées de piscines privées. « Un
peu de décence ! « Nous avons l’habitude de venir
Quand on a investi des millions, ici depuis toujours sans
on n’a pas envie que cela gêne personne »
de voir quelqu’un
mettre ses pieds sales sur le sofa blanc », de construire délivré en 2008 ne mens’indigne Peter Illovsky.
tionne nullement ce funiculaire.
Depuis 2013 et le début des travaux,
Alertée par un riverain, la direction
la chasse aux naturistes est donc ouverte. départementale des territoires et de la
Le propriétaire a planté un panneau mer des Alpes-Maritimes a dressé un
menaçant sur les rochers, là où le sentier procès-verbal d’infraction au droit de
du littoral débouche sur une plateforme l’urbanisme, le 23 septembre 2014,
en béton encadrée de rochers, destinée transmis au procureur de la République
à servir de plage privée à ses riches de Nice. « Il n’y avait pas besoin de
clients : « Propriété privée. Souriez, vous permis de construire pour mettre aux
êtes filmés. Strictement interdit aux normes ce funiculaire » rétorque Peter
nudistes. » Le panneau est illustré d’un Illovsky. A ce jour, aucune poursuite
singe tenant une banane à la main…
n’a été déclenchée par la justice.
Régulièrement, le gardien du Maeterlinck appelle la police pour verba- L’ascenseur du roi Salmane
liser les naturistes. Ce qui est parfaite- Dans d’autres sites des Alpes-Mariment justifié, car il est interdit de se times, accaparés par des propriétaires
baigner nu en dehors des plages réser- privés, les riverains mécontents ont fait
vées à cet usage. « Le problème, c’est davantage de bruit pour alerter l’opiqu’il n’en existe aucune dans les Alpes- nion. L’été dernier, par exemple, une
Maritimes. Nous avons l’habitude de mobilisation sans précédent a conduit
venir ici depuis toujours sans que cela le préfet à faire détruire l’ascenseur
gêne personne », regrette un habitué. installé par la famille royale d’Arabie
Son indignation est d’autant plus saoudite sur la petite plage de la Migrande que le riche propriétaire semble, randole, à Vallauris-Golfe-Juan. L’équilui, s’affranchir des règles de droit. Pen- pement avait été réalisé sans la moindre
dant les travaux, en 2014, le Maeterlinck autorisation sur une plateforme de bés’est approprié la plateforme en béton, ton coulée à même le sable, afin de persituée sur le domaine public maritime mettre au roi Salmane ben Abdelaziz
et, donc, théoriquement accessible à Al Saoud et à sa cour de descendre sur
tous, pour y entreposer du matériel la plage, depuis son château de l’Holourd livré par bateau. Or l’autorisation rizon, un immense palais blanc de bord
d’occupation temporaire (AOT) de de mer.A Nice, au pied du Maeterlinck,
cette plateforme n’a été délivrée par le conflit est resté feutré, les nudistes
la préfecture qu’en mai 2015, assortie étant eux-mêmes dans l’illégalité. • H. C.
N° 3361 / 2 décembre 2015
X/
Côte d’Azur /Secrets des palaces
Pourquoi les Qataris
aiment tant la Côte d’Azur
Le Carlton, le Martinez, le Palais de la Méditerranée, le Vista Palace…
Autant d’hôtels de grand luxe rachetés par des fonds du Qatar. Une boulimie
qui s’explique par un incroyable privilège fiscal…
rénover La Cigale Vista Beach, un restaurant de plage situé à la pointe du cap
Martin, acheté en même temps que l’hôtel et rouvert pendant la saison estivale.
Ce rachat controversé confirme l’engouement des dirigeants du Qatar pour
les établissements les plus prestigieux
de Cannes et de Nice. Leur première
apparition remonte à 2008, avec l’entrée
V. HACHE/AFP
Perché à 300 mètres d’altitude, en porte- senté leur offre hors délai, mais le jour
à-faux au-dessus d’une falaise, le Vista de l’audience, ils n’avaient pas consigné
Palace de Roquebrune-Cap-Martin est l’argent chez le liquidateur, comme tous
l’un des hôtels les plus incroyables de les candidats ont l’obligation de le faire. »
la Côte d’Azur. Ses terrasses offrent une
Le repreneur envisage-t-il de rénover?
vue à couper le souffle sur Monaco, les De reconstruire ? Voire de transformer
côtes françaises et italienne et la Grande l’hôtel en résidence privée? Sur les lieux,
Bleue. Le 5 novembre 2014, il a été ra- rien n’a bougé depuis un an. Contacté
cheté par l’ancien émir du Qatar, Hamad par L’Express, son représentant local
ben Khalifa Al Thani, père
de l’actuel dirigeant de ce
richissime état du Golfe per- JOYAU Le mythique
sique, à la barre du tribunal h™tel Carlton a ŽtŽ rachetŽ
de commerce de Nice. La une premi•re fois en 2012.
Société d’exploitation et de
détention hôtelière Vista,
créée pour l’occasion, a provoqué la stupéfaction en surenchérissant, hors délai, sur
les autres candidats à la reprise. Son offre mirobolante
de 30,5 millions d’euros a
écrasé les concurrents, dont
le mieux-disant ne proposait
« que » 19 millions pour cet
hôtel 5 étoiles en perdition,
échoué au tribunal de commerce après que son précédent propriétaire, l’italien
Bruno Arosio, a accumulé
les dettes impayées.
Deux des candidats écartés,
les groupes hôteliers français
Compagnie de Phalsbourg
et Maranatha ont eu beau
contester la décision pour
excès de pouvoir, le rachat
par les Qataris a été confirmé en appel refuse de livrer une quelconque inforle 18 décembre 2014 au motif que les mation sur le projet : « Il est trop tôt.
repreneurs évincés n’ont pas le droit de Nous en sommes encore aux études
faire appel d’un jugement du tribunal préalables, aucun permis de construire
de commerce. L’affaire est restée en tra- n’a été déposé », dit Massimo Scarpata.
vers de la gorge d’Olivier Carvin, le pa- Pour l’instant, le nouveau propriétaire
tron de Manaratha : « Je suis en colère ! s’est contenté de s’offrir les services de
Ils ont triché. Non seulement ils ont pré- l’architecte Jean-Michel Wilmotte pour
N° 3361 / 2 décembre 2015
discrète du fonds souverain Qatari Diar,
détenu par la famille régnante, au capital
de la Société fermière du casino municipal de Cannes (SFCMC), propriétaire
des hôtels Majestic Barrière (5-étoiles)
et Gray d’Albion (4-étoiles) et de deux
casinos cannois (Le Croisette, dans le
palais des festivals, et Les Princes, •••
Mutuelle soumise aux dis
d spos
positions du livre
re II du Code de la mutualité, n° Siren 538 518 473.
La santé, c’est
trop important
pour être
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XII /
Côte d’Azur /Secrets des palaces
¥¥¥ au sous-sol de l’h™tel JW Marriott).
d’été, réservant des étages entiers dans
les grands h™tels et claquant des sommes
folles dans les restaurants, les boutiques
de luxe et les bo”tes de nuit. Elle doit
aussi beaucoup ˆ un privilège fiscal exorbitant accordé par la France au Qatar
en 2009, sous la présidence de Nicolas
Sarkozy. Cette convention fiscale votée
par le Parlement ˆ la demande du président de la République, qui s’est rendu
deux fois au Qatar en 2008, a pour
but d’ « améliorer l’attractivité de
la France pour les investisseurs
qataris, notamment dans le secteur immobilier ». Elle prévoit
une exonération totale des plusvalues immobilières et des gains
en capital réalisés par le Qatar
ou par ses « entités publiques »,
y compris la famille de l’émir,
sur les biens détenus en France.
Seul le Kowe•t, autre monarchie
pétrolière, bénéficie d’une telle
dérogation au droit commun.
A l’époque, le cadeau est passé
relativement inaper•u. Mais il a
atteint son but et marqué le coup
d’envoi d’une véritable OPA qatarie sur les joyaux du patrimoine
national. La famille régnante a
commencé par mettre la main sur
les plus beaux h™tels particuliers
AVENIR Les salariŽs de Paris, comme l’h™tel d’Evreux,
du Carlton sÕinqui•tent de place Vend™me, ou l’h™tel Lamla valse des actionnaires. bert, sur l’”le Saint-Louis, avant
d’étendre sa razzia aux palaces
parisiens et azuréens. Combien
C’est en 2012 que les acquisitions Méditerranée ˆ Nice, ainsi que l’H™tel ce privilège cožte-t-il ˆ l’Etat ? Selon
qataries les plus spectaculaires ont été du Louvre et le Concorde-Lafayette ˆ un calcul réalisé par l’agence Reuters
effectuées. En février, le mythique h™tel Paris. Montant estimé de la transaction : en septembre 2013, le Qatar était ˆ la
Carlton (5-étoiles), classé monument 380 millions d’euros. Premier ministre tête d’un patrimoine immobilier de plus
historique, a été acheté par Ghanim de l’émirat de 2007 ˆ 2013, le cheikh de 6 milliards d’euros. Le volume n’a
ben Saad Al Saad, un influent homme Hamad ben Jassem Al Thani, proche de cessé d’augmenter depuisÉ
d’affaires proche du pouvoir. Cet ancien l’ancien émir, a été évincé en juin 2013,
Pour la députée (PS) Valérie Rabault,
directeur général de Qatari
rapporteuse du budget, le priDiar, habitué ˆ faire chauf- Depuis 2009, le Qatar est
vilège fiscal accordé au Qatar
fer la carte bleue de l’émir,
cožterait ˆ l’Etat entre 150 et
a voulu s’offrir l’h™tel sur exonéré d’impôt sur les
200 millions d’euros par an. Mais
ses fonds propres. Cela n’a plues-values immobilières
aucune donnée officielle n’est
apparemment pas plu en
disponible. Un amendement au
haut lieu et il a été contraint de reven- dès l’accession au pouvoir du fils de ce projet de loi de finances de 2015 a pourdre, en juillet 2014, au groupe Katara dernier, Tamim ben Hamad Al Thani. tant été voté en novembre 2014, préHospitality, qui gère les participations Mais il a conservé ses précieux h™tels voyant que le gouvernement remette
h™telières de Qatari Diar. Les 280 sa- de la Croisette, dont il a confié la gestion au Parlement un rapport ˆ ce sujet avant
lariés du Carlton s’inquiètent de cette ˆ la multinationale américaine Hyatt.
le 1er juillet 2015. Il n’en a rien été. Le
Cette boulimie d’acquisitions ne s’ex- secret sur les investissements qataris
valse des actionnaires qui paralyse tout
projet d’avenir. « Les investissements plique pas seulement par l’attrait de la en France est aussi bien gardé sous
de modernisation et d’agrandissement Riviera, o• les princes du Golfe persique Fran•ois Hollande que sous Nicolas
promis depuis quinze ans sont toujours ont l’habitude de prendre leurs quartiers Sarkozy. ¥ H. C.
au point mort », déplore Ange Romiti,
délégué CGT.
Dans cette lutte d’ego, l’ancien Premier
ministre du Qatar a, lui aussi, voulu jouer
sa partie. En janvier 2013, au terme de
six mois d’‰pres négociations, son fonds
d’investissement Constellation Hotel
Holdings, basé au Luxembourg, a mis
la main sur quatre fleurons de fran•ais :
Le Martinez ˆ Cannes, le Palais de la
V. HACHE/AFP
La famille fran•aise Desseigne-Barrière,
qui détient des dizaines de casinos, h™tels
et restaurants, dont le célèbre Fouquet’s,
sur les Champs-Elysées, ˆ Paris, reste
majoritaire et la SFCMC est toujours
présidée par Dominique Desseigne, ami
de Nicolas Sarkozy et père de la fille de
Rachida Dati. Mais le fonds qatari
détient toujours 23,34 % des parts.
N° 3361 / 2 décembre 2015
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de Vatéliens
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YUNNAN
COMMUNIQUÉ
BOCCA BUONA, un restaurant made in Italy.
Ë quelques encablures de l’aŽroport Nice
Côte d’Azur, le Bocca Buona sert tous les
classiques d’une cuisine italienne remise
au gožt du jour. Plongez dans l’ambiance
Ç trendy È d’un restaurant transalpin au
cÏur de l’hôtel Park Inn.
Q
ue faites-vous à midi ? Une envie de
saveurs méditerranéennes ? Un désir
de chaleur du sud ? Le restaurant Bocca
Buona vous propose une virée italienne,
tout en restant à moins de 5 minutes à pied
de l’aéroport de Nice et du centre d’afaires
de l’Arenas. « Nous voulons donner un goût
d’Italie à nos clients voyageurs et locaux »,
explique Fabien Gentou, directeur général de l’hôtel Park Inn by Radisson, situé à
l’extrémité ouest de Nice. Objectif : sortir
du concept aseptisé des hôtels et des restaurants qui bordent traditionnellement
les aéroports. « C’est un établissement chic
mais qui rappelle également
ces petites tables que l’on
découvre au coin d’une ruelle
pittoresque », détaille-t-il. Au
plafond, une carte d’Italie de
5 mètres de long est tendue.
L’occasion pour les clients de
choisir la ville dans laquelle ils pourraient se trouver. Ne reste plus qu’à faire
fonctionner son imagination : une cafeteria
du centre-ville de Turin où déjeunent les
hommes d’afaires ou un restaurant familial d’un village du Mezzogiorno, au sud de
l’Italie ? À vous de choisir la destination
culinaire.
Derrière le comptoir, un des Chefs prépare
les antipasti et les pizzas devant les clients.
Quoi de mieux pour commencer un repas
italien ? Chacun fait le choix de s’installer en
terrasse, sous les parasols pour se protéger
du soleil automnal, à moins de s’asseoir sur
les chaises industrielles Tolix ou le grand
banc en bois de la salle qui compte trois
ambiances diférentes : le carrelage des
métros citadins, la brique typique ou bien
le bois traditionnel. « La salle compte 124
couverts, mais elle est divisée en plusieurs
zones, chacune avec son atmosphère »,
précise le directeur général. S’il y a bien
une chose qui harmonise
ces trois zones, c’est
« l’ambiance décontractée et conviviale d’un
restaurant
italien »,
sourit-il.
Inondée par les rayons
du soleil qui traversent les baies
vitrées, la salle est dynamisée par des
couleurs acidulées. Du rouge, du noir et du
jaune pour se sentir véritablement dans
Italie du XXIe siècle.
Après les antipasti, c’est au tour des autres
spécialités italiennes de s’inviter à table. Les
aubergines grillées au fromage de chèvre,
les filets de sardine au fenouil et orange, les
légumes grillés et marinés à l’huile d’olive...,
figurent sur la carte des entrées. Des
saveurs tout droit venues du sud de l’Italie
et qui sentent bon la dolce vita. Ensuite, au
choix, les macaroni al forno, les brochettes
de bœuf ou bien les palourdes en cocotte.
Avant de finir par l’inévitable tiramisù ou les
fameuses gelati d’un maître glacier niçois.
Le restaurant Bocca Buona propose également une formule « Servi sur ardoise » avec
entrée, plat, dessert et café pour 19 €. Un
prix mini pour un efet maxi !
Petit plus : L’hôtel-restaurant dispose de
sept salles de confŽrences, avec possibilitŽ
d’organiser des sŽminaires et cocktails.
Infos : 179, boulevard RenŽ Cassin,
06200 NICE
TŽl. : 04-93-18-34-00 / 02
E-mail : [email protected]
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COMMUNIQUÉ
L’OCTOPUSSY, divins
HUY TRAITEUR, une cuisine vietnamienne,
parfums corses.
entre tradition et modernité.
P
P
ousser la porte de Huy Traiteur, c’est
entrer dans une rizière moderne. Voilà
l’ambiance que Phu-Huy, sa sœur Vân, et
son frère Phu-Hoang ont voulu donner à
leur enseigne. Des murs verts et taupe, des
lampions design, des meubles modernes et
ou le poulet saot avec citronnelle, curry et
piment. « Tout est fait-maison et en quantité limitée pour garantir une qualité de fraîcheur des plats », détaille Phu-Huy, qui a
donné son prénom à l’établissement ouvert
en 2011. « La carte reste la même, mais on
essaie de varier régulièrement, notamment
avec des menus spéciaux pour les fêtes de
fin d’année. » Et ce concept de cuisine familiale redynamisée est une réussite…
Ouvert du lundi au samedi, de 10h à 14h et
de 16h30 à 21h.
Petit plus : La belle terrasse.
Infos : 11, rue Meyerbeer, 06000 NICE
Tél. : 07-82-02-16-79
www.octopussynice.fr
une playlist blues, jazz et soul. On est loin
du restaurant vietnamien typique. Et pourtant, le trio s’inscrit dans la tradition familiale : leurs parents tiennent également un
traiteur à Nice. « On fait de la cuisine typique,
mais à notre manière », sourit Phu-Huy.
Sur la carte trônent les classiques rouleaux
de printemps déclinés en plusieurs variétés, samoussas et riz cantonais, à déguster
sur place ou à emporter. Mais Phu-Hoang a
également élaboré des plats tirés de son
imagination : les crevettes au gingembre et
citron vert, le canard yam-yam au vinaigre
renez place dans ce restaurant soigné où vous serez accueilli par le
sourire de Claire Le Bras-Pinelli ; vous
serez conquis par les plats aux parfums de
l’île de Beauté, réalisés maison à partir des
recettes de la famille de Vincent, son mari.
Débutez par la charcuterie corse ou par la
salade de poulpe aux agrumes et poursuivez avec la souris d’agneau à la myrthe et
purée ou avec le magret de canard miel et
figues à la juste harmonie de saveurs. Pour
finir, le dessert signature : le tiramisù à la
châtaigne, un moment divin !
Petit plus : Prestations de chef à domicile,
bufet et livraison via leur partenaire
www.livreur-chic.fr
Infos : 111, boulevard Gambetta,
06000 NICE Tél. : 04-93-57-84-97
Facebook : Huy traiteur
LA BAIE D’AMALFI, la cuisine à l’italienne.
Saveurs, décors, ambiance... Tout y est pour
vous plonger dans la tradition italienne. Ce
restaurant, ouvert depuis vingt-six ans,
vous propose un voyage culinaire dans la
région napolitaine, sur la côte amalfitaine.
I
ci, on parle italien, on cuisine italien, on
mange italien. Pas de doute, on est bien
dans le restaurant de Gerardo et Agnès
Mansi. Le couple a recréé, au centre de Nice,
l’ambiance de leur village natal : Amalfi, une
bourgade accrochée aux rochers et exposée
aux vents de la mer Méditerranée, en face
de l’île de Capri. « On tente de reproduire la
même tradition que là-bas », explique Agnès
Mansi avec son accent chantant.
À La Baie d’Amalfi, la tradition passe avant
tout par le respect de la qualité des produits.
« Le mascarpone, la mozzarella, les pâtes
fraîches…, nous sont livrés directement
d’Italie », détaille Gerardo Mansi. À l’heure
du repas, la terrasse ensoleillée et la salle
soigneusement décorée se remplissent
d’habitués, de touristes et d’hommes d’affaires. Il flotte ici comme un parfum du sud,
une odeur d’ailleurs. « On travaille la cuisine
méditerranéenne, les légumes et les saveurs
qui font partie de notre culture », explique le
patron Maître-Restaurateur.
Tout repas italien qui se respecte débute
par une farandole d’antipasti. Ensuite, on
a le choix parmi les grands classiques : les
incontournables pizzas, pennette amalfitana, spaghetti al cartoccio et risotto divers.
Sur la carte, on peut aussi compter
sur des plats originaux élaborés
selon les envies de Gerardo Mansi :
les aubergines au parmesan, le
risotto aux cèpes et scampis ou le
tournedos de bœuf au sésame et
réduction de vinaigre balsamique,
accompagné de pommes grenailles
au lard et romarin. Côté produits
de la mer, la salade de poulpe et
calamars à l’huile d’olive, ainsi que
le carpaccio d’espadon fumé, sont les spécialités de la maison. Chaque jour, les arrivages de poissons jonglent entre les loups,
daurades, saint-pierre… « Ils sont cuisinés
à la méditerranéenne et découpés devant le
client », précise Gerardo Mansi.
Menus de 17,50 € à 35,50 €. Des repas
qui se terminent systématiquement par
l’incontournable tiramisù maison, des
gourmandises changeant chaque jour ou
bien les fameuses gelati préparées par un
maître-glacier... italien, bien sûr !
Petit plus : Possibilité de faire des banquets
et des repas d’afaires dans une salle à part.
Infos : 9, rue Gustave Deloye
(Arrêt de tram Place Massena), 06000 NICE
Tél. : 04-93-80-01-21
Email : info@baie-amalfi.com
www.baie-amalfi.com
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COMMUNIQUÉ
HANGOóT, délicates combinaisons.
Voilà un petit restaurant à l’abri du monde
qui propose une cuisine subtile et inspirée qui fait chanter les saveurs de deux
cultures gastronomiques.
Q
uoi de plus sympathique que de commencer la soirée par un cocktail* sur
la terrasse chaufée de ce restaurant ? Ici,
œuvre Jean-Michel Baranger, un « mixologue » ayant exercé dans de nombreuses
maisons étoilées. C’est avec ravissement
que vous découvrirez des compostions
étonnantes. Aussi passionné que son associé, le Chef japonais Takayuki
Kamiya, il fait tout maison : les
sirops comme les infusions !
Passé ce joyeux moment,
installez-vous dans la salle à
la décoration épurée que les
touches rouges des coussins et des lampes éveillent,
tandis que Monsieur Kamiya
(qui a étudié la gastronomie
française au Japon et qui
fut sous-chef dans l’étoilé
Château Eza), émince, poêle,
assaisonne des mets minutieusement
composés et joliment
dressés. La table est
belle. C’est pourquoi
vous serez ravi de
déguster, en entrée,
le poulpe en cocotte
avec pommes de
terre, champignons et beurre d’escargot
fondu ou le somptueux tartare de dorade,
préparé de façon japonaise, avec du gingembre et de la pâte au soja, citron et noix.
À moins que la classique crème brûlée au
foie gras n’ait votre préférence. Puis viendra le tant attendu plat que
le Chef réalise en fonction du
marché. Ainsi, cet hiver, vous
aurez le bonheur de savourer
un lièvre ou un chevreuil sauce
aux abats, vin rouge* et cèpes.
Pour plus de légèreté, vous
pouvez opter pour le divin filet
de bœuf, oignons sautés au
soja et sa purée de légumes. En
dessert, c’est l’aérienne crème
d’Anjou qui est à l’honneur avec
sa mousse de fromage blanc,
gelée de menthe et fraises confites. Pour
accompagner toutes ces belles tentations,
demandez à Jean-Michel, qui est aussi sommelier depuis vingt ans, de vous conseiller
l’un de ses petits vins de producteur qu’il a
déniché pour votre plus grand bonheur.
Ouvert le soir uniquement. Fermé dimanche
et lundi.
Infos : 5, rue du Moulin, 06300 NICE
Tél. : 04-22-16-99-26
www.hangout-nice.com
CLINIQUE VƒTƒRINAIRE DU PARC,
pour l’amour des animaux.
Ici, la vétérinaire travaille en famille. Avec
ses deux filles, Caroline et Marie, auxiliaires
spécialisées vétérinaires (ASV), elles
font en sorte que chiens, chats et NAC se
sentent en confiance.
D
ans la salle des consultations, un
panneau rappelle à chaque instant la
charte que le docteur et ses filles se sont
imposée. « Ce que nous assurons tient en
trois mots : la qualité, l’humanité
et la disponibilité. Nous avons une
approche humaine de l’animal,
il n’y a jamais d’acharnement »,
précise la vétérinaire. « C’est une
déclaration d’amour envers les
animaux ! » enchaîne Caroline.
« Nous avons écrit une charte qui
est un véritable engagement pour
un niveau de qualité constant. Les
hospitalisations sont toujours surveillées, car
nous habitons sur place. »
La clinique dispose d’installations complètes pour les consultations et la chirurgie :
équipement d’anesthésie gazeuse, échographie, imagerie numérique, dentisterie,
dermatologie et ophtalmologie de base.
Elle a, par ailleurs, son propre laboratoire
d’analyses.
Les visites à domicile sont possibles. Les
ASV peuvent prendre en charge la livraison
de médicaments et de produits alimentaires et assurent, le cas échéant, des soins
sur place.
Enfin, on peut se procurer à la clinique les
médicaments et les produits alimentaires
tant physiologiques que diététiques et bio,
ainsi que des accessoires de dépannage.
La consultation est à 42 €, à 30 € pour les
NAC. Forfait stérilisation des chattes 118 €,
castration des chats 70 € (qui inclut la
visite préopératoire, l’opération et la visite
de contrôle). Pour les chiens, détartrage à
partir de 120 €.
Ouvert toute l’année et en continu les lundis,
mardis, jeudis et vendredis, de 8h à 18h30, et
les mercredis et samedis de 8h30 à 12h30.
Infos : 22, avenue du Tapis Vert,
06220 VALLAURIS
Tél. : 04-93-64-16-20
Facebook : Clinique-Vétérinaire-du-Parc-Vallauris
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COMMUNIQUÉ
INDIAN LOUNGE, lÕambiance Bollywood au cÏur du Vieux-Nice.
Ouvert depuis plus de dix ans, ce
restaurant permet de faire le tour de la
gastronomie indienne. Des cocktails aux
desserts, le voyage culinaire assuré.
E
n flânant dans les ruelles du Vieux
Nice, en passant par la Rue Droite, il
flotte comme un parfum d’épices venues
d’ailleurs. C’est ici que débute le dépaysement. Il ne vous reste plus qu’à trouver le
tuk-tuk — ce tricycle utilisé dans les pays
asiatiques — qui trône devant l’entrée pour
dégoter l’Indian Lounge.
S’asseoir à la table de ce restaurant, c’est
plonger au cœur de l’Inde. « On est dans le
Vieux Nice, mais on n’est pas vraiment dans
le Vieux Nice », s’amuse-t-on à dire à l’Indian
Lounge. Ouvert depuis 2004, l’établissement
propose de découvrir la cuisine indienne et
« l’enchantement de ses saveurs ». Pour les
amoureux des épices et de saveurs exotiques, ici l’on sert des plats typiques, allant
des grillades tandoori au poisson massala,
de l’agneau kourma aux gambas à l’amande
et, pour les végétariens, le dahl (plat de
lentilles corail) et la purée d’aubergines.
En fin de repas, le flan coco et le gâteau à
la pistache régalent les plus gourmands.
Afin d’accompagner ces plats, huit saveurs
de naans diférentes sont proposées :
fromage, oignon, massala, ail… mais aussi
des riz basmati, au safran et aux
légumes. La carte sous les yeux,
il est ardu de faire son choix tant
la variété de plats est importante.
« Tout ce qui est servi est fait-maison, préparé dans nos cuisines
par notre Chef, explique Monsieur
Riharan. Les clients nous disent
s’ils veulent un plat pimenté ou
non, et on leur sert selon leur goût.
On s’adapte. »
Manger à l’Indian Lounge, c’est
aussi l’occasion de découvrir
les Biryani, un plat traditionnel à
base de riz basmati et de viandes
épicées. À midi, l’Indian Lounge
propose un plateau d’assortiments « pour
découvrir la cuisine indienne, du nord et du
sud ». Des spécialités réunies dans plusieurs menus aux prix afchés entre 10 €
et 27,50 €.
immenses écrans de télévision, des films
Bollywood sont projetés. Des classiques
du cinéma indien pour une immersion dans
l’ambiance des villes tourbillonnantes de
New Delhi ou de Calcutta, à regarder en
savourant un poulet tandoori.
Pour profiter de ces soirées animées et
épicées, pourquoi ne pas les accompagner
de cocktails* d’invention maison aux noms
plus exotiques les uns que les autres ?
Tentez le “Fly Ganesh” aux fruits tropicaux
et sirop de rose ou bien le “Trance Goa”
au gingembre. Pour boire plus typique,
laissez-vous charmer par un lassi, boisson
au lait fermenté aromatisé, ou bien par le
classique chaï, thé indien très sucré. Le tout
apporté par une serveuse en sari... dépaysement garanti.
Ouvert tous les jours de 12h à 14h30
et de 18h à 22h30, fermé le mardi midi.
Un cadre aussi dépaysant que magnifique
Le dépaysement ne s’arrête pas au simple
plaisir des papilles. À l’intérieur, on découvre
une décoration à l’indienne, ultra colorée
et un brin chargée. Impossible de compter
le nombre de lampes et lampions multicolores, de tableaux et de sculptures en bois.
Aux murs et au plafond, des tissus aux
couleurs chaudes sont tendus. Partout, les
divinités s’invitent au dîner : des statuettes
et des tableaux représentant Bouddhas,
ainsi que les dieux et déesses hindous
Ganesh, Vishnou et Shiva sont dispersés
dans la salle.
Certains soirs à l’Indian Lounge, on
mange au son du sitar. « Nous organisons Infos : 34, rue Droite, 06300 NICE
des concerts de musique traditionnelle Tél. : 04-93-85-38-39
indienne », explique Monsieur Riharan. E-mail : [email protected]
Ça, c’est pour la scène ! Et du côté des www.indianlounge-nice.fr
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C™te dÕAzur /Secrets des palaces
V. HACHE/AFP
XVIII /
LABEL L’établissement
est le seul palace
des Alpes-Maritimes.
Un bien Žtrange dessous de table
En marge de l’acquisition du Grand Hôtel du Cap-Ferrat par un milliardaire américain
d’origine ukrainienne, 10 millions d’euros de commissions douteuses ont été versés.
En apparence, rien n’a changé. Le nale Four Seasons, propriété du prince
Grand Hôtel du Cap-Ferrat, propriété saoudien Al-Walid et du milliardaire
du milliardaire américain Leonid américain Bill Gates, spécialisée dans
Blavatnik, n’est toujours que luxe, calme la gestion d’hôtels de luxe pour des
et volupté. Les limousines immatricu- propriétaires privés. Pourquoi donc ?
lées à Monaco continuent de déposer « Pour offrir à nos clients le service d’exleurs clients fortunés dans ce havre de cellence et l’expérience unique qu’ils
73 chambres, où la reine Rania de attendent d’un établissement de ce
Jordanie a ses habitudes
et dont le restaurant est Ç CÕest le cas le plus choquant
crédité d’une étoile au
de violation de la loi littoral
guide Michelin.
Seul titulaire du précieux que jÕai eu ˆ traiter È
label « palace » dans les
Alpes-Maritimes, ce palais d’un blanc rang », nous répond, sybillin, le cabinet
immaculé, entouré d’un parc de 7 hec- d’avocats new-yorkais Brunswick, au
tares, merveilleusement situé à la pointe nom du propriétaire.
du cap Ferrat, a fait l’objet, l’été dernier,
Le coup de balai s’explique peut-être
d’un remaniement brutal.Toute l’équipe surtout par l’imminence d’un grand
dirigeante, y compris le commissaire déballage judiciaire. Les conditions
aux comptes, a été remplacée par des dans lesquelles le Grand Hôtel du
professionnels de la chaîne internatio- Cap-Ferrat a été acquis par Leonid
N° 3361 / 2 décembre 2015
Blavatnik, en 2006, ont donné lieu à
une enquête approfondie de la police
judiciaire de Nice, dans le cadre d’une
instruction conduite par la juridiction
interrégionale spécialisée de Marseille,
comme l’a révélé l’auteur de ces lignes
dans Razzia sur la riviera (Fayard 2015).
Le procès devrait se tenir à Marseille
courant 2016.
Inconnu en France, Leonid
Blavatnik, 58 ans, est à la tête
d’une fortune de 18 milliards
d’euros, acquise en achetant et
en revendant des sociétés dans
le monde entier. Cet Américain né en
Ukraine soviétique est l’homme le plus
riche de Grande-Bretagne, où il réside,
et la 27e fortune mondiale selon le classement Forbes. En 2006, son groupe
STT Properties a acheté le palace au
diamantaire franco-libanais Robert
Mouawad, à un prix estimé à ¥¥¥
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(1)
LUXE Leonid Blavatnik
a investi 70 millions d’euros
dans la rénovation de l’hôtel.
V. HACHE/AFP
Côte d’Azur /Secrets des palaces
V. HACHE/AFP
XX /
••• 150 millions d’euros. Dans la fou-
Agrandissement de l’hôtel
A Saint-Jean-Cap-Ferrat, tout semble,
à l’inverse, avoir roulé sur du velours.
Blavatnik a investi 70 millions d’euros
dans la rénovation luxueuse et l’agrandissement de l’hôtel (plus de 6 000 mètres carrés supplémentaires), sur la base
d’un permis de construire obtenu par
l’ancien propriétaire quelques jours
avant la vente. Pourtant, aucune
construction nouvelle n’aurait dû voir
le jour dans ce site classé. « C’est le cas
le plus choquant de violation de la loi
littoral que j’ai eu à traiter au cours de
ma carrière de magistrat », s’indigne
l’ancien juge du tribunal administratif
Norbert Calderaro, qui a annulé un
premier permis de construire. Aucun
recours n’ayant été déposé contre le
V. HACHE/AFP
lée, Blavatnik a également déboursé
100 millions d’euros pour la Résidence
Eiffel, à Beaulieu-sur-Mer, qu’il envisageait de transformer en appartements
de luxe. Il a dû y renoncer après l’annulation du permis de construire et
cherche aujourd’hui à revendre son
bien.
second permis, les travaux ont pu avoir
lieu.
Si le Grand Hôtel se retrouve aujourd’hui cité dans une procédure
pénale, c’est pour d’autres raisons,
purement financières. L’enquête de la
police judiciaire sur les conditions de
la vente a mis au jour le versement de
10 millions d’euros de dessous-de-table
sur des comptes en Suisse, en marge de
la transaction, en 2006 et 2007. Sur cette
somme, deux des dirigeants de l’hôtel,
évincés cet été, auraient perçu 4 millions
sous forme de rétrocommissions. Pourquoi une telle largesse ? Le cadeau estil lié à l’obtention du précieux permis
de construire ? STT refuse de faire le
moindre commentaire. • H. C.
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N° 3361 / 2 décembre 2015