Changement Climatique et Transports
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Changement Climatique et Transports
CHANGEMENT CLIMATIQUE ET TRANSPORTS MANUEL DE RECOMMANDATIONS À L’ATTENTION DES ACTEURS TERRITORIAUX Coordination du projet : Réseau Action Climat – France (RAC-F) Rédacteurs : rédacteur principal Pierre Cornut (membre du RAC-F économiste, Atlas Conseil) et co-rédacteur Olivier Louchard (coordinateur du RAC-F). Comité de relecture : Julien Allaire (LEPII Groupe Energie Environnement - CNRS/Université Grenoble II), Daniel Delestre (France Nature Environnement), Sylvain Godinot (Hespul), Céline Lauverjat (Caisse des Dépôts et Consignations), Christian de Valence (FUBicy), Gwenael Wasse (RAC-F) Maquette et graphisme : Dominique Inisan Remerciements à : Marc Le Rochais (FNE/RAC-F), Sandrine Mathy (RAC-F), Antoine Bonduelle (RAC-F), Diane Vandaele (RAC-F), Dominique Plancke (Président de la Commission Transports du Conseil Régional Nord-Pas de Calais), Philippe Tostain (Conseiller communautaire Lille Métropole), Béatrice Schell (Oak Foundation) pour leur aide plus que précieuse. Ce Manuel a bénéficié du soutien financier de la Oak Foundation et de la Caisse des Dépôts et Consignations. Février 2007 AVANT-PROPOS Dérèglement climatique : la situation est très préoccupante en matière de transports. Les rejets de gaz à effet de serre (GES) des transports ont connu une très forte progression ces vingt dernières années et les projections pour 2010-2020 sont alarmantes. Ce secteur pourrait à lui seul empêcher la France d'atteindre son objectif de Kyoto, à savoir stabiliser pour 2008-2012 ses émissions de GES au même niveau que celui de 1990. Et que dire, à terme, de l’objectif ambitieux et officiel de diviser par 4 nos émissions de GES d’ici 2050 pour « stabiliser le climat », alors qu’on prévoit au minimum un doublement du trafic de personnes et de marchandises d’ici 2020 si rien n’est fait ? Dans cette lutte qui s’annonce difficile, les territoires ont un rôle crucial à jouer. Si les objectifs de limitation des émissions françaises de GES sont pris au niveau national, leur mise en œuvre ne dépend pas que des choix de l’Etat, mais aussi de l’ensemble des acteurs économiques et institutionnels. Les décisions prises par les communes, départements ou régions, dans des domaines aussi variés que les transports ou l’habitat ont une influence significative sur les niveaux d’émissions de GES des territoires. Cette responsabilité est en partie due aux multiples transferts de compétences qui ont accompagné les lois successives de décentralisation, mais aussi d’autres évolutions législatives qui ont accru le rôle des collectivités dans de nombreux secteurs concernés par la problématique du changement climatique. Des pistes d’action pour des transports sobres en carbone dans nos territoires. Des initiatives locales commencent à émerger mais au delà de quelques collectivités pilote en la matière, l’ancrage territorial de la lutte contre le changement climatique est loin d’être aujourd’hui une réalité en France. C'est pourquoi le RAC-F et ses associations membres ont décidé de réaliser un Manuel de recommandations « Transports et changement climatique » à l’attention des acteurs territoriaux (élus, techniciens, associatifs, etc.). Celui-ci a pour première finalité de mieux cerner le problème « climat et transports » en pointant du doigt les enjeux, les responsabilités et les grandes priorités visant à freiner les tendances insoutenables du transport motorisé. Il invite ensuite les acteurs territoriaux à agir en suivant un certain nombre de recommandations (démarche participative, urbanisme et relocalisation des activités, transfert modal, réduction des émissions unitaires des véhicules, etc.). Celles-ci s’appuient sur quelques démarches locales « exemplaires » dont on peut s’inspirer. Ce Manuel ne se veut pas exhaustif. Il a pour ambition de lancer des pistes concrètes de réflexion et d’action sur une thématique encore naissante et ce, d’autant plus qu’il n’existe pas de solutions « clé en main ». Il doit être envisagé comme un complément des quelques ouvrages institutionnels existants sur le sujet. Sa particularité est qu’il est issu du champ associatif, de son expertise croisée à son expérience de terrain et de sa capacité à faire le lien avec la population. Au final, vous y trouverez des revendications exprimées par des… « citoyens avertis ». Bonne lecture et bon usage ! Sandrine Mathy, présidente du Réseau Action Climat - France SOMMAIRE PREMIERE PARTIE : CERNER LE PROBLEME. 5 A. La communauté internationale face au risque climatique . . . . 7 1. Effet de serre et dérèglement du climat : un défi écologique majeur . . . . . . 7 2. La réponse de la communauté internationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 3. La France face à ses engagements : d’un plan climat à l’autre . . . . . . . . . . 13 B. La responsabilité particulière du secteur des transports . . . 16 1. Transports et émissions de GES en France et en Europe : constats et tendances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 2. Au cœur du problème : une économie et une société « transportées » par la route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 C. Réduire les émissions liées aux transports : quelles priorités ? 28 1. Les réponses technologiques : pas de solution miracle . . . . . . . . . . . . . . . . 28 2. Les recommandations du RAC : trois axes forts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 D. Climat et transports : les choix politiques de l’UE et de la France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 1. L’UE et la lutte contre les changements climatiques dans le secteur des transports : le discours et la pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 2. En France : PNLCC et Plan Climat, des réponses insuffisantes ou inadaptées par rapport aux enjeux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 -3- SECONDE PARTIE : PASSER A L’ACTION . . . . . 47 A. Pourquoi les collectivités territoriales doivent agir . . . . . 49 1. Des territoires et des populations menacés par les changements climatiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 2. Des décisions qui pèsent fortement sur les émissions françaises de GES . . 54 B. Transversalité et participation pour une stratégie d’action cohérente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 1. La participation, un enjeu majeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 - Zoom sur Poitou-Charentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - Focus « La participation en France : des instances et des dispositifs en grand nombre » . . . . . . 63 66 2. Construire une stratégie d’action cohérente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 C. De la commune à l’international, agir à tous les niveaux 74 1. Les communes et structures intercommunales en première ligne . . . . . . . . 74 - Zoom sur Rennes-Métropole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - Zoom sur la Communauté Urbaine de Strasbourg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 80 - Focus « Les déchets des pistes pour réduire les émissions liées aux transports » . . . . . . . . . . . . 84 2. Des compétences renforcées pour les départements et les régions . . . . . . . 86 - Zoom sur la région Nord-Pas de Calais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - Focus « Les Collectivités territoriales et le financement des politiques de transport » . . . . . . . . 93 97 3. Réseaux européens et coopération décentralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .107 Notes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .115 -4- P R E M I È R E PA R T I E : C E R N E R L E P R OB L È M E -5- -6- A - LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE FACE AU RISQUE CLIMATIQUE A1 - Effet de serre et dérèglement du climat : un défi écologique majeur L’effet de serre, un phénomène naturel et bénéfique La présence dans l’atmosphère de la Terre de gaz à effet de serre (voir encadré 1) tels que le dioxyde de carbone (CO2) ou le méthane (CH4) permet de retenir une partie de la chaleur apportée par le rayonnement solaire. Sans cet « effet de serre » naturel, la température à la surface de notre planète serait en moyenne de –18°C contre +15°C actuellement. L’effet de serre est donc un phénomène indispensable à la vie sur Terre. L’EFFET DE SERRE 1 les rayons solaires sont absorbés par la terre 2 la terre renvoie une partie de l’énergie solaire vers le ciel 3 une couche de gaz et de vapeur d’eau empêche une partie de cette chaleur de retourner dans l’espace, d’où un réchauffement de la planète Un équilibre fragile menacé par l’homme À partir du milieu du XIXe siècle, l’emploi des énergies fossiles dans l’industrie, les transports et rejetant des gaz fluorés (électronique, aluminium, réfrigération). Il s’ensuit une augmentation des concentrations atmosphériques de GES au- le résidentiel-tertiaire s’est accru à un rythme de plus en plus rapide. Or l’utilisation de ces combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) entraîne l’émission de GES qui vont s’accumuler durablement dans l’atmosphère. D’autres facteurs concou- delà de leur niveau naturel, augmentation qui s’élève depuis l’ère préindustrielle à 35% pour le CO2, 148% pour le CH4 et 18% pour le N2O1. Au final, les émissions de GES liées depuis deux rent à cette tendance, mais dans une moindre siècles aux activités humaines intensifient le mesure : c’est le cas des modifications de l’usage des sols (déforestation), de l’utilisation des engrais phénomène naturel d’effet de serre et menacent les équilibres climatiques planétaires. en agriculture et de certains secteurs de l’industrie Les activités humaines modifient le climat de la planète Le consensus scientifique est désormais solidement établi : selon le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (voir encadré 2), l’accumulation massive et rapide des GES dans l’atmosphère dérègle déjà notre cli- mat. Ainsi, au cours du XXe siècle, la température moyenne à la surface du globe a augmenté de 0,4 à 0,8° C, la couverture neigeuse et les étendues glaciaires se sont réduites, et le niveau des océans s’est élevé de 12 à 22 centimètres. I. A1- Effet de serre et dérèglement du climat : un défi écologique majeur -7- 1 Les principaux GES L’action internationale de prévention du réchauffement climatique vise six gaz et familles de gaz d’origine humaine (le «panier» de Kyoto) : - le dioxyde de carbone (CO2), - le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), l’hexafluorure de soufre (SF6) et deux familles d’halocarbures (PFC et HFC). En fonction de leurs compositions moléculaires, les gaz à effet de serre (GES) retiennent plus ou moins efficacement la chaleur dans l’atmosphère et n’ont pas la même durée de vie. Les GES n’ont donc pas le même pouvoir de réchauffement global (PRG). Par convention, le CO2 est l’unité de référence. Son PRG est égal à 1. Gaz PRG (à 100 ans) Durée de Vie Gaz carbonique (CO2) 1 100 Méthane (CH4) Protoxyde d’azote (N2O) 23 12 296 114 Perfluorocarbures (PFC)* 5700 à 11900 2600 à 50000 Hydrofluorocarbures (HFC)* 12 à 12000 0,3 à 260 Hexafluorure de soufre (SF6) 22200 3200 Source : GIEC, 2001. * pour ces deux familles de gaz, le PRG exact varie en fonction de la part relative des différentes molécules. Les changements climatiques à venir seront lourds de conséquences Le réchauffement enregistré depuis un siècle va Le réchauffement se traduira par des changements se poursuivre et s’amplifier au cours du XXIe siè- climatiques majeurs, aux conséquences multiples cle. Selon le GIEC, qui se base sur plusieurs scénarios d’évolution des émissions globales de GES, l’augmentation de la température moyenne d’ici et potentiellement catastrophiques. Le climat sera surtout plus instable, avec une augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la durée des évè- 2100 devrait s’établir entre 1,1 et 6,4°C2. Cette évolution est sans précédent par son ampleur et par sa rapidité : dans l’hypothèse haute, l’écart de température sur un siècle correspond à celui qui avait vu la sortie de l’ère glaciaire sur une durée d’environ 10 000 ans... nements météorologiques extrêmes : sécheresses, vagues de chaleur et canicules, mais aussi cyclones, tempêtes et inondations. Le recul de la couverture neigeuse, la fonte des glaciers et des calottes polaires s’accentueront, et l’élévation du niveau des océans pourrait -8- I. A1- Effet de serre et dérèglement du climat : un défi écologique majeur atteindre + 59 centimètres en 2100. Ce sont ainsi les systèmes écologiques et les conditions de vie de l’humanité qui seront bouleversés : disparition de nombreuses espèces animales et végétales3, conditions hydriques défavorables entraînant une perturbation croissante des systèmes agricoles et menaçant éventuellement la sécurité alimentaire, déplacement des zones arides et risques taines de millions de personnes en danger avec comme conséquence des flux importants de « réfugiés climatiques ». Le réchauffement pourrait ainsi prendre une tournure dramatique, et ce d’autant plus que certains de ses effets risquent d’être irréversibles. En tout état de cause, les coûts humains et économiques associés aux changements climatiques sont potentiellement colossaux accrus de désertification, multiplication de certaines maladies tropicales et pour tous les pays : le principe de précaution impose donc d’agir sans plus attendre pour réduire autres menaces sanitaires. A terme, ce sont des cen- nos émissions de GES. © Greenpeace/Lu Tongjing Des réfugiés climatiques mongols fuient la désertification. Avril 98. Réduire les émissions de gaz à effet de serre : un défi écologique majeur En raison de l’inertie considérable du système climatique, les effets de l’accroissement des violente aux effets inévitables du changement climatique. Pour cela, un effort drastique de réduc- concentrations atmosphériques de GES sont lents tion des émissions de GES doit être consenti, à se déclencher et seront plus lents encore à s’aten premier lieu par les pays industrialisés, qui ténuer. Rappelons que certains GES ont une durée portent une responsabilité historique spécifique de vie très longue dans l’aten raison de l’antériorité de mosphère : de l’ordre du leur développement et dont « un effort drastique de réduction siècle pour le CO2, 114 ans des émissions de GES doit être consenti » les niveaux d’émissions par habitant sont sans compour le N 2 O et jusqu’à mune mesure avec ceux des pays en développe3200 ans pour le SF 6 . Les conséquences du réchauffement se prolongeront donc longtemps ment. Limiter à + 2°C l’augmentation de la tem- après la réduction des émissions, mais le pire peut encore être évité en passant à l’action sans plus tarder : la rapidité et l’ampleur du réchauffement pérature moyenne à l’horizon 2100 suppose ainsi une division par 4 des rejets des pays industrialisés d’ici 2050 et une division par 2 des émis- dépendront en effet majoritairement de la vitesse à laquelle nous réduirons nos émissions de GES. Selon les scientifiques du GIEC, il est impératif de limiter l’augmentation de la température moyenne à + 2°C, afin de permettre aux écosystèmes et aux sociétés de s’adapter de façon moins sions mondiales à la même échéance, l’objectif à plus long terme étant un retour au niveau de 1990 d’ici la fin du siècle. Il s’agit donc bien d’un défi écologique majeur, qui engage notre responsabilité individuelle et collective par rapport aux générations futures. I. A1- Effet de serre et dérèglement du climat : un défi écologique majeur -9- 2 Le GIEC Créé en 1988 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’Organisation Météorologique Mondiale, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a pour mission d’évaluer l’information scientifique sur les changements climatiques, leurs impacts et les mesures de prévention et d’adaptation envisageables. Le GIEC fait fonction d’espace de confrontation des savoirs scientifiques, et ses rapports font l’objet d’un large consensus des chercheurs et experts impliqués. Le GIEC exprime ainsi le point de vue de la communauté scientifique internationale sur la question climatique, l’objectif étant en particulier de mettre ce savoir à la portée des responsables politiques appelés à prendre les décisions nécessaires. En raison de cette dimension politique, le travail des membres du GIEC demeure étroitement contrôlé par les gouvernements, auxquels il appartient in fine d’approuver les rapports rédigés par les différents groupes de travail institués. Le recul de la Mer de Glace, Massif du Mont Blanc, France. Son front est remonté de 1100 à 1600 m d’altitude (environ une perte de 1,5 km de longueur). - 10 - I. A1- Effet de serre et dérèglement du climat : un défi écologique majeur A2 - La réponse de la communauté internationale La Convention Climat, cadre des négociations Le réchauffement climatique est un phénomène global qui appelle une réponse mondiale et coordonnée. Soucieux de mettre en place une stratégie internationale de lutte contre les changements climatiques, les Etats réunis à Rio en juin 1992 pour le « Sommet de la Terre » 4 ont donc signé la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, ou Convention Climat. Cet accord international a pour « objectif ultime » écosystèmes et les sociétés humaines puissent s’adapter aux dérèglements climatiques en cours. La Convention a également posé le principe de la responsabilité spécifique des pays industrialisés, qui sont les principaux responsables historiques de l’accumulation de GES d’origine humaine dans l’atmosphère et dont les niveaux d’émission sont sans commune mesure avec ceux des pays en développement. la stabilisation des concentrations atmosphériques de GES « à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique », et ce « dans un délai suffisant » pour que les Entrée en vigueur le 21 mars 1994, la Convention Climat est le cadre incontournable de l’effort international de prévention du risque climatique. Le Protocole de Kyoto : des quotas d’émissions pour les pays industrialisés Après l’entrée en vigueur de la Convention en 1994, un nouveau cycle de négociations a été ouvert, l’objectif étant de fixer des quotas d’émissions juridiquement contraignants pour chacun des pays industrialisés, et ce à un horizon temporel relativement rapproché. au premier rang desquels le CO2 (voir encadré 1). Les engagements quantifiés pris à Kyoto se traduiront par la mise en place de politique et mesures nationales de réduction, mais le Protocole permet d’acheter et de vendre des droits d’émissions via plusieurs « mécanismes de flexibilité » 5. Ces négociations ont abouti au Protocole de Kyoto, Après l’adoption du Protocole à Kyoto, ses moda- adopté dans la ville du même nom en 1997. lités de mise en œuvre ont fait l’objet d’âpres Dans le cadre de cet accord, les pays industrialisés négociations jusqu’à la prise du pouvoir par ont accepté de prendre des engagements quantifiés Georges W. Bush aux Etats-Unis et l’échec simul- et contraignants, visant à réduire d’ici 2008-2012 tané du sommet de La Haye en novembre 2000. Le retrait des Etats-Unis en mars 2001 n’a toutefois pas empêché la reprise des négocia- leurs émissions de 5.2% par rapport à 1990. Ce chiffre, toutefois, est une moyenne, car les négociations ont abouti à des engagements différenciés selon les pays (voir illustration 1). Par ailleurs, ces objectifs de réduction s’appliquent à un « panier » de gaz constitué des 6 principaux GES non concernés par le Protocole de Montréal, tions, qui ont abouti la même année aux accords de Bonn-Marrakech précisant le cadre juridique dessiné à Kyoto. Le rythme des ratifications s’est ensuite accéléré et le Protocole de Kyoto a finalement pu entrer en vigueur le 16 février 20056 . I. A2- La réponse de la communauté internationale - 11 - Illustration 1 - Les engagements des différents pays dans le cadre du Protocole de Kyoto et leur responsabilité en part d’émission Dans le cadre du Protocole de Kyoto, les pays industrialisés se sont engagés à réduire leurs émissions de 5.2% en moyenne par rapport à 1990, et ce d’ici la période 2008-2012. Mais ce chiffre est une moyenne, les négociations ayant en fait abouti à des engagements différenciés selon les pays. Les quotas fixés à Kyoto offrent ainsi à certains pays la possibilité d’augmenter leurs émissions (+8% pour l’Australie par exemple). D’autres pays se sont juste engagés à stabiliser les leurs : c’est le cas par exemple de la Russie et de l’Ukraine. Les réductions d’émissions annoncées à Kyoto devaient donc principalement être supportées par l’Union Européenne (-8%), les Etats-unis (7 %) et le Japon (-6%) : compte tenu du retrait américain, l’objectif moyen de Kyoto sera difficilement atteint. Il faut enfin noter que l’objectif de réduction de l’Union Européenne est également une moyenne qui a fait l’objet d’une répartition interne de l’effort entre les pays membres : dans ce cadre, la France a pour objectif de stabiliser ses émissions à leur niveau de 1990. Kyoto, une première étape vers la maîtrise des changements climatiques Dans la mesure où il fixe des objectifs quantifiés de réduction pour les pays industrialisés à l’horizon 2008-2012, le Protocole de Kyoto va dans le sens d’une mise en œuvre concrète de la Convention Climat. Convention Climat, à savoir la stabilisation des concentrations atmosphériques de GES. Pour réaliser la division par 2 des émissions mondiales de GES d’ici 2050, il est impératif que De fait, une réduction moyenne de 5.2% telle que programmée par le les pays industrialisés réduisent les leurs d’un facteur 4, mais aussi que les pays en développement s’enga- Protocole représente une inflexion gent à leur tour dans le processus. réelle des tendances actuelles, qui vont dans le sens d’une augmenta- Or ces pays n’accepteront de relever le défi que si les pays industrialisés font d’abord la preuve de leur crédi- tion des émissions de la plupart des pays concernés. Mais les objectifs fixés par le Protocole de Kyoto restent très modestes au regard des réductions Manifestation des ONG du RAC-F lors de l’entrée en d’émissions qu’il faudra réaliser pour vigueur du Protocole de Kyoto atteindre l’objectif ultime de la le 16/02/2005. - 12 - bilité dans le cadre du Protocole de Kyoto : la mise en oeuvre effective de ce dernier n’est donc bien qu’une première étape vers la maîtrise des changements climatiques. I. A2- La réponse de la communauté internationale A3 - La France face à ses engagements : d’un plan climat à l’autre Un objectif : stabiliser les émissions sur la période 1990-2010 En ratifiant le Protocole de Kyoto, la France a pris l’engagement dans le cadre de la « bulle » européenne de stabiliser d’ici 2008-2012 ses émissions de GES à leur niveau de 1990, soit 565 millions de gouvernements successifs, les émissions nationales atteindraient en 2010 un niveau record de 619 millions de tonnes-équivalent CO2, soit un excédent d’environ 10% par rapport à l’objectif. tonnes-équivalent CO2 (en prenant en compte les six gaz régulés par le Protocole). Cet objectif de stabilisation peut paraître modeste Si l’on retient cet angle de vue, c’est donc bien une forte réduction de ses émissions qu’il appartient à la France de réaliser afin de respecter ses au regard de la réduction moyenne de 8% à laquelle s’est engagée l’UE dans son ensemble. Il n’en suppose pas moins un effort réel pour inverser la tendance : en l’absence de mesures de réduc- engagements internationaux. Pour ce faire, un Programme National de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC) a été lancé en 2000, remplacé, après le changement de majorité tion, selon les projections mises en avant par les de 2002, par le Plan Climat 2004. 2000 : le Programme National de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC) Elaboré sous la direction de la Mission Interministérielle de l’Effet de Serre (MIES – Discutées dans le cadre de groupes de travail réunissant représentants ministériels, experts, voir encadré 3) en collaboration avec le Ministère de l’Environnement, puis publié en janvier 2000, acteurs économiques, associations, etc., les mesures du PNLCC concernaient tous les secteurs d’activité (industrie, transports, résiden- le Programme National de Lutte contre le Changement Climatique 7 (PNLCC) listait les tiel-tertiaire, agriculture, déchets, etc.) et allaient mesures nouvelles envisagées par la France pour stabiliser ses émissions conformément au du renforcement de l’existant aux actions structurelles en passant par le recours aux instruments Protocole de Kyoto et à l’accord interne de répar- économiques de type écotaxe. tition de l’effort au sein de l’UE. Ces mesures, au nombre d’une centaine, devaient permettre à la France de stabiliser ses émissions sans être importatrice nette de permis d’émission en provenance d’autres pays. Sur la base des tendances observées8, cela supposait de réduire d’environ 10% les émissions projetées pour 2010 après prise en compte des mesures décidées avant Kyoto9. I. A3 - La France face à ses engagements : d’un plan climat à l’autre - 13 - 3 La Mission Interministérielle de l’Effet de Serre Créée en 1992, la Mission Interministérielle de l’Effet de Serre (MIES) prépare les positions défendues par la France dans le cadre des négociations internationales relatives au changement climatique. Sur le plan national, elle identifie les mesures qui permettront à la France d’atteindre ses objectifs et assure le suivi de leur mise en œuvre. Autrefois directement rattachée au Premier ministre, la MIES est actuellement placée sous l’autorité du Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable, perdant ainsi sa nature véritablement transversale. 2002 : changement de majorité et bilan d’étape décevant du PNLCC Après le changement de majorité gouvernementale en juin 2002, le gouvernement Raffarin a Par ailleurs, certaines mesures du PNLCC avaient été mises en œuvre de façon incomplète établi un bilan d’étape du PNLCC. Discuté lors d’une conférence nationale en novembre 2002, ce bilan soulignait les points suivants : si les émissions françaises de GES en 2000 étaient ou même abandonnées, à l’image de la taxe carbone sur les émissions de GES10. à peu près stabilisées par rapport à 1990, cette évolution était due pour l’essentiel aux secteurs industriel (-19%) et énergétique (-10%) et masquait une inquiétante dérive dans les transports (+18%) et le résidentiel-tertaire (+11 %). De leur côté, les associations environnementales réunies au sein du RAC-F, après avoir conduit leur propre évaluation, estimaient que « globalement, après presque trois ans d’existence, ... la plupart des mesures du PNLCC sont restées lettres mortes ou sont mal appliquées » et regrettaient que moins de 10% des mesures programmées avaient été mises en place11. Evolution des émissions nationales de GES depuis 1990 (en MtéqCO2) D’après CITEPA, Inventaire CCNUCC, décembre 2005. - 14 - I. A3 - La France face à ses engagements : d’un plan climat à l’autre 2004 : le Plan Climat du gouvernement Raffarin enterre le PNLCC Le bilan décevant du PNLCC appelait à « l’adapter » et à « le renforcer »12. Annoncé pour 2003 Au service de ce volontarisme, cinq « mesures phares » sont annoncées17 , ainsi qu’une soixan- mais reporté à plusieurs reprises - faute d’accord entre ministères jusqu’en juillet de l’année sui- taine d’actions déclinées en huit grandes orientations. Mais derrière les effets d’annonce, le vante, le Plan Climat 2004 du gouvernement Raffarin13 s’inscrit dans un contexte d’inflation des déclarations officielles : dès la conférence nationale de novembre 2002 sur le bilan du Plan Climat 2004 n’est pas à la hauteur de ses ambitions : le bonus-malus à l’achat des véhicules neufs, présenté comme une mesure phare, a été supprimé, d’autres mesures ne sont que PNLCC, le Premier ministre, après avoir évoqué l’impératif global d’une division par 2 des émissions planétaires de GES d’ici 2050, rappelle que d’obligatoires transpositions en droit français de directives européennes, et un certain nombre de mesures positives du PNLCC sont tout bon- cela implique pour les pays industrialisés, dont la France, « un objectif deux fois plus important, nement abandonnées. deux fois plus rapide, deux fois plus fort»14 . Pour les associations environnementales réunies au sein du RAC-F, « cet exercice de communica- Désormais, l’objectif officiel du gouvernement est de diviser par 4 les émissions françaises à tion n’est qu’un écran de fumée qui dissimule mal l’absence totale de volontarisme du Chef de l’Etat et du gouvernement. Le fossé entre l’horizon 2050 15. En attendant cette lointaine échéance, le PNLCC est définitivement enterré par le Plan Climat 2004 qui se présente comme étant plus ambitieux16. leurs discours enflammés et la réalité des politiques publiques est abyssal »18. Plan Climat : Une du Monde du 22 juillet 2004 annonçant le retrait du bonus-malus sur les véhicules neufs. I. A3 - La France face à ses engagements : d’un plan climat à l’autre - 15 - B - La responsabilité particulière du secteur des transports B1- Transports et émissions de GES en France et en Europe : constats et tendances Illustration 2 - Contribution 2005 et évolution des secteurs en France depuis 1990 Source : MIES, CITEPA, 2007 à -10% 13% à -9% à 2% +23% 26% à -18% à +16% 21% 19% à -11% 19% Les transports, premiers responsables des émissions françaises de GES En France comme en Europe, les émissions de en 2005, ce qui place les transports largement en GES liées aux transports (principalement le CO2 produit lors de la combustion du carburant et les HFC utilisés pour la climatisation) connaissent tête devant l’industrie, le résidentiel-tertiaire et l’agriculture. Encore ces chiffres n’intègrent-ils ni les transports internationaux ni les émissions depuis des décennies une progression quasi ininterrompue, ce qui fait désormais de ce secteur la cause majeure de la dérive de nos émissions de GES. En France, selon les chiffres officiels19, les émissions des transports ont augmenté de plus de 23% liées à la réalisation des infrastructures et équipements routiers, à la construction des véhicules, à l’extraction et au raffinage des carburants, etc. (voir encadré 4). Dans le reste de l’Europe, la situation est tout aussi préoccupante : les rejets depuis 1990 (voir illustrations 2 et 3). de GES des transports de l’UE des 15 représen- La contribution du secteur aux émissions françai- tent 21% des émissions totales et ont augmenté de 24% entre 1990 et 200321 . ses de GES est passée de 21% en 1990 à 26%20 En cause, la domination du trafic routier de personnes et de marchandises La domination du mode routier sur le secteur des transports est écrasante et ne cesse de se renforcer. L’automobile monopolise ainsi en France 84% des déplacements intérieurs de personnes, contre 22 seulement 15% pour les transports collectifs . - 16 - La situation est tout aussi déséquilibrée pour les transports de marchandises : le mode routier capte 80% du trafic, loin devant le rail (12%) et les voies d’eau (2%) 23. Cette domination s’est aggravée au fil des années, comme le symbolise I. B1- Transports et émissions de GES en France et en Europe : constats et tendances l’accroissement de 31% du parc de véhicules motorisés entre 1990 et 200624. Il y a plus de véhicules en circulation, et les déplacements se multi- Un double phénomène qui n’est pas limité à la France : en Europe, pour la période 1991-2002, les déplacements de personnes ont augmenté de plient : nous transportons toujours plus de mar- 30% et les transports de marchandises se sont chandises sur de plus longues distances, nous voyageons plus souvent et plus loin. accrus de 34%25. Or, exception faite de l’avion, voitures et camions sont les deux modes de transport les plus émetteurs de GES (voir illustration 4). La tendance reste donc au développement du mode Résultat, avec plus de 92% des rejets de GES du secteur des transports, la route est de loin la principale responsable26. routier, avec une progression annuelle d’environ 3% pour les camions et de 2% pour la voiture. 4 Transports et rejets de GES : une responsabilité sous-évaluée En France, le secteur des transports est à l’origine de 26% des émissions de GES d’origine humaine. Mais cette responsabilité déjà lourde est de surcroît sous-évaluée, et ce pour deux raisons. Tout d’abord, en matière de transport maritime et aérien, seules les émissions du trafic domestique sont comptabilisées : les déplacements internationaux, bien qu’ils soient sources d’émissions significatives dans le cas d’un pays comme la France, ne sont pas pris en compte. Par ailleurs, les émissions de GES liées à la réalisation des infrastructures et équipements routiers, mais aussi à la construction des véhicules ou à l’extraction et au raffinage des carburants ne sont pas intégrées. Les chiffres officiels ne reflètent donc que partiellement l’impact réel du secteur : la filière transports considérée dans son ensemble serait selon certains experts à l’origine de 30 à 40% des émissions françaises27. Illustration 3 - Evolution des émissions de GES du secteur des transports en France (en MtéqCO2) - Source : CITEPA, 2005. I. B1- Transports et émissions de GES en France et en Europe : constats et tendances - 17 - Des perspectives d’évolution très préoccupantes En matière de lutte contre le changement climatique, c’est le secteur des transports qui suscite France passeraient ainsi de 121,5 à 175,1 millions de tonnes équivalent CO2 entre 1990 et aujourd’hui le plus d’inquiétudes : compte tenu 2010, leur part relative dans les émissions natio- des tendances observées, tous les scénarios lui attribuent une part croissante dans nos émissions de GES. Ainsi, en France, à moins d’une rupture franche nales passant de 21 à 28%28. Au niveau européen, les perspectives sont les mêmes : en l’absence de mesures ambitieuses de la politique des transports, on devrait assister d’ici 2020 à une évolution quantitative et qualitative défavorable, avec d’une part un quasi doublement du trafic dans son ensemble (personnes et marchandises), et d’autre part un renforcement de la domination des modes les plus émetteurs, à savoir la route et l’aérien (voir encadré 5), au détriment des modes ferroviaire et fluvial, moins émetteurs. Si aucune mesure sérieuse n’est prise, l’augmentation du trafic routier se traduira par une progression des émissions du secteur, en volume et en proportion. Les rejets du secteur transports en 5 visant à enrayer la progression hégémonique du mode routier, les émissions de CO2 dues aux transports pourraient atteindre 1,113 milliard de tonnes en 2010, contre 739 millions en 1990, soit une hausse d’environ 50% en vingt ans 29. Si rien n’est fait pour inverser cette tendance en maîtrisant la croissance du trafic, le secteur des transports pourrait ainsi représenter 40% des émissions de CO2 de l’UE en 201030. Cette dérive des émissions liées aux transports viendrait alors réduire à néant les efforts éventuellement réalisés dans d’autres secteurs (comme l’industrie ou l’énergie) et compromettre ainsi le respect des engagements pris à Kyoto. La part du transport aérien dans les émissions françaises de GES En 2000, les émissions de GES dues au transport aérien se sont élevées pour la France à 20,8 millions de tonnes équivalent CO231 . Ce chiffre comprend deux composantes : le transport aérien intérieur (y compris entre la métropole et les DOM-TOM), pour un total de 6,2 millions de tonnes, et le trafic international, comptabilisé à hauteur de 14,6 millions de tonnes32. Seule la première composante est intégrée dans les émissions nationales visées au titre du Protocole de Kyoto. Sur cette base conventionnelle, la part du transport aérien dans les émissions du secteur des transports était égale à 4,3% en 2000. Mais en intégrant les émissions liées au trafic international, le poids relatif du transport aérien augmente pour atteindre 13%, toujours en 2000. Par ailleurs, les émissions totales dues au transport aérien sont en forte hausse puisqu’elles ont connu entre 1990 et 2000 une augmentation de plus de 50%. Cette hausse est nettement plus marquée pour les émissions du trafic international (+ 70%) que pour celles du trafic domestique (+ 24%), en raison du succès du TGV. Elle est donc relativement occultée par les données relatives aux seules sources visées par Kyoto, mais n’en demeure pas moins très préoccupante : si les émissions ont crû moins vite que le trafic grâce à des gains en efficacité énergétique, les progrès sur ce plan connaissent un certain ralentissement alors même que les prévisions font état d’une forte croissance du transport aérien domestique et international dans les années à venir33. - 18 - I. B1- Transports et émissions de GES en France et en Europe : constats et tendances Illustration 4 - Modes de transports et émissions de GES : voitures, camions et avions au banc des accusés Les différents modes de transports sont plus ou moins émetteurs de GES. Pour les comparer, on tient compte du carburant utilisé (voir graphique) et on distingue le transport de marchandises (impact calculé en CO2 émis par tonne et km parcouru) et le transport de personnes (impact exprimé en CO2 émis par personne et par km). Les avions, outre le CO2, émettent divers gaz (vapeur d’eau, oxydes d’azote, oxydes de soufre) dont les effets à haute altitude demeurent encore mal connus. Mais selon les travaux du GIEC, ces rejets entraîneraient au final une multiplication par 2 à 4 de l’impact radiatif calculé sur la base du seul CO2. Dans les deux graphiques, ci dessous, la barre bleue correspond à la prise en compte du seul CO2 et la barre rouge à l’ensemble des gaz (multiplication par 3). Pour les voitures, la barre en bleu correspond également au rejet du seul CO2. La barre rouge intègre la majoration de + 15% de rejet de GES si le véhicule est équipé de la climatisation (source ADEME : « pour un véhicule de gamme moyenne, la climatisation à elle seule (usage, maintenance et fuites) est responsable d’une augmentation de 10 à 15% de ses rejets annuels de GES »). Enfin, il n’est pas inutile de rappeler que ces chiffres correspondent à des calculs effectués en fonction des taux de remplissage moyens. Plus, les transports publics seront attractifs (prix, fréquence, ponctualité, qualité, etc.), plus ils devraient être remplis et plus les chiffres d’émissions par passager seront bas. Transport de personnes Modes de déplacement RAC-F d’après « Module GES transports – calcul des émissions », EPE/ADEME, octobre 2005. I. B1- Transports et émissions de GES en France et en Europe : constats et tendances - 19 - Transport de marchandises Modes de transport RAC-F d’après « Module GES transports – calcul des émissions », EPE/ADEME, octobre 2005. RAC-F d’après « Module GES transports – calcul des émissions », EPE/ADEME, octobre 2005. - 20 - I. B1- Transports et émissions de GES en France et en Europe : constats et tendances B2 - Au coeur du problème : une économie et une société « transportées » par la route Libre échange et transports de marchandises : la noria infernale L’inflation du transport routier de marchandises (et des émissions de GES qui lui sont liées) trouve son origine dans les mutations qu’ont connues depuis plusieurs décennies les systèmes de pro- Dans certains secteurs d’activité, l’impératif de rentabilité et de productivité a par ailleurs entraîné la mise en place d’unités de production à grande échelle qui « arrosent » ensuite l’ensemble du duction et de distribution. continent européen. Parallèlement, les différentes phases de l’élaboration complète d’un produit sont souvent éclatées entre plusieurs pays34 afin de Ces mutations présentent plusieurs caractéristiques imbriquées, au premier rang desquelles on trouve l’internationalisation continue des productions et des échanges, source d’une demande croissante de transport : dans le cadre du mouvement de globalisation économique, les échanges internationaux de marchandises augmentent plus vite que la hausse de la production mondiale. En Europe par exemple, la mise en place du marché commun puis la création de la monnaie unique se sont traduites par une forte croissance des transports de marchandises, que l’ouverture aux pays de l’Est vient encore renforcer. tirer profit de différentiels de coûts salariaux et/ou de compétences très spécialisées (voir encadré 6). La conséquence de ces évolutions est encore une fois la multiplication des déplacements et l’inflation des distances parcourues35, alors même que la quantité de marchandises transportées par habitant reste relativement stable depuis des décennies36. Au final, les mutations des systèmes de production et de distribution trouvent ainsi leur traduction concrète dans la noria infernale de camions transportant absolument tout dans toutes les directions et menaçant les réseaux routiers d’une thrombose définitive. I. B2- Au coeur du problème : une économie et une société « transportées » par la route - 21 - 6 Les tribulations d’un yaourt bavarois Dans certaines branches industrielles, il est désormais courant de segmenter parfois à l’extrême la fabrication d’un produit donné pour optimiser le rapport qualité-prix de chaque étape du processus de production. Dans un contexte où le coût du transport n’entre que pour une part très marginale dans le prix de vente final, l’éclatement des phases de production en des lieux géographiquement très éloignés reste en effet financièrement rationnel. En 1993, une étude publiée par un institut allemand de recherche crée ainsi l’évènement* : axée sur la fabrication d’un yaourt à la fraise par une entreprise de Stuttgart, elle mettait en évidence la complexité et l’impor tance des transpor ts générés dans le cadre d’une production multipliant les sous-traitances et les intrants d’origines diverses. Fraises, sucre, lait, récipients en verre, couvercle en aluminium : la livraison d’un semi-remorque de yaourts « incorporait » au final une quantité de déplacement en semi-remorque supérieure à 1000 km, soit une consommation de 400 litres de gasoil. Encore l’étude n’élargissait-elle pas sa sphère d’analyse à la production des fraises (en Pologne), ni à l’amont de l’usine ayant fourni l’aluminium, ni à la construction et au transport des machines utilisées pour la production finale des yaourts, ni aux déplacements des travailleurs impliqués à une étape ou à une autre du processus ou des consommateurs se rendant en voiture au supermarché pour faire l’acquisition de ces yaourts si chargés d’histoire. Evidemment, les coûts environnementaux d’une telle débauche de transports n’étaient pas inclus dans le prix payé par le consommateur au final. Régulièrement citée depuis sa parution, cette étude met en évidence l’intérêt sur le plan environnemental d’une relocalisation de telles productions, voire même d’une auto-production de certains biens : en l’occurrence, l’utilisation d’une simple yaourtière présente un bilan nettement plus avantageux. * Road Transport of Goods and the Effects on the spatial Environment, Stefanie Böge, Wuppertal Institute for Climate, Environment, Energy, 1993. - 22 - I. B2- Au coeur du problème : une économie et une société « transportées » par la route Flux tendus, juste à temps, stocks zéro : la route au service de la flexibilité L’inflation des transports routiers de marchandi- Cette nouvelle donne logistique a ses soutiers, au ses est aussi le résultat d’une adéquation entre ce mode de transport et les exigences des donneurs premier rang desquels on trouve les transporteurs routiers : plus flexibles, relativement rapides et d’ordre industriels et commerciaux. La rentabilité économique est le principal moteur des mutations du système de production et de distribution : « juste à temps », « flux tendus » et « stocks moins coûteux, ils sont, sinon les principaux « bénéficiaires », du moins les incontournables instruments d’un système qui repose plus que jamais sur la vitesse et l’efficacité des transports de zéro » sont les maîtres-mots des formes actuelles d’organisation industrielle et commerciale. marchandises. Les camions, devenus au passage des lieux de stockage ambulants, ont ainsi vu leur nombre quadrupler depuis Pour optimiser les coûts, la chaîne logistique et notamment son volet transport ont ainsi pris 195037, une évolution qui témoigne à la fois de l’allongement des distances parcourues et de la suprématie du mode routier sur ses concurrents. une importance croissante : tout doit « rouler » au plus vite, au plus juste et au moins cher. Dans leur recherche de gains marginaux, industriels et distributeurs ne s’encombrent pas de produits qu’ils ne peuvent vendre immédiatement : à quoi bon, en effet, gérer des stocks qu’il faut entreposer, protéger, manutentionner et qui coûtent cher, alors qu’un camion traverse l’Europe en trois jours ? Les raisons de cette domination sont connues et relèvent en dernière analyse d’une véritable distorsion de la concurrence intermodale. La question des conditions de travail en est un premier aspect : dans un contexte sectoriel hyper concurrentiel, les rythmes professionnels imposés aux chauffeurs routiers confèrent à l’offre des transporteurs une flexibilité sans pareille tout en assurant leur com- L’important est que les produits parviennent « juste pétitivité en termes de coûts. à temps » à l’usine ou à l’hypermarché, avant que Ce dumping social s’accompagne par ailleurs la machine-outil n’ait plus rien à emboutir ou que la gondole soit vide. On fonctionne donc en « flux de coûts facturés qui ne reflètent pas les coûts indirects supportés par la société et par l’environ- tendus », les arrivées et les départs de produits et nement du fait des transports routiers (conges- de marchandises étant coordonnées de façon à réduire au maximum les temps d’entreposage et tendre ainsi vers le « stock zéro ». tion, accidents, pollution) : la sous-imputation de ces « coûts externes » (voir encadré 7) entre pour une large part dans la compétitivité artificielle du transport routier. I. B2- Au coeur du problème : une économie et une société « transportées » par la route - 23 - 7 Coûts externes et concurrence Les nuisances générées par les transports (accidents, congestion, bruit, pollution) sont des « effets externes » dont le coût n’est pas directement supporté par le transporteur ou l’automobiliste. C’est pourquoi la monétarisation des « coûts externes » (on parle aussi d’internalisation) est l’un des moyens envisagé pour modifier les comportements privés (via la fiscalité par exemple) et les choix politiques (via une meilleure pondération des différents facteurs). Ceci étant, il est évidemment très difficile d’estimer avec précision les coûts externes liés aux transports, même si la multiplication des études à ce sujet permet de donner un ordre de grandeur : en France, par exemple, ils s’élèveraient à 17 milliards d’euros (1,3% du PIB) , dont plus de la moitié au titre de la pollution de l’air et de l’effet de serre (avec respectivement 36 et 14% du total)*. Une partie de la facture est supportée par les automobilistes et les transporteurs routiers via les taxes et les péages, mais c’est surtout la collectivité qui en fait les frais, directement ou indirectement, y compris à long terme dans le cas des nuisances environnementales. Cette sous-imputation des coûts externes nourrit la croissance des transports motorisés (route et avion), qui sont en quelque sorte « subventionnés » puisque partiellement exonérés des externalités dont ils sont à l’origine. * Source : CERTU (www.certu.fr) et PREDIT (www.predit.fr) Automobile-reine, villes éclatées et civilisation des loisirs : le « moteur à explosion » Parallèlement à l’essor des transports routiers de marchandises, notre société est progressivement entrée dans une dépendance toujours plus prononcée vis à vis de l’automobile. Cette dépendance est dans une certaine mesure mentale : pour beaucoup d’entre nous, la voiture reste avant tout syno- moyens de déplacement quotidien sont souvent considérés comme de doux rêveurs. Pourtant, la dépendance mentale vis à vis de l’automobile n’est pas sans entraîner des paradoxes étonnants : on utilisera sa voiture pour aller faire le jogging rendu nécessaire par l’abandon de la marche et du vélo, nyme de progrès, de confort et d’autonomie. ou pour conduire les enfants à l’école et leur évi- Nous vivons ainsi dans une société profondément marquée par le culte de l’automobile : de ter ainsi les risques liés à la circulation. la petite enfance et ses « Majorettes » à la majo- Ceci étant, la dépendance n’est pas seulement mentale : en quelques décennies, la démocratisa- rité qui permettra sinon de voter du moins d’obtenir son permis, le mythe se met en place et la possession d’une voiture devient une des clefs tion extrêmement rapide de l’automobile, vécue initialement comme un symbole de liberté, a accompagné et rendu possible un éloignement normalisées de l’épanouissement personnel et de la reconnaissance sociale. Résultat, alors que 50% des déplacements (tous modes confondus) font moins de 3 km38 et que l’usage de la voiture sur de croissant des pôles de vie et d’activité, éloigne- courtes distances est tout particulièrement polluant, les partisans du vélo et de la marche comme - 24 - ment qui se traduit désormais par un enfermement dans une dépendance de plus en plus subie vis à vis de ce mode de déplacement. Ainsi, à la fin des années cinquante la distance moyenne entre domicile et travail était de l’ordre I. B2- Au coeur du problème : une économie et une société « transportées » par la route de 4 kilomètres (marche et deux-roues assurant alors les deux-tiers des déplacements)39 contre 15 km en 199940. De nombreuses personnes sont aujourd’hui tributaires de leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail41, voire même pour simplement avoir accès à l’emploi. Autre signe, la proportion des ménages multimotorisés connaît une croissance très régulière et s’établit à 33,7%. En 2000, cette part des ménages multimotorisés était inférieure à 30% et s’établissait à environ 26% en 199042. Cette situation est souvent le fruit de décisions individuelles : beaucoup de ménages ont choisi d’habiter en périphérie des villes afin d’avoir accès à un logement moins cher (pour ensuite se voir souvent de pôles d’activités commerciales, le développement d’une périurbanisation/rurbanisation nonmaîtrisée aboutit donc à une impasse de plus en plus criante : les transports en commun, dans ces zones à faible densité, ne sont pas rentables pour cause de trafic insuffisant, les autoroutes et voies rapides, qui ceinturent les villes, sont infranchissables à pied ou à vélo. En imposant ainsi le recours à l’automobile (que l’on utilise seul en général)43, l’étalement des villes alimente au final une dépendance collective lourde de conséquences, que ce soit sur le plan économique (avec par exemple le recul constant du petit commerce de proximité), social (avec en particulier la hausse des dépenses de transports accentuée récemment par l’augmentation du prix du pétrole) ou environne- dans l’obligation de posséder un second véhicule) et à une meilleure qualité de vie (pour ensuite se transformer en taxis des enfants ou perdre de longues heures dans les embouteillages). Mais la responsabilité de la situation incombe aussi, dans une large mesure, aux décisions prises en matière d’amé- mental (congestion, nuisances sonores, pollution locale, émissions de GES)44. Enfin, au delà du problème de l’urbanisme, ce véritable « moteur à explosion » est nourri par le développement de la civilisation des loi- nagement du territoire et d’urbanisme : si les sirs, avec son cortège de déplacements motorisés. villes s’étendent sur des superficies de plus en plus importantes, si la mobilité urbaine et périur- Week-ends et vacances sont ainsi synonymes de transhumances automobiles massives, qui contri- baine ne cesse de croître, si l’automobile est buent à la saturation croissante des infrastruc- souvent indispensable pour aller travailler, pour tures routières, comme dans la vallée du Rhône, faire les courses, pour se rendre à des activités de pourtant très bien équipée. loisirs, c’est parce que les choix politiques ont permis un étalement des villes en négligeant le développement simultané de modes de déplacements alternatifs (transports en commun, aérien liée à la non-imputation de ses coûts externes (voir encadré 7), la multiplication des offres de séjours courts à bas prix dans des contrées vélo, marche...), et, surtout, sans se préoccuper du maintien de leur mixité fonctionnelle (association des lieux d’emploi, d’habitation, d’achats, d’instruction, de loisirs...). Avec son essaimage de zones industrielles, de lotissements résidentiels, d’hypermarchés et/ou lointaines, le développement des vols charter et des compagnie « low cost » se traduisent par une augmentation très rapide des déplacements touristiques par voie aérienne, alors même que ce mode de transport est tout particulièrement émissif en termes de GES (voir illustration 4). Parallèlement, la « subvention » du transport I. B2- Au coeur du problème : une économie et une société « transportées » par la route - 25 - Les transports routiers, secteur « poids-lourd » de l’économie française Qu’il s’agisse de transporter des marchandises ou Par ailleurs, le secteur des transports, tous modes des personnes, la domination du mode routier est aujourd’hui écrasante, mais la prise de conscience des dangers de cette situation se heurte à une forte inertie collective. Cette inertie est pour une large part liée au poids du secteur des transports routiers au sein de l’économie française. Pour l’apprécier à confondus, entre à hauteur de 14% dans la formation du PIB, contribution qui repose pour au moins les 2/3 sur le seul mode routier47. L’industrie automobile met également en avant sa contribution à la balance commerciale : avec 54 milliards d’euros en 2004, les exportations de la sa juste mesure, il convient de prendre en compte non seulement l’activité de transporteur routier, mais également tout ce qui en amont et en aval nour- branche représentaient 15,4% du total des exportations françaises, tout en dégageant un excédent commercial de 12,7 milliards d’euros48. Enfin, les rit cette activité et la rend possible. transports routiers contribuent significativement aux ressources de l’Etat (taxes et redevances, reve- De fait, les frontières du secteur ne s’arrêtent pas aux sociétés de transports routiers, mais incluent, nus des péages autoroutiers)49. Mis en exergue par les acteurs du secteur routier pour illustrer leur apport à l’économie française, ces chiffres peuvent être entre autres, les infrastructures et les gestionnaires de réseaux, les réparateurs, recycleurs et démolisseurs, replacés dans une perspec« 1 Français actif sur 10 la production et la distributive moins univoque : l’exvit par et pour l’automobile » tion de carburant, les comcédent commercial de la pagnies d’assurance et les services de police et de construction automobile, par exemple, pour élevé secours, sans oublier évidemment la construction qu’il puisse être, ne suffit pas à couvrir la facture automobile et ses multiples sous-traitants. La simple fabrication des véhicules, au delà des industriels que sont PSA, Renault et autres pétrolière (qui s’élevait en 2003 à plus de 18 milliards d’euros). Mais le secteur des transports routiers pris au sens constructeurs, fait ainsi appel à des fournitures externes très diversifiées : sidérurgie, plasturgie, pneumatiques, verre, textile, peintures et vernis, large (c’est-à-dire en incluant la construction automobile, l’activité de transport et les infrastructures) matériel électrique, électronique et informatique, lourd » de l’économie française. Et ce constat sans oublier tous les éléments produits par les objectif explique pour une large part la puissance du lobby des transports routiers et la coupable équipementiers, du constructeur d’autoradio au producteur de jantes chromées... n’en demeure pas moins bel et bien le « poids inertie des décideurs politiques face au défi environnemental posé par ce secteur. Au final, le secteur des transports routiers pris au sens large « pèse » lourd au sein de l’économie française, que ce soit en termes d’emplois ou de contribution au PIB, au commerce extérieur ou au budget de l’Etat. Comme le souligne le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA)45, avec près de 2,5 millions d’emplois, il représente environ 10% de la population active46. - 26 - I. B2- Au coeur du problème : une économie et une société « transportées » par la route Lobbying et groupes de pression : les raisons d’une coupable inertie politique Le secteur des transports a plus que jamais besoin de nouvelles orientations politiques, au service d’une stratégie ambitieuse de réduction des émissions de GES. Mais cette nécessaire inversion des tendances actuelles se heurte à une très forte opposition d’une grande majorité des acteurs impliqués, lobbying et de communication s’exerce entre autres via le CCFA50, éditeur de brochures et de dossiers51 aux titres plus que rassurants : « Une automobile propre et sûre »52, « Automobile et mobilité durable »53, « Gaz carbonique et effet de serre : l’automobile citoyenne », etc. à commencer bien entendu par ceux du secteur des transports routiers. Quant aux transporteurs routiers, à même de paralyser rapidement le pays 54 pour s’opposer Groupes pétroliers, constructeurs automobiles et transporteurs routiers se retrouvent en effet côte à côte pour faire front et défendre contre à toute initiative gouvernementale contraire à leurs intérêts, ils constituent un groupe de pression parmi les plus puissants de France et restent le premier obstacle à tout projet de rattrapage de la vents et marées leurs activités économiques et leurs bénéfices. Première valeur du CAC 40 (avec environ 15% de l’indice), le groupe Total, qui a réalisé en 2004 un bénéfice record de 9 milliards d’euros, aurait par exemple beaucoup à perdre si l’hégémonie des transports routiers était remise en cause. Il en est naturellement de même pour les constructeurs automobiles, dont l’action de fiscalité du gazole sur celle de l’essence ou d’écoredevance kilométrique pour les poids lourds. Mais au delà des groupes pétroliers, des constructeurs automobiles et des transporteurs, le lobby routier compte aussi de très nombreux relais parmi les décideurs politiques, qu’il s’agisse des élus ou des responsables d’administrations. Plateforme pétrolière d’Agra (Inde) I. B2- Au coeur du problème : une économie et une société « transportées » par la route - 27 - C - Réduire les émissions liées aux transports : quelles priorités C1- ? Les réponses technologiques : pas de solution miracle L’amélioration des véhicules à propulsion thermique : des progrès en trompe-l’œil Toute limitation de la consommation moyenne de carburant des véhicules permet, à usage constant, de réduire les émissions de CO 2 du secteur des transports. Mais après les progrès enregistrés suite aux chocs pétroliers de 1973 et 1979, cette consommation moyenne n’a pas connu de baisse notable au cours des années 90. Pour relancer le processus, des accords volontaires ont donc été passés en 1998 et 1999 entre la Commission européenne et les constructeurs automobiles implantés en Europe, qui se sont engagés à réduire les taux d’émissions de CO2 des D’autre part, si le remplacement de véhicules plus anciens et plus polluants par des véhicules neufs bénéficiant des améliorations technologiques les plus récentes peut être analysé comme un progrès d’un point de vue environnemental, il ne faut pas oublier que la construction de ces véhicules neufs et la mise à la casse de ceux qu’ils remplacent sont elles-même sources de pollutions diverses : une voiture ancienne qui roule peu émet une quantité de GES moins importante qu’une voiture neuve qui accumule chaque année les kilomètres ! Par ailleurs, la dégrada- véhicules particuliers neufs55. tion des conditions réelles d’usage (problèmes Le respect de cet engagement doit reposer pour l’essentiel sur des améliorations technologiques de congestion en particulier) et la hausse générale des circulations annulent les gains théoriques « à la marge » (ie demeurant dans le cadre d’une affichés par les constructeurs : les innovations motorisation thermique classique) : progrès au enregistrées depuis les années 80, si elles ont permis une légère diminution des consomma- niveau du moteur, aérodynamisme, poids des véhicules, résistance au roulement, récupération de tions unitaires, n’ont pas suffi à enrayer la hausse l’énergie du freinage, etc. Mais les perspectives ouvertes par cette approche sont en réalité relativement réduites, et ce pour des émissions du secteur. Enfin et surtout, la baisse des consommations unitaires liée au progrès technologique est elle même plusieurs raisons. La durée de vie moyenne d’une voiture étant d’une quinzaine d’année, la diffusion des progrès technologiques est relativement lente, et l’évolution du parc se caractérise par une forte inertie. désormais compensée par deux tendances lourdes du marché automobile : la multiplication des équipements embarqués (climatisation, systèmes - 28 - de guidage et de sécurité, etc.) et le succès des tous terrains et des véhicules spacieux de type break ou monospace. Un accessoire comme la I. C1- Les réponses technologiques : pas de solution miracle climatisation, dont la plupart des véhicules neufs vendus sont à présent équipés du fait d’une politique commerciale agressive (« la climatisation sions unitaires57 et compromet donc lui aussi la maîtrise des émissions du secteur des transports. Au final, si les recherches portant sur les motori- pour un euro de plus »), engendre ainsi lors de sations traditionnelles s’attachent à optimiser la son fonctionnement une surconsommation de l’ordre de 30 à 35% en ville, et de 15 à 20% lors de consommation de carburant et ont déjà permis aux constructeurs d’afficher des progrès technologiques incontestables, leur bilan réel reste mitigé : les trajets interurbains56 (voir encadré 8). On a ainsi pu constater un décrochage entre les taux d’émissions « officiels », mesurés sur une base normalisée (cycle de conduite standard excluant les accessoires de sécurité et de confort et respectant les limitations de vitesse), et les taux constatés dans le cadre d’un usage réel, la consommation effective des véhicules s’avérant supérieure à la valeur normalisée. Quant au succès des 4x4, des breaks, des monospaces et autres véhicules spacieux, lourds et puissants, il se traduit par une nette stagnation des émis- 8 moteurs fonctionnent mieux, mais les véhicules neufs voient leur poids et leur puissance augmenter58, alimentant ainsi la dérive des émissions du secteur des transports. Il n’est donc ni raisonnable ni honnête d’attendre de l’amélioration des véhicules à motorisation thermique autre chose que des gains marginaux et des progrès en trompe-l’œil, surtout si elle n’est pas impulsée avec plus de vigueur par les pouvoirs publics et accompagnée de mesures réglementaires et structurelles visant à en garantir les effets59. La climatisation : des degrés en moins aujourd’hui, des degrés en plus demain Face à la canicule estivale, pouvoir maintenir la température de l’habitacle en dessous de 20°C est assurément une parade efficace, du moins dans l’immédiat. Car à plus long terme, ce réflexe « airconditionné » est à double tranchant : la climatisation automobile, c’est aussi une consommation de carburant plus importante, donc des d’émissions de GES en hausse, donc un réchauffement de la planète plus rapide. De fait, l’ajout de cet équipement de confort commence par alourdir le poids du véhicule, et donc sa consommation de carburant, que la climatisation soit utilisée ou non. Ensuite, son fonctionnement augmente très fortement la consommation : + 31% en ville et + 16% sur route/autoroute pour un véhicule essence, + 35% en ville et + 20% sur route/autoroute pour un véhicule diesel. En France, selon le climat, les véhicules climatisés consomment ainsi sur une année entière entre 3 et 5% de carburant en plus, ce qui accroît d’autant leurs émissions de CO2. De surcroît, le fluide frigorigène présent dans les équipements de climatisation est aussi un GES, le R134a, 1300 fois plus puissant que le CO2 : les fuites qui se produisent pendant la durée de vie de l’équipement (usage, maintenance, accidents) ou après (non-récupération) augmentent encore la contribution de la climatisation au dérèglement climatique. Au total, un véhicule de gamme moyenne voit ainsi ses émissions de GES augmenter de 10 à 15% du seul fait de la climatisation. Signalons enfin que les consommateurs auront de moins en moins le choix d’échapper à la clim’ puisque progressivement c’est l’ensemble du parc automobile français qui en sera équipé. L’ADEME estime ainsi que 2/3 du parc sera équipé en 2010 et 9/10 en 202060. I. C1- Les réponses technologiques : pas de solution miracle - 29 - Et les véhicules hybrides ? En 2005, l’ADEME a établi un palmarès des voitures particulières neuves les plus performan- Les gains sur trajets longue distance (autoroutes en particulier) sont par contre limités, car le dis- tes en matière d’émissions de CO2 : en tête, dans la catégorie essence, la Toyota Prius 75 WT-i, un véhicule à motorisation hybride. Cette technologie associe deux moteurs, l’un positif embarqué accroît sensiblement la masse du véhicule. La motorisation hybride n’est donc pas une solution miracle : sans même parler des classique (essence ou diesel), l’autre électrique, qui fonctionnent en tandem de façon à optimiser en permanence le rendement, l’objectif étant de réduire la consommation et donc les émissions polluantes. La recharge des batteries qui alimentent le moteur électrique se fait grâce au moteur thermique mais aussi en récupérant l’éner- alternatives type transports en commun, une voiture individuelle de petite cylindrée, nettement moins chère à l’achat, présentera aussi de bons résultats en termes d’émissions. Et ce d’autant que certains retours d’expérience suggèrent que les performances d’une voiture hybride telle que la Prius baissent avec le temps, car elles reposent sur des réglages fins difficiles à stabiliser. gie cinétique pendant les décélérations L’ensemble du système repose ainsi sur une gestion électronique fine, qui peut inclure par exemple un dispositif d’arrêt du moteur aux feux rouges. La motorisation hybride prend en effet tout son sens dans le cadre de déplacements urbains, avec leur faible vitesse, leurs embouteillages et leurs arrêts à répétitions. Toyota Prius Les agrocarburants : pétrole écolo ou nouvel eldorado pour l’agriculture intensive ? Issus de la biomasse, les agrocarburants sont une source d’énergie renouvelable utilisable en subs- C’est pourquoi les agrocarburants sont perçus comme un « pétrole vert sans effet de serre ». titution partielle ou totale des carburants classi- Mais la réalité est tout autre et un certain nom- ques. Aujourd’hui, les politiques européenne et française présentent les agrocarburants de 1ère bre de contraintes conduisent à aborder la question des agrocarburants avec une très grande prudence. génération (voir encadré 9) comme une solution Tout d’abord, si l’on se réfère aux analyses « du clef pour limiter les émissions de GES du sec- puits à la roue » qui intègrent l’ensemble du cycle teur des transports. Si l’on ne tient pas compte effectivement des conditions de production, de de vie des agrocarburants (de la fabrication à l’élimination finale), les bilans sont nettement transformation et de distribution (autant d’opérations qui sont en elles-mêmes génératrices d’émissions), leur bilan en termes d’émissions est neutre : le CO2 émis lors de leur combustion moins convaincants61a. Les bilans de la filière éthanol (betteraves et blé) ne présentent pas de rendement énergétique ni de réduction d’émissions de GES suffisants pour être considérés comme une alternative crédible aux carburants traditionnels. Les bilans énergétiques correspond à celui qui a été absorbé lors de la croissance de la matière organique. - 30 - I. C1- Les réponses technologiques : pas de solution miracle sont même désastreux pour l’ETBE. La filière biodiesel (EMHV de colza par exemple) est plus intéressante en terme d’efficacité énergétique mais ne Enfin, outre les émissions de GES, il est essentiel de considérer l’ensemble des impacts des filières agrocarburants sur l’environnement surtout si cel- peut pas constituer une solution à grande échelle. les ci se développent de manière intensive : pol- En effet, les rendements à l’hectare du colza étant faibles, il faudrait couvrir une surface plus grande que l’ensemble de toutes les jachères réunies pour satisfaire les objectifs français, ce qui n’est ni réa- lution des eaux, des sols, menace sur la biodiver- liste (30% des jachères sont inexploitables selon l’INRA) ni souhaitable, les jachères constituant des zones riches en biodiversité. Car un problème de taille s’oppose à la production massive d’agrocarburants en France : la disponibilité en terres agricoles. Pour remplacer ne serait ce que 10% des carburants pétroliers actuellement consommés dans le secteur des transports en France, il faudrait affecter 30 à 40% des terres agricoles à la production d’agrocarburants61b. Une troisième difficulté est d’ordre technologique : les agrocarburants, en particulier l’éthanol sité, agrandissement des exploitations et monoculture spécifique, etc. Compte tenu de toutes ces contraintes, les agrocarburants de 1ère génération ne peuvent en aucun cas constituer une solution « miracle » de remplacement d’envergure des carburants issus du pétrole et de réduction efficace des émissions de CO2. La meilleure alternative reste de promouvoir l’HVP qui constitue l’option la plus écologiquement soutenable, de par sa fabrication et son utilisation au niveau local notamment en substitution du gazole dans le secteur agricole. Il serait également intéressant d’étendre l’autorisation d’usage aux flottes de véhicules des collectivi- doivent être mélangés sous forme minoritaire avec les carburants traditionnels (voir encadré 9), ce qui limite les possibilités de substitution, à moins tés. A plus long terme, les agrocarburants de 2nde génération s’annoncent prometteurs en terme de bilan énergétique, notamment la filière ligno-cellulosique, puisque c’est l’ensemble de la plante d’utiliser de nouveaux moteurs, ce qui supposerait de modifier les chaînes de production. (résidus, co-produits) et non seulement le sucre ou l’huile qui sera valorisé. L’objectif français en matière d’agrocarburants est ambitieux mais se révèle peu efficace en économie de pétrole La Directive 2003/30/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 mai 2003 vise à promouvoir l’utilisation d’agrocarburants ou autres carburants renouvelables dans les transports. Cette directive s’est traduite en 2004 par l’adoption en France d’un « plan biocarburants »62. La France s’est ainsi engagée à intégrer 5,75% d’agrocarburants dans l’essence et le gazole pour 2008 (cet objectif était prévu initialement pour 2010), 7 % en 2010 et 10% en 2015. Avec 43 % de l’effort de réduction des émissions du secteur des transports pour 2010 (soit – 7 MteCO2), le développement des agrocarburants est aussi la principale mesure du Plan Climat de ce secteur. Mais, selon l’INRA63, l’incorporation de 5,75% d’agrocarburants à l’essence ou au gazole ne permettra qu’une faible économie de pétrole en 2010 (entre 1,5 et 2 Mtep). Sachant qu’en 2004, la France a consommé 92,8 Mtep de pétrole (dont plus de la moitié directement par les transports), la part totale des agrocarburants dans les économies de pétrole resterait extrêmement marginale. I. C1- Les réponses technologiques : pas de solution miracle - 31 - 9 Agrocarburants : les différentes filières La filière « alcool » L’éthanol est obtenu par fermentation à partir de plantes à forte teneur en sucres (betterave) ou en amidon (blé) et se substitue à l’essence. Jusqu’à 5% environ, l’éthanol peut être incorporé à l’essence sans modification du moteur. Au Brésil, où il est produit à partir de canne à sucre, il est utilisé en mélange à hauteur de 25%, avec des voitures dites « flex-fuel ». En Europe, son usage est autorisé comme additif à l’essence autour de 5%, mais il est surtout converti par réaction chimique en ETBE (éthyl tertio butyl éther), utilisé en mélange à hauteur de 15%. La filière « huiles végétales » - Le biodiesel, encore appelé Ester méthylique d’huile végétale (EMHV), est obtenu à partir des graines de plantes oléagineuses tel que le colza ou le tournesol, et se substitue au diesel. Il est utilisé comme additif au gazole, à des taux allant de 5% (moteurs à injection directe) à 30% (moteurs à injection indirecte). - Les huiles végétales pures (HVP) sont obtenues par simple pression à froid puis filtration, sans aucune modification chimique. Elles peuvent être mélangées au gazole dans des moteurs anciens sans transformation majeure, mais leur usage dans des moteurs de dernière génération pose plus de problèmes. Depuis janvier 2006, l’HVP est autorisée comme carburant pour les engins agricoles sur les lieux de production. Pour plus d’information,consultez le positionnement du RAC-F sur les agrocarburants : http://www.rac-f.org - 32 - I. C1- Les réponses technologiques : pas de solution miracle La « solution » hydrogène, nouvel avatar du mythe de la voiture propre Placés sur la défensive par la prise de conscience des être produit quelque part, et c’est là que le problèmes environnementaux liés au transport routier, certains constructeurs automobiles affichent bât blesse, car cette opération, quelque soit la méthode envisagée, est fortement consommatrice leur conviction qu’il sera un jour possible, grâce au développement de motorisations alternatives, de proposer à la vente des « voitures propres » qui permettront de concilier mobilité et écologie. en énergie. Cette énergie peut être d’origine fossile : les émissions de CO2 évitées au niveau du véhicule sont alors en balance avec celles entraînées par la production de l’hydrogène... Pour différentes raisons, le succès n’a pas été L’énergie peut également être d’origine au rendez-vous des premières nucléaire : le bilan en terme tentatives en ce sens : la voiture d’émissions sur l’ensemble du « la voiture “propre” électrique est restée au stade de cycle de vie est alors meilleur, n’est pas pour demain » la curiosité tout comme les mais cette option supposerait véhicules GPL ou GNV64. une relance massive du nucléaire65, avec les risCes véhicules qualifiés abusivement de « propres » restent pour l’heure cantonnés à des usages très marginaux, principalement dans le ques associés à cette technologie (déchets, accidents, dissémination). Autre obstacle de taille à l’avènement de la « civi- cadre des flottes captives des services publics et des collectivités locales. L’avenir serait désormais au couple hydrogène pile à combustible, parfois présenté comme lisation hydrogène » : quelle que soit l’énergie et la méthode employées pour produire l’hydrogène, celui-ci devra ensuite être transporté, distribué, puis stocké à bord des véhicules. la rupture technologique majeure des prochaines décennies pour ce qui concerne le secteur des transports. De fait, il y a pléthore d’hydrogène sur la pla- Le défi est immense, sur le plan logistique et technique, et le relever entraînerait au passage des émissions de GES difficiles à évaluer mais qui viendraient en déduction du bilan apparent nète, ne serait-ce que dans l’eau, et le fonctionnement d’un « moteur hydrogène » (en fait, une de l’opération. En définitive, si le couple hydrogène - pile à pile à combustible transformant l’hydrogène combustible est une option technologique à en électricité, laquelle alimente un moteur considérer, les problèmes industriels et organisa- qui propulse le véhicule) ne dégage, précisément, que de la vapeur d’eau. tionnels qui lui sont inhérents n’autorisent pas à se bercer d’illusions : la « voiture propre » n’est Mais cet hydrogène si « propre » à l’usage doit pas pour demain66. I. C1- Les réponses technologiques : pas de solution miracle - 33 - C2 - Les recommandations du RAC-F : trois axes forts Agir en amont sur la demande de transport L’amélioration des motorisations, le développement des agrocarburants ou la mise au point de En ce qui concerne les marchandises, les deux paramètres essentiels sont évidemment les volu- véhicules hydrogène peuvent contribuer au nécessaire infléchissement des émissions de GES du secteur des transports, mais ces réponses technologiques ne suffiront pas pour attein- Réduire les quantités transportées, tout d’abord, c’est sortir de la logique productiviste actuelle et dre les objectifs fixés à moyen terme (Kyoto), et, surtout, à long terme mes transportés et les distances parcourues. donc prendre le contre-pied d’une société de surconsommation et de gaspillage exacerbés par une (réduction d’un facteur 4 d’ici 2050). La priorité, dès lors, est d’agir en amont publicité omniprésente. En effet, tant que la logique économique dominante sera « produire plus - ven- sur la demande de transports, dont la hausse continue est la cause prin- sans qu’à aucun moment ne soient réellement pris cipale de la dérive des émissions du secteur. Faire reculer la demande de transports suppose de la part des pouvoirs publics un engagement volontariste et résolu afin que soient mises en œuvre sans attendre les actions structurantes nécessaires. L’évolution future des besoins en mobilité est en effet conditionnée par des facteurs tels que l’urbanisme, qui sont caractérisés par une forte dre plus - gagner plus », en compte les coûts écologiques et sociaux, la demande de transport ne cessera de croître et le nombre de poids lourds sillonnant le pays d’augmenter. Réduire la demande de transports de marchandises, c’est donc faire le choix de la sobriété pour aller vers une société et une économie plus justes et plus sensées, plus respectueuses de l’homme et de l’environnement. Mais s’il inertie : alors que l’enjeu de la lutte contre le convient de sortir du productivisme pour réduire réchauffement climatique est de changer de cap avant qu’il ne soit trop tard, reporter à un avenir les quantités de biens transportés, il n’est bien entendu pas question de ne plus rien produire : incertain des décisions qui peuvent être prises dès c’est pourquoi la limitation des distances par- aujourd’hui engagerait l’ensemble de la société encore plus avant dans une voie sans issue. Cette impasse écologique et sociale a déjà été courues est également un objectif prioritaire. Pour cela, une option incontournable doit être analysée 67. Pour sortir de cette situation non soutenable, il convient de s’attaquer aux racines du problème, c’est-à-dire aux facteurs qui nourrissent la demande de transports. - 34 - explorée sans délai : produire et consommer localement. I. C2- Les recommandations du RAC-F : trois axes forts Quel que soit le niveau de décision, il revient donc aux pouvoirs publics d’encourager la relocalisation de l’économie, en favorisant les structures de production et de distribution à petite échelle, moins gourmandes en transports et plus riches en emplois. Vient ensuite la question des déplacements individuels, en particulier dans les villes et leurs périphéries. Réduire la demande de transport à ce de densification des espaces : au-delà de la dispersion des activités dans des zones monofonctionnelles, c’est en effet l’extension des villes qui fait les longues distances et les déplacements fréquents, nourrissant ainsi la demande de transport, la dépendance à la voiture individuelle et la hausse des émissions de GES. Au contraire, une compacité maîtrisée se traduit niveau passe essentiellement par la réorientation des politiques d’urbanisme68 : là aussi, il par des trajets quotidiens plus courts et moins nombreux, tout en permettant de limiter le recours à l’automobile. Longtemps tenues pour secondaires, la maîtrise de l’urbanisation et la convient de prendre le contre-pied des approches passées et dépassées. En premier lieu, il convient de mettre l’accent densification des espaces urbains sont des objectifs vitaux au regard de la lutte contre les changements climatiques. sur la mixité fonctionnelle (et sociale), surtout dans les périphéries : rapprocher progressive- Les collectivités locales ont un rôle majeur à jouer dans ce patient effort de réaménagement et de restructuration des espaces, qui, au-delà des villes, concerne aussi les zones rurales : pour ment logements, emplois, loisirs, commerces les uns des autres permettra de limiter les déplacements quotidiens. Parallèlement, l’étalement et le mitage urbains doivent être combattus par une politique limiter les besoins de transports, le maintien ou le redéploiement d’activités et de services tant publics que privés y sont indispensables. I. C2- Les recommandations du RAC-F : trois axes forts - 35 - Agir sur la répartition modale en favorisant les modes les moins émetteurs Il est nécessaire d’agir de façon précoce et résolue pour limiter la demande de transport, mais les mesures en ce sens ne produiront leurs effets Cela nécessite de mieux gérer les transports urbains de marchandises, grâce par exemple à des plates-formes logistiques centralisées, que progressivement. C’est pourquoi il importe simultanément d’encourager un report modal rapide vers les alternatives les plus sobres, qu’il s’agisse de transporter des marchandises ou des couplées à une organisation optimisée de la distribution. En amenant ainsi les entreprises de personnes (voir illustration 4). Ce deuxième axe de recommandation fait déjà l’objet d’un relatif consensus, même si les déci- contribueront à l’amélioration de l’environnement local et global tout en améliorant les conditions de circulation et de livraison. transport à s’intégrer dans un réseau plus cohérent et plus coopératif, les pouvoirs publics locaux sions en faveur du rééquilibrage se font souvent attendre ou restent insuffisantes par Mais le rôle des collectivités territoriales est sans doute plus important encore en matière de rapport aux enjeux. déplacements individuels : qu’il s’agisse des transports intrarégionaux En matière de transports de marchandises, les priorités sont bien connues : fret ferro- ou des transports urbains, elles sont à même d’exercer une influence majeure sur la répartition modale viaire, fluvial et maritime, transport combiné et ferroutage. Il s’agit non seulement de revitaliser le rail et les voies d’eau, mais aussi d’assurer une meilleure intermodalité. L’intégration d’objectifs de rééquilibrage modal dans les politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire est dès en encourageant de manière décisive les modes les plus sobres. Pour cela,, il appartient aux conseils régionaux de poursuivre et d’amplifier les efforts réalisés dans le cadre des contrats de plan Etat-Régions pour améliorer l’offre de transport ferroviaire. lors essentielle. De même, dans le cadre des plans de déplace- De même, un terme doit enfin être mis à l’extension du réseau autoroutier, car cette exten- ment urbains (PDU), les communes sont appelées à développer fortement les transports sion aurait pour effet évident de préserver collectifs (bus, métro, tramway) et à favoriser la suprématie du mode routier aux yeux des don- les modes non émetteurs de GES (marche, vélo) ou le covoiturage, tout en dissuadant le recours neurs d’ordre industriels et commerciaux, tout en absorbant les ressources financières nécessaires au développement des autres modes. L’enjeu est aussi de faire en sorte que la ville, par son aménagement et sa structuration, permette de relayer de façon efficace les flux de marchandises arrivant à ses portes via des modes plus sobres en carbone que la route. - 36 - individuel à l’automobile. Pour ce faire, l’offre de transports en commun doit être améliorée à la fois quantitativement et qualitativement, la complémentarité des modes de transports doit être développée, la politique de stationnement doit être conçue de façon à orienter les usagers vers les alternatives sobres en carbone, I. C2- Les recommandations du RAC-F : trois axes forts le partage de la voirie et de l’espace urbain doit être repensé en faveur des transports en commun, des cyclistes et des piétons, etc. forme de mesures multiples69, convergent vers un objectif aussi clair qu’incontournable : faire reculer l’emprise de l’automobile sur la ville. Ces grandes orientations, qui se déclinent sous la Agir sur les niveaux d’émission des véhicules en circulation Si la réduction de la demande et le rééquilibrage modal sont des éléments indispensables à toute politique de maîtrise des émissions de GES du secteur des transports, il convient aussi d’agir sur les niveaux d’émissions des véhicules en circulation, ie sur les taux d’émissions rapportés au service rendu (gCO2/km pour une voiture par exemple). Ce troisième axe de priorité, toutefois, ne fait sens que si les deux premiers sont mis en oeuvre de manière résolue : une politique limitée à la recherche de gains marginaux en termes d’émissions unitaires, même couplée avec quelques avancées en matière de répartition modale, ne saurait suffire à entraver la progression continue des émissions du secteur70. Ceci étant rappelé, l’action sur les niveaux d’émission des véhicules peut se décliner en limitations de vitesse (y compris aux poidslourds...) entraînerait également une réduction chiffrée à 3 millions de tonnes équivalent CO2 par le Plan Climat 200472. Par ailleurs, les limitations de vitesse qui s’imposent aux poids-lourds devraient être étendues aux véhicules utilitaires légers : actuellement soumis aux mêmes limitations que les autres véhicules légers, ceux-ci ont de ce fait tendance à se substituer partiellement aux poids lourds, alors même qu’ils sont bien plus émetteurs à la t.km transportée. La sensibilisation à l’éco-conduite est une autre mesure permettant, à parc automobile constant, de réduire les émissions de GES : une conduite brusque, rapide et nerveuse entraîne une surconsommation pouvant aller jusqu’à 40%, alors qu’une conduite souple et adaptée se traduit par un deux volets : les mesures applicables rapide- gain de l’ordre de 10 à 15% . ment, à structure de parc automobile constante, et les mesures de plus long terme poursuivant Enfin, toujours à parc constant, la limitation des émissions peut aussi s’appuyer sur le dévelop- le même objectif dans la perspective plus dyna- pement des agrocarburants, sous réserve de donner la priorité à la filière huiles végétales pures (en circuit court) et non aux filières industrielles73. mique d’un parc en évolution. Sur le court terme (mesures à parc constant), la priorité est d’agir sur la vitesse et sur le style de conduite. L’action sur la vitesse est primordiale : ramener par exemple de 130 km/h à 120 km/h la vitesse maximale autorisée sur autoroutes permettrait par exemple de réduire les émissions nationales de GES d’au moins 2 millions de tonnes équivalent CO 2 /an 71 , imposer un strict respect des Parallèlement à ces différentes mesures visant à réduire les émissions unitaires du parc existant, d’autres mesures peuvent être prises sans attendre pour agir sur les niveaux d’émission d’un parc évoluant au rythme des achats et des mises à la I. C2- Les recommandations du RAC-F : trois axes forts - 37 - casse. Certaines sont fiscales, comme le rétablissement de la vignette avec une assise liée au taux d’émission et/ou la mise en place - annoncée puis reportée sine die74 - d’un bonus-malus pénalisant l’achat de véhicules fortement émetteurs et encourageant en contrepartie celui de voitures plus sobres. D’autres sont de nature réglementaire : il conviendrait par exemple d’interdire la commercialisation de véhicules avec l’argument « la climatisation pour un euro de plus », afin que le prix réel de cet équipement de confort soit payé en toute connaissance de cause par l’acheteur. De même, il n’est pas acceptable que la quasitotalité des véhicules proposés à la vente pré- sentent une puissance et des performances surréalistes par rapport aux limitations de vitesse légales75 : il est donc temps que soient imposées aux constructeurs automobiles des solutions techniques telles que le bridage des moteurs ou les limiteurs volontaires de vitesse. Enfin, si les perspectives ouvertes par diverses alternatives technologiques (GNV & GPL, moteur hybride, véhicules hydrogène) doivent être considérées avec circonspection76, leur développement sur certaines niches (comme par exemple les flottes captives des collectivités et des services publics) peut aider à la maîtrise des émissions. Un autobus niçois marqué de « je roule au gaz naturel » - 38 - I. C2- Les recommandations du RAC-F : trois axes forts D - TRANSPORT ET CLIMAT : LES CHOIX POLITIQUES DE L’UE ET DE LA FRANCE D1 - L’UE et la lutte contre les changements climatiques dans le secteur des transports : le discours et la pratique Le Shéma de Développement de l’Espace Communautaire : transports, urbanisme et environnement au coeur d’un cadre d’orientation politique sans valeur contraignante Adopté en mai 1999 dans le but de promouvoir un « développement spatial équilibré et durable » de l’UE, le Schéma de Développement de c) le « développement et (la) préservation de la nature et du patrimoine culturel »79. Si la priorité première n’est pas la lutte contre l’Espace Communautaire (SDEC)77 entend relier les changements climatiques, transports et urbanisme font donc logiquement partie des domaines d’action retenus, et le SDEC ne méconnaît pas le lien entre ces deux domaines et la problé- les trois objectifs fondamentaux qui sont : I) « la cohésion économique et sociale », II) « la préservation des bases naturelles de la vie et du patrimoine culturel », III) « une compétitivité plus équilibrée du territoire européen »78. matique climat : « L’accroissement du trafic et une urbanisation structurée de façon inefficace contribuent à ce que l’UE soit un des principaux responsables ... des émissions de dioxyde de carbone dans le monde »80. L’UE n’ayant pas de compétence en matière d’aménagement du territoire, le SDEC relève d’une démarche intergouvernementale et n’a pas de valeur contraignante. Son objectif est d’offrir aux acteurs institutionnels concernés (Commission européenne, Etats, régions et col- En matière de transports, l’action communautaire s’inscrit essentiellement dans le cadre de la mise en place et du développement des réseaux transeuropéens (RTE) : « l’accès aux réseaux, en particulier pour raccorder aux zones centrales les zones insu- lectivités locales, etc.) un cadre de référence laires, enclavées et périphériques »81 reste donc pour renforcer la concertation et la coopération transnationale en matière d’aménagement et de une priorité, y compris le cas échéant via des modes tels que la route ou l’avion (voir encadré 10). développement du territoire. Toutefois, comme le souligne le SDEC, Dans ce but, le SDEC propose une série d’outils de coopération et fixe 60 options politiques communes au service de trois principes de base : « il devient manifestement de moins en moins possible de faire face à l’augmentation du trafic par la seule expansion de l’infrastructure routière », ce qui suppose : a) le « développement d’un système urbain polycentrique et équilibré », b) la « promotion de schémas de transports et de communication intégrés », favorisant un accès équivalent aux infrastructures et au savoir, I. D1- L’U E 1) d’agir sur la demande de transport via une « politique de développement spatial et d’urbanisme » visant à « influencer les comportements de localisation » et la lutte contre les changements climatiques dans le secteur des transports - 39 - 2) d’encourager le « transfert du trafic routier vers des modes de transports plus respectueux de l’environnement »82. coûts externes du transport routier » , sujet nettement plus controversé. Il est vrai que le SDEC, simple « cadre d’orientation politique », n’a Le SDEC se prononce aussi pour « l’augmenta- aucune valeur contraignante. tion des péages routiers et l’internalisation des 10 Des décisions en faveur du rééquilibrage modal le Réseau Transeuropéen de Transport et la directive « Eurovignette : » Prévu par le traité de Maastricht (1992) pour accompagner le projet de marché unique, le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) est un programme de développement des liaisons transeuropéennes focalisé principalement sur les grandes infrastructures. Une liste de 30 projets prioritaires a été arrêtée le 29 avril 2004 par le Parlement et le Conseil européens, reprenant 14 projets arrêtés en 1994 plus 16 nouveaux projets à construire d’ici 2020 dans l’Union élargie*. Les alternatives à la route dominent, avec en particulier une majorité de projets ferroviaires, ce qui traduit une volonté de rééquilibrage modal. Mais l’objectif du RTE-T, lié au principe du marché unique, demeure l’intégration économique et donc le développement des échanges. Autre exemple de décision favorable au rééquilibrage modal, la directive « Eurovignette » (directive 2006/38/CE du 17 mai 2006) instaure un nouveau cadre communautaire en matière de tarification de l’usage des infrastructures routières par les poids lourds**. Les États membres auront en particulier la possibilité de différencier les péages en fonction du type de véhicule, de son niveau d'émissions, des dommages qu'il occasionne aux routes, tout en tenant compte du lieu, du moment et du niveau d'encombrement. Mais la directive, explicitement présentée comme un premier pas vers un régime communautaire d’internalisation des coûts externes, ne s’appliquera qu’à partir de 2012. * Liste des projets : http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/lvb/l24094.htm ** Voir http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/l24045b.htm Le Livre blanc sur la politique européenne de transports : le rééquilibrage modal, simple accompagnement d’une croissance inévitable de la demande de transport ? Adopté en septembre 2001, le Livre blanc83 est un programme d’action visant à répondre au « double impératif que représentent l’élargis- mesures à prendre au niveau communautaire d’ici 2010. La priorité est au rééquilibrage modal sement et le développement durable » 84 par la mise en place d’une « stratégie de découplage fin des années 1990) et les mesures listées portent en particulier sur la revitalisation du rail, la promotion des transports maritime et fluvial, le développement de l’intermodalité et une meilleure régulation du transport routier. progressif entre croissance de l’économie et croissance des transports »85. Le Livre blanc propose ainsi une soixantaine de - 40 - I. D1- L’U E (avec comme objectif un retour à la situation de la et la lutte contre les changements climatiques dans le secteur des transports La limitation des émissions de GES figure au nombre des résultats escomptés, mais le Livre blanc n’a pas pour souci premier le risque clima- modes de transport »88. Le Livre blanc comprend un mécanisme de suivi incluant un bilan à miparcours en 2005 (avec consultation publique) tique et met d’abord l’accent sur la congestion et ce qui a débouché sur la présentation par Jacques son impact négatif sur le PIB. De fait, le Livre blanc entend « répondre aux impé- Barrot, Commissaire européen chargé des transports, d’un Livre blanc révisé le 22 juin 2006. Celui ci conforte la tendance tant redoutée d’un retour en grâce de la route et enterre le décou- ratifs environnementaux et aux préoccupations des citoyens sans remettre en cause la compétitivité du système de transport et de l’économie »86 ni « restreindre la mobilité des personnes et des biens »87. La croissance de la demande de transport est considérée comme inexorable, l’UE n’ayant ni les compétences ni les moyens de « décréter une baisse de la mobilité des personnes et des biens tout en imposant un nouveau partage entre les plage entre « croissance économique » et « croissance des transports ». Il écarte par ailleurs l’objectif prioritaire de transfert modal de la route vers le rail pour mettre en avant le concept de « co-modalité » (les différents modes de transport coexistent). Le Programme Européen sur le Changement Climatique : respecter Kyoto au moindre coût ou agir sur les déterminants structurels de l’évolution à long terme des émissions ? Le Programme Européen sur le Changement ticuliers neufs, à taxer les poids lourds pour l’uti- Climatique (PECC) a été mis en place en juin 2000 au niveau de l’Europe des 15 pour préparer l’adoption de « politiques et mesures commu- lisation de certaines infrastructures, etc. Mais la priorité accordée aux mesures de court nes et coordonnées »89 visant à réduire les émissions communautaires de GES. L’objectif affiché d’emblée était de cibler les options les plus efficaces par rapport aux échéan- et moyen terme ne répond guère aux enjeux de l’augmentation des rejets d’un secteur caractérisé par une forte inertie structurelle. De fait, comme l’a reconnu la Commission européenne, les mesures les plus « prometteuses à long terme » ces fixées à Kyoto, à savoir la période 2008- supposeraient de « pondérer la limite en matière de 2012, et au moindre coût. coût par rapport à l’efficacité »91. Un premier rapport d’avancement a été publié en juin 2001 : soulignant la dérive des émissions communautaires par rapport à l’objectif de Kyoto, il listait une quarantaine de mesures envisageables pour rétablir la situation90. Dans le domaine des transports, le PECC s’est largement inspiré du Livre blanc sur la politique européenne de transports à l’horizon 2010 et intègre un certain nombre de directives (adoptées ou en cours) : directive visant à promouvoir l’usage des agrocarburants, à informer les consommateurs sur les émissions de CO2 des véhicules par- I. D1- L’U E et la lutte contre les changements climatiques dans le secteur des transports - 41 - 11 La réduction des émissions des véhicules neufs : une stratégie à trois composantes L’UE a défini dès 1995 une stratégie communautaire visant à réduire la consommation de carburant et les émissions de CO2 des voitures particulières neuves, dont l’objectif à l’horizon 2010 est d’arriver à un niveau moyen d’émission de 120g/km, soit une diminution d’environ 35% par rapport à la moyenne de 186g/km constatée en 1995. Les accords volontaires conclus avec les constructeurs automobiles sont la principale composante de cette stratégie, qui repose aussi sur l’obligation faite aux constructeurs d’informer les acheteurs sur les émissions et sur l’adoption encore à venir de mesures fiscales encourageant une plus grande efficacité énergétique : a) L’industrie automobile s’est engagée via des accords volontaires validés par la Commission européenneen 1998 (constructeurs européens) et en 1999 (constructeurs japonais et coréens) à réduire progressivement les niveaux d’émissions des véhicules particuliers neufs commercialisés sur le marché européen, avec pour objectif une moyenne de 140g de CO2/km d’ici 2008/2009, soit une réduc tion de 25 % par rappor t à 1995 92 . Mais il est peu probable que cet engagement soit respecté : si les constructeurs européens affichaient en 2005, une moyenne de 160g, soit une réduc tion de l’ordre de 14 %, ce résultat était pour une large part dû à la hausse continue des immatriculations de véhicules diesel (à l’origine néanmoins d’autres formes de pollution comme les émissions de particules), tout en étant directement menacé par l’essor des ventes de véhicules fortement émetteurs type 4x4, break ou monospace... b) La Directive 1999/94/CE du 13 septembre 1999 porte sur l’information des consommateurs. Elle prévoit ainsi que les Etats membres publient chaque année un guide gratuit listant, pour l’ensem ble des voitures particulières neuves disponibles à l’achat, la consommation de carburant et les émis sions de CO 2 . Sur tout, elle impose aux constructeurs automobiles de mentionner les consommations de carburant et les émissions de CO2 des véhicules neufs sur les lieux de vente, la documentation et la publicité écrites y compris dans la presse. Dans les faits, cette obligation n’est pas toujours respectée. c) En septembre 2002, la Commission européenne avait présenté une nouvelle stratégie de taxation des voitures particulières dans l’UE, poursuivant deux objectifs complémentaires : b une meilleure coordination des régimes fiscaux en vigueur pour lutter contre la frag- mentation du marché automobile ; b une restructuration de ces régimes pour mettre davantage l’accent sur la protection de l’environne- ment, en particulier au regard des engagements pris à Kyoto. Les taxes auraient ainsi pu être « totalement ou partiellement calculées sur la base des émissions de CO2 » . Cette ambition se heurte à des oppositions qui en retardent l’application, même si une proposition de 93 directive a récemment été présentée par la Commission94. - 42 - I. D1- L’U E et la lutte contre les changements climatiques dans le secteur des transports D2 - EN FRANCE PNLCC ET PLAN CLIMAT, DES REPONSES INSUFFISANTES OU INADAPTEES PAR RAPPORT AUX ENJEUX Le PNLCC : quand les « mesures nouvelles » s’ajoutent aux « mesures existantes »... Si la France s’est engagée à stabiliser ses émissions à leur niveau de 1990 d’ici 2010, cette ambition semble hors d’atteinte en ce qui concerne les transports : l’objectif sectoriel fixé par le PNLCC les transports de personnes : extension du réseau TGV101, développement des TER et des transports en commun en site propre), sans oublier la loi sur l’air de 1996 et ses plans de déplace- de janvier 2000 est de limiter l’augmentation des rejets d’ici 2010 à + 22% par rapport à 1990. Pour atteindre cet objectif, le PNLCC distingue ments urbains (PDU)102. les « mesures existantes », décidées avant Kyoto et les « mesures nouvelles » sur lesquelles repose l’effort supplémentaire mis en avant. Partageant les grandes orientations de la loi d’aménagement et de développement durable du territoire du 25 juin 1999 (LOADDT ou loi Voynet)103, les « mesures nouvelles » sont d’ordre fiscal, avec l’annonce d’une « taxe carbone » Au nombre des « mesures existantes » sont listées des décisions d’ordre fiscal (rattrapage de la TIPP sur le gazole95, modification de l’assiette fiscale (25% de l’impact total des « mesures nouvelles ») et le projet d’une taxation du kérosène104, ou sont des mesures dites « de long terme » (urbanisme, de la vignette96), des mesures relatives aux véhicules (accords européens relatifs à la limitation des émissions des véhicules neufs97, promotion infrastructures ferroviaires, etc). des véhicules dit « propres »98, recherche & inno- une série de mesures à celles qui avaient été décidées avant Kyoto, mais son ambition demeure vation99), des dispositions favorables à une répartition modale plus équilibrée (pour les transports Au final, le volet « transports » du PNLCC ajoute limitée : il s’agit de modérer l’augmentation des de marchandises100 : objectif de doublement du fret ferroviaire et fluvial d’ici 2010, développe- émissions du secteur et non d’inverser la tendance. Un objectif a minima qui est en soi un ment du cabotage et de l’intermodalité – pour aveu d’impuissance…ou de renoncement. 2000-2002 : deux ans après, que reste-t-il du volet « transports » du PNLCC ? Après le changement de majorité en 2002, le gouvernement Raffarin fait réaliser un bilan d’étape du PNLCC105, tandis que les associations environnementales, à l’initiative du RAC-F, procèdent à leur propre évaluation106. Dans un cas comme dans l’autre, les conclusions sont sans appel : si des progrès ont été enregis- trés sur certains points, l’abandon ou l’application partielle de nombreuses mesures ont vidé le volet « transport » du PNLCC de sa substance. Ainsi, la taxe carbone est passée à la trappe et le projet de taxation du kérosène a été renvoyé aux calendes grecques. I. D2- En France PNLCC et Plan Climat, des réponses insuffisantes ou inadaptées - 43 - Toujours dans le domaine fiscal, le gouvernement Jospin est revenu sur deux mesures « existantes » (et donc considérées comme acquises par le PNLCC) : la vignette automobile a été supprimée en septembre 2000 et le plan de rattrapage de l’écart de TIPP entre le gazole et l’essence a été suspendu fin 2001 avant d’être réactivé en 2002 mais uniquement pour les véhicules particuliers107. Deux ans après la publication du PNLCC, l’application de son volet « transports » reste donc très en deçà des engagements initiaux108. Le Plan Climat 2004 : des « actions phares » pour des « transports durables » Qu’il s’agisse du bilan officiel ou de l’évaluation interassociative, le constat à la fin de l’année 2002 était le même : une relance rapide du volet « transports » du PNLCC s’imposait. Le défi était de taille : dans sa conclusion sur les transports, le bilan officiel jugeait « indispensable de poursuivre les mesures bien engagées, de relancer celles qui ont pris du retard sans raison valable et de trouver de nouvelles actions à engager », rappelant dans la foulée que les « trois mesures fiscales » (écart de taxation entre les carburants / taxation du kérosène / taxe carbone) étaient « actuellement suspendues »109. Deux ans plus tard, après de longs atermoiements liés à des arbitrages interministériels délicats, le Plan Climat succède au PNLCC en juillet 2004. sur les transports, la généralisation de l’étiquette énergie : graduée de A à G en fonction du ratio gCO2/km, son affichage obligatoire chez les concessionnaires automobiles doit permettre d’éclairer le choix des acheteurs. Conforme à la directive européenne du 13 décembre 1999112, cette mesure d’information est sensée113 être complétée à terme par une troisième « action phare » : l La mise en place d’un « bonus-malus » à l’achat des véhicules particuliers neufs, fondé sur l’étiquette énergie, qui encouragerait l’achat des véhicules les moins émetteurs, et dissuaderait celui des véhicules à forte consommation. L’application de ces deux « actions phares » relatives au comportement à l’achat des automobilistes se traduirait à l’horizon 2010 par un gain évalué à 1,2 million Cinq « actions phares » sont mises en avant dont quatre concernent le secteur des transports. l Tout d’abord, le développement des agrocarburants avec un taux d’incorporation dans les carburants qui devra atteindre 5,75% d’ici 2010110, en application de la directive européenne du 8 mai 2003111, ce qui représente pour la France une multiplication par cinq, avec à la clef un gain évalué par le Plan Climat 2004 à 7 millions de tonnes équivalent CO2 pour 2010. l de tonnes équivalent CO2, dont 1 million grâce au seul « bonus-malus ». l Enfin, la dernière « action phare » du Plan Climat 2004 porte sur la climatisation. Dans le secteur des transports, le gouvernement entend en effet appuyer l’adoption d’une réglementation européenne visant à la réduction des émissions liées à la climatisation et autres auxiliaires, ce qui permettrait, avec diverses mesures nationales, d’économiser 3,5 millions de tonnes équivalent CO2 par an. Seconde « action phare » ayant une incidence - 44 - I. D2- En France PNLCC et Plan Climat, des réponses insuffisantes ou inadaptées Au delà de ces 4 « actions phares », le chapitre « Transports durables » du Plan Climat 2004 énumère un certain nombre de mesures qui en géné- nes équivalent CO2 à l’horizon 2010, tandis que la « sensibilisation à l’écoconduite » sera renforcée, en particulier dans les auto-écoles, le gain ral reprennent et éventuellement approfondissent attendu s’élevant cette fois à 0,7 million de ton- celles qui figuraient déjà dans le PNLCC de 2000. nes équivalent CO2. Restent enfin les mesures relatives à « l’efficacité des déplacements urbains » et à « l’intermo- Ainsi, le Plan Climat 2004 met l’accent sur l’amélioration technologique des véhicules (motorisation en particulier) : il s’agit essentiellement de renforcer et d’élargir les accords passés au niveau européen avec les constructeurs automobiles114, ce qui se traduirait à l’échelle de la France par un gain annuel évalué à 3 millions de tonnes équivalent CO2. Au chapitre « technologique », la recherche et développement n’est pas oubliée : dans le sillage du programme « Véhicules propres » adopté fin 2003 par le gouvernement Raffarin, un effort budgétaire de 38,5 millions d’euros est annoncé pour « accélérer très fortement » les recherches déjà engagées. Le Plan Climat 2004 entend par ailleurs faire reposer la maîtrise des émissions de GES sur une dalité des transports interurbains ». En matière de déplacements urbains, le développement des transports collectifs pourrait permettre une économie chiffrée à 0,2 million de tonnes équivalent CO2 d’ici 2010, l’amélioration de la logistique des entreprises se traduisant quant à elle par un gain de 0,5 million de tonnes à la même échéance. Quant au développement de l’intermodalité des transports urbains, le Plan Climat 2004 prévoit qu’il sera financé par les dividendes des sociétés d’autoroutes115, dans une optique de long terme, même si des économies d’émissions pourraient être enregistrées dès 2010, grâce aux « autoroutes de la mer » (marchandises, gain chiffré à « respect intégral » des limitations de vitesse 0,2 million de tonnes équivalent CO 2 ) et à la mise en place d’une redevance aérienne communautaire (voyageurs, gain évalué à 0,5 million de permettrait ainsi d’économiser 3 millions de ton- tonnes équivalent CO2). évolution du comportement des conducteurs : le Au delà de l’affichage politique et des effets d’annonce, de nouveaux reculs ? Au total, la mise en oeuvre intégrale des « actions phares » et des autres mesures du Plan Climat 2004 relatives au secteur des transports entraînerait en 2010 une économie d’émissions chiffrée à 19,8 millions de tonnes équivalent CO2, soit une réduction de 11,3% par rapport à la projection tendancielle pour 2010. Mais celle-ci a depuis la publication du PNLCC été révisée à la hausse. De ce fait, l’application du volet « transports » du Plan Climat 2004 aboutirait pour ce secteur à un niveau d’émissions d’environ 155 millions de tonnes équivalent CO2 en 2010, là où l’objectif du PNLCC s’établissait, après correction d’erreurs comptables116, à environ 148 millions de tonnes : d’un gouvernement à l’autre, l’objectif 2010 a ainsi connu une inflation de près de 5%... Le Plan Climat 2004, d’ailleurs, après avoir évoqué la dérive continue des émissions du secteur des transports, reconnaît que les mesures envisagées « permettront de modérer cette tendance à la hausse, mais sans pouvoir l’inverser avant 2010 ». De fait, l’augmentation sur vingt ans des émissions du secteur serait proche de 28%... I. D2- En France PNLCC et Plan Climat, des réponses insuffisantes ou inadaptées - 45 - Encore conviendrait-il que toutes les mesures annoncées soient effectivement et rapidement mises en œuvre, ce qui n’est rien moins que cer- Pour le RAC-F par exemple, « aucune disposition ne vise à remettre en cause la suprématie de la route » 118, le gouvernement préférant tain. Le bonus-malus, réduit au statut de projet à miser sur la réduction des émissions des véhi- étudier avant même la publication du Plan Climat 2004, a par exemple été enterré définitivement117. cules (motorisation, climatisation et agrocarburants représentent plus des 2/3 du gain projeté) et sur le civisme des acheteurs/conducteurs (éti- D’autres mesures sont quant à elles suspendues à des décisions au niveau européen : c’est le cas du renforcement et de l’élargissement des accords passés avec les constructeurs automobiles, mais aussi du règlement sur la climatisation et du projet de redevance aérienne, trois mesures qui représentent plus d’un tiers du gain total attendu. Le volet « transports » du Plan Climat 2004, par quette énergie, bonus-malus à l’achat, respect des limitations de vitesse et sensibilisation à l’écoconduite entrent pour 1/4 dans l’effort attendu) plutôt qu’impulser les changements structurels indispensables à une réelle maîtrise des émissions du secteur (voir I. C2- Les recommandations du RAC-F). ailleurs, a été vivement critiqué par les associations environnementales, qui ont contesté la pertinence de l’approche et des options retenues. - 46 - I. D2- En France PNLCC et Plan Climat, des réponses insuffisantes ou inadaptées S E C O N D E PA R T I E : PA S S E R A L’ A C T I O N - 47 - - 48 - A - POURQUOI LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES DOIVENT AGIR A1 - Des territoires et des populations menacés par les changements climatiques Les dérèglements climatiques qui menacent la France au XXIe siècle La modélisation du climat, qui n’est pas exempte d’incertitudes à l’échelle de la planète, est encore plus délicate et incertaine lorsque l’on s’inté- L’importance de ces dérèglements dépendra toutefois de l’ampleur et de la vitesse du réchauffement global : en France119, par exemple, après resse à un pays ou à une région particulière. Pour autant, les scientifiques estiment que ce sont les pays les moins avancés et les écosystè- une hausse de 0,9°C au cours du XXe siècle, l’augmentation de la température moyenne d’ici 2100 pourrait s’inscrire dans une fourchette allant de + 2°C et + 3,5°C, selon les scénarios mes les plus vulnérables qui souffriront le plus des changements climatiques, ne serait-ce qu’en raison de leurs moindres capacités d’adaptation. Mais les pays plus riches ne sont aucunement à l’abri : le dérèglement du climat ne connaît pas de frontières ! d’évolution des émissions mondiales120. Ces perspectives ne doivent pas être prises à la légère : pour des régions caractérisées par le même type de climat, une variation de 1°C équivaut à un déplacement en latitude de 200 km. Pour ce qui concerne l’Europe, les modèles prévoient une tendance au réchauffement, accompagnée d’une intensification des cycles hydrologiques et d’accidents météorologiques plus fréquents et plus marqués (canicules par exemple). Réchauffement simulé pour le XXIe siècle (modèle Arpège Météo-France—scénario GIEC-A2) Réchauffement observé en france au XXe siècle : + 0,9°C (à partir de 70 séries de températures moyennes) +3°C de +3°C à +3,5°C de +3,5°C à +4°C +4°C jusqu’à +0,7°C de +0,7°C à 0,9°C de +0,9°C à 1,1°C supérieur à 1,1°C Météo-France Météo-France II. A1-Des territoires et des populations menacés par les changements climatiques - 49 - Par ailleurs, au delà de l’évolution de la température moyenne, les valeurs extrêmes devraient aussi s’accentuer. En particulier, il faut s’atten- Simultanément, des espaces côtiers à peine ou incomplètement émergés pourraient être recouverts en permanence en raison de l’élévation du dre à des vagues de chaleur estivales plus fré- niveau de la mer, tandis que la hausse de la tem- quentes, plus longues et plus intenses : à partir de 2070, dans le scénario le moins favorable, un pérature moyenne entraînerait dans les massifs montagneux une diminution de l’enneigement. Les perturbations climatiques associées au réchauf- été sur deux pourrait ainsi être au moins aussi chaud que l’été 2003, qui vit la France confrontée à une canicule exceptionnelle121. Parallèlement, les cycles hydrologiques devraient connaître de nombreuses modifications : moins de fement seraient donc multiples et concerneraient l’ensemble du territoire français, même si les grandes lignes des prévisions masquent des disparités d’ordre géographique : l’impact du réchauf- pluie l’été (avec des périodes de sécheresses plus longues et plus intenses) et un risque accru de fortes précipitations en hiver (avec des crues et fement, de toute évidence, ne sera pas homogène. A ce sujet, le site de l’ONERC (voir encadré 12) présente au niveau local des scénarios futurs du changement climatique en France, établis à des inondations plus fréquentes). l’aide de plusieurs modèles climatiques122. 12 l’Observatoire national des effets du réchauffement climatique (ONERC) Créé en 2001, l’ONERC a pour mission première de collecter et de diffuser les informations, études et recherches sur les risques liés au réchauffement climatique et aux phénomènes climatiques extrêmes. Il est également chargé de formuler des recommandations sur les mesures de prévention et d’adaptation visant à limiter ces risques, mais aussi de coordonner les travaux en vue de la mise en place d’une stratégie nationale d’adaptation au changement climatique, en lien étroit avec les organismes territoriaux de Métropole et d’Outre-mer. Enfin, il a vocation à participer au niveau international à la réflexion sur ces thèmes, que ce soit dans le cadre des négociations climat ou du GIEC, tout en contribuant activement au dialogue avec les pays en développement. Site Internet : http://www.ecologie.gouv.fr/ Des perspectives inquiétantes pour les milieux naturels et la biodiversité Si les dérèglements climatiques devaient affecter fortement et brutalement les milieux naturels, c’est toute la faune et la flore qui en scientifique Nature, elle se situerait au 4ème rang mondial pour le nombre d’espèces animales menacées, et au 9 ème rang mondial pour les dépendent qui seraient en danger. La France, qui peut se prévaloir d’une grande diversité biologique du fait de la variété de ses climats et territoires, est particulièrement concernée : selon une étude parue en 2004 dans la revue espèces végétales123. - 50 - En métropole, 19% des vertébrés et 8% des végétaux pourraient ainsi disparaître. Ces chiffres peuvent paraître élevés : les espèces ne sont-elles pas capables d’évoluer pour II. A1-Des territoires et des populations menacés par les changements climatiques s’adapter à la modification de leurs écosystèmes, ou de migrer vers des lieux plus favorables à leur survie ? C’est oublier la rapidité du changement clima- tion des régimes hydrologiques des rivières de montagne (risques de crue plus élevés en début d’année, pénuries probables à partir de la fin du printemps), et donc des approvisionne- tique engagé (qui pourrait prendre de court les capacités d’adaptation de nombreuses espèces) et la fragmentation croissante des milieux sous l’action de l’homme (qui limite souvent les pos- ments et des réserves en eau douce dans les régions irriguées, avec les conséquences que l’on imagine sur les écosystèmes. De telles variations des cycles hydrologiques sibilités de migration de certaines espèces). Dans les zones de montagnes, les glaciers, qui sont en recul accéléré depuis une vingtaine pourraient, sous des formes variées, se multiplier sur le territoire français, et avoir globalement un impact très négatif sur la ressource en eau. Des modélisations récentes sur les grands bas- d’année, seront très affectés par le changement climatique au cours du XXIe siècle, tandis que la durée et l’importance de l’enneigement connaîtront une diminution sensible, surtout à moyenne altitude : il s’ensuivra évidemment une perturba- sins versants indiquent ainsi des étiages estivaux plus marqués, et des risques accrus de sécheresse, en particulier dans les régions qui sont déjà confrontées à des problèmes de stress hydrique. Des conséquences multiples pour la société et pour l’économie La réflexion relative à l’impact du réchauffement global sur l’homme met traditionnellement l’accent sur la santé. En France, canicule de l’été 2003 aidant, cette approche est mise en avant de façon systématique. De fait, les vagues de chaleur estivales devraient à annuelle, l’augmentation de la mortalité estivale (maladies cardiovasculaires, affections respiratoires, intoxications alimentaires, etc.) pourrait être compensée par un recul des décès dus au froid l’hiver. Par contre, si le réchauffe- plus marquées, entraînant ment devait être plus important, l’augmentation de la mortalité estivale l’emporterait même en une surmortalité chez les l’absence de vague de cha- personnes âgées, les malades chroniques et leur. Au total, en considé- l’avenir être plus nombreuses, plus longues et rant l’effet « canicules » et autres profils vulnérables. l’effet « températures En dehors de ces paroxysmes thermiques, l’augmentation tendancielle moyennes », l’impact direct du réchauffement sur la santé sera donc vraisemblablement négatif, et ce d’autant que le des températures moyennes aura des conséquences contrastées sur la santé humaine. Si le réchauffement reste inférieur à 2°C en moyenne vieillissement de la population est un facteur de vulnérabilité croissante au France : canicule été 2003 stress thermique. II. A1-Des territoires et des populations menacés par les changements climatiques - 51 - Parallèlement, le dérèglement climatique aura pour conséquence indirecte une extension de l’aire territoriale des maladies infectieuses véhiculées par des insectes comme les moustiques. Ces maladies « à vecteur » devraient en particulier se développer dans les territoires français proches des tropiques. Au-delà des enjeux de santé, se pose bien évidemment la question des conséquences du réchauffement sur l’agriculture. fréquentes et plus marquées aurait un impact immédiat sur les animaux d’élevage (stress thermique accru) et sur les cultures (risque de dommages plus élevé). Enfin, le secteur agricole pourrait être victime du développement d’insectes, de parasites, et autres vecteurs de maladies affectant plantes et animaux. Après l’agriculture, le tourisme est souvent mentionné au nombre des secteurs susceptibles Suivant les productions et les zones concernées, d’être particulièrement affectés, même si les modèles climatiques les effets peuvent être positifs ou négatifs, mais il faut en tout état de cause s’attendre à une actuels ne sont pas assez régionalisés pour permettre une évaluation fine. L’effet le plus prévisible certaine redistribution des cartes : au nord, des cultures d’hiver comme le blé pourraient être avantagées, tandis qu’au sud les rendements de cultures telles que le maïs pourraient voir leur rendement diminuer fortement. Les aires de production agricoles seraient vraisemblablement modifiées, questionnant les terroirs et les AOC, par exemple dans le domaine vinicole. Mais dans l’ensemble, sous réserve d’efforts d’adaptation multiples, il paraît peu probable qu’un est évidemment la remise en cause des stations de sport d’hiver, faute d’enneigement suffisant : le manque de neige se fait d’ailleurs déjà sentir, en particulier en moyenne montagne (Alpes du Sud et Pyrénées), et la plupart des stations ont déjà investi dans des canons à neige. Toujours dans le domaine touristique, on peut penser que l’attrait des régions méditerranéennes ira en déclinant l’été, pour des raisons de confort thermique et de contraintes sur la ressource en eau. réchauffement limité entraîne des ruptures vrai- Au-delà du trio santé-agriculture-tourisme, les ment dangereuses pour l’autonomie alimentaire du pays. Par contre le risque de tensions autour de conséquences du réchauffement sur la société française seront multiples, même si elles sont la ressource en eau doit être pris très au sérieux, pour l’instant peu documentées. en particulier dans le sud, où des températures élevées conjuguées à une perturbation des cycles hydrologiques pourrait entraîner des sécheresses répétées et persistantes. Les exploitations forestières pourraient également pâtir de cette tendance, avec une baisse des rendements et une multiplication des incendies. De même, l’augmentation des températures maximales et la survenue de vagues de chaleur plus - 52 - Le risque climatique ne doit donc pas être pris à la légère. S’il fallait encore s’en convaincre,les inquiétudes exprimées par les assureurs124 et leur activisme sur la question suffiraient pour prendre la mesure du problème : alors qu’à l’échelle mondiale les catastrophes naturelles n’ont jamais coûté si cher aux compagnies d’assurance et de réassurance, certains experts s’interrogent sur la péren- II. A1-Des territoires et des populations menacés par les changements climatiques nité du système privé d’assurance face à un dérèglement climatique généralisé. En France, une augmentation des tempêtes, crues, Un autre risque, relatif cette fois à notre système énergétique, illustre la fragilité de notre société face au réchauffement : lors d’une canicule inondations, glissements de terrain, coulées de comme celle de l’été 2003, le refroidissement des boue et autres incidents climatiques aurait des conséquences humaines et matérielles qui pèseraient lourdement sur les mécanismes d’assurance et d’aide aux sinistrés, tout en affectant centrales nucléaires par pompage des eaux fluviales pourrait être insuffisant125, ce qui imposerait fortement la vie quotidienne, les infrastructures et l’économie dans son ensemble. leur arrêt en urgence au moment même où un recours massif à la climatisation se traduirait par un pic de la demande d’électricité... II. A1-Des territoires et des populations menacés par les changements climatiques - 53 - A2 - Des décisions qui pèsent fortement sur les émissions françaises de GES L’ancrage territorial, enjeu majeur de la maîtrise des émissions françaises de GES Si l’engagement de stabilisation des émissions française de GES a été pris au niveau national, sa mise en œuvre ne dépend pas que des décisions de l’Etat, mais suppose une implication forte de l’ensemble des acteurs économiques et institutionnels. Qu’il s’agisse des communes et leurs groupements, des agglomérations, des départements ou des régions, les collectivités territoriales ont un rôle essentiel à jouer. En effet, leurs décisions sont susceptibles d’influer significativement les émissions de GES, directement ou indirectement, et ce dans des domaines de compétence aussi variés que les transports, l’urbanisme, l’habitat, l’énergie ou les déchets. Les collectivités locales sont par exemple consommatrices d’énergie via leurs flottes de véhicules, leurs bâtiments ou encore l’éclairage public. Elles offrent également des services en matière de transports, de déchets ou de distribution d’énergie (chauffages urbains notamment). Elles jouent aussi de plus en plus souvent un rôle dans la production d’énergie, éventuellement renouvelable. Au total, les collectivités locales représentent ainsi 15% des émissions françaises de GES126. Mais cette responsabilité peut être estimée à près du quart des émissions françaises si l’on intègre les effets indirects de leurs choix en matière d’habitat, d’aménagement, d’urbanisme et de transport. - 54 - Cette influence notable des collectivités territoriales sur les émissions nationales de GES est pour partie le produit des multiples transferts de compétences qui ont accompagné les lois successives de décentralisation, mais aussi d’autres évolutions législatives qui ont consacré et accru leur rôle dans de nombreux domaines liés à la problématique du changement climatique (voir le tableau des différents domaines de compétences en annexe). Les communes et les groupements de communes ont ainsi des responsabilités relativement nouvelles en matière d’urbanisme et de transports (élaboration des plans locaux d’urbanisme, des schémas de cohérence territoriale, etc.). Les départements sont désormais gestionnaires d’une partie des routes nationales, et les régions ont vu leurs compétences se développer très fortement dans le domaine de l’aménagement et du développement du territoire, y compris dans le domaine des transports. Du fait de cette évolution, les actions et les décisions des collectivités territoriales ont plus que jamais des conséquences sur l’augmentation ou sur la diminution des émissions nationales de GES et donc sur la capacité de la France à respecter les engagements pris à Kyoto, mais aussi, compte tenu de l’inertie des secteurs concernés (habitat, urbanisme, transports...) sur l’évolution à plus long terme de nos émissions. II. A2- Des décisions qui pèsent fortement sur les émissions françaises de GES Qu’ils soient élus ou administratifs, les décideurs territoriaux sont donc appelés à intégrer le paramètre « climat » et à faire Les responsables politiques locaux, en particulier, peuvent par leur implication déterminée jouer un rôle clef dans l’indispensable ancrage territo- preuve d’un engagement fort en faveur rial de la politique nationale de lutte contre le des options permettant une diminution durable des émissions et particulièrement celles du secteur des transports. changement climatique. Les collectivités locales appelées à se mobiliser contre le changement climatique Le Programme National de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC, 2000) du gouvernement Jospin, après avoir rappelé que « l’an- pour l’aménagement et le développement durable du territoire (LOADDT), ainsi que par la réalisation des plans locaux d’urbanisme (PLU) et des crage territorial constitue l’une des conditions du succès de la politique nationale de lutte contre l’effet de serre », indiquait que la lutte contre le schémas de cohérence territoriale (SCOT) prévus par la loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains (Loi SRU). réchauffement de la planète devait désormais « être intégrée dans les décisions et les choix d’investissement des collectivités territoriales »127. Parallèlement, la Mission Interministérielle de l’Effet de Serre a développé fortement son action « climat » en direction des collectivités, en Déjà encouragée par la loi sur l’air et l’utilisation renforçant ses échanges avec les acteurs territoriaux et décentralisés, en suivant, accompagnant ou initiant des actions pilotes, mais aussi en publiant un « Mémento des décideurs » pour aider rationnelle de l’énergie du 31 décembre 1996 (LAURE) et ses plans de déplacement urbains (PDU), cette volonté s’est traduite de diverses façons au cours de la législature 1997-2002. les collectivités locales à intégrer la dimension effet de serre dans leurs choix et leurs actions128. Les contrats de plan État-Régions couvrant la période 2000-2006 étaient censés intégrer Le changement de majorité de 2002 n’a pas de façon explicite la question de la réduction des fondamentalement changé la donne : la déclinai- émissions de GES. Quatre thèmes, considérés comme stratégiques en raison de leur impact struc- son territoriale de la lutte contre le changement climatique reste un impératif. Lors de turel et de leur importance pour l’environnement, la présentation publique du second bilan constituaient ainsi un bloc de contractualisation obligatoire : l’aménagement du territoire et l’urbanisme, les transports, l’efficacité énergétique et du PNLCC, en novembre 2002, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin déclarait : « il est évident que les collectivités locales doivent se sentir enga- les énergies renouvelables, mais aussi l’informa- gées, (...) et faire en sorte que cette conscience tion, la sensibilisation et la formation. Mais l’implication des collectivités locales devait aussi passer par la mise en oeuvre des schémas de service collectif énergie et transports prévus des changements climatiques puisse être vécue au niveau territorial »129. par la loi du 25 juin 1999 relative à l’orientation II. A2- Des décisions qui pèsent fortement sur les émissions françaises de GES - 55 - Peu de temps auparavant s’étaient tenues à Strasbourg les premières assises internationales sur la maîtrise de l’effet de serre par les l’adoption de plans locaux de lutte contre l’effet de serre, une démarche exemplaire que les pouvoirs publics nationaux aimeraient voir se collectivités locales, en présence d’une cinquan- généraliser : le Plan Climat 2004 fait ainsi de taine d’élus français. La « Déclaration de Strasbourg » signée à l’issue de ces assises, après avoir souligné que « les collectivités locales et la mise en place de Plans Climat Territoriaux une des huit orientations fortes de l’action gouvernementale 131 , renforçant par rapport au PNLCC de 2000 l’accent mis sur l’ancrage territorial de la politique nationale de lutte contre le changement climatique. territoriales ont un rôle de premier plan à jouer » dans la lutte contre le changement climatique, appelait les élus locaux à se mobiliser et à « soutenir et favoriser toutes les mesures possibles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre »130. Cette prise de conscience émergente s’est d’ailleurs traduite dans certaines collectivités par La publication du guide « Un Plan Climat à l’échelle de mon territoire » en 2005 est venue confirmer l’importance croissante accordée à l’implication des collectivités locales132. La question des transports, au coeur des responsabilités des décideurs locaux L’importance de l’ancrage territorial de la lutte contre le changement climatique est particulièrement évidente dans le domaine des transports. Les champs de compétences des diverses collectivités territoriales leur confèrent en effet une responsabilité majeure vis-à-vis de l’évolution des émissions de GES liées à ce secteur. Bien entendu, la question se pose avec une acuité particulière pour les villes et leurs périphéries : il s’agit en effet de prendre sans attendre les décisions volontaristes et structurantes qui permettront de contenir l’étalement urbain et de rétablir la diversité fonctionnelle des quartiers et des banlieues, afin de limiter les besoins de déplacements. Les communes et les groupements de communes, par exemple, sont amenés à mettre en œuvre des L’enjeu de long terme est fondamental, même politiques d’urbanisme et de transports dont les si le poids du passé confère une grande inertie orientations présentes et futures auront un impact déterminant sur la capacité de la France à maîtriser puis à réduire ses émissions. En intégrant le paramètre climatique dans les sché- aux espaces urbains et péri-urbains : si les choix en matière d’aménagement et d’urbanisme ne sauraient produire des effets rapides, ce sont ces choix qui engagent vraiment l’avenir, bien mas de cohérence territoriale (SCOT) et les plans locaux d’urbanisme (PLU), communes et grou- plus que des décisions telles que l’acquisition de véhicules « propres ». pements de communes pourraient en particulier Il appartient par ailleurs aux collectivités locales exercer à l’échelle de leurs territoires une influence décisive sur la demande de transport, dont la diminution doit être l’objectif premier de toute politique de réduction des émissions du secteur133. d’articuler leurs actions en matière d’urbanisme et d’aménagement avec une organisation dynamique des transports urbains, visant à réduire leurs impacts en termes d’émissions. - 56 - II. A2- Des décisions qui pèsent fortement sur les émissions françaises de GES L’objectif cette fois est de s’appuyer sur des instruments tels que les plans de déplacement urbains (PDU) pour promouvoir une politique Les compétences des régions ont été élargies, et elles se retrouvent aujourd’hui plus que jamais en position d’exercer un rôle clef sur l’évolution globale des transports axée sur le recul des dépla- des émissions liées aux transports, que ce soit cements motorisés et sur le développement des modes les moins émetteurs. par le biais des schémas régionaux d’aménagement et de développement du territoire (SRADT), qui intègrent un schéma régional des infrastructures et des transports (SRIT), ou par le Les efforts consentis par les villes et les agglomérations doivent trouver un relais au niveau départemental, car les conseils généraux ont également une compétence en matière d’aménagement de l’espace et d’équipement, ainsi qu’en biais de l’organisation des services de transport de personnes (transport routier non urbain et transports ferroviaires). matière d’organisation des transports routiers nonurbains de personnes, dont les transports scolaires et la mise en place de Plans départementaux (ser- Qu’il s’agisse des communes et groupements de communes, des départements ou des régions, les collectivités territoriales peuvent donc agir vices réguliers et services à la demande). à la fois sur la demande de transports et sur la répartition modale. De leur engagement au service de ce double objectif dépendra pour Au delà de l’échelon départemental, c’est au niveau des régions que se manifeste l’importance des collectivités territoriales dans la maîtrise des émissions de GES liées aux transports. une large part le succès à court, moyen et long termes de la politique française de réduction des émissions de GES liées aux transports. II. A2- Des décisions qui pèsent fortement sur les émissions françaises de GES - 57 - B - TRANSVERSALITE ET PARTICIPATION POUR UNE STATEGIE D’ACTION COHERENTE B1 - La par ticipation, un enjeu majeur Une approche transversale et participative pour impliquer des acteurs multiples Pour une collectivité locale, réduire les émissions de GES liées aux transports suppose en premier lieu de prendre conscience de la multiplicité des acteurs à impliquer, liée à la transversalité thématique/géographique/institutionnelle du champ d’action considéré. Cette transversalité a une première conséquence, d’ordre interne : au sein même de chaque collectivité territoriale, les responsabilités sont le plus souvent partagées entre différents services, notamment en matière d’aménagement, de transports et d’environnement (la situation est d’ailleurs identique au niveau des administrations d’État, qu’elles soient centrales ou déconcentrées). Organisés sur la base de compétences et de budgets spécifiques, insérés dans un fonctionnement hiérar- accompagné l’essor de la civilisation motorisée : celle-ci a permis le développement de nouvelles formes d’organisation de l’espace, avec des lieux de vie et d’activité souvent disséminés le long des axes de déplacement rapide, et qui ignorent donc les « frontières » administratives. Les villes-centres, en particulier, doivent gérer ce changement d’échelle dès lors qu’elles se fixent pour objectif de mieux réguler les transports : une proportion croissante des déplacements urbains y sont le fait de personnes qui ne résident pas dans la ville elle-même, mais dans des communes périphériques ou plus lointaines encore. Les territoires pratiqués par une population ultra-motorisée sont ainsi multiples, ce qui chisé et pyramidal, ces services ont pourtant vocation à agir de concert sur la thématique transports rend indispensables des approches transversales associant, par delà les découpages institutionnels, l’ensemble des collectivités territoriales concernées, l’objectif étant d’élaborer et climat. C’est pourquoi, à l’image de l’ensemble puis d’appliquer ensemble des décisions conver- des problématiques du développement durable, gentes et cohérentes. Il s’agit là d’une tendance agir dans le sens d’une réduction des émissions liées aux transports suppose une remise en cause lourde, qui concerne la plupart des champs d’ac- interne des modes de fonctionnement et d’organisation administrative, axée sur le décloison- de décentralisation, la loi d’orientation pour l’amé- nement des services et sur la formation des élus comme des agents, afin que puisse se développer au sein de chaque collectivité une culture « climat » transversale et orientée vers l’action. Mais une collectivité peut rarement maîtriser seule les différents paramètres qui influent sur la question des transports. Ce constat est lié en premier lieu aux évolutions urbaines qui ont - 58 - tion des collectivités locales : les lois successives nagement et le développement durable du territoire (LOADDT) et la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (Loi SRU), pour ne citer qu’elles, convergent toutes vers la mise en place de cadres et de projets transversaux. Les communautés de communes, les pays ou les agglomérations offrent par exemple en matière de transports des possibilités renforcées de coopération intercommunale, tandis que l’élaboration II. B1- La participation, un enjeu majeur des plans locaux d’urbanisme (PLU) et des schémas de cohérence territoriale (SCoT) est par nature un processus transversal. oreille favorable, la participation des autres usagers au processus de décision n’est guère encouragée. Résultat, la concertation tourne rapidement à l’af- Les services déconcentrés de l’État, évidem- frontement entre les décideurs porteurs des pro- ment, sont aussi associés de près à la définition et à la mise en œuvre des politiques locales ayant un impact sur les transports, ce qui renforce encore la dimension plurielle du jeu des acteurs jets et les riverains qui s’y opposent, ce qui ne favorise pas l’émergence de solutions collectives. Exigence démocratique justifiée par l’asso- institutionnels. Dans ce contexte, caractérisé par une nouvelle répartition des compétences et par un certain nombre de controverses financières opposant les collectivités territoriales et l’État central, seule une logique de partenariat transversal peut déboucher ciation des gens aux décisions qui les concernent, le choix d’une approche participative ouverte aux habitants, aux usagers et aux associations est donc aussi une nécessité pragmatique. De fait, si une collectivité peut sans souci de concertation imposer ses choix en faveur de telle ou telle infrastructure, le succès d’une politique visant à limiter les déplacements motorisés dépendra pour une large part de la sur la formulation et la mise en œuvre des politiques et des mesures nécessaires pour réduire les émissions de GES liées aux transports. façon dont les usagers s’approprieront cet objectif et contribueront à sa réalisation. Réduire les émissions Mais le partenariat ne doit pas s’arrêter aux institutions locales et aux administrations étatiques déconcen- Pratique du roller par de jeunes dijonnais sur la Cours de Gaulle trées : individus ou entreprises, les acteurs privés doivent prendre pleinement part aux processus de décision, ne serait-ce que parce qu’ils sont en tant qu’usagers les premiers concernés. Depuis une dizaine d’années, d’ailleurs, une logique de liées aux transports suppose des changements de comportement de la part de tous, et il est tout simplement plus efficace par rapport à cet objectif de prendre en compte les pratiques, les constats et les attentes des usagers. Pour un territoire donné, l’évolution des trans- services se substitue progressivement à la logique ports dépend en effet de décisions et d’actions d’infrastructures qui dominait les politiques de transport : la démarche, à l’image des schémas de multiples, faisant intervenir, au-delà des collec- services collectifs transports définis par la nombreux : individus, familles, usagers, com- LOADDT, consiste désormais à placer les usagers au coeur de la programmation des transports, tout merces, entreprises, associations, etc. en considérant les dimensions économiques, succès sans impliquer et mobiliser ces acteurs, sans s’assurer de leur soutien et de leur participation, sans les associer d’emblée à l’élaboration d’une stratégie d’action véritablement co-produite. sociales et environnementales des options examinées afin de privilégier les plus avantageuses pour la collectivité. Mais si les intérêts économiques tels qu’exprimés trop souvent par les chambres de commerce et d’industrie trouvent auprès des décideurs une tivités et des services de l’État, des acteurs très Il serait donc tout à fait vain d’espérer agir avec Approche participative et démocratie locale sont ainsi des éléments clés d’une politique de maîtrise des émissions de GES liées aux transports. II. B1- La participation, un enjeu majeur - 59 - Mettre en place un processus authentiquement participatif Motivé par la nécessité d’impliquer l’ensemble des acteurs concernés, le choix d’une approche impacts de nos comportements doivent être participative offre de réels avantages, en particulier parce que ce type d’approche permet de construire une vision commune des questions qui se posent et des réponses qui peuvent leur être apportées. responsabilisés, sont encouragés à s’impliquer. Mais si l’adhésion aux enjeux peut être renfor- La participation est ainsi un gage de succès, parce qu’elle débouche sur des décisions mieux éclairées et mieux partagées. connus de chacun. Les différents acteurs, ainsi cée par un effort d’information et de formation, la co-production d’une stratégie de réponse suppose de mettre en place des régles du jeu véritablement ouvertes. Les acteurs engagés dans ce processus participatif doivent ainsi avoir accès en toute transparence aux données et aux infor- Comme l’a souligné l’Agenda 21 adopté lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, les collectivités locales, en optant pour la concertation et la mations pertinentes : dossiers techniques, études d’impact, évaluations socio-économiques, etc. Il faut ensuite garantir la pluralité des experti- recherche du consensus, se donnent les moyens ses et des analyses, ce qui suppose en particulier le concours d’associations disposant des compétences humaines et des moyens financiers qui leur permettront de développer un discours auto- « de s’instruire au contact des habitants et des associations locales, civiques, communautaires, commerciales et industrielles » mais aussi « d’ob- De fait, les usagers ont souvent une perception assez claire des problèmes auxquels ils sont nome et des propositions alternatives. Dans la même optique, le financement d’expertises indépendantes peut être prévu et budgeté dans le cadre de projets d’infrastructures ou d’ur- confrontés au quotidien : les associer étroitement à l’élaboration et à la mise en place d’une politique de réduction des émissions de GES liées aux transports permet de tenir compte de leurs besoins réels, banisme dès le début de la concertation. Alors que le coût de ces études sera le plus souvent infinitésimal par rapport au montant total des projets envisagés, leurs résultats sont suscepti- et ainsi de proposer des solutions plus efficaces par rapport aux objectifs poursuivis. bles d’enrichir significativement le débat. tenir l’information nécessaire à l’élaboration des stratégies les plus appropriées »134. Par ailleurs, la co-production des choix straté- Par ailleurs, il ne s’agit pas de proposer une concer- giques entraîne une meilleure acceptation des tation pour ensuite ignorer les avis formulés. Si mesures nécessaires : la légitimité des décisions prises en sort renforcée, et leur mise en oeuvre le terme du processus est évidemment la prise de s’en trouve facilitée. L’enjeu n’est pas négligeable : des mesures précoces mais progressives, bien comprises et acceptées, sont préférables à des mesures drastiques et soudaines, imposées par l’évolution de la situation et vécues comme autant de contraintes inacceptables. La sensibilisation à la problématique des changements climatiques est donc un préalable indispensable : les risques encourus comme les - 60 - ©Greenpeace/Morgan Sommet de la Terre 1992, Rio de Janeiro, Brésil II. B1- La participation, un enjeu majeur décision, qui tranchera au nom de l’intérêt collectif, les acteurs appelés à s’investir dans la réflexion doivent avoir la certitude que leurs contributions De même, les décideurs peuvent craindre un processus qui échapperait à leur contrôle et remettrait en cause des orientations préalablement arrêtées. seront prises en considération et que leur partici- La crainte de voir s’exprimer de façon trop visi- pation ne sera pas vaine. ble certains conflits d’intérêts peut également conduire élus et services à préférer les négociations de coulisses aux explications publiques. La mise en place d’ une approche participative suppose donc dans le champ politique des changements culturels assez importants. D’abord, les élus comme les services doivent accepter l’existence d’une expertise d’usage, nourrie au quotidien par l’expérience et le bon sens, face à l’expertise technique trop souvent domi- Enfin, les approches participatives, qui supposent de prendre le temps du débat démocratique, sont parfois considérées comme une cause inutile de délais par rapport au désir d’afficher rapidement des actions concrètes. née par des intérêts industriels ou corporatistes. Mais l’obstacle principal réside dans les réticences des élus et autres responsables face au principe Il n’en reste pas moins que la meilleure façon de répondre au défi posé aux collectivités terri- même d’une co-production de la décision. Une démarche participative ouverte peut en effet être perçue par les décideurs traditionnels comme une menace pour leur légitimité d’élus toriales par la nécessaire réduction des émissions de GES liées aux transports est d’accepter et de favoriser une large implication des acteurs concernés, et en particulier ou de techniciens. des usagers-citoyens. La participation : une exigence démocratique confortée par le droit Adoptée en juin 1992 dans le cadre du Sommet de la Terre, la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement durable135 proclame tés en 1998 par la signature de la Convention sur l’accès à l’information, la participation du d’environnement est d’assurer la participation de tous les citoyens concernés ». public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement ou Convention d’Åarhus136. Le droit communautaire est en cours d’aligne- Reconnaissant ainsi la participation comme un ment sur la Convention137, qui a par ailleurs été principe fondamental du développement durable, la Déclaration de Rio précise que « chaque indi- définitivement approuvée par l’Union européenne en février 2005138. que « la meilleure façon de traiter les questions vidu doit avoir dûment accès aux informations La France, qui a ratifié la Convention d’Åarhus en relatives à l’environnement que détiennent les juillet 2002, doit elle aussi encore faire évoluer sa législation relative à la participation du public en matière de protection de l’environnement, autorités publiques (...) et avoir la possibilité de participer aux processus de prise de décision », mais aussi que les États doivent assurer « un accès effectif à des actions judiciaires et administratives, notamment des réparations et des recours ». même si le droit français intégre déjà largement les exigences mises en avant par la Convention. La loi Barnier de 1995, reconnaissant le Ces trois piliers de l’implication des citoyens à la protection de l’environnement ont été confor- « principe de participation », avait ainsi rendu possible l’organisation d’un débat public II. B1- La participation, un enjeu majeur - 61 - pendant la phase d’élaboration des grandes opérations d’aménagement « ayant un impact significatif sur l’environnement »139 et mis en place à cette fin la Commission nationale du débat public (CNDP). La LOADDT de 1999 a pour sa part prévu que les citoyens soient « associés » à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation de la politique nationale d’aménagement et de développement du territoire140. La loi SRU de 2000 a ensuite intégré les principes de la Convention d’Åarhus dans le domaine de l’urbanisme, une concertation devant en particulier être organisée lors de l’élaboration des SCoT et des PLU141. En associant plus largement les citoyens aux décisions locales et aux grands projets d’aménagement, la loi de 2002 sur la démocratie de proximité142 a encore renforcé cette tendance, de même que les lois de décentralisation de 2003 et 2004143. Enfin, clef de voûte du droit français en la matière, la Charte de l’environnement de 2005, qui fait partie du bloc de constitutionnalité, dispose dans son article 7 que « toute personne a le droit ... - 62 - d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement »144. Depuis une dizaine d’années, le droit français a ainsi accordé une importance croissante à la participation pour les questions ayant trait à l’environnement, à l’aménagement du territoire, à l’urbanisme et aux infrastructures de transport. Cette tendance lourde s’applique en premier lieu dans le cas de projets précis, mais elle s’étend aussi de plus en plus à l’élaboration des stratégies elles-mêmes, c’est-à-dire à la définition de cadres structurants, à l’image des PLU, des SCoT, ou encore des Agenda 21 ou des Plans Climat Territoriaux. L’enjeu démocratique est de première importance : il s’agit, dans une perspective de long terme, d’associer les citoyens à la formulation d’orientations collectives cohérentes et convergentes sur des questions qui engagent l’avenir de tous. II. B1- La participation, un enjeu majeur Une démarche participative sur le changement climatique en Poitou-Charentes Le conseil régional Poitou-Charentes, après s’être fixé comme ambition de respec- ter à l’échelle régionale l’objectif de stabilisation accepté par la France au titre du Protocole de Kyoto, a fait le choix d’engager une démarche participative visant à associer les acteurs économiques et sociaux ainsi que les habitants à la formu- lation d’une stratégie régionale de lutte contre le changement climatique145. Actant la nécessité d’une approche ascendante et démocratique, cette démarche participative a été pré- cédée par l’établissement fin 2004 d’un diagnostic de la situation, associant un bilan des consommations énergétiques et un bilan des émissions de GES, et par une série de conférences d’information et de sensibilisation du grand public. Cette première étape a permis d’identifier une série de 12 thématiques prioritaires, puis de mettre en place, à l’automne 2005, un « Forum Initiatives Climat » rassemblant dans le cadre d’ateliers 300 acteurs régionaux, représentant les collectivités territoriales, les entreprises et le grand public. L’objectif de ce forum participatif était que ces acteurs régionaux « s’approprient les enjeux du changement climatique et réfléchissent ensemble à la proposition d’alternatives » 146. Chacun des 12 ateliers regroupait une vingtaine de personnes et était animé par deux référents, chargés de nourrir et de stimuler le débat, accompagnés tout au long de la démarche par Pierre Radanne, ancien président de l’ADEME et auteur en 2004 d’un rapport sur le « facteur 4 »147, ainsi que par un coordinateur de la délégation régionale de l’ADEME. Trois sessions de travail ont été organisées, chaque atelier disposant par ailleurs d’une plate-forme d’échanges accessible par internet. Porte-parole des différents ateliers, les référents en ont rédigé les comptes-rendus, lesquels, après validation par les autres participants, ont alimenté une synthèse rédigée par Pierre Radanne sous la forme d’un Livre Blanc intitulé Réussir la lutte contre le changement climatique en Poitou-Charentes 148. Cette synthèse, qui a été soumise aux référents des différents ateliers afin d’en garantir l’intégrité, a été publiée en mars 2006 et constitue la base à partir de laquelle sera élaboré un « Plan Initiatives Climat en Poitou- Charentes » visant la stabilisation des émissions régionales à leur niveau de 1990 sur la période 2006-2010 et préparant leur division par 4 à l’horizon 2050. Un « Comité régional Initiatives Climat » a également été mis en place, composé des référents des ateliers, de la région et de l’ADEME, pour prolonger la réflexion et suivre les actions envisagées à l’issue de cette première phase d’investissement collectif. Première région à engager une démarche participative d’une telle ampleur sur ce thème, Poitou-Charentes a été nominée, dans la catégorie collectivités, au concours « Planètes Gagnantes 2005 » de l’ADEME. Au delà de ce succès d’estime, la région, qui mise sur le développement d’un pôle de compétitivité Éco-industries axé sur la problématique effet de serre, entend également faire de sa stratégie climat un atout économique... II. B1- La participation, un enjeu majeur - 63 - Évaluation environnementale et participation aux décisions stratégiques Le droit français comprend un certain nombre de dispositions qui consacrent le principe de l’évaluation en amont des décisions visant à défi- résumant « la manière dont il a été tenu compte du rapport établi » et « les motifs qui ont fondé les choix opérés (...) compte tenu des diverses solutions envisagées ». nir des orientations stratégiques en matière d’aménagement du territoire, de transports ou d’urbanisme. La transposition en 2004 de la directive européenne 2001/42/CE relative à l’éva- (ii) Une procédure d’évaluation similaire est imposée par le code de l’urbanisme (articles luation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement a été de ce point de vue une étape importante : L12110 à L121-15) pour les directives territoriales d’aménagement et pour les schémas de cohérence territoriale, ainsi que pour les plans (i) Les code de l’environnement (articles L122-4 à L122-11) impose désormais une évaluation environnementale des « plans, schémas, program- locaux d’urbanisme susceptibles d’avoir des effets notables sur l’environnement. Il s’agit, comme pour l’évaluation environnementale des documents de planification visés par le mes et autres documents de planification adoptés par l’État, les collectivités territoriales ou leurs groupements et les établissements publics en dépendant ». En matière d’aménagement du territoire et de transports, cette obligation s’applique aux plans de déplacement urbains et aux schémas multimodaux de services collectifs de transports. L’évaluation environnementale de ces documents de planification doit permettre d’établir un rapport « qui identifie, décrit et évalue les effets notables que peut avoir (leur) mise en oeuvre (...) sur l’environnement ». Le rapport doit aussi recenser code de l’environnement, de décrire et évaluer « les incidences notables (...) sur l’environnement » des documents d’urbanisme concernés, de présenter « les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser (leurs) incidences négatives » et, enfin, d’expliquer pourquoi le projet stratégique faisant l’objet de l’évaluation a été retenu de préférence aux autres « partis d’aménagement envisagées ». Ces informations sont communiquées au public dans le cadre des procédures de concertation prévues par la loi pour l’élaboration des documents « les mesures prévues pour réduire et, dans la d’urbanisme concernés. Par la suite, quand le document de planification mesure du possible, compenser les incidences négatives notables que l’application du plan peut définitif a été approuvé ou non par l’autorité compétente, celle-ci le met à la disposition du public, avoir sur l’environnement ». qui sait ainsi comment il a été tenu compte des conclusions de l’évaluation et quels sont les Enfin, les « autres solutions envisagées » doivent être présentées, ainsi que les raisons qui ont présidé au choix des orientations stratégiques faisant l’objet de l’évaluation. Le rapport est rendu public avant l’adoption définitive du document de planification évalué. Par la suite, lorsque le plan ou le document aura été adopté, l’autorité qui l’a arrêté devra le mettre à la disposition du public, complété par une déclaration - 64 - « motifs qui ont fondé les choix opérés (...) compte tenu des diverses solutions envisagées ». Ces dispositions constituent des avancées importantes du droit de l’environnement : alors que l’évaluation portait essentiellement sur des projets spécifiques et intervenait à un stade où les possibilités de changements significatifs II. B1- La participation, un enjeu majeur étaient généralement minces, elle intervient dés- L’association du public au processus d’éva- ormais aussi au stade de l’élaboration des grandes orientations stratégiques, c’est-à-dire nette- luation environnementale des plans et programmes visant à définir des orientations stra- ment plus en amont. L’enjeu n’est pas négligeable dans la mesure où cette nouvelle obligation légale vient s’inscrire dans le cadre d’une évolution générale vers une tégiques en matière d’aménagement du territoire, de transports et d’urbanisme peut en effet contribuer à une meilleure prise en compte du facteur climat dans ces documents plus grande participation du public aux décisions ayant des implications environnementales. de planification. L’intégration du tramway au paysage urbain de Nice a été une préoccupation dés la conception du projet Vue en perspective du futur tramway à Comte de Falicon Source : mission tramway II. B1- La participation, un enjeu majeur - 65 - La participation en France : des instances et des dispositifs en grand nombre De la Commission nationale du débat public aux conseils de quartiers, les instances et les dispositifs de participation citoyenne mis en place en France sont de plus en plus nombreux : (i) Depuis sa création en 1995, la Commission nationale du débat public (CNDP) a vu son rôle se consolider au rythme des lois renforçant progressivement les modalités de participation du public au processus de décision. La loi de 2002 sur la démocratie de proximité, en particulier, a transformé la CNDP en autorité admi- nistrative indépendante, tout en étendant son champ de compétence et en élargissant les conditions de sa saisine par les collectivités locales. La CNDP a pour mission d’organiser la concertation publique sur les projets d’aménagement ou d’équipement d’intérêt national dont elle est saisie*. Sont visés les projets qui présentent de forts enjeux socio-économiques ou qui ont des impacts significatifs sur l’environnement ou l’aménagement du territoire. La participation du public doit être assurée pendant toute la phase d’élaboration du projet et peut prendre la forme d’un débat d’une durée maximale de six mois sur son opportunité, ses objectifs et ses carac- téristiques principales, selon des modalités définies par la CNDP. Celle-ci publie ensuite un compte rendu du débat public et en dresse le bilan, le maître d’ouvrage ou la personne publique responsable du projet ayant alors trois mois pour prendre une décision relative au principe et aux conditions de la poursuite du projet - le porteur du pro- jet n’est donc en rien engagé par les conclusions du débat public... Enfin, il convient de noter que la CNDP, audelà d’opérations spécifiques d’aménagement ou d’équipement, peut organiser, sur saisine conjointe du minis- tère chargé de l’environnement et du ministère intéressé, un débat public portant sur des options générales en matières d’environnement ou d’aménagement**. * En dehors des projets les plus importants pour lesquels la saisine est obligatoire, la CNDP peut être saisie par le maître d’ouvrage ou par la personne publique responsable du projet, mais aussi par dix parlementaires ou par un conseil régional, un conseil général, un conseil municipal ou certains établissements publics de coopération intercommunale, sans oublier les associations agréées de protection de l’environnement exerçant leur activité sur l’ensemble du territoire national. ** Voir à ce sujet le récent débat public sur la politique des transports dans la vallée du Rhône et l’Arc Languedocien : www.debatpublic-transports-vral.org (ii) Les conférences de consensus, expérimentées dès les années 1970 aux États-Unis dans le domaine médical, ont été ensuite popularisées en Europe par le Danemark, qui depuis 1987 en a développé la pratique et le concept, tranformant ce qui à l’origine était un dispositif pour experts en une forme nouvelle de participation. L’objectif est en effet de réunir un panel de citoyens profanes autour d’une pro- blématique scientifique et technologique d’intérêt général mais suscitant de vives controverses. Après une formation préparatoire, le panel de citoyens débat publiquement avec des scientifiques et des experts, mais aussi avec des représentants du monde politique, économique et associatif. Au terme de la conférence, les membres du panel rédigent un rapport public contenant leurs avis et recommandations. En France, où l’objectif, contrairement à la pratique danoise, n’est pas forcément le consensus au sein du panel (des avis divergents peuvent être exprimés), trois conférences de citoyens ont été organisées depuis 1998, dont une sur les changements climatiques en 2002 *. Les pouvoirs publics, toutefois, ne se sont pas sentis tenus d’en suivre les recommandations... * Voir www.cite-sciences.fr - 66 - II. B1- La participation, un enjeu majeur (iii) Créées par la LOADT de 1995, les conférences régionales d’aménagement et de déve- loppement du territoire (CRADT) ont vu leur composition et leur mission élargies par la LOADDT de 1999. Coprésidée par le préfet de région et le président du conseil régional, chaque CRADT réunit des représen- tants de l’État, des conseillers régionaux, les présidents des conseils généraux, des représentants des exécutifs des communes et groupements de communes, des membres du conseil économique et social régional, des représentants des organisations syndicales et professionnelles et, enfin, des représentants du monde associatif, ces derniers étant désignés par le préfet de région. Les CRADT sont consultées sur les pro- jets de schémas de services collectifs nationaux et contribuent à l’élaboration des schémas régionaux d’amé- nagement et de développement du territoire et de leurs schémas régionaux de transport. La LOADDT a par ailleurs institué de nouvelles instances de concertation, cette fois au niveau des pays et des agglomérations, les conseils de développement. Composés de représentants des milieux économiques, sociaux, cultu- rels et associatifs, ils n’ont aucun pouvoir décisionnel mais sont associés à l’élaboration des chartes de pays et des projets d’agglomération. Ils peuvent aussi être consultés sur toute question relative à l’aména- gement et au développement des territoires concernés. Librement organisés, ils sont la plupart du temps structurés en collèges regroupant leurs diverses composantes civiles, tout en fonctionnant sur la base de commissions de travail thématiques. (iv) Au niveau des villes, ce sont les conseils de quartier prévus par la loi de 2002 sur la démocratie de proximité qui offrent un structure institutionnalisée de participation citoyenne à la prise de décision. Obligatoires dans les villes de plus de 80 000 habitants, facultatifs dans celles qui en comptent entre 20 000 et 79 999, ces conseils ont surtout un rôle consultatif : leur composition et leurs modalités de fonctionnement sont fixées par le conseil municipal, qui décide également des moyens éventuels dont ils disposent pour leur fonctionnement, et le maire est libre de les associer ou non à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des actions les concernant. Toutefois, les conseils de quartiers peuvent faire des propositions sur toute question relative au quartier ou à la ville. (v) Enfin, les lois de décentralisations de 2003 et 2004 ont mis en place et inscrit dans la Constitution (article 72-1) deux possibilités jusqu’alors inédites de participation : le droit de pétition et le référendum décisionnel local. Par l’exercice du droit de pétition, les électeurs de chaque collectivité peuvent désormais demander que soit inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée délibérante de cette collectivité une question relevant de sa compétence. En particulier, un cinquième des électeurs (dans une commune) ou un dixième (pour les autres collectivités) peut demander l’organisation d’une consultation sur toute affaire relevant de la compétence de la collectivité. Par ailleurs, toutes les collectivités territoriales peuvent désormais organiser un référendum décisionnel local par lequel elles soumettent à leurs électeurs un projet de délibération ou d’acte dans un domaine relevant de leur compétence. Pour être adopté, le projet ainsi soumis à référendum doit réunir la majorité des suffrages exprimés, avec une participation supérieure à 50% des électeurs inscrits. II. B1- La participation, un enjeu majeur - 67 - B2 - Construire une stratégie d’action cohérente Agendas 21 locaux, Plans climat territoriaux : les avantages des approches intégrées L’intégration des problématiques environnementales dans les stratégies des collectivités locales n’est pas toujours chose facile. L’explication tient pour partie à la multiplicité et à la complexité des dispositifs à vocation structurante, que leur mise en place soit imposée (PLU, SCoT) ou volontaire (Agendas 21 locaux, Plans climat territoriaux). Pourtant, ces dispositifs, convenablement articulés, pourraient définir un projet de territoire global et cohérent, conçu comme un ensemble convergent de réponses aux défis humains et environnementaux auxquels sont confrontées les collectivités. Urbanisme et transports, projets d’agglomération ou de pays : la loi incite déjà les collectivités territoriales à intégrer le développement durable dans leurs politiques sectorielles et leurs orientations stratégiques. Mais l’action des collectivités en vue de réduire les émissions de GES liées aux transports a vocation à s’inscrire dans le cadre de démarches plus larges que sont les Agendas 21 locaux et les Plans climat territoriaux, ou du moins à s’inspirer des mêmes principes. Il agglomérations, communautés urbaines, départements, régions, etc. Cette progression est pour partie liée à l’évolution du contexte législatif, avec en particulier la LOADDT de 1999149 et la loi SRU de 2000150, mais aussi la loi relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale de 1999151 et la loi relative à la démocratie de proximité de 2002152. Mais si le gouvernement, en adoptant en 2003 une Stratégie nationale de développement durable153, s’est fixé pour objectif la mise en place d’ici 2008 de 500 Agendas 21 locaux, ce chiffre demeure très faible pour un pays qui compte environ 36 000 communes et plus de 2 500 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). De fait, le processus peine à se généraliser154, même si la Charte de l’environnement, entrée dans le bloc de constitutionnalité en 2005, proclame que « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable » en conciliant « la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social »155. s’agit en effet, dans un cas comme dans l’autre, d’élaborer et de mettre en oeuvre des stratégies d’action intégrées au service d’un objectif envi- L’élaboration participative d’un Agenda 21, pourtant, est un processus de réflexion et de planifica- ronnemental (le développement durable de façon tion stratégiques permettant de mettre en cohé- générale pour ce qui concerne les Agendas 21 rence l’ensemble des politiques publiques à locaux, la lutte contre le changement climatique pour les Plans climat territoriaux). l’échelle d’un territoire. En s’engageant dans une démarche Agenda 21, un collectivité locale se donne donc les moyens de faire émerger, par la concertation avec la population et l’ensemble des acteurs concernés, un projet politique global, associant une vision de l’avenir du territoire et un plan d’action concret. Ce faisant, la collectivité se dote également d’un cadre général englo- En France, depuis une dizaine d’années, des Agendas 21 locaux se mettent ainsi en place lentement, sur une base volontaire. Si les villes ont été les premières à se lancer, la démarche concerne des territoires de plus en plus variés : pays ruraux, - 68 - II. B2- Construire une statégie d’action cohérente bant la lutte contre le changement climatique : Le PCT est donc l’instrument idéal pour donner le Plan Climat 2004 soulignait ainsi que « les enjeux climatiques et énergétiques (feraient) partie des thèmes prioritaires dans les démarches force et cohérence aux actions entreprises à l’échelle locale afin de lutter contre le change- d’Agendas 21 locaux »156. L’étape suivante est l’élaboration d’un Plan cli- ment climatique. Cette dimension structurante constitue l’intérêt premier des PCT, comme le rappelait le Premier bilan du Plan Climat 2004, publié lors du Rendez Vous Climat 2005 : « projets terri- mat territorial (PCT), c’est-à-dire d’un ensemble de mesures visant à réduire les émissions de GES à l’échelle d’un territoire sur la base d’une appro- toriaux de développement durable axés sur l’énergie et le climat », les PCT offrent une « vision che intégrée. Urbanisme, transports, bâtiments, déchets, etc... sont ainsi pris en compte pour construire une stratégie locale de lutte contre le changement climatique, stratégie qui pourra inclure tématique » du facteur climat dans les décisions des collectivités territoriales160. un volet «adaptation» visant à diminuer la vulnérabilité du territoire concerné. stratégique » orientée vers « une intégration sys- C’est pourquoi les PCT peuvent à juste titre être considérés comme la forme la plus achevée de l’ancrage territorial de la lutte contre le changement climatique. En invitant les collectivités à construire leur PCT, l’État espère voir se multiplier les projets précurseurs tels que le « Plan municipal de maîtrise de l’effet de serre » adopté en 2003 par la ville de Chalon-sur-Saône157 dans le cadre du programme européen PRIVILEGES158. Mais les PCT, comme les Agendas 21 locaux, relèvent d’une logique de volontariat et leur mise en place s’annonce tout aussi lente, même si un certain nombre de collectivités se sont déjà lancées, à l’image de l’agglomération grenobloise, qui a validé en 2005 son « Plan Climat Local » avec pour objectif la stabilisation de ses émissions159. Pour une collectivité, un PCT permet pourtant de passer d’une logique d’actions ponctuelles à une approche intégrée, en recensant, organisant et renforçant les initiatives existantes, tout en les complétant par d’autres mesures dans le cadre d’une stratégie globale. Chalon-sur-Saône ©2006 Terra Métrics II. B2- Construire une statégie d’action cohérente - 69 - La définition et la mise en oeuvre d’une stratégie d’action, du diagnostic à l’évaluation Qu’elle s’inscrive ou non dans le cadre plus large Plus qu’un préalable ardu et décourageant, le bilan d’un Agenda 21 local ou d’un PCT, une politique territoriale de réduction des émissions de GES carbone doit donc être perçu comme l’opportunité d’une prise de conscience plus large et comme liées aux transports gagne à s’inspirer des principes de ces outils, à savoir privilégier une approche intégrée, globale et structurante161. Il ne s’agit l’élément d’une dynamique d’action : même incomplet ou imparfait, l’inventaire des émissions vient nourrir le processus d’élaboration d’une stratégie territoriale transports et climat. Il n’est donc pas de faire double emploi avec des outils et dispositifs existants (contrats de pays ou d’agglomération, contrats de plan État-Région, loi SRU…), mais au contraire d’éviter un empilement d’actions sans réelle cohérence, voire en contradiction les unes avec les autres. L’idée est ici de conduire une véritable réflexion stratégique autour du thème transports et climat pour mettre en place à l’échelle locale un projet d’action partagé et transversal. Pour cela, un état des lieux doit pas indispensable de disposer d’un bilan très précis pour commencer à agir : une fois engagé, le travail de quantification des émissions permettra le plus souvent de cibler rapidement les points sur lesquels faire porter l’action en priorité163. L’élaboration d’une stratégie locale transports et climat comprend en effet la définition d’objectifs clairs et explicites, à court, moyen et long termes, assortis d’un plan d’action concret. d’abord être réalisé. Il s’agit en particulier de faire l’inventaire des émissions liées aux transports et imputables au territoire, de connaître leurs tendances d’évolution, mais aussi de recenser les mesures déjà mises en oeuvre ou programmées et qui s’inscrivent dans une logique de maîtrise des déplacements motorisés. Il s’agit, au terme d’un processus de concertation et en tenant compte des positions de l’ensemble des acteurs concernés, de faire des choix politiques lisibles et assumés. La stratégie retenue doit préciser les mesures envisagées et les moyens qui seront mis en œuvre, la façon dont les différents acteurs et partenaires Exercice complexe et encore inhabituel, la quan- seront impliqués, mais aussi les délais fixés pour tification des émissions constitue un élément important de cette première étape : ce « bilan car- atteindre les objectifs de réduction ainsi que les indicateurs et valeurs cibles qui permettront d’éva- bone »162 à l’échelle du territoire est la base sur luer les résultats, y compris en cours de route. laquelle établir un diagnostic partagé de la situation (voir encadré 13). Le diagnostic, toutefois, C’est pour cela que la stratégie adoptée doit être conçue comme un ensemble, que ce soit au niveau thématique (urbanisme, transports, déchets, éduca- ne se limite pas au bilan des émissions, mais suppose une réflexion transversale portant sur les perspectives d’évolution et les scénarios envisageables, sur les différents enjeux et leurs interactions, sur les problèmes actuels mais aussi futurs, sur les marges de manœuvre et sur les obstacles à l’action, etc. - 70 - tion, etc., doivent être pris en compte), politique (les collectivités territoriales voisines et les différents groupes d’intérêts doivent être impliqués) ou opérationnel (les administrations et services concernés doivent être associés). II. B2- Construire une statégie d’action cohérente 13 La quantification des émissions, élément clef du diagnostic initial Pour une collectivité locale, mettre en place une stratégie transports et climat passe par un recensement des émissions de GES liées aux transports et imputables au territoire. Ce travail de quantification contribue à l’établissement d’un état des lieux sur la base duquel il sera possible de fixer des priorités d’action et d’engager des mesures concrètes, mais aussi de définir des outils de suivi et d’évaluation. Il s’agit donc, pour disposer d’un diagnostic lisible et fiable de la situation de départ, de faire le bilan des émissions du territoire, d’identifier les déterminants et les acteurs qui influent sur leur évolution, de formuler des scénarios prospectifs, etc. Mais l’exercice est complexe, et les données tout comme les compétences font souvent défaut. Ainsi, les organismes agréés en charge de la surveillance de la qualité de l’air n’ont pas actuellement pour mandat de suivre les émissions de GES : leur rôle se limite aux polluants locaux. Le Plan Climat 2004, reconnaissant la nécessité d’une « harmonisation des méthodes de mesure, de calcul et de recensement » des émissions de GES, a donc prévu une série de mesures d’appui méthodologique dont la mise en œuvre fait appel aux organismes suivants : i) Le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d’Étude de la Pollution Atmosphérique) a réalisé un inventaire départementalisé des émissions de GES en France pour l’année 2000, avec une répartition par grands secteurs (transports, industrie, résidentiel-tertiaire, etc.). Récemment remis à jour, cet inventaire constitue une première source pour évaluer les émissions à l’échelle départementale et régionale. ii) Le Plan Climat prévoyait par ailleurs d’élargir les missions de l’Observatoire national de l’énergie, qui aurait été chargé de constituer, en partenariat avec les ministères concernés et avec le soutien d’organismes spécialisés, une banque de données sur les GES ainsi que des outils méthodologiques standardisés. Mais les progrès sont actuellement plutôt enregistrés du côté des Observatoires régionaux de l’énergie, qui s’emploient à réaliser des inventaires régionaux énergie / GES, en collaboration avec les délégations régionales de l’ADEME, des bureaux d’études ou des associations régionales. L’objectif, fixé en 2004 par le Plan Climat, était que toutes les régions aient engagé ce travail de recensement d’ici fin 2006. iii) L’ADEME a développé pour les secteurs industriels et tertiaire une méthode de calcul des émissions nommée Bilan Carbone. La transposition de cette méthode pour les collectivités est en cours, en partenariat avec une quinzaine de collectivités volontaires. Cette phase d’expérimentation doit déboucher sur la validation d’une méthode adaptée. L’idée est de proposer deux niveaux complémentaires de quantification des émissions de GES. Le niveau « patrimoine » porte sur les émissions spécifiques liées au fonctionnement de la collectivité (bureaux et locaux, déchets et voirie, déplacements des personnels, etc.), ce qui permet déjà à la collectivité d’identifier les émissions sur lesquelles son influence s’exerce de façon directe, y compris en matière de transports. Mais c’est le niveau « territoire » qui présente le plus d’intérêt : englobant l’ensemble des émissions imputables au territoire, c’est tout à fait logiquement qu’il s’impose comme le point de départ le plus pertinent pour envisager une stratégie locale transports et climat. II. B2- Construire une statégie d’action cohérente - 71 - Intégration et transversalité assurent la cohérence et la robustesse de la stratégie : les objectifs fixés sont plus consensuels et plus crédibles, Ce travail permanent d’évaluation doit être mené de façon objective (en s’appuyant sur les indicateurs, les valeurs-cibles et les objectifs les contraintes et les obstacles sont mieux iden- définis initialement) mais aussi et surtout contra- tifiés, les mesures retenues sont mieux adaptées et les outils privilégiés plus efficaces. Encore faut-il savoir s’organiser en interne (désignation d’une personne en charge de la coordina- dictoire, c’est-à-dire ouvert aux acteurs impliqués et en particulier aux associations émanant de la société civile. tion, mise en place d’un groupe de travail permanent, etc.) comme en externe (partenariats avec les acteurs privés et publics du Au-delà de l’exigence de participation, l’enjeu d’un suivi rigoureux est double : permettre l’exercice d’un contrôle collectif de l’application des territoire : habitants et usagers, entreprises et commerces, associations et administrations, etc.). Il convient aussi de s’appuyer sur des structures telles que les décisions politiques prises pour réduire les émissions des GES liées aux transports, mais aussi se donner les moyens d’ajuster et de renforcer la stra- Espaces info-énergie ou les Agences régionales et locales de l’énergie, lorsqu’elles sont tégie mise en oeuvre si cela apparaît nécessaire. Par ailleurs, alors que l’expérience a montré que la prise en compte de la thématique transports et présentes sur le territoire (voir encadré 14). climat reste anecdotique en l’absence de portage fort au niveau politique comme au sein des services, la lisibilité de la stratégie et la transparence Par ailleurs, la mise en oeuvre de la stratégie doit de sa mise en œuvre sont de bons indicateurs de l’engagement des décideurs. s’accompagner d’un suivi continu visant à déterminer si son application est conforme aux engagements pris et produit les effets attendus. - 72 - II. B2- Construire une statégie d’action cohérente 14 Délégations régionales de l’ADEME, Agences régionales de l’énergie et de l’environnement, Agences locales de l’énergie, Espaces info-énergie : des centres de ressources pour construire une stratégie d’action De nombreuses structures peuvent apporter une aide précieuse au moment de l’élaboration et/ou de la mise en oeuvre d’une stratégie locale transports et climat : i) L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME, www.ademe.fr) a pour missions d’animer, coordonner, faciliter ou réaliser des opérations ayant pour objet la protection de l’environnement et la maîtrise de l’énergie. Elle est présente dans les régions via ses 26 délégations régionales, auxquelles s’ajoutent 3 représentations dans les territoires d’outre-mer. Via ses antennes régionales, l’Agence propose des méthodes et des outils pour agir au niveau territorial dans le sens de la maîtrise de l’énergie et de la protection de l’environnement. Il s’agit de développer un travail de proximité avec les acteurs régionaux : collectivités, entreprises, associations, etc. Les démarches locales qui s’inscrivent dans cette logique peuvent être soutenues techniquement et financièrement par l’Agence, par exemple via la signature de contrats « Actions territoriales pour l’environnement et l’efficacité énergétique » (ATEnEE)164. ii) Depuis 2001, l’ADEME, en partenariat avec les collectivités locales, a développé un réseau d’information et de conseil de proximité sur l’énergie, réseau qui compte désormais plus de 160 Espaces info-énergie. Proches du terrain, ces structures fonctionnent comme autant de relais pour sensibiliser citoyens et collectivités locales sur des thèmes tels que l’efficacité énergétique ou les énergies renouvelables. Par ailleurs, les Espaces info-énergie effectuent souvent un travail d’intermédiation en matière de montage de projets. iii) Une dizaine de Conseils Régionaux ont soutenu la création d’Agences régionales de l’énergie et de l’environnement, regroupées depuis 2001 au sein du Réseau des Agences Régionales de l’Énergie et de l’Environnement (RARE, www.rare.asso.fr). Ces agences, qui se veulent au service des acteurs locaux, ont vocation à relayer la politique régionale en matière d’environnement, d’énergie et de développement durable. Elles assurent donc des missions multiples : veille technique et juridique, information et sensibilisation, éducation et formation, animation d’observatoires régionaux, mais aussi aide technique aux initiatives locales et mise en œuvre d’actions partenariales dans le cadre de dispositifs contractuels. Les Régions concernées comprennent environ 27 millions d’habitants. iv) Mises en place à partir du milieu des années 90 avec le soutien financier de la Commission européenne et réunies depuis 2004 au sein de la Fédération pour les agences locales de maîtrise de l’énergie (FLAME, www.federation-flame.org), les 14 Agences locales de l’énergie françaises ont pour vocation l’engagement des acteurs locaux dans des politiques de maîtrise de l’énergie et de réduction des émissions de GES. Elles sont donc autant de centres de ressources apportant information et expertise aux particuliers comme aux collectivités. L’objestif est en particulier d’offrir aux décideurs comme aux autres acteurs un outil de proximité fonctionnant comme un espace de rencontres et d’échanges. Le territoire couvert par les 14 agences du réseau comprend environ 6000 communes et plus de 10 millions d’habitants. II. B2- Construire une statégie d’action cohérente - 73 - C - De la commune à l’internationale, agir à tous les niveaux C1 - Les communes et structures intercommunales en première ligne Toutes les communes sont concernées à leur échelle par la problématique transports et climat. Ceci étant, il va de soi que chaque cas est particulier : les communes urbaines n’aborderont pas la réduction des émissions liées aux transports de la même façon que les communes rurales, tandis que la taille des villes est aussi évidemment un facteur clef. Dans la mesure où ce guide n’a pas vocation à se substituer à des documents plus spécifiques et plus détaillés et ne saurait donc prétendre à l’exhaustivité, les paragraphes qui suivent portent essentiellement sur les approches à mettre en Les grandes lignes sont celles qui ont été développées précédemment165 : réduire sur le long terme la demande de transport en agissant sur ses déterminants structurels (urbanisme bien sûr, mais aussi production et consommation), tout en se donnant les moyens d’un rééquilibrage modal en faveur des moyens de transports les moins émissifs. Il s’agit donc de repenser globalement les politiques locales de transports, en articulant systématiquement l’action sur la demande et l’action sur la répartition modale, qui constituent deux objectifs à la fois indissociables et synergiques. œuvre dans les agglomérations urbaines. L’action sur la demande : privilégier un urbanisme moins générateur de déplacements Si la demande de transport continue de croître de façon non maîtrisée, les gains obtenus au nent progressivement à la fois moins nombreux niveau des véhicules ou grâce au développement des modes les moins émetteurs seront insuffi- et plus courts. Il convient pour cela d’orienter désormais la localisation des activités, des équipements et des lieux sants pour enrayer l’augmentation des émissions d’habitation de façon à limiter les besoins de de GES. L’objectif n°1 doit donc être d’agir sur la demande de transport. déplacements tout en optimisant les dessertes par les transports collectifs et les modes doux. Pour une ville, cela signifie en premier lieu lutter contre l’étalement et le mitage urbains c’est à dire procéder à de multiples rééquilibrages en Cela suppose en particulier de repenser les logiques centre/périphéries (modèle en étoile), l’idée étant de promouvoir un développement urbain matière d’urbanisme et d’organisation du territoire. plus équilibré : alors que la séparation et l’éloignement de zones dédiées à des fonctions spécifiques exacerbe la dépendance vis-à-vis de la voiture, une urbanisation mieux maîtrisée permet de revitaliser la diversité fonctionnelle et la mixité sociale des différentes aires urbaines. Il s’agit de promouvoir une ville plus dense et plus compacte, en rétablissant la mixité fonctionnelle des différentes zones de vie et d’activité, pour que les trajets quotidiens subis devien- - 74 - II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne les une dimension plurielle et rééquilibrer les zones et les quartiers périurbains. Dans le même but, le petit commerce doit être préservé là où il subsiste et sa réimplantation encouragée là où il est absent ou en perte de vitesse, ce qui suppose, parallèlement, de mettre un terme à la création de grands centres commerciaux en périphérie. De façon plus générale, tout nouveau projet public ou privé devrait désormais être précédé d’un diagnostic environnemental spécifique, portant à la fois sur le projet en tant que tel et sur les déplacements occasionnés (transports de personnes et livraisons de marchandises) et visant à établir son bilan en termes d’émissions de GES. Zone logistique reliée à la ligne ferroviaire de la Petite Ceinture actuellement fermée à Paris Pour atteindre ce résultat, les autorités locales doivent faire preuve de persévérance (on ne revient pas du jour au lendemain sur des Parallèlement, la réalisation de ces projets devrait être conditionnée par la mise en place simultannée d’une desserte adaptée par les transports collectifs, et/ou par des modes spécifiques de transport de marchandises (centre de distribution urbaine, ferroviaire, etc.). De même, les collectivités urbaines qui envisa- décennies d’urbanisation inspirée par le principe de zonage mono-fonctionnel !), tout en utilisant l’ensemble des outils de planification à leur disposition (SCoT, PLU, etc.). gent le développement de zones d’activités devraient organiser en amont des échanges approfondis avec leurs futurs utilisateurs privés, afin d’intégrer dans ces projets d’aménagement les multiples dimensions liées à la demande Il leur faut par exemple s’employer à revitaliser de transport. les secteurs en perte de vitesse et à favoriser les opérations de renouvellement urbain et de réappropriation des friches urbaines, plutôt que se façon concertée à l’échelle de l’agglomération, y plier à la logique de l’extension périurbaine. compris le cas échéant au niveau intercommunal. Une nouvelle politique foncière peut être définie à cette fin, associant fiscalité et droit de préemption pour aligner le coût des espaces périphériques sur les coûts réels supportés par la collectivité pour son développement (voirie, Toutes ces actions gagnent à être mises en place de Elles ont également vocation à s’inscrire dans le cadre des Schémas de cohérence territoriale (SCoT), des Plans locaux d’urbanisme (PLU) et des Projets d’aménagement et de développement durable (PADD) prévus par la loi SRU166. entretien, éclairage, etc.) tout en libérant le foncier nécessaire pour redonner aux entrées de vil- II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne - 75 - Rennes-Métropole : renforcer la densité urbaine pour enrayer l’inflation des déplacements Comme la plupart des villes françaises, la Communauté d’Agglomération Rennes-Métropole, dont la ville centre a adopté en 2004 un Plan d’Actions Énergie Climat167, est confrontée à une dynamique de péri-urbanisation génératrice d’une demande de transport non maîtrisée, avec à la clef une domination croissante des déplacements en automobile. Cette problématique est au cœur de l’élaboration du SCoT du Pays de Rennes168 : sur la base d’éléments de diagnostic pointant les liens étroits entre urbanisme et déplacements169, l’idée mise en avant est de promouvoir la densification urbaine en privilégiant, face aux lotissements à perte de vue, une ville polycentrique moins génératrice de déplacements. Cette volonté de maîtriser l’étalement urbain s’exprime largement dans les orientations générales du PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) débattues en mai 2006 par le Syndicat Mixte du SCoT Pays de Rennes : celles-ci préconisent en effet, sous le vocable de « ville archipel », un modèle d’organisation territoriale susceptible de permettre une « nouvelle approche de la mobilité », donnant une « vraie priorité aux modes de déplacements alternatifs à l’usage individuel de la voiture »170. Le futur SCoT s’inscrit ce faisant dans la continuité d’une série d’opérations engagées depuis près d’une dizaine d’années à l’échelle de l’agglomération rennaise pour promouvoir un urbanisme plus dense et de meilleure qualité, sous le pilotage de l’Agence d’Urbanisme et de Développement Intercommunal de l’Agglomération Rennaise171. Membre de la Communauté d’Agglomération de Rennes Métropole, la ville de Saint-Jacques-de-la-Lande a ainsi mis en œuvre un projet urbain privilégiant la densité contre l’étalement et jouant la carte de la mixité fonctionnelle et sociale172. Le diagnostic s’est imposé au cours des années 90 : située à l’articulation de l’urbanisation rennaise et périurbaine, Saint-Jacques-de-la-Lande, qui connaissait un fort dynamisme démographique, devait innover pour apporter une réponse au morcellement problématique de son territoire entre trois quartiers mal reliés entre eux. Bien que disposant de réels atouts, la commune était éclatée : sans véritable cœur, elle manquait de continuité urbaine, ce qui n’était évidemment pas sans conséquences sur les modes de déplacements de ses habitants. Pour conjurer le risque d’un développement urbain non maîtrisé, Saint-Jacques-de-la-Lande a donc fait le choix de créer ex nihilo un nouveau quartier, La Morinais, faisant fonction de centre ville et reliant entre eux deux des trois quartiers historiques. Fédérée autour de ce nouveau noyau urbain, la commune a ainsi pu tirer les leçons des études effectuées au cours des années 90 sur sa composition urbaine, son réseau routier et piétonnier, son habitat et ses paysages, ainsi que sur sa structuration économique et commerciale. La priorité était de favoriser un urbanisme novateur, axé sur la mixité fonctionnelle et sociale. Par rapport à un scénario type « mitage résidentiel », les orientations retenues par Saint-Jacques-de-la-Lande entraînent un accès plus facile à l’emploi (le bloc constitué par le nouveau centre ville et les deux quartiers plus anciens qu’il relie vient s’inscrire dans un pôle de développement avec de nombreux emplois) et aux services (le nouveau quartier compte par exemple une école, une médiathèque, un espace culturel, des cabinets médicaux, etc.). L’équilibre social a quant à lui été favorisé par les choix opérés par la municipalité : cohabitation de logements individuels et collectifs, forte proportion de logements sociaux ou en accession aidée à la propriété. Par ailleurs, l’effort de densification urbaine inhérent au projet s’est accompagné, dans un souci de qualité de vie et de protection de l’environnement, d’une volonté de limiter l’usage de la voiture en favorisant les modes alternatifs tels que la marche ou le vélo (les parcelles d’habitations forment autant d’îlots piétonniers) ou les transports en commun (depuis que le projet est arrivé à son terme, la ligne de bus est celle où l’augmentation de la fréquence a été la plus forte sur l’ensemble des lignes périphériques de l’agglomération rennaise). - 76 - II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne Le rééquilibrage modal : promouvoir les alternatives aux déplacements motorisés Parallèlement aux mesures visant à privilégier ces ainsi « libérés » et devient plus sûre, à condi- un urbanisme moins générateur de déplacements, les communes ont un rôle clef à jouer en matière tion de mettre en place les aménagements physiques qui permettront de faire appliquer réellement les restrictions à la circulation automobile : de rééquilibrage modal. Il s’agit cette fois de promouvoir les alternatives à la voiture et au camion afin que la demande de transport s’oriente graduellement vers des modes moins émetteurs de GES tels que les transports en commun ou les modes doux non-motorisés (marche, vélo). Pour cela, les villes sont appelées à mettre en oeuvre toute une série de mesures complémentaires, en particulier dans le cadre des Plans de déplacements urbains (PDU) rendus obligatoires à partir de 100 000 habitants par la loi LAURE 173 de 1996 et dont le but explicite est la « diminution de la place de l’automobile en ville ». De fait, l’objectif, pour ce obstacles mobiles à l’entrée des zones piétonnes, ralentisseurs de type « coussins berlinois » pour casser la vitesse des voitures tout en laissant un passage pour les vélos, etc. Parallèlement, la gestion des conditions de stationnement est un instrument clef de toute politique urbaine visant à réduire le trafic automobile. Chaque ville est aussi sur ce point un cas particulier appelant à définir une stratégie adaptée, mais il convient en général de distinguer les types de déplacements (et donc de stationnements) et d’adopter une politique visant à favoriser les résidents pour ce qui qui concerne les déplacements de personnes, est évidemment de réduire la place prise actuelle- concerne le stationnement dans leur lieu de vie (afin qu’ils ne soient pas amenés du fait de tarifs ment par l’automobile, ce qui suppose de com- prohibitifs à utiliser leur véhicule lorsque d’au- biner habilement les actions restrictives et la promotion des alternatives. tres modes de déplacement sont possibles, en particulier pour se rendre sur leur lieu de travail), tout Du côté des restrictions, il convient bien entendu en développant les parkings relais en périphérie de multiplier les zones dans lesquelles la circu- afin d’offrir une solution adaptée aux personnes qui viennent de l’extérieur. L’objectif de ces parkings relais, couplés avec lation automobile est bannie (centres urbains historiques par exemple), exceptionnelle (zones piétonnes) ou fortement ralentie (zones 30) : en pénalisant pratiquement l’utilisation de la voiture, l’existence de ces zones à circulation restreinte encourage la population à se reporter sur des modes de déplacements moins émetteurs. La pratique de la marche et du vélo bénéficie des espa- une politique tarifaire dissuasive pour le stationnement non-résident en ville, est d’amener le plus grand nombre de gens possible à y laisser leur voiture et à poursuivre leur déplacement via les transports en commun ou d’autres modes tels que la marche ou le vélo. II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne - 77 - Les tarifs pratiqués pour ces parkings relais doivent être incitatifs, et leur emplacement choisis de façon à permettre la fluidité et l’intermodalité des parcours : le ticket couvrira ainsi en général à la fois le stationnement et l’utilisation du réseau de transport en commun, et le parking sera situé à proximité d’une station de bus, de tramway ou de métro. La politique de stationnement doit par ailleurs s’appuyer sur les prérogatives dont disposent les communes en matière d’urbanisme mais aussi sur la fiscalité locale : les autorisations de constructions comme les taxes peuvent être des instruments efficaces par rapport à la disponibilité de places privées de parking, à usage Les usagers et leurs besoins doivent en effet être placés au centre des préoccupations, ce qui suppose par exemple de leur garantir un service précis (avec en particulier une information actualisée, que ce soit dans les stations, abribus, etc. ou dans les véhicules eux-mêmes) mais aussi et surtout organisé de façon à optimiser l’intermodalité, c’est-à-dire l’articulation entre les différents modes (de façon à permettre aux usagers de gérer avec souplesse leurs déplacements). Pour les déplacements professionnels quotidiens, des solutions telles que le covoiturage ou les plans de déplacement d’entreprise (PDE) 174 peuvent être explorées, en complé- personnel ou professionnel. ment ou en alternative aux transports en commun, et cela en concertation avec les pouvoirs publics locaux. Mais il ne suffit pas de rendre plus difficile l’utilisation de la voiture : encore faut-il simultanément développer une offre de trans- Arrêt de bus désservi par le Noctilien à Paris destination Corbeil port alternative, efficace et de qualité. Il s’agit en premier lieu d’investir dans les transports collectifs (bus, métro, tramway...) et de favoriser leur usage. En matière de partage de la voirie, la création de lignes et de couloirs réservés permettra en particulier de rendre les bus plus fiables et donc plus attractifs : pour s’imposer par rapport à la voiture individuelle, les transports en commun doi- Les établissements scolaires, quant à eux, peuvent être invités à mettre en place des plans de déplacements scolaires (PDS) : au niveau des communes, les formules d’accompagnement à pied (Pedibus) ou en vélo (Vélobus), couplés avec la création de zone 30 aux abords des écoles et l’installation de ralentisseurs, permettent ainsi de renouer avec des pratiques plus respectueuses de l’environnement que les norias d’automobiles tion générale. Dans cet esprit, la régularité des parentales... Enfin, il convient, toujours pour ce qui concerne les transports de personnes, de faciliter et d’en- transports en commun et leur rapidité seront éga- courager les modes doux (marche, vélo, rol- lement améliorées par la mise en place de dispositifs leur assurant une priorité de circulation lers...). Un élément clef de ce point de vue est la vent être le moins possible gênés par la circula- sécurisée aux carrefours. Les fréquences doivent aussi être augmentées et les périodes de fonctionnement étendues, particulièrement en soirée : dans la plupart des villes (en dehors des grandes agglomérations), l’arrêt du service en début de soirée incite les usagers potentiels des transports publics à prendre leur voiture pour sortir. - 78 - sécurité, qui repose pour une large part sur les aménagements de voirie, des plus classiques au plus novateurs. L’extension des secteurs piétonniers (désormais accessibles aux vélos) et des zones 30 est une première étape, qui peut être complétée par l’élargissement des couloirs de bus existants (afin de garan- II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne tir une bonne cohabitation entre les bus et les cyclistes/rollers), par l’instauration d’un code de la rue, par le développement de zones de rencontres, ceptible de faire reculer sensiblement l’emprise de l’automobile. Mais le développement d’alternatives ne doit pas se limiter aux déplace- de contre sens cyclables, d’un réseau de pistes ments des personnes : en ce qui concerne les cyclables sécurisé, continu et cohérent, et par la création d’axes verts permettant d’accéder sans effets de coupure aux centres urbains en utilisant des modes de déplacement doux. transports de marchandises, des solutions existent également pour réduire le trafic urbain. La principale option est le développement de plates-formes multimodales de livraison permettant La pratique du vélo sera également encouragée par des dispositifs tels que les parkings à vélo, que ce soit dans la rue, dans les immeubles neufs d’optimiser (voire de mutualiser) l’organisation logistique des livraisons. Ces plates-formes seront généralement connec- et anciens, ou dans les écoles, administrations et entreprises. De nombreuses villes, enfin, ont expérimenté avec succès des systèmes visant à mettre des tées au réseau ferré ou implantées dans un port maritime et fluvial. Leur fonction est d’offrir un centre de convergence et de reventilation des marchandises afin de limiter le nombre de camions vélos à disposition (soit gratuitement, soit en location) via un réseau de « vélostations » et certaines commencent à proposer des vélos en circulants en milieu urbain. Parallèlement, les communes doivent prendre des dispositions régulant les conditions de libre-service. Entre autres avantages, c’est une façon d’inciter les habitants à redécouvrir en livraison de façon à privilégier les opérateurs qui accepteraient de jouer le jeu d’une toute liberté le potentiel du vélo comme mode de déplacement quotidien. organisation logistique locale plus compatible avec la lutte contre le réchauffement climatique de la planète. Les options sont donc nombreuses, et leur mise en œuvre, si elle est conduite de façon cohérente et portée par une volonté politique forte, est sus- Chantier combiné rail/route-Noisy-le-Sec (93) © Pfrunner/1D-photo II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne - 79 - Une ville n’est pas une île : les déplacements individuels dans la région de Strasbourg La Communauté Urbaine de Strabsourg (CUS) est réputée pour ses efforts précoces en faveur des alternatives à l’automobile, efforts justifiés entre autres par la lutte contre la pollution locale et la congestion urbaine. Toutefois, si le bilan de cette politique est indéniablement positif, l’agglomération strasbour- geoise reste confrontée à une situation problématique en matière de transports, illustrant la nécessité croissante d’un élargissement des approches traditionnelles : élargissement géographique, d’abord, la gestion des déplacements devant être pensée à l’échelle d’un territoire de plus en plus étendu ; élargis- sement thématique, ensuite, la maîtrise des transports étant devenue indissociable des politiques d’urbanisme et de développement économique. Récemment adopté, le schéma de cohérence territoriale (SCoT) de la région de Strasbourg traduit cette logique : couvrant un périmètre plus large que la CUS, il confirme le choix de promouvoir les transports en commun tout en affirmant une volonté collective de mieux maîtriser la demande de déplacement dans le cadre d’une planification à dimensions multiples. Le développement des infrastructures routières n’en reste pas moins à l’ordre du jour, avec notamment le projet de « voie de liaison intercommunale ouest » mais aussi et surtout le « grand contournement ouest », dont les enjeux pour partie transfrontières confirment qu’en matière de transports, une ville n’est pas une île. La Communauté Urbaine de Strasbourg : transports en commun et modes doux au service d’une meilleure « qualité de ville » Au cours des années 1990 puis dans le cadre de son plan de déplacements urbains (PDU), approuvé en juillet 2000, la CUS a fait le choix d’une politique transports axée sur la promotion des alternatives à l’au- tomobile, au service d’une meilleure « qualité de ville » 175. L’objectif était de faire reculer l’emprise de l’au- tomobile en orchestrant un partage plus équitable de l’espace public et en organisant, dans une perspective de complémentarité, la cohabitation entre les différents modes. L’amélioration de l’offre de transports publics est devenue une priorité : création puis extension du réseau de tramway, restructuration du réseau de bus, développement des lignes en site propre pour un service plus rapide et plus fiable, fréquences et amplitudes horaires augmentées, tarification adaptée aux besoins de chacun et à la portée de tous, plus grand confort et meilleure accessibilité, etc. Le transit automobile a été interdit dans le centre ville, la circulation étant reportée sur les quais et la ceinture des boulevards, avec quatre boucles de desserte pour accéder à l’hypercentre sans le traverser. Ces mesu- res ont été complétées par d’autres aménagements : réduction du gabarit des voies routières, mise en place de zones 30, réalisation de voies de contournement pour éviter les quartiers d’habitation, etc. La question cruciale du stationnement176 a en particulier conduit la CUS à élargir le stationnement payant tout en créant des parkings-relais périphériques et des parkings de proximité associés au tram, afin de limi- ter le nombre de «pendulaires» laissant des «voitures ventouses» tout au long de la journée, en les amenant à privilégier un autre mode pour au moins une partie de leurs déplacements quotidiens. Le POS a d’ail- leurs été révisé dans ce sens, en modifiant dans un certain nombre de secteurs les règles relatives aux places de stationnement pour les bureaux, les logements, les commerces et autres équipements 177. - 80 - II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne Parallèlement, les modes de déplacement doux ont été encouragés, qu’il s’agisse de la marche ou du vélo. Ainsi, le centre-ville a été réaménagé en faveur des piétons et des «promenades piétonnes» ont été créées dans dif- férents quartiers. Surtout, un effort important a été consenti pour encourager l’usage du vélo178 : création de 450 km de pistes cyclables (y compris transfrontières), expérimentation des contre-sens cyclables et ouver- ture des zones piétonnes aux cyclistes, mise en place du service « Vélocation » (permettant la location de vélos sur courte ou longue durée) avec l’association de réinsertion Vélo Emploi179, création de « Véloparcs-Tram » à proximité des stations, possibilité de prendre le tram avec son vélo (en dehors des heures de pointe), achat d’une flotte de vélos de service mis à disposition des agents de la collectivité (avec installation parallèle d’équipements tels que casiers et douches), etc. Par ailleurs, la CUS a décidé en 1999 de mettre en place un plan de déplacement domicile-travail pour ses salariés (projet GEODES 180) et soutient des expériences telles que celles conduites par la coopérative Auto’trement181 (service d’auto-partage avec places en parking-relais et abonnement combiné pour l’utilisation du réseau de transports collectifs) ou le programme « Neudorf-Zone-Climatest »182 (groupe pilote et actions de sensibilisation). A terme, l’objectif de la CUS est de porter la part des transports collectifs et celle des deux-roues à 25% des déplacements mécanisés, tout en ramenant celle de la voiture particulière à 50%. Il ne s’agit donc pas d’exclure la voiture, ni de restreindre la mobilité, mais plutôt de sortir progressivement du « tout-automobile » en privilégiant les modes de transports les moins polluants (tram, bus, vélo, marche) et en plaçant l’intermodalité au cœur des préoccupations de façon à optimiser le système de transport. Il convient enfin de souligner que cette politique transports a d’ores et déjà eu un effet structurant positif sur la ville : l’extension du réseau de transports collectifs a en effet été complétée par divers projets d’aména- gement qui ont permis un renouvellement urbain et une amélioration du cadre de vie. Un schéma de cohérence territoriale pour faire face à une situation qui reste très problématique à l’échelle de l’agglomération et de la région strasbourgeoises Si la politique transports mise en œuvre par la CUS a déjà permis de limiter l’emprise de l’automobile à Strasbourg même, la situation demeure tout à fait préoccupante à l’échelle de l’agglomération et de la région strasbourgeoises, comme le souligne le schéma de cohérence territoriale de la région de Strasbourg (SCOTERS)183. La métropole alsacienne a en effet connu au cours des vingt dernières années une péri-urbanisation rapide et peu maîtrisée, avec son cortège de lotissements et de zones d’activités mal desservies par les transports en commun. La dispersion croissante des activités, des lieux de résidence et des opportunités de loisirs s’est ainsi traduite par une explosion de la mobilité, qui s’exerce majoritairement en voiture et se traduit par une saturation progressive du réseau routier aux heures de pointes et par des nuisances environnementales en hausse (bruit, pics de pollution, émissions de GES, etc.). Cette augmentation des déplacements individuels est surtout liée aux trajets domicile-travail, qui s’inscrivent de plus en plus dans des bassins largement supra-communaux et qui incluent non seulement les rela- II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne - 81 - tions pendulaires entre la ville-centre et ses périphéries, mais aussi, et de façon croissante, les trajets de périphérie à périphérie. Face à ces tendances de fond, le développement des transports en commun accuse du retard, quantitativement et qualitativement, en dépit des efforts réels consentis par la CUS mais aussi par le département du Bas-Rhin184 et par la région Alsace185. La desserte par les transports en commun, excellente au niveau du centre-ville élargi, diminue ainsi en qualité avec l’éloignement : moins bonne au niveau de la première couronne de la CUS (structure radiale, fréquences faibles pour les zones d’activités), elle devient vite insuffisante au niveau de la seconde couronne où elle ne concerne que les noyaux villageois sur les grands axes. L’agglomération strasbourgeoise, du fait de sa situation géographique au cœur de l’Europe et de ses flux de marchandises, doit par ailleurs faire face à la forte progression du trafic de transit longue distance, contribuant à la saturation de sa rocade ouest (l’A35), qui traverse la ville et connaît des pointes à près de 200 000 véhicules par jour, un record qui en France n’est dépassé que par le périphérique parisien. Les poids-lourds qui sillonnent l’axe européen nord-sud dit « banane bleue » (dorsale Londres-Milan) viennent en effet s’ajouter aux véhicules particuliers en transit régional ou local, dont ceux qui ont été «sortis» du centre-ville par la poli- tique transports de la CUS, avec pour résultat sur la période 1990-2000 une hausse de 40% du trafic global186. Périurbanisation non maîtrisée, insuffisances du réseau de transports en commun, trafic de transit en hausse : Strasbourg ne pouvant relever seule ces multiples défis, l’adoption récente du SCOTERS est un pre- mier pas vers une gestion élargie de la problématique transports. Le SCOTERS, dont le périmètre englobe, au delà de la CUS, l’ensemble du bassin de vie strasbourgeois, soit 600 000 habitants, prévoit en effet de « mieux articuler équipements, urbanisation et transports en commun » afin de « réguler le développe- ment des déplacements automobiles » , ce qui permettra, sur la plan environnemental, de « limiter la pro- duction de polluants et [de] réduire les émissions de gaz à effet de serre » . Pour cela, l’accent est mis sur la « maîtrise des déplacements » : la stratégie adoptée s’appuie sur une série de « pôles urbains » dans lesquels le développement des équipements et des services sera privilégié, l’idée directrice étant de faire de la desserte par les transports en communs le critère clef pour tout ce qui a trait à l’urbanisation et au développement économique. La problématique transports est ainsi abordée dans le cadre d’une approche thématique très élargie : implan- tation des emplois et activités, maîtrise foncière et logement, mixité fonctionnelle et sociale, etc. Parallèlement aux mesures convergeant vers une meilleure maîtrise de la demande, le SCOTERS prévoit la poursuite du développement des transports en commun, avec, entre autres, l’extension en cours du réseau de tramway de la CUS, l’amélioration de l’offre TER (cadencement) et le tram-train Strasbourg–Bruche–Piémont des Vosges, mais aussi des projets tels que le transport routier guidé sur l’axe Wasselonne-Strasbourg ou les lignes en site propre envisagées sur la rocade ouest de Strasbourg, sans oublier le soutien aux modes doux. Mais le développement de la route est aussi à l’ordre du jour : considérant que « l’automobile restera un moyen de transport difficile à concurrencer pour les déplacements en périphérie », le SCOTERS prévoit « un cer- tain nombre d’équipements routiers de liaison, de déviation ou de contournement nécessaires au déve- loppement de la région de Strasbourg ». Au premier rang de ces projets, le grand contournement ouest (GCO) a pour fonction principale d’assurer la continuité de l’axe autoroutier nord-sud pour réduire le trafic de transit sur la rocade ouest de Strasbourg (A35), afin « de redonner à cette infrastructure un caractère plus urbain et de lui conférer le rôle de poumon (sic) indispensable aux renforcements des systèmes de transports collectifs du centre ville »187. Le GCO doit également permettre d’améliorer les relations entre les villes moyennes d’Alsace, la voie de liaison - 82 - II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne intercommunale ouest (VLIO) ayant quant à elle pour fonction de relier les pôles urbains de l’agglomération strasbourgeoise et de diffuser les flux routiers à l’intérieur de l’ouest de la CUS, toujours dans le but de soulager l’A35. Ces nouvelles infrastructures routières, habilement présentées sous l’angle de la complémentarité des modes et de l’efficacité globale du sys- tème de transports188, n’en sont pas moins sévèrement criti- quées par tous ceux qui y voient une future «prime» au transit international de marchandises et aux déplacements pendulai- res motorisés, et estiment que les budgets correspondants auraient pu être affectés plus utilement au développement d’alternatives respectueuses de l’environnement189. Transit international de marchandises et livre blanc Strasbourg-Ortenau : l’incontournable dimension transfrontalière de la problématique transports Le SCOTERS, parce qu’il aborde la question des transports dans le cadre d’un périmètre territorial élargi, met en évidence la nécessité d’une étroite collaboration entre acteurs, qu’ils soient institutionnels ou privés. Audelà de la CUS et des autres communes ou communautés de communes directement impliquées dans le Syndicat mixte de la région de Strasbourg, la démarche de planification doit par exemple associer le département du Bas-Rhin et la région Alsace, mais aussi l’État (Direction Régionale de l’Equipement, Direction Départementale de l’Equipement), le secteur privé et les représentants de la société civile. Mais les enjeux du SCOTERS, compte-tenu de la situation géographique de la région de Strasbourg, dépassent ce cadre franco-français, comme l’illustre le cas du GCO : si le transit international ne représente qu’une partie de la circulation qui engorge aujourd’hui la rocade ouest de la ville, c’est bien le souci de dériver ce trafic routier nord-sud qui constitue la principale justification du projet de contournement, qui devrait être mis en service en 2011. Or la progression du transit international sur l’A35 s’explique pour partie par les taxes poids lourds adoptées par la Suisse en 2001 (la « RPLP ») puis par l’Allemagne en 2005 (la « Lkw Maut »), ce qui en France a conduit l’Assemblée Nationale à se prononcer fin 2005 en faveur de l’instauration, à titre expérimental, d’un péage sur les poids lourds circulant sur certains axes dans la région Alsace 190... La dimension transfrontalière est également illustrée, dans un sens plus coopératif, par une originalité du SCOTERS, à savoir la mise en place d’une réflexion concertée avec la région de l’Ortenau, de l’autre côté du Rhin. Initiée dès 1995, cette réflexion a débouché sur la publication en 2004 du Livre blanc Strasbourg-Ortenau : orientations et projets pour un développement communs191 et sur le projet « Eurodistrict » associant la CUS et l’Ortenau dans le cadre d’une expérience binationale présentée comme un véritable laboratoire européen. Dans ce cadre, la « nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre » est reconnue, et il est envisagé « de rééquilibrer la part des transports en commun et des voitures dans les déplacements » et donc d’agir sur « la localisation de l’habitat par rapport aux emplois », mais aussi sur celle « des différents équipe- ments, notamment ceux d’usage supra-communal », tout en veillant à « la coordination des politiques de transports entre elles, non seulement au niveau local, mais à l’échelle de la région de Strasbourg-Ortenau » . Enfin, la question de l’étalement urbain et ses conséquences en termes de déplacements ne sont pas oubliées par le Livre Blanc : « afin de réduire les flux de circulation, le développement urbain devrait se concentrer à l’avenir dans des zones qui sont proches des transports en commun sur rails » . II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne - 83 - Déchets : des pistes pour réduire les émissions liées aux transports Le rôle des collectivités locales en matière de gestion des déchets est déterminant : les communes sont compétentes en matière de collecte et de traitement, tandis que la loi du 13 juillet 1992 sur les déchets192 a institué une gestion départementale des déchets ménagers et assimilés. Et si la question des déchets, à première vue, peut sembler n’avoir qu’un rapport lointain avec l’objectif de réduction des émissions de GES liées aux transports, des pistes d’action existent, qu’il s’agisse de limiter la demande de transport liée à la gestion des déchets ménagers ou d’explorer les possibilités offertes par la valorisation des déchets organiques sous forme de méthane-carburant. i) Déchets ménagers et maîtrise de la demande de transports : Les déchets représentent aujourd’hui le tiers du trafic intérieur de marchandises, et leur gestion se traduit par une demande de transports en hausse constante, et donc par des émissions de GES toujours plus élevées 193. Cette évolution défavorable trouve son origine dans l’augmentation constante des quantités produites mais aussi des distances parcourues par les déchets pour rejoindre les sites où ils seront traités. La première est le résultat de la surconsommation et du gaspillage, mais aussi du sur-emballage des produits. Agir sur les quantités de déchets ménagers à transporter suppose donc une politique de réduction à la source tout autant qu’une sensibilisation des consommateurs194. Les collectivités locales peuvent ici jouer un rôle indirect mais non négligeable. Leur influence sur le facteur distance est plus évidente. En effet, l’augmentation des distances parcourues est due à la conjonction entre un choix majoritaire en faveur du couple incinération/mégadécharges et l’évolution (bénéfique) des réglementations et des normes qui favorise les installations les plus grandes. Inversement, les stratégies alternatives, axées sur le recyclage/valorisation et le stockage de proximité, sont nettement moins génératrices de transports. Le Centre national d’information indépendante sur les déchets (CNIID - www.cniid.org) a ainsi étudié le cas de la Vendée, où des associations réunies au sein de la Fédération éco-citoyenne de la Vendée (FEVE) se sont opposées à un projet d’incinérateur en proposant un projet alternatif de plan départemental d’élimination des déchets ménagers195, fondé sur le principe d’une généralisation d’initiatives locales innovantes : tri sélectif poussé et recyclerie, distribution de composteurs individuels et station de compostage urbain, redevance incitative au poids pour la collecte des déchets ultimes... La FEVE a ainsi obtenu l’abandon du projet d’incinérateur et l’élaboration d’un nouveau plan départemental, qui reprend certaines de ses propositions et fait de la limitation des transports un objectif explicite, tout en restant en deçà du projet alternatif de la FEVE de ce point de vue196. - 84 - II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne ii) Déchets organiques et biométhane-carburant197 : La loi d’orientation sur l’énergie de 2005 198 accroît les prérogatives des collectivités en matière de production locale d’énergie renouvelable. Dans ce cadre, la valorisation énergétique des déchets organiques sous forme de biométhane-carburant peut être une option intéressante pour réduire les émissions de GES liées aux transports. Riche en méthane, le biogaz issu de la digestion anaérobie des déchets ménagers fermentescibles et des boues d’épurations peut en effet après épuration être utilisé comme carburant, par exemple pour alimenter une flotte captive de bus ou de bennes à ordures, permettant ainsi une double économie d’émissions : méthane issu des décharges et stations d’épurations / CO2 issu de la combustion du carburant d’origine fossile. En outre, cette valorisation est cohérente avec la loi «déchets» de 1992, qui prévoyait l’interdiction de la mise en décharge de déchets putrescibles à partir de 2002. La communauté urbaine de Lille (LMCU), 4ème agglomération de France avec 85 communes et plus d’un million d’habitants, après avoir mis en place au cours des années 90 une unité pilote pour valider à petite échelle la faisabilité de cette forme de valorisation, est ainsi en train de passer à la vitesse supérieure. Son Centre de valorisation organique (CVO) permettra à partir de 2007 de traiter plus de 100 000 tonnes de déchets par an et d’alimenter 100 bus GNV (Gaz Naturel Véhicule), puis, éventuellement, les flottes automobiles des communes, entreprises ou sociétés de taxis. L’agglomération, dont le PDU fixe comme objectif un doublement de l’usage des transports collectifs d’ici 2015, concilie ainsi gestion des déchets et politique transports, tout en confirmant son engagement précoce en faveur du tri sélectif : douze ans après la mise en œuvre d’un schéma global de collecte et de traitement des résidus urbains, la moitié de ses habitants sont concernés par le tri des déchets propres et secs mais aussi des biodéchets de cuisine et de jardin. Forte de son expérience en matière de biogaz carburant, Lille Métropole pilote d’ailleurs le projet européen Biogasmax de recherche et développement, qui vise dans le cadre du programme Biofuels Cities de la Commission européenne à promouvoir cette filière. II. C1- Les communes et structures intercommunales en première ligne - 85 - C2 - Des compétences renforcées pour les départements et les régions Départements : la décentralisation des routes nationales, une opportunité pour promouvoir une autre politique de transport Jusqu’à la loi de décentralisation du 13 août 2004, les départements, en dehors de leur compétence en matière d’organisation des transports routiers thèse que les départements souhaiteront « remettre à niveau la voirie nationale », comme les régions l’ont fait ou le feront pour les transports non urbains de personnes et des transports scolaires hors du périmètre urbain, étaient surtout responsables des routes départementales, qu’il s’agisse de l’entretien ou des investissements. ferroviaires... Mais les départements peuvent aussi transformer cette décentralisation en opportunité pour promouvoir une autre politique de La décentralisation d’une partie des routes nationales décidée en 2004 étend sensiblement cette compétence routière : si l’État conserve sous sa responsabilité le réseau principal structurant (défini comme un réseau cohérent d’autoroutes et de routes nationales d’intérêt national ou européen), plus de 17 000 km de routes nationales ont été transférés le 1er janvier 2006 aux départements. Parallèlement, 30 000 agents des DDE sont transférés aux conseils généraux, les missions transport. Leurs compétences en matière de transports leur permettent en effet non seulement de promouvoir les transports collectifs type bus et autocars pour les transports non urbains, y compris scolaires, mais aussi de jouer un rôle déterminant en faveur d’alternatives modales originales telles que le covoiturage. Le conseil général du Finistère a ainsi été le premier en France à s’engager résolument dans la définition et la mise en des DDE étant réorientées autour de quatre axes : œuvre d’une politique cohérente en faveur du covoiturage : aires de stationnement dédiées, logement et politique de la ville, aménagement site Internet (www.covoiturage-finistere.fr/) pour et urbanisme, environnement et risques, transport et sécurité routière. Un dispositif de mettre en relation les covoitureurs potentiels, projet de centrale de covoiturage, etc. L’objectif compensation financière de l’État vers les dépar- affiché est de mieux répondre aux besoins de tements a été défini, sensé couvrir les dépenses mobilité des Finistériens, notamment les plus démunis et isolés, de développer une offre de transport géographiquement mieux répartie, et liées à la gestion des routes transférées et celles liées à la construction de nouvelles routes. de promouvoir des modes de déplacements plus Dans la mesure où les départements ont une forte culture de la route, cette nouvelle situation peut faire craindre une évolution défavorable du point de vue de la lutte contre les changements climatiques. On peut en effet faire l’hypo- - 86 - respectueux de l’environnement. Mais cet effort en faveur du covoiturage n’est qu’un élément d’une politique départementale de transport inspirée par les mêmes objectifs, avec un accent très prononcé sur l’intermodalité. II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions Depuis le 1er janvier 2006, les usagers peuvent ainsi utiliser un seul ticket pour un trajet associant les réseaux Penn-Ar-Bed (autocars, conseil général), et Bibus (transports en commun, Brest métropole océane). Par ailleurs, le conseil général du Finistère a mis en place un site Internet (http://infotransports.cg29.fr/) consacré aux transports dans le département, sur lequel les usagers peuvent collecter toutes les informations dont ils ont besoin pour composer leurs déplacements en usant des différents modes existants. L’action des départements en faveur du rééquilibrage modal peut par ailleurs prendre la forme d’un soutien au développement de la pratique du vélo, ne serait-ce qu’en créant un réseau cohérent et sécurisé de pistes. Le conseil général des Pyrénées Orientales a par exemple adopté un schéma cyclable départemental dans le but de promouvoir et faciliter les déplacements à vélo, qu’il s’agisse d’une pratique sportive et de loisir ou même d’aller au travail. Ce schéma départemental (www.cg66.fr/decouverte/pistes_cyclables/shema/index.html) s’inscrit dans le cadre des schémas européens et nationaux des véloroutes et voies vertes et met ainsi en application les principes définis par la loi d’orientation sur les transports Intérieurs (LOTI), qui réaffirme le droit des usagers, par la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie tes, promouvoir la pratique et valoriser le réseau cyclable. Le département est ce faisant pleinement dans son rôle : en tant que gestionnaire du réseau routier, il s’engage par exemple à intégrer le volet cyclable dans les nouveaux projets routiers mais aussi à sécuriser les portions dangereuses. De même, c’est au titre de ses compétences relatives aux collèges qu’il s’efforce de favoriser la pratique du vélo pour les collégiens habitant à moins de trois kilomètres de leur établissement scolaire. Au travers de sa politique vélo, le département entend répondre à trois enjeux territoriaux : i) favoriser un tourisme équilibré, authentique et paisible, ii) encourager sur le plan économique et social le développement de services connexes (location et réparation de vélos, relais vélos, entretien des voies), iii) promouvoir au nom de la protection de l’environnement une mobilité alternative et non polluante, présentée comme un moyen simple et peu coûteux de se maintenir en forme tout en profitant de l’ensoleillement privilégié des Pyrénées Orientales. Le conseil général est par ailleurs membre de l’Association des Départements Cyclables (www.departements-cyclables.org), dont l’objectif est la promotion des déplacements à bicyclette et le développement des véloroutes, des voies vertes et du tourisme à vélo. (LAURE), qui s’est donnée comme objectif la diminution du trafic automobile et le développement des modes économes et moins polluants, et par la loi sur l’orientation pour l’aménagement Amémagement cyclable le long du littoral Méditerranéen réalisé par le conseil général des Pyrénées Orientales et le développement durable du territoire (LOADDT), qui crée les chartes de pays et intègre la notion de développement durable. L’action du département s’articule autour de cinq grandes orientations : créer un maillage de voies vertes sur les axes à forts enjeux, promouvoir la pratique du vélo auprès des collégiens, éliminer les discontinuités du réseau cyclable actuel, mettre en œuvre un réseau de boucles de découver- II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions - 87 - Bientôt 26 Eco-Régions en France ? Au delà des compétences propres qui sont les leurs en matière de transport ferroviaire régio- des orientations prioritaires mises en avant lors de la négociation de ces contrats figurait ainsi nal, les régions exercent une compétence générale d’aménagement du territoire qu’elles partagent avec l’État. Elles sont donc à double titre en mesure d’agir dans le sens d’une réduction la nécessité de repenser l’aménagement du territoire et de promouvoir les alternatives à la route. Pourtant, une analyse plus précise de ces CPER des émissions de GES liées aux transports. Depuis la régionalisation du fer, la plupart d’entre elles ont d’ailleurs fait la preuve de leur montre qu’en matière de transports, la dimension « effet de serre », lorsqu’elle figure effectivement dans les préoccupations, relève le plus souvent d’effets d’annonces sans objectifs précis, les arbi- capacité à moderniser et à dynamiser le service offert aux usagers. En outre, la génération actuelle (2000-2006) des Contrats de plan Étatrégions (CPER) était censée intégrer pour la verser, et les régions s’employer de façon résolue à user de leurs compétences en matière d’aména- première fois de façon explicite l’objectif de réduction des émissions de GES. Au nombre gement et de transports au profit de la lutte contre les changements climatiques (voir encadré 15). 15 trages budgétaires étant particulièrement significatifs de ce point de vue199. Cette tendance doit s’in- L’inscription des Contrats de Projets Etat-Régions 2007-2013 dans une perspective de « neutralité carbone » Dans le cadre de la préparation des CPER 2007-2013, le Premier Ministre a remis aux préfets de région en juillet 2006 les mandats de négociation dans lesquels il est explicitement demandé d’inscrire le futur contrat de projets dans une perspective de « neutralité carbone ». Celle-ci résulte de la compensation globale des émissions additionnelles de GES des projets inscrits au CPER, par l’ajout d’investissements qui concourent à réduire les rejets. Par exemple, dans le secteur du bâtiment où toute construction nouvelle est consommatrice d’énergie, les projets les plus performants (de type THPE) doivent être dans un premier temps privilégiés car ils réduisent à la source le volume des émissions à compenser. Pour atteindre la neutralité carbone et compenser le surplus restant, il s’agit ensuite de réaliser des projets qui réduisent les émissions de GES. Ainsi, dans le secteur des transports, tout projet favorisant le transfert modal de la voiture vers les transports collectifs et/ou les modes de déplacement doux représentent un gain de GES. Il est prévu que l’Etat mette à disposition de ses services déconcentrés, un outil d’estimation de la neutralité carbone des CPER inspiré de la méthode bilan carbone développée par l’ADEME. Un dispositif de suivi permettant de veiller au respect de la neutralité carbone des CPER doit également être mis en place, avec possibilité de mesures correctives lors de leur révision à mi parcours. A cet effet, les préfets doivent s’assurer, en liaison avec le conseil régional et la délégation régionale de l’ADEME, que la région dispose d’un inventaire des émissions régionales de gaz à effet de serre avant fin 2007. - 88 - II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions Aménagement du territoire et planification stratégique : intégrer la dimension climat à l’échelle régionale Les compétences des régions leur permettent marchandises définis au niveau national. Comme le aujourd’hui de construire une vision à moyen et long terme de leur devenir territorial et d’y inté- précise la LOADDT, les SRADT et donc les SRIT doivent à ce titre avoir pour objectifs prioritaires grer l’objectif de réduction des émissions de GES liées aux transports. l’optimisation des réseaux et équipements et la complémentarité entre les modes de transports, afin de répondre à la demande de transport « dans des conditions économiques, sociales et environnementales propres à contribuer au développement durable du territoire, et notamment à la lutte La prise en compte des enjeux environnementaux est en effet au coeur de la relance de la planification territoriale prévue par la LOADDT 200a : selon les termes de celle-ci, la politique nationale d’aménagement et de développement durable du territoire, à l’élaboration de laquelle les régions sont associées, a désormais pour objectif un « développement équilibré de l’ensemble du territoire national alliant le progrès social, l’efficacité économique et la protection de l’environnement ». contre l’effet de serre ». La LOADDT, en s’inscrivant ainsi dans une logique de réponse à la demande, passe sous silence les enjeux d’une maîtrise de celle-ci. Mais les régions n’en ont pas moins une responsabilité importante en matière de planification territoriale et de politique des transports, et ce d’autant que la loi de décentralisation de 2004201 leur a ouvert la Au niveau régional, cette nouvelle orientation s’applique à la définition des schémas régionaux possibilité de se porter candidates pour l’aménagement, l’entretien et la gestion d’aérodromes civils d’aménagement et de développement du territoire (SRADT) prévus par la LOADT 200b et redéfinis par la LOADDT. Elaborés par les régions, ces SRADT leur per- ainsi que pour la propriété, l’aménagement et la gestion de tout port non autonome relevant de l’État situé sur leur territoire. Cette même loi de décentralisation a par ailleurs mettent de définir leurs objectifs en matière de localisation de grands équipements, mais aussi conforté le rôle des régions en matière d’action économique en leur permettant, à titre expéri- d’infrastructures et de services d’intérêt général. mental, d’élaborer un schéma régional de déve- Les fonds structurels européens ainsi que les CPER font partie des instruments permettant aux régions de mettre en œuvre les SRADT, qui doi- loppement économique (SRDE), l’objectif étant de coordonner les actions des différentes collectivités territoriales et de leurs groupements vent être cohérents avec les politiques de l’État dans le but de promouvoir un développement et des autres collectivités. économique équilibré et de renforcer l’attractivité de leur territoire. Le SRDE, inséré dans le processus global du Dans le domaine des transports, par exemple, chaque région est appelée à définir, dans le cadre de son SRADT, un schéma régional des infrastructures et des transports (SRIT, anciennement schéma régional de transport), lequel doit être compatible avec les schémas multimodaux de services collectifs de transport de voyageurs et de transport de projet régional et du SRADT, vient ainsi compléter les instruments de réflexion stratégique dont disposent les régions pour intégrer la dimension climat dans leur politiques d’aménagement et de développement. II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions - 89 - L’enjeu est d’agir à temps pour initier les réorientations structurelles rendues indispensables par la lutte contre les changements climatiques, en par- flux, intégrer réellement la dimension climat dans leurs stratégies de développement supposerait au contraire de s’interroger sur les moyens d’un recen- ticulier dans le domaine des transports, où la maî- trage privilégiant les échanges et les déplacements trise des émissions suppose en priorité d’infléchir la hausse de la demande de transports. au sein du territoire. Au delà de l’aspect environnemental, les avantages socio-économiques d’une telle réorientation seraient nombreux : activités et Reste que cette dimension n’est pour l’heure pas emplois moins soumis aux aléas de la concurrence internationale, production et consommation relocalisées et donc plus adaptées à l’incertitude du contexte énergétique et climatique, etc. prise en compte par les régions, même si la plupart des SRADT évoquent la nécessité de réduire les émissions de GES pour permettre à la France de respecter ses engagements internationaux. Rien d’étonnant à cela, puisque les choix collectifs rendus nécessaires par la menace climatique supposent un véritable renversement copernicien : Les possibilités concrètes sont nombreuses, et les outils existent pour agir sans attendre : la volonté politique sera-t-elle au rendez-vous ? alors que l’objectif des régions est d’accroître leur attractivité et leur compétitivité économique dans un contexte de globalisation des échanges et des Rééquilibrage modal : investir dans les alternatives à la route Parallèlement à une réflexion stratégique sur la maîtrise de la demande de transport, les conseils régionaux ont du fait de la décentralisation un rôle clef à jouer en faveur du rééquilibrage modal. conseils régionaux visent en effet à améliorer et à Il leur appartient en effet d’investir massivement dans les alternatives à la route, qu’il s’agisse de développer les transports ferroviaires de personnes et de marchandises, de promouvoir l’intermodalité Toutes les régions ont ainsi engagé la modernisation et/ou le renouvellement de leur parc TER, même si le budget consacré aux TER varie selon les régions, certaines ayant pris du retard. Ces investissements d’acquisition de matériel rou- développer le transport ferroviaire de voyageurs, tout en bénéficiant également au fret qui relève toujours de la compétence de l’État. en mettant en place des pôles multimodaux d’échanges et des plate-formes multimodales pour lant, quoiqu’il en soit, doivent être poursuivis et le transport combiné de marchandises ou d’encourager les transports fluvio-maritimesaux en amplifiés, ce qui permettra d’améliorer qualitativement et quantitativement le service offert aux renforçant les capacités des ports et en aména- usagers sur les lignes existantes. geant les voies fluviales d’eau. En matière de transport ferroviaire, alors que le réseau français (hors lignes grande vitesse) a souffert pendant des années d’un manque chronique d’investissements, en particulier au niveau du fret, l’action des régions pourrait permettre de corriger progressivement la situation. Les actions et les investissements décidés par les - 90 - La nécessité d’un effort financier conséquent doit donc être prise en compte pour les prochains CPER 2007-2013, dont les arbitrages budgétaires doivent matérialiser la priorité accordée par l’État comme par les régions au développement des transports collectifs, du ferroviaire, du transport combiné et des voies d’eau. II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions Il convient de noter à ce propos que la nouvelle génération de CPER ne comprend plus de lignes budgétaires pour la route : du fait de la décentra- mentation des budgets d’entretien et d’exploitation de Réseau Ferré de France (RFF). Pour accroître la part du rail dans les transports lisation, les réseaux routiers et leur exploitation de personnes et de marchandises, de nombreux relèvent désormais exclusivement de la responsabilité de l’Etat et des conseils généraux202. L’effort investissements sont en effet nécessaires : renou- financier des régions en matière de transport se portera ainsi essentiellement sur les alternatives à la route, et en particulier sur le ferroviaire. En plus du matériel roulant, il s’agit en effet également de réaliser un certain nombre d’investissements au niveau des gares et haltes ferroviaires, dans le but de les restaurer mais aussi et surtout d’améliorer la qua- vellement des voies et ballast, électrification, modernisation de la signalisation, pose de longs rails soudés, création d’évitements pour les lignes à voie unique, mise au gabarit d’ouvrages d’art, suppression de passages à niveaux, etc. Au-delà du simple maintien du réseau, l’objectif est sa modernisation afin en particulier d’augmenter la capacité des lignes et la vitesse des trains. Desserte TER Caen-Coutances en gare lité des services en termes Se pose également la quesde Bayeux (14) de commodités d’accueil et tion de la réouverture d’and’attente, de sécurité, d’information, d’aménageciennes lignes, sans trafic actuellement mais qui ment de quais, de facilité pour le vélo, etc. Dans le même temps, les régions, en partenariat avec la SNCF et les autres collectivités locales, sont appelées à multiplier les mesures visant à ont toujours un intérêt fret et voyageurs à plus ou moins long terme. Certains conseils régionaux se encourager l’usage du train : abonnements à faible prix pour les déplacements pendulaires liés au travail ou aux études, formules tarifaires originales permettant de circuler avec un même billet sont engagés dans de telles opérations : la région PACA a ainsi permis la réouverture de la ligne sur plusieurs réseaux, commodités pour embar- Cannes-Grasse, après 70 années d’interruption du trafic voyageur, une réouverture de la ligne Avignon-Carpentras étant aussi envisagée. Pour préserver de telles possibilités, les élus régionaux doivent être très vigilants quant au quer les vélos, etc. devenir des emprises des lignes inutilisées et exi- Mais le développement du transport ferroviaire suppose aussi que les infrastructures actuelles ger de RFF des études socio-économiques approfondies avant toute décision de déclassement. soit remises à niveau et modernisées. Un audit mené par l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne est en effet venu confirmer en 2005 l’état dégradé du réseau ferroviaire français et Par ailleurs, les régions doivent s’engager en faveur de la création de lignes nouvelles lorsque cette création apparaît opportune. Les régions l’urgence absolue d’un investissement fort dans ce domaine pour les années à venir203. pourraient en particulier contribuer aux investis- Selon cet audit, 60% du réseau seraient inexploitables en 2025 si les dépenses d’entretien sont maintenues à leur niveau actuel : les régions doivent donc soutenir le principe d’une rapide aug- sements liés aux connexions régionales, en privilégiant les pôles de correspondance TGV/trains afin que les connexions régionales du réseau à grande vitesse ne soient pas des alibis pour la création de nouvelles infrastructures routières. II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions - 91 - En ce qui concerne le fret, les conseils régionaux peuvent faciliter la création de nouvelles lignes ferrées intra ou inter régionales en subventionnant Enfin, la promotion par les régions des alternatives à la route passe aussi par le développement du transport fluvial de marchandises et du cabo- les créations d’embranchements particuliers, d’ins- tage fluvio-maritime, la voie d’eau étant un des tallations terminales embranchées, de voies portuaires et de plate-formes multimodales. Pour ce qui concerne les déplacements de personnes, les régions peuvent contribuer à la création meilleurs modes de transport du point de vue des émissions de GES. Les conseils régionaux, dans le cadre des CPER, ont donc vocation à de pôles multimodaux d’échanges : en articulant sur un lieu donné plusieurs modes de transports (train, bus, tramway, vélos...), ces pôles, qui intè- encourager cette solution, en renforçant les capacités des ports d’une part, et en aménageant les voies fluviales d’autre part. grent en général des parkings pour les voitures et/ou les vélos, permettent aux voyageurs de s’affranchir autant que faire se peut de l’automobile, sans pour autant renoncer à la mobilité. Du côté des marchandises, le même rôle sera assuré par les plate-formes multimodales : il s’agit de réaliser au niveau de certaines grandes gares des aménagements associant des équipements appropriés pour le chargement/déchargement des marchandises et des espaces de transit et de stockage, aménagements qui permettront le transport combiné de marchandises rail-route ou rail-voie d’eau. Train inter-régional Granville-Parisen gare de Verneuil sur Avre (27) - 92 - II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions Nord-Pas de Calais : le rééquilibrage modal, au service de quelle ambition ? S’il ne trouve pas sa motivation première dans la lutte contre les changements climatiques, l’engagement du Nord-Pas de Calais en faveur du développement des alternatives à la route s’exprime dans des documents de planification aussi variés que le CPER 2000-2006204, l’agenda 21 régional engagé en 2003205 ou le projet de SRADT206 et son schéma régional des transports207. Mais ces documents illustrent aussi les limites et les contradictions de la politique transports du Conseil régio- nal, qui devra par exemple faire la preuve qu’il est effectivement possible de faire du Nord-Pas de Calais une plaque tournante logistique de dimension européenne tout en réduisant les nuisances environnementales liées à la croissance des flux de personnes et de marchandises... Le transport ferroviaire, au coeur d’une stratégie régionale de rééquilibrage modal Le Nord-Pas de Calais fait figure de précurseur en matière de transports ferroviaires : après l’adoption en 1977 du premier schéma régional de transport, la Région est en 1978 la première en France à signer une conven- tion de partenariat avec la SNCF en vue de redynamiser le rail. Le CPER 1989-1994 permet ensuite de financer le passage du TGV à Lille, tandis que celui de 1994-1998 voit s’engager la modernisation du TER. En 1997, la région se porte volontaire, avec cinq autres régions, pour expérimenter la décentralisation du TER, puis devient suite à la régionalisation de 2002 autorité organisatrice du transport ferroviaire. Les orientations initiales du CPER 2000-2006 s’inscrivent dans le prolongement de cet engagement historique208. En matière de transports de voyageurs, la priorité reste ainsi au transport collectif et en particulier au rail, l’objectif étant d’en faire une alternative attractive au mode individuel motorisé, en améliorant le désenclavement et les chaînes de transports. Concrètement, le Nord-Pas de Calais peut au terme d’une vingtaine d’années d’investissement mettre en avant des réalisations multiples : développement de l’infrastructure et meilleure acces- sibilité ferroviaire des territoires, effort continu de modernisation du matériel roulant et de rénovation des gares, augmentation du cadencement et création de dessertes rapides (« TER grande vitesse »), amélioration des conditions de sécurité, de régularité et de confort, etc. L’usager209 et l’intermodalité sont au cœur de cette politique en faveur du TER : parkings gratuits aux abords des gares pour les automobilistes et les cyclistes, transport gratuit dans la plupart des TER pour les vélos, mise en place de tarifications attractives (Abonnements domicile-travail pour les salariés, « carte GRAND’TER » pour les loisirs de fin de semaine, réductions pour les étudiants, demandeurs d’emploi et CES, etc.) et pratiques (« Ticket + » unique pour les déplacements en bus, métro, tramway et TER sur la communauté urbaine de Lille, « Abonnement de travail Plus » associant à l’abonnement TER un coupon de libre circulation sur l’ensemble des réseaux urbains de la région, etc.). Parallèlement, la région a amorcé210 dans le cadre du CPER 2000-2006 un effort en faveur des véloroutes et des voies vertes, complété par un programme de développement du vélo en ville dans plusieurs agglomérations pilotes, avec des objectifs à la fois quantitatifs (augmentation de l’usage du vélo, tant pour les déplacements quotidiens que pour le loisir) et qualitatifs (amélioration de la sécurité et de la qualité du service offert). II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions - 93 - Pour le transport de marchandises, la priorité affichée est le ferroutage, présenté comme le seul moyen de limiter la hausse du trafic fret routier et le nombre de camions sur le réseau routier d’une région qui de par sa situa- tion géographique est une importante zone de transit nord-sud et est-ouest. L’intermodalité figure bien entendu en bonne place parmi les objectifs mis en avant, en particulier dans le CPER 2000-2006, qu’il s’agisse de la pla- teforme de Dourges (transport combiné trimodal : route, rail et voie d’eau), du développement du système portuaire régional (Dunkerque, Calais, Boulogne...) ou encore de la valorisation des capacités du mode fluvial. En matière de déplacements individuels comme de transport de marchandises, le rééquilibrage modal apparaît ainsi plus que jamais comme une priorité de la région Nord-Pas de Calais. Celle-ci entend à l’avenir confirmer cette orientation, comme en témoignent des instruments de planification tels que l’Agenda 21 régional, engagé en 2003, ou le SRADT et son schéma régional des transports (SRT), en cours d’adoption. L’Agenda 21, face à la « pression que provoque la croissance continue des transports, tant de voyageurs que de marchandises », souligne les « défis » que la région doit relever : « développer les transports en commun et plus particulièrement le TER », promouvoir « la diversification des moyens de transports des marchandises et [le] développement de l’intermodalité »211. L’objectif, qui figure au nombre des neuf priorités d’actions retenues par l’Agenda 21, est donc de « construire un système de transport au service d’une mobilité raisonnée » et de contribuer ainsi « à l’effort particulier de la Région dans la lutte contre l’effet de serre » (sic)212. La région s’est également fixée comme priorité « le contrôle de la péri-urbanisation » grâce à « une politique fon- cière visant à favoriser et faciliter l’accès au foncier en zone urbaine » mais aussi dans le cadre de ses politiques de renouvellement urbain, d’habitat, de transports, de territoire en général213. Ces orientations sont bien entendu reprises dans les projets couplés de SRADT et de SRT. Le SRADT, qui rappelle que la lutte contre les changements climatiques est pour la région une priorité importante, souligne la nécessité de « renforcer l’attractivité des transports collectifs [tout] en dépassant les réflexions traditionnelles par mode de transport à travers la construction partagée d’un système intermodal de transports »214 . Mais l’objectif est aussi de « promouvoir de nouvelles conceptions du développement urbain » : l’étalement urbain et la spécialisation des territoires, conjugués au décloisonnement des bassins d’emploi, jouent en effet contre les efforts de rééquilibrage modal en rendant moins pertinent l’usage des transports en commun et plus coûteux leur développement215. Le projet de SRT, qui décline en matière de transports les orientations du SRADT, inscrit pour sa part au premier rang des défis à relever « la maîtrise des flux et le rééquilibrage modal », l’enjeu étant entre autres de transcrire les engagements de Kyoto à l’échelle du Nord-Pas de Calais, ce qui supposerait « 22% de réduction de la consommation énergétique liée aux transports » 216. Pour ce faire, le SRT fait le choix d’une approche globale du système de transport, l’objectif n’étant pas tant de « superposer des réseaux » que de proposer, dans une logique de complémentarité multimodale, une « chaîne de déplacement » complète pour les voyageurs comme pour les marchandises : le TER par exemple doit constituer une « épine dorsale du transport régional de voyageurs à partir de laquelle les autres modes viennent s’articuler »217. La question du rééquilibrage modal est abordée de la même façon pour ce qui concerne le transport de marchandises : au-delà de l’appui de principe aux modes alternatifs à la route (fret ferroviaire et fluvial, cabotage maritime), le SRT met en avant une « vision systémique » axée sur l’articulation des modes et sur l’effica- cité globale des chaînes de transport. - 94 - II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions Face à une situation encore très problématique, de réelles ambiguïtés stratégiques Si la région Nord-Pas de Calais ne manque pas de mettre en avant son engagement en faveur du rééquilibrage modal et en particulier du ferroviaire, la situation réelle reste largement insatisfaisante, comme l’illustrent les éléments de diagnostic fournis par le SRT. En matière de transport de marchandises, la route, majoritaire sur les flux internationaux et de transit, devient hégémonique sur les flux intra-régionaux, avec une part de marché de 94% : le mode routier, qui s’impose déjà en termes de flexibilité et de coût, bénéficie de surcroît au niveau régional d’un réseau routier et autoroutier particulièrement dense (le Nord-Pas de Calais représente 2,3% du territoire français mais 6,6% du réseau autoroutier national), de bonne qualité et majoritairement gratuit218. Le bilan n’est guère plus encourageant sur le plan de la mobilité individuelle : en dépit des efforts consen- tis pendant les 20 dernières années, la part des transports collectifs reste modeste, avec 11% seule- ment des mouvements pendulaires liés au travail ou aux études, la situation étant moins bonne encore pour les déplacements ayant d’autres motifs 219. Question prospective, le SRT envisage une poursuite de la forte croissance des trafics marchandises et voyageurs, liée à des tendances lourdes telles que la globalisation économique (internationalisation des flux, ouver- ture de l’Europe à l’est, etc.) ou la hausse de la demande de mobilité individuelle (quotidienne et occasionnelle), le tout dans un contexte de saturation progressive des réseaux, en particulier routiers puisque c’est surtout ce mode qui absorbe actuellement l’augmentation des flux... Le Nord-Pas de Calais se voit donc dans l’obligation d’amplifier ses efforts en faveur des alternatives à la route, dont le ferroviaire, encore handicapé par des contraintes multiples. Malgré sa densité, le réseau pré- sente encore en effet de nombreux points de saturation, sources de conflits de circulation entre les trains de fret, les trains grandes lignes, TGV et TER, d’où des difficultés pour améliorer les cadencements. Par ailleurs, certains points du territoire sont mal reliés entre eux, tandis qu’une forte proportion du parc roulant reste constituée de matériels anciens à renouveler. L’ambition du SRT n’en reste pas moins de doubler le trafic voyageurs d’ici 2020, considérant que « la voiture particulière [...] ne sera pas en mesure de répondre aux besoins » : en effet, face à la hausse de la mobilité, « la capacité du réseau routier, déjà saturé une grande partie de la journée, ne peut suivre [le] rythme »220. En matière de marchandises, le SRT souligne également l’urgence d’une « politique de rupture »221 visant à développer le fret ferroviaire dans le cadre d’une approche multimodale intégrant le maritime et le fluvial, modes pour lesquels la région a d’ailleurs choisi d’accroître ses capacités d’intervention par sa prise de compétences sur les ports maritimes et intérieurs à compter du 1er janvier 2007. Mais ces ambitions ne pourront se concrétiser qu’au prix d’investissements importants, et le bilan du CPER 2000- 2006 n’est guère encourageant de ce point de vue : si le volet transports initial exprimait une volonté de rééquilibrage modal (qu’il s’agisse du trafic voyageurs ou du fret), les crédits prévus pour le développement du réseau routier restaient majoritaires (près de 525 millions d’euros, soit 52%, pour « conforter et aménager le réseau routier principal », contre environ 485 millions pour les alternatives), au nom de l’accessibilité de la métropole lilloise et de la poursuite du désenclavement des agglomérations moyennes222. II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions - 95 - De plus, le rail, qui faisait malgré tout plus ou moins jeu égal avec la route dans cette répartition initiale, a été le grand perdant des restrictions budgétaires nationales qui ont très fortement retardé l’exécution des CPER 2000-2006, principalement dans le domaine des transports. Ainsi, fin 2004, en moyenne nationale, le taux d’exécution du volet ferrovaire s’élevait à 33% (sur un engagement initial de l’État égal à 1 milliard d’euros), alors que celui du volet routier atteignait 50% (engagement initial : 4,1 milliards d’euros). Dans le NordPas de Calais, la tendance était encore plus marquée : alors que le retard pris par le volet routier était le même qu’au niveau national, le taux d’exécution du volet ferroviaire (11%) était trois fois plus faible que la moyenne223. Et il est peu vraisemblable que les mesures décidées depuis par l’État pour relancer les investissements dans le secteur des transports (nouveaux crédits budgétaires, affectation d’une part du produit de la privatisa- tion des autoroutes) affecteront significativement cette tendance : au niveau national, le cumul des crédits mis en place sur la période 2000-2005, communiqué en mars 2006, confirmait le retard du rail (43% du montant initial) par rapport à la route (64%) 224. Si ces contre-temps entre les engagements financiers initiaux et leur exécution devaient se reproduire lors des prochains contrats de plan, il est peu probable que les objectifs affichés par le Nord-Pas de Calais en matière de rééquilibrage modal puissent être tenus. De surcroît, les orientations stratégiques retenues dans les documents de planification les plus récents (projets SRADT-SRT en particulier) font apparaître de nombreuses ambiguïtés et sont donc lourdes de contradictions potentielles. Le titre même du SRT - « Faire du Nord-Pas de Calais un hub au coeur de l’Europe » - est à cet égard tout à fait révélateur : le SRT, s’il met en avant le nécessaire développement des alternatives à la route, entend surtout faire du Nord-Pas de Calais une plaque tournante logistique « de dimen- sion européenne, apte par sa lisibilité à capter des flux de marchandises de plus en plus importants » 225. Pour le SRT, qui table sur une augmentation de 70% du transport de fret au sein de l’Union européenne d’ici à 2020, la hausse des flux internationaux de marchandises constitue en effet une « réelle opportunité de développement économique et territorial » pour la région, à condition que celle-ci se donne les moyens de « mieux arrimer son système logistique aux grands axes européens qui l’entourent » 226. Les efforts envisagés par le SRT pour construire un système multimodal de transports de marchandises peuvent dès lors être interprétés comme l’expression d’un souci d’efficacité et de compétitivité dans un contexte globalisé et concurrentiel plutôt que comme le fruit d’une volonté de réduction des nuisances environnementa- les de la route : le soutien aux alternatives modales s’inscrira dans un cadre de croissance des flux et devrait surtout permettre d’éviter que cette croissance ne patisse de la saturation des infrastructures routières. Ce constat vient confirmer les contradictions stratégiques inscrites dans la formulation même des « deux ambitions » qui fondent le SRT : « répondre aux besoins de mobilité [...] tout en respectant les prin- cipes de développement durable » 227... - 96 - II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions Les collectivités territoriales et le financement des politiques de transport sobre en carbone Les collectivités face à la contrainte financière : Les collectivités territoriales sont appelées à prendre une part active dans la réduction des émissions de GES liées aux transports, mais elles doivent aussi tenir compte des contraintes financières qui leur sont propres228. En effet, si de nombreuses mesures à coût relativement réduit sont envisageables229 (une piste cyclable…), d’autres supposent des efforts financiers conséquents, en investissement mais aussi en fonctionnement230 : c’est le cas par exemple du développement de l’offre de transports collectifs, nécessaire pour offrir une alternative aux déplacements individuels motorisés. Or il serait évidemment contre-productif de faire supporter aux usagers une part plus grande du financement puisque l’objectif premier est d’encourager le plus grand nombre à privilégier les modes alternatifs : du point de vue de l’intérêt collectif, la nécessité de réduire fortement les émissions de GES liées aux transports pourrait même justifier au contraire d’aller progressivement vers la gratuité des transports collectifs (voir à ce sujet l’encadré 16 : « La gratuité des transports collectifs, une option à considérer ? »). Parallèlement, certains élus ont dénoncé le retrait de l’État, accusé de ne pas tenir ses engagements financiers vis-àvis des communes (avec par exemple la suppression des subventions aux projets de transports collectifs en site propre) mais aussi des régions (en témoignent les retards pris dans l’exécution budgétaire des CPER – voir le zoom sur « Nord - Pas de Calais : le rééquilibrage modal, au service de quelle ambition ? »). En effet, l’approfondissement progressif de la décentralisation, destiné à renforcer les capacités d’action des collectivités territoriales, a aussi rendu leurs relations financières avec l’État plus conflictuelles. Certes, l’évolution des dotations reste gouvernée par le « contrat de croissance et de solidarité » introduit par la loi de finances de 1999231, tandis que la révision constitutionnelle du 28 mars 2003 a fait du principe de compensation le garant de la neutralité financière de la décentralisation232. Mais les élus locaux sont nombreux à estimer que les ressources qui leurs ont été transférées pour faire face à l’extension de leurs compétences ne sont pas à la hauteur des défis liés à leurs nouvelles responsabilités. Selon le dernier rapport de l’Observatoire des Finances Locales233, toutefois, les collectivités territoriales, considérées globalement, conservent des marges de manœuvre financières appréciables. Elles resteraient de ce fait en mesure de s’impliquer fortement dans la réduction des émissions de GES liées aux transports, à condition de bien combiner les ressources et dispositifs existants. Tramway de Bordeaux II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions - 97 - A ce titre, pour le coût d’un seul km d’autoroute urbaine, il est possible de créer 150 km de pistes cyclables ou encore 100 km de zones 30 bien aménagées, soit de toute façon un réseau cyclable complet dans une grande ville234. Les dispositifs de financement existants : Dans la phase d’élaboration de leur stratégie «transports et climat», certaines structures locales comme les agglomérations et les pays peuvent depuis 2002 s’appuyer sur les contrats ATEnEE (actions territoriales pour l’environnement et l’efficacité énergétique) proposés par l’ADEME235. Ces contrats peuvent par exemple porter sur l’organisation des déplacements et la mobilité, sur la prise en compte de l’environnement en matière d’urbanisme ou sur la mise en place d’une plan climat territorial236. Au-delà des seuls contrats ATEnEE, l’ADEME s’emploie à promouvoir l’ensemble des solutions organisationnelles pouvant conduire à une réduction des volumes de trafic («transporter moins») ou à une modification de leur répartition modale au profit des modes les moins polluants («transporter mieux»), que ce soit en matière de transports urbains (personnes et marchandises) ou de transports de marchandises sur longue distance : à ce titre, elle est un partenaire essentiel pour toutes les collectivités territoriales désireuses de développer une politique transport novatrice tout en optimisant l’efficacité de leur effort financier237. Pour mettre en œuvre une telle politique, certains projets supposent un effort financier conséquent, que les dotations négociées avec l’État dans le cadre de la décentralisation et les éventuelles subventions (y compris européennes238) ne suffisent pas à couvrir, ce qui contraint les collectivités à explorer d’autres solutions de financement, en faisant par exemple appel à la Caisse des Dépôts. Partenaire traditionnel des collectivités territoriales239, cette institution financière peut faciliter le bouclage financier d’un projet via les prêts qu’elle octroie ou en tant qu’investisseur dans le cadre de partenariats publics-privés240, mais aussi à travers un nouvel outil de « finance carbone », les projets domestiques : • les prêts : la Caisse des Dépôts intervient pour le financement des projets d’infrastructures de transport sous forme de prêts de très long terme ; financés sur l’épargne dont elle a la gestion, ces prêts interviennent en co-financement du secteur bancaire ; à la demande de l’État, une partie de ces prêts est dédiée aux transports collectifs en site propre (500 millions d’euros). • les partenariats publics privés (PPP)241 : la Caisse des Dépôts intervient également en tant qu’inves tisseur dans le cadre de sociétés de portage d’opérations en PPP, entre autres pour financer des infrastructures de transport (routes, transports en commun, ouvrages d’art). Exemple : tramway de Reims. • Pour aider les collectivités territoriales à financer la mise en œuvre de leurs stratégies de réduc tion des émissions de GES, la Caisse des Dépôts, dans le cadre de ses activités dites de « finance carbone »242, a mis en place un nouvel outil : les projets domestiques243. L’objectif est d’offrir une incitation financière à la réduction des émissions nationales de GES non couvertes par le marché de quotas d’émissions mis en place par l’Union européenne, et ce en s’inspirant des « mécanismes projets » du Protocole de Kyoto244. Dans le secteur des transports, par exemple, ce nouveau dispositif pourrait faciliter le financement de projets entraînant des réductions d’émissions, en permettant la valorisation économique de ces dernières. Compte tenu des contraintes financières qui pèsent sur les dotations et les subventions versées par l’État, mais aussi des limites financières et environnementales qui caractérisent les autres dispositifs de financement, de nouvelles pistes doivent être explorées pour permette aux collectivités locales de jouer un rôle actif dans la réduction des émissions de GES liées aux transports. - 98 - II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions Pour un financement pérenne des politiques de transports des collectivités : Ce travail de réflexion et de réforme doit trouver sa place dans le cadre du débat sur l’évolution de la fiscalité locale, relancé en avril 2006 par une initiative conjointe de l’Association des Maires de France, de l’Association des Départements de France et de l’Association des Régions de France auprès du Président du Conseil Économique et Social245. Surtout, il semble grand temps de considérer sérieusement un certain nombre de pistes novatrices, susceptibles d’assurer aux collectivités territoriales un financement pérenne de leurs politiques transports246. Remis en décembre 2003 à Jean-Pierre Raffarin, alors Premier Ministre, le rapport du député Christian Philip sur le financement des déplacements urbains247 plaidait ainsi en faveur de la mise en place d’un « système de financement pérenne, à la mesure des besoins des collectivités responsables », exposant sans détours l’enjeu politique d’une telle évolution : « Dans la période de décentralisation que nous vivons, il appartient à l’État, non plus d’intervenir directement financièrement, mais de donner aux collectivités (...) le pouvoir de décider des mesures nécessaires au financement de la stratégie adoptée »248. Trois ans plus tard, toutefois, et alors qu’un rapport de la Cour des Comptes sur les transports publics urbains249 a confirmé en 2005 la nécessité d’une réforme en faveur d’un « financement équilibré et durable », la question reste ouverte et les pistes nombreuses : • Si certaines autorités organisatrices ont encore la possibilité d’augmenter le taux du versement transport250 dans les limites imposées par la loi et de dégager ainsi des ressources supplémentaires, seul le législateur peut décider de modifier les plafonds. Il en est de même pour ce qui concerne l’extension géographique du versement transport, qui seule permettrait d’annuler les « effets frontières » liés à l’étalement urbain et de mieux prendre en compte la réalité périurbaine des déplacements251. Dans son rapport de 2005, d’ailleurs, la Cour des Comptes s’est prononcée en faveur d’une réforme globale du versement transport, qui porterait tout à la fois « sur l’extension de son périmètre de perception, l’élargissement de son assiette et l’encadrement de ses taux »252 • Une dépénalisation et une décentralisation du stationnement payant sur voirie ont aussi été proposées, afin que les communes, établissements publics de coopération intercommunale ou syndicats mixtes aient compétence sur l’ensemble des outils relatifs au stationnement payant (réglementation, tarification, recouvrement et sanctions). Pour la Cour des Comptes, une telle réforme répondrait à « l’inadaptation du régime juridique actuel du stationnement payant », que ce soit au regard des enjeux financiers ou des politiques de déplacements urbains253 . Dans le même ordre d’idée, surtaxer les places de parkings auto dans la taxe d’habitation et taxer certains parkings trop incitatifs à l’usage de la voiture particulière permettrait d’augmenter les ressources disponibles pour le développement des transports collectifs et autres mesures visant à réduire les émissions de GES liées aux transports. • La mise en place, au nom de l’internalisation des coûts externes254, d’une éco-redevance255 sur les transports routiers de marchandises peut également être un moyen d’assurer un financement pérenne des politiques transports décidées par les collectivités territoriales : à l’échelle régionale, la région Alsace a ainsi obtenu en 2005 l’autorisation de mettre en place, à titre expérimental, un péage sur les poids lourds circulant sur certains axes de son réseau routier256. La transposition en droit français de la Directive européenne Eurovignette doit être mise à profit pour généraliser cette expérience. • L’affectation aux transports collectifs d’une part additionnelle de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) a souvent été évoquée comme un moyen d’assurer aux collectivités locales une ressource dynamique et pérenne. Cette proposition a par exemple été envisagée sous la forme d’une décentralisation partielle de la TIPP, modalité qui ne s’est finalement concrétisée que pour les régions257. Mais elle pourrait prendre la forme d’une augmentation légère de la TIPP, avec affectation des ressources dégagées à un fonds d’investissement pour les transports publics. II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions - 99 - • La question des plus-values foncières et immobilières liées aux investissements publics en matière de transports doit également être posée258 : comme le soulignait la Cour des Comptes en 2005, « il serait légitime de faire bénéficier la collectivité d’une partie des plus-values réalisées grâce à un investissement qu’elle a décidé et largement financé »259. Dans la même logique et afin de lutter contre l’étalement urbain, la Cour des Comptes estimait que « les mécanismes fiscaux venant à l’appui des politiques d’aménagement du territoire pourraient faire davantage contribuer les opérations foncières et immobilières au financement des politiques de transport induites par ces extensions urbaines »260. • La mise en place de péages urbains peut aussi être envisagée, à l’image du « central London congestion charging » instauré depuis février 2003 à Londres. Conforme au principe pollueur-payeur, cette approche vise simultanément à réduire la congestion automobile et à dégager des ressources au profit du développement des transports collectifs. En termes d’acceptation publique, cette affectation des recettes prélevées est mise en avant pour compenser le fait que la taxation est évidemment plus facilement supportée par les automobilistes aisés261. Mais les péages urbains restent une option controversée : les habitants des périphéries contestent la «fermeture» de la ville-centre (cas du péage expérimenté à Stockholm), tandis que les défenseurs des libertés individuelles dénoncent les dispositifs technologiques visant à facturer et à contrôler les usagers. Piste cyclable bi-directionnelle et espace piéton le long du bassin de la Villette à Paris - 100 - II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions 16 La gratuité des transports collectifs, une option à considérer ? La protection de l’environnement peut justifier la gratuité des transports collectifs : la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie262, adoptée en 1996, a ainsi prévu la définition de plans de protection de l’atmosphère pour les agglomérations de plus de 250 000 habitants, avec, en cas de dépassement des seuils d’alerte, des mesures d’urgence comme la restriction ou la suspension de la circulation des véhicules, compensées par un accès gratuit aux réseaux de transports en commun publics. Cette gratuité, envisagée à titre exceptionnel, peut aussi l’être comme une mesure permanente visant à promouvoir l’usage des transports collectifs et à lutter contre la congestion automobile263. En France, quelques villes ont ainsi fait le choix de la gratuité totale : les pionnières des années 70, Colomiers (Haute-Garonne) et Compiègne (Oise), ont été rejointes plus récemment par d’autres municipalités, telles que Vitré (Ille et Vilaine) ou bien Châteauroux (Indre) qui a instauré depuis 2002 la gratuité sur tout le réseau de sa communauté d’agglomération (72 000 habitants). Conjuguée à une amélioration de l’offre et à d’autres mesures (plan de circulation, parkings périphériques, etc.), elle permet une augmentation rapide de la fréquentation : après avoir opté en 1997 pour la gratuité, la ville belge d’Hasselt (67 000 habitants), considérée de ce point de vue comme un exemple, a vu la fréquentation s’envoler en trois ans de 30 000 voyageurs par mois à près de 270 000. Contrairement à certaines craintes, cette hausse de la fréquentation ne se traduit pas par une hausse de l’insécurité, des incivilités ou du vandalisme. Reste alors la question du coût, souvent mise en avant comme un obstacle majeur à la gratuité. De ce point de vue aussi, il convient de relativiser le problème, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, si la gratuité se traduit par un manque à gagner, la billetterie ne représente souvent qu’une part réduite du budget (14% dans le cas de Châteauroux, soit 400 000 euros), et sa suppression engendre aussi des économies, car il n’est plus nécessaire de fabriquer des tickets, de les vendre et de les contrôler (à Châteauroux, le coût net de la gratuité a ainsi été ramené à environ 300 000 euros, qui ont été couverts grâce à une augmentation du versement transport des entreprises). Par ailleurs, le coût de la gratuité peut être considéré comme le prix à payer pour «rentabiliser» les investissements faits dans les transports collectifs : ainsi, à Vitré, c’est le refus de voir tourner les bus à vide qui a motivé la décision de supprimer la billetterie. Enfin, il ne faut pas oublier que les diverses nuisances générées par les transports (accidents, congestion, bruit, pollution locale, émissions de GES) sont des « effets externes » dont le coût n’est que partiellement supporté par les transporteurs ou les automobilistes264. A ces coûts externes supportés par l’ensemble de la collectivité s’ajoutent de surcroît des coûts directement assumés par les villes pour faire face au trafic automobile (aménagements en particulier). La ville belge d’Hasselt estime par exemple que la réduction de ce trafic lui a permis d’économiser près de 150 000 euros par an, soit le quart du surcoût lié à la gratuité (le transfert modal qui en est résulté est évalué à près de 550 000 déplacements automobiles par an). Mais ce type de raisonnement, s’il permet de justifier le choix de la gratuité, n’en dispense pas moins de trouver les ressources qui permettront de compenser le manque à gagner comptable. Une solution pourrait être de mettre à contribution les automobilistes : ces derniers ne sont-ils pas bénéficiaires de l’amélioration des conditions de circulation rendue possible par ceux et celles qui acceptent de renoncer à la «liberté motorisée» ? II. C2- Des compétences renforcées pour les départements et les régions - 101 - C3 - Réseaux européens et coopération décentralisée Si l’action des collectivités territoriales en vue de limiter les émissions de GES liées aux transports relève par essence du niveau local, elle peut européens de collectivités, des collaborations transfrontalières avec les collectivités des États européens limitrophes, ou encore des partenariats également prendre une dimension internationale, que ce soit dans le cadre des réseaux mondiaux ou noués avec les collectivités des pays en développement au titre de la coopération décentralisée. Des réseaux de collectivités pour échanger et se positionner En matière de réseaux de collectivités, par exemple, un certain nombre d’organisations existent, à vocation généraliste ou plus spécifique. Du côté des organisations généralistes, de struc- en présentant des profils très variés : entre la European Regions Airline Association (www.eraa.org) et l’Association Européenne des Voies Vertes (www.aevv-egwa.org) en passant par l’Association of European Metropolitan tures comme le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE - www.ccre.org), l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE - Transport Authorities (www.emta.com), les positions ne sont guère convergentes... www.a-e-r.org), le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux du Conseil de l’Europe (CPLRCE http://www.coe.int/t/congress/default_FR.asp) ou le réseau Eurocités (www.eurocities.org) per- Les collectivités françaises, qu’elles soient déjà mettent à leurs membres de confronter points de vue et expériences, tout en agissant auprès des institutions communautaires afin d’exercer ensemble une influence sur les décisions de l’UE. Ces organisations généralistes, qui affichent leur membres de ces organisations ou désireuses de le devenir, devront donc s’attacher à y promouvoir des approches plus résolument orientées vers la réduction des émissions de GES liées aux transports, afin d’accélérer le ralliement de ces grands réseaux d’influence à des approches politiques plus compatibles avec la lutte contre les changements climatiques. adhésion au concept de développement durable et ont pour la plupart mis en place des groupes de travail sur la thématique transports, sont cepen- Parallèlement, les collectivités locales françaises ont intérêt à inscrire leur action dans le cadre dant partagées entre des objectifs contradictoi- des réseaux européens ou mondiaux constitués res : tout en reconnaissant la nécessité d’une meilleure prise en compte de l’environnement, elles continuent bien souvent de voir le développement autour de thématiques plus directement liées à la problématique transports et climat. Du Conseil international pour les initiatives environnementa- des transports et des échanges comme l’un des facteurs clés du dynamisme économique265. les locales (www.iclei.org), organisateur en 1994 Quant aux réseaux de collectivités spécifiquement dédiés aux transports, ils sont bien souvent confrontés aux mêmes contradictions, tout - 102 - de la 1ère Conférence des villes durables européennes à l’issue de laquelle a été adoptée la Charte d’Aalborg266, à Energies-cités (www.energie-cites.org), présente dans 21 pays avec une forte implantation en France, en passant par la II. C3- Réseaux européens et coopération décentralisée Climate Alliance (www.klimabuendnis.org) associant des villes européennes et les peuples indigènes des forêts tropicales, la Fondation Européenne pour le Développement Durable des (www.smile-europe.org / initiatives locales pour une mobilité durable), CIVITAS II (www.civitas-initiative.org / transports urbains durables) ou Régions (www.fedre.org) mise en place à l’initiative du CPLRCE ou le réseau POLIS (www.polis-online.org) qui regroupe des villes et des régions européennes désireuses de promou- innovants pour le transport durable), mais aussi du réseau URBACT (www.urbact.org) qui a permis de mettre en relation les villes impliquées dans voir des solutions innovantes en matière de transports, les structures sont en effet nombreuses qui permettent aux collectivités de partager expériences et savoir-faire. De tels échanges de bonnes pratiques trouvent également place dans le cadre de projets soutenus par l’UE, à l’image des projets SMILE NICHES (www.niches-transport.org / concepts les programmes communautaires URBAN I & II. Enfin, la semaine européenne de la mobilité organisée tous les ans en septembre (www.mobilityweek-europe.org) fédère aussi un ensemble de collectivités, d’associations et d’entreprises autour de la problématique transport et constitue à ce titre un moment d’action à forte visibilité. Des collaborations transfrontalières pour agir de façon coordonnée Dans un contexte d’intégration européenne croissante, la définition et la mise en œuvre par les collectivités locales de politiques de réduction des émissions de GES liées aux transports prend de plus en plus souvent une dimension transfrontalière, comme l’illustrent les zooms consacrés à la Communauté Urbaine de talières, à l’instar des territoires plus centraux, sont donc confrontées à une saturation progressive de leurs infrastructures routières, tout en étant dans l’obligation d’aborder le problème de façon concertée avec les autorités locales des pays limitrophes. Le développement Strasbourg et à la Région Nord – des transports collectifs transfrontaliers, par exemple, permet d’alléger la pression exercée par Pas de Calais. Les transports transfrontaliers connaissent en effet une hausse buant à l’intégration des espaces concernés : les collaborations le mode routier, tout en contri- continue, qu’il s’agisse des flux nouées dans le domaine des de marchandises nourris par le transports peuvent ainsi jouer un développement de l’intégration rôle déterminant dans l’élaboraPiste cyclable frontalière à Kehl européenne et des échanges comtion d’un projet de territoire (Allemagne) merciaux correspondants ou des transfrontalier. déplacements de personnes liés à l’augmentation De plus, les projets transfrontaliers, qui contride la mobilité, y compris au quotidien avec les buent à la construction européenne, bénéficient travailleurs frontaliers, dont le nombre s’élève en France à environ 250 000267. Sillonnées par des flux incessants, les zones fron- d’un soutien national et communautaire affirmé. En France, la Mission Opérationnelle Transfrontières (www.espaces-transfrontaliers.org) a ainsi été II. C3- Réseaux européens et coopération décentralisée - 103 - créée dès 1997 pour rassembler collectivités territoriales, opérateurs économiques et sociaux et institutions nationales au service du développe- hauteur de 75% des crédits), la coopération transnationale (environ 20%) et les réseaux de coopération et d’échanges (5%) : concrètement, et pour ment de projets transfrontaliers. Après avoir ce qui concerne la France, l’enveloppe prévue apporté son soutien à cinq collectivités pilotes (dont la communauté urbaine de Lille Métropole et la région Alsace), cette plate-forme d’échange et de facilitation au service des porteurs de projets devrait se traduire par un doublement des fonds mis à disposition des porteurs de projets transfrontaliers268. Qu’il s’agisse de développer telle ou a développé son action autour de trois axes stratégiques : assistance opérationnelle, mise en réseau des acteurs et réflexion stratégique. La Mission Opérationnelle Transfrontières offre ainsi aux porteurs de projets une assistance et une expertise concrètes, tout en mobilisant les compétences et les moyens financiers de ses partenaires fondateurs (Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires, Groupe Caisse des Dépôts et Ministère de l’Équipement) et en favorisant les transferts de bonnes pratiques. Elle intègre parallèlement à sa structure interministérielle une association qui regroupe collectivités territoriales, entreprises et autres organisations partenaires afin de permettre un fonctionnement en réseau, que ce soit sur le plan telle alternative à la route ou de construire une stratégie plus intégrée de réduction des émissions liées aux transports, l’action transfrontralière des collectivités continuera donc de bénéficier de financements communautaires. Enfin, l’existence de réseaux de collectivités transfrontalières offre également un cadre de coopération politique appréciable : ainsi, l’Association des Régions Frontalières Européennes (www.aebr.net) a pour objectif de défendre les intérêts de ses membres auprès des institutions, mais aussi de promouvoir et de coordonner les différentes formes de coopérations transfrontalières tout en favorisant les échanges d’expériences et d’informations. territorial ou thématique. Enfin, la Mission contribue à la définition d’une politique transfrontalière cohérente : à ce titre, elle s’est par exemple penchée sur l’intégration des projets transfrontaliers des régions dans la planification nationale (contrats de plan ÉtatRégions) et communautaire (Interreg). L’UE est en effet le cadre de référence pour les projets transfrontaliers : instrument de la politique régionale de l’Union et de la mise en œuvre du Schéma de Développement de l’Espace Communautaire, le programme Interreg troisième Conférence mondiale sur le Climat. Nairobi, novembre 2006 génération (2000-2006) a ainsi permis de financer des projets de coopération transeuropéenne. Lui succédera à partir de 2007 un nouveau programme de Coopération territoriale européenne, qui portera sur la coopération transfrontalière (à - 104 - II. C3- Réseaux européens et coopération décentralisée Des partenariats Nord-Sud au titre de la coopération décentralisée La lutte contre les changements climatiques a une forte dimension Nord-Sud : si les pays indus- sions ou de les assister dans leurs efforts d’adaptation aux changements climatiques. trialisés sont de loin les principaux responsables de l’augmentation historique des concentrations atmosphériques de GES et présentent des niveaux d’émissions par habitant tout à la fois Cet engagement des collectivités françaises peut bien entendu s’appuyer sur les acteurs incompatibles avec l’objectif de stabilisation défini par le Convention Climat et nettement plus élevés que ceux des pays du Sud, ces derniers, qui ont vu reconnaître leur droit au développement, connaissent pour la plupart une augmentation rapide de leurs émissions. La stabilisation puis la réduction des émissions mondiales suppose donc une action conjointe de l’ensemble des pays, et un renforcement sensible de la coopération Nord-Sud dans tous les domaines ayant un impact sur l’évolution des émissions de GES des pays en développement, y compris les transports. Cet impératif est reconnu par la Convention et a donné lieu, sur le plan multilatéral, à la création du Fonds pour l’Environnement Mondial dont l’une des missions est de financer des projets visant à réduire les émissions dans les pays en développement. Le Mécanisme de Développement Propre défini par le Protocole de Kyoto s’inscrit également dans cette logique de coopération Nord-Sud, en permettant à des acteurs de pays industrialisés institutionnels traditionnels, mais aussi sur des réseaux plus spécifiques tels que Cités Unies France (www.cites-unies-france.org ), qui fédère depuis 1975 les collectivités locales françaises engagées dans la coopération internationale et a contribué à l’élaboration d’une Charte de la coopération décentralisée pour le développement durable adoptée en 2004270, ou la CODATU (Coopération pour le Développement et l’Amélioration des Transport Urbains et Périurbains - www.codatu.org), association créée en 1980 à l’initiative d’universitaires, de collectivités et d’entreprises privées pour promouvoir les échanges d’expériences entre les pays émergents, les pays en développement et les pays industrialisés271. Dans le domaine des transports, l’objectif d’une coopération décentralisée intégrant l’enjeu climatique sera bien sûr d’aider les pays en développement à privilégier des systèmes de transports compatibles avec l’objectif ultime de la Convention Climat. L’enjeu est de taille, du fait en particulier de l’urbanisation rapide (et sou- de financer des projets de réduction dans les pays vent anarchique) que connaissent ces pays, en développement et de bénéficier en retour de et de l’augmentation tout aussi rapide de leurs parcs de véhicules motorisés. crédits d’émission. Cette évolution concerne aussi la coopération décentralisée : dans une brochure publiée en 2002 et intitulée Lutte contre l’effet de serre - De l’action locale à l’action internationale269, la Mission Interministérielle de l’Effet de Serre appelait ainsi les collectivités territoriales à faire de la lutte contre le réchauffement climatique l’un des axes prioritaires de leurs actions de coopération décentralisée Nord-Sud, qu’il s’agisse d’aider les pays en développement à maîtriser leurs émis- D’une certaine façon, il s’agit donc pour les collectivités françaises qui engagent des actions de coopération décentralisée autour de la problématique transports et climat d’encourager leurs homologues du Sud à ne pas s’engager plus avant dans un modèle de développement qui, tout en étant dominant au Nord et au centre des aspirations du Sud, n’est plus considéré désormais comme soutenable d’un point de vue environnemental. II. C3- Réseaux européens et coopération décentralisée - 105 - Le paradoxe, d’ailleurs, s’étend au-delà de ce constat : si l’objectif est d’éviter que les pays en développement ne continuent en matière de efficace). Les collectivités françaises ont ainsi sans nul doute à apprendre de leurs homologues des pays en développement. Il ne s’agit donc transports à suivre une voie sans issue, c’est pas de donner des leçons, mais de privilégier aussi parce que ces pays, précisément, sont encore le plus souvent à mi-parcours et n’ont pas encore complètement tourné le dos à des moyens de transport tels que la marche et le vélo une logique de réciprocité et d’échanges, en considérant la confrontation des expériences et des approches comme la clef d’un réel enri- (que nous nous efforçons pour notre part de réhabiliter sous l’appellation de « modes doux » quand ils restent pour la majorité des habitants de la Terre une solution quotidienne incontournable) ou les transports en commun (moins clinquants et coûteux que nos modernes tramways, les minibus collectifs assurent dans de nombreuses chissement mutuel. Et ce en n’oubliant pas que les déplacements aériens, pour motivés qu’ils puissent être par la mise en place d’actions de coopération décentralisée sur la problématique transports et climat, restent le mode le plus émetteur en termes de GES... villes du Sud un service à la fois souple, dense et Manifestation citoyenne à Paris lors de la journée internationale de lutte contre le changement climatique, 4 novembre 2006. - 106 - II. C3- Réseaux européens et coopération décentralisée CONCLUSION - 107 - - 108 - Agir pour le climat, gagner sur plusieurs tableaux Certaines collectivités peuvent hésiter à s’engager dans une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux transports parce qu’elles estiment avoir d’autres priorités et/ou manquer de moyens à consacrer à cet objectif. Mais agir pour le climat permet également de faire avancer d’autres objectifs territoriaux, que ce soit sur le plan économique, social ou environnemental. Cette convergence entre la lutte contre les changements climatiques et certains objectifs traditionnels des politiques territoriales est une raison supplémentaire pour agir « sans regrets ». Du fait de leurs multiples dividendes associés, les mesures appelées par la nécessaire réduction des émissions de GES liées aux transports relèvent en effet d’un choix politique « gagnant-gagnant » : (i) L’objectif de réduction des transports motorisés est totalement convergent avec la nécessaire maîtrise de nos consommations énergétiques pour faire face au double défi de la raréfaction du pétrole et de l’augmentation de son prix. La question de l’épuisement des réserves se pose en effet de façon croissante. Face à ce défi, se fixer pour objectif de réduire les émissions de GES liées aux transports, c’est à la fois protéger le climat et se donner les moyens d’une moins grande dépendance par rapport au pétrole. (ii) Mettre en place une stratégie de régulation et de limitation des déplacements motorisés permet de réduire les émissions de GES, mais aussi de diminuer la pollution locale. Moins de voitures, moins de camions, c’est aussi moins d’émissions de NOx, de SO2 et de particules. L’action pour le climat, qui s’inscrit dans une logique globale, est ainsi convergente avec le souci de protection de l’environnement à une échelle plus locale. Les diverses mesures mises en œuvre pour réduire les émissions de GES liées aux transports se traduiront localement par une amélioration de la qualité de l’air, mais aussi par une réduction des nuisances sonores. L’enjeu n’est pas négligeable, puisque la lutte contre les changements climatiques entre ainsi en synergie avec les considérations territoriales de santé publique et de qualité de vie. Pour les décideurs locaux, c’est une raison supplémentaire d’afficher une volonté politique claire et d’agir de façon pragmatique mais déterminée, à l’heure où les attentes de la population en matière de protection de l’environnement et de santé vont en augmentant. (iii) Au-delà de la pollution atmosphérique locale et des nuisances sonores, c’est la qualité de vie dans son ensemble qui sortira renforcée de la mise en œuvre de mesures visant à réduire les émissions de GES liées aux transports. En ville, par exemple, le recul de l’automobile, orchestré avec intelligence, permet de libérer progressivement un espace public aujourd’hui congestionné, ce qui présente des avantages multiples : une fluidité retrouvée de la circulation dans son ensemble, une plus grande liberté et une meilleure sécurité pour les modes doux tels que le vélo ou la marche à pied, des transports en commun plus rapides et plus réguliers, etc. Conclusion - 109 - La pratique de la marche ou du vélo peut aussi constituer une activité physique régulière contrebalançant la sédentarité accentuée par l’usage de la voiture et néfaste pour la santé (obésité chez les enfants ou maladies cardio-vasculaires chez les adultes). Agir dans le sens d’un partage plus équilibré de la voirie contribue au final à changer la ville... et la vie : l’espace urbain affranchi de la frénésie automobile est rendu à ses habitants et à un quotidien moins embouteillé. Quant aux actions plus structurelles visant à réduire la demande contrainte de transports via un renouveau des politiques d’urbanisme, elles permettent aussi d’améliorer la qualité de vie de tous et l’attractivité globale du territoire. Un étalement urbain mieux maîtrisé, une mixité fonctionnelle et sociale renforcée, c’est en effet le retour d’une proximité quotidienne à la fois pratique et relationnelle, c’est une vie de quartier plus riche et solidaire. (iv) La dimension sociale doit également être pris en compte au nombre des dividendes associés à la mise en œuvre d’actions destinées à réduire les émissions de GES liées aux transports. En effet, tout le monde n’est pas en mesure de se déplacer quotidiennement en automobile : certaines personnes n’ont pas le permis ou ne possèdent pas de voiture, d’autres n’ont pas les moyens de suivre la hausse du prix de l’essence, etc. Redonner la priorité aux transports collectifs est de ce point de vue une question d’équité, puisque cela permet d’offrir au plus grand nombre des possibilités identiques en termes de mobilité. C’est donc un moyen de promouvoir l’égalité des chances (par rapport à l’accès au travail en particulier), mais aussi de renforcer la cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et leurs habitants. A contrario, la soumission à la logique de l’augmentation des déplacements routiers entraîne de lourdes dépenses publiques en infrastructures routières et des impacts environnementaux multiples, dépenses et impacts que devront supporter même ceux qui volontairement ou non se déplacent peu ou pas du tout en voiture... (v) Enfin, l’adoption de mesures visant à repenser au nom de la lutte contre les changements climatiques nos systèmes de transports présente aussi des avantages sur le plan économique. Privilégier des approches orientées vers la réduction des émissions, on l’a vu, permet par exemple de réduire notre dépendance vis-à-vis du pétrole : le gain pour les budgets publics et privés peut-être non négligeable. Mais ce n’est pas tout : les actions en matière de transport peuvent stimuler l’activité économique et générer un développement local plus compatible avec les enjeux stratégiques et environnementaux de demain. Lutter contre le gaspillage en mettant en place des dispositifs de recyclage à l’échelle territoriale, promouvoir les circuits courts de production et de consommation, dynamiser les échanges locaux plutôt que les échanges à fort contenu en transports, etc. : les solutions sont nombreuses qui permettent tout à la fois de réduire les émissions de GES et de renforcer l’autonomie d’un territoire en créant des activités nouvelles et non délocalisables et des emplois durables et locaux. - 110 - Conclusion Les nouvelles compétences transférées aux collectivités en 2004 Niveau de collectivité Compétences transférées avant la loi du 13 août 2004 - Participation à l’élaboration de la politique natio- Compétences transférées par la loi du 13 août 2004 nale d’aménagement et de développement durable - Élaboration d’un schéma régional d’aménagement et de développement du territoire (SRADT) qui fixe les orientations à moyen terme du développement durable du territoire - Élaboration d’un schéma régional des régional. Il définit notamment les objectifs de infrastructures et des transports (anciennelocalisation des grands équipements, des infra- ment schéma régional de transport) AménageRégion ment du structures et des services d’intérêt général de la région et veille à la cohérence des projets - Peuvent se porter candidates jusqu’au d’équipement avec les politiques de l’État et 1er juillet 2006 pour l’aménagement, l’en- territoire et des autres collectivités. Il intègre le schéma tretien et la gestion d’aérodromes civils planification régional de transport. Des schémas interrégio- naux peuvent être élaborés à l’initiative des - Si elles le demandent avant le 1er janrégions concernées vier 2006, propriété, aménagement et ges- notamment pour la mise en œuvre du SRADT de l’État situé sur son territoire. - Signature de contrats de plan État-région, tion de tout port non autonome relevant - Élaboration d’un schéma régional de transport - Organisation des services de transport routier non urbain des personnes et des transports ferroviaires de la région, sauf en Ile-de- France où le syndicat des transpor ts d’Ile-de-France (STIF) remplit ces fonctions. - Entretien et investissement concernant la voirie départementale ; - Organisation des transports routiers non Aménagement de Département l’espace, urbains de personnes et des transports sco- - Gestion d’une partie (environ 15 000 km) - Création, équipement et gestion des ports - Peuvent se porter candidats jusqu’au 1er laires hors du périmètre urbain ; maritimes de commerce et de pêche ; des routes nationales ; juillet 2006 pour l’aménagement, l’entretien - Élaboration d’un programme d’aide à et la gestion d’aérodromes civils ; équipement l’équipement rural ; - S’ils le demandent avant le 1er janvier - Protection, gestion et ouverture au public des 2006, propriété, aménagement et gestion espaces naturels sensibles boisés ou non ; - Donne son avis lors de l’élaboration du schéma régional d’aménagement et de de tout port non autonome relevant de l’État situé sur son territoire développement du territoire (SRADT) par la région. Annexes - 111 - - Élaboration des plans locaux d’urbanisme PLU (qui ont remplacé les POS en 2000) ce qui permet au maire de délivrer des permis de construire au nom de la commune, et non plus au nom de l’État. -Si elles le demandent avant le 1er janvier territoriale SCOT (appelé schéma direc- de tout port non autonome relevant de présentant le projet d’aménagement et de -Création, aménagement et exploitation - Elaboration des schémas de cohérence 2006, propriété, aménagement et gestion Commune et groupe- Urbanisme ment de communes teur avant la loi du 13 décembre 2000) l’État situé sur son territoire ; et transports développement durable retenu et fixant des ports de commerce et de pêche qui les objectifs des politiques d’urbanisme leur sont transférés ; dans certains domaines (habitat, dévelop- -Peuvent se porter candidates jusqu’au 1er pement économique, déplacement des personnes et des marchandises..) - Délivrance de permis de construire ; juillet 2006 pour l’aménagement, l’entretien et la gestion d’aérodromes civils. - Création, aménagement, exploitation des ports de plaisance. Source : http://www.vie-publique.fr/decouverte_instit/instit/instit_3_3_0_q4.htm - 112 - Annexes Que change la révision constitutionnelle de 2003 ? La réforme initiée en 2003 va dans le sens d’un approfondissement de la décentralisation. La révision de la Constitution du 28 mars 2003, qui en constitue la première étape, a établi un certain nombre de changements (cf. tableau). La seconde étape correspond à la publication des lois organiques (LO) précisant les modalités d’organisation des référendums décisionnels locaux (LO du 1er août 2003) et de l’expérimentation (LO du 2 août 2003) et de l’autonomie financière des collectivités territoriales (LO du 29 juillet 2004). Enfin, la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales précise les nouveaux transferts de compétences qui seront pour la plupart effectifs à compter du 1er janvier 2005. Jusqu’en 2003 Organisation de la République Aucune précision dans la Constitution. Définition des collectivités Sont reconnus les communes, les dépar- territoriales L’outre-mer tements et les territoires d’outre-mer. Il existe des départements et régions d’outre-mer (DOM et ROM), et des territoires d’outre-mer (TOM). Après la réforme de 2003 « Son organisation est décentralisée » (art. 1). Sont reconnus les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d’outre-mer. (art. 72). Les DOM et les ROM continuent d’exister. Les collectivités d’outre-mer remplacent les TOM. Seules les TAAF (terres australes et antarctiques françaises) restent un TOM dans les faits, en vertu de la loi statutaire du 6 août 1955 (art. 72 et 72-3). Pouvoir réglementaire Pas reconnu par la Constitution Reconnu par la Constitution (art. 72). Les collectivités et leurs groupements peu- Expérimentation Pas reconnue par la Constitution vent, lorsque la loi ou le règlement les y autorisent et pour une durée définie à l’avance, déroger aux lois et règlements qui les régissent afin de « tester « localement les effets d’une mesure nouvelle (art. 72). Annexes - 113 - Principe inscrit dans la Constitution (art. 72-2). En conséquence : Autonomie finan- -la liberté de dépense est consacrée ; Existe, avec quelques imperfections, mais pas -les collectivités peuvent fixer l’assiette cière des collectivités inscrite dans la Constitution et le taux des impositions dans des limites fixées par la loi ; -aucun transfert de compétences entre l’État et les collectivités sans transfert des ressources équivalentes -reconnaissance du principe de péréquation. Est inscrit dans la Constitution. Les élec- Démocratie Locale Droit de pétition teurs des collectivités peuvent demander l’inscription à l’ordre du jour de l’assem- N’existe pas. blée délibérante (ex : conseils municipaux, généraux, régionaux…) d’une question relevant de ses compétences (art. 72-1). Démocratie Locale Référendum local Seules les communes peuvent organiser un réfé- Toutes les collectivités peuvent désormais soumettre à la décision de leurs électeurs rendum. Mais il a seulement une valeur consulta- un projet de texte (acte ou délibération) tive et non de décision. par référendum décisionnel local (art. 721). Les électeurs peuvent être consultés lors : -de la création d’une collectivité territo- riale à statut particulier et de la modification de son organisation ; -d’un changement de limites territoriales Démocratie Locale Consultations locales de la collectivité. Ces consultations ont une valeur d’avis (art. 72-1). idem Par contre, une collectivité territoriale située outre-mer ne peut pas changer de régime législatif sans le consentement de ses électeurs (art 72-4). - 114 - Annexes NOTES 1 - IPCC, Summary for policymakers, WG 1, fourth assessment report, février 2007. 2 - Op. cit. 1 3 - Une étude incontournable parue en 2004 dans la revue Nature affirme que le changement climatique pourrait provo- quer la disparition de plus d’un million d’espèces d’ici 2050. Entre 15 et 37 % des espèces terrestres de la planète seraient ainsi menacées d’extinction. Voir : RAC et al., « Changement climatique : la nature menacée en France ? en savoir plus et agir », juin 2005, 24 pages. 4 - Première Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement. 5 - Permis d’émission négociables et mise en oeuvre conjointe pour les échanges entre pays industrialisés, mécanisme de développement propre pour les échanges nord-sud. 6 - L’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto était suspendue à sa ratification par 55 pays au minimum, incluant des pays industrialisés dont les émissions en 1990 représentaient au moins 55% des émissions de ce groupe. En raison du retrait américain, le franchissement de ce seuil déclencheur était conditionné par la ratification du Protocole par la Russie. 7 - En téléchargement sur le site de la MIES : www.effet-de-serre.gouv.fr 8 - Cf par exemple : Énergie 2010-2020, les chemins d’une croissance sobre, Commissariat général au Plan, La Documentation française, 1998. 9 - Pour les émissions de 1990 (tous gaz confondus), le PNLCC retenait le chiffre de 528 millions de tonnes équivalent CO2, qui constituait donc l’objectif annuel visé sur la période 2008-2012. Dans l’hypothèse d’une croissance économique de 2,2% par an et en l’absence de mesures de réduction, ces émissions devaient atteindre 642 millions de tonnes équivalent CO2 en 2010, soit une augmentation supérieure à 20%. La mise en œuvre des mesures décidées avant Kyoto permettait de limiter cette hausse à un peu de 10%, les émissions atteignant alors 587 millions de tonnes équivalent CO2 en 2010. Pour passer de cette ’projection de référence’ à l’objectif de stabilisation, l’effort supplémentaire de réduction était donc évalué à 55 millions de tonnes équivalent CO2. Ces chiffres ont depuis été réévalués par le Plan Climat 2004 pour tenir compte de changements de conventions comptables, d’erreurs et d’un réexamen des tendances constatées. 10 - Bilan 2002 du Programme National de Lutte contre le Changement Climatique, en téléchargement à l’adresse : http://www.effet-de-serre.gouv.fr/fr/actions/bilan2002corrigé.pdf 11 - Evaluation interassociative 2002 du Programme National de Lutte Contre le Changement Climatique, Synthèse, en téléchargement à l’adresse : www.rac-f.org 12 - Op. cit 10. 13 - Téléchargement : www.effet-de-serre.gouv.fr 14 - Intervention du mercredi 26 novembre 2002, à l’occasion de la conférence sur le bilan de l’application des mesures du PNLCC – téléchargement : www.effet-de-serre.gouv.fr 15 - Cf interventions de Jean-Pierre Raffarin (« Les objectifs sont connus, ils sont précis. Il s’agit de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre avant 2050 à l’échelle de la planète. Pour nous, pays industrialisé, cela signifie une division par quatre ou par cinq ») et de Roselyne Bachelot, ministre de l’environnement et du développement durable (« Les nations les plus riches et industrialisées ont le devoir de montrer l’exemple, cela signifie que la France doit diviser par 4 ou 5 ses émissions ») le mercredi 19 février 2003 lors de l’Assemblée plénière du GIEC à Paris – téléchargement : www.effet-deserre.gouv.fr ; enfin, la loi POPE du 13 juillet 2005, loi de Programme fixant les orientations de la politique énergétique, s’est fixée un objectif de réduction des émissions de GES de 3%/an en moyenne 16 - Plan Climat 2004, MEDD/MIES, www.ecologie.gouv.fr 17 - Bonus-malus à l’achat des véhicules neufs, multiplication par 5 des biocarburants, renforcement du crédit d’impôt, généralisation de l’étiquette énergie, qualité et contrôle des climatisations. 18 - Plan Climat 2004 : De qui se moque-t-on ? Communiqué de presse RAC-France / WWF / 4D / Greenpeace / France Nature Environnement / Les Amis de la Terre / Agir pour l’environnement, Jeudi 22 juillet 2004, Paris. Lire également Plan Climat 2004 : division par quatre des émissions... ou des ambitions ? de Philippe Quirion, président du RAC-F et Plan Climat 2004 : de l’échec du tout régalien au mirage du tout volontaire ? Sylvain Godinot, administrateur du RAC-F – téléchargement : www.rac-f.org 19 - CITEPA, inventaire UNFCCC janvier 2007. 20 - Pour le seul CO2, cette contribution s’élève même à plus de 35%. 21 - Transport and environment : facing a dilemma,, Agence Européenne de l’Environnement, EEA report n°3/2006. 22 - Chiffre pour 2004 : déplacements comptabilisés en personnes.kilomètres - source : Comptes des transports 2004 – Ministère de l’équipement. 23 - Chiffre 2004 : déplacements comptabilisés en tonnes.kilomètres – source : Comptes des transports 2004 – Ministère de l’équipement. 24 - En seize ans, le nombre de voitures particulières immatriculées est passé de 23 millions à 30 millions. L’augmentation est tout aussi forte en ce qui concerne les véhicules utilitaires, dont le nombre est passé de 4,7 millions en 1990 à 6 millions en 2006. Source : CCFA, 2006. 25 - Transport and environment : facing a dilemma, EEA report/n°3-2006. 26 - Source : CITEPA, inventaire CCNUCC, décembre 2005. On notera la place prépondérante des véhicules particuliers dans les émissions de GES liées au transport routier : en 2003, la part des véhicules particuliers s’élevait ainsi à 58%, contre 26% pour les poids lourds et 16% pour les utilitaires légers (source : CITEPA, inventaire UNFCCC pour l’année 2003, mise à jour décembre 2004). Notes - 115 - 27 - Ainsi, pour Jean Marc Jancovici, ingénieur conseil spécialisé sur le climat, « si l’on imputait aux transports les émissions des raffineries pour produire l’essence (dans le poste « transformation énergie»), celles de l’industrie pour la construction des voitures et des routes, et plus généralement toutes les émissions produites par des activités concourant aux déplacements (assurances, garages, etc.) le total serait probablement plus proche de 40% ». Source : www.manicore.com/documentation/serre/GES.html 28 - Plan Climat 2004, Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable. 29 - Livre Blanc - La politique européenne de transports à l’horizon 2010 : l’heure des choix, Commission Européenne, 2001. 30 - Greenhouse gas emission trends and projections in Europe 2004, Rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement n° 5/2004. 31 - Source : www.effet-de-serre.gouv.fr/fr/emissions/conso.htm / CITEPA, inventaire UNFCCC décembre 2002. 32 - Op. cit. 31. 33 - Pour le trafic intérieur, + 25 % de passagers entre 2004 et 2020. Pour le trafic international, + 61 %. Source DGAC. 34 - Des chaussures de sport allemandes seront ainsi transportées au Portugal pour que les petites mains portugaises enfilent les lacets dans les œillets, des crevettes danoises voyageront sous forme surgelée jusqu’au Maroc où elles seront décortiquées et ensachées avant de revenir en Europe pour y être commercialisées, des pommes de terre seront acheminées des Pays-Bas jusqu’en Italie pour y être transformées en chips vendues ensuite dans des supermarchés répartis aux quatre coins de l’Europe, etc. 35 - De 1975 à 1995, la distance moyenne nationale pour la route en transport de marchandises (tous produits) s’est accrue de 71 %, s’élevant de 50 km à 85 km. Source : Note de synthèse du SES, « L’évolution des distances moyennes de transports des marchandises », Jean Marc Savin, Juin 2000. 36 - Chaque jour sont ainsi acheminées 70 kg de marchandises par européen, soit 25 tonnes par an et par habitant. Source : ADEME, GRET-LOG 1998. 37 - Source : Transports et changements climatiques : un carrefour à haut risque, RAC, avril 2004, page 33. 38 - Source : PDE, se déplacer autrement, on est tous gagnants, ADEME, septembre 2005 39 - Source : Jean-Pierre Orfeuil, Je suis l’automobile, Editions de l’aube, 1994 40 - « Les déplacements domicile travail » in INSEE, Première, n°767, avril 2001. 41 - 59 % des français utilisent leur voiture pour se rendre à leur travail (INSEE, 2001) 42 - TNS – SOFRES, juillet 2005. 43 - Le taux d’occupation moyen des véhicules particuliers en ville est de 1,3 personne (source : PREDIT). Par exemple, à Lyon, en 1995, trois voitures sur quatre n’avaient qu’un seul occupant (voir PDU de Lyon). 44 - P. Naess, Urban form and energy use for transport. A Nordic experience. Oslo, NTH, 1995. 45 et 46 - Le total des emplois induits par l’automobile s’élevait ainsi en 2003 à près de 2,5 millions, dont près de 450 000 dans l’amont (matières premières et services), 300 000 dans l’industrie automobile proprement dite (constructeurs, équipementiers, divers) et plus de 1,7 millions dans l’aval (usages et transports). Source : Comité des Constructeurs Français d’Automobiles : www.ccfa.fr 47 - Chiffres pour 2002. Sources : INSEE, Service économique et statistique du ministère de l’Équipement (DAEI-SES), Commission des comptes des transports de la nation, Union Routière de France. 48 - Source : Comité des Constructeurs Français d’Automobiles. 49 - En 2003, la TIPP a ainsi rapporté 24,4 milliards d’euros en 2003, prennant la quatrième place dans les recettes de l’État, derrière la TVA (142,1 milliards), l’impôt sur le revenu (53,7 milliards) et l’impôt sur les sociétés (44,1 milliards) (source : Ministère de l’Economie et des Finances). En tenant compte du produit de la TVA perçue en 2003 sur les ventes de carburants, la contribution des transports routiers aux ressources de l’Etat dépasse les 38 milliards d’euros, auxquels il convient encore d’ajouter 7 milliards d’euros pour les péages autoroutiers TVA incluse (Source : Comité des Constructeurs Français d’Automobiles). 50 - Le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA) « a pour vocation l’étude et la défense des intérêts économiques et industriels de l’ensemble des constructeurs français » et « assure des missions d’information, d’étude et de communication, tant auprès de ses adhérents que des pouvoirs publics, des parlementaires, des médias et du grand public » (source : www.ccfa.fr - rubrique Présentation du CCFA) 51 - En téléchargement sur le site du CCFA (www.ccfa.fr) à la rubrique Publications. 52 - Sous-titre : « L’automobile ? La liberté ! ». 53 - Deux parties : « La mobilité créatrice de richesse », « La mobilité au service de l’environnement ». 54 - Ainsi, les stocks alimentaires de la ville de Paris ne permettraient pas à la capitale de soutenir un blocus de plus de quelques jours... 55 - Accords ACEA avec les constructeurs européens en 1998, accords JAMA avec les constructeurs japonais et KAMA avec les constructeurs coréens en 1999. Voir à ce sujet le chapitre « ID1 : L’UE et la lutte contre les changements climatiques dans le secteur des transports : le discours et la pratique ». 56 - Source : La climatisation automobile : impacts consommation et pollution, Laurent Gagnepain, ADEME, Fiche Repères Juin 2005, téléchargeable sur www.ademe.fr 57 - «-Perte de 4 grammes de CO2/km émis en moyenne pour les véhicules particuliers neufs entre 2001 et 2005. Source : Ademe, 2006. 58 - La puissance moyenne des véhicules particuliers neufs a augmenté d’environ 40% au cours des vingt dernières années, la masse moyenne augmentant quant à elle de plus de 35% au cours de la même période (source : Les véhicules particuliers en France, données et références, ADEME, mai 2006). 59 - Voir à ce sujet les propositions du RAC-France, détaillées dans le chapitre « I.C2. Les recommandations du RAC : trois axes forts ». - 116 - Notes 60 - Source : La climatisation automobile : impacts consommation et pollution, Laurent Gagnepain, ADEME, Fiche Repères Juin 2005, téléchargeable sur www.ademe.fr/htdocs/publications/publipdf/clim_auto.htm. 61a - Well-to-wheels Report, version 1b, January 2004. Concawe, EUCAR, European Commission. 61b - Que pouvons nous espérer des biocarburants ?, 2002, Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil, www.manicore.com/documentation/carb_agri.html 62 - La Directive 2003/30/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 mai 2003 vise à promouvoir l’utilisation de bio- carburants ou autres carburants renouvelables dans les transports. Cette directive s’est traduite en 2004 par l’adoption en France d’un plan biocarburants . La France s’est ainsi engagée à intégrer 5,75% de biocarburants dans l’essence et le gazole pour 2008 (cet objectif était prévu initialement pour 2010), 7% en 2010 et 10% en 2015. Avec 43% de l’effort de réduction des émissions du secteur des transports pour 2010 (soit – 7 MteCO2), le développement des biocarburants est aussi la principale mesure du Plan Climat de ce secteur. 63 - INRA, Publication « INRA Sciences sociales » N° 2 - Décembre 2005, 20e année - ISSN 0988-3266 64 - En 2005, près de 4000 véhicules GPL et 12 véhicules GNV ont été vendus (sur 2 millions de véhicules neufs achetés). Les véhicules électriques ont quant à eux pratiquement disparu du marché en raison de l’arrêt de la production par les constructeurs (source : ADEME, 2006). 65 - Construction de plus de 4000 centrales nucléaires de 1000 MW dans le monde d’ici 2060, soit une nouvelle centrale par semaine ! (Source : Quelles alternatives énergétiques à moyen et à long terme ? Consommations énergétiques, pollution locale, pollution globale associées aux scénarios contrastés d’offre et de demande de transports en 2020 et 2060, Stéphane His, Revue de l’Energie, n°554, février 2004). 66 - Les utopies technologiques : alibi politique, infantilisation du citoyen ou lendemains qui chantent ?, Les Cahiers de Global Chance n°20, Février 2005. Voir en particulier l’article de Benjamin Dessus : La civilisation hydrogène : mythe ou réalité ? 67 - Cf. Chapitre I.B2. Au cœur du problème : une économie et une société « transportées » par la route. 68 - Lire à ce sujet les analyses intéressantes du Mémento des décideurs – Les collectivités territoriales engagées dans la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre (Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable / Mission Interministérielle de l’Effet de Serre, deuxième édition, 2003), et en particulier les chapitres A1 Urbanisme et déplacements, A8 Urbanisme et plan local d’urbanisme et A9 Urbanisme et localisation des activités. 69 - Cf Seconde Partie, chapitre C : « De la commune à l’international, agir à tous les niveaux » 70 - Et ce d’autant plus que la diminution des émissions unitaires passe essentiellement par celle des consommations de carburants, ce qui peut entraîner un « effet rebond » tout à fait contraire à l’objectif poursuivi : si les véhicules en circulation sont plus sobres, la tentation est grande, à budget constant, de se déplacer plus fréquemment et sur de plus longues distances... 71 - Source : ADEME. 72 - Cf. chapitre I.D2. 73 - Lire à ce sujet le chapitre I.C.1 et la partie consacrée aux agrocarburants 74 - Cf. chapitre I.D2. 75 - En France, seulement 12% des voitures vendues en 2004 avaient une vitesse maximale inférieure à 160 km/h, et la proportion de véhicules vendus dont la vitesse maximale demeure en deçà de la limitation à 130 km /h imposée sur les autoroutes est ridiculement faible : 0,11%. Source : ADEME. 76 - Cf. chapitre I.C.1. Les réponses technologiques : pas de solution miracle 77 - Schéma de Développement de l’Espace Communautaire Vers un développement spatial équilibré et durable du territoire de l’Union européenne - téléchargement via la page europa.eu.int/comm/regional_policy/sources/docoffic/official/reports/som_fr.htm 78 - SDEC. 79 - SDEC. 80 - SDEC. 81 - SDEC. 82 - SDEC. 83 - Le livre blanc peut être téléchargé via la page http://europa.eu.int/comm/energy_transport/fr/lb_fr.html 84 - Livre blanc, page 11. 85 - Livre blanc, page 15. 86 - Livre blanc, page 15. 87 - Livre blanc, page 16. 88 - Livre blanc, page 15. 89 - Communication de la Commission au Conseil et au Parlement Européen concernant les politiques et mesures proposées par l’UE pour réduire les émissions de gaz à effet de serre : vers un programme européen sur le changement climatique (PECC) (Bruxelles, le 8.3.2000 - COM(2000) 88 final) – page 6 90 - En mai 2003, un deuxième rapport d’avancement a permis de faire le point sur la mise en oeuvre du PECC : une fois encore, la nécessité de mesures supplémentaires pour respecter les engagements pris à Kyoto a été soulignée... 91 - Communication de la Commission sur la mise en œuvre de la première étape du PECC (Bruxelles, le 23.10.2001 – COM(2001) 580 final) – page 5. 92 - Accord ACEA avec l’Association des constructeurs européens d’automobiles en 1998, puis accords JAMA et KAMA avec les constructeurs japonais et coréens en 1999. 93 - Communiqué de presse du 9 septembre 2002, « Taxation des voitures : la Commission présente une nouvelle stratégie », référence IP/02/1274. Notes - 117 - 94 - Communiqué de presse du 5 juillet 2005, « Taxation des voitures : la Commission propose d’améliorer le fonctionne- ment du marché intérieur et de promouvoir la durabilité environnementale », référence IP/05/839. 95 - Il avait été décidé de ramener progressivement cet écart au niveau de la moyenne européenne en augmentant chaque année la TIPP du gazole de 7 centimes de Franc par litre, et ce pendant 7 ans. 96 - La réforme de la puissance administrative des véhicules légers avait donné à la vignette une assiette (puissance maxi- male et émission de CO2) qui prenait mieux en compte les émissions de GES des véhicules. 97 - Passés avec les constructeurs automobiles, ces accords prévoient que les émissions de CO2 des voitures neuves ne devront pas dépasser 140 g/km en 2008, contre environ 185 g/km en 1998. Voir à ce sujet le chapitre I.D1. 98 - Obligation faite aux gestionnaires publics d’acquérir de tels véhicules dans une proportion d’au moins 20% lors du renouvellement de leur flotte, avantages fiscaux (amortissement exceptionnel, réduction ou exonération de la taxe sur les véhicules de société, baisse de la TIPP sur le GPL et sur le GNV, etc.), prime à l’achat pour les véhicules électriques, aide à l’optimisation des flottes de véhicules. 99 - Cet effort de recherche est en particulier porté par le PREDIT (Programme de recherche et d’innovation dans les transports terrestres), dont les travaux concernent entre autres le cycle carburant-moteur-dépollution, les matériaux et l’allégement des véhicules, les systèmes de propulsion non conventionnels et la conception de démonstrateurs à faible consommation. 100 - Grâce en particulier au fond intermodal pour les transports terrestres et les voies navigables (FITTVN) alimenté par prélèvement sur les péages autoroutiers. 101 - TGV méditerranée et TGV Est. 102 - La loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (LAURE) du 30 septembre 1996 rend obligatoires les plans de déplacement urbains (PDU) pour toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants. Au nombre des objectifs de ces PDU tels que définis par l’article 14 de la LAURE : la diminution du trafic automobile, le développement des transports collectifs, de la bicyclette et de la marche à pied, l’aménagement de la voirie, l’organisation du stationnement, le transport et la livraison des marchandises, l’incitation au covoiturage et à l’utilisation des transports en commun pour le personnel des entreprises et des collectivités… 103 - La LOADDT définit un Scénario Multimodal Volontariste (SMV) reposant sur les mêmes hypothèses économiques que le PNLCC et décliné sous la forme de schémas multimodaux de services collectifs de transports de voyageurs et de marchandises (SSCT). 104 - L’objectif étant dans un cas comme dans l’autre d’internaliser les coûts externes et de modifier ainsi les critères de décision économique au bénéfice de la réduction des émissions de GES (cf. encadrés 6 et 7). 105 - Bilan 2002 du Programme National de Lutte contre le Changement Climatique, document téléchargeable à l’adresse : www.effet-de-serre.gouv.fr/fr/actions/bilan2002corrigé.pdf 106 - Evaluation interassociative 2002 du Programme National de Lutte Contre le Changement Climatique, Synthèse, en téléchargement à l’adresse : www.rac-f.org/DocuFixes/etudes/evaluationPNLCC02_courte.pdf 107 - Pour les transports routiers de marchandises, un remboursement partiel de la TIPP a été mis en place. 108 - Op.cit. 105 109 - Op.cit.105 110 - Objectif avancé depuis à 2008. Discours de M. De Villepin en septembre 2005. 111 - Directive 2003/30/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 mai 2003 visant à promouvoir l’utilisation de biocarburants ou autres carburants renouvelables dans les transports. 112 - Directive 1999/94/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 1999 concernant la disponibilité d’informations sur la consommation de carburant et les émissions de CO2 à l’intention des consommateurs lors de la commercialisation des voitures particulières neuves. Son article 3 stipule : « Les États membres veillent à ce qu’une étiquette relative à la consommation de carburant et aux émissions de CO2, conforme aux exigences de l’annexe I, soit apposée sur chaque modèle de voiture particulière neuve, ou affichée près de celui-ci, dans le point de vente, d’une manière clairement visible ». 113 - Comme le précise le Plan Climat 2004, « Une concertation nationale et européenne sera entreprise, afin d’étudier la mise en place d’un système de bonus-malus fondé sur l’Étiquette énergie à l’achat des véhicules particuliers neufs ». 114 - Voir à ce sujet le chapitre I.D1. 115 - Le Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (Ciadt) du 18 décembre 2003 a décidé la mise en place d’une agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF), alimentée par prélèvement sur les péages autoroutiers. Une liste de projets prioritaires a par ailleurs été établie, incluant des projets ferroviaires et fluvio-maritimes mais aussi autoroutiers. 116 - Relatives à la prise en compte des vols aériens vers les Dom-Tom. La correction, postérieure au PNLCC, a été faite à l’occasion de la 3ème communication nationale à la Convention Climat, publiée fin 2001. Elle a conduit à réviser à la marge les données chiffrées utilisées dans le PNLCC. 117 - Le bonus-malus a été remplacé par la mise en place à partir du 1er janvier 2006 d’une taxe CO2 sur la carte grise qui ne concernera que les véhicules rejetant plus de 200g de CO2/km (soit 8% seulement des véhicules neufs) et n’aura qu’un impact réduit. 118 - Plan Climat 2004 : de qui se moque-t-on ? – Communiqué de presse du 22 juillet 2004, accessible en ligne à l’adresse www.rac-f.org 119 - La Mission interministérielle de l’effet de serre et le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement ont publié dès 2000 un rapport intitulé Impacts potentiels du changement climatique en France au XXIe siècle. D’autres publications ont suivi, dont celles de l’Observatoire national des effets du réchauffement climatique (ONERC, cf. encadré 12). Des rapports sur ce thème ont également été publiés par le secteur associatif : Changement climatique : la nature menacée en France ? En savoir plus et agir (RAC, WWF, FNE et LPO, 2005, 24 pages – téléchargement : www.rac-f.org) et Changements climatiques : quels impacts en France ? (Greenpeace, novembre 2005, 139 pages, téléchargement à l’adresse www.greenpeace.fr/impactsclimatiques/impactclimfr.html). - 118 - Notes 120 - Source : Changements climatiques futurs en France, Serge Planton, responsable du groupe de recherche climatique du Centre National de Recherches Météorologiques à Météo France, in Changements climatiques : quels impacts en France ?, Greenpeace, novembre 2005, 139 pages, rapport téléchargeable à l’adresse www.greenpeace.fr/impactsclimatiques/impactclimfr.html 121 - Même si nous ne disposons pas du recul suffisant pour attribuer cet événement météorologique extrême au réchauffement climatique, la canicule de 2003 est généralement interprétée comme un signal d’alarme car elle préfigure l’évolution prévisible du climat. 122 - http://onerc.org/home.jsf 123 - Etude citée dans Changement climatique : la nature menacée en France ? En savoir plus et agir, RAC, WWF, FNE et LPO, 2005, 24 pages – téléchargement : www.rac-f.org 124 - Voir à ce sujet la page Assurances et changements climatiques du site Internet du RAC-France www.rac-f.org 125 - En août 2003, la direction de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), pour éviter de franchir la limite réglementaire au-delà de laquelle la production aurait due être interrompue, a décidé d’arroser par l’extérieur les parois du réacteur... 126 - Source : Un Plan Climat à l’échelle de mon territoire, Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie / Mission Interministérielle de l’Effet de Serre /Association des Maires de France, novembre 2005 127 - PNLCC, chapitre 11 consacré aux « Mesures transversales ». 128 - Mémento des décideurs – Les collectivités territoriales engagées dans la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre, 2ème édition, 2003, Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable / Mission Interministérielle de l’Effet de Serre. 129 - Intervention du mercredi 26 novembre 2002, www.effet-de-serre.gouv.fr/fr/actions/Raffarin.doc 130 - Déclaration de Strasbourg - Les élus locaux s’engagent en faveur de la réduction des émissions des gaz à effet de serre, 5 octobre 2002. Une version intégrale de ce document peut être téléchargée depuis le site Internet du RAC-France : www.racf.org/DocuFixes/etudes/Annexes_pol_transp.doc 131 - Cf. le « Résumé des décideurs » (pages 4-7) et le chapitre 7 « Plans Climats territoriaux et Etat exemplaire » (pages 61-65), in Plan Climat 2004, Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable / Mission Interministérielle de l’Effet de Serre. 132 - Un Plan Climat à l’échelle de mon territoire, Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie / Mission Interministérielle de l’Effet de Serre /Association des Maires de France, novembre 2005 133 - Cf. première partie, chapitre I.C2 « Les recommandations du RAC : trois axes forts ». 134 - Rapport de la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992, Chapitre 28 : Initiatives des collectivités locales à l’appui d’Action 21. Consultable en ligne à l’adresse : www.agora21.org/institutions.html 135 - www.un.org/french/events/rio92/rio-fp.htm#three 136 - www.unece.org/env/pp/documents/cep43f.pdf 137 - Deux directives ont déjà été arrêtées par le Parlement européen et le Conseil, en matière d’accès du public à l’information environnementale (Directive 2003/4/CE) et de participation du public au processus décisionnel (Directive 2003/35/CE), une troisième directive sur l’accès à la justice restant au stade de proposition. 138 - Décision 2005/370/CE du Conseil du 17 février 2005. 139 - Loi n° 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement. 140 - Loi n° 99-533 du 25 juin 1999 d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire. 141 - Loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains. 142 - Loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité. 143 - Loi constitutionnelle n° 2003-276 du 28 mars 2003 relative à l’organisation décentralisée de la République, loi organique n° 2003-705 du 1er août 2003 relative au référendum local, loi organique n° 2003-704 du 1er août 2003 relative à l’expérimentation par les collectivités territoriales et loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. 144 - Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l’environnement. 145 - Cf. www.cr-poitou-charentes.fr/fr/environnement/air-energie-dechets/initiatives-climat/initiatives-climat.dml 146 - Réussir la lutte contre le changement climatique en Poitou-Charentes - Livre Blanc, Conseil régional Poitou-Charentes / ADEME, mars 2006, page 18 – téléchargement : www.cr-poitou-charentes.fr/fr/environnement/air-energie-dechets/initiatives-climat/doc/livre-blanc.pdf 147 - La division par 4 des émissions de dioxyde de carbone en France d’ici 2050 : introduction au débat, Ministère de l’Écologie et du Développement Durable / MIES, mars 2004, téléchargement : www.effet-de-serre.gouv.fr/ fr/etudes/Facteur4FrancePR.pdf 148 - Réussir la lutte contre le changement climatique en Poitou-Charentes - Livre Blanc, Conseil régional Poitou-Charentes / ADEME, mars 2006 – téléchargement : www.cr-poitou-charentes.fr/fr/environnement/air-energie-dechets/initiativesclimat/doc/livre-blanc.pdf Voir www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/conferen/climat/index.htm 149 - Loi n° 99-533 du 25 juin 1999 d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire. 150 - Loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains. 151 - Loi n°99-586 du 12 juillet 1999 relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale. 152 - Loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité. 153 - Stratégie nationale de développement durable, Comité interministériel pour le développement durable, 3 juin 2003, téléchargeable en ligne depuis la page www.ecologie.gouv.fr 154 - Début avril 2006, seulement 80 Agendas 21 locaux étaient recensés par Comité 21 et son site portail des démarches Agenda 21 en France (www.agenda21france.org/agenda21.html). Voir également, l’observatoire national des Agendas 21 locaux mis en place par l’association 4D : www.association4d.org 155 - Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l’environnement, Article 6. 156 - Plan Climat 2004, chapitre 7 : Plans Climat territoriaux et État exemplaire, Ministère de l’Écologie et du Développement Durable / Mission Interministérielle de l’Effet de Serre, 2004 Notes - 119 - 157 - Téléchargement de la version actualisée du Plan : www.chalonsursaone.fr/images_db/pdf/1120.pdf 158 - www.programme-privileges.org/ 159 - Téléchargement : www.grenoble.fr/download/plantclimat.pdf. 160 - Premier bilan et contribution au débat du Rendez Vous Climat, MEDD / MIES, novembre 2005. Document téléchargeable à l’adresse : www.ecologie.gouv.fr 161 - De nombreux documents apportent des éclairages méthodologiques utiles. Citons par exemple, pour ce qui concerne les Agendas 21 locaux, le guide pratique Objectif développement durable : comprendre & agir sur son territoire - Retours d’expériences et recommandations pour l’Agenda 21 local, RARE / ADEME / CERTU, 2005, téléchargement : www.rare.asso.fr/images/guideDD_05.pdf. En matière d’action pour le climat, le Mémento des décideurs – Les collectivités locales engagées dans la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre (MEDD / MIES, 2003, téléchargement : www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/memento.pdf), est depuis 2005 très utilement complété par le guide Un Plan Climat à l’échelle de mon territoire (ADEME / MIES / Association des Maires de France), téléchargement : www.renetnpdc.org/IMG/pdf/Guide_PCT.pdf). Enfin, la construction d’une stratégie ’transports’ spécifique gagnera à s’inspirer du rapport Pour des stratégies de développement durable des transports et de l’aménagement urbain - Guide pour les décideurs, publié en 2003 dans le cadre du projet PROSPECTS financé par le Programme de la Commission Européenne sur l’Energie, l’Environnement et le Développement Durable (téléchargement via la page www-ivv.tuwien.ac.at ). 162 - Développée pour les secteurs industriels et tertiaires, la méthode Bilan Carbone de l’ADEME est en cours de transposition aux collectivités (cf. encadré 13 : La quantification des émissions, élément clef du diagnostic initial). 163 - Le simple fait de s’engager dans une démarche de quantification territoriale des émissions conduit en effet « à clarifier des objectifs à atteindre et surtout à mettre en place de nouvelles habitudes de travail », ce qui permet d’amorcer sans trop attendre « une réflexion et une dynamique sur le territoire » (Un Plan Climat à l’échelle de mon territoire, ADEME / MIES / Association des Maires de France, page 27). 164 - Voir la fiche technique de ETD sur www.projetdeterritoire.com 165 - Chapitre I.C2 : Les recommandations du RAC : réduction de la demande, rééquilibrage modal et diminution des émissions unitaires. 166 - Loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité et au renouvellement urbains. 167 - Plan d’Actions Énergie Climat de la Ville de Rennes, Ville de Rennes / Conseil Local Energie, Octobre 2004 – document téléchargeable depuis la page www.ville-rennes.fr/?rub=860 168 - Site internet : www.paysderennes.fr 169 - Voir à ce sujet les documents en téléchargement depuis la page www.paysderennes.fr/article/archive/44/ du site internet du SCoT, qu’il s’agisse de la Synthèse du diagnostic et des travaux prospectifs 2004/2005 ou des notes « Déplacements » et « Urbanisme » rédigées par l’AUDIAR (Agence d’Urbanisme et de Développement Intercommunal de l’Agglomération Rennaise). 170 - SCoT du Pays de Rennes : les orientations générales du PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable), Syndicat Mixte du SCoT Pays de Rennes / AUDIAR, mai 2006, 12 pages, téléchargement via la page www.paysderennes.fr/article/archive/76/ 171 - L’agence propose sur son site internet deux séries de fiches présentant 12 opérations d’urbanisme réalisées dans cet objectif, à l’adresse suivante : www.audiar.org/urba/qualite-urbaine.htm 172 - Sources : site internet de la commune de Saint-Jacques-de-la-Lande (www.ville-st-jacques-de-la-lande.fr), fiches densité année 2000 et année 2004 téléchargeables via la page www.audiar.org/urba/qualite-urbaine.htm du site de l’Agence d’Urbanisme et de Développement Intercommunal de l’Agglomération Rennaise / A Rennes, des îlots caressés par la foule, Pierre-Henri Allain, in « Vive le pétrole cher ! Pourquoi la hausse du baril est une chance pour bouger le monde », supplément à Libération n°7792, lundi 29 mai 2006. 173 - Loi n°96-1236 du 31 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie. 174 - Voir la plaquette « Déplacements professionnels : une nouvelle voie pour l’entreprise », ADEME/RARE, juin 2001, 8 pages ; téléchargement : www.ademe.fr/htdocs/publications/publipdf/plaquette-rare.pdf 175 - Sources principales : sites de la ville et de la communauté urbaine de Strasbourg (www.strasbourg.fr) et de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (www.cts-strasbourg.fr/cts2.html), PDU de la communauté urbaine de Strasbourg (téléchargement : www.gco-strasbourg.org/telechargement/PDU-Partie1.pdf). 176 - Le fait de disposer d’une place sur le lieu de travail ou à proximité conduit dans plus de 90% des cas à utiliser la voiture pour les déplacements domicile-travail, et donc par voie de conséquence pour l’ensemble des trajets qui y sont liés (accompagnement des enfants, achats, loisirs). 177 - Un secteur central englobant les quartiers centraux et le quartier de Neudorf, mais aussi un couloir de 500 mètres de part et d’autre de la ligne de tramway existant et de celles projetées à l’horizon 2010. 178 - Cf. en particulier Le vélo à Strasbourg, un mode de transport à part entière, Nazanine Wiart & Annick de Montgolfier, www.echosvelo.net 179 - Cf. le site www.velocation.net et la fiche de l’ADEME Vélostation à Strasbourg (67) - Association Véloemploi téléchargeable sur le site www.ademe.fr, rubrique ’transports’ puis ’exemples à suivre’. 180 - Cf. Plans de déplacements d’entreprises – Communauté urbaine de Strabourg, ADEME/Energie-Cités, 2003, téléchargement : www.energie-cites.org/db/strasbourg_568_fr.pdf 181 - Voir le site www.autotrement.com et la fiche de l’ADEME Autopartage à Strasbourg (67) - Auto’trement téléchargeable sur le site www.ademe.fr, rubrique ’transports’ puis ’exemples à suivre’. 182 - Voir en particulier http://newdorf.free.fr 183 - Schéma de cohérence territoriale de la région de Strasbourg, 1er juin 2006, en téléchargement sur www.scoters.org 184 - Dès le début des années 1990, le conseil général du Bas-Rhin s’est fixé comme objectif de promouvoir ses transports en commun dans le cadre d’une politique globale de déplacements en développant l’intermodalité et le désenclavement des zones rurales. - 120 - Notes 185 - La Région Alsace finance le TER Alsace (trains et autocars) à titre expérimental depuis 1997 et à titre définitif depuis 2002. Dans le cadre des CPER 1994-1998 et surtout 2000-2006, elle a engagé une politique d’amélioration de son offre de transports en commun (modernisation des infrastructures, renouvellement du matériel roulant, mise en place de tarifications attractives et adaptées, développement de l’intermodalité, etc.) 186 - Source : site de concertation du Grand Contournement Ouest de Strasbourg, www.gco-strasbourg.org 187 - La vocation du GCO : soulager l’A35, site de concertation du Grand Contournement Ouest de Strasbourg, www.gco-strasbourg.org/sinformer/lesenjeux/lesfonctions/objectif1.php 188 - Le GCO tel que présenté dans le SCOTERS « ne doit pas favoriser la poursuite d’une urbanisation incontrôlée, génératrice de déplacements automobiles vers Strasbourg » car sa mise en œuvre respecterait « le principe de «capacité constante» du réseau de voirie dédié à l’automobile ». 189 - Voir par exemple les contributions apportées entre le 31 mai et le 12 juillet 2003 sur le forum de dialogue du site de concertation du GCO : www.gco-strasbourg.org/sexprimer/forum/index.php 190 - Article 27 de la loi 2006-10 du 5 janvier 2006 relative à la sécurité et au développement des transports. 191 - Livre blanc Strasbourg-Ortenau : orientations et projets pour un développement commun, septembre 2004 - en téléchargement sur le site de l’Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération Strasbourgeoise : http://www.adeus.asso.fr 192 - Loi n° 92-646 du 13 juillet 1992 relative à l’élimination des déchets ainsi qu’aux installations classées pour la protection de l’environnement. 193 - Pour l’essentiel, ce paragraphe est basé sur le travail effectué par le CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets - www.cniid.org) sur la thématique transports et déchets – voir en particulier Réchauffement climatique : le transport des déchets en question, CNIID Infos n°23, 1er trimestre 2006. 194 - Dans le cadre de la campagne « Réduisons vite nos déchets, ça déborde » (www.reduisonsnosdechets.fr) de l’ADEME, plusieurs familles de Fougères (Ille-et-Vilaine) ont par exemple réussi à produire jusqu’à six fois moins de déchets résiduels (cf. www.actu-environnement.com/ae/news/1734.php4). 195 - www.feve-vendee.org/pages/plan-feve.htm 196 - Selon le Centre national d’information indépendante sur les déchets, qui a étudié sous l’angle de la demande de transports le projet de la FEVE et le nouveau plan départemental, le scénario de la FEVE, bien qu’il prévoit deux collectes séparées au lieu d’une seule, serait sept fois moins générateur de transports que celui finalement proposé par le Conseil général, plan qui pourtant représentait de ce point de vue une avancée par rapport au projet initial du département... (Source : Réduction des déchets à la source, tri optimal, traitement de proximité : trois leviers contre le réchauffement climatique, CNIID, décembre 2005). 197 - Pour l’essentiel, ce paragraphe a été rédigé à partir d’informations disponibles sur le site de l’association SOLAGRO (www.solagro.org) et sur le portail professionnel du biogaz, www.lebiogaz.info. 198 - Loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique. 199 - Pour la période 2000-2006, le volet « Equipement, Transport, Logement » des CPER, d’un montant de 7,16 milliards d’euros, se répartissait de la façon suivante : 59% pour la route, 15% pour le ferroviaire, 12% pour les transports en commun Ile de France, 3% pour les ports maritimes, 1% pour le transport combiné et 10% pour le logement, l’aménagement urbain et le tourisme. Source : Evaluation des politiques publiques territoriales au regard des changements climatiques, RAC-F, mars 2006, 92 pages, rapport téléchargeable à partir de www.rac-f.org 200a - Loi n°99-533 du 25 juin 1999 d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire. 200b - Loi n°95-115 du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire. 201 - Loi n°2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. 202 - Voir le site Internet de la Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires www.diact.gouv.fr à la rubrique Contrats de projets 2007-2013 203 - Audit sur l’état du réseau ferré national français, Rapport final, SNCF/RFF, septembre 2005, document téléchargeable depuis la page http://litep.epfl.ch/litep_f/audit.php 204 - En téléchargement via la page www.cr-npdc.fr/instit/cper/intro.htm 205 - Mise en pratique du développement durable en Nord-Pas de Calais : L’Agenda 21 régional, Région Nord-Pas de Calais, mai 2003 - En téléchargement via la page www.nordpasdecalais.fr/dd/generalites/a21.htm 206 - Objectif 2020 – Imaginons ensemble notre futur, Schéma Régional d’Aménagement et de Développement du Territoire, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, décembre 2005 - Voir www.2020.nordpasdecalais.fr et www.cr-npdc.fr/sradt/groupes/transport.htm 207 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, www.nordpasdecalais.fr/srt/intro.htm 208 - Contrat de Plan État-Région 2000-2006, Priorité d’intervention 11 : favoriser les échanges, l’accessibilité et rééquilibrer les modes de transports, téléchargement : www.cr-npdc.fr/instit/cper/telechargement/p11.pdf 209 - Depuis mars 2003, 13 comités de ligne ont été mis en place sur l’ensemble du réseau régional. Composés d’élus, de responsables de la SNCF et du Conseil régional, d’usagers réguliers du TER, etc., ils succèdent à la Commission régionale des usagers de transport et se réunissent deux fois par an en moyenne. L’objectif est de consulter les usagers du TER pour les associer à la réflexion sur la qualité du service offert. 210 - Les investissements prévus au titre du volet routier représentaient 750 fois la ligne budgétaire affectée au vélo, dont l’objectif était plus le financement d’études que des réalisations concrètes... 211 - Mise en pratique du développement durable en Nord-Pas de Calais : L’Agenda 21 régional, Région Nord-Pas de Calais, mai 2003, chapitre Transports et développement durable, pages 55 et suivantes. 212 - Mise en pratique du développement durable en Nord-Pas de Calais : L’Agenda 21 régional, Région Nord-Pas de Calais, mai 2003, chapitre Perspectives et orientations : la prochaine étape, pages 116-117. 213 - Mise en pratique du développement durable en Nord-Pas de Calais : L’Agenda 21 régional, Région Nord-Pas de Calais, mai 2003, chapitre Perspectives et orientations : la prochaine étape, pages 121-122. Notes - 121 - 214 - Objectif 2020 – Imaginons ensemble notre futur, Schéma Régional d’Aménagement et de Développement du Territoire, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, décembre 2005, p. 72. 215 - Objectif 2020 – Imaginons ensemble notre futur, Schéma Régional d’Aménagement et de Développement du Territoire, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, décembre 2005, p. 82. 216 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, pages 6 et 7. 217 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, page 11. 218 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, page 29. 219 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, page 16. 220 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, page 16 et suivantes. 221 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, page 29 et suivantes. 222 - Contrat de Plan État-Région 2000-2006, Priorité d’intervention 11 : favoriser les échanges, l’accessibilité et rééquilibrer les modes de transports, téléchargement : www.cr-npdc.fr/instit/cper/telechargement/p11.pdf 223 - Référence : Assemblée Nationale, rapport d’information n°2421 sur l’exécution des contrats de plan État-régions et la pro- grammation des fonds structurels européens, 29 juin 2005. 224 - Comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires du 6 mars 2006 225 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, page 40. 226 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, page 8. 227 - Faire du Nord-Pas de Calais un hub au cœur de l’Europe, Schéma Régional des Transports, Projet soumis aux consultations et avis, Conseil régional Nord-Pas de Calais, mai 2005, préface - page 2. 228 - Voir à ce sujet La lettre du GART - numéro spécial financement, juin 2005, téléchargement : www.gart.org/lettres/2005/ldgspefinancement.pdf 229 - Telles que sensibiliser les habitants aux bienfaits de la marche à pied et du vélo, développer les PDE et les pédibus scolai- res, promouvoir le covoiturage pendulaire, privilégier un partage de la voirie favorable aux modes doux, adopter un plan de circulation et une politque de stationnement suffisamment dissuasifs pour rendre l’usage de la voiture moins compétitif, etc. 230 - Si les nouveaux investissements représentent des montants financiers très conséquents, les dépenses de fonctionnement demeurent nettement supérieures en proportion : en 2000, par exemple, elles entraient pour plus de 75% dans le coût des transports publics urbains (source : Transports urbains : quelles politiques pour demain ?, Commissariat Général du Plan, juillet 2003, 133 pages – en téléchargement via la page www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/034000532/index.shtml) 231 - Loi n° 98-1266 du 30 décembre 1998 de finances pour 1999 – articles 57, 58, 59 et 129. 232 - L’article 72-2 de la Constitution dispose que « tout transfert de compétences entre l’État et les collectivités territoriales s’accompagne de l’attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice ». La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales a ensuite précisé les conditions d’application du principe de compensation. 233 - Les finances des collectivités locales en 2006 - Etat des lieux, Observatoire des Finances Locales, 5 juillet 2006 – téléchargement : www.dgcl.interieur.gouv.fr/comites_organismes/CFL/OFL/OFL2006/accueil_cl_2006.htm 234 - Dossier de presse de la Fubicy et al. pour la semaine de la mobilité, septembre 2005. 235 - Plus d’informations sur le site internet de l’ADEME à la page www.ademe.fr/Collectivites/Cible-Atenee.htm ou sur le site www.projetdeterritoire.com/spip/atenee_terr_serv.php 236 - Voir la brochure Contrat ATEnEE : Actions Territoriales pour l’Environnement et l’Efficacité Energétique dans les pays, les agglomérations et les parcs naturels régionaux, éditée par l’ADEME et la MIES. Téléchargement : www.projetdeterritoire.com/spip/ Documents/terr_services/contrat_ATEnEE.pdf 237 - Plus d’informations sur www.ademe.fr : « domaines d’intervention » puis « transports » puis « action de l’ADEME ». 238 - Voir la page « Financements européens » du site du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (www.ecologie.gouv.fr) et son Guide des Financement Européens pour l’Environnement (mai 2005, 158 pages,: www.ecologie.gouv.fr), mais aussi EU Funding for Environment - A handbook for the 2007–13 programming period, WWF, avril 2005, 1004 pages, téléchargement : www.panda.org/downloads/europe/eufundingforenvironmentweb.pdf, ou encore, sur le portail de la Commission Européenne : http://ec.europa.eu/environment/funding/intro_en.htm 239 - Brochure Agir pour le développement des territoires, Caisse des Dépôts, novembre 2005, téléchargement : www.caissedesdepots.fr/FR/espace_presse/publications_doc/CDC_agir_dev_territoires.pdf 240 - Voir www.caissedesdepots.fr/FR/caisse/fiche1.2.4.php 241 - Sur les partenariats public privé, voir la page de la Mission d’appui à la réalisation des contrats de partenariats sur le site du Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie : www.ppp.minefi.gouv.fr/, mais aussi le colloque Les PPP, un outil pour le développement des transports publics locaux ? organisé le 18 octobre 2006 par le Groupement des Autorités Responsables de Transport (www.gart.org) et Dexia Crédit Local. 242 - La présentation de ces activités est accessible via le portail « Finance carbone » du site internet de la Caisse des Dépôts : www.caissedesdepots.fr/FR/caisse/fiche1.6.6.php 243 - Élargir les instruments d’action contre le changement climatique grâce aux projets domestiques - Rapport d’évaluation, Emmanuel Arnaud, Ariane de Dominicis, Benoît Leguet, Alexia Leseur et Christian de Perthuis, Mission Climat, Caisse des Dépôts, - 122 - Notes 10 novembre 2005, 97 pages. Téléchargement : www.caissedesdepots.fr/FR/espace_presse/publications_doc/rapport_final_projets_domestiques_CO2_11_05.pdf 244 - La Mission Climat de la Caisse des Dépôts a d’ailleurs consacré en juin 2005 un numéro de sa lettre trimestrielle aux mécanismes de projet dans leur ensemble. Téléchargement : www.caissedesdepots.fr/FR/espace_presse/publications_doc/lettre_mission_climat_n3.pdf 245 - Voir par exemple « Réforme de la fiscalité directe locale : l’AMF, l’ADF, l’ARF prennent l’initiative » – Association des Régions de France, communiqué de presse du 12 avril 2006, téléchargement : www.arf.asso.fr/index.php/content/download/2222/32756/file/Fiscalité.pdf) ainsi que la lettre adressée par l’AMF, l’ADF et l’ARF au président du Conseil Économique et Social (Téléchargement : www.arf.asso.fr/index.php/content/download/2222/32761/file/DOC087.pdf). Lire également : Une fiscalité locale à bout de souffle, Jean-Louis Andreani, Le Monde, mercredi 28 juin 2006. 246 - Voir par exemple « Des financements pérennes pour le développement des transports publics », Groupement des Autorités Responsables de Transport (GART), communiqué de presse du 20 juin 2005 : www.gart.org/cpresse/2005/cp20juin2005.htm 247 - Le financement des déplacements urbains, Christian Philip, député du Rhône, avec la collaboration de Nicolas Gauthier, Direction des Transports Terrestres, 9 décembre 2003, 78 pages - Téléchargement : www2.equipement.gouv.fr/Portail/ rapport_deplacements_urbains.pdf 248 - Op. cit. 247. 249 - Les transports publics urbains, rapport public particulier de la Cour des Comptes, avril 2005, 258 pages – Téléchargement : www.ccomptes.fr/cour-des-comptes/publications/rapports/transports-publics-urbains/rapport.pdf 250 - Pour les collectivités territoriales organisatrices des transports urbain, les déplacements des salariés entre leur domicile et leur lieu de travail engendrent des charges importantes. C’est pourquoi les employeurs des secteurs public et privé sont mis à contribution via le versement transport, auquel ils sont assujettis dès lors qu’ils emploient plus de neuf salariés dans le périmètre d’une Autorité Organisatrice de Transport. Destiné principalement au financement des transports publics urbains (investissement et fonctionnement), le versement transport est versé au budget des communes ou des établissement publics de coopération intercommunale concernés. Il est régi par les articles L. 2333-64 et suivants du code général des collectivités territoriales. 251 - Actuellement, selon l’article L. 2333-64 du code général des collectivités territoriales, seules les communes, communautés urbaines ou communes membres d’un EPCI de plus de 10 000 habitants sont visées. 252 - Les transports publics urbains, synthèse du rapport public particulier de la Cour des Comptes, avril 2005, page 23 Téléchargement : www.ccomptes.fr/Cour-des-Comptes/publications/rapports/transports-publics-urbains/synthese.pdf 253 - Op. cit. 252. 254 - Voir l’encadré 7 « Coûts externes et concurrence ». 255 - Lire à ce sujet « Une éco-redevance, ici et maintenant », France Nature Environnement, ville et transports magazine, n°407, 13 septembre 2006 et « Pour une autre politique des transports : une éco-redevance sur le transport routier de marchandises », France Nature Environnement, cahier d’acteur n°40, débat public sur la politique des transports dans la vallée du Rhône et l’arc languedocien, juillet 2006, téléchargement : www.debatpublic-transports-vral.org/ docs/pdf/cahiers-acteurs/ca-40-fne.pdf 256 - Voir le zoom sur « Une ville n’est pas une île : les déplacements individuels dans la région de Strasbourg ». 257 - Suite à la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, les régions bénéficient depuis le 1er janvier 2005 d’une fraction du produit de la TIPP au titre de la compensation des charges financières liées au transfert de compétences nouvelles (article 52 de la loi de finances initiale pour 2005, article 40 de la loi de finances initiale pour 2006 - cette fraction de TIPP, qui abonde les budgets régionaux, contribue ce faisant au financement des politiques transports des régions, alors que la fraction allouée aux départements a pour objet explicite de financer le RMI et le RMA). Par ailleurs, les régions peuvent désormais moduler légèrement sur leur territoire le taux de la fraction de TIPP leur revenant. 258 - Op.cit. 247. 259 - Op.cit. 252. 260 - Op.cit. 252. 261 - Les péages urbains pour une meilleure organisation des déplacements, François Mirabel, Centre de Recherche en Économie et Droit de l’Energie, Université de Montpellier I, avril 2005, 30 pages, téléchargement : www.sceco.univ-montp1.fr/creden/Cahiers/cahier050457.pdf – lire également à ce propos Économie des effets distributifs de la tarification de la circulation en zone urbaine, Matthieu Glachant et Benjamin Bureau, CERNA-ARMINES, École Nationale Supérieure des Mines de Paris, juillet 2004, 119 pages, téléchargement : www.cerna.ensmp.fr/Documents/MG-BB-RapportPeageUrbain.pdf 262 - Loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie. 263 - Sources principales : Gratuité des transports publics urbains et répartition modale, Yves Duhamel, Axiales/PREDIT/ADEME, juin 2004, 66 pages ; téléchargement : www.predit.prd.fr / La gratuité des transports en commun est-elle une utopie ?, Walter Bouvais, 23/01/2004, Novethic, article en ligne à l’adresse : www.novethic.fr. Zéro euro zéro fraude : transports gratuits pour toutes et pour tous, Réseau pour l’Abolition des Transports Payants, Editions du Monde Libertaire / Editions Alternative Libertaire, mars 2002, 48 pages. 264 - Cf. encadré n°9 : coûts externes et concurrence. 265 - L’Assemblée des Régions d’Europe a par exemple fait campagne pour que l’UE ne s’oppose pas aux subventions accordées par certains de ses membres aux aéroports régionaux et aux compagnies aériennes qui les utilisent – cf Regional airports, low-cost airlines and interregional connectivity, http://www.a-e-r.org/fr/dossiers-prioritaires/regional-airports.html. De son côté, la Conférence des Régions Périphériques Maritimes d’Europe (CRPM - www.crpm.org), une organisation qui a pour vocation explicite de « réduire la périphéricité » de ses membres, insiste sans surprise sur le rôle des infrastructures dans l’intégration des territoire périphériques à l’espace européen, comme l’illustre par exemple la la page ’transports’ de sa commission Arc Atlantique : http://arcatlantique.org/ Notes - 123 - 266 - Texte de la Charte d’Aalborg : www.ecologie.gouv.fr/IMG/agenda21/textes/aalborg.htm 267 - Source : site de la Mission Opérationnelle Transfrontalière - www.espaces-transfrontaliers.org 268 - Source : site de la Mission Opérationnelle Transfrontalière - www.espaces-transfrontaliers.org 269 - Lutte contre l’effet de serre - De l’action locale à l’action internationale, Mission Interministérielle de l’Effet de Serre, 2002 - Téléchargement : www.effet-de-serre.gouv.fr/fr/actions/Dépliant_coopé_décentralisée.pdf 270 - Charte de la coopération décentralisée pour le développement durable, Association Française du Conseil des Communes et Régions d’Europe / Cités Unies France / Comité 21, avril 2004 – téléchargement : www.cites-unies-france.org/html/bibliotheque/CHARTE__.PDF 271 - La 9ème conférence bisannuelle de la CODATU, qui s’est tenue en 2000 à Mexico, avait par exemple pour thème principal : « Transports urbains et environnement ». - 124 - Notes Acronymes ADEME : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie CCFA : Comité des constructeurs français d’automobiles CCNUCC : Convention cadre des nations unies sur le changement climatique CERTU : Centre d’études sur les transports, l’urbanisme et les constructions publiques CH4 : formule chimique du méthane CITEPA : Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique CNDP : Commission nationale du débat public CO2 : formule chimique du dioxyde de carbone (dit aussi gaz carbonique) CPER : Contrat de plan Etat-Région CRADT : Conférences régionales d’aménagement et de développement du territoire CUS : Communauté urbaine de Strasbourg DDE : Direction départementale de l’équipement DOM et TOM : respectivement Départements et Territoires d’outre-mer EMHV : Ester méthylique d’huile végétale ETBE : Ethyl tertio butyl éther GES : Gaz à effet de serre GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat GNV : Gaz naturel véhicules GPL : Gaz de pétrole liquéfié HFC : Hydrofluorocarbones HVP : Huile végétale pure INRA : Institut national de la recherche agronomique LAURE : Loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (31 décembre 1996) LOADDT : Loi d’orientation et d’aménagement durable du territoire (25 juin 1999) LOTI : Loi d’orientation des transports intérieurs (30 décembre 1982) MIES : Mission interministérielle de l’effet de serre MteCO2 : millions de tonnes d’équivalent CO2 N2O : formule chimique du protoxyde d’azote (dit aussi oxyde nitreux) ONERC : Observatoire national des effets du changement climatique PACA : Provence – Alpes – Côte d’Azur (région) PADD : Projet d’aménagement et de développement durable PCT : Plan climat territorial PDE : Plan de déplacements d’entreprise PDU : Plan de déplacements urbains PDS : Plan de déplacements scolaires PECC : Programme européen sur le changement climatique PFC : perfluorocarbones PLU : Plan local d’urbanisme PNLCC : Programme national de lutte contre le changement climatique POS : Plan d’occupation des sols Acronymes - 125 - PREDIT : Programme de recherche et d’innovation dans les transports terrestres PRG : Pouvoir de réchauffement global (d’un gaz à effet de serre) RAC-F : Réseau Action Climat - France RFF : Réseau ferré de France RTE-T : Réseau transeuropéen de transport SCoT : Schéma de cohérence territoriale SCOTERS : Schéma de cohérence territoriale de la région de Strasbourg SDEC : Schéma de développement de l’espace communautaire SF6 : hexafluorure de soufre, gaz à effet de serre employé comme agent diélectrique SRADT : Schéma régional d’aménagement et de développement du territoire SRDE : Schéma régional de développement économique SRIT : Schéma régional des infrastructures et des transports SRU : loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains (13 décembre 2000) SSCT : Schémas multimodaux de services collectifs de transport de voyageurs et de transport de marchandises. TER : Train express régional TGV : Train à grande vitesse TIPP : Taxe intérieure sur les produits pétroliers UE : Union européenne - 126 - Acronymes Quelques sites … www.ademe.fr Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie www.af3v.org Association française de développement des véloroutes et voies vertes www.agirpourlenvironnement.org Association Agir pour l’environnement www.amisdelaterre.org Association Les Amis de la Terre www.association4d.org Association dossiers et débats pour le développement durable www.certu.fr Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques www.citepa.org Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique www.cnt.fr Conseil national des transports www.departements-cyclables.org Association des Départements Cyclables www.diact.gouv.fr Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires www.effet-de-serre.gouv.fr Mission interministérielle de l’effet de serre www.energie-cites.org Association des autorités locales européennes pour une politique énergétique locale durable www.environnement.gouv.fr Ministère de l’écologie et du développement durable www.equipement.gouv.fr Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer www.federation-flame.org Fédération pour les agences locales de maîtrise de l’énergie Quelques sites… - 127 - www.fnaut.asso.fr Fédération nationale des associations d'usagers des transports www.fne.asso.fr France Nature Environnement www.fubicy.org Fédération française des usagers de la bicyclette www.gart.org Groupement des autorités responsables de transport www.interieur.gouv.fr Ministère de l'intérieur et de l'aménagement du territoire www.ifen.fr Institut français de l'environnement www.inrets.fr Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité http://latts.cnrs.fr Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés www.let.fr Laboratoire d'économie des transports www.effet-de-serre.gouv.fr Mission interministérielle de l’effet de serre www.negawatt.org Association négaWatt pour un avenir énergétique sobre, efficace et renouvelable www.predit.prd.fr Programme national de recherche et d'innovation dans les transports terrestres www.rare.asso.fr Réseau des agences régionales de l’énergie et de l’environnement www.transportenvironment.org European Federation for Transport and Environment www.villes-cyclables.org Club des villes cyclables www.wwf.fr Organisation mondiale de protection de la nature - 128 - Quelques sites… Les Amis de la Terre Le Réseau Action Climat - France (RAC-F) est une association spécialisée sur le thème du changement climatique et reconnue par la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Il est le représentant français du « CAN : Climate Action Network », réseau mondial qui comprend plus de 350 membres, du Nord et du Sud. Le RAC-F regroupe les principales organisations françaises de protection de l’environnement, de promotion des énergies renouvelables et des transports soutenables. Les transports représentent la principale source d’émissions nationales de gaz à effet de serre (GES) et les scénarios d’avenir nous mettent en alerte sur des rythmes de progression très préoccupants. Ce secteur pourrait à lui seul non seulement compromettre l’objectif français du Protocole de Kyoto mais également constituer un obstacle important à la division par quatre de nos émissions de GES d’ici 2050, seul canevas envisageable pour « stabiliser » notre climat. Dans cette lutte qui s’annonce difficile, les collectivités territoriales ont un rôle essentiel à jouer puisque nombre de leurs décisions dans le domaine des transports, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire ont une influence significative sur les quantités de GES rejetées. L’objectif de ce manuel qui s’adresse principalement aux acteurs territoriaux (élus, techniciens, associatifs, etc.) est double : les interpeller sur cette problématique environnementale majeure et les inciter à agir. Bien sûr, ce manuel inter-associatif ne se veut pas exhaustif. Il souhaite lancer des pistes de réflexion, mais également mettre en évidence certaines orientations essentielles et des mesures concrètes permettant de tendre vers des systèmes de transports plus sobres en carbone. Avec le soutien de : Contacts : Réseau Action Climat – France Tél : 01.48.58.83.92 www.rac-f.org - [email protected]