Parfums d`aventure…
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Parfums d`aventure…
MUSÉE COLL. MUSÉE DU FLACON À PARFUM / PHOTO MG Des signatures prestigieuses de parfumeurs et d’artistes. Du cristal, du verre ou du métal. Des galbes, des couleurs, du classique ou du baroque. Le charme ou la folie des flacons à parfum. COLL. MUSÉE DU FLACON À PARFUM / PHOTO MG #LA ROCHELLE Parfums d’aventure… LE MUSÉE DU FLACON À PARFUM C Ci-dessus : « Variations » par Carven suggère l’« image » du module lunaire américain, altuglas (à gauche). Bouchon en cristal de Bohême (Slovénie actuelle) (à droite). octeau, Picasso, Dali… sont présents par leurs créations dans une boutiquemusée au charme très particulier, nichée rue du Temple, à deux pas, d’un côté de la Grosse Horloge et de l’autre de l’hôtel de ville. On y entre, avec pour seul sésame sa curiosité, comme dans une caverne d’Ali Baba, et l’on s’y enivre. Le volume est modeste mais le voyage infini, c’est normal, nous sommes à la Rochelle : « […] Guidé par ton odeur vers de charmants climats, / Je vois un port rempli de voiles et de mats / Encor tout fatigués par la vague marine, / Pendant que le parfum des verts tamariniers, / Qui circule dans l’air et m’enfle la narine, / Se mêle dans mon âme au chant des mariniers ». Ces vers de Charles Baudelaire – extraits de son poème Parfum exotique – semblent ici chez eux. Pourtant c’est plutôt du côté d’Alfred de Musset et de son célèbre « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse » 66 | Le Picton n° 184 | Juillet Août 2007 | Jean PEUCHAIRE (La coupe et les lèvres) que se laissent aller les coupures de presse soigneusement recueillies par Anne et Jean Séris, les hôtes du musée. Contre-pied ? Peut-être, car c’est bien sur le flacon, le contenant et non le contenu, que se sont posés leurs regards. C’est un de ces très jolis flacons – ces « petites bouteilles pour le vin » qui nous sont venues d’Italie vers le milieu du XIIIe siècle –, « Fleurs de Rocaille » de chez Caron, qu’un jour Jean a offert à Anne, qui n’osa pas l’ouvrir tellement elle l’estimait précieux… On peut considérer que ce présent fut le premier objet d’une collection à venir qui en compte aujourd’hui plusieurs centaines, de 1 500 à 2 000 peut-être, quand on aime… Il figure d’ailleurs dans une des vitrines du musée, installé au premier étage de la boutique « La Saponaire », un nom qui n’est pas innocent. Saponaria officinalis, la saponaire officinale, une plante à fleurs lilas ou rose pâle, riche en saponines, faisant mousser l’eau, servait jadis de savon. Or Jean et
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