Héritage, histoires de vie et formation.
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Héritage, histoires de vie et formation.
N°129 | 10/2010 | DOSSIER Héritage, histoires de vie et formation. Jacques Berton, Formateur IRTS Talence, Docteur en sciences de l’éducation. « Ce que je suis, avec mon histoire et mon groupe d'appartenance fait que je peux tendre à ce que je veux devenir. Mais, je ne peux devenir ce vers quoi je tends que grâce à ce que je suis, à ce groupe d'appartenance qui m'a construit. »1 « Si on ne change pas l'histoire, on peut toutefois changer son rapport à l'histoire, c'est-à-dire la façon dont l'histoire est agissante en soi. C'est la raison pour laquelle, en tant que chercheur, je pense qu'il est très important de comprendre en quoi celle-ci va déterminer des positions épistémologiques, des options théoriques et des partis pris méthodologiques. » V. De Gaulejac Les autobiographies éducatives et/ou formatives et les « histoires de vie » où le sujet remet en scène, ses héritages, les avatars de sa trajectoire professionnelle et personnelle, sont toujours des objets de réflexion dans les dispositifs de formation même si nous vivons dans un monde « post moderne » qui « refuse tout héritage, toute succession, tout legs. »2 Elles inscrivent ces sujets dans une logique de continuité de parcours, à l’opposé des conceptions pédagogiques centrées sur les ruptures (comme la rupture entre monde professionnel et personnel). Cadre pédagogique dans un institut régional de travail social, j’utilise depuis plusieurs années la démarche « histoires de vie » pour éclairer cette période riche en transformation identitaire qu’est la formation initiale. L’histoire de vie est conçue à la fois comme approche mais également comme axe de formation. Elle permet à des sujets d’identifier leurs expériences, leurs savoirs, leurs modes d’apprentissage qu’ils ignoraient au moins en partie jusque-là. Elle fait mémoire entre passé et avenir, entre récits et activité. Les récits biographiques mettent en évidence la « complicité entre expérience sensible et expérience réflexive ». Ainsi se constitue une formation formelle et instituée, certes, mais aussi une formation extraformelle, hors des circuits institués, et une formation informelle, quotidienne, passant entre les lignes dans tous ces interstices qui font notre vie. Une partie non négligeable de mes constructions théoriques et pratiques s’appuie sur le travail entrepris par Alex Lainé3. En lien avec les propos de V. De Gaulejac, je formulerai l’hypothèse que pour un éducateur, une meilleure connaissance des étapes qui ont été les siennes, des jalons de son itinéraire, peut lui permettre de clarifier son projet personnel, d’en reconnaître les lignes de force, l’envergure et de les assumer plus pleinement. Accepter de s’inscrire dans une logique de transmission, d’héritage en la réfléchissant, à travers l’inventaire des expériences vécues par un sujet, fournit les matériaux expérientiels de base qui permettront de relier telle expérience avec tel savoir ou contenu de formation. En empruntant une formulation d’Henri Lefebvre, ce travail de liaison permet de dépasser le double écueil du concept sans vie (le sens abstrait) et de la vie sans concept (l’expérience brute, non analysée, non pensée). La démarche ne peut être généralisée car elle s’appuie à la base, sur le volontariat et l'adhésion à un contrat négocié conjointement. Il s’agit à la fois d’un travail cognitif qui vise à la compréhension du fonctionnement, à la production d’hypothèses explicatives, à l’analyse de processus, et d’un travail d’implication. Les personnes, de manière plus ou moins consciente, procèdent à des assimilations. Il est intéressant de leur permettre d’avoir une plus claire conscience de la manière dont se fait cette construction, de la genèse de leurs idées et de leurs choix de pratiques professionnelles. Cette conscience a évidemment ses limites. La psychanalyse nous en apprend à la fois la nécessité, et également le caractère relatif, partiel, partial. La conscience n’épuise pas la totalité de la vie psychique, ni ne rend compte de l’ensemble de ses mécanismes. Les normes, valeurs, idéaux, modèles, préjugés, auxquels chaque sujet adhère ne sont pas forcément ceux auxquels il croit adhérer, encore moins ceux réalisés dans ses pratiques... D’où la relativité de la prise de conscience. Pour autant, démêler les fils de cette histoire devrait permettre d’élaborer, de consolider ou de rendre plus souple l’identité professionnelle. Mieux comprendre pourquoi on fait ce que l’on fait permet de redonner du dynamisme aux travailleurs sociaux dans le temps de formation en retrouvant, par l’analyse effectuée, la responsabilité de leur trajectoire et éventuellement le 1 Propos tenus par une participante à un atelier « Histoires de vie ». 2 Paturet J.B., 2007, Qu’est ce qu’un héritage ?, in Empan, n°68. 3 Lainé A., 1998, Faire de sa vie une histoire, Desclée de Brouwer. 1 N°129 | 10/2010 | DOSSIER désir de la modifier. Mais comment peut-on utiliser sa propre expérience comme support de formation ? En corollaire, comment saisir et comprendre son expérience ? Comment construire consciemment l'expérience professionnelle à travers les joies et les crises d'une vie professionnelle ? Comment envisager les petits bonheurs et les petites fissures du quotidien d'un métier que l'on juge « impossible » ? Comment mettre du sens sur le présent dans le tourbillon des impressions et des discours sur le travail social ? Comment échapper au défaitisme, aux renoncements ? Comment construire un projet ? Comment retrouver le sens du collectif ? Comment émanciper la formation de la prescription ? Ce sont toutes ces questions qui vont petit à petit structurer ma démarche dans le cadre d’un atelier « histoires de vie ». Objectifs et enjeux. Nous avons tous une histoire. À partir de ce postulat, les trois hypothèses qui soutiennent un travail de récit de vie sont les suivantes : - Notre passé d’éduqué a des répercussions sur les représentations que nous avons du métier d’éducateur. Il concourt à l’identité professionnelle d’un éducateur. Il existe un rapport entre la manière dont on a été éduqué et la façon d’éduquer, il nous paraît donc intéressant d’identifier la nature de ces liens. La manière dont s’est construit notre rapport à l’éducation, au savoir, aux éducateurs, joue sur les démarches éducatives que nous proposons aux enfants, aux adolescents. - Plus un contenu de formation est abstrait, éloigné de la vie de l’apprenant, plus il lui est difficile de se l’approprier. Le sens d’un contenu de formation n’est jamais uniquement donné, il se travaille. Et la démarche histoire de vie contribue à ce travail. Produire du sens dans un processus d’apprentissage, mettre un contenu de formation en sens, c’est faire apparaître en même temps l’intelligibilité et la valeur que cet apprentissage et ce contenu peuvent revêtir aux veux de l’apprenant. Le travail à partir de biographies éducatives contribue à une conscientisation et à des retombées formatives intéressantes pour tout travailleur impliqué dans les métiers de l’humain. L’histoire de vie travaillée avec les étudiants en formation apostrophe des passés en les considérant comme des espaces d’expériences, lieux où des savoirs d’expérience se sont amoncelés et avec lesquels ils vont avancer en les fabriquant, en les enrichissant, en les critiquant. Ce travail parce qu’il s’inscrit dans un espace transitionnel de groupe, ne répond pas uniquement à des enjeux existentiels particuliers mais peut concourir à recréer du lien 4 2 Gaulejac V de, 1999, L’histoire en héritage, Desclée de Brouwer. entre individu et société. - Pour élaborer leurs récits, les participants vont effectuer des choix, se souvenir et oublier, créer une cohérence, apprendre à se rencontrer, construire du sens. Mais produire un récit de son histoire de vie dans un groupe, c’est s’exposer aux regards et l’écoute des autres. L’enjeu n’est pas des moindres puisqu’il touche au besoin de reconnaissance qui est au cœur de notre vie relationnelle. Il convient d’insister sur l’importance de cette enjeu, non pas « pour jouer la reconnaissance contre la connaissance », ce qui reviendrait à réduire la démarche à un enjeu purement identitaire, mais pour poser une des conditions de base à toute communication intersubjective. On s’attache, ici, à mettre en évidence les processus qui aident à comprendre les engagements dans le monde professionnel, mais aussi les ruptures, les évolutions en termes de déterminations sociales et historiques pour permettre de mieux définir son positionnement. Dans une formation qui amène et annonce une appartenance professionnelle dans le développement de l’humain, dévisager et considérer son propre parcours éducatif dans un mouvement autant de connaissance que de reconnaissance ouvrent la porte à une dimension identitaire nouvelle en continuité et en rupture tout à la fois avec les identités que l’on porte en soi, avec soi. L’hypothèse est qu’actualiser et découvrir ce parcours, mis à nouveau en images et en sens, favorisent un travail d’élaboration si on prend le temps de le traverser dans son contenu propre, d’en faire l’épreuve dans ce que l’expérience révèle. Faisant varier les points de vue, ce travail d’élaboration occasionne des déplacements et permet des recompositions moins coûteuses psychiquement, qui libèrent une certaine créativité. La démarche pourrait se résumer ainsi : « Il s’agit à la fois d’un travail cognitif et d’un travail d’implication où est en jeu l’histoire personnelle, familiale, sociale de chaque participant. Le matériel produit collectivement dépend donc de l’implication de chaque participant.» De plus « ces groupes sont à considérer comme des groupes d’implication et de recherche construits pour permettre une dynamique interactive entre l’analyse personnelle centrée sur soi et l’analyse des processus sociaux, à partir de la façon dont ils interviennent dans l’existence. Le va-et-vient permanent entre le vécu et la conceptualisation, entre la compréhension infime et la compréhension théorique, entre le travail personnel et le travail collectif, développe une fluidité entre la prise de conscience intuitive et la prise de conscience intellectuelle. L’implication et l’explication se combinent et se renforcent. »4 Le dispositif mis en place permet : - de travailler dans la synchronie, pour mettre l’histoire individuelle en perspective, la situer dans un N°129 contexte social où elle s’inscrit, et dans la diachronie, en considérant l’individu comme le produit d’une histoire personnelle, familiale et sociale ; - d’adopter une perspective dynamique : si l’individu est le produit d’une histoire, il est également agent d’historicité, c’est-à-dire producteur de cette histoire avec la tentative renouvelée en permanence d’en influencer le cours ; - d’articuler l’individuel et le collectif en construisant des dispositifs qui permettent simultanément l’approfondissement du vécu individuel et la mise en perspective de chaque récit individuel avec d’autres récits produits par des personnes partageant les mêmes conditions sociales d’existence. Il ne s’agit pas de se satisfaire d'un compromis pseudo-théorique bâtard entre des référents disparates, mais de saisir réellement à l’œuvre, à travers l'analyse singulière des individus, le rôle spécifique et l'interférence des différents facteurs concourant à la fabrication de l'histoire personnelle. Comme le précise Roselyne Orofiamma, en situation de formation, le récit de vie est orienté par l’objectif d’un sujet narrateur qui s’engage dans un travail d’exploration et de compréhension d’une histoire qui est la sienne et dont il cherche à démêler les intrigues pour mieux y trouver sa place. « La référence à la sociologie clinique pour caractériser les fondements de cette démarche indique bien la nature d'un projet sociologique qui s'attacherait aux conditions sociohistoriques de l'existence pour comprendre les destinées humaines et la préoccupation d'une approche clinique qui chercherait à restituer l'univers subjectif des hommes dans les influences d'une culture qui marquent leur histoire individuelle et collective. La tentative d'articuler ces différentes dimensions n'étant jamais assurée... »5 Alex Lainé souligne deux caractéristiques majeures de l'approche par l'histoire de vie en formation : l'objet de l'apprentissage n'est pas extérieur à l'apprenant et disponible comme savoir à transmettre mais « réside dans le savoir de soi (...) Il n'est pas accessible en dehors de ce qu'en donnent à entendre ceux qui les parlent ».6 Ce qui conduit Lainé à insister sur la place de l'implication des participants. Lainé, dans ses propos, condense quelques-unes des propriétés essentielles des approches biographiques : conception éthique et choix méthodologiques, en premier lieu. Sa réflexion est en lien avec celle de De Gaulejac « Il faut prendre les histoires de vie pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire une méthode de travail qui peut se développer à la fois dans différents champs de pratiques et dans le champ de la recherche, mais il ne | 10/2010 | DOSSIER faut pas qu'elles deviennent une finalité (...) raconter son histoire n'est pas la finalité de l'existence, ce n'est qu'un moyen (. . .) J'ai vu beaucoup de praticiens, et en particulier dans la formation, qui semblaient fonctionner sur l'idée que ça avait du sens en soi de raconter sa vie et que c'était un moyen qui pouvait soulager la souffrance... ».7 De fait, les risques de dérapage sont réels. C’est pourquoi il importe de penser nos pratiques et de proposer des concepts susceptibles d’en rendre compte. J’ai évoqué plus haut l’importance du contexte d’interlocution dans le cadre de l’intervention éducative. Il en est évidemment de même dans le cadre de la formation. En socialisant son récit dans un groupe, qui n’a jamais éprouvé le sentiment d’une prise de risque considérable ? Risque de ne pas être accueilli et donc d’être rejeté. La question du contexte relationnel où s’effectue ce travail est central du point de vue déontologique. L’exercice lié à « la présentation de soi »8 est vécue comme une situation redoutée sinon redoutable qui nécessite une définition précise d’un dispositif qui demande une forte implication et donc peut éveiller des soupçons si ce n’est des inquiétudes. Le récit de chacun est écouté comme une mise en scène du Je. Le sujet construit, à la faveur d’une histoire, la scène où il émerge comme sujet en quête de sens, il donne à voir des situations au sein desquelles il se présente comme metteur en scène et comme acteur, à travers des scénarios qui le représentent en même temps qu’ils présentent les autres et le contexte. L’objectif est de reprendre, dans l’espace ouvert par le dispositif, ces scénarios dans le but d’identifier et de contextualiser des personnes, des événements et des situations tels qu’ils sont repris mais aussi construits. Le récit organise le théâtre intérieur et ses créations psychosociales. La question de la place du sujet, qu’il s’affirme ou se dérobe, est au centre de l’histoire racontée. La réalité présentée est celle des arrangements avec la vie par lesquels chacun cherche et trouve ou non à se donner du sens, de la cohérence et à de l’efficience dans son activité professionnelle. L’enjeu de cette approche est de rompre avec une formation adaptative qui risque d’engendrer des constructions professionnelles conformistes, acquises en extériorité et faisant l’impasse sur l’analyse des contenus tels qu’intériorisés c’est-à-dire tels qu’ils font sens pour les acteurs. Les connaissances produites par cette expérience contribuent à justifier, rétroactivement, un certain 5 Orofiamma R., 2002, « Le travail de la narration dans le récit de vie », in Souci et Soin de soi, L’harmattan, Histoire de vie et formation, pp. 163-192. 6 Lainé A., 1998, Faire de sa vie une histoire, Desclée de Brouwer. 7 Propos recueillis lors de la formation « Roman familial et trajectoire sociale ». 8 Orofiamma R., 2005, « Quand se présenter, c’est se raconter », in Education permanente, n°162. 3 N°129 | 10/2010 | DOSSIER nombre d'intuitions : l'indissociabilité des différentes sphères de la vie et l'influence qu'elles exercent les unes sur les autres en permanence, l'ignorance de soi-même et de son expérience liée à la possibilité de construire ce savoir de soi par le biais d'une médiation de l'autre et de l'expression orale ou écrite, le poids du rapport au savoir et à la formation construits dans l'expérience. La production de récits occupe une place centrale dans nos pratiques. Il s’agit pour les étudiants d’organiser « la mise en intrigue » narrative des actions pour reprendre Ricoeur9, avec l’espoir d’introduire malgré tout de l’intelligibilité dans le temps et cela en construisant des histoires, des récits, en opérant ainsi une « synthèse de l’hétérogène ». Venons en à une description plus précise d’une pratique en formation. Descriptif du dispositif. Le dispositif utilisé, qui procède d’une perspective clinique, se définit comme une ouverture aux participants d’un espace social comme scène entrouverte où une histoire se construit avec l’intervenant, par la reprise des itinéraires de chacun dans l’actualité des enjeux du groupe. Entendre l’enjeu actuel de ce qui se dit constitue la spécificité de l’écoute clinique. Les étudiants (tes) présents (12) sont en deuxième année. Ils ont fait le choix de participer à cet atelier. Ce choix s’est défini à partir de la présentation d’une fiche succincte reprenant les objectifs et le contenu. La question de l’implication y est évoquée. De même les finalités du module de formation, réalisées à partir d'un travail de récit de vie, sont énoncées ainsi : - la construction de l’identité professionnelle - la transformation des pratiques par la prise de conscience, celle-ci favorisant le passage d'une conception d'un parcours subi à une conception plus dynamique où les choix sont assumés - la production d'un savoir sur soi et sur les autres, visant un apprentissage de la différence - la production de sens à partir d'expériences de vie réactivées et revisitées - la formation par la mise en relation d'une histoire avec une pratique pédagogique, dans le but de la comprendre, voire de la modifier. Les supports utilisés lors de cet atelier sont de trois ordres : l’arbre généalogique10, le choix du prénom et le projet parental. Je reviendrai plus loin sur les objectifs spécifiques au projet parental. Les premiers temps de l’atelier servent à définir les 4 dimensions et les enjeux de l’implication. Je reviens sur l’importance du volontariat et de la libre adhésion dans l’utilisation de telles pratiques, traitant de la vie de la personne, qui n’est pas sans risque. Je me réfère ici aux pratiques régies, depuis 1991, par une association internationale, l'ASIHVIF (Association internationale des histoires de vie en formation.), orientée par une éthique « qui se caractérise par une conception du lien social qui met au centre la valeur de respect de la personne, capable d'orienter sa vie à partir de l'assomption des déterminants de sa propre histoire (personnelle et historique) et leur transformation en projet existentiel socialement inscrit ». Gaston Pineau11 dégage quatre conditions pour une utilisation optimale pour une utilisation optimale. - Avoir fait sa propre histoire de vie avant d’accompagner d’autres à la faire - Etablir un contrat avec la ou les personnes - La production reste la propriété du producteur - L’interprétation vise à être plus instauratrice que réductrice Des règles de déontologie existent : ne pas interrompre, ne pas juger, ne pas poser de questions inquisitrices. Il ne s’agit pas seulement de se libérer, mais de réfléchir, de travailler le matériau, de repérer une des lignes de cohérence, des ruptures, des répétitions, des boucles, mais aussi de lire des transversalités dans les différents récits. On est donc à un point de rencontre, en rendant compte du social au niveau individuel et personnel, de la même façon que l'on rend compte du psychologique dans le social. Le récit, en tant que mise en forme de son histoire, constitue une voie royale pour réaliser un apprentissage expérientiel consistant en une démarche complexe de problématisation de l'expérience première par un processus de modification de la représentation des rapports du sujet aux autres et au monde et par une suspension des évidences qui en assureraient la compréhension. Car avant d'être éducatrice spécialisée, je suis une personne chargée de son histoire de vie, et qui ne peut faire et être qu'en composant avec ce parcours singulier. Pouvoir travailler ces dimensions dans leurs relations réciproques donne « la possibilité de sortir d’une représentation des compétences exigées qui se réduisent à des modèles ou des injonctions sociales pour entrer dans une réflexion qui intègre les ressources individuelles et collectives en termes de créationcontinue de soi et de son acte. »12 9 Ricoeur P., 1983-85, Temps et récit (3), Seuil. 10 Se référer à : Gaulejac V. de, 1987, La névrose de classe, Hommes et Groupes. 11 Pineau G. 1999, « Expériences d’apprentissage et Histoires de vie », in Carré P., Caspar P., Traité des sciences et des techniques de formation, Dunod, p. 326, 327. 12 Giust Desprairies F., 2002, « Approche psychosociale clinique de l’identité » in Recherche et Formation, n° 41. N°125 Le projet parental : un héritage déposé. Je reprendrai, ici, une situation vécue lors d’un atelier « histoires de vie », qui pose la question de « la ligne de crête »13 entre formation et thérapie, à partir d’un outil que j’utilise dans cet espace : le projet parental. Après un premier travail pendant une matinée autour du prénom, je propose un autre support : le projet parental. V. De Gaulejac définit le projet parental comme « un modèle déposé » en chaque enfant. « La famille est le lieu privilégié du travail d'incorporation de l'histoire et de la fabrication des héritiers. L'héritage opère comme structure de transmission qui situe le cadre dans lequel chaque enfant est inscrit. Sur cette base s’étaye le projet parental, c'est-à-dire l'ensemble des représentations que les parents se font de l'avenir de leurs enfants. »14 La notion de projet parental rend compte de ces aspects qui recouvrent eux-mêmes plusieurs niveaux (affectif, idéologique, sociologique). L’essentiel est de comprendre comment ce projet s'ajuste aux conditions sociales d'existence auxquelles sont confrontés les parents dans leur propre trajectoire. Il est l'expression des projets des générations précédentes, du groupe familial qui le produit. « Il convient donc de référer le projet parental non seulement à la situation sociale des parents, dans la mesure où le projet véhicule les habitus, les valeurs et les normes de leur classe d'appartenance, mais aussi à leur histoire, elle même produit de l'histoire familiale, afin d'en saisir la dynamique interne et en particulier les contradictions qui vont être agissantes dans le devenir de l'enfant. »15 Prendre en compte, rendre compte (conte) de cet héritage, c’est donc s’inscrire dans la chaîne de l’histoire. Son exploration nécessite un support qui laisse une part importante à l'imaginaire. D’où l'importance du dessin qui sera censé représenter une simple question « Qu'est-ce que vos parents désiraient pour vous ? » Le dessin n’oblige pas à nommer les choses, mais permet l’expression directe du rapport entre l’auteur et sa représentation. C’est un mode d’expression personnelle moins codé que la seule verbalisation. Le dessin permet d'échapper à la rationalisation du langage en proposant une surface de projection. Il s’agit de faire émerger des représentations nonformulées sur les problématiques personnelles. De par son caractère projectif et polysémique, le dessin rend possible des modes de lecture, des associations et des interprétations multiples. La | 10/2009 | DOSSIER compréhension passe donc aussi par le non verbal. Le sujet qui présente son dessin donne à voir une certaine image de lui et le dessin fait apparaître bien d'autres images au delà de ce qui est explicitement proposé, il met en relief des éléments non perçus, non maîtrisés. L’analyse porte donc sur le décalage. L’objectif est l'identification des nœuds, des problèmes, des conflits, des contradictions qui pourront évidemment être retravaillés avec d'autres supports. Il apparaît essentiel d'exprimer, là, les sentiments, les impressions ressenties. Les interprétations surgissent à partir de ce qui dans le dessin vient frapper le regard ou les affects de celui qui l'observe. Il questionne, s'étonne, suscite la curiosité. Après expérience, on peut constater que les interprétations, les remarques les plus pertinentes, à propos d'un dessin, s’appuient souvent sur le repérage d’un détail, d’un élément isolé dans un coin qui semblait en décalage, différent, d’une autre couleur, ou incongru par rapport au reste. L’intérêt est donc de porter un regard différent de ce qui a été exprimé par le participant, de signaler autre chose. Après un moment de doute, de rires liés à l’étrangeté de la proposition, tous les membres du groupe s’engagent dans la production d’un dessin sur une feuille de paper-board qui sera ensuite affichée sur le mûr de la salle où nous travaillons. Comme pour chaque support, seuls trois, quatre étudiants pourront expérimenter la démarche. Une première étudiante que j’accompagne depuis un an dans un groupe de formation décide de « se lancer ». Dans un premier temps elle ne fait qu’écouter les remarques, résonances des autres membres du groupe. Chacun est surpris par les potentialités du dessin. Très rapidement, l’accent est mis sur les composants sociaux qui vont déterminer le choix professionnel de cette étudiante. Après une heure de travail, je propose que quelqu’un d’autre s’engage. Immédiatement, Claire, que je ne connais que très peu, demande à « expérimenter » l’outil. Claire n’est que très peu intervenue jusqu’ici. Elle paraît réservée et également très présente, à l’écoute de tout ce qui se dit. La consigne est de nouveau formulée : pas de jugement, juste des résonances, des échos suggérés par le dessin de Claire devant lequel tout le monde s’est installé. Celui ci est très figuratif et donne le sentiment d’un monde « harmonieux ». Les propos alternent entre remarques et interprétations, toujours dans la bienveillance. Au moment où Claire prend la parole 13 Avezou J., 1992, « Entre formation et thérapie : vers la ligne de crête », in L’histoire de vie au risque de la recherche, de la formation et de la thérapie, Etudes et Séminaires, Centre de recherche interdisciplinaire de Vaucresson. 14 Gaulejac V. de, 1987, La névrose de classe, Hommes et Groupes. 15 Idem. 5 N°125 | 10/2009 | DOSSIER pour évoquer ses ressentis, ses constructions à partir de ce qui a été dit, des larmes coulent doucement sur ses joues. Elle ne peut expliquer ce qui se passe, ne comprend pas le pourquoi de cette émotion soudaine. Je lui propose d’arrêter, là, le travail. Elle désire continuer. Nous ne chercherons pas à en savoir plus sur son histoire. Par contre, se pose pour le groupe la question des dangers d’une telle approche, de la gestion des émotions qui peuvent émerger et qui provoquent de l’angoisse chez beaucoup. Mélanie, l’une des amies proches de Claire avoue son envie de partir en courant, elle ne supporte pas cette confrontation à la souffrance de l’autre. L’épisode m’amène à revenir sur les objectifs de l’atelier et sur le contrat de départ qui permet à chacun de s’impliquer à sa mesure. Pendant ce temps, Claire essaie vainement de mettre fin à un flot de larmes incontrôlées. Quelques jours plus tard, en bilan, elle va revenir sur cette émotion, en restant incapable d’y donner du sens. Elle est pourtant tout à fait satisfaite des apprentissages effectués pendant ces vingt heures. Une année plus tard, alors que j’interviens pour une conférence sur « Adolescence et Histoires de vie » dans un autre contexte que L’IRTS, je la retrouve. Elle vient me saluer et me demande, avec la réserve qui la caractérise, si je peux lui accorder un peu de temps dans un emploi du temps qu’elle sait chargé. Je la rencontre donc une semaine plus tard, dans mon bureau. Elle travaille au foyer de l’enfance et a de nombreux projets. Mais elle vient pour autre chose que cela. Elle connaît maintenant le pourquoi de ses larmes dans l’atelier « Histoires de vie » (cela fait maintenant deux ans). Il est important pour elle, si je veux bien, de me faire partager ce sens. Que me demande t’elle ? Je ne suis évidemment plus dans le cadre de la formation, pour autant je me sens engagé dans cette relation. Curieux, j’accepte donc de l’écouter. Claire va dérouler pendant une heure son histoire. Elle a vécu toute son enfance et son adolescence auprès d’une mère et d’un père attentifs à l’éducation du seul enfant de la maison. Sa mère fait de la formation dans le cadre des télécommunications, et son père est agent commercial. Ils vivent sans soucis apparents dans une petite ville de province. A quelques mètres de chez eux, sa tante (du coté maternel) élève seule sa fille, Sylvie, âgée de quatre ans de plus que Claire. Les deux cousines vont grandir comme deux sœurs, collées l’une à l’autre. (Claire choisira d’ailleurs un travail écrit sur la jumellité pour son évaluation). Elle apprendra, quelques jours après la fin de sa formation, que Sylvie est plus qu’une cousine puisqu’elle est également la fille de son père, donc sa demi-sœur. Le secret sera levé par la mère. Lors de l’atelier « Histoires de vie » Claire l’avait appelée pour lui raconter la scène des pleurs injustifiés. Cette mère repérait vite l’objet du trouble mais ne s’autorisait pas à avouer un secret pourtant partagé 6 par toute la famille (sauf Claire et Sylvie). Elle était trop inquiète des répercussions dans la formation de sa fille. Elle va donc attendre la fin de la formation pour délivrer ce secret. Pour Claire, les larmes, l’impossibilité de mettre des mots reprenait sens, comme si le travail de l’atelier se poursuivait de manière autonome. Quelques temps plus tard, je la rencontrerai de nouveau. Elle avait pris de la distance avec sa famille, avait fondé la sienne (elle était maman d’une petite fille) et travaillait en Milieu ouvert. Dans ce cadre, elle accompagnait une jeune fille qui venait de lui avouer quelque chose qu’elle pressentait : les comportements incestueux du beau-père. Claire faisait alors cette hypothèse : son intuition, sa capacité à repérer, à être à l’écoute, ce savoir insu, elle les avait construits à travers sa propre expérience de l’héritage du secret familial, du non-dit. Tout ce long travail d’élaboration autour de sa propre histoire lui permettait d’accompagner plus sereinement. En explorant les champs de ses identifications, elle avait pu prendre la mesure de sa liberté et de ses capacités de jeter des ponts entre son histoire et le monde. Les jeux de miroir inhérents à sa pratique éducative se trouvent maintenant moins embrouillés ou moins embués parce que c’est aussi, à partir de la reconnaissance de ce qui a été formateur pour elle qu’elle peut élaborer de nouveaux projets de travail. Que la formation puisse avoir des effets thérapeutiques ne sous-entend pas pour autant qu’elle poursuive en premier lieu cette ambition. Alors que le travail de groupe est une modalité pédagogique dominante dans la formation d’adultes, il fait l’objet, dès qu’il s’agit des pratiques d’Histoires de vie, d’un questionnement soupçonneux relatif à la différenciation entre thérapie et formation. Pour le stagiaire, découvrir ce qui fut formateur au cours d’une histoire personnelle ou professionnelle, ce n’est pas obligatoirement emprunter le chemin de la cure. C’est développer une intelligence des situations, des événements et des personnes qui ont orienté un parcours bien particulier. Or cette acquisition, cette prise de conscience résultent d’expériences qui ne sont guère programmables sous le toit de l'institut. Mais rien ne dit pour autant que cette prise de conscience engagée durant la formation puisse cicatriser les blessures de l'histoire. Se démarquer de la thérapie est, de fait, une nécessité première pour le formateur comme pour les formés. Situer le plus clairement possible la formation, c’est certainement se donner une garantie de ne pas se laisser dériver, mais cela n’empêche pas la thérapie de resurgir. Reconnaître que les deux versants existent, c’est montrer qu’il est utile de savoir celui sur lequel on se situe, celui que l’on gravit, n’ignorant pas que l’autre versant est présent. Beaucoup pensent à une antinomie, avec la volonté N°125 d’une opposition entre les deux processus, se retrouvant dans la formule de Didier Anzieu : « La demande en formation est de changer sans souffrir, et en thérapie de ne plus souffrir sans changer. » Je veux insister sur la composante clinique propre à cette démarche. Nous sommes bien ici dans une posture qui fait apparaître le sujet comme tel, qui en assume la participation, l’implication, et qui tire de cette implication un objet supplémentaire de connaissance. Se pencher sur la personne de l’étudiant, avec lui, c'est considérer sa vie comme une source riche d'enseignements et de savoirs. Cette formation ne confronte pas seulement chacun à la différence, elle confronte d’abord chacun à soimême. Travailler son histoire professionnelle avec ses pairs permet de partager à la fois ce qui est commun et ce qui est singulier. Il s’agit de travailler sur le même et le différent. Au fur et à mesure de la constitution et du partage des récits, chacun devient chercheur par rapport à sa propre production et découvreur de sa propre formation, tout cela en écho avec les parcours des autres. En cela, je rejoins les membres de l’association internationale des histoires de vie en formation pour qui « la pratique de l'histoire de vie se caractérise par une conception du lien social qui met au centre la valeur de respect de la personne, capable d’orienter sa vie à partir de l’assomption des déterminants de sa propre histoire (personnelle et socio-historique) et leur transformation en projet existentiel socialement inscrit ». Mais il ne suffit pas de raconter son histoire, ses histoires pour qu’il y ait formation. Le sens ne surgit pas magiquement par le seul fait de produire une parole sur sa vie, même dans le groupe le plus empathique. « Le récit brasse des informations diverses, des fantasmes personnels, des préoccupations du moment, des éléments idéologiques glanés ici et là dans des situations historiques (…). Autrement dit, ce vécu présente l’allure métaphorique d’un « labyrinthe » où le chercheur a intérêt à savoir à peu près ce qu’il cherche, faute de quoi il s’expose à errer dans les dédales de miroirs qui se réfléchissent à l’infini. »16 Les différents auteurs qui se sont attachés aux effets de cette approche ont mis en évidence l’importance de l’effet d'historicité et d’affirmation de soi comme sujet. L'historicité renvoie pour Husserl à la capacité d'un sujet à avoir prise sur son histoire et sur son futur. C'est à la fois dans la compréhension des logiques, | 10/2009 | DOSSIER des influences qui ont parcouru notre histoire et notre capacité à les intégrer, que l'on a davantage prise sur son devenir. La pratique de l'histoire de vie offre ainsi aux sujets la possibilité, par une construction narrative accompagnée, d'accéder à leur propre historicité, de devenir acteurs de leur vie autant qu'auteurs de leur texte et par là, de se réapproprier le sens global de leur existence. L’objectif est de faire émerger ou de clarifier le sens de leur projet de formation et de leur projet professionnel, c’est-à-dire comment ceux-ci ont émergé en lien avec leur passé et ce qu'ils en attendent dans l'avenir, dans une perspective de professionnalisation. Les mots d’une étudiante sont révélateurs de ce mouvement : « Ca a fonctionné comme un moment essentiel dans mon parcours de formation. Comme si la formation commençait à cet endroit. Comme si tout le savoir engrangé pendant un an et demi prenait sens à ce moment. Je pouvais enfin m’approprier ces notions d’habitus, de représentations, d’héritage, d’identification à partir d’un lieu précis : moi… » Ici, l’histoire se donne comme un « héritage dont il faut s’emparer pour l’accomplir et non pour le conserver. »17 L’intérêt spécifique d’une telle approche vient de ce qu'elle s’attarde sur des dimensions peu prises en compte de la situation formative et montre combien le rapport au savoir est en connexion avec le rapport aux personnes et avec l'exercice de langage, la façon dont pour chacun, le passé imprègne le présent. Mais de telles recherches sont exigeantes : à la mesure de leurs potentialités, elles nécessitent une exploration interdisciplinaire et des croisements thématiques, associant mémoire et éducation. Conclusion. Comment penser qu’on puisse aller vers l’histoire d’individus singuliers, sans être soi-même en jeu dans sa propre histoire et ce qui vient y faire question ? Cette histoire qui n’est pas une reproduction mortifère du passé, se fait héritière de savoirs, d’expériences, de vécus antérieurs et porteuses de valeurs transmises comme fondation, une fondation qui « s’effectue de maillon en maillon et qui rejoue à chaque moment le rôle de l’origine. »18 La construction des savoirs ne se limite pas à trois années de formation, elle se structure et se transforme sans jamais s’achever dans le cours des histoires personnelles et professionnelles, psychiques et 16 Le Grand J.L., 2004, « Rationnalités scientifiques et récit biographique : Deux logiques conflictuelles ? », in Le récit biographique, Tome 1, L’harmattan. 17 Paturet J.B., 2007, Qu’est ce qu’un héritage ?, in Empan, n°68. 18 Paturet J.B., 2007, Qu’est ce qu’un héritage ?, in Empan, n°68. 7 N°125 | 10/2009 | DOSSIER sociales. Les sujets puisent dans l’héritage social et familial des valeurs identitaires et morales fondatrices dont l’impact, mais aussi la prise de conscience, croissent avec l’expérience. Se former, c’est aussi « s’entretenir avec soi », choisir de se préparer au changement en changeant ses propres comportements, ses attitudes, c’est agir à la fois sur ses appartenances collectives, sur une personnalité individuelle et sur leurs interactions. C’est agir sur le « je et sur le nous », sur « le moi face aux autres », c’est agir sur son histoire de vie pour pouvoir penser l’autre et peut-être penser tout court. Gilles Ferry pointait que le recours au récit ne cesse de gagner en importance dans les pratiques formatives. Cette importance est à tempérer à la fois de par des utilisations « sauvages » et par un mouvement de massification des effectifs des étudiants qui a des effets sur la composition des groupes et sur une programmation « éclatée » peu propice à ce type de travail. Tous les auteurs cités mettent en évidence une temporalité minimale pour un véritable travail qui exige une maturation. Le minimal a quelquefois tendance à disparaître. Reste à sauvegarder, malgré tout, ces espaces où le geste formateur conduit à situer la personne en formation comme sujet de ses apprentissages et comme partenaire premier de l’effort à consentir. ! Bibliographie Avezou J., 1992, « Entre formation et thérapie : vers la ligne de crête » in L’histoire de vie au risque de la recherche, de la formation et de la thérapie, Etudes et Séminaires, Centre de recherche interdisciplinaire de Vaucresson. Berton J., 2000, « Récits de vie et intervention sociale », in Les histoires de vie, Théories et pratiques, Education permanente, n°142, pp 159-168. Berton J., 2005, « Parler de soi ne va pas de soi », in De l’analyse des pratiques professionnelles en formation, Seli Arslan. Boutinet J.P., 1989, « Histoire et projet », in Pineau G., Jobert G., Histoires de vie : approches multiréférentielles, Tome 2, L’harmattan, Paris. Gaulejac V. de, 1983, « L’héritage » in Analyse de groupe. Formation et psychothérapie, Connexions, n°41, Epi. Gaulejac V. de, 1987, La névrose de classe, Hommes et Groupes. Gaulejac V. de, 1991, « Sociologie et psychanalyse des récits de vie : contradictions et complémentarités », in Leomant (dir), L’histoire de vie au risque de la 8 recherche, de la formation et de la thérapie, Livre des actes du colloque international, Centre de recherche interdisciplinaire de Vaucresson. Gaulejac V. de, 1999, L’histoire en héritage, Desclée de Brouwer. Lainé A., 1998, Faire de sa vie une histoire, Desclée de Brouwer. Lainé A., 2000, « L’histoire de vie, un processus de métaformation » in Les histoires de vie. Théories et pratiques, Education permanente, n°142. Orofiamma R., 2005, « Quand se présenter, c’est se raconter », in Education permanente, n°162. Paturet J.B., 2007, Qu’est ce qu’un héritage ?, in Empan, n°68. Pineau G., 1999, « Expériences d’apprentissage et Histoires de vie », in Traité des sciences et des techniques de formation, Dunod.