L`optimisation des coûts immobiliers, un défi à la portée de tous ?
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L`optimisation des coûts immobiliers, un défi à la portée de tous ?
L'optimisation des coûts immobiliers, un défi à la portée de tous ? Livre Blanc | 2011 En partenariat avec BearingPoint - ADI Sommaire Éditorial……………………………………………………………………………………………………………………………………………………… 3 Synthèse………………………………………………………………………………………………………………………………………………… 4 Le périmètre de l'étude……………………………………………………………………………………………………………………… 8 1 . Le 2 Lancer une démarche de réduction des coûts, un défi à la portée de tous ? .......... . 3 . Les 16 opérations engagées, un bilan en demi-teinte ? ……………………………………………………… 26 Un bilan contrasté……………………………………………………………………………………………………………………………… 28 Une évaluation des résultats peu objective…………………………………………………………………………………………… 28 Des démarches de collecte des données au détriment d’un pilotage pragmatique…………………………………… 28 4 . 10 Des résultats ambitieux attendus à court et moyen termes .................................................................. 18 Les démarches engagées, une volonté centrale, des réalisations locales……………………………………………….. 21 Des gisements d’économies ignorés…………………………………………………………………………………………………… 24 pilotage des coûts immobiliers, une responsabilité diffuse ?………………………………… Des responsabilités partagées……………………………………………………………………………………………………………… 11 Un processus essentiellement transverse……………………………………………………………………………………………… 13 Un partage des rôles complexe……………………………………………………………………………………………………………… 14 Les défis de demain, continuité ou rupture ? ………………………………………………………………… 30 La réduction de l'impact de l'immobilier sur l'environnement……………………………………………………………… Faire évoluer le lieu d'accueil des salariés…………………………………………………………………………………………… Réduire la facture immobilière…………………………………………………………………………………………………………… Les réponses déjà engagées : en panne d’idées nouvelles……………………………………………………………………… Viser l’optimisation de la valeur………………………………………………………………………………………………………… 30 32 32 33 34 À propos de……………………………………………………………………………………………………………………………………………… 38 Contacts…………………………………………………………………………………………………………………………………………………… 39 Remerciements………………………………………………………………………………………………………………………………………… 40 2 L'optimisation des coûts immobiliers, un défi à la portée de tous ? Éditorial L'optimisation des coûts immobiliers, un défi à la portée de tous ? Nous sommes en 2015. Sur l’ordinateur s’affiche une myriade de chiffres et d’indicateurs présentant les tendances des coûts immobiliers par nature et destination, étalonnés sur les derniers standards de marché. L’historique des coûts immobiliers fait ressortir une baisse régulière et significative depuis 2011, année où la Direction Immobilière, avec le sponsorship de la Direction Générale, a lancé une démarche d’optimisation des coûts immobiliers, en collaboration avec l’ensemble des directions concernées par l’immobilier (Finance, Achats, Développement Durable, RH, etc.). Avec ses partenaires internes, la Direction Immobilière anime, en garant de la performance immobilière, un réseau local qui met en œuvre des solutions immobilières innovantes, atout majeur pour le développement des activités. Que de chemin parcouru depuis la prise de conscience par le COMEX en ce mois de juillet 2011 des gisements associés aux charges d’exploitation immobilières ! En effet, les courbes qui s’affichent sur l’écran de l’ordinateur matérialisent l’aboutissement d’une vision exprimée 4 ans auparavant, qui a permis à la Direction Immobilière de se hisser au rang d’allié stratégique de la Direction Générale, en contribuant significativement à l’amélioration durable des résultats de l’entreprise et à l’efficience de son fonctionnement. Science-fiction, rêve, paranoïa, ou simple réalisme économique issu de la crise financière des années 2008-2009 ? Cette histoire est celle que nous aimerions voir un jour écrite. Aussi avons-nous voulu en savoir plus sur les tendances des « grands utilisateurs » et des investisseurs en matière d’optimisation des coûts immobiliers et, in fine, en termes de pratiques immobilières, au travers des résultats de l’enquête qui vous est présentée dans les pages qui suivent. L’étude, menée par l’équipe immobilière de BearingPoint en partenariat avec l’ADI auprès d'environ 80 responsables immobiliers, achats, finance et RH, révèle une situation contrastée, mais une tendance de fond, même si l’optimisation des coûts immobiliers n’en est qu’à ses prémices. Au-delà des chiffres, il en ressort que l’optimisation des coûts immobiliers repose sur une organisation, un partage des responsabilités, des objectifs mesurables et suivis ainsi qu’un engagement de la Direction Générale. Le niveau de maturité de ces différents composants et leviers traduit finalement la capacité et la volonté des acteurs économiques à engager cette optimisation, obtenir des résultats significatifs dans les 4 ou 5 années à venir et projeter l’immobilier de demain. Ces résultats essentiellement économiques peuvent aussi prendre la forme de bénéfices moins immédiats, sur l’image de l’entreprise et les conditions de travail. Gains plus difficiles à évaluer il est vrai, mais dont le rayonnement est profond. Autant d’informations que met en lumière l’enquête que nous vous invitons maintenant à découvrir. Bonne lecture ! Olivier Chappert Stéphanie Fauré Benoît Delattre BearingPoint BearingPoint BearingPoint 3 BearingPoint - ADI Trois ans après le début de la crise économique, un constat s’impose, rares sont les entreprises qui n’ont pas initié un plan de réduction des coûts immobiliers. Quels enseignements tirer pour les entreprises ayant mis en place ces démarches ? Les retours d’expérience sont emprunts d’un grand nombre de paradoxes. Le premier d’entre eux est au cœur de l’activité de l’entreprise (lieu d’accueil des salariés, des clients et des partenaires et lieu de production) : l’immobilier ne fait pas l’objet d’un pilotage centralisé. En effet, si la Fonction Immobilière a su se structurer en direction ou en service dédié, il n’en reste pas moins qu’elle partage dans 89% des cas la responsabilité du pilotage des coûts immobiliers. 4 Il est aisé de répondre que les natures de coûts sont multiples (des investissements à l’aménagement du poste de travail) et que les leviers à mobiliser pour les maîtriser le sont presque autant (revue des baux et des contrats, revue de la fiscalité locale, relocalisation, mutualisation des surfaces, cessions et valorisation des sites …). Mais ceci ne justifie en rien la dilution des responsabilités. Ce processus essentiellement transverse requiert, du fait de la complexité des enjeux qu’il traite, un pilotage renforcé pour permettre l’émergence d’arbitrages pertinents entre les économies à court termes et l’anticipation des évolutions de l’entreprise. Synthèse Les enjeux multiples des démarches d'optimisation de l'immobilier d'entreprise • Être localisé au « bon endroit » • Promouvoir l’image de marque de l’entreprise • Disposer des surfaces adéquates • Anticiper les évolutions de l’activité Développement de l’entreprise Performance financière et économique p les Au en tre d’ jeux mu lti cen • Augmenter la valeur des actifs • Dégager des liquidités • Réduire les coûts Optimisation de l’immobilier des grands utilisateurs • Attirer et retenir les talents • Accroître la productivité des salariés • Garantir la mise à disposition de surfaces de travail adaptées Productivité et qualité Maîtrise des risques • Limiter l’exposition aux risques •A nticiper les évolutions règlementaires Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 5 BearingPoint - ADI La pression économique et les objectifs fixés de réduction des coûts à faible échéance (dans 80 % des cas, le plan de réduction des coûts se situe sur une échéance de 2 à 5 ans ) ont incité les organisations à actionner les leviers d’économies les plus immédiats : la revue des baux et des contrats de Facility Management. Pratique courante dans 22% des cas, la renégociation des baux a représenté ces dernières années, dans un marché très haussier jusqu’en 2008 et grâce l’activation de clauses favorables à la révision du loyer (article 145-39), une opportunité de réduction de la charge non négligeable. Par ailleurs, ce levier de réduction des coûts est peu intrusif dans les modes de fonctionnement et de gestion dans l’entreprise, sans pour autant être aisé (il requiert notamment une gestion efficace des dates d’échéances) : il est le gisement d’économie le plus rapidement actionnable. Mais comment aller plus loin et réformer l’immobilier d’entreprise de manière durable ? Ainsi, au travers de standards de localisation ou d’occupation et de schéma directeurs immobiliers, l’ambition des participants sur les années à venir est « d’industrialiser » les projets de relocalisation, mutualisation des surfaces, valorisation et cessions. Pour conduire ces projets "en rupture" avec les pratiques courantes de l’entreprise, au-delà d’une bonne maîtrise de la matière immobilière, les entreprises sondées soulignent qu’il est incontournable de disposer de : - L ’appui de la Direction Générale, pour 23% d’entreelles - L’adhésion et l’engagement des métiers, pour 18% des participants - Une gouvernance et une organisation dédiées, pour 16% des personnes interrogées Pour obtenir un tel mandat de leur Direction Générale, la Fonction Immobilière devra faire au travers de tableaux de bords, reporting et business cases, la preuve des gains directs et indirects à attendre de telles démarches. Elle devra également piloter la contribution de nombreux acteurs dans l’entreprise, des RH aux « métiers », pour garantir la faisabilité des projets d’optimisation. 6 L’immobilier d'exploitation a aussi un rôle essentiel aujourd’hui et comme défi sans cesse renouvelé pour demain : accueillir des salariés dans un environnement de production adéquat. Ainsi, s’inscrivant dans le concept structurant de développement durable, les entreprises interrogées s’unissent autours de trois enjeux pour demain, qui sont aussi les fondamentaux de la gestion immobilière : - La réduction de l’impact de l’immobilier sur l’environnement, pour 84% des personnes sondées. - L’immobilier en tant que lieu d’accueil des salariés pour 73% des sondés. - L’immobilier en tant que centre de coûts pour 60% des sondés. Et nous sommes convaincus que c’est par une réflexion sur les facteurs clés de mise en œuvre de démarches d’optimisation de l’immobilier d’entreprise que s’ouvre la décennie : - Flexibilité : réconcilier cycle d’activité et cycle immobilier - Transversalité : impliquer l’ensemble de l’entreprise de la Direction Générale aux salariés - Durabilité : pérenniser la performance économique obtenue. 7 BearingPoint - ADI Le périmètre de l’étude BearingPoint et l’Association des Directeurs Immobiliers ont réalisé une enquête sur le thème de l’optimisation des coûts immobiliers. Cette enquête inédite a pour objectif de croiser les regards des Directions Immobilières, Achats, Finances, Ressources Humaines, et Développement sur l’enjeu de la maîtrise des coûts immobiliers. Nous entendons par coût global immobilier le coût tel que défini par la norme IPD. Coût global immobilier Coûts d’occupation des biens immobiliers Coûts d’adaptation et d’équipement Services aux bâtiments Services aux occupants Après la crise et face à la généralisation des plans de performance dans l’entreprise, il est temps de dresser un premier bilan transverse des démarches d’optimisation des coûts immobiliers : • L es démarches de réduction des coûts immobiliers ont-elles produit les effets escomptés, à travers une baisse durable des coûts d’occupation, d’exploitation, etc. ? •Q ui a piloté ces démarches dans l’entreprise ? Selon quelles modalités ? Les résultats ont-ils été mesurés ? Les enseignements ont-ils été tirés ? Les démarches ont-elles été reconduites ? •C ette recherche d’économies a-t-elle impacté l’image de l’entreprise, les conditions de travail, le climat social, le développement des activités de l’entreprise ? • Et demain, quels seront les nouveaux enjeux immobiliers dans l’entreprise ? Afin de pouvoir apporter des éléments de réponse à ces questions, environ 80 responsables ont répondu à notre questionnaire : 45 % travaillent dans le secteur des services, banques et assurances ; 25 % dans l’industrie ; 13 % dans la distribution et 17 % dans d’autres secteurs (presse, édition, associations, etc.). Secteur d'activités des personnes interrogées 45 % Industries 17 % 13 % Services Distribution Autre 25 % Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 8 L'optimisation des coûts immobiliers, un défi à la portée de tous ? Pour la majorité, il s’agit de Directions Immobilières, toutefois, les Directions qui ne sont pas uniquement des Directions Immobilières (Direction Immobilière et Achats, des Services Généraux, etc.) constituent 14 % des responsables ayant participé à l’enquête, les autres Directions représentant 26 %. Il s’agit des Directions Achats, Finances et Ressources Humaines. Les Directions interrogées 60 % Direction Immobilière Direction Immobilière et autre 26 % Autres Directions 14 % Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Cette étude montre qu’une grande majorité des acteurs interrogés ont engagé des démarches de réduction du coût global immobilier. L’heure d’un premier bilan est venue et nous vous proposons donc d’analyser les actions engagées. 9 BearingPoint - ADI Une des questions sousjacentes de l’optimisation des coûts immobiliers dans l’entreprise est celle de la responsabilité. Qui, au sein de l’entreprise, prend en charge ce poste de dépenses ? Les Directions Immobilières, Achats ou Finances ? Au début des années 2000, un tiers des 120 plus grandes entreprises françaises n’avaient pas de Direction Immobilière. Les organisations ont-elles évolué et se sont-elles dotées d’un service dédié à la gestion de l’immobilier ? Avec la crise et l’émergence des plans de performance, les Directions Financières ont eu un rôle considérable dans le pilotage de la rentabilité de l’entreprise. Ontelles pris en charge le pilotage des coûts immobiliers ? 10 Avec l’externalisation de l’immobilier, l’enjeu des entreprises se situe pour une part importante sur le pilotage des contrats : baux, contrats de Facility Management, etc. Est-ce à dire que l’« immobilier » est désormais entre les mains des Achats ? Un premier constat s’impose : personne dans l’entreprise n’a le « monopole » du pilotage des coûts immobiliers. 1 Le pilotage des coûts immobiliers, une responsabilité diffuse ? Des responsabilités partagées Environ 90 % des entreprises interrogées disposent d’une Direction Immobilière en charge du suivi et du pilotage des coûts immobiliers. La professionalisation de la Fonction Immobilière amorcée dans les années 2000 se confirme : peu nombreuses sont désormais les entreprises qui ne disposent pas de Direction Immobilière. Mais pour ces entreprises, le pilotage des coûts immobiliers n’est pas l’affaire de l’unique Direction Immobilière (figure 1) mais est bien dans 89 % des cas une responsabilité partagée par au moins deux Directions (dont la Direction Immobilière). Figure 1. Les directions en charge du pilotage des coûts immobiliers Centralisé par la Direction Immoblière 11 % Partagé par 2 directions 38 % Partagé par 3 directions Partagé par 4 directions ou plus 28 % 23 % Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 11 BearingPoint - ADI Figure 2. Les directions responsables des coûts immobiliers dans l'entreprise 51 % Immobilier Services Généraux/Logistique 35 % Directions «métiers», branches ou filiales 21 % 13 % Achats Direction Générale 13 % Finance 11 % Développement 5% 5% Ressources Humaines Juridique Autre 2% 1% L’enquête révèle que le partage actuel de la responsabilité des coûts immobiliers (figure 2) s’effectue entre : •D eux acteurs majeurs : Direction Immobilière et Services Généraux ; •Q uatre « challengers » : Métiers, Branches ou Filiales, Achats, Direction Générale et Finance ; • L es Directions suivantes sont en retrait : Directions du Développement, Juridique et Ressources Humaines. Ce partage des responsabilités peut s’avérer légitime et efficient lorsque les périmètres d’intervention de chaque acteur sont clairement définis. Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Par ailleurs, aucune Direction ne dispose de tous les leviers de réduction des coûts immobiliers. (figure 3) Ainsi, parce que les leviers sont multiples, le « tour de table » de l’optimisation regroupe : • La Direction Immobilière ; • La Direction des Services Généraux ; • La Direction Financière ; • La Direction « Métier », les branches ou filiales ; • La Direction des Achats ; • La Direction des Ressources Humaines. Figure 3. Le partage des leviers Direction Immobilière Direction des Services Généraux Directions métiers/ branche/filiale Direction Achats Direction Finance Direction RH Revue des baux/contrats Revue de la fiscalité locale Relocalisation Mutualisation des surfaces Cessions Valorisation des sites Externalisation d'une part de la fonction immobilière Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 12 Le pilotage des coûts immobiliers, une responsabilité diffuse ? Cependant, la multiplicité des leviers ne légitime pas la dilution des responsabilités. Il faut dans l’entreprise un garant, en capacité de répondre aux performances immobilières réelles. Par ailleurs, si les Directions métiers, branches ou filiales, disposent, pour 67 % des participants à l’enquête, des leviers d’action sur l’optimisation de l’immobilier, elles sont bien moins représentées lorsque la question porte sur la responsabilité du pilotage de ce coût. La tendance à la décentralisation dans les grandes entreprises françaises se traduit pour l’immobilier par un pilotage des budgets au niveau local : branches, business units, divisions, filiales, etc. disposent des budgets et des pouvoirs d’engagement. Un paradoxe émerge alors : les branches, business units, divisions et filiales disposent des budgets et donc d’un certain pouvoir de décision sans pour autant être responsabilisées sur l’optimisation des coûts immobiliers. Autre élément frappant, la relative absence des Directions des Ressources Humaines (mentionnée dans seulement 31 % des cas) interpelle eu égard aux enjeux humains et sociaux liés à l’immobilier. En effet, les projets d’optimisation des coûts immobiliers peuvent viser ou a minima conduire à la relocalisation des personnels de l’entreprise, à la transformation des modes d’organisation des espaces de travail, à la redéfinition des attributs des salariés (nombre de m², niveau de services, espaces de loisirs, restauration d’entreprise, etc.). Ainsi, le passage à l’organisation en espaces partagés ne peut se limiter à la seule maîtrise du ratio d’occupation. L’enjeu est non négligeable du point de vue social, de l’attractivité de l’entreprise, des modes de management mais aussi du point de vue de la productivité. Autant de thématiques qui concernent les Ressources Humaines. Les coûts induits par la non prise en compte de ces enjeux peuvent largement contrebalancer les gains attendus d’un projet d’optimisation immobilière. Par ailleurs, mal intégrés dans les projets, les facteurs humains peuvent in fine légitimer l’arrêt des opérations. Un processus essentiellement transverse La Direction Immobilière tient le rôle de pilote sur la quasi totalité des domaines d’activités relatifs à l'immobilier (figure 4). Pourtant, il est intéressant de constater qu’elle n’est généralement pas en position de décideur. Par ailleurs, si la Direction Immobilière est responsable des loyers et charges et des investissements (acquisition, travaux, etc.), elle l’est moins des coûts d’exploitation des sites, des coûts d’aménagement du poste de travail et des coûts de fonctionnement des services immobiliers. Ces résultats corroborent une réalité : • Les Directions Immobilières n’interviennent pas sur toutes les natures de coûts et « s’arrêtent » pour la moitié d’entre elles avant l’aménagement du poste de travail ; • Les Directions Immobilières, fonction support, apportent expertise et méthodologie, mais leur capacité de décision est réduite, en amont, par le fait qu’elles ne gèrent pas les budgets, et en aval parce qu’elles ne détiennent pas tous les leviers, appartenant pour une part aux filiales, aux branches ou aux « métiers ». Figure 4. Domaines d'intervention des Directions Immobilières 43 % Maîtrise d’ouvrage et projets de construction Exploitation des sites Gestion des actifs et des baux Montage des opérations immobilières 22 % 57 % 29 % 31 % 31 % Décideur Pilote 59 % 65 % Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 13 BearingPoint - ADI Figure 5. Les responsabilités des Directions Immobilières Coûts de fonctionnement des services immobiliers Aménagement du poste de travail Exploitation des sites Loyers et charges Investissements immobiliers 47 % 55 % 61 % 92 % 94 % Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Il est par ailleurs surprenant de constater que les coûts de fonctionnement des services immobiliers ne relèvent pas de la responsabilité des Directions Immobilières (figure 5) dans la majorité des cas (seulement 47 %). Comment analyser ce résultat ? Pour la majorité des entreprises interrogées, l'ensemble du personnel affecté aux activités immobilières n’est pas rattaché aux Directions Immobilières mais aux filiales, branches et métiers. Ainsi, l’optimisation de l’immobilier d’entreprise est un processus transverse, mobilisant différentes expertises dans l’entreprise mais aussi différents échelons territoriaux (central, régional, local). Aussi, parmi plusieurs propositions, les participants à l’enquête ont choisi pour 57 % d’entre eux, la phrase suivante : « Le pilotage des coûts immobiliers est un processus transverse qui doit mobiliser tous les acteurs de l'entreprise… » …laissant loin derrière les autres propositions : • « Mieux vaut recentrer la responsabilité et le pilotage des coûts immobiliers sur une Direction bien identifiée, quelle qu'elle soit » ; • « Le pilotage des coûts immobiliers doit être de la responsabilité de la Direction Immobilière » ; • « Le pilotage des coûts immobiliers doit a minima concerner les Directions Achats, Finance, RH et Immobilier ». Un partage des rôles complexe Il apparaît ainsi clairement que l’optimisation de l’immobilier est un mécanisme complexe. Rares sont les projets d’optimisation des surfaces et des coûts qui ne vont pas au-delà de la seule interrogation sur la performance immobilière. Nous pouvons ainsi grouper les enjeux autour de quatre grandes thématiques (figure 6) : • La performance financière et économique Il s’agit ici d’identifier des leviers de réduction des coûts, d’augmentation de la valeur des actifs ou encore de générer des liquidités par la cession d’actifs sans usage pour l’entreprise. C’est le premier périmètre d’investigation lors de la recherche des gisements d’économies et des opportunités de valorisation immobilière. • La maîtrise des risques La seule prise en compte de la performance économique ne permet pas à notre sens une optimisation réelle du parc immobilier de l’entreprise. Encore faut-il appréhender l’ensemble des risques humains, sociaux, de risques d’image, etc. Le risque de non-conformité réglementaire fait porter une responsabilité pénale sur les dirigeants. Il s’agit donc d’anticiper les nouvelles 14 Le pilotage des coûts immobiliers, une responsabilité diffuse ? Figure 6. Les enjeux multiples des démarches d'optimisation de l'immobilier d'entreprise • Être localisé au « bon endroit » • Promouvoir l’image de marque de l’entreprise • Disposer des surfaces adéquates • Anticiper les évolutions de l’activité • Augmenter la valeur des actifs • Dégager des liquidités • Réduire les coûts Développement de l’entreprise les en tre d’ jeux mu lti cen p u A Performance financière et économique Optimisation de l’immobilier des grands utilisateurs Productivité et qualité • Attirer et retenir les talents • Accroître la productivité des salariés • Garantir la mise à disposition de surfaces de travail adaptées réglementations pour intégrer leur impact sur l’appréciation d’un immeuble. • La productivité et qualité Il s’agit également lors de projets immobiliers d’envergure d’anticiper l’impact sur l’organisation du travail et sur la productivité des salariés. • Le développement de l’entreprise Enfin et pour réconcilier cycle immobilier et cycle de l’entreprise, il faut projeter les besoins des organisations, tant en termes de surface qu’en termes de configuration, localisation, etc. Maîtrise des risques • Limiter l’exposition aux risques • Anticiper les évolutions règlementaires Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Le traitement de ces enjeux requiert de la transversalité pour dépasser la seule analyse de la rentabilité d’une opération immobilière et permettre un traitement stratégique de l’optimisation des espaces de travail. Toutefois, transversalité ne veut pas dire dilution des responsabilités. Ainsi, la Direction Immobilière est la plus qualifiée pour assumer le processus d’optimisation des coûts, mobiliser les expertises transverses à bon escient et ainsi être fédératrice et garante de la performance immobilière. « Il est critique d’aligner les cycles du marché automobile avec les cycles immobiliers : les attendus de la Direction Générale basculent en fonction des enjeux de rentabilité de l’entreprise de la recherche de free cash, ce qui se traduit par des plans de cession de patrimoine, à l’amélioration de la marge brute qui se traduit pour l’immobilier par la recherche d’un rapport location/propriété inversé. Ceci requiert un travail sur les indicateurs de performance qui font sens d’une part pour la Direction Immobilière mais aussi pour la Direction Financière et une agilité des services immobiliers » Jean-Gabriel Carlier, Directeur Immobilier, Groupe Renault 15 BearingPoint - ADI L’optimisation des coûts immobiliers : une ambition partagée, une pratique récente Ce résultat écrasant révèle qu’aujourd’hui, les Directions Générales cherchent à mobiliser tous les gisements d’économies possibles et demandent donc à réévaluer leurs « besoins immobiliers » au travers de démarches d’optimisations des surfaces et des coûts. Cette préoccupation est également un enjeu majeur dans les pays anglo-saxons où la maîtrise des coûts est citée comme priorité n°1 des Directions Immobilières « corporate » d’après une enquête parue récemment dans la presse d’outre Manche. Elle révèle de surcroît que ces directions s’attendent à une pression encore plus forte pour réduire la charge 16 immobilière dans les mois à venir. La quasi-totalité des entreprises déclare avoir lancé une démarche d’optimisation des coûts immobiliers. La conjoncture donne donc le « la » en matière immobilière ; ainsi l’enquête met en relief que dans plus de 50 % des cas, les démarches visant à optimiser les surfaces et les coûts ont pour origine des facteurs exogènes à l’entreprise, principalement liés à la situation économique. (figure 7) Ces résultats renforcent l’idée que les entreprises ont mis en place des démarches et actions d’optimisation 2 Lancer une démarche de réduction des coûts, un défi à la portée de tous ? Figure 7. Les éléments déclencheurs des plans de réduction des coûts Dans 50% des cas, les facteurs liés à la crise économique sont à l’origine des démarches de réduction des coûts. Plan de performance 29 % 19 % Situation économique 5% Pression concurrentielle Transformation des organisations 14 % Autre 14 % Projet d'entreprise 9% Nouvelles réglementations Audit Non réponse 5% 2% Eléments déclencheurs liés à la crise Autres éléments 3% Non réponse Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 17 BearingPoint - ADI Figure 8. Montant des économies visées L'objectif de réduction du coût global se situe dans 46 % des cas entre -10 % et -15 % 17 % < 10 % 41 % Connu Non connu 21 % Entre 10 % et 15 % (inclus) > 15 % 16 % 59 % Sans réponse 46 % Montants des économies Pourcentages recherchés d'économies Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Des résultats ambitieux attendus à court et moyen termes en réaction à une situation économique très dégradée à partir de l’automne 2008. Elles y voient autant une source de financement des activités qu’un amortisseur pour les résultats. Si ces pratiques sont récentes, les ambitions n’en restent pas moins importantes. Ainsi, lorsque le montant des économies visées est connu, l’objectif de réduction du coût global immobilier se situe majoritairement dans la fourchette de -10 % à -15 % et pour 17 % des répondants au-delà des -15 %. (figure 8) Aussi, ces dernières années marquent un tournant dans la prise de conscience des organisations : la ressource immobilière n’est plus considérée comme un « poids mort », mais comme un levier mobilisable de performance économique qui contribue positivement au résultat des entreprises. Par ailleurs, l’horizon pour atteindre ces objectifs reste court : dans 80 % des cas, le plan de réduction des coûts se situe sur une échéance de 2 à 5 ans et dans près de 15 % des cas doit produire des résultats dans l’année ! Ainsi, l’enquête démontre que 100 % des actions de maîtrise des coûts immobiliers ont été lancées depuis moins de 3 ans ! La prise de conscience du poids de l’immobilier dans le compte de résultat de l’entreprise reste donc un phénomène récent, lié à la crise. Il existe 5 leviers majeurs d’optimisation des coûts immobiliers (figure 9) : Figure 9. Les 5 leviers de la réduction des coûts Les leviers ➊ Localisation ➋ Niveaux de services ➌ Baux et Contrats : engagements et conditions contractuelles ➍ Standards d’occupation et organisation du travail ➎ Cession, mise en location ou sous-location Les IMPACTS Coûts immobiliers = (Effectifs x Coûts/m² x m²/employé) + Coûts des surfaces excédentaires Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 18 Lancer une démarche de réduction des coûts, un défi à la portée de tous ? Figure 10. Le rapport efforts/bénéfices des démarches de réduction des coûts A court terme, seules les actions sur les baux et contrats peuvent générer de réelles économies. ++ Bénéfices Cession, mise en location ou sous-location Localisation Organisation du travail Baux et Contrats Quick wins Leviers structurants Standards d’occupation Niveaux de services --- Efforts ++ Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Parmi ces 5 leviers, seules les actions de négociation menées sur les baux commerciaux et contrats de Facility Management génèrent des économies à court terme, a fortiori dans l’année. Il n’est donc pas étonnant, compte tenu des objectifs affichés de réduction à court terme des coûts immobiliers que les participants à l’enquête plébiscitent l’action de renégociation des baux commerciaux et des contrats de Facility Management. (figure 1O) La revue des contrats de baux est ainsi une pratique qui a été généralisée pour 22 % des participants à l’enquête. La revue des contrats de Facility Management, quant à elle, est une pratique courante pour 15 % des répondants. (figure 11) Les actions de renégociation des baux et des contrats de Facillity Management peuvent-elles cependant à elles seules générer jusqu’à 15 % d’économies sur le coût global immobilier ? Certainement lors de la première campagne de renégociation. Figure 11. La revue des baux est une pratique courante pour 22 % des participants à l’enquête Pratique généralisée • Revue des baux • Revue des contrats FM Expérimentation en cours • Mutualisation des surfaces • Revue de la fiscalité locale Ambition à trois ans • Relocalisation • Valorisation des sites Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 En effet, les loyers représentant en moyenne 50 % des coûts globaux immobiliers (sources IPD), de véritables gisements d’économies peuvent être mobilisés lors d’une revue structurée et systématique des conditions de bail. 19 BearingPoint - ADI Figure 12. Les différents potentiels d'économies Actions court terme Projet d'optimisation Projet en rupture A B C Total A Projet actionnable « facilement » à court terme Exemple : renégociation des baux et des contrats B Projet nécessitant une organiation dédiée et une capacité à projeter les besoins immobiliers à moyen et long terme Exemple : schéma directeur immobilier C Projet de transformation Exemple : relocalisation Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Néanmoins, si la première campagne s’avère efficace, d’autres leviers d’optimisation devront être actionnés pour générer les économies attendues par la suite. (figure 12) Ainsi, l’enjeu est d’aller chercher de nouvelles sources d’économies en initiant des démarches de relocalisation, mutualisation, etc., démarches beaucoup plus « impactantes » pour l’entreprise et visibles pour ses salariés. Lancer de telles démarches en « rupture » suppose de modéliser les implications financières du projet et les projections d’activité et d’effectifs à moyen et long termes, mais pas seulement. Il s’agit aussi d’appréhender l’impact de tels projets immobiliers sur : • L ’image de l’entreprise : son image actuelle, son image souhaitée ; • S a capacité à attirer les bonnes compétences, à les retenir, à maîtriser le turnover ; • S a productivité, son modèle d’organisation, ses pratiques de management, etc. A mesure que les entreprises atteignent une meilleure maîtrise de leurs enjeux immobiliers, elles développent l’ambition de rationaliser plus globalement leurs implantations. Ces projets immobiliers d’envergure peuvent alors percuter les enjeux de développement et le mode d’organisation de l’entreprise. Les réflexions immobilières deviennent alors une incroyable opportunité de faire d’un projet de relocalisation ou de réaménagement un projet de « transformation », levier de compétitivité et vecteur de communication. 20 L’enquête révèle ainsi que l’ambition des participants, sur les trois années à venir, est de faire passer les projets de relocalisation, mutualisation des surfaces, valorisation et cession du stade d’expérimentation à celui de pratique généralisée. C’est alors que le besoin de structurer des méthodes robustes pour accompagner de telles démarches se fait jour. Ainsi, à la question des facteurs clés de succès de l’optimisation des coûts immobiliers, les participants à l’enquête ont répondu : • Pour 23 %, l’appui de la Direction Générale ; • Pour 18 %, l’adhésion et l’engagement des « métiers » ; • Pour 16 %, une gouvernance et/ou une organisation dédiée(s). En effet, difficile de conduire des projets de transformation de l’envergure d’une relocalisation ou d’un passage en espaces partagés, sans mandat clair de sa Direction Générale, sans processus de décision adapté et sans organisation adéquate. La nécessité de structurer son organisation est d’autant plus prégnante que les ambitions sont de plus en plus à dimension internationale. L’enquête révèle ainsi que si la grande majorité des actions de réduction des coûts immobiliers ont pour cible la France, il n’en reste pas moins que près de 30 % des projets d’optimisation des coûts immobiliers ont une vocation internationale. (figure 13) Lancer une démarche de réduction des coûts, un défi à la portée de tous ? Figure 13. Périmètre géographique des plans de réduction des coûts immobiliers Des plans de réduction des coûts internationaux pour 30 % des entreprises interrogées 29 % France International 71 % Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 La globalisation des marchés a rendu nécessaire un questionnement immobilier hors des frontières hexagonales. De « mal nécessaire », l’immobilier est devenu une « cible » pour les plans d’économies et pour les organisations les plus matures, un levier de performance et de transformation de l’entreprise. Les réalisations concrètes sont récentes, les objectifs sont ambitieux et pour une part non négligeable, les démarches d’optimisation ont un périmètre international. Comment s’organisent les entreprises face à de telles ambitions ? Les démarches engagées, une volonté centrale, des réalisations locales Plus des 2/3 des initiatives des plans de réduction de coûts ont été engagées par la Direction Immobilière ou par la Direction Générale. La Direction Financière (17 %) ou la Direction des Achats (10 %) ne prennent l’initiative d’engager un plan de réduction de coûts immobiliers que plus rarement. (figure 14) Le tandem Direction Générale/Direction Immobilière porte donc l’origine des plans de réduction des coûts immobiliers dans la plupart des cas. Ce tandem est un facteur clé de succès dans la mise en œuvre des plans d’économies. Figure 14. Les directions à l'origine des plans de réduction des coûts immobiliers Directions Immobilières et Directions Générales à l’origine des plans de réduction des coûts dans une grande majorité des cas. 80 % 60 % 40 % 20 % 0% Direction Immobilière Direction Générale Direction Financière Direction des Achats Direction "métier" Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 21 BearingPoint - ADI Figure 15. Articulation des rôles entre DG et Direction Immobilière Direction Générale ➊ Stratégie Modèle de ➋ management ➌ ➏ Définir les indicateurs et les objectifs Benchmarks internes et externes Récompenser et encadrer Planifier et mobiliser ➍ ➎ Suivre et évaluer Direction Immobilière Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Ainsi, la Direction Générale doit légitimer l’ambition, la Direction Immobilière en piloter l’atteinte. (figure 15) Trois grandes approches sont retenues pour mettre en place les actions d’optimisation des coûts immobiliers : • Des projets spécifiques qui permettent de traiter une nature de coûts ciblée. Cette approche requiert la mobilisation de compétences expertes, comme un avocat dans le cadre d’un projet de renégociation des conditions des baux commerciaux ou encore un énergéticien dans un projet d’optimisation de la consommation énergétique. Plus de la moitié des organisations ont eu recours à ce type de démarche. • Une approche « Spill over » qui adosse l’optimisation immobilière à la définition de politiques ou de standards. Les normes ou orientations édictées incitent les responsables à retenir des actions ou des comportements optimisant les coûts immobiliers. Une grande majorité des entreprises (77 %) ont élaboré une politique immobilière fixant des ratios d’occupation, des seuils d’investissements... Cette approche est aujourd’hui très répandue, mais n’apparaît pas suffisante. Dès lors, on constate que cette politique immobilière est souvent couplée à d’autres approches. • Une approche intégrée qui permet d’identifier à partir d’une analyse globale du parc immobilier les leviers pour améliorer sa performance en lien avec les projections d’activité de l’entreprise. Cette approche est engagée par 53 % des répondants. Elle permet, au travers d’un schéma directeur immobilier par exemple, de prendre des décisions structurantes, parfois en « rupture » avec la situation existante, en assurant une cohérence avec les ambitions de développement des activités. (figure 16) Ces approches, souvent combinées entre elles, répondent à des objectifs fondamentalement différents. L’horizon de retour sur investissement et l’importance des économies recherchées apparaissent comme les principaux inducteurs pour définir l’approche la plus adaptée. Par ailleurs, dans la grande majorité des cas (95 %), ces approches sont définies en central. Pour les approches « Spill over » ou intégrée, cette vision d’ensemble apparaît indispensable. En revanche, les démarches Figure 16. Démarches retenues pour les plans d’économies 90 % 60 % 30 % 0% Pilotage d'actions Elaboration de ponctuelles schémas directeur immobiliers Formalisation d'une politique immobilière Création d'un programme dédié Intégration dans un plan d'efficacité opérationnelle Autre Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 22 Lancer une démarche de réduction des coûts, un défi à la portée de tous ? d'optimisation durable ne peuvent s'élaborer qu'en partenariat avec les acteurs locaux. (figure 17) A la lecture des résultats, il apparaît que l’essentiel des démarches de réduction des coûts immobiliers suit un modèle « top-down » (central vers local). Figure 17. De la définition à la réalisation des plans d’économie Démarches top–down et bottom-up sont donc complémentaires. Central Défini Local Central Réalisé 0% 20 % 40 % Mais il convient d'aller plus loin dans l’analyse de ces résultats : • D’une part, les personnes interrogées, sont essentiellement des membres des Directions centrales et n’ont pas forcément connaissance des dynamiques locales ; • D’autre part, s’il est pertinent qu’une définition stratégique des optimisations immobilières soit décidée centralement, il est également essentiel de la confronter avec les enjeux locaux. 60 % 80 % 100 % Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 « Les projets de relocalisation n’étaient pas inscrits dans les plans triennaux des BU concernées, ce qui a freiné leur mise en oeuvre » Jean-Claude Delbecq, Real Estate Manager Southern Europe, GE Capital Real Estate 23 BearingPoint - ADI Des gisements d’économies ignorés Les coûts immobiliers recouvrent des natures de charges très différentes : des investissements immobiliers aux coûts de fonctionnement des services immobiliers. Plus de 80 % des acteurs agissent sur les contrats de baux et les charges locatives. Comme déjà mentionné, ces postes de coûts sont traités en priorité parce qu’ils représentent des engagements importants, mais aussi parce qu’ils sont clairement identifiés par tous les acteurs de l’organisation comme une source évidente d’économies. traitée, soit parce qu’elle exige de mobiliser une expertise pointue sur le sujet, soit plus simplement parce que ce gisement d’économies est méconnu ou sous-estimé. A contrario, la renégociation des contrats de baux, comme levier couramment mis en œuvre, a connu ces dernières années un vrai « effet de mode ». En effet, dans un marché très haussier jusqu’en 2008, les entreprises ont renégocié leurs baux notamment grâce à l’activation de l’article 145-391. A ce jour, ce gisement semble s’assécher : peu de démarches d’optimisation des conditions de prise à bail sont envisagées dans les trois prochaines années. Quel bilan tirer de ces démarches ? On peut aussi noter que les coûts d’exploitation des sites et les investissements immobiliers sont des postes qui font partie des leviers identifiés dans les plans d’économies dans près de 60 % des cas. Deux axes d’optimisation restent néanmoins peu utilisés (figure 18) : l’externalisation d’une partie des services immobiliers et la revue de la fiscalité locale. Dans le premier cas, la démarche d’externalisation est un processus à long terme qui engage la stratégie d'organisation de l'entreprise, un levier souvent en retrait dans des plans d’économies qui répondent davantage à des attentes à court terme. Dans le second cas, la revue de la fiscalité est rarement 1 En outre, et par dérogation à l'article L. 145-38, si le bail est assorti d'une clause d'échelle mobile, la révision peut être demandée chaque fois que, par le jeu de cette clause, le loyer se trouve augmenté ou diminué de plus d'un quart par rapport au prix précédemment fixé contractuellement ou par décision judiciaire. Figure 18. Des leviers d’optimisation des coûts immobiliers très diversifiés Externalisation d'une part de la fonction immobilière Valorisation des sites Cessions Mutualisation des surfaces Relocalisation Revue de la fiscalité locale Revue des contrats FM Revue des baux 0% Pratique généralisée 20 % Expérimentation en cours 40 % 60 % Ambition à 3 ans 80 % 100 % Aucune action Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 24 Lancer une démarche de réduction des coûts, un défi à la portée de tous ? 25 BearingPoint - ADI DES OPERATIONS PERÇUes COMME IMPORTANTES MAIS AUX BÉNÉFICES DIFFICILES À MESURER 37 % des participants à l’enquête estiment que les résultats obtenus dans le cadre de la mise en œuvre de leur plan d’économies sont perçus par leur Direction Générale comme très importants. Ces démarches contribuent bien évidemment à la performance économique mais également 26 permettent pour beaucoup d’anticiper les enjeux de développement, d’améliorer les conditions de travail et l’image de l’entreprise. Elles permettent même par les économies générées de financer des investissements sur le parc existant. (figure 19) 3 Les opérations engagées, un bilan en demi-teinte ? Figure 19. L'impact des démarches d'optimisation des coûts Des bénéfices qui vont au-delà des simples gains économiques 2% 6% 25 % 98 % 94 % 75 % 33 % 67 % 45 % 55 % 45 % 67 % 55 % 33 % Performance économique de l'entreprise Oui et plutôt oui Développement des activités de l'entreprise Non et plutôt non Image de l'entreprise Conditions de travail Capacité Capacité de Capacité à financer des financement du à financer des maintien en état investissements investissements liés aux obligations du parc innovants du Grenelle de l'environnement Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 27 BearingPoint - ADI Un bilan contrasté Cependant, ce bilan est à nuancer. L’optimisation des coûts immobiliers rencontre de nombreux obstacles : • Freins des Ressources Humaines et des IRP ; • Opposition ou faible implication des « métiers » ; •R ésistance au changement à tous les niveaux de l’entreprise ; • E t enfin, une organisation et une gouvernance immobilière inadaptées. S’il y a peu de suivi récurrent des coûts immobiliers et de leur poids dans l’activité de l’entreprise, il n’y a pas non plus, lors des démarches spécifiques d’optimisation de suivi, d’indicateurs ou de tableaux de bords spécifiques. En effet, à la question « Quel est le montant des économies visé ? », 45 % des participants répondent qu’il n’est pas connu. (figure 21) Figure 21. Montant des économies visé 45 % des répondants n’ont pas d’objectifs fixés Ces difficultés devront donc être adressées à travers : •U ne communication systématique et efficace à tous les niveaux ; •U ne mesure de la performance de l’opération partagée avec les décideurs et l’ensemble des acteurs impactés ; •U ne gouvernance au bon niveau pour garantir sur le long terme que les engagements seront tenus. 14 % Non connu 45 % 41 % Connu Sans réponse Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Or, c’est probablement sur la mesure objective de la performance immobilière que nos interlocuteurs rencontrent le plus de difficultés. Une évaluation objective des résultats peu Pour démontrer sa capacité à agir sur la performance de l’entreprise, un plan d’optimisation immobilière suppose l’élaboration et le suivi d’un tableau de bord et d’indicateurs. Alors que la quasi-totalité des directions affirment aujourd’hui avoir conscience du poids de l’immobilier dans la performance globale de l’entreprise, seulement 39 % d’entre elles ont mis en place un dispositif de suivi des coûts. (figure 20) Figure 20. Suivi des coûts immobiliers S'agit-il d'une estimation ou d'un ratio suivi? 39 % Une estimation Un ratio de suivi 61 % Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 28 Comment engager des démarches de réduction des coûts lorsque le cap n’est pas fixé ? Beaucoup répondront qu’il est bien difficile de mettre en place un suivi des coûts immobiliers sans inventaire immobilier et sans comptabilité analytique. Ainsi, dans ces conditions, il leur apparaît impossible de délimiter un potentiel d’économies et donc un objectif de réduction des coûts. Des démarches de collecte des données au détriment d’un pilotage pragmatique Dans l’entreprise, manquent bien souvent les inventaires immobiliers et dispositifs comptables permettant un suivi efficace des coûts immobiliers. Ainsi, les participants à l’enquête, en toute logique, placent la tenue d’un inventaire physique et la mise en place d’un suivi comptable et analytique des coûts au premier rang des pré-requis à l’optimisation de l’immobilier. (figure 22) Les opérations engagées, un bilan en demi-teinte ? Figure 22. Pré-requis à la mise en œuvre d'un plan d'économies Tenue d'un inventaire physique 3% 33 % Réseau de correspondants internes 19 % 18 % Suivi comptable et analytique des coûts 27 % Système d'information immobilier Autre Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Nous constatons depuis plusieurs années qu’un grand nombre d’entreprises se dotent d’inventaires immobiliers visant à piloter la performance de leur parc, via principalement le déploiement de systèmes d’information. Ces projets, relativement longs, se heurtent à certains écueils : • L a complexité de la « matière immobilière » qui mêle des aspects juridiques, financiers, comptables, techniques, RH, etc. • L a maturité des organisations immobilières en place et absence de processus de gestion ; • L a diversité des situations locales ; es difficultés liées à la collecte des données et à la •D masse d’information à traiter. •U n déficit de support du management. l’information. Ce reporting est la clé de voûte de la communication sur les projets lancés dans le cadre du plan d’économies. La démonstration des gains adressables légitime alors l’affectation de budgets dédiés à l’optimisation de l’immobilier dans l’entreprise et permettent l’obtention d’un mandat fort de la Direction Générale, deux pré-requis à la généralisation des démarches. Ainsi, ces projets, bien que nécessaires sont peu compatibles avec les ambitions de réduction à court terme des coûts immobiliers, compte tenu de leurs délais de réalisation. Comment donc sortir de cette impasse ? Les trois piliers d’une démarche opérationnelle à court terme sont les suivants : •D élimiter d’une part un périmètre, pour lequel les données de base seront « faciles » à collecter. • F ixer des objectifs Même fixés « à l’aveugle », ces objectifs seront plus facilement atteignables s’ils sont limités à un périmètre restreint. •D éfinir un processus de reporting et une communication ciblée Il est essentiel de définir et de valider les indicateurs de pilotage de la performance immobilière sur ce périmètre et de cadrer le processus de remontée de 29 BearingPoint - ADI Le nouvel enjeu immobilier : le développement durable L’ensemble des acteurs interrogés s’accordent sur le fait que les principaux enjeux immobiliers de demain concernent : • L a réduction de l’impact de l’immobilier sur l’environnement, pour 84 % des personnes sondées ; • L ’immobilier en tant que lieu d’accueil des salariés, pour 73 % des personnes sondées ; • L ’immobilier en tant que centre de coûts, pour 60 % des personnes sondées. La réduction de l’impact de l’immobilier sur l’environnement Le lien entre immobilier et l’environnement n’est plus à établir. 30 Cela étant dit, la prise en compte de l’impact environnemental, enjeu n°1 pour les entreprises sondées, peut revêtir plusieurs formes, qui vont de l’application stricte des dispositifs réglementaires à la mutation du parc immobilier vers des immeubles « verts » en passant par l’optimisation des consommations de fluides (et ainsi bénéficier de gisements d’économies nouveaux). Les résultats de l’enquête démontrent ainsi que les deux préoccupations majeures concernent (figure 23) : • La prise en compte des nouvelles réglementations ; • La mise en place de démarches « vertes » d’exploitation des sites qui ciblent deux enjeux forts de conformité réglementaire et de réduction de la facture énergétique. 4 Les défis de demain, continuité ou rupture ? Figure 23. Répartition des enjeux relatifs à l’environnement 1 0,75 0,50 0,25 0 L’anticipation des nouvelles règlementations en matière d’environnement L’investissement dans le green La mise en place de démarche de building DD pour l’exploitation des sites (gestion des consommations, recyclage, …) Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 31 BearingPoint - ADI Ces deux enjeux, somme toute majeurs, apparaissent loin devant la mise en place d’investissements lourds pour s’implanter dans des « Green Buildings ». Ainsi, loin d’être une préoccupation désintéressée des entreprises, la prise en compte des enjeux environnementaux à date correspond davantage à des problématiques de conformité à la réglementation (émissions CO2, consommation d’eau et d’énergie et accessibilité) et à une réduction des consommations énergétiques et donc des coûts qu’à une réelle volonté de réduire leur empreinte environnementale. « Il est essentiel désormais de refondre le schéma directeur pour y inclure un volet développement durable » Christian Schmutz, Directeur Immobilier et Logistique, Réunica Faire évoluer le lieu d’accueil des salariés La vocation première de l’immobilier d’entreprise est d’accueillir des salariés. A ce titre, les locaux doivent d’une part répondre en tous points aux dispositions du Code du Travail mais ils constituent également des éléments structurants de l’image de l’entreprise et des pratiques managériales de ses équipes (ex : bureaux fermés, espaces partagés, hot desking, télétravail). Ainsi, les entreprises attendent de l’immobilier un soutien dans la mise en place de nouveaux modes de travail visant à moderniser les pratiques managériales des équipes mais également une réduction de la facture immobilière par l’optimisation induite des surfaces. Pour plus de 75 % des personnes interrogées, l’enjeu principal autour de la notion d’outil d’hébergement des salariés réside dans l’accompagnement de l’évolution des modes de travail, loin devant la prise en compte des normes sur les conditions de travail, la maîtrise du climat social et l’image ou l’attractivité de l’entreprise. (figure 24) Réduire la facture immobilière Comme le démontrent les initiatives lancées par l’immense majorité des participants, la prise de conscience du poids de l’immobilier sur les comptes des entreprises a bien eu lieu au sein des entreprises. En revanche, il est intéressant de constater que pour 60 % des acteurs interrogés, la recherche de nouvelles sources d’économies constitue l’un des enjeux majeurs concernant leur parc immobilier. Que faut-il en comprendre ? Il est probable que si les effets produits par l’ensemble des démarches entreprises depuis plusieurs années sont avérées et jugées importantes par les Directions Générales, ces dernières estiment que leur parc immobilier recèle encore des gisements d’économies inexploités. Pour 83 % des acteurs interrogés, ces 3 grands enjeux sont partagés par la Direction Générale, et constituent donc en quelque sorte les objectifs de la Fonction Immobilière pour les prochaines années. Par ailleurs, ces nouveaux enjeux semblent être adressés par la plupart des entreprises, 73 % des Figure 24. Répartition des enjeux relatifs à l'hébergement des salariés. 1 0,75 0,50 0,25 0 La mise en place de nouveaux modes de travail dans l’entreprise L’anticipation des nouvelles règlementations en matière de conditions de travail La maîtrise du climat social dans l’entreprise L’image et l’attractivité de l’entreprise Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 32 Les défis de demain, continuité ou rupture ? acteurs interrogés déclarant avoir déjà entrepris des démarches pour les prendre en compte. Les réponses déjà engagées : en panne d’idées nouvelles Une prise en compte de l’impact environnemental à deux vitesses Les réponses évoquées appellent deux échelles d’implication différentes : •P our 29 % des acteurs interrogés, l’objectif est d’intégrer les enjeux environnementaux sans réelle rupture avec les pratiques existantes, ce qui présente le double avantage d’être pragmatique et globalement peu coûteux. Les actions citées sont de 3 natures : - Réduction des consommations et de la production de déchets ; - Intégration opportuniste d’une réflexion verte dans les investissements immobiliers nécessaires (sans viser une certification) ; - Appuis sur des tiers « verts » : contractualisation avec des fournisseurs « verts » et mise en place de « baux verts ». • L’intégration des enjeux environnementaux dans l’ADN de la stratégie immobilière de l’entreprise est l’ambition de seulement 10 % des répondants. Ces démarches visent notamment l’obtention des certifications de qualité environnementale (HQE, BREAM, etc.), quitte à lancer des projets aux retours sur investissements plus lointains ou plus incertains (quelle réduction de la facture énergétique en bout de course ?). « Nous avons mis en place une centrale de supervision sur 10 % de notre patrimoine, intégrant sur ce périmètre une ambition de labellisation (HPE, RT et éco labels) » Yoann Le Menn, Directeur Immobilier et Gestion du Patrimoine, APEC Ainsi, face aux enjeux environnementaux, identifiés comme prioritaires par l’ensemble des acteurs, il s’avère que la majorité des entreprises n’est pas prête à les intégrer de manière structurante dans sa stratégie et ses politiques immobilières. Une expérimentation de nouveaux modes de travail En ce qui concerne l’accompagnement de la mise en place de nouveaux modes de travail dans l’entreprise, 14 % des participants à l’enquête ont lancé des initiatives, souvent expérimentales qui visent pour la plupart, des modes de travail efficients. Ces nouveaux modes de travail prennent appui sur des évolutions sociétales et technologiques déjà anciennes : • Développement du télétravail (travail à distance ou à domicile) ; • Développement de l’utilisation de bureaux partagés voire même la non dédicace des bureaux (« hot desking ») ; • Développement de l’utilisation des outils de téléconférence. Un enjeu d’optimisation des coûts non adressé spécifiquement et directement En ce qui concerne l’enjeu de réduction de la facture immobilière, il est surprenant de constater que les entreprises n’ont pas adressé ce point de manière spécifique, même si la réponse aux enjeux environnementaux et d’organisation du travail produit indéniablement des effets économiques induits (réduction des consommations donc des coûts, réduction de la demande en postes de travail et donc en surfaces, etc.). En effet, parmi l’ensemble des répondants, seules quelques entreprises ont mentionné des actions, intégrées ou non dans des schémas directeurs, visant spécifiquement des objectifs supplémentaires de réduction des coûts immobiliers, telles que : • Relocalisations/regroupement de sites ; • Réduction des surfaces ; • Externalisation ; • Mutualisation des moyens immobiliers ; • Mise en place de contrats de FM globaux. 33 BearingPoint - ADI Manque de vision ? Ou manque de moyens face à de nouveaux leviers difficiles à mettre en œuvre ? Les démarches d’optimisation des coûts immobiliers sont encore récentes, rares sont les entreprises qui disposaient d’un schéma directeur immobilier en 2008. Les entreprises sont donc aujourd’hui en train d’affiner ou de mettre en œuvre les programmes d’optimisation déjà définis, et pour lesquels les ambitions sont élevées. En effet, pour 76 % des participants, la bonne prise en compte des enjeux d’optimisation du parc immobilier peut indéniablement constituer un avantage compétitif pour l’entreprise, et ainsi : • C ontribuer à la croissance de l'activité : accompagnement du développement de l’entreprise, mise à disposition d’un outil de travail performant ; •R enforcer l’image de l’entreprise : vecteur important de l’image de marque des entreprises projetée auprès du grand public, l'immobilier sert souvent de première « victoire » des grands groupes ; • C ontribuer au résultat d’exploitation de l’entreprise : mise à disposition de la capacité d’hébergement nécessaire au meilleur coût, maîtrise des risques liés aux fluctuations de marché, autant d'arguments porteurs pour l'optimisation de la « bottom line ». Aujourd'hui, la focalisation des entreprises sur ces objectifs annihile dans une certaine mesure leur capacité à se projeter et imaginer de nouvelles sources d’économies. Figure 25. Valeur créée par des leviers exclusivement immobiliers + Valeur immobilière maximum Performance immobilière Il apparaît clairement qu’au travers des réponses à l’enquête, les entreprises souhaitent consolider les démarches déjà connues voire engagées. Valeur obtenue Valeur initiale - Adéquation de l'immobilier à l'activité + Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 immobilières, comme la revue des contrats de Facility Management, ont souvent permis de générer des économies tangibles, mesurables et efficaces. Leur mise en œuvre a été indolore pour l’organisation du travail et le développement des activités. (figure 25) D’autres projets d’optimisation immobilière engagent directement l’entreprise dans ses orientations, tant en termes de rythme de développement que de productivité. Dès lors que les choix immobiliers ne sont pas en cohérence avec les orientations et les ambitions de l’entreprise, la recherche d’optimisation immobilière risque à terme de détruire de la valeur pour l’entreprise. Viser l’optimisation de la valeur A titre d’illustration, un distributeur qui cherche à se développer dans un nouveau pays peut faire le choix d'économiser dans le processus de développement immobilier. Il devra le faire en restant vigilant à ne pas accroître le risque de retard d'ouverture des nouveaux points de vente. Les pertes d'exploitation seraient alors bien supérieures aux économies réalisées. A travers ces projets de réduction de coûts immobiliers, les entreprises et les administrations ont cherché à dégager des résultats économiques. Mais, crée-t-on forcément de la valeur lorsque l’on réduit les coûts des ressources immobilières ? Cette première analyse pose finalement la question de la pertinence des démarches de réduction des coûts de l’immobilier d’exploitation, principal outil de travail et socle du développement futur des activités de l’entreprise. Les plans d’économies ne modifiant pas les ressources 34 Les défis de demain, continuité ou rupture ? Flexibilité : réconcilier le cycle immobilier et le cycle business L’une des difficultés majeures rencontrées par les entreprises dans l’optimisation de leur parc immobilier réside dans la dé-corrélation de plus en plus forte des cycles immobiliers et business. Figure 26. Valeur créée par l’optimisation des ressources immobilières + Performance immobilière Valeur immobilière maximum « Les bons sites, aux bons coûts et adossés à des contrats de bail d’une durée de trois ans assurent à l’entreprise de disposer d'un parc qui s’adapte à ses évolutions » Hugues Farjon, Directeur Immobilier, Achats indirects & Services généraux, Rexel Destruction de valeur pour l'entreprise Valeur obtenue Valeur initiale - En effet, très peu de responsables « métier » sont aujourd’hui capables d’établir des prévisions d’effectifs fiables à plus de quelques mois, alors que la mise en œuvre d’un projet immobilier nécessite plusieurs années. Dans un contexte où les fluctuations des marchés immobiliers ont tendance à s’accentuer, ce décalage temporel entre le cycle des affaires et le cycle immobilier accentue la complexité de les articuler. Adéquation de l'immobilier à l'activité + Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Jusqu’où doit-on chercher à créer de la valeur immobilière sans prendre le risque d’en détruire globalement pour l’entreprise ? (figure 26) Pour résoudre cette équation, la seule solution selon nous réside dans l’introduction d’une variable, la « flexibilité ». « Un immobilier inadapté peut devenir un facteur de destruction de compétitivité » Jean-Gabriel Carlier, Directeur Immobilier, Renault Ainsi, toute initiative qui vise à rapprocher les courbes de capacité et de besoin permet indéniablement de générer des économies par une juste consommation en m². (figure 27) L’examen des opérations réussies permet de dégager trois conditions majeures de succès, incontournables pour concilier les objectifs d’allocation optimale des ressources immobilières et d’accompagnement au plus près des activités. « La Direction Immobilière a pour mission également d’assurer la banalisation des surfaces pour faciliter leur réemploi futur » Jean-Marc Roger, Directeur Immobilier, SNCF Figure 27. Pilotage de l’occupation par ajustement de la capacité aux besoins 3 800 3 200 2 500 3 600 3 200 3 200 2 900 2 500 2 600 3 400 3 800 3 400 2 800 Capacité d'accueil (baux) 2 800 2 400 Besoins capacitaires 1 900 2006 - Q1 2006 - Q2 2006 - Q3 2006 - Q4 2007 - Q1 2007 - Q2 2007 - Q3 2007 - Q4 Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 35 BearingPoint - ADI Parmi les pistes pour rendre l’immobilier « mobile », on peut évoquer : • L e développement du télétravail (sites distants, domicile) ; • L a banalisation des espaces de travail pour maximiser les capacités d’ajustement à la demande ; • L e développement de l’usage de services d’hôtellerie d’entreprise pour gérer les phases transitoires ; • L a prise à bail d’une partie des surfaces en bail précaire ou avec option de sous-location. « Entre 2002 et 2004, France Telecom a cédé une part significative de son parc immobilier pour participer à la résorption de sa dette de l'époque . Depuis 2 ans, France Telecom rachète les locaux techniques occupés considérant que ces actifs étaient pérennes et qu’il était donc plus rentable à long terme d’être propriétaire que locataire. Ainsi, la gestion d’un parc immobilier requiert de la souplesse et une constante réflexion en lien avec la stratégie de l’entreprise. » Jean-Louis Chabannes, Directeur de l'Administration de Immobilier, France Telecom/Orange en place de loyers internes, densification des espaces par la généralisation d’espaces partagés, etc.). Cependant, la mesure de la performance immobilière obtenue à un instant « t » ne garantit pas que l’opération immobilière assure une valeur optimale pour l’entreprise à long terme. Pour chaque projet d’optimisation immobilière, il est indispensable de réaliser un business case fondé sur des hypothèses validées par les grandes fonctions de l’entreprise (effectifs prévisionnels par les RH, capacité d’autofinancement par les Finances, etc.), de piloter l’opération en fonction du cadre ainsi établi et de mesurer l’économie effective à l’issue du projet, puis périodiquement. Figure 28. Valeur maximale créée par l’utilisation optimale de l’immobilier + Valeur immobilière maximum Transversalité : impliquer l’ensemble des acteurs de l’entreprise, de la Direction Générale aux salariés Selon les dires mêmes des acteurs interrogés, les points faibles des démarches d’optimisation du parc immobilier résident dans la communication avec l’ensemble des acteurs concernés (Direction Générale, Directions Métier, salariés, IRP, etc.). Dès lors, et étant donné l’impact des projets immobiliers sur l’ensemble des acteurs de l’entreprise (Direction Générale, Finance, RH, Achats, etc.), la nécessité d’aborder les questions immobilières de manière transversale n’est plus à démontrer. La transversalité s’entend aussi par la nécessité de mobiliser les « consommateurs » des ressources immobilières et ce afin de garantir l’efficacité des actions d’optimisation. Cette mobilisation passe par l’implication de relais sur le terrain, par l’information des occupants et par l’innovation dans l’utilisation des espaces de travail. Durabilité : pérenniser la performance immobilière obtenue L’enjeu majeur de réduction de la facture immobilière est le plus souvent adressé de manière opportuniste par des mesures ponctuelles (révision légale des loyers par application de l’article 145-39 du code du commerce, etc.) ou en réponse à des « modes » (mise 36 Performance immobilière Valeur immobilière optimale Valeur maximale Valeur initiale - Adéquation de l'immobilier à l'activité + Source : Etude BearingPoint - ADI, 2011 Ces opérations sont souvent vécues comme douloureuses ou pour le moins structurantes pour l’entreprise (externalisation, relocalisation, regroupement de sites, réorganisation des équipes en charge des questions immobilières), et la dynamique est dans la plupart des cas irréversible. Dès lors, l’enjeu rend ainsi nécessaire la définition d’une vision stratégique d’ensemble. Cela se traduit par la mise en œuvre d’un schéma directeur immobilier, qui doit s’appuyer sur les éléments de flexibilité et de transversalité évoqués précédemment. Les organisations qui s’assurent de respecter les enjeux de flexibilité, de transversalité et de durabilité assurent une adéquation de l’immobilier avec les Les défis de demain, continuité ou rupture ? besoins de l’activité. Dans cette configuration, la mise à disposition et l’optimisation des ressources immobilières permettent probablement de dégager une valeur globale plus importante pour l’entreprise. (figure 28) L’entreprise doit être prête à cette flexibilité pour garantir la nécessaire adaptabilité aux marchés sur lesquels elle agit, à animer la transversalité qu’exige une utilisation efficace des actifs et à garantir la durabilité en pilotant la performance immobilière. Cette étude présente des projets d’optimisation des coûts partiels et complexes à mettre en œuvre. Pour autant, l’analyse de ce premier bilan « en prise de recul » présente des signes encourageants à plusieurs égards. D’une part, les projets engagés ont permis de partager le potentiel et les risques associés à l’immobilier au sein des organisations. D’autre part, les différentes approches retenues de réduction de coûts immobiliers ont toutes abouties à rappeler un paradigme : l’immobilier d’exploitation ne crée de la valeur qu’à travers leur contribution aux activités de l’entreprise. Enfin, la démarche d’optimisation de l’immobilier a poussé les organisations à faire travailler ensemble différentes fonctions, notamment les Achats et l’Immobilier, ou le Développement Durable et l’Immobilier. Cette évolution dans la prise en charge de la « matière immobilière » est porteuse d’innovation future, tant dans la manière de l’appréhender que dans les sujets traités. Dans cette nouvelle configuration, la Fonction Immobilière se positionne comme animateur d’un réseau capable d’adresser les différentes dimensions de l’immobilier et le garant de la performance immobilière. Plus que de réduire les coûts immobiliers, ses principales missions sont d’accompagner « au plus près » les activités opérationnelles, de maîtriser le risque immobilier et lorsque c'est possible : accroître la valeur ajoutée des métiers de l'entreprise. 37 BearingPoint - ADI À propos de BearingPoint est un cabinet de conseil indépendant dont le cœur de métier est le Business Consulting. Il s’appuie sur la double compétence de ses consultants en management et en technologie. Animés par un véritable esprit entrepreneurial et collaboratif, nos 3200 consultants sont engagés à créer de la valeur et obtenir des résultats concrets, aux côtés de leurs clients. Ils interviennent de la définition de la stratégie jusqu’à la mise en œuvre des projets de transformation. Nous faisons nôtres les priorités de nos clients, c’est pourquoi depuis plus de 10 ans, les deux tiers de l’Eurostoxx 50 et les plus grandes administrations nous font confiance. Au travers de ses missions, BearingPoint a développé un réseau constitué de plus de 100 consultants et de nombreux partenaires (cabinets d’avocats, courtiers, bureaux d’ingénierie…) pour bénéficier des meilleures pratiques et de disposer d’un accès aux informations clés sur le marché immobilier. L’équipe « Management de l’Immobilier » intervient auprès des Directions Immobilières des grands groupes et des professionnels de l’Immobilier pour les accompagner à la fois dans le pilotage et l’optimisation des activités immobilières. To get there. Together. Pour de plus amples informations : www.bearingpoint.com Allemagne | Argentine* | Australie | Autriche | Belgique | Brésil* | Canada* | Chili* | Chine* | Corée* | Danemark | Espagne* | Etats-Unis* | Finlande | France | Irlande | Italie* | Japon* | Malaisie* | Maroc | Norvège | Nouvelle Zélande | Pays-Bas | Portugal* | Roumanie | Royaume-Uni | Russie | Singapour* | Suède | Suisse | Taïwan* | Thaïlande* et les marchés émergents en Afrique *Marchés couverts via notre réseau d’alliances avec des cabinets de conseil en Asie, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud : ABeam Consulting, West Monroe Partners & Business Integration Partners L’ADI est l’organisation professionnelle française exclusivement tournée vers la défense, la promotion et l’accompagnement du métier de Directeur Immobilier. Elle représente la profession tant au sein du secteur immobilier qu’auprès des institutions, des médias et du grand public. L’ADI regroupe les directeurs immobiliers des plus grandes entreprises françaises et forte de ses 325 membres, elle accueille et fédère l’ensemble des métiers de l’immobilier. Véritable creuset de compétences, l’ADI se veut une plate forme d’échanges et retour d’expériences permettant à chacun de ses membres de s’enrichir au bénéfice de leurs entreprises. Par l’ensemble des outils qu’elle développe, l’ADI donne à l’ensemble de ses adhérents les supports essentiels d’enrichissement et d’évolution de la profession. L’ADI est devenue une force représentative de plus de 250 millions de m² et à ce titre un interlocuteur national incontournable. L’ADI, consciente de l’importance des activités installées en régions, désire ouvrir des antennes régionales afin de faire participer et faire connaitre à ces entreprises les différents travaux réalisés par ses Groupes de travail. L’ADI souhaite que de nombreuses entreprises et particulièrement les PME/PMI puissent se retrouver localement pour développer différentes sujets d’intérêts régionaux ou nationaux. Forte de sa représentativité importante acquise depuis ces dix dernières années, l’ADI, par son caractère associatif et indépendant, gage de la qualité et de l’excellence souhaitée par ses membres, est désormais la véritable association des responsables de l’immobilier d’entreprises. 38 L'optimisation des coûts immobiliers, un défi à la portée de tous ? Contacts BearingPoint Olivier Chappert Associé - France +33 6 11 24 99 65 [email protected] Benoît Delattre France +33 6 21 01 11 45 [email protected] Stéphanie Fauré France +33 6 16 66 01 80 [email protected] Autres contacts par pays Hans-Joachim Hilbert Associé - Allemagne, Autriche, Suisse +49 172 67 67 428 [email protected] Charles de Monchy Associé - Pays-Bas +31 6 41 26 94 70 [email protected] Per Jacobsson Associé - Danemark, Finlande, Norvège et Suède +46 733 21 16 31 [email protected] Stefan Spohr Associé - UK et Irlande +44 791 71 84 224 [email protected] Natalia Krasnoperova Associé - Russie +7 495 78 40 731 [email protected] Saad Benomar Maroc +212 618 985 885 [email protected] ADI Christian Cléret Président +33 1 43 80 95 96 [email protected] 39 BearingPoint - ADI Remerciements Nous tenons à remercier tous les contributeurs à la réalisation de cette étude : Les entreprises qui ont apporté leurs témoignages et plus particulièrement : • Alex Boursier, Directeur de la Performance des SI et de CB21 – Suez Environnement • Jean-Gabriel Carlier, Directeur Immobilier – Groupe Renault • Jean-Louis Chabannes, Directeur de l'Administration de l'Immobilier – France Telecom/Orange • Jean-Claude Delbecq, Real Estate Manager Southern Europe – GE Capital Real Estate • Hugues Farjon, Directeur Immobilier, Achats indirects & Services généraux – Rexel • Fabienne Lampel, Directeur des Achats et Immobilier – Manpower France • Yoann Le Menn, Directeur Immobilier et Gestion du Patrimoine – APEC • Joël Marias, Directeur Immobilier et Services Généraux – Philips France • Jean-Marc Roger, Directeur Immobilier – SNCF • Christian Schmutz, Directeur Immobilier et Logistique – Réunica Le comité de rédaction : Stéphanie Fauré, Benoît Delattre, Jérémie Bonnefond, Thibault Garçonnat, Anaëlle Ledein, Olivier Chappert Le marketing et la communication : Bertrand Maccarini, Angélique Tourneux, Maria Verigina Nous remercions également pour son soutien l’Association des Directeurs Immobiliers (ADI) et plus particulièrement : Bernard Haas et Sabine de Pellegars Malhortie. 40 41 BearingPoint France SAS a apporté tout son soin à la rédaction de ce document. Toutefois, eu égard à la quantité importante d’informations contenues et traitées, l’auteur ne saurait garantir la véracité, la complétude ou l’exactitude des dites informations. En conséquence, l’auteur ne saurait assumer une quelconque responsabilité au titre des informations contenues dans ce document et/ou de leur utilisation. Par ailleurs, toute décision prise par un lecteur sur la base de ce document ou des informations qu’il contient et/ou toute utilisation des informations et/ou de ce document, l’est sous la seule responsabilité de ce dernier et ne saurait engager la responsabilité de l’auteur de quelque sorte que ce soit. © 2011 - BearingPoint France SAS Tous droits réservés. Les dénominations ainsi que les marques et/ou tout autre signe distinctif de sociétés et de produits cités dans ce document sont la propriété commerciale de leurs détenteurs respectifs. BearingPoint décline toute responsabilité en cas d’erreur ou d’omission. 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