Mémoire de Thème d`étude de licence STAPS option

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Mémoire de Thème d`étude de licence STAPS option
UNIVERSITE DE FRANCHE-COMTE_UFR STAPS DE BESANCON
1999
Mémoire de Thème d’étude de licence STAPS option entraînement
Présenté par : Cyril BEAULIEU
Directeur de thème d’étude : Frédéric GRAPPE (MCU)
Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
SOMMAIRE
1.
Introduction…………………………………………
Introduction
page 2
2.
Méthodes…………………………….………………
Méthodes
page 4
2.1 Sujets
2.2 Méthode de quantification des charges d’entraînement
2.3 Intensité des charges d’entraînement
2.4 Méthode de quantification du niveau de fatigue
2.5 Protocole expérimental
3.
Résultats
Résultats…………………………………………... page 11
3.1 sujet MN
a)Charges d’entraînement et intensité
b)Relation entre charges d’entraînement et niveau de fatigue
3.2 sujet MT ; féminine
a)Charges d’entraînement et intensité
b)Relation entre charges d’entraînement et niveau de fatigue
3.3 sujet ST
a)Charges d’entraînement et intensité
b)Relation entre charges d’entraînement et niveau de fatigue
4.
Programmation…………………………………
Programmation
page 21
4.1 Sujet MN
4.2 Sujet MT
5.
Conclusion
Bibliographie………………………………………
Bibliographie
page 22
UFR STAPS de BESANCON
1
Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
1. Introduction:
Comme tous les sports énergétiques à dominante aérobie, le cyclisme est une activité
exigeante. Les compétitions sont de plus en plus nombreuses et le niveau physique ne
cesse d’augmenter. Au cours de sa préparation le cycliste soumet son organisme à de
lourdes charges d’entraînement.
Le suivi des athlètes relève souvent de méthodes empiriques selon lesquelles seul le
contrôle des kilomètres et des heures effectuées permettent de réguler les entraînements.
Ce volume horaire d’entraînement estimé ne reflète pas réellement la charge de travail
effectuée. La vitesse moyenne est une donnée pas assez précise pour prédire les effets de
l’entraînement sur le niveau d’aptitude physique.
Les méthodes d’entraînement utilisent des exercices à différentes intensités mais à
notre connaissance jamais de méthode n’a été mise au point pour quantifier
l’entraînement du cycliste. Aucune quantification du niveau de fatigue de l’athlète n’a
également été mise au point.
Une étude sur la «relation entre entraînement, performance, paramètres biologiques
et psychologiques chez des triathlètes de niveau international » a déjà été menée par
Millet en 1994. Elle a fait l’objet de recherches sur les relations existant entre les
caractéristiques de l’entraînement, la fatigue, l’anxiété et les perturbations du sommeil
chez une triathlète pendant les quatre semaines précédant un rendez-vous international.
L’évaluation du niveau de fatigue a été réalisée à partir d’un questionnaire et a fourni les
même résultats que lorsqu’elle était calculée.
Il semble donc important de prendre en compte les intensités des exercices fournis et
leurs répercussions sur la fatigue physique engendrée. L’intérêt est d’utiliser l’organisme
de l’athlète comme un véritable instrument de mesure afin de mettre en relation le travail
effectué à l’entraînement et le niveau de fatigue accumulé par l’athlète.
Cette étude porte sur le suivi de trois athlètes du pôle VTT de Besançon. La méthode
de quantification proposée permet de quantifier le travail fourni à l’entraînement tout en
cherchant les incidences de celui-ci sur la fatigue des sujets. L’estimation de la fatigue est
effectuée à partir de la perception des cyclistes. L’intérêt de cette méthode est l’approche
nouvelle de la programmation de l’entraînement reposant sur des données essentielles qui
sont la charge d’entraînement évaluée en travail et le niveau de fatigue. Les moyens
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
utilisés étant simples et accessibles par tous les coureurs cyclistes, la méthode proposée a
l’avantage d’être utilisable en routine.
Le but d’une préparation physique optimale étant d’éviter le surentraînement, les
résultats escomptés de cette recherche devraient apporter un outil essentiel à
l’amélioration de la performance pour des objectifs déterminés dans la saison.
Ce travail est composé d’une première partie décrivant les méthodes de quantification
des charges d’entraînement, la détermination des différentes zones d’intensités, la
quantification du niveau de fatigue de l’athlète puis le protocole expérimental. La
seconde partie rapporte l’analyse des données et les résultats principaux.
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
2. Méthodes :
2.1 Sujets :
Le suivi a été effectué au pôle espoir de VTT à Besançon auprès de 3 coureurs âgés
de 18, 20 et 21 ans. En voici les principales caractéristiques :
Sujets
M.N.
M.T.
S.T.
Age
21
18
20
Taille (m)
1,80
1,68
1,83
Poids (kg)
66
57
75
Catégorie
Elite
Elite
Nationale
VO2max (ml.min-1 .kg-1)
74.3
68.4
72.3
Puissance max (Watt)
420
310
400
La période d’entraînement étudiée a débuté en décembre 98 par la préparation
physique générale hivernale (cela a permis de mettre en place la méthode de
quantification des charges) et s’est poursuit jusqu’à début mai 99 où s’est situé le
premier grand objectif de l’année (première manche de la coupe de France). Une
première programmation de l’entraînement a été planifiée sur quinze jours, à partir de cet
objectif, après avoir corrélé la charge d’entraînement effectuée au cours de la préparation
de début de saison et le niveau de fatigue.
2.2 Méthode de quantification des charges d’entraînement
La charge d’entraînement correspond à un travail (W) effectué à une certaine puissance
pendant un temps donné. Le travail est exprimé en joule (J) et est égal au produit de la
puissance (P exprimée en watt) par le temps (t en minutes). W = P × t
Cette puissance détermine l’intensité à laquelle les entraînements ont été effectués. Sept
zones d’intensité ont été déterminées à partir de la puissance développée lors de
différentes charges de travail (cf. ci-dessous).
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
Le travail (W) effectué lors des séances d’entraînement représente le produit du temps
passé dans chaque zone d’intensité (di = durée en minute) et du coefficient (Ci )
correspondant à cette intensité :
W = Σ i di × Ci
( Σ i : somme sur i de 1 à 7)
Le travail a été exprimé en unité arbitraire (u.a.). Il ne permet pas un calcul très
précis de l’énergie dépensée. Néanmoins, il représente un outil intéressant pour l’analyse
du processus d’entraînement et permet d’effectuer des comparaisons intra et
interindividuelles entre les séances et de mieux prévoir les effets de chacune sur la
performance.
2.3 Intensité des charges d’entraînement
Chaque entraînement a été décomposé à partir des différentes intensités d’exercice
utilisées par le cycliste. Ainsi, en fonction du temps passé dans chaque zone d’intensité, il
a été possible de quantifier de manière assez précise la charge de travail réalisée lors de
chaque séance d’entraînement. L’échelle d’intensité∗ utilisée comportait 7 zones
distinctes, identifiables à partir de l’estimation subjective de l’intensité de l’exercice par
le sujet lui même (cf. figure 3). Des items permettaient au coureur d’étalonner son niveau
de perception de l’intensité.
Ces différentes zones d’intensités ont été affectées d’un coefficient pondérateur afin
de rééquilibrer la non-linéarité du travail fourni. Ces coefficients sont fonction de la
puissance fournie durant l’exercice à une intensité donnée. Il se trouve que pour une
intensité I, la puissance développée correspondante, mesurée en watt, permet de fixer un
coefficient.
∗
Echelle d’ESIE, Grappe et al., 1999
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
Ainsi il ressort :
Tableau n°1 : coefficients correspondant aux différentes intensités.
Intensité
I1
I2
I3
I4
I5
I légère I moyenne I soutenue I critique I M A1
Coefficient
1
2
3.5
5
7
I6
I7
I M L2
I M A L3
9
10
unité de travail pour chaque intensité
10
i1
8
i2
6
i3
4
i4
2
i5
i6
0
i1
i2
i3
i4
i5
i6
i7
i7
Toutes les intensités sont perçues par les sujets grâce à un cardio-fréquence mètre et
à l’aide de l’échelle d’ESIE (figure 3 ci-dessous). Toutes les zones d’entraînement ont
été répertoriées pour calculer les charges de travail effectuées à l’entraînement.
L’échelle d’ESIE présente les vitesses d’exercices pour un cycliste sur le plat. Le
temps limite auquel l’individu peut maintenir chaque intensité pendant un exercice, est
précisé.
A chaque intensité, des items rapportent les sensations perceptibles par un athlète
effectuant un exercice correspondant (présence d’acide lactique [LA] dans les muscles,
douleurs, fatigue nerveuse SNC(système nerveux central), épuisement, …).
1
Intensité maximale aérobie
Intensité maximale lactique
3
Intensité maximale alactique
2
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
Echelle d’estimation subjective de l’intensité de l’exercice
(échelle d’ESIE, Grappe et al. 1999)*
Intensité de l’exercice
Perception de l’exercice
I7 :Intensité maximale alactique (IMAL)
q
q
q
q
I6 :Iintensité maximale lactique (IML)
q
q
Fatigue nerveuse (SNC)
Aucune douleur musculaire
Aucune montée d’acide lactique
q
q
q
Sprint < 10 s
55 km/h < v < 60 km/h km/h
Exercice max d’ 1 min à 2 min
50 km/h < v < 55 km/h
q
q
q
Souffrance extrême durant l’exercice
Douleur musculaire maximale au niveau
des membres inférieurs
[La] maximale (pH très bas)
Sujet en état d’épuisement complet
Douleur qui augmente progressivement dans le
temps
Douleurs musculaires locales maximales en fin
d’exercice
[La] importante mais non maximale
Hyperventilation (VE maximale)
Impossible de dire 3 mots d’affilée
Sujet en état d’épuisement complet
I5 :Intensité maximale aérobie (IMA)
Consommation maximale d’O2
7 mn < tlim exercice < 12 mn
FC est max (180 < FC < 200)
45 km/h < v < 50 km/h
q
I4 :Intensité critique (seuil anaérobie)
q
Douleurs musculaires locales importantes mais
supportables
q
q
q
q
Production [La] = Elimination [La]
Hyperventilation (VE non maximale)
Conversation très difficile
Sujet en état d’épuisement important
q
q
q
q
q
q
q
q
Endurance critique haute
q
q
q
q
20 mn < tlim exercice < 60 mn
tlim est dépendant de l’entraînement
160 < FC < 180
40km/h < v < 45 km/h
q
q
q
q
q
q
I3 :Intensité soutenue
Endurance critique basse
q
q
q
q
tlim exercice < 2 heures
150 < FC < 160
35 km/h < v < 40 km/h
q
q
q
q
I2 :Intensité moyenne
Endurance de base 60% VO2max
q
q
q
Plusieurs heures < tlim exercice
130 < FC < 150
30 km/h < v < 35 km/h
Aucune douleur musculaire
Maintien d’une certaine intensité d’exercice
Conversation un peu moins aisée
Sur plusieurs heures : fatigue générale importante
q
q
q
q
q
I1 :Intensité légère (décontraction)
q
Plusieurs heures < tlim exercice
q
FC < 130
q
25 km/h < v < 30 km/h
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Début de douleurs musculaire locales
Obligé à maintenir une intensité importante
Production [La] = début
Ventilation s’accélère
Conversation difficile
Epuisement du sujet sur plusieurs heures
Aucune douleur musculaire
Intensité de l’exercice très faible
Aucune contrainte / intensité de l’exercice
Conversation très aisée
Sur plusieurs heures : fatigue générale
7
Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
2.4 Méthode de quantification du niveau de fatigue
Le niveau de fatigue des athlètes a été calculé en faisant la moyenne des indices
subjectifs de fatigue et d’humeur. L’estimation de ces indices a été faite chaque jour par
les athlètes. Ces indices de fatigue et d’humeur donnent des indices très précis du niveau
de fatigue des cyclistes au cours de chaque semaine d’entraînement.
Un support de référence sous forme d’échelles descriptives rapporte les principaux
états physiques et psychiques retrouvés chez un athlète. Après l’observation des
différentes recherches faites sur la notion de fatigue (tableau de spielberger 1970),
l’échelle qui a été utilisée par les coureurs pour estimer leur état de fatigue générale
journalière est décrite ci-dessous :
Echelle de fatigue :
1. super forme, toujours envie de bouger et de faire du sport, très bonne
sensation à l’effort.
2. bonnes sensations, envie d’entraînement, fractionné, course.
3. bonne forme, bonne récupération.
4. plus ou moins bien selon le terrain, le moment.
5. sensations moyennes pour des raisons diverses.
6. sensations moyennes avec mauvaise récupération.
7. mal aux jambes, limité dans l’effort.
8. nonchalance, mauvaise sensation sur le vélo.
9. aucune force, besoin de récupérer.
10.épuisé, rien envie de faire en sport et dans la journée.
Cette échelle a été étalonnée au cours du temps par chaque cycliste pour qu’il affine la
perception de son état de fatigue de manière optimale.
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
L’échelle d’humeur présentée ci-dessous offre également un support aux athlètes
pour mieux percevoir leur humeur.
Echelle d’humeur :
1 :mauvaise humeur.
2 :je me sens déprimé
3 :irritable
4 :nerveux
5 :anxieux
6 :je me sens détendu
7 :calme
8 :très cool
9 :très joyeux
10 :très bonne humeur, très heureux.
L’échelle d’humeur est plus individuelle. Elle est accompagnée du questionnaire
d’auto-évaluation de Spielberger (1970) permettant de mieux cibler et maîtriser toutes
les variations de l’humeur. Un certain nombre de questions guide le sujet afin de mieux
verbaliser ses sensations. Cela lui permet d’avoir une estimation plus précise de son
humeur.
Pour que l’estimation du niveau de fatigue ait une signification, chaque coureur a
intérêt de se familiariser avec ces échelles et par la suite de les faire évoluer. Plus celles-ci
sont proches de ses sensations, plus le cycliste a une estimation précise de son niveau de
fatigue général.
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
2.5 Protocole expérimental
Chaque séance d’entraînement a été répertoriée suivant le tableau ci-dessous
selon plusieurs critères :
•
l’intensité de l’exercice
•
l’indice de fatigue (cf. échelle)
•
l’indice d’humeur (cf. échelle)
•
la durée de l’exercice
•
le type de pratique : VTT, Route, Ski de fond, Course à pied, Musculation, Natation,
Roller, Home trainner
•
la fréquence cardiaque moyenne, maximale et de repos
•
le kilométrage
•
le poids
semaine du
au
km
temps
intensité
FC
moyenne
FC max
FC
repos
indice
de
fatigue
indice
d'humeu
r
poids
observations
DIMANCHE
SAMEDI VENDREDI JEUDI
MERCREDIMARDI
LUNDI
Type de
pratiqu
e
:
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
3. Résultats :
Présentation des résultats relatifs aux trois sujets.
3.1 sujet MN
a) Charges d’entraînement et intensité
La préparation étudiée avant le premier objectif du 1er mai a commencé début
décembre et s’est terminée début avril (20 semaines). Pour M.N., le volume
d’entraînement a été estimé à 292 heures pour une charge globale de 39857 u.a (soit 136
u.a. par heure). Les intensités de travail de cette charge sont présentées dans le
graphique ci-dessous :
W (u.a.)
Graph 1 : intensité des charges d'entraînement
de décembre à avril
25000
20000
15000
10000
5000
0
1
2
3
4
5
6
7
zone d'intensité
Les résultats montrent que l’entraînement
a essentiellement été effectué à une
intensité inférieure au seuil anaérobie (I4). L’accent a été mis sur un gros travail à
intensité moyenne et soutenue .85% des exercices se situent à intensité 2 et 3.
Tableau n°2 : pourcentage (%) de travail effectué dans les différentes zones
d’intensité par rapport au travail total.
Intensité
1
2
3
4
5
6
7
%
2,2
61,1
24,3
8,1
3,2
0,7
0,4
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
Les heures d’entraînement ont été distribuées de façon croissante au cours des 20
semaines (cf. graphique “heures d’entraînement hebdomadaire”). La préparation
physique générale a suivi une évolution harmonieuse et continue. Le volume
d’entraînement est effectif. Le coureur MN a produit un travail de fond permettant
d’aborder la phase pré-compétitive avec sérénité.
heures
G r a p h 2 : H e u r e s d ' e n t r a îne m e n t
h e b d o m a d a ire
30
25
20
15
10
5
0
1
3
5
7
9 11 13 15 17 19
se m a i n e s
Le volume d’entraînement était très proche de la charge d’entraînement car peu de
travail a été effectué à intensité élevée (cf. graphique “comparaison de l’entraînement en
heures et en u.a.”.)
4000
40,00
3500
35,00
3000
30,00
2500
25,00
2000
20,00
1500
15,00
1000
10,00
500
heures
W (u.a.)
Graph 3 : Comparaison de
l'entraînement en heures et en u.a.
5,00
0
0,00
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
semaines
entraînement en u.a.
entraînement en heures
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
G r a p h 3 ' : c o r r é la tio n e n t r e
e n t r a în e m e n t e n h e u r e s e t e n u .a .
4000
3500
3000
W (u.a.)
2500
2000
1500
1000
500
0
0 ,0 0
5 ,0 0
1 0 ,0 0
1 5 ,0 0
2 0 ,0 0
2 5 ,0 0
heures
R
2
3 0 ,0 0
= 0 ,8 8
b) Relation entre charges d’entraînement et niveau de fatigue
La courbe de fatigue suit le diagramme des charges d’entraînement de manière assez
remarquable (cf graph4 ). Il s’agit de déterminer si cette relation est liée à la charge
d’entraînement ou au volume d’entraînement. Le graph3 a montré que ces deux derniers
correspondent étroitement.
4000
8
3500
7
3000
6
2500
5
2000
4
1500
3
1000
2
500
1
0
niveau de fatigue
W (u.a.)
Charges d'entraînement & fatigue
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
semaines
charges d'entraînement
niveau de fatigue
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
La fatigue évolue globalement de manière croissante au cours des semaines
d’entraînement. Les ajustements linéaire (R=0,7) et polynomial (R=0,85), significatifs
(ρ<0.01), confirment cette tendance.
niveau de fatigue
G r a p h 5 : E v o lution de la fatigue
8
7
6
5
4
3
2
1
0
2
R = 0,73
fatigue
Linéaire
(fatigue)
Polynomial
(fatigue)
1
4
7
10
13
16
19
2
R = 0,49
semaines
Il existe une corrélation significative entre le niveau de fatigue et le volume horaire
d’entraînement (R=0,63; ρ<0.01). Ce résultat tend à montrer que la fatigue survient
progressivement au cours des entraînements. Il est donc interessant d’étudier la relation
qui existe entre la fatigue et l’intensité de l’exercice.
indice de fatigue
Graph 6 : Indice de fatigue par
entrainement
8
7
6
5
4
3
2
1
0
R 2 = 0,40
0
5
10
15
20
25
30
e n tra i n e m e n t s he b d o m a d a i r e s en heures
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15
Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
Le coefficient de corrélation entre le niveau de fatigue et la charge d’entraînement
calculée est égal à 0,69 (graph7). La fatigue du cycliste est par conséquent davantage
corrélée à la charge d’entraînement qu’au volume horaire. Le contrôle de l’intensité de
l’entraînement permet ainsi de mieux évaluer les incidences de la charge d’entraînement
effective, sur l’organisme de l’athlète. Il est alors possible de construire un programme
d’entraînement à celui-ci en lui imposant un travail beaucoup plus axé sur la qualité de la
préparation que sur le volume.
niveau de fatigue
Graph 7 : fatigue & intensité
8,00
7,00
6,00
5,00
4,00
3,00
2,00
1,00
0,00
0
1000
2000
W (u.a.)
3000
4000
R2 = 0,48
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
3.2 sujet MT ; féminine
a) Charges d’entraînement et intensité
Pour le sujet MT, la totalité de la préparation représentait 190.45 heures
d’entraînement soit 25713 u.a. étalonnées sur 20 semaines. La charge moyenne de
chaque heure d’entraînement représentait 135 u.a.. La moyenne des intensités à
l’entraînement était identique à celle du sujet MN, mais 79% des exercices se situaient à
intensité 2 et 3 contre 85% chez le sujet précédent. 6% de travail supplémentaire a été
effectué à intensité supérieure.
g r a p h e 8 : in te n s ité d e s c h a r g e s
d 'e n t r a în e m e n t d e d é c e m b r e à a v ril
W (u.a.)
15000
10000
5000
0
1
2
3
4
5
6
7
z o n e d 'in t e n s i t é
Lorsque la préparation a été plus orientée, à partir de la quatorzième semaine, le
travail effectué (en u.a.) ne suit plus fidèlement le volume horaire d’entraînement. Cela
est bien relaté par le graphe de “comparaison de l’entraînement en heures et en u.a.”
dans lequel une heure d’entraînement représente près de 180 u.a. lors de la seizième à la
vingtième semaine.
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
30,00
25,00
20,00
15,00
10,00
5,00
0,00
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
heures
W (u.a.)
graphe 9 : comparaison de l'entraînement en
heures et en u.a.
20
semaines
charge d'entraînement
entraînement en heures
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17
Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
Les entraînements réalisés lors des dernières semaines, représentés dans le graphe de
corrélation, se situent au-dessus de la droite de régression liant heure et charge
d’entraînement. La tendance de l’entraînement du sujet MT s’est donc orientée vers un
travail en intensité plus élevé (cf. graphe ci-dessous).
W (u.a.)
g r a p h e 1 0 : c o r r é la tio n e n t r e h e u r e s e t
u .a . d ' e n tra î n e m e n t
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
0 ,0 0
5 ,0 0
10,00
h e u res
15,00
20,00
2
R = 0,81
b) Relation entre charges d’entraînement et niveau de fatigue
La fatigue évolue différemment pour le sujet MT par rapport au sujet MN. Elle
atteint des valeurs plus faibles que pour le sujet précédent et la valeur moyenne est
environ à indice trois contre cinq pour le sujet MN. Néanmoins, en négligeant
l’amplitude et en s’intéressant uniquement au sens de variation de la courbe (cf. graphe
ci-dessous), la fatigue semble dans l’ensemble rester beaucoup plus stable au cours de la
préparation. Cela peut être expliqué par un moral meilleur et plus stable lors de
l’entraînement ou par une meilleure adaptation aux charges d’entraînement effectuées.
Cependant, après six semaines d’adaptation à ce type de suivi par perception où la
fatigue a une courbe accidentée, elle se stabilise. Il semblerait que la fatigue soit en légère
augmentation au cours des quatorze semaines suivantes, avec un pic à la dix-septième
semaine. Une première hypothèse pourrait être qu’un entraînement en intensité moyenne
élevée
serait mieux assimilé par l’athlète. La charge moyenne d’une heure
d’entraînement lors de la seizième à la vingtième semaine est de 180 u.a. et la fatigue
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
reste faible, elle varie entre le niveau 2 et 4. Néanmoins une légère augmentation du
niveau de fatigue semble être consécutive à une augmentation de la charge
d’entraînement lors des semaines quinze à dix-sept. Les données rapportées sont
insuffisantes pour appuyer cette hypothèse mais un contrôle rationnel du niveau de
fatigue devrait permettre de mieux doser les charges d’entraînement imposées aux
athlètes.
6,00
2500
2000
5,00
4,00
1500
1000
3,00
2,00
500
0
1,00
0,00
1
3
5
7
9
fatigue
3000
niveau de
w (u.a.)
g raphe 11 : charges d'entraînement et
fa tig u e
11 13 15 17 19
se m a i n e s
c h a r g e s d 'e n t r a î n e m e n t
fa t i g u e
L’approximation de la courbe de fatigue par un polynôme du sixième degré (R=0.82
;ρ<0.01) montre une évolution légèrement croissante de la fatigue lors de l’augmentation
des charges d’entraînement à partir de la onzième semaine. Aucune corrélation
significative n’a par contre pu être faite entre la charge d’entraînement et la fatigue.
graphe 12 : évolution de la fatigue
niveau de fatigue
6,00
5,00
fatigue
4,00
3,00
2,00
Polynomial
(fatigue)
1,00
0,00
R2 = 0,68
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19
semaines
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
3.3 sujet ST
a) Charges d’entraînement et intensité
Le sujet ST a effectué une préparation physique générale plus légère que les deux
sujets précédents. Elle représente une charge d’entraînement de 29178 u.a., soit
122,8u.a./h.. Les intensités des entraînements ont une répartition très semblable aux
sujets précédants, 79% du travail a été effectué à intensité 2 et 3.
g raphe 13 : intensité des charges
d ' e n t r a î n e m e n t d e j a n v ier à avril
W en u.a.
20000
15000
10000
5000
0
1
2
3
4
5
6
7
type d ' inte n s i t é
Tableau n°3 : pourcentage (%) de travail effectué dans les différentes zones d’intensité
par rapport au travail total.
Intensité
1
2
3
4
5
6
7
%
3,5
53,4
25,5
12
3
2
0
b) Relation entre charges d’entraînement et niveau de fatigue
Plusieurs semaines d’entraînement n’ont pas été répertoriées. Le suivi du sujet ST
s’avère également quelque peu erroné par le manque d’investissement en ce qui conserne
la perception du niveau de fatigue. L’étude montre que l’engagement du sportif envers
sa propre estimation de la fatigue est essentiel pour l’obtention de résultats
significativement exploitables.
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20
Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
La fatigue a une allure assez linéaire et varie très peut. L’entraînement ne semble pas
avoir une grande incidence sur celle-ci. Quelques répercutions des charges les plus
importantes peuvent être observées sur la courbe de fatigue mais l’ampleur de celles-ci
ne paraît pas significative.
4000
6,00
3000
4,00
2000
17
15
13
9
11
0,00
7
0
5
2,00
3
1000
fatigue
8,00
niveau de
5000
1
W (u.a.)
g r a p h e 1 4 : c h a r g e d ' e n traîn e m e n t et
n iv e a u d e fatig u e
se m a i n e s
charge d'entraînem e n t
fatigue
Le graphe ci-dessous montre l’absence de relation entre le niveau de fatigue et la
charge d’entraînement. Il serait donc périlleux d’exploiter ces résultats puisque l’intérêt
de l’entraînement et de fatiguer l’organisme de l’athlète afin de l’adapter à un niveau
supérieur. Il semble que les charges d’entraînement imposées au coureur n’ont pas été
assez importantes pour le fatiguer de manière importante.
niveau de fatigue
graphe 15 : corrélation entre charge
d'entraînement et niveau de fatigue
7,00
6,00
5,00
4,00
3,00
2,00
1,00
0,00
0
1000
2000
3000
W (u.a.)
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4000
5000
R 2 = 0,0245
21
Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
4. Programmation :
4.1 Sujet MN:
Pour les deux semaines précédent la première manche de la coupe de France de VTT,
l’athlète M.N. a suivi un entraînement axé sur des intensitées plus élevées que lors de la
préparation générale. La récupération active a été également augmentée. Les charges
d’entraînement ont été mieux réparties dans les différentes zones d’intensitées:
Tableau n°4 : pourcentage (%) de travail effectué dans les différentes zones
d’intensité par rapport au travail total.
Intensité
1
2
3
4
5
6
7
%
4,2
38,5
21,5
14,3
17,8
3,7
0
La fatigue est passée de l’indice 5,5 à 4,2. Le sujet semble avoir mieux assimilé les
deux dernières semaines d’entraînement qui lui ont permis de maintenir son potentiel
physique au plus haut niveau tout en le préservant d’un état de fatigue.
L’athlète a donc pu participer à son premier objectif une condition physique optimale,
à un indice de fatigue de 2. Il s’est placé finalement à la sixième place espoir de la
première manche de la coupe de France VTT, vingt troisième au classement scrach.
4.2 Sujet MT :
L’entraînement du sujet MT a été programmé, pour les deux semaines précédant la
première manche de la coupe de France, de manière à privilégier la qualité avec du travail
à intensité élevée et à diminuer le volume pour favoriser la récupération active.
L’aptitude physique de l’athlète semble ne pas avoir été altérée mais plutôt maintenue à
un niveau optimal puisque ce dernier a pris la deuxième place de cette première manche
de la coupe de France junior féminine et la semaine suivante, la deuxième place de la
première manche de coupe du monde en Allemagne.
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
Tableau n°5 : pourcentage (%) de travail effectué dans les différentes zones
d’intensité par rapport au travail total.
Intensité
1
2
3
4
5
6
7
%
0
27,9
28,3
32,9
7,7
3,2
0
Le travail au seuil anaérobie, c’est à dire à intensité 4, a été essentiel pour la période
pré-compétitive. Pour ces quinze jours d’entraînement une heure correspond à 199.5 u.a.
et le niveau de fatigue reste bas.
5. conclusion
La méthode utilisée dans cette étude a permis de quantifier les charges
d’entraînement à partir d’une échelle d’estimation subjective de l’intensité de l’exercice.
Elle apporte un outil simple et indispensable pour la programmation de l’intensité de
l’entraînement afin d’optimiser la préparation physique du coureur pour des compétitions
importantes au cours de la saison.
De plus, l’estimation du niveau de fatigue à partir de la perception subjective de
l’athlète a été mis en relation avec la charge d’entraînement. Les résultats obtenus sur
une période de vingt deux semaines ont montrés qu’il existe une relation étroite entre le
niveau de fatigue et la charge d’entraînement.
Une recherche future pourra analyser plus précisément l’influence de la charge
d’entraînements et sa répercussion sur le niveau de fatigue et modéliser à partir d’une
fonction de transfert le processus d’entraînement de l’athlète.
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Quantification des charges d’entraînement et du niveau de fatigue en cyclisme
Bibliographie :
•
BORG G (1998). Borg’s perceived exertion and pain scales, Humain Kinetics, 103
p.
•
GRAPPE F, GROSLAMBERT A, ROUILLON JD (1999). Quantification de la
charge d’entraînement en cyclisme en fonction d’un échelle d’estimation subjective
de l’intensité de l’exercice, échelle d’ESIE. VIII Congrès internationnal de
l’ACAPS. MACOLIN (Suisse). 31-3 novembre 1999.
•
MILLET G (1994). Relation entre entraînement, performance, paramètres
biologiques et psychologiques chez des triathlètes de niveau international .
DEA, 1994 Université de Besançon, UFR STAPS.
•
SPIELBERGER CD, GORSUCH RL, LUSHENE RE (1970). Manual for the
state anxiety inventory. Consulting Psychologists Press, Palo Alto.
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