Recueillir la parole de l`enfant victime d`agression sexuelle selon le
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Recueillir la parole de l`enfant victime d`agression sexuelle selon le
Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence (2016) 64, 224—230 Disponible en ligne sur ScienceDirect www.sciencedirect.com ARTICLE ORIGINAL Recueillir la parole de l’enfant victime d’agression sexuelle selon le protocole du National Institute of Child Health and Human Development : enjeux, méthode et intérêts pour les intervenants du champ non judiciaire Collecting children’s allegations of sexual abuse using the National Institute of Child Health and Human Development interview protocol: Issues, methods and relevance for the non-judicial field professionals A. Morville a,b,∗, M. Bénard c, M.-A. Podlipski d,e, M. Larson f, G. Lopez b,g, P. Gerardin d,e,f a Centre médico-psycho-pédagogique Sévigné, 252, boulevard Jean-Jaurès, 76000 Rouen, France b Laboratoire d’éthique médicale et de médecine légale (EA 4569), université Paris Descartes, 45, rue des Saints-Pères, 75006 Paris, France c Centre hospitalier du Rouvray, CHU de Rouen, 1, rue de Germont 76000 Rouen, France d Fédération hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, CHU Charles-Nicolle, 1, rue de Germont, 76031 Rouen cedex, France e Laboratoire Psy-NCAEA 4306, université de Rouen, 76000 Rouen, France f Pôle de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, centre hospitalier du Rouvray, 4, rue Paul-Eluard, 76300 Sotteville-les-Rouen, France g Institut de victimologie de Paris, 131, rue de Saussure, 75017 Paris, France MOTS CLÉS Abus sexuel de l’enfant ; ∗ Résumé Recueillir la parole d’un enfant victime d’agression sexuelle est une mission complexe qui implique un grand nombre de professionnels. Qu’il s’agisse d’intervenants du champ judiciaire, chargés d’auditionner l’enfant dans le cadre d’une enquête, ou Auteur correspondant. 235, rue du Commandant-Dubois, 76230 Bois-Guillaume, France. Adresse e-mail : [email protected] (A. Morville). http://dx.doi.org/10.1016/j.neurenf.2016.03.006 0222-9617/© 2016 Publié par Elsevier Masson SAS. Recueillir la parole de l’enfant victime d’agression sexuelle 225 Audition du mineur victime ; Protocole du NICHD ; Entretien non suggestif ; Questions ouvertes ; Signalement ; Expertise d’intervenants des champs sanitaire et médico-sociaux confrontés aux révélations de l’enfant, tous auront à appréhender sa parole afin de guider les décisions de soins et de justice nécessaires à sa protection. Cette protection se justifiera d’autant mieux que le recueil de la parole de l’enfant se fera dans des conditions techniques et dans un savoir-faire propice à une écoute sereine. Les risques d’un manque de technicité sont alors de contaminer le discours de l’enfant, d’altérer son témoignage, voire d’induire une erreur judiciaire au terme de la procédure. Pour aider les enquêteurs judiciaires à conduire les auditions auprès des mineurs, des guides d’entretien ont été édifiés, directement issus des travaux de recherche étudiant la parole de l’enfant. Le guide du NICHD (National Institute of Child Health and Human Development) est un des seuls protocoles d’entretien auprès du mineur victime validé par la recherche. Il traduit les recommandations des professionnels sous forme de technique d’interrogatoire destinée à optimiser la fiabilité, la quantité et la qualité de l’information obtenue auprès de l’enfant. Il permet une approche non suggestive et respectueuse des limites et du développement de l’enfant. De ce protocole du NICHD conçu et validé pour guider les enquêteurs judiciaires, nous proposons une réflexion sur l’intérêt d’en diffuser l’utilisation auprès des intervenants et professionnels du champ non judicaire, intervenants des secteurs médico-sociaux et sanitaire, impliqués dans le parcours de l’enfant victime. © 2016 Publié par Elsevier Masson SAS. KEYWORDS Summary Collecting children’s allegations of sexual abuse is a substantial and complex challenge that involves the intervention of many professionals. Whether it concerns police officers, in charge of conducting the forensic interview, or social and health workers confronted to the disclosure, all of them will have to collect the child’s words, in order to guide justice and care decisions required for his protection. Yet, it is precisely in the task of interviewing a child that mistakes are made, mostly by lack of technicality and specific skills. Risks are then to contaminate or alter the child’s testimony, and/or to induce a miscarriage of justice after the procedure. Children are the main available sources of information about possible abusive experiences. Research has shown that children can, in fact, be remarkably competent informants, although the quality and quantity of the information they provide is greatly influenced by the ways in which they are interviewed. To help investigators conduct hearings with minors, interview protocols were constructed directly from the results of research studying child’s suggestibility, memory and language development. Actually, the NICHD (National Institute of Child Health and Human Development) protocol is one of the only interview protocols from the minor victim validated by research, that reflects the recommendations by professionals as an interrogation technique designed to optimize reliability, quantity and quality of information obtained from a child. It allows a non-suggestive approach that respects the limits of the child. From this NICHD protocol designed and validated to guide forensic investigators, this article proposes a reflection on the interest of sharing the use of the NICHD guide to professionals from the non-judicial field, stakeholders in social and health sectors involved in the course of the victim child. © 2016 Published by Elsevier Masson SAS. Child sexual abuse; Investigative interview; NICHD protocol; Non-suggestive approach; Open ended questions; Reporting child abuse; Forensic psychiatric assessment Introduction La prise en considération de la « parole » de l’enfant victime d’agression sexuelle a longtemps fait l’objet de nombreux débats et de polémiques. Historiquement se sont enchaînés hypothèses et partis pris, passant de la négation de la parole de l’enfant à sa non-reconnaissance, jusqu’à une forme de toute puissance de la parole de l’enfant où celui-ci ne saurait mentir, son statut d’enfant lui conférant d’emblée crédit et faisant office de bonne foi [1]. La médiatisation de certaines affaires de pédophilie et leurs suites judiciaires ont ravivé les débats et remis en question tant la fragilité du discours de l’enfant (et au delà, sa « crédibilité ») que les méthodes employées pour recueillir son témoignage [2]. La parole de l’enfant est, dans la majorité des cas, l’unique preuve de l’agression. Ainsi, son recueil constitue une étape majeure, dont les conséquences reposent sur la personne qui en sera dépositaire. Il y a peu de données épidémiologiques homogènes et exhaustives en matière d’agressions sexuelles commises sur mineur. Selon une étude internationale réalisée par Pereda et al., le taux moyen de prévalence des agressions sexuelles durant l’enfance serait de 7,9 % chez les hommes et de 19,7 % chez les femmes, c’est-à-dire que près d’un 226 homme sur dix et près d’une femme sur cinq seraient victimes d’agression sexuelle avant 18 ans [3]. En France, les enquêtes de victimation, qui recensent les agressions sexuelles, ne concernent que les sujets âgés de 14 ans et plus (enquête Cadre de vie et sécurité). Les chiffres disponibles proviennent de l’Observatoire national de l’enfance en danger (ONED) et du ministère de l’Intérieur en matière de criminalité révélée. Ainsi, selon l’état 4001 (qui comptabilise les faits constatés par les services de police et les unités de gendarmerie) sont recensés : • 5423 mineurs victimes de viols en 2011 ; • 8047 mineurs victimes d’autres agressions sexuelles en 2011. Ces faits, portés à la connaissance de la justice, ne concernent qu’une infime proportion des victimes1 . L’Observatoire national de l’enfance en danger (ONED), qui centralise les données territoriales concernant les informations préoccupantes et les signalements, retrouve une augmentation constante du taux de mineurs pris en charge par la protection de l’enfance entre 2003 et 2010. Ces résultats sont corrélés à ceux du rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) de juillet 2009, qui relate une progression constante des signalements en matière de violence sexuelle sur mineurs, en faisant depuis 1999, « la seule forme de maltraitance en augmentation » [4]. Cette augmentation met en exergue : • l’ampleur de ce problème et de ce fait, son implication sur le nombre d’intervenants chargés de recueillir les propos de l’enfant ; • les difficultés du parcours de la victime, amenée à rencontrer différents interlocuteurs du signalement à l’éventuelle audition, avec le risque de contaminer le contenu de son discours par la multiplication des interrogatoires. Aborder l’agression sexuelle dans sa polarité judiciaire conduit à rappeler que la parole de l’enfant constitue la preuve principale de l’agression. En raison de la nature du délit (ou crime, en cas de viol), il est en général impossible d’avoir des témoignages corroborant la parole de l’enfant. Moins de 10 % des agressions sexuelles sont appuyées par des preuves médicales, et seulement la moitié sont probantes pour identifier l’abus [6]. Rappelons également que comme la majorité des présumés coupables nient les accusations, la plupart des affaires de mœurs sur mineurs sont classées sans suite faute de preuves [7]. Ces arguments confirment que le récit de l’enfant constitue la preuve la plus importante de l’agression [8], faisant de l’audition du mineur victime la clé de voûte pour le traitement efficace d’une affaire d’agression sexuelle. Pourtant, et malgré les recommandations de la circulaire d’Outreau de 2005, qui prévoit de « ne confier l’audition du mineur (. . .) qu’à des unités spécialisées ou, à défaut, aux seuls enquêteurs ayant suivi une formation préalable dont le Procureur de la République détiendra la liste actualisée », c’est précisément à ce niveau d’intervention que des erreurs sont commises et ont été 1 Pour les femmes adultes, il est estimé que seuls 8 % des rapports sexuels forcés seraient signalés à des médecins et 4 % à la police ou à la gendarmerie [5]. A. Morville et al. repérées, le plus souvent par manque de qualification des enquêteurs chargés de conduire les interrogatoires [6]. Hormis la dimension judiciaire, que faire de la parole des enfants révélant une agression sexuelle auprès des intervenants des champs sanitaire et médico-social ? Même si ce rôle n’est pas de retracer les éléments de « vérité judiciaire », rôle dédié à la police judiciaire, le préalable au signalement ou à l’obtention des décisions de protection implique une évaluation qui s’en rapproche [9]. L’intervention de ces professionnels consiste donc à recueillir les éléments de « vérité psychique » tels qu’ils sont rapportés par l’enfant. Si la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance prévoit que « l’ensemble des personnels exerçant dans le champ de la petite enfance et notamment les professionnels médico-sociaux doivent recevoir une formation initiale et continue en partie commune aux différentes professions et institutions dans le domaine de la protection de l’enfance en danger » (Article L 5421-1 du Code de l’Education), aucune formation spécifiquement dédiée à recueillir la parole de l’enfant n’est prodiguée à ces professionnels, qui sont pourtant régulièrement exposés aux révélations d’une agression sexuelle. Le risque principal de cette non-formation est le recueil d’une parole suggérée par l’adulte, qui pourrait contaminer le contenu des révélations ou allégations faites par l’enfant. Celles-ci n’étant pas toujours précises, elles sont toujours susceptibles de faire l’objet d’erreurs d’appréciation ou d’interprétation. De nombreuses recherches conduites ces dernières décennies ont permis de cerner les mécanismes influençant la mémoire et la parole de l’enfant [10,11] et de rendre compte qu’il est capable de produire un témoignage fiable, à condition d’être interrogé selon une méthodologie rigoureuse et spécifique [12]. Plusieurs protocoles d’entrevue ont été élaborés pour répondre à ces attentes. Ils intègrent les différentes recommandations concernant la spécificité de la parole de l’enfant et les facteurs influençant sa suggestibilité, tout en respectant le fonctionnement de sa mémoire et son niveau de développement. À ce jour, le guide du NICHD (National Institute of Child Health and Human Development) est le protocole d’entrevue ayant fait l’objet du plus grand nombre de recherche, faisant référence dans de nombreux pays [12]. Il guide l’examinateur par une technique d’interrogatoire structurée, progressive et non suggestive, destinée à optimiser la fiabilité, la quantité et la qualité de l’information obtenue auprès d’un enfant. S’inspirant des autres techniques d’entrevues, notamment celles préconisées dans l’entrevue cognitive développée par Fisher en 1992 [13], le guide du NICHD s’applique aux enfants à partir de 3 ans, dont les recherches empiriques ont démontré l’efficacité. Ce guide a été réalisé par Orbach et al. en 2000 [14], et traduit en français par Cyr et al., en 2002 [15]. Le protocole du NICHD (National Institute of Child Health and Human Development) Le guide du NICHD propose un entretien structuré, centré sur l’emploi de questions dites ouvertes, encore appelées « invitations ». Ces « invitations » vont inciter l’enfant à produire un récit libre sur un événement particulier, en sollicitant sa mémoire de rappel, qui lui permet de rapporter une information dont il se souvient sans avoir à chercher Recueillir la parole de l’enfant victime d’agression sexuelle 227 une information particulière dans sa mémoire (ce qui correspondrait à sa mémoire de reconnaissance). Les informations produites par la mémoire de rappel seraient moins erronées et plus complètes que celles produites par la mémoire de reconnaissance, où l’enfant doit rechercher une information dans un ensemble. Les « invitations » formulées dans le guide du NICHD visent à interroger la mémoire de rappel de l’enfant [16]. On distingue trois types d’invitations : • les invitations générales, par exemple « Dis moi tout ce qui s’est passé », « Dis moi tout sur ça », « Et après ? ». La réponse produite par l’enfant est alors basée sur sa propre compréhension, et les détails fournis sont plus riches, contrairement à l’emploi de questions plus directives ou moins simplistes de type : « Est-ce que tu peux me parler de ça ? » qui posent deux questions en une : d’une part, « est-ce qu’il peut » ? (l’enfant pourrait répondre par oui ou non, ce qui ferme l’entretien), puis « parler de ça » ; • les invitations avec indice utilisent des détails mentionnés par l’enfant, par exemple : « Tu as dis que Pierre t’avait touché. Dis moi tout sur le « touché » ». « Dis moi tout sur (détail) ». Il s’agit de revenir sur un élément important évoqué par l’enfant. En l’occurrence dans cet exemple, revenir sur le « touché » va inciter l’enfant à développer cette dimension dans sa globalité (type de contact physique sous-entendu par « touché », endroit du corps ciblé, force employée, utilisation d’un objet intermédiaire. . .). Ce type de question augmente la quantité d’informations recueillies, là où une question directive (de type « Dans quelle chambre est-ce arrivé » versus « Parle moi de la chambre où s’est arrivé) restreindrait les éléments de réponse en faisant appel à sa mémoire de reconnaissance ; • les invitations avec segmentation de temps permettent de structurer le récit libre produit en réponse aux invitations générales. Ces questions amènent l’enfant à se concentrer sur un moment particulier qu’il a mentionné (par exemple : « Dis moi tout ce qui se passe entre le moment où il est arrivé dans ta chambre jusqu’à ce qu’il t’embrasse ». « Tu as dit qu’il t’avait enlevé le pyjama. Dis moi tout ce qui se passe après »). de la question suivante : « Si je te demande le nom de mon chien, que dirais-tu ? ». . . Si l’enfant tente de deviner, l’interviewer lui répond alors « Non, tu ne peux pas répondre, tu ne me connais pas. Donc quand tu ne sais pas la réponse, ne devine pas. Dis simplement que tu ne sais pas ». Ce protocole propose un entretien détaillé en trois étapes, comprenant : une phase pré-déclarative, dans le but d’établir une alliance de travail avec l’enfant et de le mettre en confiance. Au début de cette phase, l’interviewer fait connaissance avec l’enfant. Il se présente et rappelle les règles de base de l’entretien, qui vont servir à contrer certains aspects de suggestibilité. Ainsi, l’interviewer rappelle à l’enfant la nécessité de : • dire la vérité (et il s’assure que l’enfant comprend bien le concept de vérité, en lui demandant par exemple : « Si je te dis que mes chaussures sont bleues, est-ce vrai ? ») ; • corriger l’interviewer s’il se trompe (l’enquêteur prend le temps de vérifier que l’enfant comprend bien les consignes, en lui demandant par exemple : « Si je te dis que tu es debout, que dirais-tu ? ». . . « Que dirais-tu pour me corriger si je fais une erreur en disant que tu es debout ? ») ; • pouvoir dire à tout moment qu’il ne comprend pas ce qu’on lui demande ; • ne pas chercher à deviner la réponse s’il ne la connaît pas. Pour illustrer cette consigne, l’interviewer s’aide Une fois toutes les consignes énumérées, l’interviewer va demander à l’enfant de décrire un événement récent sans rapport avec l’agression sexuelle (exemple : anniversaire, fête, activité) ou, au besoin, de décrire la journée de la veille du lever jusqu’au coucher. Cette étape est très importante car elle permet de préparer l’enfant à utiliser sa mémoire de rappel et lui faire prendre conscience de la quantité de détails que l’on attend de lui, tout en le familiarisant avec le type de questions que l’on abordera lors de la phase d’entrevue centrée sur l’agression. Cette étape permet également d’évaluer les capacités attentionnelles, cognitives, et narratives de l’enfant, auquel l’examinateur doit toujours s’adapter. La deuxième phase de l’entrevue dite phase déclarative, vise à recueillir les informations concernant l’agression sexuelle. Afin de limiter toute suggestion, l’interviewer invite l’enfant à parler de « ce pourquoi tu es là aujourd’hui ». Si l’enfant ne peut ou ne parvient pas à répondre, le guide prévoit toute une série de questions non suggestives de « rechange », afin d’aider à débloquer le discours de l’enfant. Lors de cette étape, on procède en entonnoir : d’abord par le biais d’invitations générales qui favorisent le récit libre des faits et permet un recueil de l’histoire dans sa chronologie ; puis on recentre l’entrevue sur certains détails via les invitations avec segmentation de temps ou invitations avec indices, afin d’enrichir le récit en détails. Si certains détails centraux manquent après avoir épuisé les questions ouvertes, l’interviewer peut avoir recours à des questions plus directives (de type Qui ? Quoi ? Comment ? Où ?), mais seulement au terme de cette phase. Si nécessaire, l’utilisation de questions fermées spécifiques est alors permise, mais l’interviewer doit reprendre la suite de l’entrevue par des questions ouvertes (par exemple : « Tu as dit que Pierre t’avait touché avec sa main. Où était sa main par rapport à tes vêtements ? » (réponse). « Parle moi plus de ça »). Puis, l’interviewer vérifie auprès de l’enfant les circonstances et modalités du dévoilement de l’agression sexuelle, afin d’identifier les personnes qui ont pu avoir connaissance des faits. Enfin, la phase de clôture de l’entretien permet de remercier l’enfant pour son témoignage, et l’interviewer s’assure que l’enfant a dit tout ce qu’il avait à dire. Il peut lui remettre ses coordonnées au cas où l’enfant veuille lui parler de nouveau. Une des particularités du guide du NICHD est qu’il structure la séquence d’entrevue, en détaillant les questions qui peuvent être posées aux enfants à mesure de son déroulement. La simplicité de cet outil ne s’apprivoise que par le biais d’une formation spécifique intensive, qui apporte des éléments complémentaires indispensables, calqués sur les recommandations en matière d’audition et qui ne figurent pas dans le guide, en particulier sur l’attitude que doit adopter l’interviewer auprès de l’enfant lors de l’entretien. L’attitude de l’interviewer dans la conduite de l’entretien est d’une grande importance car elle constitue 228 l’un des deux facteurs les plus influents sur la suggestibilité de l’enfant (l’autre étant le type de questions formulées à l’enfant) [17,18]. Il est recommandé que celle-ci soit non suggestive, soutenante, bienveillante et respectueuse des capacités de l’enfant [12]. Un style soutenant implique une communication verbale (compliments, encouragements, renforcements) et non verbale (sourires, regards fréquents, position corporelle ouverte) qui visent à mettre l’enfant à l’aise, ou à défaut, de limiter ses réticences à se confier à des adultes qu’il ne connaît pas [19]. (Exemples d’énoncés de soutien [20] : « Romane, je sais que c’est difficile pour toi de parler ». « Ce que tu dis m’aide beaucoup à comprendre et je te remercie ». « Je comprends ce que tu dis »). Enfin, l’emploi du guide s’appuie sur de parfaites connaissances au préalable du développement de l’enfant, de la clinique des violences et de leurs conséquences physiques et psychiques, des facteurs de suggestibilité et du fonctionnement de la mémoire de l’enfant. Cet outil est utilisé aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Israël, au Québec, en Suède, en Corée, au Japon, en Finlande, au Portugal, en Norvège et en Écosse [21]. Son efficacité à corriger les attitudes des interviewers ainsi qu’à recueillir des témoignages plus détaillés et crédibles de la part des enfants a été démontrée [19]. D’après les études, les interviewers modifieraient significativement leur comportement après la formation au guide du NICHD, tant par le type de questions qu’ils formulent que par leur attitude auprès des enfants, résultant auprès d’eux en une meilleure mise en confiance. Ceci pourrait expliquer en partie que le taux de dévoilement obtenu par la technique du NICHD serait environ dix fois supérieur à ceux obtenus par d’autres méthodes [22]. Ce protocole est également applicable aux entrevues d’agressions physiques commises sur l’enfant, mais aussi pour auditionner les enfants témoins d’agression physiques, de violence conjugale ou autre crime. Le protocole pour auditionner le mineur victime actuellement employé en France, l’entretien par étapes progressives selon Yuille, se rapproche du NICHD, mais n’a pas fait l’objet d’une évaluation et son efficacité n’a pas été démontrée [23,24]. Discussion Bien que le protocole du NICHD ait été conçu et uniquement validé pour guider les enquêteurs du champ judiciaire (officiers de police et de gendarmerie), sa méthodologie nous invite à en faire un outil pertinent dans la dimension de soins. Comme nous l’avons déjà mentionné, les intervenants des secteurs sanitaires ou/et médico-sociaux, souvent en première ligne pour déceler les situations de maltraitance, vont devoir aborder la matérialité des éléments d’agression, que ce soit dans la perspective d’une décision de protection, en vue d’une mission d’expertise, ou dans le cadre du suivi psychothérapeutique. Ils se retrouvent parfois bien embarrassés face à un problème auquel ils ne sont pas préparés, et pour lequel la plupart ne sont pas formés [25,26]. Ainsi, de notre point de vue, l’apprentissage du maniement des questions ouvertes proposées par le protocole du NICHD permettrait de recueillir le récit de l’événement traumatique des victimes sans risquer de contaminer le contenu de leur discours, au moment de la révélation. Le A. Morville et al. savoir-faire apporté par cette méthode non suggestive pourrait atténuer l’appréhension voire les réticences (ou autre sentiment subjectif) encore régulières de certains professionnels à aborder les éléments suspectés ou rapportés de violence [27]. En matière d’expertise, les étapes détaillées du guide du NICHD peuvent servir de trame afin de guider l’expert dans sa démarche, qu’il s’agisse de vérifier le degré de suggestibilité des questions employées lors de l’audition (par le visionnage de l’enregistrement audiovisuel de l’audition), ou lors de l’expertise psychiatrique, où l’enfant peut être amené à réévoquer les faits de violence voire à confier d’autres détails sur son agression [28]. Certains spécialistes recommandent même de ne confier ces missions d’expertise qu’à des pédopsychiatres ou psychologues d’enfants confirmés, spécifiquement formés à recueillir sa parole, et notamment formés au guide du NICHD [23]. Une autre dimension est celle du cadre de la prise en charge thérapeutique des victimes, où il est recommandé d’aborder la matérialité des faits de l’agression. Qu’elle soit d’ordre évaluative ou psychothérapeutique, cette démarche participe à l’externalisation des affects négatifs réactionnels au traumatisme. Afin de guider le thérapeute dans cette tâche, De Becker recommande de s’inspirer des techniques d’entretien non suggestif en faisant référence aux techniques d’entretien par étapes progressives de Yuille, dont s’inspire le NICHD [29]. Reste la question sensible du signalement. Les statistiques en matière de signalement rapportent que seuls 5 % des signalements sont effectués par le secteur médical [26—30]. Ce faible pourcentage a été analysé comme résultant de plusieurs facteurs, parmi lesquels le fait de ne pas vouloir déroger au secret professionnel, la peur de rompre l’alliance thérapeutique crée avec le patient ou sa famille, mais aussi par manque de formation des spécialistes au dépistage des signes d’alerte de toute forme de maltraitance. Une question cruciale se pose alors, devant toute forme de maltraitance exercée au sein de la famille : celle de notre rôle de thérapeute. Face aux révélations d’un enfant de faits de maltraitance qui l’exposent à retourner dans un milieu à haut risque de récidive, à quel point sommes nous thérapeutique si nous ne le signalons pas, par crainte de rompre l’alliance thérapeutique ou pour garantir le respect du secret professionnel ? La loi n’impose pas de signalement au professionnel ayant connaissance d’une maltraitance sur mineurs. Le code pénal (art 434-1 et art 434-3) exempte les médecins au titre du secret professionnel, sauf si une procédure administrative ou judicaire est en cours, le professionnel étant alors réputé apporter son concours à l’évaluation de la situation et à la mise en place de mesures de protection tel que le stipule l’article L.226-2-1 du CASF (Code le l’action social et des familles). Néanmoins, tout citoyen, médecin ou non, a l’obligation légale de signaler une situation d’enfant en danger et de porter assistance à une personne en péril (art. 223-6 du CP). Le médecin a également le devoir déontologique de protéger un patient mineur (art. 44 du code de déontologie médicale, art. R.4127-43 à R.4127-44 du Code de santé publique). À ce titre, le médecin peut donc interpeler l’autorité administrative par le biais d’une lettre d’information préoccupante (signalement administratif), ou saisir directement l’autorité judiciaire (signalement judiciaire). Ces deux recours se font par la rédaction d’un écrit qui mentionne des éléments objectifs, constatés par Recueillir la parole de l’enfant victime d’agression sexuelle le praticien en personne, et transmis sans commentaires ni interprétations ni appréciations, en rapportant les propos du patient qu’il aura recueilli avec « prudence et circonspection » (art R. 4127-44 du Code de santé publique), en utilisant les guillemets et le mode conditionnel. Le médecin n’encourt aucune sanction ni poursuite si le signalement est effectué selon ces règles rédactionnelles (art. 226-14 du CP). Précisons que l’Assemblée nationale s’est réunie le 11 juin 2015 pour étudier un projet de loi visant à renforcer le dispositif de signalement par les professionnels de santé, instituant l’irresponsabilité civile, pénale et disciplinaire des professionnels qui font un signalement. Ce projet propose également l’obligation de formation professionnelle à identifier les situations à risque de maltraitance [26—30]. Les intervenants des champs judiciaires et les professionnels de santé ont connaissance des limites et objectifs de leurs fonctions ainsi que des missions qui leur sont conférées. Pour les premiers, le recueil de la parole de l’enfant victime s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire, dont le but est d’objectiver la matérialité des faits en quête des preuves de l’agression ; pour les derniers, le recueil de la parole répond aux missions de soins et de protection que nous avons décrites. Ayant donc connaissance chacun de nos fonctions, il nous semble que l’emploi d’un outil commun, qui a la particularité de respecter le récit de l’enfant, ne prête pas à confusion dans les rôles qui nous sont respectivement dédiés. Son utilisation dans le cadre thérapeutique ou dans le parcours de soins suppose une adaptation et une souplesse qui peut se restreindre à l’emploi des questions ouvertes que nous avons décrites préalablement. Il ne s’agit donc pas d’appliquer le protocole stricto sensu tel qu’il est enseigné aux enquêteurs de police, ni de s’en limiter à une « dimension strictement instrumentale », qui risque d’induire une vision réductrice du fonctionnement psychique [31]. De notre point de vue, le recours à ce protocole ne dispense aucunement de la réflexion inhérente à la prise en charge de chaque patient, et pourrait s’inscrire dans une prise en charge pédopsychiatrique globale, au même titre que certaines échelles d’évaluation ou de dépistage de pathologies. C’est un outil qu’il convient d’intégrer à la prise en charge personnalisée des patients, afin de guider le praticien lorsqu’il jugera propice et pertinent d’aborder la matérialité des faits, ou lorsque l’enfant lui révèlera des faits de maltraitance. Comme le souligne De Becker, il ne s’agit pas d’appliquer le protocole littéralement mais de s’en inspirer, la finalité étant de compléter et d’enrichir le regard clinique par des éléments objectifs [29]. Le protocole du NICHD n’est pas une technique infaillible, mais il permet néanmoins d’améliorer la qualité et la quantité d’informations recueillies, tout en respectant l’enfant et ses limites lors de son témoignage, afin de lui éviter de vivre l’audition comme un nouveau traumatisme. La formation aux techniques d’entretien selon le guide du NICHD nous paraît ainsi pertinente pour répondre aux objectifs de la loi du 5 mars 2007 que nous avons précédemment évoqués, ainsi qu’aux recommandations de la Haute Autorité de santé (voir Encadré 1), non seulement pour optimiser la prise en charge de l’enfant mais aussi pour soutenir les professionnels dans la complexité de leur mission. 229 Encadré 1 Repérage et signalement de l’inceste par les médecins : reconnaître les maltraitances sexuelles intrafamiliales chez le mineur. Modalités d’entretien avec le mineur. HAS, Paris, mai 2011 : • il est recommandé d’avoir un entretien seul avec le mineur, quel que soit son âge ; • il est recommandé de commencer par se présenter et exposer le contexte de l’entretien. Puis il est recommandé de débuter l’entretien par des questions d’ordre général, afin de faire connaissance avec le mineur et de le mettre en confiance (questions relatives à l’école, à ses conditions de vie à la maison, ses loisirs, ses relations avec sa famille, ses copains, etc.) ; • il est ensuite recommandé de laisser le mineur s’exprimer spontanément, en évitant de reformuler ou d’interpréter ses propos, en respectant les silences et en privilégiant les questions ouvertes (en effet, un jeune enfant peut avoir tendance à ne pas contredire un adulte et à se laisser influencer par la façon de questionner). Ainsi un simple dialogue peut être instauré afin de : • favoriser un climat de confiance avec le mineur ; • expliciter les propos (faire préciser le sens des mots utilisés par le mineur, lui demander par exemple de montrer les parties du corps citées quand cela n’est pas clair) ; • préciser l’origine des signes observés ; • rechercher d’éventuelles discordances entre les signes observés et les explications données. Lorsque le mineur se confie, il est recommandé de ne pas montrer une émotion exagérée mais de manifester une attitude empathique sans porter de jugement. Il est recommandé de sécuriser le mineur en lui expliquant le devoir de protection qu’ont les professionnels qui l’entourent et de le rassurer sur la suite de la prise en charge. Selon l’âge du mineur, il peut lui être proposé d’avoir recours à des supports tels que des dessins, des images, des poupées ou des jeux pour l‘aider à s’exprimer, il est alors recommandé de noter ce que le mineur a dit à propos de son dessin ou de ses jeux dans le dossier. Chez l’adolescent, en cas de signe évocateur de maltraitance sexuelle et après avoir établi une relation de confiance, il est possible, compte tenu de l’âge de la victime, de lui poser directement la question mais de préférence sous la forme de questions ouvertes pour éviter d’induire les réponses. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. 230 Références [1] Calin D. De l’enfance muette à l’enfance déniée. Enfances Psy 2007;36(3):136. [2] Coutenceau R. Les blessures de l’intimité. Paris: Odile Jacob; 2010. [3] Pereda N, Guilera G, Forns M, Gómez-Benito J. The prevalence of child sexual abuse in community and student samples: a meta-analysis. 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