Etude sur l`accueil des personnes désorientées au

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Etude sur l`accueil des personnes désorientées au
L’accueil des personnes désorientées
Recherche exploratoire au cœur des maisons de repos en
Wallonie
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L’accueil des personnes désorientées
Recherche exploratoire au cœur des maisons de repos en Wallonie
Infor homes Wallonie asbl - 2011
Travail sur l’accueil des personnes désorientées en maison de repos – IHW – 2011
De Coster Arnaud
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L’accueil des personnes désorientées
Recherche exploratoire au cœur des maisons de repos en Wallonie
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Table des matières
1.
INTRODUCTION.......................................................................................................................... 4
2.
MÉTHODOLOGIE ....................................................................................................................... 5
3.
RÉSULTATS DE LA RECHERCHE EXPLORATOIRE ......................................................... 6
3.1. ANALYSE POUR LA WALLONIE ................................................................................................... 6
3.1.1. ACCUEIL DES RÉSIDENTS DÉSORIENTÉS AU SEIN DES ÉTABLISSEMENTS WALLONS .................. 6
3.1.2. ETABLISSEMENTS ACCUEILLANT LES PERSONNES DÉSORIENTÉES ET DISPOSANT D’UNE
INFRASTRUCTURE PARTICULIÈRE À LEUR ATTENTION ............................................................................ 8
3.1.3. MISE EN PLACE D’ACTIVITÉS SPÉCIFIQUES POUR LES RÉSIDENTS DÉSORIENTÉS AU SEIN DES
MAISONS QUI LES ACCEPTENT ............................................................................................................... 10
3.1.4. PRÉSENCE DE REPÈRES PARTICULIERS ..................................................................................... 12
3.1.5. UTILISATION DE LA CONTENTION DANS LES ÉTABLISSEMENTS QUI ACCUEILLENT LES
PERSONNES DÉSORIENTÉES ................................................................................................................... 13
3.1.6. ETABLISSEMENTS DISPOSANT D’UN SYSTÈME DE SÉCURITÉ .................................................... 15
3.1.7. PRATIQUE DU SNOEZELEN ....................................................................................................... 16
3.1.8. EVOLUTION DE L’ÉTAT DE SANTÉ D’UN RÉSIDENT DÉSORIENTÉ ............................................. 17
3.1.9. CONCLUSION ............................................................................................................................ 18
3.2. « BONNES PRATIQUES » ............................................................................................................. 19
3.2.1. UNITÉ SPÉCIFIQUE RÉSERVÉE AUX PERSONNES DÉSORIENTÉES ET PRISE EN CHARGE COMMUNE
………………………………………………………………………………………………...19
3.2.2. ACTIVITÉS RÉALISÉES AU SEIN DE CERTAINS ÉTABLISSEMENTS.............................................. 20
3.2.3. « TRUCS » ET ASTUCES............................................................................................................. 20
3.2.4. FORMATION .............................................................................................................................. 21
3.2.5. CONCLUSION ............................................................................................................................ 22
4.
DISCUSSION DES RÉSULTATS .............................................................................................. 23
5.
CONCLUSION GÉNÉRALE ..................................................................................................... 24
6.
BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................................................... 25
7.
ANNEXES .................................................................................................................................... 26
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L’accueil des personnes désorientées
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1. Introduction
Infor Homes Wallonie est une ASBL qui a pour mission, entre autres, d’informer et d’orienter le
citoyen vers le type d’hébergement et le mode de vie qui pourraient lui correspondre au mieux, en
fonction de ses souhaits et besoins.
Par conséquent et au vu d’une demande croissante relative à la recherche de structures d’accueil
pour les personnes désorientées1, une recherche exploratoire dont la finalité était double fut
entamée par notre association. D’une part, il s’agissait d’obtenir une série d’informations sur
l’accueil des personnes âgées désorientées en Wallonie et ce, de manière à renseigner et conseiller
au mieux le public en recherche d’un lieu de vie. D’autre part, il s’agissait de faire apparaître des
tendances aussi bien générales que locales sur l’accueil des personnes désorientées en Wallonie et
de relayer ces observations vers les pouvoirs publics et politiques.
Pour répondre à ces objectifs, notre travail se structure comme suit :
La première partie met en évidence différentes tendances concernant la prise en charge des
personnes désorientées : l’accueil des résidents dans une unité spécifique (aussi appelée « cantou »),
qui leur est réservée ; l’accueil des résidents désorientés dans un esprit de mixité et de mélange avec
des personnes non désorientées ; la création de pièces spécifiques pour une prise en charge des
personnes à certains moments de la journée, etc.
En fonction des expériences vécues, des orientations du pouvoir organisateur, de la direction et du
personnel soignant, les établissements développeront l’approche leur semblant la plus pertinente.
La seconde partie de la recherche a pour objectif d’identifier dans une premier temps les limites et
difficultés de la prise en charge des personnes désorientées et les réponses qui y sont apportées par
certains établissements, pour ensuite mettre en évidence quelques pratiques et/ou projets
développés dans le cadre de l’accueil des résidents désorientés en maison de repos et révélant un
effet positif. Cette partie se veut être une ouverture sur une prochaine recherche exploratoire qui
sera réalisée dans les mois à venir et qui investiguera les pratiques innovantes en matière d’accueil et
d’accompagnement des aînés désorientés ou non, à domicile ou en maison de repos.
1
D’un point de vue théorique, nous pouvons définir la désorientation comme une « perte du sens de l'orientation dans le
temps et/ou dans l'espace résultant d'un bouleversement des perceptions mentales qui permettent ordinairement au sujet
de se repérer dans une situation donnée. La désorientation spatio-temporelle constitue l’un des symptômes majeur de la
confusion mentale (ou delirium) et est également rencontrée dans tout état d’affaiblissement de la conscience (troubles
démentiels, accidents vasculaires cérébraux, etc.) » (Larousse en ligne)
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2. Méthodologie
Pour la première partie de l’étude, nous avons récolté les données sur base d’une enquête. Un
questionnaire fut élaboré par écrit et ensuite soumis oralement par téléphone aux directions de
maisons de repos. Ce questionnaire2 s’est basé sur les 8 items3 suivants, chaque item renvoyant à
une question :
a) L’accueil des personnes désorientées
c) La mise en place d’activités
e) L’utilisation de la contention
g) La pratique du Snoezelen
b) La présence d’une infrastructure
d) La présence de repères (visuels/olfactifs)
f) La présence d’un système sécurisé
h) L’évolution de la maladie
L’entretien téléphonique avait pour objet de recueillir une série d’informations concernant la prise
en charge des personnes désorientées. Les informations obtenues ont ensuite été encodées sur un
tableur Excel en vue d’élaborer les statistiques. Au total, 569 établissements (maisons de repos et
maisons de repos et de soins) ont répondu à ce questionnaire (85 à Namur ; 44 au Luxembourg ; 142
à Liège ; 236 dans le Hainaut ; 62 dans le Brabant Wallon). Ces établissements constituent
l’échantillon de la première partie de notre recherche.
Dans la seconde partie de la recherche, la mise en évidence des pratiques innovantes en maisons de
repos fut possible grâce à l’aide des volontaires. Un focus group a été spécialement créé pour
échanger avec les volontaires d’Infor Homes Wallonie quant aux initiatives positives mises en œuvre
dans certains établissements pour accueillir les personnes désorientées dans les meilleures
conditions. Les volontaires d’Infor Homes Wallonie sont en effet des spectateurs de terrain
privilégiés par les visites d’établissements pour personnes âgées qu’ils réalisent sur base d’un
« rapport de visite standardisé » appelé « guide d’entretien ». C’est entre autres sur base de ces
visites et des informations qui y sont recueillies, que les volontaires sont ensuite à même de mener
les permanences téléphoniques auprès du grand public dans un but d’information et d’orientation
des personnes vers des lieux d’hébergement appropriés.
Des compléments d’informations ont ensuite pu être obtenus via des contacts téléphoniques établis
avec les directions des maisons de repos.
2
Cf. annexe 1
Items basés eux-mêmes sur les questions les plus récurrentes en matière d’accueil des personnes désorientées lors des
permanences téléphoniques
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3. Résultats de la recherche exploratoire
3.1.
Analyse pour la Wallonie
Sur l’ensemble des maisons de repos et de soins recensées sur le territoire wallon, 88,5% nous ont
répondu positivement, soit un échantillon de 569 établissements.
3.1.1. Accueil des résidents désorientés au sein des établissements wallons
Accueil des personnes désorientées au sein des
établissements
4%
Accepte les personnes
désorientées
N'accepte pas les personnes
désorientées
96%
Graphique 1 : pourcentage d’établissements qui accueillent les personnes désorientées
Comme l’indique ce graphique, 96% des établissements interrogés (soit environ 546 maisons sur 569)
accepteraient les personnes désorientées. Toutefois, il est à noter que certaines maisons émettent
quelques réserves quant à l’entrée d’un résident désorienté considéré comme « fugueur ». Par
exemple, parmi les 78 maisons namuroises acceptant les personnes désorientées, 22 nous ont confié
refuser d’accueillir les personnes fugueuses. Néanmoins, lorsqu’un résident devient « fugueur » au
cours de son séjour, l’établissement s’adapte pour continuer à l’héberger dans les meilleures
conditions possibles.
L'ensemble des maisons de repos qui ont répondu au questionnaire (569 établissements)
comptabilise au total 41.193 lits. Sur ces 41.193 lits, 2.384 lits sont dits « spécialement réservés » aux
personnes désorientées, soit 5,78%4.
Comme nous pouvons l’observer dans le tableau ci-dessous, au niveau provincial, le pourcentage de
lits spécialement réservés aux personnes désorientées sur l’ensemble des lits disponibles, varierait
donc entre 4% et 7% (à l’exception de la province du Luxembourg).
4
Nombre de lits spécialement réservés sur l’ensemble des lits ; soit 2384 sur 41193.
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Tableau 1 : pourcentage de lits réservés aux personnes désorientées, par province
Hainaut
6,9%
Liège
5,25%
Namur
5,5%
Brabant Wallon
4,64%
Luxembourg
2,85%
L’analyse par province permet également de souligner que la province du Hainaut compterait à elle
seule, plus de 50% des lits spécifiquement réservés aux personnes âgées désorientées en Wallonie.
Attention toutefois, nous n’avons pas interrogé la totalité des maisons de repos wallonnes ni la
totalité des maisons par province. Par conséquent, les chiffres pourraient être influencés par la
proportion de maisons interrogées dans chacune des provinces par rapport à l’ensemble des
établissements pour la Wallonie.
Tableau 2 : nombre de lits réservés aux personnes âgées désorientées selon la province
Hainaut
Liège
Namur
1260 lits
52,85%
545 lits
22,7%
309 lits
12,95%
Brabant
Wallon
185 lits
7,8%
Luxembourg
85 lits
3,6%
Lits total en
Wallonie
2384 lits
100%
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3.1.2. Etablissements accueillant les personnes désorientées et disposant d’une
infrastructure particulière à leur attention
Par « infrastructure particulière » nous entendons un cadre de vie adéquat et adapté aux personnes
souffrant de démences et/ou désorientées (se distinguant donc des structures destinées à l’accueil
des résidents « non désorientés »).
Comme le développent Van Audenhove, Ylieff et al. Dans une étude de la Fondation Roi Baudoin en
2009, ces structures spécialisées auraient pour objectif de ne pas se limiter aux soins indispensables,
mais viseraient surtout l’accompagnement et l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie. Le
cadre de vie y est de type familial, stable, doit favoriser la vie communautaire en groupe restreint (10
à 15 résidents), la participation aux activités de la vie quotidienne et sociale et le maintien des
relations avec la famille (Ylieff, 2000 cité par Van Audenhove, Ylieff et al, 2009).
C’est ainsi d’ailleurs que dès 1977, Caussanel créa en France le premier « cantou5 ». Ce terme signifie
en Occitan «coin du feu » et symbolise l’ambiance chaleureuse des foyers d’autrefois dans lesquels
plusieurs générations cohabitaient. Son but n’est pas de créer un «ghetto», mais bien d’apporter aux
personnes démentes une prise en charge plus adaptée que les structures d’hébergement
traditionnelles. Plus précisément, le cantou consiste à offrir à un petit groupe de résidents des
conditions de vie proches de celles du milieu familial, et propose des animations centrées sur des
activités courantes afin de stimuler les fonctions sensori-motrices et cognitives préservées.
Infrastructures particulières déstinées aux personnes
désorientées
36%
Avec infrastructure particulière
Sans infrastructure particulière
64%
Graphique 2 : pourcentage d’établissements qui disposent d’une infrastructure particulière destinée aux personnes désorientées
Dans notre recherche, un tiers des maisons qui acceptent les personnes désorientées en Wallonie
disposeraient d’une infrastructure particulière (graphique ci-dessus).
Le graphique suivant reprend les différents types d’infrastructures spécifiquement destinées à
l’accueil des personnes désorientées et les plus souvent citées dans notre recherche.
5
Les initiales de ce mot désigneront par extension la contraction de « Centre d’Activités Naturelles Tirées d’Occupations
Utiles.
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Prise en charge particulière sans unité spécifique
Seconde salle à manger pour la prise du repas
Pièce où les résidents sont regroupés la journée
Etage où les résidents sont regroupés
Espace conçu: étages, ailes sécurisées (ex. Cantou)
0
20
40
60
80
100
120
140
Graphique 3 : infrastructures destinées à l’accueil des personnes désorientées
L’analyse des informations met en évidence la présence de 118 unités spécifiques d’accueil pour
personnes désorientées, sur 546 maisons qui accueillent les personnes qui présentent des
symptômes de désorientation, et sur 205 maisons qui proposent une infrastructure particulière
destinée aux résidents désorientés6 (se composant en général dans cette recherche d’un lieu de vie
et d’un restaurant7).
Ces unités qui sont, comme nous l’avons abordé plus haut, plus communément appelées « cantous »
ou « unités sécurisées » représentent 59% des infrastructures recensées dans notre recherche.
D’autres infrastructures ont également été mises en évidence :
o
o
o
o
Prise en charge particulière sans unité spécifique : prise en charge commune des résidents
mais avec une attention particulière aux personnes désorientées.
Seconde salle à manger : lieu où les résidents qui en ont besoin, peuvent être davantage
accompagnés dans la prise du repas.
Pièce où les résidents sont regroupés la journée : cantou de jour, salons spécialement
destinés aux personnes désorientées, etc.
Etage où les résidents désorientés sont regroupés tant que possible : les personnes
désorientées sont rassemblées sur un même étage qui se trouve en général près du bureau
des infirmier(e)s.
6
Il ne s’agit pas du nombre total d’unités en Wallonie puisque toutes les maisons wallonnes n’ont pas pu répondre à notre
enquête.
7
Pour plus d’informations et sur la base des données de la littérature internationale, le Gouvernement wallon (20a défini
les normes de l’unité d’accueil spécifique : « Lorsqu’il est organisé (de jour comme de nuit au sein d’une unité architecturale
spécifique – AGW du 7 octobre 2010, art. 30, 1°), l’hébergement des personnes âgées désorientées se réalise dans une unité
adaptée d’une capacité de 10 à 15 résidents. L’unité adaptée favorise l’autonomie collective et individuelle des personnes
âgées désorientées grâce à la création d’un environnement s’inspirant d’un cadre de vie de nature familiale. L’autonomie
collective est réalisée par une organisation distincte des tâches de la vie journalière et l’autonomie individuelle par la
participation des résidents aux tâches de la vie journalière sous la guidance du personnel d’accompagnement. Dans ce
cadre, l’unité adaptée assure l’aménagement et la stimulation d’un rythme de vie normale au quotidien, des activités
structurées et compréhensibles pour le patient, le maintien des relations sociales, l’entretien et la valorisation des capacités
restantes. La participation des résidents qui s’inspire de la dynamique des groupes restreints doit favoriser les liens avec la
famille et l’entourage des résidents de telle manière à les impliquer dans le projet mené par l’unité. Cette participation doit
également permettre la formation d’une communauté de vie homogène.(AGW, 2009)
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3.1.3. Mise en place d’activités spécifiques pour les résidents désorientés au sein
des maisons qui les acceptent
Mise en place d'activités spécifiques
41%
Activités spécifiques
Pas d'activités spécifiques
59%
Graphique 4 : pourcentage d’établissements mettant en place des activités spécifiques pour les personnes désorientées.
Les activités en institution revêtent une fonction non négligeable en ce sens qu’elles doivent susciter
le plaisir et permettre d’éviter la solitude en favorisant les liens avec les familles et les attitudes
sociales par le biais de stimulations positives.
Selon notre enquête, il semble, que 59% des établissements proposent des activités spécifiques aux
personnes désorientées, et ce, même si seulement 36% des établissements disposent d’une
infrastructure particulière. Dès lors, il apparaît qu’une maison de repos qui propose des activités plus
spécifiques ne dispose pas forcément d’une infrastructure particulière pour personnes désorientées.
Il est nécessaire de préciser que ces 59% reprennent les activités organisées tant individuellement
que collectivement, organisées tant quotidiennement que ponctuellement (une à deux fois par
semaine). Le graphique ci-dessous précise le type d’activités proposées.
Types d'activités
Lecture
A ctivités de réminiscence
Jardinage
A ctivités avec des animaux
Gym do uce
A ctivités à la vie jo urnalière
B rico lage
Jeux de mémo ire
A ctivités musicales
De bien-être
A ctivités culinaires
A ctivités s'inspirant du principe du Sno ezelen
0
10
20
30
40
50
60
70
10
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Graphique 5 : types d’activités pour personnes désorientées organisées dans les établissements pour personnes âgées
Ce graphique montre que l’activité la moins pratiquée serait l’atelier de réminiscence8. A l’inverse, la
plus souvent pratiquée serait l’atelier culinaire, suivie des activités s’inspirant du Snoezelen (un
concept que nous développerons plus bas) et des activités basées sur le bien-être et la relaxation.
Dans le cadre de cette étude, nous nous sommes également intéressés à la prise en charge des
personnes désorientées par le personnel des établissements.
Personnel encadrant
Référent dément
Assistant social
Assistant en psychologie
Bénévole
Aide soignant
Logopède
Educateur
Animatrice
Kiné
Ergo
0
20
40
60
80
100
120
140
160
180
200
Graphique 6 : personnel impliqué dans la prise en charge d’activités destinées aux personnes désorientées
Comme nous pouvons l’observer sur ce graphique, les établissements citent majoritairement
l'ergothérapeute comme étant le membre du personnel encadrant les résidents désorientés lors des
activités.
En effet, l’ergothérapeute, en sollicitant chez le résident les capacités fonctionnelles préservées en
vue de trouver des alternatives permettant de réaliser les gestes du quotidien, semble dès lors
mettre en avant des aptitudes primordiales à la prise en charge des personnes désorientées.
8
Technique visant à raviver les souvenirs de la personne désorientée par le biais d’objets, de musiques, d’odeurs de
sensations diverses. Pour favoriser les échanges, l’animateur du groupe utilise des albums photos, des images, des films…
Les participants entrent ainsi en contact les uns avec les autres à travers leurs souvenirs, créant alors de nouveaux liens ; ils
se découvrent des points communs jusque là ignorés (Brochure Espace Seniors, 2011)
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3.1.4. Présence de repères particuliers
Le dictionnaire Larousse définit le repère comme une « marque ou un objet permettant de s’orienter
dans l’espace, de localiser quelque chose, d’évaluer une distance, une mesure, une valeur etc. » De
manière plus figurée, il s’agira de «ce qui permet de reconnaître quelque chose dans un ensemble, de
localiser quelque chose dans le temps ou dans l’espace ».
A la question de notre enquête, « proposez-vous des repères particuliers à l’attention des personnes
désorientées ? », 57% des établissements participant à notre recherche ont répondu oui.
Présence de repères visuels et/ou olfactifs
1%
Avec repères
42%
Sans repères
57%
Sans réponse
Graphique 7 : pourcentage d’établissements utilisant des repères visuels et/ou olfactifs à destinations des personnes désorientées.
Intéressons-nous dès lors, aux types de repères utilisés :
Types de repères
Calendriers
Bracelets
Couloirs à thèmes et décorations différentes par couloir
Couleurs de couloirs différentes
Fléchages et pictogrammes
Repères olfactifs
Personnalisation de la porte de chambre
0
20
40
60
80
100 120 140 160 180
Graphique 8 : types de repères proposés aux personnes désorientées
Comme nous pouvons le constater sur ce graphique, les repères utilisés dans les établissements pour
personnes âgées seraient surtout visuels. De plus, il s’agirait pour la plupart des cas d’une
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personnalisation des portes de chambres (photos sur portes, images, couleur de la porte, etc.).
En outre, notre recherche a permis de mettre en avant que trois établissements interrogés
proposent des repères olfactifs (deux dans le Hainaut et un dans la province de Namur). Chez eux,
chaque étage est alors parfumé différemment (au premier étage lavande, au second eucalyptus,
etc.). Quasi aucun repère temporel ne semble avoir été mis en évidence hormis un système de
calendriers.
3.1.5. Utilisation de la contention dans les établissements qui accueillent les
personnes désorientées
Dans le cadre de cette recherche exploratoire, nous nous sommes également intéressés à la pratique
de la contention dite « passive » que nous pouvons définir comme étant « un appareil ou un procédé
destiné à immobiliser une partie du corps humain dans un but thérapeutique ou de sécurité de la
personne âgée qui présente un comportement mal adapté ou dangereux » (Detienne, 2002). La
contention passive est à distinguer de la contention posturale (dans le cadre d’un travail rééducatif)
ou encore de la contention « active » (réalisée le plus souvent par un masseur kinésithérapeute qui
prépare la verticalisation après une période d’alitement prolongé).
Utilisation de la contention “passive”
2%
6%
Utilise
N'utilise pas
Sans réponse
92%
Graphique 9 : pourcentage d’établissement ayant recours à la contention
Ce graphique montre une utilisation répandue de la contention. Dans la plupart des établissements
interrogés, il s’agirait d’une mesure prise de manière préventive (afin de réduire les risques de chute
par exemple). Avant d’être mise en place, la mesure de contention ferait généralement l’objet d’une
décision pluridisciplinaire. Elle serait ensuite revue régulièrement.
Le tableau9 ci-dessous reprend le pourcentage
province :
d’établissements utilisant la contention, par
Tableau 3 : pourcentage d’établissement utilisant la contention par province
Hainaut
91%
Namur
94%
Luxembourg
95%
Brabant Wallon
88%
Liège
98%
9
Tableau calculé proportionnellement pour chaque province. Ex : Nombre pratiquant la contention en province du
Luxembourg sur la totalité des établissements de cette province participant à l’étude.
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La contention peut revêtir de multiples facettes. On peut citer des moyens spécifiques comme les
gilets et les sangles thoraciques, les ceintures, les bracelets de poignets et de chevilles, les barreaux
de lit (n’étant pas considérés comme mesure de contention par tous), les sièges gériatriques (avec
freins pour immobiliser), les sièges avec une tablette fixée, les demi portes pour éviter les fuites …
Parmi les moyens non spécifiques, il faut considérer tout matériel détourné de son usage, bien
souvent un drap ou tout vêtement qui limite les mouvements volontaires de la personne (ANAES,
2000).
Ici, nous nous sommes penchés sur les types de contention auxquels recourent les établissements
interrogés dans le cadre de notre recherche.
Le tableau suivant reprend donc de manière générale les modes de contention les plus souvent cités
dans notre enquête.
Tableau 4 : types de contention les plus cités dans notre enquête
Types de contention les plus souvent employés
Demi porte-barrière
Lien
Sangle/harnais
Grenouillère-housse de lit
Coussin -fauteuil gériatrique
Gilet
Bracelet
Ceinture
Tablette
Barreaux de lit
0
20
40
60
80
100
120
140
160
Selon les données récoltées dans le cadre de notre recherche, les barreaux de lit seraient le mode de
contention le plus souvent employé et ce, de manière à éviter les chutes pendant la nuit.
Il est nécessaire de préciser ici que la contention n’est pas une mesure prise parce qu’une personne
est désorientée mais plutôt une mesure de sécurité, qu’elle soit ou non considérée comme légitime.
Certains établissements préféreront cependant mettre des matelas au sol ou descendre le lit du
résident au maximum, pour ne pas en venir à la contention.
Au niveau des provinces, les établissements du Hainaut et de la province de Namur citent également
les barreaux de lit comme étant le mode de contention employé le plus fréquemment. Pour la
province de Liège et du Luxembourg il s’agit de la ceinture. Et pour le Brabant wallon, la tablette de
fauteuil.
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3.1.6. Etablissements disposant d’un système de sécurité
Par système de sécurité, nous entendons tout système destiné à protéger et à sécuriser le résident
désorienté.
Système de sécurité
1%
30%
Avec
Sans
Sans réponse
69%
Graphique 10 : pourcentage d’établissement ayant un système de sécurité
Parmi les 69% d’établissements qui disposent d’un système de sécurité, le système le plus souvent
employé resterait la mise en place de portes à code à l’entrée des établissements. Même si un
système de portes à code ne permet pas d'éviter les sorties à 100%, il peut en tout cas les limiter. Les
autres systèmes employés sont notamment les bracelets/colliers et badges électroniques10.
10
Ces accessoires échangent des données numériques de type contrôle d’accès avec une balise de passage qui peut
ordonner le blocage de l’issue et envoyer par radio ou par fils une alerte visuelle et sonore sur tout afficheur fixe ou mobile.
Dans certains cas ces accessoires peuvent aussi permettre de géo localiser les personnes qui les portent.
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3.1.7. Pratique du Snoezelen
Selon l’ISNA (association internationale du Snoezelen), le concept du Snoezelen consiste à « créer un
environnement qui propose des sollicitations sensorielles qui génèrent du plaisir et de la détente, ce
qui se traduit par l’aménagement de salles11 différentes ou encore, selon les institutions, de parcours
sensoriels ».
Le concept est originaire des Pays-Bas et doit son nom à la contraction des mots néerlandais
« snuffelen » (renifler) et « doezelen » (somnoler). C’est donc en proposant une série d’expériences
sensorielles variées (massage, aromathérapie, musique, bains...) que cette pratique vise à favoriser la
stimulation des sens primaires. De même, l’un de ses objectifs sera de travailler la mémoire affective
par le toucher, la vision et ce notamment à l’aide d’objets anciens, de textures diverses, de vieilles
photos…
Enfin, c’est en privilégiant la qualité de l’accompagnement, en relativisant la quête de « résultats »
dictés par le souci de normalisation et en impliquant une approche globale de la personne que le
Snoezelen pourra être distingué des techniques de rééducation ou encore de thérapie. (Brochure
Espace Seniors, 2011)
Pratique du Snoezelen
3%
24%
OUI
NON
Sans réponse
73%
Graphique 11 : pourcentage d’établissements qui proposent le Snoezelen
Ce graphique permet de mettre en évidence qu’un quart des maisons de repos interrogées dans le
cadre de notre recherche exploratoire, pratiquerait le Snoezelen. Malheureusement, il n’indique pas
la manière dont est pratiqué le Snoezelen, ni le type d’espace proposé.
De plus, cette proportion comprend tant les maisons disposant d’une salle spécialement dédiée à
cette approche que celles proposant le Snoezelen dit « itinérant » (tel que le chariot snoezelen) qui
permet au personnel de le pratiquer dans la chambre du résident.
11
Une salle blanche de détente et de relaxation, une salle de découvertes (encourager les mouvements, stimuler le sens
olfactif par les huiles essentielles) et une salle interactive (favoriser les interactions via les lumières, les sons etc.) (Brochure
Espace Seniors, 2011)
16
L’accueil des personnes désorientées
Recherche exploratoire au cœur des maisons de repos en Wallonie
Infor homes Wallonie asbl - 2011
3.1.8. Evolution de l’état de santé d’un résident désorienté
Lorsque l’état de la personne désorientée évolue, les maisons de repos peuvent agir de différentes
manières. Certaines vont refuser d'emblée les personnes désorientées dites fugueuses ou violentes
soit parce qu'elles ne disposent pas de système de sécurité et/ou parce qu'elles souhaitent garder
une certaine tranquillité/sécurité. D'autres maisons acceptent les personnes désorientées et les
réorientent éventuellement vers une structure plus adaptée quand l’état de la personne ne leur
permet plus d’assurer une prise en charge adéquate.
L'évolution de l'état de la personne ferait généralement l'objet d'une réunion pluridisciplinaire qui
peut éventuellement déboucher sur l’hospitalisation du résident dans un hôpital psycho –
gériatrique, et ce, de manière à adapter le traitement sans toutefois « l’assommer » de médicaments
(point sur lequel les directions semblent être vigilantes).
Quoi qu’il en soit, les directions de maisons repos disent souhaiter garder les résidents le plus
longtemps possible et ne pas avoir à les réorienter, que ceux-ci soient lucides ou non. En effet, la
réorientation ou le décès d’un résident en dehors de la maison semblent être souvent vécus par le
personnel comme des échecs.
17
L’accueil des personnes désorientées
Recherche exploratoire au cœur des maisons de repos en Wallonie
Infor homes Wallonie asbl - 2011
3.1.9. Conclusion
Au travers des différents items12 cités en introduction, la recherche exploratoire a permis de mettre
en lumière une série d’informations relatives à l’accueil des personnes désorientées.
Nous l’avons constaté, différentes structures d’accueil sont mises en place en Wallonie, telles que
notamment, les unités spécifiques et sécurisées qui maintiennent les résidents dans un espace qui
leur est spécifiquement réservé ou encore, les « cantous de jour », les salles à manger particulières,
etc. D’autres établissements quant à eux préfèreront préserver la mixité des résidents (désorientés
et non désorientés). Pour un directeur interrogé qui ne souhaitait pas créer d’unité, la mixité aura
tendance à « tirer les personnes désorientées vers le haut ». Dans cette même optique, une
directrice de maison considérait les personnes non désorientées comme des « veilleurs » qui d’une
certaine manière, pouvaient encadrer les résidents désorientés.
A contrario, la création d’une unité spécifique peut parfois s’avérer nécessaire pour une direction, au
vu des relations difficiles et tendues qui peuvent apparaître entre résidents désorientés et résidents
non désorientés. En effet, qu’il s’agisse d’un manque de patience ou de tolérance, la vie en
communauté peut parfois devenir compliquée.
Que ce soit pour la personne désorientée, les autres résidents de l’institution, l’institution elle-même
ou la famille, l’analyse de la situation au cas par cas reste primordiale pour déterminer le plus
judicieusement possible les structures susceptibles de répondre au mieux aux besoins des acteurs
concernés. C’est d’ailleurs en ce sens qu’un service tel que celui proposé par Infor Homes Wallonie
prend toute son importance.
Notons pour terminer, que notre recherche exploratoire a également analysé l’accueil des résidents
désorientés par provinces. Pour conclure cette partie de notre recherche nous avons réalisé un
tableau comparatif et synthétique des résultats obtenus dans chacune des Provinces de la Wallonie :
Tableau 5 : pourcentage d’établissements répondant positivement aux 6 items
Provinces
Présence
d’une
infrastructure
spécifique
Proposition
d’activités
spécifiques
Présence de
repères
particuliers
Utilisation
de mesures
de
contention
Présence
d’un système
de sécurité
Pratique du
Snoezelen
Brabant Wallon
36%
76%
67%
88%
57%
25%
Namur
64%
62%
61%
93%
69%
26%
Liège
39%
58%
63%
92%
83%
14%
Luxembourg
32%
66%
61%
95%
66%
23%
Hainaut
36%
54%
51%
91%
63%
29%
12
Items : Accueil des personnes désorientées – la présence d’une infrastructure – la mise en place d’activités – la présence de repères –
l’utilisation de la contention – la présence d’un système sécurisé – la pratique du snoezelen – l’évolution de la maladie.
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L’accueil des personnes désorientées
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3.2.
« Bonnes pratiques »
Cette seconde partie de notre recherche exploratoire a pour objectif, tout d’abord, d’identifier des
limites ou difficultés dans la prise en charge des personnes désorientées que l’on peut constater sur
le terrain, pour ensuite mettre en évidence les pratiques développées pour améliorer l’accueil des
personnes désorientées et des résidents en général.
Notons aussi que cette partie sera approfondie dans le cadre d’une deuxième recherche exploratoire
centrée sur les pratiques innovantes qui sont élaborées pour accueillir et prendre en charge les
personnes désorientées et les personnes âgées, en institution ou à domicile. Ce qui suit constituera
donc une première analyse de la situation et une base de travail pour notre prochaine recherche.
3.2.1. Unité spécifique réservée aux personnes désorientées et prise en charge
commune
Pour certains professionnels, la présence d’une unité spécifique pour les personnes désorientées,
s’avère nécessaire pour prendre en charge les résidents désorientés. En effet, ces unités
permettraient d’éviter des tensions entre les résidents désorientés et les résidents non désorientés.
Toutefois, les professionnels remarquent que ces unités spécifiques ne sont pas la panacée et
présentent des limites. En effet, le degré de désorientation variable d’un résident à l’autre demande
un accompagnement individuel et adapté à chaque situation. Une personne « moyennement
désorientée » peut donc se retrouver dans une unité avec une autre personne davantage
désorientée. Dans ce cas de figure, comment favoriser et maintenir l’autonomie de deux personnes
désorientées qui vivent ensemble et qui sont à des degrés de maladie différents ?
D’autres établissements proposent un « cantou de jour » pour les résidents désorientés. Ceux-ci,
dépendants ou valides (physiquement), sont dès lors pris en charge du matin jusqu’en fin d’aprèsmidi après quoi, ils regagnent leur chambre et prennent le repas du soir avec l’ensemble des
résidents. L’enjeu est de permettre à chacun de maintenir un contact avec les autres résidents
puisque les résidents désorientés ne sont pas uniquement « entre eux ». (Ici, le directeur parlait
d’ailleurs de « mélange de genres amenant à une certaine stabilité »).
Dans ce même ordre d’idées, une maison de repos dans la province de Namur propose une approche
d’accompagnement journalier. Il s’agit d’apporter des soins et une stimulation adaptée aux résidents
désorientés à différents moments de la journée (pendant les repas, les activités ou encore les soins).
Cet accompagnement est réalisé par une équipe paramédicale spécialement formée.
Contrairement à ce type d’accueil spécifique dans des lieux spécialement réservés aux personnes
désorientées, d’autres structures d’accueil sont développées. Elles peuvent consister en une prise en
charge commune de l’ensemble des résidents. En effet, certains établissements décident de
maintenir les résidents ensemble qu’ils soient désorientés ou non. Cet encadrement nécessite une
organisation particulière et demande une réelle acceptation et implication tant de la part des
résidents non désorientés que du personnel soignant. De plus, une difficulté peut apparaître au
niveau de la relation entre résidents (désorientés – non désorientés).
19
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3.2.2. Activités réalisées au sein de certains établissements
Certaines maisons de repos développent des activités dans le but de favoriser le bien-être des
résidents et de stimuler leur mémoire. Nous ne citerons ici que quelques exemples, en sachant que
cette seconde partie fera l’objet d’un approfondissement dans le cadre d’une prochaine recherche
exploratoire.
-
Activ’Dog13 : Activ’dog est une association qui organise des activités avec des chiens et des
chats auprès des personnes âgées. Le but est de maintenir les potentiels (non altérés)
cognitif, physique, psycho-social et affectif des résidents. Ces activités ont un double sens :
elles permettent au résident de s’apaiser et de se détendre au contact de l’animal et
travaillent à la fois sa mémoire (race du chien, nom du chien, sa couleur, etc.). (Activités
réalisées dans différentes maisons de repos en Wallonie).
-
Jardin de senteurs et potager : Le jardin est aménagé à un mètre de hauteur pour permettre
aux résidents de profiter des plantations sans devoir s’accroupir. L’éveil des sens se trouve
dés lors à portée de main. (Activité réalisée dans une maison de repos dépendant d’une
intercommunale de la province de Liège)
-
Création d’un album de famille : Cette activité est réalisée avec un membre du personnel
paramédical. L’objectif vise à raviver quotidiennement la mémoire des résidents. (Maison de
repos dépendant d’une association dans la province de Namur).
3.2.3. « Trucs et astuces »
Le paragraphe suivant relate des initiatives mises en place par certains établissements dans la
prise en charge des personnes désorientées. Ces initiatives constituent des pistes de solutions
face aux difficultés qui peuvent être rencontrées au jour le jour dans la prise en charge de ce
public.
13
-
Trompe-l’œil aux portes: Afin de réduire le nombre d’allers et venues des résidents
désorientés vers les portes de sortie de l’unité sécurisée d’une maison de repos de CPAS
dans la région de Ath, la direction a mis en place des trompe-l’œil aux deux portes de cette
unité. Il s’agit de posters représentant une forêt et qui recouvrent l’entièreté des portes.
Même si d’après la directrice, ce système n’empêche pas toutes les sorties de l’unité, il en
diminue considérablement le nombre et prodigue un sentiment d’apaisement chez les
résidents.
-
Cordons aux portes : Confronté à la gestion difficile des résidents « déambulateurs » ainsi
qu’à des entrées non désirées dans d’autres chambres, le personnel d’une maison de repos
de la province de Liège a décidé d’installer en travers des encadrements de portes des
chambres, un cordon à hauteur des hanches afin d’éviter que les résidents désorientés ne
puissent rentrer dans la chambre d’un autre résident. Ce système s’avère être un petit
obstacle physique mais efficace.
Interview de Mme Daniels, coordinatrice activ’dog
L’accueil des personnes désorientées
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Infor homes Wallonie asbl - 2011
20
-
L’historique de vie : Etape souvent proposée lors d’une entrée en maison de repos. Ce
document retrace la vie du résident et peut, dans certains cas, permettre de comprendre le
comportement changeant de celui-ci. L’historique peut se faire directement lors de l’entrée
mais certains établissements préféreront quant à eux proposer au résident d’y réfléchir et de
le compléter quelques semaines après son arrivée de manière à lui laisser le temps de
s’installer dans son nouveau lieu de vie. Sur base de l’historique de vie, une maison de repos
privée dans la région de La Louvière tente de mettre en avant les compétences de ses
résidents qui peuvent être identifiables dans le récit. Cela permet en effet à l’institution de
prendre connaissance des habiletés personnelles de la personne afin de les mettre à profit
dans le quotidien de la maison et de faciliter par là une intégration quelques fois ardue dans
un nouveau lieu de vie. Cela fut notamment le cas pour un résident désorienté qui, écrivain
dans le passé, a continué à participer à la vie de la maison en étant sollicité pour la rédaction
du journal interne.
-
Tables rondes à destination des familles : Si pour les professionnels de maisons de repos,
l’historique de vie s’avère être un outil utile pour appréhender la personne institutionnalisée,
certains comportements resteront néanmoins difficiles à comprendre et à accepter pour les
familles. Par exemple, deux résidents désorientés (mariés à des conjoints résidant en dehors
de l’établissement) s’imaginaient être mari et femme. La situation est vite devenue
problématique pour les deux familles et particulièrement pour les partenaires concernés
n’habitant pas l’institution. Pour aider les familles à comprendre ce genre de situation, des
établissements proposent des réunions de famille afin de prendre le temps d’expliquer aux
proches les agissements de la personne désorientée.
C’est notamment le cas d’une maison de repos privée dans le Hainaut qui, après avoir
constaté que les familles des nouveaux arrivants se posaient beaucoup de questions sur les
maladies liées à la désorientation (notamment Alzheimer) et sur les comportements qu’elles
pouvaient entraîner, a décidé de s’orienter vers l’organisation de tables rondes pour les
familles. L’objectif de ces concertations est double : tout d’abord, animée par un membre du
personnel, la rencontre comporte une première partie destinée à expliquer de manière plus
théorique la maladie par l’intervention du médecin coordinateur. Le second objectif consiste
quant à lui, à permettre aux familles d’échanger et partager sur ce qu’elles vivent. Il s’agit
donc d’essayer de comprendre la maladie dont le proche est victime mais également de
partager avec d’autres le vécu, les expériences que l’on en a pour vivre cette réalité de
manière moins isolée, moins douloureuse : échanger des histoires communes pour se sentir
compris et moins seul.
3.2.4. Formation
La formation du personnel à la thématique de la désorientation et à la prise en charge de personnes
désorientées apparaît primordiale. Des formations sont proposées au personnel de maisons de repos
afin de répondre adéquatement aux besoins des résidents qui présentent des symptômes de
désorientation. En voici un bref aperçu.
o
14
La formation « sTimul14 » propose aux soignants de prendre la place des soignés pendant 2
jours (nuits comprises). Ils sont alors pris en charge par des étudiants qui joueront le rôle
des soignants. Quelques jours avant le début de la formation, chaque membre du personnel
choisi un « « handicap » » qu’il va devoir s’approprier tout au long de son séjour, comme par
Interview d’Ann Deschepper, éducatrice pour l’équipe de sTimul.
L’accueil des personnes désorientées
Recherche exploratoire au cœur des maisons de repos en Wallonie
Infor homes Wallonie asbl - 2011
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exemple la désorientation (telle qu’elle pourrait se manifester dans la maladie d’Alzheimer).
L’objectif de cette formation est ainsi de favoriser la réfléxion éthique par le biais de la
stimulation. Cela permet aux membres du personnel de prendre conscience du mal-être de
la personne désorientée et de répondre en connaissance de cause à ses besoins. (Formation
qui s’est donnée entre autres dans une maison de repos de la région de Tournai).
o
Des formations à destination du personnel de cuisine sont également développées15. Il s’agit
de lier le plaisir des différents sens en permettant de favoriser l’autonomie des personnes
concernées. C’est le cas d’une formation réalisée à Paris qui propose au personnel de
cuisine de découvrir l’enjeu de la préparation de repas adaptés aux personnes désorientées.
Cela consiste par exemple en la préparation de repas qui permettront aux résidents, lorsque
le maniement des couverts devient trop difficile, d’être mangés directement avec les doigts
(des carottes cuites entières par exemple). Les sens comme la vue, le toucher, l’odorat…
seront ainsi davantage sollicités ce qui n’est pas particulièrement le cas pour les repas mixés
(ces derniers, notons le, seront parfois bien nécessaires chez des personnes présentant des
troubles importants de la déglutition tels qu’ils peuvent apparaître dans certaines
démences).
3.2.5. Conclusion
En conclusion, de nombreux établissements expérimentent de nouvelles pistes en termes de prise en
charge de résidents désorientés. Ce chapitre en recense quelques unes mais une seconde recherche
exploratoire spécialement dédiée aux pratiques innovantes est nécessaire pour récolter davantage
de données.
Former le personnel à l’accompagnement des personnes désorientées, informer les familles et leur
permettre d’éviter qu’elles ne se sentent seules ou encore user d’astuces pour le bien-être général
des résidents sont des exemples évoqués par les professionnels interrogés.
Aussi, qu’il s’agisse d’une prise en charge dans un espace sécurisé ou dans un esprit de mixité,
l’accompagnement du résident et la mise en place de projets particuliers à son attention auront, sans
aucun doute, un impact sur son bien-être ainsi que celui des autres résidents et du personnel.
Par ailleurs, les pratiques recensées dans cette analyse viennent, d’une certaine manière
contrecarrer l’image terne encore trop souvent associée aux maisons de repos et plus précisément à
l’image des personnes désorientées en maison de repos qui est parfois véhiculée dans notre société
(à savoir des personnes confuses attachées ou enfermées dans leur chambre).
Notons pour terminer qu’il n’a pas été question de recenser ici l’ensemble des pratiques/initiatives
innovantes mais bien d’en dresser un premier état des lieux qui aura l’occasion, lors d’une prochaine
recherche exploratoire, d’être approfondi et étendu notamment aux populations âgées non
désorientées en institution ou au domicile.
15
Fiches pédagogiques « Cuisiner des repas adaptés aux personnes atteintes d’Alzheimer, allier autonomie, plaisir et
intérêt nutritionnel» (2011)
L’accueil des personnes désorientées
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4. Discussion des résultats
Cette recherche exploratoire met en évidence une série de constats pertinents concernant la prise en
charge des personnes désorientées en Wallonie. Néanmoins, les chiffres évoqués dans notre
première partie doivent être interprétés avec prudence.
En effet, lors des entretiens téléphoniques, par faute de temps de la part des personnes interrogées,
certaines conversations ont été écourtées, ce qui a pu altérer les informations recueillies.
De même, toutes les directions de maisons de repos wallonnes n’ont pu être contactées ou n’ont pas
accepté de participer à notre enquête, ce qui a pu limiter les résultats obtenus et influencer les
chiffres. Ainsi, même si l’échantillon de la première partie de cette recherche est considérable et
nous l’espérons, représentatif de la réalité du terrain, les données obtenues ne peuvent être
généralisées à l’ensemble des établissements existants.
La réalisation d’une enquête suppose en outre la confection d’un questionnaire. Nous aurions pu
utiliser un questionnaire fermé et standardisé mais après réflexion, l’utilisation de questions
ouvertes a été privilégiée afin d’orienter le moins possible les réponses et de laisser aux personnes
interrogées la possibilité et la liberté d’énumérer des pratiques jusqu’ici méconnues. Cette décision a
également été prise car ce travail se voulait avant tout exploratoire. Nous sommes toutefois
conscients que la compréhension des questions ouvertes et l’interprétation de celles-ci ont pu
influencer les réponses. Par exemple, les barreaux de lits seront considérés par certains comme de la
contention et pas par d’autres. De même que la présence de portes à code considérée ou pas comme
système de sécurité.
Dès lors, pour notre prochaine recherche exploratoire, une attention toute particulière sera accordée
à la formulation de questions non équivoques.
Pour terminer, il est important de noter que l’objet de cette étude n’était pas de quantifier des
données mais plutôt de donner une image globale et qualitative de l’accueil des personnes
désorientées en maison de repos. Nous n’avons d’ailleurs pas pu interroger toutes les maisons de
Wallonie. L’échantillon assez conséquent de la première partie de notre étude (569 établissements)
nous a néanmoins permis de répondre à notre objectif.
Investiguer prochainement plus longuement les pratiques innovantes en maison de repos et à
domicile fera l’objet de séminaires ou de focus groups.
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L’accueil des personnes désorientées
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5. Conclusion générale
De nombreux établissements en Wallonie accueillent des personnes désorientées (96% des
établissements interrogés dans le cadre de notre recherche exploratoire) et ce, même si seulement
36% d’entre eux disposent d’une infrastructure particulière pour les accueillir.
Par ailleurs, comme nous l’avons brièvement constaté dans la seconde partie de ce travail,
différentes maisons de repos développent des initiatives particulières dans le cadre de la prise en
charge des personnes désorientées.
Chaque jour, des signes de désorientation sont constatés, des démences sont diagnostiquées.
Quotidiennement, les proches n’ont d’autres choix que d’envisager une entrée en institution. Face à
cette étape de la vie, deux obstacles peuvent apparaître :
Premièrement, la recherche d’une place disponible dans un établissement s’avère compliquée. Face
à cette difficulté, de nombreux acteurs se sentent démunis et impuissants. Infor Homes Wallonie
constate en effet malheureusement et régulièrement que c’est généralement plus la place libre qui
détermine le choix de l’établissement que les besoins et attentes de la personne âgée et de son
entourage.
Le dilemme de choisir le « bon » établissement se pose ensuite à l’entourage. Il est vrai qu’envisager
une entrée en maison de repos doit se faire sur le long terme et cette même entrée symbolisera une
nouvelle page se tournant. Infor Homes Wallonie constate d’ailleurs lors des permanences
téléphoniques que pour de nombreuses familles, l’enjeu sera de trouver un établissement où le
parent se sentira bien. La crainte de faire le mauvais choix et le sentiment de culpabilité qui peut
parfois en découler sont source d’un réel mal-être chez certains membres de la famille ou de
l’entourage.
Dès lors, préparer l’avancée en âge et l’entrée en institution lorsque l’état de santé le permet
encore, apparaît être d’une importance capitale. L’image négative des maisons de repos encore
régulièrement véhiculée dans notre société (même s’il en existe une réelle mutation actuellement)
décourage pourtant trop souvent encore les individus vieillissants et leurs familles à réfléchir l’entrée
en maison de repos, les amenant à postposer cette préparation au risque qu’il ne soit trop tard.
En conclusion, nous sommes conscients que cette recherche exploratoire n’aura malheureusement
pas balayé cette vision assez sombre des maisons de repos. Cependant, elle aura permis de mettre
en évidence une certaine qualité de l’accueil des personnes désorientées ainsi que la mise en place
de pratiques destinées à améliorer leur bien-être et leur autonomie. Qu’il s’agisse de réels projets ou
d’astuces « faites maison», nombreux sont les établissements œuvrant pour le bien-être de leurs
résidents, qu’ils soient désorientés ou non.
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L’accueil des personnes désorientées
Recherche exploratoire au cœur des maisons de repos en Wallonie
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6. Bibliographie
Interviews :
- Directions des maisons de repos de Wallonie
- Madame Daniels, coordinatrice activ’dog, novembre 2011. (Informations obtenues par téléphone)
- Ann De Schepper, educatief medewerker, stimul asbl, 07/10/11. (Informations reçues par mail)
- Groupe de travail avec les volontaires d’Infor Home Wallonie le 23/09/2011
Ressources internet:
- « Les institutions de parcours sensoriels ». Source : ISNA association international du Snoezelen. « Qu’est ce
que le Snoezelen ». Site de l’ISNA. (en ligne).
http://www.isna.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=12&Itemid=12 (page consultée le
05/12/11)
- Detienne, T. (2002). «Avis relatif aux mesures de contentions dans les maisons de repos pour personnes
âgées » conseil wallon du troisième âge, Site de Wallex (en ligne)
http://wallex.wallonie.be/index.php?doc=541&rev=525-241 (page consultée le 14/12/11).
- Encyclopédie LAROUSSE, « article Larousse, désorientation » Site de Larousse (en ligne)
http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/d%C3%A9sorientation/12486 (page consultée le 15/05/12)
Autres documents:
- Arrêté du Gouvernement wallon du 15 octobre 2009 portant exécution du décret du 30 avril 2009 relatif à
l’hébergement et à l’accueil des personnes âgées
- Brochure : Mieux communiquer avec les personnes désorientées : 2011, Espace Seniors
- Groupe de travail/lecture du service évaluation en établissement de santé, (2000). Evaluation des pratiques
professionnelles dans les établissements de santé : limiter les risques de la contention de la personne âgée.
Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation de la Santé (ANAES, France)
- Stage de pratique: Fiches pédagogiques « Cuisiner des repas adaptés aux personnes atteintes d’Alzheimer,
allier autonomie, plaisir et intérêt nutritionnel ». Sis/diétitude, Paris
- Van Audenhouve, C., Spruytte, N., Detroyer, E., De Coster, I., Declercq, A., Ylieff, M., Squelard, G., & Misotten,
P. (2009). Les soins aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée:
perspectives et enjeux. Fondation Roi Baudouin
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L’accueil des personnes désorientées
Recherche exploratoire au cœur des maisons de repos en Wallonie
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7. Annexes
Annexe 1 : Questionnaire à l’attention des directions : Etude sur l’accueil des personnes désorientées en maison
de repos.
NOMBRE LITS TOTAL
NOMBRE LITS
DESORIENTES
Accueil de
désorientés?
Caractéristiques:
-infrastructure/aménagement
du bâtiment?
-activités spécifiques?
-système sécurisé?
-repères olfactifs/visuels?
-contention?
Si évolution de
l'état d'un résident?
Snoezelen?
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L’accueil des personnes désorientées
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Annexe 2 :
Récolte d’informations à l’attention des établissements qui proposent un accueil spécialisé
(unité pour personnes désorientées, Cantou, etc.).
Nom de l’établissement :
Adresse :
a. Cet établissement, qui propose une « prise en charge particulière 16» pour les
résidents désorientés, dispose-t-il d’une unité ou d’une infrastructure spécialement
réservée aux désorientés (salon, aile ou étage destinés à ce public) ?
b. Avez-vous pu observer des repères visuels et/ou olfactifs destinés à aider les
personnes désorientées ? De quel(s) type(s) de repères s’agissait-il ?
c. Avez-vous pu constater des résidents désorientés sous contention ? (Type de
contention ?)
d. L’établissement pratique t-il le snoezelen ?
- Si tel est le cas, dispose t-il d’une pièce spécialement dédiée à cette approche ?
- Si vous avez pu visiter cette pièce, permet-elle de stimuler tous les sens ?
16
Par « prise en charge particulière », il s’agit d’un encadrement qui s’avère se différer de l’accueil des
résidents « non désorientés ».
L’accueil des personnes désorientées
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