yussuf jerusalem « a heart full of sorrow » sortie

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yussuf jerusalem « a heart full of sorrow » sortie
YUSSUF JERUSALEM « A HEART FULL OF SORROW »
SORTIE 3 MAI 2010-03-22
INROCKUPTIBLES 26 MAI 2010
ROCK AND FOLK mai 2010
TSUGI MAI 2010
Les 5 meilleurs groupes français > 1 page
VICE MAI 2010
YUSSUF JERUSALEM
A Heart Full of Sorrow
Born Bad/Pias
9/10
Born Bad sort une réédition de cet album génial passé
plus ou moins inaperçu l’année dernière malgré les
efforts intarissables de nos rédacteurs musique qui
l’avaient porté aux nues des caves à vin de Saint-Ouen
jusque devant les portes du Chiquito. Ce qui avait
d’ailleurs le don de faire particulièrement chier la tête
pensante de ce groupe, qui ne supportait pas l’idée
qu’un « magazine de merde » tel que le nôtre puisse
s’intéresser à eux. Je vous conseillerai donc de ne pas
acheter ce disque, de ne pas en parler autour de vous et
de ne pas vous rendre à leur concert s’ils viennent jouer
près de chez vous ou au Chiquito. C’est mieux comme
ça, non ?
STOMY BALLSY
CHRONIC’ART ( AVRIL 2010)
YUSSUF JERUSALEM - A heart full of sorrows (Born Bad)
Fort d'une avantageuse réputation Outre-Atlantique, Yussuf Jerusalem est sur
toutes les bouches des jeunes hipsters qui emmerdent le monde, et on
comprend pourquoi. La pochette, convoquant les ténèbres d'un bûcher
médiéval, laisse croire qu'on est en passe d'écouter un brûlot Black Metal.
Fausse route: les neuf titres, dont le catchy "We Ain't Coming Back" et une
ahurissante reprise de Marianne Faithfull, oscillent entre college rock
nonchalant immolé par le fuzz et folk-pop rugueuse aux intonations
traînantes, avec la juste dose de coolitude craspec et d'arrogance punk low-fi.
En embuscade sur la dernière piste, un ultime sursaut de graillon metalleux
bien vénère vient nous rappeler que l'ogre reste tapi derrière la candeur
apparente. L'avenir du rock français est en marche et il a les crocs.
CLARK Mai 2010
SFR Musique Fraiche
Yussuf Jerusalem - A Heart Full Of Sorrow
par Christian Eudeline
Mystérieux, solennel et mélancolique, l'album de Yussuf Jerusalem pose les
questions et révèle la musique d'un esprit tourmenté. Ecoutez et vous verrez,
ce disque ne ressemble à rien de connu.
Le premier morceau de cet album, dans sa réédition puisque par rapport au
premier pressage sorti il y a deux ans les titres ont été complètement
redistribués, fait irrémédiablement penser à Morrissey période Smiths, pour
son côté mélancolique et grandiloquent. Et ce n’est pas là la chose la moins
étrange de ce premier album enregistré seul dans une studette à deux pas
des puces de Saint-Ouen. Pourquoi par exemple une aussi grande
fascination pour les pochettes de disques de Christian Death ? Pourquoi
s’adonner à des plaisirs solitaires alors que la capitale française ne demande
qu’à partouzer ? Pourquoi flasher encore et toujours sur les mêmes albums :
le premier Pink Floyd, les trois premiers Big Star d’Alex Chilton et n’importe
quel Lee Hazlewood (avec Nancy Sinatra de préférence) ? Pourquoi s’être
d’abord concentré sur les Etats-Unis plutôt que sur son pays natal ?
Pourquoi une telle obsession pour l’opium du peuple ? Pourquoi se cacher
derrière un pseudo aussi référentiel (Yussuf pour la renaissance de Cat
Stevens (sans doute) et Jerusalem berceau de nombreuses religions) ?
Pourquoi ? Pourquoi ? Yussuf Jerusalem, ou Benjamin Daures dans la vraie
vie, n’a pour échapper à son quotidien que la musique et ces quelques
mélodies forcément mélancoliques qu’il égrène sur son 8 pistes. Aidé d’une
boîte à rythme archaïque, il évoque ses obsessions en anglais. Tout ne
ressemble pas aux Smiths, loin s’en faut, il faut même reconnaître que la
première chanson est plus pop que les autres, et que ce concept du one man
band (que l’on peut traduire par nouveau Rémi Bricka rock) s’avère quelque
peu monotone, mais il s’en dégage une ambiance encore plus étrange. Ce
sont là les divagations d’une âme tourmentée, une énergie primale, de l’art
brut, tout de même très versé dans le rock. Et si les titres sont tous aussi forts
les uns que les autres c’est qu’ils portent souvent l’empreinte de la
possession ou de la tourmente (We Ain’t Coming Back, The End Of
Tomorrow, A Heart Full Of Sorrow, Gilles De Rais, Jihad…) Ce disque
unique, Benjamin enregistre également sous le pseudonyme des Creteens
mais c’est une autre histoire, ne ressemble à rien de connu, et c’est pour
cette raison qu’on y jettera une oreille (religieuse tant qu’on y est…) pour
simplement comprendre ce que le spleen peut avoir de remarquable.
MAGIC mai 2010
A Heart Full Of Sorrow de Yussuf Jerusalem
Non, Cat Stevens n’a pas abandonné son actuel nom d’artiste. Le
sympathique vieux conteur barbu sort même un nouvel album acoustique ce
mois-ci, toujours sous l’alias Yusuf Islam, mais sans rapport avec celui du
jeune Yussuf Jerusalem dont la musique est, à première écoute, moins
apaisée que celle de son aîné. On laissera aussi de côté les allusions au culte
religieux, quel qu’il soit, tant ce garçon de Saint-Ouen, dénommé Benjamin
Daures pour l’état civil, ne semble pas porté par une ferveur autre que celle
qu’il manifeste envers le rock garage sixties. Celui-ci est compris au sens
large, avec une touche d’humour qui ne masque pas le caractère un peu
mélancolique et exutoire de cet album attachant : une imagerie death metal
pour la pochette mais, pour le tracklisting, une reprise chahutée de Jackie
DeShannon popularisée par Marianne Faithfull (With You In Mind), un
instrumental bancal et succinct (Jihad), un déroutant morceau caché de
grindcore au nom sanguinolent et approprié (Gilles De Rais)…
Est-ce un disque sonique en forme de rébus pour initiés ? Même si Yussuf
Jersusalem aime visiblement brouiller les pistes, on ne sent pas chez lui une
détermination à ne pas vouloir atteindre une audience autre que
confidentielle, qui violerait l’intimiste de son œuvre ou parce que sa poignée
de fans jalousent son élu et entend le partager en famille, et en famille
seulement. D’apparence bordélique (troublée ?), cette musique est pourtant
susceptible de grésiller aux oreilles de tous : des paroles éplorées en anglais,
mais des chansons batailleuses, une écriture versatile, mais des guitares
secouées à l’unisson, enfin une voix attachante, qu’elle soit écrasée ou non
par les réverbérations ou les compressions successives. Après la révélation
de Kurt Vile, 2010 apparaît comme une bonne année pour les enfants du 13th
Floor Elevators et de Brian Jonestown Massacre.
Julien Welter
MODZIK- Mai 2010
L’INDEPENDENT – 1 page
www.popnews.com
Qui donc se cache derrière ce sobriquet un brin provocateur? Un jeune
homme de 25 ans, Benjamin Daures, leader du groupe punk Creteens, qui a
écrit et enregistré seul, à Saint-Ouen, ce premier album. Sorti en avril sur le
label Born Bad, "A Heart Full of Sorrow" est juste un bon disque de rock
garage, gorgé de mélodies pop qui filent droit au coeur comme celui de mes
chouchous du moment, The Strange Boys, dont il pourrait être une sorte de
cousin éloigné.
Rodé par une tournée de trois mois aux Etats-Unis, Yussuf Jerusalem sera
invité au prochain festival La Villette Sonique (31 mai – 6 juin 2010). En
attendant cette date, Benjamin a accepté de nous dévoiler (un peu) l’univers
de ses chansons… On ne saura rien de l’origine de sa fascination pour Gilles
de Rais, mais quelque chose me dit qu’il préfère le satrape libidineux au
héros de la guerre de Cent Ans, frère d’arme d’une célèbre Pucelle…
We Ain't Coming Back
J'ai écrit ce morceau en pensant parler de la mort. En fait, j'ai réalisé que
c'était une chanson sur l'amour salvateur. C'est aussi le premier morceau que
j'ai écrit et enregistré pour cet album.
Multicolor
Ecrit et enregistré en moins de 30mn, celui-là parle de descente. "No
multicolor, just plain black and white", c'est l'ennui, le quotidien qui paraît plus
insupportable que jamais après un voyage.
The End of Tomorrow
Une cavalcade contre la faucheuse. On s'en sort toujours de justesse et on
continue au galop, mais tout droit vers la fin, irrémédiablement.
The One You Really Want
Parfois on fréquente quelqu'un, on danse avec, en sachant que ça ne mènera
nulle part. J'ai souvent l'impression de côtoyer la vie d'autres gens, sans
vraiment m'y investir, sans y participer honnêtement. Ça me rend triste et
mélancolique, comme Casper le fantôme.
A Heart Full of Sorrow
J'imagine Gilles de Rais, le cœur brisé par la mort de Jeanne, vendant son
âme à qui la voudra pour partir retrouver Dieu et le mettre devant ses méfaits.
Pour comprendre?
Greeting from Novi Sad
J'ai joué de la basse pour les Turpentine Brothers en Europe. C'était la
première fois de ma vie que j'allais dans les pays d'ex-Yougoslavie,
notamment en Serbie. On s'est retrouvé à Belgrade, le jour où le Kosovo
déclarait son indépendance.
Au milieu des feux et des émeutes dans la ville, le concert annulé (le groupe
étant américain), On a passé la nuit dans cette ambiance apocalyptique sans
informations sur la situation réelle. A Novi Sad, j'ai rencontré cette fille qui m'a
fait réaliser que dans toutes les pires situations, on arrive toujours à s'évader,
à retrouver la liberté et l'amour comme on le peut.
With You in Mind
Une jolie fille m'a fait écouter cette chanson, et j'ai voulu l'épater en
enregistrant une reprise. Sans succès.
Gilles de Rais
Sur le pressage américain, ce morceau servait d'ouverture à l'album. La
plupart des gens ne le comprennent pas, ils pensent que c'est une blague,
que c'est pour déranger...
Pourtant cette chanson est totalement honnête, je ne crois pas que tous les
morceaux d'un disque doivent sonner de la même façon. Les réactions sur ce
titre me permettent de trier les gens.
Propos recueillis par Luc Taramini
Photos par Julien Bourgeois
Merci à Benjamin et Adrien
www.concertandco.com
Œcuménique songwriter pop garage psyché, Yussuf Jerusalem livre un
manifeste - intitulé A Heart Full Of Sorrow - souhaitant provoquer des
vocations pour partir guerroyer contre la musique numérique et clinique dont
on nous abreuve à longueur de journées... Ce recueil de chansons
joyeusement déjantées a été enregistré et composé tout seul à la maison sur
un 8 pistes par Benjamin Daures, un membre imminent des augustes,
visiblement défunts et (bien nommés ?) Creteens. S'il fera hurler de rage les
adeptes du son laser ne sachant pas déceler un putain de bon morceau
derrière des grésillements distordus, A Heart Full Of Sorrow possède tous les
atouts pour ravir les fans de pop et de rock psychédélique marqués au fer
rouge par The Kinks, Them, 13th Floor Elevators, Roky Erickson et The
Velvet Underground. En se vautrant à la fois dans la dissonance et le culte du
bruit, tout en gardant une sincère passion pour la pop song parfaite avec
mélodies qui marquent et refrains qui tuent, Yussuf Jerusalem vient de publier
un disque oscillant magistralement entre pop sixties, rock fifties, surf, folk,
hardcore punk et drug music. C'est décalé, très varié et truffé de tubes, à
l'instar du vrillant Me Ain't Coming Back, du lancinant Multicolor, de
l'accrocheur The End Of Tomorow, du sonique Greetings From Novisad ou
encore du mélodique A Heart Full Of Sorrow. A signaler également, une
reprise efficiente et effrontée de Marianne Faithfull, With You In Mind.
Certains ex futurs bébés rockeurs navrants devraient en prendre de la graine
au niveau de l'écriture et de la rock 'n roll attitude ! Et le monde serait moins
fadasse...
Pierre Andrieu
PRESTO – Mai 2010
www.gonzai.Com
9 MAI 2010
A l'écoute de « A Heart Full Of Sorrow » - dernière sortie haute énergie de
chez Born Bad, pas évident de cerner le personnage nommé Yussuf
Jerusalem aka Benjamin Daures. On laissera volontiers les professionnels du
name dropping érudit pinailler sur les références (cf : Mark Lanegan, Rocky
Erickson, Syd Barrett, Jay Reatard, Joy Division, la Bible Belt gothique à la
Cormac McCarthy, on m'aura tout dit) pour monter directement le volume et
laisser Multicolor, le titre, s'échapper d'un cauchemar d'Hope Sandoval. On
peut voir ça comme ça, après tout.
Ecoute-il la pseudo nouvelle scène parisienne disparue ? Met-il du Rimel en
concert pour faire croire qu'il est intérieurement hanté par un démon de
Lovecraft ? Mange-t-il normalement ? Par quoi faut-il passer pour pondre tel
machin country bizarroïde couché sur ressorts d'amplis réverbérés comme ce
The One You Really Want réellement addictif ? Dans une société idéale, le
premier titre We Ain't Coming Back pourrait même cartonner en radio (en
quoi ? ? ?), mais à quoi bon ? Et puis, quel studio normalement équipé en
bon sens a pu laisser notre homme enregistrer ce qu'il voulait ?
Bon, que les paisibles amateurs de hi-fi
aillent se faire engluer par les Besnard Lakes, ici, on ne plaisante pas avec la
distorsion et cet album en est rempli jusqu'à la gueule ; ça crachote, grince,
vibre, c'est une ode à la gueule de bois, aux ruptures amicales ou non, ça en
raconte plus sur la vie que n'importe quelle drouille folkeuse dont les bars
parisiens sont friands, ces poireaux polis... "Paris la nuit c'est fini", entonnent
les ânes ? Rien du tout, archi faux, il s'en passe de ces choses, suffisait de
sortir...
Mis à part le fait que « A Heart Full Of Sorrow » soit un disque à acheter sur
le champ pour qui exige de la moelle sous l'os, c'est un album court (26
minutes tout au plus) qui ne se range pas. Au contraire, il pourrait devenir peu
à peu le confident spécial d'une race d'insomniaques cueillis au matin dans le
caniveau, une dague au cœur.
Si le gars se laisse facilement convaincre d'une entrevue dans un bistrot de
Château Rouge, il n'en est pas de même pour le baragouin. D'ailleurs - et il
l'annonce volontiers une mousse en main - les interviews formelles, c'est pas
son truc. Cependant, pas bégueule pour un rond et encore moins autiste, la
nouvelle signature Born Bad que les sourds prendront pour un nouveau Jay
Reatard en plus rugueux, est comme on l'imagine : normal, paisible, avenant,
en plein boulot (statut vérifié, il répare ces cochonneries de Vélib à longueur
de journée). Assez éloigné donc de l'imagerie dark-mec-cinglé-enregistrant-
seul-dans-son-corridor-étroit-parsemé-de-piques-médiévales que la pochette
du disque laisse présumer ; quoique... Précisions :
On enregistre où quand on s'appelle Yussuf Jerusalem ?
Yussuf: N'ayant pas assez de préamplis valables et de micros sous la main
pour tout balancer live, j'ai enregistré seul dans mon coin sur un 8 pistes
Tascam à cassette. L'idéal serait bien sûr d'en chopper un à bande mais...
A la fin du disque, il y a une minute de silence totalement détruite par un
morceau dément, « Gilles De Rais » !
Yussuf: En fait, l'album était déjà disponible aux Etats Unis en 2008 sur le
label Floridas Dying avec un track listing totalement différent. Alors que
justement c'était le morceau d'introduction dans le pressage US, le strict
tracklisting que j'avais conçu à la base ; cependant JB de Born Bad voulait
autre chose en ouverture. On s'est mis d'accord sur We Ain't Coming Back,
histoire de ne pas faire fuir tout le monde dès les premières notes.
Ça sort en vinyle ?
Yussuf: En vinyle oui, mais pas que. Le premier pressage oui, en K7 aussi
pour la tournée aux Etats Unis. Des cds, j'en ai plein, mais bon...
La rencontre avec Born Bad ?
Yussuf: Au départ, je connaissais JB de vue, surtout de réputation, mais tu
sais jusqu'à l'été dernier, j'étais guitariste dans Jack Of Heart, groupe qu'il a
également signé et puis dans les Creteens, mon premier groupe punk sale...
Vous vous êtes notamment fait remarquer à Strasbourg...
Yussuf: Ah ouais, par le biais de Seb
Normal on a pu faire quelques dates au Molodoi, dans le club mythique du
Zanzibar ; sur une péniche aussi... à Strasbourg il y avait des gens concernés
et un excellent magasin de disques coincé dans une ruelle où le mec ne
passait que du métal extrême, des trucs pas possibles (Diabolus In Musica,
aujourd'hui remplacé par... un coiffeur, nda). On ne jouait pas dans les
« salles de musique actuelles » hein. D'ailleurs avec Yussuf Jerusalem on
prévoit de faire une tournée en Europe de l'est - Serbie, Croatie, Slovénie, etc
- pas forcément pour jouer comme des malades, peut être plus pour voyager.
Pour l'anecdote pourrie je me souviens qu'on s'était entièrement fait piller le
camion à Rome avec Jack Of Heart : 6 guitares, tous nos sacs, l'ordi.. Et tout
ça devant un poste de police !
Rome ville ouverte !
Yussuf: Maintenant, je dors dans le camion.
On nous rabat les feuilles avec la crise du disque et toi, comme ça, tu en sors
un?
Yussuf: Bof non, je ne me pose pas la question. En fait j'ai commencé j'avais
15 piges, j'ai acheté une basse et trois mois après j'enregistrais un disque
avec mes potes, voilà. On m'a demandé « ça te dirait de faire un 45t ? », tu
parles si j'étais content ! Jamais démarché qui que ce soit, jamais rien fait en
ce sens, je joue parce que ça me fait marrer et puis, ça serait trop déprimant
de ne pas le faire. Les disques, les groupes, impossible de m'en passer, c'est
important. Bon, maintenant j'ai un boulot fixe mais avant... Exemple : la
dernière tournée effectuée, me suis barré 3 mois de mon taf sans prévenir
personne ; quand je suis revenu j'avais reçu un avertissement pour 4 JOURS
d'absence. Z'ont rien capté ; m'enfin, de là à engranger tous les jours... Le
boulot pour moi ça aide à vivre, à pouvoir aller boire des coups au bistrot, à
réparer son ampli en rade.
Tu joues sur quoi ?
Sur un Fender Deluxe Reverb avec ma Strat. Un os aussi que j'ai acheté 40 $
dans le Tennessee, une Harmony sunburst 60's à coté de Memphis pendant
la première tournée US, embarqué par Jeffrey Novak (un Kevin Ayers US et
lettré, signé entre autre chez In The Red - nda) dans un magasin au milieu de
nulle part où le proprio répare ses choses à longueur de journée, ce vieux
briscard a de ces trésors... La mienne est impossible à accorder correctement
comme on se doute, mais ce son ! Je me dis toujours que c'est pas plus mal
de se faire la main sur ce genre de râpe ; dès que tu passes sur un vrai
modèle, eh, ça vole !
En effet. Bon, flicaillons qu'on est, quels sont tes disques de chevet ?
Yussuf: Des disques, des disques... Au départ j'étais vraiment branché
garage punk, tous les dégénérés, les Oblivians, ces trucs là, grosse période !
les sixties bien sûr... j'écoute aussi pas mal de blues, Skip James, les grands
du Delta, la clique de chez Fat Possum : T Model Ford vu en concert, génial !
Et puis... Beaucoup de métal ; les gens ne comprennent pas mais... le black
métal tiens ! Bon, pas celui des magazines, pas le symphonique à jabot non,
plutôt toute cette frange souterraine s'enregistrant sur un 4 pistes K7 ;
polonais, serbes, bulgares, des trucs bien craignos qui sortent de la forêt
quoi. Du stoner aussi. J'aime beaucoup Sleep, l'album Dopesmocker, un
double Lp, un morceau par face, tous ces machins à la Electric Wizard, St
Vitus, du doom à lampes... En ce moment je me fais une grosse session de
Creedence et le T-Rex pré-glam avec le mec aux bongos.
Kevin Ayers ? Le morceau - interlude Jihad me faisait penser à son
Irreversible Neural Damage avec Nico.
Yussuf: En fait, c'est Valentin le
bassiste de la formation scénique qui l'a pondu lui même. Le seul truc que je
n'ai pas enregistré, je trouvais ça marrant... Eh, on a oublié plein de choses :
le rap ! Dj Screw, un fondu texan sous codéine qui ralentissait tout, les beats,
les voix ! Le gars est mort à l'heure actuelle. Sans blague, un disque qui m'a
vachement marqué c'est celui de Rocky Erickson avec les Aliens, celui de
1980 produit par Stu Cook de Creedence, un truc pas possible. Toujours été
fan des 13th Floor Elevator, mais cet album là... jamais pu décrocher ;
d'ailleurs je l'ai vu en concert aux States en octobre 2009 et il a joué TOUS
les morceaux de l'album, fabuleux ! Ca et Dead Moon de Portland embarqué
par ce cinglé de Fred Cole, lui qui trafique des groupes depuis les 60's ;
encore un mec parfait.
Tu vas souvent traîner là bas ?
Yussuf: Yep. L'année dernière, je suis parti 2 mois en concert avec Yussuf,
un mois avec Jack Of Heart, avec les Crusaders Of Love - groupe génial de
Lille, un mois avec Brimstone Howl (du Nebraska, signé chez Alive, label High
Energy ! !), un excellent groupe avec lequel j'ai adoré jouer.
La question bête : on te compare à Jay Reatard, ton avis ?
Yussuf: Sais pas. Je l'ai connu ici quand il est venu jouer avec les Lost
Sounds, truc que j'ai écouté pendant des heures. Il était en day of à Paris et
ne savait pas vraiment ou dormir, c'était l'hiver et je l'ai tout simplement invité
chez moi. L'été suivant je partais aux USA en croisant de temps à autre toute
sa clique à Memphis. Alors oui, pour les Creteens l'affiliation avec les
Reatards je comprends, mais maintenant... C'est assez éloigné de ce que je
fais non ?
Et les films, parlons des films !
Yussuf: : Ouais, depuis que je suis minot j'en bouffe à la pelle. Mon père
bosse en médiathèque alors tu peux imaginer. Ceux de Jarmush ; suis
pourtant pas trop fan de Tom Wait mais Down By Law reste assez marquant.
Les films de zombies, tous les Roméro. Tiens, voilà un genre qui me fout les
jetons au premier degré ; avec ma frangine on branchait une sorte de
décodeur Canal + et on restait là à matter ces monstruosités, complètement
flippés ! Attends, le film que j'ai dû regarder 20 fois c'est Conan le Barbare !
Le premier, hein, pas confondre avec la suite merdique. J'ai lu les bouquins
d'Howard, ces gros pavés... Et les bd, énormément, l'heroic fantasy que les
gens considèrent comme un style mineur, voire pire, alors que - sans rentrer
dans le détail - y a vraiment des perles immanquables. Beaucoup de SF
évidemment... J'aimerais bien trouver d'ailleurs les vieux numéros de Métal
Hurlant ; chaud ça.
Si on tape Yussuf Jerusalem sur Youtube, on peut voir un clip de With You In
My Mind, reprise surprise de Marianne Faithfull avec des images
stroboscopiques d'Aleister Crowley, tout le bestiaire de la Golden Dawn,
pentagrammes et colifichets inclus. Fait exprès ?
Yussuf: Ah non, n'y suis pour rien, je ne sais même pas qui l'a fait. Un type
m'avait envoyé un mail après notre deuxième concert qui lui avait plu, c'est
tout. En même temps, c'est vrai que j'aimerais bien m'essayer aux clips, tout
monter, expérimenter, ça c'est intéressant. Bon, quand je serai au chômage
hein.
Une bière de plus et c'est le retour au trottoir. On fuit derrière nous la meute
hurlante accrochée au poste TV du bar, match de foot oblige pour retourner
sur le trottoir. Moment pour Benjamin de repartir au charbon, réparer ces
foutus vélib et, qui sait, de bricoler encore et encore sur son 8 pistes, des
morceaux que personne n'a jamais entendu, jusqu'au prochain disque...
Yussuf Jerusalem // A heart full of sorrow // Born Bad
http://www.myspace.com/ridersofallah
Yussuf Jerusalem sera en concert le 2 juin au Trabendo dans le cadre de
« La Villette Sonique »
CHRONIC’ART (Mai 2010 )
YUSSUF JERUSALEM - A heart full of sorrows (Born Bad)
Fort d'une avantageuse réputation Outre-Atlantique, Yussuf Jerusalem est sur
toutes les bouches des jeunes hipsters qui emmerdent le monde, et on
comprend pourquoi. La pochette, convoquant les ténèbres d'un bûcher
médiéval, laisse croire qu'on est en passe d'écouter un brûlot Black Metal.
Fausse route: les neuf titres, dont le catchy "We Ain't Coming Back" et une
ahurissante reprise de Marianne Faithfull, oscillent entre college rock
nonchalant immolé par le fuzz et folk-pop rugueuse aux intonations
traînantes, avec la juste dose de coolitude craspec et d'arrogance punk low-fi.
En embuscade sur la dernière piste, un ultime sursaut de graillon metalleux
bien vénère vient nous rappeler que l'ogre reste tapi derrière la candeur
apparente. L'avenir du rock français est en marche et il a les crocs.
VOXPOP
YUSSUF JERUSALEM | POP UP
Yussuf Jerusalem est le projet garage le plus stimulant de la scène parisienne
actuelle. Leur premier album A Heart Full Of Sorrows est récemment sorti
chez Born Bad Records. L’écouter c’est un peu se laisser emporter dans une
épopée chevaleresque à destination d’une terre dangereuse et sans espoir.
Enfouies sous le bruit qu’ils adorent faire, les chansons de ce disque sont
mélodieuses, intelligemment calibrées et terriblement accrocheuses. A la vue
des rares interviews de Benjamin Daures, leader du groupe, qui traînent sur
la toile, on pensait se retrouver face à un mec froid voir un peu agressif. Un
mec qui n’en à rien à foutre. On était à côté de la plaque. A l’occasion du
concert donné à Paris pour la sortie de A Heart Full Of Sorrows, c’est un
garçon timide, un peu angoissé et vraiment sympa qui répond à nos
questions. Rencontre avec Benjamin Daures et Valentin, son ami qui tient la
basse.
Vous avez récemment signé chez Born Bad Records, comment ça s’est
passé ?
C’est Born Bad qui m’a approché. En fait le disque est sorti dans un premier
temps et confidentiellement aux Etats-Unis, sur un label de punk-rock qui
s’appelle Florida’s Dying, des mecs d’Orlando. La sortie américaine s’est
vendue très vite : 900 vinyles partis principalement là-bas. Ici on est passé un
peu inaperçu : il n’y avait que très peu de copies, peu de gens avaient
l’album. Born Bad a quand même un pied dans la scène garage où moi je
circule. Ils avaient déjà signé et sorti l’album de Jack of Heart, qui était mon
ancien groupe. J’y faisais de la guitare. C’est quand même un petit milieu de
groupes.
Ca vous fait quoi de jouer du garage en 2010 ? Les thèmes ne sont plus les
mêmes, de quoi parlent tes chansons ?
Le garage c’est venu du punk. J’ai commencé par être fan de métal. Ca m’a
ramené vers le punk. Et du punk je suis passé par tous les sous-genres : le
hardcore et puis surtout le garage. En fait, ce qui me plaît c’est tout ce qui
s’enregistre à l’arrache. Je n’arrive pas à écouter ce qui passe à la radio. Je
ne fais pas d’électro, ni de rap. J’ai une guitare et depuis toujours j’écoute du
garage. C’est ce qui me vient naturellement. Après, forcément, les thèmes
changent avec le temps. Mes chansons parlent de… ce sont des chansons
d’amour. Plus ou moins des chansons d’amour et de guerre.
Et contre qui partez-vous en guerre ?
Je ne sais pas… Contre le monde dans lequel on vit. Je pars en guerre contre
me lever et partir au travail le matin. J’ai beaucoup d’ennemis, mais aucun en
particulier. Je ne m’occupe pas trop d’eux.
We Ain’t Coming Back Ŕ Yussuf Jerusalem
http://www.youtube.com/watch?v=esIULbpjeWI&feature=related
J’imagine qu’il est difficile pour vous de vivre de votre musique. T’as un job à
côté ?
Ouais, je répare des vélos. Je fais ça 35 heures par semaine. Je trouve que
les vélos ça n’est pas plus idiot qu’autre chose. Au moins ça sert à quelque
chose. J’ai commencé par faire de la musique, j’ai beaucoup tourné. Genre il
y a quelques années j’étais la moitié du temps en tour. C’est un peu pour
sortir des tournées que je me suis mis à travailler. Histoire d’avoir une vie un
peu plus saine et aussi avoir de l’argent pour l’investir dans du matos. Et puis
pour tenter autre chose. J’ai 25 ans et je pense qu’à mon âge c’est pas mal
d’essayer de travailler un peu. Goûter à la vie que les gens ont autour de moi.
Ca permet aussi de rencontrer des gens que je ne fréquente pas dans la
scène du garage. On ne gagne pas d’argent avec la musique. Le label sert à
éviter qu’on en perde trop.
Et vous deux, comment vous êtes vous rencontré ? Vous avez joué ensemble
au sein des Creteens, non ?
Valentin : Oui, on jouait ensemble dans notre dernier groupe, les Creteens. A
la base, je ne viens pas vraiment de cette scène là. J’ai un autre groupe de
métal hardcore… J’ai commencé le garage avec Benjamin dans les Creteens
et Yussuf… On s’y est rencontré par un pote en commun puis on a joué
ensemble.
Benjamin : En fait dans les tournées des Creteens, les musiciens changeaient
assez souvent. J’ai fait des tournées aux USA aussi et c’étaient des
américains qui jouaient avec moi. Et puis ça me permettait de bouger. Les
dernières années c’était avec Valentin et puis d’autres vrais potes. C’était plus
pour se retrouver entre nous. C’était des tournées de punk rock, assez roots
donc. Tu dors par terre, tu joues pour trois fois rien et le matin tu vas manger
au Mc Donald parce que tu ne peux pas acheter autre chose. Moi ça me
faisait marrer.
Ce nom, Yussuf Jerusalem, t’as trouvé ça comment ?
Tout le monde se pose un peu la question. Je ne sais pas. Yussuf, c’est un
peu un hommage à Cat Stevens qui s’est rebaptisé en Yussuf Islam. Il a fait
la musique de Harold and Maude, un film que j’adore. Et Jerusalem parce que
je trouve que ça représente bien la guerre. Quelqu’un a dit que c’était le
berceau des religions. J’ai un peu l’impression que c’est aussi le berceau de
la guerre… Ca donne un peu le concept de la musique qu’on fait : de la pop
guerrière.
T’as l’air d’avoir un rapport à l’histoire et au moyen-âge assez particulier. On
l’entend vraiment sur l’album.
J’aime beaucoup lire des bouquins d’histoire de la période médiévale. Ca me
fascine. Toute l’histoire de France de Michelet, les Croisades, la vie de
Jeanne D’Arc. Ca me permet aussi de me rapprocher au lointain, à la culture
française. C’est vrai qu’on ne fait pas forcément de la musique française.
Je n’ai jamais mis les pieds à l’école. En fait ça n’est pas obligatoire si on écrit
deux ou trois courriers… Maintenant c’est devenu plus chaud. Mais à
l’époque, dans les années 80’, c’était encore faisable. Mes parents ont fait ce
choix plutôt que de m’y envoyer. Je restais chez moi. Je faisais des Gi Joe et
puis je suis passé aux Elfes et aux dragons. Si on m’y avait forcé, je n’aurai
sûrement jamais lu des bouquins d’histoire.
With You In Mind Ŕ Yussuf Jerusalem
http://www.youtube.com/watch?v=UdR5rxzEI58
Vous habitez tous les trois en banlieue parisienne ? C’est là que vous avez
commencé à jouer ?
Valentin : moi je suis de Créteil dans le Val de Marne. Avant j’habitais dans le
Val d’Oise.
Benjamin : J’ai grandit dans le 93, à Aubervilliers. Et puis après j’ai déménagé
à Saint Ouen pour me rapprocher un peu. Nicolas, le batteur, est de Saint
Ouen aussi. On répète dans une cave.
Il se dit que tu as enregistré l’album tout seul sur un vieux 8 pistes…
J’ai enregistré l’album dans ma piaule, sur une machine qui coûte 100 euros.
L’album est très mélancolique. D’où te viennent ces chansons, tous ces
sorrows ?
Benjamin : Je ne sais pas si je suis quelqu’un de mélancolique ou pas.
Sûrement l’hiver, ça m’arrive d’être dans un état un peu spécial. Ca vient de
partir des mois en tournées, de mener une vie assez particulière et puis de se
retrouver chez moi à ne plus rien faire du tout. En l’occurrence l’album je l’ai
enregistré dans cet état là. Sur les genoux après des tournées de trois mois.
Valentin : J’en sais rien de comment il fonctionne. Ca lui passe par la tête,
c’est un état d’esprit. Je l’ai vu plusieurs fois entre deux tournées. Il n’est pas
dans un état normal : dans le vague, un peu perdu, déconnecté. Il s’est
retrouvé à composer ses trucs instinctivement. Après c’est de fil en aiguille.
Y’a un disque qui est sorti, des concerts et des tournées. Maintenant faut en
parler, mais à la base ce n’était pas réfléchi.
Benjamin : Ce n’est pas un album que j’ai enregistré en pensant le sortir. En
l’occurrence, un pote en Floride m’a proposé de le sortir direct et c’est ce qui
a créé le groupe. Avant je faisais ça dans mon coin. Les morceaux ne sont
pas calculés. C’était vraiment fait à l’instinct. Je n’écris pas trois chansons en
même temps. Je suis vraiment sur une chanson et après je passe à l’autre.
Ce qui sort vient naturellement, sans trop réfléchir.
Tu as pris du temps à l’enregistrer ?
Vu que j’ai fait l’album entre des tournées, des trucs que je faisais, ça m’a pris
à peu près un an. Ca n’était pas un projet actif, car je faisais Jack of Heart de
façon très intensive. Etalé une semaine par-ci, une semaine par-là…
Maintenant on est un groupe qui tourne. Mais je continue à faire mes trucs
dans mon coin car c’est comme ça que j’arrive à travailler.
Sur A Heart Full of Sorrows, tu reprends With You in Mind, une chanson
popularisée par Marianne Faithfull.
C’est une des toutes premières que j’ai enregistré. Je l’ai faite car c’était le
morceau préféré d’une fille. J’ai voulu un peu l’épater en faisant une reprise.
En fait, ça n’a pas marché. Elle préférait l’originale ! Il y a bien souvent une
fille derrière mes chansons.
Yussuf Jerusalem est votre projet qui marche le mieux. Vous avez des
ambitions pour ce groupe ?
Valentin : Nos ambitions ? Ca revient au côté instinctif dont on parlait. Le truc
n’a pas été composé pour être un album, ni un groupe. On n’a pas d’objectifs.
On va essayer de rester sur la même dynamique. Même quand on parle entre
nous, on ne calcule pas. Si ça se trouve, demain on va parler sur MSN et on
se dira « eh, on part en tournée en décembre ! »
Benjamin : On n’a pas de planning. On ne veut pas se prendre la tête, on ne
veut pas de cahiers des charges. On s’en fout. Je pense que la réelle
ambition ça serait de sortir un album pour pouvoir tourner dans les pays de
l’Est. Parce que c’est cool. C’est un endroit qu’on aime bien. J’ai envie d’aller
explorer à l’Est. La différence c’est qu’avec nos précédents groupes on jouait
dans des caves pourries et on avait trois bières. Là on est amenés à jouer
dans des endroits un peu plus professionnels, plus beaux. Mais je ne suis pas
allé vers ça moi, je m’en fous. A la base je joue dans des caves devant 10
personnes.
Photographies de Louis Canadas
Légende Photo : Benjamin Daures, Nicolas (batteur) et Valentin (bassiste)
Yussuf Jerusalem est le projet garage le plus stimulant de la scène
parisienne actuelle. Leur premier album A Heart Full Of Sorrows est
récemment sorti chez Born Bad Records. L’écouter, c’est un peu se
laisser emporter dans une épopée à destination d’une terre hostile.
Enfouies sous le bruit qu’ils affectionnent, leurs mélodies se révèlent
diablement accrocheuses.
A la vue des rares interviews de Benjamin Daures (chanteur-guitariste) qui
traînent sur la toile, on s’imaginait déjà face à un mec mal luné voire
franchement agressif (comme vous le verrez en cliquant ici). Il n’en aurait
probablement rien à foutre. Mais on se révélera clairement à côté de la
plaque. A l’occasion du concert donné à Paris pour la sortie française de A
Heart Full Of Sorrows, c’est un garçon affable mais surtout ostensiblement
timide que nous rencontrerons, accompagné de son bassiste Valentin Valère.
Vous avez récemment signé chez Born Bad Records, comment ça s’est
passé ?
C’est Born Bad qui m’a approché. En fait, le disque est sorti dans un premier
temps et confidentiellement aux Etats-Unis, sur un label de punk-rock qui
s’appelle Florida’s Dying basé à Orlando. Il s’y est très bien vendu : neuf cent
vinyles écoulés là-bas. Ici, on est passé un peu inaperçu. Born Bad a quand
même un pied dans la scène garage où moi je circule, et ils avaient déjà
signé et sorti l’album de Jack of Heart, mon ancien groupe où j’étais le
guitariste.
Le garage-rock est né en réponse à la répression sexuelle et à la
création de l’adolescence. De quoi doit-il parler après quarante ans
d’existence ?
J’ai commencé par être fan de métal, qui m’a ramené vers le punk. Et du
punk je suis passé par tous les sous-genres : le hardcore mais surtout le
garage. En fait, ce qui me plaît, c’est tout ce qui est enregistré à l’arrache. Le
garage me vient naturellement, dès que j’ai une guitare en main. Après,
forcément, les thèmes doivent changer avec le temps. Mes chansons parlent
de… (gêné) ce sont des chansons d’amour. Ouais, c’est ça. Plus ou moins
des chansons d’amour et de guerre.
De guerre ? Mais contre qui ?
Je ne sais pas… Contre le monde dans lequel on vit. Je pars en guerre contre
me lever et partir au travail le matin. J’ai beaucoup d’ennemis, mais aucun en
particulier. Je ne m’occupe pas trop d’eux.
WE AIN’T COMING BACK – YUSSUF JERUSALEM
J’imagine qu’il est difficile pour vous de vivre de votre musique. Tu as
un job à côté ?
Ouais, je répare des vélos. Je fais ça à 35 heures par semaine. Ça n’est pas
plus idiot qu’autre chose. Au moins ça sert à quelque chose. J’ai commencé
par faire de la musique, j’ai beaucoup tourné. Il y a quelques années j’étais la
moitié du temps sur la route. C’est pour sortir des tournées que je me suis mis
à travailler, histoire d’avoir une vie un peu plus saine et aussi avoir de l’argent
pour l’investir dans du matos. Et puis pour tenter autre chose : j’ai 25 ans et je
pense qu’à mon âge c’est pas mal d’essayer de travailler un peu. Goûter à la
vie que les gens ont autour de moi. Ca permet aussi de rencontrer des
personnes autres que celles que je fréquente dans la scène du garage. On ne
gagne pas d’argent avec la musique, mais au moins, avec un label, tu n’en
perds pas trop.
Vous aviez déjà joué ensemble, non ?
Valentin : Oui, on jouait ensemble dans notre dernier groupe, les Creteens. A
la base, je ne viens pas vraiment de cette scène là. J’ai un autre groupe de
métal hardcore… le garage c’est venu avec Benjamin, dans la période
Creteens puis maintenant avec Yussuf. Comme beaucoup de monde, on s’est
rencontrés grâce à un pote en commun.
Benjamin : En fait dans les tournées des Creteens, les musiciens changeaient
assez souvent. J’ai fait des tournées aux USA aussi et c’étaient des
Américains qui jouaient avec moi. Et puis ça me permettait de bouger. Les
dernières années c’était avec Valentin et puis d’autres potes. C’était plus pour
se retrouver entre nous. C’était des tournées complètement roots donc : tu
dors par terre, tu joues pour trois fois rien et le matin tu vas manger au Mc
Donald’s parce que tu ne peux pas acheter autre chose. Ça me faisait marrer.
Ce nom, Yussuf Jerusalem, ça vient d’où ?
Tout le monde se pose un peu la question. Je ne sais pas. « Yussuf» , c’est
un peu un hommage à Cat Stevens qui s’est rebaptisé « Yussuf Islam» . Par
ailleurs, il a fait la musique de « Harold and Maude» , un film que j’adore. Et
« Jerusalem» parce que je trouve que ça représente bien la guerre.
Quelqu’un a dit que c’était le berceau des religions. J’ai un peu l’impression
que c’est aussi le berceau de la guerre… Ça donne un peu le concept de la
musique qu’on fait : de la pop guerrière.
L’histoire et le Moyen-Âge sont bien présents sur le disque. Vous êtes
fans de Donjons et Dragons ou quoi ?
Oui ! J’aime beaucoup lire des bouquins d’histoire de la période médiévale.
C’est carrément fascinant. Toute l’Histoire de France de Michelet, la période
des Croisades ou de la vie de Jeanne D’Arc. Ça me permet aussi de me
raccrocher au lointain, à la culture française. Mais au-delà de ça, je n’ai
jamais mis les pieds à l’école.
Quoi ? En France ? Dans les années 80 ?
En fait ça n’est pas aussi obligatoire que ça. Tu as juste à écrire deux ou trois
courriers… Maintenant c’est devenu plus chaud d’après ce que j’en ai
compris. Mais à l’époque, dans les années 80, c’était encore faisable. Mes
parents ont fait ce choix plutôt que de m’y envoyer. Je restais chez moi. Je
jouais aux GI Joe et puis je suis passé aux Elfes et aux dragons. Si on m’y
avait forcé, je n’aurais probablement jamais lu de bouquins d’histoire.
WITH YOU IN MIND – YUSSUF JERUSALEM
L’album est très mélancolique. D’où te viennent ces chansons, tous ces
sorrows ?
Benjamin : Je ne sais pas si je suis quelqu’un de mélancolique. Sûrement
pendant l’hiver, car il m’arrive d’être dans un état un peu spécial. C’est une
des conséquence de partir des mois en tournées, de mener une vie assez
particulière et puis de se retrouver chez soi à ne plus rien faire du tout. En
l’occurrence, cet album je l’ai enregistré dans cet état d’esprit là, sur les
genoux, après des tournées consécutives de trois mois.
Valentin : Je ne sais pas comment Benjamin fonctionne. Ses chansons lui
passent par la tête, c’est un état d’esprit qui lui est propre. Je l’ai vu plusieurs
fois entre deux tournées, et il n’est pas dans un état normal, dans le vague,
un peu perdu, déconnecté. A la base on n’a pas pensé à enregistrer un
disque, c’est plutôt une collection de chansons.
Benjamin : Ce n’est pas un album que j’ai enregistré en pensant à une sortie
éventuelle. En l’occurrence, un pote en Floride m’a proposé de le sortir et
c’est en quelque sorte ce qui a « créé» le groupe. Avant, je faisais tout ça
dans mon coin. Les morceaux ne sont pas calculés. Je n’écris jamais trois
chansons en même temps, ce qui sort vient naturellement, sans trop réfléchir.
Tu as pris du temps pour l’enregistrer ?
Vu que j’ai fait l’album au milieu des tournées entre autres choses, ça m’a pris
à peu près un an. Ça n’était pas un projet actif, car j’étais dans Jack of Heart
de façon très intensive. Maintenant Yussuf Jerusalem est un groupe qui
tourne. Mais je continue à faire mes trucs dans mon coin car ce n’est que
comme ça que j’arrive à travailler.
Sur « A Heart Full of Sorrows» , tu reprends « With You in Mind» , une
chanson popularisée par Marianne Faithfull.
C’est une des toutes premières que j’ai enregistrées. J’ai fait ça pour épater
une fille, mais pour tout t’avouer, ça n’a pas marché… elle préférait l’originale
! Il y a bien souvent une fille derrière mes chansons.
Yussuf Jerusalem est-il un groupe ambitieux ?
Valentin : Je vais en revenir au côté instinctif dont on parlait. Ces chansons
n’ont pas été composées pour être sur un album, ni jouées par un groupe. On
n’a pas d’objectif, si ce n’est d’essayer de rester sur la même dynamique.
Même quand on parle entre nous, on ne calcule rien. Si ça se trouve, demain
on va parler sur MSN et on se dira « eh, si on partait en tournée en
décembre? ».
Benjamin : On n’a pas de planning. On ne veut pas se prendre la tête, on ne
veut pas de cahiers des charges. On s’en fout. Je pense que la réelle
ambition ça serait de sortir un album pour pouvoir tourner dans les pays de
l’Est, c’est un endroit qu’on aime bien, qu’on a envie d’explorer. Mais la
différence est claire… avec nos précédents groupes on jouait dans des caves
pourries et on avait trois bières. Là, on est amenés à jouer dans des endroits
un peu plus professionnels, plus beaux. Mais je ne suis pas allé vers ça de
moi-même. A la base, je suis fait pour jouer dans des caves devant dix
personnes.
http://www.brain-magazine.com
YUSSUF JERUSALEM - POUR UNE APOCALYPSE
Jeudi, 27 Mai 2010
On nous avait dit beaucoup de choses au sujet de Benjamin, le chanteur de Yussuf
Jerusalem, qu'on avait découvert l'an dernier grâce à Vice. Entre autres que c'est
un sale con prétentieux qui déteste tout le monde et qui dévore des bébés. Vivants.
En vrai, ce garçon mange des jambon-beurre au Clair de Lune, son "bar de
hooligans" préféré, quand on le sort du lit à 14 heures pour faire une interview. Et il
est plutôt sympa.
Vous avez passé un moment en tournée aux Etats-Unis, comment ça s'est
passé ?
Benjamin : Ça a duré deux mois, et sur deux mois t'as forcément des hauts et des
bas. Des bons concerts et aussi pas mal de plans à l'arrache. Moi je connais surtout
le Sud et la Côte Est, parce que j'y avais déjà tourné avec d'autres groupes, et la
Côte Ouest c'était une première. J'avais pas les contacts et du coup c'est une
bookeuse qui s'est occupée de la gestion et il y a eu des trucs un peu foireux. Par
exemple on est arrivés dans un club à mi-parcours, et là notre contact c'est le
numéro d'un mec qu'on appelle et qui nous dit qu'il travaille plus pour ce club depuis
quatre ans. Et quand tu sais que t'as quinze dates derrière bookées par la même
nana... On a bien failli dormir sur des parkings.
Vous avez tourné seuls ou avec d'autres groupes ?
Benjamin : Non, on a tourné avec Thomas Function, qui sont signés chez Fat
Possum. Un groupe de Huntsville, Alabama. Et puis des groupes locaux se
rajoutaient, ou d'autres groupes en tournée, comme Digital Leather. Surtout des
groupes américains. On a aussi fait quelques festivals, dont le "Scion Garage Fest"
organisé par Vice à Portland, avec Roky Erickson et les Black Lips.
Vous êtes en contact avec les mecs de Vice ?
Benjamin : On connaît ceux de Paris, mais aux Etats-Unis c'est différent, c'est un
truc énorme. Ils ont des tas de trucs à gérer, c'est plus difficile de garder contact.
C'est devenu une institution, ils ont même un label.
Oui, c'est eux qui gèrent les Black Lips.
Benjamin : Eux, je sais pas si ils vendent beaucoup de disques, mais ce qui est sûr
c'est qu'en tournée ça cartonne. Ils en remplissent des salles... Je pense que Vice
se fait probablement pas mal d'argent avec eux.
Au fait, tu travailles pour Vélib, comment tu t'es débrouillé pour qu'ils te
laissent partir autant de temps ?
Benjamin : Ben je les ai pas prévenus en fait. Je suis juste parti trois mois et quand
je suis revenu à Paris, ils m'avaient pas viré ni rien donc j'y suis retourné pour voir
et ils m'ont fait "ah, ça va mieux tes problèmes ? écoute, tiens, ton sac est là". En
fait ils n'avaient aucune idée de ce que j'avais fait. Comme j'avais eu un malaise
cardiaque juste avant de partir, et que j'avais été arrêté par un médecin, ils
croyaient que c'était la prolongation de mon arrêt maladie.
Tu t'y vois toujours dans quelques années ?
Benjamin : Dans quelques années, je me vois... au Clair de Lune en fait. Ou alors
je serai peut-être passé un peu plus bas, je jouerai au Rapido, j'essaierai de me
refaire pour pouvoir acheter des cordes.
Mais tu crois pas en la fin du monde en 2012 ? Le morceau The End of
Tomorrow c'est une référence apocalyptique non ?
Benjamin : Non non, ça parle d'une autre fin du monde. Je ne suis pas inspiré par
les trucs cosmiques comme le calendrier aztèque... Je me pose pas trop la
question, mais peut-être qu'en décembre 2012 je serai en train de me chier dessus
en regrettant de t'avoir dit ça. Enfin si c'est la fin du monde à ce moment-là, ce sera
pas plus mal. (Il a tout de même un compte à rebours de la fin du monde en 2012
sur sa page facebook, ndlr).
Et le morceau Evil Rise, c'est ton hommage au metal norvégien ?
Benjamin : Non, c'est juste un morceau qui n'est pas encore sur un disque mais qui
devrait bientôt. Sans doute sur le deuxième LP qu'on va sortir. En fait le premier
que Born Bad a sorti était sorti avant aux Etats-Unis, et là on prévoit un nouveau
truc.
Vous marchez mieux là-bas ?
Benjamin : Non, je crois que c'est partout pareil. Ça marche même en Europe,
même en France. Dans toutes les villes, t'as deux, trois abrutis qui écoutent du
garage, alors ça passe. Vu de l'extérieur, ça doit ressembler à un milieu hyper
confidentiel, mais quand on baigne dedans depuis un moment on se rend compte
qu'il y a un réseau qui existe, même s'il reste en dehors des grosses salles. C'est
pas plus mal d'ailleurs, même si à terme j'aimerais bien gagner de l'argent en
faisant rien. Ça me prend pas de temps, je répète chez moi, j'enregistre sur mon lit.
D'ailleurs, ça devient invivable tellement j'ai amassé d'amplis, de pré-amplis, de
micros. Dieu merci, je suis pas encore tombé dans les claviers, je connais des gens
qui collectionnent les vieux claviers analogiques. Mais entre les basses, les
guitares, et les deux batteries que j'ai dans ma chambre...
En fait t'es le Anton Newcombe (leader du Brian Jonestown Massacre ndlr)
français... pourquoi t'as un groupe ?
Benjamin : Ben pour pouvoir faire des concerts en fait. Mais oui, je procède comme
lui dans Dig!, je fais des morceaux tout seul en me samplant.
D'ailleurs, quand on envoie un mail à Newcombe, c'est comme avec toi, on se
fait harceler par la maison de disques...
Benjamin : Ouais, en fait une maison de disques ça sert à ça, à envoyer plein de
mails relou et à faire le travail de relance que nous on a pas trop envie de faire.
On nous avait dit que tu répondrais pas aux mails de toute façon.
Benjamin : Moi ? J'ai si mauvaise réputation que ça ? Haha, c'est tant mieux. Non
mais c'est juste parce que j'aime pas les interviews mail. T'es assis derrière ton
ordinateur comme un con à répondre à dix questions qui ont rien à voir les unes
avec les autres, t'as l'impression de faire tes devoirs. J'en avais fait quelques-unes
pour les gars qui font des fanzines, ils fonctionnent pas mal comme ça. C'est une de
mes premières interviews en face à face.
Est-ce que tu accepterais de jouer pour "My Sweet Sixteen" ?
Benjamin : Non, je crois pas que ce soit un truc hyper marrant. Comme je refuse
de jouer pour des soirées étudiantes. Ce public ne m'intéresse pas, même si on n'a
pas vraiment le luxe de choisir.
C'est quoi ton public idéal ?
Benjamin : Le public parfait c'est les potes. C'est dix personnes dans un bar et les
bergers allemands qui mangent les mégots. Comprenne qui pourra.
Le nom de groupe le plus débile que tu connais ?
Benjamin : Je sais pas, y en a des tonnes. Mais mon préféré, ça doit être
Traquenard. Un groupe mythique. C'est bien punk, tu te renseigneras sur ce
groupe.
On fera ça. On a fini.
Benjamin : Ah, ben je vais pouvoir aller me doucher alors.
Yussuf Jersualem sera en concert à La Villette Sonique le 2 juin.
L'album A Heart Full Of Sorrow est sorti chez Born Bad Records.
Elise & Jean-Benoit.
http://foggygirlsclub.blogspot.com/2010/05/cure-de-defatigue-yussufhunx-au-point.html
Parfois je suis fatiguée. Souvent même. Je baille, je traîne des pieds. Je me
sens lasse. Terriblement. Et puis débarque Hunx and His Punx sur la scène
du Point FMR. Hunx and His Punx c’est surtout un mec. Gay. Très gay. C’est
pas politiquement correct ? Bon… On s’en tiendra à gay alors. Sa musique
est gay. Son show transpire la sueur, le sexe. C’est moite, c’est humide. Ça
suinte. Même le tatoué craque. Tout le monde succombe. La salle est sous le
charme. Hunx il est comme ça. Il ne chante pas vraiment bien. Il est même un
peu agaçant sur les bords, avec ses moues de gigolo à deux balles. Mais je
l’aime. Mon voisin l’aime. Et le barman aussi. Et le videur ! Le videur aussi il
l’aime. Hunx il fait du rock. Façon shangri Las dégueulasses. Ou Ronettes
cochonnes. C’est trash et rose bonbon. Hunx est coquette. Il se change
souvent. Combinaison déchirée imprimé léopard. String en cuir. String en
bonbons. Nu. Ça varie. Ses copines assurent aux instru. Lui aussi. Il ne se
démonte jamais (façon de parler). Une caméra = un sourire. Un pilier = une
pose langoureuse. Un relou = il le dégage gentiment. Perte de string ? Pas de
problème, il cache le précieux engin à une main et continue de chanter. Il se
fait toucher la b*** par des mecs du public ? Une pirouette, et le voilà aux
côtés de sa copine batteuse. Hunx c’est le type qui se sort de n’importe quelle
situation. Il veut être star, il le sera. Pas de doute là-dessus. Mais attention !
Son concert ne se résume pas à un mauvais striptease. Hunx il se désape.
Mais avec classe. Il salue du derrière. Se marre avec sa grosse copine
bassiste. Avoue qu’il est bourré. Boit une bière. Sourit d’un air gêné alors qu’il
n’est pas du tout gêné. Hunx il brouille les pistes. Un peu comme Yussuf
Jerusalem au final. Pas la première partie mais le groupe d’avant. Nuance.
Eux c’est du lourd (héritage Johnny Cash). Et pourtant ils évitent
soigneusement l’écueil d’un énième copier-coller dégoulinant de nostalgie, et
naviguent entre 2010 tendance mélancolique et chevauchée sauvage dans
les plaines américaines. Ou peut être promenade dans le bayou. De nuit.
Bref, passons. C’est mystérieux et sobre. Intime presque. Avec le recul, j’en
viens à me demander si Yussuf Jerusalem n’était finalement pas plus sexuel
que Hunx and His Punx. Certes, Yussuf ne m’a pas réveillé. Leurs chansons
m’ont plongé dans une torpeur, un état de semi-conscience somnolente.
Hypnotique. Magique même. En un mot : transcendant. La preuve qu’un
string en cuir n’est pas toujours nécessaire pour atteindre les sommets…
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RollK Ŕ