Journal-CMS-2014-201.. - ENSEMBLE SCOLAIRE LA SALLE

Transcription

Journal-CMS-2014-201.. - ENSEMBLE SCOLAIRE LA SALLE
A la découverte du
Planétarium
de Saint-Etienne
C’est Maintenant, Suivez !
Le journal des étudiants de la CMS, Campus La Salle N°01
PORTRAIT
Aurélien Rodot,
un petit prodige
à l’ENISE P. 6
CULTURE
DOSSIER : la STAS
3ème ligne de tram
Incivilités
JE SUIS
CHARLIE
Le Fil, la Scène de
musique actuelle
stéphanoise P. 6
SPORT
Les Supporters
des Verts
et l’avenir
des ultras
P. 7
2 C’est Maintenant Suivez !
Une troisième ligne de tram en prévision à
Saint-Etienne d’ici 2020
La construction d’une troisième ligne de tramway à Saint-Étienne est un projet de longue date qui a
été successivement repris et abandonné par les différentes municipalités.
La troisième ligne de tram faisait
partie des 200 propositions
annoncées par Gaël Perdriau. Il
a confirmé ses intentions après
été élu en mars dernier face à
Maurice Vincent. « Ce projet
va
profondément
modifier
l’urbanisme du quartier du Soleil.
Il faut le voir comme un service
apporté à la population de
demain. Un tram se finance sur
cinquante ans et il faut envisager
l’aménagement d’un quartier
à long terme. Cette troisième
ligne de tram va permettre aux
habitants du nord de la ville de
rejoindre directement la gare
sans passer par le centre-ville
depuis la Terrasse et Bellevue.
Elle desservira aussi le pôle de
loisirs de la Plaine Achille et
le Technopôle avec ses 3 000
salariés, ainsi que GeoffroyGuichard et le Zénith », déclarait
Gaël Perdriau peu après son
élection sur le site de la ville de
Saint-Etienne.
Un projet jugé
« trop coûteux » et
« inutile »
Cependant, ces travaux ont un
coût qui seraient de 60 millions
d’euros selon Le Progrès. En effet,
une ligne suppose de nouvelles
rames de tramway. De plus, en
parallèle de ce projet existe celui
d’une ligne de bus à haut niveau
de service (BHNS) et une seul
des deux propositions pourrait
voir le jour lors du mandat actuel
Ce que l’on sait, c’est que le projet du futur tramway desservirait le quartier des loisirs du Marais autour du
Zénith et de la future Comédie. Photo Le Progrès
(qui court jusqu’en 2020). Ce
choix à faire sera connu en 2015,
sans plus de précision de la part
de Marc Petit, en charge des
transports à l’Agglomération.
Une enquête réalisée par France
Bleu auprès des Stéphanois a
révélé que beaucoup de locaux
trouvent ce projet «trop coûteux »
et « inutile ». Pour rappel,
Saint-Etienne est une des villes les
plus endettées de France.
Les transports alternatifs à Saint-Etienne
Vélos urbains : Depuis juin 2010, Saint-Etienne à son propre système de vélo
urbain : le Veli’Vert. 300 vélos sont disponibles 24h/24 et sont
repartis sur 30 stations.
Autopartage : La première voiture a été mise en service en
octobre 2011, une centaine de personnes se partagent à ce jour
les 8 véhicules implantés dans l’agglomération.
1881 : Le tram stéphanois fonctionne sans interruption depuis
cette date, ce qui en fait le plus ancien de France.
Colin Mourlevat
« On peut contrôler n’importe où et n’importe
quand »
Responsable adjoint à l’exploitation à la Stas, en charge de différents sites d’exploitation ainsi
que des secteurs prévention et fraude, Bruno Chalmandrier décode la politique maison face aux
incivilités.
Quel est le type de plaintes
que vous recevez le plus
régulièrement ?
Au niveau des chiffres, ils
concernent les tramways et les
bus du réseau Stas et date de
fin 2012 ; mais globalement ils
évoluent à la baisse sur 2013 et
2014. En interne, on suit plusieurs
critères tels que : les agressions,
les insultes, les différentes
dégradations sur le matériel et
les atteintes aux personnes. On
peut dire qu’entre 2009 et 2012,
le nombre d’incidents enregistrés
a baissé d’environ 28%. Au niveau
des faits, on est passé de 319
faits en 2009 à 229 en 2012. Ces
faits là sont essentiellement des
remontés de conducteurs. Quand
on parle de dégradations, cela va
du tag aux sièges déchirés et aux
bris de glace, mais aussi insultes
et menaces sur le personnel,
que
ce
soit
conducteurs,
vérificateurs, ou personnel en
agence commerciale. En terme
d’agressions physiques, on en
déplore environ 7 par an côté
conducteurs et à peu près le
même chiffre côté vérificateurs.
Insultes, menaces et outrages
sont
plus
fréquents,
mais
systématiquement, ces faits sont
condamnés et débouchent sur un
dépôt de plainte.
C’est Maintenant Suivez ! Quelles sont les répercussions
de ces agressions sur le
réseau Stas au niveau de la
fréquentation, des plaintes et
des condamnations ?
En terme d’agressions sur clients,
on enregistre une baisse de 20%
avec environ 25 agressions sur
voyageurs constatées par an.
Ces chiffres nous parviennent
uniquement par le biais de notre
clientèle. On a des clients qui vont
déposer plainte directement, sans
passer par la Stas, et d’autres qui
ne déposent pas plainte du tout. Il
faut donc différencier nos chiffres
internes et les agressions entre
voyageurs dont on est beaucoup
moins maître.
3
En ce qui concerne les
agressions sur le personnel,
en quoi consiste la démarche
interne du réseau ?
Cela passe déjà par de
l’information au niveau du
grand public sur comment se
comporter dans les transports en
commun. C’est donc un travail de
prévention (le service prévention,
composé de 4 personnes,
rencontre chaque année environ
5 000 scolaires) qui se fait sur les
classes de CM2 à 3e. On travaille
beaucoup avec les différentes
municipalités puisqu’il y a environ
45 communes qui font partie de
Saint-Etienne Métropole, ainsi
qu’avec les différents centres
sociaux. Et il ya également toute
la formation qui est dispensée en
interne sur comment gérer une
situation de conflit, comment
gérer son stress au quotidien.
C’est donc la conjugaison de
l’information diffusée à notre
clientèle et de la formation
auprès de de notre personnel qui
permet de mieux appréhender un
éventuel conflit.
« On a 40 millions
de voyageurs et
huit agressions sur
vérificateurs par an »
Peut-on dire aujourd’hui qu’il
existe des secteurs un peu
plus sensibles ? On pense par
exemple à Montreynaud et à la
vallée de l’Ondaine...
Il y a des secteurs un peu plus
sensibles que d’autres, mais on ne
stigmatise pas un secteur plutôt
qu’un autre. Malheureusement
l’agression
peut
arriver
à
n’importe quel point du réseau et
on s’aperçoit que les statistiques
les plus élevées en ce qui
concerne l’incivilité ne sont pas
concentrées sur ces secteurs.
Globalement,
les
agressions
sont réparties sur l’ensemble du
réseau, même s’il est vrai que la
fréquence de passage des bus à
Montreynaud et dans la vallée de
l’Ondaine est peut-être propice à
la naissance d’agressions.
Au niveau des contrôles, y-a-t’il
une cadence de vérification,
une zone plus contrôlée ?
On a une organisation de contrôle.
Le message à faire passer est que
l’on peut être n’importe où et
n’importe quand sur le réseau. Le
but du jeu est de créer l’inconfort
chez le fraudeur. Dernièrement,
on a recruté six emplois d’avenir
qui ont intégré le service fraude.
On a recruté trois vérificateurs
et nous avons démultiplié
les équipes. Désormais, les
contrôleurs sont par équipes
de trois et sont beaucoup plus
mobiles. Nos équipes sont
présentes tous les jours sur une
amplitude horaire allant de 5h
du matin à environ 20h. On a
40 millions de voyageurs par an
sur nos lignes et huit agressions
sur vérificateurs par an toujours.
Évidemment, c’est toujours huit
agressions de trop sur lesquelles
on travaille, mais si on ramène ce
chiffre au nombre de voyageurs,
cela reste relativement faible.
Quels sont les moyens mis
en œuvre à l’intérieur de vos
véhicules pour endiguer le
phénomène des incivilités ?
L’ensemble de notre parc, que ce
soit bus ou tramways, est équipé
de caméras de vidéoprotection.
Les 35 rames de tram sont
équipées de 8 caméras chacune
(aussi bien analogiques que
numériques) afin de couvrir
l’ensemble du véhicule, du poste
de conduite jusqu’à la partie
arrière. Il y a également une prise
de son qui remonte au conducteur
afin qu’il puisse appréhender une
éventuelle situation de conflit. Et
puis, nous avons un partenariat
avec la police et la justice, et nous
mettons à leur disposition tous
nos enregistrements.
Propos recueillis par
Gaspard Poirieux
Marthe Granger (91 ans) et
Barthélemy Granger (92 ans),
couple de retraité Celia Boukioud (17ans),
lycéenne Franck Mousset (54 ans), sans
emploi Kamel Mohsceime (18 ans),
sans emploi « On n’a jamais eu de problème
dans le tram. On le prend très
rarement, et dans tous les cas
on est toujours tous les deux
donc on se rassure. Sinon, on
nous laisse toujours une place
assise alors on peut dire que
tout va bien. »
« Je prends tous les jours les
bus Stas et quelques fois le
tram. Je me sens en sécurité,
même toute seule. Le seule
moment où ne suis pas sereine,
c’est a partir du moment où il
fait nuit. J’ai déjà vu des gens
déchirer des sièges et je trouve
ça ridicule. »
« J’utile beaucoup les bus et
les trams comme je n’ai pas de
voiture. Je trouve que le réseau
est bien desservi. Les contrôles
sont efficaces, selon moi, et je
me sens en sécurité. »
« Je trouve qu’il ya
beaucoup trop de contrôles
à Montreynaud. En plus,
la plupart du temps, les
contrôleurs font pas ce qu’ils
disent. Il y en a qui sont
tolérants face à la fraude mais
pas face à la violence. »
4 C’est Maintenant Suivez !
Le Planétarium de Saint-Etienne, vers l’infini et
au-delà...
Les étoiles ne sont pas si loin. Elles se nichent sous la voûte du Planétarium de Saint-Étienne, un lieu
extraordinaire qui nous rend complice avec le ciel.
Ouvert
depuis
1993,
le
Planétarium de Saint-Étienne a
pour vocation de présenter des
films mêlant rigueur scientifique,
émotions et poésie.
Il y a plus de dix ans, il fût
le premier Planétarium de
France à disposer d’un système
ultramoderne, permettant une
projection
vidéo
immersive
sur la totalité de son écran en
demi-sphère. Et à posséder un
simulateur en temps réel du ciel
au-dessus de nos têtes, avec une
base de données astronomique,
comprenant
l’ensemble
des
planètes, satellites, petits corps
du système solaire et plus de 100
000 étoiles.
Depuis 2012, le Planétarium est
également le premier à proposer
des films en 3D.
Répartis tout autour de la salle,
six vidéoprojecteurs projettent
six images s’assemblant en une
énorme image unique couvrant
toute la voûte, à l’intérieur de
laquelle se trouve le spectateur.
En mode 3D, ce sont douze
vidéoprojecteurs qui sont utilisés.
Techniquement
remarquable,
le rendu des effets en relief est
époustouflant.
Le programme est établi mois
après mois, le Planétarium de
Saint-Étienne propose diverses
projections en fonction de l’âge
et des goûts des ses spectateurs,
que l’on ait sept ou soixante-dix
ans, tout le monde peut y trouver
son bonheur. Pendant une heure,
le public assiste à une séance sur
un seul et même thème, mais
tous les médias sont utilisés :
film, interventions d’un médiateur
scientifique, séquences virtuelles
animées, etc.
Les nostalgiques seront d’ailleurs
heureux d’apprendre que l’un
des tout premiers films à avoir
été présentés au Planétarium il y
a vingt ans, l’intemporel et très
apprécié du public «L’Aveugle
aux yeux d’étoiles», a été tout
récemment
retravaillé
pour
être projeté en 3D. Ce petit
film d’animation destiné aux
enfants aborde des notions
astronomiques
fondamentales
de manière simple et ludique,
autour de l’histoire d’un tyran
qui, voulant gagner en puissance,
se lance dans le comptage des
étoiles. Mais la tâche s’avère plus
difficile que prévu…
Vous pourrez découvrir : «Planètes,
voyage dans le système solaire»,
un film pour les petits comme
Le Planétarium de Saint-Etienne et sa grande salle de projection 3D Photo Planétarium de Saint-Etienne
pour les grands, qui souhaitent
découvrir les fascinants paysages
de notre système solaire tels que
les reliefs de Mars, les nuages de
Jupiter ou encore les anneaux de
Saturne.
Les films réalisés par le
Planétarium,
qu’ils
prennent
la
forme
de
contes,
de
documentaires ou de fictions,
sont remarquables et acclamés
par la critique dans le monde
entier.
A ne pas manquer, la dernière
production de la structure
stéphanoise : «Polaris», un
d’animation qui sera présenté
au grand public dès début 2015.
Dossier réalisé par Walter
Scaviner et Alexandre Guia
C’est Maintenant Suivez ! 5
Damien Beguet : des
étoiles dans les yeux…
Entretien avec Damien Beguet, le directeur du
Planétarium de Saint-Etienne, qui a repris la tête
de ce dernier il y a maintenant 3 ans.
Nouvel agencement de la boutique du Planétarium.
La Boutique
Le Planétarium de Saint-Etienne comporte une boutique
accessible à tous, et qui mérite d’être visitée pour sa
spécialisation. Cette dernière a d’ailleurs subi un lifting pour la
rendre plus attractive et plus complète. Misant sur un bassin de
population de classe moyenne, elle fonctionne plutôt bien et est
même en augmentation au niveau de sa fréquentation.
Damien Beguet, directeur du Planétarium (à gauche) et Eric Frappa,
directeur scientifique (à droite) lors de la présentation des prix des
productions du Planétarium. Photo Planétarium de Saint-Etienne
Fait original, Damien Beguet
vient du milieu culturel et son
parcours est peu associé au milieu
scientifique. Il est parallèlement
président d’une association à
Lyon, organisatrice d’un festival
de
musiques
électroniques
indépendantes appelé «Les Nuits
Sonores» qui accueille environ
130 000 spectateurs sur une
durée de 4 jours et demi. « Je
viens du milieu culturel et pas du
tout du milieu scientifique. » Il
possède donc une connaissance
du
milieu
institutionnel
et
événementiel. Son arrivée à
la direction du planétarium en
2011 s’est effectuée suite à un
ensemble de hasards. Le poste
lui avait été proposé dans la
perspective de réformer et
transformer l’institution. Le but est
donc pour lui, de relever le défi
classique (mais intéressant) de
faire fonctionner cette structure
avec moins d’argent. Cela ne
lui fait cependant pas peur.
En effet, il pense que l’un des
grands enjeux est que « dans un
certains nombre de cas on peut
faire mieux et moins cher. C’est
un mauvais point de départ, que
de partir sur l’idée que ce n’est
pas possible et on peut tout à fait
assumer ce genre de contrainte
sans que cela soit forcement
néfaste pour le projet », affirmet-il. Viennent en plus s’ajouter
pour le planétarium, des défis
en termes de
recettes qui
demandent beaucoup d’attention
et une gestion rigoureuse, sans
empêcher de faire des projets
pour autant. Néanmoins, c’est
un défi plutôt positif dans le fond
pour la structure stéphanoise
qui compte une fréquentation
au dessus de 30 000 personnes
par an et continue de créer ces
propres films.
Adresse :
Espace Fauriel
28 rue Pierre et Dominique
Ponchardier
42100 Saint-Etienne
Téléphone :
04 77 33 43 01
Site Officiel :
www.planetarium-st-etienne.fr
Chiffres et dates :
30 000 visiteurs par an
Mise en place de la 3D en 2012
6 vidéoprojecteurs / 12 en mode 3D
Création en 1993
1/3 de visites scolaires
6 C’est Maintenant Suivez !
Un petit prodige à l’ENISE
Il jouait à des jeux sur son ordinateur avant même de savoir lire. Il s’est
intéressé à l’électronique et la programmation, il y a 5 ans seulement. A 22
ans, il a inventé et commercialisé sa propre console de jeu: la Gamebuino.
Aurélien Rodot, étudiant à
l’Ecole nationale d’ingénieurs
de Saint Etienne depuis 2010,
a inventé de façon totalement
artisanale une console de jeu au
look volontairement rétro-geeky
en recyclant l’écran d’un vieux
Nokia. Ce projet, commencé il y
a un an, a connu un démarrage
fulgurant puisque la campagne
de
financement
participatif
débutée en mars dernier lui a
rapporté 33 000 euros. Bien plus
que les 3 000 escomptés, donc.
Son école a d’ailleurs prévu la
mise en place d’un statut d’
”étudiant-entrepreneur” afin de
valoriser l’expérience acquise
par la création d’une entreprise
et l’obtention d’un emploi du
temps aménagé pour les jeunes
souhaitant mettre un pied dans
le monde professionnel tout
en poursuivant leur formation.
D’un
naturel
autodidacte,
Aurélien précise qu’il a toujours
fonctionné à l’instinct, dans sa
vie personnelle comme dans son
travail. Soutenu par ses amis et sa
famille durant tout le processus
de conception, le jeune homme
a d’ores et déjà été contacté
par des fournisseurs et des
fabricants de circuits imprimés
américains,
britanniques,
brésiliens et japonais. La console,
particulièrement
attractive,
permet en effet de jouer à des
jeux désormais cultes qu’Aurélien
a programmés (des classiques
à l’instar de Pacman) mais
également de concevoir ses
propres jeux, de commander une
imprimante 3D ou un robot à
distance. Des améliorations sont
prévues (la pose d’une prise jack,
accéléromètre, GPS, module sans
fil) en plus de la personnalisation
rendue possible par différents
coloris de boutons et de coques.
La Gamebuino attise donc
curiosité et convoitises, le jeune
inventeur a donc logiquement
fait l’expérience d’une soudaine
popularité
lorsque
certains
proches bien attentionnés ont
soudainement décidé de renouer
le contact.
De la suite dans
les idées
Quant à la suite de ses études,
Aurélien reste serein. Invité en
tant que “visiting scholar” à
l’université américaine d’Austin
au Texas, il a notamment fait
de la recherche en robotique,
dans le but de développer un
Aurélien Rodot, la fierté de
l’ENISE. Photo DR
exosquelette qui permettrait à
des personnes paralysées de
reprendre le cours de leur vie. Le
jeune homme insiste clairement
sur le fait que ses travaux n’ont
pas pour vocation de servir à la
conception militaire. Un doctorat
en ingéniérie mécanique serait
aussi au programme, juste pour
le plaisir de se faire appeler
“Docteur”: “ça claque, non?”
Effectivement, ça claque.
Justine Pascal et
Salomé Beaurez-Roy
Le Fil, l’épicentre du bouillonnement musical
stéphanois
Musique, diversité et actuel sont les trois mots qui pourraient décrire au mieux le Fil. Il aura fallu
attendre vingt ans avant que Saint-Etienne ne se dote d’une Scène de musique actuelle (SMAC).
Après un appel d’offre en 2006,
plusieurs collectifs y répondent,
dont la Limace (Ligérienne de
musique actuelle) regroupant
21 structures et composée de
personnes actives dans le milieu
culturel et notamment musical.
Les travaux débutent ainsi en
2007, amenant à l’ouverture de
ses portes en janvier 2008.
Des partenariats sont donc créés
entre cette structure jeune et la
Caisse d’Epargne que l’on pourrait
tout à fait qualifier de mécénat,
basé sur un échange de visibilité.
La marque de déco Alinéa joue
aussi le jeu du partenariat en
participant à l’aménagement
des loges et du catering (Ndlr :
restauration pour les artistes).
Le Fil étend également son
partenariat à la chaine de
télé locale TL7 ainsi que la
radio
indépendante
Radio
Dio (également membre de
l’association Limace) permettant
à cette SMAC de se développer
médiatiquement.
Leur
site
internet met ainsi en valeur ces
partenariats divers, mais aussi
permet de retrouver des photos
ou encore des actus sur les
concerts passés ou à venir. Mais
Le Fil est également étroitement
lié au Sénégal. La Limace et le FIL
développe ainsi dans le cadre de
ses actions à l’international, des
projets de
coopération
depuis quelques années avec le
territoire du Sénégal. La ville de
Dakar accueille, ainsi, une fac
avec pour directeur Olivier Colin,
Lors d’un concert du groupe La
Femme en 2013.
également directeur du Fil.
Un lien fort avec le
Sénégal
Dans ce cadre, un Master 2 en
Management de carrière d’artiste
est en cours de finalisation et
débutera fin mars début avril
prochain à l’Université de Dakar.
Cette formation fera ainsi l’objet
d’une convention entre deux
pôles universitaires : Lyon II, JeanMonnet et l’université Anta-Diop,
ainsi que le Fil et Keur Meissa,
structure (Smac) en préfiguration à
Dakar, partenaires professionnels
de ce projet.
Ce cursus amène donc à des
échanges d’artistes comme avec
le festival des Rizières à Diem
Béring qui a donné naissance
notamment au groupe Mondogift,
porté par le fil. Cette salle de
musique actuelle s’enrichit ainsi
d’une multitudes d’horizons qui
font de cet endroit sa singularité.
Le Fil s’organise donc en deux
parties : une grande salle
comprenant la scène principale
ou les plus gros groupes se
produisent ainsi qu’une deuxième
partie composée d’une scène plus
petite, accueillant des groupes
moins médiatisés, et d’un espace
bar apportant cette atmosphère
si conviviale propre au scènes de
musiques actuelles.
Le Fil s’impose, aussi, comme une
salle pour les jeunes, proposant
des places à bas prix ainsi que de
nombreux événements gratuits.
Cette accessibilité est aussi
présente dans le large choix
musical proposé : du jazz jusqu’à
l’électro en passant par le rap, le
reggae et le rock.
Léa Dousson et
Annabelle Poitrinal
Chiffres :
Le fil c’est 6 ans
d’activité
100 lever de rideaux
45 000 billets vendus à
l’année.
C’est Maintenant Suivez ! 7
« Ils n’arriveront pas à tuer tous les ultras »
Depuis 2008, la communauté des supporters stéphanois du site EVECT (En Vert Et Contre Tous) ne
fait qu’augmenter, faisant de ce site une vraie référence. Et ceci grâce notamment à Thomas Granger,
21 ans, l’un des fondateurs du site. Supporter des Verts, fidèle du Kop Nord et des tribunes de
France et d’Europe, il évoque l’avenir des ultras et la répression.
Un retour des Green Angels
est-il envisageable ?
Eux ont envie de revenir ! Mais il
faut que le club fasse le premier
pas, ils ne sont pas contre des
excuses, ils sont même prêts à en
recevoir…
Suite au craquage de fumigènes
lors d’ ASSE-Monaco la saison
dernière, les Green Angels
avaient été sifflés par une partie
du public. N’y a-t-il pas une
fracture entre les supporters
lambda et les ultras ?
Thomas Granger a créé le site
En Vert Et contre Tous en 2008.
Il contient des infos et surtout
alimente un forum de discussion
entre fans de l’AS Saint-Etienne.
L’auto-dissolution des Green
Angels, il y a maintenant plus
d’un an a-t-elle été une surprise
dans le milieu ?
Non pas forcément, le contexte
était devenu de plus en plus
difficile. Mais la vraie raison, c’est
surtout l’absence de dialogue
avec le club depuis plusieurs
saisons.
Quelle a été la cause de ce
divorce entre les Green et le
club ?
L’événement déclencheur, c’est
les 80 ans de L’ASSE où il n’y a eu
aucun représentant des groupes
de supporters invités, ni Green
Angels, ni Magic Fans alors qu’ils
dépensent de l’argent, prennent
de leur temps pour le club … Les
relations avec Roland Romeyer se
sont dégradées au fil du temps et
les Green se sont auto-dissous car
c’était la meilleure solution pour
eux de se protéger. Maintenant,
chaque ex-Green est libre et
responsables de ses actes.
Clairement oui ! Avec la
répression le public s’est vraiment
divisé. C’est dommage, il y a 4
ou 5 ans pour le même match,
également avec les fumigènes,
tout le monde était content ! 4
ans plus tard, ça siffle … Mais ce
serait bien que l’on forme une
seule entité parce qu’on est tous
supporters des Verts …
A ce propos, pour ou contre
l’utilisation de fumigènes dans
les stades de football ?
et avant que la ligue arrive à les
stopper, il faudra agrandir les
prisons. Ils n’arriveront pas à tuer
tous les ultras.
La répression envers les
groupes ultras s’intensifie
t-elle selon vous ?
Effectivement cela s’accentue, pas
à cause du club mais plutôt de la
ligue et de l’Etat. Ils essayent de
nettoyer les stades pour prévenir
l’Euro 2016. Pourtant, on n’arrive
pas à autoriser les déplacements
de 2000 Lyonnais à Saint-Etienne.
Quand ils vont voir les Polonais
ou les Serbes arriver … ils vont
flipper.
Les médias en font-ils trop sur
les ultras ?
Bien sûr qu’ils en font trop mais
c’est leur gagne-pain. Par exemple
à Annecy (la saison dernière, Ndlr )
où j’étais présent, les incidents
décrits par les médias étaient à
des années-lumière de la réalité !
Dès qu’il y a une petite étincelle,
les médias la reprenne et en font
des tonnes. Il ne faut pas croire
la moitié des informations écrites
dans les médias. Mais maintenant,
c’est aux Français de faire la part
des choses et de se renseigner sur
ce qui se passe vraiment.
N’y a t-il pas un danger à
interdire les déplacements et
les signes distinctifs ?
C’est ce qu’on a vu lors de la
rencontre Nice/Bastia (Samedi
18 octobre 2014, ndlr) puisque
les supporters niçois sont rentrés
sur la pelouse (Le gardien
remplaçant bastiais avait brandi
un drapeau corse, interdit ce
jour-là tout comme la présence
des supporters de Bastia, Ndlr).
Effectivement, je pense que c’est
plus dangereux, cela envenime
les choses. Que les Lyonnais
viennent à Saint-Etienne, je suis
totalement pour et inversement.
Propos recueillis par Grégoire
Debatisse et Lou David
Moi je suis complètement pour !
Avec un usage raisonné et limité
comme dans certains pays
nordiques où cela se passe bien.
Même les clubs sont contents,
cela fait de belles images pour
vendre leur championnat.
« Quand ils vont voir
les Polonais ou les
Serbes arriver … ils
vont flipper. »
Le mouvement ultra à SaintEtienne peut-il disparaître à
cause de cette répression ?
Je ne pense pas qu’il puisse
disparaître totalement car ce sont
des gens incroyablement motivés.
Ils ont une détermination de fous
Les fumigènes, la raison principale pour laquelle les instances du
football français ont décidé de durcir leur position vis à vis des
associations de supporters. Forcés à s’autodissoudre, les Green Angels
en sont un exemple.
Les Green auto-dissous depuis 2013
Créée en 1992, l’association Green Angels est un groupe de supporters stéphanois installé dans la partie basse du Kop Sud. Leur symbole
est un indien (chef apache) avec un bandeau vert et blanc noué sur le crâne signe d’insoumission. Suite aux amendes répétitives après des
fumigènes et des incidents matériels et humains, le groupe s’auto-dissous en septembre 2013.
Toutefois les ex-Green Angels poursuivent leurs activités dans leur kop.
Mais les joueurs de l’ASSE peuvent toujours compter sur le soutien des infatigables Magic Fans, des Associés supporters ainsi que l’Union des
supporters stéphanois.
8 C’est Maintenant Suivez !
Natacha Mahinc : « L’écologie, c’est une façon de
vivre »
Cette jeune animatrice, salariée à la Maison de l’Ecologie, parle environnement et développement
durable dans les écoles. Une démarche pédagogique qui se veut citoyenne plus que politique.
Elle a 26 ans et œuvre depuis
3 ans en tant qu’animatrice
environnement et développement
durable à la Maison de l’Écologie.
Après des études assez variées
(voir son parcours), Natacha
Mahinc a été embauchée à la
Maison de l’Ecologie où elle
travaille à temps partiel. A
l’époque pas encore diplômée,
elle affectionnait tout de même
déjà l’environnement: «C’est une
philosophie de vie, il s’agit de
ne pas forcément vivre dans la
grosse consommation qui nous
entoure. »
La BD comme
support
Bien qu’elle existe depuis 1999,
les activités de la Maison de
l’Écologie se sont multipliées
depuis 2009. Un de ses
principaux objectifs est de
sensibiliser le public à l’écologie
et au développement durable
qui sont deux choses différentes
comme Natacha Mahinc le
précise. «L’écologie n’est qu’une
part du développement durable.
Le
développement
durable
allie les sphères économiques,
écologiques et sociales. »
«Les enfants s’intéressent souvent
aux thèmes qu’on leur propose,
contrairement aux adolescents
qui sont un peu réfractaires et qui
ont tendance à rejeter ce qui vient
de l’adulte. »
Beaucoup d’actions hors scolaires
sont basées sur les produits
locaux, la nourriture de proximité.
Natacha Mahinc, qui voulait
d’ailleurs il y a quelques années
de cela devenir institutrice,
intervient désormais beaucoup
dans les écoles primaires, un peu
moins dans les collèges, lycées
et à la fac pour des questions
administratives mais aussi pour
d’autres raisons, cette fois-ci
pédagogiques.
En plus de ses interventions,
l’association s‘est notamment
servie de la bande dessinée
comme support pédagogique,
à raison d’une création par an.
Les thèmes abordés jusqu’à
maintenant sont : la pollution
de l’air, les produits locaux, les
Son parcours
2006 - 2008 : Deug de sociologie
2008 - 2010 : Licence Sciences de l’Éducation
2010 - 2011 : Licence professionnelle
Octobre 2010 - Octobre 2011: Emploi dans le centre social où
elle a fait son stage de licence pro.
Depuis février 2012 : Emploi d’animatrice à la Maison de l’Ecologie.
2013 : Obtention d’un DU d’économie sociale et solidaire pour un
développement durable (grâce à l’association).
Depuis 2014 : Elle reprend un Master en Sciences de l’Éducation,
et entame un mémoire sur l’éducation, l’environnement et le
développement durable.
énergies et puis, le dernier en
date, les déchets.
Contrairement
à
d’autres
associations stéphanoises comme
la Frapna, la Maison de l’Écologie
n’est pas dans une logique de
lobbying. «On agit plutôt au
niveau des citoyens qui enverront
eux-mêmes une demande aux
politiques », dit-elle, et quand on
lui parle de politique sa réponse
est claire : «Ce qui se passe en
politique, ça me fait un peu mal
au cœur, plus on monte, plus
il y a de dérives. Mais on me
dit souvent que je fais passer
un message politique, pas par
rapport à un parti mais plutôt une
façon de vivre. »
Colin Mourlevat
Maison De L’Ecologie
31, rue José-Frappa BP 982
42002 SAINT ETIENNE
06 68 41 13 99
La monnaie locale complémentaire aux portes de
la Ville de Saint-Etienne
Une parade à la crise ? Un projet qui a de l’avenir ? Qu’est-ce que la monnaie locale complémentaire
peut apporter aux concitoyens ? Un système local mais d’envergure internationale.
Une monnaie locale. C’est ce
qu’a adoptée environ plus d’une
trentaine de villes en France
à ce jour. Et elle se repand de
plus en plus. Avec pour but
premier de remplacer l’euro
dans son contexte originel et sa
valeur réelle. Un simple moyen
d’échange mais le projet est
développé par de nombreuses
villes un peu partout dans la
France.
Les Stéphanois au
plus près de leur
économie
Déjà, dans les années 30, on
parlait de MLC (Monnaie locale
complémentaire).
A Saint-Etienne, le concept
devrait arriver sous peu !
L’association MLCC42 met tout
en œuvre pour mettre en place
un système de monnaie locale qui
portera le nom « le lien ».
Le Puy-de-Dôme a
la Doume !
Ce n’est pas sans effort aussi
que l’ADML63 veut mettre en
place et en service la monnaie locale
complémentaire de Clermont-Ferrand dès
janvier 2015. Avec les mêmes objectifs et les mêmes espoirs que
la pluparts des monnaies locales de France, la doume ne fait pas
exception. Elle permettra de replacer la monnaie entre les mains du
citoyen. Dans ce cas précis entre les mains des Clermontois.
Une monnaie qui
se veut accessible
à tous et facile de
fonctionnement.
La date de la mise en service n’est
pas encore connue. Le budget
et le personnel empêchent pour
l’heure l’association MLCC42
d’établir son champ d’action
sur le territoire de Saint-Etienne
Métropole. Le projet peut
avoir son importance selon
les institutions en soutenant
une politique de relance de
l’économie.
Cela n’empêchera pas les
associatifs de mener à bien leur
projet et d’essayer d’atteindre un
de leurs objectifs qui est de faire
réfléchir la population sur ses
achats et sa façon de faire.
Chaque bénéficiaire de cette
monnaie pourra en tirer des
avantages mais aussi pourra
participer au développement de
l’économie de la ville elle-même.
Anthony Peluso