groupe Bel - Conseil départemental du Jura
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ÉcoMag Jura - Octobre 2013 Zoom sur l’économie du Jura REPORTAGES - INTERVIEWS Innovation, emploi et projets d’avenir Communiquez sur votre différence ! &' ' % & & ' ’' & ’ % ' % Agence à taille humaine, nous vous offrons une écoute attentive et un contact direct pour vous accompagner dans la valorisation de votre image et la construction de votre identité graphique. Notre maîtrise de la chaîne graphique vous garantit des prestations rapides, de qualité et une communication créative en adéquation avec votre budget. C’est dans notre conception d’une relation durable avec nos clients, nos collaborateurs et nos fournisseurs que nous exprimons notre différence. $ % ' % # " !$ ! & & ' ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 55 é d i t o Jura , développement terre de V ous allez découvrir dans les pages de ce magazine édité par le Conseil général du Jura, une palette diversifiée et représentative des richesses économiques de notre département. Le Président de la République en a fait une priorité nationale, je la porte depuis mars Christophe PERNY Président du Conseil général du Jura 2011 comme telle, l’emploi est au cœur de nos actions et de nos politiques. Bien sûr, il est impossible de référencer l’ensemble des entreprises, filières, entrepreneurs de notre beau Jura, mais nous avons voulu mettre en lumière des « pépites » de notre économie, qui incarnent la tradition de notre territoire, l’innovation des hommes et des femmes qui investissent dans le Jura et des projets nouveaux porteurs d’avenir. Je souhaite réunir les conditions pour favoriser le développement des entreprises déjà présentes dans notre département et conduire une vraie stratégie pour permettre l’installation de nouvelles sociétés, créatrices de richesses et d’emplois. Fier du Jura construit depuis des décennies et déterminé à le transformer pour construire un avenir prometteur aux générations futures. Le Conseil général est mobilisé aux côtés des forces économiques du Jura pour faire du « Made in Jura » une action ouverte sur le monde. Le Jura, terre de développement ! Bonne lecture. EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 3 Sommaire Sommaire Zoom sur l’économie du Jura w L’édito de Christophe Perny, Président du Conseil général ........................ Page 3 w Interview de Christophe Perny, Président du Conseil général .... Pages 6 et 7 w Interview de Pierre Moscovici, Ministre de l’Economie et des Finances ...................................................... Pages 8 et 9 REPORTAGES - INTERVIEWS Innovation, emploi et projets d’avenir ÉcoMag Jura - Octobre 2013 w Interview de Marie-Guite Dufay, Présidente de la Région Franche-Comté ................................................ Pages 10 et 11 w Interview de Sylvie Vermeillet, Présidente de l’Association des maires de France .......................................... Page 12 Jura, terre d’exception (pages 13 à 28) > La culture, ouverture sur l’ailleurs w Les grands hommes du Jura .................................................................... Pages 14 et 15 w Le comédien Pierre Arditi dans le Jura ; Zoom sur le futur Centre polaire de Prémanon ................................................ Page 16 w Les Déboussolades impulsent du dynamisme à Lons-le-Saunier ................ Page 17 w Un entretien avec Danielle Brulebois, première vice-présidente en charge de la Culture ............................................ Page 17 > Le sport, l’atout de l’attractivité w Jason Lamy-Chappuis, le champion du Jura .................................................... Page 18 w Un stade des Tuffes flambant neuf ; La Transju, l’épreuve phare de l’hiver jurassien ................................................ Page 19 w Bellecin taillé pour l’accueil des sportifs de haut niveau ................................ Page 20 w Un entretien avec Fernand Fournier, vice-président en charge des Sports ...... Page 20 > Le terroir, notre richesse w Les vins jurassiens, ces trésors ................................................................ Pages 22 et 23 w Le Comté, une filière solidaire .................................................................. Pages 24 et 25 w Un entretien avec Norbert Maire, vice-président en charge du Tourisme et de la Promotion.................................................................................................... Page 25 w Zoom sur le Laboratoire départemental d’analyses ........................................ Page 26 w Un entretien avec Serge Outrey, vice-président en charge de l’agriculture et de la forêt .............................................................. Page 26 w Interview de Dominique Chalumeau, Président de la Chambre d’Agriculture du Jura ................................................ Page 27 w Bel, fleuron du Jura ; Elixia, ces petites bulles qui montent ...................... Page 28 4 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Jura, terre d’innovation (pages 29 à 41) > De l’artisanat à l’industrie… w La lunette, un savoir-faire ancestral jurassien ........................................ Pages 30 et 31 w Le jouet, l’âme du Jura .............................................................................. Pages 32 et 33 w Le bois, un pôle à développer .................................................................. Pages 34 et 35 w Un entretien avec Robert Tournier, vice-président en charge des ressources humaines et des bâtiments ...................................................... Page 35 w Interview de Michel Chamouton, Président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Jura .................... Page 36 > Le Jura, partenaire du luxe et spécialiste des technologies de pointe w Les boutons Brochot de Patornay ; Altus Coating de Lons .......................... Page 37 w Interview de Rémy Laurent, Président de la Chambre de Commerce et d’industrie du Jura .................... Page 38 w Apicius de Poligny .................................................................................................. Page 39 w Un entretien avec Denis Jeunet, vice-président en charge du développement économique ............................ Page 39 w Baud Industries à Sirod ; Baudry à Domblans .................................................. Page 40 w Mahytec à Dole ; SMP à Lavancia ...................................................................... Page 41 Jura, terre d’emploi (pages 42 à 46) w Les plus gros employeurs du Jura en chiffres .................................................. Page 43 w Solvay à Tavaux ...................................................................................................... Page 44 w Un entretien avec Dominique Tronçin, vice-président en charge des routes et des modes doux ................................ Page 44 w SKF Aerospace France à Lons ; Juratri .............................................................. Page 45 w Le Conseil général du Jura ; Signaux Girod ...................................................... Page 46 w Un entretien avec Thierry Faivre-Pierret, vice-président en charge de la santé et du social ............................................ Page 46 Jura, terre d’avenir (pages 47 à 53) w Tadeo aux Bouchoux .............................................................................................. Page 48 w Un entretien avec Jean-Daniel Maire, vice-président en charge de l’aménagement numérique et de la Montagne .......................... Page 48 w L’aéroport Dole Jura, force de développement ................................................ Page 49 w Un entretien avec Michel Giniès, vice-président en charge des transports ............................................................ Page 49 w L’Éco parc, un projet de développement économique autour du contournement de Lons .......................................................... Pages 50 et 51 w Bientôt un Center Parcs à Poligny ? ........................................................ Pages 52 et 53 ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 5 Interview Christophe Perny « L’économie, c’est le mouvement » Christophe Perny, Président du Conseil général du Jura. “ w Pour vous, en quoi consiste le développement économique ? Le développement économique à l’échelle d’une collectivité, ce sont deux dimensions : mettre en place les mesures et les infrastructures pour permettre le développement des entreprises présentes sur notre département, et avoir une démarche prospective pour en attirer d’autres. Ces deux dimensions sont indispensables pour réussir le développement d’un territoire. Cette nouvelle stratégie est en place depuis le changement de majorité en mars 2011, nous commençons à en voir les premiers effets. w Mais le développement économique n’est pas une compétence obligatoire du Conseil général ? Bien sûr, mais notre mission première c’est le développement du Jura, comment ne pas commencer par le développement de l’économie ? Et puis lorsque l’on a comme première compétence les solidarités, créer des emplois est la première réponse en matière d’action sociale. La personne qui travaille n’est plus bénéficiaire des services sociaux, tout est donc lié. Et je ne pense pas que 6 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 l’échelon régional soit la réponse à tout. Le département est l’échelon de la proximité. Nous le prouvons par nos interventions. w Quelles sont les fleurons de l’économie jurassienne ? Difficile d’être exhaustif, mais quelques exemples sont emblématiques. Nous bénéficions bien sûr de filières reconnues, telle que la lunetterie qui associe ancrage traditionnel et capacité d’innovation, le bois avec ses déclinaisons comme le jouet ou la construction, mais aussi l’agroalimentaire avec nos remarquables produits du terroir, nos « Appellations d’Origine Contrôlée », sans oublier l’insertion et l’économie sociale et solidaire. Le Jura est aussi une terre d’industrie avec de grands groupes qui travaillent dans l’aéronautique, le jouet, le décolletage ou l’automobile. N’oublions pas le commerce, l’artisanat qui sont le socle du maillage territorial de notre économie. w Le Conseil général est aussi un acteur économique. Sous quelles formes ? Ce n’est pas l’essentiel, mais à travers des dispositifs d’aides aux entreprises. Le principal est l’Aide à l’Immobilier d’Entreprises, avec en moyenne 1 800 000 € par an injectés dans des projets de créations ou d’extensions d’entreprises. Nous sommes également en partenariat avec la Région Franche-Comté pour un soutien à une dizaine d’entreprises via des avances remboursables à hauteur de 1 million d’€ par an entre septembre 2012 et septembre 2013. Nous sommes par ailleurs au pilotage de la zone de développement économique d’Innovia à Dole en partenariat avec le Grand Dole et quelques autres partenaires. w Vous parliez « de premiers effets de votre action », à quoi pensez-vous ? Je pense en premier lieu à l’action volontariste que nous conduisons depuis 2011 sur l’aéroport Dole Jura. C’est l’exemple type de ce qu’il faut faire : une volonté politique, des investissements publics créateurs d’emplois et d’attractivité, avec une gestion en lien avec des acteurs privés qui apportent des compétences. Et ça marche ! 4 000 passagers en 2011, 35 000 en 2012 et vous verrez plus de 70 000 en 2013, avec en ligne de mire la barre des 100 000 en 2014. Cet équipement n’est plus seulement un équipement de transport, c’est devenu un outil d’attractivité du département et même de la région. « Aéroport, Eco Parc, Center Parcs et quelques autres, l’enjeu c’est 1 000 emplois dans les cinq ans pour les Jurassiens ! » Christophe Perny L’autre exemple, c’est notre projet d’Éco Parc sur le contournement de Lons-le-Saunier. Là aussi, c’est la volonté politique et la mobilisation de fonds privés qui vont permettre ce projet. En économie, les choses se font en additionnant les forces, ce projet est innovant, jamais vu, c’est une chance pour le bassin lédonien, mais aussi pour le Jura. w Et le projet de « Center Parcs » entre dans cette stratégie ? Bien sûr, même si sur ce dossier, la chance sourit aux audacieux… Je remercie l’Agence Régionale de Développement pour son rôle déterminant dans le contact avec le groupe « Pierre & Vacances », mais maintenant c’est à nous de jouer avec la Région et les collectivités de Poligny. Je crois en ce projet, le Jura a tous les atouts pour l’accueillir. w En terme d’emplois, quel impact ces projets vont-ils avoir ? Aéroport, Eco Parc, Center Parcs et quelques autres, l’enjeu c’est 1 000 emplois dans les cinq ans pour les Jurassiens ! Voilà la réalité d’un développement économique voulu, provoqué. Ce sera une petite « révolution » pour notre territoire. Car 1 000 emplois, ce sont des familles qui s’installent, des enfants dans les écoles, des appartements qui se remplissent et des commerces qui vivent mieux. C’est une nouvelle dimension de l’action publique que je porte depuis mars 2011, mieux que des paroles, ces projets sont des effets concrets. Je dis aux Jurassiens : « Mobilisons nos énergies pour les réaliser, ensemble. Toute l’économie jurassienne en profitera ». événements nationaux ou à l’export sur des pays à définir pour une ou deux années. Ce concept doit porter l’économie jurassienne et donner envie à d’autres de venir l’enrichir. C’est une nouvelle ambition à construire. w Et Je suis passionné par le Jura et son développement, économique bien sûr avec ces projets d’ampleur, mais aussi culturel lorsque j’initie les « Déboussolades », ou sportif quand nous soutenons nos clubs évoluant en division nationale. Le développement, l’attractivité, c’est un tout, une démarche globale, une belle ambition, j’en suis un des acteurs, avec d’autres. Le Jura peut rivaliser avec les territoires qui nous entourent, j’en suis convaincu, et ma mission est d’en convaincre le plus grand nombre. Toute mon énergie est tournée vers cet objectif. dans tout cela, comment se positionne le concept « Made in Jura » ? Le concept « Made in Jura » est une belle idée, je l’ai toujours dit. Mais comme toutes les idées qui ont une dizaine d’années, il faut la faire évoluer, c’est ce que nous faisons depuis 2011. A partir de la marque JURA qui s’est imposée depuis deux ans, « Made in Jura » va être le vrai label de valorisation de l’économie jurassienne à l’extérieur de notre département, à l’étranger bien sûr, mais aussi sur des pôles forts français. Je souhaite qu’un partenariat publicprivé s’instaure, y compris financièrement entre nous et les entreprises, sur des actions concrètes définies ensemble. Les entreprises vont faire des affaires et nous allons valoriser le Jura, par exemple sur des grands w Vous semblez passionné par cette dimension économique ? ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 7 Interview Pierre Moscovici « C’est aussi dans des territoires ruraux comme le Jura que la France déploie ses richesses » “ w Quelle image avez-vous du Jura ? Vous vous en doutez, c’est une image très positive. C’est un territoire que je connais bien et dont je me sens proche : élu du département voisin du Doubs, présent sur ce territoire depuis plus de 20 ans, au sein d’une même région, la Franche-Comté, je sais quels sont ses atouts et ses perspectives de développement. Je m’y rends d’ailleurs régulièrement et j’apprécie à chaque fois l’accueil chaleureux de ses habitants, la qualité de ses entreprises et la beauté de ses paysages. w Comment concevez-vous le développement économique d’un territoire rural comme le Jura ? C’est aussi dans des territoires ruraux comme le Jura que la France déploie ses richesses. L’industrie, l’artisanat et le tourisme sont des outils majeurs de développement pour le département, avec un tissu dense de petites entreprises familiales dynamiques. La nouvelle promotion du « Made in Jura », tournée vers l’extérieur, m’apparaît judicieuse car elle permet de faire connaître l’économie 8 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Pierre Moscovici, Ministre de l’Économie et des Finances. jurassienne et d’en valoriser les acteurs. C’est en alliant savoirfaire et innovation, en se tournant vers l’avenir tout en préservant ses traditions, que le Jura poursuivra son développement économique. Ministre de l’Économie et des Finances, élu de la région, je resterai attentif à la bonne marche de ces évolutions. w Quel regard portez-vous sur l’essor de l’aéroport Dole Jura ? Cet aéroport est un bel exemple d’un projet majeur porté par un Conseil général qui s’investit pour l’attractivité du département. Je salue les emplois qui sont créés par son essor : des emplois directs – une trentaine depuis 2011 – mais aussi des emplois indirects générés par le rayonnement de cette infrastructure. Aussi bien pour le développement touristique que pour la croissance économique locale, cet aéroport apporte des réponses concrètes et permet d’attirer de nouvelles entreprises. Je note d’ailleurs que l’essor de l’aéroport Dole Jura est significatif, tant en nombre de lignes en France et à l’international qu’en termes de passagers. Je ne doute pas que cette progression se poursuivra dans les années à venir. w Quelles actions le gouvernement mène-t-il pour améliorer la compétitivité des entreprises et donner confiance en l’avenir à ceux qui les dirigent ? Le gouvernement auquel j’appartiens est en première ligne pour soutenir la compétitivité de nos entreprises. Depuis près d’un an et demi maintenant, nous avons placé le soutien aux acteurs économiques au cœur de notre politique, notamment avec les 35 mesures du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi. Ces actions fortes redonnent, je le vois lors de mes déplacements sur le terrain, confiance aux chefs d’entreprise. Ils savent que nous sommes avec eux pour créer et faire perdurer un cercle vertueux de compétitivité, de croissance et d’emplois. Les orientations du projet de loi de finances pour 2014 vont dans ce sens. Ce combat pour nos entreprises et leurs salariés, il est juste et je suis fier de le mener au quotidien. « Le Jura. J’apprécie à chaque fois l’accueil chaleureux de ses habitants, la qualité de ses entreprises et la beauté de ses paysages ». Pierre Moscovici ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 9 Interview Marie-Guite Dufay « La première force du Jura ? Ses compétences issues de la tradition industrielle et artisanale » “ Jura, que vous inspirent ces quatre lettres ? w Une contribution essentielle à l’Originale Franche-Comté. Vu de la Région, quelles sont selon vous les forces du Jura en matière économique ? w En premier lieu, les hommes et les femmes qui travaillent au quotidien dans les entreprises du département. Je pense en particulier aux fortes compétences issues de la tradition industrielle et artisanale du Jura. Le Jura est une terre agricole, une terre de tradition en matière de coopération, un berceau des fruitières qui a su allier organisation collective et innovation au service de la qualité. De façon générale, le Jura a une grande capacité à innover, je pense au renouveau de la lunette ou de l’industrie du jouet, mais aussi à la capacité à répondre aux enjeux énergétiques du 21e siècle avec une industrie comme Solvay. Le Jura, c’est aussi le tourisme, un réel atout, au niveau économique. 10 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Marie-Guite Dufay, Présidente de la Région Franche-Comté. Quels sont les points forts des partenariats Région/Conseil général du Jura ? w Le développement économique implique échanges et coopérations entre tous les niveaux de collectivités. En créant le portail des aides aux entreprises (7 M€ par an pour la part Région) ou le Fonds Régional d’aide à l’Innovation (2 M€ par an), les collectivités locales mettent en commun leurs moyens au service des entreprises, dans un dispositif unifié et une gouvernance partenariale. L’Économie Sociale et Solidaire est un de vos axes forts, comment cela se concrétise-t-il ? w L’économie sociale et solidaire, avec 40 000 emplois en FrancheComté, est une composante à part entière de l’économie. Elle trouve donc toute sa place dans notre stratégie régionale de développement économique, afin que les entreprises trouvent toute leur place dans différents dispositifs de soutien et d’accompagnement mis en œuvre par notre collectivité. Quelle politique menez-vous pour soutenir l’innovation, élément incontournable de la compétitivité des entreprises franc-comtoises ? w Nous mettons en œuvre des interventions diverses pour accompagner les entreprises innovantes à tous les stades de leur développement : les aides en fonds propres ou les avances remboursables par exemple. Je n’oublie pas, également, l’importance du soutien aux équipes de recherche de notre Région (9 M€ chaque année) et le soutien au transfert de technologie entre laboratoires et entreprises. « De façon générale, le Jura a une grande capacité à innover », estime Marie-Guite Dufay. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 11 Interview Sylvie Vermeillet « Les Jurassiens ont pour eux l’obstination et ils savent garder les pieds sur terre » “ Comment analysezvous la situation économique du Jura ? w Le Jura, c’est un taux de chômage parmi les plus faibles de France, une terre de tradition industrielle avec des spécificités : un actionnariat familial et un capital souvent verrouillé qui assure la longévité des entreprises. Mais le Jura, ce sont aussi des insuffisances : un manque de valeur ajoutée, de mutualisation, de marketing, de taille critique d’entreprises pour faire face aux donneurs d’ordres. Manque de fonds propres aussi, fatal en période de crise. Le Jura a de gros atouts, mais il lui faut peut-être davantage d’ambition. w À quel niveau ? En faisant travailler en synergie les différents acteurs : pouvoirs publics, élus, chefs d’entreprises pour une meilleure attractivité avec des liaisons routières, aéroportuaires et ferroviaires. Il faut moderniser les lignes du Revermont et des Hirondelles et compléter les TER entre Mouchard, Dole et Dijon. Le rétablissement de l’arrêt du Lyria à Mouchard est une première victoire. Le haut-débit est également une priorité. Le Jura est trop souvent oublié par la Région. Dans le projet de schéma 12 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Sylvie Vermeillet, Présidente de l’Association des Maires du Jura. d’aménagement du territoire, un document de 42 pages, on ne parle que de Belfort-Montbéliard et Besançon ! Le département manque également de pôles urbains forts, Lons et Dole n’ont pas encore la taille nécessaire pour être des fers de lance. w Vous pensez que c’est possible ? Bien sûr si on donne aux porteurs de projets les moyens de les aider et si on ne perd pas des mois à monter des dossiers ou réviser des schémas ! Les Jurassiens ont pour eux l’obstination et ils savent garder les pieds sur terre. Une sorte de marque génétique les a habitués à l’adversité, à faire avec moins que les autres, à oser et à s’inscrire dans la durée. Il faut voir plus grand et plus loin en tissant des partenariats interrégionaux sur nos fleurons : automobile, plasturgie, agroalimentaire tout en continuant à faire connaître nos savoir-faire, notre excellence. Dans ce domaine, Made in Jura est un atout. Jura terre d’exception > Des grands hommes, la nature, le terroir, l’innovation, la tradition... ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 13 Les Grands hommes du Jura Les Grands hommes du Jura Paul Émile Victor, l’explorateur On pense connaître son histoire, mais connaît-on vraiment l’homme ? Paul-Émile Victor aura eu une existence hors normes avec ses voyages et ses rencontres. De sa première expédition polaire au Groënland en 1932 à sa disparition à Bora Bora en 1995, il aura vécu des années extraordinaires faites d’expériences qui paraissent surréalistes dans le monde d’aujourd’hui. Ses voyages avec le commandant Charcot, ses mois passés chez les eskimos inuits, sa première traversée du Groenland en traîneaux à chiens, ses missions ethnologiques en Martinique, ses nombreuses expéditions polaires sans oublier son engagement pour la défense de l’homme et de son environnement, font de ce HautJurassien une figure emblématique du 20e siècle. Cette courte description de sa vie ne peut se faire sans souligner le côté humain qui émanait de cet homme. Sa connaissance des hommes aurait pu le rendre prudent dans ses rapports avec les autres et pourtant, il n’aura cessé d’aller à leur rencontre et leur découverte. « Parmi mes semblables, je me croyais un autre. Parmi les Eskimos, je me sentais l'un des leurs. [...] J'avais appris à être un homme. J'étais devenu un homme ». Paul Émile Victor 14 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Connus dans le monde entier pour leurs œuvres, leurs découvertes ou leurs parcours atypiques, on oublie parfois qu’ils sont jurassiens. Revenons sur les vies de Louis Pasteur, Rouget de Lisle, Jules Grévy, Louis Vuitton et Marcel Aymé. Rouget de Lisle Histoire étonnante d’un Lédonien auteur d’une chanson révolutionnaire, qui deviendra plus tard l’hymne national français. Ce qui aurait pu n’être qu’un simple tour au marché de Lons-le-Saunier pour une jeune maman de Montaigu, deviendra le jour de naissance de Claude-Joseph Rouget de Lisle, auteur de l’hymne national français. C’est dans la future ville-préfecture du Jura que Rouget de Lisle fera ses études jusqu’au collège avant d’intégrer l’École Royale du Génie de Mézières. En garnison à Strasbourg au début de la révolution, il rencontrera le maire de la ville pour lequel il composera plusieurs chants patriotiques dont le « chant de guerre pour l’armée du Rhin ». Cette chanson portera le nom de « Marseillaise » ou encore « marche des Marseillois » en l’honneur des fédérés des provinces montés à Paris lorsque l’Assemblée déclara la patrie en danger face aux nombreuses défaites françaises. Hélas pour Rouget de Lisle, la suite de sa vie sera nettement moins heureuse et il mourra dans une grande pauvreté, sans savoir que des années plus tard des millions de personnes reprendront son chant à travers le monde. Louis Pasteur Ce Dolois d’origine, d’abord intéressé par le vin et la fermentation, deviendra célèbre dans le monde entier après sa découverte du vaccin contre la rage. é en 1822 à Dole, Louis Pasteur passera son enfance entre Dole et Marnoz, son adolescence à Arbois et une partie de sa jeunesse à Besançon où il obtiendra son baccalauréat. A Paris, il rentre à l’école normale puis au conservatoire national des arts et métiers. En 1863, c’est Napoléon III qui le chargera d’un travail sur les maladies des vins français qui, à l’époque, grevaient lourdement le commerce et l’économie. Louis Pasteur décide alors de chauffer le vin à 57 ° afin de tuer les germes et résout ainsi le problème de sa conservation et du transport. La pasteurisation est née et, aujourd’hui encore, elle est utilisée pour de très nombreux aliments. En 1885, un jeune de 14 ans gravement mordu par un chien enragé, arrive au laboratoire de Louis Pasteur. Ce dernier tente alors une expérience sur le jeune homme avec un vaccin testé auparavant uniquement sur les animaux. Une expérience testée de nouveau quelques temps après avec succès sur un jeune berger jurassien. Très vite la nouvelle se répand dans le monde entier, et Pasteur devient le chercheur qui a découvert le vaccin contre la rage. N Marcel Aymé Jules Grévy Romancier, essayiste, dramaturge controversé. Même s’il n’est pas né dans le Jura, Marcel Aymé aura passé une très grande partie de son enfance à Villers-Robert avec ses grands-parents. Il gardera de la FrancheComté mais surtout du Jura des souvenirs plein la tête que l’on retrouvera plus tard dans ses principaux romans comme « La Vouivre » ou « La Jument verte ». Tout au long de sa carrière, il aura écrit 17 romans, 10 pièces de théâtre et plus de 150 articles ou contes. Il recevra le prix Goncourt en 1945 et refusera un siège à l’Académie Française. Aimé ou détesté, le Jurassien de cœur n’aura jamais laissé indifférent. Un Jurassien à Paris devenu le quatrième Président de la République. Après être passé par le collège de l’Arc à Dole et celui de Poligny, il obtient une licence de droit à Paris. Sa carrière politique débute en 1849 avec son élection à l’Assemblée législative et se poursuivra, entre autres, par son élection comme député du Jura en 1868 et Président de l’Assemblée Nationale en 1871. Après la démission de Mac Mahon, Jules Grévy devient Président de la République en 1879. Un an après, les collèges et lycées pour filles sont créés, l’école devient gratuite en 1881, l’éducation est obligatoire et l’enseignement laïque en 1882. Louis Vuitton Le malletier jurassien célèbre dans le monde entier. Né en 1821 à Lavans-sur-Valouse, Louis Vuitton commencera à travailler avec son père avant de partir à 14 ans à Paris. Apprenti « layetier-emballeur-malletier », il emballe les affaires de riches clients et réalise des coffres de voyage. Avec l’émergence de nouveaux moyens de transport et les voyages des touristes étrangers et fortunés, Louis Vuitton décide de créer des bagages novateurs et de qualité. En 1854, il ouvre sa première boutique et va créer lui-même la célèbre toile « monogramme LV » devenue l’emblème de la marque. Louis Vuitton décède en 1892 et laisse un nom mondialement connu dans la maroquinerie de luxe. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 15 C U LT U R E Rencontre Pierre Arditi Le comédien a tourné dans le Jura le 12e épisode du feuilleton à succès de France 3, Le Sang de la vigne. w Pierre Arditi, quel de faire croire à des choses que je n’ai personnage jouez-vous pas vécu ou dont je ne suis pas capable dans cette saga du Sang dans la vie… Alors bien sûr, je sais imiter de la vigne ? les gestes, faire tourner le vin dans le Je joue un œnologue et dans cet épisode tourné dans le Jura, je suis accueilli à l’aéroport Dole Jura par Jean-François Stévenin, alias Jeff Marigny, un enfant du Jura venu prendre sa retraite au pays. Nous avons tourné à la Mercantine sur le lac de Vouglans, à Lons, à Arbois au Domaine de la Pinte et à Château-Chalon où j’ai goûté un fabuleux vin Jaune… w Vous jouez un œnologue, êtes-vous dans la vie un grand amateur de vin ? Vous savez, être comédien, c’est être menteur professionnel ! C’est avoir l’art « L’Espace des Mondes Polaires s’inscrit dans la volonté des élus de diversifier les activités sur la station des Rousses ». François Godin Le centre actuel (notre photo) sera agrandi et modernisé pour devenir le nouvel Espace des Mondes Polaires 16 z EcoMag • Jura - Octobre 2013 verre, le sentir, mais tout cela ne me confère pas la qualité d’un œnologue ! Il est vrai cependant que j’aime le vin et les bonnes choses de la vie. Dans le Jura, vous êtes assez fous pour faire oxyder le Chardonnay ! Le Vin Jaune, c’est votre spécialité. Je l’apprécie, mais pas avec n’importe quoi, ni n’importe quand. Il se déguste, avec un bon Comté par exemple. C’est délicieux de découvrir Proust à 67 ans… D’ailleurs, vous voudrez bien m’excuser, mais après une journée de labeur, vos succulences jurassiennes sont ma récompense… Pierre Arditi avec le Président du Conseil général. Un personnage sur scène comme dans la vie ! “Le Vin Jaune se déguste avec un bon Comté” L’Espace des Mondes Polaires, du chaud au froid en quelques minutes Connu jusqu’à maintenant sous le nom de “Centre polaire Paul-Émile Victor”, “l’Espace des Mondes Polaires” sera à découvrir en 2015 à Prémanon. Ce projet de 5 500 m2 accueillera un musée polaire avec deux salles (l’une pour des expositions temporaires et l’autre pour une exposition permanente), un auditorium, une boutique, un atelier pédagogique, un jardin polaire et un espace restauration. Future référence sur les problématiques du monde polaire, cet espace devrait satisfaire à la fois les connaisseurs et les néophytes, les scientifiques et les curieux, les adultes et les enfants. Déjà existantes mais améliorées et rénovées d’une façon considérable, la patinoire et la salle polyvalente compléteront cet ensemble qui devrait très rapidement faire partie du panel d’offres touristiques proposées dans le Jura. Culture Les Déboussolades, trois jours de fête et de retombées économiques Le festival d’arts de rue, initié par le Conseil général chaque premier week-end de septembre, a attiré cette année 25 000 personnes à Lons-le-Saunier. L es Déboussolades ont enchanté le public lédonien avec sa trentaine de spectacles de rue, tour à tour hilarants, poétiques, cocasses et parfois même dérangeants… Qu’il est bon d’être bousculé ! Les restaurateurs et cafetiers de la ville voient avec plaisir leur ville vivre au rythme dynamique des artistes et de leurs spectateurs qui en profitent pour flâner dans les magasins, boire un verre ou manger. De nombreux habitants des départements limitrophes sont venus dans le Jura pour profiter de l’événement. Preuve est faite que dans une ville de taille moyenne, ce type de festival a sa place et fonctionne à plein. La seconde édition, qui a eu lieu en septembre 2013, a enregistré une hausse de fréquentation d’environ 5 000 personnes par rapport à la première édition. Et ceci malgré la pluie quasi torrentielle du samedi soir, qui a évidemment douché tous les amateurs de l’excellent concert-bal des Barbarins fourchus. Ce festival est désormais inscrit dans la durée et a l’ambition de se faire un nom, petit à petit, bien au-delà du Jura. Danielle Brulebois, 1re Vice-Présidente déléguée à la Culture, l’Éducation et aux Collèges. w Quel rôle le Conseil général du Jura a-t-il en matière de culture dans le département ? Dans le Jura on aime se cultiver ! La vie culturelle du département est riche et dense. Le Conseil général en est le principal acteur et le premier financeur. Nous contribuons de façon importante au financement de tous les champs du développement culturel, de la création artistique et de la valorisation du patrimoine : musées, archives, archéologie, devoir de mémoire, monuments historiques, lecture publique, enseignements artistiques, écoles de musique, théâtre, cinéma, festivals, expositions, évènements… “Les Déboussolades font vivre Lons-le-Saunier au rythme des artistes. Les cafetiers et restaurateurs profitent de cette dynamique”. Trois questions à... w Y-a-t-il des axes de travail, des publics ou des actions spécifiques qui vous tiennent particulièrement à cœur ? w Dans quelle mesure la culture peut-elle être un axe de développement économique ? Nous avons engagé des actions fortes pour développer un véritable service public de la culture, accessible pour tous et partout, en particulier pour les jeunes et les territoires ruraux. Éducation et culture sont liées. La culture nous construit, nous élève et nous rassemble. Il faut ancrer l’habitude culturelle dès le plus jeune âge. Des initiatives comme le livre cadeau aux bébés lecteurs, le théâtre dans les collèges, les arts de la rue dans l’espace public, le cinéma en maison de retraite, le soutien accru aux associations d’éducation populaire et culturelle, le soutien My Tremplins aux jeunes talents, à la création et à la diffusion en sont quelques illustrations. La culture a un rôle capital dans le développement économique. Elle crée la richesse dans nos territoires : des emplois, des revenus, de l’attractivité. Lorsque nous rénovons le patrimoine ou les collèges, nous donnons du travail aux entreprises jurassiennes ; nos musées, nos festivals attirent de nombreux touristes. La culture forge l’image de marque, l’identité du Jura. Passerelle entre l’économie et la créativité, elle est notre avenir et notre chance dans une économie mondialisée. Elle stimule l’innovation et garantit le lien social, atouts de poids pour la localisation des entreprises. EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 17 Jason Lamy-Chappuis avec son coéquipier et ami Sébastien Lacroix au championnat de France de Chaux-Neuve. SPORT Commençons par citer quelques extraits du riche palmarès de l’athlète ! 23 victoires et 32 podiums en coupe du Monde, champion olympique en 2010 à Vancouver, quadruple champion du Monde, trois Globes de cristal… Si ses jambes lui offrent ce palmarès sur terre, c’est dans les nuages qu’il aura la tête lors de sa future reconversion. C’est en effet aux commandes d’un avion que le Jurassien devrait poursuivre sa vie active après sa retraite sportive en devenant pilote de ligne… Jason Lamy-Chappuis, la tête et les jambes 27 ans, la liste est longue, mais il n’y a pas que le sport qui compte dans la vie de Jason Lamy-Chappuis. Garçon attachant et sensible, digne successeur du FrancComtois Fabrice Guy, Jason est une exception dans le monde des sportifs de hautniveau car il sait rester lui-même sans changer ses habitudes, sa façon de vivre et surtout ses rapports aux autres. Il peut passer d’un studio de télévision ou d’une séance photos à une balade en pleine nature seul ou en famille. Ses amis les plus proches vous feront tous la même remarque : il n’a pas pris À 18 z EcoMag • Jura - Octobre 2013 la grosse tête ! Jason LamyChappuis a tout d’abord été reconnu pour ses qualités de sauteur à ski qui lui ont permis de s'élancer en tête lors des épreuves de fond durant ses premières saisons. Ensuite, le skieur a travaillé son endurance et sa musculation du haut du corps pour progresser en ski de fond. La nature comme repère Le 22 février, lors des Championnats du monde de ski nordique à Val di Fiemme, Jason Lamy-Chappuis avec son coéquipier et ami jurassien, Sébastien Lacroix, s’impose sur le sprint par équipe. LamyChappuis devient le premier à remporter trois titres mondiaux lors d'une même édition des Championnats du monde de combiné nordique… Après ses nombreuses victoires, Jason Lamy-Chappuis revient toujours chez lui, à Bois d’Amont, se ressourcer auprès des siens, retrouver la nature, les forêts qui lui rappellent le pays de sa naissance – le Montana aux États-Unis. Né d'une mère américaine et d'un père français, il a en effet déménagé à Bois-d'Amont à l'âge de 4 ans. La nature ! Voilà sûrement ce qui fait vivre notre Jurassien, ce qui le fait rester lui-même et oublier quelques instants les exagérations du succès qui peuvent monter à la tête de certains. Le stade des Tuffes à Prémanon Cet équipement est un véritable tremplin vers la victoire, une ambition devenue réalité. Donner un véritable lieu d’entraînement au biathlon français est devenu une réalité depuis l’ouverture du stade des Tuffes à Prémanon. Ce bel outil – inauguré il y a quelques mois – se compose d’une piste de ski de 3,5 km, d’un tremplin et d’un pas de tir de 30 cibles. Afin de parer à un possible manque de neige, un réseau d’enneigement artificiel a également été installé permettant ainsi d’avoir de bonnes conditions d’entraînement et même de compétitions nationales et internationales. Financé par le Conseil général, le Conseil régional et l’État, cet équipement de haute qualité va permettre au Jura d’accueillir « ses sportifs » dans leur préparation aux grands rendez-vous comme par exemple les Jeux Olympiques de Sotchi en février 2014. Ces athlètes méritent les meilleures conditions d’entraînement - que l’on peut comparer à des conditions de travail - utiles et indispensables, aux résultats sportifs pour les uns et économiques pour les autres. Ces résultats sont souvent assez proches ! La Transju, une course de ski pas comme les autres Du Jura au Doubs, en classique ou en skating, les amateurs et les skieurs professionnels sont des milliers à participer à cette course tous les ans. C’est en 1979 que fut créée cette course sous le nom de « Progressime », organisée par le Comité Régional de Ski du Massif Jurassien. 76 kilomètres à parcourir entre Mouthe et Lamoura (c’était le projet initial) et qui ne pourront se courir faute de neige. Depuis 1997, la Transjurassienne est organisée et gérée par Trans’organisation qui regroupe les dix clubs de ski du parcours, entre Lamoura et Mouthe. Seule épreuve française à faire partie de la Worldloppet - le circuit mondial des courses de ski de fond - elle est devenue une course mythique avec ses 4 000 participants sur les différentes épreuves. Quelques Français font partie des vainqueurs comme Hervé Balland, Philippe Grandclément, Alexandre Rousselet ou tout dernièrement Benoît Chauvet. D’année en année, ceux que l’on appelle « le gratin du ski mondial » sont présents en février dans le Jura pour accrocher cette épreuve à leur palmarès. Tous les ans, durant tout un week-end, la « Transju » rassemble des milliers de personnes venues encourager ces forçats de la glisse et reprendre la célèbre formule qui a fait la renommée de la Transju : « Ce week-end, j’ai fait LamouraMouthe »… La course mythique réunit chaque année 4000 skieurs mondiaux. EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 19 SPORT Bellecin est un des centres de préparation olympique de l’équipe de France d’aviron. À Bellecin, le sport grandeur nature Fernand Fournier, Vice-Président délégué aux Sports w En quoi le sport peut-il être un atout économique et un vecteur d’attractivité pour le Jura ? Quand une personne cherche du travail, elle ne considère pas uniquement l’entreprise qui lui propose un emploi, mais l’ensemble des propositions offertes sur le territoire : un emploi pour son conjoint, un cadre de vie appréciable, une bonne école pour les enfants et… des clubs sportifs actifs et de qualité. C’est pourquoi nous soutenons largement le sport amateur, immense source de consommation des ménages et donc d’emplois. Les 700 clubs de sport du Jura génèrent l’emploi d’environ 150 20 z EcoMag • Jura - Octobre 2013 La base nautique accueille aussi bien les sportifs professionnels qu’amateurs dans un lieu préservé. Située au bord du lac de Vouglans, la base de Bellecin est avant tout réservée aux sportifs de haut niveau. L’équipe de France d’aviron en a fait depuis longtemps son lieu d’entraînement et de stage avant ses grandes compétitions internationales. Le centre sert toutefois également aux différents clubs amateurs de la région qui profitent des aménagements pour préparer leurs saisons sportives. Si le plan d’eau est l’activité principale de la base, le centre d'hébergement et les infrastructures sportives permettent aussi de recevoir de très nombreuses écoles et les jeunes, venus du Jura et d’ailleurs, découvrent une multitude d'activités de plein air et de pleine nature. En plus de l’accompagnement professionnel (tous les moniteurs sont diplômés d’Etat), l’hébergement est possible avec une capacité de 170 lits et un self pouvant recevoir plus de 120 personnes. Salle de sports, aménagements pour les personnes à mobilité réduite, ponton pour l’aviron, terrain de foot et rugby flambant neuf, mur d’escalade en intérieur... Ces aménagements financés par le Conseil général font de la base de Bellecin une référence nationale dans le monde sportif. Trois questions à... personnes (à peu près 120 équivalents temps plein), sans compter toute l’activité touristique « nature », notamment en zone de montagne, et l’activité commerciale (magasins de sport…) générées par ces clubs. w Quels sont les équipements structurants que le Conseil général soutient ? La modernisation du tremplin de ChauxNeuve (220 000 euros), celle du stade des Tuffes (750 000 euros), la réalisation du complexe sportif de Champagnole (640 900 euros), la réhabilitation du gymnase d’Arbois (407 000 euros), la rénovation du gymnase de la Citadelle à Morez (490 000 euros), font partie des plus importants investissements. w Quel est le sens de votre politique de partenariat des sportifs de haut niveau ? Les sportifs tels que Sébastien Lacroix, Anaïs Bescond, Marie-Caroline Godin ou Romain Guillaume portent haut et loin les couleurs du Jura. Ils sont une chance pour notre département et nous avons choisi de les soutenir dans leur quête d'excellence. Je n’oublie pas Franck Paget bien sûr, qui multiplie les titres, et l’illustre Jason Lamy-Chappuis. Par ailleurs, nous aidons chaque année financièrement 170 sportifs de haut niveau ou en passe d’y accéder (Espoirs, membres de pôles ou de sections sportives, champions de niveau national). www.agencemozaic.fr • Lons-le-Saunier • Photo Fotolia • 19360 www.cg39.fr EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 21 Des vins TERROIR d’exception Deux millénaires d’histoire, un terroir typique sur des marnes héritées du Jurassique et des cépages sélectionnés avec soin. Des vins d’exception “Des femmes et des hommes qui n’ont cessé de faire évoluer leurs vins…” L e long du Revermont, sur 80 km, le plus petit des grands vignobles de France poursuit sa course vers l’excellence en écrivant jour après jour sa légende. En un siècle, contraint par la nature et l’histoire, le vignoble jurassien a su se faire admettre dans le cercle restreint des grands vins. Si au tournant du 20e siècle le phylloxera a divisé par dix le terroir, il a également créé les conditions pour que le monde viticole jurassien prenne en main son avenir. En 1906, Arbois obtient le premier certificat d’origine et montre la détermination des viticulteurs à choisir la qualité. Dans les années 1936/1937, quatre AOC géographiques sont obtenues : Arbois, Château-Chalon, l’Étoile et les Côtes du Jura. Deux 22 z EcoMag • Jura - Octobre 2013 appellations de produit complèteront la démarche : le Macvin en 1991 et le Crémant en 1995. Le travail sur l’amélioration du cahier des charges se fait dans un contexte économique équilibré. Le Jura est une terre de solidarité, la première coopérative est créée à Arbois en 1907. Un siècle plus tard, elles sont encore cinq, regroupent 260 sociétaires sur 400 hectares et représentent 24% de la production. Les entreprises de négoce, également productrices, représentent 40% de la production. À ce chiffre s’ajoutent près de 230 vignerons indépendants, soit plus d’un tiers de la production. Mais les vins du Jura, ce sont avant tout des produits d’exception dont le Vin Jaune demeure l’emblème. Le vin des rois est aussi le roi des vins en son fief de Château-Chalon et aucune étude scientifique n’est parvenue à reproduire la magie de son élevage sous voile pendant six ans et trois mois. Le Vin de Paille, produit à partir de raisins séchés sur claies, est l’autre particularité de ce vignoble où le geste du vigneron reste un mystère. Le Macvin et le Crémant complètent la palette des vins blancs issus des cépages Chardonnay et Savagnin et des rouges à partir de Pinot noir, de Poulsard et de Trousseau. La Percée du Vin Jaune Des vins d’exception La Percée du Vin Jaune la plus grande fête vinicole de France Le Vin Jaune est un vin unique. D’abord parce qu’on ne sait pas expliquer son élaboration. Ensuite parce qu’il reste l’un des vins les plus capricieux et les plus originaux à produire. Un risque technique énorme qu’il n’arrive pas à son terme et à l’arrivée plus d’un tiers de vin laissé « à la part des anges » font de lui le plus grand vin blanc au monde. Si l’on ajoute sa capacité incroyable de garde (plusieurs siècles), son goût et son arôme de noix, ce géant méritait bien d’être célébré comme il convient. C’est chose faite depuis 1997. Le premier week-end de février, la Percée du Vin Jaune rassemble plus de 40 000 personnes dans l’un des villages producteurs de ce vin issu du seul cépage Savagnin pour la mise en perce du premier fût du nouveau millésime qui pourra être ensuite commercialisé. le savoir-faire du Jura loin au-delà de ses frontières. Dégustations, concours de cuisine, de sommellerie, vente aux enchères de vieux millésimes et cérémonie populaire de mise en perce agrémentent ces deux jours de fête. Annonce presse Deux jours qui PARTENAIRESdeontfête lieu Aujourd’hui, le succès énorme rencontré fait d’elle la plus grande fête vinicole de l’hexagone, la Percée fait rayonner chaque année le premier week-end de février EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 23 TERROIR « La filière Comté a inventé le commerce équitable et solidaire avant tout le monde » Jean-Charles Arnaud est président de l'INAO, Institut national des appellations d'origine. Il fait le point sur le poids économique du Comté en France et à l'export. haque année, 52 000 tonnes de Comté sont vendus dans le monde. Ce fromage a la particularité de satisfaire tous les palais : les jeunes Comté font la joie des enfants tandis que les fromages affinés plus longuement séduisent les « amateurs ». Mais ce n'est pas la seule originalité du Comté : « La filière Comté est équitable et solidaire par sa structure spécifique. En effet, les affineurs déclarent leur prix de vente chaque mois aux producteurs et c'est ce prix qui fait la base de la rémunération de toute la filière, du producteur de lait en passant par la coopérative et l'affineur », souligne Jean-Charles Arnaud, président de l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité) et patron de Juraflore, l’affineur du Fort des Rousses. Cette structuration de la filière permet de lever d'importants fonds pour financer le nouveau challenge que s'est lancé il y a quinze ans environ la filière Comté : l'export. Parti de rien, le Comté a construit sa notoriété hors de France petit à petit... La structure de la filière Comté permet à tous les corps de métiers intervenant dans sa fabrication d’être rémunérés au juste prix. C Le Comté en chiffres > 57 000 tonnes de Comté produites chaque année. La première appellation d'origine de France, très loin devant le Roquefort avec ses 18 500 tonnes... > 600 millions de litres de lait transformés pour la filière Comté. > 7000 emplois générés par la filière (producteurs de lait et emplois directs). > 6 % du Comté vendu à l'export (États-Unis, Canada, Russie, Japon). 24 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 L’appellation d’origine, une force économique protectrice Un travail de fourmi qui a débuté dès les années 80 à New York. La tâche fut non seulement ardue, mais coûteuse : « Pendant dix ans, nous avons dépensé davantage en charges que cela ne nous rapportait en chiffre d'affaires...», résume Jean-Charles Arnaud. Puis ce fut au tour de Chicago, Boston et la côte Ouest de subir une campagne de promotion ciblée du Comté avant de descendre vers des villes de taille plus modestes. « Aujourd'hui, les États-Unis sont le premier pays à l'export, preuve que notre stratégie a porté ses fruits.» Après les États-Unis, un travail similaire fut conduit en Allemagne, puis au Benelux dans les années 90 et au Japon. Aujourd'hui, la part d'export de la filière représente environ 6 % des ventes globales, soit environ 78 000 meules, qui partent en bateau ravir les palais de l'autre bout du monde. Si des combats sont à mener pour protéger le Comté de copies hors Union Européenne comme en Russie, la donne est différente en Europe : la première force des 46 appellations d'origine de France, c'est bien sûr la protection de leur nom et de leur image. Le Comté se distingue par ailleurs par l'un des cahiers des charges les plus exigeants de l'univers des appellations d'origine, ce qui en fait un fromage ultra sain et de grande qualité auprès du consommateur et ceci bien au-delà de la région qui le fabrique. « Longtemps, le Comté fut un fromage de Franc-Comtois, mais depuis 20 ans, il connaît une diffusion nationale forte : un Français sur deux mange du Comté », assure Jean-Charles Arnaud. Quelle est la « recette » d’un bon Comté ? Véronique Rivoire, PDG de Rivoire-Jacquemin et vice-présidente de l’Interprofession. On compare souvent la fabrication du Comté à la photographie : avec le lait, on est au stade de la pellicule, le fromager serait le photographe et l’affineur serait le développeur. Tous les maillons de la chaîne sont importants. Au départ, il y a le lait : il faut un éleveur soucieux de la santé et de la bonne conduite du troupeau. Il faut aussi du confort tant pour les vaches – les vaches heureuses font du meilleur lait ! – que pour les hommes avec un équipement adapté réduisant la pénibilité. Ensuite, il y a les coopératives. Cette mise en commun du lait est une tradition datant du Moyen-âge ; le mélange de plusieurs laits est d’ailleurs inscrit dans le cahier des charges du Comté. Si l’équipement compte, la qualité du fromager joue beaucoup. Pour faire un bon fromager, il faut d’abord une bonne formation dispensée dans nos deux ENIL. Ensuite, il y a le talent, la sensibilité… Puis, on arrive à l’affineur qui doit développer une relation de confiance et de proximité avec ses coopératives. Savoir si le troupeau a subi un épisode orageux qui peut rendre le lait instable, ou une gelée précoce par exemple, permet d’adapter les techniques d’affinage. La modernisation des caves est à la mode et personne n’y fait exception. Mais avant les caves, les hommes font la différence : rien ne remplace la vue, l’odorat, le toucher du chef de cave… Trois questions à... Norbert Maire, Vice-Président en charge du Tourisme et de la Promotion du Jura. La majorité départementale souhaite « valoriser le Jura au-delà de ses frontières ». Quelles actions et quelles politiques menez-vous pour atteindre cet objectif ? w Pour tendre vers l’excellence et développer la notoriété du Jura, le Conseil général consacre 3 400 000 € au tourisme, sans compter l’aide à investissement d’infrastructures importantes. Jura Tourisme poursuit des actions traditionnelles type salons, foires (Tourissimo à Strasbourg, différents salons sur le thème de la randonnée, du cyclisme…) et des actions plus générales de notoriété en relation avec l’aéroport Dole Jura (Nice, Londres, Porto). Nous renforçons aussi notre présence à Lyon, Bourgen-Bresse, etc. Depuis 2012, la notoriété touristique du Jura se développe par l’utilisation d’un média (France Info) avec un impact très important. Quels sont les atouts jurassiens sur lesquels appuyer votre action ? w Certaines filières thématiques d’excellence nous permettent de bénéficier d’avantages concurrentiels : l’œnotourisme, les grands sites naturels d’exception et préservés, la randonnée, les loisirs nordiques et l'activité neige avec le plus grand domaine nordique de France et enfin les activités nautiques et lacs. Pour valoriser le tourisme, nous nous appuyons également sur les savoir-faire et l’excellence industrielle (jouets, lunettes…) et sur les personnages illustres comme Louis Pasteur. Le tourisme vert est porteur d’activité économique. En quoi le Jura a-t-il sa carte à jouer et quelles sont les retombées économiques du tourisme dans le Jura ? w Par son caractère authentique, alliant richesse des paysages et du patrimoine, le Jura se doit et tend à devenir un département de référence dans le tourisme de pleine nature. La consommation touristique annuelle est évaluée à près de 300 millions d’€ et représente plus de 3 600 emplois en moyenne annuelle. Le Jura est une destination idéale pour le « Slow tourisme », qui correspond à une tendance de marché. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 25 TERROIR Le Vin Jaune, spécialité du LDA Pour rester les meilleurs, les techniciens du LDA développent des outils et techniques nouvelles. Le Laboratoire départemental d’analyses, partenaire des vignerons et fromagers jurassiens Situé à Poligny, il propose notamment un suivi sanitaire des fromages et un appui œnologique des vins. Le Laboratoire départemental d’analyses (LDA) du Jura emploie 60 personnes dont les trois quarts sont des techniciens de laboratoire, spécialisés en chimie ou en microbiologie, ainsi que sept ingénieurs, trois œnologues, deux vétérinaires et une commerciale. L’établissement est un partenaire incontournable des filières agroalimentaires et environnementales dont bien sûr les filières viticole et fromagère du Département. Qu’il s’agisse de fromages ou de vins, l’action du LDA porte sur le volet sanitaire mais aussi gustatif. « Pour le fromage, nous effectuons le suivi sanitaire depuis la production laitière jusqu’à la fabrication », explique Marie-Paule ButhodGarçon, directrice du LDA. Le lait cru utilisé pour plusieurs AOP fromagères franccomtoises nécessite en effet un suivi sanitaire exigeant que le LDA effectue, avec une vérification très fine de l’absence de bactéries pathogènes. Mais le laboratoire réalise aussi des analyses chimiques de caractérisation du fromage avec une quantification des matières grasses et un descriptif des caractéristiques alimentaires du produit. Côté vins, le LDA assure le suivi œnologique des crus jurassiens ; au-delà du suivi, ces analyses peuvent être liées aux exportations dans certains pays aux contraintes fortes en matière de réglementation (Canada, Chine, Japon, États-Unis…). Mais c’est aussi grâce aux œnologues départementaux qu’est déterminée la date du ban des vendanges ! « Nous effectuons des contrôles de maturité pour la Société de viticulture du Jura », confirme Mme ButhodGarçon. L’action du LDA ne s’arrête pas là : ses spécialistes font le suivi des vins de la plupart des vignerons jurassiens, depuis les vendanges en passant par la vinification jusqu’à la mise en bouteille. Le LDA est particulièrement reconnu pour son expertise sur le Vin Jaune : les œnologues le suivent pendant les six années de vieillissement en fûts de chêne avec des prélèvements très réguliers. Le laboratoire produit par ailleurs tous les étés des levures de voile qui vont permettre de sécuriser la production de Vin Jaune et lui donner son goût si particulier. Trois questions à... Serge Outrey, Vice-Président délégué à l’Agriculture et à la Forêt. w Quelle place occupe l’agriculture au sein de l’économie jurassienne ? Le département du Jura est recouvert à 50% de forêt, à 45% par des espaces cultivés ou toujours en herbe. C’est donc naturellement une terre porteuse d'une économie agricole avec plus de 3 000 entreprises et près de 10 000 emplois répartis sur l'ensemble du territoire. Bien au-delà de la simple production, notre agriculture contribue aussi au rayonnement d’autres secteurs comme l’agroalimentaire, le tourisme, ou encore la gastronomie. 26 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 w L’agriculture est multiple : comment soutenez-vous toutes ses composantes ? Les différentes productions ainsi que les différentes filières agissent en complémentarité pour la richesse de notre économie. C’est pourquoi le Conseil général accompagne aujourd'hui les nouvelles pratiques et productions développées pour faire face à l'évolution des choix des consommateurs, comme l'alimentation de proximité pour les particuliers (soutien à la Chambre d'Agriculture pour le Drive Fermier), ou encore l'approvisionnement en circuits courts pour les collectivités, notamment dans les collèges. Quant à l'exploitation forestière, nous encourageons les filières de transformation comme la construction-bois ou encore la filière énergie-bois. Nous avons la possibilité de créer de la richesse nouvelle, donc des emplois. w Quel est le rôle du laboratoire d’analyses départemental vis-à-vis des filières viticoles et fromagères du Jura ? Dépendant du Conseil général, le Laboratoire Départemental d'Analyses assure un suivi sanitaire de nombreuses filières, de la production à la transformation. Il en va ainsi de la filière lait/fromage, ou encore de la filière vin, des vendanges à la mise en bouteille. Le LDA est un acteur incontournable pour la santé des hommes et des animaux, analyse de l'air, de l'eau et tout pathogène susceptible de nuire à notre confort. Il a été récemment reconnu au niveau national, et il lui a été demandé, par exemple, d'étudier les causes de mortalité des abeilles, pollinisateurs indispensables notamment pour les récoltes. Interview Dominique Chalumeaux « L’agriculture de groupes est une forme d’avenir pour le Jura » “ L’agriculture dans un département rural comme le Jura peut-elle être attractive ? w L’agriculture représente 4% des emplois directs et couvre 45% du territoire. Avec les emplois de l’agroalimentaire, de l’agrofourniture, des services, ce sont plusieurs milliers d’emplois non délocalisables. Dans le Jura, elle a essentiellement une vocation alimentaire dans des filières de qualité, en AOC, mais aussi dans le domaine des cultures végétales. Les producteurs ont été obligés de se démarquer sur des produits de qualité. Sa force, c’est justement son organisation collective, ce département est le berceau de la coopération dans le lait à comté, mais aussi dans le lait standard, la viande et les céréales, sans parler du vin. Le monde agricole a une capacité à se mobiliser très vite autour des projets. Dominique Chalumeaux, Président de la Chambre d’Agriculture. w La chambre d’agriculture a également soutenu beaucoup de petites installations individuelles ? Oui, dans le maraîchage, les fruits, les fromages. Ce sont des filières ajoutées, mais il existe des risques sur leur pérennité et nous tentons de mieux les organiser. Nous devons surtout faire encore mieux ce que nous faisons bien. Il faut continuer à installer des producteurs de lait, c’est vital. 70% du lait produit dans le Jura est en AOC, mais il faut créer de nouveaux produits. Nous avons un potentiel sous-exploité. w Les groupes agroalimentaires s’intéressent au Jura. C’est un atout ? Leur arrivée est une chance, ils ont apporté leur puissance commerciale et ils ont beaucoup investi. Entremont, Besnier occupent une place importante. Il faudra voir quelle sera leur stratégie avec la fin des quotas. w Sous quelle forme voyez-vous l’avenir de l’agriculture ? Il faut à tout prix installer des agriculteurs et arriver à remplacer un départ par une installation, on peut y parvenir en développant les productions. Nous devons également aller plus loin dans la chimie verte qui intéresse les grands groupes et valoriser tout ce que l’on peut tirer des produits agricoles. Mais s’il faut développer les filières nouvelles, il faut aussi les organiser. Il est très difficile de travailler seul. Aujourd’hui, on est de moins en moins paysan toute sa vie. L’agriculture de groupes offre des facilités. C’est une forme d’avenir dans une région comme le Jura. « Il faut continuer à installer des producteurs de lait, c’est vital ». ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 27 TERROIR Bel, La Vache qui fait sourire l’emploi jurassien 750 salariés produisent 45 000 tonnes de fromage par an pour La Vache qui rit, Apéricube et Piq & Croq. La fabuleuse histoire du groupe Bel a débuté dans le Jura dès 1865. Des années plus tard, le poids économique local des fromageries Bel est encore fort, le groupe embauche en effet 750 collaborateurs dans le Jura : 300 à Lons et 450 à Dole. Le fromage emblématique de Bel, la Vache qui rit, constitue 50 % de la production jurassienne. Le reste des 45 000 tonnes de production annuelle est répartie sur deux familles de produits : les Apéricube et les Piq & Croq, vendus partout dans le monde. Le groupe s’appuie depuis toujours sur une politique de marque. Au niveau mondial, Bel se développe sur ses cinq marques « cœur » que sont La vache qui rit, Babybel, Kiri, Leerdammer et Boursin. À l’export, l’entreprise se plie autant que possible aux particularités locales et a par exemple développé des portions de 100 g de Vache qui rit pour l’Ukraine ou encore une nouvelle saveur sucrée à la fraise pour les Coréens et Chinois. Elle se met même en quatre pour assurer l’apport suffisant aux besoins nutritionnels comme en Egypte où sont observées des carences en calcium et vitamine D ! Aux côtés de ces nouveaux marchés, l’Algérie reste le 1er marché en volume pour La vache qui rit, tandis que l’Arabie saoudite est davantage férue de Kiri. La Vache qui rit, c’est aussi « The Laughing Cow » dans les pays anglophones, « La vaca que rie » en Espagne et même « Con bò cười » au Viêt Nam… La Maison de la Vache qui rit Bel est d’abord le nom d’une famille d’origine jurassienne (Chambéria, puis Orgelet). Le Pdg actuel est l’arrière-petit-fils de Léon Bel, créateur de la fameuse marque « La vache qui rit ». Ce produit a été fabriqué pour la première fois à Lons-le-Saunier, à l’endroit précis où s’élève désormais La Maison de La vache qui rit, ouverte au public depuis mai 2009. Avec une moyenne de 40 000 visiteurs par an, ce musée d’un genre nouveau est le 2e site à entrées payantes le plus fréquenté du Jura, participant ainsi activement au rayonnement touristique et culturel du Jura. Elixia,la limonade à la conquête du monde La sixième génération des limonades Elixia a choisi l’originalité. Les 800 000 bouteilles fabriquées à Champagnole s’exportent à 70%... Essentiellement dans des boutiques haut de gamme. À bout de souffle, la dynastie inaugurée par Faustin Girardet en 1856 a bien failli s’arrêter en 1992. Dix ans plus tard, Hugo Sublet reprend le flambeau de son beau-père, mais avec une idée fixe : l’originalité. « En 2002 j’ai relancé une limonade nature à base de sucre de canne et d’extraits naturels de fruits et de plantes, j’ai revu le package et mis en avant notre histoire. » Depuis, les innovations se sont succédées : d’abord les limonades parfumées (sapin, mirabelle, mangue, cerise, passion, fraise des bois…) puis le Faustin, un blanc et un rouge limés et la limonade bio à base de sirop d’agave avec ses dérivés à la rose et la fleur d’oranger faite à partir d’eau 28 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 florale. En 2010 l’Elixia Or avec des paillettes 24 carats (vendue dans le hub de l’aéroport de Doubaï) et en 2012 la limonade chocolatée à base de caramel et d’extraits de cacao… Hugo Sublet a choisi de privilégier l’excellence dans les salons de thé, les chocolateries, les hôtels et restaurants haut de gamme et le milieu de la mode. Vendue chez Le Nôtre, Ladurée, Colette, l’Elixia sera proposée lors du prochain défilé de haute couture Carven. Les projets visent l’export. Déjà présente aux USA, dans toute l’Europe, la limonade de Champagnole va bientôt partir pour l’Inde, la Corée, le Vietnam, la Thaïlande et l’Indonésie. Jura terre d’innovation > Lunetterie, industrie du jouet, filière bois... ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 29 De l’artisanat à l’industrie C’est à la fin du 18e siècle qu’un artisan cloutier des environs de Morez eut l’idée d‘utiliser du fil de fer pour tenir des verres de vue. La première monture de lunette était née. C’est depuis les années 1820 la spécialité industrielle de cette ville de la haute vallée de la Bienne. n 1890, plusieurs millions de montures soudées sortent des ateliers moréziens. Le stade artisanal est désormais révolu, les usines se multiplient, le travail est organisé en postes de production, les lunettes de Morez sont commercialisées dans le monde entier. Le succès ne sera pas freiné par les deux guerres. Au contraire, les entreprises grossissent et emploient une main d’œuvre de production sur place tout en fabriquant leurs propres machines. Dans les années 50, les industriels de la vallée découvrent le milieu de la mode et s’y engouffrent. La lunette n’est plus un simple outil de vue, c’est un objet de mode, une marque identitaire, notamment les lunettes de sport et solaires. Ce sont les années d’innovation et de maîtrise des technologies. Le réseau des lunetiers puise sur place au lycée Victor Bérard les opticiens et techniciens dont il a besoin, le syndicat des lunetiers facilite les innovations technologiques. Les premières difficultés apparaissent dans les années 70 avec une concurrence de plus en plus importante des industriels étrangers, notamment chinois qui proposent un coût de production bien moindre. L’autre concurrence, sur le terrain de la créativité, vient directement des pays voisins, en particulier l’Italie. Les entreprises subissent la crise, se restructurent, les emplois diminuent. Cette crise structurelle contraint les industriels à innover. Des produits pour le luxe et la mode apportent un second souffle. Ces dernières années, l’apparition du « made in France » a permis de trouver un nouveau public, même si la situation reste fragile. Aujourd’hui, les 62 entreprises jurassiennes font vivre plus de 2000 salariés directs. Avec presque 10 millions de montures vendues chaque année - dont 55% à l’export - le Jura représente 60% de la production nationale et place la France au sixième rang mondial des producteurs. Les lunetiers jurassiens travaillent pour une soixantaine de griffes et de marques. E 30 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 60% des lunettes françaises viennent du Jura « Aujourd’hui, les 62 entreprises jurassiennes font vivre plus de 2000 salariés directs. Avec presque 10 millions de montures vendues chaque année ». Albin-Paget : le lunetier centenaire a des projets plein la tête Le 3 janvier 2013, Thibaut Mortier et Jean-Michel Werling ont repris les rênes de la société Albin-Paget, spécialisée dans la lunette optique, notamment le doublé or. Créée en 1883 à Morez, l’entreprise, devenue Albin-Paget groupe, emploie près de 70 salariés et s’est fait un nom dans la fabrication intégrée sur site, autrement dit le « Made in France ». Véritable tour de force, les deux associés se sont passés des banques : « La banque historique de l’entreprise a dit qu’elle nous suivait, puis s’est rétractée. Il a fallu qu’on auto-finance. » Dès les premiers mois, les nouveaux dirigeants ont mis en place leur stratégie : la poursuite du concept « Made in France » et une capacité de réactivité amplifiée par l’intégration sur site des différentes fabrications ; le développement de l’entreprise à l’international avec l’objectif de passer de 10 à 30% à l’export ; la poursuite de la politique de marques sous licences (Georges Rech et Inès de la Fressange déjà en catalogue) avec la signature de trois nouveaux contrats (Victor and Rols, Lamarthe, Léonard Paris) et des marques propres en cours. « Notre choix est d’augmenter la part de produits en acétate par rapport au métal. C’est un rééquilibrage et une évolution. Aujourd’hui la lunette est un accessoire de mode très important dans l’image et le « Made in France » apporte une vraie valeur ajoutée ». ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 31 De l’artisanat à l’industrie Le jouet jurassien aux quatre coins du monde Hérité des objets de piété tournés pour l’abbaye de Saint-Claude après le 10 e siècle, le jouet jurassien en bois a connu un développement industriel dans la seconde moitié du 19e autour de Moirans, puis un nouvel essor dans les années 50 avec les matières plastiques. Aujourd’hui, il s’exporte dans le monde entier. Des générations de tourneurs sur bois se sont succédées depuis la fondation de l’abbaye de Saint-Claude dans le Haut-Jura au 5e siècle. D’abord réservé aux ustensiles de base (cuillères, bols), le travail du bois s’est amplifié après le 10e siècle avec la fabrication d’objets de piété destinés aux pèlerins et les premiers jeux. Cette activité s’est transformée en industrie dès 1870 avec l’apparition d’usines où se fabriquaient les premiers jouets en bois articulés. Après la seconde guerre mondiale et l’arrivée des matières plastiques, une nouvelle génération d’industriels a marqué le monde du jouet de son empreinte. Des centaines de salariés, des centaines de sous-traitants… Tout un monde fabrique des jouets, les uns comme autrefois dans les ateliers, les autres selon des process industriels modernes. Des marques illustres : Monneret, Clairbois, Charton, Berchet, Smoby, Vilac, Jeujura, Janod… Des baby-foot aux tricycles, des dinettes aux jeux de plage, des bilboquets aux quilles… Le jouet jurassien s’exporte aux quatre coins du monde. Aux années d’euphorie succède le temps des restructurations, des rachats, des regroupements. Aujourd’hui, le jouet en bois poursuit une dynamique portée par le retour aux matières naturelles et le jouet plastique est en concurrence directe avec les fabricants du sud-est asiatique, mais des groupes comme Smoby, en jouant la carte du « Made in France », poursuivent la saga du jouet jurassien. Juratoys Leader français du jouet en bois Pascal Bernard - Juratoys Avec une croissance à deux chiffres et un chiffre d’affaires de 40M€, le groupe Juratoys emploie 50 salariés à Orgelet sans produire dans le Jura. Une stratégie de la matière grise. Pascal Bernard entre chez Janod en 1994 comme responsable commercial. Dix ans plus tard, il rachète la société qui devient le groupe Juratoys (rachat de la société Kaloo, peluches et jeux de naissance en 2011) avec un mot d’ordre : trouver de nouveaux marchés et innover. Aujourd’hui, Juratoys est présent dans une soixantaine de pays avec une implantation récente aux États-Unis, la société est devenue leader du jouet bois 32 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 en France avec plus de 800 références et second employeur jurassien dans le milieu du jouet derrière SmobyToys : « Notre plus-value, c’est le design, la créativité et l’internationalisation. » En rupture avec la tradition locale de la fabrication sur place, Juratoys n’emploie que des créateurs, des designers et des responsables commerciaux. Les jouets sont fabriqués par une cinquantaine d’artisans du Jura… et d’ailleurs : « C’est un leurre de parler du jouet en bois Made in Jura. Si je voulais fabriquer tout mon catalogue dans le Jura, je ne pourrais pas, nous n’avons pas la capacité. En Californie, dans la Silicon Valley, personne ne produit. Il faut s’interroger.» Juratoys se positionne donc comme concepteur de jouets en bois et l’exercice lui réussit plutôt bien. Le pays Smoby Toys choisit le Jura Depuis son rachat par le groupe allemand Simba en 2008, Smoby Toys - premier fabricant de jouets en France - a entrepris de regrouper son activité (dont une partie était concentrée en Rhône-Alpes) entièrement dans le Jura. Un choix rationnel qui ramène à cinq le nombre de sites et génère des économies d’échelle importantes, mais ce choix répond aussi à un engagement de la direction générale dans la démarche « Made in France » visant à tout faire au même endroit : réception des matières premières, fabrication, conditionnement, expédition. Les jouets sont conçus dans le Jura, la technologie et l’ingénierie restent sur place. Depuis 2010, Smoby a investi près de 30 millions d’euros dont les deux tiers sur le seul site de fabrication d’Arinthod : restructuration de l’atelier d’injection, nouveaux convoyeurs, plateforme de conditionnement, broyeur ; atelier de montage équipé de robots de filmage et de convoyeurs neufs ; nouvel entrepôt de stockage. La prochaine tranche concernera l’atelier de soufflage. Investissements également dans l’usine de Moirans et réfection du siège social à Lavans les Saint-Claude avec un show room et des locaux administratifs entièrement neufs. Enfin, construction d’une plateforme logistique de 30 000 m² à Moirans. du jouet et de l’enfant Plus qu’un concept, une identité Il y a vingt-cinq ans naissait à Moirans le concept du pays du jouet et de l’enfant avec l’idée de faire de la cité le miroir d’une identité profondément ancrée dans la population. Jean Burdeyron, maire de Moirans, a bâti année après année une image devenue un véritable outil économique : « Au début, on a lancé le concept de Moirans, cité du jouet. Ensuite il a été élargi à Jura Sud qui s’est fédérée autour de l’enfant et du jouet. Depuis, cette notion se cultive, se décline. Il y a eu Ideklic, le musée du jouet et je crois qu’en 2008, si le groupe Simba a repris Smoby, c’est aussi en partie parce que sur place il existait ce concept de pays du jouet. » Le temps a joué pour Moirans. En ramenant dans le Jura ses différents sites éparpillés, Smoby Toys n’a pas fait que créer des emplois et investir sur place, le groupe s’est inscrit dans cette démarche tournée vers l’enfant. Dernière réalisation, la restructuration complète du musée du jouet ré-ouvert en juillet 2012. Depuis cette date, près de 40 000 visiteurs ont franchi les portes pour voir les 3 000 jouets présentés : « C’est un ensemble : la ville, la communauté de communes, le lycée, les industriels, les animations, le musée. Quand Jura Sud s’installe dans les bâtiments de Clairbois, c’est tout un symbole, on est dans les racines locales. Pour que ça marche, il faut que l’identité corresponde aux racines ». Depuis 2010, Smoby a investi près de 30 millions d’euros ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 33 De l’artisanat à l’industrie La construction bois, du beau, du sain, de l’économie à long terme Une demeure en bois n’est pas plus chère qu’une construction classique à performance identique et un nombre croissant de personnes l’ont compris. Car si la construction bois ne fait pas exception aux tendances économiques actuelles avec un volume de constructions en baisse, elle gagne malgré tout des parts de marché. L’avantage de ce matériau ? Il autorise de grandes ouvertures, de grandes baies vitrées liées à une bonne exposition de la maison et permet de construire des maisons originales d’un point de vue architectural. Ce matériau est aussi très sain et apporte une isolation, donc une économie de charges, très importante. Certaines maisons en bois consomment 250 euros d’énergie par an et avec la RT 2012 (nouvelle norme en matière d’isolation), cette somme descendra à coup sûr autour des 200 €. Zoom sur deux constructeurs de maisons en bois qui s’appuient sur des filières locales et conçoivent des demeures modernes, parfois bien loin du traditionnel chalet montagnard… Roch à Macornay Depuis plus de 50 ans, Roch construit des maisons en bois avec deux types de système : l’un consiste à fabriquer les murs à l’atelier et à assembler le tout sur le chantier ; l’autre prévoit l’entière conception de la maison, sanitaires compris, à l’atelier. Roch propose un service allant de la conception des plans à la réalisation et embauche 30 salariés (hors intérimaires) de tous corps de métier. « Tout est fait en interne sauf le terrassement, la maçonnerie et l’électricité que nous sous-traitons », explique Thierry Dubrulle, le Pdg de Roch. Roch utilise du bois de charpente et d’ossature tiré des forêts jurassiennes : il a développé un partenariat avec Haut Jura Bois, scieur de Châtel-de-Joux qui est en train d’étudier un projet avec d’autres scieurs pour faire ensemble du bois abouté. Chauvin à Mont-sous-Vaudrey Chauvin est une entreprise familiale, cogérée par Frank Chauvin, Pdg et son frère Laurent, directeur général. Depuis bientôt 40 ans, Chauvin fabrique et construit des maisons bois de qualité, avec plusieurs options allant du prêt à monter au clé en mains, chaque client trouvant ainsi une formule adaptée à son budget et à ses envies. Pour la conception de ses projets sur-mesure, la société s’appuie sur un réseau d’architectes partenaires, spécialisés dans le matériau bois. Parallèlement, elle mise sur la proximité avec un recours important au bois du Jura et aux artisans locaux afin de valoriser la filière régionale. Soucieuse d’anticiper les attentes du marché, la maison Chauvin est en recherche constante d’innovations mais garde toujours la même envie : celle de construire le bonheur de ses clients. 34 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Trois questions à... Robert Tournier, Vice-Président à l’administration générale et aux bâtiments. Scabois, les artisans dans la tradition coopérative Fondée en 2008 avec une quarantaine d’adhérents, Scabois est aujourd’hui une société coopérative regroupant 132 artisans du bois. Le système coopératif et sa philosophie humaine et économique séduisent de plus en plus le monde artisanal. « Notre pari, c’est de prendre des entreprises artisanales et de les regrouper pour en faire une force unique sous la bannière de l’économie sociale et solidaire. Notre société coopérative ne cesse d’avoir de nouvelles adhésions, Scabois intéresse les départements voisins. » Georges Cerri, directeur, peut être satisfait. En cinq ans il a presque multiplié par quatre ses adhérents et les locaux de Perrigny sont devenus trop petits : « Il nous faut trois hectares pour construire un outil adapté au développement de la coopérative et trois hectares en réserve. Avec 27 salariés et une progression de 10% cette année malgré la crise, il va falloir trouver de la place ! » Regroupée avec d’autres coopératives des régions voisines, Scabois représente une vraie force de frappe avec la mise en place d’une véritable centrale d’achat. Le résultat s’inscrit à la fois en termes économiques et solidaires : 5 camions sur les routes, 500 000€ injectés dans les bâtiments, un capital de 1,7M€, des bénéfices réinvestis et pas redistribués. Le tout sous la formule coopérative « un homme, une voix »… Et ça marche ! Vous êtes Président de l’Office Public de l’Habitat (OPH). Quels sont les grands chantiers à mener en matière de logement social dans le Jura ? w L’OPH mène plusieurs chantiers qui ont pour objectif de concourir au maintien des personnes âgées à domicile. Il s’agit notamment d’isolation extérieure du bâtiment, de remplacement des fenêtres, suppression des baignoires remplacées par des douches, pose d’ascenseurs et volets électriques, changement des éviers dans les logements, etc. Autre gros chantier : l’extension en construction bois de l’Ehpad de Saint-Amour. Le Conseil général donne l’exemple ! Citez-nous quelques réalisations du Conseil général faites en bois… w Nous avons réalisé plusieurs bâtiments ou aménagements en bois : le terminal d’arrivée et le nouveau terminal de départ de l’aéroport Dole Jura, des chalets d’hébergement à Bellecin, le gymnase du collège d’Arinthod avec une charpente bois, le parquet de la salle de sport de la base nautique de Bellecin et la future crèche du Conseil général en bois biosource. Pour quelles raisons le Conseil général a-t-il décidé de promouvoir, par des aides plus importantes que pour des constructions classiques, la construction bois ? w La promotion de la construction bois local permet un soutien à cette économie locale pour une montée en compétence des différents acteurs et un développement du marché. Il s’agit d’un mode de construction durable : utiliser le savoir-faire local, la ressource locale et un matériau noble avec un impact Carbone moins important que dans la filière béton. Cependant, la construction Bois n’exclut pas le recours à la filière humide pour partie. Dans un contexte budgétaire restreint, tous les projets ne pourront être soutenus. Selon le Plan Départemental de l’Habitat, la rénovation de l’existant et les projets d’acquisitionamélioration sont prioritaires, puis la construction neuve. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 35 Interview Michel Chamouton « La plupart des grosses entreprises sont nées de l’artisanat » Michel Chamouton, Président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Jura. “ Quel est le poids économique de l’artisanat et du bâtiment dans le Jura ? w La Chambre des métiers regroupe 5164 entreprises qui emploient plus de 10 000 salariés dans le Jura. Ces entreprises interviennent dans le bâtiment, l’alimentation, les métiers de la production, tels que le jouet, le bois, le plastique… La plupart des grosses entreprises sont nées de l’artisanat : je cite toujours l’exemple de RGF Plastique à Pratz dont l’aventure a débuté dans un garage avec une ou deux personnes et qui emploie aujourd’hui 80 salariés. Smoby, de son côté, a commencé dans une grange… L’artisanat est un creuset d’idées et de développement. Nous subissons néanmoins la crise de plein fouet : en 2012, l’artisanat a perdu 8 % de son personnel dont 11 % en alimentation et 13 % en fabrication. Le bâtiment souffre aussi, tout d’abord parce qu’il y a beaucoup d’entreprises individuelles, ensuite parce que le secteur souhaite préserver sa main d’œuvre qualifiée. Plutôt que de licencier, on préfère « taper » dans la trésorerie… 36 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Quel est le rôle de la Chambre des métiers ? w Elle est tout d’abord l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics et nous avons, à l’heure actuelle, bien des choses à défendre. Elle est le médiateur, le relais entre les entreprises et l’administration. Nos professions sont parfois mal structurées ; la chambre les aide, les forme, les écoute. Nous portons aussi le CFA de Gevingey, irremplaçable en matière de formation : la moitié des entreprises artisanales sont dirigées par d’anciens apprentis. Les entreprises du bâtiment font face à un nouveau virage dans leurs métiers, notamment s’agissant des normes. Comment les artisans s’adaptent-ils à ces évolutions ? w L’artisan se forme dès lors qu’il y a un impact sur le marché. Mais prudence avec certaines normes assez restrictives. La RT 2012, soit… Mais nous sommes des animaux comme les autres, nous avons besoin de respirer. Qu’en est-il de la création d’entreprises dans le secteur des métiers et de l’artisanat ? w On observe une baisse significative depuis 2011 dans le Jura. Aucun politique n’a la bonne idée de valoriser la création ou la reprise d’entreprises depuis des mois ! La Chambre agit énormément pour ramener des demandeurs d’emploi vers l’artisanat et pour promouvoir nos métiers, chez les jeunes. Une classe de CM2 d’Orgelet est venue une journée au CFA, ce fut une expérience unique. Il existe beaucoup d’opportunités non satisfaites dans l’artisanat, mais il manque à notre pays la capacité de susciter des vocations, de donner l’envie… « Je suis un fervent défenseur de la promotion. Il faut créer des passerelles entre les formations ». Les Boutons Brochot habillent les plus grands Créée en 1958 à Patornay pour fabriquer les poignées en corne des lève-glaces de la Traction, l’entreprise Brochot s’est finalement spécialisée dans le bouton. Elle travaille aujourd’hui pour les plus grands noms du prêt-à-porter. Philippe Regazzoni définit son entreprise comme une tournerie : « Le bouton est un produit que l’on peut injecter ou tourner. Nous avons choisi de le tourner avec des machines modernes à commande numérique ou à taille laser. Le bouton est né dans le Jura dans les années 1920/1930 par dérivé de la perle tournée pour les colliers américains, nous nous intégrons dans cette évolution. C’est un savoir-faire ancré dans notre territoire, il est important de le préserver. » Après le rachat des sociétés Lahu de Lavans-les-Saint-Claude, Tacchini de Saint-Claude et l’ouverture d’ateliers de fabrication en Roumanie et en Chine, l’entreprise est résolument tournée vers l’export : « Nous sommes présents aux USA, en Australie et dans les pays à façon : le Maghreb, l’Europe de l’Est, mais nous voulons également travailler sur les pays émergents : la Russie, le Brésil, l’Inde qui sont des relais de croissance. Le bouton nécessite de l’industrie, il est compliqué de le délocaliser. Aujourd’hui avec notre niveau technique de création, d’adaptabilité aux normes et de service, nous pouvons innover. » Une production moyenne gamme à petits prix, une autre de luxe pour le prêt-à-porter, 30 millions de boutons « Made in Jura », des clients prestigieux (Hermès, Vuitton, Yves Saint-Laurent) et un savoir-faire reconnu permettent à l’entreprise d’envisager l’avenir sereinement. Altus Coating, les partenaires industriels des Grandes maisons L’entreprise familiale, nichée en zone industrielle de Lons, vernit les flacons et autres contenants des plus grandes maisons : Nina Ricci, Chanel, Dior, Yves Saint-Laurent… On a peine à trouver Altus Coating en zone industrielle de Lons et pourtant cette petite entreprise de 5 équivalents tempsplein recèle bien des trésors. Lucien Pertus, le père, et Éric Pertus, le fils, tous deux chimistes de formation, ont monté cette société de vernissage des emballages cosmétiques en novembre 2007. Après des expériences dans deux multinationales - Rhône-Poulenc pour Lucien et V33 pour Éric - les deux hommes vendent désormais leurs savoir-faire et ceux de leurs employés au profit des plus grandes marques de luxe : Nina Ricci, Chanel, Dior, Yves SaintLaurent… Le vernis du flacon « La nuit de Chanel », c’est eux. Altus Coating se démarque d’une part par sa maîtrise du marquage à chaud (qui permet de déposer les lettres dorées sur le flacon ou le pot de crème). D’autre part, l’entreprise utilise une technologie chimique très innovante, à la fois productive et meilleure pour l’environnement : la technologie UV à réticulation ultra-violette. Elle engendre un séchage ultra-rapide (quelques secondes), donc un gain de productivité. « 30 000 bouchons sont réalisés en 8 heures de travail », résume Éric Pertus. Par ailleurs, la technique permet d’utiliser moins de solvants, réduisant ainsi l’impact sur l’environnement. Chaque client (une vingtaine au total) bénéficie d’une écoute, d’une assistance et d’une formulation sur-mesure pour répondre à ses besoins en matière de qualité, de résistance et d’esthétique du vernis. Le vernis parfait est ensuite conditionné en pots ou en seaux et vendu à des clients européens (France, Espagne, Italie, Allemagne, Pologne, Pays-Bas), mais aussi en Colombie et au Brésil. « Nous commercialisons 15 à 20 % de notre production à l’export », termine Éric Pertus. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 37 Interview Rémy Laurent La « petitesse » du territoire est compensée par la diversité des secteurs d’activités » “ Les atouts jurassiens peuvent-ils assurer un développement pérenne? w Territoire rural par excellence, le Jura est riche de compétences et de qualifications qui, ajoutées aux valeurs de créativité, aux patrimoines historiques, culturels et touristiques en font un écrin de « bien-être » inscrit dans une dynamique économique équilibrée autour de ses filières, chacune porteuse de véritables fleurons. La conjoncture est difficile, mais la « petitesse » du territoire est compensée par la diversité des secteurs d’activités que favorisent des réseaux de proximité efficients, même si l’environnement national réglementaire reste trop contraignant, retardant certains projets. w Quels sont pour vous les orientations à privilégier ? Des développements d’infrastructures ou d’équipements restent indispensables pour sortir rapidement des « zones blanches numériques » ou encore du désenclavement ferroviaire, voire routier et fluvial. Il en va de l’avenir du développement jurassien. La 38 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Rémy Laurent, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Jura. transmission d’activités est encore trop souvent freinée par le manque d’anticipation des difficultés et une certaine frilosité. Quant à l’esprit d’entreprendre, il convient de l’insuffler encore davantage pour faciliter la réalisation des projets. La qualification est-elle suffisante ? w L’inadéquation des qualifications nécessaires face aux postes de travail non pourvus reste pénalisante, elle ne relève pas uniquement d’un problème d’attractivité, mais aussi des capacités à accompagner des périodes de reconversion. Même si le phénomène des frontaliers peut parfois renforcer la difficulté, il n’en demeure pas moins que la force économique de nos voisins induit des retombées significatives, incitant à s’ouvrir toujours plus vers les marchés extérieurs. L’esprit « Made in Jura » constitue-t-il un élément d’attractivité ? w La notion de « travailler davantage ensemble » ne peut être que bénéfique et la relance pérenne du réseau « Made in Jura » traduirait la capacité des entreprises à rebondir sur leurs qualités recon- nues, à savoir l’envie d’évoluer et de s’adapter aux nouveaux enjeux. À condition qu’on laisse aux acteurs un peu plus d’air avec de réelles baisses de prélèvements qui leur permettent de retrouver des marges de manœuvre favorisant ainsi les créations de richesses et d’emplois. « Il convient d’insuffler encore davantage l’esprit d’entreprendre ». Les ateliers Apicius soignent la communication des hôteliers-restaurateurs Unique en son genre, l’agence implantée à Poligny intervient pour améliorer l’image des métiers de l’hôtellerie-restauration. Elle a même obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France. En 1996, Rémi Ohayon et deux associés créent de toute pièce une agence de communication plutôt originale : « Après des études au lycée hôtelier de Poligny, puis des stages à Arbois chez Jean-Paul Jeunet (2 étoiles) et à Saulieu chez Loiseau (3 étoiles), j’ai compris qu’il fallait aider la profession à développer son image sur internet pour que les professionnels en tirent directement un bénéfice. » Les ateliers Apicius se mettent au travail : création de sites internet, référencement, logiciels de réservation en ligne, réseaux sociaux, stratégie marketing… Petit à petit, la profession se met à y croire : « On travaille aujourd’hui pour 1500 clients, Denis Jeunet, Vice-Président délégué au Développement économique, aux Relations avec les collectivités territoriales et aux Coopérations. w Quels sont les atouts économiques du Jura ? Notre département bénéficie d'une situation géographique idéale : adossé à la Suisse, il est aussi désenclavé avec un accès au réseau autoroutier et dispose d’une desserte routière de qualité, ainsi qu’une activité aéroportuaire dynamisée. Le Jura, c'est aussi une diversité des terroirs, de la plaine à la montagne, valorisée et préservée par des savoirfaire ancestraux ; un artisanat dynamique ainsi qu'une industrie qui conserve des secteurs d’excellence dans des technologies de pointe : mécanique de précision, aéronautique… Mais ce sont aussi des hommes et des femmes ! Le tempérament jurassien est prisé de nos voisins suisses qui nous considèrent comme leurs alter ego en matière d’engagement dans le travail. Nous bénéficions de l’enthousiasme et de la passion de quelques capitaines d’industrie attachés à leur pays. depuis la maison d’hôtes jusqu’aux palaces. » En un peu plus de quinze ans, l’agence regroupe à Poligny une cinquantaine de personnes, affiche une croissance de 24% en 2012 et un chiffre d’affaires de 6,5 M€. Du coup, cinq autres agences, chacune experte dans les métiers du web, du marketing et de la notoriété en ligne ont été créées en France pour un total de 98 CDI. En 2011, l’agence s’offre même le luxe de candidater au prestigieux titre de MOF qui s’ouvre alors aux métiers de la communication. Rémi Ohayon et six collaborateurs présentent un projet et décrochent le titre. Les sept candidats sont récompensés. Une première en France. Séverine Ohayon, Sylvain Garcia et Rémi Ohayon, les trois associés d’Apicius Trois questions à... w Le Département est partenaire de nombreux projets portés par les collectivités locales. En quoi ce partenariat est-il générateur d’attractivité et de développement économique ? Le développement économique, lui aussi, ignore la génération spontanée ! Les élus se doivent d’en créer les conditions propices à l’échelon communal et surtout intercommunal. Par le biais des EDAT dans un passé récent, ou par celui des aides thématiques aujourd’hui, le Conseil général, en proposant un cofinancement, a noué des partenariats efficaces. Les projets touristiques (station, parc à thèmes…), commerciaux, (les SCAF notamment) ou les réalisations au service des populations induisent des emplois directs tout en conférant une vraie attractivité aux divers territoires de notre département. w Quelles politiques le Département mène-t-il pour favoriser l’attractivité du Jura et son développement économique ? Selon des critères mieux encadrés, les aides aux entreprises pour l’immobilier sont poursuivies et constituent un atout spécifique de notre département. 1,8 million d’euros sont consacrés annuellement à cette politique. Le portail des aides individuelles aux entreprises, dans lequel nous sommes partenaires de la Région, a permis, depuis janvier 2012, l’intervention publique sur 49 dossiers visant 939 emplois. Cette aide publique a un effet de levier de 5 sur le financement privé. Elle consiste aux trois quarts en attribution d’avances remboursables. La présence du Jura dans divers salons de l’Hexagone, un concept « Made in Jura » revisité et une image plus lisible témoignent d’une communication plus professionnelle donc plus efficace. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 39 Technologies de pointe Groupe Baud Industries Le micro-décolletage, version internationale Créée en 1978 par Marcel Baud, l’entreprise de Sirod est devenue un groupe international réparti sur huit sites (France, Suisse, Pologne, Singapour, Tunisie) spécialisé dans le micro usinage-décolletage. Automobile (50% de l’activité), connectique, télécommunications, électronique, électricité, horlogerie, médical, la force de l’entreprise reste son fonctionnement familial. Lionel Baud est Pdg depuis 2000, il travaille avec ses deux frères. C’est lui qui a choisi d’investir dans l’international : « Nous l’avons fait pour avoir des bases logistiques, mais maintenant nous allons augmenter notre production à l’étranger tout en renforçant nos supports techniques en France pour améliorer notre production et notre rentabilité. » Le site de Sirod va donc bénéficier d’un nouvel agrandissement dès cet hiver avec plusieurs dizaines d’emplois à la clé : « La société Dimep de Sirod est celle qui a grandi le plus vite, c’est là que nous fabriquons toutes les pièces complexes à forte valeur ajoutée. Nous investissons chaque année 12% de notre chiffre dans le matériel pour être toujours plus performants. » Les clients ont pour nom Ford, Porsche, Toyota, Bosch, BMW, Apple, Cartier, Legrand… Que des grands, comme le veut la devise du groupe : « Être les meilleurs et travailler avec les meilleurs ». L’autre force du groupe, c’est le partenariat avec le lycée de Champagnole qui a permis de former sur place des BTS que l’entreprise embauche. Baudry, 60 ans au service de la protection L’entreprise de Domblans fabrique des coffrets, mallettes ou conteneurs sur-mesure pour de grandes sociétés. Une histoire étonnante que celle de l’entreprise Baudry qui débute par le grandpère et ses locations de voitures de maître à Paris, se poursuit par une tabletterie à Ladoye-sur-Seille avant l’implantation d’un 2e site à Domblans. Un contrat pour des tables et des sièges de camping pour Manufrance sera le premier déclencheur de l’évolution de l’entreprise avant la réalisation de coffrets-bois pour du petit matériel de peinture, qui viendra asseoir la position de la société en 1960. Les emballages bois pour Matra ou Bull seront une nouvelle étape avant les valises plastique et la création des calages mousse à l’intérieur. Baudry restera longtemps le premier et surtout l’unique fabricant de ces protections mousses faites sur mesure. 40 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Aujourd’hui, les clients s’appellent Alcatel, Sagem, Thales, CEA et le sur-mesure est devenu la « marque de fabrique » de l’entreprise. Études, créations, mises au point, fabrications des emballages sont réalisées par seize employés qui produisent des pièces allant de la plus petite à la plus imposante, de l’unité à la grande série, de la plus simple à la plus compliquée. L’aluminium, le polyéthylène, le polyester ou le bois sont les matières utilisées pour la réalisation de ces coffrets, mallettes ou conteneurs que l’on retrouvent ensuite chez des commerçants, des particuliers ou dans des hélicoptères et des sous-marins. Donner au client le produit qui convient le mieux, c’est le crédo de la société Baudry. Mahytec à Dole, Avec il y a de l’invention dans l’air La société doloise conçoit des produits permettant de stocker l’hydrogène : une filière d’avenir pour des usages insoupçonnés… Dans la pépinière d’entreprises du Grand Dole, quartier des Mesnils Pasteur, les méninges fonctionnent à plein régime. Mahytec est née en 2008 de l’union de quatre Bisontins, Pascal Robinet, Dominique Perreux, Frédéric Thiebaud et David Chapelle, respectivement ingénieur de recherche, profs d’université et maître de conférences. Dix-huit personnes travaillent actuellement à concevoir des pièces en composite à haute valeur ajoutée pour des clients du monde de l’industrie, la plupart du temps à l’export (Suisse, Allemagne, Italie…). « Nous avons par exemple réalisé une pièce pour l’exploration des fonds marins dans le domaine pétrolier. Nous travaillons aussi pour l’automobile, le luxe… Nous effectuons le calcul des structures, la fabrication et les tests mécaniques avant la vente », explique le gérant Pascal Robinet. mais pour être utilisé, ce gaz très léger a besoin d’être comprimé. Mahytec crée donc des contenants capables de résister à de fortes pressions. Grâce à ces inventeurs de génie, de belles perspectives s’amorcent pour l’avenir. Mahytec a conçu un produit pour faire tourner le moteur des charriots de trains à base d’hydrogène, un autre pour équiper un tracteur-tondeuse du Grand Dole. Il en sera de même pour le projet Mobypost de La Poste : les dix voitures alimentées par l’hydrogène dans lesquelles rouleront les postiers d’Audincourt et de Perrigny auront un peu de savoirfaire de Mahytec dans leur carcasse ! La société doloise, qui devrait bientôt déménager sur la zone Innovia, participe aussi à un programme européen pour Cassadian (filiale d’EADS) afin d’équiper les armées d’un système de relais téléphonique fonctionnant à l’hydrogène en cas de coupure du réseau principal. La botte secrète de Mahytec… Mais la botte secrète de Mahytec, c’est le stockage de l’hydrogène, ce gaz d’avenir « non polluant » au moment où le pétrole se fait rare. L’hydrogène sert à créer de l’énergie, SMP s’installe à Lavancia La société quitte le département de l’Ain pour celui du Jura. Mahytec a conçu un tracteur-tondeuse fonctionnant à l’hydrogène pour le Grand Dole. Spécialisée dans la conception de moules haute précision en injection plastique, la société SMP rachetée il y a une dizaine d’années par Jacky Mazzolini (Sanclaudien d’origine) quitte le département de l’Ain pour s’implanter à Lavancia dans le Jura. Un choix mûrement réfléchi qui obéit à une stratégie de développement impossible dans le bassin d’Oyonnax : « En dix ans, nous avons réorienté la production du marché de l’automobile vers celui des pièces en grandes séries. Aujourd’hui, SMP travaille à 70% pour le secteur pharmaceutique avec des moules de haute technologie. La société est implantée sur deux sites à Bellignat et Izernore, depuis deux ans nous avons décidé de nous recentrer, mais il fallait trouver un lieu qui ne soit pas à plus de 10 km pour éviter au personnel des déplacements trop longs. Les pièces créées par Mahytec nécessitent parfois plusieurs mois d’essais, d’ajustements pour répondre aux exigences… Sur le bassin d’Oyonnax, aucun terrain ne remplissait les conditions. » Après une rencontre avec Jean Burdeyron, président de la communauté de communes de Jura Sud, une solution est finalement trouvée à Lavancia, en bordure du contournement de Dortan. Le montage du dossier a pris un peu plus d’un an, les travaux (3600 m2) ont débuté en février et le déménagement est prévu en octobre. L’ensemble des salariés (54 personnes) accepte de se déplacer : « Nous aurons sur place le bureau d’études, la fabrication et le bureau d’essai-développement. C’est une bonne option, 15% des salariés sont jurassiens et nous ne sommes qu’à 5 minutes d’Oyonnax ! ». SMP travaille à 65 % pour l’industrie pharmaceutique. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 41 Jura terre d’emploi > Solvay, Juratri, Signaux Girod et bien d’autres... 42 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Jura, terre d’emploi Les Quinze principaux établissements jurassiens et les cinqs premiers employeurs publics Avec près de 100 000 emplois et 20 000 entreprises, le Jura possède un tissu entrepreneurial très dense. Il se distingue des autres départements par le poids important de ses PME qui emploient plus du tiers des salariés, se classant ainsi au 6e rang français. Ces entreprises suivent par ailleurs la même répartition spatiale que les Jurassiens car plus d’un emploi industriel sur deux se situe en zone rurale. Cela n’empêche pas le département d’accueillir de grands leaders dans les secteurs du jouet, de l’agroalimentaire ou encore de la lunetterie. Le Jura est le département dont la main d’œuvre est la plus industrielle de France (23% de l’emploi, ex-aequo avec l’Ain). Source : Observatoire OSER-FC, établissement inscrit au 1er janvier 2013 - INSEE base Sirene. La méthodologie utilisée pour ce classement ne prend pas en compte les groupes à la tête de plusieurs établissements dans le Jura comme Smoby Toys, Lacroix Emballages, Diager, Dalloz Industrie Lapidaire, Thomas, Kohler... ou encore les enseignes commerciales comme Distribution Casino France. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 43 Jura, terre d’emploi Trois questions à... Dominique Troncin, Vice-Président délégué aux routes et aux modes doux. w Combien d’emplois sont générés par l’entretien et la gestion des routes départementales ? Pour entretenir et exploiter les 3500 km de routes, le Conseil général emploie directement 387 personnes dont 274 dans les centres techniques. Au-delà de ces emplois directs, l’activité génère des emplois dans les entreprises de travaux publics et chez les fournisseurs. On a l’habitude de dire que 150 000 € de travaux génèrent un emploi, sur la base d’un budget d’investissement de 24 millions d’euros, on obtient 160 emplois. Le Conseil général du Jura s’illustre en matière de développement des modes doux. Pouvez-vous nous en dire plus ? w Le Conseil général dispose d’un schéma directeur des vélos routes et voies vertes. L’objectif est de réaliser 200 km d’aménagement en site propre ou partagé. En 2013, le département en liaison avec le Comité départemental du tourisme a également mis en place les deux Tours du Jura et le balisage des montées remarquables. Il intervient également aux côtés des communautés de communes pour mettre en place des boucles locales. Le contournement Ouest de Lons-le-Saunier avance à bon pas. Où en est le chantier ? w D’une longueur de 8 km et d’un coût de 46 millions d’euros, le contournement a pour objectif de capter le trafic transitant par l’agglomération lédonienne afin d’améliorer la sécurité routière, de réduire les nuisances pour les riverains, de promouvoir les modes de déplacement doux et de fluidifier le trafic local. La partie Nord (du Rocher à L’Étoile) sera mise en service d’ici la fin de l’année 2014, tandis que les travaux de la partie Sud se poursuivront en 2015. 44 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Solvay fait vivre tout un bassin de vie Avec ses quelque 1400 salariés, l’industriel tavellois est le plus gros employeur privé du Jura. Solvay est implanté dans le Jura, et plus précisément à Tavaux, depuis 1930. Le site jurassien figure parmi les plus importantes plateformes chimiques en France et est devenu la plus importante unité de production du groupe. S’étendant sur 200 hectares et comprenant 32 km de routes et 35 kilomètres de voies ferrées, l’usine de Tavaux est spécialisée dans la fabrication de produits chimiques et de matières plastiques nécessaires aux industries. Depuis plus de 80 ans, Solvay Tavaux développe ses activités, fondées sur l’exploitation et la transformation du sel pour obtenir du chlore au moyen de l’électrolyse, ainsi que de la soude caustique et de l’hydrogène. L’association du chlore à des dérivés du pétrole (éthylène, méthane, propylène) permet la fabrication de la plupart des produits chimiques et des matières plastiques. Le site jurassien emploie quelque 1400 salariés et génère l’emploi d’environ 400 salariés chez les entreprises sous-traitantes. Le Groupe se veut exemplaire en matière d’environnement et de sécurité, si bien que l’usine de Tavaux investit chaque année plus de 7 millions d’euros pour l’environnement et la sécurité. Avec Solvay Way, Solvay s’est engagé dans une démarche structurée et ambitieuse en matière de responsabilité sociale et environnementale vis-à-vis de ses parties prenantes. SKF , l’Airbus resterait à terre… Sans Le site lédonien emploie 400 personnes et conçoit des pièces pour l’aéronautique. Les mains expertes de SKF à Lons-leSaunier fabriquent chaque jour des rotules, roulements et pièces en composite qui permettent aux avions de décoller, de voler et d’atterrir en toute sécurité. C’est ici, dans le Jura, que se construisent par exemple les rotules du train d’atterrissage de l’A380 ou encore les attaches-moteur de l’A350 ainsi que les bielles de structure qui fixent les ailes de ces mêmes avions. C’est dire si le savoir-faire de SKF compte ! La société fait d’ailleurs partie des 5% de fournisseurs d’Airbus à avoir intégré le programme d’amélioration SQIP (Supply Chain and Quality Improvement Program) apportant « une preuve de reconnaissance et une opportunité de développement » au site lédonien, ainsi que le souligne Pascal Wanderoild, directeur de SKF Lons. Les marchés Airbus représentent une très grande partie de l’activité du site. En effet, 20% du chiffre d’affaires sont livrés au constructeur final AIRBUS en direct. En matière d’exportation, le site livre 40 % de sa production globale hors de France. À l’atelier de montage de SKF Aerospace France, les mains expertes s’activent… Les composites, un marché d’avenir L’activité composite, elle, représente un tiers de l’activité de SKF Lons. L’entreprise s’attache à développer et breveter des solutions nouvelles en composite, qui la place en position de leadership sur le marché. Le groupe, dont le siège social est en Suède, favorise par ailleurs la formation, la sécurité au travail, et la promotion interne. L’usine de Lons alloue deux fois plus de budget à la formation que les obligations légales et 90% des chefs d’équipe ont débuté sur le site en tant qu’opérateurs. En 2012, le site a accueilli 42 stagiaires tous domaines confondus. Concernant l’emploi, 23 embauches ont déjà eu lieu en 2013, qu’il s’agisse de remplacements ou d’emplois nouveaux. SKF investit et innove sans cesse. Juratri, la Scop aux 135 salariés Le spécialiste du recyclage innove sans cesse sur un marché en constante évolution. Entreprise spécialisée dans le recyclage, Juratri compte aujourd’hui 135 salariés. Elle est un maillon invisible mais essentiel du quotidien de chaque foyer jurassien, puisque ce sont ses salariés qui trient les déchets d’emballages ménagers (cartons, papiers, bouteilles plastiques) déposés dans les désormais célèbres « poubelles bleues ». Née en 1993 sous statut SARL, Juratri s’est transformée en SCOP (société coopérative et participative) en 2006 suite à sa reprise par ses salariés. Désormais, ces derniers prennent démocratiquement toutes les décisions stratégiques de l’entreprise. Depuis, elle a créé plus de 50 emplois, grâce à son positionnement sur le marché du traitement et de la valorisation des déchets d’équipements électriques et électroniques. Des emplois qui aujourd’hui bénéficient à tous, y compris les plus fragiles : Juratri emploie ainsi 62 personnes en insertion, qu’elle accompagne vers l’emploi durable grâce à un processus certifié par l’AFNOR. Juratri vient d’investir plus de 2 millions d’euros dans sa toute nouvelle plateforme industrielle « Trivolution », contribuant ainsi à revitaliser la Z.I. de Lons-le-Saunier, et surtout à consolider et développer son offre de service pour les entreprises et ménages francs-comtois. Aujourd’hui, Juratri regarde vers l’avenir et souhaite passer « de la coopérative à la coopération » : elle lancera ainsi dans les prochaines semaines une dynamique visant à rassembler les acteurs économiques pour faire émerger ensemble des projets innovants, créateurs de dizaines d’emplois pour les Jurassiens. Alors, chiche ? ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 45 Signaux Girod, Jura, terre d’emploi un grand groupe en pleine montagne Le Conseil général : 1500 employés au service des Jurassiens On méconnaît bien souvent les compétences des agents du Conseil général du Jura, pourtant, toutes ont une influence directe sur notre quotidien ! La collectivité emploie 1543 collaborateurs dans des domaines aussi différents que la santé, le social, les routes, le transport, l’économie, l’environnement, le logement, la culture, le sport, l’éducation… Et bien plus encore ! Les hommes qui travaillent au bord des routes, les assistantes familiales qui s’occupent des enfants placés, les assistants sociaux qui versent le RSA et suivent leurs bénéficiaires, les agents d’entretien dans les collèges, les psychologues, médecins qui suivent vos enfants dans les unités territoriales ou les PMI… tous sont employés du Conseil général. La liste est longue et demeure la plus belle illustration de l’utilité de l’emploi public en France et dans le Jura. Sans oublier d’autres gros employeurs publics tels que les hôpitaux, les communes, les intercommunalités, etc. Thierry Faivre-Pierret, Vice-Président en charge des Solidarités et de la Santé. w Le rôle social du Conseil général est primordial. Pouvez-vous nous le présenter ? L’action sociale est la première compétence des Conseils généraux, en termes de budget consacré et de moyens humains alloués. Les Départements prennent en charge et assurent le suivi de la réglementation dans le cadre d’un budget « encadré » à plus de 98% en actions obligatoires. Ces actions, ce sont par exemple le financement d’hébergements pour personnes handicapées, la compensation du handicap ; l’accompagnement des mineurs placés par la justice soit en institution, soit en famille d’accueil ; le financement du maintien à domicile des personnes âgées, en institution, ou avec 46 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Signaux Girod est un groupe familial dont l’origine remonte à 1905. Il est spécialisé dans la fabrication de produits de signalisation verticale, mobilier urbain, signalétique, produits plastique, produits de marquages routiers… Signaux Girod a également développé l’ensemble des prestations de services liées aux besoins des acteurs de la mobilité. A Bellefontaine, le siège social du groupe et l’unité de production regroupent près de 230 personnes qui font partie d’un groupe embauchant plus de 1180 personnes en France et à l’étranger. En 2011, l’unité de production de Bellefontaine, située à 920 m d’altitude au cœur du Parc naturel du Haut-Jura, a fabriqué près de 390 000 panneaux (de police, directionnels ou temporaires). Le siège administratif regroupe l’ensemble des ressources du groupe : ressources humaines, marketing, appel d’offres, design, juridique, financier, achats, R&D, informatique, qualité Sécurité et environnement… Trois questions à... l’aide sociale ; l’insertion des publics en difficulté... Le Département du Jura s’inscrit dans cette logique d’actions essentielles garantissant le maintien de la cohésion sociale, pour les Jurassiens touchés par les effets de la crise économique et pour ceux touchés par les conséquences de l’avancement dans l’âge ou du handicap. w On parle souvent du social pour ce qu'il coûte, mais que rapporte-t-il en termes d'emplois ? Le Département du Jura est le chef de file de l’action sociale, il consacre plus de 100 millions d’euros à cette mission de solidarité, soit le tiers de son budget annuel. Cette priorité départementale est parfaitement assumée par l’actuelle majorité, 70% des sommes versées se transforment en pouvoir d’achat, et génèrent directement plus de 2800 emplois, sans compter les emplois induits. w Quel est votre rôle en tant qu'élu chargé de la mise en œuvre de ces actions ? En tant que Vice-Président aux Solidarités et à la Santé, il m’appartient de vérifier que le pacte républicain est respecté, dans l’accès aux services, sur l’ensemble du territoire, en optimisant les dispositifs, pour toucher directement les personnes les plus vulnérables. Je veux aussi que les citoyens s’approprient à nouveau la réponse sociale, en construisant euxmêmes des réponses aux problèmes qu’ils rencontrent, c’est tout l’enjeu du développement social local. Jura terre d’avenir > L’aéroport, outil de développement, l’Éco Parc, autour du contournement de Lons-le-Saunier. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 47 Jura, terre d’avenir Trois questions à... Jean-Daniel Maire, Vice-Président délégué au NTIC et à la Montagne. L’accès au Très haut débit suscite une forte attente des citoyens. Où en sommes-nous actuellement ? w Nous sommes en train de finaliser le schéma directeur (SDTAN), document qui nous permet d'écrire une stratégie à long terme en vue d'obtenir des financements de l'État. Il décrit les grandes étapes qui devraient nous permettre d'apporter le très haut débit à tous les Jurassiens en 10 ans. Nous avons attribué les marchés de travaux pour cinq opérations de montée en débit pour des zones très mal desservies. Dix autres opérations ont été lancées pour des travaux à exécuter en 2014. Nous avons voté une aide de 500 € pour proposer une solution satellite dans des zones très peu denses. w Quelles sont les opérations en cours ? Nous avons attribué les marchés de travaux pour cinq opérations de montée en débit pour des zones très mal desservies. Dix autres opérations ont été lancées pour des travaux à exécuter en 2014. Nous avons voté une aide maxi de 500 € pour proposer une solution satellite dans des zones très peu denses. w Quelle est la situation économique actuelle des zones de montagne, notamment le Haut-Jura ? Le Haut-Jura est le deuxième bassin industriel de FrancheComté et entend bien le rester. Je suis confiant dans l'avenir car les trois quarts des entreprises appartiennent à des locaux qui sont attachés à ce territoire. La plupart font preuve d'une créativité hors normes et atteignent des niveaux de technicité exceptionnels grâce à des investissements et à la qualité du personnel. Nous avons également à valoriser notre cadre de vie exceptionnel... 48 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Tadeo crée de l’emploi dans le Haut-Jura L’entreprise s’est implantée aux Bouchoux et envisage une nouvelle implantation à Bellecombe. C’est le Haut-Jura qu’a choisi Tadeo, entreprise de transcription instantanée de la parole, pour implanter sa première plateforme en zone rurale. Après Lyon puis la région parisienne, c’est en effet depuis Les Bouchoux, dans les locaux de l’ancienne gendarmerie, que quinze personnes offrent leurs services d’e-transcripteurs depuis juin 2013. Le principe est simple : l’opérateur des Bouchoux retranscrit les paroles de la personne entendante à la personne sourde ou malentendante via deux techniques au choix : la visio-interprétation en langue des signes ou la transcription instantanée par sténotypie (écriture phonétique). 400 personnes sourdes en France utilisent les services de Tadeo au sein de 200 établissements (entreprises, associations, collectivités…), sans compter bien sûr les « entendants » avec qui ils peuvent communiquer. L’entreprise ne s’arrêtera pas là et annonce la création de nouveaux emplois sur le site des Bouchoux : « D’ici fin 2013, début 2014, nous lancerons une nouvelle formation de vingt e-transcripteurs. Nous sommes en train de recruter, via Pôle emploi, des gens choisis non pas pour leurs diplômes, mais pour leur habileté », explique Clarisse Cariou de Tadeo. Enfin, Hervé Allart, Pdg de Tadeo, compte bien mener à bout son projet initial : celui de créer une plateforme à Bellecombe, en plus de celle des Bouchoux. Avec de nouveaux emplois à la clé… Tadeo a créé 15 emplois et lance une nouvelle formation pour l’embauche de 20 personnes. Trois questions à... L’aéroport, un formidable outil de développement pour le Jura D’une petite infrastructure au départ, l’aéroport a pris une dimension internationale, grâce aux investissements du Conseil général. Selon l’Insee et son bilan économique de l’année 2012, trois secteurs se portent bien en FrancheComté : le travail frontalier, l’activité des campings et l’aéroport Dole Jura. En un an, le nombre de passagers sur les lignes nationales a progressé de 141 % sur la région, ceci très majoritairement grâce à Dole Jura et l’ouverture de nouvelles lignes. En effet, après Tunis, Porto, Nice et Bastia lancées l’an dernier, de nouvelles destinations sont proposées cette année telle que Londres, Marrakech, Djerba, Palma de Majorque… Ces destinations intéressent un public large, bien audelà des portes du Jura, avec des passagers venus de toute la Franche-Comté, la Côte d’Or, la Haute-Saône, la Saône-et-Loire et le département de l’Ain. De sorte que le nombre de passagers est passé en deux ans de 4000 à 45 000 ! Idéalement situé L’aéroport international Dole Jura a l’atout de la proximité et dispose d’un parking gratuit permettant un confort de voyage particulièrement intéressant. Si les Francs-Comtois et les Bourguignons sont contents de disposer d’un tel équipement à quelques minutes de chez eux, l’infrastructure attire aussi de plus en plus de touristes venus du Sud de la France, mais aussi de Porto ou de Londres pour goûter aux charmes du Jura. Au-delà de l’aspect touristique, l’aéroport DoleJura, placé entre Bâle-Mulhouse, Genève et Lyon, est aussi très bien situé localement : à 8 km de la gare de Dole, à 5 minutes de l’autoroute et sur l’axe reliant Paris à Genève. Il est ainsi un vecteur d’attractivité économique et par ailleurs créateur d’une trentaine d’emplois depuis 2011. www.aeroportdolejura.com Michel Giniès, Vice-Président en charge des Transports. Le transport scolaire est financé par le Conseil général qui en assure la gratuité… w Oui, notre politique en matière de transports scolaires dans le Jura implique deux notions majeures : l’égalité entre territoires et la solidarité entre citoyens. Malgré un contexte de réduction des dépenses publiques, la collectivité jurassienne continue à assurer gratuitement ce service à tous les publics. C’est un geste fort de solidarité en direction des familles jurassiennes et des 21 000 scolaires qui empruntent les véhicules de notre réseau de transport. C’est aussi un moteur pour l’économie jurassienne… w En effet, puisque la manne financière injectée par le Conseil général en direction des transporteurs du Jura atteint plus de 20 millions d’euros et par voie de conséquence, elle est porteuse d’emplois. L’aéroport Dole Jura a accueilli 45 000 passagers en un an contre 4 000 avant 2011. En quoi cet essor est un atout majeur pour le Jura ? w Le développement de cet aéroport est une chance pour le Jura et prouve qu’il est possible de rivaliser avec des territoires plus riches. C’est notre vitrine économique, adossée à la zone Innovia, dont le Département est gestionnaire. Cet équipement est devenu crédible par la présence de compagnies aériennes internationales et par sa fréquentation de plusieurs milliers de passagers. Cette réussite a déjà permis la création de plus de trente emplois. C’est et ce sera un atout essentiel pour notre image et pour notre attractivité dans les années à venir. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 49 É C O PA R C Éco Parc Le projet d’Eco Parc lancé par le Conseil général autour du contournement de Lons-le-Saunier prévoit plusieurs dimensions. Il fera l’objet de phases de concertation avant sa réalisation à l’horizon 2018. Le point majeur ? L’intégration paysagère exceptionnelle qui fera référence à l’échelle nationale. Ensuite, si le cœur du projet est commercial, d’autres espaces seront créés : un nouvel espace naturel de détente, un pôle hôtelier, une vitrine de l’économie jurassienne, un centre de conférences et pourquoi pas une salle de spectacles… Présentation. + : : 50 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 : : un projet innovant pour le Jura Les chiffres w 400 emplois générés par ce nouvel espace. w 50 millions d’euros. C’est le montant qui sera investi par des fonds privés et réinjecté dans l’économie et les entreprises locales. w 100 millions d’euros. C’est le montant de l’évasion commerciale, soit 24 % du marché théorique global sur le bassin de Lons. Cette évasion s’effectue principalement vers Chalon, Dole, Bourg et Besançon et passe à 26 % concernant l’alimentaire. (D2P Lyon). : : : ! ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 51 CENTER PARCS Center Parcs à Poligny dans le Jura : on y croit ! Le groupe Pierre & Vacances a lancé des études pour une possible implantation d’un centre en forêt de Poligny. Pierre & Vacances étudie depuis plusieurs années, avec les élus locaux, la possibilité d’implanter un Center Parcs en forêt polinoise. 52 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Certes, rien n’est encore signé, mais le Jura a toutes les raisons d’y croire. Le groupe Pierre & Vacances étudie depuis plusieurs années, avec les élus locaux, la possibilité d’implanter un Center Parcs en forêt polinoise. Depuis quelques mois, l’affaire se précise avec des études préliminaires lancées en mai 2013 par le groupe et dont les résultats ne seront connus que d’ici 18 à 24 mois. À la clé : 250 à 500 emplois sur le chantier et 300 emplois directs dès l’ouverture. Christophe Perny, Président du Conseil général du Jura et moteur dans ce projet économiquement très intéressant, explique : « Nous sommes prêts à relever le défi, avec Marie-Guite Dufay, Présidente de la Région Franche-Comté, Denis Sommer, Président de l’Agence régionale de développement, Jean-François Gaillard, Président de la communauté de communes du Comté de Grimont et Dominique Bonnet, Maire de Poligny, pour que ce projet très concret aboutisse. » Le chemin est long… Cependant, la route est encore longue avant de connaître la décision finale du groupe, au cahier des charges exigeant : il faut être à moins de deux heures de Lyon, avec une sortie d’autoroute à moins de 20 minutes, en dessous de 600 mètres d’altitude et au cœur d’un environnement boisé de 150 ha. Poligny remplit ces conditions et dispose d’une forêt de qualité qui appartient en totalité à une seule entité : la commune de Poligny. C’est indéniablement un point fort. Si l’affaire se concrétise, un tour de table financier auquel participeront les collectivités pré-citées aura lieu. A la clé, la création de 400 cottages, avec boutiques, équipements de loisirs, etc. Cette belle opportunité pour les entreprises, tant pour la filière du bâtiment que pour l’agroalimentaire, l’artisanat ou le commerce, est un défi que le Jura compte bien relever. Le groupe Pierre&Vacances, c’est… w 1 419 millions d’€ de chiffre d’affaires dont 1 107,5 millions d’€ pour l’activité tourisme. w 300 destinations en Europe et Méditerranée. w 7 465 salariés Équivalent Temps Plein. w 50 000 appartements, maisons et cottages sur 300 sites en Europe. Les marques du Groupe : Pierre & Vacances, Maeva, Center Parcs, Sunparks, Aparthotels Adagio. w 22 Center Parcs en Europe dont bientôt cinq en France : • le Domaine des Bois-Francs en Normandie (Eure), • le Domaine des Hauts de Bruyères en Sologne (Loir et Cher), • le Domaine du Lac d’Ailette en Picardie (Aisne), • le Domaine des Trois Forêts en Lorraine (Moselle), • un Center Parcs en chantier dans la Vienne. ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 53 MERCI… Aux entreprises qui nous ont ouvert leurs portes pour nous faire découvrir leurs savoir-faire. Aux rédacteurs, photographes, graphistes, imprimeurs qui ont élaboré ce numéro spécial. Enfin, merci à vous, lecteurs… Naturellement, nous n’avons pas pu parler de toutes les entreprises innovantes, de tous les « bijoux » de notre économie locale, qui auraient mérités eux aussi d’être mis en lumière. Nous avons fait des choix, que nous assumons, en nous réservant la possibilité de parler encore, sur d’autres supports, d’une autre manière, des mille richesses de notre Jura. ECOMAG octobre 2013 • Directeur de publication : Christophe Perny, Président du Conseil général du Jura. Directrice de cabinet et de la communication : Muriel Poncet. Directrice adjointe de cabinet : Karine Garnier. Rédaction : Karine Garnier, Philippe Lemoine, Thomas Barthelet, Armand Spicher. Crédits photo : Stéphane Godin, Thierry Laroche, Studio Lyet, Jack Varlet, Karine Garnier, Philippe Lemoine, Armand Spicher, Center parcs, Ville de Poligny, CCI Jura, Juratoys, Smoby, Elixia, Bel, Famille Victor, AMJ, Baud, Baudry, Musée Rouget-de-Lisle donation André Lançon, LDA, Tadeo, Apicius, Scabois, Chauvin, Roch, Lunetiers du Jura, Albin-Paget, Henry Jullien, Fotolia. Conception, mise en page : Agence Mozaïc Montmorot. Impression : Imprimerie BILLOT Montmorot. Conseil général du Jura - 17, rue Rouget-de-Lisle – 39 039 Lons-le-Saunier • Tél. : 03 84 87 33 00 – www.jura.fr – facebook.com/departementdujura 54 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 Communiquez sur votre différence ! &' ' % & & ' ’' & ’ % ' % Agence à taille humaine, nous vous offrons une écoute attentive et un contact direct pour vous accompagner dans la valorisation de votre image et la construction de votre identité graphique. Notre maîtrise de la chaîne graphique vous garantit des prestations rapides, de qualité et une communication créative en adéquation avec votre budget. C’est dans notre conception d’une relation durable avec nos clients, nos collaborateurs et nos fournisseurs que nous exprimons notre différence. $ % ' % # " !$ ! & & ' ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 55 ÉcoMag Jura - Octobre 2013 Zoom sur l’économie du Jura REPORTAGES - INTERVIEWS Innovation, emploi et projets d’avenir