the file - Les papiers de presse

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the file - Les papiers de presse
Papiers de Presse Informations
Papiers de Presse
Informations
l’actualité des métiers de l’imprimé
Décembre 2013 - N° 2717
Prix 9,15E
Chiffres
Clés
Lancement
Gamme CHARISMA
100% recyclé
Nouveau
ECOFOLIO
Expérience client
Les formules
gagnantes
Zoom sur
Le journal imprimé
à la demande
Un média du futur ?
Parole d’expert
Presse :
des femmes d’influence
édito
La parole à...
Sommaire
02La parole à...
• Eric Debry
03Expérience
client
Président du Directoire CFPP-SPPP
L’année dernière, près de quatre cents titres de presse
magazine ont vu le jour en France selon les statistiques de
Presstalis et des MLP.
C’est dire si, en dépit de ses difficultés conjoncturelles et
structurelles, la presse affiche toujours une formidable vitalité.
Le papier y trouve parfois une seconde jeunesse à l’image
de ces kiosques digitaux expérimentés à Stockholm et qui
permettent d’obtenir une impression numérique immédiate d’une sélection de deux
cents journaux et magazines.
Votre numéro de Décembre de PPI fait donc la part belle à l’innovation avec
notamment un retour sur une table ronde organisée à l’automne avec quatre
éditeurs qui ont bien voulu partager leurs recettes d’un lancement réussi.
Ce numéro s’arrête également sur le parcours de femmes occupant des responsabilités
éminentes dans une fonction qui en compte peu : La fabrication.
• Lancements et nouvelles
formules de marques de
presse : les formules gagnantes
Il faut se réjouir de cette évolution car, nous le savons tous, les lecteurs de la presse
sont d’abord des lectrices.
05Baromètre
Nous espérons que vous aurez plaisir à parcourir ce numéro et nous vous souhaitons
de très bonnes fêtes de fin d’année.
• La presse est toujours un
média puissant
• Publicité : un premier semestre
en deux temps
06 Zoom
du groupe
internationale
• La diffusion des journaux
progresse en Asie. Elle baisse,
en revanche, sur tous les
grands marchés occidentaux
14 Actions
durables
• L’avenir du média papier passe
par l’éco-conception
15 Parole
Eric Debry
Président du Directoire CFPP-SPPP
• IfraExpo 2013 à Berlin
• «SPPP/CFPP» en partenariat
avec «Caractère»
• L ancement de la gamme
Charisma
12 L’actu
Très cordialement,
sur...
• Labeur : le volume imprimé a
reculé en 2012
• L e journal imprimé à la
demande : un média du futur ?
10 L’actu
2
Eric Debry
d’expert
• Presse : des femmes
d’influence
Lettre d’information éditée par SELPI-EDITIONS
S.A.R.L. au capital de 305 euros
39, rue de Courcelles 75008 Paris - Tél. 01 56 88 87 00
www.lespapiersdepresse.fr
R.C.S. Paris B 377 622 410
Principaux associés CFPP/SPPP
Gérante et Directrice de la publication : Dominique Pin
Revue trimestrielle - Mise en page par MAGWEN
Imprimé par STIPA à Montreuil
Dépôt légal : mois de parution
Numéro de Commission paritaire : 1215 I 87389
Abonnement au siège de la société : tarif 36,60 € par an.
Expérience Client
Lancements et nouvelles
formules de marques de presse :
les formules gagnantes
Le 27 septembre dernier, en partenariat avec Presse Edition, Les Papiers
de Presse organisaient, dans leurs locaux, une table ronde consacrée
aux formules gagnantes de la presse magazine. Celle-ci réunissait
Carole Fagot, Directeur Exécutif du pôle Femme, Sciences & Loisirs du
groupe Mondadori France, Yves de Kerdrel, Directeur Général du groupe
Valmonde, Jean-Paul Lubot, Directeur Général Délégué du groupe
Marie-Claire et Frédéric Pommies, Editeur Délégué de «TéléCâble Sat
Hebdo» du groupe Hommell.
Carole Fagot, Directeur Exécutif Pôle Femme,
Sciences & Loisirs du groupe MONDADORI France :
les lancements de «Grazia» et «Vital».
«Quand nous avons lancé Grazia en France, en 2009,
nous nous sommes appuyés sur une marque forte, née
en 1938 et qui compte aujourd’hui vingt-deux éditions
hebdomadaires, dont treize ont été lancées ces quatre
dernières années. Lancer une marque déjà existante
à l’international nous a permis de bénéficier d’une
notoriété immédiate et d’un référencement rapide
auprès des annonceurs.
Nous avons également travaillé sur notre valeur de marque avec un
positionnement éditorial unique : être le news fashion magazine, un hebdo
féminin haut de gamme, radar de tendances mode/beauté, décryptant
l’actualité qu’elle soit sociétale, politique ou culturelle.
Notre prise directe avec le numérique (Web, mobile, réseaux) nous a permis
d’aller vite et de faire du magazine une «It marque». Avec le lancement de
«Grazia», Mondadori a montré qu’il était possible de dynamiser un secteur
porteur de la presse magazine».
Face à l’engouement des Françaises pour la recherche du bien-être, nous avons
décidé de relancer, en avril dernier, «Vital», une marque aux valeurs fortes qui
était restée très présente dans l’esprit du public, avec un fort capital sympathie.
Après une dizaine d’années d’interruption, «Vital» fait son retour sous une
marque ombrelle, «Top Santé», référence forte sur le marché de la presse
santé en tant que marque leader, experte et caution.
Au moment de sa création, «Vital» était très axé sur la compétition autour
du sport et du fitness. Entre-temps, la relation des femmes au sport a évolué.
Nous inscrivons désormais davantage «Vital» dans une recherche de bien-être
et dans une envie de rester en forme. Le nouveau «Vital» cible les femmes
actives et urbaines, de vingt à trente-cinq ans, qui veulent profiter de la vie
mais d’une vie équilibrée. Un segment très développé à l’international mais
inoccupé en France».
Grazia
• Lancement le 29 août 2009
• Un succès en 4 ans
• 188 007 ex OJD DFP DSH 2012/2013
• + 6 % en 3 ans
• Fin septembre : lancement du premier
spécial mode en réalité augmentée.
Vital (bimestriel)
• Lancement : avril 2013
• Un succès après
3 numéros
• 60 000 ex (DFP
déclaration éditeur)
3
Expérience Client
Yves de Kerdrel, Directeur Général du groupe VALMONDE et
Directeur des Rédactions de «Valeurs Actuelles».
«La nouvelle formule de notre hebdomadaire a été réalisée dans le
respect des valeurs qui font l’ADN du journal et que revendiquent
ses lecteurs : positionnement de droite libérale, sérieux et intégrité,
rigueur et cohérence, anticipation, valeur ajoutée éditoriale. La
dernière maquette de «Valeurs Actuelles» remontait à 2006. Elle
avait besoin d’un rafraîchissement tant sur le
plan graphique que sur celui de l’organisation
(chemin de fer) afin de permettre une meilleure
identification des contenus et une meilleure
lisibilité. Cette nouvelle formule a été réalisée par le tandem
Jean Bayle /Anne Brézès de l’agence BBA, deux créateurs
expérimentés de maquettes pour la presse magazine et les
quotidiens.
Depuis le lancement de la nouvelle formule, les ventes
de «Valeurs Actuelles» ont nettement progressé. Les
abonnements, qui représentent 80 % de la diffusion,
sont en hausse de 6 % et
les ventes en kiosque ont
augmenté de 47 %. Le taux
de réabonnement est passé
de 83 % à 87 %. La publicité
en a aussi profité. Nous
avons beaucoup de nouveaux
annonceurs et les recettes
étaient en hausse de 15 % fin
septembre. Cette nouvelle formule a permis au
Groupe Valmonde de renouer avec les bénéfices,
après vingt trois années de pertes».
Yves de Kerdrel a aussi annoncé aux participants le
lancement imminent d’un magazine haut de gamme
«Jours de Cheval» et de nouvelles applications
numériques pour l’hebdomadaire, dans les mois à venir.
Jean-Paul Lubot, Directeur Général Délégué du
groupe MARIE-CLAIRE et Président de la RVF :
le lancement de «Stylist».
Après avoir expliqué la stratégie marketing du
groupe pour le lancement de l’hebdomadaire
gratuit de mode Stylist, édité par Timar, une joint
venture à parts égales entre le groupe MarieClaire et Urban Media Europe, Jean-Paul Lubot
est revenu sur les résultats du magazine «Stylist» qui
s’est rapidement imposé dans le paysage des magazines féminins français.
««Stylist» affiche une diffusion en conformité avec son business plan. Avec
une moyenne de 440 458 exemplaires diffusés chaque semaine (OJD), notre
hebdomadaire caracole en tête des féminins sur la cible des 20-40 ans. 80 %
des exemplaires sont diffusés de la main à la main pour garantir la cible et
98% des femmes qui prennent le magazine viennent le chercher. Le taux de
diffusion atteint 90 % et «Stylist», 37 % de notoriété sur sa cible contre 21 %
en moyenne pour un lancement de produit (base TNS)».
Frédéric Pommies , Editeur Délégué de
TéléCâble Sat Hebdo, Groupe HOMMELL : la
nouvelle formule de «TéléCâble Sat Hebdo».
«Nous avons conçu une nouvelle formule pour
«TéléCâble Sat Hebdo» plus ouverte, plus pétillante
et toujours en phase avec les nouveaux usages des
déclinaisons numériques des contenus audiovisuels.
La maquette des pages magazine a subi «un lifting
graphique» pour être plus aérée, donner plus de force aux photos et
offrir une envie et un confort de lecture renforcés. Les textes sont plus courts
et les entrées rédactionnelles multipliées. Cette nouvelle formule fonctionne
sur un marché en baisse car c’est la plus complète avec un classement par
thématique.
4
Rappelons
que
ce
magazine est dédié à une
nouvelle génération* de
lectrices dont 9% ne lisent
pas la presse féminine. Il
s’adresse à des femmes
adeptes des nouvelles technologies dont 99 %
ont un ordinateur, 86 % un smartphone, 41 %
une tablette, 88 % un compte Facebook et
56 % un compte Linkedin ou Viadeo.
* 85 % de femmes de 20-40 ans et 44 % de femmes
de 25-34 ans
«TéléCâble Sat Hebdo»,
malgré son prix élevé
à 1,40 €, reste l’hebdomadaire TV qui résiste le mieux
à la baisse constante des
ventes et de la Diffusion
France payée individuelle
dans son ensemble soit
un recul de 1,61 % dans un marché à - 3,9 %
(source DSH OJD 2009/2010)».
Dominique PIN
Baromètre
La presse est toujours
un média puissant
Couverture quotidienne du média Presse
80%
Deux tiers des Français la lisent tous les jours
AudiPresse a publié, fin septembre, les résultats d’audience de la presse en
France métropolitaine sur la période du 1er juillet 2012 au 30 juin dernier. Selon
ces chiffres, la presse s’affirme comme un média de référence, avec 49,8 millions
de lecteurs, soit 97 % de la population. Les Français lisent en moyenne 6,4
titres différents, parmi lesquels on retrouve, en moyenne, 1,4 quotidiens et 5
magazines. Le nombre de titres lus a ainsi progressé de 0,2 % en un an. Parmi
les grands lecteurs de presse, on trouve les femmes et les personnes âgées de
35 à 49 ans avec respectivement 7,1 et 6,6 titres lus en moyenne.
Contrairement à une idée reçue, les amateurs de nouvelles technologies n’en
délaissent pas pour autant le lecture de la presse papier. Le nombre de titres lus
par les «hyper connectés» est supérieur à la moyenne.
22 millions de lecteurs pour les quotidiens
Plus de deux tiers des Français lisent la presse chaque jour. Chaque jour,
34,4 millions de personnes, soit 67 % de la population âgée de quinze ans
et plus, lisent au moins un titre de presse. Ils sont 43 % à lire au moins un
quotidien (prés de 22 millions) et 51 % à lire au moins un magazine (prés de
26 millions). Enfin, plus d’un quart des Français (13,4 millions) lisent chaque
70%
67%
60%
51%
50%
43%
40%
30%
26%
20%
10%
0%
Un quotidien ou
un magazine
Un quotidien
Source: AudiPresse
Un magazine
Un quotidien et
un magazine
jour, à la fois un magazine et un quotidien.
Hormis la presse TV dont la lecture se fait
naturellement à domicile (91 %), la lecture de
la presse s’effectue aussi à l’extérieur (29 %
des lectures) : dans les transports (5,1 %), sur
le lieu de travail (8,5 %), chez des parents ou
des amis (6,1 %) ou dans une salle d’attente
(4,2 %), même si le lieu privilégié reste le
«chez soi» (71 %).
Publicité : un premier
semestre en deux temps
Les recettes de la presse ont baissé de 8,5%
Au premier semestre, les recettes publicitaires nettes des médias ont
enregistré une baisse de 4,6 % à 6,007 milliards d’euros. A titre de
comparaison, le marché publicitaire avait baissé de 3,1 % au premier
semestre 2012. «Si l’on s’en tient à ce seul niveau de comparaison, la
chute continue» souligne le communiqué de l’Irep (Institut d’Etudes et de
Recherches Publicitaires) qui publie ces chiffres.
Pour autant, comparativement à un premier trimestre 2013 en forte baisse,
le marché a contenu
Evolution des recettes publicitaires dans la Presse - IREP
sa chute au deuxième
1er semestre 2013 versus 1er semestre 2012
trimestre
de
façon
sensible. En effet, au
700
premier trimestre 2013,
En millions d’euros
600
-9%
l’Irep avait enregistré
565
une baisse, hors Internet,
500
514
-6,1%
de 9 %. Sur le même
446
400
419
périmètre,
la
baisse
au premier semestre
300
est de 6,6 %, soit une
-9,1%
-12%
200
198
189
amélioration de 2,4 points.
180
-11%
166
100
120
Là où la baisse est
-4,6%
107
65 62
de 9 % au premier
0
Magazines
PQR
Gratuits
Presse
PQN
PHR
trimestre 2013, elle n’est
spécialisée
plus que de 3,9 % au
Source : IREP
1er semestre 2013
1er semestre 2012
deuxième trimestre 2013,
à périmètre comparable hors Internet. Les
résultats du deuxième trimestre 2013 viennent
donc atténuer la chute sévère du premier
trimestre, ce qui corrobore l’impression de
«léger mieux» perçue sur le marché.
La presse spécialisée en difficulté
A l’exception des médias numériques, les
recettes de tous les autres médias ont reculé
au premier semestre. La presse, toutes familles
confondues, enregistre un recul de 8,5 % à
1,448 milliard d’euros. La presse spécialisée
(- 12 %), les quotidiens nationaux (- 11 %)
et la presse gratuite d’annonces (- 9,7 %)
sont les plus affectés alors que les quotidiens
régionaux (- 6,1 %) et la presse hebdomadaire
régionale (- 4,6 %) bénéficient de leur statut
de media de proximité.
Pour cette année, l’Irep ne pronostique pas
de vrai retournement de tendance avec un
recul de 3 % des recettes publicitaires de
l’ensemble des médias et de 4 % pour les
médias historiques.
Dominique PIN
5
Zoom sur...
Labeur : le volume imprimé
a reculé en 2012
L’imprimerie a pourtant des atouts qu’elle doit continuer à mettre en avant.
Avec un tonnage imprimé en recul de 2,5% en 2012, l’activité de l’imprimerie de labeur
s’est inscrite dans le droit fil des derniers mois de 2011. Selon le dernier rapport annuel
de l’Idep (Institut de Développement et d’Expertise du Plurimedia) sur les marchés de la
communication graphique, la dégradation observée fin 2011 s’est amplifiée en 2012 et aucun
marché n’y a échappé.
Croissance en panne, baisse du pouvoir d’achat, montée en puissance des supports
numériques, généralisation des restrictions budgétaires dans les entreprises, autant de
facteurs qui ont pesé sur un secteur fragile où redressements judiciaires et liquidations ont été
légion. Comme le souligne Valérie Bobin-Ciekala, auteur de ce rapport, les indicateurs les plus
significatifs sont totalement en phase avec cette tendance de fond : recul des dépenses des
annonceurs de 1,3% (- 7% pour la presse ; - 1,3% pour le marketing direct) ; baisse de 4% de la
pagination publicitaire des magazines ; recul de 4,5% des ventes de magazines et de livres.
L’imprimé bien pensé s’affirme
Pas de doute, la dématérialisation est bien à l’œuvre. Selon l’Idep, «les restrictions
budgétaires décidées par les entreprises ont pu aboutir à la dématérialisation
de certains documents de gestion ou de communication». L’Idep indique aussi
que le nombre de personnes ayant déjà lu un livre numérique progresse (15%
de la population) comme le nombre de lecteurs de presse en ligne (42% de la
population soit 4,5% de plus qu’en 2011).
Le rapport apporte pourtant une note positive : «dans cet environnement
incertain» souligne t-il, «la valeur de l’imprimé bien pensé, bien réalisé, bien
diffusé, s’affirme. Les créatifs et leurs imprimeurs proposent des imprimés
toujours plus beaux, innovants, étonnants, pour valoriser les marques et leurs
produits. L’efficacité du message ciblé ou personnalisé se confirme, malgré les
freins liés aux difficultés d’exploitation des bases de données client et aux coûts
de l’impression numérique». Et de citer Xavier Guillon, Directeur Général de
l’Institut France Pub. Selon lui, «l’offre de communication «low cost» de masse
souffre, mais l’offre «premium» dynamique et innovante (qui ne représente
encore qu’une petite part du marché) a le vent en poupe».
Evolution Production-Importations-Exportations de l’Imprimerie par secteur
2012 versus 2011
Source : IDEP
-2,0%
-4,1%
-3,9%
Total marchés confondus
-2,2%
Livres
-10,3%
-2,5%
-1,0%
Production
Périodiques
-12,1%
11,0%
Importations
Exportations
Catalogues
-2,5%
-15,3%
-16,2%
-2,5%
7,0%
Imprimés publicitaires et affichés
-20%
6
-2%
-15%
-10%
-5%
0%
5%
10%
15%
Dans son analyse, l’Idep observe que «les
innovations ne manquent pas dans le domaine
de l’imprimé. Des données variables à la réalité
augmentée, de l’ennoblissement à l’électronique
imprimée, les possibilités sont multiples. À
chaque entreprise de s’emparer d’un projet
cohérent avec sa culture et ses moyens et de
faire connaître aux clients actuels ou potentiels
ces nouveaux espaces de communication et
leurs bénéfices».
Un tonnage imprimé
en recul de 2,5%
Mais la filière graphique devra continuer à
faire preuve de dynamisme si elle veut inverser
la tendance et enrayer l’érosion du nombre
d’entreprises et d’emplois. Entre 2010 et 2011,
le nombre d’établissements du secteur (3789 en
2011) a baissé de 5,4%. Sur la même période, le
nombre de salariés du secteur (49 700 en 2011) a
reculé de 6,5%.
Ce ne sont pas, de plus, les résultats enregistrés
l’année dernière qui devraient rassurer les
professionnels du secteur et leurs fournisseurs. Si
le tonnage imprimé a reculé de 2,5% par rapport
à 2011, l’indice des prix à la production (Insee) a
baissé de 1% pour s’établir à 98,4. Il était à 109
en 2006. Seule bonne nouvelle, le déficit de la
balance commerciale a cessé de se creuser en 2012
avec un recouvrement de 26 000 tonnes. Mais ce
retournement de tendance s’explique par le recul
des importations (- 4,1%) sur les marchés du livre,
du périodique et du catalogue et non par un hausse
des exportations (- 3,9%).
Zoom sur...
«Depuis plus de 10 ans», précise l’Idep, «nos importations sont issues à plus de
90 % des pays membres de l’ex Union Européenne à quinze. En 2012, le volume
des importations en provenance de Chine a progressé : ce pays se situe désormais
au cinquième rang des pays importateurs, tous types d’imprimés confondus, même
s’il reste très en retrait derrière l’Espagne en termes de volume. Les importations
en provenance d’Italie, de Belgique et du Royaume-Uni sont en baisse. Celles en
provenance des Pays-Bas progressent fortement, se situant presque au même niveau
que celles venues du Royaume-Uni. Les importations en provenance d’Allemagne,
principal fournisseur étranger d’imprimés pour le marché français, restent stables.
Papiers à usages graphiques :
production & consommation apparente 2012 et variation versus 2011
Source : Copacel
4000
En milliers de tonnes
3500
-10,1%
3086
3000
-9,7%
3716
2500
2000
1500
1000
-6,9%
-8,8%
1326
1096
500
-0,1% -8,0%
941 1011
-11,2%
1619
-23,2%
819
0
Presse
(Journal et LWC)
Papiers couchés
Production
Papiers non couchés
TOTAL
Consommation apparente
La méthodologie de l’étude ONE
Forte dégradation de l’activité du labeur
au premier semestre
Selon la dernière «Lettre économique» de l’Idep (Institut de développement
et d’expertise du plurimédia), publiée en septembre, la tendance est toujours
à la baisse dans le labeur. Le recul observé depuis le début de l’année s’est
confirmé. Les mois de mai et juin affichent des résultats nettement inférieurs
aux mêmes mois de 2012. Au final, en cumul, de janvier à juin 2013, le
tonnage a baissé de 5,4% par rapport au premier semestre 2012 et la
facturation a diminué de 4,3%.
Au premier semestre, la production est en recul sur tous les marchés. Cette
baisse générale touche l’ensemble des entreprises du labeur, quelle que
soit leur taille. Les baisses les plus fortes reviennent aux périodiques et aux
imprimés publicitaires non adressés, dont la production recule respectivement
de 6,5% et 5,4%. En valeur, les périodiques voient leur facturation diminuer
de 6,5%, le pire résultat du semestre. En volume, les livres (-2,9%) et les
catalogues (-3,2%) font un peu mieux que la moyenne des marchés.
Tous produits confondus, en volume, les importations (378 500 tonnes)
restent inférieures de 6% à celles enregistrées au premier semestre 2012.
La baisse des exportations est plus marquée avec une diminution de 20%,
par rapport à la même période de 2012. Au cumul, à fin juin de cette année,
on comptait 96 900 tonnes exportées contre 120 500 au premier semestre
2012.
L’Idep s’est aussi intéressée à deux grands marchés européens, l’Allemagne
et l’Italie. En Allemagne, la production cumulée à fin juillet restait inférieure
de prés de 6% à celle observée sur la même période de 2012. En Italie,
toujours à fin juillet, l’activité, en volume était inférieure de 11% par rapport
au premier semestre de l’année dernière.
Depuis deux ans, la part de nos exportations
destinée à l’Europe des quinze s’est stabilisée autour
de 75%. Les volumes exportés vers l’Allemagne,
notre principal destinataire, progressent de 12,6 %
alors que les exportations vers la plupart de nos
partenaires ont régressé (Pays-Bas et Portugal
exceptés).
La production de périodiques
en baisse
Dans son rapport annuel, l’Idep passe en revue
tous les grands marchés de l’imprimé. Nous
avons choisi de privilégier celui du périodique
qui intéresse au premier chef les acteurs de
la presse. L’année dernière, la production de
périodiques a reculé de 1% par rapport à 2011.
Après deux ans de stabilité, ce chiffre témoigne
d’une nouvelle dégradation qui s’est accentuée
début 2013. Plusieurs facteurs expliquent ce
résultat. La plupart des éditeurs procèdent
encore à des baisses de grammage et de format
pour réduire les coûts, et les formats pocket se
développent. La pagination publicitaire baisse
et les ventes de presse en France diminuent de
manière significative.
En 2012, les importations ont fortement baissé
(-12,1% en volume) alors que les exportations
progressaient de 11%.
La baisse des volumes importés s’explique par
les mêmes phénomènes que ceux qui affectent
la production française. Le solde de la balance
commerciale continue la remontée engagée
en 2011. Enfin, selon l’Idep la répartition des
marchés entre les imprimeurs ne semble pas
avoir changé.
En 2012, la part des importations en provenance
de l’Union européenne se stabilise autour de
92%. Mais on relève d’importantes baisses des
volumes issus de nos principaux partenaires :
-16% pour l’Italie, -4% pour la Belgique, -12,9%
pour l’Allemagne. Contrairement à 2011, et à ce
qui s’était passé en 2001, les exportations ont
progressé. Celles à destination de l’Allemagne
font un bond de 29%. En revanche, les
exportations à destination de la Belgique ont
baissé de 16%.
Dominique PIN
7
Zoom sur...
Le journal imprimé
à la demande :
un média du futur ?
L’impression à la demande peut-elle sauver la presse papier ? Sujet délicat
alors que depuis quelques années, les essais sur la fin des journaux et sur
la mort du journalisme se multiplient. Plus de 3 775 postes de journalistes
ont été supprimés, aux Etats-Unis, en 2011, selon le blog Paper Cuts, soit
30% de plus qu’en 2010 où 2 920 emplois avaient déjà disparu. «Aux EtatsUnis, l’effondrement pourrait s’accentuer dans les prochaines années,
jusqu’à la disparition presque totale du journal papier vers 2017», rapporte
le quotidien québécois «Le Devoir». En effet, le Center for the Digital
Future de la USC Annenberg, prestigieuse école de communication et
de journalisme de Californie, prédit que la grande majorité des journaux
américains cesseront d’être imprimés d’ici 2017. Mis à part les très grands
médias («The New York Times» et «The Washington Post») et les très
petits, tous les autres journaux se déclineront en version numérique
ou disparaîtront. «Nous pensons que les seuls journaux imprimés qui
survivront se situeront aux extrémités du spectre, soit les plus grands
et les plus petits», résume Jeffrey Cole, directeur du centre.
Le modèle est séduisant. Reste à le généraliser.
Certains futurologues, comme Ross Dawson, se livrent, eux aussi, à des
pronostics qui prévoient la disparition des journaux en 2017 aux États-Unis,
en 2019 au Royaume-Uni et en 2029, seulement pour la France, mieux lotie
en raison des aides de l’État. Ses prévisions s’appuient sur la combinaison
de tendances telles que le développement des tablettes, des e-readers, des
mobiles et des plateformes ouvertes, l’évolution des coûts d’impression ou le
transfert des investissements publicitaires.
Voici quelques semaines, Jeff Bezos, patron d’Amazon qui a surpris l’Amérique
en rachetant le «Washington Post» ne déclarait-il pas : «un jour, je ne sais pas
dans combien d’années, les journaux imprimés sur du vrai papier, pourraient
être un luxe».
Impossible de lire l’avenir dans la boule de cristal du journal papier. Force
est de constater, pourtant, que l’on assiste depuis des années à une baisse
tendancielle de la diffusion des journaux plus ou moins marquée selon les
familles de titres. Mais avec Dominique Wolton, spécialiste incontesté des
médias et chercheur au CNRS, on peut rêver un autre futur pour le papier,
pour le journal bien sûr mais plus largement pour le livre et l’imprimé.
L’homme a besoin de toucher
«La presse papier a encore de beaux jours devant elle» observe Dominique
Wolton. «J’en suis intimement convaincu, pour deux raisons. Un support
électronique n’aura jamais la souplesse, le goût, la couleur ou la sensation du
papier. Il faut se rappeler que l’invention de l’écriture date de 5 000 ans avant
notre ère et que celle-ci est indissociable d’un support physique. C’est une
question de nature anthropologique : l’homme a besoin de toucher.
8
Je fais le pari que, plus il y aura d’électronique,
plus il y aura de papier. On veut croire que le
papier est fini mais, pour moi, le papier est la
nouvelle frontière du multimédia. Ce qu’il
y a de fascinant dans les techniques de la
communication, par rapport aux autres secteurs
où les progrès font disparaître les procédés
précédents, c’est qu’elles s’additionnent sans se
supprimer. Tout simplement parce que rien ne
résout jamais la question de la communication
humaine. Elle rebondit sans cesse.
La presse écrite, comme les télévisions et
les radios généralistes, sont des «médias de
l’offre». Ils exposent leurs consommateurs à
des contenus que ceux-ci n’ont pas directement
sollicités. Depuis trente ans, nous avons
assisté au développement des «médias de la
demande» : les radios spécialisées, les chaînes
thématiques et, bien évidemment, internet. Ces
médias présentent la particularité de répondre à
l’individualisation des goûts des consommateurs
et d’être plus rentables pour les groupes qui les
produisent. Mais, ces «médias de la demande»
ont un inconvénient fondamental : ils s’inscrivent
dans une logique communautaire et fragmentée.
Contrairement aux médias généralistes, ils ne
produisent pas de lien social car ils ne proposent
pas des contenus susceptibles de réunir des
communautés et des individus très différents et
Zoom sur...
ne les obligent pas à s’intéresser à ce qui ne les intéresse pas. Or, je crois que
les consommateurs de médias vont plutôt rechercher des médias fédérateurs
qui permettent de souder les différents éléments d’une société en risque de
désintégration. Aussi, cette crise va-t-elle entraîner un réajustement en faveur
des médias généralistes, dont la presse écrite».
RotOcéan : une expérience prometteuse
Dans ce contexte, qu’attendre aujourd’hui de l’impression à la demande ?
Plutôt que de parler d’impression à la demande, mieux vaudrait sans doute
envisager une utilisation bien pensée de l’impression numérique. Dans une
entreprise comme Interval Production, cette technologie de plus en plus au
point permet déjà de produire à Paris des dizaines de quotidiens que leurs
lecteurs habituels n’auraient pu trouver dans les kiosques.
A La Réunion, RotOcéan, pionnière de l’impression numérique, produit des
quotidiens comme «Le Monde», «Le Figaro», «Libération», «La Croix» ou
«L’Equipe» qui sont disponibles le jour de leur parution nationale. Et à l’avenir,
cette technologie devrait permettre d’aller plus loin : de proposer au lecteur
le quotidien ou le magazine qu’il ne trouve pas dans son petit village, voire de
lui offrir un journal sur mesure, composé en partie, selon son profil, ses goûts
et ses attentes. Ce qui existe depuis longtemps dans nombre de pays avec
l’encartage sélectif ou dans la grande distribution avec des catalogues plus
petits mais ciblés sur les intérêts des lecteurs.
En France, l’Unic (Union Nationale de l’Imprimerie et de la Communication)
a lancé, avec le soutien du ministère du redressement productif, le projet
INIGraph qui s’inscrit dans cette logique. Il s’agit de mettre à la disposition
de tous, des journaux, quotidiens nationaux ou régionaux, hebdomadaires
régionaux ou départementaux souvent difficiles à trouver, faute de points de
vente, alors que le système de distribution de la presse française est en pleine
restructuration.
Hubert Pédurand, dirigeant de RotOcéan et
porteur de projet aux côtés de l’Unic, souligne
qu’INigraph se veut l’initiateur d’un changement
de cap pour «promouvoir avant tout la créativité
d’une offre qui pour redevenir efficace doit
impérativement passer par des innovations de
fond». Avec un changement radical de modèle:
«distribuer puis imprimer et non imprimer puis
distribuer». Encore faudrait-il savoir à qui confier
la réalisation de ces journaux «numériques».
Aux imprimeurs ? Aux routeurs ? Ou à d’autres
prestataires ? Ce modèle sera-t-il rentable car les
investissements comme les coûts d’exploitation
sont lourds ? Enfin, dans le monde même de la
presse, il reste encore beaucoup de résistances
à vaincre.
Dominique PIN
MegaNews : des kiosques à la suédoise
La jeune société suédoise MegaNews teste, depuis
juin dernier, des «kiosques digitaux» disposant
d’une liste de 200 journaux et magazines dont tout
client peut immédiatement obtenir un exemplaire
imprimé en numérique grâce à un partenariat avec
Ricoh. Ces distributeurs sont installés dans certains
aéroports, des hôtels, des hôpitaux, des épiceries ou
des centres commerciaux de Stockholm.
Cette première mondiale qui propose une
solution expérimentale à la crise de la
presse papier présente bien des avantages :
suppression des coûts de distribution, de
stockage et de retour des invendus ; rapidité
du service -tous les titres sont immédiatement
disponibles- ; possibilité de personnalisation ;
réduction de l’impact environnemental.
9
L’actu du Groupe
IfraExpo 2013
à Berlin
Une cinquantaine de convives ont participé, début octobre,
à notre dîner amical, organisé à l’occasion de la Wan-Ifra
World Publishing Expo qui se tenait cette année à Berlin
(Allemagne). Après une visite guidée de la ville, notre groupe
a gagné le restaurant Le Refugium, situé sur l’une des plus
belles places de Berlin, Gendarmenmarkt, où se
dressent les cathédrales allemandes et françaises.
Lui-même installé dans une ancienne église
française, ce restaurant servit, sous les ordres du
roi Frédéric 1er, de refuge, d’où son nom, aux
huguenots de Berlin. Il est connu pour la beauté
de ses voûtes baroques et le raffinement de sa
cuisine gastronomique.
«SPPP/CFPP» en partenariat
avec «Caractère»
En 2014, en partenariat avec CARACTERE, SPPP/CFPP organisera trois soirées
«Table Ronde/débat» qui regrouperont spécialistes et professionnels locaux et
régionaux de l’imprimerie. Ces premières rencontres, sur le thème général de
l’environnement, s’effectueront à :
Lille,
au mois de mars
Paris,
au mois de juin
Lyon,
au mois d’octobre
Au sommaire de chacune de ces rencontres,
sont prévus trois types d’intervention :
•
Une synthèse sur l’économie de la filière
graphique et papetière
• Une intervention d’un représentant d’Ecofolio
(pour présenter le fonctionnement de
l’organisme et les obligations des acheteurs de
papier et des imprimeurs)
•
Un témoignage d’un imprimeur sur ses
pratiques environnementales
10
L’actu du Groupe
Lancement
de la gamme CHARISMA,
papier LWC 100 % recyclé
avec certification ECOLABEL
Les Papiers de Presse, poursuivant leur volonté d’élargir leur offre,
commercialisent CHARISMA, un papier LWC, 100% recyclé qui dispose de la
certification ECOLABEL.
Pour une communication éco responsable, Les Papiers de
Presse s’associent avec STEINBEIS, un producteur allemand
de papiers recyclés.
Du 57 gr au 90 gr, brillant et satin, disponible en bobine et
en format, CHARISMA est un papier couché, parfaitement
adapté à vos brochures, dépliants, flyers…
Des échantillons vierges et imprimés
sont à votre disposition,
consultez nous au 01 56 88 87 43
11
L’actu internationale
La diffusion des journaux
progresse en Asie.
Elle baisse, en revanche,
sur tous les grands marchés
occidentaux
Selon le dernier rapport de l’Association mondiale des journaux et des éditeurs
de médias d ’information (WAN-IFRA), la dif f usion des journaux papier a
continué à prog resser en Asie, en 2012, mais à baisser sur tous les g rands
marchés occidentaux, désormais à maturité. Dans le même temps, les prog rès
du numérique ont plus que jamais dopé l’audience des journaux. Cette montée
en puissance des plates-formes numériques ne s’est pas accompagnée d ’une
augmentation proportionnelle des recettes publicitaires. La presse peine
toujours à rentabiliser un modèle économique associant papier et numérique .
Comme le souligne Vincent Peyrègne, président de WAN-IFRA, «malg ré une
dif f usion payante en baisse, les journaux réussissent à toucher un g rand nombre
de lecteurs, avec le journal papier, en ligne ou sur les mobiles. Et l’analyse
des dernières tendances révèle que dans de nombreux pays, le média imprimé
continue à drainer des investissements publicitaires qui parfois prog ressent».
Mais ajoute-t-il, «l’analyse des «Tendances mondiales de la presse» montre
que si les sites Web des journaux enregistrent une audience forte, le niveau
d ’implication des lecteurs reste f aible».
Soixante-dix pays à la loupe
Le dernier rapport de WAN-IFRA examine 70 pays. Ainsi, plus de la moitié de
la population mondiale adulte lit-elle un quotidien ; 2,5 milliards sous forme
imprimée, plus de 600 millions sous forme numérique. L’industrie mondiale
de la presse génère un chiffre d’affaires de plus de 200 milliards de dollars US
par an. Mais ses performances en termes de diffusion et de publicité varient
sensiblement d’une région à l’autre.
En 2012, la diffusion de journaux, à l’échelle
mondiale, n’a baissé que de 0,9 % par rapport
à 2011 car les hausses de diffusion enregistrées
en Asie ont compensé les pertes dans le reste
du monde. Entre 2008 et 2012, la diffusion
mondiale avait baissé de 2,2 %, les baisses
les plus importantes ayant été enregistrées en
Europe.
En un an, la diffusion a reculé de 6,6 % en
Amérique du Nord, de 5,3 % en Europe de
l’Ouest, de 8,2 % en Europe de l’Est et de
1,4 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Elle a, en revanche, progressé de 1,2 % en Asie,
de 3,5 % en Australie et Nouvelle-Zélande et de
0,1 % en Amérique latine.
12
En cinq ans, la diffusion a baissé de 13 % en
Amérique du Nord, de 0,8 % en Amérique
latine, de 24,8 % en Europe de l’Ouest et de
27,4 % en Europe de l’Est. Mais dans le même
temps, elle a augmenté de 9,8 % en Asie, de
10,5 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
et de 1% en Australie et Nouvelle-Zélande.
Evolution de la diffusion dans le Monde
2012 vs 2011 & 2012 vs 2008
15 %
10,5%
10 %
9,8%
3,5%
5%
-5 %
3,5%
1,0%
0,1%
0%
-0,9%
-2,2%
-5,3%
-6,6%
-10 %
-0,8%
-1,4%
-8,2%
-13,0%
-15 %
-20 %
-25 %
-24,8%
-30 %
Monde
Amérique
du Nord
2012 vs 2011
Europe
de l’Ouest
2012 vs 2008
-27,4%
Europe
de l’ESt
Moyen Orient et
Afrique du Nord
Asie
Amérique
Latine
Australie et
Nouvelle Zélande
Source WAN-IFRA
L’actu internationale
Au niveau mondial, les recettes publicitaires des journaux ont reculé
de 2 % en 2012 par rapport à 2011 et de 22 % par rapport à 2008. Ce
recul sur cinq ans s’explique essentiellement par la baisse des investissements
publicitaires dans les journaux, aux États-Unis, premier marché publicitaire au
monde. En cinq ans, la publicité dans les journaux imprimés a chuté de 42 %
dans ce pays, ce qui représente trois quarts de la perte enregistrée à l’échelle
mondiale.
La baisse des recettes publicitaires dans les journaux américains traduit la forte
relation de dépendance que les éditeurs américains ont toujours entretenue
avec les annonces classées. On estime que 80 % des annonces classées ont
migré vers les médias numériques. Et même si ceux-ci appartiennent aux
éditeurs, les annonces «numériques» sont loin de générer le même chiffre
d’affaires que les annonces papier.
En un an, les recettes publicitaires ont baissé de 7,6 % en Amérique du Nord,
de 3,4 % en Europe de l’Ouest, de 5,6 % en Europe de l’Est et de 8,3 % en
Australie et Nouvelle-Zélande. Elles ont en revanche augmenté de 9,1 % en
Amérique latine, de 3,6 % en Asie et de 2,3 % au Moyen-Orient et en Afrique
du Nord.
En cinq ans, les recettes publicitaires ont chuté de 42,1 % en Amérique du
Nord, de 23,3 % en Europe de l’Ouest, de 30,2 % en Europe de l’Est, de
22,7 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et de 24,9 % en Australie et
Nouvelle-Zélande. Mais elles ont progressé de 37,6 % en Amérique latine et
de 6,2 % en Asie.
Evolution des recettes publicitaires
2012 vs 2011 & 2012 vs 2008
40 %
37,6%
30 %
20 %
10 %
3,6%
0%
-10 %
-2,0%
6,2%
9,1%
2,3%
-3,4%
-5,6%
-7,6%
-8,3%
-20 %
-30 %
-22,0%
-22,7%
-23,3%
-24,9%
-30,2%
Les contenus payants sont en
revanche une source croissante
de revenus.
Les téléphones mobiles et tablettes sont de
plus en plus un média de référence pour de
nombreux consommateurs d’information. Les
études menées aux États-Unis, en Allemagne
et en France suggèrent que l’implication dans
la consommation d’actualités via les tablettes
est équivalente à celle de la lecture de journaux
imprimés, comme le montrent les mesures du
temps passé sur les contenus d’information.
Moyen-Orient : la force des femmes
Aujourd’hui,
les
journaux
développent
activement des revenus à partir de sources nontraditionnelles. Aux États-Unis, 27 % du chiffre
d’affaires des sociétés de presse proviennent
désormais de sources non-traditionnelles :
11 % des revenus sont issus du numérique,
8 % proviennent d’autres sources (services aux
clients en plus de la publicité) et 8 % sont tirés
de revenus non-rédactionnels (e-commerce).
Il existe une différence très nette entre la
performance des ventes au numéro et celle des
ventes par abonnement. Sur les marchés où ces
données sont disponibles, les ventes de journaux
au numéro ont baissé de 26 % au cours des
quatre dernières années alors que les ventes
par abonnement ont seulement reculé de 8 %.
Les offres d’abonnements groupés imprimé/
numérique enregistrent un succès croissant.
-40 %
-42,1%
-50 %
Monde
Amérique
du Nord
2012 vs 2011
Europe
de l’Ouest
Europe
de l’ESt
Moyen Orient et
Afrique du Nord
Asie
2012 vs 2008
Amérique
Latine
Australie et
Nouvelle Zélande
Source WAN-IFRA
Impliquer davantage les internautes
Le rapport de WAN-IFRA indique également que les éditeurs doivent faire face
à un défi de taille : augmenter l’implication des internautes dans la lecture
d’informations. Alors que plus de la moitié des utilisateurs en ligne consultent
les sites Web de journaux, le journal lui même représente une faible part de
la consommation totale d’informations sur Internet, avec seulement 7 % du
trafic, 1,3 % du temps passé et 0,9 % du nombre total de pages consultées.
Les contenus payants sont en revanche une source croissante de revenus. Selon
l’Alliance of Audited Media, près de la moitié des éditeurs américains adoptent
désormais un modèle de contenus payants. 40 % ont recours à un modèle
«métré», un tiers facture les contenus premium, 17 % font payer tout type
d’accès et 10 % utilisent un autre modèle.
Pour la première fois, le rapport de WANIFRA fournit des données sur les audiences au
Moyen-Orient, grâce à un partenariat avec Ipsos.
Celles-ci varient énormément selon les pays et
vont de 5 % en Irak à 70 % aux Émirats Arabes
Unis et au Koweït. Les données sur le MoyenOrient montrent une corrélation directe entre
le succès des journaux et leur popularité auprès
des lectrices. On constate également que plus
les niveaux d’audiences augmentent, plus la part
des lectrices dans le lectorat total est élevée.
En Irak, un tiers du lectorat est constitué de
femmes, alors qu’au Koweït les femmes sont
plus nombreuses que les hommes à lire les
journaux. Précédemment, WAN-IFRA avait déjà
montré qu’à long terme, la captation du lectorat
féminin était un facteur déterminant dans le
succès d’un journal sur son marché.
Dominique PIN
13
Actions Durables
L’avenir du média
papier passe par
l’éco-conception
Avec près de 4 millions de tonnes consommées par an en France, le
papier a encore de beaux jours devant lui, à condition d’en faire un usage
responsable et de prendre en compte dans les processus de fabrication,
dès la conception, les conséquences sur la fin de vie des papiers.
Améliorer la recyclabilité des papiers est un enjeu partagé par tous les
acteurs économiques qui ont au cœur de leurs activités le support papier.
Pour faire de nos vieux papiers des ressources compétitives pour demain,
la première étape est l’éco-conception. Mieux conçus, ils seront plus
facilement recyclés au sein d’une boucle vertueuse où le déchet redevient
produit.
L’éco-conception en pratique
Les fiches d’aide à l’éco-conception d’Ecofolio, l’éco-organisme des papiers,
offrent sous forme d’aide-mémoire une liste de repères essentiels orientant les
utilisateurs dans leurs choix, à chaque étape de la réalisation de leurs supports
papiers.
Pour chaque produit papier, Ecofolio a identifié les perturbateurs du recyclage
et propose les solutions pour une meilleure recyclabilité. Les fiches aident
également à anticiper les critères du barème éco-différencié en optimisant
l’éco-contribution et en limitant les impacts sur les opérations de recyclage.
«Nous accompagnons la filière papiers dans
sa démarche environnementale en mettant à
disposition de tous des outils pour éco-concevoir
les supports en papier. Guidé par les principes
de l’économie circulaire, notre rôle est d’être
au plus près des préoccupations et des enjeux
de nos adhérents afin de les aider à trouver
des solutions améliorant la recyclabilité de leurs
produits. C’est un modèle économique d’avenir
pour faire de nos vieux papiers des ressources
pour demain», indique Mickaël Martin,
responsable des adhérents d’Ecofolio.
Ecofolio est l’éco-organisme des papiers.
Le barème éco-différencié,
un outil d’incitation à l’éco-conception
Avec le nouvel agrément de début 2013, l’incitation à l’éco-conception a
été transposée dans le barème de contribution, désormais éco-différencié.
Nouveau signal donné aux adhérents d’Ecofolio pour entrer de plain-pied
dans une démarche de gestion responsable des papiers, il tient compte de
la composition du papier et permettra de récompenser les comportements
vertueux.
Il est un outil d’incitation qui se fixe trois objectifs : améliorer la recyclabilité,
favoriser la traçabilité de la fibre et inciter l’usage de papier recyclé. Ainsi,
les adhérents utilisant des fibres recyclées obtiendront un bonus de 10% sur
leur contribution de base (50 euros la tonne en 2014). A contrario, ceux qui
recourent à des éléments perturbateurs du recyclage se verront pénaliser par
un malus de 5%.
10
14
Société privée à but non lucratif, agréé par
l’Etat, Ecofolio organise et finance en France
la collecte et le recyclage des papiers depuis
2007. Ecofolio fait le lien entre l’ensemble
des acteurs (émetteurs, collectivités, mais
aussi trieurs et papetiers) pour améliorer la
filière et créer une économie circulaire où
les papiers d’aujourd’hui sont une ressource
pour demain.
L’objectif : atteindre 55% de recyclage des
papiers en 2016.
Parole d’expert
Presse :
des femmes d’influence
Des femmes à la barre, il y en a aussi dans la presse où elles exercent
avec brio leurs talents et leurs compétences à la production d’un journal
ou la gestion d’une imprimerie. Pour «Papiers de Presse Informations»,
elles ont accepté de raconter leur parcours, leur passion pour leur
métier et de nous confier une anecdote ou un souvenir qui les a
particulièrement marquées.
Claire Charbonnel,
Directrice Générale Adjointe de «La Provence»
Son parcours
Claire Charbonnel a commencé ses études au lycée français de Londres. Elle est diplômée d’HEC et a
débuté sa carrière comme commerciale chez Exxon France. Embauchée par le groupe Lagardère, après
le rachat du «Provençal» (Marseille), elle y fait ses débuts comme contrôleur de gestion et se prend
de passion pour le monde de l’écrit. Elle participe à la fusion du «Provençal» et du «Méridional» pour
créer «La Provence» puis s’implique dans les projets informatiques et industriels de l’entreprise où elle
installera trois rotatives.
Des projets majeurs
Temps court et temps long
«J’ai choisi cette voie car cela fait naturellement partie du champ d’activité du
responsable d’une entreprise de presse. Mais aussi parce que nous avons eu
des projets majeurs à gérer, dont des projets de renouvellement industriel».
«Je suis régulièrement confrontée aux contradictions entre le temps court du quotidien et la
nécessité d’un temps plus long, pour les projets
d’évolution technique ou organisationnelle. Mes
meilleurs souvenirs sont ceux du démarrage de
nouvelles machines ou d’usines, en Corse et à
Marseille».
Travailler en équipe
«Actuellement, pour la part industrielle, je travaille essentiellement en équipe
à maintenir et développer l’activité. Nous travaillons de façon très classique
sur quatre axes : la sécurisation de la production, la qualité, l’efficacité et le
développement commercial. J’aime ce métier pour le travail en équipe et
parce que les projets sont concrets, avec des résultats tangibles».
Isabelle Jouanneau,
Directrice de Fabrication chez «Lafont Presse»
Son parcours
Isabelle Jouanneau est diplômée de l’ENS en philosophie et titulaire d’un DESS en ressources humaines.
Elle a commencé comme consultante en ressources humaines dans le secteur du luxe. Passionnée
depuis toujours par l’écriture et la genèse des ouvrages, elle a travaillé pour les Editions Albin Michel,
puis dans la presse. Depuis quatre ans, elle occupe un poste très polyvalent chez Entreprendre Lafont
Presse. Sa mission : rationaliser l’organisation, dont la production, et identifier des scénarios de
développement.
Une vision globale de l’entreprise
«Je n’ai pas de compétences pointues dans un domaine particulier de
l’entreprise mais, en revanche, j’ai une vision et une compréhension globales
de son fonctionnement et de ses enjeux. Concernant la coordination des
aspects pré-presse et de la fabrication, j’ai accédé à ces fonctions un peu
par hasard suite à une réorganisation interne.
Ce fut une belle opportunité à saisir. J’ai un
esprit curieux et j’ai toujours soif de découvrir
d’autres aspects du métier d’éditeur pour arriver
à maîtriser l’ensemble de la chaîne».
15
Parole d’expert
Valoriser les contenus
«Mon quotidien : focalisons nous sur le pré-presse et la fabrication ! J’assure
la coordination du pôle maquette et définis les plannings de production
pour l’ensemble de nos ouvrages. Je gère également les relations avec les
imprimeurs tant d’un point de vue commercial qu’opérationnel, pour le suivi
de production. Je choisis les fournisseurs de papier, un enjeu crucial quand on
dispose d’un catalogue de plus de 80 publications. Je pilote aussi la production
digitale. J’imagine des schémas afin de valoriser les contenus éditoriaux et de
ré-exploiter le fonds éditorial à travers une diffusion multi canal».
des jupes et des talons. J’ai parfois fait l’objet
de propos teintés de misogynie mais je m’en
suis amusée plus qu’offusquée. Je n’ai pas,
pour autant, abandonné mes jupes. J’assume
pleinement d’être une femme aux commandes
de la production et de la fabrication. A force de
temps, la confiance s’est instaurée et le regard
porté sur moi a changé !».
Rigueur et imagination
LA responsable de fabrication
«J’aime l’effervescence autour de la production qui suppose une réactivité,
voire une pro activité permanente. Mon métier requiert, à la fois, rigueur et
imagination pour trouver des solutions alternatives et toujours s’améliorer.
J’aime autant le contenu du magazine que l’objet en lui-même. Un beau
produit permet de valoriser le texte et sa mise en scène. J’éprouve un immense
plaisir à feuilleter un magazine».
«Lorsque j’ai repris le département fabrication,
j’ai rencontré chacun de nos imprimeurs. En
arrivant au bureau, j’ai accueilli l’un d’entre eux
qui m’a pris pour une assistante et m’a indiqué
qu’il avait rendez-vous avec LE responsable de la
fabrication. Les préjugés existent mais je prends
un vrai plaisir à déconstruire ce prêt à porter de
la pensée».
Une femme aux commandes
«Notre catalogue est très dense et les schémas industriels sont différents
selon les titres. Il faut savoir s’adapter. La fabrication a souvent été considérée
comme un métier très masculin. Il n’était pas forcément de bon ton de porter
Isabelle Michaud,
Directrice de Fabrication de «Marianne»
Son parcours
Isabelle Michaud a une formation de typographe, mais elle a abordé tous les domaines des arts
graphiques : photogravure, impression, dessin de lettres, édition etc. Elle s’est ensuite orientée vers
la maquette. Cet éclectisme lui a permis d’occuper divers postes : maquettiste, éditeur, secrétaire de
rédaction technique, jusqu’à celui de directrice de fabrication.
Le goût du beau
L’égalité hommes/femmes
«Les arts graphiques me renvoyaient à des valeurs très importantes pour moi :
le goût du beau incarné par la typographie, la lettre et son dessin ; la capacité
d’aider à la lecture grâce à un art complexe. Ils répondaient aussi à mon goût
pour les machines et la technologie».
«Les difficultés que j’ai rencontrées sont
inhérentes à tous ces métiers dits «d’homme»
comme la suspicion d’incompétence à laquelle
sont confrontées nombre de femmes dans les
mêmes circonstances. Aujourd’hui les choses
sont apaisées. Reste à conquérir l’égalité dans
tous les sens du terme».
Acheter le papier
«Je suis chargée de suivre tous les aspects techniques de la fabrication du journal.
Des fichiers numériques des pages à la photogravure, de ses retouches jusqu’à
l’impression. J’assiste chaque semaine au tirage. Je suis aussi responsable, et
c’est très important, du choix et de l’achat du papier. Une activité qui m’offre
la souplesse nécessaire dans un domaine où j’évolue seule».
Le virus de la presse
«En entrant à L’Evénement du jeudi», en 1987, j’ai attrapé le virus de la
presse. Même si j’avais travaillé pour plusieurs magazines auparavant, faire
partie intégrante d’un titre m’apportait ce que j’attendais du métier. J’ai eu
plusieurs fois l’occasion de participer à des lancements. Ce sont mes meilleurs
souvenirs professionnels. Ces moments sont d’une intensité rare et la source
d’un épanouissement personnel incomparable».
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Faire mieux que les hommes
«Quand j’ai fait mes études, les femmes étaient
peu nombreuses. Dans une classe de vingt-huit,
nous étions trois filles… Mes professeurs de
l’époque mettaient un point d’honneur à ce que
les filles soient plus souvent sollicitées pour les
efforts physiques. Cette apparente injustice m’a
fait intégrer définitivement l’idée qu’il fallait faire
mieux que les hommes pour être reconnue».
Dominique PIN