Cercle des souvenirs N° 38 Mai 2013
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Cercle des souvenirs N° 38 Mai 2013
Mémoire de Genech - Cercle des souvenirs Mai 2013 - Feuillet n° 38 Artisans d’autrefois Dans la première moitié du XX° un bon nombre d’artisans vivaient et travaillaient à Genech; leurs métiers ont disparu, le nom même de certains de ces métiers est aujourd’hui oublié des jeunes générations. Cho Rachez le vannier « Cho », diminutif de François, habitait le hameau de la Fèverie ; il était connu de tous les Genechois puisqu’il rempaillait les chaises et avait une jambe de bois, souvenir de la guerre de 1914 – 1918 . Il rempaillait les fonds de chaises car en ce temps là les objets étaient faits pour durer et on trouvait dans le village l’artisan qui possédait le savoir nécessaire à une solide et durable réparation. Il fabriquait aussi les cattoires en paille à l’aide de paille tournée, formant tortin et maintenue par des lamelles d’osier. On allait chercher l’osier, à Genech, dans les oseraies, dans les endroits humides, par exemple au « pont d’el motte » sur le chemin de Bachy et de la Posterie et derrière le bois de Genech, en direction de Nomain. Une cattoire et sa boule de pâte chez le boulanger Une banse Les usages de la cattoire étaient divers. Garnie d’une pièce de tissu, elle servait de récipient pour différents produits alimentaires; elle était et elle est encore utilisée par le boulanger qui y place la boule de pâte destinée à lever et surtout, le 5 décembre au soir, elles étaient remplies, devant la cheminée , de carottes et de navets pour l’âne de Saint Nicolas qui descendait nous apporter nos jouets que nous découvrions le lendemain (avant le milieu des années cinquante, à Genech, comme dans le Nord, on ignorait l’existence du Père Noël - invention américaine du XIX° s. – et seul Saint Nicolas – Santa Klaus- apportait jouets et friandises). Le vannier fabriquait aussi des banses en osier servant notamment à ramasser les pommes de terre. Une banse pouvait contenir 25 kg de pommes de terre ; avec deux banses on remplissait un sac. Ces banses pouvaient aussi servir de panier à linge Le bourrelier, Edmond Dorny, bourrelier de père en fils Appelé aussi « le gorlier », Edmond Dorny, bourrelier comme son père, fabriquait harnais, licols et tous objets en cuir pouvant servir au harnachement des chevaux, ânes et mulets. « Gorlier » vient sans doute de l’expression utilisée lorsqu’on plaçait autour de la tête du cou du cheval son collier d’épaules : « mets- li sin goro » Un collier d’épaules Cheval harnaché à l’occasion d’une fête locale Le matelassier Georges Waubant Georges Waubant était aussi matelassier. Il élevait des moutons, les tondait, lavait leur laine, la faisait sécher sur son grillage puis la cardait. Il se rendait aussi à domicile pour refaire les matelas. Ceux qui avaient des moutons pouvaient fournir leur propre laine ; il fallait laver la laine, la sécher et la carder sur un chevalet avant l’arrivée du matelassier qui remplissait une nouvelle toile à matelas, en général achetée à Templeuve. Ensuite la toile était piquée afin que la laine ne se déplace pas à l’intérieur de la toile. Vingt cinq kilos de laine étaient nécessaires pour fabriquer ou refaire un matelas. Le tailleur de pierre, Camille Lowys Camille Lowys était tailleur de pierre. C’est lui qui réalisa le monument aux morts (voir Feuillet n° 34). Il travailla d’abord à La Croix (chez Nancy et Anatole Pointeau) puis à Fournes, chez Jean Lecouffe. Il gravait aussi les épitaphes disposées sur les tombes du cimetière. Paul Lambin, le maréchal ferrant Au café de la Gare, à l’emplacement actuel d’un distributeur de boissons ( !) se trouvait l’atelier du maréchal ferrant, ouvert sur la rue, été comme hiver. Une fois le cheval attaché dans un lourd cadre de bois, le pied destiné à être ferré attaché à hauteur de travail, pendant que le cheval était ferré, son propriétaire allait se désaltérer au café tenu par l’épouse du maréchal ferrant, Marie Lambin – Demouveaux. Les Genechois qui ont vécu à cette époque ont encore dans l’oreille le bruit du marteau sur l’enclume, le son si caractéristique du fer du marteau servant à modeler à sa taille le pied du cheval avant de venir retentir une seconde fois en frappant l’enclume. Rougi dans le feu de la forge actionné par un soufflet, le fer à cheval était ensuite maintenu par une paire de grandes pinces et accolé au sabot du cheval dont la corne grillée dégageait l’odeur si caractéristique , évoquant à la fois la force du cheval , le travail du fer par le forgeron , lointain émule d’Héphaïstos et la puissance du marteau . Une fois façonné, le fer était ensuite refroidi dans un baquet d’eau avant d’être fixé définitivement sur le sabot par des clous à grosse tête carrée. Le maréchal ferrant était aussi charron. Dans la cour ou devant la forge, le bandage formé d’un cercle de fer dilaté au feu était fixé à coups de marteau autour de la roue en bois. Pour ce faire, Paul Lambin réquisitionnait du monde car il fallait être plusieurs pour taper du marteau en cadence autour de la roue. Hermance, sa mère n’était pas la dernière à venir donner un coup de main aux hommes. L’atelier du maréchal ferrant, Paul Lambin, à l’emplacement du distributeur de boissons de l’actuelle friterie Après l’arrêt de l’activité de Paul Lambin, en 1958 , les cultivateurs de Genech sont allés faire ferrer leurs chevaux à Cobrieux, chez Caron. Les cordonniers Genech comptait plusieurs cordonniers, Georges Waubant, à la jambe de bois, en face de « chez les Sœurs », Alexandre Conia, près du Calvaire , Alfred Henno à la gare, plutôt marchand de chaussures et surtout Eugène Dewulf, place de l’église qui exerça jusque dans les années 1970. Ils ne fabriquaient pas de chaussures mais ils les réparaient. Ils réparaient aussi les cartables des écoliers, fabriquaient les cachoires, fouets pour les chevaux et les martinets pour les fesses des enfants désobéissants (autre époque… aujourd’hui ils seraient peut-être traduits en justice par telle ou telle association Tartempion … ). Alexandre Conia avait une particularité, il avait fabriqué à l’avance son cercueil, de couleur rouge pour être en accord parfait avec ses opinions politiques. Le cercueil était dressé verticalement dans le couloir d’entrée de sa maison, servant occasionnellement de panier à linge et il se dit qu’il l’essayait de temps à autre. Il avait aussi préparé son épitaphe : « j’ai été ce que tu es, tu seras ce que je suis ». Mais le cordonnier dont le plus grand nombre se souvient, c’est Eugène Dewulf . En entrant chez lui, à gauche on pouvait pénétrer dans l’ancien cabaret, et à droite on accédait, en descendant une marche, à son échoppe. Une fenêtre montrait le cordonnier au travail sous les yeux des passants, comme c’était le cas depuis le Moyen Age : nul besoin de règlementation, l’activité sous le regard constant des clients suffisant à assurer la qualité du travail. A l’intérieur de l’échoppe, il régnait une odeur de bon cuir et de poix, la poix mise sur le fil et qui permettait de mieux recoudre une semelle. De l’avis de ceux qui l’ont connu, Eugène Dewulf, marié à Philomène, était la bonté, la gentillesse, la discrétion même. Il était aussi excellent cordonnier et travaillait quasiment à, prix coûtant. Il a été cordonnier à Genech de 1932 à la fin des années 1970; il est quasiment mort à la tâche. Eugène Dewulf Texte de Jean-Michel Lambin. Recherche iconographie: Nadé Lemaire, Fernand Leclerc et Brigitte Renard. Mémoire de Genech : Charly Renou, Brigitte Renard, Nadé Lemaire, Roland Carlier, Geneviève Knockaert, Marie LambinColette, Fernand Leclercq, Marie-Louise Debuchy, Simone Lefevre-Monniez, Dominique Delporte, Emilienne Leclercq. Toute publication de photos ou d’extraits des textes des feuillets de Mémoire de Genech - Cercle des souvenirs est soumise à l’autorisation des membres de « Mémoire de Genech - Cercle des souvenirs».
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