version imprimable (8 Mo) - Ar Theven, les aventures d`un Berrichon

Transcription

version imprimable (8 Mo) - Ar Theven, les aventures d`un Berrichon
JOURNAL DE
BORD
ESCALE
en Martinique
NŒUD EN “8”
Comment fonctionne
UN VOLCAN ?
BONNE PIOCHE !
à lire et à danser
... fais-toi une coiffe
à l’antillaise !
Publication de l’A.R.E.P (Ar Theven pour la Rencontre et l’Etude des Peuples de la Mer)  2007
LES CAHIERS D’AR THEVEN
01032008
2
V. 1.06
Bonjour matelot !
Pour ce premier numéro
des Cahiers d’ArTheven,
nous t’emmenons dans
les Petites Antilles, et plus
précisément en Martinique, Guadeloupe,
Saint Martin...
Ces îles sont des départements français !
C’est donc une France du bout du monde
que nous t’invitons à découvrir !
Ce numéro spécial Antilles Françaises
est en deux volumes, le second volume,
consacré à la Guadeloupe et ses dépendances, paraîtra en mars.
Et maintenant, Bon voyage !
Retrouve-nous sur le Forum des Ecoles
de notre site internet :
www.artheven.net.
Il te faudra un mot de passe.
Si tu ne l’as pas, ton professeur te guidera vers nous !!!
Nil & Lugh
LES CAHIERS D’AR THEVEN
3
Sud de la Martinique La Baie du Marin
Somma
LES ANTILLES FRANÇAISES :
JOURNAL DE BORD :
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présentation du bateau Ar Theven,
nouvelles de l’équipage d’Ar Theven
LE TRUC DU GABIER : dans ce numéro : le noeud en huit
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petite géographie des îles (La Martinique)
OÙ EST DONC... ?
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petite histoire des îles et de ses habitants
(Martinique )
C’ÉTAIT HIER... :
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DIS, C’EST
COMMENT LÀ-BAS ?
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fruits, légumes, animaux,
nouer son fichu à l’antillaise,
cuisine facile à faire soi-même...
Fais le plein de découvertes... !
LES CAHIERS D’AR THEVEN
aire
Le cocotier est un élément
essentiel du paysage antillais...
DANS CE NUMERO : LA MARTINIQUE
LE PETIT
SCIENTIFIQUE
ILLUSTRÉ
comment fonctionne un volcan ?
EN
TOUTES LETTRES !
conte des Antilles :
Compère Lapin et Grand Diable
BONNE PIOCHE !
romans à lire et musique à danser
pour se sentir comme là-bas
A TOI DE JOUER !
... mots croisés, tu découvres et tu joues ! Pour
cette escale, le thème : La France dans le
monde (ces iles et ces terres à des milliers de
kilomètres de la Métropole)
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LES CAHIERS D’AR THEVEN
5
Journal
de bord
Ar Theven
et ses deux capitaines
Quand Nil & Lugh nous rapportent un morceau de leur voyage au
long cours... Anecdotes, découvertes...
8 mai : Fête nautique à
Saint-Pierre ! Commémoration de l’éruption du Volcan du
Mont Pelé. L’ancienne capitale
est rayée de la carte de la
Martinique en quelques
heures. Le souffle brûlant du
cratère charriait des cendres
incandescentes qui embrasèrent tous les corps. Tous ?
Non, un seul fût rescapé… un
homme, qui était sous terre,
enfermé… dans sa cellule…
Nous laissons Ar Theven à
son ponton pour un moyen
plus routier. Une vieille auto
nous amène à Saint-Pierre. Là,
sur la mer brûlante, de vieux
gréements font la sieste et
basculent sous l’effet du roulis
océanique, celui qui contour-
Le 7 mai 1902, le volcan
est en pleine activité.
6
ne la pointe nord de l’île.
Mais… cette goëlette… mais
oui, c’est le Black Pearl! Le bizarre bâtiment du Capitaine
Moineau, heu, Sparrow, Pirate
des Caraïbes ! Des voiles carrées, des gueules de canons
qui percent les pavois bâbord
et tribord, il flotte, au loin, menaçant, comme dans le film…
14 mai : Ce matin une fine
couche de poussière s’est déposée sur le Marin (notre
port). Rouge… Afrique. Tiens,
c’est le Sénégal qui a toussé
trop fort, et les Alizés nous
ont apporté ce sol africain.
L’eau océanique qui relie les
terres…
21 mai : Aujourd’hui
séance couture. Nous allons
chez notre voilier (l’homme
qui fabrique et répare les voiles
des bateaux) pour repriser
notre Génois (la grande voile
à l’avant du bateau). Nous participons à la manœuvre : voilà
une belle occasion d’apprendre
à recoudre une toile quand elle
est déchirée. Point droit, point
zig-zag (meilleure tenue), réparation à l’insignia (tissu spécial
adhésif), et aussi… élaboration
d’une trousse de secours ! Car
en mer il faut surveiller de près
la santé de ses voiles. Petit
bobo peut vite devenir grosse
blessure en un coup de
vent : tout doit être prêt pour
les secourir…
Le 8 mai à 7H50 du matin, Saint-Pierre
et le Prêcheur sont rayés de la carte.
Le bouchon de lave qui obstrue le cratère a résisté à la pression des gaz qui font alors éclater la
partie la plus fragile du Mont Pelée. Des nuages de gaz chargés de cendres et de soufres, chauffés à 1000°, dévalent sur la ville à plus de 200 km/h. Un peu avant 8 heures du matin, la nuée ardente (voir page 12) frappe Saint-Pierre. La pression des gaz, projetés à haute vitesse, renverse
tout sur son passage. En quelques secondes toute trace de vie disparaît. Maisons et monuments sont soufflés. De solides murs de pierre, larges d'un mètre, s'effondrent. 30 000 personnes meurent instantanément, démantibulées, asphyxiées sur place par la violence du
choc. La chaleur provoque l'explosion de milliers de barriques de rhum entassées dans les
multiples entrepôts et usines de la ville. Les explosions se succèdent, encore longtemps
après le passage de la nuée. Des flots de liquide enflammé s'écoulent dans les rues, achevant de calciner les corps. L'onde de choc atteint la mer. Un raz de marée de 3 mètres s'abat
sur les navires au mouillage, en même temps que le nuage de gaz. Chavirés ou incendiés, une
vingtaine de bateaux coulent. La ville et les alentours sont rasés. De petits morceaux de roche
arrachés au volcan sont projetés jusqu'à Fort-de-France. Un linceul de cendres chaudes recouvre toute l'île de la Martinique. Le "Petit Paris des Antilles" a cessé d'exister.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
Ar Theven
et ses deux capitaines
LES CAHIERS D’AR THEVEN
7
Le truc
du Gabier
Le nœud e
Pour ce numéro, nous te présentons
ou “nœud d’arrêt”ou nœ
Boucle
LE MOT EXPLIQUÉ
capeler : action qui consiste à
entourer un point fixe avec la boucle
d’un cordage
le courant : extrémité libre
de la corde, celle avec laquelle on
fait le nœud
Ganse
le dormant : partie du cordage qui ne sert pas au montage du
nœud
une éco ute : bout (cordage)
servant à régler l'angle d'une voile
par rapport au vent
Le nœud en “8” est un nœud d’arrêt. Les nœuds
d’arrêts sont faits en entrelaçant la corde sur ellemême. Ils servent principalement à augmenter brutalement le diamètre de la corde pour arrêter son
passage à travers une poulie par exemple. Faits à l'extrémité d'une corde, ils peuvent servir aussi à la lester (l’alourdir), à éviter que la corde ne s’effiIoche, à
l’embellir...
Le nœud de “8” est un des nœuds d’arrêt le plus utilisé. Tout marin se doit de le connaître! Il est simple
et se fait très rapidement.
Sur un voilier, il sert par exemple à arrêter les
écoutes
, mais les spéléologues, les grimpeurs
l’utilisent aussi pour assurer leur sécurité. Il peut être
double, gansé
...
Mais arrêtons-nous sur sa version de base !
une ganse : Quant la corde
forme un U, autrement dit une
boucle
Demi-clé
8
gansé : une variante de chaque
noeud consiste à faire une ganse sur
le courant (voir définition) afin de
pouvoir le défaire facilement ; on
parle alors de noeud gansé. (les
noeuds des lacets de tes chaussures
sont des noeuds gansés !)
LE
DU M
l’extrémité du dor
à travers la boucle
LES CAHIERS D’AR THEVEN
en “8”
œud flamand
PAS-A-PAS
MÂTELOT
rmant
Courant
Dormant
PEUT-ÊTRE NE CONNAIS-TU PAS
CERTAINS MOTS
?
A chaque fois que tu rencontres
ce symbole
va voir son explication dans
la partie “Le mot expliqué” !
forme une boucle,
contourne-la avec
puis fais-la ressortir
e de départ. Mission accomplie !
LES CAHIERS D’AR THEVEN
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donc... ?
Où est
La Martinique
Montagne Pelée
Saint-Pierre
Fort-de-France
La Martinique.
Le madras, d’origine
indienne, est le tissu
traditionnel
des Antilles.
Timbre de 1999
en hommage à la
destruction de la ville
de Saint-Pierre
en 1902 à la suite
d’une éruption de la
Montagne Pelée,
volcan de la
Martinique.
10
Les Antilles : un vaste
archipel (groupe d'îles),
situé dans la mer
des Caraïbes,
et bordé au sud par
l'Amérique du Sud,
à l’ouest par
l'Amérique
Centrale et
au nord par
Le Marin
les Etats-Unis.
A ton atlas !
L'archipel forme un arc de cercle de 3 500 km de long (sept fois Paris-Brest). Il
s'étend depuis Cuba au sud de la Floride jusqu'à
la petite île néerlandaise (hollandaise) d'Aruba,
au large du Venezuela. La surface de ces terres
représente la moitié de la France. La population
fait 35 millions d'habitants, soit presque la moitié de celle de la Métropole.
On parle « d'espace Caraïbe » : il comprend les
Grandes Antilles, les Petites Antilles, les Bahamas,
le sud de la Floride, la péninsule du Yucatan, Belize, la bande côtière de l'Amérique centrale,
ainsi que les plaines côtières du Venezuela et de
Colombie. L’espace se trouve donc au milieu des
trois continents américains. Mais l’Europe n’est
pas loin. « Nouveau Monde », commerce, piraterie, cargaisons d’esclaves, révoltes, éruptions de
volcans… ces îles ont suscité toutes les convoitises et provoqué nombre de conflits.
Entre mer des Caraïbes
et océan Atlantique
La partie méridionale (c’est-à-dire sud) de l’arc
antillais est désignée comme les « Petites Antilles », tout simplement parce qu’il s’agit de petites îles. Les Grandes Antilles, ce sont les
grandes îles : Cuba, la Jamaïque, Haïti, la République dominicaine (à ne pas confondre avec la
Dominique qui se trouve dans les Petites Antilles) et Porto Rico.
Les Petites Antilles sont une longue chaîne d'îles
bordées par l’océan Atlantique à l’Est et par la
mer des Caraïbes (ou mer des Antilles) à l’Ouest.
Cette chaîne s’étend sur 750km. On distingue les
Iles-du-Vent (du nord au sud) et les Iles-sous-leVent (d’est en ouest).
La Martinique et la Guadeloupe font toutes
deux parties des Iles-du-Vent.
Un climat tropical
adouci par les vents alizés
A mi-chemin de l’Equateur (latitude zéro) et du
Tropique du Cancer (latitude 23° Nord), le climat tropical offre une température qui oscille
entre 22°C et 30°C. Une forte humidité et un
important ensoleillement règnent à ces latitudes : pas besoin de courir pour avoir son
T-shirt trempé par la sueur. Ce climat particulier
permet la formation de petits nuages qui viennent s’agglomérer sur les massifs montagneux
sous le souffle des alizés. Les « vents alizés » de
l’hémisphère nord sont des vents qui soufflent
de nord-est à sud-est. Leur vitesse est en
moyenne de 15 nœuds (25 km/h). Ils sont réguliers en saison hivernal et en été, place au cyclone : de juillet à octobre les bateaux sont
attentifs au moindre bulletin d’alerte!
Si l’amplitude thermique (la différence entre la
plus basse et la plus haute température) est
LES CAHIERS D’AR THEVEN
Por
L’archipel des Petites Antilles
can de « La Soufrière » de l'île Montserrat, île
britannique au nord-ouest de la Guadeloupe,
s'est fortement réveillé détruisant la ville principale Plymouth et son aéroport. Plymouth est
maintenant une ville abandonnée et l'éruption
n'est toujours pas terminée.
rto-Rico
Saint-Barthélémy
Hors de ces massifs, plus ou moins anciens, les
plaines et les plateaux constituent l’essentiel du
paysage des Antilles.
Saint-Martin
Guadeloupe
Marie-Galante
Martinique
Le Rocher
du Diamant
en Martinique
Mer des Caraîbes
faible, c’est-à-dire que la température varie peu
au cours de l’année, on peut distinguer deux
réelles saisons : la période sèche ou Carême, de
décembre à mai, caractérisée par un fort ensoleillement et de rares pluies. Et l’hivernage, de
juin à novembre, aux précipitations (les pluies)
plus abondantes. Cependant, la pluviométrie (la
mesure de la quantité de pluie tombée) ne sera
pas la même selon que l’on se trouve au vent
ou sous le vent, proche de la montagne ou
proche des côtes. Selon que l’on aime ou pas la
pluie on ira, pendant l’hivernage, soit à la montagne soit à la plage, d’un côté ou de l’autre de
l’île… Mais, depuis quelques années, ces saisons
sont perturbées... le climat change !
Des plaines
et des volcans
Constituée d’une cordillère (chaîne de montagnes longue et étroite) en partie effondrée,
les volcans sont encore actifs aux Petites Antilles.
Il arrive donc qu’un des volcans entre en éruption. Le plus terrible est que le type de volcans
aux Antilles est dit « péléen », ce qui signifie
qu’ils sont explosifs et peuvent produire des
nuées ardentes (voir encart ci contre) capables de tout dévaster sur leur passage.
Tel fut le cas à Saint-Pierre (en Martinique) en
1902 (voir page 6). Récemment, en 1995, le vol-
Au vent /
sous le vent
Cette dénomination
vient de l’univers
marin. Si je suis au
vent de quelque
chose, c’est que je
suis placé de telle
sorte que le vent me
touche en premier
avant cette chose.
Par exemple, pour me
protéger du vent, je
cherche un abri, je me
place donc sous son
vent : le vent touche
en premier cet abri.
Qu’est-ce qu’une nuée ardente ?
Une nuée ardente est un phénomène d'avalanche composée
d'un mélange de gaz brûlant et de lave incandescente entourée
d'un nuage de poussières, coulant le long des flancs d'un volcan
et se canalisant dans les vallées. On distingue parfois la coulée
pyroclastique de la nuée ardente en fonction de la présence de
matériel solide (pierre ponce et lave solidifiée notamment) dans
l'avalanche.
Ces nuées peuvent atteindre des vitesses comprises entre 50 et
200 kilomètres/heure et se déplacent sur de très grandes
distances, de l'ordre de plusieurs kilomètres. Leur température
varie de 500 à 1200°C. Ces deux paramètres en font des
phénomènes dévastateurs, difficiles à prévoir et contre lesquels
il n'existe pas de protection physique efficace. Les nuées
ardentes sont capables de surprendre même les meilleurs spécialistes : en juin 1991, l'une d'elles, dévalant le mont Unzen au
Japon, a tué le célèbre couple de photographes volcanologues
français Maurice et Katia Krafft.
Le terme de nuée ardente semble avoir été forgé suite à l'éruption de la Montagne Pelée en Martinique le matin du 8 mai 1902.
Ce terme, utilisé pour la première fois par Alfred Lacroix venu
étudier le phénomène sur place après cette catastrophe, est
passé dans le vocabulaire courant (il a ensuite été utilisé pour
décrire l'explosion du Mont Saint Helens ou l'éruption du
Pinatubo aux Philippines) et a même été adopté dans le jargon
des volcanologues anglo-saxons, sans les accents (nuee ardente)!
On attribue également la destruction de Pompei et
d'Herculanum, dans l'antiquité romaine, à une nuée ardente.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
11
Où est
donc...?
Quelques repères...
Méridiens et parallèles
Pour se situer sur la Terre (et sur la mer !), des cartographes européens l’ont quadrillée dès le XVème siècle en lignes verticales, du
nord au sud (les méridiens, ou longitudes) et en lignes horizontales
(les parallèles ou latitudes). Comme dans tout repères, il faut une
origine. Pour le parallèle, c’est l’Equateur (latitude zéro), et pour
le méridien, c’est le méridien de Greenwich (longitude zéro).
CARTE D’IDENTITE DE LA MARTINIQUE
La canne à sucre
était déjà utilisée
par les "cultivateurs"
de la préhistoire.
Elle fut diffusée par
les Arabes au VIIIème siècle
et emmenée
en Amérique par
Christophe Colomb.
Pendant longtemps,
la Canne à Sucre
était considérée comme
une friandise de luxe en
Europe.
La Martinique est située entre l'île de la Dominique
au Nord et l'île de Sainte-Lucie au Sud. Elle se trouve
à 7000 km des côtes européennes et à 400 km des
côtes sud-américaines (Venezuela).
Sa longueur nord-sud est d'environ 60 km alors que
sa plus grande largeur, au niveau de la presqu'île de
la Caravelle, ne dépasse guère les 20 km.
Le point culminant est la montagne Pelée (1 397 m
d’altitude), au nord de l’île.
Les Amérindiens qui peuplaient la Martinique la
nommaient Madinina, ce qui veut dire l'île aux fleurs.
Ce surnom lui est resté.
Superficie : 1 128 km²
Population : 399 002 habitants
Densité de la population : 338 habitants/km²
Langue officielle : français
Langue régionale : créole
Statut administratif et politique : région administrative
française et département d’outre-mer (DOM).
Constitue avec la Guadeloupe, située à environ 150 km plus au
nord, et la Guyane située au nord de l'Amérique du Sud, les départements français d'Amérique (DFA).
Fait partie de l’Union Européenne.
La canne à sucre,
culture tropicale,
est une des
ressources
principales
de l'archipel des
Petites Antilles.
12
Préfecture : Fort-de-France
Sous-Préfectures : Le Marin, Saint-Pierre, La Trinité
Monnaie : Euro
Fuseau horaire : TU -4 .
(soit 5 ou 6 heures de moins
qu’en France, selon l’heure d’été). Aussi, l’été, lorsqu’il est
18 heures en France, il est midi en Martinique.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
LE MOT EXPLIQUÉ
TU : (ou en anglais UT)
abréviation de Temps Universel. C’est une mesure
du temps basée sur la rotation de la Terre. L’heure
qu’il est ? Le résultat de
beaucoup de calculs...
adapté, modifié ou non
par le fuseau horaire auquel appartient un pays.
Fuseau horaire :
Un fuseau horaire est une
zone de la surface terrestre où l'heure adoptée est
identique. Une partie du
monde connaît une heure
d'été et une heure d'hiver,
créées pour réaliser des
économies d'énergie.
Un pays peut adopter
une heure autre que celle
qui lui serait destinée normalement. C'est le cas de
l'Espagne ou de la France
qui sont à l'heure de l'Europe centrale (heure de
Berlin depuis 1940).
Le Greenwich Mean Time
(en français temps moyen
de Greenwich, souvent
abrégé en GMT) est le
temps solaire moyen au
méridien de Greenwich,
méridien d'origine des
longitudes, traversant l'observatoire royal de Greenwich, près de Londres en
Angleterre. A cet endroit,
le fuseau horaire est égal
à TU+0.
cet arc d’îles
est de composition volcanique,
avec certains volcans
toujours en activité !
Le volcan de la Montagne Pelée
vue du Carbet (Martinique)
LES CAHIERS D’AR THEVEN
C’était
hier...
Christophe Colomb
Petite
histoire des îles
et de ses habitants
LES ARAWAKS : PREMIERS HABITANTS DES ANTILLES
Les Arawaks sont des Indiens
d’Amérique issus de la forêt
d’Amazonie. Ils proviennent
de nombreuses tribus, dont
les langues appartiennent à
la même famille linguistique :
l’ “arawak”.
Peuple marin, ils émigrèrent
vers les Antilles et en furent
les premiers habitants connus.
Femme Arawak par
John-Gabriel Stedman,
aventurier né d’un père
écossais et d’une mère
hollandaise (gravure
colorée datée de 1818).
14
À la fin du XVe siècle, les Karibs (et les Arawaks restants...) étaient répandus en Amazonie, jusque dans les Andes, et dans les
Antilles jusqu’en floride.
Karibs et Arawaks sont les premiers Amérindiens à avoir eu contact avec les Européens.
On dit que les Arawaks
avaient une doctrine assez particulière
quant aux animaux qu'ils tuaient : ils s'excusaient et les remerciaient pour leur viande.
Par la suite, au XIVème siècle, les Karibs, ou
caraibes, peuple guerrier, suivirent la même
route et asservirent violemment les Arawaks. On dit même qu’ils tuèrent les Arawaks hommes et gardèrent leurs femmes!
Que ce soit vrai ou exagéré, ceux-ci disparurent alors en grande partie.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
LA FORCE DE L’ENNEMI
L’anthropophagie (cannibalisme)
était pratiquée par tous les
Amérindiens des Antilles. Mais
c’était ce qu’on appelle une anthropophagie
rituelle, elle
n’était pratiquée que dans certaines circonstances. La chair
humaine n’était pas une nourriture : l’anthropophagie avait
comme fonction celle de s’approprier la force de l’ennemi.
LA MARTINIQUE
Christophe Colomb découvre la Martinique le
15 juin 1502, au cours de son quatrième voyage
vers les « Indes ». Mais il aurait baptisé l’île avant,
au cours de son deuxième voyage en 1493,
lorsqu’il l’aurait aperçue « de loin ».
Ce jour-là, le 11 novembre 1493, c’était la fête
de Saint-Martin : « Martinica », ou Martinina
(Petite Martine), serait le diminutif donné à
cette île.
C'est en 1635, que Pierre Belain d'Esnambuc y
installe la première colonie (Saint-Pierre), au
profit de la Couronne de France et de la Compagnie des Iles de l'Amérique.
Entre le quatrième voyage de Colomb et la prise
de possession par les Français, la Martinique ne
reste cependant pas sans contact avec les
Européens. Si les Espagnols trouvent ces îles
trop petites et infestées d'Indiens dangereux, les
Hollandais, Français et Anglais y font souvent
relâche pour s'approvisionner en vivres et commercer avec les Amérindiens.
Durant les premières décennies de l'occupation
française, l'île produit des denrées coloniales
fournissant de forts profits : tabac, rocou (arbre
à fruits rouges utilisés pour faire de la teinture
rouge), indigo (colorant naturel provenant de
l’arbre nommé indigotier et servant aujourd’hui
principalement à colorer... les jeans), cacao. Le
tabac de la Martinique est très apprécié en
Europe. Dans la seconde moitié du
XVIIe siècle c’est la
crise du tabac : elle
va ruiner les premiers planteurs qui
se tournent alors
vers la production
de sucre. La monoSanta-Maria
culture (une seule
culture) de la canne à sucre va bientôt transformer le paysage et devenir partie intégrante de la
culture créole. Elle dominera l'économie du
pays jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle.
La culture de la canne à sucre telle qu'elle est
pratiquée dans l'Habitation sucrière (vaste
demeure de propriétaire terrien) demande une
importante main-d'œuvre que la métropole
n'est pas prête de fournir. La culture du tabac
et de l'indigo n’a pas pu se faire avec les
"engagés", c’est-à-dire les volontaires.
La solution ? L’importation d'esclaves noirs des
côtes de l'Afrique ! Ces esclaves fourniront les
effectifs à la culture de
la canne à sucre et sea canne à sucre va
ront les futurs Antillais.
Les engagés, eux, ve- bientôt modeler
naient sous contrat
avec un planteur pour le paysage et devenir
une durée de trois ans partie intégrante
(d’où leur surnom de
«36 mois»). Le planteur de la culture créole
couvrait les frais du
voyage et exigeait ensuite de l’engagé un travail
semblable à celui de l’esclave. Mais à la différence de l’esclave s’il réussissait à survivre aux
terribles conditions de vie et de travail, il recouvrait sa liberté au bout des trois années et
se voyait allouer une terre pour devenir à son
tour planteur. Du moins, cela était le principe,
beaucoup de ces engagés repartaient pour recommencer trois années supplémentaires et
leurs conditions de vie n’étaient pas améliorée.
La culture de la canne à sucre est donc à l'origine
La Nina
de la mise en place de ce qu’on appelle le
commerce triangulaire (Europe, Afrique,
Amérique) qui entraîne rapidement l'afflux
d'une population africaine esclave vers les
possessions françaises de l'Amérique, population
qui dès la fin du XVIIe siècle dépasse rapidement
et de beaucoup la population blanche des
origines. Les Amérindiens d’origine sont petit à
petit repoussés vers la côte atlantique avant
d'être finalement chassés dans les années 1670.
Cependant, une partie de cette population
"caraïbe" demeure sur place, perdant peu à peu
sa culture, et se fond dans le reste de la
population.
l
Les premiers établissements français en
Martinique sont le Fort Saint-Pierre (actuelle
ville de Saint-Pierre), et la ville du Fort-Royal
(rebaptisée à la Révolution Fort-de-France).
Le commerce du sucre entraîne une intense
activité maritime commerciale dans l'île.
Il y a un manque régulier d'espèces monétaires
métalliques dans les îles, et beaucoup d’échanges
se font sur le mode du troc.
Les profits de la vente d’une cargaison
d’esclaves sont tels qu’il faut le plus souvent plusieurs voyages pour acheminer le prix en denrées coloniales des esclaves vendus.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
La Pinta
LES CARAVELLES DE
CHRISTOPHE COLOMB
15
C’était
hier...
Jeune martiniquaise
au madras (1887)
du peintre français
Paul Gauguin
Cette navigation commerciale suscite bien
entendu la convoitise des autres grandes
nations européennes, essentiellement les
Hollandais et les Anglais. Un état de guerre
permanent va caractériser l'époque coloniale,
cependant que la course et la piraterie (voir page18)
maintiendront le danger dans les périodes de
paix
civile.
Les Hollandais sont rapidement écartés dès la
seconde moitié du XVIIe siècle. La lutte se
concentre alors entre Français et Anglais. Les
Caraïbes sont concernés par toutes les grandes
guerres européennes. C'est le cas de la Guerre
de Sept ans (1756-1763) qui fera perdre à la
France de nombreuses possessions
au profit de la Grande-Bretagne. La
Martinique passera par deux fois sous
possession britannique pour d'assez
courtes périodes.
Elle restera définitivement française
après 1816.
L'île connait un important développement au cours du XVIIIe siècle.
Saint-Pierre est une des plus belles
villes des Antilles, et le restera
jusqu'à ce que l'éruption de la Montagne Pelée entraîne sa destruction.
Fort-de-France devient alors le
chef-lieu de la Martinique.
Une anse est une petite baie souvent
bordée d’une plage de sable.
8 avril 1830 : un navire négrier vient
s'échouer sur la côte sud-ouest de la
Martinique, dans la passe de l'anse Caffard
au dangereux Rocher du Diamant.
Ce navire de commerce transportait de
manière illégale 300 esclaves malgré le
Congrès de Vienne du 8 février 1815
interdisant le commerce de “chair
humaine” (Lois françaises du 15 Avril
1818 et du 25 avril 1827).
L'abolition de l'esclavage n'aura lieu que
18 ans après le naufrage, en 1848.
Aujourd’hui, en hommage aux victimes
du dernier naufrage de navire négrier de
l'histoire de la Martinique, quinze statues
tournées vers la mer et sculptées en
béton armé et en gravillons de sable
blanc ont été érigées.
Elles sont orientées au cap 110, en
direction du Golfe de Guinée...
En France, en 1788, veille de la Révolution
française, Brissot crée la Société des amis des
Noirs. Mais, malgré les efforts de ses membres
éminents comme l'abbé Grégoire ou Condorcet,
il ne peut obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante (première assemblée
nationale datant du 17 juin 1789).
Ce n'est que le 4 février 1794 que la Convention
abolit l'esclavage. Mais cette abolition ne sera pas
appliquée dans toutes les possessions françaises d'alors, loin de là.
La Martinique ne la connaîtra pas, contrairement à la Guadeloupe.
Par ailleurs, cette abolition, qui va dans la logique de l’humanisme hérité du Siècle des Lumières, avait aussi comme objectif de rallier les
esclaves révoltés de Saint-Domingue (à l’est de
Cuba), face à la menace royaliste et à celle de
l'invasion britannique.
Napoléon rétablira l'esclavage le 20 mai 1802
: les colons blancs prétendaient ne plus pouvoir assurer leur survie et celle de leur planta-
16
Martinique
Memorial de l’anse Caffard
tion en ayant recours à une main d'œuvre non
esclave. Les mariages mixtes redevinrent interdits.
Ce n'est que le 27 avril 1848 que Victor
Schoelcher, alors Sous-secrétaire d'État à la
Marine et aux Colonies, appose sa signature au
bas du décret mettant officiellement fin à
l'esclavage. Avant même que la nouvelle
n'arrive, les esclaves s’étaient révoltés ; ils ont
obtenu l'abolition de fait le 23 mai 1848.
Pour faire face à la pénurie de main d'œuvre, la
LES CAHIERS D’AR THEVEN
France, imitant le Royaume-Uni et les Pays-Bas,
décide d'avoir recours à l'immigration indienne
de 1853 à 1870. Les immigrés indiens sont des
travailleurs recrutés initialement pour 5 ans et
devant repartir dans leur pays d'origine à ce
terme. La grande majorité d'entre eux resteront
en Martinique et contribueront à sa richesse
intellectuelle et culturelle.
C’est le 8 mai 1902, malgré les avertissements
de certains scientifiques, qu’une terrible
éruption de la montagne Pelée tue tous les habitants de Saint-Pierre. Tous les habitants sauf
un : un prisonnier du nom de Louis Auguste Sylbaris, dit Cyparis, sauvé par l'épaisseur des murs
de son cachot ! En comptant les environs de la
ville il y a eu 30 000 morts en tout.
En 1887, le peintre Paul Gauguin séjourne sur Et le 19 mars 1946, la Martinique devient un
l'île.
département d'outre-mer.
Les esclaves marrons
Le mot « marron» vient de l’espagnol cimarrón qui veut dire
Le Nèg Mawon
«s’échapper, fuir». Au départ,
(en créole).
le mot désignait les animaux
Il porte une chaîne brisée
domestiques devenus sauvages.
au pied, mais tient un
En
français le mot s’étendra aux
coutelas de coupeur de
canne à la main et souffle
Blancs engagés fuyant leurs
dans une conque (lambi)
mauvaises conditions de travail.
pour appeler à la révolte.
Il finira par désigner aussi les
Symbole de la liberté et de
«esclaves fugitifs ».
l'indépendance à travers
tous les pays de la
La fuite, ou marronCaraïbe.
nage, a été un très
fort moyen de résistance des esclaves
noirs dans toutes les
Antilles (et dans toutes les colonies esclavagistes). Dans
les Antilles, l’île de Saint Vincent est devenue ainsi célèbre, car elle s’est avérée dans la deuxième moitié du
XVIIème siècle un « paradis» pour les esclaves fugitifs.
Les habitants de l’île ont repoussé à plusieurs reprises les
assauts des Britanniques grâce aux « Caraïbes noirs » de
forts bons guerriers.
Mais les Noirs marrons, une fois pris, furent toujours sévèrement réprimés partout : pendus, écartelés ou brûlés
vifs.
En Guadeloupe, Guyane, et Martinique, « être marron»,
signifiait : fuir l’esclavage dans les bois. Tandis qu’aujourd’hui, « être marron », « marronner » signifie être
révolté, dissident.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
17
C’était
hier...
Barbe Noire
Lithographie du
XVIIIe siècle.
Les vrais pirates des Caraïbes
La grande époque de la piraterie dans les Caraïbes se situe entre 1560 et 1720. Les
cargaisons, notamment de lingots d’argent extraits des mines exploitées par les Espagnols, attiraient pirates et corsaires.
La piraterie s’est avéré un moyen pour certains de s’enrichir mais aussi un moyen de
révolte contre le pouvoir institutionnel et la société de l’époque. L’organisation des
équipages reflétait souvent cela : il arrivait que l’équipage élise le capitaine (système
démocratique donc), ce capitaine était censé combattre auprès de ses hommes et
non simplement donner des ordres à distance. Il arrivait aussi que des esclaves libérés fassent partie de l’équipage… Tout ceci était particulièrement vrai pour les flibustiers (voir « Les mots nés de la mer » page ci contre…)
Les pirates préféraient le plus souvent des petites embarcations, avec lesquelles ils
pouvaient plus facilement mener des attaques éclair : ils feignaient par exemple
d’être des marchands en péril. Ils endormaient la méfiance des marins ennemis. Puis,
une fois suffisamment proches du navire, ils hissaient le pavillon noir, s’amarraient
(s’attachaient) à lui pour éviter la fuite de l’adversaire, et c’était alors l’abordage!
Ce qui faisait la force des équipages pirates et les rendait d’autant plus redoutables
lors des combats, c’était que souvent les hommes n’avaient rien à perdre puisqu’ils
étaient condamnés à mort pour s’être rebellés. Pas de quartier !
Dans les Caraïbes, les « corsaires » étaient très utilisés : des gouvernements nationaux donnaient à des navires privés une lettre de marque, qui les autorisait à capturer des navires ennemis. La majeure partie du butin était conservée par l’équipage
corsaire. Selon l’état de guerre en tre deux nations, un même navire passait ainsi de
corsaire à pirate...
Les équipages pirates étaient capables de se réunir et de constituer de véritables
flottes armées, ce qui leur permettait de s’attaquer à des villes riches et puissantes.
Les célèbres corsaires ou pirates Francis Drake puis plus tard Edward Vernon se sont
attaqués à Cartagena en Colombie, où était entreposée la production annuelle d’or
espagnol. François L’Olonais, pirate français (considéré comme l’un des plus cruels)
mettra à sac Maracaïbo au Venezuela.
La piraterie dans les Caraïbes décline en même temps que décline l’utilisation des
corsaires, qu’augmentent les tailles des armées nationales et que s’intensifie la lutte
contre la piraterie.
Le célèbre Barbe-Noir
L’un des plus célèbres pirates; c’est Barbe Noir surnom donné à Edward Teach. Il plaçait sous son chapeau et dans
sa barbe des mèches auxquelles il mettait le feu. Il régna par la terreur sur les Caraïbes de 1716 à 1718. Ses adversaires la plupart du temps se rendaient même sans combattre. Il eut quatorze femmes. Il finira décapité en
1718 après une fameuse lutte entre son équipage et celui du bâtiment de guerre britannique Pearl. Sa tête sera
accrochée près des voiles en guise de trophée.
Le métis William Davidson fut « connu pour
avoir fait office de gardien du drapeau noir du
mouvement. Le pavillon était orné d’un crâne
et d’os croisés avec la légende “Mourons en
hommes libres plutôt que d’être vendus
comme esclaves”. »
18
Esclaves marrons
et drapeau noir
Le pavillon de Barbe Noire :
squelette tenant une épée
qui transperce des cœurs.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
Les mots nés de la mer...
des Caraïbes
d’après le “Dictionnaire des mots nés de la mer” de Pol Corvez (2007)
Avec l’aimable autorisation des Editions du Chasse-Marée
Comme toutes les langues, le français s’enrichit de mots parfois venus
de très loin... dans le temps et à travers les mers.
La langue néerlandaise (hollandaise) a donné un riche lexique
marin à de nombreuses langues européennes.
Canot : vient de l’arawak (Caraïbes) canoa, par le
castillan canoa.
Le terme canoe est attesté en 1519 et signifie “petit bateau, fait d’un tronc d’arbre creusé, dont se servent les indiens [d’Haïti]. Le suffixe diminutif -ot a remplacé la finale
-oe, inhabituelle en français. En Bretagne, le -t de canot se
prononce.
Flibustier : vient du néerlandais vrijbuiter, “pirate”
(qui a pris aujourd’hui le sens d’“aventurier”), de vrijbuiten
“voler, piller”, lui-même de vrij “libre, gratuit”, et buit
“butin”. Il est passé par l’anglais freebooter “libre pillard”
(1570), avant d’arriver en français.
Canots creusés
dans des troncs
d’arbres
en Martinique
Marigot : on trouve le mot marigot sur une carte
d’un récit de 1654 sur les Antilles : anse de Marigot.
Marigot est un port français de Saint-Martin ; c’est aussi
un bourg de la Martinique, près de l’embouchure de la rivière du Lorrain, et le nom d’une ville de Sainte-Lucie (petite île située entre la Martinique et Saint-Vincent et les
Grenadines).
Les flibustiers se structuraient en associations de pirates
En 1688, en Afrique, marigot désigne un “petit bras de la
pour dévaster la mer des Antilles (autre nom de la mer
rivière”. Tout laisse penser qu’il s’agirait d’un terme arades Caraïbes) pendant tout le XVIIe siècle.
wak, comme canot et hamac.
Hamac : est un terme arawak, qui vient du taïno (langage des indiens Taïno) d’Haïti amak.
Emprunté par les Espagnols (hamaca), puis par les récits
de voyages italiens dans les Petites Antilles.
Dans son journal de bord, Christophe Colomb en fait une
description détaillée. Le hamac a manifestement séduit
tout de suite.
Le terme est attesté depuis 1519 en castillan, et depuis
1525 en français sous la forme amache.
Hamac madras
fabriqué au Brésil
Aujourd’hui, marigot signifie “mare des milieux tropicaux”,
“point d'eau stagnante”. En français (de métropole), on
l’emploie la plupart du temps au figuré et dans un sens
souvent négatif...
Ouragan : vient de l’arawak, plus précisément du
terme hurakán, ouragan. Il a été emprunté au castillan
sous la forme huracan vers 1510.
Ouragan désigne une “forte tempête caractérisée par des
vents d’une grande violence ; en particulier des vents opposés formant des tourbillons”. Il s’agit d’un terme Taïno,
Indiens des Antilles.
Les cyclones de très grande intensité sont appelés ouragans en Amérique du Nord et dans les Caraïbes.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
19
comment...
Dis,
Dis, c’est
DES IMAGES, beaucoup d’images pour
découvrir à quoi ressemblent les fruits et légumes du
marché, les animaux,
apprendre à nouer son foulard
à l’antillaise, faire son pain d’épices...
Fais le plein de découvertes !
c’est comment
fruits
DU MARCHÉ
là-bas ?
LE CACAO (Kako,
en créole)
CHOCOLAT A BOIRE
Aux Petites Antilles, on prépare le bâton de cacao (gwo
kako, en créole) à partir des
fèves fermentées, séchées
puis torréfiées. Ce ‘100 %
cacao’ s’apprécie râpé puis
fondu dans l’eau ou le lait. Il
sert aussi à préparer les
punchs et la liqueur de
cacao.
Râpe une ou deux cuillères
à soupe de bâton de pur
cacao par personne dans
un peu d'eau.
Fais cuire à feu doux
jusqu'à dissolution complète.
Ajoute du lait et un peu de
sucre.
Porte à ébulition en fouettant le mélange.
Et... Déguste !
20
En 1502, Christophe Colomb reçut
une étrange monnaie apportées en
cadeau par des indigènes qui accostèrent son bateau, en Amérique Centrale : des fèves de cacao! A cette
époque le cours de la fève était : 100
feves = 1 belle esclave!
Mais, c’est Fernando Cortez qui
découvrit le cacaoyer au Mexique en
1519. Il ramena alors quelques graines à la cour d'Espagne. Les Européens apprécièrent tellement le chocolat que l'on étendit la culture
du cacaoyer à tous les pays tropicaux. Sauvage pendant des siècles, les
hommes découvrirent le cacaoyer vers l'an 2000 avant notre ère. L'Empire Maya fût le premier, mais le cacao vit défiler toutes les grandes civilisations qui lui portèrent une origine divine - son nom latin
Theobroma signifie "nourriture des dieux".
La naissance du chocolat commence sur le cacaoyer, un arbre qui a besoin de chaleur, d’humidité et d’ombre. Il ne pousse que dans les zones
équatoriales à l’ombre d’arbres plus grands, souvent des bananiers.
Les fruits de cet arbre sont les cabosses. Elles sont cueillies et ouvertes
manuellement, à l’aide d’une machette ou d’un gourdin : c’est l’écabossage. Les cabosses contiennent environ une quarantaine de graines
(appelées aussi fèves), entourées d’une substance blanche et visqueuse:
le mucilage. Ce mucilage est une pulpe à la saveur acidulée-sucrée
agréable, qui se mange crue. Le beurre de cacao est une substance
issue du presssage des fèves de cacao, grillées puis nettoyées. Le chocolat est plus ou moins dosé en beurre de cacao.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
CARAMBOLE
Il y a deux type de caramboles : La cara,boles à chair
croquante légèrement acidulée, très sucrée et aromatique (salade de fruits ou en jus). Les caramboles à chair
plus molle et acide(cuites avec du sucre, on en fait des
sirops ou des confitures).
Le fruit qui n’est pas mûr s’utilise pour les préparations
aigres-douces, dans les courts-bouillons (blaffs en créole).
(Karanbol en créole)
COROSSOL
(Kowosol en créole)
C’est un des premiers fruits que Colomb introduit
dans l’Ancien monde (L’Europe, par opposition
aux Amériques, découvertes après).
De saveur douce-acide très parfumée, la chair se déguste à la
petite cuillère. Pressé, le fruit donne un liquide épais laiteux et
délicieux destiné à la préparation de jus ou sorbet.
MARACUJA
(Marakoudja en créole)
(Fruit de la Passion)
Plus de quinze espèces mais seules quelques unes ont
un réel intérêt
alimentaire. Parmi ces dernières, on
peut citer la pomme maracuja, originaire du
Brésil, et introduite aux Petites Antilles au début du
XXème siècle. La beauté de ses fleurs et ses fruits savoureux l’ont vite rendue populaire. L’écorce du fruit est
dure, lisse et jaunâtre (il existe une forme à l’écorce rougeâtre). L’arille (pulpe) orangé, acide et parfumé, s’apprécie en jus, sirop de fruits, punch de macération ou
sorbet.
POMME-CANNELLE
Sous les protubérances (bosses) écailleuses que l'on écarte facilement quand le fruit est mûr, on découvre une pulpe planche
parsemée de nombreuses petites graines noires luisantes aux
propriétés insecticides.
Sa chair tendre, délicate et très sucrée dégage un parfum
de cannelle. C'est un fruit de bouche par excellence. Il
sert aussi à la confection de délicieux jus et sorbets.
ACEROLA (Siriz en créole)
ou cerise d’Indes Occidentales, ou encore cerise des Antilles
Cette cerise renferme une pulpe jaune, molle, très juteuse de saveur un peu
aigre. Elle cache trois noyaux triangulaires.Très périssable, elle se mange aussitôt cueillie. En jus, compote, gelée et punch, sa saveur s'adoucit avec le sucre.
Sa réputation tient à son étonnante teneur en vitamine C ! Dans l'industrie, son jus, ajouté à d'autres préparations, en augmente la teneur en vitamine. En Métropole (France du continent), on vend depuis peu des gélules
d’acérola pour rendre son organisme plus fort...
au marché,
LA VITAMINE C
Pour ne pas mourir du scorbut !
Essentielle à une bonne santé,
la vitamine C est abondante
dans les végétaux à
chlorophylle,
les légumes en général (pas
forcément verts !),
les salades et fruits frais.
De loin, le fruit qui en contient
le plus est... l’Acerola (cerise
des Indes occidentales), et non
l’orange !
Le Piment rouge en contient
aussi beaucoup !
Le lait frais en renferme aussi
un peu. Les végétaux secs et
fanés n'en contiennent plus
du tout...
Tu retrouveras
dans les CAT n°2
la goyave,
la papaye,
la mangue,
l’avocat,
la noix de coco,
l’ananas...
tu trouves ces fruits...
LES CAHIERS D’AR THEVEN
21
Dis, c’est
comment...
légumes
DU MARCHÉ
LA CUISINE ANTILLAISE
La cuisine antillaise, c’est le
résultat du métissage de la
population de ses îles.
Elle s'inspire des cuisines
africaine pour ses ingrédients de base, indienne
pour les épices, et européenne pour ses alliances
et ses pâtisseries.
Riche en couleurs et en
arômes, elle est originale
et variée. C'es souvent une
cuisine simple et rapide à
réaliser.
CHRISTOPHINE
(CHAYOTTE)
(Ti sitwon vè en créole)
C'est en souvenir de Christophe Colomb que la
chayotte porte le nom de christophine. On la trouve dans toute l'Amérique Centrale, les Antilles, la Réunion, en Afrique du Nord. En fait, il y
en a dans tous les pays chauds et tropicaux.
C'est une plante vivace, comme une courge, qui pousse en
tige rampante parfois maintenue en treilles et dont les racines sont des
tubercules (comme les pommes de terre).
La chayotte est une baie à l’aspect d’une grosse poire rugueuse, bosselée très dure, verte ou blanche pouvant mesurer jusqu'à 20 cm.
Sa chair, blanche à vert pâle, ferme et homogène a le goût de la pomme
de terre, sa saveur est peu marquée et douce.
La force et le feu se marient dans ce piment! C'est le plus
fort au monde ! On l'appelle piment antillais, ou piment
sept marmites car un seul de ces piments peut servir jusqu’à
sept fois pour parfumer l’eau. Il peut également être mariné ou
séché. Il est notamment utilisé dans les acras (petites beignets
aux formes arrondies, indispensables pour entrer dans l'ambiance antillaise).
GOMBO
GRATIN DE
CHRISTOPHINES
Demande à ta maman
de t’aider pour le faire :
Coupe 3 christophines en
2, enlève le cœur et fais
bouillir 30 à 40 minutes
dans de l'eau salée.
Enlève la chair sans abîmer
la peau.
Réduis la chair en purée et
fais-la revenir dans un peu
d'huile avec 2 tranches de
jambon fumé haché, 1 oignon haché, 4 cives, du persil, l’ail écrasé et du thym.
Ajoute de la béchamel.
Remplis les peaux de ce
mélange. Saupoudre de
chapelure et de gruyère.
Mets au four 15 minutes.
A table !
22
PIMENT-LAMPION
Cultivé par les Égyptiens, puis importé en Europe par
les Maures espagnols au XIIe siècle, il fut intro-
duit au XVIIe siècle en Amérique
par les esclaves.
Le fruit contient une substance gélatineuse utile pour
épaissir soupes et ragoûts. On conseille généralement
de choisir des gombos bien colorés de moins de 10 cm
de long afin qu'ils ne soient pas durs. Le gombo se
mange cru ou cuit et il fait partie de nom-
breux plats créoles et africains.
Découvert par Christophe Colomb alors qu'il faisait escale à
Cuba, l'igname n'a pas réellement de terre d'origine. Par contre,
ses terres d'adoption sont nombreuses et on le retrouve aussi
bien aux Antilles qu'en Inde et en Afrique.
Il est connu des peuples de tous les pays tropicaux, depuis les
temps les plus anciens.
En 1515, les Espagnols nomment ce légume iname, dérivé du
mot africain nyami.
Igname, qui se dit yam en anglais, vient d’une racine africaine
nyam qui signifie «manger» et que l’on retrouve dans plusieurs
langues africaines : nam en wolof, yamyam en haoussa, nyama en
zoulou. Par exemple, les Peuls disent "wari nyami" pour dire
"venez manger".
Tubercule, ce légume est une racine
comme la pomme de terre.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
IGNAME
Quelques
animaux
BALBUZARD PECHEUR
DES CARAIBES
On l’appelle aussi balbuzard fluviatile, aigle pêcheur, gligli
montagne.
C’est un grand rapace dont l'envergure peut atteindre
1,80 m pour un poids d' 1,5 kg. Ce prédateur se nourrit
exclusivement de poissons. Sa pêche est spectaculaire :
il survole l'eau à 50 m de hauteur, repère sa proie, se laisse
tomber en repliant ses ailes puis les
redéploie avant l'impact et projette ses serres en avant.
Il capture ainsi des poissons de 500 gr ou plus... jusqu'à
1,5 kg soit son propre poids !
Ce rapace habite sur tous les continents sauf l'Antarctique. Il fréquente régulièrement la Guadeloupe et la
Martinique de septembre à mars. Il se reproduit au
Canada. A la mauvaise saison (automne-hiver), ils
rejoignent l'Amérique du Sud ou restent hiverner
dans les Antilles.
Quelques spécimens peuvent même rester toute l'année
en Guadeloupe ou en Martinique.
Il pêche en mangrove (groupe de végétaux ressemblant
à des lianes qui se développent dans les eaux saumâtres
des régions tropicales... le long des côtes.
IGUANE DES PETITES ANTILLES
LE MOT EXPLIQUÉ
hiverner et hiberner !
Découvre
d’autres
animaux
des Antilles
dans
le prochain
numéro !
Il est présent dans toutes les petites Antilles. La population est massée dans les régions côtières du
niveau de la mer jusqu'à 300 m
d'altitude. L'espèce habite les broussailles et
les forêts littorales sèches.
C’est un reptile végétarien : c'est une liane « patate sauvage » (Ipomoea tiliacea) qui a sa préférence (comme ce
que Lapin va chercher pour sa famille dans le conte page
32 ) .
Le régime alimentaire de l'Iguane des Petites Antilles varie
avec les saisons : il se compose plutôt de feuilles au Carême, et davantage de fleurs ou fruits de divers arbres et
buissons durant l'Hivernage.
Les femelles ont besoin de zones sableuses et ensoleillées où elles forment un nid en tunnel de 1 m de long
pour pondre. Les nouveau-nés quittent le nid en pleine
saison humide alors que la végétation est abondante.
La population totale d'Iguanes des Petites Antilles est estimée à 30-40 000 spécimens. L'Archipel guadeloupéen
héberge plus de la moitié des effectifs mondiaux
d'Iguanes des Petites Antilles.
Aujourd’hui l'espèce est gravement menacée d'extinction.
Ne confonds pas
ces deux verbes !
hi verner, ça veut dire
que l’animal passe l'hiver à l'abri du
froid, mais qu'il continue d'être actif.
hi berner, ça veut dire
que l’animal que l’animal est dans
un état de sommeil profond durant
l'hiver et ne fait aucune activité
endémique : Ce qui est particulier à une localité donnée.
En médecine, une maladie est dite
endémique d'une région si elle y
sévit de manière permanente.
En biologie, une espèce est dite endémique d'une région déterminée si
elle n'existe que là.
DISPARU A JAMAIS
LE PERROQUET DE LA GUADELOUPE
(AMAZONA VIOLACEA)
Ce perroquet amazone (l’amazone est le plus connu et répandu en captivité des perroquets du “nouveau monde”) de
couleur violette était endémique
de la Guadeloupe.
La chasse à outrance pour sa viande très appréciée au XVIIe
siècle, et sa capture pour l’apprivoiser et lui « apprendre
à parler », ont été fatales à ce bel oiseau qui disparut vers
1742.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
23
comment...
Dis, c’est
La coiffe antillaise à
La légende raconte qu'on pouvait en un clin d'oeil savoir, selon ce
coiffes que ces dames des Antilles portaient, si son coeur était libre
La coiffe madras à un bout est celle des cœurs à prendre. Nous a
la faire découvrir... et t’apprendre à la faire sur un bouchon .
que tu puisses t’amuser à la porter réellement sur la tête !
Il te faut un triangle de tissu avec un double revers sur le bord
pour former la pointe, et des
et un peu de colle blanche pour ton
fait sur un bouchon de champagne (par e
PREMIERE ETAPE :
Positionne le tissu sur le haut d'un bouchon de champagne (ou un bouchon de
vin) que tu auras entouré de coton hydrophile d’un côté pour former une
boule. Maintiens-le par 3 épingles, une
sur le milieu, les 2 autres de chaque
côté.
DEUXIEME ETAPE :
Le revers doit être apparent. Prends le
bouchon face à toi, tu dois voir les trois
épingles. Pince le tissu de gauche à
droite pour former un pli à partir de
l'épingle gauche. Pique-le pour qu'il ne
se défasse pas.
TROISIEME ETAPE :
Continue la série des plis. Les plis centraux se font de part et d'autre de
l'épingle qui se trouve face à toi juste
au milieu. Le pli central gauche recouvre le premier que tu as fait.
QUELQUES
TARTANS
ECOSSAIS
(voir encadré
sur le Madras)
24
LES CAHIERS D’AR THEVEN
QUATRIEME ETAPE :
Fais le 2ème pli central. Attention : plie le tissu de gauche à
droite. Fais le dernier pli en face
de ton épingle droite. Voici ce que
tu dois obtenir.
CINQUIEME ETAPE :
Prends ta coiffe sur un côté et
coupe le long du revers jusqu'à
l'épingle. Répéte l'opération de
l'autre côté.
SIXIEME ETAPE :
Maintiens le tissu en appuyant
bien derrière pour aplatir le plus
possible.
à un bout
Madras
ertaines
e ou pas.
allons te
... avant
Le costume créole (l'influence de
l'Inde aux Caraïbes...) :
Madras : Ce nom vient de l’ancienne ville de Madras,
en Inde (Madras, ancienne dénomination de la ville indienne de Chennai). Le tissu y était fabriqué pendant la
colonisation britannique, qui a elle-même importé ces
motifs inspirés des tartans (tissus à carreaux utilisés pour les kilts écossais — jupes des hommes).
Tissu léger qui se fabriquait à Madras.
d, un bout
s épingles
n modèle
exemple).
Madras
pour faire les coiffes
Travaux
pratiques
pour
être belle !
Le Madras est formé du croisement de deux ensembles
de fils : la chaîne (en soie) et la trame (en coton).
Aux Antilles, le costume traditionnel féminin est un véritable langage et une indication sur la vie sentimentale de
la femme antillaise, tout en mettant en relief sa beauté
(coiffe madras, bijoux créoles, tenue antillaise).
Le port du chapeau étant interdit au temps de l'esclavage, les Antillaises ont adopté la coiffe créole en madras
comme signe distinctif de beauté.
La façon dont est nouée la coiffe à pointes ou à bouts,
carré de madras attaché autour de la tête, révèle aussi la
disponibilité sentimentale de l'Antillaise.
une pointe : cœur à prendre
deux pointes : déjà conquise
trois pointes : mariée
quatre pointes : mariée mais vous pouvez
tenter votre chance
Aujourd’hui, le madras, hors les Antilles, est un tissu surtout utilisé pour les vêtements d’enfants, mais aussi une
coiffure formée d'un foulard en tissu que l’on trouve au...
Languedoc !
UN
MADRAS
ANTILLAIS
LES CAHIERS D’AR THEVEN
25
Dis, c’est
comment...
SEPTIEME ETAPE :
Rabats l'un des côtés sur l'arrière de la
coiffe jusqu'à l'autre patte et coupe le
surplus.
Le pr
à deux, tro
le nombre de
HUITIEME ETAPE :
Applique de la colle et maintiens l’ensemble par une épingle.
NEUVIEME ETAPE :
Il ne doit plus te rester qu'une patte.
Coupe le surplus de tissu.
DIXIEME ETAPE :
Récupére le bout. Après l'avoir plié
comme sur la photo, mets de la colle
sur le dos de la coiffe et applique le
bout. Veille à ce qu'il ne soit ni trop
haut, ni trop bas.
ONZIEME ETAPE :
Mets de la colle sur la patte restante et
maintiens avec une épingle.
DOUZIEME ETAPE :
Laisse sécher. Retire ensuite minutieusement les épingles. Saisis l'arrière de
la coiffe et tire doucement pour retirer
le bouchon.
Coupe le surplus de tissu pour le mettre à niveau de la coiffe.
26
TREIZIEME ET DERNIERE ETAPE :
Prends un coton en boule, mets-y un peu de colle
et applique le à l'intérieur de la coiffe.
Ta première coiffe est ter
LES CAHIERS D’AR THEVEN
rincipe est le même pour les coiffes
ois et quatre bouts. Seuls diffèrent
plis ainsi que le nombre de bouts.
Aux Antilles, la coiffe se porte
à tous les âges de la vie
rminée !
LES CAHIERS D’AR THEVEN
27
Le petit scientifique
illustré
Voyage au centre d
Quel est le volcan de la Martinique ?
Et celui de la Guadeloupe ?
En connais-tu d’autres par leur nom ?
Cratère
Cône
ERUPTIONS
EFFUSIVES :
elles sont caractérisées par
l’energique projection
d’une coulée de lave.
Vu de l’extérieur un volcan, c’est simple. On peut facilement en dessiner un. Un volcan a généralement la forme
d’un cône en haut duquel se trouve un cratère. Les abords
d’un volcan sont plus ou moins pentus et changent au fil
du temps.
ERUPTIONS
EXPLOSIVES :
elles sont caractérisées
par l’énergique projection
de différentes matières. Ce
sont les plus dangeureuses.
La plus légère : la cendre
Le plus petit élément projeté est la cendre. Les
cendres sont si légères qu’elles peuvent rester
très longtemps en suspension dans l’atmosphère et être entraînées très loin du lieu de
l’éruption. Certaines ont même fait plusieurs
fois le tour de la Terre !
La plus connue : la lave
La lave est du magma dégazé (les gaz y sont
dissous) qui peut atteindre 900 à 1 200°. Elle
peut être plus ou moins visqueuse suivant les
volcans. Pendant les éruptions, la lave projetée
se solidifie aux bords du volcan, constituant
ainsi la forme conique du volcan.
Un volcan n’est pas tout le temps actif. Au plus fort de
son activité, un volcan entre en éruption, c’est-à-dire qu’il
rejette différentes matières autour de lui.
28
LES CAHIERS D’AR THEVEN
des volcans
Cratère
Cheminée
Magma :
roches
en fusion
sous pression
contenant du gaz
Plaque continentale
Chambre magmatique
(réserve de magma)
Manteau : couche supérieure de l'intèrieur de la Terre,
juste sous la croûte terrestre
Projections pendant l’éruption
La plus “liquide” : la fontaine
Les fontaines de lave se rencontrent lors
d’éruptions produisant des coulées de laves
rapides et peu épaisses sur de grandes surfaces. Les fontaines peuvent cracher de la lave
à des dizaines voire des centaines de mètres
de haut !
La plus grosse : le bloc
Le plus gros élément projeté à l’état solide
s’appelle un bloc. Il peut mesurer de 30 cm à
2 m voire plus. Ce sont des morceaux de
roches anguleux, constitués parfois de parties
mêmes du volcan arrachées par la puissance
de l’explosion.
Les éléments projetés par les volcans, de tailles et de natures
très différentes, varient suivant le type d’éruption volcanique : les éruptions effusives (les plus photogéniques) ou explosives
(les
plus
dangereuses).
Le s
éléments
rejetés
contribuent à la forme conique du volcan en formant des
couches de sédiments (dépôts de matières) successives.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
29
En toutes
lettres
COMPERE LAPIN ET LE GRAND DIABLE
(Extrait de “Contes créoles” de Marie-Thérèse Lung-Fou)
Les enfants et la femme de Lapin mouraient de faim, car celui-ci n’avait rien à leur donner à se mettre sous la dent. Il se décida alors à aller leur chercher un peu de liane
douce. Mais... par manque d'attention... il pénétra sur les terres du Grand Diable ! Au
moment où il s'en rendit compte, ce dernier se précipita et lui demanda brutalement :
- Eh bien brigand ! Que faites-vous ici ?
- Grand Diable, je prends juste quelques branches pour nourrir ma famille !
- Vous ne savez donc pas que vous êtes sur mes terres ? Et que je vais vous manger ?
Lapin répliqua :
- Mais Patron, un petit animal comme moi ne remplirait qu’un tout petit coin de votre
estomac ! Vous gagneriez davantage à me faire travailler pour votre compte.
- Ce que vous dites est fort juste, reprit le Diable... Faites-moi donc trois planches
d’eau... Si à mon retour ce n’est pas fait, alors je vous mangerai ! Ce sera sans appel !
Et il s’en alla...
Lapin réfléchissait à ces planches d'eau... non, non c’était impossible à réaliser! Il ne
voyait pas comment échapper à la mort et pensait très fort à sa femme et à ses enfants.
Il était donc là, bien abattu, quand Commère la Criquette vint à passer :
- Alors, Compère Lapin, comme vous voilà triste... Avez-vous perdu quelqu’un des
vôtres ?
- Oh que non, dit Lapin, j’ai que le Grand Diable exige de moi, sous peine de mort, que
je lui fasse trois planches d’eau.
- Trois planches d’eau, dites-vous ?... Et vous voilà anéanti à cette pensée ! Mais, mon
cher, vous êtes un sot... !
- Moi, un sot ?... répliqua Lapin, comment l’entendez-vous ma commère ?...Ce n’est pas
vous qui risquez d’être mangée !
- Eh compère, quand le Grand Diable viendra réclamer les planches d’eau, vous n’aurez
qu’à lui dire qu’elles sont prêtes, mais mais que vous avez besoin d'une torche de fumée
pour les lui apporter.
Commère Criquette s’en alla, laissant Lapin bouche bée.
Grand Diable arriva pour réclamer les planches d’eau. Lapin lui dit alors qu'il avait besoin d'une belle torche de fumée pour lui apporter ses planches d'eau.
Grand Diable fit appel à tous ses amis diables et diablotins pour lui faire de la fumée,
mais personne ne put réaliser la torche de fumée. Alors, il demanda à Lapin :
- Comment peut-on faire une torche de fumée ?
30
Lapin lui répondit aussitôt :
- De la même manière qu’on peut réaliser les planches d’eau.
Le Diable resta planté à la même place, perplexe, et Lapin put s’en aller retrouver sa
femme et ses enfants.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
Bonne
Pioche !
24 contes des Antilles
(Editeur : Flammarion/Castor Poche)
de Olivier Larizza (Auteur),
Frédéric Sochard (Illustrations)
Aux Antilles, il y a bien longtemps, les
esclaves se retrouvaient à la tombée
de la nuit après une longue journée
de travail. Sous les étoiles, ils se réunissaient pour écouter le conteur.
Parfois fantastique, parfois cruel, le
conte antillais se raconte comme
une chanson, une devinette ou une histoire drôle. Vingt-quatre contes pour rire
et voyager.
Prisonnier des pirates :
Gabriel,Les Antilles 1720
(Editeur : Album Gallimard Jeunesse)
de Sandrine Mirza,
François Place et Erwan Fagès
Pour découvrir et partager la
vie quotidienne des enfants
d'hier. Gabriel raconte sa vie au
fil des jours à bord d'un bateau
pirate, en 1720. Le récit vivant
et intime de ses aventures
permet de plonger au cœur
des Caraïbes.
De jolies illustrations détaillées, avec des volets à déplier qui
expliquent l'univers des pirates!
25 ans de zouk ! KASSAV est
une ode à danser “antilles” !
Le zouk est un genre musical de musique
tropicale né vers le début des années 1980,
joué en Martinique et en Guadeloupe, popularisé par le groupe Kassav', chanté le
plus souvent en créole !
Chacun des membres de Kassav’ a aussi
une carrière solo. N’hésite pas !
Ye pa, ça va zouker !
LES CAHIERS D’AR THEVEN
Mais aux Antilles, on écoute
aussi d’autres genres musicaux
(et on danse !) : le compas
(d’Haiti), la salsa, le reggae de
Bob Marley (de la Jamaïque),
le Gwo-ka...
producteur et
distributeur :
Moradisc
31
A toi
de jouer !
La France
dans le monde
La France continentale a une forme hexagonale. Mais la France possède également des îles
et des terres à des milliers de kilomètres de Paris. Ces terres sont situées dans des régions
chaudes et humides ou dans des régions froides.
Selon leurs statuts elles ont des noms différents. Il y a les Départements d’outre-mer
(D.O.M. : la Martinique (ancienne Madinina), la Guadeloupe (ancienne Karukera), la Guyane
française, la Réunion). Les territoires d’outre-mer (T.O.M. : la Polynésie française, la NouvelleCalédonie, Wallis et Futuna), Mayotte (partie française des Comores), Saint-Pierre-etMiquelon, les îles australes (les îles Kerguelen, Crozet, de Saint-Paul et de la
Nouvelle-Amsterdam) et antarctiques (la terre Adélie).
La France est ainsi présente dans tous les océans du globe !
Grâce au climat, bananes
et autres fruits tropicaux
poussent
en Martinique et
en Guadeloupe.
Saint-Pierre-et-Miquelon
sont des îles peu peuplées,
au climat froid.
Dans la grande île de la
Réunion, le Piton de la
Fournaise est un volcan
aux éruptions
extraordinaires.
LE MOT EXPLIQUÉ
un atoll : île du Pacifique en
forme d’anneau, faite de coraux
un continent : A l'origine,
il n'y avait qu'un seul morceau de
terre sur notre planète. Il s'est ensuite lentement séparé en six
morceaux, les six continents : l'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique,
l'Océanie, et le dernier découvert
tardivement, l'Antarctique
Au beau milieu
du Pacifique, les atolls
de Polynésie et de Tahiti
sont un vrai paradis.
32
Océan
Océan
Pacifique
Océan
Pacifique
Atlantique
Antarctique dit
En Guyane, l’Enfer vert est la plus
grande forêt que possède la France :
épaisse et toujours verte. C’est
de là que partent les fusées Ariane.
Dans le rude climat des
îles Kerguelen, tout au sud
de l’Océan Indien, vivent
plus de manchots que
d’hommes.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
le sixième contiment
Située sur le continent antarctique (aussi appelé le 6ème
continent), la Terre Adélie est
une base scientifique.
a
b
d
1
c
e
2
-
f
g 3
4
5
h
i
6
7
8
j
k
HORIZONTALEMENT :
1. Initales de département d’outre-mer.
2. Il possède les clés du Paradis.
3. Le Piton de la Fournaise y gronde.
4. Partie française des Comores.
5. Île du Pacifique en forme d’anneau.
6. Iles du Sud et pourtant glaciales.
7. Territoire français du sixième continent.
8. Dans ces régions de la Terre, d’un côté
vivent les pingouins, de l’autre
les manchots.
Si tu ne trouves pas...
Relis la page
de gauche !
VERTICALEMENT :
a. L’étoile Polaire indique son point cardinal.
b. Le soleil s’y couche et on y est parti à sa conquête.
c. L’île Madinina, l’île aux fleurs.
d. Une autre île française près du Canada.
e. Les Romains l’appelaient Lutèce.
f. Territoire français qui possède la plus grande forêt.
g. Archipel d’atolls français où l’on trouve vanille et
plages paradisiaques.
h. Initales de territoire d’outre-mer.
i. Le soleil se lève à ce point cardinal.
j. Dans l’assiette, elle peut-être flottante
mais pas dans la mer.
k. La nuit, dans le ciel, l’étoile la Croix du Sud l’indique.
LES CAHIERS D’AR THEVEN
33
LES CAHIERS D’AR THEVEN
L'Association pour la Recherche et l'Etude des Peuples de la mer (l’AREP) est une association loi 1901.
L’AREP a été créée pour développer et prolonger les actions du Projet Ar Theven : l’exploration des mers et
des océans du monde par deux amis, à bord d’un véhicule à la propulsion fascinante et exigeante : le voilier.
Utiliser une énergie sans limites, le vent, pour naviguer sur un espace sans frontières, la mer, et rencontrer les
peuples des rivages abordés.
L’association est le pôle d’échange et de transmission des témoignages et matériaux des modes de vie, coutumes,
légendes et musiques des peuples de la mer que le bateau rencontrera au cours de sa navigation.
L’AREP élabore des livrets-documentaires qui présentent ces peuples et leurs cultures à partir d’images, d’écrits,
de sons.
Des écoles partenaires accompagnent cette aventure, via un forum spécialement dédié et la publication des
Cahiers d’Ar Theven (CAT). Les CAT proposent d’apprendre autrement en faisant découvrir une dimension
originale des pays abordés, ce par le biais d’une aventure en train d’être vécue.
Le site Internet de l’AREP se place comme lieu de rencontre et d’échange entre adhérents, partenaires, élèves et
professeurs.
l’environnement géographique est-il plus influent pour
produire un mode de vie que l’environnement linguistique
et culturel ? Le pêcheur breton et le mareyeur argentin
ont-ils un mode de vie plus proche
que ce même pêcheur breton et
l’agriculteur vendéen ?
l’océan, un trait d
’u n
ion
en
tre
le
sp
eu
www.artheven.net
[email protected]
ple
s
qui
le bordent ?
ArTheven, un bateau, l’AREP, une association,
pour une observation curieuse et vivante du monde de la mer et de ses habitants
LES CAHIERS D’AR THEVEN est une publication de l’A.R.E.P
(Ar Theven pour la Rencontre et l’Etude des Peuples de la Mer)  2007 - 7, rue des Trois-Frères 75018 Paris
Directeur de publication : Nicolas Louis
Rédacteurs : Kiwi Ramahandry, Nicolas Louis, Laurent Guyot, Eric Mallet, Binta Yansane
Relecture : Nicolas Louis, Eric Mallet
Iconographie : Kiwi Ramahandry, Binta Yansane
Mise en page : Kiwi Ramahandry
Un grand merci à Michel Colleu des Editions du Chasse-Marée
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