Focus : Presse écrite portugaise
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Focus : Presse écrite portugaise
Focus : Presse écrite portugaise Semaine du 2 au 9 juillet 2014 SERVICE DE PRESSE I – Visite au Portugal du nouveau Roi d’Espagne (7 juillet) F O C U S H E B D O M A D A I R E Principaux titres : « Les Rois d’Espagne font une visite de six heures au Portugal » - « Les exportations du Portugal vers l’Espagne ont augmenté de 4% les 4 premiers mois de cette année » (DN, 7/07) ; « Le Portugal et l’Espagne » (DN, éditorial, 7/07) ; « Le Portugal dans les priorités d’Etat du nouveau Roi d’Espagne » (DE, 7/07) ; « Le moment ibérique » (DN, 8/07) ; « Cavaco parle des relations bilatérales, Felipe VI des victimes du chômage » (Público, 8/07) La visite des nouveaux monarques espagnols au Portugal le 7 juillet a fait l’objet d’une large couverture de presse. Accompagnés du ministre des affaires étrangères espagnol, ils ont rencontré le Président de la République Aníbal Cavaco Silva, le Premier ministre Pedro Passos Coelho, et la Présidente de l’Assemblée de la République Assunção Esteves. Le Président de la République portugais a insisté lors de son discours sur l’approfondissement permanent de la relation bilatérale dans ses différents volets, affirmant que les Portugais ont toujours nourri « une affection très spéciale pour la famille royale espagnole ». Le Roi Felipe VI a de son côté souligné la proximité des deux pays, qui devaient travailler ensemble d’une part au projet européen, indéfectible [ndr : la première visite officielle du Roi Juan Carlos au Portugal, en 1978, avait été marquée par l’objectif commun d’intégrer la CEE], d’autre part dans le cadre de la communauté ibéro-américaine. Le monarque espagnol a aussi évoqué la lutte contre le chômage (25% en Espagne, 14% au Portugal) comme l’un des principaux défis conjoints. Les quotidiens se réjouissent que le monarque Espagnol ait choisi le Portugal pour son deuxième voyage officiel, avant ses déplacements vers le Maroc et la France, au nom des « relations spéciales » qui existent entre les deux Nations selon les termes du Roi Felipe VI. Selon l’éditorial du DN (7/07), « le fait que Filipe VI ait choisi le Portugal comme destination pour sa deuxième visite d’Etat (après le Vatican) est révélateur de l’importance que le nouveau monarque continue à donner aux relations entre les deux pays ibériques (…) S’il est vrai qu’en Espagne le Roi ne gouverne pas - raison pour laquelle il n’y aura pas (eu), du moins officiellement, de points concrets à l’ordre du jour-, il est également vrai que la présence du ministre des affaires étrangères espagnol (aura permis) d’aborder des questions d’intérêt commun, notamment en ce qui concerne l’Europe. Et l’Espagne comme le Portugal savent que dans ce contexte, les bons voisins sont assurément les meilleurs alliés ». Le Président de la Chambre de commerce et d’industrie luso-espagnole décrit cette visite comme un acte symbolique qui prouve que « le nouveau roi considère le Portugal comme le pays le plus important de son agenda d’Etat », concluant que « dans cette perspective, ce nouveau règne ne peut amener que des résultats positifs » (DE, 7/07). Si le quotidien i (8/07) se montre déçu par des discours manquant selon lui d’inspiration, un chercheur universitaire intervenant dans le DN (8/07), replaçant l’action des deux partenaires ibériques dans les trois cercles stratégiques européen, transatlantique, et atlantique sud, décrit cette visite comme « tout sauf symbolique». Les quotidiens rappellent par ailleurs l’importance des relations économiques luso-espagnoles. L’Espagne est le principal partenaire économique du Portugal, client et fournisseur, depuis plusieurs années. Le Portugal est quant à lui le 9ème fournisseur de l’Espagne - 6 155 entreprises portugaises exportent vers le marché espagnol-, et la 3ème destination des ventes espagnoles (DE, 7/07). Sur les 4 premiers mois de 2014, les exportations du Portugal vers l’Espagne ont augmenté de 4% (avec en tête des hausses les produits de consommation manufacturés et le secteur automobile), et celles de l’Espagne vers le Portugal, de 16,7% (DN, 7/07). Les échanges commerciaux cette année sont prévus d’avoisiner 30 milliards d’euros. Sur le plan historique, la presse revient sur l’intensité des liens personnels qu’avait Juan Carlos avec le Portugal, contrairement à son fils. Le DE (8/07) commente néanmoins que ce dernier s’est montré « très à l’aise dans le pays qui avait servi d’exil à sa famille». Felipe VI est décrit comme une « bouffée d’oxygène » pour la monarchie espagnole, sachant que « plus l’Espagne aura de stabilité démocratique, de paix et de prospérité économique, mieux ce sera pour le Portugal » (José Adelino Maltez, politologue). 1 II – Entrée prévue de la Guinée Equatoriale dans la CPLP (23 juillet) Principaux titres : « La Guinée Equatoriale accusée de torture quelques jours avant d’entrer dans la CPLP » (Público, 3/07) ; « Comment Obiang a isolé le Portugal par un ‘échec et mat’ en février » - « Editorial : l’admission de la Guinée Equatoriale a beaucoup à voir avec notre misérable concept de diplomatie» (Público, 6/07) ; « Les dénonciations de torture en Guinée Equatoriale laissent les partis indifférents » (Público, 9/07) F O C U S H E B D O M A D A I R E Le Público se penche de près sur la question des Droits de l’Homme en Guinée Equatoriale, alors que celle-ci est prévue d’intégrer la Communauté des Pays de langue portugaise (CPLP) lors du Sommet des chefs d’Etat à Dili le 23 juillet prochain [ndr : la CPLP est actuellement composée de l’Angola, du Brésil, du Cap Vert, de la Guinée-Bissau, du Mozambique, du Portugal, de Sao Tomé-et-Principe, et du Timor Oriental]. Le 3 juillet ce quotidien dédie sa ‘une’ au cas de l’entrepreneur italien détenu par les autorités équato-guinéennes depuis janvier 2013, décrivant la situation de la façon suivante : « comme plusieurs entrepreneurs étrangers victimes d’extorsions et de menaces en Guinée Equatoriale, Roberto Berardi avait accepté la principale condition imposée par le régime pour investir dans le pays, à savoir s’associer inconditionnellement à l’un des proches du Président. En 2008 il a reçu une invitation du fils aîné du chef de l’Etat, Teodorin Obiang (…), et a créé avec lui une société dont il a été directeur exécutif, jusqu’à ce qu’il soit mis en prison en janvier 2013 (…). Il a été victime de tortures et se trouve en danger de mort ». Le Público souligne que ce cas est suivi par trois organisations internationales, et rappelle que la France a lancé en 2012 un mandat d’arrêt international contre Teodorin Obiang. Trois jours plus tard le Público publie un long dossier sur le projet d’intégration de la Guinée Equatoriale à la CPLP. Il retrace sur un ton très critique l’historique de cette décision, en faveur de laquelle un tournant a été pris au Sommet des ministres des affaires étrangères de la CPLP le 20 février dernier à Maputo. Il explique que pour la diplomatie portugaise le régime de Malabo est « un problème » depuis que le statut d’observateur à la CPLP lui a été accordé en 2006. Au Sommet de Luanda en 2010 les réticences de Lisbonne avaient porté un coup d’arrêt au processus de son adhésion (sous l’impulsion, semble-t-il, du Président de la République Aníbal Cavaco Silva). Pour éviter une rupture entre le Portugal et les autres Etats membres il avait alors été convenu d’élaborer un « programme de soutien aux réformes à concrétiser par la Guinée Equatoriale » – temporisation qui avait néanmoins été vécue par l’Angola comme une défaite. Lors du sommet des ministres des affaires étrangères à Lisbonne en 2012, qui a vu l’inauguration du siège de la CPLP, l’ex-ministre des affaires étrangères Paulo Portas était parvenu à gagner encore quelques délais dans un climat tendu. Mais aujourd’hui le maintien de son opposition aurait pour le Portugal des coûts trop élevés. Le Público donne la parole au secrétaire exécutif de la CPLP qui considère que le moment est « opportun » pour l’entrée de la Guinée Equatoriale : Murade Murargy affirme que la question ne pouvait être davantage repoussée, justifiant les « conditions minimalistes » requises par le fait que « les violations des Droits de l’Homme ont lieu partout (les démocraties étant en construction) », et qu’à l’avenir « la CPLP doit avoir un contenu économique ». Le Público déplore la décision d’intégrer « un pays qui fait à peine ses premiers pas dans l’enseignement de la langue portugaise, met en place 72 heures avance un moratoire sur la peine de mort et est un potentat économique », qu’il interprète comme un « échec et mat » pour le Portugal. Selon son éditorial du 6 juillet la dictature équatoguinéenne ne devrait mériter que « la condamnation » et « le mépris », et « le Portugal agit sous la peur ». Son édition du 9 juillet fustige l’indifférence de la majorité des partis politiques portugais sur ce dossier. Le quotidien détaille par ailleurs les différents enjeux en cause. Pour Malabo, l’entrée dans la CPLP marque « un pas de plus dans la persistance de Teodoro Obiang de rompre l’isolement international de son pays » ; c’est dans cet élan que la capitale équato-guinéenne avait accueilli le Sommet de l’Union africaine les 26 et 27 juin. Pour Lisbonne, les enjeux actuels de la CPLP sont loin de ceux de sa création 1996, lorsqu’il s’agissait de relancer les relations avec les anciennes colonies. La globalisation a modifié l’image du Portugal et de l’Europe, de nouveaux équilibres régionaux se cherchent, les intérêts stratégiques se reconfigurent. 50% des ressources pétrolières découvertes dans la dernière décennie l’ont été dans la CPLP - ce qui ouvre notamment des perspectives pour le port portugais de Sines-, et la Guinée Equatoriale est l’Etat le plus riche de l’Afrique sub-saharienne. Toujours selon le Público, « l’entrée de la Guinée Equatoriale marque une nouvelle ère (…) Aujourd’hui la CPLP est en passe de se transformer en une pièce stratégique pour l’affirmation internationale du Portugal (…). Mais elle ne doit pas se transformer qu’en un club d’intérêts économiques, et il faut insister sur le renforcement du respect des Droits de l’Homme ». Le focus hebdomadaire n’est pas une revue de presse exhaustive mais une sélection ponctuelle, sous forme de résumés synthétiques et limitée à deux pages, de quelques sujets saillants de l’actualité (politique, économique, sociale ou culturelle) développés par les principaux titres de la presse écrite portugaise [quotidiens : Público, Diário de Notícias (DN), i, Diário Económico (DE), Jornal de Negócios (JDN), Correio da Manhã (CM) ; hebdomadaires : Expresso, Visão, Sábado]. Le contenu du Focus presse n’engage pas la responsabilité de l’ambassade. Pour toute utilisation du texte, même partielle, merci de vous adresser au service de presse. 2