Le périphérique La rue Joseph Python
Transcription
Le périphérique La rue Joseph Python
Le périphérique Nous, les enfants de la zone, nous étions à part à l’école. On nous appelait les biffins, parce que ma mère était chiffonnière, et qu’elle biffait. À l’époque, c’était un bon métier qui rapportait. *Biffer : faire les poubelles. M. Albrecht 1960 environ © Henri Guérard Le périphérique longe l’ancien chemin. Autrefois, c’était plus naturel, il y avait bien plus de végétal que de choses créées par l’homme, comme les voitures qui polluent tellement. Oumarou © Oumarou La rue Joseph Python Quand ils ont construit le périphérique, porte de Bagnolet, il y avait, rue Joseph Python, au pied de ces grands immeubles en construction, des gens qui couchaient à même le sol. Des personnes au bord de la rue, au bord de la société… Henri Guérard 1965 environ © Henri Guérard Aujourd’hui ma cité a l’air moins pauvre. Il n’y a plus de clochards qui habitent dans le jardin que font les enfants de Multi’Colors. Mais ils sont aidés de Sygne et Sylvie ! Mody © Mody Le boulevard Davout Je marchais du boulevard Davout à la porte de Montreuil. Quand je prenais le métro à l’ouverture, et que je revenais à 16h 30, il n’y avait pas grand monde sur la place à part quelques zoniers. En revanche, il y avait beaucoup de commerçants sur le boulevard. Le charcutier était bien gentil. M. Damonay Début du XXe s. © Bibliothèques de la Ville de Paris Cette partie, du boulevard à la porte de Montreuil, est toujours pleine de monde, de voitures, d’autobus. Mais heureusement, il y a quelques platanes ! Sina © Sina La porte de Montreuil Jeune fille, j’attendais l’autobus à la porte de Montreuil avec une dame qui m’a dit « Les voitures tirées par les chevaux, ça c’était bien mieux ! ». Les gens préfèrent toujours hier. Je me demande si je verrai le tramway dans mon quartier ? Mme Stintzy est décédée en janvier 2010. Début du XXe s. © Photothèque des Jeunes Parisiens Quand je me regarde dans les immeubles en verre, qui sont à la place des fortifications, c’est comme s’il y avait des vagues dans le miroir. Aminata © Aminata La porte de Bagnolet Ce qui me frappe, c’est les voitures ! C’est fou ! Avant nous allions chercher le métro à Gambetta. Heureusement, il y avait les autobus. Après la place de Bagnolet, c’était la zone. Il y avait des champs. Andrée Début du XXe s. © Photothèque des Jeunes Parisiens Il y a beaucoup de voitures et ça pollue plus. À cause des voitures on a construit des routes, mais grâce au Vélib’, il y a plus de pistes cyclables . Eve © Eve Le square Séverine Le square Séverine, c’était le seul square du quartier, derrière c’était la zone. Après l’école, j’y ai accompagné tous mes enfants, les sept. Et les trente-cinq autres dont je me suis occupée aussi ! Le quartier était comme un village, tout le monde se connaissait, mais j’avais trop peur de les laisser seuls. Mme Damonay Début du XXe s. © Photothèque des Jeunes Parisiens Il y a plus d’arbres, ils cachent les immeubles, et puis il y a les jeux ! Avec mes amis, je viens de temps en temps jouer dans ce square parce qu’il est beau et joyeux, avec ses fleurs de toutes les couleurs. Mariame © Mariame La rue Vitruve En haut la rue Vitruve devenait herbeuse, elle aboutissait à ce que l’on appelait le chemin militaire, le chemin de ronde des fortifs. Aujourd’hui, la maison à la porte jaune est devenue l’auberge de jeunesse. M. Lemoine 1895 env. © Photothèque des Jeunes Parisiens Cette rue est plus colorée, plus jolie, avec ses beaux arbres qui nous aident à respirer. Et puis, je préfère les grands immeubles à la mode où nous vivons tous ensemble. Kadiatou © Kadiatou La place des Grès La rue Saint-Blaise, c’était la rue des pauvres, la place des Grès, la cour des miracles. Mais c’était vraiment formidable pour un enfant curieux de pouvoir découvrir tous les petits métiers des nombreux artisans qui travaillaient là. Mme Sebal-Laloue 1960 environ © Bibliothèques de la Ville de Paris Depuis que ce quartier a été rénové, il est plus agréable à regarder. En plus, grâce aux signalisations pour les voitures, c’est certainement bien moins dangereux pour les piétons. Guilhem © Guilhem La rue Saint-Blaise À la place du restaurant, il y avait un dispensaire, bien vieux, tenu par des bonnes sœurs. Quand je suis allée au Café Noir, il y a longtemps, j’ai tout retrouvé du dispensaire, deux ou trois marches qui montaient, et le carrelage identique. Mme Thibaut 1950 environ © Bibliothèques de la Ville de Paris On observe que la partie pauvre du quartier Saint-Blaise est devenue aisée, tandis que la partie riche du quartier est devenue pauvre. Elle est vraiment mal entretenue ! Katia © Katia Le square des Cardeurs En construisant tout avec le béton, on a voulu faire du propre, en réalité on a fait du mort ! Mme Sebal-Laloue 1975 environ © Bibliothèques de la Ville de Paris Ici le bitume a remplacé l’eau, il n’y a plus de jeux, mais on peut facilement marcher d’un immeuble à l’autre. Sokona © Sokona La rue du Clos J’habitais la rue Saint-Blaise, un quartier de paumés. Rue du Clos, c’était pour les riches qui vivaient dans des logements qui avaient les commodités modernes. Autrefois le cloisonnement était social, aujourd’hui, il est ethnique. Mme Sebal-Laloue 1950 env. © Bibliothèques de la Ville de Paris Le trottoir est plus petit maintenant, mais c’est plus civilisé ! On voit plus de voitures, des immeubles plus grands où plus de personnes habitent. Je préfère mon quartier avec plus de monde. Fanny © Fanny La rue des Maraîchers Au départ, un chemin, un sentier quelconque devenu une rue qui doit son nom aux cultures maraîchères que l’on retrouvait dans les cours intérieures après la seconde guerre mondiale. M. Lemoine 1898 © UPF / Musée Carnavalet / Roger-Viollet C’est bien plus joli comme ça ! Les gens ne s’assoient plus par terre. Peut-être parce qu’aujourd’hui, les habitants du quartier sont moins pauvres ? Samira © Samira