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JOURNAL DE BORD ESCALE en Martinique NŒUD EN “8” Comment fonctionne UN VOLCAN ? BONNE PIOCHE ! à lire et à danser ... fais-toi une coiffe à l’antillaise ! Publication de l’A.R.E.P (Ar Theven pour la Rencontre et l’Etude des Peuples de la Mer) 2007 LES CAHIERS D’AR THEVEN 01032008 2 V. 1.06 Bonjour matelot ! Pour ce premier numéro des Cahiers d’ArTheven, nous t’emmenons dans les Petites Antilles, et plus précisément en Martinique, Guadeloupe, Saint Martin... Ces îles sont des départements français ! C’est donc une France du bout du monde que nous t’invitons à découvrir ! Ce numéro spécial Antilles Françaises est en deux volumes, le second volume, consacré à la Guadeloupe et ses dépendances, paraîtra en mars. Et maintenant, Bon voyage ! Retrouve-nous sur le Forum des Ecoles de notre site internet : www.artheven.net. Il te faudra un mot de passe. Si tu ne l’as pas, ton professeur te guidera vers nous !!! Nil & Lugh LES CAHIERS D’AR THEVEN 3 Sud de la Martinique La Baie du Marin Somma LES ANTILLES FRANÇAISES : JOURNAL DE BORD : 6 7 présentation du bateau Ar Theven, nouvelles de l’équipage d’Ar Theven LE TRUC DU GABIER : dans ce numéro : le noeud en huit 8 9 petite géographie des îles (La Martinique) OÙ EST DONC... ? 10 13 petite histoire des îles et de ses habitants (Martinique ) C’ÉTAIT HIER... : 14 19 DIS, C’EST COMMENT LÀ-BAS ? 20 4 27 fruits, légumes, animaux, nouer son fichu à l’antillaise, cuisine facile à faire soi-même... Fais le plein de découvertes... ! LES CAHIERS D’AR THEVEN aire Le cocotier est un élément essentiel du paysage antillais... DANS CE NUMERO : LA MARTINIQUE LE PETIT SCIENTIFIQUE ILLUSTRÉ comment fonctionne un volcan ? EN TOUTES LETTRES ! conte des Antilles : Compère Lapin et Grand Diable BONNE PIOCHE ! romans à lire et musique à danser pour se sentir comme là-bas A TOI DE JOUER ! ... mots croisés, tu découvres et tu joues ! Pour cette escale, le thème : La France dans le monde (ces iles et ces terres à des milliers de kilomètres de la Métropole) 28 29 30 31 32 33 LES CAHIERS D’AR THEVEN 5 Journal de bord Ar Theven et ses deux capitaines Quand Nil & Lugh nous rapportent un morceau de leur voyage au long cours... Anecdotes, découvertes... 8 mai : Fête nautique à Saint-Pierre ! Commémoration de l’éruption du Volcan du Mont Pelé. L’ancienne capitale est rayée de la carte de la Martinique en quelques heures. Le souffle brûlant du cratère charriait des cendres incandescentes qui embrasèrent tous les corps. Tous ? Non, un seul fût rescapé… un homme, qui était sous terre, enfermé… dans sa cellule… Nous laissons Ar Theven à son ponton pour un moyen plus routier. Une vieille auto nous amène à Saint-Pierre. Là, sur la mer brûlante, de vieux gréements font la sieste et basculent sous l’effet du roulis océanique, celui qui contour- Le 7 mai 1902, le volcan est en pleine activité. 6 ne la pointe nord de l’île. Mais… cette goëlette… mais oui, c’est le Black Pearl! Le bizarre bâtiment du Capitaine Moineau, heu, Sparrow, Pirate des Caraïbes ! Des voiles carrées, des gueules de canons qui percent les pavois bâbord et tribord, il flotte, au loin, menaçant, comme dans le film… 14 mai : Ce matin une fine couche de poussière s’est déposée sur le Marin (notre port). Rouge… Afrique. Tiens, c’est le Sénégal qui a toussé trop fort, et les Alizés nous ont apporté ce sol africain. L’eau océanique qui relie les terres… 21 mai : Aujourd’hui séance couture. Nous allons chez notre voilier (l’homme qui fabrique et répare les voiles des bateaux) pour repriser notre Génois (la grande voile à l’avant du bateau). Nous participons à la manœuvre : voilà une belle occasion d’apprendre à recoudre une toile quand elle est déchirée. Point droit, point zig-zag (meilleure tenue), réparation à l’insignia (tissu spécial adhésif), et aussi… élaboration d’une trousse de secours ! Car en mer il faut surveiller de près la santé de ses voiles. Petit bobo peut vite devenir grosse blessure en un coup de vent : tout doit être prêt pour les secourir… Le 8 mai à 7H50 du matin, Saint-Pierre et le Prêcheur sont rayés de la carte. Le bouchon de lave qui obstrue le cratère a résisté à la pression des gaz qui font alors éclater la partie la plus fragile du Mont Pelée. Des nuages de gaz chargés de cendres et de soufres, chauffés à 1000°, dévalent sur la ville à plus de 200 km/h. Un peu avant 8 heures du matin, la nuée ardente (voir page 12) frappe Saint-Pierre. La pression des gaz, projetés à haute vitesse, renverse tout sur son passage. En quelques secondes toute trace de vie disparaît. Maisons et monuments sont soufflés. De solides murs de pierre, larges d'un mètre, s'effondrent. 30 000 personnes meurent instantanément, démantibulées, asphyxiées sur place par la violence du choc. La chaleur provoque l'explosion de milliers de barriques de rhum entassées dans les multiples entrepôts et usines de la ville. Les explosions se succèdent, encore longtemps après le passage de la nuée. Des flots de liquide enflammé s'écoulent dans les rues, achevant de calciner les corps. L'onde de choc atteint la mer. Un raz de marée de 3 mètres s'abat sur les navires au mouillage, en même temps que le nuage de gaz. Chavirés ou incendiés, une vingtaine de bateaux coulent. La ville et les alentours sont rasés. De petits morceaux de roche arrachés au volcan sont projetés jusqu'à Fort-de-France. Un linceul de cendres chaudes recouvre toute l'île de la Martinique. Le "Petit Paris des Antilles" a cessé d'exister. LES CAHIERS D’AR THEVEN Ar Theven et ses deux capitaines LES CAHIERS D’AR THEVEN 7 Le truc du Gabier Le nœud e Pour ce numéro, nous te présentons ou “nœud d’arrêt”ou nœ Boucle LE MOT EXPLIQUÉ capeler : action qui consiste à entourer un point fixe avec la boucle d’un cordage le courant : extrémité libre de la corde, celle avec laquelle on fait le nœud Ganse le dormant : partie du cordage qui ne sert pas au montage du nœud une éco ute : bout (cordage) servant à régler l'angle d'une voile par rapport au vent Le nœud en “8” est un nœud d’arrêt. Les nœuds d’arrêts sont faits en entrelaçant la corde sur ellemême. Ils servent principalement à augmenter brutalement le diamètre de la corde pour arrêter son passage à travers une poulie par exemple. Faits à l'extrémité d'une corde, ils peuvent servir aussi à la lester (l’alourdir), à éviter que la corde ne s’effiIoche, à l’embellir... Le nœud de “8” est un des nœuds d’arrêt le plus utilisé. Tout marin se doit de le connaître! Il est simple et se fait très rapidement. Sur un voilier, il sert par exemple à arrêter les écoutes , mais les spéléologues, les grimpeurs l’utilisent aussi pour assurer leur sécurité. Il peut être double, gansé ... Mais arrêtons-nous sur sa version de base ! une ganse : Quant la corde forme un U, autrement dit une boucle Demi-clé 8 gansé : une variante de chaque noeud consiste à faire une ganse sur le courant (voir définition) afin de pouvoir le défaire facilement ; on parle alors de noeud gansé. (les noeuds des lacets de tes chaussures sont des noeuds gansés !) LE DU M l’extrémité du dor à travers la boucle LES CAHIERS D’AR THEVEN en “8” œud flamand PAS-A-PAS MÂTELOT rmant Courant Dormant PEUT-ÊTRE NE CONNAIS-TU PAS CERTAINS MOTS ? A chaque fois que tu rencontres ce symbole va voir son explication dans la partie “Le mot expliqué” ! forme une boucle, contourne-la avec puis fais-la ressortir e de départ. Mission accomplie ! LES CAHIERS D’AR THEVEN 9 donc... ? Où est La Martinique Montagne Pelée Saint-Pierre Fort-de-France La Martinique. Le madras, d’origine indienne, est le tissu traditionnel des Antilles. Timbre de 1999 en hommage à la destruction de la ville de Saint-Pierre en 1902 à la suite d’une éruption de la Montagne Pelée, volcan de la Martinique. 10 Les Antilles : un vaste archipel (groupe d'îles), situé dans la mer des Caraïbes, et bordé au sud par l'Amérique du Sud, à l’ouest par l'Amérique Centrale et au nord par Le Marin les Etats-Unis. A ton atlas ! L'archipel forme un arc de cercle de 3 500 km de long (sept fois Paris-Brest). Il s'étend depuis Cuba au sud de la Floride jusqu'à la petite île néerlandaise (hollandaise) d'Aruba, au large du Venezuela. La surface de ces terres représente la moitié de la France. La population fait 35 millions d'habitants, soit presque la moitié de celle de la Métropole. On parle « d'espace Caraïbe » : il comprend les Grandes Antilles, les Petites Antilles, les Bahamas, le sud de la Floride, la péninsule du Yucatan, Belize, la bande côtière de l'Amérique centrale, ainsi que les plaines côtières du Venezuela et de Colombie. L’espace se trouve donc au milieu des trois continents américains. Mais l’Europe n’est pas loin. « Nouveau Monde », commerce, piraterie, cargaisons d’esclaves, révoltes, éruptions de volcans… ces îles ont suscité toutes les convoitises et provoqué nombre de conflits. Entre mer des Caraïbes et océan Atlantique La partie méridionale (c’est-à-dire sud) de l’arc antillais est désignée comme les « Petites Antilles », tout simplement parce qu’il s’agit de petites îles. Les Grandes Antilles, ce sont les grandes îles : Cuba, la Jamaïque, Haïti, la République dominicaine (à ne pas confondre avec la Dominique qui se trouve dans les Petites Antilles) et Porto Rico. Les Petites Antilles sont une longue chaîne d'îles bordées par l’océan Atlantique à l’Est et par la mer des Caraïbes (ou mer des Antilles) à l’Ouest. Cette chaîne s’étend sur 750km. On distingue les Iles-du-Vent (du nord au sud) et les Iles-sous-leVent (d’est en ouest). La Martinique et la Guadeloupe font toutes deux parties des Iles-du-Vent. Un climat tropical adouci par les vents alizés A mi-chemin de l’Equateur (latitude zéro) et du Tropique du Cancer (latitude 23° Nord), le climat tropical offre une température qui oscille entre 22°C et 30°C. Une forte humidité et un important ensoleillement règnent à ces latitudes : pas besoin de courir pour avoir son T-shirt trempé par la sueur. Ce climat particulier permet la formation de petits nuages qui viennent s’agglomérer sur les massifs montagneux sous le souffle des alizés. Les « vents alizés » de l’hémisphère nord sont des vents qui soufflent de nord-est à sud-est. Leur vitesse est en moyenne de 15 nœuds (25 km/h). Ils sont réguliers en saison hivernal et en été, place au cyclone : de juillet à octobre les bateaux sont attentifs au moindre bulletin d’alerte! Si l’amplitude thermique (la différence entre la plus basse et la plus haute température) est LES CAHIERS D’AR THEVEN Por L’archipel des Petites Antilles can de « La Soufrière » de l'île Montserrat, île britannique au nord-ouest de la Guadeloupe, s'est fortement réveillé détruisant la ville principale Plymouth et son aéroport. Plymouth est maintenant une ville abandonnée et l'éruption n'est toujours pas terminée. rto-Rico Saint-Barthélémy Hors de ces massifs, plus ou moins anciens, les plaines et les plateaux constituent l’essentiel du paysage des Antilles. Saint-Martin Guadeloupe Marie-Galante Martinique Le Rocher du Diamant en Martinique Mer des Caraîbes faible, c’est-à-dire que la température varie peu au cours de l’année, on peut distinguer deux réelles saisons : la période sèche ou Carême, de décembre à mai, caractérisée par un fort ensoleillement et de rares pluies. Et l’hivernage, de juin à novembre, aux précipitations (les pluies) plus abondantes. Cependant, la pluviométrie (la mesure de la quantité de pluie tombée) ne sera pas la même selon que l’on se trouve au vent ou sous le vent, proche de la montagne ou proche des côtes. Selon que l’on aime ou pas la pluie on ira, pendant l’hivernage, soit à la montagne soit à la plage, d’un côté ou de l’autre de l’île… Mais, depuis quelques années, ces saisons sont perturbées... le climat change ! Des plaines et des volcans Constituée d’une cordillère (chaîne de montagnes longue et étroite) en partie effondrée, les volcans sont encore actifs aux Petites Antilles. Il arrive donc qu’un des volcans entre en éruption. Le plus terrible est que le type de volcans aux Antilles est dit « péléen », ce qui signifie qu’ils sont explosifs et peuvent produire des nuées ardentes (voir encart ci contre) capables de tout dévaster sur leur passage. Tel fut le cas à Saint-Pierre (en Martinique) en 1902 (voir page 6). Récemment, en 1995, le vol- Au vent / sous le vent Cette dénomination vient de l’univers marin. Si je suis au vent de quelque chose, c’est que je suis placé de telle sorte que le vent me touche en premier avant cette chose. Par exemple, pour me protéger du vent, je cherche un abri, je me place donc sous son vent : le vent touche en premier cet abri. Qu’est-ce qu’une nuée ardente ? Une nuée ardente est un phénomène d'avalanche composée d'un mélange de gaz brûlant et de lave incandescente entourée d'un nuage de poussières, coulant le long des flancs d'un volcan et se canalisant dans les vallées. On distingue parfois la coulée pyroclastique de la nuée ardente en fonction de la présence de matériel solide (pierre ponce et lave solidifiée notamment) dans l'avalanche. Ces nuées peuvent atteindre des vitesses comprises entre 50 et 200 kilomètres/heure et se déplacent sur de très grandes distances, de l'ordre de plusieurs kilomètres. Leur température varie de 500 à 1200°C. Ces deux paramètres en font des phénomènes dévastateurs, difficiles à prévoir et contre lesquels il n'existe pas de protection physique efficace. Les nuées ardentes sont capables de surprendre même les meilleurs spécialistes : en juin 1991, l'une d'elles, dévalant le mont Unzen au Japon, a tué le célèbre couple de photographes volcanologues français Maurice et Katia Krafft. Le terme de nuée ardente semble avoir été forgé suite à l'éruption de la Montagne Pelée en Martinique le matin du 8 mai 1902. Ce terme, utilisé pour la première fois par Alfred Lacroix venu étudier le phénomène sur place après cette catastrophe, est passé dans le vocabulaire courant (il a ensuite été utilisé pour décrire l'explosion du Mont Saint Helens ou l'éruption du Pinatubo aux Philippines) et a même été adopté dans le jargon des volcanologues anglo-saxons, sans les accents (nuee ardente)! On attribue également la destruction de Pompei et d'Herculanum, dans l'antiquité romaine, à une nuée ardente. LES CAHIERS D’AR THEVEN 11 Où est donc...? Quelques repères... Méridiens et parallèles Pour se situer sur la Terre (et sur la mer !), des cartographes européens l’ont quadrillée dès le XVème siècle en lignes verticales, du nord au sud (les méridiens, ou longitudes) et en lignes horizontales (les parallèles ou latitudes). Comme dans tout repères, il faut une origine. Pour le parallèle, c’est l’Equateur (latitude zéro), et pour le méridien, c’est le méridien de Greenwich (longitude zéro). CARTE D’IDENTITE DE LA MARTINIQUE La canne à sucre était déjà utilisée par les "cultivateurs" de la préhistoire. Elle fut diffusée par les Arabes au VIIIème siècle et emmenée en Amérique par Christophe Colomb. Pendant longtemps, la Canne à Sucre était considérée comme une friandise de luxe en Europe. La Martinique est située entre l'île de la Dominique au Nord et l'île de Sainte-Lucie au Sud. Elle se trouve à 7000 km des côtes européennes et à 400 km des côtes sud-américaines (Venezuela). Sa longueur nord-sud est d'environ 60 km alors que sa plus grande largeur, au niveau de la presqu'île de la Caravelle, ne dépasse guère les 20 km. Le point culminant est la montagne Pelée (1 397 m d’altitude), au nord de l’île. Les Amérindiens qui peuplaient la Martinique la nommaient Madinina, ce qui veut dire l'île aux fleurs. Ce surnom lui est resté. Superficie : 1 128 km² Population : 399 002 habitants Densité de la population : 338 habitants/km² Langue officielle : français Langue régionale : créole Statut administratif et politique : région administrative française et département d’outre-mer (DOM). Constitue avec la Guadeloupe, située à environ 150 km plus au nord, et la Guyane située au nord de l'Amérique du Sud, les départements français d'Amérique (DFA). Fait partie de l’Union Européenne. La canne à sucre, culture tropicale, est une des ressources principales de l'archipel des Petites Antilles. 12 Préfecture : Fort-de-France Sous-Préfectures : Le Marin, Saint-Pierre, La Trinité Monnaie : Euro Fuseau horaire : TU -4 . (soit 5 ou 6 heures de moins qu’en France, selon l’heure d’été). Aussi, l’été, lorsqu’il est 18 heures en France, il est midi en Martinique. LES CAHIERS D’AR THEVEN LE MOT EXPLIQUÉ TU : (ou en anglais UT) abréviation de Temps Universel. C’est une mesure du temps basée sur la rotation de la Terre. L’heure qu’il est ? Le résultat de beaucoup de calculs... adapté, modifié ou non par le fuseau horaire auquel appartient un pays. Fuseau horaire : Un fuseau horaire est une zone de la surface terrestre où l'heure adoptée est identique. Une partie du monde connaît une heure d'été et une heure d'hiver, créées pour réaliser des économies d'énergie. Un pays peut adopter une heure autre que celle qui lui serait destinée normalement. C'est le cas de l'Espagne ou de la France qui sont à l'heure de l'Europe centrale (heure de Berlin depuis 1940). Le Greenwich Mean Time (en français temps moyen de Greenwich, souvent abrégé en GMT) est le temps solaire moyen au méridien de Greenwich, méridien d'origine des longitudes, traversant l'observatoire royal de Greenwich, près de Londres en Angleterre. A cet endroit, le fuseau horaire est égal à TU+0. cet arc d’îles est de composition volcanique, avec certains volcans toujours en activité ! Le volcan de la Montagne Pelée vue du Carbet (Martinique) LES CAHIERS D’AR THEVEN C’était hier... Christophe Colomb Petite histoire des îles et de ses habitants LES ARAWAKS : PREMIERS HABITANTS DES ANTILLES Les Arawaks sont des Indiens d’Amérique issus de la forêt d’Amazonie. Ils proviennent de nombreuses tribus, dont les langues appartiennent à la même famille linguistique : l’ “arawak”. Peuple marin, ils émigrèrent vers les Antilles et en furent les premiers habitants connus. Femme Arawak par John-Gabriel Stedman, aventurier né d’un père écossais et d’une mère hollandaise (gravure colorée datée de 1818). 14 À la fin du XVe siècle, les Karibs (et les Arawaks restants...) étaient répandus en Amazonie, jusque dans les Andes, et dans les Antilles jusqu’en floride. Karibs et Arawaks sont les premiers Amérindiens à avoir eu contact avec les Européens. On dit que les Arawaks avaient une doctrine assez particulière quant aux animaux qu'ils tuaient : ils s'excusaient et les remerciaient pour leur viande. Par la suite, au XIVème siècle, les Karibs, ou caraibes, peuple guerrier, suivirent la même route et asservirent violemment les Arawaks. On dit même qu’ils tuèrent les Arawaks hommes et gardèrent leurs femmes! Que ce soit vrai ou exagéré, ceux-ci disparurent alors en grande partie. LES CAHIERS D’AR THEVEN LA FORCE DE L’ENNEMI L’anthropophagie (cannibalisme) était pratiquée par tous les Amérindiens des Antilles. Mais c’était ce qu’on appelle une anthropophagie rituelle, elle n’était pratiquée que dans certaines circonstances. La chair humaine n’était pas une nourriture : l’anthropophagie avait comme fonction celle de s’approprier la force de l’ennemi. LA MARTINIQUE Christophe Colomb découvre la Martinique le 15 juin 1502, au cours de son quatrième voyage vers les « Indes ». Mais il aurait baptisé l’île avant, au cours de son deuxième voyage en 1493, lorsqu’il l’aurait aperçue « de loin ». Ce jour-là, le 11 novembre 1493, c’était la fête de Saint-Martin : « Martinica », ou Martinina (Petite Martine), serait le diminutif donné à cette île. C'est en 1635, que Pierre Belain d'Esnambuc y installe la première colonie (Saint-Pierre), au profit de la Couronne de France et de la Compagnie des Iles de l'Amérique. Entre le quatrième voyage de Colomb et la prise de possession par les Français, la Martinique ne reste cependant pas sans contact avec les Européens. Si les Espagnols trouvent ces îles trop petites et infestées d'Indiens dangereux, les Hollandais, Français et Anglais y font souvent relâche pour s'approvisionner en vivres et commercer avec les Amérindiens. Durant les premières décennies de l'occupation française, l'île produit des denrées coloniales fournissant de forts profits : tabac, rocou (arbre à fruits rouges utilisés pour faire de la teinture rouge), indigo (colorant naturel provenant de l’arbre nommé indigotier et servant aujourd’hui principalement à colorer... les jeans), cacao. Le tabac de la Martinique est très apprécié en Europe. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle c’est la crise du tabac : elle va ruiner les premiers planteurs qui se tournent alors vers la production de sucre. La monoSanta-Maria culture (une seule culture) de la canne à sucre va bientôt transformer le paysage et devenir partie intégrante de la culture créole. Elle dominera l'économie du pays jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. La culture de la canne à sucre telle qu'elle est pratiquée dans l'Habitation sucrière (vaste demeure de propriétaire terrien) demande une importante main-d'œuvre que la métropole n'est pas prête de fournir. La culture du tabac et de l'indigo n’a pas pu se faire avec les "engagés", c’est-à-dire les volontaires. La solution ? L’importation d'esclaves noirs des côtes de l'Afrique ! Ces esclaves fourniront les effectifs à la culture de la canne à sucre et sea canne à sucre va ront les futurs Antillais. Les engagés, eux, ve- bientôt modeler naient sous contrat avec un planteur pour le paysage et devenir une durée de trois ans partie intégrante (d’où leur surnom de «36 mois»). Le planteur de la culture créole couvrait les frais du voyage et exigeait ensuite de l’engagé un travail semblable à celui de l’esclave. Mais à la différence de l’esclave s’il réussissait à survivre aux terribles conditions de vie et de travail, il recouvrait sa liberté au bout des trois années et se voyait allouer une terre pour devenir à son tour planteur. Du moins, cela était le principe, beaucoup de ces engagés repartaient pour recommencer trois années supplémentaires et leurs conditions de vie n’étaient pas améliorée. La culture de la canne à sucre est donc à l'origine La Nina de la mise en place de ce qu’on appelle le commerce triangulaire (Europe, Afrique, Amérique) qui entraîne rapidement l'afflux d'une population africaine esclave vers les possessions françaises de l'Amérique, population qui dès la fin du XVIIe siècle dépasse rapidement et de beaucoup la population blanche des origines. Les Amérindiens d’origine sont petit à petit repoussés vers la côte atlantique avant d'être finalement chassés dans les années 1670. Cependant, une partie de cette population "caraïbe" demeure sur place, perdant peu à peu sa culture, et se fond dans le reste de la population. l Les premiers établissements français en Martinique sont le Fort Saint-Pierre (actuelle ville de Saint-Pierre), et la ville du Fort-Royal (rebaptisée à la Révolution Fort-de-France). Le commerce du sucre entraîne une intense activité maritime commerciale dans l'île. Il y a un manque régulier d'espèces monétaires métalliques dans les îles, et beaucoup d’échanges se font sur le mode du troc. Les profits de la vente d’une cargaison d’esclaves sont tels qu’il faut le plus souvent plusieurs voyages pour acheminer le prix en denrées coloniales des esclaves vendus. LES CAHIERS D’AR THEVEN La Pinta LES CARAVELLES DE CHRISTOPHE COLOMB 15 C’était hier... Jeune martiniquaise au madras (1887) du peintre français Paul Gauguin Cette navigation commerciale suscite bien entendu la convoitise des autres grandes nations européennes, essentiellement les Hollandais et les Anglais. Un état de guerre permanent va caractériser l'époque coloniale, cependant que la course et la piraterie (voir page18) maintiendront le danger dans les périodes de paix civile. Les Hollandais sont rapidement écartés dès la seconde moitié du XVIIe siècle. La lutte se concentre alors entre Français et Anglais. Les Caraïbes sont concernés par toutes les grandes guerres européennes. C'est le cas de la Guerre de Sept ans (1756-1763) qui fera perdre à la France de nombreuses possessions au profit de la Grande-Bretagne. La Martinique passera par deux fois sous possession britannique pour d'assez courtes périodes. Elle restera définitivement française après 1816. L'île connait un important développement au cours du XVIIIe siècle. Saint-Pierre est une des plus belles villes des Antilles, et le restera jusqu'à ce que l'éruption de la Montagne Pelée entraîne sa destruction. Fort-de-France devient alors le chef-lieu de la Martinique. Une anse est une petite baie souvent bordée d’une plage de sable. 8 avril 1830 : un navire négrier vient s'échouer sur la côte sud-ouest de la Martinique, dans la passe de l'anse Caffard au dangereux Rocher du Diamant. Ce navire de commerce transportait de manière illégale 300 esclaves malgré le Congrès de Vienne du 8 février 1815 interdisant le commerce de “chair humaine” (Lois françaises du 15 Avril 1818 et du 25 avril 1827). L'abolition de l'esclavage n'aura lieu que 18 ans après le naufrage, en 1848. Aujourd’hui, en hommage aux victimes du dernier naufrage de navire négrier de l'histoire de la Martinique, quinze statues tournées vers la mer et sculptées en béton armé et en gravillons de sable blanc ont été érigées. Elles sont orientées au cap 110, en direction du Golfe de Guinée... En France, en 1788, veille de la Révolution française, Brissot crée la Société des amis des Noirs. Mais, malgré les efforts de ses membres éminents comme l'abbé Grégoire ou Condorcet, il ne peut obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante (première assemblée nationale datant du 17 juin 1789). Ce n'est que le 4 février 1794 que la Convention abolit l'esclavage. Mais cette abolition ne sera pas appliquée dans toutes les possessions françaises d'alors, loin de là. La Martinique ne la connaîtra pas, contrairement à la Guadeloupe. Par ailleurs, cette abolition, qui va dans la logique de l’humanisme hérité du Siècle des Lumières, avait aussi comme objectif de rallier les esclaves révoltés de Saint-Domingue (à l’est de Cuba), face à la menace royaliste et à celle de l'invasion britannique. Napoléon rétablira l'esclavage le 20 mai 1802 : les colons blancs prétendaient ne plus pouvoir assurer leur survie et celle de leur planta- 16 Martinique Memorial de l’anse Caffard tion en ayant recours à une main d'œuvre non esclave. Les mariages mixtes redevinrent interdits. Ce n'est que le 27 avril 1848 que Victor Schoelcher, alors Sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies, appose sa signature au bas du décret mettant officiellement fin à l'esclavage. Avant même que la nouvelle n'arrive, les esclaves s’étaient révoltés ; ils ont obtenu l'abolition de fait le 23 mai 1848. Pour faire face à la pénurie de main d'œuvre, la LES CAHIERS D’AR THEVEN France, imitant le Royaume-Uni et les Pays-Bas, décide d'avoir recours à l'immigration indienne de 1853 à 1870. Les immigrés indiens sont des travailleurs recrutés initialement pour 5 ans et devant repartir dans leur pays d'origine à ce terme. La grande majorité d'entre eux resteront en Martinique et contribueront à sa richesse intellectuelle et culturelle. C’est le 8 mai 1902, malgré les avertissements de certains scientifiques, qu’une terrible éruption de la montagne Pelée tue tous les habitants de Saint-Pierre. Tous les habitants sauf un : un prisonnier du nom de Louis Auguste Sylbaris, dit Cyparis, sauvé par l'épaisseur des murs de son cachot ! En comptant les environs de la ville il y a eu 30 000 morts en tout. En 1887, le peintre Paul Gauguin séjourne sur Et le 19 mars 1946, la Martinique devient un l'île. département d'outre-mer. Les esclaves marrons Le mot « marron» vient de l’espagnol cimarrón qui veut dire Le Nèg Mawon «s’échapper, fuir». Au départ, (en créole). le mot désignait les animaux Il porte une chaîne brisée domestiques devenus sauvages. au pied, mais tient un En français le mot s’étendra aux coutelas de coupeur de canne à la main et souffle Blancs engagés fuyant leurs dans une conque (lambi) mauvaises conditions de travail. pour appeler à la révolte. Il finira par désigner aussi les Symbole de la liberté et de «esclaves fugitifs ». l'indépendance à travers tous les pays de la La fuite, ou marronCaraïbe. nage, a été un très fort moyen de résistance des esclaves noirs dans toutes les Antilles (et dans toutes les colonies esclavagistes). Dans les Antilles, l’île de Saint Vincent est devenue ainsi célèbre, car elle s’est avérée dans la deuxième moitié du XVIIème siècle un « paradis» pour les esclaves fugitifs. Les habitants de l’île ont repoussé à plusieurs reprises les assauts des Britanniques grâce aux « Caraïbes noirs » de forts bons guerriers. Mais les Noirs marrons, une fois pris, furent toujours sévèrement réprimés partout : pendus, écartelés ou brûlés vifs. En Guadeloupe, Guyane, et Martinique, « être marron», signifiait : fuir l’esclavage dans les bois. Tandis qu’aujourd’hui, « être marron », « marronner » signifie être révolté, dissident. LES CAHIERS D’AR THEVEN 17 C’était hier... Barbe Noire Lithographie du XVIIIe siècle. Les vrais pirates des Caraïbes La grande époque de la piraterie dans les Caraïbes se situe entre 1560 et 1720. Les cargaisons, notamment de lingots d’argent extraits des mines exploitées par les Espagnols, attiraient pirates et corsaires. La piraterie s’est avéré un moyen pour certains de s’enrichir mais aussi un moyen de révolte contre le pouvoir institutionnel et la société de l’époque. L’organisation des équipages reflétait souvent cela : il arrivait que l’équipage élise le capitaine (système démocratique donc), ce capitaine était censé combattre auprès de ses hommes et non simplement donner des ordres à distance. Il arrivait aussi que des esclaves libérés fassent partie de l’équipage… Tout ceci était particulièrement vrai pour les flibustiers (voir « Les mots nés de la mer » page ci contre…) Les pirates préféraient le plus souvent des petites embarcations, avec lesquelles ils pouvaient plus facilement mener des attaques éclair : ils feignaient par exemple d’être des marchands en péril. Ils endormaient la méfiance des marins ennemis. Puis, une fois suffisamment proches du navire, ils hissaient le pavillon noir, s’amarraient (s’attachaient) à lui pour éviter la fuite de l’adversaire, et c’était alors l’abordage! Ce qui faisait la force des équipages pirates et les rendait d’autant plus redoutables lors des combats, c’était que souvent les hommes n’avaient rien à perdre puisqu’ils étaient condamnés à mort pour s’être rebellés. Pas de quartier ! Dans les Caraïbes, les « corsaires » étaient très utilisés : des gouvernements nationaux donnaient à des navires privés une lettre de marque, qui les autorisait à capturer des navires ennemis. La majeure partie du butin était conservée par l’équipage corsaire. Selon l’état de guerre en tre deux nations, un même navire passait ainsi de corsaire à pirate... Les équipages pirates étaient capables de se réunir et de constituer de véritables flottes armées, ce qui leur permettait de s’attaquer à des villes riches et puissantes. Les célèbres corsaires ou pirates Francis Drake puis plus tard Edward Vernon se sont attaqués à Cartagena en Colombie, où était entreposée la production annuelle d’or espagnol. François L’Olonais, pirate français (considéré comme l’un des plus cruels) mettra à sac Maracaïbo au Venezuela. La piraterie dans les Caraïbes décline en même temps que décline l’utilisation des corsaires, qu’augmentent les tailles des armées nationales et que s’intensifie la lutte contre la piraterie. Le célèbre Barbe-Noir L’un des plus célèbres pirates; c’est Barbe Noir surnom donné à Edward Teach. Il plaçait sous son chapeau et dans sa barbe des mèches auxquelles il mettait le feu. Il régna par la terreur sur les Caraïbes de 1716 à 1718. Ses adversaires la plupart du temps se rendaient même sans combattre. Il eut quatorze femmes. Il finira décapité en 1718 après une fameuse lutte entre son équipage et celui du bâtiment de guerre britannique Pearl. Sa tête sera accrochée près des voiles en guise de trophée. Le métis William Davidson fut « connu pour avoir fait office de gardien du drapeau noir du mouvement. Le pavillon était orné d’un crâne et d’os croisés avec la légende “Mourons en hommes libres plutôt que d’être vendus comme esclaves”. » 18 Esclaves marrons et drapeau noir Le pavillon de Barbe Noire : squelette tenant une épée qui transperce des cœurs. LES CAHIERS D’AR THEVEN Les mots nés de la mer... des Caraïbes d’après le “Dictionnaire des mots nés de la mer” de Pol Corvez (2007) Avec l’aimable autorisation des Editions du Chasse-Marée Comme toutes les langues, le français s’enrichit de mots parfois venus de très loin... dans le temps et à travers les mers. La langue néerlandaise (hollandaise) a donné un riche lexique marin à de nombreuses langues européennes. Canot : vient de l’arawak (Caraïbes) canoa, par le castillan canoa. Le terme canoe est attesté en 1519 et signifie “petit bateau, fait d’un tronc d’arbre creusé, dont se servent les indiens [d’Haïti]. Le suffixe diminutif -ot a remplacé la finale -oe, inhabituelle en français. En Bretagne, le -t de canot se prononce. Flibustier : vient du néerlandais vrijbuiter, “pirate” (qui a pris aujourd’hui le sens d’“aventurier”), de vrijbuiten “voler, piller”, lui-même de vrij “libre, gratuit”, et buit “butin”. Il est passé par l’anglais freebooter “libre pillard” (1570), avant d’arriver en français. Canots creusés dans des troncs d’arbres en Martinique Marigot : on trouve le mot marigot sur une carte d’un récit de 1654 sur les Antilles : anse de Marigot. Marigot est un port français de Saint-Martin ; c’est aussi un bourg de la Martinique, près de l’embouchure de la rivière du Lorrain, et le nom d’une ville de Sainte-Lucie (petite île située entre la Martinique et Saint-Vincent et les Grenadines). Les flibustiers se structuraient en associations de pirates En 1688, en Afrique, marigot désigne un “petit bras de la pour dévaster la mer des Antilles (autre nom de la mer rivière”. Tout laisse penser qu’il s’agirait d’un terme arades Caraïbes) pendant tout le XVIIe siècle. wak, comme canot et hamac. Hamac : est un terme arawak, qui vient du taïno (langage des indiens Taïno) d’Haïti amak. Emprunté par les Espagnols (hamaca), puis par les récits de voyages italiens dans les Petites Antilles. Dans son journal de bord, Christophe Colomb en fait une description détaillée. Le hamac a manifestement séduit tout de suite. Le terme est attesté depuis 1519 en castillan, et depuis 1525 en français sous la forme amache. Hamac madras fabriqué au Brésil Aujourd’hui, marigot signifie “mare des milieux tropicaux”, “point d'eau stagnante”. En français (de métropole), on l’emploie la plupart du temps au figuré et dans un sens souvent négatif... Ouragan : vient de l’arawak, plus précisément du terme hurakán, ouragan. Il a été emprunté au castillan sous la forme huracan vers 1510. Ouragan désigne une “forte tempête caractérisée par des vents d’une grande violence ; en particulier des vents opposés formant des tourbillons”. Il s’agit d’un terme Taïno, Indiens des Antilles. Les cyclones de très grande intensité sont appelés ouragans en Amérique du Nord et dans les Caraïbes. LES CAHIERS D’AR THEVEN 19 comment... Dis, Dis, c’est DES IMAGES, beaucoup d’images pour découvrir à quoi ressemblent les fruits et légumes du marché, les animaux, apprendre à nouer son foulard à l’antillaise, faire son pain d’épices... Fais le plein de découvertes ! c’est comment fruits DU MARCHÉ là-bas ? LE CACAO (Kako, en créole) CHOCOLAT A BOIRE Aux Petites Antilles, on prépare le bâton de cacao (gwo kako, en créole) à partir des fèves fermentées, séchées puis torréfiées. Ce ‘100 % cacao’ s’apprécie râpé puis fondu dans l’eau ou le lait. Il sert aussi à préparer les punchs et la liqueur de cacao. Râpe une ou deux cuillères à soupe de bâton de pur cacao par personne dans un peu d'eau. Fais cuire à feu doux jusqu'à dissolution complète. Ajoute du lait et un peu de sucre. Porte à ébulition en fouettant le mélange. Et... Déguste ! 20 En 1502, Christophe Colomb reçut une étrange monnaie apportées en cadeau par des indigènes qui accostèrent son bateau, en Amérique Centrale : des fèves de cacao! A cette époque le cours de la fève était : 100 feves = 1 belle esclave! Mais, c’est Fernando Cortez qui découvrit le cacaoyer au Mexique en 1519. Il ramena alors quelques graines à la cour d'Espagne. Les Européens apprécièrent tellement le chocolat que l'on étendit la culture du cacaoyer à tous les pays tropicaux. Sauvage pendant des siècles, les hommes découvrirent le cacaoyer vers l'an 2000 avant notre ère. L'Empire Maya fût le premier, mais le cacao vit défiler toutes les grandes civilisations qui lui portèrent une origine divine - son nom latin Theobroma signifie "nourriture des dieux". La naissance du chocolat commence sur le cacaoyer, un arbre qui a besoin de chaleur, d’humidité et d’ombre. Il ne pousse que dans les zones équatoriales à l’ombre d’arbres plus grands, souvent des bananiers. Les fruits de cet arbre sont les cabosses. Elles sont cueillies et ouvertes manuellement, à l’aide d’une machette ou d’un gourdin : c’est l’écabossage. Les cabosses contiennent environ une quarantaine de graines (appelées aussi fèves), entourées d’une substance blanche et visqueuse: le mucilage. Ce mucilage est une pulpe à la saveur acidulée-sucrée agréable, qui se mange crue. Le beurre de cacao est une substance issue du presssage des fèves de cacao, grillées puis nettoyées. Le chocolat est plus ou moins dosé en beurre de cacao. LES CAHIERS D’AR THEVEN CARAMBOLE Il y a deux type de caramboles : La cara,boles à chair croquante légèrement acidulée, très sucrée et aromatique (salade de fruits ou en jus). Les caramboles à chair plus molle et acide(cuites avec du sucre, on en fait des sirops ou des confitures). Le fruit qui n’est pas mûr s’utilise pour les préparations aigres-douces, dans les courts-bouillons (blaffs en créole). (Karanbol en créole) COROSSOL (Kowosol en créole) C’est un des premiers fruits que Colomb introduit dans l’Ancien monde (L’Europe, par opposition aux Amériques, découvertes après). De saveur douce-acide très parfumée, la chair se déguste à la petite cuillère. Pressé, le fruit donne un liquide épais laiteux et délicieux destiné à la préparation de jus ou sorbet. MARACUJA (Marakoudja en créole) (Fruit de la Passion) Plus de quinze espèces mais seules quelques unes ont un réel intérêt alimentaire. Parmi ces dernières, on peut citer la pomme maracuja, originaire du Brésil, et introduite aux Petites Antilles au début du XXème siècle. La beauté de ses fleurs et ses fruits savoureux l’ont vite rendue populaire. L’écorce du fruit est dure, lisse et jaunâtre (il existe une forme à l’écorce rougeâtre). L’arille (pulpe) orangé, acide et parfumé, s’apprécie en jus, sirop de fruits, punch de macération ou sorbet. POMME-CANNELLE Sous les protubérances (bosses) écailleuses que l'on écarte facilement quand le fruit est mûr, on découvre une pulpe planche parsemée de nombreuses petites graines noires luisantes aux propriétés insecticides. Sa chair tendre, délicate et très sucrée dégage un parfum de cannelle. C'est un fruit de bouche par excellence. Il sert aussi à la confection de délicieux jus et sorbets. ACEROLA (Siriz en créole) ou cerise d’Indes Occidentales, ou encore cerise des Antilles Cette cerise renferme une pulpe jaune, molle, très juteuse de saveur un peu aigre. Elle cache trois noyaux triangulaires.Très périssable, elle se mange aussitôt cueillie. En jus, compote, gelée et punch, sa saveur s'adoucit avec le sucre. Sa réputation tient à son étonnante teneur en vitamine C ! Dans l'industrie, son jus, ajouté à d'autres préparations, en augmente la teneur en vitamine. En Métropole (France du continent), on vend depuis peu des gélules d’acérola pour rendre son organisme plus fort... au marché, LA VITAMINE C Pour ne pas mourir du scorbut ! Essentielle à une bonne santé, la vitamine C est abondante dans les végétaux à chlorophylle, les légumes en général (pas forcément verts !), les salades et fruits frais. De loin, le fruit qui en contient le plus est... l’Acerola (cerise des Indes occidentales), et non l’orange ! Le Piment rouge en contient aussi beaucoup ! Le lait frais en renferme aussi un peu. Les végétaux secs et fanés n'en contiennent plus du tout... Tu retrouveras dans les CAT n°2 la goyave, la papaye, la mangue, l’avocat, la noix de coco, l’ananas... tu trouves ces fruits... LES CAHIERS D’AR THEVEN 21 Dis, c’est comment... légumes DU MARCHÉ LA CUISINE ANTILLAISE La cuisine antillaise, c’est le résultat du métissage de la population de ses îles. Elle s'inspire des cuisines africaine pour ses ingrédients de base, indienne pour les épices, et européenne pour ses alliances et ses pâtisseries. Riche en couleurs et en arômes, elle est originale et variée. C'es souvent une cuisine simple et rapide à réaliser. CHRISTOPHINE (CHAYOTTE) (Ti sitwon vè en créole) C'est en souvenir de Christophe Colomb que la chayotte porte le nom de christophine. On la trouve dans toute l'Amérique Centrale, les Antilles, la Réunion, en Afrique du Nord. En fait, il y en a dans tous les pays chauds et tropicaux. C'est une plante vivace, comme une courge, qui pousse en tige rampante parfois maintenue en treilles et dont les racines sont des tubercules (comme les pommes de terre). La chayotte est une baie à l’aspect d’une grosse poire rugueuse, bosselée très dure, verte ou blanche pouvant mesurer jusqu'à 20 cm. Sa chair, blanche à vert pâle, ferme et homogène a le goût de la pomme de terre, sa saveur est peu marquée et douce. La force et le feu se marient dans ce piment! C'est le plus fort au monde ! On l'appelle piment antillais, ou piment sept marmites car un seul de ces piments peut servir jusqu’à sept fois pour parfumer l’eau. Il peut également être mariné ou séché. Il est notamment utilisé dans les acras (petites beignets aux formes arrondies, indispensables pour entrer dans l'ambiance antillaise). GOMBO GRATIN DE CHRISTOPHINES Demande à ta maman de t’aider pour le faire : Coupe 3 christophines en 2, enlève le cœur et fais bouillir 30 à 40 minutes dans de l'eau salée. Enlève la chair sans abîmer la peau. Réduis la chair en purée et fais-la revenir dans un peu d'huile avec 2 tranches de jambon fumé haché, 1 oignon haché, 4 cives, du persil, l’ail écrasé et du thym. Ajoute de la béchamel. Remplis les peaux de ce mélange. Saupoudre de chapelure et de gruyère. Mets au four 15 minutes. A table ! 22 PIMENT-LAMPION Cultivé par les Égyptiens, puis importé en Europe par les Maures espagnols au XIIe siècle, il fut intro- duit au XVIIe siècle en Amérique par les esclaves. Le fruit contient une substance gélatineuse utile pour épaissir soupes et ragoûts. On conseille généralement de choisir des gombos bien colorés de moins de 10 cm de long afin qu'ils ne soient pas durs. Le gombo se mange cru ou cuit et il fait partie de nom- breux plats créoles et africains. Découvert par Christophe Colomb alors qu'il faisait escale à Cuba, l'igname n'a pas réellement de terre d'origine. Par contre, ses terres d'adoption sont nombreuses et on le retrouve aussi bien aux Antilles qu'en Inde et en Afrique. Il est connu des peuples de tous les pays tropicaux, depuis les temps les plus anciens. En 1515, les Espagnols nomment ce légume iname, dérivé du mot africain nyami. Igname, qui se dit yam en anglais, vient d’une racine africaine nyam qui signifie «manger» et que l’on retrouve dans plusieurs langues africaines : nam en wolof, yamyam en haoussa, nyama en zoulou. Par exemple, les Peuls disent "wari nyami" pour dire "venez manger". Tubercule, ce légume est une racine comme la pomme de terre. LES CAHIERS D’AR THEVEN IGNAME Quelques animaux BALBUZARD PECHEUR DES CARAIBES On l’appelle aussi balbuzard fluviatile, aigle pêcheur, gligli montagne. C’est un grand rapace dont l'envergure peut atteindre 1,80 m pour un poids d' 1,5 kg. Ce prédateur se nourrit exclusivement de poissons. Sa pêche est spectaculaire : il survole l'eau à 50 m de hauteur, repère sa proie, se laisse tomber en repliant ses ailes puis les redéploie avant l'impact et projette ses serres en avant. Il capture ainsi des poissons de 500 gr ou plus... jusqu'à 1,5 kg soit son propre poids ! Ce rapace habite sur tous les continents sauf l'Antarctique. Il fréquente régulièrement la Guadeloupe et la Martinique de septembre à mars. Il se reproduit au Canada. A la mauvaise saison (automne-hiver), ils rejoignent l'Amérique du Sud ou restent hiverner dans les Antilles. Quelques spécimens peuvent même rester toute l'année en Guadeloupe ou en Martinique. Il pêche en mangrove (groupe de végétaux ressemblant à des lianes qui se développent dans les eaux saumâtres des régions tropicales... le long des côtes. IGUANE DES PETITES ANTILLES LE MOT EXPLIQUÉ hiverner et hiberner ! Découvre d’autres animaux des Antilles dans le prochain numéro ! Il est présent dans toutes les petites Antilles. La population est massée dans les régions côtières du niveau de la mer jusqu'à 300 m d'altitude. L'espèce habite les broussailles et les forêts littorales sèches. C’est un reptile végétarien : c'est une liane « patate sauvage » (Ipomoea tiliacea) qui a sa préférence (comme ce que Lapin va chercher pour sa famille dans le conte page 32 ) . Le régime alimentaire de l'Iguane des Petites Antilles varie avec les saisons : il se compose plutôt de feuilles au Carême, et davantage de fleurs ou fruits de divers arbres et buissons durant l'Hivernage. Les femelles ont besoin de zones sableuses et ensoleillées où elles forment un nid en tunnel de 1 m de long pour pondre. Les nouveau-nés quittent le nid en pleine saison humide alors que la végétation est abondante. La population totale d'Iguanes des Petites Antilles est estimée à 30-40 000 spécimens. L'Archipel guadeloupéen héberge plus de la moitié des effectifs mondiaux d'Iguanes des Petites Antilles. Aujourd’hui l'espèce est gravement menacée d'extinction. Ne confonds pas ces deux verbes ! hi verner, ça veut dire que l’animal passe l'hiver à l'abri du froid, mais qu'il continue d'être actif. hi berner, ça veut dire que l’animal que l’animal est dans un état de sommeil profond durant l'hiver et ne fait aucune activité endémique : Ce qui est particulier à une localité donnée. En médecine, une maladie est dite endémique d'une région si elle y sévit de manière permanente. En biologie, une espèce est dite endémique d'une région déterminée si elle n'existe que là. DISPARU A JAMAIS LE PERROQUET DE LA GUADELOUPE (AMAZONA VIOLACEA) Ce perroquet amazone (l’amazone est le plus connu et répandu en captivité des perroquets du “nouveau monde”) de couleur violette était endémique de la Guadeloupe. La chasse à outrance pour sa viande très appréciée au XVIIe siècle, et sa capture pour l’apprivoiser et lui « apprendre à parler », ont été fatales à ce bel oiseau qui disparut vers 1742. LES CAHIERS D’AR THEVEN 23 comment... Dis, c’est La coiffe antillaise à La légende raconte qu'on pouvait en un clin d'oeil savoir, selon ce coiffes que ces dames des Antilles portaient, si son coeur était libre La coiffe madras à un bout est celle des cœurs à prendre. Nous a la faire découvrir... et t’apprendre à la faire sur un bouchon . que tu puisses t’amuser à la porter réellement sur la tête ! Il te faut un triangle de tissu avec un double revers sur le bord pour former la pointe, et des et un peu de colle blanche pour ton fait sur un bouchon de champagne (par e PREMIERE ETAPE : Positionne le tissu sur le haut d'un bouchon de champagne (ou un bouchon de vin) que tu auras entouré de coton hydrophile d’un côté pour former une boule. Maintiens-le par 3 épingles, une sur le milieu, les 2 autres de chaque côté. DEUXIEME ETAPE : Le revers doit être apparent. Prends le bouchon face à toi, tu dois voir les trois épingles. Pince le tissu de gauche à droite pour former un pli à partir de l'épingle gauche. Pique-le pour qu'il ne se défasse pas. TROISIEME ETAPE : Continue la série des plis. Les plis centraux se font de part et d'autre de l'épingle qui se trouve face à toi juste au milieu. Le pli central gauche recouvre le premier que tu as fait. QUELQUES TARTANS ECOSSAIS (voir encadré sur le Madras) 24 LES CAHIERS D’AR THEVEN QUATRIEME ETAPE : Fais le 2ème pli central. Attention : plie le tissu de gauche à droite. Fais le dernier pli en face de ton épingle droite. Voici ce que tu dois obtenir. CINQUIEME ETAPE : Prends ta coiffe sur un côté et coupe le long du revers jusqu'à l'épingle. Répéte l'opération de l'autre côté. SIXIEME ETAPE : Maintiens le tissu en appuyant bien derrière pour aplatir le plus possible. à un bout Madras ertaines e ou pas. allons te ... avant Le costume créole (l'influence de l'Inde aux Caraïbes...) : Madras : Ce nom vient de l’ancienne ville de Madras, en Inde (Madras, ancienne dénomination de la ville indienne de Chennai). Le tissu y était fabriqué pendant la colonisation britannique, qui a elle-même importé ces motifs inspirés des tartans (tissus à carreaux utilisés pour les kilts écossais — jupes des hommes). Tissu léger qui se fabriquait à Madras. d, un bout s épingles n modèle exemple). Madras pour faire les coiffes Travaux pratiques pour être belle ! Le Madras est formé du croisement de deux ensembles de fils : la chaîne (en soie) et la trame (en coton). Aux Antilles, le costume traditionnel féminin est un véritable langage et une indication sur la vie sentimentale de la femme antillaise, tout en mettant en relief sa beauté (coiffe madras, bijoux créoles, tenue antillaise). Le port du chapeau étant interdit au temps de l'esclavage, les Antillaises ont adopté la coiffe créole en madras comme signe distinctif de beauté. La façon dont est nouée la coiffe à pointes ou à bouts, carré de madras attaché autour de la tête, révèle aussi la disponibilité sentimentale de l'Antillaise. une pointe : cœur à prendre deux pointes : déjà conquise trois pointes : mariée quatre pointes : mariée mais vous pouvez tenter votre chance Aujourd’hui, le madras, hors les Antilles, est un tissu surtout utilisé pour les vêtements d’enfants, mais aussi une coiffure formée d'un foulard en tissu que l’on trouve au... Languedoc ! UN MADRAS ANTILLAIS LES CAHIERS D’AR THEVEN 25 Dis, c’est comment... SEPTIEME ETAPE : Rabats l'un des côtés sur l'arrière de la coiffe jusqu'à l'autre patte et coupe le surplus. Le pr à deux, tro le nombre de HUITIEME ETAPE : Applique de la colle et maintiens l’ensemble par une épingle. NEUVIEME ETAPE : Il ne doit plus te rester qu'une patte. Coupe le surplus de tissu. DIXIEME ETAPE : Récupére le bout. Après l'avoir plié comme sur la photo, mets de la colle sur le dos de la coiffe et applique le bout. Veille à ce qu'il ne soit ni trop haut, ni trop bas. ONZIEME ETAPE : Mets de la colle sur la patte restante et maintiens avec une épingle. DOUZIEME ETAPE : Laisse sécher. Retire ensuite minutieusement les épingles. Saisis l'arrière de la coiffe et tire doucement pour retirer le bouchon. Coupe le surplus de tissu pour le mettre à niveau de la coiffe. 26 TREIZIEME ET DERNIERE ETAPE : Prends un coton en boule, mets-y un peu de colle et applique le à l'intérieur de la coiffe. Ta première coiffe est ter LES CAHIERS D’AR THEVEN rincipe est le même pour les coiffes ois et quatre bouts. Seuls diffèrent plis ainsi que le nombre de bouts. Aux Antilles, la coiffe se porte à tous les âges de la vie rminée ! LES CAHIERS D’AR THEVEN 27 Le petit scientifique illustré Voyage au centre d Quel est le volcan de la Martinique ? Et celui de la Guadeloupe ? En connais-tu d’autres par leur nom ? Cratère Cône ERUPTIONS EFFUSIVES : elles sont caractérisées par l’energique projection d’une coulée de lave. Vu de l’extérieur un volcan, c’est simple. On peut facilement en dessiner un. Un volcan a généralement la forme d’un cône en haut duquel se trouve un cratère. Les abords d’un volcan sont plus ou moins pentus et changent au fil du temps. ERUPTIONS EXPLOSIVES : elles sont caractérisées par l’énergique projection de différentes matières. Ce sont les plus dangeureuses. La plus légère : la cendre Le plus petit élément projeté est la cendre. Les cendres sont si légères qu’elles peuvent rester très longtemps en suspension dans l’atmosphère et être entraînées très loin du lieu de l’éruption. Certaines ont même fait plusieurs fois le tour de la Terre ! La plus connue : la lave La lave est du magma dégazé (les gaz y sont dissous) qui peut atteindre 900 à 1 200°. Elle peut être plus ou moins visqueuse suivant les volcans. Pendant les éruptions, la lave projetée se solidifie aux bords du volcan, constituant ainsi la forme conique du volcan. Un volcan n’est pas tout le temps actif. Au plus fort de son activité, un volcan entre en éruption, c’est-à-dire qu’il rejette différentes matières autour de lui. 28 LES CAHIERS D’AR THEVEN des volcans Cratère Cheminée Magma : roches en fusion sous pression contenant du gaz Plaque continentale Chambre magmatique (réserve de magma) Manteau : couche supérieure de l'intèrieur de la Terre, juste sous la croûte terrestre Projections pendant l’éruption La plus “liquide” : la fontaine Les fontaines de lave se rencontrent lors d’éruptions produisant des coulées de laves rapides et peu épaisses sur de grandes surfaces. Les fontaines peuvent cracher de la lave à des dizaines voire des centaines de mètres de haut ! La plus grosse : le bloc Le plus gros élément projeté à l’état solide s’appelle un bloc. Il peut mesurer de 30 cm à 2 m voire plus. Ce sont des morceaux de roches anguleux, constitués parfois de parties mêmes du volcan arrachées par la puissance de l’explosion. Les éléments projetés par les volcans, de tailles et de natures très différentes, varient suivant le type d’éruption volcanique : les éruptions effusives (les plus photogéniques) ou explosives (les plus dangereuses). Le s éléments rejetés contribuent à la forme conique du volcan en formant des couches de sédiments (dépôts de matières) successives. LES CAHIERS D’AR THEVEN 29 En toutes lettres COMPERE LAPIN ET LE GRAND DIABLE (Extrait de “Contes créoles” de Marie-Thérèse Lung-Fou) Les enfants et la femme de Lapin mouraient de faim, car celui-ci n’avait rien à leur donner à se mettre sous la dent. Il se décida alors à aller leur chercher un peu de liane douce. Mais... par manque d'attention... il pénétra sur les terres du Grand Diable ! Au moment où il s'en rendit compte, ce dernier se précipita et lui demanda brutalement : - Eh bien brigand ! Que faites-vous ici ? - Grand Diable, je prends juste quelques branches pour nourrir ma famille ! - Vous ne savez donc pas que vous êtes sur mes terres ? Et que je vais vous manger ? Lapin répliqua : - Mais Patron, un petit animal comme moi ne remplirait qu’un tout petit coin de votre estomac ! Vous gagneriez davantage à me faire travailler pour votre compte. - Ce que vous dites est fort juste, reprit le Diable... Faites-moi donc trois planches d’eau... Si à mon retour ce n’est pas fait, alors je vous mangerai ! Ce sera sans appel ! Et il s’en alla... Lapin réfléchissait à ces planches d'eau... non, non c’était impossible à réaliser! Il ne voyait pas comment échapper à la mort et pensait très fort à sa femme et à ses enfants. Il était donc là, bien abattu, quand Commère la Criquette vint à passer : - Alors, Compère Lapin, comme vous voilà triste... Avez-vous perdu quelqu’un des vôtres ? - Oh que non, dit Lapin, j’ai que le Grand Diable exige de moi, sous peine de mort, que je lui fasse trois planches d’eau. - Trois planches d’eau, dites-vous ?... Et vous voilà anéanti à cette pensée ! Mais, mon cher, vous êtes un sot... ! - Moi, un sot ?... répliqua Lapin, comment l’entendez-vous ma commère ?...Ce n’est pas vous qui risquez d’être mangée ! - Eh compère, quand le Grand Diable viendra réclamer les planches d’eau, vous n’aurez qu’à lui dire qu’elles sont prêtes, mais mais que vous avez besoin d'une torche de fumée pour les lui apporter. Commère Criquette s’en alla, laissant Lapin bouche bée. Grand Diable arriva pour réclamer les planches d’eau. Lapin lui dit alors qu'il avait besoin d'une belle torche de fumée pour lui apporter ses planches d'eau. Grand Diable fit appel à tous ses amis diables et diablotins pour lui faire de la fumée, mais personne ne put réaliser la torche de fumée. Alors, il demanda à Lapin : - Comment peut-on faire une torche de fumée ? 30 Lapin lui répondit aussitôt : - De la même manière qu’on peut réaliser les planches d’eau. Le Diable resta planté à la même place, perplexe, et Lapin put s’en aller retrouver sa femme et ses enfants. LES CAHIERS D’AR THEVEN Bonne Pioche ! 24 contes des Antilles (Editeur : Flammarion/Castor Poche) de Olivier Larizza (Auteur), Frédéric Sochard (Illustrations) Aux Antilles, il y a bien longtemps, les esclaves se retrouvaient à la tombée de la nuit après une longue journée de travail. Sous les étoiles, ils se réunissaient pour écouter le conteur. Parfois fantastique, parfois cruel, le conte antillais se raconte comme une chanson, une devinette ou une histoire drôle. Vingt-quatre contes pour rire et voyager. Prisonnier des pirates : Gabriel,Les Antilles 1720 (Editeur : Album Gallimard Jeunesse) de Sandrine Mirza, François Place et Erwan Fagès Pour découvrir et partager la vie quotidienne des enfants d'hier. Gabriel raconte sa vie au fil des jours à bord d'un bateau pirate, en 1720. Le récit vivant et intime de ses aventures permet de plonger au cœur des Caraïbes. De jolies illustrations détaillées, avec des volets à déplier qui expliquent l'univers des pirates! 25 ans de zouk ! KASSAV est une ode à danser “antilles” ! Le zouk est un genre musical de musique tropicale né vers le début des années 1980, joué en Martinique et en Guadeloupe, popularisé par le groupe Kassav', chanté le plus souvent en créole ! Chacun des membres de Kassav’ a aussi une carrière solo. N’hésite pas ! Ye pa, ça va zouker ! LES CAHIERS D’AR THEVEN Mais aux Antilles, on écoute aussi d’autres genres musicaux (et on danse !) : le compas (d’Haiti), la salsa, le reggae de Bob Marley (de la Jamaïque), le Gwo-ka... producteur et distributeur : Moradisc 31 A toi de jouer ! La France dans le monde La France continentale a une forme hexagonale. Mais la France possède également des îles et des terres à des milliers de kilomètres de Paris. Ces terres sont situées dans des régions chaudes et humides ou dans des régions froides. Selon leurs statuts elles ont des noms différents. Il y a les Départements d’outre-mer (D.O.M. : la Martinique (ancienne Madinina), la Guadeloupe (ancienne Karukera), la Guyane française, la Réunion). Les territoires d’outre-mer (T.O.M. : la Polynésie française, la NouvelleCalédonie, Wallis et Futuna), Mayotte (partie française des Comores), Saint-Pierre-etMiquelon, les îles australes (les îles Kerguelen, Crozet, de Saint-Paul et de la Nouvelle-Amsterdam) et antarctiques (la terre Adélie). La France est ainsi présente dans tous les océans du globe ! Grâce au climat, bananes et autres fruits tropicaux poussent en Martinique et en Guadeloupe. Saint-Pierre-et-Miquelon sont des îles peu peuplées, au climat froid. Dans la grande île de la Réunion, le Piton de la Fournaise est un volcan aux éruptions extraordinaires. LE MOT EXPLIQUÉ un atoll : île du Pacifique en forme d’anneau, faite de coraux un continent : A l'origine, il n'y avait qu'un seul morceau de terre sur notre planète. Il s'est ensuite lentement séparé en six morceaux, les six continents : l'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, l'Océanie, et le dernier découvert tardivement, l'Antarctique Au beau milieu du Pacifique, les atolls de Polynésie et de Tahiti sont un vrai paradis. 32 Océan Océan Pacifique Océan Pacifique Atlantique Antarctique dit En Guyane, l’Enfer vert est la plus grande forêt que possède la France : épaisse et toujours verte. C’est de là que partent les fusées Ariane. Dans le rude climat des îles Kerguelen, tout au sud de l’Océan Indien, vivent plus de manchots que d’hommes. LES CAHIERS D’AR THEVEN le sixième contiment Située sur le continent antarctique (aussi appelé le 6ème continent), la Terre Adélie est une base scientifique. a b d 1 c e 2 - f g 3 4 5 h i 6 7 8 j k HORIZONTALEMENT : 1. Initales de département d’outre-mer. 2. Il possède les clés du Paradis. 3. Le Piton de la Fournaise y gronde. 4. Partie française des Comores. 5. Île du Pacifique en forme d’anneau. 6. Iles du Sud et pourtant glaciales. 7. Territoire français du sixième continent. 8. Dans ces régions de la Terre, d’un côté vivent les pingouins, de l’autre les manchots. Si tu ne trouves pas... Relis la page de gauche ! VERTICALEMENT : a. L’étoile Polaire indique son point cardinal. b. Le soleil s’y couche et on y est parti à sa conquête. c. L’île Madinina, l’île aux fleurs. d. Une autre île française près du Canada. e. Les Romains l’appelaient Lutèce. f. Territoire français qui possède la plus grande forêt. g. Archipel d’atolls français où l’on trouve vanille et plages paradisiaques. h. Initales de territoire d’outre-mer. i. Le soleil se lève à ce point cardinal. j. Dans l’assiette, elle peut-être flottante mais pas dans la mer. k. La nuit, dans le ciel, l’étoile la Croix du Sud l’indique. LES CAHIERS D’AR THEVEN 33 LES CAHIERS D’AR THEVEN L'Association pour la Recherche et l'Etude des Peuples de la mer (l’AREP) est une association loi 1901. L’AREP a été créée pour développer et prolonger les actions du Projet Ar Theven : l’exploration des mers et des océans du monde par deux amis, à bord d’un véhicule à la propulsion fascinante et exigeante : le voilier. Utiliser une énergie sans limites, le vent, pour naviguer sur un espace sans frontières, la mer, et rencontrer les peuples des rivages abordés. L’association est le pôle d’échange et de transmission des témoignages et matériaux des modes de vie, coutumes, légendes et musiques des peuples de la mer que le bateau rencontrera au cours de sa navigation. L’AREP élabore des livrets-documentaires qui présentent ces peuples et leurs cultures à partir d’images, d’écrits, de sons. Des écoles partenaires accompagnent cette aventure, via un forum spécialement dédié et la publication des Cahiers d’Ar Theven (CAT). Les CAT proposent d’apprendre autrement en faisant découvrir une dimension originale des pays abordés, ce par le biais d’une aventure en train d’être vécue. Le site Internet de l’AREP se place comme lieu de rencontre et d’échange entre adhérents, partenaires, élèves et professeurs. l’environnement géographique est-il plus influent pour produire un mode de vie que l’environnement linguistique et culturel ? Le pêcheur breton et le mareyeur argentin ont-ils un mode de vie plus proche que ce même pêcheur breton et l’agriculteur vendéen ? l’océan, un trait d ’u n ion en tre le sp eu www.artheven.net [email protected] ple s qui le bordent ? ArTheven, un bateau, l’AREP, une association, pour une observation curieuse et vivante du monde de la mer et de ses habitants LES CAHIERS D’AR THEVEN est une publication de l’A.R.E.P (Ar Theven pour la Rencontre et l’Etude des Peuples de la Mer) 2007 - 7, rue des Trois-Frères 75018 Paris Directeur de publication : Nicolas Louis Rédacteurs : Kiwi Ramahandry, Nicolas Louis, Laurent Guyot, Eric Mallet, Binta Yansane Relecture : Nicolas Louis, Eric Mallet Iconographie : Kiwi Ramahandry, Binta Yansane Mise en page : Kiwi Ramahandry Un grand merci à Michel Colleu des Editions du Chasse-Marée LES CAHIERS D’AR THEVEN