Entretiens post-formation auprès des stagiaires et
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Entretiens post-formation auprès des stagiaires et
Entretiens post-formation auprès des stagiaires et préconisations Evaluation du dispositif de formation « Développer un projet E3D fédérateur dans son établissement » Rapport n°2 Agence Régionale de l'Environnement Midi Pyrénées Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien 19 février 2010 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Sommaire INTRODUCTION................................................................................................................................................. 3 PARTIE 1 : PRESENTATION DE LA DEMARCHE EVALUATIVE POST-FORMATION ..................... 4 I.1. OBJECTIFS DES ENTRETIENS ET PRESENTATION DES THEMES ABORDES ......................................................... 4 I.2. DEROULEMENT DE LA DEMARCHE D’ENQUETE ............................................................................................. 5 I.3. LES « PARTICIPANTS » ET LES « NON-PARTICIPANTS ».................................................................................. 5 PARTIE 2 : SYNTHESE DES RESULTATS D’ANALYSES ET PRECONISATIONS RELATIVES A L’EVALUATION POST-FORMATION............................................................................................................ 7 II.1. LES RAISONS DE L’ENGAGEMENT EN FORMATION ........................................................................................ 7 II.2. LES PROJETS SUR LE DD CIBLES ET L’IMPACT DE LA FORMATION VIS-A-VIS DE CES PROJETS ...................... 8 II.3. EVALUATION DES ACQUIS DE FORMATION RELATIVEMENT AU CONTENU DU MODULE ................................. 8 II.4. EVALUATION DE L’ORGANISATION TEMPORELLE DU STAGE DE FORMATION................................................ 9 II.5. EVALUATION DES MODALITES DE FORMATION .......................................................................................... 10 II.6. EVALUATION DE L’ACCOMPAGNEMENT REALISE PAR LES TUTEURS PEDAGOGIQUES ................................. 11 II.7. LA REDACTION DU DOCUMENT RELATIF AU PROJET DD DEVELOPPE DANS LE CADRE DE LA FORMATION .. 12 PARTIE 3 : ANALYSE CIBLEE DES PRODUCTIONS ECRITES RELATIVES AU PROJET SUR LE DD......................................................................................................................................................................... 13 III.1. PREAMBULE ............................................................................................................................................. 13 III.2. DESCRIPTIF DES QUATRE PRODUCTIONS ANALYSEES ................................................................................ 14 III.3. RESULTATS D’ANALYSE DES QUATRE PRODUCTIONS ................................................................................ 15 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES.......................................................................................................... 17 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Introduction En préambule il convient de préciser que ce rapport d’évaluation fait suite à un précédent rapport1 remis à l’UVED le 12 janvier 2010. Dans notre premier rapport, nous avons rappelé que notre démarche d’expertise du module de formation « Développer un projet E3D2 fédérateur dans son établissement » s’inscrivait dans le cadre d’un contrat entre l’entité UVED (Université virtuelle environnement et développement durable), l’Université Toulouse II le Mirail et l’école interne IUFM MidiPyrénées. Cette expertise, centrée sur l’analyse de l’utilité, de l’utilisabilité mais aussi de l’acceptabilité du dispositif de formation (Scapin & Bastien, 1997 ; Tricot, 2001 ; Tricot et al., 2003) nous avait conduit à développer une démarche d’analyse en trois phases : ¾ Phase 1 : évaluation diagnostique. ¾ Phase 2 : évaluation de fin de formation. ¾ Phase 3 : évaluation post-formation. Dans le premier rapport nous présentions les résultats issus de nos deux premières phases d’expertise (phase 1 et 2). Ce second rapport ce situe dans la lignée du premier dans la mesure où il présente les conditions de déroulement et les résultats issus de notre dernière phase d’évaluation (phase 3). Ainsi, dans la première partie de ce document, nous présentons la démarche d’enquête que nous avons mise en œuvre (objectifs des entretiens, thèmes abordés, déroulement de la démarche et caractéristiques des répondants et non-répondants). Dans une deuxième partie, nous proposons une synthèse des analyses de données que nous avons réalisées et les recommandations ou préconisations que nous pouvons en dégager. Enfin, dans une dernière partie, nous avons introduit les résultats issus de l’analyse qu’Yves Ardourel et Jean-Yves Léna ont menée sur quatre productions écrites rendues par les stagiaires (travail de rédaction autour de leur projet sur le développement durable). Ce travail est ici proposé dans la perspective de compléter les informations que nous avions exposées dans notre premier rapport (voir Partie 3b du précédent rapport, p.17). Il est important de signaler dès à présent au lecteur qu’afin de lui faciliter la tâche nous avons systématiquement rédigé au sein d’encadrés les conseils, préconisations ou recommandations dégagés de nos analyses. 1 Julien, M., Vayre, E., Camps, J. (2010). Analyse et évaluation du dispositif de formation « développer un projet E3D fédérateur dans son établissement » - Rapport n°1. UVED, 12 janvier. 2 Le sigle E3D signifie « Etablissements en Démarche de Développement Durable ». 3 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Partie 1 : Présentation de la démarche évaluative postformation I.1. Objectifs des entretiens et présentation des thèmes abordés Comme nous l’avions indiqué dans notre rapport précédent3, cette dernière phase de notre démarche évaluative (évaluation post-formation) avait pour objectif d’appréhender l’utilité de la formation et d’obtenir des retours plus qualitatifs sur la manière dont les stagiaires ont perçu et évalué le module de formation. Dans cette perspective nous avons élaboré une grille d’entretien semi-directif qui renvoyait conjointement à des thèmes ciblés et relativement diversifiés (voir tableau 1). Tableau 1. Grille d’entretien relative à l’évaluation post-formation menée auprès des stagiaires 1) Pour quelle(s) raison(s) avez-vous choisi de suivre le module de formation « Un projet E3D fédérateur dans son établissement » ? 2) A quel(s) projet(s) DD avez-vous réfléchi et/ou avez-vous développé dans le cadre du module « Un projet E3D fédérateur dans son établissement » ? 3) Avez-vous pu continuer à réfléchir, voire commencer à mettre en œuvre, ce projet au sein de votre établissement ? 4) Si vous deviez évaluer globalement le module « Un projet E3D fédérateur dans son établissement », faire un bilan de ce stage de formation, quels sont les points positifs et négatifs que vous retenez ? 4.1. En ce qui concerne plus précisément les contenus de formation, qu’est-ce qui vous a plu et moins plu ? 4.2. En ce qui concerne l’organisation proposée, en termes technique ou temporel par exemple, qu’est-ce qui vous a paru plutôt positif et/ou plutôt négatif ? Et de votre côté, comment vous êtesvous organisé(e) pour suivre ce module de formation ? 4.3. Par rapport à l’accompagnement par les tuteurs, au suivi proposé, qu’est-ce qui vous a plu et moins plu ? 5) Pour terminer, pouvez-vous me dire quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées par rapport à la rédaction de votre projet ? 3 Julien, M., Vayre, E., Camps, J. (2010). Analyse et évaluation du dispositif de formation « développer un projet E3D fédérateur dans son établissement » - Rapport n°1. UVED, 12 janvier. 4 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 I.2. Déroulement de la démarche d’enquête Rappelons, qu’au départ, il y avait 21 stagiaires inscrits au module de formation pour l’Académie de Toulouse et 19 pour l’Académie de Rennes. Finalement, 18 stagiaires ont participé au premier regroupement en présentiel pour l’Académie de Toulouse et 16 pour l’Académie de Rennes (regroupement qui marquait le démarrage du module de formation). Etant donné que nous ne disposions que des courriers électroniques professionnels des stagiaires (et que nous savions que certains ne consultaient pas leur messagerie électronique académique), nous avons envoyé, début novembre, une lettre présentant nos objectifs et notre démarche à tous les stagiaires ayant participé au premier regroupement en présentiel. Dans ce courrier nous avons transmis nos coordonnées (mail et numéro de téléphone) et invitions les stagiaires à nous contacter afin de convenir d’un rendez-vous téléphonique pour réaliser l’entretien. Comme nous n’avons obtenu que très peu de retours de leur part, nous avons répertorié les numéros de téléphone des établissements au sein desquels les stagiaires étaient rattachés (en 2008-2009) et avons appelé à ces numéros en demandant à être mis en contact avec le ou les stagiaires. Finalement, les entretiens semi-directifs ont été menés aux mois de novembre et décembre 2009, soit 5 à 6 mois après que les stagiaires aient terminé leur formation. I.3. Les « participants » et les « non-participants » Dans le tableau 2 nous récapitulons le nombre de stagiaires ayant (ou n’ayant pas) répondu à nos questions et les raisons pour lesquelles certains entretiens n’ont pas pu être réalisés. Tableau 2. Récapitulatif concernant la participation (ou non) des stagiaires au recueil de données Académie de Académie de Toulouse Rennes Total Stagiaires à contacter4 18 16 34 Stagiaires interviewés 6 9 15 1 0 1 2 2 4 Stagiaires qui n’ont jamais répondu aux différents messages que nous leur avons laissés 7 3 10 Stagiaires que nous n’avons pas pu joindre directement ou indirectement (pour causes de mutations, numéros de téléphone erronés, etc.) 2 2 4 Stagiaires contactés n’ayant pas participé aux entretiens - parce qu’ils n’en avaient pas envie - parce qu’ils n’ont pas poursuivi la formation suite au premier regroupement en présentiel 4 Correspond au nombre de stagiaires ayant assisté au premier regroupement en présentiel (début de la formation). 5 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Précisons que la moindre participation des stagiaires de l’académie de Toulouse s’explique, selon nous, par le fait qu’il s’agissait quasi exclusivement d’enseignants. De ce fait, il nous a été beaucoup plus difficile de les joindre directement au téléphone (puisqu’ils sont la plupart du temps en cours lorsqu’ils se trouvent sur le site de leur établissement). Cela exigeait donc de leur part un coût supplémentaire : ils devaient prendre connaissance de notre ou nos message(s) puis prendre l’initiative de nous contacter. En revanche, le groupe de stagiaires de l’académie de Rennes était davantage composé de personnels administratifs et techniques (chefs d’établissements, adjoints, gestionnaires de matériel, etc.) ou d’enseignants documentalistes que nous avons pu joindre directement car ils disposaient d’une ligne directe et personnelle dans leur établissement. Enfin, concernant les 4 stagiaires qui nous avons eu au téléphone et qui nous ont dit ne pas être allés au-delà du premier regroupement (et qui n’ont donc pas participé à notre enquête), ils ont expliqué qu’ils manquaient de disponibilité et de temps à consacrer au développement d’un projet sur le DD5. Précisons que ce manque de temps a paru à certains d’autant plus poser problème qu’ils ont eu l’impression : d’être d’emblée laissés à eux-mêmes (concernant leur démarche de développement d’un projet), qu’ils n’allaient pas trouver de soutien et d’aide suffisamment importants dans le cadre de la formation pour pallier leur manque de disponibilité. 5 Développement durable. 6 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Partie 2 : Synthèse des résultats d’analyses et préconisations relatives à l’évaluation post-formation Afin d’en faciliter la lecture, nous avons choisi de présenter nos résultats d’analyses et les conseils, recommandations ou pistes de réflexion associés, de manière thématique et linéaire. Nous avons donc repris l’ordre de présentation des thèmes abordés dans le cadre des entretiens menés auprès des stagiaires précédemment exposé (voir p. 4). II.1. Les raisons de l’engagement en formation Sur les 15 stagiaires interrogés : 7 expliquent qu’ils se sont inscrits parce qu’ils étaient impliqués dans un projet d’établissement sur le DD6 qui avait démarré et qu’ils souhaitaient affiner leurs compétences et approfondir leur démarche. 5 déclarent s’être engagés dans cette formation parce qu’ils souhaitent développer un projet DD global dans leur établissement, projet qui se situe dans le prolongement d’actions sur le DD déjà mises en œuvre (mais de moins grande envergure). 2 se sont engagés dans la formation car ils souhaitaient affiner leurs réflexions et pratiques relativement à la mise en œuvre d’un projet sur le DD et/ou la mise en œuvre d’activités pédagogiques en lien avec le DD (au sein de leur établissement). Enfin, 1 seul stagiaire déclare souhaiter mettre en place un projet DD fédérateur dans son établissement sans qu’il y ait eu de précédents (aucune action en lien avec le DD antérieurement développées dans l’établissement de rattachement). ⇒ Ces constats soulignent que la plupart des stagiaires sont venus chercher du soutien et des conseils vis-à-vis de la mise en œuvre d’un projet fédérateur sur le DD soit déjà engagé dans leur établissement soit qu’ils souhaitent développer dans leur établissement tout en ayant déjà de l’expérience dans le domaine. Précisons que 4 stagiaires insistent également sur le fait que leur engagement en formation est associé à un intérêt personnel pour le thème du développement durable. On note donc que la majorité des stagiaires : 1) a une solide connaissance de ce qu’est développement durable et a une expérience de la mise en œuvre de démarches de développement durable au sein d’un établissement scolaire ; 2) a des attentes très concrètes : ils viennent chercher un accompagnement vis-à-vis de leurs pratiques dans le domaine. 6 Développement durable. 7 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 II.2. Les projets sur le DD ciblés et l’impact de la formation vis-à-vis de ces projets 5 stagiaires (sur 15) souhaitaient avancer sur la mise en place d’un agenda 21 dans leur établissement. 4 stagiaires souhaitaient développer un projet éco-école, éco-collège, éco-lycée. 1 stagiaire souhaitait mettre en place un comité de pilotage sur le développement durable au sens large afin de mobiliser les acteurs de son établissement. 1 stagiaire souhaitait être accompagné dans la mise en œuvre d’un rallye lecture sur le développement durable. 1 stagiaire souhaitait travailler sur les enjeux des projets sur le DD déjà développés (démarche réflexive). Enfin, 3 personnes disent n’avoir finalement pas réfléchi à et/ou développé un projet spécifique. On peut dégager deux remarques de l’ensemble de ces éléments : 1) les projets sur lesquels souhaitent avancer les stagiaires sont principalement centrés sur l’agenda 21 et les éco-établissements ; 2) il s’agit de projets ambitieux, de grande envergure et qui implique un investissement important. Précisons que tous les projets ciblés ont effectivement avancés pendant la formation et après la formation. Toutefois, sur les 12 stagiaires ayant un projet spécifique, seulement la moitié d’entre eux (6/12) estime que la formation leur a apporté des connaissances et compétences qui ont permis de faire avancer leur projet. Il apparait donc nécessaire de retravailler le dispositif de formation dans la perspective d’atteindre plus concrètement son objectif principal : « accompagner des stagiaires dans la conception et l'écriture d'un projet E3D pour un établissement scolaire ». Il conviendrait que les pratiques d’accompagnement des stagiaires soient suffisamment souples pour les aider plus concrètement dans la mise en œuvre de leurs projets (et pas uniquement dans la phase de conception qui abouti à la rédaction du projet) sachant que leur démarche est souvent déjà avancée au moment du suivi de la formation (soit au second semestre de l’année scolaire). II.3. Evaluation des acquis de formation relativement au contenu du module Relativement aux contenus d’apprentissage (proposés aux cours des regroupements en présentiel, sur la plateforme ou au cours des réunions centra) : 8 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 6 Stagiaires estiment ne rien avoir appris. Il disent par exemple : « Personnellement moi ça ne m’a pas apporté de connaissances » ; « j’ai été très déçu » ; « dans le stage en lui-même j’ai pas eu l’impression d’apprendre grand-chose en fait ». 3 stagiaires estiment avoir très peu appris : « J’espérai plus » ; « je suis resté sur ma fin ». 1 stagiaire estime avoir seulement acquis des connaissances et compétences techniques relatives à l’utilisation de la plateforme et d’outils numériques. 5 stagiaires estiment avoir retenu des idées et des principes importants, avoir pris connaissance et exploité des outils intéressants. Il apparait ainsi que la majorité des stagiaires estime avoir peu acquis de connaissances et compétences dans le cadre formel de ce module. Ceci ne semble pas à priori surprenant dans la mesure où la majorité des stagiaires avait déjà une expérience dans la mise en œuvre d’action sur le DD et des connaissances solides dans le domaine. Dans la mesure où il s’agit ici d’une première expérimentation on peut imaginer que les concepteurs ont « sous-estimé » le niveau de connaissance et compétence des entrants. Toutefois, il est important de souligner que 12 stagiaires déclarent qu’ils ont beaucoup appris au cours des échanges informelles réalisés avec les autres stagiaires ! Il peut donc être tout à fait opportun de davantage s’appuyer sur le groupe de stagiaires de manière formelle dans le cadre du module (soutenir les échanges d’expériences par exemple). II.4. Evaluation de l’organisation temporelle du stage de formation La dimension temporelle est apparue comme primordiale dans le discours des stagiaires interrogés7 : 7 - d’abord 10 stagiaires (sur 15) expliquent qu’ils manquaient de temps au cours de la formation étant donné la surcharge de travail qu’ils avaient par ailleurs et qu’ils n’ont donc pas pu s’impliquer à hauteur de ce qu’ils auraient souhaité, qu’ils n’ont pas réussi à dégager le temps nécessaire pour bénéficier au mieux des apports de la formation ; - ensuite, 4 stagiaires estiment que le module devrait démarrer plus tôt dans l’année scolaire : d’une part, car cela leur permettrait d’être accompagné dès la phase de conception du projet et, d’autre part, parce que la fin de l’année scolaire est une période très chargée pour eux (conseils de classe, examens, etc.). Certains pensent que si le stage démarrait plus tôt il pourrait aussi être allongé et s’inscrire davantage dans la durée. Ici les réponses des stagiaires sont non exclusives. 9 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Il conviendrait donc d’alléger la formation sur certains aspects afin d’entrer directement dans le vif du sujet et de cibler les éléments qui paraissent les plus importants pour atteindre les objectifs de formation au regard du manque de temps dont disposent les stagiaires. Il pourrait également être intéressant de réfléchir à la possibilité de démarrer le stage plus tôt dans l’année car cela semble tout à fait justifié si l’objectif de la formation est d’« accompagner des stagiaires dans la conception et l'écriture d'un projet E3D pour un établissement scolaire ». II.5. Evaluation des modalités de formation Relativement au fait que la formation se déroule à distance et en ligne et qu’elle soit ponctuée par des regroupements en présentiel et des classes virtuelles8 : 6 stagiaires déclarent que c’est une modalité de formation pertinente dans la mesure où il s’agit d’un module sur le développement durable (pas de trajets à effectuer) et qu’ils manquent de temps pour s’investir dans la formation (flexibilité temporelle). 6 stagiaires estiment que le principe des classes virtuelles est intéressant et pertinent mais qu’il est nécessaire de formaliser ces temps de rencontre afin que l’établissement accepte de libérer les stagiaires pour qu’ils puissent y participer (convocations officielles) et/ou qu’il est nécessaire de fixer le plus tôt possible les rendez-vous (et de s’y tenir) car beaucoup d’entre eux ont été frustrés de ne pas avoir pu y participer. 4 stagiaires disent qu’ils auraient souhaité avoir au moins un regroupement en présentiel supplémentaire, à mi-parcours, afin de se « remotiver », de « relancer la machine », de garantir un investissement régulier, de « baliser l’avancée du travail », « d’aider à se fixer des échéances ». 7 stagiaires déclarent avoir eu des problèmes techniques (matériel inadapté, impossibilité d’accès à la plateforme ou à certains documents qui y étaient déposés, difficulté de connexion pour les réunions centra, etc.) qui ont été lourds à gérer et assez décourageant. 4 stagiaires estiment qu’il est parfois difficile de s’investir efficacement dans la formation, d’être pleinement mobilisés, alors qu’ils sont sur leur lieu de travail et donc fréquemment sollicités par des collègues, des élèves, etc. Enfin, 4 stagiaires considèrent que la plateforme de formation était surchargée d’informations, pas assez intuitive et qu’il était difficile de s’y retrouver : « trop d’informations tue l’information ». Il semble que le principe d’un module se déroulant principalement en ligne soit bien accepté par les stagiaires. Toutefois, ils précisent qu’ils auraient souhaité avoir un regroupement en présentiel à mi-parcours afin de se remobiliser ; qu’il est nécessaire de trouver le moyen de rendre possible la participation d’un maximum d’entre eux 8 Ici les réponses des stagiaires sont non exclusives. 10 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 aux classe virtuelles et de pallier les difficultés techniques et/ou de les aider à les surmonter (car cela a un impact important sur leur motivation). Il conviendrait donc de réfléchir aux possibilités d’améliorer ces différents aspects. II.6. Evaluation de l’accompagnement réalisé par les tuteurs pédagogiques 5 stagiaires déclarent n’avoir eu aucun contact avec le tuteur qui leur était attitré (ils n’ont pas sollicité leur tuteur et le tuteur ne les a pas non plus sollicités de manière individuelle) : « Normalement on avait un tuteur qui devait nous relancer mais je n’ai eu aucun contact avec lui, aucun. Ca n’a pas non plus aidé… ». 4 stagiaires expliquent qu’ils ont tenté d’établir le contact avec leur tuteur mais qu’ils n’ont pas obtenu de réponses individuelles à leurs messages : « J’avais envoyé un SOS à un moment mais je n’ai pas eu de réponse » ; « j’ai pas vraiment eu d’accompagnement ». Sur ces 9 stagiaires, 5 expriment pourtant spontanément l’idée que le tuteur aurait pu les aider lorsqu’ils ont rencontré des difficultés, que cela aurait pu les encourager à davantage s’engager dans la formation, à persévérer et à ne pas décrocher de la formation : « une piqure de rappel du tuteur c’aurait été bien » ; « Pour accrocher les gens il faut pas que ce soit impersonnel, il faut qu’on ait des réponses et des retours, sinon on s’essouffle ». 3 stagiaires déclarent qu’ils ont eu quelques contacts avec leur tuteur mais que cela a été de leur initiative : « On a quasiment pas communiqué (…) à aucun moment le tuteur n’a pris contact avec moi ». Par ailleurs, ils expriment leur insatisfaction soit quant au contenu des réponses obtenues soit quant à la réactivité du tuteur (manque de réactivité). Enfin, 3 stagiaires expliquent qu’ils ont eu des échanges avec leur tuteur. Ils trouvent cela tout à fait positif mais estiment soit qu’ils n’ont pas eu assez de contact avec eux soit que cela ne leur pas apporter autant qu’ils l’espéraient : « On s’est contacté une deux fois mais on n’avait pas grand-chose à échanger ». Globalement, il apparait que les stagiaires avaient certaines attentes concernant leur accompagnement, leur suivi par un tuteur, attentes auxquelles le dispositif de formation n’a pas répondu : « Y’avait pas assez de lien » « En terme d’interactivité ça n’a pas été à la hauteur de ce qu’on aurait pu attendre ». Comme nous l’avions déjà préconisé dans notre rapport précédent9, il y a des réaménagements importants à réaliser quant au suivi des stagiaires (voir les pistes d’amélioration proposées pp. 20-21 de ce rapport). Les réponses des sujets vont dans le sens des travaux de la littérature du domaine qui montrent unanimement que la fréquence et la nature des relations entretenues avec les tuteurs ou enseignants dans le cadre de formations en ligne ont une influence majeure et directe sur la motivation 9 Julien, M., Vayre, E., Camps, J. (2010). Analyse et évaluation du dispositif de formation « développer un projet E3D fédérateur dans son établissement » - Rapport n°1. UVED, 12 janvier. 11 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 des étudiants, leur persévérance et leur satisfaction (Rovai & Barnum 2003 ; Sherry, 2000 ; Stein & Glazer, 2003 ; Swan & al., 2000). II.7. La rédaction du document relatif au projet DD développé dans le cadre de la formation Rappelons que dans le cadre l’un des derniers parcours de la formation les stagiaires devaient réaliser un travail de rédaction de leur projet. Sur les 15 stagiaires interrogés : 9 disent ne pas avoir rédigé de « rapport » relatif à leur projet pour la formation (rappelons que sur ces 9 personnes, 3 n’ont pas véritablement développé de projet DD spécifique dans le cadre de la formation). Toutefois, sur les 6 stagiaires ayant développé un projet sur le DD au niveau de leur établissement mais n’ayant pas rédigé un document relatif à ce projet pour la formation, 4 ont tout de même rédigé un support écrit de ce projet sous un autre format (que celui proposé dans le cadre de la formation) à l’adresse de leur établissement ou d’organismes extérieurs (objectif autre que celui directement associé à la formation). Ils expliquent alors qu’ils ont plutôt choisi de se focaliser sur ce travail et qu’ils n’ont pas rédigé leur projet dans le cadre de la formation car ils n’en avaient pas le temps. 6 déclarent avoir rédigé leur projet et l’avoir rendu en fin de formation. Parmi eux, 2 expliquent que le fait de devoir rendre un document à leur établissement les a motivés dans la réalisation de cet exercice. Un troisième stagiaire explique qu’il s’est basé sur des documents déjà rédigés pour son établissement pour confectionner son « rapport » dans le cadre de la formation. Sur les 6 stagiaires ayant rédigé un document par rapport à leur projet DD et pour la formation, aucun n’exprime le fait d’avoir rencontré des difficultés particulières pour réaliser l’exercice. Au regard de ces résultats peut-être serait-il intéressant d’essayer d’impliquer davantage les stagiaires dans l’exercice de rédaction de leur projet DD en insistant sur le fait que le document travaillé pourra servir de support à l’adresse de différents interlocuteurs. Il faudrait également réfléchir au format de ce document afin qu’il puisse directement servir à démarcher (auprès de l’établissement ou pour candidater auprès d’autres instances) afin que les stagiaires n’aient pas à rédiger des documents distincts. 12 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Partie 3 : Analyse ciblée des productions écrites relatives au projet sur le DD III.1. Préambule D’un point de vue global, on peut distinguer trois types d’écrits associés à la réalisation du module de formation « Développer un projet E3D fédérateur dans son établissement ». a) Les production écrites « communicationnelles » (associées à l’animation et au déroulement des différentes phases de la formation). Ces productions renvoient : - aux messages issus du « forum des nouvelles » (messages envoyés dans les boites aux lettres électroniques à tous les participants, mais restant présents sur le forum du parcours 1) : 9 messages par groupe ont été envoyés ; - aux textes courts déposés sur le forum du module pour apporter une information ou poser une question spécifique : 2 textes ont déposés mais uniquement pour l’un des deux groupes ; - aux mails échangés entre les responsables de la formation et certains stagiaires (portant sur des problèmes de présences aux regroupements, de mot de passe, etc.) : on comptabilise une trentaine de message par groupe ; - aux mails échangés avec les tuteurs (il n’y pas eu de récapitulatif du nombre de messages échangés). b) Les travaux intermédiaires Dans le cadre des différents parcours du module les stagiaires étaient invités à remettre des travaux écrits. Les types de travaux qui pouvaient être remis sont les suivants : - une carte heuristique (parcours 1) : 25 documents ont été réalisés et 12 fichiers ont été déposés lors du premier regroupement ; - une fiche action (parcours 2) : 2 fiches ont été déposées ; - un diagnostic (parcours 3) : 2 documents réalisés ont été transmis par mail ; - des diapositives informatiques pour le rendez-vous « classe virtuelle » Centra : 5 fichiers ont été envoyés par mail. c) Les productions finales Les stagiaires avaient pour consigne de déposer leur projet rédigé sur la plateforme de formation dans le cadre du parcours 4 du module de formation. Rappelons que ce quatrième parcours était intitulé « Concevoir et écrire son projet ». L’objectif des stagiaires était de présenter, dans un document écrit, les axes du projet DD qu’ils mettaient en œuvre (ou qu’ils souhaitaient développer) au sein de leur établissement scolaire. 13 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Au final, seuls trois projets ont effectivement été rédigés et déposés à l’endroit préconisé. En outre, deux projets ont été envoyés par mail au responsable de la formation et un projet a été remis sous forme papier lors du dernier regroupement (puis envoyé de façon numérique après le dernier regroupement). Yves Ardourel et Jean-Yves Léna ont réalisé une analyse descriptive de 4 « productions finales » remises par les stagiaires. Il nous a semblé intéressant de relater ici, en complément des éléments exposés dans notre précédent rapport (voir Partie 3b, p.17), les principaux résultats dégagés de ce travail. III.2. Descriptif des quatre productions analysées Les documents produits sont de taille modeste ; ils ont été présentés et commentés au dernier regroupement. Il ne s’agit pas de documents totalement finalisés, ils rendent compte de l’état d’une réflexion qui doit normalement se poursuivre. Tableau 3. Description des quatre projets Titre projet 1 Lieu Taille, format du document Disciplines/filières impliquées Approches éducatives Thématiques Création d’un outil d’éducation au développement durable. Lycée. Powerpoint - 13 diapos. SVT, Histoire géographie, Physique, arts plastiques, technologie. Classe à projet sur le DD : thème l’eau. Biodiversité, Energie, Gestion de l’eau, Solidarité internationale. Titre projet 2 Lieu Taille, format du document Disciplines/filières impliquées Approches éducatives Thématiques Titre projet 3 Lieu Taille, format du document Disciplines/filières impliquées Approches éducatives Thématiques Titre projet 4 Lieu Taille, format du document Disciplines/filières impliquées Projet agenda 21. Collège. Powerpoint - 8 diapos. Peu de précisions. Sorties. Epuration des eaux, qualité de l’eau ; Energie. Démarche agenda 21. Collège. Dossier 12 pages avec sommaire. Classes à thème 6°- SVT 6°, 5°. Club nature « La mare pédagogique ». Biodiversité, cycle de l’eau. Agenda 21. Collège. Powerpoint - 18 diapos - Pas de sommaire. Segpa restauration - Pôle sciences 5° SVT, Chimie, mathématiques, technologie. Ateliers pour élèves volontaires : fabrication, visites, études, expositions. - Le tri des déchets et le compostage - L’eau c’est la vie et le soleil aussi. Approches éducatives Thématiques 14 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 III.3. Résultats d’analyse des quatre productions Tableau 4. Evaluation des projets au regard des critères d’analyse retenus Projet 1 a) Objectifs énoncés en DD b) Gouvernance proposée c) Budget et financement prévus d) Partenariats envisagés e) Modalités explicites de communication f) Elaboration de diagnostics g) Actions pédagogiques Projet 2 a) Objectifs énoncés en DD b) Gouvernance proposée c) Budget et financement prévus d) Partenariats envisagés e) Modalités explicites de communication f) Elaboration de diagnostics g) Actions pédagogiques Projet 3 a) Objectifs énoncés en DD b) Gouvernance proposée c) Budget et financement prévus d) Partenariats envisagés e) Modalités explicites de communication f) Elaboration de diagnostics g) Actions pédagogiques Projet 4 a) Objectifs énoncés en DD b) Gouvernance proposée c) Budget et financement prévus d) Partenariats envisagés e) Modalités explicites de communication f) Elaboration de diagnostics g) Actions pédagogiques Oui : Aménagement d’un patio, lieu d’expérience. Oui : Un groupe de six professeurs, avec le soutien de la direction. Oui : L’établissement avec le Conseil Général. Oui : Région ; La presse locale. Oui : Presse ; Site de l’établissement. Non. Oui : Réalisation du « patio » et de sa mise en plantation. Oui : Préserver les ressources naturelles. Oui : Comité de pilotage ; Structure accompagnante (désignée par le conseil général). Non. Oui : Maison de retraite. Oui : Page Internet sur le site du collège ; Presse locale ; Affichage interne ; Création logo. Non. Oui : Peu de précisions. Des principes pour l’action sont formulés. Oui : Mise en relation explicite avec les trois piliers du DD ; Les projets de l’établissement ont un volet DD. Oui : Un comité de pilotage est envisagé. Non. Non. Oui : Une journée banalisée sur le la question du DD ; Création d’un logo. Oui : sur l’état des lieux par rapport à un projet Agenda 21 (recherche des thèmes). Oui : Sortie terrain ; Séquences en anglais ; Sortie cinéma. Oui : Le collège comme lieu d’expérimentation ; Réduction de la consommation d’eau et d’énergie. Non. Non. Oui : les parents ; communauté de Communes. Non. Non. Oui : Atelier « jardin aromatique ». On constate à travers cette rapide analyse à la fois une volonté d’actions et une difficulté pour les établissements scolaires à se saisir de l’ensemble de la question « engager une démarche développement durable » : peu de diagnostics, une réflexion sur la gouvernance peu approfondie, des partenariats modestes. Au regard de l’ensemble des éléments exposés dans cette dernière partie il apparaît important : - de proposer aux stagiaires une identification claire d’un emplacement unique de dépôt du document final (lien direct et explicite). 15 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 - - d’organiser un travail collectif d’analyse des productions finales. Bien que ce travail soit prévu dans le cadre du dernier regroupement, une méthodologie plus explicite pourrait être proposer en amont (diffusion de grilles d’analyse, recueil d’avis, etc.) en mesurant bien les risques de formatage, il peut être utile de proposer des modèles de projet ou des cadres rédactionnels. de veiller à ce que les travaux intermédiaires éventuels puissent constituer des éléments du document final. 16 Emilie Vayre, Jeff Camps & Marie Julien – Rapport d’expertise n°2 – Février 2010 Références bibliographiques Rovai, A.P., & Barnum, K.T. (2003). On-line course effectiveness: an analysis of student interactions and perceptions of learning. Journal of Distance Education, 18(1), 57-73. Scapin, D.L., & Bastien, J.M.C. (1997). Ergonomic criteria for evaluating the ergonomic quality of interactive systems. Behaviour & Information Technology, 6(4-5), 220-231. Sherry, L. (2000). The nature and purpose of online discourse: a brief synthesis of current research as related to the Web project. International Journal of Educational Telecommunications, 6(1), 19-51. Stein, D., & Glazer, H.R. (2003). Mentoring the adult learner in academic midlife at distance education university. The American Journal of Distance Education, 17(1), 7-23. Swan, K., Shea, P., Fredericksen, E., Pickett, A., Pelz, W., & Maher, G. (2000). Building knowledge building communities: consistency, contact and communication in the virtual classroom. Journal of Educational Computing Research, 23(4), 359-383. Tricot, A. (2001). Interpréter les liens entre utilisabilité et utilité des documents électroniques. In M. Mojahid & J. Virbel (Eds.), Les documents électroniques, méthodes, démarches et techniques cognitives (pp. 357-371). Paris : Europia. Tricot A., Plegat-Soutjis F., Camps J.-F., Amiel A., Lutz G., & Morcillo A. (2003). Utilité, utilisabilité, acceptabilité : interpréter les relations entre trois dimensions de l’évaluation des EIAH. In C. Desmoulins, P. Marquet et D. Bouhineau (dir.), Environnements informatiques pour l’apprentissage humain (pp.391-402). Paris : ATIEF - INRP 17