groupe Bel - Conseil départemental du Jura

Transcription

groupe Bel - Conseil départemental du Jura
ÉcoMag Jura - Octobre 2013
Zoom sur l’économie du Jura
REPORTAGES - INTERVIEWS
Innovation, emploi et projets d’avenir
Communiquez
sur votre différence !
&'
'
%
&
&
'
’'
& ’
%
'
%
Agence à taille humaine, nous vous offrons une écoute attentive et un contact direct pour vous accompagner
dans la valorisation de votre image et la construction de votre identité graphique. Notre maîtrise de la
chaîne graphique vous garantit des prestations rapides, de qualité et une communication créative en
adéquation avec votre budget. C’est dans notre conception d’une relation durable avec nos clients, nos
collaborateurs et nos fournisseurs que nous exprimons notre différence.
$
%
'
%
#
" !$ !
& &
'
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 55
é d i t o
Jura
,
développement
terre de
V
ous allez découvrir dans les pages de ce magazine édité par le
Conseil général du Jura, une palette diversifiée et représentative
des richesses économiques de notre département.
Le Président de la République en a fait une priorité nationale, je la porte depuis mars
Christophe PERNY
Président du
Conseil général du Jura
2011 comme telle, l’emploi est au cœur de nos actions et de nos politiques.
Bien sûr, il est impossible de référencer l’ensemble des entreprises, filières, entrepreneurs
de notre beau Jura, mais nous avons voulu mettre en lumière des « pépites » de notre
économie, qui incarnent la tradition de notre territoire, l’innovation des hommes et
des femmes qui investissent dans le Jura et des projets nouveaux porteurs d’avenir.
Je souhaite réunir les conditions pour favoriser le développement des entreprises déjà
présentes dans notre département et conduire une vraie stratégie pour permettre
l’installation de nouvelles sociétés, créatrices de richesses et d’emplois.
Fier du Jura construit depuis des décennies et déterminé à le transformer pour construire
un avenir prometteur aux générations futures.
Le Conseil général est mobilisé aux côtés des forces
économiques du Jura pour faire du « Made in Jura »
une action ouverte sur le monde.
Le Jura, terre de développement !
Bonne lecture.
EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 3
Sommaire
Sommaire
Zoom sur l’économie du Jura
w L’édito de Christophe Perny, Président du Conseil général ........................ Page 3
w Interview de Christophe Perny, Président du Conseil général .... Pages 6 et 7
w Interview de Pierre Moscovici,
Ministre de l’Economie et des Finances ...................................................... Pages 8 et 9
REPORTAGES - INTERVIEWS
Innovation, emploi et projets d’avenir
ÉcoMag Jura - Octobre 2013
w Interview de Marie-Guite Dufay,
Présidente de la Région Franche-Comté ................................................ Pages 10 et 11
w
Interview de Sylvie Vermeillet,
Présidente de l’Association des maires de France .......................................... Page 12
Jura,
terre d’exception (pages 13 à 28)
> La culture, ouverture sur l’ailleurs
w Les grands hommes du Jura .................................................................... Pages 14 et 15
w Le comédien Pierre Arditi dans le Jura ;
Zoom sur le futur Centre polaire de Prémanon ................................................ Page 16
w Les Déboussolades impulsent du dynamisme à Lons-le-Saunier ................ Page 17
w Un entretien avec Danielle Brulebois,
première vice-présidente en charge de la Culture ............................................ Page 17
> Le sport, l’atout de l’attractivité
w Jason Lamy-Chappuis, le champion du Jura .................................................... Page 18
w Un stade des Tuffes flambant neuf ;
La Transju, l’épreuve phare de l’hiver jurassien ................................................ Page 19
w Bellecin taillé pour l’accueil des sportifs de haut niveau ................................ Page 20
w Un entretien avec Fernand Fournier, vice-président en charge des Sports ...... Page 20
> Le terroir, notre richesse
w Les vins jurassiens, ces trésors ................................................................ Pages 22 et 23
w Le Comté, une filière solidaire .................................................................. Pages 24 et 25
w Un entretien avec Norbert Maire, vice-président en charge du Tourisme
et de la Promotion.................................................................................................... Page 25
w Zoom sur le Laboratoire départemental d’analyses ........................................ Page 26
w Un entretien avec Serge Outrey, vice-président
en charge de l’agriculture et de la forêt .............................................................. Page 26
w Interview de Dominique Chalumeau,
Président de la Chambre d’Agriculture du Jura ................................................ Page 27
w Bel, fleuron du Jura ; Elixia, ces petites bulles qui montent ...................... Page 28
4 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Jura,
terre d’innovation (pages 29 à 41)
> De l’artisanat à l’industrie…
w La lunette, un savoir-faire ancestral jurassien ........................................ Pages 30 et 31
w Le jouet, l’âme du Jura .............................................................................. Pages 32 et 33
w Le bois, un pôle à développer .................................................................. Pages 34 et 35
w Un entretien avec Robert Tournier, vice-président en charge
des ressources humaines et des bâtiments ...................................................... Page 35
w Interview de Michel Chamouton,
Président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Jura .................... Page 36
> Le Jura, partenaire du luxe
et spécialiste des technologies de pointe
w Les boutons Brochot de Patornay ; Altus Coating de Lons .......................... Page 37
w Interview de Rémy Laurent,
Président de la Chambre de Commerce et d’industrie du Jura .................... Page 38
w Apicius de Poligny .................................................................................................. Page 39
w Un entretien avec Denis Jeunet,
vice-président en charge du développement économique ............................ Page 39
w Baud Industries à Sirod ; Baudry à Domblans .................................................. Page 40
w Mahytec à Dole ; SMP à Lavancia ...................................................................... Page 41
Jura,
terre d’emploi (pages 42 à 46)
w Les plus gros employeurs du Jura en chiffres .................................................. Page 43
w Solvay à Tavaux ...................................................................................................... Page 44
w Un entretien avec Dominique Tronçin,
vice-président en charge des routes et des modes doux ................................ Page 44
w SKF Aerospace France à Lons ; Juratri .............................................................. Page 45
w Le Conseil général du Jura ; Signaux Girod ...................................................... Page 46
w Un entretien avec Thierry Faivre-Pierret,
vice-président en charge de la santé et du social ............................................ Page 46
Jura,
terre d’avenir (pages 47 à 53)
w Tadeo aux Bouchoux .............................................................................................. Page 48
w Un entretien avec Jean-Daniel Maire, vice-président
en charge de l’aménagement numérique et de la Montagne .......................... Page 48
w L’aéroport Dole Jura, force de développement ................................................ Page 49
w Un entretien avec Michel Giniès,
vice-président en charge des transports ............................................................ Page 49
w L’Éco parc, un projet de développement économique
autour du contournement de Lons .......................................................... Pages 50 et 51
w Bientôt un Center Parcs à Poligny ? ........................................................ Pages 52 et 53
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 5
Interview
Christophe
Perny
« L’économie,
c’est le mouvement »
Christophe Perny,
Président du Conseil général du Jura.
“
w Pour
vous, en
quoi consiste le
développement
économique ?
Le développement économique à
l’échelle d’une collectivité, ce
sont deux dimensions : mettre en
place les mesures et les infrastructures pour permettre le
développement des entreprises
présentes sur notre département,
et avoir une démarche prospective
pour en attirer d’autres. Ces deux
dimensions sont indispensables
pour réussir le développement
d’un territoire. Cette nouvelle
stratégie est en place depuis le
changement de majorité en mars
2011, nous commençons à en
voir les premiers effets.
w Mais
le développement
économique n’est pas
une compétence
obligatoire du
Conseil général ?
Bien sûr, mais notre mission
première c’est le développement
du Jura, comment ne pas commencer par le développement de
l’économie ? Et puis lorsque l’on
a comme première compétence
les solidarités, créer des emplois
est la première réponse en matière
d’action sociale. La personne qui
travaille n’est plus bénéficiaire
des services sociaux, tout est
donc lié. Et je ne pense pas que
6 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
l’échelon régional soit la réponse
à tout. Le département est l’échelon
de la proximité. Nous le prouvons
par nos interventions.
w Quelles
sont les
fleurons de l’économie
jurassienne ?
Difficile d’être exhaustif, mais
quelques exemples sont emblématiques. Nous bénéficions bien
sûr de filières reconnues, telle que
la lunetterie qui associe ancrage
traditionnel et capacité d’innovation,
le bois avec ses déclinaisons
comme le jouet ou la construction,
mais aussi l’agroalimentaire avec
nos remarquables produits du
terroir, nos « Appellations d’Origine
Contrôlée », sans oublier l’insertion
et l’économie sociale et solidaire.
Le Jura est aussi une terre d’industrie avec de grands groupes
qui travaillent dans l’aéronautique,
le jouet, le décolletage ou l’automobile. N’oublions pas le commerce,
l’artisanat qui sont le socle du maillage territorial de notre économie.
w Le Conseil général
est aussi un acteur
économique. Sous
quelles formes ?
Ce n’est pas l’essentiel, mais à
travers des dispositifs d’aides
aux entreprises. Le principal est
l’Aide à l’Immobilier d’Entreprises,
avec en moyenne 1 800 000 €
par an injectés dans des projets
de créations ou d’extensions
d’entreprises. Nous sommes
également en partenariat avec la
Région Franche-Comté pour un
soutien à une dizaine d’entreprises
via des avances remboursables à
hauteur de 1 million d’€ par an entre
septembre 2012 et septembre 2013.
Nous sommes par ailleurs au
pilotage de la zone de développement économique d’Innovia à
Dole en partenariat avec le Grand
Dole et quelques autres partenaires.
w Vous parliez
« de premiers effets
de votre action »,
à quoi pensez-vous ?
Je pense en premier lieu à l’action
volontariste que nous conduisons
depuis 2011 sur l’aéroport Dole
Jura. C’est l’exemple type de ce
qu’il faut faire : une volonté politique,
des investissements publics créateurs d’emplois et d’attractivité,
avec une gestion en lien avec des
acteurs privés qui apportent des
compétences. Et ça marche ! 4 000
passagers en 2011, 35 000 en
2012 et vous verrez plus de 70 000
en 2013, avec en ligne de mire la
barre des 100 000 en 2014. Cet
équipement n’est plus seulement
un équipement de transport,
c’est devenu un outil d’attractivité
du département et même de la
région.
« Aéroport, Eco Parc,
Center Parcs et quelques autres,
l’enjeu c’est 1 000 emplois
dans les cinq ans pour les Jurassiens ! »
Christophe Perny
L’autre exemple, c’est notre projet
d’Éco Parc sur le contournement
de Lons-le-Saunier. Là aussi,
c’est la volonté politique et la
mobilisation de fonds privés qui
vont permettre ce projet. En
économie, les choses se font en
additionnant les forces, ce projet
est innovant, jamais vu, c’est une
chance pour le bassin lédonien,
mais aussi pour le Jura.
w Et le projet de
« Center Parcs » entre
dans cette stratégie ?
Bien sûr, même si sur ce dossier,
la chance sourit aux audacieux…
Je remercie l’Agence Régionale
de Développement pour son rôle
déterminant dans le contact avec
le groupe « Pierre & Vacances »,
mais maintenant c’est à nous de
jouer avec la Région et les collectivités de Poligny. Je crois en ce
projet, le Jura a tous les atouts
pour l’accueillir.
w En terme d’emplois,
quel impact ces projets
vont-ils avoir ?
Aéroport, Eco Parc, Center Parcs
et quelques autres, l’enjeu c’est
1 000 emplois dans les cinq ans
pour les Jurassiens ! Voilà la réalité
d’un développement économique
voulu, provoqué. Ce sera une petite
« révolution » pour notre territoire.
Car 1 000 emplois, ce sont des
familles qui s’installent, des enfants
dans les écoles, des appartements
qui se remplissent et des commerces qui vivent mieux. C’est
une nouvelle dimension de l’action
publique que je porte depuis
mars 2011, mieux que des paroles,
ces projets sont des effets
concrets. Je dis aux Jurassiens :
« Mobilisons nos énergies pour
les réaliser, ensemble. Toute
l’économie jurassienne en profitera ».
événements nationaux ou à l’export
sur des pays à définir pour une ou
deux années. Ce concept doit
porter l’économie jurassienne et
donner envie à d’autres de venir
l’enrichir. C’est une nouvelle
ambition à construire.
w Et
Je suis passionné par le Jura et
son développement, économique
bien sûr avec ces projets d’ampleur,
mais aussi culturel lorsque j’initie
les « Déboussolades », ou sportif
quand nous soutenons nos clubs
évoluant en division nationale.
Le développement, l’attractivité,
c’est un tout, une démarche globale,
une belle ambition, j’en suis un
des acteurs, avec d’autres. Le
Jura peut rivaliser avec les territoires
qui nous entourent, j’en suis
convaincu, et ma mission est
d’en convaincre le plus grand
nombre. Toute mon énergie est
tournée vers cet objectif.
dans tout cela,
comment se positionne
le concept « Made in
Jura » ?
Le concept « Made in Jura » est
une belle idée, je l’ai toujours dit.
Mais comme toutes les idées qui
ont une dizaine d’années, il faut
la faire évoluer, c’est ce que nous
faisons depuis 2011. A partir de
la marque JURA qui s’est imposée
depuis deux ans, « Made in Jura »
va être le vrai label de valorisation
de l’économie jurassienne à
l’extérieur de notre département,
à l’étranger bien sûr, mais aussi
sur des pôles forts français. Je
souhaite qu’un partenariat publicprivé s’instaure, y compris financièrement entre nous et les
entreprises, sur des actions
concrètes définies ensemble. Les
entreprises vont faire des affaires
et nous allons valoriser le Jura,
par exemple sur des grands
w Vous semblez
passionné par
cette dimension
économique ?
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 7
Interview
Pierre
Moscovici
« C’est aussi dans des
territoires ruraux comme
le Jura que la France déploie
ses richesses »
“
w Quelle image
avez-vous du Jura ?
Vous vous en doutez, c’est une
image très positive. C’est un
territoire que je connais bien et
dont je me sens proche : élu du
département voisin du Doubs,
présent sur ce territoire depuis
plus de 20 ans, au sein d’une
même région, la Franche-Comté,
je sais quels sont ses atouts et ses
perspectives de développement. Je
m’y rends d’ailleurs régulièrement
et j’apprécie à chaque fois l’accueil
chaleureux de ses habitants, la
qualité de ses entreprises et la
beauté de ses paysages.
w Comment
concevez-vous le
développement
économique d’un
territoire rural comme
le Jura ?
C’est aussi dans des territoires
ruraux comme le Jura que la
France déploie ses richesses.
L’industrie, l’artisanat et le tourisme
sont des outils majeurs de développement pour le département,
avec un tissu dense de petites
entreprises familiales dynamiques.
La nouvelle promotion du « Made
in Jura », tournée vers l’extérieur,
m’apparaît judicieuse car elle permet de faire connaître l’économie
8 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Pierre Moscovici,
Ministre de l’Économie et des Finances.
jurassienne et d’en valoriser les
acteurs. C’est en alliant savoirfaire et innovation, en se tournant
vers l’avenir tout en préservant
ses traditions, que le Jura poursuivra
son développement économique.
Ministre de l’Économie et des
Finances, élu de la région, je
resterai attentif à la bonne
marche de ces évolutions.
w Quel
regard
portez-vous sur l’essor
de l’aéroport Dole Jura ?
Cet aéroport est un bel exemple
d’un projet majeur porté par un
Conseil général qui s’investit pour
l’attractivité du département. Je
salue les emplois qui sont créés
par son essor : des emplois directs
– une trentaine depuis 2011 –
mais aussi des emplois indirects
générés par le rayonnement de
cette infrastructure. Aussi bien
pour le développement touristique
que pour la croissance économique
locale, cet aéroport apporte des
réponses concrètes et permet
d’attirer de nouvelles entreprises.
Je note d’ailleurs que l’essor de
l’aéroport Dole Jura est significatif,
tant en nombre de lignes en
France et à l’international qu’en
termes de passagers. Je ne
doute pas que cette progression
se poursuivra dans les années à
venir.
w Quelles
actions le
gouvernement mène-t-il
pour améliorer la
compétitivité des
entreprises et donner
confiance en l’avenir à
ceux qui les dirigent ?
Le gouvernement auquel j’appartiens est en première ligne pour
soutenir la compétitivité de nos
entreprises. Depuis près d’un an
et demi maintenant, nous avons
placé le soutien aux acteurs
économiques au cœur de notre
politique, notamment avec les 35
mesures du Pacte national pour
la croissance, la compétitivité et
l’emploi. Ces actions fortes
redonnent, je le vois lors de mes
déplacements sur le terrain,
confiance aux chefs d’entreprise.
Ils savent que nous sommes avec
eux pour créer et faire perdurer
un cercle vertueux de compétitivité,
de croissance et d’emplois. Les
orientations du projet de loi de
finances pour 2014 vont dans ce
sens. Ce combat pour nos entreprises et leurs salariés, il est juste
et je suis fier de le mener au
quotidien.
« Le Jura. J’apprécie à chaque fois l’accueil
chaleureux de ses habitants, la qualité de ses
entreprises et la beauté de ses paysages ».
Pierre Moscovici
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 9
Interview
Marie-Guite
Dufay
« La première force du
Jura ? Ses compétences
issues de la tradition
industrielle et
artisanale »
“
Jura, que vous
inspirent ces quatre
lettres ?
w
Une contribution essentielle à
l’Originale Franche-Comté.
Vu de la Région,
quelles sont selon vous
les forces du Jura en
matière économique ?
w
En premier lieu, les hommes et
les femmes qui travaillent au
quotidien dans les entreprises du
département. Je pense en particulier
aux fortes compétences issues
de la tradition industrielle et artisanale du Jura.
Le Jura est une terre agricole, une
terre de tradition en matière de
coopération, un berceau des
fruitières qui a su allier organisation
collective et innovation au service
de la qualité.
De façon générale, le Jura a une
grande capacité à innover, je
pense au renouveau de la lunette
ou de l’industrie du jouet, mais
aussi à la capacité à répondre
aux enjeux énergétiques du
21e siècle avec une industrie
comme Solvay.
Le Jura, c’est aussi le tourisme, un
réel atout, au niveau économique.
10 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Marie-Guite Dufay, Présidente
de la Région Franche-Comté.
Quels sont les points
forts des partenariats
Région/Conseil général
du Jura ?
w
Le développement économique
implique échanges et coopérations
entre tous les niveaux de collectivités. En créant le portail des
aides aux entreprises (7 M€ par
an pour la part Région) ou le
Fonds Régional d’aide à l’Innovation
(2 M€ par an), les collectivités
locales mettent en commun leurs
moyens au service des entreprises,
dans un dispositif unifié et une
gouvernance partenariale.
L’Économie Sociale et
Solidaire est un de vos
axes forts, comment
cela se concrétise-t-il ?
w
L’économie sociale et solidaire,
avec 40 000 emplois en FrancheComté, est une composante à
part entière de l’économie. Elle
trouve donc toute sa place dans
notre stratégie régionale de développement économique, afin que
les entreprises trouvent toute leur
place dans différents dispositifs de
soutien et d’accompagnement
mis en œuvre par notre collectivité.
Quelle politique
menez-vous pour
soutenir l’innovation,
élément incontournable
de la compétitivité
des entreprises
franc-comtoises ?
w
Nous mettons en œuvre des
interventions diverses pour accompagner les entreprises innovantes
à tous les stades de leur développement : les aides en fonds propres
ou les avances remboursables
par exemple. Je n’oublie pas,
également, l’importance du soutien
aux équipes de recherche de
notre Région (9 M€ chaque
année) et le soutien au transfert
de technologie entre laboratoires
et entreprises.
« De façon générale,
le Jura a une grande
capacité à innover »,
estime Marie-Guite Dufay.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 11
Interview
Sylvie
Vermeillet
« Les Jurassiens ont
pour eux l’obstination
et ils savent garder
les pieds sur terre »
“
Comment analysezvous la situation
économique du Jura ?
w
Le Jura, c’est un taux de chômage
parmi les plus faibles de France,
une terre de tradition industrielle
avec des spécificités : un actionnariat familial et un capital souvent
verrouillé qui assure la longévité
des entreprises. Mais le Jura, ce
sont aussi des insuffisances : un
manque de valeur ajoutée, de
mutualisation, de marketing, de
taille critique d’entreprises pour
faire face aux donneurs d’ordres.
Manque de fonds propres aussi,
fatal en période de crise. Le Jura
a de gros atouts, mais il lui faut
peut-être davantage d’ambition.
w À quel niveau ?
En faisant travailler en synergie
les différents acteurs : pouvoirs
publics, élus, chefs d’entreprises
pour une meilleure attractivité
avec des liaisons routières, aéroportuaires et ferroviaires. Il faut
moderniser les lignes du Revermont
et des Hirondelles et compléter
les TER entre Mouchard, Dole et
Dijon. Le rétablissement de l’arrêt
du Lyria à Mouchard est une
première victoire. Le haut-débit est
également une priorité. Le Jura est
trop souvent oublié par la Région.
Dans le projet de schéma
12 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Sylvie Vermeillet, Présidente
de l’Association des Maires du Jura.
d’aménagement du territoire, un
document de 42 pages, on ne
parle que de Belfort-Montbéliard et Besançon ! Le département
manque également de pôles
urbains forts, Lons et Dole n’ont
pas encore la taille nécessaire
pour être des fers de lance.
w Vous pensez que c’est
possible ?
Bien sûr si on donne aux porteurs
de projets les moyens de les
aider et si on ne perd pas des
mois à monter des dossiers ou
réviser des schémas ! Les Jurassiens ont pour eux l’obstination et
ils savent garder les pieds sur
terre. Une sorte de marque génétique les a habitués à l’adversité,
à faire avec moins que les autres,
à oser et à s’inscrire dans la durée.
Il faut voir plus
grand et plus loin
en tissant des
partenariats
interrégionaux sur
nos fleurons :
automobile,
plasturgie,
agroalimentaire
tout en continuant
à faire connaître nos
savoir-faire, notre
excellence. Dans ce
domaine, Made in
Jura est un atout.
Jura terre
d’exception
>
Des grands hommes, la nature,
le terroir, l’innovation, la tradition...
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 13
Les Grands hommes du Jura
Les Grands
hommes
du Jura
Paul Émile
Victor,
l’explorateur
On pense connaître son
histoire, mais connaît-on
vraiment l’homme ?
Paul-Émile Victor aura eu une existence hors normes avec ses voyages et
ses rencontres. De sa première expédition
polaire au Groënland en 1932 à sa
disparition à Bora Bora en 1995, il aura
vécu des années extraordinaires faites
d’expériences qui paraissent surréalistes
dans le monde d’aujourd’hui. Ses
voyages avec le commandant Charcot,
ses mois passés chez les eskimos inuits,
sa première traversée du Groenland en
traîneaux à chiens, ses missions ethnologiques en Martinique, ses nombreuses
expéditions polaires sans oublier son engagement pour la défense de l’homme et
de son environnement, font de ce HautJurassien une figure emblématique du
20e siècle. Cette courte description de sa
vie ne peut se faire sans souligner le côté
humain qui émanait de cet homme. Sa
connaissance des hommes aurait pu le
rendre prudent dans ses rapports avec les
autres et pourtant, il n’aura cessé d’aller
à leur rencontre et leur découverte.
« Parmi mes semblables, je me
croyais un autre. Parmi les Eskimos,
je me sentais l'un des leurs. [...]
J'avais appris à être un homme.
J'étais devenu un homme ».
Paul Émile Victor
14 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Connus dans le monde entier pour leurs
œuvres, leurs découvertes ou leurs parcours
atypiques, on oublie parfois qu’ils sont
jurassiens. Revenons sur les vies de Louis Pasteur,
Rouget de Lisle, Jules Grévy, Louis Vuitton et
Marcel Aymé.
Rouget de Lisle
Histoire étonnante d’un Lédonien
auteur d’une chanson révolutionnaire,
qui deviendra plus tard l’hymne
national français.
Ce qui aurait pu n’être qu’un simple tour au
marché de Lons-le-Saunier pour une jeune
maman de Montaigu, deviendra le jour de
naissance de Claude-Joseph Rouget de
Lisle, auteur de l’hymne national français.
C’est dans la future ville-préfecture du Jura
que Rouget de Lisle fera ses études
jusqu’au collège avant d’intégrer l’École
Royale du Génie de Mézières. En garnison
à Strasbourg au début de la révolution, il
rencontrera le maire de la ville pour lequel il
composera plusieurs chants patriotiques
dont le « chant de guerre pour l’armée du
Rhin ». Cette chanson portera le nom de
« Marseillaise » ou encore « marche des
Marseillois » en l’honneur des fédérés des
provinces montés à Paris lorsque l’Assemblée déclara la patrie en danger face aux
nombreuses défaites françaises. Hélas pour
Rouget de Lisle, la suite de sa vie sera nettement moins heureuse et il mourra dans
une grande pauvreté, sans savoir que des
années plus tard des millions de personnes
reprendront son chant à travers le monde.
Louis Pasteur
Ce Dolois d’origine, d’abord intéressé par
le vin et la fermentation, deviendra célèbre
dans le monde entier après sa découverte
du vaccin contre la rage.
é en 1822 à Dole, Louis Pasteur passera son enfance
entre Dole et Marnoz, son adolescence à Arbois et
une partie de sa jeunesse à Besançon où il obtiendra
son baccalauréat. A Paris, il rentre à l’école normale puis au
conservatoire national des arts et métiers.
En 1863, c’est Napoléon III qui le chargera d’un travail sur les
maladies des vins français qui, à l’époque, grevaient lourdement
le commerce et l’économie. Louis Pasteur décide alors de
chauffer le vin à 57 ° afin de tuer les germes et résout ainsi le
problème de sa conservation et du transport. La pasteurisation
est née et, aujourd’hui encore, elle est utilisée pour de très
nombreux aliments.
En 1885, un jeune de 14 ans gravement mordu par un chien
enragé, arrive au laboratoire de Louis Pasteur. Ce dernier
tente alors une expérience sur le jeune homme avec un vaccin
testé auparavant uniquement sur les animaux. Une expérience
testée de nouveau quelques temps après avec succès sur un
jeune berger jurassien. Très vite la nouvelle se répand dans
le monde entier, et Pasteur devient le chercheur qui a découvert
le vaccin contre la rage.
N
Marcel Aymé Jules Grévy
Romancier, essayiste,
dramaturge controversé.
Même s’il n’est pas né dans le Jura, Marcel
Aymé aura passé une très grande partie de
son enfance à Villers-Robert avec ses
grands-parents. Il gardera de la FrancheComté mais surtout du Jura des souvenirs
plein la tête que l’on retrouvera plus tard
dans ses principaux romans comme « La
Vouivre » ou « La Jument verte ». Tout au
long de sa carrière, il aura écrit 17 romans,
10 pièces de théâtre et plus de 150 articles
ou contes. Il recevra le prix Goncourt en
1945 et refusera un siège à l’Académie
Française. Aimé ou détesté, le Jurassien
de cœur n’aura jamais laissé indifférent.
Un Jurassien à Paris devenu
le quatrième Président de la
République.
Après être passé par le collège de l’Arc à
Dole et celui de Poligny, il obtient une
licence de droit à Paris. Sa carrière politique
débute en 1849 avec son élection à l’Assemblée législative et se poursuivra, entre
autres, par son élection comme député du
Jura en 1868 et Président de l’Assemblée
Nationale en 1871. Après la démission de
Mac Mahon, Jules Grévy devient Président
de la République en 1879. Un an après, les
collèges et lycées pour filles sont créés,
l’école devient gratuite en 1881, l’éducation
est obligatoire et l’enseignement laïque en
1882.
Louis Vuitton
Le malletier jurassien célèbre
dans le monde entier.
Né en 1821 à Lavans-sur-Valouse, Louis
Vuitton commencera à travailler avec
son père avant de partir à 14 ans à Paris.
Apprenti « layetier-emballeur-malletier »,
il emballe les affaires de riches clients et
réalise des coffres de voyage. Avec
l’émergence de nouveaux moyens de
transport et les voyages des touristes
étrangers et fortunés, Louis Vuitton
décide de créer des bagages novateurs
et de qualité. En 1854, il ouvre sa première
boutique et va créer lui-même la célèbre
toile « monogramme LV » devenue
l’emblème de la marque. Louis Vuitton
décède en 1892 et laisse un nom
mondialement connu dans la maroquinerie de luxe.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 15
C U LT U R E
Rencontre
Pierre Arditi
Le comédien a tourné dans le Jura le 12e épisode du
feuilleton à succès de France 3, Le Sang de la vigne.
w Pierre Arditi, quel
de faire croire à des choses que je n’ai
personnage jouez-vous
pas vécu ou dont je ne suis pas capable
dans cette saga du Sang
dans la vie… Alors bien sûr, je sais imiter
de la vigne ?
les gestes, faire tourner le vin dans le
Je joue un œnologue et dans cet épisode
tourné dans le Jura, je suis accueilli à
l’aéroport Dole Jura par Jean-François
Stévenin, alias Jeff Marigny, un enfant
du Jura venu prendre sa retraite au pays.
Nous avons tourné à la Mercantine sur le
lac de Vouglans, à Lons, à Arbois au
Domaine de la Pinte et à Château-Chalon
où j’ai goûté un fabuleux vin Jaune…
w Vous
jouez un œnologue,
êtes-vous dans la vie un
grand amateur de vin ?
Vous savez, être comédien, c’est être
menteur professionnel ! C’est avoir l’art
« L’Espace des Mondes
Polaires s’inscrit dans la
volonté des élus de
diversifier les activités
sur la station des
Rousses ».
François Godin
Le centre actuel (notre photo) sera
agrandi et modernisé pour devenir
le nouvel Espace des Mondes Polaires
16 z EcoMag • Jura - Octobre 2013
verre, le sentir, mais tout cela ne me
confère pas la qualité d’un œnologue ! Il
est vrai cependant que j’aime le vin et
les bonnes choses de la vie. Dans le
Jura, vous êtes assez fous pour faire
oxyder le Chardonnay ! Le Vin Jaune,
c’est votre spécialité. Je l’apprécie, mais
pas avec n’importe quoi, ni n’importe
quand. Il se déguste, avec un bon
Comté par exemple. C’est délicieux de
découvrir Proust à 67 ans… D’ailleurs,
vous voudrez bien m’excuser, mais après
une journée de labeur, vos succulences
jurassiennes sont ma récompense…
Pierre Arditi avec le Président du Conseil général.
Un personnage sur scène comme dans la vie !
“Le Vin Jaune
se déguste avec
un bon Comté”
L’Espace des Mondes Polaires,
du chaud au froid en
quelques minutes
Connu jusqu’à maintenant sous le nom de
“Centre polaire Paul-Émile Victor”, “l’Espace
des Mondes Polaires” sera à découvrir en 2015
à Prémanon.
Ce projet de 5 500 m2 accueillera un
musée polaire avec deux salles (l’une
pour des expositions temporaires et
l’autre pour une exposition permanente),
un auditorium, une boutique, un atelier
pédagogique, un jardin polaire et un
espace restauration. Future référence
sur les problématiques du monde polaire,
cet espace devrait satisfaire à la fois les
connaisseurs et les néophytes, les
scientifiques et les curieux, les adultes
et les enfants.
Déjà existantes mais améliorées et rénovées
d’une façon considérable, la patinoire et
la salle polyvalente compléteront cet
ensemble qui devrait très rapidement
faire partie du panel d’offres touristiques
proposées dans le Jura.
Culture
Les Déboussolades,
trois jours de fête et de retombées économiques
Le festival d’arts de rue, initié par le Conseil général
chaque premier week-end de septembre, a attiré
cette année 25 000 personnes à Lons-le-Saunier.
L
es Déboussolades ont enchanté le public lédonien avec
sa trentaine de spectacles de rue, tour à tour hilarants,
poétiques, cocasses et parfois même dérangeants…
Qu’il est bon d’être bousculé ! Les restaurateurs et cafetiers de
la ville voient avec plaisir leur ville vivre au rythme dynamique
des artistes et de leurs spectateurs qui en profitent pour flâner
dans les magasins, boire un verre ou manger. De nombreux
habitants des départements limitrophes sont venus dans le Jura
pour profiter de l’événement. Preuve est faite que dans une ville
de taille moyenne, ce type de festival a sa place et fonctionne à
plein. La seconde édition, qui a eu lieu en septembre 2013, a
enregistré une hausse de fréquentation d’environ 5 000 personnes
par rapport à la première édition. Et ceci malgré la pluie quasi
torrentielle du samedi soir, qui a évidemment douché tous les
amateurs de l’excellent concert-bal des Barbarins fourchus. Ce
festival est désormais inscrit dans la durée et a l’ambition de se
faire un nom, petit à petit, bien au-delà du Jura.
Danielle Brulebois,
1re Vice-Présidente
déléguée à la Culture,
l’Éducation
et aux Collèges.
w Quel rôle le Conseil
général du Jura a-t-il en
matière de culture dans
le département ?
Dans le Jura on aime se cultiver ! La vie
culturelle du département est riche et
dense. Le Conseil général en est le
principal acteur et le premier financeur.
Nous contribuons de façon importante
au financement de tous les champs du
développement culturel, de la création
artistique et de la valorisation du
patrimoine : musées, archives, archéologie, devoir de mémoire, monuments
historiques, lecture publique, enseignements artistiques, écoles de musique,
théâtre, cinéma, festivals, expositions,
évènements…
“Les Déboussolades font
vivre Lons-le-Saunier
au rythme des artistes.
Les cafetiers et
restaurateurs profitent
de cette dynamique”.
Trois questions à...
w Y-a-t-il des axes de travail,
des publics ou des actions
spécifiques qui vous tiennent
particulièrement à cœur ?
w Dans quelle mesure
la culture peut-elle être
un axe de développement
économique ?
Nous avons engagé des actions fortes
pour développer un véritable service
public de la culture, accessible pour tous
et partout, en particulier pour les jeunes
et les territoires ruraux. Éducation et
culture sont liées. La culture nous
construit, nous élève et nous rassemble.
Il faut ancrer l’habitude culturelle dès le
plus jeune âge. Des initiatives comme
le livre cadeau aux bébés lecteurs, le
théâtre dans les collèges, les arts de la
rue dans l’espace public, le cinéma en
maison de retraite, le soutien accru aux
associations d’éducation populaire et
culturelle, le soutien My Tremplins aux
jeunes talents, à la création et à la
diffusion en sont quelques illustrations.
La culture a un rôle capital dans le
développement économique. Elle crée
la richesse dans nos territoires : des
emplois, des revenus, de l’attractivité.
Lorsque nous rénovons le patrimoine
ou les collèges, nous donnons du
travail aux entreprises jurassiennes ;
nos musées, nos festivals attirent de
nombreux touristes. La culture forge
l’image de marque, l’identité du Jura.
Passerelle entre l’économie et la
créativité, elle est notre avenir et notre
chance dans une économie mondialisée.
Elle stimule l’innovation et garantit le
lien social, atouts de poids pour la
localisation des entreprises.
EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 17
Jason Lamy-Chappuis avec
son coéquipier et ami
Sébastien Lacroix au championnat
de France de Chaux-Neuve.
SPORT
Commençons par citer
quelques extraits du riche
palmarès de l’athlète !
23 victoires et 32 podiums
en coupe du Monde,
champion olympique en
2010 à Vancouver, quadruple
champion du Monde,
trois Globes de cristal…
Si ses jambes lui
offrent ce palmarès
sur terre, c’est dans
les nuages qu’il
aura la tête lors
de sa future
reconversion. C’est
en effet aux
commandes d’un
avion que le
Jurassien devrait
poursuivre sa
vie active après sa
retraite sportive
en devenant pilote
de ligne…
Jason
Lamy-Chappuis,
la tête et les jambes
27 ans, la liste est
longue, mais il n’y a
pas que le sport qui
compte dans la vie de Jason
Lamy-Chappuis.
Garçon attachant et sensible,
digne successeur du FrancComtois Fabrice Guy, Jason
est une exception dans le
monde des sportifs de hautniveau car il sait rester lui-même
sans changer ses habitudes,
sa façon de vivre et surtout ses
rapports aux autres. Il peut
passer d’un studio de télévision
ou d’une séance photos à une
balade en pleine nature seul ou
en famille. Ses amis les plus
proches vous feront tous la
même remarque : il n’a pas pris
À
18 z EcoMag • Jura - Octobre 2013
la grosse tête ! Jason LamyChappuis a tout d’abord été
reconnu pour ses qualités de
sauteur à ski qui lui ont permis
de s'élancer en tête lors des
épreuves de fond durant ses
premières saisons. Ensuite, le
skieur a travaillé son endurance
et sa musculation du haut du
corps pour progresser en ski
de fond.
La nature
comme
repère
Le 22 février, lors des Championnats du monde de ski
nordique à Val di Fiemme,
Jason Lamy-Chappuis avec
son coéquipier et ami jurassien,
Sébastien Lacroix, s’impose
sur le sprint par équipe. LamyChappuis devient le premier à
remporter trois titres mondiaux
lors d'une même édition des
Championnats du monde de
combiné nordique…
Après ses nombreuses victoires,
Jason Lamy-Chappuis revient
toujours chez lui, à Bois
d’Amont, se ressourcer auprès
des siens, retrouver la nature,
les forêts qui lui rappellent le
pays de sa naissance – le
Montana aux États-Unis. Né
d'une mère américaine et d'un
père français, il a en effet déménagé à Bois-d'Amont à l'âge de
4 ans. La nature ! Voilà sûrement
ce qui fait vivre notre Jurassien,
ce qui le fait rester lui-même et
oublier quelques instants les
exagérations du succès qui
peuvent monter à la tête de
certains.
Le stade des Tuffes
à Prémanon
Cet équipement est un véritable tremplin vers la victoire, une
ambition devenue réalité.
Donner un véritable lieu d’entraînement au biathlon français est devenu une réalité
depuis l’ouverture du stade des Tuffes à Prémanon. Ce bel outil – inauguré il y a
quelques mois – se compose d’une piste de ski de 3,5 km, d’un tremplin et d’un
pas de tir de 30 cibles. Afin de parer à un possible manque de neige, un réseau
d’enneigement artificiel a également été installé permettant ainsi d’avoir de
bonnes conditions d’entraînement et même de compétitions nationales et
internationales.
Financé par le Conseil général, le Conseil régional et l’État, cet équipement de
haute qualité va permettre au Jura d’accueillir « ses sportifs » dans leur préparation
aux grands rendez-vous comme par exemple les Jeux Olympiques de Sotchi en
février 2014.
Ces athlètes méritent les meilleures conditions d’entraînement - que l’on peut
comparer à des conditions de travail - utiles et indispensables, aux résultats
sportifs pour les uns et économiques pour les autres. Ces résultats sont souvent
assez proches !
La Transju,
une course de ski
pas comme les autres
Du Jura au Doubs, en classique ou en skating, les amateurs
et les skieurs professionnels sont des milliers à participer à
cette course tous les ans.
C’est en 1979 que fut créée cette course sous le nom de « Progressime », organisée
par le Comité Régional de Ski du Massif Jurassien. 76 kilomètres à parcourir
entre Mouthe et Lamoura (c’était le projet initial) et qui ne pourront se courir faute
de neige. Depuis 1997, la Transjurassienne est organisée et gérée par
Trans’organisation qui regroupe les dix clubs de ski du parcours, entre Lamoura
et Mouthe. Seule épreuve française à faire partie de la Worldloppet - le circuit
mondial des courses de ski de fond - elle est devenue une course mythique avec
ses 4 000 participants sur les différentes épreuves. Quelques Français font partie
des vainqueurs comme Hervé Balland, Philippe Grandclément, Alexandre Rousselet
ou tout dernièrement Benoît Chauvet. D’année en année, ceux que l’on appelle
« le gratin du ski mondial » sont présents en février dans le Jura pour accrocher
cette épreuve à leur palmarès.
Tous les ans, durant tout un week-end, la « Transju » rassemble des milliers de
personnes venues encourager ces forçats de la glisse et reprendre la célèbre
formule qui a fait la renommée de la Transju : « Ce week-end, j’ai fait LamouraMouthe »…
La course mythique réunit chaque année
4000 skieurs mondiaux.
EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 19
SPORT
Bellecin est un des
centres de préparation
olympique de l’équipe
de France d’aviron.
À Bellecin,
le sport
grandeur
nature
Fernand Fournier,
Vice-Président
délégué aux Sports
w En quoi le sport peut-il
être un atout économique
et un vecteur d’attractivité
pour le Jura ?
Quand une personne cherche du travail,
elle ne considère pas uniquement
l’entreprise qui lui propose un emploi,
mais l’ensemble des propositions offertes
sur le territoire : un emploi pour son
conjoint, un cadre de vie appréciable,
une bonne école pour les enfants et…
des clubs sportifs actifs et de qualité.
C’est pourquoi nous soutenons largement
le sport amateur, immense source de
consommation des ménages et donc
d’emplois. Les 700 clubs de sport du
Jura génèrent l’emploi d’environ 150
20 z EcoMag • Jura - Octobre 2013
La base nautique accueille aussi bien les
sportifs professionnels qu’amateurs dans
un lieu préservé.
Située au bord du lac de Vouglans, la base de Bellecin
est avant tout réservée aux sportifs de haut niveau.
L’équipe de France d’aviron en a fait depuis longtemps
son lieu d’entraînement et de stage avant ses grandes
compétitions internationales. Le centre sert toutefois
également aux différents clubs amateurs de la région qui
profitent des aménagements pour préparer leurs saisons
sportives.
Si le plan d’eau est l’activité principale de la base, le centre
d'hébergement et les infrastructures sportives permettent
aussi de recevoir de très nombreuses écoles et les
jeunes, venus du Jura et d’ailleurs, découvrent une
multitude d'activités de plein air et de pleine nature. En
plus de l’accompagnement professionnel (tous les
moniteurs sont diplômés d’Etat), l’hébergement est possible
avec une capacité de 170 lits et un self pouvant recevoir
plus de 120 personnes.
Salle de sports, aménagements pour les personnes à
mobilité réduite, ponton pour l’aviron, terrain de foot et
rugby flambant neuf, mur d’escalade en intérieur... Ces
aménagements financés par le Conseil général font de la
base de Bellecin une référence nationale dans le monde
sportif.
Trois questions à...
personnes (à peu près 120 équivalents
temps plein), sans compter toute l’activité
touristique « nature », notamment en
zone de montagne, et l’activité commerciale (magasins de sport…) générées
par ces clubs.
w Quels sont les
équipements structurants
que le Conseil général
soutient ?
La modernisation du tremplin de ChauxNeuve (220 000 euros), celle du stade
des Tuffes (750 000 euros), la réalisation
du complexe sportif de Champagnole
(640 900 euros), la réhabilitation du
gymnase d’Arbois (407 000 euros), la
rénovation du gymnase de la Citadelle
à Morez (490 000 euros), font partie des
plus importants investissements.
w Quel est le sens de votre
politique de partenariat des
sportifs de haut niveau ?
Les sportifs tels que Sébastien Lacroix,
Anaïs Bescond, Marie-Caroline Godin
ou Romain Guillaume portent haut et
loin les couleurs du Jura. Ils sont une
chance pour notre département et nous
avons choisi de les soutenir dans leur
quête d'excellence. Je n’oublie pas
Franck Paget bien sûr, qui multiplie les
titres, et l’illustre Jason Lamy-Chappuis.
Par ailleurs, nous aidons chaque année
financièrement 170 sportifs de haut
niveau ou en passe d’y accéder (Espoirs,
membres de pôles ou de sections
sportives, champions de niveau national).
www.agencemozaic.fr • Lons-le-Saunier • Photo Fotolia • 19360
www.cg39.fr
EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 21
Des vins
TERROIR
d’exception
Deux millénaires d’histoire,
un terroir typique sur des
marnes héritées du Jurassique
et des cépages sélectionnés
avec soin.
Des vins d’exception
“Des femmes et
des hommes qui
n’ont cessé
de faire évoluer
leurs vins…”
L
e long du Revermont,
sur 80 km, le plus
petit des grands
vignobles de France poursuit
sa course vers l’excellence en
écrivant jour après jour sa
légende.
En un siècle, contraint par la
nature et l’histoire, le vignoble
jurassien a su se faire admettre
dans le cercle restreint des
grands vins. Si au tournant du
20e siècle le phylloxera a divisé
par dix le terroir, il a également
créé les conditions pour que
le monde viticole jurassien
prenne en main son avenir. En
1906, Arbois obtient le premier
certificat d’origine et montre la
détermination des viticulteurs à
choisir la qualité. Dans les années 1936/1937, quatre AOC
géographiques sont obtenues :
Arbois, Château-Chalon, l’Étoile
et les Côtes du Jura. Deux
22 z EcoMag • Jura - Octobre 2013
appellations de produit complèteront la démarche : le Macvin
en 1991 et le Crémant en 1995.
Le travail sur l’amélioration du
cahier des charges se fait dans
un contexte économique
équilibré. Le Jura est une terre
de solidarité, la première coopérative est créée à Arbois en
1907. Un siècle plus tard, elles
sont encore cinq, regroupent
260 sociétaires sur 400 hectares
et représentent 24% de la
production. Les entreprises de
négoce, également productrices,
représentent 40% de la production. À ce chiffre s’ajoutent
près de 230 vignerons indépendants, soit plus d’un tiers
de la production.
Mais les vins du Jura, ce sont
avant tout des produits d’exception dont le Vin Jaune
demeure l’emblème. Le vin
des rois est aussi le roi des vins
en son fief de Château-Chalon
et aucune étude scientifique
n’est parvenue à reproduire la
magie de son élevage sous
voile pendant six ans et trois
mois. Le Vin de Paille, produit
à partir de raisins séchés sur
claies, est l’autre particularité
de ce vignoble où le geste du
vigneron reste un mystère. Le
Macvin et le Crémant complètent la palette des vins blancs
issus des cépages Chardonnay
et Savagnin et des rouges à
partir de Pinot noir, de Poulsard
et de Trousseau.
La
Percée
du Vin
Jaune
Des vins d’exception
La Percée du Vin Jaune
la plus grande fête vinicole de France
Le Vin Jaune est un vin unique. D’abord parce qu’on ne sait
pas expliquer son élaboration. Ensuite parce qu’il reste l’un des
vins les plus capricieux et les plus originaux à produire. Un
risque technique énorme qu’il n’arrive pas à son terme et à l’arrivée
plus d’un tiers de vin laissé « à la part des anges » font de lui le
plus grand vin blanc au monde.
Si l’on ajoute sa capacité incroyable de garde (plusieurs siècles),
son goût et son arôme de noix, ce géant méritait bien d’être
célébré comme il convient. C’est chose faite depuis 1997. Le
premier week-end de février, la Percée du Vin Jaune rassemble
plus de 40 000 personnes dans l’un des villages producteurs de
ce vin issu du seul cépage Savagnin pour la mise en perce du
premier fût du nouveau millésime qui pourra être ensuite
commercialisé. le savoir-faire du Jura loin au-delà de ses frontières. Dégustations,
concours de cuisine, de sommellerie, vente aux enchères de
vieux millésimes et cérémonie populaire de mise en perce
agrémentent ces deux jours de fête.
Annonce presse
Deux jours
qui
PARTENAIRESdeontfête
lieu
Aujourd’hui, le succès énorme rencontré fait d’elle la plus
grande fête vinicole de l’hexagone, la Percée fait rayonner
chaque année
le premier
week-end
de février
EcoMag • Jura - Octobre 2013 z 23
TERROIR
« La
filière Comté
a inventé le commerce équitable et solidaire avant tout le monde »
Jean-Charles Arnaud est président de l'INAO, Institut national des appellations d'origine.
Il fait le point sur le poids économique du Comté en France et à l'export.
haque année, 52 000 tonnes de Comté sont vendus
dans le monde. Ce fromage a la particularité de satisfaire
tous les palais : les jeunes Comté font la joie des enfants
tandis que les fromages affinés plus longuement séduisent les
« amateurs ». Mais ce n'est pas la seule originalité du Comté :
« La filière Comté est équitable et solidaire par sa structure
spécifique. En effet, les affineurs déclarent leur prix de vente
chaque mois aux producteurs et c'est ce prix qui fait la base
de la rémunération de toute la filière, du producteur de lait en
passant par la coopérative et l'affineur », souligne Jean-Charles
Arnaud, président de l'INAO (Institut national de l'origine et de
la qualité) et patron de Juraflore, l’affineur du Fort des
Rousses. Cette structuration de la filière permet de lever
d'importants fonds pour financer le nouveau challenge que
s'est lancé il y a quinze ans environ la filière Comté : l'export.
Parti de rien, le Comté a construit sa notoriété hors de France
petit à petit...
La structure de la filière Comté permet à tous les corps de métiers
intervenant dans sa fabrication d’être rémunérés au juste prix.
C
Le Comté en chiffres
> 57 000 tonnes de Comté produites chaque
année. La première appellation d'origine de
France, très loin devant le Roquefort
avec ses 18 500 tonnes...
> 600 millions de litres de lait transformés
pour la filière Comté.
> 7000 emplois générés par la filière
(producteurs de lait et emplois directs).
> 6 % du Comté vendu à l'export (États-Unis,
Canada, Russie, Japon).
24 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
L’appellation d’origine,
une force économique protectrice
Un travail de fourmi qui a débuté dès les années 80 à New
York. La tâche fut non seulement ardue, mais coûteuse :
« Pendant dix ans, nous avons dépensé davantage en
charges que cela ne nous rapportait en chiffre d'affaires...»,
résume Jean-Charles Arnaud. Puis ce fut au tour de Chicago,
Boston et la côte Ouest de subir une campagne de promotion
ciblée du Comté avant de descendre vers des villes de taille
plus modestes. « Aujourd'hui, les États-Unis sont le premier
pays à l'export, preuve que notre stratégie a porté ses fruits.»
Après les États-Unis, un travail similaire fut conduit en Allemagne,
puis au Benelux dans les années 90 et au Japon. Aujourd'hui,
la part d'export de la filière représente environ 6 % des ventes
globales, soit environ 78 000 meules, qui partent en bateau
ravir les palais de l'autre bout du monde. Si des combats sont
à mener pour protéger le Comté de copies hors Union Européenne
comme en Russie, la donne est différente en Europe : la première
force des 46 appellations d'origine de France, c'est bien sûr
la protection de leur nom et de leur image. Le Comté se distingue
par ailleurs par l'un des cahiers des charges les plus exigeants
de l'univers des appellations d'origine, ce qui en fait un fromage
ultra sain et de grande qualité auprès du consommateur et
ceci bien au-delà de la région qui le fabrique. « Longtemps,
le Comté fut un fromage de Franc-Comtois, mais depuis 20
ans, il connaît une diffusion nationale forte : un Français sur
deux mange du Comté », assure Jean-Charles Arnaud.
Quelle est
la « recette »
d’un bon
Comté ?
Véronique Rivoire,
PDG de Rivoire-Jacquemin et vice-présidente
de l’Interprofession.
On compare souvent la fabrication du Comté à la
photographie : avec le lait, on est au stade de la pellicule,
le fromager serait le photographe et l’affineur serait
le développeur. Tous les maillons de la chaîne sont
importants. Au départ, il y a le lait : il faut un éleveur
soucieux de la santé et de la bonne conduite du
troupeau. Il faut aussi du confort tant pour les vaches
– les vaches heureuses font du meilleur lait ! – que
pour les hommes avec un équipement adapté réduisant
la pénibilité.
Ensuite, il y a les coopératives. Cette mise en commun
du lait est une tradition datant du Moyen-âge ; le
mélange de plusieurs laits est d’ailleurs inscrit dans
le cahier des charges du Comté. Si l’équipement
compte, la qualité du fromager joue beaucoup. Pour
faire un bon fromager, il faut d’abord une bonne
formation dispensée dans nos deux ENIL. Ensuite, il
y a le talent, la sensibilité…
Puis, on arrive à l’affineur qui doit développer une
relation de confiance et de proximité avec ses
coopératives. Savoir si le troupeau a subi un épisode
orageux qui peut rendre le lait instable, ou une gelée
précoce par exemple, permet d’adapter les techniques
d’affinage. La modernisation des caves est à la mode
et personne n’y fait exception. Mais avant les caves,
les hommes font la différence : rien ne remplace la
vue, l’odorat, le toucher du chef de cave…
Trois
questions à...
Norbert Maire, Vice-Président en charge du Tourisme et de la Promotion du Jura.
La majorité départementale souhaite
« valoriser le Jura au-delà de ses frontières ».
Quelles actions et quelles politiques
menez-vous pour atteindre cet objectif ?
w
Pour tendre vers l’excellence et développer la notoriété du
Jura, le Conseil général consacre 3 400 000 € au tourisme,
sans compter l’aide à investissement d’infrastructures importantes.
Jura Tourisme poursuit des actions traditionnelles type salons,
foires (Tourissimo à Strasbourg, différents salons sur le thème
de la randonnée, du cyclisme…) et des actions plus générales
de notoriété en relation avec l’aéroport Dole Jura (Nice, Londres,
Porto). Nous renforçons aussi notre présence à Lyon, Bourgen-Bresse, etc. Depuis 2012, la notoriété touristique du Jura
se développe par l’utilisation d’un média (France Info) avec un
impact très important.
Quels sont les atouts jurassiens
sur lesquels appuyer votre action ?
w
Certaines filières thématiques d’excellence nous permettent
de bénéficier d’avantages concurrentiels : l’œnotourisme, les
grands sites naturels d’exception et préservés, la randonnée,
les loisirs nordiques et l'activité neige avec le plus grand domaine
nordique de France et enfin les activités nautiques et lacs.
Pour valoriser le tourisme, nous nous appuyons également
sur les savoir-faire et l’excellence industrielle (jouets,
lunettes…) et sur les personnages illustres comme Louis Pasteur.
Le tourisme vert est porteur d’activité
économique. En quoi le Jura a-t-il sa carte
à jouer et quelles sont les retombées
économiques du tourisme dans le Jura ?
w
Par son caractère authentique, alliant richesse des paysages
et du patrimoine, le Jura se doit et tend à devenir un département
de référence dans le tourisme de pleine nature. La consommation
touristique annuelle est évaluée à près de 300 millions d’€
et représente plus de 3 600 emplois en moyenne annuelle.
Le Jura est une destination idéale pour le « Slow tourisme »,
qui correspond à une tendance de marché.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 25
TERROIR
Le Vin Jaune,
spécialité du LDA
Pour rester les meilleurs, les techniciens du LDA
développent des outils et techniques nouvelles.
Le Laboratoire
départemental d’analyses,
partenaire des vignerons
et fromagers jurassiens
Situé à Poligny, il propose notamment un suivi sanitaire des
fromages et un appui œnologique des vins.
Le Laboratoire départemental d’analyses (LDA) du Jura emploie 60 personnes dont
les trois quarts sont des techniciens de laboratoire, spécialisés en chimie ou en
microbiologie, ainsi que sept ingénieurs, trois œnologues, deux vétérinaires et une
commerciale. L’établissement est un partenaire incontournable des filières
agroalimentaires et environnementales dont bien sûr les filières viticole et fromagère
du Département. Qu’il s’agisse de fromages ou de vins, l’action du LDA porte sur le
volet sanitaire mais aussi gustatif. « Pour le fromage, nous effectuons le suivi sanitaire
depuis la production laitière jusqu’à la fabrication », explique Marie-Paule ButhodGarçon, directrice du LDA. Le lait cru utilisé pour plusieurs AOP fromagères franccomtoises nécessite en effet un suivi sanitaire exigeant que le LDA effectue, avec une
vérification très fine de l’absence de bactéries pathogènes. Mais le laboratoire réalise
aussi des analyses chimiques de caractérisation du fromage avec une quantification
des matières grasses et un descriptif des caractéristiques alimentaires du produit.
Côté vins, le LDA assure le suivi
œnologique des crus jurassiens ;
au-delà du suivi, ces analyses
peuvent être liées aux exportations
dans certains pays aux contraintes
fortes en matière de réglementation
(Canada, Chine, Japon, États-Unis…).
Mais c’est aussi grâce aux œnologues
départementaux qu’est déterminée
la date du ban des vendanges !
« Nous effectuons des contrôles de
maturité pour la Société de viticulture
du Jura », confirme Mme ButhodGarçon. L’action du LDA ne s’arrête
pas là : ses spécialistes font le suivi
des vins de la plupart des vignerons
jurassiens, depuis les vendanges en
passant par la vinification jusqu’à la
mise en bouteille. Le LDA est particulièrement reconnu pour son expertise
sur le Vin Jaune : les œnologues le
suivent pendant les six années de
vieillissement en fûts de chêne avec
des prélèvements très réguliers. Le
laboratoire produit par ailleurs tous
les étés des levures de voile qui vont
permettre de sécuriser la production
de Vin Jaune et lui donner son goût
si particulier.
Trois questions à...
Serge Outrey,
Vice-Président
délégué à l’Agriculture
et à la Forêt.
w Quelle place occupe
l’agriculture au sein de
l’économie jurassienne ?
Le département du Jura est recouvert à
50% de forêt, à 45% par des espaces
cultivés ou toujours en herbe. C’est
donc naturellement une terre porteuse
d'une économie agricole avec plus de
3 000 entreprises et près de 10 000 emplois
répartis sur l'ensemble du territoire. Bien
au-delà de la simple production, notre
agriculture contribue aussi au rayonnement
d’autres secteurs comme l’agroalimentaire,
le tourisme, ou encore la gastronomie.
26 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
w L’agriculture est multiple :
comment soutenez-vous
toutes ses composantes ?
Les différentes productions ainsi que les
différentes filières agissent en complémentarité pour la richesse de notre économie. C’est pourquoi le Conseil général
accompagne aujourd'hui les nouvelles
pratiques et productions développées
pour faire face à l'évolution des choix
des consommateurs, comme l'alimentation
de proximité pour les particuliers (soutien
à la Chambre d'Agriculture pour le Drive
Fermier), ou encore l'approvisionnement
en circuits courts pour les collectivités,
notamment dans les collèges.
Quant à l'exploitation forestière, nous
encourageons les filières de transformation
comme la construction-bois ou encore
la filière énergie-bois. Nous avons la
possibilité de créer de la richesse nouvelle,
donc des emplois.
w Quel est le rôle du
laboratoire d’analyses
départemental
vis-à-vis des filières viticoles
et fromagères du Jura ?
Dépendant du Conseil général, le Laboratoire Départemental d'Analyses assure
un suivi sanitaire de nombreuses filières,
de la production à la transformation. Il
en va ainsi de la filière lait/fromage, ou
encore de la filière vin, des vendanges à
la mise en bouteille. Le LDA est un acteur
incontournable pour la santé des
hommes et des animaux, analyse de
l'air, de l'eau et tout pathogène susceptible
de nuire à notre confort. Il a été récemment
reconnu au niveau national, et il lui a été
demandé, par exemple, d'étudier les
causes de mortalité des abeilles, pollinisateurs indispensables notamment pour
les récoltes.
Interview
Dominique
Chalumeaux
« L’agriculture
de groupes
est une forme
d’avenir pour le Jura »
“
L’agriculture dans
un département rural
comme le Jura peut-elle
être attractive ?
w
L’agriculture représente 4% des
emplois directs et couvre 45% du
territoire. Avec les emplois de
l’agroalimentaire, de l’agrofourniture,
des services, ce sont plusieurs
milliers d’emplois non délocalisables. Dans le Jura, elle a essentiellement une vocation alimentaire
dans des filières de qualité, en
AOC, mais aussi dans le domaine
des cultures végétales. Les producteurs ont été obligés de se
démarquer sur des produits de
qualité. Sa force, c’est justement
son organisation collective, ce
département est le berceau de la
coopération dans le lait à comté,
mais aussi dans le lait standard,
la viande et les céréales, sans
parler du vin. Le monde agricole
a une capacité à se mobiliser très
vite autour des projets.
Dominique Chalumeaux,
Président de la Chambre d’Agriculture.
w La chambre
d’agriculture a
également soutenu
beaucoup de petites
installations
individuelles ?
Oui, dans le maraîchage, les
fruits, les fromages. Ce sont des
filières ajoutées, mais il existe des
risques sur leur pérennité et nous
tentons de mieux les organiser.
Nous devons surtout faire encore
mieux ce que nous faisons bien.
Il faut continuer à installer des
producteurs de lait, c’est vital.
70% du lait produit dans le Jura
est en AOC, mais il faut créer de
nouveaux produits. Nous avons
un potentiel sous-exploité.
w Les groupes
agroalimentaires
s’intéressent au Jura.
C’est un atout ?
Leur arrivée est une chance,
ils ont apporté leur puissance
commerciale et ils ont beaucoup
investi. Entremont, Besnier occupent une place importante. Il faudra
voir quelle sera leur stratégie
avec la fin des quotas.
w Sous quelle forme
voyez-vous l’avenir
de l’agriculture ?
Il faut à tout prix installer des agriculteurs et arriver à remplacer un
départ par une installation, on
peut y parvenir en développant
les productions. Nous devons
également aller plus loin dans la
chimie verte qui intéresse les
grands groupes et valoriser tout
ce que l’on peut tirer des produits
agricoles. Mais s’il faut développer
les filières nouvelles, il faut aussi
les organiser. Il est très difficile de
travailler seul. Aujourd’hui, on est
de moins en moins paysan toute
sa vie. L’agriculture de groupes
offre des facilités. C’est une
forme d’avenir dans une région
comme le Jura.
« Il faut
continuer à
installer des
producteurs de
lait, c’est vital ».
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 27
TERROIR
Bel, La Vache
qui fait sourire l’emploi jurassien
750 salariés produisent 45 000 tonnes de fromage par an
pour La Vache qui rit, Apéricube et Piq & Croq.
La fabuleuse histoire du groupe Bel a
débuté dans le Jura dès 1865. Des
années plus tard, le poids économique
local des fromageries Bel est encore
fort, le groupe embauche en effet 750
collaborateurs dans le Jura : 300 à Lons
et 450 à Dole. Le fromage emblématique
de Bel, la Vache qui rit, constitue 50 %
de la production jurassienne. Le reste
des 45 000 tonnes de production annuelle
est répartie sur deux familles de produits :
les Apéricube et les Piq & Croq, vendus
partout dans le monde.
Le groupe s’appuie depuis toujours sur
une politique de marque. Au niveau
mondial, Bel se développe sur ses cinq
marques « cœur » que sont La vache qui
rit, Babybel, Kiri, Leerdammer et Boursin.
À l’export, l’entreprise se plie autant que
possible aux particularités locales et a
par exemple développé des portions de
100 g de Vache qui rit pour l’Ukraine ou
encore une nouvelle saveur sucrée à la
fraise pour les Coréens et Chinois. Elle
se met même en quatre pour assurer
l’apport suffisant aux besoins nutritionnels
comme en Egypte où sont observées
des carences en calcium et vitamine D !
Aux côtés de ces nouveaux
marchés, l’Algérie reste le 1er marché en
volume pour La vache qui rit, tandis que
l’Arabie saoudite est davantage férue de
Kiri.
La Vache qui rit, c’est aussi
« The Laughing Cow »
dans les pays anglophones,
« La vaca que rie »
en Espagne et même
« Con bò cười »
au Viêt Nam…
La Maison
de la Vache qui rit
Bel est d’abord le nom d’une famille
d’origine jurassienne (Chambéria,
puis Orgelet). Le Pdg actuel est
l’arrière-petit-fils de Léon Bel, créateur
de la fameuse marque « La vache qui
rit ». Ce produit a été fabriqué pour la
première fois à Lons-le-Saunier, à
l’endroit précis où s’élève désormais
La Maison de La vache qui rit, ouverte
au public depuis mai 2009. Avec une
moyenne de 40 000 visiteurs par an,
ce musée d’un genre nouveau est le
2e site à entrées payantes le plus
fréquenté du Jura, participant
ainsi activement au rayonnement
touristique et culturel du Jura.
Elixia,la limonade
à la conquête du monde
La sixième génération des limonades Elixia a choisi l’originalité.
Les 800 000 bouteilles fabriquées à Champagnole s’exportent à
70%... Essentiellement dans des boutiques haut de gamme.
À bout de souffle, la dynastie inaugurée
par Faustin Girardet en 1856 a bien
failli s’arrêter en 1992. Dix ans plus
tard, Hugo Sublet reprend le flambeau
de son beau-père, mais avec une idée
fixe : l’originalité. « En 2002 j’ai relancé
une limonade nature à base de sucre
de canne et d’extraits naturels de fruits
et de plantes, j’ai revu le package et
mis en avant notre histoire. » Depuis,
les innovations se sont succédées :
d’abord les limonades parfumées
(sapin, mirabelle, mangue, cerise,
passion, fraise des bois…) puis le
Faustin, un blanc et un rouge limés et
la limonade bio à base de sirop
d’agave avec ses dérivés à la rose et
la fleur d’oranger faite à partir d’eau
28 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
florale. En 2010 l’Elixia Or avec des
paillettes 24 carats (vendue dans le
hub de l’aéroport de Doubaï) et en
2012 la limonade chocolatée à base de
caramel et d’extraits de cacao…
Hugo Sublet a choisi de privilégier
l’excellence dans les salons de thé, les
chocolateries, les hôtels et restaurants
haut de gamme et le milieu de la mode.
Vendue chez Le Nôtre, Ladurée, Colette,
l’Elixia sera proposée lors du prochain
défilé de haute couture Carven.
Les projets visent l’export. Déjà présente
aux USA, dans toute l’Europe, la limonade
de Champagnole va bientôt partir pour
l’Inde, la Corée, le Vietnam, la Thaïlande
et l’Indonésie.
Jura terre
d’innovation
>
Lunetterie, industrie du jouet,
filière bois...
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 29
De l’artisanat à l’industrie
C’est à la fin du 18e siècle qu’un
artisan cloutier des environs de
Morez eut l’idée d‘utiliser du fil de fer
pour tenir des verres de vue. La
première monture de lunette était
née. C’est depuis les années 1820 la
spécialité industrielle de cette ville de
la haute vallée de la Bienne.
n 1890, plusieurs millions de montures
soudées sortent des ateliers moréziens.
Le stade artisanal est désormais révolu,
les usines se multiplient, le travail est organisé
en postes de production, les lunettes de
Morez sont commercialisées dans le monde
entier. Le succès ne sera pas freiné par les
deux guerres. Au contraire, les entreprises
grossissent et emploient une main d’œuvre de
production sur place tout en fabriquant leurs
propres machines.
Dans les années 50, les industriels de la vallée
découvrent le milieu de la mode et s’y engouffrent. La lunette n’est plus un simple outil de
vue, c’est un objet de mode, une marque
identitaire, notamment les lunettes de sport et
solaires. Ce sont les années d’innovation et de
maîtrise des technologies. Le réseau des
lunetiers puise sur place au lycée Victor Bérard
les opticiens et techniciens dont il a besoin, le
syndicat des lunetiers facilite les innovations
technologiques.
Les premières difficultés apparaissent dans
les années 70 avec une concurrence de plus
en plus importante des industriels étrangers,
notamment chinois qui proposent un coût de
production bien moindre. L’autre concurrence,
sur le terrain de la créativité, vient directement
des pays voisins, en particulier l’Italie. Les
entreprises subissent la crise, se restructurent,
les emplois diminuent. Cette crise structurelle
contraint les industriels à innover. Des produits
pour le luxe et la mode apportent un second
souffle. Ces dernières années, l’apparition du
« made in France » a permis de trouver un
nouveau public, même si la situation reste fragile.
Aujourd’hui, les 62 entreprises jurassiennes
font vivre plus de 2000 salariés directs. Avec
presque 10 millions de montures vendues
chaque année - dont 55% à l’export - le Jura
représente 60% de la production nationale et
place la France au sixième rang mondial des
producteurs. Les lunetiers jurassiens travaillent
pour une soixantaine de griffes et de
marques. E
30 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
60%
des lunettes
françaises
viennent du Jura
« Aujourd’hui, les 62 entreprises
jurassiennes font vivre plus
de 2000 salariés directs.
Avec presque 10 millions de
montures vendues chaque année ».
Albin-Paget :
le lunetier centenaire a
des projets plein la tête
Le 3 janvier 2013, Thibaut Mortier et Jean-Michel
Werling ont repris les rênes de la société Albin-Paget,
spécialisée dans la lunette optique, notamment le
doublé or.
Créée en 1883 à Morez, l’entreprise, devenue Albin-Paget groupe, emploie
près de 70 salariés et s’est fait un nom dans la fabrication intégrée sur site,
autrement dit le « Made in France ».
Véritable tour de force, les deux associés se sont passés des banques :
« La banque historique de l’entreprise a dit qu’elle nous suivait, puis s’est
rétractée. Il a fallu qu’on auto-finance. » Dès les premiers mois, les nouveaux
dirigeants ont mis en place leur stratégie : la poursuite du concept « Made
in France » et une capacité de réactivité amplifiée par l’intégration sur site
des différentes fabrications ; le développement de l’entreprise à l’international
avec l’objectif de passer de 10 à 30% à l’export ; la poursuite de la politique
de marques sous licences (Georges Rech et Inès de la Fressange déjà en
catalogue) avec la signature de trois nouveaux contrats (Victor and Rols,
Lamarthe, Léonard Paris) et des marques propres en cours.
« Notre choix est d’augmenter la part de produits en acétate par rapport
au métal. C’est un rééquilibrage et une évolution. Aujourd’hui la lunette est
un accessoire de mode très important dans l’image et le « Made in France »
apporte une vraie valeur ajoutée ».
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 31
De l’artisanat à l’industrie
Le jouet jurassien
aux quatre coins du monde
Hérité des objets de piété tournés pour l’abbaye de Saint-Claude
après le 10 e siècle, le jouet jurassien en bois a connu un
développement industriel dans la seconde moitié du 19e autour
de Moirans, puis un nouvel essor dans les années 50 avec les
matières plastiques. Aujourd’hui, il s’exporte dans le monde
entier.
Des générations de tourneurs sur bois
se sont succédées depuis la fondation
de l’abbaye de Saint-Claude dans le
Haut-Jura au 5e siècle. D’abord réservé
aux ustensiles de base (cuillères, bols),
le travail du bois s’est amplifié après
le 10e siècle avec la fabrication d’objets de piété destinés aux pèlerins et
les premiers jeux. Cette activité s’est
transformée en industrie dès 1870
avec l’apparition d’usines où se fabriquaient les premiers jouets en bois
articulés. Après la seconde guerre
mondiale et l’arrivée des matières
plastiques, une nouvelle génération
d’industriels a marqué le monde du
jouet de son empreinte.
Des centaines de salariés, des centaines
de sous-traitants… Tout un monde
fabrique des jouets, les uns comme
autrefois dans les ateliers, les autres
selon des process industriels modernes.
Des marques illustres : Monneret,
Clairbois, Charton, Berchet, Smoby,
Vilac, Jeujura, Janod… Des baby-foot
aux tricycles, des dinettes aux jeux de
plage, des bilboquets aux quilles… Le
jouet jurassien s’exporte aux quatre
coins du monde.
Aux années d’euphorie succède le
temps des restructurations, des rachats,
des regroupements. Aujourd’hui, le
jouet en bois poursuit une dynamique
portée par le retour aux matières naturelles
et le jouet plastique est en concurrence
directe avec les fabricants du sud-est
asiatique, mais des groupes comme
Smoby, en jouant la carte du « Made in
France », poursuivent la saga du jouet
jurassien.
Juratoys
Leader français du jouet en bois
Pascal Bernard - Juratoys
Avec une croissance à deux chiffres et un chiffre d’affaires de
40M€, le groupe Juratoys emploie 50 salariés à Orgelet
sans produire dans le Jura. Une stratégie de la matière grise.
Pascal Bernard entre chez Janod en
1994 comme responsable commercial.
Dix ans plus tard, il rachète la société qui
devient le groupe Juratoys (rachat de la
société Kaloo, peluches et jeux de
naissance en 2011) avec un mot d’ordre :
trouver de nouveaux marchés et innover.
Aujourd’hui, Juratoys est présent dans
une soixantaine de pays avec une implantation récente aux États-Unis, la
société est devenue leader du jouet bois
32 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
en France avec plus de 800 références
et second employeur jurassien dans le
milieu du jouet derrière SmobyToys :
« Notre plus-value, c’est le design, la
créativité et l’internationalisation. »
En rupture avec la tradition locale de la
fabrication sur place, Juratoys n’emploie
que des créateurs, des designers et des
responsables commerciaux. Les jouets
sont fabriqués par une cinquantaine
d’artisans du Jura… et d’ailleurs :
« C’est un leurre de parler du jouet en
bois Made in Jura. Si je voulais fabriquer
tout mon catalogue dans le Jura, je ne
pourrais pas, nous n’avons pas la capacité. En Californie, dans la Silicon Valley,
personne ne produit. Il faut s’interroger.»
Juratoys se positionne donc comme
concepteur de jouets en bois et l’exercice
lui réussit plutôt bien.
Le pays
Smoby Toys
choisit le Jura
Depuis son rachat par le groupe allemand
Simba en 2008, Smoby Toys - premier
fabricant de jouets en France - a entrepris
de regrouper son activité (dont une
partie était concentrée en Rhône-Alpes)
entièrement dans le Jura.
Un choix rationnel qui ramène à cinq le nombre de
sites et génère des économies d’échelle importantes,
mais ce choix répond aussi à un engagement de la
direction générale dans la démarche « Made in
France » visant à tout faire au même endroit : réception
des matières premières, fabrication, conditionnement,
expédition. Les jouets sont conçus dans le Jura, la
technologie et l’ingénierie restent sur place.
Depuis 2010, Smoby a investi près de 30 millions
d’euros dont les deux tiers sur le seul site de fabrication
d’Arinthod : restructuration de l’atelier d’injection,
nouveaux convoyeurs, plateforme de conditionnement,
broyeur ; atelier de montage équipé de robots de filmage
et de convoyeurs neufs ; nouvel entrepôt de
stockage. La prochaine tranche concernera l’atelier
de soufflage. Investissements également dans l’usine
de Moirans et réfection du siège social à Lavans les
Saint-Claude avec un show room et des locaux
administratifs entièrement neufs. Enfin, construction
d’une plateforme logistique de 30 000 m² à Moirans.
du jouet
et de l’enfant
Plus qu’un concept,
une identité
Il y a vingt-cinq ans naissait à Moirans le concept du pays du
jouet et de l’enfant avec l’idée de faire de la cité le miroir d’une
identité profondément ancrée dans la population. Jean Burdeyron,
maire de Moirans, a bâti année après année une image devenue
un véritable outil économique : « Au début, on a lancé le
concept de Moirans, cité du jouet. Ensuite il a été élargi à Jura
Sud qui s’est fédérée autour de l’enfant et du jouet. Depuis,
cette notion se cultive, se décline. Il y a eu Ideklic, le musée du
jouet et je crois qu’en 2008, si le groupe Simba a repris Smoby,
c’est aussi en partie parce que sur place il existait ce concept
de pays du jouet. »
Le temps a joué pour Moirans. En ramenant dans le Jura ses
différents sites éparpillés, Smoby Toys n’a pas fait que créer
des emplois et investir sur place, le groupe s’est inscrit dans
cette démarche tournée vers l’enfant. Dernière réalisation, la
restructuration complète du musée du jouet ré-ouvert en juillet
2012. Depuis cette date, près de 40 000 visiteurs ont franchi
les portes pour voir les 3 000 jouets présentés : « C’est un
ensemble : la ville, la communauté de communes, le lycée, les
industriels, les animations, le musée. Quand Jura Sud s’installe
dans les bâtiments de Clairbois, c’est tout un symbole, on est
dans les racines locales. Pour que ça marche, il faut que
l’identité corresponde aux racines ».
Depuis 2010,
Smoby a investi
près de 30 millions
d’euros
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 33
De l’artisanat à l’industrie
La construction bois,
du beau, du sain, de l’économie à long terme
Une demeure en bois n’est pas plus chère qu’une construction classique à performance
identique et un nombre croissant de personnes l’ont compris. Car si la construction bois ne
fait pas exception aux tendances économiques actuelles avec un volume de constructions
en baisse, elle gagne malgré tout des parts de marché. L’avantage de ce matériau ?
Il autorise de grandes ouvertures, de grandes baies vitrées liées à une bonne exposition
de la maison et permet de construire des maisons originales d’un point de vue architectural.
Ce matériau est aussi très sain et apporte une isolation, donc une économie de charges,
très importante. Certaines maisons en bois consomment 250 euros d’énergie par an et
avec la RT 2012 (nouvelle norme en matière d’isolation), cette somme descendra à coup
sûr autour des 200 €.
Zoom sur deux constructeurs de maisons en bois qui s’appuient sur des filières locales et
conçoivent des demeures modernes, parfois bien loin du traditionnel chalet montagnard…
Roch
à Macornay
Depuis plus de 50 ans, Roch construit des
maisons en bois avec deux types de système :
l’un consiste à fabriquer les murs à l’atelier et à
assembler le tout sur le chantier ; l’autre prévoit
l’entière conception de la maison, sanitaires
compris, à l’atelier.
Roch propose un service allant de la conception des plans à
la réalisation et embauche 30 salariés (hors intérimaires) de
tous corps de métier. « Tout est fait en interne sauf le terrassement,
la maçonnerie et l’électricité que nous sous-traitons », explique
Thierry Dubrulle, le Pdg de Roch.
Roch utilise du bois de charpente et d’ossature tiré des forêts
jurassiennes : il a développé un partenariat avec Haut Jura
Bois, scieur de Châtel-de-Joux qui est en train d’étudier un
projet avec d’autres scieurs pour faire ensemble du bois
abouté.
Chauvin
à Mont-sous-Vaudrey
Chauvin est une entreprise familiale, cogérée par
Frank Chauvin, Pdg et son frère Laurent, directeur
général. Depuis bientôt 40 ans, Chauvin fabrique
et construit des maisons bois de qualité, avec
plusieurs options allant du prêt à monter au clé
en mains, chaque client trouvant ainsi une formule
adaptée à son budget et à ses envies.
Pour la conception de ses projets sur-mesure, la société
s’appuie sur un réseau d’architectes partenaires, spécialisés
dans le matériau bois. Parallèlement, elle mise sur la proximité
avec un recours important au bois du Jura et aux artisans locaux
afin de valoriser la filière régionale. Soucieuse d’anticiper les
attentes du marché, la maison Chauvin est en recherche
constante d’innovations mais garde toujours la même envie :
celle de construire le bonheur de ses clients.
34 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Trois
questions à...
Robert Tournier, Vice-Président à l’administration générale et aux bâtiments.
Scabois,
les artisans
dans la tradition
coopérative
Fondée en 2008 avec une quarantaine
d’adhérents, Scabois est aujourd’hui
une société coopérative regroupant
132 artisans du bois. Le système
coopératif et sa philosophie humaine
et économique séduisent de plus en
plus le monde artisanal.
« Notre pari, c’est de prendre des entreprises artisanales
et de les regrouper pour en faire une force unique
sous la bannière de l’économie sociale et solidaire.
Notre société coopérative ne cesse d’avoir de nouvelles
adhésions, Scabois intéresse les départements
voisins. » Georges Cerri, directeur, peut être satisfait.
En cinq ans il a presque multiplié par quatre ses
adhérents et les locaux de Perrigny sont devenus trop
petits : « Il nous faut trois hectares pour construire un
outil adapté au développement de la coopérative et
trois hectares en réserve. Avec 27 salariés et une
progression de 10% cette année malgré la crise, il
va falloir trouver de la place ! »
Regroupée avec d’autres coopératives des régions
voisines, Scabois représente une vraie force de
frappe avec la mise en place d’une véritable centrale
d’achat. Le résultat s’inscrit à la fois en termes
économiques et solidaires : 5 camions sur les routes,
500 000€ injectés dans les bâtiments, un capital de
1,7M€, des bénéfices réinvestis et pas redistribués.
Le tout sous la formule coopérative « un homme, une
voix »… Et ça marche !
Vous êtes Président de l’Office Public
de l’Habitat (OPH). Quels sont les grands
chantiers à mener en matière de logement
social dans le Jura ?
w
L’OPH mène plusieurs chantiers qui ont pour objectif de
concourir au maintien des personnes âgées à domicile. Il s’agit
notamment d’isolation extérieure du bâtiment, de remplacement
des fenêtres, suppression des baignoires remplacées par des
douches, pose d’ascenseurs et volets électriques, changement
des éviers dans les logements, etc. Autre gros chantier :
l’extension en construction bois de l’Ehpad de Saint-Amour.
Le Conseil général donne l’exemple !
Citez-nous quelques réalisations du Conseil
général faites en bois…
w
Nous avons réalisé plusieurs bâtiments ou aménagements en
bois : le terminal d’arrivée et le nouveau terminal de départ de
l’aéroport Dole Jura, des chalets d’hébergement à Bellecin, le
gymnase du collège d’Arinthod avec une charpente bois, le
parquet de la salle de sport de la base nautique de Bellecin et
la future crèche du Conseil général en bois biosource.
Pour quelles raisons le Conseil général
a-t-il décidé de promouvoir, par des aides
plus importantes que pour des
constructions classiques, la construction bois ?
w
La promotion de la construction bois local permet un soutien
à cette économie locale pour une montée en compétence des
différents acteurs et un développement du marché. Il s’agit
d’un mode de construction durable : utiliser le savoir-faire
local, la ressource locale et un matériau noble avec un impact
Carbone moins important que dans la filière béton. Cependant,
la construction Bois n’exclut pas le recours à la filière humide
pour partie. Dans un contexte budgétaire restreint, tous les
projets ne pourront être soutenus. Selon le Plan Départemental
de l’Habitat, la rénovation de l’existant et les projets d’acquisitionamélioration sont prioritaires, puis la construction neuve.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 35
Interview
Michel
Chamouton
« La plupart des grosses
entreprises sont nées
de l’artisanat »
Michel Chamouton, Président de la Chambre
des Métiers et de l’Artisanat du Jura.
“
Quel est le poids
économique de
l’artisanat et du
bâtiment dans le Jura ?
w
La Chambre des métiers regroupe
5164 entreprises qui emploient
plus de 10 000 salariés dans le
Jura. Ces entreprises interviennent
dans le bâtiment, l’alimentation,
les métiers de la production, tels
que le jouet, le bois, le plastique…
La plupart des grosses entreprises
sont nées de l’artisanat : je cite
toujours l’exemple de RGF
Plastique à Pratz dont l’aventure
a débuté dans un garage avec
une ou deux personnes et qui
emploie aujourd’hui 80 salariés.
Smoby, de son côté, a commencé
dans une grange… L’artisanat est
un creuset d’idées et de développement. Nous subissons néanmoins la crise de plein fouet : en
2012, l’artisanat a perdu 8 % de
son personnel dont 11 % en alimentation et 13 % en fabrication.
Le bâtiment souffre aussi, tout
d’abord parce qu’il y a beaucoup
d’entreprises individuelles, ensuite
parce que le secteur souhaite
préserver sa main d’œuvre qualifiée.
Plutôt que de licencier, on préfère
« taper » dans la trésorerie…
36 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Quel est le rôle de la
Chambre des métiers ?
w
Elle est tout d’abord l’interlocuteur
privilégié des pouvoirs publics et
nous avons, à l’heure actuelle,
bien des choses à défendre. Elle
est le médiateur, le relais entre
les entreprises et l’administration.
Nos professions sont parfois mal
structurées ; la chambre les aide,
les forme, les écoute. Nous portons
aussi le CFA de Gevingey, irremplaçable en matière de formation : la
moitié des entreprises artisanales
sont dirigées par d’anciens apprentis.
Les entreprises du
bâtiment font face à
un nouveau virage
dans leurs métiers,
notamment s’agissant
des normes.
Comment les artisans
s’adaptent-ils à ces
évolutions ?
w
L’artisan se forme dès lors qu’il y
a un impact sur le marché. Mais
prudence
avec
certaines
normes assez restrictives. La RT
2012, soit… Mais nous sommes
des animaux comme les autres,
nous avons besoin de respirer.
Qu’en est-il de la
création d’entreprises
dans le secteur des
métiers et de
l’artisanat ?
w
On observe une baisse significative
depuis 2011 dans le Jura. Aucun
politique n’a la bonne idée de
valoriser la création ou la reprise
d’entreprises depuis des mois !
La Chambre agit énormément
pour ramener des demandeurs
d’emploi vers l’artisanat et pour
promouvoir nos métiers, chez les
jeunes. Une classe de CM2
d’Orgelet est venue une journée
au CFA, ce fut une expérience
unique. Il existe beaucoup
d’opportunités non satisfaites
dans l’artisanat, mais il manque à
notre pays la capacité de susciter
des vocations, de donner l’envie…
« Je suis un fervent
défenseur de la
promotion.
Il faut créer des
passerelles entre
les formations ».
Les Boutons Brochot
habillent les plus grands
Créée en 1958 à Patornay pour fabriquer les poignées en corne
des lève-glaces de la Traction, l’entreprise Brochot s’est finalement
spécialisée dans le bouton. Elle travaille aujourd’hui pour les
plus grands noms du prêt-à-porter.
Philippe Regazzoni définit son entreprise
comme une tournerie : « Le bouton est
un produit que l’on peut injecter ou
tourner. Nous avons choisi de le tourner
avec des machines modernes à
commande numérique ou à taille laser.
Le bouton est né dans le Jura dans les
années 1920/1930 par dérivé de la perle
tournée pour les colliers américains,
nous nous intégrons dans cette évolution. C’est un savoir-faire ancré dans
notre territoire, il est important de le
préserver. »
Après le rachat des sociétés Lahu de
Lavans-les-Saint-Claude, Tacchini de
Saint-Claude et l’ouverture d’ateliers de
fabrication en Roumanie et en Chine,
l’entreprise est résolument tournée vers
l’export : « Nous sommes présents aux
USA, en Australie et dans les pays à
façon : le Maghreb, l’Europe de l’Est,
mais nous voulons également travailler
sur les pays émergents : la Russie, le
Brésil, l’Inde qui sont des relais de
croissance. Le bouton nécessite de
l’industrie, il est compliqué de le délocaliser. Aujourd’hui avec notre niveau
technique de création, d’adaptabilité aux
normes et de service, nous pouvons
innover. » Une production moyenne
gamme à petits prix, une autre de luxe
pour le prêt-à-porter, 30 millions de
boutons « Made in Jura », des clients
prestigieux (Hermès, Vuitton, Yves
Saint-Laurent) et un savoir-faire reconnu
permettent à l’entreprise d’envisager
l’avenir sereinement.
Altus Coating,
les partenaires industriels
des Grandes maisons
L’entreprise familiale, nichée en zone
industrielle de Lons, vernit les flacons et
autres contenants des plus grandes maisons :
Nina Ricci, Chanel, Dior, Yves Saint-Laurent…
On a peine à trouver Altus Coating en
zone industrielle de Lons et pourtant cette
petite entreprise de 5 équivalents tempsplein recèle bien des trésors. Lucien
Pertus, le père, et Éric Pertus, le fils, tous
deux chimistes de formation, ont monté
cette société de vernissage des emballages
cosmétiques en novembre 2007. Après
des expériences dans deux multinationales
- Rhône-Poulenc pour Lucien et V33 pour
Éric - les deux hommes vendent désormais
leurs savoir-faire et ceux de leurs employés
au profit des plus grandes marques de
luxe : Nina Ricci, Chanel, Dior, Yves SaintLaurent… Le vernis du flacon « La nuit de
Chanel », c’est eux.
Altus Coating se démarque d’une part par
sa maîtrise du marquage à chaud (qui
permet de déposer les lettres dorées sur
le flacon ou le pot de crème). D’autre part,
l’entreprise utilise une technologie chimique très innovante, à la fois productive
et meilleure pour l’environnement : la
technologie UV à réticulation ultra-violette.
Elle engendre un séchage ultra-rapide
(quelques secondes), donc un gain de
productivité. « 30 000 bouchons sont réalisés en 8 heures de travail », résume
Éric Pertus. Par ailleurs, la technique
permet d’utiliser moins de solvants,
réduisant ainsi l’impact sur l’environnement.
Chaque client (une vingtaine au total)
bénéficie d’une écoute, d’une assistance
et d’une formulation sur-mesure pour
répondre à ses besoins en matière de
qualité, de résistance et d’esthétique
du vernis. Le vernis parfait est ensuite
conditionné en pots ou en seaux et vendu
à des clients européens (France, Espagne,
Italie, Allemagne, Pologne, Pays-Bas),
mais aussi en Colombie et au Brésil.
« Nous commercialisons 15 à 20 % de
notre production à l’export », termine Éric
Pertus.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 37
Interview
Rémy
Laurent
La « petitesse » du territoire est
compensée par la diversité
des secteurs
d’activités »
“
Les atouts jurassiens
peuvent-ils assurer
un développement
pérenne?
w
Territoire rural par excellence, le
Jura est riche de compétences et
de qualifications qui, ajoutées
aux valeurs de créativité, aux
patrimoines historiques, culturels
et touristiques en font un écrin de
« bien-être » inscrit dans une
dynamique économique équilibrée
autour de ses filières, chacune
porteuse de véritables fleurons.
La conjoncture est difficile, mais
la « petitesse » du territoire est
compensée par la diversité des
secteurs d’activités que favorisent
des réseaux de proximité efficients,
même si l’environnement national
réglementaire reste trop contraignant, retardant certains projets.
w Quels sont pour
vous les orientations
à privilégier ?
Des développements d’infrastructures ou d’équipements
restent indispensables pour sortir
rapidement des « zones blanches
numériques » ou encore du
désenclavement ferroviaire, voire
routier et fluvial. Il en va de l’avenir
du développement jurassien. La
38 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Rémy Laurent, Président de la Chambre
de Commerce et d’Industrie du Jura.
transmission d’activités est encore
trop souvent freinée par le
manque d’anticipation des difficultés et une certaine frilosité.
Quant à l’esprit d’entreprendre, il
convient de l’insuffler encore
davantage pour faciliter la réalisation des projets.
La qualification
est-elle suffisante ?
w
L’inadéquation des qualifications
nécessaires face aux postes
de travail non pourvus reste
pénalisante, elle ne relève pas
uniquement d’un problème
d’attractivité, mais aussi des
capacités à accompagner des
périodes de reconversion. Même
si le phénomène des frontaliers
peut parfois renforcer la difficulté,
il n’en demeure pas moins que la
force économique de nos voisins
induit des retombées significatives,
incitant à s’ouvrir toujours plus
vers les marchés extérieurs.
L’esprit « Made in
Jura » constitue-t-il un
élément d’attractivité ?
w
La notion de « travailler davantage
ensemble » ne peut être que
bénéfique et la relance pérenne
du réseau « Made in Jura » traduirait
la capacité des entreprises à
rebondir sur leurs qualités recon-
nues, à savoir l’envie d’évoluer et
de s’adapter aux nouveaux enjeux.
À condition qu’on laisse aux
acteurs un peu plus d’air avec de
réelles baisses de prélèvements
qui leur permettent de retrouver
des marges de manœuvre favorisant ainsi les créations de
richesses et d’emplois.
« Il convient
d’insuffler
encore davantage
l’esprit
d’entreprendre ».
Les ateliers Apicius
soignent la communication
des hôteliers-restaurateurs
Unique en son genre, l’agence implantée à Poligny intervient
pour améliorer l’image des métiers de l’hôtellerie-restauration.
Elle a même obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France.
En 1996, Rémi Ohayon et deux associés
créent de toute pièce une agence de
communication plutôt originale : « Après
des études au lycée hôtelier de Poligny,
puis des stages à Arbois chez Jean-Paul
Jeunet (2 étoiles) et à Saulieu chez
Loiseau (3 étoiles), j’ai compris qu’il fallait
aider la profession à développer son
image sur internet pour que les professionnels en tirent directement un
bénéfice. » Les ateliers Apicius se
mettent au travail : création de sites
internet, référencement, logiciels de
réservation en ligne, réseaux sociaux,
stratégie marketing… Petit à petit, la
profession se met à y croire : « On
travaille aujourd’hui pour 1500 clients,
Denis Jeunet,
Vice-Président délégué
au Développement
économique, aux
Relations avec les
collectivités territoriales
et aux Coopérations.
w Quels sont les atouts
économiques du Jura ?
Notre département bénéficie d'une
situation géographique idéale : adossé
à la Suisse, il est aussi désenclavé avec
un accès au réseau autoroutier et dispose
d’une desserte routière de qualité, ainsi
qu’une activité aéroportuaire dynamisée.
Le Jura, c'est aussi une diversité des
terroirs, de la plaine à la montagne,
valorisée et préservée par des savoirfaire ancestraux ; un artisanat dynamique
ainsi qu'une industrie qui conserve des
secteurs d’excellence dans des technologies de pointe : mécanique de précision,
aéronautique…
Mais ce sont aussi des hommes et des
femmes ! Le tempérament jurassien est
prisé de nos voisins suisses qui nous
considèrent comme leurs alter ego en
matière d’engagement dans le travail.
Nous bénéficions de l’enthousiasme et
de la passion de quelques capitaines
d’industrie attachés à leur pays.
depuis la maison d’hôtes jusqu’aux
palaces. » En un peu plus de quinze
ans, l’agence regroupe à Poligny une
cinquantaine de personnes, affiche une
croissance de 24% en 2012 et un chiffre
d’affaires de 6,5 M€. Du coup, cinq
autres agences, chacune experte
dans les métiers du web, du marketing
et de la notoriété en ligne ont été créées
en France pour un total de 98 CDI.
En 2011, l’agence s’offre même le luxe
de candidater au prestigieux titre de MOF
qui s’ouvre alors aux métiers de la
communication. Rémi Ohayon et six
collaborateurs présentent un projet et
décrochent le titre. Les sept candidats
sont récompensés. Une première en
France.
Séverine Ohayon, Sylvain Garcia et
Rémi Ohayon, les trois associés d’Apicius
Trois questions à...
w Le Département est
partenaire de nombreux
projets portés par les
collectivités locales.
En quoi ce partenariat est-il
générateur d’attractivité
et de développement
économique ?
Le développement économique, lui
aussi, ignore la génération spontanée !
Les élus se doivent d’en créer les conditions propices à l’échelon communal et
surtout intercommunal. Par le biais des
EDAT dans un passé récent, ou par celui
des aides thématiques aujourd’hui, le
Conseil général, en proposant un cofinancement, a noué des partenariats
efficaces. Les projets touristiques
(station, parc à thèmes…), commerciaux,
(les SCAF notamment) ou les réalisations
au service des populations induisent
des emplois directs tout en conférant
une vraie attractivité aux divers territoires
de notre département.
w Quelles politiques le
Département mène-t-il pour
favoriser l’attractivité du
Jura et son développement
économique ?
Selon des critères mieux encadrés, les
aides aux entreprises pour l’immobilier
sont poursuivies et constituent un atout
spécifique de notre département. 1,8 million
d’euros sont consacrés annuellement à
cette politique.
Le portail des aides individuelles aux
entreprises, dans lequel nous sommes
partenaires de la Région, a permis,
depuis janvier 2012, l’intervention publique
sur 49 dossiers visant 939 emplois.
Cette aide publique a un effet de levier
de 5 sur le financement privé. Elle
consiste aux trois quarts en attribution
d’avances remboursables.
La présence du Jura dans divers salons
de l’Hexagone, un concept « Made in
Jura » revisité et une image plus lisible
témoignent d’une communication plus
professionnelle donc plus efficace.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 39
Technologies de pointe
Groupe Baud Industries
Le micro-décolletage, version internationale
Créée en 1978 par Marcel Baud, l’entreprise de Sirod est devenue un groupe international réparti
sur huit sites (France, Suisse, Pologne, Singapour, Tunisie) spécialisé dans le micro usinage-décolletage.
Automobile (50% de l’activité), connectique, télécommunications, électronique, électricité, horlogerie,
médical, la force de l’entreprise reste son fonctionnement familial.
Lionel Baud est Pdg depuis 2000, il
travaille avec ses deux frères. C’est lui
qui a choisi d’investir dans l’international :
« Nous l’avons fait pour avoir des
bases logistiques, mais maintenant
nous allons augmenter notre production
à l’étranger tout en renforçant nos supports techniques en France pour
améliorer notre production et notre
rentabilité. » Le site de Sirod va donc
bénéficier d’un nouvel agrandissement
dès cet hiver avec plusieurs dizaines
d’emplois à la clé : « La société Dimep
de Sirod est celle qui a grandi le plus
vite, c’est là que nous fabriquons
toutes les pièces complexes à forte
valeur ajoutée. Nous investissons
chaque année 12% de notre chiffre
dans le matériel pour être toujours plus
performants. » Les clients ont pour
nom Ford, Porsche, Toyota, Bosch,
BMW, Apple, Cartier, Legrand… Que
des grands, comme le veut la devise
du groupe : « Être les meilleurs et
travailler avec les meilleurs ».
L’autre force du groupe, c’est le partenariat
avec le lycée de Champagnole qui a
permis de former sur place des BTS
que l’entreprise embauche.
Baudry, 60 ans
au service de la protection
L’entreprise de Domblans fabrique des coffrets, mallettes ou
conteneurs sur-mesure pour de grandes sociétés.
Une histoire étonnante que celle de l’entreprise Baudry qui débute par le grandpère et ses locations de voitures de maître
à Paris, se poursuit par une tabletterie à
Ladoye-sur-Seille avant l’implantation
d’un 2e site à Domblans. Un contrat pour
des tables et des sièges de camping pour
Manufrance sera le premier déclencheur
de l’évolution de l’entreprise avant la
réalisation de coffrets-bois pour du petit
matériel de peinture, qui viendra asseoir
la position de la société en 1960. Les
emballages bois pour Matra ou Bull seront
une nouvelle étape avant les valises
plastique et la création des calages
mousse à l’intérieur. Baudry restera
longtemps le premier et surtout l’unique
fabricant de ces protections mousses
faites sur mesure.
40 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Aujourd’hui, les clients s’appellent Alcatel,
Sagem, Thales, CEA et le sur-mesure est
devenu la « marque de fabrique » de
l’entreprise. Études, créations, mises
au point, fabrications des emballages
sont réalisées par seize employés qui
produisent des pièces allant de la plus
petite à la plus imposante, de l’unité à la
grande série, de la plus simple à la plus
compliquée. L’aluminium, le polyéthylène,
le polyester ou le bois sont les matières
utilisées pour la réalisation de ces coffrets,
mallettes ou conteneurs que l’on retrouvent
ensuite chez des commerçants, des
particuliers ou dans des hélicoptères et
des sous-marins.
Donner au client
le produit qui
convient le mieux,
c’est le crédo de
la société Baudry.
Mahytec
à Dole,
Avec
il y a de l’invention
dans l’air
La société doloise conçoit des produits permettant
de stocker l’hydrogène : une filière d’avenir
pour des usages insoupçonnés…
Dans la pépinière d’entreprises du Grand Dole, quartier des
Mesnils Pasteur, les méninges fonctionnent à plein régime.
Mahytec est née en 2008 de l’union de quatre Bisontins,
Pascal Robinet, Dominique Perreux, Frédéric Thiebaud et
David Chapelle, respectivement ingénieur de recherche,
profs d’université et maître de conférences. Dix-huit
personnes travaillent actuellement à concevoir des pièces
en composite à haute valeur ajoutée pour des clients du
monde de l’industrie, la plupart du temps à l’export (Suisse,
Allemagne, Italie…). « Nous avons par exemple réalisé une
pièce pour l’exploration des fonds marins dans le domaine
pétrolier. Nous travaillons aussi pour l’automobile, le luxe…
Nous effectuons le calcul des structures, la fabrication et
les tests mécaniques avant la vente », explique le gérant
Pascal Robinet.
mais pour être utilisé, ce gaz très léger a besoin d’être
comprimé. Mahytec crée donc des contenants capables
de résister à de fortes pressions. Grâce à ces inventeurs
de génie, de belles perspectives s’amorcent pour l’avenir.
Mahytec a conçu un produit pour faire tourner le moteur
des charriots de trains à base d’hydrogène, un autre pour
équiper un tracteur-tondeuse du Grand Dole. Il en sera de
même pour le projet Mobypost de La Poste : les dix voitures
alimentées par l’hydrogène dans lesquelles rouleront les
postiers d’Audincourt et de Perrigny auront un peu de savoirfaire de Mahytec dans leur carcasse ! La société doloise,
qui devrait bientôt déménager sur la zone Innovia, participe
aussi à un programme européen pour Cassadian (filiale
d’EADS) afin d’équiper les armées d’un système de relais
téléphonique fonctionnant à l’hydrogène en cas de coupure
du réseau principal.
La botte secrète
de Mahytec…
Mais la botte secrète de Mahytec, c’est le stockage de
l’hydrogène, ce gaz d’avenir « non polluant » au moment
où le pétrole se fait rare. L’hydrogène sert à créer de l’énergie,
SMP
s’installe
à Lavancia
La société quitte le
département de l’Ain
pour celui du Jura.
Mahytec a conçu
un tracteur-tondeuse fonctionnant
à l’hydrogène pour le Grand Dole.
Spécialisée dans la conception de moules
haute précision en injection plastique, la
société SMP rachetée il y a une dizaine
d’années par Jacky Mazzolini (Sanclaudien
d’origine) quitte le département de l’Ain
pour s’implanter à Lavancia dans le Jura.
Un choix mûrement réfléchi qui obéit à
une stratégie de développement impossible
dans le bassin d’Oyonnax : « En dix ans,
nous avons réorienté la production du
marché de l’automobile vers celui des
pièces en grandes séries. Aujourd’hui,
SMP travaille à 70% pour le secteur
pharmaceutique avec des moules de
haute technologie. La société est implantée
sur deux sites à Bellignat et Izernore, depuis
deux ans nous avons décidé de nous
recentrer, mais il fallait trouver un lieu qui
ne soit pas à plus de 10 km pour éviter au
personnel des déplacements trop longs.
Les pièces créées par Mahytec
nécessitent parfois plusieurs mois
d’essais, d’ajustements pour
répondre aux exigences…
Sur le bassin d’Oyonnax, aucun terrain ne
remplissait les conditions. »
Après une rencontre avec Jean Burdeyron,
président de la communauté de communes
de Jura Sud, une solution est finalement
trouvée à Lavancia, en bordure du
contournement de Dortan. Le montage du
dossier a pris un peu plus d’un an, les
travaux (3600 m2) ont débuté en février et
le déménagement est prévu en octobre.
L’ensemble des salariés (54 personnes)
accepte de se déplacer : « Nous aurons
sur place le bureau d’études, la fabrication
et le bureau d’essai-développement. C’est
une bonne option, 15% des salariés sont
jurassiens et nous ne sommes qu’à
5 minutes d’Oyonnax ! ».
SMP travaille à 65 % pour
l’industrie pharmaceutique.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 41
Jura terre
d’emploi
>
Solvay, Juratri, Signaux Girod
et bien d’autres...
42 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Jura, terre d’emploi
Les Quinze
principaux établissements
jurassiens et les cinqs
premiers employeurs
publics
Avec près de 100 000 emplois et 20 000 entreprises, le Jura possède
un tissu entrepreneurial très dense. Il se distingue des autres
départements par le poids important de ses PME qui emploient
plus du tiers des salariés, se classant ainsi au 6e rang français.
Ces entreprises suivent par ailleurs la même répartition spatiale que
les Jurassiens car plus d’un emploi industriel sur deux se situe en zone
rurale. Cela n’empêche pas le département d’accueillir de grands leaders
dans les secteurs du jouet, de l’agroalimentaire ou encore de la lunetterie.
Le Jura est le département dont la main
d’œuvre est la plus industrielle de France
(23% de l’emploi, ex-aequo avec l’Ain).
Source : Observatoire OSER-FC, établissement inscrit
au 1er janvier 2013 - INSEE base Sirene.
La méthodologie utilisée pour ce classement ne prend pas en compte les
groupes à la tête de plusieurs établissements dans le Jura comme Smoby
Toys, Lacroix Emballages, Diager, Dalloz Industrie Lapidaire, Thomas, Kohler...
ou encore les enseignes commerciales comme Distribution Casino France.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 43
Jura, terre d’emploi
Trois
questions à...
Dominique Troncin, Vice-Président délégué aux routes et aux modes doux.
w Combien d’emplois sont générés par
l’entretien et la gestion des routes
départementales ?
Pour entretenir et exploiter les 3500 km de routes, le Conseil
général emploie directement 387 personnes dont 274 dans
les centres techniques. Au-delà de ces emplois directs, l’activité
génère des emplois dans les entreprises de travaux publics
et chez les fournisseurs. On a l’habitude de dire que 150 000 €
de travaux génèrent un emploi, sur la base d’un budget
d’investissement de 24 millions d’euros, on obtient 160 emplois.
Le Conseil général du Jura s’illustre en
matière de développement des modes
doux. Pouvez-vous nous en dire plus ?
w
Le Conseil général dispose d’un schéma directeur des vélos
routes et voies vertes. L’objectif est de réaliser 200 km
d’aménagement en site propre ou partagé. En 2013, le département
en liaison avec le Comité départemental du tourisme a également
mis en place les deux Tours du Jura et le balisage des montées
remarquables. Il intervient également aux côtés des communautés
de communes pour mettre en place des boucles locales.
Le contournement Ouest de
Lons-le-Saunier avance à bon pas.
Où en est le chantier ?
w
D’une longueur de 8 km et d’un coût de
46 millions d’euros, le contournement a
pour objectif de capter le trafic transitant
par l’agglomération lédonienne afin
d’améliorer la sécurité routière, de réduire
les nuisances pour les riverains, de
promouvoir les modes de déplacement
doux et de fluidifier le trafic local. La partie
Nord (du Rocher à L’Étoile) sera mise en
service d’ici la fin de l’année 2014, tandis
que les travaux de la partie Sud se
poursuivront en 2015.
44 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Solvay
fait vivre
tout un bassin
de vie
Avec ses quelque 1400 salariés,
l’industriel tavellois est le plus gros
employeur privé du Jura.
Solvay est implanté dans le Jura, et plus précisément
à Tavaux, depuis 1930. Le site jurassien figure parmi
les plus importantes plateformes chimiques en
France et est devenu la plus importante unité de
production du groupe. S’étendant sur 200 hectares
et comprenant 32 km de routes et 35 kilomètres de
voies ferrées, l’usine de Tavaux est spécialisée dans
la fabrication de produits chimiques et de matières
plastiques nécessaires aux industries. Depuis plus de
80 ans, Solvay Tavaux développe ses activités, fondées
sur l’exploitation et la transformation du sel pour
obtenir du chlore au moyen de l’électrolyse, ainsi que
de la soude caustique et de l’hydrogène. L’association
du chlore à des dérivés du pétrole (éthylène, méthane,
propylène) permet la fabrication de la plupart des
produits chimiques et des matières plastiques.
Le site jurassien emploie quelque 1400 salariés et
génère l’emploi d’environ 400 salariés chez les entreprises
sous-traitantes. Le Groupe se veut exemplaire en
matière d’environnement et de sécurité, si bien que
l’usine de Tavaux investit chaque année plus de
7 millions d’euros pour l’environnement et la sécurité.
Avec Solvay Way, Solvay s’est engagé dans une
démarche structurée et ambitieuse en matière de
responsabilité sociale et environnementale vis-à-vis
de ses parties prenantes.
SKF
,
l’Airbus resterait à terre…
Sans
Le site lédonien emploie 400 personnes et conçoit des pièces
pour l’aéronautique.
Les mains expertes de SKF à Lons-leSaunier fabriquent chaque jour des rotules,
roulements et pièces en composite qui
permettent aux avions de décoller, de
voler et d’atterrir en toute sécurité. C’est
ici, dans le Jura, que se construisent par
exemple les rotules du train d’atterrissage
de l’A380 ou encore les attaches-moteur de
l’A350 ainsi que les bielles de structure qui
fixent les ailes de ces mêmes avions. C’est
dire si le savoir-faire de SKF compte !
La société fait d’ailleurs partie des 5% de
fournisseurs d’Airbus à avoir intégré le
programme d’amélioration SQIP (Supply
Chain and Quality Improvement Program)
apportant « une preuve de reconnaissance
et une opportunité de développement » au
site lédonien, ainsi que le souligne Pascal
Wanderoild, directeur de SKF Lons.
Les marchés Airbus représentent une très
grande partie de l’activité du site. En effet,
20% du chiffre d’affaires sont livrés au
constructeur final AIRBUS en direct. En
matière d’exportation, le site livre 40 % de
sa production globale hors de France.
À l’atelier de montage de SKF Aerospace
France, les mains expertes s’activent…
Les composites,
un marché d’avenir
L’activité composite, elle, représente un
tiers de l’activité de SKF Lons. L’entreprise
s’attache à développer et breveter des
solutions nouvelles en composite, qui la
place en position de leadership sur le marché.
Le groupe, dont le siège social est en
Suède, favorise par ailleurs la formation, la
sécurité au travail, et la promotion interne.
L’usine de Lons alloue deux fois plus de
budget à la formation que les obligations
légales et 90% des chefs d’équipe ont
débuté sur le site en tant qu’opérateurs.
En 2012, le site a accueilli 42 stagiaires
tous domaines confondus. Concernant
l’emploi, 23 embauches ont déjà eu lieu en
2013, qu’il s’agisse de remplacements ou
d’emplois nouveaux.
SKF investit et innove sans cesse.
Juratri, la Scop aux 135 salariés
Le spécialiste du recyclage innove sans cesse sur un marché en constante évolution.
Entreprise spécialisée dans le recyclage,
Juratri compte aujourd’hui 135 salariés.
Elle est un maillon invisible mais essentiel
du quotidien de chaque foyer jurassien,
puisque ce sont ses salariés qui trient
les déchets d’emballages ménagers
(cartons, papiers, bouteilles plastiques)
déposés dans les désormais célèbres
« poubelles bleues ».
Née en 1993 sous statut SARL, Juratri
s’est transformée en SCOP (société
coopérative et participative) en 2006
suite à sa reprise par ses salariés.
Désormais, ces derniers prennent
démocratiquement toutes les décisions
stratégiques de l’entreprise.
Depuis, elle a créé plus de 50 emplois,
grâce à son positionnement sur le
marché du traitement et de la valorisation
des déchets d’équipements électriques
et électroniques. Des emplois qui
aujourd’hui bénéficient à tous, y compris
les plus fragiles : Juratri emploie ainsi
62 personnes en insertion, qu’elle
accompagne vers l’emploi durable
grâce à un processus certifié par
l’AFNOR.
Juratri vient d’investir plus de 2 millions
d’euros dans sa toute nouvelle plateforme industrielle « Trivolution »,
contribuant ainsi à revitaliser la Z.I. de
Lons-le-Saunier, et surtout à consolider
et développer son offre de service
pour les entreprises et ménages
francs-comtois.
Aujourd’hui, Juratri regarde vers l’avenir
et souhaite passer « de la coopérative
à la coopération » : elle lancera ainsi
dans les prochaines semaines une
dynamique visant à rassembler les
acteurs économiques pour faire émerger
ensemble des projets innovants,
créateurs de dizaines d’emplois pour
les Jurassiens. Alors, chiche ?
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 45
Signaux Girod,
Jura, terre d’emploi
un grand groupe
en pleine montagne
Le Conseil
général :
1500 employés
au service des Jurassiens
On méconnaît bien souvent les compétences des
agents du Conseil général du Jura, pourtant,
toutes ont une influence directe sur notre quotidien !
La collectivité emploie 1543 collaborateurs dans des domaines
aussi différents que la santé, le social, les routes, le transport,
l’économie, l’environnement, le logement, la culture, le sport,
l’éducation… Et bien plus encore !
Les hommes qui travaillent au bord des routes, les assistantes
familiales qui s’occupent des enfants placés, les assistants
sociaux qui versent le RSA et suivent leurs bénéficiaires, les
agents d’entretien dans les collèges, les psychologues, médecins
qui suivent vos enfants dans les unités territoriales ou les
PMI… tous sont employés du Conseil général. La liste est
longue et demeure la plus belle illustration de l’utilité de l’emploi
public en France et dans le Jura. Sans oublier d’autres gros
employeurs publics tels que les hôpitaux, les communes, les
intercommunalités, etc.
Thierry
Faivre-Pierret,
Vice-Président en
charge des Solidarités
et de la Santé.
w Le rôle social du Conseil
général est primordial.
Pouvez-vous nous
le présenter ?
L’action sociale est la première compétence
des Conseils généraux, en termes de
budget consacré et de moyens humains
alloués. Les Départements prennent en
charge et assurent le suivi de la réglementation dans le cadre d’un budget
« encadré » à plus de 98% en actions
obligatoires. Ces actions, ce sont par
exemple le financement d’hébergements
pour personnes handicapées, la compensation du handicap ; l’accompagnement
des mineurs placés par la justice soit en
institution, soit en famille d’accueil ; le
financement du maintien à domicile des
personnes âgées, en institution, ou avec
46 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Signaux Girod est un groupe familial
dont l’origine remonte à 1905. Il est
spécialisé dans la fabrication de produits
de signalisation verticale, mobilier
urbain, signalétique, produits plastique,
produits de marquages routiers…
Signaux Girod a également développé l’ensemble
des prestations de services liées aux besoins des
acteurs de la mobilité.
A Bellefontaine, le siège social du groupe et l’unité de
production regroupent près de 230 personnes qui
font partie d’un groupe embauchant plus de 1180
personnes en France et à l’étranger. En 2011, l’unité
de production de Bellefontaine, située à 920 m d’altitude
au cœur du Parc naturel du Haut-Jura, a fabriqué
près de 390 000 panneaux (de police, directionnels
ou temporaires). Le siège administratif regroupe
l’ensemble des ressources
du groupe : ressources
humaines, marketing, appel
d’offres, design, juridique,
financier, achats, R&D,
informatique, qualité Sécurité
et environnement…
Trois questions à...
l’aide sociale ; l’insertion des publics en
difficulté...
Le Département du Jura s’inscrit dans
cette logique d’actions essentielles
garantissant le maintien de la cohésion
sociale, pour les Jurassiens touchés par
les effets de la crise économique et pour
ceux touchés par les conséquences de
l’avancement dans l’âge ou du handicap.
w On parle souvent du social
pour ce qu'il coûte, mais
que rapporte-t-il en termes
d'emplois ?
Le Département du Jura est le chef de
file de l’action sociale, il consacre plus
de 100 millions d’euros à cette mission
de solidarité, soit le tiers de son budget
annuel. Cette priorité départementale
est parfaitement assumée par l’actuelle
majorité, 70% des sommes versées se
transforment en pouvoir d’achat, et
génèrent directement plus de 2800
emplois, sans compter les emplois induits.
w Quel est votre rôle en tant
qu'élu chargé de la mise en
œuvre de ces actions ?
En tant que Vice-Président aux Solidarités
et à la Santé, il m’appartient de vérifier
que le pacte républicain est respecté,
dans l’accès aux services, sur l’ensemble
du territoire, en optimisant les dispositifs,
pour toucher directement les personnes
les plus vulnérables. Je veux aussi que
les citoyens s’approprient à nouveau la
réponse sociale, en construisant euxmêmes des réponses aux problèmes
qu’ils rencontrent, c’est tout l’enjeu du
développement social local.
Jura terre
d’avenir
>
L’aéroport, outil de développement,
l’Éco Parc, autour du
contournement de Lons-le-Saunier.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 47
Jura, terre d’avenir
Trois
questions à...
Jean-Daniel Maire, Vice-Président délégué au NTIC et à la Montagne.
L’accès au Très haut débit suscite une forte
attente des citoyens. Où en sommes-nous
actuellement ?
w
Nous sommes en train de finaliser le schéma directeur
(SDTAN), document qui nous permet d'écrire une stratégie à
long terme en vue d'obtenir des financements de l'État. Il décrit
les grandes étapes qui devraient nous permettre d'apporter
le très haut débit à tous les Jurassiens en 10 ans. Nous avons
attribué les marchés de travaux pour cinq opérations de montée
en débit pour des zones très mal desservies. Dix autres opérations
ont été lancées pour des travaux à exécuter en 2014. Nous
avons voté une aide de 500 € pour proposer une solution satellite
dans des zones très peu denses.
w
Quelles sont les opérations en cours ?
Nous avons attribué les marchés de travaux pour cinq opérations
de montée en débit pour des zones très mal desservies. Dix autres
opérations ont été lancées pour des travaux à exécuter en
2014. Nous avons voté une aide maxi de 500 € pour proposer
une solution satellite dans des zones très peu denses.
w Quelle est la situation économique
actuelle des zones de montagne,
notamment le Haut-Jura ?
Le Haut-Jura est le deuxième bassin industriel de FrancheComté et entend bien le rester. Je suis confiant dans l'avenir
car les trois quarts des entreprises appartiennent à des locaux
qui sont attachés à ce territoire. La plupart font preuve d'une
créativité hors normes et atteignent des niveaux de technicité
exceptionnels grâce à des investissements et à la qualité du
personnel. Nous avons également à valoriser notre cadre de
vie exceptionnel...
48 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Tadeo crée
de l’emploi
dans le Haut-Jura
L’entreprise s’est implantée aux Bouchoux
et envisage une nouvelle implantation à
Bellecombe.
C’est le Haut-Jura qu’a choisi Tadeo, entreprise de
transcription instantanée de la parole, pour implanter
sa première plateforme en zone rurale. Après Lyon
puis la région parisienne, c’est en effet depuis Les
Bouchoux, dans les locaux de l’ancienne gendarmerie,
que quinze personnes offrent leurs services
d’e-transcripteurs depuis juin 2013. Le principe est
simple : l’opérateur des Bouchoux retranscrit les
paroles de la personne entendante à la personne
sourde ou malentendante via deux techniques au
choix : la visio-interprétation en langue des signes ou
la transcription instantanée par sténotypie (écriture
phonétique).
400 personnes sourdes en France utilisent les services
de Tadeo au sein de 200 établissements (entreprises,
associations, collectivités…), sans compter bien sûr
les « entendants » avec qui ils peuvent communiquer.
L’entreprise ne s’arrêtera pas là et annonce la création
de nouveaux emplois sur le site des Bouchoux :
« D’ici fin 2013, début 2014, nous lancerons une
nouvelle formation de vingt e-transcripteurs. Nous
sommes en train de recruter, via Pôle emploi, des
gens choisis non pas pour leurs diplômes, mais pour
leur habileté », explique Clarisse Cariou de Tadeo.
Enfin, Hervé Allart, Pdg de Tadeo, compte bien mener
à bout son projet initial : celui de créer une plateforme à
Bellecombe, en plus de celle des Bouchoux. Avec de
nouveaux emplois à la clé…
Tadeo a créé 15 emplois
et lance une nouvelle
formation pour l’embauche
de 20 personnes.
Trois
questions à...
L’aéroport,
un formidable outil
de développement
pour le Jura
D’une petite infrastructure au départ,
l’aéroport a pris une dimension internationale, grâce aux investissements du
Conseil général.
Selon l’Insee et son bilan économique de l’année
2012, trois secteurs se portent bien en FrancheComté : le travail frontalier, l’activité des campings et
l’aéroport Dole Jura. En un an, le nombre de passagers
sur les lignes nationales a progressé de 141 % sur la
région, ceci très majoritairement grâce à Dole Jura et
l’ouverture de nouvelles lignes. En effet, après Tunis,
Porto, Nice et Bastia lancées l’an dernier, de nouvelles
destinations sont proposées cette année telle que
Londres, Marrakech, Djerba, Palma de Majorque…
Ces destinations intéressent un public large, bien audelà des portes du Jura, avec des passagers
venus de toute la Franche-Comté, la Côte d’Or, la
Haute-Saône, la Saône-et-Loire et le département de
l’Ain. De sorte que le nombre de passagers est passé
en deux ans de 4000 à 45 000 !
Idéalement situé
L’aéroport international Dole Jura a l’atout de la
proximité et dispose d’un parking gratuit permettant
un confort de voyage particulièrement intéressant.
Si les Francs-Comtois et les Bourguignons sont
contents de disposer d’un tel équipement à
quelques minutes de chez eux, l’infrastructure attire
aussi de plus en plus de touristes venus du Sud
de la France, mais aussi de Porto ou de Londres
pour goûter aux charmes du Jura.
Au-delà de l’aspect touristique, l’aéroport DoleJura, placé entre Bâle-Mulhouse, Genève et Lyon,
est aussi très bien situé localement : à 8 km de la
gare de Dole, à 5 minutes de l’autoroute et sur
l’axe reliant Paris à Genève. Il est ainsi un vecteur
d’attractivité économique et par ailleurs créateur
d’une trentaine d’emplois depuis 2011.
www.aeroportdolejura.com
Michel Giniès, Vice-Président en charge des Transports.
Le transport scolaire est financé par le
Conseil général qui en assure la gratuité…
w
Oui, notre politique en matière de transports scolaires dans le
Jura implique deux notions majeures : l’égalité entre territoires
et la solidarité entre citoyens. Malgré un contexte de réduction
des dépenses publiques, la collectivité jurassienne continue
à assurer gratuitement ce service à tous les publics. C’est un
geste fort de solidarité en direction des familles jurassiennes
et des 21 000 scolaires qui empruntent les véhicules de notre
réseau de transport.
C’est aussi un moteur pour l’économie
jurassienne…
w
En effet, puisque la manne financière injectée par le Conseil
général en direction des transporteurs du Jura atteint plus de
20 millions d’euros et par voie de conséquence, elle est porteuse
d’emplois.
L’aéroport Dole Jura a accueilli
45 000 passagers en un an contre
4 000 avant 2011. En quoi cet essor
est un atout majeur pour le Jura ?
w
Le développement de cet aéroport
est une chance pour le Jura et
prouve qu’il est possible de rivaliser
avec des territoires plus riches.
C’est notre vitrine économique,
adossée à la zone Innovia, dont
le Département est gestionnaire.
Cet équipement est devenu
crédible par la présence de
compagnies aériennes internationales et par sa fréquentation de
plusieurs milliers de passagers.
Cette réussite a déjà permis la
création de plus de trente emplois.
C’est et ce sera un atout essentiel
pour notre image et pour notre
attractivité dans les années à
venir.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 49
É C O PA R C
Éco Parc
Le projet d’Eco Parc lancé par le Conseil
général autour du contournement de
Lons-le-Saunier prévoit plusieurs
dimensions. Il fera l’objet de phases
de concertation avant sa réalisation
à l’horizon 2018.
Le point majeur ?
L’intégration paysagère
exceptionnelle qui fera
référence à l’échelle
nationale. Ensuite, si le
cœur du projet est
commercial, d’autres espaces
seront créés : un nouvel
espace naturel de détente,
un pôle hôtelier, une
vitrine de l’économie
jurassienne,
un centre de
conférences et
pourquoi pas une
salle de spectacles…
Présentation.
+
:
:
50 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
:
:
un projet innovant pour le Jura
Les chiffres
w 400 emplois générés
par ce nouvel espace.
w 50 millions d’euros.
C’est le montant qui sera investi
par des fonds privés et
réinjecté dans l’économie
et les entreprises locales.
w 100 millions d’euros.
C’est le montant de l’évasion
commerciale, soit 24 % du marché
théorique global sur le bassin
de Lons. Cette évasion s’effectue
principalement vers Chalon, Dole,
Bourg et Besançon et passe
à 26 % concernant l’alimentaire.
(D2P Lyon).
:
:
:
!
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 51
CENTER PARCS
Center Parcs
à Poligny dans le Jura :
on y croit !
Le groupe Pierre & Vacances a lancé des
études pour une possible implantation
d’un centre en forêt de Poligny.
Pierre & Vacances
étudie depuis
plusieurs années,
avec les élus locaux,
la possibilité d’implanter
un Center Parcs
en forêt polinoise.
52 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Certes, rien n’est encore signé, mais
le Jura a toutes les raisons d’y croire.
Le groupe Pierre & Vacances étudie
depuis plusieurs années, avec les
élus locaux, la possibilité d’implanter
un Center Parcs en forêt polinoise.
Depuis quelques mois, l’affaire se
précise avec des études préliminaires
lancées en mai 2013 par le groupe et
dont les résultats ne seront connus
que d’ici 18 à 24 mois. À la clé : 250
à 500 emplois sur le chantier et 300
emplois directs dès l’ouverture.
Christophe Perny, Président du
Conseil général du Jura et moteur
dans ce projet économiquement très
intéressant, explique : « Nous
sommes prêts à relever le défi, avec
Marie-Guite Dufay, Présidente de la
Région Franche-Comté, Denis Sommer, Président de l’Agence régionale
de développement, Jean-François
Gaillard, Président de la communauté
de communes du Comté de Grimont
et Dominique Bonnet, Maire de Poligny,
pour que ce projet très concret
aboutisse. »
Le chemin
est long…
Cependant, la route est encore
longue avant de connaître la décision
finale du groupe, au cahier des
charges exigeant : il faut être à moins
de deux heures de Lyon, avec une
sortie d’autoroute à moins de 20
minutes, en dessous de 600 mètres
d’altitude et au cœur d’un environnement
boisé de 150 ha. Poligny remplit ces
conditions et dispose d’une forêt de
qualité qui appartient en totalité à une
seule entité : la commune de Poligny.
C’est indéniablement un point fort. Si
l’affaire se concrétise, un tour de
table financier auquel participeront
les collectivités pré-citées aura lieu.
A la clé, la création de 400 cottages,
avec boutiques, équipements de loisirs,
etc. Cette belle opportunité pour les
entreprises, tant pour la filière du
bâtiment que pour l’agroalimentaire,
l’artisanat ou le commerce, est un
défi que le Jura compte bien relever.
Le groupe
Pierre&Vacances,
c’est…
w 1 419 millions d’€ de chiffre d’affaires dont
1 107,5 millions d’€ pour l’activité tourisme.
w 300 destinations en Europe et Méditerranée.
w 7 465 salariés Équivalent Temps Plein.
w 50 000 appartements, maisons et cottages
sur 300 sites en Europe.
Les marques du Groupe : Pierre & Vacances, Maeva,
Center Parcs, Sunparks, Aparthotels Adagio.
w 22 Center Parcs en Europe dont bientôt
cinq en France :
• le Domaine des Bois-Francs en Normandie (Eure),
• le Domaine des Hauts de Bruyères en Sologne (Loir et Cher),
• le Domaine du Lac d’Ailette en Picardie (Aisne),
• le Domaine des Trois Forêts en Lorraine (Moselle),
• un Center Parcs en chantier dans la Vienne.
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 53
MERCI…
Aux entreprises qui nous ont ouvert leurs portes pour nous faire découvrir
leurs savoir-faire. Aux rédacteurs, photographes, graphistes, imprimeurs
qui ont élaboré ce numéro spécial. Enfin, merci à vous, lecteurs…
Naturellement, nous n’avons pas pu parler de toutes les entreprises innovantes, de tous les « bijoux »
de notre économie locale, qui auraient mérités eux aussi d’être mis en lumière. Nous avons fait des choix,
que nous assumons, en nous réservant la possibilité de parler encore, sur d’autres supports,
d’une autre manière, des mille richesses de notre Jura.
ECOMAG octobre 2013 • Directeur de publication : Christophe Perny, Président du Conseil général du Jura. Directrice de cabinet et de la communication : Muriel Poncet.
Directrice adjointe de cabinet : Karine Garnier. Rédaction : Karine Garnier, Philippe Lemoine, Thomas Barthelet, Armand Spicher. Crédits photo : Stéphane Godin,
Thierry Laroche, Studio Lyet, Jack Varlet, Karine Garnier, Philippe Lemoine, Armand Spicher, Center parcs, Ville de Poligny, CCI Jura, Juratoys, Smoby, Elixia, Bel, Famille
Victor, AMJ, Baud, Baudry, Musée Rouget-de-Lisle donation André Lançon, LDA, Tadeo, Apicius, Scabois, Chauvin, Roch, Lunetiers du Jura, Albin-Paget, Henry Jullien, Fotolia.
Conception, mise en page : Agence Mozaïc Montmorot. Impression : Imprimerie BILLOT Montmorot.
Conseil général du Jura - 17, rue Rouget-de-Lisle – 39 039 Lons-le-Saunier • Tél. : 03 84 87 33 00 – www.jura.fr – facebook.com/departementdujura
54 z ÉcoMag • Jura - Octobre 2013
Communiquez
sur votre différence !
&'
'
%
&
&
'
’'
& ’
%
'
%
Agence à taille humaine, nous vous offrons une écoute attentive et un contact direct pour vous accompagner
dans la valorisation de votre image et la construction de votre identité graphique. Notre maîtrise de la
chaîne graphique vous garantit des prestations rapides, de qualité et une communication créative en
adéquation avec votre budget. C’est dans notre conception d’une relation durable avec nos clients, nos
collaborateurs et nos fournisseurs que nous exprimons notre différence.
$
%
'
%
#
" !$ !
& &
'
ÉcoMag • Jura - Octobre 2013 z 55
ÉcoMag Jura - Octobre 2013
Zoom sur l’économie du Jura
REPORTAGES - INTERVIEWS
Innovation, emploi et projets d’avenir