Territorialisation du potentiel en énergies renouvelables dans
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Territorialisation du potentiel en énergies renouvelables dans
UMR 5602 CNRS Université de Toulouse MASTER 2 Mention Spécialité Parcours Géographie et Aménagement Géographie de l’Environnement et du Paysage Parcours B : Dynamiques et enjeux contemporains des environnements et des paysages Rapport de stage Territorialisation du potentiel en énergies renouvelables dans le Tarn-et-Garonne ARGELES Benjamin Sous la direction de : PORTET Claire SEBASTIEN Léa Soutenu le 10 septembre 2013 Résumé Les énergies renouvelables occupent une place importante dans la vie politique et économique de la France. Ce mouvement date d’une vingtaine d’année, naissant lors du Sommet de Rio en 1992. Depuis l’avènement du nouveau Président de la République, le concept de transition énergétique est né. Il fait référence à la réduction de la part du nucléaire, de 80 % aujourd’hui à 50 % de la consommation finale en 2050, qui se voit dédoublée de la hausse de la part des énergies renouvelables (50 % de la consommation finale en 2050). Pour parfaire ces ambitions, le gouvernement a institué la création de schémas régionaux climat-air-énergie (SRCAE) qui ont pour mission de potentialiser le développement de ces énergies. Or, l’échelle reste régionale, de ce fait, les départements éprouvent des difficultés à entreprendre une politique énergétique efficace car ils ne connaissent pas quel est le potentiel dans leur territoire. Ainsi est née cette étude, du besoin de la Direction départementale des Territoires de Tarn-et-Garonne de disposer d’une connaissance en la matière. L’objectif de cette étude est de territorialiser au mieux chaque énergie renouvelable retenue dans le SRCAE de Midi-Pyrénées. La méthode consiste à décliner le SRCAE au niveau départemental en reprenant intégralement la méthodologie. Cependant, l’étude va plus loin puisqu’elle étudie d’autres objectifs, libres de date, aux méthodologies diverses et variées. Une synthèse a été produite qui permet d’identifier, par un niveau départemental ou infra-départemental (entités paysagères), la contribution de chaque énergie. Les résultats sont considérables puisque la production d’énergie renouvelable envisagée représente le double de celle d’aujourd’hui. Le scénario énergétique de 2050 est atteint. Abstract Renewables energy prominently in the political and economic life of France. This movement date twenty years, emerging at the Rio Summit in 1992. Since the advent of the new President of the Republic, the concept of energy transition is born. It refers to the reduction of the share of nuclear power from 80% today to 50% of final consumption in 2050, which is seen split the increase in the share of renewable energy (50% of final consumption in 2050 ). To complete these goals, the government has instituted the creation of regional climate-air-energy diagrams (SRCAE) whose mission is to potentiate the development of these energies. However, the regional scale is, therefore, departments find it difficult to undertake an effective energy policy because they do not know what is the potential in their territory. Thus was born this study, the need for the Departmental Territories of Tarn-et-Garonne to have a knowledge of the subject. The objective of this study is to better territorialize each renewable energy retained in the SRCAE Midi-Pyrenees. The method is to decline the departmental level SRCAE fully using the methodology. However, the study goes further by exploring other targets, free date, the many and varied methodologies. A summary has been produced that identifies, by a county or sub-county level (landscape units), the contribution of each energy. The results are significant because renewable energy considered is double that of today. The energy scenario in 2050 is reached. « Dessiner le monde de demain, c’est ainsi travailler à préparer l’avenir bien plus que le prévoir. C’est changer radicalement de regard, s’apercevoir que demain est déjà largement en germe dans le présent et que cette émergence est partout, affleure de toutes parts. C’est une occasion unique de se sentir dans l’air du temps, et pas n’importe lequel, puisque c’est celui qui vient. » Mathieu Baudin, historien et prospectiviste de formation, directeur de l’Institut des futurs souhaitables AVANT-PROPOS : Ce travail est un extrait de l’étude complète qui sera présentée en interne mais aussi en pôle énergie départemental et régional avec des acteurs variés tel que l’ADEME, la DREAL, les DDT de la Région Midi-Pyrénées, la DRAAF, les CAUE, les CCI… J’insiste bien sur le mot extrait car certaines sous-partie non pu être développé faute d’espace disponible dans ce rapport de stage. Les points, non développés concernant les objectifs, restent cependant peu nombreux et la méthodologie générale ne s’en trouve nullement affectée. Cette étude aura nécessité beaucoup d’énergie sur un thème vaste qui aura mobilisé toutes mes forces. Cependant, je n’aurais pu arriver à une telle richesse et qualité sans l’aide de toute une structure qui s’est montrée accueillante et disponible lorsque le temps manquait. Je n’aurais pu arriver à terme de cette longue épreuve sans l’aide de ma maitre de stage, Claire Portet, chef de service du Bureau prospective et conseil en aménagement qui en plus de sa sympathie naturelle, s’est montrée comme ma deuxième maman en me conseillant dès que l’hésitation me gagnait. Toutes les cartes si bien présentées, n’auraient pu être présente sans un excellent cartographe, Jacques Ramond, qui ne comptait pas les heures pour jongler entre la demande émanant de la DDT et mes besoins en couches SIG. J’ai également une pensée pour Sylvie Sousbanc qui aurait aimé participer de façon plus prononcée à cette étude si son état de santé lui avait permis. La coopération interne a dépassé les frontières du BPCA pour mobiliser des personnes telles que François Duquesne (sous-directeur de la Direction départementale des Territoires), Henri Bouysses (Service Connaissance et Aménagement Durable des Territoires), Christian Capelle (chef de service adjoint de ce même service), Claude Chochon (chef du Bureau de la Police de l’eau), Nelly Pons (Chef du service biodiversité), Gilles Agrech, Antoine Bereni et Olivier Boyer, un grand merci à eux pour leur soutien. Cette étude n’aurait été possible sans l’aide et la conviction de mes deux anciens maitres de stage : Jean Marc Antoine (maître de conférence à l’Université Toulouse II-Le Mirail) et Anne Peltier (maître de conférence à l’Université Toulouse II-Le Mirail). Ils ont su être de bons conseils lorsqu’ils m’ont évité de dévier à un moment où le doute m’avait envahi. Je n’aurais sans doute pas écrit ce rapport sans eux. Ce travail, que j’ai tenté d’emmener de la plus belle des manières, est aussi en partie pour les remercier de leurs confiances. Cette même confiance que m’avais faite part Rosa Maria Azura alors directrice de l’Institut FrancoArgentin de l’Université Nationale de Cuyo, l’une des personnes sur lesquelles je pouvais compter à Mendoza, en Argentine. Je compte également avoir une reconnaissance spéciale à Diego Bombal, enseignant-chercheur sur les notions d’urbanisme à l’Université Nationale de Cuyo, avec qui je garde des liens étroits et afin de les honorer, je m’engage personnellement à traduire ce rapport en espagnol pour sa diffusion de l’autre côté de l’Atlantique. De façon générale, c’est énormément de personnes que je remercie pour cette superbe année passée à Mendoza. Mais une fois rentrée, je n’ai pas regretté de revenir à l’Université du Mirail et ce parce que l’atmosphère du master était sympathique. J’aurais tout connu de bénéfique lors de cette deuxième année de master : les fous rires, les moments d’entraide, les bonnes surprises et…l’amour. Ainsi, je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à Marine Roustan pour son amour inépuisable et dépassant la distance qui pouvait nous séparer. Elle sut m’insuffler l’énergie nécessaire cette étude. Je finirai ces remerciements par la base de tout cet environnement si plaisant, ma famille. Toujours présent et d’une aide au combien précieuse, je les remercie de savoir guider ma petite embarcation quand la tempête tente de la faire échouer. Sur ceux, il est temps pour moi de vous souhaiter une très bonne lecture de ce rapport et de vous remercier d’en avoir entrepris la lecture. SOMMAIRE : Liste des sigles page 3 Glossaire page 6 Introduction page 8 Première partie : Une étude sur le potentiel des énergies renouvelables de Tarn-et-Garonne dépassant les documents cadres régionaux page 10 A. Un territoire d’une grande diversité sous de multiples influences : le Tarn-et-Garonne B. Une étude abritée par la Direction Départementale des Territoires C. L’énergie au centre des préoccupations passées, récentes et futures D. Le schéma régional aux ambitions multiples E. Quand éolien rime avec contraintes F. Une zone d’étude au raccordement aisé G. Une mission qui se libère de toute temporalité Deuxième partie : Etude des producteurs d’électricité A. Sans nouvelle installation, l’hydroélectricité garde-t-elle un potentiel ? B. Pour une charte éolienne départementale Troisième partie : Une mixité des apports énergétique page page page page page page page 11 16 19 22 27 30 33 page 36 page 37 page 45 page 56 A. Le solaire : une radiation indissociable du bâti B. La méthanisation : entre vrai apports et faux espoirs page 57 page 68 Quatrième partie : Les énergies renouvelables calorifiques page 73 A. Un procédé de combustion historique B. La géothermie : une diversité de procédé C. L’outil Galliléo de l’Ademe Cinquième partie : A l’encontre des idées préconçues, le Tarn-et-Garonne dispose d’un potentiel en énergie renouvelable intéressant A. Un fort potentiel départemental garant d’un mix énergétique B. Assimilation de l’étude à une échelle plus fine pour une meilleure prise en main par les collectivités C. Une véritable transition énergétique pour le Tarn-et-Garonne page 74 page 76 page 77 page 84 page 85 page 88 page 99 1 Conclusion page 101 Annexes page 103 Table des cartes page 115 Table des figures et illustrations page 116 Table des photographies page 117 Table des tableaux page 118 Sitiographie page 120 Références bibliographiques page 121 Compte rendus entretiens page 126 Cahier des charges page 132 Diagramme de Gant et suivi de Gant page 133 2 LISTE DES SIGLES A-I A20 : Autoroute numéro 20 A62 : Autoroute numéro 62 ADEME : Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie AOP : Appellation d’origine protégée APPB : Arrêté préfectoral de protection de biotope BPCA : Bureau prospective et conseil en aménagement CAUE : Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement CCI : Chambre de commerce et d’industrie CESI : Chauffe-eau solaire individuel DDA : Direction départementale de l’agriculture DDE : Direction départementale de l’équipement DDEA : Direction départementale de l’équipement et de l’agriculture DDT : Direction départementale des Territoires DDT82 : Direction départementale des Territoires de Tarn-et-Garonne DREAL : Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement DTA : Direction territoriale en aménagement Enr : Energie renouvelable ERDF : Electricité Réseau Distribution France GES : Gaz à effet de serre GR65 : chemin de grande randonnée numéro 65 GWh : Gigawatt-heure IGN : Institut géographique national INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques 3 K - SRC Ktep : Kilo tonne d’équivalent pétrole KW : Kilowatt KWc : Kilowatt-crête LGV : Ligne à grande vitesse MW : Mégawatt MWc : Mégawatt-crête MWh : Mégawatt-heure ONF : Office national des forêts PAC : Pompe à chaleur PCET : Plan climat-énergie territorial PET : Paquet énergie climat PLU : Plan local d’urbanisme PMB : Puissance maximale brute PNAQ : Plan national d'allocation des quotas français PPR : Plan de prévention des risques PPRI : Plan de prévention des risques d’inondation PSD : Plancher solaire direct RTE : Réseau de transport d’électricité S3REnr : Schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables SCADT : Service connaissance et aménagement durable des Territoires SCOT : Schéma de cohérence territoriale SIG : Système d’information géographique SNCF : Société nationale des chemins de fer français SRCAE : Schéma régional climat-air-énergie 4 SRE - Z SRE : Schéma régional éolien Tep : Tonne d’équivalent pétrole TER : Train express régional TGV : Train à grande vitesse VLH : Very low head VMC : Ventilation mécanique contrôlée W: Watt ZDE : Zone de développement de l’éolien terrestre ZNIEFF : Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique ZPPAUP : Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager 5 GLOSSAIRE : A-P Aquifère : nappes phréatiques présentes en abondance, elle peut être continue ou discontinue, son pouvoir calorifique est utilisé par la géothermie. Chauffe-eau solaire individuel (CESI) : Il capte l’énergie du soleil pour la transformer en chaleur et couvrir les besoins en eau chaude. Chemin de grande randonnée 65 (GR65) : chemin reliant Le Puy-en-Velay à Saint-Jacques de Compostelle, il passe par Lauzerte, Moissac et Auvillar dans le Tarn-et-Garonne. Digestat : élément phyique qui reste après la fermentation de la biomasse, il est utilisé comme engrais naturels dans certaines cultures. Direction départementale des Territoires (DDT) : service déconcentré sous l’autorité du Préfet, elle met en œuvre les politiques publiques d’aménagement et de développement durables des territoires. Efficacité énergétique : concept lié à la réduction des pertes de réseaux, c’est l’un des enjeux futurs avec la transition et la sobriété énergétique. Energie renouvelable (Enr) : énergie qui ne porte pas atteinte au milieu. Fermentescible : matière pouvant être transformée et valorisée en énergie par la méthanisation. Karstique : qui relève du karst (sols calcaires). Modules photovoltaïques : panneaux photovoltaïques. Orogénique : qui relève de l’orogénèse (la formation de massif montagneux). Plan national d'allocation des quotas français (PNAQ) : système de quotas d’émissions concernant les industries de l’acier, de la métallurgie, de la cimenterie et du pétrole. Pompe à chaleur (PAC) : Procédé qui puise l’énergie du sol ou de l’eau pour réchauffer une part de l’habitation. Postes sources : Transformateurs électriques qui connectent les installations de production aux réseaux. Potentiel : gain de production (ou de puissance) envisageable compte tenu des contraintes, de la ressource et des lois qui entourent une énergie. 6 R-Z Régime de concession : régime spécifique aux installations hydrauliques, pour bénéficier de tarifs d’achats avantageux, le renouvellement doit se traduire par des travaux portant sur l’efficacité de la structure. Ressource : production (ou puissance) maximale compte tenu des éléments naturels et physiques. Scénario ADEME : vision énergétique qui s’inscrit dans deux dates différentes : 2030 et 2050. Schéma régional climat air énergie (SRCAE) : crée lors des lois Grenelle, il dresse un bilan énergétique régional et potentialise chaque énergie renouvelable en vue d’un accompagnement au développement de celle-ci. Schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S3REnr) : complétant le SRCAE, ce document permet d’identifier les possibilités de raccordement des énergies renouvelables. Il définit, également, la quote-part. Schéma régional éolien (SRE) : venant en annexe du SRCAE, il étudie le potentiel mais aussi les contraintes liées à l’implantation éolienne. Sobriété énergétique : concept qui se rattache à la baisse de consommation. Tarif d’achat spécifique : Tarifs d’achat plus élevé que la moyenne découlant d’une aide nationale en faveur des énergies renouvelables. Tonne équivalent pétrole (Tep) : mesure privilégiée du domaine de l’énergie, elle ne figure pas sur la liste des mesures internationales mais est employée par l’ADEME et l’Agence internationale de l’énergie. Transition énergétique : concept récent qui se rattache à la transformation du paysage énergétique français, tout particulièrement au recul du nucléaire et à la hausse de la part des énergies renouvelables dans la consommation finale. Very Low Head (VLH) : turbine adaptée aux faibles débits et faibles chutes d’eau, elle permet d’avoir un rendement de l’ordre de 80 % et n’affiche pratiquement aucune mortalité sur les poissons. Watt (W) : unité de mesure internationale des productions d’électricité Watt-crête : unité de mesure des installations photovoltaïques Zones de développement de l’éolien terrestre (ZDE) : ensembles de communes faisant l’objet de tarif de rachats spécifiques au vu de l’étude menée lors du SRE. 7 INTRODUCTION : Durant ma seconde année de master Géographie de l’Environnement et du Paysage, il m’a été donné l’occasion de pouvoir étudier les perceptions mais aussi la question de la gouvernance du canal des deux mers. L’approche fût territorialisé selon trois territoires distincts : le seuil de Naurouze, Ramonville Saint-Agne et Castelsarrasin-Moissac. C’est le dernier territoire qui a retenu mon attention. L’exercice consistait entre autre à mener des parcours commentés et des entretiens. C’est lors d’un entretien effectué à la Direction départementale des Territoires (DDT) du Tarn-et-Garonne que s’est dessiné mon stage. En effet, lors de l’interview de Jean-Louis Roldès, nous avons abordé l’opportunité de pouvoir faire un stage au sein de sa structure et peu après la discussion, j’ai fait la connaissance de Claire Portet qui n’est autre que ma maitre de stage actuelle. C’est ainsi que nous avons précisé ensemble le futur stage et le rendus possible tout en prenant connaissance, pour ma part, des attentes de la DDT sur le sujet ainsi que des textes cadres. C’est donc avec une certaine sympathie, que je suis revenu dans ce département qui commençait à m’être familier. Le Tarn-et-Garonne fait partie de la Région Midi-Pyrénées, dans sa partie sud, il dessine les limites de la Haute-Garonne tandis qu’il côtoie la région de l’Aquitaine dans sa partie ouest. Le département est d’abord un carrefour stratégique dans le Sud-Ouest français puisqu’il voit en son paysage deux axes d’infrastructures majeurs venir se rejoindre pour n’en former plus qu’un : l’axe Paris-Bordeaux-Toulouse et l’axe Paris-Limoges-Toulouse. A ceux-ci se rajoutent des axes régionaux. Mais le Tarn-et-Garonne c’est aussi le département où se rejoignent d’une part les Pyrénées et le Massif Central et d’autre part l’océan Atlantique et la Méditerranée. Les paysages qui en découlent, façonnent le plus jeune département de France métropolitain, par leurs immenses variétés donnant une impression de « melting-pot » du SudOuest français. Parmi les acteurs publics chargés d’animer ce territoire, figure ma structure d’accueil, la Direction départementale du Territoire. Cette dernière est l’héritière de l’ancienne fusion de la Direction départementale de l’agriculture et de la Direction départementale de l’équipement. En plus de son siège au quai de Verdun, elle possède deux antennes, l’une à Castelsarrasin et l’autre à Caussade. Le service qui m’a accueilli s’appelle le Service Connaissance et Aménagement Durable des Territoires (SCADT) issu lui-même d’une fusion de deux anciens services. Au sein de ce service, figurent 6 bureaux. J’étais rattaché au Bureau Prospective et Conseil en Aménagement (BPCA). Il traite de missions variées telles que la future Ligne à Grande Vitesse Bordeaux-Toulouse, le recyclage des déchets, les autorisations de créations ou d’extensions de centres commerciaux, l’avis paysager, les nuisances sonores et les énergies. C’est dans ce dernier thème que s’insère mon stage puisqu’il traite du potentiel des énergies renouvelables dans le Tarn-et-Garonne. En outre, l’énergie est un terme qui fait référence à « une force de travail appliquée à un système de production ». On distingue plusieurs types d’énergies. L’énergie fossile est de nature limitée. 8 Elle peut prendre l’apparence du pétrole, du gaz ou bien du charbon, par exemple. Elle fût utilisée en masse au 18ème siècle et donna naissance à la première révolution industrielle. Elle est aujourd’hui fortement remise en question, notamment à cause du réchauffement climatique dont elle en est la première responsable. Face à ces combustibles fortement émetteurs de gaz à effet de serre, le marché a distingué de nouvelles énergies, les énergies propres. Le nucléaire a rejoint l’hydroélectricité dans le club qui était jusqu’à présent fermé. Ces énergies n’émettent aucun gaz à effet de serre en phase de production d’énergie. Mais la question de la dangerosité du nucléaire a conduit le marché à une nouvelle distinction linguistique. C’est ainsi que sont apparues les énergies renouvelables. Leurs ressources sont considérées comme ne portant pas atteintes au milieu dans lequel elles se trouvent. Très vite, les politiques se sont emparées de ces questions et c’est lors du sommet de Rio de Janeiro en 1992, qu’est apparu un mouvement international en faveur des énergies renouvelables. Ce mouvement naissant était renforcé par l’idée de réduction des gaz à effet de serre (GES) promulgué par le protocole de Kyoto, cinq ans après. Petit à petit, la conscience énergétique s’est transmise à l’échelon européen avec le Paquet climat adopté en 2008. Puis, la France a décliné cette logique de réduction des GES tout en ayant pour objectif le développement des énergies renouvelables (lois Grenelle 1 et 2). En 2012, chaque région française s’est vu confiée la lourde tâche de faire un schéma régional climat air énergie (SRCAE) dans les années à venir. La Région Midi-Pyrénées est l’une des toutes premières régions à avoir fait approuvé son texte régional cadre. Conformément à la loi, celui-ci est complété par d’autres textes cadres tel que le schéma régional éolien (SRE) et le schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S3REnr). Or, ces déclinaisons restent régionales, mis à part pour le SRE. Les données, les objectifs, les recommandations et les avis en aménagement du territoire gardent, donc, une visée régionale et non locale. Cette absence de vision locale peut constituer un frein à l’aménagement du territoire au niveau départemental, niveau qui garantirait une cohésion territoriale. La DDT 82 a donc ressenti le besoin de décliner localement ce SRCAE. Ce qui pose comme question : quelles sont ces énergies renouvelables ? Quelles sont leurs caractéristiques, leurs contraintes mais aussi plus précisément leurs avantages et leurs inconvénients ? Vient ensuite l’interrogation portant sur le potentiel de ces énergies et quelles peuvent-être leurs utilisations au sein du département. Pour répondre à ces demandes, le rapport comprendra cinq parties. Dans un premier temps, nous présenterons l’environnement (terrain d’étude, structure d’accueil, les textes sur lequel on s’appuie) tout en exposant la mission confiée et la méthodologie générale retenue. La deuxième partie s’efforcera de répondre à la question du potentiel des énergies renouvelables destinées à la production d’électricité. Puis, on s’intéressera aux énergies qui sont mixtes, elles peuvent autant produire de l’électricité que produire de la chaleur. Viendront, par la suite, les énergies productrices de chaleur, elles seront traitées dans une quatrième partie. Enfin, la cinquième et dernière partie fera la synthèse de tous les résultats obtenus et exposera le point de vue final sur chaque producteur dans le tableau énergétique final du Tarn-et-Garonne. 9 PREMIERE PARTIE : UNE ETUDE SUR LE POTENTIEL DES ENERGIES RENOUVELABLES DE TARN-ET-GARONNE DEPASSANT LES DOCUMENTS CADRES REGIONAUX 10 Pour pouvoir se forger une idée sur un quelconque potentiel au niveau des énergies renouvelables en Tarn-et-Garonne, il faut pouvoir disposer d’une connaissance du territoire d’étude mais aussi des documents pouvant régir ce thème dans lequel s’insère cette étude. Ainsi, la première souspartie traite du territoire d’étude sous divers aspects pour pouvoir A. Un territoire d’une grande diversité sous de multiples influences : le Tarn-et-Garonne Carte 1 : Présentation de Tarn-et-Garonne 1) Situation : Le terrain d’étude correspond au département du Tarn-et-Garonne. Ce dernier fait partie de la Région Midi-Pyrénées, dans le Sud-Ouest français. Il intègre la partie centre-ouest de la Région. Il borde au sud le Gers et la Haute-Garonne, fixe les limites dans sa partie est des départements voisins du Tarn et de l’Aveyron. Tandis qu’au nord, c’est avec le Lot qu’ils forment une limite administrative. Enfin, dans sa partie est, le département effleure la Région Aquitaine et le département du Lot-et-Garonne. 11 2) Généralités : Le département date de la venue de Napoléon qui de passage à Montauban, ordonne la création d’un nouveau département : le Tarn-et-Garonne. Pour le créer, les dirigeants de l’époque ont pris des territoires des circonscriptions voisines que sont le Lot-et-Garonne, le Lot, le Gers, la HauteGaronne et l’Aveyron. Le Tarn-et-Garonne a donc été créé en 1808 et comporte une préfecture : Montauban, et une sous-préfecture : Castelsarrasin. Occupant une superficie de 3 718 kilomètres carrés pour 229 277 habitants en 2010 (selon l’INSEE), notre terrain d’étude affiche, donc, une densité de 62 habitants aux kilomètres carrés. Le territoire est parcourus par de nombreux cours d’eau qu’il soit un fleuve (la Garonne) ou qu’ils soient des rivières (Tarn, Aveyron, Gimone, Arrats et Barguelonne). A ceci, se rajoute le canal latéral à la Garonne qui unit Toulouse à l’Océan Atlantique et le canal de Montech qui unit le canal latéral au Tarn à hauteur de Montauban. 3) Caractéristiques : La zone d’étude est structurée par deux grands axes de circulation qui viennent se juxtaposer pour n’en former plus qu’un, ce qui lui prête une position idéale de carrefour stratégique. En effet, grâce à la carte n°1, il est aisé de repérer les deux grands axes : Toulouse-Bordeaux-Paris et Toulouse-Limoges-Paris qui se rejoignent au sud de Montauban, au niveau de Bressols, afin de rallier Toulouse. L’axe qui part vers le nord, est composé de l’ancienne Nationale 20, de l’autoroute A20 (l’Occitane) et d’une voie ferrée. C’est la porte d’entrée vers le Quercy, Cahors et le Limousin. L’axe qui part vers l’ouest et le sud, pourrait être surnommé le corridor tarn-etgaronnais tant les infrastructures y sont nombreuses. L’autoroute A62 (l’autoroute des deuxmers), la route D 813, le canal latéral à la Garonne et une voie ferrée occupent cet espace relativement étranglé entre les derniers coteaux du Quercy et de la Lomagne. Le projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse enmpruntera aussi ce « couloir »A ceci se rajoutent d’autres axes régionaux Montauban-Auch, Montauban-Albi et Caussade-Rodez. Le département est donc un carrefour stratégique à l’échelle régionale. C’est un territoire, également marqué par la proximité immédiate de Toulouse, qui est à moins de 45 minutes de Montauban. C’est donc un atout économique mais aussi un inconvénient pour l’occupation des sols (mitage rural). Montauban profite à plein de ce rapprochement et enregistre des taux de croissance démographique élevé. Elle se place aujourd’hui comme la deuxième ville de la Région MidiPyrénées avec plus de 55 000 habitants. Le reste du territoire est partagé entre une urbanisation diffuse dans les plaines et une ruralité parfois bien marquée lors des premières hauteurs. L’économie s’est forgée autour de deux secteurs. En premier lieu, l’agriculture est très présente avec les cultures maraichères, fruitières et viticoles autour des vallées de la Garonne et du Tarn (melons Boyer à Moissac, Pommes Lomagne à Castelsarrasin, vignobles du Fronton vers Grisolles). D’ailleurs le Tarn-et-Garonne est le premier producteur national de : prunes, melons, cerises, raisins, noisettes, kiwis, nectarines et pommes! Plus récent, le secteur tertiaire est apparu 12 et se concentre actuellement entre Bressols et Montauban (avec Pro A Pro Distribution à Montauban et Intermarché Midi-Pyrénées à Bressols). 4) Forte spécificité : Massif Central Atlantique Méditerrannée Pyrénées Figure 1 : Schéma des influences climatiques et orogéniques Le Tarn-et-Garonne comporte une spécificité très forte puisqu’il voit s’entrecouper quatre influences en son sein (voir la figure n°1) ; deux influences climatiques et deux influences orogéniques. En effet, l’influence atlantique prédominante dans tout le sud-ouest français se voit, ici, perturbé par l’influence méditerranéenne. Le Cers, vent dominant de l’ouest, est toujours d’actualité mais souffle plus faiblement dans la région montalbanaise tandis que l’Autan, vent de sud-est, étend parfois son rayon d’action dans le sud du département. Le Cers provient de l’Océan Atlantique et l’Autan de la Mer Méditerranée. Il n’est pas rare que les plaines de la vallée du Tarn subissent des inondations dues à des précipitations maritimes venant des épisodes cévenols. De plus, ici, se complètent les influences des Pyrénées et du Massif Central. Le Massif Central porte son empreinte par les reliefs karstiques du Causse, les pierres blanches du Quercy et la rudesse du Rouergue. L’Aveyron serpente à travers ces entités par de profondes gorges et quitte son Massif Central natal que lorsqu’il entre dans la commune de Montricoux. Les Pyrénées forgent, malgré leur éloignement, le paysage avec le prolongement du Lauraguais à l’extrême sud du département. La Lomagne, la vallée de la Garonne ainsi que les coteaux de Monclar témoignent de l’empreinte certaine de la chaine tertiaire. La vallée de la Garonne (secteur de Valence d’Agen à Saint Nicolas de la Grave), la vallée du Tarn (de la confluence à l’Aveyron) et la basse vallée de l’Aveyron délimitent la zone de partage entre les deux massifs, très clairement visible à l’œil nu. 13 5) Climat : Les données météorologiques ne peuvent être très fines pour le Tarn-et-Garonne puisqu’il ne dispose pas de stations météorologiques publiant des rapports annuels. Malgré tout, Montauban est situé entre Agen et Toulouse, on peut donc en déduire des chiffres théoriques qui, une fois affinés par des observations météorologiques, architecturales et biogéographiques, permettent de définir un climat type. Le climat de la zone d’étude est un océanique dégradé (ou océanique aquitain dégradé). Autrement dit, l’influence atlantique est bien présente sur le territoire, en témoigne l’importance du vent dominant d’ouest, le Cers. Il provient de l’Océan Atlantique et est souvent associé à une dépression, synonyme de pluie. Ce dernier souffle 25 jours à Toulouse et 25 jours à Agen, Montauban se situe au milieu de ces deux zones. La pluviométrie y est donc relativement importante durant la période novembre-mai, période de recharge des nappes. La sécheresse estivale est d’actualité, on observe un minimum pluviométrique en juillet-août. Or, les sécheresses estivales deviennent croissantes. Les températures hivernales sont relativement douces. L’ensoleillement est généreux comme le montrent les chiffres : 1900 à 2000 heures. Cependant, l’océan est loin et son action s’altère par le jeu de la continentalité et des influences méditerranéennes. La continentalité permet aux températures de s’élever durant l’été météorologique avec des maximales dépassant aisément les 25°C le jour. Les précipitations sont plus faibles que sur le pourtour océanique avec seulement 750 mm contre 900 pour Arcachon. Enfin, la Méditerranée n’est jamais trop loin et s’amuse à vouloir le rappeler, surtout lorsque le vent d’Autan s’invite sur les terrasses surchauffées du Frontonnais. En effet, il souffle plus souvent sur le Frontonnais où la pluviométrie est moins forte, en témoigne l’architecture des anciennes maisons. Parfois, l’Autan étend son rayon d’action et arrive jusqu’à dépasser les limites du Tarn-et-Garonne, Bordeaux conserve une dizaine de jours par an de vent de sud-est. Ce vent est associé au passage d’une dépression dans le Golfe de Gascogne qui oriente les vents au sud, les Pyrénées faisant obstacle à la circulation atmosphérique, le vent a deux options : s’élever ou contourner. En s’élevant, par effet de foehn, il s’assèche et élève les températures du piémont pyrénéen. En contournant la chaîne tertiaire, il prend l’orientation est avant d’être aspiré par le vide dans le couloir entre les Pyrénées et le Massif Central (Montagne Noire et Monts de l’Espinouse), ainsi se forme le vent d’Autan. Obligé de s’élever au seuil de Naurouze et autres cols (Fenille et Rodomouls), il accélère et se réchauffe tout en laissant son humidité sur le Biterrois ou le Narbonnais. 6) Entités Paysagères : Il est question, dans ce point, de traiter des entités paysagères issues de l’Atlas Folléa, ces entités sont remises en question et affinées lors de pages 88 à 98. L’Atlas présente 32 unités paysagères qui peuvent se résumer en 10 entités dont en voici leurs caractéristiques. _ La vallée de l’Aveyron : L’Aveyron arrive peu avant sa rencontre avec le Viaur, en terre tarnet-garonnaise. Il sculpte un paysage d’une très grande beauté dans des terrains d’abord anciens puis par la suite karstiques. Se frayant un chemin, il creuse de magnifiques gorges avant de 14 former une large plaine, peu après Bruniquel, où l’agriculture est reine. Les villes principales sont : Laguépie, Saint Antonin Noble Val, Négrepelisse et Albias. _ La vallée de la Bonnette : Cette entité est la plus petite du département mais l’une des plus intéressantes d’un point de vue géologique. En effet, la vallée de la Bonnette sépare deux entités bien distinctes : le Causse et le Rouergue. On retrouve donc la présence d’une faille courant nordsud. On compte également la présence de pierres calcaires jeunes (tertiaire) et de karst très anciens (secondaire). La ville principale est Caylus. Carte 2 : Les entités paysagères de Tarn-et-Garonne d'après l'étude Folléa _ Le Causse : Ce territoire de vastes espaces arides où l’agriculture se fait petite, n’est qu’un prolongement des grands causses lotois. L’abondance de pierres calcaires dans les constructions trahit la structure karstique du sous-sol. La ville principale est Septfonds. _ Les Coteaux et Terrasses du Tarn-et-Garonne : Le relief est légèrement vallonné mais l’altitude reste très modeste (le plus souvent inférieur à 200 mètres). La position de surplomb de ces terres permet de pouvoir embrasser du regard la vallée de la Garonne aussi bien que la vallée du Tarn. La ville la plus importante est Montech. 15 _ La vallée de la Garonne : Elle est l’une des entités les plus peuplées du département. Elle concentre les grands axes de circulation (autoroutes, LGV, routes nationales, canal latéral à la Garonne). Les terres sont souvent de caractères inondables. L’agriculture est omniprésente, avec de grandes étendues cultivés où la céréaliculture côtoie les cultures maraichères (melons, pommes, pêches,…). Valence d’Agen, Castelsarrasin et Grisolles sont les villes les plus significatives de cette entité. _ La Lomagne : Ce vaste territoire est vallonné avec des hauteurs pouvant atteindre les 300 mètres. L’agriculture céréalière porte son empreinte sur le paysage. Territoire de collines et profondes vallées étroites, elle est parcourue par la vallée de la Gimone où se situe la principale ville, Beaumont de Lomagne. _ Les coteaux de Monclar : Ce paysage coincé entre la vallée du Tarn et celle de l’Aveyron présente de multiples facettes : agricole (vers la vallée du Tarn), soumis à la périurbanisation (vers Montauban) ou sous couvert forestier (vers la vallée de l’Aveyron). Le Tescou traverse cette entité où Monclar de Quercy en est la ville principale. _ Le Quercy : Cet espace de pierres blanches calcaires est marqué par une agriculture de petites surfaces. Les vallées sont orientées nord-est à sud-ouest et partent rejoindre la Garonne. Les limites du Quercy sont abruptes au sud où le dénivelé entre les coteaux du Quercy et la Garonne est de deux cents mètres environ. Lauzerte et Montaigu de Quercy sont les villes les plus importantes. _ Le Rouergue : Terres de vastes étendues, le Rouergue n’est pas une terre très accueillante, elle est dure comme les roches de son sous-sol qui proviennent des mouvements orogéniques du Massif Central. L’agriculture a cédé la place à l’élevage. C’est l’entité la plus haute du département avec une altitude avoisinant les 500 mètres dans la commune de Castanet. C’est également un vide démographique où la ville la plus importante possède 550 habitants. _ La vallée du Tarn : Parfaite opposée du Rouergue, c’est le territoire le plus peuplé du département avec notamment Montauban. L’agriculture est très présente tout comme les autres espaces anthropisés (urbanisation, mitage rural, industrie, activités tertiaires). B. Une étude abritée par la Direction Départementale des Territoires La Direction Départementale des Territoires (DDT) est situé au 2 quai de Verdun à Montauban. Elle est issue de la fusion de deux anciennes directions départementales : la DDA et la DDE. Elle comptait 190 agents au 1 mars 2013 qui se partageaient les locaux (à l’exception des DTA de 16 Caussade et Castelsarrasin-Moissac). Comme le montre le schéma, la DDT est sous l’autorité du Préfet, elle met en œuvre les politiques publiques d’aménagement et de développement durables des territoires. Pour aider le Tarn-et-Garonne à tirer profit de la métropolisation toulousaine, la DDT veille aux équilibres sociaux et territoriaux. Le souhait est, également, de replacer les activités agricoles et rurales au cœur du développement économique départemental. Pour ce faire, elle est organisée en 6 services, trois DTA, un paysagiste conseil (non remplacé depuis juin 2013) et un architecte conseil. Les trois DTA sont celles de Montauban, Caussade et CastelsarrasinMoissac. Il existe six services. Le Service Interministériel Départemental des Systèmes d’Information et de Communication (SIDSIC) est chargé du matériel informatique. Le Secrétariat Général (SG) s’occupe des ressources humaines ainsi que de l’aspect financier. Le Service Economie Agricole et Rurale (SEAR) promouvoît le développement agricole et propose un suivi pour les PAC (Politiques Agricoles Communes). Le Service Urbanisme, Habitat et Rénovation Urbaine (SUHRU) s’occupe de la rénovation urbaine, des logements indignes, des contentieux avec l’Etat en matière de logement et des politiques sociales en logement. Le Service Eau et Biodiversité (SEB) s’intéresse au respect des zones humides, au respect de la loi sur l’eau, aux autorisations de barrages ainsi qu’à la qualité des cours d’eau. Enfin, le service qui m’a accueilli, le Service Connaissance et Aménagement Durable des Territoires (SCADT), possède des missions très variées puisqu’il est le résultat d’une fusion de deux services. Les missions confiées au SCADT sont : la sécurité routière, la formation des instructeurs du permis de conduire, l’étude des PPR, l’avis sur les PLU, SCOT et Paysages ainsi que la mise des données sous format SIG. Ce service comporte un chargé de mission Paysages et 6 bureaux dont le Bureau Prospective et Conseil en Aménagement. C’est ce bureau qui m’a accueilli. Les thèmes qui sont étudiés sont tout autant divers que celui du SCADT puisqu’il passe en revue les énergies, les avis paysagers, les mobilités (future LGV par exemple), les CDAC des centres commerciaux et la question des déchets. 17 Préfet Préfecture Direction Départementale des Territoires & Sous-préfecture DDT SIDSIC Paysagiste et Architecte conseils Direction SG DTA SEAR SUHRU SEB SCADT Assistantes Chargé de mission paysages BIGCT BGEE BPCA BPRNT BCISR BER 18 C. L’énergie au centre des préoccupations passées, récentes et futures 1) Des engagements mondiaux en demi-teintes : Le premier grand rendez-vous sur les énergies renouvelables date de 1992, c’est le sommet de Rio de Janeiro. Il fût le premier sommet instaurateur d’une ligne de conduite sur l’environnement. Il s’est donné pour objectif de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre pour éviter que l’humanité connaisse des perturbations anthropiques. Précurseur du protocole de Kyoto, il se prêtait comme autre objectif, de baisser les émissions de gaz à effet de serre. En effet, l’idée était d’obliger les pays industrialisés à renouer avec leur niveau d’émission de gaz à effet de serre de 1990. Malgré l’instauration de trois conventions portant sur la diversité biologique, le changement climatique et la désertification, le sommet de Rio 1992 garde un bilan mitigé. En effet, la non-coopération de certains pays industrialisés restera comme un échec. Ceci étant dit, ce sommet sera avant-gardiste et montrera la voie aux politiques environnementales internationales. S’en suit, en 1997, le Protocole de Kyoto. Ce traité environnemental fût adopté par 180 pays dont 38 pays industrialisés. Les pays signataires se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serres pour renouer avec la quantité de GES (gaz à effet de serre) en 1990. L’Union Européenne s’est engagée pour sa part à réduire de 8 % ses émissions de gaz à effet de serre, au contraire des Etats-Unis qui ne l’ont pas ratifié. En plus de cet objectif de diminution, le Protocole prévoyait un fond pour soutenir les projets dans les pays en voie de développement. Mais ce traité ne sera jamais honorer par les pays signataires, ce qui obligera une prolongation de la date butoir. Désormais, l’échéance est prévue pour 2020. A ce jour, seul le Japon et l’Union Européenne sont sur le point d’atteindre leurs objectifs de réduction parmi les pays industrialisés. Au début du 21ème siècle, en 2002 pour être plus précis, se déroule le sommet de Johannesbourg. Il fût appelé sommet mondial sur le développement durable. Considéré comme un échec par les ONG environnementales, il a néanmoins mis d’actualités l’utilisation d’énergies renouvelables telles que le solaire ou l’éolien que ce soit dans les pays industrialisés ou dans les pays en voie de développement, pour garantir des approvisionnements propres. 2) Une Europe volontairement engagée : L’Union Européenne s’est engagée avec l’adoption du Paquet Energie Climat (PET) en 2008 à créer une politique européenne basée sur l’association énergie-environnement. Son échéance arrivera en 2020. Le PET est souvent simplifié aux trois vingt : réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, augmentation de 20 % de l’efficacité énergétique et une part de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale énergétique. En ce sens, l’Union 19 Européenne va plus loin que les engagements internationaux. Elle s’engage plus fortement dans la réduction des émissions de GES. Pour y arriver, elle a misé sur une baisse de la consommation en réduisant significativement l’énergie perdue (non consommée), c’est l’efficacité énergétique. Cette dernière va de l’énergie non produite par les turbines d’une centrale hydro-électrique à la perte de l’énergie fatale (chaleur non utilisée) par une entreprise en passant par l’énergie perdue dans le réseau ou gaspillée. Ce concept est plutôt récent, tout comme le recours aux énergies renouvelables (Enr) pour abaisser les GES. Réduire la consommation sera peut-être plus aisé dans un environnement démographique stable mais le délaissement progressif des centrales thermiques et nucléaires devra être compensé par d’autres énergies. C’est ici que la part croissante des énergies renouvelables trouve toute sa place. Mais le PET de l’Union Européenne est encore plus contraignant et vise des secteurs clés pour réussir les engagements pris. En effet, un grand marché de quotas d’émissions a été créé en 2013 pour une fin programmée en 2020. Ce marché devra permettre au secteur industriel de réduire ses GES de 21 %. Les secteurs du bâtiment, des transports, de l’agriculture et des déchets devront s’acquitter d’une baisse de 10 %. Hors de ces données chiffrées, la Commission européenne a publié un livre blanc sur l’adaptation au changement climatique. A ceci se rajoute, la création d’un groupe de pilotage (IASG) en 2013 pour la conception d’une stratégie d’adaptation globale au changement climatique et la préconisation d’une contribution financière pour accompagner les pays en développement au changement climatique. 3) La France décidée à tourner une page de son histoire ? La France, prudente en matière de politique environnementale, semble s’être enfin décidée à suivre le mouvement international. Les lois Grenelle vont dans ce sens. La loi Grenelle 1 qui date de 2009 fixe les objectifs de l’Etat dans le domaine de l’environnement. Elle se concentre sur trois secteurs : le bâtiment, l’énergie et les transports. Elle acte l’application du Paquet Energie Climat à l’échelle nationale, notamment la règle des trois 20 (réduction des gaz à effet de serre, meilleure efficacité énergétique et proportion des énergies renouvelables dans la consommation finale). Enfin, elle introduit l’exercice du Bilan Carbone aux institutions privées ainsi qu’aux produits de la grande distribution. La loi Grenelle 2, instaurée en 2010, pousse la réflexion environnementale et énergétique encore plus loin. Elle préconise la création de Plan Climat-Energie Territorial (PCET) pour les collectivités territoriales de moins de 50 000 habitants, au-delà, les PCET deviennent obligatoires. Le Bilan Carbone devient obligatoire pour les organismes publics. Le mot d’ordre est d’engager la France vers la transition énergétique (sobriété, efficacité et énergies renouvelables). Pour ce faire, la loi promulgue l’obligation pour une région française de disposer de son Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE), de son Schéma de Raccordement au Réseau des Energies Renouvelables (S3REnr) et de son Schéma Régional Eolien (SRE). Enfin, la mesure phare de ce Grenelle 2, c’est la diminution annoncée de la part du nucléaire de 75 à 50 % d’ici 2025. 20 Dans le cadre du grand débat national sur la transition énergétique de 2013, l’ADEME a élaboré deux scénarios, le premier en 2030 et le second en 2050. Le scénario ADEME 2030 est basé sur le volontariat socio-économique. De façon plus précise, ce scénario est basé sur une nonintervention de l’Etat par une loi qui fixerait des contraintes environnementales. Il ne prend pas en compte le changement climatique. Il fixe comme objectif une réduction de 33% de GES par rapport à 1990 et une réduction de 20 % de la consommation finale d’énergie (efficacité énergétique). La part des énergies renouvelables dans la consommation finale serait de 34 % contre environ 13% aujourd’hui. L’étude de l’ADEME fait ressortir une forte pénétration de la biomasse, de l’éolien, de l’hydroélectricité et de la méthanisation. Le secteur qui accomplirait les plus gros progrès serait le secteur du bâtiment. A plus long terme, le Scénario ADEME 2050 pose le principe de l’objectif du facteur 4. En effet, il n’exclut pas une politique interventionniste de l’Etat pour diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre. L’étude prend en compte le changement climatique dans ses calculs et sa méthodologie. Les résultats obtenus sont conséquents puisque la baisse des émissions de gaz à effet de serre serait de 74 % et celle de la consommation finale d’énergie de 48 %. Gros contributeurs à ces résultats, les énergies renouvelables pèseraient pour 70 % de la consommation finale. La biomasse, l’éolien et le photovoltaïque seraient les trois énergies les plus représentées dans le mix énergétique. Le bâtiment et les transports réaliseraient de gros efforts. 4) Des partenaires locaux impliqués : Les collectivités locales du Tarn-et-Garonne se sont mobilisées dès la première loi Grenelle 1 pour poursuivre l’élan national à une échelle plus locale. La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) a publié un bilan carbone départemental en 2010. Le département émettrait plus de 2 millions de tonnes de gaz à effet de serre avec une nette prépondérance des secteurs du BTP (bâtiment et travaux publics) et de l’activité des ménages (déplacement travail et loisirs). En effet, plus de 30% des émissions de GES proviennent du seul déplacement des personnes, le département étant très affecté par ce problème. Le plus grand contributeur est la Communauté d’Agglomération du Grand Montauban avec plus de 200 000 tonnes émises par an. Les second plus gros émetteurs individuels sont le Pays de Serres et le Pays Midi Quercy avec plus de 2 tonnes émises par habitants dans l’année. Suite à l’analyse de ces données, la CCI a mis à disposition un livre blanc départemental. La même année, le Pays Midi Quercy a lancé son PCET (Plan Climat-Energie Territorial). Ce pays de 43 700 habitants est l’un des plus dynamiques de la région. Ayant moins de 50 000 habitants, le PCET était facultatif pour cette collectivité. Mais l’engagement des élus lors du plan énergie 2006-2009 a contribué à la naissance du PCET et son adoption en 2010 après un an d’élaboration. Les secteurs des transports et de l’agriculture sont les postes les plus émetteurs dans cette entité à dominante rurale. Le syndicat mixte du pays Midi Quercy s’est engagé à diminuer ses émissions de GES de 7% pour 2013 par rapport à 2010. 21 Un an après, en 2011, la Communauté d’Agglomération du Grand Montauban se voit confirmé l’adoption du PCET qu’elle avait entamé trois ans auparavant. Avec plus de 70 000 habitants, cette collectivité était sous l’obligation d’en produire un. Il est à noter que c’est le second bassin d’emplois de la région Midi-Pyrénées. La Communauté d’Agglomération émet chaque année 241 000 tonnes de carbone soit plus de 3 tonnes de carbone émises par habitant et par an. Le transport et le chauffage sont les postes les plus importants. L’engagement de la communauté de la Communauté d’Agglomération du Grand Montauban porte sur une diminution des gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020 et par 4 d’ici 2050. La DDT du Tarn-et-Garonne a présenté, courant 2013, son bilan carbone issu des trois lieux différents (le siège et les deux DTA). Pour ce faire, il a été pris en compte l’énergie consommée, les fournitures achetées, les déplacements effectués, les immobilisations et les déchets produits. Cela donne au final 583 tonnes émises soit près de 3 tonnes par agent et par an. Les principaux contributeurs sont les déplacements, l’informatique et l’énergie consommée. L’objectif de la DDT est de diviser ses émissions par 4 tout en indexant cette réduction sur la croissance des activités. D. Le schéma régional aux ambitions multiples 1) Le SRCAE, qu’est-ce que c’est ? : Le Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) est un document cadre élaboré de façon conjointe par l’Etat et la Région. De ce fait, ces deux coordinateurs sont le préfet de région et le président du conseil régional. « Les schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE) sont introduits par l’article 68 de la loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement. Les SRCAE permettent la mise en place d’une approche globale et intégrée au niveau territorial» (Les collectivités territoriales au cœur des politiques énergie, climat et air, 2012). « Document stratégique de cadrage régional à destination de l'État, des collectivités, du monde économique et de la société civile» (SRCAE Midi-Pyrénées), il est l’un des éléments les plus forts du Grenelle de l’Environnement. Il doit permettre à l’Etat de mener des politiques stratégiques et de renforcer la coopération Etat-Région, et de façon plus exhaustive, la coopération Etat-Collectivités Territoriales sur l’aménagement du territoire. Il se fait la substitution de l’ancien plan régional tout en se faisant l’écho, en l’intégrant, du schéma régional des énergies renouvelables explicité par la loi du 3 août 2009 mettant en œuvre le Grenelle de l’environnement. 2) Composition : Le SRCAE est composé d’un document général qui fait état d’un rapport d’analyse et de perspectives sur le climat, l’air et l’énergie. Il y figure un bilan énergétique, un listing des émissions des GES, une analyse climatique du futur et un état des lieux de la qualité de l’air. A ceci se rajoute, une étude sur l’efficacité énergétique possible et sur le développement des 22 énergies renouvelables. Sa prospection s’établit jusqu’à 2020 et 2050. On retrouve dans le SRCAE Midi-Pyrénées : un développement des 7 thèmes que l’on a précédemment cités, une synthèse des 7 enjeux capitaux à l’échelle régionale, les 5 objectifs stratégiques et les 48 orientations. Il est complété par des annexes dont la plus importante est le schéma régional éolien qui fixe les zones favorables à l’éolien. 3) Contenu idéologique : Réduction des gaz à effet de serre Toits verts Sobriété énergétique Extension des forêts Efficacité énergétique Energies renouvelables Isolation des bâtiments Anticiper les impacts du changement climatique Politiques préventives Protection de la société Réduire la vulnérabilité des territoires Illustration 1 : La synergie atténuation-adaptation d'après la stratégie d'adaptation de la ville de Toronto Cette illustration est une version légèrement retouché de l’esquisse Atténuation-Adaptation d’après la source Stratégie d’adaptation de Toronto). Il correspond à l’idée sur laquelle ont été construits les schémas régionaux. Plus précisément, il traduit les deux idées principales fondatrices de la réflexion : l’atténuation (en jaune) et l’adaptation (en bleu). L’atténuation correspond aux moyens d’actions de la société humaine à limiter son empreinte dévastatrice sur le milieu dans lequel il vit. Pour ce faire, l’homme s’engage à réduire les émissions de gaz à effet de serre, principal responsable du réchauffement climatique. Il mise sur trois instruments possibles : la sobriété énergétique (moins consommer), l’efficacité énergétique (réduction des pertes d’énergies) et le développement des énergies renouvelables (produire autrement). Les énergies renouvelables devraient augmenter de 50 % entre 2008 et 2020. L’adaptation est la stratégie adoptée devant l’inévitable changement climatique, elle consiste à savoir vivre avec le changement climatique. Or ceci nécessite d’anticiper les bouleversements futurs, de protéger au mieux la société avec des politiques préventives qui serviront également à réduire la vulnérabilité des territoires face aux risques naturels et autres phénomènes. Cependant, certaines actions sont à 23 la lisière des deux idées fondatrices, c’est le cas de l’extension des forêts, des travaux portant sur l’isolation des bâtiments et de la création de toits verts. 4) Portée juridique du document : L’illustration n°2, présente l’importance du Schéma Régional Climat Air Energie. En effet, on peut voir que le SRE et le S3REnr sont élaboré dans l’optique de facilité la mise en œuvre du document cadre. Le premier identifie les zones favorables à l’éolien où la création de Zones de Développement Eolien (ZDE) est permises. Cependant les ZDE ont disparu courant mai 2013. Le SRE garde une valeur puisqu’il liste les contraintes diverses et variées à l’implantation d’éoliennes. Le S3REnr permet la mise en réseau des énergies renouvelables dans le circuit électrique français. Les divers documents environnementaux tels que les plans de protection de l’atmosphère ou les plans de déplacements urbains doivent prendre en compte les orientations fixées par le SRCAE. Les PCET qui sont pris en compte par les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) ainsi que les Plan Local d’Urbanisme (PLU), sont dans l’obligation d’être révisé pour être en conformité avec le SRCAE. Ce dernier est donc un texte cadre à portée régionale. Illustration 2 : Portée du SRCAE extrait du SRCAE Midi-Pyrénées 24 5) Le SRCAE et les énergies renouvelables : L’électricité : Energie Eolien Objectifs régionaux ambitieux (en puissance) 15 MW (objectif départemental ambitieux) Hydroélectricité Méthanisation + 400 MW 9 MW Solaire photovoltaïque 1 000 MW Tableau 1 : Contribution des énergies produisant de l'électricité (MW = Mégawatt), source : SRCAE Midi-Pyrénées. _ L’énergie éolienne : L’énergie éolienne est l’énergie qui convertit l’énergie du vent en énergie électrique via une génératrice. La force du vent est captée par les pales d’une éolienne. Pour cette énergie, le SRCAE affiche un potentiel départemental défini dans le Schéma Régional Eolien. La Région Midi-Pyrénées dispose de régions très ventées qui se limitent malheureusement au seuil du Lauraguais et aux monts du Massif Central. Le Tarn-et-Garonne est, selon le SRCAE, pas vraiment disposé à un développement massif de l’énergie éolienne puisque l’objectif ambitieux est de 15 MW. Ce qui équivaut à l’installation de six machines. Il convient de noter que l’objectif minimaliste éolien pour le département est de 0 MW. _ L’hydroélectricité : Il s’agit, ici, d’utiliser la force des cours d’eau pour faire de l’électricité via une turbine et un alternateur. Ce procédé est connu depuis longtemps et figure encore aujourd’hui parmi les meilleures formes de production de courant électrique. L’objectif régional ambitieux est de 400 MW et de 300 MW en minimaliste. La région dispose d’un très fort potentiel avec ses deux montagnes : le Massif Central et les Pyrénées. Or, le Tarn-et-Garonne est exclu de ces deux zones montagneuses ce qui bien sûr, limitera sa contribution au potentiel régional. Le mode de calcul est basé sur les centrales en fin de concession. Les experts régionaux ont fondé l’augmentation de puissance sur le renouvellement de ces concessions. _ La méthanisation : La méthanisation est une autre forme de produire de l’électricité. Cette fois-ci, on ne fera pas appel à un des éléments naturels mais plutôt à un mix de matières tantôt végétales tantôt issues de l’activité humaine. En effet, le gisement est multiple et peut prendre la forme de débris végétaux, déchets agricoles, organiques et urbains. La fermentation de ces produits entraîne une production d’électricité. La Région est fortement dotée en matières potentiellement fermentescibles avec une agriculture prédominante associée à un couvert forestier important. Le département du Tarn-etGaronne présente l’avantage de posséder en son territoire une agriculture maraichère et céréalière 25 très présente (le département est le premier producteur national de beaucoup de fruits). Les industries agro-alimentaires font partie du paysage industriel. Le potentiel paraît donc élevé pour notre zone d’étude. _ Le solaire photovoltaïque : Nous avons vu que nous pouvions produire de l’électricité avec l’eau et le vent. Or, nous avons oublié le soleil. En effet, le rayonnement du soleil constant et surpuissant permet de produire de l’électricité. Il existe deux types d’installations possibles : en toiture ou au sol. Midi-Pyrénées possède un ensoleillement généreux qui n’échappe pas à notre territoire. L’avantage de l’ensoleillement est d’être quasi-constant sur tout le territoire. Le SRCAE prévoit 800 MW de puissance sur les toitures et 200 MW de puissance pour les centrales au sol, ce qui en cumulé nous donne 1 000 MW. La chaleur : Energie Bois-énergie Géothermie Méthanisation Potentiel ambitieux (en puissance) 270 ktep 90 ktep 4 500 ktep Solaire thermique 10 ktep Tableau 2 : Contribution en chaleur des énergies renouvelables (ktep = kilo tonnes équivalent pétrole), source : SRCAE Midi-Pyrénées. _ Le bois-énergie : Pour produire de la chaleur, on peut utiliser le bois comme le faisait nos ancêtres, il y a des centaines d’années. Le bois est issu de forêt, haies et vignes. Ce bois constitue la majorité du gisement. Une fois chauffé et consumé, il dégage une forte chaleur. Midi-Pyrénées est fortement pourvus en couvert forestier et haies (pour séparer les cultures) ce qui lui octroie un potentiel assez élevé. Le Tarn-et-Garonne dispose d’un gisement en bois de moyenne ampleur. _ La géothermie : La géothermie est possible en Midi-Pyrénées tout comme en Tarn-et-Garonne. En effet, les terrains argileux et sédimentaires sont prédisposés à la géothermie car ils disposent d’abondantes ressources aquifères. Ces eaux plus chaudes peuvent être mises à profit pour chauffer les habitations. Il est également possible de chauffer sa maison sans présence d’aquifère, grâce à la seule utilisation de la chaleur du sol. _ La méthanisation : Comme on l’a vu précédemment, on peut produire de l’électricité avec des déchets. Ce processus de fermentation, dégage une forte chaleur qui une fois injectée dans un réseau, peut servir de chauffage pour un ensemble de lotissements ou logements. 26 _ Le solaire thermique : On conserve la même source de gisement, à savoir le soleil, que le solaire photovoltaïque. Il n’est plus question de produire de l’électricité mais de la chaleur. L’ensoleillement permet de chauffer l’eau qui sert comme eau domestique mais aussi pour chauffer (via un plancher adapté) une habitation par exemple. E. Quand éolien rime avec contraintes 1) Qu’est-ce que le SRE ? Le Schéma Régional Eolien est une annexe au SRCAE. Il est obligatoire pour les régions et doit accompagner le SRCAE pour définir un potentiel éolien départemental. Il définissait les zones favorables à l’éolien qui était une étape indissociable et nécessaire à la création d’une ZDE (zone de développement éolien). La ZDE était une condition obligatoire pour bénéficier des tarifs d’achats avantageux Depuis la disparition des ZDE en mai 2013 par la loi Brottes, les zones favorables à l’éolien n’ont que peu de lisibilité aux yeux des professionnels. Ces zones favorisent, en principe, l’autorisation ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement) tout en ne l’interdisant pas pour les autres zones. 2) Contraintes prises en compte : Le SRE liste les contraintes et les affecte de couleurs. Les couleurs peuvent être noires, rouges, oranges ou vertes. La couleur noire reflète l’interdiction totale. Le rouge traduit une forte contrainte qui se révèle incompatible avec l’éolien. L’orange est une contrainte moyenne, elle oblige l’entreprise à réaliser une étude poussée d’implantation. Le vert est une faible contrainte, l’éolien ne peut être refusé au simple motif du SRE. Pour ce thème, il est utile de se servir de l’annexe n°1. Les contraintes techniques : Il s’agit d’aborder les contraintes émanant de l’aviation, de la défense et de la météorologie. En effet, les éoliennes sont des obstacles à la circulation aérienne et leur taille, supérieure à 100 mètres de haut en bout de pales, obligent les pilotes à s’en éloigner. Pour éviter tout accident, les aérodromes et aéroports sont interdits aux éoliennes tout comme leurs zones de dégagement. Les zones d’entrainement pour l’armée de l’air dont la célèbre Run Cévennes sont interdites au développement éolien. Enfin, une éolienne perturbe les ondes et entre en conflit avec les radars liés à l’aviation (guidage des avions) et à la météorologie (communication avec les satellites). La carte ci-dessus, reflète l’ensemble de ces limites au niveau régional. 27 Carte 3 : La synthèse des contraintes techniques, extraite du SRE Midi-Pyrénées Les contraintes du patrimoine : Carte 4 : Synthèse des contraintes architecturales et paysagères, extraite du SRE Midi-Pyrénées 28 Les contraintes liées au patrimoine comprennent les sites classés, les monuments historiques, les ZPPAUP (Zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), les sites inscrits et les Parcs Naturels Régionaux. L’éolien est un élément structurant le paysage et qui peut entrer en concurrence avec des monuments anciens et des paysages sauvegardés. L’idée est d’éviter l’implantation d’éolienne avec ce type de paysages et donc d’éviter les phénomènes de covisibilités destructrices. Les contraintes liées à la biodiversité : Carte 5 : La synthèse des contraintes environnementales, extraite du SRE Midi-Pyrénées Le SRE traite dans cette partie, l’éolien et l’environnement. Autrement dit, il définit les zones où le développement éolien n’est pas supportable compte tenu du fait qu’il dégrade la faune et la flore environnante. Pour ce faire, il a été pris en compte les APPB (Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope), le Parc National des Pyrénées, les ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique), les zones humides et les réserves biologiques. En outre, le SRE considère une forte présence de chiroptères ou d’oiseaux comme étant un facteur restrictif pour l’éolien. Une implantation éolienne peut être refusée au motif d’une très forte présence de ces animaux. 29 La synthèse des contraintes : La superposition des trois cartes vu précédemment et de la carte des sensibilités paysagères donne une carte de synthèse des contraintes où l’on peut facilement identifier les zones exclues à l’éolien (couleurs noires ou rouges), celles qui font l’objet d’attentions particulières (couleur orange). La couleur verte permet une étude simplifiée à l’implantation mais ne garantit en aucun cas l’aboutissement d’un projet. Cette carte finale est sans aucun doute la partie la plus intéressante du Schéma Régional Eolien depuis la suppression des ZDE qui a rendu dénué d’intérêt le recensement des communes favorables à l’énergie tirée du vent. Carte 6 : La synthèse des contraintes présentes sur la Région Midi-Pyrénées, extraite du SRE Midi-Pyrénées F. Une zone d’étude au raccordement aisé 1) Qu’est-ce que le S3REnr ? Le Schéma Régional de Raccordement aux Réseaux des Energies renouvelables (S3REnr) est un document qui vient en appui du Schéma Régional Climat-Air-Energie. En effet, le S3REnr est une annexe du SRCAE, il permet la réalisation de ce dernier. Elaboré par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) et de l’opérateur électrique historique (ERDF, ex-EDF), il fut approuvé le 7 février 2013 par le Préfet de Région, Michel Comet. Il se compose d’un plan de réception et de transport des énergies renouvelables à l’intérieur du parc électrique français. Il 30 localise les postes sources. Ces derniers sont des postes de transformation qui réceptionnent et alimentent le réseau électrique selon les normes de courant en vigueur. Le S3REnr garantit une capacité d’accueil et de transformation destinée aux énergies renouvelables, c’est la capacité réservée par poste. Destiné à encourager le développement de ces énergies, les postes sources sont géo-référencés dans une carte destinée à faciliter la lecture de ce document. Cependant, il existe des postes sources qui doivent être augmentés en puissance, d’autres sont à créer tant la demande est potentiellement forte. Les postes sources à créer ou aménagé sont énumérés et présentés avec un calendrier prévisionnel. Les travaux à faire sont financé via une quote-part définie au niveau régional. 2) Localisation des postes sources : Carte 7 : Localisation des postes sources en Midi-Pyrénées, extraite du S3Renr Midi-Pyrénées Cette carte, tirée du Schéma Régional de Raccordement aux Réseaux des Energies renouvelables de Midi-Pyrénées, présente l’ensemble des postes sources présentant une capacité réservée. Il y figure, également, les lignes électriques. La zone à l’intérieur correspond approximativement au Tarn-et-Garonne. Le département comporte un grand poste source qui correspond à la ville de Montauban. A la première lecture de cette carte, le département est plutôt bien pourvu en postes sources, aucune zone ne semble souffrir de désert électrique (aucun poste sur un rayon d’une dizaine de kilomètres). 31 3) Capacité réservée par postes : Nom Poste Beaumont-deLomagne Castelsarrasin Finhan Lauzerte Lere Le Luc Matras Montauban Saint Antonin Noble Val Valence d’Agen Total Tarn-etGaronne Total Région Part du 82 dans la Région (en %) Potentiel de raccordement (au 15/11/12) Capacité réservée effective fin 2018 57 9 56 61 57 133 59 64 134 5 11 16 8 5 5 35 33 23 (13) 0 7 653 124 (114) 7 741 1705 (849) 8 7 (13) Tableau 3 : Potentiel de raccordement et capacité réservée pour le département de Tarn-et-Garonne, source : S3REnr Midi-Pyrénées. Toutes les unités sont en MW sauf la dernière ligne qui est en pourcentage. Il figure entre parenthèses, les valeurs fin 2012. Le tableau présenté ci-dessus, a été élaboré à partir du S3REnr de Midi-Pyrénées. Il montre les capacités réservées ainsi que le potentiel de raccordement par poste. Un seul poste doit faire l’objet de travaux significatifs, il s’agit du poste de Saint Antonin Noble Val. Les travaux apporteraient 10 MW supplémentaires pour la capacité réservée au poste. A première vue, le département n’est pas richement pourvus en capacité réservée au regard de la comparaison avec la Région. Il pèse pour seulement 7 % de la capacité réservée régionale soit inférieur à la moyenne (égale à 100/8, soit 12,5 %). Cependant, notre zone d’étude semble être plus intéressante pour les valeurs concernant la fin de l’année 2012. Sa part est égale à la moyenne avec 13%. 4) La quote-part : Comme nous l’avons vu précédemment, certains postes doivent faire l’objet de travaux. En effet, le réseau électrique français a été créé, pour sa grande majorité, durant les Trente Glorieuses. Mais l’avènement des énergies renouvelables durant les années 2000, a redimensionné géographiquement et quantitativement les besoins d’accueils, de transformations et d’injection dans le réseau. En outre, ce sont le plus souvent des zones de désert démographique qui sont privilégiées, notamment par l’éolien. Les départements pyrénéens ont leurs postes saturés car ils 32 produisent beaucoup d’électricité via l’hydroélectricité. Or, la population étant faible dans les vallées pyrénéennes, les postes sont restés dimensionnés pour la population et l’apport en production. Les travaux sont nécessaires pour pouvoir accroitre la production. Le plus gros point noir est celui du Massif Central. Ce territoire était faiblement doté en poste source (hormis les secteurs hydroélectriques type Pareloup, vallée de la Truyère,…). L’explosion des énergies renouvelables a changé et compliqué les choses. L’Aveyron est friand de nouvelles technologies et animé par un fort désir d’auto-alimentation. Les politiques ont, du coup, développé, sans se soucier du problème de raccordement, les parcs éoliens. Ils se sont aperçus, un peu sur le tard, que les pales de certaines éoliennes ne pouvaient tourner faute de raccordement. De surcroît, ce problème s’est répété dans une moindre mesure dans le secteur des Monts de Lacaune et des Monts de l’Espinouse (Tarn). Aujourd’hui, pour garantir le développement des énergies renouvelables, RTE et ERDF sont obligés de recourir à de grands travaux pour aménager ou créer de nouveaux postes. Pour financer ces projets au niveau régional, le système de la quote-part a été retenu. Il consiste à faire payer d’une manière mutualisé les producteurs d’électricité. La quote-part a été défini à 0,0699 euros le watt. Dorénavant, pour un raccordement au réseau le producteur d’électricité payera 69,9 euros le mégawatt. C’est l’une des quote-parts les plus élevées en France. G. Une mission qui se libère de toute temporalité 1) Mission Mission initiale Le Tarn-et-Garonne est fortement structuré par des voies de communications (voie ferrée, autoroutes, routes et canal). Il est en outre soumis à l’arrivée de nouveaux équipements qui vont transformer le territoire physiquement et en termes de pratiques sociales (LGV et nouvelles zones d’activités). Tout ceci renforcent la pression foncière sur des paysages aussi variés que fragiles, comme nous l’avons vu précédemment dans la présentation du département. La politique paysagère adoptée est d’accompagner l’évolution des paysages et de les préserver lorsqu’ils sont jugés emblématiques. On voit là toute la difficulté du développement des énergies renouvelables (en particulier de l’éolien ou du photovoltaïque). Le développement doit se faire en harmonisation avec cette politique paysagère. Malheureusement, la Direction départementale des Territoires enregistre, aujourd’hui, de nombreuses prospections sur lesquelles elle n’a encore à ce jour aucune vision stratégique. La mission consiste à renforcer la vision stratégique de l’Etat, le Dire de l’Etat face aux sollicitations portées par les entrepreneurs. Plutôt que de répondre au coup par coup, la mission devra donner les moyens à l’Etat de développer, en amont, une vision d’ensemble, transversale, proactive, articulant les différents enjeux en termes d’aménagement du territoire. L’objectif de l’étude est de donner aux services de la DDT une vision globale et stratégique des potentialités de développement des énergies renouvelables à travers la déclinaison du Schéma Régional Climat33 Air-Energie de Midi-Pyrénées approuvé en 2012. Dans un souci d’anticipation, cette étude est l’occasion de constituer une formation-action de tous les services de la DDT et tout particulièrement de son réseau territorial chargé du conseil en aménagement. Les différentes énergies, présentes dans le SRCAE de Midi-Pyrénées, doivent être prises en compte. L’étude devra s’appuyer sur les textes réglementaires que sont le SRCAE, SRE et le S3REnr. L’intérêt sera de les vulgariser (sur le volet Enr) pour en faciliter leur appropriation par les différents services internes de la DDT. La mission tentera de territorialiser à un niveau infradépartemental les différentes énergies étudiées. Pour ces dernières, il s’agira de décliner les caractéristiques techniques, les points forts et points faibles de leur utilisation ainsi que des exemples d’implantations et d’orientations qui pourraient guider les chargés de projets dans leur rôle de conseil en aménagement. Un zoom particulier sera fait sur les délaissés de terrain situés entre la future ligne LGV et l’A62 : quel potentiel pour l’implantation d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques? L’étude comprendra, notamment, des fiches synthétiques par type d’énergies ainsi qu’un important travail cartographique via des logiciels SIG. Sa durée sera de 4 mois. Evolution de la temporalité : Le SRCAE est un texte cadre qui contient une perspective relativement limitée s’agissant des énergies renouvelables, puisqu’il prend comme date 2020. Or, 2020 c’est demain. Nombre de projets ne peuvent émerger pour 2020 mais le pourraient après cette échéance. On touche là, la spécificité de cette étude. En effet, elle ne repose sur aucune date précise, se délestant d’une réduction du potentiel par la question de la faisabilité évaluée sur un temps précis. Elle pose la question du potentiel des énergies renouvelables, dans son ensemble, sur le département. Le SRCAE n’est pas pour autant délaissé, il est hautement valorisé. Il fait l’objet d’une déclinaison départementale. Ceci étant dit, pour des énergies productrices d’électricité, la nécessité de prendre un horizon plus lointain s’est faite sentir (voir les parties des énergies concernées). 2) Méthodologie générale Déclinaison départementale du SRCAE Dans cette étude, nous sommes partis sur une étude des différentes énergies retenues au niveau national et qui figure dans le SRCAE de Midi-Pyrénées à la page 70. Une partie de cette étude prend soin de décliner le SRCAE au niveau départemental. Nous avons repris intégralement la méthode prise par le texte cadre pour étudier un objectif 2020 au sujet de l’hydroélectricité. L’éolien est déjà prêté d’un objectif 2020 par le SRE. Nous nous sommes donc attachés à appliquer les contraintes retenues dans le SRE tout en redéfinissant quelques notions. Tout comme l’éolien, le traitement du photovoltaïque a été fortement influencé par une vision très locale du territoire. La méthanisation s’appuie sur l’étude menée par Solagro et le Conseil Régional et se superpose à l’analyse du SRCAE. Les autres énergies calorifiques reprennent 34 l’outil Galiléo développé par l’ADEME pour l’élaboration des scénarios énergétiques 2030 et 2050. Cet outil a largement contribué à l’élaboration du SRCAE de Midi-Pyrénées. Vision prospective : C’est l’une des grandes valeurs ajoutées de cette étude départementale. En effet, elle ne fait pas que reprendre une méthodologie issue du SRCAE mais creuse le sujet des énergies renouvelables en faisant la part belle à de multiples productions écrites venant de destinations variées. De ces multiples ouvrages et rapports, l’étude affine la méthodologie issue du SRCAE ou dégage un nouvel ensemble de méthode. C’est ainsi que l’hydroélectricité est traité à une vision bien plus lointaine. Il s’agissait sur ce thème de voir l’étendu du potentiel envisageable. Au détour d’une conversation, il m’a été donné l’occasion de prendre connaissance d’un nouveau mode de productions d’électricité via les cours d’eau : la VLH (Very low head). Pour l’éolien, j’ai mis des contraintes supplémentaires qui ne sont pas prise en compte dans le SRCAE. Etudiant en géographie de l’environnement et du paysage, le traitement du paysage et de l’éolien (insertion et protection paysagère) a logiquement retenu mon attention. Ce thème est très peu traité et il manque une importante connaissance en la matière. Le photovoltaïque a été étudié selon une vision plus large que 2020 en intégrant le futur impact de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) sur le département. 3) Discrimination à l’aide des postes sources : Avant de faire l’étude par type d’énergie renouvelable, une première contrainte sévit pour les productions d’électricité. Effectivement, chaque production d’électricité doit être raccordée au réseau (confère le S3REnr). Or, ce raccordement se fait via des postes sources. Le S3REnr a cartographié ces postes ayant une capacité réservée aux énergies renouvelables. Le raccordement se fait via des fils, le plus souvent enterré, ce qui coute cher. Ils coutent 5 000 le mètre soit 5 millions d’euros le kilomètres. Dans ces proportions, on comprend vite l’intérêt d’être dans un rayon proche du poste. Les industriels prennent pour référence, une distance de 5 kilomètres et de 10 kilomètres. Si la puissance est moindre, le rayon aura pour limite 5 kilomètres. Cependant, nous visons, dans cette étude, une production électrique assez conséquente. J’ai donc préféré le rayon de 10 kilomètres autour des postes sources, au-delà, les projets ont une rentabilité plus incertaine compte tenu de la quote-part régionale élevée ainsi que du possible dépassement de la capacité réservée. L’annexe n°3 reprend la carte des postes sources, leurs rayons de 10 kilomètres tout en le transposant sur un découpage par bassin de vie. En effet, il est préférable d’implanter les productions d’électricité avec les bassins de consommation. L’INSEE a revu en 2012 son découpage par bassin de vie. Le bassin de vie représente le plus petit territoire dans lequel des échanges s’effectuent. Il été donc judicieux de partir sur ce découpage qui va au-delà des simples limites départementales et régionales. 35 DEUXIEME PARTIE : ETUDE DES PRODUCTEURS D’ELECTRICITE 36 A. Sans nouvelle installation, l’hydroélectricité garde-t-elle un potentiel ? L’hydroélectricité occupe la seconde place dans la production d’électricité. La France s’était dotée d’une politique ambitieuse en termes de construction de barrage. Aujourd’hui, la création de nouveau barrage est nulle, de ce fait, il faut se concentrer sur les installations actuelles. Or, si l’on ne crée pas de potentiel supplémentaire, peut-on espérer produire plus avec les ouvrages d’aujourd’hui ? 1) Présentation : La production d’hydroélectricité est le fruit de la conversion de l’énergie d’une chute d’eau en électricité. Autrement dit, on utilise la force motrice de l’eau. L'eau qui s’accumule dans les barrages ou qui est dérivé via les prises d'eau, constitue une force disponible pour entraîner la turbine d'une génératrice. Cette énergie naturelle devient cinétique puis mécanique avant de devenir électrique. En effet, cette turbine accouplée à un alternateur convertit l'énergie mécanique en énergie électrique. C’est aujourd’hui, la deuxième source d’électricité au niveau national. Elle assure régulièrement plus de 10% de la production nationale d’électricité, derrière le nucléaire. Il s’agit de la première énergie renouvelable en électricité. 2) Dénomination des ouvrages hydrauliques : L’hydraulique est qualifiée par plusieurs dénominations. Il existe, en premier lieu, le type d’hydraulique. C’est ainsi que l’on diffère les unités hydrauliques en fonction de leur puissance. La micro-hydraulique est souvent peu étudiée car elle comporte l’ensemble des unités hydrauliques ayant une puissance inférieure à 100 KW. Cet ensemble sert presque exclusivement la couverture des besoins électriques et se dirige donc vers de l’autoconsommation. L’étude, n’ayant pour but d’étudier la sobriété ainsi que l’efficacité énergétique, écarte donc ce type d’installations. La petite hydraulique concerne les installations inférieures à 10 MW (1 MW = 1000 KW) mais supérieures à 100 KW. Elle est l’une des composantes majeures du paysage électrique français, de par sa forte présence. La production d’électricité est modeste et la plage de production étroite. En effet, elle s’implante souvent sur des rivières au débit peu élevé et au module pouvant être irrégulier (période d’étiage). Durant les périodes d’étiage (seuil minimal du cours d’eau), la production d’électricité n’est plus assurée. La grande hydraulique est le reflet des centrales ayant une puissance supérieure à 10 MW. Elles sont moins nombreuses que leurs homologues précités mais garantissent l’essentiel de la production hydro-électrique française. Types d’installations Puissance Micro-hydraulique < 100 KW Rendement <60 % Petite hydraulique Grande hydraulique Entre 100 et 10 000 Plus de 10 000 KW KW Entre 60 % et 75 % 80 % Tableau 4 : Dénomination des installations 37 3) Etat des lieux : Pour mesurer le vrai potentiel hydroélectrique envisageable dans le département du Tarn-etGaronne, il fallait s’approprier l’emplacement actuel des centrales produisant de l’électricité mais aussi celles qui en produisaient par le passé. Grâce à l’apport d’un fichier TAB (fichier table) par le bureau de la Police de l’Eau (DDT), il m’a été possible de créer une carte de recensement des ouvrages du département, que l’on peut retrouver en annexe 5. J’ai donc opéré une distinction entre les centrales actives et inactives du département par une différence de couleur mais aussi de taille du cercle. Les anciennes installations apparaissent en violet et sont d’importance moindre. Les centrales actives ont un cercle plus grand et sont de couleur verte. Afin de mieux situer ces ouvrages, j’ai opté pour une couche commune avec les communes concernées par les ouvrages produisant de l’électricité en jaune. A ceci, j’ai rajouté les cours d’eau et canaux du département. Il est intéressant de pouvoir identifier, à l’aide de cette carte, la présence de plus d’une trentaine de centrales actives. Le nombre d’anciens moulins est conséquent. Les centrales du département ont une durée de fonctionnement comprise entre 3000 et 4000 heures par an car elles sont toutes des centrales au fil de l’eau. 4) Catégorisation des usages Puis, il a fallu catégoriser les fonctions de ces centrales actives afin de pouvoir voir lesquelles produisaient de l’électricité (voir l’annexe n°5). J’ai donc opéré une distinction par couleur puisque leurs fonctions étaient déjà renseignées sur le fichier transmis par le Bureau de la Police de l’Eau. Plus précisément, on retrouve en bleu, les centrales produisant de l’électricité. En jaune, apparaissent celles ayant une fonction diverse, il n’en existe que deux dans le département, le moulin de Saux sur la Barguelonne qui conserve des fonctions irrigatrices et l’usine hydroélectrique de Montricoux. Cette dernière pratique l’autoconsommation, en effet, elle alimente en électricité une minoterie. Enfin, les couleurs blanches reflètent les centrales actives qui n’affichent pas de fonctions connues par nos services de la DDT. Autrement dit, seules les centrales en bleu requièrent notre attention dans cette étude. Il est intéressant de noter que la production d’électricité se concentre sur les trois cours d’eau principaux : Garonne, Tarn et Aveyron. Le débit des autres cours d’eau est trop faible et subit de graves périodes d’étiage ce qui compromet la rentabilité de l’installation. Une centrale implantée sur le département du Tarn, l’usine des Vignieres a rejoint notre étude car elle est gérée par la DDT82 et raccordée au Tarnet-Garonne, ainsi, elle rentre dans le potentiel du département et ce malgré sa position. 5) Déclinaison du SRCAE : L’objectif SRCAE est le seul objectif daté de l’étude. Il reprend, en effet, la date de 2020 commune au SRCAE. Le but est ici de pouvoir décliner au niveau départemental le Schéma Régional Climat-Air-Energie. J’ai entièrement repris la méthodologie issue du texte cadre. Sur les 25 centrales hydroélectriques présentes sur le territoire d’étude, seules celles qui sont en régime de concession sont prise en compte. Ce qui réduit le nombre d’ouvrages retenus à 4. Les 38 concessions sont souvent renouvelées et doivent faire l’objet de travaux pour garantir un tarif d’achat. Plus précisément, il s’agit d’obliger le futur propriétaire à engager des travaux portant sur la structure ou sur l’équipement. Ces travaux sont la condition sinequanone à la souscription d’un tarif d’achat spécifique. Or sur les quatre centrales en concession, seule une devra faire l’objet d’un renouvellement, il s’agit de la centrale de Lagarde. Pour chiffrer cet objectif SRCAE, j’ai appliqué le coefficient de meilleur rendement énergétique issu du SRCAE. Je me suis appuyé sur un document de la DREAL qui a servi à l’élaboration du potentiel régional présent dans le SRCAE. Ils ont défini un ratio de 15% de puissance potentielle en plus. Ce ratio a été validé par les professionnels. Afin de pouvoir calculer le potentiel, j’ai donc appliqué le ratio sur la centrale de Lagarde. Puissance Maximale Brute (PMB) : Cours d’eau Commune Tarn Villemade TOTAL Nom de l’ouvrage PMB 2013 (KW) Lagarde 1 109 1 109 PMB envisageable (KW) 1 275 1 275 Gain de puissance (KW) 166 166 Tableau 5 : Déclinaison hydraulique du SRCAE en puissance (1 KW = 1 000 W) Pour calculer la PMB envisageable de l’ouvrage, j’ai pris la PMB présente dans le tableau N°5. Cette donnée se retrouve dans la colonne PMB 2013. J’ai, par la suite, appliqué le coefficient de 15 %. Ce qui nous donne la PMB envisageable. Par soustraction de cette donnée avec la PMB 2013, nous avons le gain de puissance obtenu. Exemple de la centrale de Lagarde : Gain de puissance (G) = PMB envisageable (PMBe) – PMB 2013 soit G = PMBe – 1 109 Or PMBe = 1, 15 PMB 2013 Donc G = (1 109 x 1, 15) – 1 109 = 1275 – 1 109 = 166 Production potentielle: Cours d’eau Commune Villemade TOTAL Nom de l’ouvrage Production (MWh) Lagarde 2 911 2 911 Production envisagée (MWh) 3 347 3 347 Gain de production (MWh) 436 436 Tableau 6 : Déclinaison hydraulique du SRCAE en production (1MWh = 1 000 KWh = 1 000 000 Wh) La production électrique s’exprime en mégawattheure. Pour calculer la production d’une centrale, il faut multiplier la puissance maximale brute de la centrale par sa durée de fonctionnement tout en prenant en compte le rendement de l’équipement hydroélectrique. La durée de fonctionnement 39 d’une centrale au fil de l’eau relevant de la petite hydraulique est en moyenne de 3 500 heures de fonctionnement, comme on a pu le voir précédemment. A cela, il faut tenir compte du rendement des turbines qui est de l’ordre de 60 % pour les installations inférieures à 500 KW, égale à 70 % pour les installations comprises entre 500 et 1 000 KW et aux environs de 75 % pour les centrales supérieures à 1 000 KW. Pour obtenir la production, il faut multiplier la PMB 2013 par le rendement de l’usine ainsi que la durée de fonctionnement. Il ne faut pas oublier de diviser le résultat par mille pour pouvoir être en MWh. Exemple de la centrale de Lagarde : Production = (PMB 2013 x durée de fonctionnement x rendement installation) / 1 000 Production = (1109 x 3 500 x 0,75) / 1000 = 2 911 MWh 6) Objectif Ambitieux : Cet objectif est également libre de toute date. Il fait appel à une intervention sélective de la DDT. En effet, il s’agit de concentrer les efforts sur les centrales ayant une puissance supérieure à 1 000 KW. Ces centrales affichent de bon taux de rendement qui permettent l’application du meilleur rendement énergétique. Les travaux nécessaires à sa réalisation peuvent être parfaitement absorbé tant la rentabilité est bonne. J’ai repris les centrales en concession, qui ne nécessitent pas d’intervention de la part de la DDT étant donné le mode d’attribution des tarifs d’achat. La pente d’eau de Montech est également reprise tout comme les anciens moulins pouvant être réhabilités. Puissance maximale brute (PMB) : Pour calculer la PMB envisageable des ouvrages en concession et des centrales supérieures à 1 000 KW, il suffit de se tourner vers les objectifs précédents. Cette méthode a été assortie d’un exemple, voir l’objectif SRCAE. Pour la réhabilitation des anciens moulins, j’ai dissocié les moulins en fonction du cours d’eau. Les installations présentes dans le secteur de la moyenne vallée de l’Aveyron produisent peu d’électricité par rapport aux autres secteurs. J’ai donc pris la moyenne du secteur pour les ouvrages sur l’Aveyron. Elle est de 453 KW. Le Tarn produisant beaucoup d’électricité, j’ai décidé de reprendre la moyenne départementale de production des moulins qui est de 474 KW. La Pente d’eau de Montech a déjà fait l’objet d’une analyse très poussée par le Bureau d’Etude EAUCEA pour le compte de l’Agence Adour-Garonne. Nous avons utilisés leurs chiffres. 40 PMB 2013 (KW) PMB envisagée (KW) Gain de puissance (KW) 96 828 111 352 14 524 1 193 1 989 1 372 2 287 179 298 2 218 2 551 333 Dpih Lagarde 1 108 1 274 166 Palisse Corbarieu 1 373 1 351 1 579 1 554 206 203 Montech Pente d’eau 0 435 435 SaintAntoninNoble-Val Varen Laguépie Montauban TOTAL La Peyrière 0 453 453 Le Salet 0 453 453 Varen L’Isoule Sapiacou 0 0 0 106 060 453 453 474 124 690 453 453 474 18 630 Cours d’eau Commune Tarn & Garonne Voir annexe n°4 Bruniquel Negrepelisse Aveyron Moissac Tarn Tarn Canal latéral à la Garonne Aveyron Tarn Barry d’Islemade Montauban Corbarieu Nom de l’ouvrage Centrales en concession Caussanus Negrepelisse Sainte Livrade Tableau 7 : Objectif hydraulique ambitieux en puissance Exemple des anciens moulins : Pour avoir une idée de puissance plus précise, j’ai fait la moyenne de la puissance délivrée à EDF par l’ensemble des moulins du département (voir les observations de l’annexe n°5) soit : (Total de la puissance délivrée à EDF par tous les moulins x 1,15) / Nombre de moulins : 5 693/ 12 = 474 KW Enfin, toujours dans un souci de reflet optimal du secteur où le projet pourrait avoir lieu, j’ai calculé la puissance délivrée à ERDF via le nombre de moulins du secteur. Pour l’Aveyron, on a quatre projets différents mais tous situés dans la même zone (de la limite avec l’Aveyron à la vallée de la Bonnette). Ce secteur comporte cinq installations déjà recensées, ce qui nous donne comme formule pour dégager la puissance moyenne du secteur : ((Lexos + Contillou + Gué + Pailhas + Vignieres) x 1,15) / Nombre d’installations dans le secteur = 2 265 / 5 = 453 KW 41 Production potentielle : Cours d’eau Tarn & Garonne Aveyron Tarn Tarn Canal latéral à la Garonne Aveyron Tarn Commune Nom de l’ouvrage Voir annexe n°5 Centrales en concession Bruniquel Caussanus Negrepelisse Negrepelisse Sainte Moissac Livrade Barry Dpih Lagarde d’Islemade Montauban Palisse Corbarieu Corbarieu Production (MWh) Production envisagée (MWh) Gain de production (MWh) 289 903 332 583 42 680 3 132 5 221 3 602 6 003 470 782 5 822 6 696 874 2 910 3 344 434 3 604 3 546 4 145 4 079 541 533 Montech Pente d’eau 0 6 578 6 578 SaintAntoninNoble-Val Varen Laguépie Montauban TOTAL La Peyrière 0 1 087 1 087 Le Salet 0 1 087 1 087 Varen L’Isoule Sapiacou 0 0 0 307 328 1 087 1 087 1 138 372 516 1 087 1 087 1 138 65 188 Tableau 8 : Objectif hydraulique ambitieux en production Pour calculer la production des centrales en concession et des centrales de plus de 1 000 KW, il faut multiplier la puissance maximale brute de la centrale par sa durée de fonctionnement tout en prenant en compte le rendement de l’équipement hydroélectrique (voir la déclinaison du SRCAE). Il ne faut pas oublier de diviser le résultat par mille pour pouvoir être en MWh. Le principe est le même pour les moulins reconvertis, excepté que la durée de fonctionnement a été portée à 4 000 heures, étant donné la faible puissance des ouvrages. Le rendement est de 60%, La pente d’eau de Montech a été calculée dans l’étude Eaucéa. 7) Synthèse des résultats : Suite aux études faites sur les différents objectifs, nous pouvons y voir plus clair sur le potentiel hydroélectrique départemental. En effet, grâce au tableau n°9, il parait évident que la simple déclinaison du SRCAE dans le Tarn-et-Garonne n’a pas de sens tant le potentiel est négligeable. L’objectif Modéré basé sur une intervention réduite de la DDT affiche un potentiel intéressant alors qu’il se base uniquement sur la pente d’eau de Montech, une réhabilitation libre des moulins (pas d’objectif de puissance contraignant) et sur les quatre centrales sous régime de concession. L’objectif retenu, qui est dénommé « Ambitieux » va plus loin car en plus de l’objectif précédent, il transpose l’application du meilleur rendement énergétique aux centrales ayant une puissance supérieure à 1MW. Enfin il existe deux autres objectifs difficilement atteignable car mobilisant 42 tout le potentiel. En effet, ce dernier porte sur toutes les centrales supérieures à 100 KW de puissance. Le dernier objectif relate une modification future de la loi sur l’eau. Comme ce n’est pas encore acté, cet objectif a été séparé et non incorporé à l’objectif audacieux. Le terme VLH a été défini dans le glossaire. La carte n° 8 : « Territorialisation du potentiel ambitieux en hydroélectricité », page 44, permet de situer la vision retenue à l’intérieur du département. On peut s’apercevoir que la Garonne est moins concernée, en raison des aspects évoqués lors de la réhabilitation des moulins. Puissance (MW) Production SRCAE Part dans le SRCAE Ordre de grandeur de l’objectif (MW) Nature de l’objectif Ordre de grandeur de l’objectif (GWh) Part dans le SRCAE SRCAE Objectif régional = + 300 MW 0,07 % 5% 7% 8% 8% 0,2 15 20 25 25 Déclinaison SRCAE Modéré Ambitieux Audacieux Spécifique VLH 0,5 50 65 180 190 0,08 % 8% 11 % 30 % 32 % Objectif régional = + 600 GWh Tableau 9 : Synthèse des objectifs hydrauliques 43 44 B. Pour une charte éolienne départementale 1) Présentation Illustration 3 : Composition et taille d'une éolienne Il existe deux types d’éoliennes, les éoliennes à axe horizontal (les plus communes) et les éoliennes à axe vertical. Parmi les éoliennes à axe horizontal, on distingue deux sous-catégories : celles off-shore (dans la mer) et celles on-shore (sur la terre ferme). Les éoliennes horizontales peuvent adopter une silhouette à deux ou trois pales. Leurs tailles oscillent entre 60 mètres et 200 mètres. Cependant, la taille communément adoptée pour les parcs éoliens se situe entre 100 et 120 mètres pour la nacelle (voir l’image de gauche). Les éoliennes à axe vertical font l’objet de toutes les attentions esthétiques et sont plutôt réservée à un usage domestique. L’illustration n°3 permet de visualiser les éoliennes à axe horizontal. Parmi ces éoliennes, on distingue deux niveaux de puissance : petit éolien (taille inférieure à 50 mètres et grand éolien pour une taille supérieure à 50 mètres. Le principe de fonctionnement de l'éolienne s’avère plutôt simple: le vent met en mouvements les pales (en rouge sur l’image de droite) qui elles font tourner le générateur (en bleu) par le biais d’un multiplicateur d’énergie (en noir). Par la suite, le générateur convertit l’énergie mécanique du vent en énergie électrique. L’électricité ainsi produite suit le mat de l’éolienne vers le réseau électrique (en jaune). L’éolienne affiche donc trois phases distinctes : la conversion mécanique (pales), la conversion mécanique-électrique (générateur) et la mise à disposition de l’électricité obtenue (armoire de couplage ou batterie de stockage). 2) Déclinaison du SRCAE Le Schéma Régional Eolien (SRE) est une annexe au SRCAE dont il est obligatoire. Nous avons pu le voir un peu plus en détail dans la première partie. Il définit des objectifs chiffrés concernant la puissance éolienne par département. C’est sans surprise les départements à forte présence 45 d’éoliennes qui se voient affectées du potentiel le plus grand. L’Aveyron possède un objectif de 557 MW et le Tarn dispose de 687 MW. L’implantation d’un parc éolien prend en moyenne 7 ans entre la prospection et la mise en marche du parc, quand le projet n’est pas attaqué par de vives associations. De ce fait c’est sans surprise que le département du Tarn-et-Garonne se voit attribué 15 MW comme objectif de puissance éolienne raccordée pour 2020. En effet, lors de l’élaboration du SRE, en 2012, aucune éolienne n’était recensée. Prenant en compte le délai moyen de 7 ans, on comprend pourquoi les instances régionales n’ont pas été très optimistes avec cette zone d’étude. A ce jour, le 7 juillet 2013, le paysage n’est marqué par aucune nacelle. Une seule éolienne devrait vraisemblablement conduire à un dépôt de permis dans le nord du département. Un mât de mesure, condition préalable pour juger de la rentabilité du projet, a été autorisé dans une autre commune. Tout ceci ne devrait cependant pas inverser la tendance qui éloigne le Tarn-et-Garonne de ses objectifs 2020. Le potentiel n’est pas vraiment territorialisé, on ne peut savoir où se cache les 15 MW, seul une carte présente les zones favorables au développement éolien qui figure en annexe 2. 3) Approche paysagère de la perception éolienne Une nécessité L’éolien est souvent considéré comme une énergie renouvelable d’avenir car elle affiche des taux de rentabilité élevée, des coûts d’entretien dérisoire et une production élevée. Pourtant son développement s’est souvent vu freiner par les antécédents en matière d’insertion paysagère. En effet, son développement dans le paysage français a démarré de façon brusque dans les années 2000. A l’époque, les services de l’Etat n’avait pas su voir venir le spectre de l’éolienne et les possibles détériorations paysagères qui en découlèrent. Or, plus de 10 ans après la société française se retrouve structurée par de multiples associations anti-éoliennes. Ces associations n’hésitent plus à trainer en justices les projets de parcs devant la cour de justice française et même européenne. Devant cette méfiance toujours plus croissante, le développement de cette énergie devient paradoxalement une nécessité tant l’enjeu de l’indépendance énergétique est fort. Or, si le gouvernement entend bien favoriser l’éolien (en témoigne l’annexe obligatoire au SRCAE, le Schéma Régional Eolien), les mentalités n’ont jamais été aussi négatives et farouchement opposées au développement de cette énergie renouvelables. Si l’on prête attention aux arguments de ces associations, le thème de la détérioration du paysage, qui constitue une externalité négative tant sur le plan financier (perte de valeur du terrain) que sur le plan visuel (environnement détruit), se retrouve être au centre des préoccupations. Ceci explique pourquoi l’étude s’attachera à étudier, protéger ou accompagner les paysages du département à la logique éolienne. Une prise de conscience difficile pour les politiques : Malgré ce que nous venons de voir ci-dessus, les collectivités territoriales et l’Etat ne semblent pas avoir défini à sa juste valeur le volet paysage dans la politique éolienne. En effet, il suffit de comparer les traitements paysagers pris par les différentes collectivités pour s’en persuader. J’ai donc décidé de retenir le SRE des régions Midi-Pyrénées, Aquitaine, Languedoc-Roussillon et 46 Auvergne afin de les comparer en vue d’une approche paysagère à retenir. On constate que la Région Aquitaine ne traite pas du paysage en tant que tel, elle se contente de reprendre les contraintes obligatoires et fixées par l’Etat. Ces contraintes ne reflètent pas une vraie prise de conscience du paysage. La Région Midi-Pyrénées reprend très logiquement ces contraintes mais y ajoute un soupçon de traitement paysager avec la carte des sensibilités paysagères présentes en annexe n°6. Cependant, il est impossible de déterminer pourquoi telle entité paysagère comporte une faible sensibilité ou une forte sensibilité. Ces critères surfaciques sont simplement qualitatif et sans aucun fondement apparent. Le Languedoc-Roussillon traite le paysage de façon arrangeante avec l’éolien. En effet, il définit des zones ayant une contrainte très forte, la majeure partie de celles-ci sont constituées d’unités paysagères ayant de fortes contraintes environnementales. L’Aude et la Lozère sont clairement avantagées par leurs études départementales. Le traitement est ici incomplet car reposant sur une discrimination essentiellement environnementale et non visuelle. Quid de la protection des zones touristiques, de certains sentiers de randonnées ou des visions emblématiques de la région ? La Région Auvergne, pour sa part, prend en compte la structure géologique du sol. Elle exclue toute implantation paysagère sur des terrains volcaniques, marquant là sa spécificité par rapport à d’autres régions. Elle associe à ce diagnostic paysager les contraintes environnementales et les positions de dominance. Cette dernière région semble prendre en compte le paysage de façon plus complète que ses homologues. Cependant, le Tarn-et-Garonne ayant un territoire relativement plat et non volcanique, ne peut se prêter à cette méthodologie qui reste cependant à mon goût légèrement incomplet tant dans le domaine touristique que dans le domaine visuel. Ponctuel, surfacique, linéaire : un traitement paysager complexe pour appréhender la protection du paysage : La première chose lorsqu’il s’agit de traiter de l’implantation paysagère de parc éolien, est de parler protection du paysage. En effet, le paysage peut prendre plusieurs formes qui sont tirées de l’histoire liée à l’empreinte humaine. Un territoire peut être entièrement artificialisé, sur un processus de retour à la nature ou bien sauvegardé de l’empreinte humaine. Il s’agit donc, ici, de savoir quel paysage est à protéger et exclure du développement éolien. Pour mener à bien cette réflexion, il est conseillé de définir la notion de paysage. Le paysage est décrit par le Larousse comme étant une « Étendue spatiale, naturelle ou transformée par l'homme, qui présente une certaine identité visuelle ou fonctionnelle » ou encore comme une « Vue d'ensemble que l'on a d'un point donné ». Ceci étant dit, la notion de paysage est indissociable de la géographie. Le tableau ci-dessous expose les principales citations de géographes sur le sujet. 47 Nom des auteurs Définition du paysage La face de la terre, Armand Colin, 1988, « le paysage répondait à l'orientation de la Philippe et Geneviève Pinchemel géographie vers le concret, le visible, vers l'observation du terrain, la saisie en direct de la "réalité géographique" ». Les mots de la géographie, dictionnaire « Paysage : Étym.: ce que l'on voit du pays, critique, Reclus-La Documentation Française, (…) le paysage est donc une apparence et une 1992, Roger Brunet et Robert Ferras représentation. II n'est de paysage que perçu. Certains de ses éléments n'ont pas attendu l'humanité pour exister; mais s'ils composent un paysage, c'est à la condition qu'on les regarde. Seule la représentation les fait paysage. » Histoire du paysage français, de la Préhistoire « C'est autrement dit, ce qui est perceptible à nos jours, Tallandier, 1983, Jean-Robert Pitte par les sens et pas seulement la vue, qui garde toutefois une place prééminente. » Le Paysage selon le laboratoire THEMA « un groupe encore plus important insiste sur la perception que les individus et les groupes en ont, très fréquemment dans une perspective esthétique. » La théorie du paysage en France (1974 – 1994) « On posera donc que le paysage est très sous la direction d’Alain Roger précisément et tout simplement ce qui se voit. Cette définition est aussi nécessaire que banale. » Hugonie G. (dir), 1991, Géographie-lycée, aide « Concept d'abord visuel et statique » à la mise en oeuvre des programmes, CRDP Versailles, (page 55) Tableau 10 : Définition du paysage par les géographes Finalement, la notion de paysage est indissociable du sens de la vue, les mots s’y référent figurent en rouge dans les citations. Mais ces réflexions, certes fort intéressantes, restent malgré tout générales. Or, la géographie demeure un peu en retrait du questionnement de la place de l’éolien dans le paysage. A ce jour, les textes et réflexions manquent. Si bien que ce sont bien souvent les politiques qui tentent de s’emparer de la question, avec le succès mitigé que l’on a vu. Malgré tout, deux collectivités territoriales ont retenu mon attention : la DDT de la Lozère et la Région Bourgogne. L’étude faite par le bureau d’étude Cassini pour la DDT de Lozère étudie le paysage à travers des concepts novateurs tel que la notion de co-visibilité et les points de vue. Malheureusement, les points de vue font l’objet d’une simple liste sans analyse ni représentation. La Région Bourgogne dans son Atlas Eolien de 2005 prend le parti de lister les points de vue, là encore sans analyse ni représentation, et ajoute la notion de longueur de vue par unité auquel elle ajoute un adjectif qualitatif. Ces deux collectivités ont fait l’effort de tendre vers une nouvelle approche de l’éolien que je ne peux que m’efforcer de creuser et de transposer sur le Tarn-etGaronne. 48 Comme je l’ai évoqué précédemment, même si le paysage ne se résume pas à la seule notion de la vision, elle lui y attribue une place importante. Aujourd’hui, nombre de projets éoliens déjà en service sont vivement critiqué pour leurs insertions dans le paysage et la vision qui s’en trouve altéré. Or, ce passé dénué de protection et de prise en compte paysagère n’a pas donné suite à une réponse de la part de l’Etat. Les futurs projets restent tributaires de cette décennie vide de préoccupation paysagère. Une étude menée par le CAUE de l’Aude, « Perception du paysage et éoliennes, la parole aux habitants du Lauragais », porte son attention aux habitants de ces territoires éoliens. Les conclusions de cette enquête sont édifiantes, malgré la vive opposition que peuvent porter certains riverains sur ces machines, à la question finale « Aujourd’hui accepteriezvous l’installation d’un parc éolien non loin de votre habitation ? », les réponses portent sur oui à 85 % (une grande majorité ayant répondu oui à condition d’être informé). Ceci démontre l’acceptabilité à long terme du résidant, du pratiquant de ce paysage. Le résidant porte une représentation mentale de son environnement proche, un seul arbre coupé peut arriver à le perturber tant ceci altère son paysage de tous les jours, du coup que dire de l’éolienne. Mais le résidant possède cette faculté de pouvoir se reconstituer, de façon inconsciente, un autre paysage proche dans lequel l’arbre coupé ou l’éolienne ferait partie intégrante du paysage. Si le résidant peut voir l’éolienne de façon positive, le touriste lui, est plus perçus comme quelqu’un subissant l’éolien. En effet, celui-ci véhiculera l’image du département à travers la France et d’autres pays du monde. Il est de ce fait très important de ne pas affecter son séjour dans la zone d’étude. Comment affecte-t-on le paysage avec une éolienne de plus de 120 mètres de haut ? Par la vue principalement. Il est donc nécessaire de louer une attention particulière à la vision que pourra avoir le touriste dans le département. Or, le paysage est un véritable tableau impressionniste. Tout comme lui, il est composé de multiples points qui même s’ils sont d’un nombre fini pourraient être considéré comme infini tant leur nombre est élevé. Il suffit de se déplacer d’un mètre pour avoir une vision différente (affectée par un arbre, réduite par le dénivelé ou dégagé par l’entrée dans une clairière). Je vois, ici, toute la complexité de la chose et du traitement à faire. Il est clairement impossible de traiter tous les points de vue du département qui correspondent aux points de ce tableau impressionniste. La méthode consistera à étudier les points représentatifs du département emprunté par le touriste potentiel. Une base de point de vue existe dans les PLU. En effet, les communes peuvent inscrire sur leurs PLU les points de vue mais elles n’y sont pas forcées. Ce qui complique la chose est aussi la méthodologie exhaustive retenue. Une seconde base comporte des points de vue reconnus par l’IGN (Institut Géographique National) et cartographiés par Michelin dans ses cartes routières. La carte routière étant un allié indéfectible de tout touriste, ces points de vue constituent donc une priorité dans cette étude. Ils sont d’ordre ponctuels (lieu du point de vue) et surfaciques (champs de vision). Les études paysagères sur l’éolien se préoccupent peu des activités de plein-air, or certains chemins de randonnées sont des sentiers qui font la part belle aux paysages où Dame Nature est reine. Ces sentiers souhaitent s’affranchir des fortes empreintes humaines. Le chemin de grande randonnée 65 appartient à cette catégorie de sentiers inviolables. Ce chemin relie le Puy-en-Velay à Saint-Jacques de Compostelle en passant dans le département par Lauzerte, Moissac et Auvillar. Le pèlerin qui effectue cet éprouvant voyage, est là pour rallier la destination finale tout en profitant des 49 paysages traversés. Ce sentier de randonnée est donc à protéger de toute implantation abusive d’éoliennes qui pourrait entacher le paysage qui doit ici rester imperméable à une forte empreinte humaine. Ce traitement fera appel à de la linéarité (sentier du GR65) et du surfacique (vision rapprochée). Enfin, il m’apparait évident de protéger les grandes zones touristiques du département, je reprendrai à ce titre, celles qui figurent dans l’atlas économique du Tarn-etGaronne fait par la Chambre de Commerce et d’Industrie. Le traitement sera surfacique. Point de vue remarquable Comme nous avons pu le voir antérieurement, j’ai choisis de protéger le paysage par les points de vue. Ceux-ci étaient déjà cartographiés par l’IGN et Michelin. J’ai décidé de retenir ceux étant sur une route fréquentée, un village ou muni d’une table d’orientation. Je suis donc parti sur le terrain armé d’un appareil photographique pour effectuer une série de photo du point de vue tout en complétant un tableau descriptif (Annexe n°7). Ce dernier permet de catégoriser le point de vue dans l’une des deux classes. A titre d’exemple, nous prenons la commune de Montalzat, voir la photo page 97. Ce point de vue se situe depuis une table d’orientation perchée. L’accessibilité est moyenne car l’accès se fait via des réseaux secondaires et il manque des indications depuis les axes prioritaires. Ce point de vue n’était pas répertorié par l’IGN, il a été complété sur le terrain. L’aménagement est faible, nous pouvons bien disposer d’une table d’orientation mais celle-ci est en ruine et sans aucune information. Ceci étant dit, le lieu offre une vue remarquablement dégagée depuis ce promontoire et de nombreuses entités du département se dévoilent sous l’œil. En effet, le champ de vision excède les 180° pour afficher un 300° (record départemental) et couvre 6 entités paysagères. Ce point de vue est représentatif de la catégorie 2. Une fois, ces points de vue catégorisé, il a fallu définir un rayon de protection. Pour ce faire je me suis appuyé sur l’étude faite par la DDT de Lozère. J’ai complété ce travail avec une analyse des photographies prises. Effectivement, sur le terrain, la méthode photographique consistait à prendre une série de photo de tout le champ de vision, des photographies panoramiques et des photos avec un zoom x5. Voici un tableau présentant le travail de la DDT48. Vue Distance Perception Proche 0 – 1 km forte prégnance visuelle. Semi-rapprochée 1 – 3,5 km Place notoire dans le paysage Eloignée Supérieur à 3,5 km Insignifiant dans le paysage Tableau 41 : Perception des éoliennes, d'après le Ministère de l'Environnement 2001 J’ai complété ce travail par l’étude photographique. Grace à des repères visuels, j’ai rapporté la taille d’une éolienne à diverses distances. Le territoire du Tarn-et-Garonne est fort différent de celui de la Lozère, moins de dénivelé, pas de position de dominance importante, pas de covisibilité entre massifs. Ceci explique la différence de résultat. L’éolienne conserve une visibilité, depuis le point de vue, jusqu’à une distance de 3,5 km. Ceci constitue le rayon de protection pour les catégories 1. Les catégories 2 reflètent les meilleurs endroits où l’on peut observer le département, ils sont donc à protéger de toute présence notoire dans le paysage. J’ai donc analysé jusqu’où, la prégnance visuelle opérait sur une photographie ayant un zoom x5 puisque ceci 50 correspond au zoom moyen des appareils disposant de fonctions prises de photos. Or, ce zoom correspond, également à la limite visuelle provenant de l’œil sur un terrain ayant un faible dénivelé. Cette distance est égale à 7 km. GR 65 Morphologie du relief Structures du paysage Quercy Blanc et Pays de Serres Plateau ondulé Agricultures de petites surfaces avec présences de bosquets Coteaux du BasQuercy Vallées creusées avec présences de collines Garonne au pied du Quercy Vallée Unité paysagère Garonne gasconne Large vallée Terrasses hautes Plaine inclinée Agriculture en minorité, couverture forestière importante Grand champs agricoles et nombreuses infrastructures Grand champs agricoles marquées par l’anthropisation Agriculture Echelles de perception Champs de vision large en crête, plus restreint en vallée Classe Vues longues Champs de vision variable Vues courtes Champs de vision à petite échelle Vues courtes Champs de vision large Vues moyennes Champs de vision large Vues moyennes Tableau 12 : Traitement paysager par unités paysagères S’agissant du chemin de grande randonnée, la protection du paysage ne peut se baser sur des points de vue mais sur l’ensemble des vues possibles. Pour ce faire, il s’agit de fructifier le travail de terrain réalisé dans le département en définissant des longueurs de vue. Ces dernières reflèteront la vue possible depuis chaque unité paysagère. On se concentrera sur la morphologie du relief et la structure du paysage. Ceci nous permettra de définir une échelle de perception. Ce travail sera étendu à chaque unité paysagère du département en vue d’un accompagnement à l’implantation de parcs éoliens. Dans ce mémoire, il ne sera pas question d’exposer le travail sur toutes les unités paysagères mais seulement pour celles qui sont traversées par le GR65. La méthodologie est la même. Chaque vue longue sera attribuée d’une distance de 7 km autour du sentier comme protection paysagère. Pour les vues inférieures, ce tampon a été ramené à 3,5 km. Il convient de noter que ces distances proviennent de l’étude faite dans les points remarquables. 51 52 Zones touristiques Pour la définition de zones touristiques, j’ai repris celles qui étaient prise en compte dans l’atlas économique de la CCI. J’ai opéré une distinction à l’égard de la nature du tourisme. L’éolien n’est pas incompatible avec certaines formes de tourisme mais le devient, très clairement, lorsqu’il s’agit d’un tourisme religieux ou porté sur les châteaux. Ces deux dernières formes de tourisme ont été retenues. Carte finale de la sensibilité paysagère au regard de l’éolien La carte n°9, permet d’identifier toutes les protections paysagères qui ont été mise en place au sujet de l’implantation éolienne. Les différents paramètres ont été définis dans les parties antérieures. Nous pouvons remarquer que le sud du département est peu concerné par ces mesures à l’inverse des entités paysagères du nord du département. Cartographie des contraintes par communes J’ai repris les contraintes prises en compte par le SRE de Midi-Pyrénées en l’affinant grâce aux sources présentes en internes à la DDT. Le choix de la représentation s’est fait par commune. En effet, cette cartographie s’avère être d’une redoutable utilité. Une commune rouge est proscrite de tout développement éolien. L’orange met en garde qu’une partie de la commune est sous interdiction. Enfin le vert renseigne sur la forte probabilité qu’un projet puisse se concrétiser. Pour arriver à la carte finale de synthèse, il a suffi de superposer trois cartes. Ces trois cartes de synthèse intermédiaire sont présentes en annexe n°8. La carte finale figure sur la page suivante. Sur ce document ne figure pas le périmètre des 500 mètres autour des habitations. Ils ont été géoréférencés et pris en compte dans l’élaboration des objectifs. Il a été également décidé de rehausser le niveau de protection des zones humides à la couleur rouge ce qui interdit toute destruction de ces milieux si riches et devenus rares. Il était inacceptable de faire un développement des énergies renouvelables au détriment de la nature. Cependant, les zones humides ne peuvent constituer un frein aux parcs éoliens car leurs tailles sont dérisoires. Du coup, il a été convenu d’en prendre note au cas par cas, une échelle plus fine est plus adaptée. C’est pour cette raison qu’elles ne figurent pas dans la carte. Spatialisation de l’éolien par objectif Une fois ces contraintes définies et territorialisées, il s’agit de définir des zones d’étude éolienne. Nous sommes partis de l’idée naturelle qu’il était souhaitable d’implanter des éoliennes dans le département, étant donné l’engouement national. Or, ces machines peuvent impactées le paysage. La position initiale a été de définir des zones favorables à l’implantation éolienne. Ces zones favorables d’un point de vue paysager, se retrouve être des terres coincées entre les axes de circulations (A62, A20, LGV, canal latéral). C’est l’objectif modéré. Plus conséquent en terme de surface, l’objectif ambitieux reprend l’objectif modéré tout en le complétant de la liste des communes vertes issues de la carte finale des contraintes. Cette vision implique un développement raisonné de l’éolien. L’objectif audacieux va plus loin puisqu’il étudie le l’implantation maximale dans le département au regard des contraintes nationales mais aussi locales. 53 54 4) Objectif Ambitieux Pour l’objectif ambitieux, j’ai repris les résultats de l’objectif Modéré (absent de ce rapport, pour des raisons définies dans l’avant-propos, mais bel et bien calculé) qui est de 32,5 MW en puissance et 65 000 MWh en production. La liste des communes vertes comprend 10 communes. De la carte du périmètre des 500 mètres, j’ai relevé toutes les distances supérieures à 1 km (nécessaire à l’implantation de cinq éoliennes) pour éviter le mitage. En effet, pour des raisons de concentration et de rentabilité, le seuil des cinq éoliennes a été retenu. Quatre projets ont été retenus : Escazeaux, Maumusson, Sérignac et Gensac. Sur ces quatre projets, il est inutile de vérifier toutes les contraintes puisque ces communes sont de couleur verte dans la synthèse des contraintes. Commune Nombre d’éoliennes Puissance (en MW) Escazeaux Maumusson Gensac Sérignac Objectif Modéré (2 parcs) Total 7 5 5 6 17,5 12,5 12,5 15 Production (en GWh) 35 25 25 30 13 32,5 65 36 90 180 Tableau 13 : Objectif éolien ambitieux 5) Synthèse résultat Objectifs Puissance (MW) Part dans le SRCAE (%) Production (GWh) Déclinaison SRCAE 15 Modéré Ambitieux Audacieux 32,5 90 160 2 4 11 19 30 65 180 320 Tableau 14 : Synthèse des différents objectifs La simple déclinaison du SRCAE ne permettait d’envisager un développement de l’éolien. Les 15 MW étaient ridicule et correspondait à un parc de 6 éoliennes. L’objectif modéré se place comme une alternative intéressante puisque son impact se limite à une zone d’implantation énergétique favorable. Néanmoins, devant la faiblesse du nombre de parcs éoliens (seulement 6 parcs) et la puissance potentiellement engendrée (90 MW), l’objectif ambitieux dispose d’un rapport puissance – projet extrêmement intéressant. Je retiens donc cet objectif ambitieux pour le Tarn-et-Garonne. 55 TROISIEME PARTIE : UNE MIXITE DES APPORTS ENERGETIQUE 56 A. Le solaire : une radiation indissociable du bâti Le soleil est l’un des éléments qui fait partie de notre quotidien. Son pouvoir est inépuisable, il permet de produire de l’électricité comme de la chaleur. Le solaire dispose de trois technologies distinctes : le photovoltaïque, le thermique et le thermodynamique. La dernière technologie n’a pas été étudiée car elle nécessite un très fort ensoleillement. Pour cette étude, le photovoltaïque et le thermique seront détaillés via une grande sous-partie pour chacune de ces techniques. Le solaire photovoltaïque : 1) Définition : Le solaire photovoltaïque est la conversion de l’énergie radiative offerte par le soleil en courant électrique. L’installation peut être résumée en deux parties. La première partie correspond au panneau, appelé module photovoltaïque. C’est ici que l’énergie radiative est piégée et transformée en électricité. L’onduleur permet d’adapter cette électricité à la tension du réseau. L’installation de panneaux peut se faire soit sur toiture (intégré au bâti), soit sur parking (ombrière) soit sur le sol. 2) Les technologies possibles : Aujourd’hui, trois technologies possibles s‘offrent au particulier ou à l’industriel. Leurs rendements diffèrent assez nettement, de plus de 20% pour le monocristallin à environ 10% pour les panneaux en silicium amorphe. Reste que ces résultats sont des résultats de laboratoires. Cela veut dire que l’efficacité réelle de ces panneaux est sensiblement inférieure, proche de 15% pour les techniques aux cristallins et à peine inférieure au 10% pour celle au silicium. Afin d’accroître le rendement des unités photovoltaïques, les chercheurs ont mis au point un procédé : le solaire concentré. Etant donné qu’il est peu possible d’agir sur l’efficacité même des panneaux photovoltaïques, les chercheurs ont mis au point un procédé pour concentrer le rayonnement diffus du soleil sur une petite surface. Le gain de production est significatif et permet de remplacer les composants les plus chers par des composants moins cher tout en ne perdant pas de puissance maximale par rapport à une installation classique. L’avantage est donc financier. Quant à l’installation, elle nécessite des lentilles ou optiques disposées sur le sol. 3) Déclinaison SRCAE : Méthodologie générale Le Schéma Régional Climat-Air-Energie prévoit une puissance régionale installée de 750 MW au minimum et de 1 000 MW au maximum. Ces valeurs sont très élevées et se répartissent selon une part de 80 % pour les toitures et 20 % pour le photovoltaïque au sol. Le potentiel n’est pas territorialisé, ce qui nécessite de décliner l’étude sur le département pour avoir une idée du potentiel mobilisable. Pour décliner le SRCAE, je suis parti de l’idée de développer exclusivement les modules sur toiture. L’impact paysager est quasi-inexistant sur ce type 57 d’intégration, ce qui évite d’impacter directement le paysage. De plus, j’ai pris soin de prendre toutes les toitures industrielles et commerciales. Ces toits n’ont aucune utilité et sont pour la plupart non-esthétique. Le particulier n’a pas été sollicité dans cette étude, car la surface minimale pour produire de l’électricité de façon rentable, de nos jours, est de l’ordre de 5 000 m². Car, les toits peuvent être en double pente, et de ce fait, seul la moitié la plus judicieusement placée peut être prise en compte. Les serres agricoles n’ont pas été retenues car le mode de réalisation pose un problème économique et éthique. En effet, quand un agriculteur décide de prêter sa toiture à une société solaire, il n’est plus propriétaire durant la durée du bail. Il n’a pas son mot à dire s’agissant de la technologie retenue. Il peut se trouver dans l’impossibilité de produire telles ou telles cultures sous une serre ainsi dotée, ce qui peut s’avérer problématique. Afin d’éviter ce type de problèmes, les serres agricoles ne rentrent pas dans la base de donnée de l’étude. Il en est de même pour les hangars agricoles. Les services de l’Etat se sont parfois montré peu prudent sur la création d’hangar photovoltaïque, ce qui ne fût pas le cas en Tarn-et-Garonne. Une fois que les hangars monopente surdimensionnés se sont répandus, effectuant une rupture avec le paysage agricole où les hangars sont double-pente, l’Etat est venu interdire ce genre de construction par l’instauration de doctrines régionales. Mais le problème n’est toujours pas réglé, même si les hangars doivent conserver un ratio minimum d’un tiers, deux tiers. En effet, on assiste à la création de hangar surdimensionné pour leurs usages qui se retrouve à moitié vide et où la pente bien orientée (équipée de modules) fait deux fois l’autre pente. Pour cet aspect se souciant peu de sa fonction initiale, les hangars n’ont pas été retenus. Enfin les ombrières ne peuvent être transposées sur le département tant la surface de parking doit être grande. Calcul du coefficient de rendement : Une fois, les composantes, qui serviront au calcul, identifiées, il est possible de dégager le potentiel. Le tableau n°15 présente les résultats. Afin de le comprendre, il s’agit de détailler la méthode de calcul. Le premier filtre, qui opère, est celui de la surface de toiture. Je n’ai retenu que les surfaces supérieures ou égales à 5 000 mètres carrés. En deçà de cette valeur repère, la rentabilité pourrait être compromise. Le filtre a pu être mis en place grâce à la base de données interne présente au sein de la Direction départementale du Territoire. Le nombre d’entreprises issues de ce premier filtre s’élève à une quarantaine d’entreprises. Le second filtre concerne la possibilité du projet. En effet, un tel investissement se traduit par une forte dépense supérieure à une dizaine de millions d’euros. Il est parfois obligatoire de renforcer la structure pour compenser le surpoids lié au montage des modules photovoltaïques. Si l’entreprise se retrouve dans la rentabilité annoncée et qu’elle possède les fonds suffisants pour mener à bien un tel projet, elle sera intéressée par ce procédé. Reste que les données sur les capacités financières ne sont pas faciles à avoir et elles se révèlent souvent insuffisantes. Un organisme indépendant permet de connaitre le chiffre d’affaire des entreprises les plus grosses. Celles qui étaient en dessous des 10 millions d’euros de chiffre d’affaire sont ignorées par l’étude tout comme celles où l’information manquait. Il ne reste plus que 14 entreprises dans le département. Ceci correspond à 16 bâtiments. Chaque bâtiment a été analysé par photographie aérienne, seul moyen de pouvoir apercevoir ces toits. La première phase du calcul se base sur le type de toit. En effet, il existe trois 58 types de toits possibles. Un toit est éventuellement monopente (absent du tableau N°15), double pente et terrasse. Un toit double pente réduit, en général, la surface utile de 50%. Seule la partie ayant une exposition suffisante est retenue. Un toit terrasse possède l’avantage d’avoir 100% de sa surface utile. L’orientation est également importante puisqu’elle participe au calcul du coefficient de rendement. Une orientation plein sud à 30° est l’exposition optimale, le coefficient de rendement est égale à 1. Un toit terrasse possède 100 % de sa superficie utile mais doit se contenter d’un coefficient de 0,93. Ci-dessous, figure une illustration reflétant les divers coefficients. Dégagement de la puissance : Pour dégager la puissance moyenne par toiture, je me suis référé à deux exemples issus du Tarnet-Garonne : l’un dans la commune de Bouloc, l’autre dans la commune de Sérignac. L’installation photovoltaïque présente à Bouloc, dispose d’une superficie utile de 1 300 m². Ils ont posé 704 modules d’une puissance totale de 137,28 KWc. Cela revient à poser 0,1056 KWc par mètres carrés. On aura fait 137,28 / 1 300. Le second projet dispose d’une puissance de 250 KWc pour 2000 m². Le Kilowattcrête par m² est de 0,125. Si l’on fait une moyenne des deux projets, on arrive à une valeur de 0,1153 KWc par mètres carrés. Pour définir la puissance, il suffit de multiplier la superficie utile avec le KWc/m² trouvé. Autrement dit, si l’on prend la société Les Jardins du Midi, la superficie totale est de 8 000m², or seulement 4 000m² sont exploitables (superficie utile). On multiplie 4 000 par 0,1153 et l’on trouve la puissance de 461 KWc. Afin d’harmoniser les résultats avec les autres énergies, il suffit de diviser par 1000 et on obtient 0,461 MWc. Dégagement de la production : Une fois, la puissance connue, je multiplie cette donnée par cette formule : Puissance (en KWc) x apport du soleil par KWc x coefficient de rendement = production annuelle en KWh/an L’apport du soleil par kilowattcrête en Tarn-et-Garonne est égal à 1 300 KW par Kwc, selon les professionnels déjà implantés dans le département. Ce chiffre est égal quel que soit la position dans la zone d’étude. Le coefficient de rendement a déjà été traité antérieurement. Prenons l’exemple de la société Les Jardins du Midi. La puissance est de 461 KWc, je le multiplie par 1 300 puis par 0,96. Cette technique donne 575 330 KWh/an. Je divise ce résultat par 1 000 et j’obtiens 575 MWh/an (j’ai arrondis le résultat final à l’unité). Par addition des chiffres issus de la colonne puissance, l’objectif modéré dispose de 13, 121 MW. Le SRCAE comptabilise l’objectif en ajoutant à la puissance déjà en service, la puissance potentielle. La puissance du Tarn-et-Garonne atteint 40 MW au 7 juillet 2013. L’objectif SRCAE est ainsi égal à 53 MW, soit environ 55 MW. Cependant, il est parfois difficile d’équiper ces toits 59 Commune Superficie (en m²) Chiffre d’affaires (en millions d’euros) Type toit Superficie utile (en m²) Orientation Pente (en degrés) Coefficient de rendement Puissance (en MWc) Production annuelle (en MWh/an) 8 000 15 Double pente 4 000 Sud-est 30 0,96 0,461 575 Alcoa France 12 400 37 Double pente 6 200 Sud-est 30 0,96 0,715 892 Pommes Lomagne 10 500 16 Double pente 3 150 Sud-ouest 30 0,96 Terrasse 4 200 Aucune 0 0,93 0,847 1038 Electro Diesel 5 400 117 Terrasse 5 400 Aucune 0 0,93 0,623 753 Distribution Artel 10 000 24 Double pente 5 000 Ouest-Sudouest 30 0,93 0,577 698 Double pente 7 900 Sud-Sud-est 30 0,98 0,911 1161 Double pente 2 120 Sud-est 30 0,96 Double pente 530 Sud-Sudouest 30 0,98 0,306 384 Nom société Beaumont-de- Les Jardins Lomagne du Midi Castelsarrasin 15 800 Caussade Moissac Guima Palfinger TOTAL 37 Caussade Semence 13 800 120 Double pente 6 900 Sud-est 30 0,96 0,796 993 Mourgues Fruits 5 100 22 Double pente 2 550 Sud-est 30 0,96 0,294 367 Pro A Pro Distribution 21 700 184 Terrasse 21 700 Aucune 0 0,93 2,502 3025 Terrasse 20 300 Aucune 0 0,93 2,341 2830 Double pente 3 350 Sud-est 30 0,96 0,386 482 Double pente 9 000 Sud-est 30 0,96 1,038 1295 Double pente 2 320 Sud-Sud-est 30 0,98 Terrasse 1 160 Ouest-est 30 0,9 0,401 497 Sodibag Montauban 5 300 20 300 6 700 79 Audis 18 000 68 Maf Agrobotic 5 800 54 Cassignol Bricolage 9 000 11 Double pente 5 400 Sud 30 1 0,623 810 Tga 82 5 200 23 Double pente 2 600 Sud-est 30 0,96 0,3 374 173 000 807 13,121 16 147 113 780 60 Tableau 15 : photovoltaïque intégré au bâti existant 61 pour des raisons techniques, économiques ou bien juridiques. Le potentiel serait plus facile à mobiliser si l’hypothèse d’une installation photovoltaïque était pensée plus en amont. 4) Objectif Ambitieux : Si l’objectif SRCAE était assorti d’une date, 2020. J’ai adopté une vision plus lointaine, tout en prenant en compte l’inconvénient de cette déclinaison sur les toits actuels. Comme nous avons pu le voir, il peut être difficile de mener à bien certains projets issus de la déclinaison du SRCAE. Je pense qu’il serait plus facile d’anticiper sur les grands projets d’urbanisme tel que les constructions de nouveaux quartiers. Le Tarn-et-Garonne ne comporte pas de très grands projets connus à ce jour, hormis un. En effet, la LGV arrivera vraisemblablement courant 2030 (la date ne fait qu’être repoussée) et s’accompagnera de la construction d’une nouvelle gare à double étage mixant le TGV et le TER. Cette nouvelle construction s’insèrera dans un tout nouveau quartier. Or, la SNCF arbore un changement de politique énergétique et la Région Midi-Pyrénées souhaite persévérer vers une production énergétique toujours plus verte. Ce projet est donc l’occasion de penser le développement des énergies renouvelables en amont et d’effectuer les investissements nécessaires pour sa réalisation. J’ai à ma disposition le plan du futur quartier avec les densités par hectare. J’ai donc assorti chaque densité par une nature de bâti selon les normes issues du Ministère au Logement. Deux communes sont concernées, Bressols et Montauban. Les habitats sont à majorité individuels pour la commune de Bressols. La préfecture du Tarn-etGaronne dispose d’habitats individuels mais aussi de petits collectifs. S’ajoutent à l’habitat un parc des expositions à Bressols et des établissements d’enseignement dans la ville du Musée Ingres. J’ai appliqué la même méthode de calcul sachant que la pente moyenne pour les habitations est de 45° et que la pente optimale pour les toitures industrielles ou commerciales est de 0°. Les résultats se retrouvent dans le tableau N°16. L’objectif ambitieux rajoute 25 MW de puissance supplémentaire à l’objectif SRCAE. Le total est donc de 78 MW soit environ 80 MW. 5) Objectif Audacieux : J’avais opté jusque-là pour du photovoltaïque intégré au bâti pour des raisons paysagères. Or, la zone d’implantation énergétique favorable définie dans le volet éolien représente une opportunité de développement. L’implantation au sol pose un énorme problème de consommation d’espace agricole, qui plus est dans un département comme le Tarn-et-Garonne. Or, la zone d’implantation favorable est constituée de parcelles qui seront impactées par la future LGV ou qui se seront coincées entre de grands axes de circulations. Pour la question paysagère, je reprends intégralement le travail fait sur les points de vue et le GR 65 tout en adoptant un périmètre de protection réduit à 3,5 km pour les points de vue. Ceci découle de la moindre hauteur d’un module photovoltaïque (guère plus de deux mètres) par rapport à une éolienne (120 mètres de haut). Enfin, les installations électriques au sol sont sensibles aux cas de submersion. J’ai donc repris l’intégralité des PPRI départementaux. Les PPRI excluent tout développement des centrales photovoltaïques au sol. 62 J’ai sélectionné 4 projets afin de respecter la doctrine départementale qui vise à limiter l’expansion de cette technologie. Les projets se situent à moins de 5 km d’un poste source et restent proches des plus fortes densités. En effet, c’est un gros plus pour le parc photovoltaïque de pouvoir être à proximité d’une zone de consommation, ceci évite au gestionnaire du réseau de devoir gérer à distance l’offre et la demande. Commune Superficie en hectare Puissance en MWc Bressols Castelferrus 22 18 4,7 16,5 61,2 8,5 7 2 6,5 24 Montauban TOTAL Production annuelle en GWh 11 9,1 2,6 8,4 31,1 Tableau 17 : Photovoltaïque au sol La superficie correspond aux parcelles sélectionnées. La puissance est obtenue en multipliant la superficie par 0,38. Ce nombre provient des moyennes entre la superficie et la puissance des parcs éoliens au niveau régional. Une fois, la puissance obtenue, j’ai multiplié cette dernière par l’apport du soleil qui est de 1 300 KW par KWc. Ainsi j’obtiens la production annuelle en MWh. L’objectif Audacieux rajoute donc 24 MW supplémentaire à l’objectif Ambitieux. J’ai donc obtenu un total de 104 MW soit environ 105 MW pour cet objectif. 6) Synthèse des résultats Objectifs Ordre de grandeur de la puissance totale (MWc) Part dans le SRCAE (%) SRCAE Ambitieux Audacieux 55 80 105 7 11 14 Tableau 18 : Synthèse des différents objectifs du photovoltaïque La simple déclinaison du SRCAE dans le Tarn-et-Garonne permet, déjà, de mobiliser un potentiel non négligeable de 55 MWc. Cet exercice reste cependant trop restreint tant la nécessité d’adopter une vision prospective apparait nécessaire. En effet, l’étude en amont d’installation de panneaux photovoltaïque permet un gain élevé en puissance mobilisable. Surtout, cette vision solutionne les freins au développement de cette technique intégrée au bâti. L’objectif Audacieux surclasse les autres objectifs, et ce surtout en termes de production gagnée. Il étudie le développement du photovoltaïque au sol. Cette technique est peu recommandée pour un département comme le Tarn-et-Garonne. Néanmoins, la politique passée qui était accueillante envers ces projets a nourri le nombre de propositions faites par les entrepreneurs privés. Doit-on se priver de cet apport ? Je ne pense pas. L’étude porte sur trois grands projets et un petit projet. Autrement dit, elle est loin d’impacter massivement le département tout en offrant plus de diversité énergétique à un moment où cette idée de mix énergétique prend de plus en plus 63 d’importance. La carte n°11, ci-dessous, permet d’apprécier la répartition de l’implantation de panneaux photovoltaïques retenus par l’étude. L’espace est inégalement structuré par ces modules. Carte 11 : Implantation possible de panneaux photovoltaïques dans le Tarn-et-Garonne selon les trois objectifs Le solaire thermique 1) Les différentes technologies : Le solaire thermique c’est l’utilisation du soleil à des fins calorifique. Pour y parvenir, nous avons besoin d’un Chauffe-Eau Solaire Individuel (ou CESI), il en existe deux grandes familles : les CESI simple et les CESI avec système auxiliaire de chauffage. La première grande famille est adaptée aux régions chaudes (subtropical et méditerranéen) car elle est très vulnérable au gel. C’est néanmoins la solution la plus simple et la plus économique. La seconde famille est la solution la mieux adaptée aux régions tempérés ou froides car elle annule la vulnérabilité au gel. En effet, elle comporte une solution antigel, un vase d’expansion avec contrôleur de température et enfin un chauffage d’appoint. Cette solution est plus couteuse que la précédente car plus 64 complexe. Par la suite, il est possible de coupler le CESI avec un plancher solaire pour augmenter la température intérieure de la maison. Illustration 4 : Le CESI simple Illustration 5 : Le Cesi avec système auxiliaire de chauffage Comme on a pu le voir précédemment, il existe deux grandes familles de CESI et une extension possible avec le chauffage solaire. Le CESI fonctionne à l’énergie dégagée par le soleil. Le CESI simple, comme on peut le voir sur le schéma à gauche, est composé d’un capteur posé sur le toit de la maison, d’un ballon, d’une pompe de circulation, d’une entrée et sortie d’eau. L’eau froide entre dans le ballon. Ensuite elle est en partie envoyée via une pompe vers le capteur thermique. Ce dernier capte les rayons du soleil en les concentrant et chauffe l’eau. Cette eau rentre de nouveau dans le ballon (ou accumulateur) qui est la plupart du temps à l’extérieur contrairement au schéma. L’eau chaude étant plus légère que l’eau froide, elle reste en surface et alimente donc par la sortie d’eau de la partie supérieure, la maison en eau chaude. Le CESI avec système auxiliaire de chauffage est légèrement différent puisqu’il ne chauffe pas d’eau potable mais une solution glycolée (antigel). Le circuit de chauffage est donc totalement hermétique même s’il fait toujours appel au capteur thermique. Cette solution utilise cependant un chauffage d’appoint (voir le schéma de droite). La sortie de l’eau utilise le même procédé de stratification verticale que le CESI simple. Il est important de noter que l’eau contenu dans le ballon est potable. Pour l’extension concernant le chauffage solaire type PSD (Plancher Solaire Direct), on rajoute un circuit de chauffage dans le plancher, sa température oscille entre 30°C (en entrée) et 20°C (en sortie). Ce procédé est visible en tant que circuit de chauffage dans le schéma. 2) Conditions de fonctionnement : Les CESI fonctionnent quel que soit la saison comme le montre ce tableau. Cependant, on observe bel et bien une perte d’efficacité en hiver (seulement 30% de la puissance disponible). Or, c’est à cette période que les besoins se font le plus sentir. Si la disponibilité en eau chaude n’est pas vraiment entamée avec une eau chaude de 40°C, le chauffage solaire ne peut 65 malheureusement parvenir à maintenir une température adéquate dans l’habitation. Il apparait très clairement que dans cette configuration, une source calorifique d’appoint sera nécessaire (gaz naturel ou bois). Saison Hiver Printemps Automne 70 Température de 40 sortie (en C) Puissance calorifique 31 (en %) / Eté 130 54 100 Tableau 19 : Contribution des CESI On peut éventuellement mettre en place une citerne de stockage d’eau chaude mais celle-ci ne pourra remplacer les jours sans soleil d’hiver. En effet, c’est là que le bât blesse, des journées consécutives sans soleil rendent le système peu efficace avec des températures de sortie inférieures à 30°C. En été le système nécessite d’être couvert pour éviter de surchauffer et de produire une eau supérieure à 130°C qui à long terme entrainerait sa perte. Une autre option serait d’évacuer ce surplus de chaleur par un radiateur externe. L’exemple type est la piscine chauffée. Ainsi, au lieu de ne pas utiliser le système ou d’accepter de perdre son pouvoir calorifique, on le mettrait à profit pour chauffer la piscine extérieure. L’automne et le printemps sont les deux saisons propices à son utilisation. 3) Résultat ADEME et SRCAE : Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Réseaux de chaleur Logements collectifs Hôpitaux Maisons de retraites Etablissements scolaires 0 3 283 362 640 333 17 086 91 851 10 125 9 047 9 315 Tableau 10 : Déclinaison du SRCAE, partie 1, d'après l'outil Galliléo Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Piscines Salles de sport Etablissements thermaux Hôtels Campings 452 548 0 801 33 8 761 15 344 4 199 26 002 672 Tableau 20 : Déclinaison du SRCAE, partie 2, d'après l'outil Galliléo 66 Centres commerciaux Bureaux Aéroports Bâtiments publics Parcs de loisirs 967 78 2 491 0 620 0 15 575 2 787 69 695 4 481 17 347 0 Département Restauration Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Tableau 20 : Déclinaison du SRCAE, partie 3, d'après l'outil Galliléo Département Tarn-et-Garonne TOTAL REGIONAL TOTAL en tep 10 607 302 287 TOTAL en % 4 100 Tableau 20: Déclinaison du SRCAE, partie 4, d'après l'outil Galliléo L’ADEME a réalisé un important travail sur les diverses sources de chaleur, à laquelle le solaire thermique n’a pas échappé Il figure, dans les tableaux 20, l’extrait concernant la synthèse des résultats issus de l’outil Galliléo. Cet outil sera explicité dans la partie suivante qui fera la part belle aux énergies calorifiques. Sur les 3 553 tep pouvant être alloués aux énergies renouvelables, seul 107 tonnes équivalentes pétrole (tep) sont affectés au solaire thermique. L’industrie dispose d’un effort de 26 tep (voir l’outil Galliléo). Enfin, l’objectif concernant l’habitat individuel correspond au double de celui du collectif soit 98 tonnes équivalentes pétrole. Cette dernière formule est tirée du SRCAE. L’objectif SRCAE est donc de 231 tep pour le Tarn-et-Garonne, soit environ 250 tep. 4) Objectif ambitieux : Or, l’objectif SRCAE se base sur l’outil Galliléo. La méthodologie est approuvée par l’ADEME et le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, elle fait donc référence. Cependant, la base de données de l’outil développé pour l’ADEME Midi-Pyrénées présente des oublis nombreux et plutôt inquiétants. J’ai donc pris comme base de données, les sources internes de la DDT. Enfin, j’ai repris la consommation accessible totale pour cet objectif. Je reviendrai sur cet outil et la méthodologie adoptée dans la quatrième partie. Le tertiaire se voit doter d’une contribution revisitée de 497 tep, l’industrie de 129 tep et l’individuel progresse à 452 tep. En ajoutant ces trois données, j’obtiens l’objectif ambitieux qui est de 1 078 tep soit environ 1 100 tep. 5) Synthèse des résultats : Objectif Production (en tep) Part dans le SRCAE (en %) Déclinaison SRCAE 250 3 Ambitieux 1 100 12 Tableau 21 : Synthèse des différentes objectifs pour le solaire thermique 67 La différence de potentiel entre la déclinaison et l’objectif peut paraitre surprenante mais elle est justifiée par la faisabilité. Autrement dit, pour le SRCAE, il n’a été retenu qu’un pourcentage de tous les projets possibles. Pour l’objectif Ambitieux, tout le potentiel mobilisable a été retenu, ce qui m’emmène à garder comme vision pour le solaire thermique, la vision ambitieuse. A. La méthanisation : entre vrai apports et faux espoirs On voit souvent la méthanisation comme le remède miracle face aux immenses déchets produits par l’homme. La société y voit une merveilleuse invention capable de préserver l’environnement, les élus y voient une solution d’avenir à développer massivement. Mais qu’en est-il réellement ? 1) Présentation Illustration 6 : Ressources fermentiscibles Dans le terme « biomasse », on repère tout d’abord le préfixe « boi » qui fait référence au bois. En effet, la biomasse est une énergie faisant appel à toutes les sources de bois mais pas seulement. Comme le montre le schéma situé sur la gauche, les ressources potentielles sont diverses et variées, provenant de différents secteurs tel que l’agriculture, l’industrie et l’habitat humain. L’activité agricole fournit de par ses déchets organiques (exploitation forestière, partie des plantes et animaux non valorisées) une grande contribution. L’industrie fournit via ses déchets non recyclables une contribution supplémentaire. Mais le plus grand contributeur avec l’agricole est l’habitat humain, c’est-à-dire les boues issues du traitement des eaux usées ainsi que les déchets non recyclables solides. Tout ceci est collecté pour être transformé en biogaz. Sa fonction pourra être de chauffer une ou plusieurs habitations et produire de l’électricité, ou dans le cas d’un mix de biomasse (diverses provenances) être injecté dans le réseau de gaz naturel. La matière qui reste après méthanisation, le digestat, sert à être épandu en retour sur les sols 68 agricoles, contribuant à conserver leurs valeurs agronomiques. Il existe également une autre forme de mise valeur de la biomasse, le biocarburant mais cette énergie est aujourd’hui totalement dépassée. 2) Quelle ressource pour quelle utilité ? La méthanisation fait appel à la biomasse fermentescible c’est-à-dire aux lisiers, résidus liquides, déchets organiques et solides urbains non recyclables. La fermentation se produit naturellement à base de micro-organisme. Le produit final est composé de méthane et de gaz carbonique. On pourra en faire comme utilisation : du carburant, du gaz ou de l’électricité. La combustion du biogaz se pratique pour produire de l’électricité. C’est le principe de la cogénération. Autrement dit, la combustion du biogaz entraine de la chaleur qui sous forme de vapeur fait tourner une turbine et par la suite, un alternateur (production d’électricité). Cette forme de méthanisation permet de produire de l’électricité et de la chaleur. Enfin, une autre utilisation permet de réinjecter du biogaz dans le réseau de gaz naturel, ceci alimentera le chauffage, eau chaude ou accompagnera la cuisson des aliments chez les particuliers. 3) La méthanisation : dans quel contexte ? Le contexte général mondial est à la réduction du changement climatique ce qui passe par une réduction des gaz à effet de serre. Les villes ne cessent de s’étaler et la société humaine produit de façon exponentielle des déchets de toutes formes (agricoles, industriels, urbains,…). Il se pose aujourd’hui la question du recyclage de certains d’entre eux, question qui reste malheureusement sans réponse dans l’état actuel des connaissances. Si l’on ne peut pas les recycler, peut-on les valoriser afin d’en tirer un profit pour la société ? La biomasse répond à cette dernière question tout comme à la réduction des gaz à effet de serre. La France est l’un des grands pays agricoles européens et mondiaux, le pays dispose de plusieurs types de cultures sur son sol. Or, il est également l’un des pays ayant la plus grande couverture forestière au niveau européen (27 % de son territoire soit 15 millions d’hectares). La forêt française progresse de plus 0,4% par an avec un accroissement végétal naturel de 112m3. Développer la biomasse serait un moyen de valoriser ces deux ressources (résidus agricoles et exploitation forestière) afin de produire soit de la chaleur soit de l’électricité. De plus, ce serait également un moyen d’entretenir plus efficacement le massif forestier qui est fortement morcelé, 72,5 % de la forêt française était privée en 2011. Le Tarn-et-Garonne dispose de 688 km² de forêts ce qui le place parmi les départements les moins pourvus en massif forestier (15ème surface forestière la plus petite parmi les départements français). Ceci pourrait constituer un frein au développement de la biomasse en Tarn-et-Garonne mais si on visualise la carte, on s’aperçoit que la surface apparait concentrée sur le Pays des Serres et le Causse du Quercy avec plus de la moitié de la surface forestière départementale. A ceci se rajoute l’importance de la surface des terres agricoles qui témoignent là du potentiel de développement de la biomasse à des fins de 69 méthanisation. La biomasse pourrait également être développée pour le chauffage via des réseaux de chaleur. Carte 12 : Localisation des unités régionales de méthanisation existantes, extraite de la présentation sur la méthanisation du 28 septembre 2012 La carte présente ci-dessus, fait l’inventaire des différentes installations de méthanisation. Dans le département, il n’existe qu’une seule grosse unité, la Drimm de Montech qui produit de l’électricité. Une demande d’injection de gaz fût autorisée mais aucune suite ne fût donnée par l’entreprise elle-même. La nouvelle venue, Arterris (absente de la carte) fait partie des unités de modeste importance en méthanisation, son rayon d’action est de 24 kilomètres. Enfin, trois unités de méthanisation individuelle, qui sont destinées à de l’autoconsommation, existent dans le territoire d’étude dont la très médiatique méthanisation des melons Boyer. 4) Choix du terrain d’étude : Pour étudier la création de nouvelles unités, je suis parti de la réflexion régionale sur cette énergie entreprise par la Région Midi-Pyrénées en partenariat avec Solagro. Cette étude verra le jour fin 2013, elle est aujourd’hui en phase de relecture. Néanmoins, deux zones favorables ont été identifiées dans le Tarn-et-Garonne : le pays Montalbanais et le Pays Midi Quercy. Le Pays 70 Montalbanais est déjà fortement doté puisque deux unités se partagent la part du gâteau avec la Drimm de Montech et Arterris. Le Pays Midi Quercy n’a toujours pas d’unité dédiée. Enfin d’intenses prospections ont lieu de la part de sociétés espagnoles et gersoises sur les alentours de Moissac. Les avantages de ce territoire ne sont plus à démontrer et il me parait opportun de retenir, pour l’étude, deux zones : Moissac et le Pays Midi Quercy. 5) Objectif SRCAE : Le Schéma Régional Climat-Air-Energie a identifié un potentiel régional de 21 400 tep à travers une installation de 50 unités dont 4 réinjecterait du gaz. Le département Tarn-et-Garonne contribue à 8 % des déchets régionaux. On peut considérer que le département est concerné par 8 pour cent de ce potentiel soit 1 712 tep. La répartition est décrite comme tel par le SRCAE : 16 400 5 700 Electricité 4 500 Chauffage 4 500 Injection gaz x 0, 35 x 0, 27 x 0, 77 x 0, 23 5 000 X 0, 9 Si l’on considère que le potentiel département est égal à 8 % des 21 400 tonnes équivalentes pétrole, ceci nous donne comme valeurs pour l’électricité : 456 tep et pour le chauffage : 360 tep. Le gaz n’aurait que peu d’intérêt, seul quatre installations seraient concernées dans la région. L’objectif SRCAE comprendrait donc une unité de méthanisation supplémentaire d’une puissance de 0,7 MW (soit environ 1 MW). Elle serait implantée, selon l’étude Solagro, dans le Pays Midi Quercy. Sa production serait de 360 tep en chauffage et 5 656 KWh. 6) Objectif ambitieux : Selon les dernières constations de Solagro, le potentiel mobilisable en Midi-Pyrénées serait l’un des plus élevé de l’hexagone. Néanmoins, comme nous l’avons vu, seul deux zones font l’objet d’un potentiel fort dans le département : Moissac et Pays Midi Quercy. Comprenant la Drimm de Montech et Arterris comme unités de méthanisation, la ressource est plus faible que dans d’autre département. Le seuil de rentabilité d’une unité de méthanisation se situe aux alentours de 1 MW de puissance. C’est la puissance retenue pour le projet de Moissac. Le Pays Midi Quercy possédant une ressource intéressante, la puissance retenue est de 3 MW soit l’équivalent du projet de la société Arterris. L’étude d’une réinjection de gaz est concluante pour le projet de 3 MW. L’objectif ambitieux ferait état d’une puissance cumulée de 4 MW (soit environ 5 MW). La production cumulée serait d’environ 30 GWh (29,5 GWh) et 3 320 tep. 71 Projet Electricité (en GWh) Pays Midi Quercy 22 Moissac TOTAL 7,5 29, 5 Chauffage (comprend l’injection de gaz)(en tep) 2 842 (dont 1 381 d’injection gaz) 478 3 320 Tableau 22 : Contribution de l'objectif 7) Synthèse des résultats Objectifs Electricité (en GWh) Chauffage + gaz (en tep) SRCAE 5 400 Ambitieux 30 3 300 Tableau 23 : Synthèse des différents objectifs en méthanisation La déclinaison SRCAE prête une ressource intéressante au département qui se voit portée plus haut par l’objectif ambitieux. Pour la méthanisation, j’ai décidé de retenir l’objectif le plus conséquent tant sa faisabilité est élevée. La territorialisation de ces deux unités s’observe dans la carte n°13. Carte 13: Potentiel de méthanisation en Tarn-et-Garonne 72 QUATRIEME PARTIE : LES ENERGIES RENOUVELABLES CALORIFIQUES 73 A. Un procédé de combustion historique Le bois-énergie reprend un procédé de combustion historiquement basé sur la ressource en bois, la biomasse ligneuse : bois, paille, bagasse, branchage, écorces… La combustion dégage de la chaleur qui peut être produite soit par cheminées et poêles (ancien procédé) soit par une centrale de chauffage pour de l’énergie calorifique collective (tendance actuelle). Elle figure dans le top 5 des énergies utilisées pour le chauffage (derrière le gaz et l’électricité). Dans un contexte énergétique différent, la France accompagne son développement. Mais que se cache-t-il derrière ce thème ? Quel potentiel mobilisable pour une si faible couverture forestière départemental ? 1) Bois-énergie et forêt, une réduction linguistique réductrice de sens La forêt représente la majorité de la ressource utilisable dans la combustion à destination de chauffer un espace. Parmi ces forêts, seules celles qui assurent des fonctions productives et les bosquets de production sont répertoriés comme mobilisables. En effet, de nombreuses couvertures forestières (5,2 % du territoire national) assurent des fonctions protectrices (érosion des sols, défense incendies, récréation, inondation, biotope) et ne sont, de ce fait, non comptabilisées. Elles sont souvent d’accès difficile. Comme le montre l’illustration ci-dessous, l’arbre est découpé en 4 sections. La partie la plus importante construite du tronc sert pour le bois d’œuvre (l’ameublement principalement). Les grandes tiges, non adaptées pour le bois d’œuvre, servent à l’industrie (papier, cellulose,…). Les branches sont utilisées pour la combustion à des fins calorifiques. Les petites branches et branchages ne sont pas valorisés pour la plupart. Seul, une infime partie sera épandue comme fertiliseur naturel du sol. On assiste à une forte augmentation des résineux pour des valeurs de croissance rapide. Néanmoins, parler des forêts, ce serait oublier de mentionner les ressources ligneuses qui ne sont pas forestières. En effet, elles représentent de façon cumulée l’autre tiers manquant. Elles possèdent la caractéristique de pouvoir se trouver sur des territoires urbains. Leurs valorisations s’est faite de façon récente ces dernières années mais elles restent malgré tout relativement méconnue. La haie est l’exemple frappant du manque de considération. Elément typique du paysage rural, elle délimite le plus souvent des Illustration 7 : La découpe par ressource d'un arbre, extraite de l'ADEME 2009 74 parcelles et s’aligne sur des centaines de mètres voir des kilomètres. Les haies doivent être taillées toutes les 3 à 15 ans. Les effets bénéfiques sont connus. Elles permettent de couper le vent, elles ont fait l’objet d’une réintroduction massive dans le Lauraguais pour diminuer les effets du vent d’Autan. Le bétail se sert de ces plantations comme protection. 2) Le paradoxe départemental du bois : Carte 14 : Logements utilisant le bois comme combustible de chauffage principal en Midi-Pyrénées, source : Arpe Midi-Pyrénées Comme cités précédemment, lors de l’étude de la méthanisation, le Tarn-et-Garonne dispose de seulement 688 km² de forêts ce qui le place parmi les départements les moins pourvus en massif forestier (15ème surface forestière la plus petite parmi les départements français). La couverture forestière ne dépasse pas les 20 %. De ce fait, il est clair que cela constitue le plus grand frein à son développement massif dans le département. L’étude menée par le SDE 82 (Syndicat des énergies) identifie une maigre ressource équivalente à 49 000 tep avec une répartition de 2/3 forêts-bocages. Et pourtant sa très bonne desserte par de grands axes de circulation permet d’envisager d’étendre le rayon de collecte bien au-delà des pures limites administratives. De nombreux foyers existent dans un rayon proche du territoire d’étude : la forêt de résineux des Landes, les forêts de la Grésigne, Bouconne, Buzet,… Malgré ce contexte départemental peu favorable, la combustion du bois est répandue, avec une prépondérance marquée pour les communes rurales, comme le montre la carte N°14. En effet, les entités du Rouergue et du Causse utilisent abondamment cette énergie puisque nombre de communes apparaissent en vert foncé, synonyme d’une part supérieure à 50 % de logements chauffés au bois. La consommation départementale est évaluée à 39 000 tep dont une écrasante majorité provient du résidentiel individuel. 75 Si le département ne possède que peu de ressources ligneuses, il dispose d’un territoire traversé par trois grand cours d’eau qui se rejoignent pour n’en former plus qu’un. Ce territoire irrigué est prédisposé à la pratique d’une autre énergie calorifique : la géothermie. B. La géothermie : une diversité de procédé « Du grec gêo (terre) et thermos (chaud), la géothermie consiste à exploiter la chaleur stockée dans le sous-sol de notre planète. Cette énergie est potentiellement considérable » (Atlas sur la géothermie très basse énergie dans le département de Tarn-et-Garonne, rapport final du BRGM) En premier lieu, il existe, selon le degré de la nappe, quatre types de géothermie : x La géothermie haute température. La nappe a une température supérieure à 150°C. Etant donné qu’elle possède une chaleur élevée, elle peut produire de l’électricité en faisant tourner une turbine par le simple jeu de la vapeur. Ces nappes sont inexistantes dans le département. x La géothermie à température moyenne. La nappe a une température qui se situe entre 100 et 150°C. Elle permet la production d’électricité via l’intégration d’un liquide qui peut être facilement porter à ébullition. La vapeur entraîne là aussi une turbine. x La géothermie à basse température concerne les nappes d’une température allant de 50°C à 100°C. La contribution au chauffage remplace la production d’électricité. x La géothermie à très basse température concerne les nappes d’une température comprise entre 10°C et 50°C. Ici, on ajoute une pompe à chaleur (PAC) pour puiser la chaleur du sol. Le département comporte de nombreuses nappes de ce type. Il serait donc intéressant de connaître les différentes PAC possibles. En second lieu, la géothermie connaît plusieurs procédés utilisant soit l’eau, soit le sol soit l’air. Le tableau, ci-dessous, fait la synthèse de ces divers procédés de pompe à chaleur (PAC). Procédés PAC Coût Eau chaude sanitaire Caractéristiques diverses Mesuré Eau glycolée/eau ou eau/eau Cher Possible Possible Possible Quantité importante de liquide frigorigène fort libérateur de gaz à effet de serre Peu de liquide frigorigène Possibilité de l’adapter à un réseau de chauffage central Peu de liquide frigorigène Nuisance sonore possible Sol/sol ou sol/eau Air/eau Mesuré Tableau 24 : Les procédés de PAC La carte n°15 qui figure sur l’autre page permet de visualiser où mettre une PAC eau/eau. 76 Carte 15 : Le potentiel géothermique des nappes alluviales, source : BRGM 2007 B. L’outil Galliléo de l’Ademe 1) Quelle méthode pour des énergies calorifiques où l’emplacement n’est pas dicté par telle ou telle contrainte ? L’étude des énergies renouvelables telle que le bois-énergie, le solaire thermique et la géothermie pose une réflexion sur la méthode à choisir. En effet, j’ai traité dans ce rapport des énergies qui étaient jusqu’à présent dictées et contraintes par des éléments physiques territorialisés. Ainsi, l’hydroélectricité se limite aux installations déjà présentes, l’éolien possède une quarantaine de contraintes à l’implantation, le photovoltaïque suit des logiques de rentabilité et la méthanisation s’implante là où les dessertes sont les meilleures. Or, lorsqu’il s’agit de chauffer une maison au bois, on ne peut se résoudre à limiter son développement à tel ou telle maison. La combustion au bois peut s’appliquer sur n’importe quel territoire et de ce fait devient difficile à territorialiser. La ressource peut être réduite comme dans le cas du Tarn-et-Garonne mais ne devient en aucun cas un frein à son développement. Car comme nous l’avons vu antérieurement, la ressource est facilement transportable ce qui en fait une ressource mobile. Le solaire thermique possède la même caractéristique, à savoir le fait d’être transposable sur toutes les régions. Il va même plus loin dans l’installation puisqu’il peut s’implanter dans des zones reculées où les dessertes 77 deviennent absentes, le meilleur exemple concerne l’établissement de panneau solaire sur les toits des refuges. La géothermie, pour sa part, est une énergie contrainte par les structures du sol. Plus précisément, la présence de nappes alluviales permet une meilleure puissance calorifique. Ceci aurait pu empêcher son développement dans d’autres parties du département mais ce serait oublier la géothermie par l’air ou par le sol. Cela étant dit, le pouvoir calorifique de l’air est faible et de ce fait son utilité devient négligeable. Ce n’est pas le cas des procédés utilisant la chaleur du sol. Or, les terrains karstiques ne se prêtent que difficilement au jeu de la géothermie. Ces énergies illustrent donc la complexité de leur étude afin de mettre en lumière un potentiel. Le besoin croissant de quantifier un potentiel pour des dates futures (2020 et 2030) a conduit l’ADEME a engagé une réflexion sur la question. La méthode a consisté à identifier les postes où les dépenses énergétiques étaient les plus fortes. Les établissements d’accueils aux touristes (hôtels, restaurant, piscines et camping) figurent dans la liste d’étude tout comme les grands lieux d’échanges (centre commerciaux, aéroports et bureau). Le Bureau d’étude Galliléo a répertorié toutes ces installations au niveau régional. Il les a catégorisé selon des critères quantitatifs (nombre de lits pour les hôpitaux) ou des critères qualitatifs (piscines découvrables, présence de fosse à plongée pour les piscines). Grâce à des ratios moyens de consommation par type d’établissements affinés de ratios supplémentaires par sous-catégories, l’outil Galliléo définit des objectifs ciblés à atteindre pour la date de 2020. Les résultats sont présentés sous forme de consommation accessible. Les dates de présentation retenues sont 2013 et 2020. Les chiffres sont ensuite ordonnés selon le type d’établissement (hôpital, piscine, camping, aéroport,…) et le département concerné. Le total des consommations accessibles par établissements est cumulé pour l’objectif départemental chauffage. Suite à cela, la répartition est présentée selon les différentes énergies renouvelables (solaire thermique, bois-énergie et géothermie) avec illustration de la contribution de Tarn-et-Garonne au total de la Région Midi-Pyrénées. 2) Objectif SRCAE : ¾ Contribution du tertiaire : Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Réseaux de chaleur Logements collectifs Hôpitaux Maisons de retraites Etablissements scolaires 0 3 283 362 640 333 17 086 91 851 10 125 9 047 9 315 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 1 Les réseaux de chaleur de Négrepelisse et de Montauban ne sont pas pris pour l’étude car ils fonctionnent déjà aux énergies renouvelables (biomasse et méthanisation). Les logements collectifs sont de grands consommateurs de chauffage, c’est le poste de dépense le plus important au niveau régional et au niveau départemental. Les maisons de retraites constituent également un poste d’absorption représentatif. 78 Pour le tableau N°25, l’absence de thermes dans le département conduit à un zéro pointé dans cette colonne. Les campings, certes nombreux, ne consomment de la chaleur que pour l’eau chaude ce qui explique la faible valeur. Les salles de sport sont nombreuses dans la zone d’étude tout comme les hôtels, ce qui induit une consommation accessible élevée. Cependant, l’hôtellerie est le second poste de dépense au niveau régional mais se limite à la quatrième place dans le Tarn-et-Garonne. Ceci illustre bien le tourisme qui reste un tourisme de passage. Les touristes s’arrêtent mais ne dorment pas dans le département, du coup la capacité hôtelière s’en ressent. Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Piscines Salles de sport Etablissements thermaux Hôtels Campings 452 548 0 801 33 8 761 15 344 4 199 26 002 672 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 2 Centres commerciaux Bureaux Aéroports Bâtiments publics Parcs de loisirs 967 78 2 491 0 620 0 15 575 2 787 69 695 4 481 17 347 0 Département Restauration Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 3 Le second poste d’absorption de chaleur est celui des bureaux avec 2 491 tep consommée en chaleur. La restauration arrive à la troisième place départementale ce qui traduit une économie culinaire bien ancrée. La consommation totale accessible atteint les 10 607 tonnes équivalentes pétrole mais seule une partie de cette consommation peut être couverte par des énergies renouvelables à l’horizon 2020. Le tableau N°25 partie 4, met en lumière la contribution de chaque énergie. Objectif 2020 par filières (en tep) Energies renouvelables Tarn-etGaronne Région Biomasse Géothermie Solaire Objectif 2020 total 2 662 784 107 3 553 68 050 20 036 2 730 90 816 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 4 La contribution du tertiaire au total 2020 fait apparaitre une forte pénétration de la biomasse (75%) et une part très faible du solaire thermique (seulement 3 % de l’objectif 2020 total). La géothermie couvre le quart des consommations départementales atteignables pour 2020. ¾ Contribution du secteur industriel : 79 Consommation accessible à l’horizon 2020 (en tep) par type de secteurs Secteurs avec Secteurs Secteurs usage Collectivité Sites PNAQ Total chauffage des agricoles industriel de bâtiments la chaleur Tarn-et1 240 7 610 2 106 1 967 12 923 Garonne 92 836 153 347 56 789 1 967 304 939 Région Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 5 Le tableau N°25, partie 5, permet de comprendre quelle est la part du Tarn-et-Garonne dans la consommation accessible régionale. La prépondérance régionale du secteur avec usage industriel (industrie agroalimentaire et chimie) reste respectée au niveau du département. Sur les 12 924 tep de consommation accessible, seul 1 921 font partie de l’objectif 2020. Objectif 2020 par filières (en tep) Energies renouvelables Tarn-etGaronne Région Biomasse Géothermie Solaire Objectif 2020 total 1 825 71 26 1 921 44 067 1 703 635 90 815 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 6 Dans le secteur industriel, on peut parler de suprématie concernant la biomasse puisqu’elle couvre 95 % des besoins de chauffage dans l’industrie et l’agriculture. La géothermie et le solaire sont marginal avec respectivement 4 % et 1 % de part dans la contribution. ¾ Synthèse objectif SRCAE : Energies Tertiaire (en tep) Industrie et agriculture (en tep) TOTAL (en tep) Biomasse 2 662 Géothermie 784 1 825 71 4 487 855 Tableau 26: Synthèse de la déclinaison, source : Outil Galliléo 3) Adoption d’une vision libre de date : l’objectif ambitieux : Si les résultats de l’outil Galliléo sont en adéquation parfaite avec la vision du SRCAE qui prend comme date 2020, l’étude que je mène pour la Direction départementale des Territoires de Tarnet-Garonne a pour objectif de voir plus loin que cette date. Ceci redéfini les résultats pour ces énergies renouvelables. J’ai repris les consommations accessibles totales pour 2020 et j’ai appliqué la même proportion que nous avons vue précédemment. Néanmoins, le chiffre de la colonne des aéroports a attiré mon attention. Ce chiffre est égal à zéro ce qui signifie que le Tarnet-Garonne n’abrite aucun aéroports. Or, il existe deux aéroports dans le département. Ce qui m’a conduit à vérifier les établissements dans la base de données de l’outil. Mon pressentiment s’est 80 retrouvé avéré puisque je me suis aperçu que la base de données ne contenait aucun aéroport pour le Tarn-et-Garonne. J’ai donc entrepris un vrai travail minutieux pour vérifier toutes les données du tertiaire. Je me suis appuyé sur des données issues de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) ainsi que du fichier national des établissements sanitaires et sociaux (FINESS) et des données émanant du Ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative. Enfin, j’ai valorisé les données internes à la DDT. Ceci a emmenée à une refonte importante de la base de données avec par exemple : cinq fois plus de centres commerciaux, trois fois plus de salles multisports, deux fois plus d’hôpitaux, maisons de retraites et piscines. La consommation totale accessible à 2020 pour le tertiaire s’évalue désormais à 16 651 tep au lieu de 10 607 tep sur le Tarn-et-Garonne. Il figure dans les tableaux N°27, des données en bleu, elles reflètent les modifications apportées à la base de données initiale issue de l’outil Galliléo. Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Réseaux de chaleur Logements collectifs Hôpitaux Maisons de retraites Etablissements scolaires 0 4 503 848 1 280 488 17 086 93 071 10 973 9 687 9 470 Tableau 27 : Contribution calorifique des énergies, d’après l’outil Galliléo, partie 1 Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Piscines Salles de sport Etablissements thermaux Hôtels Campings 1 131 1 644 0 801 33 9 440 16 440 4 199 26 002 672 Tableau 27: Contribution calorifique des énergies, d’après l’outil Galliléo, partie 2 Centres commerciaux Bureaux Aéroports Bâtiments publics Parcs de loisirs 967 547 3 417 52 850 0 15 575 2 787 70 621 4 533 17 577 0 Département Restauration Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Tableau 27: Contribution calorifique des énergies, d’après l’outil Galliléo, partie 3 81 4) La bois-énergie, roi de la combustion renouvelable : Objectifs Energies Tertiaire (en tep) Industrie et agriculture (en tep) TOTAL (en tep) Part dans le SRCAE (%) Déclinaison du SRCAE Bois-énergie Géothermie Ambitieux Bois-énergie Géothermie 2 662 784 12 421 3 643 1 825 71 12 273 517 4 487 855 24 694 4 160 1 1 4 7 Tableau 28 : Synthèse des différents objectifs concernant la biomasse et la géothermie La contribution du bois-énergie est la plus importante, équivalente à six fois la géothermie pour l’objectif Ambitieux. Ce dernier a été retenu tant l’importance du chauffage dans la consommation finale est avérée. La carte n°16, permet d’identifier, à travers une territorialisation des principaux postes de consommation, que le potentiel mobilisable se retrouve lié à une donnée démographique. 82 83 CINQUIEME PARTIE : A L’ENCONTRE DES IDEES PRECONÇUES, LE TARN-ET-GARONNE DISPOSE D’UN POTENTIEL EN ENERGIE RENOUVELABLE INTERESSANT 84 Suite à la définition de méthode et d’analyse par énergie, cette cinquième partie fait la part belle au travail de synthèse afin de présenter les résultats. Ces derniers seront dans un premier temps exposé à un niveau départemental. Je proposerai, par la suite, une autre façon d’illustrer les nombres à un niveau infra-départemental. Enfin, il me semble non dénué d’intérêt de mettre en parallèle l’étude avec le scénario énergétique de 2050. A. Un fort potentiel départemental garant d’un mix énergétique : 1) Une déclinaison SRCAE, bien que timide, porteuse d’espoir : Potentiel par type d’énergie Biomasse Eolien Géothermie Hydroélectricité Méthanisation Solaire TOTAL Electricité (en ktep) / 7,9 / 0,1 1,3 3,9 Chaleur (en ktep) 4,5 / 0,9 / 0,35 0,25 13,2 6 Tableau 29 : Synthèse de la déclinaison départementale du SRCAE Production par type d'énergie (en ktep) Méthanisation 7% Hydraulique Solaire 1% 20% Géothermie 5% Autre 31% Eolien 41% Biomasse 23% Solaire 1% Méthanisation 2% Illustration 8 : Production par type d'énergie de la déclinaison du SRCAE Le tableau N°29 permet d’apprécier la déclinaison départementale du SRCAE. La puissance obtenue est de 30 MW et 6 ktep. Néanmoins, si l’on prête attention à l’illustration n°8, on constate une part importante de la biomasse qui avec 23 % représente les trois-quarts du potentiel calorifique mobilisable. L’éolien couvre presque la moitié de l’objectif SRCAE, le solaire 85 dispose d’une part représentative. Il est intéressant de pouvoir identifier la diversité des énergies mobilisées, 5 énergies à plus de 5 % de pénétration. Cependant, ceci est le reflet de la distribution du potentiel obtenu et non celui de la production finale envisagée en Tarn-et-Garonne. Car malgré les 19 ktep (ou 50 GWh) d’obtenus en production, l’objectif reste loin des plus de 5 000 ktep produit chaque année par la centrale de Golfech. Il convient donc d’adopter une posture plus ouverte sur les énergies renouvelables et d’étudier un potentiel plus large. La vision après 2020 s’impose comme la synthèse des divers objectifs retenus dont je vais faire le résumé dans la prochaine sous-partie. 2) Une mutation énergétique en cours : Potentiel par type d’énergie Biomasse Eolien Géothermie Hydroélectricité Méthanisation Solaire TOTAL Electricité (en ktep) / 47,4 / 17,1 7,9 20,5 Chaleur (en ktep) 24,7 / 4,2 / 3,3 1,1 92,9 33,3 Tableau 20 : Synthèse des objectifs retenus Production par type d'énergie (en ktep) Méthanisaton Hydraulique 13% 6% Géothermie 3% Solaire 16% Autre 27% Biomasse 20% Solaire 1% Méthanisation 3% Eolien 38% Illustration 9 : Répartition des divers objectifs retenus 86 87 L’étude met en avant un potentiel très élevé d’énergies renouvelables sans aucune discrimination tant l’importance du mix énergétique est présent. En effet, chaque secteur est mis à contribution, et ce même l’hydraulique souvent considérée comme étant dénuée de perspective d’évolution. L’éolien garde le leadership en apport productif et devance assez nettement les autres contributeurs. Néanmoins, on assiste à un mix énergétique encore plus élevé que sur la simple déclinaison du SRCAE avec quatre énergies à plus de 10% contre seulement trois dans la vision précédente. En outre, le terme de mutation énergétique est indissociable de la hausse de production identifiée. L’apport, ici obtenu, est plus de cinq fois plus important que les résultats issus de la méthodologie du SRCAE. Il serait intéressant de pouvoir présenter ces nombres à une échelle plus fine qui pourrait retenir l’attention des collectivités locales. Ainsi est venue l’idée d’adopter une présentation par entités paysagères. B. Assimilation de l’étude à une échelle plus fine pour une meilleure prise en main par les collectivités : 1) Affinités géographiques : Pour étudier les énergies renouvelables à un niveau infra-départemental, j’ai décidé de partir des unités paysagères. Les raisons de ce choix sont multiples. La première est technique, il fallait trouver une limite facilement identifiable et aux frontières fixées pour pouvoir mener à bien une étude infra-départementale. Il était également important de ne pas tomber sous une quelconque influence politique, c’est ici, que j’ai évacué les choix des pays, des intercommunalités ou tout autre artefact politique. Les seules limites possibles étaient les unités paysagères ou les communes. L’autre raison portait sur la nécessité d’avoir une limite qui recoupe le plus possible les données météorologiques (le vent), les données paysagères (zones de protections, impact paysager), les données géomorphologiques (qualité du sous-sol, présences de nappes), les données biogéographiques (végétation, faune), les données hydrologiques (cours d’eau) et les données architecturales (bâtît). Là, le choix s’est définitivement fait. En effet, les unités paysagères recoupent totalement ou au minimum majoritairement ces données. Cependant, il existe plusieurs atlas paysagers connus à ce jour. Chaque organisme a ses propres unités paysagères (ONF, CAUE, DDT, ancienne DDA). Le travail fût donc de définir un support pertinent pour pouvoir passer à l’étude approfondie. Concrètement, l’atlas paysager de la DDT, issue de Bertrand Follea, était le travail le plus récent disponible et par ailleurs le plus en accord avec toutes les données à respecter. En effet, l’atlas paysager date de 1999 et a été légèrement revue en 2009, ce qui en fait un texte référence pour tous les services de la DDT mais y compris pour les autres organismes tel le CAUE et le Conseil Général. Je suis donc parti de cet atlas paysager auquel j’ai confronté les autres travaux. Malheureusement, il n’est à mon goût pas assez pertinent par endroit et nécessite une adaptation à une autre vision que lui avaient surement prêtée ses concepteurs. Voilà pourquoi le travail suivant fût de remanié cet atlas paysager, en accord avec le chargé mission Paysage de la DDT. Le 88 découpage choisis reprend les grandes entités paysagères issues de l’atlas paysager Follea. Les entités paysagères sont des regroupements d’unités paysagères. Les unités paysagères rassemblent sur un territoire donné les mêmes composantes d’un paysage identique (nature des sols, végétation, climat, topographie, architecture, histoire humaine, société, culture, organisation spatiale…). Les entités tentent de regrouper plusieurs unités paysagères en vue d’éviter un morcellement important. Afin d’y voir une meilleure lecture à une échelle plus large, elles concilient les composantes du territoire. Les modifications portent sur les entités paysagères mais aussi sur les unités. Ceci étant dit, seul le nord-ouest du département ne varie pas mais pour le reste du département, de nombreuses modifications ont été apportées. Il s’agit de se reporter à la carte N° 2 p 15 et à la carte N°17 présente sur la page suivante. 2) Une meilleure cohérence territoriale L’unité paysagère de la vallée de la Gimone a été scindée en deux partie, il me paraissait évident de rattacher la basse Gimone avec les plaines garonnaises tant les caractéristiques du sous-sol et du sol mais également la topographie l’intègrent parfaitement dans ce vaste espace de plaines. La basse Gimone a donc été créé en tant qu’unité paysagère et intégré dans l’entité de la Garonne. Quant à la partie amont, elle fait clairement partie de la Lomagne. La scission de la vallée de la Gimone en deux s’est faite en suivant les limites topographiques et orographiques. La grande entité paysagère de la vallée de l’Aveyron a été également scindée en trois parties. Là encore, on est en présence de deux rivières distinctes. D’une part une rivière descendant le Massif Central et peinant à se chercher un chemin dans cette succession d’entités paysagères (Ségala, Rouergue et Causse pour le Tarn-et-Garonne). Puis l’Aveyron finit par pouvoir étaler ses eaux dans une plaine assez large, il entre ici de plein pied dans le bassin aquitain et se jette, par la suite dans le Tarn. Il rejoint donc les entités du Rouergue dans sa partie amont et le Causse lorsqu’il se fraye un chemin à travers de somptueuses gorges. Par la suite, j’ai opéré une fusion de plusieurs grandes entités paysagères. Il s’agit de réunir la vallée du Tarn, la basse vallée de l’Aveyron et la vallée de la Garonne. En effet, ces trois grandes entités paysagères se ressemblent et conservent des caractéristiques communes (présences de nappes aquifères, même bâtit, une forte urbanisation, une vocation agricole et industrielle). J’ai également rajouté à cette nouvelle grande entité paysagère, les terrasses du Tarn et de la Garonne tant leurs dissociation de cet espace de vallée est trop faible pour constituer une entité à part entière. J’ai nommé cette grande entité : les Trois Vallées en référence aux trois grands cours d’eau qui animent ce territoire. Puis j’ai dissocié les collines du Frontonnais de l’entité des trois vallées. En effet, ces collines présentes au sud du département, appartiennent à une grande entité paysagère qui est plus caractéristique de la Haute-Garonne ou de l’Aude, le Lauraguais. Nous retrouvons au Frontonnais les mêmes spécificités architecturales et météorologiques que le Lauraguais, voilà pourquoi j’ai créé une entité paysagère du même nom que celle présente plus au sud. Il n’est qu’un 89 prolongement nord du Lauraguais comme le montre la forte présence du vent d’Autan et les toits de tuiles moins pentus que ses homologues départementaux. Le résultat final fait état de 7 entités paysagères et de trois villes. Ces dernières prennent le nom de Montauban, Castelsarrasin et Caussade. Pour les entités paysagères, nous retrouvons les territoires issus du Massif Central : le Quercy, le Causse, les coteaux de Monclar et le Rouergue. Ils forment ensemble la partie nord du département et marque l’empreinte du Massif Central sur celui-ci. La partie sud du département est marquée par la formation des Pyrénées et de ses conséquences. Autrement dit, on y trouve la Lomagne et le Lauraguais. Au milieu de cette rencontre Massif Central – Pyrénées, la Garonne s’écoule en formant une large plaine. En effet, la plaine de la Garonne et de ses affluents délimitent l’influence des deux systèmes montagneux en Tarn-et-Garonne. 90 91 3) Le Causse : Bien plus représentative du département voisin, le Lot, l’entité du Causse porte l’empreinte indéniable du Massif Central en son sein. Elle est très bien indentifiable au regard de sa géologie si particulière. En effet, le terrain est karstique ce qui se traduit par une végétation d’une extrême diversité. Les orchidées peuplent ce milieu où le taux d’endémisme est très fort. Bien que le sol soit pauvre, le genévrier commun (Juniperus Communis) a su y établir son fief. Les étendues relativement planes, les plateaux calcaires, cachent des lavrognes, une zone humide riche en biodiversité. Celles-ci marquent par leurs fortes présences d’eau, une opposition avec les pelouses sèches si présentes dans ces étendues inhospitalières. Pourtant, l’homme a su occupé cet espace. Certes dans le Tarn-et-Garonne, il s’est retranché là où l’eau était présente. De ce fait, les peuplements se sont concentrés dans la vallée de la Bonnette (Caylus), celle de l’Aveyron (SaintAntonin-Noble-Val) ou bien les pentes du Causse (Septfonds). Pourtant, les vallées sont bien souvent fortement encaissées et creusent même des gorges à l’instar de l’Aveyron ou de la Vère. On comprend ici que la géothermie n’est donc pas possible (présence de karst) mais que le potentiel hydroélectrique peut être emmené à se développer pour profiter des chutes d’eau disponibles. Les pentes du Causse sont propices à l’implantation d’une grande unité de méthanisation, du fait de la présence d’une conduite de gaz, d’une ressource et de la proximité de l’autoroute A20. Production retenue Hydraulique Méthanisation Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,7 8,64 0,06 1,76 11,16 Répartition en % 6 77 1 16 100 Tableau 31 : Contribution énergétique du Causse 92 4) Le Frontonnais (ou Lauraguais) : Le Frontonnais est une entité que le Tarn-et-Garonne partage avec la Haute-Garonne. Il couvre une superficie assez faible et deux communes, Fabas et Campsas en assurent le peuplement. Surtout connu pour son activité viticole et l’appellation AOP Fronton, cet espace est composé de sols datant du quaternaire, les boulbènes. Les boulbènes sont des terres riches en silice et argile, et de ce fait sont peu adaptées à l’agriculture. En outre, elles affichent un fort taux d’acidité. Cependant, ceci n’a pas affecté la prospérité du vignoble constitué de le Négrette, cépage principal des vins de l’appellation AOP. Les paysages sont ouverts et aucune présence massive d’arbres ne vient couper la vue. La couverture forestière est faible et se limite à la séparation des champs agricoles ou à la préservation des sols face à l’érosion. Le peuplement est faible et concentré dans les deux communes précitées. Les installations sociales et de santé manquent, aucun établissement n’a été répertorié dans la base de données qui a servi pour mobiliser le potentiel des énergies calorifiques (excepté la méthanisation). Le secteur industriel est inexistant mais pourra être emmené à se développer du fait de la situation entre les deux pôles (Montauban et Toulouse). La production d’électricité n’est pas envisageable dans cette entité : pas de grands cours d’eau, contraintes techniques à l’implantation d’éoliennes et hautes valeurs des terres viticoles (ce qui excluent le photovoltaïque au sol). Production retenue Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,01 0,01 0,12 0,14 Répartition en % 3 5 92 100 Tableau 32 : Contribution énergétique du Frontonnais 93 5) La Lomagne : La Lomagne est historiquement lié à la Gascogne dont elle était un fief au Moyen-Age. Le relief façonne les terres en vallées et collines (avec des visions sur les Pyrénées comme le montre la photo que j’ai prise). Les terres sont très diversifiées allant de la boulbène froide au terrefort. La couleur que prennent ces terres est brune mais également vert. En effet, la couverture forestière est assez importante et se concentre dans des bosquets préservés de l’agriculture. Cette dernière est très présente dans le paysage avec une prédominance pour la culture céréalière et d’oléagineux (blé, colza et tournesols) et la culture de l’ail blanc. L’industrie a donc tiré parti de ce choix agraire et a accompagné l’ouverture de la Lomagne vers l’extérieur. L’exemple le plus frappant de cette ouverture via les industries agro-alimentaires et la céréaliculture, reste la création d’une ligne de chemin de fer reliant la ville de Beaumont-de-Lomagne à la vallée de la Garonne. Les densités humaines restent concentrées dans des villes peu importantes, hormis Beaumont et Lavit. En outre, les villages se situent à moitié de la pente. Ceci a pour effet de libérer des espaces pour l’implantation d’éolienne qui trouvent un terrain vallonné et venté, car offrant des secteurs exposés au Cers et l’Autan. Le potentiel calorifique suit la logique de concentration dans les grands centres urbains. Production retenue Eolien Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 30 0,48 0,19 3,2 33,87 Répartition en % 89 1 1 9 100 Tableau 33 : Contribution énergétique de la Lomagne 94 6) Les coteaux de Monclar (ou Quercy vert) : Les coteaux de Monclar se situent entre la vallée de l’Aveyron et celle du Tarn, ils sont souvent désignés sous un autre terme : le Quercy vert pour marquer leur appartenance au Massif Central. Cependant, les terrains argilo-calcaires du Quercy ne forment plus le terrain, nous sommes en présence de terrains stampiens (marne et argiles à graviers). Le relief est fortement vallonné avec des hauteurs où la vue porte sur le Lauraguais ou sur la forêt de la Grésigne qui domine le paysage. Sur la photo, prise depuis le point de vue de Puygaillard-de-Quercy, la vue porte jusqu’au village de Puycelsi distant d’environ 7 kilomètres. Cet ensemble collinaire possède une très forte couverture forestière, d’où le surnom de Quercy vert, qui n’empêche pas l’agriculture d’être présente. Les vallées sont creusées et s’articulent de façon ramifiées en direction du Tescou, le cours d’eau emblématique de ce territoire. Sa puissance est trop faible pour garantir un potentiel hydraulique. Quant à l’implantation de centrales photovoltaïques au sol, elle est difficilement envisageable tant les notions de co-visibilités sont fortes. Production retenue Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,07 0,02 0,43 0,52 Répartition en % 13 4 83 100 Tableau 34 : Contribution énergétique des coteaux de Monclar 95 7) Le Quercy : Le Quercy est un vaste ensemble tertiaire où les plateaux calcaires laissent peu à peu leurs places aux coteaux mêlés d’argiles et de calcaire. Les vallées sont creusées et se dirigent vers le sudouest en direction de la Garonne. Ces vallées parallèles donnent le surnom de « Pays de Serres » à une partie de cette entité. Les territoires fertiles subissent les limites de la géologie (terrains karstiques) et de la topographie. La céréaliculture occupe le nord de l’entité tandis que l’arboriculture est plus ressemblante des coteaux du Quercy. La présence de cours d’eau est nombreuse mais le faible débit de ces rivières, qui plus est inconstant, ne permet pas de produire de l’électricité en vue d’une réinjection dans le réseau. L’urbanisation couvre l’entité de façon relativement homogène mais les espaces vides de peuplement subsistent ce qui pourrait laisser présager un développement éolien. Pourtant, les contraintes, qui sont contraire à l’implantation d’éolienne, se superposent. Ceci a pour effet de ne retenir aucun parc éolien pour l’entité du Quercy dans l’objectif cible de l’étude. Le photovoltaïque au sol se prête peu au jeu du relief collinaire, les notions de co-visibilités sont nombreuses. En outre, ces modules solaires pourraient avoir comme conséquence une artificialisation des petites terres agricoles ou des bosquets si caractéristiques de ce territoire. La méthanisation est peu opportune dans un paysage d’une faible agriculture, ayant une desserte peu évidente et des vides de ressources. Le Quercy peut tirer profit de la présence de quelques villes ayant une modeste démographie. Certes, nous ne sommes pas en présence de grandes villes mais le taux d’équipement (centre commercial à Lauzerte, trois entreprises sélectionnées à Caussade) est relativement important au vu de la taille des villes. Production retenue Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,65 0,82 3,46 4,93 Répartition en % 13 17 70 100 Tableau 35 : Contribution énergétique du Quercy 96 8) Le Rouergue : Le Rouergue est souvent considéré comme la porte officielle du Massif Central en venant de l’ouest, sa ressemblance avec l’Aveyron tout proche est frappante, pas si étonnant que cette partie fût annexée par le Tarn-et-Garonne en 1870. Le calcaire du Causse disparait progressivement après la vallée de la Bonnette, que l’on peut considérer comme la frontière entre les deux entités. Les formations secondaires du Jurassique inférieur assurent l’intérim avant l’arrivée des premières terres issues de l’ère Primaire. En effet, les grès et marnes laissent place aux terres froides limoneuses et caillouteuses où le schiste n’est jamais trop loin que ce soit dans la composition du sous-sol ou bien de l’architecture. Le manque de vent et les nombreuses contraintes environnementales (très forte présence de chiroptères) ne peuvent permettre un développement de l’éolien. Les énergies calorifiques pâtissent du manque de villes importantes, Laguépie, plus grande ville de l’entité, atteint les 700 habitants. Finalement, c’est l’Aveyron qui en traversant ce milieu au relief accidenté constitue la principale ressource. Production retenue Hydraulique Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,57 0,04 0,01 0,24 0,86 Répartition en % 66 5 1 28 100 Tableau 36 : Contribution énergétique du Rouergue 97 9) Les Trois Vallées : L’entité des Trois Vallées est l’un des plus importantes sur un plan surfacique. Elle mêle habilement les vues longues depuis les premières hauteurs encadrant le lit des cours d’eau à des vues courtes depuis les grands champs agricoles. En effet, le terrain quaternaire, constitué de sables, sédiments et argiles, est favorable à une mise en culture de fruits, légumes et céréales. La population est concentrée dans les grandes villes : Montauban, Castelsarrasin, Moissac, Auvillar et Valence d’Agen. Cependant, l’habitat prédomine, avec l’agriculture, ce territoire tant il se dissémine partout. Le mitage rural est très fort et la pression foncière se renforce de jour en jour. Cependant, il reste possible d’implanter des éoliennes sans impacter l’harmonie du paysage (nombreux point de vue depuis les coteaux du Quercy comme le montre la photo prise depuis la table d’orientation de Boudou). Ce constat est également valable pour l’implantation de photovoltaïque au sol dans la zone favorable d’implantation énergétique définie à la page 53. Les énergies calorifiques sont favorisées par un fort tissu industriel, un fort taux d’équipement des centres urbains et une importante agriculture. Ainsi, la méthanisation, déjà bien implantée, participe à la contribution productive de l’entité. La présence de grandes nappes dans le sous-sol autorise une forme de géothermie, très compétitive face à la biomasse. En outre, la traversée de la Garonne, du Tarn et de l’Aveyron, confère un fort potentiel hydroélectrique qui a été retenu dans l’étude. Pour conclure, la diversité énergétique est impressionnante, toutes les énergies sont représentées. Production retenue Hydraulique Eolien Méthanisation Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 14,28 17,11 2,45 2,93 20,29 15,46 72,52 Répartition en % 20 24 3 4 28 21 100 Tableau 37 : Contribution énergétique des Trois Vallées 98 Les résultats provenant de l’étude sont intéressants pour un département comme le Tarn-etGaronne qui connait actuellement une part de 21 % d’énergie renouvelable contre 79 % de nucléaire. Néanmoins, avant de terminer le rapport de cette étude, il me parait non dénué de sens de la rattacher aux visions énergétiques françaises. L’ADEME a récemment élaboré une vision à 2030 et à 2050. La dernière vision est le portrait portant sur les énergies, le plus lointain existant à ce jour. C. Une véritable transition énergétique pour le Tarn-et-Garonne : L’ADEME, dans sa vision 2050, dresse un tableau sur la production et la consommation d’énergie en demandant un effort notable sur des secteurs clés : les transports et le bâtiment. La grande particularité de ce rapport est de préconiser, en accord avec les récents dires du Président de la République, de remettre au goût du jour la spécificité française, le nucléaire. L’idée serait de ramener le nucléaire à une valeur proche de 50 % et du même coup, proposer une valeur de 50 % pour les énergies renouvelables à l’horizon 2050. Cependant, les chiffres sur la démographie départementale se projettent à une date 2030. Il est donc impossible de pouvoir calculer la consommation du Tarn-et-Garonne pour 2050, en se basant sur le nombre de ménage. J’ai donc décidé de rester à une vision 2030 pour illustrer l’apport de l’étude. Selon le Schéma Régional Climat-Air-Energie, la consommation finale d’énergie s’élève à 6 170 ktep en 2010. Or la Région Midi-Pyrénées affiche 1 287 951 ménages. Par division de la consommation finale par le nombre de ménages régionaux, j’obtiens la consommation finale par ménage, soit 4,79 tonnes équivalent pétrole par ménages. Selon la vision ADEME 2030, la France, sans mesures contraignantes (lois ou décrets), devrait voir sa consommation énergétique finale baisser de 20 % par rapport à 2010. Ceci permet d’envisager une baisse de 20 % sur la consommation finale par ménage. Le nombre passerait de 4,79 tep à 3,83 tep par ménages. Cependant cette baisse pourrait être contrariée par une hausse démographique. L’attractivité du département n’est plus à démontrer et l’INSEE, dans ses perspectives démographiques départementales à l’horizon 2030, le place parmi les départements ayant le plus fort taux d’évolution démographique. Le Tarn-et-Garonne devrait, selon le scénario central, abriter en son sein 259 570 habitants en 2030 contre 229 277 en 2010. Le nombre de ménage devrait suivre la même tendance que la population avec un nombre de 114 547 ménages dans le territoire d’étude. Pour connaitre la consommation finale du Tarn-et-Garonne, j’ai multiplié la consommation finale moyenne d’un ménage en 2030 par le nombre de ménages en 2030. Le département consommera 438 715 tonnes équivalent pétrole. A ceci, il convient de rajouter l’impact de la future ligne LGV qui ralliera Toulouse à Bordeaux en 2030. Connaissant la consommation estimée de la ligne TGV et les quatre postes d’alimentation de celle-ci, j’ai appliqué un ratio lié à la puissance du poste d’alimentation. Concrètement, un peu plus de 20 % de la ligne sera alimentée par le futur poste de Bressols. Il faudra faire appel à 47 055 tep 99 supplémentaires pour alimenter la LGV, ce qui rehausse la consommation finale départementale à 485 770 tep. Aujourd’hui, la production d’énergie renouvelable en Tarn-et-Garonne est estimée à 100 000 tep, soit 21 % de la consommation finale en 2010. Les divers objectifs retenus par énergie, apporte une contribution supplémentaire de 33 300 tep pour le chauffage et 92 900 tep pour l’électricité soit une production d’énergie renouvelable estimée à 226 200 tep. Pour le restant, 259 570 tep, le nucléaire serait utilisé. De ce fait, on obtient une part d’énergie renouvelable portée à 47 % et une part de nucléaire représentant 53 %. L’ampleur de la contribution de l’étude n’est donc plus à démontrer puisqu’elle fait plus que doubler la part d’énergie renouvelable et fait baisser la part du nucléaire à un niveau semblable à la vision 2050 de l’ADEME. L’apport est considérable et engage le Tarn-et-Garonne dans la transition énergétique, terme qui se fait l’écho du changement du paysage énergétique français. 100 CONCLUSION : A l’heure, où je rédige ces ultimes phrases de ce rapport, les ministres réfléchissent, sous commande du Président de la République, à la France de 2025. L’un des trois thèmes à traiter porte sur la transition énergétique, concept crée et relayé depuis l’accès à la présidence de François Hollande. Il fait référence à la redistribution des rôles dans la production énergétique. L’enjeu est de taille, il faut réduire la facture liée à l’importation de gaz et de pétrole, dans ce contexte économique morose, cette parole trouve un écho inespéré. L’effort porte sur un recul du nucléaire à un niveau avoisinant les 50 % pendant que les énergies renouvelables porteraient leurs contributions à 50 %. Ce contexte de hausse des énergies renouvelables n’est pas nouveau, le mouvement est ancien. En effet, le Sommet de Rio de 1992 a donné naissance à un processus qui ne fera que prendre de l’ampleur. Après une prise de conscience timide, le Japon et l’Union Européenne ont provoqué une accélération de l’implantation d’énergie renouvelable dans le monde et les BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine) ont suivis la tendance. La France a enclenché sa politique verte lors du premier Grenelle de l’Environnement, suivis du second qui donnera naissance aux schémas régionaux climat-air-énergie (SRCAE). Ces derniers se font l’écho de la politique nationale à un niveau régional en analysant la consommation d’énergie mais aussi l’augmentation de production des énergies renouvelables. Or, ceci reste à une échelle trop grande, comment les territoires locaux peuvent-ils mettre en marche une transition énergétique sans savoir quel est leur potentiel dans leur propre territoire ? Cette question, la Direction départementale du Tarn-et-Garonne, se l’est posée. A titre d’exemple, le Tarn-et-Garonne fût longtemps oublié par les entreprises opérant dans l’énergie éolienne, compte-tenu des caractéristiques climatiques. Les administrations et collectivités territoriales ne se soucièrent guère de la question, pensant que les éoliennes n’allaient pas dépasser les frontières administratives de l’Aveyron et du Tarn. Lorsque les premiers regards se portèrent sur le département, ce fût la surprise, quelle réponse donner à ces investisseurs privés ? La question de cette étude s’est donc faite en réponse à ce besoin interne. L’étude a analysé toutes les énergies renouvelables retenues par le schéma régional climat-air-énergie à un niveau départemental en transposant la méthodologie issue du SRCAE tout en analysant d’autres perspectives et méthodologies. La contribution de cette étude est significative dans ses objectifs retenus puisqu’elle fait plus que doubler la part des énergies renouvelables dans la consommation finale du Tarn-et-Garonne. En outre, le scénario énergétique de 2050 (confère la vision énergétique de l’ADEME) serait atteint avec une part d’énergie renouvelables de 47 % et une part de nucléaire de 53 %. Cette étude s’insère parfaitement dans la transition énergétique entamée au niveau national. Cependant, réduire cette étude à un concept de transition énergétique serait réduire son apport. En effet, l’étude empreinte d’une certaine identité géographique, s’efforce de territorialiser les énergies en abusant de cartes, de traiter l’éolien et le territoire en se référant à la notion de paysage, de présenter les résultats par des entités paysagères revues. Les réflexions manquent sur 101 la notion de paysage et d’éolien, cette étude est un document qui pourra nourrir la réflexion de par son approche différente des documents régionaux actuels. L’idée n’est pas de remettre en question ces documents mais de les compléter afin que lorsque la refonte du SRCAE de MidiPyrénées, en 2017, la prise en compte du paysage soit traiter avec la même attention que la faite cette étude. 102 ANNEXES : 103 ANNEXE N°1 : Recensement des contraintes qui rendent incompatible le développement éolien (source : Schéma régional éolien) : Catégorie contrainte Techniques Patrimoniale Environnementale Climatique Nature contrainte Protection du Réseau Très Basse Altitude (RTBA) Run Cévennes rouge (4 km de large) Radars de protection (rayon de 5 km) Radars météorologiques (rayon 5 km) Radar de détection des aéronefs (rayon 5 km) Radar de coordination aérienne (rayon 30 km) Radar de dialogue avec les aéronefs (rayon 5 km) Plan de servitudes aéronautiques Procédures spécifiques des aérodromes Système de navigation pour le positionnement des avions (rayon 2km) Périmètre de 500 mètres autour des monuments historiques Périmètre des sites inscrits Périmètre des sites classés Périmètre des projets de sites classés ZPPAUP Sensibilité paysagère forte Parc Naturel régional Parc National APPB Réserve naturelle régionale Réserves de biosphère Zones de protection spéciale (ZPS) Sensibilité maximale pour les chiroptères Présence de certaines espèces de chiroptères Sensibilité maximale pour l’avifaune Présence de certaines espèces d’avifaune Gisement éolien inférieur à 4m/s à 50 mètres de haut 104 ANNEXE N°2 : Cartographie des zones favorables au développement de l’éolien 105 ANNEXE N°3 : Localisation des postes sources à l’intérieur des bassins de vie : 106 ANNEXE N°4 : Liste des centrales hydroélectriques du département : Cours d’eau Commune Montauban Saint-MartinLaguépie Aveyron Laguépie Varen Saint-AntoninNoble-Val Bruniquel Aveyron Bioule Negrepelisse Albias L’Honor-De-Cos Reynies Corbarieu Montauban Tarn Villemade Barry d’Islemade Moissac Labastide-SaintPierre Garonne Malause Golfech Nom de l’ouvrage Moulin d’ Escudié Vigniere Moulin de Contillou Moulin du Gué Moulin de Lexos-Haut Moulin de Pailhas Moulin des Ondes Caussanus Moulin des Istournels Moulin Les Bordes Bioule Negrepelisse Moulin d’Albias Moulin de Loubejac Saliens S.A. Corbarieu Dpih Sapiac Palisse Dpih Albaredes Puissance Maximale Brute Observations 428 Moulin 490 Hors du département mais gérée par la DDT82 et raccordé en 82 // moulin 200 Moulin 485 Moulin 323 Moulin 490 Moulin 370 Moulin 1193 340 Moulin 500 Moulin 474 1989 125 Moulin 282 Moulin 1299 1351 400 1373 420 Concession Shem Site de Lagarde 1109 Concession Dpih Lagarde Sainte Livrade 1108 2218 Moulin du Claux 937 Dpih Golfech barrage Malause Dpih Golfech Concession Moulin 600 94 000 Concession 107 ANNEXE N°5 : Cartographie de la catégorisation des centrales actives : N 108 ANNEXE N°6 : Carte de la sensibilité paysagère régionale, extrait du SRE Midi-Pyrénées 109 ANNEXE N°7 : Description des points de vue retenus dans l’étude : Légende : : Les Trois Vallées : Le Quercy : La Lomage : Les Pyrénées : Forêt de la Grésigne : Le Causse : Le Rouergue : Le Ségala : Les coteaux de Monclar : Le Gers : La Haute-Garonne : La Montagne Noire Degré de la vision Entités vues Classe de point de vue Commune Point de vue Auvillar Table d’orientation Excellente Elevé Excellente 180° 1 Beaumontde-Lomagne Route Bonne Aucun Bonne 90° 1 Beaupuy Ville Moyenne Aucun Plutôt mauvaise < 90° 1 Bonne Elevé Excellente 180° 2 Excellente Elevé Excellente 180° 2 Excellente Elevé Excellente 180° 2 Moyenne Bonne Aucun Faible > 180 ° < 90° 1 1 Bonne Aucun Excellente Bonne Plutôt mauvaise 180 ° 1 Castanet Caylus Table d’orientation Ville (place) Ville (château) Sommet Route Cazals Route Boudou Bruniquel Accessibilité Aménagement Qualité de la vision 110 CordesTolosanes LacapelleLivron Table d’orientation Moyenne Elevé Excellente > 180 ° 2 Ville (église) Moyenne Faible Excellente 180 ° 2 Excellente Elevé Excellente 90° 1 Bonne Aucun Excellente 90 ° 1 Excellente Elevé Excellente 135° 2 Excellente Faible Excellente 90° 1 Excellente Bonne Aucun Aucun 90° 180° 1 1 Bonne Aucun < 90° 1 Bonne Aucun Excellente Bonne Plutôt mauvaise Plutôt mauvaise < 90° 1 Moyenne Faible Excellente 300 ° 2 Moyenne Elevé Excellente 135° 1 Excellente Elevé < 90° 1 Excellente Elevé Bonne Plutôt mauvaise 180 ° 1 Excellente Elevé Bonne 90° 1 Bonne Elevé Excellente 90° 1 Moyenne Faible Plutôt mauvaise 135 ° 1 Moyenne Faible Bonne 90° 1 Excellente Elevé Excellente 180° 2 Excellente Elevé 90° 1 < 90° 1 180° 1 Le Causé Table d’orientation Route Ville (Barbacane) Ville (l’Eveillé) Ville (Sud) Route Leojac Route Lafrançaise Lauzerte Mirabel Montalzat Montjoi Montpezat Parisot Picquecos Poupas Route (église) Table d’orientation Table d’orientation Ville (mairie) Table d’orientation Table d’orientation Table d’orientation Table d’orientation Puygaillardde-Quercy Ville Puylaroque Table d’orientation Ville (Sud) Quercogoalle Ville Moyenne Aucun Roquecor SaintAntoineNoble-Val Saint-Projet Ville Bonne Faible Excellente Plutôt mauvaise Excellente Table d’orientation Excellente Faible Bonne 135 ° 2 Route Moyenne Aucun < 90° 1 Savenes Route Bonne Aucun Bonne Plutôt mauvaise < 90° 1 111 Annexe N°8 : Cartographie des différentes catégories de contrainte : 112 113 114 TABLE DES CARTES : Carte 1 : Présentation de Tarn-et-Garonne page 11 Carte 2 : Les entités paysagères de Tarn-et-Garonne d'après l'étude Folléa page 15 Carte 3 : La synthèse des contraintes techniques, extraite du SRE Midi-Pyrénées page 28 Carte 4 : Synthèse des contraintes architecturales et paysagères, page 28 extraite du SRE Midi-Pyrénées Carte 5 : La synthèse des contraintes environnementales, page 29 extraite du SRE Midi-Pyrénées Carte 6 : La synthèse des contraintes présentes sur la Région Midi-Pyrénées, page 30 extraite du SRE Midi-Pyrénées Carte 7 : Localisation des postes sources en Midi-Pyrénées, page 31 extraite du S3Renr Midi-Pyrénées Carte 8 : Territorialisation du potentiel hydraulique page 44 Carte 9 : Sensibilité paysagère départementale au regard de l’éolien page 52 Carte 10 : Cartographie finale des contraintes par communes page 53 Carte 11 : Implantation possible de panneaux photovoltaïques dans page 64 le Tarn-et-Garonne selon les trois objectifs Carte 12 : Localisation des unités régionales de méthanisation existantes, page 70 extraite de la présentation sur la méthanisation du 28 septembre 2012 Carte 13 : Potentiel de méthanisation en Tarn-et-Garonne page 72 Carte 14 : Logements utilisant le bois comme combustible de page 75 chauffage principal en Midi-Pyrénées, source : Arpe Midi-Pyrénées Carte 15 : Le potentiel géothermique des nappes alluviales, source : BRGM 2007 page 77 Carte 16 : Territorialisation du potentiel calorifique page 83 Carte 17 : Territorialisation des différents objectifs retenus par énergies page 87 115 TABLE DES FIGURES ET ILLUSTRATIONS Figure 1 : Schéma des influences climatiques et orogéniques Illustration 1 : La synergie atténuation-adaptation d'après la stratégie page 13 page 23 d'adaptation de la ville de Toronto Illustration 2 : Portée du SRCAE extrait du SRCAE Midi-Pyrénées page 24 Illustration 3 : Composition et taille d'une éolienne page 45 Illustration 4 : Le CESI simple page 65 Illustration 5 : Le Cesi avec système auxiliaire de chauffage page 65 Illustration 6 : Ressources fermentiscibles page 68 Illustration 7 : La découpe par ressource d'un arbre, extraite de l'ADEME 2009 page 74 Illustration 8 : Production par type d'énergie de la déclinaison du SRCAE page 85 Illustration 9 : Répartition des divers objectifs retenus page 86 116 TABLE DES PHOTOGRAPHIES En couverture Point de vue de la table d’orientation de Boudou, source : Argelès Benjamin Page 10 Eglise d’Auvillar, source Argelès Benjamin Page 10 Point de vue depuis la table d’orientation de Saint-Antonin-Noble-Val, source : Argelès Benjamin Page 36 Centrale hydraulique de Saint-Antonin-Noble-Val, source : Trautmann Francis Page 37 Eoliennes sur le sol allemand, source : Gerard Vogt Page 56 Entrepot viticole équipé de panneaux photovoltaïque, source : Trautmann Francis Page 56 Montage pour illustrer le recyclage, source : Trautmann Francis Page 73 Buches en pleine phase de combustion, source : Ademe Page 73 Source du Par, à Chaudes-Aigues, source : Roustan Marine Page 84 Point de vue depuis Montpezat-de-Quercy, source : Argelès Benjamin Page 84 Illustration de la transition énergétique, source : inconnue Page 93 Panorama depuis la table d’orientation de Saint-Antonin-Noble-Val, source : Argelès Benjamin Page 94 Vignes de la commune de Campsas, source : passion-tarn-et-garonne.info Page 95 Point de vue depuis Le Causé, source : Argelès Benjamin Page 96 Point de vue depuis Puygaillard-de-Quercy, source : Argelès Benjamin Page 97 Panorama depuis la table d’orientation de Montalzat, source : Argelès Benjamin Page 98 Point de vue de Feneyrols, source : Argelès Benjamin Page 99 Point de vue de la table d’orientation de Boudou, source : Argelès Benjamin 117 TABLE DES TABLEAUX : Tableau 1 : Contribution des énergies produisant de l'électricité (MW = Mégawatt), source : SRCAE Midi-Pyrénées. Tableau 2 : page 25 Contribution en chaleur des énergies renouvelables (ktep = kilo tonnes équivalent pétrole), source : SRCAE Midi-Pyrénées. page 26 Tableau 3 : Potentiel de raccordement et capacité réservée pour le département de Tarn-et-Garonne, source : S3REnr Midi-Pyrénées. page 32 Tableau 4 : Dénomination des installations page 37 Tableau 5 : Déclinaison hydraulique du SRCAE en puissance page 39 Tableau 6 : Déclinaison hydraulique du SRCAE en production page 39 Tableau 7 : Objectif hydraulique ambitieux en puissance page 41 Tableau 8 : Objectif hydraulique ambitieux en production page 42 Tableau 9 : Synthèse des objectifs hydrauliques page 43 Tableau 10 : Définition du paysage par les géographes page 48 Tableau 11 : Perception des éoliennes, d'après le Ministère de l'Environnement 2001 page 50 Tableau 12 : Traitement paysager par unités paysagères page 51 Tableau 13 : Objectif éolien ambitieux page 55 Tableau 14 : Synthèse des différents objectifs page 55 Tableau 15 : Photovoltaïque intégré au bâti existant page 60 Tableau 16 : Photovoltaïque intégré au futur bâti page 61 Tableau 17 : Photovoltaïque au sol page 63 Tableau 18 : Synthèse des différents objectifs du photovoltaïque page 63 Tableau 19 : Contribution des CESI page 66 Tableau 20 : Déclinaison du SRCAE, d'après l'outil Galliléo page 66-67 118 Tableau 21 : Synthèse des différents objectifs pour le solaire thermique page 67 Tableau 22 : Contribution de l'objectif page 72 Tableau 23 : Synthèse des différents objectifs en méthanisation page 72 Tableau 24 : Les procédés de PAC page 76 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME. page 78-80 Tableau 26: Synthèse de la déclinaison, source : Outil Galliléo page 80 Tableau 27 : Contribution calorifique des énergies, d’après l’outil Galliléo page 81 Tableau 28 : Synthèse des différents objectifs concernant la biomasse et la géothermie page 82 Tableau 29 : Synthèse de la déclinaison départementale du SRCAE page 85 Tableau 30 : Synthèse des objectifs retenus page 86 Tableau 31 : Contribution énergétique du Causse page 92 Tableau 32 : Contribution énergétique du Frontonnais page 93 Tableau 33 : Contribution énergétique de la Lomagne page 94 Tableau 34 : Contribution énergétique des coteaux de Monclar page 95 Tableau 35 : Contribution énergétique du Quercy page 96 Tableau 36 : Contribution énergétique du Rouergue page 97 Tableau 37 : Contribution énergétique des Trois Vallées page 98 119 SITIOGRAPHIE : ADEME : http://www2.ademe.fr CAUE 82 : http://www.caue-mp.fr/82 CCI 82 : http://www.montauban.cci.fr/ CERCAD: http://www.cercad.fr/ DREAL Midi-Pyrénées : http://www.midi-pyrenees.developpement-durable.gouv.fr/ INSEE : http://www.insee.fr/fr/ Météo France : http://france.meteofrance.com/ Ministère de l’ecologie, du développement durable et de l’énergie: http://www.developpement-durable.gouv.fr/ URCO : http://www.caue-mp.fr/ Intranet DDT de l’Aveyron et de Tarn-et-Garonne Intranet du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie 120 BIBLIOGRAPHIE : x Textes cadres : ADEME : 2012, Contribution de l’ADEME à l’élaboration de visions énergétiques à 2030-2050, 8 novembre 2012, 32 p. 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DIRECTION DEPARTEMENTALE DES TERRITOIRES DE L’AVEYRON : 2010, Recommandations pour une bonne intégration environnementale et paysagère des installations photovoltaïques au sol, avril 2010, 12 p. 122 DIRECTION DEPARTEMENTALE DES TERRITOIRES DE L’AVEYRON : 2010, Développement des énergies renouvelables en Aveyron réflexion cadre sur l'énergie solaire photovoltaïque, avril 2010, 21 p. DREAL MIDI-PYRENEES : 2010, Note de cadrage des services de l’Etat pour l’instruction des projets solaires photovoltaïques en Région Midi Pyrénées, avril 2010, 12 p. INTERNATIONAL ENERGY AGENCY : 2006, Compared assessment of selected environmental indicators of photovoltaic electricity in OECD cities, mai 2006, 56 p. PARC NATUREL REGIONAL DU HAUT-LANGUEDOC : 2009, Les paysages de l’énergie : Aide à la décision pour l’implantation d’unités photovoltaïques dans le PNR du Haut-Languedoc, février 2009, 22 p. 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La vision de Jean Pierre Font était particulièrement intéressante puisqu’il parlait plus de sobriété que d’énergies renouvelables. Pour lui la sobriété énergétique est une priorité. Le CAUE intègre un volet énergie de façon systématique pour le bâtiment. Mais si un logement est neuf, le CAUE ne voit aucun intérêt à l’équiper, par exemple, de panneaux solaires puisqu’il satisfait les normes RT2012. Si c’est une rénovation, le CAUE semble intéressé par l’idée de promouvoir les énergies renouvelables. Pour le volet énergies renouvelables, le CAUE et donc le Conseil Général semble avoir des préférences comme des délaissés. La géothermie est peu privilégiée pour les habitations individuelles, très clairement, il décourage ce type d’installations car trop chère. Le prix élevé provient de la demande hautement qualitative du CAUE ( PAC sur pied et de type verticale). La technique qu’il recommande est d’utiliser du sable sur les terrains argileux. Il recommande la géothermie pour des petits collectifs et des collectivités. Les prix sont partagés pour le premier et l’impact financier est moindre pour le second. La zone dite privilégiée est finalement assez maigre : seul Castelsarrasin, Moissac et l’agglomération montalbanaise sont concernées. L’éolien est peu regardé au vu des réticences du président du conseil général du Tarn-et-Garonne sur ce sujet. Il affiche selon le CAUE plus d’inconvénients que d’atouts et constitue la seule énergie verte qui pose problème, pour reprendre un terme évoqué par Jean-Pierre Font. Le respect des couloirs de migrations a été évoqué dans la liste des points à surveiller. La hauteur de l’éolienne a été jugée à 180 mètres de hauteur, ce qui place donc l’éolienne au-dessus des crêtes de la Lomagne ou bien des coteaux du Quercy. Il en découle une acceptabilité sociale et paysagère très difficile voir impossible que l’absence de vision dûe à l’humidité de l’air ne peut effacer. (Or, les 180 mètres correspondent à une hauteur en bout de pale et non du rotor). Si l’éolienne fait 180 mètres en bout de pale, le rotor se situera à 120 mètres. Il existe également de plus petites éoliennes. Pour l’hydroélectricité, il a été convenu d’approfondir les connaissances sur les sites inactifs comme les vieux moulins pour voir s’il est possible de dégager un surplus de puissance. Le photovoltaïque a été également évoqué, mais de façon succincte. La biomasse fût un sujet vivement abordé, le CAUE fait preuve ici de beaucoup d’intérêt. Il nous a cité l’exemple de Caylus et du Pays Midi Quercy pour le bois énergie et des melons Boyer à Moissac pour la méthanisation. Le défi relevé par le Pays Midi Quercy, il est vrai, est relativement exemplaire. En effet, la quasi-totalité des forêts servant le plan bois énergie mis en place sont privées. Ce qui pose le problème de la gestion de la ressource. Problème aujourd’hui réglé puisque c’est une totale réussite ! La filière bois est désormais en place dans le département, il ne manque qu’à accompagner l’élan par d’autres projets. De plus, les élus sont motivés à privilégier la biomasse pour le chauffage d’équipements publics comme les lotissements. Pour la méthanisation, le 127 CAUE nous a appris que le Conseil Régional est sur le point de faire une expertise très fine du potentiel régional, Lionel Barthe nous a été suggéré comme personne à rencontrer. Plusieurs pistes ont été évoquées durant l’entretien : Ó se renseigner sur le plan Garonne Ó voir le processus de méthanation (sujet qui intéresse le CAUE) Ó se renseigner sur le scénario Négawatt et notamment la méthanation Ó Voir Energie City pour explications locales Ó Voir RFF pour une implantation d’énergies renouvelables à proximité de la LGV Ó Monter un site interactif à partir des cartes et fiches produites Enfin, il convient de noter que cette rencontre nous a permis d’obtenir l’atlas des paysages de l’URCO et donc d’affiner les grandes unités paysagères que l’on prendra pour la suite de l’étude. 128 Compte rendus entretien DREAL 15 mai 16H30 : Personne interrogée : Frédéric Berly, chef de division énergie à la Dreal Midi-Pyrénées L’intérêt de cet entretien était double : d’une part avoir la vision de la DREAL sur le développement des énergies renouvelables en Tarn-et-Garonne et d’autre part pouvoir collecter de la donnée. Cet entretien s’est révélé grandement intéressant car ce fût une mine d’information. Frédéric Berly nous a suggéré de voir la rubrique « carto DREAL » sur le site intranet de la DREAL auquel nous avons accès. Pour les différentes énergies renouvelables, il existe des travaux intéressants. Pour la géothermie, la DREAL a effectué une synthèse régionale qui leur a servi pour faire le SRCAE. Leur travail s’appuyait sur les conditions d’accès (présence d’un potentiel) et d’un potentiel de consommation car la ressource n’est pas déplaçable. Ce qui constitue un réel problème car s’en fait une ressource exclusivement locale. Pour le photovoltaïque, le Parc Naturel du Haut-Languedoc a fait un important travail méthodologique qui consistait à trouver une méthode applicable en toutes circonstances. Pour ce faire, le parc a étudié le potentiel photovoltaïque sur un village en particulier. Pour le bois énergie, c’est très difficile et même impossible de cartographier le potentiel. En effet, la ressource est certes assez localisée mais peut être déplaçable à souhait. Ceci étant dit, la rentabilité d’une installation bois-énergie n’est due qu’aux subventions et règlementations financières (dont la taxe carbone), Frédéric Berly nous a pris comme exemple l’entreprise d’AIRBUS qui se chauffe aux bois-énergie. Plus tard, la hausse du prix de l’énergie rentabilisera surement ce type d’installation. Pour la méthanisation, SOLAGRO est en train de faire une étude poussée sur le potentiel régional avec la Région Midi-Pyrénées. Ils se concentrent sur trois types de ressources différentes : les déchets agro-alimentaires, l’horticulture et la présence de réseaux de gaz. Ainsi, ils dégagent des zones d’implantation favorables, sachant que le plus gros secteur demandeur de chaleur est l’agro-alimentaire. Pour l’hydroélectricité, la DREAL a effectué un travail qui portait à vouloir accroitre le rendement énergétique des centrales. Ils ont répertorié toutes les centrales de moins de 12MW, celles qui bénéficient des obligations de tarifs d’achats. Enfin, pour le solaire thermique, la DREAL, lors de la conception du SRCAE, s’est appuyée sur une étude poussée de l’ADEME. C’est une formule qui permet de dégager l’économie d’énergie réalisée par les plus gros consommateurs d’eau chaude tels que les cliniques, les hôpitaux ou bien les maisons de retraites. 129 Certains points ou suggestion ont également fait partie du débat : x x x Contacter Jean-Luc Monseyron de la DREAL pour avoir des données climatiques plus poussées Voir le travail réalisé par le bureau d’étude Axel pour le SICOVAL sur l’adoption locale du SRCAE Restitution publique de ce travail jeudi 30 mai 17h au SICOVAL Certains exemples de villes mentionnées : x x Arfons, village devenu riche par le photovoltaïque et l’éolien Village aveyronnais concerné par les territoires délaissés de l’autoroute A75 Energies électriques à étudier : x x x x Hydroélectrique Photovoltaïque Eolien Biomasse Energies pour la chaleur à étudier : x x x Biomasse Géothermie Méthanisation Deux défis futurs à relever : x x Le stockage de l’énergie (notamment la chaleur qui est une ressource le plus souvent locale), réserver la biomasse et la méthanisation pour les endroits délaissés par la géothermie ? Assurer une complémentarité entre différentes sources de chaleur ? L’autoconsommation devra être plus encouragée 130 Compte rendu entretien CCI : lundi 18 juin 14h30 Personnes interrogées : Florian Julien Saint Amand : conseiller environnement à la CCI du Tarn-et-Garonne Cet entretien a été fait à mi-territorialisation des énergies renouvelables sur le département du Tarn-et-Garonne. Il devait servir à conforter et affiner la méthodologie choisie pour le photovoltaïque. Il était également un moyen de confronter les premiers résultats à des experts autre que ceux de la DDT. Concernant le photovoltaïque, Mr Julien Saint Amand s’est satisfait de la méthodologie adoptée mais a tenu à emmètre quelques nuances tel que la structure du bâti. En effet, le poids de l’installation intégrée au bâti ne peut être supportée par n’importe quel toit subissant la logique de réduction des coûts. Le secteur qui allège les coûts au maximum concernant le bâti est le secteur de la logistique. La solidité nécessaire à l’installation solaire nécessiterait des travaux visant à renforcer la charpente, ce qui est envisageable mais impose un coût. Impossible à visualiser, il reste dubitatif sur la méthode à adopter pour identifier les toits pouvant supporter un tel ouvrage et n’entrevoit que la méthode au cas par cas. Là, ou pour lui il y a un potentiel à ne pas négliger, c’est sur les futures zones d’activités et industrielles. Car là l’État, peut agir et promouvoir un bâti qui supporterait le photovoltaïque. Par la suite, nous avons abordé la méthanisation où il avait connaissance d’un rapport méthanisation fait par l’ADEME. Ce rapport avait dégagé une méthodologie applicable à tout type de territoire. Aujourd’hui le secteur de la méthanisation est en plein développement et le département du Tarn-et-Garonne comptabilise une grande unité (Montech) et deux petites unités locales (Boyer à Moissac et Pays-Midi Quercy). Or les difficultés que connaît Montech pour injecter du gaz dans le réseau de gaz naturel freine l’essor du secteur dans le département. Et la concurrence frappe aux portes, Auch prospecte en direction de Montauban, tout comme certaines entreprises espagnoles. Il prône d’ailleurs une position plus détachée de la logique expansionniste de ce secteur en préférant encourager la méthanisation locale, plus porteuse d’emplois. En effet, le rayon de 60 km d’une grande unité de méthanisation engloberait tout le département et réduirait à néant tout autres projets. Par la suite, Mr Julien Saint Amand a dévoilé deux concepts qui lui était cher et qui se véhicule hors de nos frontières. Le premier concept est celui de la chaleur fatale. Il fait référence à la récupération de l’énergie dégagée par les serres, les fours industriels, l’industrie agro-alimentaire, entreprises de céramique, les entreprises effectuant la cuisson. Il s’agirait d’engager un processus d’énergie circulaire pour le reprendre le terme de la CCI. L’exemple pris lors de l’entretien était celui de l’entreprise Villeroy & Bosh à Valence d’Agen qui est une grosse entreprise de céramique et qui nécessite donc de gros fours industriels. L’idée serait de récupérer cette chaleur pour chauffer une partie de la ville de Valence via un réseau de chaleur à mettre en place. On pourrait tenter de promouvoir l’instauration de réseaux de chaleur lors des opérations de réfections des réseaux souterrains. La seconde idée originale développée portait sur l’hydrogène. Il nous a conseillé de se reporter à l’étude faite par une doctorante. Deux études intéressantes à se procurer : Étude ORDIMIP sur les bio-déchets et Conseil Général sur la méthanisation 131 CAHIER DES CHARGES : Total par domaine (jour) Taches Début Fin Durée (jours) Textes règlementaires 11-mars 18-mars 8 Lectures bibliographiques 11-mars 30-avril 51 18-mars 08-avril 29 14-mars 22-mars 9 Conception des fiches énergies 18-mars 26-avril 40 Recensement des acteurs 17-avr 26-avril 10 Formation QGIS 18-avr 19-avril 2 Entretiens 02-mai 18-juin 48 Calcul du potentiel par énergie 13-mai 12-juillet 60 Formation QGIS 2 19-juin 19-juin 1 Territorialisation 27-mai 2-août 67 Soutenance en CODIR 8-juillet 8-juillet 1 Soutenance à l’Université 10-septembre 10-septembre 1 26-septembre 1 4-octobre 1 18-octobre 1 5 18-octobre - 330 Conception d'une maquette de fiche Conception des fiches textes cadres Présentation de l’étude en 26-septembre interne (DDT) Présentation de l’étude en pôle 4-octobre énergie départemental Présentation de l’étude en pôle 18-octobre énergie régional TOTAL ETUDE 11-mars 59 78 58 130 : Travail bibliographique : Travail de synthèse : Entretiens : Travail cartographique : Communication de l’étude 132 DIAGRAMME DE GANT ET SUIVI DE GANT : 133 134 pour des raisons techniques, économiques ou bien juridiques. Le potentiel serait plus facile à mobiliser si l’hypothèse d’une installation photovoltaïque était pensée plus en amont. 4) Objectif Ambitieux : Si l’objectif SRCAE était assorti d’une date, 2020. J’ai adopté une vision plus lointaine, tout en prenant en compte l’inconvénient de cette déclinaison sur les toits actuels. Comme nous avons pu le voir, il peut être difficile de mener à bien certains projets issus de la déclinaison du SRCAE. Je pense qu’il serait plus facile d’anticiper sur les grands projets d’urbanisme tel que les constructions de nouveaux quartiers. Le Tarn-et-Garonne ne comporte pas de très grands projets connus à ce jour, hormis un. En effet, la LGV arrivera vraisemblablement courant 2030 (la date ne fait qu’être repoussée) et s’accompagnera de la construction d’une nouvelle gare à double étage mixant le TGV et le TER. Cette nouvelle construction s’insèrera dans un tout nouveau quartier. Or, la SNCF arbore un changement de politique énergétique et la Région Midi-Pyrénées souhaite persévérer vers une production énergétique toujours plus verte. Ce projet est donc l’occasion de penser le développement des énergies renouvelables en amont et d’effectuer les investissements nécessaires pour sa réalisation. J’ai à ma disposition le plan du futur quartier avec les densités par hectare. J’ai donc assorti chaque densité par une nature de bâti selon les normes issues du Ministère au Logement. Deux communes sont concernées, Bressols et Montauban. Les habitats sont à majorité individuels pour la commune de Bressols. La préfecture du Tarn-etGaronne dispose d’habitats individuels mais aussi de petits collectifs. S’ajoutent à l’habitat un parc des expositions à Bressols et des établissements d’enseignement dans la ville du Musée Ingres. J’ai appliqué la même méthode de calcul sachant que la pente moyenne pour les habitations est de 45° et que la pente optimale pour les toitures industrielles ou commerciales est de 0°. Les résultats se retrouvent dans le tableau N°16. L’objectif ambitieux rajoute 25 MW de puissance supplémentaire à l’objectif SRCAE. Le total est donc de 78 MW soit environ 80 MW. 5) Objectif Audacieux : J’avais opté jusque-là pour du photovoltaïque intégré au bâti pour des raisons paysagères. Or, la zone d’implantation énergétique favorable définie dans le volet éolien représente une opportunité de développement. L’implantation au sol pose un énorme problème de consommation d’espace agricole, qui plus est dans un département comme le Tarn-et-Garonne. Or, la zone d’implantation favorable est constituée de parcelles qui seront impactées par la future LGV ou qui se seront coincées entre de grands axes de circulations. Pour la question paysagère, je reprends intégralement le travail fait sur les points de vue et le GR 65 tout en adoptant un périmètre de protection réduit à 3,5 km pour les points de vue. Ceci découle de la moindre hauteur d’un module photovoltaïque (guère plus de deux mètres) par rapport à une éolienne (120 mètres de haut). Enfin, les installations électriques au sol sont sensibles aux cas de submersion. J’ai donc repris l’intégralité des PPRI départementaux. Les PPRI excluent tout développement des centrales photovoltaïques au sol. 62 J’ai sélectionné 4 projets afin de respecter la doctrine départementale qui vise à limiter l’expansion de cette technologie. Les projets se situent à moins de 5 km d’un poste source et restent proches des plus fortes densités. En effet, c’est un gros plus pour le parc photovoltaïque de pouvoir être à proximité d’une zone de consommation, ceci évite au gestionnaire du réseau de devoir gérer à distance l’offre et la demande. Commune Superficie en hectare Puissance en MWc Bressols Castelferrus 22 18 4,7 16,5 61,2 8,5 7 2 6,5 24 Montauban TOTAL Production annuelle en GWh 11 9,1 2,6 8,4 31,1 Tableau 17 : Photovoltaïque au sol La superficie correspond aux parcelles sélectionnées. La puissance est obtenue en multipliant la superficie par 0,38. Ce nombre provient des moyennes entre la superficie et la puissance des parcs éoliens au niveau régional. Une fois, la puissance obtenue, j’ai multiplié cette dernière par l’apport du soleil qui est de 1 300 KW par KWc. Ainsi j’obtiens la production annuelle en MWh. L’objectif Audacieux rajoute donc 24 MW supplémentaire à l’objectif Ambitieux. J’ai donc obtenu un total de 104 MW soit environ 105 MW pour cet objectif. 6) Synthèse des résultats Objectifs Ordre de grandeur de la puissance totale (MWc) Part dans le SRCAE (%) SRCAE Ambitieux Audacieux 55 80 105 7 11 14 Tableau 18 : Synthèse des différents objectifs du photovoltaïque La simple déclinaison du SRCAE dans le Tarn-et-Garonne permet, déjà, de mobiliser un potentiel non négligeable de 55 MWc. Cet exercice reste cependant trop restreint tant la nécessité d’adopter une vision prospective apparait nécessaire. En effet, l’étude en amont d’installation de panneaux photovoltaïque permet un gain élevé en puissance mobilisable. Surtout, cette vision solutionne les freins au développement de cette technique intégrée au bâti. L’objectif Audacieux surclasse les autres objectifs, et ce surtout en termes de production gagnée. Il étudie le développement du photovoltaïque au sol. Cette technique est peu recommandée pour un département comme le Tarn-et-Garonne. Néanmoins, la politique passée qui était accueillante envers ces projets a nourri le nombre de propositions faites par les entrepreneurs privés. Doit-on se priver de cet apport ? Je ne pense pas. L’étude porte sur trois grands projets et un petit projet. Autrement dit, elle est loin d’impacter massivement le département tout en offrant plus de diversité énergétique à un moment où cette idée de mix énergétique prend de plus en plus 63 d’importance. La carte n°11, ci-dessous, permet d’apprécier la répartition de l’implantation de panneaux photovoltaïques retenus par l’étude. L’espace est inégalement structuré par ces modules. Carte 11 : Implantation possible de panneaux photovoltaïques dans le Tarn-et-Garonne selon les trois objectifs Le solaire thermique 1) Les différentes technologies : Le solaire thermique c’est l’utilisation du soleil à des fins calorifique. Pour y parvenir, nous avons besoin d’un Chauffe-Eau Solaire Individuel (ou CESI), il en existe deux grandes familles : les CESI simple et les CESI avec système auxiliaire de chauffage. La première grande famille est adaptée aux régions chaudes (subtropical et méditerranéen) car elle est très vulnérable au gel. C’est néanmoins la solution la plus simple et la plus économique. La seconde famille est la solution la mieux adaptée aux régions tempérés ou froides car elle annule la vulnérabilité au gel. En effet, elle comporte une solution antigel, un vase d’expansion avec contrôleur de température et enfin un chauffage d’appoint. Cette solution est plus couteuse que la précédente car plus 64 complexe. Par la suite, il est possible de coupler le CESI avec un plancher solaire pour augmenter la température intérieure de la maison. Illustration 4 : Le CESI simple Illustration 5 : Le Cesi avec système auxiliaire de chauffage Comme on a pu le voir précédemment, il existe deux grandes familles de CESI et une extension possible avec le chauffage solaire. Le CESI fonctionne à l’énergie dégagée par le soleil. Le CESI simple, comme on peut le voir sur le schéma à gauche, est composé d’un capteur posé sur le toit de la maison, d’un ballon, d’une pompe de circulation, d’une entrée et sortie d’eau. L’eau froide entre dans le ballon. Ensuite elle est en partie envoyée via une pompe vers le capteur thermique. Ce dernier capte les rayons du soleil en les concentrant et chauffe l’eau. Cette eau rentre de nouveau dans le ballon (ou accumulateur) qui est la plupart du temps à l’extérieur contrairement au schéma. L’eau chaude étant plus légère que l’eau froide, elle reste en surface et alimente donc par la sortie d’eau de la partie supérieure, la maison en eau chaude. Le CESI avec système auxiliaire de chauffage est légèrement différent puisqu’il ne chauffe pas d’eau potable mais une solution glycolée (antigel). Le circuit de chauffage est donc totalement hermétique même s’il fait toujours appel au capteur thermique. Cette solution utilise cependant un chauffage d’appoint (voir le schéma de droite). La sortie de l’eau utilise le même procédé de stratification verticale que le CESI simple. Il est important de noter que l’eau contenu dans le ballon est potable. Pour l’extension concernant le chauffage solaire type PSD (Plancher Solaire Direct), on rajoute un circuit de chauffage dans le plancher, sa température oscille entre 30°C (en entrée) et 20°C (en sortie). Ce procédé est visible en tant que circuit de chauffage dans le schéma. 2) Conditions de fonctionnement : Les CESI fonctionnent quel que soit la saison comme le montre ce tableau. Cependant, on observe bel et bien une perte d’efficacité en hiver (seulement 30% de la puissance disponible). Or, c’est à cette période que les besoins se font le plus sentir. Si la disponibilité en eau chaude n’est pas vraiment entamée avec une eau chaude de 40°C, le chauffage solaire ne peut 65 malheureusement parvenir à maintenir une température adéquate dans l’habitation. Il apparait très clairement que dans cette configuration, une source calorifique d’appoint sera nécessaire (gaz naturel ou bois). Saison Hiver Printemps Automne 70 Température de 40 sortie (en C) Puissance calorifique 31 (en %) / Eté 130 54 100 Tableau 19 : Contribution des CESI On peut éventuellement mettre en place une citerne de stockage d’eau chaude mais celle-ci ne pourra remplacer les jours sans soleil d’hiver. En effet, c’est là que le bât blesse, des journées consécutives sans soleil rendent le système peu efficace avec des températures de sortie inférieures à 30°C. En été le système nécessite d’être couvert pour éviter de surchauffer et de produire une eau supérieure à 130°C qui à long terme entrainerait sa perte. Une autre option serait d’évacuer ce surplus de chaleur par un radiateur externe. L’exemple type est la piscine chauffée. Ainsi, au lieu de ne pas utiliser le système ou d’accepter de perdre son pouvoir calorifique, on le mettrait à profit pour chauffer la piscine extérieure. L’automne et le printemps sont les deux saisons propices à son utilisation. 3) Résultat ADEME et SRCAE : Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Réseaux de chaleur Logements collectifs Hôpitaux Maisons de retraites Etablissements scolaires 0 3 283 362 640 333 17 086 91 851 10 125 9 047 9 315 Tableau 10 : Déclinaison du SRCAE, partie 1, d'après l'outil Galliléo Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Piscines Salles de sport Etablissements thermaux Hôtels Campings 452 548 0 801 33 8 761 15 344 4 199 26 002 672 Tableau 20 : Déclinaison du SRCAE, partie 2, d'après l'outil Galliléo 66 Centres commerciaux Bureaux Aéroports Bâtiments publics Parcs de loisirs 967 78 2 491 0 620 0 15 575 2 787 69 695 4 481 17 347 0 Département Restauration Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Tableau 20 : Déclinaison du SRCAE, partie 3, d'après l'outil Galliléo Département Tarn-et-Garonne TOTAL REGIONAL TOTAL en tep 10 607 302 287 TOTAL en % 4 100 Tableau 20: Déclinaison du SRCAE, partie 4, d'après l'outil Galliléo L’ADEME a réalisé un important travail sur les diverses sources de chaleur, à laquelle le solaire thermique n’a pas échappé Il figure, dans les tableaux 20, l’extrait concernant la synthèse des résultats issus de l’outil Galliléo. Cet outil sera explicité dans la partie suivante qui fera la part belle aux énergies calorifiques. Sur les 3 553 tep pouvant être alloués aux énergies renouvelables, seul 107 tonnes équivalentes pétrole (tep) sont affectés au solaire thermique. L’industrie dispose d’un effort de 26 tep (voir l’outil Galliléo). Enfin, l’objectif concernant l’habitat individuel correspond au double de celui du collectif soit 98 tonnes équivalentes pétrole. Cette dernière formule est tirée du SRCAE. L’objectif SRCAE est donc de 231 tep pour le Tarn-et-Garonne, soit environ 250 tep. 4) Objectif ambitieux : Or, l’objectif SRCAE se base sur l’outil Galliléo. La méthodologie est approuvée par l’ADEME et le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, elle fait donc référence. Cependant, la base de données de l’outil développé pour l’ADEME Midi-Pyrénées présente des oublis nombreux et plutôt inquiétants. J’ai donc pris comme base de données, les sources internes de la DDT. Enfin, j’ai repris la consommation accessible totale pour cet objectif. Je reviendrai sur cet outil et la méthodologie adoptée dans la quatrième partie. Le tertiaire se voit doter d’une contribution revisitée de 497 tep, l’industrie de 129 tep et l’individuel progresse à 452 tep. En ajoutant ces trois données, j’obtiens l’objectif ambitieux qui est de 1 078 tep soit environ 1 100 tep. 5) Synthèse des résultats : Objectif Production (en tep) Part dans le SRCAE (en %) Déclinaison SRCAE 250 3 Ambitieux 1 100 12 Tableau 21 : Synthèse des différentes objectifs pour le solaire thermique 67 La différence de potentiel entre la déclinaison et l’objectif peut paraitre surprenante mais elle est justifiée par la faisabilité. Autrement dit, pour le SRCAE, il n’a été retenu qu’un pourcentage de tous les projets possibles. Pour l’objectif Ambitieux, tout le potentiel mobilisable a été retenu, ce qui m’emmène à garder comme vision pour le solaire thermique, la vision ambitieuse. A. La méthanisation : entre vrai apports et faux espoirs On voit souvent la méthanisation comme le remède miracle face aux immenses déchets produits par l’homme. La société y voit une merveilleuse invention capable de préserver l’environnement, les élus y voient une solution d’avenir à développer massivement. Mais qu’en est-il réellement ? 1) Présentation Illustration 6 : Ressources fermentiscibles Dans le terme « biomasse », on repère tout d’abord le préfixe « boi » qui fait référence au bois. En effet, la biomasse est une énergie faisant appel à toutes les sources de bois mais pas seulement. Comme le montre le schéma situé sur la gauche, les ressources potentielles sont diverses et variées, provenant de différents secteurs tel que l’agriculture, l’industrie et l’habitat humain. L’activité agricole fournit de par ses déchets organiques (exploitation forestière, partie des plantes et animaux non valorisées) une grande contribution. L’industrie fournit via ses déchets non recyclables une contribution supplémentaire. Mais le plus grand contributeur avec l’agricole est l’habitat humain, c’est-à-dire les boues issues du traitement des eaux usées ainsi que les déchets non recyclables solides. Tout ceci est collecté pour être transformé en biogaz. Sa fonction pourra être de chauffer une ou plusieurs habitations et produire de l’électricité, ou dans le cas d’un mix de biomasse (diverses provenances) être injecté dans le réseau de gaz naturel. La matière qui reste après méthanisation, le digestat, sert à être épandu en retour sur les sols 68 agricoles, contribuant à conserver leurs valeurs agronomiques. Il existe également une autre forme de mise valeur de la biomasse, le biocarburant mais cette énergie est aujourd’hui totalement dépassée. 2) Quelle ressource pour quelle utilité ? La méthanisation fait appel à la biomasse fermentescible c’est-à-dire aux lisiers, résidus liquides, déchets organiques et solides urbains non recyclables. La fermentation se produit naturellement à base de micro-organisme. Le produit final est composé de méthane et de gaz carbonique. On pourra en faire comme utilisation : du carburant, du gaz ou de l’électricité. La combustion du biogaz se pratique pour produire de l’électricité. C’est le principe de la cogénération. Autrement dit, la combustion du biogaz entraine de la chaleur qui sous forme de vapeur fait tourner une turbine et par la suite, un alternateur (production d’électricité). Cette forme de méthanisation permet de produire de l’électricité et de la chaleur. Enfin, une autre utilisation permet de réinjecter du biogaz dans le réseau de gaz naturel, ceci alimentera le chauffage, eau chaude ou accompagnera la cuisson des aliments chez les particuliers. 3) La méthanisation : dans quel contexte ? Le contexte général mondial est à la réduction du changement climatique ce qui passe par une réduction des gaz à effet de serre. Les villes ne cessent de s’étaler et la société humaine produit de façon exponentielle des déchets de toutes formes (agricoles, industriels, urbains,…). Il se pose aujourd’hui la question du recyclage de certains d’entre eux, question qui reste malheureusement sans réponse dans l’état actuel des connaissances. Si l’on ne peut pas les recycler, peut-on les valoriser afin d’en tirer un profit pour la société ? La biomasse répond à cette dernière question tout comme à la réduction des gaz à effet de serre. La France est l’un des grands pays agricoles européens et mondiaux, le pays dispose de plusieurs types de cultures sur son sol. Or, il est également l’un des pays ayant la plus grande couverture forestière au niveau européen (27 % de son territoire soit 15 millions d’hectares). La forêt française progresse de plus 0,4% par an avec un accroissement végétal naturel de 112m3. Développer la biomasse serait un moyen de valoriser ces deux ressources (résidus agricoles et exploitation forestière) afin de produire soit de la chaleur soit de l’électricité. De plus, ce serait également un moyen d’entretenir plus efficacement le massif forestier qui est fortement morcelé, 72,5 % de la forêt française était privée en 2011. Le Tarn-et-Garonne dispose de 688 km² de forêts ce qui le place parmi les départements les moins pourvus en massif forestier (15ème surface forestière la plus petite parmi les départements français). Ceci pourrait constituer un frein au développement de la biomasse en Tarn-et-Garonne mais si on visualise la carte, on s’aperçoit que la surface apparait concentrée sur le Pays des Serres et le Causse du Quercy avec plus de la moitié de la surface forestière départementale. A ceci se rajoute l’importance de la surface des terres agricoles qui témoignent là du potentiel de développement de la biomasse à des fins de 69 méthanisation. La biomasse pourrait également être développée pour le chauffage via des réseaux de chaleur. Carte 12 : Localisation des unités régionales de méthanisation existantes, extraite de la présentation sur la méthanisation du 28 septembre 2012 La carte présente ci-dessus, fait l’inventaire des différentes installations de méthanisation. Dans le département, il n’existe qu’une seule grosse unité, la Drimm de Montech qui produit de l’électricité. Une demande d’injection de gaz fût autorisée mais aucune suite ne fût donnée par l’entreprise elle-même. La nouvelle venue, Arterris (absente de la carte) fait partie des unités de modeste importance en méthanisation, son rayon d’action est de 24 kilomètres. Enfin, trois unités de méthanisation individuelle, qui sont destinées à de l’autoconsommation, existent dans le territoire d’étude dont la très médiatique méthanisation des melons Boyer. 4) Choix du terrain d’étude : Pour étudier la création de nouvelles unités, je suis parti de la réflexion régionale sur cette énergie entreprise par la Région Midi-Pyrénées en partenariat avec Solagro. Cette étude verra le jour fin 2013, elle est aujourd’hui en phase de relecture. Néanmoins, deux zones favorables ont été identifiées dans le Tarn-et-Garonne : le pays Montalbanais et le Pays Midi Quercy. Le Pays 70 Montalbanais est déjà fortement doté puisque deux unités se partagent la part du gâteau avec la Drimm de Montech et Arterris. Le Pays Midi Quercy n’a toujours pas d’unité dédiée. Enfin d’intenses prospections ont lieu de la part de sociétés espagnoles et gersoises sur les alentours de Moissac. Les avantages de ce territoire ne sont plus à démontrer et il me parait opportun de retenir, pour l’étude, deux zones : Moissac et le Pays Midi Quercy. 5) Objectif SRCAE : Le Schéma Régional Climat-Air-Energie a identifié un potentiel régional de 21 400 tep à travers une installation de 50 unités dont 4 réinjecterait du gaz. Le département Tarn-et-Garonne contribue à 8 % des déchets régionaux. On peut considérer que le département est concerné par 8 pour cent de ce potentiel soit 1 712 tep. La répartition est décrite comme tel par le SRCAE : 16 400 5 700 Electricité 4 500 Chauffage 4 500 Injection gaz x 0, 35 x 0, 27 x 0, 77 x 0, 23 5 000 X 0, 9 Si l’on considère que le potentiel département est égal à 8 % des 21 400 tonnes équivalentes pétrole, ceci nous donne comme valeurs pour l’électricité : 456 tep et pour le chauffage : 360 tep. Le gaz n’aurait que peu d’intérêt, seul quatre installations seraient concernées dans la région. L’objectif SRCAE comprendrait donc une unité de méthanisation supplémentaire d’une puissance de 0,7 MW (soit environ 1 MW). Elle serait implantée, selon l’étude Solagro, dans le Pays Midi Quercy. Sa production serait de 360 tep en chauffage et 5 656 KWh. 6) Objectif ambitieux : Selon les dernières constations de Solagro, le potentiel mobilisable en Midi-Pyrénées serait l’un des plus élevé de l’hexagone. Néanmoins, comme nous l’avons vu, seul deux zones font l’objet d’un potentiel fort dans le département : Moissac et Pays Midi Quercy. Comprenant la Drimm de Montech et Arterris comme unités de méthanisation, la ressource est plus faible que dans d’autre département. Le seuil de rentabilité d’une unité de méthanisation se situe aux alentours de 1 MW de puissance. C’est la puissance retenue pour le projet de Moissac. Le Pays Midi Quercy possédant une ressource intéressante, la puissance retenue est de 3 MW soit l’équivalent du projet de la société Arterris. L’étude d’une réinjection de gaz est concluante pour le projet de 3 MW. L’objectif ambitieux ferait état d’une puissance cumulée de 4 MW (soit environ 5 MW). La production cumulée serait d’environ 30 GWh (29,5 GWh) et 3 320 tep. 71 Projet Electricité (en GWh) Pays Midi Quercy 22 Moissac TOTAL 7,5 29, 5 Chauffage (comprend l’injection de gaz)(en tep) 2 842 (dont 1 381 d’injection gaz) 478 3 320 Tableau 22 : Contribution de l'objectif 7) Synthèse des résultats Objectifs Electricité (en GWh) Chauffage + gaz (en tep) SRCAE 5 400 Ambitieux 30 3 300 Tableau 23 : Synthèse des différents objectifs en méthanisation La déclinaison SRCAE prête une ressource intéressante au département qui se voit portée plus haut par l’objectif ambitieux. Pour la méthanisation, j’ai décidé de retenir l’objectif le plus conséquent tant sa faisabilité est élevée. La territorialisation de ces deux unités s’observe dans la carte n°13. Carte 13: Potentiel de méthanisation en Tarn-et-Garonne 72 QUATRIEME PARTIE : LES ENERGIES RENOUVELABLES CALORIFIQUES 73 A. Un procédé de combustion historique Le bois-énergie reprend un procédé de combustion historiquement basé sur la ressource en bois, la biomasse ligneuse : bois, paille, bagasse, branchage, écorces… La combustion dégage de la chaleur qui peut être produite soit par cheminées et poêles (ancien procédé) soit par une centrale de chauffage pour de l’énergie calorifique collective (tendance actuelle). Elle figure dans le top 5 des énergies utilisées pour le chauffage (derrière le gaz et l’électricité). Dans un contexte énergétique différent, la France accompagne son développement. Mais que se cache-t-il derrière ce thème ? Quel potentiel mobilisable pour une si faible couverture forestière départemental ? 1) Bois-énergie et forêt, une réduction linguistique réductrice de sens La forêt représente la majorité de la ressource utilisable dans la combustion à destination de chauffer un espace. Parmi ces forêts, seules celles qui assurent des fonctions productives et les bosquets de production sont répertoriés comme mobilisables. En effet, de nombreuses couvertures forestières (5,2 % du territoire national) assurent des fonctions protectrices (érosion des sols, défense incendies, récréation, inondation, biotope) et ne sont, de ce fait, non comptabilisées. Elles sont souvent d’accès difficile. Comme le montre l’illustration ci-dessous, l’arbre est découpé en 4 sections. La partie la plus importante construite du tronc sert pour le bois d’œuvre (l’ameublement principalement). Les grandes tiges, non adaptées pour le bois d’œuvre, servent à l’industrie (papier, cellulose,…). Les branches sont utilisées pour la combustion à des fins calorifiques. Les petites branches et branchages ne sont pas valorisés pour la plupart. Seul, une infime partie sera épandue comme fertiliseur naturel du sol. On assiste à une forte augmentation des résineux pour des valeurs de croissance rapide. Néanmoins, parler des forêts, ce serait oublier de mentionner les ressources ligneuses qui ne sont pas forestières. En effet, elles représentent de façon cumulée l’autre tiers manquant. Elles possèdent la caractéristique de pouvoir se trouver sur des territoires urbains. Leurs valorisations s’est faite de façon récente ces dernières années mais elles restent malgré tout relativement méconnue. La haie est l’exemple frappant du manque de considération. Elément typique du paysage rural, elle délimite le plus souvent des Illustration 7 : La découpe par ressource d'un arbre, extraite de l'ADEME 2009 74 parcelles et s’aligne sur des centaines de mètres voir des kilomètres. Les haies doivent être taillées toutes les 3 à 15 ans. Les effets bénéfiques sont connus. Elles permettent de couper le vent, elles ont fait l’objet d’une réintroduction massive dans le Lauraguais pour diminuer les effets du vent d’Autan. Le bétail se sert de ces plantations comme protection. 2) Le paradoxe départemental du bois : Carte 14 : Logements utilisant le bois comme combustible de chauffage principal en Midi-Pyrénées, source : Arpe Midi-Pyrénées Comme cités précédemment, lors de l’étude de la méthanisation, le Tarn-et-Garonne dispose de seulement 688 km² de forêts ce qui le place parmi les départements les moins pourvus en massif forestier (15ème surface forestière la plus petite parmi les départements français). La couverture forestière ne dépasse pas les 20 %. De ce fait, il est clair que cela constitue le plus grand frein à son développement massif dans le département. L’étude menée par le SDE 82 (Syndicat des énergies) identifie une maigre ressource équivalente à 49 000 tep avec une répartition de 2/3 forêts-bocages. Et pourtant sa très bonne desserte par de grands axes de circulation permet d’envisager d’étendre le rayon de collecte bien au-delà des pures limites administratives. De nombreux foyers existent dans un rayon proche du territoire d’étude : la forêt de résineux des Landes, les forêts de la Grésigne, Bouconne, Buzet,… Malgré ce contexte départemental peu favorable, la combustion du bois est répandue, avec une prépondérance marquée pour les communes rurales, comme le montre la carte N°14. En effet, les entités du Rouergue et du Causse utilisent abondamment cette énergie puisque nombre de communes apparaissent en vert foncé, synonyme d’une part supérieure à 50 % de logements chauffés au bois. La consommation départementale est évaluée à 39 000 tep dont une écrasante majorité provient du résidentiel individuel. 75 Si le département ne possède que peu de ressources ligneuses, il dispose d’un territoire traversé par trois grand cours d’eau qui se rejoignent pour n’en former plus qu’un. Ce territoire irrigué est prédisposé à la pratique d’une autre énergie calorifique : la géothermie. B. La géothermie : une diversité de procédé « Du grec gêo (terre) et thermos (chaud), la géothermie consiste à exploiter la chaleur stockée dans le sous-sol de notre planète. Cette énergie est potentiellement considérable » (Atlas sur la géothermie très basse énergie dans le département de Tarn-et-Garonne, rapport final du BRGM) En premier lieu, il existe, selon le degré de la nappe, quatre types de géothermie : x La géothermie haute température. La nappe a une température supérieure à 150°C. Etant donné qu’elle possède une chaleur élevée, elle peut produire de l’électricité en faisant tourner une turbine par le simple jeu de la vapeur. Ces nappes sont inexistantes dans le département. x La géothermie à température moyenne. La nappe a une température qui se situe entre 100 et 150°C. Elle permet la production d’électricité via l’intégration d’un liquide qui peut être facilement porter à ébullition. La vapeur entraîne là aussi une turbine. x La géothermie à basse température concerne les nappes d’une température allant de 50°C à 100°C. La contribution au chauffage remplace la production d’électricité. x La géothermie à très basse température concerne les nappes d’une température comprise entre 10°C et 50°C. Ici, on ajoute une pompe à chaleur (PAC) pour puiser la chaleur du sol. Le département comporte de nombreuses nappes de ce type. Il serait donc intéressant de connaître les différentes PAC possibles. En second lieu, la géothermie connaît plusieurs procédés utilisant soit l’eau, soit le sol soit l’air. Le tableau, ci-dessous, fait la synthèse de ces divers procédés de pompe à chaleur (PAC). Procédés PAC Coût Eau chaude sanitaire Caractéristiques diverses Mesuré Eau glycolée/eau ou eau/eau Cher Possible Possible Possible Quantité importante de liquide frigorigène fort libérateur de gaz à effet de serre Peu de liquide frigorigène Possibilité de l’adapter à un réseau de chauffage central Peu de liquide frigorigène Nuisance sonore possible Sol/sol ou sol/eau Air/eau Mesuré Tableau 24 : Les procédés de PAC La carte n°15 qui figure sur l’autre page permet de visualiser où mettre une PAC eau/eau. 76 Carte 15 : Le potentiel géothermique des nappes alluviales, source : BRGM 2007 B. L’outil Galliléo de l’Ademe 1) Quelle méthode pour des énergies calorifiques où l’emplacement n’est pas dicté par telle ou telle contrainte ? L’étude des énergies renouvelables telle que le bois-énergie, le solaire thermique et la géothermie pose une réflexion sur la méthode à choisir. En effet, j’ai traité dans ce rapport des énergies qui étaient jusqu’à présent dictées et contraintes par des éléments physiques territorialisés. Ainsi, l’hydroélectricité se limite aux installations déjà présentes, l’éolien possède une quarantaine de contraintes à l’implantation, le photovoltaïque suit des logiques de rentabilité et la méthanisation s’implante là où les dessertes sont les meilleures. Or, lorsqu’il s’agit de chauffer une maison au bois, on ne peut se résoudre à limiter son développement à tel ou telle maison. La combustion au bois peut s’appliquer sur n’importe quel territoire et de ce fait devient difficile à territorialiser. La ressource peut être réduite comme dans le cas du Tarn-et-Garonne mais ne devient en aucun cas un frein à son développement. Car comme nous l’avons vu antérieurement, la ressource est facilement transportable ce qui en fait une ressource mobile. Le solaire thermique possède la même caractéristique, à savoir le fait d’être transposable sur toutes les régions. Il va même plus loin dans l’installation puisqu’il peut s’implanter dans des zones reculées où les dessertes 77 deviennent absentes, le meilleur exemple concerne l’établissement de panneau solaire sur les toits des refuges. La géothermie, pour sa part, est une énergie contrainte par les structures du sol. Plus précisément, la présence de nappes alluviales permet une meilleure puissance calorifique. Ceci aurait pu empêcher son développement dans d’autres parties du département mais ce serait oublier la géothermie par l’air ou par le sol. Cela étant dit, le pouvoir calorifique de l’air est faible et de ce fait son utilité devient négligeable. Ce n’est pas le cas des procédés utilisant la chaleur du sol. Or, les terrains karstiques ne se prêtent que difficilement au jeu de la géothermie. Ces énergies illustrent donc la complexité de leur étude afin de mettre en lumière un potentiel. Le besoin croissant de quantifier un potentiel pour des dates futures (2020 et 2030) a conduit l’ADEME a engagé une réflexion sur la question. La méthode a consisté à identifier les postes où les dépenses énergétiques étaient les plus fortes. Les établissements d’accueils aux touristes (hôtels, restaurant, piscines et camping) figurent dans la liste d’étude tout comme les grands lieux d’échanges (centre commerciaux, aéroports et bureau). Le Bureau d’étude Galliléo a répertorié toutes ces installations au niveau régional. Il les a catégorisé selon des critères quantitatifs (nombre de lits pour les hôpitaux) ou des critères qualitatifs (piscines découvrables, présence de fosse à plongée pour les piscines). Grâce à des ratios moyens de consommation par type d’établissements affinés de ratios supplémentaires par sous-catégories, l’outil Galliléo définit des objectifs ciblés à atteindre pour la date de 2020. Les résultats sont présentés sous forme de consommation accessible. Les dates de présentation retenues sont 2013 et 2020. Les chiffres sont ensuite ordonnés selon le type d’établissement (hôpital, piscine, camping, aéroport,…) et le département concerné. Le total des consommations accessibles par établissements est cumulé pour l’objectif départemental chauffage. Suite à cela, la répartition est présentée selon les différentes énergies renouvelables (solaire thermique, bois-énergie et géothermie) avec illustration de la contribution de Tarn-et-Garonne au total de la Région Midi-Pyrénées. 2) Objectif SRCAE : ¾ Contribution du tertiaire : Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Réseaux de chaleur Logements collectifs Hôpitaux Maisons de retraites Etablissements scolaires 0 3 283 362 640 333 17 086 91 851 10 125 9 047 9 315 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 1 Les réseaux de chaleur de Négrepelisse et de Montauban ne sont pas pris pour l’étude car ils fonctionnent déjà aux énergies renouvelables (biomasse et méthanisation). Les logements collectifs sont de grands consommateurs de chauffage, c’est le poste de dépense le plus important au niveau régional et au niveau départemental. Les maisons de retraites constituent également un poste d’absorption représentatif. 78 Pour le tableau N°25, l’absence de thermes dans le département conduit à un zéro pointé dans cette colonne. Les campings, certes nombreux, ne consomment de la chaleur que pour l’eau chaude ce qui explique la faible valeur. Les salles de sport sont nombreuses dans la zone d’étude tout comme les hôtels, ce qui induit une consommation accessible élevée. Cependant, l’hôtellerie est le second poste de dépense au niveau régional mais se limite à la quatrième place dans le Tarn-et-Garonne. Ceci illustre bien le tourisme qui reste un tourisme de passage. Les touristes s’arrêtent mais ne dorment pas dans le département, du coup la capacité hôtelière s’en ressent. Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Piscines Salles de sport Etablissements thermaux Hôtels Campings 452 548 0 801 33 8 761 15 344 4 199 26 002 672 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 2 Centres commerciaux Bureaux Aéroports Bâtiments publics Parcs de loisirs 967 78 2 491 0 620 0 15 575 2 787 69 695 4 481 17 347 0 Département Restauration Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 3 Le second poste d’absorption de chaleur est celui des bureaux avec 2 491 tep consommée en chaleur. La restauration arrive à la troisième place départementale ce qui traduit une économie culinaire bien ancrée. La consommation totale accessible atteint les 10 607 tonnes équivalentes pétrole mais seule une partie de cette consommation peut être couverte par des énergies renouvelables à l’horizon 2020. Le tableau N°25 partie 4, met en lumière la contribution de chaque énergie. Objectif 2020 par filières (en tep) Energies renouvelables Tarn-etGaronne Région Biomasse Géothermie Solaire Objectif 2020 total 2 662 784 107 3 553 68 050 20 036 2 730 90 816 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 4 La contribution du tertiaire au total 2020 fait apparaitre une forte pénétration de la biomasse (75%) et une part très faible du solaire thermique (seulement 3 % de l’objectif 2020 total). La géothermie couvre le quart des consommations départementales atteignables pour 2020. ¾ Contribution du secteur industriel : 79 Consommation accessible à l’horizon 2020 (en tep) par type de secteurs Secteurs avec Secteurs Secteurs usage Collectivité Sites PNAQ Total chauffage des agricoles industriel de bâtiments la chaleur Tarn-et1 240 7 610 2 106 1 967 12 923 Garonne 92 836 153 347 56 789 1 967 304 939 Région Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 5 Le tableau N°25, partie 5, permet de comprendre quelle est la part du Tarn-et-Garonne dans la consommation accessible régionale. La prépondérance régionale du secteur avec usage industriel (industrie agroalimentaire et chimie) reste respectée au niveau du département. Sur les 12 924 tep de consommation accessible, seul 1 921 font partie de l’objectif 2020. Objectif 2020 par filières (en tep) Energies renouvelables Tarn-etGaronne Région Biomasse Géothermie Solaire Objectif 2020 total 1 825 71 26 1 921 44 067 1 703 635 90 815 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME, partie 6 Dans le secteur industriel, on peut parler de suprématie concernant la biomasse puisqu’elle couvre 95 % des besoins de chauffage dans l’industrie et l’agriculture. La géothermie et le solaire sont marginal avec respectivement 4 % et 1 % de part dans la contribution. ¾ Synthèse objectif SRCAE : Energies Tertiaire (en tep) Industrie et agriculture (en tep) TOTAL (en tep) Biomasse 2 662 Géothermie 784 1 825 71 4 487 855 Tableau 26: Synthèse de la déclinaison, source : Outil Galliléo 3) Adoption d’une vision libre de date : l’objectif ambitieux : Si les résultats de l’outil Galliléo sont en adéquation parfaite avec la vision du SRCAE qui prend comme date 2020, l’étude que je mène pour la Direction départementale des Territoires de Tarnet-Garonne a pour objectif de voir plus loin que cette date. Ceci redéfini les résultats pour ces énergies renouvelables. J’ai repris les consommations accessibles totales pour 2020 et j’ai appliqué la même proportion que nous avons vue précédemment. Néanmoins, le chiffre de la colonne des aéroports a attiré mon attention. Ce chiffre est égal à zéro ce qui signifie que le Tarnet-Garonne n’abrite aucun aéroports. Or, il existe deux aéroports dans le département. Ce qui m’a conduit à vérifier les établissements dans la base de données de l’outil. Mon pressentiment s’est 80 retrouvé avéré puisque je me suis aperçu que la base de données ne contenait aucun aéroport pour le Tarn-et-Garonne. J’ai donc entrepris un vrai travail minutieux pour vérifier toutes les données du tertiaire. Je me suis appuyé sur des données issues de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) ainsi que du fichier national des établissements sanitaires et sociaux (FINESS) et des données émanant du Ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative. Enfin, j’ai valorisé les données internes à la DDT. Ceci a emmenée à une refonte importante de la base de données avec par exemple : cinq fois plus de centres commerciaux, trois fois plus de salles multisports, deux fois plus d’hôpitaux, maisons de retraites et piscines. La consommation totale accessible à 2020 pour le tertiaire s’évalue désormais à 16 651 tep au lieu de 10 607 tep sur le Tarn-et-Garonne. Il figure dans les tableaux N°27, des données en bleu, elles reflètent les modifications apportées à la base de données initiale issue de l’outil Galliléo. Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Réseaux de chaleur Logements collectifs Hôpitaux Maisons de retraites Etablissements scolaires 0 4 503 848 1 280 488 17 086 93 071 10 973 9 687 9 470 Tableau 27 : Contribution calorifique des énergies, d’après l’outil Galliléo, partie 1 Département Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Piscines Salles de sport Etablissements thermaux Hôtels Campings 1 131 1 644 0 801 33 9 440 16 440 4 199 26 002 672 Tableau 27: Contribution calorifique des énergies, d’après l’outil Galliléo, partie 2 Centres commerciaux Bureaux Aéroports Bâtiments publics Parcs de loisirs 967 547 3 417 52 850 0 15 575 2 787 70 621 4 533 17 577 0 Département Restauration Tarn-etGaronne TOTAL REGIONAL Tableau 27: Contribution calorifique des énergies, d’après l’outil Galliléo, partie 3 81 4) La bois-énergie, roi de la combustion renouvelable : Objectifs Energies Tertiaire (en tep) Industrie et agriculture (en tep) TOTAL (en tep) Part dans le SRCAE (%) Déclinaison du SRCAE Bois-énergie Géothermie Ambitieux Bois-énergie Géothermie 2 662 784 12 421 3 643 1 825 71 12 273 517 4 487 855 24 694 4 160 1 1 4 7 Tableau 28 : Synthèse des différents objectifs concernant la biomasse et la géothermie La contribution du bois-énergie est la plus importante, équivalente à six fois la géothermie pour l’objectif Ambitieux. Ce dernier a été retenu tant l’importance du chauffage dans la consommation finale est avérée. La carte n°16, permet d’identifier, à travers une territorialisation des principaux postes de consommation, que le potentiel mobilisable se retrouve lié à une donnée démographique. 82 83 CINQUIEME PARTIE : A L’ENCONTRE DES IDEES PRECONÇUES, LE TARN-ET-GARONNE DISPOSE D’UN POTENTIEL EN ENERGIE RENOUVELABLE INTERESSANT 84 Suite à la définition de méthode et d’analyse par énergie, cette cinquième partie fait la part belle au travail de synthèse afin de présenter les résultats. Ces derniers seront dans un premier temps exposé à un niveau départemental. Je proposerai, par la suite, une autre façon d’illustrer les nombres à un niveau infra-départemental. Enfin, il me semble non dénué d’intérêt de mettre en parallèle l’étude avec le scénario énergétique de 2050. A. Un fort potentiel départemental garant d’un mix énergétique : 1) Une déclinaison SRCAE, bien que timide, porteuse d’espoir : Potentiel par type d’énergie Biomasse Eolien Géothermie Hydroélectricité Méthanisation Solaire TOTAL Electricité (en ktep) / 7,9 / 0,1 1,3 3,9 Chaleur (en ktep) 4,5 / 0,9 / 0,35 0,25 13,2 6 Tableau 29 : Synthèse de la déclinaison départementale du SRCAE Production par type d'énergie (en ktep) Méthanisation 7% Hydraulique Solaire 1% 20% Géothermie 5% Autre 31% Eolien 41% Biomasse 23% Solaire 1% Méthanisation 2% Illustration 8 : Production par type d'énergie de la déclinaison du SRCAE Le tableau N°29 permet d’apprécier la déclinaison départementale du SRCAE. La puissance obtenue est de 30 MW et 6 ktep. Néanmoins, si l’on prête attention à l’illustration n°8, on constate une part importante de la biomasse qui avec 23 % représente les trois-quarts du potentiel calorifique mobilisable. L’éolien couvre presque la moitié de l’objectif SRCAE, le solaire 85 dispose d’une part représentative. Il est intéressant de pouvoir identifier la diversité des énergies mobilisées, 5 énergies à plus de 5 % de pénétration. Cependant, ceci est le reflet de la distribution du potentiel obtenu et non celui de la production finale envisagée en Tarn-et-Garonne. Car malgré les 19 ktep (ou 50 GWh) d’obtenus en production, l’objectif reste loin des plus de 5 000 ktep produit chaque année par la centrale de Golfech. Il convient donc d’adopter une posture plus ouverte sur les énergies renouvelables et d’étudier un potentiel plus large. La vision après 2020 s’impose comme la synthèse des divers objectifs retenus dont je vais faire le résumé dans la prochaine sous-partie. 2) Une mutation énergétique en cours : Potentiel par type d’énergie Biomasse Eolien Géothermie Hydroélectricité Méthanisation Solaire TOTAL Electricité (en ktep) / 47,4 / 17,1 7,9 20,5 Chaleur (en ktep) 24,7 / 4,2 / 3,3 1,1 92,9 33,3 Tableau 20 : Synthèse des objectifs retenus Production par type d'énergie (en ktep) Méthanisaton Hydraulique 13% 6% Géothermie 3% Solaire 16% Autre 27% Biomasse 20% Solaire 1% Méthanisation 3% Eolien 38% Illustration 9 : Répartition des divers objectifs retenus 86 87 L’étude met en avant un potentiel très élevé d’énergies renouvelables sans aucune discrimination tant l’importance du mix énergétique est présent. En effet, chaque secteur est mis à contribution, et ce même l’hydraulique souvent considérée comme étant dénuée de perspective d’évolution. L’éolien garde le leadership en apport productif et devance assez nettement les autres contributeurs. Néanmoins, on assiste à un mix énergétique encore plus élevé que sur la simple déclinaison du SRCAE avec quatre énergies à plus de 10% contre seulement trois dans la vision précédente. En outre, le terme de mutation énergétique est indissociable de la hausse de production identifiée. L’apport, ici obtenu, est plus de cinq fois plus important que les résultats issus de la méthodologie du SRCAE. Il serait intéressant de pouvoir présenter ces nombres à une échelle plus fine qui pourrait retenir l’attention des collectivités locales. Ainsi est venue l’idée d’adopter une présentation par entités paysagères. B. Assimilation de l’étude à une échelle plus fine pour une meilleure prise en main par les collectivités : 1) Affinités géographiques : Pour étudier les énergies renouvelables à un niveau infra-départemental, j’ai décidé de partir des unités paysagères. Les raisons de ce choix sont multiples. La première est technique, il fallait trouver une limite facilement identifiable et aux frontières fixées pour pouvoir mener à bien une étude infra-départementale. Il était également important de ne pas tomber sous une quelconque influence politique, c’est ici, que j’ai évacué les choix des pays, des intercommunalités ou tout autre artefact politique. Les seules limites possibles étaient les unités paysagères ou les communes. L’autre raison portait sur la nécessité d’avoir une limite qui recoupe le plus possible les données météorologiques (le vent), les données paysagères (zones de protections, impact paysager), les données géomorphologiques (qualité du sous-sol, présences de nappes), les données biogéographiques (végétation, faune), les données hydrologiques (cours d’eau) et les données architecturales (bâtît). Là, le choix s’est définitivement fait. En effet, les unités paysagères recoupent totalement ou au minimum majoritairement ces données. Cependant, il existe plusieurs atlas paysagers connus à ce jour. Chaque organisme a ses propres unités paysagères (ONF, CAUE, DDT, ancienne DDA). Le travail fût donc de définir un support pertinent pour pouvoir passer à l’étude approfondie. Concrètement, l’atlas paysager de la DDT, issue de Bertrand Follea, était le travail le plus récent disponible et par ailleurs le plus en accord avec toutes les données à respecter. En effet, l’atlas paysager date de 1999 et a été légèrement revue en 2009, ce qui en fait un texte référence pour tous les services de la DDT mais y compris pour les autres organismes tel le CAUE et le Conseil Général. Je suis donc parti de cet atlas paysager auquel j’ai confronté les autres travaux. Malheureusement, il n’est à mon goût pas assez pertinent par endroit et nécessite une adaptation à une autre vision que lui avaient surement prêtée ses concepteurs. Voilà pourquoi le travail suivant fût de remanié cet atlas paysager, en accord avec le chargé mission Paysage de la DDT. Le 88 découpage choisis reprend les grandes entités paysagères issues de l’atlas paysager Follea. Les entités paysagères sont des regroupements d’unités paysagères. Les unités paysagères rassemblent sur un territoire donné les mêmes composantes d’un paysage identique (nature des sols, végétation, climat, topographie, architecture, histoire humaine, société, culture, organisation spatiale…). Les entités tentent de regrouper plusieurs unités paysagères en vue d’éviter un morcellement important. Afin d’y voir une meilleure lecture à une échelle plus large, elles concilient les composantes du territoire. Les modifications portent sur les entités paysagères mais aussi sur les unités. Ceci étant dit, seul le nord-ouest du département ne varie pas mais pour le reste du département, de nombreuses modifications ont été apportées. Il s’agit de se reporter à la carte N° 2 p 15 et à la carte N°17 présente sur la page suivante. 2) Une meilleure cohérence territoriale L’unité paysagère de la vallée de la Gimone a été scindée en deux partie, il me paraissait évident de rattacher la basse Gimone avec les plaines garonnaises tant les caractéristiques du sous-sol et du sol mais également la topographie l’intègrent parfaitement dans ce vaste espace de plaines. La basse Gimone a donc été créé en tant qu’unité paysagère et intégré dans l’entité de la Garonne. Quant à la partie amont, elle fait clairement partie de la Lomagne. La scission de la vallée de la Gimone en deux s’est faite en suivant les limites topographiques et orographiques. La grande entité paysagère de la vallée de l’Aveyron a été également scindée en trois parties. Là encore, on est en présence de deux rivières distinctes. D’une part une rivière descendant le Massif Central et peinant à se chercher un chemin dans cette succession d’entités paysagères (Ségala, Rouergue et Causse pour le Tarn-et-Garonne). Puis l’Aveyron finit par pouvoir étaler ses eaux dans une plaine assez large, il entre ici de plein pied dans le bassin aquitain et se jette, par la suite dans le Tarn. Il rejoint donc les entités du Rouergue dans sa partie amont et le Causse lorsqu’il se fraye un chemin à travers de somptueuses gorges. Par la suite, j’ai opéré une fusion de plusieurs grandes entités paysagères. Il s’agit de réunir la vallée du Tarn, la basse vallée de l’Aveyron et la vallée de la Garonne. En effet, ces trois grandes entités paysagères se ressemblent et conservent des caractéristiques communes (présences de nappes aquifères, même bâtit, une forte urbanisation, une vocation agricole et industrielle). J’ai également rajouté à cette nouvelle grande entité paysagère, les terrasses du Tarn et de la Garonne tant leurs dissociation de cet espace de vallée est trop faible pour constituer une entité à part entière. J’ai nommé cette grande entité : les Trois Vallées en référence aux trois grands cours d’eau qui animent ce territoire. Puis j’ai dissocié les collines du Frontonnais de l’entité des trois vallées. En effet, ces collines présentes au sud du département, appartiennent à une grande entité paysagère qui est plus caractéristique de la Haute-Garonne ou de l’Aude, le Lauraguais. Nous retrouvons au Frontonnais les mêmes spécificités architecturales et météorologiques que le Lauraguais, voilà pourquoi j’ai créé une entité paysagère du même nom que celle présente plus au sud. Il n’est qu’un 89 prolongement nord du Lauraguais comme le montre la forte présence du vent d’Autan et les toits de tuiles moins pentus que ses homologues départementaux. Le résultat final fait état de 7 entités paysagères et de trois villes. Ces dernières prennent le nom de Montauban, Castelsarrasin et Caussade. Pour les entités paysagères, nous retrouvons les territoires issus du Massif Central : le Quercy, le Causse, les coteaux de Monclar et le Rouergue. Ils forment ensemble la partie nord du département et marque l’empreinte du Massif Central sur celui-ci. La partie sud du département est marquée par la formation des Pyrénées et de ses conséquences. Autrement dit, on y trouve la Lomagne et le Lauraguais. Au milieu de cette rencontre Massif Central – Pyrénées, la Garonne s’écoule en formant une large plaine. En effet, la plaine de la Garonne et de ses affluents délimitent l’influence des deux systèmes montagneux en Tarn-et-Garonne. 90 91 3) Le Causse : Bien plus représentative du département voisin, le Lot, l’entité du Causse porte l’empreinte indéniable du Massif Central en son sein. Elle est très bien indentifiable au regard de sa géologie si particulière. En effet, le terrain est karstique ce qui se traduit par une végétation d’une extrême diversité. Les orchidées peuplent ce milieu où le taux d’endémisme est très fort. Bien que le sol soit pauvre, le genévrier commun (Juniperus Communis) a su y établir son fief. Les étendues relativement planes, les plateaux calcaires, cachent des lavrognes, une zone humide riche en biodiversité. Celles-ci marquent par leurs fortes présences d’eau, une opposition avec les pelouses sèches si présentes dans ces étendues inhospitalières. Pourtant, l’homme a su occupé cet espace. Certes dans le Tarn-et-Garonne, il s’est retranché là où l’eau était présente. De ce fait, les peuplements se sont concentrés dans la vallée de la Bonnette (Caylus), celle de l’Aveyron (SaintAntonin-Noble-Val) ou bien les pentes du Causse (Septfonds). Pourtant, les vallées sont bien souvent fortement encaissées et creusent même des gorges à l’instar de l’Aveyron ou de la Vère. On comprend ici que la géothermie n’est donc pas possible (présence de karst) mais que le potentiel hydroélectrique peut être emmené à se développer pour profiter des chutes d’eau disponibles. Les pentes du Causse sont propices à l’implantation d’une grande unité de méthanisation, du fait de la présence d’une conduite de gaz, d’une ressource et de la proximité de l’autoroute A20. Production retenue Hydraulique Méthanisation Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,7 8,64 0,06 1,76 11,16 Répartition en % 6 77 1 16 100 Tableau 31 : Contribution énergétique du Causse 92 4) Le Frontonnais (ou Lauraguais) : Le Frontonnais est une entité que le Tarn-et-Garonne partage avec la Haute-Garonne. Il couvre une superficie assez faible et deux communes, Fabas et Campsas en assurent le peuplement. Surtout connu pour son activité viticole et l’appellation AOP Fronton, cet espace est composé de sols datant du quaternaire, les boulbènes. Les boulbènes sont des terres riches en silice et argile, et de ce fait sont peu adaptées à l’agriculture. En outre, elles affichent un fort taux d’acidité. Cependant, ceci n’a pas affecté la prospérité du vignoble constitué de le Négrette, cépage principal des vins de l’appellation AOP. Les paysages sont ouverts et aucune présence massive d’arbres ne vient couper la vue. La couverture forestière est faible et se limite à la séparation des champs agricoles ou à la préservation des sols face à l’érosion. Le peuplement est faible et concentré dans les deux communes précitées. Les installations sociales et de santé manquent, aucun établissement n’a été répertorié dans la base de données qui a servi pour mobiliser le potentiel des énergies calorifiques (excepté la méthanisation). Le secteur industriel est inexistant mais pourra être emmené à se développer du fait de la situation entre les deux pôles (Montauban et Toulouse). La production d’électricité n’est pas envisageable dans cette entité : pas de grands cours d’eau, contraintes techniques à l’implantation d’éoliennes et hautes valeurs des terres viticoles (ce qui excluent le photovoltaïque au sol). Production retenue Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,01 0,01 0,12 0,14 Répartition en % 3 5 92 100 Tableau 32 : Contribution énergétique du Frontonnais 93 5) La Lomagne : La Lomagne est historiquement lié à la Gascogne dont elle était un fief au Moyen-Age. Le relief façonne les terres en vallées et collines (avec des visions sur les Pyrénées comme le montre la photo que j’ai prise). Les terres sont très diversifiées allant de la boulbène froide au terrefort. La couleur que prennent ces terres est brune mais également vert. En effet, la couverture forestière est assez importante et se concentre dans des bosquets préservés de l’agriculture. Cette dernière est très présente dans le paysage avec une prédominance pour la culture céréalière et d’oléagineux (blé, colza et tournesols) et la culture de l’ail blanc. L’industrie a donc tiré parti de ce choix agraire et a accompagné l’ouverture de la Lomagne vers l’extérieur. L’exemple le plus frappant de cette ouverture via les industries agro-alimentaires et la céréaliculture, reste la création d’une ligne de chemin de fer reliant la ville de Beaumont-de-Lomagne à la vallée de la Garonne. Les densités humaines restent concentrées dans des villes peu importantes, hormis Beaumont et Lavit. En outre, les villages se situent à moitié de la pente. Ceci a pour effet de libérer des espaces pour l’implantation d’éolienne qui trouvent un terrain vallonné et venté, car offrant des secteurs exposés au Cers et l’Autan. Le potentiel calorifique suit la logique de concentration dans les grands centres urbains. Production retenue Eolien Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 30 0,48 0,19 3,2 33,87 Répartition en % 89 1 1 9 100 Tableau 33 : Contribution énergétique de la Lomagne 94 6) Les coteaux de Monclar (ou Quercy vert) : Les coteaux de Monclar se situent entre la vallée de l’Aveyron et celle du Tarn, ils sont souvent désignés sous un autre terme : le Quercy vert pour marquer leur appartenance au Massif Central. Cependant, les terrains argilo-calcaires du Quercy ne forment plus le terrain, nous sommes en présence de terrains stampiens (marne et argiles à graviers). Le relief est fortement vallonné avec des hauteurs où la vue porte sur le Lauraguais ou sur la forêt de la Grésigne qui domine le paysage. Sur la photo, prise depuis le point de vue de Puygaillard-de-Quercy, la vue porte jusqu’au village de Puycelsi distant d’environ 7 kilomètres. Cet ensemble collinaire possède une très forte couverture forestière, d’où le surnom de Quercy vert, qui n’empêche pas l’agriculture d’être présente. Les vallées sont creusées et s’articulent de façon ramifiées en direction du Tescou, le cours d’eau emblématique de ce territoire. Sa puissance est trop faible pour garantir un potentiel hydraulique. Quant à l’implantation de centrales photovoltaïques au sol, elle est difficilement envisageable tant les notions de co-visibilités sont fortes. Production retenue Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,07 0,02 0,43 0,52 Répartition en % 13 4 83 100 Tableau 34 : Contribution énergétique des coteaux de Monclar 95 7) Le Quercy : Le Quercy est un vaste ensemble tertiaire où les plateaux calcaires laissent peu à peu leurs places aux coteaux mêlés d’argiles et de calcaire. Les vallées sont creusées et se dirigent vers le sudouest en direction de la Garonne. Ces vallées parallèles donnent le surnom de « Pays de Serres » à une partie de cette entité. Les territoires fertiles subissent les limites de la géologie (terrains karstiques) et de la topographie. La céréaliculture occupe le nord de l’entité tandis que l’arboriculture est plus ressemblante des coteaux du Quercy. La présence de cours d’eau est nombreuse mais le faible débit de ces rivières, qui plus est inconstant, ne permet pas de produire de l’électricité en vue d’une réinjection dans le réseau. L’urbanisation couvre l’entité de façon relativement homogène mais les espaces vides de peuplement subsistent ce qui pourrait laisser présager un développement éolien. Pourtant, les contraintes, qui sont contraire à l’implantation d’éolienne, se superposent. Ceci a pour effet de ne retenir aucun parc éolien pour l’entité du Quercy dans l’objectif cible de l’étude. Le photovoltaïque au sol se prête peu au jeu du relief collinaire, les notions de co-visibilités sont nombreuses. En outre, ces modules solaires pourraient avoir comme conséquence une artificialisation des petites terres agricoles ou des bosquets si caractéristiques de ce territoire. La méthanisation est peu opportune dans un paysage d’une faible agriculture, ayant une desserte peu évidente et des vides de ressources. Le Quercy peut tirer profit de la présence de quelques villes ayant une modeste démographie. Certes, nous ne sommes pas en présence de grandes villes mais le taux d’équipement (centre commercial à Lauzerte, trois entreprises sélectionnées à Caussade) est relativement important au vu de la taille des villes. Production retenue Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,65 0,82 3,46 4,93 Répartition en % 13 17 70 100 Tableau 35 : Contribution énergétique du Quercy 96 8) Le Rouergue : Le Rouergue est souvent considéré comme la porte officielle du Massif Central en venant de l’ouest, sa ressemblance avec l’Aveyron tout proche est frappante, pas si étonnant que cette partie fût annexée par le Tarn-et-Garonne en 1870. Le calcaire du Causse disparait progressivement après la vallée de la Bonnette, que l’on peut considérer comme la frontière entre les deux entités. Les formations secondaires du Jurassique inférieur assurent l’intérim avant l’arrivée des premières terres issues de l’ère Primaire. En effet, les grès et marnes laissent place aux terres froides limoneuses et caillouteuses où le schiste n’est jamais trop loin que ce soit dans la composition du sous-sol ou bien de l’architecture. Le manque de vent et les nombreuses contraintes environnementales (très forte présence de chiroptères) ne peuvent permettre un développement de l’éolien. Les énergies calorifiques pâtissent du manque de villes importantes, Laguépie, plus grande ville de l’entité, atteint les 700 habitants. Finalement, c’est l’Aveyron qui en traversant ce milieu au relief accidenté constitue la principale ressource. Production retenue Hydraulique Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 0,57 0,04 0,01 0,24 0,86 Répartition en % 66 5 1 28 100 Tableau 36 : Contribution énergétique du Rouergue 97 9) Les Trois Vallées : L’entité des Trois Vallées est l’un des plus importantes sur un plan surfacique. Elle mêle habilement les vues longues depuis les premières hauteurs encadrant le lit des cours d’eau à des vues courtes depuis les grands champs agricoles. En effet, le terrain quaternaire, constitué de sables, sédiments et argiles, est favorable à une mise en culture de fruits, légumes et céréales. La population est concentrée dans les grandes villes : Montauban, Castelsarrasin, Moissac, Auvillar et Valence d’Agen. Cependant, l’habitat prédomine, avec l’agriculture, ce territoire tant il se dissémine partout. Le mitage rural est très fort et la pression foncière se renforce de jour en jour. Cependant, il reste possible d’implanter des éoliennes sans impacter l’harmonie du paysage (nombreux point de vue depuis les coteaux du Quercy comme le montre la photo prise depuis la table d’orientation de Boudou). Ce constat est également valable pour l’implantation de photovoltaïque au sol dans la zone favorable d’implantation énergétique définie à la page 53. Les énergies calorifiques sont favorisées par un fort tissu industriel, un fort taux d’équipement des centres urbains et une importante agriculture. Ainsi, la méthanisation, déjà bien implantée, participe à la contribution productive de l’entité. La présence de grandes nappes dans le sous-sol autorise une forme de géothermie, très compétitive face à la biomasse. En outre, la traversée de la Garonne, du Tarn et de l’Aveyron, confère un fort potentiel hydroélectrique qui a été retenu dans l’étude. Pour conclure, la diversité énergétique est impressionnante, toutes les énergies sont représentées. Production retenue Hydraulique Eolien Méthanisation Géothermie Solaire Biomasse TOTAL En ktep 14,28 17,11 2,45 2,93 20,29 15,46 72,52 Répartition en % 20 24 3 4 28 21 100 Tableau 37 : Contribution énergétique des Trois Vallées 98 Les résultats provenant de l’étude sont intéressants pour un département comme le Tarn-etGaronne qui connait actuellement une part de 21 % d’énergie renouvelable contre 79 % de nucléaire. Néanmoins, avant de terminer le rapport de cette étude, il me parait non dénué de sens de la rattacher aux visions énergétiques françaises. L’ADEME a récemment élaboré une vision à 2030 et à 2050. La dernière vision est le portrait portant sur les énergies, le plus lointain existant à ce jour. C. Une véritable transition énergétique pour le Tarn-et-Garonne : L’ADEME, dans sa vision 2050, dresse un tableau sur la production et la consommation d’énergie en demandant un effort notable sur des secteurs clés : les transports et le bâtiment. La grande particularité de ce rapport est de préconiser, en accord avec les récents dires du Président de la République, de remettre au goût du jour la spécificité française, le nucléaire. L’idée serait de ramener le nucléaire à une valeur proche de 50 % et du même coup, proposer une valeur de 50 % pour les énergies renouvelables à l’horizon 2050. Cependant, les chiffres sur la démographie départementale se projettent à une date 2030. Il est donc impossible de pouvoir calculer la consommation du Tarn-et-Garonne pour 2050, en se basant sur le nombre de ménage. J’ai donc décidé de rester à une vision 2030 pour illustrer l’apport de l’étude. Selon le Schéma Régional Climat-Air-Energie, la consommation finale d’énergie s’élève à 6 170 ktep en 2010. Or la Région Midi-Pyrénées affiche 1 287 951 ménages. Par division de la consommation finale par le nombre de ménages régionaux, j’obtiens la consommation finale par ménage, soit 4,79 tonnes équivalent pétrole par ménages. Selon la vision ADEME 2030, la France, sans mesures contraignantes (lois ou décrets), devrait voir sa consommation énergétique finale baisser de 20 % par rapport à 2010. Ceci permet d’envisager une baisse de 20 % sur la consommation finale par ménage. Le nombre passerait de 4,79 tep à 3,83 tep par ménages. Cependant cette baisse pourrait être contrariée par une hausse démographique. L’attractivité du département n’est plus à démontrer et l’INSEE, dans ses perspectives démographiques départementales à l’horizon 2030, le place parmi les départements ayant le plus fort taux d’évolution démographique. Le Tarn-et-Garonne devrait, selon le scénario central, abriter en son sein 259 570 habitants en 2030 contre 229 277 en 2010. Le nombre de ménage devrait suivre la même tendance que la population avec un nombre de 114 547 ménages dans le territoire d’étude. Pour connaitre la consommation finale du Tarn-et-Garonne, j’ai multiplié la consommation finale moyenne d’un ménage en 2030 par le nombre de ménages en 2030. Le département consommera 438 715 tonnes équivalent pétrole. A ceci, il convient de rajouter l’impact de la future ligne LGV qui ralliera Toulouse à Bordeaux en 2030. Connaissant la consommation estimée de la ligne TGV et les quatre postes d’alimentation de celle-ci, j’ai appliqué un ratio lié à la puissance du poste d’alimentation. Concrètement, un peu plus de 20 % de la ligne sera alimentée par le futur poste de Bressols. Il faudra faire appel à 47 055 tep 99 supplémentaires pour alimenter la LGV, ce qui rehausse la consommation finale départementale à 485 770 tep. Aujourd’hui, la production d’énergie renouvelable en Tarn-et-Garonne est estimée à 100 000 tep, soit 21 % de la consommation finale en 2010. Les divers objectifs retenus par énergie, apporte une contribution supplémentaire de 33 300 tep pour le chauffage et 92 900 tep pour l’électricité soit une production d’énergie renouvelable estimée à 226 200 tep. Pour le restant, 259 570 tep, le nucléaire serait utilisé. De ce fait, on obtient une part d’énergie renouvelable portée à 47 % et une part de nucléaire représentant 53 %. L’ampleur de la contribution de l’étude n’est donc plus à démontrer puisqu’elle fait plus que doubler la part d’énergie renouvelable et fait baisser la part du nucléaire à un niveau semblable à la vision 2050 de l’ADEME. L’apport est considérable et engage le Tarn-et-Garonne dans la transition énergétique, terme qui se fait l’écho du changement du paysage énergétique français. 100 CONCLUSION : A l’heure, où je rédige ces ultimes phrases de ce rapport, les ministres réfléchissent, sous commande du Président de la République, à la France de 2025. L’un des trois thèmes à traiter porte sur la transition énergétique, concept crée et relayé depuis l’accès à la présidence de François Hollande. Il fait référence à la redistribution des rôles dans la production énergétique. L’enjeu est de taille, il faut réduire la facture liée à l’importation de gaz et de pétrole, dans ce contexte économique morose, cette parole trouve un écho inespéré. L’effort porte sur un recul du nucléaire à un niveau avoisinant les 50 % pendant que les énergies renouvelables porteraient leurs contributions à 50 %. Ce contexte de hausse des énergies renouvelables n’est pas nouveau, le mouvement est ancien. En effet, le Sommet de Rio de 1992 a donné naissance à un processus qui ne fera que prendre de l’ampleur. Après une prise de conscience timide, le Japon et l’Union Européenne ont provoqué une accélération de l’implantation d’énergie renouvelable dans le monde et les BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine) ont suivis la tendance. La France a enclenché sa politique verte lors du premier Grenelle de l’Environnement, suivis du second qui donnera naissance aux schémas régionaux climat-air-énergie (SRCAE). Ces derniers se font l’écho de la politique nationale à un niveau régional en analysant la consommation d’énergie mais aussi l’augmentation de production des énergies renouvelables. Or, ceci reste à une échelle trop grande, comment les territoires locaux peuvent-ils mettre en marche une transition énergétique sans savoir quel est leur potentiel dans leur propre territoire ? Cette question, la Direction départementale du Tarn-et-Garonne, se l’est posée. A titre d’exemple, le Tarn-et-Garonne fût longtemps oublié par les entreprises opérant dans l’énergie éolienne, compte-tenu des caractéristiques climatiques. Les administrations et collectivités territoriales ne se soucièrent guère de la question, pensant que les éoliennes n’allaient pas dépasser les frontières administratives de l’Aveyron et du Tarn. Lorsque les premiers regards se portèrent sur le département, ce fût la surprise, quelle réponse donner à ces investisseurs privés ? La question de cette étude s’est donc faite en réponse à ce besoin interne. L’étude a analysé toutes les énergies renouvelables retenues par le schéma régional climat-air-énergie à un niveau départemental en transposant la méthodologie issue du SRCAE tout en analysant d’autres perspectives et méthodologies. La contribution de cette étude est significative dans ses objectifs retenus puisqu’elle fait plus que doubler la part des énergies renouvelables dans la consommation finale du Tarn-et-Garonne. En outre, le scénario énergétique de 2050 (confère la vision énergétique de l’ADEME) serait atteint avec une part d’énergie renouvelables de 47 % et une part de nucléaire de 53 %. Cette étude s’insère parfaitement dans la transition énergétique entamée au niveau national. Cependant, réduire cette étude à un concept de transition énergétique serait réduire son apport. En effet, l’étude empreinte d’une certaine identité géographique, s’efforce de territorialiser les énergies en abusant de cartes, de traiter l’éolien et le territoire en se référant à la notion de paysage, de présenter les résultats par des entités paysagères revues. Les réflexions manquent sur 101 la notion de paysage et d’éolien, cette étude est un document qui pourra nourrir la réflexion de par son approche différente des documents régionaux actuels. L’idée n’est pas de remettre en question ces documents mais de les compléter afin que lorsque la refonte du SRCAE de MidiPyrénées, en 2017, la prise en compte du paysage soit traiter avec la même attention que la faite cette étude. 102 ANNEXES : 103 ANNEXE N°1 : Recensement des contraintes qui rendent incompatible le développement éolien (source : Schéma régional éolien) : Catégorie contrainte Techniques Patrimoniale Environnementale Climatique Nature contrainte Protection du Réseau Très Basse Altitude (RTBA) Run Cévennes rouge (4 km de large) Radars de protection (rayon de 5 km) Radars météorologiques (rayon 5 km) Radar de détection des aéronefs (rayon 5 km) Radar de coordination aérienne (rayon 30 km) Radar de dialogue avec les aéronefs (rayon 5 km) Plan de servitudes aéronautiques Procédures spécifiques des aérodromes Système de navigation pour le positionnement des avions (rayon 2km) Périmètre de 500 mètres autour des monuments historiques Périmètre des sites inscrits Périmètre des sites classés Périmètre des projets de sites classés ZPPAUP Sensibilité paysagère forte Parc Naturel régional Parc National APPB Réserve naturelle régionale Réserves de biosphère Zones de protection spéciale (ZPS) Sensibilité maximale pour les chiroptères Présence de certaines espèces de chiroptères Sensibilité maximale pour l’avifaune Présence de certaines espèces d’avifaune Gisement éolien inférieur à 4m/s à 50 mètres de haut 104 ANNEXE N°2 : Cartographie des zones favorables au développement de l’éolien 105 ANNEXE N°3 : Localisation des postes sources à l’intérieur des bassins de vie : 106 ANNEXE N°4 : Liste des centrales hydroélectriques du département : Cours d’eau Commune Montauban Saint-MartinLaguépie Aveyron Laguépie Varen Saint-AntoninNoble-Val Bruniquel Aveyron Bioule Negrepelisse Albias L’Honor-De-Cos Reynies Corbarieu Montauban Tarn Villemade Barry d’Islemade Moissac Labastide-SaintPierre Garonne Malause Golfech Nom de l’ouvrage Moulin d’ Escudié Vigniere Moulin de Contillou Moulin du Gué Moulin de Lexos-Haut Moulin de Pailhas Moulin des Ondes Caussanus Moulin des Istournels Moulin Les Bordes Bioule Negrepelisse Moulin d’Albias Moulin de Loubejac Saliens S.A. Corbarieu Dpih Sapiac Palisse Dpih Albaredes Puissance Maximale Brute Observations 428 Moulin 490 Hors du département mais gérée par la DDT82 et raccordé en 82 // moulin 200 Moulin 485 Moulin 323 Moulin 490 Moulin 370 Moulin 1193 340 Moulin 500 Moulin 474 1989 125 Moulin 282 Moulin 1299 1351 400 1373 420 Concession Shem Site de Lagarde 1109 Concession Dpih Lagarde Sainte Livrade 1108 2218 Moulin du Claux 937 Dpih Golfech barrage Malause Dpih Golfech Concession Moulin 600 94 000 Concession 107 ANNEXE N°5 : Cartographie de la catégorisation des centrales actives : N 108 ANNEXE N°6 : Carte de la sensibilité paysagère régionale, extrait du SRE Midi-Pyrénées 109 ANNEXE N°7 : Description des points de vue retenus dans l’étude : Légende : : Les Trois Vallées : Le Quercy : La Lomage : Les Pyrénées : Forêt de la Grésigne : Le Causse : Le Rouergue : Le Ségala : Les coteaux de Monclar : Le Gers : La Haute-Garonne : La Montagne Noire Degré de la vision Entités vues Classe de point de vue Commune Point de vue Auvillar Table d’orientation Excellente Elevé Excellente 180° 1 Beaumontde-Lomagne Route Bonne Aucun Bonne 90° 1 Beaupuy Ville Moyenne Aucun Plutôt mauvaise < 90° 1 Bonne Elevé Excellente 180° 2 Excellente Elevé Excellente 180° 2 Excellente Elevé Excellente 180° 2 Moyenne Bonne Aucun Faible > 180 ° < 90° 1 1 Bonne Aucun Excellente Bonne Plutôt mauvaise 180 ° 1 Castanet Caylus Table d’orientation Ville (place) Ville (château) Sommet Route Cazals Route Boudou Bruniquel Accessibilité Aménagement Qualité de la vision 110 CordesTolosanes LacapelleLivron Table d’orientation Moyenne Elevé Excellente > 180 ° 2 Ville (église) Moyenne Faible Excellente 180 ° 2 Excellente Elevé Excellente 90° 1 Bonne Aucun Excellente 90 ° 1 Excellente Elevé Excellente 135° 2 Excellente Faible Excellente 90° 1 Excellente Bonne Aucun Aucun 90° 180° 1 1 Bonne Aucun < 90° 1 Bonne Aucun Excellente Bonne Plutôt mauvaise Plutôt mauvaise < 90° 1 Moyenne Faible Excellente 300 ° 2 Moyenne Elevé Excellente 135° 1 Excellente Elevé < 90° 1 Excellente Elevé Bonne Plutôt mauvaise 180 ° 1 Excellente Elevé Bonne 90° 1 Bonne Elevé Excellente 90° 1 Moyenne Faible Plutôt mauvaise 135 ° 1 Moyenne Faible Bonne 90° 1 Excellente Elevé Excellente 180° 2 Excellente Elevé 90° 1 < 90° 1 180° 1 Le Causé Table d’orientation Route Ville (Barbacane) Ville (l’Eveillé) Ville (Sud) Route Leojac Route Lafrançaise Lauzerte Mirabel Montalzat Montjoi Montpezat Parisot Picquecos Poupas Route (église) Table d’orientation Table d’orientation Ville (mairie) Table d’orientation Table d’orientation Table d’orientation Table d’orientation Puygaillardde-Quercy Ville Puylaroque Table d’orientation Ville (Sud) Quercogoalle Ville Moyenne Aucun Roquecor SaintAntoineNoble-Val Saint-Projet Ville Bonne Faible Excellente Plutôt mauvaise Excellente Table d’orientation Excellente Faible Bonne 135 ° 2 Route Moyenne Aucun < 90° 1 Savenes Route Bonne Aucun Bonne Plutôt mauvaise < 90° 1 111 Annexe N°8 : Cartographie des différentes catégories de contrainte : 112 113 114 TABLE DES CARTES : Carte 1 : Présentation de Tarn-et-Garonne page 11 Carte 2 : Les entités paysagères de Tarn-et-Garonne d'après l'étude Folléa page 15 Carte 3 : La synthèse des contraintes techniques, extraite du SRE Midi-Pyrénées page 28 Carte 4 : Synthèse des contraintes architecturales et paysagères, page 28 extraite du SRE Midi-Pyrénées Carte 5 : La synthèse des contraintes environnementales, page 29 extraite du SRE Midi-Pyrénées Carte 6 : La synthèse des contraintes présentes sur la Région Midi-Pyrénées, page 30 extraite du SRE Midi-Pyrénées Carte 7 : Localisation des postes sources en Midi-Pyrénées, page 31 extraite du S3Renr Midi-Pyrénées Carte 8 : Territorialisation du potentiel hydraulique page 44 Carte 9 : Sensibilité paysagère départementale au regard de l’éolien page 52 Carte 10 : Cartographie finale des contraintes par communes page 53 Carte 11 : Implantation possible de panneaux photovoltaïques dans page 64 le Tarn-et-Garonne selon les trois objectifs Carte 12 : Localisation des unités régionales de méthanisation existantes, page 70 extraite de la présentation sur la méthanisation du 28 septembre 2012 Carte 13 : Potentiel de méthanisation en Tarn-et-Garonne page 72 Carte 14 : Logements utilisant le bois comme combustible de page 75 chauffage principal en Midi-Pyrénées, source : Arpe Midi-Pyrénées Carte 15 : Le potentiel géothermique des nappes alluviales, source : BRGM 2007 page 77 Carte 16 : Territorialisation du potentiel calorifique page 83 Carte 17 : Territorialisation des différents objectifs retenus par énergies page 87 115 TABLE DES FIGURES ET ILLUSTRATIONS Figure 1 : Schéma des influences climatiques et orogéniques Illustration 1 : La synergie atténuation-adaptation d'après la stratégie page 13 page 23 d'adaptation de la ville de Toronto Illustration 2 : Portée du SRCAE extrait du SRCAE Midi-Pyrénées page 24 Illustration 3 : Composition et taille d'une éolienne page 45 Illustration 4 : Le CESI simple page 65 Illustration 5 : Le Cesi avec système auxiliaire de chauffage page 65 Illustration 6 : Ressources fermentiscibles page 68 Illustration 7 : La découpe par ressource d'un arbre, extraite de l'ADEME 2009 page 74 Illustration 8 : Production par type d'énergie de la déclinaison du SRCAE page 85 Illustration 9 : Répartition des divers objectifs retenus page 86 116 TABLE DES PHOTOGRAPHIES En couverture Point de vue de la table d’orientation de Boudou, source : Argelès Benjamin Page 10 Eglise d’Auvillar, source Argelès Benjamin Page 10 Point de vue depuis la table d’orientation de Saint-Antonin-Noble-Val, source : Argelès Benjamin Page 36 Centrale hydraulique de Saint-Antonin-Noble-Val, source : Trautmann Francis Page 37 Eoliennes sur le sol allemand, source : Gerard Vogt Page 56 Entrepot viticole équipé de panneaux photovoltaïque, source : Trautmann Francis Page 56 Montage pour illustrer le recyclage, source : Trautmann Francis Page 73 Buches en pleine phase de combustion, source : Ademe Page 73 Source du Par, à Chaudes-Aigues, source : Roustan Marine Page 84 Point de vue depuis Montpezat-de-Quercy, source : Argelès Benjamin Page 84 Illustration de la transition énergétique, source : inconnue Page 93 Panorama depuis la table d’orientation de Saint-Antonin-Noble-Val, source : Argelès Benjamin Page 94 Vignes de la commune de Campsas, source : passion-tarn-et-garonne.info Page 95 Point de vue depuis Le Causé, source : Argelès Benjamin Page 96 Point de vue depuis Puygaillard-de-Quercy, source : Argelès Benjamin Page 97 Panorama depuis la table d’orientation de Montalzat, source : Argelès Benjamin Page 98 Point de vue de Feneyrols, source : Argelès Benjamin Page 99 Point de vue de la table d’orientation de Boudou, source : Argelès Benjamin 117 TABLE DES TABLEAUX : Tableau 1 : Contribution des énergies produisant de l'électricité (MW = Mégawatt), source : SRCAE Midi-Pyrénées. Tableau 2 : page 25 Contribution en chaleur des énergies renouvelables (ktep = kilo tonnes équivalent pétrole), source : SRCAE Midi-Pyrénées. page 26 Tableau 3 : Potentiel de raccordement et capacité réservée pour le département de Tarn-et-Garonne, source : S3REnr Midi-Pyrénées. page 32 Tableau 4 : Dénomination des installations page 37 Tableau 5 : Déclinaison hydraulique du SRCAE en puissance page 39 Tableau 6 : Déclinaison hydraulique du SRCAE en production page 39 Tableau 7 : Objectif hydraulique ambitieux en puissance page 41 Tableau 8 : Objectif hydraulique ambitieux en production page 42 Tableau 9 : Synthèse des objectifs hydrauliques page 43 Tableau 10 : Définition du paysage par les géographes page 48 Tableau 11 : Perception des éoliennes, d'après le Ministère de l'Environnement 2001 page 50 Tableau 12 : Traitement paysager par unités paysagères page 51 Tableau 13 : Objectif éolien ambitieux page 55 Tableau 14 : Synthèse des différents objectifs page 55 Tableau 15 : Photovoltaïque intégré au bâti existant page 60 Tableau 16 : Photovoltaïque intégré au futur bâti page 61 Tableau 17 : Photovoltaïque au sol page 63 Tableau 18 : Synthèse des différents objectifs du photovoltaïque page 63 Tableau 19 : Contribution des CESI page 66 Tableau 20 : Déclinaison du SRCAE, d'après l'outil Galliléo page 66-67 118 Tableau 21 : Synthèse des différents objectifs pour le solaire thermique page 67 Tableau 22 : Contribution de l'objectif page 72 Tableau 23 : Synthèse des différents objectifs en méthanisation page 72 Tableau 24 : Les procédés de PAC page 76 Tableau 25 : Déclinaison du SRCAE, d’après l’outil ADEME. page 78-80 Tableau 26: Synthèse de la déclinaison, source : Outil Galliléo page 80 Tableau 27 : Contribution calorifique des énergies, d’après l’outil Galliléo page 81 Tableau 28 : Synthèse des différents objectifs concernant la biomasse et la géothermie page 82 Tableau 29 : Synthèse de la déclinaison départementale du SRCAE page 85 Tableau 30 : Synthèse des objectifs retenus page 86 Tableau 31 : Contribution énergétique du Causse page 92 Tableau 32 : Contribution énergétique du Frontonnais page 93 Tableau 33 : Contribution énergétique de la Lomagne page 94 Tableau 34 : Contribution énergétique des coteaux de Monclar page 95 Tableau 35 : Contribution énergétique du Quercy page 96 Tableau 36 : Contribution énergétique du Rouergue page 97 Tableau 37 : Contribution énergétique des Trois Vallées page 98 119 SITIOGRAPHIE : ADEME : http://www2.ademe.fr CAUE 82 : http://www.caue-mp.fr/82 CCI 82 : http://www.montauban.cci.fr/ CERCAD: http://www.cercad.fr/ DREAL Midi-Pyrénées : http://www.midi-pyrenees.developpement-durable.gouv.fr/ INSEE : http://www.insee.fr/fr/ Météo France : http://france.meteofrance.com/ Ministère de l’ecologie, du développement durable et de l’énergie: http://www.developpement-durable.gouv.fr/ URCO : http://www.caue-mp.fr/ Intranet DDT de l’Aveyron et de Tarn-et-Garonne Intranet du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie 120 BIBLIOGRAPHIE : x Textes cadres : ADEME : 2012, Contribution de l’ADEME à l’élaboration de visions énergétiques à 2030-2050, 8 novembre 2012, 32 p. DREAL et REGION MIDI-PYRENEES : 2012, Schéma régional climat-air-énergie de MidiPyrénées, juin 2012, 100 p. DREAL et REGION MIDI-PYRENEES : 2012, Schéma régional éolien de Midi-Pyrénées, juin 2012, 114 p. FOLLEA B. : 2009, Atlas des paysages de Tarn-et-Garonne, octobre 2009, 152 p. RESEAU DE TRANSPORT D’ELECTRICITE (RTE) : 2013, Schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables de la Région Midi-Pyrénées, janvier 2013, 96 p. x Hydroélectricité : ADEME et AGENCE DE L’EAU ADOUR-GARONNE : 2007, Etude d'évaluation du potentiel hydroélectrique du bassin Adour Garonne, décembre 2007, 64 p. AGENCE DE L’EAU ADOUR-GARONNE : 2007, Evaluation et prise en compte du potentiel hydroélectrique, 3 décembre 2007, 27 p. DREAL : 2009, Liste des centrales bénéficiant des tarifs d’achats spécifiques, novembre 2009, 8 p. x Eolien : ADEME et LE CONSEIL REGIONAL DE LA BOURGOGNE : 2005, Atlas éolien de la Région Bourgogne, janvier 2005, 83 p. 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La vision de Jean Pierre Font était particulièrement intéressante puisqu’il parlait plus de sobriété que d’énergies renouvelables. Pour lui la sobriété énergétique est une priorité. Le CAUE intègre un volet énergie de façon systématique pour le bâtiment. Mais si un logement est neuf, le CAUE ne voit aucun intérêt à l’équiper, par exemple, de panneaux solaires puisqu’il satisfait les normes RT2012. Si c’est une rénovation, le CAUE semble intéressé par l’idée de promouvoir les énergies renouvelables. Pour le volet énergies renouvelables, le CAUE et donc le Conseil Général semble avoir des préférences comme des délaissés. La géothermie est peu privilégiée pour les habitations individuelles, très clairement, il décourage ce type d’installations car trop chère. Le prix élevé provient de la demande hautement qualitative du CAUE ( PAC sur pied et de type verticale). La technique qu’il recommande est d’utiliser du sable sur les terrains argileux. Il recommande la géothermie pour des petits collectifs et des collectivités. Les prix sont partagés pour le premier et l’impact financier est moindre pour le second. La zone dite privilégiée est finalement assez maigre : seul Castelsarrasin, Moissac et l’agglomération montalbanaise sont concernées. L’éolien est peu regardé au vu des réticences du président du conseil général du Tarn-et-Garonne sur ce sujet. Il affiche selon le CAUE plus d’inconvénients que d’atouts et constitue la seule énergie verte qui pose problème, pour reprendre un terme évoqué par Jean-Pierre Font. Le respect des couloirs de migrations a été évoqué dans la liste des points à surveiller. La hauteur de l’éolienne a été jugée à 180 mètres de hauteur, ce qui place donc l’éolienne au-dessus des crêtes de la Lomagne ou bien des coteaux du Quercy. Il en découle une acceptabilité sociale et paysagère très difficile voir impossible que l’absence de vision dûe à l’humidité de l’air ne peut effacer. (Or, les 180 mètres correspondent à une hauteur en bout de pale et non du rotor). Si l’éolienne fait 180 mètres en bout de pale, le rotor se situera à 120 mètres. Il existe également de plus petites éoliennes. Pour l’hydroélectricité, il a été convenu d’approfondir les connaissances sur les sites inactifs comme les vieux moulins pour voir s’il est possible de dégager un surplus de puissance. Le photovoltaïque a été également évoqué, mais de façon succincte. La biomasse fût un sujet vivement abordé, le CAUE fait preuve ici de beaucoup d’intérêt. Il nous a cité l’exemple de Caylus et du Pays Midi Quercy pour le bois énergie et des melons Boyer à Moissac pour la méthanisation. Le défi relevé par le Pays Midi Quercy, il est vrai, est relativement exemplaire. En effet, la quasi-totalité des forêts servant le plan bois énergie mis en place sont privées. Ce qui pose le problème de la gestion de la ressource. Problème aujourd’hui réglé puisque c’est une totale réussite ! La filière bois est désormais en place dans le département, il ne manque qu’à accompagner l’élan par d’autres projets. De plus, les élus sont motivés à privilégier la biomasse pour le chauffage d’équipements publics comme les lotissements. Pour la méthanisation, le 127 CAUE nous a appris que le Conseil Régional est sur le point de faire une expertise très fine du potentiel régional, Lionel Barthe nous a été suggéré comme personne à rencontrer. Plusieurs pistes ont été évoquées durant l’entretien : Ó se renseigner sur le plan Garonne Ó voir le processus de méthanation (sujet qui intéresse le CAUE) Ó se renseigner sur le scénario Négawatt et notamment la méthanation Ó Voir Energie City pour explications locales Ó Voir RFF pour une implantation d’énergies renouvelables à proximité de la LGV Ó Monter un site interactif à partir des cartes et fiches produites Enfin, il convient de noter que cette rencontre nous a permis d’obtenir l’atlas des paysages de l’URCO et donc d’affiner les grandes unités paysagères que l’on prendra pour la suite de l’étude. 128 Compte rendus entretien DREAL 15 mai 16H30 : Personne interrogée : Frédéric Berly, chef de division énergie à la Dreal Midi-Pyrénées L’intérêt de cet entretien était double : d’une part avoir la vision de la DREAL sur le développement des énergies renouvelables en Tarn-et-Garonne et d’autre part pouvoir collecter de la donnée. Cet entretien s’est révélé grandement intéressant car ce fût une mine d’information. Frédéric Berly nous a suggéré de voir la rubrique « carto DREAL » sur le site intranet de la DREAL auquel nous avons accès. Pour les différentes énergies renouvelables, il existe des travaux intéressants. Pour la géothermie, la DREAL a effectué une synthèse régionale qui leur a servi pour faire le SRCAE. Leur travail s’appuyait sur les conditions d’accès (présence d’un potentiel) et d’un potentiel de consommation car la ressource n’est pas déplaçable. Ce qui constitue un réel problème car s’en fait une ressource exclusivement locale. Pour le photovoltaïque, le Parc Naturel du Haut-Languedoc a fait un important travail méthodologique qui consistait à trouver une méthode applicable en toutes circonstances. Pour ce faire, le parc a étudié le potentiel photovoltaïque sur un village en particulier. Pour le bois énergie, c’est très difficile et même impossible de cartographier le potentiel. En effet, la ressource est certes assez localisée mais peut être déplaçable à souhait. Ceci étant dit, la rentabilité d’une installation bois-énergie n’est due qu’aux subventions et règlementations financières (dont la taxe carbone), Frédéric Berly nous a pris comme exemple l’entreprise d’AIRBUS qui se chauffe aux bois-énergie. Plus tard, la hausse du prix de l’énergie rentabilisera surement ce type d’installation. Pour la méthanisation, SOLAGRO est en train de faire une étude poussée sur le potentiel régional avec la Région Midi-Pyrénées. Ils se concentrent sur trois types de ressources différentes : les déchets agro-alimentaires, l’horticulture et la présence de réseaux de gaz. Ainsi, ils dégagent des zones d’implantation favorables, sachant que le plus gros secteur demandeur de chaleur est l’agro-alimentaire. Pour l’hydroélectricité, la DREAL a effectué un travail qui portait à vouloir accroitre le rendement énergétique des centrales. Ils ont répertorié toutes les centrales de moins de 12MW, celles qui bénéficient des obligations de tarifs d’achats. Enfin, pour le solaire thermique, la DREAL, lors de la conception du SRCAE, s’est appuyée sur une étude poussée de l’ADEME. C’est une formule qui permet de dégager l’économie d’énergie réalisée par les plus gros consommateurs d’eau chaude tels que les cliniques, les hôpitaux ou bien les maisons de retraites. 129 Certains points ou suggestion ont également fait partie du débat : x x x Contacter Jean-Luc Monseyron de la DREAL pour avoir des données climatiques plus poussées Voir le travail réalisé par le bureau d’étude Axel pour le SICOVAL sur l’adoption locale du SRCAE Restitution publique de ce travail jeudi 30 mai 17h au SICOVAL Certains exemples de villes mentionnées : x x Arfons, village devenu riche par le photovoltaïque et l’éolien Village aveyronnais concerné par les territoires délaissés de l’autoroute A75 Energies électriques à étudier : x x x x Hydroélectrique Photovoltaïque Eolien Biomasse Energies pour la chaleur à étudier : x x x Biomasse Géothermie Méthanisation Deux défis futurs à relever : x x Le stockage de l’énergie (notamment la chaleur qui est une ressource le plus souvent locale), réserver la biomasse et la méthanisation pour les endroits délaissés par la géothermie ? Assurer une complémentarité entre différentes sources de chaleur ? L’autoconsommation devra être plus encouragée 130 Compte rendu entretien CCI : lundi 18 juin 14h30 Personnes interrogées : Florian Julien Saint Amand : conseiller environnement à la CCI du Tarn-et-Garonne Cet entretien a été fait à mi-territorialisation des énergies renouvelables sur le département du Tarn-et-Garonne. Il devait servir à conforter et affiner la méthodologie choisie pour le photovoltaïque. Il était également un moyen de confronter les premiers résultats à des experts autre que ceux de la DDT. Concernant le photovoltaïque, Mr Julien Saint Amand s’est satisfait de la méthodologie adoptée mais a tenu à emmètre quelques nuances tel que la structure du bâti. En effet, le poids de l’installation intégrée au bâti ne peut être supportée par n’importe quel toit subissant la logique de réduction des coûts. Le secteur qui allège les coûts au maximum concernant le bâti est le secteur de la logistique. La solidité nécessaire à l’installation solaire nécessiterait des travaux visant à renforcer la charpente, ce qui est envisageable mais impose un coût. Impossible à visualiser, il reste dubitatif sur la méthode à adopter pour identifier les toits pouvant supporter un tel ouvrage et n’entrevoit que la méthode au cas par cas. Là, ou pour lui il y a un potentiel à ne pas négliger, c’est sur les futures zones d’activités et industrielles. Car là l’État, peut agir et promouvoir un bâti qui supporterait le photovoltaïque. Par la suite, nous avons abordé la méthanisation où il avait connaissance d’un rapport méthanisation fait par l’ADEME. Ce rapport avait dégagé une méthodologie applicable à tout type de territoire. Aujourd’hui le secteur de la méthanisation est en plein développement et le département du Tarn-et-Garonne comptabilise une grande unité (Montech) et deux petites unités locales (Boyer à Moissac et Pays-Midi Quercy). Or les difficultés que connaît Montech pour injecter du gaz dans le réseau de gaz naturel freine l’essor du secteur dans le département. Et la concurrence frappe aux portes, Auch prospecte en direction de Montauban, tout comme certaines entreprises espagnoles. Il prône d’ailleurs une position plus détachée de la logique expansionniste de ce secteur en préférant encourager la méthanisation locale, plus porteuse d’emplois. En effet, le rayon de 60 km d’une grande unité de méthanisation engloberait tout le département et réduirait à néant tout autres projets. Par la suite, Mr Julien Saint Amand a dévoilé deux concepts qui lui était cher et qui se véhicule hors de nos frontières. Le premier concept est celui de la chaleur fatale. Il fait référence à la récupération de l’énergie dégagée par les serres, les fours industriels, l’industrie agro-alimentaire, entreprises de céramique, les entreprises effectuant la cuisson. Il s’agirait d’engager un processus d’énergie circulaire pour le reprendre le terme de la CCI. L’exemple pris lors de l’entretien était celui de l’entreprise Villeroy & Bosh à Valence d’Agen qui est une grosse entreprise de céramique et qui nécessite donc de gros fours industriels. L’idée serait de récupérer cette chaleur pour chauffer une partie de la ville de Valence via un réseau de chaleur à mettre en place. On pourrait tenter de promouvoir l’instauration de réseaux de chaleur lors des opérations de réfections des réseaux souterrains. La seconde idée originale développée portait sur l’hydrogène. Il nous a conseillé de se reporter à l’étude faite par une doctorante. Deux études intéressantes à se procurer : Étude ORDIMIP sur les bio-déchets et Conseil Général sur la méthanisation 131 CAHIER DES CHARGES : Total par domaine (jour) Taches Début Fin Durée (jours) Textes règlementaires 11-mars 18-mars 8 Lectures bibliographiques 11-mars 30-avril 51 18-mars 08-avril 29 14-mars 22-mars 9 Conception des fiches énergies 18-mars 26-avril 40 Recensement des acteurs 17-avr 26-avril 10 Formation QGIS 18-avr 19-avril 2 Entretiens 02-mai 18-juin 48 Calcul du potentiel par énergie 13-mai 12-juillet 60 Formation QGIS 2 19-juin 19-juin 1 Territorialisation 27-mai 2-août 67 Soutenance en CODIR 8-juillet 8-juillet 1 Soutenance à l’Université 10-septembre 10-septembre 1 26-septembre 1 4-octobre 1 18-octobre 1 5 18-octobre - 330 Conception d'une maquette de fiche Conception des fiches textes cadres Présentation de l’étude en 26-septembre interne (DDT) Présentation de l’étude en pôle 4-octobre énergie départemental Présentation de l’étude en pôle 18-octobre énergie régional TOTAL ETUDE 11-mars 59 78 58 130 : Travail bibliographique : Travail de synthèse : Entretiens : Travail cartographique : Communication de l’étude 132 DIAGRAMME DE GANT ET SUIVI DE GANT : 133 134