(VA) Tecktonik à la bibliothèque - College St Jean
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(VA) Tecktonik à la bibliothèque - College St Jean
(VA) Tecktonik à la bibliothèque Samedi 14 juin 2008, à 15h, s’est déroulé, à la médiathèque de Valenciennes, une manifestation un peu particulière. En effet, des élèves du collège Saint JeanBaptiste ont profité d’une rencontre avec la sociologue Anne Petiau, sur l’histoire de la danse électro, pour proposer aux spectateurs une démonstration de cette danse, appelée aussi Tecktonik. Qu’on l’appelle tecktonik, danse electro ou vertigo, l’electro danse est une nouvelle danse désarticulée qui fait fureur dans les cours d’école et dans les espaces publics où les jeunes danseurs se regroupent pour s’adonner à leur passion. Ça « dance » à la bibliothèque Les élèves du collège Saint Jean-Baptiste ont donc introduit la conférence par une démonstration. Battles, vertigo, milky way... Ils ont investi le hall de la bibliothèque devant un public varié : parents, jeunes, anciens. Certains spectateurs étaient spécialement venus pour la conférence, d’autres par curiosité. Mais tous ont pu apprécier le talent de ces sept jeunes. Il faut dire qu’ils se sont régulièrement entraînés cette année, tout d’abord dans la cour de recréation, puis au fil de l’année, une « team » s’est formée et le documentaliste du collège, Antoine Lukaszewski, a consacré un peu de son temps pour les accueillir dans le C.D.I de l’établissement de Valenciennes. Car sous des abords ludiques, cette danse est pleine de codes, qu’il faut connaître puis maîtriser. Anne Petiau, avant d’assister à la démonstration d’un œil attentif, a questionné les collégiens sur leur motivation à s’adonner à cette danse. On ressent clairement chez cette sociologue du centre d’étude sur l’actuel et le quotidien (Paris 5), un intérêt pour les jeunes, pour la culture jeune. Elle a ensuite emmené les danseurs et spectateurs dans la salle de conférence, pour analyser ce nouveau phénomène culturel. Elle a inscrit la danse électro dans l’histoire de la musique puis a choisi une problématique : la danse électronique, simple phénomène de mode conditionnée par les médias ou nouvelle culture ? Tecktonik ou danse électronique ? Cette danse a vu le jour au tournant de l’an 2000 au « Métropolis », gigantesque boîte du Val-de-Marne. Ce complexe est vite devenu le temple du genre, grâce aux soirées "tecktonik killer", du nom du comité d’organisation (Alexandre Barouzdin, le directeur général de Tecktonik et Cyril Blanc, directeur artistique de Tecktonik et du Métropolis). La tecktonik est désormais une identité revendiquée par un nombre croissant de jeunes âgés de 13 à une vingtaine d’années. Du fait de leur âge, beaucoup ne peuvent pas aller en boîte de nuit. C’est ainsi qu’en dehors des clubs, des "battles" (face-à-face) inspirés de la culture hip-hop ont fait leur apparition. On assiste alors à une situation d’échange. La danse ne se pratique plus seul, sur une piste de danse mais en groupe, pour se « combattre » ou apprendre de nouveaux mouvements. De même, les amateurs de danse tecktonik n’hésitent pas à se filmer, à diffuser la vidéo sur Internet, bref, à partager leur passion mais aussi à avoir leur « petit quart d’heure de célébrité ». Nous sommes à une époque où il est facile de devenir une star et la danse tecktonik, liée la culture numérique - celle des blogs, des messageries instantanées et sites de partage de contenus - permet cette « starification » rapide. Si Tecktonik est une marque déposée (ligne de vêtements, boisson énergisante...), beaucoup de jeunes préfèrent parler de danse électronique refusant ainsi de réduire ce mouvement et cette danse à une opération marketing. Ce débat est extrêmement intéressant car il renvoie au développement des mouvements culturels de la jeunesse. Selon Anne Petiau « Il y a ambivalence de cette jeunesse contemporaine, en ce qu’elle est à la fois produite par l’industrie culturelle à laquelle elle est économiquement intégrée, et à la fois créée par les jeunes eux-mêmes. Ainsi, et c’est ce que l’on a largement pu observer dans le renouvellement constant des courants musicaux dans la seconde moitié du vingtième siècle, l’innovation en musique populaire et plus largement dans les cultures jeunes est d’une part le fait des industries culturelles (industries du disque, du spectacle, du loisir), d’autre part le fait d’une créativité des jeunes générations, dans des proportions variables selon les styles et les genres bien entendu, bien entendu » Et ici, c’est en partie dans les clubs, et en partie sur Internet que s’exprime la créativité des jeunes générations, qui participe incontestablement à l’essor de la « danse électronique ». Cette conférence était proposée dans le cadre de la manifestation « Ça swingue à la bibliothèque », mois autour des musiques à danser. Cette année, la bibliothèque avait choisi de dédier la fête de la musique aux musiques à danser. Chaque samedi, du 31 mai au 2 juin était consacré à la découverte d’une danse et de sa musique. C’est le tango qui a encadré cette série de manifestation avec le concert d’ouverture du 31 mai et la projection de clôture qui aura lieu le 28 juin. En avant la musique ! Pour en savoir plus :www.ceaq-sorbonne.org rubrique "chercheur" Jane Huvelle pour www.va-infos.com votre quotidien Net et proche. © va-infos.com. Tous droits de reproduction réservés.
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